<FILE-date="2018/01/22/19">

<article-nb="2018/01/22/19-1">
<filnamedate="20180122"><AAMM="201801"><AAMMJJ="20180122"><AAMMJJHH="2018012219">
<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-1"> ¤ En France, le coût du logement est excessif dans le budget de 20 % des locataires et de 29,4 % des propriétaires.
<filname="PROF-0,2-3214,1-0,0-1"> ¤                     
                                                

La flambée de l’immobilier creuse les inégalités en Europe

En France, le coût du logement est excessif dans le budget de 20 % des locataires et de 29,4 % des propriétaires.



Le Monde
 |    22.01.2018 à 17h22
 • Mis à jour le
22.01.2018 à 18h04
    |

            Jérôme Porier








                        



   


L’Institut de l’épargne immobilière et foncière (IEIF) a publié le 21 janvier une étude sur le logement en Europe, réalisée à partir de chiffres collectés en 2016. Premier constat, les prix immobiliers ont augmenté quasiment partout en Europe cette année-là en raison d’une hausse de la demande de logements, conséquence de taux historiquement bas et d’une amélioration de la conjoncture économique depuis 2014.
Le renchérissement de l’immobilier est en grande partie responsable de la hausse des inégalités partout en Europe. Selon l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), la part des dépenses consacrée par les foyers à leur logement (loyer, crédit, charges…) dans leur budget a ainsi augmenté de 20,3 % en 2000 à 24,4 % en 2016. La France figure parmi les pays où ce niveau est le plus élevé : 26,4 % en 2016 contre 23,2 % en 2000.

        Lire aussi :
         

                La laborieuse mise en place de la baisse des APL



Malgré des conditions d’emprunt avantageuses, la hausse des prix a affecté la solvabilité des ménages modestes. Un nombre croissant d’habitants sacrifient plus de 40 % de leur budget au logement, atteignant donc un « coût excessif », selon la norme internationale.
Dans les pays de l’OCDE, 15 % des locataires et 10 % des propriétaires, avec un prêt en cours, sont dans cette situation de « coût excessif ». En France, 20 % des locataires et 29,4 % des propriétaires sont dans une telle situation.

        Lire aussi :
         

                Copropriété, normes simplifiées, attribution des HLM… les grandes lignes du projet de loi



Le marché européen de l’immobilier résidentiel, explique l’IEIF, est particulièrement sensible aux variables économiques comme la croissance économique et le niveau des taux d’intérêt. La corrélation entre la croissance des prix résidentiels dans l’Union européenne et celle du PIB atteint même 83 % au cours des dix dernières années (source : Deloitte).
« Ces variables conditionnent le pouvoir d’achat des ménages et leur niveau de confiance. Ils anticipent l’évolution des prix selon le contexte plus ou moins favorable de l’environnement économique. Malgré la reprise, les niveaux tendanciellement attendus de la croissance du PIB, devraient limiter l’inflation des prix des logements à moyen terme au niveau national », estime Charles-Henri de Marignan, responsable du pôle immobilier direct à l’IEIF.
Selon cet organisme de recherche indépendant, les politiques monétaires de la Banque centrale européenne (BCE) et des autres banques centrales de l’Union européenne (UE) ne devraient donc pas imposer de tour de vis monétaire brutal en 2018, ce qui permettra d’éviter un effondrement de la demande.



                            


                        

                        


<article-nb="2018/01/22/19-2">
<filnamedate="20180122"><AAMM="201801"><AAMMJJ="20180122"><AAMMJJHH="2018012219">
<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-2"> ¤ Le procès de Manuel Vicente, accusé d’avoir corrompu le procureur portugais Orlando Figueira, est source de tensions entre Luanda et Lisbonne.
<filname="PROF-0,2-3214,1-0,0-2"> ¤         

Compte rendu

L’ancien vice-président de l’Angola jugé pour corruption au Portugal

Le procès de Manuel Vicente, accusé d’avoir corrompu le procureur portugais Orlando Figueira, est source de tensions entre Luanda et Lisbonne.


Le Monde.fr avec AFP
              datetime="2018-01-22T15:03:40+01:00"

        Le 22.01.2018 à 15h03






    
Manuel Vicente à l’ONU, à New York, le 22 septembre 2016.
Crédits : DOMINICK REUTER / AFP


Source de tensions diplomatiques entre le Portugal et l’Angola, le procès pour corruption impliquant l’ancien vice-président angolais Manuel Vicente s’est ouvert en son absence lundi 22 janvier à Lisbonne, alors que Luanda s’estime « offensé » par son ancienne puissance coloniale.
Il y a cinq ans déjà, les premières informations publiées dans la presse portugaise sur une enquête visant plusieurs hauts responsables angolais, dont M. Vicente, avaient jeté un froid dans les rapports entre ces deux pays, pourtant très liés au plan économique.
Manuel Vicente, qui était à la tête de la compagnie pétrolière nationale Sonangol à l’époque des faits présumés, est accusé par le ministère public portugais d’avoir corrompu le procureur Orlando Figueira, en lui versant la somme de 763 500 euros pour que ce dernier classe deux enquêtes ouvertes en 2011, dans lesquelles il était soupçonné de blanchiment d’argent.

        Lire aussi :
         

                En Angola, le fils de l’ex-président Dos Santos limogé du fonds d’investissement souverain



Tout en niant les imputations faites à son encontre, l’ancien dirigeant angolais de 61 ans ne s’est jamais présenté devant la justice portugaise car les autorités de son pays refusent de donner suite aux commissions rogatoires adressées depuis Lisbonne pour lui signifier son inculpation, arguant qu’il dispose d’une immunité pour avoir occupé le poste de vice-président entre 2012 et 2017.
« Une offense »
Afin d’éviter que M. Vicente soit jugé par contumace, une hypothèse sur laquelle le tribunal pourrait se prononcer lundi, ses avocats portugais et la justice angolaise ont demandé que la partie de l’affaire qui le concerne soit transférée vers Angola, à l’abri des conventions signées par les deux pays dans le cadre de la Communauté des pays de langue portugaise (CPLP).
« La séparation de la procédure concernant Manuel Vicente nous semble inévitable. S’il n’est pas ici aujourd’hui c’est parce qu’il ne peut pas. L’immunité n’est pas un privilège personnel, c’est une affaire d’Etat », a déclaré son avocat, Rui Patricio, à l’arrivée au tribunal où il représentait aussi l’homme d’affaires Armindo Pires, accusé d’avoir agi comme l’intermédiaire de M. Vicente.

        Lire aussi :
         

                En Angola, la chute de la « princesse » Isabel met à mal le clan dos Santos



Le ministère public portugais a cependant rejeté la demande de transfert du dossier, en faisant valoir que « les autorités angolaises ne donneraient pas suite à la procédure ou, du moins, ne donnent pas de garanties qu’elles le feraient ». Cette décision a été très mal reçue par le nouveau président angolais Joao Lourenço. « Nous considérons cela comme une offense et nous n’accepterons pas d’être traités ainsi », a-t-il déclaré lors d’une conférence de presse le 8 janvier.
« Pour que les relations entre l’Angola et le Portugal reviennent au niveau d’un passé récent, nous voulons un geste : remettre la procédure à l’Angola », a prévenu le chef d’Etat arrivé au pouvoir en septembre 2017.
En attendant que la justice portugaise trouve une issue à cette impasse, la presse locale s’inquiétait d’une éventuelle escalade diplomatique, qui pourrait pousser l’Angola à suspendre sa participation à la CPLP ou à réduire ses importations en provenance du Portugal, qui a dans son ancienne colonie son huitième marché extérieur.
« Une question de souveraineté »
Dès son discours d’investiture, le président Joao Lourenço avait sciemment omis le Portugal lorsqu’il avait énuméré les partenaires stratégiques de l’Angola. « C’était un message très significatif car, jusque-là, le Portugal jouait le rôle de porte d’entrée en Europe », explique Alex Vines, du centre de réflexion britannique Chatham House.
« Les Angolais ont décidé de diversifier leurs relations pour ne plus dépendre autant du Portugal », où a beaucoup investi l’entourage de l’ancien président José Eduardo dos Santos, qui a quitté le pouvoir après avoir régné sans partage sur le pays pendant trente-huit ans.
Mais, d’après M. Vines, la sensibilité de Luanda au sujet du procès de Manuel Vicente découle « surtout d’une question de souveraineté et d’une volonté de ne pas voir trop de linge sale angolais s’étaler dans les médias et les salles d’audience portugaises ». L’Angola est classé 164e sur 176 pays au dernier classement de l’ONG Transparency International sur la corruption.


<article-nb="2018/01/22/19-3">
<filnamedate="20180122"><AAMM="201801"><AAMMJJ="20180122"><AAMMJJHH="2018012219">
<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-3"> ¤ L’économie planétaire devrait progresser de 3,9 % cette année et la suivante, après 3,7 % en 2017, selon les prévisions du Fonds monétaire international publiées lundi.
<filname="PROF-0,2-3214,1-0,0-3"> ¤                     
                                                

La croissance mondiale va encore accélérer en 2018 et 2019, selon le FMI

L’économie planétaire devrait progresser de 3,9 % cette année et la suivante, après 3,7 % en 2017, selon les prévisions du Fonds monétaire international publiées lundi.



