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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-1"> ¤ Alors que « Metroid: Samus Returns » et « RiME » ont brillé à l’international, de nombreuses entreprises menacent de fermer. Le gouvernement a annoncé un plan d’aide.
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L’Espagne déclare le jeu vidéo « fondamental et stratégique »

Alors que « Metroid: Samus Returns » et « RiME » ont brillé à l’international, de nombreuses entreprises menacent de fermer. Le gouvernement a annoncé un plan d’aide.



Le Monde
 |    17.01.2018 à 17h36
 • Mis à jour le
17.01.2018 à 18h17
   





                        



   


Drôle de bilan 2017 pour le jeu vidéo espagnol : un chiffre d’affaires en hausse de 21 %, plusieurs succès critiques sur la scène internationale, dont une collaboration historique avec Nintendo, mais des fermetures de studio qui s’accélèrent. Tel est le constat dressé jeudi 11 janvier par le syndicat espagnol du jeu vidéo (DEV), relayé par le quotidien El Pais.
L’aventure spatiale de Metroid: Samus Returns, développée à Madrid par MercurySteam (déjà à l’origine de la trilogie Castlevania: Lords of Shadow), a particulièrement brillé, avec un prix du meilleur jeu portable aux Game Awards 2017, les Oscars du jeu vidéo. Il s’agit de la première collaboration entre un studio espagnol et le numéro un historique du secteur. Deux autres productions madrilènes, le jeu d’énigmes The Sexy Brutale et le jeu d’aventure poétique RiME, ont également attiré l’attention des médias internationaux et des joueurs.

D’autres titres prévus pour 2018 ont également un fort potentiel en raison de leur atmosphère soignée et de leur forte originalité. Ainsi de Crossing Souls: Ready for Adventure, qui à la manière de Stranger Things en série, revisite l’ambiance des années 1980 dans un jeu de rôle ; de The Red Strings Club, expérience narrative mêlant ambiance cyberpunk et service dans un bar (!) ; ou de Do not Feed the Monkey, jeu d’aventure à l’esthétique LucasArts plaçant le joueur dans la peau d’un voyeur aux multiples caméras de surveillance. « D’un point de vue créatif, le jeu vidéo espagnol vit sa meilleure période depuis des décennies », relève le quotidien ibérique de référence.

Annonce d’aides sur le modèle français
Pour autant, l’industrie espagnole fait face à un recul de son nombre d’entreprises spécialisées — une première depuis 2013. Sur les 480 recensées en 2016, 30 ont fermé et 90 sont en difficulté. « L’immense majorité des entreprises espagnoles reste précaire et de création très récente. Se financer demeure, dans la plupart des cas, un rêve impossible », explique El Pais. En Espagne, 68 % des sociétés comptent moins de onze salariés.
A la manière de la France, l’Espagne souhaite mettre en place un système d’aides gouvernementales pour soutenir ce secteur qualifié de « fondamental et stratégique » par Fernando Benzo, secrétaire d’Etat à la culture, mais par nature fragile et changeant. En 2018, un fonds de 6,25 millions d’euros sera alloué aux entreprises âgées de plus de six mois mais dont le chiffre d’affaires ne dépasse pas les 2 millions d’euros, à raison de 150 000 euros maximum par dossier.

A titre de comparaison, en France, l’industrie bénéficie depuis 2008 de plusieurs mécanismes de soutien. En 2016, 39 projets ont été soutenus par le Centre national pour la cinématographie et l’image animée (CNC) pour un investissement total de 3 millions d’euros. Le secteur du jeu vidéo fait l’objet depuis plusieurs années d’une importante concurrence fiscale entre ses grandes nations, notamment le Canada, l’Angleterre et la France, afin d’attirer et de retenir les entreprises spécialisées. Ubisoft a notamment augmenté ses investissements en France à la suite de l’augmentation du crédit d’impôt au jeu vidéo.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-2"> ¤ Les journalistes, dont Ragip Duran, l’ancien correspondant de « Libération » à Istanbul, ont été condamnés pour leur solidarité envers « Özgür Gündem », un journal d’opposition pro-kurde.
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Prison ferme pour cinq journalistes en Turquie

Les journalistes, dont Ragip Duran, l’ancien correspondant de « Libération » à Istanbul, ont été condamnés pour leur solidarité envers « Özgür Gündem », un journal d’opposition pro-kurde.



Le Monde
 |    17.01.2018 à 17h30
    |

            Marie Jégo (Istanbul, correspondante)








                        



   


Pour avoir manifesté leur solidarité avec le quotidien d’opposition pro-kurde Özgür Gündem, cinq journalistes ont été condamnés à des peines de prison ferme, mardi 16 janvier, par un tribunal d’Istanbul.
Ragip Duran, journaliste francophone qui fut longtemps le correspondant de Libération à Istanbul, Ayse Düzkan, Mehmet Ali Çelebi et Hüseyin Bektas ont été condamnés à un an et demi de détention. « Ils n’ont pas manifesté assez de remords », a estimé la Cour dans ses attendus. Le rédacteur en chef du quotidien, Hüseyin Akyol, a lui été condamné à trois ans et neuf mois d’emprisonnement.
Absents lors de l’audience, les accusés étaient représentés par leurs avocats qui ont fait appel des condamnations. A Paris, la Société des journalistes et du personnel de Libération a dénoncé un « jugement inique ».
Les cinq journalistes ont été condamnés pour « propagande terroriste » en faveur du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), en guerre contre l’Etat turc depuis plus de trente ans. Selon les autorités turques, Özgür Gündem est un des porte-voix de la rébellion armée kurde, perçue comme « terroriste » par la Turquie, l’Union européenne et les Etats-Unis.
« L’une des plus grandes geôles »
Depuis sa fondation en 1992, Özgür Gündem a été interdit à plusieurs reprises, ses locaux ont même été détruits par une explosion en décembre 1994. Avant d’être fermé par décret-loi en octobre 2016, le quotidien pro-kurde a subi des pressions judiciaires.
En signe de soutien, la profession a lancé une campagne en faveur du pluralisme des médias. De mai à août 2016, une veille journalistique a été établie avec la participation de personnalités en vue, dont la militante des droits de l’homme Sebnem Korur Fincanci et le représentant local de Reporters sans frontières (RSF), Erol Önderoglu. Les volontaires se chargeaient symboliquement du travail d’édition pendant une journée, en signe de solidarité.
Cette marque de solidarité leur a coûté cher. En juin, trois des « veilleurs » – Sebnem Korur Fincanci, Erol Önderoglu et Ahmet Nesin – ont été incarcérés pendant dix jours. Ils ont ensuite été libérés mais leur procès se poursuit. La prochaine audience aura lieu le 18 avril devant la 13e chambre du palais de Justice de Caglayan, celle-là même qui vient de condamner les cinq journalistes. Ils risquent jusqu’à quatorze ans de prison.

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Pas moins de 122 journalistes sont derrière les barreaux en ce moment en Turquie, pays décrit par Reporters sans frontières (RSF) comme « l’une des plus grandes geôles du monde » pour les professionnels des médias. Ils risquent de lourdes condamnations, jusqu’à la réclusion à perpétuité pour certains. Et 520 autres journalistes qui comparaissent libres pourraient les rejoindre à tout moment en 2018. Au classement de la liberté de la presse établi par RSF en 2017, la Turquie occupe la 155e place (sur 180), en net recul par rapport à 2005 quand le pays occupait la 98e place.
Préoccupante avant le coup d’Etat manqué du 15 juillet 2016, la situation des médias est devenue critique. A la faveur de l’état d’urgence imposé le 20 juillet 2016 et régulièrement reconduit depuis, les journalistes critiques du gouvernement sont visés par les purges. Plus de 150 médias ont été fermés dans la foulée du coup d’Etat raté.
« Politique draconienne »
La condamnation des cinq journalistes survient en pleine controverse entre la Cour constitutionnelle et le gouvernement au sujet de la libération de deux chroniqueurs, Mehmet Altan, 65 ans, et Sahin Alpay, 73 ans. Emprisonnés juste après le coup d’Etat manqué car accusés de collusion avec le mouvement du prédicateur Fethullah Gülen qu’Ankara accuse d’avoir fomenté le coup d’état raté, les deux hommes ont présenté un recours individuel devant la Cour.
Jeudi 11 janvier, par onze voix contre six, les juges de la Cour constitutionnelle ont ordonné leur remise en liberté conditionnelle. La plus haute juridiction turque a dénoncé « la violation de la liberté d’expression et de la presse et la violation du droit à la sécurité et à la liberté ». Les défenseurs de la profession ont alors pensé que la décision allait ouvrir un précédent et que de nombreux journalistes injustement incarcérés allaient être libérés.
Mais cinq heures après la décision de la Cour, deux tribunaux d’Istanbul ont refusé d’en tenir compte et se sont prononcé, au contraire, pour le maintien des deux journalistes en détention.
L’exécutif s’en est mêlé. La Cour constitutionnelle a « dépassé les limites de ses pouvoirs législatifs et constitutionnels », a annoncé peu après sur son compte Twitter le porte-parole du gouvernement, Bekir Bozdag, dénonçant une « mauvaise décision ». « La justice turque a pour seule référence la politique draconienne imposée par le gouvernement en matière de sécurité nationale. La défense des libertés individuelles n’est pas sa priorité », déplore Erol Önderoglu, le représentant de RSF en Turquie.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-3"> ¤ La Cour européenne des droits de l’homme rend jeudi une décision potentiellement cruciale pour l’avenir de la lutte antidopage.
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Dopage : la localisation obligatoire des sportifs devant la justice européenne

La Cour européenne des droits de l’homme rend jeudi une décision potentiellement cruciale pour l’avenir de la lutte antidopage.



