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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-1"> ¤ Dans une tribune au « Monde », plusieurs économistes, dont Thomas Philippon et Agnès Bénassy-Quéré, plaident pour un processus de nominations le plus transparent et ouvert possible et le choix d’experts qualifiés.
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L’après-Mario Draghi à la Banque centrale européenne : « attention danger »

Dans une tribune au « Monde », plusieurs économistes, dont Thomas Philippon et Agnès Bénassy-Quéré, plaident pour un processus de nominations le plus transparent et ouvert possible et le choix d’experts qualifiés.



Le Monde
 |    20.01.2018 à 13h46
    |

                            Collectif (économistes)








                        


Tribune. Lundi 22 janvier, l’Eurogroupe, le conseil des ministres des finances de la zone euro, ouvre le bal du renouvellement des dirigeants de la Banque centrale européenne (BCE). Pour rappel, la BCE est dirigée par son directoire, composé de six membres nommés pour huit ans et non renouvelables. Ce sont eux qui préparent les décisions, généralement avalisées par le Conseil des gouverneurs qui inclut, en plus du directoire, les gouverneurs de toutes les banques centrales de la zone euro. Les dirigeants de la BCE sont nommés par les chefs d’Etats et de gouvernements sur recommandation de l’Eurogroupe.

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Dans les deux ans qui viennent, quatre des six membres du directoire de la BCE vont achever leur mandat. Le premier remplacement aura lieu dans les semaines qui viennent. Or les candidats sont rares, conditionnant l’ensemble des nominations qui vont suivre. La prochaine nomination aura une influence importante sur celles qui suivront, en raison de règles tacites de répartition géographique Nord-Sud au sein de la zone euro. La démocratie européenne étant encore à ses balbutiements, le Parlement européen ne peut arrêter ce train : il donne seulement un avis consultatif et son poids reste faible en pratique.
« Les personnes devraient être nommées en fonction de leurs compétences et non en fonction de précaires équilibres géographiques ou politiques ».
C’est pourquoi nous pensons que les quatre processus de nomination à venir devraient être les plus transparents et les plus ouverts possibles, avec pour but de nommer les personnes en fonction de leurs compétences et non en fonction de précaires équilibres géographiques ou politiques.
Si le mandat de la BCE est d’assurer la stabilité des prix et la stabilité financière, en pratique elle a un rôle beaucoup plus large dans l’économie, la stabilité financière et le bien-être des citoyens européens. Mais la politique monétaire et les questions financières sont des questions arides et techniques qui ne mobilisent pas les opinions publiques. Elles ne semblent pas non plus au cœur des préoccupations des gouvernements, qui sont tentés de considérer les nominations à la BCE comme faisant partie du jeu habituel de partage des postes de prestige international.
Un travail crucial et hautement technique
Pourtant, après l’expérience dévastatrice de la crise de la zone euro, il devrait être évident que ces nominations sont d’une très grande importance : sans la BCE, la zone euro aurait connu une crise encore plus dramatique, ou aurait explosé. Ceux qui ont connu l’inflation à deux chiffres des années 1980 devraient aussi se rappeler que les banques centrales ont souvent failli par le passé.
Or, précisément parce que le travail de la BCE est hautement technique, ceux qui en ont la responsabilité doivent être des experts parfaitement qualifiés. Ils doivent être au fait des connaissances les plus pointues sur la monnaie et ses effets économiques, et ils doivent comprendre comment fonctionnent les marchés financiers. Durant la crise financière, on a vu les banques centrales innover sur tous les fronts, mettant à profit ce type de connaissances. Les conséquences de cette crise ont été profondes, avec son cortège de chômeurs et la montée des inégalités, suivies de la montée des populismes, mais cela aurait pu être bien pire !
Penser aux femmes
Les chefs d’Etat et de gouvernement ont nombre de dossiers urgents à traiter et cette question pourrait ne pas leur paraître primordiale. Ce serait une erreur. Le mandat des membres du Conseil exécutif est de huit ans. Durant ces années, bien des choses peuvent se produire et il est essentiel de savoir que la BCE est entre des mains hautement compétentes. Ce n’est pas parce que l’enjeu – la survie à long terme de l’euro, tout simplement – est distant qu’il n’est pas crucialement important.
Heureusement, l’Europe ne manque pas d’experts de haut niveau. La plupart d’entre eux ne fréquentent pas nécessairement les allées du pouvoir. Il faut les identifier là où ils sont, y compris en pensant aux femmes puisqu’une seule (sur six) est actuellement en poste. Enfin, il faut traiter la question de manière ouverte, en s’entourant d’avis compétents. Avoir le bon passeport au bon moment ne peut pas servir de critère principal.
Signataires : Charles Wyplosz, professeur d’économie à l’Institut des hautes études internationales et du développement de Genève (Suisse), Thomas Philippon, professeur d’économie à la NYU Stern (Etats-Unis), Pierre-Olivier Gourinchas, professeur d’économie à l’université de Berkeley (Etats-Unis), Jacques Delpla, chercheur associé à l’Ecole d’économie de Toulouse, et Agnès Bénassy-Quéré, professeur d’économie à l’Ecole d’économie de Paris.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-2"> ¤ Peu avant la visite d’Emmanuel Macron, mardi 16 janvier, dans le Centre d’accueil et d’examen de situations administratives de Croisilles (Pas-de-Calais), Laurence Geai y a saisi pour « Le Monde » cette image à rebours des clichés.
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Migrants en contrechamp

Peu avant la visite d’Emmanuel Macron, mardi 16 janvier, dans le Centre d’accueil et d’examen de situations administratives de Croisilles (Pas-de-Calais), Laurence Geai y a saisi pour « Le Monde » cette image à rebours des clichés.



Le Monde
 |    20.01.2018 à 12h00
    |

                            Marion Dupont








                        



                                


                            

Deux mains enserrent un livre, comme un écho au geste d’une mère passant son bras autour de sa fille sur le dessin ornant la page de droite. La prise de vue en plongée nous place tout près de l’épaule du lecteur, telle une invitation à s’approcher, voire à prendre sa place. La faible profondeur de champ et les couleurs pastel de l’illustration adoucissent la froideur du mobilier. Tout, dans la construction de cette image, semble en contradiction avec la grammaire visuelle habituelle des photographies de réfugiés, qui convoque d’ordinaire des émotions fortes.
Celle-ci a pourtant été prise à Croisilles (Pas-de-Calais), dans le centre d’accueil et d’examen des situations (CAES) qui offre une soixantaine de lits, des repas chauds, des cours de français et une assistance médicale aux migrants qui le souhaitent. Laurence Geai, photographe pour Le Monde, s’y trouvait le week-end du 13 janvier pour suivre le quotidien des réfugiés.

