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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-1"> ¤ Le chef de l’Etat invite 140 PDG au château de Versailles lundi et se rendra à Davos mercredi pour y défendre l’attractivité de la France.
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Emmanuel Macron se pose en héraut du « France is back »

Le chef de l’Etat invite 140 PDG au château de Versailles lundi et se rendra à Davos mercredi pour y défendre l’attractivité de la France.



Le Monde
 |    22.01.2018 à 06h40
 • Mis à jour le
22.01.2018 à 18h01
    |

            Cédric Pietralunga (avec Solenn de Royer)








                        



   


Petits fours et Roi-Soleil. Persuadé que l’attractivité est aussi affaire de symbole, Emmanuel Macron doit recevoir, lundi 22 janvier, quelque 140 patrons de multinationales étrangères et françaises dans l’enceinte du château de Versailles, lors d’un sommet baptisé « Choose France » (« Choisir la France »), auquel devait également participer une partie du gouvernement. Objectif : leur vendre l’Hexagone comme « le lieu où il faut être », selon l’expression d’un conseiller du chef de l’Etat.
Pour persuader ces « global leaders » de faire un détour par la France sur la route du Forum économique de Davos (Suisse), prévu du 23 au 26 janvier, l’Elysée a mis les petits plats dans les grands : déjeuner avec le premier ministre Edouard Philippe, rencontres en « format speed dating » avec seize membres du gouvernement, dont Jean-Yves Le Drian, Bruno Le Maire et Agnès Buzyn, conférence sur l’intelligence artificielle avec le mathématicien et député La République en marche (LRM) Cédric Villani ou sur les JO de 2024 à Paris avec le triple champion olympique Tony Estanguet…
M. Macron était lui-même attendu à Versailles en fin de journée, où il devait notamment s’entretenir en tête-à-tête avec Sheryl Sandberg, la numéro 2 de Facebook, et Sundar Pichai, le PDG de Google. Il devait également prononcer un discours – en anglais – devant les chefs d’entreprise présents, dont Lloyd Blankfein (Goldman Sachs), Vasant Narasimhan (Novartis), Jamie Dimon (JPMorgan), James Quincey (Coca-Cola) ou Emmanuel Faber (Danone). Il devait ensuite participer à un dîner signé par le chef étoilé Alain Ducasse et servi dans la galerie des Batailles, la plus vaste pièce du château, où sont exposés trente-trois tableaux représentant les plus grandes victoires françaises.
« Diagnostic lucide de la mondialisation »
« Sur la route de Davos, nous avons profité du fait que les leaders économiques venaient en Europe pour faire un stop à Paris, inviter 100 PDG des plus grands groupes mondiaux et construire avec eux 100 projets pour la France », justifie l’entourage du chef de l’Etat, qui assure qu’une dizaine de projets d’investissement seront dévoilés à cette occasion, pour un montant total d’environ 3 milliards d’euros qui seront « déployés sur trois à cinq ans », selon l’Elysée. « Emmanuel Macron fait le pari de l’attractivité et il sait que cela passe aussi par des symboles, car derrière ces symboles il y a des entreprises et donc des emplois », approuve Christophe Castaner, délégué général de LRM et secrétaire d’Etat chargé des relations avec le Parlement.

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Dans la foulée de Versailles, le président de la République se rendra à Davos, mercredi, pour y rencontrer le gotha économique et politique mondial, qui se réunit tous les ans dans la station suisse des Grisons afin de réfléchir sur l’avenir de la planète. « Les deux événements sont liés et s’inscrivent dans la vision de la diplomatie française du chef de l’Etat, dont l’attractivité fait partie intégrante », explique un proche de M. Macron. L’ancien banquier d’affaires y prononcera un discours où, selon son entourage, il posera « un diagnostic lucide de la mondialisation » et « proposera une vision (…) pour le monde de demain ».
Avec ces deux événements, Emmanuel Macron entend surfer sur l’effet de blast qu’a entraîné son élection à travers l’Europe et au-delà, afin de convaincre les entreprises étrangères d’investir davantage en France et les cadres de haut niveau de rejoindre l’Hexagone, à la suite notamment du Brexit.
« Cela fait partie des signaux qu’il faut envoyer car beaucoup de décisions de chefs d’entreprise sont irrationnelles. Notre pays doit donner envie et l’image que renvoie le chef de l’Etat est un atout », justifie Sylvain Maillard, député (LRM) de Paris, lui-même patron d’une société de distribution de composants électroniques. « Il faut attirer les premiers de cordée, c’est ça qui compte, le retour de la France dans l’économie mondiale », abonde Bruno Roger-Petit, le porte-parole de l’Elysée.
« Il faut attirer les premiers de cordée, c’est ça qui compte, le retour de la France dans l’économie mondiale » Bruno Roger-Petit, le porte-parole de l’Elysée
Lorsqu’il était secrétaire général adjoint de l’Elysée, entre 2012 et 2014, Emmanuel Macron avait été marqué par l’effet repoussoir de la taxe à 75 % sur les hauts revenus décidée par François Hollande. Celle-ci avait beau n’être que temporaire et ne toucher qu’une poignée de dirigeants – seuls les revenus supérieurs à 1 million d’euros étaient concernés –, elle avait provoqué la défiance des multinationales. Avec ses ordonnances réformant le code du travail ou la réduction de l’impôt sur les sociétés, qui doit passer de 33,3 % à 25 % d’ici à la fin du quinquennat, le chef de l’Etat espère obtenir l’effet inverse.
Un sommet à huis clos
Mais en s’affichant à Versailles, puis à Davos, aux côtés des plus grands patrons de la planète, Emmanuel Macron prend également le risque de donner de la consistance à l’étiquette de « président des riches » que l’opposition tente de lui coller depuis plusieurs mois. « Qu’un chef de l’Etat se préoccupe d’attirer des investissements internationaux, qui s’en désolerait ? Mais Emmanuel Macron leur parlera-t-il aussi de leurs responsabilités sociales, environnementales, fiscales ? », interroge Boris Vallaud, député (PS) des Landes.

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Conscient du danger, l’Elysée a décidé que le sommet « Choose France » se déroulerait à huis clos, loin des caméras et des journalistes. Une première pour un tel événement : les précédents conseils stratégiques de l’attractivité organisés à l’Elysée avaient tous été couverts par les médias. Officiellement, il s’agit de « permettre des échanges directs » entre le chef de l’Etat et les PDG. De la même façon, Emmanuel Macron ne restera que quelques heures à Davos, juste le temps de prononcer son discours et d’échanger avec quelques dirigeants. Si Nicolas Sarkozy et François Hollande avaient eux aussi visité la station suisse, c’est la première fois qu’un président français s’y rend la première année de son mandat.
« Si Emmanuel Macron fait tout cela, c’est pour le bien du pays. Il ne se sent pas de cette caste [de dirigeants économiques], mais il sait que c’est nécessaire au redressement économique et financier du pays », assure Gilles Le Gendre, député (LRM) de Paris et vice-président du groupe à l’Assemblée nationale.
Pour donner corps à cet engagement et désamorcer les critiques, le chef de l’Etat devait se rendre lundi à l’usine Toyota d’Onnaing (Nord), quelques heures avant de rejoindre Versailles, afin d’y annoncer un investissement de 400 millions d’euros et la création de 700 emplois. Il sera également dans le Puy-de-Dôme jeudi et vendredi pour adresser ses vœux au monde rural, alors que l’opposition, et notamment Laurent Wauquiez, l’accuse de mépriser « la France des villages ». Loin, très loin de Davos.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-2"> ¤ Les négociations qui doivent se poursuivre mardi porteront sur les « créations d’emplois », « la sécurité des personnels » et « la question indemnitaire ».
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Prisons : les négociations se poursuivront mardi, les syndicats appellent à poursuivre le blocage

Les négociations qui doivent se poursuivre mardi porteront sur les « créations d’emplois », « la sécurité des personnels » et « la question indemnitaire ».



Le Monde
 |    22.01.2018 à 01h59
 • Mis à jour le
22.01.2018 à 17h53
   





                        



   


La réunion entre la garde des sceaux et les syndicats de personnel pénitentiaire (UFAP-UNSA, FO et CGT) en vue de trouver une sortie de crise aura duré plus d’une heure quarante, lundi 22 janvier, mais sans aboutir à un accord, après huit jours d’une mobilisation nationale.
Les négociations se poursuivront mardi, a annoncé la ministre. Les discussions porteront sur les « créations d’emplois », « la sécurité des personnels » mais aussi « la question indemnitaire », revendication des syndicats qui n’avait pas été abordée lors des précédentes réunions.

Le blocage des prisons va se poursuivre. @NBelloubet dit qu’elle est désormais prête à parler rémunération. Reste à ouvrir les négos...— JBJacquin (@JB Jacquin)


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A l’issue de la réunion, les syndicats ont de leur côté appelé à poursuivre mardi les opérations de blocage des établissements pénitentiaires partout en France. « Il est hors de question pour nous de suspendre le mouvement », a déclaré le secrétaire général de l’UFAP-UNSA (majoritaire, 40 %), Jean-François Forget. Son homologue à FO, Emmanuel Baudin, a lui appelé à « amplifier » le mouvement, qui est entré lundi dans sa deuxième semaine.
Un projet d’accord rejeté
Ce nouveau rendez-vous avait lieu deux jours après que les surveillants ont rejeté un projet d’accord négocié avec le gouvernement. L’UFAP-UNSA avait fait savoir qu’après avoir interrogé ses militants, il ne signerait pas le texte. La CGT-Pénitentiaire (environ 15 %) avait déjà annoncé qu’elle ferait de même, évoquant des propositions « bien en deçà des attentes des collègues mobilisés, notamment en termes de reconnaissance et d’attractivité de [ses] missions de service public [indemnité et statut] et de l’insuffisance de création de postes proposés ». FO-Pénitentiaire (environ 30 %), qui a fait cavalier seul depuis le début du mouvement, a appelé à durcir le ton.
Ce projet d’accord prévoyait notamment :
la création de 1 100 emplois de surveillant sur quatre ans, « dont une première tranche de 100 emplois dès 2018 » ;des mesures pour améliorer la sécurité des gardiens ;un régime de détention spécifique pour les « détenus terroristes et radicalisés ».
Les blocages se poursuivent
Faute de consensus sur les propositions du gouvernement, les blocages de prison se poursuivaient lundi. Les surveillants des 188 établissements pénitentiaires français étaient appelés au « blocage total » des prisons, dès 6 heures.
A 14 heures, l’administration pénitentiaire a indiqué que :
10 établissements sont bloqués ;dans 13 établissements, les agents de jour ont refusé de prendre leur service, un nombre record ;forces de l’ordre sont mobilisées dans sept établissements afin de remplacer les personnels en grève ;
Selon les syndicats (SNP-FO et UFAP-UNSA), ce sont au total entre 120 à 130 prisons qui ont été touchées dans la matinée par le mouvement de protestation des surveillants, le plus souvent par un retard volontaire de la prise de service ou des blocages levés après l’intervention symbolique des forces de l’ordre.
Nouvelles agressions
Des agressions à répétition alimentent la colère des gardiens, qui jugent leur profession dangereuse, mal payée et mal considérée. C’est l’attaque de surveillants par un détenu islamiste à Vendin-le-Vieil (Pas-de-Calais), le 11 janvier, qui a mis le feu aux poudres. Depuis, une série d’agressions dans plusieurs établissements du pays a ravivé le sentiment de ras-le-bol.

