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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-1"> ¤ A la lisière du Nigeria, groupuscules sécessionnistes armés de bric et de broc et forces de l’ordre s’affrontent, faisant fuir la population dans le pays voisin.
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Reportage

Le Cameroun anglophone contaminé par la loi du talion

A la lisière du Nigeria, groupuscules sécessionnistes armés de bric et de broc et forces de l’ordre s’affrontent, faisant fuir la population dans le pays voisin.

Par                                            Josiane Kouagheu (région du Sud-Ouest, Cameroun, envoyée spéciale) et 
Joan Tilouine (Ikom, Nigeria, envoyé spécial)
    



LE MONDE
              datetime="2018-01-18T18:13:56+01:00"

        Le 18.01.2018 à 18h13






    
Le village de Kembong, au Cameroun, a été incendié par l’armée en décembre 2017, selon les habitants.
Crédits : Josiane Kouagheu


Plus personne ne veut aller à Kembong. La route qui y mène est devenue une impasse que les chauffeurs refusent d’emprunter arguant que « la vie ne vaut pas la peine d’être sacrifiée ». Les chefs traditionnels et la plupart des habitants sont terrorisés à l’idée d’y remettre un pied. Tous ont fui ce village du Sud-Ouest, l’une des deux régions anglophones du Cameroun, où quatre gendarmes ont été tués, mi-décembre 2017, par des « assaillants » désormais qualifiés de « terroristes ». C’est ainsi que le régime du président Paul Biya désigne les sécessionnistes anglophones, dont une partie s’est engagée dans la lutte armée.
Selon la population, des éléments des forces de sécurité se sont vengés, ont surgi dans la nuit, tiré en l’air, brûlé des habitations, humilié des habitants. « Je n’ai plus rien à perdre. Où irais-je à mon âge ? », lâche James Ojong, qui erre avec son chien dans les rues désertes, bordées de maisons calcinées – dont la sienne. Il n’a que 58 ans mais des traits de vieil homme, usé par une vie de travail dans les champs. Son existence a brutalement basculé le 18 décembre. « Ils m’ont fait sortir de chez moi avec ma famille et ont mis le feu. J’ai mis toute ma vie à construire ma maison et voilà, tout est détruit. Qu’ils me tuent s’ils le veulent », soupire-t-il.

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Face à cette loi du talion appliquée par quelques soldats surarmés, les villageois sont partis. Il ne reste à Kembong que des vieillards, quelques femmes, des chèvres et des poules malingres. Certaines personnes passent la nuit en brousse, comme Omew Takang Achefe, 39 ans, à qui il ne reste plus qu’un pantalon élimé. « Si les militaires viennent, au moins ils ne me trouveront pas ! Mais je n’ai plus rien, plus de toit, et je vis de ce que l’on veut bien me donner », lâche-t-il, honteux. « Que vont devenir nos jeunes qui sont partis ? Ils sont fâchés et peuvent revenir pour se venger », marmonne dans sa barbe blanche Daniel, 70 ans, l’un des derniers gardiens du village, qui peine à marcher.
Des éclopés et des vieillards
Pour rencontrer les jeunes de Kembong et des environs, il faut aller au Nigeria, où ils s’entassent dans des maisons de fortune disséminées dans l’Etat frontalier de Cross River. A 90 km de pistes et de chemins de forêt, de l’autre côté de la rivière Manyu, des milliers de réfugiés du Cameroun anglophone déambulent dans les faubourgs d’Ikom, grande ville animée par les commerçants transfrontaliers – et, dès la nuit tombée, par des bandes de gamins armés. Il y a là des éclopés, blessés par balles, des vieillards, pour certains aveugles, et des milliers de jeunes qui affirment être devenus la cible des forces de sécurité camerounaises.
Nkongho Leo-Kelly Enohe, 35 ans, est arrivé au lendemain de la flambée de violences de décembre à Kembong, qui s’est rapidement étendue aux villages environnants, dont le sien, Afap. « Mon meilleur ami a été tué, un autre a été blessé et le préfet a émis un communiqué appelant à l’évacuation des villages qui allaient subir des raids de l’armée. Alors, pour ne pas mourir, j’ai pris la route à travers la forêt pour venir ici », lâche ce chauffeur routier au physique de colosse, père de deux enfants qu’il n’a pas revus ni entendus depuis.

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A ses côtés, Samuel Njie, ancien taxi-moto à Mamfé, capitale du département de la Manyu, à une vingtaine de kilomètres de Kembong. Exaspéré par « la marginalisation » des anglophones, il s’était joint aux manifestations pacifiques lancées par les avocats et les enseignants le 22 septembre et le 1er octobre 2016, élément déclencheur de la répression. « Ils ont tiré dans le tas. Ils utilisaient des hélicoptères. C’était l’enfer, affirme-t-il. S’il le pouvait, Paul Biya ferait rayer de la carte les régions anglophones. Tant qu’il est là, le seul moyen de rentrer chez nous, c’est les armes à la main. Mais on n’a pas d’armes et on ne sait pas faire la guerre. »

    
En décembre 2017, au diocèse de Mamfé, au Cameroun, le père Peter Paul Ibeagha recueille les enfants de ceux qui sont partis au Nigeria.
Crédits : Josiane Kouagheu


Au diocèse de Mamfé, le père Peter Paul Ibeagha tente de consoler les enfants de ceux qui sont partis au Nigeria. Ce samedi matin, le prêtre ne parvient à retenir ses larmes lorsqu’il écoute les récits de ces gamins, comme s’il anticipait les conséquences désastreuses de la violence actuelle. Le père Ibeagha doit aussi gérer un séminariste de 24 ans bouleversé par la mort de son petit frère, tué par des gendarmes en décembre 2017 : « Il a reçu quatre balles et il en est mort. J’ai la haine de Paul Biya. Maintenant, si je vois un francophone, je ne suis pas sûr de garder mon sang-froid », dit l’homme d’église, qui requiert l’anonymat. Il marque un court silence, hésite, comme terrifié par ses propres mots, avant de lâcher : « Qu’avons-nous fait ? Qu’avons-nous fait pour mériter cette souffrance ? Qu’avons-nous fait pour mériter une haine aussi féroce ? »
« Grand bazar post-colonial »
Le 1er octobre n’est pas une date comme les autres dans ce pays d’Afrique centrale. En 1961, ce fut le jour de la réunification du Cameroun administré par la France et du Southern Cameroon britannique, qui décida par référendum de rejoindre son « frère » francophone plutôt que le Nigeria. La République fédérale du Cameroun était née. Mais le fédéralisme est supprimé une décennie plus tard. Les anglophones se sentent de plus en plus méprisés, même si l’élite politique et traditionnelle est habilement utilisée par le pouvoir, qui distribue les postes et l’argent.
« On a eu tort d’y croire et on a vite compris qu’il nous fallait lutter pour notre liberté », constate Simon Ngwa, 54 ans, un ancien commerçant de café désormais réfugié à Calabar, la capitale de l’Etat de Cross River : « Cette lutte qu’on mène aujourd’hui n’est pas nouvelle, elle puise sa source dans ce grand bazar post-colonial instrumentalisé par Yaoundé. Et les Nations unies nous ont abandonnés. »

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La mouvance sécessionniste, longtemps marginale, a pris de l’ampleur. Et le 1er octobre 2017, Julius Sisiku Ayuk Tabe, un ingénieur en informatique établi à Abuja, au Nigeria, ose proclamer l’indépendance symbolique de la « République d’Ambazonie ».
« Président » fantasque d’un micro-Etat virtuel, dépourvu d’expérience politique, il se retrouve confronté à une crise humanitaire, une guerre, devant gérer une collecte de fonds auprès de la diaspora et une quête de reconnaissance de la communauté internationale qui ne viendra certainement jamais. La « République d’Ambazonie » est un mirage, et nombreux sont les habitants des régions anglophones à se sentir étrangers à ces revendications. 
Julius Sisiku Ayuk Tabe doit aussi composer avec des « ministres » et des conseillers radicaux qui ont commencé à former, au Nigeria, de petits groupes de guérilleros mieux équipés en fétiches qu’en armement. Cela ne les a pas empêchés cependant de lancer des assauts au Cameroun, où plus de quinze membres des forces de sécurité ont été tués ces derniers mois dans des conditions souvent atroces. Le 14 janvier, un militaire qui se rendait à Kumba, dans le Sud-Ouest, avec son épouse et ses enfants a ainsi été arrêté par la foule, enlevé puis retrouvé décapité.
La guerre devient mystique
« Ils veulent la guerre et nous la ferons, sans relâche mais sans excès, explique le colonel Didier Badjeck, le porte-parole de l’armée camerounaise. La difficulté de cette guerre asymétrique est que les terroristes sont disséminés au sein de la population, équipés de fusils traditionnels et de quelques armes de guerre. On contrôle la situation. On a neutralisé les petits campements reculés où ils menaient des sortes d’entraînements militaires. On continue de ratisser et de boucler les zones sensibles. »
« Ils nous ont traités comme des citoyens de seconde catégorie et désormais ils nous tuent. La guerre n’est plus une option, c’est un devoir », rétorque, depuis Washington, Benedict Kuah, 42 ans, à la tête d’un de ces groupuscules, l’Ambazonia Defense Force.

