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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-1"> ¤ Dans le cadre du projet européen « Les nouveaux arrivants », « Le Monde » suit un groupe de réfugiés installés à Vichy. Durant un an, nous racontons l’intégration de ces hommes originaires du Soudan et d’Erythrée.
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Ali, hier universitaire au Soudan, aujourd’hui réfugié et bénévole au Secours catholique

Dans le cadre du projet européen « Les nouveaux arrivants », « Le Monde » suit un groupe de réfugiés installés à Vichy. Durant un an, nous racontons l’intégration de ces hommes originaires du Soudan et d’Erythrée.



Le Monde
 |    21.01.2018 à 18h15
    |

                            Emile Costard (Vichy, envoyé spécial)








                        



   


« Bonjour Ali ! » « Salut camarade ! », répond Ali à chaque poignée de mains. Dans les locaux du Secours catholique de Vichy, les bénévoles se saluent avant de s’activer. Il est 13 h 30 et bientôt les bénéficiaires passeront la grande porte bleue de l’association pour venir acheter des vêtements, des jouets ou de la vaisselle. Tout doit être prêt pour les accueillir en cette période de fêtes.
Depuis cinq mois, Ali, Soudanais de 30 ans, fait du bénévolat dans l’association créée en 1946 par l’abbé Jean Rodhain. Au Secours catholique, il aide et se sent utile. « C’est très important d’avoir des bénévoles jeunes et arabophones », confirme Jacques Dhaussy, 70 ans, bénévole à l’accueil de l’association.
Ici, Ali observe cette partie de la société française qui est invisible :
« La France est un pays riche, je n’imaginais pas qu’il puisse y avoir autant de gens en difficulté. En venant ici chaque semaine, j’observe un petit bout de la société française, j’analyse les relations entre les gens, je me sociabilise et je perfectionne mon français. »
Ali est arrivé en France en 2015, par les mêmes routes migratoires que des milliers de ses compatriotes. La Libye, la Méditerranée, l’Italie puis la France. A Paris, il squatte quelques mois le lycée Jean-Quarré, avec des centaines de Soudanais, avant d’être transféré dans le centre d’orientation de Varennes-sur-Allier. Depuis 2016 et l’obtention de son statut de réfugié, il vit dans un studio du centre-ville de Vichy et tente de se construire un chez-soi.
« Au Soudan, j’avais des problèmes politiques avec le régime d’Al-Bachir. Il y a eu plusieurs événements qui ont mis ma vie en danger. J’ai tout laissé pour sauver ma peau. L’histoire est longue, triste et tragique. Maintenant je suis à Vichy et je poursuis mon chemin. »

   


Assis sur son canapé rouge, chez lui, une tasse de café à la main, Ali replonge dans ses souvenirs. Il parle de l’université, de ses engagements politiques et associatifs, de son master en sociologie et du poste d’assistant professeur à l’université de Khartoum qu’il occupait avant de fuir son pays. Ali est un intellectuel. Sur une petite commode trône un exemplaire de La Misère du monde, un ouvrage sociologique réalisé sous la direction de Pierre Bourdieu.
Il raconte son quotidien, les cours de français, les matchs de foot avec l’équipe de réfugiés de Vichy dont il est l’entraîneur. Il parle de ses lectures, des textes de Victor Hugo et de la Révolution française. Il évoque les difficultés qu’il a pu rencontrer avec l’administration et analyse les lourdeurs bureautiques en citant le sociologue allemand Max Weber.
« J’avais des idées communistes »
Ali souligne à plusieurs reprises son attachement à la notion de séparation de l’Eglise et de l’Etat, « car le système politique en place aujourd’hui au Soudan gouverne depuis vingt-neuf ans au nom de la religion, ment au nom de la religion, tue au nom de la religion ». Soudain, sa voix s’enroue et ses mains s’agrippent. Ali raconte les terribles interrogatoires des services de renseignement soudanais. La torture.
« J’avais des idées communistes… A l’université, je parlais librement devant les étudiants. En 2010, j’avais aussi dénoncé des fraudes dans un bureau de vote où j’étais observateur. J’étais dans le collimateur. »
Un jour, alors qu’il rend visite à sa famille dans sa région natale d’Um Rawaba, qui connaît des troubles, Ali est arrêté à un barrage et accusé de faire partie des forces d’opposition qui déstabilisent la région. Un procès expéditif devant un tribunal militaire le condamne à mort. Ali est réveillé en pleine nuit, embarqué par des militaires qui le poussent dans une voiture : direction le peloton d’exécution.
« On a roulé, roulé, quand soudain les militaires se sont mis à parler d’une embuscade sur la route. Ils ont commencé à accélérer, on roulait très vite. Tout à coup, il y a eu des tirs et on a percuté un obstacle. C’était un arbre sur le bas-côté. Le choc a été tellement violent que j’en ai eu la jambe fracturée, mais j’ai réussi à m’extirper du véhicule et à m’échapper. J’ai pu ramper jusqu’à un cours d’eau, j’ai traversé à la nage et je me suis évanoui. »
Quand il reprend connaissance, un paysan de la région est en train de le soigner. L’homme lui jure qu’il n’a rien à craindre, qu’il ne lui posera aucune question et lui demande s’il souhaite appeler un membre de sa famille.
« J’ai décidé de contacter un oncle car je craignais que mes proches soient sur écoute. Mon oncle m’a dit que je devais partir au plus vite en Libye. Il m’a assuré une somme d’argent importante et il a contacté un passeur. Je ne peux pas décrire la tristesse dans laquelle j’étais. Je pensais à ma mère, j’imaginais la peine que je lui causais. Mais je n’avais pas le choix si je voulais vivre. Alors je suis parti avec un conducteur à la frontière libyenne. »

   


De son passé, il ne lui reste que des souvenirs et une douleur à la jambe qui ne veut pas finir. Alors c’est derrière une petite table d’écriture qu’il soigne ses blessures psychiques.
« J’écris tous les jours, j’y trouve de la sérénité, je n’ai rien de mieux dans cette vie que l’écriture. »
Ses rêves ? Pouvoir retourner un jour au Soudan et valider une thèse de sociologie. Pour Ali, « la vie n’est pas un paradis mais un long militantisme ».
Interprète : Adel Al-Kordi



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-2"> ¤ Les organisateurs ont appelé les Américains vivant à l’étranger à s’inscrire pour pouvoir voter par correspondance lors des élections de mi-mandat en novembre.
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« Marche des femmes » à Paris, Londres et Berlin contre la politique de Trump

Les organisateurs ont appelé les Américains vivant à l’étranger à s’inscrire pour pouvoir voter par correspondance lors des élections de mi-mandat en novembre.



Le Monde
 |    21.01.2018 à 17h27
 • Mis à jour le
21.01.2018 à 18h29
   





                        



   


Des centaines de personnes se sont rassemblées dans plusieurs capitales européennes dimanche 21 janvier, pour défendre les droits des femmes et s’opposer au président américain, Donald Trump, arrivé au pouvoir il y a un an. Partout, les organisateurs ont appelé les Américains vivant à l’étranger à s’inscrire pour pouvoir voter par correspondance lors des élections de mi-mandat, en novembre.
A Paris, une centaine de personnes s’étaient rassemblées sous la pluie place du Trocadéro. Emmitouflées dans leurs manteaux, des manifestantes tenaient une banderole proclamant « Encore féministes ! ». A leurs côtés, des militants s’étaient mobilisés contre le locataire de la Maison Blanche, avec des pancartes appelant à le destituer.

   


A Londres, des centaines de personnes se sont rassemblées en face de Downing Street en fin de matinée pour exprimer leur ras-le-bol face au harcèlement sexuel, aux violences et aux discriminations subies par les femmes.
Dans la foule, certains tenaient des pancartes hostiles à Donald Trump. Le président américain a récemment annoncé qu’il ne viendrait pas inaugurer comme prévu la nouvelle ambassade américaine à Londres, où il risquait d’être accueilli par des manifestations hostiles.

   


A Berlin, les militants s’étaient donné rendez-vous à la porte de Brandebourg, à proximité de l’ambassade des Etats-unis. Par une température glaciale, les manifestants, dont des expatriés américains et des Allemands, certains venus en famille, ont défilé dans le quartier du gouvernement, arborant des panneaux en anglais incitant à « Résister » et à « Se lever, s’unir et se battre ».
Aux Etats-unis, samedi, des centaines de milliers de personnes, dont les actrices Whoopi Goldberg à New York et Natalie Portman à Los Angeles, ont participé à des « Marches des femmes » anti-Trump, un an après le rassemblement immense qui avait défié Donald Trump au lendemain de son investiture.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-3"> ¤ Ce résultat permet un début de sortie de crise en Allemagne, sans gouvernement depuis les élections législatives de septembre dernier.
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Allemagne : les sociaux-démocrates approuvent le principe d’une coalition avec Merkel

Ce résultat permet un début de sortie de crise en Allemagne, sans gouvernement depuis les élections législatives de septembre dernier.



