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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-1"> ¤ Mardi 23 janvier, les 28 ministres des finances de l’Union européenne, réunis à Bruxelles, pourraient décider de diviser quasiment par deux la liste noire, en biffant les noms de 8 pays, sur un total de 17.
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Paradis fiscaux : la liste noire européenne bientôt divisée par deux

Mardi 23 janvier, les 28 ministres des finances de l’Union européenne, réunis à Bruxelles, pourraient décider de diviser quasiment par deux la liste noire, en biffant les noms de 8 pays, sur un total de 17.



Le Monde
 |    18.01.2018 à 15h16
 • Mis à jour le
18.01.2018 à 15h56
    |

            Cécile Ducourtieux (Bruxelles, bureau européen)








                        



   


Déjà sérieusement remise en question lors de sa publication en décembre 2017, la liste européenne des paradis fiscaux risque, de nouveau, de concentrer les critiques dans les jours qui viennent. Mardi 23 janvier, les 28 ministres des finances de l’Union européenne (UE), réunis à Bruxelles, pourraient décider de la diviser quasiment par deux, en biffant les noms de 8 pays, sur un total de 17.
Le Panama, la Corée du Sud, les Emirats arabes unis, la Tunisie, la Mongolie, Macao, Grenade et la Barbade sont ainsi sur le point de sortir de cette liste stigmatisante. Ces pays y figuraient pourtant pour n’avoir pas pris à temps (avant fin novembre 2017) les engagements exigés par le groupe « Code de conduite ». Cette émanation du Conseil européen, qui a effectué le travail préparatoire à l’établissement de la liste, exigeait des promesses d’en finir avec des législations beaucoup trop accommodantes (taux zéro sur le profit des sociétés, par exemple), un agenda précis pour ces réformes, etc.

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                Bruxelles : la liste des paradis fiscaux déjà critiquée



Les ONG et les députés verts européens avaient vivement réagi, en décembre 2017, contestant la méthode de travail du « Code de conduite », un groupe d’experts nationaux travaillant dans la plus grande opacité. Ils soulignaient aussi l’absence, dans la liste finale, de membres de l’UE, alors qu’il est de notoriété publique que certains pratiquent des politiques fiscales particulièrement accommodantes (Luxembourg, Irlande, Malte…).
Aucune complaisance
Les 8 pays sortis de la liste noire devraient se retrouver sur une « liste grise » de 47 autres, dont les engagements n’avaient pas été jugés suffisants par le « Code de conduite » en décembre 2017. Certains ministres avaient pourtant contesté, à l’époque, que la liste noire soit aussi rapidement « révisée », estimant que les pays retardataires ne devaient bénéficier d’aucune forme de complaisance. Ils n’ont visiblement pas été suivis par leurs pairs.

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« Si on demande la transparence aux autres, on doit l’être nous-même »
Pierre Moscovici, le commissaire aux affaires économiques et financières, fiscalité et douanes, qui avait initié le processus de la liste noire, a estimé, jeudi 18 janvier, que ce processus de réduction du nombre de pays inscrits était un peu rapide. Certes, « la liste n’est pas une fin en soi », a estimé le Français, mais il demande aux ministres des finances « de rendre publics les engagements pris par les pays » sortis de la liste. « Ces engagements n’ont aucune raison d’être discrets. Si on demande la transparence aux autres, on doit l’être nous-même », a ajouté M. Moscovici.
Qu’adviendra t-il, par ailleurs, des huit autres pays touchés par les ouragans de la fin de l’été 2017 (les Bahamas, les îles Vierges américaines…), à qui le « Code de conduite » avait donné quelques semaines de plus (jusqu’au 14 février) pour s’engager à changer leurs pratiques ? Les ministres européens choisiront-ils de les placer dans la liste noire ou dans la grise ? Rendront-ils publics leurs motivations et les engagements de ces juridictions ?

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                Plongée dans l’arrière-cuisine fiscale de Bruxelles



« Une faiblesse »
M. Moscovici met lui-même le doigt sur le problème : « Le caractère intergouvernemental et forcément un peu diplomatique de la liste est une faiblesse… » Cette dernière aurait gagné en crédibilité sans les soupçons de petits arrangements entre Etats membres : pourquoi le Qatar a-t-il été sorti au dernier moment du projet de liste noire, au tout début de décembre 2017 ? Tout comme le Maroc et le Cap Vert ? « Nous ne pouvons accepter que les Etats membres négocient en catimini des exemptions pour les paradis fiscaux qui ont leurs faveurs », a réagi, jeudi, l’eurodéputée Eva Joly (EELV).
Et surtout : quid des sanctions que la Commission aurait souhaité adjoindre à la liste noire ? L’institution communautaire a, à plusieurs reprises, proposé que l’argent de l’UE ne puisse pas transiter par les paradis fiscaux de la liste noire. Mais les ministres des finances avaient refusé de se prononcer fin 2017. Et, pour l’instant, ce sujet crucial n’est pas à l’ordre du jour de leur réunion de mardi 23…



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-2"> ¤ Dans un jugement prononcé jeudi, la Cour européenne des droits de l’homme valide le dispositif de localisation des sportifs.
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La CEDH offre une victoire majeure à la lutte antidopage

Dans un jugement prononcé jeudi, la Cour européenne des droits de l’homme valide le dispositif de localisation des sportifs.



Le Monde
 |    18.01.2018 à 13h16
 • Mis à jour le
18.01.2018 à 15h07
    |

            Clément Guillou








                        



   


L’Agence mondiale antidopage (AMA) peut souffler : le dispositif de localisation des sportifs, pan essentiel de la stratégie de dissuasion des tricheurs, a été validé ce jeudi par la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH).
L’instance de Strasbourg était amenée à se prononcer sur ce principe en réponse à deux requêtes émanant de sportifs français, des syndicats de sports collectifs, d’une part, et la cycliste Jeannie Longo, d’autre part. Tous estimaient que l’obligation de donner aux acteurs de la lutte contre le dopage leur emploi du temps et un créneau d’une heure par jour pour être contrôlé par surprise constituait une atteinte intolérable à la vie privée, en violation de l’article 8 de la Convention européenne des droits de l’homme.

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                Dopage : la localisation obligatoire des sportifs devant la justice européenne



Le principe avait été validé par la justice de plusieurs pays, dont la France, et par la justice sportive avec le Tribunal arbitral du sport, mais certains juristes estimaient qu’il serait jugé plus sévèrement par la CEDH. La requête visait l’Agence française de lutte contre le dopage (AFLD), mais toute décision aurait pu avoir des conséquences internationales.
« D’une particulière importance »
Dans son jugement, la Cour reconnaît l’impact sur la vie privée mais considère « que les motifs d’intérêt général qui les rendent nécessaires sont d’une particulière importance et justifient les restrictions apportées aux droits accordés par l’article 8 de la Convention », avant d’ajouter :
« Elle [la CEDH] estime que la réduction ou la suppression de ces obligations conduirait à accroître les dangers du dopage pour la santé des sportifs et celle de toute la communauté sportive et irait à l’encontre de la communauté de vue européenne et internationale sur la nécessité d’opérer des contrôles inopinés pour conduire la lutte antidopage. »
Les juges, dont l’arrêt est rendu respectivement sept et quatre ans après le dépôt des deux requêtes, soulignent en particulier deux rôles essentiels de la lutte antidopage : la protection de la santé, notamment des jeunes sportifs amateurs, et la « protection des droits et libertés d’autrui », estimant que la lutte antidopage autorise une compétition plus loyale.
Lobbying
Le consensus des autorités médicales, gouvernementales et internationales sur le danger du dopage et les moyens de lutter contre est aussi mis au crédit de la lutte antidopage.
L’AMA suivait de très près le destin de ces requêtes devant la CEDH. L’instance régulatrice de la lutte antidopage n’avait pas ménagé ses efforts de lobbying pour échapper à une décision qui remettrait en cause, selon elle, l’efficacité de la lutte antidopage.
Signe de son souci de satisfaire au droit européen, l’AMA a fait surveiller la rédaction du dernier code mondial antidopage, entré en vigueur en 2015, par le juge français Jean-Paul Costa, ancien président de la CEDH. Elle continue depuis de faire régulièrement appel à son expertise.
« Après toutes les manœuvres politiques de ces six dernières années, je ne suis absolument pas surpris, a réagi Jean-François Reymond, directeur du syndicat des joueurs de rugby français Provale et à l’origine de la fronde alors qu’il dirigeait celui des basketteurs. Je ne peux que féliciter l’AMA pour son travail de lobbying auprès de la CEDH. »



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-3"> ¤ L’augmentation des investissements chinois dans les ex-pays de l’Est suscite la méfiance à l’Ouest.
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L’offensive de charme de Pékin en Europe centrale et orientale

L’augmentation des investissements chinois dans les ex-pays de l’Est suscite la méfiance à l’Ouest.



