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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-1"> ¤ A voir aussi ce soir. Laurent Védrine nous conte la fabuleuse histoire d’une passion française (sur LCP à 20 h 30).
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TV - « La Reine bicyclette : l’histoire des Français à vélo »

A voir aussi ce soir. Laurent Védrine nous conte la fabuleuse histoire d’une passion française (sur LCP à 20 h 30).



Le Monde
 |    16.01.2018 à 18h00
    |

            Alain Constant








                        


Documentaire sur LCP à 20 h 30

Drôle, instructif et riche de nombreuses archives filmées, dont certaines ­datent du début du XXe siècle, ce documentaire retrace l’histoire d’une passion française : la bicyclette. Dès son apparition, aux alentours des années 1890, cette dernière est présentée comme un véritable bienfait social. D’abord réservée aux classes aisées, elle se démocratise, permet aux femmes de se déplacer, aux ouvriers d’aller au turbin. Mais, très vite, à Paris – où vélos, calèches, omnibus, charrettes et piétons se disputent l’espace public –, la cohabitation se révèle difficile.
Après une dizaine d’années de bagarre, le vélo et l’automobile vont finir par chasser des rues le cheval et le piéton. Au début des années 1910, la bicyclette devient un outil banal de la vie quotidienne. Dans les années 1920, la vente par correspondance (avec notamment le catalogue Manufrance) permet à tout le pays, même dans les coins les plus reculés, de s’offrir un vélo. Et plus tard, les premiers congés payés vont en faire un symbole de liberté.

   


Précieux outil de ravitaillement pour les citadins durant l’Occupation, il perd cependant du terrain après-guerre. La bagnole démocratisée et les deux-roues motorisés donnent des cyclistes l’image de marginaux ou de pauvres n’ayant pas d’autres choix de ­locomotion. Mais en 1973, le choc pétrolier redonne de l’espoir aux amateurs de la petite reine. Des manifs écolos ont lieu sur les Champs-Elysées aux cris de « Des vélos, pas d’autos ! » Le Mouvement de défense de la bicyclette ne compte pas encore beaucoup de militants.
En 1974, la ville de La Rochelle met gratuitement à disposition de la population 300 vélos jaunes en libre-service. A Strasbourg, le premier plan vélo date de 1978. Les autres municipalités traînent des pieds. En 1995, le mois de grève dans les transports en commun tombe à pic : 250 000 vélos sont achetés. Les premières pistes ­cyclables parisiennes voient le jour en 1996, et Lyon fait découvrir le Vélo’v avant le Vélib’parisien. Symbole de la modernité à ses débuts, la bicyclette devient – ironie de l’histoire – celui d’une contre-modernité nécessaire. Et comme le rappelle l’un des témoins : « Le vélo est un outil de liberté. Et la ­liberté, c’est de la politique. »
La Reine bicyclette : l’histoire des Français à vélo, de Laurent Védrine (Fr, 2013, 55 min).



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-2"> ¤ Arthur et Audrey Kermalvezen, nés par PMA, se battent depuis de longues années pour l’accès à leurs origines des enfants conçus grâce au don.
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Comment Arthur Kermalvezen, né d’un don de gamète anonyme, a retrouvé son géniteur

Arthur et Audrey Kermalvezen, nés par PMA, se battent depuis de longues années pour l’accès à leurs origines des enfants conçus grâce au don.



Le Monde
 |    16.01.2018 à 16h52
 • Mis à jour le
16.01.2018 à 18h43
    |

            Gaëlle Dupont








                        



   


Cela faisait plusieurs semaines qu’ils tenaient leurs découvertes secrètes et se demandaient quand ils allaient faire exploser cette bombe. Car c’est bien de cela qu’il s’agit. Le lancement des états généraux de la bioéthique, jeudi 18 janvier, les a décidés. Arthur et Audrey Kermalvezen, âgés de 34 et 37 ans, sont mariés et tous deux nés par procréation médicalement assistée avec don de sperme. Depuis des années, ils luttent ensemble contre l’anonymat à vie des donneurs, comme c’est la règle en France. Ils pensent qu’elle ne tiendra plus longtemps. Et en donnent la preuve.
De simples tests génétiques récréatifs, de ceux qui sont offerts en cadeau de Noël aux Etats-Unis pour connaître les origines géographiques de ses ancêtres, ont permis à Arthur de retrouver son géniteur. Audrey a, quant à elle, eu l’assurance que son frère était né du même donneur qu’elle, et s’est découvert un demi-frère et une demi-sœur.

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Ils n’ont pas fait ces tests « de gaieté de cœur », car la loi française interdit d’y recourir, mais « en dernier recours ». Elle, juriste spécialisée en droit de la bioéthique et lui, commercial dans l’immobilier, ont été auditionnés ensemble et séparément depuis une dizaine d’années par une ribambelle de ministres de la santé, de la famille, de la justice. Ils ont saisi les tribunaux pour avoir accès à tout ou partie de leurs origines personnelles. En vain. « Nous restons inaudibles et invisibles », constate Arthur.
Un besoin médical et existentiel
Si l’ouverture de la procréation médicalement assistée aux couples de femmes et aux femmes seules fait partie des principaux thèmes des états généraux de la bioéthique, l’accès à leurs origines des enfants conçus par don ne figure pas au menu des débats. « Nous ne sommes pas contre la PMA, sinon nous ne serions pas là, dit Audrey. Mais nous pensons qu’elle peut être améliorée et humanisée. » Ils souhaitent le maintien de l’anonymat lors du don, mais la possibilité pour l’enfant de connaître l’identité du donneur à sa majorité. Pour eux, cette quête relève du besoin médical (connaître ses antécédents) mais surtout existentiel.
« Nos pères [non biologiques] sont assurés de l’amour que nous leur portons, dit Audrey. Ce que nous voulons, c’est connaître un visage, savoir qui nous a permis de naître. » 
L’« aventure humaine extraordinaire » qu’ils sont en train de vivre commence le 23 septembre. Une dizaine de membres de l’association PMAnonymes (qui en compte 300) ou de proches, tous nés d’un don de gamètes, se réunissent pour procéder à des tests génétiques. Baptisés « ancestry composition », ils ont été achetés 99 dollars (81 euros) pièce sur 23andme.com et expédiés par la poste. Pour savoir si vos ancêtres étaient bretons ou africains, il suffit de placer sa salive dans un tube et d’expédier les échantillons à l’entreprise, qui se charge d’identifier les variants génétiques spécifiques à certaines origines.
Mais celle-ci propose aussi, en option, de participer au programme « DNA relatives » (parents ADN). Après décryptage, elle recherche des correspondances entre les génomes de sa base de données, des « matchs ». « A ce moment-là, l’espoir, c’est d’avoir dans dix ou quinze ans un match avec quelqu’un de la famille du donneur et de remonter le fil », explique Arthur.
« En voyant mon demi-frère et ma demi-sœur, je peux m’imaginer mon géniteur. Je me sens plus ancrée. Et en même temps, je suis inquiète. Combien ai-je de demi-frères et demi-sœurs dans la nature ? », Audrey
Tout va aller plus vite… Trois semaines après, les résultats arrivent. Stupeur : sur les 10 personnes qui ont effectué le test, quatre sont demi-frères et sœurs, donc nés du même donneur. Audrey et son frère, qui ignoraient avoir été conçus avec les gamètes du même homme, et Sophie et David, deux membres de l’association, également frères et sœurs, dont Audrey est proche.
« Je suis ravie, dit Audrey. En voyant mon demi-frère et ma demi-sœur, je peux m’imaginer mon géniteur. Je me sens plus ancrée. Et en même temps, je suis inquiète. Combien ai-je de demi-frères et demi-sœurs dans la nature ? » La loi interdit la conception de plus de 10 enfants avec les paillettes de sperme d’un même homme. Dans le cas d’Audrey, elle connaissait deux d’entre eux en ignorant leur lien de parenté. « On nous dit qu’il n’y a pas de risque de consanguinité, ce n’est pas vrai », commente-t-elle.
« Bravo de m’avoir retrouvé »
Arthur, de son côté, se découvre un « match » à 6,28 % avec un certain Larry, qui vit en Angleterre. Larry est un « first cousin », cousin germain. Magie des réseaux sociaux, Arthur le retrouve sur LinkedIn, et entre en contact avec lui sur WhatsApp. « Si je matche avec vous, c’est que le donneur est dans votre entourage familial », explique Arthur. Sans lui donner la réponse, Larry ne dément pas, l’encourage à chercher, lui indique la région française d’où une partie de sa famille est originaire. Et lui livre ce faisant la clé de l’énigme. Larry a composé son arbre généalogique, accessible sur le site Internet Ancestry. Un seul homme de la branche française a l’âge compatible avec un don, le petit frère du grand-père de Larry.