        Lire les témoignages de surveillants :
         

          En prison, « la violence physique devient de plus en plus fréquente »



Dimanche, la situation s’est tendue dans de nombreux établissements. Un surveillant et une surveillante ont notamment été agressés avec un pied de table en fer par un détenu à la prison de Longuenesse (Pas-de-Calais). Ils ont été conduits à l’hôpital, dimanche, vers 18 h 30. « Ils ont de nombreuses contusions aux bras et sont touchés psychologiquement », a détaillé Yannick Lefebvre, du syndicat UFAP-UNSA à la prison de Longuenesse.
L’agresseur, un détenu de droit commun, a été placé en garde à vue, selon le secrétaire interrégional FO pénitentiaire Julien Martin. « On est très choqué, ça ne va faire qu’amplifier la grogne et il y aura un durcissement demain à Longuenesse, a-t-il dit. Les syndicats appellent à ne pas prendre les clefs : on peut s’attendre à ce que ce soit les policiers qui viennent gérer l’établissement. »

   


Un autre surveillant a été agressé au centre pénitentiaire de Châteauroux dimanche, selon le parquet, confirmant une information de La Nouvelle République. Des surveillants tentaient de maîtriser le détenu « en situation de violence » lorsque celui-ci a lancé une chaise en criant « Allahou akbar » (« Dieu est le plus grand »), blessant un des gardiens, qui s’est vu délivrer un jour d’incapacité temporaire de travail (ITT). Le détenu n’est pas connu pour être radicalisé. Placé en quartier disciplinaire, il doit être entendu lundi dans le cadre de l’enquête en cours. La maison d’arrêt de Châteauroux fait partie des établissements bloqués lundi matin.
Dimanche après-midi, toujours dans les Hauts-de-France, des dizaines de détenus dans les prisons de Maubeuge (Nord) et de Sequedin (Nord) avaient refusé de regagner leur cellule après la promenade. La situation est redevenue normale en fin de journée.




                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-3"> ¤ Jean-Raphaël Sandri, le candidat de Marine Le Pen, et Sophie Montel, la vice-présidente du parti de Florian Philippot, s’affrontent lors de la législative partielle des 28 janvier et 4 février.
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Entre le Front national et Les Patriotes, le duel de Belfort

Jean-Raphaël Sandri, le candidat de Marine Le Pen, et Sophie Montel, la vice-présidente du parti de Florian Philippot, s’affrontent lors de la législative partielle des 28 janvier et 4 février.



Le Monde
 |    22.01.2018 à 11h29
 • Mis à jour le
22.01.2018 à 11h34
    |

            Lucie Soullier (Envoyée spéciale à Belfort)








                        



                                


                            

Voilà bien longtemps que Marine Le Pen et Florian Philippot ne s’étaient retrouvés côte à côte. Sur les panneaux électoraux de la première circonscription du territoire de Belfort, leurs anciens sourires complices s’exposent en parallèle. Le hasard du tirage au sort a placé les affiches de leurs candidats à la législative partielle l’une à côté de l’autre. Au numéro 7, Sophie Montel, vice-présidente des Patriotes. « Avec le soutien de Florian Philippot », précise le poster. A sa gauche, Jean-Raphaël Sandri « avec Marine », la flamme et la griffe « FN ». Les ex-inséparables sont désormais adversaires.
Alors, lorsque Florian Philippot a annoncé son intention de venir soutenir Sophie Montel dans les rues de Belfort, ce samedi 20 janvier, le candidat frontiste confie avoir « organisé quelque chose, un peu exprès », le même jour. Gilbert Collard a accepté de se prêter au jeu. Tournée éclair des commerces, quelques clichés, quelques télés et un dîner militant avec en invité vedette le député frontiste du Gard : à une semaine du premier tour du 28 janvier, la riposte était installée.
Sophie Montel, elle, a commencé sa virée sans son ténor, sous la pluie et les aboiements des chiens abandonnés. Florian Philippot était en retard au rendez-vous donné à la Société protectrice des animaux (SPA) locale : l’ancien très médiatique numéro 2 du FN donnait une interview matinale dans la capitale. Les invitations se font plus rares, depuis son départ. Le voilà qui la rejoint finalement, dans la cage à chats. « Non, non », il n’en a pas lui-même. « Mais je m’occupe de celui de mon frère, c’est mon dernier lien avec Marine » – qui en a cinq, marmonne-t-il, sourire cinglant.

Les Patriotes ? « Connais pas. » Philippot ? « Non plus. »
Pour la première fois, le président fondateur des Patriotes – son nouveau titre depuis qu’il a claqué la porte du FN, ou a été poussé dehors, selon les comptes rendus...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-4"> ¤ Editorial. Erdogan a frappé, samedi, l’enclave kurde d’Afrin, dans le nord de la Syrie. Une offensive qui risque de tendre les relations entre Ankara et Washington.
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L’incursion turque en Syrie ce week-end est périlleuse

Editorial. Erdogan a frappé, samedi, l’enclave kurde d’Afrin, dans le nord de la Syrie. Une offensive qui risque de tendre les relations entre Ankara et Washington.



Le Monde
 |    22.01.2018 à 11h33
 • Mis à jour le
22.01.2018 à 14h55
   





                        


Editorial du « Monde ». Le répit aura été de courte durée. En lançant une offensive aérienne et terrestre dans le nord de la Syrie, samedi 20 janvier, la Turquie a ouvert un nouveau front dans la guerre qui déchire ce pays depuis six ans et déclenché, par la même occasion, la première bataille de l’après-Daech.
Avec un sens de l’à-propos dont le cynisme n’échappera à personne, le président Recep Tayyip Erdogan a baptisé cette opération « Rameau d’olivier ». L’incursion de troupes turques au sol, dimanche, dans la région d’Afrin, précédée de frappes aériennes menées par des avions turcs, vise, selon Ankara, à établir une zone tampon de 30 kilomètres dans cette région frontalière de la Turquie.

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                Syrie : l’armée turque poursuit son offensive dans l’enclave kurde d’Afrin



Pourquoi M. Erdogan prend-il le risque immense de remettre le feu aux poudres dans la région, alors que les ruines de l’organisation Etat islamique sont encore fumantes ? Parce qu’il veut à tout prix empêcher la constitution d’un espace aux mains des Kurdes aux frontières de la Turquie. Cette détermination à faire de cette cause un « combat national », comme il l’a présentée dimanche à ses concitoyens, a tourné à l’obsession. Afrin est l’un des cantons de la Rojava, ou Kurdistan syrien, la « patrie » kurde. Ce canton est contrôlé par les milices kurdes des Unités de protection du peuple (YPG), bras armé du Parti de l’union démocratique (PYD), lui-même considéré comme la branche syrienne du PKK, le Parti des travailleurs du Kurdistan. Or le PKK, impliqué dans une guérilla en Turquie, est classé comme organisation terroriste par Ankara, mais aussi par une bonne partie de la communauté internationale, dont les Etats-Unis et l’Union européenne.
Le grand jeu des alliances relancé
L’affaire ne serait qu’un nouveau foyer de tension régional dans une zone qui n’en manque pas, si le YPG n’était directement soutenu par les Etats-Unis. Washington s’est, en effet, très largement appuyé depuis 2014 sur ses combattants pour porter l’offensive contre l’organisation Etat islamique en Syrie, sans avoir à déployer des troupes américaines au sol. Le fait que la Turquie et les Etats-Unis soient alliés au sein de l’OTAN ajoute un peu plus de complexité à l’histoire. De récentes déclarations du secrétaire d’Etat américain Rex Tillerson sur le maintien de l’aide militaire de Washington dans la région frontalière turco-syrienne ont été très mal interprétées à Ankara, provoquant l’ire du président Erdogan, qui y a vu un nouveau soutien aux Kurdes alliés au PKK.
L’opération « Rameau d’olivier » relance donc le grand jeu des alliances dans la tragique affaire syrienne. La Russie semble avoir laissé faire, retirant ses propres troupes d’Afrin et évitant apparemment d’intercepter les avions turcs alors qu’elle contrôle l’espace aérien du nord de la Syrie. Moscou s’est certes déclaré « préoccupé » par l’intervention de la Turquie, mais s’est empressé d’en attribuer la responsabilité aux Etats-Unis et à leurs « mesures provocatrices visant à séparer » les régions kurdes des pays qui les abritent. La Russie reproche également au Pentagone une « livraison incontrôlée d’armements modernes » au YPG dans le nord de la Syrie.
La France a demandé une réunion du conseil de sécurité de l’ONU sur la question. Cela n’arrêtera sans doute pas la très périlleuse incursion turque, mais elle permettra au moins à M. Erdogan de recenser ses soutiens.
Le compte sera vite fait. Pour l’heure, Ankara ne peut se targuer de l’appui d’aucune grande puissance dans cette irresponsable échappée solitaire.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-5"> ¤ Une victoire des coéquipiers de Nikola Karabatic face à des Serbes déjà éliminés rapprocherait les Experts des demi-finales.
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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-6"> ¤ Les excuses du pape font suite au tollé provoqué par son soutien apporté à un évêque chilien controversé, faute, selon lui, de « preuve » à son encontre.
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Le pape François présente des excuses aux victimes d’abus sexuels

Les excuses du pape font suite au tollé provoqué par son soutien apporté à un évêque chilien controversé, faute, selon lui, de « preuve » à son encontre.



Le Monde
 |    22.01.2018 à 18h37
 • Mis à jour le
22.01.2018 à 18h41
   





                        



   


Le pape François a présenté, lundi 22 janvier, « des excuses » aux victimes d’abus sexuels, après le tollé provoqué au Chili par son soutien à un évêque chilien controversé, faute, selon lui, de « preuve » à son encontre, un mot dont il a reconnu qu’il avait « blessé ».
« Le jour où vous m’apportez une preuve contre l’évêque Barros, je vous parlerai. Il n’y a pas une seule preuve contre lui. Tout est calomnie. C’est clair ? », avait lancé abruptement jeudi le pontife argentin, apostrophé par des journalistes au Chili.
Dans ce pays où le catholicisme est en chute, François a aussi choqué en donnant une accolade à Mgr Juan Barros, évêque soupçonné d’avoir gardé le silence sur les agissements d’un vieux prêtre pédophile défroqué par le Vatican.
« Je dois présenter des excuses parce que le mot “preuve” a blessé tant de personnes victimes d’abus », a déclaré François lors d’une conférence de presse dans l’avion qui le ramenait à Rome. « Entendre le pape leur dire en face “apportez-moi une lettre avec la preuve”, c’est une gifle et je me rends compte maintenant que mon expression n’a pas été heureuse », a-t-il dit.
Il a cependant rappelé que le Vatican avait enquêté sur Mgr Barros, sans trouver « d’élément pour le condamner ». Au risque de déplaire aux Chiliens, il s’est déclaré « convaincu » de l’innocence de l’évêque. « Vous me dites qu’il y a des victimes, mais je ne les ai pas vues, elles ne se sont pas présentées à moi », a-t-il argué, en reprenant son expression de « calomnie ».

