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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-1"> ¤ L’ancien infirmier Ivo Poppe avoue avoir euthanasié « vingt personnes au maximum » entre 1978 et 1996.
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A Bruges, la mémoire sélective du « diacre de la mort »

L’ancien infirmier Ivo Poppe avoue avoir euthanasié « vingt personnes au maximum » entre 1978 et 1996.



Le Monde
 |    23.01.2018 à 15h21
    |

            Jean-Pierre Stroobants (Bruxelles, Correspondant)








                        



                                


                            

Au premier jour de son procès d’assises, Ivo Poppe, baptisé « le diacre flamand de la mort » a glacé le public des assises de Bruges. Cet ancien infirmier, spécialisé dans l’accompagnement des mourants, a avoué qu’il avait tué « vingt personnes au maximum » entre 1978 et 1996, le moment où il est devenu diacre, une fonction d’assistance au prêtre, assumée en principe par une personne dont les qualités morales ont été unanimement reconnues.
Ivo Poppe, 61 ans, crâne dégarni et lourd chandail de laine sur les épaules, a été longuement interrogé par le président, Bart Meganck, qui s’est étonné de sa mémoire sélective. L’accusé se souvient, en effet, de nombreux détails sur son métier à l’hôpital Saint-Joris de Menin, près de la frontière française, de séjours dans les Ardennes, du numéro d’une chambre, mais plus du nombre de patients qu’il a euthanasiés. Ou de leur nom. Il sait seulement qu’il a commis « des erreurs », en n’impliquant pas ses collègues lorsqu’une personne était gravement malade ou en phase terminale.
« Sottises »
En 2013, il s’est rendu chez un psychiatre, invoquant des troubles du sommeil et une dépression. Il a affirmé au médecin qu’il avait tué « des dizaines de personnes ». Il aurait délibérément menti, parce qu’il avait un besoin urgent de soins, affirme-t-il aujourd’hui. « Quand on va chez le médecin, on ne lui dit pas que l’on a seulement 37,5 °C de fièvre », argumente-t-il. Le psychiatre a prévenu la justice, qui a lancé une enquête au cours de laquelle le diacre a reconnu d’autres « sottises ». Par exemple, sur la méthode qu’il utilisait pour tuer les grabataires ou sur le décès de la grand-mère d’un de ses collègues.
Ses souvenirs ne sont précis que pour quelques cas. La mort provoquée de deux de ses oncles, de son beau-père, ou de sa propre mère, en 2011. Il jugeait insupportable, explique-t-il, que cette dernière ait à souffrir après s’être consacrée aux autres...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-2"> ¤ Exilé en Belgique depuis la fin d’octobre, Carles Puigdemont a été proposé, lundi, comme candidat à la présidence de la région, mais il risque d’être arrêté s’il rentre en Espagne.
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Catalogne : Madrid empêchera le retour de Puigdemont, même « en ULM ou en bateau »

Exilé en Belgique depuis la fin d’octobre, Carles Puigdemont a été proposé, lundi, comme candidat à la présidence de la région, mais il risque d’être arrêté s’il rentre en Espagne.



Le Monde
 |    23.01.2018 à 12h47
 • Mis à jour le
23.01.2018 à 14h51
   





                        


Le gouvernement espagnol est bien décidé à ne pas laisser Carles Puigdemont redevenir président de la région de Catalogne. Le ministre de l’intérieur, Juan Ignacio Zoido, a assuré mardi 23 janvier que les forces de l’ordre étaient sur le qui-vive « partout » dans le pays pour empêcher que l’indépendantiste rentre incognito, « en hélicoptère, ULM ou bateau », voire « dans le coffre d’une voiture », a-t-il précisé.
Exilé en Belgique depuis la fin d’octobre, Carles Puigdemont a été proposé lundi comme candidat à la présidence de la région, mais il risque d’être arrêté et placé en détention provisoire pour « rébellion », « sédition » et « malversation de fonds » s’il rentre en Espagne. Mardi, il a exprimé son souhait de pouvoir rentrer en Catalogne sans être arrêté.
Interrogé sur la possibilité qu’il passe la frontière incognito pour se faire investir président par le Parlement catalan, le ministre de l’intérieur a répondu à la télévision publique espagnole TVE : « Nous travaillons pour que cela ne puisse pas se produire, aux frontières et à l’intérieur des frontières, partout. » Avec des experts de la garde civile et de la police nationale, « nous allons travailler intensément – matin, midi et soir » pour qu’il ne puisse entrer en secret, a-t-il insisté.

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L’investiture à distance en débat
Menacé par la justice, Carles Puigdemont entendait, s’il ne être investi à distance, depuis Bruxelles. Il n’est en effet pas recherché par la justice espagnole en Belgique, notamment pour éviter des divergences d’interprétation entre magistrats belges et espagnols sur la gravité des délits qui lui sont reprochés, dont la rébellion. Madrid s’oppose fermement à ce que M. Puigdemont soit élu en étant absent de Barcelone.
« Mon intention dans les prochains jours, c’est de contribuer à la restauration démocratique », de sorte que le résultat des élections catalanes soit respecté, a déclaré M. Puigdemont depuis Copenhague. « Le meilleur signal en ce sens serait que je puisse rentrer sans aucun risque pour faire face au débat parlementaire », a-t-il ajouté.

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Le débat d’investiture au Parlement catalan doit avoir lieu le 31 janvier, mais ses modalités font toujours l’objet de négociations. Les services juridiques du Parlement sont également opposés à une investiture, mais le président indépendantiste, Roger Torrent, assure que « la décision finale revient au bureau du Parlement et elle est politique ». Il a demandé à s’entretenir avec le premier ministre espagnol, Mariano Rajoy, pour trouver une solution avant le 31 janvier.
Le ministre de l’intérieur, interrogé mardi sur le cas de M. Puigdemont, s’est montré plus ferme : « Qu’il se rende. Sinon, qu’un autre soit candidat à la présidence » du gouvernement catalan.
Les indépendantistes ont remporté la majorité des sièges au Parlement à l’issue des élections régionales anticipées du 21 décembre, convoquées après la dissolution du Parlement par Madrid et la mise sous tutelle de la région, en réponse à une proclamation unilatérale d’indépendance de la Catalogne. Voulues par le gouvernement de Mariano Rajoy, elles ont vu le Parti populaire du premier ministre s’effondrer, et le parti libéral unioniste Ciudadanos arriver en tête.




                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-3"> ¤ La justice italienne s’acharne contre Medhanie Tesfamariam Behre, accusé d’être un cruel trafiquant d’êtres humains, alors que tout indique qu’il y a erreur sur la personne.
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Reportage

A Palerme, le procès d’un Erythréen tourne à l’absurde

La justice italienne s’acharne contre Medhanie Tesfamariam Behre, accusé d’être un cruel trafiquant d’êtres humains, alors que tout indique qu’il y a erreur sur la personne.

Par                Antoine Harari (Palerme, Sicile)



LE MONDE
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        Le 23.01.2018 à 12h13

     •
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        Mis à jour le 23.01.2018 à 12h17






    
Medhanie Tesfamariam Behre lors de son extradition du Soudan vers la Sicile en juin 2016.
Crédits : HO / AFP


Tête baissée, regard fuyant, Medhanie semble groggy à son entrée dans la salle d’audience du tribunal de Palerme, lundi 22 janvier. Pour le procureur Calogero Ferrara, il est le « Général » Medhanie Mered, l’un des plus dangereux trafiquants d’êtres humains de la planète. Pour la défense, en revanche, il s’agit d’une dramatique erreur judiciaire. Depuis dix-huit mois, l’avocat Michele Calantropo a tenté par tous les moyens de démontrer que Medhanie Tesfamariam Behre n’est pas Medhanie Yedego Mered, et que les deux Erythréens n’ont en commun que leur prénom.

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L’accusation s’emmêle les pinceaux
« Jusqu’à aujourd’hui, l’accusation n’a pas été en mesure de fournir le moindre témoin qui corrobore son hypothèse. De notre côté, nous avons produit des examens qui montrent que les deux voix ne sont pas les mêmes, un test ADN et une infinité de documents et témoins qui prouvent que la personne emprisonnée est innocente », explique-t-il.
Pour l’avocat, l’obstination du procureur serait motivée par « les intérêts de la politique migratoire européenne ». Il fait ici référence au processus de Khartoum qui vise à établir une collaboration sur la question migratoire entre l’Union européenne (UE) et plusieurs pays d’Afrique orientale. En effet, reconnaître publiquement que la police soudanaise, responsable de l’arrestation, aurait fait une erreur, entraînerait probablement un refroidissement des relations avec l’UE.