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Arthur a de la chance : son géniteur ne s’appelle pas Paul Durand ou François Martin. Avec seulement un prénom et un nom, il retrouve son adresse. « Voilà trente ans que je cherchais quelqu’un qui vit à une heure trente en voiture de chez moi », s’exclame-t-il. Contrairement à Audrey qui l’a appris à l’âge de 29 ans, Arthur a toujours connu son mode de conception, et explique avoir attendu cette rencontre depuis son plus jeune âge. Mais il ne veut pas l’importuner, ni lui faire peur. Il rédige une lettre, avec l’aide de ses parents, de sa sœur, et de sa femme. « Je m’appelle Arthur, j’ai 34 ans (…) Depuis toujours je me pose la question, à qui dois-je aussi d’être né ? (…) Cela me permettrait de raconter à mes enfants qui est mon géniteur, de leur expliquer d’où ils viennent. (…) J’ai déjà un père, je n’en cherche pas un autre. J’espère du plus profond de mon cœur que vous serez sensible à ma demande. » 
« Il m’a dit qu’on avait l’obstination comme point commun. Et qu’il trouvait très bien que ce que j’ai fait puisse servir aux autres qui cherchent », Arthur
Pour plus de discrétion, Arthur charge des voisins de remettre sa lettre en main propre au donneur, sans témoins. Le 25 décembre, son téléphone sonne. « D’abord, bravo de m’avoir retrouvé, je ne sais pas comment tu as fait, mais bravo », dit la voix. Son géniteur n’a pas choisi le jour au hasard, son appel est un cadeau. Alors Arthur a enfin su où, quand, et « surtout pourquoi » cet homme avait fait ce geste. Donneur de sang régulier, il était sensible à l’idée qu’un couple de parents aide un autre couple à le devenir. Arthur a appris au passage être issu de paillettes congelées pendant dix ans, le don ayant eu lieu dans les années 1970.
« Il m’a dit qu’on avait l’obstination comme point commun, détaille Arthur. Et qu’il trouvait très bien que ce que j’ai fait puisse servir aux autres qui cherchent. » D’autant que le géniteur du jeune homme a appris être porteur d’une maladie génétique rare qu’il pourrait avoir transmise à Arthur et ses enfants, et que ceux-ci doivent donc pratiquer des examens. Une rencontre est prévue mais pour l’instant, ils se sont seulement parlé au téléphone. Et Arthur a vu une photo.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-3"> ¤ Notre choix du soir. Le magazine animé par Elise Lucet fait sa rentrée avec une enquête consacrée aux géants Lactalis et Sodiaal (sur France 2 à 20 h 55).
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Scandale Lactalis : l’enquête de « Cash Investigation » sur les produits laitiers

Notre choix du soir. Le magazine animé par Elise Lucet fait sa rentrée avec une enquête consacrée aux géants Lactalis et Sodiaal (sur France 2 à 20 h 55).



Le Monde
 |    16.01.2018 à 11h31
 • Mis à jour le
16.01.2018 à 11h47
    |

                            Mathieu Ait Lachkar








                        


Magazine sur France 2 à 20 h 55

C’est l’histoire d’un paradoxe. Celui d’un secteur d’activité évalué à 27 milliards d’euros de chiffre d’affaires en France, qui pourtant ne rapporte rien à ceux qui en sont la source. En octobre 2016 déjà, France 2 avait consacré un numéro d’« Envoyé spécial » à l’industrie laitière qui se concentrait principalement sur la mobilisation des éleveurs laitiers contre Lactalis. En cause, les cours intenables imposés par le numéro un mondial aux producteurs dont certains travaillent parfois plus de soixante-dix heures par semaine, à perte. Cette année-là, ils étaient d’ailleurs 10 000 à mettre la clef sous la porte.
Mais alors, où passe l’argent de la production ? C’est à cette question qu’a tenté de répondre Jean-Baptiste Renaud pour « Cash Investigation ». Le journaliste a enquêté pendant un an sur le secteur laitier, notamment sur Lactalis – au cœur de l’actualité dans le scandale des laits infantiles contaminés par des salmonelles –, réputé faire partie des groupes qui paient le moins bien les agriculteurs. Afin d’en comprendre les raisons, il s’est penché de plus près sur cette entreprise familiale opaque, dirigée par Emmanuel Besnier, onzième fortune de France, selon le classement 2017 de l’hebdomadaire économiques Challenges. Une enquête pour le moins édifiante.
Conflit d’intérêts
On découvre que Lactalis ne publie pas ses comptes, alors que la loi le lui impose. Celle-ci prévoit même, dans certains cas, une amende de 2 % du chiffre d’affaires par jour de retard dans la publication des comptes d’une entreprise. A condition toujours que celle-ci les ait publiés au préalable. Ce qui n’est pas le cas de Lactalis. Une situation kafkaïenne, puisque le magazine de France 2 révèle également un conflit d’intérêts au sein du tribunal de commerce de Laval (ville où siège Lactalis), chargé de faire publier ses comptes à l’entreprise. Son vice-président n’est autre qu’un cadre dirigeant du groupe mayennais.

   


Alors, après mûre réflexion, certains fermiers, comme Pierre, se sont dit qu’il était préférable de travailler pour la coopérative Sodiaal. Tenue par des fermiers pour des fermiers, elle est censée être plus vertueuse. De prime abord seulement. Car, en 2016, Sodiaal, maison mère de Yoplait et Candia, figurait aussi sur la liste des mauvais payeurs. Si la coopérative reverse bien tous ses bénéfices déclarés à ses agriculteurs, il semblerait qu’elle en dissimule une partie dans plusieurs de ses filiales, afin de faire grimper sa valeur.
Ainsi, en 2015, les exploitants de chez Sodiaal se seraient contentés de 3,5 millions d’euros sur les 51 millions de bénéfices enregistrés par la coopérative. Pourtant, cet argent, ils en auraient bien besoin depuis que le groupe les a poussés vers une agriculture productiviste dès la fin des quotas laitiers en 2015, dans l’espoir d’éponger leurs dettes. Mais c’était loin d’être une bonne idée. En témoigne, dans le documentaire, la frénésie hyperproductive du secteur laitier en Nouvelle-Zélande, pays où la dette des éleveurs se chiffre en millions d’euros. Loin des reportages cousus de fil blanc sur la énième manifestation d’agriculteurs mécontents, « Cash Investigation » s’attache à comprendre pourquoi, dans un secteur où tout va bien pour les industriels, les agriculteurs survivent. Si la réputation de Lactalis n’est plus à faire, la partie sur Sodiaal, elle, est plus surprenante.
Produits laitiers : où va l’argent du beurre ?, de Jean-Baptiste Renaud (Fr., 2017, 140 min).



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-4"> ¤ Avec 4,44 millions d’euros, le réalisateur de « Valérian et la Cité des mille planètes » arrive en tête du palmarès réalisé par le site Cinéfinances.info, devant Dany Boon et Guillaume Canet.
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Et le réalisateur français le mieux payé en 2017 est… Luc Besson

Avec 4,44 millions d’euros, le réalisateur de « Valérian et la Cité des mille planètes » arrive en tête du palmarès réalisé par le site Cinéfinances.info, devant Dany Boon et Guillaume Canet.



Le Monde
 |    16.01.2018 à 10h53
 • Mis à jour le
16.01.2018 à 11h05
    |

            Nicole Vulser








                        



   


Fâcheuse coïncidence : le jour où la mini-major EuropaCorp annonce la suppression d’un quart de ses effectifs en France, lundi 15 janvier, son fondateur, Luc Besson, est distingué dans le classement des salaires des réalisateurs de films français sortis en 2017. Avec 4,44 millions d’euros, dont la moitié en salaire et le reste en minimum garanti sur ses droits d’auteurs, Luc Besson arrive en tête du palmarès réalisé par le site Cinéfinances.info.
Le réalisateur de Valérian et la Cité des mille planètes est, par ailleurs, producteur de ce film à très gros budget (197,4 millions d’euros sans compter les 49 millions d’euros de frais de publicité exigés aux Etats-Unis) dont les recettes, outre-Atlantique, n’ont pas, loin s’en faut, atteint les sommets espérés pour atteindre sa rentabilité. Selon Box Office Mojo, les aventures spatiales, historiquement les plus chères pour une production indépendante française, ont engrangé 33,6 millions d’euros de recettes en France et 150,6 millions à l’international depuis leur sortie en juillet 2017.

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Dany Boon arrive en deuxième position dans ce classement, avec 3,5 millions d’euros de rémunération pour Raid dingue, sorti à la fin de 2016, qui a coûté 32,4 millions d’euros. Guillaume Canet a, lui, touché 2,5 millions d’euros pour Rock’n Roll, tandis que Christian Duguay a obtenu 1,26 million pour Un sac de billes. Grâce à Santa & Cie, un film à gros budget (28,3 millions d’euros), qui a eu la malchance de sortir le jour de la mort de Johnny Hallyday, Alain Chabat a été rémunéré 1,25 million d’euros.
« Explosion des rémunérations des réalisateurs »
Arrivent, ensuite, Olivier Marchal, avec un million d’euros pour Carbone, Mélanie Laurent qui a empoché 935 000 euros avec Plonger, le duo Erik Toledano et Olivier Nakache qui a obtenu 612 000 euros pour Le Sens de la fête et Yvan Attal qui a négocié 600 000 euros pour Le Brio.

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Ce classement de Cinéfinances.info – qui publie le budget de financement des films français – prouve une chose : la décision du Centre national de la cinématographie et de l’image animée (CNC), en décembre 2014, de plafonner à 990 000 euros les rémunérations dans les films français, pour tenter de contenir l’inflation galopante des budgets des films français, n’a manifestement pas produit l’effet escompté.
Selon cette étude, « on assiste à une explosion des rémunérations des réalisateurs » : les salaires et minimums garantis des dix cinéastes les mieux payés représentaient, en 2017, 42 % de l’ensemble des rémunérations perçues par les réalisateurs d’un film français, contre 23 % en 2016. De même, la moyenne des rémunérations a augmenté de 41,2 % en 2017 pour atteindre 192 000 euros.