    
Décembre 2017, au village frontalier d’Ekok, un policier camerounais contrôle une voiture arrivant du Nigeria.
Crédits : Josiane Kouagheu


Pour le Nigeria, qui a accueilli, nourri et soigné dans ses hôpitaux les déplacés, dont le nombre ne cesse de grossir, la situation est devenue embarrassante. Ils seraient plus de 15 000 selon les Nations unies, plus du double d’après les ONG locales, débordées par la situation humanitaire. Les services de renseignement nigérians ont fini par arrêter Julius Sisiku Ayuk Tabe et neuf autres cadres du mouvement sécessionniste réunis dans un hôtel d’Abuja. Ils sont toujours détenus au secret. Le Cameroun réclame leur extradition. Amnesty International s’inquiète des risques de « torture et de procès inéquitable s’ils sont extradés ».
Bon nombre de déplacés du Cameroun anglophone se sentent désormais orphelins. Cette « République d’Ambazonie », ils avaient fini par y adhérer et avaient suivi le discours décousu de leur « président Sisiku », le 31 décembre 2017. Comme si tout était bon à prendre pour rêver d’exister. Le Nigeria, ce puissant grand frère qu’ils espéraient en soutien de leur cause, les aurait-il oubliés ? Les « Ambazoniens » invoquent les esprits, exhument les fétiches pour mieux combattre. Faute d’armes, leur guerre devient mystique.
« Ce sera pire que Boko Haram »
Dans la ville frontalière d’Ekok, côté camerounais, la vie semble suspendue. Autrefois, ce centre du commerce et de la contrebande transfrontalière irriguait l’économie locale. Tout est à l’arrêt. Internet a été d’abord suspendu dans les régions anglophones, puis rétabli et enfin ralenti par les autorités camerounaises. Lorsqu’ils n’en subissent pas directement les affres, les habitants d’Ekok captent les réseaux nigérians pour s’informer sur cette sale guerre. « Ce sera pire que le conflit contre Boko Haram », disent les jeunes du coin, avides de revanche. Pour l’honneur, pour tuer le temps et pour ne plus voir leurs frères réprimés.

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                « Au Cameroun anglophone, la violence semble être la seule manière de se faire entendre »



Lorsque les forces de sécurité passent dans les rues, visages encagoulés, on distingue des petits bouts de tissu rouge accrochés à leurs fusils. « Les assaillants arrivent le corps bourré de gris-gris, précise un gendarme sous couvert d’anonymat. Lorsque nous tirons sur eux, ces balles ne les atteignent pas, ça ne les frôle même pas. Ces tissus rouges annulent le pouvoir de ces fétiches. Le rouge, c’est le sang, c’est le pouvoir, c’est la force. » A ses côtés, un collègue glisse : « Maintenant, on les écrase. »


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-2"> ¤ Le naufrage d'un pétrolier iranien en mer de Chine orientale a généré en surface quatre nappes d'hydrocarbures de la même superficie globale que la ville de Paris.
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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-3"> ¤ Dans sa chronique mensuelle, la journaliste Marie de Vergès pointe l’étrange double casquette d’un pays qui, jamais, n’omet ses intérêts économiques : celle de premier pollueur et premier « verdisseur » de la planète.
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Chine, le joker vert

Dans sa chronique mensuelle, la journaliste Marie de Vergès pointe l’étrange double casquette d’un pays qui, jamais, n’omet ses intérêts économiques : celle de premier pollueur et premier « verdisseur » de la planète.



Le Monde
 |    18.01.2018 à 15h00
    |

            Marie de Vergès








                        



                                


                            
Emergences. Il y a ces visiteurs ébahis devant le ciel bleu de la capitale chinoise. Dernier en date, début janvier, Emmanuel Macron, affirmant n’avoir « jamais vu Pékin comme ça ». Il y a aussi les calculs de Greenpeace, qui vient de saluer la chute vertigineuse de la densité moyenne de particules fines (PM 2,5) à Pékin au dernier trimestre 2017. Les pharmacies chinoises, quant à elles, signalent un plongeon des ventes d’un produit phare de l’hiver, le masque anti-smog… Tous ces indices vont dans le même sens : celui d’un tournant dans la lutte engagée par la Chine, premier émetteur mondial de CO2, contre la pollution.
Les contrôles antipollution se sont durcis ces derniers mois
Pendant longtemps, le discours guerrier des autorités chinoises contre les nuisances environnementales a tenu de l’incantation. On parlait d’économie verte tout en relançant le charbon et l’acier. La peur était trop forte de fabriquer des chômeurs. Seule valait une croissance sous stéroïdes, au prix de brouillards toxiques, de rivières putrides et de sols empoisonnés.
Les choses sont en train de changer. Les contrôles antipollution se sont durcis ces derniers mois. Avec, à la clé, de nombreuses fermetures d’usines. Autour de Pékin, les aciéries ont été sommées de tourner, cet hiver, à la moitié de leur capacité. Dans le nord du pays, le zèle des autorités pour interdire le charbon au profit du gaz a même privé de chauffage des millions de foyers…
Marché du carbone à l’échelle nationale
Les pollueurs doivent désormais passer à la caisse. Pékin vient de lancer un marché du carbone à l’échelle nationale visant à fixer un plafond annuel d’émissions aux différentes industries. Au 1er janvier est aussi entrée en vigueur une taxe sur les rejets de polluants dans l’air, l’eau et le sol. La panoplie d’outils d’incitation et de coercition s’étoffe.
« Des eaux claires et des montagnes fleuries valent autant que l’or et l’argent » Xi Jinping...



                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-4"> ¤ L’ONG salue l’élection du président français comme « un coup d’arrêt à la vague populiste ». Mais s’inquiète de « faux pas » au sujet des migrants, de la Chine et de la guerre au Yémen.
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Droits de l’homme : Human Rights Watch souligne les « contrastes » de Macron

L’ONG salue l’élection du président français comme « un coup d’arrêt à la vague populiste ». Mais s’inquiète de « faux pas » au sujet des migrants, de la Chine et de la guerre au Yémen.



Le Monde
 |    18.01.2018 à 14h53
 • Mis à jour le
18.01.2018 à 18h20
    |

            Marc Semo








                        



   


C’est la première fois que Human Rights Watch, la grande organisation internationale de défense des droits de l’homme, rend public son rapport annuel depuis la capitale française. « Un hommage à Emmanuel Macron et au symbole qu’avait représenté sa victoire électorale. Elle a marqué un coup d’arrêt à la vague populiste, notamment après le Brexit et l’élection de Donald Trump, montrant qu’il était possible de gagner une élection en affirmant des principes démocratiques », explique Kenneth Roth, juriste et directeur exécutif de HRW.
En trente ans, M. Roth a transformé la modeste ONG en une multinationale de 425 salariés, financée par des dons de particuliers et de fondations. Mais, lucide, il souligne que maintenant « le défi pour le président français est de gouverner selon les principes qu’il a avancés pendant sa campagne ». Or, de l’avis du juriste américain, pour le moment « le bilan est pour le moins contrasté ».
Si la France est en première ligne de la contre-offensive face aux populismes, sa défense des droits de l’homme est inégale, tant en politique intérieure que sur la scène internationale. « Il y a de réels faux pas d’Emmanuel Macron qu’il va, j’espère, corriger », relève Kenneth Roth, s’inquiètant notamment de la loi antiterroriste entrée en vigueur le 1er novembre 2017, qui, en remplacement de l’état urgence, intègre dans le droit commun un certain nombre de mesures liberticides.
« C’est facile quand c’est gratuit »
Il pointe aussi sa politique envers les migrants. HRW approuve le discours tenu à Calais par le chef de l’Etat, affirmant une tolérance zéro pour des abus des forces de l’ordre à l’encontre des migrants, mais la volonté de Paris de raccourcir les délais d’instruction des demandes d’asile et l’introduction de contrôles administratifs des migrants dans les centres d’hébergement d’urgence préoccupent l’ONG.
L’hypocrisie est évidente à propos de la Libye. « Les autorités françaises reconnaissent que l’on ne peut pas renvoyer de force les migrants dans ce pays où ils sont traités de manière atroce, mais elles acceptent que l’UE et en particulier l’Italie fassent indirectement ce que Paris ne peut pas faire directement, en formant les garde-côtes libyens qui ramènent les migrants sur le territoire libyen », insiste Kenneth Roth, rappelant « qu’il y a plus de migrants qui meurent en Libye qu’en essayant de traverser la Méditerranée ».