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Fruit d’une collaboration entre les différentes polices européennes et soudanaise, l’opération Glauco a permis l’arrestation de Medhanie en juin 2016. De fait, le procureur « Gerry » Ferrara appelle comme premier témoin Roy Godding, officier de liaison de la National Crime Unit du Royaume-Uni, qui a participé à l’enquête. Se basant sur les écoutes téléphoniques du trafiquant et le profil Facebook de Medhanie, Roy Godding soutient la thèse du procureur italien.
Cependant, très vite, le fonctionnaire britannique s’emmêle les pinceaux et déclare ne pas avoir su, jusqu’en mai 2016, où se trouvait le trafiquant Mered. Or, suite à une lettre produite par la défense, il apparaît qu’en janvier 2016 déjà, il écrivait à Calogero Ferrara que Mered se trouvait à Khartoum. Dans la même missive, il enjoignait le procureur d’accélérer l’arrestation, estimant que Mered pourrait quitter le Soudan avant la fin de l’hiver. Pour la défense, le trafiquant avait en fait déjà fui et se trouvait à Dubaï au moment de la capture de Medhanie.
Larmes et tressaillement
Une version que partage Meron Estefanos, deuxième témoin à être entendu à la barre. Spécialisée dans la traque de passeurs, cette militante et journaliste érythréenne est régulièrement sollicitée par les polices hollandaise et suédoise en qualité d’experte. Lors de son audition, elle se souvient de sa première conversation téléphonique avec Mered, en 2010. « C’était un soir, très tard. Il m’a demandé pourquoi je salissais son nom dans mon émission de radio. Selon lui, il ne commettait aucun crime, mais rendait un service. Il s’est vanté [d’avoir fait passer en Europe] plus de 13 000 personnes par an », raconte-t-elle. Alors qu’elle poursuit sa déposition, le procureur Ferrara s’emporte et remet en cause sa qualité d’experte. Elevant la voix, il demande à Meron Estefanos de justifier ses recherches et de prouver sa collaboration avec Europol. Exaspérée, elle cite plusieurs rapports qu’elle a écrits sur le sujet, avant de s’exclamer : « Il y a des dizaines de personnes qui m’envoient des photos du véritable trafiquant depuis que vous avez arrêté Medhanie. Je pourrais vous dire où il est en ce moment même si vous le souhaitiez ! » Etonnement général. Pourtant, personne ne lui demande de préciser ses dires.

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Après Meron Estefanos, c’est au tour de Robert de témoigner. Installé aujourd’hui en Suède, cet Erythréen raconte à la cour sa rencontre avec le trafiquant Mered. Parti d’Ethiopie, il croise sa route à Khartoum. Alors qu’il traverse le désert depuis la Libye, il est vendu par Mered à des tribus bédouines. Torturé pendant neuf mois, il est finalement sauvé par une ONG égyptienne qui le renvoie en Ethiopie. Il décide alors de retenter la traversée. Arrivé à Khartoum, il retombe sur le même Mered qui s’étonne de le revoir en vie. Cette fois-ci, il parviendra jusqu’en Europe. Lorsque l’avocat de la défense lui demande s’il a déjà vu son client, Robert se retourne lentement en direction de Medhanie avant de secouer négativement la tête. En revanche, quand Michele Calantropo lui présente la photo utilisée pour l’arrestation du trafiquant, il ne peut s’empêcher de tressaillir. Alors qu’il reconnaît l’homme sur le cliché, des larmes coulent sur son visage.


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-4"> ¤ Jawad Bendaoud comparaît à Paris partir de mercredi pour « recel de terroristes ». Il risque un maximum de six ans de prison et 90 000 euros d’amende
<filname="PROF-0,2-3214,1-0,0-4"> ¤                     
                                                   
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Début mercredi du procès de Jawad, le « logeur des terroristes » du 13-Novembre

Jawad Bendaoud comparaît à Paris partir de mercredi pour « recel de terroristes ». Il risque un maximum de six ans de prison et 90 000 euros d’amende



Le Monde
 |    23.01.2018 à 11h34
 • Mis à jour le
23.01.2018 à 11h41
    |

            Franck Johannès








                        



                                


                            

C’est le premier procès des attentats du 13 novembre 2015 qui ont fait 139 morts, mais sans doute son volet le moins décisif : la 16e chambre correctionnelle de Paris juge, à partir de mercredi 24 janvier, Jawad Bendaoud, le logeur à Saint-Denis de deux des tueurs, en compagnie de deux complices. Il est poursuivi pour « recel de terroristes » et a finalement échappé aux assises : les six juges d’instruction ont la conviction qu’il se doutait qu’il logeait des terroristes, mais ne savait rien de leurs futurs projets d’attentats. Il risque un maximum de six ans de prison et 90 000 euros d’amende – une peine doublée parce qu’il était en récidive.
Le jeune homme, 31 ans, avait connu une pénible heure de gloire le jour de son interpellation, le 18 novembre 2015, lorsque le RAID avait donné l’assaut à Saint-Denis. « J’ai appris que c’était chez moi, avait dit Jawad Bendaoud à BFM-TV, j’étais pas au courant que c’était des terroristes. On m’a demandé de rendre service, j’ai rendu service. » La vidéo, parodiée mille fois, avait tourné en boucle sur Internet. Jawad, « c’est celui dont on a ri après avoir trop pleuré », avait résumé l’un de ses avocats, Xavier Nogueras.

Les tueurs du 13-Novembre étaient dix : trois au Bataclan, tués pendant l’assaut ; quatre au Stade de France, dont Salah Abdeslam, le seul rescapé, incarcéré à Fleury-Mérogis (Essonne) ; et trois qui avaient tiré sur des terrasses de cafés au cœur de Paris. Deux hommes de ce dernier commando avaient pu s’enfuir : Abdelhamid Abaaoud – pour les policiers, le cerveau des attentats – et Chakib Akrouh.
En quête d’un abri
Les enquêteurs ont retrouvé la trace des fugitifs le 16 novembre, lorsqu’une femme est venue expliquer qu’elle connaissait celle qui cachait l’un des terroristes : une certaine Hasna Aït Boulahcen, une fille un peu perdue, un jour habillée en rappeuse, un jour en niqab. Hasna avait reçu la veille un appel de Belgique, on lui...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-5"> ¤ La fille de l’ancien maire de Saint-Pétersbourg, candidate à l’élection présidentielle, annonce son intention de créer un parti libéral « inexistant en Russie depuis dix ans »
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En Russie, Ksenia Sobtchak tente de s’affirmer en opposante numéro un à Vladimir Poutine

La fille de l’ancien maire de Saint-Pétersbourg, candidate à l’élection présidentielle, annonce son intention de créer un parti libéral « inexistant en Russie depuis dix ans »



Le Monde
 |    23.01.2018 à 11h20
 • Mis à jour le
23.01.2018 à 11h48
    |

            Isabelle Mandraud (Kaliningrad, envoyée spéciale)








                        



                                


                            