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La part des rémunérations des réalisateurs est passée de 3,5 % à 5,5 % du budget des films l’an dernier. De plus, certains cinéastes se sont choisis eux-mêmes comme principaux interprètes de leurs longs-métrages et ont donc reçu, à l’instar de Dany Boon, Guillaume Canet, Alain Chabat et Albert Dupontel de coquets émoluments supplémentaires.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-5"> ¤ Le réalisateur polonais de « The Last Family », s’est inspiré de la vie tragique du peintre Zdzislaw Beksinski.
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édition abonné


Jan P. Matuszynski : « le pays s’éloigne de la démocratie »

Le réalisateur polonais de « The Last Family », s’est inspiré de la vie tragique du peintre Zdzislaw Beksinski.



Le Monde
 |    16.01.2018 à 09h13
    |

            Jacques Mandelbaum








                        



                                


                            

Ce n’est pas tous les jours qu’un film polonais digne de ce nom arrive sur nos écrans. Après Ida, de Pawel Pawlikowski (2013), c’est de nouveau le cas avec le premier long-métrage de fiction de Jan P. Matuszynski, 33 ans, formé au cinéma à l’uni­versité de Silésie, à Katowice. Inspiré de la vie du peintre polonais ­Zdzislaw Beksinski, célèbre pour ses peintures au surréalisme macabre, le film s’intéresse moins à l’artiste qu’à sa vie familiale, constamment filmée par le peintre, et tout aussi tragique que ses toiles. Femme succombant à la maladie, fils suicidé, l’artiste est lui-même assassiné le 21 février 2005. Tendre et sombre à la fois, The Last Family est un film fascinant et étrange, tout comme son auteur.
Zdzislaw Beksinski était très connu en Pologne. Pourquoi alors ce choix déconcertantde mettre en scène l’homme plutôt que l’artiste  ?
Je voulais éviter le film biographique ou l’étude du processus artistique. Je ne connais aucun bon film sur l’art. La découverte du scénario de Roberto Bolesto m’a convaincu de faire le film. L’histoire y dépasse largement le cadre de la peinture. Dans le film, elle n’est qu’un fond sur lequel se détache un personnage qui ne ressemble en rien à sa peinture. Beksinski ressemblait à un petit enseignant de province. Il a passé sa vie, depuis la fin des années 1950, à faire des enregistrements, sonores, puis filmés, de sa vie familiale. La famille Beksinski est sans doute la famille la plus do­cumentée au monde. Ce qui me ­plaisait beaucoup dans le scénario, c’était aussi que tout le monde y mourait et que Beksinski, avant de mourir lui-même, était le ­témoin de chacune de ces morts.
Ce filmage permanent était aussi une manière de mettre de la distance entre lui et les événements qui le frappaient. Votre mise en scène repose-t-elle aussi sur cette distanciation  ?
Nous avons lutté pour ne surtout pas influencer le spectateur avec nos propres opinions....




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-6"> ¤ En réponse à la tribune publiée dans « Le Monde » par un collectif de 100 femmes, dont Catherine Deneuve, l’ancienne ministre des droits de la femme juge que l’affaire, « politique », doit être réglée par le gouvernement au plus vite.
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-6"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Yvette Roudy : « On trouve encore des femmes du côté de la “domination masculine” »

En réponse à la tribune publiée dans « Le Monde » par un collectif de 100 femmes, dont Catherine Deneuve, l’ancienne ministre des droits de la femme juge que l’affaire, « politique », doit être réglée par le gouvernement au plus vite.



Le Monde
 |    16.01.2018 à 08h56
    |

Yvette Roudy (Ministre aux droits de la femme de 1981 à 1986)







                        



                                


                            
Tribune. Quand j’ai entendu les premières protestations venues d’Amérique s’insurger contre le harcèlement sexuel, je me suis dit : « enfin la relève est assurée » et, aussitôt après, je me suis demandé quand la riposte se produirait-elle. Je n’ai pas eu à attendre longtemps. Le 10 janvier, elle est arrivée de… France, et elle venait de… femmes. En tête – et on ne parle que d’elle – Catherine Deneuve. Oui, vous avez bien lu : celle qui avait signé le « Manifeste des 343 » revendiquant le droit à l’avortement, un droit toujours menacé, soit dit en passant. Je souligne que ce Manifeste est daté de janvier 1971, soit il y a plus de quarante ans. Une autre époque.

J’apprends que Catherine Deneuve, dans une lettre envoyée à la presse, s’excuse auprès de celles qui ont pu se sentir agressées par la tribune parue dans Le Monde. Dont acte… Je ne pense pas que l’on attende de moi que j’entre en conflit avec Catherine Deneuve. Je ne le ferai pas.
Une « question de pouvoir »
Quoi qu’il en soit, la riposte publiée dans Le Monde est habile et ceux qui l’ont suscitée sont « très malins ». On va – se sont-ils dits – utiliser le « vieux truc » : des femmes contre d’autres femmes. Et ça marche encore. On trouve encore des femmes du côté de la « domination masculine ». Sauf que, cette fois, cela risque de ne plus fonctionner car il y a de plus en plus de féministes (avez-vous d’ailleurs remarqué que le mot n’est plus un « gros mot » ?).
Avez-vous aussi remarqué que quelques hommes (pas nombreux, mais ce n’est qu’un début) se trouvent du côté des premières protestataires ? Et que ces dernières sont rejointes par celles qui se souviennent du temps des « petits chefs » ou des « gros chefs », comme le dit si bien Laurence Rossignol. Car voyez-vous, l’affaire est une « question de pouvoir ». Oui, de pouvoir. Celui que l’on a sur celles qui, hiérarchiquement, sont à notre merci et n’osent pas dire...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-7"> ¤ Ce portrait de l’amante et muse de l’artiste, peint en 1937, concentre tout ce que les collectionneurs recherchent. Un tableau d’abord exposé à Hongkong et Taipei, avant d’être vendu à Londres le 28 février.
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Un Picasso proposé à 50 millions de dollars

Ce portrait de l’amante et muse de l’artiste, peint en 1937, concentre tout ce que les collectionneurs recherchent. Un tableau d’abord exposé à Hongkong et Taipei, avant d’être vendu à Londres le 28 février.



Le Monde
 |    16.01.2018 à 07h32
 • Mis à jour le
16.01.2018 à 08h03
    |

                            Roxana Azimi








                        



   


C’est sans doute l’une des œuvres les plus importantes des grandes ventes d’art moderne organisées en février à Londres. Sotheby’s propose le 28 de ce mois Femme au béret et à la robe quadrillée, un portrait de Marie-Thérèse Walther par Pablo Picasso, daté de 1937.
Cette jeune femme blonde et discrète devient l’amante et la muse de l’artiste andalou à partir de 1932, « année érotique », remarquablement mise en scène jusqu’au 11 février au musée national Picasso-Paris. Picasso la représente alors sous des traits doux et voluptueux. Cinq ans plus tard, Marie-Thérèse Walther est toujours sa compagne. Mais une autre femme plus intellectuelle et engagée, Dora Maar, est entrée dans sa vie depuis 1935.
Dans le tableau mis en vente par Sotheby’s, le traitement du visage ressemble davantage aux portraits torturés de Dora Maar. « C’est un visage hybride, peint sous le signe de la dualité, abonde Thomas Bompard, spécialiste chez Sotheby’s. Picasso est passé des femmes qui rêvent aux femmes qui pleurent, des égéries tout en courbes à celles acérées, taillées comme des diamants. »
Un tableau jamais mis sur le marché
Pour le courtier Thomas Seydoux, « le tableau concentre tout ce que les collectionneurs recherchent : la représentation d’un des modèles les plus célèbres de Picasso, une période parmi les plus recherchées, de la couleur, de la matière, de la spontanéité dans le traitement de la collerette et de l’épaisseur au niveau des joues. » Last but not least, le tableau, acheté directement à la succession de l’artiste, n’est jamais passé sur le marché.

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                A Paris, l’optimisme revient dans les salles des ventes



L’estimation d’environ 50 millions de dollars se cale peu ou prou sur l’adjudication de 67 millions de dollars obtenue en 2015 par Christie’s pour Femme à la résille (1938) représentant Dora Maar. Elle est toutefois bien en deçà du prix du Rêve, un portrait de Marie-Thérèse daté de 1932, vendu pour 155 millions de dollars en 2013 par Steve Wynn, magnat des casinos de Las Vegas, au gestionnaire de fonds spéculatifs Steve Cohen, ou encore du prix des Femmes d’Alger (1955) qui avait dépassé les 100 millions de dollars en 2015.
Sans surprise, la Femme au béret sera d’abord exposée à Hongkong et Taipei avant d’être vendu à Londres. « Picasso est le premier nom sur la liste de souhaits des acheteurs asiatiques », explique Thomas Bompard. En 2015, le producteur chinois Wang Zhongjun avait ainsi acheté une Femme au chignon de 1948 pour 30 millions de dollars.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-8"> ¤ Chaque mardi, « La Matinale du Monde » vous propose une sélection de séries à (re)découvrir sur petit écran.
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Une vendetta, Unabomber et des adolescents à la dérive : notre semaine en séries

Chaque mardi, « La Matinale du Monde » vous propose une sélection de séries à (re)découvrir sur petit écran.



