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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-1"> ¤ Dans le cadre du projet européen « Les nouveaux arrivants », « Le Monde » suit un groupe de réfugiés installés à Vichy. Durant un an, nous racontons l’intégration de ces hommes originaires du Soudan et d’Erythrée.
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Ali, hier universitaire au Soudan, aujourd’hui réfugié et bénévole au Secours catholique

Dans le cadre du projet européen « Les nouveaux arrivants », « Le Monde » suit un groupe de réfugiés installés à Vichy. Durant un an, nous racontons l’intégration de ces hommes originaires du Soudan et d’Erythrée.



Le Monde
 |    21.01.2018 à 18h15
    |

                            Emile Costard (Vichy, envoyé spécial)








                        



   


« Bonjour Ali ! » « Salut camarade ! », répond Ali à chaque poignée de mains. Dans les locaux du Secours catholique de Vichy, les bénévoles se saluent avant de s’activer. Il est 13 h 30 et bientôt les bénéficiaires passeront la grande porte bleue de l’association pour venir acheter des vêtements, des jouets ou de la vaisselle. Tout doit être prêt pour les accueillir en cette période de fêtes.
Depuis cinq mois, Ali, Soudanais de 30 ans, fait du bénévolat dans l’association créée en 1946 par l’abbé Jean Rodhain. Au Secours catholique, il aide et se sent utile. « C’est très important d’avoir des bénévoles jeunes et arabophones », confirme Jacques Dhaussy, 70 ans, bénévole à l’accueil de l’association.
Ici, Ali observe cette partie de la société française qui est invisible :
« La France est un pays riche, je n’imaginais pas qu’il puisse y avoir autant de gens en difficulté. En venant ici chaque semaine, j’observe un petit bout de la société française, j’analyse les relations entre les gens, je me sociabilise et je perfectionne mon français. »
Ali est arrivé en France en 2015, par les mêmes routes migratoires que des milliers de ses compatriotes. La Libye, la Méditerranée, l’Italie puis la France. A Paris, il squatte quelques mois le lycée Jean-Quarré, avec des centaines de Soudanais, avant d’être transféré dans le centre d’orientation de Varennes-sur-Allier. Depuis 2016 et l’obtention de son statut de réfugié, il vit dans un studio du centre-ville de Vichy et tente de se construire un chez-soi.
« Au Soudan, j’avais des problèmes politiques avec le régime d’Al-Bachir. Il y a eu plusieurs événements qui ont mis ma vie en danger. J’ai tout laissé pour sauver ma peau. L’histoire est longue, triste et tragique. Maintenant je suis à Vichy et je poursuis mon chemin. »

   


Assis sur son canapé rouge, chez lui, une tasse de café à la main, Ali replonge dans ses souvenirs. Il parle de l’université, de ses engagements politiques et associatifs, de son master en sociologie et du poste d’assistant professeur à l’université de Khartoum qu’il occupait avant de fuir son pays. Ali est un intellectuel. Sur une petite commode trône un exemplaire de La Misère du monde, un ouvrage sociologique réalisé sous la direction de Pierre Bourdieu.
Il raconte son quotidien, les cours de français, les matchs de foot avec l’équipe de réfugiés de Vichy dont il est l’entraîneur. Il parle de ses lectures, des textes de Victor Hugo et de la Révolution française. Il évoque les difficultés qu’il a pu rencontrer avec l’administration et analyse les lourdeurs bureautiques en citant le sociologue allemand Max Weber.
« J’avais des idées communistes »
Ali souligne à plusieurs reprises son attachement à la notion de séparation de l’Eglise et de l’Etat, « car le système politique en place aujourd’hui au Soudan gouverne depuis vingt-neuf ans au nom de la religion, ment au nom de la religion, tue au nom de la religion ». Soudain, sa voix s’enroue et ses mains s’agrippent. Ali raconte les terribles interrogatoires des services de renseignement soudanais. La torture.
« J’avais des idées communistes… A l’université, je parlais librement devant les étudiants. En 2010, j’avais aussi dénoncé des fraudes dans un bureau de vote où j’étais observateur. J’étais dans le collimateur. »
Un jour, alors qu’il rend visite à sa famille dans sa région natale d’Um Rawaba, qui connaît des troubles, Ali est arrêté à un barrage et accusé de faire partie des forces d’opposition qui déstabilisent la région. Un procès expéditif devant un tribunal militaire le condamne à mort. Ali est réveillé en pleine nuit, embarqué par des militaires qui le poussent dans une voiture : direction le peloton d’exécution.
« On a roulé, roulé, quand soudain les militaires se sont mis à parler d’une embuscade sur la route. Ils ont commencé à accélérer, on roulait très vite. Tout à coup, il y a eu des tirs et on a percuté un obstacle. C’était un arbre sur le bas-côté. Le choc a été tellement violent que j’en ai eu la jambe fracturée, mais j’ai réussi à m’extirper du véhicule et à m’échapper. J’ai pu ramper jusqu’à un cours d’eau, j’ai traversé à la nage et je me suis évanoui. »
Quand il reprend connaissance, un paysan de la région est en train de le soigner. L’homme lui jure qu’il n’a rien à craindre, qu’il ne lui posera aucune question et lui demande s’il souhaite appeler un membre de sa famille.
« J’ai décidé de contacter un oncle car je craignais que mes proches soient sur écoute. Mon oncle m’a dit que je devais partir au plus vite en Libye. Il m’a assuré une somme d’argent importante et il a contacté un passeur. Je ne peux pas décrire la tristesse dans laquelle j’étais. Je pensais à ma mère, j’imaginais la peine que je lui causais. Mais je n’avais pas le choix si je voulais vivre. Alors je suis parti avec un conducteur à la frontière libyenne. »

   


De son passé, il ne lui reste que des souvenirs et une douleur à la jambe qui ne veut pas finir. Alors c’est derrière une petite table d’écriture qu’il soigne ses blessures psychiques.
« J’écris tous les jours, j’y trouve de la sérénité, je n’ai rien de mieux dans cette vie que l’écriture. »
Ses rêves ? Pouvoir retourner un jour au Soudan et valider une thèse de sociologie. Pour Ali, « la vie n’est pas un paradis mais un long militantisme ».
Interprète : Adel Al-Kordi



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-2"> ¤ Les organisateurs ont appelé les Américains vivant à l’étranger à s’inscrire pour pouvoir voter par correspondance lors des élections de mi-mandat en novembre.
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« Marche des femmes » à Paris, Londres et Berlin contre la politique de Trump

Les organisateurs ont appelé les Américains vivant à l’étranger à s’inscrire pour pouvoir voter par correspondance lors des élections de mi-mandat en novembre.



Le Monde
 |    21.01.2018 à 17h27
 • Mis à jour le
21.01.2018 à 18h29
   





                        



   


Des centaines de personnes se sont rassemblées dans plusieurs capitales européennes dimanche 21 janvier, pour défendre les droits des femmes et s’opposer au président américain, Donald Trump, arrivé au pouvoir il y a un an. Partout, les organisateurs ont appelé les Américains vivant à l’étranger à s’inscrire pour pouvoir voter par correspondance lors des élections de mi-mandat, en novembre.
A Paris, une centaine de personnes s’étaient rassemblées sous la pluie place du Trocadéro. Emmitouflées dans leurs manteaux, des manifestantes tenaient une banderole proclamant « Encore féministes ! ». A leurs côtés, des militants s’étaient mobilisés contre le locataire de la Maison Blanche, avec des pancartes appelant à le destituer.

   


A Londres, des centaines de personnes se sont rassemblées en face de Downing Street en fin de matinée pour exprimer leur ras-le-bol face au harcèlement sexuel, aux violences et aux discriminations subies par les femmes.
Dans la foule, certains tenaient des pancartes hostiles à Donald Trump. Le président américain a récemment annoncé qu’il ne viendrait pas inaugurer comme prévu la nouvelle ambassade américaine à Londres, où il risquait d’être accueilli par des manifestations hostiles.

   


A Berlin, les militants s’étaient donné rendez-vous à la porte de Brandebourg, à proximité de l’ambassade des Etats-unis. Par une température glaciale, les manifestants, dont des expatriés américains et des Allemands, certains venus en famille, ont défilé dans le quartier du gouvernement, arborant des panneaux en anglais incitant à « Résister » et à « Se lever, s’unir et se battre ».
Aux Etats-unis, samedi, des centaines de milliers de personnes, dont les actrices Whoopi Goldberg à New York et Natalie Portman à Los Angeles, ont participé à des « Marches des femmes » anti-Trump, un an après le rassemblement immense qui avait défié Donald Trump au lendemain de son investiture.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-3"> ¤ Ce résultat permet un début de sortie de crise en Allemagne, sans gouvernement depuis les élections législatives de septembre dernier.
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Allemagne : les sociaux-démocrates approuvent le principe d’une coalition avec Merkel

Ce résultat permet un début de sortie de crise en Allemagne, sans gouvernement depuis les élections législatives de septembre dernier.



Le Monde
 |    21.01.2018 à 16h38
 • Mis à jour le
21.01.2018 à 18h53
   





                        



   


C’est un début de sortie de crise. Réunis en congrès à Bonn, les délégués sociaux-démocrates allemands (SPD) ont approuvé, dimanche 21 janvier, lors d’un vote à main levée (362 voix pour, 279 contre, soit 56 %), le principe d’une coalition avec Angela Merkel. Ce résultat est une bonne nouvelle pour la chancelière conservatrice, alors que le pays est sans gouvernement depuis les élections législatives de septembre 2017.
Mme Merkel a « salué » dimanche soir ce résultat, tout en notant « que beaucoup de questions doivent encore être résolues (…) il reste beaucoup de travail ». Dès lundi, de premières discussions sur l’ordre du jour doivent avoir lieu.
Le SPD avait signé, le 12 janvier, avec la CDU et la CSU, un premier accord préparatoire en vue d’une nouvelle « grande coalition », comme celle qui a dirigé l’Allemagne ces quatre dernières années. Cet accord a été validé dimanche par les sociaux-démocrates. De nouvelles discussions sur le programme de la coalition devraient débuter la semaine prochaine, mais ce vote était l’étape la plus délicate.

