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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-1"> ¤ Lors d’un tchat avec les internautes, le correspondant du « Monde » à Washington Gilles Paris a tiré le bilan de la première année de l’administration Trump.
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« Trump a le pire niveau d’approbation pour un président après un an de mandat »

Lors d’un tchat avec les internautes, le correspondant du « Monde » à Washington Gilles Paris a tiré le bilan de la première année de l’administration Trump.



Le Monde
 |    19.01.2018 à 17h55
 • Mis à jour le
19.01.2018 à 18h30
    |

            Gilles Paris (Washington, correspondant)








                        



   


Le 20 janvier 2017, Donald Trump devenait le 45e président des Etats-Unis. La première année de son mandat a été marquée notamment par sa volonté de durcir la politique migratoire, par l’enquête sur une possible ingérence russe dans la campagne présidentielle, et par de multiples initiatives en politique étrangère.
Au cours d’un tchat, le correspondant du Monde à Washington, Gilles Paris, a fait le point avec les internautes.
Leym : Bonjour ! Est-il vrai que l’économie américaine va bien et que les mesures économiques de Trump sont efficaces ?
Bonjour, la situation des Etats-Unis est effectivement excellente, comme une bonne partie des économies mondiales. Mais la paternité de ce succès est contestée. Certains économistes l’imputent en grande partie à Obama. D’autres mettent en avant un « effet Trump » (dérégulations, réforme fiscale). La vérité se trouve sans doute entre les deux.
Artiste : Trump a-t-il un électorat stable et fidèle ? Est-ce que, le cas échéant, cette base peut permettre au parti de remporter les élections de mi-mandat ?
Donald Trump dispose du pire niveau d’approbation pour un président au bout d’un an de mandat mais sa base, qu’il entretient avec la même rhétorique incendiaire qu’au cours de sa campagne, reste mobilisée. Les élections partielles qui se succèdent depuis l’automne ne cessent cependant d‘envoyer des messages alarmants. En Virginie, dans l’Alabama et dans le Wisconsin, la mobilisation démocrate l’emporte désormais sur celle des républicains. La posture de Donald Trump, qui ne s’adresse qu’à une partie de l’électorat, est donc à double tranchant.
La totalité de la Chambre des représentants et un tiers du Sénat vont être renouvelés en novembre. Traditionnellement, ces élections sont défavorables au parti en place à la Maison Blanche. Les démocrates doivent gagner 24 sièges pour prendre le contrôle de la Chambre, ce qui paraît pour l’instant plausible.
En revanche, il y a plus de démocrates que de républicains qui remettront leur siège en jeu, dont une dizaine dans des Etats remportés par Donald Trump en 2016, comme le Missouri, la Floride ou le Dakota du Nord. Une bascule du Sénat semble donc peu probable pour l’instant. Le contrôle de la Chambre suffirait aux démocrates pour bloquer l’agenda de Donald Trump, mais ils ne pourraient pas empêcher les nominations, qui sont l’apanage du Sénat.
Si l’économie reste florissante et si Donald Trump apparaît comme le principal facteur de cette bonne santé, les républicains seront en revanche mieux placés.

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                Un an après son élection, où en sont les promesses de Donald Trump ?



ConcernedCitizen : Il y a beaucoup de rumeurs concernant l’état mental de Donald Trump, comme quoi il serait mentalement dérangé et narcissique. Que disent les spécialistes ?
Le médecin de la Maison Blanche, Ronny L. Jackson, qui a été auparavant celui de George W. Bush et de Barack Obama, a expliqué le 16 janvier qu’il n’a jamais rien noté de particulier dans sa fréquentation quasi quotidienne du président.
Jules-Arthur : Où en est-on de l’affaire sur l’ingérence russe dans la campagne présidentielle ?
Cette enquête, que la Maison Blanche assurait vouloir voir se conclure avant la fin de l’année dernière, avance sous la direction d’un procureur spécial, Robert Mueller, qui a été en mesure d’empêcher toute fuite majeure, ce qui a pour conséquence que personne, en dehors de son équipe, ne sait avec certitude vers quoi il se dirige et à quelle échéance.
Elle semble arpenter plusieurs pistes : les liens éventuels entre des piratages informatiques imputés à la Russie en 2015 et en 2016 et l’équipe de campagne de Donald Trump, les contacts avec des personnalités liées à Moscou comme lors d’une rencontre avec le fils du président, Donald Trump Jr., en juin 2016, les relations financières passées entre Donald Trump et des entités russes, et enfin l’éventuelle obstruction à la justice qu’a représenté le limogeage de James Comey, en mai 2017, alors directeur du FBI et chargé de cette même enquête.
123 : Quels sont les chantiers de Trump pour sa seconde année ?
La réforme de la couverture santé (Obamacare), gros échec de la première année, est d’un des sujets attendus, comme une éventuelle réforme de l’immigration ou une modernisation des infrastructures américaines. Le « temps utile » de cette deuxième année est cependant compté, puisque les primaires pour les élections de mi-mandat vont débuter d’ici un bon mois et qu’elles ne sont généralement pas propices à la prise de risque.
Au niveau de la politique étrangère, deux dossiers vont rapidement s’imposer. Le premier est le conflit israélo-palestinien, pour lequel un plan américain doit être présenté, dans un contexte difficile compte tenu de la rupture avec les Palestiniens qu’a provoquée la reconnaissance unilatérale de Jérusalem comme capitale d’Israël par Donald Trump.

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Le second est l’accord sur le nucléaire iranien, un dossier pour lequel le président s’est placé de lui-même en difficulté en se lançant le 12 janvier un ultimatum pour sa réécriture, refusée par les autres signataires. Cet ultimatum expirera dans cent vingt jours. Sur ces deux points, les Etats-Unis sont de surcroît très isolés.
OG : La politique internationale de Trump, ou du moins certaines de ses déclarations, semble brutale et impulsive. Pensez-vous que ce soit irréfléchi ou y a-t-il une véritable stratégie ?
Il faut faire la part entre la communication, la diplomatie Twitter à l’emporte-pièce et les choix stratégiques de cette nouvelle administration, souvent trop rapidement présentée comme isolationniste. Ces derniers partent d’un postulat clair, la primauté absolue des intérêts américains, et s’accompagnent d’un renoncement au « fardeau » qu’implique la réalité de la superpuissance américaine.
Cédric : Trump se vante d’avoir grandement aidé à faire avancer la question sur la Corée du Nord grâce à ses menaces. Est-ce vrai ?
La reprise du dialogue entre Pyongyang et Séoul est sans doute autant la conséquence des pressions américaines que le résultat de la politique d’ouverture du président sud-coréen Moon Jae-in. Washington s’efforce de revendiquer la détente en cours, c’est de bonne guerre, même s’il prend le contre-pied de l’endiguement extrême esquissé auparavant.
Ce dossier est l’un des rares pour lequel le président des Etats-Unis a une stratégie claire : augmenter les pressions sur la Corée du Nord pour parvenir, in fine, à une péninsule sans armes nucléaires. C’est aussi le seul pour lequel il privilégie une approche multilatérale, comme on l’a vu avec les volées de sanctions aux Nations unies.
Marshall : Où en est Trump de la construction du « mur » et de sa relation avec le Mexique ?
Nulle part le « mur » n’existe pour l’instant, ce qui désespère les radicaux anti-immigration et réjouit leurs adversaires, faute d’un financement qui fait l’objet d’un bras de fer au Congrès. Le « mur » a été la signature de la campagne de Donald Trump, au prix d’une dégradation sans précédent de l’image des Etats-Unis au Mexique, accentuée par les attaques contre l’accord de libre-échange qui lie les deux pays et le Canada. Il a aussi dopé un nationalisme mexicain dont on va voir les conséquences lors de la présidentielle de cette année.

