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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-1"> ¤ Notre choix du soir. les nouvelles de l’écrivain américain sont portées à l’écran dans une adaptation trop sage, voire datée (sur Amazon prime video, à la demande)
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TV - « Philip K. Dick’s Electric Dreams » : retour vers le passé

Notre choix du soir. les nouvelles de l’écrivain américain sont portées à l’écran dans une adaptation trop sage, voire datée (sur Amazon prime video, à la demande)



Le Monde
 |    21.01.2018 à 18h00
    |

                            Martine Delahaye








                        


Série sur Amazon prime video à la demande

Peut-être le titre de cette série, Philip K. Dick’s Electric Dreams, vous en rappelle-t-il un autre. Celui d’un roman de science-fiction, Les androïdes rêvent-ils de moutons électriques ?, écrit en 1966 par ce même Philip K. Dick. Un livre que Ridley Scott métamorphosa en film, Blade Runner, sorti en 1982, l’année de la mort de l’écrivain américain.
L’anthologie Philip K. Dick’s Electric Dreams, composée de dix épisodes indépendants les uns des autres, puise ses références dans la centaine de nouvelles écrites par l’auteur. Sous la gouverne de deux showrunners de talent, ­Ronald D. Moore (Battlestar Galactica) et Michael Dinner (Justified), liberté totale a été laissée aux scénaristes de chaque épisode de s’inspirer – et de s’éloigner – de nouvelles qui s’interrogent avant tout sur ce que signifie être (un) humain. Qu’est-ce que l’attirance, mais aussi la monstruosité humaine ? Quel statut pour le rêve ou la réalité virtuelle ? Et, surtout, qu’est-ce que le réel ? Soit dix contes qui jouent de l’anticipation ou du fantastique, dans le présent comme dans le futur.
Sentiment de « déjà-vu »
Netflix ayant raflé, en 2016, la meilleure anthologie de science-fiction créée à ce jour, la série ­britannique Black Mirror, sa plate-forme concurrente, Amazon, a puisé au même savoir-faire, celui de la chaîne anglaise Channel 4, pour produire Philip K. Dick’s Electric Dreams. Sans mégoter sur les moyens. Entre Britanniques et Américains, le générique compte un nombre impres­sionnant de producteurs exécutifs, de scénaristes et d’acteurs de renom. Pour autant, l’ensemble rappelle cette expression que les Américains utilisent en français dans le texte : un sentiment de « déjà-vu ». Acteurs, décors, mise en scène, rien ne pèche, mais rien ne frappe.
Sans échapper à cet aspect daté, défraîchi, deux épisodes allient avec bonheur réflexion et émotion (Human Is et Impossible ­Planet), The Commuter, écrit par Jack Thorne, s’avérant le plus réussi de tous.
Philip K. Dick’s Electric Dreams, série créée par Ronald D. Moore et Michael Dinner. Avec Bryan Cranston, Steve Buscemi, Sidse Babett Knudsen (GB et EU, 2017, 10× 48 min).



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-2"> ¤ Journaliste et globe-trotteur, il a écrit sur les génocidaires du Rwanda ou du Cambodge. Dans « Terre promise » – cette Sierra Leone qui lui est précieuse –, il se fait plus personnel pour évoquer la guerre civile et la grande vitalité de ses habitants
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Thierry Cruvellier, sierra-léonais de cœur

Journaliste et globe-trotteur, il a écrit sur les génocidaires du Rwanda ou du Cambodge. Dans « Terre promise » – cette Sierra Leone qui lui est précieuse –, il se fait plus personnel pour évoquer la guerre civile et la grande vitalité de ses habitants



Le Monde
 |    21.01.2018 à 09h00
    |

                            Marianne Dautrey








                        



                                


                            

« Peu de gens devineront ce qu’il a fallu de tristesse pour ressusciter Carthage », notait Flaubert en se souvenant de l’écriture de son Salammbô (1862). Thierry Cruvellier qui, dans Terre promise, vient de retracer les cinquante dernières années de l’histoire convulsive et tragique de la Sierra Leone – une succession de régimes autoritaires depuis l’indépendance, en 1961, onze ans de guerre civile (1991-2002), une misère endémique, qui en fait un des pays les plus pauvres du monde, l’épidémie d’Ebola à partir de 2013… –, semble, au contraire, être habité par une joie secrète et sourde. Elle irradie presque malgré lui.
Sans doute y a-t-il, dans cette joie, quelques relents du bonheur intime d’un auteur envahi après coup par le sentiment d’être parvenu à donner la forme juste à son ouvrage, d’avoir réussi à faire que la composition poétique et dramatique de son texte corresponde au plus près à la rigoureuse logique analytique et historienne qui y préside. Pour son troisième livre, Thierry Cruvellier a fait œuvre d’écrivain, au sens plein du terme. Edifice porté par un savant entrelacs de voix, d’analyses et de descriptions d’odeurs, de couleurs, de visages, de timbres de voix, Terre promise repose presque entièrement sur ses scansions, son rythme, sa musique. Comme si la réalité documentaire et historique que l’auteur entendait transcrire ou traduire devait, plus encore, renaître transfigurée de ce mouvement de l’écriture, de sa dynamique, de sa matière même.
La justice internationale, mais pas seulement
Mais, avant d’aller jusque-là, il y a peut-être une raison plus immédiate et plus simple à cette humeur joyeuse de celui qui fut le fondateur et le rédacteur en chef de la revue électronique International Justice Tribune. Il semblait, depuis une vingtaine d’années, s’être une fois pour toutes spécialisé dans la justice internationale. En témoignaient ses deux premiers livres, qui portaient respectivement...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-3"> ¤ « La Matinale du Monde » publie tous les dimanches le strip « Leumonde.fr » d’Antoine Marchalot.
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Article sélectionné dans La Matinale du 20/01/2018
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Leumonde.fr, par Antoine Marchalot (épisode 85)

« La Matinale du Monde » publie tous les dimanches le strip « Leumonde.fr » d’Antoine Marchalot.



Le Monde
 |    21.01.2018 à 06h39
 • Mis à jour le
21.01.2018 à 07h15
   





                        



   





                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-4"> ¤ Notre choix du soir. Le manque d’exposition à la lumière naturelle contribuerait à favoriser le développement phénoménal de cette maladie (sur Arte à 22 h 15).
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Télévision : « Demain, tous myopes ! »

Notre choix du soir. Le manque d’exposition à la lumière naturelle contribuerait à favoriser le développement phénoménal de cette maladie (sur Arte à 22 h 15).