Ksenia Sobtchak touche au but. La candidate à l’élection présidentielle russe a réuni les cent mille signatures de citoyens, nécessaires pour concourir au scrutin du 18 mars, mais se garde bien de crier victoire dans cette première étape. « En dépit de tout, en dépit de l’énorme travail que nous avons accompli, si “on” a décidé que vous ne participerez pas, vous ne participerez pas, explique-t-elle. C’est comme la roulette russe. » L’exemple d’Alexeï Navalny, 41 ans, principal opposant au Kremlin écarté de la course pour des condamnations qu’il réfute, en témoigne.
A 36 ans, la fille de l’ancien maire de Saint-Pétersbourg Anatoli Sobtchak, mentor politique de Vladimir Poutine, se présente elle aussi dans le rôle de l’opposante, sous l’étiquette « contre tous », avec une fermeté qui étonne. Soutenue par de riches donateurs qu’elle refuse pour l’instant de nommer – mais qui lui ont permis de récolter déjà plus de 80 millions de roubles (1,1 million d’euros) –, cette journaliste, ex-vedette de télévision, mène campagne en passant outre blâmes et quolibets qui tentent de la dépeindre comme une marionnette du Kremlin. « Non, Poutine n’est pas mon parrain », répète-t-elle à l’envi.
« 35 degrés de différence entre nous »
« “Une blonde”, oui, je connais tout ça… Mais je suis prête à le supporter », assure Ksenia Sobtchak. Bien que créditée d’à peine plus de 1 % des intentions de vote dans les sondages, elle multiplie les déplacements sur le terrain, sans ménager ses critiques contre le pouvoir. Partout, elle dénonce un système verrouillé et corrompu, et prône la discussion pour sortir de la situation provoquée par l’annexion de la Crimée en « violation du droit international ».
A Moscou, elle a déposé une plainte au parquet pour protester contre la surreprésentation dans les médias du chef de l’Etat, candidat à sa succession. A Tomsk, en Sibérie, elle le parodie en plongeant dans un trou de glace par...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-6"> ¤ Le conseil des ministres des finances de l’Union européenne avait validé en décembre une liste noire de 17 pays, à la suite de plusieurs scandales d’évasion fiscale.
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Paradis fiscaux : huit pays dont le Panama retirés de la liste noire de l’UE

Le conseil des ministres des finances de l’Union européenne avait validé en décembre une liste noire de 17 pays, à la suite de plusieurs scandales d’évasion fiscale.



Le Monde
 |    23.01.2018 à 11h13
 • Mis à jour le
23.01.2018 à 16h25
   





                        


Les ministres des finances de l’Union européenne (UE) ont retiré huit pays de leur liste noire des paradis fiscaux, dont le Panama, lors d’une réunion mardi 23 janvier à Bruxelles, a annoncé le conseil des ministres dans un communiqué.
Ces huit pays sont le Panama, la Corée du Sud, les Emirats arabes unis, la Tunisie, la Mongolie, Macao, les îles de la Grenade et la Barbade. Il ne reste par conséquent plus que 9 pays sur cette liste noire, établie le 5 décembre par le conseil des ministres des finances de l’UE.

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Pour chacun des huit pays retirés, les autorités ont fourni des engagements « par des lettres signées à un très haut niveau », selon le communiqué. Ils sont désormais placés sur la liste « grise » d’une quarantaine de juridictions ayant pris des engagements forts à changer leurs pratiques ou législations. Ils feront l’objet d’un suivi.
Une liste répondant aux scandales
Restent désormais dans la liste « noire » les Samoa, les Samoa américaines, l’île de Guam, Bahreïn, les îles Marshall, la Namibie, les Palaos, Sainte-Lucie et Trinité-et-Tobago. Cette liste avait été établie en 2015 par la Commission européenne, dans la foulée de multiples scandales d’évasion fiscale. Une liste « Hurricane » d’îles touchées par des ouragans en 2017 et auxquelles un délai supplémentaire a été donné avait également été constituée.
Le commissaire européen aux affaires économiques, Pierre Moscovici, a appelé à « rester vigilants pour que les 55 juridictions de la liste grise passent de la parole aux actes ». La Commission européenne compte par ailleurs « continuer à examiner les contremesures et sanctions les plus pertinentes au niveau communautaire » pour les pays blacklistés.

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« La liste noire fonctionne », a estimé le ministre des finances bulgare, Vladislav Goranov, dont le pays assure la présidence tournante de l’Union pour six mois. Car, a-t-il expliqué, les pays concernés « ont travaillé dur pour s’engager à réformer leur politique fiscale ».
Même son de cloche de la part du ministre des finances français, Bruno Le Maire, qui a réagi sur Twitter : « Liste noire des paradis fiscaux : la pression européenne a apporté ses premiers résultats ! »
Le Panama se félicite
De leur côté, le Panama et la Tunisie se sont félicitées d’avoir quitté le petit cercle des pays blacklistés. « Notre engagement est d’assurer les plus hauts standards en termes de transparence financière », a promis Juan Carlos Varela, président du Panama.
« Grâce à un travail important de dialogue (…) et une forte mobilisation du gouvernement, on est arrivés à dépasser ce quiproquo, cet accident de parcours dans notre relation (avec l’UE) et c’est une très bonne chose », a affirmé le secrétaire d’Etat tunisien au commerce extérieur, Hichem Ben Ahmed.
L’eurodéputée verte Eva Joly et Oxfam ont regretté que certains pays européens ne puissent figurer sur la liste noire, affirmant que « l’Irlande, le Luxembourg, les Pays-Bas ou Malte ne remplissent même pas les critères de l’UE ».




                            


                        

                        


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Le Monde
 |    23.01.2018 à 11h03
 • Mis à jour le
23.01.2018 à 14h53
    |

            Sandrine Morel (Barcelone, envoyée spéciale)








                        



                                


                            

Le nouveau président du Parlement catalan, l’indépendantiste Roger Torrent, issu de la Gauche républicaine (ERC), a annoncé, lundi 22 janvier, qu’il présenterait la candidature de Carles Puigdemont à la présidence de la Généralité (le gouvernement catalan), lors du débat d’investiture qui doit avoir lieu avant le 31 janvier. Il explique au Monde cette décision, prise alors que l’ancien président catalan s’est installé en Belgique pour fuir la justice espagnole, après avoir organisé un référendum sur l’indépendance, jugé illégal, le 1er octobre 2017.

Pourquoi avoir décidé de présenter Carles Puigdemont à l’investiture, alors qu’il se trouve en Belgique ?
Il ne serait pas compréhensible que je ne le présente pas comme candidat à la présidence de la Généralité puisque, après avoir parlé à tous les groupes politiques représentés au Parlement de Catalogne, il s’est avéré être le seul candidat ayant une possibilité d’être investi par la Chambre par une majorité de députés [les partis indépendantistes y disposent depuis les élections du 21 décembre de 70 des 135 députés].
Les services juridiques du Parlement catalan estiment qu’une investiture à distance n’est pas possible. Allez-vous en tenir compte ?
Les services juridiques ont pour fonction d’analyser le règlement du Parlement. Leur opinion est très importante mais ce n’est qu’une opinion. La décision finale revient au bureau du Parlement et elle est politique. Or, Carles Puigdemont a pu se présenter aux élections du 21 décembre, sans aucune restriction. Il n’a pas été interdit d’exercer une fonction publique. C’est un député comme les autres, susceptible d’être choisi comme président de la Généralité. Je suis conscient de la situation personnelle et judiciaire du président Puigdemont. Ce que je demande, c’est une solution politique. C’est pour cette raison que j’ai demandé à m’entretenir avec le premier ministre,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-8"> ¤ Les ministres des finances ont souligné les progrès réalisés mais veulent que toutes les « actions préalables » demandées soient achevées pour débloquer la prochaine tranche d’aide.
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Grèce : la zone euro valide le déboursement d’une aide

Les ministres des finances ont souligné les progrès réalisés mais veulent que toutes les « actions préalables » demandées soient achevées pour débloquer la prochaine tranche d’aide.