Le Monde
 |    22.01.2018 à 15h00
 • Mis à jour le
22.01.2018 à 15h09
    |

            Marie de Vergès








                        



   


L’économie mondiale est lancée sur de bons rails et sa croissance devrait encore accélérer. Dans ses dernières prévisions, publiées lundi 22 janvier, le Fonds monétaire international (FMI) estime que le produit intérieur brut (PIB) planétaire devrait progresser de 3,9 % en 2018 et 2019, après 3,7 % en 2017. Ces chiffres ont tous été révisés à la hausse depuis les perspectives publiées à l’automne par l’institution de Washington (+ 0,2 point de pourcentage pour cette année et l’an prochain, et + 0,1 point pour 2017).
Une reprise qui se raffermit
Ces derniers mois, la croissance a accéléré dans quelque 120 pays, constituant les trois quarts du PIB mondial. Il s’agit de la reprise la plus large et synchronisée depuis 2010, note le FMI, qui souligne des performances bien meilleures qu’attendu en Asie et en Europe.
Cet élan devrait se renforcer en 2018 et 2019, sur fond de conditions financières favorables et de reprise de l’investissement. La zone euro devrait progresser plus vite que prévu à 2,2 % en 2018 et 2 % en 2019 (1,9 % en France les deux années). La croissance sera particulièrement dynamique aux Etats-Unis, à 2,7 % cette année et 2,5 % la suivante. Ces derniers pronostics ont été largement revus à la hausse dans la foulée de la réforme fiscale américaine (respectivement + 0,4 et + 0,6 point de pourcentage). L’accélération de l’activité sur le territoire américain aura des répercussions positives pour les partenaires commerciaux des Etats-Unis.
Réforme fiscale américaine : des effets à double tranchant
A court terme, le FMI prévoit que la réforme fiscale américaine, votée avant Noël, stimule l’activité. D’ici à 2020, ce programme de baisses d’impôts – qui ne devrait pas être compensé par des coupes dans les dépenses – devrait faire gonfler le PIB américain de 1,2 %. Mais le Fonds met en exergue un « produit dérivé » de cette réforme : l’accélération de la demande interne qui en résultera devrait accroître les importations et, de ce fait, creuser le déficit de la balance commerciale américaine. Un effet ambivalent alors que le président américain Donald Trump n’a cessé de fustiger les excédents commerciaux qu’entretiennent certains de leurs partenaires vis-à-vis des Etats-Unis (Chine, Mexique, Allemagne)…
Le déficit budgétaire va aussi s’aggraver et nécessiter, à l’avenir, des ajustements. Cumulé à la nature temporaire des dispositions fiscales, l’effet de la réforme sur la croissance devrait être négatif à compter de 2022.
Des risques qui persistent
Des risques continuent à peser sur la croissance à moyen terme. Le FMI cite, notamment, la menace d’une correction sur les marchés, si l’inflation et les taux d’intérêt aux Etats-Unis remontent plus vite que prévu. Un retour de bâton qui exposerait particulièrement les économies les plus endettées. A l’inverse, des conditions financières demeurant très favorables encourageraient la prise de risques, au nom de la recherche de rendement. Le Fonds met ainsi en garde contre « l’accumulation de vulnérabilités au sein du système financier ».
Au moment où les Etats-Unis, le Mexique et le Canada renégocient leur accord de libre-échange, l’Alena, et où l’Union européenne discute du Brexit, le FMI met aussi en garde contre le risque de nouvelles barrières commerciales.
Une fenêtre de tir pour les réformes
La reprise de la croissance « offre une opportunité idéale pour [mener] des réformes », insiste le FMI. Les pistes de travail sont nombreuses. Les dirigeants sont exhortés à engager des réformes structurelles pour accroître la croissance potentielle et la rendre plus inclusive. Le FMI appelle aussi à renforcer la résilience du système financier et à œuvrer en faveur de la coopération multilatérale, « vitale pour sécuriser la reprise mondiale ».



                            


                        

                        


<article-nb="2018/01/22/19-4">
<filnamedate="20180122"><AAMM="201801"><AAMMJJ="20180122"><AAMMJJHH="2018012219">
<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-4"> ¤ Ministre des finances du Portugal depuis à peine plus de deux ans, cet économiste de gauche, chantre de la flexisécurité, prend la tête de l’Eurogroupe. A son actif : le redressement de l’économie lusitanienne.
<filname="PROF-0,2-3214,1-0,0-4"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Le discret Mario Centeno, nouveau capitaine de l’eurozone

Ministre des finances du Portugal depuis à peine plus de deux ans, cet économiste de gauche, chantre de la flexisécurité, prend la tête de l’Eurogroupe. A son actif : le redressement de l’économie lusitanienne.



Le Monde
 |    22.01.2018 à 14h00
    |

            Cécile Ducourtieux (Bruxelles, bureau européen) et 
Jean-Baptiste Chastand








                        



                                


                            

Il a ouvert un compte Twitter quelques heures après sa désignation, le 4 décembre 2017, et a recruté pour gérer sa communication un talentueux compatriote, ancien journaliste habitué du corps de presse bruxellois. De surcroît, il a fait son premier déplacement officiel en marquant les bons arrêts : rencontre avec le président français Emmanuel Macron, puis avec son ministre des finances, Bruno Le Maire, à Paris, mi-janvier, et visite dans la foulée chez Peter Altmaier, son homologue allemand, à Berlin.
Mario Centeno, le nouveau président de l’Eurogroupe, devait présider sa première réunion des dix-neuf ministres des finances de l’eurozone, lundi 22 janvier. S’attendait-il à cette consécration, lui le quasi-novice en politique et ministre des finances du Portugal depuis novembre 2015 ? A 51 ans, ce discret économiste a dû sentir la pression sur ses épaules : par la magie des alliances politico-diplomatiques européennes, il se retrouve à la tête du gouvernement officieux de l’eurozone.

Costume cintré, mains dans les poches, très à l’aise face aux caméras, son prédécesseur, Jeroen Dijsselbloem, aurait bien rempilé pour un troisième mandat, si cela avait été possible. Le fringant ministre des finances néerlandais avait réussi à se faire respecter de ses pairs et à se démarquer – un peu – de Wolf­gang Schäuble, l’ancien ministre des finances allemand, à l’écrasante présence. Avec son large sourire toujours accroché aux lèvres, son abondante chevelure poivre et sel, son air timoré et un peu embarrassé, Mario Centeno inaugure une nouvelle ère à Bruxelles.
Ce fan du Benfica Lisbonne vient d’un gouvernement de gauche et d’un pays qui, à l’instar de la Grèce, échappa de peu à la faillite durant la crise, alors que, jusqu’à présent, une règle implicite de l’entre-soi bruxellois voulait que le président de l’Eurogroupe fût issu d’un Etat classé « triple A » par les agences de notation financière.
Va-t-il pour autant dynamiter ce club,...




                        

                        


<article-nb="2018/01/22/19-5">
<filnamedate="20180122"><AAMM="201801"><AAMMJJ="20180122"><AAMMJJHH="2018012219">
<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-5"> ¤ L’ancien leadeur du parti Nigel Farage songe à créer un parti rival, afin de relancer la campagne en faveur de la sortie de la Grande-Bretagne de l’Union européenne.
<filname="PROF-0,2-3214,1-0,0-5"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Brexit : le parti europhobe UKIP est au bord de l’implosion

L’ancien leadeur du parti Nigel Farage songe à créer un parti rival, afin de relancer la campagne en faveur de la sortie de la Grande-Bretagne de l’Union européenne.



Le Monde
 |    22.01.2018 à 12h11
    |

            Philippe Bernard (Londres, correspondant)








                        



                                


                            

Le Brexit lamine le Parti pour l’indépendance du Royaume-Uni (UKIP, extrême droite), mais son ancien leadeur charismatique, Nigel Farage, pourrait en profiter pour créer une nouvelle formation europhobe. Dimanche 21 janvier, les instances dirigeantes du UKIP ont voté à l’unanimité (moin s sa propre voix) la défiance envers leur chef, Henry Bolton, un ancien officier de l’armée britannique de 54 ans dont la vie conjugale tumultueuse fait le bonheur des tabloïds.

Elu en septembre 2017 à la tête du UKIP, M. Bolton a quitté son épouse et leurs deux enfants pour Jo Marney, 25 ans, mannequin et militante du parti. L’histoire a quitté la rubrique des potins début janvier lorsque le Mail on Sunday a révélé le contenu de SMS envoyés par cette dernière à un ami. La maîtresse du leadeur UKIP y estimait que le prochain mariage du prince Harry avec l’actrice américaine Meghan Markle allait « souiller [leur] famille royale ». Le père de la jeune femme est blanc, sa mère est noire.
Même au UKIP, pareil racisme a du mal à passer et Henry Bolton a annoncé à la mi-janvier qu’il avait rompu avec son amie. L’ennui est que le même Mail a publié jeudi des photos du couple attablé dans un bar à vin londonien et se caressant. En dépit du vote de défiance de dimanche, M. Bolton a annoncé qu’il n’avait nullement l’intention de démissionner. « Je crois n’avoir rien fait de mal », s’est-il expliqué. Formellement, un vote des adhérents doit intervenir dans le mois à venir si M. Bolton ne se résout pas à jeter l’éponge.
Avenir hypothétique
Mais l’avenir du parti, dont le Brexit a longtemps été la raison d’exister, semble désormais hypothétique. Henry Bolton est le troisième dirigeant du UKIP depuis que Nigel Farage a démissionné, voici dix-huit mois, au lendemain du référendum. En deux ans, le parti a dégringolé de 12,6 % des voix à 1,8 % et n’a cessé d’être agité par des querelles intestines.

Profitant...




                        

                        


<article-nb="2018/01/22/19-6">
<filnamedate="20180122"><AAMM="201801"><AAMMJJ="20180122"><AAMMJJHH="2018012219">
<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-6"> ¤ Le système électoral favorise la coalition de l’ancien premier ministre. Mais les législatives du 4 mars s’annoncent des plus incertaines.
<filname="PROF-0,2-3214,1-0,0-6"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Silvio Berlusconi, inéligible mais incontournable en Italie

Le système électoral favorise la coalition de l’ancien premier ministre. Mais les législatives du 4 mars s’annoncent des plus incertaines.



