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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-1"> ¤ Une rétrospective de l’œuvre du cinéaste hollandais inaugure la Cinémathèque du documentaire, au Centre Pompidou à Paris.
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Van der Keuken, cinéaste voyageur

Une rétrospective de l’œuvre du cinéaste hollandais inaugure la Cinémathèque du documentaire, au Centre Pompidou à Paris.



Le Monde
 |    18.01.2018 à 09h50
 • Mis à jour le
18.01.2018 à 15h35
    |

            Isabelle Regnier








                        



                                


                            

Parent pauvre du ciné­ma, tendanciellement minoré par les grands festivals et le circuit commercial, le documentaire a désormais son vaisseau amiral : la Cinémathèque du documentaire. Créée à l’initiative de la Société ­civile des auteurs multimédia (SCAM), soutenue par le Centre national de la cinématographie et de l’image animée (CNC) et le ministère de la culture, cette nouvelle institution, présidée par la cinéaste Julie Bertuccelli, veut faire rayonner le genre en fédérant tout un réseau de salles à travers la France, auquel adhèrent déjà une trentaine de partenaires.
L’ambition est grande, comme en témoigne l’engagement de la Bibliothèque publique d’information (BPI) du Centre Pompidou qui, en s’imposant comme le centre de gravité et la vitrine parisienne de l’institution, consolide au passage sa position de grand ordonnateur du secteur. A la tête d’une collection de trois mille films (dont cinq cents accessibles en ligne sur sa plate-forme de VàD), la BPI chapeaute entre autres l’organisation du festival Cinéma du réel et du Mois du film documentaire. Pour la Cinémathèque du documentaire, elle va désormais concevoir et animer une programmation quotidien­ne, oscillant entre cinéma de patrimoine et création contemporaine (autour de trois grandes rétrospectives annuelles et de différents cycles consacrés aux courts-métrages, aux nouvelles écritures, aux projets en cours).
De la musique pour les yeux
En ouvrant sa première saison sous les auspices du grand Johan van der Keuken, en proposant la plus grande rétrospective de son travail jamais montée en France – soixante films, dont plusieurs inédits, qui voyageront ensuite dans d’autres institutions du ­réseau –, la nouvelle cinémathèque frappe un grand coup. L’événement est d’autant plus excitant que ce cinéaste voyageur, dont chaque nouveau film offrait, de son vivant, une nouvelle raison de célébrer l’œuvre entière, a quelque peu disparu des radars depuis sa mort, en 2001.
Né en 1938,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-2"> ¤ Rencontre avec quatre jeunes réalisatrices qui ont présenté leur film de fin d’études au festival Premiers plans d’Angers.
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L’avenir du cinéma européen, côté femmes

Rencontre avec quatre jeunes réalisatrices qui ont présenté leur film de fin d’études au festival Premiers plans d’Angers.



Le Monde
 |    18.01.2018 à 09h48
    |

                            Thomas Sotinel








                        



                                


                            

Autour de la présidente Catherine Deneuve – applaudie, voire ovationnée à chaque fois qu’elle entre dans une salle de projection – le jury du 30e festival Premiers plans d’Angers, consacré aux premiers films européens, est composé de jeunes anciens. Réalisateurs français (Valérie Donzelli, Clément Cogitore) ou européens (l’Italienne Tizza Covi, le Belge Guillaume Senez), ils ont tous présenté leurs premières œuvres, courts ou longs- métrages à Premiers plans. Le festival, qui se terminera le 21 janvier, est une espèce de boule de cristal du cinéma européen, dans laquelle on peut essayer d’en deviner l’avenir à travers les films de débutants. De toutes les sections de Premiers plans, celle qui permet de se projeter le plus loin propose des films de fin d’études venus de toute l’Europe.
Sur les vingt films d’école qu’un autre jury – présidé par l’Algérien Karim Moussaoui (En attendant les hirondelles) – doit départager, neuf ont été réalisés par des femmes. En retraçant le chemin qui a conduit quatre d’entre elles – islandaise, russe, serbe et française – jusqu’au cinéma, en les interrogeant sur leurs premiers pas et leur avenir, on entrevoit une génération d’auteures qui envisagent avec réalisme les contraintes qui pèsent sur elles (« Jamais nous n’aurons les budgets qu’avait ­Kusturica pour ses premiers films », dit la Serbe Jelena Gavrilovic) et déploient des trésors d’imagination pour tourner leurs films.

Sans vouloir faire du quatuor qui réunit Jelena Gavrilovic, Elsa Maria Jakobsdottir, Kristina ­Kuzakhmetova et Maïlys Audouze un échantillon représentatif, l’hétérodoxie de leur cheminement apparaît clairement. On ne trouvera pas une ratte de cinéma­thèque parmi elles. Elsa Maria Jakobsdottir a grandi dans un village de pêcheurs au nord de l’Islande et à découvert le cinéma d’auteur quand, adolescente, elle est tombée dans une famille française cinéphile à l’occasion d’un échange scolaire. Kristina Kuzakhmetova...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-3"> ¤ La comédie romantique qu’elle réalise et interprète enchaîne les poncifs.
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« Brillantissime » : Michèle Laroque fait sa crise de la cinquantaine

La comédie romantique qu’elle réalise et interprète enchaîne les poncifs.



Le Monde
 |    17.01.2018 à 18h07
    |

                            Murielle Joudet








                        



   


L’avis du « Monde » - On peut éviter
Du jour au lendemain, tout s’effondre autour d’Angela (Michèle Laroque). Elle qui pensait avoir une vie idéale se retrouve seule le soir de Noël : son mari la quitte, sa mère part à la campagne et sa fille rejoint son petit copain. C’est devenu un genre à part entière dans le cinéma français : une actrice mûre joue une héroïne qui traverse une véritable catastrophe intime : mari, enfant, parfois travail, tout ce qu’elle pensait avoir pour de bon s’évanouit du jour au lendemain. Avec Brillantissime, on pouvait penser que Michèle Laroque, qui adapte là une pièce de boulevard, nous offre la version grand public de ce qu’on pourrait appeler le « film du retour d’âge ».
Célibat vécu comme une maladie
Ces dernières années on a ainsi pu voir de beaux portraits de femmes, précis, audacieux, de L’Avenir de Mia Hansen-Love (2016) à Aurore de Blandine Lenoir (2017), la crise de la cinquantaine devenait l’occasion d’une réinvention, parfois loin des hommes, parfois avec les hommes, mais ceux-ci ne déterminent jamais le bonheur des héroïnes – les conquêtes du féminisme innervent intimement le genre . Ce qui n’est pas le cas de Brillantissime qui ne s’embarrasse d’aucune réactualisation et reconduit la bonne vieille recette de la comédie romantique où le célibat est vécu comme une maladie, un état d’incomplétude, et le couple, le souverain bien à qui l’on doit tout sacrifier.

 Comédie française de Michèle Laroque. Avec : Michèle Laroque, Françoise Fabian, Kad Merad (1 h 35). Sur le web : http://www.studiocanal.com/fr



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-4"> ¤ Racontez-nous comment vous réagissez au débat #metoo dénonçant les violences sexuelles.
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APPEL À TÉMOIGNAGES
En tant qu’homme, qu’a changé pour vous le mouvement de libération de la parole des femmes ?

Discussion lancée le 17 janvier 2018

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Depuis les révélations sur le producteur américain Harvey Weinstein, les femmes dénoncent par milliers le harcèlement, les agressions sexuelles et le sexisme qu’elles ont subis. Le débat sur les violences sexuelles, qui traverse aujourd’hui la société, interroge les relations entre hommes et femmes, et bouscule parfois les idées des uns et des autres.
En tant qu’homme, comment réagissez-vous à ce mouvement de libération de la parole, et aux débats qu’il suscite ? Les témoignages des femmes ont-ils modifié votre façon de voir les choses ? Votre comportement a-t-il changé ? Réagissez-vous différemment aujourd’hui dans certaines situations, que ce soit chez vous, sur votre lieu de travail ou dans l’espace public ?
Racontez-nous votre expérience et votre ressenti. Merci de préciser votre âge et votre profession. Votre témoignage pourra être publié dans un article du Monde.fr. N’oubliez pas de laisser votre adresse e-mail ou un numéro de téléphone afin qu’un ou une journaliste puisse vous recontacter.                            





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« Las marimbas del infierno » : quand le Death métal et le marimba se rencontrent

Ce film bizarre et assez beau du Guatemaltèque Julio Hernandez Cordon, s’inspire de l’histoire d’un joueur de marimba.



Le Monde
 |    17.01.2018 à 14h10
 • Mis à jour le
17.01.2018 à 14h17
    |

            Isabelle Regnier








                        



   


L’avis du « Monde » - À Voir
La rencontre absurde entre le Death métal sataniste et le marimba, instrument traditionnel guatémaltèque aux allures de xylophone géant. De cette idée folle qu’ils ont conçue ensemble, trois hurluberlus unis par une même passion pour la musique et un refus de se soumettre aux diktats des gangs et de la violence économique, espèrent qu’elle leur apportera le succès et la liberté.
Ainsi pourrait-on résumer ce film bizarre et assez beau de Julio Hernandez Cordon, cinéaste guatemaltèque formé au Mexique dont le travail a été salué dans de nombreux festivals internationaux. Il s’inspire de l’histoire de Don Alfonso, joueur de marimba et père de famille tranquille, dont la vie a basculé une première fois quand un gang a commencé à le racketter et menacer les siens des pires sévices, puis une seconde quand il s’est retrouvé sans ressource après que le bar qui l’employait lui a annoncé vouloir remplacer sa musique live par un recours, plus économique, à des playlists.
Après une séquence inaugurale dans laquelle le personnage livre un poignant témoignage, le film bascule dans une fiction minimaliste aux accents bressoniens et punk à la fois. Par un subtil jeu de cadrages, de couleurs, d’ellipses, le cinéaste exprime tout à la fois son amour pour les personnages de marginaux, branques, rêveurs, poètes, qu’il met en scène, et la brutalité atrocement prosaïque avec laquelle la vie les traîte.