Le Monde
 |    23.01.2018 à 03h03
 • Mis à jour le
23.01.2018 à 07h01
   





                        



   


La zone euro a donné lundi 22 janvier son accord de principe au déboursement d’une nouvelle tranche d’aide à la Grèce et se dit maintenant prête à discuter d’un allégement de sa dette, à quelques mois de la fin du programme de soutien dont bénéficie Athènes depuis 2015. « Les gens sont maintenant convaincus que les choses ont changé et commencent à parler de l’avenir et de la sortie du programme », s’est félicité le ministre grec des finances, Euclide Tsakalotos, dont le pays est toujours sous le coup d’une dette colossale de 180 % du PIB.
L’aide validée lundi, d’un montant de 6,7 milliards d’euros, a été accordée par les ministres des finances de la zone euro après avoir constaté qu’Athènes avait mis en œuvre l’essentiel des réformes réclamées en échange de ce soutien.
Le président de l’Eurogroupe, Mario Centeno, a cependant souligné que le déboursement de cette somme ne serait effectif qu’une fois que les dernières mesures encore en suspens auront été adoptées.
En bonne voie
Selon le commissaire européen aux affaires économiques, Pierre Moscovici, « 95 des 110 » réformes économiques et sociales réclamées ont pour l’instant été adoptées par la Grèce. Leur mise en œuvre a cependant suscité grèves et manifestations dans le pays. La plus décriée d’entre elles consiste en un durcissement du droit de grève. Ces mesures étaient réclamées dans le cadre d’un troisième programme d’aide à la Grèce, lancé à l’été 2015 sous l’égide de l’Union européenne, qui prévoit des crédits d’un montant maximum de 86 milliards d’euros. Sur ce total, 40,2 milliards ont déjà été déboursés.
Ce programme court jusqu’au mois d’août et Athènes espère ensuite être en mesure de se financer à nouveau entièrement sur les marchés. La tranche d’aide doit être versée en deux fois : d’abord de 5,7 milliards d’euros dans la seconde moitié de février, puis un milliard d’euros en avril.
Cet argent doit permettre à la Grèce « de couvrir le service de la dette, de payer des arriérés » et aussi de commencer à constituer « un matelas financier » pour la période post-programme, a souligné M. Centeno.
Allégement de la dette
Ce déboursement a été obtenu par la Grèce avec beaucoup moins de difficulté que le précédent, de 8,5 milliards d’euros, qui n’avait été accordé qu’après de longs mois de négociations. Il constitue une « étape » importante vers la « sortie du programme » grec, « sur laquelle nous devons travailler d’ici cet été », a insisté M. Moscovici.
Un tout dernier versement, dont le montant n’a pas encore été décidé, devrait avoir lieu en juin, en échange de nouvelles réformes. Mais M. Centeno a surtout annoncé que la zone euro allait pouvoir « dans l’avenir débuter le travail technique sur des mesures d’allégement de la dette grecque », appelées de ses vœux par Athènes, mais qui fait face aux réticences de plusieurs pays, Allemagne en tête.
Les Européens étudieront en particulier un mécanisme, proposé par la France, qui lie le remboursement de la dette au niveau de la croissance grecque : si celle-ci était décevante, l’allégement de la dette serait plus important, mais si elle est conforme aux attentes, rien ne bouge.
Sous perfusion
Ces discussions devraient s’ouvrir dans les semaines à venir, peut-être même dès février. « Je trouve ça extrêmement encourageant que nous puissions, je l’espère bientôt, mettre cette crise totalement derrière nous », a affirmé M. Moscovici.
La Grèce vit depuis 2010 sous perfusion de prêts internationaux consentis par les Européens et le FMI en échange de purges successives d’austérité et de dérégulation qui ont fait fondre d’un quart le PIB et propulsé le chômage à un niveau record dans la zone euro.
Le pays a cependant vu sa croissance redevenir positive en 2017, à 1,6 % du PIB après plusieurs années de récession. La Commission européenne anticipe une croissance de 2,5 % en 2018 et 2019.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-9"> ¤ En France, le coût du logement est excessif dans le budget de 20 % des locataires et de 29,4 % des propriétaires.
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La flambée de l’immobilier creuse les inégalités en Europe

En France, le coût du logement est excessif dans le budget de 20 % des locataires et de 29,4 % des propriétaires.



Le Monde
 |    22.01.2018 à 17h22
 • Mis à jour le
22.01.2018 à 18h04
    |

            Jérôme Porier








                        



   


L’Institut de l’épargne immobilière et foncière (IEIF) a publié le 21 janvier une étude sur le logement en Europe, réalisée à partir de chiffres collectés en 2016. Premier constat, les prix immobiliers ont augmenté quasiment partout en Europe cette année-là en raison d’une hausse de la demande de logements, conséquence de taux historiquement bas et d’une amélioration de la conjoncture économique depuis 2014.
Le renchérissement de l’immobilier est en grande partie responsable de la hausse des inégalités partout en Europe. Selon l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), la part des dépenses consacrée par les foyers à leur logement (loyer, crédit, charges…) dans leur budget a ainsi augmenté de 20,3 % en 2000 à 24,4 % en 2016. La France figure parmi les pays où ce niveau est le plus élevé : 26,4 % en 2016 contre 23,2 % en 2000.

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Malgré des conditions d’emprunt avantageuses, la hausse des prix a affecté la solvabilité des ménages modestes. Un nombre croissant d’habitants sacrifient plus de 40 % de leur budget au logement, atteignant donc un « coût excessif », selon la norme internationale.
Dans les pays de l’OCDE, 15 % des locataires et 10 % des propriétaires, avec un prêt en cours, sont dans cette situation de « coût excessif ». En France, 20 % des locataires et 29,4 % des propriétaires sont dans une telle situation.

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Le marché européen de l’immobilier résidentiel, explique l’IEIF, est particulièrement sensible aux variables économiques comme la croissance économique et le niveau des taux d’intérêt. La corrélation entre la croissance des prix résidentiels dans l’Union européenne et celle du PIB atteint même 83 % au cours des dix dernières années (source : Deloitte).
« Ces variables conditionnent le pouvoir d’achat des ménages et leur niveau de confiance. Ils anticipent l’évolution des prix selon le contexte plus ou moins favorable de l’environnement économique. Malgré la reprise, les niveaux tendanciellement attendus de la croissance du PIB, devraient limiter l’inflation des prix des logements à moyen terme au niveau national », estime Charles-Henri de Marignan, responsable du pôle immobilier direct à l’IEIF.
Selon cet organisme de recherche indépendant, les politiques monétaires de la Banque centrale européenne (BCE) et des autres banques centrales de l’Union européenne (UE) ne devraient donc pas imposer de tour de vis monétaire brutal en 2018, ce qui permettra d’éviter un effondrement de la demande.



                            


                        

                        


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Compte rendu

L’ancien vice-président de l’Angola jugé pour corruption au Portugal

Le procès de Manuel Vicente, accusé d’avoir corrompu le procureur portugais Orlando Figueira, est source de tensions entre Luanda et Lisbonne.


Le Monde.fr avec AFP
              datetime="2018-01-22T15:03:40+01:00"

        Le 22.01.2018 à 15h03






    
Manuel Vicente à l’ONU, à New York, le 22 septembre 2016.
Crédits : DOMINICK REUTER / AFP


Source de tensions diplomatiques entre le Portugal et l’Angola, le procès pour corruption impliquant l’ancien vice-président angolais Manuel Vicente s’est ouvert en son absence lundi 22 janvier à Lisbonne, alors que Luanda s’estime « offensé » par son ancienne puissance coloniale.
Il y a cinq ans déjà, les premières informations publiées dans la presse portugaise sur une enquête visant plusieurs hauts responsables angolais, dont M. Vicente, avaient jeté un froid dans les rapports entre ces deux pays, pourtant très liés au plan économique.
Manuel Vicente, qui était à la tête de la compagnie pétrolière nationale Sonangol à l’époque des faits présumés, est accusé par le ministère public portugais d’avoir corrompu le procureur Orlando Figueira, en lui versant la somme de 763 500 euros pour que ce dernier classe deux enquêtes ouvertes en 2011, dans lesquelles il était soupçonné de blanchiment d’argent.

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Tout en niant les imputations faites à son encontre, l’ancien dirigeant angolais de 61 ans ne s’est jamais présenté devant la justice portugaise car les autorités de son pays refusent de donner suite aux commissions rogatoires adressées depuis Lisbonne pour lui signifier son inculpation, arguant qu’il dispose d’une immunité pour avoir occupé le poste de vice-président entre 2012 et 2017.
« Une offense »
Afin d’éviter que M. Vicente soit jugé par contumace, une hypothèse sur laquelle le tribunal pourrait se prononcer lundi, ses avocats portugais et la justice angolaise ont demandé que la partie de l’affaire qui le concerne soit transférée vers Angola, à l’abri des conventions signées par les deux pays dans le cadre de la Communauté des pays de langue portugaise (CPLP).
« La séparation de la procédure concernant Manuel Vicente nous semble inévitable. S’il n’est pas ici aujourd’hui c’est parce qu’il ne peut pas. L’immunité n’est pas un privilège personnel, c’est une affaire d’Etat », a déclaré son avocat, Rui Patricio, à l’arrivée au tribunal où il représentait aussi l’homme d’affaires Armindo Pires, accusé d’avoir agi comme l’intermédiaire de M. Vicente.

