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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-1"> ¤ Le président français et la chancelière allemande se sont retrouvés avant le 55e anniversaire du traité de l’Elysée pour étudier les propositions de relance européenne.
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A Paris, Merkel plaide pour « un gouvernement stable en Allemagne »

Le président français et la chancelière allemande ont étudié les propositions de relance européenne, avant de célébrer le 55e anniversaire du traité de l’Elysée.



Le Monde
 |    19.01.2018 à 17h04
 • Mis à jour le
19.01.2018 à 18h56
    |

            Alain Salles et 
Solenn de Royer








                        


La chancelière allemande, Angela Merkel, est à Paris vendredi 19 janvier pour rencontrer Emmanuel Macron avant de célébrer le 55e anniversaire du traité de l’Elysée. Lors d’une conférence de presse commune avec le président français, la chancelière a déclaré que « pour agir en Europe, il est capital d’avoir un gouvernement stable en Allemagne ». 
Angela Merkel fait face à d’importantes difficultés, et cela depuis plusieurs mois, alors qu’elle doit trouver une coalition gouvernementale. Les délégués du Parti social-démocrate (SPD) doivent se prononcer dimanche sur le projet d’alliance entre leur parti et la CDU de Mme Merkel, et leur réponse pourrait compromettre le projet de la chancelière.

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Impulser une plus grande coopération
Angela Merkel et Emmanuel Macron devraient s’afficher ensemble dans la soirée à la Philharmonie de Paris, à l’issue d’un dîner de travail à l’Elysée. Les deux dirigeants écouteront une œuvre de Debussy, dirigée par Daniel Barenboim, que le chef de l’Etat avait rencontré à Salzbourg à l’été 2017 lors d’une masterclass. L’Elysée se félicite que :
« Dans un contexte interne très chargé, deux jours avant le vote du SPD sur la poursuite des négociations en vue d’une grande coalition, la chancelière pren[ne] le temps de passer une soirée à Paris, signe de l’importance de la relation bilatérale et de l’engagement européen du président. »
Auparavant, lors d’une longue séance de travail, Mme Merkel et M. Macron ont étudié ensemble plusieurs sujets, notamment les propositions françaises de relance européenne ou encore le 55e anniversaire du traité de l’Elysée, signé au Château le 22 janvier 1963 par le chancelier Konrad Adenauer et le président Charles de Gaulle, pour impulser une plus grande coopération entre la France et l’Allemagne. Lors de son discours de la Sorbonne, en septembre 2017, le chef de l’Etat avait dit qu’il souhaitait « réviser le traité de l’Elysée ».

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                Emmanuel Macron, leader esseulé d’une Europe convalescente



Session commune inédite
Les deux dirigeants publieront lundi 22 janvier, jour de l’anniversaire, une déclaration commune qui inaugurera la préparation d’un nouveau traité, lequel doit être finalisé dans le courant de 2018, selon la présidence française.
Le même jour, l’Assemblée nationale et le Bundestag, à l’occasion d’une session commune inédite, feront une déclaration dans le même sens, appelant à un nouveau traité et au renforcement de la coopération entre les deux Parlements.
M. Macron et Mme Merkel se retrouveront, mercredi 24 janvier, au Forum économique de Davos.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-2"> ¤ Brigitte, Denis et Caroline ont été tirés au sort pour participer à la première expérimentation citoyenne du revenu de base. Pendant un an, ils recevront 1 000 euros par mois, grâce à une opération de financement participatif. Témoignages.
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Ils testent le revenu de base : « J’ai ressenti la liberté qui allait arriver »

Brigitte, Denis et Caroline ont été tirés au sort pour participer à la première expérimentation citoyenne du revenu de base. Pendant un an, ils recevront 1 000 euros par mois, grâce à une opération de financement participatif. Témoignages.



Le Monde
 |    19.01.2018 à 16h30
 • Mis à jour le
19.01.2018 à 18h45
    |

            Camille Bordenet








                        


Ils n’y ont d’abord pas cru, eux qui n’ont « jamais rien gagné ». Jusqu’à voir apparaître le premier montant sur leur compte bancaire, au début de janvier : 1 000 euros. Une somme qui leur sera versée chaque mois pendant un an, sans contrepartie, et dont ils peuvent disposer comme ils le souhaitent. Le 6 décembre, Brigitte, Denis et Caroline* ont été tirés au sort, parmi 80 000 inscrits, pour participer à une première expérimentation citoyenne du revenu de base, cette idée vieille de plusieurs siècles et âprement débattue durant la présidentielle. A l’origine de cette initiative, une petite association, Mon revenu de base, qui a récolté de quoi financer ces trois revenus grâce à une opération de financement participatif sur Internet.

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          « Et vous, que feriez-vous avec 1000 euros par mois pendant un an ? » : une association propose de tester le revenu de base



Alors qu’ils viennent de percevoir leur première allocation et commencent à se projeter, les trois bénéficiaires ont accepté de livrer leurs ressentis et leurs questionnements.
Quand il a appris la nouvelle, Denis a eu le sentiment de pouvoir « à nouveau respirer », pour la première fois depuis longtemps. « J’ai ressenti la liberté qui allait arriver », décrit le trentenaire célibataire qui n’était « plus habitué à avoir un choix de vie ». « Car j’ai goûté au fond du système social », confie-t-il d’une voix rauque. Charpentier depuis ses 14 ans, Denis est venu s’installer à la campagne en Nouvelle-Aquitaine pour le travail. Mais il y a un an et demi, « après des années à trop forcer », des douleurs au dos l’ont contraint à s’arrêter de travailler. « A partir de là, ça a été la dégringolade. » 
Denis n’a pas les moyens de se soigner, encore moins de remplacer son vieux véhicule qui vient de le lâcher, rendant impossibles les déplacements pour les formations que lui propose Pôle emploi, à plus de 30 kilomètres de chez lui… Son loyer et ses factures deviennent de plus en plus difficiles à payer, les dettes et les lettres d’huissier s’accumulent et son propriétaire menace de l’expulser… « Au bout d’un moment, on lâche prise, dit-il. Et les temps sont durs pour se relever tout seul. » Il raconte les « réunions entre pauvres au Resto du cœur », son logement « qui fuit de partout », son jean et ses baskets troués. Et l’enfermement progressif dans la pauvreté, « jusqu’à perdre toute estime de soi ».
« Le RSA ne suffit plus à affronter la vie »
Dans ces conditions, « le RSA [revenu de solidarité active de 545 euros par mois] ne vous permet pas de vous remettre à flot », assure-t-il. Il se demande si les politiques ont conscience que cette allocation « ne suffit plus à affronter la vie ». Il pointe son côté stigmatisant, « qui vous oblige sans cesse à justifier que vous êtes pauvre ». Sans compter « toute cette paperasse qui vous bouffe ». 
Avec le revenu de base, Denis a l’impression qu’on lui permet de « redevenir acteur de [s]a vie, de redevenir quelqu’un ». Sans avoir à se justifier et sans que l’aide soit conditionnée à son « statut de pauvre ». « Ça ne réglera pas tous mes problèmes, mais j’ai l’esprit plus tranquille. Maintenant je vais pouvoir bâtir un projet de vie. »
Ses premières dépenses iront dans une séance chez un ostéopathe, l’achat d’une Peugeot 206 d’occasion, et celui de vêtements « pour être présentable à un entretien d’embauche ». Il commence à réfléchir à des pistes de reconversion, conscient qu’il ne pourra pas continuer dans la charpente. Il va aussi tenter de mettre un peu d’argent de côté, « pour se mettre à l’abri des embûches ».

