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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-1"> ¤ L’exposition Che Guevara, organisée jusqu’au 18 février par la mairie de Paris, fait polémique. A juste titre selon Yoani Sanchez, journaliste et blogueuse cubaine, qui dénonce, dans une tribune au « Monde », le « petit boucher de La Cabaña ».
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Exposition Che Guevara : « Hidalgo s’inscrit dans une campagne de communication de Cuba »

L’exposition Che Guevara, organisée jusqu’au 18 février par la mairie de Paris, fait polémique. A juste titre selon Yoani Sanchez, journaliste et blogueuse cubaine, qui dénonce, dans une tribune au « Monde », le « petit boucher de La Cabaña ».



Le Monde
 |    19.01.2018 à 17h00
    |

Yoani Sanchez (Journaliste et blogueuse cubaine)







                        



                                


                            

Tribune. Il y a presque quarante ans, lorsque j’apprenais l’alphabet, j’ai eu à entonner mon premier slogan politique, le même que répètent toujours chaque matin des milliers d’enfants cubains : « Pionniers pour le communisme, nous serons comme le Che ». Cependant, aujourd’hui, la figure du guérillero est largement remise en question à travers le monde, sauf à Cuba.
L’homme qui a posé pour tant de photographes, qui est devenu immortel grâce à son portrait au béret, le regard perdu, ne se remet pas bien du jugement de l’Histoire. A notre époque, où la violence et les luttes armées sont de plus en plus critiquées publiquement, les détails de ses méfaits font surface et ses victimes passées commencent enfin à être écoutées.

Ernesto Guevara, l’Argentin qui a captivé les cinéastes, les écrivains et les journalistes traverse une mauvaise passe. Peu importe que son visage continue à apparaître sur une multitude de tee-shirts, de drapeaux ou de cendriers à travers le monde, car son mythe perd de ses couleurs dans la mesure où l’on connaît de plus en plus le personnage qu’il était vraiment. La vérité refait surface alors qu’il s’enfonce.
Le Che, un business
La commercialisation sans limite qui s’est emparée de cette image à la barbe clairsemée et aux sourcils proéminents a également contribué à cette détérioration. La voracité matérielle de ses héritiers, l’usage sans scrupule qu’ont fait ses compagnons de lutte de son nom et la frivolité des consommateurs de reliques idéologiques participent de l’érosion de sa légende.
Le Che est devenu un business, un très bon business pour les nostalgiques qui écrivent des livres sur ces utopies qui font tant défaut aujourd’hui. Ce sont des textes qui sacralisent un homme qui aurait persécuté une grande partie de ses actuels admirateurs parce qu’ils ont un piercing dans le nez, les cheveux longs ou un résidu de marijuana dans leur poche.

Comme une sorte...




                        

                        


<article-nb="2018/01/19/19-2">
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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-2"> ¤ Pour les économistes Arnaud Chéron et Pierre Courtioux, dans une tribune au « Monde », les seniors et les parents de jeunes enfants devraient être – comme les moins qualifiés et les chômeurs –, une piste prioritaire de la réforme de la formation professionnelle.
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« Il demeure un certain nombre de freins directs et objectifs à l’accès à la formation professionnelle »

Pour les économistes Arnaud Chéron et Pierre Courtioux, dans une tribune au « Monde », les seniors et les parents de jeunes enfants devraient être – comme les moins qualifiés et les chômeurs –, une piste prioritaire de la réforme de la formation professionnelle.



Le Monde
 |    19.01.2018 à 14h30
 • Mis à jour le
19.01.2018 à 17h31
    |

Arnaud Chéron et Pierre Courtioux (Membres du Pôle de recherche en économie de l’Edhec)







                        



                                


                            
Tribune. Le 15 novembre 2017, le gouvernement a transmis un document d’orientation dont se sont saisis les partenaires sociaux, avec pour objectif la rédaction d’un accord national interprofessionnel d’ici au 16 février. L’agenda de la négociation est donc serré, tout autant que le cadrage donné par Muriel Pénicaud, la ministre du travail.
En France, le financement de la formation continue s’est historiquement appuyé sur l’obligation faite aux entreprises de « former ou payer »
Les prin­cipaux axes de discussion concernent la généralisation et l’extension du compte personnel formation (CPF) – qui devrait conduire notamment à la suppression du congé individuel de formation (CIF) ; une accentuation de l’effort de formation à destination des chômeurs et des salariés les moins qualifiés, avec des modalités d’accès facilitées, plus particulièrement au sein des TPE et des PME ; une refonte du système de formation en alternance (apprentissage et professionnalisation) ; et, enfin, le renforcement de l’évaluation de la qualité des formations dispensées.
En France, le financement de la formation continue s’est historiquement appuyé sur l’obligation faite aux entreprises de « former ou payer ». Celles-ci doivent organiser la formation de leurs salariés ou s’acquitter d’une taxe qui, sur la base d’un principe de mutualisation, permet de ­contribuer au financement de formations dispensées à d’autres travailleurs, sans, donc, qu’elles puissent en attendre un bénéfice propre.
Des droits à la formation plus inclusifs
Ce système a généré d’importantes inégalités d’accès aux formations. Celles-ci bénéficient plus souvent aux salariés les plus diplômés et les plus qualifiés. L’individualisation progressive des droits à la formation, avec la création du droit individuel à la formation (DIF) en 2003, puis du CPF en 2014, a certes permis de construire un cadre qui remet le travailleur au cœur du système. Il demeure cependant un certain nombre de freins...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-3"> ¤ L’essayiste, signataire de la tribune sur la « liberté d’importuner », défend ce texte porteur selon elle d’une « parole différente ». De même qu’un féminisme « biologique », en opposition avec le mouvement culturaliste dominant.
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Peggy Sastre, le féminisme à la sauce Darwin


                      L’essayiste, signataire de la tribune sur la « liberté d’importuner », défend ce texte porteur selon elle d’une « parole différente ». De même qu’un féminisme « biologique », en opposition avec le mouvement culturaliste dominant.



Le Monde
 |    19.01.2018 à 14h28
    |

                            Zineb Dryef








                              

                        

Dimanche 14 janvier. Café Marly, Paris. Peggy Sastre descend tout juste de son train en provenance d’un village de l’Yonne, où elle s’est réfugiée en 2011, lassée du bruit de la ville. Elle a donné rendez-vous dans ce café en face du Louvre, parce que « tout a commencé ici ». C’était à la mi-décembre 2017. Après avoir écouté Catherine Millet sur France Culture, elle « respire ». L’essayiste n’en pouvait plus « des excès de #BalanceTonPorc » et de ses « réseaux de ragots ». Elle contacte la critique d’art pour la remercier de cette « bouffée d’oxygène ».