Le Monde
 |    21.01.2018 à 16h38
 • Mis à jour le
21.01.2018 à 18h53
   





                        



   


C’est un début de sortie de crise. Réunis en congrès à Bonn, les délégués sociaux-démocrates allemands (SPD) ont approuvé, dimanche 21 janvier, lors d’un vote à main levée (362 voix pour, 279 contre, soit 56 %), le principe d’une coalition avec Angela Merkel. Ce résultat est une bonne nouvelle pour la chancelière conservatrice, alors que le pays est sans gouvernement depuis les élections législatives de septembre 2017.
Mme Merkel a « salué » dimanche soir ce résultat, tout en notant « que beaucoup de questions doivent encore être résolues (…) il reste beaucoup de travail ». Dès lundi, de premières discussions sur l’ordre du jour doivent avoir lieu.
Le SPD avait signé, le 12 janvier, avec la CDU et la CSU, un premier accord préparatoire en vue d’une nouvelle « grande coalition », comme celle qui a dirigé l’Allemagne ces quatre dernières années. Cet accord a été validé dimanche par les sociaux-démocrates. De nouvelles discussions sur le programme de la coalition devraient débuter la semaine prochaine, mais ce vote était l’étape la plus délicate.

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          En Allemagne, le SPD doit se prononcer pour ou contre une coalition avec Merkel



Lors de son discours, avant le vote dimanche, le chef du SPD Martin Schulz a défendu le projet d’alliance, assurant avoir obtenu des concessions « historiques » qui marqueraient la fin de la politique « d’austérité » en Europe portée par Mme Merkel et du « fantôme du néolibéralisme ».
« La république nous regarde, et je sais que des gens à travers toute l’Europe regardent aujourd’hui le SPD. Nous pouvons vaincre la vague de droite qui frappe l’Europe en formant un gouvernement stable avec un profil social-démocrate », a-t-il lancé, révélant avoir reçu un appel de soutien samedi du président de la République, Emmanuel Macron.

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                En Allemagne, entre Angela Merkel et Martin Schulz, une coalition par défaut



« Une boucle infinie »
L’opposition face à cette grande coalition a été forte au sein du SPD. Ces militants qui se retrouvent sous la bannière #NoGroKo du chef des jeunes du parti, Kevin Kühnert, estiment que trop de concessions ont été faites aux conservateurs lors des pourparlers préliminaires de janvier, notamment sur la fiscalité, la santé et l’immigration.
« La grande coalition, ce n’est pas un choix (…), à chaque fois on se dit “on n’a pas envie, mais on est obligé”. C’est une boucle infinie dans laquelle nous sommes depuis des années et qu’il faut briser », a martelé M. Kühnert dimanche.
Le vote de dimanche ne signifie pas que l’Allemagne sera dirigée comme en 2005-2009 et 2013-2017 par une grande coalition. En effet, le résultat des négociations à venir sera soumis à un vote des 440 000 militants sociaux-démocrates. Or la base du parti est divisée sur l’opportunité de gouverner de nouveau sous la houlette de la chancelière, au pouvoir depuis 12 ans.
Bonne nouvelle pour les partenaires de l’Allemagne
La décision du SPD de dimanche reste un soulagement pour les partenaires européens de l’Allemagne, la France en tête. Après le Brexit et la poussée de l’extrême droite et des anti-européens un peu partout en Europe, Emmanuel Macron a fait une série de propositions, tout comme le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker, pour combattre le désamour des citoyens. Sans l’Allemagne ces ambitions seront difficiles à concrétiser.
« Très bonne nouvelle pour une Europe plus unie, plus forte et plus démocratique ! », a réagi sur Twitter Martin Selmayr, le chef de cabinet allemand de M. Juncker. Le commissaire aux affaires économiques, le Français Pierre Moscovici a salué pour sa part, « le sens des responsabilités du SPD ».



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-4"> ¤ Carolyn Fairbairn, la patronne des patrons britanniques, demande à la première ministre britannique de « revoir les limites qu’elle a fixées et ses positions de départ ». Elle appelle aussi Bruxelles à davantage de flexibilité.
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Brexit : le patronat britannique critique les choix de Theresa May

Carolyn Fairbairn, la patronne des patrons britanniques, demande à la première ministre britannique de « revoir les limites qu’elle a fixées et ses positions de départ ». Elle appelle aussi Bruxelles à davantage de flexibilité.



Le Monde
 |    21.01.2018 à 16h10
 • Mis à jour le
21.01.2018 à 16h13
    |

            Eric Albert (Londres, correspondance)








                        



                                


                            

De plus en plus exaspéré, le patronat britannique lance la contre-offensive à propos du Brexit. Selon nos informations, Carolyn Fairbairn, la directrice générale de la Confederation of British Industry (CBI), la principale organisation patronale du Royaume-Uni, devait demander, lundi 22 janvier, à Theresa May de « revoir les limites qu’elle a fixées et ses positions de départ ».
Dans un discours prononcé à l’université de Warwick (centre de l’Angleterre), faisant fi de toute précaution oratoire, elle s’apprêtait à remettre en cause les grands choix pris par la première ministre britannique sur le Brexit, en particulier la sortie du marché unique et de l’Union douanière (le premier supprime les frontières commerciales au sein de l’Union européenne, la seconde impose des droits de douane communs au reste du monde).

Officiellement, Mme Fairbairn renvoie Londres et Bruxelles dos à dos, estimant que les deux camps doivent faire preuve de davantage de flexibilité. En réalité, ses attaques se concentrent surtout sur Downing Street. « La partie britannique ne parvient même pas à parler d’une seule voix, alors se mettre d’accord avec l’UE... Il y a trop d’idéologie et une prise de conscience limitée quant à l’urgence de la situation. » Elle réclame une approche « fondée sur des faits et des preuves ».
L’appel de Carolyn Fairbairn à plus de réalisme n’est pas nouveau. Le CBI a toujours été opposé au Brexit. Le changement de ton, cependant, est manifeste. Il y a péril en la demeure, souligne Mme Fairbairn. Fin mars 2019, dans un peu plus de quatorze mois, le Royaume-Uni sera, en théorie, sorti de l’UE.
« Partir des règles que nous partageons déjà »
Dans l’immédiat, « d’ici à soixante-dix jours », il convient donc de négocier une période de transition afin de conserver le statu quo pour environ deux années supplémentaires. Ensuite, dès avril, le CBI veut que Londres présente...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-5"> ¤ Une offensive terrestre a débuté à Afrin, une enclave tenue par une milice kurde, considérée par Ankara comme terroriste.
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Article sélectionné dans La Matinale du 20/01/2018
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La Turquie lance une opération militaire en Syrie contre l’enclave kurde d’Afrin

Une offensive terrestre a débuté à Afrin, une enclave tenue par une milice kurde, considérée par Ankara comme terroriste.



Le Monde
 |    20.01.2018 à 17h04
 • Mis à jour le
21.01.2018 à 09h20
    |

                            Allan Kaval (Erbil, correspondance)








                        



   


Après des plusieurs jours marqués par des déclarations officielles belliqueuses qui ont saturé les médias turcs, le président Recep Tayyip Erdogan a annoncé, samedi 20 janvier, que l’opération terrestre attendue contre l’enclave kurde syrienne d’Afrin, frontalière de la Turquie, avait commencé.
« L’opération d’Afrin a débuté et elle se poursuivra à Manbij », a déclaré M. Erdogan, faisant référence à une autre ville du nord de la Syrie tenue par les Forces démocratiques syriennes (FDS), liées au mouvement kurde qui contrôle Afrin depuis 2012. La Turquie considère les FDS comme l’extension du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), une organisation politco-militaire autonomiste et révolutionnaire qui lui livre une guerre de guérilla depuis 1984 dans le sud-est de la Turquie.

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                Syrie : Erdogan prêt à envahir l’enclave d’Afrin



Dans la soirée, la milice kurde qui contrôle la région a affirmé dans un communiqué qu’elle allait « tenir la Russie pour responsable de ces attaques, au même titre que la Turquie ». « La Russie sera tenue pour responsable pour tous les massacres perpétrés dans le canton d’Afrin », a-t-elle ajouté.
Des tirs d’artillerie samedi soir
Malgré les déclarations du chef d’Etat turc et l’intense battage médiatique dont leur préparation a fait l’objet en Turquie, les opérations restaient limitées samedi soir à des tirs d’artillerie depuis le territoire turc et des frappes aériennes, dont deux ont touché des cibles dans le centre-ville d’Afrin, d’après Mohammed Belo, un résident joint à distance. « Les gens restent calfeutrés chez eux et attendent pour l’instant, mais il y a déjà eu des blessés civils à cause d’une frappe. Rien n’est certain, mais on craint une catastrophe », rapportait-t-il dans la journée.
D’autres cibles ont été frappées dans l’arrière-pays et des accrochages ont été relevés entre les forces kurdes des FDS et des groupes armés issus de la rébellion syrienne, et passés sous le contrôle opérationnel d’Ankara. « Des combats durs contre les groupes armés ont eu lieu au nord-ouest d’Afrin et sur le front autour de Tel Rifaat et de la citadelle de Samaan », signalait en fin de journée Bahjet Abdo, le ministre de la défense du canton d’Afrin, joint à distance par Le Monde. « La situation est plus calme à présent », a-t-il ajouté. D’après le responsable kurde, l’aviation turque s’est livrée à sept frappes distinctes sur l’enclave d’Afrin, faisant des dizaines de blessés.

   


Crise entre Ankara et Washington
Bête noire d’Ankara, les FDS sont pourtant un partenaire essentiel de la coalition internationale contre l’Etat islamique emmenée par Washington. La coopération militaire étroite entre la coalition et les actuelles FDS contre les djihadistes a débuté lors du siège de la ville de Kobané, alors que leur précédente incarnation n’était qu’une force kurde locale. Elle s’est traduite par d’importants gains territoriaux dans tout le Nord-Est de la Syrie et par la prise de Rakka, la capitale de l’Etat islamique, en octobre dernier. Aujourd’hui les FDS de plus en plus nombreuses, mieux armées et structurées, contrôlent une vaste zone correspondant grossièrement à la rive droite de l’Euphrate et continuent d’affronter les djihadistes dans l’est du pays.

