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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-1"> ¤ Dans une tribune au « Monde », un collectif de 110 signataires, dont Elisabeth Badinter, Pierre Rosanvallon et Irène Théry, demande une réforme urgente des lois de bioéthique et l’organisation d’un débat de fond notamment sur la gestation pour autrui.
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« On ne peut plus ignorer les enfants nés par GPA »

Dans une tribune au « Monde », un collectif de 110 signataires, dont Elisabeth Badinter, Pierre Rosanvallon et Irène Théry, demande une réforme urgente des lois de bioéthique et l’organisation d’un débat de fond notamment sur la gestation pour autrui.



Le Monde
 |    16.01.2018 à 18h01
 • Mis à jour le
16.01.2018 à 18h20
    |

                            Collectif








                        



                                


                            
Tribune. Nous, associations de lutte contre l’infertilité, citoyens engagés en faveur de l’égalité des droits, demandons que le débat qui va s’ouvrir à l’occasion de la révision des lois de bioéthique soit un véritable débat, et de ce fait, inclue la gestation pour autrui (GPA). En effet, cette dernière fait partie des techniques d’assistance médicale à la procréation selon l’Organisation mondiale de la santé qui en a donné une définition précise.
1. Les enfants nés par le recours à la GPA sont là. Ils ont des parents, hétérosexuels ou homosexuels. Ils sont des milliers, de plus en plus visibles, on ne peut plus les ignorer comme des fantômes et faire comme s’ils n’existaient pas. On ne peut pas continuer à bafouer leurs droits en ignorant les jugements de la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH) qui ne cesse de condamner la France. La Cour de cassation a proposé une voie discriminante à l’égard des femmes qui ne peuvent porter un enfant puisqu’elle les efface purement et simplement de l’acte de naissance transcrit (filiation paternelle exclusivement reconnue). Pourquoi les adaptations juridiques tenant compte des condamnations de notre pays par la CEDH pour manquement aux droits de l’homme devraient-elles être apportées uniquement par les juges ?
C’est ici le rôle et la responsabilité du législateur, en relation avec la société, de faire évoluer le droit. Nous demandons la transcription intégrale à l’état civil français de la filiation de l’enfant établie légalement à l’étranger à l’égard de ses parents. Les Français y sont favorables dans leur écrasante majorité (71 % - sondage IFOP - juin 2017).
2. Il faut lutter efficacement et avec détermination contre les dérives de la GPA et les mafias qui en profitent, au-delà de la réforme urgente qu’appellent les droits fondamentaux des enfants à leur filiation. Nombreux sont ceux, en France, qui s’alarment à juste titre de la marchandisation...




                        

                        


<article-nb="2018/01/16/19-2">
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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-2"> ¤ Le gouvernement américain exige d’obtenir des données stockées en Irlande sans recourir à la coopération juridique internationale. Une affaire qui devrait, pour le juriste Théodore Christakis dans une tribune au « Monde », inquiéter les pays européens.
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« La protection de nos données personnelles pourrait être contournée par des pays étrangers »

Le gouvernement américain exige d’obtenir des données stockées en Irlande sans recourir à la coopération juridique internationale. Une affaire qui devrait, pour le juriste Théodore Christakis dans une tribune au « Monde », inquiéter les pays européens.



Le Monde
 |    16.01.2018 à 16h00
    |

Théodore Christakis (Professeur de droit international à l’Université Grenoble Alpes, membre de l’Institut universitaire de France et directeur adj...







                        



                                


                            
Tribune. La Cour suprême des Etats-Unis est actuellement saisie d’une affaire qui pourrait avoir d’importantes conséquences pour la protection des données personnelles des Européens. Le 18 janvier est la date butoir pour le dépôt des « amici curiae » (littéralement « amis de la cour »), une procédure qui permet aux différents acteurs intéressés d’intervenir pour défendre leurs intérêts ou leurs positions.
Cette affaire concerne un mandat dans lequel le gouvernement américain demande à Microsoft de lui livrer les mails d’un suspect dans une affaire de stupéfiants. Microsoft s’y oppose au motif que les données en question sont en Irlande. Selon Microsoft, les Etats-Unis doivent s’adresser à l’Irlande dans le cadre de l’accord d’entraide judiciaire entre les deux pays. Dans une décision de 2016, une cour d’appel américaine a donné raison à Microsoft et c’est cette décision que l’administration Trump essaie maintenant de renverser.