Le Monde
 |    18.01.2018 à 11h27
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18.01.2018 à 11h28
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            Marie de Vergès








                        



                                


                            

« Si l’Union européenne [UE] ne peut payer, nous nous tournerons vers la Chine. » Evoquant les retards en infrastructures qui subsistent en Europe centrale, le premier ministre hongrois, Viktor Orban, invité d’un Salon économique, à Berlin, le 10 janvier, n’a pas pris de pincettes. L’avertissement, teinté de provocation, ne surprend guère de la part du dirigeant. Pourfendeur des « bureaucrates de Bruxelles », M. Orban est aussi un ardent soutien des investissements chinois à domicile.
Ceux-là se sont accrus, ces dernières années, dans les pays d’Europe centrale et orientale (PECO). Pékin a marqué son intérêt économique pour la zone à travers la formation du club « 16+1 ». Le forum, auquel participent 11 pays membres de l’UE et 5 candidats à l’adhésion, suscite la méfiance en Europe de l’Ouest, où l’on regarde d’un œil soupçonneux les attentions du géant asiatique pour les PECO.
Lors du dernier raout du « 16+1 », à Budapest, en novembre 2017, la Chine a annoncé l’octroi de quelque 3 milliards d’euros destinés au financement de projets dans ces pays et une dotation de 1 milliard d’euros pour un fonds d’investissement majoritairement consacré à la région. Selon des calculs du think tank américain Center for Strategic and International Studies, les annonces d’investissements chinois en infrastructures, depuis 2012, se chiffreraient à 15 milliards de dollars (12,3 milliards d’euros).
« Ces pays n’ont pas reçu en proportion de ce qu’ils attendaient »
Mais la traduction de ces promesses en projets concrets est encore balbutiante. Les investissements chinois dans l’industrie et les infrastructures des PECO se sont élevés à moins de 3 milliards d’euros en 2016. S’ils ont été multipliés par sept depuis 2009, ils constituent une fraction minime des investissements chinois dans l’ensemble de l’UE (35 milliards d’euros en 2016).
« Ces pays n’ont pas reçu en proportion de ce qu’ils attendaient », souligne François...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-4"> ¤ Le secteur du transport, 5 millions d’emplois directs dans l’UE, risque de diviser l’Est et l’Ouest en 2018.
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Après le travail détaché, le transport, prochaine pomme de discorde au sein de l’Union européenne

Le secteur du transport, 5 millions d’emplois directs dans l’UE, risque de diviser l’Est et l’Ouest en 2018.



Le Monde
 |    18.01.2018 à 11h27
 • Mis à jour le
18.01.2018 à 11h28
    |

            Cécile Ducourtieux (Bruxelles, bureau européen)








                        



                                


                            

Après le travail détaché, qui a polarisé les débats bruxellois tout au long de 2017, c’est le secteur du transport, 5 millions d’emplois directs dans l’Union européenne (UE), qui risque de diviser l’Est et l’Ouest en 2018. Et peut-être plus brutalement encore. « C’est simple, je ne vois pas comment on va pouvoir s’entendre ; pour l’instant, les positions semblent irréconciliables », explique une source au Parlement européen.
En mai 2017, la Commission européenne a présenté une série de propositions législatives sur le transport, allant de la réduction des émissions de CO2 à l’amélioration de la compétitivité, en passant par la mutation numérique et – sujet encore plus sensible – les conditions de travail des chauffeurs. Théoriquement, dans une opération de transport international, c’est la directive sur le travail détaché de 1996 qui s’applique (sa révision n’étant toujours pas actée à Bruxelles), dès que le camion franchit la frontière d’un Etat membre. Le chauffeur est alors payé au salaire minimum du pays traversé sur la durée du trajet.

Dans les faits, cette législation est très peu appliquée, étant donné la complexité de sa mise en œuvre. D’où les vives tensions apparues ces dernières années. Les PME françaises, belges ou autrichiennes de transport ont été concurrencées par des lettones, hongroises ou tchèques, qui ont tiré avantage des bas salaires de leurs conducteurs. Surtout lors des opérations de cabotage, quand un transporteur européen effectue une livraison à l’intérieur d’un Etat de l’UE qui n’est pas le sien.
Contraintes multipliées
Se voulant réaliste et équilibrée, la Commission a recommandé l’application des conditions du détachement aux conducteurs, seulement si leur opération de transport international excède trois jours (par mois) dans un pays membre. Ce seuil, retenu après des pressions de Paris (Bruxelles travaillait plutôt sur cinq jours), a suscité de vives protestations en France, mais aussi dans...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-5"> ¤ Les revenus des Hongrois n’ont pas rattrapé ceux des pays de l’Ouest, malgré de fortes hausses depuis deux ans.
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A Györ, en Hongrie, « les salaires ont augmenté, le coût de la vie aussi »

Les revenus des Hongrois n’ont pas rattrapé ceux des pays de l’Ouest, malgré de fortes hausses depuis deux ans.



Le Monde
 |    18.01.2018 à 11h27
 • Mis à jour le
18.01.2018 à 12h02
    |

                            Blaise Gauquelin (Györ, envoyé spécial)








                        



                                


                            

Istvan Sabo jouit d’une situation enviable en Hongrie. Depuis dix-sept ans, il badge sur le site rutilant des usines Audi à Györ, dans le nord-ouest de ce pays d’Europe centrale qui compte 9,8 millions d’habitants. A l’époque, être embauché pour assembler les moteurs de voitures allemandes de prestige, c’était s’assurer une ascension sociale jalousée. Et aujourd’hui encore, les 11 600 employés du complexe peuvent s’enorgueillir d’avoir dégoté une bonne place. Ils touchent des revenus mensuels nettement supérieurs au salaire moyen.
Pourtant, comme l’immense majorité de ses collègues, cet ouvrier a soutenu la première grève jamais déclarée par un syndicat dans le puissant secteur automobile, qui représente 20 % des exportations hongroises, compte 700 entreprises – dont Mercedes, Suzuki et Opel –, emploie 155 500 personnes à un salaire médian de 1 071 euros brut et produit 520 000 véhicules par an. C’était au début de 2017. Ceux qui, à partir des années 1990, ont profité de la délocalisation massive de pans entiers de l’industrie automobile occidentale et asiatique ont débrayé deux heures. Une vraie petite révolution.
« On gagne toujours quatre ou cinq fois moins d’argent que nos collègues travaillant sur les sites Audi en Allemagne, dénonce Istvan Sabo. Certes, au début, c’était dix fois moins, mais il y a toujours une grande différence ! » « Et puis, nos conditions de travail sont moins bonnes que les leurs », renchérit György Csalogany, lui aussi embauché sur le site, qu’il présente comme la plus grande usine de moteurs du monde.
« C’est dur d’associer un emploi avec une vie de famille »

Elle en produit près de 2 millions par an. « A l’Ouest, les chaînes sont beaucoup plus souvent automatisées. Le droit du travail est plus favorable aux employés. Les gens connaissent leur planning un an à l’avance. Ici, on nous dit le mardi qu’on doit bosser le samedi. C’est dur, alors, d’associer un emploi avec une vie de...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-6"> ¤ Accusés de dumping social et fiscal, les ex-pays de l’Est, qui n’ont pas encore rattrapé le niveau de vie de occidental, se sentent floués.
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Entre l’Europe de l’Est et de l’Ouest, le fossé se creuse

Accusés de dumping social et fiscal, les ex-pays de l’Est, qui n’ont pas encore rattrapé le niveau de vie de occidental, se sentent floués.