        Lire :
         

          En Allemagne, le SPD doit se prononcer pour ou contre une coalition avec Merkel



Lors de son discours, avant le vote dimanche, le chef du SPD Martin Schulz a défendu le projet d’alliance, assurant avoir obtenu des concessions « historiques » qui marqueraient la fin de la politique « d’austérité » en Europe portée par Mme Merkel et du « fantôme du néolibéralisme ».
« La république nous regarde, et je sais que des gens à travers toute l’Europe regardent aujourd’hui le SPD. Nous pouvons vaincre la vague de droite qui frappe l’Europe en formant un gouvernement stable avec un profil social-démocrate », a-t-il lancé, révélant avoir reçu un appel de soutien samedi du président de la République, Emmanuel Macron.

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                En Allemagne, entre Angela Merkel et Martin Schulz, une coalition par défaut



« Une boucle infinie »
L’opposition face à cette grande coalition a été forte au sein du SPD. Ces militants qui se retrouvent sous la bannière #NoGroKo du chef des jeunes du parti, Kevin Kühnert, estiment que trop de concessions ont été faites aux conservateurs lors des pourparlers préliminaires de janvier, notamment sur la fiscalité, la santé et l’immigration.
« La grande coalition, ce n’est pas un choix (…), à chaque fois on se dit “on n’a pas envie, mais on est obligé”. C’est une boucle infinie dans laquelle nous sommes depuis des années et qu’il faut briser », a martelé M. Kühnert dimanche.
Le vote de dimanche ne signifie pas que l’Allemagne sera dirigée comme en 2005-2009 et 2013-2017 par une grande coalition. En effet, le résultat des négociations à venir sera soumis à un vote des 440 000 militants sociaux-démocrates. Or la base du parti est divisée sur l’opportunité de gouverner de nouveau sous la houlette de la chancelière, au pouvoir depuis 12 ans.
Bonne nouvelle pour les partenaires de l’Allemagne
La décision du SPD de dimanche reste un soulagement pour les partenaires européens de l’Allemagne, la France en tête. Après le Brexit et la poussée de l’extrême droite et des anti-européens un peu partout en Europe, Emmanuel Macron a fait une série de propositions, tout comme le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker, pour combattre le désamour des citoyens. Sans l’Allemagne ces ambitions seront difficiles à concrétiser.
« Très bonne nouvelle pour une Europe plus unie, plus forte et plus démocratique ! », a réagi sur Twitter Martin Selmayr, le chef de cabinet allemand de M. Juncker. Le commissaire aux affaires économiques, le Français Pierre Moscovici a salué pour sa part, « le sens des responsabilités du SPD ».



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-4"> ¤ Carolyn Fairbairn, la patronne des patrons britanniques, demande à la première ministre britannique de « revoir les limites qu’elle a fixées et ses positions de départ ». Elle appelle aussi Bruxelles à davantage de flexibilité.
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Brexit : le patronat britannique critique les choix de Theresa May

Carolyn Fairbairn, la patronne des patrons britanniques, demande à la première ministre britannique de « revoir les limites qu’elle a fixées et ses positions de départ ». Elle appelle aussi Bruxelles à davantage de flexibilité.



Le Monde
 |    21.01.2018 à 16h10
 • Mis à jour le
21.01.2018 à 16h13
    |

            Eric Albert (Londres, correspondance)








                        



                                


                            

De plus en plus exaspéré, le patronat britannique lance la contre-offensive à propos du Brexit. Selon nos informations, Carolyn Fairbairn, la directrice générale de la Confederation of British Industry (CBI), la principale organisation patronale du Royaume-Uni, devait demander, lundi 22 janvier, à Theresa May de « revoir les limites qu’elle a fixées et ses positions de départ ».
Dans un discours prononcé à l’université de Warwick (centre de l’Angleterre), faisant fi de toute précaution oratoire, elle s’apprêtait à remettre en cause les grands choix pris par la première ministre britannique sur le Brexit, en particulier la sortie du marché unique et de l’Union douanière (le premier supprime les frontières commerciales au sein de l’Union européenne, la seconde impose des droits de douane communs au reste du monde).

Officiellement, Mme Fairbairn renvoie Londres et Bruxelles dos à dos, estimant que les deux camps doivent faire preuve de davantage de flexibilité. En réalité, ses attaques se concentrent surtout sur Downing Street. « La partie britannique ne parvient même pas à parler d’une seule voix, alors se mettre d’accord avec l’UE... Il y a trop d’idéologie et une prise de conscience limitée quant à l’urgence de la situation. » Elle réclame une approche « fondée sur des faits et des preuves ».
L’appel de Carolyn Fairbairn à plus de réalisme n’est pas nouveau. Le CBI a toujours été opposé au Brexit. Le changement de ton, cependant, est manifeste. Il y a péril en la demeure, souligne Mme Fairbairn. Fin mars 2019, dans un peu plus de quatorze mois, le Royaume-Uni sera, en théorie, sorti de l’UE.
« Partir des règles que nous partageons déjà »
Dans l’immédiat, « d’ici à soixante-dix jours », il convient donc de négocier une période de transition afin de conserver le statu quo pour environ deux années supplémentaires. Ensuite, dès avril, le CBI veut que Londres présente...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-5"> ¤ Cette région située à la frontière entre la Turquie et la Syrie est dominée par la milice kurde du Parti de l’Union démocratique, considéré comme « terroriste » par Ankara.
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Syrie : l’armée turque poursuit son offensive dans l’enclave kurde d’Afrin

Cette région située à la frontière entre la Turquie et la Syrie est dominée par la milice kurde du Parti de l’Union démocratique, considéré comme « terroriste » par Ankara.



Le Monde
 |    21.01.2018 à 11h23
 • Mis à jour le
21.01.2018 à 16h19
    |

            Marie Jégo (Istanbul, correspondante)








                        



   


L’armée turque a poursuivi, dimanche 21 janvier, son offensive terrestre sur l’enclave d’Afrin, tenue par les Kurdes syriens du Parti de l’Union démocratique (PYD) au nord ouest de la Syrie. La Turquie considère que le PYD et son bras armé, les « unités de défense du peuple » (YPG), sont une menace à sa sécurité en raison de leur proximité avec le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), en guerre contre les forces turques.
Les YPG coopèrent cependant aussi avec la coalition arabo-occidentale au sein des Forces démocratiques syriennes (FDS), servant de fer de lance à la lutte contre les djihadistes de l’Etat islamique.
Selon l’agence officielle Anadolu, des supplétifs syriens formés par l’armée turque ont pénétré sur cinq kilomètres dans l’enclave. Le premier ministre Binali Yildirim a indiqué dimanche à la chaîne de télévision Habertürk qu’Ankara cherchait à créer une zone de sécurité d’une profondeur de trente kilomètres en territoire syrien.
« Corridor kurde »
Dans une note publiée sur son compte Twitter, le cabinet du premier ministre explique en douze points le pourquoi de l’opération. Il s’agit, entre autres, de faire en sorte d’éviter que la Turquie « ne perde son contact géographique avec le monde arabe ». Sur 911 kilomètres de frontière avec la Syrie, 600 sont tenus par les Kurdes syriens du PYD. La principale crainte des Turcs est de voir, à l’Est, la région d’Afrin et celle de Kobané former une continuité territoriale avec le Rojava, soit les terres conquises par les Kurdes au nord-est de la Syrie, et achever ainsi le « corridor kurde ». A l’Ouest, les Kurdes pourraient « gagner la Méditerranée », dit la note.

        Lire aussi :
         

                Dans le nord de la Syrie, le « laboratoire » kurde



Selon des plans révélés l’avant-veille par le journal pro-gouvernemental Yeni Safak, l’état-major turc a opté pour une attaque « en tenaille » sur l’enclave, encerclée par l’armée turque au nord, par des éléments de l’Armée syrienne libre (ASL) formés par les Turcs à l’ouest et par l’armée turque implantée à Idlib, plus au sud. Par ailleurs, l’aviation turque basée à Incirlik, au sud du pays, et à Diyarbakir, au sud-est, mène des bombardements intensifs sur l’enclave.
Appelée « Rameau d’olivier », l’offensive, dirigée par le général Metin Temel, le chef de la seconde armée, est aussi menée depuis Azaz, la ville syrienne sous contrôle turc à l’est d’Afrin. 5 000 hommes de l’ASL sont aux avant-postes de l’opération qui vise en priorité les aérodromes de Tel Riffat et de Mannagh. Dans une déclaration, les rebelles de l’ASL ont assuré dimanche matin avoir pris le village de Shankal, au nord de l’enclave. Les forces kurdes démentent. Leurs unités ont tiré plusieurs roquettes sur Reyhanli, la ville turque de la région du Hatay de l’autre côté de la frontière. Une personne a été tuée et 32 blessés ont été admis à l’hôpital de Reyhanli selon le maire de la ville, Hüseyin Sanverdi.

