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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-1"> ¤ Dans le cadre du projet européen « Les nouveaux arrivants », « Le Monde » suit un groupe de réfugiés installés à Vichy. Durant un an, nous racontons l’intégration de ces hommes originaires du Soudan et d’Erythrée.
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Ali, hier universitaire au Soudan, aujourd’hui réfugié et bénévole au Secours catholique

Dans le cadre du projet européen « Les nouveaux arrivants », « Le Monde » suit un groupe de réfugiés installés à Vichy. Durant un an, nous racontons l’intégration de ces hommes originaires du Soudan et d’Erythrée.



Le Monde
 |    21.01.2018 à 18h15
    |

                            Emile Costard (Vichy, envoyé spécial)








                        



   


« Bonjour Ali ! » « Salut camarade ! », répond Ali à chaque poignée de mains. Dans les locaux du Secours catholique de Vichy, les bénévoles se saluent avant de s’activer. Il est 13 h 30 et bientôt les bénéficiaires passeront la grande porte bleue de l’association pour venir acheter des vêtements, des jouets ou de la vaisselle. Tout doit être prêt pour les accueillir en cette période de fêtes.
Depuis cinq mois, Ali, Soudanais de 30 ans, fait du bénévolat dans l’association créée en 1946 par l’abbé Jean Rodhain. Au Secours catholique, il aide et se sent utile. « C’est très important d’avoir des bénévoles jeunes et arabophones », confirme Jacques Dhaussy, 70 ans, bénévole à l’accueil de l’association.
Ici, Ali observe cette partie de la société française qui est invisible :
« La France est un pays riche, je n’imaginais pas qu’il puisse y avoir autant de gens en difficulté. En venant ici chaque semaine, j’observe un petit bout de la société française, j’analyse les relations entre les gens, je me sociabilise et je perfectionne mon français. »
Ali est arrivé en France en 2015, par les mêmes routes migratoires que des milliers de ses compatriotes. La Libye, la Méditerranée, l’Italie puis la France. A Paris, il squatte quelques mois le lycée Jean-Quarré, avec des centaines de Soudanais, avant d’être transféré dans le centre d’orientation de Varennes-sur-Allier. Depuis 2016 et l’obtention de son statut de réfugié, il vit dans un studio du centre-ville de Vichy et tente de se construire un chez-soi.
« Au Soudan, j’avais des problèmes politiques avec le régime d’Al-Bachir. Il y a eu plusieurs événements qui ont mis ma vie en danger. J’ai tout laissé pour sauver ma peau. L’histoire est longue, triste et tragique. Maintenant je suis à Vichy et je poursuis mon chemin. »

   


Assis sur son canapé rouge, chez lui, une tasse de café à la main, Ali replonge dans ses souvenirs. Il parle de l’université, de ses engagements politiques et associatifs, de son master en sociologie et du poste d’assistant professeur à l’université de Khartoum qu’il occupait avant de fuir son pays. Ali est un intellectuel. Sur une petite commode trône un exemplaire de La Misère du monde, un ouvrage sociologique réalisé sous la direction de Pierre Bourdieu.
Il raconte son quotidien, les cours de français, les matchs de foot avec l’équipe de réfugiés de Vichy dont il est l’entraîneur. Il parle de ses lectures, des textes de Victor Hugo et de la Révolution française. Il évoque les difficultés qu’il a pu rencontrer avec l’administration et analyse les lourdeurs bureautiques en citant le sociologue allemand Max Weber.
« J’avais des idées communistes »
Ali souligne à plusieurs reprises son attachement à la notion de séparation de l’Eglise et de l’Etat, « car le système politique en place aujourd’hui au Soudan gouverne depuis vingt-neuf ans au nom de la religion, ment au nom de la religion, tue au nom de la religion ». Soudain, sa voix s’enroue et ses mains s’agrippent. Ali raconte les terribles interrogatoires des services de renseignement soudanais. La torture.
« J’avais des idées communistes… A l’université, je parlais librement devant les étudiants. En 2010, j’avais aussi dénoncé des fraudes dans un bureau de vote où j’étais observateur. J’étais dans le collimateur. »
Un jour, alors qu’il rend visite à sa famille dans sa région natale d’Um Rawaba, qui connaît des troubles, Ali est arrêté à un barrage et accusé de faire partie des forces d’opposition qui déstabilisent la région. Un procès expéditif devant un tribunal militaire le condamne à mort. Ali est réveillé en pleine nuit, embarqué par des militaires qui le poussent dans une voiture : direction le peloton d’exécution.
« On a roulé, roulé, quand soudain les militaires se sont mis à parler d’une embuscade sur la route. Ils ont commencé à accélérer, on roulait très vite. Tout à coup, il y a eu des tirs et on a percuté un obstacle. C’était un arbre sur le bas-côté. Le choc a été tellement violent que j’en ai eu la jambe fracturée, mais j’ai réussi à m’extirper du véhicule et à m’échapper. J’ai pu ramper jusqu’à un cours d’eau, j’ai traversé à la nage et je me suis évanoui. »
Quand il reprend connaissance, un paysan de la région est en train de le soigner. L’homme lui jure qu’il n’a rien à craindre, qu’il ne lui posera aucune question et lui demande s’il souhaite appeler un membre de sa famille.
« J’ai décidé de contacter un oncle car je craignais que mes proches soient sur écoute. Mon oncle m’a dit que je devais partir au plus vite en Libye. Il m’a assuré une somme d’argent importante et il a contacté un passeur. Je ne peux pas décrire la tristesse dans laquelle j’étais. Je pensais à ma mère, j’imaginais la peine que je lui causais. Mais je n’avais pas le choix si je voulais vivre. Alors je suis parti avec un conducteur à la frontière libyenne. »

   


De son passé, il ne lui reste que des souvenirs et une douleur à la jambe qui ne veut pas finir. Alors c’est derrière une petite table d’écriture qu’il soigne ses blessures psychiques.
« J’écris tous les jours, j’y trouve de la sérénité, je n’ai rien de mieux dans cette vie que l’écriture. »
Ses rêves ? Pouvoir retourner un jour au Soudan et valider une thèse de sociologie. Pour Ali, « la vie n’est pas un paradis mais un long militantisme ».
Interprète : Adel Al-Kordi



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-2"> ¤ Un rapport parlementaire, qui doit être présenté mercredi à l’Assemblée nationale, propose de sanctionner les usagers par une amende allant de 150 à 200 euros.
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Les consommateurs de cannabis bientôt sanctionnés par une amende ?

Un rapport parlementaire, qui doit être présenté mercredi à l’Assemblée nationale, propose de sanctionner les usagers par une amende allant de 150 à 200 euros.



Le Monde
 |    21.01.2018 à 14h42
 • Mis à jour le
21.01.2018 à 17h12
   





                        


Une amende plutôt qu’une peine de prison pour les consommateurs de cannabis ? Un rapport parlementaire, mené par les députés Eric Pouillat (La République en marche) et Robin Reda (Les Républicains) et diffusé dimanche 21 janvier par Le Parisien, préconise de sanctionner les consommateurs par une amende allant de 150 à 200 euros.
Pour rappel, aujourd’hui ils sont susceptibles d’être punis d’une peine de prison d’un an et 3 750 euros d’amende pénale. Mais, pour le député LR de l’Essonne Robin Reda, interviewé par Le Parisien : « On vit une gigantesque hypocrisie : il est plus facile de sanctionner quelqu’un qui consomme de l’alcool sur la voie publique que du cannabis. » 
Les deux options mises sur la table par les rapporteurs :
Le député LR de l’Essonne Robin Reda préconise une « amende contraventionnelle de 150 à 200 euros », afin de « permettre aux forces de l’ordre de mettre fin à la procédure sur le terrain. L’avantage c’est la sanction immédiate et systématique » ;Eric Pouillat (LRM) propose, lui, une « amende forfaitaire délictuelle » qui permet de dresser un procès-verbal dans les 45 jours. Si l’amende n’est pas réglée dans ce délai, le contrevenant devra passer devant un tribunal.
Sur près de 140 000 interpellations chaque année pour usage de stupéfiants, 3 098 peines de prison ont été prononcées en 2015 selon les derniers chiffres publiés, alors que la loi prévoit jusqu’à un an de prison et 3 750 euros d’amende.

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                Légalisé, dépénalisé, prescrit… le cannabis dans le monde en neuf graphiques



En 2016, 17 millions de personnes âgées de 11 à 64 ans ont déclaré avoir fumé au moins une fois du cannabis au cours de leur vie. Parmi eux, 5 millions ont déclaré avoir fumé dans l’année et ils sont 1,4 million à avoir fumé au moins dix fois par mois, selon l’Observatoire français des drogues et des toxicomanies.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-3"> ¤ En identifiant des marqueurs génétiques mais aussi protéiques circulant dans le sang, des chercheurs australo-américainsont mis au point un outil de détection prometteur : baptisé Cancer SEEK, il identifie huit types de cancers différents.
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Un test sanguin pour détecter plusieurs cancers

En identifiant des marqueurs génétiques mais aussi protéiques circulant dans le sang, des chercheurs australo-américainsont mis au point un outil de détection prometteur : baptisé Cancer SEEK, il identifie huit types de cancers différents.



