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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-1"> ¤ Alors que « Metroid: Samus Returns » et « RiME » ont brillé à l’international, de nombreuses entreprises menacent de fermer. Le gouvernement a annoncé un plan d’aide.
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L’Espagne déclare le jeu vidéo « fondamental et stratégique »

Alors que « Metroid: Samus Returns » et « RiME » ont brillé à l’international, de nombreuses entreprises menacent de fermer. Le gouvernement a annoncé un plan d’aide.



Le Monde
 |    17.01.2018 à 17h36
 • Mis à jour le
17.01.2018 à 18h17
   





                        



   


Drôle de bilan 2017 pour le jeu vidéo espagnol : un chiffre d’affaires en hausse de 21 %, plusieurs succès critiques sur la scène internationale, dont une collaboration historique avec Nintendo, mais des fermetures de studio qui s’accélèrent. Tel est le constat dressé jeudi 11 janvier par le syndicat espagnol du jeu vidéo (DEV), relayé par le quotidien El Pais.
L’aventure spatiale de Metroid: Samus Returns, développée à Madrid par MercurySteam (déjà à l’origine de la trilogie Castlevania: Lords of Shadow), a particulièrement brillé, avec un prix du meilleur jeu portable aux Game Awards 2017, les Oscars du jeu vidéo. Il s’agit de la première collaboration entre un studio espagnol et le numéro un historique du secteur. Deux autres productions madrilènes, le jeu d’énigmes The Sexy Brutale et le jeu d’aventure poétique RiME, ont également attiré l’attention des médias internationaux et des joueurs.

D’autres titres prévus pour 2018 ont également un fort potentiel en raison de leur atmosphère soignée et de leur forte originalité. Ainsi de Crossing Souls: Ready for Adventure, qui à la manière de Stranger Things en série, revisite l’ambiance des années 1980 dans un jeu de rôle ; de The Red Strings Club, expérience narrative mêlant ambiance cyberpunk et service dans un bar (!) ; ou de Do not Feed the Monkey, jeu d’aventure à l’esthétique LucasArts plaçant le joueur dans la peau d’un voyeur aux multiples caméras de surveillance. « D’un point de vue créatif, le jeu vidéo espagnol vit sa meilleure période depuis des décennies », relève le quotidien ibérique de référence.

Annonce d’aides sur le modèle français
Pour autant, l’industrie espagnole fait face à un recul de son nombre d’entreprises spécialisées — une première depuis 2013. Sur les 480 recensées en 2016, 30 ont fermé et 90 sont en difficulté. « L’immense majorité des entreprises espagnoles reste précaire et de création très récente. Se financer demeure, dans la plupart des cas, un rêve impossible », explique El Pais. En Espagne, 68 % des sociétés comptent moins de onze salariés.
A la manière de la France, l’Espagne souhaite mettre en place un système d’aides gouvernementales pour soutenir ce secteur qualifié de « fondamental et stratégique » par Fernando Benzo, secrétaire d’Etat à la culture, mais par nature fragile et changeant. En 2018, un fonds de 6,25 millions d’euros sera alloué aux entreprises âgées de plus de six mois mais dont le chiffre d’affaires ne dépasse pas les 2 millions d’euros, à raison de 150 000 euros maximum par dossier.

A titre de comparaison, en France, l’industrie bénéficie depuis 2008 de plusieurs mécanismes de soutien. En 2016, 39 projets ont été soutenus par le Centre national pour la cinématographie et l’image animée (CNC) pour un investissement total de 3 millions d’euros. Le secteur du jeu vidéo fait l’objet depuis plusieurs années d’une importante concurrence fiscale entre ses grandes nations, notamment le Canada, l’Angleterre et la France, afin d’attirer et de retenir les entreprises spécialisées. Ubisoft a notamment augmenté ses investissements en France à la suite de l’augmentation du crédit d’impôt au jeu vidéo.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-2"> ¤ Les journalistes, dont Ragip Duran, l’ancien correspondant de « Libération » à Istanbul, ont été condamnés pour leur solidarité envers « Özgür Gündem », un journal d’opposition pro-kurde.
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Prison ferme pour cinq journalistes en Turquie

Les journalistes, dont Ragip Duran, l’ancien correspondant de « Libération » à Istanbul, ont été condamnés pour leur solidarité envers « Özgür Gündem », un journal d’opposition pro-kurde.



Le Monde
 |    17.01.2018 à 17h30
    |

            Marie Jégo (Istanbul, correspondante)








                        



   


Pour avoir manifesté leur solidarité avec le quotidien d’opposition pro-kurde Özgür Gündem, cinq journalistes ont été condamnés à des peines de prison ferme, mardi 16 janvier, par un tribunal d’Istanbul.
Ragip Duran, journaliste francophone qui fut longtemps le correspondant de Libération à Istanbul, Ayse Düzkan, Mehmet Ali Çelebi et Hüseyin Bektas ont été condamnés à un an et demi de détention. « Ils n’ont pas manifesté assez de remords », a estimé la Cour dans ses attendus. Le rédacteur en chef du quotidien, Hüseyin Akyol, a lui été condamné à trois ans et neuf mois d’emprisonnement.
Absents lors de l’audience, les accusés étaient représentés par leurs avocats qui ont fait appel des condamnations. A Paris, la Société des journalistes et du personnel de Libération a dénoncé un « jugement inique ».
Les cinq journalistes ont été condamnés pour « propagande terroriste » en faveur du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), en guerre contre l’Etat turc depuis plus de trente ans. Selon les autorités turques, Özgür Gündem est un des porte-voix de la rébellion armée kurde, perçue comme « terroriste » par la Turquie, l’Union européenne et les Etats-Unis.
« L’une des plus grandes geôles »
Depuis sa fondation en 1992, Özgür Gündem a été interdit à plusieurs reprises, ses locaux ont même été détruits par une explosion en décembre 1994. Avant d’être fermé par décret-loi en octobre 2016, le quotidien pro-kurde a subi des pressions judiciaires.
En signe de soutien, la profession a lancé une campagne en faveur du pluralisme des médias. De mai à août 2016, une veille journalistique a été établie avec la participation de personnalités en vue, dont la militante des droits de l’homme Sebnem Korur Fincanci et le représentant local de Reporters sans frontières (RSF), Erol Önderoglu. Les volontaires se chargeaient symboliquement du travail d’édition pendant une journée, en signe de solidarité.
Cette marque de solidarité leur a coûté cher. En juin, trois des « veilleurs » – Sebnem Korur Fincanci, Erol Önderoglu et Ahmet Nesin – ont été incarcérés pendant dix jours. Ils ont ensuite été libérés mais leur procès se poursuit. La prochaine audience aura lieu le 18 avril devant la 13e chambre du palais de Justice de Caglayan, celle-là même qui vient de condamner les cinq journalistes. Ils risquent jusqu’à quatorze ans de prison.

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Pas moins de 122 journalistes sont derrière les barreaux en ce moment en Turquie, pays décrit par Reporters sans frontières (RSF) comme « l’une des plus grandes geôles du monde » pour les professionnels des médias. Ils risquent de lourdes condamnations, jusqu’à la réclusion à perpétuité pour certains. Et 520 autres journalistes qui comparaissent libres pourraient les rejoindre à tout moment en 2018. Au classement de la liberté de la presse établi par RSF en 2017, la Turquie occupe la 155e place (sur 180), en net recul par rapport à 2005 quand le pays occupait la 98e place.
Préoccupante avant le coup d’Etat manqué du 15 juillet 2016, la situation des médias est devenue critique. A la faveur de l’état d’urgence imposé le 20 juillet 2016 et régulièrement reconduit depuis, les journalistes critiques du gouvernement sont visés par les purges. Plus de 150 médias ont été fermés dans la foulée du coup d’Etat raté.
« Politique draconienne »
La condamnation des cinq journalistes survient en pleine controverse entre la Cour constitutionnelle et le gouvernement au sujet de la libération de deux chroniqueurs, Mehmet Altan, 65 ans, et Sahin Alpay, 73 ans. Emprisonnés juste après le coup d’Etat manqué car accusés de collusion avec le mouvement du prédicateur Fethullah Gülen qu’Ankara accuse d’avoir fomenté le coup d’état raté, les deux hommes ont présenté un recours individuel devant la Cour.
Jeudi 11 janvier, par onze voix contre six, les juges de la Cour constitutionnelle ont ordonné leur remise en liberté conditionnelle. La plus haute juridiction turque a dénoncé « la violation de la liberté d’expression et de la presse et la violation du droit à la sécurité et à la liberté ». Les défenseurs de la profession ont alors pensé que la décision allait ouvrir un précédent et que de nombreux journalistes injustement incarcérés allaient être libérés.
Mais cinq heures après la décision de la Cour, deux tribunaux d’Istanbul ont refusé d’en tenir compte et se sont prononcé, au contraire, pour le maintien des deux journalistes en détention.
L’exécutif s’en est mêlé. La Cour constitutionnelle a « dépassé les limites de ses pouvoirs législatifs et constitutionnels », a annoncé peu après sur son compte Twitter le porte-parole du gouvernement, Bekir Bozdag, dénonçant une « mauvaise décision ». « La justice turque a pour seule référence la politique draconienne imposée par le gouvernement en matière de sécurité nationale. La défense des libertés individuelles n’est pas sa priorité », déplore Erol Önderoglu, le représentant de RSF en Turquie.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-3"> ¤ La Cour européenne des droits de l’homme rend jeudi une décision potentiellement cruciale pour l’avenir de la lutte antidopage.
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Dopage : la localisation obligatoire des sportifs devant la justice européenne

La Cour européenne des droits de l’homme rend jeudi une décision potentiellement cruciale pour l’avenir de la lutte antidopage.