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Le ministère public portugais a cependant rejeté la demande de transfert du dossier, en faisant valoir que « les autorités angolaises ne donneraient pas suite à la procédure ou, du moins, ne donnent pas de garanties qu’elles le feraient ». Cette décision a été très mal reçue par le nouveau président angolais Joao Lourenço. « Nous considérons cela comme une offense et nous n’accepterons pas d’être traités ainsi », a-t-il déclaré lors d’une conférence de presse le 8 janvier.
« Pour que les relations entre l’Angola et le Portugal reviennent au niveau d’un passé récent, nous voulons un geste : remettre la procédure à l’Angola », a prévenu le chef d’Etat arrivé au pouvoir en septembre 2017.
En attendant que la justice portugaise trouve une issue à cette impasse, la presse locale s’inquiétait d’une éventuelle escalade diplomatique, qui pourrait pousser l’Angola à suspendre sa participation à la CPLP ou à réduire ses importations en provenance du Portugal, qui a dans son ancienne colonie son huitième marché extérieur.
« Une question de souveraineté »
Dès son discours d’investiture, le président Joao Lourenço avait sciemment omis le Portugal lorsqu’il avait énuméré les partenaires stratégiques de l’Angola. « C’était un message très significatif car, jusque-là, le Portugal jouait le rôle de porte d’entrée en Europe », explique Alex Vines, du centre de réflexion britannique Chatham House.
« Les Angolais ont décidé de diversifier leurs relations pour ne plus dépendre autant du Portugal », où a beaucoup investi l’entourage de l’ancien président José Eduardo dos Santos, qui a quitté le pouvoir après avoir régné sans partage sur le pays pendant trente-huit ans.
Mais, d’après M. Vines, la sensibilité de Luanda au sujet du procès de Manuel Vicente découle « surtout d’une question de souveraineté et d’une volonté de ne pas voir trop de linge sale angolais s’étaler dans les médias et les salles d’audience portugaises ». L’Angola est classé 164e sur 176 pays au dernier classement de l’ONG Transparency International sur la corruption.


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-11"> ¤ L’économie planétaire devrait progresser de 3,9 % cette année et la suivante, après 3,7 % en 2017, selon les prévisions du Fonds monétaire international publiées lundi.
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La croissance mondiale va encore accélérer en 2018 et 2019, selon le FMI

L’économie planétaire devrait progresser de 3,9 % cette année et la suivante, après 3,7 % en 2017, selon les prévisions du Fonds monétaire international publiées lundi.



Le Monde
 |    22.01.2018 à 15h00
 • Mis à jour le
22.01.2018 à 15h09
    |

            Marie de Vergès








                        



   


L’économie mondiale est lancée sur de bons rails et sa croissance devrait encore accélérer. Dans ses dernières prévisions, publiées lundi 22 janvier, le Fonds monétaire international (FMI) estime que le produit intérieur brut (PIB) planétaire devrait progresser de 3,9 % en 2018 et 2019, après 3,7 % en 2017. Ces chiffres ont tous été révisés à la hausse depuis les perspectives publiées à l’automne par l’institution de Washington (+ 0,2 point de pourcentage pour cette année et l’an prochain, et + 0,1 point pour 2017).
Une reprise qui se raffermit
Ces derniers mois, la croissance a accéléré dans quelque 120 pays, constituant les trois quarts du PIB mondial. Il s’agit de la reprise la plus large et synchronisée depuis 2010, note le FMI, qui souligne des performances bien meilleures qu’attendu en Asie et en Europe.
Cet élan devrait se renforcer en 2018 et 2019, sur fond de conditions financières favorables et de reprise de l’investissement. La zone euro devrait progresser plus vite que prévu à 2,2 % en 2018 et 2 % en 2019 (1,9 % en France les deux années). La croissance sera particulièrement dynamique aux Etats-Unis, à 2,7 % cette année et 2,5 % la suivante. Ces derniers pronostics ont été largement revus à la hausse dans la foulée de la réforme fiscale américaine (respectivement + 0,4 et + 0,6 point de pourcentage). L’accélération de l’activité sur le territoire américain aura des répercussions positives pour les partenaires commerciaux des Etats-Unis.
Réforme fiscale américaine : des effets à double tranchant
A court terme, le FMI prévoit que la réforme fiscale américaine, votée avant Noël, stimule l’activité. D’ici à 2020, ce programme de baisses d’impôts – qui ne devrait pas être compensé par des coupes dans les dépenses – devrait faire gonfler le PIB américain de 1,2 %. Mais le Fonds met en exergue un « produit dérivé » de cette réforme : l’accélération de la demande interne qui en résultera devrait accroître les importations et, de ce fait, creuser le déficit de la balance commerciale américaine. Un effet ambivalent alors que le président américain Donald Trump n’a cessé de fustiger les excédents commerciaux qu’entretiennent certains de leurs partenaires vis-à-vis des Etats-Unis (Chine, Mexique, Allemagne)…
Le déficit budgétaire va aussi s’aggraver et nécessiter, à l’avenir, des ajustements. Cumulé à la nature temporaire des dispositions fiscales, l’effet de la réforme sur la croissance devrait être négatif à compter de 2022.
Des risques qui persistent
Des risques continuent à peser sur la croissance à moyen terme. Le FMI cite, notamment, la menace d’une correction sur les marchés, si l’inflation et les taux d’intérêt aux Etats-Unis remontent plus vite que prévu. Un retour de bâton qui exposerait particulièrement les économies les plus endettées. A l’inverse, des conditions financières demeurant très favorables encourageraient la prise de risques, au nom de la recherche de rendement. Le Fonds met ainsi en garde contre « l’accumulation de vulnérabilités au sein du système financier ».
Au moment où les Etats-Unis, le Mexique et le Canada renégocient leur accord de libre-échange, l’Alena, et où l’Union européenne discute du Brexit, le FMI met aussi en garde contre le risque de nouvelles barrières commerciales.
Une fenêtre de tir pour les réformes
La reprise de la croissance « offre une opportunité idéale pour [mener] des réformes », insiste le FMI. Les pistes de travail sont nombreuses. Les dirigeants sont exhortés à engager des réformes structurelles pour accroître la croissance potentielle et la rendre plus inclusive. Le FMI appelle aussi à renforcer la résilience du système financier et à œuvrer en faveur de la coopération multilatérale, « vitale pour sécuriser la reprise mondiale ».



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-12"> ¤ Ministre des finances du Portugal depuis à peine plus de deux ans, cet économiste de gauche, chantre de la flexisécurité, prend la tête de l’Eurogroupe. A son actif : le redressement de l’économie lusitanienne.
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Le discret Mario Centeno, nouveau capitaine de l’eurozone

Ministre des finances du Portugal depuis à peine plus de deux ans, cet économiste de gauche, chantre de la flexisécurité, prend la tête de l’Eurogroupe. A son actif : le redressement de l’économie lusitanienne.



Le Monde
 |    22.01.2018 à 14h00
    |

            Cécile Ducourtieux (Bruxelles, bureau européen) et 
Jean-Baptiste Chastand








                        



                                


                            

Il a ouvert un compte Twitter quelques heures après sa désignation, le 4 décembre 2017, et a recruté pour gérer sa communication un talentueux compatriote, ancien journaliste habitué du corps de presse bruxellois. De surcroît, il a fait son premier déplacement officiel en marquant les bons arrêts : rencontre avec le président français Emmanuel Macron, puis avec son ministre des finances, Bruno Le Maire, à Paris, mi-janvier, et visite dans la foulée chez Peter Altmaier, son homologue allemand, à Berlin.
Mario Centeno, le nouveau président de l’Eurogroupe, devait présider sa première réunion des dix-neuf ministres des finances de l’eurozone, lundi 22 janvier. S’attendait-il à cette consécration, lui le quasi-novice en politique et ministre des finances du Portugal depuis novembre 2015 ? A 51 ans, ce discret économiste a dû sentir la pression sur ses épaules : par la magie des alliances politico-diplomatiques européennes, il se retrouve à la tête du gouvernement officieux de l’eurozone.