Elles conviennent de se retrouver au Marly, pour en discuter avec leur amie commune, l’écrivaine Abnousse Shalmani. C’est heureux, elles partagent une autre connaissance, la psychanalyste Sarah Chiche, et l’envie de « libérer une autre parole ». Pourquoi ne pas écrire quelque chose ? Elles s’y attellent avec le concours de Catherine Robbe-Grillet. Sastre, la plus jeune, 36 ans, se charge des passages « cinglants ». Publié dans Le Monde daté 10 janvier, le texte revendique la « liberté d’importuner ». Signé par cent femmes, dont Catherine Deneuve, il suscite une controverse mondiale. Sastre plaide le malentendu : « Notre tribune n’est pas un appel au viol, ce n’est pas non plus une parole contre le mouvement #MeToo, c’est une parole différente, une parole en plus. »
Un style péremptoire
Ceux qui la connaissent n’ont pas été surpris de la voir associée à cette tribune. Depuis 2009, Peggy Sastre, docteure en philosophie et passionnée de Darwin, écrit régulièrement des essais aux titres aussi peu équivoques que Ex utero. Pour en finir avec le féminisme ou La domination masculine n’existe pas. Elle publie le 26 janvier, entre deux traductions de romans Harlequin, Comment l’amour empoisonne les femmes (éditions Anne Carrière, 250 p., 16 euros). Ou « comment...




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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-4"> ¤ Guillaume Paoli, cofondateur du site de vente en ligne de véhicules d’occasion Aramisauto, regrette, dans une tribune au « Monde », l’absence d’une ligne politique lisible concernant l’achat de voitures.
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Automobile : « Les Français ont besoin d’une feuille de route claire »

Guillaume Paoli, cofondateur du site de vente en ligne de véhicules d’occasion Aramisauto, regrette, dans une tribune au « Monde », l’absence d’une ligne politique lisible concernant l’achat de voitures.



Le Monde
 |    19.01.2018 à 14h15
    |

Guillaume Paoli (Cofondateur d’Aramisauto, site de vente en ligne de véhicules d’occasion, contrôlé par le groupe PSA)







                        



                                


                            
Tribune. Depuis plus de vingt ans, choisir une nouvelle voiture était une question de budget… et de capacité à bénéficier de l’une des incitations qui, depuis la « balladurette » jusqu’au « bonus », nous guidaient vers ce que nous pensions être le bon choix. Bien malin qui sait aujourd’hui quelle voiture acheter ! Les Français attendent des indications claires et craignent de payer les incertitudes d’une transition énergétique complexe.
Deux Français sur trois utilisent leur voiture chaque jour pour aller travailler
Deuxième budget de dépenses des Français, source de pollution et de consommation de pétrole, la voiture est aujourd’hui contestée. Les grandes villes en découragent l’usage et favorisent une mobilité multimodale d’une grande modernité, mais encore souvent à l’état de projet. Désengorgement des centres-villes, coup de frein à la pollution atmosphérique et sonore, reconquête des espaces publics, redécouverte du vélo et de la marche à pied… les politiques de transports urbains ne manquent pas d’arguments.
Mais Paris, Lyon ou Bordeaux ne font pas la France. Quatre-vingts pour cent des ménages possèdent une voiture. Deux tiers de nos compatriotes l’utilisent chaque jour pour aller travailler. En ville comme à la campagne, nous sommes irrémédiablement attachés à une liberté fondamentale rendue possible depuis les années 1950 par la voiture individuelle : le droit de se déplacer quand et où nous le souhaitons. Le temps d’un monde sans automobile est donc encore loin.
Le conducteur dans une situation inconfortable
Si la transition énergétique bénéficie d’un consensus positif, les étapes et décisions politiques qui l’accompagnent et orientent les Français dans leurs choix quotidiens manquent parfois de clarté. C’est particulièrement vrai en ce qui concerne l’automobile.
Longtemps encouragé par la fiscalité, le diesel a désormais mauvaise presse
Le conducteur moyen est coincé entre, d’une part, la nécessité de posséder...




                        

                        


<article-nb="2018/01/19/19-5">
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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-5"> ¤ Dans sa chronique bimensuelle, la journaliste du « Monde » Annie Kahn revient sur plusieurs études récentes qui plaident – pour de bonnes ou mauvaises ­raisons – en faveur de la diversité en entreprise.
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« Les hommes mentent plus souvent que les femmes »

Dans sa chronique bimensuelle, la journaliste du « Monde » Annie Kahn revient sur plusieurs études récentes qui plaident – pour de bonnes ou mauvaises ­raisons – en faveur de la diversité en entreprise.



Le Monde
 |    19.01.2018 à 14h00
    |

            Annie Kahn








                        



                                


                            
Ma vie en boîte. A mesure que la cause des ­femmes gagne en popularité, celle des hommes semble ­dégringoler, redoutent certains ­d’entre eux. En entreprise particulièrement. Une étude relayée le 16 novembre 2017 par Insead Knowledge, lettre d’information de cette business school ­de renommée internationale, risque de les affoler encore un peu plus.
Sous le titre « Pourquoi certains hommes ressentent-ils le besoin de gagner à n’importe quel prix », cet article – dont nous précisons qu’il est signé par un homme, Stefan Thau, professeur de comportement des organisations à l’Insead – part du principe que « si les hommes négocient plus durement en affaires, c’est sans doute aussi qu’ils se battent de façon plus douteuse, non éthique, trompeuse ». Pour l’auteur, « les rôles respectifs des hommes et des femmes dans l’évolution des espèces expliquent cette différence entre les sexes, ­en matière de négociations ».
la combativité masculine viendrait du besoin primitif de l’espèce humaine de trouver des partenaires pour se reproduire
Il le prouve dans un article de recherche, publié en septembre 2016 dans l’Academy of Management ­Journal, ­cosigné par deux autres ­chercheurs, Marko Pitesa de l’Université de management de Singapour et Madan ­Pillutla de la London ­Business School, et une chercheuse, Margaret Lee, également de la London Business School.
Leur thèse est que la combativité masculine vient du besoin primitif de l’espèce humaine de trouver des partenaires pour se reproduire. « Les femmes devaient être plus sélectives que les hommes car chaque grossesse prend du temps et de l’énergie. (…) Les hommes devaient donc se battre les uns contre les autres. Quitte à tricher. Alors que les femmes ne ressentaient pas ce besoin, et avaient même plus à perdre dans des conflits entre congénères. D’autant qu’élever des enfants nécessitait l’entraide de leurs semblables. »
Libido et mensonge
Ces...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-6"> ¤ La ville syrienne ravagée sera-t-elle recréée comme Le Havre, préservée comme Cologne, dénaturée comme Beyrouth ? Enquête sur les enjeux d’un chantier très politique.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-6"> ¤                     
                                                   
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Comment Alep sera-t-elle reconstruite ?

La ville syrienne ravagée sera-t-elle recréée comme Le Havre, préservée comme Cologne, dénaturée comme Beyrouth ? Enquête sur les enjeux d’un chantier très politique.



Le Monde
 |    19.01.2018 à 12h00
    |

                            Marie Zawisza (M. Za.)








                        



                                


                            
Reconstruire Alep, ville martyre : un an après l’arrêt des combats, c’est désormais l’une des priorités des autorités syriennes, alors même que les luttes armées se poursuivent sur d’autres fronts. La ville, dont le cœur historique a été classé au Patrimoine mondial de l’Unesco, et qui, grâce à l’implication de ses habitants, avait bénéficié d’une restauration exemplaire dans les années 1990, ressemble à présent à un champ de ruines. « Selon les informations communiquées, un tiers des quartiers historiques a été détruit, et un autre tiers a subi d’importants dommages », explique Samir ­Abdulac, président du groupe de travail de l’International Council on Monuments and Sites (Icomos) pour la sauvegarde du patrimoine culturel en Syrie et en Irak.

