<FILE-date="2018/01/23/19">

<article-nb="2018/01/23/19-1">
<filnamedate="20180123"><AAMM="201801"><AAMMJJ="20180123"><AAMMJJHH="2018012319">
<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-1"> ¤ Les signataires de « la tribune des 100 », dont font partie Catherine Deneuve et Catherine Millet, dénoncent les atteintes à la liberté des artistes. Ce que demandent ces professionnels de l’art, c’est à ce qu’on ne critique pas l’art, note l’historien de l’art Paul Bernard-Nouraud, dans une tribune au « Monde ».
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-1"> ¤                     
                                                   
édition abonné


« Sous couvert de réclamer pour les artistes le droit de tout oser, leurs défenseurs s’accordent celui de dire n’importe quoi »

Les signataires de « la tribune des 100 », dont font partie Catherine Deneuve et Catherine Millet, dénoncent les atteintes à la liberté des artistes. Ce que demandent ces professionnels de l’art, c’est à ce qu’on ne critique pas l’art, note l’historien de l’art Paul Bernard-Nouraud, dans une tribune au « Monde ».



Le Monde
 |    23.01.2018 à 17h54
 • Mis à jour le
23.01.2018 à 18h21
    |

Paul Bernard-Nouraud (Historien d'art)







                        



                                


                            

Tribune. Un immense frisson parcourt depuis quelque temps la bourgeoisie d’art française. La dénonciation des viols, des agressions sexuelles et des atteintes quotidiennes à la dignité des femmes est à ses yeux le symptôme d’un rigorisme ambiant qui attente en définitive à son domaine en propre, à son bien : l’art. On voudrait l’exproprier, la déposséder. Pour le moment, seul l’art moderne et contemporain est concerné, mais ce sera bientôt tout l’art, c’est certain, que des foules de philistins et de zélotes, s’engouffrant dans la brèche des scandales sexuels, voudront soumettre à inventaire. Pareil retour à l’ordre s’est déjà vu.
Mais cette fois la bourgeoisie d’art française a décidé de réagir. Saisis tout à coup d’une même inquiétude, conservateurs, historiens et critiques d’art s’organisent. Il y a tant à faire. D’abord, il faut sauver Egon Schiele des mains des pudibonds Saxons, puis exfiltrer Balthus de celles des puritains. Il faudra sous peu songer à offrir asile à Poussin, à abriter Boucher, et puis Gauguin, et même à cacher Picasso, puisqu’aucun génie n’est dorénavant plus en sûreté nulle part.
Le cas Céline, sur lequel on croyait que régnait jusqu’à présent une jurisprudence précaire, est un nouveau coup de semonce. Bien sûr c’est un salaud, mais renoncer à imprimer ses ordures est une concession de Gallimard faite aux vandales qui lèsent l’humanité de tout un pan de son histoire et de sa littérature.

A Orsay, on ne regarde désormais plus sans angoisse les toiles orientalistes. Et si quelque association antiraciste, qui n’entend naturellement rien à l’art, exigeait qu’on les décroche ? Et si des féministes, aveugles, comme on sait, à la beauté véritable, elles qui saccagèrent la Vénus au miroir, de Vélasquez, en 1914, si leurs émules s’apercevaient que nombre d’académiciens ont peint les femmes comme des objets sexuels, et même certains enfants, orientaux notamment ?
Inconséquence et désinvolture
Dans...




                        

                        


<article-nb="2018/01/23/19-2">
<filnamedate="20180123"><AAMM="201801"><AAMMJJ="20180123"><AAMMJJHH="2018012319">
<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-2"> ¤ Invitée à s’exprimer au World Economic Forum de Davos, Winnie Byanyima, directrice générale de l’ONG Oxfam, entend y dénoncer les inégalités, mais aussi indiquer que des réformes sont possibles.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-2"> ¤                     
                                                   
édition abonné


« Un monde où 82 % des richesses créées en 2017 ont bénéficié aux 1 % les plus riches »

Invitée à s’exprimer au World Economic Forum de Davos, Winnie Byanyima, directrice générale de l’ONG Oxfam, entend y dénoncer les inégalités, mais aussi indiquer que des réformes sont possibles.



Le Monde
 |    23.01.2018 à 15h56
    |

Winnie Byanyima (Directrice générale d’Oxfam International)







                        



                                


                            

Tribune. Lorsque nous sommes enfants, on nous explique rarement que ce qui est récompensé dans la vie c’est la richesse, et non le travail ou le talent.
Ce serait pour moi un déchirement que de devoir annoncer à nos jeunes enfants que la bataille contre les inégalités de richesses est perdue d’avance. Comment leur expliquer que ce monde d’injustices, nous avons tous en partie contribué à le construire ? Un monde où 82 % des richesses créées l’an passé ont bénéficié aux 1 % les plus riches de la population.
Rien. Zéro
Dans le même temps, les 3,7 milliards de personnes constituant la moitié la plus pauvre de la population mondiale n’ont vu aucune augmentation de leur richesse en 2017. Rien. Zéro. Le monde appartient aux plus fortunés, et il n’y a nulle part où cette injustice est plus criante qu’au travail.
Partout dans le monde, les grandes entreprises tirent les salaires et les conditions de travail vers le bas pour maximiser les rendements pour leurs actionnaires. Elles jouent de leur pouvoir et de leur influence pour biaiser les règles en leur faveur, coûte que coûte.

Nombre de nos Etats ne se contentent pas de laisser faire, ils y contribuent activement. Dans leur course effrénée à la croissance du PIB, ils réduisent la fiscalité des entreprises et privent la main-d’œuvre de ses droits et de la protection à laquelle elle aspire.
Résultat ? Des femmes dans des usines de confection bondées et surchauffées au Bangladesh, payées une misère pour coudre les vêtements que nous achetons à bas prix. Des personnels d’entretien qui font le ménage dans des chambres d’hôtel luxueuses et n’osent pas signaler le harcèlement sexuel dont ils font l’objet, par crainte de perdre leur emploi.
Une main-d’œuvre de l’industrie volaillère aux Etats-Unis, le pays le plus riche du monde, contrainte de porter des couches car elle n’est pas autorisée à prendre des pauses pour aller aux toilettes.
Actionnaires et...



                        

                        


<article-nb="2018/01/23/19-3">
<filnamedate="20180123"><AAMM="201801"><AAMMJJ="20180123"><AAMMJJHH="2018012319">
<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-3"> ¤ Le succès des ventes en ligne contraint la grande distribution à proposer aux consommateurs d’autres expériences et d’autres valeurs que d’acheter le moins cher possible, explique la spécialiste en marketing Elodie Huré, dans une tribune au « Monde ».
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-3"> ¤                     
                                                   
édition abonné


« Pour garder leur attractivité, les points de vente physiques doivent se positionner comme des lieux de sortie et d’interactions »

Le succès des ventes en ligne contraint la grande distribution à proposer aux consommateurs d’autres expériences et d’autres valeurs que d’acheter le moins cher possible, explique la spécialiste en marketing Elodie Huré, dans une tribune au « Monde ».



