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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-1"> ¤ Pour « La Matinale du Monde », « B.B. » raconte le traumatisme de ses années cinéma, son antipathie pour le genre humain, et le sens de la vie qu’elle a trouvé dans le combat pour la protection des animaux.
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Brigitte Bardot : « Sans les animaux, je me serais suicidée »

Pour « La Matinale du Monde », « B.B. » raconte le traumatisme de ses années cinéma, son antipathie pour le genre humain, et le sens de la vie qu’elle a trouvé dans le combat pour la protection des animaux.



Le Monde
 |    20.01.2018 à 06h33
    |

            Annick Cojean








                        



                                


                            

Brigitte Bardot, 83 ans, publie le 25 janvier « Larmes de combat » (Plon, 264 pages, 16,90 €) un livre « testamentaire » portant ses convictions, ses révoltes et ses espérances pour la défense des animaux. Retirée dans sa maison de Saint-Tropez (Var), mais toujours très active à la tête de sa fondation, qui emploie plus d’une centaine de salariés à Paris et mobilise des milliers de bénévoles, l’actrice la plus mythique du cinéma français s’est confiée au Monde sur ce qui fut le grand combat de sa vie. Une vie singulière qui l’a vue mettre fin, à 38 ans, à une carrière fulgurante au cinéma pour s’engager auprès des animaux. « Pionnière », dit-elle, convaincue qu’on ne comprendra l’ampleur de son travail qu’après sa mort.
Je ne serais pas arrivée là si…
… si je n’avais pas pris conscience de la souffrance qu’endurent les animaux sur Terre, et n’avais pas brusquement arrêté le cinéma pour m’occuper d’eux. Fini la futilité et ce monde de faux-semblants qui m’avait rendue si malheureuse pendant toutes ces années. Stop ! Certains ont cru à un caprice, d’autres m’ont prise pour une cinglée. Je m’en foutais. Ma décision était irréversible. A 38 ans, j’ai tout quitté pour les animaux. C’est la plus belle décision de ma vie.
De quand date ce lien si fort avec les animaux ?
Depuis toujours, je pense. Je me sens animale. Et je rejette l’espèce humaine. Elle m’a toujours fait peur. C’est une espèce arrogante et sanguinaire qui m’a fait beaucoup de mal. J’étais toute petite lorsque j’ai vu le film Blanche-Neige, les yeux émerveillés, je crois que ce rêve n’a cessé de me porter. Vivre dans une petite maison, au milieu d’une multitude d’animaux… Au fond, c’est un peu ce que je fais aujourd’hui.
Mais vous rappelez-vous d’un moment charnière ? D’un point de bascule dans votre deuxième vie ?
Oui. Le dernier film que j’ai tourné s’appelait...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-2"> ¤ En 2017, « Valérian et la Cité des mille planètes », de Luc Besson, a capté, à lui seul, 40 % des spectateurs des films français à l’étranger, soit 30,6 millions d’entrées sur 80 territoires.
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« Valérian » fait le beau temps sur le cinéma français à l’international

En 2017, « Valérian et la Cité des mille planètes », de Luc Besson, a capté, à lui seul, 40 % des spectateurs des films français à l’étranger, soit 30,6 millions d’entrées sur 80 territoires.



Le Monde
 |    19.01.2018 à 19h30
    |

            Nicole Vulser








                        



                                


                            

Les résultats des films français à l’export dépendent chaque année d’un ou deux blockbusters. En 2016, Unifrance, l’association chargée de porter haut les couleurs du cinéma hexagonal hors de nos frontières, se désolait de constater un violent trou d’air. En 2017, l’étiage est remonté à une hauteur plus satisfaisante, avec des premières estimations de 80,5 millions d’entrées (contre 40,7 millions en 2016). Ce qui représente, pour l’an dernier, 486 millions d’euros de recettes.
Tout comme en 2014 et en 2015, c’est uniquement une production de Luc Besson, en langue anglaise, qui fait pencher la balance. Un gros film suffit à faire la pluie ou le beau temps. En 2017, Valérian et la Cité des mille planètes capte, à lui seul, 40 % des spectateurs des films français à l’étranger, soit 30,6 millions d’entrées sur 80 territoires.
Malgré une carrière très décevante aux Etats-Unis, ce film au colossal budget de près de 200 millions d’euros a obtenu la meilleure performance jamais réalisée par un long-métrage français en Chine. Bénéficiant du coup de pouce de Fundamental Films, l’actionnaire chinois du studio de Luc Besson, EuropaCorp, le film a comptabilisé 11,6 millions d’entrées dans l’empire du Milieu. Insuffisant, toutefois, pour rentabiliser cette superproduction.

Pour la quatrième fois en six ans, les recettes des films français ont été majoritairement générées en dehors de nos frontières. Après Valérian, la comédie dramatique Demain tout commence, d’Hugo Gélin, avec Omar Sy, arrive en deuxième position, avec 4,8 millions d’entrées à l’étranger, suivie par le film d’action Overdrive, d’Antonio Negret (1,9 million d’entrées).
Phénomène de concentration
Le dessin animé Les As de la jungle, de David Alaux (1,2 million d’entrées), a connu un beau succès au Royaume-Uni et en Russie. Elle, le thriller de Paul Verhoeven, dans lequel Isabelle Huppert interprète le rôle principal,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-3"> ¤ Femme d’affaires puissante et respectée, Katharine Graham fera entrer le « Washington Post » dans la légende avec deux faits d’armes : le Watergate, précédé, en 1971, par les « Pentagon Papers », rapport brûlant sur l’engagement américain au Vietnam. Un épisode porté à l’écran par Steven Spielberg.
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Kay Graham, la femme qui révéla le Watergate et les Pentagon Papers 
                  
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Le Monde
 |
                  19.01.2018 à 14h24


Femme d’affaires puissante et respectée, Katharine Graham fera entrer le « Washington Post » dans la légende avec deux faits d’armes : le Watergate, précédé, en 1971, par les « Pentagon Papers », rapport brûlant sur l’engagement américain au Vietnam. Un épisode porté à l’écran par Steven Spielberg.

Par                             Stéphanie Chayet





                     
Elle est la grande absente des Hommes du président, le célèbre thriller de 1976 sur le scandale du Watergate pour lequel Alan Pakula avait méticuleusement recréé la salle de rédaction du Washington Post dans un studio de la Warner Bros. Pas un cendrier, pas une corbeille à papier ne manquent au tableau, mais la patronne du quotidien n’est mentionnée qu’une fois, lorsque les journalistes Carl Bernstein et Bob Woodward – interprétés par Dustin Hoffman et Robert Redford en Starsky et Hutch du reportage d’investigation – appellent le directeur de campagne du président Nixon pour vérifier une information.

« Dites à Katie Graham qu’elle va se prendre le nichon dans une essoreuse si vous publiez ça », menace alors John Mitchell (la réplique est authentique). À part ça, aucune allusion à la femme qui soutient les deux jeunes reporters jour après jour pendant cet interminable été 1972, alors que la Maison Blanche la harcèle et que le reste de la presse ne suit pas. À la décharge d’Alan Pakula, les apparitions de Katharine Graham dans le récit éponyme publié par Woodward et Bernstein en 1974 se comptaient déjà sur les dix doigts.
Comme le rappelle la journaliste politique Margaret Carlson, qui fut la première femme chroniqueuse au magazine Time, « Les Hommes du président est un livre sur des hommes écrit par des hommes à une époque où les femmes étaient invisibles à Washington, y compris cette femme influente. On oublie combien le monde a changé en quarante ans. » 
Les mensonges de trois administrations
Quarante ans plus tard, alors que les stars sont en noir sur le tapis rouge pour dénoncer le sexisme et les violences faites aux femmes, un nouveau film sur l’âge d’or du Washington Post replace sa propriétaire et éditrice – disparue en 2001 à 84 ans – au premier plan. Sur les écrans mercredi prochain sous le titre de Pentagon Papers (The Post, en V.O.), le dernier Steven Spielberg...





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Kay Graham, la femme qui révéla le Watergate et les Pentagon Papers
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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-4"> ¤ Jeudi, Dylan Farrow, la fille adoptive du réalisateur, l’a de nouveau accusé de l’avoir agressée sexuellement lorsqu’elle avait 7 ans.
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Violences sexuelles : vingt-cinq ans d’accusations contre Woody Allen

Jeudi, Dylan Farrow, la fille adoptive du réalisateur, l’a de nouveau accusé de l’avoir agressée sexuellement lorsqu’elle avait 7 ans.



Le Monde
 |    19.01.2018 à 10h57
 • Mis à jour le
19.01.2018 à 20h38
    |

                            Le Monde.fr








                        



   


Depuis vingt-cinq ans, des accusations d’agressions sexuelles planent sur le réalisateur américain Woody Allen, portées par sa fille adoptive, Dylan Farrow. Ces derniers jours, plusieurs actrices et acteurs ont dénoncé publiquement le cinéaste, déclarant regretter d’avoir travaillé avec lui. Rebecca Hall et Timothée Chalamet, qui jouent dans le prochain long-métrage de Woody Allen, A Rainy Day in New York, ont annoncé qu’ils allaient faire don de leur salaire à l’association Time’s Up, nouvellement créée, qui vient en aide aux victimes de violences sexuelles.