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Les frappes aériennes turques, une première à Afrin, interviennent alors que le soutien de la coalition aux FDS tend à se confirmer pour la période de l’après-Etat islamique, et ce malgré la position turque. Présentant le plan de Washington pour la Syrie mercredi, le secrétaire d’Etat américain Rex Tillerson a ainsi indiqué que les forces américaines engagées auprès des FDS allaient rester sur le terrain pour continuer la lutte contre les djihadistes, faire pièce à l’influence de l’Iran dans la zone et accompagner un changement politique en Syrie. Il s’agit de fait d’un premier signe allant dans le sens d’une forme de reconnaissance par la coalition du projet politique décentralisateur porté par l’encadrement civil des FDS. Jusqu’à présent, les relations s’étaient cantonnées au domaine militaire.
Jeudi, l’annonce, démentie depuis par un responsable américain, de la création d’une « force frontalière » de 30 000 hommes issue des FDS et soutenue par la coalition, a déclenché une crise entre Ankara et Washington, dont les frappes de samedi sur Afrin sont un des prolongements.

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Zone d’influence de la Russie
Au moment où les FDS semblent pouvoir s’installer dans leur position de force, l’opération en cours cible leur maillon faible. Située à l’extrême nord-ouest de la Syrie, la petite ville d’Afrin, arrière-pays de collines plantées d’oliviers et dépendances à majorité arabe, est détachée de l’ensemble territorial bâti par les FDS à l’est auquel la protection de la Coalition internationale est limitée. Afrin, se trouve dans la zone d’influence de la Russie qui dispose d’une présence militaire sur place, contrôle l’espace aérien dans cette partie du pays et a dû donner son feu vert à Ankara pour que l’aviation turque envoie ses appareils dans le ciel de l’enclave kurde.
D’après une source proche des autorités kurdes, une opération terrestre de grande ampleur impliquant directement les forces armées turques au sol, en renfort de leurs alliés issus de la rébellion, resterait possible mais peu probable. Notamment du fait des pressions diplomatiques exercées sur Ankara par les puissances partenaires des FDS. « L’opinion dominante, c’est que l’aviation turque va poursuivre ses frappes pendant quelques jours avec des accrochages terrestres contre les groupes armés pro-turcs à la marge », fait savoir cette source. Les risques d’escalades ne peuvent cependant pas être écartés.
Vendredi, Murat Karayilan, un des plus hauts cadres du PKK a déclaré que son organisation « ne resterait pas spectateur tout comme à (…) Kobané » face aux opérations turques à Afrin, avant d’appeler le peuple kurde à la mobilisation. Une réaction du mouvement kurde sur le territoire turc mettrait en péril la position de la coalition, qui entend maintenir l’idée d’une distinction entre le mouvement kurde et ses alliés syriens.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-6"> ¤ Mme McDonald a réaffirmé l’objectif du parti de voir l’Irlande réunifiée et a aussi déclaré vouloir « voir le Sinn Fein accéder au pouvoir, en Irlande du Nord et en République d’Irlande ».
<filname="PROF-0,2-3214,1-0,0-6"> ¤                     
                                                

Irlande : Mary Lou McDonald succédera à Gerry Adams à la tête du Sinn Fein

Mme McDonald a réaffirmé l’objectif du parti de voir l’Irlande réunifiée et a aussi déclaré vouloir « voir le Sinn Fein accéder au pouvoir, en Irlande du Nord et en République d’Irlande ».



Le Monde
 |    20.01.2018 à 14h03
   





                        


Le leader historique du Sinn Fein, Gerry Adams, a annoncé, samedi 20 janvier, que son bras droit Mary Lou McDonald lui succéderait à la présidence du parti irlandais, formation longtemps décrite comme la vitrine politique de l’IRA.
Lors d’une réunion de la direction du parti à Belfast, Gerry Adams a annoncé que les nominations pour le poste étaient closes. Mary Lou McDonald était la seule candidate. « Merci d’accueillir la présidente élue de notre parti, Mary Lou McDonald », a annoncé Gerry Adams à la tribune avant de lui céder la place.
Dans son discours, la nouvelle présidente a salué son prédécesseur. « Je ne peux pas rentrer dans les chaussures de Gerry Adams mais la bonne nouvelle, c’est que j’ai apporté les miennes », a-t-elle déclaré sous les applaudissements. Elle a réaffirmé l’objectif du parti de voir l’Irlande réunifiée et a aussi déclaré vouloir « voir le Sinn Fein accéder au pouvoir, en Irlande du Nord et en République d’Irlande ».
Mary Lou McDonald, 48 ans, vice-présidente du parti nationaliste, devrait être confirmée dans ses nouvelles fonctions lors d’un congrès extraordinaire, le 10 février.
Renouvellement générationnel
Tous les autres poids lourds du parti avaient décidé de ne pas se lancer dans la course à la présidence du parti ou avaient apporté leur soutien à Mary Lou McDonald, bras droit de Gerry Adams depuis des années. Après trente-quatre ans passés à la tête du Sinn Fein, M. Adams avait annoncé en novembre qu’il quitterait cette année la présidence du parti qu’il incarnait depuis 1983, au nom du renouvellement générationnel.

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Indissociable de la période des « Troubles », les violences qui ont fait plus de 3 500 morts sur trois décennies en Irlande du Nord en opposant les communautés unioniste et nationaliste, il avait déclaré vouloir laisser la place à de nouveaux visages, notamment pour permettre au parti de progresser en tant que force politique.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-7"> ¤ Dans une tribune au « Monde », plusieurs économistes, dont Thomas Philippon et Agnès Bénassy-Quéré, plaident pour un processus de nominations le plus transparent et ouvert possible et le choix d’experts qualifiés.
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L’après-Mario Draghi à la Banque centrale européenne : « attention danger »

Dans une tribune au « Monde », plusieurs économistes, dont Thomas Philippon et Agnès Bénassy-Quéré, plaident pour un processus de nominations le plus transparent et ouvert possible et le choix d’experts qualifiés.



Le Monde
 |    20.01.2018 à 13h46
    |

                            Collectif (économistes)








                        


Tribune. Lundi 22 janvier, l’Eurogroupe, le conseil des ministres des finances de la zone euro, ouvre le bal du renouvellement des dirigeants de la Banque centrale européenne (BCE). Pour rappel, la BCE est dirigée par son directoire, composé de six membres nommés pour huit ans et non renouvelables. Ce sont eux qui préparent les décisions, généralement avalisées par le Conseil des gouverneurs qui inclut, en plus du directoire, les gouverneurs de toutes les banques centrales de la zone euro. Les dirigeants de la BCE sont nommés par les chefs d’Etats et de gouvernements sur recommandation de l’Eurogroupe.

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Dans les deux ans qui viennent, quatre des six membres du directoire de la BCE vont achever leur mandat. Le premier remplacement aura lieu dans les semaines qui viennent. Or les candidats sont rares, conditionnant l’ensemble des nominations qui vont suivre. La prochaine nomination aura une influence importante sur celles qui suivront, en raison de règles tacites de répartition géographique Nord-Sud au sein de la zone euro. La démocratie européenne étant encore à ses balbutiements, le Parlement européen ne peut arrêter ce train : il donne seulement un avis consultatif et son poids reste faible en pratique.
« Les personnes devraient être nommées en fonction de leurs compétences et non en fonction de précaires équilibres géographiques ou politiques ».
C’est pourquoi nous pensons que les quatre processus de nomination à venir devraient être les plus transparents et les plus ouverts possibles, avec pour but de nommer les personnes en fonction de leurs compétences et non en fonction de précaires équilibres géographiques ou politiques.
Si le mandat de la BCE est d’assurer la stabilité des prix et la stabilité financière, en pratique elle a un rôle beaucoup plus large dans l’économie, la stabilité financière et le bien-être des citoyens européens. Mais la politique monétaire et les questions financières sont des questions arides et techniques qui ne mobilisent pas les opinions publiques. Elles ne semblent pas non plus au cœur des préoccupations des gouvernements, qui sont tentés de considérer les nominations à la BCE comme faisant partie du jeu habituel de partage des postes de prestige international.
Un travail crucial et hautement technique
Pourtant, après l’expérience dévastatrice de la crise de la zone euro, il devrait être évident que ces nominations sont d’une très grande importance : sans la BCE, la zone euro aurait connu une crise encore plus dramatique, ou aurait explosé. Ceux qui ont connu l’inflation à deux chiffres des années 1980 devraient aussi se rappeler que les banques centrales ont souvent failli par le passé.
Or, précisément parce que le travail de la BCE est hautement technique, ceux qui en ont la responsabilité doivent être des experts parfaitement qualifiés. Ils doivent être au fait des connaissances les plus pointues sur la monnaie et ses effets économiques, et ils doivent comprendre comment fonctionnent les marchés financiers. Durant la crise financière, on a vu les banques centrales innover sur tous les fronts, mettant à profit ce type de connaissances. Les conséquences de cette crise ont été profondes, avec son cortège de chômeurs et la montée des inégalités, suivies de la montée des populismes, mais cela aurait pu être bien pire !
Penser aux femmes
Les chefs d’Etat et de gouvernement ont nombre de dossiers urgents à traiter et cette question pourrait ne pas leur paraître primordiale. Ce serait une erreur. Le mandat des membres du Conseil exécutif est de huit ans. Durant ces années, bien des choses peuvent se produire et il est essentiel de savoir que la BCE est entre des mains hautement compétentes. Ce n’est pas parce que l’enjeu – la survie à long terme de l’euro, tout simplement – est distant qu’il n’est pas crucialement important.
Heureusement, l’Europe ne manque pas d’experts de haut niveau. La plupart d’entre eux ne fréquentent pas nécessairement les allées du pouvoir. Il faut les identifier là où ils sont, y compris en pensant aux femmes puisqu’une seule (sur six) est actuellement en poste. Enfin, il faut traiter la question de manière ouverte, en s’entourant d’avis compétents. Avoir le bon passeport au bon moment ne peut pas servir de critère principal.
Signataires : Charles Wyplosz, professeur d’économie à l’Institut des hautes études internationales et du développement de Genève (Suisse), Thomas Philippon, professeur d’économie à la NYU Stern (Etats-Unis), Pierre-Olivier Gourinchas, professeur d’économie à l’université de Berkeley (Etats-Unis), Jacques Delpla, chercheur associé à l’Ecole d’économie de Toulouse, et Agnès Bénassy-Quéré, professeur d’économie à l’Ecole d’économie de Paris.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-8"> ¤ En 2018, les banques centrales vont accélérer la normalisation de leur politique. Un virage que la planète finance, accro aux liquidités monétaires, attend avec nervosité.
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Taux d’intérêt : une douloureuse cure de désintox en vue pour les marchés

