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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-1"> ¤ La Turquie poursuit l’opération « Rameau d’olivier » contre les Kurdes, qui maîtrisent cette enclave du nord-ouest de la Syrie.
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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-2"> ¤ Economistes et chefs d’entreprise prennent position pour ou contre le projet de modification du statut juridique des sociétés dans le code civil.
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Retrouvez nos tribunes sur « l’objet social de l’entreprise »

Economistes et chefs d’entreprise prennent position pour ou contre le projet de modification du statut juridique des sociétés dans le code civil.



Le Monde
 |    22.01.2018 à 15h54
   





                        



                                


                            

Faut-il ou non intégrer la responsabilité sociale et environnementale dans le cadre juridique qui définit l’« objet » des sociétés à but lucratif ? Ou au moins en laisser la possibilité aux associés qui le souhaitent ?
Dès le 18 octobre 2017, lors du Club de l’économie où il était invité au Monde, le ministre de l’économie Bruno Le Maire avait indiqué qu’une réforme de « l’objet social de l’entreprise » serait l’une des propositions du plan d’action pour la croissance et la transformation des entreprises (Pacte), projet de loi qu’il entend présenter au printemps. Il l’a répété lors de la présentation du pacte aux partenaires sociaux, le 23 octobre 2017.
A la demande de Bercy, un groupe de travail dirigé par le député Stanislas Guerini (député LRM) et par Agnès Touraine, présidente de l’Institut français des administrateurs (IFA), a remis le 21 décembre 2017 des propositions sur le sujet après avoir audité des chercheurs, comme Armand Hatchuel et Blanche Segrestin (Mines ParisTech), parmi les inspirateurs du concept « d’entreprise à mission », ou des entrepreneurs comme Antoine Frérot, PDG de Veolia, militant de cette cause depuis plusieurs années.
Une mission interministérielle sur le sujet
Le 11 décembre 2017, le ministre de l’environnement, Nicolas Hulot, avait repris l’idée lors d’un discours au siège du Medef devant de nombreux chefs d’entreprises réunis à l’occasion du One Planet Summit, suscitant de fortes réactions.
Pas moins de quatre ministres (économie, environnement, travail et justice) étaient présents lors du lancement, le 5 janvier, d’une mission interministérielle sur le sujet, dont la coordination a été confiée à Nicole Notat, ancienne secrétaire générale de la CFDT et présidente de l’agence de notation sociale Vigeo Eiris et à Jean-Dominique Senard, patron de Michelin.
Or, économistes, experts et chefs d’entreprise restent très divisés sur la question, comme le montrent les tribunes et chroniques...




                        

                        


<article-nb="2018/01/22/19-3">
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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-3"> ¤ Dans une tribune au « Monde », Eric Campos, directeur de la Fondation Grameen Crédit agricole, estime que le modèle de l’entreprise sociale est une des voix du capitalisme, portant la parole de « ceux qui désirent découvrir les sources d’un entrepreneuriat utile ».
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« L’utilité sociale doit pouvoir être comptabilisée dans les revenus et le bilan financier de l’entreprise »

Dans une tribune au « Monde », Eric Campos, directeur de la Fondation Grameen Crédit agricole, estime que le modèle de l’entreprise sociale est une des voix du capitalisme, portant la parole de « ceux qui désirent découvrir les sources d’un entrepreneuriat utile ».



Le Monde
 |    22.01.2018 à 13h23
    |

Eric Campos (Directeur général de la Fondation Grameen Crédit Agricole)







                        



                                


                            
Tribune. La moitié du patrimoine économique mondial est détenu par 1 % de la population. La concentration de la richesse entre les mains de quelques-uns continue de s’accélérer. Ce constat, sévère et indécent, remet en question un fondement de nos croyances économiques et sociales : non, la loi des marchés n’aboutit pas à un équilibre naturellement équitable ; non, la somme des intérêts particuliers ne converge pas vers le meilleur intérêt général possible.
Nous ne pouvons plus échapper au questionnement des conséquences environnementales et sociales de notre machine à créer de la richesse
Rendre les riches plus riches ne profite pas au plus grand nombre, le soi-disant effet de « ruissellement » ne fonctionne pas autant qu’on l’imagine. Si le produit du capital bénéficie en premier chef à celui qui en détient la propriété, alors la croissance ne sera jamais répartie équitablement entre toutes les parties prenantes. Cette primauté propre au capitalisme moderne a signé une longue ère de développement économique, mais celle-ci a surtout été permise par l’exploitation de ressources épuisables. Ce temps s’achève. Nous ne pouvons plus échapper au questionnement des conséquences environnementales et sociales de notre machine à créer de la richesse.
Théorisé par le Professeur Yunus, prix Nobel de la Paix 2006, le « social business », modèle d’entreprise ou l’utilité sociale prime sur le rendement du capital investi, est expérimenté en tant que tel depuis une dizaine d’années. En France, ce modèle existe également. Dans l’ancien paradigme économique, où l’individualisme était triomphant et la précarisation généralisée sa conséquence, la rencontre entre performances financière et sociale résonnait comme une contradiction, un paradoxe, une lubie d’idéaliste. Pourtant, leur rencontre, aussi singulière soit-elle, est une voie d’avenir pour repenser et redéfinir un capitalisme plus responsable et une économie volontairement inclusive.
Créer...



                        

                        


<article-nb="2018/01/22/19-4">
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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-4"> ¤ Pour compenser des peines de plus en plus nombreuses, on a dû permettre aux détenus de n’en purger qu’une partie. Le magistrat Jean de Maillard décrit, dans une tribune au « Monde », un système devenu ubuesque.
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« Il y a un bogue dans le logiciel judiciaire, qui tourne en boucle indéfiniment »

Pour compenser des peines de plus en plus nombreuses, on a dû permettre aux détenus de n’en purger qu’une partie. Le magistrat Jean de Maillard décrit, dans une tribune au « Monde », un système devenu ubuesque.



