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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-1"> ¤ La comédie romantique qu’elle réalise et interprète enchaîne les poncifs.
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« Brillantissime » : Michèle Laroque fait sa crise de la cinquantaine

La comédie romantique qu’elle réalise et interprète enchaîne les poncifs.



Le Monde
 |    17.01.2018 à 18h07
    |

                            Murielle Joudet








                        



   


L’avis du « Monde » - On peut éviter
Du jour au lendemain, tout s’effondre autour d’Angela (Michèle Laroque). Elle qui pensait avoir une vie idéale se retrouve seule le soir de Noël : son mari la quitte, sa mère part à la campagne et sa fille rejoint son petit copain. C’est devenu un genre à part entière dans le cinéma français : une actrice mûre joue une héroïne qui traverse une véritable catastrophe intime : mari, enfant, parfois travail, tout ce qu’elle pensait avoir pour de bon s’évanouit du jour au lendemain. Avec Brillantissime, on pouvait penser que Michèle Laroque, qui adapte là une pièce de boulevard, nous offre la version grand public de ce qu’on pourrait appeler le « film du retour d’âge ».
Célibat vécu comme une maladie
Ces dernières années on a ainsi pu voir de beaux portraits de femmes, précis, audacieux, de L’Avenir de Mia Hansen-Love (2016) à Aurore de Blandine Lenoir (2017), la crise de la cinquantaine devenait l’occasion d’une réinvention, parfois loin des hommes, parfois avec les hommes, mais ceux-ci ne déterminent jamais le bonheur des héroïnes – les conquêtes du féminisme innervent intimement le genre . Ce qui n’est pas le cas de Brillantissime qui ne s’embarrasse d’aucune réactualisation et reconduit la bonne vieille recette de la comédie romantique où le célibat est vécu comme une maladie, un état d’incomplétude, et le couple, le souverain bien à qui l’on doit tout sacrifier.

 Comédie française de Michèle Laroque. Avec : Michèle Laroque, Françoise Fabian, Kad Merad (1 h 35). Sur le web : http://www.studiocanal.com/fr



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-2"> ¤ Notre choix du soir. La série de Charlie Covell offre le portrait de deux adolescents poursuivis par le principe de réalité (sur Netflix à la demande).
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TV – « The End of the F***ing World »

Notre choix du soir. La série de Charlie Covell offre le portrait de deux adolescents poursuivis par le principe de réalité (sur Netflix à la demande).



Le Monde
 |    17.01.2018 à 17h45
    |

            Renaud Machart








                        


Série sur Netflix à la demande

Un lycéen énigmatique et psychopathe (James) : on a déjà vu ça. Une ado rebelle et bêcheuse, rejoignant la classe en cours d’année scolaire et qui attire son camarade par une attitude « je t’aime moi non plus » (Alyssa) : on a décidément déjà vu ça aussi. Par exemple, dans l’excellente minisérie Born to Kill, de Tracey Malone et Kate Ashfield, qu’a diffusée Canal+ au début du mois de janvier. Mais si The End of the F***ing World – que l’on traduira en toutes lettres par « La fin de ce putain de monde » –, de Charlie Covell, emprunte la même voie qu’un thriller, il n’est pas aussi noir et glaçant.
Sam, dans Born to Kill, cachait son implacable destin de meurtrier en série derrière des sourires ravageurs. James, aussi masochiste que sadique et peu avenant, ne parvient à passer à l’acte qu’avec des animaux. S’il se retrouve à tuer l’un de ses congénères, c’est en situation de légitime défense. C’est par le passage à l’acte que James comprend qu’il n’est pas un psychopathe, ainsi qu’il le déclarait au début du premier épisode. Mais cette preuve par l’absurde va lourdement peser sur son destin, celui, dès lors, d’un fugitif, qu’il partage avec Alyssa. Mais plus ils fuient la réalité, plus les deux adolescents – en fait James a presque 18 ans – appréhendent le lourd cahier des charges de la vie.
Humour doux-amer
Autre point de ressemblance avec Born to Kill, The End of fait une radiographie, encore plus subtile, des relations cabossées entre enfants et parents. Dans les deux séries, l’un des géniteurs est absent ou a disparu. Sam, dans Born to Kill, et Alyssa, dans The End of, vont chacun à leur manière confronter la réalité de leurs pères respectifs à l’image fantasmatique qu’ils avaient d’eux.
Absent dans Born to Kill, un humour doux-amer éclaire heureusement la noirceur de The End of. On le relève en particulierdans les scènes où une nuit bien arrosée précipite les deux enquêtrices chargées de l’affaire dans le mê­me lit. L’une d’entre elles voudrait remettre ça ; l’autre non.
Joués de manière attachante et fine par Gemma Whelan et Wunmi Mosaku, ces personnages donnent envie d’en savoir plus sur elles. Mais The End of ne s’écarte pas trop de son fil conducteur, celui mené par les deux adolescents qui poursuivent leur route à bord de voitures volées, vers la caravane où vit le père d’Alyssa, qu’elle n’a pas vu depuis des lustres.

La cavale façon road-trip – un classique, là aussi – de James et Alyssa donne au récit, concentré et dense, un air d’autre planète qui aère cette sombre affaire. La réalisation parvient même à donner à l’Angleterre côtière que parcourent les deux jeunes fugitifs un air de grands espaces nord-américains, désolés et sublimes.
Au point même qu’on pense parfois à Paris, Texas (1984), de Wim Wenders. Lorsque la dernière compagne du père ouvre la porte aux deux adolescents et va leur révéler l’adresse de ce dernier, on croirait d’ailleurs presque voir Nastassja Kinski trente-cinq ans plus tard…
La fin, qu’on ne dévoilera pas, laisse ouvert le champ des possibles, quoi qu’on ne doute guère de ce qu’il adviendra. Comme dans Born to Kill, il y est affaire de mer, de plage, de bateau. Mais, une fois encore, ces coïncidences sont probablement hasardeuses et, en aucun cas, elles ne diminuent les mérites et les singularités respectifs de ces deux séries de début d’année.
The End of the F***ing World, série créée par Charlie Covell. Avec Alex Lawther, Jessica Barden, Gemma Whelan, Wunmi Mosaku, Steve Oram (GB, 2017, 8 x 20 min).



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-3"> ¤ A voir aussi ce soir. Face caméra, des hommes et des femmes témoignent du chemin qu’ils ont eu à parcourir pour retrouver le goût de vivre (sur France 5 à 20 h 55).
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TV – « La Vie après le suicide d’un proche »

A voir aussi ce soir. Face caméra, des hommes et des femmes témoignent du chemin qu’ils ont eu à parcourir pour retrouver le goût de vivre (sur France 5 à 20 h 55).



Le Monde
 |    17.01.2018 à 17h30
    |

                            Mathieu Ait Lachkar








                        


Documentaire sur France 5 à 20 h 55

Tout le monde l’appelait « Titi ». « C’était ma grande sœur », dit la réalisatrice du documentaire, Katia Chapoutier, dans l’un des rares moments de voix off du film. Sa sœur s’est suicidée en 2006, à l’âge de 46 ans. Depuis, elle tente de comprendre pourquoi cette docteure bonne vivante a décidé de mettre fin à ses jours, laissant notamment derrière elle cinq enfants.
Après le suicide, il y a ceux qui restent. Selon une étude menée par l’Observatoire national du suicide (ONS), chaque décès touche, directement ou indirectement, vingt-six personnes, soit 300 000 chaque année. Pour la plupart, des proches endeuillés qui tentent de se reconstruire malgré la douleur, et auxquelles Katia Chapoutier a d’abord consacré un livre, La Vie après le suicide d’un proche (Le Passeur, 2017) avant ce documentaire. Soit un travail qui s’est ­appuyé sur dix ans d’enquête et de rencontres pour tenter d’obtenir une réponse à cette seule question : comment retrouver le goût de la vie après une telle épreuve ?

   


A la manière d’une bande de ­copains qui se seraient réunis le temps d’un week-end, Anne-Cécile, Elisabeth, Eric, Paul, et les autres, sont là pour partager leur expérience. Car s’ils ont en commun le même drame, ces hommes et ces femmes ont éprouvé des sentiments et des émotions propres, singulières, différentes les uns des autres. Chacun a dû surmonter la culpabilité, la colère, la honte, le déni, pour ­tenter de faire, comme on dit, son travail de deuil.
Paul et Elisabeth ont perdu leur fille Camille qui, à l’âge de 15 ans, s’est pendue dans l’armoire de sa chambre. « A ce moment-là, tout a basculé », témoignent ses parents. Pour Arié et Simat, le suicide de Yoël a mis fin à une année d’angoisse, à le surveiller, le jeune garçon ayant toujours confié qu’il se donnerait la mort. Ce n’est pas pour autant que la reconstruction est plus aisée. Ni pour la mère ni pour le beau-père de Yoël. Le suicide évoqué à travers ceux qui y ont été confrontés, et qui parviennent à en parler sans tabou : telle est la démarche qu’a choisie Katia Chapoutier. Les paroles qui se ­succèdent créent un long dialogue qui, à la façon d’une thérapie, s’arrête sur chacune des étapes du deuil, jusqu’à ce point perceptible où la fin du tunnel apparaît.
La Vie après le suicide d’un proche, de Katia Chapoutier (Fr., 2017, 70 min).



