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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-1"> ¤ Une offensive terrestre a été lancée à Afrin, une enclave tenue par une milice kurde considérée par Ankara comme terroriste mais alliée des Etats-Unis dans la lutte contre l’organisation Etat islamique.
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La Turquie annonce le lancement d’une opération militaire en Syrie

Une offensive terrestre a été lancée à Afrin, une enclave tenue par une milice kurde considérée par Ankara comme terroriste mais alliée des Etats-Unis dans la lutte contre l’organisation Etat islamique.



Le Monde
 |    20.01.2018 à 17h04
 • Mis à jour le
20.01.2018 à 17h56
   





                        



   


L’opération militaire inquiète Moscou et Washington. L’armée turque a lancé une offensive terrestre et aérienne dans le nord de la Syrie contre une milice kurde considérée par Ankara comme une organisation terroriste, a affirmé samedi 20 janvier le président turc, Recep Tayyip Erdogan. Baptisée « Rameau d’olivier », l’opération, qui vise les Unités de protection du peuple (YPG), a débuté en début d’après-midi.
« L’opération Afrin a commencé de facto sur le terrain », a déclaré M. Erdogan dans un discours télévisé. « Ensuite, ce sera Manbij », a-t-il ajouté, en référence à une autre ville syrienne sous contrôle kurde située plus à l’est. « Plus tard, étape par étape, nous débarrasserons notre pays jusqu’à la frontière irakienne de cette croûte de terreur qui essaye de nous assiéger », a-t-il promis.
La Turquie a déclaré samedi qu’elle tenait le président syrien Bachar al-Assad informé de son offensive dans la région syrienne d’Afrine contrôlée par les Kurdes.L’armée turque a précisé que l’opération serait menée « en respectant l’intégrité territoriale de la Syrie » et était fondée sur les droits de la Turquie en vertu du droit international.
Des correspondants de l’Agence France-Presse dans la ville frontalière de Reyhanli, dans la province turque de Hatay, ont vu samedi plusieurs nouveaux véhicules militaires se diriger vers la frontière. Le ministre adjoint des affaires étrangères syrien, Fayçal Mekdad, avait affirmé jeudi que l’aviation syrienne abattrait tout appareil militaire turc s’aventurant dans son espace aérien.
Les YPG, alliés des Etats-Unis
L’armée turque a procédé dès vendredi à des frappes contre des positions des YPG en Syrie et massé des centaines de soldats et des dizaines de blindés le long de la frontière, menaçant de passer à l’offensive avec l’aide de rebelles syriens pro-Ankara. Samedi, des avions de combat turcs ont bombardé à nouveau des positions kurdes en Syrie, a déclaré le premier ministre turc, tandis que des rebelles pro-turcs sont entrés dans la région syrienne d’Afrin, selon l’organe de communication étatique Anatolie.

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Ankara accuse les YPG d’être la branche syrienne du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), qui mène une rébellion dans le sud-est de la Turquie depuis plus de trente ans et est considéré par Ankara et ses alliés occidentaux comme une organisation terroriste.
Mais les YPG ont aussi été un allié incontournable des Etats-Unis, partenaires de la Turquie au sein de l’OTAN, dans la guerre contre le groupe Etat islamique. Elles ont joué un rôle majeur dans l’éviction des djihadistes de l’organisation Etat islamique (EI) de tous leurs principaux fiefs de Syrie.

   


Moscou « préoccupée »
Les analystes estiment qu’aucune offensive majeure ne peut être lancée en Syrie sans l’aval de la Russie, présente militairement dans la région et qui entretient de bonnes relations avec les YPG. Moscou s’est déclaré samedi « préoccupé » et a appelé à la « retenue », après l’annonce d’une offensive terrestre et aérienne. « Nous appelons les parties opposées à faire preuve de retenue », a déclaré le ministère russe des affaires étrangères dans un communiqué.
Le ministère russe de la défense a annoncé samedi que les militaires russes déployés dans la zone d’Afrine avaient quitté leurs positions pour « empêcher d’éventuelles provocations » ou menaces à leur encontre.

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« Nous ne pensons pas qu’une opération militaire (…) aille dans le sens de la stabilité régionale, de la stabilité de la Syrie, ou de l’apaisement des craintes de la Turquie pour la sécurité de sa frontière », a par ailleurs averti vendredi un haut responsable du département d’Etat américain.
Une opération turque constituerait « un sérieux coup dur » pour la coalition dirigée par les Etats-Unis en Syrie, qui dépend encore lourdement des YPG pour stabiliser la région après la débandade de l’EI, selon l’analyste Anthony Skinner.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-2"> ¤ Ryom Tae-ok et Kim Ju-sik, qui emmèneront la délégation nord-coréenne aux Jeux olympiques de Pyeongchang, se sont entraînés pendant l’été 2017 sous la houlette d’entraîneurs québécois. Sans rien révéler de leur parcours et de leur vie.
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A Montréal, le couple nord-coréen de patinage a gardé tout son mystère

Ryom Tae-ok et Kim Ju-sik, qui emmèneront la délégation nord-coréenne aux Jeux olympiques de Pyeongchang, se sont entraînés pendant l’été 2017 sous la houlette d’entraîneurs québécois. Sans rien révéler de leur parcours et de leur vie.



Le Monde
 |    20.01.2018 à 16h30
 • Mis à jour le
20.01.2018 à 17h12
   





                        



   


Vingt-deux sportifs nord-coréens – skieurs, hockeyeuses et patineurs – participeront aux Jeux olympiques de Pyeongchang (Corée du Sud), prévus du 9 au 25 février. L’annonce officielle en été faite samedi 20 janvier, après une réunion entre la Corée du Nord, la Corée du Sud et le Comité international olympique (CIO), au siège lausannois de ce dernier.
Les patineurs Ryom Tae-ok et Kim Ju-sik, qui emmèneront cette délégation, sont les seuls à avoir obtenu leur qualification sur le terrain, lors d’une épreuve organisée en septembre en Allemagne. Ils s’y étaient préparés pendant huit semaines à Montréal, au Canada, afin de profiter de l’expertise d’entraîneurs québécois réputés, Bruno et Julie Marcotte.
Bruno Marcotte se souvient avoir remarqué et encouragé le duo de 18 et 25 ans lors d’une compétition internationale, à Taipei, en 2016. Une année plus tard, aux championnats du monde d’Helsinki, les patineurs nord-coréens sont venus le voir pour le remercier et lui demander son aide et celle de sa sœur Julie.
Après plusieurs mois de démarches administratives, Bruno Marcotte a finalement été informé que les deux patineurs arrivaient trois jours plus tard, en compagnie de leur entraîneuse et d’un représentant de la fédération nord-coréenne de patinage. Le québécois se souvient d’une « panique générale » quand il a fallu trouver un appartement avec quatre chambres et organiser la logistique pour la délégation nord-coréenne qui ne possédait ni carte de crédit ni permis de conduire valide et ne maîtrisait pas les langues locales. Seul le représentant de la fédération parlait un peu l’anglais, qu’il avait appris en lisant des dictionnaires, selon ses dires.
« Impliqués à 200 % »
Pendant tout l’été, Ryom Tae-ok et Kim Ju-sik se sont joints aux patineurs canadiens, japonais, américains et sud-coréens qui s’entraînent quotidiennement à la patinoire de Sainte-Julie, près de Montréal. Ils ont ainsi pu discuter avec le couple sud-coréen composé d’Alex Kang-chan Kam et Kim Kyu-eun. La double championne du monde canadienne Meagan Duhamel, épouse de Bruno Marcotte, raconte qu’ils échangeaient des plats coréens comme le kimchi, du chou fermenté. « On se soutenait mutuellement et on s’est dit qu’on se retrouverait à Pyeongchang », a raconté Alex Kang-chan Kam à la chaîne canadienne CBC.
« Ils ont une tellement bonne éthique de travail que ça motivait les autres patineurs sur la glace », dit Bruno Marcotte. « A chaque seconde, ils étaient impliqués à 200 %, tu avais 200 % de leur attention », ajoute Julie Marcotte, qui a créé la chorégraphie de leur programme long.

Avant de choisir la musique, l’entraîneuse a passé du temps à observer les patineurs et leur a fait écouter plusieurs morceaux en examinant leurs réactions. Le choix s’est finalement porté sur un morceau de la chanteuse locale Ginette Reno, Je ne suis qu’une chanson.
La mise au point de la chorégraphie a également été laborieuse, à cause de la barrière de la langue. Julie Marcotte considère qu’en deux jours, elle réalisait deux heures de travail réel, car il fallait « tout décortiquer ». Elle a finalement loué la patinoire pour des heures supplémentaires et demandé au couple de patineurs américains Mervin Tran et Marissa Castelli de venir l’aider : « Je leur expliquais ce que je voulais et ils le montraient au couple nord-coréen. On n’avait plus besoin de paroles. »
Meagan Duhamel a également fréquenté les Nord-Coréens pendant l’été, les conduisant à l’entraînement et les emmenant à ses cours de pilates et d’étirements pour leur montrer de nouvelles techniques. Ryom Tae-ok et Kim Ju-sik lui posaient beaucoup de questions, notamment sur le fonctionnement des compétitions internationales.
« Une place dans le top 10 serait incroyable »
Mais l’échange est resté à sens unique : « Ils n’étaient pas très ouverts à partager leur histoire en tant que patineurs, raconte la Canadienne. Quand je leur demandais depuis quand ils patinaient, la conversation changeait de sujet. » Quant à Bruno Marcotte, il a seulement réussi à savoir que les deux patineurs vivaient dans un complexe doté d’une patinoire où ils s’entraînent selon les méthodes chinoises et russes.
Pendant leur séjour, les Nord-Coréens menaient une vie calme, se promenant chaque soir dans le quartier du stade olympique, où ils habitaient. « Parfois, je leur demandais ce qu’ils avaient fait en fin de semaine et ils me répondaient qu’ils s’étaient reposés pour mieux patiner le lundi, raconte Meagan Duhamel. Je pense qu’ils savaient qu’ils avaient été envoyés au Canada pour le patinage et que rien ne devait interférer avec ça. »
Le jour de la fête nationale canadienne, le 1er juillet, ils ont confié à Bruno Marcotte qu’ils trouvaient « charmante la façon dont les Canadiens célébraient de façon sobre » cet événement, confie l’entraîneur.