Le Monde
 |    22.01.2018 à 13h17
 • Mis à jour le
22.01.2018 à 13h36
    |

Jean de Maillard (Magistrat honoraire, membre du conseil national d'Unité Magistrats-Syndicat national des magistrats Force ouvrière)







                        



                                


                            
Tribune. On lie souvent la question des prisons à celle des chiffres de l’emprisonnement. Mais il y en a d’autres. D’abord la population française a augmenté de plus de 10 % entre 2000 et 2016 : il serait surprenant que les chiffres de la délinquance ne s’en soient pas ressentis. Il y a aussi ceux qui concernent l’activité judiciaire : dans la même période, le nombre d’« affaires poursuivables » (faits caractérisés, auteurs identifiés), a augmenté de 17,5 % et celui des condamnations prononcées pour crimes et délits (auxquelles on ajoute les compositions pénales, sortes de semi-condamnations imaginées pour aller plus vite) de plus de 50 %. Ce pourcentage, à lui seul, intrigue : il signifie que les juridictions sont soumises à un train d’enfer. Mais pourquoi et par qui ?
la justice est un récipient comme un autre, qui déborde au-delà de certaines limites
Ce sont les parquets qui fournissent aux juridictions pénales le gros des troupes à juger et la politique pénale est du ressort du garde des sceaux : tous les gouvernements de la Ve République ont toujours revendiqué cette prérogative et M. Macron vient de rappeler qu’il l’assumait pleinement et n’entendait rien y changer. Dont acte. L’orientation pénale qui s’est dessinée à partir des années 2000 repose ainsi sur une doctrine qui est aujourd’hui scrupuleusement observée par les parquets : celle du « traitement en temps réel des procédures » (TTR) et de la « réponse pénale systématique ».
On a voulu des poursuites rapides, c’est-à-dire des enquêtes abrégées (pour ne pas dire plus), et des poursuites exhaustives pour ne pas laisser les délinquants dans l’idée d’impunité. Sauf que la justice est un récipient comme un autre, qui déborde au-delà de certaines limites. Il en va de même des prisons. Les places de prison ont augmenté de 19,5 % depuis 2000, mais c’était insuffisant pour absorber le flux des entrées en détention, qui s’est accru de plus de 30 %. Haro donc sur les juges,...




                        

                        


<article-nb="2018/01/22/19-5">
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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-5"> ¤ Dans une tribune au « Monde », Jean-Charles Simon, candidat à la présidence du Medef, rejette le principe d’une modification de l’objet social de l’entreprise défini par le Code civil.
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« Contraindre a priori l’objet social de l’entreprise serait une forme de prohibition par de nouvelles ligues de vertu »

Dans une tribune au « Monde », Jean-Charles Simon, candidat à la présidence du Medef, rejette le principe d’une modification de l’objet social de l’entreprise défini par le Code civil.



Le Monde
 |    22.01.2018 à 13h00
    |

Jean-Charles Simon (Economiste)







                        



                                


                            
Tribune. C’est une forme de marronnier dans le rapport des politiques français à l’entreprise. A intervalles réguliers, ils éprouvent le besoin d’en faire un problème ou au moins un sujet. Alors qu’ils semblent avoir la plus grande peine du monde à réformer un tant soit peu ce qui devrait être leur obsession, la sphère publique, ils viennent morigéner les entreprises sur leur fonctionnement et leurs impacts. Tantôt c’est le partage de la valeur ajoutée ou des profits qui est stigmatisé. Parfois, c’est la gouvernance des entreprises qui est critiquée. Ou encore l’entreprise est-elle réprimandée en raison des conséquences des activités économiques sur la santé, la cohésion sociale ou l’environnement.
notre Code civil fait de l’entreprise un projet dont les associés sont libres dès lors qu’il est licite
Aucun de ces débats n’est illégitime et, de par son importance, il est tout à fait normal que l’entreprise soit au centre de nombreuses études et réflexions. Mais il est en revanche fâcheux et souvent dangereux d’en faire un instrument de tactique politique. En mettant en cause la finalité de l’entreprise, le gouvernement semble emprunter ce chemin. Comme s’il fallait, après l’épisode des ordonnances sur le droit du travail ou l’allégement de prélèvements sur le capital, donner des gages en admonestant et en contraignant un peu plus les entreprises de France.
Ainsi, notre Code civil fait de l’entreprise un projet dont les associés sont libres dès lors qu’il est licite. C’est la clé de voûte d’une économie de marché. Sans cette liberté, il n’est pas possible de chercher à innover, à investir, à recruter pour faire croître l’économie, répondre à des besoins ou offrir de nouveaux biens et services, optimiser l’allocation des ressources en capital et en travail, et donc la croissance. Certains voudraient que l’entreprise ne soit pas seulement licite, mais aussi morale ou vertueuse, notions qu’ils définissent eux-mêmes… en toute subjectivité.
L’Etat...



                        

                        


<article-nb="2018/01/22/19-6">
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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-6"> ¤ Cinq dirigeants d’entreprise ou de think tank prennent position, dans une tribune au « Monde », en faveur d’une révision de l’objet social de l’entreprise dans le Code civil.
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« Inscrire solennellement la responsabilité sociale dans la raison d’être de l’entreprise »

Cinq dirigeants d’entreprise ou de think tank prennent position, dans une tribune au « Monde », en faveur d’une révision de l’objet social de l’entreprise dans le Code civil.



Le Monde
 |    22.01.2018 à 13h00
    |

Collectif







                        



                                


                            
Tribune. L’entreprise n’a en France ni la reconnaissance ni le statut qu’elle mérite. Les grands textes du droit continuent d’ignorer les mutations majeures que l’entreprise a conduites depuis la fin des « trente glorieuses » et que le Plan d’action pour la croissance et la transformation des entreprises (PACTE) du gouvernement veut, enfin, prendre en compte. Il y a pourtant bien longtemps que le rôle de l’entreprise dépasse largement la production. Bien longtemps qu’à côté d’institutions comme l’Etat, la famille, la religion et l’école, qui voient leur légitimité contestée et leurs moyens diminués, l’entreprise émerge comme un repère de stabilité, de sociabilité, de sens et de dynamisme.
La révolution numérique et la demande citoyenne effacent progressivement la frontière entre l’entreprise et la société civile
L’entreprise est devenue un acteur à part entière de la société. Au-delà de la création de biens, de services et d’emplois, sa mission ne cesse de s’étendre à d’autres dimensions incarnées par d’autres parties prenantes. La révolution numérique et la demande citoyenne effacent progressivement la frontière entre l’entreprise et la société civile, déplaçant les limites de la responsabilité et proposant une autre répartition des tâches.
La séparation dogmatique confiant le risque aux entreprises et la norme aux Etats n’est plus de mise. Les Etats continueront à réguler, mais autrement. Pour faire avancer leurs grandes causes environnementales ou sociales, ils nouent des partenariats avec les entreprises, grandes ou petites, qui veulent s’engager davantage dans la société. Ils s’en remettent aux savoir-faire et au sens de l’innovation des entreprises, à leur capacité de déceler les technologies, les talents et les financements de demain. L’impulsion politique restera un moteur important mais, quand des entreprises pionnières prendront l’initiative, l’Etat viendra en appui pour inscrire ces pratiques dans un cadre réglementaire pérenne....




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-7"> ¤ Un collectif de chercheurs scientifiques, parmi lesquels le mathématicien et député LRM Cédric Villani, interpelle le gouvernement dans une tribune au « Monde » sur la nécessité de développer les transports publics vers Paris-Saclay, alors que les échos du gouvernement laissent entendre que le Grand Paris Express ne reliera pas Orly à Saclay en 2024.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-7"> ¤                     
                                                   
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« Si les transports en commun ne sont pas rapidement mis à niveau, le campus Paris-Saclay mourra »

Un collectif de chercheurs scientifiques, parmi lesquels le mathématicien et député LRM Cédric Villani, interpelle le gouvernement dans une tribune au « Monde » sur la nécessité de développer les transports publics vers Paris-Saclay, alors que les échos du gouvernement laissent entendre que le Grand Paris Express ne reliera pas Orly à Saclay en 2024.