Le Monde
 |    20.01.2018 à 18h00
 • Mis à jour le
20.01.2018 à 18h06
    |

            Alain Constant








                        


Documentaire sur Arte à 22 h 15

   


Le phénomène a pris de telles proportions depuis une vingtaine d’années que l’ensemble de la communauté scientifique est en alerte. Une épidémie fulgurante de myopie se propage à travers la planète, touchant particulièrement les pays asiatiques, sans épargner pour autant les Etats-Unis ou l’Europe. Les taux de personnes atteintes de myopie, notamment chez les très jeunes, sont impressionnants, et ce documentaire instructif fait le point sur les différentes méthodes pour lutter contre cette « maladie de l’œil long ».
De Singapour à Londres, de Taïwan à Paris en passant par la Chine et l’Australie, Christophe Kilian a interrogé d’éminents chercheurs qui tentent de comprendre le phénomène. Selon ­Damien Gatinel, ophtalmologiste français réputé et conseiller scientifique de ce film, « il y a un réel risque de perdre la vision à cause de la myopie… Fragilisé, l’œil est davantage sujet au décollement de rétine. Les risques de glaucome, maladie dégénérative du nerf optique, augmentent également, et la cataracte peut aussi se déclarer précocement ».
Facteur aggravant
Pourquoi devient-on myope ? La piste génétique ne donne pas de résultats probants. En revanche, le manque de lumière naturelle est un facteur aggravant. Avec des enfants qui passent de moins en moins de temps à l’extérieur, les yeux rivés sur les écrans ou sur leurs cahiers de devoirs, la myopie gagne du terrain. Les études de l’Américain Donald Mutti et de l’Australien Ian Morgan confirment l’importance de la lumière extérieure pour pro­téger de la myopie. « L’Australie est un pays éduqué, mais les jeunes passent beaucoup de temps dehors. C’est sans doute pourquoi le taux de myopie y est très bas, alors que dans les pays asiatiques, où la pression scolaire est forte et la myopie très répandue, les ­élèves passent trop de temps à l’intérieur. » De nombreuses ­études tentent de calculer jusqu’où monter le taux de luminosité pour être protégé de la myopie. Et, à Taïwan, le rôle préventif de la lumière a été pris en compte de manière concrète : les élèves ont droit à une récré­ation en extérieur de 1 h 20 chaque jour. Et les salles de classe ont été aménagées pour faire entrer plus de ­lumière.
Demain, tous myopes !, de Christophe Kilian (F.r, 2017, 55 min).



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-5"> ¤ TF1 et l’animateur-producteur continuent de développer des créations dont la plupart connaissent un véritable succès à l’étranger
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Arthur déploient les grands moyens pour la 100e de « Vendredi tout est permis »

TF1 et l’animateur-producteur continuent de développer des créations dont la plupart connaissent un véritable succès à l’étranger



Le Monde
 |    20.01.2018 à 16h45
    |

            Véronique Cauhapé








                        



   


Ce samedi 20 janvier, sur TF1, « Vendredi, tout est permis avec Arthur » (« VTEP ») bénéficie d’une exposition exceptionnelle en prime time. Et pour cause, l’émission de divertissement de l’animateur-producteur – programmée, depuis sa création en décembre 2011, en deuxième partie de soirée – fête ce soir son 100e numéro. Autant dire que l’occasion était belle pour sortir le grand jeu qui se déploie d’abord sous un format à part entière baptisé « Stars Under Pressure » (« Stars sous pression »). Format qui, s’il rencontre le succès, pourrait s’installer, comme tel, à l’antenne. « Des discussions seraient d’ailleurs déjà en cours avec onze pays pour une adaptation », a d’ores et déjà annoncé Arthur.
Epreuves spectaculaires
Reconnaissons que le modèle a le mérite de vouloir offrir au téléspectateur du grand spectacle. En effet, cette 100e soumet les habitués de l’émission (Artus, Jarry, Michaël Youn, Cartman, Shy’m, Camille Lou, Issa Doumbia, Tarek Boudali…) à des épreuves spectaculaires telles que se lancer sur une tyrolienne en haut de la Tour Eiffel, sauter en parachute, se retrouver dans un manoir hanté de 3000 m2 ou… monter à bord d’avions d’une patrouille acrobatique civile de voltige aérienne.
Cette dernière épreuve, la seule que nous avons pu visionner, donne un aperçu de la qualité de la production – obtenue grâce à des mois de préparation, à l’apport de réalisateurs spécialisés et aux importants moyens déployés, notamment sur le son et les caméras (40 au total). Il n’y a pas de mystère, cette qualité-là est un gage pour l’exportation. Les équipes de TF1 et de Satisfaction, la société de production d’Arthur, le savent, qui s’emploient à maintenir, avant tout, ce niveau sur leurs créations.

   


Dans son format classique, « Vendredi, tout est permis » a ainsi été vendu à 31 pays (bientôt 32, selon l’animateur). « Ces dernières années, tout le monde a misé et concentré ses efforts sur la fiction. Si bien qu’aujourd’hui, il existe une véritable pénurie sur le divertissement à l’étranger. C’est aussi pourquoi, nous recevons un accueil si enthousiaste dans les autres pays », précise Arthur qui dit créer avec sa société plus de formats que n’est « hélas » capable d’en accueillir la grille de TF1.
Il n’empêche que la collaboration entre le producteur et la première chaîne est toujours au beau fixe, tout comme la relation de confiance que les deux partenaires entretiennent depuis de très longues années. Pour preuve, les nouvelles émissions annoncées dans les mois à venir, telles que « Les Touristes : Mission Safari » (9 février), sorte de parodie de « Koh Lanta » où six artistes de la bande ont été envoyés quatre jours et trois nuits dans un parc animalier du centre de la France ; une version en prime time de « Pas de ça entre nous » pour marquer la sortie du prochain film de Dany Boon, La Ch’tite famille ; et une nouvelle émission « Mentalistes, dans la tête des stars ».



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-6"> ¤ Un concert à la Philharmonie de Paris, le 19 janvier, a marqué le coup d’envoi de la commémoration du compositeur en présence du président français et de la chancelière allemande.
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Pour l’année Debussy, un prélude diplomatique

Un concert à la Philharmonie de Paris, le 19 janvier, a marqué le coup d’envoi de la commémoration du compositeur en présence du président français et de la chancelière allemande.