Film français, mexicain, guatemaltèque de Julio Hernandez Cordon. Avec Don Alfonso, Blacko, Chiquilin (1h14). Sur le web : www.lasmarimbasdelinfierno.com , www.facebook.com/lasmarimbasdelinfierno



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-6"> ¤ Suite non officielle du film réalisé par Hal Ashby en 1974, le long métrage de Richard Linklater réunit des acteurs formidables mais les lance sur des sentiers souvent battus.
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« Last Flag Flying » : après la dernière corvée

Suite non officielle du film réalisé par Hal Ashby en 1974, le long métrage de Richard Linklater réunit des acteurs formidables mais les lance sur des sentiers souvent battus.



Le Monde
 |    17.01.2018 à 11h18
    |

                            Thomas Sotinel








                        



   


L’avis du « Monde » - Pourquoi pas
Une part des réserves que suscite ce film peut être mise sur le compte de la déception. Car il y avait de quoi attendre Last Flag Flying avec impatience. L’histoire de trois anciens combattants du Vietnam réunis par la nécessité d’accompagner le corps du fils de l’un d’entre eux, tombé en Irak, jusqu’à sa dernière demeure, sort d’un roman de Darryl Ponicsan, qui, il y a plus de quarante ans écrivit La Dernière Corvée. La « corvée » en question incombait à deux soldats aguerris (des marins) qui devaient conduire un bleu jusqu’à la prison où il devait purger une peine injustement prononcée.
En 1974, La Dernière Corvée est devenu un film, réalisé par Hal Ashby, joué par Jack Nicholson, Otis Young et Randy Quaid, l’un des derniers jalons du Nouvel Hollywood avant la reprise en main par les studios. Or, si un réalisateur américain trimballe aujourd’hui l’héritage de cette période, c’est bien Richard Linklater. Quand on a su qu’il avait réuni, pour prendre la suite du trio originel, MM. Cranston, Fishburne et Carell, le coup semblait impossible à rater. Et pourtant…
Un issue qui ne surprend jamais
Après une séquence d’ouverture alléchante, qui met en scène un pauvre type écrasé par on ne sait quel poids (Steve Carell) peinant à se faire reconnaître par un ancien compagnon d’armes (Bryan Cranston) dans un bar presque sordide, Last Flag Flying ne s’écarte pas une seconde du programme annoncé : les trois hommes (le patron de bar que joue Cranston, le père qui vient de donner son fils à l’Union interprété par Carell, les deux obtenant le renfort d’un ex-marine devenu pasteur auquel Larry Fishburne prête son impressionnant baryton) adhèrent très strictement aux stéréotypes auxquels les destinent leurs rôles. Les hasards de la route – qui font théoriquement le charme des road movies – n’en sont justement pas, tant les obstacles et contretemps sont aussi fixement déterminés que les horaires de passage en gare. Qu’ils affrontent la hiérarchie militaire (le film se situe au moment de la première guerre d’Irak) pour lui arracher le corps du jeune homme tombé au combat ou qu’ils vident des querelles antérieures à l’évacuation de la base de Danang, l’issue ne surprend jamais.
Reste le plaisir de voir trois grands acteurs venus d’univers aussi différents (la série pour Cranston, le comique pour Carrel, le grand spectacle pour Fishburne) se chercher, se trouver, s’accorder. L’émotion que suscite Last Flag Flying doit beaucoup à la composition du trio, et c’est un mérite qu’on ne peut enlever à Richard Linklater.

Film américain de Richard Linklater, avec Bryan Cranston, Laurence Fishburne, Steve Carell (2 h 04). Sur le web : www.facebook.com/LastFlagFlying.LaDerniereTournee



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-7"> ¤ Ce sommet du western, tourné en 1946 par Howard Hawks, avec John Wayne, ressort en salle.
<filname="PROF-0,2-3476,1-0,0-7"> ¤                     
                                                

Reprise : « La Rivière rouge », folle expédition vers l’Ouest

Ce sommet du western, tourné en 1946 par Howard Hawks, avec John Wayne, ressort en salle.



Le Monde
 |    17.01.2018 à 09h26
 • Mis à jour le
17.01.2018 à 09h43
    |

                            Thomas Sotinel








                        



   


Si vous voulez voir un film à grand spectacle dont le personnage secondaire le plus attachant est nommé Groot, comme dans les deux épisodes des ­Gardiens de la galaxie (de James Gunn, 2014 et 2017), prenez donc un billet pour La Rivière rouge, d’Howard Hawks, qui revient dans les salles, soixante-dix ans après sa première. Ce Groot-là est un vieux cow-boy qui a pour prénom Nadine et pour trogne celle de Walter Brennan, vieux complice d’Howard Hawks.
Vieil homme édenté (Hawks l’a convaincu de jouer sans dentier), Brennan incarne le fidèle compagnon de la star de La Rivière rouge, John Wayne, qui, lui, tient le rôle d’un pionnier établi au Texas au milieu du XIXe siècle, devenu un magnat de l’élevage.
Homme de pouvoir
En 1946, année de l’écriture et du tournage de La Rivière rouge (le film sortira deux ans plus tard), les Etats-Unis s’apprêtent à entrer en paix. Ils ont triomphé de l’Axe, la guerre froide n’a pas encore été déclarée. Les Américains sont en droit de se demander d’où vient cette formidable puissance et à quoi elle pourra bien leur servir. En racontant les destins inséparables de Thomas Dunson (John Wayne), l’aventurier qui s’est mué en homme de pouvoir, et de Matt Garth, son fils adoptif (Montgomery Clift), Howard Hawks offre une image à la fois brutale et réconfortante : les Etats-Unis se sont constitués dans le sang et la rapine, ils ne prospéreront que dans la concorde.
Production de grande ampleur (le film a coûté presque 3 millions de dollars), La Rivière rouge n’est pas pour autant empreint d’idéalisme. Howard Hawks en serait bien incapable. Les moteurs du film sont l’appât du gain, la rancœur, le désir, qui mettent en mouvement des personnages plus grands que nature. Hawks a emprunté John Wayne (qui n’est pas encore tout à fait une superstar) à son collègue John Ford, pour lui confier un personnage qui n’a rien d’un justicier : un homme solitaire que l’on voit d’abord abandonner un convoi en plein territoire comanche, avant qu’il n’abatte un péon mexicain venu faire valoir les droits du latifundiste que Dunson s’apprête à spolier.
Voyage épique
Cette longue introduction montre John Wayne à la fleur de l’âge, renversant par la violence tout ce qui se dresse sur son chemin. L’essentiel du scénario de Borden Chase et Charles Schnee se situe une vingtaine d’années plus tard, après la guerre de Sécession, au moment de la première gran­de transhumance d’un troupeau du Texas vers les terminaux de chemin de fer.
Certains plans sur les visages exaltés rappelleraient presque le cinéma soviétique
Ce voyage épique (dans la fiction, plusieurs milliers de bovins font la route, sur le tournage, il y en avait plus de 1 000) est organisé (mais pas pensé) par un Dunson vieillissant, muré dans ses certitudes. Quand son fils adoptif lui suggère qu’on pourrait abréger le trajet en s’arrêtant à Abilene (Kansas), où l’on dit que le chemin de fer est arrivé, le patriarche sans descendance préfère pousser les bêtes plus à l’est, jusqu’au Missouri, provoquant une mutinerie parmi les cow-boys.
Howard Hawks fait se répondre l’euphorie d’une entreprise sans précédent (les plans sur les visages exaltés des cow-boys au premier jour du voyage rappelleraient presque le cinéma soviétique) et la violence de ce qui est, en fait, un épisode de la lutte des classes en habits de cow-boys. Entre les employés soucieux de rentrer chez eux et le patron buté, Hawks a placé la figure de Matt Garth (Clift). Dunson l’a adopté après que sa famille eut été exterminée par les Comanches. Au moment du départ du troupeau, Matt revient de la guerre, plus sage et plus expérimenté que Dunson ne le sera jamais.
La révélation Mont­gomery Clift
Hawks a pris le risque de confier le rôle à un acteur qui n’a jamais tourné de films. A 25 ans, Mont­gomery Clift, qui est une vedette du théâtre new-yorkais, doit se mesurer à John Wayne et à une troupe d’acteurs hollywoodiens expérimentés (Walter Brennan, Harry Carey Sr, Noah Berry Jr…). Dans sa biographie d’Hawks (Institut Lumière/Actes Sud), Todd McCarthy raconte comment le réalisateur, ravi du sérieux avec lequel Clift apprit son métier de cow-boy, lui offrit un vieux chapeau ayant appartenu à Gary Cooper. La meilleure scène qui échoit au jeune homme reste un concours de tir entre Matt et Cherry Valance (deuxième personnage masculin au prénom féminin), un pistolero incarné par John Ireland : leurs propos sur la taille et la beauté des armes à feu ont valu à cette séquence de se retrouver en bonne place dans The Celluloid Closet (1995), le ­documentaire de Rob Epstein et Jeffrey Friedman sur l’homosexualité à Hollywood.

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La Rivière rouge est encadré par l’apparition de deux personnages féminins : une jeune femme (Coleen Gray) que Dunson abandonne dans la prairie, une femme de mauvaise vie (Joanne Dru), qui tombe amoureuse de Matt. Si la première parenthèse est un élément fondamental de la construction du personnage que joue Wayne, la seconde est moins heureuse. Affadi par la censure préa­lable qu’exerçait alors Joseph Breen, chargé de faire appliquer le code Hays qui interdit longs baisers ou décolletés, le personnage de Joanne Dru doit en plus exécuter la triste tâche d’amener La Rivière rouge jusqu’à une conclusion consensuelle. Cette fois, le Motion Pictures Code n’y est pour rien, et cette fin, qui rebuta aussi bien les acteurs que les scénaristes, ne peut être imputée qu’au seul Howard Hawks. C’est une faute vénielle, les deux heures qui précèdent restent un sommet du western.