   


La France « attentive »
« Au deuxième jour, l’opération Rameau d’olivier continue de garantir la paix et la sécurité de notre peuple, de protéger l’intégrité territoriale de la Syrie et d’éliminer les éléments terroristes dans la région », a écrit Ibrahim Kalin, le porte-parole de la présidence turque, sur son compte Twitter. Ankara souhaite « que ses alliés soutiennent son combat contre le terrorisme sous toutes ses formes ». Il s’agit d’une réponse au ministère français des affaires étrangères qui a appelé Ankara à « agir avec retenue ». « La France est attentive à la sécurité de la Turquie, de son territoire et de ses frontières », dit un communiqué du Quai d’Orsay.
Le ministre français des affaires étrangères, Jean Yves Le Drian, qui s’est entretenu dimanche matin par téléphone avec son homologue turc, Mevlüt Cavusoglu, a demandé une réunion du Conseil de sécurité afin d’« évaluer les risques humanitaires ». Epargnée jusqu’ici par la guerre et les destructions, la région d’Afrin héberge 800 000 personnes, en majorité des civils, dont beaucoup sont des déplacés venus des autres régions de Syrie.
En interne, la nouvelle de l’offensive n’a guère suscité de critiques. « Nous sommes avec notre armée héroïque ! », a déclaré Kemal Kiliçdaroglu, le secrétaire général du Parti républicain du peuple (CHP), le principal parti d’opposition.
Seul le parti pro-kurde de la Démocratie des peuples (HDP), dont les leaders sont en prison depuis plus d’un an, a appelé ses partisans à manifester à Istanbul et à Diyarbakir. Dimanche après-midi à Kadiköy, sur la rive asiatique du Bosphore, les forces de police étaient plus nombreuses que les manifestants.
Le président Recep Tayyip Erdogan a mis en garde, dimanche, ceux qui seraient tentés de manifester, leur assurant qu’ils « paieraient un prix très élevé ». « Le HDP appelle mes frères kurdes à manifester. Jusqu’ici, très peu sont sortis dans la rue », a-t-il renchéri lors d’un discours tenu devant les militantes de son parti de la Justice et du développement (AKP, islamo-conservateur) à Bursa, au sud de la mer de Marmara. « C’est une lutte nationale et nous écraserons quiconque s’y oppose », a-t-il menacé. Le but de la Turquie, a-t-il finalement révélé, « est de favoriser le retour chez eux de trois millions de réfugiés syriens ».



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-6"> ¤ C’est la première fois que la justice irakienne prononce la peine capitale à l’encontre d’une femme européenne.
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Irak : un tribunal condamne à mort une Allemande pour appartenance au groupe Etat islamique

C’est la première fois que la justice irakienne prononce la peine capitale à l’encontre d’une femme européenne.



Le Monde
 |    21.01.2018 à 10h52
   





                        


La Cour pénale centrale de Bagdad a condamné à mort, dimanche 21 janvier, une ressortissante allemande d’origine marocaine pour avoir rejoint le groupe djihadiste Etat islamique (EI) en Syrie et en Irak. C’est la première fois que la justice irakienne prononce la peine capitale à l’encontre d’une femme européenne.
La cour, chargée notamment des affaires de terrorisme, a condamné cette femme, dont l’identité n’a pas été précisée, à l’exécution par pendaison pour « soutien logistique et aide à l’organisation terroriste pour commettre des crimes », a précisé dans un communiqué le juge Abdel Settar Bayraqdar, porte-parole de la cour. « L’accusée a reconnu lors des interrogatoires avoir quitté l’Allemagne pour la Syrie puis l’Irak pour rejoindre l’EI, avec ses deux filles qui ont épousé des membres de l’organisation terroriste », a-t-il ajouté.
En septembre, la même cour avait pour la première fois prononcé la peine capitale contre un djihadiste russe, arrêté à Mossoul, dans le nord du pays.
En juillet, la justice allemande avait annoncé qu’une adolescente allemande de 16 ans ayant rejoint l’EI avait été arrêtée également à Mossoul. L’hebdomadaire allemand Der Spiegel avait alors affirmé qu’elle avait rejoint en détention à Bagdad trois autres Allemandes interpellées en juillet, dont une originaire du Maroc et l’autre de Tchétchénie. Des diplomates allemands avaient pu leur rendre visite dans une prison dans la zone de l’aéroport de Bagdad, selon l’hebdomadaire.
Des centaines de djihadistes se seraient rendus
Les autorités irakiennes n’ont jamais indiqué officiellement le nombre de djihadistes faits prisonniers pendant la contre-offensive des forces progouvernementales qui ont réussi à chasser l’EI de tous les centres urbains d’Irak en 2017. Mais selon des commandants irakiens et des combattants kurdes irakiens, des centaines de djihadistes se seraient rendus. D’autres sont parvenus à se faufiler parmi les déplacés ou à rester sur place en retournant à la « vie civile ». Dans la seule province de Ninive, dont Mossoul est le chef-lieu, « plus de 4 000 djihadistes ont été arrêtés » depuis la reprise de la deuxième ville d’Irak en juillet, selon le chef de la police, le général Wathiq Al-Hamdani.
En décembre, l’Irak a célébré en grandes pompes « la fin de la guerre contre l’EI », mais des jihadistes continuent de perpétrer des attaques, jusque dans le centre de la capitale, et seraient même en position, dans certaines zones du désert proche de la Syrie, de reprendre des localités.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-7"> ¤ Des défilés étaient organisés dans plus de 250 villes des Etats-Unis et à l’étranger. A Los Angeles, 500 000 personnes ont marché pour marquer leur opposition au président.
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La deuxième « Marche des femmes », contre la politique de Trump mobilise aux Etats-Unis

Des défilés étaient organisés dans plus de 250 villes des Etats-Unis et à l’étranger. A Los Angeles, 500 000 personnes ont marché pour marquer leur opposition au président.



Le Monde
 |    21.01.2018 à 09h49
 • Mis à jour le
21.01.2018 à 11h54
   





                        



   


Samedi 20 janvier signait le retour des bonnets roses à oreilles de chat (« pussy hat »). Portée par le mouvement #Metoo et les élections de mi-mandat en novembre prochain, la « Marche des femmes » a fait un retour en force, un an après la première du genre, dans les grandes villes américaines, dont Washington, Philadelphie, Boston ou Denver – pour beaucoup des bastions démocrates qui ont voté contre Trump en novembre 2016.
La plus importante manifestation a eu lieu à Los Angeles, deuxième ville du pays, avec quelque 500 000 manifestants, selon le maire démocrate Eric Garcetti. A New York, la police a estimé la foule rassemblée sur plusieurs dizaines de pâtés de maisons le long de Central Park à 200 000 personnes. Beaucoup étaient coiffées des bonnets roses emblématiques de la marche anti-Trump de l’an dernier, qui avait selon le Washington Post rassemblé plus de trois millions de personnes à travers le pays.
Dans plusieurs villes, les stars étaient au rendez-vous : le réalisateur Rob Reiner a dénoncé depuis la Californie un président « raciste » et « sexiste ». Appelant à « une révolution du désir » à Los Angeles, Natalie Portman a galvanisé les manifestants en soulignant que « l’an dernier, nous parlions du début d’une révolution (…) Aujourd’hui, grâce à vous, la révolution est en marche ! » Au festival de cinéma de Sundance, dans l’Utah, les manifestants emmenés par Jane Fonda ont aussi bravé le froid et la neige pour manifester.
« Clown »
Au-delà du #Metoo, les pancartes brandies par les manifestants reflétaient les multiples raisons de leur opposition à l’administration Trump : du durcissement de la politique migratoire aux menaces pesant sur le droit à l’avortement en passant par des accusations d’incompétence. « Quand on élit un clown, on récolte un cirque », clamait une pancarte.
« Par où commencer ? Il y a trop de choses qui ne vont pas, je ne peux pas choisir », a déclaré LeighAnn Ferrara, une mère de 35 ans, quant aux raisons qui l’ont poussée à venir manifester avec deux voisines depuis le nord de l’Etat de New York. Toutes avaient ressorti les bonnets roses tricotés pour la marche de l’an dernier.
En réaction, le président américain a tâché de présenter les choses à son avantage. Dans un tweet, il a encouragé à défiler pour « célébrer les réussites historiques et les succès économiques sans précédent des 12 derniers mois » :
« Magnifique temps sur l’ensemble de notre super pays, un jour idéal pour que toutes les femmes défilent. Sortez marcher pour célébrer les réussites historiques, les succès économiques sans précédent et les créations de richesses de ces 12 derniers mois. Plus faible taux de chômage pour les femmes depuis 18 ans ! »

Beautiful weather all over our great country, a perfect day for all Women to March. Get out there now to celebrate… https://t.co/0mof82VUry— realDonaldTrump (@Donald J. Trump)