Le Monde
 |    18.01.2018 à 11h27
 • Mis à jour le
18.01.2018 à 16h01
    |

            Cécile Ducourtieux (Bruxelles, bureau européen) et 
                                Blaise Gauquelin (Vienne, correspondant)








                        



                                


                            

La Bulgarie, l’Autriche et la Roumanie vont se succéder à la présidence de l’Union européenne dans les dix-huit prochains mois. Ce décentrage vers l’est des centres de décision européens permettra-t-il de réduire le fossé qui s’est creusé avec l’Europe de l’Ouest ? La crise des migrants a exacerbé cette division, certains Etats de l’Est refusant catégoriquement d’accueillir des réfugiés. Les dérives illibérales de la Hongrie et de la Pologne n’ont rien arrangé.
Mais c’est sur le front économique que la division est la plus manifeste entre les économies des pays fondateurs et celles, toujours en rattrapage, des ex-pays du bloc soviétique, entrés dans le club lors des phases d’élargissement de 2004 (Chypre, Estonie, Hongrie, Lettonie, Lituanie, Malte, Pologne, République tchèque, Slovaquie, Slovénie), 2007 (Bulgarie, Roumanie) et 2013 (Croatie).
La révision de la directive sur le travail détaché, une priorité d’Emmanuel Macron (et de François Hollande, avant lui) a polarisé les débats pendant des mois. Finalement, seuls quatre pays ont voté contre au Conseil (dont la Pologne et la Hongrie). Mais l’affrontement pourrait reprendre au printemps sur les conditions de travail des chauffeurs routiers.
« Démantèlement de l’Union »
Quelles sont les principales lignes de fracture, et pourquoi ? A Paris, Berlin et Bruxelles, on accuse Budapest et Varsovie d’abuser de la libre circulation des services et des personnes, en contournant la directive sur le détachement de 1996, qui impose que le travailleur étranger soit payé au salaire minimum du pays d’accueil. Depuis Bucarest, fin août 2017, Emmanuel Macron avait fustigé ce « dumping social et fiscal », qui pourrait conduire à un « démantèlement de l’Union ».

Pas du tout, répond-on à l’Est : s’il existe des entorses aux directives, elles doivent être sanctionnées. Mais le fait que les salaires y restent bien inférieurs à ceux de l’Ouest n’a rien à voir avec du dumping,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-7"> ¤ Le parti italien embarrasse ses partenaires en faisant campagne sur la question identitaire.
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La Ligue du Nord provoque pour exister

Le parti italien embarrasse ses partenaires en faisant campagne sur la question identitaire.



Le Monde
 |    18.01.2018 à 11h09
    |

            Jérôme Gautheret (Rome, correspondant)








                        



                                


                            

Provocation parfaitement assumée ou malheureux « lapsus », comme il a cherché à s’en défendre plus tard ? Attilio Fontana, candidat pressenti par la droite pour le poste de gouverneur de la région Lombardie, qui sera désigné le 4 mars, jour des élections générales italiennes, a suscité une véritable tempête, lundi 15 janvier, en affirmant sur les ondes de Radio Padania (la fréquence radiophonique de son parti, la Ligue du Nord), en réponse à une question sur l’immigration d’un auditeur : « Si nous acceptons tous les migrants, nous ne serons plus nous. (…) Nous devons décider si notre ethnie, notre société, notre race blanche doit continuer à exister ou si elle doit être anéantie. Ce n’est pas une question d’être raciste ou xénophobe. »
Une déclaration qui a immédiatement provoqué un torrent de réactions outrées. Matteo Renzi, secrétaire général du Parti démocrate (centre gauche), a ainsi qualifié ces déclarations de « délirantes », tandis que le candidat du Mouvement 5 étoiles, Luigi Di Maio, prenait à partie le chef de file de la coalition de centre droit, Silvio Berlusconi, demandant si M. Fontana « était toujours leur candidat ». Quant à la représentante de la communauté juive de Rome, Ruth Dureghello, elle a immédiatement dénoncé ces propos : « Doit-on encore répéter aux ignorants en 2018, 80 ans après les lois raciales [promulguées durant le fascisme], qu’il n’existe pas de race blanche à défendre ? »

Du côté des partenaires de la Ligue, c’est l’embarras qui domine. A l’image de Silvio Berlusconi lui-même qui, tout en qualifiant la phrase d’Attilio Fontana de « malheureuse », précisait, mardi, qu’il serait dangereux « de focaliser son attention sur une expression erronée et non pas sur le risque que l’Europe perde son identité ». De son côté, la dirigeante de l’autre fraction de la coalition, Giorgia Meloni (Fratelli d’Italia, droite postfasciste), rejetait...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-8"> ¤ Humilié, le PP n’a pas obtenu de Ciudadanos qu’il lui « prête » un député pour lui permettre de constituer un groupe parlementaire.
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Le Parti populaire catalan privé de groupe parlementaire

Humilié, le PP n’a pas obtenu de Ciudadanos qu’il lui « prête » un député pour lui permettre de constituer un groupe parlementaire.



Le Monde
 |    18.01.2018 à 10h43
 • Mis à jour le
18.01.2018 à 10h56
    |

            Sandrine Morel (Barcelone, envoyée spéciale)








                        



   


Qui est le neuvième député à avoir voté blanc lors de l’élection du président du Parlement catalan ? Aussitôt les résultats connus, la question a agité l’hémicycle. Le vote blanc des huit députés de gauche radicale de la liste Catalogne en commun-Podem, opposés au candidat indépendantiste comme à celui de Ciudadanos pour présider la Chambre régionale, était annoncé et attendu. Les indépendantistes, sourire ironique au coin des lèvres, ont vite suggéré qu’un élu du Parti populaire (PP, droite) était sans doute le neuvième à afficher de la sorte son mécontentement.

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Humilié, le PP n’a en effet pas obtenu de Ciudadanos qu’il lui « prête » un député pour lui permettre de constituer un groupe parlementaire, possible à partir de cinq élus. Sauf changement d’avis de dernière minute, avec seulement quatre députés, les conservateurs devront donc siéger au sein d’un groupe mixte… en compagnie des députés du parti d’extrême gauche anticapitaliste, antieuropéen et séparatiste CUP (Candidature d’union populaire). Leurs pires ennemis dans la région.
Disposer d’un groupe parlementaire n’est pas une simple question de prestige pour la formation de Mariano Rajoy. C’est aussi l’assurance de davantage de ressources financières et d’une participation dans toutes les commissions, ainsi qu’un surcroît de temps de parole lors des sessions de contrôle du gouvernement régional. Une présence que le PP et la CUP devront donc négocier et se partager.
« Mesquinerie »
Les réactions du PP, en Catalogne et à Madrid, n’ont pas tardé. Le porte-parole du PP au Parlement espagnol, Rafael Hernando, a critiqué la « mesquinerie » de Ciudadanos et rappelé que grâce au PP, Ciudadanos préside plusieurs commissions et détient la vice-présidence du Congrès des députés, à Madrid. De son côté, le coordinateur général du PP, Fernando Martinez-Maillo, s’en est pris sur Twitter à « l’égoïsme de Ciudadanos » et parlé de « grande erreur ».
« Nous avons besoin d’un groupe parlementaire, sinon les indépendantistes auront la majorité absolue dans toutes les commissions », a aussi averti le chef de file du PP catalan, Xavier Garcia Albiol. Pour Ciudadanos, la raison de son refus est que « les Catalans n’ont pas à payer pour quelque chose qui n’a pas été remporté dans les urnes ».
Cette bataille entre le PP et Ciudadanos illustre les tensions de plus en plus vives entre les deux formations, qui se battent pour capitaliser le vote anti-indépendance, « unioniste », dans le reste du royaume. Or, Ciudadanos est perçu comme un vrai rival pour le PP depuis que des sondages donnent aux libéraux la victoire en Espagne, en cas d’élections législatives anticipées.



                            


                        

                        


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La Catalogne, loin d’un retour à la normale

Le nouveau Parlement catalan maintient son soutien à Carles Puigdemont, malgré l’opposition de Madrid.



Le Monde
 |    18.01.2018 à 10h32
    |

            Sandrine Morel (Barcelone, envoyée spéciale)








                        



                                


                            

De grands rubans jaunes ont été déposés sur les sièges inoccupés des huit élus en prison préventive ou en « exil » en Belgique, trois mois après la vaine tentative de sécession. Chaque fois que leur nom est prononcé pour les appeler au vote, des salves d’applaudissement retentissent dans l’hémicycle. Le Parlement catalan a fait sa rentrée, mercredi 17 septembre, dans une ambiance tendue. Il a élu un président indépendantiste, mais la question de la désignation de Carles Puigdemont, toujours « exilé » en Belgique, comme prochain chef du gouvernement régional, a dominé les discussions dans les couloirs.
Malgré sa réputation d’indépendantiste « radical », le nouveau président du Parlement, Roger Torrent, a cherché à calmer le jeu : à aucun moment il n’a évoqué la « République catalane », proclamée de manière unilatérale le 27 octobre, juste avant la mise sous tutelle de la région par Madrid et la destitution du précédent gouvernement catalan. Bien que la « défense de la République » soit au centre du programme électoral de sa formation, la Gauche républicaine de Catalogne (ERC), M. Torrent a plutôt plaidé lors de son premier discours pour restaurer les institutions catalanes et « recoudre la société », déchirée par la tentative de sécession. Cet ancien maire du village de Sarria de Ter, dans la province de Gérone, s’est aussi engagé à « renforcer la cohésion sociale » et à « mettre les institutions au service des citoyens ».
« L’Etat ne sait qu’imposer, humilier et punir »
De quoi susciter les critiques de la gauche ultra-indépendantiste (CUP), pour qui son discours « s’est éloigné de tout esprit républicain ». Au contraire, le député Santi Rodriguez, élu du Parti populaire catalan, a salué le « ton conciliant » du nouveau président du Parlement et « l’espoir d’une rupture de la ligne de la précédente législature ».
En dépit de cette volonté d’apaisement, la tension était...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-10"> ¤ Cette annonce doit être officialisée à l’occasion de la venue au Royaume-Uni du président français Emmanuel Macron pour un sommet bilatéral.
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Le Royaume-Uni va augmenter de 50 millions d’euros sa contribution à la sécurité de la frontière à Calais

Cette annonce doit être officialisée à l’occasion de la venue au Royaume-Uni du président français Emmanuel Macron pour un sommet bilatéral.



