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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-1"> ¤ La jeune femme a été distinguée lors d’une cérémonie à Paris, le 21 janvier.
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La chanteuse Cécile McLorin Salvant, Prix Django Reinhardt 2017 de l’Académie du jazz

La jeune femme a été distinguée lors d’une cérémonie à Paris, le 21 janvier.



Le Monde
 |    22.01.2018 à 17h14
    |

            Sylvain Siclier








                        



   


Le prestigieux Prix Django Reinhardt de l’Académie du jazz, qui récompense la musicienne ou le musicien de l’année, a été décerné, lors d’une soirée de gala, dimanche 21 janvier, au Pan Pier, à Paris, à la chanteuse franco-américaine Cécile McLorin Salvant. Agée de 28 ans, elle est la quatrième femme à recevoir ce prix depuis la création, en 1954, de l’Académie du jazz, association qui « promeut les musiques de jazz par l’attribution annuelle de distinctions honorifiques ». Elle rejoint ainsi la pianiste Sophia Domancich (1999), la saxophoniste Géraldine Laurent (2008) et la trompettiste Airelle Besson (2014).
Les deux autres finalistes du Prix Django Reinhardt étaient le pianiste Vincent Bourgeyx et le violoniste Théo Ceccaldi. Cécile McLorin Salvant, qui n’était pas présente en raison d’un concert au même moment au Rocher de Palmer, à Cenon, près de Bordeaux, est soutenue par la Fondation BNP Paribas et a reçu avec son Prix Django Reinhardt la somme de 3 000 euros.

Dix catégories
Lors de la cérémonie de présentation de l’ensemble du palmarès, qui compte pour le millésime 2017 dix catégories, le Grand Prix de l’Académie du jazz pour le meilleur disque de l’année est allé à Bringin’It (MackAvenue/PIAS) par le big band du contrebassiste américain Christian McBride, le Prix du disque français à New Monk Trio (Gazebo/L’Autre Distribution) par le trio du pianiste Laurent de Wilde avec le contrebassiste Jérôme Regard et le batteur Donald Kontomanou. La chanteuse et compositrice helvético-néerlandaise Suzanne Abbuehl a reçu le Prix du musicien européen de l’année – qui a été créé en 1993 – et la chanteuse norvégienne Karin Krog a été récompensée par le Prix du jazz vocal pour le coffret de six CD The Many Faces of Karin Krog Recordings 1967-2017 (Odin/Outhere).
Cinq autres disques ont été récompensés : Les Liaisons dangereuses 1960 (Sam Records-Saga/PIAS), du pianiste américain Thelonious Monk ex aequo avec Complete Parisian Small Group Sessions 1956-1959 (Fresh Sound/Socadisc) du saxophoniste américain Lucky Thompson pour le Prix du meilleur inédit ou de la meilleure réédition ; Tribute to Lionel Hampton (Autoproduction) par le quintette du saxophoniste Michel Pastre, Prix du jazz classique (« du jazz des origines au style bebop non inclus », précise le règlement) ; Move Upstairs (Daptone/Differ-Ant) par le trio vocal féminin américain The Como Mamas, Prix soul ; Honest Woman (Sweet Mama Music) de la chanteuse américaine Thornetta Davis, Prix blues. Enfin le Prix du livre de jazz a été décerné à André Hodeir, le jazz et son double (Editions Symétrie), de Pierre Fargeton.
Sur le Web : www.academiedujazz.com/palmares-2017.html



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-2"> ¤ L’enseignante et auteure du « Mythe national », qui déconstruit les strates historiographiques et idéologiques sur lesquelles s’est fabriquée la légende scolaire de la IIIe République, s’est éteinte à Paris, à l’âge de 95 ans.
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L’historienne Suzanne Citron est morte

L’enseignante et auteure du « Mythe national », qui déconstruit les strates historiographiques et idéologiques sur lesquelles s’est fabriquée la légende scolaire de la IIIe République, s’est éteinte à Paris, à l’âge de 95 ans.



Le Monde
 |    22.01.2018 à 16h44
 • Mis à jour le
22.01.2018 à 18h11
    |

                            Antoine Flandrin








                        


Suzanne Citron aura gardé jusqu’à sa mort, le 22 janvier, à Paris, l’esprit critique chevillé au corps. Dans une tribune publiée sur LeMonde.fr, le 18 juillet 2017, l’historienne de 95 ans reprochait au président de la République, Emmanuel Macron, d’entretenir une confusion sur l’histoire de France en invitant le premier ministre israélien pour la commémoration de la rafle du Vél’d’Hiv. Le propos était bref – trois paragraphes –, mais sans concession.
« Je dénie formellement toute justification à la présence d’un homme cautionnant les exactions et les méfaits de la colonisation israélienne en Palestine et je récuse la sempiternelle et démagogique confusion entre antisémitisme et critique de l’Etat d’Israël », écrivait-elle.
Comme souvent lorsqu’elle prenait la plume, l’historienne rappelait son parcours, celui de Suzanne Grumbach, née le 15 juillet 1922, à Ars-sur-Moselle (Moselle), issue d’une famille bourgeoise juive, dont l’adolescence heureuse au lycée Molière, à Paris, fut brisée par la débâcle de juin 1940. Un « premier choc avec la grande histoire » qu’elle avait raconté dans Mes lignes de démarcation (Syllepse, 2003).
Elevée dans le culte de la France dreyfusarde et dans la mémoire de la Grande Guerre, elle éprouve la honte de la capitulation. Après que son père est fait prisonnier en Allemagne et que deux cousins sont raflés, elle passe la ligne de démarcation clandestinement à bicyclette, le 15 août 1941. A Lyon, elle poursuit ses études d’histoire tout en participant à des activités de résistance. Arrêtée par la Gestapo à Lyon, elle est internée à Drancy le 4 juillet 1944, avant d’être libérée le 17 août.
Prise de distance critique avec l’histoire de France
Agrégée d’histoire en 1947, elle exerce pendant plus de vingt ans comme professeur de lycée à Enghien-les-Bains (Val-d’Oise). La guerre d’Algérie sera pour elle un « second choc intérieur ». Révoltée par le vote des pouvoirs spéciaux en Algérie par le gouvernement du socialiste Guy Mollet en 1956, l’historienne se penche sur le colonialisme français, les enfumades pendant la conquête de l’Algérie, les répressions des années 1930 en Indochine et les massacres à Madagascar en 1947. Les révélations de ces occultations dans le récit national républicain traditionnel seront essentielles dans sa prise de distance critique avec l’histoire de France.
L’historienne mariée au musicologue, Pierre Citron, s’engage dans les mouvements pédagogiques des années 1960-1970 pour la rénovation des contenus de l’enseignement. Au lendemain de mai 1968, elle publie dans Le Monde un long point de vue intitulé Ce que nous attendons du ministère de l’éducation dans lequel elle esquisse les grandes lignes d’une réorganisation d’ensemble de la scolarité. Ses réflexions autour d’un abandon des programmes cloisonnés et encyclopédiques seront prolongées dans L’Ecole bloquée (Bordas, 1971).
Historienne de l’enseignement de l’histoire, sa thèse de doctorat, qu’elle soutient à l’université de Paris-X en 1974, s’intitule Aux origines de la Société des professeurs d’histoire : la réforme de 1902 et le développement du corporatisme dans l’enseignement secondaire (1902-1914). Devenue professeure à l’université de Villetaneuse (Paris-XIII), elle continue de signer régulièrement des tribunes dans Le Monde, appelant notamment, en 1982, à une « croisade» pour une école nouvelle qui se soucie des droits et des aspirations de l’enfant.
Travail de déconstruction
En 1985, l’historienne démissionne du Parti socialiste où elle militait depuis dix ans. Elle reproche au ministre de l’éducation, le socialiste Jean-Pierre Chevènement, d’avoir rétabli une histoire nationale plaçant la France au centre du monde. Retraitée, Suzanne Citron se consacre alors à la question qui la préoccupe : dans une France en mutation économique, sociologique, culturelle, quelle histoire enseigner ? Dans Enseigner l’histoire aujourd’hui. La mémoire perdue et retrouvée (Les Editions ouvrières, 1984), elle égratigne quelques stéréotypes de l’histoire nationale, critiquant notamment le fait qu’on enseigne encore la Grande Guerre comme une « victoire du droit ».
L’historienne notait des avancées majeures dans les programmes d’histoire au cours des trente dernières années
Un travail de déconstruction qu’elle poursuit dans Le Mythe national. L’histoire de France revisitée (Les Editions ouvrières, 1987). L’ouvrage démonte méthodiquement les strates historiographiques et idéologiques sur lesquelles s’est fabriquée la légende scolaire de la IIIe République, la projection dans le passé d’une France sans commencement, la substitution d’ancêtres gaulois aux ancêtres troyens des Francs, la construction d’une logique d’Etat remontant à Clovis et symbolisée par une succession de personnages glorieux.
Plusieurs fois réédité, l’ouvrage devient une référence. Dans sa dernière version (Les éditions de l’Atelier, 2016), l’historienne notait des avancées majeures dans les programmes d’histoire au cours des trente dernières années : l’émergence d’une histoire critique de Vichy, de la guerre d’Algérie, de la colonisation et l’irruption dans l’espace public de l’histoire de l’immigration. Elle n’en dénonçait pas moins la permanence en filigrane de la matrice du Petit Lavisse, manuel à l’usage des écoliers sous la IIIe République. « Ce récit ne permet pas aux enfants français nés en France ou venus des quatre coins du monde de se situer dans l’histoire humaine avant de découvrir leur appartenance à la France comme être historique », écrivait-elle encore dans la préface de la seconde édition de La Fabrique scolaire de l’histoire (Agone, 2017), ouvrage dirigé par le collectif Aggiornamento histoire-géographie, fondé au domicile de l’historienne en 2011.
Ses membres se placent d’ores et déjà comme les héritiers des combats de Suzanne Citron. Lors de L’Emission politique, sur France 2, en mars 2017, son amie, l’historienne Laurence De Cock, principale animatrice d’Aggiornamento, avait offert un exemplaire du Mythe national à François Fillon, candidat LR à la présidence de la république, qui proposait de privilégier l’enseignement du récit national à l’école. Les téléspectateurs avaient voulu en savoir plus. Résultat : une semaine plus tard, l’ouvrage était en rupture de stock…