Le Monde
 |    17.01.2018 à 15h17
 • Mis à jour le
17.01.2018 à 16h36
    |

            Clément Guillou








                        



   


La lutte antidopage viole-t-elle depuis 2004 la Convention européenne des droits de l’homme ? La Cour européenne des droits de l’homme (CEDH) doit se prononcer, jeudi 18 janvier, sur cette question qui divise les juristes spécialistes de l’antidopage, en réponse à deux requêtes de sportifs français.
L’une est portée depuis 2011 par les syndicats de joueurs des quatre principaux sports collectifs (football, basket, rugby, handball) ; l’autre est au nom de Jeannie Longo, l’un des plus grands palmarès du sport tricolore. Sa carrière finissant, la cycliste se plaignait d’un acharnement de l’Agence française de lutte contre le dopage (AFLD), qui l’inscrivait chaque année dans le groupe des sportifs obligés de signaler leur localisation. Déboutée en 2013 par le Conseil d’Etat, elle s’était tournée vers l’Europe.

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Les requérants voient, dans le système de localisation auquel ils sont soumis, une atteinte à leur vie privée. Depuis 2009, ce régime oblige les sportifs à donner un créneau d’une heure par jour durant lequel ils se rendent disponibles pour des contrôles antidopage, à l’endroit de leur choix. C’est sur ce système que reposent les contrôles aléatoires, qui, selon les experts, sont les plus efficaces pour dissuader les sportifs de se doper.
L’AMA vigilante
Pour cette raison, l’Agence mondiale antidopage (AMA) a toujours suivi de très près le destin de ces requêtes devant la CEDH. L’instance régulatrice de la lutte antidopage se refuse à tout commentaire avant la décision, mais n’a pas ménagé ses efforts de lobbying pour échapper à une décision qui remettrait en cause, selon elle, l’efficacité de la lutte antidopage.
En 2009, elle avait dû réviser à la marge les règles de localisation afin de satisfaire la Commission européenne. Depuis, le dispositif a été davantage assoupli, notamment dans le volet des sanctions associées au défaut de localisation.

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Signe de son souci de satisfaire au droit européen, l’AMA a fait surveiller la rédaction du dernier code mondial antidopage, entré en vigueur en 2015, par le juge français Jean-Paul Costa, ancien président de la CEDH. Elle continue depuis de faire régulièrement appel à son expertise.
« Quelques athlètes – bien que, je suis heureux de le dire, ils ne soient pas en majorité – ont critiqué le système de localisation, le jugeant invasif et contraignant ; cependant, la plupart d’entre nous dans le monde du sport le considérons comme un moyen efficace et nécessaire pour faire en sorte que le sport propre l’emporte », justifiait Craig Reedie, président de l’AMA, dans une tribune en 2015.
« On a dépassé le délai raisonnable »
Les sportifs et leurs avocats, eux, évoquent l’article 8 de la convention. Il dispose que « toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance », et que les exceptions à cette ingérence ne s’appliquent pas à la lutte antidopage.
Ils évoquent en outre la liberté de circulation, contrainte, selon eux, par l’obligation de rester une heure par jour en un endroit donné.
Le dispositif est également validé par le tribunal arbitral du sport
Leur espoir est mince : en France, le Conseil d’Etat a validé la localisation des sportifs et la Cour de cassation a estimé qu’il n’y avait pas lieu de renvoyer au Conseil constitutionnel une question prioritaire de constitutionnalité. Le dispositif est également validé par le tribunal arbitral du sport. Et quand bien même la CEDH jugerait non conforme le dispositif de localisation, les juristes de l’AMA se battraient pied à pied pour ne pas avoir à y renoncer.
Les requérants, eux, sont presque passés à autre chose. « Au bout de six ans, je ne sais pas si on est encore en droit d’avoir des espoirs. On a largement dépassé le délai raisonnable », dit Jean-François Reymond, directeur du Syndicat des joueurs de rugby, qui avait auparavant mené la fronde à la tête de celui des basketteurs.
Depuis que sa requête a été déposée, il témoigne d’une nette amélioration des relations avec l’AFLD, le nouveau directeur des contrôles, Damien Ressiot, ayant facilité les démarches de localisation. Elles sont désormais remplies le plus souvent par les clubs et les manquements sont rares dans les sports collectifs.
Jeannie Longo, de son côté, estime que sa fin de carrière a été gâchée par ses relations avec l’AFLD qui, en 2011, avait voulu la sanctionner pour avoir fait défaut à trois reprises aux règles de localisation. Elle avait finalement été blanchie par la Fédération française de cyclisme (FFC), mais continuait d’être inscrite dans le « groupe cible » des athlètes de haut niveau.
Sa plainte contre l’AFLD avait été rejetée par le Conseil d’Etat.
« La CEDH a prouvé qu’elle était plus scrupuleuse sur le respect de la vie privée que le Conseil d’Etat, veut croire Me Bruno Ravaz, conseil de Jeannie Longo. Si Jeannie gagne, elle s’estimera un peu réhabilitée. Pour elle, c’était une opération de harcèlement afin de la forcer à raccrocher son vélo. » Jeudi, l’ancienne cycliste sera au ski.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-4"> ¤ Dans le cadre d’un rapprochement avec le Soudan, Ankara s’est vu accorder la souveraineté sur la presqu’île de Suakin, jadis possession ottomane sur la mer Rouge.
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Compte rendu

La Turquie de retour sur la mer Rouge

Dans le cadre d’un rapprochement avec le Soudan, Ankara s’est vu accorder la souveraineté sur la presqu’île de Suakin, jadis possession ottomane sur la mer Rouge.

Par                                            Eddie Rabeyrin




LE MONDE
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        Le 17.01.2018 à 15h08

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        Mis à jour le 17.01.2018 à 17h45






    
Omar Al-Bachir et Recep Tayyip Erdogan à Khartoum, le 24 décembre 2017.
Crédits : MOHAMED NURELDIN ABDALLAH / REUTERS


Ancien fleuron de l’empire ottoman en mer Rouge, l’île de Suakin, sur la côte soudanaise, n’est plus qu’un champ de ruines érodées par le sel et le vent. La ville, construite principalement en corail, pourrait cependant bientôt connaître une seconde jeunesse. A l’occasion de la visite d’Etat du président turc, Recep Tayyip Erdogan, à Khartoum le 26 décembre 2017, le Soudan a annoncé avoir accordé un bail de quatre-vingt dix-neuf ans à la Turquie sur cette presqu’île de 13,5 hectares, pour qu’elle puisse restaurer les lieux.
Jusqu’au début du XXe siècle, Suakin était l’un des principaux ports de commerce de la région, ainsi qu’un important point de passage pour les pèlerins se rendant à La Mecque, sur la rive opposée. Mais l’île n’a pas survécu à l’émergence de Port-Soudan, fondé 60 kilomètres plus au nord par les Anglais en 1905, afin d’accueillir des navires de gros tonnage. Reléguée au second plan, Suakin a fini par être laissée à l’abandon et tomber en ruines, malgré un patrimoine architectural et historique remarquable.

