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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-1"> ¤ Le président français et la chancelière allemande se sont retrouvés avant le 55e anniversaire du traité de l’Elysée pour étudier les propositions de relance européenne.
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A Paris, Merkel plaide pour « un gouvernement stable en Allemagne »

Le président français et la chancelière allemande se sont retrouvés avant le 55e anniversaire du traité de l’Elysée pour étudier les propositions de relance européenne.



Le Monde
 |    19.01.2018 à 17h04
 • Mis à jour le
19.01.2018 à 18h46
    |

            Alain Salles et 
Solenn de Royer








                        


La chancelière allemande, Angela Merkel, est à Paris vendredi 19 janvier pour rencontrer Emmanuel Macron avant de célébrer le 55e anniversaire du traité de l’Elysée. Lors d’une conférence de presse commune avec le président français, la chancelière a déclaré que « pour agir en Europe, il est capital d’avoir un gouvernement stable en Allemagne. » 
Angela Merkel fait face à d’importantes difficultés, et cela depuis plusieurs mois, alors qu’elle doit trouver une coalition gouvernementale. Les délégués du Parti social-démocrate (SPD) doivent se prononcer dimanche sur le projet d’alliance entre leur parti et la CDU de Mme Merkel, et leur réponse pourrait compromettre le projet de la chancelière.

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Impulser une plus grande coopération
Angela Merkel et Emmanuel Macron devraient s’afficher ensemble dans la soirée à la Philharmonie de Paris, à l’issue d’un dîner de travail à l’Elysée. Les deux dirigeants écouteront une œuvre de Debussy, dirigée par Daniel Barenboim, que le chef de l’Etat avait rencontré à Salzbourg à l’été 2017 lors d’une masterclass. L’Elysée se félicite que :
« Dans un contexte interne très chargé, deux jours avant le vote du SPD sur la poursuite des négociations en vue d’une grande coalition, la chancelière pren[ne] le temps de passer une soirée à Paris, signe de l’importance de la relation bilatérale et de l’engagement européen du président. »
Auparavant, lors d’une longue séance de travail, Mme Merkel et M. Macron ont étudié ensemble plusieurs sujets, notamment les propositions françaises de relance européenne ou encore le 55e anniversaire du traité de l’Elysée, signé au Château le 22 janvier 1963 par le chancelier Konrad Adenauer et le président Charles de Gaulle, pour impulser une plus grande coopération entre la France et l’Allemagne. Lors de son discours de la Sorbonne, en septembre 2017, le chef de l’Etat avait dit qu’il souhaitait « réviser le traité de l’Elysée ».

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Session commune inédite
Les deux dirigeants publieront lundi 22 janvier, jour de l’anniversaire, une déclaration commune qui inaugurera la préparation d’un nouveau traité, lequel doit être finalisé dans le courant de 2018, selon la présidence française.
Le même jour, l’Assemblée nationale et le Bundestag, à l’occasion d’une session commune inédite, feront une déclaration dans le même sens, appelant à un nouveau traité et au renforcement de la coopération entre les deux Parlements.
M. Macron et Mme Merkel se retrouveront, mercredi 24 janvier, au Forum économique de Davos.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-2"> ¤ Editorial. Le gel des fonds américains destinés aux réfugiés palestiniens met en danger la stabilité des camps où sont installées des millions de personnes.
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Proche-Orient : la brutalité incohérente de Trump

Editorial. Le gel des fonds américains destinés aux réfugiés palestiniens met en danger la stabilité des camps où sont installées des millions de personnes.



Le Monde
 |    19.01.2018 à 11h27
 • Mis à jour le
19.01.2018 à 16h24
   





                        



   


Editorial du « Monde ». En décidant, mardi 16 janvier, de geler une partie des fonds américains alloués aux réfugiés palestiniens, le président Donald Trump prétend incarner la rupture avec ses prédécesseurs. Sa cible est l’UNRWA (United Nations Relief and Works Agency), l’agence de l’ONU qui vient en aide à plus de cinq millions de personnes. Réparties entre la Jordanie, la Syrie, le Liban, la Cisjordanie et la bande de Gaza, ce sont les victimes – et leurs descendants – de la nakba, la « grande catastrophe », soit l’expulsion de centaines de milliers de Palestiniens de leurs villages au moment de la guerre israélo-arabe et de la fondation d’Israël, il y a soixante-dix ans.
Il est légitime de s’interroger sur le périmètre d’une mission qui se voulait à l’origine provisoire. Il n’est pas tabou de discuter de la définition d’un réfugié palestinien, même si les conventions internationales limitent les divagations sur ce sujet. On peut souligner l’ambiguïté de la puissance quasi étatique de l’UNRWA, par exemple dans la bande de Gaza. L’agence y a offert depuis dix ans – et fort heureusement ! – une bouée de sauvetage à une population à l’agonie, mais en permettant au Hamas, d’une certaine façon, de fuir ses responsabilités.
Chantage à l’argent
Rien, cependant, ne justifie la méthode employée par Washington, que seule la droite israélienne, en pleine dérive nationaliste, a applaudie. Sa brutalité et le chantage à l’argent mettent en danger la stabilité des camps de réfugiés. Ils dégradent un peu plus l’image du principal contributeur à cette mission de l’ONU. Ils sont, surtout, contre-productifs. Au lieu de pousser la direction palestinienne à entrer en négociation avec Israël, ils la radicalisent.
Donald Trump accorde visiblement plus d’importance à l’argent qu’à la parole de l’Etat et à sa continuité d’un président à l’autre, démocrate ou républicain, sur des dossiers fondamentaux. Le conflit israélo-palestinien est l’un d’entre eux. Depuis vingt-cinq ans, les Etats-Unis s’efforcent de jouer un rôle de médiateur pour parvenir à une solution négociée. Leur échec, qui est d’abord celui des parties impliquées, ne signifie pas que l’horizon privilégié était incorrect.
Méthode schizophrène
Les Etats-Unis n’ont jamais été un médiateur impartial. Leur penchant naturel en faveur d’Israël, allié stratégique, était clair. Cela n’a pas empêché les administrations successives d’apporter un soutien financier robuste à l’Autorité palestinienne et à l’UNRWA. Une fois élu, Donald Trump a voulu imprimer sa marque. Mais la méthode employée est schizophrène.
Le président américain affirme vouloir réussir le « deal du siècle ». Ses envoyés spéciaux ont multiplié les contacts dans la région. Mais, parallèlement, l’administration Trump a compromis son statut de médiateur. Elle a nommé un ambassadeur à Tel-Aviv, David Friedman, partisan déclaré des colonies, hostile à un Etat palestinien. Elle ne prend plus la peine de condamner les constructions israéliennes en Cisjordanie, comme si le droit international était devenu accessoire. Enfin, elle a offert à Israël, sans contrepartie, la reconnaissance de Jérusalem comme capitale.

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Depuis, le président de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, ne veut plus entendre parler de médiation américaine. Amer et isolé, il creuse une tranchée face à Washington. Connaît-il déjà le plan américain en gestation, ou devine-t-il son orientation ? On voit mal, en l’état, à quel succès pourrait mener ce début d’affrontement diplomatique et financier.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-3"> ¤ Si la pratique ne figure pas parmi les thèmes prévus des Etats généraux de la bioéthique, la gestation pour autrui promet déjà de s’inviter dans les débats.
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La GPA, l’invitée non officielle des Etats généraux de la bioéthique

Si la pratique ne figure pas parmi les thèmes prévus des Etats généraux de la bioéthique, la gestation pour autrui promet déjà de s’inviter dans les débats.



Le Monde
 |    19.01.2018 à 14h19
 • Mis à jour le
19.01.2018 à 16h17
   





                        



   


Dans la présentation officielle des Etats généraux de la bioéthique, il n’y a que deux occurrences du terme. La gestation pour autrui (GPA) ne sera au programme de nulle réunion publique « citoyenne » ou table ronde organisée dans les différentes régions françaises durant les six prochains mois. Mais si la pratique ne figure pas parmi les principaux thèmes annoncés, la GPA promet déjà de s’inviter dans les débats.
Qu’est-ce que la GPA ?
La GPA est une technique de procréation médicalement assistée (PMA). Il s’agit d’implanter un embryon (un ovule fécondé) dans l’utérus d’une autre femme, la mère porteuse, lorsque la femme ne peut pas le faire, ou dans le cas d’un couple d’hommes par exemple. A la naissance, la mère porteuse donne le bébé au couple et n’est pas considérée, juridiquement, comme la mère de l’enfant.
Dans une tribune publiée par Le Monde, 110 signataires plaident en faveur d’un débat de fond sur la GPA. L’opposition à cette pratique reste, cependant, très forte en France, et le gouvernement a exclu toute évolution législative sur le sujet.
Pourquoi la GPA n’est-elle pas au menu des discussions ?
La GPA est interdite en France, et aucun des principaux partis politiques ne propose de la légaliser, contrairement à ce qui est parfois annoncé par certains groupes conservateurs. Le gouvernement a d’ores et déjà exclu toute évolution législative sur le sujet de la légalisation de la GPA.
Le Comité consultatif national d’éthique (CCNE), chargé d’organiser les Etats généraux de la bioéthique tous les sept ans, est, lui aussi, catégoriquement hostile à la GPA. Le comité la distingue clairement de la PMA, car elle engendre, selon lui, des « violences juridiques, économiques, sanitaires et psychiques qui s’exercent sur les femmes recrutées comme “gestatrices” ainsi que sur les enfants qui naissent et sont objets de contrats passés entre des parties très inégales », ce qui n’est pas le cas dans l’insémination avec donneur. Officiellement donc, la pratique n’a pas été inscrite au programme des débats.
Pourquoi débattra-t-on de la GPA quand même ?
L’opposition à cette pratique est très forte en France, ses opposants craignant notamment une « marchandisation » du corps des femmes, comme ces quarante personnalités, parmi lesquelles Sylviane Agacinski, José Bové et René Frydman, qui signent, vendredi 19 janvier, une tribune dans Le Monde intitulée « Non au marché de la personne humaine ».
Mais la société évolue et, selon un récent sondage IFOP paru dans La Croix, près des deux tiers des Français se prononcent pour l’autorisation du recours à une « mère porteuse ». Dans le détail, 18 % s’y déclarent favorables « dans tous les cas », et 46 % « pour raisons médicales seulement ». Difficile, dès lors, d’imaginer qu’elle ne s’invitera pas dans le débat public consacré aux évolutions de la science et à l’attitude de la société face à ces pratiques.
Surtout, c’est le statut des enfants nés d’une GPA qui pose question, à l’heure où la France a été à plusieurs reprises condamnée par la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH) pour avoir refusé de transcrire des actes de naissance d’enfants nés d’une gestation pour autrui à l’étranger. En juin 2014, la CEDH avait estimé que la France pouvait interdire la GPA sur son territoire, mais qu’elle ne pouvait refuser de reconnaître les enfants nés d’une mère porteuse à l’étranger.

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                Un état civil sous condition pour les enfants nés de GPA



Le débat a-t-il lieu ailleurs ?
« On ne peut plus ignorer les enfants nés par GPA », s’alarment ainsi dans une tribune au Monde 110 signataires, dont Elisabeth Badinter, Pierre Rosanvallon et Irène Théry. Tous plaident pour une « réforme urgente sur la transcription de la filiation » des enfants nés d’une GPA à l’étranger, à l’occasion de la révision des lois de la bioéthique :
« C’est ici le rôle et la responsabilité du législateur, en relation avec la société, de faire évoluer le droit. »
Les signataires s’appuient notamment sur un sondage IFOP de juin 2017 montrant que 71 % des Français sont favorables à « la transcription intégrale à l’état civil français de la filiation de l’enfant établie légalement à l’étranger à l’égard de ses parents ».

