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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-1"> ¤ Mardi 23 janvier, les 28 ministres des finances de l’Union européenne, réunis à Bruxelles, pourraient décider de diviser quasiment par deux la liste noire, en biffant les noms de 8 pays, sur un total de 17.
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Paradis fiscaux : la liste noire européenne bientôt divisée par deux

Mardi 23 janvier, les 28 ministres des finances de l’Union européenne, réunis à Bruxelles, pourraient décider de diviser quasiment par deux la liste noire, en biffant les noms de 8 pays, sur un total de 17.



Le Monde
 |    18.01.2018 à 15h16
 • Mis à jour le
18.01.2018 à 15h56
    |

            Cécile Ducourtieux (Bruxelles, bureau européen)








                        



   


Déjà sérieusement remise en question lors de sa publication en décembre 2017, la liste européenne des paradis fiscaux risque, de nouveau, de concentrer les critiques dans les jours qui viennent. Mardi 23 janvier, les 28 ministres des finances de l’Union européenne (UE), réunis à Bruxelles, pourraient décider de la diviser quasiment par deux, en biffant les noms de 8 pays, sur un total de 17.
Le Panama, la Corée du Sud, les Emirats arabes unis, la Tunisie, la Mongolie, Macao, Grenade et la Barbade sont ainsi sur le point de sortir de cette liste stigmatisante. Ces pays y figuraient pourtant pour n’avoir pas pris à temps (avant fin novembre 2017) les engagements exigés par le groupe « Code de conduite ». Cette émanation du Conseil européen, qui a effectué le travail préparatoire à l’établissement de la liste, exigeait des promesses d’en finir avec des législations beaucoup trop accommodantes (taux zéro sur le profit des sociétés, par exemple), un agenda précis pour ces réformes, etc.

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                Bruxelles : la liste des paradis fiscaux déjà critiquée



Les ONG et les députés verts européens avaient vivement réagi, en décembre 2017, contestant la méthode de travail du « Code de conduite », un groupe d’experts nationaux travaillant dans la plus grande opacité. Ils soulignaient aussi l’absence, dans la liste finale, de membres de l’UE, alors qu’il est de notoriété publique que certains pratiquent des politiques fiscales particulièrement accommodantes (Luxembourg, Irlande, Malte…).
Aucune complaisance
Les 8 pays sortis de la liste noire devraient se retrouver sur une « liste grise » de 47 autres, dont les engagements n’avaient pas été jugés suffisants par le « Code de conduite » en décembre 2017. Certains ministres avaient pourtant contesté, à l’époque, que la liste noire soit aussi rapidement « révisée », estimant que les pays retardataires ne devaient bénéficier d’aucune forme de complaisance. Ils n’ont visiblement pas été suivis par leurs pairs.

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« Si on demande la transparence aux autres, on doit l’être nous-même »
Pierre Moscovici, le commissaire aux affaires économiques et financières, fiscalité et douanes, qui avait initié le processus de la liste noire, a estimé, jeudi 18 janvier, que ce processus de réduction du nombre de pays inscrits était un peu rapide. Certes, « la liste n’est pas une fin en soi », a estimé le Français, mais il demande aux ministres des finances « de rendre publics les engagements pris par les pays » sortis de la liste. « Ces engagements n’ont aucune raison d’être discrets. Si on demande la transparence aux autres, on doit l’être nous-même », a ajouté M. Moscovici.
Qu’adviendra t-il, par ailleurs, des huit autres pays touchés par les ouragans de la fin de l’été 2017 (les Bahamas, les îles Vierges américaines…), à qui le « Code de conduite » avait donné quelques semaines de plus (jusqu’au 14 février) pour s’engager à changer leurs pratiques ? Les ministres européens choisiront-ils de les placer dans la liste noire ou dans la grise ? Rendront-ils publics leurs motivations et les engagements de ces juridictions ?

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                Plongée dans l’arrière-cuisine fiscale de Bruxelles



« Une faiblesse »
M. Moscovici met lui-même le doigt sur le problème : « Le caractère intergouvernemental et forcément un peu diplomatique de la liste est une faiblesse… » Cette dernière aurait gagné en crédibilité sans les soupçons de petits arrangements entre Etats membres : pourquoi le Qatar a-t-il été sorti au dernier moment du projet de liste noire, au tout début de décembre 2017 ? Tout comme le Maroc et le Cap Vert ? « Nous ne pouvons accepter que les Etats membres négocient en catimini des exemptions pour les paradis fiscaux qui ont leurs faveurs », a réagi, jeudi, l’eurodéputée Eva Joly (EELV).
Et surtout : quid des sanctions que la Commission aurait souhaité adjoindre à la liste noire ? L’institution communautaire a, à plusieurs reprises, proposé que l’argent de l’UE ne puisse pas transiter par les paradis fiscaux de la liste noire. Mais les ministres des finances avaient refusé de se prononcer fin 2017. Et, pour l’instant, ce sujet crucial n’est pas à l’ordre du jour de leur réunion de mardi 23…



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-2"> ¤ Trois consultants en entreprise – Anne-France Bonnet, Agnès Rambaud et Bruno Rebelle – plaident, dans une tribune au « Monde », en faveur de l’adoption du statut « d’entreprise à mission ».
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Le cadre juridique de l’entreprise « est décalé au regard des enjeux de transition de nos sociétés »

Trois consultants en entreprise – Anne-France Bonnet, Agnès Rambaud et Bruno Rebelle – plaident, dans une tribune au « Monde », en faveur de l’adoption du statut « d’entreprise à mission ».



Le Monde
 |    18.01.2018 à 15h00
    |

Anne-France Bonnet, Agnès Rambaud et Bruno Rebelle (Membres du Comité Développement Durable & RSE de Consult’in France)







                        



                                


                            
Tribune. Lancé par le ministère de l’Economie et des Finances le 23 octobre, le plan d’action pour la croissance et la transformation des entreprises (PACTE) veut donner à celles-ci les moyens d’innover, de se transformer, de grandir et de créer des emplois. A l’occasion d’une phase de consultation qui s’est clôturée le 10 décembre, l’article 1833 du code civil s’est vu remettre en question.
« Toute société doit avoir un objet licite et être constituée dans l’intérêt commun des associés » : cette formule publiée il y a plus de deux siècles, qui se concentre sur les associés, se révèle aujourd’hui décalée au regard des défis planétaires de durabilité et des formidables enjeux de transition de nos sociétés.

Avec d’autres, nous appelons à tracer un cadre législatif plus adapté à ces réalités et qui contribuerait à réguler les pratiques des acteurs économiques par une prise en compte plus formelle des impacts économiques, sociaux et environnementaux de leurs activités.
Parmi les propositions du projet de loi à l’étude, la création d’un nouveau statut « d’entreprise à mission » nous semble particulièrement intéressante : parce que choisie librement, parce que nécessairement innovante, parce que forcément inspirante.
Nouvelles formes juridiques
Le questionnement français n’est pas un cas isolé. Diverses expériences sont menées depuis quelques années, aux Etats-Unis comme en Europe, par des pionniers promoteurs de nouveaux contrats de société pour mieux servir leurs missions sociétales. Les professionnels de la responsabilité sociale de l’entreprise (RSE) de Consult’in France observent et accompagnent depuis l’origine ces initiatives. Quelles en sont les caractéristiques ?
Aux Etats-Unis, quatre nouvelles formes juridiques d’entreprise ont été votées entre 2007 et 2013 : Benefit Corporation, Socially Responsible Corporation, Flexible Purpose Corporation (FPC) rebaptisée Social Purpose Corporation...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-3"> ¤ Dans sa chronique mensuelle, l’économiste Pierre-Cyrille Hautcœur revisite les crises alimentaires des deux siècles derniers à la lumière de la crise Lactalis.
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Santé et alimentation : vraies crises et vieux enjeux

Dans sa chronique mensuelle, l’économiste Pierre-Cyrille Hautcœur revisite les crises alimentaires des deux siècles derniers à la lumière de la crise Lactalis.



Le Monde
 |    18.01.2018 à 15h00
    |

Pierre-Cyrille Hautcœur (Directeur d'études à l'EHESS)







                        



                                


                            
Histoire. Au 15 janvier, le site de l’Agence européenne de sécurité des aliments dénombrait une quinzaine d’épisodes de prolifération de salmonelles en Europe depuis le début 2017, mais ne mentionnait pas la crise Lactalis, qui fait pourtant les gros titres en France. De fait, avec 35 cas repérés, cette crise est minime par rapport aux 100 000 cas environ de salmonelloses répertoriés en un an en Europe, responsables d’une dizaine de décès (essentiellement des personnes très âgées) – un nombre d’ailleurs très faible en comparaison avec d’autres maladies, comme les listérioses.