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-4"> ¤ La mort soudaine de la chanteuse des Cranberries a fait rejaillir des souvenirs adolescents sur les réseaux sociaux, ainsi que les polémiques qui existaient autour de son personnage controversé.
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Dolores O’Riordan : voix juste et propos dissonants

La mort soudaine de la chanteuse des Cranberries a fait rejaillir des souvenirs adolescents sur les réseaux sociaux, ainsi que les polémiques qui existaient autour de son personnage controversé.



Le Monde
 |    17.01.2018 à 16h28
    |

                            Charlotte Herzog








                        



   


Dolores O’Riordan a été retrouvée morte à 46 ans, le lundi 15 janvier, dans sa chambre d’hôtel. Elle était à Londres pour une session d’enregistrement avant de partir en tournée. Choqués, les nombreux fans de la leader du groupe The Cranberries ont aussitôt réagi à cette mort soudaine, dont la cause n’a pas encore été déterminée, faisant ressurgir leurs souvenirs adolescents de cette « voix d’une génération »…
Mais Dolores O’Riordan était connue aussi parce qu’elle dérangeait. Ses comportements critiquables ainsi que ses propos extrêmes sur des sujets sociétaux résonnaient fort, déteignant sur le groupe et lui donnant une image réactionnaire et controversée. Loin de s’être estompés, ses mots ont ressurgi, contrastant avec les hommages habituels sur les réseaux sociaux.
L’interprète du tube planétaire Zombie avait par exemple un avis très tranché sur l’avortement auquel elle n’était pas favorable. Dans un article du magazine musical Rolling Stones datant de 1995, elle déclarait :
« Je ne suis pas en position de juger d’autres femmes, mais je voudrais leur dire : “Idiote, pourquoi n’as-tu pas été enceinte ?” Ce n’est pas bon pour les femmes de se faire avorter et de subir tout ce que ça implique. Avoir quelque chose de vivant aspiré hors de leurs corps, ça les rabaisse. Chaque fois qu’une femme se fait avorter, elle écrase son amour-propre, de plus en plus, à chaque fois. »
Taxée d’antiféminisme
O’Riordan était également taxée d’antiféminisme, à la suite d’une déclaration qu’elle avait faite en 1994 : « Le féminisme, pour moi, c’est quelque chose pour les filles qui se sont fait plaquer trente fois dans leur vie et qui décident que les hommes sont tous des ordures », comme le pointait cet article du Monde consacré au groupe en 2005. Néanmoins, la citation a été tronquée et extraite de son contexte. En témoigne la republication de l’interview complète dans Les Inrockuptibles qui éclaire le contexte de cette déclaration : « Le journal américain Interview m’a demandé d’écrire un article sur le sujet, dans lequel j’étais censée représenter la révolution féministe. Arrivé au stade des photos, ils m’ont demandé de poser nue. Est-ce le meilleur moyen de prendre les femmes au sérieux et d’être traitées sur un pied d’égalité ? Jamais on n’aurait demandé à un homme d’enlever son pantalon. Pour moi, le féminisme, ça ne se passe pas à poil. C’est plus une question d’esprit et de psychologie que de seins. »
Autre sortie polémique pour cette icône rock, cette fois où elle avait déclaré : « Dans certains cas, je suis pour la peine de mort. A Singapour, on coupe les mains des voleurs, on coupe les têtes des meurtriers. Résultat : il n’y a plus de crimes. » Ici encore, la réponse avait été amputée de son contexte qui était : « A propos des assassins d’enfants et des violeurs dans certains cas, je suis pour la peine de mort. » Un propos qui prend sens quand on sait ce qu’elle a traversé durant son enfance.
Autodestruction
La vie de Dolores O’Riordan a été rongée par un passé sombre, rempli de démons, qu’elle a portés en elle pendant des années sans pouvoir en parler. « Durant quatre ans, quand j’étais une petite fille (entre 8 et 12 ans), j’ai été abusée sexuellement. Je n’étais qu’une enfant. » Au fil de l’interview qu’elle a donnée en 2013, elle confie que ça ne l’a jamais quittée. C’est un « traumatisme que j’ai toujours porté en moi. (…) Je pensais que c’était de ma faute. Je l’ai enterré au fond de moi parce que j’avais honte. Je me disais : “je suis horrible et dégueulasse”. Je ressentais une terrible haine de moi-même. Après, je suis devenue célèbre à 18 ans et ma carrière a pris le dessus. C’était encore plus difficile. C’est là que je suis devenue anorexique. »
Elle avoue également avoir joué la comédie et s’être arrangée pour faire bonne figure. Jusqu’à une dépression nerveuse. Elle a ensuite été diagnostiquée bipolaire. Plus tard, elle a « essayé de [se] faire mourir d’overdose » sans y parvenir ; elle suppose qu’elle a dû rester « pour ses enfants ». En 1993, Dolores voulait déjà mourir. « Parce que tu penses que c’est de cette façon que tu seras en paix. Quand tu es mort, ça ne peut jamais être pire que le sale état dans lequel tu es vivant. »
En 2014, elle avoue avoir eu des pensées suicidaires durant toute sa vie, « sans aller jamais assez loin ». « Je suis plutôt quelqu’un de bien, mais je suis pas mal portée sur la bouteille. Et je fume cigarette sur cigarette quand je bois. Quand j’ai des mauvais jours à cause de mes mauvaises pensées, je me rue sur l’alcool. Et tout s’empire. Je n’essaye pas de me justifier, je dis ce qu’il se passe. Ce qu’il s’est passé. Et peut-être qu’en sachant ça, les gens comprennent qui tu es et pourquoi tu es un peu amère. »



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-5"> ¤ Dans « Le Pouvoir », l’écrivaine britannique imagine la prise de contrôle du monde par les femmes grâce à une nouvelle faculté biologique. Mais le matriarcat fait-il une société meilleure ?
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édition abonné


Les femmes libérées de Naomi Alderman

Dans « Le Pouvoir », l’écrivaine britannique imagine la prise de contrôle du monde par les femmes grâce à une nouvelle faculté biologique. Mais le matriarcat fait-il une société meilleure ?



Le Monde
 |    17.01.2018 à 16h00
    |

            Raphaëlle Leyris








                        



                                


                            
Le Pouvoir (The Power), de Naomi Alderman, traduit de l’anglais par Christine Barbaste, Calmann-Lévy, 400 p., 21,50 €.

L’expression revient souvent depuis le début de l’affaire Weinstein, au mois d’octobre : « La peur a changé de camp. » Autrement dit : les femmes ne doivent plus redouter de témoigner (que ce soit par honte ou inquiétude des conséquences) quand elles ont été victimes d’agression ; le temps est en revanche venu pour les coupables de craindre la révélation de leurs actes. Pris dans un sens beaucoup plus large, « la peur a changé de camp » pourrait servir de sous-titre au Pouvoir, de Naomi Alderman. La force et la portée de ce roman ne dépendent en aucun cas du contexte de sa publication. Mais il faut bien dire qu’il tombe à pic, en cette période où la question des rapports hommes-femmes électrise le débat public – on croise même le temps d’une phrase, dans ce livre paru au Royaume-Uni en 2016, un personnage de méchant nommé Weinstein.
La peur que l’on voit basculer ici, presque en un éclair, est celle que les hommes inspirent aux femmes pour des raisons physiques. Soudain, les femmes se découvrent dotées, comme certaines anguilles, du « pouvoir » d’envoyer des décharges électriques. Les voilà capables de blesser grièvement, voire de tuer, du bout des doigts. Elles ne craignent plus de se promener à n’importe quelle heure, ne se laissent intimider par aucun homme. Des violeurs sont châtiés, des régimes phallocrates renversés. Cette révolution mondiale nous est racontée à travers quatre personnages : Roxy, adolescente londonienne, fille de mafieux, qui va traquer les assassins de sa mère ; Ailie, jeune Américaine qui va devenir la prophète « Mère Eve », fondatrice d’une nouvelle religion ; Margot, maire d’une petite ville américaine, qui va s’appuyer sur son don pour organiser son ascension. Enfin, il y a Tunde, un jeune Nigérian, qui...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-6"> ¤ Racontez-nous comment vous réagissez au débat #metoo dénonçant les violences sexuelles.
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APPEL À TÉMOIGNAGES
En tant qu’homme, qu’a changé pour vous le mouvement de libération de la parole des femmes ?