Le Monde
 |    23.01.2018 à 14h44
 • Mis à jour le
23.01.2018 à 14h52
    |

Elodie Huré (Professeur à Rennes School of Business)







                        



                                


                            

Tribune. Cinq milliards de commandes effectuées par les abonnés en 2017, tel est le bilan dévoilé début janvier par les dirigeants d’Amazon. Au même moment, Carrefour est à la peine, avec une chute des ventes malmenant sa valeur en Bourse. Alexandre Bompard, le PDG de l’enseigne, doit annoncer une nouvelle stratégie le 23 janvier.
Les analystes sont sceptiques, et on peut les comprendre. Car l’urgence est là. Amazon a montré sa force de frappe en matière d’e-commerce, mais, à l’instar du chinois Alibaba, l’enseigne a commencé aussi à investir dans les commerces physiques (rachat de Whole Foods en juin 2017). L’objectif de ces deux géants du Net est parfaitement clair : réinventer l’expérience des courses à l’ère numérique, et rafler la mise. Si Carrefour, longtemps fleuron du commerce de détail hexagonal, ne réagit pas, son avenir est fortement compromis.

Nos recherches montrent que la fonction utilitaire des lieux de vente physiques a cessé d’être la raison principale de l’intérêt des consommateurs à leur égard (« Understanding Omni-Channel Shopping Value : a Mixed-Method Study », de Claire-Lise Ackermann, Elodie Huré et Karine Picot-Coupey, Journal of Retailing and Consumer Services n° 39, novembre 2017). Grâce à la commodité que procure le fait de pouvoir acheter n’importe quoi, n’importe quand et de n’importe où, l’e-commerce a gagné sur ce terrain.
Lieux de sortie et d’interactions
Mais ces recherches mettent aussi en évidence, a contrario, que les clients continuent à vouloir se déplacer en magasin, parce qu’ils espèrent y passer des moments agréables et y faire des rencontres, deux fonctions auparavant secondaires.
Cette évolution est apparue clairement au moment où le concept des « drive » s’est popularisé. Nous avons constaté que l’intérêt pour les marchés de plein-vent et les petits commerçants s’était alors renforcé. Les clients se débarrassaient en quelques clics et en un coup de voiture...




                        

                        


<article-nb="2018/01/23/19-4">
<filnamedate="20180123"><AAMM="201801"><AAMMJJ="20180123"><AAMMJJHH="2018012319">
<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-4"> ¤ Le communisme de type soviétique et l’ultralibéralisme, par leur caractère excessif, conduisent tôt ou tard à l’effondrement des sociétés. Entre l’embrigadement liberticide et le laisser-faire absolu, il s’agit de trouver le juste milieu.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-4"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Saint Paul, saint Augustin, Hayek et Keynes

Le communisme de type soviétique et l’ultralibéralisme, par leur caractère excessif, conduisent tôt ou tard à l’effondrement des sociétés. Entre l’embrigadement liberticide et le laisser-faire absolu, il s’agit de trouver le juste milieu.



Le Monde
 |    23.01.2018 à 14h25
    |

                            Paul Jorion (Economiste et anthropologue, Université catholique de Lille)








                        


                                                        
L’éclairage. Ce que nous appelons notre « volonté » opère, nous le savons maintenant, selon deux modes : le premier est celui de l’intention délibérée, consciente, de poser un acte à un moment du futur, cette intention constituant alors un « souci » dont nous nous efforcerons de nous libérer ; le second, celui de poser un acte ici et maintenant, est en réalité inconscient dans son mécanisme. On doit au psychologue américain Benjamin Libet (1916-2017) la découverte que la réalisation d’un acte précède – parfois de plusieurs secondes – ce que nous ressentons comme notre intention de le poser.
La découverte n’est pas récente. Saint Paul, s’adressant aux Romains, disait : « Vraiment, ce que je fais, je ne le comprends pas, car je ne fais pas ce que je veux, mais je fais ce que je hais. » Et saint Augustin, dans Les Confessions : « Il y a donc deux volontés, toutes deux incomplètes et ce que l’une possède fait défaut à l’autre. »
Dans notre gestion de l’avenir, nous avons tendance à favoriser soit l’une, soit l’autre de ces volontés. Avec la première, nous mettons l’accent sur la délibération, le calcul, la planification, soit, à l’échelle collective, la réglementation des activités économiques et en particulier des prix. Avec la seconde, nous encourageons la spontanéité, l’initiative, le « laisser-faire », la « main invisible » dont parlait Adam Smith, qui ferait que l’intérêt général émergerait de l’exercice par chacun de son intérêt égoïste.
Les deux modes de la volonté
On connaît les formes ultimes de ces deux approches : le communisme de type soviétique pour la première, l’ultralibéralisme pour la seconde. L’une et l’autre, par leur caractère excessif, conduisent tôt ou tard à l’effondrement des sociétés. Pour le communisme, c’est le résultat de la pesanteur bureaucratique, de la délation généralisée, du non-respect des droits individuels, de l’inefficacité économique.
Pour l’ultralibéralisme,...




                        

                        


<article-nb="2018/01/23/19-5">
<filnamedate="20180123"><AAMM="201801"><AAMMJJ="20180123"><AAMMJJHH="2018012319">
<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-5"> ¤ Candidat à la succession de Lloyd Blankfein, le PDG de la banque, David Solomon est un amateur de vins et un gourmet qui anime la chronique gastronomique new-yorkaise a pour rival, Harvey Schwartz.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-5"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Le futur patron de Goldman Sachs : « Un DJ déluré ou une ceinture noire de karaté » ?

Candidat à la succession de Lloyd Blankfein, le PDG de la banque, David Solomon est un amateur de vins et un gourmet qui anime la chronique gastronomique new-yorkaise a pour rival, Harvey Schwartz.



Le Monde
 |    23.01.2018 à 12h19
    |

            Arnaud Leparmentier (New York, correspondant)








                        



                                


                            

Lettre de Wall Street. On espère au moins que les receleurs avaient le palais fin. Le Tout-Wall Street se délecte de la mésaventure arrivée à David Solomon, l’un des coprésidents de Goldman Sachs. En octobre 2016, son assistant personnel lui a dérobé sept bouteilles de vins de bourgogne Romanée-Conti, qui avaient été achetées pour la bagatelle de 133 650 dollars. L’apogée d’un petit commerce florissant : de 2014 à 2016, l’assistant, Nicolas De Meyer, lui a subtilisé des centaines de bouteilles, pour un montant atteignant 1,3 million de dollars.
Le manège était bien rodé : M. De Meyer avait pour mission de transférer les bouteilles que recevait M. Salomon de son appartement personnel de Manhattan à sa cave d’East Hampton, station balnéaire huppée de Long Island. Sauf que les bouteilles n’arrivaient pas à destination, étant revendues à un intermédiaire en Caroline du Nord. Rien n’indique qu’elles aient été vendues à leur vraie valeur. M. De Meyer a été arrêté mardi 16 janvier à l’aéroport de Los Angeles et encourt dix ans de prison.
A 55 ans, l’amateur de vins David Solomon est aussi un gourmet, qui anime la chronique gastronomique new-yorkaise. L’agence Bloomberg a rédigé un long reportage, en mai 2017, sur ses restaurants préférés dans Manhattan, des institutions vénérables ou des nouveautés branchées. Le banquier d’affaires dîne dehors plus souvent que bien des critiques gastronomiques. Le New York Times, lui, a découvert sur son compte Instagram la vidéo de jeunes vacanciers se déhanchant sur la plage : le DJ, dont le pseudonyme de scène est D-Sol, n’était autre que David Solomon.
Un fauteuil pour deux
Si l’on s’intéresse à David Solomon, c’est qu’il est l’un des deux coprésidents à avoir succédé à Gary Cohn, lorsque celui-ci a été nommé conseiller économique de Donald Trump à la Maison Blanche. Le second est l’ancien directeur financier Harvey Schwartz. Les deux hommes sont en compétition pour succéder au PDG...




