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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-1"> ¤ Notre choix du soir. Pour sa quatrième saison, la superbe série créée par Steven Knight renoue avec le meilleur de ses débuts (sur Arte à 20 h 55).
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TV – « Peaky Blinders », règlements de compte à Birmingham

Notre choix du soir. Pour sa quatrième saison, la superbe série créée par Steven Knight renoue avec le meilleur de ses débuts (sur Arte à 20 h 55).



Le Monde
 |    18.01.2018 à 17h45
    |

                            Martine Delahaye








                        


Série sur Arte à 20h55

Ils ne cachent sans doute plus de lames de rasoir dans le revers de leur casquette, sont passés de contrebandiers à nouveaux riches, mais on les retrouve la corde au cou. Ce qui n’est pas illogique, quand on se souvient du superbe et désarmant épisode final de la saison 3 : tous les membres de cette organisation criminelle dénommée « les Peaky Blinders », c’est-à-dire la famille Shelby au sens large, sont arrêtés. Tous sauf le premier d’entre eux, Tommy Shelby, chef du clan et grand ordonnateur d’une cryptonégociation avec le gouvernement devant mener à la sortie de prison des siens avant l’exécution de toute sentence fatale.
Steven Knight, le créateur de cette série, fait un clin d’œil de révérence au Parrain de Coppola au travers, notamment, de la dis­semblance entre les frères Shelby. Le tempérament bouillant et les bourdes à répétition d’Arthur, l’aîné, rappellent le Sonny de la famille Corleone, tandis que la maîtrise de soi de Tommy, son cadet, fait écho à la finesse d’analyse de Michael Corleone. Tommy Shelby a en effet toujours trois coups d’avance sur les autres membres de son clan. Il a connu, quelque dix ans auparavant, la boucherie de la première guerre mondiale sur le sol français, et se trouve depuis quelque temps en relation indirecte avec le ministre des finances, Winston Churchill. Tout particulièrement en cette année 1926, où les mineurs menacent le pays d’une grève générale que Tommy, dans la Birmingham ouvrière qu’il contrôle, serait à même de désamorcer. Mais il est une chose que ce descendant de Gitans n’a pas vu venir : un projet de vengeance contre les Peaky Blinders fomenté depuis l’Amérique.

   


Arrive en effet sur le sol anglais Luca Changretta, venu éliminer les Shelby, en représailles du meurtre de son père et de son frère, à Birmingham. Cette vendetta remonte à l’époque où Tommy avait décidé de s’investir dans le trafic des courses de chevaux, tenu par les Italiens, et avait massacré les Changretta, laissant seulement en vie la mère et son jeune fils Luca. Lesquels avaient fui Birmingham pour New York, avec pour tout bagage leur rage et leurs connexions mafieuses.
Moins absconse et éclatée que la précédente, cette saison 4 va donc épouser le modèle classique du film de vengeance… mais avec une classe folle. Tout d’abord parce que la corde métaphorique que le mafieux italien venu d’Amérique ressert autour du cou de chacun des Peaky Blinders les amène à quitter leurs somptueuses résidences pour se regrouper dans le quartier de misère de leurs débuts – où se trouvent leurs caches d’armes, d’alcool et d’argent et où tout le monde sera à même de les défendre. Ensuite parce que le réalisateur joue le risque de s’auto-citer en reprenant, au ralenti, de superbes plans de saisons passées où leclan, tiré à quatre épingles, avançait face caméra, traversant les bas-fonds de Birmingham sur fond d’étincelles et de Red Right Hand, la chanson de Nick Cave and the Bad Seeds. Autant dire que cette saison renoue avec les meil­leures heures de ses débuts. Une cinquième saison est d’ores et déjà annoncée.
Peaky Blinders, saison 4. Série créée par Steven Knight. Avec Cillian Murphy, Adrien Brody, Helen McCrory, Paul Anderson, Tom Hardy (GB, 2017, 6 × 52 min). Trois épisodes à la suite. L’ensemble de la série est disponible sur Netflix.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-2"> ¤ Emmanuel Kessler, Pdg de la chaîne annonce de nombreuses nouveautés et évoque le travail d’harmonisation de ses grilles avec celles de LCP.
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Public Sénat en fusion

Emmanuel Kessler, Pdg de la chaîne annonce de nombreuses nouveautés et évoque le travail d’harmonisation de ses grilles avec celles de LCP.



Le Monde
 |    18.01.2018 à 17h32
 • Mis à jour le
18.01.2018 à 17h33
    |

            Alain Constant








                        



Dix-huit ans, l’âge des envies, des projets, des aventures ? Alors que des mesures d’économies sont clairement demandées par les gouvernants aux médias du service public et que la fusion des deux chaînes parlementaires (LCP-AN et Public Sénat) revient régulièrement dans les conversations, Emmanuel Kessler, patron depuis trois ans de Public Sénat, aborde l’année 2018 avec enthousiasme.
Pour l’instant, il ne s’agit pas de préparatifs d’un éventuel mariage avec LCP mais d’une ambition éditoriale renouvelée pour la chaîne qui fête l’âge de la majorité : nouveaux projets éditoriaux, nouvelles recrues (Wendy Bouchard, Adèle Van Reeth), ambitieuse politique de documentaires, Public Sénat veut croire à un avenir radieux. Et lorsqu’on interroge Emmanuel Kessler sur cette fameuse fusion entre chaînes parlementaires, la réponse… fuse : « Pour l’instant, ni le Sénat, ni l’Assemblée nationale ne souhaitent cette fusion. Les deux chaînes reflètent le système de bicamérisme français. Et si fusion il y a, elle ne se décidera pas à l’Elysée ou à Matignon mais au Sénat et à l’Assemblée ! Cela étant dit, nous réfléchissons activement à une harmonisation de nos grilles de programmes respectives, à des synergies possibles et à la manière de réaliser des économies en matière de productions par exemple ». 