Le Monde
 |    18.01.2018 à 10h16
 • Mis à jour le
18.01.2018 à 16h42
   





                        



   


Le gouvernement britannique va annoncer jeudi 18 janvier qu’il augmente de 44,5 millions de livres (50,5 millions d’euros) sa contribution financière à Calais et sur les côtes françaises pour renforcer la sécurité à la frontière.
« Cet argent doit être investi dans l’amélioration de la sécurité à la frontière », a déclaré un porte-parole de l’exécutif britannique. Cette annonce doit être officialisée à l’occasion de la venue au Royaume-Uni du président français Emmanuel Macron pour un sommet bilatéral.
« Tout comme nous investissons pour nos frontières dans le reste du Royaume-Uni, il est normal de surveiller en permanence si nous pouvons renforcer les contrôles en France et en Belgique, pour s’assurer qu’ils sont aussi sécurisés que possible », a ajouté le porte-parole.
En vertu des accords du Touquet en vigueur depuis 2004, les agents britanniques peuvent effectuer librement des contrôles sur le territoire français. Dans ce cadre, le Royaume-Uni a déjà dépensé près de 100 millions de livres (113 millions d’euros) ces trois dernières années.
Un nouveau traité complétant celui du Touquet
Lors d’un déplacement mardi à Calais, ville d’entrée dans le tunnel sous la Manche, Emmanuel Macron avait prévenu que l’Etat « ne laissera pas se reconstituer une “jungle” » comme celle qui a rassemblé jusqu’à 8 000 migrants avant d’être démantelée en 2016.

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Sa venue à Londres doit donner lieu à la signature d’un « nouveau traité qui complétera les accords du Touquet », a annoncé l’Elysée.
Sur les quelque 2 000 mineurs pris en charge après le démantèlement de la « jungle », le Royaume-Uni, qui s’était engagé à accueillir tous les enfants isolés ayant de la famille sur place et à étudier les dossiers des mineurs « vulnérables », en a finalement accueilli 769, selon les chiffres du ministère britannique de l’Intérieur. L’ONG France Terre d’asile, elle, évoque 893 mineurs acceptés.

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A Londres, un porte-parole du gouvernement a reconnu que les accords du Touquet étaient « très bénéfiques au Royaume-Uni ».



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-11"> ¤ La montée en puissance de l’extrême droite côté autrichien relance les débats sur la situation particulière de cette province italienne.
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Article sélectionné dans La Matinale du 17/01/2018
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Le Haut-Adige, enjeu majeur entre l’Italie et l’Autriche

La montée en puissance de l’extrême droite côté autrichien relance les débats sur la situation particulière de cette province italienne.



Le Monde
 |    18.01.2018 à 06h37
 • Mis à jour le
18.01.2018 à 11h35
    |

            Jérôme Gautheret (Brennero, Bolzano (Italie), envoyé spécial)








                        



                                


                            

Ce n’est même pas une ville, à peine un village, niché au creux des montagnes, en plein cœur des Alpes. Depuis la gare, par ­laquelle passent, sans s’arrêter, des trains de marchandises et des lignes à grande vitesse qui traversent toute l’Europe, on distingue des maisons sans charme posées au bord d’une route, un café, une supérette. Rien de monumental, ou même de seulement pittoresque, ne vaudrait qu’on s’arrête dans la commune de Brennero (Brenner, en allemand), 2 000 habitants, s’il n’y avait sa situation unique, qui fait du site l’enjeu de bien des convoitises.
En effet, Brennero garde l’entrée du plus ­accessible des cols alpins. A moins de 1 400 mètres d’altitude, c’est par là que sont passées, pendant des siècles, les plus importantes routes commerciales reliant l’Italie aux grands marchés d’Europe du Nord. Autant dire que la maîtrise du col engage beaucoup plus que les communes des environs.
En cheminant le long de la route, on arrive devant un centre commercial, puis face à un portique bétonné gardé par un camion militaire italien. Sur les cartes routières, c’est assez simple : ici, c’est l’Italie, au-delà, c’est l’Autriche. Du point de vue du droit, c’est incontestable. Pourtant, le paysage, la population, le passé, tout raconte une histoire infiniment plus complexe.

Bienvenue en Haut-Adige – Südtirol pour les germanophones, Tyrol du Sud en français –, morceau d’empire habsbourgeois attribué à l’Italie au sortir de la première guerre mondiale en vertu d’une entorse au principe des nationalités. Aujourd’hui province autonome ayant pour capitale Bolzano (Bözen, en allemand), le Haut-Adige est peuplé de 500 000 habitants, dont plus de 70 % se disent germanophones. Ce chiffre masque d’importantes disparités. A Bolzano, la population est aux deux tiers italophone, mais, à Brennero, tout le monde, ou presque, parle allemand. Et c’est par un « grüss gott » (« bonjour ») ­chaleureux qu’on accueille le client...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-12"> ¤ Les deux dirigeants se retrouvent jeudi pour un sommet franco-britannique, à Sandhurst, au sud-ouest de Londres.
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Célébrée par Theresa May et Emmanuel Macron, la coopération franco-britannique à l’épreuve du Brexit

Les deux dirigeants se retrouvent jeudi pour un sommet franco-britannique, à Sandhurst, au sud-ouest de Londres.



Le Monde
 |    18.01.2018 à 03h18
 • Mis à jour le
18.01.2018 à 11h30
    |

            Philippe Bernard (Londres, correspondant)








                        



   


« Pendant les travaux du Brexit, l’Entente cordiale franco-britannique continue. » Tel est en substance le message que souhaitent adresser Theresa May et Emmanuel Macron à l’occasion du 35e sommet franco-britannique qui doit se tenir jeudi après-midi 18 janvier à l’académie militaire royale de Sandhurst, au sud-ouest de Londres.
Organisé sur une base régulière, cet événement d’ordinaire routinier attire particulièrement l’attention cette année en raison de l’enjeu migratoire de Calais et, plus généralement, d’un contexte lourd d’incertitudes. L’avenir des relations entre le Royaume-Uni et le continent dépend de difficiles négociations avec Bruxelles dont l’enjeu clé – les relations économiques et commerciales après le Brexit fixé au 29 mars 2019 – n’a pas encore été abordé.

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Célébrer la coopération franco-britannique en pleine procédure de divorce de Londres avec l’UE suppose une certaine flexibilité diplomatique. On peut faire confiance aux deux dirigeants pour faire assaut d’amabilités. On peut aussi les créditer de certaines arrière-pensées : Theresa May, qui a perdu sa majorité au Parlement de Westminster en juin 2017 et dirige un gouvernement divisé sur l’Europe, n’est pas perçue à Paris comme en situation de force. Elle pourrait chercher à se ménager les bonnes grâces d’un voisin qui pèse lourd dans la négociation du Brexit.
Macron, l’homme fort de l’Europe
Dans un climat marqué par l’éloignement de l’ami américain – Donald Trump vient d’annuler sa visite prévue à Londres –, le Royaume-Uni cherche paradoxalement à renforcer ses liens avec le continent européen. Constatant « l’incertitude que l’administration Trump a générée dans l’ordre du monde existant », le Telegraph, quotidien conservateur et europhobe, conseille à Mme May d’« établir le cadre d’une nouvelle ère post-Brexit de la coopération franco-britannique ».