Le Monde
 |    20.01.2018 à 12h20
 • Mis à jour le
21.01.2018 à 18h29
    |

                            Pierre Gervasoni








                        



                                


                            

Sur le plateau de la grande salle de la Philharmonie de Paris, un piano concentre tous les regards, vendredi 19 janvier, en début de soirée. C’est « le » Steinway de Daniel Barenboim, un instrument spécialement conçu pour le musicien israélo-argentin de 75 ans. Quelques minutes avant 20 h 30, des applaudissements éclatent mais la porte d’accès aux coulisses reste close. Debout, une grande partie du public se tourne vers la tribune d’honneur. Conduits par Laurent Bayle, le directeur général de la Philharmonie, Emmanuel Macron et Angela Merkel font leur apparition, en compagnie de Bruno Le Maire, le ministre de l’économie et des finances, et de Françoise Nyssen, la ministre de la culture.
Le premier concert organisé dans le cadre du centenaire de la mort de Claude Debussy se présente sous les meilleurs auspices… du pouvoir. Finances et culture côte à côte, on commence à rêver d’une commémoration de haut vol. Redingote noire sur chemise blanche à col ouvert, Daniel Barenboim ne tarde pas à se mettre au clavier pour exécuter le premier livre des Préludes. D’abord, avec une solennité de circonstance, puis en s’abandonnant à la fantaisie, pour ne pas dire à la fantasmagorie, de l’univers debussyste.
Un festival et une nuit blanche
Vient l’entracte. Le soliste prend quelque repos, le président serre des mains et la ministre donne le coup d’envoi du centenaire devant un parterre de personnalités du monde musical, interprètes de renom et responsables d’institutions. Une année Debussy a été imaginée, dit-elle, « pour que sa musique rentre dans la vie de tous les Français ». Celle-ci connaîtra un premier temps fort le 25 mars (jour anniversaire de la mort du compositeur) lors d’une « Nuit blanche Debussy », qui verra les étudiants du Conservatoire se produire au ministère de la culture.
Un site Web est aussi prévu pour recenser tous les événements. Le détail de la commémoration, qui durera jusqu’au 25 mars 2019, n’a pas encore été...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-7"> ¤ L’écrivaine et cinéaste, survivante d’Auschwitz, de Bergen-Belsen et de Theresienstadt, raconte son retour à la vie dans « L’Amour après ».
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édition abonné


Marceline Loridan-Ivens : « Le rapport à mon corps a été totalement ravagé par les camps »

L’écrivaine et cinéaste, survivante d’Auschwitz, de Bergen-Belsen et de Theresienstadt, raconte son retour à la vie dans « L’Amour après ».



Le Monde
 |    20.01.2018 à 09h00
 • Mis à jour le
20.01.2018 à 12h58
    |

                            Florent Georgesco








                        



                                


                            

L’Amour après, de Marceline Loridan-Ivens, avec Judith Perrignon, Grasset, 162 p., 16 €.
Marceline Loridan-Ivens (née en 1928) a d’abord été scénariste, actrice, cinéaste – elle a coréalisé avec son mari, le grand documentariste Joris Ivens (1898-1989), des films sur la guerre du Vietnam, la Chine maoïste… et réalisé seule un long-métrage, La Petite Prairie aux bouleaux (2003). Elle a évoqué dans Et tu n’es pas revenu (avec Judith Perrignon, Grasset, 2015) sa jeunesse marquée par la déportation, en 1944, dans le même convoi que Simone Veil, au camp nazi d’Auschwitz-Birkenau, puis à Bergen-Belsen et Theresienstadt, où elle sera libérée en 1945. Son nouveau livre (également coécrit avec Judith Perrignon) raconte la suite : la liberté retrouvée, la découverte de l’amour, la lente reconstruction d’une survivante.
« L’Amour après », c’est le livre de la vie qui recommence…
C’est un livre sur les conséquences. Quand j’ai été arrêtée par la Gestapo, j’avais 15 ans. 15 ans à l’époque, ce n’est pas 15 ans aujourd’hui. On connaissait mal la vie. A Drancy, j’étais une petite fille, je ne savais pas ce qui se passait. Avant-guerre, j’écoutais Radio Londres avec mon père. Un jour, en 1942, j’ai entendu dire qu’on retournait les pots d’échappement des camions vers l’intérieur, pour gazer les gens. Mais comment en être sûre ? Je n’avais de preuve de rien, je savais sans savoir. J’entrais dans l’inconnu.
Cette petite fille à peine grandie, ce « jeune bourgeon que la guerre avait gelé sur pied », écrivez-vous, doit tout apprendre d’un coup. Et d’abord l’amour, qui est le grand sujet du livre…
La vie est à la fois brève et longue. Plus longue qu’on ne le pense, moins qu’elle ne devrait l’être. Cela représente beaucoup d’amours de toutes sortes. Je les raconte, et je raconte aussi ce que c’est d’aimer et de se laisser aimer, y compris physiquement,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-8"> ¤ Radio. Le poète de l’accordéon se raconte dans l’émission de Benoît Duteurtre (sur France Musique à 11 heures)
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« Etonnez-moi Benoît » avec Marc Perrone

Radio. Le poète de l’accordéon se raconte dans l’émission de Benoît Duteurtre (sur France Musique à 11 heures)



Le Monde
 |    20.01.2018 à 09h00
    |

                            Francis Marmande








                        


Sur France Musique à 11 heures

   