Suzanne Citron en cinq dates
15 juillet 1922 Naissance à Ars-sur-Moselle (Moselle).
1971 « L’Ecole bloquée ».
1984 « Enseigner l’histoire aujourd’hui. La mémoire perdue et retrouvée ».
1987 « Le Mythe national. L’histoire de France revisitée ».
22 janvier 2018 Mort à Paris.





                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-3"> ¤ Figure du cinéma d’art et essai, le fondateur de la société Les Acacias est mort le 17 janvier, à l’âge de 79 ans.
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Mort de Simon Simsi, exploitant et distributeur de films

Figure du cinéma d’art et essai, le fondateur de la société Les Acacias est mort le 17 janvier, à l’âge de 79 ans.



Le Monde
 |    22.01.2018 à 16h36
 • Mis à jour le
22.01.2018 à 17h16
    |

            Clarisse Fabre








                        



                                


                            

Comment un homme qui travaillait dans la publicité, au début des années 1980, a décidé un jour de tout quitter pour ouvrir un cinéma à Paris, et distribuer des films ? Ce mystère appartient à Simon Simsi. Né le 26 septembre 1938 à Paris, Simon Simsi est mort le 17 janvier, à l’âge de 79 ans, des suites d’un accident vasculaire cérébral.
Jusqu’à ces dernières semaines, il était le gérant de la société parisienne de distribution Les Acacias.  Fidèle au poste, l’affiche d’origine du Quai des Orfèvres (1947), de Henri-Georges Clouzot, dans son bureau… « Simon avait plein de souvenirs de films vus pendant son enfance, dans les salles parisiennes. C’est sans doute là qu’il a forgé sa cinéphilie. Il aimait accorder sa confiance et transmettre sa passion », raconte le directeur adjoint des Acacias, Jean-Fabrice Janaudy, recruté il y a dix-sept ans comme standardiste.
Bon connaisseur du cinéma italien
Simon Simsi était un passionné de cinéma qui avait le sens des affaires. Associé au programmateur et distributeur Martin Bidou, il exploitait avec lui ces dernières années Le Vincennes, aux portes de Paris. Son premier cinéma fut Les Acacias, rue des Acacias (17e arrondissement), acheté au début des années 1980 après qu’il eut quitté son poste chez l’afficheur Dauphin. Dès le début, l’apprenti exploitant se trouva en concurrence avec d’autres salles parisiennes (Mac Mahon, Le Balzac…) qui programmaient des films de répertoire. Il avait du mal à obtenir des copies. Simon Simsi devint donc distributeur, programmant dans sa salle les films qu’il achetait. Il a commencé par distribuer Riz amer (1949), de Giuseppe de Santis, Le Voleur de bicyclette (1949), de Vittorio De Sica, Scaramouche (1952), de George Sidney, etc.
« J’étais le p’tit jeunot qui voulait s’faire son p’tit trou… Je ne sais pas si on a fait un grand trou, mais on est encore là », expliquait-il simplement lors d’un...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-4"> ¤ Le Conseil supérieur de l’audiovisuel devrait se prononcer sur le maintien ou non de Mathieu Gallet à la tête de Radio France, le 31 janvier.
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Présidence de Radio France : le CSA rendra sa décision à la fin du mois

Le Conseil supérieur de l’audiovisuel devrait se prononcer sur le maintien ou non de Mathieu Gallet à la tête de Radio France, le 31 janvier.



Le Monde
 |    22.01.2018 à 14h27
 • Mis à jour le
22.01.2018 à 16h20
   





                        



   


Le sort de Mathieu Gallet à la présidence de Radio France sera connu mercredi 31 janvier, date à laquelle le Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA) devrait annoncer sa décision, dans le cadre de la procédure qu’il a lancée mercredi 17 janvier à son encontre.
Cette procédure, prévue par la loi (le CSA ayant pouvoir de nommer et de révoquer les présidents de l’audiovisuel public), a été lancée à la suite de la condamnation de M. Gallet, le 15 janvier, à 20 000 euros d’amende et un an de prison avec sursis pour « favoritisme » lorsque celui-ci présidait l’Institut national de l’audiovisuel, entre 2010 et 2014. M. Gallet a depuis annoncé faire appel.
La ministre de la culture, Françoise Nyssen, avait appelé le CSA, le 17 janvier, à « tirer les conséquences » du jugement, estimant qu’un « dirigeant d’entreprise publique condamné pour favoritisme, ce n’est pas une situation acceptable ». Le président du CSA, Olivier Schrameck, avait souligné fin novembre qu’une éventuelle condamnation du patron de Radio France constituerait une situation qui n’avait « pas de précédent ».

        Lire :
         

          L’exécutif met le CSA en difficulté



Entre-temps, les sept membres du CSA auditionneront Mathieu Gallet, le lundi 29 janvier à 11 heures. Le régulateur précise qu’il prendra connaissance des contributions écrites qui lui seraient adressées avant ce mercredi, pour qu’elles soient transmises à Mathieu Gallet dès réception. Le vote du 31 janvier devrait se dérouler à la majorité simple.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-5"> ¤ Dans une tribune publiée lundi dans « Libération », des artistes, producteurs de cinéma et un ancien ministre déplorent l’installation future de l’œuvre pop de l’artiste américain.
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Des personnalités s’opposent à l’installation à Paris de « Bouquet of Tulips », de Jeff Koons

Dans une tribune publiée lundi dans « Libération », des artistes, producteurs de cinéma et un ancien ministre déplorent l’installation future de l’œuvre pop de l’artiste américain.



Le Monde
 |    22.01.2018 à 13h59
 • Mis à jour le
22.01.2018 à 14h47
   





                        


Le texte est signé de grandes figures de l’art contemporain, du cinéma ou du monde politique. Dans une tribune publiée lundi 22 janvier dans Libération, de nombreuses personnalités s’opposent à l’installation à Paris d’une œuvre du plasticien Jeff Koons.
Le 21 novembre 2016, Koons a annoncé son intention d’offrir à la Ville de Paris Bouquet of Tulips, une œuvre originale et monumentale d’une dizaine de mètres de haut, censée être un « symbole du souvenir » des attentats qui endeuillèrent en novembre 2015 la capitale française.
L’œuvre en bronze, acier inoxydable et aluminium, représente une main tenant des tulipes multicolores. Elle serait « en cours de réalisation dans une usine allemande », croient savoir les signataires de la tribune.