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L’ambition affichée par le président turc est d’en faire une zone touristique et de transit à destination des pèlerins musulmans. Eu égard à la position stratégique de l’île sur la mer Rouge, de nombreux médias de la région et commentateurs des réseaux sociaux se sont demandé si, sous couvert de ce prétexte, la Turquie ne projetait pas d’y installer une base navale. Interrogé à ce sujet au retour de sa tournée africaine, le président turc a formellement démenti : « Il n’y a rien [de prévu] qui s’apparente à un port militaire. »
« Suakin n’est pas le meilleur emplacement pour établir une base navale, car il faudrait pouvoir construire un port en eaux profondes, ce qui ne serait pas possible à cet endroit à moins de faire des travaux colossaux, confirme Marc Lavergne, chercheur spécialisé dans la Corne de l’Afrique. C’est d’ailleurs pour cette raison que les Anglais avaient décidé de construire Port-Soudan en remplacement de Suakin. » 

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« Chausser les bottes des Ottomans »
Selon l’expert, « la Turquie n’a pas de politique stratégique globale dans la région ». « C’est avant tout une question d’image, pense M. Lavergne. Il s’agit de chausser les bottes des Ottomans et de réaffirmer une présence. Et puis Erdogan a aussi un problème avec l’Afrique : il essaie de déraciner les réseaux de Fethullah Gülen [son ancien allié, exilé aux Etats-Unis, devenu son grand rival], toujours très influents. Pour cela, il a besoin de leviers non militaires. »
Quoi qu’il en soit, le rapprochement entre le Soudan et la Turquie est vu d’un mauvais œil par les rivaux régionaux, à commencer par l’Egypte. Les principaux médias de ce pays, dont les opinions sont souvent proches de celles du pouvoir, se sont montrés particulièrement virulents à l’égard du président soudanais, Omar Al-Bachir, après la visite de M. Erdogan. Dans une tribune du quotidien cairote Al-Watan intitulée « Le suicide politique d’Omar Bachir », l’éditorialiste Emad Adeeb estimait ainsi que « le Soudan viole les règles de l’histoire et de la géographie et conspire contre l’Egypte sous les ombres de la folie turque ».
Le Caire accuse Ankara de soutenir les Frères musulmans contre lesquels le régime du président égyptien, Abdel Fattah Al-Sissi, est en guerre – M. Erdogan ayant apporté son soutien à l’ex-président Mohammed Morsi, renversé par un coup d’Etat de l’armée en 2013. La Turquie se présente aussi comme un soutien indéfectible du Qatar, actuellement ciblé par un blocus économique de la part de l’Arabie saoudite et de ses alliés, dont l’Egypte et les Emirats arabes unis. Ces derniers, farouchement opposés à l’idéologie des Frères musulmans, sont également en compétition avec la Turquie sur le terrain somalien et, par extension, dans toute la Corne de l’Afrique. Abou Dhabi dispose en effet de facilités militaires sur le port érythréen d’Assab, à l’entrée de la mer Rouge et à quelques centaines de kilomètres au sud de… Suakin.
Rivalités régionales
Face à la montée des tensions, le 5 janvier, le Soudan a rappelé son ambassadeur au Caire pour consultation. Les deux pays ont récemment eu un différend sur le dossier du barrage de la Renaissance du Nil, auquel s’ajoute celui déjà ancien du triangle d’Halaïeb, une zone frontalière occupée par l’Egypte mais dont la souveraineté est également revendiquée par le Soudan.

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Pour le Soudan, le rapprochement avec la Turquie représente d’abord une opportunité en termes d’investissements. La cession de l’île de Suakin s’est accompagnée de la signature d’une douzaine d’accords de coopération économique, agricole et militaire. « Le Soudan est un Etat paria qui a échoué sur toute la ligne. Il cherche désormais à éponger les sanctions américaines [levées en octobre 2017 après vingt ans d’embargo] en nouant des partenariats économiques », rappelle Marc Lavergne.
Les échanges commerciaux entre les deux pays – 500 millions de dollars par an aujourd’hui – ont fortement augmenté ces dernières années. Le président turc fait par ailleurs peu de cas de l’inculpation du dirigeant soudanais par la Cour pénale internationale pour génocide, crimes contre l’humanité et crimes de guerre, pour les massacres commis durant le conflit au Darfour.


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-5"> ¤ Dans cette chronique, les économistes Kemal Dervis et Zia Qureshi préviennent que la bonne santé de l’économie mondiale ne doit pas faire oublier l’urgence de la mise en place de politiques de réduction des inégalités.
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« On ne peut compter sur le “ruissellement” du sommet vers le reste de l’économie »

Dans cette chronique, les économistes Kemal Dervis et Zia Qureshi préviennent que la bonne santé de l’économie mondiale ne doit pas faire oublier l’urgence de la mise en place de politiques de réduction des inégalités.



Le Monde
 |    17.01.2018 à 15h00
    |

                            Kemal Dervis (« senior fellow »  à la Brookings Institution et ancien ministre turc de l'économie)








                        



                                


                            
Vu d’ailleurs. En ce début 2018, tout semble aller mieux sur le plan éco­nomique. Au cours des six ­derniers mois, les prévisions de croissance de l’économie mondiale publiées par des institutions telles que le Fonds monétaire international (FMI) ont été ajustées à la hausse. Les prévisions privées les ont égalées ou même dépassées. L’indice des ­directeurs d’achat de l’industrie dans la zone euro a atteint un niveau record en décembre 2017 ; même l’économie de la Grèce a renoué avec la croissance. Aux Etats-Unis, la croissance devrait pouvoir dépasser les prédictions du FMI pour 2018, qui étaient en octobre de 2,3 %.
 « Financial Times » a augmenté de près de 22 % en 2017
Dans le monde émergent, la Chine semble avoir évité le risque d’un ­ralentissement brutal : bien que son économie ne connaisse plus de croissance à deux chiffres, sa taille accrue implique que, en termes absolus, le taux annuel actuel de 7 % vaut plus que le taux de 10 % du passé. La Turquie a enregistré 11 % de croissance au troisième trimestre 2017. Même le Brésil, qui a connu une croissance négative en 2016, devrait dépasser les prévisions de croissance établies par le FMI à 1,5 % pour 2018.
L’envolée de la valeur des actions – qui, un certain temps, semblait déconnectée des fondamentaux – est de plus en plus confirmée par ce renforcement de l’économie réelle. Le Stock Exchange All-World Index du Financial Times a augmenté de près de 22 % en 2017 – sa meilleure performance depuis le rebond post-crise de 2009.
Obstacle potentiel à une reprise durable
Certains avertissements pessimistes de ces années semblent être devenus obsolètes. Robert Gordon (université Northwestern), par exemple, estimait que l’économie américaine ralentirait forcément, parce que les innovations technologiques d’aujourd’hui ne stimuleraient pas la croissance autant que dans le passé.
à plus long terme, la performance économique...



                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-6"> ¤ Agée de 16 ans et arrêtée en décembre à la suite d’une vidéo devenue virale la montrant frapper des soldats israéliens, elle pourrait rester en détention pendant des mois.
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La militante palestinienne Ahed Tamimi maintenue en prison jusqu’à son procès

Agée de 16 ans et arrêtée en décembre à la suite d’une vidéo devenue virale la montrant frapper des soldats israéliens, elle pourrait rester en détention pendant des mois.



Le Monde
 |    17.01.2018 à 14h59
   





                        



   


Ahed Tamimi, l’adolescente qui est devenue pour les Palestiniens une icône de l’engagement contre l’occupation israélienne restera en prison jusqu’à son procès.
« Je ne vois pas d’autre alternative que d’ordonner qu’elle reste en détention jusqu’à la fin de la procédure », a décidé un juge militaire israélien. « La gravité des faits dont elle est accusée n’offre pas d’alternative à la détention », a-t-il ajouté.
La décision rendue par un juge militaire à la prison d’Ofer en Cisjordanie signifie potentiellement qu’Ahed Tamimi pourrait rester en détention pendant des mois.
Agée de 16 ans, Ahed Tamimi est l’une des protagonistes d’une vidéo qui la montre, avec sa cousine Nour, 20 ans, bousculer deux soldats israéliens, puis leur donner des coups de pied et de poing le 15 décembre en Cisjordanie, territoire occupé par l’armée israélienne depuis plus de cinquante ans.

        Lire son portrait :
         

          Ahed Tamimi, figure familière de la résistance palestinienne







                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-7"> ¤ Les délégations du Sud et du Nord participeront à la cérémonie d’ouverture derrière un « drapeau de l’unification », sous réserve d’acceptation du CIO.
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JO : les deux Corées formeront une équipe commune de hockey et défileront ensemble

Les délégations du Sud et du Nord participeront à la cérémonie d’ouverture derrière un « drapeau de l’unification », sous réserve d’acceptation du CIO.