        Lire aussi :
         

                Harcèlement sexuel : la controverse renaît autour de Woody Allen



Ces prises de position font suite à la publication d’une lettre ouverte de Dylan Farrow, aujourd’hui âgée de 32 ans, dans le Los Angeles Times au début du mois de décembre 2017. Elle en appelle au monde du cinéma, demandant pourquoi le mouvement de libération de la parole lancé ces derniers mois contre les violences sexuelles semblait, pour l’instant, épargner son père adoptif.
« Pourquoi Harvey Weinstein [producteur américain accusé d’agressions sexuelles et de viols par de nombreuses femmes] et les autres célébrités accusées ont été exclues de Hollywood, alors qu’Allen a récemment signé un contrat de plusieurs millions de dollars avec Amazon ? »
Elle dénonce l’ambivalence d’acteurs et d’actrices ayant condamné publiquement Harvey Weinstein, mais qui, interrogés sur le réalisateur de Manhattan, Annie Hall et Match Point, esquivent le sujet.
Quelles sont les accusations ?
Woody Allen et l’actrice Mia Farrow ont entretenu une relation amoureuse et professionnelle entre 1980 et 1992. Ensemble, ils ont eu et adopté plusieurs enfants, jusqu’à ce que ce Mia Farrow découvre la relation entre Woody Allen et Soon-Yi Previn, qu’elle avait adoptée avec son compagnon précédent –. Le réalisateur l’a depuis épousée.
Mais le cinéaste est accusé d’avoir agressé sexuellement la fille qu’il avait adoptée avec Mia Farrow, Dylan Farrow, alors qu’elle avait 7 ans, le 4 août 1992 dans une maison de campagne, dans le Connecticut, en l’absence de sa mère. C’est la baby-sitter, qui a aperçu le réalisateur, seul avec l’enfant, qui n’avait plus son pantalon, et a alerté sa mère. La jeune fille a, par la suite, expliqué que son père avait touché son sexe. Des accusations que le cinéaste a toujours réfutées, jusque dans un communiqué envoyé jeudi 18 janvier.
Les accusations portées contre le réalisateur ont été décrites dans une longue enquête de la journaliste Maureen Orth, dans le magazine Vanity Fair, publiée en 1992. Un article qui décrivait, en s’appuyant sur plusieurs sources de la famille Farrow, des comportements déplacés à l’encontre de leur fille adoptive, et débutait ainsi : « Il y avait une règle implicite chez Mia Farrow : Woody Allen ne devait jamais être laissé seul avec leur fille adoptive de 7 ans, Dylan. » Avant l’agression présumée, le réalisateur aurait fait part de son comportement « inapproprié » auprès d’une psychologue pour enfants, Susan Coates, selon Vanity Fair.
Ce n’est que vingt-deux ans plus tard que Dylan Farrow s’est exprimée publiquement sur cette affaire. En 2014, elle a publié une lettre ouverte dans le New York Times pour appuyer les accusations : « Si je ne parle pas, je le regretterai sur mon lit de mort. »
Jeudi 18 janvier, elle s’est exprimée pour la première fois à la télévision sur CBS News, dans une interview enregistrée. Elle est notamment revenue sur son combat et les souffrances qu’elle a endurées. « Pourquoi ne pourrais-je pas être en colère, ressentir de l’indignation, après avoir été ignorée, écartée, et alors que l’on ne m’a pas crue ? », explique-t-elle dans un extrait diffusé par la chaîne.

Comment Woody Allen s’est défendu ?
L’affaire dramatique et complexe qui entoure Woody Allen depuis vingt-cinq ans est faite d’enquêtes, de contre-enquêtes, et d’accusations de manipulation de toutes parts. En 2014, peu après la première déclaration publique de Dylan Farrow, le réalisateur lui a répondu par une longue lettre ouverte publiée également dans le New York Times.
Accusant Mia Farrow d’avoir manipulé sa fille adoptive et de l’avoir « coachée » pour qu’elle accuse son père, il y nie les faits qui lui sont reprochés et estime que ces accusations sont nées au milieu d’une bataille juridique pour la garde des enfants, lors du très compliqué divorce du couple Allen-Farrow en 1992.
Autre fils adoptif du couple, Moses Farrow a pris la défense de son père en 2014, accusant lui aussi Mia Farrow d’avoir manipulé ses enfants pour les pousser à haïr leur père. « Je ne sais pas si ma sœur croit réellement qu’elle a été agressée ou si elle essaye de faire plaisir à sa mère », assurait-il dans une interview au magazine People. Il y accuse également Mia Farrow de mauvais traitements et explique avoir été frappé à plusieurs reprises pendant son enfance.
Enfin, M. Allen et ses avocats citent régulièrement une expertise rendue à l’époque des faits par la clinique de Yale-New Haven, rédigée par plusieurs praticiens et concluant que Dylan Farrow n’avait pas été abusée sexuellement.
Pourquoi cette défense est contestée ?
Tous les arguments avancés par Woody Allen et son fils sont balayés par Mia Farrow, Dylan Farrow et d’autres observateurs depuis que l’affaire a été relancée. « Ma mère ne m’a jamais manipulée. Elle n’a jamais mis de faux souvenirs dans ma tête », a assuré Dylan Farrow en 2014.
« Mes souvenirs sont à moi. Je m’en souviens. Quand je lui ai raconté mon histoire, elle espérait que je l’avais inventée. Au cours d’une des conversations les plus difficiles que j’ai eue, elle m’a demandé si je disais la vérité, expliquant que papa assurait n’avoir rien fait. Et je lui ai répondu : “Il ment.” »
Lorsque Woody Allen a perdu la procédure judiciaire pour obtenir la garde de ses enfants en 1993, le juge Elliott Wilk n’a pas trouvé de « preuve » crédible soutenant que Mme Farrow aurait manipulé sa fille adoptive et a, par ailleurs, dénoncé le comportement de Woody Allen en tant que père, dans un jugement acide.
Plusieurs membres de la famille Farrow nient également que l’agression ait été inventée pour faire perdre la garde des enfants à Woody Allen et expliquent que ces procédures ont été lancées après l’agression présumée. « En réalité, Allen a lancé les poursuites pour obtenir ma garde et celle de Ronan [son frère adoptif] uniquement après le début de l’enquête sur ses abus. Charmant », assurait récemment Dylan Farrow.
Aucun procès n’a eu lieu, mais le procureur du Connecticut, Frank Maco, avait estimé en 1993 qu’il disposait d’éléments suffisants pour inculper le cinéaste pour agression sexuelle sur sa fille mineure, comme le racontait le New York Times à l’époque. Il avait, cependant, préféré épargner à la jeune Dylan Farrow le traumatisme d’un témoignage public en procès.
Enfin, le jugement rendu par Elliot Wilk en 1993 a estimé que l’expertise de la clinique Yale New Haven, qui a conclu que Dylan Farrow n’avait pas été agressée, n’était pas crédible.
Le silence de Hollywood et la machine médiatique
En 2016, le journaliste et avocat de formation Ronan Farrow (depuis à l’origine de l’une des enquêtes ayant lancé l’affaire Weinstein), fils biologique de Mia Farrow et de Woody Allen, a également pris la parole, alors que son père était appelé à présider la cérémonie du Festival de Cannes, malgré les accusations portées par sa fille adoptive.
Dans une tribune publiée par The Hollywood Reporter, il dénonce le silence des médias, étouffés par une puissante défense élaborée par son père, au moment où sa sœur témoignait publiquement :
« Chaque jour, des collègues dans des rédactions me transféraient des e-mails envoyés par les puissants agents d’Allen (…). Ces e-mails contenaient des arguments prêts à être transformés en articles, avec des propositions de psychothérapeutes, avocats, amis, tous ceux prêts à qualifier une jeune femme s’attaquant à un homme puissant de folle, manipulée et agressive. Au début, ils envoyaient des liens vers des blogs, puis vers des titres réputés, une machine qui s’auto-alimentait. »

        Lire aussi :
         

                Qui est Ronan Farrow, le « tombeur » d’Harvey Weinstein ?



Dylan Farrow espère aujourd’hui que l’affaire Weinstein, qui a vu tomber de nombreuses personnalités de Hollywood, accusées de harcèlement sexuel, d’agressions ou de viols, tels que Brett Ratner et Kevin Spacey, permettra de lever un nouveau jour sur son histoire, et sur son père. « Il ment depuis si longtemps. C’est difficile pour moi de le voir et d’entendre sa voix », a-t-elle répété jeudi sur CBS.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-5"> ¤ Plusieurs acteurs ont pris leurs distances avec le réalisateur après que Dylan Farrow a réitéré ses accusations.
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Article sélectionné dans La Matinale du 18/01/2018
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Woody Allen dans la tourmente de #metoo

Plusieurs acteurs ont pris leurs distances avec le réalisateur après que Dylan Farrow a réitéré ses accusations.



Le Monde
 |    19.01.2018 à 06h39
 • Mis à jour le
19.01.2018 à 11h35
    |

            Corine Lesnes (San Francisco, correspondante)








                        



   


On ne connaissait d’elle que les photos d’enfance où elle figure avec Woody Allen. La fille adoptive du cinéaste, Dylan Farrow, est apparue pour la première fois à la télévision dans une interview, diffusée le 18 janvier, pour renouveler les accusations d’agression sexuelle portées contre son père depuis 1992. « Je veux montrer mon visage et raconter mon histoire », a-t-elle dit à la chaîne CBS.
Agée de 32 ans, la jeune femme n’a pas nié qu’elle avait choisi son moment pour reparler de l’affaire. Dans la foulée de l’affaire Weinstein et des mouvements #metoo et Time’s Up, les victimes d’abus ou de harcèlement se sentent enfin écoutées. « Cela fait vingt ans que je répète les mêmes accusations et j’ai été systématiquement réduite au silence, ignorée ou discréditée, a-t-elle expliqué. Cela a été très important pour moi de voir que cette conversation se tenait enfin en public. »

Dylan Farrow, adoptée par Woody Allen et l’actrice Mia Farrow, avait 7 ans lorsque le metteur en scène, accuse-t-elle, l’a fait venir dans le grenier de leur maison de campagne du Connecticut. « Il m’a dit de m’allonger sur le ventre et de jouer avec le train électrique de mon frère qui était installé là. » Après quoi, il s’est assis derrière elle. « Et il m’a agressée sexuellement. » Les baby-sitters avaient reçu de Mia Farrow la consigne de ne pas laisser la fillette seule avec le réalisateur.
« Il y a un quart de siècle »
Ces accusations contre Woody Allen avaient été portées dès 1992-1993, notamment devant la justice, qui n’avait pas poursuivi le cinéaste – tout en spécifiant qu’il y aurait une « cause probable » de le faire – et qui ne lui avait pas non plus confié la garde de l’enfant. A l’époque, Woody Allen et Mia Farrow étaient en procédure de divorce après treize films et douze ans de vie commune.
L’héroïne de Rosemary’s Baby venait de découvrir que le cinéaste avait une liaison depuis 1989 avec une autre de ses filles adoptives, Soon-Yi Previn, alors âgées de 19 ans. Ronan, 5 ans, le fils biologique du couple, avait pris le parti de sa mère. Moses, l’un de leurs fils adoptifs, le parti de son père, accusant Mia Farrow d’avoir « lavé le cerveau » des enfants par haine de son ex-compagnon. « En quoi cette histoire de lavage de cerveau est-elle plus crédible que ce que je dis sur l’agression commise par mon père ? », interroge Dylan aujourd’hui.