Discussion lancée le 17 janvier 2018

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Depuis les révélations sur le producteur américain Harvey Weinstein, les femmes dénoncent par milliers le harcèlement, les agressions sexuelles et le sexisme qu’elles ont subis. Le débat sur les violences sexuelles, qui traverse aujourd’hui la société, interroge les relations entre hommes et femmes, et bouscule parfois les idées des uns et des autres.
En tant qu’homme, comment réagissez-vous à ce mouvement de libération de la parole, et aux débats qu’il suscite ? Les témoignages des femmes ont-ils modifié votre façon de voir les choses ? Votre comportement a-t-il changé ? Réagissez-vous différemment aujourd’hui dans certaines situations, que ce soit chez vous, sur votre lieu de travail ou dans l’espace public ?
Racontez-nous votre expérience et votre ressenti. Merci de préciser votre âge et votre profession. Votre témoignage pourra être publié dans un article du Monde.fr. N’oubliez pas de laisser votre adresse e-mail ou un numéro de téléphone afin qu’un ou une journaliste puisse vous recontacter.                            





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« Las marimbas del infierno » : quand le Death métal et le marimba se rencontrent

Ce film bizarre et assez beau du Guatemaltèque Julio Hernandez Cordon, s’inspire de l’histoire d’un joueur de marimba.



Le Monde
 |    17.01.2018 à 14h10
 • Mis à jour le
17.01.2018 à 14h17
    |

            Isabelle Regnier








                        



   


L’avis du « Monde » - À Voir
La rencontre absurde entre le Death métal sataniste et le marimba, instrument traditionnel guatémaltèque aux allures de xylophone géant. De cette idée folle qu’ils ont conçue ensemble, trois hurluberlus unis par une même passion pour la musique et un refus de se soumettre aux diktats des gangs et de la violence économique, espèrent qu’elle leur apportera le succès et la liberté.
Ainsi pourrait-on résumer ce film bizarre et assez beau de Julio Hernandez Cordon, cinéaste guatemaltèque formé au Mexique dont le travail a été salué dans de nombreux festivals internationaux. Il s’inspire de l’histoire de Don Alfonso, joueur de marimba et père de famille tranquille, dont la vie a basculé une première fois quand un gang a commencé à le racketter et menacer les siens des pires sévices, puis une seconde quand il s’est retrouvé sans ressource après que le bar qui l’employait lui a annoncé vouloir remplacer sa musique live par un recours, plus économique, à des playlists.
Après une séquence inaugurale dans laquelle le personnage livre un poignant témoignage, le film bascule dans une fiction minimaliste aux accents bressoniens et punk à la fois. Par un subtil jeu de cadrages, de couleurs, d’ellipses, le cinéaste exprime tout à la fois son amour pour les personnages de marginaux, branques, rêveurs, poètes, qu’il met en scène, et la brutalité atrocement prosaïque avec laquelle la vie les traîte.

Film français, mexicain, guatemaltèque de Julio Hernandez Cordon. Avec Don Alfonso, Blacko, Chiquilin (1h14). Sur le web : www.lasmarimbasdelinfierno.com , www.facebook.com/lasmarimbasdelinfierno



                            


                        

                        


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« Miniatures », ou l’absurdité du monde à la loupe de Royal de luxe

Jean-Luc Courcoult dessine un tableau baroque et fantaisiste de notre monde.



Le Monde
 |    17.01.2018 à 11h30
    |

                            Fabienne Darge








                        



                                


                            

Y a-t-il un pilote dans l’avion ? Oui, mais il est sérieusement déjanté. Jean-Luc Courcoult, le Gargantua du théâtre de rue, est aux manettes. Avis de turbulences surréalistes. Le grand manitou de Royal de luxe a provisoirement abandonné ses créatures géantes pour concocter un de ces « petits » spectacles dont il a le secret et qui, pour être moins spectaculaires que la saga des géants, n’en sont pas moins d’une formidable inventivité.
Et le public de Santiago, installé de part et d’autre de la scène, dans la cour d’un célèbre lycée de la capitale chilienne, s’est embarqué avec bonheur dans cette équipée loufoque, mais qui n’a rien de gratuit : avec Miniatures, c’est comme si Jean-Luc Courcoult regardait notre monde, avec ses peurs et ses folies, à la loupe, comme s’il en isolait certains détails, pour mieux en montrer l’absurdité. Miniatures prend la forme d’un rêve, celui d’un pilote à qui la traversée de la cordillère des Andes donnerait des cauchemars. Tout d’abord, son avion explose : première réjouissance théâtrale du spectacle, avec cette maquette glissant sur un rail et prenant feu en direct, arrachant des cris de joie et de terreur mêlées aux nombreux enfants assis au pied des gradins.

Il y aura bien d’autres prodiges dans le spectacle : Courcoult et sa bande sont, mine de rien, des as du théâtre d’objet, de l’illusion et de la magie, des effets spéciaux et pyrotechniques, même si tout chez eux semble toujours bricolé à vue, de manière artisanale. Il y aura des patineuses glissant sur la scène, revêtues de cartes à jouer, comme des porteuses de hasard. Il y aura un frigo destiné à faire disparaître les gens encombrants, un ­ « aspirateur de mémoire » et autres machines infernales, un ballet d’aspirateurs automatiques, rouges et ronds comme des coccinelles, glissant avec grâce, comme les patineuses.
Fête et horreurs du monde
Jean-Luc Courcoult semble procéder par associations libres, tout en retombant...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-9"> ¤ Suite non officielle du film réalisé par Hal Ashby en 1974, le long métrage de Richard Linklater réunit des acteurs formidables mais les lance sur des sentiers souvent battus.
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« Last Flag Flying » : après la dernière corvée

Suite non officielle du film réalisé par Hal Ashby en 1974, le long métrage de Richard Linklater réunit des acteurs formidables mais les lance sur des sentiers souvent battus.



Le Monde
 |    17.01.2018 à 11h18
    |

                            Thomas Sotinel








                        



   


L’avis du « Monde » - Pourquoi pas
Une part des réserves que suscite ce film peut être mise sur le compte de la déception. Car il y avait de quoi attendre Last Flag Flying avec impatience. L’histoire de trois anciens combattants du Vietnam réunis par la nécessité d’accompagner le corps du fils de l’un d’entre eux, tombé en Irak, jusqu’à sa dernière demeure, sort d’un roman de Darryl Ponicsan, qui, il y a plus de quarante ans écrivit La Dernière Corvée. La « corvée » en question incombait à deux soldats aguerris (des marins) qui devaient conduire un bleu jusqu’à la prison où il devait purger une peine injustement prononcée.
En 1974, La Dernière Corvée est devenu un film, réalisé par Hal Ashby, joué par Jack Nicholson, Otis Young et Randy Quaid, l’un des derniers jalons du Nouvel Hollywood avant la reprise en main par les studios. Or, si un réalisateur américain trimballe aujourd’hui l’héritage de cette période, c’est bien Richard Linklater. Quand on a su qu’il avait réuni, pour prendre la suite du trio originel, MM. Cranston, Fishburne et Carell, le coup semblait impossible à rater. Et pourtant…
Un issue qui ne surprend jamais
Après une séquence d’ouverture alléchante, qui met en scène un pauvre type écrasé par on ne sait quel poids (Steve Carell) peinant à se faire reconnaître par un ancien compagnon d’armes (Bryan Cranston) dans un bar presque sordide, Last Flag Flying ne s’écarte pas une seconde du programme annoncé : les trois hommes (le patron de bar que joue Cranston, le père qui vient de donner son fils à l’Union interprété par Carell, les deux obtenant le renfort d’un ex-marine devenu pasteur auquel Larry Fishburne prête son impressionnant baryton) adhèrent très strictement aux stéréotypes auxquels les destinent leurs rôles. Les hasards de la route – qui font théoriquement le charme des road movies – n’en sont justement pas, tant les obstacles et contretemps sont aussi fixement déterminés que les horaires de passage en gare. Qu’ils affrontent la hiérarchie militaire (le film se situe au moment de la première guerre d’Irak) pour lui arracher le corps du jeune homme tombé au combat ou qu’ils vident des querelles antérieures à l’évacuation de la base de Danang, l’issue ne surprend jamais.
Reste le plaisir de voir trois grands acteurs venus d’univers aussi différents (la série pour Cranston, le comique pour Carrel, le grand spectacle pour Fishburne) se chercher, se trouver, s’accorder. L’émotion que suscite Last Flag Flying doit beaucoup à la composition du trio, et c’est un mérite qu’on ne peut enlever à Richard Linklater.