En 2018, les banques centrales vont accélérer la normalisation de leur politique. Un virage que la planète finance, accro aux liquidités monétaires, attend avec nervosité.



Le Monde
 |    20.01.2018 à 12h53
    |

            Marie Charrel








                        



                                


                            
Chronique. Alcool, cigarette, héroïne : quelle que soit la substance, mettre un terme à dix ans d’addiction est aussi difficile que douloureux. Il en va de même dans le monde financier. Après une décennie de taux bas et de soutiens monétaires exceptionnels, les grandes banques centrales vont, en 2018, tourner la page. Doucement, bien sûr. La Réserve fédérale américaine (Fed) va poursuivre le relèvement de ses taux. Et la Banque centrale européenne (BCE) devrait, en toute fin d’année, interrompre ses rachats de dettes publiques et privées (le quantitative easing en anglais, ou QE), en prélude à une hausse de ses taux, courant 2019.
Cela veut dire que les taux auxquels les Etats s’endettent vont remonter des deux côtés de l’Atlantique. Cela signifie aussi que l’épargne des ménages rapportera plus. Dans tous les cas, cette hausse est inévitable, et même souhaitable, puisqu’elle est synonyme d’une économie mondiale en meilleure santé : croissance plus solide, rentrées fiscales regonflées, salaires en augmentation, moindre chômage… Alors, où est le problème ?
La tension monte
Le sevrage, justement. Sur la planète finance, il se déroule rarement sereinement. Tels des patients entrant en cure de désintoxication, les marchés, accros aux liquidités des instituts monétaires, conscients qu’il faudra tôt au tard réduire la dose, sont nerveux. Voire un peu paranos. Ils surinterprètent des paroles anodines, qu’ils comprennent parfois de travers – en particulier celles des banquiers centraux. Voilà pourquoi la mission de ces derniers est si difficile.
Ces derniers jours, la tension est montée d’un cran lorsque Bill Gross, l’un des grands gourous de la finance, aujourd’hui chez Janus Capital, a déclaré sur Twitter que « la tendance observée depuis vingt-cinq ans sur les taux américains à 5 et 10 ans est rompue ». C’est-à-dire qu’ils allaient remonter. De fait, les taux à 10 ans sont repassés au-dessus de la barre des 2,5 %.

Dans...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-9"> ¤ L’enseigne britannique s’est engagée à supprimer ce dérivé d’hydrocarbure de tous ses emballages d’ici à 2023. Le défi s’annonce difficile à relever.
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Grande distribution : sus au plastique chez Iceland

L’enseigne britannique s’est engagée à supprimer ce dérivé d’hydrocarbure de tous ses emballages d’ici à 2023. Le défi s’annonce difficile à relever.



Le Monde
 |    20.01.2018 à 12h29
    |

            Eric Albert (Londres, correspondance)








                        



                                


                            

Vu de Londres. Avec ses affiches rouges et jaune vif, ses boîtes de haricots à la sauce tomate à 50 centimes et ses devantures criardes, Iceland s’apparente davantage à du hard discount qu’à un supermarché haut de gamme. La grande surface britannique est pourtant devenue, mardi 16 janvier, la première au Royaume-Uni à promettre de sortir du plastique. D’ici à 2023, et uniquement pour ses marques propres, elle s’engage à le supprimer de tous ses emballages. Le groupe assure qu’il deviendra la première « enseigne généraliste » du monde à agir de la sorte.

Une simple déambulation dans ses rayons suffit à mesurer l’ampleur de la tâche. Fruits, légumes, boissons… tout est ceint de plastique. Certains changements sont néanmoins possibles à court terme. Ainsi, l’enseigne a déjà retiré les pailles en plastique. Dès le mois prochain, elle va remplacer les barquettes des plats à emporter par une base en carton. Quant aux surgelés, solides et moins fragiles, ils nécessitent moins d’emballage. De ce fait, les Cellophane entourant les steaks hachés vont être retirées.
Pour le reste, l’affaire s’annonce beaucoup plus délicate. L’emballage du lait et de la viande, en particulier, pose problème. Progressivement, Iceland promet d’utiliser plus de carton, de cellulose, de métal, de verre… Dans de nombreux cas, cela signifie aussi revenir aux anciennes méthodes : bouteilles de verre consignées et ventes en vrac, notamment.
Emoi populaire
Le Royaume-Uni est actuellement un grand utilisateur de plastique. Entre les déjeuners composés de sandwichs emballés et de bouteilles de soda, les gobelets jetés par millions et les supermarchés qui entourent leurs fruits de trois couches d’emballage (barquette au-dessous, coquille en plastique dur par-dessus et de la Cellophane pour entourer le tout), le pays est accro à ce dérivé d’hydrocarbure.
Une prise de conscience collective est pourtant en train d’émerger. Au cours des derniers mois,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-10"> ¤ Baisse d’impôt, retraite minimale portée à 1 000 euros, revenu universel... les différentes formations politiques multiplient les propositions, mais la question de leur coût est éludée.
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Avant les élections législatives italiennes, les partis rivalisent de promesses

Baisse d’impôt, retraite minimale portée à 1 000 euros, revenu universel... les différentes formations politiques multiplient les propositions, mais la question de leur coût est éludée.



Le Monde
 |    20.01.2018 à 12h09
    |

            Jérôme Gautheret (Rome, correspondant)








                        



                                


                            

Et vous, que voulez-vous abroger ? Les premiers échanges de la campagne en vue des élections générales ­italiennes, qui se tiendront le 4 mars, ont été marqués par une surenchère vertigineuse dans les propositions d’allégements fiscaux de la part des principales coalitions en lice.
Tentant de chiffrer le coût de ces promesses qui, pour la plupart, restent entourées d’un épais brouillard, le quotidien Corriere della Sera était parvenu, début janvier, à un total de… 200 milliards d’euros.
Naturellement, l’ancien président du Conseil, Silvio Berlusconi, en route vers le plus improbable des retours politiques, ne s’est pas montré le plus timoré en la matière. Le programme qu’il a signé avec ses deux principaux partenaires, jeudi 18 janvier, et dont le détail n’est pas encore connu, contient plusieurs mesures dont chacune, prise isolément, serait de nature à bouleverser l’économie du pays.

La clé de voûte en est l’adoption d’une « flat tax », un prélèvement à taux unique venant se substituer à l’actuel impôt progressif sur le revenu. Cette mesure, qui figurait déjà dans le programme électoral de la droite par le passé, n’a jamais été mise en œuvre, en raison de son impact énorme sur les finances publiques. Le taux de ce nouvel impôt miracle ? Ce point n’est pas tranché.
Remise à plat de la réforme des retraites
En effet, si Forza Italia veut le porter à 23 %, après exemption des 12 000 premiers euros, afin de respecter le principe de progressivité inscrit dans la Constitution, ses alliés sont encore plus gourmands.
La Ligue du Nord de Matteo Salvini, elle, plaide pour un impôt unique de 15 %. Le coût d’une telle mesure ? Début janvier, le quotidien économique Il Sole 24 Ore l’estimait à 30 milliards d’euros en retenant le taux proposé par Silvio Berlusconi, mais d’autres économistes comme Francesco Daveri (université Bocconi de Milan) ­l’estiment à 95 milliards.
L’autre mesure phare proposée par...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-11"> ¤ Cinq postes-clés vont se libérer au sein de la Banque centrale européenne au cours des deux années à venir. En coulisse, les négociations entre capitales ont déjà commencé.
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BCE : la course à la succession de Mario Draghi est lancée

Cinq postes-clés vont se libérer au sein de la Banque centrale européenne au cours des deux années à venir. En coulisse, les négociations entre capitales ont déjà commencé.