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C’est aussi une des raisons qui risquent d’obliger la France à tenir, de fait, ce débat sur la GPA, même en dehors des programmes officiels. Royaume-Uni, Pays-Bas, Portugal, Grèce, il existe autour de nous de nombreux pays qui appliquent des protocoles de GPA, encadrés par une législation qui a déjà été l’occasion d’être débattue sur le plan éthique. Des modèles qui devraient obliger la France à discuter plus avant de cette pratique.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-4"> ¤ Dans « Pentagon ­Papers », le réalisateur met en lumière ­Katharine ­Graham, qui décide de publier ces documents dans le « Washington Post ».
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Article sélectionné dans La Matinale du 18/01/2018
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Steven Spielberg : « La liberté de la presse n’a jamais été aussi menacée »

Dans « Pentagon ­Papers », le réalisateur met en lumière ­Katharine ­Graham, qui décide de publier ces documents dans le « Washington Post ».



Le Monde
 |    19.01.2018 à 06h36
 • Mis à jour le
19.01.2018 à 16h41
    |

Propos recueillis par Samuel Blumenfeld







                        



                                


                            

Avant la sortie française de Pentagon ­Papers, le 24 janvier, le réalisateur américain revient sur l’urgence qu’il a ressentie à faire ce film dans un contexte de multiplication des « fake news ». Il juge que son pays n’a jamais été aussi divisé et qu’il n’existe pas le « moindre espace commun, et donc plus de moyen d’avoir un débat ».
Les « Pentagon Papers » ont fait l’objet d’articles publiés en 1971 par le New York Times et le Washington Post. Vous souvenez-vous de cette époque ?
Steven Spielberg : Je me souviens de tout, mais pas des ­« Pentagon Papers ». Je ne communiquais pas avec le monde extérieur. J’ai un souvenir plus clair du Watergate, en 1974, car il avait ­contraint Richard Nixon à quitter la Maison Blanche. J’étais occupé au moment des ­ « Pentagon Papers » par deux séries télévisées, Columbo et Night Gallery. Ma carrière m’obsédait, je cherchais à réaliser mon premier long-métrage. Je ne regardais pas les ­informations, je ne lisais aucun journal. Je suis sorti de ma torpeur quand j’ai ­appris que des amis de l’université avaient perdu la vie au Vietnam. Puis l’affaire du Watergate a éclaté. Tout a changé pour moi.
Le centre de gravité de votre film est aussi dans le personnage de la ­dirigeante du Washington Post, ­Katharine ­Graham, qui prend ­la décision ­de publier ces documents…
Avec le recul, cette histoire me fascine, tant elle pose la question du leadership. Nous parlons ici d’une femme, Katharine Graham, devenue patronne du Washington Post à la suite d’un concours de circonstances. Elle avait hérité du journal par son père, et confié la direction à son mari. Après le suicide de ce dernier, en 1963, elle avait pris les rênes du journal. Katharine Graham élevait ses ­enfants, pensait que sa place était à côté d’eux, pas à la tête de son journal. Nous parlons d’une époque où le leadership...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-5"> ¤ Jeudi, Dylan Farrow, la fille adoptive du réalisateur, l’a de nouveau accusé de l’avoir agressée sexuellement lorsqu’elle avait 7 ans.
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Violences sexuelles : vingt-cinq ans d’accusations contre Woody Allen

Jeudi, Dylan Farrow, la fille adoptive du réalisateur, l’a de nouveau accusé de l’avoir agressée sexuellement lorsqu’elle avait 7 ans.



Le Monde
 |    19.01.2018 à 10h57
 • Mis à jour le
19.01.2018 à 12h22
    |

                            Le Monde.fr








                        



   


Depuis vingt-cinq ans, des accusations d’agressions sexuelles planent sur le réalisateur américain Woody Allen, portées par sa fille adoptive, Dylan Farrow. Ces derniers jours, plusieurs actrices et acteurs ont dénoncé publiquement le cinéaste, déclarant regretter d’avoir travaillé avec lui. Rebecca Hall et Timothée Chalamet, qui jouent dans le prochain long-métrage de Woody Allen, A Rainy Day in New York, ont annoncé qu’ils allaient faire don de leur salaire à l’association Time’s Up, nouvellement créée, qui vient en aide aux victimes de violences sexuelles.

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Ces prises de position font suite à la publication d’une lettre ouverte de Dylan Farrow, aujourd’hui âgée de 32 ans, dans le Los Angeles Times au début du mois de décembre 2017. Elle en appelle au monde du cinéma, demandant pourquoi le mouvement de libération de la parole lancé ces derniers mois contre les violences sexuelles semblait, pour l’instant, épargner son père adoptif.
« Pourquoi Harvey Weinstein [producteur américain accusé d’agressions sexuelles et de viols par de nombreuses femmes] et les autres célébrités accusées ont été exclues de Hollywood, alors qu’Allen a récemment signé un contrat de plusieurs millions de dollars avec Amazon ? »
Elle dénonce l’ambivalence d’acteurs et d’actrices ayant condamné publiquement Harvey Weinstein, mais qui, interrogés sur le réalisateur de Manhattan, Annie Hall et Match Point, esquivent le sujet.
Quelles sont les accusations ?
Woody Allen et l’actrice Mia Farrow ont entretenu une relation amoureuse et professionnelle entre 1980 et 1992. Ensemble, ils ont eu et adopté plusieurs enfants, jusqu’à ce que ce Mia Farrow découvre la relation entre Woody Allen et Soon-Yi Previn, qu’elle avait adoptée avec son compagnon précédent –. Le réalisateur l’a depuis épousée.
Mais le cinéaste est accusé d’avoir agressé sexuellement la fille qu’il avait adoptée avec Mia Farrow, Dylan Farrow, alors qu’elle avait 7 ans, le 4 août 1992 dans une maison de campagne, dans le Connecticut, en l’absence de sa mère. C’est la baby-sitter, qui a aperçu le réalisateur, seul avec l’enfant, qui n’avait plus son pantalon, et a alerté sa mère. La jeune fille a, par la suite, expliqué que son père avait touché son sexe. Des accusations que le cinéaste a toujours réfutées, jusque dans un communiqué envoyé jeudi 18 janvier.
Les accusations portées contre le réalisateur ont été décrites dans une longue enquête de la journaliste Maureen Orth, dans le magazine Vanity Fair, publiée en 1992. Un article qui décrivait, en s’appuyant sur plusieurs sources de la famille Farrow, des comportements déplacés à l’encontre de leur fille adoptive, et débutait ainsi : « Il y avait une règle implicite chez Mia Farrow : Woody Allen ne devait jamais être laissé seul avec leur fille adoptive de 7 ans, Dylan. » Avant l’agression présumée, le réalisateur aurait fait part de son comportement « inapproprié » auprès d’une psychologue pour enfants, Susan Coates, selon Vanity Fair.
Ce n’est que vingt-deux ans plus tard que Dylan Farrow s’est exprimée publiquement sur cette affaire. En 2014, elle a publié une lettre ouverte dans le New York Times pour appuyer les accusations : « Si je ne parle pas, je le regretterai sur mon lit de mort. »
Jeudi 18 janvier, elle s’est exprimée pour la première fois à la télévision sur CBS News, dans une interview enregistrée. Elle est notamment revenue sur son combat et les souffrances qu’elle a endurées. « Pourquoi ne pourrais-je pas être en colère, ressentir de l’indignation, après avoir été ignorée, écartée, et alors que l’on ne m’a pas crue ? », explique-t-elle dans un extrait diffusé par la chaîne.

Comment Woody Allen s’est défendu ?
L’affaire dramatique et complexe qui entoure Woody Allen depuis vingt-cinq ans est faite d’enquêtes, de contre-enquêtes, et d’accusations de manipulation de toutes parts. En 2014, peu après la première déclaration publique de Dylan Farrow, le réalisateur lui a répondu par une longue lettre ouverte publiée également dans le New York Times.
Accusant Mia Farrow d’avoir manipulé sa fille adoptive et de l’avoir « coachée » pour qu’elle accuse son père, il y nie les faits qui lui sont reprochés et estime que ces accusations sont nées au milieu d’une bataille juridique pour la garde des enfants, lors du très compliqué divorce du couple Allen-Farrow en 1992.
Autre fils adoptif du couple, Moses Farrow a pris la défense de son père en 2014, accusant lui aussi Mia Farrow d’avoir manipulé ses enfants pour les pousser à haïr leur père. « Je ne sais pas si ma sœur croit réellement qu’elle a été agressée ou si elle essaye de faire plaisir à sa mère », assurait-il dans une interview au magazine People. Il y accuse également Mia Farrow de mauvais traitements et explique avoir été frappé à plusieurs reprises pendant son enfance.
Enfin, M. Allen et ses avocats citent régulièrement une expertise rendue à l’époque des faits par la clinique de Yale-New Haven, rédigée par plusieurs praticiens et concluant que Dylan Farrow n’avait pas été abusée sexuellement.
Pourquoi cette défense est contestée ?
Tous les arguments avancés par Woody Allen et son fils sont balayés par Mia Farrow, Dylan Farrow et d’autres observateurs depuis que l’affaire a été relancée. « Ma mère ne m’a jamais manipulée. Elle n’a jamais mis de faux souvenirs dans ma tête », a assuré Dylan Farrow en 2014.
« Mes souvenirs sont à moi. Je m’en souviens. Quand je lui ai raconté mon histoire, elle espérait que je l’avais inventée. Au cours d’une des conversations les plus difficiles que j’ai eue, elle m’a demandé si je disais la vérité, expliquant que papa assurait n’avoir rien fait. Et je lui ai répondu : “Il ment.” »
Lorsque Woody Allen a perdu la procédure judiciaire pour obtenir la garde de ses enfants en 1993, le juge Elliott Wilk n’a pas trouvé de « preuve » crédible soutenant que Mme Farrow aurait manipulé sa fille adoptive et a, par ailleurs, dénoncé le comportement de Woody Allen en tant que père, dans un jugement acide.
Plusieurs membres de la famille Farrow nient également que l’agression ait été inventée pour faire perdre la garde des enfants à Woody Allen et expliquent que ces procédures ont été lancées après l’agression présumée. « En réalité, Allen a lancé les poursuites pour obtenir ma garde et celle de Ronan [son frère adoptif] uniquement après le début de l’enquête sur ses abus. Charmant », assurait récemment Dylan Farrow.
Aucun procès n’a eu lieu, mais le procureur du Connecticut, Frank Maco, avait estimé en 1993 qu’il disposait d’éléments suffisants pour inculper le cinéaste pour agression sexuelle sur sa fille mineure, comme le racontait le New York Times à l’époque. Il avait, cependant, préféré épargner à la jeune Dylan Farrow le traumatisme d’un témoignage public en procès.
Enfin, le jugement rendu par Elliot Wilk en 1993 a estimé que l’expertise de la clinique Yale New Haven, qui a conclu que Dylan Farrow n’avait pas été agressée, n’était pas crédible.
Le silence de Hollywood et la machine médiatique
En 2016, le journaliste et avocat de formation Ronan Farrow (depuis à l’origine de l’une des enquêtes ayant lancé l’affaire Weinstein), fils biologique de Mia Farrow et de Woody Allen, a également pris la parole, alors que son père était appelé à présider la cérémonie du Festival de Cannes, malgré les accusations portées par sa fille adoptive.
Dans une tribune publiée par The Hollywood Reporter, il dénonce le silence des médias, étouffés par une puissante défense élaborée par son père, au moment où sa sœur témoignait publiquement :
« Chaque jour, des collègues dans des rédactions me transféraient des e-mails envoyés par les puissants agents d’Allen (…). Ces e-mails contenaient des arguments prêts à être transformés en articles, avec des propositions de psychothérapeutes, avocats, amis, tous ceux prêts à qualifier une jeune femme s’attaquant à un homme puissant de folle, manipulée et agressive. Au début, ils envoyaient des liens vers des blogs, puis vers des titres réputés, une machine qui s’auto-alimentait. »

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Dylan Farrow espère aujourd’hui que l’affaire Weinstein, qui a vu tomber de nombreuses personnalités de Hollywood, accusées de harcèlement sexuel, d’agressions ou de viols, tels que Brett Ratner et Kevin Spacey, permettra de lever un nouveau jour sur son histoire, et sur son père. « Il ment depuis si longtemps. C’est difficile pour moi de le voir et d’entendre sa voix », a-t-elle répété jeudi sur CBS.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-6"> ¤ Pour le Défenseur des droits, la circulaire Collomb se heurte « aux principes fondateurs de l’hébergement d’urgence » avec le « traitement différencié ».
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Le Défenseur des droits recommande le retrait de la circulaire sur l’hébergement d’urgence

Pour le Défenseur des droits, la circulaire Collomb se heurte « aux principes fondateurs de l’hébergement d’urgence » avec le « traitement différencié ».