                        

                        


<article-nb="2018/01/23/19-6">
<filnamedate="20180123"><AAMM="201801"><AAMMJJ="20180123"><AAMMJJHH="2018012319">
<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-6"> ¤ Le chef économiste du FMI, l’Américain Maurice Obstfeld, appelle à ne pas négliger les risques, notamment financiers.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-6"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Forum de Davos : Maurice Obstfeld : « Il y aura un nouveau creux et il faut s’y préparer »

Le chef économiste du FMI, l’Américain Maurice Obstfeld, appelle à ne pas négliger les risques, notamment financiers.



Le Monde
 |    23.01.2018 à 12h05
 • Mis à jour le
23.01.2018 à 15h09
    |

            Marie de Vergès








                        



                                


                            

Entretien
La reprise mondiale accélère. Dans ses prévisions publiées lundi 22 janvier, le Fonds monétaire international (FMI) estime que le produit intérieur brut (PIB) planétaire devrait progresser de 3,9 % en 2018 et 2019, après 3,7 % en 2017. Son chef économiste, l’Américain Maurice Obstfeld, appelle toutefois à ne pas négliger les risques, notamment financiers.

La reprise de l’économie mondiale vous incite-t-elle à l’optimisme ?
A court terme, oui. Après sept années de croissance médiocre, la reprise est large et plutôt solide, grâce à une progression de la demande, de l’investissement, du commerce et une remontée des prix des matières premières. A moyen terme, c’est plus incertain. Le principal risque est que les dirigeants soient trop complaisants et ne prennent pas les mesures nécessaires pour rendre l’économie plus résiliente. Au moment où certaines économies retournent au plein-emploi, les gouvernements doivent vraiment s’efforcer de réduire leur déficit public. Il y aura certainement un nouveau creux à l’avenir et il faut s’y préparer en regagnant des marges de manœuvre budgétaires.
Le regain d’activité est moins vigoureux que lors de précédentes reprises. Pourquoi ?
C’est en partie un héritage de la crise. Mais cela vient aussi de tendances de long terme, qui datent d’avant 2008, et il n’est pas si facile d’en expliquer les raisons profondes. Il y a l’impact de la démographie, avec le vieillissement de la population. Les facteurs que l’on comprend moins sont ceux liés à la croissance de la productivité qui fléchit. On peut s’interroger, par exemple, sur le rôle du progrès technologique.
Pourtant l’innovation fleurit…
Oui, mais on ne la voit pas s’incorporer rapidement dans les processus de production. Peut-être cela se matérialisera-t-il d’ici cinq à dix ans, mais c’est de la spéculation. Les techno-pessimistes pensent que...




                        

                        


<article-nb="2018/01/23/19-7">
<filnamedate="20180123"><AAMM="201801"><AAMMJJ="20180123"><AAMMJJHH="2018012319">
<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-7"> ¤ Editorial. Alexandre Bompard a présenté mardi son plan de transformation du groupe. Pour l’enseigne, l’enjeu est d’adapter ses fondamentaux dans un secteur en pleine révolution.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-7"> ¤                     
                                                

Carrefour à la recherche de son identité

Editorial. Alexandre Bompard a présenté mardi son plan de transformation du groupe. Pour l’enseigne, l’enjeu est d’adapter ses fondamentaux dans un secteur en pleine révolution.



Le Monde
 |    23.01.2018 à 11h43
 • Mis à jour le
23.01.2018 à 12h59
   





                        



   


Editorial du « Monde ». Alors que toutes les attentions se portent sur l’attractivité de l’économie française, l’un de ses fleurons se débat pour ne pas passer dans la catégorie des chefs-d’œuvre en péril. Le nouveau PDG de Carrefour, Alexandre Bompard, a présenté, mardi 23 janvier, un nouveau plan de transformation du groupe. En perte de vitesse, le distributeur est passé en quelques années du deuxième au neuvième rang mondial du secteur, tandis qu’en France il s’est fait dépasser par Leclerc.
Conquérant jusqu’au début des années 2000, Carrefour connaît, depuis, une succession de PDG plus ou moins mal inspirés, qui ont tenté d’endiguer l’essoufflement de son principal atout : le concept de l’hypermarché.

        Lire aussi :
         

                Carrefour annonce un plan de départs volontaires de 2 400 personnes



Les raisons du malaise sont nombreuses. Le modèle s’est bâti dans un contexte de consommation forte et de concurrence faible. Aujourd’hui, ces paramètres se sont inversés. Les grandes surfaces spécialisées (dans l’électroménager, l’électronique ou le bricolage), le maxidiscompte ou encore des formats de proximité ont mieux su s’adapter aux changements des habitudes de consommation, au vieillissement de la population, à la multiplication des foyers unipersonnels et, plus récemment, à la pression sur le pouvoir d’achat. L’explosion du commerce électronique et la numérisation de certaines tâches sont en train de porter l’estocade à un système devenu trop lourd et trop lent à s’adapter.
Le plan stratégique présenté par M. Bompard, arrivé il y a sept mois à la tête de l’entreprise, vise principalement à s’attaquer à cette lourdeur. La mesure la plus spectaculaire consiste à supprimer un quart des effectifs du siège social. A force d’attrition, le nombre de salariés de Carrefour en France est ainsi revenu au niveau existant au moment de la fusion avec Promodès, il y a dix-neuf ans.
Une stratégie plus financière qu’opérationnelle
Autre décision douloureuse : la cession de 273 magasins de l’enseigne Dia, en perte depuis leur rachat il y a trois ans. Parallèlement, la nouvelle direction veut réduire la taille de certains hypermarchés et réaffecter les surfaces disponibles à la préparation des commandes sur Internet. Un domaine où le groupe a annoncé son intention de multiplier par six ses investissements – soit 2,8 milliards d’euros d’ici à 2022. Côté rayons, Carrefour veut accélérer sur le bio et développer ses enseignes de proximité.
Ce plan s’attaque-t-il à la racine du mal ? Le problème de Carrefour n’est pas de faire un peu plus de bio et d’Internet, un peu moins de produits non alimentaires et de faire passer quelques magasins en location-gérance. Pour l’enseigne, l’essentiel consiste aujourd’hui à retrouver et adapter ses fondamentaux – simplicité et qualité de l’offre au meilleur prix – dans un secteur en pleine révolution. Au fil des ans, Carrefour a brouillé son image et a fini par perdre son identité. A partir de 2012, Georges Plassat, le prédécesseur de M. Bompard, a montré la voie, mais il s’est rapidement heurté à la lourdeur de l’entreprise. Ses problèmes de santé ont anéanti les derniers espoirs de retrouver ce qui a fait la force de Carrefour pendant des décennies.

