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<filname="SURF-0,2-3260,1-0,0-1"> ¤ Tous les lundis, « La Matinale du Monde » publie un strip de la dessinatrice Nine Antico.
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Article sélectionné dans La Matinale du 21/01/2018
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« Maléfiques », par Nine Antico (épisode 16)

Tous les lundis, « La Matinale du Monde » publie un strip de la dessinatrice Nine Antico.



Le Monde
 |    22.01.2018 à 06h41
 • Mis à jour le
22.01.2018 à 08h11
   





                        



   





                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3260,1-0,0-2"> ¤ Journaliste et globe-trotteur, il a écrit sur les génocidaires du Rwanda ou du Cambodge. Dans « Terre promise » – cette Sierra Leone qui lui est précieuse –, il se fait plus personnel pour évoquer la guerre civile et la grande vitalité de ses habitants
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Thierry Cruvellier, sierra-léonais de cœur

Journaliste et globe-trotteur, il a écrit sur les génocidaires du Rwanda ou du Cambodge. Dans « Terre promise » – cette Sierra Leone qui lui est précieuse –, il se fait plus personnel pour évoquer la guerre civile et la grande vitalité de ses habitants



Le Monde
 |    21.01.2018 à 09h00
    |

                            Marianne Dautrey








                        



                                


                            

« Peu de gens devineront ce qu’il a fallu de tristesse pour ressusciter Carthage », notait Flaubert en se souvenant de l’écriture de son Salammbô (1862). Thierry Cruvellier qui, dans Terre promise, vient de retracer les cinquante dernières années de l’histoire convulsive et tragique de la Sierra Leone – une succession de régimes autoritaires depuis l’indépendance, en 1961, onze ans de guerre civile (1991-2002), une misère endémique, qui en fait un des pays les plus pauvres du monde, l’épidémie d’Ebola à partir de 2013… –, semble, au contraire, être habité par une joie secrète et sourde. Elle irradie presque malgré lui.
Sans doute y a-t-il, dans cette joie, quelques relents du bonheur intime d’un auteur envahi après coup par le sentiment d’être parvenu à donner la forme juste à son ouvrage, d’avoir réussi à faire que la composition poétique et dramatique de son texte corresponde au plus près à la rigoureuse logique analytique et historienne qui y préside. Pour son troisième livre, Thierry Cruvellier a fait œuvre d’écrivain, au sens plein du terme. Edifice porté par un savant entrelacs de voix, d’analyses et de descriptions d’odeurs, de couleurs, de visages, de timbres de voix, Terre promise repose presque entièrement sur ses scansions, son rythme, sa musique. Comme si la réalité documentaire et historique que l’auteur entendait transcrire ou traduire devait, plus encore, renaître transfigurée de ce mouvement de l’écriture, de sa dynamique, de sa matière même.
La justice internationale, mais pas seulement
Mais, avant d’aller jusque-là, il y a peut-être une raison plus immédiate et plus simple à cette humeur joyeuse de celui qui fut le fondateur et le rédacteur en chef de la revue électronique International Justice Tribune. Il semblait, depuis une vingtaine d’années, s’être une fois pour toutes spécialisé dans la justice internationale. En témoignaient ses deux premiers livres, qui portaient respectivement...




                        

                        


<article-nb="2018/01/22/19-3">
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<filname="SURF-0,2-3260,1-0,0-3"> ¤ « La Matinale du Monde » publie tous les dimanches le strip « Leumonde.fr » d’Antoine Marchalot.
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Article sélectionné dans La Matinale du 20/01/2018
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Leumonde.fr, par Antoine Marchalot (épisode 85)

« La Matinale du Monde » publie tous les dimanches le strip « Leumonde.fr » d’Antoine Marchalot.



Le Monde
 |    21.01.2018 à 06h39
 • Mis à jour le
21.01.2018 à 07h15
   





                        



   





                            


                        

                        


<article-nb="2018/01/22/19-4">
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<filname="SURF-0,2-3260,1-0,0-4"> ¤ L’écrivaine et cinéaste, survivante d’Auschwitz, de Bergen-Belsen et de Theresienstadt, raconte son retour à la vie dans « L’Amour après ».
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Marceline Loridan-Ivens : « Le rapport à mon corps a été totalement ravagé par les camps »

L’écrivaine et cinéaste, survivante d’Auschwitz, de Bergen-Belsen et de Theresienstadt, raconte son retour à la vie dans « L’Amour après ».



Le Monde
 |    20.01.2018 à 09h00
 • Mis à jour le
20.01.2018 à 12h58
    |

                            Florent Georgesco








                        



                                


                            

L’Amour après, de Marceline Loridan-Ivens, avec Judith Perrignon, Grasset, 162 p., 16 €.
Marceline Loridan-Ivens (née en 1928) a d’abord été scénariste, actrice, cinéaste – elle a coréalisé avec son mari, le grand documentariste Joris Ivens (1898-1989), des films sur la guerre du Vietnam, la Chine maoïste… et réalisé seule un long-métrage, La Petite Prairie aux bouleaux (2003). Elle a évoqué dans Et tu n’es pas revenu (avec Judith Perrignon, Grasset, 2015) sa jeunesse marquée par la déportation, en 1944, dans le même convoi que Simone Veil, au camp nazi d’Auschwitz-Birkenau, puis à Bergen-Belsen et Theresienstadt, où elle sera libérée en 1945. Son nouveau livre (également coécrit avec Judith Perrignon) raconte la suite : la liberté retrouvée, la découverte de l’amour, la lente reconstruction d’une survivante.
« L’Amour après », c’est le livre de la vie qui recommence…
C’est un livre sur les conséquences. Quand j’ai été arrêtée par la Gestapo, j’avais 15 ans. 15 ans à l’époque, ce n’est pas 15 ans aujourd’hui. On connaissait mal la vie. A Drancy, j’étais une petite fille, je ne savais pas ce qui se passait. Avant-guerre, j’écoutais Radio Londres avec mon père. Un jour, en 1942, j’ai entendu dire qu’on retournait les pots d’échappement des camions vers l’intérieur, pour gazer les gens. Mais comment en être sûre ? Je n’avais de preuve de rien, je savais sans savoir. J’entrais dans l’inconnu.
Cette petite fille à peine grandie, ce « jeune bourgeon que la guerre avait gelé sur pied », écrivez-vous, doit tout apprendre d’un coup. Et d’abord l’amour, qui est le grand sujet du livre…
La vie est à la fois brève et longue. Plus longue qu’on ne le pense, moins qu’elle ne devrait l’être. Cela représente beaucoup d’amours de toutes sortes. Je les raconte, et je raconte aussi ce que c’est d’aimer et de se laisser aimer, y compris physiquement,...