   


Bruno et Julie Marcotte ont revu Ryom Tae-ok et Kim Ju-sik fin septembre, en Allemagne, lors des qualifications pour les Jeux olympiques, que le couple a franchies avec succès. « Ils patinent avec énormément d’émotion et de cœur et ne font pas beaucoup d’erreurs », juge l’entraîneur québécois.
Ce dernier estime que le couple, actuellement classé au quinzième rang mondial, peut viser une place dans les douze premiers aux Jeux de Pyeongchang. « Une place dans le top 10 serait incroyable », estime-t-il.
Clothilde Goujard, Montréal (correspondance)



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-3"> ¤ Mme McDonald a réaffirmé l’objectif du parti de voir l’Irlande réunifiée et a aussi déclaré vouloir « voir le Sinn Fein accéder au pouvoir, en Irlande du Nord et en République d’Irlande ».
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Irlande : Mary Lou McDonald succédera à Gerry Adams à la tête du Sinn Fein

Mme McDonald a réaffirmé l’objectif du parti de voir l’Irlande réunifiée et a aussi déclaré vouloir « voir le Sinn Fein accéder au pouvoir, en Irlande du Nord et en République d’Irlande ».



Le Monde
 |    20.01.2018 à 14h03
   





                        


Le leader historique du Sinn Fein, Gerry Adams, a annoncé, samedi 20 janvier, que son bras droit Mary Lou McDonald lui succéderait à la présidence du parti irlandais, formation longtemps décrite comme la vitrine politique de l’IRA.
Lors d’une réunion de la direction du parti à Belfast, Gerry Adams a annoncé que les nominations pour le poste étaient closes. Mary Lou McDonald était la seule candidate. « Merci d’accueillir la présidente élue de notre parti, Mary Lou McDonald », a annoncé Gerry Adams à la tribune avant de lui céder la place.
Dans son discours, la nouvelle présidente a salué son prédécesseur. « Je ne peux pas rentrer dans les chaussures de Gerry Adams mais la bonne nouvelle, c’est que j’ai apporté les miennes », a-t-elle déclaré sous les applaudissements. Elle a réaffirmé l’objectif du parti de voir l’Irlande réunifiée et a aussi déclaré vouloir « voir le Sinn Fein accéder au pouvoir, en Irlande du Nord et en République d’Irlande ».
Mary Lou McDonald, 48 ans, vice-présidente du parti nationaliste, devrait être confirmée dans ses nouvelles fonctions lors d’un congrès extraordinaire, le 10 février.
Renouvellement générationnel
Tous les autres poids lourds du parti avaient décidé de ne pas se lancer dans la course à la présidence du parti ou avaient apporté leur soutien à Mary Lou McDonald, bras droit de Gerry Adams depuis des années. Après trente-quatre ans passés à la tête du Sinn Fein, M. Adams avait annoncé en novembre qu’il quitterait cette année la présidence du parti qu’il incarnait depuis 1983, au nom du renouvellement générationnel.

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Indissociable de la période des « Troubles », les violences qui ont fait plus de 3 500 morts sur trois décennies en Irlande du Nord en opposant les communautés unioniste et nationaliste, il avait déclaré vouloir laisser la place à de nouveaux visages, notamment pour permettre au parti de progresser en tant que force politique.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-4"> ¤ La Chine compte 23 millions de musulmans, majoritairement hui et ouïgours, une minorité religieuse très encadrée par le pouvoir. Décryptage en infographie.
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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-5"> ¤ L’enseigne britannique s’est engagée à supprimer ce dérivé d’hydrocarbure de tous ses emballages d’ici à 2023. Le défi s’annonce difficile à relever.
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Grande distribution : sus au plastique chez Iceland

L’enseigne britannique s’est engagée à supprimer ce dérivé d’hydrocarbure de tous ses emballages d’ici à 2023. Le défi s’annonce difficile à relever.



Le Monde
 |    20.01.2018 à 12h29
    |

            Eric Albert (Londres, correspondance)








                        



                                


                            

Vu de Londres. Avec ses affiches rouges et jaune vif, ses boîtes de haricots à la sauce tomate à 50 centimes et ses devantures criardes, Iceland s’apparente davantage à du hard discount qu’à un supermarché haut de gamme. La grande surface britannique est pourtant devenue, mardi 16 janvier, la première au Royaume-Uni à promettre de sortir du plastique. D’ici à 2023, et uniquement pour ses marques propres, elle s’engage à le supprimer de tous ses emballages. Le groupe assure qu’il deviendra la première « enseigne généraliste » du monde à agir de la sorte.

Une simple déambulation dans ses rayons suffit à mesurer l’ampleur de la tâche. Fruits, légumes, boissons… tout est ceint de plastique. Certains changements sont néanmoins possibles à court terme. Ainsi, l’enseigne a déjà retiré les pailles en plastique. Dès le mois prochain, elle va remplacer les barquettes des plats à emporter par une base en carton. Quant aux surgelés, solides et moins fragiles, ils nécessitent moins d’emballage. De ce fait, les Cellophane entourant les steaks hachés vont être retirées.
Pour le reste, l’affaire s’annonce beaucoup plus délicate. L’emballage du lait et de la viande, en particulier, pose problème. Progressivement, Iceland promet d’utiliser plus de carton, de cellulose, de métal, de verre… Dans de nombreux cas, cela signifie aussi revenir aux anciennes méthodes : bouteilles de verre consignées et ventes en vrac, notamment.
Emoi populaire
Le Royaume-Uni est actuellement un grand utilisateur de plastique. Entre les déjeuners composés de sandwichs emballés et de bouteilles de soda, les gobelets jetés par millions et les supermarchés qui entourent leurs fruits de trois couches d’emballage (barquette au-dessous, coquille en plastique dur par-dessus et de la Cellophane pour entourer le tout), le pays est accro à ce dérivé d’hydrocarbure.
Une prise de conscience collective est pourtant en train d’émerger. Au cours des derniers mois,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-6"> ¤ Baisse d’impôt, retraite minimale portée à 1 000 euros, revenu universel... les différentes formations politiques multiplient les propositions, mais la question de leur coût est éludée.
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Avant les élections législatives italiennes, les partis rivalisent de promesses

Baisse d’impôt, retraite minimale portée à 1 000 euros, revenu universel... les différentes formations politiques multiplient les propositions, mais la question de leur coût est éludée.



Le Monde
 |    20.01.2018 à 12h09
    |

            Jérôme Gautheret (Rome, correspondant)








                        



                                


                            

Et vous, que voulez-vous abroger ? Les premiers échanges de la campagne en vue des élections générales ­italiennes, qui se tiendront le 4 mars, ont été marqués par une surenchère vertigineuse dans les propositions d’allégements fiscaux de la part des principales coalitions en lice.
Tentant de chiffrer le coût de ces promesses qui, pour la plupart, restent entourées d’un épais brouillard, le quotidien Corriere della Sera était parvenu, début janvier, à un total de… 200 milliards d’euros.
Naturellement, l’ancien président du Conseil, Silvio Berlusconi, en route vers le plus improbable des retours politiques, ne s’est pas montré le plus timoré en la matière. Le programme qu’il a signé avec ses deux principaux partenaires, jeudi 18 janvier, et dont le détail n’est pas encore connu, contient plusieurs mesures dont chacune, prise isolément, serait de nature à bouleverser l’économie du pays.

La clé de voûte en est l’adoption d’une « flat tax », un prélèvement à taux unique venant se substituer à l’actuel impôt progressif sur le revenu. Cette mesure, qui figurait déjà dans le programme électoral de la droite par le passé, n’a jamais été mise en œuvre, en raison de son impact énorme sur les finances publiques. Le taux de ce nouvel impôt miracle ? Ce point n’est pas tranché.
Remise à plat de la réforme des retraites
En effet, si Forza Italia veut le porter à 23 %, après exemption des 12 000 premiers euros, afin de respecter le principe de progressivité inscrit dans la Constitution, ses alliés sont encore plus gourmands.
La Ligue du Nord de Matteo Salvini, elle, plaide pour un impôt unique de 15 %. Le coût d’une telle mesure ? Début janvier, le quotidien économique Il Sole 24 Ore l’estimait à 30 milliards d’euros en retenant le taux proposé par Silvio Berlusconi, mais d’autres économistes comme Francesco Daveri (université Bocconi de Milan) ­l’estiment à 95 milliards.
L’autre mesure phare proposée par...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-7"> ¤ Le Brexit pèse sur les revenus des ménages, mais le pays s’en sort grâce à la bonne conjoncture mondiale, favorable aux exportateurs.
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-7"> ¤                     
                                                

Au Royaume-Uni, la consommation patine, l’économie résiste

Le Brexit pèse sur les revenus des ménages, mais le pays s’en sort grâce à la bonne conjoncture mondiale, favorable aux exportateurs.



Le Monde
 |    20.01.2018 à 11h32
    |

            Eric Albert (Londres, correspondance)








                        



   


Noël aura été particulièrement douloureux pour les commerçants au Royaume-Uni. Les Britanniques se sont serré la ceinture en cette période capitale pour le chiffre d’affaires des magasins. En décembre, la consommation a chuté de 1,5 % par rapport au mois précédent, d’après les statistiques publiées vendredi 19 janvier. C’est la plus forte chute mensuelle depuis juin 2016, mois du référendum sur le Brexit.