Le Monde
 |    21.01.2018 à 14h00
    |

            Paul Benkimoun








                        



                                


                            
Détecter une tumeur maligne, à un stade précoce et avant qu’elle n’ait disséminé dans l’organisme sous forme de métastases, semble indispensable pour réduire le nombre des décès dus à un cancer. Joshua Cohen (Johns Hopkins University, Baltimore) et ses collègues décrivent dans l’hebdomadaire Science du 19 janvier un test sanguin baptisé Cancer SEEK, qui identifierait avec une sensibilité importante huit types de cancer. L’un des éléments les plus innovants de ce travail est le recours à une combinaison de marqueurs, génétiques mais aussi protéiques, afin d’élargir le spectre de détection.
« Le Graal pour les chercheurs en oncogénétique, c’est la mise au point d’un test universel détectant tous les cancers, en particulier à un stade précoce. Depuis trois ou quatre ans, d’énormes avancées ont été accomplies avec l’apparition de tests fondés sur l’analyse de l’ADN tumoral circulant. En France, quelques équipes, dont la nôtre, travaillent sur le sujet », explique le professeur Thierry Frebourg (Département de médecine génomique et de médecine personnalisée, CHU de Rouen), qui n’a pas participé à cette publication. C’est aussi le cas de l’équipe parisienne de Pierre Laurent-Puig, professeur d’oncologie (Hôpital européen Georges-Pompidou, Paris) qui a développé une méthode libre de droits de test sanguin pour la détection des tumeurs malignes du poumon et du pancréas.
Biopsie liquide
Des portions d’ADN sont libérées dans la circulation sanguine par des cellules malignes en train de mourir, d’où le terme également utilisé de « biopsie liquide » pour les détecter. Cet ADN circulant se présente sous la forme de petits fragments, ne dépassant pas 100 ou 150 paires de bases. Pour les besoins de l’analyse, ces fragments sont amplifiés, d’où leur nom d’amplicons.
L’identification de mutations dans l’ADN tumoral circulant peut servir à détecter un cancer à un stade précoce, où la tumeur n’est pas encore repérable par les méthodes classiques,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-4"> ¤ Selon des études, les jeunes Américains de la génération « iGen » seraient moins autonomes et davantage sujets au mal-être, voire à la dépression.
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Aux Etats-Unis, la génération iPhone sous haute surveillance


                      Selon des études, les jeunes Américains de la génération « iGen » seraient moins autonomes et davantage sujets au mal-être, voire à la dépression.



Le Monde
 |    21.01.2018 à 06h41
 • Mis à jour le
21.01.2018 à 15h53
    |

            Laurent Borredon








                              

                        

Ils sont de l’« iGen », la génération iPhone : « Nés depuis 1995, ils ont grandi avec le téléphone portable, avaient un compte Instagram avant même d’entrer au lycée et n’ont pas le souvenir d’une époque avant Internet. » Dans son livre iGen (Atria Books, 2017, non traduit), la professeure de psychologie à l’université de San Diego Jean Twenge se penche sur les adolescents américains d’aujourd’hui. Et met en garde sur les effets ravageurs des smartphones.
« On aime nos téléphones plus que les vraies gens »
En partant des études régulièrement menées auprès des jeunes aux Etats-Unis – et qui concernent 11 millions de personnes sur plusieurs décennies –, elle a noté un changement brutal en 2011-2012. La date correspond à un autre basculement majeur : la généralisation des smartphones. « Je pense qu’on aime nos téléphones plus que les vraies gens », résume dans le livre Athena, 13 ans. Les élèves en dernière année de lycée passent… six heures par jour sur leur téléphone. Pour ceux en dernière année du collège (correspondant, en termes d’âge, à la 4e en France), c’est cinq heures.

Dans cette génération, qui pourrait être incarnée par l’adolescente surveillée par sa mère par une tablette dans l’épisode « Arkangel », dans la quatrième saison de la série britannique Black Mirror (Netflix), l’indépendance et l’aventure sont singulièrement réduites. En 1999, près de 45 % des élèves de 2de estimaient que leurs parents savaient en permanence où ils étaient, 50 % avec qui. En 2015, on est à plus de 60 % pour « où », 65 % pour « avec qui ».
Même lorsqu’ils entrent à l’université – traditionnellement une deuxième coupure du cordon ombilical, aux Etats-Unis –, note Jean Twenge, « les parents d’étudiants continuent de les traiter comme des enfants ». Attitude qui s’appuie, là encore, sur le téléphone portable : la responsable des nouveaux à l’université Stanford s’étonne de les...




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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-5"> ¤ Les critères ont dû être élaborés par les facs en quelques semaines, alors que les candidats pourront, dès lundi, commencer à inscrire leurs vœux d’orientation sur Parcoursup.
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Comment les universités vont trier les lycéens

Les critères ont dû être élaborés par les facs en quelques semaines, alors que les candidats pourront, dès lundi, commencer à inscrire leurs vœux d’orientation sur Parcoursup.



Le Monde
 |    21.01.2018 à 06h40
 • Mis à jour le
21.01.2018 à 17h41
    |

            Séverin Graveleau et 
Camille Stromboni








                        



   


Quels seront les véritables critères à l’entrée des licences universitaires ? Alors que les lycéens peuvent, à compter du 22 janvier, commencer à inscrire leurs vœux d’orientation sur Parcoursup, la nouvelle plate-forme d’admission dans l’enseignement supérieur, ils sont nombreux – ainsi que leurs parents – à se poser la question. Voire à s’inquiéter.
En décembre 2017, ils ont pu découvrir les compétences désormais attendues dans chaque discipline : « aptitude à la logique » en droit, « compétences scientifiques » en physique, « bon niveau rédactionnel » en lettres, etc. Reste maintenant à savoir comment ces formations vérifieront, en coulisses, que les bacheliers possèdent bien ces « attendus ».
Car avec la réforme en cours d’examen au Parlement, qui modifie les règles d’admission à l’université, toutes les formations vont désormais classer l’ensemble des candidats à partir de leurs dossiers. Un classement qui doit permettre de les départager, dans le cas où les capacités d’accueil d’une formation sont atteintes, remplaçant ainsi le tirage au sort pratiqué jusque-là.
Notes, appréciations, lettre de motivation, avis du conseil de classe de terminale, activités extrascolaires… Pour effectuer ce classement sensible, les universitaires ont travaillé, en quelques semaines seulement, sur ces critères généraux qu’ils comptent utiliser, afin de les faire remonter au ministère de l’enseignement supérieur dès le 17 janvier. Mais selon les disciplines et les universités, les formules envisagées pour trier les dossiers à partir de ces éléments varient fortement.

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                Crispations autour de la réforme de l’université



Un même modèle dans toutes les facs pour les Staps
Ainsi, dans la filière des sciences et techniques des activités physiques et sportives (Staps), particulièrement sous pression depuis plusieurs années, le modèle a été pensé depuis plus de six mois. Chacune des compétences demandées (scientifique, littéraire, sportive, engagement associatif) sera évaluée sur 30 points, prévoient les doyens de cette discipline, à partir des notes obtenues en mathématiques, physique, français, philosophie ainsi que grâce à divers justificatifs d’activités extrascolaires (BAFA, inscription dans un club sportif, attestation d’un niveau sportif, etc.).

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« Avec l’avis du conseil de classe, que l’on transformera aussi en une note sur 30 points, cela fera un total sur 150 points, qui permettra de classer tous les candidats », décrit Didier Delignières, à la tête de la conférence de doyens. Situation sans doute exceptionnelle : ce modèle devrait être appliqué de la même manière dans toutes les facs du territoire.
Si les Staps en sont déjà à la formule mathématique et à l’algorithme pour classer les futurs candidats, d’autres filières ont pour l’instant simplement validé les pièces qui seront prises en compte pour évaluer chaque attendu. Ainsi en droit à l’université Paris-Descartes, les notes de 1re et terminale en mathématiques, histoire-géographie, philosophie, ou encore sciences économiques et sciences sociales, seront utilisées pour évaluer cette « aptitude à la logique » des candidats, ainsi que le classement de chaque élève dans sa classe, et l’avis du conseil de classe.
Les bulletins, critère incontournable
Notes de physique ou de maths dans les filières scientifiques, notes de français et d’histoire-géographie dans les sciences humaines et sociales… De manière générale, les bulletins des lycéens apparaissent comme un critère incontournable. La raison en est simple : ils sont facilement quantifiables. « Nous nous attendons, dans certaines licences, à 15 000 vœux de candidats : il va être impossible d’avoir un examen approfondi de chaque dossier, souligne Olivier Oudar, vice-président de la commission de la formation et de la vie universitaire à l’université Paris-XIII. Les notes permettront d’en trier automatiquement une grande partie, pour ensuite regarder finement un plus petit nombre de dossiers. »
Quelque 3 millions d’euros sont promis par le ministère pour financer l’examen des dossiers, somme qui peut paraître limitée au vu de la masse de vœux attendue (les 800 000 candidats pourront chacun faire dix vœux).
Autre question qui fâche : la filière de bac pourra-t-elle avoir un impact sur le classement de l’élève ?
Même dans les filières moins en tension, où un tri automatisé semble moins nécessaire, les notes auront toutes leur importance, d’après les universitaires contactés par Le Monde. Un scénario que la FAGE, premier syndicat étudiant favorable à la réforme, voit se profiler avec angoisse. « Une note ne permet pas d’évaluer une compétence », dénonce Jimmy Losfeld, son président, qui appelle à ce que les autres pièces du dossier (appréciations des enseignants, avis du conseil de classe, lettre de motivation…) soient également prises en compte.
De fait, si l’avis du conseil de classe doit lui aussi être largement utilisé, car il peut être facilement quantifié (les mentions « favorable », « non favorable »… pouvant être transformées en nombre de points), la lettre de motivation, de même que les appréciations des enseignants, devraient plutôt être examinées à la marge, pour départager les candidats ex aequo par exemple. Il faudra, de toutes façons, « faire attention aux biais de cette lettre, prévient Pierre-Yves Gilles, président de la Conférence de doyens d’arts, lettres, langues et sciences humaines et sociales. On n’aura aucune certitude sur qui l’a rédigée : parents, enseignants, lycéens ».