Le gouvernement américain n’a pas précisé la nationalité du suspect (il s’agit probablement d’un Irlandais). L’affaire en elle-même n’a en réalité guère d’importance au regard de l’effet recherché : permettre demain aux autorités américaines d’émettre un mandat exigeant de Microsoft ou d’un autre fournisseur (Apple, Google, Facebook…) de livrer, par exemple, les mails d’un ressortissant français suspecté d’un crime aux Etats-Unis (y compris un journaliste accusé de porter atteinte à la sécurité nationale américaine, ou les échanges d’un suspect avec son avocat), alors même que ce Français réside en France et que ses données sont stockées en France. Et ceci sans passer par une quelconque coopération judiciaire avec les autorités françaises.
Effet extraterritorial
Tant Microsoft que le gouvernement américain reconnaissent que la loi sur laquelle se fonde le mandat n’a pas d’effet extraterritorial. Mais le gouvernement soutient qu’il n’y a rien « d’extraterritorial » dans sa demande car un...




                        

                        


<article-nb="2018/01/16/19-3">
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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-3"> ¤ Le publicitaire Thomas Le Thierry décrit, dans une tribune au « Monde », l’impact majeur qu’auront les Alexa, Home Pod et autre Google Home sur les secteurs du commerce, de la publicité et du marketing qui vont devoir se réinventer.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-3"> ¤                     
                                                   
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« Avec les assistants connectés intelligents, les courses à l’ancienne vont passer à la postérité »

Le publicitaire Thomas Le Thierry décrit, dans une tribune au « Monde », l’impact majeur qu’auront les Alexa, Home Pod et autre Google Home sur les secteurs du commerce, de la publicité et du marketing qui vont devoir se réinventer.



Le Monde
 |    16.01.2018 à 15h00
    |

Thomas Le Thierry (Président de l’agence de conseil média Vizeum du groupe de publicité Dentsu Aegis Network)







                        



                                


                            
Tribune. Elle se prénomme Alexa. Les concurrents, moins glamour mais tout aussi sérieux, s’appellent Google Home ou encore Home Pod. Combien s’en vendra-t-il cette année ? Ces assistants connectés et intelligents débarquent à grand renfort de publicité et surtout, ils vont ouvrir une nouvelle ère ! On estime que d’ici 2020, un foyer américain sur deux sera équipé. Le taux d’adoption est équivalent à celui des smartphones en leur temps.
Demain, nous commanderons des produits génériques par simple commande vocale
Les progrès en matière de reconnaissance visuelle et vocale vont permettre de nous connecter de façon fiable et continue aux objets qui nous entourent : nos voitures, notre maison, et, bien sûr, nos smartphones. Ces assistants seront un maillon clé de cette chaîne. Bientôt, ces enceintes, boostées par l’intelligence artificielle, seront capables d’anticiper nos besoins et nos souhaits. Demain, nous commanderons des produits génériques par simple commande vocale. « Alexa, je n’ai plus rien dans mon frigo. J’ai besoin de yaourts ! » Alexa et ses équivalents conserveront évidemment nos références habituelles en « tête ». La prime aux produits star n’en sera que plus que renforcée. Breizh-Cola pourra-t-il encore se faire une place face à Coca ou Pepsi ?

Au-delà de cette traditionnelle bataille entre marques, une autre révolution consumériste se prépare, avec une forte diminution des lieux d’achats « en dur ». Quelle place restera-t-il pour les hypermarchés et leurs centaines de mètres de rayonnage ? Les courses « à l’ancienne », en poussant son chariot, vont progressivement passer à la postérité… C’est tout le parcours commercial qui est bouleversé : le supermarché a vécu. Le rôle mais surtout le format du point de vente est à repenser. Ces dernières années, le développement de la livraison à domicile et du « drive » ont déjà bousculé la donne, mais les assistants connectés vont achever ce changement de paradigme...