Le Monde
 |    20.01.2018 à 11h50
 • Mis à jour le
20.01.2018 à 13h47
    |

            Marie Charrel








                        



                                


                            

C’est l’un des feuilletons politiques dont l’issue déterminera en grande partie la nature des politiques économiques menées dans la zone euro ces prochaines années. Lundi 22 janvier, l’Eurogroupe devrait officiellement ouvrir la procédure de présélection des candidats à la vice-présidence de la Banque centrale européenne (BCE).
Le Portugais Vitor Constancio quittera en effet son poste le 31 mai. Luis de Guindos, l’actuel ministre espagnol de l’économie, est sur les rangs pour le remplacer. « C’est le premier d’une série de changements majeurs au sommet de l’institut monétaire, relève Maxime Sbaihi, économiste chez Bloomberg Intelligence. Ces deux prochaines années, cinq des postes-clés seront renouvelés. »

Après huit ans de mandat, Mario Draghi quittera la présidence de la BCE en octobre 2019. Dans la foulée, le Français Benoît Cœuré, responsable des opérations de marché et membre du directoire, abandonnera lui aussi ses fonctions. Le 31 décembre 2018, le mandat de la Française Danièle Nouy, présidente du gendarme bancaire logé au sein de la BCE, touchera à sa fin. Tout comme celui du Belge Peter Praet, économiste en chef et membre du directoire, qui partira au printemps 2019.
« Trouver un équilibre entre les différentes sensibilités »
Cette série de départs signera la fin de l’ère Draghi. Arrivé en 2011, l’Italien a considérablement fait évoluer l’institution. En 2012, il a mis fin à la spéculation sur les dettes souveraines en se déclarant prêt à faire « tout ce qu’il faut » pour sauver l’euro.
Pour les dirigeants de la zone euro, les enjeux de ces tractations sont aussi politiques
Puis il a soutenu la reprise, en lançant un programme de rachat massif d’obligations publiques (en anglais, le quantitative easing, ou QE). « Sans ces mesures, la zone euro n’en serait pas là aujourd’hui », souligne Gilles Moëc, économiste chez Bank of America Merrill Lynch.
Son successeur...




                        

                        


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Au Royaume-Uni, la consommation patine, l’économie résiste

Le Brexit pèse sur les revenus des ménages, mais le pays s’en sort grâce à la bonne conjoncture mondiale, favorable aux exportateurs.



Le Monde
 |    20.01.2018 à 11h32
    |

            Eric Albert (Londres, correspondance)








                        



   


Noël aura été particulièrement douloureux pour les commerçants au Royaume-Uni. Les Britanniques se sont serré la ceinture en cette période capitale pour le chiffre d’affaires des magasins. En décembre, la consommation a chuté de 1,5 % par rapport au mois précédent, d’après les statistiques publiées vendredi 19 janvier. C’est la plus forte chute mensuelle depuis juin 2016, mois du référendum sur le Brexit.

   


S’il ne faut pas trop s’attacher aux statistiques mensuelles, très volatiles, tout indique que le ralentissement de la consommation, débuté il y a un an, se ­poursuit. Sur trois mois (d’octobre à décembre 2017), celle-ci n’a progressé que de 0,4 % par rapport aux trois mois précédents. Une telle évolution fait du Royaume-Uni un cas à part – et inquiétant –, alors que l’Union européenne (UE) et les Etats-Unis ­connaissent actuellement une période d’embellie généralisée.
L’explication est connue : le Brexit pèse sur le revenu des ménages. Certes, la sortie de l’UE n’a pas encore eu lieu, mais le référendum a provoqué une violente dévaluation de la livre sterling. Cela renchérit mécaniquement le prix des biens importés, qui représentent la majorité des produits de consommation. Résultat, l’inflation atteint aujourd’hui 3 % (plus que la hausse des salaires) et le pouvoir d’achat des Britanniques diminue. « Clairement, la baisse des revenus réels pèse lourd », estime Elizabeth Martins, économiste chez HSBC.

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                Brexit : les nuages s’amoncellent au-dessus des Britanniques



Dans ces circonstances, les commerces ont passé une période de fêtes difficile. Vendredi 19 janvier, Carpetright, une enseigne de 420 magasins de moquette et de tapis, a émis un avertissement sur résultats et le cours de Bourse du groupe a chuté de 43 %. « Le nombre de transactions depuis Noël est en forte baisse, et nous pensons que cela indique une baisse de la confiance des consommateurs », s’inquiète son directeur général, Wilf Wash.
L’impact négatif de la dévaluation de la livre se résorbe
Les grands magasins Debenhams, l’enseigne d’équipements pour bébé Mothercare et même la chaîne de pompes funèbres Dignity traversent également une zone de turbulences. Dignity, qui prend en charge 12 % des funérailles au Royaume-Uni, se plaint de la guerre des prix qui prévaut depuis près de dix-huit mois. Elle-même va baisser de 25 % le prix de ses enterrements les moins chers.
Le ralentissement de la consommation n’équivaut cependant pas à un effondrement. D’autres enseignes, mieux positionnées sur le marché, tiennent bon, à l’image des supermarchés Sainsbury’s, qui ont connu une période de fêtes faste, de même que les groupes d’habillement Superdry, Ted Baker ou Fat Face.

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                Le ressort brisé de l’économie britannique



Mieux encore : l’impact négatif de la dévaluation est en train de se résorber. La chute de la livre sterling a eu lieu il y a un an et demi, et le choc s’éloigne. L’inflation a d’ailleurs commencé à ralentir. « Nous prévoyons une baisse notable en 2018 », explique George Buckley, chef économiste à Nomura.
Malgré le coup de mou de la consommation, l’économie britannique résiste. Au quatrième trimestre, la croissance devrait même ­légèrement rebondir et osciller autour de 1,7 % pour l’ensemble de 2017. Ce serait à peine 0,2 point en dessous du niveau de la France.
Le Royaume-Uni a de la chance : la bonne conjoncture mondiale arrive à temps pour soutenir ses exportateurs. Pour eux, la chute de la livre sterling est une excellente nouvelle, qui vient renforcer la compétitivité des entreprises.
A contre-courant du reste du monde
En conséquence, la production industrielle tourne à plein régime. Elle a progressé de plus de 3 % à la fin de l’année dernière. « Il y a eu une croissance forte et généralisée de tout le secteur, particulièrement dans l’énergie renouvelable, l’industrie navale, l’aéronautique et l’automobile destinées à l’exportation », note Ole Black, de l’Office britannique des statistiques. Cette progression des exportations a permis de réduire légèrement le déficit commercial du pays (malgré la hausse parallèle des importations), qui est au plus bas depuis quatre ans.
Une petite entreprise comme Brandauer illustre cette tendance. Cette PME de soixante employés fabrique des composants métalliques, utilisés notamment dans les mécanismes des bouilloires. Depuis le référendum sur le Brexit, elle se porte bien. « Initialement, c’était grâce à la baisse de la livre sterling, parce que nous exportons 70 % de ce que nous fabriquons, expliquait récemment à la BBC son directeur général, Rowan Crozier. Mais la croissance mondiale nous prépare à continuer à grandir en 2018. Nos clients vont bien et donc nous aussi. »
Pour les partisans du Brexit, la résistance de l’économie britannique prouve que les prévisions catastrophiques d’avant le référendum étaient erronées. Le Royaume-Uni n’en reste pas moins l’une des économies les moins performantes du moment en Occident, à contre-courant du reste du monde.
Les entreprises, attentistes, hésitent à se lancer dans de lourds investissements tant qu’elles ignorent ce à quoi ressemblera la sortie de l’UE. Et celle-ci n’entrera pas en vigueur avant mars 2019, voire début 2021 si une période de transition est mise en place, comme le souhaitent Londres et Bruxelles.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-13"> ¤ Réunis en congrès dimanche, les sociaux-démocrates allemands doivent prendre une décision qui sera lourde de conséquences pour l’Allemagne et l’Europe.
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Article sélectionné dans La Matinale du 20/01/2018
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En Allemagne, le SPD doit se prononcer pour ou contre une coalition avec Merkel

Réunis en congrès dimanche, les sociaux-démocrates allemands doivent prendre une décision qui sera lourde de conséquences pour l’Allemagne et l’Europe.



Le Monde
 |    20.01.2018 à 10h07
 • Mis à jour le
21.01.2018 à 14h45
    |

                            Cécile Boutelet (Berlin, correspondance)








                        



   


Il s’appelle Kevin Kühnert, il est né à Berlin-Ouest, quelques mois avant la chute du Mur. Son discours au congrès extraordinaire du Parti social-démocrate à Bonn, dimanche 21 janvier, pourrait marquer le début d’une grande carrière politique. Du haut de ses 28 ans, le militant va tenter ni plus ni moins de faire basculer le destin du SPD.
Président du mouvement de jeunesse du parti (« les Jusos »), qui compte 70 000 membres, Kevin Kühnert mène campagne depuis une semaine contre une réédition de la « grande coalition ». Autrement dit, il refuse toute nouvelle alliance gouvernementale avec les conservateurs – l’Union chrétienne-démocrate (CDU) d’Angela Merkel et son alliée bavaroise, la CSU. Dimanche, 600 délégués du parti doivent se prononcer sur le texte issu des discussions exploratoires entre les trois formations, présenté vendredi 12 janvier à Berlin. Ce document doit servir de base à l’élaboration d’un contrat de coalition, qui deviendrait la feuille de route gouvernementale des quatre prochaines années. Mais rien n’est joué : au SPD, le scrutin de dimanche s’annonce serré. Et la notoriété médiatique soudaine acquise par Kevin Kühnert ces derniers jours montre qu’il bénéficie de soutiens en interne.