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Elections de mi-mandat en ligne de mire
A quelques exceptions près, la foule était massivement hostile au locataire de la Maison Blanche et déterminée à se mobiliser pour les élections de mi-mandat de novembre prochain, lorsque les démocrates espèrent ravir aux républicains la majorité du Congrès.
La Women’s March a d’ailleurs appelé dimanche à un nouveau rassemblement à Las Vegas, dans l’Etat du Nevada (ouest), dont elle espère faire un exemple de bataille réussie pour la reconquête du Congrès. D’autres manifestations sont prévues dimanche par les organisatrices, dans quelques villes américaines mais aussi européennes, notamment à Berlin.
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            data-slide-description="Comme en janvier 2017, des dizaines de milliers de participantes ont défilé coiffées du « Pussyhat », ici, dans le métro de New York, ces bonnets de maille rose aux oreilles de chat, référence à des propos tenus par Donald Trump qui se vantait en 2005 d’« attraper les femmes par la chatte » et d’en « faire tout ce qu’on veut »."
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            data-slide-description="A New York, la foule avait commencé dès la fin de la matinée à envahir l’avenue longeant l’ouest de Central Park sur 20 pâtés de maisons, jusqu’au pied du Trump International Hotel, un des hôtels de l’empire immobilier du président."
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            data-slide-description="Les stars étaient au rendez-vous : Whoopi Goldberg, à New York , a déclaré que « la seule façon de changer les choses est de s’engager »."
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            data-slide-description="Les militants de "Gays Against Guns" (les gays contre les armes)  se sont joints à la marche qui a rassemblé 100 000 personnes à New York, selon une porte-parole de la police."
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                    data-slide-title=""
            data-slide-description="Les organisateurs espèrent donner un coup de projecteur sur l’initiative « Power to the Polls », « le pouvoir dans les urnes », pour traduire dans les urnes le climat anti-Trump comme ce fut le cas lors de la victoire surprise d’un candidat démocrate dans l’Etat conservateur d’Alabama alors que se profilent en novembre les élections de mi-mandat."
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            data-slide-description="Les panneaux brandis par les milliers de manifestants, comme ici, à Cambridge, dans le Massachusetts, reflètent les raisons de leurs frustrations : du durcissement de l’immigration au harcèlement des femmes, qui n’a jamais été autant exposé qu’avec le mouvement #Metoo, en passant par la santé ou l’environnement."
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            data-slide-description="Une campagne en faveur des inscriptions électorales a été lancée et ses initiateurs espèrent obtenir un million de nouveaux électeurs avant l’échéance du vote de l’automne."
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            data-slide-description="« Nous ferons entendre notre message dans les urnes cet automne », a déclaré Emily Patton, une organisatrice, à des milliers de manifestantes réunies sur le National Mall à Washington. « C’est pourquoi nous vous invitons à vous inscrire dès maintenant sur les listes électorales. »"
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            data-slide-description="Les participantes à la Marche des femmes dénoncent la politique de Trump qu’elles jugent hostile aux droits des femmes. Le président américain a notamment déclaré vendredi que la législation américaine sur l’avortement était trop « permissive » et assuré que son administration défendrait toujours le « droit à la vie »."
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            data-slide-description="La marche intervient dans un contexte marqué par l’émergence des mouvements « #MeToo » et « TimesUp » qui dénoncent le traitement dégradant réservé aux femmes à Hollywood et ailleurs."
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            data-slide-description="Alors que les manifestants dénonçaient en masse les politiques de l’administration Trump, le président américain a tenté de tourner les choses à son avantage : dans un tweet, il a encouragé à défiler pour « célébrer les réussites historiques et les succès économiques sans précédent des 12 derniers mois ».« Taux de chômage féminin au plus bas depuis 18 ans ! », a-t-il ajouté."
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            data-slide-description="Le défilé de 2018 n’échappe pas aux critiques, notamment de ceux qui lui reprochent de ne pas avoir d’objectif clairement défini. Shikha Dalmia, analyste à la Reason Foundation, regrette que la Marche ne se soit pas, par exemple, saisie de questions telles que celle de l’immigration."
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            data-slide-description="Quelques personnalités du Parti démocrate étaient présentes au rassemblement dans la capitale fédérale, dont le sénateur de Virginie Tim Kaine, ancien candidat à la vice-présidence aux côtés de Hillary Clinton. Il s’en est pris à l’administration Trump à propos de la fermeture des agences fédérales faute d’accord pour les financer."
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            data-slide-description="A West Palm Beach, en Floride, les manifestants ont marché vers la résidence du président, à Mar-a-Lago, pour manifester leur opposition à l’administration Trump."
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Comme en janvier 2017, des dizaines de milliers de participantes ont défilé coiffées du « Pussyhat », ici, dans le métro de New York, ces bonnets de maille rose aux oreilles de chat, référence à des propos tenus par Donald Trump qui se vantait en 2005 d’« attraper les femmes par la chatte » et d’en « faire tout ce qu’on veut ».

ANDREW KELLY / REUTERS
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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-8"> ¤ L’anniversaire de l’arrivée à la Maison Blanche du magnat de l’immobilier a été contrarié par l’échec, vendredi soir au Sénat, d’un vote sur le financement temporaire de l’Etat fédéral.
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Président Trump, an II : la fête est gâchée

L’anniversaire de l’arrivée à la Maison Blanche du magnat de l’immobilier a été contrarié par l’échec, vendredi soir au Sénat, d’un vote sur le financement temporaire de l’Etat fédéral.



Le Monde
 |    21.01.2018 à 06h38
 • Mis à jour le
21.01.2018 à 12h10
    |

            Gilles Paris (Washington, correspondant)








                        



                                


                            

L’heure est grave. La Maison Blanche a publié, samedi après-midi 20 janvier, des photos de Donald Trump, téléphone en main, à son bureau, sans cravate, coiffé d’une casquette blanche frappée du slogan « Make America Great Again ». La légende précise qu’il s’informe à cet instant des tractations en cours pour mettre fin au shutdown (fermeture) du gouvernement fédéral, débuté la veille à minuit.
« C’est le premier anniversaire de ma présidence et les démocrates ont voulu m’offrir un cadeau sympa », a-t-il constaté, philosophe, aux premières heures du jour, sur son compte Twitter. La fête est gâchée. Une autre photo montre le président, saisi de profil, dans le bureau de son service de communication. Les présents, rassemblés en arc-de-cercle face à lui, affichent des sourires de commande, mais les gobelets Starbucks posés sur une table basse ne transpirent pas l’allégresse.
Ce samedi, les républicains et les démocrates jouent à se faire peur au Congrès, et les anti-Trump battent massivement le pavé pour la deuxième année consécutive. En prévision d’une affluence qui est au rendez-vous, le président a provoqué les manifestants en assurant dans la matinée sur Twitter que la météo était rêvée pour venir célébrer « le succès économique sans précédent » dont il revendique la paternité, mais l’ironie tombe à plat face à un mouvement qui fait dans la rue la jonction avec la vague anti-harcèlement #metoo.
Depuis des heures, les chaînes de télévision américaines rappellent en boucle les propos tenus par le passé par Donald Trump, qui jurait alors que tout shutdown était de la responsabilité du président. Techniquement, ce sont les démocrates qui en sont à l’origine, en ne votant pas une rallonge budgétaire pour faire fonctionner un mois durant l’Etat fédéral, faute de budget. Mais c’est bien lui qui occupe aujourd’hui le bureau Ovale.

Victime de l’imprévisibilité
En milieu d’après-midi, le...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-9"> ¤ Des routes nationales ont été bloquées, samedi, par des centaines de manifestants, qui répondaient à l’appel de l’Alliance d’opposition à la dictature.
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Au Honduras, l’opposition continue de se mobiliser pour empêcher la prise de fonction de « JOH »

Des routes nationales ont été bloquées, samedi, par des centaines de manifestants, qui répondaient à l’appel de l’Alliance d’opposition à la dictature.



Le Monde
 |    21.01.2018 à 06h12
 • Mis à jour le
21.01.2018 à 12h07
   





                        



   


La réélection de Juan Orlando Hernandez, dit « JOH », continue d’être contestée au Honduras. Des centaines de manifestants ont bloqué des routes et ont affronté la police samedi 20 janvier. Ils ont répondu à l’appel de l’Alliance d’opposition à la dictature, une coalition de gauche, qui entend empêcher la prise de fonction du président Hernandez, un proche allié de Washington, le 27 janvier.

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                Manifestation massive contre la réélection du président au Honduras



« Nous avons relevé des blocages de route au niveau national, mais ils sont en train d’être dégagés de façon pacifique » par les autorités, a déclaré à l’Agence France-Presse (AFP) un porte-parole de l’armée. L’alliance a demandé à ses partisans de bloquer les routes, l’accès aux aéroports, ainsi qu’aux ports et aux frontières du pays.
L’alliance dénonce des « fraudes » durant l’élection présidentielle du 26 novembre et revendique la victoire de son candidat, un présentateur de télévision populaire de 64 ans, Salvador Nasralla.
Trente morts dans les manifestations
Dès vendredi, le gouvernement a déployé des milliers de militaires et de policiers dans le pays pour dissuader les manifestants. Selon le porte-parole de la police, Jair Meza, trois fonctionnaires ont été blessés par des jets de pierres et sept manifestants arrêtés à travers le pays.

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                Présidentielle au Honduras : l’opposition dépose un recours pour fraude



Le chef de l’alliance d’opposition, l’ex-président Manuel Zelaya, battu à la présidentielle de 2009, a assuré à l’AFP qu’un homme de 60 ans, identifié comme Anselmo Villarreal, a été tué à Sabá (département de Colón) par les forces de sécurité. « Les gens disent qu’ils ont entendu une rafale et qu’un homme est tombé blessé et s’est vidé de son sang », a-t-il déclaré.
Le bureau du haut commissaire des Nations unies aux droits de l’homme a « regretté » sur son compte Twitter « la mort violente de (…) Villarreal à Saba », après avoir appelé dans un communiqué les forces de l’ordre à s’abstenir d’un « usage excessif de la force ».
Les associations de défense des droits de l’homme font état de 30 morts dans les manifestations qui ont suivi la réélection du président Hernandez, tandis que la police n’en a signalé que trois. Le candidat battu, Salvador Nasralla, et Manuel Zelaya ont appelé à maintenir les manifestations jusqu’au 27 janvier.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-10"> ¤ Des dizaines de milliers de personnes manifestaient samedi dans de nombreuses villes américaines un an après l’arrivée de Trump à la Maison Blanche.
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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-11"> ¤ Menée par quatre assaillants pendant douze longues heures, l’attaque a fait dix-huit morts, dont quatorze étrangers.
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Afghanistan : dix-huit personnes sont mortes lors de l’attaque d’un hôtel de luxe à Kaboul

Menée par quatre assaillants pendant douze longues heures, l’attaque a fait dix-huit morts, dont quatorze étrangers.