Film américain de Richard Linklater, avec Bryan Cranston, Laurence Fishburne, Steve Carell (2 h 04). Sur le web : www.facebook.com/LastFlagFlying.LaDerniereTournee



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-10"> ¤ Le festival Santiago a Mil, qui fête ses 25 ans, attire désormais les programmateurs du monde entier.
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Le théâtre chilien, entre poétique et politique

Le festival Santiago a Mil, qui fête ses 25 ans, attire désormais les programmateurs du monde entier.



Le Monde
 |    17.01.2018 à 11h05
    |

                            Fabienne Darge








                        



                                


                            

Ici, c’est l’été en janvier. Et à Santiago, la capitale du Chili, comme en France, l’été est la saison des festivals, ou plutôt DU festival Santiago a Mil, qui fête en ce début 2018 ses 25 ans et une belle réussite, puisqu’il est désormais le plus en vue d’Amérique latine. A Santiago, il n’y a pas que la température qui soit muy caliente : le public et les programmateurs du monde entier, qui font de plus en plus souvent le voyage au Chili en début d’année, le sont aussi.
« Et pourtant, nous avons commencé tout petit », sourit Carmen Romero, la directrice du festival, femme de tempérament et de cœur. Tout petit, oui, pour arriver en 2018 à une manifestation qui dure quasiment trois semaines (du 3 au 21 janvier), programme une quarantaine de spectacles, offre une large vitrine sur la scène latino-américaine mais aussi un riche panorama de la création internationale. Cette année, le public chilien peut voir des spectacles du Flamand Ivo van Hove (After the Rehearsal/Persona, d’après Ingmar Bergman), du Polonais Krystian Lupa (Des arbres à abattre, de Thomas Bernhard), du Suisse Christof Marthaler (King Size) ou de l’Américain Robert Wilson (La Dernière Bande, de Samuel Beckett) – autrement dit la crème de la création contemporaine.
« Air de liberté »
Deux « petits » Français viennent se glisser dans cette édition anniversaire : le chorégraphe Angelin Preljocaj, avec Centaures et Still Life, et le metteur en scène Jean-Luc Courcoult qui, avec sa troupe Royal de luxe, présente, en quasi-primeur, sa dernière création, Miniatures, pendant toute la durée du festival, avant une longue tournée française et internationale.
Au Chili, Jean-Luc Courcoult est presque aussi connu que le pape, même s’il affiche un autre style, avec ses énormes lunettes à la Polnareff, ses chemises bariolées et ses chapeaux à fleurs. En 2007 et en 2010, pour le bicentenaire...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-11"> ¤ Le ténor britannique se distingue dans l’ultime oratorio de Haendel.
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Ian Bostridge irradie en Jephthé

Le ténor britannique se distingue dans l’ultime oratorio de Haendel.



Le Monde
 |    17.01.2018 à 10h47
    |

                            Marie-Aude Roux








                        



                                


                            

Il est des paradoxes difficiles à comprendre : pourquoi le metteur en scène allemand Claus Guth, fin homme de théâtre et preux psychologue, se croit-il obligé de glisser entre les scènes une envahissante péda­gogie dramaturgique ? Non que le procédé soit forcément blâmable, mais le systématisme dérange. C’était déjà le cas avec les fastidieuses didascalies ajoutées entre chaque acte de La Bohème, de ­Puccini, à l’Opéra Bastille, histoire de rappeler qu’il s’agissait bien d’une fantasmagorie de prisonniers de l’espace. Avec Jephtha, l’oratoriode Haendel, présenté au Palais Garnier jusqu’au 30 janvier, des bruitages amplifiés, rappelant ceux utilisés dans les films de guerre sous-marine, sont censés donner vie au combat qui oppose les Hébreux aux Ammonites, mais aussi à celui qui voit ­l’orgueilleux Jephté contraint par sa propre faute de sacrifier sa fille, Iphis, pour prix de sa victoire.

Certes, la musique de Haendel peut parfois paraître aseptisée pour nos oreilles habituées au spectaculaire et aux effets ­spéciaux. Mais ce dernier chef-d’œuvre crépusculaire de 1752 a de quoi nourrir l’ima­ginaire, ce d’autant que la vision scénique de Claus Guth, avec ses tableaux flashs déchirant des ténèbres fuligineuses, à l’instar d’éclairs de conscience, est portée par la beauté picturale de la vidéo d’Arian Andiel.
Longue silhouette de cyprès
Le metteur en scène développe une étrange mais convaincante symbiose entre un réalisme à la limite du décorum naïf (les herbes géantes, les fleurs, le lit d’hôpital psychiatrique) et un symbolisme nourri d’abstraction joueuse. Ainsi les lettres de l’incipit théâtral It Must Be So (« cela doit être ») servent-elles à la fois d’objet scénique et de support de sens : l’omniprésence d’une injonction dont Guth se plaît à ­subvertir l’impact sacrificatoire. Jephté crachera à la face de ce dieu qui lui a pris son enfant, même sauvé in extremis par un ange, le chœur lèvera le...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-12"> ¤ Dans « Hotel Paradiso », quatre comédiens donnent vie à une multitude de personnages grâce à des masques de papier mâché.
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Les grosses têtes attachantes de la compagnie Familie Flöz

Dans « Hotel Paradiso », quatre comédiens donnent vie à une multitude de personnages grâce à des masques de papier mâché.



Le Monde
 |    17.01.2018 à 10h19
 • Mis à jour le
17.01.2018 à 18h00
    |

            Sandrine Blanchard








                        



                                


                            

Les personnages de Hotel Paradiso ont des gueules inoubliables. De grosses têtes en papier mâché, avec de longues oreilles, des nez protubérants et des regards intensément attachants. Ces masques incroyables – marque de fabrique de la compagnie berlinoise Familie Flöz –, qui nous embarquent dans l’univers foutraque d’un établissement hôtelier d’un autre âge, arrivent enfin à Paris.
Après une tournée dans vingt-cinq pays et un succès remarqué au Festival d’Avignon en 2013, les seize protagonistes de cette comédie burlesque occupent la scène de Bobino jusqu’au 4 février. Théâtre de masque, de mime et de clownerie, l’univers inventé par Familie Flöz captive par sa capacité à mêler, sans un mot, drôlerie, poésie et rebondissements.
: « Le masque offre au comédien une possibilité fantastique de créer un personnage très loin de lui  »
Rien ne va plus dans cet hôtel ­familial niché dans la montagne depuis que le père a trépassé. La mère acariâtre ne sait faire fonctionner que sa canne, son fils réceptionniste traîne son ennui en bichonnant ses 45-tours, sa fille ronchonne s’évertue à vouloir moderniser l’hôtel, la femme de chambre cleptomane rêve d’amour impossible et le cuistot, toujours prêt à rendre service, ­découpe autant de viande que de cadavres. Au milieu de cette folle équipe hôtelière, défilent des clients pittoresques, un voleur en cavale et des commissaires pas très futés.
Un thriller cruel et absurde
Derrière cette incroyable tribu se cachent seulement quatre comédiens. Un tour de force. Avec une remarquable vélocité, ils parviennent, en changeant de masque, à donner vie à une multitude de personnages tous plus attendrissants ou désopilants les uns que les autres. Ces gueules semblent nous regarder intensément et, bien que figées, elles traversent toutes sortes de sentiments.
Le décor a beau avoir l’allure d’une vieille pièce de boulevard et les costumes...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-13"> ¤ Aux Archives nationales, « Dessiner pour bâtir » retrace la naissance du maître d’œuvre.
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Le Grand Siècle, berceau de l’architecte moderne

Aux Archives nationales, « Dessiner pour bâtir » retrace la naissance du maître d’œuvre.