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Inconnu du grand public il y a encore un mois, le président des Jusos a conscience que le SPD vit un moment-clé de son histoire. Avec aplomb, le jeune militant fait front contre la direction du parti, Martin Schulz en tête, et contre le président de la République, le social-démocrate Franz-Walter Steinmeier, qui a appelé à la « responsabilité ». Mais, surtout, Kevin Kühnert fait campagne contre Angela Merkel, cette chancelière si centriste, avec laquelle M. Schulz avait promis, au soir de sa défaite électorale le 24 septembre, qu’il ne gouvernerait pas. Une victoire du leader des Jusos serait un revers terrible pour les deux dirigeants.
Suicide politique
Kevin Kühnert incarne un SPD qui refuse de jouer les partenaires raisonnables, et ne voit de salut pour son parti que dans l’opposition et un coup de barre à gauche. « Je ne crois plus que le SPD puisse se redresser si on fuit sans cesse vers une grande coalition, parce qu’on trouve que les alternatives sont encore pires », explique-t-il. Son argument : les électeurs ont voté contre la grande coalition en septembre 2017, tout passage en force est un suicide politique pour le SPD.
Les sondages, pour l’instant, lui donnent raison. Le SPD n’est plus crédité que de 18,5 % des intentions de vote, selon une enquête d’opinion parue mardi dans Bild. A seulement quelques encablures de l’AfD, qui pointe désormais à 14 %. Et une majorité d’Allemands refuse une nouvelle grande coalition. « Nous cherchons à faire en sorte que le SPD redevienne un grand parti populaire », dit-il.
Que Kevin Kühnert soit une des rares figures du SPD à défendre cette ligne en dit long sur l’état du parti, en proie au doute et à une crise de leadership sans précédent. Seules la génération la plus jeune et l’aile gauche du parti osent prendre le risque de provoquer de nouvelles élections en désavouant Martin Schulz.
Décompte de caisse
En quelques mois, c’est comme si l’histoire s’était brusquement accélérée : la génération montante des leaders du SPD, qui espéraient capitaliser sur le bon bilan économique de la grande coalition sortante pour confirmer leur pouvoir, se retrouve à jouer les services après-vente d’un projet qui ne suscite ni l’enthousiasme ni l’adhésion des militants. C’est le cas de Heiko Maas, 51 ans, actuel ministre de la justice, et d’Andrea Nahles, 47 ans, devenue chef du groupe SPD au Bundestag en septembre 2017, après quatre ans au gouvernement. Le comble pour celle qui a longtemps été présidente des bouillonnants Jusos est de devoir défendre un programme pragmatique et sans âme. Mme Nahles met en garde ses jeunes camarades contre toute « romantisation » de l’opposition.
Au SPD, le débat sur le fond, soigneusement évité pendant la morne campagne de l’été 2017, est brusquement revenu sur le devant de la scène. Martin Schulz, qui a consacré sa semaine à faire la tournée des fédérations locales du SPD, s’évertue à énumérer les exigences du parti reprises par le préaccord de coalition : sur les retraites, la baisse des impôts pour les petits salaires ou encore l’éducation. Rien à faire, l’ancien libraire donne l’impression de faire son décompte de caisse en fin de journée, alors que la maison s’écroule. L’essentiel n’est pas là, répètent ses opposants.

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« Il en va de questions fondamentales. La population a besoin d’un choix entre deux propositions politiques claires. Nous avons vu qu’une grande coalition ne le propose pas, mais doit vendre aux électeurs compromis sur compromis, ce qui renforce l’extrême droite », a déclaré Hilde Mattheis, députée de l’aile gauche du SPD, à la télévision. « Nous sommes face à une décision qui engage notre destin. Elle pourrait nous conduire sur le même chemin que d’autres partis frères européens si nous ne travaillons pas plus à notre identité. » La référence à la débâcle du Parti socialiste français, au printemps 2017, agit comme un puissant épouvantail. « Il est important de montrer que le parti a une culture politique du débat, qu’on peut le faire sans s’effondrer », a ajouté Mme Mattheis.

   


Lassitude des plus jeunes
Quelle que soit l’issue du vote de dimanche, le congrès du SPD marquera un tournant. Les tensions actuelles illustrent la lassitude des membres les plus jeunes du parti contre une culture politique imposée par le centrisme et le pragmatisme d’Angela Merkel. Contrairement à l’impression dégagée par la campagne, où l’atonie des débats pouvait laisser croire à des Allemands rassasiés par la prospérité économique et indifférents à la politique, on assiste actuellement à un réveil des clivages partisans. « Le style de gouvernement d’Angela Merkel, fondé sur le consensus et la patience, a été très efficace, mais n’est sans doute plus adapté à l’air du temps. On a besoin aujourd’hui de plus de prises de position claires », estime Andrea Römmele, professeure de sciences politiques à la Hertie School of Governance de Berlin.
L’agacement des Jusos est comparable à celui des militants du Parti libéral-démocrate, le FDP, souvent jeunes eux aussi, qui ont préféré refuser de participer au gouvernement plutôt que de prendre le risque de perdre leur identité. Cette jeune génération de militants a en commun de considérer que le danger le plus grand n’est pas la montée en puissance de l’AfD et des idées d’extrême droite, mais l’affadissement du débat démocratique.
Ce n’est pas un hasard s’ils défendent tous l’option d’un gouvernement minoritaire, qu’ils jugent plus à même de répondre au besoin de renouveau démocratique exprimé par les urnes, après quatre ans de grande coalition. Celui-ci obligerait le gouvernement, sur chaque réforme, à trouver une majorité de circonstance au Bundestag. Il affaiblirait de facto le pouvoir de la chancelière et compliquerait certaines prises de décisions. L’option est, jusqu’ici, radicalement rejetée par Angela Merkel.



                            


                        

                        


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Le président français se voit en pape de la défense européenne

« Il faut utiliser la coopération comme un démultiplicateur de ressources », a fait valoir le chef de l’Etat.



Le Monde
 |    20.01.2018 à 09h16
 • Mis à jour le
20.01.2018 à 15h21
    |

            Nathalie Guibert








                        



                                


                            

Emmanuel Macron se pense-t-il en nouveau pape de l’Europe de la défense ? « N’ayez pas peur ! », a-t-il lancé aux militaires lors de ses vœux vendredi 19 janvier à Toulon, en utilisant la formule du souverain pontife Jean Paul II en 1978.
La France compte sur ses partenaires européens pour résoudre l’équation financière à laquelle ses armées sont confrontées dans la prochaine loi de programmation militaire. Il faut utiliser la coopération comme « un démultiplicateur de ressources », a fait valoir le président de la République à Toulon. Emmanuel Macron sait que les militaires y sont réticents. Par culture – « J’ai beaucoup moins d’admiration pour Napoléon depuis que j’ai commandé une coalition », aiment dire les officiers en citant le maréchal Foch. Par expérience des réticences de leurs partenaires quand il s’agit d’opérations de guerre. Et parce que les derniers grands programmes industriels européens ne sont pas considérés comme de francs succès – bien que l’avion soit prometteur, seuls deux exemplaires des Airbus A400M sur les onze livrés volent dans l’armée de l’air.

« Certains voient un danger sur la taille des armées françaises tant cette coopération a été présentée comme une espèce de cache-sexe de la réduction des formats passés », a regretté le chef de l’Etat. Au lendemain du 35e sommet franco-britannique, rappel a été fait à Toulon des fondamentaux : en matière de défense, le Royaume-Uni est appelé à rester un « partenaire essentiel » en dépit du Brexit, et l’Allemagne est qualifiée de « partenaire primordial ». Le dossier du « futur système de combat aérien », qui doit succéder aux actuels avions de chasse à l’horizon 2030, pourrait être un bon test de ce volontarisme tous azimuts : le projet est franco-britannique, mais Paris cherche le moyen d’y associer Berlin, ce qui ne va pas de soi tant pour des raisons industrielles que politiques.
« Gagner la paix »
Le...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-15"> ¤ La France et l’Allemagne font partie des vingt-trois pays qui dépassent les limites d’émissions fixées dans l’UE pour le dioxyde d’azote et les particules fines.
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Neuf pays de l’UE convoqués par Bruxelles pour non-respect des normes de qualité de l’air

La France et l’Allemagne font partie des vingt-trois pays qui dépassent les limites d’émissions fixées dans l’UE pour le dioxyde d’azote et les particules fines.



Le Monde
 |    19.01.2018 à 18h07
 • Mis à jour le
19.01.2018 à 19h59
   





                        


Un sommet ministériel se tiendra le 30 janvier à Bruxelles, qui regroupera neuf pays, dont la France, l’Allemagne et le Royaume-Uni, visés par des procédures d’infraction pour non-respect des normes de qualité de l’air, a annoncé vendredi 19 janvier la Commission européenne.
Ces pays font partie des vingt-trois qui dépassent les limites d’émissions fixées dans l’UE pour le dioxyde d’azote ou les particules fines (PM10), des polluants notamment liés à la circulation routière et dangereux pour la santé.