Le Monde
 |    17.01.2018 à 15h17
 • Mis à jour le
17.01.2018 à 16h36
    |

            Clément Guillou








                        



   


La lutte antidopage viole-t-elle depuis 2004 la Convention européenne des droits de l’homme ? La Cour européenne des droits de l’homme (CEDH) doit se prononcer, jeudi 18 janvier, sur cette question qui divise les juristes spécialistes de l’antidopage, en réponse à deux requêtes de sportifs français.
L’une est portée depuis 2011 par les syndicats de joueurs des quatre principaux sports collectifs (football, basket, rugby, handball) ; l’autre est au nom de Jeannie Longo, l’un des plus grands palmarès du sport tricolore. Sa carrière finissant, la cycliste se plaignait d’un acharnement de l’Agence française de lutte contre le dopage (AFLD), qui l’inscrivait chaque année dans le groupe des sportifs obligés de signaler leur localisation. Déboutée en 2013 par le Conseil d’Etat, elle s’était tournée vers l’Europe.

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Les requérants voient, dans le système de localisation auquel ils sont soumis, une atteinte à leur vie privée. Depuis 2009, ce régime oblige les sportifs à donner un créneau d’une heure par jour durant lequel ils se rendent disponibles pour des contrôles antidopage, à l’endroit de leur choix. C’est sur ce système que reposent les contrôles aléatoires, qui, selon les experts, sont les plus efficaces pour dissuader les sportifs de se doper.
L’AMA vigilante
Pour cette raison, l’Agence mondiale antidopage (AMA) a toujours suivi de très près le destin de ces requêtes devant la CEDH. L’instance régulatrice de la lutte antidopage se refuse à tout commentaire avant la décision, mais n’a pas ménagé ses efforts de lobbying pour échapper à une décision qui remettrait en cause, selon elle, l’efficacité de la lutte antidopage.
En 2009, elle avait dû réviser à la marge les règles de localisation afin de satisfaire la Commission européenne. Depuis, le dispositif a été davantage assoupli, notamment dans le volet des sanctions associées au défaut de localisation.

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Signe de son souci de satisfaire au droit européen, l’AMA a fait surveiller la rédaction du dernier code mondial antidopage, entré en vigueur en 2015, par le juge français Jean-Paul Costa, ancien président de la CEDH. Elle continue depuis de faire régulièrement appel à son expertise.
« Quelques athlètes – bien que, je suis heureux de le dire, ils ne soient pas en majorité – ont critiqué le système de localisation, le jugeant invasif et contraignant ; cependant, la plupart d’entre nous dans le monde du sport le considérons comme un moyen efficace et nécessaire pour faire en sorte que le sport propre l’emporte », justifiait Craig Reedie, président de l’AMA, dans une tribune en 2015.
« On a dépassé le délai raisonnable »
Les sportifs et leurs avocats, eux, évoquent l’article 8 de la convention. Il dispose que « toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance », et que les exceptions à cette ingérence ne s’appliquent pas à la lutte antidopage.
Ils évoquent en outre la liberté de circulation, contrainte, selon eux, par l’obligation de rester une heure par jour en un endroit donné.
Le dispositif est également validé par le tribunal arbitral du sport
Leur espoir est mince : en France, le Conseil d’Etat a validé la localisation des sportifs et la Cour de cassation a estimé qu’il n’y avait pas lieu de renvoyer au Conseil constitutionnel une question prioritaire de constitutionnalité. Le dispositif est également validé par le tribunal arbitral du sport. Et quand bien même la CEDH jugerait non conforme le dispositif de localisation, les juristes de l’AMA se battraient pied à pied pour ne pas avoir à y renoncer.
Les requérants, eux, sont presque passés à autre chose. « Au bout de six ans, je ne sais pas si on est encore en droit d’avoir des espoirs. On a largement dépassé le délai raisonnable », dit Jean-François Reymond, directeur du Syndicat des joueurs de rugby, qui avait auparavant mené la fronde à la tête de celui des basketteurs.
Depuis que sa requête a été déposée, il témoigne d’une nette amélioration des relations avec l’AFLD, le nouveau directeur des contrôles, Damien Ressiot, ayant facilité les démarches de localisation. Elles sont désormais remplies le plus souvent par les clubs et les manquements sont rares dans les sports collectifs.
Jeannie Longo, de son côté, estime que sa fin de carrière a été gâchée par ses relations avec l’AFLD qui, en 2011, avait voulu la sanctionner pour avoir fait défaut à trois reprises aux règles de localisation. Elle avait finalement été blanchie par la Fédération française de cyclisme (FFC), mais continuait d’être inscrite dans le « groupe cible » des athlètes de haut niveau.
Sa plainte contre l’AFLD avait été rejetée par le Conseil d’Etat.
« La CEDH a prouvé qu’elle était plus scrupuleuse sur le respect de la vie privée que le Conseil d’Etat, veut croire Me Bruno Ravaz, conseil de Jeannie Longo. Si Jeannie gagne, elle s’estimera un peu réhabilitée. Pour elle, c’était une opération de harcèlement afin de la forcer à raccrocher son vélo. » Jeudi, l’ancienne cycliste sera au ski.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-4"> ¤ Le Parlement catalan se réunissait pour la première fois depuis les élections de décembre, alors que plusieurs leaders indépendantistes sont en prison ou à l’étranger.
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L’indépendantiste Roger Torrent élu à la tête du Parlement catalan

Le Parlement catalan se réunissait pour la première fois depuis les élections de décembre, alors que plusieurs leaders indépendantistes sont en prison ou à l’étranger.



Le Monde
 |    17.01.2018 à 13h11
 • Mis à jour le
17.01.2018 à 15h39
   





                        



   


C’est un indépendantiste, Roger Torrent, qui a été élu mercredi 17 janvier à la présidence du Parlement catalan. L’assemblée législative catalane siégeait pour la première fois depuis les élections de décembre, lors desquelles le parti centriste Ciudadanos est arrivé en tête mais dont la coalition indépendantiste est sortie majoritaire. Cette première séance vise à poser les jalons pour réinvestir Carles Puigdemont, volontairement exilé en Belgique, comme dirigeant de la région.

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Roger Torrent, élu et porte-parole de la Gauche républicaine de Catalogne (ERC), a été désigné président du Parlement par 65 voix contre 56, en l’absence de huit députés sécessionnistes placés en détention ou en exil volontaire à Bruxelles, à l’instar de Carles Puigdemont, destitué par Madrid.
L’ancienne présidente du Parlement, l’indépendantiste Carme Forcadell, mise en examen pour rébellion après la déclaration unilatérale d’indépendance du 27 octobre, avait renoncé à se présenter de nouveau au poste.
Mercredi, l’indépendantiste Ernest Maragall a ouvert la session, qu’il présidait provisoirement en tant que doyen, avec une diatribe contre l’Etat espagnol, accusé « d’humilier, de punir », les Catalans. La chef de l’opposition Inès Arrimadas (Ciudadanos, libéral), lui a rétorqué qu’il n’avait pas à « tenir un meeting » pour ERC dans un moment aussi solennel.
Investiture à distance ?
L’élection de Torrent à la tête de la chambre est une première étape : à ce poste, il arbitrera les sessions parlementaires houleuses à venir. Son élection a été rendue possible par le vote blanc des huit élus du groupe Catalunya en Comun, proche de Podemos. La deuxième étape consistera à contrôler le bureau du Parlement, qui décide de l’ordre du jour et du respect du règlement.
C’est ce « bureau » qui acceptera ou non l’investiture à distance de Carles Puigdemont. Mais Mariano Rajoy a d’ores et déjà prévenu qu’il n’accepterait pas une présidence de Carles Puigdemont depuis Bruxelles, par Internet et vidéoconférences, d’une région de 7,5 millions d’habitants où vivent 16 % des Espagnols. « Je contesterai le premier acte administratif », qui ira dans ce sens, a-t-il assuré à des journalistes mardi.