   


Pas de fusion entre les deux chaînes pour l’instant, donc. Mais deux nouvelles émissions prometteuses dans la grille de Public Sénat : à partir du 1er février à 23 heures, Wendy Bouchard (que les auditeurs d’Europe 1 connaissent bien) présentera « Terra Terre », émission mensuelle de vingt-six minutes entièrement tournée aux smartphones à la Recyclerie, lieu d’économie solidaire et de circuit court du nord de Paris. Deux invités débattront des solutions pour demain et des moyens de préserver notre planète. Des reportages et des rencontres avec des citoyens engagés sur ces problématiques compléteront ce rendez-vous.
Autre nouveauté : l’arrivée sur la chaîne d’Adèle Van Reeth, journaliste très appréciée des habitués de France Culture qui, à partir du 2 février à 22 heures, présentera dans le cadre majestueux de la bibliothèque du Sénat, une émission hebdomadaire littéraire d’une heure intitulée « Livres et vous ». Avec, comme parti pris, une longue discussion approfondie avec l’invité(e) du soir. Le thème du premier numéro abordera la manière de grandir quand on a des parents pas comme les autres. Delphine de Vigan sera présente, avant qu’Isabelle Carré ne la rejoigne en fin d’émission. Le 16 février, Marceline Loridan-Ivens parlera d’« aimer après Auschwitz », avec Olivier Guez invité en deuxième partie. Et pour le troisième numéro, l’invité annoncé sera Nicolas Sarkozy, grand amateur de Maupassant.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-3"> ¤ A voir aussi ce soir. la série de Kevin McCloud suit l’étonnante et palpitante histoire de maisons en construction (sur Netflix à la demande).
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TV – « Grand Designs », chantiers en folie

A voir aussi ce soir. la série de Kevin McCloud suit l’étonnante et palpitante histoire de maisons en construction (sur Netflix à la demande).



Le Monde
 |    18.01.2018 à 17h30
    |

            Renaud Machart








                        


Série documentaire sur Netflix à la demande

Grand Designs, l’un des programmes les plus appréciés de la chaîne britannique Channel 4, a connu à ce jour dix-sept saisons. Décorateur de théâtre de formation, Kevin McCloud la présente depuis ses débuts avec un enthousiasme communicatif doublé d’un humour savamment dosé, parfois sarcastique – en un mot : British. Cette série repose sur la même dramaturgie : McCLoud suit la restructuration ou la construction d’une maison, du début à la fin du projet. Tout finit en général bien, mais que de catastrophes évitées dont la description par le menu tient le spectateur en haleine.
Les situations sont-elles absolument réelles ou légèrement noircies ? Il semblerait, comme le montre le numéro de la maison flottante au bord de la Tamise (saison 12, ép. 7) –  remarquable emboîtement d’un cube bétonné flottant dans une cuve également bétonnée –, que, parfois, les choses ne puissent être terminées à temps pour la diffusion…

   


Les vraies surprises architecturales – parfois excentriques – ne sont pas rares. Mais en dépit du plaisir qu’on a à voir s’ériger d’étonnantes constructions, simples ou hors de prix, en général écologiques, on note les éternels clichés de décoration intérieure : béton ciré ; cuisines ouvertes mais où tout ce qui dénote la pratique culinaire est caché dans un placard lui-même rendu invisible ; salles de bains sans rideaux aux fenêtres ; chaises DSW de Eames ou Wishbone de Wegner…

   


Chaque épisode de « Grand Designs » fait aussi le portrait d’une relation de couple, parfois mise à mal par les hauts et les bas particulièrement capricants que connaissent les chantiers domestiques – ceux passés par là le savent : dépassements de budget, retards, affaires au garde-meuble…
L’émission étant bien de son temps, les couples ne sont pas toujours hétérosexuels et la chose semble naturellement inscrite au propos, sans que jamais ne pointe son nez le poncif de la prétendue sensibilité artistique des gays en matière de décoration.
D’ailleurs, les deux hommes en couple (saison 11, ép. 9) sont en fait… fermiers, et se coltinent chaque jour le dur labeur encrotté des champs battus par la pluie. Mais, comme chacun sait, le bonheur est dans le pré.
Grand Designs, de Kevin McCloud. Saisons 11 et 12 (GB, 2011-2012,16 × 40 min).



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-4"> ¤ L’autoproclamé « sale gosse de l’humour » joue, vendredi, sur la scène du théâtre Antoine à Paris, pour une carte blanche.
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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-5"> ¤ Le chef-d’œuvre médiéval, actuellement exposé dans le musée de la ville normande, devrait rejoindre Londres en 2020.
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Le prêt diplomatique de la tapisserie de Bayeux

Le chef-d’œuvre médiéval, actuellement exposé dans le musée de la ville normande, devrait rejoindre Londres en 2020.



Le Monde
 |    18.01.2018 à 10h22
 • Mis à jour le
18.01.2018 à 11h39
    |

            Philippe Bernard (Londres, correspondant) et 
Harry Bellet








                        



                                


                            

Nos amis britanniques ont la sympathique habitude de donner à leurs places, rues et squares des noms de défaites françaises : Waterloo ou Trafalgar, par exemple… En annonçant que le Musée de Bayeux (Calvados), qui doit entamer une campagne de travaux, était prêt à se séparer temporairement de la tapisserie dite de Bayeux qui fait sa gloire – et fait venir 400 000 visiteurs par an dans la ville normande, laquelle n’est que dépo­sitaire de l’œuvre (la convention n’a été officialisée que le 20 décembre 2017, alors que le dépôt date de Napoléon) –, Emmanuel Macron leur renvoie d’une certaine façon la politesse.
La « Telle du Conquest », comme on l’appelait autrefois, raconte une des rares tentatives réussies d’invasion de l’Angleterre – les précédentes, romaines puis scandinaves, n’ayant pas laissé de tels souvenirs ; les suivantes, françaises, espagnoles ou allemandes, ayant toutes échoué. Guillaume le Conquérant, duc de Normandie, devenu roi d’Angleterre par les armes, leur a pourtant laissé au moins deux autres monuments qui pourraient les inciter à se méfier : la Tour de Londres, davantage destinée à intimider la ville qu’à la protéger ; et le Domesday Book, un des plus précieux documents qui soient, recensant les terres nouvellement conquises et leurs propriétaires, avant tout un moyen de les soumettre à l’impôt. Il avait aussi, mais on s’en souvient moins, dévasté, et pour des siècles, presque tout le Yorkshire…
Un « impact extraordinaire »
Pourtant, l’annonce du prochain prêt par la France de la tapisserie de Bayeux à un musée ­anglais – probablement le British Museum –, faite dès le mercredi 17 janvier par le Times mais que le président français devait officialiser le jeudi 18, lors du 35e sommet franco-britannique de Sandhurst (sud-ouest de Londres), est loin d’être perçue comme une mauvaise manière par les Britanniques. De la droite à la gauche, l’initiative de Paris est présentée dans la presse comme une nouvelle manifestation...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-6"> ¤ Deux créations d’envergure ont marqué la 8e Biennale consacré à ce genre à la Philharmonie de Paris, jusqu’au 21 janvier.
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Le quatuor à cordes prend date au XXIe siècle

Deux créations d’envergure ont marqué la 8e Biennale consacré à ce genre à la Philharmonie de Paris, jusqu’au 21 janvier.