Le Monde
 |    17.01.2018 à 14h39
 • Mis à jour le
17.01.2018 à 14h57
   





                        


Une équipe commune en hockey sur glace et un « drapeau de l’unification » derrière lequel défileront des athlètes de Corée du Nord et de Corée du Sud : les Jeux olympiques d’hiver de Pyeongchang (du 9 au 25 février 2018) seront le théâtre d’un rapprochement symbolique entre les deux Corées, a annoncé Séoul mercredi 17 janvier.
Le ministre de l’unification sud-coréen a confirmé que les deux pays s’étaient mis d’accord, lors de négociations qui se sont tenues le jour même à Panmunjeom, dans la « zone commune de sécurité ». Le drapeau lors de la cérémonie d’ouverture montrera l’intégralité de la péninsule.
C’est la première fois qu’une équipe de Corée unifiée sera présente aux Jeux olympiques. Les deux Corées avaient déjà défilé ensemble lors de la cérémonie d’ouverture des JO 2000, 2004 et 2006.

        Lire notre analyse :
         

          Les deux Corées amorcent une timide tentative de rapprochement



Victoire symbolique pour le CIO
Ces deux initiatives doivent encore être approuvées par le Comité international olympique (CIO), mais celui-ci a déjà annoncé qu’il ferait ce qui est en son pouvoir pour favoriser la participation nord-coréenne aux Jeux olympiques d’hiver. Cet accord représente une victoire majeure pour le CIO et son président, Thomas Bach, dont l’obsession est de permettre le rapprochement des peuples grâce au sport.
La Corée du Nord prévoit également d’envoyer à Pyeonchang une équipe de 230 « pom-pom girls », comme elle le fait régulièrement dans de grandes compétitions internationales auxquelles elle participe. La délégation comprendra également, outre les sportifs dont l’inscription sera validée par le CIO, des responsables politiques, un service de presse et une équipe de démonstration de taekwondo.
La Corée du Nord participera également aux Jeux paralympiques, au mois de mars.
La dynamique de rapprochement entre les deux voisins était interrompue depuis dix ans, et l’arrivée au pouvoir à Séoul du conservateur Lee Myung-Bak.
La Corée du Nord et la Corée du Sud sont aujourd’hui encore en guerre, le conflit fratricide de 1950-1953 ayant été stoppé par un armistice et non par un accord de paix. Seuls deux sommets ont depuis eu lieu entre leurs chefs d’Etat, en 2000 et en 2007.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-8"> ¤ Le Parlement catalan se réunissait pour la première fois depuis les élections de décembre, alors que plusieurs leaders indépendantistes sont en prison ou à l’étranger.
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L’indépendantiste Roger Torrent élu à la tête du Parlement catalan

Le Parlement catalan se réunissait pour la première fois depuis les élections de décembre, alors que plusieurs leaders indépendantistes sont en prison ou à l’étranger.



Le Monde
 |    17.01.2018 à 13h11
 • Mis à jour le
17.01.2018 à 15h39
   





                        



   


C’est un indépendantiste, Roger Torrent, qui a été élu mercredi 17 janvier à la présidence du Parlement catalan. L’assemblée législative catalane siégeait pour la première fois depuis les élections de décembre, lors desquelles le parti centriste Ciudadanos est arrivé en tête mais dont la coalition indépendantiste est sortie majoritaire. Cette première séance vise à poser les jalons pour réinvestir Carles Puigdemont, volontairement exilé en Belgique, comme dirigeant de la région.

        Lire :
         

          Les indépendantistes pourront-ils contrôler le nouveau Parlement ?



Roger Torrent, élu et porte-parole de la Gauche républicaine de Catalogne (ERC), a été désigné président du Parlement par 65 voix contre 56, en l’absence de huit députés sécessionnistes placés en détention ou en exil volontaire à Bruxelles, à l’instar de Carles Puigdemont, destitué par Madrid.
L’ancienne présidente du Parlement, l’indépendantiste Carme Forcadell, mise en examen pour rébellion après la déclaration unilatérale d’indépendance du 27 octobre, avait renoncé à se présenter de nouveau au poste.
Mercredi, l’indépendantiste Ernest Maragall a ouvert la session, qu’il présidait provisoirement en tant que doyen, avec une diatribe contre l’Etat espagnol, accusé « d’humilier, de punir », les Catalans. La chef de l’opposition Inès Arrimadas (Ciudadanos, libéral), lui a rétorqué qu’il n’avait pas à « tenir un meeting » pour ERC dans un moment aussi solennel.
Investiture à distance ?
L’élection de Torrent à la tête de la chambre est une première étape : à ce poste, il arbitrera les sessions parlementaires houleuses à venir. Son élection a été rendue possible par le vote blanc des huit élus du groupe Catalunya en Comun, proche de Podemos. La deuxième étape consistera à contrôler le bureau du Parlement, qui décide de l’ordre du jour et du respect du règlement.
C’est ce « bureau » qui acceptera ou non l’investiture à distance de Carles Puigdemont. Mais Mariano Rajoy a d’ores et déjà prévenu qu’il n’accepterait pas une présidence de Carles Puigdemont depuis Bruxelles, par Internet et vidéoconférences, d’une région de 7,5 millions d’habitants où vivent 16 % des Espagnols. « Je contesterai le premier acte administratif », qui ira dans ce sens, a-t-il assuré à des journalistes mardi.

        Lire aussi :
         

          le résumé de la crise entre Madrid et Barcelone



Un tel recours entraînerait la saisine de la Cour constitutionnelle, qui, selon toute probabilité, gèlera l’investiture. Cela débouchera sur un nouveau scénario de blocage : le gouvernement central continuerait à diriger directement la Catalogne, privée de l’autonomie à laquelle ses habitants, très partagés sur l’indépendance, tiennent tant.
Selon le ministre de l’économie espagnol, Luis de Guindos, cette crise politique a déjà coûté 1 milliard d’euros en ralentissant la croissance de la région, qui fournit 19 % du PIB espagnol. Plus de 3 000 entreprises inquiètes ont préféré déménager leur siège social hors de Catalogne depuis le référendum d’autodétermination interdit du 1er octobre. La Bourse de Madrid réagissait mercredi en légère baisse, 0,45 %, à la mi-journée.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-9"> ¤ Le parquet s’apprête à récupérer une partie des fonds détournés par la fratrie indienne au cœur d’un scandale politico-financier où est impliqué le président Jacob Zuma.
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Compte rendu

En Afrique du Sud, les frères Gupta rattrapés par la justice

Le parquet s’apprête à récupérer une partie des fonds détournés par la fratrie indienne au cœur d’un scandale politico-financier où est impliqué le président Jacob Zuma.

Par                                            Adrien Barbier (Johannesburg, correspondance)




LE MONDE
              datetime="2018-01-17T12:03:17+01:00"

        Le 17.01.2018 à 12h03






    
Ajay and Atul Gupta, deux des frères de la fratrie, avec Duduzane Zuma, le fils du président sud-africain, Jacob Zuma, le 4 mars 2011.
Crédits : Gallo Images/Gallo Images


Après des mois d’accusation, de spéculation et de révélation, la justice est passée à l’offensive. Le parquet sud-africain a confirmé, mardi 16 janvier, qu’il s’apprêtait à récupérer une partie des fonds publics soupçonnés d’avoir été détournés par la très controversée famille d’hommes d’affaires Gupta. C’est une première action concrète, très attendue, qui fait suite aux multiples accusations de corruption au sommet de l’Etat qui secouent l’Afrique du Sud et ébranlent la fin de mandat du président Jacob Zuma.

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                Les Gupta, la famille indienne qui fait trembler l’Afrique du Sud



Le ministère public a obtenu une ordonnance pour geler l’équivalent de 1,6 milliard de rands (106 millions d’euros) d’avoirs de la multinationale américaine McKinsey et de la société Trillian, liée aux Gupta. En cause, un contrat suspect liant ces deux entités à l’entreprise publique d’électricité Eskom, dont la gestion est jugée désastreuse.
17 enquêtes ouvertes
McKinsey et Trillian auraient ainsi facturé à Eskom pour plus de 1 milliard de rands de frais de conseil en 2016. « Nous sommes persuadés que, dans un jour ou deux, nous allons récupérer ces fonds qui ont été indûment pris », a déclaré mardi le procureur Knorx Molelle, responsable du service de confiscation des avoirs du parquet, confirmant des informations ayant fuité dans les médias. Au total, 17 enquêtes seraient ouvertes sur des entreprises liées aux Gupta, a-t-il précisé. Le parquet espère récupérer l’équivalent de 3,3 milliards d’euros d’argent public.