Le Monde
 |    16.01.2018 à 06h42
 • Mis à jour le
16.01.2018 à 08h56
   





                        



   


LES CHOIX DE LA MATINALE
Cette semaine, on s’intéresse à l’histoire d’une vendetta à Birmingham, on revient sur la traque de « Unabomber » par le FBI et on plonge dans la noirceur des années adolescentes.
« Peaky Blinders » : la vendetta des Changretta

Après une saison 3 mal fagotée autour d’un complot russe – mais qui, à son habitude, se refermait sur un éblouissant épisode final –, les Peaky Blinders sont toujours vivants mais la corde au cou, en cette saison 4. Tout d’abord de manière littérale, puis, au terme d’un improbable retournement de situation, de façon métaphorique. Car revient d’Amérique Luca Changretta, qui entend tuer les membres de la famille des Peaky Blinders, un à un, en représailles au meurtre de son père et de son frère à Birmingham, plusieurs années auparavant. Une vendetta née de l’époque où Tommy, chef du gang des Peaky Blinders, avait mis un pied dans le trafic des courses de chevaux tenu par les Italiens et massacré la famille Changretta, mais en laissant en vie la mère et son jeune fils Luca, partis se réfugier à New York.
Tout en s’auto-citant grâce à la reprise, au ralenti, de superbes plans des Peaky Blinders marchant dans les bas-fonds de Birmingham, et même en usant jusqu’à la corde de certaines sous-intrigues, cette saison renoue avec les meilleures et superbes heures de ses débuts. Personnages, comédien (ne) s, décors, réalisation, musique, tout concourt à regretter que Peaky Blinders ne compte que six épisodes, chaque saison. Martine Delahaye
Peaky Blinders, série créée par Steven Knight. Avec Cillian Murphy, Adrian Brody, Helen McCrory, Paul Anderson, Tom Hardy (RU, 2013, 6 × 52 minutes). Sur Arte, jeudi 18 à 20 h 55 pour la saison 4 (trois épisodes à la suite), ou sur Netflix pour les quatre saisons tournées à ce jour.
« Manhunt : Unabomber », pour amateurs de « profilage »

Il envoyait ses bombes comme un simple colis par la poste, a réussi à déjouer tous les services du FBI pendant près de quinze ans, et n’a longtemps été dénommé que « Unabomber » (le diminutif de UN[iversity]/A[irlines] BOMB[er], ses victimes travaillant prioritairement à l’université ou dans des compagnies aériennes). En réalité, il s’appelait Ted Kaczynski et fut finalement capturé en 1996.
S’inspirant de cette histoire réelle, Manhunt : Unabomber retrace les années de recherche, de fausses pistes et de recoupements pour parvenir à identifier celui qui, grâce à ses mini-bombes artisanales mêlées au courrier, parvint à tuer et blesser une quinzaine de personnes. L’histoire de cette traque s’ouvre ici avec l’arrivée au FBI d’un débutant dans le profilage, Jim Fitzgerald (Sam Worthington), alors que les plus fins limiers se rendent fous à tenter de réduire le nombre de leurs dizaines de milliers de suspects potentiels.
On vous laisse le plaisir de découvrir comment cet agent va passer de l’hypothèse, soutenue par les pontes du FBI, que Unabomber est très probablement mécanicien dans une compagnie aérienne et peu éduqué, à celle d’un prodige des mathématiques (167 de QI) ultra-solitaire. M. De.
Manhunt : Unabomber, série créée par Andrew Sodroski, Jim Clemente, Tony Gittelson. Avec Sam Worthington, Paul Bettany, Chris Noth (EU, 2017, 8 × 42 minutes). Sur Netflix.
« The End of the F***ing World » : portrait d’adolescents à la dérive

Très proche par sa thématique de Born to Kill (diffusée au début du mois par Canal +), The End of the F***ing World (l’une des plus récentes séries proposées par Netflix) se distingue par son touchant portrait de deux adolescents à la dérive. Dans les deux séries, les garçons sont meurtriers ; dans les deux, ils rencontrent une camarade de classe arrivée en cours d’année scolaire ; dans les deux, il est affaire de père absent et fantasmé ; dans les deux, tout se termine au bord de l’eau de façon plus ou moins tragique. Absent dans Born to Kill, un humour doux-amer éclaire heureusement la noirceur de The End of. On le relève en particulier dans les scènes des deux enquêtrices chargées de l’affaire, qu’une nuit arrosée a précipitées dans le même lit. Thriller autant que road-movie, The End of offre de surcroît de très belles images de l’Angleterre côtière, auxquelles la réalisation parvient à donner des airs de grands espaces nord-américains, désolés et sublimes. Renaud Machart
The End of the F***ing World, série créée par Charlie Covell. Avec Alex Lawther, Jessica Barden, Gemma Whelan, Wunmi Mosaku, Steve Oram (GB, 2017, 8 × 20 min.) Sur Netflix.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-9"> ¤ Le réalisateur britannique, auteur notamment de « Bons baisers de Bruges » aborde dans son film les thèmes de la lutte féministe et des brutalités policières.
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Cinéma : avec « 3 Billboards », Martin McDonagh dans l’air du temps

Le réalisateur britannique, auteur notamment de « Bons baisers de Bruges » aborde dans son film les thèmes de la lutte féministe et des brutalités policières.



Le Monde
 |    16.01.2018 à 06h41
 • Mis à jour le
16.01.2018 à 17h01
    |

                            Thomas Sotinel








                        



                                


                            

Ce n’est pas en une demi-heure d’interview que l’on peut cerner Martin McDonagh. A 47 ans, l’ex-enfant prodige et terrible du théâtre britannique répète à l’envi son peu d’estime pour ce moyen d’expression et dit qu’il est avant tout un homme de cinéma. Mais lui qui, à 27 ans, voyait quatre de ses pièces jouées simultanément sur les scènes londoniennes (un exploit que personne n’avait répété depuis Shakespeare) n’a réalisé que trois longs-métrages depuis 2008, année de la sortie du remarquable et remarqué Bons baisers de Bruges.
Ce champion de l’incorrection (il faillit gâcher sa gloire toute neuve en insultant Sean Connery un soir de remise de trophées) et de la provocation (au théâtre, il aime à scander ses spectacles de scènes sanguinolentes qui feraient passer Titus Andronicus pour un divertissement de Chantal Goya) se voit selon sa propre expression « étonnamment dans l’air du temps » avec 3 Billboards, qui réussit à faire écho, dans le même film, au mouvement Black Lives Matter et à la vague #metoo : « J’ai écrit le film il y a huit ans, affirme-t-il, en se souciant comme d’une guigne de l’éventuelle incrédulité de son interlocuteur. L’histoire était déjà située dans le Missouri. Les événements de Ferguson sont une coïncidence étrange, tout comme de sortir le film au moment de l’affaire Weinstein, avec un personnage féminin aussi fort qui se dresse contre tous ces hommes. »
C’est pendant un de ces voyages qui occupent les longs intervalles entre ses films que Martin McDonagh a entrevu, à travers la vitre du bus qui traversait une ville du sud des Etats-Unis, trois panneaux publicitaires qui reprochaient à la police locale de ne pas avoir élucidé un meurtre. « J’y ai lu de la colère, de la douleur et du courage – il en faut pour se mesurer aux flics, se souvient-il. Ça m’est resté à l’esprit pendant longtemps. Une fois que j’ai eu décidé que c’était une femme qui avait fait...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-10"> ¤ Elle a été découverte lundi dans une chambre d’hôtel de Londres. Son groupe avait vendu des millions d’albums dans les années 1990, porté notamment par le succès de « Zombie ».
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Dolores O’Riordan, « mater dolorosa » du rock irlandais et chanteuse des Cranberries, est morte

Elle a été découverte lundi dans une chambre d’hôtel de Londres. Son groupe avait vendu des millions d’albums dans les années 1990, porté notamment par le succès de « Zombie ».



Le Monde
 |    16.01.2018 à 06h40
 • Mis à jour le
16.01.2018 à 09h23
    |

                            Stéphane Davet








                        



                                


                            

Baigné de guitares saturées, son chant de Madone gaélique, alternant notes cristallines, yodels et rugissements rauques, avait incarné, en 1994, la douleur et l’indignation suscitées par les victimes du conflit nord-irlandais, dans une chanson, Zombie, devenue un tube planétaire, transformant au passage son groupe, The Cranberries, en l’une des formations pop rock les plus populaires des années 1990. La chanteuse, guitariste, auteure et compositrice irlandaise Dolores O’Riordan est morte lundi 15 janvier dans un hôtel de Londres, où elle séjournait à l’occasion de l’enregistrement de sessions avec le groupe D.A.R.K. (formé avec l’ancien bassiste des Smiths, Andy Rourke). Une enquête a été diligentée pour déterminer les raisons, encore inconnues, de son décès.