Film américain d’Howard Hawks. Avec John Wayne, Montgomery Clift, John Ireland, Walter Brennan, Joanne Dru (2 h 13). Sur le web : www.swashbuckler-films.com, www.facebook.com/SwashbucklerFilms



                            


                        

                        


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« La surface de réparation » : plongée dans les bas-fonds du football français

Christophe Régin détaille les mécanismes d’un écosystème brutal.



Le Monde
 |    17.01.2018 à 09h23
    |

                            Thomas Sotinel








                        



   


L’avis du « Monde  » - A voir
Ce pourrait être un mot composé : tchao-pantin. L’expression « faire un tchao-pantin » désignerait alors la manœuvre par laquelle un comique s’empare d’un rôle tra­gique pour asseoir son statut d’acteur à part entière, souvent aux alentours de la quarantaine, comme Coluche le fit dans le film de Claude Berri en 1983. Quelques décennies plus tard, c’est au tour de Franck Gastambide de tenter l’exercice.
L’humeur de l’interprète et réalisateur des Kaira, de Pattaya et – bientôt – de Taxi 5, vire au noir dans ce premier long-métrage de Christophe Régin, qui mine une veine jusqu’ici peu exploitée par le cinéma français, les bas-fonds du football français. Le réalisateur et son interprète en extraient une ambiance singulière qui baigne tout le film et masque ses imperfections.

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Franck (Franck Gastambide) vit aux marges du Football Club de Nantes (dont les installations tiennent leur propre rôle, mais on suppose que les turpitudes ici mises en scène relèvent de la pure fiction). Côté face, il contribue à l’entraînement des jeunes du centre de formation. Côté pile, il sert de chaperon aux joueurs qui se laissent un peu aller, les préservant du mieux qu’il le peut des foudres de la justice et du regard des médias. Comme ces activités non officielles ne sont guère lucratives, il vivote en vendant de pauvres scoops à la presse et aux sites à scandale.
Le ton juste
Franck prend le président du club (Hippolyte Girardot) pour une planche de salut. A cet homme affable, il attribue une bienveillance paternelle qui n’est qu’apparente. Le retour dans l’équipe d’un joueur en fin de carrière (Moussa Mansaly) qui fut en même temps que Franck l’un des espoirs du club, force ce dernier à prendre la mesure de son échec. Franck Gastambide trouve immédiatement le ton juste pour communiquer ce mélange d’amertume et d’innocence enfantine qui force son personnage à ne pas renoncer.
Christophe Régin prend un plaisir manifeste à détailler les mécanismes d’un écosystème brutal qui martyrise les corps et les ego. Tourné en hiver, son film est fait de journées trop courtes et de nuits interminables où tout se ­dérègle. Le dérèglement, pour Franck, a le visage de Salomé (Alice Issaz), une fille qui va de club en club en espérant tirer quelque chose de la fréquentation assidue des joueurs. Ce personnage féminin est le plus original du film, loin des femmes fatales du cinéma noir français, il cherche avant tout sa propre autonomie, et son interprète lui insuffle une belle énergie. Son rôle dans la mécanique dramatique de La Surface de réparation est moins heureux. Aussi à l’aise qu’il soit pour dépeindre une condition, Christophe Régin (qui est aussi le scénariste du film) est plus emprunté quand il s’agit de la mettre en mouvement. Les efforts surhumains que fait Franck pour échapper à la précarité et au dénuement se font plus prévisibles – grosse arnaque, plans de fuite à l’étranger – et le film perd de sa singularité. Il n’empêche, il a donné pendant une heure et demie une réalité et une humanité inédites à une ­situation que l’on n’entrevoit souvent qu’à travers les titres racoleurs de sites spécialisés dans les frasques des célébrités.

Film français de Christophe Régin. Avec Franck Gastambide, Alice Issaz, Hippolyte Girardot (1 h 34). Sur le web : www.unifrance.org, www.facebook.com/ArpSelection



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-9"> ¤ Jan P. Matuszynski conte, sur une trentaine d’années, la vie singulière d’un clan familial à la périphérie de Varsovie.
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« The Last Family » : sitcom tragique à la polonaise

Jan P. Matuszynski conte, sur une trentaine d’années, la vie singulière d’un clan familial à la périphérie de Varsovie.



Le Monde
 |    17.01.2018 à 09h14
 • Mis à jour le
17.01.2018 à 14h26
    |

                            Thomas Sotinel








                        



   


L’avis du « Monde  » - A ne pas manquer
Deux façades de béton brut se font face. Dans un des grands immeubles, le papa et la maman. En face, leur grand fils. The Last Family commence en 1977 par l’emménagement de la famille Beksinski dans ce grand ensemble à la périphérie de Varsovie. Le premier long-métrage de fiction du jeune (33 ans) réalisateur polonais Jan P. Matuszynski s’achève une trentaine d’années plus tard par la mort du dernier survivant du clan.

        Lire aussi l’entretien  :
         

          « Je ne connais aucun bon film sur l’art »



Pour un public polonais, cette histoire aussi extraordinaire (chaque membre du clan est affligé d’une personnalité hors du commun) que banale (ce qui ne les empêche de s’empêtrer dans des ­conflits communs à toutes les familles) prend un relief particulier. Zdzislaw Beksinski était un peintre fameux, son fils Tomasz, une personnalité des médias à la fin du siècle dernier, Zofia, leur mère et épouse, une intellectuelle d’un certain renom. Arrivés sur un écran parisien, les Beksinski sont de parfaits inconnus, et le déploiement de leur destin bénéficie d’un effet de surprise dont ont été privés leurs compatriotes. Cet étonnement, qui s’installe dès le début du film pour ne s’éteindre qu’au dernier plan, ne tient pas seulement à la singularité du destin de cette famille. Jan P. Matuszynski le met en scène avec une violence méthodique nuancée par un humour étonnamment chaleureux et des partis pris de mise en scène dont l’audace s’avère payante : une fois que l’on émerge de la fascination (certes un peu morbide) que suscite l’histoire des Beksinski, on s’aperçoit que cet état proche de l’hypnose résulte d’une étonnante maîtrise du cinéma.
Série de décès
Quand on voit arriver les Beksinski dans leur cité toute neuve, sous les nuages gris d’un hiver ­polonais, on ne sait pas ce qu’ils trimballent. On ne le saura jamais : ils viennent de Sanok, une ville qui fut le théâtre d’atrocités pendant la seconde guerre mondiale que les parents sont assez vieux pour avoir vécue. Tomasz (Dawid Ogrodnik) est atteint d’un mal qui le pousse à de fréquentes tentatives de suicide. Ils sont accompagnés des mères de Monsieur et de Madame, qui occupent chacune une pièce de l’appartement du couple. Elles seront les premières à mourir.
Le film met aussi en scène la faculté de s’isoler des soubresauts de l’histoire.
The Last Family égrène les décès, défaisant patiemment le bloc familial que l’on a découvert à la première séquence. Dans les espaces confinés des appartements, dont on ne sort que rarement, en général pour se rendre à l’hôpital ou au cimetière, Jan P. Matuszynski installe les gouffres qui séparent ces êtres : le père ­(Andrzej Seweryn, impérial, souvent très drôle, maîtrisant à merveille le passage des années) est enfermé dans sa gloi­re ; la mère (Aleksandra Konieczna) sacrifie vainement son évidente intelligence à la cohésion familiale.
Le film met aussi en scène la faculté de s’isoler des soubresauts de l’histoire. Puisque Zdzislaw Beksinski a toute sa vie enregistré, sur magnétophone puis en vidéo, la vie de sa famille, le film est aussi fait de reconstitutions de ces bandes documentaires, dont la date s’inscrit sur l’écran. On pense au soulèvement de Gdansk, à l’interdiction de Solidarnosc, à l’effondrement du Mur, mais les gens sur l’écran s’en moquent. Interrogé sur le caractère post-apocalyptique de ses tableaux surréalistes, le peintre, né sur les champs de mort de Pologne orientale, s’en tire par une pirouette. Son fils, qui initie la jeunesse polonaise au rock anglo-saxon, passe de fait du statut de rebelle à celui d’agent de l’empire, mais, là encore, cette observation est laissée aux bons soins du public.
Ce qui fait l’essence de ce film mêlant matériau documentaire (la vidéo qui se fait de plus en plus présente) et science très maîtrisée du cadre (Matuszynski se sert presque aussi bien des couloirs, corridors et vestibules que Martin Scorsese) est finalement très humain : cette faculté à vouloir vivre ensemble malgré le mal que l’on se fait. La solidité du béton n’empêche pas la fragilité de la chair.


THE LAST FAMILY - Bande-Annonce // Au cinéma le 17 janvier from POTEMKINE FILMS on Vimeo.