                        

                        


<article-nb="2018/01/16/19-4">
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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-4"> ¤ Dans une tribune au « Monde », Marc Renner, président de la conférence des écoles d’ingénieurs, estime qu’il faut créer un système dans lequel les apprentis-ingénieurs accéléreront l’innovation et la compétitivité des entreprises françaises.
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« La réforme de l’apprentissage doit renforcer l’accès au titre d’ingénieur, et non le fragiliser »

Dans une tribune au « Monde », Marc Renner, président de la conférence des écoles d’ingénieurs, estime qu’il faut créer un système dans lequel les apprentis-ingénieurs accéléreront l’innovation et la compétitivité des entreprises françaises.



Le Monde
 |    16.01.2018 à 15h00
    |

Marc Renner (Président de la Conférence des directeurs des écoles françaises d’ingénieurs (CDEFI))







                        



                                


                            
Tribune. Les ingénieurs français sont réputés mondialement pour leurs compétences et constituent un atout pour l’économie du pays. Pour réussir, la réforme de l’apprentissage préparée par le gouvernement devra permettre à nos jeunes ingénieurs de contribuer davantage encore à la compétitivité de nos entreprises, qui peinent à recruter : l’étude annuelle 2016 de Pôle Emploi sur les difficultés de recrutement des entreprises établissait que les ingénieurs étaient les salariés les plus difficiles à recruter.
En 2017, l’OCDE confirmait ce phénomène en relevant la pénurie de compétences en ingénierie en France par rapport à la demande. Or, en regard de ce manque d’ingénieurs en France, on constate que près d’un ingénieur français sur six travaille à l’étranger. Retenir les « talents » est donc un enjeu de compétitivité pour les entreprises, notamment industrielles, présentes en France.
le nombre d’apprentis-ingénieurs a augmenté de 32 % sur les cinq dernières années
Le recrutement par la voie de l’apprentissage constitue un moyen de plus en plus prisé par les entreprises françaises pour attirer les jeunes ingénieurs et les fidéliser, et nos écoles sont à l’écoute de ce besoin : le nombre d’apprentis-ingénieurs a ainsi augmenté de 32 % sur les cinq dernières années, et représente désormais 15 % du nombre total d’ingénieurs diplômés chaque année.
Les filières de l’apprentissage sont particulièrement favorables aux PME de nos territoires, car elles leur permettent de recruter des ingénieurs issus des écoles « voisines », le réseau des écoles s’étendant à toute la France ; sans cette proximité à la fois géographique et stratégique, ces PME ou ETI n’auraient pas forcément pu recruter de tels profils.
Un tremplin efficace
Du côté des formations, l’alternance, gratuite et rémunérée pour les élèves-ingénieurs, est très attractive et constitue un tremplin efficace vers l’emploi : les apprentis-ingénieurs connaissent une insertion professionnelle...




                        

                        


<article-nb="2018/01/16/19-5">
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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-5"> ¤ Dans sa chronique mensuelle, l’économiste Jean-Pierre Petit estime que, malgré des risques mondiaux et européens potentiels, la zone euro devrait continuer, comme en 2017, à surperformer en 2018 par rapport aux Etats-Unis, au Japon et au Royaume-Uni.
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La bonne dynamique de la zone euro

Dans sa chronique mensuelle, l’économiste Jean-Pierre Petit estime que, malgré des risques mondiaux et européens potentiels, la zone euro devrait continuer, comme en 2017, à surperformer en 2018 par rapport aux Etats-Unis, au Japon et au Royaume-Uni.