   


Geoffrey : La politique climatosceptique de Trump pourra-t-elle être rapidement effacée par une éventuelle nouvelle présidence dès 2021 ?
Votre question part de la prémisse que Donald Trump ne se représentera pas, ou bien sera battu, ce qui reste hypothétique ! L’essentiel de la politique climat léguée par Barack Obama reposait sur des décrets présidentiels, faute de soutien du Congrès républicain. Ils peuvent être rétablis aussi facilement qu’ils ont été supprimés. Mais il faut se souvenir que certains d’entre eux avaient fait l’objet de contestations devant la justice ou avaient été bloqués par des juges fédéraux.
Phil : Pensez-vous que le style Trump puisse conduire à une rupture au sein du Parti républicain ?
On ne peut que constater que c’est Donald Trump qui a transformé le Parti républicain, et non l’inverse. Le Grand Old Party a renoncé à certains de ses idéaux – le libre-échange, la rigueur budgétaire – pour une réforme fiscale qui n’a rien de populiste et des nominations massives de conservateurs dans le domaine judiciaire. Une bonne partie des républicains historiques en prennent acte en se retirant de la vie politique, comme on le voit au Congrès.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-2"> ¤ Une ONG et une firme de sécurité informatique disent avoir pisté des pirates à l’origine d’une campagne mondiale d’espionnage informatique jusqu’au cœur de Beyrouth.
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Dark Caracal, une vaste opération de cyberespionnage lancée depuis Beyrouth

Une ONG et une firme de sécurité informatique disent avoir pisté des pirates à l’origine d’une campagne mondiale d’espionnage informatique jusqu’au cœur de Beyrouth.



Le Monde
 |    19.01.2018 à 17h27
 • Mis à jour le
19.01.2018 à 18h33
    |

                            Pierre-Olivier Chaput








                        


Originaire du Liban, le caracal est un discret félin aux longues oreilles. Ces qualités expliquent qu’il ait donné son nom à plusieurs opérations d’espionnage informatique visant – depuis Beyrouth – des milliers d’activistes, responsables politiques, journalistes, avocats, militaires et entreprises à travers le monde.
Les pirates informatiques de Dark Caracal n’ont pas l’agilité du lynx du désert : le fruit de leurs opérations – des dizaines de gigaoctets de données dérobées à des milliers de victimes situées dans 21 pays, en Europe, au Moyen-Orient, en Asie et en Amérique du Nord – était librement accessible en ligne. Des données que se sont procurées et ont analysé l’Electronic Frontier Foundation, une ONG de défense des libertés numériques, et Lookout, une entreprise de sécurité informatique.
Pour ces deux organisations, pas de doute, ces attaques ont été lancées depuis Beyrouth, et plus précisément depuis un bâtiment de la Sûreté générale, les services de renseignements libanais. Elles se gardent cependant bien de pointer du doigt la Sûreté générale. Plusieurs éléments interpellent en effet les experts. D’abord, les cibles de Dark Caracal sont nombreuses et très variées. Ensuite, l’infrastructure technique utilisée pour Dark Caracal a également été mise à profit dans d’autres attaques. Comme si, expliquent les chercheurs, plusieurs commanditaires se partageaient les mêmes outils d’espionnage. « La Sûreté générale n’a pas les capacités qui lui sont attribuées. Nous aimerions bien les avoir », a réagi son directeur, le général Ibrahim Abbas, interrogé par Reuters.

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                Pegasus, le logiciel qui espionnait les téléphones à distance



Les chercheurs estiment que Dark Caracal aurait débuté dès janvier 2012 pour se poursuivre jusqu’à aujourd’hui. Pour les deux organisations, les smartphones sont les principales cibles de ces espions, même s’ils se sont aussi attaqués à des ordinateurs.
Clones malveillants d’applications populaires
Pour s’infiltrer dans les téléphones de leurs cibles, les hackeurs ont créé au moins onze clones vérolés d’applications de discussion, comme Telegram, WhatsApp ou Signal, en y insérant un logiciel de surveillance surnommé Pallas. Ces applications ressemblent en tout point aux originales, remplissent la même fonction, mais envoient les contacts, messages et autres données à un serveur contrôlé par les hackers.
Ces applications n’étaient pas proposées dans les boutiques officielles, mais dans d’autres sites habillés d’une manière à avoir l’air légitimes. Afin d’infecter leurs cibles, les espions ont essentiellement recouru à des techniques dites d’« hameçonnage » pour attirer leurs victimes vers ces fausses boutiques d’applications ou leur faire ouvrir, par exemple, des documents Word piégés. Outre ces techniques exécutées à distance, les chercheurs notent que les espions à l’origine de Dark Caracal ont parfois accédé physiquement aux appareils de certaines de leurs cibles.
Les données dérobées sur les téléphones incluent des enregistrements audio de conversations téléphoniques, des SMS, les journaux d’appels, les contenus de logiciels de messageries, les contacts ainsi que des photographies. A partir des ordinateurs, les pirates ont subtilisé des historiques de conversations sur le logiciel Skype, des dossiers photos dans leur intégralité, des listes de tous les fichiers présents sur la machine, et pouvaient même réaliser des captures d’écran à intervalles réguliers.
En analysant les informations collectées puis laissées à l’air libre par les pirates, les chercheurs – restés discrets sur l’identité exacte de leurs victimes – se sont aperçus qu’y figuraient des données issues d’appareil situés dans des dizaines de pays : Qatar, Syrie, Suisse, Chine, Allemagne, mais également la France.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-3"> ¤ L’exposition Che Guevara, organisée jusqu’au 18 février par la mairie de Paris, fait polémique. A juste titre selon Yoani Sanchez, journaliste et blogueuse cubaine, qui dénonce, dans une tribune au « Monde », le « petit boucher de La Cabaña ».
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Exposition Che Guevara : « Hidalgo s’inscrit dans une campagne de communication de Cuba »

L’exposition Che Guevara, organisée jusqu’au 18 février par la mairie de Paris, fait polémique. A juste titre selon Yoani Sanchez, journaliste et blogueuse cubaine, qui dénonce, dans une tribune au « Monde », le « petit boucher de La Cabaña ».



Le Monde
 |    19.01.2018 à 17h00
    |

Yoani Sanchez (Journaliste et blogueuse cubaine)







                        



                                


                            

Tribune. Il y a presque quarante ans, lorsque j’apprenais l’alphabet, j’ai eu à entonner mon premier slogan politique, le même que répètent toujours chaque matin des milliers d’enfants cubains : « Pionniers pour le communisme, nous serons comme le Che ». Cependant, aujourd’hui, la figure du guérillero est largement remise en question à travers le monde, sauf à Cuba.
L’homme qui a posé pour tant de photographes, qui est devenu immortel grâce à son portrait au béret, le regard perdu, ne se remet pas bien du jugement de l’Histoire. A notre époque, où la violence et les luttes armées sont de plus en plus critiquées publiquement, les détails de ses méfaits font surface et ses victimes passées commencent enfin à être écoutées.

Ernesto Guevara, l’Argentin qui a captivé les cinéastes, les écrivains et les journalistes traverse une mauvaise passe. Peu importe que son visage continue à apparaître sur une multitude de tee-shirts, de drapeaux ou de cendriers à travers le monde, car son mythe perd de ses couleurs dans la mesure où l’on connaît de plus en plus le personnage qu’il était vraiment. La vérité refait surface alors qu’il s’enfonce.
Le Che, un business
La commercialisation sans limite qui s’est emparée de cette image à la barbe clairsemée et aux sourcils proéminents a également contribué à cette détérioration. La voracité matérielle de ses héritiers, l’usage sans scrupule qu’ont fait ses compagnons de lutte de son nom et la frivolité des consommateurs de reliques idéologiques participent de l’érosion de sa légende.
Le Che est devenu un business, un très bon business pour les nostalgiques qui écrivent des livres sur ces utopies qui font tant défaut aujourd’hui. Ce sont des textes qui sacralisent un homme qui aurait persécuté une grande partie de ses actuels admirateurs parce qu’ils ont un piercing dans le nez, les cheveux longs ou un résidu de marijuana dans leur poche.