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                Le bouquet de fleurs de Jeff Koons donne de l’urticaire au monde de l’art



Ces signataires, parmi lesquels le réalisateur Olivier Assayas, l’ancien ministre de la culture Frédéric Mitterrand ou l’architecte Dominique Perrault, estiment que le projet « est choquant, pour des motifs d’ordre et d’importance divers ». Ils lui font plusieurs reproches. Selon eux, Jeff Koons, 63 ans, est « devenu l’emblème d’un art industriel, spectaculaire et spéculatif » et « son atelier et ses marchands sont aujourd’hui des multinationales de l’hyperluxe ».
Manque d’élégance
L’objet même de ce cadeau est rejeté par les signataires. « Le choix de l’œuvre, et surtout de son emplacement [devant le Musée d’Art moderne et le Palais de Tokyo], sans aucun rapport avec les tragiques événements invoqués et leur localisation, apparaissent [sic] pour le moins surprenants [sic], sinon opportunistes [sic], voire cyniques [sic] », écrivent-ils.
Le fait « que cet immense artiste décide d’offrir à la Ville de Paris l’idée originale d’une œuvre monumentale, symbolisant la générosité et le partage, témoigne de l’attachement irrévocable entre notre capitale et les Etats-Unis », s’était félicité, au moment de l’annonce du cadeau, la maire de Paris, Anne Hidalgo.

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                Jeff Koons nous offre des fleurs mais il faudra payer le vase



Ce n’est pas la première fois que l’œuvre est critiquée. Dans une tribune au Monde, Robert M. Rubin, ancien président de la Centre Pompidou Foundation, à Los Angeles, écrivait en juillet que l’artiste américain manquait d’élégance en se contentant d’offrir à la Ville de Paris le concept d’une œuvre.
Car la production de l’œuvre, évaluée à trois millions d’euros, doit être financée par le mécénat privé, avait dit la Mairie de Paris à l’époque de l’annonce. Un appel à arrêter le projet a notamment été lancé par Espace 35, collectif d’artistes de Belleville, en octobre, un peu plus tôt une pétition à l’initiative de Stéphane Corréard, directeur de la foire Galeristes avait également vu le jour.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-6"> ¤ L’agente artistique, qui a contribué à faire reconnaître, en dépit de débuts difficiles, l’œuvre de l’artiste américain, mais aussi celles d’autres figures-phares de l’avant-garde américaine, avait 90 ans.
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Mort de Bénédicte Pesle, qui fit connaître en France le chorégraphe Merce Cunningham

L’agente artistique, qui a contribué à faire reconnaître, en dépit de débuts difficiles, l’œuvre de l’artiste américain, mais aussi celles d’autres figures-phares de l’avant-garde américaine, avait 90 ans.



Le Monde
 |    22.01.2018 à 12h43
 • Mis à jour le
22.01.2018 à 13h03
    |

                            Rosita Boisseau








                        



                                


                            
C’était en 1964. Bénédicte Pesle, qui avait découvert le chorégraphe américain Merce Cunningham (1919-2009) au début des années 1950, à New York, présentait pour la première fois son travail au Théâtre de l’Est parisien, grâce à Françoise et Dominique Dupuy. Choc de l’abstraction, des jets de tomates avaient réceptionné les œuvres de Cunningham et de son complice le musicien John Cage (1912-1992). Dans les coulisses, Bénédicte Pesle l’accueillit bouleversé et ne sachant plus quoi faire. Elle lui répondit : « On continue, let’s prepare the next one. » Une formule qui deviendra leur mot de passe jusqu’à la disparition du chorégraphe.

Bénédicte Pesle est morte le 17 janvier. Elle avait 90 ans. Elle était née le 15 mai 1927, au Havre, en Normandie. Autodidacte, son parcours professionnel, repéré pour son soutien indéfectible à Merce Cunningham mais aussi depuis les années 1970 à Robert Wilson, a déplacé les notions d’agente, d’imprésario, de productrice, termes qu’elle refusait d’ailleurs d’employer pour évoquer son métier de soutien et de diffusion éclairés, leur préférant l’expression « secrétariat d’artiste ». Sa fidélité passionnée à l’œuvre de Cunningham, qu’elle a contribué à faire connaître et reconnaître en dépit de débuts difficiles, lui permit de vaincre tous les obstacles et de solidifier la diffusion de l’artiste américain.
Parallèlement, Bénédicte Pesle, qui travaillait à la librairie La Hune dans les 1950-1960, avant de piloter la galerie Iolas, où elle côtoya Max Ernst, René Magritte, Jean Tinguely, Niki de Saint-Phalle et Martial Raysse, a révélé nombre d’autres figures-phares de l’avant-garde américaine. A la tête d’Art Service International, qu’elle crée en 1972, elle a fait connaître au public français et européen les metteurs en scène Richard Foreman, Stuart Sherman, les danseurs et chorégraphes Trisha Brown, Lucinda Childs, Yvonne Rainer, Douglas Dunn, Viola Farber, les musiciens Philip Glass, Meredith Monk.

A...



                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-7"> ¤ Le festival de Groningue, aux Pays-Bas, a accueilli 4 000 professionnels en quête de nouveaux talents.
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Eurosonic se penche sur l’avenir de la pop

Le festival de Groningue, aux Pays-Bas, a accueilli 4 000 professionnels en quête de nouveaux talents.



Le Monde
 |    22.01.2018 à 10h04
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22.01.2018 à 10h16
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                            Stéphane Davet (Groningue (Pays-Bas)








                        



                                


                            

Dans un marché des concerts et festivals pop en pleine expansion, le concept de « showcase festival », consacré à la découverte, continue logiquement de prospérer, comme Eurosonic, organisé du 17 au 19 janvier, à Groningue, au nord des Pays-Bas. Précurseur européen (inspiré par les pionniers du South by Southwest, à Austin, au Texas) de ce type d’événement ouvert à un public d’amateurs, mais destiné surtout à des professionnels (4 092 accrédités cette année, ­venus de 42 pays) en quête de nouveaux talents, cette « plate-forme de la musique européenne » a présenté, pendant trois soirs, près de 350 concerts, dans un réseau d’une cinquantaine de salles. Un atout cultivé dès les années 1950 par cette ville de 200 000 habitants, une loi municipale n’autorisant alors l’ouverture de nuit qu’aux lieux qui programmaient de la musique.



Parmi les clients de ce marché de la musique live, les festivals occupent une large place. Si beaucoup de rassemblements estivaux annoncent désormais dès le mois de novembre ce que seront leurs têtes d’affiche, nombre de directeurs artistiques viennent ici compléter leur programmation avec des artistes en devenir. « Même si on boucle notre affiche de plus en plus tôt, je garde toujours quelques cases vides pour mes coups de foudre d’Eurosonic », reconnaît Jean-Jacques Toux, ­directeur de programmation des Vieilles Charrues, à Carhaix, l’un des nombreux festivals français (les Eurockéennes de Belfort, les Trans Musicales de Rennes…) présents à Groningue.
Shows dans des églises
Directeur de la maison de production de spectacles Super !, ­impliquée dans l’organisation de festivals comme Pitchfork ou Rock en Seine, Julien Catala et ses collaborateurs font feu de tout bois à Groningue. « Nous venons découvrir de nouveaux groupes pour nourrir nos festivals, mais aussi pour représenter ces artistes sur le territoire français », explique celui qui a, entre autres, ­remarqué cette année les...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-8"> ¤ Le chorégraphe norvégien, de passage au Théâtre de Chaillot, élabore ses pièces en collaboration avec ses danseurs.
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Alan Lucien Oyen joint le geste à la parole

Le chorégraphe norvégien, de passage au Théâtre de Chaillot, élabore ses pièces en collaboration avec ses danseurs.