        Lire aussi la tribune sur les migrants en France :
         

          « M. Macron, votre politique contredit l’humanisme que vous prônez ! »



Même ambivalence sur la scène internationale. Au crédit d’Emmanuel Macron, M. Roth salue l’attitude de la France face à la Russie de Vladimir Poutine, la Turquie de Recep Tayyip Erdogan, la Hongrie de Viktor Orban et le Venezuela de Nicolas Maduro. Mais « le président n’est pas encore à l’aise avec la défense des droits de l’homme quand elle a un coût », fustige Kenneth Roth, notant le silence de M. Macron sur les violations des droits de l’homme lors de sa visite en Chine, son refus de donner des « leçons » au président égyptien Abdel Fattah Al-Sissi, et ses prudences sur le Yémen et la « tragédie humanitaire » entraînée par la guerre menée par l’Arabie saoudite. Sur ce dossier, Londres comme Washington font tout autant profil bas. « C’est facile de défendre les droits de l’homme quand c’est gratuit », insiste le responsable de HRW.
« Année noire » en Russie
Ce vingt-huitième rapport annuel, un texte de 643 pages dans la version intégrale en anglais, passe en revue la situation des droits de l’homme dans 91 pays, de l’Afghanistan au Zimbabwe. En Chine et en Russie, le directeur de l’ONG dénonce « une vague de répression sans précédent en une génération ». « L’année 2017 a été une année noire pour les voix indépendantes en Russie, et à l’approche de l’élection présidentielle de mars, le Kremlin prend des mesures répressives pour dissuader l’opposition politique, le militantisme indépendant et la critique », note le texte.
La situation n’est pas moins alarmante en Turquie, où « à tous les niveaux, les contre-pouvoirs qui protègent les droits humains et l’Etat de droit sont menacés ». Le rapport évoque longuement le cas de la Birmanie et du nettoyage ethnique contre les Rohingya, mais aussi la situation interne aux Etats-Unis après un an de présidence Trump. Le président républicain, selon HRW, « a promu des politiques mettant en danger les personnes vulnérables et affaiblissant les protections constitutionnelles des droits humains de chacun ».



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-5"> ¤ Livre. Pour la chercheuse Marie-Cécile Naves, Donald Trump, dans son style si particulier, souhaite délibérément réhabiliter un modèle de société fondé et construit sur la domination masculine.
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De quoi Trump est-il le genre ?

Livre. Pour la chercheuse Marie-Cécile Naves, Donald Trump, dans son style si particulier, souhaite délibérément réhabiliter un modèle de société fondé et construit sur la domination masculine.



Le Monde
 |    18.01.2018 à 13h50
    |

            Nicolas Bourcier








                        



                                


                            

Livre. Si l’actualité bouscule, il faut parfois prendre du recul. Les livres sur la folle ascension et l’année présidentielle de Donald Trump ont été massivement et même furieusement commentées. Ses décisions ont été disséquées. Ses tweets passés au crible des médias et d’auteurs d’Amérique ou d’ailleurs. Trop peut-être.
La chercheuse a choisi une analyse à distance, critique mais surtout sexuée
Ces derniers temps, la focale semble avoir toutefois changé de registre. Certains ont choisi de se fondre au sein de la Maison Blanche, au plus près du sujet, comme Michael Wolff, auteur du déjà best-seller Fire and Fury (Henry Holt & Co). D’autres, comme un collectif de vingt-sept psychiatres, se sont aventurés dans la tête du président pour s’inquiéter de son état mental.
La chercheuse Marie-Cécile Naves – docteure en science politique, spécialiste de la droite américaine, directrice de publication de chronik.fr – a choisi une analyse à distance, également critique, mais surtout sexuée. A sa manière, où l’accumulation de détails rend compte de la complexité du personnage, l’auteure redéroule avec minutie son projet, sa stratégie, sa politique intérieure et extérieure à travers le prisme du genre.
Caractère genré
Certes son machisme s’est largement manifesté dans ses commentaires sur l’apparence physique des femmes, sans parler de ses propos dans l’arrière d’un bus où il se vante d’avoir profité de sa notoriété pour commettre des agressions sexuelles. Néanmoins, écrit-elle, le caractère genré de l’action de Trump ne peut se réduire à ses relations personnelles avec la gente féminine : « Ses options politiques, son agenda, le choix de ses collaborateurs, la mise en scène de son pouvoir, le style Trump ont un point commun majeur : ils sont destinés à montrer que la masculinité hégémonique, visant la perpétuation d’un système patriarcal, est aux affaires et que, symboliquement, les hommes reprendront une place prétendument...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-6"> ¤ Dans un jugement prononcé jeudi, la Cour européenne des droits de l’homme valide le dispositif de localisation des sportifs.
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La CEDH offre une victoire majeure à la lutte antidopage

Dans un jugement prononcé jeudi, la Cour européenne des droits de l’homme valide le dispositif de localisation des sportifs.



Le Monde
 |    18.01.2018 à 13h16
 • Mis à jour le
18.01.2018 à 15h07
    |

            Clément Guillou








                        



   


L’Agence mondiale antidopage (AMA) peut souffler : le dispositif de localisation des sportifs, pan essentiel de la stratégie de dissuasion des tricheurs, a été validé ce jeudi par la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH).
L’instance de Strasbourg était amenée à se prononcer sur ce principe en réponse à deux requêtes émanant de sportifs français, des syndicats de sports collectifs, d’une part, et la cycliste Jeannie Longo, d’autre part. Tous estimaient que l’obligation de donner aux acteurs de la lutte contre le dopage leur emploi du temps et un créneau d’une heure par jour pour être contrôlé par surprise constituait une atteinte intolérable à la vie privée, en violation de l’article 8 de la Convention européenne des droits de l’homme.

        Lire aussi :
         

                Dopage : la localisation obligatoire des sportifs devant la justice européenne



Le principe avait été validé par la justice de plusieurs pays, dont la France, et par la justice sportive avec le Tribunal arbitral du sport, mais certains juristes estimaient qu’il serait jugé plus sévèrement par la CEDH. La requête visait l’Agence française de lutte contre le dopage (AFLD), mais toute décision aurait pu avoir des conséquences internationales.
« D’une particulière importance »
Dans son jugement, la Cour reconnaît l’impact sur la vie privée mais considère « que les motifs d’intérêt général qui les rendent nécessaires sont d’une particulière importance et justifient les restrictions apportées aux droits accordés par l’article 8 de la Convention », avant d’ajouter :
« Elle [la CEDH] estime que la réduction ou la suppression de ces obligations conduirait à accroître les dangers du dopage pour la santé des sportifs et celle de toute la communauté sportive et irait à l’encontre de la communauté de vue européenne et internationale sur la nécessité d’opérer des contrôles inopinés pour conduire la lutte antidopage. »
Les juges, dont l’arrêt est rendu respectivement sept et quatre ans après le dépôt des deux requêtes, soulignent en particulier deux rôles essentiels de la lutte antidopage : la protection de la santé, notamment des jeunes sportifs amateurs, et la « protection des droits et libertés d’autrui », estimant que la lutte antidopage autorise une compétition plus loyale.
Lobbying
Le consensus des autorités médicales, gouvernementales et internationales sur le danger du dopage et les moyens de lutter contre est aussi mis au crédit de la lutte antidopage.
L’AMA suivait de très près le destin de ces requêtes devant la CEDH. L’instance régulatrice de la lutte antidopage n’avait pas ménagé ses efforts de lobbying pour échapper à une décision qui remettrait en cause, selon elle, l’efficacité de la lutte antidopage.
Signe de son souci de satisfaire au droit européen, l’AMA a fait surveiller la rédaction du dernier code mondial antidopage, entré en vigueur en 2015, par le juge français Jean-Paul Costa, ancien président de la CEDH. Elle continue depuis de faire régulièrement appel à son expertise.
« Après toutes les manœuvres politiques de ces six dernières années, je ne suis absolument pas surpris, a réagi Jean-François Reymond, directeur du syndicat des joueurs de rugby français Provale et à l’origine de la fronde alors qu’il dirigeait celui des basketteurs. Je ne peux que féliciter l’AMA pour son travail de lobbying auprès de la CEDH. »



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-7"> ¤ Après l’embellie de 2017, pourtant annoncée comme l’année de tous les dangers pour Pékin, la croissance en Chine a accéléré, à 6,9%.
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La Chine prouve sa capacité à piloter son économie

Après l’embellie de 2017, pourtant annoncée comme l’année de tous les dangers pour Pékin, la croissance en Chine a accéléré, à 6,9%.