Le Monde
 |    22.01.2018 à 12h54
 • Mis à jour le
22.01.2018 à 13h17
    |

                            Collectif








                        



                                


                            

Tribune. Voilà dix ans que l’Etat a engagé la construction du campus Paris-Saclay, destiné à regrouper une vingtaine d’établissements prestigieux d’enseignement supérieur et de recherche, des entreprises de toutes tailles, une population nombreuse de chercheurs, ingénieurs, entrepreneurs, étudiants, le tout au service de la connaissance et de l’innovation. La variété des cultures de ces acteurs, la nécessaire cohabitation harmonieuse avec le monde agricole du plateau de Saclay, l’éparpillement de la gouvernance locale, font de ce projet le chantier le plus complexe de France.
Si des communes attachées à leur cadre de vie ont accepté de se lancer dans une aventure aussi mouvementée ; si les universitaires ont accepté les dizaines de projets successifs, les centaines de nuits blanches, les milliers de réunions d’organisation ; si les grands établissements se sont démenés pour convaincre leurs conseils d’administration de se lancer dans des déménagements incertains, depuis les écoles de recherche jusqu’à l’hôpital en passant par de gigantesques centres d’innovation industrielle, c’était bien parce que tous trouvaient de la fierté à participer, aux côtés de l’université Paris-Sud, de l’Ecole polytechnique, du Commissariat à l’énergie atomique, à un projet de classe mondiale, qui ferait honneur à la culture scientifique et technologique de la France, à son esprit d’entreprise, à son ambition internationale. Mais parfois, on se demande si l’Etat a bien compris son propre projet !
Partout dans le monde, la mise en place d’un grand campus inclut le développement rapide de transports adaptés. Mais peut-être pas en France ? Depuis des années les acteurs du plateau interpellent l’Etat, quasi quotidiennement, sur l’insupportable état des transports : la RN 118 et ses embouteillages permanents ; le RER B avec ses rames bondées jusqu’à minuit et au-delà, ses retards et incidents quotidiens ; le bus 9106 si souvent saturé, alors que les flux...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-8"> ¤ Editorial. Erdogan a frappé, samedi, l’enclave kurde d’Afrin, dans le nord de la Syrie. Une offensive qui risque de tendre les relations entre Ankara et Washington.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-8"> ¤                     
                                                

L’incursion turque en Syrie ce week-end est périlleuse

Editorial. Erdogan a frappé, samedi, l’enclave kurde d’Afrin, dans le nord de la Syrie. Une offensive qui risque de tendre les relations entre Ankara et Washington.



Le Monde
 |    22.01.2018 à 11h33
 • Mis à jour le
22.01.2018 à 14h55
   





                        


Editorial du « Monde ». Le répit aura été de courte durée. En lançant une offensive aérienne et terrestre dans le nord de la Syrie, samedi 20 janvier, la Turquie a ouvert un nouveau front dans la guerre qui déchire ce pays depuis six ans et déclenché, par la même occasion, la première bataille de l’après-Daech.
Avec un sens de l’à-propos dont le cynisme n’échappera à personne, le président Recep Tayyip Erdogan a baptisé cette opération « Rameau d’olivier ». L’incursion de troupes turques au sol, dimanche, dans la région d’Afrin, précédée de frappes aériennes menées par des avions turcs, vise, selon Ankara, à établir une zone tampon de 30 kilomètres dans cette région frontalière de la Turquie.

        Lire aussi :
         

                Syrie : l’armée turque poursuit son offensive dans l’enclave kurde d’Afrin



Pourquoi M. Erdogan prend-il le risque immense de remettre le feu aux poudres dans la région, alors que les ruines de l’organisation Etat islamique sont encore fumantes ? Parce qu’il veut à tout prix empêcher la constitution d’un espace aux mains des Kurdes aux frontières de la Turquie. Cette détermination à faire de cette cause un « combat national », comme il l’a présentée dimanche à ses concitoyens, a tourné à l’obsession. Afrin est l’un des cantons de la Rojava, ou Kurdistan syrien, la « patrie » kurde. Ce canton est contrôlé par les milices kurdes des Unités de protection du peuple (YPG), bras armé du Parti de l’union démocratique (PYD), lui-même considéré comme la branche syrienne du PKK, le Parti des travailleurs du Kurdistan. Or le PKK, impliqué dans une guérilla en Turquie, est classé comme organisation terroriste par Ankara, mais aussi par une bonne partie de la communauté internationale, dont les Etats-Unis et l’Union européenne.
Le grand jeu des alliances relancé
L’affaire ne serait qu’un nouveau foyer de tension régional dans une zone qui n’en manque pas, si le YPG n’était directement soutenu par les Etats-Unis. Washington s’est, en effet, très largement appuyé depuis 2014 sur ses combattants pour porter l’offensive contre l’organisation Etat islamique en Syrie, sans avoir à déployer des troupes américaines au sol. Le fait que la Turquie et les Etats-Unis soient alliés au sein de l’OTAN ajoute un peu plus de complexité à l’histoire. De récentes déclarations du secrétaire d’Etat américain Rex Tillerson sur le maintien de l’aide militaire de Washington dans la région frontalière turco-syrienne ont été très mal interprétées à Ankara, provoquant l’ire du président Erdogan, qui y a vu un nouveau soutien aux Kurdes alliés au PKK.
L’opération « Rameau d’olivier » relance donc le grand jeu des alliances dans la tragique affaire syrienne. La Russie semble avoir laissé faire, retirant ses propres troupes d’Afrin et évitant apparemment d’intercepter les avions turcs alors qu’elle contrôle l’espace aérien du nord de la Syrie. Moscou s’est certes déclaré « préoccupé » par l’intervention de la Turquie, mais s’est empressé d’en attribuer la responsabilité aux Etats-Unis et à leurs « mesures provocatrices visant à séparer » les régions kurdes des pays qui les abritent. La Russie reproche également au Pentagone une « livraison incontrôlée d’armements modernes » au YPG dans le nord de la Syrie.
La France a demandé une réunion du conseil de sécurité de l’ONU sur la question. Cela n’arrêtera sans doute pas la très périlleuse incursion turque, mais elle permettra au moins à M. Erdogan de recenser ses soutiens.
Le compte sera vite fait. Pour l’heure, Ankara ne peut se targuer de l’appui d’aucune grande puissance dans cette irresponsable échappée solitaire.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-9"> ¤ Dans sa chronique, Jean-Michel Bezat, journaliste au « Monde », explique pourquoi les industriels français rencontrent tant de difficultés à vendre leurs A380, TGV, Rafale ou autres EPR...
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-9"> ¤                     
                                                   
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« Quelle malédiction frappe les chefs-d’œuvre technologiques qui ont fait de la France une championne de l’innovation ? »

Dans sa chronique, Jean-Michel Bezat, journaliste au « Monde », explique pourquoi les industriels français rencontrent tant de difficultés à vendre leurs A380, TGV, Rafale ou autres EPR...