Le Monde
 |    19.01.2018 à 11h56
 • Mis à jour le
19.01.2018 à 18h02
    |

            Maryline Baumard








                        


A l’issue d’une analyse approfondie, le Défenseur des droits, Jacques Toubon, recommande au premier ministre, Edouard Philippe, de retirer la circulaire sur l’hébergement d’urgence, dans une décision rendue vendredi 19 janvier. Cette « circulaire relative à l’examen des situations administratives dans l’hébergement d’urgence », rebaptisée « circulaire Collomb », suscite un profond malaise dans le monde associatif, et au-delà, depuis sa publication le 12 décembre 2017.
La circulaire en question veut réorienter les personnes hébergées selon leur situation administrative, et faire sortir de ce dispositif les personnes étrangères en situation irrégulière à l’issue d’une évaluation effectuée par une équipe mobile de représentants de l’Office français de l’immigration et de l’intégration (OFII) et de la préfecture. L’objectif est à la fois de désengorger le parc d’hébergements en extrayant les sans-papiers et de voir le statut de chacun clarifié.

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« Un élément d’une politique d’ensemble »
Face à des associations très hostiles à la mise en œuvre de ce texte, Emmanuel Macron est monté au créneau pour le défendre, mardi 16 janvier à Calais.
Si Jacques Toubon avait lui-même saisi le ministre de l’intérieur, Gérard Collomb, d’une demande d’explication dès le 13 décembre 2017, il a ensuite été sollicité par une série d’associations sur ce texte qu’elles estimaient contraire au principe de l’hébergement inconditionnel : la Fédération des acteurs de la solidarité (FAS), accompagnée de 26 associations, SOS Racisme et le maire de la commune de Grande-Synthe (Nord).

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Sans réponse à sa lettre du 13 décembre, M. Toubon a relancé la Place Beauvau le 22 décembre avant de finalement recevoir une réponse du premier ministre lui signifiant que ce texte constituait « un élément d’une politique d’ensemble conduite par le gouvernement ».
M. Toubon, qui a analysé la circulaire en profondeur, observe, lui, qu’elle « se heurte aux principes fondateurs de l’hébergement d’urgence » en organisant « un traitement différencié » de ses résidents en fonction de leur situation administrative.
« Contraire aux règles de confidentialité »
Le Défenseur des droits relève plusieurs points à ses yeux problématiques. Ainsi, si le texte du ministère de l’intérieur pose que l’accueil en centre d’hébergement reste « inconditionnel », il ajoute qu’il peut être « différencié » et doit se concilier avec les obligations légales qui incombent aux personnes étrangères en situation irrégulière sur le territoire français. Deux points qui cassent de fait cette inconditionnalité de principe.
En second lieu, le Défenseur doute de la pertinence de la mise en place d’un suivi de l’OFII dans un parc d’hébergement de droit commun qui accueille des personnes en situation de détresse, quelles que soient leur nationalité et leur situation au regard du séjour, et relève du code de la famille. Ce qui signifie en creux que le Défenseur ne s’oppose en rien à une évaluation des situations des migrants, mais pas dans ces lieux de répit.
Par ailleurs, et c’est le dernier point relevé par le Défenseur, l’intervention des agents de l’OFII au sein de ces structures est envisagée sans cadre légal, estime M. Toubon, et « paraît contraire aux règles de confidentialité qui s’imposent ».
Une autre procédure a été intentée en parallèle par les associations auprès du Conseil d’Etat. L’avocat qui la porte, Me Patrice Spinosi, fait une analyse voisine de celle de Jacques Toubon. Il a d’ailleurs déposé un recours sur le fait que les agents de l’OFII ne sont pas habilités à intervenir dans les centres d’hébergement. L’audience aura lieu le 16 février.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-7"> ¤ Le président est un interlocuteur incontournable sur la scène européenne, mais sa capacité à convaincre sur de grandes réformes reste à démontrer.
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Article sélectionné dans La Matinale du 18/01/2018
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Emmanuel Macron, leader esseulé d’une Europe convalescente

Le président est un interlocuteur incontournable sur la scène européenne, mais sa capacité à convaincre sur de grandes réformes reste à démontrer.



Le Monde
 |    19.01.2018 à 06h40
 • Mis à jour le
19.01.2018 à 14h54
    |

            Cécile Ducourtieux (Bruxelles, bureau européen), 
Philippe Ricard et 
Jean-Pierre Stroobants (Bruxelles, bureau européen)








                        



                                


                            

« France is back », la France est de retour. C’est indéniable sur la scène internationale, cela l’est aussi au niveau européen, surtout depuis qu’Angela Merkel tente de sauver son poste. Après un sommet avec la première ministre britannique, Theresa May, la veille au sud de Londres, le président de la République, Emmanuel Macron, devait accueillir la chancelière allemande à l’Elysée, vendredi 19 janvier, pour parler de « l’avenir de l’Union européenne ». Quand il s’agissait d’adopter des décisions importantes, en pleine crise grecque ou au plus fort des tensions sur la migration, tout le monde prenait l’avion pour Berlin…
Autre symbole : c’est depuis l’ambassade du Portugal à Paris que le Néerlandais Jeroen Dijsselbloem a passé le témoin à Mario Centeno, nouveau président de l’Eurogroupe, vendredi 12 janvier. « Un hasard de calendrier », assure-t-on dans l’entourage du ministre portugais des finances. Mais un hasard très significatif. Tout comme la visite de Sebastian Kurz à Paris, le même jour. Le jeune chancelier autrichien, venu réitérer ses engagements proeuropéens alors qu’il a formé une coalition avec l’extrême droite, s’est aussi rendu à Berlin. Mais cinq jours plus tard.

L’Europe était au cœur du programme du candidat Macron, et il assume aujourd’hui cette responsabilité de nouvel « homme fort » d’une Union toujours divisée et ébranlée par le Brexit. Il a multiplié les interventions – à Athènes sur la démocratie européenne, à la Sorbonne pour formuler des dizaines de propositions de réformes – ou prôné une intégration plus poussée de la zone euro. « Macron est devenu influent par défaut ; il remplit le vide, mais cette position ne sera pas facile à maintenir s’il ne se trouve pas des alliés solides, analyse Sébastien Maillard, directeur de l’Institut Jacques Delors. Sa capacité à convaincre reste à démontrer, même s’il sait imposer son agenda. »
Infléchir l’agenda européen
« Regardez...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-8"> ¤ Selon les syndicats, les agents de la RATP mais aussi les voyageurs font face à la présence de plus en plus forte de consommateurs de crack, un dérivé de la cocaïne.
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Consommation de drogue dans le métro : les syndicats sonnent l’alarme

Selon les syndicats, les agents de la RATP mais aussi les voyageurs font face à la présence de plus en plus forte de consommateurs de crack, un dérivé de la cocaïne.



Le Monde
 |    19.01.2018 à 17h24
 • Mis à jour le
19.01.2018 à 18h28
   





                        



   


Les conducteurs de la ligne 12 du métro parisien ont été appelés à la grève, vendredi 19 janvier, par les syndicats CGT et SUD-RATP, excédés par des problèmes croissants de toxicomanie dans le nord de la capitale.
Selon les syndicats, les agents de la RATP mais aussi les voyageurs font face à la présence de plus en plus forte de consommateurs de crack, un dérivé de la cocaïne, qui peut s’injecter ou se fumer à l’aide d’une pipe.
Ils dénoncent un « vrai manque de moyens humains » et veulent alerter les pouvoirs publics sur les perturbations et l’insécurité créées par certains consommateurs de drogue dans les stations de métro. Selon Jeremy Kahli, syndicaliste de SUD-RATP, quinze conducteurs ont été agressés sur la ligne 12 en 2017. Les agressions se font « à coups de poing, parfois à coups de seringue, sur les chauffeurs, les voyageurs et les agents de station, (…) souvent parce que quelqu’un s’est “shooté” et est en plein délire ».
« Présence de toxicomanes sur les voies »
Ces chiffres n’ont pas été confirmés par la RATP. Sollicitée par Le Monde, la direction reconnaît des « difficultés croissantes du fait de la présence d’usagers de drogue dans ses gares et stations, en particulier au nord de la ligne 12 et au nord de la ligne 4 ». Pour un conducteur de métro, qui parcourt la ligne 12 depuis six ans, c’est « principalement la présence des toxicomanes sur les voies » qui gêne leur travail, obligeant les agents à solliciter des coupures de courant pour éviter une électrocution, ce qui génère notamment des retards. Selon SUD-RATP, il y aurait eu plusieurs centaines « d’interruptions de pratique » sur la ligne 12 en 2017. Là encore, la RATP n’a pas communiqué de chiffres.
La toxicomanie dans le métro n’est pas neuve — « ça remonte à plus de vingt ans » —, mais elle s’est aggravée ces dernières années, selon le syndicaliste, qui constate que le « problème grossit chaque année ». Sont concernées plusieurs stations du nord de Paris : Marcadet-Poissonniers, Château-Rouge, Jules-Joffrin ou encore Porte-de-la-Chapelle. Un vrai problème social, pour lequel la RATP se fait aider du tissu associatif et social existant.
Des maraudes dans le métro
« La préfecture de la région Ile-de-France, la RATP et les centres d’accueil et d’accompagnement à la réduction des risques des usagers de drogue (Caarud) ont ainsi signé fin novembre une convention afin de permettre une meilleure prise en charge des toxicomanes présents dans les espaces du métro parisien », fait savoir la régie des transports. Par ailleurs, des associations effectuent des « maraudes » depuis le 7 décembre, poursuit la RATP, ce que confirme une source associative :
« Ces maraudes ont pour objectif de réduire la présence des usagers consommant des drogues sur les quais du métro, de les sensibiliser au respect des voyageurs et des agents RATP, et de leur permettre d’accéder aux structures sanitaires et sociales en surface. »
« Pas de toxicomanes dans les rues et devant les magasins »
Jeremy Kahli estime qu’il s’agit d’un « serpent qui se mord la queue » et dénonce « l’hypocrisie des élus parisiens : on ne veut pas des toxicomanes dans les rues et devant les magasins, donc ils descendent dans le métro ». « C’est un problème social avant tout », reconnaît-il. Les syndicats demandent aujourd’hui « plus de moyens humains et de structures adaptées ». Ils devaient manifester à la gare de Lyon, en début d’après-midi, à l’occasion d’une table ronde rassemblant notamment la régie et la préfecture de police de Paris. De son côté, la RATP assure que le « trafic est quasi normal » sur la ligne 12, vendredi.