Le Monde
 |    18.01.2018 à 11h39
 • Mis à jour le
18.01.2018 à 12h56
    |

            Marie de Vergès








                        



                                


                            

La Chine marche à l’unisson du mouvement de reprise planétaire. En 2017, la deuxième puissance économique mondiale a vu son produit intérieur brut (PIB) progresser de 6,9 %, selon les chiffres officiels publiés jeudi 18 janvier. Après 6,7 % en 2016, l’activité a ­accéléré pour la première fois depuis sept ans. Et dépasse largement l’objectif officiel d’« environ 6,5 % » que s’était fixé Pékin.
Certains analystes suggèrent que l’embellie pourrait même avoir été encore plus prononcée, tant la fiabilité des statistiques chinoises reste sujette à caution. Des provinces ont admis, ces dernières semaines, avoir falsifié certaines données et devoir réviser à la baisse leur PIB pour 2016…

Quoi qu’il en soit, le géant asiatique a prouvé sa résilience, porté par des dépenses effrénées dans les infrastructures, des investissements dans l’immobilier, une consommation solide et la dynamique du commerce international. De multiples aléas assombrissaient pourtant les perspectives à l’orée de 2017 : fuites de capitaux, dégringolade du yuan (la monnaie chinoise), emballement de la dette, craintes d’un dégonflement brutal de la bulle immobilière…
« Croissance de haute qualité »
« Le changement du sentiment vis-à-vis de l’économie chinoise a été stupéfiant », note Louis Kuijs, du cabinet d’analyses Oxford Eco­nomics. « Les autorités chinoises ont démontré leur capacité à piloter l’économie, ajoute Sopanha Sa, économiste à la Société générale, et à contrôler les risques dans une certaine mesure. »
Mais ceux-là n’ont pas tous disparu. Et la ligne suivie par le pouvoir chinois s’infléchit peu à peu : le président chinois Xi Jinping dit désormais viser une « croissance de haute qualité ». Autrement dit, un peu plus faible sans doute, mais aussi plus saine, avec une meilleure maîtrise des risques, notamment financiers. Un exercice périlleux tant l’économie est dopée au crédit. Au total (hors ­secteur...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-8"> ¤ Prix Albert Londres 2014 et correspondant pour de nombreux médias français, le journaliste a été victime d’une tentative d’enlèvement. Un collectif de journalistes en appelle, dans une tribune au « Monde », à la solidarité de la France.
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« La vie du journaliste pakistanais Taha Siddiqui est en danger, la France doit l’aider »

Prix Albert Londres 2014 et correspondant pour de nombreux médias français, le journaliste a été victime d’une tentative d’enlèvement. Un collectif de journalistes en appelle, dans une tribune au « Monde », à la solidarité de la France.



Le Monde
 |    18.01.2018 à 11h37
    |

un collectif de journalistes







                        



                                


                            

Tribune. Sa vie n’a tenu qu’à un loquet de portière non verrouillé. Mercredi 10 janvier, notre ami et confrère, le journaliste pakistanais Taha Siddiqui se rend à l’aéroport d’Islamabad en taxi, un trajet tout ce qu’il y a de plus banal sur l’un des axes les plus sécurisés du pays. C’est pourtant là que deux Toyota lui coupent la route et qu’en surgissent une dizaine d’hommes, certains armés de Kalachnikov. En pleine circulation et en plein jour.
Le journaliste comprend immédiatement qu’il est victime d’une tentative d’enlèvement. Connu pour dénoncer sur les réseaux sociaux les abus de tous bords, des talibans à l’armée pakistanaise, le reporter se sait menacé. Au mois de mai dernier, il avait même porté plainte contre une des officines de sécurité du ministère de l’Intérieur pour tentative d’intimidations. Une première dans l’histoire du journalisme au Pakistan.

A l’époque un agent du gouvernement lui avait clairement fait comprendre qu’il fallait qu’il cesse de critiquer la sacro-sainte armée. Aujourd’hui, le reporter n’a aucun doute. Ses agresseurs font partie des « agences pakistanaises », ces forces de sécurité de l’ombre qui instaurent un climat de peur sur le pays et étouffent la moindre contestation.
Hommes de main
Roué de coups et menacé de prendre une balle dans la jambe, Taha est forcé de monter en voiture pour une destination inconnue. Ce fin connaisseur des méthodes des hommes de mains pakistanais sait ce qui l’attend : tortures et souvent exécution sommaire. Le pays a un lourd passé en la matière. Rien qu’en 2017, trois autres journalistes et six activistes ont été attaqués. Ceux qui ont eu la chance de ressurgir vivants de leur « disparition » n’ont jamais fait de déclaration quant à l’identité de leurs ravisseurs.
la flamme de la démocratie et de la liberté d’expression s’éteint peu à peu au Pakistan
Voilà comment la flamme de la démocratie et de la liberté d’expression s’éteint peu à peu...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-9"> ¤ A la suite de l’annonce de mesures sévères contre l’échange et la production de bitcoins, le cours de la cryptomonnaie a plongé.
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Pékin resserre son étau sur le bitcoin et les autres cryptomonnaies

A la suite de l’annonce de mesures sévères contre l’échange et la production de bitcoins, le cours de la cryptomonnaie a plongé.



Le Monde
 |    18.01.2018 à 11h36
 • Mis à jour le
18.01.2018 à 11h43
    |

            Simon Leplâtre (Shanghaï, correspondance)








                        



                                


                            

La Chine joue la fermeté face au bitcoin. Après avoir interdit les plates-formes d’échanges de cryptomonnaies et les levées de fonds réalisées dans ces nouvelles monnaies (Initial Coin Offering, ICO) en septembre dernier, Pékin poursuit sa lutte contre les devises virtuelles.
Dans sa ligne de mire désormais, tous les moyens détournés d’échanger des bitcoins dans le pays qui ont essaimé : transactions directes de particulier à ­particulier, entreprises locales utilisant des sites à l’étranger… D’après un document vu par Reuters le 16 janvier, le vice-gou­verneur de la Banque du peuple, Pan Gongsheng a appelé à « limiter les “innovations” qui dévient des ­besoins de l’économie réelle et se soustraient aux régulations ».

En Chine, il faut, en effet, désormais passer par des intermédiaires pour acheter des bitcoins. Ces personnes, ou ces entreprises, effectuent les transactions à la place des acheteurs, depuis des sites ­hébergés à l’étranger.
Limiter le « minage »
« Il faut faire un virement Alipay [le portefeuille électronique d’Alibaba] à quelqu’un qu’on ne connaît pas. C’est un peu effrayant, mais apparemment, cela fonctionne », témoigne un acheteur récent qui préfère garder l’anonymat. Les acheteurs potentiels se regroupent sur des groupes de discussion, sur les réseaux sociaux chinois WeChat et QQ, ou sur la messagerie sécurisée Telegram (bloquée en Chine, mais accessible au moyen de logiciels de contournement de la censure).
Dans le sillage du bitcoin, d’autres cryptomonnaies ont elles aussi plongé. Les investisseurs craignent que les gouvernements reprennent la main sur les cryptomonnaies, qui échappent à tout contrôle.
La Chine cherche aussi à limiter le « minage » de bitcoin, ce procédé très gourmand en énergie, qui consiste à résoudre des équations complexes pour valider la création de bitcoins. Un coup dur pour la monnaie et ses mineurs, 70 % des volumes mondiaux étaient effectués en Chine....




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-10"> ¤ Dans sa chronique, Alain Frachon, éditorialiste au « Monde », montre comment la Russie et la Chine profitent de la dégradation de la démocratie libérale par le président américain.
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« Trump est important historiquement »

Dans sa chronique, Alain Frachon, éditorialiste au « Monde », montre comment la Russie et la Chine profitent de la dégradation de la démocratie libérale par le président américain.