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                Pédophilie : le pape François tancé par un cardinal



Tolérance zéro
Dans l’avion, le pape a estimé qu’il aurait dû parler d’« élément à charge ». « Le mot “preuve” n’était pas le meilleur pour me rapprocher d’un cœur endolori », a-t-il convenu. « Je sais qu’il y a beaucoup de personnes victimes d’abus qui ne peuvent apporter de preuve. »
« Je sais combien elles souffrent », a insisté François, qui a rencontré au Chili, en privé, deux victimes de prêtres pédophiles. Selon le Vatican, il a « prié et pleuré » avec elles. Le pape a confié :
« Le drame des victimes d’abus est horrible, horrible. Il y a deux mois, j’ai été en contact avec une femme victime il y a quarante ans. Mariée avec trois enfants, cette femme ne communiait pas depuis cette époque, parce que dans la main du curé, elle voyait la main de l’auteur d’abus sexuels. »
Samedi, le cardinal Sean Patrick O’Malley – qui dirige une commission antipédophilie en cours de renouvellement au Vatican – avait mis en avant la sincérité de François lorsqu’il prône la tolérance zéro contre la pédophilie dans l’Eglise.
Mais, dans une critique inhabituelle du pape, il avait jugé « compréhensible » que les propos du souverain pontife aient pu provoquer « une grande douleur ». « Sa déclaration a été très juste », a estimé le pape dans l’avion. « Il a rappelé tout ce que j’ai fait et ce que je fais, et ce que fait l’Eglise, et puis il a dit la douleur des victimes. »



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-7"> ¤ Agé de 79 ans, Jean-Claude Gaudin est devenu maire de Marseille pour la première fois en 1995 et a été réélu pour un quatrième mandat en 2014 face au socialiste Patrick Mennucci.
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Jean-Claude Gaudin confirme qu’il ne briguera pas un cinquième mandat à la mairie de Marseille

Agé de 79 ans, Jean-Claude Gaudin est devenu maire de Marseille pour la première fois en 1995 et a été réélu pour un quatrième mandat en 2014 face au socialiste Patrick Mennucci.



Le Monde
 |    22.01.2018 à 16h08
 • Mis à jour le
22.01.2018 à 16h32
   





                        



   


Vers la fin de l’ère Jean-Claude Gaudin à Marseille. L’édile, qui en est à son quatrième mandat à la tête de la cité phocéenne, a confirmé sur son compte Twitter lundi 22 janvier qu’il ne se représenterait pas aux élections municipales de 2020.

Je ne me représenterai pas ni aux Municipales de 2020 ni à la Métropole— jcgaudin (@Jean-Claude GAUDIN)


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Aujourd’hui âgé de 79 ans, Jean-Claude Gaudin est devenu maire de Marseille pour la première fois en 1995 et a été réélu pour un quatrième mandat en 2014 face au socialiste Patrick Mennucci. Touché par la loi sur le non cumul des mandats, le texte de 2014 interdisant aux parlementaires de cumuler leurs fonctions avec un mandat exécutif local, il a démissionné l’an dernier de son mandat de sénateur.

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L’hypothèse Castaner
Le sénateur Bruno Gilles et la présidente du conseil départemental des Bouches-du-Rhône, Martine Vassal, sont donnés favoris pour lui succéder à la mairie et à la métropole Aix-Marseille-Provence. M. Gaudin a d’ailleurs évoqué cette dernière dans un autre Tweet :
« A la Métropole Martine Vassal a souvent dit qu’elle souhaiterait me remplacer en 2020. Elle a d’ailleurs toutes les qualités nécessaires pour occuper cette fonction difficile. »

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                La rumeur sur l’« affection » de Castaner pour la mairie de Marseille



Une autre hypothèse a pris de l’épaisseur ces dernières semaines : la candidature du nouveau patron de La République en marche, Christophe Castaner. Ce dernier connaît bien le contexte local. Il a été vice-président du conseil régional de Provence-Alpes-Côte d’Azur et s’était présenté aux élections régionales de 2015 sous l’étiquette du Parti socialiste. Il avait alors été contraint de se retirer entre les deux tours pour faire échec à la frontiste Marion Maréchal-Le Pen, face à Christian Estrosi (Les Républicains).



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-8"> ¤ Dans sa chronique, Jean-Michel Bezat, journaliste au « Monde », explique pourquoi les industriels français rencontrent tant de difficultés à vendre leurs A380, TGV, Rafale ou autres EPR...
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édition abonné


« Quelle malédiction frappe les chefs-d’œuvre technologiques qui ont fait de la France une championne de l’innovation ? »

Dans sa chronique, Jean-Michel Bezat, journaliste au « Monde », explique pourquoi les industriels français rencontrent tant de difficultés à vendre leurs A380, TGV, Rafale ou autres EPR...



Le Monde
 |    22.01.2018 à 09h44
 • Mis à jour le
22.01.2018 à 11h13
   





                        



                                


                            
Chronique. Le superjumbo A380 d’Airbus vient d’éviter le décrochage et l’avenir du réacteur EPR d’EDF-Framatome s’écrit toujours en pointillé. Le TGV d’Alstom ne se vend plus et le Rafale de Dassault Aviation a longtemps traversé de fortes turbulences avant de voir le ciel se dégager en 2015… Mais quelle malédiction frappe donc ces chefs-d’œuvre technologiques qui ont fait de la France, disons-le sans chauvinisme, une championne de l’innovation dans l’énergie, le ferroviaire, l’aéronautique et la défense ?
Le dernier signal d’alarme a retenti dans la cabine de l’A380. L’avionneur européen avait prévenu mi-janvier que, sans nouvelle commande d’Emirates, il n’aurait « pas d’autre choix que d’arrêter » sa fabrication. Une menace cachant un chantage ? C’est la compagnie de Dubaï qui avait assuré son décollage, il y a dix ans, en achetant une centaine d’appareils plébiscités depuis par les passagers ; c’est elle qui l’a sauvé sur le fil en annonçant peu après l’achat providentiel de trente-six très gros porteurs, sauvant le programme dans l’attente d’éventuelles commandes chinoises.

Le revers commercial est plus patent pour l’EPR, le réacteur nucléaire de troisième génération lui aussi classé dans la catégorie des « poids super-lourds » pour sa puissance sans équivalent (1 650 MW) et son prix (10 milliards d’euros). Emmanuel Macron en fait toujours la promotion à l’étranger, même si la France n’en a écoulé que six en quinze ans (France, Chine, Finlande, Royaume-Uni). Paris se bat pour en confirmer deux autres outre-Manche, et surtout vendre une flotte à l’Inde et à l’Arabie saoudite, alors que les « têtes de série » construites à Flamanville (Manche) et Olkiluoto (Finlande) ne sont pas compétitives.
Explosion des coûts
Sortis du cerveau fécond d’ingénieurs français (et allemands), ces bijoux technologiques ont mobilisé des milliards, en partie déboursés par Paris et Berlin. Les exigences de sûreté, les tâtonnements...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-9"> ¤ La Turquie poursuit l’opération « Rameau d’olivier » contre les Kurdes, qui maîtrisent cette enclave du nord-ouest de la Syrie.
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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-10"> ¤ La proposition française suscite la controverse à Bruxelles, mais cherche à rassurer les Palestiniens face aux décisions de Trump.
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La France veut un accord d’association entre l’UE et la Palestine

La proposition française suscite la controverse à Bruxelles, mais cherche à rassurer les Palestiniens face aux décisions de Trump.



Le Monde
 |    20.01.2018 à 10h09
 • Mis à jour le
22.01.2018 à 06h43
    |

            Jean-Pierre Stroobants (Bruxelles, bureau européen avec Piotr Smolar (Tel Aviv, Correspondant)








                        



   


Un débat agitait la diplomatie européenne avant la visite à Bruxelles, lundi 22 janvier, du président palestinien Mahmoud Abbas, convié à un déjeuner de travail avec les ministres des affaires étrangères des Vingt-Huit. Cette rencontre intervient après la venue dans la capitale belge du premier ministre israélien, Benyamin Nétanyahou, le 11 décembre.
La France, soutenue par plusieurs capitales mais pas certaine de convaincre la totalité de ses partenaires, espère envoyer un « signal positif » à M. Abbas en lui promettant la perspective d’un accord d’association avec l’UE. Une mesure symbolique alors que les relations entre les responsables palestiniens et l’administration américaine sont au plus bas : M. Abbas refuse désormais toute médiation américaine avec Israël, après la reconnaissance unilatérale de Jérusalem par l’administration Trump comme capitale d’Israël, le 6 décembre 2017. Washington, en retour, exerce une pression financière : les Etats-Unis ont gelé une partie de leur contribution (65 millions de dollars, soit 53 millions d’euros, sur 350) à l’UNRWA, l’Office des Nations unies pour les réfugiés palestiniens au Proche-Orient.
Réticences
Les accords d’association régissent la coopération entre l’Union européenne et des pays tiers dans différents domaines (le commerce, la politique, la sécurité, etc.). Ils sont, en principe, conclus avec des Etats, or la Palestine n’en est pas un aux yeux d’une majorité de pays membres – dont la France. Neuf d’entre eux seulement (Suède, Pologne, République tchèque, Portugal, Hongrie, Bulgarie, Roumanie, Malte et Chypre) l’ont reconnue comme telle. La Palestine dispose d’un statut d’observateur auprès des Nations unies, dont elle n’est pas officiellement membre.
Paris souligne qu’un tel accord a été conclu avec la République du Kosovo, qui n’est pas non plus reconnue par l’ensemble de la communauté internationale. Et ajoute qu’aucun obstacle juridique ne peut entraver ce qui n’est d’ailleurs qu’une ébauche, puisque la négociation et l’adoption de telles dispositions nécessitent plusieurs années.
Il n’empêche, la pression exercée par Paris indispose certaines capitales. Londres, notamment, manifeste d’évidentes réticences, même à l’égard d’une simple déclaration. La Grande-Bretagne pourrait être appuyée par des pays comme la Pologne, la Hongrie ou la République tchèque, qui se sont abstenus aux Nations unies, le 21 décembre, lors du vote de la résolution condamnant la reconnaissance par Washington de Jérusalem comme capitale d’Israël.

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                Réfugiés palestiniens : « Il n’y a pas d’alternative à ce que fait l’agence de l’ONU »



D’autres pays jugent, en revanche, « plus qu’intéressante », selon un diplomate, l’initiative française. « Il faut adresser un signal à Abbas pour mieux appuyer nos demandes », ajoute cette source. Parmi celles-ci, la nécessité pour l’Autorité palestinienne d’améliorer sa gestion, d’affirmer son autorité et de « reprendre pied » à Gaza. Mais aussi de ne pas rompre tous les ponts avec Washington, quels que soient ses griefs et ses critiques à l’égard de M. Trump.
Après la polémique sur le budget de l’UNWRA et les reproches du président républicain, qui accuse l’Autorité palestinienne de refuser la négociation avec Israël, M. Abbas a menacé de ne plus reconnaître les Etats-Unis comme médiateurs. « On demandera à Abbas de ne pas claquer la porte, et de nous aider à l’aider », poursuit un diplomate.
« Ramener Abbas à la raison »
En clair, il s’agirait d’éviter que le dirigeant palestinien quitte une nouvelle fois Bruxelles avec de simples promesses et l’assurance, un peu vaine, que les Vingt-Huit continuent de défendre l’idée d’une solution à deux Etats. D’autant qu’il devrait surtout réclamer une augmentation de la contribution de l’UE à l’UNWRA et poser la question d’une reconnaissance, par l’ensemble de l’UE, de l’Etat palestinien. C’est parce qu’une réponse collective sur ce dernier point ne peut pas lui être apportée, faute d’unité européenne, que Paris a imaginé l’hypothèse d’un accord d’association.
S’il réclame davantage d’argent, le président se verra surtout rappeler que l’Union octroie chaque année 300 millions d’euros à l’Autorité palestinienne, un montant qu’elle soumet actuellement à un examen pour voir s’il peut être augmenté mais, surtout, s’il est correctement utilisé.
La volonté de la France de jouer un rôle-clé dans ce dossier est, en tout cas, confirmée par la presse israélienne, qui a rapporté qu’Aurélien Lechevallier, un conseiller d’Emmanuel Macron, avait été dépêché auprès de la direction palestinienne pour essayer de calmer sa fureur antiaméricaine. Paris nie agir à la demande de Washington : certaines sources évoquent la nécessité de « ramener Abbas à la raison » et une « continuité » dans les contacts noués par M. Macron depuis la visite de M. Abbas à Paris, le 22 décembre, puis la réception d’une délégation du Fatah, le 5 janvier.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-11"> ¤ La classe africaine (3). En Afrique de l’Est, le modèle d’écoles bon marché et de qualité pour les plus pauvres a fait rêver. Mais aujourd’hui, elles sont menacées de fermeture en Ouganda.
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Enquête

Au Kenya et en Ouganda, les écoles bon marché Bridge dans la tourmente

La classe africaine (3). En Afrique de l’Est, le modèle d’écoles bon marché et de qualité pour les plus pauvres a fait rêver. Mais aujourd’hui, elles sont menacées de fermeture en Ouganda.