   


S’il ne faut pas trop s’attacher aux statistiques mensuelles, très volatiles, tout indique que le ralentissement de la consommation, débuté il y a un an, se ­poursuit. Sur trois mois (d’octobre à décembre 2017), celle-ci n’a progressé que de 0,4 % par rapport aux trois mois précédents. Une telle évolution fait du Royaume-Uni un cas à part – et inquiétant –, alors que l’Union européenne (UE) et les Etats-Unis ­connaissent actuellement une période d’embellie généralisée.
L’explication est connue : le Brexit pèse sur le revenu des ménages. Certes, la sortie de l’UE n’a pas encore eu lieu, mais le référendum a provoqué une violente dévaluation de la livre sterling. Cela renchérit mécaniquement le prix des biens importés, qui représentent la majorité des produits de consommation. Résultat, l’inflation atteint aujourd’hui 3 % (plus que la hausse des salaires) et le pouvoir d’achat des Britanniques diminue. « Clairement, la baisse des revenus réels pèse lourd », estime Elizabeth Martins, économiste chez HSBC.

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Dans ces circonstances, les commerces ont passé une période de fêtes difficile. Vendredi 19 janvier, Carpetright, une enseigne de 420 magasins de moquette et de tapis, a émis un avertissement sur résultats et le cours de Bourse du groupe a chuté de 43 %. « Le nombre de transactions depuis Noël est en forte baisse, et nous pensons que cela indique une baisse de la confiance des consommateurs », s’inquiète son directeur général, Wilf Wash.
L’impact négatif de la dévaluation de la livre se résorbe
Les grands magasins Debenhams, l’enseigne d’équipements pour bébé Mothercare et même la chaîne de pompes funèbres Dignity traversent également une zone de turbulences. Dignity, qui prend en charge 12 % des funérailles au Royaume-Uni, se plaint de la guerre des prix qui prévaut depuis près de dix-huit mois. Elle-même va baisser de 25 % le prix de ses enterrements les moins chers.
Le ralentissement de la consommation n’équivaut cependant pas à un effondrement. D’autres enseignes, mieux positionnées sur le marché, tiennent bon, à l’image des supermarchés Sainsbury’s, qui ont connu une période de fêtes faste, de même que les groupes d’habillement Superdry, Ted Baker ou Fat Face.

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Mieux encore : l’impact négatif de la dévaluation est en train de se résorber. La chute de la livre sterling a eu lieu il y a un an et demi, et le choc s’éloigne. L’inflation a d’ailleurs commencé à ralentir. « Nous prévoyons une baisse notable en 2018 », explique George Buckley, chef économiste à Nomura.
Malgré le coup de mou de la consommation, l’économie britannique résiste. Au quatrième trimestre, la croissance devrait même ­légèrement rebondir et osciller autour de 1,7 % pour l’ensemble de 2017. Ce serait à peine 0,2 point en dessous du niveau de la France.
Le Royaume-Uni a de la chance : la bonne conjoncture mondiale arrive à temps pour soutenir ses exportateurs. Pour eux, la chute de la livre sterling est une excellente nouvelle, qui vient renforcer la compétitivité des entreprises.
A contre-courant du reste du monde
En conséquence, la production industrielle tourne à plein régime. Elle a progressé de plus de 3 % à la fin de l’année dernière. « Il y a eu une croissance forte et généralisée de tout le secteur, particulièrement dans l’énergie renouvelable, l’industrie navale, l’aéronautique et l’automobile destinées à l’exportation », note Ole Black, de l’Office britannique des statistiques. Cette progression des exportations a permis de réduire légèrement le déficit commercial du pays (malgré la hausse parallèle des importations), qui est au plus bas depuis quatre ans.
Une petite entreprise comme Brandauer illustre cette tendance. Cette PME de soixante employés fabrique des composants métalliques, utilisés notamment dans les mécanismes des bouilloires. Depuis le référendum sur le Brexit, elle se porte bien. « Initialement, c’était grâce à la baisse de la livre sterling, parce que nous exportons 70 % de ce que nous fabriquons, expliquait récemment à la BBC son directeur général, Rowan Crozier. Mais la croissance mondiale nous prépare à continuer à grandir en 2018. Nos clients vont bien et donc nous aussi. »
Pour les partisans du Brexit, la résistance de l’économie britannique prouve que les prévisions catastrophiques d’avant le référendum étaient erronées. Le Royaume-Uni n’en reste pas moins l’une des économies les moins performantes du moment en Occident, à contre-courant du reste du monde.
Les entreprises, attentistes, hésitent à se lancer dans de lourds investissements tant qu’elles ignorent ce à quoi ressemblera la sortie de l’UE. Et celle-ci n’entrera pas en vigueur avant mars 2019, voire début 2021 si une période de transition est mise en place, comme le souhaitent Londres et Bruxelles.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-8"> ¤ Editorial. « Affaire russe », climat, accord nucléaire iranien… Après un an de mandat, le président américain dispose déjà d’un début de bilan.
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Donald Trump doit être jugé pour ce qu’il fait autant que pour ce qu’il est

Editorial. « Affaire russe », climat, accord nucléaire iranien… Après un an de mandat, le président américain dispose déjà d’un début de bilan.



Le Monde
 |    20.01.2018 à 10h45
 • Mis à jour le
20.01.2018 à 16h50
   





                        


Editorial du « Monde ». Donald Trump ne pouvait imaginer pire anniversaire. Un an après son arrivée à la Maison Blanche, ce n’est pas dans sa luxueuse propriété de Mar-a-Lago, en Floride, qu’il a célébré l’événement, comme il l’avait prévu, mais du bureau Ovale, pour tenter de trouver une solution à la paralysie de l’administration américaine. En effet, faute de compromis sur le budget entre républicains et démocrates au Congrès, l’Etat se retrouve, samedi 20 janvier, à court d’argent, obligeant la première puissance mondiale à fonctionner au ralenti.

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Ce shutdown illustre jusqu’à la caricature le fonctionnement chaotique de la présidence de M. Trump. Depuis douze mois, il est engagé dans une campagne électorale perpétuelle qui préfère exciter sa base plutôt que représenter le plus grand nombre. Un responsable qui entretient un rapport torturé aux faits et qui attaque la presse avec des accents d’autocrate. Le commandant en chef de la plus puissante armée au monde qui manie l’insulte publique sans le moindre filtre.
Le déni, un péril insidieux
Une administration aussi peu conventionnelle ne peut que désorienter, aux Etats-Unis comme partout dans le monde, au risque d’exposer les détracteurs du président à un péril insidieux : le déni. Un procès en illégitimité resurgit en effet régulièrement, au travers de débats de comptoir sur la santé mentale de Donald Trump, l’éventualité d’un impeachment ou l’application du vingt-cinquième amendement de la Constitution, qui dispose que le président peut être remplacé par son vice-président lorsqu’il se trouve dans l’incapacité d’exercer ses fonctions.
Ce déni occulte le fait qu’une élection présidentielle n’est pas un relevé d’aptitudes mais bien une compétition démocratique que le magnat de l’immobilier a remportée, même s’il n’a pas obtenu la majorité des suffrages exprimés. Elu pour quatre ans, doté d’une « excellente » santé, selon le médecin de la Maison Blanche, Donald Trump a déjà en ligne de mire sa réélection en 2020.
Un début de bilan
Le déni empêche surtout de voir que, en dépit du tumulte qui entoure son exercice singulier du pouvoir, ce président dispose déjà d’un début de bilan, aussi poussif soit-il : une réforme fiscale, une vague de dérégulation, des nominations massives de juges fédéraux en place pour les décennies à venir. Et puis, malgré une impopularité sans précédent après douze mois de pouvoir, il est à la tête d’une économie florissante, et cette bonne santé sera peut-être portée un jour à son seul crédit, alors qu’il est partagé aujourd’hui avec un prédécesseur qu’il exècre, Barack Obama.
Certes, des ombres persistent dans ce tableau. L’enquête « russe » tout d’abord, consacrée aux interférences avec la campagne électorale de 2016 prêtées à la Russie par le renseignement américain. Conduite par un procureur spécial dont l’intégrité est à toute épreuve, Robert Mueller, elle n’en finit pas de hanter la Maison Blanche en mettant en cause l’entourage direct du président. La volonté de Donald Trump, ensuite, de soumettre les équilibres incertains du monde à des crash-tests permanents, que ce soit sur la lutte contre le réchauffement climatique, le commerce international, le dossier israélo-palestinien ou encore l’accord nucléaire conclu avec l’Iran.
Autant de dossiers qui imposent de prendre en compte Donald Trump pour ce qu’il fait autant que pour ce qu’il est. C’est à cette aune qu’il doit être jugé, plus que sur le tapage soulevé par les messages matutinaux intempestifs qu’il publie sur son réseau social préféré.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-9"> ¤ Après des années de hausse, les premières inscriptions d’étudiants étrangers diminuent, ce qui conduit les universités à des restrictions budgétaires, selon « Courrier Expat ».
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Après un an de gouvernement Trump, les universités américaines face à la décrue des étudiants étrangers

Après des années de hausse, les premières inscriptions d’étudiants étrangers diminuent, ce qui conduit les universités à des restrictions budgétaires, selon « Courrier Expat ».