Le Monde
 |    18.01.2018 à 11h32
    |

            Alain Frachon








                        



                                


                            

Chronique. A chaque nouvelle saillie de Donald Trump, au moins deux de ses « confrères », Vladimir Poutine et Xi Jinping, doivent se réjouir. L’Américain est champion quand il s’agit de dégrader l’image de la démocratie libérale. Il s’y emploie avec talent depuis son arrivée à la Maison Blanche. Sa dernière élégance – râler contre les « pays de merde », Haïti et quelques nations africaines, dont des ressortissants émigrent aux Etats-Unis – a dû largement circuler à Moscou et à Pékin.
Chinois et Russes mènent une bataille idéologique pour défendre l’autocratie politique. C’est un combat conduit avec détermination dans les enceintes de l’ONU, notamment, et qui passe par la critique régulière de la démocratie à l’occidentale. L’objectif est d’assurer la légitimité du mode de gouvernement autoritaire. L’ambition est de promouvoir diverses interprétations de la Déclaration universelle des droits de l’homme. Le message est double : notre « interprétation » vaut bien la vôtre ; vos valeurs n’ont pas le monopole de l’universalité.
La démocratie libérale ne serait qu’hypocrisie pratiquée par des pays un brin décadents et qui, du fait de leur passé, n’ont de leçons à donner à personne. L’historien américain Juan Cole rapportait cette semaine que les médias russes et iraniens émettant en arabe se sont fait une fête de relayer largement la dernière des « trumpitudes ». Le China Global Television Network n’aurait pas été en reste en Asie et en Afrique. Message ainsi largement diffusé : le président américain est raciste.
Les institutions américaines déligitimées
Trump travaille pour les contempteurs de la démocratie libérale. Aucun de ses discours ne la défend. Son comportement la menace et érode chaque jour davantage l’attractivité du modèle libéral. Trump devrait être la vestale en chef des institutions américaines : il les critique, les unes après les autres, il les délégitime. Le 45e président des Etats-Unis...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-11"> ¤ Les instituts monétaires sont de plus en plus nombreux à intégrer la devise chinoise dans leurs réserves de change.
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Le yuan chinois gagne du terrain dans les réserves des banques centrales

Les instituts monétaires sont de plus en plus nombreux à intégrer la devise chinoise dans leurs réserves de change.



Le Monde
 |    18.01.2018 à 11h32
 • Mis à jour le
18.01.2018 à 11h41
    |

            Marie Charrel








                        



                                


                            

Le yuan est-il en passede voler la vedette au dollar ? Pas encore. Mais peu à peu, il se taille une place dans le concert des grandes devises. Lundi 15 janvier, la Bundesbank (banque centrale allemande) a ainsi déclaré qu’elle s’apprêtait à intégrer le renminbi – l’autre nom de la devise chinoise – dans ses réserves de change.
Elle n’est pas la seule : la Banque de France et la Banque d’Angleterre en détiennent déjà un peu, la Banque d’Espagne envisage de les suivre. Et l’été dernier, la Banque centrale européenne (BCE) a converti l’équivalent de 500 millions d’euros de ses réserves de dollars en yuans.

Au total, une cinquantaine d’instituts monétaires dans le monde ont ainsi déjà intégré la devise de l’empire du Milieu à leurs réserves. Ce matelas de sécurité, conservé sous forme d’avoirs libellés en devises étrangères – comme des bons du Trésor – leur sert, par exemple, à soutenir leur monnaie en cas d’attaque spéculative. « Ils ont intérêt à le diversifier, notamment dans la monnaie de la puissance économique chinoise », remarque Ludovic Subran, directeur de la recherche économique d’Allianz.
Une part mondiale encore limitée
Le yuan séduit plus encore depuis qu’en octobre 2016, le Fonds monétaire international (FMI) l’a accepté dans son panier de devises, les « droits de tirage spéciaux » – un actif de réserve que les banques centrales peuvent s’échanger. Sa part reste néanmoins limitée : au troisième trimestre 2017, il pesait 1,1 % des réserves mondiales de change, selon les chiffres du FMI, loin derrière le dollar américain (63,5 %), l’euro (20 %), le yen (4,52 %) ou encore la livre sterling (4,49 %) et le dollar canadien (1,77 %).
De même, selon les données de Swift, l’entreprise spécialiste des transferts de données bancaires, le dollar est toujours la monnaie la plus utilisée pour les échanges internationaux, à hauteur de 40 %, suivi par l’euro (30 %) et la livre sterling (7 %). Le yuan, lui, ne ­dépasse...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-12"> ¤ Les violences se multiplient dans cette région revendiquée par l’Inde et le Pakistan.
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Au Cachemire, la résurgence d’un conflit oublié

Les violences se multiplient dans cette région revendiquée par l’Inde et le Pakistan.



Le Monde
 |    18.01.2018 à 11h14
    |

            Jacques Follorou (Chakhoti (Pakistan), envoyé spécial)








                        



                                


                            

La tension est perceptible du côté pakistanais du poste-frontière de Chakothi, qui surgit au détour d’une route sinueuse longeant la vallée montagneuse et encaissée de Jehlum, au Cachemire. « Le nombre de violations du cessez-le-feu a explosé en 2017, détaille le brigadier-général Muhammad Akthar Khan, à la tête des troupes chargées de surveiller la frontière. En 2015, elles étaient de 168, en 2016 de 390, l’année dernière, on en a compté 1 948, du jamais-vu depuis 2003. » Ce conflit oublié dure depuis soixante-dix ans entre deux ennemis devenus puissances nucléaires, le Pakistan et l’Inde, et dont l’Occident n’a cure. Le Cachemire, coupé en deux et revendiqué par les deux pays, est en proie à des violences résurgentes dont l’intensité inquiète de nouveau.
Alors que le brigadier-général s’exprime, on distingue juste en face, à cent mètres, le poste et les drapeaux indiens dans le prolongement de la petite route et le passage d’un pont marquant la frontière physique. On remarque aussi deux gardes, munis de jumelles, qui s’intéressent aux visiteurs de leurs voisins pakistanais. Côté indien, point d’habitations. Les populations ont été évacuées par les autorités qui ont créé un no man’s land afin de lutter plus efficacement contre les infiltrations. Et selon le général Akthar Khan, « tout un système de défense, y compris des champs de mines, et de détection électronique, est camouflé sur des kilomètres ».
Recours à la torture
Quatre soldats pakistanais ont été tués, le 15 janvier, par un obus de mortier tiré depuis le côté indien d’une ligne de frontière non reconnue par la communauté internationale et figée depuis 2003. D’après l’armée pakistanaise, les victimes étaient occupées à réparer des infrastructures de communication dans le secteur de Jandrot. Elle a ajouté que les forces pakistanaises ont riposté, tuant trois soldats indiens et en blessant plusieurs autres. Une version contestée par l’Inde, selon qui les Pakistanais...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-13"> ¤ Le parti italien embarrasse ses partenaires en faisant campagne sur la question identitaire.
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La Ligue du Nord provoque pour exister

Le parti italien embarrasse ses partenaires en faisant campagne sur la question identitaire.



Le Monde
 |    18.01.2018 à 11h09
    |

            Jérôme Gautheret (Rome, correspondant)








                        



                                


                            

Provocation parfaitement assumée ou malheureux « lapsus », comme il a cherché à s’en défendre plus tard ? Attilio Fontana, candidat pressenti par la droite pour le poste de gouverneur de la région Lombardie, qui sera désigné le 4 mars, jour des élections générales italiennes, a suscité une véritable tempête, lundi 15 janvier, en affirmant sur les ondes de Radio Padania (la fréquence radiophonique de son parti, la Ligue du Nord), en réponse à une question sur l’immigration d’un auditeur : « Si nous acceptons tous les migrants, nous ne serons plus nous. (…) Nous devons décider si notre ethnie, notre société, notre race blanche doit continuer à exister ou si elle doit être anéantie. Ce n’est pas une question d’être raciste ou xénophobe. »
Une déclaration qui a immédiatement provoqué un torrent de réactions outrées. Matteo Renzi, secrétaire général du Parti démocrate (centre gauche), a ainsi qualifié ces déclarations de « délirantes », tandis que le candidat du Mouvement 5 étoiles, Luigi Di Maio, prenait à partie le chef de file de la coalition de centre droit, Silvio Berlusconi, demandant si M. Fontana « était toujours leur candidat ». Quant à la représentante de la communauté juive de Rome, Ruth Dureghello, elle a immédiatement dénoncé ces propos : « Doit-on encore répéter aux ignorants en 2018, 80 ans après les lois raciales [promulguées durant le fascisme], qu’il n’existe pas de race blanche à défendre ? »

Du côté des partenaires de la Ligue, c’est l’embarras qui domine. A l’image de Silvio Berlusconi lui-même qui, tout en qualifiant la phrase d’Attilio Fontana de « malheureuse », précisait, mardi, qu’il serait dangereux « de focaliser son attention sur une expression erronée et non pas sur le risque que l’Europe perde son identité ». De son côté, la dirigeante de l’autre fraction de la coalition, Giorgia Meloni (Fratelli d’Italia, droite postfasciste), rejetait...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-14"> ¤ Humilié, le PP n’a pas obtenu de Ciudadanos qu’il lui « prête » un député pour lui permettre de constituer un groupe parlementaire.
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-14"> ¤                     
                                                

Le Parti populaire catalan privé de groupe parlementaire

Humilié, le PP n’a pas obtenu de Ciudadanos qu’il lui « prête » un député pour lui permettre de constituer un groupe parlementaire.