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                « GuptaLeaks » : Duduzane Zuma, fils du président sud-africain et pièce maîtresse de la famille Gupta



Puissante fratrie originaire d’Inde, les Gupta se trouvent au cœur du plus grand scandale politico-financier de l’Afrique du Sud post-apartheid. Fin 2016, un rapport de la médiatrice anti-corruption sur « la capture de l’Etat » a mis en évidence les liens sulfureux qu’entretiennent les trois frères avec le président Jacob Zuma. Influence sur les choix de ministres, pressions pour empocher des contrats publics, versements de pots-de-vin : l’emprise des Gupta sur le chef de l’Etat a de profondes ramifications, et passe notamment par son fils, Duduzane Zuma, employé choyé de leur empire financier jusqu’en 2016.
Mi-2017, des révélations permises par une fuite massive de courriels sortis tout droit de l’une de leurs entreprises, les #GuptaLeaks, achèvent de mettre en lumière l’ampleur des malversations et des personnages impliqués – ministres, membres de la famille Zuma, membres du Congrès national africain (ANC).
Retarder les procédures
Publiquement discrédités, boudés par les banques, les Gupta n’avaient jusque-là pas été inquiétés par la justice. De son côté, Jacob Zuma, qui a toujours nié les allégations de corruption, a tout fait pour retarder les procédures judiciaires, en dépit de l’ampleur du scandale.
Mi-décembre, un tribunal lui a infligé un sévère camouflet en lui ordonnant de mettre en place une commission d’enquête sur la capture de l’Etat et de nommer un procureur spécial. C’est ce qu’il a fait le 9 janvier, sous la pression de l’ANC.

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                Afrique du Sud : Cyril Ramaphosa, l’homme qui doit sauver l’ANC



Car depuis, Cyril Ramaphosa, l’actuel vice-président, a été élu le 18 décembre pour lui succéder à la tête de l’ANC. Ce dernier a promis de nettoyer le parti de Nelson Mandela de toute la corruption qui le gangrène, pour enrayer l’érosion de son électorat. « Nous allons nous attaquer à la corruption et à la capture de l’Etat. Priorité absolue sera accordée aux enquêtes et aux poursuites contre ceux qui en sont responsables », a-t-il promis, samedi, lors de son premier grand discours de chef du parti. Théoriquement, le mandat du chef de l’Etat courre jusqu’en 2019. Mais la célérité de la justice pourrait le contraindre à démissionner avant, à moins que l’ANC ne décide tout bonnement de le révoquer.


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-10"> ¤ A Nahr El-Bared, dans le nord du Liban, le fiasco de la reconstruction à laquelle Washington a contribué a plongé les habitants dans la précarité.
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Au Liban, la détresse des réfugiés palestiniens

A Nahr El-Bared, dans le nord du Liban, le fiasco de la reconstruction à laquelle Washington a contribué a plongé les habitants dans la précarité.



Le Monde
 |    17.01.2018 à 11h36
 • Mis à jour le
17.01.2018 à 12h53
    |

            Laure Stephan (Camp de Nahr El-Bared, (nord du Liban), envoyée spéciale)








                        



                                


                            

Dans un îlot d’immeubles reconstruits près du front de mer, l’appartement où vit Omar Nabi a beau être neuf, la peinture pèle sur les murs. Deux fois diplômé, ce père de famille est revenu malgré lui à Nahr El-Bared, dans le nord du Liban, il y a quatre ans. Il avait choisi l’exil après la transformation de ce camp palestinien en champ de ruines lors des violents combats de 2007 entre l’armée libanaise et un groupuscule extrémiste, Fatah Al-Islam, inspiré idéologiquement d’Al-Qaida. Depuis son retour, il cherche désespérément un emploi : « Notre camp était le mieux loti de tous au Liban, avant la guerre de 2007 ; les commerces étaient prospères. L’économie a été mise à plat et ne s’est jamais relevée. Les jeunes sont désœuvrés. » Seule la moitié du camp a été reconstruite, plus de dix ans après les affrontements.
Comme si ces malheurs ne suffisaient pas, de nouvelles souffrances se profilent pour Nahr El-Bared. L’administration Trump a mis à exécution, mardi 16 janvier, sa menace de couper l’aide aux Palestiniens. Les Etats-Unis ont gelé plus de la moitié de leur premier versement annuel à l’Office de secours et de travaux des Nations unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient (UNRWA), déjà à court d’argent. Seuls 60 millions de dollars (49,2 millions d’euros) parviennent ainsi à l’UNRWA, au lieu des 125 millions de dollars attendus.

Principal bailleur de l’agence, Washington réclame de « revoir en profondeur la manière dont l’UNRWA fonctionne ». Mais ce gel apparaît aussi comme une punition envers l’Autorité palestinienne, qui rejette la poursuite d’une médiation américaine dans le conflit israélo-palestinien depuis la reconnaissance unilatérale par les Etats-Unis de Jérusalem comme capitale d’Israël.
Ces coupes risquent d’être un coup de massue de plus pour des réfugiés démunis ; ils se sentent déjà devenus invisibles aux yeux de la communauté internationale, accaparée par les autres crises au...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-11"> ¤ Oliver Ivanovic, en lutte avec le principal parti serbe de ce jeune Etat, a été abattu devant ses bureaux de Mitrovica.
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Au Kosovo, assassinat d’un opposant serbe

Oliver Ivanovic, en lutte avec le principal parti serbe de ce jeune Etat, a été abattu devant ses bureaux de Mitrovica.



Le Monde
 |    17.01.2018 à 11h35
 • Mis à jour le
17.01.2018 à 11h36
    |

                            service international








                        



   


C’est un assassinat qui fait trembler une région fébrile. L’opposant serbe du Kosovo, Oliver Ivanovic, a été tué, mardi 16 janvier, devant ses bureaux, à Mitrovica, dans le nord du pays. Il a été atteint par six balles tirées par des assaillants en voiture qui n’ont pas été identifiés.
Le meurtre est intervenu alors qu’une réunion entre Serbes et Kosovars était prévue à Bruxelles. Elle a été suspendue. Sous l’égide de l’Union européenne – que les deux pays veulent rejoindre –, un dialogue entre les autorités de Pristina et de Belgrade a été lancé en 2013.
Mais les négociations étaient au point mort depuis plusieurs mois, les responsables des deux pays oscillant entre déclarations nationalistes et promesses de discussions pour plaire à Bruxelles. Les hommes au pouvoir dans les deux capitales ont joué un rôle dans la guerre en 1999 entre Pristina et Belgrade, qui a abouti avec l’appui de l’OTAN à l’indépendance du Kosovo, qui n’a pas été reconnue par la Serbie.
Ancien secrétaire d’Etat serbe, chargé du Kosovo de 2008 à 2012, Oliver Ivanovic était opposé au parti de l’actuel premier ministre serbe, Alexander Vucic. Ce dernier, ancien proche de Milosevic, avait pourtant accepté l’accord avec Pristina, sous le contrôle de l’UE. M. Ivanovic était en lutte avec le principal parti serbe du Kosovo, Srpska Lista, lié à Belgrade.
Politiquement isolé
Parlant anglais et albanais, cet homme de 64 ans avait fait l’objet de plusieurs menaces. Sa voiture avait notamment été incendiée en 2017. « Nous sommes dans une situation où les Serbes ont peur de parler », expliquait-il en octobre.
Politiquement, il semblait isolé. Arrêté en 2014, il avait été condamné en janvier 2016, par les juges internationaux d’Eulex, l’instance judiciaire internationale au Kosovo, à neuf ans de prison pour « crimes de guerre contre la population civile », pour avoir ordonné la mort de neuf Albanais à Mitrovica en 1999, pendant les bombardements de l’OTAN contre les Serbes. Il avait alors été assigné à domicile. Mais la condamnation avait été annulée en 2017.