Comme une sorte...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-4"> ¤ Le 20 janvier 2017, Trump devenait le 45e président des Etats-Unis. Gilles Paris, correspondant du « Monde » à Washington, a répondu à vos questions.
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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-5"> ¤ Quelque 22 900 migrants, selon Frontex, ont atteint les rivages espagnols l’an dernier en provenance du Maroc ou de l’Algérie, contre 10 231 en 2016.
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Espagne : l’arrivée de migrants en forte hausse

Quelque 22 900 migrants, selon Frontex, ont atteint les rivages espagnols l’an dernier en provenance du Maroc ou de l’Algérie, contre 10 231 en 2016.



Le Monde
 |    19.01.2018 à 13h33
 • Mis à jour le
19.01.2018 à 13h44
   





                        


Le nombre d’immigrés illégaux arrivés en Espagne par la mer a plus que doublé en 2017 par rapport à l’année précédente et devrait encore augmenter cette année, a déclaré jeudi le directeur de Frontex, l’agence européenne de surveillance des frontières extérieures de l’Union. Quelque 22 900 migrants, selon les chiffres officiels, ont atteint les rivages espagnols l’an dernier en provenance du Maroc ou de l’Algérie, contre 10 231 en 2016.
Même si les arrivées sur les côtes italiennes et grecques au départ de la Libye ont baissé, elles restent quand même plus nombreuses que les arrivées en Espagne et rien ne laisse supposer que cela pourrait changer, a précisé Fabrice Leggeri, le président de Frontex. « Les migrants économiques ne veulent pas finir dans un pays [la Libye] où il y a des affrontements entre des groupes armés. (…) Certains cherchent d’autres itinéraires (que via l’Italie ou la Grèce pour gagner l’Europe), mais ils ne sont pas très nombreux. »
Les troubles dans le Rif, dans le nord du Maroc, et l’amélioration économique en Espagne ont joué un rôle dans la hausse de l’arrivée des migrants dans la péninsule ibérique mais on constate aussi la présence de personnes d’origine subsaharienne, note Fabrice Leggeri. Près de 40 % des migrants interceptés en mer alors qu’ils se dirigeaient vers l’Espagne étaient des Algériens et des Marocains, selon les chiffres de Frontex. « Ce flux vers l’Espagne en provenance des pays du Maghreb va très probablement croître en 2018 », a estimé Leggeri, évoquant notamment le recours plus fréquent à des vedettes rapides.

Plus de cent migrants secourus au large de la Libye
Quelque 106 migrants, « en danger de mort », ont été secourus mardi par l’Aconit – une frégate française basée à Toulon et actuellement en mission en Méditerranée – au large de la Libye, a annoncé vendredi Emmanuel Macron en présentant ses vœux à l’armée. Le président a présenté ses « félicitations à l’équipage de la frégate Aconit pour le sauvetage, ce mardi, de 106 migrants en danger de mort, au large de la Libye ».
Plusieurs centaines de migrants, dont nombre de femmes et d’enfants, ont été secourus ces derniers jours au large de la Libye, où le mauvais temps et le manque de bateaux rendent les secours difficiles, selon les garde-côtes italiens et des associations. En 2017, au moins 3 116 migrants sont morts ou disparus en tentant de traverser la Méditerranée pour rejoindre l’Europe, dont 2 833 au large de la Libye, selon un décompte de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM).





                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-6"> ¤ Le président Xi Jinping a lancé dans la Région autonome hui du Ningxia une grande offensive diplomatique : faciliter les échanges avec le monde arabe et y promouvoir l’image d’une Chine tolérante vis-à-vis de l’islam.
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Le Ningxia, vitrine de la Chine dans le monde arabe

Le président Xi Jinping a lancé dans la Région autonome hui du Ningxia une grande offensive diplomatique : faciliter les échanges avec le monde arabe et y promouvoir l’image d’une Chine tolérante vis-à-vis de l’islam.



Le Monde
 |    19.01.2018 à 12h23
    |

            Brice Pedroletti (Yinchuan (Ningxia), envoyé spécial)








                        



                                


                            
Avec son Golden Palace, reproduction gigantesque d’une mosquée arabe, et son tout nouveau musée, le Parc de la culture hui, à Yinchuan, capitale de la Région autonome hui du Ningxia, est une étape obligée pour les délégations du Proche-Orient accueillies dans cette province longtemps pauvre et enclavée du centre de la Chine. Le parc fut d’abord destiné aux hordes de touristes chinois venues y goûter un parfum des Mille et Une Nuits. Une extension actuellement en chantier présentera des mosquées huitraditionnelles, décorées comme des temples chinois, pour honorer « les caractéristiques chinoises de l’islam local », nous dit l’un de ses responsables.
Avec ses quelque 2,4 millions de musulmans hui, le Ningxia a été investi d’une nouvelle mission dans la grande offensive diplomatique globale du président Xi Jinping : faciliter les échanges avec le monde arabe et y promouvoir l’image d’une Chine ouverte et magnanime.

Un discours devant la Ligue arabe
Pour sa première visite officielle dans le monde arabe, en janvier 2016, le président Xi Jinping a, lors d’un discours phare devant la Ligue arabe, jeté les jalons d’une coopération ambitieuse, allant de l’innovation technologique au combat antiterroriste. Or, le Ningxia est bien plus « présentable » vis-à-vis de ces interlocuteurs que la Région autonome ouïgoure du Xinjiang, où les nombreuses restrictions à la pratique de l’islam ont très mauvaise presse en Turquie, mais aussi dans les pays arabes.
Cette coopération sino-arabe élargie prévoit des échanges de personnalités religieuses, d’étudiants, mais aussi l’invitation, en Chine, de 1 500 membres de partis politiques du monde arabe. Plusieurs dizaines d’entre eux ont été accueillis au Ningxia dans les mois qui ont suivi le discours de M. Xi. « Les locaux n’ont pas trouvé ces visiteurs du Proche-Orient étranges, mais ont ressenti une connexion avec eux, se rassemblant autour d’eux et prenant même des selfies. Nombre de Hui considèrent...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-7"> ¤ Dans la Région autonome du Ningxia, les Hui ont opté pour une « sinisation » qui leur permet une liberté de culte sous surveillance.
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Les Hui, musulmans chinois modèles et patriotes

Dans la Région autonome du Ningxia, les Hui ont opté pour une « sinisation » qui leur permet une liberté de culte sous surveillance.



Le Monde
 |    19.01.2018 à 12h21
    |

            Brice Pedroletti (Wuzhong (Ningxia), envoyé spécial)








                        



                                


                            
L’on accède à la mosquée Xizhaizi par un portail bariolé de style chinois, aux toits recourbés. Dans la cour, un fin minaret carrelé de blanc dresse dans la lumière chaude d’une fin d’après-midi son croissant solitaire, entre une enseigne pour téléphone portable et un de ces bulbes arabisants dont sont décorés les centres commerciaux. Il y a, vous dit-on avec fierté, 160 mosquées à Wuzhong, deuxième ville de la région autonome hui du Ningxia, sise dans ce couloir fertile et venteux que le fleuve Jaune irrigue au sud du désert de Gobi. Les Hui, minorité chinoise musulmane de 10,5 millions d’individus répartis à travers plusieurs provinces de l’ouest et du centre de la Chine, représentent plus du tiers de la population du Ningxia.