Le Monde
 |    17.01.2018 à 09h55
    |

            Jean-Jacques Larrochelle








                        



                                


                            

De quand date, en France, la naissance du métier d’architecte tel que nous l’entendons aujourd’hui ? Avec la même élégance que l’hôtel de Soubise qui les abrite à Paris, les Archives nationales répondent à la question. Jusqu’au 12 mars, l’exposition « Dessiner pour bâtir » met à l’honneur les transformations du Grand Siècle qui consacrèrent l’avènement du maître d’œuvre.
« Qu’est-ce que cela signifie d’avoir du talent au XVIIe siècle, d’être Jean Nouvel à l’époque de Louis XIV ? », résument les commissaires, Alexandre Gady, professeur d’histoire de l’art moderne à la Sorbonne et directeur du Centre André-Chastel, et Alexandre Cojannot, conservateur en chef du patrimoine au Minutier central des notaires de Paris.
Qu’en était-il, en ce temps-là, de l’architecte, de sa formation, de la valeur de son titre, de son statut social, et surtout professionnel ? Le moment est capital. Il va sortir ce personnage de l’anonymat et lui permettre de devenir une figure identifiée, ­codifiée. Voire glorifiée.
Discipline de réflexion et de pensée
La seule biographie connue d’un architecte de ce temps est celle de François Mansart (1598-1666), rédigée par son contemporain Charles Perrault, frère de Claude, architecte autoproclamé. Oblitérés par ceux de la Renaissance et ses prolongements, les architectes français du XVIIe siècle devront attendre le milieu du XXe pour faire l’objet d’approches monographiques menées d’abord par… les Anglo-Saxons.
Depuis, Claude Perrault (1613-1688), Louis Le Vau (1612-1670), Augustin-Charles d’Aviler (1653-1701), Jacques Lemercier (1585-1654), François Blondel (1618-1686), Jules Hardouin-Mansart (1646-1708) et son oncle François ont bénéficié de publications documentées en langue française.
« Sous le nom d’architecte, nous entendons ici uniquement la figure professionnelle du maître d’œuvre qui conçoit le projet de construction, le discute avec le maître d’ouvrage,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-14"> ¤ Ce sommet du western, tourné en 1946 par Howard Hawks, avec John Wayne, ressort en salle.
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Reprise : « La Rivière rouge », folle expédition vers l’Ouest

Ce sommet du western, tourné en 1946 par Howard Hawks, avec John Wayne, ressort en salle.



Le Monde
 |    17.01.2018 à 09h26
 • Mis à jour le
17.01.2018 à 09h43
    |

                            Thomas Sotinel








                        



   


Si vous voulez voir un film à grand spectacle dont le personnage secondaire le plus attachant est nommé Groot, comme dans les deux épisodes des ­Gardiens de la galaxie (de James Gunn, 2014 et 2017), prenez donc un billet pour La Rivière rouge, d’Howard Hawks, qui revient dans les salles, soixante-dix ans après sa première. Ce Groot-là est un vieux cow-boy qui a pour prénom Nadine et pour trogne celle de Walter Brennan, vieux complice d’Howard Hawks.
Vieil homme édenté (Hawks l’a convaincu de jouer sans dentier), Brennan incarne le fidèle compagnon de la star de La Rivière rouge, John Wayne, qui, lui, tient le rôle d’un pionnier établi au Texas au milieu du XIXe siècle, devenu un magnat de l’élevage.
Homme de pouvoir
En 1946, année de l’écriture et du tournage de La Rivière rouge (le film sortira deux ans plus tard), les Etats-Unis s’apprêtent à entrer en paix. Ils ont triomphé de l’Axe, la guerre froide n’a pas encore été déclarée. Les Américains sont en droit de se demander d’où vient cette formidable puissance et à quoi elle pourra bien leur servir. En racontant les destins inséparables de Thomas Dunson (John Wayne), l’aventurier qui s’est mué en homme de pouvoir, et de Matt Garth, son fils adoptif (Montgomery Clift), Howard Hawks offre une image à la fois brutale et réconfortante : les Etats-Unis se sont constitués dans le sang et la rapine, ils ne prospéreront que dans la concorde.
Production de grande ampleur (le film a coûté presque 3 millions de dollars), La Rivière rouge n’est pas pour autant empreint d’idéalisme. Howard Hawks en serait bien incapable. Les moteurs du film sont l’appât du gain, la rancœur, le désir, qui mettent en mouvement des personnages plus grands que nature. Hawks a emprunté John Wayne (qui n’est pas encore tout à fait une superstar) à son collègue John Ford, pour lui confier un personnage qui n’a rien d’un justicier : un homme solitaire que l’on voit d’abord abandonner un convoi en plein territoire comanche, avant qu’il n’abatte un péon mexicain venu faire valoir les droits du latifundiste que Dunson s’apprête à spolier.
Voyage épique
Cette longue introduction montre John Wayne à la fleur de l’âge, renversant par la violence tout ce qui se dresse sur son chemin. L’essentiel du scénario de Borden Chase et Charles Schnee se situe une vingtaine d’années plus tard, après la guerre de Sécession, au moment de la première gran­de transhumance d’un troupeau du Texas vers les terminaux de chemin de fer.
Certains plans sur les visages exaltés rappelleraient presque le cinéma soviétique
Ce voyage épique (dans la fiction, plusieurs milliers de bovins font la route, sur le tournage, il y en avait plus de 1 000) est organisé (mais pas pensé) par un Dunson vieillissant, muré dans ses certitudes. Quand son fils adoptif lui suggère qu’on pourrait abréger le trajet en s’arrêtant à Abilene (Kansas), où l’on dit que le chemin de fer est arrivé, le patriarche sans descendance préfère pousser les bêtes plus à l’est, jusqu’au Missouri, provoquant une mutinerie parmi les cow-boys.
Howard Hawks fait se répondre l’euphorie d’une entreprise sans précédent (les plans sur les visages exaltés des cow-boys au premier jour du voyage rappelleraient presque le cinéma soviétique) et la violence de ce qui est, en fait, un épisode de la lutte des classes en habits de cow-boys. Entre les employés soucieux de rentrer chez eux et le patron buté, Hawks a placé la figure de Matt Garth (Clift). Dunson l’a adopté après que sa famille eut été exterminée par les Comanches. Au moment du départ du troupeau, Matt revient de la guerre, plus sage et plus expérimenté que Dunson ne le sera jamais.
La révélation Mont­gomery Clift
Hawks a pris le risque de confier le rôle à un acteur qui n’a jamais tourné de films. A 25 ans, Mont­gomery Clift, qui est une vedette du théâtre new-yorkais, doit se mesurer à John Wayne et à une troupe d’acteurs hollywoodiens expérimentés (Walter Brennan, Harry Carey Sr, Noah Berry Jr…). Dans sa biographie d’Hawks (Institut Lumière/Actes Sud), Todd McCarthy raconte comment le réalisateur, ravi du sérieux avec lequel Clift apprit son métier de cow-boy, lui offrit un vieux chapeau ayant appartenu à Gary Cooper. La meilleure scène qui échoit au jeune homme reste un concours de tir entre Matt et Cherry Valance (deuxième personnage masculin au prénom féminin), un pistolero incarné par John Ireland : leurs propos sur la taille et la beauté des armes à feu ont valu à cette séquence de se retrouver en bonne place dans The Celluloid Closet (1995), le ­documentaire de Rob Epstein et Jeffrey Friedman sur l’homosexualité à Hollywood.

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          Reprise : « Les Hommes préfèrent les blondes », quand Hawks se sentait rajeunir



La Rivière rouge est encadré par l’apparition de deux personnages féminins : une jeune femme (Coleen Gray) que Dunson abandonne dans la prairie, une femme de mauvaise vie (Joanne Dru), qui tombe amoureuse de Matt. Si la première parenthèse est un élément fondamental de la construction du personnage que joue Wayne, la seconde est moins heureuse. Affadi par la censure préa­lable qu’exerçait alors Joseph Breen, chargé de faire appliquer le code Hays qui interdit longs baisers ou décolletés, le personnage de Joanne Dru doit en plus exécuter la triste tâche d’amener La Rivière rouge jusqu’à une conclusion consensuelle. Cette fois, le Motion Pictures Code n’y est pour rien, et cette fin, qui rebuta aussi bien les acteurs que les scénaristes, ne peut être imputée qu’au seul Howard Hawks. C’est une faute vénielle, les deux heures qui précèdent restent un sommet du western.

Film américain d’Howard Hawks. Avec John Wayne, Montgomery Clift, John Ireland, Walter Brennan, Joanne Dru (2 h 13). Sur le web : www.swashbuckler-films.com, www.facebook.com/SwashbucklerFilms



                            


                        

                        


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« La surface de réparation » : plongée dans les bas-fonds du football français

Christophe Régin détaille les mécanismes d’un écosystème brutal.



Le Monde
 |    17.01.2018 à 09h23
    |

                            Thomas Sotinel








                        



   


L’avis du « Monde  » - A voir
Ce pourrait être un mot composé : tchao-pantin. L’expression « faire un tchao-pantin » désignerait alors la manœuvre par laquelle un comique s’empare d’un rôle tra­gique pour asseoir son statut d’acteur à part entière, souvent aux alentours de la quarantaine, comme Coluche le fit dans le film de Claude Berri en 1983. Quelques décennies plus tard, c’est au tour de Franck Gastambide de tenter l’exercice.
L’humeur de l’interprète et réalisateur des Kaira, de Pattaya et – bientôt – de Taxi 5, vire au noir dans ce premier long-métrage de Christophe Régin, qui mine une veine jusqu’ici peu exploitée par le cinéma français, les bas-fonds du football français. Le réalisateur et son interprète en extraient une ambiance singulière qui baigne tout le film et masque ses imperfections.