Le Monde
 |    22.01.2018 à 10h39
    |

            Jérôme Gautheret (Rome, correspondant)








                        



                                


                            

Dimanche 14 janvier à 17 heures sur Canale 5, mardi 16, à 23 h 30 sur la même chaîne, jeudi 18 à 11 heures sur La7 puis à 21 h 15 sur Rete4, vendredi 19 à 9 h 55, de nouveau sur Canale 5, et dimanche 21 à 20 h 30, encore sur La7… Silvio Berlusconi est de retour, et comme aux plus belles heures de sa longue carrière politique, à un mois et demi de législatives très incertaines, il enchaîne les interviews, à toute heure du jour et de la nuit, sur les chaînes de son empire télévisuel. Jeudi matin, interrogé sur son âge – 81 ans –, il a lancé à son intervieweuse : « Je me sens comme un jeune homme ! »
Du fait de sa condamnation pour fraude fiscale, cause de son inéligibilité et de son exclusion du Sénat, en 2013, l’ancien président du conseil ne sera pas en mesure de se présenter. Mais son nom figurera quand même sur les bulletins de vote, vu le slogan adopté par son parti, Forza Italia, « Berlusconi président ».
D’ailleurs, a-t-il vraiment besoin de siéger dans une assemblée pour peser ? Omniprésent dans la campagne qui commence, l’ancien président du conseil a pu jouer de toute son influence pour parvenir une fois de plus à constituer une large alliance des forces de droite, malgré l’étendue de leurs divergences. Il continue à faire planer le doute sur sa volonté de reprendre la tête du gouvernement, ce que son inégibilité ne lui interdit en théorie pas. Dans tous les cas, il sait qu’il sera au centre du jeu au soir des élections du 4 mars.
Comme à chaque fois depuis son entrée en politique, en 1994, il concourra aux côtés des postfascistes, groupés au sein de Fratelli d’Italia, sous la direction de Giorgia Meloni, et de la Ligue du Nord, qui, sous l’impulsion de Matteo Salvini, allié de Marine Le Pen au Parlement européen, se baptise désormais « Ligue » et cherche à gommer son discours régionaliste pour mieux insister sur la lutte contre l’immigration.
« Très bon analyste de la société »
L’alliance, formalisée jeudi...




                        

                        


<article-nb="2018/01/22/19-7">
<filnamedate="20180122"><AAMM="201801"><AAMMJJ="20180122"><AAMMJJHH="2018012219">
<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-7"> ¤ Selon le président du Parlement, Roger Torrent, M. Puigdemont a « une légitimité absolue pour être candidat », malgré sa situation judiciaire compliquée.
<filname="PROF-0,2-3214,1-0,0-7"> ¤                     
                                                

Puigdemont proposé comme candidat à la présidence de la Catalogne

Selon le président du Parlement, Roger Torrent, M. Puigdemont a « une légitimité absolue pour être candidat », malgré sa situation judiciaire compliquée.



Le Monde
 |    22.01.2018 à 09h45
 • Mis à jour le
22.01.2018 à 16h14
   





                        


Le président destitué de la Catalogne, Carles Puigdemont, a été proposé comme candidat officiel à la tête de la région, lundi 22 janvier, a annoncé le président indépendantiste du Parlement, Roger Torrent.
« Je suis conscient de la situation personnelle et judiciaire de M. Puigdemont, mais je sais aussi qu’il a une légitimité absolue pour être candidat », a-t-il déclaré à propos de l’ancien président indépendantiste toujours en exil. Parti pour Bruxelles afin d’échapper à la justice espagnole, M. Puigdemont a quitté la Belgique lundi pour Copenhague, selon le quotidien espagnol El Pais et la télévision danoise. Il doit y participer à un colloque sur la Catalogne.
Destitué par Madrid, Carles Puigdemont est sous la menace d’un mandat d’arrêt européen s’il quitte la Belgique. Lundi, un juge espagnol a cependant rejeté la demande du parquet de réactiver ce mandat d’arrêt. En Belgique, il n’est pas recherché par la justice espagnole, notamment pour éviter des divergences d’interprétation entre juges belges et espagnols sur la gravité des délits qui lui sont reprochés, dont la rébellion.

        Lire notre
         

          résumé de la crise entre Madrid et Barcelone



Investiture à distance ?
Lundi, le juge espagnol a estimé que le déplacement au Danemark de M. Puigdemont a justement pour but de « provoquer cette arrestation à l’étranger », dans le cadre d’une stratégie visant à se doter d’arguments pour être investi en son absence président de la Catalogne.
Carles Puigdemont entend bien être investi depuis Bruxelles, et ce pour éviter d’être arrêté dès qu’il foulerait le sol espagnol. Dans une interview à la radio catalane Catalunya Radio diffusée vendredi 19 janvier, le dirigeant indépendantiste a déclaré que s’il était en prison, il ne pourrait « ni [s’adresser] aux gens, ni écrire, ni recevoir de visiteurs. La seule manière est de pouvoir continuer à le faire en liberté, en sécurité. Je ne peux pas agir comme président [régional] si je suis prisonnier ».
Le gouvernement espagnol a toutefois averti qu’il s’opposerait à ce que M. Puigdemont soit élu en étant absent de Barcelone. Lundi, le président du Parlement catalan, Roger Torrent, a appelé le premier ministre espagnol, Mariano Rajoy, au dialogue. D’ici à la fin du mois, le parlement tiendra en principe une session d’investiture au cours de laquelle il débattra sur la candidature à distance de M. Puigdemont.

        Lire aussi :
         

                Catalogne : les indépendantistes pourront-ils contrôler le nouveau Parlement ?



« Nous n’allons pas capituler face à l’autoritarisme malgré les menaces de Madrid. Bientôt, nous formerons un nouveau gouvernement », a déclaré M. Puigdemont, quelques heures après la présentation officielle de sa candidature. A Copenhague, le dirigeant séparatiste a appelé au respect du processus démocratique.
« J’espère qu’un jour pas si lointain, la volonté de notre peuple prévaudra et que nous serons capables de créer avec succès un nouvel Etat. »
Les indépendantistes ont remporté la majorité des sièges au Parlement à l’issue des élections régionales anticipées du 21 décembre, convoquées après la dissolution du Parlement par Madrid et la mise sous tutelle de la région, en réponse à une proclamation unilatérale d’indépendance de la Catalogne. Voulues par le gouvernement de Mariano Rajoy, elles ont vu le Parti populaire du premier ministre s’effondrer, et le parti libéral unioniste Ciudadanos arriver en tête.




                            


                        

                        


<article-nb="2018/01/22/19-8">
<filnamedate="20180122"><AAMM="201801"><AAMMJJ="20180122"><AAMMJJHH="2018012219">
<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-8"> ¤ Les Assemblées française et allemande doivent voter, lundi, un projet de résolution commune baptisée « Pour un nouveau traité de l’Elysée ».
<filname="PROF-0,2-3214,1-0,0-8"> ¤                     
                                                

Il y a cinquante-cinq ans, le traité de l’Elysée marquait le rapprochement franco-allemand

Les Assemblées française et allemande doivent voter, lundi, un projet de résolution commune baptisée « Pour un nouveau traité de l’Elysée ».



Le Monde
 |    22.01.2018 à 09h43
 • Mis à jour le
22.01.2018 à 15h43
    |

            Edouard Pflimlin








                        



   