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Au début de janvier, déjà, le syndicat UNSA-RATP et l’association SOS Usagers ont adressé une lettre au ministre de l’intérieur, Gérard Collomb, à la maire de Paris, Anne Hidalgo, et à la présidente de la région Ile-de-France, Valérie Pécresse, dénonçant un métro « envahi par des groupes de dealers » et des « toxicomanes souvent agressifs et dangereux ».
La RATP n’a pas été en mesure de donner au Monde le nombre d’agressions dues à des consommateurs de drogue dans le métro, mais elle assure que la collaboration avec les forces de l’ordre a été accentuée depuis plusieurs années.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-9"> ¤ La France et l’Allemagne font partie des vingt-trois pays qui dépassent les limites d’émissions fixées dans l’UE pour le dioxyde d’azote et les particules fines.
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Neuf pays de l’Union européenne convoqués par Bruxelles pour non-respect des normes de qualité de l’air

La France et l’Allemagne font partie des vingt-trois pays qui dépassent les limites d’émissions fixées dans l’UE pour le dioxyde d’azote et les particules fines.



Le Monde
 |    19.01.2018 à 18h07
   





                        


Un sommet ministériel se tiendra le 30 janvier à Bruxelles, qui regroupera neuf pays, dont la France, l’Allemagne et le Royaume-Uni, visés par des procédures d’infraction pour non-respect des normes de qualité de l’air, a annoncé vendredi 19 janvier la Commission européenne.
Ces pays font partie des vingt-trois qui dépassent les limites d’émissions fixées dans l’UE pour le dioxyde d’azote ou les particules fines (PM10), des polluants notamment liés à la circulation routière et dangereux pour la santé.

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                La pollution de l’air est responsable de 9 % de la mortalité en France



La Commission envisageant de saisir la Cour de justice de l’Union européenne, les ministres de l’environnement des neuf Etats membres (qui comporte également la République tchèque, l’Espagne, l’Italie, la Hongrie, la Roumanie et la Slovaquie) sont donc convoqués à Bruxelles.
Il s’agit d’une étape avancée des procédures d’infraction européennes quand un pays ne se plie pas aux recommandations de la Commission en dépit de plusieurs avertissements. Ce pas a déjà été franchi pour la Bulgarie et la Pologne pour non-respect des normes de qualité de l’air.
Plus de 480 000 décès dans l’Union européenne
Seize pays sont par ailleurs visés par des procédures d’infraction, qui sont actuellement à différents stades, liées aux limites d’émission de particules fines. Ainsi, en avril 2017 la Bulgarie avait-elle été condamnée par la Cour de justice de l’UE.
Le rapport de l’année 2017 de l’Agence européenne de l’environnement (AEE) avait établi qu’en 2014 la pollution de l’air avait causé la mort prématurée (avant 65 ans) de 520 400 personnes dans les quarante et un pays du continent européen, dont 487 600 dans l’Union européenne.

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                La pollution de l’air cause encore plus de 500 000 morts par an en Europe



Ce sommet ministériel doit, selon le commissaire à l’environnement, Karmenu Vella, « clarifier que s’il n’y a pas d’amélioration de la qualité de l’air, il y aura des conséquences légales ».
« Les parents d’enfants souffrant de bronchites ou les enfants de personnes ayant une maladie du poumon veulent voir des améliorations de la qualité de l’air aussi vite que possible », a insisté M. Vella, qui précise que ce sommet vise à « protéger les citoyens ». 
Un « plan d’action » a par ailleurs été annoncé par la Commission, qui comprend des mesures visant à aider les Etats membres à se conformer aux règles environnementales de l’Union. Parmi les mesures proposées l’année dernière par la Commission figuraient notamment « la réduction du volume global du trafic », « le passage aux voitures électriques », « l’adaptation du comportement des conducteurs » ou encore « la réduction des émissions des véhicules à moteur diesel ».



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-10"> ¤ Dans une tribune au « Monde », le professeur Jean-Philippe Wolf considère qu’expliquer à l’enfant comment il a été conçu est plus important que lui révéler le nom de son père, donateur anonyme.
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Don de gamètes : « Les enfants ne régleront pas tous leurs problèmes en rencontrant leur géniteur »

Dans une tribune au « Monde », le professeur Jean-Philippe Wolf considère qu’expliquer à l’enfant comment il a été conçu est plus important que lui révéler le nom de son père, donateur anonyme.



Le Monde
 |    19.01.2018 à 06h00
    |

Jean Philippe Wolf (Chef du service de biologie de la reproduction de l’hôpital Cochin)







                        



                                


                            
Tribune. Ainsi Arthur Kermalvezen a retrouvé, suite à un test génétique sur Internet, son géniteur qu’il cherchait depuis si longtemps, et l’a fait savoir de manière spectaculaire peu avant le lancement des Etats généraux de la bioéthique, le jeudi 18 janvier. Nous lui souhaitons bien sûr d’être heureux de l’avoir retrouvé et surtout que cela dure. Car s’il était si simple de faire le bonheur de tout le monde, personne, bien sûr, ne s’y opposerait. Mais il est difficile de croire que là est la solution définitive du problème de l’anonymat des donneurs. Et ce pour plusieurs raisons.
Ceux qui ont créé le Centre d’étude et de conservation des œufs et du sperme humains (CECOS) ont cru que l’anonymat était la solution définitive :
- pour préserver le donneur qui ne souhaiterait pas rencontrer les enfants issus de son don,
- pour préserver les parents, dont rien ne dit qu’ils seraient particulièrement heureux de cette irruption dans leur vie d’un homme qu’ils avaient eux-mêmes choisi de garder dans l’anonymat et loin de leur univers familier,
- pour préserver l’enfant lui-même d’un univers par trop multipolaire et incertain.
Car l’anonymat n’a pas été fait pour nuire aux enfants ou à leurs parents. Il l’avait été précisément pour garantir la sérénité dans leur vie familiale, ainsi que celle du donneur, ce qui est un objectif louable.
Révélations traumatisantes
Et tout s’est très bien passé pendant longtemps, jusqu’à ce que les enfants grandissent, commencent à poser des questions ou apprennent malencontreusement, à la suite de révélations traumatisantes, qu’ils étaient issus d’un sperme de donneur. Ces circonstances ont été trop bien rapportées par les intéressés pour qu’il soit nécessaire de les raconter. Mais on imagine le choc d’une telle révélation pour un ou une jeune adulte quand on lui apprend qu’il y a un secret terrible dans sa propre histoire familiale, qu’il ou elle pensait classique, comme celle de tout...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-11"> ¤ Une loi d’avril 2016 votée après l’affaire dite « de Villefontaine » oblige le ministère de la justice à transmettre à ceux de l’éducation nationale et de la jeunesse et des sports toutes les condamnations de personnes concernant des infractions sur mineurs.
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L’éducation nationale radie 26 agents condamnés pour atteinte sur mineur

Une loi d’avril 2016 votée après l’affaire dite « de Villefontaine » oblige le ministère de la justice à transmettre à ceux de l’éducation nationale et de la jeunesse et des sports toutes les condamnations de personnes concernant des infractions sur mineurs.



Le Monde
 |    19.01.2018 à 15h50
 • Mis à jour le
19.01.2018 à 17h07
   





                        



   


Mis en place après une affaire de pédophilie à Villefontaine, dans l’Isère, le contrôle des casiers judiciaires des personnels de l’éducation nationale a permis de relever vingt-six condamnations pour infractions sur mineurs, qui ont débouché sur autant de radiations.

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Installé en 2016 sous la houlette de la ministre de l’éducation d’alors, Najat Vallaud-Belkacem, ce contrôle concerne tous les personnels placés sous la responsabilité de l’éducation nationale (enseignants, chefs d’établissement, infirmiers scolaires, personnel administratif, etc.), mais pas les personnes dépendant des collectivités locales. Cette opération, qui vise plus d’un million d’agents, sera achevée au second semestre 2018, a indiqué vendredi 19 janvier le ministère de l’éducation, confirmant les informations de BFMTV.
Ces vingt-six agents de l’éducation nationale ont été révoqués pour les fonctionnaires, ou ont vu leur contrat terminé pour les contractuels. Plus largement, le contrôle a relevé quatre-vingt-trois condamnations pour faits graves, qui ont donné ou donneront lieu à une réponse de l’administration (révocations notamment pour violences sur mineurs ou pédopornographie, mais aussi suspensions, blâmes, etc.).
« Dans ce type de situation, notre exigence, c’est la protection des élèves mineurs et donc la fermeté absolue », a réagi le ministre de l’éducation, Jean-Michel Blanquer.
« Lorsqu’on est sur des cas d’atteinte sexuelle, l’éviction est systématiquement prononcée. Pour d’autres violences, il y a soit éviction quand la gravité des faits le justifie, soit d’autres types de sanctions, a expliqué Edouard Geffray, directeur général des ressources humaines de l’éducation nationale. Quand des parents confient leurs parents à l’école de la République, ils sont en droit d’attendre le maximum en termes de sécurité et de contrôle. »
Les casiers inspectés sont le B2, qui intègre la plupart des condamnations pour crime et délit, et le fichier judiciaire automatisé des auteurs d’infractions sexuelles ou violentes (FIJAISV).
Contrôle lancé après l’affaire de Villefontaine
Cette vaste opération avait été décidée par le gouvernement précédent à la suite de l’affaire de Villefontaine. Un directeur d’école maternelle avait été mis en examen pour des viols de très jeunes élèves. Radié quelques jours après, il s’est suicidé en détention en avril 2016.

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Dans cette affaire, l’enseignant avait été condamné en 2008 pour recel d’images pornographiques, mais il avait continué d’exercer — après un long congé maladie —, l’éducation nationale n’ayant pas été informée des faits.
Après ce scandale, les ministres de l’éducation et de la justice d’alors, Najat Vallaud-Belkacem et Christiane Taubira, avaient mis en place des référents au sein des parquets et des rectorats pour améliorer la transmission d’informations.
Une loi d’avril 2016 oblige le ministère de la justice à transmettre à ceux de l’éducation nationale et de la jeunesse et des sports toutes les condamnations de personnes concernant des infractions sur mineurs.
Cette loi dite « de Villefontaine » oblige désormais le procureur de la République à informer l’administration des condamnations et de certaines mesures de contrôle judiciaire prononcées à l’encontre des personnes exerçant une activité en contact avec des mineurs, notamment pour des infractions sexuelles. Jusqu’alors, les casiers des agents de l’éducation nationale étaient consultés seulement à l’embauche.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-12"> ¤ Le syndicat étudiant FAGE a relevé des incongruités et des « clichés dégradants » sur le site d’information officiel supposé aider les lycéens à choisir leurs études supérieures.
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Parcoursup et l’Onisep se perdent dans leurs fiches métiers

Le syndicat étudiant FAGE a relevé des incongruités et des « clichés dégradants » sur le site d’information officiel supposé aider les lycéens à choisir leurs études supérieures.