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Franck (Franck Gastambide) vit aux marges du Football Club de Nantes (dont les installations tiennent leur propre rôle, mais on suppose que les turpitudes ici mises en scène relèvent de la pure fiction). Côté face, il contribue à l’entraînement des jeunes du centre de formation. Côté pile, il sert de chaperon aux joueurs qui se laissent un peu aller, les préservant du mieux qu’il le peut des foudres de la justice et du regard des médias. Comme ces activités non officielles ne sont guère lucratives, il vivote en vendant de pauvres scoops à la presse et aux sites à scandale.
Le ton juste
Franck prend le président du club (Hippolyte Girardot) pour une planche de salut. A cet homme affable, il attribue une bienveillance paternelle qui n’est qu’apparente. Le retour dans l’équipe d’un joueur en fin de carrière (Moussa Mansaly) qui fut en même temps que Franck l’un des espoirs du club, force ce dernier à prendre la mesure de son échec. Franck Gastambide trouve immédiatement le ton juste pour communiquer ce mélange d’amertume et d’innocence enfantine qui force son personnage à ne pas renoncer.
Christophe Régin prend un plaisir manifeste à détailler les mécanismes d’un écosystème brutal qui martyrise les corps et les ego. Tourné en hiver, son film est fait de journées trop courtes et de nuits interminables où tout se ­dérègle. Le dérèglement, pour Franck, a le visage de Salomé (Alice Issaz), une fille qui va de club en club en espérant tirer quelque chose de la fréquentation assidue des joueurs. Ce personnage féminin est le plus original du film, loin des femmes fatales du cinéma noir français, il cherche avant tout sa propre autonomie, et son interprète lui insuffle une belle énergie. Son rôle dans la mécanique dramatique de La Surface de réparation est moins heureux. Aussi à l’aise qu’il soit pour dépeindre une condition, Christophe Régin (qui est aussi le scénariste du film) est plus emprunté quand il s’agit de la mettre en mouvement. Les efforts surhumains que fait Franck pour échapper à la précarité et au dénuement se font plus prévisibles – grosse arnaque, plans de fuite à l’étranger – et le film perd de sa singularité. Il n’empêche, il a donné pendant une heure et demie une réalité et une humanité inédites à une ­situation que l’on n’entrevoit souvent qu’à travers les titres racoleurs de sites spécialisés dans les frasques des célébrités.

Film français de Christophe Régin. Avec Franck Gastambide, Alice Issaz, Hippolyte Girardot (1 h 34). Sur le web : www.unifrance.org, www.facebook.com/ArpSelection



                            


                        

                        


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« The Last Family » : sitcom tragique à la polonaise

Jan P. Matuszynski conte, sur une trentaine d’années, la vie singulière d’un clan familial à la périphérie de Varsovie.



Le Monde
 |    17.01.2018 à 09h14
 • Mis à jour le
17.01.2018 à 14h26
    |

                            Thomas Sotinel








                        



   


L’avis du « Monde  » - A ne pas manquer
Deux façades de béton brut se font face. Dans un des grands immeubles, le papa et la maman. En face, leur grand fils. The Last Family commence en 1977 par l’emménagement de la famille Beksinski dans ce grand ensemble à la périphérie de Varsovie. Le premier long-métrage de fiction du jeune (33 ans) réalisateur polonais Jan P. Matuszynski s’achève une trentaine d’années plus tard par la mort du dernier survivant du clan.

        Lire aussi l’entretien  :
         

          « Je ne connais aucun bon film sur l’art »



Pour un public polonais, cette histoire aussi extraordinaire (chaque membre du clan est affligé d’une personnalité hors du commun) que banale (ce qui ne les empêche de s’empêtrer dans des ­conflits communs à toutes les familles) prend un relief particulier. Zdzislaw Beksinski était un peintre fameux, son fils Tomasz, une personnalité des médias à la fin du siècle dernier, Zofia, leur mère et épouse, une intellectuelle d’un certain renom. Arrivés sur un écran parisien, les Beksinski sont de parfaits inconnus, et le déploiement de leur destin bénéficie d’un effet de surprise dont ont été privés leurs compatriotes. Cet étonnement, qui s’installe dès le début du film pour ne s’éteindre qu’au dernier plan, ne tient pas seulement à la singularité du destin de cette famille. Jan P. Matuszynski le met en scène avec une violence méthodique nuancée par un humour étonnamment chaleureux et des partis pris de mise en scène dont l’audace s’avère payante : une fois que l’on émerge de la fascination (certes un peu morbide) que suscite l’histoire des Beksinski, on s’aperçoit que cet état proche de l’hypnose résulte d’une étonnante maîtrise du cinéma.
Série de décès
Quand on voit arriver les Beksinski dans leur cité toute neuve, sous les nuages gris d’un hiver ­polonais, on ne sait pas ce qu’ils trimballent. On ne le saura jamais : ils viennent de Sanok, une ville qui fut le théâtre d’atrocités pendant la seconde guerre mondiale que les parents sont assez vieux pour avoir vécue. Tomasz (Dawid Ogrodnik) est atteint d’un mal qui le pousse à de fréquentes tentatives de suicide. Ils sont accompagnés des mères de Monsieur et de Madame, qui occupent chacune une pièce de l’appartement du couple. Elles seront les premières à mourir.
Le film met aussi en scène la faculté de s’isoler des soubresauts de l’histoire.
The Last Family égrène les décès, défaisant patiemment le bloc familial que l’on a découvert à la première séquence. Dans les espaces confinés des appartements, dont on ne sort que rarement, en général pour se rendre à l’hôpital ou au cimetière, Jan P. Matuszynski installe les gouffres qui séparent ces êtres : le père ­(Andrzej Seweryn, impérial, souvent très drôle, maîtrisant à merveille le passage des années) est enfermé dans sa gloi­re ; la mère (Aleksandra Konieczna) sacrifie vainement son évidente intelligence à la cohésion familiale.
Le film met aussi en scène la faculté de s’isoler des soubresauts de l’histoire. Puisque Zdzislaw Beksinski a toute sa vie enregistré, sur magnétophone puis en vidéo, la vie de sa famille, le film est aussi fait de reconstitutions de ces bandes documentaires, dont la date s’inscrit sur l’écran. On pense au soulèvement de Gdansk, à l’interdiction de Solidarnosc, à l’effondrement du Mur, mais les gens sur l’écran s’en moquent. Interrogé sur le caractère post-apocalyptique de ses tableaux surréalistes, le peintre, né sur les champs de mort de Pologne orientale, s’en tire par une pirouette. Son fils, qui initie la jeunesse polonaise au rock anglo-saxon, passe de fait du statut de rebelle à celui d’agent de l’empire, mais, là encore, cette observation est laissée aux bons soins du public.
Ce qui fait l’essence de ce film mêlant matériau documentaire (la vidéo qui se fait de plus en plus présente) et science très maîtrisée du cadre (Matuszynski se sert presque aussi bien des couloirs, corridors et vestibules que Martin Scorsese) est finalement très humain : cette faculté à vouloir vivre ensemble malgré le mal que l’on se fait. La solidité du béton n’empêche pas la fragilité de la chair.


THE LAST FAMILY - Bande-Annonce // Au cinéma le 17 janvier from POTEMKINE FILMS on Vimeo.

Film polonais de Jan P. Matuszynski. Avec Andrzej Seweryn, Dawid Ogrodnik, Aleksandra Konieczna (2 h 03). Sur le web : www.potemkine.fr/Potemkine-film, www.facebook.com/Potemkine.Films

Les sorties cinéma de la semaine (mercredi 16 janvier)
The last family, film polonais de Jan P. Matuszynski (à ne pas manquer)Alice Comedies volume 2, programme de quatre courts-métrages américains de Walt Disney (à voir)Enquête au paradis, documentaire français et algérien de Merzak Allouache (à voir)3 Billboards, les panneaux de la vengeance, film américain de Martin McDonagh (à voir)La surface de réparation, film français de Chris Régin (à voir)Ami-Ami, film français de Victor Saint Macary (à voir)Le rire de ma mère, film français de Colombe Savignac et Pascal Ralite (pourquoi pas)Last Flag Flying, film américain de Richard Linklater (pourquoi pas)In the fade, film allemand de Fatih Akin (on peut éviter)L’Enfant de Goa, film indien, hollandais et français de Miransha Naïk (on peut éviter)Brillantissime, film français de Michèle Laroque (on peut éviter)La juste route, film hongrois de Ferenc Török (on peut éviter)
Nous n’avons pas pu voir
Femme et mari, film italien de Simone GodanoNotre créativité oubliée, film français de Etienne GaryTrois Silences, film français de Diane Rudychenko, Nilolaus Roche-Kresse24h Limit, film américain de Brian SmrzWinter War, film français de David Aboucaya





                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-17"> ¤ Une série de courts-métrages mêlant personnages animés et réels, ressortent en salle.
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« Alice Comedies 2 » : Walt Disney en chair et en os

Une série de courts-métrages mêlant personnages animés et réels, ressortent en salle.