Les salmonelloses sont en fait des maladies très répandues et en général bénignes (au point que la plupart des patients victimes de diarrhées limitées ne consultent pas). Leur origine, leur diffusion et leur prévention sont largement connues depuis le docteur Daniel Elmer Salmon, qui leur donna son nom en 1885. Celui-ci, vétérinaire à l’origine, avait été appelé à créer un bureau de l’industrie animale au sein du ministère de l’agriculture des Etats-Unis, en un moment de mondialisation accélérée où la qualité sanitaire du bétail exporté devenait un enjeu économique majeur, impliquant surveillance des animaux et des navires de transport.
Prohibition
Ainsi, après d’autres pays touchés antérieurement (Allemagne, Espagne et Italie), la France avait, en 1881, fortement restreint l’importation de salaisons de viande américaines, à la suite de la diffusion d’une autre maladie, la trichinose. La France disposait alors déjà, et depuis le XVIIIe siècle au moins, d’un vrai dispositif tant civil que pénal de lutte contre les produits alimentaires impropres à la consommation, qu’ils soient avariés ou frauduleux.
La santé est un des arguments utilisés par les groupes d’intérêt impliqués lors de chaque crise
L’impact sur la santé est devenu à la fin du XIXe siècle un argument majeur dans la réglementation. Les « hygiénistes » appellent à des...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-4"> ¤ Dans sa chronique mensuelle, la journaliste Marie de Vergès pointe l’étrange double casquette d’un pays qui, jamais, n’omet ses intérêts économiques : celle de premier pollueur et premier « verdisseur » de la planète.
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Chine, le joker vert

Dans sa chronique mensuelle, la journaliste Marie de Vergès pointe l’étrange double casquette d’un pays qui, jamais, n’omet ses intérêts économiques : celle de premier pollueur et premier « verdisseur » de la planète.



Le Monde
 |    18.01.2018 à 15h00
    |

            Marie de Vergès








                        



                                


                            
Emergences. Il y a ces visiteurs ébahis devant le ciel bleu de la capitale chinoise. Dernier en date, début janvier, Emmanuel Macron, affirmant n’avoir « jamais vu Pékin comme ça ». Il y a aussi les calculs de Greenpeace, qui vient de saluer la chute vertigineuse de la densité moyenne de particules fines (PM 2,5) à Pékin au dernier trimestre 2017. Les pharmacies chinoises, quant à elles, signalent un plongeon des ventes d’un produit phare de l’hiver, le masque anti-smog… Tous ces indices vont dans le même sens : celui d’un tournant dans la lutte engagée par la Chine, premier émetteur mondial de CO2, contre la pollution.
Les contrôles antipollution se sont durcis ces derniers mois
Pendant longtemps, le discours guerrier des autorités chinoises contre les nuisances environnementales a tenu de l’incantation. On parlait d’économie verte tout en relançant le charbon et l’acier. La peur était trop forte de fabriquer des chômeurs. Seule valait une croissance sous stéroïdes, au prix de brouillards toxiques, de rivières putrides et de sols empoisonnés.
Les choses sont en train de changer. Les contrôles antipollution se sont durcis ces derniers mois. Avec, à la clé, de nombreuses fermetures d’usines. Autour de Pékin, les aciéries ont été sommées de tourner, cet hiver, à la moitié de leur capacité. Dans le nord du pays, le zèle des autorités pour interdire le charbon au profit du gaz a même privé de chauffage des millions de foyers…
Marché du carbone à l’échelle nationale
Les pollueurs doivent désormais passer à la caisse. Pékin vient de lancer un marché du carbone à l’échelle nationale visant à fixer un plafond annuel d’émissions aux différentes industries. Au 1er janvier est aussi entrée en vigueur une taxe sur les rejets de polluants dans l’air, l’eau et le sol. La panoplie d’outils d’incitation et de coercition s’étoffe.
« Des eaux claires et des montagnes fleuries valent autant que l’or et l’argent » Xi Jinping...



                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-5"> ¤ Livre. Pour la chercheuse Marie-Cécile Naves, Donald Trump, dans son style si particulier, souhaite délibérément réhabiliter un modèle de société fondé et construit sur la domination masculine.
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De quoi Trump est-il le genre ?

Livre. Pour la chercheuse Marie-Cécile Naves, Donald Trump, dans son style si particulier, souhaite délibérément réhabiliter un modèle de société fondé et construit sur la domination masculine.



Le Monde
 |    18.01.2018 à 13h50
    |

            Nicolas Bourcier








                        



                                


                            

Livre. Si l’actualité bouscule, il faut parfois prendre du recul. Les livres sur la folle ascension et l’année présidentielle de Donald Trump ont été massivement et même furieusement commentées. Ses décisions ont été disséquées. Ses tweets passés au crible des médias et d’auteurs d’Amérique ou d’ailleurs. Trop peut-être.
La chercheuse a choisi une analyse à distance, critique mais surtout sexuée
Ces derniers temps, la focale semble avoir toutefois changé de registre. Certains ont choisi de se fondre au sein de la Maison Blanche, au plus près du sujet, comme Michael Wolff, auteur du déjà best-seller Fire and Fury (Henry Holt & Co). D’autres, comme un collectif de vingt-sept psychiatres, se sont aventurés dans la tête du président pour s’inquiéter de son état mental.
La chercheuse Marie-Cécile Naves – docteure en science politique, spécialiste de la droite américaine, directrice de publication de chronik.fr – a choisi une analyse à distance, également critique, mais surtout sexuée. A sa manière, où l’accumulation de détails rend compte de la complexité du personnage, l’auteure redéroule avec minutie son projet, sa stratégie, sa politique intérieure et extérieure à travers le prisme du genre.
Caractère genré
Certes son machisme s’est largement manifesté dans ses commentaires sur l’apparence physique des femmes, sans parler de ses propos dans l’arrière d’un bus où il se vante d’avoir profité de sa notoriété pour commettre des agressions sexuelles. Néanmoins, écrit-elle, le caractère genré de l’action de Trump ne peut se réduire à ses relations personnelles avec la gente féminine : « Ses options politiques, son agenda, le choix de ses collaborateurs, la mise en scène de son pouvoir, le style Trump ont un point commun majeur : ils sont destinés à montrer que la masculinité hégémonique, visant la perpétuation d’un système patriarcal, est aux affaires et que, symboliquement, les hommes reprendront une place prétendument...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-6"> ¤ L’universitaire Sarah-Jane Fouda a créé un outil magique à partir d’extraits de discours du Nouvel An de huit chefs d’Etat. Pour frapper les esprits… sans rien promettre.
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Chronique

« Chers Présidents africains, voici votre discours de vœux clé en main ! »

L’universitaire Sarah-Jane Fouda a créé un outil magique à partir d’extraits de discours du Nouvel An de huit chefs d’Etat. Pour frapper les esprits… sans rien promettre.

Par                Sarah-Jane Fouda (chroniqueuse Le Monde Afrique)



LE MONDE
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        Le 18.01.2018 à 13h36

     •
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        Mis à jour le 18.01.2018 à 15h55






    
De g. à dr. : Faure Gnassingbé, Idriss Déby, Ali Bongo, Ibrahim Boubacar Keïta, Paul Biya, Alassane Ouattara, Roch Marc Christian Kaboré et Macky Sall.
Crédits : AFP


Cher Président,
Comme votre Excellence le sait, il est de tradition d’adresser un message à vos compatriotes pour la nouvelle année. Votre équipe de rédacteurs n’est pas disponible ? Elle est fatiguée ? Rassurez-vous, nous vous avons préparé le Code universel du discours africain (CODA). Ce tableau est constitué d’extraits des discours du Nouvel An 2018 de vos homologues. Il vous permettra de vous lancer sans crainte sur les grands thèmes qu’ont développés pour vos pairs les meilleurs rédacteurs du continent : l’économie et le social ; la démocratie ; la sécurité.
Dire, c’est faire. Si vous voulez bien débuter l’année et durer, suivez ces plumes expertes, suivez le CODA. Leur discours est d’une redoutable efficacité : il produit l’archétype du dirigeant africain en même temps qu’il donne vie à son interlocuteur privilégié, « l’Homme africain », comme le disait Nicolas Sarkozy, cette masse ignare, apathique et anhistorique qui a les gouvernants qu’elle mérite. Vous avez compris le fond ? Passons à la forme.
Jargonnez avec conviction !
Pour élaborer votre discours, il vous suffit de combiner ces séquences de phrases entre elles. Les couleurs vous aideront à identifier les thématiques : rose pour la sécurité, rouge pour l’économie et gris pour la démocratie. Le mode d’emploi est le suivant : commencez par la case en haut à gauche, puis enchaînez avec n’importe quelle case en colonne 2, puis avec n’importe laquelle en 3, puis n’importe laquelle en 4 et revenez ensuite où bon vous semble en colonne 1 pour enchaîner au hasard.
Essayons ensemble !
Vous voulez d’abord assurer les populations de l’imminence de l’émergence ? Partons dans le rouge : « Chers compatriotes/la gestion rigoureuse de notre économie et la redistribution des fruits de notre croissance/doivent avoir un impact immédiat dans l’année qui vient, autrement dit en 2018/car je souhaite pour notre nation une année de grandes réalisations sur la voie de la construction de la destinée commune. »

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                Quand le Mali, grand corps malade, se pose en « protecteur » de la France



Vous l’aurez constaté, nul besoin d’une démonstration chiffrée ou de faits probants. Ce qui compte, c’est d’aligner des mots qui sonnent bien ensemble. Jargonnez avec conviction ! La répétition des incantations, des mots-clés et des « formules à la mode » finiront de convaincre.
La tendance est au « parler vrai »
Comme l’a dit IBK, votre confrère du Mali : « Le terrorisme, parlons-en ! ». Cette année encore, le sujet reste incontournable, tout le monde en parle. Descendons dans le rose (sécurité), et testons une nouvelle combinaison : « Fils et filles de la nation, chers amis et hôtes du pays/l’anéantissement des forces du mal et la lutte contre les marchands d’illusion et de la mort/exigent de ne pas baisser la garde et de toujours maintenir l’alerte sur le front sécuritaire/et à ceux qui, étrangers ou nationaux, seraient tentés de nous conduire sur des chemins que notre vivre-ensemble réprouve, notre réponse ne souffrira d’aucune hésitation : elle sera impitoyable. »
Vous voilà entrés dans l’Histoire !
Sachez néanmoins que la tendance est au « parler vrai ». C’est un peu le fait de Macron, beaucoup celui d’Obama. Cela dit, il apporte dynamisme et rupture à votre style présidentiel, raison pour laquelle le CODA intègre cette option. Exemple : (rouge) « Soyons honnêtes : sur ce plan, nous avons de gros efforts de rattrapage à faire. C’est pourquoi j’ai décidé qu’en 2018 nous allons mettre les bouchées doubles. A cet égard/(gris) la révision de la Constitution et la réforme des institutions/(rose) font que chaque soir je m’endors dans la hantise de ce que nous réserve le lendemain/(gris) parce que, ai-je besoin de vous le rappeler, notre pays est une démocratie ».