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La Commission envisageant de saisir la Cour de justice de l’Union européenne, les ministres de l’environnement des neuf Etats membres (qui comporte également la République tchèque, l’Espagne, l’Italie, la Hongrie, la Roumanie et la Slovaquie) sont donc convoqués à Bruxelles.
Il s’agit d’une étape avancée des procédures d’infraction européennes quand un pays ne se plie pas aux recommandations de la Commission en dépit de plusieurs avertissements. Ce pas a déjà été franchi pour la Bulgarie et la Pologne pour non-respect des normes de qualité de l’air.
Plus de 480 000 décès dans l’Union européenne
Seize pays sont par ailleurs visés par des procédures d’infraction, qui sont actuellement à différents stades, liées aux limites d’émission de particules fines. Ainsi, en avril 2017 la Bulgarie avait-elle été condamnée par la Cour de justice de l’UE.
Le rapport de l’année 2017 de l’Agence européenne de l’environnement (AEE) avait établi qu’en 2014 la pollution de l’air avait causé la mort prématurée (avant 65 ans) de 520 400 personnes dans les quarante et un pays du continent européen, dont 487 600 dans l’Union européenne.

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Ce sommet ministériel doit, selon le commissaire à l’environnement, Karmenu Vella, « clarifier que s’il n’y a pas d’amélioration de la qualité de l’air, il y aura des conséquences légales ».
« Les parents d’enfants souffrant de bronchites ou les enfants de personnes ayant une maladie du poumon veulent voir des améliorations de la qualité de l’air aussi vite que possible », a insisté M. Vella, qui précise que ce sommet vise à « protéger les citoyens ». 
Un « plan d’action » a par ailleurs été annoncé par la Commission, qui comprend des mesures visant à aider les Etats membres à se conformer aux règles environnementales de l’Union. Parmi les mesures proposées l’année dernière par la Commission figuraient notamment « la réduction du volume global du trafic », « le passage aux voitures électriques », « l’adaptation du comportement des conducteurs » ou encore « la réduction des émissions des véhicules à moteur diesel ».



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-16"> ¤ Le président Macron a reçu la chancelière Merkel, affaiblie par les incertitudes quant à son accord de gouvernement avec le SPD, pour évoquer la relance du moteur franco-allemand
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Article sélectionné dans La Matinale du 19/01/2018
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A Paris, Merkel plaide pour « un gouvernement stable en Allemagne »

Le président Macron a reçu la chancelière Merkel, affaiblie par les incertitudes quant à son accord de gouvernement avec le SPD, pour évoquer la relance du moteur franco-allemand



Le Monde
 |    19.01.2018 à 17h04
 • Mis à jour le
20.01.2018 à 09h52
    |

            Alain Salles et 
Solenn de Royer








                        



   


C’est une chancelière fragilisée qui est venue rendre visite, vendredi 19 janvier, à l’homme fort – et esseulé – de l’Europe. Le couple franco-allemand a souvent pâti de la faiblesse française, mais il apparaît handicapé désormais par les incertitudes outre-Rhin. La chancelière Angela Merkel a paru fatiguée lors d’un court point de presse tenu à l’Elysée, aux côtés d’Emmanuel Macron, avant un dîner de travail et un concert. Dans son pays, l’attention est focalisée sur l’issue du congrès du Parti social-démocrate (SPD), dimanche, qui doit se prononcer pour ou contre l’accord exploratoire conclu voici une semaine avec la CDU pour former un gouvernement.
Heureusement, la musique adoucit les mœurs. A l’issue de leur tête-à-tête, la chancelière et le président sont allés écouter des Préludes, Estampes et Arabesques de Debussy, interprétés par Daniel Barenboim à la Philharmonie. Le récital s’est achevé par L’Isle joyeuse, une note de gaieté pour clore une rencontre franco-allemande qu’on a connue plus réjouissante.

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« Dans un contexte interne très chargé, deux jours avant le vote du SPD sur la poursuite des négociations en vue d’une grande coalition, la chancelière prend le temps de passer une soirée à Paris, signe de l’importance de la relation bilatérale et de l’engagement européen du président », se félicite-t-on à l’Elysée.
« Un gouvernement stable en Allemagne »
« Pour agir en Europe, il est capital d’avoir un gouvernement stable en Allemagne », s’est rassurée Mme Merkel, alors qu’elle n’a toujours pas composé sa coalition, quatre mois après sa victoire étriquée aux législatives de septembre 2017. Elle s’est dite confiante quant à l’issue du congrès du SPD. Mais, même en cas d’accord des délégués du SPD, un nouveau gouvernement ne verra pas le jour avant la mi-mars. De quoi retarder encore les projets européens du président Macron.
Le chef de l’Etat et la chancelière ont insisté sur leurs ambitions communes pour l’Europe. Mme Merkel a rappelé que la question européenne avait été « prioritaire » dans les négociations de coalition. « La chancelière a une ambition européenne, les dirigeants du SPD ont manifesté une ambition européenne, et le texte commun en porte une », a souligné Emmanuel Macron, même si l’Allemagne donne la priorité aux questions migratoires et temporise au sujet de la réforme de la zone euro.
En réalité, l’accord exploratoire entre le SPD et la CDU laisse apparaître quelques dissonances – plus proche de la musique dodécaphonique allemande que de Debussy – avec les envolées lyriques de M. Macron dans son discours de la Sorbonne, en septembre 2017. Pas un mot sur le ministre et le Parlement de la zone euro, évoqués par M. Macron, mais une insistance sur la création d’un fonds monétaire européen, qui suscite de vives réserves à Paris.

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Le préaccord ouvre la porte à un budget de la zone euro, mais en l’encadrant sévèrement. Il s’agit de « privilégier une capacité budgétaire spécifique pour la stabilisation économique, la convergence sociale et pour le soutien aux réformes structurelles (…), qui pourrait être le point de départ vers un futur budget d’investissement pour la zone euro ». Autrement dit, l’Allemagne est prête à alimenter ce budget à condition que les pays destinataires des investissements fassent des réformes structurelles.
« Le document sur les pourparlers exploratoires est conçu de telle sorte que nous avons laissé de la marge pour des discussions avec la France afin de trouver une solution adéquate », a noté vendredi la chancelière, en parlant d’« ambiguïtés volontaires ». M. Macron a lui aussi minimisé ces divergences : « Ce qui doit constamment nous animer, c’est d’être au clair sur les finalités que nous poursuivons plutôt qu’être obsessionnels sur les instruments. »
Lundi, au lendemain du congrès du SPD, les deux dirigeants publieront une déclaration commune, à l’occasion du 55e anniversaire du traité de l’Elysée, signé le 22 janvier 1963 par le chancelier Konrad Adenauer et le président Charles de Gaulle pour sceller la réconciliation entre la France et l’Allemagne. Le texte commun lancera la préparation d’un nouveau traité, appelé de ses vœux par M. Macron lors son discours de la Sorbonne, qui doit être finalisé, selon lui, dans le courant de l’année. Le même jour, l’Assemblée nationale et le Bundestag voteront une résolution commune dans le même sens. M. Macron et Mme Merkel doivent ensuite se retrouver, mercredi 24 janvier, au Forum économique mondial de Davos.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-17"> ¤ Ozlem Cekic, l’auteure de la nouvelle éditée par l’ONG Oxfam, est accusée de prosélytisme et est attaquée sur les réseaux sociaux. L’extrême droite exige le retrait du livre.
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Un livre danois relance la polémique sur la circoncision


                      Ozlem Cekic, l’auteure de la nouvelle éditée par l’ONG Oxfam, est accusée de prosélytisme et est attaquée sur les réseaux sociaux. L’extrême droite exige le retrait du livre.



Le Monde
 |    19.01.2018 à 14h44
    |

                            Anne-Françoise Hivert (Malmö (Suède), correspondante régionale)








   


C’est l’histoire d’Ayse, une petite Danoise d’origine kurde, dont les parents préparent une fête pour la circoncision du petit frère, qui vient tout juste de naître. « Le zizi d’Isak va être circoncis, parce qu’il est musulman », explique-t-elle à ses copains. La maîtresse, Ingrid, précise qu’il s’agit d’une « tradition religieuse », comme celle du baptême, sauf qu’au lieu de baigner la tête des bébés, « on coupe le prépuce des garçons ». La petite Louise ne veut rien entendre : son père lui a dit que c’était « bizarre et dangereux ».
La nouvelle, écrite par l’ancienne députée du Parti populaire socialiste Özlem Cekic, fait partie de l’ouvrage collectif LæseRaketten (littéralement « la fusée de la lecture »). Et suscite depuis sa publication le 10 janvier une vive polémique au Danemark. L’extrême droite danoise est immédiatement montée au créneau pour exiger le retrait du livre, considéré comme un outil d’« endoctrinement ».
« La réalité est qu’il y a des milliers de garçons qui sont circoncis. Nous avons besoin d’en parler avec eux, sans les stigmatiser. Car ils voient bien qu’ils sont différents. » Ozlem Cekic
Edité chaque année par l’ONG Oxfam, ce livre est distribué aux écoles primaires du royaume afin d’expliquer aux 175 000 élèves « comment les enfants vivent dans d’autres pays et leur donner envie d’apprendre des choses qui sont étrangères à leur vie quotidienne, mais en font aussi partie », précise l’association. Née en Turquie et mère de deux garçons circoncis, Özlem Cekic, 41 ans, confie avoir eu des doutes, « en tant que mère », sur le bien-fondé de cette tradition. « La réalité est qu’il y a des milliers de garçons qui sont circoncis, observe-t-elle, dans un entretien au quotidien Politiken. Nous avons besoin d’en parler avec eux, sans les stigmatiser. Car ils voient bien qu’ils sont différents. » Violemment attaquée sur les réseaux sociaux, elle est accusée de prosélytisme par plusieurs organisations. Parmi elles, l’association Intact Denmark, qui prône l’interdiction de la circoncision : une proposition soutenue par neuf Danois sur dix, selon un sondage réalisé en 2016.
Lire aussi : Sale temps pour la circoncision
La polémique n’est pas nouvelle. Il y a deux ans, 400 médecins avaient publié une tribune dans laquelle ils s’opposaient à l’ablation du prépuce pour des motifs religieux, rappelant que leur tâche était de « protéger les plus faibles de la société contre des abus et des violations, y compris les enfants de tout âge, indépendamment de leurs antécédents familiaux ». L’Association des médecins danois a depuis pris position, jugeant que la circoncision, sans le consentement du sujet et en l’absence d’indication médicale, était « éthiquement inacceptable ».