Le Monde
 |    22.01.2018 à 09h44
 • Mis à jour le
22.01.2018 à 11h13
   





                        



                                


                            
Chronique. Le superjumbo A380 d’Airbus vient d’éviter le décrochage et l’avenir du réacteur EPR d’EDF-Framatome s’écrit toujours en pointillé. Le TGV d’Alstom ne se vend plus et le Rafale de Dassault Aviation a longtemps traversé de fortes turbulences avant de voir le ciel se dégager en 2015… Mais quelle malédiction frappe donc ces chefs-d’œuvre technologiques qui ont fait de la France, disons-le sans chauvinisme, une championne de l’innovation dans l’énergie, le ferroviaire, l’aéronautique et la défense ?
Le dernier signal d’alarme a retenti dans la cabine de l’A380. L’avionneur européen avait prévenu mi-janvier que, sans nouvelle commande d’Emirates, il n’aurait « pas d’autre choix que d’arrêter » sa fabrication. Une menace cachant un chantage ? C’est la compagnie de Dubaï qui avait assuré son décollage, il y a dix ans, en achetant une centaine d’appareils plébiscités depuis par les passagers ; c’est elle qui l’a sauvé sur le fil en annonçant peu après l’achat providentiel de trente-six très gros porteurs, sauvant le programme dans l’attente d’éventuelles commandes chinoises.

Le revers commercial est plus patent pour l’EPR, le réacteur nucléaire de troisième génération lui aussi classé dans la catégorie des « poids super-lourds » pour sa puissance sans équivalent (1 650 MW) et son prix (10 milliards d’euros). Emmanuel Macron en fait toujours la promotion à l’étranger, même si la France n’en a écoulé que six en quinze ans (France, Chine, Finlande, Royaume-Uni). Paris se bat pour en confirmer deux autres outre-Manche, et surtout vendre une flotte à l’Inde et à l’Arabie saoudite, alors que les « têtes de série » construites à Flamanville (Manche) et Olkiluoto (Finlande) ne sont pas compétitives.
Explosion des coûts
Sortis du cerveau fécond d’ingénieurs français (et allemands), ces bijoux technologiques ont mobilisé des milliards, en partie déboursés par Paris et Berlin. Les exigences de sûreté, les tâtonnements...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-10"> ¤ A l’initiative d’Alain Rousset, les présidents de régions appellent, dans une tribune au « Monde », à une grande initiative franco-allemande pour que l’Europe ne devienne pas une « colonie numérique ».
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« Face à l’hégémonie numérique américaine et chinoise, Paris et Berlin doivent faire preuve d’audace »

A l’initiative d’Alain Rousset, les présidents de régions appellent, dans une tribune au « Monde », à une grande initiative franco-allemande pour que l’Europe ne devienne pas une « colonie numérique ».



Le Monde
 |    22.01.2018 à 09h22
 • Mis à jour le
22.01.2018 à 10h44
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                            Collectif








                        



                                


                            

Tribune. Les régions françaises jouent un rôle moteur en matière de développement économique, d’innovation et de recherche. Accompagnement des entreprises, formation aux métiers et aux technologies de demain… Nous élaborons des politiques sur-mesure, adaptées aux spécificités de nos territoires. Et ce malgré des moyens financiers trop limités au regard de l’importance de ces missions.
La récente embellie économique dans la zone euro ne doit pas masquer une réalité alarmante : les grandes innovations numériques des dernières années ont été développées et monétisées hors d’Europe. La croissance issue du numérique est aujourd’hui principalement captée par les Etats-Unis et leurs GAFAM (Google, Amazon, Facebook, Apple, Microsoft), la Chine et ses BATX (Baidu, Alibaba, Tencent, Xiaomi) et la zone Asie-Pacifique. Aucune des dix plus puissantes sociétés du monde, tant en termes de capitalisation que d’influence, n’est européenne.
Le monde est aujourd’hui confronté à une révolution technologique d’une ampleur et d’une rapidité sans précédent. Des secteurs économiques que certains pensaient pérennes pour l’éternité se sont effondrés, à l’image du géant Kodak, qui n’a pas su anticiper la photographie numérique. Si l’Europe a raté la grande disruption de l’Internet, dont nous sommes aujourd’hui les clients plus que les acteurs, elle ne peut se permettre de manquer les prochaines révolutions, comme l’intelligence artificielle ou la médecine personnalisée. Les plus grands bouleversements ne sont pas derrière mais devant nous.
Nous encourageons le président Emmanuel Macron et la chancelière Angela Merkel à une réaction rapide, forte, pour que notre continent investisse massivement dans ces technologies qui vont structurer l’économie et l’emploi des prochaines décennies.
Redistribution des cartes
Nous, régions françaises, sommes en première ligne et légitimes pour tirer le signal d’alarme et appeler à un sursaut franco-allemand...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-11"> ¤ Dans une tribune au « Monde », un collectif d’universitaires, dont Thomas Piketty, appelle les dirigeants européens à plus de transparence et de démocratie dans la désignation des membres de la Banque centrale européenne, qui renouvelle une bonne partie de son directoire les 22 janvier et 19 février.
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« Démocratiser l’Europe, cela commence à la Banque centrale européenne »

Dans une tribune au « Monde », un collectif d’universitaires, dont Thomas Piketty, appelle les dirigeants européens à plus de transparence et de démocratie dans la désignation des membres de la Banque centrale européenne, qui renouvelle une bonne partie de son directoire les 22 janvier et 19 février.



Le Monde
 |    22.01.2018 à 06h40
 • Mis à jour le
22.01.2018 à 10h37
    |

                            Collectif








                        



                                


                            
Tribune. Alors que nos yeux sont rivés sur les interminables vicissitudes de la coalition allemande, une pièce non moins décisive se joue à Bruxelles dans la plus grande indifférence. Le 22 janvier et le 19 février, dans le secret des réunions des ministères des finances de l’Eurogroupe, doit être en effet posé le premier acte d’un renouvellement en profondeur du directoire de la Banque centrale européenne, avec le remplacement de Vitor Constancio, le vice-président actuel. Dans les deux ans qui viennent, pas moins de 4 des 6 membres de l’organe exécutif de la BCE, Mario Draghi inclus, doivent être remplacés.
Tout indique pourtant que l’avenir des politiques économiques, fiscales et, bien sûr, monétaires des Etats de la zone euro se joue dans cette série de nominations. Car la BCE de 2018 n’a plus grand-chose à voir avec celle qui, à ses débuts, coulait des jours relativement tranquilles à la périphérie de la politique européenne, protégée par son statut d’indépendance. Erigée par les gouvernements et les marchés financiers en institution recours, la BCE est entrée de plain-pied dans la cabine de pilotage de l’Union à la faveur de la crise économique et financière de 2008.
Qu’elle pèse sur les conditions sur lesquelles les Etats financent leur dette sur les marchés, qu’elle suggère l’adoption du traité budgétaire lui donnant jusqu’à son nom (Fiscal Compact), qu’elle somme par courrier les chefs de gouvernement italien ou irlandais d’engager sans attendre un lourd train de réformes ou encore qu’elle intervienne directement sur le cours des négociations politiques de la crise grecque du printemps 2015 par le contrôle de l’accès aux liquidités, c’est toujours en véritable « co-gouvernant » de la zone euro que la BCE agit désormais.