Le Monde
 |    20.01.2018 à 10h15
   





                        



   





Alors que Donald Trump fête sa première année à la Maison Blanche, samedi 20 janvier, les universités américaines sont moins joyeuses : le nombre d’étudiants étrangers s’inscrivant pour la première fois dans un cursus aux Etats-Unis a accusé une baisse de 7 %, selon de premières estimations, après une baisse avérée de 3 % en 2016-2017. Même si le nombre total d’étudiants étrangers aux Etats-Unis continue d’augmenter, ce renversement de tendance inquiète les universités américaines, et pas seulement les petits établissements du Midwest.
« A mesure que vous perdez ces étudiants, les revenus assurés par les frais de scolarité sont affectés. Nous devons faire des choix budgétaires, nous adapter », reconnaît Michael Godard, de la Missouri central university dans le New York Times. Alors que les étudiants étrangers acquittent des droits d’inscription deux fois plus élevés que ceux payés par les étudiants originaires de l’Etat, son université a déjà ressenti un manque à gagner de 14 millions de dollars (11,45 millions d’euros).
Près de la moitié des campus concernés
Des cours d’informatique et le journal du campus ont d’ores et déjà fait les frais des restrictions budgétaires. A l’université d’Etat du Kansas, c’est le département des langues qui est le plus touché, avec la suppression pure et simple des cours d’italien. A Wright State, dans l’Ohio, outre l’italien, ni le russe ni le japonais ne sont plus enseignés. On a même sacrifié l’équipe de natation, alors que cinq de ses membres avaient récemment été qualifiés pour les championnats nationaux. Et ce n’est pas fini.

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En 2015, Wright State comptait 4 100 étudiants internationaux, ils sont 3 500 cette année. A l’automne 2016, l’université du Missouri, à Warrensburg, en dénombrait 2 638, mais seulement 944 à la rentrée 2017. 45 % des universités sondées en novembre 2017 ont fait état d’une baisse des premières inscriptions d’étudiants étrangers, quand 33 % constataient une hausse.
Selon Raja Bandar, de l’Institute of International Education, cette baisse serait due à « plusieurs facteurs qui se combinent ». D’une part, la concurrence avec les universités canadiennes, australiennes ou britanniques est de plus en plus forte. D’autre part, des pays comme le Brésil ou l’Arabie saoudite ont récemment revu les conditions d’attribution des bourses à leurs étudiants désireux de poursuivre leurs études à l’étranger. Enfin, et surtout, la politique anti-immigration de l’administration Trump a des effets bien au-delà des six pays musulmans dont les ressortissants sont désormais interdits de séjour aux Etats-Unis.
Michael Godard constate : « L’Inde ne figure pas sur cette liste, mais de nombreux étudiants indiens de confession musulmane se sentent concernés par les restrictions en matière d’immigration. »
Les business schools américaines également touchées
La baisse d’attractivité de l’enseignement supérieur américain ne concerne pas que les universités. Nombre d’écoles de commerce ne sont pas mieux loties. « Les dernières données du Graduate Management Admission Council montrent que deux écoles de commerce américaines sur trois ont enregistré une baisse des inscriptions du côté des étudiants internationaux », signale le Financial Times.
Le prestige international des meilleures business schools américaines n’est pas menacé, prend soin de souligner le quotidien économique britannique. Quant aux autres, une perte de diversité se traduirait fatalement, à terme, par une baisse de la qualité des formations qu’elles proposent, avec notamment pour leurs élèves des possibilités restreintes en matière de constitution de réseau.
Les écoles de commerce canadiennes qui, pour le moment, accueillent en moyenne 60 % d’étudiants internationaux — nettement moins que les établissements équivalents en Europe —, pourraient être les grandes gagnantes d’un déclin durable des écoles américaines.
Jean-Luc Majouret (Courrier international)
A lire sur Courrier Expat : 
Etudiants français. La ruée vers les Etats-Unis ?
Etudes. Les universités canadiennes draguent les étudiants français
Témoignages. « Mes études au Québec ? La meilleure décision que j’ai prise ! »
Etats-Unis. Les universités en manque de garçons



                            


                        

                        


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La France veut un accord d’association entre l’UE et la Palestine

La proposition française suscite la controverse à Bruxelles, mais cherche à rassurer les Palestiniens face aux décisions de Trump.



Le Monde
 |    20.01.2018 à 10h09
    |

            Jean-Pierre Stroobants (Bruxelles, bureau européen avec Piotr Smolar (Tel Aviv, Correspondant)








                        



   


Un débat agitait la diplomatie européenne avant la visite à Bruxelles, lundi 22 janvier, du président palestinien, Mahmoud Abbas, convié à un déjeuner de travail avec les ministres des affaires étrangères des Vingt-Huit. Cette rencontre intervient après la venue dans la capitale belge du premier ministre israélien, Benjamin Nétanyahou, le 11 décembre.
La France, soutenue par plusieurs capitales mais pas certaine de convaincre la totalité de ses partenaires, espère envoyer un « signal positif » à M. Abbas en lui promettant la perspective d’un accord d’association avec l’UE. Une mesure symbolique alors que les relations entre les responsables palestiniens et l’administration américaine sont au plus bas : M. Abbas refuse désormais toute médiation américaine avec Israël, après la reconnaissance unilatérale de Jérusalem par l’administration Trump comme capitale d’Israël, le 6 décembre 2017. Washington, en retour, exerce une pression financière : les Etats-Unis ont gelé une partie de leur contribution (65 millions de dollars, soit 53 millions d’euros, sur 350) à l’UNRWA, l’Office des Nations unies pour les réfugiés palestiniens au Proche Orient.
Réticences
Les accords d’association régissent la coopération entre l’Union européenne et des pays tiers dans différents domaines (le commerce, la politique, la sécurité, etc.). Ils sont, en principe, conclus avec des Etats, or la Palestine n’en est pas un aux yeux d’une majorité de pays membres – dont la France. Neuf d’entre eux seulement (Suède, Pologne, République tchèque, Portugal, Hongrie, Bulgarie, Roumanie, Malte et Chypre) l’ont reconnue comme telle. La Palestine dispose d’un statut d’observateur auprès des Nations unies, dont elle n’est pas officiellement membre.
Paris souligne qu’un tel accord a été conclu avec la République du Kosovo, qui n’est pas non plus reconnu par l’ensemble de la communauté internationale. Et ajoute qu’aucun obstacle juridique ne peut entraver ce qui n’est d’ailleurs qu’une ébauche puisque la négociation et l’adoption de telles dispositions nécessitent plusieurs années.
Il n’empêche, la pression exercée par Paris indispose certaines capitales. Londres, notamment, manifeste d’évidentes réticences, même à l’égard d’une simple déclaration. La Grande-Bretagne pourrait être appuyée par des pays comme la Pologne, la Hongrie ou la République tchèque qui se sont abstenus aux Nations unies, le 21 décembre, lors du vote de la résolution condamnant la reconnaissance par Washington de Jérusalem comme capitale d’Israël.
D’autres pays jugent, en revanche, « plus qu’intéressante », selon un diplomate, l’initiative française. « Il faut adresser un signal à Abbas pour mieux appuyer nos demandes », ajoute cette source. Parmi celles-ci, la nécessité pour l’Autorité palestinienne d’améliorer sa gestion, d’affirmer son autorité et de « reprendre pied » à Gaza. Mais aussi de ne pas rompre tous les ponts avec Washington, quels que soient ses griefs et ses critiques à l’égard de M. Trump.
Après la polémique sur le budget de l’UNWRA et les reproches du président républicain, qui accuse l’Autorité palestinienne de refuser la négociation avec Israël, M. Abbas a menacé de ne plus reconnaître les Etats-Unis comme médiateurs. « On demandera à Abbas de ne pas claquer la porte, et de nous aider à l’aider », poursuit un diplomate.
« Ramener Abbas à la raison »
En clair, il s’agirait d’éviter que le dirigeant palestinien quitte une nouvelle fois Bruxelles avec de simples promesses et l’assurance, un peu vaine, que les Vingt-Huit continuent de défendre l’idée d’une solution à deux Etats. D’autant qu’il devrait surtout réclamer une augmentation de la contribution de l’UE à l’UNWRA et poser la question d’une reconnaissance, par l’ensemble de l’UE, de l’Etat palestinien. C’est parce qu’une réponse collective sur ce dernier point ne peut pas lui être apportée, faute d’unité européenne, que Paris a imaginé l’hypothèse d’un accord d’association.
S’il réclame davantage d’argent, le président se verra surtout rappeler que l’Union octroie chaque année 300 millions d’euros à l’Autorité palestinienne, un montant qu’elle soumet actuellement à un examen pour voir s’il peut être augmenté mais, surtout, s’il est correctement utilisé.
La volonté de la France de jouer un rôle-clé dans ce dossier est, en tout cas, confirmée par la presse israélienne, qui a rapporté qu’Aurélien Lechevallier, un conseiller d’Emmanuel Macron, avait été dépêché auprès de la direction palestinienne pour essayer de calmer sa fureur antiaméricaine. Paris nie agir à la demande de Washington : certaines sources évoquent la nécessité de « ramener Abbas à la raison » et une « continuité » dans les contacts noués par M. Macron depuis la visite de M. Abbas à Paris, le 22 décembre, puis la réception d’une délégation du Fatah, le 5 janvier.



                            


                        

                        


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En Allemagne, Merkel face aux états d’âme du SPD

Les sociaux-démocrates se prononcent dimanche pour ou contre une nouvelle coalition avec la chancelière.