Le dernier album de Marc Perrone s’intitule Babel-Gomme (Buda Musique). A l’occasion de sa sortie, ou celle au prétexte du vivant, Benoît Duteurtre, écrivain subtil, producteur radieux, reçoit Marc Perrone, le 20 janvier, sur France Musique. Marc Perrone, dont il dit « ce poète de l’accordéon diato­nique et poète tout court ». Voir Doisneau, Prévert ou Léa Sempé, l’accordéoniste gasconne qui fut la Nadia Boulanger de Perrone.
Babel-Gomme, poème musical en vingt-cinq pièces, est tricoté de mots de rien du tout, des mots de tous les jours, et des mélodies simples que l’on retient de suite. Une promenade, des textes de Perrone & André Minvielle, le fou rappant, l’exquise Marie-Odile Chantran, des musiciens de luxe venus en passant, Gilles Apap (violon), Jean-Luc Bernard le batteur, Jacques Di Donato et Bernard Lubat, les fidèles sans faille. Plus l’immense Marcel Azzola, le seigneur, dont Duteurtre et Perrone célèbrent la noblesse et l’élégance. Bref, la compagne et les « copains ».
Les copains, ce sont aussi les ­camarades de la Fête de L’Huma, à La Courneuve, sa banlieue, son université, son repère. Personne ne sait parler de la banlieue comme Perrone. Personne ne sait parler de la famille, de l’immigration, de l’Italie, de la cité des 4 000, du travail, des luttes sociales et de l’avenir, comme Perrone. Avec cette lucidité d’amour.
L’image de Babel-Gomme (photo de Gaston) montre Perrone souriant, malicieux, infiniment bon, dandy sans le vouloir : son pull aux trois boutons prend la couleur automne de son accordéon. Ses moustaches d’argent, celle des boutons de l’instrument aux bois précieux (un Castagnari). On voit la musique à l’œil nu. C’est en l’entendant jouer une tarentelle à la Fête de L’Huma que Michel Portal avait dit à Lubat : « Tu vois, Bernard, c’est ça qu’on recherche. »
Sous son titre prédestiné – Etonnez-moi, Benoît : Françoise Hardy mise en mots par Modiano –, l’émission de Benoît Duteurtre est une cantilène d’élégance joyeuse et de respect. Autant dire : un sommet d’impertinence et de futurisme.
L’émission consacrée à Perrone, c’est la radio de l’impossible. Pourquoi ? Par performance ? Par exploit ? Non, ce qui domine ce duo radiophonique, c’est le sourire. Le sourire à la radio, le vrai sourire, se voit. La radio s’est fait une sorte de style du rire gras, groin ou grinçant. Elle ne peut rien contre la douceur des voix et le sourire. Le sourire, c’est rarissime. La politesse de l’espoir.
Chansonnettes, musette
Le sourire s’entend. Et pas qu’un peu. Comment ? Par télépathie zygomatique. Comme celui des invités de Duteurtre, tous docteurs ès musiques populaires, chansonnettes en voie de disparition, musette, bêtises en tout genre, avenir du passé simple. Génial rebut du sérieux pompier, des vulgarités, des tragiques troupiers et des universi­taires qui ne sont que ça. Le sourire s’entend par les tripes, les paupières, la vibration des ­lèvres, ce frottis sur les dents, et pour ce genre, Perrone est un client de choix.
Sans doute ne croyez-vous pas à Satan… Malins comme vous êtes… Or, figurez-vous, ça l’arrange ! Inutile de relire Bernanos et de maudire Pialat pour piger. En revanche, si vous avez eu la chance un jour d’entendre ­Perrone, mieux encore, d’être à côté de lui, vous n’aurez aucun mal à croire aux anges. C’est si rare, un ange qui a le génie de la narration et celui des musiques immédiates : ces musiques si faciles à jouer mal… Emerveillement, modestie, simplicité : Perrone. Ah oui : tous les musiciens mentionnés ici ont ceci en commun : ils ont fait, ou font toujours danser. Savoir précieux, harmonie quantique, corps-à-corps des lumières. Danser.
« Etonnez-moi Benoît », sur France Musique, samedi 20 février, à 11 heures



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-9"> ¤ Chaque samedi, « La Matinale du Monde » publie un strip de la dessinatrice Nancy Pena.
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« Le chat Madame, grand reporter », par Nancy Pena (épisode 30)

Chaque samedi, « La Matinale du Monde » publie un strip de la dessinatrice Nancy Pena.



Le Monde
 |    20.01.2018 à 06h36
 • Mis à jour le
20.01.2018 à 07h06
   





                        



   





                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-10"> ¤ Pour « La Matinale du Monde », « B.B. » raconte le traumatisme de ses années cinéma, son antipathie pour le genre humain, et le sens de la vie qu’elle a trouvé dans le combat pour la protection des animaux.
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Article sélectionné dans La Matinale du 19/01/2018
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Brigitte Bardot : « Sans les animaux, je me serais suicidée »

Pour « La Matinale du Monde », « B.B. » raconte le traumatisme de ses années cinéma, son antipathie pour le genre humain, et le sens de la vie qu’elle a trouvé dans le combat pour la protection des animaux.



Le Monde
 |    20.01.2018 à 06h33
 • Mis à jour le
21.01.2018 à 17h23
    |

            Annick Cojean








                        



                                


                            

Brigitte Bardot, 83 ans, publie le 25 janvier « Larmes de combat » (Plon, 264 pages, 16,90 €) un livre « testamentaire » portant ses convictions, ses révoltes et ses espérances pour la défense des animaux. Retirée dans sa maison de Saint-Tropez (Var), mais toujours très active à la tête de sa fondation, qui emploie plus d’une centaine de salariés à Paris et mobilise des milliers de bénévoles, l’actrice la plus mythique du cinéma français s’est confiée au Monde sur ce qui fut le grand combat de sa vie. Une vie singulière qui l’a vue mettre fin, à 38 ans, à une carrière fulgurante au cinéma pour s’engager auprès des animaux. « Pionnière », dit-elle, convaincue qu’on ne comprendra l’ampleur de son travail qu’après sa mort.
Je ne serais pas arrivée là si…
… si je n’avais pas pris conscience de la souffrance qu’endurent les animaux sur Terre, et n’avais pas brusquement arrêté le cinéma pour m’occuper d’eux. Fini la futilité et ce monde de faux-semblants qui m’avait rendue si malheureuse pendant toutes ces années. Stop ! Certains ont cru à un caprice, d’autres m’ont prise pour une cinglée. Je m’en foutais. Ma décision était irréversible. A 38 ans, j’ai tout quitté pour les animaux. C’est la plus belle décision de ma vie.
De quand date ce lien si fort avec les animaux ?
Depuis toujours, je pense. Je me sens animale. Et je rejette l’espèce humaine. Elle m’a toujours fait peur. C’est une espèce arrogante et sanguinaire qui m’a fait beaucoup de mal. J’étais toute petite lorsque j’ai vu le film Blanche-Neige, les yeux émerveillés, je crois que ce rêve n’a cessé de me porter. Vivre dans une petite maison, au milieu d’une multitude d’animaux… Au fond, c’est un peu ce que je fais aujourd’hui.
Mais vous rappelez-vous d’un moment charnière ? D’un point de bascule dans votre deuxième vie ?
Oui. Le dernier film que j’ai tourné s’appelait...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-11"> ¤ Le témoignage d’une jeune femme sur sa soirée avec le créateur de la série « Master of None » témoigne, pour certains, des dérives du mouvement.
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Les accusations contre l’acteur Aziz Ansari provoquent un débat sur le mouvement #metoo

Le témoignage d’une jeune femme sur sa soirée avec le créateur de la série « Master of None » témoigne, pour certains, des dérives du mouvement.