« Cette reconstruction constitue un véritable défi : pendant un siècle, on nous félicitera ou on nous blâmera », explique l’archéologue syrien Maamoun Abdulkarim
Dès l’été 2017, en Syrie, un haut comité proposé par la direction générale des antiquités et des musées (DGAM), dirigé par le ministère de la culture et composé des ministères impliqués dans la reconstruction, des autorités locales et d’acteurs privés, s’est réuni afin d’élaborer un plan de reconstruction qui sera soumis à l’Unesco. « Cette reconstruction constitue un véritable défi : pendant un siècle, on nous félicitera ou on nous blâmera », explique l’archéologue syrien Maamoun Abdulkarim, ancien directeur de la DGAM. De fait, les enjeux sont non seulement matériels mais aussi politiques. Faut-il, pour panser les blessures de la bataille d’Alep, effacer les traces des destructions, ou bien les conserver en espérant que le souvenir de la violence pourra préserver d’une nouvelle explosion ?
Ce défi et ces questionnements ont été, en partie, ceux de l’Europe en 1945, dont les villes anciennes et les monuments historiques ont connu pendant la guerre des destructions sans précédent. Les réponses apportées ont alors été multiples....




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-7"> ¤ Editorial. Le gel des fonds américains destinés aux réfugiés palestiniens met en danger la stabilité des camps où sont installées des millions de personnes.
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Proche-Orient : la brutalité incohérente de Trump

Editorial. Le gel des fonds américains destinés aux réfugiés palestiniens met en danger la stabilité des camps où sont installées des millions de personnes.



Le Monde
 |    19.01.2018 à 11h27
 • Mis à jour le
19.01.2018 à 16h24
   





                        



   


Editorial du « Monde ». En décidant, mardi 16 janvier, de geler une partie des fonds américains alloués aux réfugiés palestiniens, le président Donald Trump prétend incarner la rupture avec ses prédécesseurs. Sa cible est l’UNRWA (United Nations Relief and Works Agency), l’agence de l’ONU qui vient en aide à plus de cinq millions de personnes. Réparties entre la Jordanie, la Syrie, le Liban, la Cisjordanie et la bande de Gaza, ce sont les victimes – et leurs descendants – de la nakba, la « grande catastrophe », soit l’expulsion de centaines de milliers de Palestiniens de leurs villages au moment de la guerre israélo-arabe et de la fondation d’Israël, il y a soixante-dix ans.
Il est légitime de s’interroger sur le périmètre d’une mission qui se voulait à l’origine provisoire. Il n’est pas tabou de discuter de la définition d’un réfugié palestinien, même si les conventions internationales limitent les divagations sur ce sujet. On peut souligner l’ambiguïté de la puissance quasi étatique de l’UNRWA, par exemple dans la bande de Gaza. L’agence y a offert depuis dix ans – et fort heureusement ! – une bouée de sauvetage à une population à l’agonie, mais en permettant au Hamas, d’une certaine façon, de fuir ses responsabilités.
Chantage à l’argent
Rien, cependant, ne justifie la méthode employée par Washington, que seule la droite israélienne, en pleine dérive nationaliste, a applaudie. Sa brutalité et le chantage à l’argent mettent en danger la stabilité des camps de réfugiés. Ils dégradent un peu plus l’image du principal contributeur à cette mission de l’ONU. Ils sont, surtout, contre-productifs. Au lieu de pousser la direction palestinienne à entrer en négociation avec Israël, ils la radicalisent.
Donald Trump accorde visiblement plus d’importance à l’argent qu’à la parole de l’Etat et à sa continuité d’un président à l’autre, démocrate ou républicain, sur des dossiers fondamentaux. Le conflit israélo-palestinien est l’un d’entre eux. Depuis vingt-cinq ans, les Etats-Unis s’efforcent de jouer un rôle de médiateur pour parvenir à une solution négociée. Leur échec, qui est d’abord celui des parties impliquées, ne signifie pas que l’horizon privilégié était incorrect.
Méthode schizophrène
Les Etats-Unis n’ont jamais été un médiateur impartial. Leur penchant naturel en faveur d’Israël, allié stratégique, était clair. Cela n’a pas empêché les administrations successives d’apporter un soutien financier robuste à l’Autorité palestinienne et à l’UNRWA. Une fois élu, Donald Trump a voulu imprimer sa marque. Mais la méthode employée est schizophrène.
Le président américain affirme vouloir réussir le « deal du siècle ». Ses envoyés spéciaux ont multiplié les contacts dans la région. Mais, parallèlement, l’administration Trump a compromis son statut de médiateur. Elle a nommé un ambassadeur à Tel-Aviv, David Friedman, partisan déclaré des colonies, hostile à un Etat palestinien. Elle ne prend plus la peine de condamner les constructions israéliennes en Cisjordanie, comme si le droit international était devenu accessoire. Enfin, elle a offert à Israël, sans contrepartie, la reconnaissance de Jérusalem comme capitale.

        Lire aussi :
         

                L’aide américaine, essentielle dans le budget de l’agence de l’ONU pour la Palestine



Depuis, le président de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, ne veut plus entendre parler de médiation américaine. Amer et isolé, il creuse une tranchée face à Washington. Connaît-il déjà le plan américain en gestation, ou devine-t-il son orientation ? On voit mal, en l’état, à quel succès pourrait mener ce début d’affrontement diplomatique et financier.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-8"> ¤ Livre. Dans son dernier essai, l’eurosceptique Christian Saint-Etienne presse le gouvernement d’agir vite pour sauver le Vieux Continent d’un échec maintenant certain.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-8"> ¤                     
                                                   
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Oser l’Europe des nations

Livre. Dans son dernier essai, l’eurosceptique Christian Saint-Etienne presse le gouvernement d’agir vite pour sauver le Vieux Continent d’un échec maintenant certain.