Le 22 janvier 1963, le président de la République français, Charles de Gaulle, et le chancelier allemand, Konrad Adenauer, signaient un traité de coopération destiné à sceller la réconciliation entre la France et la République fédérale d’Allemagne (RFA).
Lundi 22 janvier, c’est le 55e anniversaire du traité. D’où vient-il et que contient-il ? A quoi a-t-il servi ? Et quelles sont ses perspectives depuis l’arrivée au pouvoir en France d’Emmanuel Macron, qui veut insuffler un nouveau souffle à la dynamique européenne, alors que la chancelière allemande peine à former un nouveau gouvernement depuis l’élection du 24 septembre 2017 ?
D’où vient le traité de l’Elysée, et que contient-il ?
Le traité de l’Elysée est le fruit du rapprochement entre deux hommes d’Etat, le chancelier allemand Konrad Adenauer et le président français Charles de Gaulle. Depuis les années 1920, Adenauer attachait la plus grande importance à la réconciliation franco-allemande. « Après 1945, il était parfaitement conscient que seule l’entente entre les deux pays permettrait à la RFA d’être à nouveau pleinement acceptée en Europe et dans l’ensemble du monde occidental », explique au Monde Georges-Henri Soutou, professeur à la Sorbonne et spécialiste des relations franco-allemandes.
Ils constatent que leur vision du monde est identique
Après le retour au pouvoir de Charles de Gaulle, en juin 1958, Konrad Adenauer nourrit tout au long de l’été 1958 de grandes inquiétudes : de Gaulle n’était-il pas antiaméricain et antiallemand ? Mais de Gaulle et Adenauer nouent une relation particulière dès la visite du second à Colombey-les-deux-Eglises (Haute-Marne), la résidence du président français, le 14 septembre 1958. Ils constatent que leur vision du monde est identique : celle d’une Europe ayant sa personnalité historique et culturelle.
Les deux hommes se mettent d’accord sur un projet d’union politique à six pays (ceux inclus dans le marché commun adopté en 1957), c’est le « plan Fouchet ». Après son échec en avril 1962, Adenauer, en juillet 1962, répond tout de suite favorablement à la proposition du président français de reprendre l’esprit et une large part de son contenu, mais à deux : c’est le traité de l’Elysée de janvier 1963.
Ce traité prévoit que les chefs d’Etat ou de gouvernement des deux pays se rencontrent au moins deux fois par an. Les ministres des affaires étrangères et de la défense au moins une fois tous les trois mois, les chefs d’état-major au moins tous les deux mois. Une coopération étendue en matière de politique extérieure est prévue, « en vue de parvenir, autant que possible, à une position analogue » sur tous les problèmes d’intérêt commun. D’autre part, le traité de l’Elysée comporte en matière de défense un volet important et le préambule constate « la solidarité qui unit les deux peuples… au point de vue de leur sécurité… ».
A quoi a servi le traité entre nos deux pays ?
Le spectaculaire rapprochement des deux hommes d’Etat déclenche, au niveau populaire dans les deux pays, un véritable mouvement de réconciliation que la construction européenne n’avait pas réussi à développer jusque-là.
L’OFAJ et l’enseignement de la langue du voisin
Ce mouvement est prolongé pour les nouvelles générations par la mise en place, par le traité de l’Elysée, de l’Office franco-allemand de la jeunesse (OFAJ), qui s’accompagne par un effort dans le domaine de l’enseignement de la langue du voisin. L’OFAJ propose notamment, chaque année, plus de neuf mille programmes subventionnés pour les jeunes de 3 ans à 30 ans : échanges scolaires ou universitaires ; stages obligatoires ou hors cursus ; rencontres sportives ou culturelles ; cours de langues ; offres d’emploi, formations interculturelles…
Si le traité n’a pas répondu à toutes ses promesses, la machinerie de consultations et de réunions qu’il a instaurée n’a jamais cessé de fonctionner depuis 1963. Le traité a permis que l’Allemagne et la France soient le moteur de la construction européenne. C’est pourquoi l’on parle de « couple franco-allemand » pour décrire cette relation spéciale.
Quelle nouvelle orientation donner à ce traité ?
Les deux Assemblées française et allemande doivent voter, lundi 22 janvier, un projet de résolution commune « pour un nouveau traité de l’Elysée », afin d’accorder plus de poids aux Parlements et d’orienter les discussions à venir entre les gouvernements français et allemand.
Lundi matin, une délégation de parlementaires français se rendra au Bundestag, à Berlin. Des députés allemands seront reçus à l’Assemblée nationale, à Paris, dans l’après-midi.
Dimanche, dans une déclaration commune diffusée sur les réseaux sociaux, Mme Merkel et M. Macron ont affirmé leur « détermination à approfondir encore la coopération » entre la France et l’Allemagne. Ce texte est un appel aux citoyens, en particulier aux jeunes, à « faire vivre cette amitié franco-allemande ».
« Encourager une harmonisation bilatérale des législations » et « renforcer les liens »
La déclaration précise que le président et la chancelière « sont convenus d’élaborer au cours de cette année un nouveau traité de l’Elysée ». Il s’agit en particulier d’« approfondir l’intégration » des deux économies, « en encourageant notamment une harmonisation bilatérale des législations », et de « renforcer les liens » entre les deux sociétés civiles. Ils appellent en outre à des « mesures ambitieuses pour promouvoir l’enseignement réciproque des langues ».
L’Allemagne, qu’il s’agisse de son opinion publique ou de ses dirigeants, apparaît toutefois peu disposée à augmenter la coopération stratégique franco-allemande.
Angela Merkel déclarait, au lendemain du sommet du G7, à Taormine (Italie), en mai 2017 : « Nous, les Européens, nous devons vraiment prendre en main notre propre destin. » Mais un renforcement du couple franco-allemand sur le plan stratégique serait mal vu par les partenaires européens, et « Berlin restera très prudent », estime Georges-Henri Soutou.
Par ailleurs, une plus grande intégration européenne en matière de défense bute sur des obstacles de taille, comme le problème du partage de l’arme nucléaire française ou l’envoi de forces allemandes combattantes à l’étranger.



                            


                        

                        


<article-nb="2018/01/22/19-9">
<filnamedate="20180122"><AAMM="201801"><AAMMJJ="20180122"><AAMMJJHH="2018012219">
<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-9"> ¤ Du Centro Botin à la Norman Foster Foundation, l’Espagne mise plus que jamais sur le secteur privé.
<filname="PROF-0,2-3214,1-0,0-9"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Les fondations d’art prolifèrent en terre ibère

Du Centro Botin à la Norman Foster Foundation, l’Espagne mise plus que jamais sur le secteur privé.



Le Monde
 |    22.01.2018 à 09h17
 • Mis à jour le
22.01.2018 à 12h34
    |

            Aureliano Tonet (Madrid et Santander, envoyé spécial)








                        



                                


                            

L’affaire semble entendue : on ne bâtit guère plus de châteaux en Espagne – et encore moins de moulins à vent. On y érige, en revanche, des fondations d’art. La pierre muséale est même devenue, dans ce pays fissuré par les crises, l’un des plus solides ciments nationaux : à bien examiner le sol ibère, il ne se passe pas un mois, ou presque, sans qu’un nouveau centre d’art sorte de terre.
A Santander, c’est de l’océan qu’a émergé le Centro Botin, inauguré le 23 juin 2017. Plus précisément de l’embarcadère, qui, longtemps, fut le cœur battant de cette cité portuaire de Cantabrie, région nichée sur la côte nord-ouest de la péninsule, entre les Asturies et le Pays basque. Santander, ce sont d’abord des barques et des banques. Des siècles durant, le commerce avec les Amériques fit prospérer plusieurs établissements financiers, dont le principal prit, en 1857, le nom de la ville elle-même. Depuis lors, une seule et unique famille, les Botin, tient la barre de Banco Santander, devenue la figure de proue du secteur bancaire espagnol.
Au gouvernail de 1986 à sa mort, en 2014, Emilio Botin a été désigné « meilleur banquier du monde » en 2008 par le magazine Euromoney pour avoir évité le maelström des subprimes. En marge de ses périples capitalistiques, le bon capitaine veilla sur les trésors amassés par lui et les siens : une vaste collection d’œuvres d’art (Cranach, Goya, El Greco, Picasso, Miro, Kounellis…), gérée par plusieurs fondations, auxquelles il souhaita offrir un dock ad hoc, au cœur du port familial. Ainsi est né le Centro Botin, appelé à abriter les activités artistiques, culturelles et pédagogiques de la fondation du même nom, créée en 1964 – distincte de la Fundacion Banco Santander, aux visées similaires, lancée il y a près de vingt-cinq ans.

Le « caprice cantabrique de Piano »
Pour bâtir ce drôle de bateau, les Botin ont dégotté un « top-architecte » de la Botte : l’Italien Renzo Piano, expert ès musées depuis qu’il...




                        

                        


<article-nb="2018/01/22/19-10">

<article-nb="2018/01/22/19-11">
<filnamedate="20180122"><AAMM="201801"><AAMMJJ="20180122"><AAMMJJHH="2018012219">
<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-11"> ¤ La monnaie unique a grimpé de près de 15 % face au dollar en 2017. Le sujet devrait être abordé lors de la réunion de la Banque centrale européenne, le 25 janvier.
<filname="PROF-0,2-3214,1-0,0-11"> ¤                     
                                                   
édition abonné


La hausse de l’euro complique la tâche de la BCE

La monnaie unique a grimpé de près de 15 % face au dollar en 2017. Le sujet devrait être abordé lors de la réunion de la Banque centrale européenne, le 25 janvier.



Le Monde
 |    22.01.2018 à 06h41
    |

            Marie Charrel








                        



                                


                            

L’euro va-t-il jouer les trouble-fête lors de la prochaine réunion de la Banque centrale européenne (BCE), jeudi 25 janvier ? Cela n’est pas exclu. En 2017, la monnaie unique a en effet progressé de 14 % face au billet vert. Et elle a de nouveau grimpé de 2 % depuis le début de l’année. Dimanche 21 janvier, l’euro évoluait ainsi autour de 1,22 dollar, au plus haut depuis fin 2014. « L’évolution du taux de change est une source d’incertitude », s’est inquiété François Villeroy de Galhau, le gouverneur de la Banque de France, dans un entretien au quotidien allemand Börsen-Zeitung, mardi 16 janvier. En pesant sur les prix des produits importés, il pourrait en effet contraindre la BCE à revoir son calendrier d’action pour les mois à venir.
La nervosité commence également à poindre du côté des exportateurs français et italiens, plus sensibles aux variations du taux de change que leurs homologues allemands ou autrichiens. En effet, la compétitivité prix de leurs ventes à l’étranger se dégrade lorsque l’euro approche les 1,30 dollar. « C’est vrai, remarque Frederik Ducrozet, économiste chez Pictet. Mais les inquiétudes sont pour l’instant excessives. »
De fait, de nombreux éléments permettent de relativiser cette hausse. D’abord, parce qu’elle concerne essentiellement le billet vert. L’évolution de l’euro face aux autres devises, telles que la livre sterling ou le yen, est en effet plus modérée. « Dit autrement : la force de l’euro est en partie le fruit de la faiblesse du dollar, souligne Gilles Moëc, chez Bank of America Merrill Lynch. Cette dernière est d’ailleurs assez difficile à expliquer, puisque les performances de l’économie américaine sont plutôt bonnes. » L’imprévisibilité entourant la présidence de Donald Trump y est peut-être pour quelque chose.
Pas de raison de paniquer
Ensuite, la force de la monnaie unique est aussi le résultat des bonnes nouvelles au sein de la zone euro,...




                        

                        


<article-nb="2018/01/22/19-12">
<filnamedate="20180122"><AAMM="201801"><AAMMJJ="20180122"><AAMMJJHH="2018012219">
<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-12"> ¤ Dans une tribune au « Monde », un collectif d’universitaires, dont Thomas Piketty, appelle les dirigeants européens à plus de transparence et de démocratie dans la désignation des membres de la Banque centrale européenne, qui renouvelle une bonne partie de son directoire les 22 janvier et 19 février.
<filname="PROF-0,2-3214,1-0,0-12"> ¤                     


Article sélectionné dans La Matinale du 21/01/2018
Découvrir l’application


                           
édition abonné


« Démocratiser l’Europe, cela commence à la Banque centrale européenne »

Dans une tribune au « Monde », un collectif d’universitaires, dont Thomas Piketty, appelle les dirigeants européens à plus de transparence et de démocratie dans la désignation des membres de la Banque centrale européenne, qui renouvelle une bonne partie de son directoire les 22 janvier et 19 février.