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Consignes peu claires
Dans les facultés, la réflexion se poursuit pour affiner la méthode de classement qui sera appliquée, avec encore de nombreux doutes sur ce qui sera autorisé. Entre les discours du ministère, des recteurs, des présidents d’université… les consignes ne sont pas toujours claires. Ce qui crée « une sacrée pagaille », selon les mots employés par plusieurs universitaires.
« Nous recevons parfois des informations très contradictoires, rapporte ainsi Alain Tallon, à la tête de la faculté des lettres de Sorbonne université [Paris-Sorbonne et UPMC]. On nous disait, par exemple, au départ, qu’on pourrait fixer comme critère une fourchette de notes dans laquelle le candidat devrait se situer. Finalement, on nous dit que non. »
La fac de lettres parisienne – qui s’attend à recevoir au moins 40 000 dossiers ! – a décidé de ne pas faire apparaître sur Parcoursup le détail des critères qu’elle envisage d’appliquer pour chacun de ses 56 parcours de formation, afin de se laisser le temps de les élaborer précisément, et éviter d’aboutir à « une usine à gaz ». Ils figureront, à terme, sur son propre site Internet, avec des conseils précis aux candidats.
Autre question qui fâche : la filière de bac pourra-t-elle avoir un impact sur le classement de l’élève ? Plusieurs licences ont fait remonter au ministère, d’après les documents que Le Monde s’est procurés, cette exigence, tel un bac S exigé pour entrer dans une licence de biologie francilienne. Pourtant, les rectorats répètent dans de nombreuses académies que cela serait totalement interdit.
Néanmoins, si le critère n’est pas affiché tel quel sur la plate-forme Parcoursup, plusieurs formations envisagent tout de même de le prendre en compte. « Bien sûr que nous accorderons plus d’importance à un 15/20 en maths en terminale S qu’un 15/20 en filière littéraire », confirme tout simplement Yves Bertrand, à la tête de la conférence des doyens de sciences. « De toute façon, Parcoursup nous permet d’extraire, dans un fichier Excel, la liste des candidats et celle de leurs caractéristiques afin d’effectuer le classement », lâche un autre universitaire, sous-entendant que les formations auront, dans les faits, une grande marge de liberté.

Un comité scientifique et éthique  pour chapeauter Parcoursup
Le comité scientifique et éthique de la plate-forme Parcoursup sera présidé par l’avocate, ancienne ministre et déontologue de l’Assemblée nationale, Noëlle Lenoir. Cette instance avait été créée en septembre 2017 à la suite de la mise en demeure de la Commission nationale de l’informatique et des libertés sur le manque de transparence de la précédente plate-forme Admission post bac (APB). Ce comité regroupera des personnalités scientifiques variées : chercheurs, sociologues, économistes, etc. Ilsera chargé de « s’assurer au quotidien du respect par la plate-forme des principes juridiques et éthiques qui la fondent, de vérifier son bon fonctionnement et d’évaluer son impact pour proposer des améliorations », avait détaillé la ministre de l’enseignement supérieur, Frédérique Vidal, le 14 janvier dans Le JDD.





                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-6"> ¤ RÉSONANCES. La plupart des sociétés du passé ont jalousement préservé des espaces d’homosociabilité, rappelle l’historienne Emmanuelle Loyer. Le rétablissement d’espaces non mixtes ne serait-il pas un moyen d’appaiser les relations entre les sexes?
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La mixité, un équilibre à négocier

RÉSONANCES. La plupart des sociétés du passé ont jalousement préservé des espaces d’homosociabilité, rappelle l’historienne Emmanuelle Loyer. Le rétablissement d’espaces non mixtes ne serait-il pas un moyen d’appaiser les relations entre les sexes?



Le Monde
 |    21.01.2018 à 06h30
   





                        



                                


                            
Par Emmanuelle Loyer, historienne
C’est le temps des vœux et des bonnes résolutions. Que souhaiter pour l’année qui vient ? Avec l’affaire Weinstein, 2017 s’est achevée sur une sorte de crise de nerfs internationale, peut-être salutaire, mais triste tout de même : cela ne tourne plus rond entre les hommes et les femmes dans nos sociétés. Et les moyens pour combattre ces maux ne nous entraînent-ils pas dans un cycle littéralement interminable ? On ne sait que penser. Ce qui s’apparente à une guerre des sexes a surpris tout le monde après des décennies d’évolution vers la mixité dont on peut dès lors se demander si elle n’aurait pas atteint ses limites.
Le confort de l’entre-soi
Certaines entendent d’ailleurs faire sécession : ici ou là, on voit se créer des communautés de vie, des clubs de femmes, des salles de sport exclusivement féminines, des bus interdits aux hommes… Les raisons, le plus souvent, ne sont pas religieuses. Sont plutôt invoqués par celles qui s’y essayent la douceur, le confort de l’entre-soi, la baisse de l’impératif esthétique des corps, bref une trêve dans le grand frottement généralisé entre hommes et femmes, au cœur d’univers citadins de plus en plus sexualisés par une publicité omniprésente.
De prime abord, on peut s’en étonner car la mixité, depuis plus d’un siècle, marche avec le progrès et la démocratie. La mixité est de genre, elle est aussi sociale. Elle fut utilisée comme un moyen et bientôt prônée comme une valeur. Souvenons-nous qu’en 1968 – il y a cinquante ans cette année –, tout commença par la revendication d’un accès égal aux chambres des internats, puisque les garçons avaient le droit de recevoir les jeunes filles mais pas l’inverse ! Les statuts des résidences universitaires sont alors jugés ­ « médiévaux » par les étudiants d’Anthony, de Nanterre mais aussi de Rennes, qui s’apprêtent à faire tomber la société de leurs pères…
La mixité fut un combat qui, après 1968, prit encore...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-7"> ¤ Pour justifier son choix, qui suscite nombre de critiques, le premier ministre avance les « faiblesses structurelles » du modèle économique du projet.
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La France retire sa candidature à l’Exposition universelle 2025

Pour justifier son choix, qui suscite nombre de critiques, le premier ministre avance les « faiblesses structurelles » du modèle économique du projet.



Le Monde
 |    21.01.2018 à 04h18
 • Mis à jour le
21.01.2018 à 10h25
   





                        


« J’ai décidé de ne pas donner suite à la candidature de la France à l’Exposition universelle, qui sera retirée. » C’est ce qu’a annoncé le premier ministre, Edouard Philippe, samedi 20 janvier, dans une lettre officielle révélée par Le Journal du dimanche (JDD).
Le chef du gouvernement évoque notamment les « faiblesses structurelles » du modèle économique du projet et précise que, dans le contexte de « redressement de nos finances publiques », il refuse de « grever l’avenir (…) d’engagements supplémentaires non maîtrisés ».

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Selon le JDD, la maire de Paris, Anne Hidalgo, la présidente de la région Ile-de-France, Valérie Pécresse et le président du comité de candidature, Jean-Christophe Fromantin, ont également été informés samedi de la décision. « Je ne me retrouve pas dans cette France qui renonce, qui recule ou qui s’excuse », a réagi sur Twitter M. Fromantin.

Je ne me retrouve pas dans cette France qui renonce, qui recule ou qui s'excuse ... RV lundi https://t.co/aeYM94fK7q— JCFromantin (@J-C Fromantin)


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« Alors que nous pouvions, après le rugby en 2023 et les JO en 2024, recevoir le monde avec l’Expo universelle en 2025, cette décision est incompréhensible », a tweeté le vice-président du comité d’organisation, Luc Carvounas.

Alors que nous pouvions après le rugby en 2023 et les JO en 2024 recevoir le monde avec l’expo universelle en 2025,… https://t.co/KMz73gFzVL— luccarvounas (@Luc Carvounas)


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Un risque pour les finances publiques
Dans sa lettre adressée à Pascal Lamy, ancien directeur de l’Organisation mondiale du commerce, Edouard Philippe estime que les engagements qu’il avait demandés fin septembre 2017 concernant la « solidité du dispositif opérationnel proposé par la France » ne sont pas tenus.
La candidature française, bâtie autour du pôle scientifique et technologique de Paris-Saclay, au sud de la capitale, a été déposée fin septembre auprès du Bureau international des expositions (BIE). Pour le premier ministre, le projet français n’a pas les moyens de se redresser dans « le délai qui nous sépare de la visite de la commission d’enquête du BIE », prévue à la mi-mars.

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Il relève également que « la marge d’aléas » du projet « ne permet pas d’absorber certaines hypothèses de fréquentations défavorables ». Les scénarios envisagés tablaient sur une fréquentation comprise entre 35 et 40 millions de visiteurs, avec une hypothèse haute à 65 millions. Mais une fréquentation comparable à celle de l’Exposition universelle qui s’est tenue à Milan en 2015 (environ 20 millions de visiteurs) entraînerait une chute des recettes (de 1,3 milliard à 455 millions d’euros), ce qui représente un risque pour les finances publiques, selon Matignon. Edouard Philippe a mis enfin en avant le manque de partenaires privés prêts à s’engager.
Le retrait de la France laisse la voie libre aux trois autres pays candidats pour accueillir l’Exposition de 2025 : la Russie (Ekaterinbourg), le Japon (Osaka) et l’Azerbaïdjan (Bakou). Le choix du pays hôte doit être annoncé le 15 novembre. L’Exposition universelle doit se tenir du 1er mai au 31 octobre 2025.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-8"> ¤ La ministre du travail rappelle, dans le « JDD », que les femmes gagnent 9 % de moins que les hommes à poste équivalent et 25 % de moins en moyenne, tous postes confondus.
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Muriel Pénicaud veut « prendre le mal à la racine » pour supprimer l’écart de salaire hommes-femmes

La ministre du travail rappelle, dans le « JDD », que les femmes gagnent 9 % de moins que les hommes à poste équivalent et 25 % de moins en moyenne, tous postes confondus.



Le Monde
 |    21.01.2018 à 00h57
 • Mis à jour le
21.01.2018 à 12h28
   





                        


Au moment où le féminisme est sur toutes les lèvres, la ministre du travail entend apporter sa pierre à l’édifice et « élaborer un plan d’action » contre les inégalités salariales. Dans un entretien au Journal du dimanche, le 21 janvier, Muriel Pénicaud déclare vouloir réunir les « partenaires sociaux » pour supprimer, d’ici à la fin du quinquennat, l’écart de 9 % existant entre hommes et femmes à poste égal.