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                « Non-souchiens ou racisé.e.s : la novlangue des dévots de la race »



Vous voyez, les trivialités du « causer peuple » ne sont plus ici des sorties de route.
Au-delà du style, le langage du véridique se révèle très utile s’agissant des questions de démocratie, surtout si votre contexte politique est délicat, voire franchement hostile : élections, référendum, révision de la Constitution, etc. S’agissant de la démocratie et des élections, le « franc-parler » de notre tableau a pour avantage de « parler » aux acteurs politiques, j’ai nommé les opposants. En outre, il favorise l’éducation politique « des populations ». Ce terme, populations, il faut en user et en abuser. Ce sont des masses indistinctes, affamées, qu’un rien satisfait et qui sont loin, évidemment, de pouvoir être qualifiées de citoyens, c’est-à-dire ayant des droits, pas seulement des besoins. Vous pourrez ainsi, dans la foulée, fustiger l’antipatriotisme des uns ou féliciter « la maturité » des autres. Tout un chacun sait, Président, que les adultes responsables reviennent toujours à la raison, à vos côtés, « dans l’unité et la paix ».
« Faites Africain ! »
En matière de sécurité et de terrorisme, justement, il y a deux écoles, deux postures : celle des terreurs et celle des terrorisés. La première s’inscrit dans la lignée des pools de rédacteurs de la Maison Blanche, du Kremlin et de Pyongyang. Pour la deuxième, on ne sait pas trop. On soupçonne qu’elle remonte à l’époque « du président normal », sûrement en raison de son objectif : rechercher la proximité avec les citoyens. Donc, pour un discours martial, utiliser les premières lignes roses du CODA. Et si vous cédez à la panique, vous trouverez les phrases correspondant à votre état psychologique au bas du tableau. Mais dans ce cas, attention : cela aura sans doute un effet anxiogène sur vos compatriotes.
Un dernier conseil : ne sortez pas du tableau. Les esprits mal intentionnés vous inciteront sans doute à intégrer dans le flot des propos des exemples de projets ou d’éventuelles réalisations de votre mandat. Gardez-vous en, car c’est le plus sûr moyen de prononcer des sottises. Ainsi a-t-on fait dire, le 31 décembre 2017, à Ali Bongo que « la fourniture de tables-bancs » visait à « accroître le taux d’alphabétisation du pays ».

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                Au Gabon, Ali Bongo assure que les législatives d’avril 2018 auront bien lieu



Si vraiment vous voulez improviser, alors « faites Africain ! ». Convoquez la sagesse du continent, les lieux communs, les topiques de l’Afrique traditionnelle et ancestrale. Allez-y, car, comme on l’a fait dire à Faure Gnassingbé : « C’est au bout de l’ancienne corde que se tisse la nouvelle. » Il est de la dernière évidence que les rédacteurs officiels du continent sont convaincus que les Africains aiment les images et que la métaphore édifie l’Africain.
Voilà, votre Excellence, vous êtes prêt pour votre discours. Bonne chance. Et vive la République ! Vive la Démocratie ! Vive l’Afrique !



Générateur de discours africains

  Cliquez sur le bouton pour créer votre discours. Toutes ces phrases sont authentiques, extraites des discours de Nouvel An 2018 des présidents du Mali, Gabon, Cameroun, Tchad, Sénégal, Côte d'Ivoire, Burkina Faso et Togo.





3 minutes






10 minutes






2 heures





4 heures 30 minutes






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  }



  .generator {
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}

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    cursor: pointer;
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.pitchaga button.btn-generator:focus {
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 .pitchaga .btn-generator:hover {
    background-color: #ffc000;
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 .pitchaga ul {
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.pitchaga ul li {
    /* color: #AAAAAA; */
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    float: left;
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    /* border-bottom: 1px solid #333; */
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.pitchaga ul li input[type=radio]{
  position: absolute;
  visibility: hidden;
}

.pitchaga ul li label {
    display: block;
    position: relative;
    font-weight: 300;
    font-size: 16px;
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    height: 20px;
    z-index: 9;
    cursor: pointer;
    -webkit-transition: all 0.25s linear;
    line-height: 21px;
}


.pitchaga ul li .check {
    display: block;
    position: absolute;
    border: 3px solid #AAAAAA;
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    height: 11px;
    width: 11px;
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    -webkit-transition: border .25s linear;
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.pitchaga ul li .check::before {
    display: block;
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    content: '';
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    height: 5px;
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    -webkit-transition: background 0.25s linear;
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.pitchaga input[type=radio]:checked ~ .check {
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input[type=radio]:checked ~ .check::before{
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.pitchaga input[type=radio]:checked ~ label {
    color: #4fb7e9;
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.pitchaga .time-radio {
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.pitchaga p {
    line-height: 1.4em;
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.pitchaga div#discours {
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}

.pitchaga #discours::-webkit-scrollbar-track
{
	background-color: #f5f6f8;
}

.pitchaga #discours::-webkit-scrollbar
{
	width: 6px;
	background-color: #f5f6f8;
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{
	background-color: #bcbec2;
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.pitchaga div#discours {
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    height: 360px;
    overflow: auto;
    margin: 10px auto 0px auto;
}


  var intro = ["Mes chers compatriotes,", "Chers frères et soeurs,", "Fils et filles de la Nation, chers amis et hôtes du pays,"];

  var sentences = [[["C'est dans cette optique que j'ai donné au Gouvernement l’instruction de parachever les réflexions relatives à la mise en place progressive de ces mesures, car", "Mais il nous faut aller plus loin. C’est pourquoi, en 2018, j’ai décidé la mise en œuvre urgente d’un certain nombre de mesures clés. En effet", "Soyons honnêtes : sur ce plan, nous avons de gros efforts de rattrapage à faire. C’est pourquoi j’ai décidé qu’en 2018, nous allons mettre les bouchées doubles. A cet égard,", ""], ["la gestion rigoureuse de notre économie et la redistribution des fruits de notre croissance", "l’optimisation de la collecte des revenus de l’Etat et la rationalisation de la dépense publique", "l'emploi, et en particulier les emplois des jeunes,", "le développement des services de proximité à la population, s’agissant notamment de la fourniture en eau, en électricité, et en soins de santé,"], ["sont une priorité fondamentale", "doivent nous mettre sur la voie d’un développement véritable, équitable et durab le", "doivent avoir un impact immédiat, dans l’année qui vient, autrement dit en 2018,", "représentent des projets générateurs d'un réel progrès social au bénéfice de nos populations,"], ["afin de continuer la marche vers l’émergence de notre beau pays.", "ce qui est, vous en conviendrez avec moi, de bon augure pour nos objectifs en vue de l’émergence.", "pour réaliser pleinement le développement inclusif et solidaire de notre pays : la Nation de tous, la Nation pour tous !", "car je souhaite pour notre Nation une année de grandes réalisations sur la voie de la construction de la destinée commune."]],[["En cette circonstance solennelle, je voudrais vous dire, ici, que je n'ai jamais parié contre cette Nation, et j'invite tous ceux qui aspirent à cet exaltant privilège à ne jamais miser contre ce peuple, car", "En 2018, je convie la classe politique et l'ensemble des électeurs à participer dans un esprit constructif. Dans cette optique,", "Le pays mérite que chacun d'entre nous lui donne le meilleur. Le meilleur à mon sens c'est de valoriser, entretenir, et préserver les acquis. A cet égard,", ""], ["les élections", "cette nouvelle page de notre processus démocratique et la consolidation de l’état de droit", "notre pays et les populations", "la révision de la Constitution et la réforme des institutions"], ["invitent à vous exprimer comme dans toute démocratie digne de ce nom, avec un bulletin de vote,", "appellent à tout mettre en œuvre,", "nécessitent de dialoguer pour régler nos différents et parvenir à un consensus", "renforcent notre maturité démocratique,"], ["parce que, ai-je besoin de vous le rappeler, notre pays est une démocratie. Or, en démocratie, la compétition a lieu non dans les rues, mais dans les urnes, dont il faut toujours respecter le verdict. C'est fondamental.", "puisque chacun peut toujours s’inventer des qualités qu’il n’a encore jamais montrées nulle part, tant il est facile, lorsque les autres en sont encore à suer à la tâche, d’apparaître dans sa tenue immaculée, pour décerner des notes fantaisistes.", "afin que mon engagement pour le changement ne soit pas à négocier avec les forces rétrogrades qui tentent de déstabiliser notre pays. Avec le peuple, j’ai la lourde responsabilité de bâtir une nation d’opportunités pour tous.", "ce qui fait notre honneur, car il faut entretenir, à l'image des anciens, ce qui nous unit sous l'aile protectrice de notre grande Nation. Il y va de notre propre bonheur et du bonheur des générations futures."]],[["Comme j'ai eu à le rappeler récemment, il est de mon devoir de veiller à l'ordre républicain, à la paix sociale, à l'unité de la Nation et à l'intégrité du Pays. Ainsi,", "Je ne vous invite pas à trahir vos familles, non ! Je vous invite à protéger la nation, tout le peuple de ce pays. A cet égard", "Certes, le terrorisme, aujourd’hui, frappe partout. Mais nous, qu'avons-nous fait pour mériter de devoir consacrer le peu que nécessitait le développement de notre pays, à lutter contre cette calamité ? Chers concitoyens,", ""], ["l’éradication totale du terrorisme et la guerre contre ce véritable mal du siècle", "la traque sans relâche et la neutralisation des groupes criminels", "les cuisantes défaites que nous avons infligées à l'armée invisible", "l’anéantissement des forces du Mal et la lutte contre les marchands d’illusions et de la mort"], ["nous encouragent à poursuivre nos efforts avec détermination, de concert avec nos voisins et nos partenaires internationaux,", "témoignent de la vaillance de nos soldats et du courage de nos populations,", "exigent de ne pas baisser la garde et de toujours maintenir l’alerte sur le front sécuritaire,", "font que chaque soir je m’endors dans la hantise de ce que nous réserve le lendemain,"], ["et, à ceux qui, étrangers ou nationaux seraient tentés de nous conduire sur des chemins que notre vivre-ensemble réprouve, notre réponse ne souffrira d'aucune hésitation : elle sera impitoyable.", "car notre pays a toujours été un havre de paix, un exemple de coexistence pacifique et heureuse entre les différentes religions. Tant que je serai Président, je vous prie de croire qu’il le restera. Je ne tolérerai ni violence ni intolérance. Sur ce sujet comme sur d’autres, je serai intraitable.", "en espérant chaque jour ne pas être poignardés dans le dos, y compris jusque dans les terres les plus insoupçonnées de notre vaste et beau territoire national.", "car si vous n'êtes pas touchés personnellement, si aucun membre de votre famille n'a encore jamais été victime d'un acte de terrorisme, c'est que vous êtes tout simplement chanceux."]]];