Le Monde
 |    18.01.2018 à 10h43
 • Mis à jour le
18.01.2018 à 10h56
    |

            Sandrine Morel (Barcelone, envoyée spéciale)








                        



   


Qui est le neuvième député à avoir voté blanc lors de l’élection du président du Parlement catalan ? Aussitôt les résultats connus, la question a agité l’hémicycle. Le vote blanc des huit députés de gauche radicale de la liste Catalogne en commun-Podem, opposés au candidat indépendantiste comme à celui de Ciudadanos pour présider la Chambre régionale, était annoncé et attendu. Les indépendantistes, sourire ironique au coin des lèvres, ont vite suggéré qu’un élu du Parti populaire (PP, droite) était sans doute le neuvième à afficher de la sorte son mécontentement.

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                La Catalogne, loin d’un retour à la normale



Humilié, le PP n’a en effet pas obtenu de Ciudadanos qu’il lui « prête » un député pour lui permettre de constituer un groupe parlementaire, possible à partir de cinq élus. Sauf changement d’avis de dernière minute, avec seulement quatre députés, les conservateurs devront donc siéger au sein d’un groupe mixte… en compagnie des députés du parti d’extrême gauche anticapitaliste, antieuropéen et séparatiste CUP (Candidature d’union populaire). Leurs pires ennemis dans la région.
Disposer d’un groupe parlementaire n’est pas une simple question de prestige pour la formation de Mariano Rajoy. C’est aussi l’assurance de davantage de ressources financières et d’une participation dans toutes les commissions, ainsi qu’un surcroît de temps de parole lors des sessions de contrôle du gouvernement régional. Une présence que le PP et la CUP devront donc négocier et se partager.
« Mesquinerie »
Les réactions du PP, en Catalogne et à Madrid, n’ont pas tardé. Le porte-parole du PP au Parlement espagnol, Rafael Hernando, a critiqué la « mesquinerie » de Ciudadanos et rappelé que grâce au PP, Ciudadanos préside plusieurs commissions et détient la vice-présidence du Congrès des députés, à Madrid. De son côté, le coordinateur général du PP, Fernando Martinez-Maillo, s’en est pris sur Twitter à « l’égoïsme de Ciudadanos » et parlé de « grande erreur ».
« Nous avons besoin d’un groupe parlementaire, sinon les indépendantistes auront la majorité absolue dans toutes les commissions », a aussi averti le chef de file du PP catalan, Xavier Garcia Albiol. Pour Ciudadanos, la raison de son refus est que « les Catalans n’ont pas à payer pour quelque chose qui n’a pas été remporté dans les urnes ».
Cette bataille entre le PP et Ciudadanos illustre les tensions de plus en plus vives entre les deux formations, qui se battent pour capitaliser le vote anti-indépendance, « unioniste », dans le reste du royaume. Or, Ciudadanos est perçu comme un vrai rival pour le PP depuis que des sondages donnent aux libéraux la victoire en Espagne, en cas d’élections législatives anticipées.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-15"> ¤ L’opposant syrien Nasser Al-Hariri considère que les nouvelles discussions seront un « test » pour la Russie et pour le régime.
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Processus de paix en Syrie : « Aucune initiative n’est légitime si elle n’inclut pas l’opposition réelle »

L’opposant syrien Nasser Al-Hariri considère que les nouvelles discussions seront un « test » pour la Russie et pour le régime.



Le Monde
 |    18.01.2018 à 10h36
 • Mis à jour le
18.01.2018 à 14h42
    |

            Hélène Sallon et 
Marc Semo








                        



                                


                            

L’envoyé spécial de l’ONU sur la Syrie, Staffan de Mistura, a appelé les représentants de l’opposition syrienne et du régime à une nouvelle session de pourparlers, les 25 et 26 janvier, à Vienne, pour tenter de relancer le processus de paix sous l’égide des Nations unies avant la conférence organisée par la Russie, les 29 et 30 janvier, à Sotchi. Président de la Commission syrienne de négociations (CSN), qui réunit les principales composantes de l’opposition, Nasser Al-Hariri, de passage à Paris, répond aux questions du Monde.

Irez-vous à Vienne malgré l’échec du dernier round à Genève en décembre 2017 ?
Nous irons à Vienne pour continuer les discussions sur la base de la résolution 2254 du Conseil de sécurité qui définit le cadre d’une transition politique en Syrie. Tant que continueront les efforts des Nations unies, nous y contribuerons de façon constructive. La situation est aujourd’hui différente de ce qu’elle était en décembre, car il est évident pour tous que Moscou a échoué à amener le régime à négocier. Il s’agit maintenant de voir si la Russie, avec les moyens de pression dont elle dispose sur le régime, est sérieuse dans ses engagements. Ces nouvelles discussions seront un test. Jusqu’à présent, le régime a toujours refusé de s’engager dans les négociations. Il n’a cessé d’utiliser la force militaire, de frapper les civils et de commettre des crimes de guerre comme nous le voyons dans la Ghouta orientale [dans la banlieue de Damas] et à Idlib.
Le régime est victorieux sur le terrain, pourquoi négocierait-il ?
Il n’y a pas de solution militaire à cette guerre et tout le monde le sait. Tout ce qui a été gagné par le régime l’a été grâce à des dizaines de milliers de combattants étrangers et grâce aux frappes de l’aviation russe. Malgré cela, il ne contrôle guère plus de 45 % ou 50 % du territoire et au moins la moitié de la population syrienne vit hors de zones...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-16"> ¤ Le nouveau Parlement catalan maintient son soutien à Carles Puigdemont, malgré l’opposition de Madrid.
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La Catalogne, loin d’un retour à la normale

Le nouveau Parlement catalan maintient son soutien à Carles Puigdemont, malgré l’opposition de Madrid.



Le Monde
 |    18.01.2018 à 10h32
    |

            Sandrine Morel (Barcelone, envoyée spéciale)








                        



                                


                            

De grands rubans jaunes ont été déposés sur les sièges inoccupés des huit élus en prison préventive ou en « exil » en Belgique, trois mois après la vaine tentative de sécession. Chaque fois que leur nom est prononcé pour les appeler au vote, des salves d’applaudissement retentissent dans l’hémicycle. Le Parlement catalan a fait sa rentrée, mercredi 17 septembre, dans une ambiance tendue. Il a élu un président indépendantiste, mais la question de la désignation de Carles Puigdemont, toujours « exilé » en Belgique, comme prochain chef du gouvernement régional, a dominé les discussions dans les couloirs.
Malgré sa réputation d’indépendantiste « radical », le nouveau président du Parlement, Roger Torrent, a cherché à calmer le jeu : à aucun moment il n’a évoqué la « République catalane », proclamée de manière unilatérale le 27 octobre, juste avant la mise sous tutelle de la région par Madrid et la destitution du précédent gouvernement catalan. Bien que la « défense de la République » soit au centre du programme électoral de sa formation, la Gauche républicaine de Catalogne (ERC), M. Torrent a plutôt plaidé lors de son premier discours pour restaurer les institutions catalanes et « recoudre la société », déchirée par la tentative de sécession. Cet ancien maire du village de Sarria de Ter, dans la province de Gérone, s’est aussi engagé à « renforcer la cohésion sociale » et à « mettre les institutions au service des citoyens ».
« L’Etat ne sait qu’imposer, humilier et punir »
De quoi susciter les critiques de la gauche ultra-indépendantiste (CUP), pour qui son discours « s’est éloigné de tout esprit républicain ». Au contraire, le député Santi Rodriguez, élu du Parti populaire catalan, a salué le « ton conciliant » du nouveau président du Parlement et « l’espoir d’une rupture de la ligne de la précédente législature ».
En dépit de cette volonté d’apaisement, la tension était...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-17"> ¤ Le chef-d’œuvre médiéval, actuellement exposé dans le musée de la ville normande, devrait rejoindre Londres en 2020.
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Le prêt diplomatique de la tapisserie de Bayeux

Le chef-d’œuvre médiéval, actuellement exposé dans le musée de la ville normande, devrait rejoindre Londres en 2020.