L’imam de la mosquée Xizhaizi est Ma Zejun, 39 ans et la barbichette naissante. Il nous reçoit dans son bureau, juste avant l’heure de la prière. L’imam Ma a étudié deux ans en Syrie, en 2008 et 2009. Comme tous les imams du Ningxia, il a obtenu un certificat d’Etat pour pouvoir exercer. Une fraction de son salaire, environ 400 yuans (50 euros), est payée par le gouvernement, le reste par les donations. Ne se sent-il pas trop encadré ? « En tant que musulman, je suis très heureux en Chine. Je suis reconnaissant aussi bien envers Dieu qu’envers nos dirigeants », s’empresse-t-il de répondre, non sans évoquer spontanément plus mal lotis que lui, c’est-à-dire l’autre grande minorité musulmane de Chine, les Ouïgours. « Je ne comprends pas les musulmans du Xinjiang ! », lâche-t-il, en désignant la région autonome où vivent, aux confins de l’Asie centrale, les 10 millions d’Ouïgours.
Opinions un peu trop tranchées
Partout dans les mosquées de Wuzhong ou de Yinchuan, la capitale du Ningxia, on fait grand cas de la différence entre les musulmans tranquilles et pacifiques que seraient les Hui, et leurs turbulents coreligionnaires tout à l’ouest de l’ancienne route des caravanes. « Ici, les femmes se couvrent...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-8"> ¤ Les « centres d’éducation politique et légale » dans la Région autonome ouïgoure du Xinjiang se sont multipliés sous Xi Jinping. Des milliers de musulmans y sont détenus, sans procès, pendant des mois.
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En Chine, des centres de rééducation pour les Ouïgours « politiquement suspects »

Les « centres d’éducation politique et légale » dans la Région autonome ouïgoure du Xinjiang se sont multipliés sous Xi Jinping. Des milliers de musulmans y sont détenus, sans procès, pendant des mois.



Le Monde
 |    19.01.2018 à 12h14
    |

            Brice Pedroletti (Pékin, correspondant)








                        



                                


                            
Le vaste réseau de centres de détention pour « déradicalisation » créé à travers la région autonome ouigoure du Xinjiang alarme les ONG. Human Rights Watch appelle depuis septembre 2017 à la libération des milliers d’Ouïgours retenus dans ces lieux, « non parce qu’ils ont commis un crime, mais parce qu’ils sont jugés comme politiquement suspects ».
Certains sont désignés comme des « centres de formation technique » ou de « préparation à une carrière professionnelle ». Les Ouïgours, eux, les appellent des « centres de lavage de cerveau ». On peut y être détenu des mois, sans procès, pour « étudier les prétendus signes d’idéologie extrémiste », rapporte un jeune Ouïgour qui y fut détenu en 2016 et a fui le pays. « Il y a des dispositifs de surveillance, même dans les toilettes. Chaque matin, il faut faire une marche de type militaire et crier des slogans. Et si vous êtes vu au centre en train de faire une prière ou tout autre acte religieux, on vous envoie directement en prison. »

« Comme en Corée du Nord »
Selon un autre jeune Ouïgour, Abdullah (son nom a été changé), réfugié dans un pays européen après avoir quitté précipitamment l’Egypte en 2017, la mission des centres est « d’effrayer les gens et de leur inculquer l’idée que la Chine et le Parti communiste sont puissants et bienveillants ». « Le Xinjiang ressemble de plus en plus à la Corée du Nord », dit-il. « Au Xinjiang, les gens savent tous que ces centres existent. Ce n’est pas un secret, et on sait où ils sont », poursuit-il. L’un des centres de Kachgar (ville située à l’ouest du désert du Taklamakan) jouxte en effet l’hôtel Seman, où logent de nombreux touristes étrangers de passage.

L’apparition de ces centres, dans les années 2014-2015, intervient à l’époque du démantèlement, à travers toute la Chine, du système de camps de rééducation qui permettait des détentions sans procès. Une version « allégée »,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-9"> ¤ Dans le nord-ouest de la Chine, les musulmans ouïgours subissent une répression féroce au nom de la lutte contre le « séparatisme, le fondamentalisme et le terrorisme ». Un traitement auquel la majorité chinoise se montre indifférente.
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Chine : prison à ciel ouvert pour les Ouïgours au Xinjiang

Dans le nord-ouest de la Chine, les musulmans ouïgours subissent une répression féroce au nom de la lutte contre le « séparatisme, le fondamentalisme et le terrorisme ». Un traitement auquel la majorité chinoise se montre indifférente.



Le Monde
 |    19.01.2018 à 12h12
 • Mis à jour le
19.01.2018 à 12h19
    |

            Brice Pedroletti (Xinjiang, envoyé spécial)








                        



                                


                            
C’est un de ces longs trains vert foncé venus des villes de l’intérieur de la Chine. Il traverse, à la sortie d’Urumqi, un vaste champ d’éoliennes, longe les collines ravinées qui courent au nord du bassin formé par le fleuve Tarim, puis file au milieu de plantations d’arbres fruitiers, vers la partie sud de la région autonome ouïgoure du Xinjiang. Là où vit la majeure partie des 10 millions de Ouïgours, turcophones et musulmans. Et où une explosion de violences, en 2013 et 2014, les deux premières années du quinquennat du président Xi Jinping, a conduit à une reprise en main féroce de la région.

Ce monde chinois sur rails qui se déplace le long des 1 475 km de voies entre Urumqi et Kachgar, aux confins de l’Asie centrale, est ultra-sécurisé. On croisera, à un moment, sur la route parallèle à la voie ferrée, un convoi de pas moins de 35 camions militaires. Une autre fois, une division de tanks chargée sur un train se rangera à côté du nôtre. A la gare d’Urumqi, un soldat en faction armé d’une mitraillette est perché sur un blindé. A Kucha, un mirador, avec des hommes lourdement armés, surplombe l’entrée. Il faut, à chaque départ, passer trois fois ses bagages aux rayons X. Parcourir des chicanes, montrer patte blanche au « guichet de vérification des noms réels », puis, de nouveau, se faire inspecter à la sortie.
A chaque gare, les trains déversent leur foule de nouveaux venus ou de colons au long cours. D’Ouïgours, très peu. On croise des ouvriers de chantier, des commerçants, des ingénieurs des télécoms. Tout ce petit monde de migrants chinois han qui s’installent au gré des opportunités, là où les mène leur quête d’un travail. Un couple de l’Anhui, province du Sud-Est, nous dit vivre à Korla avec sa petite fille de 1 an, car « le salaire est plus élevé ici ».
C’est la prime à l’insécurité. He Qing, employée comme masseuse chez Toudengceng à Korla, est venue d’une petite ville du Sichuan, il y a trois ans. Elle en a...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-10"> ¤ Les hésitations du président ont empêché tout compromis avec les démocrates.
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Donald Trump brouille les cartes sur l’immigration

Les hésitations du président ont empêché tout compromis avec les démocrates.



Le Monde
 |    19.01.2018 à 12h05
    |

            Gilles Paris (Washington, correspondant)








                        



                                


                            

L’unité républicaine qui avait permis, en décembre 2017, l’adoption d’une réforme fiscale massive a volé en éclats en janvier sur le dossier de l’immigration. Les divisions des conservateurs ont remis en cause en premier lieu la quête d’une entente sur le sort des « Dreamers », ces sans-papiers arrivés mineurs aux Etats-Unis et que Donald Trump a dépouillés en septembre du statut temporaire accordé par son prédécesseur, le démocrate Barack Obama.

Ce blocage menaçait vendredi 19 janvier, dernier jour de financement de l’Etat fédéral, de déboucher sur un shutdown, la fermeture des administrations faute de moyens. Le Parti démocrate conditionne en effet son vote en faveur d’une nouvelle rallonge budgétaire temporaire, la troisième depuis septembre, à un règlement de ce dossier migratoire en souffrance. La trop courte majorité des républicains au Sénat (51 sièges sur 100) oblige à trouver des renforts afin d’obtenir les 60 voix nécessaires pour contrer toute manœuvre d’obstruction.
Le 9 janvier, au cours d’une réunion médiatisée à la Maison Blanche, le président des Etats-Unis avait pourtant invité démocrates et républicains à trouver un compromis global sur l’immigration intégrant le sort des « Dreamers ». Un dossier sur lequel les deux administrations précédentes, démocrate comme républicaine, ont buté. Faisant assaut de bonne volonté, Donald Trump avait assuré être prêt à signer le moindre accord. « Je vais le signer, je ne vais pas dire : “Oh, je veux ça, ou je veux ça” », avait-il déclaré en présence de la presse.
Un engagement qui n’a pas tenu quarante-huit heures. Jeudi matin, sur le conseil des sénateurs républicains les plus durs sur l’immigration, Tom Cotton (Arkansas) et David Perdue (Géorgie), le président a repoussé au cours d’une réunion le compromis concocté sous l’égide du républicain Lindsey Graham (Caroline du Sud) et du démocrate Dick Durbin (Illinois). Il a avancé comme préalable le déblocage de...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-11"> ¤ La ville syrienne ravagée sera-t-elle recréée comme Le Havre, préservée comme Cologne, dénaturée comme Beyrouth ? Enquête sur les enjeux d’un chantier très politique.
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Comment Alep sera-t-elle reconstruite ?