  var availableOrigin = [[[true,true,true],[true,true,true,true],[true,true,true,true],[true,true,true,true]],[[true,true,true],[true,true,true,true],[true,true,true,true],[true,true,true,true]],[[true,true,true],[true,true,true,true],[true,true,true,true],[true,true,true,true]]];
  var discours
  var available
  var numSentence
  var globalSentencesAvailable = true;
  function generator() {
    removeChildNodes();
    numSentence = 0;
    discours = '';
    available = []
    available = JSON.parse(JSON.stringify(availableOrigin))
        console.log(availableOrigin)
    var globalSentencesAvailable = true;
    globalSentencesAvailable = globalCheckIfSentencesAvailable();
    document.getElementById('generator').innerHTML = "Générer un autre discours"
    document.getElementById('generator').style.maxWidth = '260px';
    // S'il en reste

    if (globalSentencesAvailable) {

      discours = '';
      removeChildNodes();
      for(var i = 0; i         discours = sentence();
        var nodeText = document.createElement("p");
        nodeText.innerHTML = discours
        document.getElementById("discours").appendChild(nodeText);
      }
    }
  }


  function sentence() {

    var discours
    // On vérifie qu'il reste des phrases non utilisées
  //  globalSentencesAvailable = globalCheckIfSentencesAvailable();

      // On pioche un theme au hasard
     var  theme
     // On vérifie qu'il s'agit bien d'un theme pour lequel il reste des phrases
   var freeChoice = false

     while (!freeChoice) {
         theme = (Math.floor(Math.random() * 3));
         freeChoice = checkIfFreeChoice(theme);
     }


      if(freeChoice){
        // Si la premiere phrase n'a pas déjà été écrite :
        if (numSentence == 0) {
            removeChildNodes();
          var textIntro = intro[Math.floor(Math.random() * intro.length)];
          discours = '';
          removeChildNodes();
"
          removeChildNodes();
        } else {
          discours = '';
          var firstTxt = getFreeFirst(theme);
          discours += firstTxt+" ";
        }

      if (numSentence       var secondTxt = getFreeSecond(theme);
      discours += capitalizeFirstLetter(secondTxt)+" ";
    } else {
      var secondTxt = getFreeSecond(theme);
      discours += secondTxt+" ";
    }

      var thirdTxt = getFreeThird(theme);
      discours += thirdTxt+" ";

      var fourthTxt = getFreeFourth(theme);
      discours += fourthTxt+" ";

      // On vérifie qu'il reste des phrases non utilisées
  //    globalSentencesAvailable = globalCheckIfSentencesAvailable();

        }
numSentence = numSentence + 1;
        return discours;
  }




  function getFreeFirst(theme) {
    var firstPartNum = Math.floor(Math.random() * 3);
    while (!available[theme][0][firstPartNum]) {
      firstPartNum = Math.floor(Math.random() * 3);
    }
    available[theme][0][firstPartNum] = false;

    return sentences[theme][0][firstPartNum];

  }

  function getFreeSecond(theme) {
    var secondPartNum = Math.floor(Math.random() * 4);
    while (!available[theme][1][secondPartNum]) {
      secondPartNum = Math.floor(Math.random() * 4);
    }
    available[theme][1][secondPartNum] = false;

    return sentences[theme][1][secondPartNum];

  }

  function getFreeThird(theme) {
    var thirdPartNum = Math.floor(Math.random() * 4);
    while (!available[theme][2][thirdPartNum]) {
      thirdPartNum = Math.floor(Math.random() * 4);
    }
    available[theme][2][thirdPartNum] = false;

    return sentences[theme][2][thirdPartNum];

  }

  function getFreeFourth(theme) {
    var fourthPartNum = Math.floor(Math.random() * 4);
    while (!available[theme][3][fourthPartNum]) {
      fourthPartNum = Math.floor(Math.random() * 4);
    }
    available[theme][3][fourthPartNum] = false;

    return sentences[theme][3][fourthPartNum];

  }


  function globalCheckIfSentencesAvailable() {
    var reste = 0;
    var freeGlobalChoice = false;
    for(f = 0; f       for(i = 0; i         if (available[f][0][i]) {
          reste = reste + 1;
        }
      }
    }
 0) {
      freeGlobalChoice = true;
    } else {
      freeGlobalChoice = false;
    }

    return freeGlobalChoice;
  }



  function checkIfFreeChoice(theme) {
    var reste = 0;
    var freeChoice = false;
    for(i = 0; i       if (available[theme][0][i]) {
        reste = reste + 1;
      }
    }
 0) {
      freeChoice = true;
    }

    return freeChoice;
  }

  function removeChildNodes() {
    nodeArray = document.getElementById("discours").childNodes
    for (var i = 0; i       document.getElementById("discours").removeChild(nodeArray[i]);
    }
  }

  function capitalizeFirstLetter(string) {
    return string.charAt(0).toUpperCase() + string.slice(1);
}

function clone(obj) {
    // Handle the 3 simple types, and null or undefined
    if (null == obj || "object" != typeof obj) return obj;

    // Handle Date
    if (obj instanceof Date) {
        var copy = new Date();
        copy.setTime(obj.getTime());
        return copy;
    }

    // Handle Array
    if (obj instanceof Array) {
        var copy = [];
        for (var i = 0, len = obj.length; i             copy[i] = clone(obj[i]);
        }
        return copy;
    }

    // Handle Object
    if (obj instanceof Object) {
        var copy = {};
        for (var attr in obj) {
            if (obj.hasOwnProperty(attr)) copy[attr] = clone(obj[attr]);
        }
        return copy;
    }

    throw new Error("Unable to copy obj! Its type isn't supported.");
}

  document.getElementById('generator').onclick = function(){
    generator();
  };

document.getElementById("generator").click(); 



  

Post-scriptum Toutes les phrases du CODA sont extraites des discours prononcés au Nouvel An 2018 par les présidents du Mali, du Cameroun, du Gabon, du Togo, du Sénégal, de Côte d’Ivoire, du Tchad et du Burkina Faso.
Sarah-Jane Fouda est consultante en communication, spécialiste du discours et de l’argumentation. Elle enseigne la logique informelle à l’Université Paris-III Sorbonne Nouvelle.


<article-nb="2018/01/18/19-7">
<filnamedate="20180118"><AAMM="201801"><AAMMJJ="20180118"><AAMMJJHH="2018011819">
<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-7"> ¤ Le niveau trop élevé de rémunération des travailleurs les moins qualifiés expliquerait leur chômage. A moins que celui-ci soit dû au déclassement des salariés plus qualifiés, s’interroge l’économiste Jean Vercherand dans une tribune au « Monde ».
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-7"> ¤                     
                                                   
édition abonné


« Il faudrait comprendre pourquoi, tout d’un coup, le smic est devenu un problème »

Le niveau trop élevé de rémunération des travailleurs les moins qualifiés expliquerait leur chômage. A moins que celui-ci soit dû au déclassement des salariés plus qualifiés, s’interroge l’économiste Jean Vercherand dans une tribune au « Monde ».