Le Monde
 |    20.01.2018 à 18h48
 • Mis à jour le
21.01.2018 à 16h27
   





                        



   


L’attaque d’un hôtel de luxe de Kaboul a pris fin dimanche 21 janvier au matin, après douze heures de résistance de la part du commando armé qui avait fait irruption samedi soir en tirant à vue sur les clients et le personnel. L’opération, qui a été revendiquée par les talibans dimanche, a fait 18 morts dont 14 étrangers selon le porte-parole du ministère de l’intérieur Najib Danish.
Selon une source de sécurité, le dernier membre du commando s’était retranché « dans une grande chambre avec des otages, afghans et étrangers » qu’il menaçait de tuer. Avant d’être abattu. « On l’entend crier aux otages qu’il les tuera tous s’il ne peut pas s’en sortir », précisait cette source, illustrant ainsi la terreur qui a régné toute la nuit dans l’établissement, l’Intercontinental de Kaboul, propriété de l’Etat afghan et non de la chaîne internationale éponyme.
« Nous sommes cachés dans nos chambres »
Le commando s’était introduit dans l’hôtel samedi peu après 21 heures, heure locale (18 h 30, heure française), déclenchant une explosion avant d’ouvrir le feu au hasard. Un journaliste de la chaîne de télévision locale Tolo News, qui se trouvait sur les lieux, a rapporté sur Twitter que les agresseurs ont d’abord abattu les gardes de sécurité postés à l’entrée du complexe.
« Quatre assaillants sont à l’intérieur du bâtiment, ils tirent sur les clients », avait annoncé un responsable de la Direction nationale de la sécurité (NDS), les services de renseignements afghans. L’électricité a été coupée dans le quartier et l’hôtel, situé sur une colline de l’ouest de Kaboul, plongé dans l’obscurité toute la nuit à l’exception de hautes flammes qui s’échappaient du toit, en raison d’un incendie déclenché par les assaillants.
« Je peux entendre des coups de feu qui semblent provenir du premier étage, mais je ne sais pas où ils sont. Nous sommes cachés dans nos chambres. Faites que les secours arrivent vite », a supplié un client retranché au 3e étage, joint au téléphone par l’Agence France-Presse, sous couvert de l’anonymat.
Gardes inexpérimentés
Au cours de la nuit, les forces spéciales épaulées par des forces de l’OTAN ont repris progressivement le contrôle des étages. Plusieurs fortes explosions ont été entendues peu après 4 h 30, heure locale (1 heure, heure française) après une relative accalmie. Puis le jour s’est levé sur la façade en partie noircie du bâtiment. Alors qu’une fumée noire s’échappait du sixième et dernier étage peu après 8 heures, heure locale (4 h 30, heure française) dimanche, des hommes ont tenté de s’enfuir par un balcon au moyen de draps noués. L’un d’eux a lâché prise, en direct à la télévision.
Un comptable de l’hôtel qui a pu s’échapper grâce à sa bonne connaissance des lieux a affirmé que « les gardes se sont sauvés sans combattre, ils n’ont pas riposté, ils n’avaient aucune expérience ».
Le porte-parole du ministère de l’intérieur a confirmé qu’une nouvelle compagnie privée avait pris début janvier en charge la sécurité de l’hôtel, « nous enquêtons pour comprendre par où sont entrés les assaillants ».
21 morts dans une attaque en 2011
L’hôtel, l’un des deux cinq étoiles de la capitale, ouvert en septembre 1969, a été la cible d’une précédente attaque en juin 2011. Egalement revendiquée par les talibans, elle avait fait 21 morts. Les neuf assaillants avaient été abattus après l’intervention des forces spéciales afghanes appuyées par les hélicoptères de l’OTAN, pour mettre fin à la tuerie. Depuis, l’hôtel avait renforcé la surveillance. Mais une journaliste de l’AFP a constaté samedi matin que la fouille au corps, à l’entrée même du bâtiment, pouvait être aisément contournée en sautant les barrières.
Des mises en garde précises avaient été lancées depuis 48 heures concernant le risque d’attaques contre des lieux fréquentés par les étrangers. Ce qui avait conduit l’ONU et certaines ambassades à décréter l’état d’alerte. Cette attaque survient cinq jours après la visite d’une délégation du Conseil de sécurité des Nations unies à Kaboul, qui a donné lieu vendredi à une réunion de haut niveau au siège de l’ONU à New York.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-12"> ¤ Une offensive terrestre a débuté à Afrin, une enclave tenue par une milice kurde, considérée par Ankara comme terroriste.
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La Turquie lance une opération militaire en Syrie contre l’enclave kurde d’Afrin

Une offensive terrestre a débuté à Afrin, une enclave tenue par une milice kurde, considérée par Ankara comme terroriste.



Le Monde
 |    20.01.2018 à 17h04
 • Mis à jour le
21.01.2018 à 09h20
    |

                            Allan Kaval (Erbil, correspondance)








                        



   


Après des plusieurs jours marqués par des déclarations officielles belliqueuses qui ont saturé les médias turcs, le président Recep Tayyip Erdogan a annoncé, samedi 20 janvier, que l’opération terrestre attendue contre l’enclave kurde syrienne d’Afrin, frontalière de la Turquie, avait commencé.
« L’opération d’Afrin a débuté et elle se poursuivra à Manbij », a déclaré M. Erdogan, faisant référence à une autre ville du nord de la Syrie tenue par les Forces démocratiques syriennes (FDS), liées au mouvement kurde qui contrôle Afrin depuis 2012. La Turquie considère les FDS comme l’extension du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), une organisation politco-militaire autonomiste et révolutionnaire qui lui livre une guerre de guérilla depuis 1984 dans le sud-est de la Turquie.

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Dans la soirée, la milice kurde qui contrôle la région a affirmé dans un communiqué qu’elle allait « tenir la Russie pour responsable de ces attaques, au même titre que la Turquie ». « La Russie sera tenue pour responsable pour tous les massacres perpétrés dans le canton d’Afrin », a-t-elle ajouté.
Des tirs d’artillerie samedi soir
Malgré les déclarations du chef d’Etat turc et l’intense battage médiatique dont leur préparation a fait l’objet en Turquie, les opérations restaient limitées samedi soir à des tirs d’artillerie depuis le territoire turc et des frappes aériennes, dont deux ont touché des cibles dans le centre-ville d’Afrin, d’après Mohammed Belo, un résident joint à distance. « Les gens restent calfeutrés chez eux et attendent pour l’instant, mais il y a déjà eu des blessés civils à cause d’une frappe. Rien n’est certain, mais on craint une catastrophe », rapportait-t-il dans la journée.
D’autres cibles ont été frappées dans l’arrière-pays et des accrochages ont été relevés entre les forces kurdes des FDS et des groupes armés issus de la rébellion syrienne, et passés sous le contrôle opérationnel d’Ankara. « Des combats durs contre les groupes armés ont eu lieu au nord-ouest d’Afrin et sur le front autour de Tel Rifaat et de la citadelle de Samaan », signalait en fin de journée Bahjet Abdo, le ministre de la défense du canton d’Afrin, joint à distance par Le Monde. « La situation est plus calme à présent », a-t-il ajouté. D’après le responsable kurde, l’aviation turque s’est livrée à sept frappes distinctes sur l’enclave d’Afrin, faisant des dizaines de blessés.

   


Crise entre Ankara et Washington
Bête noire d’Ankara, les FDS sont pourtant un partenaire essentiel de la coalition internationale contre l’Etat islamique emmenée par Washington. La coopération militaire étroite entre la coalition et les actuelles FDS contre les djihadistes a débuté lors du siège de la ville de Kobané, alors que leur précédente incarnation n’était qu’une force kurde locale. Elle s’est traduite par d’importants gains territoriaux dans tout le Nord-Est de la Syrie et par la prise de Rakka, la capitale de l’Etat islamique, en octobre dernier. Aujourd’hui les FDS de plus en plus nombreuses, mieux armées et structurées, contrôlent une vaste zone correspondant grossièrement à la rive droite de l’Euphrate et continuent d’affronter les djihadistes dans l’est du pays.

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Les frappes aériennes turques, une première à Afrin, interviennent alors que le soutien de la coalition aux FDS tend à se confirmer pour la période de l’après-Etat islamique, et ce malgré la position turque. Présentant le plan de Washington pour la Syrie mercredi, le secrétaire d’Etat américain Rex Tillerson a ainsi indiqué que les forces américaines engagées auprès des FDS allaient rester sur le terrain pour continuer la lutte contre les djihadistes, faire pièce à l’influence de l’Iran dans la zone et accompagner un changement politique en Syrie. Il s’agit de fait d’un premier signe allant dans le sens d’une forme de reconnaissance par la coalition du projet politique décentralisateur porté par l’encadrement civil des FDS. Jusqu’à présent, les relations s’étaient cantonnées au domaine militaire.
Jeudi, l’annonce, démentie depuis par un responsable américain, de la création d’une « force frontalière » de 30 000 hommes issue des FDS et soutenue par la coalition, a déclenché une crise entre Ankara et Washington, dont les frappes de samedi sur Afrin sont un des prolongements.