                        

                        


<article-nb="2018/01/22/19-5">
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<filname="SURF-0,2-3260,1-0,0-5"> ¤ Chaque samedi, « La Matinale du Monde » publie un strip de la dessinatrice Nancy Pena.
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Article sélectionné dans La Matinale du 19/01/2018
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« Le chat Madame, grand reporter », par Nancy Pena (épisode 30)

Chaque samedi, « La Matinale du Monde » publie un strip de la dessinatrice Nancy Pena.



Le Monde
 |    20.01.2018 à 06h36
 • Mis à jour le
20.01.2018 à 07h06
   





                        



   





                            


                        

                        


<article-nb="2018/01/22/19-6">
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<filname="SURF-0,2-3260,1-0,0-6"> ¤ Le cinéaste, qui a eu une liaison avec l’écrivaine, a vendu à l’université Yale les 112 lettres qu’elle lui a envoyées, ne pouvant les publier en France.
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Article sélectionné dans La Matinale du 19/01/2018
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L’exil américain des lettres d’amour de Simone de Beauvoir à Claude Lanzmann

Le cinéaste, qui a eu une liaison avec l’écrivaine, a vendu à l’université Yale les 112 lettres qu’elle lui a envoyées, ne pouvant les publier en France.



Le Monde
 |    19.01.2018 à 17h22
 • Mis à jour le
20.01.2018 à 06h32
    |

                            Franck Nouchi








                        



                                


                            

La bibliothèque Beinecke de livres rares et de manuscrits de l’université Yale (New Haven, Connecticut) vient de se porter acquéreuse, par l’intermédiaire de Christie’s, de 112 lettres que ­Simone de Beauvoir a écrites et adressées à Claude Lanzmann à partir de 1953. Des lettres d’amour qui témoignent de la relation qu’ont entretenue la philosophe et le cinéaste, et que ce dernier avait jusque-là ­conservées. Il s’explique sur cette décision, regrettant que la fille de Simone de Beauvoir, Sylvie Le Bon de Beauvoir, s’oppose à leur ­publication en France.
Pourquoi ne pas avoir publié ces 112 lettres chez Gallimard, l’éditeur de votre livre « Le Lièvre de Patagonie » ?
J’aurais à coup sûr préféré les faire publier par mon éditeur habituel, à savoir Gallimard, mais cela s’est avéré impossible. En effet, selon la loi française, les lettres appartiennent à ceux ou celles qui les écrivent, mais jamais à leurs destinataires, à qui elles sont adressées. Dès lors, la situation était la suivante : même si je demandais à Gallimard de publier ces lettres, la maison d’édition n’avait pas d’autre choix que de refuser de le faire.

Pour quelle raison ?
Sylvie Le Bon de Beauvoir, la fille adoptive de Simone de Beauvoir, détient les droits moraux de l’œuvre littéraire de sa mère. Etant opposée à la publication de ces lettres, elle a contraint Gallimard à renoncer à leur publication. Avant d’expliquer les raisons de ce refus, je voudrais souligner un paradoxe : ­de Beauvoir m’avait demandé d’être le parrain lorsqu’elle a adopté Sylvie Le Bon. Sartre m’avait demandé la même chose lors de l’adoption d’Arlette Elkaïm en 1964. Je n’avais évidemment aucune raison de refuser.
Pourquoi Sylvie Le Bon de Beauvoir ­s’oppose-t-elle à la publication de ces lettres, alors qu’elle a fait publier les ­lettres de Simone de Beauvoir à Sartre, à Nelson Algren et à Jacques-Laurent Bost ?
Bien que...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3260,1-0,0-7"> ¤ Le livre de la danseuse et chercheuse en art, qui s’est assignée depuis 2015 à une minute de danse par jour, interroge ce geste micropolitique et poétique.
<filname="PROF-0,2-3260,1-0,0-7"> ¤                     
                                                

Sélection livre : la virgule chorégraphique de Nadia Vadori-Gauthier

Le livre de la danseuse et chercheuse en art, qui s’est assignée depuis 2015 à une minute de danse par jour, interroge ce geste micropolitique et poétique.



Le Monde
 |    19.01.2018 à 16h20
 • Mis à jour le
19.01.2018 à 16h29
    |

                            Rosita Boisseau








                        



   


Danser une minute chaque jour dans n’importe quel lieu et en toutes saisons pendant mille et un jours consécutifs est le pari affolant tenu par la danseuse et chorégraphe Nadia Vadori-Gauthier. Depuis le 14 janvier 2015, cette performeuse, également chercheuse au sein du Corps collectif, laboratoire artistique et groupe de performance, s’est jetée au milieu de la foule, aux pieds des CRS, dans les rues, les gares et les jardins, sous une fontaine ou dans une piscine, la nuit, le jour, pour y exécuter sa Minute de danse par jour. Filmée, cette virgule chorégraphique était postée dans la foulée, quasiment sans montage, sur Vimeo, Tumblr et le compte Facebook de la chorégraphe.