Le Monde
 |    18.01.2018 à 10h05
    |

                            Pierre Gervasoni








                        



                                


                            
Plus que toute formation en vogue dans le répertoire classique, le quatuor à cordes constitue le nec plus ultra de la musique de chambre. Tant du point de vue des interprètes (à l’origine, des amateurs qui se réunissaient autour d’une partition pour une soirée d’agrément) que de celui des compositeurs, attirés par un médium équilibré (deux violons, un alto, un violoncelle). Au cours des XVIIIe et XIXe siècles, nombre d’opus lui ont été destinés. Certains dans la tradition du divertissement intimiste, d’autres sous le signe d’une exploration tous azimuts.
Pour beaucoup de compositeurs du XXe siècle, le quatuor à cordes s’est mué en laboratoire de recherche et, pour les plus enclins à s’inscrire dans l’histoire, il est devenu épreuve de vérité. Le genre n’est donc pas passé de mode, et il méritait bien une rétrospective, comme le propose, à la Philharmonie de Paris, jusqu’au 21 janvier, la 8e Biennale du quatuor à cordes. L’occasion, bien sûr, de réentendre quelques chefs-d’œuvre des maîtres de la première Ecole de Vienne (Mozart, Haydn, Schubert, Beethoven) ou de la seconde (Zemlinsky, Schoenberg, Webern), mais aussi d’aller à la découverte de jeunes ensembles et/ou de partitions à l’encre à peine sèche.
Le Quatuor Arditti, fondé en 1974, apparaît comme la formation idéale, l’attelage de Ben-Hur en quelque sorte
Généralement programmées à dose homéopathique (tout au plus une par concert), à l’instar de celles encore à venir (Aureliano Cattaneo, le 20, et Jörg Widmann, le 21), les créations assuraient l’intégralité du programme donné, mardi 16 janvier, par le Quatuor Arditti. Si, par son ampleur (une vingtaine de concerts, quatre pour la seule journée du 20), la Biennale s’apparente à des jeux du stade, le Quatuor Arditti, fondé en 1974 et dédicataire de plusieurs centaines de partitions, y apparaît sans conteste comme le quadrige idéal, l’attelage de Ben-Hur en quelque sorte.
Le premier des punks
Pas...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-7"> ¤ Une rétrospective de l’œuvre du cinéaste hollandais inaugure la Cinémathèque du documentaire, au Centre Pompidou à Paris.
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Van der Keuken, cinéaste voyageur

Une rétrospective de l’œuvre du cinéaste hollandais inaugure la Cinémathèque du documentaire, au Centre Pompidou à Paris.



Le Monde
 |    18.01.2018 à 09h50
 • Mis à jour le
18.01.2018 à 15h35
    |

            Isabelle Regnier








                        



                                


                            

Parent pauvre du ciné­ma, tendanciellement minoré par les grands festivals et le circuit commercial, le documentaire a désormais son vaisseau amiral : la Cinémathèque du documentaire. Créée à l’initiative de la Société ­civile des auteurs multimédia (SCAM), soutenue par le Centre national de la cinématographie et de l’image animée (CNC) et le ministère de la culture, cette nouvelle institution, présidée par la cinéaste Julie Bertuccelli, veut faire rayonner le genre en fédérant tout un réseau de salles à travers la France, auquel adhèrent déjà une trentaine de partenaires.
L’ambition est grande, comme en témoigne l’engagement de la Bibliothèque publique d’information (BPI) du Centre Pompidou qui, en s’imposant comme le centre de gravité et la vitrine parisienne de l’institution, consolide au passage sa position de grand ordonnateur du secteur. A la tête d’une collection de trois mille films (dont cinq cents accessibles en ligne sur sa plate-forme de VàD), la BPI chapeaute entre autres l’organisation du festival Cinéma du réel et du Mois du film documentaire. Pour la Cinémathèque du documentaire, elle va désormais concevoir et animer une programmation quotidien­ne, oscillant entre cinéma de patrimoine et création contemporaine (autour de trois grandes rétrospectives annuelles et de différents cycles consacrés aux courts-métrages, aux nouvelles écritures, aux projets en cours).
De la musique pour les yeux
En ouvrant sa première saison sous les auspices du grand Johan van der Keuken, en proposant la plus grande rétrospective de son travail jamais montée en France – soixante films, dont plusieurs inédits, qui voyageront ensuite dans d’autres institutions du ­réseau –, la nouvelle cinémathèque frappe un grand coup. L’événement est d’autant plus excitant que ce cinéaste voyageur, dont chaque nouveau film offrait, de son vivant, une nouvelle raison de célébrer l’œuvre entière, a quelque peu disparu des radars depuis sa mort, en 2001.
Né en 1938,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-8"> ¤ Rencontre avec quatre jeunes réalisatrices qui ont présenté leur film de fin d’études au festival Premiers plans d’Angers.
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L’avenir du cinéma européen, côté femmes

Rencontre avec quatre jeunes réalisatrices qui ont présenté leur film de fin d’études au festival Premiers plans d’Angers.



Le Monde
 |    18.01.2018 à 09h48
    |

                            Thomas Sotinel








                        



                                


                            

Autour de la présidente Catherine Deneuve – applaudie, voire ovationnée à chaque fois qu’elle entre dans une salle de projection – le jury du 30e festival Premiers plans d’Angers, consacré aux premiers films européens, est composé de jeunes anciens. Réalisateurs français (Valérie Donzelli, Clément Cogitore) ou européens (l’Italienne Tizza Covi, le Belge Guillaume Senez), ils ont tous présenté leurs premières œuvres, courts ou longs- métrages à Premiers plans. Le festival, qui se terminera le 21 janvier, est une espèce de boule de cristal du cinéma européen, dans laquelle on peut essayer d’en deviner l’avenir à travers les films de débutants. De toutes les sections de Premiers plans, celle qui permet de se projeter le plus loin propose des films de fin d’études venus de toute l’Europe.
Sur les vingt films d’école qu’un autre jury – présidé par l’Algérien Karim Moussaoui (En attendant les hirondelles) – doit départager, neuf ont été réalisés par des femmes. En retraçant le chemin qui a conduit quatre d’entre elles – islandaise, russe, serbe et française – jusqu’au cinéma, en les interrogeant sur leurs premiers pas et leur avenir, on entrevoit une génération d’auteures qui envisagent avec réalisme les contraintes qui pèsent sur elles (« Jamais nous n’aurons les budgets qu’avait ­Kusturica pour ses premiers films », dit la Serbe Jelena Gavrilovic) et déploient des trésors d’imagination pour tourner leurs films.