Costume cintré, mains dans les poches, très à l’aise face aux caméras, son prédécesseur, Jeroen Dijsselbloem, aurait bien rempilé pour un troisième mandat, si cela avait été possible. Le fringant ministre des finances néerlandais avait réussi à se faire respecter de ses pairs et à se démarquer – un peu – de Wolf­gang Schäuble, l’ancien ministre des finances allemand, à l’écrasante présence. Avec son large sourire toujours accroché aux lèvres, son abondante chevelure poivre et sel, son air timoré et un peu embarrassé, Mario Centeno inaugure une nouvelle ère à Bruxelles.
Ce fan du Benfica Lisbonne vient d’un gouvernement de gauche et d’un pays qui, à l’instar de la Grèce, échappa de peu à la faillite durant la crise, alors que, jusqu’à présent, une règle implicite de l’entre-soi bruxellois voulait que le président de l’Eurogroupe fût issu d’un Etat classé « triple A » par les agences de notation financière.
Va-t-il pour autant dynamiter ce club,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-13"> ¤ L’ancien leadeur du parti Nigel Farage songe à créer un parti rival, afin de relancer la campagne en faveur de la sortie de la Grande-Bretagne de l’Union européenne.
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Brexit : le parti europhobe UKIP est au bord de l’implosion

L’ancien leadeur du parti Nigel Farage songe à créer un parti rival, afin de relancer la campagne en faveur de la sortie de la Grande-Bretagne de l’Union européenne.



Le Monde
 |    22.01.2018 à 12h11
    |

            Philippe Bernard (Londres, correspondant)








                        



                                


                            

Le Brexit lamine le Parti pour l’indépendance du Royaume-Uni (UKIP, extrême droite), mais son ancien leadeur charismatique, Nigel Farage, pourrait en profiter pour créer une nouvelle formation europhobe. Dimanche 21 janvier, les instances dirigeantes du UKIP ont voté à l’unanimité (moin s sa propre voix) la défiance envers leur chef, Henry Bolton, un ancien officier de l’armée britannique de 54 ans dont la vie conjugale tumultueuse fait le bonheur des tabloïds.

Elu en septembre 2017 à la tête du UKIP, M. Bolton a quitté son épouse et leurs deux enfants pour Jo Marney, 25 ans, mannequin et militante du parti. L’histoire a quitté la rubrique des potins début janvier lorsque le Mail on Sunday a révélé le contenu de SMS envoyés par cette dernière à un ami. La maîtresse du leadeur UKIP y estimait que le prochain mariage du prince Harry avec l’actrice américaine Meghan Markle allait « souiller [leur] famille royale ». Le père de la jeune femme est blanc, sa mère est noire.
Même au UKIP, pareil racisme a du mal à passer et Henry Bolton a annoncé à la mi-janvier qu’il avait rompu avec son amie. L’ennui est que le même Mail a publié jeudi des photos du couple attablé dans un bar à vin londonien et se caressant. En dépit du vote de défiance de dimanche, M. Bolton a annoncé qu’il n’avait nullement l’intention de démissionner. « Je crois n’avoir rien fait de mal », s’est-il expliqué. Formellement, un vote des adhérents doit intervenir dans le mois à venir si M. Bolton ne se résout pas à jeter l’éponge.
Avenir hypothétique
Mais l’avenir du parti, dont le Brexit a longtemps été la raison d’exister, semble désormais hypothétique. Henry Bolton est le troisième dirigeant du UKIP depuis que Nigel Farage a démissionné, voici dix-huit mois, au lendemain du référendum. En deux ans, le parti a dégringolé de 12,6 % des voix à 1,8 % et n’a cessé d’être agité par des querelles intestines.

Profitant...




                        

                        


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Silvio Berlusconi, inéligible mais incontournable en Italie

Le système électoral favorise la coalition de l’ancien chef du gouvernement. Mais les législatives du 4 mars s’annoncent des plus incertaines.



Le Monde
 |    22.01.2018 à 10h39
 • Mis à jour le
23.01.2018 à 06h38
    |

            Jérôme Gautheret (Rome, correspondant)








                        



                                


                            

Dimanche 14 janvier à 17 heures sur Canale 5, mardi 16, à 23 h 30 sur la même chaîne, jeudi 18 à 11 heures sur La7 puis à 21 h 15 sur Rete4, vendredi 19 à 9 h 55, de nouveau sur Canale 5, et dimanche 21 à 20 h 30, encore sur La7… Silvio Berlusconi est de retour, et comme aux plus belles heures de sa longue carrière politique, à un mois et demi de législatives très incertaines, il enchaîne les interviews, à toute heure du jour et de la nuit, sur les chaînes de son empire télévisuel. Jeudi matin, interrogé sur son âge – 81 ans –, il a lancé à son intervieweuse : « Je me sens comme un jeune homme ! »
Du fait de sa condamnation pour fraude fiscale, cause de son inéligibilité et de son exclusion du Sénat, en 2013, l’ancien président du Conseil ne sera pas en mesure de se présenter. Mais son nom figurera quand même sur les bulletins de vote, vu le slogan adopté par son parti, Forza Italia, « Berlusconi président ».
D’ailleurs, a-t-il vraiment besoin de siéger dans une assemblée pour peser ? Omniprésent dans la campagne qui commence, l’ancien chef du gouvernement a pu jouer de toute son influence pour parvenir une fois de plus à constituer une large alliance des forces de droite, malgré l’étendue de leurs divergences. Il continue à faire planer le doute sur sa volonté de reprendre la tête du pays, ce que son inéligibilité ne lui interdit en théorie pas. Dans tous les cas, il sait qu’il sera au centre du jeu au soir des élections du 4 mars.
Comme à chaque fois depuis son entrée en politique, en 1994, il concourra aux côtés des postfascistes, groupés au sein de Fratelli d’Italia, sous la direction de Giorgia Meloni, et de la Ligue du Nord, qui, sous l’impulsion de Matteo Salvini, allié de Marine Le Pen au Parlement européen, se baptise désormais « Ligue » et cherche à gommer son discours régionaliste pour mieux insister sur la lutte contre l’immigration.
« Très bon analyste de la société »
L’alliance, formalisée le 18 janvier...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-15"> ¤ Selon le président du Parlement, Roger Torrent, M. Puigdemont a « une légitimité absolue pour être candidat », malgré sa situation judiciaire compliquée.
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Puigdemont proposé comme candidat à la présidence de la Catalogne

Selon le président du Parlement, Roger Torrent, M. Puigdemont a « une légitimité absolue pour être candidat », malgré sa situation judiciaire compliquée.



Le Monde
 |    22.01.2018 à 09h45
 • Mis à jour le
23.01.2018 à 06h38
   





                        



   


Carles Puigdemont, a été proposé comme candidat officiel à la tête de la Catalogne, lundi 22 janvier, a annoncé le président indépendantiste du Parlement de la région, Roger Torrent. « Je suis conscient de la situation personnelle et judiciaire de M. Puigdemont, mais je sais aussi qu’il a une légitimité absolue pour être candidat », a-t-il déclaré à propos de l’ancien président indépendantiste toujours en exil.
Parti pour Bruxelles afin d’échapper à la justice espagnole, M. Puigdemont a quitté la Belgique lundi pour le Danemark, pour y participer à un colloque sur la Catalogne. Depuis Copenhague, M. Puigdemont a de nouveau sonné la charge, lundi, contre l’Union européenne (UE) qu’il accuse de ne pas défendre les droits fondamentaux en Catalogne. Lors de ce déplacement, il a ainsi dénoncé devant des étudiants « les échecs » de l’UE face aux crises survenant en son sein ou à ses portes.
Destitué par Madrid, M. Puigdemont est sous la menace d’un mandat d’arrêt européen s’il quitte la Belgique. Lundi, un juge espagnol a cependant rejeté la demande du parquet de réactiver ce mandat d’arrêt. En Belgique, il n’est pas recherché par la justice espagnole, notamment pour éviter des divergences d’interprétation entre magistrats belges et espagnols sur la gravité des délits qui lui sont reprochés, dont la rébellion.