Par                                            Marion Douet (Nairobi) et 
                            Gaël Grilhot (Kampala)




LE MONDE
              datetime="2018-01-22T18:25:39+01:00"

        Le 22.01.2018 à 18h25

     •
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          datetime="2018-01-22T18:31:57+01:00"

        Mis à jour le 22.01.2018 à 18h31






    
Manifestation organisée par Bridge pour protester contre la menace de fermeture de ses écoles en Ouganda, en décembre 2017.
Crédits : Gaël Grilhot


Lorsque la société Bridge a ouvert une école dans le village de Kiambu, au Kenya, Jessie n’a pas hésité longtemps. Dans un pays où offrir la meilleure éducation possible à ses enfants est une priorité, ce père de 25 ans a immédiatement inscrit sa fille Anette dans cet établissement vert pomme, qui n’est séparé de sa maison que par un petit champ de bananiers et de pommes de terre. C’était il y a cinq ans. Et malgré les critiques qui pleuvent aujourd’hui contre la chaîne américaine d’écoles bon marché, Jessie n’envisage pas que son aînée rejoigne les bancs de l’école publique ni qu’elle retourne à Saint-Joseph, l’institution catholique où elle était auparavant scolarisée.
« Ce qui est déterminant pour moi, c’est à la fois l’enseignement et les frais de scolarité », raconte-t-il en s’éloignant d’Anette, occupée à peler des légumes en cette période de vacances scolaires. Comme de nombreux parents pauvres, Jessie n’a pas confiance dans l’école publique, pratiquement gratuite mais victime du fort absentéisme des professeurs. Pour cet homme qui vit de petits boulots, la vingtaine de dollars mensuels demandés par l’école Saint-Joseph (soit le coût minimum du privé au Kenya, où l’on grimpe rapidement à plusieurs centaines de dollars par mois) était un fardeau. Affichant des frais scolaires de 7 dollars (5,70 euros) mensuels, Bridge a promis de résoudre son dilemme. Tout en s’engageant à fournir à Anette une éducation de qualité. Grâce, notamment, au digital, placé au cœur des enseignements.
Si les classes de Bridge sont sommaires – quatre pans de tôles, un tableau noir, de petits bancs en bois –, chacune possède une tablette numérique connectée. Tous les matins, le professeur utilise cet outil pour pointer sa présence (l’entreprise revendique moins de 1 % d’absentéisme) et pour délivrer la leçon du jour.
Un « miracle » qui rencontre de fortes réticences
Inédit, innovant, et très ambitieux, le lancement de ce modèle pensé par un couple d’Américains – Jay Kimmelman et Shannon May – a été soutenu par des investisseurs de premier plan, publics et privés. Ils ont misé plus de 100 millions de dollars (81,5 millions d’euros) pour voir cette « solution miracle » devenir réalité. Son développement a d’abord été fulgurant. En 2009, Bridge ouvrait sa première école à Mukuru, un bidonville de Nairobi. En 2015, la chaîne gérait 400 établissements au Kenya et 63 en Ouganda (plus récemment, elle s’est étendue au Nigeria et au Liberia). Mais sur le terrain, le « miracle » a aussi rencontré de fortes réticences.
À l’été 2016, un bras de fer s’est engagé avec l’Ouganda. La ministre de l’éducation Janet Museveni – par ailleurs épouse du président – annonçait alors la fermeture des écoles Bridge, dénonçant « la pauvreté de l’hygiène et des sanitaires », mais aussi un matériel pédagogique « ne favorisant pas l’interaction entre les élèves et le professeur ». Globalement, les autorités reprochaient au groupe d’opérer sans autorisation et sans remplir les standards minimums ougandais.

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                Pourquoi l’Ouganda veut stopper l’expansion des écoles low cost



Dans cette bataille politico-judiciaire, très néfaste à son image, l’entreprise s’est d’abord montrée combative, organisant même une journée de protestation où les enfants, dans leur uniforme vert, imploraient de garder leur école ouverte. Elle a porté l’affaire en justice et obtenu une suspension de la décision. L’heure est désormais à la négociation. Les autorités cependant se veulent fermes : « Nous les avons avisés de ne pas ouvrir en février [date de la rentrée scolaire] s’ils ne sont pas titulaires d’un permis », insiste Patrick Muinda, porte-parole du ministère ougandais de l’éducation, pour qui cette exigence doit concerner tous les établissements ougandais.
Déboires judiciaires
Difficile, pourtant, de dire si la menace sera mise à exécution. La volonté politique de voir des écoles fermer n’est tout d’abord pas évidente. Il est ensuite laborieux d’établir quels sont les fameux « standards minimums » que Bridge ne remplit pas. Droite dans ses bottes, et jouant sur ce flou, l’entreprise minimise la menace. « Les écoles sont opérationnelles en Ouganda », maintient Kagure Wamunyu, la nouvelle et chaleureuse directrice de la stratégie, recrutée chez Uber.
La réponse est similaire au sujet des déboires judiciaires – bien moindres – de Bridge au Kenya, où une décision de justice visant à fermer dix écoles à Busia, dans l’Ouest, a été suspendue en 2017 : « Affaire classée ». Bridge renvoie volontiers la balle à l’administration quant à l’enregistrement de ses écoles, quitte à jouer sur les mots. « Il existe un processus [de certification], (…) et toutes nos écoles sont dans le processus », répète-t-elle tout en reconnaissant qu’à ce jour, seules certaines l’ont achevé.

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                La classe africaine : découvrez notre série consacrée à l’éducation



Cette attitude fait bondir Zulekha Amin. La représentante de l’association kényane de défense des droits Hakijamii estime que l’entreprise s’est sciemment développée sans autorisation et, forte de ses 80 000 élèves, met aujourd’hui les autorités devant le fait accompli. « Nous n’avons pas de problème avec eux s’ils respectent la loi », lâche-t-elle, exaspérée, en brandissant une lettre du ministère de l’éducation (qui, sourd à nos demandes, n’a pas authentifié ce document de juin 2017) demandant à Bridge de remplir plusieurs exigences légales, notamment le suivi du programme scolaire national et la formation des professeurs. Leurs conditions de travail mais aussi la qualité des cours font également l’objet de critiques d’autres ONG comme Global Initiative, et de certains syndicats de professeurs tels que KNUT au Kenya et UNATU en Ouganda.

    

Crédits : Infographie "Le Monde"


D’anciens salariés de Bridge confirment en partie ces griefs. A Nairobi, une ancienne directrice raconte avoir démissionné en raison d’abord du salaire, « environ 100 dollars mensuels [40 en Ouganda], pour lesquels il faut aussi assurer le recrutement des élèves ». Mais cette mère de deux enfants évoque surtout l’anxiété qu’elle éprouvait à refuser l’entrée aux élèves en retard de paiement. « Les parents travaillent, ils nous laissent leurs enfants sur les bras, je les gardais donc parfois. C’est interdit, cela m’a valu des réductions de salaire ! », se souvient cette femme dynamique.
Corruption endémique du secteur public
Dans le village kényan de Jessie, la formation elle-même est rarement remise en cause. Lui se dit très satisfait des progrès de sa fille Anette, notamment « en anglais et en mathématiques ». Mais la question du programme scolaire l’inquiète : « Au final, c’est sur ce programme que ma fille passera le KPCE », l’examen qui sanctionne la fin du primaire au Kenya. Bridge met régulièrement en avant ses « résultats fantastiques » (+10 % de réussite par rapport au public) à cette sacro-sainte épreuve mais, là encore, le ministère n’est pas là pour le confirmer.
Voisine de Jessie, Margaret a quant à elle retiré ses enfants de Bridge, disant avec gêne et dans un anglais incertain, « préférer le public ». Au village, on raconte surtout que cette femme seule ne parvenait pas à payer les frais pour ses trois enfants, même à 7 dollars par mois, un chiffre contesté par l’association Hakijamii, qui avance un montant moyen de « 17 dollars au Kenya, en incluant les coûts additionnels tels les uniformes et les repas ».

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                L’Ethiopie mise sur la formation d’une main-d’œuvre qualifiée pour s’industrialiser



Plus largement, « pro » et « anti » Bridge se déchirent sur le modèle même d’une éducation payante pour les plus pauvres. Qui plus est à but lucratif. Et quand les « anti » militent pour un soutien accru au secteur public, les « pro » en rappellent la corruption endémique. Reste que Bridge n’a pour l’instant que le statut de « for-profit ». Avec un nombre d’élèves en baisse, Bridge a admis début 2017 une perte de 12 millions de dollars (9 800 000 euros), lors d’une audition de Shannon May devant le Parlement britannique. Là encore, le groupe y voit la conséquence des attaques subies. Et ses détracteurs la preuve de l’échec de son modèle.

Sommaire de notre série La classe africaine

        Deuxième épisode
         

          L’Ethiopie mise sur la formation d’une main-d’œuvre qualifiée pour s’industrialiser



        Premier épisode
         

          Enseignement supérieur : en Ethiopie, la quantité prime sur la qualité



        Présentation de notre série
         

          La classe africaine


De l’Ethiopie au Sénégal, douze pays ont été parcourus pour raconter les progrès et les besoins de l’éducation sur le continent.







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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-12"> ¤ Rodrigue Ngaibona était l’un des principaux chefs de milice anti-balaka à Bangui. Il était jugé pour des crimes commis entre octobre 2014 et janvier 2015.
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Compte rendu

Centrafrique : un ancien chef de guerre condamné à la perpétuité

Rodrigue Ngaibona était l’un des principaux chefs de milice anti-balaka à Bangui. Il était jugé pour des crimes commis entre octobre 2014 et janvier 2015.