Le Monde
 |    22.01.2018 à 09h52
    |

                            Rosita Boisseau (Oslo (Norvège)








                        



                                


                            

Une image entêtante persiste. Seul dans une salle de spectacle, un gamin lit une bande dessinée. Il est tranquille dans l’aquarium du théâtre. Cet enfant est devenu le metteur en scène et chorégraphe norvégien Alan Lucien Oyen, 39 ans, tête de pont d’une nouvelle génération nordique de plus en plus courue par les programmateurs. « C’est là que je me sentais bien et en sécurité », laisse-t-il échapper après avoir évoqué ce souvenir.
Longue mèche brune dévorant les yeux déjà dissimulés derrière de grosses lunettes, Alan Lucien Oyen est attablé au restaurant de l’Opéra d’Oslo, dont il est artiste en résidence. Jeudi 11 janvier, il a ôté ses chaussures de protection en caoutchouc, parfaites pour les vingt centimètres de neige qui couvrent la capitale norvégienne. Pas le moment de déraper. Entre deux répétitions parallèles – l’une de la comédie musicale du Magicien d’Oz, dans une version tout-terrain pour aller camper sur les plateaux les plus reculés de Norvège ; l’autre de… And Carolyn (2007),pas de deux qui a ouvert, le 16 janvier, le Festival nordique à Chaillot –, le quotidien déborde.
Comme son confrère suédois Alexander Ekman, qui vient de faire un tabac à l’Opéra national de Paris, Oyen court partout. Il répond à des commandes prestigieuses mais dirige aussi sa propre compagnie, Winter Guests, depuis 2004. Sur l’ordinateur de celui qui met en scène, filme et chorégraphie dans le même élan, une trentaine de spectacles et trois gros morceaux à venir : ­Kodak, sur le thème des icônes, à l’affiche, du 25 au 27 janvier, à Chaillot ; une création pour la Compagnie Pina Bausch ; et un Hamlet pour le Ballet national de Norvège. Shakespeare en dansant ? « Non, pas tout à fait, rétorque-t-il. Je n’utilise pas non plus le texte original de la pièce. On dit souvent que c’est une œuvre sur Œdipe, mais, pour moi, elle parle d’abord du besoin d’amour et de la honte d’en avoir à ce point besoin. »
Le...



                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-9"> ¤ Une carte exposée dans le musée des enfants qu’abrite l’institution fait polémique.
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Le Louvre Abu Dhabi raye le Qatar de ses cartes

Une carte exposée dans le musée des enfants qu’abrite l’institution fait polémique.



Le Monde
 |    22.01.2018 à 09h44
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                            Roxana Azimi








                        



   


C’est le genre de « détail » qui fait tache. A peine deux mois après l’ouverture en fanfare du Louvre Abu Dhabi, une carte exposée dans le musée des enfants qu’abrite l’institution fait polémique. Et pour cause : une presqu’île a disparu, comme engloutie par la mer. Il s’agit tout bonnement du Qatar, gommé de la péninsule arabique. Un choix étonnant pour un musée qui se veut universel, qui plus est dans une section qui se prétend éducative… Une petite pierre supplémentaire dans l’escalade des tensions entre le Qatar et les Emirats arabes unis, qui, aux côtés de l’Arabie saoudite, ont rompu les liens diplomatiques avec Doha.

        Lire le récit :
         

          Le Louvre Abu Dhabi, un monument de diplomatie



Le 17 janvier, un article du Washington Institute for Near-East Policy (Winep), un think tank pro-israélien basé à Washington, met le feu aux poudres. Son auteur, Simon Henderson, y signale la suppression du Qatar de la carte accrochée dans l’espace pédagogique du Louvre Abu Dhabi, indiquant qu’une telle ­décision est « probablement incompatible avec l’accord permettant à Abou Dhabi d’utiliser le nom du Louvre ».
Depuis, la controverse a enflé sur les ­réseaux sociaux arabes. Le 19 janvier, la présidente des musées du Qatar, Sheikha Al Mayassa Al-Thani, a interpellé le Louvre sur Twitter : « De tout temps, les musées ont été une source de référence, où les gens avaient ­accès au savoir et apprenaient l’histoire du monde grâce aux objets exposés. Bien que la notion de musée soit nouvelle à Abou Dhabi, sûrement le Musée du Louvre est en désaccord avec ceci ? » Sollicités, les responsables du ­Louvre et du Louvre Abu Dhabi n’ont pas ­souhaité répondre à nos questions.

Throughout history museums were a source of reference. People would visit to acquire knowledge and learn about worl… https://t.co/iiCMWN23OA— almayassahamad (@Al Mayassa Al Thani)


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« Une pratique d’un autre âge »
Gauchir les cartes est une pratique classique au Proche-Orient. Lors de l’exposition, en 2008, de la collection d’art islamique de David Khalili à Abou Dhabi, la mention « golfe Persique » avait été recouverte d’un sticker dans le catalogue. « Mais supprimer un bout de terrain, c’est assez neuf et presque enfantin », observe le politologue Alexandre Kazerouni, auteur du Miroir des cheikhs (PUF, 2017). Pour Abdellah Karroum, directeur du Mathaf, le musée d’art moderne et contemporain de Doha, « la distorsion de cartes est une pratique d’un autre âge ». « Le Mathaf est un musée dédié à tous les artistes d’Afrique du Nord et du Moyen-Orient. Nous avons actuellement des expositions avec des artistes saoudiens, comme Abdulhalim Radwi, ou émiratis, tel Hassan Sharif, et nous les célébrons au même titre que tous les autres artistes de la collection, à la valeur de leurs œuvres », confie-t-il.

        Lire l’enquête :
         

          Les princes du Golfe à la chasse aux tableaux



Selon l’accord signé en 2007, le Louvre doit être consulté à toutes les étapes de la conception et de la réalisation du musée, y compris pour les espaces pédagogiques. Pour Alexandre Kazerouni, cet incident est à rapprocher de l’achat par les autorités d’Abou Dhabi du Sal­vator Mundi, le tableau attribué à Leonard de Vinci qui a récemment battu tous les ­records : « La partie française n’était pas informée de cet achat, dont on ne sait toujours rien des dessous. Signe que le pouvoir émirati s’est approprié politiquement le musée. »



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-10"> ¤ Le FRAC Centre-Val de Loire organise la première édition de la biennale « Marcher dans le rêve d’un autre ».
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A Orléans, visions d’architectures et songes d’artistes

Le FRAC Centre-Val de Loire organise la première édition de la biennale « Marcher dans le rêve d’un autre ».



Le Monde
 |    22.01.2018 à 09h43
 • Mis à jour le
22.01.2018 à 10h07
    |

            Jean-Jacques Larrochelle








                        



                                


                            

Avec sa biennale « Marcher dans le rêve d’un autre », le fonds régional d’art contemporain (FRAC) de la région Centre-Val de Loire, à Orléans, n’a pas voulu seulement interpeller l’actualité. C’est « une biennale de dialogue entre les ­collections du lieu et des architectes invités, indique Abdelkader Damani, directeur de l’établis­sement depuis septembre 2015. La collection est la matrice ; nous voulons proposer un regard sur le futur à partir du passé ».
Installé dans les anciennes subsistances militaires de la ville, le FRAC Centre-Val de Loire est un lieu unique. D’emblée, sa singularité s’affirme à travers l’architecture de sa « vitrine », fruit d’une contorsion informatique dont s’est jouée l’agence Jakob + MacFarlane pour façonner Les Turbulences, inclassable bâtiment, protubérance de facettes, chancelante et tourmentée, sur laquelle, plutôt nuitamment, des écritures pixélisées viennent se poser. Une identité forte qui se poursuit dans les salles d’exposition.
Ici, tout au long de l’année depuis 1991, on célèbre les noces ­entre l’art et l’architecture. Une connivence qui s’élabore à partir d’œuvres expérimentales, voire radicales ou utopiques, datant des années 1950-1960 jusqu’à nos jours. Autant cette complicité est lisible dans les œuvres anciennes, en raison notamment de liens avérés avec des courants artistiques identifiés (arte povera, art conceptuel, body art ou land art), autant il est plus difficile aujourd’hui d’en cerner les contours. Le travail de pèlerin attentif auquel invite cette biennale de « marcheurs » peut-il aider à y voir plus clair ?
Trois chemins
Pour élaborer leur programme, les commissaires de cette première biennale – le directeur du FRAC ainsi que l’architecte et universitaire italien Luca Galofaro – expliquent avoir voulu offrir trois chemins « pour atteindre l’architecture : les migrations comme seul destin, l’architecture comme ritournelle permanente entre fiction et réalité,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-11"> ¤ Du Centro Botin à la Norman Foster Foundation, l’Espagne mise plus que jamais sur le secteur privé.
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Les fondations d’art prolifèrent en terre ibère

Du Centro Botin à la Norman Foster Foundation, l’Espagne mise plus que jamais sur le secteur privé.