Le Monde
 |    18.01.2018 à 12h04
 • Mis à jour le
18.01.2018 à 12h28
    |

Jean Vercherand (Economiste et historien à l’Institut national de la recherche agronomique)







                        



                                


                            
Tribune. Comme le montre à nouveau le récent débat sur les modalités de la revalorisation du salaire minimum, certains économistes justifient leurs critiques contre le smic par le fait qu’il réduit l’employabilité des chômeurs ne disposant que d’une faible qualification. Cette dernière ne leur permettrait pas de dégager une productivité (marginale) qui soit égale ou supérieure au salaire minimum. Aussi, pour résorber ce chômage, il faudrait soit améliorer la qualification professionnelle de ces travailleurs, soit baisser le niveau du salaire minimum. C’est, à notre avis, en rester à l’apparence des choses.
Si on étudie l’histoire de l’enseignement général et professionnel, on s’aperçoit que, pour la grande masse des salariés, leur formation s’est effectuée uniquement sur le tas, jusqu’à très récemment. Pourtant, cela n’a pas empêché l’économie de connaître des mutations technologiques de grande ampleur depuis l’aube de la révolution industrielle. A chaque fois, les entreprises et les travailleurs ont su s’adapter.

Prenons par exemple la main-d’œuvre qui a « réalisé » les « trente glorieuses », celle qui était en activité en 1960, en plein cœur de cette période de mutations intenses. On constaterait probablement que 85 %, voire 90 % des actifs n’avaient pas dépassé le niveau du certificat d’études primaires – sachant que tous ne l’avaient pas – et ne possédaient strictement aucune formation professionnelle initiale au moment d’entrer dans la vie active. Sans compter les travailleurs immigrés ne pratiquant pas ou peu la langue du pays d’accueil, parfois analphabètes, que les entreprises ont alors recrutés massivement.
Phénomène de déclassement
Ce sont les générations nées après la seconde guerre mondiale, surtout après 1950, qui ont bénéficié d’une formation nettement plus importante que leurs prédécesseurs nés avant guerre. Or, paradoxalement, ce sont ces générations qui se sont trouvées confrontées à la montée du chômage...




                        

                        


<article-nb="2018/01/18/19-8">
<filnamedate="20180118"><AAMM="201801"><AAMMJJ="20180118"><AAMMJJHH="2018011819">
<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-8"> ¤ Dans la « zone à défendre » de Notre-Dame-des-Landes, que le gouvernement ­souhaite voire évacuée fin mars, a lieu depuis dix ans une expérience politique ­singulière. Quels sont les fondements de ce mouvement, et ses points ­communs avec l’occupation du Larzac dans ­les années 1970 ?
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-8"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Notre-Dame-des-Landes, Larzac : mêmes combats ?

Dans la « zone à défendre » de Notre-Dame-des-Landes, que le gouvernement ­souhaite voire évacuée fin mars, a lieu depuis dix ans une expérience politique ­singulière. Quels sont les fondements de ce mouvement, et ses points ­communs avec l’occupation du Larzac dans ­les années 1970 ?



Le Monde
 |    18.01.2018 à 12h02
 • Mis à jour le
18.01.2018 à 16h02
    |

            Catherine Vincent








                        



                                


                            
Le gouvernement Macron a donc tranché : il n’y aura pas d’aéroport à Notre-Dame-des-Landes. Au cœur du bocage nantais, sur ces 1 650 hectares dont l’Etat possède la ­majeure partie, quelques centaines de paysans et militants opposés au projet occupent depuis des années le terrain, en toute illégalité. Pour eux comme pour la ZAD (« zone d’aménagement différé » pour les promoteurs de l’aéroport, devenue « zone à défendre » pour ses habitants), l’avenir reste à écrire et certains redoutent de devoir quitter les lieux d’ici le printemps, de gré ou de force.
Mais aujourd’hui, l’heure est à la victoire. Leur victoire. Comment croire en effet que le gouvernement aurait renoncé à ce projet sans la mobilisation qu’ils ont initiée, et sans le soutien d’une ampleur inattendue dont ils ont bénéficié ces dernières années ? Une conclusion qui rappelle singulièrement celle obtenue en 1981 par les opposants à l’extension du camp militaire du Larzac, après dix années de mobilisation.

« Monsieur le Président, mon cher camarade, cher François, (…) vous êtes face à un nouveau Larzac ! », assurait, dans une lettre ouverte adressée en octobre 2012 à François Hollande, son ancien camarade de promotion à l’ENA Patrick Warin, en lui enjoignant d’abandonner le projet d’aéroport. Mais l’héritage est-il réel ou seulement symbolique ? Dans quelle mesure ce qui s’est joué ces dernières années à Notre-Dame-des-Landes est-il comparable à la lutte d’occupation menée dans les années 1970 sur le causse de l’Aveyron, au cri de « Gardarem lo Larzac » ?
Aux bâtons qui martelaient le sol lors des marches vers Paris des paysans aveyronnais répondent aujourd’hui les centaines de bouts de bois fichés en terre dans le bocage nantais
Une certitude : en signant un engagement commun à « repousser toute tentative de séduction ou d’intimidation et toute offre d’achat de nos terres de la part de l’armée et toute indemnisation », les 103 éleveurs de...




                        

                        


<article-nb="2018/01/18/19-9">
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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-9"> ¤ Privilégier l’autoproduction, limiter les dépenses, adopter un fonctionnement coopératif... La sociologue étudie les pratiques qui s’inventent sur la « zone à défendre » de Notre-Dame-des-Landes comme ailleurs en France.
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Geneviève Pruvost : « La ZAD de Notre-Dame-des-Landes rend visible toute une palette de modes de vie »

Privilégier l’autoproduction, limiter les dépenses, adopter un fonctionnement coopératif... La sociologue étudie les pratiques qui s’inventent sur la « zone à défendre » de Notre-Dame-des-Landes comme ailleurs en France.



Le Monde
 |    18.01.2018 à 12h02
    |

            Catherine Vincent








                        



                                


                            
Geneviève Pruvost est chargée de recherches au Centre d’étude des mouvements sociaux de l’Ecole des hautes études en sciences sociales.
« Décroissants », « utopistes », « écolos radicaux » : quel est le dénominateur commun à ceux qui choisissent aujourd’hui des modes de vie radicalement alternatifs ?
Cette population entend mettre son mode de vie en cohérence avec sa pensée politique, dans des domaines aussi variés que le rapport au travail ou à l’argent, la manière de se nourrir, l’occupation de l’espace ou les relations sociales. Il s’agit de vivre autrement en limitant les dépenses et en augmentant la part d’auto­production au sein d’un fonctionnement horizontal et coopératif, avec une prédilection pour les groupes de petite taille.
Quelles sont les lignes de fracture qui divisent ces adeptes de la décroissance ?
Elles sont essentiellement de trois ordres. Le premier clivage concerne l’engagement dans la vie marchande et salariale : il y a des alternatifs qui vivent en squat, de récupération et du RSA ­ [revenu de solidarité active], tandis que d’autres sont autoentrepreneurs, membres d’une SCOP ­ [société coopérative et participative], salariés à mi-temps ou vendeurs de leur production en vente directe.
Le second clivage porte sur le niveau de collectivisation. Certains sont propriétaires de leur terrain, y construisent un habitat léger et pratiquent un haut degré d’hospitalité. D’autres choisissent un projet plus collectif et mettront leurs ressources en commun. D’autres encore, comme une partie des habitants de la ZAD de Notre-Dame-des-Landes, militent pour une étatisation des terres, mises à disposition et autogérées par leurs locataires, à l’image de ce qui existe au Larzac.

Le troisième clivage important concerne le niveau d’exigence écologique, plus ou moins élevé en termes d’énergie, d’alimentation, de consommation. Mais tous ces « alternatifs du quotidien »...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-10"> ¤ Prix Albert Londres 2014 et correspondant pour de nombreux médias français, le journaliste a été victime d’une tentative d’enlèvement. Un collectif de journalistes en appelle, dans une tribune au « Monde », à la solidarité de la France.
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« La vie du journaliste pakistanais Taha Siddiqui est en danger, la France doit l’aider »

Prix Albert Londres 2014 et correspondant pour de nombreux médias français, le journaliste a été victime d’une tentative d’enlèvement. Un collectif de journalistes en appelle, dans une tribune au « Monde », à la solidarité de la France.



Le Monde
 |    18.01.2018 à 11h37
    |

un collectif de journalistes







                        



                                


                            

Tribune. Sa vie n’a tenu qu’à un loquet de portière non verrouillé. Mercredi 10 janvier, notre ami et confrère, le journaliste pakistanais Taha Siddiqui se rend à l’aéroport d’Islamabad en taxi, un trajet tout ce qu’il y a de plus banal sur l’un des axes les plus sécurisés du pays. C’est pourtant là que deux Toyota lui coupent la route et qu’en surgissent une dizaine d’hommes, certains armés de Kalachnikov. En pleine circulation et en plein jour.
Le journaliste comprend immédiatement qu’il est victime d’une tentative d’enlèvement. Connu pour dénoncer sur les réseaux sociaux les abus de tous bords, des talibans à l’armée pakistanaise, le reporter se sait menacé. Au mois de mai dernier, il avait même porté plainte contre une des officines de sécurité du ministère de l’Intérieur pour tentative d’intimidations. Une première dans l’histoire du journalisme au Pakistan.