Le Monde.fr avec AFP
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        Le 22.01.2018 à 17h56

     •
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        Mis à jour le 22.01.2018 à 18h00






    
Des miliciens anti-balaka à Bambari, le 31 juillet 2014.
Crédits : AFP/Andoni Lubaki


L’ex-chef de guerre anti-balaka Rodrigue Ngaibona, arrêté en 2015 en République centrafricaine (RCA), a été condamné lundi 22 janvier aux travaux forcés à perpétuité par la Cour criminelle de Bangui. Surnommé « général Andjilo », il a été reconnu coupable des cinq chefs d’accusation - assassinat, association de malfaiteurs, vols aggravés, séquestration, détention illégale d’armes et de munitions de guerre - pour une série de crimes commis à Bangui et sur la route de Bouca (300 km au nord de Bangui) entre octobre 2014 et janvier 2015.
Rodrigue Ngaibona était l’un des principaux chefs anti-balaka à Bangui avant d’être arrêté en 2015 par l’ONU dans le nord-ouest de la RCA. Il est notamment accusé d’avoir été l’un des meneurs des miliciens qui avaient lancé les massacres de musulmans en décembre 2013 à Bangui.

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« Il ne s’agit probablement que d’une première condamnation pour le Général Andjilo, l’accusation n’ayant couvert qu’une partie des crimes dont il est suspecté », a rappelé Me Mathias Morouba, président de l’Observatoire centrafricain pour les droits de l’Homme (OCDH). « Il n’est pas impossible qu’Andjilo puisse être appelé à répondre d’autres faits, qualifiables le cas échéant de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité, devant la Cour pénale spéciale », a-t-il ajouté. La CPS - en cours d’installation - est une juridiction spéciale composée en partie de juges internationaux et chargée, à terme, de juger les crimes les plus graves commis en RCA depuis le 1er janvier 2013.
La Fédération internationale des ligues des droits de l’Homme (FIDH), la Ligue centrafricaine pour les droits de l’Homme (LCDH) et l’Observatoire centrafricain pour les droits de l’Homme (OCDH) se sont félicités de cette condamnation qu’elles qualifient de « premier pas décisifs en attendant le jugement d’autres chefs de guerre ». L’avocat de la défense, Me Gonenzapa, a annoncé son intention de faire appel du jugement.

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Depuis un an, la République centrafricaine est de nouveau le théâtre d’un regain de violences exercées par des groupes armés. « Issus de l’ex-rébellion Séleka qui avait renversé le pouvoir en avril 2013, ou des groupes d’autodéfense anti-balaka constitués pour les combattre, ces groupes continuent de contrôler une large partie du territoire centrafricain, et de commettre des violations graves des droits humains », s’inquiète la FIDH.


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-13"> ¤ Selon le président du Parlement, Roger Torrent, M. Puigdemont a « une légitimité absolue pour être candidat », malgré sa situation judiciaire compliquée.
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Puigdemont proposé comme candidat à la présidence de la Catalogne

Selon le président du Parlement, Roger Torrent, M. Puigdemont a « une légitimité absolue pour être candidat », malgré sa situation judiciaire compliquée.



Le Monde
 |    22.01.2018 à 09h45
 • Mis à jour le
22.01.2018 à 16h14
   





                        


Le président destitué de la Catalogne, Carles Puigdemont, a été proposé comme candidat officiel à la tête de la région, lundi 22 janvier, a annoncé le président indépendantiste du Parlement, Roger Torrent.
« Je suis conscient de la situation personnelle et judiciaire de M. Puigdemont, mais je sais aussi qu’il a une légitimité absolue pour être candidat », a-t-il déclaré à propos de l’ancien président indépendantiste toujours en exil. Parti pour Bruxelles afin d’échapper à la justice espagnole, M. Puigdemont a quitté la Belgique lundi pour Copenhague, selon le quotidien espagnol El Pais et la télévision danoise. Il doit y participer à un colloque sur la Catalogne.
Destitué par Madrid, Carles Puigdemont est sous la menace d’un mandat d’arrêt européen s’il quitte la Belgique. Lundi, un juge espagnol a cependant rejeté la demande du parquet de réactiver ce mandat d’arrêt. En Belgique, il n’est pas recherché par la justice espagnole, notamment pour éviter des divergences d’interprétation entre juges belges et espagnols sur la gravité des délits qui lui sont reprochés, dont la rébellion.

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Investiture à distance ?
Lundi, le juge espagnol a estimé que le déplacement au Danemark de M. Puigdemont a justement pour but de « provoquer cette arrestation à l’étranger », dans le cadre d’une stratégie visant à se doter d’arguments pour être investi en son absence président de la Catalogne.
Carles Puigdemont entend bien être investi depuis Bruxelles, et ce pour éviter d’être arrêté dès qu’il foulerait le sol espagnol. Dans une interview à la radio catalane Catalunya Radio diffusée vendredi 19 janvier, le dirigeant indépendantiste a déclaré que s’il était en prison, il ne pourrait « ni [s’adresser] aux gens, ni écrire, ni recevoir de visiteurs. La seule manière est de pouvoir continuer à le faire en liberté, en sécurité. Je ne peux pas agir comme président [régional] si je suis prisonnier ».
Le gouvernement espagnol a toutefois averti qu’il s’opposerait à ce que M. Puigdemont soit élu en étant absent de Barcelone. Lundi, le président du Parlement catalan, Roger Torrent, a appelé le premier ministre espagnol, Mariano Rajoy, au dialogue. D’ici à la fin du mois, le parlement tiendra en principe une session d’investiture au cours de laquelle il débattra sur la candidature à distance de M. Puigdemont.

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« Nous n’allons pas capituler face à l’autoritarisme malgré les menaces de Madrid. Bientôt, nous formerons un nouveau gouvernement », a déclaré M. Puigdemont, quelques heures après la présentation officielle de sa candidature. A Copenhague, le dirigeant séparatiste a appelé au respect du processus démocratique.
« J’espère qu’un jour pas si lointain, la volonté de notre peuple prévaudra et que nous serons capables de créer avec succès un nouvel Etat. »
Les indépendantistes ont remporté la majorité des sièges au Parlement à l’issue des élections régionales anticipées du 21 décembre, convoquées après la dissolution du Parlement par Madrid et la mise sous tutelle de la région, en réponse à une proclamation unilatérale d’indépendance de la Catalogne. Voulues par le gouvernement de Mariano Rajoy, elles ont vu le Parti populaire du premier ministre s’effondrer, et le parti libéral unioniste Ciudadanos arriver en tête.




                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-14"> ¤ L’enseignante et auteure du « Mythe national », qui déconstruit les strates historiographiques et idéologiques sur lesquelles s’est fabriquée la légende scolaire de la IIIe République, s’est éteinte à Paris, à l’âge de 95 ans.
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L’historienne Suzanne Citron est morte

L’enseignante et auteure du « Mythe national », qui déconstruit les strates historiographiques et idéologiques sur lesquelles s’est fabriquée la légende scolaire de la IIIe République, s’est éteinte à Paris, à l’âge de 95 ans.



Le Monde
 |    22.01.2018 à 16h44
 • Mis à jour le
22.01.2018 à 18h11
    |

                            Antoine Flandrin








                        


Suzanne Citron aura gardé jusqu’à sa mort, le 22 janvier, à Paris, l’esprit critique chevillé au corps. Dans une tribune publiée sur LeMonde.fr, le 18 juillet 2017, l’historienne de 95 ans reprochait au président de la République, Emmanuel Macron, d’entretenir une confusion sur l’histoire de France en invitant le premier ministre israélien pour la commémoration de la rafle du Vél’d’Hiv. Le propos était bref – trois paragraphes –, mais sans concession.
« Je dénie formellement toute justification à la présence d’un homme cautionnant les exactions et les méfaits de la colonisation israélienne en Palestine et je récuse la sempiternelle et démagogique confusion entre antisémitisme et critique de l’Etat d’Israël », écrivait-elle.
Comme souvent lorsqu’elle prenait la plume, l’historienne rappelait son parcours, celui de Suzanne Grumbach, née le 15 juillet 1922, à Ars-sur-Moselle (Moselle), issue d’une famille bourgeoise juive, dont l’adolescence heureuse au lycée Molière, à Paris, fut brisée par la débâcle de juin 1940. Un « premier choc avec la grande histoire » qu’elle avait raconté dans Mes lignes de démarcation (Syllepse, 2003).
Elevée dans le culte de la France dreyfusarde et dans la mémoire de la Grande Guerre, elle éprouve la honte de la capitulation. Après que son père est fait prisonnier en Allemagne et que deux cousins sont raflés, elle passe la ligne de démarcation clandestinement à bicyclette, le 15 août 1941. A Lyon, elle poursuit ses études d’histoire tout en participant à des activités de résistance. Arrêtée par la Gestapo à Lyon, elle est internée à Drancy le 4 juillet 1944, avant d’être libérée le 17 août.
Prise de distance critique avec l’histoire de France
Agrégée d’histoire en 1947, elle exerce pendant plus de vingt ans comme professeur de lycée à Enghien-les-Bains (Val-d’Oise). La guerre d’Algérie sera pour elle un « second choc intérieur ». Révoltée par le vote des pouvoirs spéciaux en Algérie par le gouvernement du socialiste Guy Mollet en 1956, l’historienne se penche sur le colonialisme français, les enfumades pendant la conquête de l’Algérie, les répressions des années 1930 en Indochine et les massacres à Madagascar en 1947. Les révélations de ces occultations dans le récit national républicain traditionnel seront essentielles dans sa prise de distance critique avec l’histoire de France.
L’historienne mariée au musicologue, Pierre Citron, s’engage dans les mouvements pédagogiques des années 1960-1970 pour la rénovation des contenus de l’enseignement. Au lendemain de mai 1968, elle publie dans Le Monde un long point de vue intitulé Ce que nous attendons du ministère de l’éducation dans lequel elle esquisse les grandes lignes d’une réorganisation d’ensemble de la scolarité. Ses réflexions autour d’un abandon des programmes cloisonnés et encyclopédiques seront prolongées dans L’Ecole bloquée (Bordas, 1971).
Historienne de l’enseignement de l’histoire, sa thèse de doctorat, qu’elle soutient à l’université de Paris-X en 1974, s’intitule Aux origines de la Société des professeurs d’histoire : la réforme de 1902 et le développement du corporatisme dans l’enseignement secondaire (1902-1914). Devenue professeure à l’université de Villetaneuse (Paris-XIII), elle continue de signer régulièrement des tribunes dans Le Monde, appelant notamment, en 1982, à une « croisade» pour une école nouvelle qui se soucie des droits et des aspirations de l’enfant.
Travail de déconstruction
En 1985, l’historienne démissionne du Parti socialiste où elle militait depuis dix ans. Elle reproche au ministre de l’éducation, le socialiste Jean-Pierre Chevènement, d’avoir rétabli une histoire nationale plaçant la France au centre du monde. Retraitée, Suzanne Citron se consacre alors à la question qui la préoccupe : dans une France en mutation économique, sociologique, culturelle, quelle histoire enseigner ? Dans Enseigner l’histoire aujourd’hui. La mémoire perdue et retrouvée (Les Editions ouvrières, 1984), elle égratigne quelques stéréotypes de l’histoire nationale, critiquant notamment le fait qu’on enseigne encore la Grande Guerre comme une « victoire du droit ».
L’historienne notait des avancées majeures dans les programmes d’histoire au cours des trente dernières années
Un travail de déconstruction qu’elle poursuit dans Le Mythe national. L’histoire de France revisitée (Les Editions ouvrières, 1987). L’ouvrage démonte méthodiquement les strates historiographiques et idéologiques sur lesquelles s’est fabriquée la légende scolaire de la IIIe République, la projection dans le passé d’une France sans commencement, la substitution d’ancêtres gaulois aux ancêtres troyens des Francs, la construction d’une logique d’Etat remontant à Clovis et symbolisée par une succession de personnages glorieux.
Plusieurs fois réédité, l’ouvrage devient une référence. Dans sa dernière version (Les éditions de l’Atelier, 2016), l’historienne notait des avancées majeures dans les programmes d’histoire au cours des trente dernières années : l’émergence d’une histoire critique de Vichy, de la guerre d’Algérie, de la colonisation et l’irruption dans l’espace public de l’histoire de l’immigration. Elle n’en dénonçait pas moins la permanence en filigrane de la matrice du Petit Lavisse, manuel à l’usage des écoliers sous la IIIe République. « Ce récit ne permet pas aux enfants français nés en France ou venus des quatre coins du monde de se situer dans l’histoire humaine avant de découvrir leur appartenance à la France comme être historique », écrivait-elle encore dans la préface de la seconde édition de La Fabrique scolaire de l’histoire (Agone, 2017), ouvrage dirigé par le collectif Aggiornamento histoire-géographie, fondé au domicile de l’historienne en 2011.
Ses membres se placent d’ores et déjà comme les héritiers des combats de Suzanne Citron. Lors de L’Emission politique, sur France 2, en mars 2017, son amie, l’historienne Laurence De Cock, principale animatrice d’Aggiornamento, avait offert un exemplaire du Mythe national à François Fillon, candidat LR à la présidence de la république, qui proposait de privilégier l’enseignement du récit national à l’école. Les téléspectateurs avaient voulu en savoir plus. Résultat : une semaine plus tard, l’ouvrage était en rupture de stock…