        Lire notre
         

          résumé de la crise entre Madrid et Barcelone



Investiture à distance ?
Lundi, le juge espagnol a estimé que le déplacement au Danemark de M. Puigdemont a justement pour but de « provoquer cette arrestation à l’étranger », dans le cadre d’une stratégie visant à se doter d’arguments pour être investi en son absence président de la Catalogne.
M. Puigdemont entend bien être investi depuis Bruxelles, et ce pour éviter d’être arrêté dès qu’il foulerait le sol espagnol. Dans une interview à la radio catalane Catalunya Radio diffusée le 19 janvier, le dirigeant indépendantiste a déclaré que s’il était en prison, il ne pourrait « ni [s’adresser] aux gens, ni écrire, ni recevoir de visiteurs. La seule manière est de pouvoir continuer à le faire en liberté, en sécurité. Je ne peux pas agir comme président [régional] si je suis prisonnier. »
A Madrid, le gouvernement a toutefois averti qu’il s’opposerait à ce que M. Puigdemont soit élu en étant absent de Barcelone. M. Torrent a appelé le premier ministre espagnol Mariano Rajoy, au dialogue. D’ici à la fin du mois, le Parlement catalan tiendra en principe une session d’investiture au cours de laquelle il débattra sur la candidature à distance de M. Puigdemont.

        Lire aussi :
         

                Catalogne : les indépendantistes pourront-ils contrôler le nouveau Parlement ?



Appel au respect du processus démocratique
« Nous n’allons pas capituler face à l’autoritarisme malgré les menaces de Madrid. Bientôt, nous formerons un nouveau gouvernement », a déclaré M. Puigdemont, quelques heures après la présentation officielle de sa candidature. A Copenhague, le dirigeant séparatiste a appelé au respect du processus démocratique.
« J’espère qu’un jour pas si lointain, la volonté de notre peuple prévaudra et que nous serons capables de créer avec succès un nouvel Etat. »
Les indépendantistes ont remporté la majorité des sièges au Parlement à l’issue des élections régionales anticipées du 21 décembre 2017, convoquées après la dissolution du Parlement par Madrid et la mise sous tutelle de la région, en réponse à une proclamation unilatérale d’indépendance de la Catalogne. Voulues par le gouvernement de Mariano Rajoy, elles ont vu le Parti populaire du premier ministre s’effondrer, et le parti libéral unioniste Ciudadanos arriver en tête.




                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-16"> ¤ Les Assemblées française et allemande doivent voter, lundi, un projet de résolution commune baptisée « Pour un nouveau traité de l’Elysée ».
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Il y a cinquante-cinq ans, le traité de l’Elysée marquait le rapprochement franco-allemand

Les Assemblées française et allemande doivent voter, lundi, un projet de résolution commune baptisée « Pour un nouveau traité de l’Elysée ».



Le Monde
 |    22.01.2018 à 09h43
 • Mis à jour le
22.01.2018 à 15h43
    |

            Edouard Pflimlin








                        



   


Le 22 janvier 1963, le président de la République français, Charles de Gaulle, et le chancelier allemand, Konrad Adenauer, signaient un traité de coopération destiné à sceller la réconciliation entre la France et la République fédérale d’Allemagne (RFA).
Lundi 22 janvier, c’est le 55e anniversaire du traité. D’où vient-il et que contient-il ? A quoi a-t-il servi ? Et quelles sont ses perspectives depuis l’arrivée au pouvoir en France d’Emmanuel Macron, qui veut insuffler un nouveau souffle à la dynamique européenne, alors que la chancelière allemande peine à former un nouveau gouvernement depuis l’élection du 24 septembre 2017 ?
D’où vient le traité de l’Elysée, et que contient-il ?
Le traité de l’Elysée est le fruit du rapprochement entre deux hommes d’Etat, le chancelier allemand Konrad Adenauer et le président français Charles de Gaulle. Depuis les années 1920, Adenauer attachait la plus grande importance à la réconciliation franco-allemande. « Après 1945, il était parfaitement conscient que seule l’entente entre les deux pays permettrait à la RFA d’être à nouveau pleinement acceptée en Europe et dans l’ensemble du monde occidental », explique au Monde Georges-Henri Soutou, professeur à la Sorbonne et spécialiste des relations franco-allemandes.
Ils constatent que leur vision du monde est identique
Après le retour au pouvoir de Charles de Gaulle, en juin 1958, Konrad Adenauer nourrit tout au long de l’été 1958 de grandes inquiétudes : de Gaulle n’était-il pas antiaméricain et antiallemand ? Mais de Gaulle et Adenauer nouent une relation particulière dès la visite du second à Colombey-les-deux-Eglises (Haute-Marne), la résidence du président français, le 14 septembre 1958. Ils constatent que leur vision du monde est identique : celle d’une Europe ayant sa personnalité historique et culturelle.
Les deux hommes se mettent d’accord sur un projet d’union politique à six pays (ceux inclus dans le marché commun adopté en 1957), c’est le « plan Fouchet ». Après son échec en avril 1962, Adenauer, en juillet 1962, répond tout de suite favorablement à la proposition du président français de reprendre l’esprit et une large part de son contenu, mais à deux : c’est le traité de l’Elysée de janvier 1963.
Ce traité prévoit que les chefs d’Etat ou de gouvernement des deux pays se rencontrent au moins deux fois par an. Les ministres des affaires étrangères et de la défense au moins une fois tous les trois mois, les chefs d’état-major au moins tous les deux mois. Une coopération étendue en matière de politique extérieure est prévue, « en vue de parvenir, autant que possible, à une position analogue » sur tous les problèmes d’intérêt commun. D’autre part, le traité de l’Elysée comporte en matière de défense un volet important et le préambule constate « la solidarité qui unit les deux peuples… au point de vue de leur sécurité… ».
A quoi a servi le traité entre nos deux pays ?
Le spectaculaire rapprochement des deux hommes d’Etat déclenche, au niveau populaire dans les deux pays, un véritable mouvement de réconciliation que la construction européenne n’avait pas réussi à développer jusque-là.
L’OFAJ et l’enseignement de la langue du voisin
Ce mouvement est prolongé pour les nouvelles générations par la mise en place, par le traité de l’Elysée, de l’Office franco-allemand de la jeunesse (OFAJ), qui s’accompagne par un effort dans le domaine de l’enseignement de la langue du voisin. L’OFAJ propose notamment, chaque année, plus de neuf mille programmes subventionnés pour les jeunes de 3 ans à 30 ans : échanges scolaires ou universitaires ; stages obligatoires ou hors cursus ; rencontres sportives ou culturelles ; cours de langues ; offres d’emploi, formations interculturelles…
Si le traité n’a pas répondu à toutes ses promesses, la machinerie de consultations et de réunions qu’il a instaurée n’a jamais cessé de fonctionner depuis 1963. Le traité a permis que l’Allemagne et la France soient le moteur de la construction européenne. C’est pourquoi l’on parle de « couple franco-allemand » pour décrire cette relation spéciale.
Quelle nouvelle orientation donner à ce traité ?
Les deux Assemblées française et allemande doivent voter, lundi 22 janvier, un projet de résolution commune « pour un nouveau traité de l’Elysée », afin d’accorder plus de poids aux Parlements et d’orienter les discussions à venir entre les gouvernements français et allemand.
Lundi matin, une délégation de parlementaires français se rendra au Bundestag, à Berlin. Des députés allemands seront reçus à l’Assemblée nationale, à Paris, dans l’après-midi.
Dimanche, dans une déclaration commune diffusée sur les réseaux sociaux, Mme Merkel et M. Macron ont affirmé leur « détermination à approfondir encore la coopération » entre la France et l’Allemagne. Ce texte est un appel aux citoyens, en particulier aux jeunes, à « faire vivre cette amitié franco-allemande ».
« Encourager une harmonisation bilatérale des législations » et « renforcer les liens »
La déclaration précise que le président et la chancelière « sont convenus d’élaborer au cours de cette année un nouveau traité de l’Elysée ». Il s’agit en particulier d’« approfondir l’intégration » des deux économies, « en encourageant notamment une harmonisation bilatérale des législations », et de « renforcer les liens » entre les deux sociétés civiles. Ils appellent en outre à des « mesures ambitieuses pour promouvoir l’enseignement réciproque des langues ».
L’Allemagne, qu’il s’agisse de son opinion publique ou de ses dirigeants, apparaît toutefois peu disposée à augmenter la coopération stratégique franco-allemande.
Angela Merkel déclarait, au lendemain du sommet du G7, à Taormine (Italie), en mai 2017 : « Nous, les Européens, nous devons vraiment prendre en main notre propre destin. » Mais un renforcement du couple franco-allemand sur le plan stratégique serait mal vu par les partenaires européens, et « Berlin restera très prudent », estime Georges-Henri Soutou.
Par ailleurs, une plus grande intégration européenne en matière de défense bute sur des obstacles de taille, comme le problème du partage de l’arme nucléaire française ou l’envoi de forces allemandes combattantes à l’étranger.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-17"> ¤ Du Centro Botin à la Norman Foster Foundation, l’Espagne mise plus que jamais sur le secteur privé.
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Les fondations d’art prolifèrent en terre ibère

Du Centro Botin à la Norman Foster Foundation, l’Espagne mise plus que jamais sur le secteur privé.