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« L’égalité entre les femmes et les hommes est un principe constitutionnel, et la loi Roudy sur l’égalité a 35 ans », rappelle la ministre. Mais dans les faits, « les femmes gagnent toujours 9 % de moins que les hommes à poste équivalent et 25 % de moins en moyenne (…), tous postes confondus, c’est inadmissible. »
Les 25 % d’écart, liés pour partie (« 15 % ou 16 % ») aux « retards culturels », à « la persistance de clichés sexistes dès l’enfance », selon la ministre, nécessitent une correction « sur le long terme, en prenant le mal à la racine ». En revanche, « l’écart de 9 % qui demeure à travail égal aurait déjà dû disparaître », insiste Mme Pénicaud, citant l’exemple « inacceptable » d’une « jeune diplômée de HEC » engagée avec « un salaire inférieur à celui d’un garçon » au cursus similaire.
Faute d’accord, 157 entreprises sanctionnées
« Notre ambition, avec le premier ministre [Edouard Philippe] et [la secrétaire d’Etat à l’égalité entre les femmes et les hommes] Marlène Schiappa, est de supprimer cette différence de 9 % pour toutes les femmes pendant le quinquennat », assure-t-elle. Pour cela, les indicateurs existant sur « la situation comparée des hommes et des femmes dans les entreprises » doivent par exemple être perfectionnés, détaille Mme Pénicaud, appelant à « plus de transparence ».
« Cette question doit devenir un sujet prioritaire du dialogue social », plaide la ministre, évoquant notamment « des programmes de rattrapage salarial étalés sur plusieurs années » en cas d’« écarts démesurés » dans les entreprises.

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Ecartant l’idée d’une nouvelle loi, la ministre souligne que « depuis 2013, plus de 3 000 entreprises » n’ayant pas d’accord sur l’égalité professionnelle ni de plan d’action « ont été mises en demeure », 157 ayant été « sanctionnées ».



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-9"> ¤ Le suspect, âgé de 33 ans, a été arrêté mardi. Une faible quantité de poudre a été découverte chez lui.
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Gard : un homme mis en examen pour un projet d’attentat

Le suspect, âgé de 33 ans, a été arrêté mardi. Une faible quantité de poudre a été découverte chez lui.



Le Monde
 |    20.01.2018 à 22h05
 • Mis à jour le
21.01.2018 à 10h56
    |

            Soren Seelow








                        


Le projet semble peu abouti, mais il s’agit sans doute du premier attentat déjoué depuis le début de l’année. Un homme de 33 ans, interpellé mardi dans le Gard, a été mis en examen samedi 20 janvier pour association de malfaiteurs terroriste criminelle et placé en détention provisoire, a déclaré au Monde une source judiciaire.
L’enquête, menée par la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI), a été ouverte fin décembre après un travail de veille sur les réseaux sociaux. Cette cyber-patrouille avait permis de repérer le suspect, inconnu des services de police, qui diffusait des contenus djihadistes et cherchait à se procurer une arme. La crainte d’un passage à l’acte a entraîné son interpellation mardi dans la région nîmoise, précise une source proche du dossier.
A son domicile, les enquêteurs ont trouvé une faible quantité de poudre, toujours en cours d’analyse, pouvant servir à la fabrication de produits explosifs. Ils ont également découvert plusieurs vidéos tournées et diffusées par le suspect, dont un message d’allégeance au chef de l’organisation Etat islamique, Abou Bakr Al-Baghdadi. L’enquête n’a, en revanche, pas permis de déterminer sa cible, ni les modalités de son éventuel passage à l’acte.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-10"> ¤ Après une semaine de tensions, les syndicats de surveillants appellent à un « blocage total » des établissements lundi.
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Prisons : les syndicats rejettent le projet d’accord, nouveaux débrayages

Après une semaine de tensions, les syndicats de surveillants appellent à un « blocage total » des établissements lundi.



Le Monde
 |    20.01.2018 à 20h02
 • Mis à jour le
21.01.2018 à 18h35
   





                        



   


Le mouvement de colère des gardiens de prisons, lancé lundi après l’agression de surveillants par un détenu djihadiste à Vendin-le-Vieil, dans le Pas-de-Calais, s’était ralenti samedi pendant une phase de consultation. Il promet désormais de se durcir à nouveau. Les surveillants ont rejeté, samedi 20 janvier, un projet d’accord négocié avec le gouvernement et appelé à un « blocage total » des établissements, dès lundi à 6 heures.
Dimanche, le mouvement se poursuivait comme la veille, au ralenti. Les prisons de Borgo en Corse, où deux surveillants ont été gravement blessés, et celle de Gradignan (Gironde) étaient totalement bloquées, a-t-on indiqué de source syndicale et à la Direction de l’administration pénitentiaire (DAP). « L’essentiel de la mobilisation se traduit ce matin par des retards de prise de fonction », a-t-on précisé à la DAP.
Le secrétaire général de FO-Pénitentiaire, Emmanuel Baudin, a affirmé qu’il y avait encore dimanche matin « des débrayages dans un grand nombre d’établissements », citant notamment Borgo, Gradignan, Val-de-Rueil (Eure), Saran (Loiret) et l’unité hospitalière psychiatrique de la région de Bordeaux. En revanche, les grandes maisons d’arrêt de la région parisienne, Fleury-Mérogis et Fresnes, n’étaient pas touchées selon des sources syndicales locales.
« Des propositions en deçà des attentes »
L’UFAP-UNSA, majoritaire (40 %), a fait savoir tard dans la soirée qu’après avoir interrogé ses militants, il ne signerait pas le texte. La CGT-Pénitentiaire (environ 15 %) avait déjà annoncé dans l’après-midi qu’elle ne le signerait pas, évoquant des propositions « bien en deçà des attentes des collègues mobilisés, notamment en termes de reconnaissance et d’attractivité de (ses) missions de service public (indemnité et statut) et de l’insuffisance de création de postes proposés ».
Ce projet d’accord prévoyait notamment :
la création de 1 100 emplois de surveillant sur quatre ans, « dont une première tranche de 100 emplois dès 2018 » ;des mesures pour améliorer la sécurité des gardiens ;un régime de détention spécifique pour les « détenus terroristes et radicalisés ».
A l’heure actuelle, on compte 28 000 surveillants pour près de 70 000 détenus dans 188 établissements en France. La chancellerie estime à environ 500 les détenus incarcérés pour des faits de terrorisme et à 1 500 ceux considérés comme potentiellement radicalisés.

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          En prison, « la violence physique devient de plus en plus fréquente »



L’UFAP-UNSA, qui avait fait de la sécurité l’axe prioritaire de ses revendications, explique avoir « entendu » ses militants et « acte la demande de revalorisation indemnitaire des personnels mobilisés et meurtris dans leur chair ».
De son côté, FO-Pénitentiaire (environ 30 %), qui fait cavalier seul depuis le début du mouvement, a appelé à durcir le ton en appelant à des débrayages mais aussi à des « dépôts de clés », geste qui consiste pour les surveillants à ne pas prendre leur travail et à laisser, le cas échéant, les forces de l’ordre prendre le relais.
Une vingtaine d’établissements touchés
Le mouvement a été renforcé ces derniers jours par une série d’agressions de surveillants. Au total, en une semaine, une vingtaine d’établissements ont été touchés « à des degrés divers » par le mouvement des surveillants, consistant pour la moitié d’entre eux en des retards de prise de service, selon la Direction de l’administration pénitentiaire (DAP).

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                Malaise social dans les prisons



Selon Yoan Karar, de FO-Pénitentiaire, « il y a encore eu un concours de recrutement de gardiens de prison [mercredi] et 70 % des candidats ne se sont même pas présentés ». Des chiffres globalement validés par la DAP, qui évoque « 34 % de candidats qui se sont présentés sur les 15 000 inscrits » ; pour quelque 1 200 postes.
C’est dans ce climat pesant qu’à la prison de Maubeuge (Nord), un « mouvement d’excitation » a gagné samedi une vingtaine de détenus, selon Alain Jégo, directeur interrégional des services pénitentiaires, entraînant l’intervention d’équipes régionales de sécurité. « Le problème est réglé », a-t-il ajouté, refusant de parler de « mutinerie ».
Des détenus refusent de regagner leur cellule
La situation est revenue à la normale, dimanche en fin de journée, dans les prisons de Maubeuge et Lille-Loos-Sequedin(Nord) après l’intervention des Eris (Equipes régionales d’intervention et de sécurité) alors que des détenus avaient refusé de regagner leur cellule.
« Les détenus voulaient être solidaires du mouvement des surveillants, on ne sait pas trop si c’est vrai ou si c’est une blague », a déclaré Guillaume Pottier, secrétaire Ufap-Unsa pour les Hauts-de-France.
Environ 160 détenus avaient refusé dans l’après-midi de rejoindre leur cellule après la promenade. Le même phénomène, concernant une quarantaine de prisonniers, s’était produit à la prison de Maubeuge.
Samedi, des Eris avaient été dépêchées à la prison de Maubeuge à la suite d’un « mouvement d’excitation » d’une vingtaine de détenus, selon l’administration régionale pénitentiaire.
La prison de Maubeuge, ouverte en 1990, offre 400 places, avec un quartier maison d’arrêt hommes majeurs (200 places) et un quartier de centre de détention (200 places), selon le ministère de la justice. Le centre pénitentiaire de Lille-Loos-Sequedin a, lui, ouvert en 2005, avec une capacité d’accueil de 976 personnes, d’après la même source.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-11"> ¤ La maison d’arrêt de Guéret, réputée pour être calme, accueille une quarantaine de détenus pour 25 places.
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Un surveillant de la maison d’arrêt de Guéret a été agressé par un détenu

La maison d’arrêt de Guéret, réputée pour être calme, accueille une quarantaine de détenus pour 25 places.