Suzanne Citron en cinq dates
15 juillet 1922 Naissance à Ars-sur-Moselle (Moselle).
1971 « L’Ecole bloquée ».
1984 « Enseigner l’histoire aujourd’hui. La mémoire perdue et retrouvée ».
1987 « Le Mythe national. L’histoire de France revisitée ».
22 janvier 2018 Mort à Paris.





                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-15"> ¤ Ministre des finances du Portugal depuis à peine plus de deux ans, cet économiste de gauche, chantre de la flexisécurité, prend la tête de l’Eurogroupe. A son actif : le redressement de l’économie lusitanienne.
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Le discret Mario Centeno, nouveau capitaine de l’eurozone

Ministre des finances du Portugal depuis à peine plus de deux ans, cet économiste de gauche, chantre de la flexisécurité, prend la tête de l’Eurogroupe. A son actif : le redressement de l’économie lusitanienne.



Le Monde
 |    22.01.2018 à 14h00
    |

            Cécile Ducourtieux (Bruxelles, bureau européen) et 
Jean-Baptiste Chastand








                        



                                


                            

Il a ouvert un compte Twitter quelques heures après sa désignation, le 4 décembre 2017, et a recruté pour gérer sa communication un talentueux compatriote, ancien journaliste habitué du corps de presse bruxellois. De surcroît, il a fait son premier déplacement officiel en marquant les bons arrêts : rencontre avec le président français Emmanuel Macron, puis avec son ministre des finances, Bruno Le Maire, à Paris, mi-janvier, et visite dans la foulée chez Peter Altmaier, son homologue allemand, à Berlin.
Mario Centeno, le nouveau président de l’Eurogroupe, devait présider sa première réunion des dix-neuf ministres des finances de l’eurozone, lundi 22 janvier. S’attendait-il à cette consécration, lui le quasi-novice en politique et ministre des finances du Portugal depuis novembre 2015 ? A 51 ans, ce discret économiste a dû sentir la pression sur ses épaules : par la magie des alliances politico-diplomatiques européennes, il se retrouve à la tête du gouvernement officieux de l’eurozone.

Costume cintré, mains dans les poches, très à l’aise face aux caméras, son prédécesseur, Jeroen Dijsselbloem, aurait bien rempilé pour un troisième mandat, si cela avait été possible. Le fringant ministre des finances néerlandais avait réussi à se faire respecter de ses pairs et à se démarquer – un peu – de Wolf­gang Schäuble, l’ancien ministre des finances allemand, à l’écrasante présence. Avec son large sourire toujours accroché aux lèvres, son abondante chevelure poivre et sel, son air timoré et un peu embarrassé, Mario Centeno inaugure une nouvelle ère à Bruxelles.
Ce fan du Benfica Lisbonne vient d’un gouvernement de gauche et d’un pays qui, à l’instar de la Grèce, échappa de peu à la faillite durant la crise, alors que, jusqu’à présent, une règle implicite de l’entre-soi bruxellois voulait que le président de l’Eurogroupe fût issu d’un Etat classé « triple A » par les agences de notation financière.
Va-t-il pour autant dynamiter ce club,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-16"> ¤ Les Assemblées française et allemande doivent voter, lundi, un projet de résolution commune baptisée « Pour un nouveau traité de l’Elysée ».
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Il y a cinquante-cinq ans, le traité de l’Elysée marquait le rapprochement franco-allemand

Les Assemblées française et allemande doivent voter, lundi, un projet de résolution commune baptisée « Pour un nouveau traité de l’Elysée ».



Le Monde
 |    22.01.2018 à 09h43
 • Mis à jour le
22.01.2018 à 15h43
    |

            Edouard Pflimlin








                        



   


Le 22 janvier 1963, le président de la République français, Charles de Gaulle, et le chancelier allemand, Konrad Adenauer, signaient un traité de coopération destiné à sceller la réconciliation entre la France et la République fédérale d’Allemagne (RFA).
Lundi 22 janvier, c’est le 55e anniversaire du traité. D’où vient-il et que contient-il ? A quoi a-t-il servi ? Et quelles sont ses perspectives depuis l’arrivée au pouvoir en France d’Emmanuel Macron, qui veut insuffler un nouveau souffle à la dynamique européenne, alors que la chancelière allemande peine à former un nouveau gouvernement depuis l’élection du 24 septembre 2017 ?
D’où vient le traité de l’Elysée, et que contient-il ?
Le traité de l’Elysée est le fruit du rapprochement entre deux hommes d’Etat, le chancelier allemand Konrad Adenauer et le président français Charles de Gaulle. Depuis les années 1920, Adenauer attachait la plus grande importance à la réconciliation franco-allemande. « Après 1945, il était parfaitement conscient que seule l’entente entre les deux pays permettrait à la RFA d’être à nouveau pleinement acceptée en Europe et dans l’ensemble du monde occidental », explique au Monde Georges-Henri Soutou, professeur à la Sorbonne et spécialiste des relations franco-allemandes.
Ils constatent que leur vision du monde est identique
Après le retour au pouvoir de Charles de Gaulle, en juin 1958, Konrad Adenauer nourrit tout au long de l’été 1958 de grandes inquiétudes : de Gaulle n’était-il pas antiaméricain et antiallemand ? Mais de Gaulle et Adenauer nouent une relation particulière dès la visite du second à Colombey-les-deux-Eglises (Haute-Marne), la résidence du président français, le 14 septembre 1958. Ils constatent que leur vision du monde est identique : celle d’une Europe ayant sa personnalité historique et culturelle.
Les deux hommes se mettent d’accord sur un projet d’union politique à six pays (ceux inclus dans le marché commun adopté en 1957), c’est le « plan Fouchet ». Après son échec en avril 1962, Adenauer, en juillet 1962, répond tout de suite favorablement à la proposition du président français de reprendre l’esprit et une large part de son contenu, mais à deux : c’est le traité de l’Elysée de janvier 1963.
Ce traité prévoit que les chefs d’Etat ou de gouvernement des deux pays se rencontrent au moins deux fois par an. Les ministres des affaires étrangères et de la défense au moins une fois tous les trois mois, les chefs d’état-major au moins tous les deux mois. Une coopération étendue en matière de politique extérieure est prévue, « en vue de parvenir, autant que possible, à une position analogue » sur tous les problèmes d’intérêt commun. D’autre part, le traité de l’Elysée comporte en matière de défense un volet important et le préambule constate « la solidarité qui unit les deux peuples… au point de vue de leur sécurité… ».
A quoi a servi le traité entre nos deux pays ?
Le spectaculaire rapprochement des deux hommes d’Etat déclenche, au niveau populaire dans les deux pays, un véritable mouvement de réconciliation que la construction européenne n’avait pas réussi à développer jusque-là.
L’OFAJ et l’enseignement de la langue du voisin
Ce mouvement est prolongé pour les nouvelles générations par la mise en place, par le traité de l’Elysée, de l’Office franco-allemand de la jeunesse (OFAJ), qui s’accompagne par un effort dans le domaine de l’enseignement de la langue du voisin. L’OFAJ propose notamment, chaque année, plus de neuf mille programmes subventionnés pour les jeunes de 3 ans à 30 ans : échanges scolaires ou universitaires ; stages obligatoires ou hors cursus ; rencontres sportives ou culturelles ; cours de langues ; offres d’emploi, formations interculturelles…
Si le traité n’a pas répondu à toutes ses promesses, la machinerie de consultations et de réunions qu’il a instaurée n’a jamais cessé de fonctionner depuis 1963. Le traité a permis que l’Allemagne et la France soient le moteur de la construction européenne. C’est pourquoi l’on parle de « couple franco-allemand » pour décrire cette relation spéciale.
Quelle nouvelle orientation donner à ce traité ?
Les deux Assemblées française et allemande doivent voter, lundi 22 janvier, un projet de résolution commune « pour un nouveau traité de l’Elysée », afin d’accorder plus de poids aux Parlements et d’orienter les discussions à venir entre les gouvernements français et allemand.
Lundi matin, une délégation de parlementaires français se rendra au Bundestag, à Berlin. Des députés allemands seront reçus à l’Assemblée nationale, à Paris, dans l’après-midi.
Dimanche, dans une déclaration commune diffusée sur les réseaux sociaux, Mme Merkel et M. Macron ont affirmé leur « détermination à approfondir encore la coopération » entre la France et l’Allemagne. Ce texte est un appel aux citoyens, en particulier aux jeunes, à « faire vivre cette amitié franco-allemande ».
« Encourager une harmonisation bilatérale des législations » et « renforcer les liens »
La déclaration précise que le président et la chancelière « sont convenus d’élaborer au cours de cette année un nouveau traité de l’Elysée ». Il s’agit en particulier d’« approfondir l’intégration » des deux économies, « en encourageant notamment une harmonisation bilatérale des législations », et de « renforcer les liens » entre les deux sociétés civiles. Ils appellent en outre à des « mesures ambitieuses pour promouvoir l’enseignement réciproque des langues ».
L’Allemagne, qu’il s’agisse de son opinion publique ou de ses dirigeants, apparaît toutefois peu disposée à augmenter la coopération stratégique franco-allemande.
Angela Merkel déclarait, au lendemain du sommet du G7, à Taormine (Italie), en mai 2017 : « Nous, les Européens, nous devons vraiment prendre en main notre propre destin. » Mais un renforcement du couple franco-allemand sur le plan stratégique serait mal vu par les partenaires européens, et « Berlin restera très prudent », estime Georges-Henri Soutou.
Par ailleurs, une plus grande intégration européenne en matière de défense bute sur des obstacles de taille, comme le problème du partage de l’arme nucléaire française ou l’envoi de forces allemandes combattantes à l’étranger.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-17"> ¤ Dans une tribune publiée lundi dans « Libération », des artistes, producteurs de cinéma et un ancien ministre déplorent l’installation future de l’œuvre pop de l’artiste américain.
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Des personnalités s’opposent à l’installation à Paris de « Bouquet of Tulips », de Jeff Koons

Dans une tribune publiée lundi dans « Libération », des artistes, producteurs de cinéma et un ancien ministre déplorent l’installation future de l’œuvre pop de l’artiste américain.