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          Le revenu universel, généalogie d’une utopie



Son premier virement, elle l’a mis de côté « pour les imprévus »
Pas question non plus pour Brigitte, 53 ans, de « gaspiller cet argent », elle qui a toujours fait attention. Son premier virement, elle l’a mis de côté, comme elle prévoit de le faire pour les suivants. « Pour les imprévus, car on ne sait pas de quoi l’avenir est fait. » Pour ne pas avoir à « embêter » sa fille plus tard par exemple, alors qu’elle sait qu’elle ne touchera « qu’une petite retraite ». « Le jour où j’en aurai besoin, je serai contente de me dire que le revenu de base était là », dit-elle.
Brigitte vit dans une petite ville des Côtes-d’Armor, chez son compagnon, électricien. Vendeuse en maroquinerie dans un supermarché, elle a un CDI de vingt-huit heures par semaine, faute d’avoir pu trouver un contrat avec plus d’heures. Mais elle est satisfaite d’avoir décroché cet emploi, après avoir connu le chômage à la suite d’un licenciement économique lorsqu’elle habitait dans le Nord. Elle gagne autour de 920 euros par mois, plus la prime d’activité tous les trimestres, environ 108 euros. « Je ne roule pas sur l’or, mais je n’ai pas de loyer à payer et je partage les factures avec mon compagnon », dit-elle.
Quand on lui demande si elle estime « bien vivre », elle répond que ça dépend de ce qu’on entend par là. « Je vis normalement, j’ai le nécessaire, même s’il faut toujours veiller à économiser. » « Bien sûr, il y a toujours des choses qui feraient envie », concède-t-elle, en évoquant cette thalassothérapie qu’elle s’offrirait bien pour soulager son dos, ou ce séjour au ski, où elle n’est jamais allée de sa vie. Il y a surtout ce vieux rêve : s’acheter une maison, « un petit quelque chose ». Mais elle doute qu’une banque accepte de lui octroyer un prêt.
La première fois que Brigitte a entendu parler du revenu universel par le candidat socialiste à la présidentielle Benoît Hamon, elle a trouvé l’idée séduisante, comme beaucoup, « même si ça paraissait trop beau ». Elle a eu du mal à se figurer comment il pourrait être financé ou combien serait alloué à chacun. Bien qu’elle doute que le gouvernement puisse un jour mettre en place une telle mesure, elle est heureuse de pouvoir participer à une expérimentation qui va peut-être permettre à la société d’y réfléchir.

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                Débats : pour ou contre le revenu universel ?



Caroline partage cette même « fierté ». La troisième bénéficiaire a commencé à noter dans un carnet ses ressentis et questionnements, pour pouvoir apporter un retour au fil de l’année. Parce qu’elle n’est « pas en situation de précarité », cette secrétaire dans le domaine de la formation de presque 50 ans a ressenti une forme de culpabilité d’avoir été tirée au sort, soulevant la question de l’universalité de ce revenu. Elle n’est pourtant pas millionnaire… A mi-temps, elle gagne 1 500 euros par mois, plus le salaire de son mari, cogérant de société. Leurs deux enfants sont partis de la maison franc-comtoise, l’un travaille, l’autre est étudiant.
« Comment utiliser ce revenu du mieux possible »
Après avoir réfléchi à « comment utiliser ce revenu du mieux possible », Caroline a prévu d’en redistribuer chaque mois la moitié à ses enfants, à sa sœur et à sa mère. Quant à l’autre moitié, ce sera « un petit pécule de plaisir » pour son mari et elle. Elle marque un silence : « Car paradoxalement, on gagne bien notre vie, mais à la fin du mois il faut quand même compter. »
C’est encore tôt, mais Caroline commence aussi à entrevoir l’opportunité de se former pour se reconvertir. Et peut-être réaliser un vieux rêve, « reprendre une boutique d’habillement ou de maroquinerie ». « J’aime ce que je fais, je ne subis pas mon boulot, mais j’en ai fait le tour », dit-elle. « Jusqu’à présent, je ne voyais pas comment mettre ça en œuvre. Le revenu de base sera peut-être le tremplin qui va me permettre de trouver ce qu’il y a de mieux pour moi. » Travaillant dans ce domaine, elle est bien placée pour savoir que beaucoup de gens qui voudraient pouvoir se former pour se reconvertir n’en ont pas la possibilité, faute de prise en charge.
Bien qu’elle reste « plutôt sceptique » quant à la faisabilité du revenu universel à l’échelle nationale, Caroline y voit une mesure de justice sociale qui permettrait à certains de « vivre plutôt que de survivre », en même temps que la possibilité offerte à tout salarié de « se remettre en question ». Denis, qui s’y intéresse aussi de près depuis la présidentielle, continue d’en parler autour de lui, « aux pauvres comme aux riches », dans l’espoir de faire avancer l’idée.
*Comme avec nos confrères de Libération, les bénéficiaires ont souhaité rester anonymes, pour ne pas risquer d’être trop sollicités et pour pouvoir se confier plus librement.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-3"> ¤ Ses textes parlent aux nostalgiques de l’Indochine ou encore de l’Algérie française. Parmi les fans qui assistaient au concert de l’artiste au Casino de Paris les 13 et 14 janvier, on pouvait croiser quelques personnalités.
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Jean-Pax Méfret, le chanteur qui fait taper des mains Zemmour et Madelin


                      Ses textes parlent aux nostalgiques de l’Indochine ou encore de l’Algérie française. Parmi les fans qui assistaient au concert de l’artiste au Casino de Paris les 13 et 14 janvier, on pouvait croiser quelques personnalités.



Le Monde
 |    19.01.2018 à 14h42
    |

                            François Krug








                              

                        

Le polémiste Eric Zemmour est en plein selfie avec des jeunes qui viennent de le reconnaître. Quelques mètres plus haut, on a déjà croisé l’ancien ministre de l’économie Alain Madelin ou le directeur des rédactions du Figaro Alexis Brézet. Ce samedi 13 janvier au soir, il y a du beau monde devant le Casino de Paris. Le lendemain après-midi sur le même trottoir, des familles bourgeoises côtoient des bikers, d’anciens soldats baraqués dans des blousons de cuir aux couleurs du Veterans Motorcycle Club.
« Diên Biên Phu » repris en chœur
Tous viennent fêter un chanteur aux disques introuvables, non diffusés à la radio. A son dernier passage à Paris, en 2012, il a rempli l’Olympia. Les billets pour ses deux concerts au Casino de Paris, une salle de 1 500 places, se sont vite envolés. Dans la queue, un blagueur fait rire un prêtre en soutane : « On n’a plus Johnny mais on a encore Jean-Pax ! »
Jean-Pax Méfret, 73 ans, monte sur scène sous les vivats. Le public enchaîne les standing ovations, reprend en chœur Diên Biên Phu (« Ils attendaient/Dans la cuvette/Le tout dernier/Assaut des Viets… »). Quand la sonnerie aux morts conclut Le Vieux Soldat, la salle se lève, le garde-à-vous pas loin. Même les plus jeunes connaissent les paroles du Chanteur de l’Occident, sorti en 1975 (« Je viens chanter l’espoir/Je chante contre le Grand Soir… »). Pour introduire Djebel Amour, un de ses nombreux hommages à l’Algérie française, le chanteur évoque « le gouvernement socialiste de l’époque » mais recadre vite les spectateurs qui huent : « C’est pas un meeting ! »
« A partir du moment où des gens adhèrent à mes chansons, je ne demande pas autre chose. S’ils ont des idées extrémistes, moi, je n’y adhère pas. » Jean-Pax Méfret
Ne dites pas à Jean-Pax Méfret qu’il est chanteur. Son vrai métier, insiste-t-il quand on le rencontre, c’est le journalisme. Il a travaillé à Minute,...




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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-4"> ¤ Pour les économistes Arnaud Chéron et Pierre Courtioux, dans une tribune au « Monde », les seniors et les parents de jeunes enfants devraient être – comme les moins qualifiés et les chômeurs –, une piste prioritaire de la réforme de la formation professionnelle.
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« Il demeure un certain nombre de freins directs et objectifs à l’accès à la formation professionnelle »

Pour les économistes Arnaud Chéron et Pierre Courtioux, dans une tribune au « Monde », les seniors et les parents de jeunes enfants devraient être – comme les moins qualifiés et les chômeurs –, une piste prioritaire de la réforme de la formation professionnelle.



Le Monde
 |    19.01.2018 à 14h30
 • Mis à jour le
19.01.2018 à 17h31
    |

Arnaud Chéron et Pierre Courtioux (Membres du Pôle de recherche en économie de l’Edhec)







                        



                                


                            
Tribune. Le 15 novembre 2017, le gouvernement a transmis un document d’orientation dont se sont saisis les partenaires sociaux, avec pour objectif la rédaction d’un accord national interprofessionnel d’ici au 16 février. L’agenda de la négociation est donc serré, tout autant que le cadrage donné par Muriel Pénicaud, la ministre du travail.
En France, le financement de la formation continue s’est historiquement appuyé sur l’obligation faite aux entreprises de « former ou payer »
Les prin­cipaux axes de discussion concernent la généralisation et l’extension du compte personnel formation (CPF) – qui devrait conduire notamment à la suppression du congé individuel de formation (CIF) ; une accentuation de l’effort de formation à destination des chômeurs et des salariés les moins qualifiés, avec des modalités d’accès facilitées, plus particulièrement au sein des TPE et des PME ; une refonte du système de formation en alternance (apprentissage et professionnalisation) ; et, enfin, le renforcement de l’évaluation de la qualité des formations dispensées.
En France, le financement de la formation continue s’est historiquement appuyé sur l’obligation faite aux entreprises de « former ou payer ». Celles-ci doivent organiser la formation de leurs salariés ou s’acquitter d’une taxe qui, sur la base d’un principe de mutualisation, permet de ­contribuer au financement de formations dispensées à d’autres travailleurs, sans, donc, qu’elles puissent en attendre un bénéfice propre.
Des droits à la formation plus inclusifs
Ce système a généré d’importantes inégalités d’accès aux formations. Celles-ci bénéficient plus souvent aux salariés les plus diplômés et les plus qualifiés. L’individualisation progressive des droits à la formation, avec la création du droit individuel à la formation (DIF) en 2003, puis du CPF en 2014, a certes permis de construire un cadre qui remet le travailleur au cœur du système. Il demeure cependant un certain nombre de freins...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-5"> ¤ Si la pratique ne figure pas parmi les thèmes prévus des Etats généraux de la bioéthique, la gestation pour autrui promet déjà de s’inviter dans les débats.
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La GPA, l’invitée non officielle des Etats généraux de la bioéthique

Si la pratique ne figure pas parmi les thèmes prévus des Etats généraux de la bioéthique, la gestation pour autrui promet déjà de s’inviter dans les débats.