Parmi les nombreux hommages qui commençaient à affluer lundi, celui du président irlandais, Michael Higgins, rappelait que Dolores O’Riordan et The Cranberries, avec près de 40 millions de disques vendus, « ont eu une immense influence sur la musique rock et pop en Irlande et à l’étranger ».
Formée dès 5 ans dans la chorale de l’église
Née le 6 septembre 1971 à Ballybricken, dans le comté de Limerick, au sud-ouest de l’Irlande, cette benjamine d’une famille de sept filles, élevée dans un environnement rural et conservateur, se forme au chant dès l’âge de 5 ans, dans la chorale de l’église et dans ces conservatoires de musiques traditionnelles que sont les pubs locaux. Compositrice précoce de chansons, elle intègre à 18 ans un groupe rock régional, The Cranberry Saw Us (jeu de mots sur « cranberry sauce »), formé par les frères Noel (guitare) et Mike (basse) Hogan, avec le batteur Fergal Lawler.

Rebaptisé The Cranberries, le quatuor produit quelques morceaux avec un indépendant, avant de signer un contrat avec Island, la maison de disques de leurs compatriotes U2. Publié en 1993, leur premier album, Everybody Else Is Doing It, So Why Can’t We ?,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-11"> ¤ « La Matinale du Monde » publie chaque mardi un strip du dessinateur Voutch.
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T’es sûr qu’on est mardi ?, par Voutch (épisode 69)

« La Matinale du Monde » publie chaque mardi un strip du dessinateur Voutch.



Le Monde
 |    16.01.2018 à 06h39
 • Mis à jour le
16.01.2018 à 07h08
   





                        



   





                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-12"> ¤ Célèbre depuis les années 1990, avec des tubes comme « Zombie », « Just My Imagination » ou « Animal Instinct », le groupe a vendu plus de 40 millions d’albums.
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La chanteuse des Cranberries, Dolores O’Riordan, est morte à 46 ans

Célèbre depuis les années 1990, avec des tubes comme « Zombie », « Just My Imagination » ou « Animal Instinct », le groupe a vendu plus de 40 millions d’albums.



Le Monde
 |    15.01.2018 à 18h26
 • Mis à jour le
16.01.2018 à 02h56
   





                        



   


La chanteuse du groupe irlandais de pop-rock The Cranberries, Dolores O’Riordan, est morte « soudainement » lundi 15 janvier à Londres à l’âge de 46 ans, a annoncé son agent. 
« [Elle] était à Londres pour une courte session d’enregistrement, a précisé son agent, Lindsey Holmes Publicity, dans un communiqué. Les membres de sa famille sont dévastés par cette nouvelle et ont demandé le respect de leur vie privée dans cette période très difficile. »
Interrogée par l’Agence France-presse (AFP), la police londonienne a indiqué qu’elle enquêtait sur la « mort soudaine » d’une femme d’une quarantaine d’années retrouvée inanimée peu après 10 heures dans un hôtel du centre de Londres, sans confirmer l’identité de la victime.
Le prêtre de la paroisse de sa ville natale Friarstown, dans le comté irlandais de Limerick, a indiqué que la chanteuse serait enterrée en Irlande. James Walton a précisé à l’agence britannique Press Association que sa famille était « dévastée et bouleversée ». « Sa famille attend encore des détails en provenance de Londres sur sa mort », a-t-il ajouté. « Il est prévu qu’elle soit enterrée ici, chez elle. La date dépendra du moment où le corps est remis » à sa famille.
Dernier album en 2017
Particulièrement célèbre dans les années 1990, avec des tubes comme Zombie (sur la guerre en Irlande du Nord), Just My Imagination ou Animal Instinct, le groupe a vendu plus de 40 millions d’albums à travers le monde. L’album No Need to argue s’était classé numéro un en Australie, en France et en Allemagne et numéro six aux Etats-Unis.

En 2003, lassé des tournées intensives et en panne d’inspiration, le groupe formé à Limerick, en Irlande, avait décidé de faire une pause.
« En 2003, mon fils avait 5 ans, ma fille 2 ans et je les emmenais sur la route avec nous. J’ai compris que ce n’était pas juste pour eux. Et puis, du point de vue créatif, nous étions dans une ornière. Nous avions besoin d’une pause », racontait Dolores O’Riordan à l’AFP en 2012. La chanteuse avait alors tenté une carrière solo, avec un premier album, Are you listening ? sorti en France en 2007.
Les Cranberries s’étaient retrouvés en 2009 et avaient sorti l’album Roses trois ans plus tard. En 2014, O’Riordan avait fait parler d’elle pour avoir agressé une hôtesse de l’air lors d’un vol de New York vers l’Irlande. Elle avait été diagnostiquée bipolaire peu de temps après. Condamnée à payer une amende, la chanteuse avait déclaré qu’elle utiliserait la musique, la danse et la scène pour améliorer sa santé mentale.
Le dernier album du groupe, Something Else, est sorti en 2017. Ils avaient dû annuler plusieurs concerts, évoquant alors les problèmes de dos de la chanteuse. Peu avant Noël, Dolores O’Riordan publiait un message sur la page Facebook du groupe : « Bonjour à tous, ici Dolores. Je me sens bien ! », écrivait-elle, disant avoir fait son « premier concert depuis des mois ce week-end ».
« Immense influence »
En 1994, la chanteuse irlandaise avait épousé le manager du groupe Duran Duran, Don Burton, avec lequel elle avait eu trois enfants. Le couple s’était séparé en 2014 après vingt ans de vie commune. « Nous sommes anéantis », a réagi Duran Duran sur Twitter.
Le groupe irlandais Kodaline s’est dit « absolument choqué », tandis que les hommages affluaient. Dave Davies, du groupe The Kinks, a publié une photo où il apparaît à ses côtés. « Je suis vraiment choqué que #DoloresORiordan soit morte si soudainement. Je lui ai parlé quelques semaines avant Noël et elle semblait heureuse et en forme – nous avons même parlé d’écrire peut-être quelques chansons ensemble. »

I’m really shocked that #DoloresORiordan has passed so suddenly 
— davedavieskinks (@Dave Davies)


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Le président irlandais, Michael Higgins, lui a également rendu hommage en affirmant qu’elle et son groupe « ont eu une immense influence sur la musique rock et pop en Irlande et à l’étranger ».



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-13"> ¤ Titulaire depuis trente ans des grandes orgues Cavaillé-Coll de la basilique des rois de France, le musicien français est mort à l’âge de 61 ans
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Pierre Pincemaille, une vie à la tribune de Saint-Denis

Titulaire depuis trente ans des grandes orgues Cavaillé-Coll de la basilique des rois de France, le musicien français est mort à l’âge de 61 ans



Le Monde
 |    15.01.2018 à 17h57
    |

                            Marie-Aude Roux








                        



   


Après la disparition de Michel Chapuis, en novembre 2017, la famille de l’orgue français est de nouveau en deuil : Pierre Pincemaille, le titulaire des grandes orgues de la basilique cathédrale de Saint-Denis depuis trente ans, s’est éteint à l’hôpital Foch, à Suresnes (Hauts-de-Seine), dans la nuit du 12 janvier, des suites d’un cancer du poumon qui l’a emporté en trois mois. Il avait eu 61 ans le 8 décembre 2017. Pierre Pincemaille était fier de jouer le premier orgue du grand facteur Cavaillé-Coll, un instrument de 1840 « connu des organistes du monde entier » et « d’une valeur historique inestimable ».
Outre huit enregistrements d’improvisation, un genre dans lequel il excellait, Pierre Pincemaille a essentiellement gravé le répertoire français de la fin du XIXe siècle et de la première moitié du XXe siècle. Du « patriarche » César Franck, véritable créateur de la nouvelle Ecole symphonique d’orgue française, dont il réalise une intégrale, au jeune Messiaen, en passant par l’ensemble des œuvres de Maurice Duruflé, les dix symphonies de Charles-Marie Widor, des transcriptions de Stravinsky, ainsi que des pièces de Vierne, Jehan Alain et Pierre Cochereau qu’il considérait « comme une sorte de père spirituel, quoique n’ayant jamais pris avec lui le moindre cours ». Il a aussi enregistré avec orchestre des œuvres de Saint-Saëns, Berlioz, Jongen et Copland.
« Un musicien qui joue de l’orgue »
Curieux et ouvert, Pierre Pincemaille ne se définissait pas comme un organiste, mais comme un « musicien qui joue de l’orgue » : « J’ai un besoin viscéral de sortir de mes tuyaux », confiait-il, en 2006, au mensuel La Lettre du musicien. « Passionné, excessif en toutes choses, généreux, exigeant, engagé, dérangeant souvent… », tel que le décrit sa femme, Anne-France, épousée en 1991, dans un texte paru sur Facebook, l’organiste ne pratiquait pas la langue de bois, comme dans une lettre ouverte, en 2009, où il critiquait les dispositions d’une nouvelle convention collective des artistes musiciens des cultes.
« Il est quand même inouï que, dans quantité de cas, l’organiste soit subordonné à un animateur parfois incompétent en musique – recruté parmi les paroissiens – et qui lui impose un choix de cantiques abominables, relevant de la chansonnette de variété du plus bas étage. Ce répertoire hideux est la honte (au plan artistique) du catholicisme contemporain. »
Né à Paris, le 8 décembre 1956, dans une famille mélomane (son père, ingénieur polytechnicien, est pianiste amateur), Pierre Pincemaille commence le piano en 1965. C’est à l’initiative de son oncle, Paul Pincemaille, père économe dans la congrégation eudiste du collège Saint-Sauveur de Redon (Ille-et-Vilaine) et organiste amateur, qu’il découvre l’instrument à l’été 1968. « Je lui ai demandé s’il pouvait m’emmener à Redon voir son orgue, ce qui fut fait. J’y suis resté quarante-huit heures. Ce fut un enchantement. »
Le jeune Pierre passera dès lors toutes ses vacances à l’orgue, le reste de l’année au piano. En 1970, il est admis au Conservatoire national supérieur de musique de Paris, en solfège spécialisé, avant d’entrer, quatre ans plus tard, dans la classe d’orgue de Rolande Falcinelli. Il obtiendra cinq premiers prix – harmonie, contrepoint, fugue, orgue et improvisation –, avant de remporter cinq premiers grands prix aux concours internationaux d’orgue de Lyon (1978), Beauvais (1987), Strasbourg (1989), Montbrison (1989) et Chartres (1990).
Une virtuosité « diabolique »
Largement reconnu sur la scène internationale pour ses talents d’interprète et d’improvisateur, le musicien français, qui possède une virtuosité « diabolique », a aussi le secret de régistrations originales, qui témoignent de son imagination sonore et signent ses interprétations. Le 29 novembre 1987, à Saint-Denis, il donne son premier concert en tant que titulaire à la prestigieuse tribune de la basilique cathédrale des rois de France, poste qu’il conserve durant trois décennies, « seul maître à bord après Dieu, et heureux de l’être », ainsi qu’il se plaira à le souligner dans un passionnant entretien accordé à l’organiste Michel Roubinet, paru sur le site Concertclassic.com, le 6 juin 2016. « Il voulait reproduire dans “sa” cathédrale ce qu’il avait connu à Notre-Dame avec le grand Pierre Cochereau », écrit encore Anne-France Pincemaille.
Depuis une quinzaine d’années, il avait formé toute une génération de jeunes Français et étrangers
Nommé en 2005 professeur de contrepoint au Conservatoire de Paris, Pierre Pincemaille avait commencé à enseigner dès 1980. Depuis 2000, il était en poste à Saint-Maur-des-Fossés (pour l’improvisation), depuis 2002, à Saint-Germain-en-Laye (harmonie et contrepoint). Le musicien avait longtemps répugné à communiquer ses « recettes » d’improvisateur, préférant, comme il l’avait pratiquée lui-même avec Cochereau, l’école de la découverte par l’écoute.
Depuis une quinzaine d’années, il avait cependant formé toute une génération de jeunes Français et étrangers. « Contrairement à ce que certains imaginent, le fait d’être un improvisateur n’a rien à voir avec la composition, disait-il. Si je devais écrire, je passerais mon temps à me corriger et à me renier. Une improvisation surgit dans l’émotion de l’instant. Son attrait réside précisément dans le souvenir de ce moment éphémère. » Pierre Pincemaille aura laissé beaucoup de ces « moments éphémères » inoubliables.