Un livre, un stylo-bille, des dominos, le temps semble s’écouler au rythme du petit village du Nord pour ce jeune Soudanais : « Nous étions dans le lieu de vie commun, après un cours de français. Pendant qu’il essayait de déchiffrer ce passage seul, un ami était sur son téléphone, d’autres jouaient. Le moment paisible, le livre enfantin ont attiré mon regard. »
Contrastes
Le passage par les CAES, éloignés de la frontière, est souvent une séquence de repos pour les migrants qui ont passé les semaines précédentes à tenter chaque nuit un passage vers le Royaume-Uni. C’est aussi là que l’ennui s’installe, loin des événements parfois douloureux qui ont ponctué les trajectoires de chacun d’entre eux – et qui habitent nos représentations. Par son cadrage serré, cette photographie congédie, pour un instant, les épreuves passées.
Laurence Geai se souvient avoir pensé à un autre contraste aumoment de la prise de vue : « Le moment tranchait avec le contexte un peu hostile. Quelques heures auparavant,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-3"> ¤ Editorial. « Affaire russe », climat, accord nucléaire iranien… Après un an de mandat, le président américain dispose déjà d’un début de bilan.
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Donald Trump doit être jugé pour ce qu’il fait autant que pour ce qu’il est

Editorial. « Affaire russe », climat, accord nucléaire iranien… Après un an de mandat, le président américain dispose déjà d’un début de bilan.



Le Monde
 |    20.01.2018 à 10h45
 • Mis à jour le
20.01.2018 à 16h50
   





                        


Editorial du « Monde ». Donald Trump ne pouvait imaginer pire anniversaire. Un an après son arrivée à la Maison Blanche, ce n’est pas dans sa luxueuse propriété de Mar-a-Lago, en Floride, qu’il a célébré l’événement, comme il l’avait prévu, mais du bureau Ovale, pour tenter de trouver une solution à la paralysie de l’administration américaine. En effet, faute de compromis sur le budget entre républicains et démocrates au Congrès, l’Etat se retrouve, samedi 20 janvier, à court d’argent, obligeant la première puissance mondiale à fonctionner au ralenti.

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                Aux Etat-Unis, la première année de Donald Trump s’achève sur un « shutdown »



Ce shutdown illustre jusqu’à la caricature le fonctionnement chaotique de la présidence de M. Trump. Depuis douze mois, il est engagé dans une campagne électorale perpétuelle qui préfère exciter sa base plutôt que représenter le plus grand nombre. Un responsable qui entretient un rapport torturé aux faits et qui attaque la presse avec des accents d’autocrate. Le commandant en chef de la plus puissante armée au monde qui manie l’insulte publique sans le moindre filtre.
Le déni, un péril insidieux
Une administration aussi peu conventionnelle ne peut que désorienter, aux Etats-Unis comme partout dans le monde, au risque d’exposer les détracteurs du président à un péril insidieux : le déni. Un procès en illégitimité resurgit en effet régulièrement, au travers de débats de comptoir sur la santé mentale de Donald Trump, l’éventualité d’un impeachment ou l’application du vingt-cinquième amendement de la Constitution, qui dispose que le président peut être remplacé par son vice-président lorsqu’il se trouve dans l’incapacité d’exercer ses fonctions.
Ce déni occulte le fait qu’une élection présidentielle n’est pas un relevé d’aptitudes mais bien une compétition démocratique que le magnat de l’immobilier a remportée, même s’il n’a pas obtenu la majorité des suffrages exprimés. Elu pour quatre ans, doté d’une « excellente » santé, selon le médecin de la Maison Blanche, Donald Trump a déjà en ligne de mire sa réélection en 2020.
Un début de bilan
Le déni empêche surtout de voir que, en dépit du tumulte qui entoure son exercice singulier du pouvoir, ce président dispose déjà d’un début de bilan, aussi poussif soit-il : une réforme fiscale, une vague de dérégulation, des nominations massives de juges fédéraux en place pour les décennies à venir. Et puis, malgré une impopularité sans précédent après douze mois de pouvoir, il est à la tête d’une économie florissante, et cette bonne santé sera peut-être portée un jour à son seul crédit, alors qu’il est partagé aujourd’hui avec un prédécesseur qu’il exècre, Barack Obama.
Certes, des ombres persistent dans ce tableau. L’enquête « russe » tout d’abord, consacrée aux interférences avec la campagne électorale de 2016 prêtées à la Russie par le renseignement américain. Conduite par un procureur spécial dont l’intégrité est à toute épreuve, Robert Mueller, elle n’en finit pas de hanter la Maison Blanche en mettant en cause l’entourage direct du président. La volonté de Donald Trump, ensuite, de soumettre les équilibres incertains du monde à des crash-tests permanents, que ce soit sur la lutte contre le réchauffement climatique, le commerce international, le dossier israélo-palestinien ou encore l’accord nucléaire conclu avec l’Iran.
Autant de dossiers qui imposent de prendre en compte Donald Trump pour ce qu’il fait autant que pour ce qu’il est. C’est à cette aune qu’il doit être jugé, plus que sur le tapage soulevé par les messages matutinaux intempestifs qu’il publie sur son réseau social préféré.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-4"> ¤ Les petites villes ont beau multiplier les appels du pied aux généralistes, rien n’y fait, les zones rurales ne parviennent pas à les attirer, déplore Benoît Hopquin, directeur adjoint de la rédaction du « Monde », dans sa chronique.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-4"> ¤                     
                                                   
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« Recherche médecin de campagne désespérément »

Les petites villes ont beau multiplier les appels du pied aux généralistes, rien n’y fait, les zones rurales ne parviennent pas à les attirer, déplore Benoît Hopquin, directeur adjoint de la rédaction du « Monde », dans sa chronique.



Le Monde
 |    20.01.2018 à 10h14
    |

            Benoît Hopquin








                        



                                


                            

Chronique. Il fait bon vivre à Boran-sur-Oise. « C’est un charmant village, calme et dynamique de 2 200 habitants. Situé dans le parc naturel régional Oise Pays-de-France, [il] offre un cadre de vie idéal pour les amoureux de la nature et de la campagne, à quelques kilomètres seulement de la région parisienne. » Château-Thierry (Aisne) semble bien agréable aussi : « Son environnement fortement boisé, ses vignobles de champagne classés au patrimoine mondial de l’Unesco et la vallée de la Marne lui confèrent un caractère particulier et atypique de “ville à la campagne” qui invite à la promenade et à la détente. » Et que dire de Saint-Philibert, sur le littoral du Morbihan ? « Pour les amoureux de la mer, le secteur offre une multitude d’activités nautiques et de loisirs. » Attirante pour d’autres raisons, Novillars (Doubs), près de Besançon : « Une vie associative dynamique ponctue le calendrier de nombreuses manifestations très fréquentées et appréciées. »
Diplômés de la faculté de médecine, comme on vous envie ! Où vous siérait-il d’exercer votre beau métier, de poser votre mallette, de jouer du stéthoscope et du tensiomètre ? Car, femmes et hommes de l’art, ces petites annonces, façon danse du ventre, repérées au hasard d’Internet sont pour vous. Elles viennent de municipalités qui rêvent d’un pas de deux avec vous, d’entrelacs à la manière des serpents du caducée.
« Ces mots doux sont bien des appels au secours, des SOS de populations en détresse, des bouteilles à la mer numérique face à une pénurie dramatique »
Ces bucoliques retapes ne sont qu’un florilège au milieu de centaines, de milliers d’autres. Elles émargent à une rubrique vilainement contagieuse par les temps qui courent : recherche médecin généraliste désespérément. Puisque ces mots doux sont bien des appels au secours, des SOS de populations en détresse, des bouteilles à la mer numérique face à une pénurie dramatique....