Le Monde
 |    17.01.2018 à 09h12
    |

                            Mathieu Macheret








                        



   


L’avis du « Monde » - A voir
Grâce au distributeur Malavida, excavateur de pépites méconnues, les Alice Comedies reviennent sur les écrans avec un nouveau programme de quatre épisodes. Sous ce nom se cache une série de courts-métrages (56 au compteur) réalisés par le célèbre Walt Disney entre 1923 et 1927, lors de ses ­débuts à Hollywood, avec le concours de l’animateur Ub Iwerks, son associé. Ils mettent en scène le personnage d’Alice, une petite fille hardie – incarnée par différentes interprètes (Virginia Davis, Margie Gay ou Lois Hardwick) – projetée dans un bestiaire de toons turbulents, en référence à l’héroïne de Lewis Caroll. Ces petits films, issus de la période du muet, ont cette particularité de reposer sur une technique composite, mélangeant avec habileté l’animation et les prises de vues réelles.
Une extension des domaines du jeu et de l’imaginaire
La rencontre entre Alice, filmée en chair et en os, et les toons polymorphes peut avoir lieu soit dans la parenthèse d’un rêve (Jour de pêche, 1924, qui commence comme un épisode des Petites Canailles), soit plus directement dans le monde parodique du dessin animé, où la petite fille surgit chaque fois sous des costumes différents, comme une héroïne de western (L’Ouest moutonneux, 1926), de chapiteau (La Magie du cirque, 1927) ou de conte (Alice joueuse de flûte, 1924). Son incrustation dans l’image animée fonctionne comme une extension des domaines du jeu et de l’imaginaire. Face à Alice, chats, souris et autres créatures malléables se prêtent aux contorsions les plus loufoques, dans un abattage délirant, bien éloigné de l’univers normatif auquel est associée aujourd’hui la marque Disney. Le charme primitif et la facture inventive de ces courtes bandes sont restés intacts à travers les âges. Parents et ­enfants en redemandent.

Courts-métrages américains de Walt Disney. Avec Virginia Davis, Margie Gay ou Lois Hardwick (40 min). Sur le web : www.malavidafilms.com/cinema/alicecomedies2



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-18"> ¤ En Algérie, Merzak Allouache scrute un mythe propagé au-delà du salafisme.
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« Enquête au paradis » : les 72 vierges du désastre

En Algérie, Merzak Allouache scrute un mythe propagé au-delà du salafisme.



Le Monde
 |    17.01.2018 à 09h11
 • Mis à jour le
17.01.2018 à 10h27
    |

            Jacques Mandelbaum








                        



   


L’avis du « Monde » - A voir
Retour de Merzak Allouache, 73 ans, pugnace comme jamais, sur les écrans. D’aussi loin qu’on se souvienne, l’homme navigue au gré d’une histoire violente entre l’Algérie, son pays natal, et la France, où il a effectué une partie de sa formation, et même de sa carrière. Le genre de l’artiste est frontal, sans ambages, plus particulièrement allergique à l’intolérance et à l’intégrisme. Un rentre-dedans qui passe par des formes éclectiques, du documentaire à la fiction, de la comédie au film à charge. Mentionnons pour mémoire Omar Gatlato (merveilleux premier long-métrage algérien, 1976), Bab El-Oued City (1994), Chouchou (2003), Les Terrasses (2013).

        Lire aussi le compte-rendu :
         

          Les jeunes cinéastes algériens en plein bouillonnement



Enquête au paradis est un documentaire fictionnalisé. Entendons par là que l’essentiel y procède d’une enquête classique, mais que la personne qui la mène est une actrice interprétant le rôle d’une journaliste. A franchement parler, on ne voit pas en quoi ce dispositif, qui ne parvient pas à constituer tout à fait la médiatrice en personnage, apporte davantage au film qu’un documentaire qui aurait été mené par le cinéaste en son nom propre, ou aux côtés d’une véritable journaliste. Il faut croire qu’il était plus envisageable pour le réalisateur de procéder par ce dispositif de médiation. Il est aussi probable que Merzak Allouache souhaitait une femme dans ce rôle, eu égard à la teneur du film.
Laquelle consiste en une succession de rencontres focalisées sur la croyance de l’islam en ce fameux paradis doté de vierges rétribuant généreusement au ciel les hommes qui se seront sacrifiés sur terre pour leur dieu. La question s’adresse, de manière très différente, d’ailleurs, à trois types d’interlocuteurs.
Sensualité « sans Nivea »
D’abord aux propagateurs de la doctrine, qui n’apparaissent qu’à travers des extraits de cassettes de prédicateurs salafistes brodant autour du thème de manière parfois stupéfiante, l’un d’entre eux s’enflammant à la description détaillée de la sensualité des vierges, obtenue, dit-il, « sans Nivea ». Puis un reportage au pied levé interroge « l’homme de la rue » (de l’adolescent dans un centre Internet au vétéran sur un marché), témoignant de l’imprégnation de cette croyance parmi le peuple.
Enfin, l’entretien classique est mené sur le terrain de la rationalité, auprès de personnalités susceptibles d’apporter, depuis leur position particulière, une explication à ce phénomène. La sphère intellectuelle est ici particulièrement sollicitée (depuis les écrivains Kamel Daoud et Boualem Sansal jusqu’à l’actrice Biyouna, en passant par le militant socialiste Fethi Gherras), dont les propos forts et libres, la dignité de pensée et la lucidité pénétrante impressionnent. Deux témoignages sortent nettement de cette épure, et ne sont pas loin de constituer l’élément le plus saillant du film. Il s’agit d’un militant salafiste repenti et d’un cheikh d’obédience malikite. Emises depuis l’intérieur de l’islam, leurs paroles critiquant d’un point de vue différent la dérive fondamentaliste, n’en ont que plus de poids.
Interprétation pour sourire : non pas 72 jeunes vierges, mais une seule vierge de 72 ans
Autant d’interventions qui convergent dans la description d’un désastre politique, culturel et social de grande envergure dans une Algérie contemporaine où le multiculturalisme, le progressisme et la démocratie ont été laminés par un pouvoir autocratique.
Place aurait ainsi été faite, à compter des années 1990, à l’arrivée massive de l’argent et des médias d’Arabie saoudite au service du wahhabisme (1 200 chaînes satellitaires religieuses diffusent en Algérie, contre 30 chaînes laïques). Soit l’instrumentalisation délibérée de la stagnation et de la frustration sociales pour mieux conforter les pouvoirs en place ; la mise entre parenthèses du monde réel au profit d’une rétribution post mortem ; l’enseignement d’une théologie de la mort qui sape l’envie de vivre et de se battre pour améliorer l’ici-bas. L’inverse, on l’aura compris, de ce que fait ce documentaire pétri de vitalité, qui propose in fine, histoire d’en sourire quand même, la possibilité d’une mauvaise interprétation du texte sacré sur le paradis, où attendrait en réalité pour chaque homme non pas 72 jeunes vierges, mais une seule vierge de 72 ans…


BANDE ANNONCE_ENQUETE AU PARADIS SORTIE LE 17 JANVIER 2018 from Zootrope Films on Vimeo.

Film franco-algérien de Merzak Allouache. Avec Salima Abada, Younès Sabeur Chérif, Aïda Kechoud (2 h 15). Sur le web : www.facebook.com/Enqueteauparadis, www.zootropefilms.fr

Les sorties cinéma de la semaine (mercredi 16 janvier)
The last family, film polonais de Jan P. Matuszynski (à ne pas manquer)Alice Comedies volume 2, programme de quatre courts-métrages américains de Walt Disney (à voir)Enquête au paradis, documentaire français et algérien de Merzak Allouache (à voir)3 Billboards, les panneaux de la vengeance, film américain de Martin McDonagh (à voir)La surface de réparation, film français de Chris Régin (à voir)Ami-Ami, film français de Victor Saint Macary (à voir)Le rire de ma mère, film français de Colombe Savignac et Pascal Ralite (pourquoi pas)Last Flag Flying, film américain de Richard Linklater (pourquoi pas)In the fade, film allemand de Fatih Akin (on peut éviter)L’Enfant de Goa, film indien, hollandais et français de Miransha Naïk (on peut éviter)Brillantissime, film français de Michèle Laroque (on peut éviter)La juste route, film hongrois de Ferenc Török (on peut éviter)
Nous n’avons pas pu voir
Femme et mari, film italien de Simone GodanoNotre créativité oubliée, film français de Etienne GaryTrois Silences, film français de Diane Rudychenko, Nilolaus Roche-Kresse24h Limit, film américain de Brian SmrzWinter War, film français de David Aboucaya





                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-19"> ¤ Le film de Martin Mc­Donagh approche le formalisme à l’ironie mordante des frères Coen, mais fait aussi preuve d’une certaine désinvolture.
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«  3 Billboards » : une soif de vengeance désespérée

Le film de Martin Mc­Donagh approche le formalisme à l’ironie mordante des frères Coen, mais fait aussi preuve d’une certaine désinvolture.