Pierre Pincemaille en quelques dates
8 décembre 1956 : Naissance à Paris
1987 : Devient titulaire à la cathédrale de Saint-Denis
1990 : Remporte le Grand Prix de Chartres
2005 : Enseigne au Conservatoire de musique de Paris
12 janvier 2018 : Mort à Suresnes (Hauts-de-Seine)





                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-14"> ¤ Notre choix du soir. La nouvelle série policière belge réconcilie avec malice le réel et le virtuel, l’ancien et le moderne (sur France 2 à 21 heures).
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TV - « Unité 42 » : cybercriminalité en sous-sol

Notre choix du soir. La nouvelle série policière belge réconcilie avec malice le réel et le virtuel, l’ancien et le moderne (sur France 2 à 21 heures).



Le Monde
 |    15.01.2018 à 17h45
    |

            Véronique Cauhapé








                        


Série sur France 2 à 21 heures

Chargée de la lutte contre la cybercriminalité, l’Unité 42 accueille son nouveau chef, Sam Leroy (Patrick Ridremont), veuf, père de deux enfants et, en apparence, hermétique aux émotions. L’équipe compte trois membres principaux : Billie (Constance Gay), jeune hackeuse de génie passée du côté clair de la force ; Nassim (Roda Fawaz), le beau gosse ; et Bob (Tom Audenaert), le chic type rondelet et serviable.
La brigade est installée dans les sous-sols du commissariat principal de Bruxelles. Murs détériorés, lumières pâlichonnes, armoires en métal gris prêtent leur décor aux enquêtes haute technologie. Le contraste est amusant. Mais pas seulement. Il a le mérite d’unir et de réconcilier deux mondes (l’ancien et le moderne), deux espaces (le réel et le virtuel), deux méthodes (le terrain et l’informatique). Un parti pris dont ont su user avec malice les créateurs et les scénaristes de la série.
Les trois premières enquêtes conduisent l’équipe sur la trace d’un voyeur meurtrier, d’un recruteur djihadiste et d’un tueur d’Anonymous. Chacune est rondement menée pour être bouclée à chaque fin d’épisode.
Le monde des oubliés
Cinquante-deux minutes ne laissant guère l’opportunité de prendre des chemins de traverse, l’énigme et sa résolution s’ajustent à des dialogues purgés de vains ornements. Avec en soutien une troupe d’acteurs dont les personnalités physiques semblent naturellement poser leurs personnages. Et dont le jeu vient nourrir, nuancer, approfondir le caractère.
Cette série de la RTBF possède en outre une qualité que les Belges, à l’instar des Anglais, savent cultiver. A savoir inscrire la fiction dans une réalité sociale. L’équipe de l’Unité 42 n’agit pas dans une bulle high-tech, et le monde auquel elle se confronte est celui des oubliés, des laissés-pour-compte, des grands patrons magouilleurs et des « bienfaiteurs humanitaires » qui s’en mettent plein les poches.

   


La ville dans laquelle ils opèrent n’est pas celle des immeubles haussmanniens et des quartiers Art nouveau mais plutôt celle de la périphérie, des petits logements et des no man’s land. Un milieu urbain où l’éclat jaunâtre des néons parvient à peine à transpercer la grisaille des rues. Unité 42 nous conduit dans cette réalité. Sans crainte de nous dérouter.
Unité 42 (saison 1), série créée par Charlotte Joulia, Julie Bertrand et Annie Carels. Avec Patrick Ridremont, Constance Gay, Tom Audenaert, Roda Fawaz (Bel., 2017, ép. 1 à 3/10).



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-15"> ¤ Le réalisateur féru d’histoire nationale, dont les principaux films ont été présentés à la Quinzaine des réalisateurs, à Cannes, est mort à Caracas, le 13 janvier, à l’âge de 68 ans.
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édition abonné


Décès de Diego Risquez, cinéaste vénézuélien d’avant-garde

Le réalisateur féru d’histoire nationale, dont les principaux films ont été présentés à la Quinzaine des réalisateurs, à Cannes, est mort à Caracas, le 13 janvier, à l’âge de 68 ans.



Le Monde
 |    15.01.2018 à 16h04
 • Mis à jour le
15.01.2018 à 16h06
    |

                            Paulo A. Paranagua








                        



                                


                            
Le cinéaste vénézuélien Diego Risquez est mort samedi 13 janvier, à Caracas, à l’âge de 68 ans, des suites d’une tumeur. Auteur d’avant-garde, ses principaux films ont été présentés à la Quinzaine des réalisateurs, à Cannes, où il avait des admirateurs et des défenseurs inconditionnels. Coiffé d’un grand chapeau et d’une queue-de-cheval, il avait la fière allure de dandy romantique, familière parmi les festivaliers.
Diego Risquez Cupello est né le 15 décembre 1949, à Juan Griego, sur l’île de Margarita (Venezuela), dans une illustre famille de médecins, d’universitaires et d’académiciens. Il a reçu la passion de l’histoire vénézuélienne en héritage. Avec ses parents, il a passé une partie de son enfance et de sa jeunesse en Europe et aux Etats-Unis. Il avait ainsi ce curieux mélange d’enracinement et de cosmopolitisme qui caractérise la modernité vénézuélienne. Avec des collègues de l’université catholique Andres Bello, à Caracas, il interprète un court-métrage dès 1971. Mais avant d’embrasser le cinéma, il a été un acteur de la scène artistique, alternant les performances, le théâtre, la photographie, les installations et les expositions.
Ses films transforment l’épopée historique en symphonie plastique
La découverte des caméras Super 8 lui permet de transformer cette phase d’expérimentation en projet cinématographique. Il enchaîne ainsi deux longs-métrages tournés en Super 8 et un troisième en Super 16, qu’il considérait comme un « triptyque » : Bolivar, Sinfonia tropikal (1979), sur le patriarche de l’indépendance, Simon Bolivar ; Orinoko, Nuevo Mundo (1984), sur la période coloniale ; Amerika, terra incognita (1988), sur l’impact de la découverte des Amériques en Europe. Tableaux vivants sans dialogues, composés par un fin connaisseur de l’iconographie, ces films transforment l’épopée historique en symphonie plastique, avec une combinaison paradoxale de minimalisme et d’exubérance.
Figure de l’indépendance
Le...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-16"> ¤ Jugé en tant qu’ancien président de l’Institut national de l’audiovisuel, l’actuel président de Radio France fait appel du jugement.
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Article sélectionné dans La Matinale du 15/01/2018
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Favoritisme à l’INA : Mathieu Gallet condamné à un an de prison avec sursis

Jugé en tant qu’ancien président de l’Institut national de l’audiovisuel, l’actuel président de Radio France fait appel du jugement.