Le Monde
 |    19.01.2018 à 11h26
    |

                            Come Prost-Boucle








                        



                                


                            

Livre. Economiste reconnu, Christian Saint-Etienne a travaillé dans diverses institutions de renommée mondiale telles que le FMI ou l’OCDE. S’il est impliqué dans les questions de gouvernance économique globale, il l’est aussi dans la vie politique française, s’engageant notamment auprès des Républicains en mai 2015. Il est actuellement conseiller (divers droite) de Paris et conseiller d’arrondissement dans le XIe.
Auteur de nombreux ouvrages comme La Fin de l’euro et Relever la France, il est familier des débats liés au futur de l’Union Européenne. C’est cette vision d’eurosceptique que l’on retrouve dans les pages de Osons l’Europe des nations. Une seule question anime cet ouvrage : Comment sauver l’Europe de son échec maintenant certain ?
« C’est la France qui a fait l’Europe ! », clame Christian Saint-Etienne en ouverture de son livre. Un message qui se veut clair même s’il est réducteur. La France doit être au cœur de la construction européenne, en perdition depuis le traité de Maastricht. Souvent dramatique à l’extrême dans ses propos, l’auteur fait même planer la menace d’un continent en proie au sous-développement. Scandant à longueur de pages l’insignifiance de l’Europe au sein de l’économie monde contemporaine, l’excluant du cœur des réseaux mondiaux, il juge qu’il reste deux ans à l’Europe pour se ressaisir, tout en reconnaissant que l’Union constitue aujourd’hui encore la première puissance commerciale du monde.
Ambiguïté
Christian Saint-Etienne énumère divers conseils qui permettraient à l’Europe d’utiliser enfin son potentiel inexploité. Il faut agir vite car selon ses mots le monde s’apprête à basculer dans la seconde phase de la troisième révolution industrielle : celle de la biotechnologie et de l’intelligence artificielle. Mais passée cette énumération, l’auteur reconnaît que ses conseils ne suffiront pas.
Seule la construction d’une Europe des nations...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-9"> ¤ Livre. Cinq membres des Economistes atterrés démontrent dans cet essai très lisible, même pour le profane, tout l’enjeu politique de ce fait économique majeur, pourtant méconnu du public malgré son apparente banalité : la monnaie.
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Plaidoyer pour une autre politique monétaire

Livre. Cinq membres des Economistes atterrés démontrent dans cet essai très lisible, même pour le profane, tout l’enjeu politique de ce fait économique majeur, pourtant méconnu du public malgré son apparente banalité : la monnaie.



Le Monde
 |    19.01.2018 à 10h54
    |

            Antoine Reverchon








                        



                                


                            

Livre. Certes, les cinq économistes auteurs de ce livre, membre du collectif des Economistes atterrés, ne cachent pas leurs convictions anticapitalistes et leur intention de proposer un autre ordre économique et financier que celui aujourd’hui en vigueur. Mais il est tout aussi vrai que celui-ci, c’est le moins qu’on puisse dire, ne donne guère satisfaction, sinon à la minorité qui sait en capter la rente et capturer les institutions.
Et cela n’empêche pas non plus les auteurs d’exposer, de façon extrêmement pédagogique et efficace, tous les enjeux, les institutions, les problématiques et les interprétations opposées de ce fait économique majeur, et pourtant méconnu du public malgré son apparente banalité : la monnaie. Car celle-ci, démontrent Jean-Marie Harribey, Esther Jeffers, Jonathan Marie, Dominique Plihon et Jean-François Ponsot, n’est pas seulement la réalité des espèces sonnantes et trébuchantes qui nous servent à acheter notre baguette quotidienne : elle est, du plus évident au plus complexe, le moyen d’échanger des marchandises et des services d’un bout à l’autre de la planète, l’outil, via l’investissement et le crédit, permettant d’anticiper la création de richesses futures, le vecteur, par la spéculation et le fonctionnement des marchés financiers, de l’accumulation du capital et de la constitution de rentes, le signe, par l’émission souveraine de liquidité et de titres, de la confiance et de la légitimité d’une communauté politique et économique, et en réalité un peu tout cela à la fois.
Institution
Mais surtout, comme le démontre avec clairvoyance ce petit livre extrêmement lisible, même pour un public profane, les interprétations que les économistes ont fait de la nature, de l’origine et des différentes fonctions de la monnaie, sont à la base des représentations, des idéologies, des institutions (banques, banques centrales) et par conséquent des politiques économiques menées au fil des décennies écoulées.
Si...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-10"> ¤ Dans une tribune au « Monde », une quarantaine de personnalités, dont Sylviane Agacinski et René Frydman, se prononcent contre la gestation pour autrui.
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GPA : « Non au marché de la personne humaine »

Dans une tribune au « Monde », une quarantaine de personnalités, dont Sylviane Agacinski et René Frydman, se prononcent contre la gestation pour autrui.



Le Monde
 |    19.01.2018 à 06h37
 • Mis à jour le
19.01.2018 à 10h42
    |

Collectif







                        



                                


                            
Tribune. En un temps où l’on s’insurge contre les violences faites aux femmes, où l’on traque les stéréotypes de genre et où l’on revendique l’égalité des sexes, il serait opportun que l’usage commercial de leur corps dans l’industrie procréative mobilise davantage l’opinion publique et les médias.
Au lieu de cela, on observe une étrange complaisance à l’égard de ce que l’on nomme abusivement une « technique », alors que la maternité de substitution est une « pratique sociale » qui consiste à louer la vie d’une femme, jour et nuit, pendant neuf mois.
Pour lui donner un aspect altruiste, on appelle gestation pour autrui (GPA) la convention par laquelle une femme s’engage à devenir enceinte (par insémination artificielle ou transfert d’embryon) et à accoucher d’un enfant qu’elle remettra dès sa naissance, et moyennant paiement, à ses « parents contractuels ». Personne ne peut ignorer que cette pratique fait partie d’un marché procréatif mondialisé en pleine expansion, qui inclut, comme en Californie, la vente du sperme et des ovocytes. Là où il existe, ce marché constitue une forme nouvelle d’appropriation du corps féminin.

L’enjeu des choix législatifs nationaux et internationaux en ce domaine est considérable, face à la pression de tous ceux qui trouvent un intérêt financier important dans cette affaire : cliniques, médecins, avocats, agences de « mères porteuses », auquel s’ajoute l’intérêt subjectif de ceux que les agences appellent sans vergogne les « clients » et qui désirent obtenir un enfant à tout prix.
L’objet d’un tel commerce n’est pas seulement la grossesse et l’accouchement, c’est aussi l’enfant lui-même, dont la personne et la filiation maternelle sont cédées à ses commanditaires.
On convient à l’avance du prix du « service »
Dans son principe, une telle transaction commerciale (elle l’est toujours, même si l’on déguise le paiement en indemnité ou dédommagement) est contraire aux droits de la...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-11"> ¤ En pleine remise en question depuis l’élection de Trump et l’affaire de l’ingérence russe, Mark Zuckerberg, le patron du groupe américain, le promet : son réseau va changer. Un virage vers un contenu plus « amical » a déjà été annoncé.
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Le Monde
 |
                  19.01.2018 à 06h37
 • Mis à jour le
19.01.2018 à 11h35


En pleine remise en question depuis l’élection de Trump et l’affaire de l’ingérence russe, Mark Zuckerberg, le patron du groupe américain, le promet : son réseau va changer. Un virage vers un contenu plus « amical » a déjà été annoncé.

Par             Corine Lesnes (San Francisco, correspondante)





                     
Ce lundi 8 janvier n’est pas le meilleur jour pour la visite. Le porte-avions Facebook est noyé sous les pluies diluviennes qui se sont abattues sur San Francisco. Ancré au bord de la baie, le siège du réseau social aux 2 milliards d’amis est englouti par le gris. Il ne faut pas songer à monter sur le toit, un parc bordé de plus de quatre cents arbres et traversé d’un sentier de randonnée de huit cents mètres qui permet aux salariés d’aller s’aérer en plein ciel.
Mais ne boudons pas notre plaisir. Il est rare d’être invité au siège de Facebook. Même quand votre journal entretient un partenariat – rémunéré – avec le réseau social pour traquer les fausses infos. Approcher Mark Zuckerberg est impensable, être invité à sa « Christmas Party » un graal journalistique. D’ailleurs, il ne sera pas de la visite. Dans la presse tech’, Facebook a la réputation d’être l’une des entreprises les plus difficiles d’accès. Dès qu’on les aborde, les Français qui travaillent au siège se ferment comme des huîtres. Même pour rencontrer des ministres ou des patrons de passage, ils doivent demander la permission.