A l’époque un agent du gouvernement lui avait clairement fait comprendre qu’il fallait qu’il cesse de critiquer la sacro-sainte armée. Aujourd’hui, le reporter n’a aucun doute. Ses agresseurs font partie des « agences pakistanaises », ces forces de sécurité de l’ombre qui instaurent un climat de peur sur le pays et étouffent la moindre contestation.
Hommes de main
Roué de coups et menacé de prendre une balle dans la jambe, Taha est forcé de monter en voiture pour une destination inconnue. Ce fin connaisseur des méthodes des hommes de mains pakistanais sait ce qui l’attend : tortures et souvent exécution sommaire. Le pays a un lourd passé en la matière. Rien qu’en 2017, trois autres journalistes et six activistes ont été attaqués. Ceux qui ont eu la chance de ressurgir vivants de leur « disparition » n’ont jamais fait de déclaration quant à l’identité de leurs ravisseurs.
la flamme de la démocratie et de la liberté d’expression s’éteint peu à peu au Pakistan
Voilà comment la flamme de la démocratie et de la liberté d’expression s’éteint peu à peu...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-11"> ¤ Editorial. Pour sortir de l’impasse dans laquelle se trouvait le dossier de l’aéroport NDDL, Emmanuel Macron et Edouard Philippe ont procédé à une analyse coûts-bénéfices approfondie.
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Notre-Dame-des-Landes : un atterrissage maîtrisé

Editorial. Pour sortir de l’impasse dans laquelle se trouvait le dossier de l’aéroport NDDL, Emmanuel Macron et Edouard Philippe ont procédé à une analyse coûts-bénéfices approfondie.



Le Monde
 |    18.01.2018 à 11h33
 • Mis à jour le
18.01.2018 à 14h29
   





                        



   


Editorial du « Monde ». L’on ignore si, à leurs moments perdus, le président de la République et le premier ministre pratiquent ce nouveau loisir en vogue que sont les ­« escape games » : ce jeu en équipes consiste à relever quelques défis et à résoudre un certain nombre d’énigmes permettant de trouver la sortie d’un espace clos dans un temps limité. Emmanuel Macron et Edouard Philippe y seraient sans aucun doute performants, si l’on en juge par la manière dont ils viennent de dénouer ­l’invraisemblable pataquès de Notre-Dame-des-Landes.
En effet, cela fait un demi-siècle que ce site a été retenu pour construire un nouvel aéroport régional, à une vingtaine de kilomètres au nord de Nantes. Une zone d’aménagement différé (ZAD) a été créée dès 1974 pour l’accueillir. Mis en sommeil, le projet a été relancé en 2000 par le gouvernement Jospin et déclaré d’utilité publique en 2008 par le gouvernement Fillon.

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                Notre-Dame-des-Landes : l’exécutif fait le pari du renoncement



Objet de quelque 180 recours (tous écartés par la justice), soutenu par bon nombre des élus locaux, approuvé à 55 % par les habitants de Loire-Atlantique lors d’une consultation en juin 2016, cet aménagement se heurtait à une opposition virulente : quelques centaines de « zadistes » radicaux qui occupent les lieux depuis des années et des militants écologistes (mais pas seu­lement) qui jugeaient le futur aéroport surdimensionné, excessivement coûteux et nuisible pour l’environnement. Bref, le dossier était dans l’impasse.
Pour en sortir, le gouvernement, premier ministre en tête, a donc tranché, sur la base d’un rapport d’experts qui lui a été remis il y a un mois et après d’intenses consultations avec toutes les parties prenantes. Mercredi 17 janvier, il a annoncé l’abandon du projet Notre-Dame-des-Landes et préconisé le ­développement et la modernisation de l’actuel aéroport de Nantes. Qu’elle relève d’une réelle hésitation ou d’une soigneuse mise en scène, cette décision repose, en tout cas, sur une analyse coûts-bénéfices approfondie.
Coûts politiques
Les coûts possibles sont surtout politiques. Le candidat Macron avait dit, durant la campagne présidentielle, son intention de respecter le résultat de la consultation de 2016. Cela valait approbation du projet de nouvel aéroport. L’abandonner aujourd’hui revient à renier cet engagement et à bafouer la démocratie, martèle donc désormais la droite, trop heureuse de trouver enfin un angle d’attaque contre cet insaisissable président. Et pour faire bon poids, elle ajoute le défaut d’autorité de l’Etat qui a préféré ­capituler devant quelques « zadistes » au détriment de l’intérêt général supposé. Quant aux élus locaux, largement favorables au projet, ils s’insurgent contre le mépris dont ils s’estiment victimes.

        Lire aussi :
         

                « Déni de démocratie » ou « décision courageuse », les réactions à l’abandon de Notre-Dame-des-Landes



A l’inverse, le gouvernement souligne avec énergie, et non sans raison, que sa décision est courageuse, ferme et raisonnable. De fait, contrairement à ce qu’avaient fait ses prédécesseurs depuis des années, il a enfin tranché plutôt que de laisser pourrir davantage encore ce dossier. Il a clairement averti les occupants illégaux du site qu’ils devraient quitter les lieux, appelés à retrouver leur vocation agricole, d’ici au printemps – et cela n’est pas sans risques. Il s’engage enfin à ouvrir rapidement le chantier du développement de l’aéroport existant pour répondre aux besoins de la région et il ne doute pas que, passé leur frustration, les élus locaux s’y associeront.

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                Abandon de l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes, et après ?



Sur un terrain aussi miné que le bocage nantais, l’atterrissage était périlleux. Il a été habilement maîtrisé.




                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-12"> ¤ Dans sa chronique, Alain Frachon, éditorialiste au « Monde », montre comment la Russie et la Chine profitent de la dégradation de la démocratie libérale par le président américain.
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« Trump est important historiquement »

Dans sa chronique, Alain Frachon, éditorialiste au « Monde », montre comment la Russie et la Chine profitent de la dégradation de la démocratie libérale par le président américain.



Le Monde
 |    18.01.2018 à 11h32
    |

            Alain Frachon








                        



                                


                            

Chronique. A chaque nouvelle saillie de Donald Trump, au moins deux de ses « confrères », Vladimir Poutine et Xi Jinping, doivent se réjouir. L’Américain est champion quand il s’agit de dégrader l’image de la démocratie libérale. Il s’y emploie avec talent depuis son arrivée à la Maison Blanche. Sa dernière élégance – râler contre les « pays de merde », Haïti et quelques nations africaines, dont des ressortissants émigrent aux Etats-Unis – a dû largement circuler à Moscou et à Pékin.
Chinois et Russes mènent une bataille idéologique pour défendre l’autocratie politique. C’est un combat conduit avec détermination dans les enceintes de l’ONU, notamment, et qui passe par la critique régulière de la démocratie à l’occidentale. L’objectif est d’assurer la légitimité du mode de gouvernement autoritaire. L’ambition est de promouvoir diverses interprétations de la Déclaration universelle des droits de l’homme. Le message est double : notre « interprétation » vaut bien la vôtre ; vos valeurs n’ont pas le monopole de l’universalité.
La démocratie libérale ne serait qu’hypocrisie pratiquée par des pays un brin décadents et qui, du fait de leur passé, n’ont de leçons à donner à personne. L’historien américain Juan Cole rapportait cette semaine que les médias russes et iraniens émettant en arabe se sont fait une fête de relayer largement la dernière des « trumpitudes ». Le China Global Television Network n’aurait pas été en reste en Asie et en Afrique. Message ainsi largement diffusé : le président américain est raciste.
Les institutions américaines déligitimées
Trump travaille pour les contempteurs de la démocratie libérale. Aucun de ses discours ne la défend. Son comportement la menace et érode chaque jour davantage l’attractivité du modèle libéral. Trump devrait être la vestale en chef des institutions américaines : il les critique, les unes après les autres, il les délégitime. Le 45e président des Etats-Unis...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-13"> ¤ Analyse. L’ampleur du mouvement de blocage des établissements pénitentiaires traduit le mécontentement de personnels en manque de considération. Un paradoxe alors que, d’un strict point de vue social, la situation s’est améliorée.
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Malaise social dans les prisons

Analyse. L’ampleur du mouvement de blocage des établissements pénitentiaires traduit le mécontentement de personnels en manque de considération. Un paradoxe alors que, d’un strict point de vue social, la situation s’est améliorée.



Le Monde
 |    18.01.2018 à 09h15
    |

            Jean-Baptiste Jacquin








                        



                                


                            

Analyse. L’ampleur du mouvement de protestation des surveillants péni­tentiaires a surpris. De fait, l’élément déclencheur, l’agression de trois surveillants dans la prison de Vendin-le-Vieil (Pas-de-Calais), jeudi 11 janvier, par un détenu armé d’une paire de ciseaux à bouts ronds et d’un couteau à beurre, avait un niveau de gravité relativement bas au regard des irruptions de violence qui émaillent tristement la vie carcérale. S’il y a toujours une part de stratégie syndicale, voire électorale, dans la façon de monter en épingle un événement plus qu’un autre, la réponse du terrain ne trompe pas sur l’état du climat social dans les prisons.

Les surveillants n’ont pas le droit de grève mais ont de nombreux moyens de gripper une organisation toujours proche du point de rupture : retards de 10 à 15 minutes des prises de service, barrage mené par des surveillants en repos et des ­délégués syndicaux afin d’empêcher la venue des intervenants extérieurs, avocats et familles, et la sortie des détenus pour un procès ou une audience avec un juge. Ils sont parvenus à perturber à des degrés divers le fonctionnement de 139 établissements pénitentiaires, lundi 15 janvier, et 96, mardi 16, sur les 188 que compte le pays.