        Lire aussi :
         

                Amazon joue la carte des supérettes sans caisses pour grandir dans l’alimentaire



Les recettes du nouveau PDG visent, pour l’essentiel, à abaisser les coûts, tout en faisant disparaître les foyers de pertes. Une stratégie plus financière qu’opérationnelle, qui a surtout pour objectif de répondre à l’impatience grandissante des principaux actionnaires, déçus par l’évolution du cours de Bourse. Les mesures annoncées sont de nature à le faire remonter à court terme, mais rien ne dit qu’elles seront suffisantes pour restaurer ce fleuron de l’économie française.



                            


                        

                        


<article-nb="2018/01/23/19-8">
<filnamedate="20180123"><AAMM="201801"><AAMMJJ="20180123"><AAMMJJHH="2018012319">
<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-8"> ¤ À la suite de l’affaire Ahed Tamimi, un collectif de signataires, parmi lesquels le médecin Rony Brauman et la socio-anthropologue Nicole Lapierre, appelle le président Macron dans une tribune au « Monde » à agir pour inciter Israël à mettre fin à un système où des centaines d’enfants sont condamnés par des tribunaux militaires.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-8"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Il faut « exiger la fin des pratiques de détentions qui constituent une violation des droits des enfants » en Israël

À la suite de l’affaire Ahed Tamimi, un collectif de signataires, parmi lesquels le médecin Rony Brauman et la socio-anthropologue Nicole Lapierre, appelle le président Macron dans une tribune au « Monde » à agir pour inciter Israël à mettre fin à un système où des centaines d’enfants sont condamnés par des tribunaux militaires.



Le Monde
 |    23.01.2018 à 11h33
 • Mis à jour le
23.01.2018 à 11h37
    |

                            Collectif








                        



                                


                            

Tribune. Nous sollicitons le soutien du président de la République et son intervention pour l’arrêt de la détention d’enfants palestiniens dans les prisons israéliennes. Nous voulons en particulier attirer son attention sur le cas de Ahed Tamimi poursuivie par le gouvernement israélien : le 15 décembre dernier Mohamed Tamimi 15 ans est atteint à la tête par une balle de métal recouverte de caoutchouc tirée à courte de distance par des soldats de l’armée d’occupation israélienne. Le jeune garçon était dans un état critique et sa cousine Ahed Tamimi, âgée de 16 ans, était visiblement bouleversée par l’annonce de son état et la gravité de ses blessures
Ces mêmes soldats ont approché une heure plus tard la maison familiale, et Ahed les a frappés en leur criant de partir. Ce moment filmé par sa mère et diffusé sur les réseaux sociaux montre le courage d’une adolescente affrontant à mains nues deux soldats lourdement armés.
Le 19 décembre 2017, Ahed Tamimi est enlevée chez elle en pleine nuit par l’armée puis traduite devant un tribunal militaire. Les douze motifs d’inculpation retenus contre elle lui font courir le risque de 12 ans de prison. Les tribunaux militaires israéliens ne traitent que des cas de prisonniers palestiniens avec un taux de condamnation de 99,74 %. Ainsi, l’avenir de Ahed Tamimi paraît sombre sans notre intervention.
Certains âgés de 12 ans
Nous lui demandons d’apporter urgemment son soutien à la libération immédiate de Ahed Tamimi et à la levée de toutes les charges retenues contre elle.
Le cas de Ahed Tamimi n’est pas isolé. Selon l’association Defense of Children International-Palestine, Israël poursuit chaque année de 500 à 700 enfants devant des tribunaux militaires, certains âgés de 12 ans, et détient en prison une moyenne de 200 enfants en toute période.

Selon les enquêtes des agences des Nations unies, dont l’Unicef, Human Right Watch, B’tselem, Amnesty International, and Defense...




                        

                        


<article-nb="2018/01/23/19-9">
<filnamedate="20180123"><AAMM="201801"><AAMMJJ="20180123"><AAMMJJHH="2018012319">
<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-9"> ¤ Le nouveau président du Parlement catalan, Roger Torrent, demande un règlement politique de la crise.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-9"> ¤                     
                                                   
édition abonné


« M. Puigdemont est l’unique candidat pouvant obtenir la confiance du Parlement catalan »

Le nouveau président du Parlement catalan, Roger Torrent, demande un règlement politique de la crise.



Le Monde
 |    23.01.2018 à 11h03
 • Mis à jour le
23.01.2018 à 14h53
    |

            Sandrine Morel (Barcelone, envoyée spéciale)








                        



                                


                            

Le nouveau président du Parlement catalan, l’indépendantiste Roger Torrent, issu de la Gauche républicaine (ERC), a annoncé, lundi 22 janvier, qu’il présenterait la candidature de Carles Puigdemont à la présidence de la Généralité (le gouvernement catalan), lors du débat d’investiture qui doit avoir lieu avant le 31 janvier. Il explique au Monde cette décision, prise alors que l’ancien président catalan s’est installé en Belgique pour fuir la justice espagnole, après avoir organisé un référendum sur l’indépendance, jugé illégal, le 1er octobre 2017.

Pourquoi avoir décidé de présenter Carles Puigdemont à l’investiture, alors qu’il se trouve en Belgique ?
Il ne serait pas compréhensible que je ne le présente pas comme candidat à la présidence de la Généralité puisque, après avoir parlé à tous les groupes politiques représentés au Parlement de Catalogne, il s’est avéré être le seul candidat ayant une possibilité d’être investi par la Chambre par une majorité de députés [les partis indépendantistes y disposent depuis les élections du 21 décembre de 70 des 135 députés].
Les services juridiques du Parlement catalan estiment qu’une investiture à distance n’est pas possible. Allez-vous en tenir compte ?
Les services juridiques ont pour fonction d’analyser le règlement du Parlement. Leur opinion est très importante mais ce n’est qu’une opinion. La décision finale revient au bureau du Parlement et elle est politique. Or, Carles Puigdemont a pu se présenter aux élections du 21 décembre, sans aucune restriction. Il n’a pas été interdit d’exercer une fonction publique. C’est un député comme les autres, susceptible d’être choisi comme président de la Généralité. Je suis conscient de la situation personnelle et judiciaire du président Puigdemont. Ce que je demande, c’est une solution politique. C’est pour cette raison que j’ai demandé à m’entretenir avec le premier ministre,...




                        

                        


<article-nb="2018/01/23/19-10">
<filnamedate="20180123"><AAMM="201801"><AAMMJJ="20180123"><AAMMJJHH="2018012319">
<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-10"> ¤ Dans une tribune au « Monde », l’américaniste et historienne, Sylvie Laurent souligne l’effervescence des mouvements de résistance à Trump, qui oscillent entre la désobéissance civile et l’envie de jouer le jeu de la démocratie parlementaire.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-10"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Sylvie Laurent : face à Trump,  « un nouvel âge de la dissidence »

Dans une tribune au « Monde », l’américaniste et historienne, Sylvie Laurent souligne l’effervescence des mouvements de résistance à Trump, qui oscillent entre la désobéissance civile et l’envie de jouer le jeu de la démocratie parlementaire.