Le Monde
 |    20.01.2018 à 10h07
    |

                            Cécile Boutelet (Berlin, correspondance)








                        



   


Il s’appelle Kevin Kühnert, il est né à Berlin-Ouest quelques mois avant la chute du Mur. Son discours au congrès extraordinaire du Parti social-démocrate à Bonn, dimanche 21 janvier, pourrait marquer le début d’une grande carrière politique. Du haut de ses 28 ans, le militant va tenter ni plus ni moins de faire basculer le destin du SPD.
Président du mouvement de jeunesse du parti (« les Jusos »), qui compte 70 000 membres, Kevin Kühnert mène campagne depuis une semaine contre une réédition de la « grande coalition ». Autrement dit, il refuse toute nouvelle alliance gouvernementale avec les conservateurs – l’Union chrétienne-démocrate (CDU) d’Angela Merkel et son alliée bavaroise, la CSU. Dimanche, 600 délégués du parti doivent se prononcer sur le texte issu des discussions exploratoires entre les trois formations, présenté vendredi 12 janvier à Berlin. Ce document doit servir de base à l’élaboration d’un contrat de coalition, qui deviendrait la feuille de route gouvernementale des quatre prochaines années. Mais rien n’est joué : au SPD, le scrutin de dimanche s’annonce serré. Et la notoriété médiatique soudaine acquise par Kevin Kühnert ces derniers jours montre qu’il bénéficie de soutiens en interne.

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Inconnu du grand public il y a encore un mois, le président des Jusos a conscience que le SPD vit un moment-clé de son histoire. Avec aplomb, le jeune militant fait front contre la direction du parti, Martin Schulz en tête, et contre le président de la République, le social-démocrate Franz-Walter Steinmeier, qui a appelé à la « responsabilité ». Mais, surtout, Kevin Kühnert fait campagne contre Angela Merkel, cette chancelière si centriste, avec laquelle M. Schulz avait promis, au soir de sa défaite électorale le 24 septembre, qu’il ne gouvernerait pas. Une victoire du leader des Jusos serait un revers terrible pour les deux dirigeants.
Suicide politique
Kevin Kühnert incarne un SPD qui refuse de jouer les partenaires raisonnables, et ne voit de salut pour son parti que dans l’opposition et un coup de barre à gauche. « Je ne crois plus que le SPD puisse se redresser si on fuit sans cesse vers une grande coalition, parce qu’on trouve que les alternatives sont encore pires », explique-t-il. Son argument : les électeurs ont voté contre la grande coalition en septembre 2017, tout passage en force est un suicide politique pour le SPD.
Les sondages, pour l’instant, lui donnent raison. Le SPD n’est plus crédité que de 18,5 % des intentions de vote, selon une enquête d’opinion parue mardi dans Bild. A seulement quelques encablures de l’AfD, qui pointe désormais à 14 %. Et une majorité d’Allemands refuse une nouvelle grande coalition. « Nous cherchons à faire en sorte que le SPD redevienne un grand parti populaire », dit-il.
Que Kevin Kühnert soit une des rares figures du SPD à défendre cette ligne en dit long sur l’état du parti, en proie au doute et à une crise de leadership sans précédent. Seules la génération la plus jeune et l’aile gauche du parti osent prendre le risque de provoquer de nouvelles élections en désavouant Martin Schulz.
Décompte de caisse
En quelques mois, c’est comme si l’histoire s’était brusquement accélérée : la génération montante des leaders du SPD, qui espéraient capitaliser sur le bon bilan économique de la grande coalition sortante pour confirmer leur pouvoir, se retrouve à jouer les services après-vente d’un projet qui ne suscite ni l’enthousiasme ni l’adhésion des militants. C’est le cas de Heiko Maas, 51 ans, actuel ministre de la justice, et d’Andrea Nahles, 47 ans, devenue chef du groupe SPD au Bundestag en septembre 2017, après quatre ans au gouvernement. Le comble pour celle qui a longtemps été présidente des bouillonnants Jusos est de devoir défendre un programme pragmatique et sans âme. Mme Nahles met en garde ses jeunes camarades contre toute « romantisation » de l’opposition.
Au SPD, le débat sur le fond, soigneusement évité pendant la morne campagne de l’été 2017, est brusquement revenu sur le devant de la scène. Martin Schulz, qui a consacré sa semaine à faire la tournée des fédérations locales du SPD, s’évertue à énumérer les exigences du parti reprises par le préaccord de coalition : sur les retraites, la baisse des impôts pour les petits salaires ou encore l’éducation. Rien à faire, l’ancien libraire donne l’impression de faire son décompte de caisse en fin de journée, alors que la maison s’écroule. L’essentiel n’est pas là, répètent ses opposants.

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« Il en va de questions fondamentales. La population a besoin d’un choix entre deux propositions politiques claires. Nous avons vu qu’une grande coalition ne le propose pas, mais doit vendre aux électeurs compromis sur compromis, ce qui renforce l’extrême droite », a déclaré Hilde Mattheis, députée de l’aile gauche du SPD, à la télévision. « Nous sommes face à une décision qui engage notre destin. Elle pourrait nous conduire sur le même chemin que d’autres partis frères européens si nous ne travaillons pas plus à notre identité. » La référence à la débâcle du Parti socialiste français, au printemps 2017, agit comme un puissant épouvantail. « Il est important de montrer que le parti a une culture politique du débat, qu’on peut le faire sans s’effondrer », a ajouté Mme Mattheis.
Lassitude des plus jeunes
Quelle que soit l’issue du vote de dimanche, le congrès du SPD marquera un tournant. Les tensions actuelles illustrent la lassitude des membres les plus jeunes du parti contre une culture politique imposée par le centrisme et le pragmatisme d’Angela Merkel. Contrairement à l’impression dégagée par la campagne, où l’atonie des débats pouvait laisser croire à des Allemands rassasiés par la prospérité économique et indifférents à la politique, on assiste actuellement à un réveil des clivages partisans. « Le style de gouvernement d’Angela Merkel, fondé sur le consensus et la patience, a été très efficace, mais n’est sans doute plus adapté à l’air du temps. On a besoin aujourd’hui de plus de prises de position claires », estime Andrea Römmele, professeure de sciences politiques à la Hertie School of Governance de Berlin.
L’agacement des Jusos est comparable à celui des militants du Parti libéral-démocrate, le FDP, souvent jeunes eux aussi, qui ont préféré refuser de participer au gouvernement plutôt que de prendre le risque de perdre leur identité. Cette jeune génération de militants a en commun de considérer que le danger le plus grand n’est pas la montée en puissance de l’AfD et des idées d’extrême droite, mais l’affadissement du débat démocratique. Ce n’est pas un hasard s’ils défendent tous l’option d’un gouvernement minoritaire, qu’ils jugent plus à même de répondre au besoin de renouveau démocratique exprimé par les urnes, après quatre ans de grande coalition. Celui-ci obligerait le gouvernement, sur chaque réforme, à trouver une majorité de circonstance au Bundestag. Il affaiblirait de facto le pouvoir de la chancelière et compliquerait certaines prises de décisions. L’option est, jusqu’ici, radicalement rejetée par Angela Merkel.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-12"> ¤ Le remue-ménage permanent qui a caractérisé la première année de Donald Trump à la Maison Blanche est sans précédent par son ampleur.
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édition abonné


L’impréparation, péché originel de l’administration Trump

Le remue-ménage permanent qui a caractérisé la première année de Donald Trump à la Maison Blanche est sans précédent par son ampleur.



Le Monde
 |    20.01.2018 à 10h06
    |

            Gilles Paris (Washington, correspondant)








                        



                                


                            

La thèse est avancée dans les premières pages de Fire and Fury : Inside the Trump White House, le livre de Michael Wolff (Robert Laffont, à paraître le 22 février) qui a exaspéré le président : Donald Trump n’imaginait pas remporter l’élection présidentielle de 2016. Cette thèse a été repoussée avec force par l’administration arrivée au pouvoir il y a un an, mais les indices abondent qui lui donnent de la consistance. Au point d’expliquer une bonne partie de ses vicissitudes.

Une transition chaotique tout d’abord, marquée par l’éviction du responsable qui en était chargé, Chris Christie, gouverneur républicain du New Jersey, du fait de ses mauvaises relations avec le gendre du président, Jared Kushner. L’impréparation se manifeste alors par la nomination aux plus hautes fonctions de la Maison Blanche de personnalités qui la quitteront en un temps record. Le conseiller à la sécurité nationale Michael Flynn, débarqué moins d’un mois après son arrivée. Le chef de cabinet Reince Priebus et le porte-parole Sean Spicer, évincés en juillet. Ou encore le conseiller stratégique du président, Stephen Bannon, poussé vers la sortie le mois suivant. Elle est aussi manifeste avec la nomination comme secrétaire d’Etat de Rex Tillerson, patron d’ExxonMobil, que Donald Trump ne connaissait pas auparavant et avec lequel il entretient des relations délicates.
Remue-ménage sans précédent
Ce remue-ménage permanent est sans précédent par son ampleur. Selon l’étude publiée vendredi 19 janvier par Kathryn Dunn Tenpas, spécialiste de la gouvernance à la Brookings Institution, 34 % de l’équipe du président a été renouvelée au cours de sa première année à la Maison Blanche. Très loin des 6 % de celle de Barack Obama ou des 11 % de celle de George W. Bush. Les inconvénients relevés par Kathryn Dinn Tenpas sont nombreux, comme la perte de temps et d’énergie engendrée par les arrivées de remplaçants ignorants des dossiers et des équilibres internes.
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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-13"> ¤ Les administrations fédérales vont être fermées après l’échec, vendredi soir au Sénat, d’un vote sur le financement temporaire de l’Etat.
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Aux Etat-Unis, la première année de Donald Trump s’achève sur un « shutdown »

Les administrations fédérales vont être fermées après l’échec, vendredi soir au Sénat, d’un vote sur le financement temporaire de l’Etat.