Le Monde
 |    15.01.2018 à 13h54
 • Mis à jour le
16.01.2018 à 07h18
    |

            Alexandre Piquard








                        


Le jugement est lourd : l’ancien président de l’Institut national de l’audiovisuel Mathieu Gallet a été condamné à un an de prison avec sursis et 20 000 euros d’amende, lundi 15 janvier. L’actuel président de Radio France était jugé pour « favoritisme », soupçonné d’avoir commandé environ 400 000 euros de prestations à deux sociétés de conseil sans avoir respecté les règles des marchés publics, lorsqu’il présidait l’INA. Le tribunal a plutôt suivi les conclusions du parquet, qui avait requis dix-huit mois de prison avec sursis et 40 000 euros d’amende, lors d’une longue audience tenue le 16 novembre.
Une décision contestée en appel par M. Gallet
Contacté par Le Monde, l’avocat de Mathieu Gallet, Christophe Ingrain, annonce sa volonté de contester le jugement : 
« Nous faisons immédiatement appel pour que la cour examine ce dossier avec sérénité et dans le respect des droits de la défense. Compte tenu des conditions dans lesquelles l’enquête et l’audience se sont déroulées, la décision du tribunal n’est pas une surprise. »
Dans leur plaidoirie, les avocats de Mathieu Gallet avaient tenté d’obtenir la nullité de la procédure en arguant que la procureure de la République de Créteil, Amélie Cladière, se serait montrée « partiale » et aurait commis des erreurs : par exemple en imposant à un personnage public une garde à vue superflue, en n’interrogeant pas certains acteurs-clés ou en envoyant deux citations à comparaître successives.
Les avocats avaient même porté plainte contre le parquet de Créteil pour violation du secret de l’enquête car, selon eux, l’enquête pour favoritisme n’était pas officiellement close quand, le 23 juin dernier, les agences de presse ont appris auprès du parquet le renvoi en correctionnelle de Mathieu Gallet.
Deux contrats de conseil au cœur de l’affaire
Lors de l’audition, Mathieu Gallet avait plaidé la méconnaissance de certains usages des établissements publics, assurant qu’« avant [son] arrivée à l’INA, [il] n’avai [t] jamais été confronté à ces questions de marché public ». A l’audience s’étaient affrontées deux cultures : d’un côté, l’habitude, courante dans le secteur privé, d’avoir recours à des consultants extérieurs pour mener des audits, accompagner des projets ou dispenser des conseils en communication. De l’autre, le souci de la dépense de l’argent de l’Etat, avec notamment les procédures de marchés publics.
Deux contrats étaient concernés. Le premier avait été signé avec le cabinet de conseil Roland Berger en 2013, pour accompagner la fusion des directions des archives et du dépôt légal. Un premier marché a été passé avec appel d’offres, mais il a été suivi d’un avenant puis d’un « marché complémentaire », pour un montant total de 290 000 euros, ce qui aurait pu justifier une procédure « d’appel d’offres européen ».
Selon l’accusation, l’INA dirigé par Mathieu Gallet a « saucissonné » le marché pour éviter cette procédure plus contraignante et pour le confier à Roland Berger, qui avait déjà travaillé pour l’INA en 2010. La défense avait rétorqué que seize candidats avaient été mis en concurrence, puis cinq offres formelles longuement examinées. Et que les avenants et le marché complémentaire avaient été rendus nécessaires, car la réforme s’était révélée « difficile » à mener.
Le second contrat n’avait, lui, pas fait l’objet d’une mise en concurrence. Il s’agissait de prestations commandées à Balises, la société du consultant Denis Pingaud : pour 5 000 euros par mois, soit un total de 130 000 euros, ce qui aurait dû déclencher un appel d’offres, selon la procureure. M. Gallet a justifié le choix d’un conseiller qu’il connaissait depuis 2008 et a assuré s’être « reposé sur les équipes en place », qui n’auraient pas demandé la mise en concurrence de ce contrat. « Cela a été fait » à Radio France, a ajouté M. Gallet, qui est ensuite devenu président de cette entreprise de l’audiovisuel public : une société de M. Pingaud y a obtenu un contrat de douze mois, ensuite soumis à un appel d’offres.
Mathieu Gallet n’entend pas démissionner de Radio France
Cette affaire pose la question des conséquences pour Mathieu Gallet : ce jugement peut-il gêner son action à Radio France ou obérer son avenir ? De façon préventive, le président de Radio France, interrogé par Le Monde, avait exclu de démissionner en cas de condamnation, lors d’un entretien recueilli mi-décembre : « Mon mandat court jusqu’en mai 2019 et je resterai pleinement investi jusque-là. »

        Lire l’entretien avec Mathieu Gallet :
         

          « Rapprocher des structures, est-ce être plus fort ou être plus lourd ? »



Le dossier est délicat. Dans la majorité issue de l’élection d’Emmanuel Macron, l’action de Mathieu Gallet semble faire l’objet d’une certaine bienveillance. Les choix budgétaires et les expressions de l’exécutif ont davantage ciblé le groupe France Télévisions de Delphine Ernotte que Radio France.
Joint par Le Monde, le ministère de la culture préfère prudemment renvoyer vers le Conseil supérieur de l’audiovisuel, seule autorité à pouvoir mettre fin à son mandat :
« C’est d’abord à Mathieu Gallet qu’il revient d’apprécier les éventuelles conséquences de la décision. La loi donne actuellement au seul CSA le pouvoir de nommer et de défaire les mandats. Dans ce cadre, toute intervention de l’exécutif serait critiquable. L’audiovisuel public est dans une situation spécifique : ses dirigeants doivent bénéficier de garanties d’indépendance par rapport à l’exécutif. »
Et dans un communiqué diffusé lundi soir, Mme Nyssen « réaffirme son attachement au respect des règles de la commande publique et à l’exemplarité des dirigeants des établissements et des entreprises publiques ». « Ces exigences sont le fondement indispensable de la confiance de nos concitoyens dans l’action publique », ajoute la ministre de la culture.
Quelles conséquences ?
« Le mandat des présidents (…) peut leur être retiré, par décision motivée », prise par le CSA « à la majorité des membres qui le composent », dit la loi de novembre 2013 sur l’indépendance de l’audiovisuel public. Selon nos informations, le Conseil ne devrait pas se pencher sur le cas Gallet avant au minimum mercredi, jour de sa prochaine session plénière.
Pour arguer en faveur du maintien de M. Gallet, il pourrait être mis en avant que les faits ne concernent pas Radio France mais son entreprise précédente. Par ailleurs, le fait que Mathieu Gallet ait fait appel pourrait pousser le CSA à différer sa décision.
La réaction des syndicats sera scrutée. Philippe Ballet, président de l’UNSA (quatrième syndicat de la maison), ne demande pas le départ de M. Gallet : « Doit-il démissionner ? Non, vu qu’il a fait appel. » Il regrette toutefois que « la décision conteste un peu la légitimité du président à la tête de Radio France, à un moment où la relation et le rapport de force avec la tutelle sont importants » en raison de la réforme de l’audiovisuel public annoncée par le gouvernement.
Alors que la procédure de renouvellement du mandat de Mathieu Gallet devrait, en principe, être enclenchée à la fin de 2018, l’exécutif envisage, auparavant, de changer le mode de nomination pour le confier au conseil d’administration des entreprises concernées. De plus, le gouvernement imagine de créer une structure pilotant à la fois Radio France et France Télévisions, ce qui supposerait de nommer un dirigeant unique dès le courant de 2018. Un poste auquel Mathieu Gallet pourrait, en principe, se porter candidat.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-17"> ¤ Le festival de danse contemporaine fête ses 20 ans avec une programmation mêlant toutes les esthétiques.
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L’élan toujours juvénile de Faits d’Hiver

Le festival de danse contemporaine fête ses 20 ans avec une programmation mêlant toutes les esthétiques.



Le Monde
 |    15.01.2018 à 12h03
 • Mis à jour le
15.01.2018 à 12h05
    |

                            Rosita Boisseau








                        



   


Le festival de danse Faits d’hiver a 20 ans. Il a pris de l’ampleur sans laisser au vestiaire son élan juvénile. De douze spectacles programmés dans une seule salle, en 1999, à quatorze pièces distribuées dans dix théâtres à Paris et en Ile-de-France, la manifestation parisienne, pilotée par Christophe Martin, a fait grimper les enchères de la danse contemporaine. Elle a généré un réseau de partenaires aussi variés que la Gaîté Lyrique, la Conciergerie ou Le Tarmac. De quoi faire fantasmer sur une communauté de programmateurs se battant pour l’art chorégraphique. « On n’est plus dans la concurrence entre diffuseurs comme c’était le cas il y a encore une dizaine d’années », affirme Christophe Martin, qui annonce trente-huit lieux fédérés depuis vingt ans autour de Faits d’hiver.