Le Monde
 |    18.01.2018 à 10h22
 • Mis à jour le
18.01.2018 à 11h39
    |

            Philippe Bernard (Londres, correspondant) et 
Harry Bellet








                        



                                


                            

Nos amis britanniques ont la sympathique habitude de donner à leurs places, rues et squares des noms de défaites françaises : Waterloo ou Trafalgar, par exemple… En annonçant que le Musée de Bayeux (Calvados), qui doit entamer une campagne de travaux, était prêt à se séparer temporairement de la tapisserie dite de Bayeux qui fait sa gloire – et fait venir 400 000 visiteurs par an dans la ville normande, laquelle n’est que dépo­sitaire de l’œuvre (la convention n’a été officialisée que le 20 décembre 2017, alors que le dépôt date de Napoléon) –, Emmanuel Macron leur renvoie d’une certaine façon la politesse.
La « Telle du Conquest », comme on l’appelait autrefois, raconte une des rares tentatives réussies d’invasion de l’Angleterre – les précédentes, romaines puis scandinaves, n’ayant pas laissé de tels souvenirs ; les suivantes, françaises, espagnoles ou allemandes, ayant toutes échoué. Guillaume le Conquérant, duc de Normandie, devenu roi d’Angleterre par les armes, leur a pourtant laissé au moins deux autres monuments qui pourraient les inciter à se méfier : la Tour de Londres, davantage destinée à intimider la ville qu’à la protéger ; et le Domesday Book, un des plus précieux documents qui soient, recensant les terres nouvellement conquises et leurs propriétaires, avant tout un moyen de les soumettre à l’impôt. Il avait aussi, mais on s’en souvient moins, dévasté, et pour des siècles, presque tout le Yorkshire…
Un « impact extraordinaire »
Pourtant, l’annonce du prochain prêt par la France de la tapisserie de Bayeux à un musée ­anglais – probablement le British Museum –, faite dès le mercredi 17 janvier par le Times mais que le président français devait officialiser le jeudi 18, lors du 35e sommet franco-britannique de Sandhurst (sud-ouest de Londres), est loin d’être perçue comme une mauvaise manière par les Britanniques. De la droite à la gauche, l’initiative de Paris est présentée dans la presse comme une nouvelle manifestation...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-18"> ¤ Cette annonce doit être officialisée à l’occasion de la venue au Royaume-Uni du président français Emmanuel Macron pour un sommet bilatéral.
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Le Royaume-Uni va augmenter de 50 millions d’euros sa contribution à la sécurité de la frontière à Calais

Cette annonce doit être officialisée à l’occasion de la venue au Royaume-Uni du président français Emmanuel Macron pour un sommet bilatéral.



Le Monde
 |    18.01.2018 à 10h16
 • Mis à jour le
18.01.2018 à 16h42
   





                        



   


Le gouvernement britannique va annoncer jeudi 18 janvier qu’il augmente de 44,5 millions de livres (50,5 millions d’euros) sa contribution financière à Calais et sur les côtes françaises pour renforcer la sécurité à la frontière.
« Cet argent doit être investi dans l’amélioration de la sécurité à la frontière », a déclaré un porte-parole de l’exécutif britannique. Cette annonce doit être officialisée à l’occasion de la venue au Royaume-Uni du président français Emmanuel Macron pour un sommet bilatéral.
« Tout comme nous investissons pour nos frontières dans le reste du Royaume-Uni, il est normal de surveiller en permanence si nous pouvons renforcer les contrôles en France et en Belgique, pour s’assurer qu’ils sont aussi sécurisés que possible », a ajouté le porte-parole.
En vertu des accords du Touquet en vigueur depuis 2004, les agents britanniques peuvent effectuer librement des contrôles sur le territoire français. Dans ce cadre, le Royaume-Uni a déjà dépensé près de 100 millions de livres (113 millions d’euros) ces trois dernières années.
Un nouveau traité complétant celui du Touquet
Lors d’un déplacement mardi à Calais, ville d’entrée dans le tunnel sous la Manche, Emmanuel Macron avait prévenu que l’Etat « ne laissera pas se reconstituer une “jungle” » comme celle qui a rassemblé jusqu’à 8 000 migrants avant d’être démantelée en 2016.

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Sa venue à Londres doit donner lieu à la signature d’un « nouveau traité qui complétera les accords du Touquet », a annoncé l’Elysée.
Sur les quelque 2 000 mineurs pris en charge après le démantèlement de la « jungle », le Royaume-Uni, qui s’était engagé à accueillir tous les enfants isolés ayant de la famille sur place et à étudier les dossiers des mineurs « vulnérables », en a finalement accueilli 769, selon les chiffres du ministère britannique de l’Intérieur. L’ONG France Terre d’asile, elle, évoque 893 mineurs acceptés.

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A Londres, un porte-parole du gouvernement a reconnu que les accords du Touquet étaient « très bénéfiques au Royaume-Uni ».



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-19"> ¤ Jerry Chun Shing Lee a été interpellé à New York pour possession de documents top secret.
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Arrestation d’un ancien agent de la CIA suspecté d’espionnage pour la Chine

Jerry Chun Shing Lee a été interpellé à New York pour possession de documents top secret.



Le Monde
 |    18.01.2018 à 10h15
    |

            Gilles Paris (Washington, correspondant)








                        



   


Le 20 mai 2017, le New York Times publiait une longue enquête consacrée à la décimation du réseau d’agents travaillant pour la CIA en Chine. Le quotidien new-yorkais avançait des chiffres. Selon ses sources, une vingtaine de personnes avait été soit exécutées, soit emprisonnées entre 2010 et 2012. Un coût humain aussi élevé que ceux liés aux trahisons d’Aldrich Ames, condamné à perpétuité en 1994, et de Robert Hanssen, puni de la même peine en 2002, pour avoir l’un comme l’autre renseigné l’Union soviétique, puis la Russie. Dans le cas chinois, la CIA s’était tout d’abord inquiétée de la raréfaction d’informations en provenance de Pékin, avant que les premières éliminations ne lui soient signalées.
Un ancien membre de l’agence de renseignement, Jerry Chun Shing Lee, va peut-être bientôt lever le mystère. Ce dernier a été arrêté lundi 15 janvier à son arrivée à l’aéroport JFK de New York, en provenance de Hongkong. Il a été inculpé de possession illégale d’informations relatives à la sécurité nationale des Etats-Unis. Naturalisé américain, ancien militaire, il avait commencé à travailler pour la CIA en 1994, pour des tâches comme le suivi des agents de terrain. Jerry Chun Shing Lee a quitté l’agence en 2007.
Carnets de notes top secret
Les faits qui lui sont reprochés remontent à 2012. A cette époque, l’agence américaine de renseignement met tout en œuvre pour identifier la source du contre-espionnage chinois et pour stopper l’hémorragie. De par ses fonctions passées, Jerry Chun Shing Lee fait figure de suspect plausible. Installé à Hongkong après son départ de la CIA, il effectue un voyage aux Etats-Unis en 2012 dans la perspective d’un déménagement avec sa famille en Virginie.
La fouille de sa chambre d’hôtel, lors d’une escale à Honolulu, puis d’une autre en Virginie par la police fédérale, permet la découverte de deux carnets remplis d’informations classées top secret, qu’il aurait dû restituer à la fin de sa mission. Leur contenu est ravageur. Y figurent notamment les identités réelles et les contacts téléphoniques d’agents clandestins de la CIA, des notes prises pendant des réunions avec des agents, des lieux des rencontres et des adresses d’abris clandestins. A cinq reprises, en 2013, l’homme est interrogé par le FBI, qui, manifestement, tait la découverte des carnets. Le suspect se garde, lui aussi, de les évoquer.
Un an plus tard, Jerry Chun Shing Lee quitte le territoire américain pour s’installer de nouveau à Hongkong. En avril 2017, la Chine expulse vers les Etats-Unis une ressortissante américaine condamnée pour espionnage et incarcérée depuis deux ans dans l’attente d’un procès. Un élargissement perçu comme un geste d’apaisement de Pékin envers Washington. Sandy Phan-Gillis avait été arrêtée en mars 2015 alors qu’elle tentait de quitter la Chine.
Doutes persistants
Les interrogatoires de Jerry Chun Shing Lee n’ont cependant pas dissipé les doutes du FBI. Son retour aux Etats-Unis de janvier 2018, dont le motif n’a pas été communiqué pour l’instant, lui est fatal. La possession illégale d’informations relatives à la sécurité nationale qui lui est reprochée est passible d’un maximum de dix ans de prison. Il n’est pas question pour l’instant de trahison.
La guerre d’influence qui oppose silencieusement la Chine aux Etats-Unis a pris un tour plus people dans les colonnes du Wall Street Journal, le jour même de l’arrestation de Jerry Chun Shing Lee. Le quotidien des affaires y rapportait que le gendre de Donald Trump, Jared Kushner, devenu conseiller à la Maison Blanche, a été mis en garde un an plus tôt par la police fédérale à propos de ses relations avec l’ancienne épouse du magnat des médias Rupert Murdoch, Wendi Deng, dont il est proche.
Selon le Wall Street Journal, le FBI a prévenu Jared Kushner que cette dernière pourrait utiliser ses relations avec lui et sa femme Ivanka, la fille aînée de Donald Trump, pour promouvoir des intérêts chinois aux Etats-Unis.