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-5"> ¤ L’écrivaine et cinéaste, survivante d’Auschwitz, de Bergen-Belsen et de Theresienstadt, raconte son retour à la vie dans « L’Amour après ».
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Marceline Loridan-Ivens : « Le rapport à mon corps a été totalement ravagé par les camps »

L’écrivaine et cinéaste, survivante d’Auschwitz, de Bergen-Belsen et de Theresienstadt, raconte son retour à la vie dans « L’Amour après ».



Le Monde
 |    20.01.2018 à 09h00
 • Mis à jour le
20.01.2018 à 12h58
    |

                            Florent Georgesco








                        



                                


                            

L’Amour après, de Marceline Loridan-Ivens, avec Judith Perrignon, Grasset, 162 p., 16 €.
Marceline Loridan-Ivens (née en 1928) a d’abord été scénariste, actrice, cinéaste – elle a coréalisé avec son mari, le grand documentariste Joris Ivens (1898-1989), des films sur la guerre du Vietnam, la Chine maoïste… et réalisé seule un long-métrage, La Petite Prairie aux bouleaux (2003). Elle a évoqué dans Et tu n’es pas revenu (avec Judith Perrignon, Grasset, 2015) sa jeunesse marquée par la déportation, en 1944, dans le même convoi que Simone Veil, au camp nazi d’Auschwitz-Birkenau, puis à Bergen-Belsen et Theresienstadt, où elle sera libérée en 1945. Son nouveau livre (également coécrit avec Judith Perrignon) raconte la suite : la liberté retrouvée, la découverte de l’amour, la lente reconstruction d’une survivante.
« L’Amour après », c’est le livre de la vie qui recommence…
C’est un livre sur les conséquences. Quand j’ai été arrêtée par la Gestapo, j’avais 15 ans. 15 ans à l’époque, ce n’est pas 15 ans aujourd’hui. On connaissait mal la vie. A Drancy, j’étais une petite fille, je ne savais pas ce qui se passait. Avant-guerre, j’écoutais Radio Londres avec mon père. Un jour, en 1942, j’ai entendu dire qu’on retournait les pots d’échappement des camions vers l’intérieur, pour gazer les gens. Mais comment en être sûre ? Je n’avais de preuve de rien, je savais sans savoir. J’entrais dans l’inconnu.
Cette petite fille à peine grandie, ce « jeune bourgeon que la guerre avait gelé sur pied », écrivez-vous, doit tout apprendre d’un coup. Et d’abord l’amour, qui est le grand sujet du livre…
La vie est à la fois brève et longue. Plus longue qu’on ne le pense, moins qu’elle ne devrait l’être. Cela représente beaucoup d’amours de toutes sortes. Je les raconte, et je raconte aussi ce que c’est d’aimer et de se laisser aimer, y compris physiquement,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-6"> ¤ Pour les producteurs de contenus, sur Facebook, pousser le lecteur à s’indigner est devenu le moyen le plus sûr d’atteindre son public. Ce qui n’est pas sans risque pour la pratique journalistique, analyse le chef du pôle vidéo du « Monde » Olivier Clairouin.
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Réseaux sociaux : la pente glissante de l’indignation permanente

Pour les producteurs de contenus, sur Facebook, pousser le lecteur à s’indigner est devenu le moyen le plus sûr d’atteindre son public. Ce qui n’est pas sans risque pour la pratique journalistique, analyse le chef du pôle vidéo du « Monde » Olivier Clairouin.



Le Monde
 |    20.01.2018 à 08h36
 • Mis à jour le
20.01.2018 à 11h32
    |

            Olivier Clairouin








                        



                                


                            
ANALYSE. Même s’il semble aujourd’hui moins les porter dans son cœur, Facebook a tout fait ces dernières années pour attirer les médias dans ses filets. Mise en avant des contenus vidéos, subventions massives pour produire des Facebook Live (vidéos en direct), « Instant articles » (un format spécial réservé aux médias)…
Objectif : donner à l’utilisateur tout ce dont il peut avoir besoin, dont des contenus d’actualité, pour qu’il ne quitte jamais la plate-forme. Résultat : en France, plus d’un tiers des personnes s’informent désormais en priorité sur les réseaux sociaux, et particulièrement sur Facebook. Ce qui a un impact très concret sur la manière dont les rédactions produisent leurs contenus.
Une grammaire adaptée à Facebook
Prenons l’exemple de la vidéo : interviews face caméra, déclaration ou image forte dans les trois premières secondes pour retenir l’attention, phrases courtes et percutantes incrustées directement dans l’image, musique rythmée et animations à gogo, formats de type édito en vertical…
Les vidéos publiées en ligne n’ont, dans leur grammaire, plus rien à voir avec celles publiées il y a à peine deux ans. Inventé et codifié par les médias dont la stratégie économique repose entièrement sur les réseaux sociaux (ni NowThis, ni Brut n’ont de sites Internet), ce modèle a depuis été imité par l’intégralité des médias en ligne. Et, parfois, moqué pour son manque de profondeur :

Parce que leur morphologie s’est adaptée aux contraintes du réseau social, ces contenus sont incontestablement plus « efficaces » que leurs prédécesseurs pour capter l’attention de l’internaute. Mais ils incarnent aussi une nouvelle logique : celle qui vise en priorité à être liké, commenté et partagé directement sur le réseau social, davantage qu’à être lu sur un site tiers.
Or rien ne provoque mieux cet effet que l’indignation. Comme le relève Molly Crockett, professeure en psychologie à l’université...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-7"> ¤ Livre. L’historienne Annette Becker a croisé les parcours de ces deux hommes, qui se sont heurtés à l’incompréhension alors qu’ils alertaient les Alliés sur l’extermination des juifs.
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Raphael Lemkin et Jan Karski, consciences de l’humanité

Livre. L’historienne Annette Becker a croisé les parcours de ces deux hommes, qui se sont heurtés à l’incompréhension alors qu’ils alertaient les Alliés sur l’extermination des juifs.



Le Monde
 |    20.01.2018 à 08h13
    |

                            Antoine Flandrin








                        



                                