Le Monde
 |    19.01.2018 à 14h19
 • Mis à jour le
19.01.2018 à 16h17
   





                        



   


Dans la présentation officielle des Etats généraux de la bioéthique, il n’y a que deux occurrences du terme. La gestation pour autrui (GPA) ne sera au programme de nulle réunion publique « citoyenne » ou table ronde organisée dans les différentes régions françaises durant les six prochains mois. Mais si la pratique ne figure pas parmi les principaux thèmes annoncés, la GPA promet déjà de s’inviter dans les débats.
Qu’est-ce que la GPA ?
La GPA est une technique de procréation médicalement assistée (PMA). Il s’agit d’implanter un embryon (un ovule fécondé) dans l’utérus d’une autre femme, la mère porteuse, lorsque la femme ne peut pas le faire, ou dans le cas d’un couple d’hommes par exemple. A la naissance, la mère porteuse donne le bébé au couple et n’est pas considérée, juridiquement, comme la mère de l’enfant.
Dans une tribune publiée par Le Monde, 110 signataires plaident en faveur d’un débat de fond sur la GPA. L’opposition à cette pratique reste, cependant, très forte en France, et le gouvernement a exclu toute évolution législative sur le sujet.
Pourquoi la GPA n’est-elle pas au menu des discussions ?
La GPA est interdite en France, et aucun des principaux partis politiques ne propose de la légaliser, contrairement à ce qui est parfois annoncé par certains groupes conservateurs. Le gouvernement a d’ores et déjà exclu toute évolution législative sur le sujet de la légalisation de la GPA.
Le Comité consultatif national d’éthique (CCNE), chargé d’organiser les Etats généraux de la bioéthique tous les sept ans, est, lui aussi, catégoriquement hostile à la GPA. Le comité la distingue clairement de la PMA, car elle engendre, selon lui, des « violences juridiques, économiques, sanitaires et psychiques qui s’exercent sur les femmes recrutées comme “gestatrices” ainsi que sur les enfants qui naissent et sont objets de contrats passés entre des parties très inégales », ce qui n’est pas le cas dans l’insémination avec donneur. Officiellement donc, la pratique n’a pas été inscrite au programme des débats.
Pourquoi débattra-t-on de la GPA quand même ?
L’opposition à cette pratique est très forte en France, ses opposants craignant notamment une « marchandisation » du corps des femmes, comme ces quarante personnalités, parmi lesquelles Sylviane Agacinski, José Bové et René Frydman, qui signent, vendredi 19 janvier, une tribune dans Le Monde intitulée « Non au marché de la personne humaine ».
Mais la société évolue et, selon un récent sondage IFOP paru dans La Croix, près des deux tiers des Français se prononcent pour l’autorisation du recours à une « mère porteuse ». Dans le détail, 18 % s’y déclarent favorables « dans tous les cas », et 46 % « pour raisons médicales seulement ». Difficile, dès lors, d’imaginer qu’elle ne s’invitera pas dans le débat public consacré aux évolutions de la science et à l’attitude de la société face à ces pratiques.
Surtout, c’est le statut des enfants nés d’une GPA qui pose question, à l’heure où la France a été à plusieurs reprises condamnée par la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH) pour avoir refusé de transcrire des actes de naissance d’enfants nés d’une gestation pour autrui à l’étranger. En juin 2014, la CEDH avait estimé que la France pouvait interdire la GPA sur son territoire, mais qu’elle ne pouvait refuser de reconnaître les enfants nés d’une mère porteuse à l’étranger.

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                Un état civil sous condition pour les enfants nés de GPA



Le débat a-t-il lieu ailleurs ?
« On ne peut plus ignorer les enfants nés par GPA », s’alarment ainsi dans une tribune au Monde 110 signataires, dont Elisabeth Badinter, Pierre Rosanvallon et Irène Théry. Tous plaident pour une « réforme urgente sur la transcription de la filiation » des enfants nés d’une GPA à l’étranger, à l’occasion de la révision des lois de la bioéthique :
« C’est ici le rôle et la responsabilité du législateur, en relation avec la société, de faire évoluer le droit. »
Les signataires s’appuient notamment sur un sondage IFOP de juin 2017 montrant que 71 % des Français sont favorables à « la transcription intégrale à l’état civil français de la filiation de l’enfant établie légalement à l’étranger à l’égard de ses parents ».

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                PMA, GPA, quel pays autorise quoi ? 


C’est aussi une des raisons qui risquent d’obliger la France à tenir, de fait, ce débat sur la GPA, même en dehors des programmes officiels. Royaume-Uni, Pays-Bas, Portugal, Grèce, il existe autour de nous de nombreux pays qui appliquent des protocoles de GPA, encadrés par une législation qui a déjà été l’occasion d’être débattue sur le plan éthique. Des modèles qui devraient obliger la France à discuter plus avant de cette pratique.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-6"> ¤ Sur la base navale de Toulon, le président a présenté vendredi ses vœux aux forces armées.
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Budget, service national universel, nucléaire… Ce qu’a dit Emmanuel Macron aux armées

Sur la base navale de Toulon, le président a présenté vendredi ses vœux aux forces armées.



Le Monde
 |    19.01.2018 à 12h42
 • Mis à jour le
19.01.2018 à 14h27
   





                        



Pour ses premiers vœux à l’armée, le président Emmanuel Macron s’est rendu vendredi 19 janvier sur la base navale de Toulon. Après avoir rencontré les militaires, il s’est exprimé à bord du bâtiment de projection et de commandement Dixmude, l’un des trois porte-hélicoptères français.
Au cours de son discours de plus d’une heure, le chef d’Etat a évoqué sa promesse de mettre en place un service national universel. Il a également confirmé son intention de porter le budget du ministère de la défense à 2 % du PIB d’ici à 2025.

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Un effort « inédit » pour la défense
Durant son discours, M. Macron a qualifié d’« inédit et incomparable » « l’effort » prévu pour le budget du ministère de la défense à 2 % du PIB en 2025. Il a également confirmé qu’il était augmenté de 1,8 milliard d’euros en 2018 pour le porter à 34,2 milliards. La moitié de cette somme financera les engagements pris précédemment par François Hollande, a-t-il précisé.
Le montant de la provision pour les opérations extérieures a lui été porté à 650 millions d’euros contre 450 millions d’euros l’an dernier et atteindra 1,1 milliard d’euros en 2020. En contrepartie, M. Macron a réclamé aux armées « la plus grande exigence collective », prévenant qu’il y veillerait « personnellement ». « Chaque dépense sera évaluée à l’aune de son utilité opérationnelle », a-t-il averti. Selon lui, la France est « en train de devenir l’armée de référence européenne ».

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Le service national universel « mené à son terme »
Promesse de campagne, le président de la République a réaffirmé son intention de mettre en place un service national universel.
« Je veux rassurer chacun, il sera mené à son terme, il entrera à bon port, il sera conduit par l’ensemble des ministères concernés, et pas simplement par le ministère des armées, il aura un financement ad hoc, qui ne viendra en rien impacter la loi de programmation militaire » 2019-2025, qui doit être prochainement présentée.
« Renouvellement » de la dissuasion nucléaire
Le chef de l’Etat a également évoqué la dissuasion nucléaire de la France. Il a promis que des « travaux de renouvellement de nos deux composantes, dont la complémentarité ne fait pas de doute : la force océanique et la composante aérienne », seraient menés au cours du quinquennat.