Le Monde
 |    20.01.2018 à 05h40
 • Mis à jour le
20.01.2018 à 06h35
    |

            Stéphanie Le Bars (Washington, correspondance)








                        


Après son aventure d’une nuit avec l’acteur américain Aziz Ansari, la jeune femme ne savait pas elle-même si elle venait de vivre « une expérience sexuelle bizarre » ou « une agression sexuelle ». Finalement, quatre mois après les faits, la photographe de 22 ans a tranché et porté sur la place publique ce qu’elle décrit comme sa « pire expérience avec un homme ». Le long récit qu’elle a livré, sous le pseudonyme de Grace, au site Babe, le 13 janvier, suscite depuis de nombreuses réactions dans la presse américaine : il alimente la polémique sur les potentiels excès du mouvement #metoo, lancé pour lutter contre les agressions sexuelles, interroge sur la légitimité des dénonciations anonymes et soulève la question du consentement explicite.
D’après le témoignage de la jeune femme, la soirée de septembre commence comme un classique rendez-vous galant. Elle choisit minutieusement sa tenue et se prépare « avec excitation » à cette soirée avec l’un des acteurs les plus en vue du moment. Après un dîner au restaurant, le retour dans l’appartement commence par des baisers et du sexe oral consentis, rapporte la jeune femme. Puis elle fait comprendre à M. Ansari qu’elle ne désire pas aller plus loin ; celui-ci insiste lourdement à plusieurs reprises, puis finit par lui proposer de regarder la télé « habillés sur le canapé ». Peu après, elle quitte l’appartement et fond en larmes dans le hall. Dans un message, elle lui reproche le lendemain de ne pas avoir compris « les signaux non verbaux » qu’elle lui a adressés pour lui faire part de son malaise. M. Ansari répond alors à Grace en se disant « triste » d’avoir « mal analysé » la situation, et s’excuse.
Fossé générationnel
Fallait-il publier ce récit, s’interrogent depuis intellectuels, chercheurs, féministes dans la presse ? Ce que certains qualifient de « déception amoureuse » devait-il forcément rejoindre le flot d’abus et d’agressions sexuels caractérisés et dénoncés depuis plusieurs mois à visage découvert ? Faut-il désormais classer Ansari dans la catégorie des prédateurs sexuels ? Oui, estiment les militants, souvent jeunes, pour qui la mésaventure vécue par Grace démontre la distorsion entre la perception qu’ont les hommes et les femmes des interactions sexuelles entre adultes.
La personnalité de l’agresseur présumé et le déroulé de la rencontre, décrit avec une précision clinique par Grace, expliquent l’emballement autour de cette affaire, « la plus controversée » depuis l’éclatement du scandale Weinstein, selon le site Vox. Etiqueté « mec bien » par la presse, Aziz Ansari avait soutenu dès le départ les femmes dénonçant les agressions sexuelles et se définit lui-même comme un féministe. Il a depuis réitéré son engagement dans le mouvement #metoo.
L’affaire confirmerait en outre la nécessité d’un consentement explicite, afin que les deux partenaires soient sur un pied d’égalité. La blogueuse et féministe américaine Jessica Valenti affirme par exemple que beaucoup d’hommes verront dans cette histoire « une aventure sexuelle banale et raisonnable », alors que pour les femmes qui prennent aujourd’hui la parole, « ce type de rapports ne les satisfont pas et sont parfois blessants ». Un écho au débat déjà engagé sur la victimisation des femmes.
Beaucoup reconnaissent aussi que cette description de la « zone grise » que sont parfois les rapports entre adultes consentants soulève un débat nécessaire
Liz Wolfe, rédactrice en chef du site Young Voices, qui promeut des textes écrits par des « millennials », note, elle, un fossé générationnel entre des femmes plus âgées qui estiment que « Grace aurait pu se montrer plus affirmative ou tout simplement quitter l’appartement » ; et des jeunes femmes pour qui « Ansari n’a pas été suffisamment à l’écoute des réserves physiques et verbales de Grace ».
Scepticisme
Beaucoup reconnaissent aussi que cette description de la « zone grise » que sont parfois les rapports entre adultes consentants soulève un débat nécessaire. Car ce type d’expériences – malheureuses – sont « plus courantes et d’une certaine manière plus difficile à évoquer que la plupart des agressions sexuelles qui ont été [récemment] dénoncées », écrit Vox.
Dans le même temps, Caitlin Flanagan du magazine The Atlantic, s’indigne de « l’humiliation » subie par l’acteur, dépeint avec force détails dans une situation intime. Le procédé montre selon elle qu’il y a « dans ce pays de nombreuses femmes en colère, temporairement puissantes » et susceptibles de « détruire un homme qui ne le méritait pas ».
Enfin, certains se demandent si ce genre de témoignages ne risque pas de pénaliser le mouvement #metoo et de jeter le scepticisme sur des abus rapportés par d’autres femmes.
Depuis 2015, Master of None, la série d’Aziz Ansari diffusée sur Netflix, dans laquelle le jeune homme d’origine indienne et de culture musulmane aborde le racisme, le sexisme et sa vie amoureuse, connaît un succès persistant. Elle lui a même valu un Golden Globe pour sa performance d’acteur lors de la cérémonie du 7 janvier, marquée par le soutien des artistes à la campagne Time’s up et au mouvement #metoo.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-12"> ¤ En 2017, « Valérian et la Cité des mille planètes », de Luc Besson, a capté, à lui seul, 40 % des spectateurs des films français à l’étranger, soit 30,6 millions d’entrées sur 80 territoires.
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« Valérian » fait le beau temps sur le cinéma français à l’international

En 2017, « Valérian et la Cité des mille planètes », de Luc Besson, a capté, à lui seul, 40 % des spectateurs des films français à l’étranger, soit 30,6 millions d’entrées sur 80 territoires.



Le Monde
 |    19.01.2018 à 19h30
    |

            Nicole Vulser








                        



                                


                            

Les résultats des films français à l’export dépendent chaque année d’un ou deux blockbusters. En 2016, Unifrance, l’association chargée de porter haut les couleurs du cinéma hexagonal hors de nos frontières, se désolait de constater un violent trou d’air. En 2017, l’étiage est remonté à une hauteur plus satisfaisante, avec des premières estimations de 80,5 millions d’entrées (contre 40,7 millions en 2016). Ce qui représente, pour l’an dernier, 486 millions d’euros de recettes.
Tout comme en 2014 et en 2015, c’est uniquement une production de Luc Besson, en langue anglaise, qui fait pencher la balance. Un gros film suffit à faire la pluie ou le beau temps. En 2017, Valérian et la Cité des mille planètes capte, à lui seul, 40 % des spectateurs des films français à l’étranger, soit 30,6 millions d’entrées sur 80 territoires.
Malgré une carrière très décevante aux Etats-Unis, ce film au colossal budget de près de 200 millions d’euros a obtenu la meilleure performance jamais réalisée par un long-métrage français en Chine. Bénéficiant du coup de pouce de Fundamental Films, l’actionnaire chinois du studio de Luc Besson, EuropaCorp, le film a comptabilisé 11,6 millions d’entrées dans l’empire du Milieu. Insuffisant, toutefois, pour rentabiliser cette superproduction.