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Un tel recours entraînerait la saisine de la Cour constitutionnelle, qui, selon toute probabilité, gèlera l’investiture. Cela débouchera sur un nouveau scénario de blocage : le gouvernement central continuerait à diriger directement la Catalogne, privée de l’autonomie à laquelle ses habitants, très partagés sur l’indépendance, tiennent tant.
Selon le ministre de l’économie espagnol, Luis de Guindos, cette crise politique a déjà coûté 1 milliard d’euros en ralentissant la croissance de la région, qui fournit 19 % du PIB espagnol. Plus de 3 000 entreprises inquiètes ont préféré déménager leur siège social hors de Catalogne depuis le référendum d’autodétermination interdit du 1er octobre. La Bourse de Madrid réagissait mercredi en légère baisse, 0,45 %, à la mi-journée.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-5"> ¤ Oliver Ivanovic, en lutte avec le principal parti serbe de ce jeune Etat, a été abattu devant ses bureaux de Mitrovica.
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Au Kosovo, assassinat d’un opposant serbe

Oliver Ivanovic, en lutte avec le principal parti serbe de ce jeune Etat, a été abattu devant ses bureaux de Mitrovica.



Le Monde
 |    17.01.2018 à 11h35
 • Mis à jour le
17.01.2018 à 11h36
    |

                            service international








                        



   


C’est un assassinat qui fait trembler une région fébrile. L’opposant serbe du Kosovo, Oliver Ivanovic, a été tué, mardi 16 janvier, devant ses bureaux, à Mitrovica, dans le nord du pays. Il a été atteint par six balles tirées par des assaillants en voiture qui n’ont pas été identifiés.
Le meurtre est intervenu alors qu’une réunion entre Serbes et Kosovars était prévue à Bruxelles. Elle a été suspendue. Sous l’égide de l’Union européenne – que les deux pays veulent rejoindre –, un dialogue entre les autorités de Pristina et de Belgrade a été lancé en 2013.
Mais les négociations étaient au point mort depuis plusieurs mois, les responsables des deux pays oscillant entre déclarations nationalistes et promesses de discussions pour plaire à Bruxelles. Les hommes au pouvoir dans les deux capitales ont joué un rôle dans la guerre en 1999 entre Pristina et Belgrade, qui a abouti avec l’appui de l’OTAN à l’indépendance du Kosovo, qui n’a pas été reconnue par la Serbie.
Ancien secrétaire d’Etat serbe, chargé du Kosovo de 2008 à 2012, Oliver Ivanovic était opposé au parti de l’actuel premier ministre serbe, Alexander Vucic. Ce dernier, ancien proche de Milosevic, avait pourtant accepté l’accord avec Pristina, sous le contrôle de l’UE. M. Ivanovic était en lutte avec le principal parti serbe du Kosovo, Srpska Lista, lié à Belgrade.
Politiquement isolé
Parlant anglais et albanais, cet homme de 64 ans avait fait l’objet de plusieurs menaces. Sa voiture avait notamment été incendiée en 2017. « Nous sommes dans une situation où les Serbes ont peur de parler », expliquait-il en octobre.
Politiquement, il semblait isolé. Arrêté en 2014, il avait été condamné en janvier 2016, par les juges internationaux d’Eulex, l’instance judiciaire internationale au Kosovo, à neuf ans de prison pour « crimes de guerre contre la population civile », pour avoir ordonné la mort de neuf Albanais à Mitrovica en 1999, pendant les bombardements de l’OTAN contre les Serbes. Il avait alors été assigné à domicile. Mais la condamnation avait été annulée en 2017.

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Les condamnations de l’assassinat et les appels au calme ont été unanimes de Pristina à Moscou en passant par Bruxelles et Belgrade. « Je suis sûr que cette attaque, quel qu’en soit l’auteur – Serbe, Albanais ou étranger –, vise la famille d’Ivanovic, le nord du Kosovo et les Serbes », a déclaré M. Vucic.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-6"> ¤ En conflit avec le chef du PSD, Mihai Tudose est le second dirigeant évincé en un an.
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édition abonné


Les socialistes roumains poussent leur premier ministre à la démission

En conflit avec le chef du PSD, Mihai Tudose est le second dirigeant évincé en un an.



Le Monde
 |    17.01.2018 à 11h30
    |

            Mirel Bran (Bucarest, correspondant)








                        



                                


                            

Après sept mois à la tête du gouvernement roumain, le social-démocrate Mihai Tudose, 50 ans, s’en va. Le chef du Parti social-démocrate (PSD), Liviu Dragnea, lui a annoncé, lundi 15 janvier au soir, qu’il n’avait plus le soutien du parti. C’est le deuxième premier ministre à quitter ses fonctions en sept mois. Sorin Grindeanu, proposé par le même Liviu Dragnea, avait quitté le gouvernement par la petite porte. En juin 2017, après six mois à la tête du gouvernement, son parti l’avait privé de son poste après une motion de censure au Parlement.
L’opposition libérale demande au chef de l’Etat, Klaus Iohannis, de prendre des mesures drastiques au sujet du PSD. « Nous voulons des élections anticipées, a déclaré le président du Parti libéral, Ludovic Orban, dans l’opposition. Les gens qui dirigent la Roumanie sont toxiques pour le pays. » M. Iohannis se déclare inquiet après cette nouvelle chute du gouvernement. « Le PSD a échoué deux fois, a-t-il déclaré mardi 16 janvier. Nous avons besoin rapidement d’un nouveau gouvernement. L’incertitude politique ne doit pas dégénérer en crise politique. »
Il a nommé l’ancien ministre de la défense comme premier ministre par intérim, et espère trouver une issue à la situation mercredi 17 janvier après consultation de tous les partis. Le PSD a proposé Viorica Dancila, une eurodéputée social-démocrate, pour conduire le gouvernement. Présenté comme un geste envers l’UE, le choix s’explique surtout par sa proximité et sa fidélité à Liviu Dragnea. Sa mission : continuer l’offensive contre la justice engagée par le PSD.
« Le suspect Dragnea »
Car ces démissions, qui ressemblent à un suicide politique, s’expliquent par l’impossibilité pour Liviu Dragnea de devenir premier ministre en raison de ses problèmes judiciaires. Sa formation, héritière de l’ancien Parti communiste, est arrivée au pouvoir en décembre 2016 après avoir laminé l’opposition libérale avec 46 % des suffrages....




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-7"> ¤ Les nationalistes catalans s’unissent autour de Puigdemont, et les libéraux dépassent le Parti populaire dans les sondages.
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Catalogne : Rajoy face au défi indépendantiste et à la concurrence de Ciudadanos

Les nationalistes catalans s’unissent autour de Puigdemont, et les libéraux dépassent le Parti populaire dans les sondages.



Le Monde
 |    17.01.2018 à 10h39
 • Mis à jour le
17.01.2018 à 10h49
    |

            Sandrine Morel (Barcelone, envoyée spéciale)








                        



                                


                            

C’est un double défi pour Mariano Rajoy, le chef du gouvernement espagnol, pris en étau entre les unionistes et les nationalistes catalans. Mardi 16 janvier, dans la soirée, à la veille de la constitution du nouveau Parlement catalan, les deux principales formations indépendantistes, Ensemble pour la Catalogne (JxC) et la Gauche républicaine de Catalogne (ERC), ont annoncé un accord in extremis, sans en donner les détails, pour « soutenir la candidature à la présidence de la Généralité [le gouvernement catalan] de Carles Puigdemont ».
L’ancien président catalan, destitué le 27 octobre 2017 par Madrid, après avoir proclamé l’indépendance de la région autonome, s’est installé à Bruxelles, fin octobre, pour fuir la justice espagnole qui le poursuit pour « rébellion, sédition et détournement de fonds publics ». Mais il n’a pas abandonné l’ambition de reprendre ses fonctions, quitte à le faire à distance, par vidéoconférence.

Pour le chef du gouvernement espagnol, il s’agit d’une nouvelle provocation. « Dans le cas supposé où on prétendrait que M. Puigdemont assiste à un débat d’investiture depuis Bruxelles, le gouvernement déposerait un recours immédiat », a-t-il prévenu, lundi, avant d’ajouter que tant que le prochain président catalan ne prendra pas « physiquement » ses fonctions, la mise sous tutelle de la région « restera en vigueur ».
Nervosité au sein de la droite
L’annonce des indépendantistes, signe que le conflit institutionnel risque de perdurer en Catalogne, s’ajoute à un autre défi pour M. Rajoy : la concurrence de plus en plus aiguë de Ciudadanos. La jeune formation libérale a le vent en poupe depuis que la tentative de sécession de la Catalogne a fait de la question territoriale l’une des principales préoccupations des Espagnols. A tel point que, dopé par sa victoire aux élections catalanes du 21 décembre 2017, qui ne lui permet cependant pas de revendiquer...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-8"> ¤ L’exposition de la tapisserie de 70 mètres de long et de 50 cm de haut n’est pas prévue avant cinq ans, mais la décision spectaculaire a été prise par l’Elysée à un moment diplomatiquement crucial.
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La France va prêter la tapisserie de Bayeux aux Britanniques

L’exposition de la tapisserie de 70 mètres de long et de 50 cm de haut n’est pas prévue avant cinq ans, mais la décision spectaculaire a été prise par l’Elysée à un moment diplomatiquement crucial.