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La dissuasion nucléaire est « depuis plus de cinquante ans la clé de voûte de notre stratégie de défense », a rappelé M. Macron, estimant que les « débats » sur ce sujet étaient « aujourd’hui tranchés ». « La dissuasion fait partie de notre histoire, de notre stratégie de défense et elle le restera », a martelé le président de la République, pour qui ce modèle de dissuasion « nous permet de conserver notre autonomie stratégique et notre liberté d’action ».
M. Macron a également promis « un effort important » pour le renseignement militaire et des « capacités de cyberdéfense renforcées ».



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-7"> ¤ Les élections de Danièle Obono (La France insoumise) et de M’jib El Guerrab (LRM) ont été confirmées, tandis que celle de Ramlati Ali (LRM) a été annulée.
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Le Conseil constitutionnel confirme l’élection de trois députés et invalide celle de Ramlati Ali

Les élections de Danièle Obono (La France insoumise) et de M’jib El Guerrab (LRM) ont été confirmées, tandis que celle de Ramlati Ali (LRM) a été annulée.



Le Monde
 |    19.01.2018 à 12h01
 • Mis à jour le
19.01.2018 à 14h01
   





                        



   


Le Conseil constitutionnel a validé, vendredi 19 janvier, l’élection de trois députés, dont celles de Danièle Obono (La France insoumise) à Paris et M’jib El Guerrab (La République en marche) pour les Français de l’étranger.
En revanche, l’élection de Ramlati Ali (LRM) comme députée de la première circonscription de Mayotte a été annulée, donnant suite à un recours déposé par son adversaire Les Républicains, Elad Chakrina. « Compte tenu du faible écart de voix entre les candidats présents au second tour, la sincérité du scrutin est altérée », peut-on lire dans les conclusions du Conseil constitutionnel, qui écrit notamment avoir constaté la diffusion de « propagande électorale », les 17 et 18 juin 2017, veille et jour du scrutin, ainsi que des irrégularités en matière de procurations.

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          Recompter les bulletins de vote, une procédure impossible



Les élections d’Obono et El Guerrab confirmées
A Paris, un recours avait été déposé contre Danièle Obono par son adversaire de La République en marche (LRM), Béatrice Faillès, battue au second tour des élections législatives en juin à 319 voix près. La perdante avait mis en avant des irrégularités dans le vote, comme des procès-verbaux non signés, l’absence d’assesseurs dans certains bureaux, la présence d’assesseurs non électeurs à Paris ou encore des signatures différentes de mêmes électeurs entre le premier et le second tour. Les deux anciennes candidates et leurs avocats avaient été entendus par le Conseil constitutionnel mardi dernier.
« Compte tenu de la répartition des suffrages au second tour de scrutin, même si les 86 suffrages irrégulièrement exprimés étaient déduits du nombre de voix obtenues par Mme Obono, les irrégularités constatées ne sont pas de nature à affecter le résultat de l’élection. La requête doit donc être rejetée », écrivent les membres du Conseil constitutionnel.
Autre scrutin examiné, celui ayant conduit à la victoire du candidat LRM M’jib El Guerrab dans la neuvième circonscription des Français de l’étranger. Les requêtes notamment déposées par le candidat Les Républicains Erwan Davoux ont été rejetées.
Enfin, dans la quatrième circonscription des Vosges, une requête déposée par Raynald Magnien-Cœurdacier (La République en marche), arrivé en troisième position et donc non qualifié pour le second tour, a été rejetée, confirmant l’élection de Jean-Jacques Gaultier (LR).



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-8"> ¤ Pour le Défenseur des droits, la circulaire Collomb se heurte « aux principes fondateurs de l’hébergement d’urgence » avec le « traitement différencié ».
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Le Défenseur des droits recommande le retrait de la circulaire sur l’hébergement d’urgence

Pour le Défenseur des droits, la circulaire Collomb se heurte « aux principes fondateurs de l’hébergement d’urgence » avec le « traitement différencié ».



Le Monde
 |    19.01.2018 à 11h56
 • Mis à jour le
19.01.2018 à 18h02
    |

            Maryline Baumard








                        


A l’issue d’une analyse approfondie, le Défenseur des droits, Jacques Toubon, recommande au premier ministre, Edouard Philippe, de retirer la circulaire sur l’hébergement d’urgence, dans une décision rendue vendredi 19 janvier. Cette « circulaire relative à l’examen des situations administratives dans l’hébergement d’urgence », rebaptisée « circulaire Collomb », suscite un profond malaise dans le monde associatif, et au-delà, depuis sa publication le 12 décembre 2017.
La circulaire en question veut réorienter les personnes hébergées selon leur situation administrative, et faire sortir de ce dispositif les personnes étrangères en situation irrégulière à l’issue d’une évaluation effectuée par une équipe mobile de représentants de l’Office français de l’immigration et de l’intégration (OFII) et de la préfecture. L’objectif est à la fois de désengorger le parc d’hébergements en extrayant les sans-papiers et de voir le statut de chacun clarifié.

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          En France, une politique migratoire d’une dureté sans précédent



« Un élément d’une politique d’ensemble »
Face à des associations très hostiles à la mise en œuvre de ce texte, Emmanuel Macron est monté au créneau pour le défendre, mardi 16 janvier à Calais.
Si Jacques Toubon avait lui-même saisi le ministre de l’intérieur, Gérard Collomb, d’une demande d’explication dès le 13 décembre 2017, il a ensuite été sollicité par une série d’associations sur ce texte qu’elles estimaient contraire au principe de l’hébergement inconditionnel : la Fédération des acteurs de la solidarité (FAS), accompagnée de 26 associations, SOS Racisme et le maire de la commune de Grande-Synthe (Nord).

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Sans réponse à sa lettre du 13 décembre, M. Toubon a relancé la Place Beauvau le 22 décembre avant de finalement recevoir une réponse du premier ministre lui signifiant que ce texte constituait « un élément d’une politique d’ensemble conduite par le gouvernement ».
M. Toubon, qui a analysé la circulaire en profondeur, observe, lui, qu’elle « se heurte aux principes fondateurs de l’hébergement d’urgence » en organisant « un traitement différencié » de ses résidents en fonction de leur situation administrative.
« Contraire aux règles de confidentialité »
Le Défenseur des droits relève plusieurs points à ses yeux problématiques. Ainsi, si le texte du ministère de l’intérieur pose que l’accueil en centre d’hébergement reste « inconditionnel », il ajoute qu’il peut être « différencié » et doit se concilier avec les obligations légales qui incombent aux personnes étrangères en situation irrégulière sur le territoire français. Deux points qui cassent de fait cette inconditionnalité de principe.
En second lieu, le Défenseur doute de la pertinence de la mise en place d’un suivi de l’OFII dans un parc d’hébergement de droit commun qui accueille des personnes en situation de détresse, quelles que soient leur nationalité et leur situation au regard du séjour, et relève du code de la famille. Ce qui signifie en creux que le Défenseur ne s’oppose en rien à une évaluation des situations des migrants, mais pas dans ces lieux de répit.
Par ailleurs, et c’est le dernier point relevé par le Défenseur, l’intervention des agents de l’OFII au sein de ces structures est envisagée sans cadre légal, estime M. Toubon, et « paraît contraire aux règles de confidentialité qui s’imposent ».
Une autre procédure a été intentée en parallèle par les associations auprès du Conseil d’Etat. L’avocat qui la porte, Me Patrice Spinosi, fait une analyse voisine de celle de Jacques Toubon. Il a d’ailleurs déposé un recours sur le fait que les agents de l’OFII ne sont pas habilités à intervenir dans les centres d’hébergement. L’audience aura lieu le 16 février.



                            


                        

                        


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La politique industrielle française porte le sceau de… Saint-Gobain

Delphine Gény-Stephann, Jean-Pierre Floris et Philippe Varin, les trois personnes choisies par le gouvernement pour relancer l’industrie sont toutes liées au groupe verrier.