        Lire aussi :
         

                Slobodan Praljak, ex-officier croate, se suicide en avalant du poison en plein verdict



Les condamnations de l’assassinat et les appels au calme ont été unanimes de Pristina à Moscou en passant par Bruxelles et Belgrade. « Je suis sûr que cette attaque, quel qu’en soit l’auteur – Serbe, Albanais ou étranger –, vise la famille d’Ivanovic, le nord du Kosovo et les Serbes », a déclaré M. Vucic.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-12"> ¤ En conflit avec le chef du PSD, Mihai Tudose est le second dirigeant évincé en un an.
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Les socialistes roumains poussent leur premier ministre à la démission

En conflit avec le chef du PSD, Mihai Tudose est le second dirigeant évincé en un an.



Le Monde
 |    17.01.2018 à 11h30
    |

            Mirel Bran (Bucarest, correspondant)








                        



                                


                            

Après sept mois à la tête du gouvernement roumain, le social-démocrate Mihai Tudose, 50 ans, s’en va. Le chef du Parti social-démocrate (PSD), Liviu Dragnea, lui a annoncé, lundi 15 janvier au soir, qu’il n’avait plus le soutien du parti. C’est le deuxième premier ministre à quitter ses fonctions en sept mois. Sorin Grindeanu, proposé par le même Liviu Dragnea, avait quitté le gouvernement par la petite porte. En juin 2017, après six mois à la tête du gouvernement, son parti l’avait privé de son poste après une motion de censure au Parlement.
L’opposition libérale demande au chef de l’Etat, Klaus Iohannis, de prendre des mesures drastiques au sujet du PSD. « Nous voulons des élections anticipées, a déclaré le président du Parti libéral, Ludovic Orban, dans l’opposition. Les gens qui dirigent la Roumanie sont toxiques pour le pays. » M. Iohannis se déclare inquiet après cette nouvelle chute du gouvernement. « Le PSD a échoué deux fois, a-t-il déclaré mardi 16 janvier. Nous avons besoin rapidement d’un nouveau gouvernement. L’incertitude politique ne doit pas dégénérer en crise politique. »
Il a nommé l’ancien ministre de la défense comme premier ministre par intérim, et espère trouver une issue à la situation mercredi 17 janvier après consultation de tous les partis. Le PSD a proposé Viorica Dancila, une eurodéputée social-démocrate, pour conduire le gouvernement. Présenté comme un geste envers l’UE, le choix s’explique surtout par sa proximité et sa fidélité à Liviu Dragnea. Sa mission : continuer l’offensive contre la justice engagée par le PSD.
« Le suspect Dragnea »
Car ces démissions, qui ressemblent à un suicide politique, s’expliquent par l’impossibilité pour Liviu Dragnea de devenir premier ministre en raison de ses problèmes judiciaires. Sa formation, héritière de l’ancien Parti communiste, est arrivée au pouvoir en décembre 2016 après avoir laminé l’opposition libérale avec 46 % des suffrages....




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-13"> ¤ Le 4 janvier, le général de brigade a donné une preuve de vie, alors que ses partisans disaient qu’il avait été tué avec son oncle, Ali Abdallah Saleh.
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Le retour de Tarek Saleh, neveu et successeur potentiel de l’ex-président

Le 4 janvier, le général de brigade a donné une preuve de vie, alors que ses partisans disaient qu’il avait été tué avec son oncle, Ali Abdallah Saleh.



Le Monde
 |    17.01.2018 à 11h15
    |

            Louis Imbert








                        



                                


                            

Où est le général de brigade Tarek Saleh ? Selon ses partisans, le neveu et bras armé de l’ex-président yéménite Ali Abdallah Saleh avait été tué le 4 décembre 2017, aux côtés de son oncle, dans un dernier combat mené contre leurs anciens alliés houthistes, contre lesquels ils venaient de se retourner.
Pendant un mois, les houthistes ont mené une purge sévère dans la capitale yéménite, Sanaa, qu’ils contrôlaient avec M. Saleh depuis septembre 2014. Ils recherchaient le général Tarek et prenaient des otages dans le clan Saleh, afin de dissuader ses fidèles de se dresser de nouveau contre eux, révèle le panel d’experts de l’ONU pour le Yémen dans leur rapport annuel. Les houthistes ont également coopté des membres du parti de M. Saleh, le Congrès général du peuple (CGP), au sein de leur « gouvernement » remanié et non reconnu par la communauté internationale.

Pourtant, Tarek Saleh est passé entre les mailles du filet. Le 4 janvier, son compte Twitter a donné une preuve de vie, en publiant une brève insulte. Le 11 janvier, l’officier s’est montré en public dans la province de Shabwa (sud-est), en zone progouvernementale. Il rendait visite à la famille d’Aref Al-Zoka, l’ancien secrétaire général du CGP, tué par les houthistes en décembre. Tarek venait ainsi de rejoindre la longue liste des successeurs potentiels de M. Saleh, aux côtés du fils de l’ex-président, Ahmad Ali, qui vit en résidence surveillée aux Emirats arabes unis.
Répression féroce
Depuis, l’Arabie saoudite, qui mène la guerre aux houthistes à la tête d’une coalition de pays arabes, aurait fait part à ses partenaires yéménites de sa tentation d’aider Tarek Saleh à regrouper ses alliés dans la région. « Cela prendrait du temps, mais Tarek pourrait mener une force contre les houthistes vers Taëz », une ville essentielle pour laquelle les deux camps se battent depuis plus de trois ans, ou sur la côte de la mer Rouge, estime Hicham Bachrahil, le directeur du journal...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-14"> ¤ Le rapport des experts des Nations unies met en garde contre les ingérences étrangères et la fragmentation du pays, laminé par près de trois années de guerre.
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Yémen : l’ONU s’inquiète d’un risque de partition

Le rapport des experts des Nations unies met en garde contre les ingérences étrangères et la fragmentation du pays, laminé par près de trois années de guerre.



Le Monde
 |    17.01.2018 à 10h56
 • Mis à jour le
17.01.2018 à 11h08
    |

            Marie Bourreau (New York, Nations unies, correspondante) et 
Louis Imbert








                        



                                


                            

Après trois ans de conflit au Yémen, l’ONU dresse un constat de décès, sans appel. « Le Yémen, en tant qu’Etat, a pratiquement cessé d’exister, estime le panel des experts pour le pays, dans un rapport confidentiel de 79 pages, remis au Conseil de sécurité et consulté par Le Monde. Au lieu d’un seul Etat, il y a une myriade de petits Etats qui se font la guerre, mais aucun n’a le soutien politique ou la force militaire suffisants pour rassembler le pays ou parvenir à une victoire militaire sur le terrain. »
Le comité des sanctions devrait se réunir fin janvier pour décider des suites à donner à ce rapport, qui accuse par ailleurs l’ensemble des parties du conflit d’avoir commis des violations généralisées des lois internationales et humanitaires. « Aucun progrès vers un règlement pacifique n’a été enregistré en 2017 » dans ce pays où 22 millions de personnes ont ­désormais besoin d’une aide humanitaire d’urgence.

Le Yémen est devenu l’otage de la guerre par procuration que livre l’Arabie saoudite, à la tête d’une coalition de pays arabes sunnites en mars 2015, à l’Iran chiite. Ce dernier apporte un soutien limité aux rebelles houthistes, maîtres de la capitale, Sanaa, depuis septembre 2014. Les experts soulignent dans leur rapport l’effacement du gouvernement légitime en exil, au nom duquel Riyad est entré en guerre. Dans une charge sévère, ils estiment que le président Abd Rabbo Mansour Hadi ne contrôle plus « les forces de sécurité et les ­forces militaires opérant pour le compte de [son] gouvernement ».
Equation politique compliquée
Au contraire, les Emirats arabes unis, le principal membre au sol de la coalition, s’appuient dans le Sud sur le mouvement Al-Hirak, animé d’une volonté sécessionniste. « Etant donné la durée du conflit, le manque de progrès militaires, les divisions qui se sont fait jour, la sécession du sud du Yémen est maintenant une possibilité très réelle »,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-15"> ¤ Les nationalistes catalans s’unissent autour de Puigdemont, et les libéraux dépassent le Parti populaire dans les sondages.
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Catalogne : Rajoy face au défi indépendantiste et à la concurrence de Ciudadanos

Les nationalistes catalans s’unissent autour de Puigdemont, et les libéraux dépassent le Parti populaire dans les sondages.