Le Monde
 |    16.01.2018 à 15h00
    |

                            Jean-Pierre Petit (Economiste et président de la société de conseil Les Cahiers verts de l'économie)








                        



                                


                            
L’éclairage. La zone euro a été la grande surprise macroéconomique de 2017. Le consensus des prévisionnistes tablait, au début de l’année dernière, sur une croissance réelle moyenne de 1,4 % pour 2017. Le résultat sera certainement de 2,4 %, soit une divergence de plus de 70 % entre la prévision et le résultat ! Actuellement, le consensus pour 2018 paraît encore trop prudent : il est de 2,2 %, alors qu’une expansion de 2,5 à 2,7 % semble plus plausible.
Sur la base d’un scénario médian à horizon de deux ans, le rattrapage macroéconomique de la zone euro devrait se poursuivre
La zone euro bénéficie toujours aujourd’hui d’une bonne dynamique et, surtout, d’une très forte diffusion géographique et sectorielle. Les derniers indices PMI (purchasing managers index, fondés sur les prévisions des directeurs d’achat du secteur manufacturier) suggèrent une croissance annualisée proche de 3 % au premier trimestre 2018.
Sur la base d’un scénario médian à horizon de deux ans (sans récession américaine ni graves accidents de crédit en Chine), le rattrapage macroéconomique de la zone euro devrait se poursuivre.
Par rapport au niveau d’avant la crise de 2008, le PIB réel de la zone euro est en effet 10 points au-dessous de celui des Etats-Unis. Cela ne s’explique pas exclusivement par les différentiels de croissance potentielle, mais par les nombreuses erreurs des gouvernements et des institutions européennes lors de la crise de la dette souveraine (2010-2012) qui ont considérablement retardé le redressement.
Un cycle économique européen encore jeune
Le rattrapage sera particulièrement marqué en matière d’investissement des entreprises. L’évolution en ­volume des dépenses des entreprises européennes en biens d’équipement accuse en effet un retard de plus de 20 points par rapport à celle des entreprises américaines. Or la plupart des voyants sont au vert en matière d’investissement productif en Europe (hausse de la profitabilité,...




                        

                        


<article-nb="2018/01/16/19-6">
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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-6"> ¤ Editorial. Le nombre de naissances en France est en baisse pour la troisième année consécutive, selon les données publiées par l’Insee mardi.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-6"> ¤                     
                                                

Baisse de la natalité : il faut redonner du sens à la politique familiale

Editorial. Le nombre de naissances en France est en baisse pour la troisième année consécutive, selon les données publiées par l’Insee mardi.



Le Monde
 |    16.01.2018 à 12h08
 • Mis à jour le
16.01.2018 à 16h32
   





                        


Editorial du « Monde ». Pendant des années, la France a fait figure de paradoxe en Europe en matière de natalité. Même si les Français apparaissaient parmi les peuples les plus pessimistes du monde, ils continuaient inexorablement à être – avec les Irlandais – les plus féconds du Vieux Continent. Mais, depuis 2012, on observe un lent, mais régulier, ralentissement de ce dynamisme démographique.
Le taux de fécondité, qui avait largement progressé depuis 2002, est passé sous la barre des deux ­enfants par femme, pour tomber à 1,88 en 2017. Le solde naturel, c’est-à-dire la différence entre les naissances et les ­décès, avec 164 000 personnes, n’a jamais été aussi faible depuis la fin de la seconde guerre mondiale.

        Lire aussi :
         

                Natalité  : vers la fin de l’exception française



Même si la population française reste légèrement en croissance, ces chiffres doivent nous alerter pour au moins deux raisons. La première est d’ordre économique. Une natalité dynamique est cruciale en termes de solidarité nationale, car le renouvellement des jeunes générations permet de contribuer au financement des retraites des plus âgés. Le ressort psychologique est tout aussi important. Faire des enfants traduit une certaine foi dans l’avenir, qui est un ressort indispensable à un pays pour se projeter sur le long terme.
Si la tendance du déclin de la natalité semble se dessiner, l’interprétation du phénomène est plus compliquée. Le fait que l’âge moyen à la maternité ne cesse de reculer, pour atteindre aujourd’hui 30,6 ans, joue un rôle déterminant. Rallongement des études, entrée compliquée dans la vie active en raison d’un marché de l’emploi peu porteur, décision plus tardive de se mettre en couple sont autant de raisons qui conduisent à faire des enfants au-delà de la trentaine. Face à la demande de plus en plus forte de recours à la procréation médicalement assistée pour des questions d’infertilité liée à l’âge, les gynécologues alertent : il ne faut pas trop attendre, car après 35 ans la fertilité baisse fortement.
Une variable d’ajustement budgétaire
Contrairement à ce qui s’est passé dans la plupart des pays développés, la crise financière n’a pas provoqué en France de baisse immédiate de la fécondité. En revanche, le creusement des déficits a conduit le gouvernement à revoir sa politique familiale pour trouver à tout prix des économies. Sous François Hollande, le plafond du quotient familial a été sensiblement abaissé, les allocations familiales ont été divisées par deux ou par quatre pour les ménages les plus aisés, tandis que la prestation d’accueil du jeune enfant est devenue plus sélective.
Certes, dans le même temps, plusieurs prestations sous conditions de ressources ont été revalorisées. Mais ces changements ont été décidés sans vision d’ensemble ni perspective de long terme sur le plan démographique, fragilisant ainsi l’orientation nataliste, qui avait été prise dès la Libération.