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La jeune femme était revenue à la charge dans une lettre publiée, en 2014, par le chroniqueur du New York Times Nicholas Kristof. Pour mettre des mots sur le terme « agression », il lui a fallu des années. « A 7 ans, je disais : il a touché mes parties intimes, précise-t-elle dans l’interview à CBS. A 32 ans, ce que je dis, c’est : “Il a touché ma vulve et mes lèvres avec son doigt.” » La jeune femme cite d’autres exemples. Le réalisateur lui aurait souvent demandé de venir dans son lit « alors qu’il était en sous-vêtements » et elle aussi.
Woody Allen, 82 ans, a une nouvelle fois réfuté les accusations de sa fille. « La famille Farrow a beau utiliser cyniquement l’occasion offerte par le mouvement Time’s Up de répéter cette accusation discréditée, cela ne la rend pas plus vraie que précédemment, a-t-il affirmé dans un communiqué publié par son avocat. Je n’ai jamais attenté à la pudeur de ma fille, et c’est ce qu’ont conclu toutes les enquêtes, il y a un quart de siècle. »
Jessica Chastain, Natalie Portman et Reese Witherspoon ont apporté leur soutien à la fille adoptive du cinéaste
Mais le temps où les accusations glissaient est révolu. L’introspection a saisi Hollywood. Hier, le milieu cinématographique n’avait aucune peine à « fermer les yeux » (l’expression de Dylan), alors que le réalisateur se présentait aux festivals avec Soon-Yi – épousée en 1997. Ni aucun mal à ignorer la rancune du clan Farrow contre les hommages rendus à l’artiste.
Dylan ne cache pas qu’il s’agit d’une véritable campagne. « Pourquoi ne devrais-je pas vouloir le faire tomber ? », interroge-t-elle sur CBS. En 2014, son texte était paru dans le New York Times juste avant la cérémonie des Golden Globes. Elle avait aussi très publiquement interpellé Diane Keaton, l’ex-égérie de Woody Allen, mais l’actrice avait défendu celui qui restait son « ami ».

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Il aura fallu l’affaire Weinstein et la persistance de son frère Ronan, le « tombeur » du fondateur de Miramax, à faire entendre les victimes. Car c’est le fils de Woody Allen, grand pourfendeur de l’hypocrisie hollywoodienne, qui a publié dans le New Yorker du 10 octobre 2017 l’enquête qui a fait le plus de tort à Harvey Weinstein : elle démontait le système d’intimidation déployé pour faire taire les victimes de ses ardeurs.
Alec Baldwin soutient le cinéaste
Début décembre, Dylan Farrow publiait un nouvel appel dans le Los Angeles Times : « Pourquoi la révolution #metoo a-t-elle épargné Woody Allen ? ». Effet Weinstein : le milieu a commencé à prendre ses distances. Les actrices Jessica Chastain, Natalie Portman et Reese Witherspoon ont apporté leur soutien à la jeune femme. Ellen Page a déclaré qu’avoir tourné avec le réalisateur était son « plus grand regret ».
Colin Firth, qui a joué dans Magic in the Moonlight, en 2013, a fait savoir qu’il ne travaillerait plus avec le cinéaste, de même que Mira Sorvino, Rachel Brosnahan et Greta Gerwig. « Si j’avais su ce que je sais maintenant, je n’aurais pas joué [sous sa direction] », a ­affirmé cette dernière. Rebecca Hall et Timothée Chalamet, qui jouent dans le prochain film ­d’Allen, A Rainy Day in New York, ont annoncé qu’ils donneraient leurs cachets au fonds de solidarité avec les victimes d’abus sexuels, créé par Time’s Up.
Après l’affaire Weinstein, Allen avait espéré, dans une interview à la BBC, que l’affaire ne déclencherait pas « une chasse aux sorcières ». Alec Baldwin, l’un des rares à le défendre publiquement, partage cette inquiétude. « Accuser des personnes de tels crimes devrait être traité avec soin, a-t-il observé. J’ai travaillé trois fois avec Woody Allen. Ç’a été l’un des plus grands privilèges de ma carrière. »



                            


                        

                        


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Article sélectionné dans La Matinale du 18/01/2018
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Steven Spielberg : « La liberté de la presse n’a jamais été aussi menacée »

Dans « Pentagon ­Papers », le réalisateur met en lumière ­Katharine ­Graham, qui décide de publier ces documents dans le « Washington Post ».



Le Monde
 |    19.01.2018 à 06h36
 • Mis à jour le
19.01.2018 à 16h41
    |

Propos recueillis par Samuel Blumenfeld







                        



                                


                            

Avant la sortie française de Pentagon ­Papers, le 24 janvier, le réalisateur américain revient sur l’urgence qu’il a ressentie à faire ce film dans un contexte de multiplication des « fake news ». Il juge que son pays n’a jamais été aussi divisé et qu’il n’existe pas le « moindre espace commun, et donc plus de moyen d’avoir un débat ».
Les « Pentagon Papers » ont fait l’objet d’articles publiés en 1971 par le New York Times et le Washington Post. Vous souvenez-vous de cette époque ?
Steven Spielberg : Je me souviens de tout, mais pas des ­« Pentagon Papers ». Je ne communiquais pas avec le monde extérieur. J’ai un souvenir plus clair du Watergate, en 1974, car il avait ­contraint Richard Nixon à quitter la Maison Blanche. J’étais occupé au moment des ­ « Pentagon Papers » par deux séries télévisées, Columbo et Night Gallery. Ma carrière m’obsédait, je cherchais à réaliser mon premier long-métrage. Je ne regardais pas les ­informations, je ne lisais aucun journal. Je suis sorti de ma torpeur quand j’ai ­appris que des amis de l’université avaient perdu la vie au Vietnam. Puis l’affaire du Watergate a éclaté. Tout a changé pour moi.
Le centre de gravité de votre film est aussi dans le personnage de la ­dirigeante du Washington Post, ­Katharine ­Graham, qui prend ­la décision ­de publier ces documents…
Avec le recul, cette histoire me fascine, tant elle pose la question du leadership. Nous parlons ici d’une femme, Katharine Graham, devenue patronne du Washington Post à la suite d’un concours de circonstances. Elle avait hérité du journal par son père, et confié la direction à son mari. Après le suicide de ce dernier, en 1963, elle avait pris les rênes du journal. Katharine Graham élevait ses ­enfants, pensait que sa place était à côté d’eux, pas à la tête de son journal. Nous parlons d’une époque où le leadership...




                        

                        


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Van der Keuken, cinéaste voyageur

Une rétrospective de l’œuvre du cinéaste hollandais inaugure la Cinémathèque du documentaire, au Centre Pompidou à Paris.



Le Monde
 |    18.01.2018 à 09h50
 • Mis à jour le
19.01.2018 à 11h58
    |

            Isabelle Regnier








                        



                                


                            

Parent pauvre du ciné­ma, tendanciellement minoré par les grands festivals et le circuit commercial, le documentaire a désormais son vaisseau amiral : la Cinémathèque du documentaire. Créée à l’initiative de la Société ­civile des auteurs multimédia (SCAM), soutenue par le Centre national de la cinématographie et de l’image animée (CNC) et le ministère de la culture, cette nouvelle institution, présidée par la cinéaste Julie Bertuccelli, veut faire rayonner le genre en fédérant tout un réseau de salles à travers la France, auquel adhèrent déjà une trentaine de partenaires.
L’ambition est grande, comme en témoigne l’engagement de la Bibliothèque publique d’information (BPI) du Centre Pompidou qui, en s’imposant comme le centre de gravité et la vitrine parisienne de l’institution, consolide au passage sa position de grand ordonnateur du secteur. A la tête d’une collection de trois mille films (dont cinq cents accessibles en ligne sur sa plate-forme de VàD), la BPI chapeaute entre autres l’organisation du festival Cinéma du réel. Pour la Cinémathèque du documentaire, elle va désormais concevoir et animer une programmation quotidien­ne, oscillant entre cinéma de patrimoine et création contemporaine (autour de trois grandes rétrospectives annuelles et de différents cycles consacrés aux courts-métrages, aux nouvelles écritures, aux projets en cours).
De la musique pour les yeux
En ouvrant sa première saison sous les auspices du grand Johan van der Keuken, en proposant la plus grande rétrospective de son travail jamais montée en France – soixante films, dont plusieurs inédits, qui voyageront ensuite dans d’autres institutions du ­réseau –, la nouvelle cinémathèque frappe un grand coup. L’événement est d’autant plus excitant que ce cinéaste voyageur, dont chaque nouveau film offrait, de son vivant, une nouvelle raison de célébrer l’œuvre entière, a quelque peu disparu des radars depuis sa mort, en 2001.
Né en 1938, à Amsterdam, Johan van der Keuken...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-8"> ¤ Rencontre avec quatre jeunes réalisatrices qui ont présenté leur film de fin d’études au festival Premiers plans d’Angers.
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L’avenir du cinéma européen, côté femmes

Rencontre avec quatre jeunes réalisatrices qui ont présenté leur film de fin d’études au festival Premiers plans d’Angers.