Le Monde
 |    22.01.2018 à 13h59
 • Mis à jour le
22.01.2018 à 14h47
   





                        


Le texte est signé de grandes figures de l’art contemporain, du cinéma ou du monde politique. Dans une tribune publiée lundi 22 janvier dans Libération, de nombreuses personnalités s’opposent à l’installation à Paris d’une œuvre du plasticien Jeff Koons.
Le 21 novembre 2016, Koons a annoncé son intention d’offrir à la Ville de Paris Bouquet of Tulips, une œuvre originale et monumentale d’une dizaine de mètres de haut, censée être un « symbole du souvenir » des attentats qui endeuillèrent en novembre 2015 la capitale française.
L’œuvre en bronze, acier inoxydable et aluminium, représente une main tenant des tulipes multicolores. Elle serait « en cours de réalisation dans une usine allemande », croient savoir les signataires de la tribune.

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Ces signataires, parmi lesquels le réalisateur Olivier Assayas, l’ancien ministre de la culture Frédéric Mitterrand ou l’architecte Dominique Perrault, estiment que le projet « est choquant, pour des motifs d’ordre et d’importance divers ». Ils lui font plusieurs reproches. Selon eux, Jeff Koons, 63 ans, est « devenu l’emblème d’un art industriel, spectaculaire et spéculatif » et « son atelier et ses marchands sont aujourd’hui des multinationales de l’hyperluxe ».
Manque d’élégance
L’objet même de ce cadeau est rejeté par les signataires. « Le choix de l’œuvre, et surtout de son emplacement [devant le Musée d’Art moderne et le Palais de Tokyo], sans aucun rapport avec les tragiques événements invoqués et leur localisation, apparaissent [sic] pour le moins surprenants [sic], sinon opportunistes [sic], voire cyniques [sic] », écrivent-ils.
Le fait « que cet immense artiste décide d’offrir à la Ville de Paris l’idée originale d’une œuvre monumentale, symbolisant la générosité et le partage, témoigne de l’attachement irrévocable entre notre capitale et les Etats-Unis », s’était félicité, au moment de l’annonce du cadeau, la maire de Paris, Anne Hidalgo.

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Ce n’est pas la première fois que l’œuvre est critiquée. Dans une tribune au Monde, Robert M. Rubin, ancien président de la Centre Pompidou Foundation, à Los Angeles, écrivait en juillet que l’artiste américain manquait d’élégance en se contentant d’offrir à la Ville de Paris le concept d’une œuvre.
Car la production de l’œuvre, évaluée à trois millions d’euros, doit être financée par le mécénat privé, avait dit la Mairie de Paris à l’époque de l’annonce. Un appel à arrêter le projet a notamment été lancé par Espace 35, collectif d’artistes de Belleville, en octobre, un peu plus tôt une pétition à l’initiative de Stéphane Corréard, directeur de la foire Galeristes avait également vu le jour.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-18"> ¤ La plate-forme d’admission dans le supérieur a pleinement ouvert lundi, tandis que de nombreux acteurs appellent à se mobiliser contre la « sélection » à l’université ou à donner plus de moyens à la réforme.
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Parcoursup : ouverture des inscriptions sous haute tension

La plate-forme d’admission dans le supérieur a pleinement ouvert lundi, tandis que de nombreux acteurs appellent à se mobiliser contre la « sélection » à l’université ou à donner plus de moyens à la réforme.



Le Monde
 |    22.01.2018 à 14h38
 • Mis à jour le
22.01.2018 à 16h05
    |

                            Soazig Le Nevé








                        



   


Cette fois, les lycéens ont la main. Mais sera-t-elle heureuse ? A partir de ce lundi 22 janvier et jusqu’au 13 mars, les futurs bacheliers et les étudiants souhaitant se réorienter en première année d’études supérieures peuvent indiquer leurs vœux de formation pour la rentrée 2018 sur la nouvelle plate-forme Parcoursup.
Contrairement à la plate-forme APB, très critiquée durant l’été, Parcoursup va enregistrer des vœux motivés mais non hiérarchisés par les élèves. L’objectif annoncé est d’éviter le tirage au sort, pratiqué l’an dernier quand les candidats étaient trop nombreux à l’entrée d’une filière universitaire non sélective, en créant des « attendus ». Concrètement, toutes les formations vont désormais classer l’ensemble des candidats à partir de leurs dossiers, ce qui permettra de les départager, dans le cas où les capacités d’accueil sont atteintes.

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          Comment les universités vont trier les lycéens



Face à ce qu’ils considèrent comme un complet renversement de logique pour accéder aux études supérieures, plusieurs organisations syndicales (CGT, FO, FSU, Solidaires, SUD), mais aussi étudiantes et lycéennes (UNEF, UNL, SGL) ont lancé un appel commun à la grève le jeudi 1er février, tandis que des assemblées générales « contre la sélection » s’organisent dans plusieurs universités, comme à Paris 1, Paris 8, Paris 13 ou Aix-Marseille. L’ASES, l’association des sociologues enseignants du supérieur, a annoncé qu’elle se joindra à cette journée de mobilisation, après avoir lancé une pétition (près de 5 000 signataires) et lancé samedi 20 janvier un appel unitaire au retrait de la plate-forme Parcoursup et du projet de loi relatif à l’orientation et à la réussite des étudiants.

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          Crispations autour de la réforme de l’université



Les enseignants signataires refuseront de « répondre aux injonctions de mise en œuvre d’une procédure prévue par une loi non encore votée », le Sénat devant encore examiner le projet de loi les 7 et 8 février. « L’éthique du fonctionnaire engage à refuser les ordres illégaux », écrit l’ASES, dont l’appel unitaire a été signé par 300 personnes. L’association appelle « à saisir les tribunaux administratifs contre toute décision prise dans les établissements en dehors du cadre démocratique de vote dans les conseils centraux » des universités.
Une défiance qui monte
La défiance monte également dans les rangs des premiers soutiens du plan étudiants, présenté cet automne par Frédérique Vidal. Lors d’une réunion, le 16 janvier, du CNESER, instance représentative de l’enseignement supérieur, La CFDT, l’UNSA et la FAGE ont ainsi déposé une motion arguant que « les moyens matériels, humains et financiers ne sont pas suffisants ».
Evaluant les financements nécessaires à 1 milliard d’euros par an, la CFDT veut croire que le plan d’investissement de 950 millions d’euros sur cinq ans pour financer la réforme du premier cycle n’est qu’un « premier pas », « ce qui n’interdit pas de demander plus ». Le syndicat appelle les personnels à se mobiliser dans leur établissement en interpellant leur président d’université, mais aussi les parlementaires de leur territoire.

        Lire l’analyse :
         

          Le gouvernement promet de créer 22 000 places dans l’enseignement supérieur à la rentrée



Quant au think tank L’Hétairie, classé à gauche, il alerte dans une note publiée le 15 janvier sur « le risque de passer d’un système trouble [APB] à un système opaque, où l’arbitraire humain reprendra une place conséquente » à travers une sélection généralisée des étudiants. Et de conclure : « Il y a fort à craindre que les usagers n’aient in fine guère plus confiance en Parcoursup qu’en APB. »

Posez-nous vos questions sur Parcoursup lors de notre journée spéciale, mercredi 24 janvier
Les lycéens et étudiants en réorientation doivent s’inscrire et saisir leurs vœux de première année d’études supérieures sur la plate-forme Parcoursup, qui succède à Admission post-bac (APB), entre lundi 22 janvier et mardi 13 mars. Pour les aider, Le Monde Campus organise une après-midi de direct, mercredi 24 janvier après-midi, avec une série de tchats :
– « Comment fonctionne la nouvelle plate-forme et comment choisir son orientation ? », à 14 h 30 ;
– « A quoi ressemble la licence de Staps et quelles sont les chances d’y avoir une place ? », à 15 h 30 ;
– « Tout savoir sur la prépa (et augmenter ses chances d’être pris) », à 16 h 30.
Le Monde organise par ailleurs les conférences O21/S’orienter au XIXe siècle, à Nantes (16 et 17 février), Bordeaux (2 et 3 mars) et Paris (17 et 18 mars), après celles de Nancy et Lille. A consulter également, notre rubrique Le Monde Campus, et tout particulièrement ses sous-rubriques O21, Etudes supérieures et Parcoursup APB, où sont notamment mis en ligne les articles de notre supplément « L’orientation est-elle sexuée ? », publié dans Le Monde daté jeudi 18 janvier.





                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-19"> ¤ Des pluies intenses ont touché la France ce week-end. Plusieurs départements du Sud-Ouest sont placés en vigilance orange inondation. En montagne, la vigilance est renforcée pour les pluies et les avalanches.
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Intempéries : 13 départements en vigilance orange inondation et avalanche

Des pluies intenses ont touché la France ce week-end. Plusieurs départements du Sud-Ouest sont placés en vigilance orange inondation. En montagne, la vigilance est renforcée pour les pluies et les avalanches.



Le Monde
 |    22.01.2018 à 07h50
 • Mis à jour le
22.01.2018 à 09h27
   





                        


Treize départements étaient classés en vigilance orange, lundi 22 janvier au matin, notamment en raison de pluies et de risques d’inondation liés à une perturbation s’étirant du Nord aux Alpes et au Sud-Ouest, a fait savoir Météo France dans son bulletin de 6 heures.
Ce week-end, des vents violents se sont abattus sur la Corse, soufflant jusqu’à « 160 km/h sur le cap Corse, 120 km/h dans la région bastiaise et jusqu’à 140 km/h sur le relief et la côte orientale » de l’île. Dans d’autres départements français, ce sont la pluie et la neige qui ont engendré des perturbations.
Dimanche après-midi, quinze départements étaient placés en vigilance orange. La Dordogne et la Corrèze ne sont plus en vigilance crue.
Les treize départements désormais concernés par ces vigilances orange sont les suivants :
En vigilance orange pluie-inondation : l’Ain, le Doubs, l’Isère, le Jura, la Savoie et la Haute-Savoie. Savoie, Haute-Savoie et Isère sont également placées en vigilance orange avalanche.En vigilance orange crue : l’Aveyron, le Tarn, Tarn-et-Garonne, Lot-et-Garonne, la Haute-Marne, la Nièvre et l’Yonne.
En montagne, le risque d’avalanche est classé « très fort », notamment en Haute-Savoie, et en Savoie. « Les chutes de neige accumulées depuis plusieurs jours en altitude sont très importantes, de l’ordre d’un mètre de neige fraîche en deux jours sur les massifs savoyards. Il neige toujours ce matin [lundi 22 janvier] au-dessus de 2 000 mètres environ, les pluies sont soutenues en dessous. », écrit Météo France sur son site.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-20"> ¤ Dans une tribune au « Monde », la députée LFI estime que le texte cosigné par Catherine Deneuve omet qu’en matière de séduction, il n’y a pas d’égalité entre hommes et femmes
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édition abonné


Clémentine Autain : « La “liberté d’importuner” n’est rien d’autre qu’un privilège masculin »