        Lire aussi :
         

                Les taux de fécondité européens à la lumière des politiques familiales



La France s’est longtemps targuée de favoriser l’emploi des femmes grâce à la scola­risation précoce et au développement des modes de garde. Mais, sur ce plan, les engagements des pouvoirs publics n’ont pas été respectés : sur les 275 000 solutions d’accueil pour les jeunes enfants, seulement 50 000 ont été concrétisées.
La politique familiale a trop longtemps servi de variable d’ajustement budgétaire. Il est urgent de lui redonner du sens en adoptant une vision à plus long terme permettant de concilier vie personnelle et vie professionnelle. Sans cela, l’exception française en matière de dynamisme démographie aura définitivement vécu.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-7"> ¤ Le livre. Le dernier essai de la sociologue Cécile Guillaume fourmille de portraits de militantes qui portent, toujours plus nombreuses, la parole syndicale dans les entreprises.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-7"> ¤                     
                                                   
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La place des femmes dans l’univers syndical

Le livre. Le dernier essai de la sociologue Cécile Guillaume fourmille de portraits de militantes qui portent, toujours plus nombreuses, la parole syndicale dans les entreprises.



Le Monde
 |    16.01.2018 à 12h01
    |

            Michel Noblecourt








                        



                                


                            

Le livre. Maître de conférences en sociologie à l’Université de Roehampton à Londres, Cécile Guillaume a choisi d’explorer un sujet largement méconnu, celui de la parole syndicale des femmes. Si elles sont entrées massivement sur le marché du travail dans les années 1970, elles ont dû attendre trente ans pour, grâce à des politiques d’égalité volontaristes, commencer à investir l’univers syndical.
« Le champ syndical est souvent structuré par des clans internes ou des cliques »
L’enquête menée en France et au Royaume-Uni montre que la féminisation des syndicats a progressé : sur la période 2013-2015, la part des femmes syndiquées était de 37,5 % à la CGT, 45 % à FO et 47 % à la CFDT. En Grande-Bretagne, une femme, Frances O’Grady, a été portée en 2013 à la tête du Trade-Union Congress (TUC) et Nicole Notat a dirigé, de 1992 à 2002, la CFDT mais l’ouverture aux fonctions dirigeantes reste encore faible.
Dans les syndicats, si la cause des femmes a été bien soutenue, elle a parfois buté sur la reproduction des inégalités. Selon la charte du TUC, adoptée en 1979, « la structure du syndicat doit être examinée pour voir si elle empêche les femmes d’accéder aux instances de décision ». « Le champ syndical, note Cécile Guillaume, est souvent structuré par des clans internes ou des cliques qui ont des effets excluants pour ceux qui n’en sont pas et contraignants pour ceux qui en font partie. » Ils favorisent « la conformité des comportements » et « l’entre-soi masculin ». 
Féminisation
Le chapitre le plus riche de cette étude de terrain concerne la fabrication des carrières syndicales. Il confirme que « la précarité de l’emploi constitue l’un des principaux freins à la syndicalisation des femmes », comme pour les hommes, mais pour elles la marche est plus haute à monter. Il fourmille surtout de portraits. Technicienne dans une entreprise d’entretien de chaudières,...