Le Monde
 |    22.01.2018 à 09h17
 • Mis à jour le
22.01.2018 à 12h34
    |

            Aureliano Tonet (Madrid et Santander, envoyé spécial)








                        



                                


                            

L’affaire semble entendue : on ne bâtit guère plus de châteaux en Espagne – et encore moins de moulins à vent. On y érige, en revanche, des fondations d’art. La pierre muséale est même devenue, dans ce pays fissuré par les crises, l’un des plus solides ciments nationaux : à bien examiner le sol ibère, il ne se passe pas un mois, ou presque, sans qu’un nouveau centre d’art sorte de terre.
A Santander, c’est de l’océan qu’a émergé le Centro Botin, inauguré le 23 juin 2017. Plus précisément de l’embarcadère, qui, longtemps, fut le cœur battant de cette cité portuaire de Cantabrie, région nichée sur la côte nord-ouest de la péninsule, entre les Asturies et le Pays basque. Santander, ce sont d’abord des barques et des banques. Des siècles durant, le commerce avec les Amériques fit prospérer plusieurs établissements financiers, dont le principal prit, en 1857, le nom de la ville elle-même. Depuis lors, une seule et unique famille, les Botin, tient la barre de Banco Santander, devenue la figure de proue du secteur bancaire espagnol.
Au gouvernail de 1986 à sa mort, en 2014, Emilio Botin a été désigné « meilleur banquier du monde » en 2008 par le magazine Euromoney pour avoir évité le maelström des subprimes. En marge de ses périples capitalistiques, le bon capitaine veilla sur les trésors amassés par lui et les siens : une vaste collection d’œuvres d’art (Cranach, Goya, El Greco, Picasso, Miro, Kounellis…), gérée par plusieurs fondations, auxquelles il souhaita offrir un dock ad hoc, au cœur du port familial. Ainsi est né le Centro Botin, appelé à abriter les activités artistiques, culturelles et pédagogiques de la fondation du même nom, créée en 1964 – distincte de la Fundacion Banco Santander, aux visées similaires, lancée il y a près de vingt-cinq ans.

Le « caprice cantabrique de Piano »
Pour bâtir ce drôle de bateau, les Botin ont dégotté un « top-architecte » de la Botte : l’Italien Renzo Piano, expert ès musées depuis qu’il...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-12"> ¤ Chaque lundi, le service Culture du « Monde » propose aux lecteurs de « La Matinale » un choix de concerts, de festivals, de clips…
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Article sélectionné dans La Matinale du 21/01/2018
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Offenbach, Eels, Zombie Zombie... : notre sélection musicale

Chaque lundi, le service Culture du « Monde » propose aux lecteurs de « La Matinale » un choix de concerts, de festivals, de clips…



Le Monde
 |    22.01.2018 à 06h48
 • Mis à jour le
22.01.2018 à 07h48
   





                        


LES CHOIX DE LA MATINALE
Des « contes d’Hoffmann », portés par la voix de Juan Diego Florez, au concert immersif du trio rock-électro Zombie Zombie, laissez-vous guider par notre liste musicale.
UN OPÉRA : « Les Contes d’Hoffmann » d’Offenbach, avec Juan Diego Florez à l’Opéra de Monte-Carlo

   


La voix de Juan Diego Florez a longtemps eu l’éclat de la dague, alliant au fier tranchant de la lame la douceur sensuelle du coup adroitement porté. Le ténor péruvien, fréquemment comparé au Pavarotti des débuts, a longtemps fait partie de la catégorie tenorino, comme on dit à Naples en parlant des ténors lyriques légers, survolant depuis plus de vingt ans les sidérantes vocalises du bel canto rossinien. Couleur, phrasé, agilité, puissance, Florez possède tout. Les années passant n’ont rien émoussé de cette voix de soleil, si ce n’est qu’elle a osé des répertoires plus élégiaques et moins virtuoses. Ainsi le récital Mozart paru chez Sony en 2017. Cette fois, c’est dans le rôle-titre des Contes d’Hoffmann d’Offenbach, dont il mettait la « Chanson de Kleinzach » au menu de ses récitals (le 12 novembre 2017 au Théâtre des Champs-Elysées, à Paris), que le chanteur de 45 ans fera ses débuts du 22 au 31 janvier à l’Opéra de Monte Carlo. A coup sûr un événement. Marie-Aude Roux
« Les Contes d’Hoffmann » d’Offenbach, à l’Opéra de Monte-Carlo, place du Casino, Principauté de Monaco. Tél. : +377-98-06-28-28. Les 22, 25, 28 et 31 janvier. De 40 € à 150 €. Avec Juan Diego Florez, Olga Peretyatko, Nicolas Courjal, Paata Burchuladze, Jean-Louis Grinda (mise en scène, Chœur de l’Opéra et Orchestre philharmonique symphonique de Monte Carlo, Jacques Lacombe (direction).
UNE CHANSON : « The Deconstruction », de Eels

« Parfois, il faut détruire quelque chose pour trouver de la beauté à l’intérieur », affirme le multi-instrumentiste américain E (Mark Oliver Everett), leader du groupe à géométrie variable Eels. En plus de vingt ans de carrière, ce prolifique auteur-compositeur-interprète a enregistré une bonne dizaine d’albums éclectiques (pop de chambre, rock alternatif, country-folk, électro-pop…) et traîne aussi avec lui quelques traumatisants fantômes familiaux (à lire, son émouvante autobiographie, Tais-toi ou meurs, 13e Note Editions, 2011).
Quatre ans après l’introspectif The Cautionary Tales Of Mark Oliver Everett, son nouvel album s’intitule The Deconstruction et sortira le 6 avril sur le label E Works/[PIAS]. C’est aussi la chanson-titre qui ouvrira l’album, révélée la semaine dernière. Une ambitieuse entrée en matière, en forme de pièce montée pop baroque aux arrangements de cordes luxuriants, façon Eleanor Rigby, bousculée par une rythmique aux relents soul/trip hop. Du travail d’orfèvre. Les quinze titres de The Deconstruction ont quant à eux été enregistrés avec la section de cordes The Deconstruction Orchestra & Choir et produit par E ainsi que Mickey Petralia, jadis à l’ouvrage sur l’un de ses meilleurs albums, Electro-Shock Blue (1998). Et déjà, une date programmée pour le 9 juillet à l’Olympia, à Paris. Franck Colombani
UN SPECTACLE : « La Vie en vrac », par Annick Cisaruk et David Venitucci au Connétable, à Paris, chaque lundi

   


Au rez-de-chaussée, l’entrée de la partie bar et restaurant, puis quelques marches à descendre et nous voici sous la voûte de pierres du Connétable, lieu historique de la chanson, qui fut durant de longues années dirigé par Maurice Fanon (1929-1991) et sa compagne Françoise Wilcz. C’est là qu’une trentaine de spectateurs peuvent voir, chaque lundi, le spectacle « La Vie en vrac » de la chanteuse Annick Cisaruk et de l’accordéoniste David Venitucci. Intense et prenant.
Il s’agit d’une histoire, celle d’une jeune fille qui part de chez elle à 15 ans, découvre la grande ville, rencontre l’amour, le perd, connaît de nombreuses vies, devient toutes les femmes « à la même seconde ». Une « jeune fille au visage d’orage », venue « des vastes rivières d’Ukraine », dont la grand-mère était, peut-être, « une sorcière », qui croise des gitans, des fakirs, des saltimbanques, des « peintres hallucinés », des « poètes arrimeurs de complaintes », de dangereux amants, des fous et des cadavres. Sur la petite scène, Annick Cisaruk et David Venitucci donnent corps et âme aux textes de Yanowski, du duo Le Cirque des mirages, rassemblés dans le disque La Vie en vrac (EPM/MCA-Universal Music). Les musiques de Venitucci passent par des airs d’Europe de l’Est, des valses, du tango, du jazz, des mélancolies et des allégresses musicales, des effets sonores inventifs. Par lesquelles s’épanouit le chant, les chants, de la caresse aux emportements, de Cisaruk, autant musicienne que comédienne. Sylvain Siclier
« La Vie en vrac », d’Annick Cisaruk et David Venitucci au Connétable, angle 55, rue des Archives et 2 rue des Haudriettes, Paris 3e. Mo Rambuteau, Hôtel-de-Ville. Chaque lundi, à 20 h 30, jusqu’au 30 avril. Libre participation après le spectacle. Réservation obligatoire au 06-08-50-26-41 ou myriam.lothammer@agencepari.fr.
DEUX CONCERTS : François et Louis Moutin, Jean-Michel Pilc et Randy Brecker au New Morning, à Paris, le 24 janvier et à l’Opéra de Lyon, le 27 janvier

   