Le Monde
 |    19.01.2018 à 11h53
 • Mis à jour le
19.01.2018 à 12h49
    |

            Denis Cosnard








                        



                                


                            

Une femme, deux hommes. De Paris à Rodez en passant par La Souterraine (Creuse), trois nouveaux mousquetaires défendent depuis quelques semaines les couleurs de l’industrie française : Delphine Gény-Stephann, Jean-Pierre Floris, Philippe Varin. Le trio de choc a été désigné par l’Etat en fin d’année 2017 pour mettre en œuvre la nouvelle politique du gouvernement et accélérer la mutation du tissu industriel bleu-blanc-rouge, au moment où l’économie redémarre enfin. Unis par des convictions réformatrices similaires, ces professionnels aguerris sont aussi liés à une même maison : Saint-Gobain. Comme si la politique industrielle française était en partie déléguée aux héritiers de Colbert, fondateur de Saint-Gobain en 1665…
« Delphine et Jean-Pierre sont des produits Saint-Gobain », confirme le PDG du groupe, Pierre-André de Chalendar. M. Varin en est, lui, l’un des grands administrateurs. « Je ne suis pour rien dans le choix du gouvernement, et il n’y a pas de volonté d’influence de notre part, précise le PDG. C’est une forme de reconnaissance de l’école Saint-Gobain, considérée comme un vivier de compétences industrielles. » 
« Modèle Saint-Gobain »
« Ce n’est pas un hasard, acquiesce M. Floris, nommé le 8 décembre 2017 délégué interministériel aux restructurations d’entreprises. Il y a une proximité entre le “modèle Saint-Gobain’’ et celui promu par Emmanuel Macron et Edouard Philippe. L’idée, c’est que les entreprises établies en France soient les plus performantes de leur secteur, et en même temps qu’elles aient une vision sociale. Si des restructurations sont nécessaires, il faut qu’elles soient menées le plus humainement possible, avec l’accord des syndicats. On se rapproche de la vision allemande, rhénane, de l’entreprise. » 
Une convergence que ne renierait pas Jean-Louis Beffa, l’ex-PDG de Saint-Gobain et actuel président du conseil de surveillance du Monde, inlassable promoteur...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-10"> ¤ En Gironde, les militants LR n’envisagent pas de quitter le parti à la suite du maire de Bordeaux, et se raccrochent à l’hypothèse de Valérie Pécresse pour défendre une ligne « centriste ».
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Après le retrait d’Alain Juppé, ses troupes déboussolées

En Gironde, les militants LR n’envisagent pas de quitter le parti à la suite du maire de Bordeaux, et se raccrochent à l’hypothèse de Valérie Pécresse pour défendre une ligne « centriste ».



Le Monde
 |    19.01.2018 à 11h39
 • Mis à jour le
19.01.2018 à 14h17
    |

            Sylvia Zappi (Bordeaux - envoyée spéciale)








                        



                                


                            

La fédération LR de Gironde a le blues. Alain Juppé a fait un pas de plus dans son retrait politique et ses troupes se demandent ce qu’elles vont devenir. Après son annonce qu’il « prendrait du recul avec Les Républicains » et qu’il ne paierait pas ses cotisations, c’est en effet le deuxième signe d’un futur départ. Il s’était déjà retiré de la présidence de la fédération en octobre 2017.
Trois jours sont passés depuis sa déclaration, et tous – anciens adhérents du RPR et de l’UMP, jeunes militants comme petits cadres du parti – sont sous le choc. « Je ressens un grand vide, souffle Sandrine Jovené, assistante dentaire militante depuis 1981. On était déjà isolés, seuls dans ce parti, ça va être difficile. »

A Bordeaux, on est juppéiste avant d’être Républicain. Depuis son arrivée en 1995 à l’hôtel de ville, l’ancien premier ministre règne sans interruption sur la quatrième plus grosse fédération du mouvement. C’est peu de dire qu’il est incontesté sur les bords de la Garonne. Outre son bilan de redynamisation de cette ville bourgeoise, il bénéficie de l’image du grand sage et la droite bordelaise le suit depuis vingt ans sans faiblir. Lors de la primaire interne, c’est ici que le candidat de la droite modérée a fait ses meilleurs scores.
« Il a toujours été libre, mais je regrette son recul »
Pourtant, l’année terrible de la présidentielle, avec les départs pour LRM ou les entrées de plusieurs ténors au gouvernement d’Edouard Philippe, puis l’élection de Laurent Wauquiez, en a découragé plus d’un. Les effectifs de la fédération ont fondu, passant de 4 847 adhérents en 2016 à 3 354 un an plus tard, soit moitié moins qu’en 2012…
Dans ce marasme, le retrait de leur héros a achevé de déprimer ses fidèles. Même chez les jeunes, que l’ancien premier ministre avait su regrouper autour de lui, on sent un vrai désappointement : « Il a toujours été libre, mais je regrette son recul », assure Alexandre...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-11"> ¤ La majorité sortante craint une dispersion des voix qui pourrait avantager l’aile gauche du parti.
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La crainte du trop-plein de candidats au congrès du PS

La majorité sortante craint une dispersion des voix qui pourrait avantager l’aile gauche du parti.



Le Monde
 |    19.01.2018 à 11h29
 • Mis à jour le
19.01.2018 à 11h30
    |

            Abel Mestre








                        


Attention, trop de candidats peuvent nuire à un congrès du Parti socialiste. C’est en substance le message délivré dans une lettre signée par une centaine de responsables fédéraux et nationaux − dont Rachid Temal, coordinateur national du PS − rendue publique mercredi 17 janvier par Libération. Ce texte de deux pages prend acte de la division de la majorité sortante avant le congrès des 7 et 8 avril à Aubervilliers (Seine-Saint-Denis) et invite les trois candidats qui en sont issus – Luc Carvounas, Stéphane Le Foll et Olivier Faure – à « se retrouver pour constituer une vraie majorité » à l’issue du vote des militants le 29 mars.
En clair : si l’ancienne motion A a échoué à trouver une candidature unique la représentant, il faut absolument que les trois hommes s’entendent après le vote pour arriver au congrès en position de force. Et garder la main sur le parti.
« Si vos candidatures ont provoqué un regain d’attention pour le PS, elles ne peuvent porter que sur le fond et ne doivent pas se transformer en conflits de personnes qui nous ont tant abîmés », peut-on ainsi lire dans la fameuse lettre. « On a toujours fait les choses ensemble, pourquoi se diviser aujourd’hui ? Le parti n’a pas besoin de ça… », se désole l’un des auteurs de la lettre, qui souhaite garder l’anonymat.
« Je ne suis pas pour la synthèse molle »
Sur le fond, peu de chose sépare les trois socialistes. Certes, Luc Carvounas est celui qui est le plus clair sur les futures alliances du PS. Le député du Val-de-Marne se présente comme le candidat de « l’union de la gauche » et insiste sur sa clarté d’opposant à Emmanuel Macron : « Je n’ai voté ni la confiance, ni la loi antiterroriste. » Comprendre : les deux autres sont « macroncompatibles ».
C’est surtout une manière pour M. Carvounas de se débarrasser de son image d’ancien lieutenant de Manuel Valls et de cosignataire d’une tribune en faveur de la déchéance de nationalité pour les binationaux coupables d’actes terroristes, en 2016. Des stigmates que ses adversaires ne se privent pas de lui rappeler.
Olivier Faure, lui, aborde cette élection avec calme. Favori, il engrange les soutiens − le plus récent est celui de Martine Aubry ; d’autres devraient venir, comme celui du groupe de jeunes responsables locaux emmenés par Valérie Rabault, Emmanuel Grégoire et Sébastien Vincini − et met en avant le renouvellement nécessaire à la tête du PS. Le président du groupe Nouvelle Gauche à l’Assemblée nationale dit « comprendre la démarche » des auteurs de la lettre et affirme être « prêt à tous les échanges possibles » avec ses concurrents. « Je ne veux pas être dans la reconduction des anciens clivages, je veux les dépasser, prévient-il. Je ne suis pas pour la synthèse molle. » Il prône une « opposition de gauche, responsable », à Emmanuel Macron.

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                Congrès du PS : Martine Aubry adoube Olivier Faure



Pour les socialistes, un scénario catastrophe existe : celui de la dispersion des voix et de la prééminence des querelles de personnes. Outre MM. Faure, Carvounas et Le Foll, deux autres candidats au premier secrétariat se sont déclarés : Emmanuel Maurel, pour l’aile gauche, et Delphine Batho, ancienne ministre de l’écologie.
Julien Dray, proche de François Hollande, hésite à se lancer, comme on a pu l’entendre jeudi matin sur Radio Classique où le fondateur de SOS-Racisme a déclaré être candidat, avant de se rétracter sur Facebook. Et si les trois candidats issus de la majorité n’arrivent pas à s’entendre, c’est Emmanuel Maurel qui pourrait en tirer profit, par un inattendu concours de circonstances.
« Que les militants votent, on verra après »
M. Maurel s’amuse donc de toute cette agitation. « Tout cela montre qu’il n’y a plus de majorité. La famille hollando-vallsiste se divise. Les candidats qui en sont issus devront expliquer ce qui les différencie sur le fond, explique le député européen. Ceux qui pensent que le congrès est joué d’avance se trompent. » 
« Je ne crois pas une seconde au scénario ubuesque d’une victoire possible d’Emmanuel Maurel », tranche pour sa part Stéphane Le Foll. Pas question pour lui de se retirer ou d’envisager dès maintenant une quelconque alliance. « Que les militants votent, on verra après pour le reste. On ne va pas passer des accords avant », note-t-il.
L’ancien ministre de l’agriculture croit en ses chances, malgré une image clivante en interne, et met en avant sa « notoriété » : « Le PS n’est pas incarné aujourd’hui dans le débat public, veut-il croire. J’ai la solidité, la cohérence et la loyauté nécessaires. » Une chose est sûre : le PS n’a pas encore tourné la page de ses divisions.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-12"> ¤ La réforme doit être bouclée dans des délais très serrés puisqu’elle fera l’objet d’un texte de loi présenté, en principe, au début du printemps.
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Apprentissage : les concessions faites aux régions inquiètent le Medef

La réforme doit être bouclée dans des délais très serrés puisqu’elle fera l’objet d’un texte de loi présenté, en principe, au début du printemps.