Sans vouloir faire du quatuor qui réunit Jelena Gavrilovic, Elsa Maria Jakobsdottir, Kristina ­Kuzakhmetova et Maïlys Audouze un échantillon représentatif, l’hétérodoxie de leur cheminement apparaît clairement. On ne trouvera pas une ratte de cinéma­thèque parmi elles. Elsa Maria Jakobsdottir a grandi dans un village de pêcheurs au nord de l’Islande et à découvert le cinéma d’auteur quand, adolescente, elle est tombée dans une famille française cinéphile à l’occasion d’un échange scolaire. Kristina Kuzakhmetova...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-9"> ¤ Une nouvelle donne concernant l’attribution des places sur les rives du canal de l’Ourcq suscite des remous.
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Deux péniches culturelles repêchées par la Mairie de Paris

Une nouvelle donne concernant l’attribution des places sur les rives du canal de l’Ourcq suscite des remous.



Le Monde
 |    18.01.2018 à 09h30
 • Mis à jour le
18.01.2018 à 09h55
    |

            Emmanuelle Jardonnet








                        



                                


                            

Après six mois de bras de fer, la tension baisse d’un cran sur les rives du canal de l’Ourcq, dans le 19e arrondissement parisien. C’est là, aux abords du quartier de La Villette, que sont amarrées huit péniches associatives à vocation culturelle. Afin de pouvoir poursuivre leurs activités, toutes se sont portées candidates à l’appel à projets lancé par la Mairie de Paris, début 2017, visant à attirer un public plus large dans une zone devenue plus attractive. Un réagencement qui s’accompagnait de la création de quatre emplacements supplémentaires.

La nouvelle était tombée comme un couperet début juillet 2017 : trois des péniches déjà actives – Anako, Cinéma et Demoiselle – apprenaient qu’elles n’avaient pas été retenues par le jury, composé de représentants de la Mairie de Paris, de celles du 19e arrondissement et de Pantin. A l’incompréhension se mêlait la stupeur de découvrir, notamment, qu’un projet porté par le groupe de grande distribution Carrefour était, lui, lauréat. Dès la rentrée de septembre 2017, les péniches Anako et Cinéma alertaient riverains et médias pour dénoncer la situation et réclamer une solution alternative avant le 2 janvier 2018, date butoir à laquelle on leur demandait de quitter Paris.
Cinéma : « Nous n’avons rien changé dans le deuxième dossier, simplement surligné ce qu’ils n’avaient pas lu ou vu »
L’affaire a rebondi le 10 janvier : la Mairie de Paris annonçait qu’à l’issue d’un deuxième tour pro­voqué par le retrait du projet de Carrefour – et qui s’accompagnait de l’ouverture d’un nouvel emplacement – ces deux péniches, consacrées pour la première aux musiques des peuples du monde et pour la seconde au court-métrage, avaient finalement été retenues. « On ne voudrait pas crier victoire alors même qu’il y a eu beaucoup de tensions, mais nous sommes super-contents, réagit Sarven...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-10"> ¤ Romans, récits, bande dessinée, polar… Les brèves critiques du « Monde des livres » du 19 janvier 2018.
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La rentrée littéraire d’hiver en bref…

Romans, récits, bande dessinée, polar… Les brèves critiques du « Monde des livres » du 19 janvier 2018.



Le Monde
 |    18.01.2018 à 07h30
 • Mis à jour le
18.01.2018 à 09h36
    |

            Sylvia Zappi, 
Frédéric Potet, 
                                Philippe-Jean Catinchi, 
                            Florence Bouchy (Collaboratrice du "Monde des livres"), 
                            Florence Noiville, 
                            Florence Courriol-Seita (Collaboratrice du "Monde des livres"), 
                            Eglal Errera (Collaboratrice du "Monde des livres"), 
                            Emilie Grangeray, 
                            Eric Loret et 
Raphaëlle Leyris








                        



                                


                            Roman. Un conte cruel
La Petite Famille, de Sophie Avon, Mercure de France, 152 p., 14 €.
Douzième livre de Sophie Avon, critique de cinéma, La Petite Famille explore, sur le mode romanesque, les vertus et les insuffisances du « ménage à trois ». Dans le quotidien fatigué par l’irruption d’un enfant qu’est celui de Camille et Ron, l’arrivée de Nina semble une bénédiction. Un quasi-miracle, tant l’emménagement chez eux de cette amie d’enfance se fait naturellement. La présence de la jeune femme, vive et joyeuse, reconfigure tout aussi simplement les relations au sein du foyer des jeunes parents, réveille leurs désirs et anesthésie leurs angoisses. C’est presque sur le mode du conte que la romancière dévide la pelote de ce récit auquel on peine d’abord un peu à croire. Tout s’enchaîne très vite, comme si aucune hésitation n’entravait jamais les personnages. Mais c’est un conte cruel que nous propose finalement Sophie Avon. Un scénario catastrophe sous une image de rêve. F. By
Roman. La quarantaine bien fragmentée
Eparse, de Lisa Balavoine, JC Lattès, 208 p., 18 €.
Pour faire le portrait-robot de l’héroïne du premier roman (autobiographique) de Lisa Balavoine, il faudrait rassembler les pièces du puzzle qu’est sa vie et coudre ensemble les paragraphes qui le composent. Mais ce serait sans doute contraire à l’intention de l’auteure, laquelle, par cette structure même, suggère combien sa vie est fragmentée. D’autant qu’à 40 ans et quelques il est un peu tôt pour faire un bilan de vie et qu’elle est trop lucide pour croire possible de recoller les morceaux. Celle qui est trop jeune pour penser encore à sa retraite, mais plus assez pour fumer de l’herbe avec sa fille qui lui pique son mascara, celle qui a tout à la fois décidé de ne pas lutter contre les effets du temps et regrette, un peu, qu’on ne l’appelle encore « mademoiselle » que « pour lui vendre un truc »,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-11"> ¤ Avec « Un autre Brooklyn », l’écrivaine afro-américaine joue, pour August, Sylvia, Gigi et Angel, une mélodie jazzy de l’amitié dans les années 1970 à 1990 à New York.
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Jacqueline Woodson improvise pour le quartet de Bushwick

Avec « Un autre Brooklyn », l’écrivaine afro-américaine joue, pour August, Sylvia, Gigi et Angel, une mélodie jazzy de l’amitié dans les années 1970 à 1990 à New York.