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Le renforcement de l’UE, dont le président français se veut le champion, est aux antipodes du Brexit et M. Macron est soupçonné à Londres de vouloir utiliser celui-ci pour ponctionner au profit de Paris le maximum d’emplois et d’institutions financières de la City. Pourtant, le chef d’Etat est perçu au Royaume-Uni comme l’homme fort de l’Europe, au moins pendant qu’Angela Merkel est occupée à constituer un gouvernement.
Le sommet de Sandhurst doit officialiser le geste français hautement symbolique et salué par la presse britannique du prêt de la tapisserie de Bayeux, annoncé mercredi 17 janvier. La diplomatie culturelle du président Macron est destinée à contredire ceux qui, au Royaume-Uni, l’accusent de vouloir « punir » le pays pour le vote du Brexit. Les quelques avancées attendues de la réunion de jeudi sur les principaux sujets de coopération – immigration et défense – devraient donner l’image d’un couple franco-britannique toujours uni en dépit de leur querelle de famille européenne.
Renégociation des accords du Touquet
Emmanuel Macron a renoncé à demander la renégociation des accords du Touquet de 2003, qui font peser sur la France la gestion de l’entrée au Royaume-Uni en permettant aux douaniers et policiers de sa majesté d’opérer sur le sol français. Lui qui promettait en mars 2016 que, en cas de Brexit, « les migrants ne seraient plus à Calais », autrement dit que la frontière serait reportée du côté britannique, devrait présenter comme un succès la signature d’un nouveau traité « complétant » les accords du Touquet maintenus en l’état.
Ce texte, qui devra être adopté par les deux parlements, prévoit un examen accéléré par les autorités britanniques des demandes d’asile pour les mineurs isolés et ceux qui peuvent prétendre au regroupement familial au Royaume-Uni. Des catégories protégées que les Britanniques rechignent jusqu’à présent à admettre.
Emmanuel Macron a fini par se ranger à l’analyse qui prévalait du temps de François Hollande, selon laquelle un report de la frontière à Douvres créerait un appel d’air et générerait des flux d’immigration plus importants pesant encore davantage sur Calais. Outre ce nouveau traité, Paris attend de Londres une aide financière au développement économique du Calaisis, où est de fait sous-traitée la gestion des entrées sur le sol britannique.
Lutte contre le terrorisme au Sahel
En matière militaire, la coopération franco-britannique est institutionnalisée depuis 2010 par les accords de Lancaster House. Les deux pays ont en commun de posséder une forte industrie d’armement et de disposer, seuls en Europe, de la dissuasion nucléaire. Theresa May et Emmanuel Macron devraient annoncer des projets communs en matière de drone sous-marin antimines et réaffirmer leur engagement dans le projet de drone de combat franco-britannique FCAS.
Mais Paris attend surtout une annonce britannique d’appui dans la lutte contre le terrorisme au Sahel. Selon le Times, Londres pourrait fournir des hélicoptères Chinook à la force française Barkhane opérant notamment au Mali. En contrepartie, la France renforcerait son soutien à l’unité britannique basée en Estonie dans le cadre de l’OTAN et destinée à dissuader une agression russe.

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                « Les Européens doivent prendre conscience que le Brexit est aussi très dangereux pour eux »



Mais, alors qu’Emmanuel Macron veut renforcer l’Europe de la défense avec son « initiative européenne d’intervention », le cadre – bilatéral ou européen – dans lequel va se poursuivre la coopération avec les Britanniques demeure incertain. Theresa May souhaite rester engagée aux côtés de l’UE en matière de défense et bénéficier du Fonds européen de défense.
Mais les conservateurs estiment en même temps que c’est l’OTAN et non l’Union européenne qui doit protéger le continent. Dans ce domaine comme dans d’autres – la recherche nucléaire aujourd’hui coordonnée par Euratom par exemple –, tout dépend du résultat des futures négociations entre Londres et les Vingt-Sept. Difficile donc de célébrer la coopération bilatérale lorsque la plupart des domaines où elle se pratique sont eux-mêmes des enjeux dans la négociation du Brexit.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-13"> ¤ Des marches ont été organisées mercredi pour dénoncer une tentative des ultraconservateurs de limiter encore le droit à l’IVG, déjà très restreint.
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Faible mobilisation en Pologne contre l’interdiction de l’avortement

Des marches ont été organisées mercredi pour dénoncer une tentative des ultraconservateurs de limiter encore le droit à l’IVG, déjà très restreint.



Le Monde
 |    17.01.2018 à 23h41
 • Mis à jour le
18.01.2018 à 11h10
    |

                            Intérim








                        



   


Le dégel n’aura pas suffi : à Varsovie, seulement un millier de personnes avaient répondu mercredi 17 janvier à l’appel à manifester lancé par le collectif « Grève nationale des femmes » contre la délégalisation quasi totale de l’avortement en Pologne. Le mouvement avait été décliné dans une quarantaine d’autres villes.
« L’opposition, c’est nous ! » Dans la capitale enneigée, le cortège témoignait d’une colère encore chaude contre les députés qui avaient contribué une semaine plus tôt au rejet d’une proposition de création d’un droit à l’interruption volontaire de grossesse (IVG). En parallèle, le Parlement avait donné une suite favorable à une pétition qui, si elle acquérait force de loi, interdirait l’avortement en cas de malformation grave du fœtus, soit 95 % des avortements légaux pratiqués dans le pays.
Contrairement aux marches de protestation qui se tiennent régulièrement depuis deux ans à Varsovie, celle d’hier n’a pas commencé devant le Parlement mais au siège de la Plateforme civique (PO), principal parti d’opposition au gouvernement ultraconservateur de Droit et justice (PiS). Après avoir exigé des députés leur « démission » et « des excuses pour les Polonaises », les manifestants ont répété la scène en face du bureau de Nowoczesna, autre parti libéral sur le plan économique mais sans ligne claire en matière sociétale.
« Nous nous battons contre des moulins à vent »
« Nous, les femmes, nous ne sommes pas représentées au Parlement. Il ne nous reste que la rue, explique Maria, proche de la retraite. Ma fille hésite à avoir un deuxième enfant car elle a peur qu’il puisse avoir une maladie grave. Plutôt que de changer la loi sur l’avortement, l’Etat devrait davantage aider les mères d’enfant handicapé. »
Un peu plus loin, Zofia, coiffée d’un épais bonnet rouge, précise « ne plus avoir l’âge de tomber enceinte », mais elle veut que sa fille et ses petits-enfants « puissent avoir le choix. On ne devrait pas régler les questions d’éthique par la loi. Les femmes sont intelligentes, elles devraient pouvoir décider de leur vie ».
Pour Tomasz, 50 ans, la priorité devrait aller à « l’éducation. Les femmes n’avortent pas par plaisir, il faudrait que les jeunes apprennent correctement comment ça marche pour éviter les accidents ». Un problème réel en Pologne, où non seulement l’éducation sexuelle n’est pas présente dans toutes les écoles, mais en outre les mineures n’ont pas le droit de consulter un gynécologue sans l’accord explicite des parents.
Kasia et Agata, étudiantes aux cheveux courts et habillées de noir comme lors de la grande marche d’octobre 2016, ne se font pas d’illusion sur les chances de succès de cette nouvelle mobilisation. Il y a plus d’un an, le « lundi noir » avait rassemblé près de 250 000 personnes, forçant le PiS à abandonner un projet d’interdiction absolue de l’avortement et de pénalisation des femmes qui y auraient recours. Faute de parti de gauche au Parlement et d’opposition massive dans la rue, rien ne semble désormais pouvoir empêcher le PiS de voter le durcissement de la loi sur l’avortement, promis à l’épiscopat en échange de son soutien électoral. « Nous nous battons contre des moulins à vent, mais nous devons maintenir le sujet sur le devant de la scène. »
A l’extérieur du cortège, les badauds observent la scène avec incompréhension ou indifférence, visiblement plus préoccupés par l’interruption du trafic que par le rassemblement. Deux heures plus tard, les manifestants se séparent dans le calme, comme si de rien était, et montent à bord des bus qui circulent de nouveau.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-14"> ¤ Cette loi, qui doit permettre au Royaume-Uni de continuer à fonctionner normalement après le Brexit, doit encore passer devant la chambre des Lords.
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Les députés britanniques adoptent la loi de retrait de l’Union européenne

Cette loi, qui doit permettre au Royaume-Uni de continuer à fonctionner normalement après le Brexit, doit encore passer devant la chambre des Lords.