Le Monde
 |    17.01.2018 à 10h39
 • Mis à jour le
17.01.2018 à 10h49
    |

            Sandrine Morel (Barcelone, envoyée spéciale)








                        



                                


                            

C’est un double défi pour Mariano Rajoy, le chef du gouvernement espagnol, pris en étau entre les unionistes et les nationalistes catalans. Mardi 16 janvier, dans la soirée, à la veille de la constitution du nouveau Parlement catalan, les deux principales formations indépendantistes, Ensemble pour la Catalogne (JxC) et la Gauche républicaine de Catalogne (ERC), ont annoncé un accord in extremis, sans en donner les détails, pour « soutenir la candidature à la présidence de la Généralité [le gouvernement catalan] de Carles Puigdemont ».
L’ancien président catalan, destitué le 27 octobre 2017 par Madrid, après avoir proclamé l’indépendance de la région autonome, s’est installé à Bruxelles, fin octobre, pour fuir la justice espagnole qui le poursuit pour « rébellion, sédition et détournement de fonds publics ». Mais il n’a pas abandonné l’ambition de reprendre ses fonctions, quitte à le faire à distance, par vidéoconférence.

Pour le chef du gouvernement espagnol, il s’agit d’une nouvelle provocation. « Dans le cas supposé où on prétendrait que M. Puigdemont assiste à un débat d’investiture depuis Bruxelles, le gouvernement déposerait un recours immédiat », a-t-il prévenu, lundi, avant d’ajouter que tant que le prochain président catalan ne prendra pas « physiquement » ses fonctions, la mise sous tutelle de la région « restera en vigueur ».
Nervosité au sein de la droite
L’annonce des indépendantistes, signe que le conflit institutionnel risque de perdurer en Catalogne, s’ajoute à un autre défi pour M. Rajoy : la concurrence de plus en plus aiguë de Ciudadanos. La jeune formation libérale a le vent en poupe depuis que la tentative de sécession de la Catalogne a fait de la question territoriale l’une des principales préoccupations des Espagnols. A tel point que, dopé par sa victoire aux élections catalanes du 21 décembre 2017, qui ne lui permet cependant pas de revendiquer...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-16"> ¤ L’exposition de la tapisserie de 70 mètres de long et de 50 cm de haut n’est pas prévue avant cinq ans, mais la décision spectaculaire a été prise par l’Elysée à un moment diplomatiquement crucial.
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La France va prêter la tapisserie de Bayeux aux Britanniques

L’exposition de la tapisserie de 70 mètres de long et de 50 cm de haut n’est pas prévue avant cinq ans, mais la décision spectaculaire a été prise par l’Elysée à un moment diplomatiquement crucial.



Le Monde
 |    17.01.2018 à 10h24
 • Mis à jour le
17.01.2018 à 10h47
    |

            Philippe Bernard (Londres, correspondant)








                        



   


Une tapisserie pourrait-elle raviver entre le Royaume-Uni et la France une « Entente cordiale » ternie par le Brexit ? Le président Macron va en tout cas adresser ce message à la première ministre Theresa May en annonçant, jeudi 18 janvier à l’occasion du 35e sommet franco-britannique, le prêt par la France à Londres de la tapisserie de Bayeux, une œuvre d’art dans l’Hexagone depuis neuf cent cinquante ans. Le directeur du Bayeux Museum a confirmé au Times, le premier à annoncer la nouvelle, que des études préparatoires à ce prêt historique étaient en cours.
L’exposition de la tapisserie de 70 m de long et de 50 cm de haut n’est pas prévue avant cinq ans et l’Elysée précise que, vu sa fragilité, le transport suppose une restauration partielle. Mais la décision spectaculaire a été prise à un moment diplomatiquement crucial, pour tenter de séduire les Britanniques et de faciliter les concessions notamment financières que M. Macron a sollicitées, mardi à Calais, au sujet de l’accueil au Royaume-Uni de jeunes migrants et de l’aide à la sécurisation du tunnel et au développement du Calaisis. Le choix de la tapisserie de Bayeux, qui raconte la conquête de l’Angleterre par les Normands, peut être perçu comme ironique. Mais il pourrait donner une profondeur historique à la rencontre diplomatique prévue jeudi entre Mme May et M. Macron à l’école militaire de Sandhurst (sud-ouest de Londres) et montrer à quel point l’histoire des deux pays est mêlée, sinon partagée. Commandée par la Maison de Normandie, la tapisserie a probablement été tissée par des artisans anglais. Jeudi, le président français doit visiter aussi le Victoria and Albert Museum de Londres, qui pourrait être un destinataire naturel pour l’exposition de la tapisserie de Bayeux.
Geste à haut degré symbolique
Après le don d’un cheval de la garde républicaine au président chinois Xi, le prêt de la tapisserie de Bayeux confirme l’habilité d’Emmanuel Macron pour les gestes à haut degré symbolique. Ce dernier intervient alors que le président veut associer Londres à sa promesse d’une non-reconstitution de la « jungle » de Calais et souhaite faire « monter le prix » à payer par les Britanniques pour le maintien des accords du Touquet de 2003 qui leur permettent d’effectuer les contrôles policiers et douaniers sur le sol français.
La tapisserie de Bayeux facilitera-t-elle un accord sur la gestion de la frontière trans-Manche ? Le symbole serait fort. Il séduit en tout cas le Times. « Ce serait de l’argent bien dépensé. Resituer la frontière à Douvres [en cas de dénonciation par la France des accords du Touquet] ne bénéficierait à aucun des deux pays » écrit le quotidien conservateur, qui salue, en français, le « beau geste » du président français.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-17"> ¤ Le président des Etats-Unis a passé le test à sa propre demande, pour faire taire les rumeurs sur sa santé mentale. Il a obtenu le score maximal de 30/30.
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Donald Trump a passé un test cognitif, démentant les rumeurs sur sa santé mentale

Le président des Etats-Unis a passé le test à sa propre demande, pour faire taire les rumeurs sur sa santé mentale. Il a obtenu le score maximal de 30/30.



Le Monde
 |    17.01.2018 à 10h21
 • Mis à jour le
17.01.2018 à 11h22
   





                        



   


Le médecin de la Maison Blanche, Ronny Jackson, a annoncé mardi 16 janvier que Donald Trump avait obtenu vendredi le score maximal de 30/30 au test cognitif de Montréal (le Montreal Cognitive Assessment, ou MoCA). « Il n’y a absolument aucun signe d’un quelconque problème cognitif », a ajouté le médecin du président. Le dirigeant a, selon le docteur Jackson, demandé lui-même à passer ce test, afin de faire taire les rumeurs persistantes concernant sa santé mentale. Il est le premier président des Etats-Unis à passer ce test.
Le MoCA est un test destiné à évaluer les fonctions cognitives et à détecter des dysfonctionnements cognitifs, en particulier quand il paraît s’agir de troubles légers. Toute inquiétude peut être levée au-delà de 26/30. Il a été conçu par le docteur Ziad Nasreddine, publié en 2005, et est un des plus utilisés dans le monde pour ce genre d’évaluations.
Existant en de nombreuses versions et langues, il consiste en un court questionnaire d’une page destiné à mesurer entre autres la mémoire, les fonctions exécutives, les capacités d’abstraction, la concentration, le langage, le calcul, l’orientation dans le temps et l’espace. La durée du test est d’environ dix minutes.
Les personnes examinées ont instruction, par exemple, de copier un cube, dessiner une horloge indiquant une heure spécifiée (avec une note distincte pour le contour, les chiffres et les aiguilles), ou reconnaître trois animaux (par exemple un lion, un rhinocéros et un chameau). Elles doivent ensuite répéter une liste de mots (comme visage, velours, église, marguerite, rouge) et de chiffres, se les remémorer un peu plus tard, et exécuter une série de soustractions faciles de type 100-7, puis 93-7 et ainsi de suite. Un exemple du test est disponible ici.
Des tâches qui peuvent paraître simples pour toutes les personnes en bonne santé mentale mais qui font fonctionner des processus mentaux que les personnes affectées par les maladies d’Alzheimer ou de Parkinson ont beaucoup de difficultés à mobiliser.
Tenter de faire taire les critiques
Si ses détracteurs lui reprochent un vocabulaire limité, le président états-unien a réussi haut la main l’épreuve du langage, selon le médecin. Il n’a ainsi eu aucun problème pour énumérer en une minute le maximum de mots débutant par la même lettre par exemple. Parmi les autres exemples de questions : « Dites-moi en quoi une montre et une règle se ressemblent », un train et une bicyclette. Enfin, Donald Trump devait donner le jour, le mois et l’année, de même que l’endroit et la ville où il se trouvait.
Les interrogations sur les capacités mentales de l’hôte de la Maison Blanche ont été relancées par le livre polémique du journaliste Michael Wolff qui dresse un portrait au vitriol de l’ancien magnat de l’immobilier, assurant que son entourage doute de sa faculté à gouverner.