Miracle – ou plus probablement nécessité –, cette fois, un seul courriel a suffi, adressé au service de presse, à l’adresse fb.com. La demande a rebondi de Menlo Park à Paris, avant de revenir. Et nous voilà, dans le parking mouillé du hangar géant aux tuyauteries apparentes dessiné par Frank Gehry. Une bulle de quatre hectares, posée entre la Bayfront Expressway et les marais où la National Audubon Society a dénombré quarante-trois espèces d’oiseaux.
En ce début d’année, l’assaut ne vient pas seulement du climat. Depuis un an, Facebook fait face à une tempête mondiale de critiques. Sur son modèle, ses pratiques, qui encouragent le tribalisme et les addictions. Zuckerberg est accusé d’avoir « fait » l’élection de Donald Trump. La presse américaine fait pleuvoir les reproches avec cette même intensité que lorsqu’elle s’enthousiasmait hier pour les champions...





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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-12"> ¤ En 1971, des dossiers secrets sur la guerre du Vietnam fuitent dans la presse. A l’origine de leur divulgation : un analyste militaire, Daniel Ellsberg. L’homme est aujourd’hui au centre du nouveau film de Steven Spielberg, « Pentagon Papers ».
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Daniel Ellsberg, le premier lanceur d’alerte

En 1971, des dossiers secrets sur la guerre du Vietnam fuitent dans la presse. A l’origine de leur divulgation : un analyste militaire, Daniel Ellsberg. L’homme est aujourd’hui au centre du nouveau film de Steven Spielberg, « Pentagon Papers ».



Le Monde
 |    19.01.2018 à 06h36
 • Mis à jour le
19.01.2018 à 16h28
    |

            Samuel Blumenfeld








                        



                                


                            

C’était il y a près d’un demi-siècle. Mais Daniel ­­­Ells­berg s’en souvient comme si c’était hier. ­ Impossible, pour cet homme de 86 ans, d’oublier ce jour d’août 1969 où il s’est rendu à une conférence contre la guerre du Vietnam à l’université de Haverford (Pennsylvanie). A l’époque, il ­travaillait comme analyste militaire pour la RAND Corporation, un think tank conseillant l’armée américaine. Comme beaucoup de ses compatriotes, il avait été frappé par l’offensive du Têt, un an plus tôt, dans laquelle 80 000 soldats du Nord-Vietnam (communiste) avaient pris les Américains et leurs ­alliés du Sud par surprise. Cette attaque ­ signifiait, contrairement au discours officiel des autorités, que la guerre engagée par les Etats-Unis ne pouvait être gagnée. En assistant à ce meeting, Daniel Ellsberg ignorait à quel point sa vie allait basculer…
Ce soir-là, un jeune objecteur de conscience, Randy Kehler, prend la parole. Prêt à tout pour éviter de partir au combat, il se dit « très ­excité » à l’idée de rejoindre ses amis en prison. Daniel Ellsberg est frappé par son calme, sa sérénité, sa faconde et sa manière, au fond très patriote, d’évoquer son pays et l’idée qu’il s’en fait. Son CV d’ancien étudiant à Harvard, comme lui, ajoute à l’émotion de l’analyste. A l’issue de la conférence, il est si ébranlé qu’il s’isole dans les toilettes et sanglote pendant une heure. « J’avais l’impression d’être fracturé en deux, dit-il aujourd’hui. Kehler n’a jamais pensé qu’aller en prison permettrait d’en finir avec cette guerre, mais son initiative m’avait bouleversé comme rien d’autre auparavant. Il avait instillé dans mon cerveau la bonne question au moment opportun. »
Sans lui, Ellsberg serait resté dans son ­bureau à contempler son coffre-fort – signe de son importance au sein de la RAND Corporation – rempli de documents secret-défense. Au lieu de cela, il décide d’agir en emportant ces dossiers chez un ami, employé d’une agence...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-13"> ¤ Dans sa chronique, Michel Guerrin, rédacteur en chef au « Monde », revient sur la mission du présentateur pour sauvegarder le patrimoine français en péril et le rôle de l’Etat.
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Patrimoine : « Stéphane Bern galope tel le chevalier inconscient face à une armada de problèmes »

Dans sa chronique, Michel Guerrin, rédacteur en chef au « Monde », revient sur la mission du présentateur pour sauvegarder le patrimoine français en péril et le rôle de l’Etat.



Le Monde
 |    19.01.2018 à 06h35
 • Mis à jour le
19.01.2018 à 16h44
    |

            Michel Guerrin








                        



                                


                            

On a demandé à Stéphane Bern de résumer sa mission : « J’écope un puits sans fond avec une petite cuillère. » Déprimant ? « Passionnant. » Le Monsieur Patrimoine d’Emmanuel Macron, titre qui n’est pas sans agacer les professionnels de la profession, galope tel le chevalier inconscient face à une armada de problèmes. Mais il avance. Sa mission est de trouver de l’argent pour sauver nos monuments en péril.
De l’argent, il est en passe d’en trouver à travers le loto, une idée qui verra le jour lors des Journées du patrimoine, les 15 et 16 septembre, sous l’égide de la Française des jeux. La principale innovation sera une carte à gratter à acheter chez le buraliste autour de 15 euros, ce qui est cher (2 euros en moyenne pour les autres). Le gain potentiel dépassera le million, mais l’acheteur perdra souvent, sa mise devenant acte civique.
Un ticket à 15 euros cible un public aisé quand l’acheteur moyen des jeux de grattage se recrute chez les modestes. Une façon de faire taire les critiques pour qui les pauvres vont payer pour les vieilles pierres pendant que les riches font du mécénat culturel défiscalisé à 60 %. Ce ticket à gratter sera orné de la photo d’un site emblématique à sauver. Il y en aura quatorze : un château, une église, une maison d’illustre, un bâtiment industriel ou rural… Là, c’est pour répondre à un autre reproche – Bern ne défendrait que les châteaux. Et afin de créer une proximité avec l’acheteur, le lieu photographié sera régionalisé. L’habitant du Nord verra donc sur son ticket un site du Nord.
2 000 demandes
Depuis qu’il a été nommé, Stéphane Bern a reçu plus de 2 000 demandes. Une centaine – plutôt des lieux ruraux qui échappent aux radars des aides – seront retenus en 2018 par une commission. L’Etat en sera, la Fondation du patrimoine aussi, qui est la principale association active dans ce secteur et qui gérera les fonds recueillis. Stéphane Bern aussi en sera. Il a surtout reçu des demandes de maires...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-14"> ¤ Il y a vingt-deux ans, le philosophe s’exprimait sur la loi permettant de poursuivre, voire d’emprisonner, ceux qui hébergent et aident des étrangers en situation jugée illégale.
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Ce que Jacques Derrida pensait du « délit d’hospitalité » en 1996

Il y a vingt-deux ans, le philosophe s’exprimait sur la loi permettant de poursuivre, voire d’emprisonner, ceux qui hébergent et aident des étrangers en situation jugée illégale.