Pour la quatrième fois en six ans, les recettes des films français ont été majoritairement générées en dehors de nos frontières. Après Valérian, la comédie dramatique Demain tout commence, d’Hugo Gélin, avec Omar Sy, arrive en deuxième position, avec 4,8 millions d’entrées à l’étranger, suivie par le film d’action Overdrive, d’Antonio Negret (1,9 million d’entrées).
Phénomène de concentration
Le dessin animé Les As de la jungle, de David Alaux (1,2 million d’entrées), a connu un beau succès au Royaume-Uni et en Russie. Elle, le thriller de Paul Verhoeven, dans lequel Isabelle Huppert interprète le rôle principal,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-13"> ¤ Notre choix du soir. Sous la forme d’une mini-série, l’humoriste livre un redoutable pastiche d’un univers régi par les audiences (sur Canal+ Décalé à 22 h 20).
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TV- « Importantissime » : quand Chris Esquerre détourne les talk-shows

Notre choix du soir. Sous la forme d’une mini-série, l’humoriste livre un redoutable pastiche d’un univers régi par les audiences (sur Canal+ Décalé à 22 h 20).



Le Monde
 |    19.01.2018 à 17h45
    |

            Véronique Cauhapé








                        


Mini-série sur Canal+ décalé



Avec son air de petit garçon premier de la classe, Chris Esquerre peut dire les pires horreurs, et ça passe. Les hochements de tête, de droite à gauche, et les moues satisfaites qu’il adopte pour les appuyer, rendent irrésistibles les stupidités qu’il prononce. Parce que le bougre sait observer et écouter le monde – particulièrement celui des médias dont il épingle les prétentieux débiles qui s’y agitent –, il est capable d’en reproduire les travers, les mesquineries, les absurdités. Et ça passe. Il dézingue, en douceur, avec l’air de ne pas y toucher : une signature à nulle autre comparable.
Miroir tendu à la télévision
Ici, Chris Esquerre se livre à une immersion dans les coulisses d’un magazine d’« Infotainment », en endossant le rôle de l’animateur-producteur. A ses côtés et surtout, à son service, œuvre une équipe dont les membres tentent de répondre à toutes les lubies du « patron ».
Redoutable pastiche d’un monde régi par les audiences, Importantissime met en scène les situations et les personnages ridicules qu’un tel système génère.
Choix de sujets racoleurs, « concernants et impactants », gestion humaine humiliante, discours creux et autocentré, réunions qui brassent de l’air… l’humoriste et sa bande tendent un miroir à une télévision qu’ils connaissent bien, sur ce format des talk-shows où alternent interviews politiques, reportages dits « sociétaux » et chroniques « tendance ». Un format sur les plateaux duquel Chris Esquerre se produit depuis plus de dix ans. D’abord à France 2, M6 puis Canal+, il a, en effet, délivré ses pastilles humoristiques, surréalistes et décalées.

   


Dans sa vraie-fausse émission dont il reproduit le quotidien (de l’élaboration à la mise à l’antenne), les horoscopes prédisent aux poissons « la possibilité d’un dégât des eaux » pouvant « entraîner une grave dépression » qu’ils surmonteront cependant « en moins de deux ans ». Le planning prévoit à chaque numéro, trois invités : un principal, un secondaire, et un de secours au cas où les deux précédents se montreraient ennuyeux. La miss météo ne dit pas un mot mais honore le plateau de sa présence en maillot de bain. Les chroniques s’attachent à la guerre des deux fromages (le comté et l’emmenthal), aux endives « victimes d’un préjugé », ou au cabillaud. Quant à la Corée, « bof, on sait jamais qui est le méchant », alors on passe. C’est à peine si l’on croit, parfois, à une parodie.
Importantissime (saison 1), série créée par Chris Esquerre (Fr., 2017, 6 × 15 min).



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-14"> ¤ A voir aussi ce soir. Sans apporter de réelle analyse, Philippe Thuillier retrace, sous la forme d’un grand zapping, une décennie qui bouleversa le petit écran (sur France 3 à 20 h 55).
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TV - « La Télé des années 80. Les dix ans qui ont tout changé »

A voir aussi ce soir. Sans apporter de réelle analyse, Philippe Thuillier retrace, sous la forme d’un grand zapping, une décennie qui bouleversa le petit écran (sur France 3 à 20 h 55).



Le Monde
 |    19.01.2018 à 17h30
    |

            Christine Rousseau








                        


Documentaire sur France 3 à 20 h 55

   


A l’aube des années 1980, avec ses trois chaînes dont la toute jeune France 3, la télévision ronronne. Et les Français, qui n’aiment rien de moins que la critiquer, commencent à faire part de leur lassitude devant cet écran qui voit défiler toujours les mêmes têtes. Tout particulièrement dans le domaine roi – celui des variétés – que se partagent Danielle Gilbert, le midi, Guy Lux et Maritie et ­Gilbert Carpentier, le samedi soir. Quand les artistes – souvent les mêmes également – ne font pas halte l’après-midi sur les plateaux d’« Aujourd’hui madame ».
« C’est une télévision de rendez-vous, qui n’a pas beaucoup de moyens, sauf pour le divertissement », concède Michel Drucker, qui animera durant cette décennie 1980 le légendaire « Champs-Elysées ». Une décennie qui voit, avec l’arrivée de la gauche au pouvoir, le 10 mai 1981, le paysage audiovisuel connaître sa première grande révolution marquée, notamment, par la création, en 1984, d’une chaîne payante, Canal+. ­Suivra, deux ans plus tard, la naissance de La Cinq de Silvio Berlusconi et de TV6, qui devient M6 lorsqu’elle est attribuée au groupe RTL en 1987 ; cette même année, TF1, la chaîne historique, est privatisée et ­confiée, au grand dam de Jean-Luc Lagardère à Francis Bouygues.
Myriade d’émissions inédites
Cet éclatement va profondément bouleverser la télévision, exacerber la concurrence et la projeter dans une nouvelle ère au cours de laquelle apparaissent – et parfois disparaissent aussi vite – une myriade d’émissions inédites qui laissent entrevoir de nouvelles tendances. Et avec elles, de nouvelles figures, tant dans le domaine des variétés et des divertissements (Christophe Dechavanne, Thierry Ardisson, Antoine de Caunes…) que dans le secteur de l’infor­mation (Christine Ockrent, Anne ­Sinclair, Patrick Poivre d’Arvor, Guillaume Durand…).