Les négociations ouvertes à la hâte mardi soir par le directeur de l’administration pénitentiaire, Stéphane Bredin, avec le syndicat majoritaire, l’UFAP-UNSA, et la CGT pénitentiaire sur les questions de sécurité pourraient permettre de débloquer la situation. Mais le fond du malaise reste. C’est le pari que fait le troisième syndicat de surveillants, FO pénitentiaire, le plus dur aujour­d’hui et le seul à avoir voulu imposer les questions de rémunération et de statut à une plate-forme commune de revendications qui n’a pas vu le jour.
Paradoxe
Au sujet de la sécurité des personnels, des progrès peuvent être accomplis notamment avec la fourniture de meilleurs équipements pour les surveillants affectés...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-14"> ¤ Dans « A quoi pensent les autistes ? », le pédopsychiatre Martin Joubert raconte la vie inversée ou illogique de plusieurs enfants incapables d’entrer dans l’univers de la raison commune.
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Raisons d’autistes

Dans « A quoi pensent les autistes ? », le pédopsychiatre Martin Joubert raconte la vie inversée ou illogique de plusieurs enfants incapables d’entrer dans l’univers de la raison commune.



Le Monde
 |    18.01.2018 à 07h15
    |

                            Elisabeth Roudinesco (Historienne et collaboratrice du "Monde des livres")








                        



                                


                            

A quoi pensent les autistes ?, de Martin Joubert, Gallimard, « Connaissance de l’inconscient », 168 p., 21 €.
Depuis des décennies, la question de la définition et du traitement de l’autisme est devenue l’enjeu d’une terrible bataille politique et clinique, avec injures, passions, procès et menaces en tous genres. Autant dire qu’il faut un vrai courage pour aborder la question des enfants autistes du point de vue de la psychanalyse à une époque où personne n’est encore en mesure de découvrir les causes exactes de cette étrange maladie. Plusieurs auteurs français contemporains, parmi lesquels Geneviève Haag, Pierre Delion et Henri Rey-Flaud, ont pris le risque de déchiffrer la pensée de ces enfants qui, à la manière de Jorge Luis Borges, lancent un défi à toute forme de rationalité.
Telle est aussi la visée du livre de Martin Joubert. Pédopsychiatre et membre de la Société psychanalytique de Paris (SPP), l’auteur raconte ici la vie inversée ou illogique de plusieurs enfants incapables d’entrer dans l’univers de la raison commune : Laurent, Jérémie, Hector et quelques autres encore.
Drôles de bonshommes
Chaque fois que Laurent se rend chez son thérapeute, il pose des questions incongrues : « Pourquoi on pleure quand quelqu’un meurt dans la famille ? (…) Pourquoi les grands-parents sont les parents des parents ? » De son côté, interrogé par son institutrice sur ce qu’est une urne, Jérémie répond, imperturbable : « C’est une boîte où il y a un président. » Quant à Hector, pris en charge par une équipe à l’âge de 3 ans, il va dessiner, pendant plusieurs années, de drôles de bonshommes tout en s’intégrant par le toucher à la communauté des soignants et des autres enfants.
Lorsqu’il entre dans sa neuvième année, après de nombreuses péripéties et l’arrivée d’un demi-frère, il définit les contours nouveaux de son bonhomme en perpétuelle évolution : les jambes ressemblent...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-15"> ¤ Dans « La Vie. Mode d’emploi critique », l’anthropologue se penche sur l’inégalité concrète des existences. Sans convaincre.
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Didier Fassin passe à côté de la vie

Dans « La Vie. Mode d’emploi critique », l’anthropologue se penche sur l’inégalité concrète des existences. Sans convaincre.



Le Monde
 |    18.01.2018 à 07h15
    |

                            Florent Georgesco








                        



                                


                            

La Vie. Mode d’emploi critique, de Didier Fassin, Seuil, « La couleur des idées », 192 p., 18 €.
Quand Didier Fassin, auteur d’une œuvre anthropologique importante, se lance dans une « physique de l’inégalité », en particulier focalisée sur la manière dont les sociétés occidentales traitent les migrants, on peut espérer trouver dans son travail les outils critiques qui nous manquent, la force libératrice propre à nous arracher à nos impasses.
La déception, en lisant La Vie. Mode d’emploi critique, vaste synthèse des contradictions entre notre valorisation abstraite de la vie et la manière dont nous traitons les vies concrètes, est à la hauteur de cette attente. Si plusieurs passages – notamment sur la valeur financière qu’on accorde à la vie – montrent l’apport qui aurait pu être celui de Didier Fassin aux débats les plus cruciaux de ce temps, l’ensemble se révèle vite inférieur à l’ambition qui le traverse.
Aplatissement théorique
Ainsi Fassin réunit-il nombre de concepts philosophiques (davantage que d’enquêtes de terrain, ici réduites à la portion congrue) mais en les épuisant à un tel point, à force de torsions, qu’ils se transforment en généralités, sinon en clichés. Il n’est pas besoin, notamment, de s’emparer du concept wittgensteinien de « forme de vie » pour arriver à la conclusion que les migrants sont précaires et vulnérables. Mais cela ne serait rien si cet aplatissement théorique ne se doublait de mauvais traitements envers la réalité elle-même, contrainte de se soumettre à l’idée que l’auteur en a.
La partie centrale du livre se fonde par exemple entièrement sur un tableau très hasardeux du traitement de l’immigration en France. Une loi de 1997, note ­Fassin, offre à des étrangers en situation irrégulière, s’ils sont malades, un titre de séjour provisoire pour se faire soigner. Progrès humanitaire ? Non. Pourquoi ? Mais parce que cela ne colle pas...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-16"> ¤ Dans une tribune au « Monde », Philippe Grosvalet, président PS du conseil départemental de Loire-Atlantique et favorable au projet de construction d’un nouvel aéroport sur le site de Notre-Dame-des-Landes, reproche au gouvernement de ne pas avoir respecté la justice et le suffrage universel.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-16"> ¤                     


Article sélectionné dans La Matinale du 17/01/2018
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NDDL : « L’abandon du projet ne fera que des perdants »

Dans une tribune au « Monde », Philippe Grosvalet, président PS du conseil départemental de Loire-Atlantique et favorable au projet de construction d’un nouvel aéroport sur le site de Notre-Dame-des-Landes, reproche au gouvernement de ne pas avoir respecté la justice et le suffrage universel.



Le Monde
 |    17.01.2018 à 16h35
 • Mis à jour le
18.01.2018 à 07h06
    |

Philippe Grosvalet (président PS du conseil départemental de Loire-Atlantique)







                        



                                


                            
Tribune. La décision du président de la République est lourde de conséquences. Il tourne ainsi le dos à la justice, à la décentralisation et au suffrage universel. L’abandon du projet de transfert de l’aéroport de Nantes-Atlantique vers le site de Notre-Dame-des-Landes (NDDL) ne fera que des perdants.
Les habitants d’abord, car les nuisances perdureront pour les 70 000 femmes, hommes et enfants quotidiennement survolés. Le territoire ensuite, car l’abandon sera synonyme de coup de frein porté au développement d’un territoire dont chacun connaît le dynamisme et l’attractivité. Le monde économique, qu’on freine dans son expansion. Le développement durable car, paradoxalement, le transfert est un outil efficace de lutte contre l’étalement urbain qui libère des terres en milieu très urbain. La démocratie car comment justifier, en démocratie, le fait de renier la force du vote populaire, la légitimité des élus locaux et la justesse des décisions de justice ? L’Etat, aussi, car la décision interrogera sa propre capacité à mener à bien de nouveaux projets structurants, tournés vers l’avenir. Emmanuel Macron, enfin, qui commet là son premier grand reniement lui qui, encore candidat à l’élection présidentielle, avait déclaré qu’il fallait respecter le vote.
« L’ouest de la France est une chance pour notre pays »
Demain, l’ouest de la France aura les mêmes besoins, les mêmes attentes qu’aujourd’hui. La décision du président de la République ne saurait être celle qui mettra un coup d’arrêt à nos projets. L’ouest de la France est un territoire périphérique, éloigné du cœur de l’Europe, qui a toujours su surmonter ce handicap géographique par son dynamisme, sa richesse industrielle et culturelle, son inventivité.
Il aura demain besoin de se connecter à un monde en mouvement. J’ai la conviction intime que l’Europe de demain sera celle des mobilités accélérées et des déplacements quotidiens entre les métropoles européennes. Ce n’est pas parce...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-17"> ¤ Le gouvernement a respecté les conclusions des médiateurs et tenu compte des opinions publiques contre les réseaux et les lobbys, estime dans une tribune Françoise Verchère, à la tête d’un collectif d’élus opposés au projet du grand aéroport.
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Article sélectionné dans La Matinale du 17/01/2018
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Notre-Dame-des-Landes : « L’abandon était la seule décision raisonnable à prendre ! »

Le gouvernement a respecté les conclusions des médiateurs et tenu compte des opinions publiques contre les réseaux et les lobbys, estime dans une tribune Françoise Verchère, à la tête d’un collectif d’élus opposés au projet du grand aéroport.



Le Monde
 |    17.01.2018 à 16h05
 • Mis à jour le
18.01.2018 à 07h06
    |

Françoise Verchère (coprésidente du Collectif des élus doutant de la pertinence de l'aéroport (Cédpa), collectif d’élus opposés à l’aéroport de Not...