Le Monde
 |    19.01.2018 à 11h14
 • Mis à jour le
19.01.2018 à 17h16
    |

            Bertrand Bissuel








                        



                                


                            
La réforme de l’apprentissage constitue l’un des trois volets du projet gouvernemental visant à sécuriser les parcours des actifs – les deux autres portant sur la transformation de l’assurance-chômage et de la formation professionnelle. Un chantier à la fois lourd et complexe, qui doit être bouclé dans des délais extrêmement serrés puisqu’il fera l’objet d’un texte de loi présenté, en principe, au début du printemps.
Le vœu de l’exécutif consiste à promouvoir une filière qui pâtit d’une mauvaise image bien qu’elle ait fait ses preuves. Selon la ministre du travail, Muriel Pénicaud, sept apprentis sur dix parviennent à trouver un poste après leur formation en alternance (aller-retour entre une entreprise et une structure d’enseignement).
Plusieurs orientations importantes ont été arrêtées, à la fin de l’automne 2017. Il s’agit tout d’abord de mettre fin à la « régulation administrative » du système afin qu’il réponde plus rapidement aux besoins en compétences des employeurs.
Changement de taille : le financement
A l’heure actuelle, les centres de formation des apprentis (CFA) ne peuvent ouvrir leurs portes que si une convention est passée avec les régions (ou avec l’Etat) : l’exécutif voudrait qu’ils puissent être créés librement à l’initiative des branches professionnelles, confiant, ainsi, à celles-ci un rôle cardinal – ce que réclame le Medef depuis des lustres. Les régions s’en inquiètent, notamment parce qu’elles pensent que le monde rural et les zones urbaines sensibles risquent d’être délaissés. Mais aussi parce que des CFA pourraient ainsi entrer en concurrence avec des lycées professionnels – lesquels sont construits avec les deniers des exécutifs régionaux.
Autre changement de taille : le financement de l’apprentissage. Aujourd’hui, l’une des principales sources d’argent provient d’une taxe, dont 51 % du produit est reversé aux régions (soit environ 1,6 milliard d’euros). Cette contribution pourrait être remplacée par...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-13"> ¤ Malgré les satisfactions sur plusieurs revendications historiques, le Medef et la CPME jouent les contestataires dans les négociations.
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Le patronat met la pression sur l’exécutif

Malgré les satisfactions sur plusieurs revendications historiques, le Medef et la CPME jouent les contestataires dans les négociations.



Le Monde
 |    19.01.2018 à 11h04
    |

            Sarah Belouezzane, 
Raphaëlle Besse Desmoulières et 
Bertrand Bissuel








                        



                                


                            

Drôle de paradoxe. On pourrait attendre du Medef qu’il soit particulièrement coopératif avec Emmanuel Macron et le gouvernement d’Edouard Philippe, les aidant à faire passer leurs réformes. Après tout, le nouveau locataire de l’Elysée, ancien banquier chez Rothschild, connaît bien le monde des affaires, ses couloirs feutrés, ses revendications historiques. Ce n’est pourtant pas tout à fait la ligne qu’a décidé de tenir l’organisation patronale, dont le siège s’élève avenue Bosquet, dans le très chic 7e arrondissement de Paris.
Face à l’exécutif, le Medef vient de s’essayer à un nouveau genre – depuis le début du quinquennat : la contestation. En accord avec la Confédération des petites et moyennes entreprises (CPME), le mouvement présidé par Pierre Gattaz a annoncé l’« ajournement » d’une séance de négociations prévue vendredi 19 janvier sur la formation professionnelle. Dans un courriel adressé mercredi soir aux autres protagonistes impliqués dans les discussions, il indique attendre des « précisions » du gouvernement sur « la nature des engagements » pris vis-à-vis des régions sur la réforme de l’apprentissage (Le Monde du 16 janvier). Un coup de pression en bonne et due forme.
« On a le sentiment que le gouvernement agit dans notre dos et passe de vieux deals à l’ancienne, explique-t-on dans l’entourage de M. Gattaz. Nous avons besoin de savoir dans quel cadre nous négocions. Comme le gouvernement fait la sourde oreille, nous posons le stylo. »
A quoi joue la première organisation patronale depuis quelque temps ? Car à y regarder de plus près, même quand les réformes lancées par l’exécutif vont dans son sens, elles semblent ne pas lui suffire. Le gouvernement a pourtant transformé de fond en comble l’impôt de solidarité sur la fortune pour en extraire les valeurs mobilières ; il a instauré une « flat tax » à 30 % sur les revenus du capital et promulgué des ordonnances flexibilisant...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-14"> ¤ Pierre Moscovici, le commissaire chargé de l’économie et de la fiscalité, a promis, jeudi, un cadre « moderne, plus efficace et étanche à la fraude ».
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La Commission européenne veut moderniser le système de fixation des taux de TVA en Europe

Pierre Moscovici, le commissaire chargé de l’économie et de la fiscalité, a promis, jeudi, un cadre « moderne, plus efficace et étanche à la fraude ».



Le Monde
 |    19.01.2018 à 10h47
    |

            Cécile Ducourtieux (Bruxelles, bureau européen)








                        



                                


                            

Elle les avait annoncées dès 2016 : après dix-huit mois de travail, la Commission présente enfin ses propositions législatives pour réformer le système de fixation des taux de TVA (taxe sur la valeur ajoutée) dans l’Union. Jeudi 18 janvier, Pierre Moscovici, le commissaire chargé de l’économie et de la fiscalité, a promis un cadre « moderne, plus efficace et étanche à la fraude », cette dernière ayant été évaluée dans une étude interne à près de 170 milliards d’euros de manque à gagner pour les Etats sur la seule année 2013. Un montant colossal.

En quoi consiste le système actuel et comment Bruxelles entend le moderniser ? Il repose sur une première directive TVA datant de la fin des années 1960. Modifiée en 1992, elle stipulait que les Etats membres devaient, pour les biens et les services, fixer un taux minimal de TVA de 15 % (afin d’éviter la concurrence fiscale exacerbée entre territoires). Un taux réduit de 5 % pouvait être appliqué, mais seulement sur les biens et les services figurant sur une liste préétablie. Au fil des ans, certains Etats ont obtenu des dérogations, avec de nouveaux taux réduits (ou nuls), notamment lors de leur adhésion à l’Union.
Des situations cocasses
Il en résulte une situation brouillonne, inadaptée à la globalisation, à la digitalisation de l’économie et injuste, la liste préétablie restant absurdement rigide (il faut l’unanimité des capitales pour la modifier) et certains pays jouissant d’exceptions dont d’autres sont privés… Ces aberrations ont pu conduire à des situations cocasses : ainsi de ce sommet crucial de mars 2016, en pleine crise migratoire, et à trois mois du référendum sur le Brexit, durant lequel David Cameron, l’ex-premier ministre britannique, a dépensé beaucoup d’énergie pour obtenir un allégement de la TVA sur les protections féminines au Royaume-Uni. Il faut dire que les rasoirs pour hommes bénéficiaient d’un taux zéro, eux. Et qu’en Irlande, toute proche, la « taxe tampon »...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-15"> ¤ L’ancien président du gouvernement de la Polynésie française a été condamné à une période d’inéligibilité mais voudrait se présenter aux élections territoriales en avril.
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En Polynésie française, Gaston Flosse veut faire son retour

L’ancien président du gouvernement de la Polynésie française a été condamné à une période d’inéligibilité mais voudrait se présenter aux élections territoriales en avril.