Le Monde
 |    23.01.2018 à 10h26
 • Mis à jour le
23.01.2018 à 11h47
    |

Sylvie Laurent (Historienne et américaniste, professeure à Sciences-Po, chercheuse associée à Stanford et Harvard)







                        



                                


                            

Tribune. Une fois encore ces temps-ci, on se penche avec inquiétude sur l’équilibre psychique du président américain et les plus affûtés y voient la métonymie d’un triste état de santé de la démocratie américaine. Donald Trump est non seulement le symptôme mais l’agent actif d’un malaise démocratique profond. Sa présidence, en effet, entretient la défiance à dessein, mettant en cause la légitimité des contre-pouvoirs, en particulier des institutions judiciaires et médiatiques, l’égalité et la dignité des citoyens devant la loi et la valeur du bulletin de vote.
Les partis politiques, dont le niveau de crédibilité atteint aujourd’hui son étiage historique, peinent plus que jamais à raviver la confiance dans la démocratie représentative et la contestation parlementaire au président y est le plus souvent vaine : si les démocrates du Sénat tentent de faire bonne figure derrière Chuck Schumer, la véritable résistance à Donald Trump s’exerce dans la rue.
Des mouvements sociaux de « résistance »
Car il est un autre thermomètre de la vitalité de la démocratie américaine : celle qui depuis toujours exprime son dissent (« dissidence »  et « dissentiment »), et – de Henry David Thoreau à Black Lives Matter, désobéit à l’ordre des choses. Or, depuis un an, les mouvements sociaux de « résistance » (c’est le mot qu’ils emploient) au président et à sa politique connaissent une effervescence qui ne se dément pas.
Près de quatre millions de personnes ont défilé lors de la « Marche des femmes » au lendemain de l’investiture du président, inaugurant un nouvel âge de la dissidence. Des centaines de milliers de citoyens se sont décidés à devenir militants, afin de défendre les sans-papiers, immigrés, assurés sociaux, femmes, Indiens expropriés, environnement menacé, étudiants, malades, LGBT, service public, Noirs… ou simplement une autre idée de l’Amérique. Beaucoup sont des jeunes gens, l’âge semblant un bon indicateur de la popularité...




                        

                        


<article-nb="2018/01/23/19-11">
<filnamedate="20180123"><AAMM="201801"><AAMMJJ="20180123"><AAMMJJHH="2018012319">
<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-11"> ¤ Pour le psychiatre Antoine Pelissolo, qui s’exprime dans une tribune au « Monde », l’insuffisance budgétaire met le système sous tension et entraîne des inégalités territoriales de prise en charge inacceptables
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-11"> ¤                     
                                                   
édition abonné


En psychiatrie, certains secteurs connaissent « des conditions matérielles et humaines déplorables »

Pour le psychiatre Antoine Pelissolo, qui s’exprime dans une tribune au « Monde », l’insuffisance budgétaire met le système sous tension et entraîne des inégalités territoriales de prise en charge inacceptables



Le Monde
 |    23.01.2018 à 10h00
 • Mis à jour le
23.01.2018 à 15h05
    |

Antoine Pelissolo (Chef du service de psychiatrie de l’hôpital Albert-Chenevier, à Créteil, dans le Val-de-Marne)







                        



                                


                            

Tribune. En France, l’égalité des citoyens devant les soins psychiatriques est très mal respectée, à cause surtout d’une organisation initialement vertueuse et ambitieuse, celle de la sectorisation de la santé mentale. Depuis les années 1960, les principes fondateurs du secteur psychiatrique étaient de moderniser le vieux système asilaire pour favoriser les prises en charge au plus près des lieux de vie, en offrant à chacun un accès à des soins complets. Nous avons tous un « secteur psychiatrique » de rattachement, dépendant de notre adresse, qui a l’obligation de nous accueillir pour des consultations ou des hospitalisations si nécessaire.
Cinquante ans après, hélas, ce système ne répond plus aux besoins et aux objectifs d’équité. La faute d’abord au manque criant de moyens à l’échelle nationale, du fait des restrictions budgétaires globales et de la faible considération sociétale à l’égard de la psychiatrie. Mais la rigidité de la sectorisation est à l’origine de dysfonctionnements chroniques. Les secteurs pris individuellement sont trop petits et leurs moyens trop limités pour ­répondre à l’étendue de leurs missions : prévention, prises en charge en urgence, ­consultations au long cours, centres de recours pour des pathologies résistantes, réinsertion, etc. Les secteurs des grands établissements spécialisés peuvent mutualiser leurs moyens pour construire ces parcours de soins, mais ceux qui se trouvent isolés au sein d’un hôpital général ne le peuvent pas.
e siècle
La seconde source d’inégalité est liée au mode d’allocation des budgets. La psychiatrie reste la seule spécialité non régie par la tarification à l’activité (T2A), mais par un système de dotation annuelle forfaitaire. On pourrait s’en réjouir quand on sait les effets pervers de la T2A à l’hôpital : parasitage des soins...




                        

                        


<article-nb="2018/01/23/19-12">
<filnamedate="20180123"><AAMM="201801"><AAMMJJ="20180123"><AAMMJJHH="2018012319">
<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-12"> ¤ Dans une tribune au « Monde », le sociologue estime que faute de moyens, l’administration pénitentiaire est incapable de gérer les détenus radicalisés.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-12"> ¤                     


Article sélectionné dans La Matinale du 22/01/2018
Découvrir l’application


                           
édition abonné


Farhad Khosrokhavar : « A quand une prison décente en France ? »

Dans une tribune au « Monde », le sociologue estime que faute de moyens, l’administration pénitentiaire est incapable de gérer les détenus radicalisés.



Le Monde
 |    23.01.2018 à 06h39
 • Mis à jour le
23.01.2018 à 07h02
    |

Farhad Khosrokhavar (Sociologue, directeur d'études à l'Ecole des hautes études en sciences sociales)







                        



                                


                            

Tribune. La France a un système carcéral complexe, mais dont le nœud gordien est la maison d’arrêt. Celles qui sont proches des villes posent problème. Elles sont indignes de la patrie des droits humains. Quelques maux y sont devenus structurels : la pénurie en personnel pénitentiaire, notamment en surveillants, la gestion des détenus « radicalisés » et la surpopulation carcérale.
Dans des cellules de 9 mètres carrés où sont entassés deux, trois, voire quatre détenus, l’agressivité de ceux-ci est légitime ; leurs conditions de vie sont inhumaines ; ils se comportent en « bêtes sauvages » parce qu’ils sont traités comme des bêtes sauvages.
Ils font subir leur agressivité en premier lieu aux autres détenus, ensuite aux surveillants, ces derniers étant perçus comme les complices de l’administration pénitentiaire et, plus généralement, de l’Etat. Ils en sont plutôt les victimes que les complices, mais un détenu a face à lui le gardien faisant figure de bourreau, alors que celui-ci ne fait qu’exercer un métier difficile, ingrat, la société ne lui reconnaissant aucune dignité proportionnelle à la difficulté de sa tâche.