Le Monde
 |    18.01.2018 à 07h30
    |

                            Gladys Marivat (Collaboratrice du "Monde des livres")








                        



                                


                            
Un autre Brooklyn (Another Brooklyn), de Jacqueline Woodson, traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Sylvie Schneiter, Stock, « La Cosmopolite », 176 p., 18 €.

On a parfois le sentiment que la bande-son de notre époque n’est pas la bonne. C’est ce qui frappe August au début d’Un autre Brooklyn. Le jour où elle enterre son père, elle croise une ancienne amie et bascule dans ses souvenirs d’enfance. C’était les années 1970, à Bushwick, et les hits du top 40 ne collaient pas avec son combat pour « grandir en tant que fille à Brooklyn ». « Si nous avions eu le jazz, aurions-nous survécu autrement ? », s’interroge-t-elle. « Nous », c’est August, Gigi, Sylvia et Angela. « Quatre filles toujours ensemble, d’une beauté stupéfiante, dans une solitude terrifiante. » Elles ont connu cette amitié qui ressemble à l’amour, si fort à cet âge-là.
L’art de perdre et de laisser partir
Vingt ans plus tard, August comprend qu’elles formaient une sorte de quartet, « réunies à la manière d’une impro de jazz – figures de notes blanches s’accordant timidement les unes aux autres jusqu’à ce que l’ensemble trouve son harmonie et qu’on ait l’impression que la musique était composée depuis toujours ». Comment l’amitié nous apprend-elle à vivre ? Comment en fait-on le deuil ? L’art de perdre et de laisser partir est au cœur du livre de Jacqueline Woodson, finaliste du National Book Award en 2016. Dédié « à Bushwick (1970-1990). En souvenir », Un autre Brooklyn se déploie en courts fragments poétiques qui épousent la mécanique de la mémoire.
Née en 1963, Jacqueline Woodson a elle-même grandi dans ce quartier de New York. L’écrivaine afro-américaine, méconnue en France, est célèbre aux Etats-Unis pour ses romans jeunesse, dont l’autobiographique Brown Girl Dreaming (« Fille foncée rêvant », 2014, non traduit), récompensé par le National Book Award. « Ma...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-12"> ¤ « Palabres », le dernier livre de l’écrivain anglais, mort en 2017, est composé de précieuses notes sur la langue et les signes.
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Dans la boîte à outils de John Berger

« Palabres », le dernier livre de l’écrivain anglais, mort en 2017, est composé de précieuses notes sur la langue et les signes.



Le Monde
 |    18.01.2018 à 07h30
 • Mis à jour le
18.01.2018 à 09h46
    |

                            Florence Noiville








                        



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Palabres (Confabulations), de John Berger, traduit de l’anglais par Olivier Cohen et Clément Ribes, L’Olivier, 160 p., 18 €.
Si vous n’avez jamais vu la série documentaire « Ways of Seeing » (BBC, 1972), où il découpe un Botticelli au cutter pour interroger notre manière de lire la peinture ; si vous ne connaissez pas cet homme-orchestre qui fut écrivain, scénariste, critique d’art, peintre et dessinateur ; bref, si vous n’avez rien vu ou lu de l’Anglais John Berger, il est temps de combler ce manque.
Mort il y a un an, le 2 janvier 2017, Berger était, aux yeux de Susan Sontag, « sans égal dans la littérature contemporaine de langue anglaise ». Son premier succès romanesque, G. (Booker Prize 1972 ; Maspero, 1978 ; rééd. L’Olivier, 2002), l’avait révélé comme un auteur engagé, féministe, anticonformiste. Mais aussi et surtout comme quelqu’un qui voulait toucher toujours le cœur palpitant des choses. Penser « ce qui est vrai, essentiel et urgent ».
Dans Palabres – paru en Grande-Bretagne en 2016 sous le titre Confabulations, terme de neuropsychologie désignant un récit imaginaire fait pour compenser les défaillances de la mémoire –, Berger s’intéresse au langage. « Cela fait à peu près quatre-vingts ans que j’écris. Au début, j’ai écrit des lettres puis des poèmes ou des discours. Plus tard, des récits, des articles, des livres. A présent, j’écris des notes (…). Ce qui m’a poussé à écrire au fil des années, c’est le soupçon que quelque chose exigeait d’être dit (…). »
Qu’est-ce donc que ce « quelque chose » ? Berger montre que toute langue est un corps vivant. « Une créature dont la physionomie est faite de mots, et dont les organes vitaux, les viscères, sont d’ordre linguistique. » Selon la relation qu’on entretient avec cet « utérus phonétique », les mots peuvent être gorgés de sens ou parfaitement...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-13"> ¤ Avec « Encore heureux », le romancier s’amuse de la prose judiciaire et policière pour raconter la vie d’un attachant rebelle.
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Yves Pagès fait la bête noire

Avec « Encore heureux », le romancier s’amuse de la prose judiciaire et policière pour raconter la vie d’un attachant rebelle.