Le Monde
 |    17.01.2018 à 22h42
   





                        


Les députés britanniques ont adopté mercredi 17 janvier au soir un projet de loi gouvernemental crucial dans la mise en œuvre du Brexit. Ce texte a pour objet d’intégrer au sein de la législation britannique les lois européennes, et donc de permettre au Royaume-Uni de fonctionner normalement. Son examen se poursuivra à partir du 30 janvier devant la chambre des Lords, majoritairement pro-UE, où il pourrait connaître un nouveau lot d’obstacles et de surprises.
Ce vote a eu lieu au terme d’un parcours compliqué pour le texte de loi, qui a plusieurs fois mis à mal l’exécutif. Le projet de loi sur le retrait de l’Union européenne a été adopté par 324 voix contre 295,

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« Cette loi est essentielle pour préparer le pays à l’étape historique du retrait de l’Union européenne », a déclaré peu avant le vote le ministre chargé du Brexit, David Davis.
« Elle garantit qu’au premier jour [après le Brexit], nous aurons une législation qui fonctionne, permettant le retrait en douceur et ordonné voulu par le peuple et les entreprises au Royaume-Uni », a-t-il ajouté.
Critiques de son propre camp
Il y aura « de grandes batailles » dans les prochains mois sur des questions constitutionnelles, a prévenu une source travailliste à la chambre des Lords, interrogée par l’Agence France-Presse.
Soulignant que le texte avait été débattu pendant plus de quatre-vingts heures et avait fait l’objet de plus de cinq cents amendements, David Davis s’est réjoui de pouvoir soumettre à la chambre des Lords une version « améliorée » qui, a-t-il espéré, serait examinée « de manière aussi constructive ».
En décembre, la première ministre conservatrice, Theresa May, avait subi une défaite cuisante lorsque onze députés de son camp avaient voté avec l’opposition travailliste pour que le Parlement approuve les termes du divorce d’avec l’Union européenne.

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Des critiques du camp de l’exécutif qui ont resurgi mercredi, lorsque Justine Greening, qui a renoncé au début de janvier à son portefeuille de ministre de l’éducation, a prévenu que si le Brexit n’était pas favorable aux jeunes, ils pourraient chercher à « améliorer ou défaire ce que nous avons fait ».
La porte ouverte à une volte-face
En plus des discussions à la chambre des Lords, Theresa May devra mener de front les négociations avec Bruxelles sur la période de transition avant d’aborder la future relation commerciale entre le Royaume-Uni et l’UE à compter d’avril.
La tâche s’annonce ardue pour la première ministre, qui devra concilier des vues discordantes au sein de son cabinet entre les tenants d’une relation commerciale privilégiée et les partisans d’une franche rupture.
Les dirigeants européens ont assuré mardi que la porte restait « ouverte » pour une éventuelle volte-face des Britanniques, même si l’option d’un nouveau référendum a été écartée par Theresa May.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-15"> ¤ Pour le juriste Olivier Cahn, les accords du Touquet signés en 2002 sont fondamentalement déséquilibrés.
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« La Grande-Bretagne nous paie pour que nous gérions, sur notre territoire, son immigration »

Pour le juriste Olivier Cahn, les accords du Touquet signés en 2002 sont fondamentalement déséquilibrés.



Le Monde
 |    17.01.2018 à 19h36
    |

            Maryline Baumard








                        



                                


                            

Maître de conférences en droit pénal à l’université de Cergy-Pontoise (Val-d’Oise), Olivier Cahn a consacré sa thèse de doctorat à la « coopération policière franco-britannique dans la zone frontalière transmanche ». Pour lui, la souveraineté de la France est mise à mal par ces accords.

Le chef de l’Etat a fait savoir avant le sommet franco-britannique qu’il allait négocier un avenant aux accords du Touquet pour demander aux Britanniques de faciliter l’entrée légale de migrants mineurs. Il va aussi plaider pour une contribution financière supplémentaire des Britanniques. Est-ce suffisant à vos yeux ?
Olivier Cahn : Sur le fond, ces annonces suscitent une question et une remarque. Il est ainsi possible de s’étonner que les exigences françaises se limitent aux mineurs. Pourquoi ne pas exiger que les Britanniques acceptent d’examiner la situation de toutes les personnes présentes à Calais qui peuvent justifier de liens familiaux au Royaume-Uni ?
Par ailleurs, si l’intention est louable, la notion d’aide au développement économique suscite un malaise pour deux raisons : d’abord parce qu’elle renvoie aux rapports entre pays développés et pays en voie de développement, ce qui n’est pas flatteur pour le Calaisis ; ensuite, parce qu’elle implique que la France accepte que la situation dans le Calaisis soit vouée à perdurer et que les autorités françaises sont disposées, en échange d’une compensation financière, à assumer le contrôle de l’immigration vers le Royaume-Uni, sans considération pour les conséquences pour les habitants du Calaisis.
Pour bien comprendre… On parle beaucoup de ces accords du Touquet, sur lesquels vous avez travaillé des années. Comment les résumer ?
Ce sont les accords qui organisent les contrôles frontaliers dans les ports maritimes de la Manche et de la mer du Nord. Signés en février 2003 par Nicolas Sarkozy, alors ministre de l’intérieur, et par...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-16"> ¤ Alors que « Metroid: Samus Returns » et « RiME » ont brillé à l’international, de nombreuses entreprises menacent de fermer. Le gouvernement a annoncé un plan d’aide.
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L’Espagne déclare le jeu vidéo « fondamental et stratégique »

Alors que « Metroid: Samus Returns » et « RiME » ont brillé à l’international, de nombreuses entreprises menacent de fermer. Le gouvernement a annoncé un plan d’aide.



Le Monde
 |    17.01.2018 à 17h36
 • Mis à jour le
17.01.2018 à 18h17
   





                        



   


Drôle de bilan 2017 pour le jeu vidéo espagnol : un chiffre d’affaires en hausse de 21 %, plusieurs succès critiques sur la scène internationale, dont une collaboration historique avec Nintendo, mais des fermetures de studio qui s’accélèrent. Tel est le constat dressé jeudi 11 janvier par le syndicat espagnol du jeu vidéo (DEV), relayé par le quotidien El Pais.
L’aventure spatiale de Metroid: Samus Returns, développée à Madrid par MercurySteam (déjà à l’origine de la trilogie Castlevania: Lords of Shadow), a particulièrement brillé, avec un prix du meilleur jeu portable aux Game Awards 2017, les Oscars du jeu vidéo. Il s’agit de la première collaboration entre un studio espagnol et le numéro un historique du secteur. Deux autres productions madrilènes, le jeu d’énigmes The Sexy Brutale et le jeu d’aventure poétique RiME, ont également attiré l’attention des médias internationaux et des joueurs.

D’autres titres prévus pour 2018 ont également un fort potentiel en raison de leur atmosphère soignée et de leur forte originalité. Ainsi de Crossing Souls: Ready for Adventure, qui à la manière de Stranger Things en série, revisite l’ambiance des années 1980 dans un jeu de rôle ; de The Red Strings Club, expérience narrative mêlant ambiance cyberpunk et service dans un bar (!) ; ou de Do not Feed the Monkey, jeu d’aventure à l’esthétique LucasArts plaçant le joueur dans la peau d’un voyeur aux multiples caméras de surveillance. « D’un point de vue créatif, le jeu vidéo espagnol vit sa meilleure période depuis des décennies », relève le quotidien ibérique de référence.

Annonce d’aides sur le modèle français
Pour autant, l’industrie espagnole fait face à un recul de son nombre d’entreprises spécialisées — une première depuis 2013. Sur les 480 recensées en 2016, 30 ont fermé et 90 sont en difficulté. « L’immense majorité des entreprises espagnoles reste précaire et de création très récente. Se financer demeure, dans la plupart des cas, un rêve impossible », explique El Pais. En Espagne, 68 % des sociétés comptent moins de onze salariés.
A la manière de la France, l’Espagne souhaite mettre en place un système d’aides gouvernementales pour soutenir ce secteur qualifié de « fondamental et stratégique » par Fernando Benzo, secrétaire d’Etat à la culture, mais par nature fragile et changeant. En 2018, un fonds de 6,25 millions d’euros sera alloué aux entreprises âgées de plus de six mois mais dont le chiffre d’affaires ne dépasse pas les 2 millions d’euros, à raison de 150 000 euros maximum par dossier.

A titre de comparaison, en France, l’industrie bénéficie depuis 2008 de plusieurs mécanismes de soutien. En 2016, 39 projets ont été soutenus par le Centre national pour la cinématographie et l’image animée (CNC) pour un investissement total de 3 millions d’euros. Le secteur du jeu vidéo fait l’objet depuis plusieurs années d’une importante concurrence fiscale entre ses grandes nations, notamment le Canada, l’Angleterre et la France, afin d’attirer et de retenir les entreprises spécialisées. Ubisoft a notamment augmenté ses investissements en France à la suite de l’augmentation du crédit d’impôt au jeu vidéo.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-17"> ¤ Les journalistes, dont Ragip Duran, l’ancien correspondant de « Libération » à Istanbul, ont été condamnés pour leur solidarité envers « Özgür Gündem », un journal d’opposition pro-kurde.
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Prison ferme pour cinq journalistes en Turquie

Les journalistes, dont Ragip Duran, l’ancien correspondant de « Libération » à Istanbul, ont été condamnés pour leur solidarité envers « Özgür Gündem », un journal d’opposition pro-kurde.