Le Monde
 |    20.01.2018 à 09h52
 • Mis à jour le
20.01.2018 à 13h35
    |

            Gilles Paris (Washington, correspondant)








                        



   


Donald Trump avait prévu de quitter Washington vendredi pour pouvoir célébrer le lendemain le premier anniversaire de son arrivée à la Maison Blanche en Floride, samedi 20 janvier, dans sa résidence luxueuse de Mar-a-Lago. Un « dîner de la victoire Trump », occasion d’une levée de fonds de campagne pour 2020, était au programme. Une impasse au Congrès l’a empêché de quitter la capitale fédérale. A minuit, le président n’a pu que méditer sur le présent encombrant délivré par le Sénat : un shutdown (« fermeture ») du gouvernement fédéral.
Il se traduira à partir de lundi par la mise au chômage technique sans salaire de plus de 850 000 employés fédéraux considérés comme « non essentiels » au fonctionnement de l’administration. Les activités de nombreuses agences fédérales, comme les services fiscaux, ceux des parcs nationaux, ou la délivrance de passeports, seront réduites. En revanche, les services de sécurité seront relativement épargnés. Les militaires américains poursuivront leurs opérations mais sans toucher leur solde.
« Losers » de démocrates
Le Parti républicain, dont la majorité ne tient qu’à un siège au Sénat, n’a pu en effet obtenir la majorité qualifiée nécessaires (60 voix) pour l’adoption d’une rallonge budgétaire d’un mois déjà votée par la Chambre des représentants. Et ceci, faute d’un accord global sur un projet de budget pour l’année fiscale en cours, repoussé depuis septembre. Seuls quatre démocrates exposés à des réélections difficiles cet automne dans des Etats remportés par Donald Trump en 2016 ont voté en faveur du texte. Mais un nombre identique de républicains, hostiles à une troisième rallonge, s’y est en revanche opposé.
La majorité des démocrates exigeaient en échange des voix nécessaires l’ajout d’un statut définitif pour les sans-papiers arrivés enfants aux Etats-Unis et privés en septembre de la protection décrétée par l’administration de Barack Obama. L’expiration de cette mesure va survenir au début du mois de mars.

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                L’impréparation, péché originel de l’administration Trump



La porte-parole du président, Sarah Sanders, a rapidement rejeté la responsabilité de cet échec retentissant sur les démocrates. Dans un communiqué au ton virulent, elle s’en est prise aux sénateurs de l’opposition, baptisant l’impasse du nom du chef de la minorité démocrate, Chuck Schumer (New York). Mme Sanders les a accusé de « prendre en otage » les citoyens américains en raison « d’exigences inconsidérées » concernant des « immigrants illégaux ». Elle a assuré que la Maison Blanche ne rouvrirait les négociations sur ces sans-papiers, également connus sous le nom de « Dreamers », qu’une fois que « les démocrates », qualifiés de « losers », « auront commencé à payer nos forces armées et le personnel de secours ».
Le président a lui-même réagi samedi matin à l’aube en accusant l’opposition démocrate de faire passer « les immigrants illégaux » avant l’armée ou la sécurité des frontières. Les démocrates « auraient pu facilement conclure un accord mais ils ont préféré jouer la carte du “shutdown” » à la place, a tweeté le président américain.
Les arguments du camp Trump ont de bonnes chances de porter au sein du camp républicain, mais ils visent aussi à occulter plusieurs faits embarrassants. Aucun président n’a été auparavant mis en difficulté de cette manière en contrôlant les deux chambres du Congrès. Il souligne par ailleurs les limites des capacités de négociateur dont se targue souvent Donald Trump. Alors simple citoyen, il avait assuré lors du dernier shutdown, en 2013, que sa responsabilité devait reposer sur le président, qui était alors le démocrate Barack Obama. En mai 2017, sur son compte Twitter, le président avait enfin vanté les vertus d’« un bon shutdown » pour « mettre de l’ordre dans ce bazar », la mission qu’il jurait d’accomplir.
Au Sénat, Chuck Schumer a d’ailleurs repris cet argument en évoquant à de nombreuses reprises un « Trump shutdown » découlant selon lui du chaos qui prévaut au sein de l’administration. « Même quand le président semble approuver les grandes lignes d’un accord, il ne demande pas à son parti au Congrès de l’accepter », a-t-il assuré.
Signaux contradictoires
Le chef de la minorité démocrate a eu beau jeu de rappeler les propos du président, le 9 janvier, incitant les élus du Congrès à s’entendre sur une « loi d’amour » à propos des « Dreamers ». Deux jours plus tard, le président avait repoussé avec virulence le compromis auquel étaient parvenus des élus des deux camps au Sénat.
La polémique qui a enflé des jours durant à la suite de termes injurieux prêtés ce jour-là à Donald Trump à propos de certains Etats africains – qualifiés de « pays de merde », termes que la Maison Blanche n’avait initialement pas démentis – a contribué à une crise de confiance à l’orgine du blocage de vendredi. Au cours des heures précédentes, même certains républicains ont déploré ouvertement les signaux contradictoires émis par la Maison Blanche sur l’immigration. Un ultime tête-à-tête entre M. Trump et M. Schumer, vendredi en milieu de journée, n’a pas permis la moindre percée.
Des sondages publiés par le Washington Post et la chaîne d’information CNN ont montré qu’une majorité de personnes interrogées incriminaient jusqu’à présent plutôt le Parti républicain et le président pour un éventuel blocage, sans épargner totalement les démocrates. L’enquête de CNN montre que si une écrasante majorité de personnes interrogées (82 %) souhaite une solution pérenne pour les « Dreamers », elle n’en juge pas moins (à 56 % contre 34 %) que la priorité doit être accordée à la continuité de l’Etat, un souci potentiel pour la stratégie de Chuck Schumer.
En campant sur une ligne intransigeante, la Maison Blanche fait le pari qu’un désaveu des démocrates dans l’opinion les contraindra à reculer. Un pari compliqué par la mauvaise image du président auprès d’une majorité d’Américains. D’autant que si le blocage s’installe dans la durée, il risque de n’épargner in fine aucun de ses protagonistes.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-14"> ¤ Le président américain est particulièrement ciblé par les détournements sur Internet. Des mèmes qui, mois après mois, reflètent l’évolution du regard que portent sur lui ses citoyens.
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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-15"> ¤ Le gouvernement a abandonné le projet de nouvel aéroport pour Nantes, le chef de l’Etat a signé un nouveau traité sur l’immigration avec les Britanniques, et l’affaire Richard Ferrand revient.
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Article sélectionné dans La Matinale du 19/01/2018
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Abandon de l’aéroport de NDDL, Macron à Calais : l’actualité de la semaine à retenir

Le gouvernement a abandonné le projet de nouvel aéroport pour Nantes, le chef de l’Etat a signé un nouveau traité sur l’immigration avec les Britanniques, et l’affaire Richard Ferrand revient.



Le Monde
 |    20.01.2018 à 06h39
 • Mis à jour le
20.01.2018 à 09h57
    |

                            Les Décodeurs








                        



   


Le projet d’aéroport à Notre-Dame-des-Landes officiellement abandonné
Après plus de cinquante ans de blocage, le premier ministre, Edouard Philippe, a annoncé mercredi la fin du projet d’aéroport à Notre-Dame-des-Landes. Le plan proposé par le gouvernement consiste à agrandir l’actuel aéroport de Nantes-Atlantique ainsi qu’à moderniser celui de Rennes Saint-Jacques pour absorber la hausse du nombre de voyageurs.

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Sur la ZAD (pour « zone d’aménagement différé » ou « zone à défendre », pour les militants anti-aéroports), la nouvelle a été accueillie avec joie. Mais le soulagement pourrait être de courte durée, car Edouard Philippe a aussi annoncé, pour le printemps, l’expulsion de la ZAD afin que les terres « retrouvent leur vocation agricole », bien que les « zadistes » aient déjà lancé de longue date des projets de ce type.
Immigration : Emmanuel Macron à Calais
A l’occasion de son premier déplacement à Calais en tant que chef de l’Etat, Emmanuel Macron a prévenu, mardi, que la France ne laisserait pas s’installer une nouvelle « jungle », alors qu’entre 300 et 600 migrants sont toujours présents à Calais dans l’espoir de passer la frontière avec l’Angleterre. Jeudi, Emmanuel Macron et la première ministre britannique Theresa May ont par ailleurs réaffirmé l’importance de la coopération entre les deux pays. Londres a annoncé être prête à augmenter sa participation à la gestion des frontières côté français de la Manche.
Vendredi, le Défenseur des droits a recommandé le retrait de la circulaire sur l’hébergement d’urgence, qui organise le tri des personnes hébergées en fonction de leur situation administrative. Jacques Toubon estime que cette circulaire « se heurte aux principes fondateurs de l’hébergement d’urgence » en organisant « un traitement différencié ».

Ce déplacement intervient plusieurs jours après la présentation du projet de loi asile-immigration, vivement critiqué par les associations concernées. La veille de la venue de M. Macron, des associations ont déposé plainte contre X pour « destruction et dégradation » de biens leur appartenant. Elles ont réuni une série de témoignages racontant comment les biens appartenant aux quelques centaines de migrants qui errent dans le Calaisis et tentent de franchir la frontière sont confisqués et détruits.
Le mensonge au centre de la stratégie du Front national à la présidentielle
« La stratégie du mensonge », titrait Le Monde au lendemain du débat de l’entre-deux-tours de l’élection présidentielle. Cette « une » visait directement l’attitude de Marine Le Pen face à Emmanuel Macron.
Huit mois plus tard, une série d’enquêtes publiées par BuzzFeed News à partir de documents de travail utilisés par les équipes du Front national achève de démontrer que cette stratégie ne s’est pas limitée aux derniers instants de la campagne.
« Shutdown » de l’Etat fédéral aux Etats-Unis
Faute de compromis budgétaire, le « shutdown » est entré en vigueur aux Etats-Unis, vendredi 19 janvier à minuit. Les sénateurs ne sont pas parvenus à trouver un accord : les républicains, majoritaires avec 51 sièges, n’ont obtenu que 50 voix, loin des 60 – sur 100 – nécessaires pour une extension de quatre semaines, jusqu’au 16 février, du budget fédéral.
La Maison Blanche, qui fête également samedi la première année de la présidence de Donald Trump, a accusé les démocrates de prendre les Américains « en otages » alors que la majorité d’entre eux exigeaient, en échange d’un accord sur le budget, l’ajout d’un statut définitif pour les sans-papiers arrivés enfants aux Etats-Unis et privés en septembre de la protection décrétée par l’administration de Barack Obama.