Au terme d’une décennie de crise, la BCE n’a plus rien à voir avec l’institution dessinée par les traités et rivée sur le sacro-saint objectif de stabilité des prix : elle s’est...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-12"> ¤ Dans une tribune au « Monde », l’actrice souhaite que les débats actuels n’opposent pas les hommes aux femmes et s’inquiète de « la violence des mots utilisés ».
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Laetitia Casta : « Le combat des femmes qui ont le courage de briser le silence est le mien »

Dans une tribune au « Monde », l’actrice souhaite que les débats actuels n’opposent pas les hommes aux femmes et s’inquiète de « la violence des mots utilisés ».



Le Monde
 |    22.01.2018 à 06h38
 • Mis à jour le
22.01.2018 à 12h10
    |

Laetitia Casta (Actrice et mannequin)







                        



                                


                            

[Au détour d’un entretien récemment donné par Laetitia Casta à Corse-Matin, l’actrice déclare : « Je ne suis pas une féministe, je suis une femme. » Des propos abondamment commentés mais sortis, selon elle, de leur contexte. Celle qui joue actuellement dans Scènes de la vie conjugale, d’Ingmar Bergman, mise en scène par Safy Nebbou, explicite sa position sur le sujet.]
Tribune. J’ai été choquée de découvrir dans les médias mes propos déformés sur le sujet éminemment brûlant du phénomène #balancetonporc et du féminisme. J’ai également été choquée de voir les réactions provoquées, et une mise au point m’est apparue nécessaire. Non, je ne suis pas contre le féminisme, non je ne suis pas contre la prise de parole des femmes.

Je connais le milieu de la mode et du cinéma depuis l’âge de 15 ans et lorsqu’on me demande ce que je pense des traitements parfois violents, humiliants et vexatoires infligés aux femmes, qu’ils soient physiques ou psychiques, je ne peux que m’en indigner et mener le même combat que toutes ces femmes qui ont le courage de briser le silence, de dire non, de s’adresser à la justice.
Un combat pour « l’harmonie des relations »
Ayant eu l’honneur d’être investie par l’Unicef d’une mission pour les droits des femmes et des enfants, je crois en ces combats au plus profond de moi. Mais ne nous trompons pas, c’est un combat pour les femmes, et non pas contre les hommes, pour le respect et pas contre l’expression du désir, pour l’harmonie des relations. Je rêve que nous restions unis, hommes et femmes, pour rejeter avec dégoût les comportements de certains qui tentent de forcer le consentement de celles qu’ils considèrent comme des proies. Mais je rêve aussi que nous restions unis pour condamner les amalgames qui simplifient un débat grave et complexe.
« Je ne prétends pas parler au nom de toutes les femmes »
Je suis inquiète des demandes de retrait de tableaux...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-13"> ¤ Dans une tribune au « Monde », l’auteure violée dans son enfance par Roman Polanski explique les raisons de son soutien à la tribune cosignée par Catherine Deneuve.
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Samantha Geimer : « Toute cette haine, cette revanche, ne guériront pas les femmes »

Dans une tribune au « Monde », l’auteure violée dans son enfance par Roman Polanski explique les raisons de son soutien à la tribune cosignée par Catherine Deneuve.



Le Monde
 |    22.01.2018 à 06h38
 • Mis à jour le
22.01.2018 à 10h25
    |

Samantha Geimer (Auteure de « La fille. Ma vie dans l’ombre de Roman Polanski », Plon, 2013)







                        



                                


                            

[En 1977, lorsqu’elle avait 13 ans, Samantha Geimer a été violée par Roman Polanski. Elle a récemment expliqué avoir pardonné à son agresseur. Elle a demandé à la justice américaine de clore le dossier afin qu’elle puisse retrouver une vie normale, déclarant qu’elle était toujours assaillie par la presse, quarante ans après les faits et le début de la procédure. Un juge de Los Angeles a refusé d’abandonner les poursuites et continue de considérer le réalisateur comme un fugitif. Peu après l’éclatement de l’affaire, Roman Polanski avait reconnu avoir eu des relations sexuelles avec une mineure et avait passé un accord amiable avec la justice, mais craignant que l’entente ne soit subitement annulée, il a pris la fuite vers la France en 1978.]
Tribune. On peut être surpris de me voir signer ou approuver une tribune critiquant le mouvement #metoo. Je suis une féministe, défendant les droits des victimes, et l’on me connaît d’ailleurs surtout pour avoir été moi-même victime d’un viol. Mais laissez-moi vous expliquer pourquoi je suis entièrement d’accord avec la tribune « Nous défendons une liberté d’importuner », [signée, entre autres, par Catherine Deneuve, Catherine Millet et Ingrid Caven].
#metoo devrait être une plate-forme de soutien pour les victimes, un espace où l’on témoigne de sa solidarité, où l’on se soutient les unes les autres. Toutes celles qui, comme nous, ont souffert de différentes (mais semblables) façons, mais ont toujours eu conscience d’appartenir à un groupe plus vaste, de mères, de sœurs ou d’amies, ne sont pas une minorité. Nous nous sommes toujours soutenues.

On ne peut pas empêcher les conservateurs politiques et religieux de détourner à leurs fins les initiatives les plus louables. Pour attaquer, par exemple, Meryl Streep, Hollywood en général ou des hommes politiques qui ne leur plaisent pas, ils se serviront de #metoo ou de n’importe quel autre mouvement, sans aucun souci...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-14"> ¤ Dans une tribune au « Monde », la directrice de recherche au Centre de genre et de violence à l’université de Bristol rappelle que dans les pays occidentaux comme dans ceux de l’hémisphère Sud, de traditions chrétienne ou musulmane, les droits des femmes sont bafoués.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-14"> ¤                     
                                                   
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Nazand Begikhani : « La violence faite aux femmes n’est pas reconnue comme un crime dans beaucoup de pays »

Dans une tribune au « Monde », la directrice de recherche au Centre de genre et de violence à l’université de Bristol rappelle que dans les pays occidentaux comme dans ceux de l’hémisphère Sud, de traditions chrétienne ou musulmane, les droits des femmes sont bafoués.