Le Monde
 |    22.01.2018 à 06h40
 • Mis à jour le
22.01.2018 à 10h37
    |

                            Collectif








                        



                                


                            
Tribune. Alors que nos yeux sont rivés sur les interminables vicissitudes de la coalition allemande, une pièce non moins décisive se joue à Bruxelles dans la plus grande indifférence. Le 22 janvier et le 19 février, dans le secret des réunions des ministères des finances de l’Eurogroupe, doit être en effet posé le premier acte d’un renouvellement en profondeur du directoire de la Banque centrale européenne, avec le remplacement de Vitor Constancio, le vice-président actuel. Dans les deux ans qui viennent, pas moins de 4 des 6 membres de l’organe exécutif de la BCE, Mario Draghi inclus, doivent être remplacés.
Tout indique pourtant que l’avenir des politiques économiques, fiscales et, bien sûr, monétaires des Etats de la zone euro se joue dans cette série de nominations. Car la BCE de 2018 n’a plus grand-chose à voir avec celle qui, à ses débuts, coulait des jours relativement tranquilles à la périphérie de la politique européenne, protégée par son statut d’indépendance. Erigée par les gouvernements et les marchés financiers en institution recours, la BCE est entrée de plain-pied dans la cabine de pilotage de l’Union à la faveur de la crise économique et financière de 2008.
Qu’elle pèse sur les conditions sur lesquelles les Etats financent leur dette sur les marchés, qu’elle suggère l’adoption du traité budgétaire lui donnant jusqu’à son nom (Fiscal Compact), qu’elle somme par courrier les chefs de gouvernement italien ou irlandais d’engager sans attendre un lourd train de réformes ou encore qu’elle intervienne directement sur le cours des négociations politiques de la crise grecque du printemps 2015 par le contrôle de l’accès aux liquidités, c’est toujours en véritable « co-gouvernant » de la zone euro que la BCE agit désormais.

Au terme d’une décennie de crise, la BCE n’a plus rien à voir avec l’institution dessinée par les traités et rivée sur le sacro-saint objectif de stabilité des prix : elle s’est...




                        

                        


<article-nb="2018/01/22/19-13">
<filnamedate="20180122"><AAMM="201801"><AAMMJJ="20180122"><AAMMJJHH="2018012219">
<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-13"> ¤ Une loi-cadre entrée en vigueur le 1er janvier oblige le gouvernement à mener une politique en accord avec les objectifs climatiques adoptés par le Parlement.
<filname="PROF-0,2-3214,1-0,0-13"> ¤                     


Article sélectionné dans La Matinale du 21/01/2018
Découvrir l’application


                           
édition abonné


La Suède se dote d’une loi climatique extrêmement ambitieuse

Une loi-cadre entrée en vigueur le 1er janvier oblige le gouvernement à mener une politique en accord avec les objectifs climatiques adoptés par le Parlement.



Le Monde
 |    22.01.2018 à 06h39
 • Mis à jour le
22.01.2018 à 11h27
    |

            Olivier Truc (Stockholm, correspondance)








                        



                                


                            
En Suède, le Notre-Dame-des-Landes local s’appelle Arlanda et Sälen. Pas de ZAD ni de zadistes mais, face aux projets d’agrandissement de ces deux aéroports, l’un pour la capitale et l’autre pour une station de ski, c’est bien le gouvernement suédois lui-même qui pourrait se retrouver dans le rôle du contestataire s’il veut faire appliquer la nouvelle et très ambitieuse loi climat entrée en vigueur le 1er janvier et largement saluée par les organisations environnementales.
Pour la première fois, la Suède s’est dotée d’une loi-cadre qui oblige le gouvernement à mener une politique en cohérence avec les objectifs climatiques adoptés par le Parlement. Elle se veut un instrument déterminant pour permettre à la Suède de respecter ses engagements pris lors de l’accord de Paris en 2015. « Les mesures politiques dans les secteurs de l’industrie, de l’agriculture et des transports vont être très importants », a annoncé la ministre du climat, Isabella Lövin.
Tous les partis politiques représentés au Parlement, à l’exception de l’extrême droite, soutiennent cette loi, lui donnant un poids exceptionnel. Présentée comme la plus importante réforme climatique de l’histoire du royaume, cette loi-cadre va contraindre les entreprises et la société à la transition écologique. Elle accompagne l’ambition du gouvernement suédois d’atteindre la neutralité carbone d’ici à 2045.
Exigences comptables
Les contrôles et exigences comptables en sont des éléments-clés. Désormais, le gouvernement doit rendre compte chaque année au Parlement de ses choix budgétaires au regard de la lutte contre le réchauffement climatique. Tous les quatre ans, il devra présenter un plan d’action garantissant la cohérence des actions. Un Conseil du climat constitué d’experts indépendants est chargé du contrôle.
« Il est inefficace d’investir des ressources dans la politique climatique si des décisions contre-productives sont prises dans d’autres domaines politiques,...




                        

                        


<article-nb="2018/01/22/19-14">
<filnamedate="20180122"><AAMM="201801"><AAMMJJ="20180122"><AAMMJJHH="2018012219">
<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-14"> ¤ Dans le cadre du projet européen « Les nouveaux arrivants », « Le Monde » suit un groupe de réfugiés installés à Vichy. Durant un an, nous racontons l’intégration de ces hommes originaires du Soudan et d’Erythrée.
<filname="PROF-0,2-3214,1-0,0-14"> ¤                     
                                                

Ali, hier universitaire au Soudan, aujourd’hui réfugié et bénévole au Secours catholique

Dans le cadre du projet européen « Les nouveaux arrivants », « Le Monde » suit un groupe de réfugiés installés à Vichy. Durant un an, nous racontons l’intégration de ces hommes originaires du Soudan et d’Erythrée.



Le Monde
 |    21.01.2018 à 18h15
    |

                            Emile Costard (Vichy, envoyé spécial)








                        



   


« Bonjour Ali ! » « Salut camarade ! », répond Ali à chaque poignée de mains. Dans les locaux du Secours catholique de Vichy, les bénévoles se saluent avant de s’activer. Il est 13 h 30 et bientôt les bénéficiaires passeront la grande porte bleue de l’association pour venir acheter des vêtements, des jouets ou de la vaisselle. Tout doit être prêt pour les accueillir en cette période de fêtes.
Depuis cinq mois, Ali, Soudanais de 30 ans, fait du bénévolat dans l’association créée en 1946 par l’abbé Jean Rodhain. Au Secours catholique, il aide et se sent utile. « C’est très important d’avoir des bénévoles jeunes et arabophones », confirme Jacques Dhaussy, 70 ans, bénévole à l’accueil de l’association.
Ici, Ali observe cette partie de la société française qui est invisible :
« La France est un pays riche, je n’imaginais pas qu’il puisse y avoir autant de gens en difficulté. En venant ici chaque semaine, j’observe un petit bout de la société française, j’analyse les relations entre les gens, je me sociabilise et je perfectionne mon français. »
Ali est arrivé en France en 2015, par les mêmes routes migratoires que des milliers de ses compatriotes. La Libye, la Méditerranée, l’Italie puis la France. A Paris, il squatte quelques mois le lycée Jean-Quarré, avec des centaines de Soudanais, avant d’être transféré dans le centre d’orientation de Varennes-sur-Allier. Depuis 2016 et l’obtention de son statut de réfugié, il vit dans un studio du centre-ville de Vichy et tente de se construire un chez-soi.
« Au Soudan, j’avais des problèmes politiques avec le régime d’Al-Bachir. Il y a eu plusieurs événements qui ont mis ma vie en danger. J’ai tout laissé pour sauver ma peau. L’histoire est longue, triste et tragique. Maintenant je suis à Vichy et je poursuis mon chemin. »

   


Assis sur son canapé rouge, chez lui, une tasse de café à la main, Ali replonge dans ses souvenirs. Il parle de l’université, de ses engagements politiques et associatifs, de son master en sociologie et du poste d’assistant professeur à l’université de Khartoum qu’il occupait avant de fuir son pays. Ali est un intellectuel. Sur une petite commode trône un exemplaire de La Misère du monde, un ouvrage sociologique réalisé sous la direction de Pierre Bourdieu.
Il raconte son quotidien, les cours de français, les matchs de foot avec l’équipe de réfugiés de Vichy dont il est l’entraîneur. Il parle de ses lectures, des textes de Victor Hugo et de la Révolution française. Il évoque les difficultés qu’il a pu rencontrer avec l’administration et analyse les lourdeurs bureautiques en citant le sociologue allemand Max Weber.
« J’avais des idées communistes »
Ali souligne à plusieurs reprises son attachement à la notion de séparation de l’Eglise et de l’Etat, « car le système politique en place aujourd’hui au Soudan gouverne depuis vingt-neuf ans au nom de la religion, ment au nom de la religion, tue au nom de la religion ». Soudain, sa voix s’enroue et ses mains s’agrippent. Ali raconte les terribles interrogatoires des services de renseignement soudanais. La torture.
« J’avais des idées communistes… A l’université, je parlais librement devant les étudiants. En 2010, j’avais aussi dénoncé des fraudes dans un bureau de vote où j’étais observateur. J’étais dans le collimateur. »
Un jour, alors qu’il rend visite à sa famille dans sa région natale d’Um Rawaba, qui connaît des troubles, Ali est arrêté à un barrage et accusé de faire partie des forces d’opposition qui déstabilisent la région. Un procès expéditif devant un tribunal militaire le condamne à mort. Ali est réveillé en pleine nuit, embarqué par des militaires qui le poussent dans une voiture : direction le peloton d’exécution.
« On a roulé, roulé, quand soudain les militaires se sont mis à parler d’une embuscade sur la route. Ils ont commencé à accélérer, on roulait très vite. Tout à coup, il y a eu des tirs et on a percuté un obstacle. C’était un arbre sur le bas-côté. Le choc a été tellement violent que j’en ai eu la jambe fracturée, mais j’ai réussi à m’extirper du véhicule et à m’échapper. J’ai pu ramper jusqu’à un cours d’eau, j’ai traversé à la nage et je me suis évanoui. »
Quand il reprend connaissance, un paysan de la région est en train de le soigner. L’homme lui jure qu’il n’a rien à craindre, qu’il ne lui posera aucune question et lui demande s’il souhaite appeler un membre de sa famille.
« J’ai décidé de contacter un oncle car je craignais que mes proches soient sur écoute. Mon oncle m’a dit que je devais partir au plus vite en Libye. Il m’a assuré une somme d’argent importante et il a contacté un passeur. Je ne peux pas décrire la tristesse dans laquelle j’étais. Je pensais à ma mère, j’imaginais la peine que je lui causais. Mais je n’avais pas le choix si je voulais vivre. Alors je suis parti avec un conducteur à la frontière libyenne. »