Le Monde
 |    17.01.2018 à 10h24
 • Mis à jour le
17.01.2018 à 10h47
    |

            Philippe Bernard (Londres, correspondant)








                        



   


Une tapisserie pourrait-elle raviver entre le Royaume-Uni et la France une « Entente cordiale » ternie par le Brexit ? Le président Macron va en tout cas adresser ce message à la première ministre Theresa May en annonçant, jeudi 18 janvier à l’occasion du 35e sommet franco-britannique, le prêt par la France à Londres de la tapisserie de Bayeux, une œuvre d’art dans l’Hexagone depuis neuf cent cinquante ans. Le directeur du Bayeux Museum a confirmé au Times, le premier à annoncer la nouvelle, que des études préparatoires à ce prêt historique étaient en cours.
L’exposition de la tapisserie de 70 m de long et de 50 cm de haut n’est pas prévue avant cinq ans et l’Elysée précise que, vu sa fragilité, le transport suppose une restauration partielle. Mais la décision spectaculaire a été prise à un moment diplomatiquement crucial, pour tenter de séduire les Britanniques et de faciliter les concessions notamment financières que M. Macron a sollicitées, mardi à Calais, au sujet de l’accueil au Royaume-Uni de jeunes migrants et de l’aide à la sécurisation du tunnel et au développement du Calaisis. Le choix de la tapisserie de Bayeux, qui raconte la conquête de l’Angleterre par les Normands, peut être perçu comme ironique. Mais il pourrait donner une profondeur historique à la rencontre diplomatique prévue jeudi entre Mme May et M. Macron à l’école militaire de Sandhurst (sud-ouest de Londres) et montrer à quel point l’histoire des deux pays est mêlée, sinon partagée. Commandée par la Maison de Normandie, la tapisserie a probablement été tissée par des artisans anglais. Jeudi, le président français doit visiter aussi le Victoria and Albert Museum de Londres, qui pourrait être un destinataire naturel pour l’exposition de la tapisserie de Bayeux.
Geste à haut degré symbolique
Après le don d’un cheval de la garde républicaine au président chinois Xi, le prêt de la tapisserie de Bayeux confirme l’habilité d’Emmanuel Macron pour les gestes à haut degré symbolique. Ce dernier intervient alors que le président veut associer Londres à sa promesse d’une non-reconstitution de la « jungle » de Calais et souhaite faire « monter le prix » à payer par les Britanniques pour le maintien des accords du Touquet de 2003 qui leur permettent d’effectuer les contrôles policiers et douaniers sur le sol français.
La tapisserie de Bayeux facilitera-t-elle un accord sur la gestion de la frontière trans-Manche ? Le symbole serait fort. Il séduit en tout cas le Times. « Ce serait de l’argent bien dépensé. Resituer la frontière à Douvres [en cas de dénonciation par la France des accords du Touquet] ne bénéficierait à aucun des deux pays » écrit le quotidien conservateur, qui salue, en français, le « beau geste » du président français.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-9"> ¤ Au Royaume-Uni jeudi, Emmanuel Macron tentera d’obtenir davantage de coopération de la part des Britanniques sur la question des migrants de Calais.
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Sollicitée pour soulager Calais, Londres s’est toujours montrée réticente

Au Royaume-Uni jeudi, Emmanuel Macron tentera d’obtenir davantage de coopération de la part des Britanniques sur la question des migrants de Calais.



Le Monde
 |    17.01.2018 à 10h02
 • Mis à jour le
17.01.2018 à 14h55
    |

            Philippe Bernard (Londres, correspondant)








                        



                                


                            

Fini le temps des slogans : Emmanuel Macron, qui promettait en mars 2016 que, en cas de Brexit, « les migrants ne seraient plus à Calais », autrement dit que la frontière serait reportée du côté britannique, devrait formuler des exigences plus modestes, jeudi 18 janvier, à l’occasion du 35e sommet franco-britannique, à l’école militaire de Sandhurst, au sud-ouest de Londres. Mardi, à Calais, en lever de rideau des discussions avec la première ministre Theresa May, le président de la République a dit attendre « de la part de nos amis britanniques » – auxquels il devrait annoncer vouloir prêter la monumentale tapisserie de Bayeux, une première depuis 950 ans – une meilleure gestion de la question des immigrés mineurs isolés, une coopération policière et diplomatique renforcée et une aide au développement économique du Calaisis.

Plus question, semble-t-il, de renverser la table en remettant en cause le principe des accords du Touquet de 2003, qui font peser sur la France la gestion de l’entrée au Royaume-Uni en permettant aux douaniers et policiers de sa majesté d’opérer sur le sol français. Si demande française de « renégocier » ces accords il y a, elle consisterait seulement à adjoindre un protocole où le Royaume-Uni s’engagerait à examiner les dossiers des jeunes migrants désireux de rejoindre des membres de leur famille résidant sur le sol britannique, voire à en accueillir un certain nombre. En cela, il ne s’agirait que de mettre en œuvre le règlement européen de Dublin qui, par exception à la règle de l’examen des demandes d’asile par l’Etat de première entrée, oblige le pays de destination à accueillir les mineurs y rejoignant leur famille.
Côté britannique, cette demande de Paris ne devrait pas recevoir un accueil enthousiaste. La version anglaise du communiqué annonçant le sommet de Sandhurst ne mentionne pas la question de la frontière trans-Manche. Mardi, après le discours de M. Macron,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-10"> ¤ Après quelques années mouvementées, le Vieux Continent s’est imposé aux brexiters, mais aussi aux populistes de tout poil, qui désormais ne veulent plus en sortir. Mais où est donc passé l’euroscepticisme ?, s’interroge notre éditorialiste Sylvie Kauffmann dans sa chronique « L’air du Monde ».
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Article sélectionné dans La Matinale du 16/01/2018
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« L’Europe, on l’aime ou on la quitte ? Visiblement, ces temps-ci, on ne la quitte pas »

Après quelques années mouvementées, le Vieux Continent s’est imposé aux brexiters, mais aussi aux populistes de tout poil, qui désormais ne veulent plus en sortir. Mais où est donc passé l’euroscepticisme ?, s’interroge notre éditorialiste Sylvie Kauffmann dans sa chronique « L’air du Monde ».



Le Monde
 |    17.01.2018 à 06h38
 • Mis à jour le
17.01.2018 à 11h19
    |

            Sylvie Kauffmann








                        



                                


                            
Chronique. Re-voilà Nigel Farage ! Non content d’avoir plongé son pays dans le chaos en lançant la révolte contre l’Union européenne (UE) il y a plus de vingt ans, l’ex-leader du parti nationaliste britannique UKIP se déclare aujourd’hui, toute honte bue, en faveur d’un second référendum sur le Brexit : les partisans du maintien du Royaume-Uni dans l’UE, explique-t-il, sont en train de retourner l’opinion publique et menacent même de défaire le résultat du référendum de juin 2016 par un vote au Parlement. Seul un deuxième vote populaire, franc et massif, pourrait donc définitivement leur clouer le bec.
Ce qui est intéressant dans cette nouvelle perle de trublion en mal d’attention médiatique, c’est sa reconnaissance implicite que les brexiters ont perdu la bataille « des cœurs et des esprits », pour reprendre une expression des stratèges militaires américains. La violence du rejet européen au Royaume-Uni a fait place à un doute insidieux, à mesure que la mise en œuvre du processus de séparation en éclaire toute la complexité et les incertitudes.
C’est, dira-t-on, un peu l’affaire des Britanniques, qui se sont mis eux-mêmes dans de beaux draps. Mais c’est aussi beaucoup la nôtre, nous les Vingt-Sept, que cette négociation empoisonne plus encore que tous les coups de Trafalgar de la diplomatie du Royaume-Uni au sein de l’UE. Le président Emmanuel Macron ne s’apprête-t-il pas, jeudi 18 janvier, à déployer de nouveaux trésors d’imagination pour prouver l’indéfectibilité du lien franco-britannique ?
Frilosité des nationalistes, populistes et autres eurosceptiques
La réalité, c’est que l’Europe existe et qu’elle résiste. Après ces quelques années mouvementées, elle s’est imposée non seulement à M. Farage et à ses amis brexiters, mais aussi aux nationalistes, populistes et eurosceptiques de tout poil que les insurrections électorales ont fait émerger depuis 2014. Frileux, ils n’ont plus du tout envie de sortir de l’Europe : tous comptes...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-11"> ¤ Originaires de tout le pays, 1 004 adolescents et jeunes adultes avaient diffusé sur Messenger, le service de messagerie de Facebook, une vidéo montrant deux jeunes en pleins ébats sexuels.
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1 004 jeunes Danois accusés de pédopornographie après la diffusion d’une vidéo sur Messenger

Originaires de tout le pays, ils ont été convoqués en début de semaine pour s’expliquer sur la diffusion d’une vidéo, montrant deux jeunes en pleins ébats sexuels, sur le service de messagerie de Facebook.