                            
Livre. Rares sont ceux qui, dès 1941, ont su percevoir l’ampleur et la nature spécifique de l’extermination des juifs au sein des crimes de la seconde guerre mondiale. Parmi eux, deux Polonais : le juriste juif Raphael Lemkin (1900-1959) et le résistant catholique Jan Karski (1914-2000). L’historienne Annette Becker a croisé les parcours de ces « deux messagers du désastre », qui ont eu pour point commun de se heurter à un mur d’incompréhension et de rejet.
Convaincu que le peuple juif est en train de « disparaître de la Terre », Raphael Lemkin envoie un mémorandum au président Roosevelt
Raphael Lemkin prend la route de l’exode dès la reddition de son pays. Des pays baltes, il rejoint la Suède, puis les Etats-Unis. Convaincu que le peuple juif est en train de « disparaître de la Terre », il envoie un mémorandum au président Roosevelt, dont il croit qu’il manque d’informations. De simples conseillers lui répondent des semaines plus tard qu’il faut prendre patience. Mortifié que Roosevelt ne perçoive l’urgence de la situation, il en conclut que les Alliés sont en train de se rendre complices indirectement du crime contre le peuple juif.
Le résistant catholique Jan Karski voit, lui, de ses propres yeux l’anéantissement du monde de Lemkin. A l’été 1942, il se rend avec une étoile jaune dans le ghetto de Varsovie, où il est témoin du sort qui est réservé aux juifs. « Ils étaient encore vivants, mais à part la peau qui les recouvrait, les yeux, la voix, il n’y avait plus rien d’humain dans ces formes palpitantes », écrit-il dans ses récits, qui seront ensuite publiés à Londres et à New York. Ses guides du ghetto lui indiquent que des crimes plus horribles sont perpétrés dans l’Est de la Pologne. Après avoir endossé en fraude l’uniforme d’un supplétif ukrainien des nazis, Karski se rend à Izbica, puis à Wolkowysk, le village d’enfance de Lemkin. Là, il voit, sent et entend les cris et la mort d’êtres humains entassés dans...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-8"> ¤ En un an, Donald Trump n’a pas accompli grand-chose, mais il dispose d’un socle d’électeurs solide, explique Samuel Goldman, professeur de science politique à l’université George-Washington, dans un entretien.
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Samuel Goldman : « Donald Trump est un président d’une extraordinaire faiblesse »

En un an, Donald Trump n’a pas accompli grand-chose, mais il dispose d’un socle d’électeurs solide, explique Samuel Goldman, professeur de science politique à l’université George-Washington, dans un entretien.



Le Monde
 |    20.01.2018 à 06h32
    |

            Marc-Olivier Bherer








                        



                                


                            

Samuel Goldman est professeur de science politique à l’université George-Washington (Washington DC), il dirige le Loeb Institute for Religious Freedom et les pages littéraires de la revue conservatrice Modern Age.
Qu’avez-vous pensé de la première année de Donald Trump au pouvoir ?
Au moment de son entrée en fonctions, j’ai cru qu’il saurait mieux se faire aimer. Traditionnellement, les présidents atteignent un sommet de popularité peu après leur arrivée à la Maison Blanche et les sondages leur restent favorables au cours de leur première année au pouvoir. Mais M. Trump n’a pas connu d’état de grâce. La proportion des électeurs qui se disent satisfaits de son travail oscille entre 35 % et 45 %.
De tels scores étaient cependant prévisibles, puisqu’ils correspondent à ceux enregistrés au cours de la campagne présidentielle. Les Américains se partagent toujours en trois blocs. Le premier tiers apprécie vraiment Trump, le deuxième l’a en aversion et le troisième se tient au centre, entre ces deux pôles. Trump s’est donc montré incapable de gagner les faveurs de ceux qui ne le soutenaient pas déjà au cours de la campagne. Il s’en tient à ce qu’il appelle sa « base ».
Cette base semble donc solide…
Ce qui est moins surprenant qu’on ne pourrait le croire. Les présidents les moins populaires, par exemple Richard Nixon au moment du Watergate ou Herbert Hoover aux premiers temps de la Grande Dépression, avaient la même proportion d’électeurs qui les soutenaient. Ainsi, à moins de révélations véritablement fracassantes, il semble très peu probable que Trump voit sa base s’éroder.
A votre avis, Donald Trump est-il un président fort ou faible ?
Il est un président d’une faiblesse extraordinaire. L’histoire de l’année qui vient de s’écouler est celle de son incapacité à pourvoir son administration en personnel, à fixer ses priorités politiques. En conséquence,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-9"> ¤ A Barcelone, où un bordel propose des « Real Dolls », nous avons exploré les étranges ressorts de l’attraction pour les robots, entre gêne et trouble.
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Les poupées sexuelles, ces mystérieux objets de désir

A Barcelone, où un bordel propose des « Real Dolls », nous avons exploré les étranges ressorts de l’attraction pour les robots, entre gêne et trouble.



Le Monde
 |    20.01.2018 à 06h30
    |

            Frédéric Joignot








                        



                                


                            

Debora nous attendait en lingerie, assise sur un grand lit, dédoublée par un miroir mural, dans une petite pièce qu’éclairait un néon rose. J’étais bluffé. Elle semblait tout à fait vivante, réelle. Je la regardais à ladérobée tandis que Miguel, son jeune mac, me prévenait : « Attention, elle a les mains et les pieds très fragiles. Il ne faut pas lui écarter les bras et les cuisses en la prenant par là, tu risques de les tordre. » Debora restait immobile, fixant le mur, le décolleté vertigineux. « Elle a été nettoyée au savon antibactérien, a continué Miguel, mais je conseille le préservatif. Tu peux lui faire tout ce que tu veux mais ne l’abîme pas ! J’ai laissé un tube de lubrifiant. »
Nous serions entrés dans une nouvelle époque où des hommes vont tenter d’assouvir leurs désirs sexuels avec des poupées et des robots – l’ère des simulacres pornographiques annoncée par Jean Baudrillard
Lumidoll, le premier bordel européen de fausses femmes en texture moelleuse imitant la chair (silicone ou élastomère thermoplastique), a ouvert en février 2017 à Barcelone, dans le quartier du Camp Nou. Il a connu un succès médiatique immédiat : des articles, navrés ou enthousiastes, ont parlé d’un moment historique. Nous serions entrés dans une nouvelle époque où de nombreux hommes vont tenter d’assouvir leurs désirs sexuels avec des poupées et des robots – l’ère des simulacres pornographiques annoncée par Jean Baudrillard.
La Marilyn Monroe du Musée Grévin
Je m’assois à côté de Debora. Elle est grande, sa peau est élastique, ses yeux bleu clair, elle a de longs cils noirs, une perruque blond platine. On dirait une femme de 20 ans. Je la prends par la taille, qu’elle a froide : c’est un peu comme si j’enlaçais la Marilyn Monroe du Musée Grévin. « Tu t’appelles comment ? » Mais Debora est muette.
Je veux la prendre sur mes genoux. Difficile : elle pèse son poids, 45 kg d’après Miguel. Comme elle ne m’aide pas du tout,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-10"> ¤ Trois questions au philosophe Jocelyn Benoist.
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Les « fake news » sont-elles de vrais mensonges ?

Trois questions au philosophe Jocelyn Benoist.