Etablissements déshumanisant
Dans les maisons d’arrêt à proximité des grandes villes, un surveillant doit s’occuper d’une centaine de détenus, parfois plus. C’est à proprement parler inhumain, pour les incarcérés comme pour ceux qui les gardent. Il faudrait un surveillant pour trente à cinquante détenus, afin qu’il puisse non seulement s’acquitter de sa tâche routinière, mais être aussi à l’écoute des détenus et leur faciliter la vie carcérale.
Faute de compréhension de cette réalité élémentaire, le détenu a une image monstrueuse du surveillant, et ce dernier, par ricochet, se fait une image inhumaine du premier, conséquence, en grande partie, de leur incompréhension mutuelle, voire de leurs antagonismes, dans des établissements déshumanisant du fait de leur vétusté et de leur surpopulation.
Dans...



                        

                        


<article-nb="2018/01/23/19-13">
<filnamedate="20180123"><AAMM="201801"><AAMMJJ="20180123"><AAMMJJHH="2018012319">
<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-13"> ¤ La réunion des 7 et 8 avril se voudrait refondatrice, mais le parti est « en pleine crise existentielle », estime l’éditorialiste au « Monde » Gérard Courtois dans sa chronique hebdomadaire.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-13"> ¤                     


Article sélectionné dans La Matinale du 22/01/2018
Découvrir l’application


                           
édition abonné


« A l’approche de son congrès, le PS est déserté par ses troupes, privé de chef, de projet et de stratégie »

La réunion des 7 et 8 avril se voudrait refondatrice, mais le parti est « en pleine crise existentielle », estime l’éditorialiste au « Monde » Gérard Courtois dans sa chronique hebdomadaire.



Le Monde
 |    23.01.2018 à 06h36
 • Mis à jour le
23.01.2018 à 09h56
    |

            Gérard Courtois (éditorialiste au Monde)








                        



                                


                            
Chronique. L’histoire prouve que les partis politiques ont besoin de quelques années de convalescence pour se remettre d’un échec à l’élection présidentielle et de la dépression qui s’ensuit. Souvent, la rémission complète nécessite un quinquennat, voire deux. Toutefois lorsqu’il s’agit non plus d’une défaite mais d’une déroute, le pronostic vital devient beaucoup plus incertain.
Les socialistes en font aujourd’hui la douloureuse expérience, tant la crise dans laquelle ils sont plongés paraît irrémédiable, ou peu s’en faut. A cette date, il y a un an, ils avaient déjà intériorisé leur défaite à venir. Le mandat de François Hollande avait provoqué trop de déceptions dans le pays et creusé trop de fractures au sein de la gauche en général et du PS en particulier pour laisser place à la moindre illusion. Mais au moins pouvaient-ils espérer limiter la casse.
On sait qu’il n’en fut rien. Trop tendre pour un tel combat, trop frondeur pour rassembler les siens, pris en tenaille entre la gauche radicale de Jean-Luc Mélenchon et la gauche libérale d’Emmanuel Macron, leur candidat, Benoît Hamon, sombra en quelques semaines. Au soir du premier tour, le 23 avril 2017, il recueillait 6,36 % des suffrages exprimés.
Deux mois plus tard, les socialistes sauvaient à peine trente sièges de députés, presque dix fois moins que dans la précédente législature. Cet effondrement soldait brutalement ce quasi-demi-siècle qui, sous la houlette de François Mitterrand, puis de Lionel Jospin et de François Hollande, avait fait du PS le parti hégémonique de la gauche, régulièrement appelé à diriger le pays.
Une base sociale laminée
A l’approche d’un congrès qui se voudrait refondateur, les 7 et 8 avril, les socialistes en sont là : plongés en pleine crise existentielle, désertés par leurs troupes, privés de chef, de projet et de stratégie.

Les troupes, d’abord. Les élections locales de ces dernières années avaient déjà méchamment érodé...




                        

                        


<article-nb="2018/01/23/19-14">
<filnamedate="20180123"><AAMM="201801"><AAMMJJ="20180123"><AAMMJJHH="2018012319">
<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-14"> ¤ La Turquie poursuit l’opération « Rameau d’olivier » contre les Kurdes, qui maîtrisent cette enclave du nord-ouest de la Syrie.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-14"> ¤ 
<article-nb="2018/01/23/19-15">
<filnamedate="20180123"><AAMM="201801"><AAMMJJ="20180123"><AAMMJJHH="2018012319">
<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-15"> ¤ Economistes et chefs d’entreprise prennent position pour ou contre le projet de modification du statut juridique des sociétés dans le code civil.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-15"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Retrouvez nos tribunes sur « l’objet social de l’entreprise »

Economistes et chefs d’entreprise prennent position pour ou contre le projet de modification du statut juridique des sociétés dans le code civil.



Le Monde
 |    22.01.2018 à 15h54
   





                        



                                


                            

Faut-il ou non intégrer la responsabilité sociale et environnementale dans le cadre juridique qui définit l’« objet » des sociétés à but lucratif ? Ou au moins en laisser la possibilité aux associés qui le souhaitent ?
Dès le 18 octobre 2017, lors du Club de l’économie où il était invité au Monde, le ministre de l’économie Bruno Le Maire avait indiqué qu’une réforme de « l’objet social de l’entreprise » serait l’une des propositions du plan d’action pour la croissance et la transformation des entreprises (Pacte), projet de loi qu’il entend présenter au printemps. Il l’a répété lors de la présentation du pacte aux partenaires sociaux, le 23 octobre 2017.
A la demande de Bercy, un groupe de travail dirigé par le député Stanislas Guerini (député LRM) et par Agnès Touraine, présidente de l’Institut français des administrateurs (IFA), a remis le 21 décembre 2017 des propositions sur le sujet après avoir audité des chercheurs, comme Armand Hatchuel et Blanche Segrestin (Mines ParisTech), parmi les inspirateurs du concept « d’entreprise à mission », ou des entrepreneurs comme Antoine Frérot, PDG de Veolia, militant de cette cause depuis plusieurs années.
Une mission interministérielle sur le sujet
Le 11 décembre 2017, le ministre de l’environnement, Nicolas Hulot, avait repris l’idée lors d’un discours au siège du Medef devant de nombreux chefs d’entreprises réunis à l’occasion du One Planet Summit, suscitant de fortes réactions.
Pas moins de quatre ministres (économie, environnement, travail et justice) étaient présents lors du lancement, le 5 janvier, d’une mission interministérielle sur le sujet, dont la coordination a été confiée à Nicole Notat, ancienne secrétaire générale de la CFDT et présidente de l’agence de notation sociale Vigeo Eiris et à Jean-Dominique Senard, patron de Michelin.
Or, économistes, experts et chefs d’entreprise restent très divisés sur la question, comme le montrent les tribunes et chroniques...