Diaporama : Une minute de danse par jour from Nadia Vadori-Gauthier on Vimeo.

L’idée s’impose à elle au lendemain de l’attentat contre Charlie Hebdo. Nadia Vadori-Gauthier décide de s’assigner « une action quotidienne, petite mais réelle et répétée, qui œuvre pour une poésie en acte, en [se] mettant réellement en jeu, seule ou en relation à d’autres », comme elle le relate dans le livre Danser, résister, conçu sous sa direction. Avec cette performance qui table sur le hasard et la rencontre, qu’il s’agisse d’un handicapé sur son fauteuil, d’un joggeur ou d’une personne âgée dans sa maison de retraite, Nadia Vadori-Gauthier fait de la danse l’étincelle d’un moment magique.
La danseuse évoque la part d’absurdité téméraire et clownesque de ces minutes de danse
Dans le livre, largement illustré de photos de ces minutes égrenées pendant près de trois ans, elle a rassemblé un panel d’analyses et de témoignages de chercheurs et universitaires comme Eric Bonnet, Roland Huesca ou Flore Garcin-Marrou, qui prolongent, en les questionnant, ses actions poétiques et politiques. Avec Marie-Luce Liberge, la danseuse évoque la part d’absurdité téméraire et clownesque de ces minutes de danse, tandis qu’en complicité avec Barbara Glowczewski, spécialiste des Aborigènes, la performeuse pointe la visibilité et l’invisibilité de ses intrusions inopinées dans un environnement urbain. « Je ne cherche pas la performance, ne veux pas me soumettre au spectaculaire, ajoute-t-elle. Je désire juste me glisser dans les interstices du banal pour faire sourdre un peu de poésie. Je me sens un peu comme un sismographe dans un environnement dont je capte les échos. »Rosita Boisseau
« Danser, résister. Une minute de danse par jour », de Nadia Vadori-Gauthier. Editions Textuel, 192 pages, 35 euros. www.uneminutededanseparjour.com/evenements-projections



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3260,1-0,0-8"> ¤ Le directeur général Pierre Conte a annoncé vendredi plusieurs mesures, nominations et investissements destinés à relancer le deuxième groupe français d’édition.
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Editis se réorganise pour faire face à la crise du monde de l’édition

Le directeur général Pierre Conte a annoncé vendredi plusieurs mesures, nominations et investissements destinés à relancer le deuxième groupe français d’édition.



Le Monde
 |    19.01.2018 à 11h10
    |

            Nicole Vulser








                        



                                


                            
Reprendre la main : c’est l’objectif de Pierre Conte, directeur général d’Editis, qui a pris ses fonctions début septembre 2017 et a annoncé, vendredi 19 janvier, une série d’initiatives pour relancer le deuxième groupe français d’édition – derrière Hachette Livre. Au menu : réorganisation du pôle littérature générale, des nominations, des investissements dans de nouveaux projets, comme le livre audio, la création d’une plate-forme numérique commune à toutes les maisons de l’éditeur et enfin des efforts accrus de marketing.
Cette première salve de décisions – qui fait partie d’un plan quinquennal de développement, avalisé le 12 décembre à Barcelone par l’actionnaire espagnol, le groupe Planeta – a pour ambition de redessiner les contours des quatre pôles de littérature. Robert Laffont (littérature générale) et Univers Poche restent en l’état. En revanche, les périmètres d’Edi8 et de Place des éditeurs sont modifiés. Le premier (First, Gründ) se voit complété par l’adjonction de Lonely Planet et Solar afin de créer un pôle consacré à l’illustré, à la vie pratique et à la jeunesse. Place des éditeurs se recentre pour sa part sur la littérature générale et l’histoire : Plon, Perrin et Le Cherche Midi rejoindront Belfond et Presses de la Cité. La présidence de cet ensemble reviendra à Sofia Bengana, éditrice du Groupe Figaro, une maison d’où vient aussi M. Conte.
Deux millions d’euros dans le livre audio
Autre nomination, celle de Stéphanie Chevrier, directrice générale des Editions Don Quichotte, qui succède à la présidence des Editions La Découverte à Hugues Jallon, qui, lui, quitte le groupe pour prendre la présidence des Editions du Seuil en avril.
Dès lundi 22 janvier, une plate-forme numérique, baptisée Lisez !, présentera les ouvrages des 38 maisons d’éditions qui composent la galaxie Editis. Il sera possible de rechercher les œuvres par auteur, par thématique ou par maison d’édition. Editis ouvre, par ailleurs, un nouveau pan d’activité,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3260,1-0,0-9"> ¤ « La Matinale du Monde » publie chaque vendredi un strip signé Winshluss.
<filname="PROF-0,2-3260,1-0,0-9"> ¤                     
                                                

Le dernier homme sur Terre (s’appelle Patrick), par Winshluss (épisode 48)

« La Matinale du Monde » publie chaque vendredi un strip signé Winshluss.



Le Monde
 |    19.01.2018 à 06h36
   





                        



   





                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3260,1-0,0-10"> ¤ Romans, récits, bande dessinée, polar… Les brèves critiques du « Monde des livres » du 19 janvier 2018.
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édition abonné


La rentrée littéraire d’hiver en bref…

Romans, récits, bande dessinée, polar… Les brèves critiques du « Monde des livres » du 19 janvier 2018.