Le Monde
 |    17.01.2018 à 00h23
 • Mis à jour le
17.01.2018 à 03h17
    |

                            Anne-Françoise Hivert (Malmö, Suède, correspondante régionale)








                        


La police danoise voulait envoyer un message. Il aurait difficilement pu faire plus de bruit. Lundi 15 janvier, 1 004 jeunes Danois, dont 80 % sont des garçons, ont été informés qu’ils étaient visés par une enquête pour distribution de pédopornographie. Ils ont entre quinze et une vingtaine d’années et résident dans tout le royaume, y compris au Groenland pour l’un d’entre eux. La police leur reproche d’avoir partagé sur Messenger, le service de messagerie de Facebook, deux vidéos et une photo montrant un acte sexuel entre deux jeunes de quinze ans au moment des faits.
Les vidéos ont pour la première fois fait surface en 2015. A l’époque, deux garçons, présents au moment de leur enregistrement, avaient été condamnés à payer une amende, pour les avoir distribués. La jeune fille y figurant avait affirmé qu’elle était consentante et qu’elle savait qu’elle était filmée, mais n’avait pas donné son accord pour que les vidéos soient partagées.
Convoqués par la police
L’affaire a pris un nouveau tournant lorsque Facebook a contacté le National Center for Missing and Exploited Children aux États-Unis, qui a alerté les autorités américaines. Saisis par Europol, les enquêteurs danois ont passé des mois à identifier les internautes concernés, dans le cadre de l’opération baptisée « Umbrella ». « C’est une affaire très vaste et complexe, qui a exigé énormément de temps », a expliqué l’inspecteur Lau Thygesen, en charge de l’affaire, affirmant qu’elle avait été prise au sérieux, « car elle a des conséquences importantes pour les personnes concernées, quand un tel contenu est diffusé. Et cela doit cesser. »
Les 1 004 jeunes ont tous été convoqués par la police : les moins de 18 ans, avec leurs parents ; les plus âgés, directement, par email. La loi prévoit jusqu’à deux ans d’emprisonnement pour la distribution de contenu pédopornographique et six ans pour les cas les plus graves. « Mais dans la pratique, les condamnations tournent autour de vingt jours de prison avec sursis », commente l’avocate Miriam Michaelsen, qui a fondé l’association Digitalt Ansvar (« responsabilité numérique », en français).
Certains des jeunes n’ont partagé les documents qu’à une seule reprise ; d’autres, plusieurs centaines de fois. Selon le quotidien Politiken, dix d’entre eux – cinq dans la province du Jutland et autant dans la région de Copenhague – devraient rapidement passer devant un juge, afin de déterminer le niveau des peines encourues.

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Sérieuses conséquences
Tous risquent cependant une inscription sur leur casier judiciaire, jusqu’à dix ans, qui pourrait avoir de sérieuses conséquences, précise Flemming Kjærside, commissaire au Centre national contre la cybercriminalité (NC3) : « Cela veut dire que vous ne pouvez pas obtenir d’emploi dans un jardin d’enfant ou être entraîneur de foot. Si les autorités américaines en sont informées, cela peut aussi poser problème pour entrer aux Etats-Unis. »
Certains avocats critiquent la volonté de faire un exemple et contestent la qualification de « pornographie enfantine », assurant qu’il est impossible de déterminer l’âge des protagonistes sur la vidéo. Ils exhortent les jeunes à recourir aux services d’un conseiller juridique.
Les ONG au contraire applaudissent. Depuis 2013, le nombre de plaintes pour diffusion illégale de contenu à caractère privé a presque quadruplé. L’intérêt des jeunes pour le sexe et la pornographie n’est pas nouveau, note Kuno Sorensen, psychologue auprès de Save the children. Mais les réseaux sociaux, « en permettant de partager n’importe quoi avec n’importe qui », ont changé la donne, nourrissant « une curiosité pour des vidéos qui mettent en scène des jeunes de leur âge, avec lesquels ils peuvent s’identifier ».

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                Un réseau de pédopornographie sur WhatsApp démantelé


Beaucoup savent que les partager est illégal, mais sont convaincus que la police ne prend pas ce genre d’affaires au sérieux. L’opération Umbrella vise à les détromper. « Si nous parvenons à faire réfléchir à deux fois ceux qui pensaient agir en toute impunité, alors cela aura un impact », estime Miriam Michaelsen. Elle évoque aussi un « signal fort » pour les victimes leur montrant qu’« elles ont été entendues ».



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-12"> ¤ Leur communiqué conjoint ne précise pas si l’accord implique l’acceptation d’une investiture à distance, option privilégiée par l’ancien président de région exilé à Bruxelles.
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Catalogne : les deux grands partis indépendantistes s’accordent pour investir Puigdemont

Leur communiqué conjoint ne précise pas si l’accord implique l’acceptation d’une investiture à distance, option privilégiée par l’ancien président de région exilé à Bruxelles.



Le Monde
 |    16.01.2018 à 23h02
 • Mis à jour le
17.01.2018 à 08h04
   





                        


Les deux principales formations indépendantistes de Catalogne ont annoncé mardi 16 janvier avoir trouvé un accord pour investir au poste de président de région Carles Puigdemont, exilé en Belgique depuis le 27 ocotbre et visé par des poursuites en Espagne.
La liste Ensemble pour la Catalogne (centre-droit) et celle de la Gauche républicaine de Catalogne (ERC) « sont d’accord pour soutenir Carles Puigdemont comme candidat à la présidence de la région de Catalogne », ont annoncé les deux partis dans un communiqué conjoint.
Le communiqué ne précise pas si l’accord implique l’acceptation d’une investiture à distance, soit par vidéoconférence, soit par le biais d’un député à qui il aurait délégué le soin de lire son discours. C’est l’option privilégiée par l’ancien président destitué par le gouvernement central, parti en Belgique quelques heures avant son inculpation en Espagne pour rébellion, sédition et détournement de fonds et exposé à un placement immédiat en détention provisoire s’il rentrait en Espagne.

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                Catalogne : les indépendantistes pourront-ils contrôler le nouveau Parlement ?



Rajoy opposé à une investiture à distance
Mais le chef du gouvernement, Mariano Rajoy, a prévenu qu’il n’accepterait pas ce nouveau défi du leader séparatiste depuis la Belgique, et qu’en cas d’investiture « à distance », il ne rendrait pas à la région son autonomie, suspendue de facto après la déclaration d’indépendance unilatérale votée par son parlement le 27 octobre.
Ce jour-là, Madrid avait dissous le Parlement catalan, destitué le gouvernement régional et convoqué un nouveau scrutin pour le 21 décembre. Mais les séparatistes ont obtenu peu ou prou le même pourcentage de voix (47,5 %) lors de ces élections, et la majorité de 70 sièges sur 135 au Parlement qui leur permet d’investir à nouveau un président de leur camp.

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                A Bruxelles, Puigdemont réunit ses députés mais n’évoque toujours pas son retour en Catalogne



La première séance au Parlement catalan doit avoir lieu mercredi, et les indépendantistes doivent poser les jalons pour l’investiture de Carles Puigdemont prévue à la fin du mois. Le gouvernement a annoncé qu’il bloquerait toute tentative de Carles Puigdemont et des quatre députés indépendantistes installés aussi à Bruxelles de tenter d’agir à distance – soit en votant lors de la séance inaugurale mercredi pour choisir le président du Parlement, soit plus tard en s’opposant devant la Cour constitutionnelle à la prise de fonction du président destitué.




                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-13"> ¤ La baisse du nombre de réfugiés pourrait faciliter la mise en place de la grande coalition entre sociaux-démocrates et conservateurs, qui exigent d’en plafonner le nombre.
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En Allemagne, le nombre de demandeurs d’asile passe sous la barre symbolique des 200 000

La baisse du nombre de réfugiés pourrait faciliter la mise en place de la grande coalition entre sociaux-démocrates et conservateurs, qui exigent d’en plafonner le nombre.



Le Monde
 |    16.01.2018 à 18h49
 • Mis à jour le
16.01.2018 à 19h24
    |

                            Cécile Boutelet (Berlin, correspondance)








                        



   