Le Monde
 |    20.01.2018 à 19h12
   





                        


Un surveillant de la maison d’arrêt de Guéret a été agressé, samedi 20 janvier, par un détenu, rapporte le syndicat Ufap-Unsa.
Le détenu, un jeune d’une vingtaine d’années a jeté son assiette avant de s’en prendre au surveillant. Il a été maîtrisé par plusieurs agents et a proféré des menaces : « Vous méritez de vous faire égorger, vous êtes des incompétents, vous n’avez pas à faire grève », a rapporté France bleu Creuse. Le jeune détenu a été mis en quartier disciplinaire où il a cassé le mobilier, a précisé l’Ufap-Unsa.
La maison d’arrêt de Guéret, réputée pour être calme, accueille une quarantaine de détenus pour 25 places. Ils sont encadrés par quelque 25 surveillants qui ont prévu de faire grève lundi dans le cadre du mouvement national de protestations sur leurs conditions de travail à la suite d’incidents avec des détenus.
Consultation sur le projet d’accord
Les surveillants de prison, mobilisés depuis lundi, doivent décider ce week-end de la suite à donner à leur mouvement, au vu d’un projet d’accord mis sur la table vendredi. Deux des trois principaux syndicats pénitentiaires, la CGT et l’Ufap-Unsa, soumettent à leurs bases ce projet issu de négociations avec l’administration. Force ouvrière, qui n’a pas participé aux négociations entamées mardi, l’a d’ores et déjà rejeté et a appelé à durcir le mouvement.
Ce projet d’accord prévoit notamment la création de 1 100 emplois de surveillants sur quatre ans. A l’heure actuelle, l’administration pénitentiaire compte 28 000 surveillants dans 188 établissements.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-12"> ¤ La Chine compte 23 millions de musulmans, majoritairement hui et ouïgours, une minorité religieuse très encadrée par le pouvoir. Décryptage en infographie.
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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-13"> ¤ Peu avant la visite d’Emmanuel Macron, mardi 16 janvier, dans le Centre d’accueil et d’examen de situations administratives de Croisilles (Pas-de-Calais), Laurence Geai y a saisi pour « Le Monde » cette image à rebours des clichés.
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Migrants en contrechamp

Peu avant la visite d’Emmanuel Macron, mardi 16 janvier, dans le Centre d’accueil et d’examen de situations administratives de Croisilles (Pas-de-Calais), Laurence Geai y a saisi pour « Le Monde » cette image à rebours des clichés.



Le Monde
 |    20.01.2018 à 12h00
    |

                            Marion Dupont








                        



                                


                            

Deux mains enserrent un livre, comme un écho au geste d’une mère passant son bras autour de sa fille sur le dessin ornant la page de droite. La prise de vue en plongée nous place tout près de l’épaule du lecteur, telle une invitation à s’approcher, voire à prendre sa place. La faible profondeur de champ et les couleurs pastel de l’illustration adoucissent la froideur du mobilier. Tout, dans la construction de cette image, semble en contradiction avec la grammaire visuelle habituelle des photographies de réfugiés, qui convoque d’ordinaire des émotions fortes.
Celle-ci a pourtant été prise à Croisilles (Pas-de-Calais), dans le centre d’accueil et d’examen des situations (CAES) qui offre une soixantaine de lits, des repas chauds, des cours de français et une assistance médicale aux migrants qui le souhaitent. Laurence Geai, photographe pour Le Monde, s’y trouvait le week-end du 13 janvier pour suivre le quotidien des réfugiés.

Un livre, un stylo-bille, des dominos, le temps semble s’écouler au rythme du petit village du Nord pour ce jeune Soudanais : « Nous étions dans le lieu de vie commun, après un cours de français. Pendant qu’il essayait de déchiffrer ce passage seul, un ami était sur son téléphone, d’autres jouaient. Le moment paisible, le livre enfantin ont attiré mon regard. »
Contrastes
Le passage par les CAES, éloignés de la frontière, est souvent une séquence de repos pour les migrants qui ont passé les semaines précédentes à tenter chaque nuit un passage vers le Royaume-Uni. C’est aussi là que l’ennui s’installe, loin des événements parfois douloureux qui ont ponctué les trajectoires de chacun d’entre eux – et qui habitent nos représentations. Par son cadrage serré, cette photographie congédie, pour un instant, les épreuves passées.
Laurence Geai se souvient avoir pensé à un autre contraste aumoment de la prise de vue : « Le moment tranchait avec le contexte un peu hostile. Quelques heures auparavant,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-14"> ¤ Les petites villes ont beau multiplier les appels du pied aux généralistes, rien n’y fait, les zones rurales ne parviennent pas à les attirer, déplore Benoît Hopquin, directeur adjoint de la rédaction du « Monde », dans sa chronique.
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« Recherche médecin de campagne désespérément »

Les petites villes ont beau multiplier les appels du pied aux généralistes, rien n’y fait, les zones rurales ne parviennent pas à les attirer, déplore Benoît Hopquin, directeur adjoint de la rédaction du « Monde », dans sa chronique.



Le Monde
 |    20.01.2018 à 10h14
 • Mis à jour le
21.01.2018 à 07h13
    |

            Benoît Hopquin








                        



                                


                            

Chronique. Il fait bon vivre à Boran-sur-Oise. « C’est un charmant village, calme et dynamique de 2 200 habitants. Situé dans le parc naturel régional Oise Pays-de-France, [il] offre un cadre de vie idéal pour les amoureux de la nature et de la campagne, à quelques kilomètres seulement de la région parisienne. » Château-Thierry (Aisne) semble bien agréable aussi : « Son environnement fortement boisé, ses vignobles de champagne classés au patrimoine mondial de l’Unesco et la vallée de la Marne lui confèrent un caractère particulier et atypique de “ville à la campagne” qui invite à la promenade et à la détente. » Et que dire de Saint-Philibert, sur le littoral du Morbihan ? « Pour les amoureux de la mer, le secteur offre une multitude d’activités nautiques et de loisirs. » Attirante pour d’autres raisons, Novillars (Doubs), près de Besançon : « Une vie associative dynamique ponctue le calendrier de nombreuses manifestations très fréquentées et appréciées. »
Diplômés de la faculté de médecine, comme on vous envie ! Où vous siérait-il d’exercer votre beau métier, de poser votre mallette, de jouer du stéthoscope et du tensiomètre ? Car, femmes et hommes de l’art, ces petites annonces, façon danse du ventre, repérées au hasard d’Internet sont pour vous. Elles viennent de municipalités qui rêvent d’un pas de deux avec vous, d’entrelacs à la manière des serpents du caducée.
« Ces mots doux sont bien des appels au secours, des SOS de populations en détresse, des bouteilles à la mer numérique face à une pénurie dramatique »
Ces bucoliques retapes ne sont qu’un florilège au milieu de centaines, de milliers d’autres. Elles émargent à une rubrique vilainement contagieuse par les temps qui courent : recherche médecin généraliste désespérément. Puisque ces mots doux sont bien des appels au secours, des SOS de populations en détresse, des bouteilles à la mer numérique face à une pénurie dramatique....




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-15"> ¤ Les députés La République en marche veulent tirer profit des attaques opposées de la gauche et de la droite pour mieux les neutraliser.
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Immigration : la majorité joue la voie médiane

Les députés La République en marche veulent tirer profit des attaques opposées de la gauche et de la droite pour mieux les neutraliser.



Le Monde
 |    20.01.2018 à 09h35
    |

            Alexandre Lemarié








                        



                                


                            
« Humanité et fermeté. » Emmanuel Macron et les principaux responsables de la Macronie ne cessent de répéter ce diptyque pour résumer le contenu du projet de loi asile-immigration, attendu en conseil des ministres le 21 février. Lors de sa visite à Calais, le 16 janvier, le chef de l’Etat a de nouveau revendiqué l’ambition d’une politique migratoire combinant un « accueil digne » pour les réfugiés mais aussi la « rapidité des procédures » à l’égard de ceux qui ne relèvent pas du droit d’asile. Sur l’immigration, le « en même temps » macronien est donc plus que jamais la boussole du pouvoir.
En face, l’opposition charge l’exécutif sur deux registres totalement opposés. D’un côté, la gauche condamne « une politique d’une incroyable dureté », selon les mots de l’ex-candidat socialiste, Benoît Hamon, suivie par La France insoumise (LFI), qui fustige « une mise en cause des droits humains ». De l’autre, la droite et l’extrême droite dénoncent le « laxisme » du projet de loi. « Avec Emmanuel Macron, les immigrés clandestins seront de plus en plus nombreux », met en garde le président du parti Les Républicains (LR), Laurent Wauquiez.
« C’est un projet de loi totalement équilibré », rétorque le ministre de l’intérieur, Gérard Collomb, qui viendra présenter son projet de loi devant les 312 députés La République en marche (LRM), mardi 23 janvier, lors d’une réunion à l’Assemblée nationale. Attaqué sur ses deux flancs, le gouvernement tente de tirer profit du caractère contradictoire des critiques de l’opposition. L’objectif est d’incarner une voie médiane, faite de compromis et de pragmatisme, afin de dépasser le traditionnel clivage gauche-droite. Avec l’espoir d’incarner une troisième voie, susceptible de rassembler une majorité de Français.
Position « équilibrée »
Un argumentaire mis en avant par les responsables de la majorité. « En défendant une politique migratoire humaine,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-16"> ¤ Le protocole d’accord, qui doit encore être validé par la base, a été remis vendredi à la ministre de la justice et aux syndicats.
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Prisons : un « projet d’accord » prévoit la création de 1 100 emplois

Le protocole d’accord, qui doit encore être validé par la base, a été remis vendredi à la ministre de la justice et aux syndicats.