Grandes soirées de jazz en perspective, au New Morning, à Paris et à l’Opéra de Lyon. A la contrebasse François Moutin et à la batterie son frère jumeau, Louis, tous deux nés le 24 décembre 1961, forment ce qu’il est d’usage d’appeler une rythmique. Entrée dans le jazz au milieu des années 1980. Fratrie oblige, peut-être, cette rythmique fait entendre au plus haut point une connivence, une complicité musicienne. Avec eux, le pianiste Jean-Michel Pilc, dont l’expressivité mélodique avance à l’occasion vers l’abstraction. Il réside depuis quelques années à Montréal, où il enseigne à l’Ecole de musique Schulich de l’Université McGill. Enfin, en plus des Moutin et Pilc, qui ont régulièrement joué ensemble, le trompettiste et bugliste Randy Brecker, longue carrière depuis la fin des années 1960, dont le phrasé véloce et la chaude sonorité se font entendre dans le jazz classique, le jazz-rock, le rock, la variété… S. Si. 
New Morning, 7-9 rue des Petites-Ecuries, Paris 10e. Mo Château-d’Eau. Mercredi 24 janvier, à 21 heures. 25,90 €. Opéra de Lyon, place de La Comédie, Lyon (Rhône). Mo Hôtel-de-Ville/Louis-Pradel. Tél. : 04-69-85-54-54. Samedi 27 janvier, à 20 heures. De 12 € à 24 €.
A RÉSERVER : un concert immersif de Zombie Zombie au Palais de la Porte Dorée, à Paris, le 2 février

   


Le temps d’un week-end, le Palais de la Porte Dorée, à quelques mètres du Bois de Vincennes, à Paris, met l’architecture à l’honneur, dans le cadre de la première édition de la manifestation « L’Envers du Décor ». Du vendredi 2 au samedi 4 février, des artistes issus de différents univers investissent cet étonnant monument art déco en proposant des installations et des performances inédites, dans le but d’établir un dialogue avec ce lieu empreint d’histoire.
Ce sera le cas notamment du trio rock électro Zombie Zombie qui y donnera un concert atypique : une expérience immersive avec le monde marin, où les épopées instrumentales d’Etienne Jaumet (saxophone et synthétiseurs vintages), Cosmic Neman (batterie) et le Docteur Schonberg (percussions) seront en symbiose avec des images filmées par la vidéaste Giulia Grossmann dans l’aquarium tropical. Le trio a déjà collaboré avec la vidéaste, notamment pour le clip du single Livity, tiré de leur dernier album du même nom, pour un voyage mystique qui invoquait les esprits de la jungle de Wat Aham, au Laos. En première partie, Jonathan Fitoussi & Clemens Hourrière, tous aussi mordus de synthétiseurs analogiques que la tête d’affiche, donneront un aperçu de leur prochain album sur le label Versatile. La soirée se poursuivra dans un esprit S-F, par un DJ set de Marion Guillet. F. C.
Palais de la Porte-Dorée, 293, avenue Daumesnil, Paris 12e. Mo Porte-Dorée. Vendredi 2 février, à 20 h 30. De 9 € à 12 €. Page Facebook de l’événement.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-13"> ¤ Dans une tribune au « Monde », l’auteure violée dans son enfance par Roman Polanski explique les raisons de son soutien à la tribune cosignée par Catherine Deneuve.
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-13"> ¤                     


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Samantha Geimer : « Toute cette haine, cette revanche, ne guériront pas les femmes »

Dans une tribune au « Monde », l’auteure violée dans son enfance par Roman Polanski explique les raisons de son soutien à la tribune cosignée par Catherine Deneuve.



Le Monde
 |    22.01.2018 à 06h38
 • Mis à jour le
22.01.2018 à 10h25
    |

Samantha Geimer (Auteure de « La fille. Ma vie dans l’ombre de Roman Polanski », Plon, 2013)







                        



                                


                            

[En 1977, lorsqu’elle avait 13 ans, Samantha Geimer a été violée par Roman Polanski. Elle a récemment expliqué avoir pardonné à son agresseur. Elle a demandé à la justice américaine de clore le dossier afin qu’elle puisse retrouver une vie normale, déclarant qu’elle était toujours assaillie par la presse, quarante ans après les faits et le début de la procédure. Un juge de Los Angeles a refusé d’abandonner les poursuites et continue de considérer le réalisateur comme un fugitif. Peu après l’éclatement de l’affaire, Roman Polanski avait reconnu avoir eu des relations sexuelles avec une mineure et avait passé un accord amiable avec la justice, mais craignant que l’entente ne soit subitement annulée, il a pris la fuite vers la France en 1978.]
Tribune. On peut être surpris de me voir signer ou approuver une tribune critiquant le mouvement #metoo. Je suis une féministe, défendant les droits des victimes, et l’on me connaît d’ailleurs surtout pour avoir été moi-même victime d’un viol. Mais laissez-moi vous expliquer pourquoi je suis entièrement d’accord avec la tribune « Nous défendons une liberté d’importuner », [signée, entre autres, par Catherine Deneuve, Catherine Millet et Ingrid Caven].
#metoo devrait être une plate-forme de soutien pour les victimes, un espace où l’on témoigne de sa solidarité, où l’on se soutient les unes les autres. Toutes celles qui, comme nous, ont souffert de différentes (mais semblables) façons, mais ont toujours eu conscience d’appartenir à un groupe plus vaste, de mères, de sœurs ou d’amies, ne sont pas une minorité. Nous nous sommes toujours soutenues.

On ne peut pas empêcher les conservateurs politiques et religieux de détourner à leurs fins les initiatives les plus louables. Pour attaquer, par exemple, Meryl Streep, Hollywood en général ou des hommes politiques qui ne leur plaisent pas, ils se serviront de #metoo ou de n’importe quel autre mouvement, sans aucun souci...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-14"> ¤ Notre choix du soir. La deuxième saison de la série plonge avec délice dans les arrière-cuisines de la République.
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Article sélectionné dans La Matinale du 21/01/2018
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« Baron noir » plus sombre que jamais

Notre choix du soir. La deuxième saison de la série plonge avec délice dans les arrière-cuisines de la République.



Le Monde
 |    22.01.2018 à 06h36
 • Mis à jour le
22.01.2018 à 08h45
    |

            Daniel Psenny








                        


Série sur Canal+ lundi à 21 h 05

   


Le pari était risqué. Après le succès de la première saison de Baron noir, les deux scénaristes, Eric Benzekri et Jean-Baptiste Delafon, relèvent le défi d’un deuxième opus. Celui-ci se révèle, une nouvelle fois, très pertinent. En huit épisodes, ils ont réussi à mêler habilement fiction et réalité politique, les deux se télescopant de manière spectaculaire. Dans leur tâche, ils ont été aidés par une étonnante année électorale qui a bouleversé les codes politiques, avec le naufrage des grands partis, les scandales en tout genre, les trahisons et la mise à la retraite de toute une ­génération de dirigeants.
Du pain bénit pour les deux auteurs, qui poursuivent leur plongée dans les coulisses nauséabondes, les secrets de palais et les jeux de pouvoir du Parti socialiste. Un PS dont la survie ne tient qu’à Philippe Rickwaert (Kad ­Merad, au sommet de son art), ­ex-député de Dunkerque tout juste sorti de prison pour une affaire de corruption. Un « baron noir » ­déguisé en grand marionnettiste qui, dans l’ombre, tire les ficelles du jeu politique dans l’attente de son procès. Pour « sauver la République », menacée par l’extrême droite et le terrorisme religieux, il va entraîner Amélie Dorendeu (intrigante Anna Mouglalis) – première femme élue présidente de la République – dans une périlleuse stratégie d’alliances qui va provoquer une grave crise institutionnelle.

Casting impeccable
Imaginé en janvier 2016, dans une France post-Charlie et post-Bataclan, le scénario a été réécrit et remanié maintes fois, notamment avec l’entrée en scène d’Emmanuel Macron dans la course à la présidentielle. « Au début, nous n’avons jamais cru à son succès, et nous avons écrit en conséquence », expliquent les deux auteurs. Mais la confusion s’est installée petit à petit, avec la percée de ­l’ancien conseiller de François Hollande, puis le renoncement de ce dernier et, enfin, l’élection de François Fillon et de Benoît ­Hamon aux primaires de la droite et de la gauche. Un séisme politique qui a changé les plans du ­scénario. « Tous les matins, en arrivant dans la salle d’écriture, nous n’avions aucune idée de ce qui ­allait se passer », se souvient Erik Benzekri, longtemps militant du PS aux ­côtés de Julien Dray et de Jean-Luc Mélenchon, et qui sait pertinemment que la vie politique « est plus violente dans la réalité que dans la fiction ».