                        

                        


<article-nb="2018/01/23/19-16">
<filnamedate="20180123"><AAMM="201801"><AAMMJJ="20180123"><AAMMJJHH="2018012319">
<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-16"> ¤ Dans une tribune au « Monde », Eric Campos, directeur de la Fondation Grameen Crédit agricole, estime que le modèle de l’entreprise sociale est une des voix du capitalisme, portant la parole de « ceux qui désirent découvrir les sources d’un entrepreneuriat utile ».
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-16"> ¤                     
                                                   
édition abonné


« L’utilité sociale doit pouvoir être comptabilisée dans les revenus et le bilan financier de l’entreprise »

Dans une tribune au « Monde », Eric Campos, directeur de la Fondation Grameen Crédit agricole, estime que le modèle de l’entreprise sociale est une des voix du capitalisme, portant la parole de « ceux qui désirent découvrir les sources d’un entrepreneuriat utile ».



Le Monde
 |    22.01.2018 à 13h23
    |

Eric Campos (Directeur général de la Fondation Grameen Crédit Agricole)







                        



                                


                            
Tribune. La moitié du patrimoine économique mondial est détenu par 1 % de la population. La concentration de la richesse entre les mains de quelques-uns continue de s’accélérer. Ce constat, sévère et indécent, remet en question un fondement de nos croyances économiques et sociales : non, la loi des marchés n’aboutit pas à un équilibre naturellement équitable ; non, la somme des intérêts particuliers ne converge pas vers le meilleur intérêt général possible.
Nous ne pouvons plus échapper au questionnement des conséquences environnementales et sociales de notre machine à créer de la richesse
Rendre les riches plus riches ne profite pas au plus grand nombre, le soi-disant effet de « ruissellement » ne fonctionne pas autant qu’on l’imagine. Si le produit du capital bénéficie en premier chef à celui qui en détient la propriété, alors la croissance ne sera jamais répartie équitablement entre toutes les parties prenantes. Cette primauté propre au capitalisme moderne a signé une longue ère de développement économique, mais celle-ci a surtout été permise par l’exploitation de ressources épuisables. Ce temps s’achève. Nous ne pouvons plus échapper au questionnement des conséquences environnementales et sociales de notre machine à créer de la richesse.
Théorisé par le Professeur Yunus, prix Nobel de la Paix 2006, le « social business », modèle d’entreprise ou l’utilité sociale prime sur le rendement du capital investi, est expérimenté en tant que tel depuis une dizaine d’années. En France, ce modèle existe également. Dans l’ancien paradigme économique, où l’individualisme était triomphant et la précarisation généralisée sa conséquence, la rencontre entre performances financière et sociale résonnait comme une contradiction, un paradoxe, une lubie d’idéaliste. Pourtant, leur rencontre, aussi singulière soit-elle, est une voie d’avenir pour repenser et redéfinir un capitalisme plus responsable et une économie volontairement inclusive.
Créer...



                        

                        


<article-nb="2018/01/23/19-17">
<filnamedate="20180123"><AAMM="201801"><AAMMJJ="20180123"><AAMMJJHH="2018012319">
<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-17"> ¤ Pour compenser des peines de plus en plus nombreuses, on a dû permettre aux détenus de n’en purger qu’une partie. Le magistrat Jean de Maillard décrit, dans une tribune au « Monde », un système devenu ubuesque.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-17"> ¤                     
                                                   
édition abonné


« Il y a un bogue dans le logiciel judiciaire, qui tourne en boucle indéfiniment »

Pour compenser des peines de plus en plus nombreuses, on a dû permettre aux détenus de n’en purger qu’une partie. Le magistrat Jean de Maillard décrit, dans une tribune au « Monde », un système devenu ubuesque.



Le Monde
 |    22.01.2018 à 13h17
 • Mis à jour le
22.01.2018 à 13h36
    |

Jean de Maillard (Magistrat honoraire, membre du conseil national d'Unité Magistrats-Syndicat national des magistrats Force ouvrière)







                        



                                


                            
Tribune. On lie souvent la question des prisons à celle des chiffres de l’emprisonnement. Mais il y en a d’autres. D’abord la population française a augmenté de plus de 10 % entre 2000 et 2016 : il serait surprenant que les chiffres de la délinquance ne s’en soient pas ressentis. Il y a aussi ceux qui concernent l’activité judiciaire : dans la même période, le nombre d’« affaires poursuivables » (faits caractérisés, auteurs identifiés), a augmenté de 17,5 % et celui des condamnations prononcées pour crimes et délits (auxquelles on ajoute les compositions pénales, sortes de semi-condamnations imaginées pour aller plus vite) de plus de 50 %. Ce pourcentage, à lui seul, intrigue : il signifie que les juridictions sont soumises à un train d’enfer. Mais pourquoi et par qui ?
la justice est un récipient comme un autre, qui déborde au-delà de certaines limites
Ce sont les parquets qui fournissent aux juridictions pénales le gros des troupes à juger et la politique pénale est du ressort du garde des sceaux : tous les gouvernements de la Ve République ont toujours revendiqué cette prérogative et M. Macron vient de rappeler qu’il l’assumait pleinement et n’entendait rien y changer. Dont acte. L’orientation pénale qui s’est dessinée à partir des années 2000 repose ainsi sur une doctrine qui est aujourd’hui scrupuleusement observée par les parquets : celle du « traitement en temps réel des procédures » (TTR) et de la « réponse pénale systématique ».
On a voulu des poursuites rapides, c’est-à-dire des enquêtes abrégées (pour ne pas dire plus), et des poursuites exhaustives pour ne pas laisser les délinquants dans l’idée d’impunité. Sauf que la justice est un récipient comme un autre, qui déborde au-delà de certaines limites. Il en va de même des prisons. Les places de prison ont augmenté de 19,5 % depuis 2000, mais c’était insuffisant pour absorber le flux des entrées en détention, qui s’est accru de plus de 30 %. Haro donc sur les juges,...




                        

                        


<article-nb="2018/01/23/19-18">
<filnamedate="20180123"><AAMM="201801"><AAMMJJ="20180123"><AAMMJJHH="2018012319">
<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-18"> ¤ Dans une tribune au « Monde », Jean-Charles Simon, candidat à la présidence du Medef, rejette le principe d’une modification de l’objet social de l’entreprise défini par le Code civil.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-18"> ¤                     
                                                   
édition abonné


« Contraindre a priori l’objet social de l’entreprise serait une forme de prohibition par de nouvelles ligues de vertu »

Dans une tribune au « Monde », Jean-Charles Simon, candidat à la présidence du Medef, rejette le principe d’une modification de l’objet social de l’entreprise défini par le Code civil.