Le Monde
 |    20.01.2018 à 08h17
 • Mis à jour le
20.01.2018 à 17h29
   





                        


Une semaine après l’agression dans la prison de Vendin-le-Vieil (Pas-de-Calais), qui a lancé un mouvement de blocage des prisons françaises, un « projet d’accord » issu de négociations a été soumis, vendredi 19 janvier au soir, aux deux syndicats de surveillants ayant participé aux discussions entamées mardi, l’UFAP-UNSA et la CGT-Pénitentiaire, et à la ministre de la justice.
Le document, publié sur le site de l’UFAP-UNSA (syndicat majoritaire), prévoit notamment :
la création de 1 100 emplois sur quatre ans ;des mesures pour améliorer la sécurité des gardiens ;un régime de détention défini pour les « détenus terroristes et radicalisés », permettant une « étanchéité totale de la gestion des détenus les plus dangereux ».
Il doit maintenant être examiné par les surveillants. Le troisième syndicat principal, FO, n’a pas participé aux négociations avec la chancellerie.
FO appelle à « durcir » le ton
FO-Pénitentiaire, qui n’a pas participé aux négociations, rejette le projet d’accord. « C’est de la poudre aux yeux », a réagi samedi Yoan Karar, secrétaire général adjoint du syndicat. En conséquence, FO appelle à « durcir » le mouvement par le biais notamment de « dépôts de clés », geste qui consiste pour les surveillants à ne pas prendre leur travail. « Une vingtaine » d’établissements étaient touchés par ce mouvement samedi matin, selon M. Karar. « Le dépôt de clés, c’est la mesure ultime », a commenté Yoan Kara : « Quand c’est comme ça, ce sont les forces de l’ordre qui prennent le relais. »
« FO a appelé à des dépôts de clés partout en France, mais ça n’est pas le cas », a dit samedi à l’Agence France-Presse (AFP) une source au sein de l’administration pénitentiaire. Trois établissements pénitentiaires étaient touchés à la mi-journée sur tout le territoire par la mobilisation des surveillants, a ajouté cette source.
A Fleury-Mérogis (Essonne), la plus grande prison d’Europe, seul un bâtiment sur les cinq que compte la maison d’arrêt des hommes fonctionnait normalement samedi matin, selon Thibault Capelle, secrétaire local FO-Pénitentiaire. A Fresnes (Val-de-Marne), en revanche, une quarantaine de surveillants se sont rassemblés devant l’entrée de la prison et ont retardé leur prise de service jusqu’aux alentours de 8 heures.
C’est dans ce climat qu’à la prison de Maubeuge (Nord) un « mouvement d’excitation » a gagné samedi une vingtaine de détenus, selon Alain Jégo, directeur interrégional des services pénitentiaires, entraînant l’intervention des équipes régionales d’intervention et de sécurité. « Le problème est réglé », a-t-il ajouté, refusant de parler de « mutinerie ».
Plusieurs agressions
Depuis l’agression, le 11 janvier, de surveillants par un détenu islamiste à Vendin-le-Vieil (Pas-de-Calais), d’autres agressions ont crispé les négociations avec l’administration pénitentiaire. Vendredi, deux gardiens de prison ont notamment été blessés par trois détenus de droit commun, dont un signalé pour radicalisation, dans le centre pénitentiaire de Borgo en Haute-Corse. Selon l’administration pénitentiaire, 80 établissements sur 188 ont été bloqués vendredi. Dans la matinée, des incidents ont eu lieu à Fleury-Mérogis : les forces de l’ordre ont chargé et tiré des gaz lacrymogènes sur 150 gardiens qui bloquaient l’accès à la prison qui comprend plus de 4 300 détenus.

        Lire :
         

          Les surveillants maintiennent le blocage vendredi ; nouvelles agressions en Corse



Les deux gardiens de Borgo, dont l’un a été plus gravement touché, ont été transférés vers l’hôpital de Bastia où la garde des sceaux, qui a condamné dans un communiqué une agression « grave » et « intolérable », est arrivée vendredi dans l’après-midi. Mme Belloubet s’est ensuite rendue à la prison de Borgo où elle s’est entretenue avec les organisations syndicales et le personnel avant d’être huée devant l’établissement par une centaine d’agents qui ont refusé de lui parler. Notant l’« émotion » et la « colère » des personnels, elle s’est engagée à « apporter des réponses » à tous les points soulevés, notamment en matière de sécurité et de gestion des détenus radicalisés.

   


Jugé en comparution immédiate, Andy Glatigny, le détenu poursuivi pour avoir frappé une surveillante du centre de détention de Tarascon (Bouches-du-Rhône) mardi, a été condamné à quatre ans de prison ferme, a-t-on appris de source judiciaire samedi.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-17"> ¤ Le gouvernement a abandonné le projet de nouvel aéroport pour Nantes, le chef de l’Etat a signé un nouveau traité sur l’immigration avec les Britanniques, et l’affaire Richard Ferrand revient.
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Article sélectionné dans La Matinale du 19/01/2018
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Abandon de l’aéroport de NDDL, Macron à Calais : l’actualité de la semaine à retenir

Le gouvernement a abandonné le projet de nouvel aéroport pour Nantes, le chef de l’Etat a signé un nouveau traité sur l’immigration avec les Britanniques, et l’affaire Richard Ferrand revient.



Le Monde
 |    20.01.2018 à 06h39
 • Mis à jour le
20.01.2018 à 09h57
    |

                            Les Décodeurs








                        



   


Le projet d’aéroport à Notre-Dame-des-Landes officiellement abandonné
Après plus de cinquante ans de blocage, le premier ministre, Edouard Philippe, a annoncé mercredi la fin du projet d’aéroport à Notre-Dame-des-Landes. Le plan proposé par le gouvernement consiste à agrandir l’actuel aéroport de Nantes-Atlantique ainsi qu’à moderniser celui de Rennes Saint-Jacques pour absorber la hausse du nombre de voyageurs.

        Lire aussi :
         

                Notre-Dame-des-Landes : un atterrissage maîtrisé



Sur la ZAD (pour « zone d’aménagement différé » ou « zone à défendre », pour les militants anti-aéroports), la nouvelle a été accueillie avec joie. Mais le soulagement pourrait être de courte durée, car Edouard Philippe a aussi annoncé, pour le printemps, l’expulsion de la ZAD afin que les terres « retrouvent leur vocation agricole », bien que les « zadistes » aient déjà lancé de longue date des projets de ce type.
Immigration : Emmanuel Macron à Calais
A l’occasion de son premier déplacement à Calais en tant que chef de l’Etat, Emmanuel Macron a prévenu, mardi, que la France ne laisserait pas s’installer une nouvelle « jungle », alors qu’entre 300 et 600 migrants sont toujours présents à Calais dans l’espoir de passer la frontière avec l’Angleterre. Jeudi, Emmanuel Macron et la première ministre britannique Theresa May ont par ailleurs réaffirmé l’importance de la coopération entre les deux pays. Londres a annoncé être prête à augmenter sa participation à la gestion des frontières côté français de la Manche.
Vendredi, le Défenseur des droits a recommandé le retrait de la circulaire sur l’hébergement d’urgence, qui organise le tri des personnes hébergées en fonction de leur situation administrative. Jacques Toubon estime que cette circulaire « se heurte aux principes fondateurs de l’hébergement d’urgence » en organisant « un traitement différencié ».

Ce déplacement intervient plusieurs jours après la présentation du projet de loi asile-immigration, vivement critiqué par les associations concernées. La veille de la venue de M. Macron, des associations ont déposé plainte contre X pour « destruction et dégradation » de biens leur appartenant. Elles ont réuni une série de témoignages racontant comment les biens appartenant aux quelques centaines de migrants qui errent dans le Calaisis et tentent de franchir la frontière sont confisqués et détruits.
Le mensonge au centre de la stratégie du Front national à la présidentielle
« La stratégie du mensonge », titrait Le Monde au lendemain du débat de l’entre-deux-tours de l’élection présidentielle. Cette « une » visait directement l’attitude de Marine Le Pen face à Emmanuel Macron.
Huit mois plus tard, une série d’enquêtes publiées par BuzzFeed News à partir de documents de travail utilisés par les équipes du Front national achève de démontrer que cette stratégie ne s’est pas limitée aux derniers instants de la campagne.
« Shutdown » de l’Etat fédéral aux Etats-Unis
Faute de compromis budgétaire, le « shutdown » est entré en vigueur aux Etats-Unis, vendredi 19 janvier à minuit. Les sénateurs ne sont pas parvenus à trouver un accord : les républicains, majoritaires avec 51 sièges, n’ont obtenu que 50 voix, loin des 60 – sur 100 – nécessaires pour une extension de quatre semaines, jusqu’au 16 février, du budget fédéral.
La Maison Blanche, qui fête également samedi la première année de la présidence de Donald Trump, a accusé les démocrates de prendre les Américains « en otages » alors que la majorité d’entre eux exigeaient, en échange d’un accord sur le budget, l’ajout d’un statut définitif pour les sans-papiers arrivés enfants aux Etats-Unis et privés en septembre de la protection décrétée par l’administration de Barack Obama.

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                Aux Etats-Unis, la première année de Donald Trump s’achève sur un « shutdown »