   


Forts de ce constat, les scénaristes ont travaillé sur les personnages, particulièrement celui de Philippe Rickwaert, figure politique « à l’ancienne », sorte de petit Tony Soprano vivant perpétuel­lement dans l’urgence. Perdant ­magnifique, il ne survit que grâce à son instinct dialectique et à son intelligence politique. Les mots sont sa seule arme pour lutter contre la crise politique et per­sonnelle qu’il traverse. Une crise où « l’ancien meurt et le nouveau ne peut pas naître », comme l’écrivait le philosophe italien Antonio Gramsci dans ses Cahiers de ­ prison (1929-1935), ajoutant que « pendant cet inter-règne, on observe les phénomènes morbides les plus variés ».
Le casting de cette deuxième saison est impeccable. François Morel incarne Michel Vidal, ­ figure de la gauche de la gauche que Jean-Luc Mélenchon ne ­renierait pas. Pascal Elbé joue un centriste aux traits de François Bayrou et Patrick Mille, ici président du Front national, est le versant masculin de Marine Le Pen. « Notre ­série n’est pas cynique, ce sont nos personnages qui le sont. Et s’il n’y a plus de politique, il n’y a que de la barbarie », dit Eric ­Benzekri qui, avec Jean-Baptiste Delafon, a déjà commencé l’écriture de la troisième saison.
Baron noir, de Ziad Doueiri. Avec Kad Merad, Anna Mouglalis, Hugo Becker, Pascal Elbé (Fr, 2017, 8 × 52 min). Premier épisode diffusé lundi 22 janvier sur Canal+



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-15"> ¤ Notre choix du soir. les nouvelles de l’écrivain américain sont portées à l’écran dans une adaptation trop sage, voire datée (sur Amazon prime video, à la demande)
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TV - « Philip K. Dick’s Electric Dreams » : retour vers le passé

Notre choix du soir. les nouvelles de l’écrivain américain sont portées à l’écran dans une adaptation trop sage, voire datée (sur Amazon prime video, à la demande)



Le Monde
 |    21.01.2018 à 18h00
    |

                            Martine Delahaye








                        


Série sur Amazon prime video à la demande

Peut-être le titre de cette série, Philip K. Dick’s Electric Dreams, vous en rappelle-t-il un autre. Celui d’un roman de science-fiction, Les androïdes rêvent-ils de moutons électriques ?, écrit en 1966 par ce même Philip K. Dick. Un livre que Ridley Scott métamorphosa en film, Blade Runner, sorti en 1982, l’année de la mort de l’écrivain américain.
L’anthologie Philip K. Dick’s Electric Dreams, composée de dix épisodes indépendants les uns des autres, puise ses références dans la centaine de nouvelles écrites par l’auteur. Sous la gouverne de deux showrunners de talent, ­Ronald D. Moore (Battlestar Galactica) et Michael Dinner (Justified), liberté totale a été laissée aux scénaristes de chaque épisode de s’inspirer – et de s’éloigner – de nouvelles qui s’interrogent avant tout sur ce que signifie être (un) humain. Qu’est-ce que l’attirance, mais aussi la monstruosité humaine ? Quel statut pour le rêve ou la réalité virtuelle ? Et, surtout, qu’est-ce que le réel ? Soit dix contes qui jouent de l’anticipation ou du fantastique, dans le présent comme dans le futur.
Sentiment de « déjà-vu »
Netflix ayant raflé, en 2016, la meilleure anthologie de science-fiction créée à ce jour, la série ­britannique Black Mirror, sa plate-forme concurrente, Amazon, a puisé au même savoir-faire, celui de la chaîne anglaise Channel 4, pour produire Philip K. Dick’s Electric Dreams. Sans mégoter sur les moyens. Entre Britanniques et Américains, le générique compte un nombre impres­sionnant de producteurs exécutifs, de scénaristes et d’acteurs de renom. Pour autant, l’ensemble rappelle cette expression que les Américains utilisent en français dans le texte : un sentiment de « déjà-vu ». Acteurs, décors, mise en scène, rien ne pèche, mais rien ne frappe.
Sans échapper à cet aspect daté, défraîchi, deux épisodes allient avec bonheur réflexion et émotion (Human Is et Impossible ­Planet), The Commuter, écrit par Jack Thorne, s’avérant le plus réussi de tous.
Philip K. Dick’s Electric Dreams, série créée par Ronald D. Moore et Michael Dinner. Avec Bryan Cranston, Steve Buscemi, Sidse Babett Knudsen (GB et EU, 2017, 10× 48 min).



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-16"> ¤ Journaliste et globe-trotteur, il a écrit sur les génocidaires du Rwanda ou du Cambodge. Dans « Terre promise » – cette Sierra Leone qui lui est précieuse –, il se fait plus personnel pour évoquer la guerre civile et la grande vitalité de ses habitants
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Thierry Cruvellier, sierra-léonais de cœur

Journaliste et globe-trotteur, il a écrit sur les génocidaires du Rwanda ou du Cambodge. Dans « Terre promise » – cette Sierra Leone qui lui est précieuse –, il se fait plus personnel pour évoquer la guerre civile et la grande vitalité de ses habitants



Le Monde
 |    21.01.2018 à 09h00
    |

                            Marianne Dautrey








                        



                                


                            

« Peu de gens devineront ce qu’il a fallu de tristesse pour ressusciter Carthage », notait Flaubert en se souvenant de l’écriture de son Salammbô (1862). Thierry Cruvellier qui, dans Terre promise, vient de retracer les cinquante dernières années de l’histoire convulsive et tragique de la Sierra Leone – une succession de régimes autoritaires depuis l’indépendance, en 1961, onze ans de guerre civile (1991-2002), une misère endémique, qui en fait un des pays les plus pauvres du monde, l’épidémie d’Ebola à partir de 2013… –, semble, au contraire, être habité par une joie secrète et sourde. Elle irradie presque malgré lui.
Sans doute y a-t-il, dans cette joie, quelques relents du bonheur intime d’un auteur envahi après coup par le sentiment d’être parvenu à donner la forme juste à son ouvrage, d’avoir réussi à faire que la composition poétique et dramatique de son texte corresponde au plus près à la rigoureuse logique analytique et historienne qui y préside. Pour son troisième livre, Thierry Cruvellier a fait œuvre d’écrivain, au sens plein du terme. Edifice porté par un savant entrelacs de voix, d’analyses et de descriptions d’odeurs, de couleurs, de visages, de timbres de voix, Terre promise repose presque entièrement sur ses scansions, son rythme, sa musique. Comme si la réalité documentaire et historique que l’auteur entendait transcrire ou traduire devait, plus encore, renaître transfigurée de ce mouvement de l’écriture, de sa dynamique, de sa matière même.
La justice internationale, mais pas seulement
Mais, avant d’aller jusque-là, il y a peut-être une raison plus immédiate et plus simple à cette humeur joyeuse de celui qui fut le fondateur et le rédacteur en chef de la revue électronique International Justice Tribune. Il semblait, depuis une vingtaine d’années, s’être une fois pour toutes spécialisé dans la justice internationale. En témoignaient ses deux premiers livres, qui portaient respectivement...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-17"> ¤ « La Matinale du Monde » publie tous les dimanches le strip « Leumonde.fr » d’Antoine Marchalot.
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Article sélectionné dans La Matinale du 20/01/2018
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Leumonde.fr, par Antoine Marchalot (épisode 85)

« La Matinale du Monde » publie tous les dimanches le strip « Leumonde.fr » d’Antoine Marchalot.



Le Monde
 |    21.01.2018 à 06h39
 • Mis à jour le
21.01.2018 à 07h15
   





                        



   





                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-18"> ¤ Notre choix du soir. Le manque d’exposition à la lumière naturelle contribuerait à favoriser le développement phénoménal de cette maladie (sur Arte à 22 h 15).
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Télévision : « Demain, tous myopes ! »

Notre choix du soir. Le manque d’exposition à la lumière naturelle contribuerait à favoriser le développement phénoménal de cette maladie (sur Arte à 22 h 15).