Le Monde
 |    18.01.2018 à 07h30
 • Mis à jour le
18.01.2018 à 11h26
    |

                            Eric Loret








                        



                                


                            

Encore heureux, d’Yves Pagès, L’Olivier, 320 p., 19 €.
« Encore heureux », c’est le lecteur qui l’est, à la fin de l’étourdissant huitième roman d’Yves Pagès. Même s’il rit nettement moins que durant les soixante premières pages : un peu comme son héros, qui n’aime pas la société, laquelle le lui rend bien, c’est-à-dire mal. Il s’appelle Bruno Lescot mais on dit « Lescot Bruno » car le texte, qui retrace quarante ans de sa vie, se présente comme une sorte de long jugement, commençant avec un « exposé des motifs » judiciaire, puis s’étayant de témoignages, articles de journaux ou rapports – en l’occurrence ceux de Serge Darmon, psychiatre expert auprès des tribunaux. On cite en particulier ce dernier car, simple abruti répressif à sa première apparition, il tiendra dans la suite du récit un rôle plus trouble et affectif auprès du protagoniste, au fur et à mesure qu’on passe de la fantaisie à la ­réalité, de la farce à la tragédie, dans un désenchantement et une décomposition inéluctables.
Bon sens populaire et déclarations fantasques
On rit beaucoup donc, au début. Parce que l’enfance de Lescot Bruno est présentée en une suite d’« attendus », de petits bouts boiteux : « Attendu que, s’il est permis d’appeler un chat un chat sans prendre des vessies pour des lanternes, les deux contrevenants mineurs, Bruno et Valentina, sous les apparences d’un exercice de réanimation, ne se livraient pas à un ­simple concours de baisers, mais aggravaient leur cas d’un attentat à la pudeur mutuelle. » En effet, en cet automne 1967, le garçonnet, qui n’a pas 5 ans, est accusé d’avoir mordu aux jambes sa copine ­Valentina, laquelle préfère s’incriminer elle-même, expliquant que « les marques imprimées jusqu’au sang sur ses cuisses étaient rien de moins que des “suçons qu’[elle] aime bien [se] faire toute seule ! Et alors quoi, chacun sa vie” ». Le fait...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-14"> ¤ La précarité des correcteurs dans l’édition s’aggrave. Dans le but d’y remédier, de difficiles négociations se tiennent actuellement entre syndicats et employeurs.
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Edition : la correction sous tension

La précarité des correcteurs dans l’édition s’aggrave. Dans le but d’y remédier, de difficiles négociations se tiennent actuellement entre syndicats et employeurs.



Le Monde
 |    18.01.2018 à 07h30
    |

                            Florence Bouchy (Collaboratrice du "Monde des livres")








                        



                                


                            
Pour bien d’autres professions, l’estimation du nombre de manifestants réunis, mardi 9 janvier, devant les locaux du Syndicat national de l’édition (SNE), prêterait à sourire. Ils étaient une petite soixantaine à s’être rassemblés à l’appel du collectif Correcteurs précaires, pour rappeler leur détermination et leurs revendications aux organisations syndicales engagées dans des discussions autour du statut des travailleurs à domicile (TAD), qui concerne la majorité des troupes de cette profession peu coutumière des actions collectives, compte tenu du caractère solitaire du métier et de l’importance d’y conserver de bonnes relations avec son employeur – on y est payé à la tâche.
On dénombre environ 600 correcteurs professionnels exerçant sous ce statut. Aux côtés de quelques salariés en CDI classique intégrés aux maisons d’édition, et d’un nombre croissant (mais pas encore précisément évalué) de microentrepreneurs, lesquels peuvent être aussi bien des correcteurs professionnels que des indépendants issus d’autres filières, parfois sans qualification spécifique. Les correcteurs professionnels s’inquiètent notamment de la concurrence de ces microentrepreneurs, dont les tarifs, librement fixés, tireraient les leurs vers le bas. Et de la perte de qualité que peut entraîner le recours à des travailleurs autodidactes et mal rémunérés.
Le « CDI zéro heure », flou juridique
Théoriquement réglementé par l’annexe IV de la convention de l’édition depuis 2006 – « insuffisante et jamais vraiment appliquée », selon Guillaume Goutte, du Syndicat général du livre et de la communication écrite CGT –, le « CDI zéro heure » des travailleurs à domicile permet aux correcteurs de travailler pour plusieurs employeurs, mais ne contraint aucun de ces derniers à leur proposer un minimum de tâches par mois. Son flou juridique ne garantit aucune indemnité en cas de maladie et n’ouvre pas de droits à la formation. Paradoxe de ce statut, souligne le syndicaliste, « c’est...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-15"> ¤ Dans « L’Express de Bénarès », l’Académicien retrace, autant qu’il est possible, la vie mystérieuse d’un poète dont l’œuvre, rare, l’a pourtant marqué.
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Frédéric Vitoux, de connivence avec Henry J.-M. Levet

Dans « L’Express de Bénarès », l’Académicien retrace, autant qu’il est possible, la vie mystérieuse d’un poète dont l’œuvre, rare, l’a pourtant marqué.



Le Monde
 |    18.01.2018 à 07h30
    |

                            Xavier Houssin (Collaborateur du "Monde des livres")








                        



                                


                            
L’Express de Bénarès. A la recherche d’Henry J.-M. Levet, de Frédéric Vitoux, Fayard, 280 p., 19 €. 
Tout commence, toujours, dans les pages d’un livre. Les grandes émotions, les découvertes. Cette façon aussi qu’ont les mots de ne parler qu’à vous. On croche des hasards ou des coïncidences. Et avec l’auteur, on se sent comme en imperceptible connivence. Dans L’Express de Bénarès (Fayard, 280 p., 19 €), Frédéric Vitoux explore cet étrange sentiment. Parmi les écrivains de sa vie, il en est un qui occupe une place toute particulière, au point que l’Académicien affirme aujourd’hui : « Il ne m’a jamais quitté. »
Vitoux n’a pas 20 ans, au tout début des années 1960, lorsqu’il découvre dans la bibliothèque paternelle une Anthologie de la nouvelle poésie française. Parmi des textes de Soupault, Morand, Cocteau, se trouvent les dix poèmes de Cartes postales, d’Henry J.-M. Levet. « Je les ai retenus aussitôt, écrit-il. Je peux les réciter encore aujourd’hui. Par cœur. » Dix poèmes. Autant dire qu’il a déjà lu une grande partie de l’œuvre du poète. Ou plutôt de ce qu’il en est resté. Ne subsistent en effet, en tout, qu’une trentaine de pièces arrachées à l’oubli en 1921 par Léon-Paul Fargue et Valery Larbaud (réunies dans Cartes postales et autres textes, Gallimard, « Poésie », 2001). L’existence de Levet a été brève aussi. Il est mort à 32 ans, de tuberculose, le 15 décembre 1906.
Lire également, sur Gallica, « Le Pavillon », d’Henry J.-M. Levet
De son parcours, il n’a pas été retenu grand-chose. Il est né à Montbrison (Loire) en 1874, fils unique d’une famille de notables (son père et son grand-père ont été députés). Guère doué pour les études, il se retrouve à 20 ans écrivant dans l’hebdomadaire satirique Le Courrier français et menant la vie de bohème à Montmartre. On sait qu’il a, probablement, effectué un voyage...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-16"> ¤ Dans « Falaise des fous », l’écrivain brosse une histoire de la peinture de Courbet à Monet à travers le parcours immobile d’un petit rentier d’Etretat.
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Patrick Grainville a posé son chevalet sur la côte normande

Dans « Falaise des fous », l’écrivain brosse une histoire de la peinture de Courbet à Monet à travers le parcours immobile d’un petit rentier d’Etretat.