Film polonais de Jan P. Matuszynski. Avec Andrzej Seweryn, Dawid Ogrodnik, Aleksandra Konieczna (2 h 03). Sur le web : www.potemkine.fr/Potemkine-film, www.facebook.com/Potemkine.Films

Les sorties cinéma de la semaine (mercredi 16 janvier)
The last family, film polonais de Jan P. Matuszynski (à ne pas manquer)Alice Comedies volume 2, programme de quatre courts-métrages américains de Walt Disney (à voir)Enquête au paradis, documentaire français et algérien de Merzak Allouache (à voir)3 Billboards, les panneaux de la vengeance, film américain de Martin McDonagh (à voir)La surface de réparation, film français de Chris Régin (à voir)Ami-Ami, film français de Victor Saint Macary (à voir)Le rire de ma mère, film français de Colombe Savignac et Pascal Ralite (pourquoi pas)Last Flag Flying, film américain de Richard Linklater (pourquoi pas)In the fade, film allemand de Fatih Akin (on peut éviter)L’Enfant de Goa, film indien, hollandais et français de Miransha Naïk (on peut éviter)Brillantissime, film français de Michèle Laroque (on peut éviter)La juste route, film hongrois de Ferenc Török (on peut éviter)
Nous n’avons pas pu voir
Femme et mari, film italien de Simone GodanoNotre créativité oubliée, film français de Etienne GaryTrois Silences, film français de Diane Rudychenko, Nilolaus Roche-Kresse24h Limit, film américain de Brian SmrzWinter War, film français de David Aboucaya





                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-10"> ¤ Une série de courts-métrages mêlant personnages animés et réels, ressortent en salle.
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« Alice Comedies 2 » : Walt Disney en chair et en os

Une série de courts-métrages mêlant personnages animés et réels, ressortent en salle.



Le Monde
 |    17.01.2018 à 09h12
    |

                            Mathieu Macheret








                        



   


L’avis du « Monde » - A voir
Grâce au distributeur Malavida, excavateur de pépites méconnues, les Alice Comedies reviennent sur les écrans avec un nouveau programme de quatre épisodes. Sous ce nom se cache une série de courts-métrages (56 au compteur) réalisés par le célèbre Walt Disney entre 1923 et 1927, lors de ses ­débuts à Hollywood, avec le concours de l’animateur Ub Iwerks, son associé. Ils mettent en scène le personnage d’Alice, une petite fille hardie – incarnée par différentes interprètes (Virginia Davis, Margie Gay ou Lois Hardwick) – projetée dans un bestiaire de toons turbulents, en référence à l’héroïne de Lewis Caroll. Ces petits films, issus de la période du muet, ont cette particularité de reposer sur une technique composite, mélangeant avec habileté l’animation et les prises de vues réelles.
Une extension des domaines du jeu et de l’imaginaire
La rencontre entre Alice, filmée en chair et en os, et les toons polymorphes peut avoir lieu soit dans la parenthèse d’un rêve (Jour de pêche, 1924, qui commence comme un épisode des Petites Canailles), soit plus directement dans le monde parodique du dessin animé, où la petite fille surgit chaque fois sous des costumes différents, comme une héroïne de western (L’Ouest moutonneux, 1926), de chapiteau (La Magie du cirque, 1927) ou de conte (Alice joueuse de flûte, 1924). Son incrustation dans l’image animée fonctionne comme une extension des domaines du jeu et de l’imaginaire. Face à Alice, chats, souris et autres créatures malléables se prêtent aux contorsions les plus loufoques, dans un abattage délirant, bien éloigné de l’univers normatif auquel est associée aujourd’hui la marque Disney. Le charme primitif et la facture inventive de ces courtes bandes sont restés intacts à travers les âges. Parents et ­enfants en redemandent.

Courts-métrages américains de Walt Disney. Avec Virginia Davis, Margie Gay ou Lois Hardwick (40 min). Sur le web : www.malavidafilms.com/cinema/alicecomedies2



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-11"> ¤ En Algérie, Merzak Allouache scrute un mythe propagé au-delà du salafisme.
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« Enquête au paradis » : les 72 vierges du désastre

En Algérie, Merzak Allouache scrute un mythe propagé au-delà du salafisme.



Le Monde
 |    17.01.2018 à 09h11
 • Mis à jour le
17.01.2018 à 10h27
    |

            Jacques Mandelbaum








                        



   


L’avis du « Monde » - A voir
Retour de Merzak Allouache, 73 ans, pugnace comme jamais, sur les écrans. D’aussi loin qu’on se souvienne, l’homme navigue au gré d’une histoire violente entre l’Algérie, son pays natal, et la France, où il a effectué une partie de sa formation, et même de sa carrière. Le genre de l’artiste est frontal, sans ambages, plus particulièrement allergique à l’intolérance et à l’intégrisme. Un rentre-dedans qui passe par des formes éclectiques, du documentaire à la fiction, de la comédie au film à charge. Mentionnons pour mémoire Omar Gatlato (merveilleux premier long-métrage algérien, 1976), Bab El-Oued City (1994), Chouchou (2003), Les Terrasses (2013).

        Lire aussi le compte-rendu :
         

          Les jeunes cinéastes algériens en plein bouillonnement



Enquête au paradis est un documentaire fictionnalisé. Entendons par là que l’essentiel y procède d’une enquête classique, mais que la personne qui la mène est une actrice interprétant le rôle d’une journaliste. A franchement parler, on ne voit pas en quoi ce dispositif, qui ne parvient pas à constituer tout à fait la médiatrice en personnage, apporte davantage au film qu’un documentaire qui aurait été mené par le cinéaste en son nom propre, ou aux côtés d’une véritable journaliste. Il faut croire qu’il était plus envisageable pour le réalisateur de procéder par ce dispositif de médiation. Il est aussi probable que Merzak Allouache souhaitait une femme dans ce rôle, eu égard à la teneur du film.
Laquelle consiste en une succession de rencontres focalisées sur la croyance de l’islam en ce fameux paradis doté de vierges rétribuant généreusement au ciel les hommes qui se seront sacrifiés sur terre pour leur dieu. La question s’adresse, de manière très différente, d’ailleurs, à trois types d’interlocuteurs.
Sensualité « sans Nivea »
D’abord aux propagateurs de la doctrine, qui n’apparaissent qu’à travers des extraits de cassettes de prédicateurs salafistes brodant autour du thème de manière parfois stupéfiante, l’un d’entre eux s’enflammant à la description détaillée de la sensualité des vierges, obtenue, dit-il, « sans Nivea ». Puis un reportage au pied levé interroge « l’homme de la rue » (de l’adolescent dans un centre Internet au vétéran sur un marché), témoignant de l’imprégnation de cette croyance parmi le peuple.
Enfin, l’entretien classique est mené sur le terrain de la rationalité, auprès de personnalités susceptibles d’apporter, depuis leur position particulière, une explication à ce phénomène. La sphère intellectuelle est ici particulièrement sollicitée (depuis les écrivains Kamel Daoud et Boualem Sansal jusqu’à l’actrice Biyouna, en passant par le militant socialiste Fethi Gherras), dont les propos forts et libres, la dignité de pensée et la lucidité pénétrante impressionnent. Deux témoignages sortent nettement de cette épure, et ne sont pas loin de constituer l’élément le plus saillant du film. Il s’agit d’un militant salafiste repenti et d’un cheikh d’obédience malikite. Emises depuis l’intérieur de l’islam, leurs paroles critiquant d’un point de vue différent la dérive fondamentaliste, n’en ont que plus de poids.
Interprétation pour sourire : non pas 72 jeunes vierges, mais une seule vierge de 72 ans
Autant d’interventions qui convergent dans la description d’un désastre politique, culturel et social de grande envergure dans une Algérie contemporaine où le multiculturalisme, le progressisme et la démocratie ont été laminés par un pouvoir autocratique.
Place aurait ainsi été faite, à compter des années 1990, à l’arrivée massive de l’argent et des médias d’Arabie saoudite au service du wahhabisme (1 200 chaînes satellitaires religieuses diffusent en Algérie, contre 30 chaînes laïques). Soit l’instrumentalisation délibérée de la stagnation et de la frustration sociales pour mieux conforter les pouvoirs en place ; la mise entre parenthèses du monde réel au profit d’une rétribution post mortem ; l’enseignement d’une théologie de la mort qui sape l’envie de vivre et de se battre pour améliorer l’ici-bas. L’inverse, on l’aura compris, de ce que fait ce documentaire pétri de vitalité, qui propose in fine, histoire d’en sourire quand même, la possibilité d’une mauvaise interprétation du texte sacré sur le paradis, où attendrait en réalité pour chaque homme non pas 72 jeunes vierges, mais une seule vierge de 72 ans…


BANDE ANNONCE_ENQUETE AU PARADIS SORTIE LE 17 JANVIER 2018 from Zootrope Films on Vimeo.

Film franco-algérien de Merzak Allouache. Avec Salima Abada, Younès Sabeur Chérif, Aïda Kechoud (2 h 15). Sur le web : www.facebook.com/Enqueteauparadis, www.zootropefilms.fr

Les sorties cinéma de la semaine (mercredi 16 janvier)
The last family, film polonais de Jan P. Matuszynski (à ne pas manquer)Alice Comedies volume 2, programme de quatre courts-métrages américains de Walt Disney (à voir)Enquête au paradis, documentaire français et algérien de Merzak Allouache (à voir)3 Billboards, les panneaux de la vengeance, film américain de Martin McDonagh (à voir)La surface de réparation, film français de Chris Régin (à voir)Ami-Ami, film français de Victor Saint Macary (à voir)Le rire de ma mère, film français de Colombe Savignac et Pascal Ralite (pourquoi pas)Last Flag Flying, film américain de Richard Linklater (pourquoi pas)In the fade, film allemand de Fatih Akin (on peut éviter)L’Enfant de Goa, film indien, hollandais et français de Miransha Naïk (on peut éviter)Brillantissime, film français de Michèle Laroque (on peut éviter)La juste route, film hongrois de Ferenc Török (on peut éviter)
Nous n’avons pas pu voir
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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-12"> ¤ Le film de Martin Mc­Donagh approche le formalisme à l’ironie mordante des frères Coen, mais fait aussi preuve d’une certaine désinvolture.
<filname="PROF-0,2-3476,1-0,0-12"> ¤                     
                                                

«  3 Billboards » : une soif de vengeance désespérée

Le film de Martin Mc­Donagh approche le formalisme à l’ironie mordante des frères Coen, mais fait aussi preuve d’une certaine désinvolture.