Le Monde
 |    19.01.2018 à 06h30
 • Mis à jour le
19.01.2018 à 12h36
   





                        



                                


                            
Objet de son séminaire pendant les années 1995-1997, l’hospitalité est l’un des grands thèmes de recherche de Jacques Derrida (1930-2004), emblématique de son œuvre. Le 21 décembre 1996, alors que le Théâtre des Amandiers de Nanterre accueillait une soirée de solidarité avec les sans-papiers, le philosophe improvisait l’intervention ci-dessous, qu’il accepta, ensuite, de transcrire pour la revue du Groupe d’information et de soutien des immigrés, Plein droit (n° 34) sous le titre : « Quand j’ai entendu l’expression “délit d’hospitalité”… »
Par Jacques Derrida
L’an dernier [en 1995], je me rappelle un mauvais jour : j’avais eu comme le souffle coupé, un haut-le-cœur envérité, quand j’ai entendu pour la première fois, la comprenant à peine, l’expression ­ « délit d’hospitalité ». En fait, je ne suis pas sûr de l’avoir entendue, car je me demande si quelqu’un a jamais pu la prononcer et la prendre dans sa bouche, cette expression venimeuse, non, je ne l’ai pas entendue, et je peux à peine la répéter, je l’ai lue sans voix, dans un texte officiel.
Que devient un pays, que devient une culture, que devient une langue quand on peut y parler de « délit d’hospitalité », quand l’hospitalité peut devenir, aux yeux de la loi et de ses représentants, un crime ?
Il s’agissait d’une loi permettant de poursuivre, voire d’emprisonner, ceux qui hébergent et aident des étrangers en situation jugée illégale. Ce « délit d’hospitalité » (je me demande encore qui a pu oser associer ces mots) est passible d’emprisonnement. Que devient un pays, on se le demande, que devient une culture, que devient une langue quand on peut y parler de « délit d’hospitalité », quand l’hospitalité peut devenir, aux yeux de la loi et de ses représentants, un crime ?
(…) Les frontières ne sont plus des lieux de passage, ce sont des lieux d’interdiction, des seuils qu’on regrette d’avoir ouverts, des limites vers lesquelles on se...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-15"> ¤ Dans une tribune au « Monde », le psychiatre Pierre Lévy-Soussan estime que le seul lien biologique n’est pas en mesure de donner une sécurité narrative, familiale, symbolique, historique et enfin psychique à l’enfant.
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Anonymat du don de gamètes : « Il faut prendre en considération la construction psychique de l’enfant »

Dans une tribune au « Monde », le psychiatre Pierre Lévy-Soussan estime que le seul lien biologique n’est pas en mesure de donner une sécurité narrative, familiale, symbolique, historique et enfin psychique à l’enfant.



Le Monde
 |    19.01.2018 à 06h15
    |

Pierre Lévy-Soussan (psychiatre, psychanalyste)







                        



                                


                            
Tribune. Véritable sensation le 17 janvier : un homme a annoncé avoir retrouvé son « géniteur », transgressant publiquement l’anonymat des dons de sperme en France, voire le remettant en cause, alors que vont débuter les Etats généraux de la bioéthique où cet anonymat sera à nouveau discuté, comme en 1994, 2004 et 2011.
Il ne sera pas question ici de donner un avis de type « pour » ou « contre » l’anonymat, mais d’éclairer cette question à la lumière d’une pratique clinique psychanalytique depuis près de vingt ans sur les filiations particulières que sont l’adoption et la procréation médicalement assistée (PMA) avec don.
A chaque fois qu’il est question d’anonymat concernant l’abandon des enfants ou les dons de sperme, d’ovocytes ou d’embryons, le discours énoncé dans les médias est toujours organisé en deux temps : celui d’une colère contre les médecins, voire les Centres d’étude et de conservation des œufs et du sperme humains (Cecos), et contre l’Etat, responsable de l’organisation du secret. Le secret est alors accusé d’être à l’origine de tous les maux : de couvrir un mensonge, d’empêcher de connaître « les origines », donc d’empêcher l’enfant de se développer, de se construire.
Dans un second temps, la souffrance profonde et réelle des personnes est décrite en lien avec ce « vide », en recherche d’une cause à ce désarroi. Puis le lien est fait entre la cause première, l’anonymat, et ses effets seconds, le malaise à vivre, la souffrance qu’un père ne soit pas le géniteur, qu’une mère ne soit pas à l’origine de l’ovocyte. La dissociation, ici génétique, propre à la modalité de la conception, est vécue comme une souffrance et rationalisée par une quête des « origines », résumée à une identité inconnue.
Ne pas disqualifier les parents receveurs
Les conclusions de ces discours sont toujours univoques, sur le modèle « ma souffrance doit servir d’exemple à tout le monde ». Et de demander l’abrogation de l’anonymat, porteur...




                        

                        


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Don de gamètes : « Les enfants ne régleront pas tous leurs problèmes en rencontrant leur géniteur »

Dans une tribune au « Monde », le professeur Jean-Philippe Wolf considère qu’expliquer à l’enfant comment il a été conçu est plus important que lui révéler le nom de son père, donateur anonyme.



Le Monde
 |    19.01.2018 à 06h00
    |

Jean Philippe Wolf (Chef du service de biologie de la reproduction de l’hôpital Cochin)







                        



                                


                            
Tribune. Ainsi Arthur Kermalvezen a retrouvé, suite à un test génétique sur Internet, son géniteur qu’il cherchait depuis si longtemps, et l’a fait savoir de manière spectaculaire peu avant le lancement des Etats généraux de la bioéthique, le jeudi 18 janvier. Nous lui souhaitons bien sûr d’être heureux de l’avoir retrouvé et surtout que cela dure. Car s’il était si simple de faire le bonheur de tout le monde, personne, bien sûr, ne s’y opposerait. Mais il est difficile de croire que là est la solution définitive du problème de l’anonymat des donneurs. Et ce pour plusieurs raisons.
Ceux qui ont créé le Centre d’étude et de conservation des œufs et du sperme humains (CECOS) ont cru que l’anonymat était la solution définitive :
- pour préserver le donneur qui ne souhaiterait pas rencontrer les enfants issus de son don,
- pour préserver les parents, dont rien ne dit qu’ils seraient particulièrement heureux de cette irruption dans leur vie d’un homme qu’ils avaient eux-mêmes choisi de garder dans l’anonymat et loin de leur univers familier,
- pour préserver l’enfant lui-même d’un univers par trop multipolaire et incertain.
Car l’anonymat n’a pas été fait pour nuire aux enfants ou à leurs parents. Il l’avait été précisément pour garantir la sérénité dans leur vie familiale, ainsi que celle du donneur, ce qui est un objectif louable.
Révélations traumatisantes
Et tout s’est très bien passé pendant longtemps, jusqu’à ce que les enfants grandissent, commencent à poser des questions ou apprennent malencontreusement, à la suite de révélations traumatisantes, qu’ils étaient issus d’un sperme de donneur. Ces circonstances ont été trop bien rapportées par les intéressés pour qu’il soit nécessaire de les raconter. Mais on imagine le choc d’une telle révélation pour un ou une jeune adulte quand on lui apprend qu’il y a un secret terrible dans sa propre histoire familiale, qu’il ou elle pensait classique, comme celle de tout...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-17"> ¤ Mardi 23 janvier, les 28 ministres des finances de l’Union européenne, réunis à Bruxelles, pourraient décider de sortir de la liste noire 8 pays sur un total de 17.
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Paradis fiscaux : la liste noire européenne bientôt divisée par deux

Mardi 23 janvier, les 28 ministres des finances de l’Union européenne, réunis à Bruxelles, pourraient décider de sortir de la liste noire 8 pays sur un total de 17.