Le Monde
 |    18.01.2018 à 07h30
    |

                            Bertrand Leclair (Collaborateur du "Monde des livres")








                        



                                


                            
Falaise des fous, de Patrick Grainville, Seuil, 656 p., 22 €.
La touche est rapide, tourbillonnante, et le temps valse à pas de géant dès les premières pages de ­Falaise des fous, de Patrick Grainville. La sensation est d’autant plus vive que le narrateur est du genre sédentaire : revenu blessé d’Algérie, en 1867 (il avait 20 ans et c’était l’une des premières opérations de « pacification » de la Kabylie…), Charles n’a presque plus bougé d’Etretat (Seine-Maritime), sinon forcé par les événements ou, à l’occasion, pour rejoindre l’une des trois femmes qui lui auront transmis le goût de la littérature et plus encore de l’art. « Je n’ai pas été le pêcheur que j’aurais pu être, encore moins le négociant. Je n’ai pas été peintre. J’ai regardé la vie. »
Littéralement désœuvré, Charles s’est contenté de rentes modestes, laissant le monde venir à lui, comme il le raconte au soir de sa vie : du tonitruant Courbet au distrait Monet en passant par l’impérissable Berthe Morisot, de Maupassant au vieux Hugo célébré comme une divinité républicaine par une population pour une grande part analphabète, tout le monde est venu et revenu à Etretat, ces années-là. Même l’industrie s’y invite en villégiature : aux vacances, Charles a pour voisin Louis Gosselin, l’un des chevaliers du progrès remodelant Paris aux côtés du baron Haussmann.
En cette époque si paradoxale, qui a libéré la beauté du corset académique tout en mettant cap au pire (les deux guerres mondiales), l’heure est à la vitesse, et le roman en rend compte dans son emportement même. Si l’on peut regretter qu’il ait renoncé au foisonnement baroque des Flamboyants, qui lui avait valu le prix Goncourt à l’âge de 29 ans (Seuil, 1976), le geste maîtrisé de Grainville lui permet de saisir cet emballement de la modernité « sur le motif ». Rarement la métaphore d’une écriture a fresco a semblé aussi justifiée, d’ailleurs : les personnages...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-17"> ¤ Dans « A quoi pensent les autistes ? », le pédopsychiatre Martin Joubert raconte la vie inversée ou illogique de plusieurs enfants incapables d’entrer dans l’univers de la raison commune.
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Raisons d’autistes

Dans « A quoi pensent les autistes ? », le pédopsychiatre Martin Joubert raconte la vie inversée ou illogique de plusieurs enfants incapables d’entrer dans l’univers de la raison commune.



Le Monde
 |    18.01.2018 à 07h15
    |

                            Elisabeth Roudinesco (Historienne et collaboratrice du "Monde des livres")








                        



                                


                            

A quoi pensent les autistes ?, de Martin Joubert, Gallimard, « Connaissance de l’inconscient », 168 p., 21 €.
Depuis des décennies, la question de la définition et du traitement de l’autisme est devenue l’enjeu d’une terrible bataille politique et clinique, avec injures, passions, procès et menaces en tous genres. Autant dire qu’il faut un vrai courage pour aborder la question des enfants autistes du point de vue de la psychanalyse à une époque où personne n’est encore en mesure de découvrir les causes exactes de cette étrange maladie. Plusieurs auteurs français contemporains, parmi lesquels Geneviève Haag, Pierre Delion et Henri Rey-Flaud, ont pris le risque de déchiffrer la pensée de ces enfants qui, à la manière de Jorge Luis Borges, lancent un défi à toute forme de rationalité.
Telle est aussi la visée du livre de Martin Joubert. Pédopsychiatre et membre de la Société psychanalytique de Paris (SPP), l’auteur raconte ici la vie inversée ou illogique de plusieurs enfants incapables d’entrer dans l’univers de la raison commune : Laurent, Jérémie, Hector et quelques autres encore.
Drôles de bonshommes
Chaque fois que Laurent se rend chez son thérapeute, il pose des questions incongrues : « Pourquoi on pleure quand quelqu’un meurt dans la famille ? (…) Pourquoi les grands-parents sont les parents des parents ? » De son côté, interrogé par son institutrice sur ce qu’est une urne, Jérémie répond, imperturbable : « C’est une boîte où il y a un président. » Quant à Hector, pris en charge par une équipe à l’âge de 3 ans, il va dessiner, pendant plusieurs années, de drôles de bonshommes tout en s’intégrant par le toucher à la communauté des soignants et des autres enfants.
Lorsqu’il entre dans sa neuvième année, après de nombreuses péripéties et l’arrivée d’un demi-frère, il définit les contours nouveaux de son bonhomme en perpétuelle évolution : les jambes ressemblent...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-18"> ¤ Leo Muscato a déclenché un tollé avec sa « Carmen » de Bizet. La spécialiste de littérature comparée livre, elle, une lecture serrée de la nouvelle de Mérimée (à l’origine de l’opéra), pour en distiller des variations érudites.
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Sauver Carmen ? Prends garde, Sophie Rabau !

Leo Muscato a déclenché un tollé avec sa « Carmen » de Bizet. La spécialiste de littérature comparée livre, elle, une lecture serrée de la nouvelle de Mérimée (à l’origine de l’opéra), pour en distiller des variations érudites.