Le Monde
 |    19.01.2018 à 10h33
    |

                            Mike Leyral (Papeete, Polynésie française, correspondance)








                        


Gaston Flosse pourra-t-il être candidat, comme il en a manifesté l’intention, aux élections des représentants à l’Assemblée de la Polynésie française dont le premier tour est fixé au 22 avril ? Selon le parquet général, sa période d’inéligibilité – il a été condamné le 25 février 2016 à dix-huit mois de prison avec sursis et deux ans d’inéligibilité pour détournement de fonds publics – court jusqu’en juillet 2019, du fait du cumul de plusieurs peines successives. Ses avocats estiment qu’il redeviendra éligible à partir du mois de mars.
L’ancien président de la Polynésie française a été entendu jeudi 18 janvier par la présidente du tribunal de première instance de Papeete. Elle rendra son délibéré le 24 janvier.
Le « Vieux Lion », âgé de 86 ans, n’a aucunement l’intention de décrocher. Il tient à mener lui-même la liste de son parti, le Tahoeraa Huiraatira, aux élections territoriales. M. Flosse connaît bien le palais présidentiel de Papeete : c’est lui qui l’a fait construire. Il a été le premier président du gouvernement de la Polynésie française, en 1984, une fois qu’elle est devenue autonome. Sept fois élu président, il a dirigé la Polynésie pendant dix-sept ans au total, mais n’a pu achever aucun de ses trois derniers mandats.
Un prêt miraculeux de 4,2 milliards d’euros
Cofondateur du RPR avec Jacques Chirac, dont il était très proche, il a été secrétaire d’Etat dans son gouvernement entre 1986 et 1988 et plusieurs fois été élu député puis sénateur. Il s’est toujours posé en rempart contre l’indépendance, prônée par Oscar Temaru, son principal adversaire politique depuis quarante ans. Mais la domination de « Metua » – « père » en tahitien –, un autre de ses surnoms, sur la vie politique locale a souvent été contestée par des « fidèles » issus de son propre parti.
Aujourd’hui, c’est son ancien numéro deux et ex-gendre, Edouard Fritch, qui préside la Polynésie depuis qu’une précédente peine d’inéligibilité l’a contraint à renoncer au pouvoir en 2014. Les deux hommes sont désormais brouillés. Le dauphin est à présent maire de Pirae, le fief historique de M. Flosse, et candidat à sa propre succession à la présidence de la Polynésie. Il part favori pour les prochaines territoriales.

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                En Polynésie, l’effondrement de la « maison » Flosse



Malgré ses multiples condamnations, une partie de l’électorat polynésien reste cependant fidèle au tribun. Qui ne manque pas d’arguments. Il annonce ainsi qu’un homme d’affaires d’Abou Dhabi lui consentirait un prêt miraculeux de 4,2 milliards d’euros, qui lui permettrait de reconstruire les aéroports de Tahiti et de Bora Bora et de doter l’archipel de nouvelles infrastructures. « La caverne d’Ali Baba, ça n’existe plus », a rétorqué M. Fritch.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-16"> ¤ Dès janvier, les salariés verront leur rémunération augmenter suite à la baisse des cotisations sociales, malgré l’augmentation parallèle de la CSG.
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La paie augmentera d’au moins 0,5 % pour tous les salariés du privé

Dès janvier, les salariés verront leur rémunération augmenter suite à la baisse des cotisations sociales, malgré l’augmentation parallèle de la CSG.



Le Monde
 |    19.01.2018 à 07h00
 • Mis à jour le
19.01.2018 à 11h35
    |

                            Catherine Quignon








                        



                                


                            

C’était l’une des promesses du candidat Macron lors de la campagne présidentielle : redonner du pouvoir d’achat aux salariés en supprimant les cotisations « maladie » et « chômage » acquittées par ces derniers.
Contrainte budgétaire oblige, cette baisse sera finalement étalée dans le temps. La cotisation maladie (qui représente 0,75 % du salaire) est supprimée dès le 1er janvier 2018. La cotisation chômage (2,4 % du salaire) est, quant à elle, abaissée de 1,45 point de pourcentage, en attendant d’être totalement supprimée au 1er octobre 2018. Un report qui permet aux caisses publiques d’économiser quelques milliards d’euros.
La CSG présente l’avantage de reposer sur une assiette plus large que les revenus d’activité
Mais cette hausse de 2,2 % (0,75 %+1,45 %) du salaire est rognée par l’augmentation de la contribution sociale généralisée (CSG) de 1,7 % du salaire. Parce qu’il faut bien continuer à financer la protection sociale, le gouvernement a décidé en parallèle d’augmenter cet impôt.
La CSG présente l’avantage de reposer sur une assiette plus large que les revenus d’activité : cet impôt est payé par tous les contribuables, dont les retraités, et aussi sur les revenus du capital. Dès le 1er janvier 2018, la CSG passe de 7,5 %, à 9,2 % du montant du salaire.
Si cette hausse rabote le gain obtenu par la suppression des cotisations salariales, elle ne l’annule pas complètement. In fine, les salariés verront leur fiche de paie augmenter de 0,5 % fin janvier 2018, puis à nouveau de 0,95 % en octobre suite à ces mesures.
Ce changement s’accompagne de la généralisation du bulletin de paie simplifié étendu à toutes les entreprises, auparavant obligatoire pour les entreprises de plus de 300 salariés seulement.
Augmentation proportionnelle au salaire
Tous les salariés ne ressentiront pas la hausse de la même manière. « Plus le salaire est élevé, plus le gain sera important »,...




                        

                        


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Article sélectionné dans La Matinale du 18/01/2018
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Emmanuel Macron, leader esseulé d’une Europe convalescente

Le président est un interlocuteur incontournable sur la scène européenne, mais sa capacité à convaincre sur de grandes réformes reste à démontrer.



Le Monde
 |    19.01.2018 à 06h40
 • Mis à jour le
19.01.2018 à 14h54
    |

            Cécile Ducourtieux (Bruxelles, bureau européen), 
Philippe Ricard et 
Jean-Pierre Stroobants (Bruxelles, bureau européen)








                        



                                


                            

« France is back », la France est de retour. C’est indéniable sur la scène internationale, cela l’est aussi au niveau européen, surtout depuis qu’Angela Merkel tente de sauver son poste. Après un sommet avec la première ministre britannique, Theresa May, la veille au sud de Londres, le président de la République, Emmanuel Macron, devait accueillir la chancelière allemande à l’Elysée, vendredi 19 janvier, pour parler de « l’avenir de l’Union européenne ». Quand il s’agissait d’adopter des décisions importantes, en pleine crise grecque ou au plus fort des tensions sur la migration, tout le monde prenait l’avion pour Berlin…
Autre symbole : c’est depuis l’ambassade du Portugal à Paris que le Néerlandais Jeroen Dijsselbloem a passé le témoin à Mario Centeno, nouveau président de l’Eurogroupe, vendredi 12 janvier. « Un hasard de calendrier », assure-t-on dans l’entourage du ministre portugais des finances. Mais un hasard très significatif. Tout comme la visite de Sebastian Kurz à Paris, le même jour. Le jeune chancelier autrichien, venu réitérer ses engagements proeuropéens alors qu’il a formé une coalition avec l’extrême droite, s’est aussi rendu à Berlin. Mais cinq jours plus tard.

L’Europe était au cœur du programme du candidat Macron, et il assume aujourd’hui cette responsabilité de nouvel « homme fort » d’une Union toujours divisée et ébranlée par le Brexit. Il a multiplié les interventions – à Athènes sur la démocratie européenne, à la Sorbonne pour formuler des dizaines de propositions de réformes – ou prôné une intégration plus poussée de la zone euro. « Macron est devenu influent par défaut ; il remplit le vide, mais cette position ne sera pas facile à maintenir s’il ne se trouve pas des alliés solides, analyse Sébastien Maillard, directeur de l’Institut Jacques Delors. Sa capacité à convaincre reste à démontrer, même s’il sait imposer son agenda. »
Infléchir l’agenda européen
« Regardez...




                        

                        


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Pourquoi les vœux d’Emmanuel Macron aux armées sont attendus

Le chef de l’Etat prononce vendredi un discours à bord d’un des porte-hélicoptères français.



Le Monde
 |    19.01.2018 à 06h35
 • Mis à jour le
19.01.2018 à 12h48
    |

            Nathalie Guibert








                        



   


Le président de la République s’est rendu vendredi 19 janvier au matin sur la base navale de Toulon pour ses premiers vœux du quinquennat en tant que chef des armées. La tradition veut que cette cérémonie traditionnelle alterne entre les trois armées. Il était prévu que 2018 soit le tour de la marine nationale.
Emmanuel Macron prononce un discours à bord du bâtiment de projection et de commandement Dixmude, un des trois porte-hélicoptères français, et rencontrer des militaires. Voici les trois raisons pour lesquelles son message est attendu.
Un discours six mois jour pour jour après la démission du chef d’état-major des armées
A 61 ans, le général Pierre de Villiers, chef d’état-major des armées, a démissionné le 19 juillet 2017, une première sous la Ve République pour le titulaire de ce poste. En cause, la décision prise début juillet par le président Macron d’amputer le budget 2017 des armées de 850 millions d’euros, au titre de la contribution du ministère au redressement des comptes publics.