Le Monde
 |    19.01.2018 à 18h11
 • Mis à jour le
19.01.2018 à 18h34
    |

            Eric Nunès








                        



   


Est-il vraiment utile d’aimer « organiser des fêtes » ou d’avoir un goût pour « les sports collectifs » pour devenir pharmacien ? Est-ce un atout d’avoir pour « passion » la réparation de machines à laver quand on aspire au métier d’infirmier ou encore d’avouer un faible pour les uniformes pour embrasser la carrière d’avocat ? Probablement pas. Ce sont pourtant des éléments que l’on pouvait lire en début de semaine sur les fiches métiers de l’Onisep, l’Office national d’information sur les enseignements et les professions. Des fiches directement accessibles sur le site terminales2017-2018.fr, auquel renvoie la nouvelle plate-forme d’Admission post bac Parcoursup, afin de guider les lycéens dans leur choix d’orientation.
« L’Onisep se fout de la gueule des lycéens », a immédiatement tweeté Jimmy Losfeld, président de la Fédération des associations générales étudiantes (FAGE, premier syndicat étudiant).

#ParcourSup : L'@Onisep se fout de la gueule des lycéens ! Il faut "aimer les uniformes" pour devenir avocat/e Il faut "organiser des fêtes" pour devenir pharmacien/ne Il faut "aimer réparer des machines à laver" pour devenir infirmer/èreBelle conception de l'#Orientation👏 pic.twitter.com/liB9lbYdT9— Jimmy Losfeld (@Jimmy_FAGE) 16 janvier 2018


Dans un communiqué, le syndicat étudiant a vivement dénoncé le contenu éditorial publié : 
« Il est inacceptable qu’un site destiné à l’orientation perpétue des clichés dégradants envers les professions. De plus, celui-ci engendre de la désinformation, dans un climat où il est plus que jamais important de lutter contre les stéréotypes qui entraînent une mauvaise orientation. » 
Toujours selon le syndicat, l’Etat n’a pas pris la mesure de « l’accompagnement et de l’orientation » dont ont besoin les lycéens, et « l’Onisep n’est pas à la hauteur des enjeux ».
Six collectifs représentant la profession de masseur kinésithérapeute ont également vu rouge à la lecture du descriptif de leur métier par l’Onisep : « Cette fiche cantonne le kinésithérapeute à un rôle d’exécutant. C’est oublier que le bilan diagnostic kinésithérapique est une réalité depuis presque vingt ans, et permet au kinésithérapeute d’orienter et d’adapter en permanence le traitement qu’il propose à son patient, s’étranglent les kinés. Ainsi rédigée, elle est un outil infantilisant et inapproprié de nature à désinformer les jeunes lycéens souhaitant s’orienter vers cette filière », taclent-ils dans un communiqué du 19 janvier.
Contacté à plusieurs reprises par Le Monde.fr, l’Onisep n’a pas répondu. Toutefois, plusieurs des incongruités relevées sur le site ont, depuis, été effacées ou corrigées, à la demande du ministère de l’éducation.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-13"> ¤ Sur la base navale de Toulon, le président a présenté vendredi ses vœux aux forces armées.
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Budget, service national universel, nucléaire… Ce qu’a dit Emmanuel Macron aux armées

Sur la base navale de Toulon, le président a présenté vendredi ses vœux aux forces armées.



Le Monde
 |    19.01.2018 à 12h42
 • Mis à jour le
19.01.2018 à 14h27
   





                        



Pour ses premiers vœux à l’armée, le président Emmanuel Macron s’est rendu vendredi 19 janvier sur la base navale de Toulon. Après avoir rencontré les militaires, il s’est exprimé à bord du bâtiment de projection et de commandement Dixmude, l’un des trois porte-hélicoptères français.
Au cours de son discours de plus d’une heure, le chef d’Etat a évoqué sa promesse de mettre en place un service national universel. Il a également confirmé son intention de porter le budget du ministère de la défense à 2 % du PIB d’ici à 2025.

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          Pourquoi les vœux d’Emmanuel Macron aux armées sont attendus



Un effort « inédit » pour la défense
Durant son discours, M. Macron a qualifié d’« inédit et incomparable » « l’effort » prévu pour le budget du ministère de la défense à 2 % du PIB en 2025. Il a également confirmé qu’il était augmenté de 1,8 milliard d’euros en 2018 pour le porter à 34,2 milliards. La moitié de cette somme financera les engagements pris précédemment par François Hollande, a-t-il précisé.
Le montant de la provision pour les opérations extérieures a lui été porté à 650 millions d’euros contre 450 millions d’euros l’an dernier et atteindra 1,1 milliard d’euros en 2020. En contrepartie, M. Macron a réclamé aux armées « la plus grande exigence collective », prévenant qu’il y veillerait « personnellement ». « Chaque dépense sera évaluée à l’aune de son utilité opérationnelle », a-t-il averti. Selon lui, la France est « en train de devenir l’armée de référence européenne ».

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          Armées, la bataille du budget est lancée



Le service national universel « mené à son terme »
Promesse de campagne, le président de la République a réaffirmé son intention de mettre en place un service national universel.
« Je veux rassurer chacun, il sera mené à son terme, il entrera à bon port, il sera conduit par l’ensemble des ministères concernés, et pas simplement par le ministère des armées, il aura un financement ad hoc, qui ne viendra en rien impacter la loi de programmation militaire » 2019-2025, qui doit être prochainement présentée.
« Renouvellement » de la dissuasion nucléaire
Le chef de l’Etat a également évoqué la dissuasion nucléaire de la France. Il a promis que des « travaux de renouvellement de nos deux composantes, dont la complémentarité ne fait pas de doute : la force océanique et la composante aérienne », seraient menés au cours du quinquennat.

        Lire aussi :
         

                Le casse-tête du coût des opérations extérieures pour le nouveau chef d’état-major français



La dissuasion nucléaire est « depuis plus de cinquante ans la clé de voûte de notre stratégie de défense », a rappelé M. Macron, estimant que les « débats » sur ce sujet étaient « aujourd’hui tranchés ». « La dissuasion fait partie de notre histoire, de notre stratégie de défense et elle le restera », a martelé le président de la République, pour qui ce modèle de dissuasion « nous permet de conserver notre autonomie stratégique et notre liberté d’action ».
M. Macron a également promis « un effort important » pour le renseignement militaire et des « capacités de cyberdéfense renforcées ».



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-14"> ¤ Les syndicats ont repris les négociations avec le gouvernement, vendredi, sur leurs revendications pour de meilleures conditions de sécurité.
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Prisons : les surveillants maintiennent le blocage ; nouvelles agressions en Corse

Les syndicats ont repris les négociations avec le gouvernement, vendredi, sur leurs revendications pour de meilleures conditions de sécurité.



Le Monde
 |    19.01.2018 à 01h51
 • Mis à jour le
19.01.2018 à 17h32
    |

                            Antoine Albertini (Bastia, correspondant)








                        



   


Les syndicats de surveillants de prison ont appelé à une nouvelle journée de blocage des établissements, vendredi 19 janvier. Malgré la promesse d’un plan prison par le président Macron, les syndicats ont décidé de reconduire le mouvement lancé après l’agression, le 11 janvier, de surveillants par un détenu islamiste à Vendin-le-Vieil (Pas-de-Calais). Les négociations marathon, débutées mardi soir, ont repris vendredi matin.
A 9 h 30, selon l’administration pénitentiaire, environ 40 % des 188 établissements pénitentiaires du pays étaient touchés. L’ampleur du mouvement est quasi équivalente à celle de la veille. Il s’agit le plus souvent de retards de prise de service de quelques dizaines de minutes. Mais quelques points de fixation plus durs persistent comme à Fleury-Mérogis, Condé-sur-Sarthe, Valence ou Lyon Corbas.

        Lire le reportage :
         

          A Fresnes et Marseille, les surveillants de prison excédés par leurs conditions de travail



« Grosse » agression en Corse
La situation est particulièrement tendue en Corse, où deux gardiens de prison ont été grièvement blessés par trois détenus de droit commun au centre pénitentiaire de Borgo (Haute-Corse).
L’agression a été perpétrée à 9 h 20, au sein du centre de détention « historique », le plus ancien bâtiment de l’établissement pénitentiaire. L’un des auteurs de l’agression fait partie des quatre détenus signalés comme radicalisés par l’administration pénitentiaire ; âgé de 29 ans, il a été incarcéré après une condamnation à huit années de prison pour homicide en novembre 2015.
D’après les premières constatations sur place de la section de recherches de la gendarmerie chargée des investigations, il aurait attaqué un brigadier de faction à l’intérieur du « kiosque » des surveillants à l’aide d’un couteau et d’une paire de ciseaux. Il portait également sur le dos, au moment de l’agression, ce qu’une source proche de l’enquête décrit comme « un drapeau palestinien, parfaitement reconnaissable sur les images tirées de la vidéosurveillance ».
Jeudi soir, la cellule du détenu, « qui ne causait pas de difficultés particulières mais apparaissait radicalisé depuis plusieurs mois et surveillé comme tel », a été fouillée avant un transfèrement « imminent » vers un établissement pénitentiaire du continent. Interpellé avec trois autres personnes après s’être retranché dans une cellule, il est actuellement placé en garde à vue dans les locaux du camp de la gendarmerie Henry-Martin, voisin de la prison de Borgo.
« Il s’agit d’une grosse agression, l’un des deux gardiens était inconscient et l’auteur est un détenu qui avait déjà une fiche signalétique sur son comportement », a déclaré Maxime Coustié, délégué régional d’Union fédérale autonome pénitentiaire (UFAP-UNSA justice). La section de recherches de la gendarmerie de Bastia a été chargée de l’enquête.
Déplacement de la ministre de la justice en Corse
La ministre de la justice, Nicole Belloubet, s’est rendue vendredi après-midi au chevet des deux gardiens blessés, à l’hôpital de Bastia. « Ils sont blessés extrêmement sérieusement », a déclaré la ministre à la presse, jugeant « très choquant et en même temps très émouvant de les voir et de parler avec eux, même si [elle n’est] pas restée extrêmement longtemps pour ne pas les fatiguer ».
Interpellée à propos de la succession d’agressions de ces derniers jours et sur les réponses à y apporter, Mme Belloubet a répondu être « là pour discuter de ces éléments avec les organisations représentatives des personnels de surveillance. C’est ce qui est en train de se passer en ce moment à Paris (…). Ici, je suis vraiment venue apporter mon soutien et aux personnes et à l’établissement ».
A Fleury-Mérogis (Essonne), des incidents ont éclaté vendredi matin entre forces de l’ordre et surveillants pénitentiaires devant la prison. Alors que les gardiens bloquaient l’accès à la plus grande prison d’Europe, des gendarmes mobiles ont forcé le passage peu après 7 heures et ont tiré des gaz lacrymogènes pour disperser les cent cinquante manifestants.
Jeudi, ce sont cent vingt-trois détenus qui ont refusé de regagner leurs cellules après la promenade de la mi-journée, avant que ceux-ci ne soient réintégrés dans le calme, encadrés par des équipes d’intervention, selon la direction de l’administration pénitentiaire. Six prisonniers, considérés comme les meneurs du mouvement, ont été envoyés en quartier disciplinaire, selon une source syndicale.
Matignon a rendu ses arbitrages
L’arbitrage attendu de Matignon sur les points de négociation ayant des conséquences budgétaires (essentiellement les emplois) a été rendu dès jeudi dans la soirée.
Deux des trois syndicats de surveillants, UFAP-UNSA et CGT, qui s’étaient entendus lundi sur des revendications communes centrées sur les questions de sécurité, ont déjà eu deux rencontres de négociation avec Stéphane Bredin, le directeur de l’administration pénitentiaire, mardi, de 19 h 30 à 1 heure du matin, puis mercredi, de 8 heures à 20 heures, avec quelques rares suspensions de séance.
Les propositions qui étaient sur la table mercredi soir portent sur :
les recrutements pour combler les postes vacants ;de nouveaux matériels de sécurité ;l’accélération de la création de nouveaux quartiers d’évaluation de la radicalisation ;la création de petits établissements ou d’unités à sécurité renforcée pour les détenus radicalisés dont la dangerosité est considérée comme élevée et la prise en charge plus individualisée des autres.
FO-Pénitentiaire rejette ces négociations, qu’elle souhaitait élargir à la question du statut et des rémunérations. Elle fait le pari d’un conflit dur qu’un éventuel accord sur les questions de sécurité ne suffirait pas à éteindre. L’UFAP-UNSA et la CGT-Pénitentiaire maintiennent elles aussi, en attendant l’issue des négociations, leur appel national aux blocages.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-15"> ¤ Alors que près de 600 stations de Vélib’devaient être ouvertes au 1er janvier, seules 113 le sont au 19 janvier.
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Retard du Vélib’ à Paris : le mois de janvier sera remboursé aux abonnés

Alors que près de 600 stations de Vélib’devaient être ouvertes au 1er janvier, seules 113 le sont au 19 janvier.