Le Monde
 |    18.01.2018 à 07h30
 • Mis à jour le
18.01.2018 à 09h36
    |

            Sylvia Zappi, 
Frédéric Potet, 
                                Philippe-Jean Catinchi, 
                            Florence Bouchy (Collaboratrice du "Monde des livres"), 
                            Florence Noiville, 
                            Florence Courriol-Seita (Collaboratrice du "Monde des livres"), 
                            Eglal Errera (Collaboratrice du "Monde des livres"), 
                            Emilie Grangeray, 
                            Eric Loret et 
Raphaëlle Leyris








                        



                                


                            Roman. Un conte cruel
La Petite Famille, de Sophie Avon, Mercure de France, 152 p., 14 €.
Douzième livre de Sophie Avon, critique de cinéma, La Petite Famille explore, sur le mode romanesque, les vertus et les insuffisances du « ménage à trois ». Dans le quotidien fatigué par l’irruption d’un enfant qu’est celui de Camille et Ron, l’arrivée de Nina semble une bénédiction. Un quasi-miracle, tant l’emménagement chez eux de cette amie d’enfance se fait naturellement. La présence de la jeune femme, vive et joyeuse, reconfigure tout aussi simplement les relations au sein du foyer des jeunes parents, réveille leurs désirs et anesthésie leurs angoisses. C’est presque sur le mode du conte que la romancière dévide la pelote de ce récit auquel on peine d’abord un peu à croire. Tout s’enchaîne très vite, comme si aucune hésitation n’entravait jamais les personnages. Mais c’est un conte cruel que nous propose finalement Sophie Avon. Un scénario catastrophe sous une image de rêve. F. By
Roman. La quarantaine bien fragmentée
Eparse, de Lisa Balavoine, JC Lattès, 208 p., 18 €.
Pour faire le portrait-robot de l’héroïne du premier roman (autobiographique) de Lisa Balavoine, il faudrait rassembler les pièces du puzzle qu’est sa vie et coudre ensemble les paragraphes qui le composent. Mais ce serait sans doute contraire à l’intention de l’auteure, laquelle, par cette structure même, suggère combien sa vie est fragmentée. D’autant qu’à 40 ans et quelques il est un peu tôt pour faire un bilan de vie et qu’elle est trop lucide pour croire possible de recoller les morceaux. Celle qui est trop jeune pour penser encore à sa retraite, mais plus assez pour fumer de l’herbe avec sa fille qui lui pique son mascara, celle qui a tout à la fois décidé de ne pas lutter contre les effets du temps et regrette, un peu, qu’on ne l’appelle encore « mademoiselle » que « pour lui vendre un truc »,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3260,1-0,0-11"> ¤ Avec « Un autre Brooklyn », l’écrivaine afro-américaine joue, pour August, Sylvia, Gigi et Angel, une mélodie jazzy de l’amitié dans les années 1970 à 1990 à New York.
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Jacqueline Woodson improvise pour le quartet de Bushwick

Avec « Un autre Brooklyn », l’écrivaine afro-américaine joue, pour August, Sylvia, Gigi et Angel, une mélodie jazzy de l’amitié dans les années 1970 à 1990 à New York.



Le Monde
 |    18.01.2018 à 07h30
    |

                            Gladys Marivat (Collaboratrice du "Monde des livres")








                        



                                


                            
Un autre Brooklyn (Another Brooklyn), de Jacqueline Woodson, traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Sylvie Schneiter, Stock, « La Cosmopolite », 176 p., 18 €.

On a parfois le sentiment que la bande-son de notre époque n’est pas la bonne. C’est ce qui frappe August au début d’Un autre Brooklyn. Le jour où elle enterre son père, elle croise une ancienne amie et bascule dans ses souvenirs d’enfance. C’était les années 1970, à Bushwick, et les hits du top 40 ne collaient pas avec son combat pour « grandir en tant que fille à Brooklyn ». « Si nous avions eu le jazz, aurions-nous survécu autrement ? », s’interroge-t-elle. « Nous », c’est August, Gigi, Sylvia et Angela. « Quatre filles toujours ensemble, d’une beauté stupéfiante, dans une solitude terrifiante. » Elles ont connu cette amitié qui ressemble à l’amour, si fort à cet âge-là.
L’art de perdre et de laisser partir
Vingt ans plus tard, August comprend qu’elles formaient une sorte de quartet, « réunies à la manière d’une impro de jazz – figures de notes blanches s’accordant timidement les unes aux autres jusqu’à ce que l’ensemble trouve son harmonie et qu’on ait l’impression que la musique était composée depuis toujours ». Comment l’amitié nous apprend-elle à vivre ? Comment en fait-on le deuil ? L’art de perdre et de laisser partir est au cœur du livre de Jacqueline Woodson, finaliste du National Book Award en 2016. Dédié « à Bushwick (1970-1990). En souvenir », Un autre Brooklyn se déploie en courts fragments poétiques qui épousent la mécanique de la mémoire.
Née en 1963, Jacqueline Woodson a elle-même grandi dans ce quartier de New York. L’écrivaine afro-américaine, méconnue en France, est célèbre aux Etats-Unis pour ses romans jeunesse, dont l’autobiographique Brown Girl Dreaming (« Fille foncée rêvant », 2014, non traduit), récompensé par le National Book Award. « Ma...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3260,1-0,0-12"> ¤ « Palabres », le dernier livre de l’écrivain anglais, mort en 2017, est composé de précieuses notes sur la langue et les signes.
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Dans la boîte à outils de John Berger

« Palabres », le dernier livre de l’écrivain anglais, mort en 2017, est composé de précieuses notes sur la langue et les signes.