Le Monde
 |    17.01.2018 à 09h00
 • Mis à jour le
17.01.2018 à 12h15
    |

            Isabelle Regnier








                        



   


L’avis du « Monde » - A voir
En choisissant de remettre un Golden Globe à Frances McDormand pour sa performance dans 3 Billboards, Les panneaux de la vengeance, les journalistes de la Foreign Press ­Association, ne se sont pas trompés. S’il y avait un prix à décerner à cette comédie noire qui galvanisa, en septembre 2017, les publics de Venise et de Toronto, c’était bien celui de la meilleure actrice. Le rôle qu’elle y interprète, celui de Mildred Hayes, une femme qui se bat pour que justice soit rendue à sa fille, violée et assassinée quelques mois plus tôt, aurait sans doute pu être joué par d’autres. Mais le projet de Martin Mc­Donagh, cinéaste irlandais, ­remarqué en 2008 pour Bons baisers de Bruges et auteur, en 2013, de Sept psychopathes, qui se voit aujourd’hui propulsé dans le grand bain de l’auteurisme chic à l’américaine, en aurait été altéré.
Exercice d’admiration du ­cinéma des frères Coen, 3 Billboards en épouse le formalisme, les grands motifs et l’ironie mordante, tandis qu’il puise dans Fargo ses éléments de contexte : le décor – une petite ville perdue dans les grands espaces du Midwest –, des personnages de flics dont le niveau d’incompétence, de je-m’en-foutisme et de conservatisme obtus, a fait sauter tous les compteurs, et l’actrice Frances McDormand. La mémoire de l’inoubliable fliquette qu’elle y jouait alors, héroïne butée, futée et sans chichi, noyée dans un océan d’inculture et de bêtise, ­infuse le film de McDonagh, dont elle est, pour cette raison même, à la fois l’âme et le socle.
La mécanique scénaristique, bien huilée de bout en bout, entraîne le film dans un flot ­rocambolesque
L’histoire commence quand Mildred Hayes, découvrant trois immenses panneaux publicitaires en voie de décomposition sur le bord d’une route de campagne, que plus personne n’emprunte depuis qu’une autoroute a été construite à côté, a l’idée de les louer à l’année pour y inscrire, en lettres noires sur fond carmin, un message scindé en trois parties : « Violée pendant qu’elle agonisait il y a plusieurs mois/Toujours pas la moindre arrestation/Pourquoi, shérif Willoughby ? » Le genre d’événement incongrus qui, chez les frères Coen, déclenche une cascade de catastrophes dont chacune ­relance le scénario dans une nouvelle direction, toujours plus surprenante. La tonalité abrasive du message de Mildred, qui hurle l’horreur des faits pour empêcher que ce crime dont a été victime sa fille se dissolve comme tant d’autres dans le silence et l’oubli, donne à ce début de film une tonalité féministe offensive, que renforcent les allégations sur les violences racistes commises dans l’enceinte du commissariat par un certain Dixon (Sam Rockwell).
Deus ex machina
Mais cette veine politique va tendanciellement s’effriter. A mesure que la personnalité du shérif Willoughby (Woody Harrelson) se révèle très différente de celle de l’affreux redneck Dixon, le geste de Mildred se teinte d’une forme d’arbitraire qui, s’il peut se justifier par la cause qu’elle défend, n’en ­paraît pas moins cruel. Père de ­famille et mari aimant, modèle d’intelligence et de bonté, Willoughby se sait atteint d’un cancer ­incurable. Non contente d’avoir déclenché l’ire de la police, Mildred se met ainsi toute la ville à dos. Il n’y a guère que Red Welby, le publicitaire qui lui a loué ses panneaux (formidable Caleb Landry Jones, vu dans Twin Peaks, Get Out et The Florida Project), et James, le nain de la ville qui en pince pour elle (Peter Dinklage, alias Tyrion Lannister de la série Game of Thrones), pour prendre son parti.

        Lire aussi l’entretien :
         

          Martin McDonagh, étonnamment dans l’air du temps



Electrisée par des décharges de violence intenses, étoffée par une galerie de personnages hauts en couleur, la mécanique scénaristique, bien huilée de bout en bout, entraîne le film dans un flot ­rocambolesque où la brave Mildred, confite de douleur et de ­culpabilité, s’abandonne à une soif de vengeance désespérée. Mais, à la différence des frères Coen, qui poussent généralement la noirceur absurde à sa limite ­ultime, Martin McDonagh choisit de la dissoudre au bout d’un ­moment dans un bain de miel, à la faveur d’une série de deus ex ­machina inattendus.
Si les choses se révèlent moins évidentes qu’elles n’y paraissent, elles ne sont pas complexes pour autant. C’est là la limite de ce film qui, comme les précédents de l’auteur, masque sous la virtuosité une relative désinvolture. En troquant ce qui ressemblait à un point de vue politique acéré contre un bréviaire moral simpliste (la haine de l’autre étant fille de la souffrance, il suffirait de renoncer à sa colère pour faire du monde un lieu de justice et d’harmonie), le cinéaste se débarrasse à bon compte des questions brûlantes qu’il soulevait au début de son film.

Film américain de Martin McDonagh. Avec Frances McDormand, Woody Harrelson, Sam Rockwell (1 h 55). Sur le web : www.facebook.com/ThreeBillboardsOutsideEbbing,

Les sorties cinéma de la semaine (mercredi 16 janvier)
The last family, film polonais de Jan P. Matuszynski (à ne pas manquer)Alice Comedies volume 2, programme de quatre courts-métrages américains de Walt Disney (à voir)Enquête au paradis, documentaire français et algérien de Merzak Allouache (à voir)3 Billboards, les panneaux de la vengeance, film américain de Martin McDonagh (à voir)La surface de réparation, film français de Chris Régin (à voir)Ami-Ami, film français de Victor Saint Macary (à voir)Le rire de ma mère, film français de Colombe Savignac et Pascal Ralite (pourquoi pas)Last Flag Flying, film américain de Richard Linklater (pourquoi pas)In the fade, film allemand de Fatih Akin (on peut éviter)L’Enfant de Goa, film indien, hollandais et français de Miransha Naïk (on peut éviter)Brillantissime, film français de Michèle Laroque (on peut éviter)La juste route, film hongrois de Ferenc Török (on peut éviter)
Nous n’avons pas pu voir
Femme et mari, film italien de Simone GodanoNotre créativité oubliée, film français de Etienne GaryTrois Silences, film français de Diane Rudychenko, Nilolaus Roche-Kresse24h Limit, film américain de Brian SmrzWinter War, film français de David Aboucaya





                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-13"> ¤ Une comédie romantique générationnelle, portée par l’irrésistible William Lebghil.
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« Ami-ami » : mes amis, mes amours, mes emmerdes...

Une comédie romantique générationnelle, portée par l’irrésistible William Lebghil.



Le Monde
 |    17.01.2018 à 08h59
 • Mis à jour le
17.01.2018 à 18h09
    |

                            Murielle Joudet








                        



   


L’avis du Monde - A voir
Après une rupture douloureuse, Vincent (William Lebghil) décide de faire une croix sur l’amour et s’installe en colocation avec sa meilleure amie Néféli (Margot Bancilhon) pour qui il n’a aucun secret. Jusqu’au jour où il fait la rencontre de Julie (Camille Razat) dans un supermarché et décide de dissimuler à sa colocataire cette relation amoureuse naissante, au risque de la rendre jalouse… Comédie romantique générationnelle à la bande-son composée par des tubes de la nouvelle pop française (Juliette Armanet, La Femme…), Ami-ami témoigne d’un vrai souci d’écriture (quatre scénaristes crédités dont Thomas Cailley, réalisateur du remarqué Les Combattants) et de mise en scène qui le distingue du tout-venant de la comédie vulgaire et baclée.
Malgré ce soin et quelques belles idées, le film a pourtant du mal à faire oublier l’artificialité de son scénario et du dilemme qui le structure. On se souviendra tout de même du choix judicieux de William Lebghil pour incarner Vincent, acteur qu’on a pu croiser dans Le Sens de la fête d’Olivier Nakache et Eric Toledano. Sa présence apporte au film un mélange de légèreté malicieuse et de normalité infiniment sympathique qui confirme son statut de figure montante du cinéma français.

Comédie française de Victor Saint Macary. Avec William Lebghil, Margot Bancilhon, Camille Razat. 1h26. Sur le web : www.le-pacte.com, www.facebook.com/LEPACTE/

Les sorties cinéma de la semaine (mercredi 16 janvier)
The last family, film polonais de Jan P. Matuszynski (à ne pas manquer)Alice Comedies volume 2, programme de quatre courts-métrages américains de Walt Disney (à voir)Enquête au paradis, documentaire français et algérien de Merzak Allouache (à voir)3 Billboards, les panneaux de la vengeance, film américain de Martin McDonagh (à voir)La surface de réparation, film français de Chris Régin (à voir)Ami-Ami, film français de Victor Saint Macary (à voir)Le rire de ma mère, film français de Colombe Savignac et Pascal Ralite (pourquoi pas)Last Flag Flying, film américain de Richard Linklater (pourquoi pas)In the fade, film allemand de Fatih Akin (on peut éviter)L’Enfant de Goa, film indien, hollandais et français de Miransha Naïk (on peut éviter)Brillantissime, film français de Michèle Laroque (on peut éviter)La juste route, film hongrois de Ferenc Török (on peut éviter)
Nous n’avons pas pu voir
Femme et mari, film italien de Simone GodanoNotre créativité oubliée, film français de Etienne GaryTrois Silences, film français de Diane Rudychenko, Nilolaus Roche-Kresse24h Limit, film américain de Brian SmrzWinter War, film français de David Aboucaya





                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-14"> ¤ Dans ce film sans subtilité, Diane Kruger, prix d’interprétation féminine à Cannes, incarne une femme qui cherche à se venger après la mort de son mari et de son fils.
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« In the fade » : la vengeance dans le vide

Dans ce film sans subtilité, Diane Kruger, prix d’interprétation féminine à Cannes, incarne une femme qui cherche à se venger après la mort de son mari et de son fils.