Le Monde
 |    20.01.2018 à 06h30
    |

                            Julie Clarini








                        



                                


                            
Jocelyn Benoist, spécialiste de Husserl et de phénoménologie, est professeur de philosophie à l’université Paris-I-Sorbonne. Il est l’auteur de plusieurs ouvrages, dont récemment L’Adresse du réel (Vrin, 2017).
Comment le philosophe que vous êtes définirait-il les « fake news » ? Quel est leur statut au regard de la vérité ?
L’idée de fausse nouvelle est vieille comme le monde. Le phénomène des « fake news », au sens où on l’entend aujourd’hui, semble en revanche lié au fonctionnement de nouveaux canaux de production et de circulation de l’information, ou de ce qui se fait passer pour de l’information. Il renvoie à une configuration déterminée du savoir et du non-savoir, sur laquelle il faudrait interroger le sociologue et l’historien.
« En un certain sens, on pourrait soutenir qu’avec les réseaux sociaux, ce sont toutes les “news” qui sont “fake”, ou disons “nouvelles fabriquées”, en vertu de leur statut même »
Une question conceptuelle qu’on peut se poser est de savoir si l’intention de tromper est essentielle à ce qu’on appelle aujourd’hui « fake news ». Ou bien, en dehors même d’une telle intention, une simple erreur, du fait du mode de diffusion viral propre aux nouveaux médias, ne peut-elle acquérir un tel statut ? La fausseté à elle seule, certainement, ne suffit pas. Les « fake news » ne vivent que de leur participation à l’horizon des « news ». Il faudrait donc réfléchir aux vicissitudes de la catégorie de « nouvelles », de l’invention du journalisme jusqu’aux nouveaux médias, les réseaux sociaux induisant finalement l’illusion d’un monde où, tendanciellement, l’événement, c’est la nouvelle elle-même. Dès lors, il n’est pas toujours facile de faire le tri et de séparer ce qui est « fake news » et ce qui ne l’est pas. En un certain sens, on pourrait soutenir qu’avec les réseaux sociaux, ce sont toutes les « news » qui sont « fake », ou disons « nouvelles fabriquées », en vertu de leur statut même.





                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-11"> ¤ Cette semaine, « Sensibilités » se penche sur les états extrêmes du corps et « L’Eléphant » sonde notre culture générale.
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La revue des revues

Cette semaine, « Sensibilités » se penche sur les états extrêmes du corps et « L’Eléphant » sonde notre culture générale.



Le Monde
 |    20.01.2018 à 06h30
    |

                            Marion Dupont








                        



                                


                            Corps en crise
Soucieuse d’offrir « un espace spécifique de recherches, mais aussi de confrontation des méthodes, de relecture de travaux classiques ou encore d’expérimentation de modes d’expressions alternatifs » à ce nouveau lieu des sciences sociales que sont les sensibilités et les affects, le numéro 3 de la revue semestrielle Sensibilités traque le corps paroxystique. Des chercheurs venus de toutes les disciplines en examinent les traces et les représentations dans les endroits les plus divers : la figure des satyres ornant amphores et coupes athéniennes vers 600 avant notre ère, les performances de l’artiste Gina Pane, assimilée au courant du body art, les témoignages des urgentistes mobilisés le soir du 13 novembre 2015, un tableau anonyme du XVIIIe siècle représentant frontalement une naissance. Ils y examinent aussi ce que le paroxysme fait à leur travail : car si Hervé Mazurel, dans l’éditorial, souligne « les liens que tissent paroxysme, refoulement et inconscient », et si le paroxysme se définit peut-être par les stratégies de confinement mises en place autour de lui, la tâche n’en est que plus complexe pour celui qui l’analyse. Loin d’épuiser la puissance des situations décrites, les textes (souvent pensés eux-mêmes comme des expériences) sont aussi éprouvants que fascinants. 
Sensibilités. Histoire, critique & sciences sociales, n° 3, « Corps au paroxysme » (Editions Anamosa, 158 pages, 22 euros).
La culture générale, totem français
Pour son cinquième anniversaire, la revue L’Eléphant s’offre un sondage exclusif, mené par l’IFOP auprès des Français sur leur rapport à la culture générale. Cette conception très hexagonale d’un socle commun des connaissances fait régulièrement débat : ce serait une notion imprécise, se restreignant aux humanités classiques et à l’effet ségrégatif, mais dont la disparition fait régulièrement pousser les hauts cris à...




                        

                        


<article-nb="2018/01/20/19-12">
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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-12"> ¤ Dans une tribune au « Monde », le politiste Denis Lacorne, spécialiste des Etats-Unis, estime que le véritable test, pour le président américain, aura lieu aux élections de mi-mandat, en novembre 2018, avec un risque de voir le Congrès basculer du côté démocrate.
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« La gauche américaine aurait tort de diaboliser Trump à outrance »

Dans une tribune au « Monde », le politiste Denis Lacorne, spécialiste des Etats-Unis, estime que le véritable test, pour le président américain, aura lieu aux élections de mi-mandat, en novembre 2018, avec un risque de voir le Congrès basculer du côté démocrate.



Le Monde
 |    20.01.2018 à 04h30
    |

Denis Lacorne (politiste spécialiste des Etats-Unis, directeur de recherche au CERI-Sciences Po)







                        



                                


                            

Elu en 2016 pour quatre ans à la présidence des Etats-Unis, Donald Trump, s’il devait être réélu en 2020, resterait au pouvoir jusqu’en 2024. Est-il vraisemblable qu’un leader qui, de l’avis de ceux qui l’ont côtoyé, est irascible, infantile, raciste, narcissique à l’extrême, incapable de concentration, peu informé de l’état du monde, insultant à l’égard des femmes, des Afro-Américains, des Haïtiens, des musulmans, des Latinos, de ses subordonnés, des médias, reste si longtemps au sommet de l’Etat fédéral ? Quelles sont les chances d’une telle longévité ? Quelle crédibilité faut-il accorder à ceux qui prédisent sa chute prochaine et s’attendent tantôt à une démission forcée, comme celle de Nixon après la crise du Watergate, tantôt à une démission soudaine précipitée par l’application de la quatrième clause du 25e amendement, prévoyant, à la demande du vice-président et de la majorité des ministres, le départ d’un président « incapable d’assumer les pouvoirs et devoirs de sa charge » et son remplacement immédiat par le vice-président en exercice ?

Les élections de novembre 2018 seront décisives pour l’avenir de l’administration Trump. L’impopularité du président, l’effritement de sa base électorale, la multiplication de propos insultants augurent mal de l’avenir du Grand Old Party. Le parti du président est presque toujours perdant lors des élections de mi-mandat, et il suffirait aux démocrates de l’emporter dans 24 circonscriptions pour obtenir la majorité des sièges à la Chambre des représentants. Le contrôle du Sénat (renouvelé pour un tiers) se jouera à quelques sièges près. C’est sans doute pourquoi les élus sortants ont été si réticents à critiquer les propos racistes du président, de peur de heurter une base électorale populiste qui reste farouchement fidèle à son « génie ». La plupart des participants à la réunion infamante où M. Trump dénonça Haïti et d’autres nations africaines comme des « pays de merde » prétendirent...




                        

                        


<article-nb="2018/01/20/19-13">
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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-13"> ¤ L’exposition Che Guevara, organisée jusqu’au 18 février par la mairie de Paris, fait polémique. A juste titre selon Yoani Sanchez, journaliste et blogueuse cubaine, qui dénonce, dans une tribune au « Monde », le « petit boucher de La Cabaña ».
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Exposition Che Guevara : « Hidalgo s’inscrit dans une campagne de communication de Cuba »

L’exposition Che Guevara, organisée jusqu’au 18 février par la mairie de Paris, fait polémique. A juste titre selon Yoani Sanchez, journaliste et blogueuse cubaine, qui dénonce, dans une tribune au « Monde », le « petit boucher de La Cabaña ».