Le chiffre est politiquement de haute importance dans le contexte actuel : 186 644 demandeurs d’asile ont été accueillis en Allemagne en 2017, a annoncé, mardi 16 janvier, le ministère fédéral de l’intérieur à Berlin. Soit moins de 200 000, chiffre qui correspond au « plafond » (Obergrenze) exigé par l’Union chrétienne-sociale (CSU), alliée bavaroise de l’Union chrétienne-démocrate (CDU) d’Angela Merkel. Sans que le droit ait été changé, l’obsession de la CSU de limiter le nombre de réfugiés est devenue réalité.
En deux ans, le nombre de demandeurs d’asile accueillis en Allemagne a été considérablement réduit : de 890 000 en 2015, ils n’étaient plus que 280 000 en 2016. Ils ont été presque 100 000 de moins en 2017, soit au niveau de 2013.
Dans le même temps, le nombre de reconduites à la frontière s’est élevé à 26 000, soit 2 000 de moins que l’année précédente, a précisé le ministre de l’intérieur, Thomas de Maizière, mardi matin. Il a ajouté que le nombre de cas en attente et la durée des procédures avaient également été nettement réduits. Comme en 2016, le plus gros contingent de réfugiés est venu de Syrie (48 000), suivi des demandeurs d’asile irakiens (21 000), afghans (12 000) et érythréens (9 500). 8 000 Turcs ont également demandé refuge en Allemagne.
Un des principaux points de clivage
Le passage sous la barre symbolique des 200 000 réfugiés accueillis en Allemagne pourra-t-il faciliter les négociations autour de la formation du futur gouvernement ? La question des réfugiés est un des principaux points de clivage entre les partis de la CDU et le Parti social-démocrate (SPD). Le projet dévoilé, vendredi 12 janvier, comme point de départ des discussions, prévoit plusieurs mesures qui font débat : une limitation de l’accueil entre 180 000 et 220 000 réfugiés par an et de fortes restrictions des modalités du regroupement familial.
Les demandeurs d’asile seraient par ailleurs accueillis dans des centres de regroupement pendant toute la durée de la procédure. Enfin, certains pays comme l’Algérie, le Maroc, la Tunisie, ainsi que « d’autres pays dont les ressortissants ont moins de 5 % de chances d’être reconnus comme des réfugiés », devront être considérés comme des « pays sûrs ».
Ces points suscitent l’opposition de front de l’aile gauche du SPD, qui refuse d’entendre parler d’une limitation de principe pour l’accueil des réfugiés ou de leur famille. Avec la réduction du nombre de cas, il ne serait plus nécessaire de faire apparaître le mot « plafond » dans un éventuel accord de coalition, un mot que rejettent à la fois le SPD et Angela Merkel.
Cela suffira-t-il pour convaincre les militants ? Les prochains jours seront déterminants. Dimanche 21 janvier, le parti se réunit en session extraordinaire, à Bonn, pour voter sur la poursuite ou non des négociations avec les partis de la CDU.
Incitations au retour au pays
Enjeu politique majeur, la réduction du nombre de demandeurs d’asile est un des chantiers prioritaires du ministère de l’intérieur. Après la fermeture de la route des Balkans et l’accord avec la Turquie, Berlin a multiplié, ces derniers mois, les incitations au retour au pays. Jusqu’à l’année dernière, elles se limitaient au remboursement du prix du billet d’avion et l’allocation d’une bourse pour les candidats au départ.
Depuis février 2017, chaque réfugié qui décide de rentrer dans son pays d’origine reçoit une prime, qui peut aller jusqu’à 1 200 euros, avec un supplément dans le cas des familles. En décembre 2017, le ministère de l’intérieur a décidé d’une prime supplémentaire : les demandeurs d’asile qui se décident à rentrer chez eux d’ici à février 2018 recevront en plus de l’argent liquide et des aides pour l’achat de meubles et le loyer sur place.
Ces mesures s’adressent surtout aux personnes dont la demande d’asile a été rejetée ou à celles dont la procédure est encore en cours. Ils doivent s’engager à ne pas faire appel de la décision et de ne pas revenir en Allemagne. Un programme spécial est prévu pour les migrants provenant de Serbie ou du Monténégro, dont la demande d’asile a peu de chances d’aboutir.
Ces mesures sont très critiquées par les associations d’aide aux réfugiés, qui les considèrent comme contraires au principe du droit d’asile.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-14"> ¤ Un an et demi après le démantèlement de la « jungle » et malgré les critiques du projet de loi asile-immigration, le président s’est rendu dans la ville symbole de la crise migratoire.
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Ce qu’il faut retenir de la visite d’Emmanuel Macron à Calais

Un an et demi après le démantèlement de la « jungle » et malgré les critiques du projet de loi asile-immigration, le président s’est rendu dans la ville symbole de la crise migratoire.



Le Monde
 |    16.01.2018 à 18h35
 • Mis à jour le
16.01.2018 à 20h49
   





                        


L’essentiel
La France ne laissera pas s’installer une nouvelle « jungle » à Calais « ou une occupation illégale du territoire », a déclaré mardi 16 janvier le président Emmanuel Macron. « Calais n’est pas une porte d’entrée dérobée vers l’Angleterre, cela continuera à être le cas », a-t-il dit. L’Etat va prendre en charge la distribution de nourriture aux migrants présents à Calais, a également annoncé M. Macron. Cette tâche était précédemment assurée par des associations.En déplacement dans le Pas-de-Calais, le chef de l’Etat s’est rendu pour la première fois de son mandat dans cette ville emblématique de la crise migratoire. En octobre 2016, quand la « jungle » a été démantelée, 7 400 migrants y étaient installés, ils seraient aujourd’hui entre 300 et 600.
Le contexte
Emmanuel Macron s’est rendu à Calais quelques jours après la présentation aux associations concernées du projet de loi asile-immigration, que le ministre de l’intérieur, Gérard Collomb, doit exposer dans le courant de février en conseil des ministres. Les associations, reçues le 11 janvier par le premier ministre Edouard Philippe, ont dénoncé un texte « qui paraît déséquilibré », selon le président de la Fédération des acteurs de la solidarité, Louis Gallois, soulignant « une insistance » sur les mesures visant « à reconduire les migrants en situation irrégulière ».
La citation
« Le travail de policier est peu reconnu, souvent caricaturé. Les critiques ne visent qu’un but : mettre à mal la politique mise en œuvre par le gouvernement. »
S’exprimant devant les forces de l’ordre, Emmanuel Macron leur a renouvelé son soutien, les appelant à être « exemplaires » vis-à-vis des migrants en ne procédant à aucune violence ni confiscation de leurs effets personnels. Le président de la République a également annoncé l’accord d’une prime exceptionnelle « de résultats » aux policiers et aux gendarmes postés à Calais. Dans un rapport publié en octobre, les inspections générales de l’administration (IGA), de la police nationale (IGPN) et de la gendarmerie nationale (IGGN) ont estimé « plausibles », « des manquements à la doctrine d’emploi de la force et à la déontologie policière ».

Pour aller plus loin
Que contient le projet de loi asile-immigration ?Emmanuel Macron a annoncé que l’Etat allait assurer la distribution de repas à CalaisUn an après l’évacuation de la « jungle », les conditions de vie « inhumaines » des migrantsComment fonctionne la politique migratoire entre le Royaume-Uni et la France ?


Le chiffre
600
Environ 600 migrants cherchant à rejoindre l’Angleterre vivent encore à Calais, selon le comptage effectué par l’association L’Auberge des migrants le 2 janvier. Ils sont 350, selon la préfecture du Pas-de-Calais. Tous ne dorment pas dehors, certains sont hébergés par des habitants, et 270 places d’hébergement ont été ouvertes par la préfecture avec le plan « grand froid ». Mardi, Emmanuel Macron a annoncé que l’Etat « allait prendre en charge » la distribution de repas aux migrants à Calais, « de manière organisée, avec des points mobiles. »
Des migrants continuent de mourir en tentant de franchir la frontière. Trois d’entre eux ont perdu la vie sur l’autoroute le 9 janvier et les 22 et 29 décembre 2017.
Un délégué interministériel aux réfugiés bientôt nommé
Un délégué interministériel aux réfugiés, attendu depuis l’été dernier, sera nommé « la semaine prochaine », a annoncé mardi Emmanuel Macron, en plaidant pour une « impulsion forte » à la politique d’intégration. Le chef du gouvernement avait annoncé en juillet la création de ce poste, placé sous la houlette du ministère de l’intérieur, une tutelle qui avait fait grincer des dents du côté des associations.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-15"> ¤ Emmanuel Macron s'est rendu à Calais, le 16 janvier. Il s’est exprimé devant les forces de l’ordre, leur réitérant son soutien.
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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-16"> ¤ Ce premier échec ne signe toutefois pas la fin du parti vainqueur des législatives, l’ANO, le premier ministre ayant le droit de solliciter trois fois la confiance des députés.
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République tchèque : le gouvernement d’Andrej Babis n’obtient pas la confiance du Parlement

Ce premier échec ne signe toutefois pas la fin du parti vainqueur des législatives, l’ANO, le premier ministre ayant le droit de solliciter trois fois la confiance des députés.



Le Monde
 |    16.01.2018 à 16h49
 • Mis à jour le
16.01.2018 à 18h34
   





                        



   


C’est un premier échec pour le leader populiste tchèque. Le Parlement tchèque a refusé, mardi 16 janvier, de voter la confiance au gouvernement minoritaire dirigé par Andrej Babis. Sur 200 députés, 117 ont voté contre lui et cinq se sont abstenus.
Le richissime homme d’affaires de 63 ans, parfois qualifié de « Trump tchèque », a été nommé premier ministre début décembre, après la victoire de son parti, l’ANO (Akce nespokojenych obcanu, « action des citoyens mécontents » et « oui » en tchèque), mais il n’a pas réussi à former une coalition susceptible de s’appuyer sur une majorité au Parlement.