Le Monde
 |    17.01.2018 à 08h57
    |

            Jacques Mandelbaum








                        



   


L’avis du « Monde » - On peut éviter
Représentant de la diversité du cinéma allemand dans la catégorie auteur grand public, porteur des voix et de la représentation d’une immigration turque dont il est lui-même issu, Fatih Akin est l’auteur d’une œuvre frontale sur des sujet de préférence explosifs à laquelle aura toujours manqué, à notre humble avis, un tant soit peu de trouble et de subtilité. Délaissant dans In the fade la tentation baroque qui court dans ses films au profit d’un traitement plus naturaliste de l’intrigue, il met en scène ici la vengeance d’une femme, Katja, interprétée par Diane Kruger (prix d’interprétation féminine à Cannes).
Un récit schématisé à outrance
Celle-ci perd son mari, d’origine kurde, et son petit garçon, dans un attentat à la bombe organisé par un couple de jeunes néo-nazis. Tandis que la police cherche d’abord du côté d’un règlement de comptes dans les milieux de l’immigration et que les familles mixtes se déchirent autour de la jeune femme, la justice finit par faire comparaître les deux suspects, mais les acquitte au bénéfice du doute. Katja part alors à leur recherche pour rendre elle-même la justice. Hélas, le réalisateur schématise à tel point son récit qu’il lui ôte à peu près tout intérêt. Personnages mono-bloc (vengeresse impavide, assassins cyniques, familles sordides), traitement lapidaire de l’histoire (aucune tentative de compréhension des phénomènes), dramaturgie erratique (film de prison ? film de procès ? film de vengeance ? ), le tout enveloppé dans une esthétique d’une laideur consommée.

        Lire aussi la critique :
         

          Cannes 2017 : « Aus dem Nichts/In the Fade », Diane vengeresse



In fine, on a le sentiment qu’une double contrainte semble avoir détruit le film de l’intérieur. La tentation, d’une part, d’un film de vengeance épuré dont le trajet ne s’embarrasse pas de mots. Le désir d’exprimer, d’autre part, l’inquiétude face à la montée d’un néo-nazisme allemand sous-estimé par les autorités. Refusant de trancher, Fatih Akin s’est un peu pris les pieds dans le tapis, sans même parler de la fin problématique du film, qui nécessiterait à elle seule un débat sur les implications morales et politiques qu’elle induit.

Film allemand de Fatih Akin. Avec Diane Kruger, Denis Moschitto, Johannes Krisch. (1h46). Sur le web : www.pathefilms.com/film/inthefade, www.facebook.com/InTheFade.lefilm



                            


                        

                        


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« L’Enfant de Goa » : en Inde, l’horreur dans les plantations

Ce premier long-métrage dénonce maladroitement le sort atroce d’immigrés exploités.



Le Monde
 |    17.01.2018 à 08h56
    |

                            Mathieu Macheret








                        



   


L’avis du « Monde » - on peut éviter 
Dans le village de Borimbol, à proximité de Goa, en Inde, Santosh, un adolescent de 16 ans, vit au côté de sa grand-mère sous la férule de Juze, un propriétaire terrien et marchand de sommeil qui les emploie dans sa plantation d’anacardiers, parmi toute une population immigrée constituant une main-d’œuvre à bas prix. Mais Santosh multiplie les entorses aux ordres pour se rendre en cachette à l’école et passer ses examens. Bientôt dénoncé, le garçon et son aïeule ne tardent pas à subir les représailles du tyran.
Le film se réduit vite à un pénible catalogue d’atrocités - passages à tabac, humiliations, sévices sexuels, tout y passe
Ce premier long-métrage de Miransha Naïk, jeune réalisateur indien originaire de Goa, entend mettre en lumière cette exploitation quasi féodale des plus démunis comme l’envers honteux d’une région au tourisme florissant, dont les plages paradisiaques, accueillant bon nombre d’Occidentaux, s’étendent non loin de là à perte de vue. Mais sa rhétorique dénonciatrice est d’une telle littéralité que le film se réduit vite à un pénible catalogue d’atrocités – passages à tabac, humiliations, sévices sexuels, tout y passe. Les personnages et les situations qu’ils traversent sont voués à servir mécaniquement un propos, sans jamais avoir l’occasion d’exister pour eux-mêmes.
La mise en scène, quant à elle, oscille entre plans fixes et travellings, dans une sorte d’indolence maladroite, ne prenant aucune mesure des événements souvent terribles qu’elle décrit. Certaines scènes montrant Santosh – et le jeune acteur qui l’incarne – dans des actes de prostitution infantile, se présentent avec une frontalité esthétisante qui suscite un sérieux embarras. On ne comprend pas, au moment de filmer des actes aussi graves, comment le réalisateur a pu faire preuve d’une telle inconséquence. Et l’on regrette que le « vouloir dire » l’emporte ici sur le « savoir montrer ».


L'ENFANT DE GOA FA from Sophie Dulac Productions on Vimeo.

Film indien, hollandais et français de Miransha Naïk. Avec Rushikesh Naïk, Sudesh Bhise, Prashanti Talpankar, Gauri Kamat (1 h 34). Sur le web : www.sddistribution.fr, www.facebook.com/sophiedulacdistribution



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-16"> ¤ La fille adoptive du cinéaste américain, jusqu’ici épargné par le mouvement #metoo, a relancé ses accusations d’abus sexuels tandis que l’acteur franco-américain Timothée Chalamet a pris ses distances avec le réalisateur.
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Harcèlement sexuel : la controverse renaît autour de Woody Allen

La fille adoptive du cinéaste américain, jusqu’ici épargné par le mouvement #metoo, a relancé ses accusations d’abus sexuels tandis que l’acteur franco-américain Timothée Chalamet a pris ses distances avec le réalisateur.



Le Monde
 |    17.01.2018 à 08h31
 • Mis à jour le
18.01.2018 à 14h54
   





                        


Les acteurs prennent leurs distances avec le célèbre réalisateur Woody Allen, accusé d’agression sexuelle par sa fille adoptive, Dylan Farrow. A 82 ans, Woody Allen se retrouve dans la tempête des accusations de harcèlement sexuel, plusieurs célébrités refusant de travailler avec lui tandis que sa fille adoptive relançait ses accusations d’abus sexuels.
Le réalisateur new-yorkais, l’un des plus prolifiques de l’histoire du cinéma avec une cinquantaine de films réalisés en autant d’années de carrière, avait globalement échappé jusqu’ici aux foudres du mouvement anti-harcèlement qui a fait tomber ou a ébranlé de nombreux acteurs et réalisateurs depuis les révélations contre le producteur Harvey Weinstein : de Kevin Spacey à Brett Ratner, en passant par Dustin Hoffman ou James Franco.
Nouvelles accusations de Dylan Farrow
Mais cette semaine, la tempête le menace à son tour, alors que refont surface des accusations de sa fille adoptive Dylan Farrow, qui l’accuse depuis 1992 d’avoir abusée d’elle sexuellement quand elle avait 7 ans. Le réalisateur de Manhattan ou tout récemment de Wonder Wheel a toujours démenti ces accusations pour lesquelles il n’a jamais été poursuivi.
« Je dis la vérité et je pense que c’est important que les gens se rendent compte qu’une victime, une accusatrice, compte. Que cela suffit à changer les choses », déclare Dylan Farrow, 32 ans aujourd’hui, dans les premiers extraits de cet entretien diffusé mercredi par la chaîne CBS.
« Pourquoi ne serais-je pas en colère ? Pourquoi ne serais-je pas blessée ? Pourquoi ne serais-je pas scandalisée après toutes ces années où j’ai été ignorée, où on ne m’a pas crue ? », ajoute celle dont le frère journaliste, Ronan Farrow, a été à la pointe des révélations sur Weinstein.
Des accusations à nouveau démenties par Woody Allen, jeudi, lequel a accusé la famille Farrow de « profiter cyniquement » du mouvement anti-harcèlement pour relancer « des allégations discréditées ». Le nouveau démenti du réalisateur a été envoyé à l’Agence France-Presse par son agente au moment où la chaîne CBS diffusait la longue interview de Dylan Farrow.
Thimothée Chalamet regrette d’avoir travaillé avec Woody Allen
Avant même la diffusion de cet entretien, et après Jessica Chastain, Susan Sarandon, Rebecca Hall ou encore Greta Gerwig, c’est l’acteur franco-américain Timothée Chalamet, révélé ces derniers mois dans des films comme Call Me by Your Name ou Lady Bird et nouvelle coqueluche d’Hollywood, qui déclarait sur son compte Instagram regretter d’avoir travaillé avec Woody Allen sur son nouveau film, à sortir cette année,  A Rainy Day in New York.
« Je ne veux pas tirer profit de mon travail sur ce film », a souligné la nouvelle star de 22 ans, en annonçant faire don de son salaire pour ce film à trois associations d’aide aux victimes de harcèlement sexuel, dont Time’s Up, créée début janvier par un collectif de plus de 300 femmes de Hollywood.
Le magazine spécialisé US Weekly a indiqué mercredi que la co-star de Chalamet dans A Rainy Day in New York, Selena Gomez, avait elle aussi fait un don « important » à Time’s Up.