                        



                                


                            

Tribune. Nous ressentons d’abord un immense soulagement. Le soulagement de savoir qu’il n’y aura pas de destruction de terres agricoles, pas de saccage de la biodiversité, pas de perturbation de cette vaste zone humide, et donc que tous ceux qui y habitent, humains, vaches et tritons, ne verront pas leur vie bouleversée par la réalisation d’un aéroport. Le soulagement aussi de constater que le rapport des médiateurs a confirmé la véracité de tous les arguments que nous avions développés jusqu’ici en vain, permettant ainsi au gouvernement de prendre la seule décision qui était raisonnable et que nous attendions depuis si longtemps : l’abandon d’un projet inutile, coûteux et destructeur.
Il n’y a pas là déni de démocratie, comme certains vont s’empresser de le crier. Le déni de démocratie ne réside pas dans la non-prise en compte d’une consultation finale biaisée et malhonnête, mais bien dans les dysfonctionnements des procédures de débat public, dans le mépris des compétences et des avis des citoyens ou des scientifiques pendant les enquêtes, dans les petits et grands mensonges répétés à l’envi : la saturation prétendue de l’actuel aéroport, la menace imaginaire sur le lac de Grandlieu, le prétendu peu d’intérêt du site de Notre-Dame-des-Landes (NDDL), le fantasme des créations de lignes aériennes…
Le temps des élus omnipotents est révolu
Si les habitants de Loire-Atlantique qui ont voté oui en 2016 ont l’impression de ne pas être respectés parce que le projet est abandonné, qu’ils n’oublient pas qu’ils ont d’abord été trompés pendant des années. Après Sivens, après NDDL, et alors que tant d’autres projets qui ressemblent à ces deux-là se poursuivent, peut-on espérer que soit enfin compris l’enjeu démocratique qu’ils révèlent ?
Le temps des élus omnipotents, seuls décideurs et jamais comptables de leurs décisions, est révolu, celui des réseaux et des lobbys doit l’être aussi, car les citoyens ont des compétences qui leur...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-18"> ¤ Dans une tribune au « Monde », le président de la fédération des autoentrepreneurs, Grégoire Leclecq, estime que limiter l’extension de l’indemnisation du chômage aux seuls travailleurs des plates-formes serait une erreur.
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« L’envie de faire réussir nos travailleurs indépendants doit guider la réforme de l’assurance-chômage »

Dans une tribune au « Monde », le président de la fédération des autoentrepreneurs, Grégoire Leclecq, estime que limiter l’extension de l’indemnisation du chômage aux seuls travailleurs des plates-formes serait une erreur.



Le Monde
 |    17.01.2018 à 15h30
    |

Grégoire Leclercq (Président de la Fédération des autoentrepreneurs)







                        



                                


                            
Tribune. Emmanuel Macron l’avait promis : il faudra étendre l’assurance-chômage aux indépendants. C’est donc un chantier d’ampleur qui s’est ouvert à l’automne 2017, chantier au cours duquel inspection des finances, inspection générale des affaires sociales, ministères, syn­dicats, experts et instituts de sondage ont fait état de propositions diverses pour répondre à la commande présidentielle. Les pistes ne manquent pas…
Devant la difficulté manifeste à obtenir une solution qui tienne la route, les prétentions ont été revues à la baisse
Les trois principales : le maintien du ­caractère volontaire de l’assurance-chômage, au risque de faire émerger un système dans lequel seuls les indépendants au risque élevé adhéreraient ; la création pure et simple d’un régime obligatoire d’assurance-chômage, au sein duquel l’indemnisation serait essen­tiellement forfaitaire ; la mise en place d’un dispositif obligatoire, mais avec une indemnisation calculée en fonction des revenus antérieurs (système assurantiel contributif).
Devant la difficulté manifeste à obtenir une solution qui tienne la route, les prétentions ont été revues à la baisse. L’assurance-chômage « universelle » semble quelque peu avoir du plomb dans l’aile… L’extension de l’assurance-chômage à 100 % des indépendants serait finalement limitée aux seuls « travailleurs des plates-formes », qui pourraient bénéficier de cette nouvelle couverture, négociée par les seuls syndicats de salariés et de patrons.
Protection sociale à deux vitesses
Mais en voulant cibler uniquement les chauffeurs d’Uber ou de Chauffeur privé, les livreurs de Foodora ou de Deliveroo, ou encore les free-lances de Malt, on fait triplement fausse route. D’abord, parce que la définition au sens propre d’un « travailleur de plate-forme » n’existe pas et ne peut véritablement exister. Notons au passage que la dépendance économique ne peut être un critère, tant il existe de cas de dépendance économique en...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-19"> ¤ Dans une tribune au « Monde », le politologue Eddy Fougier estime que l’exécutif joue très gros sur ce dossier. Il dresse quatre scénarios de sortie de crise dans la « zone à défendre » de Notre-Dame-des-Landes, de la négociation à la manière forte.
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NDDL : « L’un des principaux enjeux est désormais celui de l’évacuation de la ZAD »

Dans une tribune au « Monde », le politologue Eddy Fougier estime que l’exécutif joue très gros sur ce dossier. Il dresse quatre scénarios de sortie de crise dans la « zone à défendre » de Notre-Dame-des-Landes, de la négociation à la manière forte.



Le Monde
 |    17.01.2018 à 15h22
 • Mis à jour le
17.01.2018 à 17h17
    |

Eddy Fougier (politologue et consultant)







                        



                                


                            

Maintenant que le premier ministre, Edouard Philippe, a annoncé la décision d’abandonner le projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes (NDDL), l’un des principaux enjeux, pour le gouvernement, est désormais celui de l’évacuation de la zone à défendre (ZAD). A l’instar de la décision qu’il a dû prendre à propos de l’aéroport, il semble bien que, pour la ZAD, il n’y ait pas non plus de bonne solution.

Le gouvernement se trouve, en effet, face à un véritable triangle d’incompatibilité. Il ne pourra pas à la fois satisfaire tout le monde, respecter ses engagements d’évacuer la ZAD et éviter les affrontements violents sur le terrain, avec notamment le risque qu’il y ait un mort. A ce stade, quatre scénarios sont envisageables.
Le premier scénario est celui esquissé par le ministre de l’intérieur, Gérard Collomb, dans un entretien accordé à France 2 le 15 janvier, qui semble monter en puissance ces derniers jours. C’est le scénario de la « négociation » avec les zadistes, ou « scénario Larzac ». Dans cette hypothèse, seuls les éléments les plus radicaux seraient évacués de la ZAD ou amenés à partir d’eux-mêmes d’ici au printemps, comme l’a affirmé Edouard Philippe mercredi 17 janvier. Les agriculteurs expropriés récupéreraient alors leurs terres, tandis que les zadistes pacifiques qui souhaiteraient s’installer durablement dans la zone, par exemple pour exploiter des terres, seraient au bout du compte « régularisés ».
« Bons » et « mauvais » zadistes
C’est ce que semblent également souhaiter les zadistes, du moins si l’on en croit ce qu’ils expliquaient, en 2015, dans le texte dit « Les 6 points pour l’avenir de la ZAD ». Le modèle qu’ils prônaient alors est celui du Larzac. Suite à la décision d’abandon du projet d’extension du camp militaire du Larzac, en 1981, les terres agricoles qui avaient été acquises par l’Etat avaient été confiées à la Société civile des terres du Larzac (SCTL) par bail emphytéotique. La SCTL,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-20"> ¤ Quinze économistes s’élèvent, dans une tribune au « Monde », contre le peu de place laissé à leur discipline dans le projet de réforme des lycées.
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Réforme des lycées : « Une solide culture économique est indispensable pour se comporter en citoyen éclairé »

Quinze économistes s’élèvent, dans une tribune au « Monde », contre le peu de place laissé à leur discipline dans le projet de réforme des lycées.



Le Monde
 |    17.01.2018 à 15h15
 • Mis à jour le
17.01.2018 à 15h25
    |

un collectif d'économistes







                        



                                


                            
Tribune. Une réforme du lycée est en préparation. Les décisions définitives ne sont pas prises, mais les informations qui circulent suscitent notre inquiétude en ce qui concerne l’enseignement des sciences économiques et sociales (SES). Dans l’état actuel du projet, l’enseignement des SES occuperait une place marginale en classe de seconde et ne figurerait pas dans le tronc commun du cycle terminal. La formation à la science économique et aux autres sciences sociales (sociologie, science politique) n’apparaît que dans deux des neuf couples d’enseignement de spécialisation qui seraient proposés aux lycéens.
La mise en œuvre d’une telle réforme conduirait donc à la marginalisation des SES dans la formation des lycéens français. Certes, une minorité seulement de lycéens se destinent à des formations spécialisées en sciences économiques, mais il est indispensable dans le monde d’aujourd’hui de disposer d’une solide culture économique pour se comporter en citoyen éclairé.
Comment comprendre les débats sur la lutte contre le réchauffement climatique si l’on ne maîtrise pas le rôle des prix, de la fiscalité et de la réglementation dans le fonctionnement des économies ? Comment comprendre les débats sur l’avenir de la construction européenne sans une solide culture concernant le rôle des marchés et des Etats dans l’intégration économique ? Comment comprendre la mondialisation sans disposer des concepts et des méthodes permettant d’analyser le commerce international, le rôle des firmes globales et les enjeux de la gouvernance mondiale ?
Des concepts essentiels
Il ne s’agit pas de former des spécialistes de l’analyse économique ou de surcharger les programmes. Mais il est indispensable de fournir à tous les élèves la maîtrise des raisonnements de base et des concepts essentiels leur per­mettant de porter un regard informé sur le monde économique et social. De mê­me que des enseignements portent sur les humanités (langues, littérature, philosophie)...




                        

                        