Le Monde
 |    18.01.2018 à 09h48
    |

                            Thomas Sotinel








                        



                                


                            

Autour de la présidente Catherine Deneuve – applaudie, voire ovationnée à chaque fois qu’elle entre dans une salle de projection – le jury du 30e festival Premiers plans d’Angers, consacré aux premiers films européens, est composé de jeunes anciens. Réalisateurs français (Valérie Donzelli, Clément Cogitore) ou européens (l’Italienne Tizza Covi, le Belge Guillaume Senez), ils ont tous présenté leurs premières œuvres, courts ou longs- métrages à Premiers plans. Le festival, qui se terminera le 21 janvier, est une espèce de boule de cristal du cinéma européen, dans laquelle on peut essayer d’en deviner l’avenir à travers les films de débutants. De toutes les sections de Premiers plans, celle qui permet de se projeter le plus loin propose des films de fin d’études venus de toute l’Europe.
Sur les vingt films d’école qu’un autre jury – présidé par l’Algérien Karim Moussaoui (En attendant les hirondelles) – doit départager, neuf ont été réalisés par des femmes. En retraçant le chemin qui a conduit quatre d’entre elles – islandaise, russe, serbe et française – jusqu’au cinéma, en les interrogeant sur leurs premiers pas et leur avenir, on entrevoit une génération d’auteures qui envisagent avec réalisme les contraintes qui pèsent sur elles (« Jamais nous n’aurons les budgets qu’avait ­Kusturica pour ses premiers films », dit la Serbe Jelena Gavrilovic) et déploient des trésors d’imagination pour tourner leurs films.

Sans vouloir faire du quatuor qui réunit Jelena Gavrilovic, Elsa Maria Jakobsdottir, Kristina ­Kuzakhmetova et Maïlys Audouze un échantillon représentatif, l’hétérodoxie de leur cheminement apparaît clairement. On ne trouvera pas une ratte de cinéma­thèque parmi elles. Elsa Maria Jakobsdottir a grandi dans un village de pêcheurs au nord de l’Islande et à découvert le cinéma d’auteur quand, adolescente, elle est tombée dans une famille française cinéphile à l’occasion d’un échange scolaire. Kristina Kuzakhmetova...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-9"> ¤ La comédie romantique qu’elle réalise et interprète enchaîne les poncifs.
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« Brillantissime » : Michèle Laroque fait sa crise de la cinquantaine

La comédie romantique qu’elle réalise et interprète enchaîne les poncifs.



Le Monde
 |    17.01.2018 à 18h07
    |

                            Murielle Joudet








                        



   


L’avis du « Monde » - On peut éviter
Du jour au lendemain, tout s’effondre autour d’Angela (Michèle Laroque). Elle qui pensait avoir une vie idéale se retrouve seule le soir de Noël : son mari la quitte, sa mère part à la campagne et sa fille rejoint son petit copain. C’est devenu un genre à part entière dans le cinéma français : une actrice mûre joue une héroïne qui traverse une véritable catastrophe intime : mari, enfant, parfois travail, tout ce qu’elle pensait avoir pour de bon s’évanouit du jour au lendemain. Avec Brillantissime, on pouvait penser que Michèle Laroque, qui adapte là une pièce de boulevard, nous offre la version grand public de ce qu’on pourrait appeler le « film du retour d’âge ».
Célibat vécu comme une maladie
Ces dernières années on a ainsi pu voir de beaux portraits de femmes, précis, audacieux, de L’Avenir de Mia Hansen-Love (2016) à Aurore de Blandine Lenoir (2017), la crise de la cinquantaine devenait l’occasion d’une réinvention, parfois loin des hommes, parfois avec les hommes, mais ceux-ci ne déterminent jamais le bonheur des héroïnes – les conquêtes du féminisme innervent intimement le genre . Ce qui n’est pas le cas de Brillantissime qui ne s’embarrasse d’aucune réactualisation et reconduit la bonne vieille recette de la comédie romantique où le célibat est vécu comme une maladie, un état d’incomplétude, et le couple, le souverain bien à qui l’on doit tout sacrifier.

 Comédie française de Michèle Laroque. Avec : Michèle Laroque, Françoise Fabian, Kad Merad (1 h 35). Sur le web : http://www.studiocanal.com/fr



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-10"> ¤ Racontez-nous comment vous réagissez au débat #metoo dénonçant les violences sexuelles.
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APPEL À TÉMOIGNAGES
En tant qu’homme, qu’a changé pour vous le mouvement de libération de la parole des femmes ?

Discussion lancée le 17 janvier 2018

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Depuis les révélations sur le producteur américain Harvey Weinstein, les femmes dénoncent par milliers le harcèlement, les agressions sexuelles et le sexisme qu’elles ont subis. Le débat sur les violences sexuelles, qui traverse aujourd’hui la société, interroge les relations entre hommes et femmes, et bouscule parfois les idées des uns et des autres.
En tant qu’homme, comment réagissez-vous à ce mouvement de libération de la parole, et aux débats qu’il suscite ? Les témoignages des femmes ont-ils modifié votre façon de voir les choses ? Votre comportement a-t-il changé ? Réagissez-vous différemment aujourd’hui dans certaines situations, que ce soit chez vous, sur votre lieu de travail ou dans l’espace public ?
Racontez-nous votre expérience et votre ressenti. Merci de préciser votre âge et votre profession. Votre témoignage pourra être publié dans un article du Monde.fr. N’oubliez pas de laisser votre adresse e-mail ou un numéro de téléphone afin qu’un ou une journaliste puisse vous recontacter.                            





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« Las marimbas del infierno » : quand le Death métal et le marimba se rencontrent

Ce film bizarre et assez beau du Guatemaltèque Julio Hernandez Cordon, s’inspire de l’histoire d’un joueur de marimba.



Le Monde
 |    17.01.2018 à 14h10
 • Mis à jour le
17.01.2018 à 14h17
    |

            Isabelle Regnier








                        



   


L’avis du « Monde » - À Voir
La rencontre absurde entre le Death métal sataniste et le marimba, instrument traditionnel guatémaltèque aux allures de xylophone géant. De cette idée folle qu’ils ont conçue ensemble, trois hurluberlus unis par une même passion pour la musique et un refus de se soumettre aux diktats des gangs et de la violence économique, espèrent qu’elle leur apportera le succès et la liberté.
Ainsi pourrait-on résumer ce film bizarre et assez beau de Julio Hernandez Cordon, cinéaste guatemaltèque formé au Mexique dont le travail a été salué dans de nombreux festivals internationaux. Il s’inspire de l’histoire de Don Alfonso, joueur de marimba et père de famille tranquille, dont la vie a basculé une première fois quand un gang a commencé à le racketter et menacer les siens des pires sévices, puis une seconde quand il s’est retrouvé sans ressource après que le bar qui l’employait lui a annoncé vouloir remplacer sa musique live par un recours, plus économique, à des playlists.
Après une séquence inaugurale dans laquelle le personnage livre un poignant témoignage, le film bascule dans une fiction minimaliste aux accents bressoniens et punk à la fois. Par un subtil jeu de cadrages, de couleurs, d’ellipses, le cinéaste exprime tout à la fois son amour pour les personnages de marginaux, branques, rêveurs, poètes, qu’il met en scène, et la brutalité atrocement prosaïque avec laquelle la vie les traîte.

Film français, mexicain, guatemaltèque de Julio Hernandez Cordon. Avec Don Alfonso, Blacko, Chiquilin (1h14). Sur le web : www.lasmarimbasdelinfierno.com , www.facebook.com/lasmarimbasdelinfierno



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-12"> ¤ Suite non officielle du film réalisé par Hal Ashby en 1974, le long métrage de Richard Linklater réunit des acteurs formidables mais les lance sur des sentiers souvent battus.
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« Last Flag Flying » : après la dernière corvée

Suite non officielle du film réalisé par Hal Ashby en 1974, le long métrage de Richard Linklater réunit des acteurs formidables mais les lance sur des sentiers souvent battus.



Le Monde
 |    17.01.2018 à 11h18
    |

                            Thomas Sotinel








                        



   


L’avis du « Monde » - Pourquoi pas
Une part des réserves que suscite ce film peut être mise sur le compte de la déception. Car il y avait de quoi attendre Last Flag Flying avec impatience. L’histoire de trois anciens combattants du Vietnam réunis par la nécessité d’accompagner le corps du fils de l’un d’entre eux, tombé en Irak, jusqu’à sa dernière demeure, sort d’un roman de Darryl Ponicsan, qui, il y a plus de quarante ans écrivit La Dernière Corvée. La « corvée » en question incombait à deux soldats aguerris (des marins) qui devaient conduire un bleu jusqu’à la prison où il devait purger une peine injustement prononcée.
En 1974, La Dernière Corvée est devenu un film, réalisé par Hal Ashby, joué par Jack Nicholson, Otis Young et Randy Quaid, l’un des derniers jalons du Nouvel Hollywood avant la reprise en main par les studios. Or, si un réalisateur américain trimballe aujourd’hui l’héritage de cette période, c’est bien Richard Linklater. Quand on a su qu’il avait réuni, pour prendre la suite du trio originel, MM. Cranston, Fishburne et Carell, le coup semblait impossible à rater. Et pourtant…
Un issue qui ne surprend jamais
Après une séquence d’ouverture alléchante, qui met en scène un pauvre type écrasé par on ne sait quel poids (Steve Carell) peinant à se faire reconnaître par un ancien compagnon d’armes (Bryan Cranston) dans un bar presque sordide, Last Flag Flying ne s’écarte pas une seconde du programme annoncé : les trois hommes (le patron de bar que joue Cranston, le père qui vient de donner son fils à l’Union interprété par Carell, les deux obtenant le renfort d’un ex-marine devenu pasteur auquel Larry Fishburne prête son impressionnant baryton) adhèrent très strictement aux stéréotypes auxquels les destinent leurs rôles. Les hasards de la route – qui font théoriquement le charme des road movies – n’en sont justement pas, tant les obstacles et contretemps sont aussi fixement déterminés que les horaires de passage en gare. Qu’ils affrontent la hiérarchie militaire (le film se situe au moment de la première guerre d’Irak) pour lui arracher le corps du jeune homme tombé au combat ou qu’ils vident des querelles antérieures à l’évacuation de la base de Danang, l’issue ne surprend jamais.
Reste le plaisir de voir trois grands acteurs venus d’univers aussi différents (la série pour Cranston, le comique pour Carrel, le grand spectacle pour Fishburne) se chercher, se trouver, s’accorder. L’émotion que suscite Last Flag Flying doit beaucoup à la composition du trio, et c’est un mérite qu’on ne peut enlever à Richard Linklater.