   


De son passé, il ne lui reste que des souvenirs et une douleur à la jambe qui ne veut pas finir. Alors c’est derrière une petite table d’écriture qu’il soigne ses blessures psychiques.
« J’écris tous les jours, j’y trouve de la sérénité, je n’ai rien de mieux dans cette vie que l’écriture. »
Ses rêves ? Pouvoir retourner un jour au Soudan et valider une thèse de sociologie. Pour Ali, « la vie n’est pas un paradis mais un long militantisme ».
Interprète : Adel Al-Kordi



                            


                        

                        


<article-nb="2018/01/22/19-15">
<filnamedate="20180122"><AAMM="201801"><AAMMJJ="20180122"><AAMMJJHH="2018012219">
<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-15"> ¤ Les organisateurs ont appelé les Américains vivant à l’étranger à s’inscrire pour pouvoir voter par correspondance lors des élections de mi-mandat en novembre.
<filname="PROF-0,2-3214,1-0,0-15"> ¤                     
                                                

« Marche des femmes » à Paris, Londres et Berlin contre la politique de Trump

Les organisateurs ont appelé les Américains vivant à l’étranger à s’inscrire pour pouvoir voter par correspondance lors des élections de mi-mandat en novembre.



Le Monde
 |    21.01.2018 à 17h27
 • Mis à jour le
21.01.2018 à 18h29
   





                        



   


Des centaines de personnes se sont rassemblées dans plusieurs capitales européennes dimanche 21 janvier, pour défendre les droits des femmes et s’opposer au président américain, Donald Trump, arrivé au pouvoir il y a un an. Partout, les organisateurs ont appelé les Américains vivant à l’étranger à s’inscrire pour pouvoir voter par correspondance lors des élections de mi-mandat, en novembre.
A Paris, une centaine de personnes s’étaient rassemblées sous la pluie place du Trocadéro. Emmitouflées dans leurs manteaux, des manifestantes tenaient une banderole proclamant « Encore féministes ! ». A leurs côtés, des militants s’étaient mobilisés contre le locataire de la Maison Blanche, avec des pancartes appelant à le destituer.

   


A Londres, des centaines de personnes se sont rassemblées en face de Downing Street en fin de matinée pour exprimer leur ras-le-bol face au harcèlement sexuel, aux violences et aux discriminations subies par les femmes.
Dans la foule, certains tenaient des pancartes hostiles à Donald Trump. Le président américain a récemment annoncé qu’il ne viendrait pas inaugurer comme prévu la nouvelle ambassade américaine à Londres, où il risquait d’être accueilli par des manifestations hostiles.

   


A Berlin, les militants s’étaient donné rendez-vous à la porte de Brandebourg, à proximité de l’ambassade des Etats-unis. Par une température glaciale, les manifestants, dont des expatriés américains et des Allemands, certains venus en famille, ont défilé dans le quartier du gouvernement, arborant des panneaux en anglais incitant à « Résister » et à « Se lever, s’unir et se battre ».
Aux Etats-unis, samedi, des centaines de milliers de personnes, dont les actrices Whoopi Goldberg à New York et Natalie Portman à Los Angeles, ont participé à des « Marches des femmes » anti-Trump, un an après le rassemblement immense qui avait défié Donald Trump au lendemain de son investiture.



                            


                        

                        


<article-nb="2018/01/22/19-16">
<filnamedate="20180122"><AAMM="201801"><AAMMJJ="20180122"><AAMMJJHH="2018012219">
<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-16"> ¤ Ce résultat permet un début de sortie de crise en Allemagne, sans gouvernement depuis les élections législatives de septembre 2017.
<filname="PROF-0,2-3214,1-0,0-16"> ¤                     


Article sélectionné dans La Matinale du 21/01/2018
Découvrir l’application


                        

Allemagne : les sociaux-démocrates approuvent le principe d’une coalition avec Merkel

Ce résultat permet un début de sortie de crise en Allemagne, sans gouvernement depuis les élections législatives de septembre 2017.



Le Monde
 |    21.01.2018 à 16h38
 • Mis à jour le
22.01.2018 à 14h22
    |

                            Cécile Boutelet (Berlin, correspondance)








                        



   


Angela Merkel peut souffler, mais le suspense aura duré jusqu’au bout. Deux votes auront été nécessaires, dimanche 21 janvier à Bonn, pour confirmer le soutien des 600 délégués du Parti social-démocrate (SPD) réunis en congrès à la perspective d’une « grande coalition ». La décision autorise les dirigeants du SPD à poursuivre les négociations avec les partis de l’Union – la CDU de la chancelière et son alliée bavaroise, la CSU – en vue de former un gouvernement, quatre mois après les élections. Le 12 janvier, une première ébauche de compromis avait été présentée, déclenchant une controverse au sein du SPD. Avec le vote de dimanche, Martin Schulz, secrétaire général du parti, peut être soulagé… du moins provisoirement.
Car le résultat est tout sauf un succès pour le leader social-démocrate. Le vote des délégués à main levée n’ayant pas dégagé une tendance assez claire, un second tour a été organisé, où l’on a longuement recompté les suffrages. C’est une courte majorité qui l’a emporté : 56 % des délégués seulement ont approuvé une nouvelle participation du SPD au gouvernement Merkel IV. A 362 votes pour et 279 contre, la décision s’est jouée à moins de 100 voix d’écart. Difficile d’essuyer un camouflet plus cuisant pour un dirigeant politique qui avait mis toute sa crédibilité dans ce scrutin.
Applaudissements polis
En fin de matinée, Martin Schulz avait consacré beaucoup d’énergie à convaincre les délégués. Mais le discours est resté en deçà de l’enjeu : à part un passage marquant sur l’Europe, il s’est borné à décrire les avancées sociales obtenues par le SPD dans l’ébauche de compromis tels que « l’augmentation de la rémunération des personnels de soin » et« la hausse de revenu net de 340 euros par an pour les mères seules ». Dans ce qui était sans doute le discours le plus important de sa carrière politique, il n’a su apporter ni la perspective d’avenir ni l’étoffe historique qui auraient pu emporter le cœur des militants. Ces derniers n’ont livré que des applaudissements polis, voire franchement réservés.
Le vote de dimanche a achevé de lier les destins politiques de M. Schulz et Mme Merkel
Quel contraste avec l’accueil réservé au jeune frondeur du parti, Kevin Kühnert ! Le discours du chef de file des jeunes socialistes, âgé de 28 ans, a été salué bien au-delà des rangs de son mouvement. « Un non aujourd’hui ne signifie par la fin du SPD mais le début d’une nouvelle histoire », a-t-il lancé au cours d’un discours parfaitement maîtrisé.
Seule la verve d’Andrea Nahles a sauvé l’après-midi de Martin Schulz. La présidente du groupe parlementaire du SPD au Bundestag a largement contribué à convaincre les militants qu’une nouvelle élection n’était pas l’option qui ferait revenir les électeurs dans le giron de la formation. Aux élections de septembre 2017, le parti a essuyé le pire score de son histoire, à 20,5 %.
Angela Merkel a salué, dimanche dans la soirée, ce résultat. La chancelière a sans doute tremblé jusqu’au bout, elle aussi, dans l’après-midi : un vote négatif du SPD aurait été pour elle un second échec personnel, huit semaines après la rupture des négociations avec les Verts et les libéraux du FDP. Il aurait marqué la fin rapide de sa carrière politique, dans un contexte où de potentiels successeurs à l’intérieur de son parti ne dissimulent plus leur note dissonante. Certains, comme l’ambitieux secrétaire d’Etat Jens Spahn, avaient même approuvé la formation d’un gouvernement minoritaire… avant que Peter Altmaier, un fidèle de Mme Merkel, ne rejette définitivement cette option.
Destins politiques liés
Le oui du SPD a-t-il sauvé ce qui sera sans doute le dernier mandat d’Angela Merkel ? Rien n’est moins sûr. Lundi 22 janvier, le SPD, la CDU et la CSU ont prévu de commencer les vraies négociations, qui devront donner naissance à un « contrat de coalition », le vrai programme du gouvernement pour ces quatre prochaines années. Mais le résultat serré de dimanche va compliquer les choses : pour amadouer les délégués, les leaders du SPD ont promis de tenter d’obtenir davantage de concessions de la part de la CDU et de la CSU. Ce que la CSU a déjà exclu, dimanche soir.
Les points les plus controversés – l’accueil des réfugiés, le regroupement familial et l’encadrement des contrats à durée déterminée – ont été âprement discutés durant le congrès. Or les dirigeants du SPD se sont liés les mains : non seulement le « contrat de coalition » sera in fine soumis à l’approbation des militants, mais Martin Schulz a lancé l’idée d’inclure dans l’accord une « clause » permettant d’apporter des corrections politiques en milieu de législature. De quoi rendre ardue la recherche de consensus chère à la chancelière.
Le vote de dimanche a achevé de lier les destins politiques de M. Schulz et de Mme Merkel. Tous deux font face au même problème : les grands partis qu’ils dirigent subissent une telle érosion de leur influence qu’ils ne peuvent plus former de majorité que l’un avec l’autre. Après deux gouvernements de grande coalition, leurs différences politiques deviennent illisibles, alors même que leurs militants les plus jeunes réclament plus de radicalité.