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Zone d’influence de la Russie
Au moment où les FDS semblent pouvoir s’installer dans leur position de force, l’opération en cours cible leur maillon faible. Située à l’extrême nord-ouest de la Syrie, la petite ville d’Afrin, arrière-pays de collines plantées d’oliviers et dépendances à majorité arabe, est détachée de l’ensemble territorial bâti par les FDS à l’est auquel la protection de la Coalition internationale est limitée. Afrin, se trouve dans la zone d’influence de la Russie qui dispose d’une présence militaire sur place, contrôle l’espace aérien dans cette partie du pays et a dû donner son feu vert à Ankara pour que l’aviation turque envoie ses appareils dans le ciel de l’enclave kurde.
D’après une source proche des autorités kurdes, une opération terrestre de grande ampleur impliquant directement les forces armées turques au sol, en renfort de leurs alliés issus de la rébellion, resterait possible mais peu probable. Notamment du fait des pressions diplomatiques exercées sur Ankara par les puissances partenaires des FDS. « L’opinion dominante, c’est que l’aviation turque va poursuivre ses frappes pendant quelques jours avec des accrochages terrestres contre les groupes armés pro-turcs à la marge », fait savoir cette source. Les risques d’escalades ne peuvent cependant pas être écartés.
Vendredi, Murat Karayilan, un des plus hauts cadres du PKK a déclaré que son organisation « ne resterait pas spectateur tout comme à (…) Kobané » face aux opérations turques à Afrin, avant d’appeler le peuple kurde à la mobilisation. Une réaction du mouvement kurde sur le territoire turc mettrait en péril la position de la coalition, qui entend maintenir l’idée d’une distinction entre le mouvement kurde et ses alliés syriens.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-13"> ¤ Ryom Tae-ok et Kim Ju-sik, qui conduiront la délégation nord-coréenne aux Jeux olympiques de Pyeongchang, se sont entraînés pendant l’été 2017 sous la houlette d’entraîneurs québécois. Sans rien révéler de leur parcours ni de leur vie.
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A Montréal, le couple nord-coréen de patinage a gardé tout son mystère

Ryom Tae-ok et Kim Ju-sik, qui conduiront la délégation nord-coréenne aux Jeux olympiques de Pyeongchang, se sont entraînés pendant l’été 2017 sous la houlette d’entraîneurs québécois. Sans rien révéler de leur parcours ni de leur vie.



Le Monde
 |    20.01.2018 à 16h30
 • Mis à jour le
21.01.2018 à 12h56
   





                        



   


Vingt-deux sportifs nord-coréens – skieurs, hockeyeuses et patineurs – participeront aux Jeux olympiques de Pyeongchang (Corée du Sud), prévus du 9 au 25 février. L’annonce officielle en a été faite samedi 20 janvier, après une réunion entre la Corée du Nord, la Corée du Sud et le Comité international olympique (CIO), au siège lausannois de ce dernier.
Les patineurs Ryom Tae-ok et Kim Ju-sik, qui conduiront cette délégation, sont les seuls à avoir obtenu leur qualification sur le terrain, lors d’une épreuve organisée en septembre en Allemagne. Ils s’y étaient préparés pendant huit semaines à Montréal, au Canada, afin de profiter de l’expertise d’entraîneurs québécois réputés, Bruno et Julie Marcotte.
Bruno Marcotte se souvient avoir remarqué et encouragé le duo de 18 et 25 ans lors d’une compétition internationale, à Taipei, en 2016. Une année plus tard, aux championnats du monde d’Helsinki, les patineurs nord-coréens sont venus le voir pour le remercier et lui demander son aide et celle de sa sœur Julie.
Après plusieurs mois de démarches administratives, Bruno Marcotte a finalement été informé que les deux patineurs arrivaient trois jours plus tard, en compagnie de leur entraîneuse et d’un représentant de la fédération nord-coréenne de patinage. Le Québécois se souvient d’une « panique générale » quand il a fallu trouver un appartement avec quatre chambres et organiser la logistique pour la délégation nord-coréenne qui ne possédait ni carte de crédit ni permis de conduire valide et ne maîtrisait pas les langues locales. Seul le représentant de la fédération parlait un peu l’anglais, qu’il avait appris en lisant des dictionnaires, selon ses dires.

   


« Impliqués à 200 % »
Pendant tout l’été, Ryom Tae-ok et Kim Ju-sik se sont joints aux patineurs canadiens, japonais, américains et sud-coréens qui s’entraînent quotidiennement à la patinoire de Sainte-Julie, près de Montréal. Ils ont ainsi pu discuter avec le couple sud-coréen, composé d’Alex Kang-chan Kam et Kim Kyu-eun. La double championne du monde canadienne Meagan Duhamel, épouse de Bruno Marcotte, raconte qu’ils échangeaient des plats coréens comme le kimchi, du chou fermenté. « On se soutenait mutuellement et on s’est dit qu’on se retrouverait à Pyeongchang », a raconté Alex Kang-chan Kam à la chaîne canadienne CBC.
« Ils ont une tellement bonne éthique de travail que ça motivait les autres patineurs sur la glace », dit Bruno Marcotte. « A chaque seconde, ils étaient impliqués à 200 %, tu avais 200 % de leur attention », ajoute Julie Marcotte, qui a créé la chorégraphie de leur programme long.
Avant de choisir la musique, l’entraîneuse a passé du temps à observer les patineurs et leur a fait écouter plusieurs morceaux en examinant leurs réactions. Le choix s’est finalement porté sur un morceau de la chanteuse locale Ginette Reno, Je ne suis qu’une chanson.
La mise au point de la chorégraphie a également été laborieuse, à cause de la barrière de la langue. Julie Marcotte considère qu’en deux jours, elle réalisait deux heures de travail réel, car il fallait « tout décortiquer ». Elle a finalement loué la patinoire pour des heures supplémentaires et demandé au couple de patineurs américains Mervin Tran et Marissa Castelli de venir l’aider : « Je leur expliquais ce que je voulais et ils le montraient au couple nord-coréen. On n’avait plus besoin de paroles. »

Meagan Duhamel a également fréquenté les Nord-Coréens pendant l’été, les conduisant à l’entraînement et les emmenant à ses cours de pilates et d’étirements pour leur montrer de nouvelles techniques. Ryom Tae-ok et Kim Ju-sik lui posaient beaucoup de questions, notamment sur le fonctionnement des compétitions internationales.
« Une place dans le top 10 serait incroyable »
Mais l’échange est resté à sens unique : « Ils n’étaient pas très ouverts à partager leur histoire en tant que patineurs, raconte la Canadienne. Quand je leur demandais depuis quand ils patinaient, la conversation changeait de sujet. » Quant à Bruno Marcotte, il a seulement réussi à savoir que les deux patineurs vivaient dans un complexe doté d’une patinoire où ils s’entraînent selon les méthodes chinoises et russes.
Pendant leur séjour, les Nord-Coréens menaient une vie calme, se promenant chaque soir dans le quartier du stade olympique, où ils habitaient. « Parfois, je leur demandais ce qu’ils avaient fait en fin de semaine et ils me répondaient qu’ils s’étaient reposés pour mieux patiner le lundi, raconte Meagan Duhamel. Je pense qu’ils savaient qu’ils avaient été envoyés au Canada pour le patinage et que rien ne devait interférer avec ça. »
Le jour de la fête nationale canadienne, le 1er juillet, ils ont confié à Bruno Marcotte qu’ils trouvaient « charmante la façon dont les Canadiens célébraient de façon sobre » cet événement, confie l’entraîneur.

   


Bruno et Julie Marcotte ont revu Ryom Tae-ok et Kim Ju-sik fin septembre, en Allemagne, lors des qualifications pour les Jeux olympiques, que le couple a franchies avec succès. « Ils patinent avec énormément d’émotion et de cœur et ne font pas beaucoup d’erreurs », juge l’entraîneur québécois.
Ce dernier estime que le couple, actuellement classé au quinzième rang mondial, peut viser une place dans les douze premiers aux Jeux de Pyeongchang. « Une place dans le top 10 serait incroyable », estime-t-il.
Clothilde Goujard, Montréal (correspondance)



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-14"> ¤ Mme McDonald a réaffirmé l’objectif du parti de voir l’Irlande réunifiée et a aussi déclaré vouloir « voir le Sinn Fein accéder au pouvoir, en Irlande du Nord et en République d’Irlande ».
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Irlande : Mary Lou McDonald succédera à Gerry Adams à la tête du Sinn Fein

Mme McDonald a réaffirmé l’objectif du parti de voir l’Irlande réunifiée et a aussi déclaré vouloir « voir le Sinn Fein accéder au pouvoir, en Irlande du Nord et en République d’Irlande ».



Le Monde
 |    20.01.2018 à 14h03
   





                        


Le leader historique du Sinn Fein, Gerry Adams, a annoncé, samedi 20 janvier, que son bras droit Mary Lou McDonald lui succéderait à la présidence du parti irlandais, formation longtemps décrite comme la vitrine politique de l’IRA.
Lors d’une réunion de la direction du parti à Belfast, Gerry Adams a annoncé que les nominations pour le poste étaient closes. Mary Lou McDonald était la seule candidate. « Merci d’accueillir la présidente élue de notre parti, Mary Lou McDonald », a annoncé Gerry Adams à la tribune avant de lui céder la place.
Dans son discours, la nouvelle présidente a salué son prédécesseur. « Je ne peux pas rentrer dans les chaussures de Gerry Adams mais la bonne nouvelle, c’est que j’ai apporté les miennes », a-t-elle déclaré sous les applaudissements. Elle a réaffirmé l’objectif du parti de voir l’Irlande réunifiée et a aussi déclaré vouloir « voir le Sinn Fein accéder au pouvoir, en Irlande du Nord et en République d’Irlande ».
Mary Lou McDonald, 48 ans, vice-présidente du parti nationaliste, devrait être confirmée dans ses nouvelles fonctions lors d’un congrès extraordinaire, le 10 février.
Renouvellement générationnel
Tous les autres poids lourds du parti avaient décidé de ne pas se lancer dans la course à la présidence du parti ou avaient apporté leur soutien à Mary Lou McDonald, bras droit de Gerry Adams depuis des années. Après trente-quatre ans passés à la tête du Sinn Fein, M. Adams avait annoncé en novembre qu’il quitterait cette année la présidence du parti qu’il incarnait depuis 1983, au nom du renouvellement générationnel.