        Lire aussi :
         

                « Time’s Up » à Hollywood, un fonds pour soutenir toutes les victimes de harcèlement sexuel



Pas de réaction de Woody Allen
Peu après la cérémonie des Golden Globes, début janvier, et suite à la publication d’une tribune de Dylan Farrow dans le Los Angeles Times, la réalisatrice de Lady Bird, Greta Gerwig, qui a remporté le Golden Globe de la meilleure comédie, exprimait elle aussi ses regrets d’avoir joué dans son film de 2012, To Rome with Love. « Si j’avais su alors ce que je sais aujourd’hui, je n’aurais pas joué dans ce film », a-t-elle confié au New York Times, en ajoutant qu’elle ne retravaillerait plus avec lui.
Le 13 novembre, l’actrice Ellen Page, qui jouait également dans To Rome with Love, avait déclaré qu’avoir tourné pour Woody Allen était « la plus grosse erreur de [sa] carrière ».
« J’ai honte d’avoir dit oui. Je me cherchais, je n’avais pas autant d’assurance qu’aujourd’hui et je ressentais beaucoup de pression, on me disait : “Tu ne peux pas dire non à un film de Woody Allen.” En fin de compte, c’est moi qui choisis mes films, et là, j’ai fait le mauvais choix. »
De son côté, l’acteur Alec Baldwin a pris la défense de Woody Allen. « Deux Etats ont enquêté sur Woody Allen et ne l’ont pas inculpé », a-t-il déclaré. Il évoque un dénigrement du travail et de la personnalité du réalisateur.
Woody Allen – en pleine tournée de promotion pour son film Wonder Wheel sorti à la mi-décembre aux États-Unis et attendu sur les écrans français le 31 janvier – n’a pas réagi pour l’instant à cette nouvelle polémique et son agente n’a pas immédiatement répondu à une sollicitation de l’AFP. En février 2014, dans une lettre ouverte publiée dans le New York Times, il affirmait déjà ne pas avoir agressé sa fille. « Je l’aime et j’espère qu’un jour, elle comprendra à quel point elle a été trompée au sujet de son père aimant et exploitée par une mère plus motivée par sa colère débordante que par le bien-être de sa fille », déclarait-il.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-17"> ¤ Chaque mercredi, dans « La Matinale », les critiques du « Monde » présentent les meilleurs films à découvrir sur grand écran.
<filname="PROF-0,2-3476,1-0,0-17"> ¤                     


Article sélectionné dans La Matinale du 16/01/2018
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Vengeance sudiste et toons de l’âge d’or : notre sélection cinéma

Chaque mercredi, dans « La Matinale », les critiques du « Monde » présentent les meilleurs films à découvrir sur grand écran.



Le Monde
 |    17.01.2018 à 06h37
   





                        



   


LES CHOIX DE LA MATINALE
Au fil des nominations et des cérémonies, les studios américains égrènent les films candidats à l’Oscar. Cette semaine, c’est au tour de l’Anglo-Irlandais Martin McDonagh d’ouvrir le bal des sorties. Il est accompagné d’une comédie polonaise si noire qu’elle ressemble à une tragédie, d’un semi-documentaire algérien et de deux classiques de l’âge d’or hollywoodien.
Les barbecues de la vengeance : « Three Billboards »

Le racisme policier, le courage qu’il faut à une femme pour affronter l’autorité patriarcale : les thèmes de Three Billboards semblent jaillis de l’actualité. Pourtant, le projet de l’auteur anglo-irlandais Martin McDonagh est vieux de plusieurs années, et le tempérament de ce dramaturge à succès devenu réalisateur (Bons Baisers de Bruges, 7 Psychopaths) ne le porte guère aux bons sentiments. Si bien que Three Billboards, dont la trajectoire semblait toute tracée, fait des embardées imprévisibles et réjouissantes, sous la conduite magistrale (car on peut être une maestra des embardées), de Frances McDormand, qui donne une dimension épique et comique au personnage de Mildred Hays, la mère endeuillée qui fait apposer trois grands panneaux à l’entrée de la ville d’Ebbing (Missouri) pour reprocher à la police locale de ne pas en avoir fait assez pour retrouver les violeurs et assassins de sa fille.
Comme, en plus, les policiers d’Ebbing ont le privilège d’être interprétés par Woody Harrelson (le chef) et Sam Rockwell (son subordonné raciste et brutal), on ne perd pas une réplique des dialogues brillants de Martin McDonagh. En toute logique, le film a déjà accumulé quelques Golden Globes et semble bien placé pour les Oscars. Thomas Sotinel
Film américain de Martin McDonagh. Avec Frances McDormand, Woody Harrelson, Sam Rockwell, Peter Dinklage (1 h 55).
Sit-tragi-com à la polonaise : « The Last Family »

Pour un public polonais, l’histoire de la famille Beksinski – aussi extraordinaire (chaque membre du clan est affligé d’une personnalité hors du commun) que banale (ce qui ne les empêche pas de s’empêtrer dans des conflits communs à toutes les familles) – prend un relief particulier. Zdislaw Beksinski était un peintre fameux, son fils Tomasz une personnalité des médias à la fin du siècle dernier, Zofia, leur mère et épouse, une intellectuelle d’un certain renom. Arrivés sur un écran parisien, les Beksinski sont de parfaits inconnus, et le déploiement de leur destin bénéficie d’un effet de surprise dont ont été privés leurs compatriotes.
Cet étonnement, qui s’installe dès le début du film pour ne s’éteindre qu’au dernier plan, ne tient pas seulement à la singularité du destin de cette famille, frappée par une série de catastrophes dont l’accumulation fait hésiter entre le rire jaune et l’affliction. Jan P. Matuszinski le met en scène avec une violence méthodique nuancée par un humour étonnamment chaleureux et des partis pris de mise en scène dont l’audace s’avère payante : une fois que l’on émerge de la fascination (certes un peu morbide) que suscite l’histoire des Beksinski, on s’aperçoit que cet état proche de l’hypnose résulte d’une étonnante maîtrise du cinéma. T.S.
Film polonais de Jan P. Matuszynski, avec Andrzej Seweryn, Dawid Ogrodnik, Aleksandra Konieczna (2 h 03).
Les soixante-douze vierges du désastre : « Enquête au paradis »

Retour de Merzak Allouache, 73 ans, pugnace comme jamais, sur les écrans. D’aussi loin qu’on se souvienne, l’homme navigue au gré d’une histoire violente entre l’Algérie, son pays natal, et la France, où il a effectué une partie de sa carrière. Enquête au paradis est un documentaire fictionnalisé. Entendons par là que l’essentiel y procède d’une enquête classique, mais que la personne qui la mène est une actrice interprétant le rôle d’une journaliste. Laquelle consiste en une succession de rencontres focalisées sur la croyance en ce fameux paradis doté de vierges rétribuant généreusement au ciel les hommes qui se seront sacrifiés sur terre pour leur dieu.
La question s’adresse, de manière très différente d’ailleurs, à trois types d’interlocuteurs : propagateurs de la doctrine, qui n’apparaissent qu’à travers des extraits de cassettes de prêche ; l’homme de la rue – adolescent connecté ou vieillard ; intellectuels susceptibles d’apporter, depuis leur position particulière, une explication à ce phénomène (depuis les écrivains Kamel Daoud et Boualem Sansal jusqu’à l’actrice Biyouna, en passant par le militant socialiste Fethi Gherras). Autant d’interventions qui convergent dans la description d’un désastre politique, culturel et social de grande envergure dans une Algérie contemporaine où le multiculturalisme, le progressisme et la démocratie ont été laminés, entre autres par l’enseignement d’une théologie de la mort qui sape l’envie de vivre et de se battre pour améliorer l’ici-bas. L’inverse, on l’aura compris, de ce que fait ce documentaire pétri de vitalité. Jacques Mandelbaum
Film franco-algérien de Merzak Allouache. Avec Salima Abada, Younès Sabeur Chérif, Aïda Kechoud (2 h 15).
Des vaches et des hommes : « La Rivière rouge »

Si vous voulez voir un film à grand spectacle dont le personnage secondaire le plus attachant est nommé Groot et que vous avez déjà vu les deux épisodes des Gardiens de la galaxie, prenez donc un billet pour La Rivière rouge d’Howard Hawks qui revient dans les salles, soixante ans après sa première. Ce Groot-là est un vieux cow-boy, qui a pour prénom Nadine et pour trogne celle de Walter Brennan, vieux complice d’Howard Hawks.
Vieil homme édenté, Brennan incarne le fidèle compagnon de la star de La Rivière rouge, John Wayne, qui, lui, tient le rôle d’un pionnier établi au Texas au milieu du XIXe siècle, devenu un magnat de l’élevage. L’essentiel du film est consacré à l’épique transhumance d’un troupeau de milliers de bovins (ce qui fit dire à Hawks « Allez donc dire à 1 200 vaches ce qu’elles doivent faire ! ») de la frontière mexicaine aux premiers terminus de chemin de fer du Far West. A cette épopée infiniment spectaculaire répond la rivalité entre Thomas Dunson (Wayne), vieil homme brutal et avide, et son fils adoptif, Matt Garth (Montgomery Clift), incarnant les valeurs de réconciliation appelée à prendre la place de la brutalité qui a présidé à la conquête du territoire. Sans idéalisme, avec son sens habituel du burlesque et de la cruauté, Howard Hawks fait de ce convoi de vaches l’image de chair et de viande du destin américain. T. S.
Film américain d’Howard Hawks, avec John Wayne, Montgomery Clift, John Ireland, Walter Brennan, Joanne Dru (2 h 13)
Au temps où Walt tenait encore pinceau et crayon : « Alice Comedies 2 »

Les Alice Comedies reviennent sur les écrans avec un nouveau programme de quatre épisodes. Sous ce nom se cache une série de courts-métrages (56 au compteur) réalisés par le célèbre Walt Disney entre 1923 et 1927, lors de ses débuts à Hollywood, avec le concours de l’animateur Ub Iwerks, son associé. Ils mettent en scène le personnage d’Alice, une petite fille hardie – incarnée par différentes interprètes (Virginia Davis, Margie Gay ou Lois Hardwick) – projetée dans un bestiaire de toons turbulents, en référence à l’héroïne de Lewis Carroll. Ces petits films, issus de la période du muet, ont cette particularité de reposer sur une technique composite, mêlant avec habileté l’animation et les prises de vues réelles.
La rencontre entre Alice, filmée en chair et en os, et les toons polymorphes peut avoir lieu soit dans la parenthèse d’un rêve (Jour de pêche, 1924, qui commence comme un épisode des Petites Canailles), soit plus directement dans le monde parodique du dessin animé, où la petite fille surgit chaque fois sous des costumes différents, comme une héroïne de western (L’Ouest moutonneux, 1926), de chapiteau (La Magie du cirque, 1927) ou de conte (Alice joueuse de flûte, 1924). Le charme primitif et la facture inventive de ces courtes bandes sont restés intacts à travers les âges. Parents et ­enfants en redemandent. Mathieu Macheret
Courts-métrages américains de Walt Disney. Avec Virginia Davis, Margie Gay ou Lois Hardwick. (4 x 10 min.)