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                La démission du général Pierre de Villiers suscite une onde de choc



Les deux hommes s’étaient entendus pour augmenter immédiatement l’effort de défense. Le général, qui a fait part de son courroux face à ce qui était pour lui une mauvaise surprise, a été vertement et publiquement rappelé à l’ordre devant tous ses subordonnés par le chef de l’Etat lors de la garden-party du ministère le 13 juillet au soir.
La crise a provoqué une onde de choc dans les armées et a abouti à la promotion éclair d’un jeune chef d’état-major, le général François Lecointre, 55 ans.
En octobre, Pierre de Villiers s’est expliqué sur sa décision dans un livre, Servir (Editions Fayard), qui s’est déjà vendu à plus de cent mille exemplaires.

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          les bonnes feuilles du livre du général Pierre de Villiers



Une nouvelle loi de programmation militaire arbitrée deux jours avant
Emmanuel Macron a procédé mercredi en conseil de défense aux derniers arbitrages de la future loi de programmation militaire (LPM) pour la période 2019-2025. Le texte devrait être présenté en conseil des ministres le 7 février et au Parlement dans la foulée.
Programmes d’armement pour l’avenir, moyens de court terme pour la préparation opérationnelle des forces, dépenses immédiates pour les personnels : l’équilibre entre ces trois impératifs suscite de fortes batailles internes, entre les armées et entre les industriels de la défense.
La LPM doit permettre de financer les ambitions du pays face aux menaces qu’il pense affronter, lesquelles ont été décrites dans la Revue stratégique de défense et de sécurité nationale, validée le 11 octobre 2017.
Sur le quinquennat, promet le chef de l’Etat, les moyens militaires de la France seront augmentés de 30 milliards d’euros (soit 190 milliards de dépenses pour la période 2018-2022). Et d’ici à 2025, l’effort du pays pour sa défense devrait atteindre 2 % de son PIB, hors budget des pensions. Le budget 2018 des armées est en augmentation de 1,8 milliard. La moitié de cette somme financera les engagements pris précédemment par François Hollande.
Une réorganisation obligée des opérations extérieures
Sur le terrain des « opex », le président a demandé deux choses aux armées.
La première, une adaptation des deux principales missions en cours, pour tenir compte de la situation sur le terrain. En Irak et en Syrie, l’organisation Etat islamique a reculé et des moyens français (forces spéciales, avions de chasse) mis au service de la coalition américaine ont commencé à être retirés de l’opération « Chammal » (1 500 soldats français). Au Sahel, Emmanuel Macron veut que l’opération « Barkhane » (4 500 soldats) apporte des victoires palpables contre les djihadistes, notamment dans le centre du Mali, afin d’ouvrir le terrain à la force régionale africaine qui émerge à peine et doit à terme prendre le relais.

        Lire aussi :
         

                Plus de 600 soldats français blessés en opérations extérieures de 2007 à 2016



La seconde demande du président est un allégement là où cela est possible des moyens militaires engagés (30 000 soldats opérationnels en France, outre-mer et à l’étranger), afin de retrouver des marges de manœuvre au cas où il devrait décider d’une nouvelle intervention extérieure. En effet, le niveau des opérations actuelles a dépassé ce qu’autorisaient les moyens alloués ces dernières années, et les armées sont en surchauffe, qu’il s’agisse de leurs hommes ou de leurs matériels.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-19"> ¤ Il y a vingt-deux ans, le philosophe s’exprimait sur la loi permettant de poursuivre, voire d’emprisonner, ceux qui hébergent et aident des étrangers en situation jugée illégale.
<filname="PROF-0,57-0,64-823353,0-19"> ¤                     
                                                   
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Ce que Jacques Derrida pensait du « délit d’hospitalité » en 1996

Il y a vingt-deux ans, le philosophe s’exprimait sur la loi permettant de poursuivre, voire d’emprisonner, ceux qui hébergent et aident des étrangers en situation jugée illégale.



Le Monde
 |    19.01.2018 à 06h30
 • Mis à jour le
19.01.2018 à 12h36
   





                        



                                


                            
Objet de son séminaire pendant les années 1995-1997, l’hospitalité est l’un des grands thèmes de recherche de Jacques Derrida (1930-2004), emblématique de son œuvre. Le 21 décembre 1996, alors que le Théâtre des Amandiers de Nanterre accueillait une soirée de solidarité avec les sans-papiers, le philosophe improvisait l’intervention ci-dessous, qu’il accepta, ensuite, de transcrire pour la revue du Groupe d’information et de soutien des immigrés, Plein droit (n° 34) sous le titre : « Quand j’ai entendu l’expression “délit d’hospitalité”… »
Par Jacques Derrida
L’an dernier [en 1995], je me rappelle un mauvais jour : j’avais eu comme le souffle coupé, un haut-le-cœur envérité, quand j’ai entendu pour la première fois, la comprenant à peine, l’expression ­ « délit d’hospitalité ». En fait, je ne suis pas sûr de l’avoir entendue, car je me demande si quelqu’un a jamais pu la prononcer et la prendre dans sa bouche, cette expression venimeuse, non, je ne l’ai pas entendue, et je peux à peine la répéter, je l’ai lue sans voix, dans un texte officiel.
Que devient un pays, que devient une culture, que devient une langue quand on peut y parler de « délit d’hospitalité », quand l’hospitalité peut devenir, aux yeux de la loi et de ses représentants, un crime ?
Il s’agissait d’une loi permettant de poursuivre, voire d’emprisonner, ceux qui hébergent et aident des étrangers en situation jugée illégale. Ce « délit d’hospitalité » (je me demande encore qui a pu oser associer ces mots) est passible d’emprisonnement. Que devient un pays, on se le demande, que devient une culture, que devient une langue quand on peut y parler de « délit d’hospitalité », quand l’hospitalité peut devenir, aux yeux de la loi et de ses représentants, un crime ?
(…) Les frontières ne sont plus des lieux de passage, ce sont des lieux d’interdiction, des seuils qu’on regrette d’avoir ouverts, des limites vers lesquelles on se...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-20"> ¤ Dans une tribune au « Monde », le psychiatre Pierre Lévy-Soussan estime que le seul lien biologique n’est pas en mesure de donner une sécurité narrative, familiale, symbolique, historique et enfin psychique à l’enfant.
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Anonymat du don de gamètes : « Il faut prendre en considération la construction psychique de l’enfant »

Dans une tribune au « Monde », le psychiatre Pierre Lévy-Soussan estime que le seul lien biologique n’est pas en mesure de donner une sécurité narrative, familiale, symbolique, historique et enfin psychique à l’enfant.



Le Monde
 |    19.01.2018 à 06h15
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Pierre Lévy-Soussan (psychiatre, psychanalyste)







                        



                                


                            
Tribune. Véritable sensation le 17 janvier : un homme a annoncé avoir retrouvé son « géniteur », transgressant publiquement l’anonymat des dons de sperme en France, voire le remettant en cause, alors que vont débuter les Etats généraux de la bioéthique où cet anonymat sera à nouveau discuté, comme en 1994, 2004 et 2011.
Il ne sera pas question ici de donner un avis de type « pour » ou « contre » l’anonymat, mais d’éclairer cette question à la lumière d’une pratique clinique psychanalytique depuis près de vingt ans sur les filiations particulières que sont l’adoption et la procréation médicalement assistée (PMA) avec don.
A chaque fois qu’il est question d’anonymat concernant l’abandon des enfants ou les dons de sperme, d’ovocytes ou d’embryons, le discours énoncé dans les médias est toujours organisé en deux temps : celui d’une colère contre les médecins, voire les Centres d’étude et de conservation des œufs et du sperme humains (Cecos), et contre l’Etat, responsable de l’organisation du secret. Le secret est alors accusé d’être à l’origine de tous les maux : de couvrir un mensonge, d’empêcher de connaître « les origines », donc d’empêcher l’enfant de se développer, de se construire.
Dans un second temps, la souffrance profonde et réelle des personnes est décrite en lien avec ce « vide », en recherche d’une cause à ce désarroi. Puis le lien est fait entre la cause première, l’anonymat, et ses effets seconds, le malaise à vivre, la souffrance qu’un père ne soit pas le géniteur, qu’une mère ne soit pas à l’origine de l’ovocyte. La dissociation, ici génétique, propre à la modalité de la conception, est vécue comme une souffrance et rationalisée par une quête des « origines », résumée à une identité inconnue.
Ne pas disqualifier les parents receveurs
Les conclusions de ces discours sont toujours univoques, sur le modèle « ma souffrance doit servir d’exemple à tout le monde ». Et de demander l’abrogation de l’anonymat, porteur...




                        

                        