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                En Afrique du Sud, la circoncision comme arme de protection massive contre le sida



La plupart des formations politiques, y compris les populistes, sont toutefois contre une interdiction. En 2016, le Parti populaire socialiste – qu’Özlem Cekic a quitté un an plus tard, en raison de désaccords idéologiques – avait proposé d’engager un dialogue avec les communautés religieuses « pour établir un âge minimum ». L’idée n’a pour l’instant pas été retenue.



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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-18"> ¤ Quelque 22 900 migrants, selon Frontex, ont atteint les rivages espagnols l’an dernier en provenance du Maroc ou de l’Algérie, contre 10 231 en 2016.
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Espagne : l’arrivée de migrants en forte hausse

Quelque 22 900 migrants, selon Frontex, ont atteint les rivages espagnols l’an dernier en provenance du Maroc ou de l’Algérie, contre 10 231 en 2016.



Le Monde
 |    19.01.2018 à 13h33
 • Mis à jour le
19.01.2018 à 13h44
   





                        


Le nombre d’immigrés illégaux arrivés en Espagne par la mer a plus que doublé en 2017 par rapport à l’année précédente et devrait encore augmenter cette année, a déclaré jeudi le directeur de Frontex, l’agence européenne de surveillance des frontières extérieures de l’Union. Quelque 22 900 migrants, selon les chiffres officiels, ont atteint les rivages espagnols l’an dernier en provenance du Maroc ou de l’Algérie, contre 10 231 en 2016.
Même si les arrivées sur les côtes italiennes et grecques au départ de la Libye ont baissé, elles restent quand même plus nombreuses que les arrivées en Espagne et rien ne laisse supposer que cela pourrait changer, a précisé Fabrice Leggeri, le président de Frontex. « Les migrants économiques ne veulent pas finir dans un pays [la Libye] où il y a des affrontements entre des groupes armés. (…) Certains cherchent d’autres itinéraires (que via l’Italie ou la Grèce pour gagner l’Europe), mais ils ne sont pas très nombreux. »
Les troubles dans le Rif, dans le nord du Maroc, et l’amélioration économique en Espagne ont joué un rôle dans la hausse de l’arrivée des migrants dans la péninsule ibérique mais on constate aussi la présence de personnes d’origine subsaharienne, note Fabrice Leggeri. Près de 40 % des migrants interceptés en mer alors qu’ils se dirigeaient vers l’Espagne étaient des Algériens et des Marocains, selon les chiffres de Frontex. « Ce flux vers l’Espagne en provenance des pays du Maghreb va très probablement croître en 2018 », a estimé Leggeri, évoquant notamment le recours plus fréquent à des vedettes rapides.

Plus de cent migrants secourus au large de la Libye
Quelque 106 migrants, « en danger de mort », ont été secourus mardi par l’Aconit – une frégate française basée à Toulon et actuellement en mission en Méditerranée – au large de la Libye, a annoncé vendredi Emmanuel Macron en présentant ses vœux à l’armée. Le président a présenté ses « félicitations à l’équipage de la frégate Aconit pour le sauvetage, ce mardi, de 106 migrants en danger de mort, au large de la Libye ».
Plusieurs centaines de migrants, dont nombre de femmes et d’enfants, ont été secourus ces derniers jours au large de la Libye, où le mauvais temps et le manque de bateaux rendent les secours difficiles, selon les garde-côtes italiens et des associations. En 2017, au moins 3 116 migrants sont morts ou disparus en tentant de traverser la Méditerranée pour rejoindre l’Europe, dont 2 833 au large de la Libye, selon un décompte de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM).





                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-19"> ¤ Le président sortant de la Généralité, en lice pour renouveler son mandat après la victoire des indépendantistes aux législatives de décembre, est toujours poursuivi par la justice espagnole pour rébellion et sédition.
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Carles Puigdemont souhaite diriger la Catalogne depuis la Belgique

Le président sortant de la Généralité, en lice pour renouveler son mandat après la victoire des indépendantistes aux législatives de décembre, est toujours poursuivi par la justice espagnole pour rébellion et sédition.



Le Monde
 |    19.01.2018 à 12h07
 • Mis à jour le
19.01.2018 à 12h19
   





                        



   


En exil à Bruxelles, le président sortant de la Catalogne, Carles Puigdemont, ne compte toujours pas revenir en Espagne, où il est poursuivi par la justice pour rébellion et sédition. Dans une interview à la radio catalane, Catalunya Radio, diffusée vendredi 19 janvier, le dirigeant indépendantiste a déploré qu’en prison il ne pourra « ni [s’adresser] aux gens, ni écrire, ni recevoir de visiteurs. La seule manière est de pouvoir continuer à le faire en liberté, en sécurité. Je ne peux pas agir comme président [régional] si je suis prisonnier ».
« Il est évident que ce ne sont pas les conditions de normalité que nous aimerions, mais malheureusement il serait beaucoup plus difficile de le faire depuis l’Etat espagnol, où nous serions en prison… que de le faire depuis ici. »
Cet entretien intervient alors que le nouveau président du Parlement catalan, Roger Torrent, consulte les différents partis pour proposer un candidat à la présidence régionale, après les élections du 21 décembre où les indépendantistes ont remporté la majorité absolue. Depuis un accord entre sa formation, Ensemble pour la Catalogne (JxC), la Gauche républicaine de Catalogne (ERC) et les sécessionnistes de la Candidature d’unité populaire (CUP), M. Puigdemont est le seul candidat au poste de président.

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Madrid reste inflexible
Le président sortant compte ainsi être investi à distance, bien que les services juridiques ont jugé cette initiative illégale. Et Madrid se montre toujours aussi inflexible face à M. Puigdemont. Le chef du gouvernement espagnol, Mariano Rajoy, a été clair, le 15 janvier, lors d’une réunion avec la direction du Parti populaire :
« Dans le cas supposé où on prétendrait que M. Puigdemont assiste à un débat d’investiture depuis Bruxelles, le gouvernement déposerait un recours immédiat. »

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Et, a-t-il ajouté, dans l’« hypothèse impossible » qu’il soit élu président de la Généralité depuis Bruxelles, il devra prendre ses fonctions « et cela doit se faire physiquement ». 
« S’il ne le fait pas, l’article 155 [celui de la mise sous tutelle de la région] restera en vigueur, non pas parce que je le dis moi, mais parce que le Sénat a décidé que l’article 155 resterait en vigueur jusqu’à la prise de possession de son mandat par le nouveau président après les élections en Catalogne. »



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-20"> ¤ Livre. Dans son dernier essai, l’eurosceptique Christian Saint-Etienne presse le gouvernement d’agir vite pour sauver le Vieux Continent d’un échec maintenant certain.
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Oser l’Europe des nations

Livre. Dans son dernier essai, l’eurosceptique Christian Saint-Etienne presse le gouvernement d’agir vite pour sauver le Vieux Continent d’un échec maintenant certain.



Le Monde
 |    19.01.2018 à 11h26
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                            Come Prost-Boucle








                        



                                


                            

Livre. Economiste reconnu, Christian Saint-Etienne a travaillé dans diverses institutions de renommée mondiale telles que le FMI ou l’OCDE. S’il est impliqué dans les questions de gouvernance économique globale, il l’est aussi dans la vie politique française, s’engageant notamment auprès des Républicains en mai 2015. Il est actuellement conseiller (divers droite) de Paris et conseiller d’arrondissement dans le XIe.
Auteur de nombreux ouvrages comme La Fin de l’euro et Relever la France, il est familier des débats liés au futur de l’Union Européenne. C’est cette vision d’eurosceptique que l’on retrouve dans les pages de Osons l’Europe des nations. Une seule question anime cet ouvrage : Comment sauver l’Europe de son échec maintenant certain ?
« C’est la France qui a fait l’Europe ! », clame Christian Saint-Etienne en ouverture de son livre. Un message qui se veut clair même s’il est réducteur. La France doit être au cœur de la construction européenne, en perdition depuis le traité de Maastricht. Souvent dramatique à l’extrême dans ses propos, l’auteur fait même planer la menace d’un continent en proie au sous-développement. Scandant à longueur de pages l’insignifiance de l’Europe au sein de l’économie monde contemporaine, l’excluant du cœur des réseaux mondiaux, il juge qu’il reste deux ans à l’Europe pour se ressaisir, tout en reconnaissant que l’Union constitue aujourd’hui encore la première puissance commerciale du monde.
Ambiguïté
Christian Saint-Etienne énumère divers conseils qui permettraient à l’Europe d’utiliser enfin son potentiel inexploité. Il faut agir vite car selon ses mots le monde s’apprête à basculer dans la seconde phase de la troisième révolution industrielle : celle de la biotechnologie et de l’intelligence artificielle. Mais passée cette énumération, l’auteur reconnaît que ses conseils ne suffiront pas.
Seule la construction d’une Europe des nations...




                        

                        