Film américain de Richard Linklater, avec Bryan Cranston, Laurence Fishburne, Steve Carell (2 h 04). Sur le web : www.facebook.com/LastFlagFlying.LaDerniereTournee



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-13"> ¤ Ce sommet du western, tourné en 1946 par Howard Hawks, avec John Wayne, ressort en salle.
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Reprise : « La Rivière rouge », folle expédition vers l’Ouest

Ce sommet du western, tourné en 1946 par Howard Hawks, avec John Wayne, ressort en salle.



Le Monde
 |    17.01.2018 à 09h26
 • Mis à jour le
17.01.2018 à 09h43
    |

                            Thomas Sotinel








                        



   


Si vous voulez voir un film à grand spectacle dont le personnage secondaire le plus attachant est nommé Groot, comme dans les deux épisodes des ­Gardiens de la galaxie (de James Gunn, 2014 et 2017), prenez donc un billet pour La Rivière rouge, d’Howard Hawks, qui revient dans les salles, soixante-dix ans après sa première. Ce Groot-là est un vieux cow-boy qui a pour prénom Nadine et pour trogne celle de Walter Brennan, vieux complice d’Howard Hawks.
Vieil homme édenté (Hawks l’a convaincu de jouer sans dentier), Brennan incarne le fidèle compagnon de la star de La Rivière rouge, John Wayne, qui, lui, tient le rôle d’un pionnier établi au Texas au milieu du XIXe siècle, devenu un magnat de l’élevage.
Homme de pouvoir
En 1946, année de l’écriture et du tournage de La Rivière rouge (le film sortira deux ans plus tard), les Etats-Unis s’apprêtent à entrer en paix. Ils ont triomphé de l’Axe, la guerre froide n’a pas encore été déclarée. Les Américains sont en droit de se demander d’où vient cette formidable puissance et à quoi elle pourra bien leur servir. En racontant les destins inséparables de Thomas Dunson (John Wayne), l’aventurier qui s’est mué en homme de pouvoir, et de Matt Garth, son fils adoptif (Montgomery Clift), Howard Hawks offre une image à la fois brutale et réconfortante : les Etats-Unis se sont constitués dans le sang et la rapine, ils ne prospéreront que dans la concorde.
Production de grande ampleur (le film a coûté presque 3 millions de dollars), La Rivière rouge n’est pas pour autant empreint d’idéalisme. Howard Hawks en serait bien incapable. Les moteurs du film sont l’appât du gain, la rancœur, le désir, qui mettent en mouvement des personnages plus grands que nature. Hawks a emprunté John Wayne (qui n’est pas encore tout à fait une superstar) à son collègue John Ford, pour lui confier un personnage qui n’a rien d’un justicier : un homme solitaire que l’on voit d’abord abandonner un convoi en plein territoire comanche, avant qu’il n’abatte un péon mexicain venu faire valoir les droits du latifundiste que Dunson s’apprête à spolier.
Voyage épique
Cette longue introduction montre John Wayne à la fleur de l’âge, renversant par la violence tout ce qui se dresse sur son chemin. L’essentiel du scénario de Borden Chase et Charles Schnee se situe une vingtaine d’années plus tard, après la guerre de Sécession, au moment de la première gran­de transhumance d’un troupeau du Texas vers les terminaux de chemin de fer.
Certains plans sur les visages exaltés rappelleraient presque le cinéma soviétique
Ce voyage épique (dans la fiction, plusieurs milliers de bovins font la route, sur le tournage, il y en avait plus de 1 000) est organisé (mais pas pensé) par un Dunson vieillissant, muré dans ses certitudes. Quand son fils adoptif lui suggère qu’on pourrait abréger le trajet en s’arrêtant à Abilene (Kansas), où l’on dit que le chemin de fer est arrivé, le patriarche sans descendance préfère pousser les bêtes plus à l’est, jusqu’au Missouri, provoquant une mutinerie parmi les cow-boys.
Howard Hawks fait se répondre l’euphorie d’une entreprise sans précédent (les plans sur les visages exaltés des cow-boys au premier jour du voyage rappelleraient presque le cinéma soviétique) et la violence de ce qui est, en fait, un épisode de la lutte des classes en habits de cow-boys. Entre les employés soucieux de rentrer chez eux et le patron buté, Hawks a placé la figure de Matt Garth (Clift). Dunson l’a adopté après que sa famille eut été exterminée par les Comanches. Au moment du départ du troupeau, Matt revient de la guerre, plus sage et plus expérimenté que Dunson ne le sera jamais.
La révélation Mont­gomery Clift
Hawks a pris le risque de confier le rôle à un acteur qui n’a jamais tourné de films. A 25 ans, Mont­gomery Clift, qui est une vedette du théâtre new-yorkais, doit se mesurer à John Wayne et à une troupe d’acteurs hollywoodiens expérimentés (Walter Brennan, Harry Carey Sr, Noah Berry Jr…). Dans sa biographie d’Hawks (Institut Lumière/Actes Sud), Todd McCarthy raconte comment le réalisateur, ravi du sérieux avec lequel Clift apprit son métier de cow-boy, lui offrit un vieux chapeau ayant appartenu à Gary Cooper. La meilleure scène qui échoit au jeune homme reste un concours de tir entre Matt et Cherry Valance (deuxième personnage masculin au prénom féminin), un pistolero incarné par John Ireland : leurs propos sur la taille et la beauté des armes à feu ont valu à cette séquence de se retrouver en bonne place dans The Celluloid Closet (1995), le ­documentaire de Rob Epstein et Jeffrey Friedman sur l’homosexualité à Hollywood.

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La Rivière rouge est encadré par l’apparition de deux personnages féminins : une jeune femme (Coleen Gray) que Dunson abandonne dans la prairie, une femme de mauvaise vie (Joanne Dru), qui tombe amoureuse de Matt. Si la première parenthèse est un élément fondamental de la construction du personnage que joue Wayne, la seconde est moins heureuse. Affadi par la censure préa­lable qu’exerçait alors Joseph Breen, chargé de faire appliquer le code Hays qui interdit longs baisers ou décolletés, le personnage de Joanne Dru doit en plus exécuter la triste tâche d’amener La Rivière rouge jusqu’à une conclusion consensuelle. Cette fois, le Motion Pictures Code n’y est pour rien, et cette fin, qui rebuta aussi bien les acteurs que les scénaristes, ne peut être imputée qu’au seul Howard Hawks. C’est une faute vénielle, les deux heures qui précèdent restent un sommet du western.

Film américain d’Howard Hawks. Avec John Wayne, Montgomery Clift, John Ireland, Walter Brennan, Joanne Dru (2 h 13). Sur le web : www.swashbuckler-films.com, www.facebook.com/SwashbucklerFilms



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-14"> ¤ Christophe Régin détaille les mécanismes d’un écosystème brutal.
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« La surface de réparation » : plongée dans les bas-fonds du football français

Christophe Régin détaille les mécanismes d’un écosystème brutal.



Le Monde
 |    17.01.2018 à 09h23
    |

                            Thomas Sotinel








                        



   


L’avis du « Monde  » - A voir
Ce pourrait être un mot composé : tchao-pantin. L’expression « faire un tchao-pantin » désignerait alors la manœuvre par laquelle un comique s’empare d’un rôle tra­gique pour asseoir son statut d’acteur à part entière, souvent aux alentours de la quarantaine, comme Coluche le fit dans le film de Claude Berri en 1983. Quelques décennies plus tard, c’est au tour de Franck Gastambide de tenter l’exercice.
L’humeur de l’interprète et réalisateur des Kaira, de Pattaya et – bientôt – de Taxi 5, vire au noir dans ce premier long-métrage de Christophe Régin, qui mine une veine jusqu’ici peu exploitée par le cinéma français, les bas-fonds du football français. Le réalisateur et son interprète en extraient une ambiance singulière qui baigne tout le film et masque ses imperfections.