La ville syrienne ravagée sera-t-elle recréée comme Le Havre, préservée comme Cologne, dénaturée comme Beyrouth ? Enquête sur les enjeux d’un chantier très politique.



Le Monde
 |    19.01.2018 à 12h00
    |

                            Marie Zawisza (M. Za.)








                        



                                


                            
Reconstruire Alep, ville martyre : un an après l’arrêt des combats, c’est désormais l’une des priorités des autorités syriennes, alors même que les luttes armées se poursuivent sur d’autres fronts. La ville, dont le cœur historique a été classé au Patrimoine mondial de l’Unesco, et qui, grâce à l’implication de ses habitants, avait bénéficié d’une restauration exemplaire dans les années 1990, ressemble à présent à un champ de ruines. « Selon les informations communiquées, un tiers des quartiers historiques a été détruit, et un autre tiers a subi d’importants dommages », explique Samir ­Abdulac, président du groupe de travail de l’International Council on Monuments and Sites (Icomos) pour la sauvegarde du patrimoine culturel en Syrie et en Irak.

« Cette reconstruction constitue un véritable défi : pendant un siècle, on nous félicitera ou on nous blâmera », explique l’archéologue syrien Maamoun Abdulkarim
Dès l’été 2017, en Syrie, un haut comité proposé par la direction générale des antiquités et des musées (DGAM), dirigé par le ministère de la culture et composé des ministères impliqués dans la reconstruction, des autorités locales et d’acteurs privés, s’est réuni afin d’élaborer un plan de reconstruction qui sera soumis à l’Unesco. « Cette reconstruction constitue un véritable défi : pendant un siècle, on nous félicitera ou on nous blâmera », explique l’archéologue syrien Maamoun Abdulkarim, ancien directeur de la DGAM. De fait, les enjeux sont non seulement matériels mais aussi politiques. Faut-il, pour panser les blessures de la bataille d’Alep, effacer les traces des destructions, ou bien les conserver en espérant que le souvenir de la violence pourra préserver d’une nouvelle explosion ?
Ce défi et ces questionnements ont été, en partie, ceux de l’Europe en 1945, dont les villes anciennes et les monuments historiques ont connu pendant la guerre des destructions sans précédent. Les réponses apportées ont alors été multiples....




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-12"> ¤ Editorial. Le gel des fonds américains destinés aux réfugiés palestiniens met en danger la stabilité des camps où sont installées des millions de personnes.
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Proche-Orient : la brutalité incohérente de Trump

Editorial. Le gel des fonds américains destinés aux réfugiés palestiniens met en danger la stabilité des camps où sont installées des millions de personnes.



Le Monde
 |    19.01.2018 à 11h27
 • Mis à jour le
19.01.2018 à 16h24
   





                        



   


Editorial du « Monde ». En décidant, mardi 16 janvier, de geler une partie des fonds américains alloués aux réfugiés palestiniens, le président Donald Trump prétend incarner la rupture avec ses prédécesseurs. Sa cible est l’UNRWA (United Nations Relief and Works Agency), l’agence de l’ONU qui vient en aide à plus de cinq millions de personnes. Réparties entre la Jordanie, la Syrie, le Liban, la Cisjordanie et la bande de Gaza, ce sont les victimes – et leurs descendants – de la nakba, la « grande catastrophe », soit l’expulsion de centaines de milliers de Palestiniens de leurs villages au moment de la guerre israélo-arabe et de la fondation d’Israël, il y a soixante-dix ans.
Il est légitime de s’interroger sur le périmètre d’une mission qui se voulait à l’origine provisoire. Il n’est pas tabou de discuter de la définition d’un réfugié palestinien, même si les conventions internationales limitent les divagations sur ce sujet. On peut souligner l’ambiguïté de la puissance quasi étatique de l’UNRWA, par exemple dans la bande de Gaza. L’agence y a offert depuis dix ans – et fort heureusement ! – une bouée de sauvetage à une population à l’agonie, mais en permettant au Hamas, d’une certaine façon, de fuir ses responsabilités.
Chantage à l’argent
Rien, cependant, ne justifie la méthode employée par Washington, que seule la droite israélienne, en pleine dérive nationaliste, a applaudie. Sa brutalité et le chantage à l’argent mettent en danger la stabilité des camps de réfugiés. Ils dégradent un peu plus l’image du principal contributeur à cette mission de l’ONU. Ils sont, surtout, contre-productifs. Au lieu de pousser la direction palestinienne à entrer en négociation avec Israël, ils la radicalisent.
Donald Trump accorde visiblement plus d’importance à l’argent qu’à la parole de l’Etat et à sa continuité d’un président à l’autre, démocrate ou républicain, sur des dossiers fondamentaux. Le conflit israélo-palestinien est l’un d’entre eux. Depuis vingt-cinq ans, les Etats-Unis s’efforcent de jouer un rôle de médiateur pour parvenir à une solution négociée. Leur échec, qui est d’abord celui des parties impliquées, ne signifie pas que l’horizon privilégié était incorrect.
Méthode schizophrène
Les Etats-Unis n’ont jamais été un médiateur impartial. Leur penchant naturel en faveur d’Israël, allié stratégique, était clair. Cela n’a pas empêché les administrations successives d’apporter un soutien financier robuste à l’Autorité palestinienne et à l’UNRWA. Une fois élu, Donald Trump a voulu imprimer sa marque. Mais la méthode employée est schizophrène.
Le président américain affirme vouloir réussir le « deal du siècle ». Ses envoyés spéciaux ont multiplié les contacts dans la région. Mais, parallèlement, l’administration Trump a compromis son statut de médiateur. Elle a nommé un ambassadeur à Tel-Aviv, David Friedman, partisan déclaré des colonies, hostile à un Etat palestinien. Elle ne prend plus la peine de condamner les constructions israéliennes en Cisjordanie, comme si le droit international était devenu accessoire. Enfin, elle a offert à Israël, sans contrepartie, la reconnaissance de Jérusalem comme capitale.

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                L’aide américaine, essentielle dans le budget de l’agence de l’ONU pour la Palestine



Depuis, le président de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, ne veut plus entendre parler de médiation américaine. Amer et isolé, il creuse une tranchée face à Washington. Connaît-il déjà le plan américain en gestation, ou devine-t-il son orientation ? On voit mal, en l’état, à quel succès pourrait mener ce début d’affrontement diplomatique et financier.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-13"> ¤ Les associations de victimes critiquent l’attitude de François et attendent des sanctions contre le clergé, soupçonné d’agressions sexuelles.
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La visite du pape au Chili entachée par les affaires de pédophilie

Les associations de victimes critiquent l’attitude de François et attendent des sanctions contre le clergé, soupçonné d’agressions sexuelles.