Dans une tribune au « Monde », la députée LFI estime que le texte cosigné par Catherine Deneuve omet qu’en matière de séduction, il n’y a pas d’égalité entre hommes et femmes



Le Monde
 |    22.01.2018 à 04h30
 • Mis à jour le
22.01.2018 à 11h37
    |

Clémentine Autain (Députée de Seine-Saint-Denis, La France Insoumise)







                        



                                


                            

Tribune. Tout mouvement d’émancipation suscite une réplique réactionnaire. Comme un hoquet, plus ou moins violent, signant le refus voire une forme d’angoisse à l’égard d’un bouleversement des normes existantes. #metoo, moment de rupture historique pour la libération des femmes et du désir, n’y a pas échappé. En réplique, la tribune des 100 femmes revendiquant la « liberté d’importuner » a cristallisé la réaction, traînant son éternel procès en puritanisme et enfermement victimaire, des critiques à l’égard des discours féministes aussi vieilles que le féminisme lui-même.
« Les hommes n’ont pas l’air de redouter la main aux fesses quand ils entrent dans un wagon bondé. »
En matière de séduction et de sexualité comme dans la société tout entière, il n’y a pas d’égalité entre hommes et femmes. Les 100 femmes de la tribune font l’impasse sur cette donnée fondamentale. Elles développent une argumentation à sexe unique. Un homme qui frotte une femme dans le métro manifesterait ainsi sa « misère sexuelle ». Des femmes frottent-elles couramment des hommes dans le métro ? Ces derniers n’ont pas l’air de redouter la main aux fesses quand ils entrent dans un wagon bondé. Est-ce parce que les femmes ne connaissent pas la misère sexuelle ? Je n’ose croire que les signataires de la tribune l’envisagent. Cet exemple illustre l’impensé de ces détractrices de #metoo : l’asymétrie entre les sexes. Comme pour les agressions sexuelles et le viol, les auteurs de ces actes sont dans leur immense majorité des hommes et celles qui les subissent, des femmes.

Nous héritons des représentations traditionnelles, de ces contes et réalités dans lesquels les femmes sont des Belles au bois dormant qui attendent le prince charmant, des objets soumis à la volonté et à la libido masculines. Dans ce monde, la sexualité des hommes se conçoit comme irrépressible, la prostitution comme un « mal nécessaire ». Dans ce monde, les viols ne sont pas des...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-21"> ¤ Une semaine à pied sur les traces des anciens esclaves du Dahomey (9/9). Le voyage de notre reporter s’achève après plus de 165 km de traversée du Bénin. Les autorités sont-elles prêtes à entretenir cette mémoire ?
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Reportage

« Nous voulons valoriser l’ancienne route des esclaves pour leur rendre hommage »

Une semaine à pied sur les traces des anciens esclaves du Dahomey (9/9). Le voyage de notre reporter s’achève après plus de 165 km de traversée du Bénin. Les autorités sont-elles prêtes à entretenir cette mémoire ?

Pierre Lepidi (envoyé spécial à Cotonou)
    



LE MONDE
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        Le 22.01.2018 à 17h16

     •
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        Mis à jour le 22.01.2018 à 17h27






    
Le buste de Cudjo Lewis à Mobile, en Alabama.
Crédits : Wikimedia Commons


Le jour venait de se lever quand j’ai laissé Ouidah derrière moi. Après avoir emprunté sur 125 km l’ancienne route des esclaves qui va d’Abomey à l’ancien port négrier, j’ai poursuivi la marche jusqu’à Cotonou. Sur une quarantaine de kilomètres, cette piste de sable file vers l’est en longeant l’Océan. Elle serpente entre les cocoteraies, les palmeraies et traverse de nombreux villages de pêcheurs. Après une pause d’une nuit dans le joli décor du Jardin Helvetia, un complexe hôtelier de quelques bungalows, j’ai rejoint la capitale économique. Cotonou se réveillait.

        Présentation de notre série
         

          Une semaine à pied sur les traces des esclaves du Dahomey



Selon l’Atlas of the Transatlantic Slave Trade publié par l’Université de Yale en 2010, plus d’un million d’hommes, de femmes et d’enfants sont partis de Ouidah dans le cadre de la traite négrière, qui a été reconnue crime contre l’humanité par la France en 2001. Mais plus de deux siècles plus tard, que reste-t-il dans le sillage du Clotilda, ce navire négrier considéré comme le dernier à avoir accosté aux Etats-Unis en 1860 ?
« Retrouver une âme apaisée »
Aux abords de l’ancienne route, la grande majorité des habitants n’ignorent rien du passé de ce douloureux chemin. Ils en éprouvent du chagrin, de la tristesse et parfois de la gêne. Beaucoup aimeraient voir aujourd’hui les descendants d’esclaves revenir au Bénin – et pas seulement à Ouidah – afin de ressentir « les vibrations de la terre, le souffle et les émotions de leurs ancêtres », comme me l’a confié un ancien chef de village.

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                Esclavage : la course de quatre pays africains au tourisme mémoriel



Les autorités béninoises semblent en avoir pris conscience. Comme le Sénégal avec l’île de Gorée ou le Ghana, qui depuis plusieurs années attirent les voyageurs en mettant en avant leur histoire, le Bénin ambitionne de devenir une place forte du tourisme mémoriel en Afrique. « Le potentiel est exceptionnel et ne demande qu’à être mis en avant, explique José Pliya, directeur de l’Agence nationale de promotion du patrimoine et du tourisme. Il est vrai que, dans le passé, cet aspect du développement touristique a été un peu oublié. Nous allons y remédier en valorisant cette route car c’est une façon de se souvenir de tous les esclaves qui l’ont empruntée et de leur rendre hommage. » Parmi les projets envisagés, on retiendra l’ouverture à Allada d’un musée consacré à Toussaint Louverture, héros de l’indépendance de Haïti, des travaux d’aménagement sur la route qui mène de la place Chacha à la Porte du non-retour de Ouidah, le développement d’une marina avec la reconstitution d’un navire négrier dans le port…
Les artistes participent également à ce devoir de mémoire. « Nos chansons parlent de la vie, de l’amour, d’union entre les peuples mais aussi de l’esclavage, relate Nayel Hoxo, chanteuse du groupe Bénin International Music (BIM), un nouveau collectif de musiciens béninois qui a réalisé son premier concert à Cotonou le 12 janvier. Cette thématique est notamment abordée dans une chanson qui s’appelle “Miwaé” [« nous voici »]. Elle raconte le dialogue entre un homme et une femme qui ont été sacrifiés et souhaitent retrouver une âme apaisée. »
Prénom générique
De l’autre côté de l’Atlantique, le thème de l’esclavage n’est pas occulté. Même s’ils sont exceptionnels, des hommages sont parfois rendus aux anciens esclaves. Le plus célèbre d’entre eux est Cudjo Lewis, originaire de Bantè, au centre du Bénin dont un buste à son effigie a été inauguré dans le quartier Africatown de la ville de Mobile (Alabama), en avril 2017. Sylviane Diouf, historienne spécialisée de la diaspora africaine et directrice d’un centre d’études sur l’esclavage à New York, retrace son histoire et celle des 110 hommes, femmes et enfants réduits en esclavage qui se trouvaient à bord du Clotilda dans Dreams of Africa in Alabama (éd. Oxford University), un ouvrage qui a notamment reçu le prix Wesley-Logan de l’American Historical Association.
Débarqué à Mobile le 8 juillet 1860, l’homme âgé de 20 ans est acheté par James Meaher, un puissant entrepreneur de la ville. Ne parvenant pas à prononcer son patronyme d’origine, Kazoola, le négrier le rebaptise Cudjo, prénom générique attribué aux garçons nés un lundi dans l’ethnie yoruba dont il est issu. Cudjo travaille à bord d’un bateau à vapeur dans des conditions abominables. C’est en avril 1865, à la fin de la guerre de Sécession, qu’il gagne sa liberté et choisit le patronyme de Lewis.

        Huitième épisode
         

          En partance pour le Brésil, « nous étions poussés nus dans le bateau négrier, désespérés de fatigue »



Avec d’autres esclaves affranchis, Cudjo Lewis demande alors à James Meaher de le renvoyer en Afrique, mais celui-ci s’y oppose tout comme il refuse de leur céder plusieurs parcelles. En rassemblant toutes leurs économies, les anciens esclaves du Clotilda parviennent finalement à acheter des terres et créent le quartier Africatown de Mobile, toujours debout aujourd’hui. Ce n’est qu’en 1868 que Cudjo Lewis obtient la citoyenneté américaine. Il se convertit au christianisme l’année suivante et participe à la construction de son église baptiste. Son buste érigé devant l’édifice y est encore visible. Marié à Celia Abile, embarquée comme lui à bord du Clotilda, il aura cinq fils et une fille.
Unique témoignage filmé
En 1928, l’écrivaine Zora Neale Hurston le rencontre pour recueillir ses confidences et même le filmer, fixant ainsi sur pelicule le seul témoignage connu à ce jour d’un Africain victime de la traite transatlantique. Cudjo Lewis s’éteint le 26 juillet 1935 à Mobile à l’âge de 95 ans. Symbole de la lutte pour l’égalité des droits, il repose au cimetière de la ville.

        Septième épisode
         

          « Quand nous avons atteint la plage, j’ai espéré que le sable de Ouidah s’ouvre et m’engloutisse »



A l’instar d’autres Africains du Clotilda, il compte aujourd’hui de nombreux descendants. Ainsi du batteur, DJ et producteur américain Questlove (Ahmir Khalib Thompson de son vrai nom) qui s’est découvert en décembre 2017, lors de l’émission Finding your roots (« retrouve tes racines »), un aïeul qui fit la traversée de l’Atlantique sur le navire négrier. Comme Cudjo Lewis, il était parti d’Abomey pour rallier, 125 km au sud, la ville de Ouidah. C’est dans le sable de cette plage qu’ils ont laissé l’empreinte de leurs pas et dit adieu à l’Afrique.

Sommaire de notre série Une semaine à pied sur les traces des esclaves du Dahomey

        Neuvième épisode
         

          « Nous voulons valoriser l’ancienne route des esclaves pour leur rendre hommage »



        Huitième épisode
         

          « Nous étions poussés à l’intérieur du bateau, nus, les hommes d’un côté, les femmes de l’autre »



        Septième épisode
         

          « Quand nous avons atteint la plage, j’ai espéré que le sable de Ouidah s’ouvre et m’engloutisse »



        Sixième épisode
         

          A Ouidah, « personne ne peut être considéré responsable de ce que ses ancêtres ont commis »



        Cinquième épisode
         

          « Le commerce des esclaves était alimenté en permanence par les conflits »



        Quatrième épisode
         

          « Certains arbres, au Bénin, portaient des signes laissés par les esclaves »



        Troisième épisode
         

          « Cette histoire d’esclavage au Bénin, je l’ai apprise à l’école, mais elle ne me rend pas triste »



        Deuxième épisode
         

          Au Bénin, « nous avons des cousins partout où ont été envoyés les esclaves »



        Premier épisode
         

          « Marche doucement sur cette route des esclaves, elle est sacrée »



        Présentation de notre série
         

          Une semaine à pied sur les traces des esclaves du Bénin


D’Abomey à Ouidah, notre reporter a emprunté la route suivie en 1860 par Cudjo Lewis, le dernier esclave de la traite négrière vers les Etats-Unis.