        Lire aussi :
         

                En Allemagne, entre Angela Merkel et Martin Schulz, une coalition par défaut



Le cœur identitaire du SPD, qui reposait sur une culture de solidarité ouvrière, a vieilli et s’est réduit. Dimanche, Martin Schulz a promis de travailler à un « renouveau » du parti, sans que l’on comprenne précisément ce que cela recouvre. Et pour cause : la définition de la social-démocratie, dans une économie mondialisée, financiarisée et numérique, n’a jamais été précisée. Pas plus que la définition de la démocratie chrétienne, à l’heure des migrations, divise profondément les partis de l’Union. La grande coalition à venir, si elle est approuvée, sera un gouvernement bien plus faible que ses promoteurs l’ont laissé entendre jusqu’ici.



                            


                        

                        


<article-nb="2018/01/22/19-17">
<filnamedate="20180122"><AAMM="201801"><AAMMJJ="20180122"><AAMMJJHH="2018012219">
<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-17"> ¤ Carolyn Fairbairn, la patronne des patrons britanniques, demande à la première ministre britannique de « revoir les limites qu’elle a fixées et ses positions de départ ». Elle appelle aussi Bruxelles à davantage de flexibilité.
<filname="PROF-0,2-3214,1-0,0-17"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Brexit : le patronat britannique critique les choix de Theresa May

Carolyn Fairbairn, la patronne des patrons britanniques, demande à la première ministre britannique de « revoir les limites qu’elle a fixées et ses positions de départ ». Elle appelle aussi Bruxelles à davantage de flexibilité.



Le Monde
 |    21.01.2018 à 16h10
 • Mis à jour le
21.01.2018 à 16h13
    |

            Eric Albert (Londres, correspondance)








                        



                                


                            

De plus en plus exaspéré, le patronat britannique lance la contre-offensive à propos du Brexit. Selon nos informations, Carolyn Fairbairn, la directrice générale de la Confederation of British Industry (CBI), la principale organisation patronale du Royaume-Uni, devait demander, lundi 22 janvier, à Theresa May de « revoir les limites qu’elle a fixées et ses positions de départ ».
Dans un discours prononcé à l’université de Warwick (centre de l’Angleterre), faisant fi de toute précaution oratoire, elle s’apprêtait à remettre en cause les grands choix pris par la première ministre britannique sur le Brexit, en particulier la sortie du marché unique et de l’Union douanière (le premier supprime les frontières commerciales au sein de l’Union européenne, la seconde impose des droits de douane communs au reste du monde).

Officiellement, Mme Fairbairn renvoie Londres et Bruxelles dos à dos, estimant que les deux camps doivent faire preuve de davantage de flexibilité. En réalité, ses attaques se concentrent surtout sur Downing Street. « La partie britannique ne parvient même pas à parler d’une seule voix, alors se mettre d’accord avec l’UE... Il y a trop d’idéologie et une prise de conscience limitée quant à l’urgence de la situation. » Elle réclame une approche « fondée sur des faits et des preuves ».
L’appel de Carolyn Fairbairn à plus de réalisme n’est pas nouveau. Le CBI a toujours été opposé au Brexit. Le changement de ton, cependant, est manifeste. Il y a péril en la demeure, souligne Mme Fairbairn. Fin mars 2019, dans un peu plus de quatorze mois, le Royaume-Uni sera, en théorie, sorti de l’UE.
« Partir des règles que nous partageons déjà »
Dans l’immédiat, « d’ici à soixante-dix jours », il convient donc de négocier une période de transition afin de conserver le statu quo pour environ deux années supplémentaires. Ensuite, dès avril, le CBI veut que Londres présente...




                        

                        


<article-nb="2018/01/22/19-18">
<filnamedate="20180122"><AAMM="201801"><AAMMJJ="20180122"><AAMMJJHH="2018012219">
<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-18"> ¤ Une offensive terrestre a débuté à Afrin, une enclave tenue par une milice kurde, considérée par Ankara comme terroriste.
<filname="PROF-0,2-3214,1-0,0-18"> ¤                     


Article sélectionné dans La Matinale du 20/01/2018
Découvrir l’application


                        

La Turquie lance une opération militaire en Syrie contre l’enclave kurde d’Afrin

Une offensive terrestre a débuté à Afrin, une enclave tenue par une milice kurde, considérée par Ankara comme terroriste.



Le Monde
 |    20.01.2018 à 17h04
 • Mis à jour le
21.01.2018 à 09h20
    |

                            Allan Kaval (Erbil, correspondance)








                        



   


Après des plusieurs jours marqués par des déclarations officielles belliqueuses qui ont saturé les médias turcs, le président Recep Tayyip Erdogan a annoncé, samedi 20 janvier, que l’opération terrestre attendue contre l’enclave kurde syrienne d’Afrin, frontalière de la Turquie, avait commencé.
« L’opération d’Afrin a débuté et elle se poursuivra à Manbij », a déclaré M. Erdogan, faisant référence à une autre ville du nord de la Syrie tenue par les Forces démocratiques syriennes (FDS), liées au mouvement kurde qui contrôle Afrin depuis 2012. La Turquie considère les FDS comme l’extension du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), une organisation politco-militaire autonomiste et révolutionnaire qui lui livre une guerre de guérilla depuis 1984 dans le sud-est de la Turquie.

        Lire aussi :
         

                Syrie : Erdogan prêt à envahir l’enclave d’Afrin



Dans la soirée, la milice kurde qui contrôle la région a affirmé dans un communiqué qu’elle allait « tenir la Russie pour responsable de ces attaques, au même titre que la Turquie ». « La Russie sera tenue pour responsable pour tous les massacres perpétrés dans le canton d’Afrin », a-t-elle ajouté.
Des tirs d’artillerie samedi soir
Malgré les déclarations du chef d’Etat turc et l’intense battage médiatique dont leur préparation a fait l’objet en Turquie, les opérations restaient limitées samedi soir à des tirs d’artillerie depuis le territoire turc et des frappes aériennes, dont deux ont touché des cibles dans le centre-ville d’Afrin, d’après Mohammed Belo, un résident joint à distance. « Les gens restent calfeutrés chez eux et attendent pour l’instant, mais il y a déjà eu des blessés civils à cause d’une frappe. Rien n’est certain, mais on craint une catastrophe », rapportait-t-il dans la journée.
D’autres cibles ont été frappées dans l’arrière-pays et des accrochages ont été relevés entre les forces kurdes des FDS et des groupes armés issus de la rébellion syrienne, et passés sous le contrôle opérationnel d’Ankara. « Des combats durs contre les groupes armés ont eu lieu au nord-ouest d’Afrin et sur le front autour de Tel Rifaat et de la citadelle de Samaan », signalait en fin de journée Bahjet Abdo, le ministre de la défense du canton d’Afrin, joint à distance par Le Monde. « La situation est plus calme à présent », a-t-il ajouté. D’après le responsable kurde, l’aviation turque s’est livrée à sept frappes distinctes sur l’enclave d’Afrin, faisant des dizaines de blessés.

   


Crise entre Ankara et Washington
Bête noire d’Ankara, les FDS sont pourtant un partenaire essentiel de la coalition internationale contre l’Etat islamique emmenée par Washington. La coopération militaire étroite entre la coalition et les actuelles FDS contre les djihadistes a débuté lors du siège de la ville de Kobané, alors que leur précédente incarnation n’était qu’une force kurde locale. Elle s’est traduite par d’importants gains territoriaux dans tout le Nord-Est de la Syrie et par la prise de Rakka, la capitale de l’Etat islamique, en octobre dernier. Aujourd’hui les FDS de plus en plus nombreuses, mieux armées et structurées, contrôlent une vaste zone correspondant grossièrement à la rive droite de l’Euphrate et continuent d’affronter les djihadistes dans l’est du pays.

        Lire aussi :
         

                Les derniers jours de la bataille de Rakka



Les frappes aériennes turques, une première à Afrin, interviennent alors que le soutien de la coalition aux FDS tend à se confirmer pour la période de l’après-Etat islamique, et ce malgré la position turque. Présentant le plan de Washington pour la Syrie mercredi, le secrétaire d’Etat américain Rex Tillerson a ainsi indiqué que les forces américaines engagées auprès des FDS allaient rester sur le terrain pour continuer la lutte contre les djihadistes, faire pièce à l’influence de l’Iran dans la zone et accompagner un changement politique en Syrie. Il s’agit de fait d’un premier signe allant dans le sens d’une forme de reconnaissance par la coalition du projet politique décentralisateur porté par l’encadrement civil des FDS. Jusqu’à présent, les relations s’étaient cantonnées au domaine militaire.
Jeudi, l’annonce, démentie depuis par un responsable américain, de la création d’une « force frontalière » de 30 000 hommes issue des FDS et soutenue par la coalition, a déclenché une crise entre Ankara et Washington, dont les frappes de samedi sur Afrin sont un des prolongements.