Le Monde
 |    19.01.2018 à 14h53
 • Mis à jour le
19.01.2018 à 17h28
   





                        



   


A la suite des gros retards d’installation des nouveaux Vélib, le Syndicat Autolib’ Vélib’ Métropole a annoncé, vendredi 19 janvier, que le mois de janvier sera remboursé aux abonnés du service de vélo en libre-service. Par ailleurs, le nouvel opérateur Smovengo sera pénalisé d’un million d’euros.

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                La course contre la montre de l’opérateur de Vélib’



Au 19 janvier, 113 stations étaient ouvertes selon le syndicat, bien loin des 600 stations promises au 1er janvier par le groupement qui a pris la suite du groupe JCDecaux et doit avoir mis en place 1 400 stations à la fin du mois de mars.
Nous voulons « dédommager par un nouveau geste les abonnés », a fait savoir à l’Agence France-Presse (AFP) Catherine Baratti-Elbaz qui préside ce syndicat d’élus. Ce « n’est pas beaucoup à titre individuel pour chaque abonné, mais c’est la reconnaissance de la part du syndicat qu’il y a une promesse qui n’est pas tenue par la faute de l’opérateur », a ajouté Mme Baratti-Elbaz, en précisant que « si le service continue à ne pas être à la hauteur de nos attentes en février, se reposera la question » d’autres remboursements.

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                Vélib’ en Ile-de-France : de l’entreprise Smovengo au syndicat mixte, qui fait quoi ?



Un coût de 250 000 euros
Le coût de cette mesure sera « a minima » près de 250 000 euros. Mme Baratti-Elbaz a, par ailleurs, déclaré que le syndicat allait « faire appliquer les pénalités » prévues dans le contrat à l’encontre du consortium, qui seront utilisées au bénéfice des usagers.
« Nous sommes aux deux tiers du mois. Je suis obligée de constater que ni les engagements pris au 1er janvier ni le déploiement de 80 stations par semaine ne sont tenus », a-t-elle dit, en précisant que cette pénalité s’élève à « légèrement au-dessus du million d’euros au regard du service rendu au 1er janvier ».



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-16"> ¤ Contraints d’évoluer par des températures torrides, plusieurs joueurs et joueuses ont pointé les risques que la chaleur faisait peser sur la santé des participants.
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A l’Open d’Australie, la canicule échauffe les esprits des joueurs

Contraints d’évoluer par des températures torrides, plusieurs joueurs et joueuses ont pointé les risques que la chaleur faisait peser sur la santé des participants.



Le Monde
 |    19.01.2018 à 15h09
 • Mis à jour le
19.01.2018 à 15h23
   





                        



   


Alors que les températures ont plusieurs fois dépassé les 40 °C à Melbourne, sur les courts où se joue l’Open d’Australie, plusieurs joueurs et joueuses ont élevé la voix, vendredi 19 janvier, pour réclamer un changement du règlement. Changement auquel les organisateurs sont réticents.
A Melbourne, la heat rule prévoit l’arrêt des matchs en cas de trop forte chaleur. Ce n’est pas le thermomètre seul qui est pris en compte, mais une combinaison complexe de la température, du taux d’humidité et de la vitesse du vent.
Apparemment, les conditions n’étaient pas réunies ni jeudi ni vendredi malgré une température qui a dépassé 40 °C, car les matchs se sont poursuivis comme si de rien n’était, au grand dam de certains joueurs. La dernière application de la règle date de 2014.
« J’ai l’impression qu’ils attendent un drame »
« On n’est pas des robots, on n’est pas des pions qu’on met sur le court », a protesté Alizé Cornet après sa défaite contre la Belge Elise Mertens. Victime d’un coup de chaleur, la Française a failli avoir un malaise sur le court.

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                Open d’Australie : Alizé Cornet éliminée dans une chaleur étouffante



« Personne n’a envie de vivre ce qu’on a vécu sur les courts ces deux derniers jours. On a envie que la règle change. Je comprends qu’ils [les organisateurs] aient envie de lancer les matchs quoi qu’il arrive. C’est du business. Faut que ça roule et faut que ça tourne », a-t-elle ajouté.

   


« J’ai l’impression qu’ils attendent qu’il y ait un drame pour changer [la règle], un drame qui peut survenir à n’importe quel moment dans ces conditions. Il faudrait peut-être une coalition de joueurs et qu’on dise qu’on boycotte, qu’on n’y va pas. Notre santé n’est pas prise en compte », a-t-elle dit.
Rafael Nadal s’est montré solidaire, même s’il a eu l’avantage de jouer le soir. « Parfois, c’est trop et ça peut devenir dangereux. Ce n’est pas joli de voir les joueurs souffrir comme ça sur le court », a-t-il dit.
La veille, Gaël Monfils avait estimé qu’on avait « pris des risques » en faisant jouer les matchs. Comme sa compatriote, il avait failli se sentir mal sur le court. « Pendant quarante minutes, je me suis éteint sur le court. C’était difficile de respirer. Je crois que c’était les conditions les plus difficiles dans lesquelles j’ai jamais joué », a-t-il ajouté. Le Français a d’ailleurs plusieurs fois réclamé du temps de récupération à l’arbitre, lui demandant d’abandonner la règle qui impose un temps maximum de 25 secondes entre les points.

   


Son vainqueur Novak Djokovic avait lui aussi estimé que les conditions étaient « limites ». « Certains jours, le superviseur du tournoi devrait reconnaître qu’il faut laisser aux joueurs quelques heures pour que [la température] baisse. Je sais qu’il y a la question des billets. Si les matchs n’ont pas lieu, les gens ne seront pas contents », a-t-il dit.
Andrea Petkovic, qui a été battue par Lauren Davis, jeudi 18 janvier, a aussi éprouvé beaucoup de difficultés pendant le match, faisant savoir qu’elle ne parvenait pas à retrouver ses esprits. « Je tentais juste de survivre », a-t-elle témoigné.
Les organisateurs se défendent
Mais les organisateurs ont défendu leur pratique. « Pour les joueurs, il y a des vestes de glace, de plus longues périodes de repos et, bien sûr, ils sont à l’ombre sur leur chaise. Ce sont des athlètes professionnels », a argumenté le directeur du tournoi Craig Tiley.
Quant à la possibilité de fermer les toits des trois courts qui en disposent, il a répondu : « Nous sommes quand même un événement en plein air et nous voulons le rester, tout en garantissant la santé et le bien-être des joueurs », a-t-il dit.

   


D’ailleurs, il n’y a pas d’unanimité parmi ces derniers pour réclamer un changement de règles. Le plus illustre d’entre eux, Roger Federer, a estimé que, « pour être au sommet, il fallait jouer dans toutes les conditions ».
« On sait qu’il peut faire chaud en Australie. C’est un challenge, c’est dur de s’y préparer, mais on sait que ça peut arriver quand on vient ici », a dit le Suisse, qui a eu l’avantage de jouer le soir, à sa demande, durant la night session de jeudi. « J’ai vu que les autres souffraient, mais tant que rien de mauvais ne se produit, tout va bien », a-t-il estimé.
Le changement de direction du vent, qui va apporter de l’air frais de l’Antarctique, devrait éteindre la polémique dès samedi. Les températures avaient déjà commencé à baisser vendredi soir.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-17"> ¤ Des soupçons pèsent sur l’intégrité scientifique des travaux de la biologiste, qui fait l’objet d’une enquête interne. L’informaticien Antoine Petit a été désigné en urgence pour la remplacer.
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édition abonné


Enquête sur l’ex-présidente du CNRS Anne Peyroche

Des soupçons pèsent sur l’intégrité scientifique des travaux de la biologiste, qui fait l’objet d’une enquête interne. L’informaticien Antoine Petit a été désigné en urgence pour la remplacer.



Le Monde
 |    19.01.2018 à 11h21
 • Mis à jour le
19.01.2018 à 16h02
    |

            Hervé Morin et 
David Larousserie








                        



                                


                            

Deux des plus importants organismes de recherche français, le Centre national de la recherche scientifique (CNRS) et le Commissariat à l’énergie atomique (CEA), font face à des soupçons d’inconduite scientifique touchant une figure majeure de ces institutions. La biologiste Anne Peyroche, présidente par intérim du CNRS et employée du CEA, a été convoquée en début de semaine par sa hiérarchie pour un entretien destiné à l’éclairer sur des anomalies constatées dans certains de ses articles. Dans l’urgence, l’informaticien Antoine Petit a été désigné, jeudi 18 janvier au Journal officiel, président par intérim de l’organisme, alors même qu’il était prévu qu’il soit nommé lors du prochain conseil des ministres, le 24 janvier, après avoir été auditionné cette semaine par deux commissions parlementaires.
Cette précipitation dans un passage de relais qui aurait dû être parfaitement orchestré a pour origine le signalement, en novembre 2017, sur le site Internet PubPeer, qui permet de mettre en cause de façon anonyme le contenu des publications scientifiques, de cinq articles scientifiques cosignés par Anne Peyroche. Ces mises en cause, dont certaines ont été nourries par le bloggeur scientifique allemand Leonid Schneider, sont intervenues peu après la nomination de la biologiste à la présidence par intérim du premier organisme de recherche français, en remplacement d’Alain Fuchs, élu à la tête de l’entité Paris Sciences & Lettres. En l’occurrence, certaines figures présentées dans les articles étaient suspectées d’avoir fait l’objet de manipulations.
Plusieurs anomalies inexpliquées
Anne Peyroche et l’une de ses coauteures ont produit sur PubPeer les documents originaux pour éclaircir la situation concernant deux de ces articles. Anne Peyroche y convenait que certaines modifications d’images auraient dû être mentionnées dans le manuscrit. Elle soulignait également la qualité du matériel d’imagerie pour expliquer...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-18"> ¤ Une ONG et une firme de sécurité informatique disent avoir pisté des pirates à l’origine d’une campagne mondiale d’espionnage informatique jusqu’au cœur de Beyrouth.
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Dark Caracal, une vaste opération de cyberespionnage lancée depuis Beyrouth

Une ONG et une firme de sécurité informatique disent avoir pisté des pirates à l’origine d’une campagne mondiale d’espionnage informatique jusqu’au cœur de Beyrouth.