        Lire :
         

          Donald Trump mis en difficulté par le livre sur les coulisses de sa présidence



Des compétences que le test du MoCA, s’il est unanimement reconnu dans son domaine, ne prétend cependant pas jauger. Le MoCA n’a en effet pas été conçu pour évaluer la personnalité et les capacités de prise de décision et n’est destiné qu’à détecter les cas de démence.
Durant la conférence de presse du docteur Jackson, le spécialiste médical de CNN et neurochirurgien Sanjay Gupta a cependant fait remarquer que le test de Montréal n’est pas entièrement fiable pour détecter les premiers stades d’une démence, tels que des changements de personnalité ou d’humeur.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-18"> ¤ Au Royaume-Uni jeudi, Emmanuel Macron tentera d’obtenir davantage de coopération de la part des Britanniques sur la question des migrants de Calais.
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Sollicitée pour soulager Calais, Londres s’est toujours montrée réticente

Au Royaume-Uni jeudi, Emmanuel Macron tentera d’obtenir davantage de coopération de la part des Britanniques sur la question des migrants de Calais.



Le Monde
 |    17.01.2018 à 10h02
 • Mis à jour le
17.01.2018 à 14h55
    |

            Philippe Bernard (Londres, correspondant)








                        



                                


                            

Fini le temps des slogans : Emmanuel Macron, qui promettait en mars 2016 que, en cas de Brexit, « les migrants ne seraient plus à Calais », autrement dit que la frontière serait reportée du côté britannique, devrait formuler des exigences plus modestes, jeudi 18 janvier, à l’occasion du 35e sommet franco-britannique, à l’école militaire de Sandhurst, au sud-ouest de Londres. Mardi, à Calais, en lever de rideau des discussions avec la première ministre Theresa May, le président de la République a dit attendre « de la part de nos amis britanniques » – auxquels il devrait annoncer vouloir prêter la monumentale tapisserie de Bayeux, une première depuis 950 ans – une meilleure gestion de la question des immigrés mineurs isolés, une coopération policière et diplomatique renforcée et une aide au développement économique du Calaisis.

Plus question, semble-t-il, de renverser la table en remettant en cause le principe des accords du Touquet de 2003, qui font peser sur la France la gestion de l’entrée au Royaume-Uni en permettant aux douaniers et policiers de sa majesté d’opérer sur le sol français. Si demande française de « renégocier » ces accords il y a, elle consisterait seulement à adjoindre un protocole où le Royaume-Uni s’engagerait à examiner les dossiers des jeunes migrants désireux de rejoindre des membres de leur famille résidant sur le sol britannique, voire à en accueillir un certain nombre. En cela, il ne s’agirait que de mettre en œuvre le règlement européen de Dublin qui, par exception à la règle de l’examen des demandes d’asile par l’Etat de première entrée, oblige le pays de destination à accueillir les mineurs y rejoignant leur famille.
Côté britannique, cette demande de Paris ne devrait pas recevoir un accueil enthousiaste. La version anglaise du communiqué annonçant le sommet de Sandhurst ne mentionne pas la question de la frontière trans-Manche. Mardi, après le discours de M. Macron,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-19"> ¤ Le message « America First » du président Donald Trump rend l’installation de jeunes étrangers plus difficile aux Etats-Unis. Les deux pays frontaliers profitent de ce changement de donne.
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Mexique et Canada ouvrent leurs portes aux talents de la Silicon Valley

Le message « America First » du président Donald Trump rend l’installation de jeunes étrangers plus difficile aux Etats-Unis. Les deux pays frontaliers profitent de ce changement de donne.



Le Monde
 |    17.01.2018 à 09h42
    |

                            Caroline Talbot (New York, correspondance)








                        



                                


                            

Longtemps, les aspirations de Guadalajara (Etat de ­Jalisco au Mexique) à devenir la « Silicon Valley » de l’Amérique latine ont fait ­sourire. Mais l’« America first » de Donald Trump est en train de changer la donne. Les visas de travail H1B censés permettre aux jeunes étrangers de travailler dans les start-up californiennes sont plus difficiles à obtenir. Alors que l’administration Trump se ferme, les pays voisins s’ouvrent. « Maintenant, les décideurs nous écoutent », s’amuse John Tory, le maire de ­Toronto, venu vanter les mérites de sa ville à New York.
Au Canada, le permis de travail de deux ans est accordé en moins de deux semaines
Mexicains et Canadiens ont de solides arguments. « Le permis de travail de quatre ans s’obtient très facilement », assure Cindy Blanco, directrice de Startupgdl.com, l’association qui pousse au développement de la « Silicon Valley » de Jalisco. Et d’ajouter : « Nous serions ravis d’accueillir les “dreamers”. » Il s’agit des Latinos arrivés jeunes enfants aux Etats-Unis et qui, bien qu’intégrés, restent illégaux aux yeux du gouvernement américain et ne sont pas certains de pouvoir rester. Le Congrès n’a pas encore légiféré. « Les dreamers sont bilingues, nous voulons les adopter », affirme Mme Blanco.

Au Canada, un visa créé en juin 2017 ouvre en grand les portes du pays. Le permis de travail de deux ans est accordé en moins de deux semaines, promettent les autorités locales. Et il n’y a aucune limite au nombre de postulants. Toby Lennox, le président de l’agence Toronto Global, dresse un portrait « stable et progressiste » de la métropole : 51 % de ses habitants sont nés à l’étranger, 90 000 immigrants arrivent chaque année. Le mariage homosexuel est légal, tout comme le recours à l’avortement ou l’usage de la marijuana.
Potentiel technologique
Guadalajara affiche aussi haut et fort le talent de la population locale,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-20"> ¤ Analyse. Pour le journaliste du service international Philippe Pons, la reprise du dialogue intercoréen complexifie l’équation géostratégique en rappelant que l’avenir de la péninsule dépend aussi – sinon d’abord – des Coréens.
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-20"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Les deux Corées amorcent une timide tentative de rapprochement

Analyse. Pour le journaliste du service international Philippe Pons, la reprise du dialogue intercoréen complexifie l’équation géostratégique en rappelant que l’avenir de la péninsule dépend aussi – sinon d’abord – des Coréens.



Le Monde
 |    17.01.2018 à 08h59
 • Mis à jour le
17.01.2018 à 09h08
    |

            Philippe Pons (Tokyo, correspondant)








                        



                                


                            
Analyse. L’accalmie qui se dessine en Corée à la faveur des Jeux olympiques d’hiver de Pyeongchang, auxquels participera une équipe nord-coréenne, amorce-t-elle une détente durable, une fois éteints les feux de l’évé­nement, ou bien la péninsule retombera-t-elle dans une tension non exempte de ­risques de conflit ? Les déclarations à Pyongyang et à Séoul donnent à penser que la ­première hypothèse n’est pas à exclure, les deux pays essayant de reprendre la main dans un jeu qui risque de les entraîner dans un nouveau conflit fratricide.

Plus que le rétablissement des communications officielles intercoréennes, suspendues depuis deux ans et rétablies depuis le 9 janvier, c’est l’amorce d’une dynamique de rapprochement entre Pyongyang et Séoul qui peut faire évoluer la donne. Un tel rapprochement est, lui, interrompu depuis dix ans.
les tenants du rapprochement intercoréen ­cherchaient surtout à créer un climat de ­confiance afin de désamorcer une hostilité d’un demi-siècle
Les projets de coopération décidés lors du second sommet intercoréen à Pyongyang en octobre 2007 ont été balayés par le conser­vateur Lee Myung-bak, arrivé au pouvoir l’année suivante. Ce dernier reprochait à la « politique du rayon de soleil » de ses prédécesseurs de ne pas avoir empêché la République populaire démocratique de Corée (RPDC) de poursuivre ses ambitions nucléaires et d’avoir au contraire favorisé ses avancées par de généreux financements.
Sans faire preuve d’angélisme à l’égard du régime nordiste, les tenants du rapprochement intercoréen ­cherchaient surtout à créer un climat de ­confiance afin de désamorcer une hostilité d’un demi-siècle. L’administration Bush, qui, à partir de 2002, plaça la RPDC dans l’« axe du Mal », s’employa à torpiller cette politique qui n’a atteint que partiellement ses objectifs et demeure frappée d’anathème pour la droite sud-coréenne, dont la présidente, Park Geun-hye, arrêtée pour abus de pouvoir en...




                        

                        