Affaire Ferrand : le parquet national financier ouvre une information judiciaire
Le parquet national financier (PNF) a ouvert une information judiciaire dans l’affaire des Mutuelles de Bretagne, pour « prise illégale d’intérêts », à la suite de la plainte déposée en novembre 2017 par l’association Anticor contre l’ancien ministre Richard Ferrand, selon une information du Canard enchaîné, dont Le Monde a eu confirmation mardi 16 janvier. Le juge d’instruction désigné pour enquêter est le doyen des juges d’instruction du pôle financier de Paris, Renaud Van Ruymbeke.
Violences sexuelles : vingt-cinq ans d’accusations contre Woody Allen
Depuis vingt-cinq ans, des accusations d’agressions sexuelles planent sur le réalisateur américain Woody Allen, portées par sa fille adoptive, Dylan Farrow. Ces derniers jours, plusieurs actrices et acteurs ont dénoncé publiquement le cinéaste, déclarant regretter d’avoir travaillé avec lui.
Favoritisme à l’INA : Mathieu Gallet condamné à un an de prison avec sursis
Le jugement est lourd : l’ancien président de l’Institut national de l’audiovisuel, Mathieu Gallet, a été condamné à un an de prison avec sursis et 20 000 euros d’amende, lundi 15 janvier. L’actuel président de Radio France était jugé pour « favoritisme », soupçonné d’avoir commandé environ 400 000 euros de prestations à deux sociétés de conseil sans avoir respecté les règles des marchés publics lorsqu’il présidait l’INA.
La Cour des comptes alerte sur le coût du Grand Paris Express
La Cour des comptes dresse un constat alarmant sur le Grand Paris Express — le nouveau réseau de lignes de métro automatiques prévu pour désengorger le réseau actuel — dans un rapport paru 17 janvier. Il évoque la dérive continuelle des coûts, émet de sérieux doutes sur le respect des échéances olympiques de 2024, et souligne le risque pour les finances publiques à court et à moyen terme.
Et aussi
Entreprise. PSA : les syndicats favorables à un projet de rupture conventionnelle collective.Lactalis. Des perquisitions ont eu lieu mercredi au siège social et dans l’usine de Craon (Mayenne) dans le cadre de l’enquête préliminaire ouverte après la découverte de lots de lait infantile contaminés.Transports. L’exécutif veut faciliter la mise en place de péages urbains.Justice. La Haute Autorité pour la transparence saisit la justice sur le patrimoine de David Douillet.Bioéthique. Quels seront les thèmes débattus dans votre région ?Maison Blanche. Donald Trump a passé un test cognitif, démentant les rumeurs sur sa santé mentale.Climat. Vague de démissions au sein du conseil des parcs nationaux aux Etats-Unis.Catalogne. Le principal parti nationaliste a reçu 6,6 millions d’euros de financements illégaux.Turquie. Prison ferme pour cinq journalistes.Danemark. 1 004 Danois âgés de quinze à une vingtaine d’années, dont 80 % sont des garçons, sont visés par une enquête pour distribution de pédopornographieHarcèlement sexuel. L’acteur Timothée Chalamet fait don du salaire qu’il a perçu pour le dernier Woody Allen.Gymnastique. Le sport à l’épreuve d’un scandale d’agressions sexuelles.JO. Les deux Corées formeront une équipe commune de hockey et défileront ensemble.Rugby. Mathieu Bastareaud suspendu trois matchs pour injure homophobe.Point météo. De combien d’heures de soleil avez-vous été privés par rapport à la normale, en décembre 2017 ?
Disparition
Dolores O’Riordan. L’interprète et autrice du tube Zombies, en 1994, du groupe irlandais The Cranberries, est morte subitement le 15 janvier dans sa chambre d’hôtel londonienne, où elle se trouvait pour une session d’enregistrement en studio. Elle était connue pour ses prises de position très conservatrices concernant les droits des femmes ou la peine de mort.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-18"> ¤ Deux syndicats ont appelé à la grève sur la ligne 12 pour dénoncer la présence croissante de toxicomanes dans les stations.
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RATP et police sont impuissantes face à la consommation de crack dans le métro parisien

Deux syndicats ont appelé à la grève sur la ligne 12 pour dénoncer la présence croissante de toxicomanes dans les stations.



Le Monde
 |    20.01.2018 à 06h34
 • Mis à jour le
20.01.2018 à 10h48
    |

                            Florian Reynaud et 
Julia Pascual








                        


Les autorités d’Île-de-France ont décidé de renforcer la présence des forces de l’ordre dans le métro parisien, en particulier sur les lignes 4 et 12, pour lutter contre le trafic de drogue. A l’issue d’une réunion avec les syndicats qui avaient appelé les agents de la ligne 12 à faire grève pour dénoncer une présence de plus en plus importante, dans les stations de métro, de consommateurs de crack, un dérivé de la cocaïne, la RATP, la Préfecture de police de Paris, la préfecture d’Ile-de-France et le parquet de Paris ont multiplié les annonces.
En premier lieu, les équipes d’agents de sécurité de la RATP et de policiers de la brigade des réseaux franciliens (BRF) seront davantage présentes sur les lignes les plus sensibles et bénéficieront d’une « présence régulière d’unités de forces mobiles » dans les stations prioritaires pour sécuriser les usagers et le personnel. La situation dans le métro sera en outre « aussi prise en compte dans le plan stups 2018 piloté par la direction régionale de la police judiciaire de Paris » pour démanteler les réseaux. Enfin, « pour améliorer l’efficacité de ces actions », le parquet de Paris va créer un groupe local de traitement de la délinquance « placé sous l’autorité du procureur de Paris, dont l’objectif sera de traiter le problème des stupéfiants dans les transports ».
« C’est de pire en pire »
Vendredi 19 janvier, sur la ligne 12 du métro parisien, qui relie Aubervilliers (Seine-Saint-Denis) à Issy-les-Moulineaux (Hauts-de-Seine), un conducteur de la RATP commentait, désabusé, le « buzz » médiatique du jour : « Ça fait trente ans que je bosse dans le métro. Les toxicos, ils ont toujours été là. Et c’est de pire en pire. » « Drogue. Les zombies du métro », avait titré en « une » le journal Le Parisien, montrant deux fumeurs de crack en photo.
Drogue peu coûteuse, qui se présente sous la forme de petits cailloux et qui peut se fumer ou s’injecter, elle entraîne une dépendance rapide. « Le crack a un effet sur la santé particulièrement désocialisant », explique Agnès Cadet-Taïrou, médecin de santé publique à l’Observatoire français des drogues et des toxicomanies (OFDT).
Même si le profil des usagers tend à se diversifier, ceux présents dans le métro se trouvent essentiellement dans des situations précaires, vivent souvent en squat ou dans la rue. 
« Le crack est arrivé en métropole depuis les Antilles et la Guyane à la fin des années 1980, retrace Agnès Cadet-Taïrou. Son marché existe essentiellement en Ile-de-France, à Paris et en Seine-Saint-Denis. A l’échelle de la population générale, sa consommation est très faible. »
Selon les derniers chiffres disponibles, 0,6 % des 18 à 64 ans avaient déjà expérimenté cette drogue en 2014.

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                La lutte contre la drogue en France : « Le résultat est un échec difficile à contester »



Dans leur préavis de grève, la CGT et SUD-RATP ont dénoncé un défaut de « sécurisation » de la ligne 12, qui met « en danger les salariés et voyageurs ». D’après Jérémy Kahli, syndicaliste SUD-RATP, quinze conducteurs de la ligne auraient été agressés en 2017, « souvent parce que quelqu’un s’est “shooté” et est en plein délire ». Ces chiffres n’ont pas été confirmés par la RATP. Elle reconnaît toutefois des « difficultés croissantes », « en particulier au nord de la ligne 12 et de la ligne 4 ».
Pour ce conducteur de métro, qui parcourt la ligne 12 depuis six ans, plus que la violence, c’est « principalement la présence des toxicomanes sur les voies » qui gêne le travail. « Ils traversent pour aller de quai en quai, font leurs besoins sur les voies ou cachent leur dose dans le tunnel », dit-il, obligeant les agents à solliciter des coupures de courant pour éviter une électrocution, ce qui génère des retards.
Un phénomène qui s’étend
Un autre conducteur, venu de la « réserve » renforcer les effectifs de la ligne 12, ajoute : « Il y a aussi ce sentiment que la régie ou l’Etat ne font rien. Il y a des époques où on les chasse à la surface et puis la surface les chasse et les remet dans le métro. » Vendredi, la Préfecture de police de Paris et la RATP ont rappelé que, depuis deux ans, « plus de 400 affaires liées à ce trafic de stupéfiants ont conduit à l’interpellation de 283 vendeurs et 406 consommateurs ».
La consommation de crack dans le métro est un phénomène ancien. Mais il s’étend : « Depuis environ trois ans, cela explose, confie un délégué du syndicat Alliance-Police nationale au sein de la BRF. Il y a quinze ans, ça se passait beaucoup dans le nord de Paris, déjà le 18e et aussi le 19e. Aujourd’hui, toute la ligne 12 est touchée. » Alors qu’il arrive à la station Assemblée nationale, dans le 7e arrondissement, un conducteur de métro commente : « C’en est un », opinant du menton en direction d’un homme, assis sur le quai, la mine fatiguée et semblant saisi de spasmes.
« Problème social avant tout »
L’OFDT confirme une « augmentation tendancielle et régulière » du marché du crack. « Dans les structures de réduction des risques pour les usagers de drogues, en 2008, 22 % d’entre eux avaient consommé de la cocaïne basée. On était à 32 % en 2015. Si on prend l’Ile-de-France, on passe de 45 à 51 % », rapporte Agnès Cadet-Taïrou.
La plus forte visibilité des consommateurs, dont témoignent les agents de la RATP, s’explique aussi par d’autres facteurs. Le climat hivernal, bien sûr, qui peut les pousser à se réfugier dans le métro. Mais également la politique de répression de la délinquance.
« Dès 2012, avec la création des zones de sécurité prioritaires, qui a accru la surveillance policière sur la voie publique, on a constaté une présence plus importante des usagers dans le métro, rappelle-t-elle. En 2014, le démantèlement du trafic de la cité Reverdy, dans le 19e, qui était depuis plusieurs années une plaque importante de vente du crack, a aussi été un tournant. »

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Dans les souterrains de Paris, un sentiment de désarroi domine : « Le GPSR [groupe de protection et de sécurisation des réseaux] fait juste le coup de force de les dégager, mais ils redescendent le quart d’heure d’après, constate un conducteur. Ils sont paumés, tombent dans la drogue et c’est un cercle infernal. »
Depuis décembre 2017, quatre associations spécialisées réalisent quatre maraudes par semaine avec des agents RATP. Elles permettent notamment de proposer « un accompagnement médical et social », explique Isabelle Roux, de l’association Charonne. « C’est un problème social avant tout », reconnaît Jérémy Kahli.
Les vendeurs, principalement originaires d’Afrique de l’Ouest, font le même constat. « Ce sont plutôt des jeunes majeurs sans papiers qui vivent dans la misère », rapporte le délégué syndical à la BRF. L’organisation du trafic de crack demeure assez méconnue, mais il se tiendrait surtout dans l’enceinte de la gare du Nord, dans le 10e arrondissement. « Il y a entre vingt et trente vendeurs depuis l’ouverture jusqu’à la fermeture du métro, poursuit le syndicaliste policier. Ils conservent la drogue dans leur bouche, sous la forme de petites bonbonnes emballées dans du film plastique. C’est un moyen de se délester du produit en l’avalant, en cas d’interpellation. »
Le 9 novembre 2017, Massar D., un jeune homme d’une vingtaine d’années et d’origine sénégalaise, a été interpellé. Victime d’un arrêt cardiorespiratoire, il est mort quelques jours plus tard. Une enquête a été ouverte pour rechercher les causes de la mort. Il avait une trentaine de pochons de crack dans la bouche.