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Franck (Franck Gastambide) vit aux marges du Football Club de Nantes (dont les installations tiennent leur propre rôle, mais on suppose que les turpitudes ici mises en scène relèvent de la pure fiction). Côté face, il contribue à l’entraînement des jeunes du centre de formation. Côté pile, il sert de chaperon aux joueurs qui se laissent un peu aller, les préservant du mieux qu’il le peut des foudres de la justice et du regard des médias. Comme ces activités non officielles ne sont guère lucratives, il vivote en vendant de pauvres scoops à la presse et aux sites à scandale.
Le ton juste
Franck prend le président du club (Hippolyte Girardot) pour une planche de salut. A cet homme affable, il attribue une bienveillance paternelle qui n’est qu’apparente. Le retour dans l’équipe d’un joueur en fin de carrière (Moussa Mansaly) qui fut en même temps que Franck l’un des espoirs du club, force ce dernier à prendre la mesure de son échec. Franck Gastambide trouve immédiatement le ton juste pour communiquer ce mélange d’amertume et d’innocence enfantine qui force son personnage à ne pas renoncer.
Christophe Régin prend un plaisir manifeste à détailler les mécanismes d’un écosystème brutal qui martyrise les corps et les ego. Tourné en hiver, son film est fait de journées trop courtes et de nuits interminables où tout se ­dérègle. Le dérèglement, pour Franck, a le visage de Salomé (Alice Issaz), une fille qui va de club en club en espérant tirer quelque chose de la fréquentation assidue des joueurs. Ce personnage féminin est le plus original du film, loin des femmes fatales du cinéma noir français, il cherche avant tout sa propre autonomie, et son interprète lui insuffle une belle énergie. Son rôle dans la mécanique dramatique de La Surface de réparation est moins heureux. Aussi à l’aise qu’il soit pour dépeindre une condition, Christophe Régin (qui est aussi le scénariste du film) est plus emprunté quand il s’agit de la mettre en mouvement. Les efforts surhumains que fait Franck pour échapper à la précarité et au dénuement se font plus prévisibles – grosse arnaque, plans de fuite à l’étranger – et le film perd de sa singularité. Il n’empêche, il a donné pendant une heure et demie une réalité et une humanité inédites à une ­situation que l’on n’entrevoit souvent qu’à travers les titres racoleurs de sites spécialisés dans les frasques des célébrités.

Film français de Christophe Régin. Avec Franck Gastambide, Alice Issaz, Hippolyte Girardot (1 h 34). Sur le web : www.unifrance.org, www.facebook.com/ArpSelection



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-15"> ¤ Jan P. Matuszynski conte, sur une trentaine d’années, la vie singulière d’un clan familial à la périphérie de Varsovie.
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« The Last Family » : sitcom tragique à la polonaise

Jan P. Matuszynski conte, sur une trentaine d’années, la vie singulière d’un clan familial à la périphérie de Varsovie.



Le Monde
 |    17.01.2018 à 09h14
 • Mis à jour le
17.01.2018 à 14h26
    |

                            Thomas Sotinel








                        



   


L’avis du « Monde  » - A ne pas manquer
Deux façades de béton brut se font face. Dans un des grands immeubles, le papa et la maman. En face, leur grand fils. The Last Family commence en 1977 par l’emménagement de la famille Beksinski dans ce grand ensemble à la périphérie de Varsovie. Le premier long-métrage de fiction du jeune (33 ans) réalisateur polonais Jan P. Matuszynski s’achève une trentaine d’années plus tard par la mort du dernier survivant du clan.

        Lire aussi l’entretien  :
         

          « Je ne connais aucun bon film sur l’art »



Pour un public polonais, cette histoire aussi extraordinaire (chaque membre du clan est affligé d’une personnalité hors du commun) que banale (ce qui ne les empêche de s’empêtrer dans des ­conflits communs à toutes les familles) prend un relief particulier. Zdzislaw Beksinski était un peintre fameux, son fils Tomasz, une personnalité des médias à la fin du siècle dernier, Zofia, leur mère et épouse, une intellectuelle d’un certain renom. Arrivés sur un écran parisien, les Beksinski sont de parfaits inconnus, et le déploiement de leur destin bénéficie d’un effet de surprise dont ont été privés leurs compatriotes. Cet étonnement, qui s’installe dès le début du film pour ne s’éteindre qu’au dernier plan, ne tient pas seulement à la singularité du destin de cette famille. Jan P. Matuszynski le met en scène avec une violence méthodique nuancée par un humour étonnamment chaleureux et des partis pris de mise en scène dont l’audace s’avère payante : une fois que l’on émerge de la fascination (certes un peu morbide) que suscite l’histoire des Beksinski, on s’aperçoit que cet état proche de l’hypnose résulte d’une étonnante maîtrise du cinéma.
Série de décès
Quand on voit arriver les Beksinski dans leur cité toute neuve, sous les nuages gris d’un hiver ­polonais, on ne sait pas ce qu’ils trimballent. On ne le saura jamais : ils viennent de Sanok, une ville qui fut le théâtre d’atrocités pendant la seconde guerre mondiale que les parents sont assez vieux pour avoir vécue. Tomasz (Dawid Ogrodnik) est atteint d’un mal qui le pousse à de fréquentes tentatives de suicide. Ils sont accompagnés des mères de Monsieur et de Madame, qui occupent chacune une pièce de l’appartement du couple. Elles seront les premières à mourir.
Le film met aussi en scène la faculté de s’isoler des soubresauts de l’histoire.
The Last Family égrène les décès, défaisant patiemment le bloc familial que l’on a découvert à la première séquence. Dans les espaces confinés des appartements, dont on ne sort que rarement, en général pour se rendre à l’hôpital ou au cimetière, Jan P. Matuszynski installe les gouffres qui séparent ces êtres : le père ­(Andrzej Seweryn, impérial, souvent très drôle, maîtrisant à merveille le passage des années) est enfermé dans sa gloi­re ; la mère (Aleksandra Konieczna) sacrifie vainement son évidente intelligence à la cohésion familiale.
Le film met aussi en scène la faculté de s’isoler des soubresauts de l’histoire. Puisque Zdzislaw Beksinski a toute sa vie enregistré, sur magnétophone puis en vidéo, la vie de sa famille, le film est aussi fait de reconstitutions de ces bandes documentaires, dont la date s’inscrit sur l’écran. On pense au soulèvement de Gdansk, à l’interdiction de Solidarnosc, à l’effondrement du Mur, mais les gens sur l’écran s’en moquent. Interrogé sur le caractère post-apocalyptique de ses tableaux surréalistes, le peintre, né sur les champs de mort de Pologne orientale, s’en tire par une pirouette. Son fils, qui initie la jeunesse polonaise au rock anglo-saxon, passe de fait du statut de rebelle à celui d’agent de l’empire, mais, là encore, cette observation est laissée aux bons soins du public.
Ce qui fait l’essence de ce film mêlant matériau documentaire (la vidéo qui se fait de plus en plus présente) et science très maîtrisée du cadre (Matuszynski se sert presque aussi bien des couloirs, corridors et vestibules que Martin Scorsese) est finalement très humain : cette faculté à vouloir vivre ensemble malgré le mal que l’on se fait. La solidité du béton n’empêche pas la fragilité de la chair.


THE LAST FAMILY - Bande-Annonce // Au cinéma le 17 janvier from POTEMKINE FILMS on Vimeo.

Film polonais de Jan P. Matuszynski. Avec Andrzej Seweryn, Dawid Ogrodnik, Aleksandra Konieczna (2 h 03). Sur le web : www.potemkine.fr/Potemkine-film, www.facebook.com/Potemkine.Films

Les sorties cinéma de la semaine (mercredi 16 janvier)
The last family, film polonais de Jan P. Matuszynski (à ne pas manquer)Alice Comedies volume 2, programme de quatre courts-métrages américains de Walt Disney (à voir)Enquête au paradis, documentaire français et algérien de Merzak Allouache (à voir)3 Billboards, les panneaux de la vengeance, film américain de Martin McDonagh (à voir)La surface de réparation, film français de Chris Régin (à voir)Ami-Ami, film français de Victor Saint Macary (à voir)Le rire de ma mère, film français de Colombe Savignac et Pascal Ralite (pourquoi pas)Last Flag Flying, film américain de Richard Linklater (pourquoi pas)In the fade, film allemand de Fatih Akin (on peut éviter)L’Enfant de Goa, film indien, hollandais et français de Miransha Naïk (on peut éviter)Brillantissime, film français de Michèle Laroque (on peut éviter)La juste route, film hongrois de Ferenc Török (on peut éviter)
Nous n’avons pas pu voir
Femme et mari, film italien de Simone GodanoNotre créativité oubliée, film français de Etienne GaryTrois Silences, film français de Diane Rudychenko, Nilolaus Roche-Kresse24h Limit, film américain de Brian SmrzWinter War, film français de David Aboucaya





                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-16"> ¤ Une série de courts-métrages mêlant personnages animés et réels, ressortent en salle.
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« Alice Comedies 2 » : Walt Disney en chair et en os

Une série de courts-métrages mêlant personnages animés et réels, ressortent en salle.



Le Monde
 |    17.01.2018 à 09h12
    |

                            Mathieu Macheret








                        



   


L’avis du « Monde » - A voir
Grâce au distributeur Malavida, excavateur de pépites méconnues, les Alice Comedies reviennent sur les écrans avec un nouveau programme de quatre épisodes. Sous ce nom se cache une série de courts-métrages (56 au compteur) réalisés par le célèbre Walt Disney entre 1923 et 1927, lors de ses ­débuts à Hollywood, avec le concours de l’animateur Ub Iwerks, son associé. Ils mettent en scène le personnage d’Alice, une petite fille hardie – incarnée par différentes interprètes (Virginia Davis, Margie Gay ou Lois Hardwick) – projetée dans un bestiaire de toons turbulents, en référence à l’héroïne de Lewis Caroll. Ces petits films, issus de la période du muet, ont cette particularité de reposer sur une technique composite, mélangeant avec habileté l’animation et les prises de vues réelles.
Une extension des domaines du jeu et de l’imaginaire
La rencontre entre Alice, filmée en chair et en os, et les toons polymorphes peut avoir lieu soit dans la parenthèse d’un rêve (Jour de pêche, 1924, qui commence comme un épisode des Petites Canailles), soit plus directement dans le monde parodique du dessin animé, où la petite fille surgit chaque fois sous des costumes différents, comme une héroïne de western (L’Ouest moutonneux, 1926), de chapiteau (La Magie du cirque, 1927) ou de conte (Alice joueuse de flûte, 1924). Son incrustation dans l’image animée fonctionne comme une extension des domaines du jeu et de l’imaginaire. Face à Alice, chats, souris et autres créatures malléables se prêtent aux contorsions les plus loufoques, dans un abattage délirant, bien éloigné de l’univers normatif auquel est associée aujourd’hui la marque Disney. Le charme primitif et la facture inventive de ces courtes bandes sont restés intacts à travers les âges. Parents et ­enfants en redemandent.