Le Monde
 |    22.01.2018 à 04h45
    |

Nazand Begikhani (directrice de recherche au Centre de genre et de violence à l'Université de Bristol)







                        



                                


                            
Tribune. La tribune signée par un collectif de femmes critiquant la campagne #metoo (Le Monde, 10 janvier) puis la réponse de Catherine Deneuve aux tribunes qui l’ont suivie (Libération, 14 janvier) appellent à faire confiance à la justice dans les cas de viol et de harcèlement sexuel. Elles considèrent que la condamnation doit être le fait de cette justice, et non de l’opinion publique, comme ce qui s’est passé lors de l’affaire Weinstein.
Les femmes qui se sont associées à la campagne #metoo, devenue #balancetonporc en France, ne s’opposent pas à la justice, mais dénoncent la violence et le  « terrorisme » du système patriarcal dans certains pays. Leur campagne soulignerait aussi que la justice pour les femmes pourrait dans beaucoup de cas être problématique, car les lois sont créées par et pour l’homme, servant avant tout l’intérêt du « sexe fort ».

Dans le cas de la violence faite aux femmes, qu’elle se manifeste dans l’espace public, privé ou sur le lieu de travail, le système de justice pénale dans beaucoup de pays ne la reconnaît pas comme un crime. Dans certains, notamment au Moyen-Orient, la loi pénale, non seulement ne punit pas le violeur, mais oblige les jeunes filles violées à se marier avec leur agresseur. C’est le cas, par exemple, du code pénal en Irak. Souvent, ces jeunes filles sont tuées par leur propre famille ou les membres de leur communauté pour sauvegarder l’honneur de l’homme.
En effet, selon la perception collective, l’honneur de celui-ci réside dans le corps et la sexualité de la femme, qu’il doit contrôler et soumettre. La religion et sans doute son interprétation par les « savants masculins » soutiennent ces idéologies. C’est le cas du verset 223 de la sourate 2, qui dit : « Vos épouses sont votre champ de labour », champ que les hommes ont l’autorisation « d’utiliser » comme bon leur semble, y compris avec sodomie et viol. Ce viol au sein du couple...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-15"> ¤ Dans une tribune au « Monde », la députée LFI estime que le texte cosigné par Catherine Deneuve omet qu’en matière de séduction, il n’y a pas d’égalité entre hommes et femmes
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-15"> ¤                     
                                                   
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Clémentine Autain : « La “liberté d’importuner” n’est rien d’autre qu’un privilège masculin »

Dans une tribune au « Monde », la députée LFI estime que le texte cosigné par Catherine Deneuve omet qu’en matière de séduction, il n’y a pas d’égalité entre hommes et femmes



Le Monde
 |    22.01.2018 à 04h30
 • Mis à jour le
22.01.2018 à 11h37
    |

Clémentine Autain (Députée de Seine-Saint-Denis, La France Insoumise)







                        



                                


                            

Tribune. Tout mouvement d’émancipation suscite une réplique réactionnaire. Comme un hoquet, plus ou moins violent, signant le refus voire une forme d’angoisse à l’égard d’un bouleversement des normes existantes. #metoo, moment de rupture historique pour la libération des femmes et du désir, n’y a pas échappé. En réplique, la tribune des 100 femmes revendiquant la « liberté d’importuner » a cristallisé la réaction, traînant son éternel procès en puritanisme et enfermement victimaire, des critiques à l’égard des discours féministes aussi vieilles que le féminisme lui-même.
« Les hommes n’ont pas l’air de redouter la main aux fesses quand ils entrent dans un wagon bondé. »
En matière de séduction et de sexualité comme dans la société tout entière, il n’y a pas d’égalité entre hommes et femmes. Les 100 femmes de la tribune font l’impasse sur cette donnée fondamentale. Elles développent une argumentation à sexe unique. Un homme qui frotte une femme dans le métro manifesterait ainsi sa « misère sexuelle ». Des femmes frottent-elles couramment des hommes dans le métro ? Ces derniers n’ont pas l’air de redouter la main aux fesses quand ils entrent dans un wagon bondé. Est-ce parce que les femmes ne connaissent pas la misère sexuelle ? Je n’ose croire que les signataires de la tribune l’envisagent. Cet exemple illustre l’impensé de ces détractrices de #metoo : l’asymétrie entre les sexes. Comme pour les agressions sexuelles et le viol, les auteurs de ces actes sont dans leur immense majorité des hommes et celles qui les subissent, des femmes.

Nous héritons des représentations traditionnelles, de ces contes et réalités dans lesquels les femmes sont des Belles au bois dormant qui attendent le prince charmant, des objets soumis à la volonté et à la libido masculines. Dans ce monde, la sexualité des hommes se conçoit comme irrépressible, la prostitution comme un « mal nécessaire ». Dans ce monde, les viols ne sont pas des...




                        

                        


<article-nb="2018/01/22/19-16">
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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-16"> ¤ RAPPORT D’ÉTONNEMENT. Des associations s’élèvent contre les conditions atroces de la mise à mort de ces créatures, envers lesquelles la plupart d’entre nous n’éprouve aucune empathie.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-16"> ¤                     
                                                   
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Les poissons, suppliciés en silence

RAPPORT D’ÉTONNEMENT. Des associations s’élèvent contre les conditions atroces de la mise à mort de ces créatures, envers lesquelles la plupart d’entre nous n’éprouve aucune empathie.



Le Monde
 |    21.01.2018 à 12h00
   





                        



                                


                            
En 1497, longeant les côtes de Terre-Neuve, le navigateur vénitien Giovanni Caboto signala dans son journal que les morues étaient si nombreuses qu’elles bloquaient son vaisseau. Cinq siècles plus tard, pour cause de surpêche, 90 % des morues, ou cabillauds, comme la plupart des grands poissons – colins, églefins, espadons, thons, raies, requins… – ont disparu. Le massacre des animaux marins, dont l’habitat couvre 71 % de notre planète, est inouï. Il est cruel et invisible.
« Le pire a lieu en mer »
La Revue semestrielle de droit animalier (RSDA, Université de Limoges), dans son numéro paru en décembre 2017, consacre un dossier effrayant à ces animaux « méprisés et décimés » que sont les poissons. Si, chaque année, nous tuons 64 milliards de vertébrés terrestres pour les manger, nous exterminons entre 970 et 2 740 milliards de vertébrés marins : un chiffre colossal, évalué en 2010 par l’ONG britannique Fishcount. Et cette estimation ne tient pas compte des poissons non homologués que les pêcheurs rejettent à la mer blessés, condamnés à mort : ils représenteraient entre 10 % et 40 % du tonnage. Le rapport de Fishcount conclut : « Le pire a lieu en mer. »
Mais le pire du pire est que nous nous en fichons. Nous n’éprouvons aucune empathie à l’égard de ces créatures si peu anthropomorphes, sans visage, sans regard, silencieuses. Dans une tribune publiée dans la revue, Yves Bonnardel, coordinateur de la campagne mondiale 2016 « Qui sont les poissons ? », explique : « La préoccupation à l’égard des poissons est faible, parce qu’ils nous semblent très différents de nous, que nous n’entendons pas leurs cris de détresse et ne nous identifions guère à ce qu’ils peuvent subir. Pour cette raison, les modes même d’exploitation sont très peu réglementés et causent des souffrances incommensurables. »
Des animaux sociaux
Nous n’imaginons pas que les poissons souffrent. Habitués par la pêche de loisir à les...