                            


                        

                        


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Les accusations contre l’acteur Aziz Ansari provoquent un débat sur le mouvement #metoo

Le témoignage d’une jeune femme sur sa soirée avec le créateur de la série « Master of None » témoigne, pour certains, des dérives du mouvement.



Le Monde
 |    20.01.2018 à 05h40
 • Mis à jour le
20.01.2018 à 06h35
    |

            Stéphanie Le Bars (Washington, correspondance)








                        


Après son aventure d’une nuit avec l’acteur américain Aziz Ansari, la jeune femme ne savait pas elle-même si elle venait de vivre « une expérience sexuelle bizarre » ou « une agression sexuelle ». Finalement, quatre mois après les faits, la photographe de 22 ans a tranché et porté sur la place publique ce qu’elle décrit comme sa « pire expérience avec un homme ». Le long récit qu’elle a livré, sous le pseudonyme de Grace, au site Babe, le 13 janvier, suscite depuis de nombreuses réactions dans la presse américaine : il alimente la polémique sur les potentiels excès du mouvement #metoo, lancé pour lutter contre les agressions sexuelles, interroge sur la légitimité des dénonciations anonymes et soulève la question du consentement explicite.
D’après le témoignage de la jeune femme, la soirée de septembre commence comme un classique rendez-vous galant. Elle choisit minutieusement sa tenue et se prépare « avec excitation » à cette soirée avec l’un des acteurs les plus en vue du moment. Après un dîner au restaurant, le retour dans l’appartement commence par des baisers et du sexe oral consentis, rapporte la jeune femme. Puis elle fait comprendre à M. Ansari qu’elle ne désire pas aller plus loin ; celui-ci insiste lourdement à plusieurs reprises, puis finit par lui proposer de regarder la télé « habillés sur le canapé ». Peu après, elle quitte l’appartement et fond en larmes dans le hall. Dans un message, elle lui reproche le lendemain de ne pas avoir compris « les signaux non verbaux » qu’elle lui a adressés pour lui faire part de son malaise. M. Ansari répond alors à Grace en se disant « triste » d’avoir « mal analysé » la situation, et s’excuse.
Fossé générationnel
Fallait-il publier ce récit, s’interrogent depuis intellectuels, chercheurs, féministes dans la presse ? Ce que certains qualifient de « déception amoureuse » devait-il forcément rejoindre le flot d’abus et d’agressions sexuels caractérisés et dénoncés depuis plusieurs mois à visage découvert ? Faut-il désormais classer Ansari dans la catégorie des prédateurs sexuels ? Oui, estiment les militants, souvent jeunes, pour qui la mésaventure vécue par Grace démontre la distorsion entre la perception qu’ont les hommes et les femmes des interactions sexuelles entre adultes.
La personnalité de l’agresseur présumé et le déroulé de la rencontre, décrit avec une précision clinique par Grace, expliquent l’emballement autour de cette affaire, « la plus controversée » depuis l’éclatement du scandale Weinstein, selon le site Vox. Etiqueté « mec bien » par la presse, Aziz Ansari avait soutenu dès le départ les femmes dénonçant les agressions sexuelles et se définit lui-même comme un féministe. Il a depuis réitéré son engagement dans le mouvement #metoo.
L’affaire confirmerait en outre la nécessité d’un consentement explicite, afin que les deux partenaires soient sur un pied d’égalité. La blogueuse et féministe américaine Jessica Valenti affirme par exemple que beaucoup d’hommes verront dans cette histoire « une aventure sexuelle banale et raisonnable », alors que pour les femmes qui prennent aujourd’hui la parole, « ce type de rapports ne les satisfont pas et sont parfois blessants ». Un écho au débat déjà engagé sur la victimisation des femmes.
Beaucoup reconnaissent aussi que cette description de la « zone grise » que sont parfois les rapports entre adultes consentants soulève un débat nécessaire
Liz Wolfe, rédactrice en chef du site Young Voices, qui promeut des textes écrits par des « millennials », note, elle, un fossé générationnel entre des femmes plus âgées qui estiment que « Grace aurait pu se montrer plus affirmative ou tout simplement quitter l’appartement » ; et des jeunes femmes pour qui « Ansari n’a pas été suffisamment à l’écoute des réserves physiques et verbales de Grace ».
Scepticisme
Beaucoup reconnaissent aussi que cette description de la « zone grise » que sont parfois les rapports entre adultes consentants soulève un débat nécessaire. Car ce type d’expériences – malheureuses – sont « plus courantes et d’une certaine manière plus difficile à évoquer que la plupart des agressions sexuelles qui ont été [récemment] dénoncées », écrit Vox.
Dans le même temps, Caitlin Flanagan du magazine The Atlantic, s’indigne de « l’humiliation » subie par l’acteur, dépeint avec force détails dans une situation intime. Le procédé montre selon elle qu’il y a « dans ce pays de nombreuses femmes en colère, temporairement puissantes » et susceptibles de « détruire un homme qui ne le méritait pas ».
Enfin, certains se demandent si ce genre de témoignages ne risque pas de pénaliser le mouvement #metoo et de jeter le scepticisme sur des abus rapportés par d’autres femmes.
Depuis 2015, Master of None, la série d’Aziz Ansari diffusée sur Netflix, dans laquelle le jeune homme d’origine indienne et de culture musulmane aborde le racisme, le sexisme et sa vie amoureuse, connaît un succès persistant. Elle lui a même valu un Golden Globe pour sa performance d’acteur lors de la cérémonie du 7 janvier, marquée par le soutien des artistes à la campagne Time’s up et au mouvement #metoo.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-20"> ¤ Triple médaillée d’or olympique, la sportive a été l’une des victimes de Larry Nassar, ancien médecin de l’équipe nationale de gymnastique. Ce dernier a agressé sexuellement et durant de nombreuses années plusieurs jeunes gymnastes.
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L’ex-gymnaste américaine Aly Raisman réclame une enquête sur l’omerta dans le milieu

Triple médaillée d’or olympique, la sportive a été l’une des victimes de Larry Nassar, ancien médecin de l’équipe nationale de gymnastique. Ce dernier a agressé sexuellement et durant de nombreuses années plusieurs jeunes gymnastes.



Le Monde
 |    19.01.2018 à 22h58
 • Mis à jour le
20.01.2018 à 11h38
   





                        



   


Aly Raisman, triple médaillée d’or olympique et l’une des figures les plus connues de la gymnastique, a demandé vendredi 19 janvier une enquête indépendante pour faire la lumière sur les agissements de l’ancien médecin de l’équipe américaine Larry Nassar. La gymnaste américaine réclame cette enquête pour comprendre comment Larry Nassar a pu agresser sexuellement des centaines de sportives dans une impunité totale.
« Nous avons besoin d’une enquête indépendante sur ce qui s’est passé exactement, ce qui a mal tourné, et comment cela peut être évité à l’avenir. C’est seulement à ce moment-là que nous pourrons savoir quels changements sont nécessaires. C’est seulement à ce moment-là que nous pourrons croire que de tels changements sont réels », a déclaré la championne olympique.

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Depuis quatre jours, l’ancien médecin est confronté à une série de témoignages poignants de gymnastes, célèbres ou anonymes, devant un tribunal de Lansing, dans le Michigan, où il encourt la peine de prison à perpétuité. Il a déjà plaidé coupable d’avoir agressé plus de cent femmes, pour l’immense majorité d’anciennes gymnastes mineures à l’époque des faits.
« Faiseur de miracle »
Nassar, s’est livré, pendant toutes ces années, à des attouchements et à des agressions sexuelles sur des jeunes filles, en prétextant des massages pour soigner des blessures au dos ou aux hanches. Déjà condamné à soixante ans de prison pour détention de matériel pédopornographique, il a plaidé coupable de dix chefs d’inculpation d’agressions sexuelles.
« Tu as profité de nos passions et de nos rêves », a lancé Aly Raisman, aujourd’hui âgée de 23 ans. « Tu es tellement tordu. Je n’arrive même pas à saisir l’ampleur de la colère que je ressens quand je pense à toi », a-t-elle lâché à Larry Nassar.

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Un peu plus tôt, sa coéquipière Jordyn Wieber, avec qui elle a remporté le titre par équipe aux JO de Londres en 2012, avait révélé qu’elle faisait aussi partie des victimes du Dr Nassar. La fédération nationale « USA Gymnastics est responsable. Le comité olympique américain est responsable », a dénoncé cette dernière, visiblement nerveuse.
« La plus grande épreuve que j’ai connue est le fait d’accepter que je suis une victime de Larry Nassar », a déclaré Jordyn Wieber. Vu comme un « faiseur de miracles », le comportement du Dr Nassar n’était pas remis en cause à l’époque à cause de sa réputation, a expliqué Jordyn Wieber, qui a été agressée à partir de ses 14 ans.
L’université du Michigan sous le feu des critiques
La fédération américaine de gymnastique a annoncé jeudi dernier mettre fin à son partenariat avec le célèbre centre d’entraînement national, connu sous le nom de ranch Karolyi, où la championne Simone Biles a affirmé avoir été agressée par le Dr Nassar.
L’université du Michigan, la MSU, est également sous le feu des critiques. M. Nassar y travaillait jusqu’en 2016. Son conseil d’administration a demandé vendredi au procureur général de l’Etat, Bill Schuette, de se pencher sur leur gestion du scandale.
L’université s’est défendue jusqu’alors d’avoir couvert les agissements du médecin mais un courrier signé des membres de l’université souligne que « de telles questions sont devenues plus pressantes cette semaine avec l’impact des témoignages de victimes ».



                            


                        

                        