Le Monde
 |    17.01.2018 à 09h00
 • Mis à jour le
17.01.2018 à 12h15
    |

            Isabelle Regnier








                        



   


L’avis du « Monde » - A voir
En choisissant de remettre un Golden Globe à Frances McDormand pour sa performance dans 3 Billboards, Les panneaux de la vengeance, les journalistes de la Foreign Press ­Association, ne se sont pas trompés. S’il y avait un prix à décerner à cette comédie noire qui galvanisa, en septembre 2017, les publics de Venise et de Toronto, c’était bien celui de la meilleure actrice. Le rôle qu’elle y interprète, celui de Mildred Hayes, une femme qui se bat pour que justice soit rendue à sa fille, violée et assassinée quelques mois plus tôt, aurait sans doute pu être joué par d’autres. Mais le projet de Martin Mc­Donagh, cinéaste irlandais, ­remarqué en 2008 pour Bons baisers de Bruges et auteur, en 2013, de Sept psychopathes, qui se voit aujourd’hui propulsé dans le grand bain de l’auteurisme chic à l’américaine, en aurait été altéré.
Exercice d’admiration du ­cinéma des frères Coen, 3 Billboards en épouse le formalisme, les grands motifs et l’ironie mordante, tandis qu’il puise dans Fargo ses éléments de contexte : le décor – une petite ville perdue dans les grands espaces du Midwest –, des personnages de flics dont le niveau d’incompétence, de je-m’en-foutisme et de conservatisme obtus, a fait sauter tous les compteurs, et l’actrice Frances McDormand. La mémoire de l’inoubliable fliquette qu’elle y jouait alors, héroïne butée, futée et sans chichi, noyée dans un océan d’inculture et de bêtise, ­infuse le film de McDonagh, dont elle est, pour cette raison même, à la fois l’âme et le socle.
La mécanique scénaristique, bien huilée de bout en bout, entraîne le film dans un flot ­rocambolesque
L’histoire commence quand Mildred Hayes, découvrant trois immenses panneaux publicitaires en voie de décomposition sur le bord d’une route de campagne, que plus personne n’emprunte depuis qu’une autoroute a été construite à côté, a l’idée de les louer à l’année pour y inscrire, en lettres noires sur fond carmin, un message scindé en trois parties : « Violée pendant qu’elle agonisait il y a plusieurs mois/Toujours pas la moindre arrestation/Pourquoi, shérif Willoughby ? » Le genre d’événement incongrus qui, chez les frères Coen, déclenche une cascade de catastrophes dont chacune ­relance le scénario dans une nouvelle direction, toujours plus surprenante. La tonalité abrasive du message de Mildred, qui hurle l’horreur des faits pour empêcher que ce crime dont a été victime sa fille se dissolve comme tant d’autres dans le silence et l’oubli, donne à ce début de film une tonalité féministe offensive, que renforcent les allégations sur les violences racistes commises dans l’enceinte du commissariat par un certain Dixon (Sam Rockwell).
Deus ex machina
Mais cette veine politique va tendanciellement s’effriter. A mesure que la personnalité du shérif Willoughby (Woody Harrelson) se révèle très différente de celle de l’affreux redneck Dixon, le geste de Mildred se teinte d’une forme d’arbitraire qui, s’il peut se justifier par la cause qu’elle défend, n’en ­paraît pas moins cruel. Père de ­famille et mari aimant, modèle d’intelligence et de bonté, Willoughby se sait atteint d’un cancer ­incurable. Non contente d’avoir déclenché l’ire de la police, Mildred se met ainsi toute la ville à dos. Il n’y a guère que Red Welby, le publicitaire qui lui a loué ses panneaux (formidable Caleb Landry Jones, vu dans Twin Peaks, Get Out et The Florida Project), et James, le nain de la ville qui en pince pour elle (Peter Dinklage, alias Tyrion Lannister de la série Game of Thrones), pour prendre son parti.

        Lire aussi l’entretien :
         

          Martin McDonagh, étonnamment dans l’air du temps



Electrisée par des décharges de violence intenses, étoffée par une galerie de personnages hauts en couleur, la mécanique scénaristique, bien huilée de bout en bout, entraîne le film dans un flot ­rocambolesque où la brave Mildred, confite de douleur et de ­culpabilité, s’abandonne à une soif de vengeance désespérée. Mais, à la différence des frères Coen, qui poussent généralement la noirceur absurde à sa limite ­ultime, Martin McDonagh choisit de la dissoudre au bout d’un ­moment dans un bain de miel, à la faveur d’une série de deus ex ­machina inattendus.
Si les choses se révèlent moins évidentes qu’elles n’y paraissent, elles ne sont pas complexes pour autant. C’est là la limite de ce film qui, comme les précédents de l’auteur, masque sous la virtuosité une relative désinvolture. En troquant ce qui ressemblait à un point de vue politique acéré contre un bréviaire moral simpliste (la haine de l’autre étant fille de la souffrance, il suffirait de renoncer à sa colère pour faire du monde un lieu de justice et d’harmonie), le cinéaste se débarrasse à bon compte des questions brûlantes qu’il soulevait au début de son film.

Film américain de Martin McDonagh. Avec Frances McDormand, Woody Harrelson, Sam Rockwell (1 h 55). Sur le web : www.facebook.com/ThreeBillboardsOutsideEbbing,

Les sorties cinéma de la semaine (mercredi 16 janvier)
The last family, film polonais de Jan P. Matuszynski (à ne pas manquer)Alice Comedies volume 2, programme de quatre courts-métrages américains de Walt Disney (à voir)Enquête au paradis, documentaire français et algérien de Merzak Allouache (à voir)3 Billboards, les panneaux de la vengeance, film américain de Martin McDonagh (à voir)La surface de réparation, film français de Chris Régin (à voir)Ami-Ami, film français de Victor Saint Macary (à voir)Le rire de ma mère, film français de Colombe Savignac et Pascal Ralite (pourquoi pas)Last Flag Flying, film américain de Richard Linklater (pourquoi pas)In the fade, film allemand de Fatih Akin (on peut éviter)L’Enfant de Goa, film indien, hollandais et français de Miransha Naïk (on peut éviter)Brillantissime, film français de Michèle Laroque (on peut éviter)La juste route, film hongrois de Ferenc Török (on peut éviter)
Nous n’avons pas pu voir
Femme et mari, film italien de Simone GodanoNotre créativité oubliée, film français de Etienne GaryTrois Silences, film français de Diane Rudychenko, Nilolaus Roche-Kresse24h Limit, film américain de Brian SmrzWinter War, film français de David Aboucaya





                            


                        

                        


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« Ami-ami » : mes amis, mes amours, mes emmerdes...

Une comédie romantique générationnelle, portée par l’irrésistible William Lebghil.



Le Monde
 |    17.01.2018 à 08h59
 • Mis à jour le
17.01.2018 à 18h09
    |

                            Murielle Joudet








                        



   


L’avis du Monde - A voir
Après une rupture douloureuse, Vincent (William Lebghil) décide de faire une croix sur l’amour et s’installe en colocation avec sa meilleure amie Néféli (Margot Bancilhon) pour qui il n’a aucun secret. Jusqu’au jour où il fait la rencontre de Julie (Camille Razat) dans un supermarché et décide de dissimuler à sa colocataire cette relation amoureuse naissante, au risque de la rendre jalouse… Comédie romantique générationnelle à la bande-son composée par des tubes de la nouvelle pop française (Juliette Armanet, La Femme…), Ami-ami témoigne d’un vrai souci d’écriture (quatre scénaristes crédités dont Thomas Cailley, réalisateur du remarqué Les Combattants) et de mise en scène qui le distingue du tout-venant de la comédie vulgaire et baclée.
Malgré ce soin et quelques belles idées, le film a pourtant du mal à faire oublier l’artificialité de son scénario et du dilemme qui le structure. On se souviendra tout de même du choix judicieux de William Lebghil pour incarner Vincent, acteur qu’on a pu croiser dans Le Sens de la fête d’Olivier Nakache et Eric Toledano. Sa présence apporte au film un mélange de légèreté malicieuse et de normalité infiniment sympathique qui confirme son statut de figure montante du cinéma français.

Comédie française de Victor Saint Macary. Avec William Lebghil, Margot Bancilhon, Camille Razat. 1h26. Sur le web : www.le-pacte.com, www.facebook.com/LEPACTE/

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