Le Monde
 |    22.01.2018 à 13h00
    |

Jean-Charles Simon (Economiste)







                        



                                


                            
Tribune. C’est une forme de marronnier dans le rapport des politiques français à l’entreprise. A intervalles réguliers, ils éprouvent le besoin d’en faire un problème ou au moins un sujet. Alors qu’ils semblent avoir la plus grande peine du monde à réformer un tant soit peu ce qui devrait être leur obsession, la sphère publique, ils viennent morigéner les entreprises sur leur fonctionnement et leurs impacts. Tantôt c’est le partage de la valeur ajoutée ou des profits qui est stigmatisé. Parfois, c’est la gouvernance des entreprises qui est critiquée. Ou encore l’entreprise est-elle réprimandée en raison des conséquences des activités économiques sur la santé, la cohésion sociale ou l’environnement.
notre Code civil fait de l’entreprise un projet dont les associés sont libres dès lors qu’il est licite
Aucun de ces débats n’est illégitime et, de par son importance, il est tout à fait normal que l’entreprise soit au centre de nombreuses études et réflexions. Mais il est en revanche fâcheux et souvent dangereux d’en faire un instrument de tactique politique. En mettant en cause la finalité de l’entreprise, le gouvernement semble emprunter ce chemin. Comme s’il fallait, après l’épisode des ordonnances sur le droit du travail ou l’allégement de prélèvements sur le capital, donner des gages en admonestant et en contraignant un peu plus les entreprises de France.
Ainsi, notre Code civil fait de l’entreprise un projet dont les associés sont libres dès lors qu’il est licite. C’est la clé de voûte d’une économie de marché. Sans cette liberté, il n’est pas possible de chercher à innover, à investir, à recruter pour faire croître l’économie, répondre à des besoins ou offrir de nouveaux biens et services, optimiser l’allocation des ressources en capital et en travail, et donc la croissance. Certains voudraient que l’entreprise ne soit pas seulement licite, mais aussi morale ou vertueuse, notions qu’ils définissent eux-mêmes… en toute subjectivité.
L’Etat...



                        

                        


<article-nb="2018/01/23/19-19">
<filnamedate="20180123"><AAMM="201801"><AAMMJJ="20180123"><AAMMJJHH="2018012319">
<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-19"> ¤ Cinq dirigeants d’entreprise ou de think tank prennent position, dans une tribune au « Monde », en faveur d’une révision de l’objet social de l’entreprise dans le Code civil.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-19"> ¤                     
                                                   
édition abonné


« Inscrire solennellement la responsabilité sociale dans la raison d’être de l’entreprise »

Cinq dirigeants d’entreprise ou de think tank prennent position, dans une tribune au « Monde », en faveur d’une révision de l’objet social de l’entreprise dans le Code civil.



Le Monde
 |    22.01.2018 à 13h00
    |

Collectif







                        



                                


                            
Tribune. L’entreprise n’a en France ni la reconnaissance ni le statut qu’elle mérite. Les grands textes du droit continuent d’ignorer les mutations majeures que l’entreprise a conduites depuis la fin des « trente glorieuses » et que le Plan d’action pour la croissance et la transformation des entreprises (PACTE) du gouvernement veut, enfin, prendre en compte. Il y a pourtant bien longtemps que le rôle de l’entreprise dépasse largement la production. Bien longtemps qu’à côté d’institutions comme l’Etat, la famille, la religion et l’école, qui voient leur légitimité contestée et leurs moyens diminués, l’entreprise émerge comme un repère de stabilité, de sociabilité, de sens et de dynamisme.
La révolution numérique et la demande citoyenne effacent progressivement la frontière entre l’entreprise et la société civile
L’entreprise est devenue un acteur à part entière de la société. Au-delà de la création de biens, de services et d’emplois, sa mission ne cesse de s’étendre à d’autres dimensions incarnées par d’autres parties prenantes. La révolution numérique et la demande citoyenne effacent progressivement la frontière entre l’entreprise et la société civile, déplaçant les limites de la responsabilité et proposant une autre répartition des tâches.
La séparation dogmatique confiant le risque aux entreprises et la norme aux Etats n’est plus de mise. Les Etats continueront à réguler, mais autrement. Pour faire avancer leurs grandes causes environnementales ou sociales, ils nouent des partenariats avec les entreprises, grandes ou petites, qui veulent s’engager davantage dans la société. Ils s’en remettent aux savoir-faire et au sens de l’innovation des entreprises, à leur capacité de déceler les technologies, les talents et les financements de demain. L’impulsion politique restera un moteur important mais, quand des entreprises pionnières prendront l’initiative, l’Etat viendra en appui pour inscrire ces pratiques dans un cadre réglementaire pérenne....




                        

                        


<article-nb="2018/01/23/19-20">
<filnamedate="20180123"><AAMM="201801"><AAMMJJ="20180123"><AAMMJJHH="2018012319">
<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-20"> ¤ Un collectif de chercheurs scientifiques, parmi lesquels le mathématicien et député LRM Cédric Villani, interpelle le gouvernement dans une tribune au « Monde » sur la nécessité de développer les transports publics vers Paris-Saclay, alors que les échos du gouvernement laissent entendre que le Grand Paris Express ne reliera pas Orly à Saclay en 2024.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-20"> ¤                     
                                                   
édition abonné


« Si les transports en commun ne sont pas rapidement mis à niveau, le campus Paris-Saclay mourra »

Un collectif de chercheurs scientifiques, parmi lesquels le mathématicien et député LRM Cédric Villani, interpelle le gouvernement dans une tribune au « Monde » sur la nécessité de développer les transports publics vers Paris-Saclay, alors que les échos du gouvernement laissent entendre que le Grand Paris Express ne reliera pas Orly à Saclay en 2024.



Le Monde
 |    22.01.2018 à 12h54
 • Mis à jour le
22.01.2018 à 13h17
    |

                            Collectif








                        



                                


                            

Tribune. Voilà dix ans que l’Etat a engagé la construction du campus Paris-Saclay, destiné à regrouper une vingtaine d’établissements prestigieux d’enseignement supérieur et de recherche, des entreprises de toutes tailles, une population nombreuse de chercheurs, ingénieurs, entrepreneurs, étudiants, le tout au service de la connaissance et de l’innovation. La variété des cultures de ces acteurs, la nécessaire cohabitation harmonieuse avec le monde agricole du plateau de Saclay, l’éparpillement de la gouvernance locale, font de ce projet le chantier le plus complexe de France.
Si des communes attachées à leur cadre de vie ont accepté de se lancer dans une aventure aussi mouvementée ; si les universitaires ont accepté les dizaines de projets successifs, les centaines de nuits blanches, les milliers de réunions d’organisation ; si les grands établissements se sont démenés pour convaincre leurs conseils d’administration de se lancer dans des déménagements incertains, depuis les écoles de recherche jusqu’à l’hôpital en passant par de gigantesques centres d’innovation industrielle, c’était bien parce que tous trouvaient de la fierté à participer, aux côtés de l’université Paris-Sud, de l’Ecole polytechnique, du Commissariat à l’énergie atomique, à un projet de classe mondiale, qui ferait honneur à la culture scientifique et technologique de la France, à son esprit d’entreprise, à son ambition internationale. Mais parfois, on se demande si l’Etat a bien compris son propre projet !
Partout dans le monde, la mise en place d’un grand campus inclut le développement rapide de transports adaptés. Mais peut-être pas en France ? Depuis des années les acteurs du plateau interpellent l’Etat, quasi quotidiennement, sur l’insupportable état des transports : la RN 118 et ses embouteillages permanents ; le RER B avec ses rames bondées jusqu’à minuit et au-delà, ses retards et incidents quotidiens ; le bus 9106 si souvent saturé, alors que les flux...




                        

                        