Courts-métrages américains de Walt Disney. Avec Virginia Davis, Margie Gay ou Lois Hardwick (40 min). Sur le web : www.malavidafilms.com/cinema/alicecomedies2



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-17"> ¤ En Algérie, Merzak Allouache scrute un mythe propagé au-delà du salafisme.
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« Enquête au paradis » : les 72 vierges du désastre

En Algérie, Merzak Allouache scrute un mythe propagé au-delà du salafisme.



Le Monde
 |    17.01.2018 à 09h11
 • Mis à jour le
17.01.2018 à 10h27
    |

            Jacques Mandelbaum








                        



   


L’avis du « Monde » - A voir
Retour de Merzak Allouache, 73 ans, pugnace comme jamais, sur les écrans. D’aussi loin qu’on se souvienne, l’homme navigue au gré d’une histoire violente entre l’Algérie, son pays natal, et la France, où il a effectué une partie de sa formation, et même de sa carrière. Le genre de l’artiste est frontal, sans ambages, plus particulièrement allergique à l’intolérance et à l’intégrisme. Un rentre-dedans qui passe par des formes éclectiques, du documentaire à la fiction, de la comédie au film à charge. Mentionnons pour mémoire Omar Gatlato (merveilleux premier long-métrage algérien, 1976), Bab El-Oued City (1994), Chouchou (2003), Les Terrasses (2013).

        Lire aussi le compte-rendu :
         

          Les jeunes cinéastes algériens en plein bouillonnement



Enquête au paradis est un documentaire fictionnalisé. Entendons par là que l’essentiel y procède d’une enquête classique, mais que la personne qui la mène est une actrice interprétant le rôle d’une journaliste. A franchement parler, on ne voit pas en quoi ce dispositif, qui ne parvient pas à constituer tout à fait la médiatrice en personnage, apporte davantage au film qu’un documentaire qui aurait été mené par le cinéaste en son nom propre, ou aux côtés d’une véritable journaliste. Il faut croire qu’il était plus envisageable pour le réalisateur de procéder par ce dispositif de médiation. Il est aussi probable que Merzak Allouache souhaitait une femme dans ce rôle, eu égard à la teneur du film.
Laquelle consiste en une succession de rencontres focalisées sur la croyance de l’islam en ce fameux paradis doté de vierges rétribuant généreusement au ciel les hommes qui se seront sacrifiés sur terre pour leur dieu. La question s’adresse, de manière très différente, d’ailleurs, à trois types d’interlocuteurs.
Sensualité « sans Nivea »
D’abord aux propagateurs de la doctrine, qui n’apparaissent qu’à travers des extraits de cassettes de prédicateurs salafistes brodant autour du thème de manière parfois stupéfiante, l’un d’entre eux s’enflammant à la description détaillée de la sensualité des vierges, obtenue, dit-il, « sans Nivea ». Puis un reportage au pied levé interroge « l’homme de la rue » (de l’adolescent dans un centre Internet au vétéran sur un marché), témoignant de l’imprégnation de cette croyance parmi le peuple.
Enfin, l’entretien classique est mené sur le terrain de la rationalité, auprès de personnalités susceptibles d’apporter, depuis leur position particulière, une explication à ce phénomène. La sphère intellectuelle est ici particulièrement sollicitée (depuis les écrivains Kamel Daoud et Boualem Sansal jusqu’à l’actrice Biyouna, en passant par le militant socialiste Fethi Gherras), dont les propos forts et libres, la dignité de pensée et la lucidité pénétrante impressionnent. Deux témoignages sortent nettement de cette épure, et ne sont pas loin de constituer l’élément le plus saillant du film. Il s’agit d’un militant salafiste repenti et d’un cheikh d’obédience malikite. Emises depuis l’intérieur de l’islam, leurs paroles critiquant d’un point de vue différent la dérive fondamentaliste, n’en ont que plus de poids.
Interprétation pour sourire : non pas 72 jeunes vierges, mais une seule vierge de 72 ans
Autant d’interventions qui convergent dans la description d’un désastre politique, culturel et social de grande envergure dans une Algérie contemporaine où le multiculturalisme, le progressisme et la démocratie ont été laminés par un pouvoir autocratique.
Place aurait ainsi été faite, à compter des années 1990, à l’arrivée massive de l’argent et des médias d’Arabie saoudite au service du wahhabisme (1 200 chaînes satellitaires religieuses diffusent en Algérie, contre 30 chaînes laïques). Soit l’instrumentalisation délibérée de la stagnation et de la frustration sociales pour mieux conforter les pouvoirs en place ; la mise entre parenthèses du monde réel au profit d’une rétribution post mortem ; l’enseignement d’une théologie de la mort qui sape l’envie de vivre et de se battre pour améliorer l’ici-bas. L’inverse, on l’aura compris, de ce que fait ce documentaire pétri de vitalité, qui propose in fine, histoire d’en sourire quand même, la possibilité d’une mauvaise interprétation du texte sacré sur le paradis, où attendrait en réalité pour chaque homme non pas 72 jeunes vierges, mais une seule vierge de 72 ans…


BANDE ANNONCE_ENQUETE AU PARADIS SORTIE LE 17 JANVIER 2018 from Zootrope Films on Vimeo.

Film franco-algérien de Merzak Allouache. Avec Salima Abada, Younès Sabeur Chérif, Aïda Kechoud (2 h 15). Sur le web : www.facebook.com/Enqueteauparadis, www.zootropefilms.fr

Les sorties cinéma de la semaine (mercredi 16 janvier)
The last family, film polonais de Jan P. Matuszynski (à ne pas manquer)Alice Comedies volume 2, programme de quatre courts-métrages américains de Walt Disney (à voir)Enquête au paradis, documentaire français et algérien de Merzak Allouache (à voir)3 Billboards, les panneaux de la vengeance, film américain de Martin McDonagh (à voir)La surface de réparation, film français de Chris Régin (à voir)Ami-Ami, film français de Victor Saint Macary (à voir)Le rire de ma mère, film français de Colombe Savignac et Pascal Ralite (pourquoi pas)Last Flag Flying, film américain de Richard Linklater (pourquoi pas)In the fade, film allemand de Fatih Akin (on peut éviter)L’Enfant de Goa, film indien, hollandais et français de Miransha Naïk (on peut éviter)Brillantissime, film français de Michèle Laroque (on peut éviter)La juste route, film hongrois de Ferenc Török (on peut éviter)
Nous n’avons pas pu voir
Femme et mari, film italien de Simone GodanoNotre créativité oubliée, film français de Etienne GaryTrois Silences, film français de Diane Rudychenko, Nilolaus Roche-Kresse24h Limit, film américain de Brian SmrzWinter War, film français de David Aboucaya





                            


                        

                        


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«  3 Billboards » : une soif de vengeance désespérée

Le film de Martin Mc­Donagh approche le formalisme à l’ironie mordante des frères Coen, mais fait aussi preuve d’une certaine désinvolture.



Le Monde
 |    17.01.2018 à 09h00
 • Mis à jour le
17.01.2018 à 12h15
    |

            Isabelle Regnier








                        



   


L’avis du « Monde » - A voir
En choisissant de remettre un Golden Globe à Frances McDormand pour sa performance dans 3 Billboards, Les panneaux de la vengeance, les journalistes de la Foreign Press ­Association, ne se sont pas trompés. S’il y avait un prix à décerner à cette comédie noire qui galvanisa, en septembre 2017, les publics de Venise et de Toronto, c’était bien celui de la meilleure actrice. Le rôle qu’elle y interprète, celui de Mildred Hayes, une femme qui se bat pour que justice soit rendue à sa fille, violée et assassinée quelques mois plus tôt, aurait sans doute pu être joué par d’autres. Mais le projet de Martin Mc­Donagh, cinéaste irlandais, ­remarqué en 2008 pour Bons baisers de Bruges et auteur, en 2013, de Sept psychopathes, qui se voit aujourd’hui propulsé dans le grand bain de l’auteurisme chic à l’américaine, en aurait été altéré.
Exercice d’admiration du ­cinéma des frères Coen, 3 Billboards en épouse le formalisme, les grands motifs et l’ironie mordante, tandis qu’il puise dans Fargo ses éléments de contexte : le décor – une petite ville perdue dans les grands espaces du Midwest –, des personnages de flics dont le niveau d’incompétence, de je-m’en-foutisme et de conservatisme obtus, a fait sauter tous les compteurs, et l’actrice Frances McDormand. La mémoire de l’inoubliable fliquette qu’elle y jouait alors, héroïne butée, futée et sans chichi, noyée dans un océan d’inculture et de bêtise, ­infuse le film de McDonagh, dont elle est, pour cette raison même, à la fois l’âme et le socle.
La mécanique scénaristique, bien huilée de bout en bout, entraîne le film dans un flot ­rocambolesque
L’histoire commence quand Mildred Hayes, découvrant trois immenses panneaux publicitaires en voie de décomposition sur le bord d’une route de campagne, que plus personne n’emprunte depuis qu’une autoroute a été construite à côté, a l’idée de les louer à l’année pour y inscrire, en lettres noires sur fond carmin, un message scindé en trois parties : « Violée pendant qu’elle agonisait il y a plusieurs mois/Toujours pas la moindre arrestation/Pourquoi, shérif Willoughby ? » Le genre d’événement incongrus qui, chez les frères Coen, déclenche une cascade de catastrophes dont chacune ­relance le scénario dans une nouvelle direction, toujours plus surprenante. La tonalité abrasive du message de Mildred, qui hurle l’horreur des faits pour empêcher que ce crime dont a été victime sa fille se dissolve comme tant d’autres dans le silence et l’oubli, donne à ce début de film une tonalité féministe offensive, que renforcent les allégations sur les violences racistes commises dans l’enceinte du commissariat par un certain Dixon (Sam Rockwell).
Deus ex machina
Mais cette veine politique va tendanciellement s’effriter. A mesure que la personnalité du shérif Willoughby (Woody Harrelson) se révèle très différente de celle de l’affreux redneck Dixon, le geste de Mildred se teinte d’une forme d’arbitraire qui, s’il peut se justifier par la cause qu’elle défend, n’en ­paraît pas moins cruel. Père de ­famille et mari aimant, modèle d’intelligence et de bonté, Willoughby se sait atteint d’un cancer ­incurable. Non contente d’avoir déclenché l’ire de la police, Mildred se met ainsi toute la ville à dos. Il n’y a guère que Red Welby, le publicitaire qui lui a loué ses panneaux (formidable Caleb Landry Jones, vu dans Twin Peaks, Get Out et The Florida Project), et James, le nain de la ville qui en pince pour elle (Peter Dinklage, alias Tyrion Lannister de la série Game of Thrones), pour prendre son parti.