Le Monde
 |    19.01.2018 à 17h27
 • Mis à jour le
19.01.2018 à 18h33
    |

                            Pierre-Olivier Chaput








                        


Originaire du Liban, le caracal est un discret félin aux longues oreilles. Ces qualités expliquent qu’il ait donné son nom à plusieurs opérations d’espionnage informatique visant – depuis Beyrouth – des milliers d’activistes, responsables politiques, journalistes, avocats, militaires et entreprises à travers le monde.
Les pirates informatiques de Dark Caracal n’ont pas l’agilité du lynx du désert : le fruit de leurs opérations – des dizaines de gigaoctets de données dérobées à des milliers de victimes situées dans 21 pays, en Europe, au Moyen-Orient, en Asie et en Amérique du Nord – était librement accessible en ligne. Des données que se sont procurées et ont analysé l’Electronic Frontier Foundation, une ONG de défense des libertés numériques, et Lookout, une entreprise de sécurité informatique.
Pour ces deux organisations, pas de doute, ces attaques ont été lancées depuis Beyrouth, et plus précisément depuis un bâtiment de la Sûreté générale, les services de renseignements libanais. Elles se gardent cependant bien de pointer du doigt la Sûreté générale. Plusieurs éléments interpellent en effet les experts. D’abord, les cibles de Dark Caracal sont nombreuses et très variées. Ensuite, l’infrastructure technique utilisée pour Dark Caracal a également été mise à profit dans d’autres attaques. Comme si, expliquent les chercheurs, plusieurs commanditaires se partageaient les mêmes outils d’espionnage. « La Sûreté générale n’a pas les capacités qui lui sont attribuées. Nous aimerions bien les avoir », a réagi son directeur, le général Ibrahim Abbas, interrogé par Reuters.

        Lire aussi :
         

                Pegasus, le logiciel qui espionnait les téléphones à distance



Les chercheurs estiment que Dark Caracal aurait débuté dès janvier 2012 pour se poursuivre jusqu’à aujourd’hui. Pour les deux organisations, les smartphones sont les principales cibles de ces espions, même s’ils se sont aussi attaqués à des ordinateurs.
Clones malveillants d’applications populaires
Pour s’infiltrer dans les téléphones de leurs cibles, les hackeurs ont créé au moins onze clones vérolés d’applications de discussion, comme Telegram, WhatsApp ou Signal, en y insérant un logiciel de surveillance surnommé Pallas. Ces applications ressemblent en tout point aux originales, remplissent la même fonction, mais envoient les contacts, messages et autres données à un serveur contrôlé par les hackers.
Ces applications n’étaient pas proposées dans les boutiques officielles, mais dans d’autres sites habillés d’une manière à avoir l’air légitimes. Afin d’infecter leurs cibles, les espions ont essentiellement recouru à des techniques dites d’« hameçonnage » pour attirer leurs victimes vers ces fausses boutiques d’applications ou leur faire ouvrir, par exemple, des documents Word piégés. Outre ces techniques exécutées à distance, les chercheurs notent que les espions à l’origine de Dark Caracal ont parfois accédé physiquement aux appareils de certaines de leurs cibles.
Les données dérobées sur les téléphones incluent des enregistrements audio de conversations téléphoniques, des SMS, les journaux d’appels, les contenus de logiciels de messageries, les contacts ainsi que des photographies. A partir des ordinateurs, les pirates ont subtilisé des historiques de conversations sur le logiciel Skype, des dossiers photos dans leur intégralité, des listes de tous les fichiers présents sur la machine, et pouvaient même réaliser des captures d’écran à intervalles réguliers.
En analysant les informations collectées puis laissées à l’air libre par les pirates, les chercheurs – restés discrets sur l’identité exacte de leurs victimes – se sont aperçus qu’y figuraient des données issues d’appareil situés dans des dizaines de pays : Qatar, Syrie, Suisse, Chine, Allemagne, mais également la France.



                            


                        

                        


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Reportage

A Ouidah, « personne ne peut être considéré responsable de ce que ses ancêtres ont commis »

Une semaine à pied sur les traces des esclaves du Dahomey (6/9). Plongée dans l’histoire de la ville côtière béninoise, intimement liée à celle de la traite transatlantique.

Pierre Lepidi (envoyé spécial au Bénin)
    



LE MONDE
              datetime="2018-01-19T14:00:55+01:00"

        Le 19.01.2018 à 14h00

     •
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          datetime="2018-01-19T17:02:43+01:00"

        Mis à jour le 19.01.2018 à 17h02






    
A l’entrée de la ville de Ouidah, près du marché Zobè.
Crédits : Pierre Lepidi


D’un coup de couteau, Hubert fend le pain et le remplit de sardines, puis nous taillons la route à la lueur d’une lampe frontale. Comme chaque jour depuis que nous marchons mon guide et moi sur les traces des anciens esclaves au Bénin, il n’est pas encore 6 heures du matin lorsque nous lançons nos premières foulées.

        Présentation de notre série
         

          Une semaine à pied sur les traces des esclaves du Bénin



Ouidah, que l’on écrit Wida, Whydah, Juda voire Fida selon les époques et les récits, n’est distante de Savi, où nous avons passé la nuit, que de 8 km. Nous traversons le grand carrefour de la route qui mène à Cotonou et rejoignons vite le centre-ville de la cité portuaire.
Une communauté afro-brésilienne
On est dimanche, Ouidah s’éveille. Je connais cette ville pour y avoir célébré avec Erick, un ami béninois, le réveillon de la Saint-Sylvestre en 2011. Il flotte dans ses rues un parfum particulier, ce même mélange de douceur et de fragilité que l’on retrouve à La Havane, la capitale cubaine, ou à Salvador de Bahia, au Brésil.
A l’instar de ces cités cosmopolites, Ouidah porte de multiples influences architecturales, notamment brésiliennes dès le XVIIe siècle, inscrites en ses murs par les négriers portugais ou les esclaves affranchis revenus d’au-delà des mers au Dahomey. Parfois pour se lancer dans le commerce… d’esclaves.

        Premier épisode
         

          « Marche doucement sur cette route des esclaves, elle est sacrée »



Mais il y eut aussi des survivants de la révolte des Malês, menée en janvier 1835, principalement par des musulmans africains et des Yoruba, contre le pouvoir esclavagiste de l’Etat de Bahia. Après l’échec de cette insurrection qui a marqué l’histoire du Brésil, les insurgés furent exécutés, condamnés à des peines de prison et de travaux forcés ou renvoyés vers le Nigeria et le Bénin.
Dans son livre A Brief History of Brazil, l’auteure Teresa Meade explique que 44 % des Brésiliens considèrent « tenir leur patrimoine de l’Afrique ». Inversement, au Bénin, tous ceux qui ont pour patronyme da Silva, d’Almeida, de Souza ou Moreira, entre autres, sont issus de la communauté afro-brésilienne.

    
A la buvette Chez Colo n°1 de Ouidah, une cuisinière presse du piment  qui sera utilisé pour différents mets.
Crédits : Pierre Lepidi


Après avoir longé le marché Kpassè, le complexe scolaire Fonsarame (littéralement « ceux du quartier Fon » et donc, par extension, ceux qui arrivent d’Abomey, comme Hubert et moi), nous tournons devant le marché Zobè, encore inanimé. A la buvette Chez Colo n°1, une cuisinière presse des piments pour en extraire une pâte rouge. Devant une assiette d’agou (de l’igname pilée accompagné d’une sauce au sésame) et un verre de jus d’ananas gorgé de sucre, Hubert et moi reprenons notre souffle.

        Deuxième épisode
         

          Au Bénin, « nous avons des cousins partout où ont été envoyés les esclaves »



Il reste moins de 4 km avant d’atteindre la plage sur laquelle se dresse la célèbre Porte du non-retour, érigée à l’initiative de l’Unesco et inaugurée en 1995. J’ai la terrible intuition que ces derniers pas seront les plus éprouvants de ce périple commencé il y a cinq jours, 120 km plus au nord. Et cette boule qui me noue le ventre depuis hier soir ne cesse de me le rappeler.
Un million d’hommes, de femmes et d’enfants
Nicéphore Soglo, président du Bénin de 1991 à 1996, est à l’initiative du festival Ouidah 92, organisé en 1993, qui fut le premier rassemblement mondial des arts et de la culture vaudous. Le successeur de Mathieu Kérékou a fait de cette manifestation destinée à favoriser la rencontre entre chefs religieux, artistes et intellectuels de l’Afrique et des Amériques « une commémoration du souvenir, une appropriation de cette page tragique de notre destinée collective que fut la traite négrière ».

        Troisième épisode
         

          « Cette histoire d’esclavage au Bénin, je l’ai apprise à l’école, mais elle ne me rend pas triste »



A l’occasion du Ouidah 92, le Bénin a voté une loi instituant le 10 janvier journée officielle de fête dédiée au culte vaudou. Le long de la route de sable qui mène à la Porte du non-retour, six étapes considérées comme emblématiques de l’histoire de la traite ont été identifiées. Six étapes comme six stations sur le chemin infernal précédant l’effroyable traversée de l’Atlantique. Le parcours est aussi parsemé de statues représentant les emblèmes des rois d’Abomey.

    
La piste qui mène du centre-ville de Ouidah jusqu’à la plage est parsemée de statues représentant les emblèmes des rois d’Abomey.
Crédits : Pierre Lepidi


Afin de respecter la territorialité des guides, c’est Nadal qui va m’accompagner. Hubert, qui va nous suivre, lui a donné rendez-vous sur la place Chacha, du surnom de Francisco Felix de Souza, le plus connu des négriers, auquel l’écrivain britannique Bruce Chatwin avait consacré en 1980 son roman Le Vice-Roi de Ouidah. Marchand d’esclaves comme son père, ce natif de Salvador de Bahia se serait installé au Dahomey en 1788. Devenu conseiller personnel du roi Guézo, il se comportera jusqu’à sa mort, en 1849, comme le véritable maître de la cité, où un quartier perpétue encore aujourd’hui son souvenir. Sur la célèbre place, l’immeuble de la puissante famille de Souza est immanquable. Une partie de ses nombreux descendants y vit encore, sous la direction d’un chef de famille très respecté.

        Quatrième épisode
         

          « Certains arbres, au Bénin, portaient des signes laissés par les esclaves »



« N’y a-t-il pas des tensions entre la population et cette famille qui a participé à la traite négrière ?
– Non, répond Nadal. Personne ne peut être considéré responsable de ce que ses ancêtres ont commis. »
Un homme valait une centaine de dollars
Ici, un million d’hommes, de femmes et d’enfants ont été vendus aux enchères. D’autres étaient échangés contre du tabac, des armes ou des tissus. Mahommah Gardo Baquaqua, dont le témoignage a été publié en 1854 sous le titre An Interesting Narrative, a été déporté en 1845 vers le port de Pernambouc, plus d’une décennie après la loi qui interdisait l’introduction d’esclaves africains sur le territoire brésilien. Et, en 1860, Cudjo Lewis, dont une statue a été récemment érigée dans la ville de Mobile, en Alabama, a également quitté les côtes africaines en toute illégalité puisque la traite avait été interdite aux Etats-Unis dès le 1er janvier 1808 par le président Thomas Jefferson.

    
La place où les esclaves étaient vendus à Ouidah est appelée place Chacha, du surnom d’un des plus célèbres négriers.
Crédits : Pierre Lepidi


Même si elle a été ralentie par différents décrets et lois tentant d’y mettre un terme, la traite transatlantique, reconnue en France comme crime contre l’humanité en 2001, s’est poursuivie quasiment jusqu’à la fin du XIXe siècle. Afin de maintenir sa puissance, le royaume du Dahomey s’est tourné vers l’exportation d’huile de palme, sans pour autant renoncer au lucratif commerce d’esclaves et, malgré l’Aberdeen Act, une loi britannique appliquée unilatéralement, en 1845, qui permettait aux bateaux de la Royal Navy d’arraisonner tout navire négrier. Dans Ouidah, The Social History of a West African Slaving Port (1727-1892), l’auteur Robin Law estime ainsi que, vers 1860, le prix d’un esclave était à son niveau le plus élevé. Un homme valait alors une centaine de dollars.