Le Monde
 |    19.01.2018 à 17h00
    |

Yoani Sanchez (Journaliste et blogueuse cubaine)







                        



                                


                            

Tribune. Il y a presque quarante ans, lorsque j’apprenais l’alphabet, j’ai eu à entonner mon premier slogan politique, le même que répètent toujours chaque matin des milliers d’enfants cubains : « Pionniers pour le communisme, nous serons comme le Che ». Cependant, aujourd’hui, la figure du guérillero est largement remise en question à travers le monde, sauf à Cuba.
L’homme qui a posé pour tant de photographes, qui est devenu immortel grâce à son portrait au béret, le regard perdu, ne se remet pas bien du jugement de l’Histoire. A notre époque, où la violence et les luttes armées sont de plus en plus critiquées publiquement, les détails de ses méfaits font surface et ses victimes passées commencent enfin à être écoutées.

Ernesto Guevara, l’Argentin qui a captivé les cinéastes, les écrivains et les journalistes traverse une mauvaise passe. Peu importe que son visage continue à apparaître sur une multitude de tee-shirts, de drapeaux ou de cendriers à travers le monde, car son mythe perd de ses couleurs dans la mesure où l’on connaît de plus en plus le personnage qu’il était vraiment. La vérité refait surface alors qu’il s’enfonce.
Le Che, un business
La commercialisation sans limite qui s’est emparée de cette image à la barbe clairsemée et aux sourcils proéminents a également contribué à cette détérioration. La voracité matérielle de ses héritiers, l’usage sans scrupule qu’ont fait ses compagnons de lutte de son nom et la frivolité des consommateurs de reliques idéologiques participent de l’érosion de sa légende.
Le Che est devenu un business, un très bon business pour les nostalgiques qui écrivent des livres sur ces utopies qui font tant défaut aujourd’hui. Ce sont des textes qui sacralisent un homme qui aurait persécuté une grande partie de ses actuels admirateurs parce qu’ils ont un piercing dans le nez, les cheveux longs ou un résidu de marijuana dans leur poche.

Comme une sorte...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-14"> ¤ Pour les économistes Arnaud Chéron et Pierre Courtioux, dans une tribune au « Monde », les seniors et les parents de jeunes enfants devraient être – comme les moins qualifiés et les chômeurs –, une piste prioritaire de la réforme de la formation professionnelle.
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« Il demeure un certain nombre de freins directs et objectifs à l’accès à la formation professionnelle »

Pour les économistes Arnaud Chéron et Pierre Courtioux, dans une tribune au « Monde », les seniors et les parents de jeunes enfants devraient être – comme les moins qualifiés et les chômeurs –, une piste prioritaire de la réforme de la formation professionnelle.



Le Monde
 |    19.01.2018 à 14h30
 • Mis à jour le
19.01.2018 à 17h31
    |

Arnaud Chéron et Pierre Courtioux (Membres du Pôle de recherche en économie de l’Edhec)







                        



                                


                            
Tribune. Le 15 novembre 2017, le gouvernement a transmis un document d’orientation dont se sont saisis les partenaires sociaux, avec pour objectif la rédaction d’un accord national interprofessionnel d’ici au 16 février. L’agenda de la négociation est donc serré, tout autant que le cadrage donné par Muriel Pénicaud, la ministre du travail.
En France, le financement de la formation continue s’est historiquement appuyé sur l’obligation faite aux entreprises de « former ou payer »
Les prin­cipaux axes de discussion concernent la généralisation et l’extension du compte personnel formation (CPF) – qui devrait conduire notamment à la suppression du congé individuel de formation (CIF) ; une accentuation de l’effort de formation à destination des chômeurs et des salariés les moins qualifiés, avec des modalités d’accès facilitées, plus particulièrement au sein des TPE et des PME ; une refonte du système de formation en alternance (apprentissage et professionnalisation) ; et, enfin, le renforcement de l’évaluation de la qualité des formations dispensées.
En France, le financement de la formation continue s’est historiquement appuyé sur l’obligation faite aux entreprises de « former ou payer ». Celles-ci doivent organiser la formation de leurs salariés ou s’acquitter d’une taxe qui, sur la base d’un principe de mutualisation, permet de ­contribuer au financement de formations dispensées à d’autres travailleurs, sans, donc, qu’elles puissent en attendre un bénéfice propre.
Des droits à la formation plus inclusifs
Ce système a généré d’importantes inégalités d’accès aux formations. Celles-ci bénéficient plus souvent aux salariés les plus diplômés et les plus qualifiés. L’individualisation progressive des droits à la formation, avec la création du droit individuel à la formation (DIF) en 2003, puis du CPF en 2014, a certes permis de construire un cadre qui remet le travailleur au cœur du système. Il demeure cependant un certain nombre de freins...




                        

                        


<article-nb="2018/01/20/19-15">
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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-15"> ¤ L’essayiste, signataire de la tribune sur la « liberté d’importuner », défend ce texte porteur selon elle d’une « parole différente ». De même qu’un féminisme « biologique », en opposition avec le mouvement culturaliste dominant.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-15"> ¤                
                                       
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Peggy Sastre, le féminisme à la sauce Darwin


                      L’essayiste, signataire de la tribune sur la « liberté d’importuner », défend ce texte porteur selon elle d’une « parole différente ». De même qu’un féminisme « biologique », en opposition avec le mouvement culturaliste dominant.



Le Monde
 |    19.01.2018 à 14h28
    |

                            Zineb Dryef








                              

                        

Dimanche 14 janvier. Café Marly, Paris. Peggy Sastre descend tout juste de son train en provenance d’un village de l’Yonne, où elle s’est réfugiée en 2011, lassée du bruit de la ville. Elle a donné rendez-vous dans ce café en face du Louvre, parce que « tout a commencé ici ». C’était à la mi-décembre 2017. Après avoir écouté Catherine Millet sur France Culture, elle « respire ». L’essayiste n’en pouvait plus « des excès de #BalanceTonPorc » et de ses « réseaux de ragots ». Elle contacte la critique d’art pour la remercier de cette « bouffée d’oxygène ».

Elles conviennent de se retrouver au Marly, pour en discuter avec leur amie commune, l’écrivaine Abnousse Shalmani. C’est heureux, elles partagent une autre connaissance, la psychanalyste Sarah Chiche, et l’envie de « libérer une autre parole ». Pourquoi ne pas écrire quelque chose ? Elles s’y attellent avec le concours de Catherine Robbe-Grillet. Sastre, la plus jeune, 36 ans, se charge des passages « cinglants ». Publié dans Le Monde daté 10 janvier, le texte revendique la « liberté d’importuner ». Signé par cent femmes, dont Catherine Deneuve, il suscite une controverse mondiale. Sastre plaide le malentendu : « Notre tribune n’est pas un appel au viol, ce n’est pas non plus une parole contre le mouvement #MeToo, c’est une parole différente, une parole en plus. »
Un style péremptoire
Ceux qui la connaissent n’ont pas été surpris de la voir associée à cette tribune. Depuis 2009, Peggy Sastre, docteure en philosophie et passionnée de Darwin, écrit régulièrement des essais aux titres aussi peu équivoques que Ex utero. Pour en finir avec le féminisme ou La domination masculine n’existe pas. Elle publie le 26 janvier, entre deux traductions de romans Harlequin, Comment l’amour empoisonne les femmes (éditions Anne Carrière, 250 p., 16 euros). Ou « comment...