   


Pour retracer cette décennie aussi turbulente qu’innovante, Philippe Thuillier a ouvert très largement – trop sans doute – la boîte aux archives, où il a puisé la matière d’un documentaire en deux longues parties, dont la seconde sera diffusée le vendredi 26 janvier, à 20 h 50. Ce gigantesque zapping, agrémenté de commentaires et d’anecdotes des acteurs de l’époque (journalistes, producteurs, animateurs…), ravira sans doute les amateurs du genre, heureux de retrouver – même pour la énième fois – des extraits de « Droit de réponse », des « Enfants du rock », de « Nulle part ailleurs », du « Jeu de la ­vérité » ou de « Psy-show ».
Quant aux autres, gavés après les fêtes de best of et autres bêtisiers, qui attendraient un décryptage – hors d’une simple narration chronologique – et une analyse sur les grandes tendances qui se font jour et marqueront les ­décennies à venir (telles que la montée en puissance des ano­nymes ou des chaînes d’info), ils en seront pour leurs frais.
Recyclage indigeste
Dire et redire que cette décennie révolutionne la télévision est une chose, en faire la démonstration en prenant de la hauteur en est une autre. Philippe Thuillier n’y parvient pas, qui demeure au ras des images et du propos. Avec une volonté d’être quasi exhaustif, ­sinon comment comprendre les deux fois deux heures qu’il nous inflige, où malheureusement sont à peine mentionnés les émissions culturelles, les magazines de société et les fictions (téléfilms et séries). Cette décennie méritait mieux qu’un recyclage aussi indigeste et indigent.
La Télé des années 80. Les dix ans qui ont tout changé, de Philippe Thuillier (Fr., 2017, 2 x 125 min).



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-15"> ¤ Le chorégraphe présente au Théâtre du Rond-Point, à Paris, « My Ladies Rock », un show au ton très féministe.
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Gallotta met des tigresses dans son moteur

Le chorégraphe présente au Théâtre du Rond-Point, à Paris, « My Ladies Rock », un show au ton très féministe.



Le Monde
 |    19.01.2018 à 17h26
 • Mis à jour le
19.01.2018 à 20h14
    |

                            Rosita Boisseau








                        



                                


                            

Le tourbillon de la vie donne le vertige à Jean-Claude Gallotta. Les émotions qui se tamponnent, les désirs qui se chevauchent ont toujours fait ­cavaler plus vite que la musique le chorégraphe à la silhouette ­sautillante. Et c’est la danse, sa danse nerveuse, instable, qu’il somme de rattraper le manège infernal pour rester vivant.
La tension intime de Gallotta, figure de la scène chorégraphique depuis le début des années 1980, explique que son taux de fraîcheur n’ait jamais chuté. Amoureux de la musique pop bien avant qu’elle soit à la mode sur les plateaux contemporains, il met en scène des comédies musicales comme La Légende de Roméo et Juliette (1991) ou celle de Don Juan (1992). Depuis 2004, il repique régulièrement à la veine variété et rock. L’Homme à la tête de chou, à partir de l’album de Serge Gainsbourg dans la version d’Alain Bashung, My Rock (2015), Volver (2016) avec Olivia Ruiz, n’ont pas étanché sa soif d’émotions urgentes. Avec My Ladies Rock, il ressort sa discographie rock pour un nouvel opus dédié aux voix féminines.
Au menu de cette balade dans le répertoire de celles qui ne seraient « que des égéries aux yeux énamourés, des icônes secrètes ou des muses manipulatrices » si ­elles n’avaient pas sauté les barrières de sécurité, les grands noms de Brenda Lee, Marianne Faithfull, Siouxsie and the Banshees, Aretha Franklin, Nina Hagen se succèdent.
Elan bondissant
Après My Rock, très masculin, Gallotta désirait « requalifier l’apport des femmes dans cette musique ». Comme dans le premier volet, il la joue simple, très show clippé. Il enchaîne les tubes en présentant leurs auteures, tandis que des projections d’images ­d’archives donnent vie à ses commentaires aussi documentés que personnels. « Plusieurs d’entre elles se sont heurtées à la porte fermée qui menait les hommes à la reconnaissance et à la notoriété, et sont tombées dans l’oubli,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-16"> ¤ Le cinéaste, qui a eu une liaison avec l’écrivaine, a vendu à l’université Yale les 112 lettres qu’elle lui a envoyées, ne pouvant les publier en France.
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L’exil américain des lettres d’amour de Simone de Beauvoir à Claude Lanzmann

Le cinéaste, qui a eu une liaison avec l’écrivaine, a vendu à l’université Yale les 112 lettres qu’elle lui a envoyées, ne pouvant les publier en France.



Le Monde
 |    19.01.2018 à 17h22
 • Mis à jour le
20.01.2018 à 06h32
    |

                            Franck Nouchi








                        



                                


                            

La bibliothèque Beinecke de livres rares et de manuscrits de l’université Yale (New Haven, Connecticut) vient de se porter acquéreuse, par l’intermédiaire de Christie’s, de 112 lettres que ­Simone de Beauvoir a écrites et adressées à Claude Lanzmann à partir de 1953. Des lettres d’amour qui témoignent de la relation qu’ont entretenue la philosophe et le cinéaste, et que ce dernier avait jusque-là ­conservées. Il s’explique sur cette décision, regrettant que la fille de Simone de Beauvoir, Sylvie Le Bon de Beauvoir, s’oppose à leur ­publication en France.
Pourquoi ne pas avoir publié ces 112 lettres chez Gallimard, l’éditeur de votre livre « Le Lièvre de Patagonie » ?
J’aurais à coup sûr préféré les faire publier par mon éditeur habituel, à savoir Gallimard, mais cela s’est avéré impossible. En effet, selon la loi française, les lettres appartiennent à ceux ou celles qui les écrivent, mais jamais à leurs destinataires, à qui elles sont adressées. Dès lors, la situation était la suivante : même si je demandais à Gallimard de publier ces lettres, la maison d’édition n’avait pas d’autre choix que de refuser de le faire.

Pour quelle raison ?
Sylvie Le Bon de Beauvoir, la fille adoptive de Simone de Beauvoir, détient les droits moraux de l’œuvre littéraire de sa mère. Etant opposée à la publication de ces lettres, elle a contraint Gallimard à renoncer à leur publication. Avant d’expliquer les raisons de ce refus, je voudrais souligner un paradoxe : ­de Beauvoir m’avait demandé d’être le parrain lorsqu’elle a adopté Sylvie Le Bon. Sartre m’avait demandé la même chose lors de l’adoption d’Arlette Elkaïm en 1964. Je n’avais évidemment aucune raison de refuser.
Pourquoi Sylvie Le Bon de Beauvoir ­s’oppose-t-elle à la publication de ces lettres, alors qu’elle a fait publier les ­lettres de Simone de Beauvoir à Sartre, à Nelson Algren et à Jacques-Laurent Bost ?
Bien que...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-18"> ¤ Sylvie Le Bon de Beauvoir, la fille adoptive de Simone de Beauvoir, s’ oppose à la publication en France des lettres écrites à Claude Lanzmann.
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La pièce manquante dans la correspondance du « Castor »

Sylvie Le Bon de Beauvoir, la fille adoptive de Simone de Beauvoir, s’ oppose à la publication en France des lettres écrites à Claude Lanzmann.