Le Monde
 |    20.01.2018 à 18h00
 • Mis à jour le
20.01.2018 à 18h06
    |

            Alain Constant








                        


Documentaire sur Arte à 22 h 15

   


Le phénomène a pris de telles proportions depuis une vingtaine d’années que l’ensemble de la communauté scientifique est en alerte. Une épidémie fulgurante de myopie se propage à travers la planète, touchant particulièrement les pays asiatiques, sans épargner pour autant les Etats-Unis ou l’Europe. Les taux de personnes atteintes de myopie, notamment chez les très jeunes, sont impressionnants, et ce documentaire instructif fait le point sur les différentes méthodes pour lutter contre cette « maladie de l’œil long ».
De Singapour à Londres, de Taïwan à Paris en passant par la Chine et l’Australie, Christophe Kilian a interrogé d’éminents chercheurs qui tentent de comprendre le phénomène. Selon ­Damien Gatinel, ophtalmologiste français réputé et conseiller scientifique de ce film, « il y a un réel risque de perdre la vision à cause de la myopie… Fragilisé, l’œil est davantage sujet au décollement de rétine. Les risques de glaucome, maladie dégénérative du nerf optique, augmentent également, et la cataracte peut aussi se déclarer précocement ».
Facteur aggravant
Pourquoi devient-on myope ? La piste génétique ne donne pas de résultats probants. En revanche, le manque de lumière naturelle est un facteur aggravant. Avec des enfants qui passent de moins en moins de temps à l’extérieur, les yeux rivés sur les écrans ou sur leurs cahiers de devoirs, la myopie gagne du terrain. Les études de l’Américain Donald Mutti et de l’Australien Ian Morgan confirment l’importance de la lumière extérieure pour pro­téger de la myopie. « L’Australie est un pays éduqué, mais les jeunes passent beaucoup de temps dehors. C’est sans doute pourquoi le taux de myopie y est très bas, alors que dans les pays asiatiques, où la pression scolaire est forte et la myopie très répandue, les ­élèves passent trop de temps à l’intérieur. » De nombreuses ­études tentent de calculer jusqu’où monter le taux de luminosité pour être protégé de la myopie. Et, à Taïwan, le rôle préventif de la lumière a été pris en compte de manière concrète : les élèves ont droit à une récré­ation en extérieur de 1 h 20 chaque jour. Et les salles de classe ont été aménagées pour faire entrer plus de ­lumière.
Demain, tous myopes !, de Christophe Kilian (F.r, 2017, 55 min).



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-19"> ¤ TF1 et l’animateur-producteur continuent de développer des créations dont la plupart connaissent un véritable succès à l’étranger
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Arthur déploie les grands moyens pour la 100e de « Vendredi tout est permis »

TF1 et l’animateur-producteur continuent de développer des créations dont la plupart connaissent un véritable succès à l’étranger



Le Monde
 |    20.01.2018 à 16h45
 • Mis à jour le
22.01.2018 à 13h19
    |

            Véronique Cauhapé








                        



   


Ce samedi 20 janvier, sur TF1, « Vendredi, tout est permis avec Arthur » (« VTEP ») bénéficie d’une exposition exceptionnelle en prime time. Et pour cause, l’émission de divertissement de l’animateur-producteur – programmée, depuis sa création en décembre 2011, en deuxième partie de soirée – fête ce soir son 100e numéro. Autant dire que l’occasion était belle pour sortir le grand jeu qui se déploie d’abord sous un format à part entière baptisé « Stars Under Pressure » (« Stars sous pression »). Format qui, s’il rencontre le succès, pourrait s’installer, comme tel, à l’antenne. « Des discussions seraient d’ailleurs déjà en cours avec onze pays pour une adaptation », a d’ores et déjà annoncé Arthur.
Epreuves spectaculaires
Reconnaissons que le modèle a le mérite de vouloir offrir au téléspectateur du grand spectacle. En effet, cette 100e soumet les habitués de l’émission (Artus, Jarry, Michaël Youn, Cartman, Shy’m, Camille Lou, Issa Doumbia, Tarek Boudali…) à des épreuves spectaculaires telles que se lancer sur une tyrolienne en haut de la Tour Eiffel, sauter en parachute, se retrouver dans un manoir hanté de 3000 m2 ou… monter à bord d’avions d’une patrouille acrobatique civile de voltige aérienne.
Cette dernière épreuve, la seule que nous avons pu visionner, donne un aperçu de la qualité de la production – obtenue grâce à des mois de préparation, à l’apport de réalisateurs spécialisés et aux importants moyens déployés, notamment sur le son et les caméras (40 au total). Il n’y a pas de mystère, cette qualité-là est un gage pour l’exportation. Les équipes de TF1 et de Satisfaction, la société de production d’Arthur, le savent, qui s’emploient à maintenir, avant tout, ce niveau sur leurs créations.

   


Dans son format classique, « Vendredi, tout est permis » a ainsi été vendu à 31 pays (bientôt 32, selon l’animateur). « Ces dernières années, tout le monde a misé et concentré ses efforts sur la fiction. Si bien qu’aujourd’hui, il existe une véritable pénurie sur le divertissement à l’étranger. C’est aussi pourquoi, nous recevons un accueil si enthousiaste dans les autres pays », précise Arthur qui dit créer avec sa société plus de formats que n’est « hélas » capable d’en accueillir la grille de TF1.
Il n’empêche que la collaboration entre le producteur et la première chaîne est toujours au beau fixe, tout comme la relation de confiance que les deux partenaires entretiennent depuis de très longues années. Pour preuve, les nouvelles émissions annoncées dans les mois à venir, telles que « Les Touristes : Mission Safari » (9 février), sorte de parodie de « Koh Lanta » où six artistes de la bande ont été envoyés quatre jours et trois nuits dans un parc animalier du centre de la France ; une version en prime time de « Pas de ça entre nous » pour marquer la sortie du prochain film de Dany Boon, La Ch’tite famille ; et une nouvelle émission « Mentalistes, dans la tête des stars ».



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-20"> ¤ Un concert à la Philharmonie de Paris, le 19 janvier, a marqué le coup d’envoi de la commémoration du compositeur en présence du président français et de la chancelière allemande.
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Pour l’année Debussy, un prélude diplomatique

Un concert à la Philharmonie de Paris, le 19 janvier, a marqué le coup d’envoi de la commémoration du compositeur en présence du président français et de la chancelière allemande.



Le Monde
 |    20.01.2018 à 12h20
 • Mis à jour le
21.01.2018 à 18h29
    |

                            Pierre Gervasoni








                        



                                


                            

Sur le plateau de la grande salle de la Philharmonie de Paris, un piano concentre tous les regards, vendredi 19 janvier, en début de soirée. C’est « le » Steinway de Daniel Barenboim, un instrument spécialement conçu pour le musicien israélo-argentin de 75 ans. Quelques minutes avant 20 h 30, des applaudissements éclatent mais la porte d’accès aux coulisses reste close. Debout, une grande partie du public se tourne vers la tribune d’honneur. Conduits par Laurent Bayle, le directeur général de la Philharmonie, Emmanuel Macron et Angela Merkel font leur apparition, en compagnie de Bruno Le Maire, le ministre de l’économie et des finances, et de Françoise Nyssen, la ministre de la culture.
Le premier concert organisé dans le cadre du centenaire de la mort de Claude Debussy se présente sous les meilleurs auspices… du pouvoir. Finances et culture côte à côte, on commence à rêver d’une commémoration de haut vol. Redingote noire sur chemise blanche à col ouvert, Daniel Barenboim ne tarde pas à se mettre au clavier pour exécuter le premier livre des Préludes. D’abord, avec une solennité de circonstance, puis en s’abandonnant à la fantaisie, pour ne pas dire à la fantasmagorie, de l’univers debussyste.
Un festival et une nuit blanche
Vient l’entracte. Le soliste prend quelque repos, le président serre des mains et la ministre donne le coup d’envoi du centenaire devant un parterre de personnalités du monde musical, interprètes de renom et responsables d’institutions. Une année Debussy a été imaginée, dit-elle, « pour que sa musique rentre dans la vie de tous les Français ». Celle-ci connaîtra un premier temps fort le 25 mars (jour anniversaire de la mort du compositeur) lors d’une « Nuit blanche Debussy », qui verra les étudiants du Conservatoire se produire au ministère de la culture.
Un site Web est aussi prévu pour recenser tous les événements. Le détail de la commémoration, qui durera jusqu’au 25 mars 2019, n’a pas encore été...




                        

                        