Le Monde
 |    19.01.2018 à 11h27
    |

            Cécile Chambraud








                        



   


« Calomnies. » Le pape François a sèchement rejeté, jeudi 18 janvier, les accusations portées au Chili contre un évêque par des victimes d’agressions sexuelles de prêtres pédophiles, accusations qui ont plongé depuis des années l’Eglise catholique chilienne dans une grave crise. Alors qu’il arrivait à Iquique, dans le nord du pays, pour y dire une messe avant de se rendre au Pérou, le pontife argentin s’est approché de journalistes. Interrogé sur son soutien à l’évêque d’Osorno, Juan Barros, François a déclaré : « Le jour où vous m’apportez une preuve contre l’évêque Barros, je parlerai. Il n’y a pas une seule preuve contre lui. Ce ne sont que calomnies. C’est clair ? »
Ce soutien sans nuance a aussitôt déclenché une nouvelle salve de critiques contre l’attitude du pape de la part des associations de victimes. « Comme si on avait pu prendre un selfie ou une photo pendant que [le père] Karadima abusait de moi ou d’autres avec Juan Barros à côté, qui voyait tout. Ces gens d’en haut sont fous », a tweeté Juan Carlos Cruz, l’une des porte-parole de ces victimes.

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                Au Chili, le pape François déçoit les victimes de prêtres pédophiles



« Ces délits sont prescrits, a déclaré un autre, Juan Carlos Claret. Ils datent d’il y a plus de quinze ans. Aucun juge ne peut enquêter. Il nous reste la voie canonique [le droit interne à l’Eglise]. Nous protestons depuis 2015 et le pape le sait. Il est juge, mais quand il nous traite de gauchistes, il prend parti. »
Ces victimes accusent Mgr Barros – qui s’en défend – d’avoir protégé un prêtre, qui était aussi son ancien mentor, Fernando Karadima, dont l’Eglise a reconnu qu’il avait agressé de très nombreux mineurs. Elles reprochent au pape François de l’avoir, malgré cela, nommé évêque d’Osorno en 2015, et demandent son départ. Alors que les questions sur cette affaire ont parasité les trois jours de sa visite, Jorge Bergoglio n’a cessé de lui manifester son soutien. Mgr Barros était présent aux côtés du pape lors des trois messes. Jeudi, à l’issue de celle d’Iquique, il l’a ostensiblement embrassé. Mgr Barros a dit à la presse avoir eu des paroles d’encouragement de sa part.
« Les mots sont inutiles »
Dès le début, la visite pontificale au Chili a été dominée par ces scandales. Connaissant pertinemment la situation, le pape avait d’emblée, dès son premier discours, mardi 16 janvier, exprimé « la douleur et la honte » ressenties « face au mal irréparable fait à des enfants par des ministres de l’Eglise ».
Mais pour les associations de victimes, ces mots, déjà prononcés il y a deux ans aux Etats-Unis, ont été décrédibilisés par la présence, à ses côtés, de Mgr Barros. « Les mots sont inutiles s’ils ne s’accompagnent pas d’actions concrètes », avait résumé José Andrés Murillo, directeur de la Fondation pour la confiance, lui-même victime dans sa jeunesse de Fernando Karadima. Ils sont tout simplement bons à faire « un nouveau titre bon marché », avait commenté Juan Carlos Cruz.

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                Le pape exprime « douleur et honte » au Chili pour les enfants agressés sexuellement par des prêtres



La rencontre à huis clos du pape François avec des victimes, mardi, n’a pas davantage atteint son objectif. « Nous n’avons pas été invités, ont fait savoir les représentants des associations les plus actives. Nous espérons que leurs paroles [au pape] ne seront pas la seule chose de faite. »
A Santiago, le pontife a certes évoqué, devant les membres du clergé chilien, « la douleur qu’ont signifiée les cas d’abus commis sur des mineurs ». Mais il a aussitôt mis en balance cette douleur avec celle des prêtres et autres membres du clergé qui ont « vécu la souffrance qu’engendre la suspicion » et ont pu essuyer « des insultes dans le métro et dans la rue ».



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-14"> ¤ Jusqu’ici mesurées, les allégations d’agressions sexuelles et de viols se multiplient depuis fin 2017.
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-14"> ¤                     
                                                   
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Harcèlement sexuel : les universités chinoises gagnées par #metoo

Jusqu’ici mesurées, les allégations d’agressions sexuelles et de viols se multiplient depuis fin 2017.



Le Monde
 |    19.01.2018 à 11h27
 • Mis à jour le
19.01.2018 à 11h56
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            Simon Leplâtre (Shanghaï, correspondance)








                        



                                


                            

C’était il y a douze ans. Luo Xixi, jeune étudiante à l’université Beihang de Pékin, accepte d’aider son directeur de thèse, qui lui demande de venir s’occuper de plantes chez sa sœur. Une tâche domestique pour lesquelles les femmes sont naturellement meilleures, insiste le professeur d’informatique. Une fois dans l’appartement, il se « jette sur elle », raconte la jeune femme. Elle résiste, le professeur insiste jusqu’à ce qu’elle s’effondre en larmes, arguant de sa virginité pour le convaincre de la laisser tranquille. Il abandonne, mais le reste de ses études s’en ressentira. « Les quelques années passées sous sa direction ont été un cauchemar », écrit Luo.
Le témoignage de Luo, qui habite désormais aux Etats-Unis, publié début janvier sur plusieurs réseaux sociaux chinois, a eu un retentissement important. A la suite d’une enquête interne qui a fait émerger d’autres témoignages, Beihang, une université d’ingénierie réputée, a suspendu Chen Xiaowu, 45 ans. Le 11 janvier, l’université l’a démis de ses fonctions d’enseignant et de vice-directeur de son département. Le 14 janvier, le ministère de l’éducation lui a retiré un titre honorifique. Le ministère a également annoncé la création d’un « mécanisme de prévention à long terme », au sein des universités.
Tournant
La réponse officielle marque un tournant pour le mouvement #metoo en Chine, balbutiant jusqu’ici. L’affaire Weinstein, révélée en octobre 2017, n’a pas fait grand bruit dans le pays. Les médias s’en sont tenus à une couverture minimale. Le Global Times, média d’Etat en anglais, a même publié un « point de vue » expliquant que le harcèlement sexuel était principalement un problème occidental, la culture chinoise confucéenne étant plus respectueuse des femmes. Si des conversations émergent sur des forums anonymes, comme Zhihu, il n’y a pas de déferlante. Pourtant, d’après Human Rights Watch, 67 % des étudiantes chinoises sont harcelées à...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-15"> ¤ Plusieurs milliers d’habitants de l’enclave assiégée par les forces du régime syrien fuient les tirs d’artillerie et les frappes aériennes.
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Dans la Ghouta orientale, les civils pris au piège des combats

Plusieurs milliers d’habitants de l’enclave assiégée par les forces du régime syrien fuient les tirs d’artillerie et les frappes aériennes.



Le Monde
 |    19.01.2018 à 11h26
 • Mis à jour le
19.01.2018 à 11h27
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            Laure Stephan (Beyrouth, correspondance)








                        



                                


                            

Tandis que Youssouf Ibrahim parle, on entend distinctement, derrière sa voix, le son de bombardements. Ils se succèdent à quelques minutes d’intervalle dans la ville d’Harasta, où vit ce militant de l’opposition au régime syrien. Depuis la fin du mois de décembre, le déluge de feu a conduit des milliers d’habitants à fuir la ville. Pour Youssouf Ibrahim, membre du conseil civil local joint par téléphone, Harasta est « l’endroit le plus dangereux de toute la Ghouta orientale », l’enclave rebelle assiégée depuis 2013 par les forces du président Bachar Al-Assad, en lisière de Damas, la capitale.
Les combats d’artillerie y font rage entre, d’un côté, l’armée et ses alliés, et de l’autre, des combattants rebelles ou djihadistes. Nuit et jour, les forces prorégime effectuent d’intenses frappes aériennes autour de la ligne de front. Celle-ci s’étend vers des localités voisines, dans le nord-ouest de la Ghouta orientale, d’où de nombreux civils partent également. D’autres affrontements se déroulent dans le sud-est du territoire rebelle, aux environs de Nashabiyeh ; là aussi, les habitants fuient par milliers.
Les déplacés « n’emportent rien avec eux »
Sur ces deux fronts chauds, plus de 5 000 familles ont abandonné leur foyer au cours des dernières semaines, selon le Bureau de secours unifié de la Ghouta orientale, une association d’aide. Certains ont perdu leur maison dans une frappe. D’autres ont déjà été déplacés plusieurs fois. « Leur sort est très précaire, ils n’emportent rien avec eux », insiste Mohammad Burghleh, un porte-parole de l’association, en contact quotidien avec ses collègues et sa famille dans la poche rebelle, depuis son exil en Turquie.