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Indissociable de la période des « Troubles », les violences qui ont fait plus de 3 500 morts sur trois décennies en Irlande du Nord en opposant les communautés unioniste et nationaliste, il avait déclaré vouloir laisser la place à de nouveaux visages, notamment pour permettre au parti de progresser en tant que force politique.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-15"> ¤ La Chine compte 23 millions de musulmans, majoritairement hui et ouïgours, une minorité religieuse très encadrée par le pouvoir. Décryptage en infographie.
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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-16"> ¤ L’enseigne britannique s’est engagée à supprimer ce dérivé d’hydrocarbure de tous ses emballages d’ici à 2023. Le défi s’annonce difficile à relever.
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Grande distribution : sus au plastique chez Iceland

L’enseigne britannique s’est engagée à supprimer ce dérivé d’hydrocarbure de tous ses emballages d’ici à 2023. Le défi s’annonce difficile à relever.



Le Monde
 |    20.01.2018 à 12h29
    |

            Eric Albert (Londres, correspondance)








                        



                                


                            

Vu de Londres. Avec ses affiches rouges et jaune vif, ses boîtes de haricots à la sauce tomate à 50 centimes et ses devantures criardes, Iceland s’apparente davantage à du hard discount qu’à un supermarché haut de gamme. La grande surface britannique est pourtant devenue, mardi 16 janvier, la première au Royaume-Uni à promettre de sortir du plastique. D’ici à 2023, et uniquement pour ses marques propres, elle s’engage à le supprimer de tous ses emballages. Le groupe assure qu’il deviendra la première « enseigne généraliste » du monde à agir de la sorte.

Une simple déambulation dans ses rayons suffit à mesurer l’ampleur de la tâche. Fruits, légumes, boissons… tout est ceint de plastique. Certains changements sont néanmoins possibles à court terme. Ainsi, l’enseigne a déjà retiré les pailles en plastique. Dès le mois prochain, elle va remplacer les barquettes des plats à emporter par une base en carton. Quant aux surgelés, solides et moins fragiles, ils nécessitent moins d’emballage. De ce fait, les Cellophane entourant les steaks hachés vont être retirées.
Pour le reste, l’affaire s’annonce beaucoup plus délicate. L’emballage du lait et de la viande, en particulier, pose problème. Progressivement, Iceland promet d’utiliser plus de carton, de cellulose, de métal, de verre… Dans de nombreux cas, cela signifie aussi revenir aux anciennes méthodes : bouteilles de verre consignées et ventes en vrac, notamment.
Emoi populaire
Le Royaume-Uni est actuellement un grand utilisateur de plastique. Entre les déjeuners composés de sandwichs emballés et de bouteilles de soda, les gobelets jetés par millions et les supermarchés qui entourent leurs fruits de trois couches d’emballage (barquette au-dessous, coquille en plastique dur par-dessus et de la Cellophane pour entourer le tout), le pays est accro à ce dérivé d’hydrocarbure.
Une prise de conscience collective est pourtant en train d’émerger. Au cours des derniers mois,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-17"> ¤ Baisse d’impôt, retraite minimale portée à 1 000 euros, revenu universel... les différentes formations politiques multiplient les propositions, mais la question de leur coût est éludée.
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Avant les élections législatives italiennes, les partis rivalisent de promesses

Baisse d’impôt, retraite minimale portée à 1 000 euros, revenu universel... les différentes formations politiques multiplient les propositions, mais la question de leur coût est éludée.



Le Monde
 |    20.01.2018 à 12h09
    |

            Jérôme Gautheret (Rome, correspondant)








                        



                                


                            

Et vous, que voulez-vous abroger ? Les premiers échanges de la campagne en vue des élections générales ­italiennes, qui se tiendront le 4 mars, ont été marqués par une surenchère vertigineuse dans les propositions d’allégements fiscaux de la part des principales coalitions en lice.
Tentant de chiffrer le coût de ces promesses qui, pour la plupart, restent entourées d’un épais brouillard, le quotidien Corriere della Sera était parvenu, début janvier, à un total de… 200 milliards d’euros.
Naturellement, l’ancien président du Conseil, Silvio Berlusconi, en route vers le plus improbable des retours politiques, ne s’est pas montré le plus timoré en la matière. Le programme qu’il a signé avec ses deux principaux partenaires, jeudi 18 janvier, et dont le détail n’est pas encore connu, contient plusieurs mesures dont chacune, prise isolément, serait de nature à bouleverser l’économie du pays.

La clé de voûte en est l’adoption d’une « flat tax », un prélèvement à taux unique venant se substituer à l’actuel impôt progressif sur le revenu. Cette mesure, qui figurait déjà dans le programme électoral de la droite par le passé, n’a jamais été mise en œuvre, en raison de son impact énorme sur les finances publiques. Le taux de ce nouvel impôt miracle ? Ce point n’est pas tranché.
Remise à plat de la réforme des retraites
En effet, si Forza Italia veut le porter à 23 %, après exemption des 12 000 premiers euros, afin de respecter le principe de progressivité inscrit dans la Constitution, ses alliés sont encore plus gourmands.
La Ligue du Nord de Matteo Salvini, elle, plaide pour un impôt unique de 15 %. Le coût d’une telle mesure ? Début janvier, le quotidien économique Il Sole 24 Ore l’estimait à 30 milliards d’euros en retenant le taux proposé par Silvio Berlusconi, mais d’autres économistes comme Francesco Daveri (université Bocconi de Milan) ­l’estiment à 95 milliards.
L’autre mesure phare proposée par...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-18"> ¤ Le Brexit pèse sur les revenus des ménages, mais le pays s’en sort grâce à la bonne conjoncture mondiale, favorable aux exportateurs.
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Au Royaume-Uni, la consommation patine, l’économie résiste

Le Brexit pèse sur les revenus des ménages, mais le pays s’en sort grâce à la bonne conjoncture mondiale, favorable aux exportateurs.



Le Monde
 |    20.01.2018 à 11h32
    |

            Eric Albert (Londres, correspondance)








                        



   


Noël aura été particulièrement douloureux pour les commerçants au Royaume-Uni. Les Britanniques se sont serré la ceinture en cette période capitale pour le chiffre d’affaires des magasins. En décembre, la consommation a chuté de 1,5 % par rapport au mois précédent, d’après les statistiques publiées vendredi 19 janvier. C’est la plus forte chute mensuelle depuis juin 2016, mois du référendum sur le Brexit.

   


S’il ne faut pas trop s’attacher aux statistiques mensuelles, très volatiles, tout indique que le ralentissement de la consommation, débuté il y a un an, se ­poursuit. Sur trois mois (d’octobre à décembre 2017), celle-ci n’a progressé que de 0,4 % par rapport aux trois mois précédents. Une telle évolution fait du Royaume-Uni un cas à part – et inquiétant –, alors que l’Union européenne (UE) et les Etats-Unis ­connaissent actuellement une période d’embellie généralisée.
L’explication est connue : le Brexit pèse sur le revenu des ménages. Certes, la sortie de l’UE n’a pas encore eu lieu, mais le référendum a provoqué une violente dévaluation de la livre sterling. Cela renchérit mécaniquement le prix des biens importés, qui représentent la majorité des produits de consommation. Résultat, l’inflation atteint aujourd’hui 3 % (plus que la hausse des salaires) et le pouvoir d’achat des Britanniques diminue. « Clairement, la baisse des revenus réels pèse lourd », estime Elizabeth Martins, économiste chez HSBC.

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Dans ces circonstances, les commerces ont passé une période de fêtes difficile. Vendredi 19 janvier, Carpetright, une enseigne de 420 magasins de moquette et de tapis, a émis un avertissement sur résultats et le cours de Bourse du groupe a chuté de 43 %. « Le nombre de transactions depuis Noël est en forte baisse, et nous pensons que cela indique une baisse de la confiance des consommateurs », s’inquiète son directeur général, Wilf Wash.
L’impact négatif de la dévaluation de la livre se résorbe
Les grands magasins Debenhams, l’enseigne d’équipements pour bébé Mothercare et même la chaîne de pompes funèbres Dignity traversent également une zone de turbulences. Dignity, qui prend en charge 12 % des funérailles au Royaume-Uni, se plaint de la guerre des prix qui prévaut depuis près de dix-huit mois. Elle-même va baisser de 25 % le prix de ses enterrements les moins chers.
Le ralentissement de la consommation n’équivaut cependant pas à un effondrement. D’autres enseignes, mieux positionnées sur le marché, tiennent bon, à l’image des supermarchés Sainsbury’s, qui ont connu une période de fêtes faste, de même que les groupes d’habillement Superdry, Ted Baker ou Fat Face.