Le Monde
 |    19.01.2018 à 17h05
 • Mis à jour le
19.01.2018 à 20h43
    |

                            Franck Nouchi








                        


                                                        
Du vaste puzzle de la vie épistolaire – et amoureuse – de Simone de Beauvoir, c’est la pièce manquante. Cent douze lettres au total, à l’écriture si reconnaissable, toutes adressées à Claude Lanzmann. Que l’auteure du Deuxième Sexe ait eu une longue relation amoureuse avec le réalisateur de Shoah, cela n’était un secret pour personne. Ni Simone de Beauvoir ni Claude Lanzmann, qui en parle longuement dans Le Lièvre de Patagonie (Gallimard, 2009), ne l’ont jamais caché. En revanche, on ignorait l’existence d’une correspondance entre ces deux personnalités. Au soir de sa vie, Claude Lanzmann, 92 ans, aurait aimé voir ces lettres publiées. Cela ne lui sera pas possible. Sylvie Le Bon de Beauvoir, la fille adoptive et, à ce titre, l’exécutrice testamentaire de l’écrivaine, s’y oppose.

Pourquoi réserver un tel sort à ces lettres, alors que furent publiées, apparemment sans la moindre réticence, les correspondances que Simone de Beauvoir eut avec d’autres hommes, Jean-Paul Sartre évidemment, mais aussi Nelson Algren et Jacques-Laurent Bost ? Sylvie Le Bon de Beauvoir n’ayant pas donné suite à notre demande d’en­tretien, nous nous contenterons pour l’heure des explications de Claude Lanzmann. Empêché en France, ce dernier vient de vendre ces lettres à la ­bibliothèque Beinecke de l’université Yale. Qu’adviendra-t-il ensuite ? Nul ne le sait, même si l’on peut imaginer que les nombreux spécialistes de Beauvoir et de Lanzmann travaillant dans cette prestigieuse université américaine auront à cœur de décrypter ces lettres et, éventuellement, plus tard, de les publier. A condition, bien sûr, d’en avoir le droit, tant il est vrai qu’aux Etats-Unis, la reconnaissance du droit moral est variable selon les Etats.
Deux types de droits distincts
La loi française sur le droit d’auteur, elle, distingue entre la propriété matérielle du support de l’œuvre (la toile en tant qu’objet, un manuscrit…) et la propriété immatérielle, qui porte...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-19"> ¤ Initiatrice du succès du Théâtre national populaire aux côtés de Jean Vilar, Sonia Debeauvais est morte le 2 janvier, à 92 ans.
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Mort de Sonia Debeauvais, cheville-ouvrière du Théâtre national populaire

Initiatrice du succès du Théâtre national populaire aux côtés de Jean Vilar, Sonia Debeauvais est morte le 2 janvier, à 92 ans.



Le Monde
 |    19.01.2018 à 16h55
    |

            Brigitte Salino








                        


C’était une grande femme énergique que l’on croisait dans les rues d’Avignon, où elle aura vécu soixante festivals : Sonia Debeauvais, qui avait été une des collaboratrices de Jean Vilar, est morte le 2 janvier, à 92 ans. Elle laisse un legs qui a contribué à la réussite, et au mythe, du Théâtre national populaire. Quand elle y entre, en 1956, le TNP a cinq ans. Jean Vilar, qui cherche inlassablement à conquérir un nouveau public, lui confie la tâche de développer les réseaux. L’époque est à l’utopie humaniste, l’enthousiasme est généreux, mais il faut organiser, coordonner, inventer des actions.
Travail de l’ombre
Jean Rouvet, l’administrateur de Jean Vilar, a déjà mis en place ce qui révolutionne l’accueil du public : les trompettes de Jarre à l’entrée dans la salle, l’absence de pourboire, la distribution des programmes avec le texte des pièces, les retards interdits… Sonia Debeauvais travaille dans l’ombre, en nouant des relations avec les associations, les comités d’entreprise, les amicales laïques de banlieue, les fameux militants que l’on appelle « les relais », et qui jouent un rôle essentiel en facilitant les abonnements.
Sonia Debeauvais, qui fut une pionnière en la matière, n’aimait pas l’expression de « relations publiques ». Elle lui préférait celle de « relations avec le public », plus concrète, précise et engagée, à l’image du TNP. A la mort de Jean Vilar, en 1971, elle a continué à travailler au côté de son successeur, Paul Puaux. Elle a également été secrétaire générale, puis responsable du département international du CFPJ (Centre de formation professionnel des journalistes), à Paris, et elle a activement participé à l’Association Jean Vilar, qu’elle a contribué à fonder. Par ailleurs, Sonia Debeauvais était la grand-mère de la scénariste et réalisatrice Emma Luchini, fille de Fabrice Luchini.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-20"> ¤ L’artiste présente ses peintures aux références aussi bien historiques que personnelles.
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Sélection galerie : Nazanin Pouyandeh chez Vincent Sator

L’artiste présente ses peintures aux références aussi bien historiques que personnelles.



Le Monde
 |    19.01.2018 à 16h23
    |

                            Philippe Dagen








                        


Jusqu’ici, la peinture de Nazanin Pouyandeh surprenait par sa dextérité figurative, son inventivité onirique, l’étrangeté de ­scènes où postures et situations ne se laissaient pas interpréter. Elle montre cette fois deux grandes toiles dans lesquelles la part de l’histoire est plus clairement visible. Dans l’une, un groupe de femmes semble en persécuter une qui ne sait ­comment se défendre de ces furies. Elles sont très coquettement habillées, mais la scène se déroule dans un paysage de ruines urbaines qui évoque aussitôt les images d’Alep.

   


Dans l’autre, un groupe féminin, drapé de noir ou de bleu, armé de javelots, ­attaque une géante nue. La campagne brûle au loin et des ­corneilles passent en rafales. Ces visions entre cauchemar et ­allégorie sont accompagnées d’œuvres plus ­petites où l’on voit la représentation picturale des corps et ­des visages se faire et se défaire comme pour rappeler qu’il n’y a ­­là que fictions et faux-semblants, visions et leurres. D’autres ­encore, nées d’un séjour au Bénin et souvenirs de son enfance en Iran, sont d’une ­remarquable acuité dans ce qu’elles suggèrent des relations­ ­entre cultures africaine et iranienne d’autrefois et culture ­globalisée d’aujourd’hui. La peinture de ­Pouyandeh devient de plus en plus dense et profonde.
« Ruines et plaisirs », de Nazanin Pouyandeh. Galerie Vincent Sator, 8, passage des Gravilliers, Paris 3e. Tél. : 01-42-78-04 84. Du mardi au samedi de 14 heures à19 heures. Jusqu’au 3 mars. www.galerie-sator.com et nazaninpouyandeh.free.fr



                            


                        

                        