Le Monde
 |    17.01.2018 à 17h30
    |

            Marie Jégo (Istanbul, correspondante)








                        



   


Pour avoir manifesté leur solidarité avec le quotidien d’opposition pro-kurde Özgür Gündem, cinq journalistes ont été condamnés à des peines de prison ferme, mardi 16 janvier, par un tribunal d’Istanbul.
Ragip Duran, journaliste francophone qui fut longtemps le correspondant de Libération à Istanbul, Ayse Düzkan, Mehmet Ali Çelebi et Hüseyin Bektas ont été condamnés à un an et demi de détention. « Ils n’ont pas manifesté assez de remords », a estimé la Cour dans ses attendus. Le rédacteur en chef du quotidien, Hüseyin Akyol, a lui été condamné à trois ans et neuf mois d’emprisonnement.
Absents lors de l’audience, les accusés étaient représentés par leurs avocats qui ont fait appel des condamnations. A Paris, la Société des journalistes et du personnel de Libération a dénoncé un « jugement inique ».
Les cinq journalistes ont été condamnés pour « propagande terroriste » en faveur du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), en guerre contre l’Etat turc depuis plus de trente ans. Selon les autorités turques, Özgür Gündem est un des porte-voix de la rébellion armée kurde, perçue comme « terroriste » par la Turquie, l’Union européenne et les Etats-Unis.
« L’une des plus grandes geôles »
Depuis sa fondation en 1992, Özgür Gündem a été interdit à plusieurs reprises, ses locaux ont même été détruits par une explosion en décembre 1994. Avant d’être fermé par décret-loi en octobre 2016, le quotidien pro-kurde a subi des pressions judiciaires.
En signe de soutien, la profession a lancé une campagne en faveur du pluralisme des médias. De mai à août 2016, une veille journalistique a été établie avec la participation de personnalités en vue, dont la militante des droits de l’homme Sebnem Korur Fincanci et le représentant local de Reporters sans frontières (RSF), Erol Önderoglu. Les volontaires se chargeaient symboliquement du travail d’édition pendant une journée, en signe de solidarité.
Cette marque de solidarité leur a coûté cher. En juin, trois des « veilleurs » – Sebnem Korur Fincanci, Erol Önderoglu et Ahmet Nesin – ont été incarcérés pendant dix jours. Ils ont ensuite été libérés mais leur procès se poursuit. La prochaine audience aura lieu le 18 avril devant la 13e chambre du palais de Justice de Caglayan, celle-là même qui vient de condamner les cinq journalistes. Ils risquent jusqu’à quatorze ans de prison.

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Pas moins de 122 journalistes sont derrière les barreaux en ce moment en Turquie, pays décrit par Reporters sans frontières (RSF) comme « l’une des plus grandes geôles du monde » pour les professionnels des médias. Ils risquent de lourdes condamnations, jusqu’à la réclusion à perpétuité pour certains. Et 520 autres journalistes qui comparaissent libres pourraient les rejoindre à tout moment en 2018. Au classement de la liberté de la presse établi par RSF en 2017, la Turquie occupe la 155e place (sur 180), en net recul par rapport à 2005 quand le pays occupait la 98e place.
Préoccupante avant le coup d’Etat manqué du 15 juillet 2016, la situation des médias est devenue critique. A la faveur de l’état d’urgence imposé le 20 juillet 2016 et régulièrement reconduit depuis, les journalistes critiques du gouvernement sont visés par les purges. Plus de 150 médias ont été fermés dans la foulée du coup d’Etat raté.
« Politique draconienne »
La condamnation des cinq journalistes survient en pleine controverse entre la Cour constitutionnelle et le gouvernement au sujet de la libération de deux chroniqueurs, Mehmet Altan, 65 ans, et Sahin Alpay, 73 ans. Emprisonnés juste après le coup d’Etat manqué car accusés de collusion avec le mouvement du prédicateur Fethullah Gülen qu’Ankara accuse d’avoir fomenté le coup d’état raté, les deux hommes ont présenté un recours individuel devant la Cour.
Jeudi 11 janvier, par onze voix contre six, les juges de la Cour constitutionnelle ont ordonné leur remise en liberté conditionnelle. La plus haute juridiction turque a dénoncé « la violation de la liberté d’expression et de la presse et la violation du droit à la sécurité et à la liberté ». Les défenseurs de la profession ont alors pensé que la décision allait ouvrir un précédent et que de nombreux journalistes injustement incarcérés allaient être libérés.
Mais cinq heures après la décision de la Cour, deux tribunaux d’Istanbul ont refusé d’en tenir compte et se sont prononcé, au contraire, pour le maintien des deux journalistes en détention.
L’exécutif s’en est mêlé. La Cour constitutionnelle a « dépassé les limites de ses pouvoirs législatifs et constitutionnels », a annoncé peu après sur son compte Twitter le porte-parole du gouvernement, Bekir Bozdag, dénonçant une « mauvaise décision ». « La justice turque a pour seule référence la politique draconienne imposée par le gouvernement en matière de sécurité nationale. La défense des libertés individuelles n’est pas sa priorité », déplore Erol Önderoglu, le représentant de RSF en Turquie.



                            


                        

                        


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Dopage : la localisation obligatoire des sportifs devant la justice européenne

La Cour européenne des droits de l’homme rend jeudi une décision potentiellement cruciale pour l’avenir de la lutte antidopage.



Le Monde
 |    17.01.2018 à 15h17
 • Mis à jour le
17.01.2018 à 16h36
    |

            Clément Guillou








                        



   


La lutte antidopage viole-t-elle depuis 2004 la Convention européenne des droits de l’homme ? La Cour européenne des droits de l’homme (CEDH) doit se prononcer, jeudi 18 janvier, sur cette question qui divise les juristes spécialistes de l’antidopage, en réponse à deux requêtes de sportifs français.
L’une est portée depuis 2011 par les syndicats de joueurs des quatre principaux sports collectifs (football, basket, rugby, handball) ; l’autre est au nom de Jeannie Longo, l’un des plus grands palmarès du sport tricolore. Sa carrière finissant, la cycliste se plaignait d’un acharnement de l’Agence française de lutte contre le dopage (AFLD), qui l’inscrivait chaque année dans le groupe des sportifs obligés de signaler leur localisation. Déboutée en 2013 par le Conseil d’Etat, elle s’était tournée vers l’Europe.

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Les requérants voient, dans le système de localisation auquel ils sont soumis, une atteinte à leur vie privée. Depuis 2009, ce régime oblige les sportifs à donner un créneau d’une heure par jour durant lequel ils se rendent disponibles pour des contrôles antidopage, à l’endroit de leur choix. C’est sur ce système que reposent les contrôles aléatoires, qui, selon les experts, sont les plus efficaces pour dissuader les sportifs de se doper.
L’AMA vigilante
Pour cette raison, l’Agence mondiale antidopage (AMA) a toujours suivi de très près le destin de ces requêtes devant la CEDH. L’instance régulatrice de la lutte antidopage se refuse à tout commentaire avant la décision, mais n’a pas ménagé ses efforts de lobbying pour échapper à une décision qui remettrait en cause, selon elle, l’efficacité de la lutte antidopage.
En 2009, elle avait dû réviser à la marge les règles de localisation afin de satisfaire la Commission européenne. Depuis, le dispositif a été davantage assoupli, notamment dans le volet des sanctions associées au défaut de localisation.