Le Monde
 |    22.01.2018 à 09h17
 • Mis à jour le
22.01.2018 à 12h34
    |

            Aureliano Tonet (Madrid et Santander, envoyé spécial)








                        



                                


                            

L’affaire semble entendue : on ne bâtit guère plus de châteaux en Espagne – et encore moins de moulins à vent. On y érige, en revanche, des fondations d’art. La pierre muséale est même devenue, dans ce pays fissuré par les crises, l’un des plus solides ciments nationaux : à bien examiner le sol ibère, il ne se passe pas un mois, ou presque, sans qu’un nouveau centre d’art sorte de terre.
A Santander, c’est de l’océan qu’a émergé le Centro Botin, inauguré le 23 juin 2017. Plus précisément de l’embarcadère, qui, longtemps, fut le cœur battant de cette cité portuaire de Cantabrie, région nichée sur la côte nord-ouest de la péninsule, entre les Asturies et le Pays basque. Santander, ce sont d’abord des barques et des banques. Des siècles durant, le commerce avec les Amériques fit prospérer plusieurs établissements financiers, dont le principal prit, en 1857, le nom de la ville elle-même. Depuis lors, une seule et unique famille, les Botin, tient la barre de Banco Santander, devenue la figure de proue du secteur bancaire espagnol.
Au gouvernail de 1986 à sa mort, en 2014, Emilio Botin a été désigné « meilleur banquier du monde » en 2008 par le magazine Euromoney pour avoir évité le maelström des subprimes. En marge de ses périples capitalistiques, le bon capitaine veilla sur les trésors amassés par lui et les siens : une vaste collection d’œuvres d’art (Cranach, Goya, El Greco, Picasso, Miro, Kounellis…), gérée par plusieurs fondations, auxquelles il souhaita offrir un dock ad hoc, au cœur du port familial. Ainsi est né le Centro Botin, appelé à abriter les activités artistiques, culturelles et pédagogiques de la fondation du même nom, créée en 1964 – distincte de la Fundacion Banco Santander, aux visées similaires, lancée il y a près de vingt-cinq ans.

Le « caprice cantabrique de Piano »
Pour bâtir ce drôle de bateau, les Botin ont dégotté un « top-architecte » de la Botte : l’Italien Renzo Piano, expert ès musées depuis qu’il...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-19"> ¤ La monnaie unique a grimpé de près de 15 % face au dollar en 2017. Le sujet devrait être abordé lors de la réunion de la Banque centrale européenne, le 25 janvier.
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Article sélectionné dans La Matinale du 21/01/2018
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La hausse de l’euro complique la tâche de la BCE

La monnaie unique a grimpé de près de 15 % face au dollar en 2017. Le sujet devrait être abordé lors de la réunion de la Banque centrale européenne, le 25 janvier.



Le Monde
 |    22.01.2018 à 06h41
    |

            Marie Charrel








                        



                                


                            

L’euro va-t-il jouer les trouble-fête lors de la prochaine réunion de la Banque centrale européenne (BCE), jeudi 25 janvier ? Cela n’est pas exclu. En 2017, la monnaie unique a en effet progressé de 14 % face au billet vert. Et elle a de nouveau grimpé de 2 % depuis le début de l’année. Dimanche 21 janvier, l’euro évoluait ainsi autour de 1,22 dollar, au plus haut depuis fin 2014. « L’évolution du taux de change est une source d’incertitude », s’est inquiété François Villeroy de Galhau, le gouverneur de la Banque de France, dans un entretien au quotidien allemand Börsen-Zeitung, mardi 16 janvier. En pesant sur les prix des produits importés, il pourrait en effet contraindre la BCE à revoir son calendrier d’action pour les mois à venir.
La nervosité commence également à poindre du côté des exportateurs français et italiens, plus sensibles aux variations du taux de change que leurs homologues allemands ou autrichiens. En effet, la compétitivité prix de leurs ventes à l’étranger se dégrade lorsque l’euro approche les 1,30 dollar. « C’est vrai, remarque Frederik Ducrozet, économiste chez Pictet. Mais les inquiétudes sont pour l’instant excessives. »
De fait, de nombreux éléments permettent de relativiser cette hausse. D’abord, parce qu’elle concerne essentiellement le billet vert. L’évolution de l’euro face aux autres devises, telles que la livre sterling ou le yen, est en effet plus modérée. « Dit autrement : la force de l’euro est en partie le fruit de la faiblesse du dollar, souligne Gilles Moëc, chez Bank of America Merrill Lynch. Cette dernière est d’ailleurs assez difficile à expliquer, puisque les performances de l’économie américaine sont plutôt bonnes. » L’imprévisibilité entourant la présidence de Donald Trump y est peut-être pour quelque chose.
Pas de raison de paniquer
Ensuite, la force de la monnaie unique est aussi le résultat des bonnes nouvelles au sein de la zone euro,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-20"> ¤ Dans une tribune au « Monde », un collectif d’universitaires, dont Thomas Piketty, appelle à plus de transparence et de démocratie dans la désignation des membres de la BCE, qui renouvelle une bonne partie de son directoire les 22 janvier et 19 février.
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Article sélectionné dans La Matinale du 21/01/2018
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« Démocratiser l’Europe, cela commence à la Banque centrale européenne »

Dans une tribune au « Monde », un collectif d’universitaires, dont Thomas Piketty, appelle à plus de transparence et de démocratie dans la désignation des membres de la BCE, qui renouvelle une bonne partie de son directoire les 22 janvier et 19 février.



Le Monde
 |    22.01.2018 à 06h40
 • Mis à jour le
23.01.2018 à 07h52
    |

                            Collectif








                        



                                


                            
Tribune. Alors que nos yeux sont rivés sur les interminables vicissitudes de la coalition allemande, une pièce non moins décisive se joue à Bruxelles dans la plus grande indifférence. Le 22 janvier et le 19 février, dans le secret des réunions des ministères des finances de l’Eurogroupe, doit être en effet posé le premier acte d’un renouvellement en profondeur du directoire de la Banque centrale européenne, avec le remplacement de Vitor Constancio, le vice-président actuel. Dans les deux ans qui viennent, pas moins de 4 des 6 membres de l’organe exécutif de la BCE, Mario Draghi inclus, doivent être remplacés.
Tout indique pourtant que l’avenir des politiques économiques, fiscales et, bien sûr, monétaires des Etats de la zone euro se joue dans cette série de nominations. Car la BCE de 2018 n’a plus grand-chose à voir avec celle qui, à ses débuts, coulait des jours relativement tranquilles à la périphérie de la politique européenne, protégée par son statut d’indépendance. Erigée par les gouvernements et les marchés financiers en institution recours, la BCE est entrée de plain-pied dans la cabine de pilotage de l’Union à la faveur de la crise économique et financière de 2008.
Qu’elle pèse sur les conditions sur lesquelles les Etats financent leur dette sur les marchés, qu’elle suggère l’adoption du traité budgétaire lui donnant jusqu’à son nom (Fiscal Compact), qu’elle somme par courrier les chefs de gouvernement italien ou irlandais d’engager sans attendre un lourd train de réformes ou encore qu’elle intervienne directement sur le cours des négociations politiques de la crise grecque du printemps 2015 par le contrôle de l’accès aux liquidités, c’est toujours en véritable « co-gouvernant » de la zone euro que la BCE agit désormais.

Au terme d’une décennie de crise, la BCE n’a plus rien à voir avec l’institution dessinée par les traités et rivée sur le sacro-saint objectif de stabilité des prix : elle s’est...




                        

                        