Le Monde
 |    18.01.2018 à 07h30
 • Mis à jour le
18.01.2018 à 09h46
    |

                            Florence Noiville








                        



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Palabres (Confabulations), de John Berger, traduit de l’anglais par Olivier Cohen et Clément Ribes, L’Olivier, 160 p., 18 €.
Si vous n’avez jamais vu la série documentaire « Ways of Seeing » (BBC, 1972), où il découpe un Botticelli au cutter pour interroger notre manière de lire la peinture ; si vous ne connaissez pas cet homme-orchestre qui fut écrivain, scénariste, critique d’art, peintre et dessinateur ; bref, si vous n’avez rien vu ou lu de l’Anglais John Berger, il est temps de combler ce manque.
Mort il y a un an, le 2 janvier 2017, Berger était, aux yeux de Susan Sontag, « sans égal dans la littérature contemporaine de langue anglaise ». Son premier succès romanesque, G. (Booker Prize 1972 ; Maspero, 1978 ; rééd. L’Olivier, 2002), l’avait révélé comme un auteur engagé, féministe, anticonformiste. Mais aussi et surtout comme quelqu’un qui voulait toucher toujours le cœur palpitant des choses. Penser « ce qui est vrai, essentiel et urgent ».
Dans Palabres – paru en Grande-Bretagne en 2016 sous le titre Confabulations, terme de neuropsychologie désignant un récit imaginaire fait pour compenser les défaillances de la mémoire –, Berger s’intéresse au langage. « Cela fait à peu près quatre-vingts ans que j’écris. Au début, j’ai écrit des lettres puis des poèmes ou des discours. Plus tard, des récits, des articles, des livres. A présent, j’écris des notes (…). Ce qui m’a poussé à écrire au fil des années, c’est le soupçon que quelque chose exigeait d’être dit (…). »
Qu’est-ce donc que ce « quelque chose » ? Berger montre que toute langue est un corps vivant. « Une créature dont la physionomie est faite de mots, et dont les organes vitaux, les viscères, sont d’ordre linguistique. » Selon la relation qu’on entretient avec cet « utérus phonétique », les mots peuvent être gorgés de sens ou parfaitement...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3260,1-0,0-13"> ¤ Avec « Encore heureux », le romancier s’amuse de la prose judiciaire et policière pour raconter la vie d’un attachant rebelle.
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Yves Pagès fait la bête noire

Avec « Encore heureux », le romancier s’amuse de la prose judiciaire et policière pour raconter la vie d’un attachant rebelle.



Le Monde
 |    18.01.2018 à 07h30
 • Mis à jour le
18.01.2018 à 11h26
    |

                            Eric Loret








                        



                                


                            

Encore heureux, d’Yves Pagès, L’Olivier, 320 p., 19 €.
« Encore heureux », c’est le lecteur qui l’est, à la fin de l’étourdissant huitième roman d’Yves Pagès. Même s’il rit nettement moins que durant les soixante premières pages : un peu comme son héros, qui n’aime pas la société, laquelle le lui rend bien, c’est-à-dire mal. Il s’appelle Bruno Lescot mais on dit « Lescot Bruno » car le texte, qui retrace quarante ans de sa vie, se présente comme une sorte de long jugement, commençant avec un « exposé des motifs » judiciaire, puis s’étayant de témoignages, articles de journaux ou rapports – en l’occurrence ceux de Serge Darmon, psychiatre expert auprès des tribunaux. On cite en particulier ce dernier car, simple abruti répressif à sa première apparition, il tiendra dans la suite du récit un rôle plus trouble et affectif auprès du protagoniste, au fur et à mesure qu’on passe de la fantaisie à la ­réalité, de la farce à la tragédie, dans un désenchantement et une décomposition inéluctables.
Bon sens populaire et déclarations fantasques
On rit beaucoup donc, au début. Parce que l’enfance de Lescot Bruno est présentée en une suite d’« attendus », de petits bouts boiteux : « Attendu que, s’il est permis d’appeler un chat un chat sans prendre des vessies pour des lanternes, les deux contrevenants mineurs, Bruno et Valentina, sous les apparences d’un exercice de réanimation, ne se livraient pas à un ­simple concours de baisers, mais aggravaient leur cas d’un attentat à la pudeur mutuelle. » En effet, en cet automne 1967, le garçonnet, qui n’a pas 5 ans, est accusé d’avoir mordu aux jambes sa copine ­Valentina, laquelle préfère s’incriminer elle-même, expliquant que « les marques imprimées jusqu’au sang sur ses cuisses étaient rien de moins que des “suçons qu’[elle] aime bien [se] faire toute seule ! Et alors quoi, chacun sa vie” ». Le fait...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3260,1-0,0-14"> ¤ La précarité des correcteurs dans l’édition s’aggrave. Dans le but d’y remédier, de difficiles négociations se tiennent actuellement entre syndicats et employeurs.
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Edition : la correction sous tension

La précarité des correcteurs dans l’édition s’aggrave. Dans le but d’y remédier, de difficiles négociations se tiennent actuellement entre syndicats et employeurs.