                            


                        

                        


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Entretien

Tunisie : « Nous devons prendre au sérieux les attentes des gens, mais il ne faut pas exagérer la portée des événements »

Le ministre du développement, Zied Ladhari, répond aux critiques après les manifestations déclenchées par la loi de finances 2018.

Charlotte Bozonnet
    



LE MONDE
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        Le 18.01.2018 à 09h39

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        Mis à jour le 18.01.2018 à 14h41






    
Le 14 janvier 2018, à Tunis, pendant les célébrations de l’anniversaire de la révolution de 2011, des travailleurs manifestent leur mécontentement contre la loi de finances 2018.
Crédits : ANIS MILI/AFP


Zied Ladhari est le ministre tunisien du développement, de l’investissement et de la coopération internationale et secrétaire général du parti Ennahda (islamiste), membre de la coalition au pouvoir.
De passage à Paris, il livre son analyse de la contestation sociale qui a secoué la Tunisie ces dernières semaines.
La Tunisie a été le théâtre de manifestations et de plusieurs centaines d’arrestations. Le gouvernement a annoncé des mesures pour les familles les plus défavorisées. Pensez-vous que cela suffise pour répondre à la colère ?
Zied Ladhari Nous devons prendre au sérieux les attentes des gens, mais il ne faut pas non plus exagérer la portée de quelques événements. On a vu deux choses différentes : des protestations pacifiques, qui sont restées très limitées, et des actes de délinquance. La Tunisie, en pays démocratique, a protégé ceux qui voulaient manifester pacifiquement et sanctionné ceux qui ont transgressé la loi.

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Notre pays a réussi sa transition politique : les élections municipales qui se tiendront cette année en seront un nouveau jalon. Dans le même temps, il y a de vrais défis économiques et sociaux, qui sont antérieurs à la révolution. A savoir un essoufflement du modèle de développement auquel se sont ajoutées des difficultés conjoncturelles : la transition, un contexte régional turbulent, trois attaques terroristes majeures en 2015. Ces facteurs exogènes ont empêché un redémarrage de l’économie au rythme souhaité. La grande majorité des Tunisiens sont compréhensifs. Certaines forces politiques – principalement l’extrême gauche du Front populaire – ont essayé de tirer profit du vote de la loi de finances 2018, mais il n’y a pas vraiment eu de répondant. De son côté, le gouvernement poursuit son programme de réformes structurelles et son accompagnement des plus vulnérables. Les mesures récemment annoncées vont dans ce sens. Mais soyons clairs : sans une politique économique volontariste pour stimuler la croissance et la création d’emplois, toute action sociale sera limitée dans ses effets.
Donc vous n’amenderez pas la loi de finances 2018 qui a déclenché la protestation ?
Ce n’est pas prévu. Nous venons d’adopter cette loi. Pour la première fois, elle fixe l’objectif de limiter le déficit budgétaire de l’Etat à moins de 5 % et son endettement à 70 %. Hypocritement, certaines forces politiques l’ont votée et appellent maintenant à manifester contre elle. Les mesures prises sont raisonnables : augmenter d’un point la TVA, ce n’est pas ça qui va affecter le pouvoir d’achat des gens, par contre, pour le budget de l’Etat, c’est important.

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La situation est difficile mais pas aussi catastrophique que certains veulent bien le dire. L’année 2017 a même signé une reprise économique : nous avons retrouvé le même nombre de touristes qu’en 2010, doublé le taux de croissance par rapport à la moyenne des six dernières années, et connu une croissance inédite des exportations. Il faut consolider cela, rétablir les équilibres macroéconomiques. Cela passera forcément par des sacrifices de la part de la population et par des réformes douloureuses, car le pays a vécu au-dessus de ses moyens. Le gouvernement est décidé à les faire. C’est dans l’intérêt de la Tunisie.
Vous avez été élu député dès 2011 puis réélu en 2014. Les revendications sociales ne datent pas d’hier. Les attentes sociales n’ont pas été prises en compte depuis des années. Pourquoi la classe politique n’a-t-elle pas réussi à proposer un véritable modèle de développement ?
Cela relève du structurel et prend beaucoup de temps. La Tunisie ne peut pas régler tous les problèmes à la fois. Quand vous subissez trois attentats en une année (2015), vous ne pouvez pas vous attendre à des miracles économiques.
Il n’y a pas eu d’erreurs ?
La situation est particulièrement difficile. Des erreurs ont été commises évidemment mais, même sans cela, la situation n’aurait pas été rose. Pour lutter contre les disparités régionales, le pays a par exemple mis l’accent sur les infrastructures et pas assez sur l’investissement productif. Il faut créer des usines, des entreprises, développer le secteur privé. Les gens attendent du travail, des opportunités économiques.
Vous parlez de sacrifices supplémentaires pour les Tunisiens. Pensez-vous qu’ils puissent réellement en consentir davantage ?
Quand vous n’avez pas les moyens pour financer un certain nombre de dépenses, il faut faire des sacrifices. Je ne vois pas d’autre alternative. Mais il faut que ces sacrifices soient répartis de manière équitable.



Depuis 2014, la Tunisie est gouvernée par une coalition réunissant votre parti (Ennahda) et son principal adversaire, Nidaa Tounès. Certains observateurs estiment que ce fonctionnement est en partie responsable de la difficulté à avancer sur les questions économiques. Quel bilan tirez-vous de votre participation à cette coalition avec Nidaa Tounès ?
Les Tunisiens ont choisi après 2011 un modèle non majoritaire. On ne veut pas d’un parti hégémonique gouvernant seul. Aucune formation n’est d’ailleurs en capacité de le faire et même si elle le pouvait, ce ne serait pas souhaitable. Il est dans l’intérêt du pays que les principales forces politiques gouvernent ensemble, comme une grande coalition à l’allemande. Ce n’est pas toujours compris par les électeurs, mais c’est nécessaire. Le consensus implique de la lenteur mais au moins ses résultats sont pérennes. C’est le consensus qui a sauvé la Tunisie par rapport aux dérives qu’ont connues d’autres pays arabes.
A l’approche des élections municipales, les dirigeants de Nidaa Tounès multiplient les déclarations sur le fait que vous n’êtes plus alliés mais concurrents.
On n’a jamais cessé de l’être. Nous partageons un socle de valeurs inscrit dans la Constitution, mais nous n’avons pas fusionné, ni gommé nos différences. Nous avons simplement trouvé un terrain d’entente car nous pensons que c’est dans l’intérêt du pays. Il n’y a pas encore assez de consensus sur le terrain économique et social. Mais si nous y sommes arrivés sur le plan politique, pourquoi n’y arriverait-on pas sur le plan économique ?

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Vous n’avez pas d’inquiétude quant à l’évolution de la situation sociale en Tunisie ?
Il n’y a pas eu de mouvements sociaux massifs comme certains l’espéraient. Il y a des attentes qui nous préoccupent et sur lesquelles nous travaillons mais qui ne peuvent être traitées du jour au lendemain. Et l’Etat ne peut pas tout. Il faut réformer l’Etat, rétablir les équilibres, stimuler une croissance qui soit inclusive et équitable. Ensuite il y aura débat sur comment répartir les fruits de la croissance. Pour le moment, s’il n’y a pas de fruits, il n’y a rien à partager.
En novembre 2016, la conférence internationale Tunisia 2020 avait permis de réunir 34 milliards de dinars en soutien au pays. Où en est-on de ces promesses ?
Quelque 19 milliards de dinars ont été concrétisés à travers des accords, qui sont allés principalement aux infrastructures, et 15 milliards de dinars sont toujours en discussion. Maintenant nous avons besoin d’un appui pour l’investissement. C’est ce que nous attendons de nos partenaires. La France a appuyé la transition politique en Tunisie, soutenu les investissements dans les infrastructures. Nous avons maintenant besoin que les investissements français en Tunisie soient boostés, notamment à travers de grands groupes qui pourraient servir de locomotives dans les régions.

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Le président de la République, Béji Caïd Essebsi, a déclaré que la couverture des médias étrangers, relatant la contestation sociale de ces dernières semaines, nuisait à la Tunisie. Partagez-vous cet avis ?
Il n’y a pas eu de manifestations monstres en Tunisie. Je ne pense pas que le président a voulu stigmatiser la presse étrangère, mais plutôt montrer qu’il existait parfois une vision décalée. De la même façon, certaines publications parlent de dérive autoritaire. Pour avoir personnellement connu et vécu ce qu’est un régime autoritaire, je peux vous dire que ça n’a rien à voir. Le pays est pacifié, les forces politiques règlent leurs différends dans les institutions.