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Affaire Ferrand : le parquet national financier ouvre une information judiciaire
Le parquet national financier (PNF) a ouvert une information judiciaire dans l’affaire des Mutuelles de Bretagne, pour « prise illégale d’intérêts », à la suite de la plainte déposée en novembre 2017 par l’association Anticor contre l’ancien ministre Richard Ferrand, selon une information du Canard enchaîné, dont Le Monde a eu confirmation mardi 16 janvier. Le juge d’instruction désigné pour enquêter est le doyen des juges d’instruction du pôle financier de Paris, Renaud Van Ruymbeke.
Violences sexuelles : vingt-cinq ans d’accusations contre Woody Allen
Depuis vingt-cinq ans, des accusations d’agressions sexuelles planent sur le réalisateur américain Woody Allen, portées par sa fille adoptive, Dylan Farrow. Ces derniers jours, plusieurs actrices et acteurs ont dénoncé publiquement le cinéaste, déclarant regretter d’avoir travaillé avec lui.
Favoritisme à l’INA : Mathieu Gallet condamné à un an de prison avec sursis
Le jugement est lourd : l’ancien président de l’Institut national de l’audiovisuel, Mathieu Gallet, a été condamné à un an de prison avec sursis et 20 000 euros d’amende, lundi 15 janvier. L’actuel président de Radio France était jugé pour « favoritisme », soupçonné d’avoir commandé environ 400 000 euros de prestations à deux sociétés de conseil sans avoir respecté les règles des marchés publics lorsqu’il présidait l’INA.
La Cour des comptes alerte sur le coût du Grand Paris Express
La Cour des comptes dresse un constat alarmant sur le Grand Paris Express — le nouveau réseau de lignes de métro automatiques prévu pour désengorger le réseau actuel — dans un rapport paru 17 janvier. Il évoque la dérive continuelle des coûts, émet de sérieux doutes sur le respect des échéances olympiques de 2024, et souligne le risque pour les finances publiques à court et à moyen terme.
Et aussi
Entreprise. PSA : les syndicats favorables à un projet de rupture conventionnelle collective.Lactalis. Des perquisitions ont eu lieu mercredi au siège social et dans l’usine de Craon (Mayenne) dans le cadre de l’enquête préliminaire ouverte après la découverte de lots de lait infantile contaminés.Transports. L’exécutif veut faciliter la mise en place de péages urbains.Justice. La Haute Autorité pour la transparence saisit la justice sur le patrimoine de David Douillet.Bioéthique. Quels seront les thèmes débattus dans votre région ?Maison Blanche. Donald Trump a passé un test cognitif, démentant les rumeurs sur sa santé mentale.Climat. Vague de démissions au sein du conseil des parcs nationaux aux Etats-Unis.Catalogne. Le principal parti nationaliste a reçu 6,6 millions d’euros de financements illégaux.Turquie. Prison ferme pour cinq journalistes.Danemark. 1 004 Danois âgés de quinze à une vingtaine d’années, dont 80 % sont des garçons, sont visés par une enquête pour distribution de pédopornographieHarcèlement sexuel. L’acteur Timothée Chalamet fait don du salaire qu’il a perçu pour le dernier Woody Allen.Gymnastique. Le sport à l’épreuve d’un scandale d’agressions sexuelles.JO. Les deux Corées formeront une équipe commune de hockey et défileront ensemble.Rugby. Mathieu Bastareaud suspendu trois matchs pour injure homophobe.Point météo. De combien d’heures de soleil avez-vous été privés par rapport à la normale, en décembre 2017 ?
Disparition
Dolores O’Riordan. L’interprète et autrice du tube Zombies, en 1994, du groupe irlandais The Cranberries, est morte subitement le 15 janvier dans sa chambre d’hôtel londonienne, où elle se trouvait pour une session d’enregistrement en studio. Elle était connue pour ses prises de position très conservatrices concernant les droits des femmes ou la peine de mort.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-16"> ¤ Les administrations fédérales vont être fermées après l’échec, vendredi soir au Sénat, d’un vote sur le financement temporaire de l’Etat.
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Article sélectionné dans La Matinale du 19/01/2018
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Faute de compromis budgétaire, le « shutdown » entre en vigueur aux Etats-Unis

Les administrations fédérales vont être fermées après l’échec, vendredi soir au Sénat, d’un vote sur le financement temporaire de l’Etat.



Le Monde
 |    20.01.2018 à 06h05
 • Mis à jour le
20.01.2018 à 07h46
   





                        



   


Les Etats-Unis vont vivre, samedi 20 janvier, leur premier « shutdown » depuis 2013. Les sénateurs ne sont pas parvenus, dans la soirée de vendredi, à trouver un compromis budgétaire sur le financement de l’Etat fédéral. Les républicains, majoritaires avec 51 sièges, n’ont obtenu que 50 voix, loin des 60 – sur 100 – nécessaires pour une extension de quatre semaines, jusqu’au 16 février, du budget fédéral.
La Maison Blanche, qui fête égalemen samedi la première année de la présidence de Donald Trump, a accusé les démocrates de prendre les Américains « en otages ». « Ce soir, [les sénateurs de l’opposition] ont placé la politique au-dessus de notre sécurité nationale », a argué Sarah Huckabee Sanders, porte-parole de la présidence. « Nous ne négocierons pas sur le statut d’immigrants illégaux pendant que les démocrates prennent en otage les citoyens respectueux du droit avec leurs exigences irresponsables », a-t-elle ajouté, laissant augurer de difficiles négociations dans les jours à venir.
La fermeture de l’administration « était 100 % évitable », a affirmé le patron des sénateurs républicains, Mitch McConnell, à l’adresse des démocrates. « Ce sera appelé le Trumpshutdown car personne, personne ne mérite autant que le président Trump d’être jugé responsable de la situation dans laquelle nous nous trouvons », lui a répondu le chef des sénateurs démocrates Chuck Schumer.
Les démocrates avaient en effet fait savoir qu’ils n’accepteraient de voter pour un texte de compromis que si celui-ci pérennisait la régularisation de 690 000 jeunes immigrés au statut précaire, les « Dreamers ». Donald Trump a mis fin au programme mis en place par Barack Obama mettant ces jeunes sans-papiers à l’abri d’une expulsion et leur permettant d’étudier et de travailler aux Etats-Unis. L’expiration de cette mesure va intervenir au début du mois de mars.
Chômage technique pour 850 000 fonctionnaires
Le « shutdown », qui avait duré 16 jours en 2013, est synonyme de chômage technique sans paie pour plus de 850 000 fonctionnaires considérés comme « non essentiels ». Samedi matin, il était impossible de savoir combien de temps durerait cette nouvelle fermeture, dont les premiers effets devraient se faire sentir lundi. Les activités de nombreuses agences fédérales, comme les services fiscaux, seront réduites, mais les services de sécurité seront globalement épargnés. Les 1,4 million de militaires américains poursuivront leurs opérations, mais sans être payés.

   


« Notre pays a été fondé par des génies, mais il est dirigé par des idiots », a déploré le sénateur républicain de Louisiane John Kennedy, résumant d’un trait d’esprit l’ambiance générale à Washington.

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                Donald Trump braque les démocrates sur le budget



« Les choses se présentent mal », avait estimé, peu avant le scrutin, Donald Trump, l’issue du vote ne faisant plus aucun doute malgré une journée d’intenses tractations. Le président, qui devait rejoindre sa luxueuse résidence en Floride, est finalement resté dans la capitale fédérale. Il ne s’est pas encore exprimé personnellement après le vote.
Enjeu politiqie
Au-delà du budget, les parlementaires pensent aux élections de mi-mandat en novembre. Les démocrates estiment que les républicains qui ont tous les leviers du pouvoir (Maison Blanche, Chambre des représentants, Sénat) seront tenus pour responsables de la paralysie et paieront le prix fort.
Les républicains espèrent, eux, se servir du « shutdown » pour punir les sénateurs démocrates qui brigueront un nouveau mandat dans dix Etats remportés par Donald Trump à la présidentielle. Quatre d’entre eux, selon les médias, ont d’ailleurs voté avec les républicains vendredi soir.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-17"> ¤ Dans une tribune au « Monde », le politiste Denis Lacorne, spécialiste des Etats-Unis, estime que le véritable test, pour le président américain, aura lieu aux élections de mi-mandat, en novembre 2018, avec un risque de voir le Congrès basculer du côté démocrate.
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édition abonné


« La gauche américaine aurait tort de diaboliser Trump à outrance »

Dans une tribune au « Monde », le politiste Denis Lacorne, spécialiste des Etats-Unis, estime que le véritable test, pour le président américain, aura lieu aux élections de mi-mandat, en novembre 2018, avec un risque de voir le Congrès basculer du côté démocrate.