Le Monde
 |    18.01.2018 à 07h30
    |

                            Florence Bouchy (Collaboratrice du "Monde des livres")








                        



                                


                            
Pour bien d’autres professions, l’estimation du nombre de manifestants réunis, mardi 9 janvier, devant les locaux du Syndicat national de l’édition (SNE), prêterait à sourire. Ils étaient une petite soixantaine à s’être rassemblés à l’appel du collectif Correcteurs précaires, pour rappeler leur détermination et leurs revendications aux organisations syndicales engagées dans des discussions autour du statut des travailleurs à domicile (TAD), qui concerne la majorité des troupes de cette profession peu coutumière des actions collectives, compte tenu du caractère solitaire du métier et de l’importance d’y conserver de bonnes relations avec son employeur – on y est payé à la tâche.
On dénombre environ 600 correcteurs professionnels exerçant sous ce statut. Aux côtés de quelques salariés en CDI classique intégrés aux maisons d’édition, et d’un nombre croissant (mais pas encore précisément évalué) de microentrepreneurs, lesquels peuvent être aussi bien des correcteurs professionnels que des indépendants issus d’autres filières, parfois sans qualification spécifique. Les correcteurs professionnels s’inquiètent notamment de la concurrence de ces microentrepreneurs, dont les tarifs, librement fixés, tireraient les leurs vers le bas. Et de la perte de qualité que peut entraîner le recours à des travailleurs autodidactes et mal rémunérés.
Le « CDI zéro heure », flou juridique
Théoriquement réglementé par l’annexe IV de la convention de l’édition depuis 2006 – « insuffisante et jamais vraiment appliquée », selon Guillaume Goutte, du Syndicat général du livre et de la communication écrite CGT –, le « CDI zéro heure » des travailleurs à domicile permet aux correcteurs de travailler pour plusieurs employeurs, mais ne contraint aucun de ces derniers à leur proposer un minimum de tâches par mois. Son flou juridique ne garantit aucune indemnité en cas de maladie et n’ouvre pas de droits à la formation. Paradoxe de ce statut, souligne le syndicaliste, « c’est...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3260,1-0,0-15"> ¤ Dans « L’Express de Bénarès », l’Académicien retrace, autant qu’il est possible, la vie mystérieuse d’un poète dont l’œuvre, rare, l’a pourtant marqué.
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Frédéric Vitoux, de connivence avec Henry J.-M. Levet

Dans « L’Express de Bénarès », l’Académicien retrace, autant qu’il est possible, la vie mystérieuse d’un poète dont l’œuvre, rare, l’a pourtant marqué.



Le Monde
 |    18.01.2018 à 07h30
    |

                            Xavier Houssin (Collaborateur du "Monde des livres")








                        



                                


                            
L’Express de Bénarès. A la recherche d’Henry J.-M. Levet, de Frédéric Vitoux, Fayard, 280 p., 19 €. 
Tout commence, toujours, dans les pages d’un livre. Les grandes émotions, les découvertes. Cette façon aussi qu’ont les mots de ne parler qu’à vous. On croche des hasards ou des coïncidences. Et avec l’auteur, on se sent comme en imperceptible connivence. Dans L’Express de Bénarès (Fayard, 280 p., 19 €), Frédéric Vitoux explore cet étrange sentiment. Parmi les écrivains de sa vie, il en est un qui occupe une place toute particulière, au point que l’Académicien affirme aujourd’hui : « Il ne m’a jamais quitté. »
Vitoux n’a pas 20 ans, au tout début des années 1960, lorsqu’il découvre dans la bibliothèque paternelle une Anthologie de la nouvelle poésie française. Parmi des textes de Soupault, Morand, Cocteau, se trouvent les dix poèmes de Cartes postales, d’Henry J.-M. Levet. « Je les ai retenus aussitôt, écrit-il. Je peux les réciter encore aujourd’hui. Par cœur. » Dix poèmes. Autant dire qu’il a déjà lu une grande partie de l’œuvre du poète. Ou plutôt de ce qu’il en est resté. Ne subsistent en effet, en tout, qu’une trentaine de pièces arrachées à l’oubli en 1921 par Léon-Paul Fargue et Valery Larbaud (réunies dans Cartes postales et autres textes, Gallimard, « Poésie », 2001). L’existence de Levet a été brève aussi. Il est mort à 32 ans, de tuberculose, le 15 décembre 1906.
Lire également, sur Gallica, « Le Pavillon », d’Henry J.-M. Levet
De son parcours, il n’a pas été retenu grand-chose. Il est né à Montbrison (Loire) en 1874, fils unique d’une famille de notables (son père et son grand-père ont été députés). Guère doué pour les études, il se retrouve à 20 ans écrivant dans l’hebdomadaire satirique Le Courrier français et menant la vie de bohème à Montmartre. On sait qu’il a, probablement, effectué un voyage...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3260,1-0,0-16"> ¤ Dans « Falaise des fous », l’écrivain brosse une histoire de la peinture de Courbet à Monet à travers le parcours immobile d’un petit rentier d’Etretat.
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Patrick Grainville a posé son chevalet sur la côte normande

Dans « Falaise des fous », l’écrivain brosse une histoire de la peinture de Courbet à Monet à travers le parcours immobile d’un petit rentier d’Etretat.



Le Monde
 |    18.01.2018 à 07h30
    |

                            Bertrand Leclair (Collaborateur du "Monde des livres")








                        



                                