Les mouvements de civils au sein de la région ne sont pas nouveaux : entraînés par la violence, ils ont commencé dès 2012. En novembre, selon des estimations, les déplacés internes formaient déjà près de 25 % de la population de l’enclave rebelle. En 2017, les bombardements...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-16"> ¤ Livre. Dans son dernier essai, l’eurosceptique Christian Saint-Etienne presse le gouvernement d’agir vite pour sauver le Vieux Continent d’un échec maintenant certain.
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Oser l’Europe des nations

Livre. Dans son dernier essai, l’eurosceptique Christian Saint-Etienne presse le gouvernement d’agir vite pour sauver le Vieux Continent d’un échec maintenant certain.



Le Monde
 |    19.01.2018 à 11h26
    |

                            Come Prost-Boucle








                        



                                


                            

Livre. Economiste reconnu, Christian Saint-Etienne a travaillé dans diverses institutions de renommée mondiale telles que le FMI ou l’OCDE. S’il est impliqué dans les questions de gouvernance économique globale, il l’est aussi dans la vie politique française, s’engageant notamment auprès des Républicains en mai 2015. Il est actuellement conseiller (divers droite) de Paris et conseiller d’arrondissement dans le XIe.
Auteur de nombreux ouvrages comme La Fin de l’euro et Relever la France, il est familier des débats liés au futur de l’Union Européenne. C’est cette vision d’eurosceptique que l’on retrouve dans les pages de Osons l’Europe des nations. Une seule question anime cet ouvrage : Comment sauver l’Europe de son échec maintenant certain ?
« C’est la France qui a fait l’Europe ! », clame Christian Saint-Etienne en ouverture de son livre. Un message qui se veut clair même s’il est réducteur. La France doit être au cœur de la construction européenne, en perdition depuis le traité de Maastricht. Souvent dramatique à l’extrême dans ses propos, l’auteur fait même planer la menace d’un continent en proie au sous-développement. Scandant à longueur de pages l’insignifiance de l’Europe au sein de l’économie monde contemporaine, l’excluant du cœur des réseaux mondiaux, il juge qu’il reste deux ans à l’Europe pour se ressaisir, tout en reconnaissant que l’Union constitue aujourd’hui encore la première puissance commerciale du monde.
Ambiguïté
Christian Saint-Etienne énumère divers conseils qui permettraient à l’Europe d’utiliser enfin son potentiel inexploité. Il faut agir vite car selon ses mots le monde s’apprête à basculer dans la seconde phase de la troisième révolution industrielle : celle de la biotechnologie et de l’intelligence artificielle. Mais passée cette énumération, l’auteur reconnaît que ses conseils ne suffiront pas.
Seule la construction d’une Europe des nations...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-17"> ¤ L’ambassadrice américaine à l’ONU a rencontré ses homologues africains qui avaient dénoncé les propos « racistes » du président américain.
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Compte rendu

Après les propos insultants de Donald Trump, Nikki Haley exprime des regrets mais pas d’excuses

L’ambassadrice américaine à l’ONU a rencontré ses homologues africains qui avaient dénoncé les propos « racistes » du président américain.


Le Monde.fr avec AFP
              datetime="2018-01-19T11:00:59+01:00"

        Le 19.01.2018 à 11h00






    
Manifestation le 18 janvier 2018 à Port-au-Prince, en Haïti, contre les propos insultants de Donald Trump.
Crédits : PIERRE MICHEL JEAN/AFP


L’ambassadrice américaine à l’ONU, Nikki Haley, a exprimé, jeudi 18 janvier, ses regrets auprès des ambassadeurs africains qui s’étaient dits outrés par les propos insultants prêtés à Donald Trump sur l’immigration, selon l’un de ces émissaires.
C’est à sa propre demande que Nikki Haley a rencontré les ambassadeurs africains auprès des Nations unies qui avaient publié le 12 janvier, un communiqué au langage très dur, exigeant des excuses du président américain pour ses propos « racistes » prononcés il y a une semaine lors d’une réunion à la Maison Blanche, selon l’ambassadeur de Guinée équatoriale, Anatolio Ndong Mba.

        Lire aussi :
         

                Les « pays de merde » réclament des excuses à Donald Trump



L’ambassadrice américaine n’a pas présenté d’excuses lors de cette rencontre à huis clos mais a exprimé ses regrets, a-t-il affirmé. Nikki Haley a expliqué aux ambassadeurs qu’« elle n’était pas à la Maison Blanche, elle n’était pas sûre de ce qui s’y est dit, mais qu’elle regrettait toute cette situation », a poursuivi Anatolio Ndong Mba. D’après lui, le groupe africain a « fait une recommandation » à Nikki Haley afin d’apaiser les tensions, qu’elle aurait promis de transmettre à Donald Trump.
Apaiser les tensions
Des diplomates, s’exprimant sous couvert d’anonymat, ont affirmé avoir ainsi proposé que M. Trump envoie un message d’amitié aux dirigeants africains lors de leur prochain sommet à Addis-Abeba, fin janvier, en signe de bonne volonté. « Nous apprécions le fait qu’elle soit venue et qu’elle ait parlé de la coopération entre les Etats-Unis et l’Afrique », a précisé M. Ndong Mba, qualifiant la rencontre de « très amicale ».
La mission américaine à l’ONU a de son côté refusé de dire si Nikki Haley avait évoqué la colère provoquée en Afrique par les propos de Donald Trump, mais a mis en ligne des photos de la réunion, accompagnées du message : « Merci au groupe africain pour la réunion d’aujourd’hui. ». « Nous avons évoqué notre longue relation et notre histoire commune de lutte contre le sida, contre le terrorisme et d’engagement pour la paix dans la région », a poursuivi la mission dans un message, retweeté par Nikki Haley.


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-18"> ¤ Le chef du renseignement a été limogé et remplacé par un très proche du président.
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En Egypte, Sissi remanie l’appareil sécuritaire

Le chef du renseignement a été limogé et remplacé par un très proche du président.



Le Monde
 |    19.01.2018 à 10h55
    |

            Hélène Sallon








                        



                                


                            

Le remaniement se poursuit à la tête de l’appareil sécuritaire égyptien. Après avoir remplacé le chef d’état-major de l’armée fin octobre dernier, le président Abdel Fattah Al-Sissi a limogé son chef des renseignements, Khaled Fawzy, qu’il a remplacé temporairement par son très proche chef de cabinet, Abbas Kamal, ont annoncé jeudi 18 janvier des médias d’Etat. Aucune justification n’a été donnée au limogeage du chef des renseignements généraux.
Général et homme de l’ombre, M. Fawzy, comme son remplaçant par intérim, M. Kamal, était peu connu du grand public. A la tête des services des renseignements généraux depuis décembre 2014, qu’il a contribué à restructurer dans le sillage de la révolution du 25 janvier 2011, il leur a donné une influence accrue sur les dossiers de politique intérieure comme étrangère. Son remplaçant, Abbas Kamal, un général à la retraite parfois surnommé par la presse la « boîte à secrets » du président, a été directeur de cabinet de M. Sissi au fil des divers postes occupés par ce dernier depuis 2010, au sein des services de renseignements militaires, du ministère de la défense, puis de la présidence.