                        

                        


<article-nb="2018/01/22/19-17">
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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-17"> ¤ Journaliste et globe-trotteur, il a écrit sur les génocidaires du Rwanda ou du Cambodge. Dans « Terre promise » – cette Sierra Leone qui lui est précieuse –, il se fait plus personnel pour évoquer la guerre civile et la grande vitalité de ses habitants
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-17"> ¤                     
                                                   
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Thierry Cruvellier, sierra-léonais de cœur

Journaliste et globe-trotteur, il a écrit sur les génocidaires du Rwanda ou du Cambodge. Dans « Terre promise » – cette Sierra Leone qui lui est précieuse –, il se fait plus personnel pour évoquer la guerre civile et la grande vitalité de ses habitants



Le Monde
 |    21.01.2018 à 09h00
    |

                            Marianne Dautrey








                        



                                


                            

« Peu de gens devineront ce qu’il a fallu de tristesse pour ressusciter Carthage », notait Flaubert en se souvenant de l’écriture de son Salammbô (1862). Thierry Cruvellier qui, dans Terre promise, vient de retracer les cinquante dernières années de l’histoire convulsive et tragique de la Sierra Leone – une succession de régimes autoritaires depuis l’indépendance, en 1961, onze ans de guerre civile (1991-2002), une misère endémique, qui en fait un des pays les plus pauvres du monde, l’épidémie d’Ebola à partir de 2013… –, semble, au contraire, être habité par une joie secrète et sourde. Elle irradie presque malgré lui.
Sans doute y a-t-il, dans cette joie, quelques relents du bonheur intime d’un auteur envahi après coup par le sentiment d’être parvenu à donner la forme juste à son ouvrage, d’avoir réussi à faire que la composition poétique et dramatique de son texte corresponde au plus près à la rigoureuse logique analytique et historienne qui y préside. Pour son troisième livre, Thierry Cruvellier a fait œuvre d’écrivain, au sens plein du terme. Edifice porté par un savant entrelacs de voix, d’analyses et de descriptions d’odeurs, de couleurs, de visages, de timbres de voix, Terre promise repose presque entièrement sur ses scansions, son rythme, sa musique. Comme si la réalité documentaire et historique que l’auteur entendait transcrire ou traduire devait, plus encore, renaître transfigurée de ce mouvement de l’écriture, de sa dynamique, de sa matière même.
La justice internationale, mais pas seulement
Mais, avant d’aller jusque-là, il y a peut-être une raison plus immédiate et plus simple à cette humeur joyeuse de celui qui fut le fondateur et le rédacteur en chef de la revue électronique International Justice Tribune. Il semblait, depuis une vingtaine d’années, s’être une fois pour toutes spécialisé dans la justice internationale. En témoignaient ses deux premiers livres, qui portaient respectivement...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-18"> ¤ RÉSONANCES. La plupart des sociétés du passé ont jalousement préservé des espaces d’homosociabilité, rappelle l’historienne Emmanuelle Loyer. Le rétablissement d’espaces non mixtes ne serait-il pas un moyen d’appaiser les relations entre les sexes?
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-18"> ¤                     
                                                   
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La mixité, un équilibre à négocier

RÉSONANCES. La plupart des sociétés du passé ont jalousement préservé des espaces d’homosociabilité, rappelle l’historienne Emmanuelle Loyer. Le rétablissement d’espaces non mixtes ne serait-il pas un moyen d’appaiser les relations entre les sexes?



Le Monde
 |    21.01.2018 à 06h30
   





                        



                                


                            
Par Emmanuelle Loyer, historienne
C’est le temps des vœux et des bonnes résolutions. Que souhaiter pour l’année qui vient ? Avec l’affaire Weinstein, 2017 s’est achevée sur une sorte de crise de nerfs internationale, peut-être salutaire, mais triste tout de même : cela ne tourne plus rond entre les hommes et les femmes dans nos sociétés. Et les moyens pour combattre ces maux ne nous entraînent-ils pas dans un cycle littéralement interminable ? On ne sait que penser. Ce qui s’apparente à une guerre des sexes a surpris tout le monde après des décennies d’évolution vers la mixité dont on peut dès lors se demander si elle n’aurait pas atteint ses limites.
Le confort de l’entre-soi
Certaines entendent d’ailleurs faire sécession : ici ou là, on voit se créer des communautés de vie, des clubs de femmes, des salles de sport exclusivement féminines, des bus interdits aux hommes… Les raisons, le plus souvent, ne sont pas religieuses. Sont plutôt invoqués par celles qui s’y essayent la douceur, le confort de l’entre-soi, la baisse de l’impératif esthétique des corps, bref une trêve dans le grand frottement généralisé entre hommes et femmes, au cœur d’univers citadins de plus en plus sexualisés par une publicité omniprésente.
De prime abord, on peut s’en étonner car la mixité, depuis plus d’un siècle, marche avec le progrès et la démocratie. La mixité est de genre, elle est aussi sociale. Elle fut utilisée comme un moyen et bientôt prônée comme une valeur. Souvenons-nous qu’en 1968 – il y a cinquante ans cette année –, tout commença par la revendication d’un accès égal aux chambres des internats, puisque les garçons avaient le droit de recevoir les jeunes filles mais pas l’inverse ! Les statuts des résidences universitaires sont alors jugés ­ « médiévaux » par les étudiants d’Anthony, de Nanterre mais aussi de Rennes, qui s’apprêtent à faire tomber la société de leurs pères…
La mixité fut un combat qui, après 1968, prit encore...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-19"> ¤ Dans une tribune au « Monde », plusieurs économistes, dont Thomas Philippon et Agnès Bénassy-Quéré, plaident pour un processus de nominations le plus transparent et ouvert possible et le choix d’experts qualifiés.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-19"> ¤                     
                                                

L’après-Mario Draghi à la Banque centrale européenne : « attention danger »

Dans une tribune au « Monde », plusieurs économistes, dont Thomas Philippon et Agnès Bénassy-Quéré, plaident pour un processus de nominations le plus transparent et ouvert possible et le choix d’experts qualifiés.