Ce cercle gravite autour du studio Micadanses, situé dans le Marais. Samedi 13 janvier, pour la soirée d’ouverture de la vingtième édition, la foule débordait joyeusement des nouveaux gradins – 130 places – sur des coussins pour la performance Blitz-9000 pièces. Conçue par l’Australienne Joanne Leighton, qui a présenté un extrait de Songlines sur le thème de la marche, le programme distinguait trois chorégraphes toutes générations confondues. Pauline Simon a fait dialoguer deux téléphones portables en parlant de la « sérenpidité » au cœur de son nouveau spectacle Une histoire de la distance ; Arthur Perole a rejoué un extrait envoûtant de Stimmlos, sur le thème du romantisme noir; tandis que Dominique Brun a introduit une œuvre de 1931 sur l’extase de la pionnière américaine Doris Humphrey (1895-1958). Parallèlement, une mini-exposition de dessins, photos et objets documentait leurs recherches.

        Lire aussi la critique :
         

          Arthur Perole aligne les muses



Les bras grands ouverts
L’éclectisme des propositions entre concept, écriture et ancrage historique signe cette manifestation aux bras grands ouverts depuis ses débuts. « Nous défendons toutes les esthétiques, poursuit Christophe Martin. Paradoxalement, ce qui me frappe, c’est que cette diversité, qui reflète la danse contemporaine, l’empêche de s’unifier. Les chorégraphes, qui se battent chacun dans son coin pour leur reconnaissance, ne savent pas faire front ensemble en pesant de manière collective et revendicatrice sur le développement de leur art. »
Parmi les artistes qui ont marqué le festival, Marco Berrettini, Thomas Lebrun, Geisha Fontaine et Pierre Cottreau, Annie Vigier et Franck Apertet, Carlotta Ikeda, Serge-Coulibaly, Aude Lachaise… A l’affiche de l’édition 2018 : Lionel Hoche, Camille Mutel, Eléonore Didier…Un panorama plutôt français que vient piquer un brin d’international.
« Effectivement, il y a une tendance française assumée à Faits d’Hiver dans un contexte où les chorégraphes d’autres pays sont largement soutenus à Paris, enchaîne Christophe Martin. Je n’appartiens pas à un réseau international. En revanche depuis 2015, je suis dans le Paris Réseau Danse qui regroupe quatre structures en défendant des choix communs ». 
Esprit de groupe et ouverture ont une conséquence majeure : la dilatation du cercle des spectateurs d’abord piochés dans le milieu chorégraphique au grand public. Depuis quatre ans, le festival navigue entre 85 et 92 % de taux de remplissage. Une vitesse de croisière impeccable pour franchir le cap des vingt ans.
Faits d’Hiver. Paris. Jusqu’au 17 février. Tél. : 01 42 74 46 00. De 10 à 25 euros. www.faitsdhiver.com
A lire : Paris danses d’auteurs. Nouvelles éditions Scala. 25 euros. www.editions-scala.fr



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-18"> ¤ A Gennevilliers, Julien Gosselin met en scène un texte hypnotique, écrit par Aurélien Bellanger.
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« 1993 », ou le miroir éclaté de notre monde

A Gennevilliers, Julien Gosselin met en scène un texte hypnotique, écrit par Aurélien Bellanger.



Le Monde
 |    15.01.2018 à 10h35
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            Brigitte Salino








                        



                                


                            

Julien Gosselin n’aime pas le théâtre patrimonial. A la relecture des classiques, il oppose son désir d’un théâtre européen d’aujourd’hui. Et il le met en pratique, depuis ses débuts, en choisissant des auteurs contemporains comme Michel Houellebecq, Roberto Bolaño ou Don DeLillo, dont il adaptera trois romans au prochain Festival d’Avignon. En attendant, le metteur en scène, qui, à 30 ans, est une figure de proue de la jeune génération, propose, au Théâtre de Gennevilliers, un spectacle saisissant, 1993, dont le texte a été écrit par Aurélien Bellanger.
Au départ, les deux trentenaires voulaient parler de Calais, la ville de Julien Gosselin, en recueillant des témoignages, des migrants aux skinheads. Finalement, Aurélien Bellanger s’est emparé du sujet, à sa manière, comme dans ses romans, La Théorie de l’information (Gallimard, 2012) ou Le Grand Paris (Gallimard, 2017) : 1993 est un essai politique et poétique, qui renvoie du monde un miroir éclaté.

Deux tunnels sont au centre de la réflexion de l’auteur : celui sous la Manche, et celui de l’accélérateur de particules du CERN. L’un et l’autre abolissent une frontière, entre le Royaume-Uni et la France, entre la France et la Suisse. Ils témoignent d’une Europe du début des années 1990, libérale et technologique, en laquelle des politologues comme Francis Fukuyama voyaient un symbole de la fin de l’histoire.
Autant il y a de mots, dans la première partie du spectacle, jusqu’à la saturation, autant ce sont les corps qui ensuite dominent
Aurélien Bellanger traite cette pensée avec une ironie souriante mais mordante : vous avez eu tout faux, monsieur Fukuyama, dit-il en substance, en croyant que la question politique ne reviendrait pas au pas de charge dans cette Europe où seule semblait prédominer l’économie. Elle est revenue, avec ce que l’on n’aurait pas imaginé à la fin du XXe siècle : qu’une ville comme Calais, symbole d’une Europe...




                        

                        


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Europacorp, le groupe de Luc Besson, va supprimer 22 postes sur 79 en France

La société de production et de distribution du cinéaste Luc Besson, a annoncé lundi prévoir un plan de sauvegarde de l’emploi en France.



Le Monde
 |    15.01.2018 à 10h23
 • Mis à jour le
15.01.2018 à 11h00
   





                        



   


EuropaCorp, la société de production et de distribution de cinéma en difficulté de Luc Besson, a annoncé qu’elle allait supprimer 22 emplois sur 79 en France.
« Si ce plan était adopté, l’effectif en France serait de 57 personnes à l’issue de sa mise en œuvre », explique le groupe dans un communiqué diffusé lundi 15 janvier. Il estime que cet effectif « correspond aux besoins de l’entreprise pour mener à bien sa stratégie de recentrage sur ses activités cœur de métier » dans l’Hexagone.
Le 15 décembre, EuropaCorp avait annoncé avoir essuyé une perte nette de 70,6 millions d’euros lors du premier semestre de son exercice décalé 2017-2018, due aux contre-performances des films distribués aux Etats-Unis. L’an dernier, sur la même période, le groupe était déjà dans le rouge mais n’avait perdu que 27,6 millions d’euros.
La performance de « Valérian » en question
La « mini-major » créée par Luc Besson en 1999 peine à se relever de la performance moindre qu’espéré de son film à gros budget Valérian et veut réduire ses ambitions en se contentant de produire chaque année quatre ou cinq films d’action ou thrillers, comme Lucy ou les séries Taxi ou Taken, qui ont fait son succès par le passé.
Europacorp a récemment cédé ses activités de production télévisuelle pour la France au patron de cette filiale, EuropaCorp Television, pour onze millions d’euros. Luc Besson a aussi repris les rênes de l’entreprise après le départ programmé de son directeur général, Marc Shmuger, fin 2017.
Sur les six premiers mois de son exercice, le chiffre d’affaires a, en revanche, été multiplié par deux à 138,1 millions d’euros, ce que le groupe explique par « les revenus générés par Valérian et la Cité des milles planètes ». L’action d’EuropaCorp a perdu 72 % l’an dernier.



                            


                        

                        


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édition abonné


Les photographes de mode Bruce Weber et Mario Testino accusés de harcèlement sexuel

Des mannequins dénoncent les agissements des photographes stars.



Le Monde
 |    15.01.2018 à 10h21
 • Mis à jour le
15.01.2018 à 10h27
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            Claire Guillot (avec AFP)








                        



                                


                            

La vague de dénonciations à la suite de l’affaire Harvey Weinstein continue de déferler sur la photographie de mode. Dans ce secteur où la séduction et le désir sont une composante essentielle des images, on a longtemps fermé les yeux sur les relations ambiguës cultivées par certains photographes stars avec les jeunes filles qui se dénudent devant leur objectif. Mais le vent a tourné : en octobre 2017, Terry ­Richardson, aux images ouvertement sexuelles – que des modèles avaient déjà accusé d’agression lors de shootings (ce qu’il a toujours démenti) –, a été blacklisté par tout le groupe Condé Nast (Vogue, Vanity Fair, Glamour, GQ…). Aujourd’hui, ce sont des hommes qui accusent de harcèlement deux grandes figures du milieu, Mario Testino et Bruce Weber, dans un article publié le 13 janvier par le New York Times.

Mario Testino, 63 ans, est depuis quarante ans une des vedettes du magazine Vogue. Il a photographié non seulement tous les acteurs et musiciens de premier plan, mais aussi la princesse Diana, dont il a publié un portrait mémorable en 1997 dans Vanity Fair. C’est lui, aussi, qui a pris la photo de la joueuse de tennis Serena Williams avec son bébé pour la couverture de février de Vogue. Dans le New York Times, treize hommes, mannequins et anciens assistants, l’accusent de leur avoir fait des avances ou d’avoir sollicité des relations sexuelles.

Le mannequin Ryan Locke, qui considère Mario Testino comme un « prédateur sexuel », raconte que lors d’une séance photo destinée à une publicité pour Gucci dans les années 1990, le photographe se serait enfermé seul avec lui dans le studio, et se serait jeté sur lui sur le lit en lui disant : « Je suis la fille, tu es le garçon. » Plusieurs assistants témoignent que le photographe leur touchait le sexe ou se masturbait devant eux. Roman Barret, qui travaillait pour Mario Testino à...




                        

                        