        Lire aussi l’entretien :
         

          Martin McDonagh, étonnamment dans l’air du temps



Electrisée par des décharges de violence intenses, étoffée par une galerie de personnages hauts en couleur, la mécanique scénaristique, bien huilée de bout en bout, entraîne le film dans un flot ­rocambolesque où la brave Mildred, confite de douleur et de ­culpabilité, s’abandonne à une soif de vengeance désespérée. Mais, à la différence des frères Coen, qui poussent généralement la noirceur absurde à sa limite ­ultime, Martin McDonagh choisit de la dissoudre au bout d’un ­moment dans un bain de miel, à la faveur d’une série de deus ex ­machina inattendus.
Si les choses se révèlent moins évidentes qu’elles n’y paraissent, elles ne sont pas complexes pour autant. C’est là la limite de ce film qui, comme les précédents de l’auteur, masque sous la virtuosité une relative désinvolture. En troquant ce qui ressemblait à un point de vue politique acéré contre un bréviaire moral simpliste (la haine de l’autre étant fille de la souffrance, il suffirait de renoncer à sa colère pour faire du monde un lieu de justice et d’harmonie), le cinéaste se débarrasse à bon compte des questions brûlantes qu’il soulevait au début de son film.

Film américain de Martin McDonagh. Avec Frances McDormand, Woody Harrelson, Sam Rockwell (1 h 55). Sur le web : www.facebook.com/ThreeBillboardsOutsideEbbing,

Les sorties cinéma de la semaine (mercredi 16 janvier)
The last family, film polonais de Jan P. Matuszynski (à ne pas manquer)Alice Comedies volume 2, programme de quatre courts-métrages américains de Walt Disney (à voir)Enquête au paradis, documentaire français et algérien de Merzak Allouache (à voir)3 Billboards, les panneaux de la vengeance, film américain de Martin McDonagh (à voir)La surface de réparation, film français de Chris Régin (à voir)Ami-Ami, film français de Victor Saint Macary (à voir)Le rire de ma mère, film français de Colombe Savignac et Pascal Ralite (pourquoi pas)Last Flag Flying, film américain de Richard Linklater (pourquoi pas)In the fade, film allemand de Fatih Akin (on peut éviter)L’Enfant de Goa, film indien, hollandais et français de Miransha Naïk (on peut éviter)Brillantissime, film français de Michèle Laroque (on peut éviter)La juste route, film hongrois de Ferenc Török (on peut éviter)
Nous n’avons pas pu voir
Femme et mari, film italien de Simone GodanoNotre créativité oubliée, film français de Etienne GaryTrois Silences, film français de Diane Rudychenko, Nilolaus Roche-Kresse24h Limit, film américain de Brian SmrzWinter War, film français de David Aboucaya





                            


                        

                        


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« Ami-ami » : mes amis, mes amours, mes emmerdes...

Une comédie romantique générationnelle, portée par l’irrésistible William Lebghil.



Le Monde
 |    17.01.2018 à 08h59
 • Mis à jour le
17.01.2018 à 18h09
    |

                            Murielle Joudet








                        



   


L’avis du Monde - A voir
Après une rupture douloureuse, Vincent (William Lebghil) décide de faire une croix sur l’amour et s’installe en colocation avec sa meilleure amie Néféli (Margot Bancilhon) pour qui il n’a aucun secret. Jusqu’au jour où il fait la rencontre de Julie (Camille Razat) dans un supermarché et décide de dissimuler à sa colocataire cette relation amoureuse naissante, au risque de la rendre jalouse… Comédie romantique générationnelle à la bande-son composée par des tubes de la nouvelle pop française (Juliette Armanet, La Femme…), Ami-ami témoigne d’un vrai souci d’écriture (quatre scénaristes crédités dont Thomas Cailley, réalisateur du remarqué Les Combattants) et de mise en scène qui le distingue du tout-venant de la comédie vulgaire et baclée.
Malgré ce soin et quelques belles idées, le film a pourtant du mal à faire oublier l’artificialité de son scénario et du dilemme qui le structure. On se souviendra tout de même du choix judicieux de William Lebghil pour incarner Vincent, acteur qu’on a pu croiser dans Le Sens de la fête d’Olivier Nakache et Eric Toledano. Sa présence apporte au film un mélange de légèreté malicieuse et de normalité infiniment sympathique qui confirme son statut de figure montante du cinéma français.

Comédie française de Victor Saint Macary. Avec William Lebghil, Margot Bancilhon, Camille Razat. 1h26. Sur le web : www.le-pacte.com, www.facebook.com/LEPACTE/

Les sorties cinéma de la semaine (mercredi 16 janvier)
The last family, film polonais de Jan P. Matuszynski (à ne pas manquer)Alice Comedies volume 2, programme de quatre courts-métrages américains de Walt Disney (à voir)Enquête au paradis, documentaire français et algérien de Merzak Allouache (à voir)3 Billboards, les panneaux de la vengeance, film américain de Martin McDonagh (à voir)La surface de réparation, film français de Chris Régin (à voir)Ami-Ami, film français de Victor Saint Macary (à voir)Le rire de ma mère, film français de Colombe Savignac et Pascal Ralite (pourquoi pas)Last Flag Flying, film américain de Richard Linklater (pourquoi pas)In the fade, film allemand de Fatih Akin (on peut éviter)L’Enfant de Goa, film indien, hollandais et français de Miransha Naïk (on peut éviter)Brillantissime, film français de Michèle Laroque (on peut éviter)La juste route, film hongrois de Ferenc Török (on peut éviter)
Nous n’avons pas pu voir
Femme et mari, film italien de Simone GodanoNotre créativité oubliée, film français de Etienne GaryTrois Silences, film français de Diane Rudychenko, Nilolaus Roche-Kresse24h Limit, film américain de Brian SmrzWinter War, film français de David Aboucaya





                            


                        

                        


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« In the fade » : la vengeance dans le vide

Dans ce film sans subtilité, Diane Kruger, prix d’interprétation féminine à Cannes, incarne une femme qui cherche à se venger après la mort de son mari et de son fils.



Le Monde
 |    17.01.2018 à 08h57
    |

            Jacques Mandelbaum








                        



   


L’avis du « Monde » - On peut éviter
Représentant de la diversité du cinéma allemand dans la catégorie auteur grand public, porteur des voix et de la représentation d’une immigration turque dont il est lui-même issu, Fatih Akin est l’auteur d’une œuvre frontale sur des sujet de préférence explosifs à laquelle aura toujours manqué, à notre humble avis, un tant soit peu de trouble et de subtilité. Délaissant dans In the fade la tentation baroque qui court dans ses films au profit d’un traitement plus naturaliste de l’intrigue, il met en scène ici la vengeance d’une femme, Katja, interprétée par Diane Kruger (prix d’interprétation féminine à Cannes).
Un récit schématisé à outrance
Celle-ci perd son mari, d’origine kurde, et son petit garçon, dans un attentat à la bombe organisé par un couple de jeunes néo-nazis. Tandis que la police cherche d’abord du côté d’un règlement de comptes dans les milieux de l’immigration et que les familles mixtes se déchirent autour de la jeune femme, la justice finit par faire comparaître les deux suspects, mais les acquitte au bénéfice du doute. Katja part alors à leur recherche pour rendre elle-même la justice. Hélas, le réalisateur schématise à tel point son récit qu’il lui ôte à peu près tout intérêt. Personnages mono-bloc (vengeresse impavide, assassins cyniques, familles sordides), traitement lapidaire de l’histoire (aucune tentative de compréhension des phénomènes), dramaturgie erratique (film de prison ? film de procès ? film de vengeance ? ), le tout enveloppé dans une esthétique d’une laideur consommée.

        Lire aussi la critique :
         

          Cannes 2017 : « Aus dem Nichts/In the Fade », Diane vengeresse



In fine, on a le sentiment qu’une double contrainte semble avoir détruit le film de l’intérieur. La tentation, d’une part, d’un film de vengeance épuré dont le trajet ne s’embarrasse pas de mots. Le désir d’exprimer, d’autre part, l’inquiétude face à la montée d’un néo-nazisme allemand sous-estimé par les autorités. Refusant de trancher, Fatih Akin s’est un peu pris les pieds dans le tapis, sans même parler de la fin problématique du film, qui nécessiterait à elle seule un débat sur les implications morales et politiques qu’elle induit.

Film allemand de Fatih Akin. Avec Diane Kruger, Denis Moschitto, Johannes Krisch. (1h46). Sur le web : www.pathefilms.com/film/inthefade, www.facebook.com/InTheFade.lefilm



                            


                        

                        