Le Monde
 |    20.01.2018 à 13h46
    |

                            Collectif (économistes)








                        


Tribune. Lundi 22 janvier, l’Eurogroupe, le conseil des ministres des finances de la zone euro, ouvre le bal du renouvellement des dirigeants de la Banque centrale européenne (BCE). Pour rappel, la BCE est dirigée par son directoire, composé de six membres nommés pour huit ans et non renouvelables. Ce sont eux qui préparent les décisions, généralement avalisées par le Conseil des gouverneurs qui inclut, en plus du directoire, les gouverneurs de toutes les banques centrales de la zone euro. Les dirigeants de la BCE sont nommés par les chefs d’Etats et de gouvernements sur recommandation de l’Eurogroupe.

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                BCE : la course à la succession de Mario Draghi est lancée



Dans les deux ans qui viennent, quatre des six membres du directoire de la BCE vont achever leur mandat. Le premier remplacement aura lieu dans les semaines qui viennent. Or les candidats sont rares, conditionnant l’ensemble des nominations qui vont suivre. La prochaine nomination aura une influence importante sur celles qui suivront, en raison de règles tacites de répartition géographique Nord-Sud au sein de la zone euro. La démocratie européenne étant encore à ses balbutiements, le Parlement européen ne peut arrêter ce train : il donne seulement un avis consultatif et son poids reste faible en pratique.
« Les personnes devraient être nommées en fonction de leurs compétences et non en fonction de précaires équilibres géographiques ou politiques ».
C’est pourquoi nous pensons que les quatre processus de nomination à venir devraient être les plus transparents et les plus ouverts possibles, avec pour but de nommer les personnes en fonction de leurs compétences et non en fonction de précaires équilibres géographiques ou politiques.
Si le mandat de la BCE est d’assurer la stabilité des prix et la stabilité financière, en pratique elle a un rôle beaucoup plus large dans l’économie, la stabilité financière et le bien-être des citoyens européens. Mais la politique monétaire et les questions financières sont des questions arides et techniques qui ne mobilisent pas les opinions publiques. Elles ne semblent pas non plus au cœur des préoccupations des gouvernements, qui sont tentés de considérer les nominations à la BCE comme faisant partie du jeu habituel de partage des postes de prestige international.
Un travail crucial et hautement technique
Pourtant, après l’expérience dévastatrice de la crise de la zone euro, il devrait être évident que ces nominations sont d’une très grande importance : sans la BCE, la zone euro aurait connu une crise encore plus dramatique, ou aurait explosé. Ceux qui ont connu l’inflation à deux chiffres des années 1980 devraient aussi se rappeler que les banques centrales ont souvent failli par le passé.
Or, précisément parce que le travail de la BCE est hautement technique, ceux qui en ont la responsabilité doivent être des experts parfaitement qualifiés. Ils doivent être au fait des connaissances les plus pointues sur la monnaie et ses effets économiques, et ils doivent comprendre comment fonctionnent les marchés financiers. Durant la crise financière, on a vu les banques centrales innover sur tous les fronts, mettant à profit ce type de connaissances. Les conséquences de cette crise ont été profondes, avec son cortège de chômeurs et la montée des inégalités, suivies de la montée des populismes, mais cela aurait pu être bien pire !
Penser aux femmes
Les chefs d’Etat et de gouvernement ont nombre de dossiers urgents à traiter et cette question pourrait ne pas leur paraître primordiale. Ce serait une erreur. Le mandat des membres du Conseil exécutif est de huit ans. Durant ces années, bien des choses peuvent se produire et il est essentiel de savoir que la BCE est entre des mains hautement compétentes. Ce n’est pas parce que l’enjeu – la survie à long terme de l’euro, tout simplement – est distant qu’il n’est pas crucialement important.
Heureusement, l’Europe ne manque pas d’experts de haut niveau. La plupart d’entre eux ne fréquentent pas nécessairement les allées du pouvoir. Il faut les identifier là où ils sont, y compris en pensant aux femmes puisqu’une seule (sur six) est actuellement en poste. Enfin, il faut traiter la question de manière ouverte, en s’entourant d’avis compétents. Avoir le bon passeport au bon moment ne peut pas servir de critère principal.
Signataires : Charles Wyplosz, professeur d’économie à l’Institut des hautes études internationales et du développement de Genève (Suisse), Thomas Philippon, professeur d’économie à la NYU Stern (Etats-Unis), Pierre-Olivier Gourinchas, professeur d’économie à l’université de Berkeley (Etats-Unis), Jacques Delpla, chercheur associé à l’Ecole d’économie de Toulouse, et Agnès Bénassy-Quéré, professeur d’économie à l’Ecole d’économie de Paris.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-20"> ¤ Peu avant la visite d’Emmanuel Macron, mardi 16 janvier, dans le Centre d’accueil et d’examen de situations administratives de Croisilles (Pas-de-Calais), Laurence Geai y a saisi pour « Le Monde » cette image à rebours des clichés.
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Migrants en contrechamp

Peu avant la visite d’Emmanuel Macron, mardi 16 janvier, dans le Centre d’accueil et d’examen de situations administratives de Croisilles (Pas-de-Calais), Laurence Geai y a saisi pour « Le Monde » cette image à rebours des clichés.



Le Monde
 |    20.01.2018 à 12h00
    |

                            Marion Dupont








                        



                                


                            

Deux mains enserrent un livre, comme un écho au geste d’une mère passant son bras autour de sa fille sur le dessin ornant la page de droite. La prise de vue en plongée nous place tout près de l’épaule du lecteur, telle une invitation à s’approcher, voire à prendre sa place. La faible profondeur de champ et les couleurs pastel de l’illustration adoucissent la froideur du mobilier. Tout, dans la construction de cette image, semble en contradiction avec la grammaire visuelle habituelle des photographies de réfugiés, qui convoque d’ordinaire des émotions fortes.
Celle-ci a pourtant été prise à Croisilles (Pas-de-Calais), dans le centre d’accueil et d’examen des situations (CAES) qui offre une soixantaine de lits, des repas chauds, des cours de français et une assistance médicale aux migrants qui le souhaitent. Laurence Geai, photographe pour Le Monde, s’y trouvait le week-end du 13 janvier pour suivre le quotidien des réfugiés.

Un livre, un stylo-bille, des dominos, le temps semble s’écouler au rythme du petit village du Nord pour ce jeune Soudanais : « Nous étions dans le lieu de vie commun, après un cours de français. Pendant qu’il essayait de déchiffrer ce passage seul, un ami était sur son téléphone, d’autres jouaient. Le moment paisible, le livre enfantin ont attiré mon regard. »
Contrastes
Le passage par les CAES, éloignés de la frontière, est souvent une séquence de repos pour les migrants qui ont passé les semaines précédentes à tenter chaque nuit un passage vers le Royaume-Uni. C’est aussi là que l’ennui s’installe, loin des événements parfois douloureux qui ont ponctué les trajectoires de chacun d’entre eux – et qui habitent nos représentations. Par son cadrage serré, cette photographie congédie, pour un instant, les épreuves passées.
Laurence Geai se souvient avoir pensé à un autre contraste aumoment de la prise de vue : « Le moment tranchait avec le contexte un peu hostile. Quelques heures auparavant,...




                        

                        