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Signe de son souci de satisfaire au droit européen, l’AMA a fait surveiller la rédaction du dernier code mondial antidopage, entré en vigueur en 2015, par le juge français Jean-Paul Costa, ancien président de la CEDH. Elle continue depuis de faire régulièrement appel à son expertise.
« Quelques athlètes – bien que, je suis heureux de le dire, ils ne soient pas en majorité – ont critiqué le système de localisation, le jugeant invasif et contraignant ; cependant, la plupart d’entre nous dans le monde du sport le considérons comme un moyen efficace et nécessaire pour faire en sorte que le sport propre l’emporte », justifiait Craig Reedie, président de l’AMA, dans une tribune en 2015.
« On a dépassé le délai raisonnable »
Les sportifs et leurs avocats, eux, évoquent l’article 8 de la convention. Il dispose que « toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance », et que les exceptions à cette ingérence ne s’appliquent pas à la lutte antidopage.
Ils évoquent en outre la liberté de circulation, contrainte, selon eux, par l’obligation de rester une heure par jour en un endroit donné.
Le dispositif est également validé par le tribunal arbitral du sport
Leur espoir est mince : en France, le Conseil d’Etat a validé la localisation des sportifs et la Cour de cassation a estimé qu’il n’y avait pas lieu de renvoyer au Conseil constitutionnel une question prioritaire de constitutionnalité. Le dispositif est également validé par le tribunal arbitral du sport. Et quand bien même la CEDH jugerait non conforme le dispositif de localisation, les juristes de l’AMA se battraient pied à pied pour ne pas avoir à y renoncer.
Les requérants, eux, sont presque passés à autre chose. « Au bout de six ans, je ne sais pas si on est encore en droit d’avoir des espoirs. On a largement dépassé le délai raisonnable », dit Jean-François Reymond, directeur du Syndicat des joueurs de rugby, qui avait auparavant mené la fronde à la tête de celui des basketteurs.
Depuis que sa requête a été déposée, il témoigne d’une nette amélioration des relations avec l’AFLD, le nouveau directeur des contrôles, Damien Ressiot, ayant facilité les démarches de localisation. Elles sont désormais remplies le plus souvent par les clubs et les manquements sont rares dans les sports collectifs.
Jeannie Longo, de son côté, estime que sa fin de carrière a été gâchée par ses relations avec l’AFLD qui, en 2011, avait voulu la sanctionner pour avoir fait défaut à trois reprises aux règles de localisation. Elle avait finalement été blanchie par la Fédération française de cyclisme (FFC), mais continuait d’être inscrite dans le « groupe cible » des athlètes de haut niveau.
Sa plainte contre l’AFLD avait été rejetée par le Conseil d’Etat.
« La CEDH a prouvé qu’elle était plus scrupuleuse sur le respect de la vie privée que le Conseil d’Etat, veut croire Me Bruno Ravaz, conseil de Jeannie Longo. Si Jeannie gagne, elle s’estimera un peu réhabilitée. Pour elle, c’était une opération de harcèlement afin de la forcer à raccrocher son vélo. » Jeudi, l’ancienne cycliste sera au ski.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-19"> ¤ Le Parlement catalan se réunissait pour la première fois depuis les élections de décembre, alors que plusieurs leaders indépendantistes sont en prison ou à l’étranger.
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L’indépendantiste Roger Torrent élu à la tête du Parlement catalan

Le Parlement catalan se réunissait pour la première fois depuis les élections de décembre, alors que plusieurs leaders indépendantistes sont en prison ou à l’étranger.



Le Monde
 |    17.01.2018 à 13h11
 • Mis à jour le
17.01.2018 à 15h39
   





                        



   


C’est un indépendantiste, Roger Torrent, qui a été élu mercredi 17 janvier à la présidence du Parlement catalan. L’assemblée législative catalane siégeait pour la première fois depuis les élections de décembre, lors desquelles le parti centriste Ciudadanos est arrivé en tête mais dont la coalition indépendantiste est sortie majoritaire. Cette première séance vise à poser les jalons pour réinvestir Carles Puigdemont, volontairement exilé en Belgique, comme dirigeant de la région.

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Roger Torrent, élu et porte-parole de la Gauche républicaine de Catalogne (ERC), a été désigné président du Parlement par 65 voix contre 56, en l’absence de huit députés sécessionnistes placés en détention ou en exil volontaire à Bruxelles, à l’instar de Carles Puigdemont, destitué par Madrid.
L’ancienne présidente du Parlement, l’indépendantiste Carme Forcadell, mise en examen pour rébellion après la déclaration unilatérale d’indépendance du 27 octobre, avait renoncé à se présenter de nouveau au poste.
Mercredi, l’indépendantiste Ernest Maragall a ouvert la session, qu’il présidait provisoirement en tant que doyen, avec une diatribe contre l’Etat espagnol, accusé « d’humilier, de punir », les Catalans. La chef de l’opposition Inès Arrimadas (Ciudadanos, libéral), lui a rétorqué qu’il n’avait pas à « tenir un meeting » pour ERC dans un moment aussi solennel.
Investiture à distance ?
L’élection de Torrent à la tête de la chambre est une première étape : à ce poste, il arbitrera les sessions parlementaires houleuses à venir. Son élection a été rendue possible par le vote blanc des huit élus du groupe Catalunya en Comun, proche de Podemos. La deuxième étape consistera à contrôler le bureau du Parlement, qui décide de l’ordre du jour et du respect du règlement.
C’est ce « bureau » qui acceptera ou non l’investiture à distance de Carles Puigdemont. Mais Mariano Rajoy a d’ores et déjà prévenu qu’il n’accepterait pas une présidence de Carles Puigdemont depuis Bruxelles, par Internet et vidéoconférences, d’une région de 7,5 millions d’habitants où vivent 16 % des Espagnols. « Je contesterai le premier acte administratif », qui ira dans ce sens, a-t-il assuré à des journalistes mardi.

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          le résumé de la crise entre Madrid et Barcelone



Un tel recours entraînerait la saisine de la Cour constitutionnelle, qui, selon toute probabilité, gèlera l’investiture. Cela débouchera sur un nouveau scénario de blocage : le gouvernement central continuerait à diriger directement la Catalogne, privée de l’autonomie à laquelle ses habitants, très partagés sur l’indépendance, tiennent tant.
Selon le ministre de l’économie espagnol, Luis de Guindos, cette crise politique a déjà coûté 1 milliard d’euros en ralentissant la croissance de la région, qui fournit 19 % du PIB espagnol. Plus de 3 000 entreprises inquiètes ont préféré déménager leur siège social hors de Catalogne depuis le référendum d’autodétermination interdit du 1er octobre. La Bourse de Madrid réagissait mercredi en légère baisse, 0,45 %, à la mi-journée.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-20"> ¤ Oliver Ivanovic, en lutte avec le principal parti serbe de ce jeune Etat, a été abattu devant ses bureaux de Mitrovica.
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Au Kosovo, assassinat d’un opposant serbe

Oliver Ivanovic, en lutte avec le principal parti serbe de ce jeune Etat, a été abattu devant ses bureaux de Mitrovica.



Le Monde
 |    17.01.2018 à 11h35
 • Mis à jour le
17.01.2018 à 11h36
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                            service international








                        



   


C’est un assassinat qui fait trembler une région fébrile. L’opposant serbe du Kosovo, Oliver Ivanovic, a été tué, mardi 16 janvier, devant ses bureaux, à Mitrovica, dans le nord du pays. Il a été atteint par six balles tirées par des assaillants en voiture qui n’ont pas été identifiés.
Le meurtre est intervenu alors qu’une réunion entre Serbes et Kosovars était prévue à Bruxelles. Elle a été suspendue. Sous l’égide de l’Union européenne – que les deux pays veulent rejoindre –, un dialogue entre les autorités de Pristina et de Belgrade a été lancé en 2013.
Mais les négociations étaient au point mort depuis plusieurs mois, les responsables des deux pays oscillant entre déclarations nationalistes et promesses de discussions pour plaire à Bruxelles. Les hommes au pouvoir dans les deux capitales ont joué un rôle dans la guerre en 1999 entre Pristina et Belgrade, qui a abouti avec l’appui de l’OTAN à l’indépendance du Kosovo, qui n’a pas été reconnue par la Serbie.
Ancien secrétaire d’Etat serbe, chargé du Kosovo de 2008 à 2012, Oliver Ivanovic était opposé au parti de l’actuel premier ministre serbe, Alexander Vucic. Ce dernier, ancien proche de Milosevic, avait pourtant accepté l’accord avec Pristina, sous le contrôle de l’UE. M. Ivanovic était en lutte avec le principal parti serbe du Kosovo, Srpska Lista, lié à Belgrade.
Politiquement isolé
Parlant anglais et albanais, cet homme de 64 ans avait fait l’objet de plusieurs menaces. Sa voiture avait notamment été incendiée en 2017. « Nous sommes dans une situation où les Serbes ont peur de parler », expliquait-il en octobre.
Politiquement, il semblait isolé. Arrêté en 2014, il avait été condamné en janvier 2016, par les juges internationaux d’Eulex, l’instance judiciaire internationale au Kosovo, à neuf ans de prison pour « crimes de guerre contre la population civile », pour avoir ordonné la mort de neuf Albanais à Mitrovica en 1999, pendant les bombardements de l’OTAN contre les Serbes. Il avait alors été assigné à domicile. Mais la condamnation avait été annulée en 2017.

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Les condamnations de l’assassinat et les appels au calme ont été unanimes de Pristina à Moscou en passant par Bruxelles et Belgrade. « Je suis sûr que cette attaque, quel qu’en soit l’auteur – Serbe, Albanais ou étranger –, vise la famille d’Ivanovic, le nord du Kosovo et les Serbes », a déclaré M. Vucic.



                            


                        

                        