Le Monde
 |    18.01.2018 à 15h16
 • Mis à jour le
19.01.2018 à 09h48
    |

            Cécile Ducourtieux (Bruxelles, bureau européen)








                        



   


Déjà sérieusement remise en question lors de sa publication en décembre 2017, la liste européenne des paradis fiscaux devrait de nouveau concentrer les critiques dans les jours qui viennent. Mardi 23 janvier, les 28 ministres des finances de l’Union européenne (UE), réunis à Bruxelles, devraient décider de la diviser quasiment par deux, en biffant les noms de huit pays, sur un total de dix-sept. Sans discussion : il s’agirait d’une simple formalité, précisait un diplomate, jeudi 18 janvier, depuis Bruxelles.
Le Panama, la Corée du Sud, les Emirats arabes unis, la Tunisie, la Mongolie, Macao, Grenade et la Barbade sont ainsi sur le point de sortir de cette liste stigmatisante. Ces pays y figuraient pourtant pour n’avoir pas pris à temps (avant fin novembre 2017) les engagements exigés par le groupe « Code de conduite ». Cette émanation du Conseil européen, qui a effectué le travail préparatoire à l’établissement de la liste, exigeait des promesses, précises, d’en finir avec des pratiques ou des législations beaucoup trop accommodantes (taux zéro sur le profit des sociétés, par exemple).

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                Bruxelles : la liste des paradis fiscaux déjà critiquée



Les ONG et les députés Verts européens avaient certes salué la publication de cette liste – une première dans l’Union – mais néanmoins vivement réagi en décembre 2017 : ils contestaient la méthode de travail du « Code de conduite », ce groupe d’experts des différents Etats européens travaillant dans la plus grande opacité. Ils soulignaient aussi l’absence, dans la liste finale, de membres de l’UE, alors qu’il est de notoriété publique que certains pratiquent des politiques fiscales particulièrement accommodantes (Luxembourg, Irlande, Malte…).
Aucune complaisance
Les huit pays sortis de la liste noire devraient se retrouver sur une « liste grise » déjà forte de 47 autres juridictions, dont les engagements n’avaient pas été jugés suffisants par le « Code de conduite » en décembre 2017. Certains ministres avaient pourtant contesté, à l’époque, que la liste noire puisse être aussi rapidement « révisée », estimant que les pays retardataires ne devaient bénéficier d’aucune forme de complaisance. Ils n’ont visiblement pas été suivis par leurs pairs.

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                Paradis fiscaux : l’Union européenne a adopté une liste noire de 17 pays



« Si on demande la transparence aux autres, on doit l’être nous-même »
Pierre Moscovici, le commissaire aux affaires économiques et financières, fiscalité et douanes, qui était à l’origine du processus de la liste noire en 2015, a estimé jeudi que la réduction du nombre de pays inscrits était un peu rapide. Certes, « la liste n’est pas une fin en soi », a estimé le Français, mais il demande aux ministres des finances « de rendre publics les engagements pris par les pays » sortis de la liste. « Si on demande la transparence aux autres, on doit l’être nous-même », a t-il ajouté, réclamant avec insistance que ces engagements soient rendus publics.
Une liste d’engagements, pour la « liste grise », avait bien été publiée en décembre, mais jugée trop imprécise par les ONG. La Commission serait prête à mettre en ligne elle-même les informations manquantes si les pays membres continuent à rechigner. Le commissaire a par ailleurs suggéré qu’il faudrait aussi faire la chasse aux « trous noirs fiscaux » en Europe, « où subsistent des législations excessivement favorables ».
Qu’adviendra-t-il, par ailleurs, des huit autres pays touchés par les ouragans de la fin de l’été 2017 (Bahamas, îles Vierges américaines…), à qui le « Code de conduite » avait donné quelques semaines de plus (jusqu’au 14 février) pour s’engager à changer leurs pratiques ? Les ministres européens choisiront-ils de les placer dans la liste noire ou dans la grise ? Rendront-ils publics leurs motivations et les engagements de ces juridictions ?

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                Plongée dans l’arrière-cuisine fiscale de Bruxelles



« Une faiblesse »
M. Moscovici met lui-même le doigt sur le problème : « Le caractère intergouvernemental et forcément un peu diplomatique de la liste est une faiblesse… » Cette dernière aurait gagné en crédibilité sans les soupçons de petits arrangements entre Etats membres : pourquoi le Qatar a-t-il été sorti au dernier moment du projet de liste noire, au tout début de décembre 2017 ? Tout comme le Maroc et le Cap-Vert ? « Nous ne pouvons accepter que les Etats membres négocient en catimini des exemptions pour les paradis fiscaux qui ont leurs faveurs », a réagi, jeudi, l’eurodéputée Eva Joly (EELV).
La réduction de la liste « n’est pas une évolution négative, cela veut dire que la pression sur les juridictions fonctionnent. Evidemment, il faudra s’assurer que les engagements sont tenus », précise-t-on à Bercy. La France fait partie des pays qui à Bruxelles, avec l’Allemagne, défendent avec le plus de constance la chasse aux pratiques fiscales agressives.
Mais surtout : quid des sanctions que la Commission aurait souhaité adjoindre à la liste noire ? L’institution communautaire a, à plusieurs reprises, proposé que l’argent de l’UE ne puisse pas transiter par les paradis fiscaux de la liste noire. Mais les ministres des finances avaient refusé de se prononcer fin 2017. Et, pour l’instant, ce sujet crucial n’est même pas à l’ordre du jour de leur réunion de mardi.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-18"> ¤ Trois consultants en entreprise – Anne-France Bonnet, Agnès Rambaud et Bruno Rebelle – plaident, dans une tribune au « Monde », en faveur de l’adoption du statut « d’entreprise à mission ».
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Le cadre juridique de l’entreprise « est décalé au regard des enjeux de transition de nos sociétés »

Trois consultants en entreprise – Anne-France Bonnet, Agnès Rambaud et Bruno Rebelle – plaident, dans une tribune au « Monde », en faveur de l’adoption du statut « d’entreprise à mission ».