                            
Falaise des fous, de Patrick Grainville, Seuil, 656 p., 22 €.
La touche est rapide, tourbillonnante, et le temps valse à pas de géant dès les premières pages de ­Falaise des fous, de Patrick Grainville. La sensation est d’autant plus vive que le narrateur est du genre sédentaire : revenu blessé d’Algérie, en 1867 (il avait 20 ans et c’était l’une des premières opérations de « pacification » de la Kabylie…), Charles n’a presque plus bougé d’Etretat (Seine-Maritime), sinon forcé par les événements ou, à l’occasion, pour rejoindre l’une des trois femmes qui lui auront transmis le goût de la littérature et plus encore de l’art. « Je n’ai pas été le pêcheur que j’aurais pu être, encore moins le négociant. Je n’ai pas été peintre. J’ai regardé la vie. »
Littéralement désœuvré, Charles s’est contenté de rentes modestes, laissant le monde venir à lui, comme il le raconte au soir de sa vie : du tonitruant Courbet au distrait Monet en passant par l’impérissable Berthe Morisot, de Maupassant au vieux Hugo célébré comme une divinité républicaine par une population pour une grande part analphabète, tout le monde est venu et revenu à Etretat, ces années-là. Même l’industrie s’y invite en villégiature : aux vacances, Charles a pour voisin Louis Gosselin, l’un des chevaliers du progrès remodelant Paris aux côtés du baron Haussmann.
En cette époque si paradoxale, qui a libéré la beauté du corset académique tout en mettant cap au pire (les deux guerres mondiales), l’heure est à la vitesse, et le roman en rend compte dans son emportement même. Si l’on peut regretter qu’il ait renoncé au foisonnement baroque des Flamboyants, qui lui avait valu le prix Goncourt à l’âge de 29 ans (Seuil, 1976), le geste maîtrisé de Grainville lui permet de saisir cet emballement de la modernité « sur le motif ». Rarement la métaphore d’une écriture a fresco a semblé aussi justifiée, d’ailleurs : les personnages...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3260,1-0,0-17"> ¤ Dans « A quoi pensent les autistes ? », le pédopsychiatre Martin Joubert raconte la vie inversée ou illogique de plusieurs enfants incapables d’entrer dans l’univers de la raison commune.
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Raisons d’autistes

Dans « A quoi pensent les autistes ? », le pédopsychiatre Martin Joubert raconte la vie inversée ou illogique de plusieurs enfants incapables d’entrer dans l’univers de la raison commune.



Le Monde
 |    18.01.2018 à 07h15
    |

                            Elisabeth Roudinesco (Historienne et collaboratrice du "Monde des livres")








                        



                                


                            

A quoi pensent les autistes ?, de Martin Joubert, Gallimard, « Connaissance de l’inconscient », 168 p., 21 €.
Depuis des décennies, la question de la définition et du traitement de l’autisme est devenue l’enjeu d’une terrible bataille politique et clinique, avec injures, passions, procès et menaces en tous genres. Autant dire qu’il faut un vrai courage pour aborder la question des enfants autistes du point de vue de la psychanalyse à une époque où personne n’est encore en mesure de découvrir les causes exactes de cette étrange maladie. Plusieurs auteurs français contemporains, parmi lesquels Geneviève Haag, Pierre Delion et Henri Rey-Flaud, ont pris le risque de déchiffrer la pensée de ces enfants qui, à la manière de Jorge Luis Borges, lancent un défi à toute forme de rationalité.
Telle est aussi la visée du livre de Martin Joubert. Pédopsychiatre et membre de la Société psychanalytique de Paris (SPP), l’auteur raconte ici la vie inversée ou illogique de plusieurs enfants incapables d’entrer dans l’univers de la raison commune : Laurent, Jérémie, Hector et quelques autres encore.
Drôles de bonshommes
Chaque fois que Laurent se rend chez son thérapeute, il pose des questions incongrues : « Pourquoi on pleure quand quelqu’un meurt dans la famille ? (…) Pourquoi les grands-parents sont les parents des parents ? » De son côté, interrogé par son institutrice sur ce qu’est une urne, Jérémie répond, imperturbable : « C’est une boîte où il y a un président. » Quant à Hector, pris en charge par une équipe à l’âge de 3 ans, il va dessiner, pendant plusieurs années, de drôles de bonshommes tout en s’intégrant par le toucher à la communauté des soignants et des autres enfants.
Lorsqu’il entre dans sa neuvième année, après de nombreuses péripéties et l’arrivée d’un demi-frère, il définit les contours nouveaux de son bonhomme en perpétuelle évolution : les jambes ressemblent...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3260,1-0,0-18"> ¤ Leo Muscato a déclenché un tollé avec sa « Carmen » de Bizet. La spécialiste de littérature comparée livre, elle, une lecture serrée de la nouvelle de Mérimée (à l’origine de l’opéra), pour en distiller des variations érudites.
<filname="PROF-0,2-3260,1-0,0-18"> ¤                     
                                                   
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Sauver Carmen ? Prends garde, Sophie Rabau !

Leo Muscato a déclenché un tollé avec sa « Carmen » de Bizet. La spécialiste de littérature comparée livre, elle, une lecture serrée de la nouvelle de Mérimée (à l’origine de l’opéra), pour en distiller des variations érudites.



Le Monde
 |    18.01.2018 à 07h15
 • Mis à jour le
18.01.2018 à 19h45
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                            Jean-Louis Jeannelle (Spécialiste des études littéraires et collaborateur du "Monde des livres")








                        



                                


                            

Carmen, pour changer. Variations sur une nouvelle de Prosper Mérimée, de Sophie Rabau, Anacharsis, 224 p., 22 €.
Il a osé le faire ! Jugeant qu’il ne pouvait, à l’ère de #metoo, faire mourir la belle Andalouse sous le poignard de Don José, le metteur en scène Leo Muscato a imaginé, pour sa version de Carmen, de Georges Bizet (1838-1875), à l’Opéra de Florence, que celle-ci tuait le jaloux d’un coup de revolver.
Signe des temps, une spécialiste de littérature comparée à Paris-III, Sophie Rabau, vient justement de céder au désir de sauver l’héroïne de la nouvelle de Prosper Mérimée (1803-1870), devenue l’une des plus célèbres ensorceleuses d’opéra. Ses raisons tiennent moins à l’affaire Weinstein et à ses suites, imprévisibles au moment où elle écrivait cet essai, qu’à une conviction : il n’est de véritable lecture sans une part active de réécriture, ou plutôt de variation, si l’on admet que varier conduit à « lire sous un autre aspect ».
Déceler les incohérences du texte
Or on a longtemps lu Carmen comme une tragique histoire d’amour. Experte en critique dite « créative » (l’Odyssée fut longtemps son terrain d’exercice, en particulier dans B. comme Homère. L’invention de Victor B., Anacharsis, 2016), Sophie Rabau sait qu’un texte n’est jamais d’un seul bloc. Tout est question de point de vue dans cette histoire qui nous est rapportée par deux hommes : le meurtrier lui-même et le narrateur, un archéologue français auquel le premier se confie. Deux hommes dont les discours font chorus, rendant l’issue d’autant plus fatale. Aussi Sophie Rabau s’attache-t-elle, en bonne variatrice, à la lettre même du texte de Mérimée afin d’en déceler les incohérences. Et celles-ci sont nombreuses. A commencer par la règle selon laquelle tout homme mis en présence de Carmen cède à ses charmes vénéneux, qui connaît une exception en la personne même du narrateur,...