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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-16"> ¤ Guillaume Paoli, cofondateur du site de vente en ligne de véhicules d’occasion Aramisauto, regrette, dans une tribune au « Monde », l’absence d’une ligne politique lisible concernant l’achat de voitures.
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Automobile : « Les Français ont besoin d’une feuille de route claire »

Guillaume Paoli, cofondateur du site de vente en ligne de véhicules d’occasion Aramisauto, regrette, dans une tribune au « Monde », l’absence d’une ligne politique lisible concernant l’achat de voitures.



Le Monde
 |    19.01.2018 à 14h15
    |

Guillaume Paoli (Cofondateur d’Aramisauto, site de vente en ligne de véhicules d’occasion, contrôlé par le groupe PSA)







                        



                                


                            
Tribune. Depuis plus de vingt ans, choisir une nouvelle voiture était une question de budget… et de capacité à bénéficier de l’une des incitations qui, depuis la « balladurette » jusqu’au « bonus », nous guidaient vers ce que nous pensions être le bon choix. Bien malin qui sait aujourd’hui quelle voiture acheter ! Les Français attendent des indications claires et craignent de payer les incertitudes d’une transition énergétique complexe.
Deux Français sur trois utilisent leur voiture chaque jour pour aller travailler
Deuxième budget de dépenses des Français, source de pollution et de consommation de pétrole, la voiture est aujourd’hui contestée. Les grandes villes en découragent l’usage et favorisent une mobilité multimodale d’une grande modernité, mais encore souvent à l’état de projet. Désengorgement des centres-villes, coup de frein à la pollution atmosphérique et sonore, reconquête des espaces publics, redécouverte du vélo et de la marche à pied… les politiques de transports urbains ne manquent pas d’arguments.
Mais Paris, Lyon ou Bordeaux ne font pas la France. Quatre-vingts pour cent des ménages possèdent une voiture. Deux tiers de nos compatriotes l’utilisent chaque jour pour aller travailler. En ville comme à la campagne, nous sommes irrémédiablement attachés à une liberté fondamentale rendue possible depuis les années 1950 par la voiture individuelle : le droit de se déplacer quand et où nous le souhaitons. Le temps d’un monde sans automobile est donc encore loin.
Le conducteur dans une situation inconfortable
Si la transition énergétique bénéficie d’un consensus positif, les étapes et décisions politiques qui l’accompagnent et orientent les Français dans leurs choix quotidiens manquent parfois de clarté. C’est particulièrement vrai en ce qui concerne l’automobile.
Longtemps encouragé par la fiscalité, le diesel a désormais mauvaise presse
Le conducteur moyen est coincé entre, d’une part, la nécessité de posséder...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-17"> ¤ Dans sa chronique bimensuelle, la journaliste du « Monde » Annie Kahn revient sur plusieurs études récentes qui plaident – pour de bonnes ou mauvaises ­raisons – en faveur de la diversité en entreprise.
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« Les hommes mentent plus souvent que les femmes »

Dans sa chronique bimensuelle, la journaliste du « Monde » Annie Kahn revient sur plusieurs études récentes qui plaident – pour de bonnes ou mauvaises ­raisons – en faveur de la diversité en entreprise.



Le Monde
 |    19.01.2018 à 14h00
    |

            Annie Kahn








                        



                                


                            
Ma vie en boîte. A mesure que la cause des ­femmes gagne en popularité, celle des hommes semble ­dégringoler, redoutent certains ­d’entre eux. En entreprise particulièrement. Une étude relayée le 16 novembre 2017 par Insead Knowledge, lettre d’information de cette business school ­de renommée internationale, risque de les affoler encore un peu plus.
Sous le titre « Pourquoi certains hommes ressentent-ils le besoin de gagner à n’importe quel prix », cet article – dont nous précisons qu’il est signé par un homme, Stefan Thau, professeur de comportement des organisations à l’Insead – part du principe que « si les hommes négocient plus durement en affaires, c’est sans doute aussi qu’ils se battent de façon plus douteuse, non éthique, trompeuse ». Pour l’auteur, « les rôles respectifs des hommes et des femmes dans l’évolution des espèces expliquent cette différence entre les sexes, ­en matière de négociations ».
la combativité masculine viendrait du besoin primitif de l’espèce humaine de trouver des partenaires pour se reproduire
Il le prouve dans un article de recherche, publié en septembre 2016 dans l’Academy of Management ­Journal, ­cosigné par deux autres ­chercheurs, Marko Pitesa de l’Université de management de Singapour et Madan ­Pillutla de la London ­Business School, et une chercheuse, Margaret Lee, également de la London Business School.
Leur thèse est que la combativité masculine vient du besoin primitif de l’espèce humaine de trouver des partenaires pour se reproduire. « Les femmes devaient être plus sélectives que les hommes car chaque grossesse prend du temps et de l’énergie. (…) Les hommes devaient donc se battre les uns contre les autres. Quitte à tricher. Alors que les femmes ne ressentaient pas ce besoin, et avaient même plus à perdre dans des conflits entre congénères. D’autant qu’élever des enfants nécessitait l’entraide de leurs semblables. »
Libido et mensonge
Ces...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-18"> ¤ La ville syrienne ravagée sera-t-elle recréée comme Le Havre, préservée comme Cologne, dénaturée comme Beyrouth ? Enquête sur les enjeux d’un chantier très politique.
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Comment Alep sera-t-elle reconstruite ?

La ville syrienne ravagée sera-t-elle recréée comme Le Havre, préservée comme Cologne, dénaturée comme Beyrouth ? Enquête sur les enjeux d’un chantier très politique.



Le Monde
 |    19.01.2018 à 12h00
    |

                            Marie Zawisza (M. Za.)








                        



                                


                            
Reconstruire Alep, ville martyre : un an après l’arrêt des combats, c’est désormais l’une des priorités des autorités syriennes, alors même que les luttes armées se poursuivent sur d’autres fronts. La ville, dont le cœur historique a été classé au Patrimoine mondial de l’Unesco, et qui, grâce à l’implication de ses habitants, avait bénéficié d’une restauration exemplaire dans les années 1990, ressemble à présent à un champ de ruines. « Selon les informations communiquées, un tiers des quartiers historiques a été détruit, et un autre tiers a subi d’importants dommages », explique Samir ­Abdulac, président du groupe de travail de l’International Council on Monuments and Sites (Icomos) pour la sauvegarde du patrimoine culturel en Syrie et en Irak.

« Cette reconstruction constitue un véritable défi : pendant un siècle, on nous félicitera ou on nous blâmera », explique l’archéologue syrien Maamoun Abdulkarim
Dès l’été 2017, en Syrie, un haut comité proposé par la direction générale des antiquités et des musées (DGAM), dirigé par le ministère de la culture et composé des ministères impliqués dans la reconstruction, des autorités locales et d’acteurs privés, s’est réuni afin d’élaborer un plan de reconstruction qui sera soumis à l’Unesco. « Cette reconstruction constitue un véritable défi : pendant un siècle, on nous félicitera ou on nous blâmera », explique l’archéologue syrien Maamoun Abdulkarim, ancien directeur de la DGAM. De fait, les enjeux sont non seulement matériels mais aussi politiques. Faut-il, pour panser les blessures de la bataille d’Alep, effacer les traces des destructions, ou bien les conserver en espérant que le souvenir de la violence pourra préserver d’une nouvelle explosion ?
Ce défi et ces questionnements ont été, en partie, ceux de l’Europe en 1945, dont les villes anciennes et les monuments historiques ont connu pendant la guerre des destructions sans précédent. Les réponses apportées ont alors été multiples....