        Cinquième épisode
         

          « Le commerce des esclaves était alimenté en permanence par les conflits »



Sous un ciel sombre, je devine au bout de la ligne droite qui se dessine devant moi la présence de l’Océan. Je ressens à cet instant son immensité comme une oppression, une menace.

Sommaire de notre série Une semaine à pied sur les traces des esclaves du Dahomey

        Cinquième épisode
         

          « Le commerce des esclaves était alimenté en permanence par les conflits »



        Quatrième épisode
         

          « Certains arbres, au Bénin, portaient des signes laissés par les esclaves »



        Troisième épisode
         

          « Cette histoire d’esclavage au Bénin, je l’ai apprise à l’école, mais elle ne me rend pas triste »



        Deuxième épisode
         

          Au Bénin, « nous avons des cousins partout où ont été envoyés les esclaves »



        Premier épisode
         

          « Marche doucement sur cette route des esclaves, elle est sacrée »



        Présentation de notre série
         

          Une semaine à pied sur les traces des esclaves du Bénin


D’Abomey à Ouidah, notre reporter a emprunté la route suivie en 1860 par Cudjo Lewis, le dernier esclave de la traite négrière vers les Etats-Unis.










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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-20"> ¤ Alors que la plus vieille centrale nucléaire doit fermer d’ici fin 2018 ou en 2019, le secrétaire d’Etat, Sébastien Lecornu, s’est rendu à Fessenheim pour rencontrer les acteurs locaux.
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Fessenheim : le gouvernement dévoile ses projets pour la reconversion du site nucléaire

Alors que la plus vieille centrale nucléaire doit fermer d’ici fin 2018 ou en 2019, le secrétaire d’Etat, Sébastien Lecornu, s’est rendu à Fessenheim pour rencontrer les acteurs locaux.



Le Monde
 |    19.01.2018 à 15h59
 • Mis à jour le
19.01.2018 à 16h45
   





                        



   


En déplacement à Fessenheim (Haut-Rhin), vendredi 19 janvier, le secrétaire d’Etat auprès du ministère de la transition écologique Sébastien Lecornu a esquissé les projets du gouvernement pour la reconversion du site nucléaire. Alors que la plus vieille centrale de France doit fermer fin 2018 ou en 2019, M. Lecornu a souhaité que soient privilégié « des activités durables et prometteuses ». 

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                A la recherche d’un plan pour fermer Fessenheim



« La centrale fermera, j’assume cette décision. (…) Je ne viens pas avec un chèque, mais je ne viens pas les mains vides. Il s’agit de construire un projet pour le territoire qui soit exemplaire. » 
L’Etat souhaite lancer un appel à projets pour le territoire dans les domaines des énergies renouvelables (photovoltaïque, éolien…) et installer une cellule de traitement des prestataires et sous-traitants du site – 330 personnes – pour leur permettre de retrouver du travail, en collaboration avec l’Allemagne « qui a besoin de ces profils », a précisé M. Lecornu.

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                L’arrêt d’autres centrales nucléaires durant le quinquennat est peu probable



Perte de recettes fiscales
En faveur des collectivités locales, qui craignent une chute des recettes fiscales d’environ 14 millions d’euros, après la fermeture de la centrale nucléaire, le secrétaire d’Etat a annoncé la mise en place d’une fiscalité spécifique dans une zone allant de Colmar à Mulhouse.
Les discussions ont « ouvert des perspectives » pour une partie du Haut-Rhin et de l’Alsace, a estimé le président de la région Grand Est, Jean Rottner (Les Républicains). « On s’est fait une raison, il faut maintenant travailler à apporter une nouvelle ambition pour le territoire », a-t-il ajouté.
Un nouveau comité de pilotage aura lieu à Colmar, les 12 et 13 avril, qui abordera plus précisément la question du calendrier de la fermeture de la centrale et de son démantèlement.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-21"> ¤ Plusieurs lignes de métro sur lesquelles s’appuyaient les organisateurs pourraient ne pas être prêtes à temps pour les Jeux.
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Article sélectionné dans La Matinale du 18/01/2018
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Jeux olympiques : les transports, première fissure dans le projet de Paris 2024

Plusieurs lignes de métro sur lesquelles s’appuyaient les organisateurs pourraient ne pas être prêtes à temps pour les Jeux.



Le Monde
 |    19.01.2018 à 06h36
 • Mis à jour le
19.01.2018 à 10h41
    |

            Yann Bouchez et 
Béatrice Jérôme








                        



   


L’atout maître va-t-il se transformer en boulet ? En pleine course olympique, entre le printemps 2015 et l’été 2017, les soutiens de Paris 2024 ont souvent mis en avant le dossier des transports, présenté comme bien meilleur que celui de Los Angeles. Mais le sujet des lignes de métro du « Grand Paris Express » prend désormais l’allure d’un futur casse-tête pour les organisateurs.
Mardi 16 janvier, la ministre des transports, Elisabeth Borne, a fait savoir, devant le Sénat, que « le gouvernement présentera[it] dans les prochains jours le calendrier recalé sur des bases réalistes pour tenir les délais et éviter la dérive des coûts ».
Un rapport de la Cour des comptes, présenté mercredi 17 janvier par son premier président, Didier Migaud, devant la commission des finances de l’Assemblée nationale, met en effet un point d’interrogation devant les lignes prévues pour les JO.
Trois lignes « stratégiques »
Le document, long de 175 pages, dresse un bilan sévère des dérapages du chantier du Grand Paris Express, futur réseau de 200 kilomètres de lignes et 68 gares en Ile-de-France d’ici à 2030. Il estime que les délais pour livrer l’ensemble ne seront pas respectés et préconise de revoir l’agenda.
Parmi les raisons des dérives budgétaires de la Société du Grand Paris (SGP), l’établissement public chargé de réaliser ce réseau, la Cour des comptes pointe « l’ambitieux calendrier de mise en service et l’échéance des Jeux olympiques de 2024 ».

        Lire aussi :
         

                La Cour des comptes appelle à « réviser le périmètre » du Grand Paris Express



Le 9 juillet 2014, alors que Paris n’était pas encore officiellement candidate à l’organisation des Jeux, le gouvernement avait décidé d’accélérer le calendrier concernant la construction de certains pans du Grand Paris Express dans la perspective éventuelle de l’organisation des JO 2024 et de l’exposition universelle en 2025.
Aux journalistes, les membres de la candidature parisienne répétaient d’ailleurs que les Jeux allaient agir comme « un accélérateur de projets », dont ceux concernant les transports, particulièrement dans la Seine-Saint-Denis. Auprès du Comité international olympique (CIO), ils ne se privaient pas d’utiliser la future extension du réseau francilien comme une arme de conviction massive.
« Le volet transport a été l’atout maître pour l’emporter face à Los Angeles », rappelait en septembre Valérie Pécresse, présidente (Les Républicains) de la région Ile-de-France.
« La prolongation de la ligne 14 et les nouvelle lignes 16 et 17 sont stratégiques pour la desserte des sites olympiques », pouvait-on lire dans la première partie du dossier envoyé au CIO. A lire la présentation alors réalisée par le comité de candidature, c’est comme si c’était déjà fait.
Calendrier « quasi inatteignable »
Le rapport de la Cour des comptes montre pourtant que cette accélération volontariste a posé plusieurs problèmes. D’une part, elle a créé « une tension laissant peu de marge pour la survenue d’aléas ». D’autre part, elle a alourdi sensiblement l’addition, car la SGP s’est résolue à mettre en action plusieurs tunneliers supplémentaires. Le surcoût, pour atteindre les objectifs, serait « de l’ordre de 625 millions d’euros, chiffrent les experts de la Cour des comptes, dont 300 millions d’euros ont d’ores et déjà été décidés par le directoire de l’établissement pour les lignes 15 sud et 16 ».
Malgré cette hausse des coûts pour raccourcir les délais, la Cour des comptes estime que « le calendrier de mise en service des lignes 17 et 18 en vue des Jeux olympiques de 2024 est quasi inatteignable ».
Les magistrats financiers révèlent que le gouvernement était, du reste, informé du risque de non-respect du calendrier. Dans une note au premier ministre, en janvier 2017, la SGP l’ avait alerté : les études sur la ligne 17 et 18 font apparaître des dates de mise en service qui ne sont « compatibles ni avec les échéances des JO de juillet 2024, ni avec l’échéance de l’Exposition universelle de 2025 », avait-elle écrit à Bernard Cazeneuve, à moins de mettre en action plus de tunneliers pour terminer à temps. La SGP estimait le coût des tunneliers supplémentaires à 180 à 200 millions d’euros pour la ligne 17 et à 125 millions d’euros pour la ligne 18.
La ligne 17, qui devrait relier Le Mesnil-Amelot (Seine-et-Marne) à Saint-Denis Pleyel, où se trouvera le village des athlètes, est stratégique. Elle doit desservir l’aéroport Charles-de-Gaulle et les sites du Bourget, où sera localisé le village des médias, qui accueillera des milliers de journalistes étrangers.
Or, dans un rapport remis quelques jours après la victoire de la France à Lima, le préfet de l’Ile-de-France, Michel Cadot, suggérait déjà de reporter de 2024 à 2030 la mise en service du tronçon nord de la ligne 17.
Dans ses promesses de ville candidate, Paris assurait que « 85 % des athlètes [seraient] à moins de 30 minutes de leur site de compétition ». Mais cet objectif partait du principe que tous ces travaux seraient terminés.
En l’absence de ligne 17, il faudrait penser à des moyens de transports alternatifs supplémentaires, ce qui engendrerait « un coût très important et une complexité d’organisation très lourde », selon les mots de Tony Estanguet, désormais président du Comité d’organisation des Jeux de Paris 2024 (COJO), dont les statuts seront publiés au Journal officiel samedi 20 janvier. Quitte à modifier certains sites pour prendre en compte cette nouvelle donne, même si Tony Estanguet se veut confiant quant au fait qu’il n’y aura « pas de changement majeur ».
Estanguet : « Cela va être une difficulté forte »
« C’est sûr que pour nous, cela va être une difficulté forte si certaines lignes ne sont pas livrées à temps », a reconnu Tony Estanguet lors d’une audition devant la commission de la culture, de l’éducation et de la communication au Sénat, mercredi. Sollicité, le Comité international olympique n’a pas répondu à nos questions, indiquant juste par son service de communication qu’il était « très pris par les prochains Jeux d’hiver de Pyeongchang ».
Le triple champion olympique de canoë-kayak a conscience du danger. Et il n’a pas attendu le rapport de la Cour des comptes pour cela. Dès octobre 2017, il écrivait à Emmanuel Macron et à Edouard Philippe.
« Je me suis permis de faire savoir au président de la République et au premier ministre combien ce plan de transports était important pour la réussite des Jeux olympiques et paralympiques. Depuis, j’ai pu les rencontrer et on a parlé de ce sujet de vive voix, pour qu’ils comprennent bien nos besoins en matière de transport, en fonction des secteurs. C’est vrai que sur la ligne 17, il y aura un impact direct et la nécessité d’anticiper une réorganisation si d’aventure elle ne desservait pas le pôle du Bourget. »
Le patron du COJO tient toutefois à rappeler que « les arbitrages ne sont pas faits. Il ne faut pas aujourd’hui surréagir sur ce sujet, mais attendre ». Attendre avant de juger, à l’aune des choix qui seront faits, du poids des Jeux olympiques dans les décisions du gouvernement.



                            


                        

                        