        Lire aussi :
         

                Dans le nord de la Syrie, le « laboratoire » kurde



Zone d’influence de la Russie
Au moment où les FDS semblent pouvoir s’installer dans leur position de force, l’opération en cours cible leur maillon faible. Située à l’extrême nord-ouest de la Syrie, la petite ville d’Afrin, arrière-pays de collines plantées d’oliviers et dépendances à majorité arabe, est détachée de l’ensemble territorial bâti par les FDS à l’est auquel la protection de la Coalition internationale est limitée. Afrin, se trouve dans la zone d’influence de la Russie qui dispose d’une présence militaire sur place, contrôle l’espace aérien dans cette partie du pays et a dû donner son feu vert à Ankara pour que l’aviation turque envoie ses appareils dans le ciel de l’enclave kurde.
D’après une source proche des autorités kurdes, une opération terrestre de grande ampleur impliquant directement les forces armées turques au sol, en renfort de leurs alliés issus de la rébellion, resterait possible mais peu probable. Notamment du fait des pressions diplomatiques exercées sur Ankara par les puissances partenaires des FDS. « L’opinion dominante, c’est que l’aviation turque va poursuivre ses frappes pendant quelques jours avec des accrochages terrestres contre les groupes armés pro-turcs à la marge », fait savoir cette source. Les risques d’escalades ne peuvent cependant pas être écartés.
Vendredi, Murat Karayilan, un des plus hauts cadres du PKK a déclaré que son organisation « ne resterait pas spectateur tout comme à (…) Kobané » face aux opérations turques à Afrin, avant d’appeler le peuple kurde à la mobilisation. Une réaction du mouvement kurde sur le territoire turc mettrait en péril la position de la coalition, qui entend maintenir l’idée d’une distinction entre le mouvement kurde et ses alliés syriens.



                            


                        

                        


<article-nb="2018/01/22/19-19">
<filnamedate="20180122"><AAMM="201801"><AAMMJJ="20180122"><AAMMJJHH="2018012219">
<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-19"> ¤ Mme McDonald a réaffirmé l’objectif du parti de voir l’Irlande réunifiée et a aussi déclaré vouloir « voir le Sinn Fein accéder au pouvoir, en Irlande du Nord et en République d’Irlande ».
<filname="PROF-0,2-3214,1-0,0-19"> ¤                     
                                                

Irlande : Mary Lou McDonald succédera à Gerry Adams à la tête du Sinn Fein

Mme McDonald a réaffirmé l’objectif du parti de voir l’Irlande réunifiée et a aussi déclaré vouloir « voir le Sinn Fein accéder au pouvoir, en Irlande du Nord et en République d’Irlande ».



Le Monde
 |    20.01.2018 à 14h03
   





                        


Le leader historique du Sinn Fein, Gerry Adams, a annoncé, samedi 20 janvier, que son bras droit Mary Lou McDonald lui succéderait à la présidence du parti irlandais, formation longtemps décrite comme la vitrine politique de l’IRA.
Lors d’une réunion de la direction du parti à Belfast, Gerry Adams a annoncé que les nominations pour le poste étaient closes. Mary Lou McDonald était la seule candidate. « Merci d’accueillir la présidente élue de notre parti, Mary Lou McDonald », a annoncé Gerry Adams à la tribune avant de lui céder la place.
Dans son discours, la nouvelle présidente a salué son prédécesseur. « Je ne peux pas rentrer dans les chaussures de Gerry Adams mais la bonne nouvelle, c’est que j’ai apporté les miennes », a-t-elle déclaré sous les applaudissements. Elle a réaffirmé l’objectif du parti de voir l’Irlande réunifiée et a aussi déclaré vouloir « voir le Sinn Fein accéder au pouvoir, en Irlande du Nord et en République d’Irlande ».
Mary Lou McDonald, 48 ans, vice-présidente du parti nationaliste, devrait être confirmée dans ses nouvelles fonctions lors d’un congrès extraordinaire, le 10 février.
Renouvellement générationnel
Tous les autres poids lourds du parti avaient décidé de ne pas se lancer dans la course à la présidence du parti ou avaient apporté leur soutien à Mary Lou McDonald, bras droit de Gerry Adams depuis des années. Après trente-quatre ans passés à la tête du Sinn Fein, M. Adams avait annoncé en novembre qu’il quitterait cette année la présidence du parti qu’il incarnait depuis 1983, au nom du renouvellement générationnel.

        Lire aussi :
         

                Irlande : le chef du Sinn Fein, Gerry Adams, annonce son départ en 2018



Indissociable de la période des « Troubles », les violences qui ont fait plus de 3 500 morts sur trois décennies en Irlande du Nord en opposant les communautés unioniste et nationaliste, il avait déclaré vouloir laisser la place à de nouveaux visages, notamment pour permettre au parti de progresser en tant que force politique.



                            


                        

                        


<article-nb="2018/01/22/19-20">
<filnamedate="20180122"><AAMM="201801"><AAMMJJ="20180122"><AAMMJJHH="2018012219">
<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-20"> ¤ Dans une tribune au « Monde », plusieurs économistes, dont Thomas Philippon et Agnès Bénassy-Quéré, plaident pour un processus de nominations le plus transparent et ouvert possible et le choix d’experts qualifiés.
<filname="PROF-0,2-3214,1-0,0-20"> ¤                     
                                                

L’après-Mario Draghi à la Banque centrale européenne : « attention danger »

Dans une tribune au « Monde », plusieurs économistes, dont Thomas Philippon et Agnès Bénassy-Quéré, plaident pour un processus de nominations le plus transparent et ouvert possible et le choix d’experts qualifiés.



Le Monde
 |    20.01.2018 à 13h46
    |

                            Collectif (économistes)








                        


Tribune. Lundi 22 janvier, l’Eurogroupe, le conseil des ministres des finances de la zone euro, ouvre le bal du renouvellement des dirigeants de la Banque centrale européenne (BCE). Pour rappel, la BCE est dirigée par son directoire, composé de six membres nommés pour huit ans et non renouvelables. Ce sont eux qui préparent les décisions, généralement avalisées par le Conseil des gouverneurs qui inclut, en plus du directoire, les gouverneurs de toutes les banques centrales de la zone euro. Les dirigeants de la BCE sont nommés par les chefs d’Etats et de gouvernements sur recommandation de l’Eurogroupe.

        Lire aussi :
         

                BCE : la course à la succession de Mario Draghi est lancée



Dans les deux ans qui viennent, quatre des six membres du directoire de la BCE vont achever leur mandat. Le premier remplacement aura lieu dans les semaines qui viennent. Or les candidats sont rares, conditionnant l’ensemble des nominations qui vont suivre. La prochaine nomination aura une influence importante sur celles qui suivront, en raison de règles tacites de répartition géographique Nord-Sud au sein de la zone euro. La démocratie européenne étant encore à ses balbutiements, le Parlement européen ne peut arrêter ce train : il donne seulement un avis consultatif et son poids reste faible en pratique.
« Les personnes devraient être nommées en fonction de leurs compétences et non en fonction de précaires équilibres géographiques ou politiques ».
C’est pourquoi nous pensons que les quatre processus de nomination à venir devraient être les plus transparents et les plus ouverts possibles, avec pour but de nommer les personnes en fonction de leurs compétences et non en fonction de précaires équilibres géographiques ou politiques.
Si le mandat de la BCE est d’assurer la stabilité des prix et la stabilité financière, en pratique elle a un rôle beaucoup plus large dans l’économie, la stabilité financière et le bien-être des citoyens européens. Mais la politique monétaire et les questions financières sont des questions arides et techniques qui ne mobilisent pas les opinions publiques. Elles ne semblent pas non plus au cœur des préoccupations des gouvernements, qui sont tentés de considérer les nominations à la BCE comme faisant partie du jeu habituel de partage des postes de prestige international.
Un travail crucial et hautement technique
Pourtant, après l’expérience dévastatrice de la crise de la zone euro, il devrait être évident que ces nominations sont d’une très grande importance : sans la BCE, la zone euro aurait connu une crise encore plus dramatique, ou aurait explosé. Ceux qui ont connu l’inflation à deux chiffres des années 1980 devraient aussi se rappeler que les banques centrales ont souvent failli par le passé.
Or, précisément parce que le travail de la BCE est hautement technique, ceux qui en ont la responsabilité doivent être des experts parfaitement qualifiés. Ils doivent être au fait des connaissances les plus pointues sur la monnaie et ses effets économiques, et ils doivent comprendre comment fonctionnent les marchés financiers. Durant la crise financière, on a vu les banques centrales innover sur tous les fronts, mettant à profit ce type de connaissances. Les conséquences de cette crise ont été profondes, avec son cortège de chômeurs et la montée des inégalités, suivies de la montée des populismes, mais cela aurait pu être bien pire !
Penser aux femmes
Les chefs d’Etat et de gouvernement ont nombre de dossiers urgents à traiter et cette question pourrait ne pas leur paraître primordiale. Ce serait une erreur. Le mandat des membres du Conseil exécutif est de huit ans. Durant ces années, bien des choses peuvent se produire et il est essentiel de savoir que la BCE est entre des mains hautement compétentes. Ce n’est pas parce que l’enjeu – la survie à long terme de l’euro, tout simplement – est distant qu’il n’est pas crucialement important.
Heureusement, l’Europe ne manque pas d’experts de haut niveau. La plupart d’entre eux ne fréquentent pas nécessairement les allées du pouvoir. Il faut les identifier là où ils sont, y compris en pensant aux femmes puisqu’une seule (sur six) est actuellement en poste. Enfin, il faut traiter la question de manière ouverte, en s’entourant d’avis compétents. Avoir le bon passeport au bon moment ne peut pas servir de critère principal.
Signataires : Charles Wyplosz, professeur d’économie à l’Institut des hautes études internationales et du développement de Genève (Suisse), Thomas Philippon, professeur d’économie à la NYU Stern (Etats-Unis), Pierre-Olivier Gourinchas, professeur d’économie à l’université de Berkeley (Etats-Unis), Jacques Delpla, chercheur associé à l’Ecole d’économie de Toulouse, et Agnès Bénassy-Quéré, professeur d’économie à l’Ecole d’économie de Paris.



                            


                        

                        