Défection de candidats
Le limogeage de M. Fawzy survient alors qu’une enquête a été ouverte après un article publié en janvier par le New York Times. S’appuyant sur un enregistrement audio d’un officier des renseignements égyptiens qui a fuité, l’article fait état de pressions par les services de renseignement sur les médias pour rallier l’opinion égyptienne à la décision américaine de reconnaître Jérusalem comme capitale d’Israël, officiellement rejetée par les autorités égyptiennes.
Fin octobre 2017, à la suite d’une attaque meurtrière contre des policiers dans le désert occidental, qui a coûté la vie à au moins 16 d’entre eux, l’Egypte avait déjà connu un important remaniement au sein de son appareil sécuritaire. Le limogeage du chef d’état-major de l’armée, Mahmoud Hegazy, avait créé...




                        

                        


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Compte rendu

Sous pression, le gouvernement éthiopien relâche 115 prisonniers fédéraux

Plongées dans une crise interne, les autorités ont lancé une première vague de libérations, dont Merera Gudina, une figure oromo.

Par                                            Emeline Wuilbercq (Addis-Abeba, correspondance)




LE MONDE
              datetime="2018-01-19T10:47:42+01:00"

        Le 19.01.2018 à 10h47






    
La foule vient acclamer Merera Gudina, le président du Congrès fédéraliste oromo, le 17 janvier, après sa libération.
Crédits : TIKSA NEGERI / REUTERS


C’était l’effusion de joie, mercredi 17 janvier, à Burayu, à une vingtaine de kilomètres au nord-ouest de la capitale éthiopienne, Addis-Abeba. Après quatre cents jours de détention, le docteur Merera Gudina, l’une des figures de l’opposition, a été accueilli par la foule venue l’acclamer. Quand il l’a vu « de ses propres yeux », le jeune Tiksa (le prénom a été changé) n’a pu contrôler ses émotions. « On ne s’attendait pas du tout à sa libération », confie son ami, Boja, 22 ans, sur la place poussiéreuse où plus d’un millier de personnes exultaient, la veille.
Merera Gudina est le président du Congrès fédéraliste oromo (OFC), un parti d’opposition qui représente les Oromo, la communauté majoritaire du pays, forte de plus de 30 millions d’habitants. Inculpé notamment d’« incitation aux émeutes » et accusé d’avoir fomenté un coup d’Etat, le sexagénaire avait été emprisonné en décembre 2016. Une décision sévèrement critiquée par les organisations de droits de l’homme, qui reprochent à l’Ethiopie de réduire l’opposition au silence. « Ça faisait des mois qu’on réclamait sa sortie de prison », poursuit Tiksa, entouré d’une dizaine de jeunes hommes. Elle fait suite à l’annonce, le 3 janvier, de la libération d’hommes politiques et d’autres personnes emprisonnées dans le but de « créer un consensus national et d’élargir l’espace politique », selon le premier ministre, Hailemariam Desalegn. Plus de 21 000 personnes ont été arrêtées dans le cadre de l’état d’urgence, dont les deux tiers ont été relâchées.

        Lire aussi :
         

                Libéré, l’opposant éthiopien Merera Gudina se dit « prudemment optimiste »



L’Ethiopie a été secouée, en 2015-2016, par une vague de manifestations antigouvernementales réprimées dans le sang. Selon la Commission éthiopienne des droits de l’homme, liée au gouvernement, elles ont fait près d’un millier de morts. Malgré la levée de l’état d’urgence en août 2017, des tensions persistent, notamment à la frontière entre les régions Oromia et Somali, dans l’est du pays, et dans les universités, où le tournant communautaire pris par la contestation a inquiété les chancelleries.
Sous pression, le gouvernement, plongé dans une crise interne, a lancé une première vague de libérations : 115 prisonniers fédéraux ont été relâchés, mercredi 17 janvier, dont Merera Gudina. Au total, les charges à l’encontre de 528 détenus ont été abandonnées, a annoncé, lundi, le procureur général, Getachew Ambaye. Une « task force » censée améliorer le système judiciaire a été créée. Des centaines d’autres prisonniers devraient être libérés dans les prochains mois.
« Prudemment optimistes »
Amnesty International a salué cette décision. « Les autorités éthiopiennes doivent désormais libérer immédiatement et sans condition tous les autres prisonniers d’opinion, y compris ceux qui ont déjà été condamnés », a déclaré, dans un communiqué, Netsanet Belay, directeur de la recherche et du plaidoyer pour l’Afrique. Le gouvernement, lui, affirme qu’il n’y a pas de prisonniers politiques en Ethiopie.
A Burayu, non loin de son tuk-tuk, un tricycle motorisé servant de taxi, un jeune conducteur compte sur ses doigts. Bekele Gerba, Dejene Tafa, Addisu Bulala, liste-t-il. Ces personnalités politiques « doivent aussi sortir de prison ! » « Cette libération est encourageante, mais ce n’est pas encore le moment de faire la fête », lâche un jeune trentenaire. Le nombre de prisonniers relâchés « est insignifiant par rapport au nombre de personnes encore en prison », ajoute Boja, amer.
Dans sa propriété d’un quartier huppé de Burayu, l’opposant Merera Gudina a l’air fatigué. Le gouvernement ouvre-t-il une voie vers plus de démocratie ? « Nous sommes prudemment optimistes », affirme-t-il. De ses conditions de détention, il ne dira rien. « Je vais prendre du repos, puis parler à mon propre groupe [la grande coalition d’opposition Medrek] pour savoir comment poursuivre la lutte. »
Le président de l’OFC a « passé sa carrière à construire des ponts et à se battre pour la démocratie, écrit Mohammed Ademo, le fondateur du site d’information OPride.com, sur le site sud-africain Mail & Guardian. En ce sens, [sa libération] est un pas important vers la guérison nationale dont nous avons grandement besoin. »


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-20"> ¤ Le président turc menace d’entrer en Syrie pour combattre le parti kurde syrien affilié au PKK.
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Syrie : Erdogan prêt à envahir l’enclave d’Afrin

Le président turc menace d’entrer en Syrie pour combattre le parti kurde syrien affilié au PKK.



Le Monde
 |    19.01.2018 à 10h34
    |

            Marie Jégo (Istanbul, correspondante)








                        



                                


                            

Voici des mois que le président turc, Recep Tayyip Erdogan, brûle de lancer son armée à l’assaut d’Afrin, l’enclave tenue par des Kurdes syriens du Parti de l’Union démocratique (PYD), dans le nord-ouest de la Syrie. Jeudi 18 janvier, l’offensive semblait imminente. Les télévisions ont montré les renforts en hommes, chars, véhicules blindés, massés dans la région du Hatay, le long de la frontière avec la Syrie. Des canons d’artillerie ont pilonné l’enclave sans relâche.
En découdre avec les Kurdes syriens du PYD ainsi qu’avec leur bras armé, les YPG (« unités de protection du peuple »), obsède Ankara, surtout depuis l’annonce américaine, le week-end dernier, d’un projet de soutien de long terme aux Forces démocratiques syriennes (FDS), une milice dominée par les YPG. Un projet inadmissible pour le gouvernement turc, qui dénonce les « terroristes » kurdes du PYD et des YPG pour leur affiliation au Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), en guerre contre l’Etat turc depuis 1984. Devenues le fer de lance de la lutte contre les djihadistes de l’organisation Etat islamique en Syrie, les YPG ont été formées par des instructeurs militaires du PKK, venus de Kandil, la base arrière de l’organisation dans le nord de l’Irak, que l’aviation turque bombarde périodiquement.

Double frustration
« Amérique, Etat terroriste », titrait le quotidien Yeni Akit jeudi. La presse tire à boulets rouges sur l’allié américain et préfère épargner le partenaire russe, qui tire pourtant les ficelles à Afrin. Ulcéré par le soutien américain aux YPG, déçu par la Russie qui bombarde ses alliés, les rebelles syriens opposés à Bachar Al-Assad dans la province d’Idlib, au sud d’Afrin, le président Erdogan est tenté de renverser la table en Syrie.
Jamais il n’a été aussi isolé. Sa rhétorique anti-PKK tombe à plat, sa frustration est double. Il n’a pas pu convaincre les Américains de retirer leur soutien aux Kurdes syriens du PYD. Sa demande...




                        

                        