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-18"> ¤ Avec 4,44 millions d’euros, le réalisateur de « Valérian et la Cité des mille planètes » arrive en tête du palmarès réalisé par le site Cinefinances.info, devant Dany Boon et Guillaume Canet.
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Et le réalisateur français le mieux payé en 2017 est… Luc Besson

Avec 4,44 millions d’euros, le réalisateur de « Valérian et la Cité des mille planètes » arrive en tête du palmarès réalisé par le site Cinefinances.info, devant Dany Boon et Guillaume Canet.



Le Monde
 |    16.01.2018 à 10h53
 • Mis à jour le
17.01.2018 à 11h55
    |

            Nicole Vulser








                        



   


Fâcheuse coïncidence : le jour où la mini-major EuropaCorp annonce la suppression d’un quart de ses effectifs en France, lundi 15 janvier, son fondateur, Luc Besson, est distingué dans le classement des salaires des réalisateurs de films français sortis en 2017. Avec 4,44 millions d’euros, dont la moitié en salaire et le reste en minimum garanti sur ses droits d’auteurs, Luc Besson arrive en tête du palmarès réalisé par le site Cinefinances.info.
Le réalisateur de Valérian et la Cité des mille planètes est, par ailleurs, producteur de ce film à très gros budget (197,4 millions d’euros sans compter les 49 millions d’euros de frais de publicité exigés aux Etats-Unis) dont les recettes, outre-Atlantique, n’ont pas, loin s’en faut, atteint les sommets espérés pour atteindre sa rentabilité. Selon Box Office Mojo, les aventures spatiales, historiquement les plus chères pour une production indépendante française, ont engrangé 33,6 millions d’euros de recettes en France et 150,6 millions à l’international depuis leur sortie en juillet 2017.

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Dany Boon arrive en deuxième position dans ce classement, avec 3,5 millions d’euros de rémunération pour Raid dingue, qui a coûté 32,4 millions d’euros. Guillaume Canet a, lui, touché 2,5 millions d’euros pour Rock’n Roll, tandis que Christian Duguay a obtenu 1,26 million pour Un sac de billes. Grâce à Santa & Cie, un film à gros budget (28,3 millions d’euros), qui a eu la malchance de sortir le jour de la mort de Johnny Hallyday, Alain Chabat a été rémunéré 1,25 million d’euros.
« Explosion des rémunérations des réalisateurs »
Arrivent, ensuite, Olivier Marchal, avec un million d’euros pour Carbone, le duo Erik Toledano et Olivier Nakache qui a obtenu 612 000 euros pour Le Sens de la fête et Yvan Attal qui a négocié 600 000 euros pour Le Brio.

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Ce classement de Cinefinances.info – qui publie le budget de financement des films français – prouve une chose : la décision du Centre national de la cinématographie et de l’image animée (CNC), en décembre 2014, de plafonner à 990 000 euros les rémunérations dans les films français, pour tenter de contenir l’inflation galopante des budgets des films français, n’a manifestement pas produit l’effet escompté.
Selon cette étude, « on assiste à une explosion des rémunérations des réalisateurs » : les salaires et minimums garantis des dix cinéastes les mieux payés représentaient, en 2017, 42 % de l’ensemble des rémunérations perçues par les réalisateurs d’un film français, contre 23 % en 2016. De même, la moyenne des rémunérations a augmenté de 41,2 % en 2017 pour atteindre 192 000 euros.

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La part des rémunérations des réalisateurs est passée de 3,5 % à 5,5 % du budget des films l’an dernier. De plus, certains cinéastes se sont choisis eux-mêmes comme principaux interprètes de leurs longs-métrages et ont donc reçu, à l’instar de Dany Boon, Guillaume Canet, Alain Chabat et Albert Dupontel de coquets émoluments supplémentaires.
*Cinefinances.info précise que Mélanie Laurent, la réalisatrice de Plonger, ne figure pas dans le palmarès des dix cinéastes les mieux payés, contrairement à ce qui avait été précédemment indiqué. Aucune femme n’en fait donc partie.



                            


                        

                        


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Jan P. Matuszynski : « le pays s’éloigne de la démocratie »

Le réalisateur polonais de « The Last Family », s’est inspiré de la vie tragique du peintre Zdzislaw Beksinski.



Le Monde
 |    16.01.2018 à 09h13
    |

            Jacques Mandelbaum








                        



                                


                            

Ce n’est pas tous les jours qu’un film polonais digne de ce nom arrive sur nos écrans. Après Ida, de Pawel Pawlikowski (2013), c’est de nouveau le cas avec le premier long-métrage de fiction de Jan P. Matuszynski, 33 ans, formé au cinéma à l’uni­versité de Silésie, à Katowice. Inspiré de la vie du peintre polonais ­Zdzislaw Beksinski, célèbre pour ses peintures au surréalisme macabre, le film s’intéresse moins à l’artiste qu’à sa vie familiale, constamment filmée par le peintre, et tout aussi tragique que ses toiles. Femme succombant à la maladie, fils suicidé, l’artiste est lui-même assassiné le 21 février 2005. Tendre et sombre à la fois, The Last Family est un film fascinant et étrange, tout comme son auteur.
Zdzislaw Beksinski était très connu en Pologne. Pourquoi alors ce choix déconcertantde mettre en scène l’homme plutôt que l’artiste  ?
Je voulais éviter le film biographique ou l’étude du processus artistique. Je ne connais aucun bon film sur l’art. La découverte du scénario de Roberto Bolesto m’a convaincu de faire le film. L’histoire y dépasse largement le cadre de la peinture. Dans le film, elle n’est qu’un fond sur lequel se détache un personnage qui ne ressemble en rien à sa peinture. Beksinski ressemblait à un petit enseignant de province. Il a passé sa vie, depuis la fin des années 1950, à faire des enregistrements, sonores, puis filmés, de sa vie familiale. La famille Beksinski est sans doute la famille la plus do­cumentée au monde. Ce qui me ­plaisait beaucoup dans le scénario, c’était aussi que tout le monde y mourait et que Beksinski, avant de mourir lui-même, était le ­témoin de chacune de ces morts.
Ce filmage permanent était aussi une manière de mettre de la distance entre lui et les événements qui le frappaient. Votre mise en scène repose-t-elle aussi sur cette distanciation  ?
Nous avons lutté pour ne surtout pas influencer le spectateur avec nos propres opinions....




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-20"> ¤ Le réalisateur britannique, auteur notamment de « Bons baisers de Bruges » aborde dans son film les thèmes de la lutte féministe et des brutalités policières.
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Article sélectionné dans La Matinale du 15/01/2018
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Cinéma : avec « 3 Billboards », Martin McDonagh dans l’air du temps

Le réalisateur britannique, auteur notamment de « Bons baisers de Bruges » aborde dans son film les thèmes de la lutte féministe et des brutalités policières.



Le Monde
 |    16.01.2018 à 06h41
 • Mis à jour le
16.01.2018 à 17h01
    |

                            Thomas Sotinel








                        



                                


                            

Ce n’est pas en une demi-heure d’interview que l’on peut cerner Martin McDonagh. A 47 ans, l’ex-enfant prodige et terrible du théâtre britannique répète à l’envi son peu d’estime pour ce moyen d’expression et dit qu’il est avant tout un homme de cinéma. Mais lui qui, à 27 ans, voyait quatre de ses pièces jouées simultanément sur les scènes londoniennes (un exploit que personne n’avait répété depuis Shakespeare) n’a réalisé que trois longs-métrages depuis 2008, année de la sortie du remarquable et remarqué Bons baisers de Bruges.
Ce champion de l’incorrection (il faillit gâcher sa gloire toute neuve en insultant Sean Connery un soir de remise de trophées) et de la provocation (au théâtre, il aime à scander ses spectacles de scènes sanguinolentes qui feraient passer Titus Andronicus pour un divertissement de Chantal Goya) se voit selon sa propre expression « étonnamment dans l’air du temps » avec 3 Billboards, qui réussit à faire écho, dans le même film, au mouvement Black Lives Matter et à la vague #metoo : « J’ai écrit le film il y a huit ans, affirme-t-il, en se souciant comme d’une guigne de l’éventuelle incrédulité de son interlocuteur. L’histoire était déjà située dans le Missouri. Les événements de Ferguson sont une coïncidence étrange, tout comme de sortir le film au moment de l’affaire Weinstein, avec un personnage féminin aussi fort qui se dresse contre tous ces hommes. »
C’est pendant un de ces voyages qui occupent les longs intervalles entre ses films que Martin McDonagh a entrevu, à travers la vitre du bus qui traversait une ville du sud des Etats-Unis, trois panneaux publicitaires qui reprochaient à la police locale de ne pas avoir élucidé un meurtre. « J’y ai lu de la colère, de la douleur et du courage – il en faut pour se mesurer aux flics, se souvient-il. Ça m’est resté à l’esprit pendant longtemps. Une fois que j’ai eu décidé que c’était une femme qui avait fait...




                        

                        