Le Monde
 |    20.01.2018 à 04h30
    |

Denis Lacorne (politiste spécialiste des Etats-Unis, directeur de recherche au CERI-Sciences Po)







                        



                                


                            

Elu en 2016 pour quatre ans à la présidence des Etats-Unis, Donald Trump, s’il devait être réélu en 2020, resterait au pouvoir jusqu’en 2024. Est-il vraisemblable qu’un leader qui, de l’avis de ceux qui l’ont côtoyé, est irascible, infantile, raciste, narcissique à l’extrême, incapable de concentration, peu informé de l’état du monde, insultant à l’égard des femmes, des Afro-Américains, des Haïtiens, des musulmans, des Latinos, de ses subordonnés, des médias, reste si longtemps au sommet de l’Etat fédéral ? Quelles sont les chances d’une telle longévité ? Quelle crédibilité faut-il accorder à ceux qui prédisent sa chute prochaine et s’attendent tantôt à une démission forcée, comme celle de Nixon après la crise du Watergate, tantôt à une démission soudaine précipitée par l’application de la quatrième clause du 25e amendement, prévoyant, à la demande du vice-président et de la majorité des ministres, le départ d’un président « incapable d’assumer les pouvoirs et devoirs de sa charge » et son remplacement immédiat par le vice-président en exercice ?

Les élections de novembre 2018 seront décisives pour l’avenir de l’administration Trump. L’impopularité du président, l’effritement de sa base électorale, la multiplication de propos insultants augurent mal de l’avenir du Grand Old Party. Le parti du président est presque toujours perdant lors des élections de mi-mandat, et il suffirait aux démocrates de l’emporter dans 24 circonscriptions pour obtenir la majorité des sièges à la Chambre des représentants. Le contrôle du Sénat (renouvelé pour un tiers) se jouera à quelques sièges près. C’est sans doute pourquoi les élus sortants ont été si réticents à critiquer les propos racistes du président, de peur de heurter une base électorale populiste qui reste farouchement fidèle à son « génie ». La plupart des participants à la réunion infamante où M. Trump dénonça Haïti et d’autres nations africaines comme des « pays de merde » prétendirent...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-18"> ¤ Ces profils, associés à une agence considérée comme une « usine à trolls » proche du Kremlin, portent à 3 814 le nombre de comptes suspendus pour un rôle suspect dans la campagne présidentielle américaine.
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-18"> ¤                     
                                                

Soupçons d’ingérence russe : Twitter a fermé 1 000 nouveaux comptes

Ces profils, associés à une agence considérée comme une « usine à trolls » proche du Kremlin, portent à 3 814 le nombre de comptes suspendus pour un rôle suspect dans la campagne présidentielle américaine.



Le Monde
 |    20.01.2018 à 02h22
 • Mis à jour le
20.01.2018 à 11h54
   





                        



   


Plus de mille nouveaux comptes Twitter douteux liés à une agence de propagande numérique installée en Russie, soupçonnée d’avoir voulu influencer la campagne électorale américaine de 2016, ont été fermés, a annoncé vendredi 19 janvier le réseau social.

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                Comment vérifier une image ou une vidéo qui circule sur les réseaux sociaux ?



Dans le détail, il s’agit de 1 062 profils associés à l’Internet Research Agency (IRA), considérée comme une « usine à trolls » proche du Kremlin – 3 814 comptes suspects ont été fermés au total. Pendant la campagne, 175 993 tweets ont été publiés.
« Conformément à notre volonté de transparence, nous envoyons des e-mails à 677 775 personnes aux Etats-Unis, ayant suivi un de ces comptes, ou ayant retweeté ou “aimé” l’un de leurs messages pendant la période électorale [de 2016]. »
Twitter – comme Facebook et Google – a été sommé par des parlementaires américains de rendre publiques ses investigations sur la présence de contenus problématiques liés à la Russie autour de la présidentielle. Le réseau social a également fait savoir qu’il avait identifié 13 512 comptes de plus ayant créé des contenus automatiques, portant le total de comptes de ce type à 50 258.

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Twitter, Facebook et Google sont sous le feu des critiques depuis plusieurs mois, accusés d’avoir malgré eux servis de plate-forme à une propagande venue de Russie. Les accusations d’ingérence pleuvent contre le Kremlin depuis plus d’un an, entre hackers, « trolls » et médias sous contrôle. Des allégations rejetées en bloc par Moscou.



                            


                        

                        


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Le décret sur l’immigration de Trump de nouveau devant la Cour suprême

Le feuilleton judiciaire sur le décret anti-immigration du président américain se poursuit. Cette fois, la plus haute instance judiciaire américaine se prononce sur le fond.



Le Monde
 |    19.01.2018 à 22h25
   





                        



   


L’histoire se répète. La Cour suprême des Etats-Unis a annoncé, vendredi, qu’elle allait examiner sur le fond la troisième mouture du décret anti-immigration du président Donald Trump. Depuis la première version du texte, ce décret a fait l’objet d’une régulière et âpre bataille judiciaire.
Le décret interdit l’entrée sur le territoire américain, et de façon permanente, aux ressortissants de sept pays (Yémen, Syrie, Libye, Iran, Somalie, Corée du Nord et Tchad). Par ailleurs, le décret suspend également l’entrée dans le pays de responsables gouvernementaux vénézuéliens.

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Cette troisième version avait été signée le 24 septembre, puis suspendue le 17 octobre, la veille de son entrée en vigueur, par un juge d’Hawaï. Celui-ci estimait que le texte peinait à démontrer en quoi l’entrée autorisée à plus de 150 millions de ressortissants étrangers des pays visés « nuirait aux intérêts des Etats-Unis ». Un juge du Maryland avait également bloqué la mesure.
« Mettre un terme définitif »
Une bataille épique devant les tribunaux avait suivi après que le gouvernement a fait appel de ces décisions, donnant lieu à de multiples rebondissements en première instance et en appel devant diverses juridictions du pays.
En novembre, une cour d’appel de San Francisco avait autorisé son application partielle, exemptant les « étrangers qui peuvent démontrer une relation authentique avec une personne ou une entité aux Etats-Unis ». La Cour suprême a également remis en vigueur le décret, mais sans se prononcer sur le fond&z, ce qu’elle a accepté de faire vendredi. La décision pourrait être rendue fin juin.

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« Chaque version du décret a été déclarée anticonstitutionnelle, illégale, ou les deux, par les tribunaux fédéraux et les cours d’appel. La Cour suprême peut et doit mettre un terme définitif aux efforts du président Trump de saper l’égalité religieuse garantie par la Constitution et les principes fondamentaux de nos lois migratoires », a commenté Omar Jadwat, avocat de l’Union américaine pour les libertés civiles (ACLU).



                            


                        

                        


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L’administration Trump dévoile sa « nouvelle stratégie de défense nationale »

L’armée américaine a besoin de se moderniser car son « avantage compétitif diminue dans tous les domaines », affirme le secrétaire à la défense.



Le Monde
 |    19.01.2018 à 21h18
 • Mis à jour le
19.01.2018 à 21h42
   





                        



   


Contrer les ambitions de la Chine et de la Russie est au cœur de la nouvelle « stratégie de défense nationale américaine », rendue publique vendredi 19 janvier.
Lors d’une conférence de presse, le secrétaire à la défense, James Mattis, a souligné que la compétition entre les grandes puissances, et non plus le terrorisme, était désormais la priorité de Washington en matière de sécurité nationale.
La Chine et la Russie comme menaces principales
« Nous faisons face à des menaces grandissantes de puissances révisionnistes aussi différentes que la Chine et la Russie, des nations qui cherchent à façonner un monde compatible avec leur modèle autoritaire », a-t-il dit en présentant le document.
L’armée américaine a besoin de se moderniser car son « avantage compétitif diminue dans tous les domaines – aérien, terrestre, marin, spatial et cyberspatial – et ne cesse de diminuer », a ajouté Jim Mattis en présentant ce document à Washington. Le président Donald Trump avait présenté le mois dernier sa nouvelle « stratégie de sécurité nationale », et le document signé par M. Mattis en est la déclinaison militaire.

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Cette nouvelle stratégie de défense, la première depuis dix ans, « reconnaît que la Chine et la Russie, en particulier, ont œuvré assidûment depuis plusieurs années à développer leurs capacités militaires », a expliqué à la presse le sous-secrétaire à la défense chargé de la stratégie, Elbridge Colby.
Moscou n’a pas tardé à réagir. Depuis le siège de l’ONU, à New York, Sergueï Lavrov, le ministre des affaires étrangères russe, a accusé Washington de préférer « une stratégie de confrontation » à un « dialogue normal ».
Le document d’une cinquantaine de pages, dont seul un « sommaire » d’une dizaine de pages a été rendu public par le Pentagone, accuse la Chine d’avoir usé de « tactiques économiques prédatrices pour intimider ses voisins tout en militarisant la mer de Chine ».
Les menaces de la Corée du Nord et de l’Iran
La Corée du Nord est également présentée comme l’une des priorités de la défense américaine, en raison de ses programmes balistique et nucléaire. De même, l’Iran est accusé de menacer la stabilité au Moyen-Orient, voire dans le monde entier. Les islamistes, malgré leurs revers en Irak et en Syrie, continuent par ailleurs de représenter une menace, juge Washington.
Par ailleurs, Washington cherche à obtenir des alliés un meilleur « partage du fardeau », selon le document, qui propose de « fortifier » l’OTAN. « Nous attendons de nos alliés européens qu’ils respectent leur promesse d’augmenter leurs budgets de défense et de modernisation pour renforcer l’alliance face à nos soucis de sécurité communs », est-il précisé.
La nouvelle stratégie militaire américaine ne mentionne absolument pas le changement climatique, que le prédécesseur de Donald Trump, Barack Obama, considérait comme un véritable enjeu de sécurité nationale. Depuis, le président républicain a annoncé le retrait des Etats-Unis de l’accord de Paris sur le climat signé, en 2015, par près de 200 pays.



                            


                        

                        