Le Monde
 |    18.01.2018 à 07h15
    |

                            Jean-Louis Jeannelle (Spécialiste des études littéraires et collaborateur du "Monde des livres")








                        



                                


                            

Carmen, pour changer. Variations sur une nouvelle de Prosper Mérimée, de Sophie Rabau, Anacharsis, 224 p., 22 €.
Il a osé le faire ! Jugeant qu’il ne pouvait, à l’ère de #metoo, faire mourir la belle Andalouse sous le poignard de Don José, le metteur en scène Leo Muscato a imaginé, pour sa version de Carmen, de Georges Bizet (1838-1875), à l’Opéra de Florence, que celle-ci tuait le jaloux d’un coup de revolver.
Signe des temps, une spécialiste de littérature comparée à Paris-III, Sophie Rabau, vient justement de céder au désir de sauver l’héroïne de la nouvelle de Prosper Mérimée (1803-1870), devenue l’une des plus célèbres ensorceleuses d’opéra. Ses raisons tiennent moins à l’affaire Weinstein et à ses suites, imprévisibles au moment où elle écrivait cet essai, qu’à une conviction : il n’est de véritable lecture sans une part active de réécriture, ou plutôt de variation, si l’on admet que varier conduit à « lire sous un autre aspect ».
Déceler les incohérences du texte
Or on a longtemps lu Carmen comme une tragique histoire d’amour. Experte en critique dite « créative » (l’Odyssée fut longtemps son terrain d’exercice, en particulier dans B. comme Homère. L’invention de Victor B., Anacharsis, 2016), Sophie Rabau sait qu’un texte n’est jamais d’un seul bloc. Tout est question de point de vue dans cette histoire qui nous est rapportée par deux hommes : le meurtrier lui-même et le narrateur, un archéologue français auquel le premier se confie. Deux hommes dont les discours font chorus, rendant l’issue d’autant plus fatale. Aussi Sophie Rabau s’attache-t-elle, en bonne variatrice, à la lettre même du texte de Mérimée afin d’en déceler les incohérences. Et celles-ci sont nombreuses. A commencer par la règle selon laquelle tout homme mis en présence de Carmen cède à ses charmes vénéneux, qui connaît une exception en la personne même du narrateur,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-19"> ¤ Elnathan John a conçu « Né un mardi », roman d’un enfant des rues, poussé par la nécessité de dire ce que signifie vraiment vivre dans la région où sévit Boko Haram.
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Histoire d’un livre. Donner une voix au nord du Nigeria

Elnathan John a conçu « Né un mardi », roman d’un enfant des rues, poussé par la nécessité de dire ce que signifie vraiment vivre dans la région où sévit Boko Haram.



Le Monde
 |    18.01.2018 à 07h15
    |

                            Gladys Marivat (Collaboratrice du "Monde des livres")








                        



                                


                            

Né un mardi (Born on a Tuesday), d’Elnathan John, traduit de l’anglais (Nigeria) par Céline Schwaller, Métailié, 272 p.
Avant de devenir un « premier roman irrésistible », pour le quotidien britannique The Guardian, puis de faire dire au New York Times qu’Elnathan John était « un écrivain à surveiller de près », Né un mardi a d’abord été une nouvelle. Elle suivait les mésaventures de Dantala, un enfant des rues entraîné dans les violences post-électorales qui, en 2011, ont embrasé le nord du Nigeria. A l’époque, une partie de l’opinion accusait les jeunes marginaux d’en être les seuls responsables. C’est pour interroger leur rôle que l’auteur avait imaginé cette courte fiction. En 2013, elle est sélectionnée par le Caine Prize, qui distingue la meilleure nouvelle en anglais publiée par un auteur africain.
L’histoire aurait pu s’arrêter à ce succès. Mais la réception à l’étranger contrarie Elnathan John. « Beaucoup de lecteurs n’ont vu que des gens qui tuent d’autres gens, se souvient-il pour « Le Monde des livres ». Je devais donner de la profondeur à mon personnage, notamment à cause de la manière dont le nord du Nigeria est résumé dans les médias : Boko Haram, la pauvreté, point. » Sa nouvelle deviendra donc un roman qui, à travers le parcours d’un enfant des rues, éclaire le contexte politique et religieux de cette région. Elnathan John la connaît bien pour y être né, en 1982. Et si l’idée que l’on se fait de Dantala lui tient à cœur, c’est que son héros est inspiré d’une vraie rencontre.
Le nom de Boko Haram n’est jamais cité, mais…
Elle a eu lieu exactement là où s’ouvre Né un mardi : sous un baobab, à l’abri duquel des délinquants dorment et fument de la wee-wee, du cannabis. Elnathan John est à l’université de Zaria. Ses camarades et lui ont l’habitude de s’asseoir près de l’arbre pour déjeuner puis de lever la main...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-20"> ¤ Dans « La Vie. Mode d’emploi critique », l’anthropologue se penche sur l’inégalité concrète des existences. Sans convaincre.
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Didier Fassin passe à côté de la vie

Dans « La Vie. Mode d’emploi critique », l’anthropologue se penche sur l’inégalité concrète des existences. Sans convaincre.



Le Monde
 |    18.01.2018 à 07h15
    |

                            Florent Georgesco








                        



                                


                            

La Vie. Mode d’emploi critique, de Didier Fassin, Seuil, « La couleur des idées », 192 p., 18 €.
Quand Didier Fassin, auteur d’une œuvre anthropologique importante, se lance dans une « physique de l’inégalité », en particulier focalisée sur la manière dont les sociétés occidentales traitent les migrants, on peut espérer trouver dans son travail les outils critiques qui nous manquent, la force libératrice propre à nous arracher à nos impasses.
La déception, en lisant La Vie. Mode d’emploi critique, vaste synthèse des contradictions entre notre valorisation abstraite de la vie et la manière dont nous traitons les vies concrètes, est à la hauteur de cette attente. Si plusieurs passages – notamment sur la valeur financière qu’on accorde à la vie – montrent l’apport qui aurait pu être celui de Didier Fassin aux débats les plus cruciaux de ce temps, l’ensemble se révèle vite inférieur à l’ambition qui le traverse.
Aplatissement théorique
Ainsi Fassin réunit-il nombre de concepts philosophiques (davantage que d’enquêtes de terrain, ici réduites à la portion congrue) mais en les épuisant à un tel point, à force de torsions, qu’ils se transforment en généralités, sinon en clichés. Il n’est pas besoin, notamment, de s’emparer du concept wittgensteinien de « forme de vie » pour arriver à la conclusion que les migrants sont précaires et vulnérables. Mais cela ne serait rien si cet aplatissement théorique ne se doublait de mauvais traitements envers la réalité elle-même, contrainte de se soumettre à l’idée que l’auteur en a.
La partie centrale du livre se fonde par exemple entièrement sur un tableau très hasardeux du traitement de l’immigration en France. Une loi de 1997, note ­Fassin, offre à des étrangers en situation irrégulière, s’ils sont malades, un titre de séjour provisoire pour se faire soigner. Progrès humanitaire ? Non. Pourquoi ? Mais parce que cela ne colle pas...




                        

                        