                        

                        


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Histoire d’un livre. Donner une voix au nord du Nigeria

Elnathan John a conçu « Né un mardi », roman d’un enfant des rues, poussé par la nécessité de dire ce que signifie vraiment vivre dans la région où sévit Boko Haram.



Le Monde
 |    18.01.2018 à 07h15
 • Mis à jour le
19.01.2018 à 10h27
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                            Gladys Marivat (Collaboratrice du "Monde des livres")








                        



                                


                            

Né un mardi (Born on a Tuesday), d’Elnathan John, traduit de l’anglais (Nigeria) par Céline Schwaller, Métailié, 272 p.
Avant de devenir un « premier roman irrésistible », pour le quotidien britannique The Guardian, puis de faire dire au New York Times qu’Elnathan John était « un écrivain à surveiller de près », Né un mardi a d’abord été une nouvelle. Elle suivait les mésaventures de Dantala, un enfant des rues entraîné dans les violences post-électorales qui, en 2011, ont embrasé le nord du Nigeria. A l’époque, une partie de l’opinion accusait les jeunes marginaux d’en être les seuls responsables. C’est pour interroger leur rôle que l’auteur avait imaginé cette courte fiction. En 2013, elle est sélectionnée par le Caine Prize, qui distingue la meilleure nouvelle en anglais publiée par un auteur africain.
L’histoire aurait pu s’arrêter à ce succès. Mais la réception à l’étranger contrarie Elnathan John. « Beaucoup de lecteurs n’ont vu que des gens qui tuent d’autres gens, se souvient-il pour « Le Monde des livres ». Je devais donner de la profondeur à mon personnage, notamment à cause de la manière dont le nord du Nigeria est résumé dans les médias : Boko Haram, la pauvreté, point. » Sa nouvelle deviendra donc un roman qui, à travers le parcours d’un enfant des rues, éclaire le contexte politique et religieux de cette région. Elnathan John la connaît bien pour y être né, en 1982. Et si l’idée que l’on se fait de Dantala lui tient à cœur, c’est que son héros est inspiré d’une vraie rencontre.
Le nom de Boko Haram n’est jamais cité, mais…
Elle a eu lieu exactement là où s’ouvre Né un mardi : sous un baobab, à l’abri duquel des délinquants dorment et fument de la wee-wee, du cannabis. Elnathan John est à l’université de Zaria. Ses camarades et lui ont l’habitude de s’asseoir près de l’arbre pour déjeuner puis de lever la main...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3260,1-0,0-20"> ¤ Dans « La Vie. Mode d’emploi critique », l’anthropologue se penche sur l’inégalité concrète des existences. Sans convaincre.
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Didier Fassin passe à côté de la vie

Dans « La Vie. Mode d’emploi critique », l’anthropologue se penche sur l’inégalité concrète des existences. Sans convaincre.



Le Monde
 |    18.01.2018 à 07h15
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                            Florent Georgesco








                        



                                


                            

La Vie. Mode d’emploi critique, de Didier Fassin, Seuil, « La couleur des idées », 192 p., 18 €.
Quand Didier Fassin, auteur d’une œuvre anthropologique importante, se lance dans une « physique de l’inégalité », en particulier focalisée sur la manière dont les sociétés occidentales traitent les migrants, on peut espérer trouver dans son travail les outils critiques qui nous manquent, la force libératrice propre à nous arracher à nos impasses.
La déception, en lisant La Vie. Mode d’emploi critique, vaste synthèse des contradictions entre notre valorisation abstraite de la vie et la manière dont nous traitons les vies concrètes, est à la hauteur de cette attente. Si plusieurs passages – notamment sur la valeur financière qu’on accorde à la vie – montrent l’apport qui aurait pu être celui de Didier Fassin aux débats les plus cruciaux de ce temps, l’ensemble se révèle vite inférieur à l’ambition qui le traverse.
Aplatissement théorique
Ainsi Fassin réunit-il nombre de concepts philosophiques (davantage que d’enquêtes de terrain, ici réduites à la portion congrue) mais en les épuisant à un tel point, à force de torsions, qu’ils se transforment en généralités, sinon en clichés. Il n’est pas besoin, notamment, de s’emparer du concept wittgensteinien de « forme de vie » pour arriver à la conclusion que les migrants sont précaires et vulnérables. Mais cela ne serait rien si cet aplatissement théorique ne se doublait de mauvais traitements envers la réalité elle-même, contrainte de se soumettre à l’idée que l’auteur en a.
La partie centrale du livre se fonde par exemple entièrement sur un tableau très hasardeux du traitement de l’immigration en France. Une loi de 1997, note ­Fassin, offre à des étrangers en situation irrégulière, s’ils sont malades, un titre de séjour provisoire pour se faire soigner. Progrès humanitaire ? Non. Pourquoi ? Mais parce que cela ne colle pas...




                        

                        