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L’ANO avait remporté les législatives en octobre après une campagne axée sur la lutte contre la corruption, contre l’accueil de migrants et contre la zone euro. Avec 29,7 % des voix, le parti avait remporté 78 sièges à la chambre basse du Parlement, qui en compte 200.
Nouvelle chance
Les accusations de fraude aux subventions qui visent Babis ont pesé sur la mise en place de l’actuel cabinet, les autres partis refusant de coopérer. La police enquête sur le versement d’une subvention européenne de deux millions d’euros il y a une dizaine d’années. Babis, qui nie toute malversation, avait annoncé mardi, quelques heures avant le vote de confiance, avoir demandé aux députés de lever son immunité parlementaire.
Ce premier échec ne signe toutefois pas la fin d’ANO, le premier ministre ayant le droit de solliciter trois fois la confiance des députés, les deux premières étant soutenues par le président et la troisième par le chef de la chambre basse, poste occupé actuellement par M. Vondracek, membre d’ANO. Le gouvernement Babis va toutefois devoir démissionner. Il continuera de gérer les affaires courantes le temps que M. Babis réussisse à trouver un accord avec une ou plusieurs autres formations qui pourraient soutenir le prochain gouvernement dominé par l’ANO.
Le président Milos Zeman, qui nomme les premiers ministres, a promis à Andrej Babis qu’il lui donnerait une autre chance de former un gouvernement. « Au moment où il me dit qu’il dispose d’au moins 101 voix garanties, je le désignerai premier ministre pour la deuxième fois », a affirmé le chef de l’Etat la semaine dernière. Plusieurs partis ont laissé entendre qu’ils pourraient envisager une coalition avec l’ANO, à condition que Babis ne dirige pas le gouvernement ; condition que l’intéressé a rejetée jusqu’à présent.
Cependant, le risque de déboucher sur de nouvelles élections, dont l’ANO pourrait sortir renforcée, pourrait bien amener les formations politiques à se montrer plus conciliantes.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-17"> ¤ La prochaine législature de la région espagnole doit être constituée mercredi. Elle comptera 127 députés au lieu de 135, huit élus sécessionnistes se trouvant en prison préventive ou en fuite en Belgique.
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Article sélectionné dans La Matinale du 16/01/2018
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Catalogne : les indépendantistes pourront-ils contrôler le nouveau Parlement ?

La prochaine législature de la région espagnole doit être constituée mercredi. Elle comptera 127 députés au lieu de 135, huit élus sécessionnistes se trouvant en prison préventive ou en fuite en Belgique.



Le Monde
 |    16.01.2018 à 15h24
 • Mis à jour le
17.01.2018 à 11h43
    |

            Sandrine Morel (Madrid, correspondance)








                        



   


Moins d’un mois après les élections régionales catalanes du 21 décembre 2017, le nouveau Parlement catalan a commencé à siéger, mercredi 17 janvier à Barcelone. Il doit élire son président et les membres de son bureau lors de cette première séance.
La formation antinationaliste Ciudadanos, arrivée en tête avec 36 députés (sur 135) et 25 % des suffrages, n’est a priori pas en mesure d’empêcher la formation d’une majorité indépendantiste. Mais Madrid, qui a placé la région sous tutelle jusqu’à l’installation d’un nouveau gouvernement, espère un renouvellement des dirigeants nationalistes afin de reprendre des relations institutionnelles « normales » avec Barcelone, enterrer la demande d’un référendum d’autodétermination et négocier un meilleur financement pour diminuer le soutien à l’indépendance en Catalogne.
Quels sont les plans des indépendantistes ?
Entre des formations divisées, les visées des partisans de l’indépendance restent floues. Ensemble pour la Catalogne (JxC), la Gauche républicaine de Catalogne (ERC) et la Candidature d’union populaire (CUP) ont obtenu, à elles trois, la majorité absolue des sièges dans la Chambre régionale : 70 des 135 députés (47,5 % des suffrages).
Ensemble pour la Catalogne
Arrivée en seconde position, derrière Ciudadanos, avec 34 députés, Ensemble pour la Catalogne (JxC) est la liste du président destitué Carles Puigdemont, lequel se définit toujours comme « le président légitime de la Catalogne en exil » depuis son départ pour la Belgique, le 27 octobre 2017. En tant que première force du bloc indépendantiste, elle entend faire pression sur la Gauche républicaine de Catalogne pour que M. Puigdemont soit investi à distance comme président de la Généralité, soit par vidéoconférence, soit par le biais d’un député à qui il aurait délégué le soin de lire son discours. Pour cela, il lui faut à tout prix obtenir le soutien de la majorité du bureau du Parlement, chargé d’interpréter le règlement pour lui permettre ou non d’être président depuis la Belgique.
Gauche républicaine de Catalogne
De son côté, ERC (32 députés) a hésité. La formation a plaidé pour le « réalisme » lors de la prochaine législature et affirme renoncer à la « voie unilatérale », tout en promettant de construire la « République catalane ». Mais, bien que réticente à l’idée de braver les services juridiques du Parlement, qui ont émis un rapport – non contraignant – s’opposant à l’investiture à distance du prochain président catalan, elle s’est engagée, le 16 janvier à « soutenir la proposition de candidat à la présidence de la Généralité [le gouvernement catalan] de Carles Puigdemont » dans le cadre de la « restauration des institutions légitimes » destituées par Madrid.
Candidature d’union populaire
Enfin, la CUP, qui a obtenu quatre députés, exige de continuer sur la voie de la désobéissance au Tribunal constitutionnel et de « l’unilatéralité » pour défendre la République catalane proclamée le 27 octobre 2017. Mais contrairement à la précédente législature, son soutien n’est plus indispensable : son abstention suffit pour que les autres formations indépendantistes gouvernent.

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                Madrid évalue à 1 milliard d’euros le coût de la crise catalane



Quel sera le sort des élus mis en examen ?
Dix-sept élus du nouveau Parlement sont mis en examen dans le cadre de la tentative de sécession du mois d’octobre. Tant qu’ils ne sont pas sous le coup d’une condamnation ferme, ils gardent leurs droits politiques, dont celui de siéger au Parlement, sauf les trois élus en détention préventive et les cinq autres réfugiés en Belgique pour fuir la justice espagnole qui les a mis en examen pour « rébellion, sédition et malversation de fonds publics ».
Les trois prisonniers
Les trois élus emprisonnés près de Madrid – le président d’ERC, Oriol Junqueras, l’ancien conseiller à l’intérieur Joaquim Forn et le président de l’association indépendantiste Assemblée nationale catalane (ANC), Jordi Sanchez – se sont vu refuser par le juge du Tribunal suprême, le 12 janvier, la possibilité de se rendre au Parlement catalan pour voter, au motif de risques de trouble à l’ordre public.
Cependant, le juge a estimé que la préventive « ne peut pas supposer la modification de l’arithmétique parlementaire configurée par la volonté des urnes ». Il invite donc le bureau du Parlement catalan provisoire (formé par le député le plus âgé et les deux plus jeunes, tous d’ERC) à examiner la possibilité que les prisonniers délèguent leur vote à d’autres députés, ce qu’ils feront probablement.
Les cinq fugitifs ou « exilés »
En revanche, le juge a précisé que l’arrangement proposé ne concerne « pas les autres », une référence à Carles Puigdemont et ses anciens conseillers (ministres régionaux) Clara Ponsati, Lluis Puig, Toni Comin et Meritxell Serret, qui se trouvent en Belgique et sont considérés comme fugitifs par la justice espagnole. Pour le juge, ils ne pourront donc ni voter ni se faire représenter depuis Bruxelles.
Quel est l’enjeu de la composition du bureau du Parlement ?
On ne peut pas écarter que le bureau du Parlement ignore les considérations de la justice espagnole et des juristes de la Chambre régionale. Il a le dernier mot pour interpréter le règlement, déterminer comment se déroule le vote des prisonniers, et permettre celui des fugitifs, et présenter ou pas Carles Puigdemont à la présidence de la Généralité lors de la session d’investiture, prévue entre le 29 et le 31 janvier.
Lors de la précédente législature, le bureau du Parlement – indépendantiste – a ignoré à plusieurs reprises les rapports des services juridiques du Parlement catalan et les décisions du Tribunal constitutionnel, et a joué un rôle clé dans le vote des lois indépendantistes.
Cependant, les élus connaissent à présent les possibles conséquences pénales de leurs actes et peu sont prêts à en prendre le risque. L’ancienne présidente du Parlement Carme Forcadell, mise en examen, a d’ailleurs renoncé à se présenter de nouveau au poste. Selon les partis indépendantistes, c’est le porte-parole d’ERC Roger Torrent qui prendrait sa place.