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Mieux encore : l’impact négatif de la dévaluation est en train de se résorber. La chute de la livre sterling a eu lieu il y a un an et demi, et le choc s’éloigne. L’inflation a d’ailleurs commencé à ralentir. « Nous prévoyons une baisse notable en 2018 », explique George Buckley, chef économiste à Nomura.
Malgré le coup de mou de la consommation, l’économie britannique résiste. Au quatrième trimestre, la croissance devrait même ­légèrement rebondir et osciller autour de 1,7 % pour l’ensemble de 2017. Ce serait à peine 0,2 point en dessous du niveau de la France.
Le Royaume-Uni a de la chance : la bonne conjoncture mondiale arrive à temps pour soutenir ses exportateurs. Pour eux, la chute de la livre sterling est une excellente nouvelle, qui vient renforcer la compétitivité des entreprises.
A contre-courant du reste du monde
En conséquence, la production industrielle tourne à plein régime. Elle a progressé de plus de 3 % à la fin de l’année dernière. « Il y a eu une croissance forte et généralisée de tout le secteur, particulièrement dans l’énergie renouvelable, l’industrie navale, l’aéronautique et l’automobile destinées à l’exportation », note Ole Black, de l’Office britannique des statistiques. Cette progression des exportations a permis de réduire légèrement le déficit commercial du pays (malgré la hausse parallèle des importations), qui est au plus bas depuis quatre ans.
Une petite entreprise comme Brandauer illustre cette tendance. Cette PME de soixante employés fabrique des composants métalliques, utilisés notamment dans les mécanismes des bouilloires. Depuis le référendum sur le Brexit, elle se porte bien. « Initialement, c’était grâce à la baisse de la livre sterling, parce que nous exportons 70 % de ce que nous fabriquons, expliquait récemment à la BBC son directeur général, Rowan Crozier. Mais la croissance mondiale nous prépare à continuer à grandir en 2018. Nos clients vont bien et donc nous aussi. »
Pour les partisans du Brexit, la résistance de l’économie britannique prouve que les prévisions catastrophiques d’avant le référendum étaient erronées. Le Royaume-Uni n’en reste pas moins l’une des économies les moins performantes du moment en Occident, à contre-courant du reste du monde.
Les entreprises, attentistes, hésitent à se lancer dans de lourds investissements tant qu’elles ignorent ce à quoi ressemblera la sortie de l’UE. Et celle-ci n’entrera pas en vigueur avant mars 2019, voire début 2021 si une période de transition est mise en place, comme le souhaitent Londres et Bruxelles.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-19"> ¤ Editorial. « Affaire russe », climat, accord nucléaire iranien… Après un an de mandat, le président américain dispose déjà d’un début de bilan.
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Donald Trump doit être jugé pour ce qu’il fait autant que pour ce qu’il est

Editorial. « Affaire russe », climat, accord nucléaire iranien… Après un an de mandat, le président américain dispose déjà d’un début de bilan.



Le Monde
 |    20.01.2018 à 10h45
 • Mis à jour le
20.01.2018 à 16h50
   





                        


Editorial du « Monde ». Donald Trump ne pouvait imaginer pire anniversaire. Un an après son arrivée à la Maison Blanche, ce n’est pas dans sa luxueuse propriété de Mar-a-Lago, en Floride, qu’il a célébré l’événement, comme il l’avait prévu, mais du bureau Ovale, pour tenter de trouver une solution à la paralysie de l’administration américaine. En effet, faute de compromis sur le budget entre républicains et démocrates au Congrès, l’Etat se retrouve, samedi 20 janvier, à court d’argent, obligeant la première puissance mondiale à fonctionner au ralenti.

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Ce shutdown illustre jusqu’à la caricature le fonctionnement chaotique de la présidence de M. Trump. Depuis douze mois, il est engagé dans une campagne électorale perpétuelle qui préfère exciter sa base plutôt que représenter le plus grand nombre. Un responsable qui entretient un rapport torturé aux faits et qui attaque la presse avec des accents d’autocrate. Le commandant en chef de la plus puissante armée au monde qui manie l’insulte publique sans le moindre filtre.
Le déni, un péril insidieux
Une administration aussi peu conventionnelle ne peut que désorienter, aux Etats-Unis comme partout dans le monde, au risque d’exposer les détracteurs du président à un péril insidieux : le déni. Un procès en illégitimité resurgit en effet régulièrement, au travers de débats de comptoir sur la santé mentale de Donald Trump, l’éventualité d’un impeachment ou l’application du vingt-cinquième amendement de la Constitution, qui dispose que le président peut être remplacé par son vice-président lorsqu’il se trouve dans l’incapacité d’exercer ses fonctions.
Ce déni occulte le fait qu’une élection présidentielle n’est pas un relevé d’aptitudes mais bien une compétition démocratique que le magnat de l’immobilier a remportée, même s’il n’a pas obtenu la majorité des suffrages exprimés. Elu pour quatre ans, doté d’une « excellente » santé, selon le médecin de la Maison Blanche, Donald Trump a déjà en ligne de mire sa réélection en 2020.
Un début de bilan
Le déni empêche surtout de voir que, en dépit du tumulte qui entoure son exercice singulier du pouvoir, ce président dispose déjà d’un début de bilan, aussi poussif soit-il : une réforme fiscale, une vague de dérégulation, des nominations massives de juges fédéraux en place pour les décennies à venir. Et puis, malgré une impopularité sans précédent après douze mois de pouvoir, il est à la tête d’une économie florissante, et cette bonne santé sera peut-être portée un jour à son seul crédit, alors qu’il est partagé aujourd’hui avec un prédécesseur qu’il exècre, Barack Obama.
Certes, des ombres persistent dans ce tableau. L’enquête « russe » tout d’abord, consacrée aux interférences avec la campagne électorale de 2016 prêtées à la Russie par le renseignement américain. Conduite par un procureur spécial dont l’intégrité est à toute épreuve, Robert Mueller, elle n’en finit pas de hanter la Maison Blanche en mettant en cause l’entourage direct du président. La volonté de Donald Trump, ensuite, de soumettre les équilibres incertains du monde à des crash-tests permanents, que ce soit sur la lutte contre le réchauffement climatique, le commerce international, le dossier israélo-palestinien ou encore l’accord nucléaire conclu avec l’Iran.
Autant de dossiers qui imposent de prendre en compte Donald Trump pour ce qu’il fait autant que pour ce qu’il est. C’est à cette aune qu’il doit être jugé, plus que sur le tapage soulevé par les messages matutinaux intempestifs qu’il publie sur son réseau social préféré.



                            


                        

                        


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Après un an de gouvernement Trump, les universités américaines face à la décrue des étudiants étrangers

Après des années de hausse, les premières inscriptions d’étudiants étrangers diminuent, ce qui conduit les universités à des restrictions budgétaires, selon « Courrier Expat ».



Le Monde
 |    20.01.2018 à 10h15
   





                        



   





Alors que Donald Trump fête sa première année à la Maison Blanche, samedi 20 janvier, les universités américaines sont moins joyeuses : le nombre d’étudiants étrangers s’inscrivant pour la première fois dans un cursus aux Etats-Unis a accusé une baisse de 7 %, selon de premières estimations, après une baisse avérée de 3 % en 2016-2017. Même si le nombre total d’étudiants étrangers aux Etats-Unis continue d’augmenter, ce renversement de tendance inquiète les universités américaines, et pas seulement les petits établissements du Midwest.
« A mesure que vous perdez ces étudiants, les revenus assurés par les frais de scolarité sont affectés. Nous devons faire des choix budgétaires, nous adapter », reconnaît Michael Godard, de la Missouri central university dans le New York Times. Alors que les étudiants étrangers acquittent des droits d’inscription deux fois plus élevés que ceux payés par les étudiants originaires de l’Etat, son université a déjà ressenti un manque à gagner de 14 millions de dollars (11,45 millions d’euros).
Près de la moitié des campus concernés
Des cours d’informatique et le journal du campus ont d’ores et déjà fait les frais des restrictions budgétaires. A l’université d’Etat du Kansas, c’est le département des langues qui est le plus touché, avec la suppression pure et simple des cours d’italien. A Wright State, dans l’Ohio, outre l’italien, ni le russe ni le japonais ne sont plus enseignés. On a même sacrifié l’équipe de natation, alors que cinq de ses membres avaient récemment été qualifiés pour les championnats nationaux. Et ce n’est pas fini.

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En 2015, Wright State comptait 4 100 étudiants internationaux, ils sont 3 500 cette année. A l’automne 2016, l’université du Missouri, à Warrensburg, en dénombrait 2 638, mais seulement 944 à la rentrée 2017. 45 % des universités sondées en novembre 2017 ont fait état d’une baisse des premières inscriptions d’étudiants étrangers, quand 33 % constataient une hausse.
Selon Raja Bandar, de l’Institute of International Education, cette baisse serait due à « plusieurs facteurs qui se combinent ». D’une part, la concurrence avec les universités canadiennes, australiennes ou britanniques est de plus en plus forte. D’autre part, des pays comme le Brésil ou l’Arabie saoudite ont récemment revu les conditions d’attribution des bourses à leurs étudiants désireux de poursuivre leurs études à l’étranger. Enfin, et surtout, la politique anti-immigration de l’administration Trump a des effets bien au-delà des six pays musulmans dont les ressortissants sont désormais interdits de séjour aux Etats-Unis.
Michael Godard constate : « L’Inde ne figure pas sur cette liste, mais de nombreux étudiants indiens de confession musulmane se sentent concernés par les restrictions en matière d’immigration. »
Les business schools américaines également touchées
La baisse d’attractivité de l’enseignement supérieur américain ne concerne pas que les universités. Nombre d’écoles de commerce ne sont pas mieux loties. « Les dernières données du Graduate Management Admission Council montrent que deux écoles de commerce américaines sur trois ont enregistré une baisse des inscriptions du côté des étudiants internationaux », signale le Financial Times.
Le prestige international des meilleures business schools américaines n’est pas menacé, prend soin de souligner le quotidien économique britannique. Quant aux autres, une perte de diversité se traduirait fatalement, à terme, par une baisse de la qualité des formations qu’elles proposent, avec notamment pour leurs élèves des possibilités restreintes en matière de constitution de réseau.
Les écoles de commerce canadiennes qui, pour le moment, accueillent en moyenne 60 % d’étudiants internationaux — nettement moins que les établissements équivalents en Europe —, pourraient être les grandes gagnantes d’un déclin durable des écoles américaines.
Jean-Luc Majouret (Courrier international)
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