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-19"> ¤ Editorial. Le gel des fonds américains destinés aux réfugiés palestiniens met en danger la stabilité des camps où sont installées des millions de personnes.
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Proche-Orient : la brutalité incohérente de Trump

Editorial. Le gel des fonds américains destinés aux réfugiés palestiniens met en danger la stabilité des camps où sont installées des millions de personnes.



Le Monde
 |    19.01.2018 à 11h27
 • Mis à jour le
19.01.2018 à 16h24
   





                        



   


Editorial du « Monde ». En décidant, mardi 16 janvier, de geler une partie des fonds américains alloués aux réfugiés palestiniens, le président Donald Trump prétend incarner la rupture avec ses prédécesseurs. Sa cible est l’UNRWA (United Nations Relief and Works Agency), l’agence de l’ONU qui vient en aide à plus de cinq millions de personnes. Réparties entre la Jordanie, la Syrie, le Liban, la Cisjordanie et la bande de Gaza, ce sont les victimes – et leurs descendants – de la nakba, la « grande catastrophe », soit l’expulsion de centaines de milliers de Palestiniens de leurs villages au moment de la guerre israélo-arabe et de la fondation d’Israël, il y a soixante-dix ans.
Il est légitime de s’interroger sur le périmètre d’une mission qui se voulait à l’origine provisoire. Il n’est pas tabou de discuter de la définition d’un réfugié palestinien, même si les conventions internationales limitent les divagations sur ce sujet. On peut souligner l’ambiguïté de la puissance quasi étatique de l’UNRWA, par exemple dans la bande de Gaza. L’agence y a offert depuis dix ans – et fort heureusement ! – une bouée de sauvetage à une population à l’agonie, mais en permettant au Hamas, d’une certaine façon, de fuir ses responsabilités.
Chantage à l’argent
Rien, cependant, ne justifie la méthode employée par Washington, que seule la droite israélienne, en pleine dérive nationaliste, a applaudie. Sa brutalité et le chantage à l’argent mettent en danger la stabilité des camps de réfugiés. Ils dégradent un peu plus l’image du principal contributeur à cette mission de l’ONU. Ils sont, surtout, contre-productifs. Au lieu de pousser la direction palestinienne à entrer en négociation avec Israël, ils la radicalisent.
Donald Trump accorde visiblement plus d’importance à l’argent qu’à la parole de l’Etat et à sa continuité d’un président à l’autre, démocrate ou républicain, sur des dossiers fondamentaux. Le conflit israélo-palestinien est l’un d’entre eux. Depuis vingt-cinq ans, les Etats-Unis s’efforcent de jouer un rôle de médiateur pour parvenir à une solution négociée. Leur échec, qui est d’abord celui des parties impliquées, ne signifie pas que l’horizon privilégié était incorrect.
Méthode schizophrène
Les Etats-Unis n’ont jamais été un médiateur impartial. Leur penchant naturel en faveur d’Israël, allié stratégique, était clair. Cela n’a pas empêché les administrations successives d’apporter un soutien financier robuste à l’Autorité palestinienne et à l’UNRWA. Une fois élu, Donald Trump a voulu imprimer sa marque. Mais la méthode employée est schizophrène.
Le président américain affirme vouloir réussir le « deal du siècle ». Ses envoyés spéciaux ont multiplié les contacts dans la région. Mais, parallèlement, l’administration Trump a compromis son statut de médiateur. Elle a nommé un ambassadeur à Tel-Aviv, David Friedman, partisan déclaré des colonies, hostile à un Etat palestinien. Elle ne prend plus la peine de condamner les constructions israéliennes en Cisjordanie, comme si le droit international était devenu accessoire. Enfin, elle a offert à Israël, sans contrepartie, la reconnaissance de Jérusalem comme capitale.

        Lire aussi :
         

                L’aide américaine, essentielle dans le budget de l’agence de l’ONU pour la Palestine



Depuis, le président de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, ne veut plus entendre parler de médiation américaine. Amer et isolé, il creuse une tranchée face à Washington. Connaît-il déjà le plan américain en gestation, ou devine-t-il son orientation ? On voit mal, en l’état, à quel succès pourrait mener ce début d’affrontement diplomatique et financier.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-20"> ¤ Livre. Dans son dernier essai, l’eurosceptique Christian Saint-Etienne presse le gouvernement d’agir vite pour sauver le Vieux Continent d’un échec maintenant certain.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-20"> ¤                     
                                                   
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Oser l’Europe des nations

Livre. Dans son dernier essai, l’eurosceptique Christian Saint-Etienne presse le gouvernement d’agir vite pour sauver le Vieux Continent d’un échec maintenant certain.



Le Monde
 |    19.01.2018 à 11h26
    |

                            Come Prost-Boucle








                        



                                


                            

Livre. Economiste reconnu, Christian Saint-Etienne a travaillé dans diverses institutions de renommée mondiale telles que le FMI ou l’OCDE. S’il est impliqué dans les questions de gouvernance économique globale, il l’est aussi dans la vie politique française, s’engageant notamment auprès des Républicains en mai 2015. Il est actuellement conseiller (divers droite) de Paris et conseiller d’arrondissement dans le XIe.
Auteur de nombreux ouvrages comme La Fin de l’euro et Relever la France, il est familier des débats liés au futur de l’Union Européenne. C’est cette vision d’eurosceptique que l’on retrouve dans les pages de Osons l’Europe des nations. Une seule question anime cet ouvrage : Comment sauver l’Europe de son échec maintenant certain ?
« C’est la France qui a fait l’Europe ! », clame Christian Saint-Etienne en ouverture de son livre. Un message qui se veut clair même s’il est réducteur. La France doit être au cœur de la construction européenne, en perdition depuis le traité de Maastricht. Souvent dramatique à l’extrême dans ses propos, l’auteur fait même planer la menace d’un continent en proie au sous-développement. Scandant à longueur de pages l’insignifiance de l’Europe au sein de l’économie monde contemporaine, l’excluant du cœur des réseaux mondiaux, il juge qu’il reste deux ans à l’Europe pour se ressaisir, tout en reconnaissant que l’Union constitue aujourd’hui encore la première puissance commerciale du monde.
Ambiguïté
Christian Saint-Etienne énumère divers conseils qui permettraient à l’Europe d’utiliser enfin son potentiel inexploité. Il faut agir vite car selon ses mots le monde s’apprête à basculer dans la seconde phase de la troisième révolution industrielle : celle de la biotechnologie et de l’intelligence artificielle. Mais passée cette énumération, l’auteur reconnaît que ses conseils ne suffiront pas.
Seule la construction d’une Europe des nations...




                        

                        