Le Monde
 |    18.01.2018 à 15h00
    |

Anne-France Bonnet, Agnès Rambaud et Bruno Rebelle (Membres du Comité Développement Durable & RSE de Consult’in France)







                        



                                


                            
Tribune. Lancé par le ministère de l’Economie et des Finances le 23 octobre, le plan d’action pour la croissance et la transformation des entreprises (PACTE) veut donner à celles-ci les moyens d’innover, de se transformer, de grandir et de créer des emplois. A l’occasion d’une phase de consultation qui s’est clôturée le 10 décembre, l’article 1833 du code civil s’est vu remettre en question.
« Toute société doit avoir un objet licite et être constituée dans l’intérêt commun des associés » : cette formule publiée il y a plus de deux siècles, qui se concentre sur les associés, se révèle aujourd’hui décalée au regard des défis planétaires de durabilité et des formidables enjeux de transition de nos sociétés.

Avec d’autres, nous appelons à tracer un cadre législatif plus adapté à ces réalités et qui contribuerait à réguler les pratiques des acteurs économiques par une prise en compte plus formelle des impacts économiques, sociaux et environnementaux de leurs activités.
Parmi les propositions du projet de loi à l’étude, la création d’un nouveau statut « d’entreprise à mission » nous semble particulièrement intéressante : parce que choisie librement, parce que nécessairement innovante, parce que forcément inspirante.
Nouvelles formes juridiques
Le questionnement français n’est pas un cas isolé. Diverses expériences sont menées depuis quelques années, aux Etats-Unis comme en Europe, par des pionniers promoteurs de nouveaux contrats de société pour mieux servir leurs missions sociétales. Les professionnels de la responsabilité sociale de l’entreprise (RSE) de Consult’in France observent et accompagnent depuis l’origine ces initiatives. Quelles en sont les caractéristiques ?
Aux Etats-Unis, quatre nouvelles formes juridiques d’entreprise ont été votées entre 2007 et 2013 : Benefit Corporation, Socially Responsible Corporation, Flexible Purpose Corporation (FPC) rebaptisée Social Purpose Corporation...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-19"> ¤ Dans sa chronique mensuelle, l’économiste Pierre-Cyrille Hautcœur revisite les crises alimentaires des deux siècles derniers à la lumière de la crise Lactalis.
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Santé et alimentation : vraies crises et vieux enjeux

Dans sa chronique mensuelle, l’économiste Pierre-Cyrille Hautcœur revisite les crises alimentaires des deux siècles derniers à la lumière de la crise Lactalis.



Le Monde
 |    18.01.2018 à 15h00
    |

Pierre-Cyrille Hautcœur (Directeur d'études à l'EHESS)







                        



                                


                            
Histoire. Au 15 janvier, le site de l’Agence européenne de sécurité des aliments dénombrait une quinzaine d’épisodes de prolifération de salmonelles en Europe depuis le début 2017, mais ne mentionnait pas la crise Lactalis, qui fait pourtant les gros titres en France. De fait, avec 35 cas repérés, cette crise est minime par rapport aux 100 000 cas environ de salmonelloses répertoriés en un an en Europe, responsables d’une dizaine de décès (essentiellement des personnes très âgées) – un nombre d’ailleurs très faible en comparaison avec d’autres maladies, comme les listérioses.

Les salmonelloses sont en fait des maladies très répandues et en général bénignes (au point que la plupart des patients victimes de diarrhées limitées ne consultent pas). Leur origine, leur diffusion et leur prévention sont largement connues depuis le docteur Daniel Elmer Salmon, qui leur donna son nom en 1885. Celui-ci, vétérinaire à l’origine, avait été appelé à créer un bureau de l’industrie animale au sein du ministère de l’agriculture des Etats-Unis, en un moment de mondialisation accélérée où la qualité sanitaire du bétail exporté devenait un enjeu économique majeur, impliquant surveillance des animaux et des navires de transport.
Prohibition
Ainsi, après d’autres pays touchés antérieurement (Allemagne, Espagne et Italie), la France avait, en 1881, fortement restreint l’importation de salaisons de viande américaines, à la suite de la diffusion d’une autre maladie, la trichinose. La France disposait alors déjà, et depuis le XVIIIe siècle au moins, d’un vrai dispositif tant civil que pénal de lutte contre les produits alimentaires impropres à la consommation, qu’ils soient avariés ou frauduleux.
La santé est un des arguments utilisés par les groupes d’intérêt impliqués lors de chaque crise
L’impact sur la santé est devenu à la fin du XIXe siècle un argument majeur dans la réglementation. Les « hygiénistes » appellent à des...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-20"> ¤ Dans sa chronique mensuelle, la journaliste Marie de Vergès pointe l’étrange double casquette d’un pays qui, jamais, n’omet ses intérêts économiques : celle de premier pollueur et premier « verdisseur » de la planète.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-20"> ¤                     
                                                   
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Chine, le joker vert

Dans sa chronique mensuelle, la journaliste Marie de Vergès pointe l’étrange double casquette d’un pays qui, jamais, n’omet ses intérêts économiques : celle de premier pollueur et premier « verdisseur » de la planète.



Le Monde
 |    18.01.2018 à 15h00
    |

            Marie de Vergès








                        



                                


                            
Emergences. Il y a ces visiteurs ébahis devant le ciel bleu de la capitale chinoise. Dernier en date, début janvier, Emmanuel Macron, affirmant n’avoir « jamais vu Pékin comme ça ». Il y a aussi les calculs de Greenpeace, qui vient de saluer la chute vertigineuse de la densité moyenne de particules fines (PM 2,5) à Pékin au dernier trimestre 2017. Les pharmacies chinoises, quant à elles, signalent un plongeon des ventes d’un produit phare de l’hiver, le masque anti-smog… Tous ces indices vont dans le même sens : celui d’un tournant dans la lutte engagée par la Chine, premier émetteur mondial de CO2, contre la pollution.
Les contrôles antipollution se sont durcis ces derniers mois
Pendant longtemps, le discours guerrier des autorités chinoises contre les nuisances environnementales a tenu de l’incantation. On parlait d’économie verte tout en relançant le charbon et l’acier. La peur était trop forte de fabriquer des chômeurs. Seule valait une croissance sous stéroïdes, au prix de brouillards toxiques, de rivières putrides et de sols empoisonnés.
Les choses sont en train de changer. Les contrôles antipollution se sont durcis ces derniers mois. Avec, à la clé, de nombreuses fermetures d’usines. Autour de Pékin, les aciéries ont été sommées de tourner, cet hiver, à la moitié de leur capacité. Dans le nord du pays, le zèle des autorités pour interdire le charbon au profit du gaz a même privé de chauffage des millions de foyers…
Marché du carbone à l’échelle nationale
Les pollueurs doivent désormais passer à la caisse. Pékin vient de lancer un marché du carbone à l’échelle nationale visant à fixer un plafond annuel d’émissions aux différentes industries. Au 1er janvier est aussi entrée en vigueur une taxe sur les rejets de polluants dans l’air, l’eau et le sol. La panoplie d’outils d’incitation et de coercition s’étoffe.
« Des eaux claires et des montagnes fleuries valent autant que l’or et l’argent » Xi Jinping...



                        

                        