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                Catalogne : le principal parti nationaliste a reçu 6,6 millions d’euros de financements illégaux



Les indépendantistes risquent-ils de perdre leur majorité ?
C’est peu probable. Si les cinq élus fugitifs ne peuvent pas voter et ne sont pas remplacés par les suivants sur les listes, les indépendantistes perdront certes leur majorité absolue au Parlement régional. Avec 65 députés, ils seraient alors à égalité avec les partis qui ne sont pas clairement indépendantistes.
Mais la position des huit élus du parti de la gauche radicale Catalogne en commun-Podem, opposés à l’indépendance unilatérale mais aussi à la mise sous tutelle, leur permettrait de maintenir la majorité simple. La formation de la maire de Barcelone, Ada Colau, s’est en effet déclarée opposée à l’investiture du candidat de Ciudadanos, que ce soit pour présider le bureau du Parlement ou la Généralité. Les indépendantistes espèrent l’obliger à prendre position dans l’élection de dirigeants indépendantistes, ou en tout cas à assumer une part de responsabilité.
Que ferait Madrid si M. Puigdemont se présente à l’investiture ?
Le chef du gouvernement espagnol, Mariano Rajoy, a été clair, le 15 janvier, lors d’une réunion avec la direction du Parti populaire : « Dans le cas supposé où on prétendrait que M. Puigdemont assiste à un débat d’investiture depuis Bruxelles, le gouvernement déposerait un recours immédiat. »
Et, a-t-il ajouté, dans l’« hypothèse impossible » qu’il soit élu président de la Généralité depuis Bruxelles, il devra prendre ses fonctions « et cela doit se faire physiquement ». « S’il ne le fait pas, l’article 155 [celui de la mise sous tutelle de la région] restera en vigueur, non pas parce que je le dis moi, mais parce que le Sénat a décidé que l’article 155 resterait en vigueur jusqu’à la prise de possession de son mandat par le nouveau président après les élections en Catalogne », a rappelé M. Rajoy.
Afin d’éviter un blocage, les indépendantistes pourraient donc décider de présenter un autre candidat pour la présidence effective de la Généralité, quitte à donner un titre symbolique à M. Puigdemont. Un blocage pourrait déboucher sur la tenue de nouvelles élections, au printemps.




                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-18"> ¤ Dans sa chronique mensuelle, l’économiste Jean-Pierre Petit estime que, malgré des risques mondiaux et européens potentiels, la zone euro devrait continuer, comme en 2017, à surperformer en 2018 par rapport aux Etats-Unis, au Japon et au Royaume-Uni.
<filname="PROF-0,2-3214,1-0,0-18"> ¤                     
                                                   
édition abonné


La bonne dynamique de la zone euro

Dans sa chronique mensuelle, l’économiste Jean-Pierre Petit estime que, malgré des risques mondiaux et européens potentiels, la zone euro devrait continuer, comme en 2017, à surperformer en 2018 par rapport aux Etats-Unis, au Japon et au Royaume-Uni.



Le Monde
 |    16.01.2018 à 15h00
    |

                            Jean-Pierre Petit (Economiste et président de la société de conseil Les Cahiers verts de l'économie)








                        



                                


                            
L’éclairage. La zone euro a été la grande surprise macroéconomique de 2017. Le consensus des prévisionnistes tablait, au début de l’année dernière, sur une croissance réelle moyenne de 1,4 % pour 2017. Le résultat sera certainement de 2,4 %, soit une divergence de plus de 70 % entre la prévision et le résultat ! Actuellement, le consensus pour 2018 paraît encore trop prudent : il est de 2,2 %, alors qu’une expansion de 2,5 à 2,7 % semble plus plausible.
Sur la base d’un scénario médian à horizon de deux ans, le rattrapage macroéconomique de la zone euro devrait se poursuivre
La zone euro bénéficie toujours aujourd’hui d’une bonne dynamique et, surtout, d’une très forte diffusion géographique et sectorielle. Les derniers indices PMI (purchasing managers index, fondés sur les prévisions des directeurs d’achat du secteur manufacturier) suggèrent une croissance annualisée proche de 3 % au premier trimestre 2018.
Sur la base d’un scénario médian à horizon de deux ans (sans récession américaine ni graves accidents de crédit en Chine), le rattrapage macroéconomique de la zone euro devrait se poursuivre.
Par rapport au niveau d’avant la crise de 2008, le PIB réel de la zone euro est en effet 10 points au-dessous de celui des Etats-Unis. Cela ne s’explique pas exclusivement par les différentiels de croissance potentielle, mais par les nombreuses erreurs des gouvernements et des institutions européennes lors de la crise de la dette souveraine (2010-2012) qui ont considérablement retardé le redressement.
Un cycle économique européen encore jeune
Le rattrapage sera particulièrement marqué en matière d’investissement des entreprises. L’évolution en ­volume des dépenses des entreprises européennes en biens d’équipement accuse en effet un retard de plus de 20 points par rapport à celle des entreprises américaines. Or la plupart des voyants sont au vert en matière d’investissement productif en Europe (hausse de la profitabilité,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-19"> ¤ Le départ britannique et les nouvelles priorités, comme la défense et la sécurité, risquent de tendre les débats dans l’UE.
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édition abonné


Budget européen : féroce bataille en vue à Bruxelles

Le départ britannique et les nouvelles priorités, comme la défense et la sécurité, risquent de tendre les débats dans l’UE.



Le Monde
 |    16.01.2018 à 13h56
    |

            Cécile Ducourtieux (Bruxelles, bureau européen)








                        



                                


                            

La Commission européenne ne présentera qu’en mai ses propositions pour le « cadre financier pluriannuel » (CFP), ce budget commun censé financer des politiques entre 2021 et 2027. Mais la bataille a déjà commencé, et elle promet d’être féroce.
Boïko Borissov, le premier ministre bulgare, dont le pays récupère la présidence tournante de l’UE jusqu’au 1er juillet, s’est fait le porte-voix des pays ayant largement profité des fonds de cohésion et qui espèrent bien préserver ces milliards nécessaires pour rattraper leur retard sur les économies de l’Ouest. « Je ferai de mon mieux pour qu’il n’y ait pas de réduction drastique de la politique de cohésion. Sinon, nous nous sentirons sanctionnés », a prévenu, jeudi 11 janvier, le conservateur, dont le pays est le plus pauvre de l’UE.

Renégocié tous les cinq à sept ans, le CFP donne toujours lieu à d’intenses batailles : pour parvenir au CFP 2014-2020, deux années pleines furent nécessaires. Mais la discussion qui vient s’annonce plus brutale que tout ce qu’ont connu les experts bruxellois. Deux nouvelles contraintes entrent en jeu, au-delà du fait qu’un CFP s’adopte à l’unanimité des Etats membres.
Le Brexit, d’abord : avec le départ britannique, le budget de l’Union (surtout composé des contributions directes des Etats) sera amputé d’au moins 12 milliards d’euros annuels (8 %). Dans le même temps, le CFP actuel s’est révélé trop rigide pour s’adapter aux nouvelles priorités apparues avec la crise des réfugiés et la montée des risques géopolitiques. Il ne finance pas assez la défense, la sécurité, la migration, la jeunesse et le numérique.
Dilemme
Il repose encore sur deux grosses « enveloppes » : la politique agricole commune (PAC, 39 % des montants pour 2014-2020) et les fonds de cohésion (26 %). Les dirigeants européens vont devoir faire face à un dilemme : s’ils décident de préserver ces deux « piliers » tout en consacrant plus d’argent à leurs nouvelles...




                        

                        


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Les taux de fécondité européens à la lumière des politiques familiales

Le nombre d’enfants par femme est de 1,5 en Allemagne, contre 1,35 en Italie et en Espagne.



Le Monde
 |    16.01.2018 à 12h12
 • Mis à jour le
16.01.2018 à 12h24
    |

                            service international








                        



                                


                            
En France, le taux de fécondité des femmes s’affiche en baisse, mais reste, à 1,88 enfant par femme, l’un des plus forts d’Europe, selon les chiffres publiés par l’Insee mardi 16 janvier. Chez les pays voisins, la situation du marché de l’emploi et les politiques familiales influent sur ce taux, et le dynamisme démographique demeure un enjeu politique.

Allemagne
Dans la période récente, c’est chaque année une petite satisfaction : le taux de fécondité est en hausse. A 1,5 enfant par femme, il a renoué avec son niveau de 1982. En 2016 (dernières données disponibles), le nombre de naissances a même atteint un nouveau pic, à 792 000, confirmant une nette remontée depuis 2011, où l’Allemagne avait enregistré un minimum à 663 000 naissances.
Le pays enregistre les effets d’une politique familiale volontariste mise en place durant le premier mandat d’Angela Merkel, qui avait introduit le salaire parental et considérablement augmenté le nombre de places en crèche. Les effets sont nets : selon l’office fédéral des statistiques, le taux de fécondité des femmes allemandes a bondi de 1,34 à 1,43 entre 2011 et 2015, avec un record en Saxe, dans l’Est du pays, à 1,59. Mais les experts estiment que c’est la forte hausse de l’immigration depuis 2009 qui a permis à l’Allemagne de faire progresser le plus sa natalité. Le taux de fécondité des femmes d’origine étrangères était de 1,95 en 2015.
Royaume-Uni
Le taux de fécondité, qui avait atteint 1,94 enfant par femme en 2012 après une remontée continue depuis le début des années 2000, est retombé à 1,8 en 2016, largement au-dessous du seuil de renouvellement. Plus obsédés par l’équilibre budgétaire que par la vivacité démographique, les gouvernements conservateurs qui se sont succédé depuis 2010 cherchent à décourager la naissance d’un troisième enfant dans les familles modestes. Ainsi, les troisièmes enfants nés depuis le 6 avril 2017 ne donnent plus droit à un avantage...




                        

                        