                        

                        


<article-nb="2018/01/16/19-8">
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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-8"> ¤ Le président américain aurait qualifié de pays de merde Haïti et les pays d’Afrique. Dans une tribune, l’écrivain haïtien souligne que ce discours est le reflet d’un mépris pour l’autre et d’une volonté affichée de moquer les plus faibles.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-8"> ¤                     
                                                   
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Lyonel Trouillot : « Trump réduit l’autre à un présent sans passé »

Le président américain aurait qualifié de pays de merde Haïti et les pays d’Afrique. Dans une tribune, l’écrivain haïtien souligne que ce discours est le reflet d’un mépris pour l’autre et d’une volonté affichée de moquer les plus faibles.



Le Monde
 |    16.01.2018 à 10h02
 • Mis à jour le
16.01.2018 à 16h44
    |

Lyonel Trouillot (poète et romancier haïtien)







                        



                                


                            

Tribune. Le président américain affirme ne pas avoir dit qu’Haïti et tels autres pays étaient des shithole countries [« pays de merde »]. Qu’est-ce qui parle dans ces mots ? Deux choses. La première : un mépris de l’Histoire entretenu depuis plusieurs siècles par des procédés et procédures d’occultation. Faire l’économie du processus tout en canonisant le cliché. L’autre se trouve réduit à une sorte de présent sans passé.
Si l’on cherche les causes des « malheurs » d’Haïti, il faut compter les effets désastreux de l’occupation par les forces américaines de 1915 à 1934 : l’appauvrissement de la paysannerie ; la centralisation et la création de la république de Port-au-Prince ; la mise en place d’une armée répressive qui ne livra la guerre qu’en interne contre les forces progressistes ; l’accentuation des préjugés de race et de couleur ; l’appauvrissement de l’Etat car la trésorerie haïtienne a supporté le coût financier de l’occupation.

Silence offensant
Comment devient-on Haïti ? Comment, noire, solitaire, frappée d’ostracisme, Haïti a-t-elle pu survivre dans la première moitié du XIXe siècle ? Comment doit-on se battre pour exister quand on est Haïti ? Oui, ce qu’il y a d’offensant, c’est d’abord le silence qui a rendu possibles toutes les caricatures. Et sur le silence, aucune société occidentale ne peut prétendre à l’innocence.
, n’a pas à convaincre le monde qu’elle mérite mieux que cette épithète »
Mais tout pays ayant sa part d’héroïsme et de ridicule, de bêtise et d’intelligence, de réactionnaires et de progressistes, Haïti, comme les autres pays que le président américain dit n’avoir pas traité de shithole countries, n’a pas à convaincre le monde qu’elle mérite mieux que cette épithète. Aucun pays, même pas les Etats-Unis, que d’aucuns jugent arrogants,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-9"> ¤ Pour notre correspondant à Londres Eric Albert, le lobbying français très envahissant pour récupérer les banquiers de la City contraste avec l’approche plus discrète, mais efficace, du centre financier allemand.
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Brexit : Paris fait du bruit, Francfort travaille

Pour notre correspondant à Londres Eric Albert, le lobbying français très envahissant pour récupérer les banquiers de la City contraste avec l’approche plus discrète, mais efficace, du centre financier allemand.



Le Monde
 |    16.01.2018 à 09h39
    |

            Eric Albert (@IciLondres)








                        



                                


                            

Lettre de la City. Jeremy Browne est poli et plein d’humour. Mais tout de même, l’attitude de la France depuis le Brexit commence à lui taper légèrement sur les nerfs. En tant que représentant spécial de la City auprès de l’Union européenne, il est chargé de défendre les intérêts du centre financier britannique. Et si toutes les grandes capitales sont à la manœuvre pour attirer « ses » banquiers, Paris est de loin la ville la plus agressive. « Il y a un vrai effort collectif national en France, qui remonte jusqu’au président, pour tirer au maximum les bénéfices du Brexit », estime-t-il.
Depuis dix-huit mois, les délégations françaises se succèdent à Londres pour dérouler le tapis rouge aux entreprises
La comparaison est particulièrement frappante par rapport à l’approche germanique. « En Allemagne, c’est considéré comme l’affaire de Francfort. Ceux qui promeuvent le déménagement [de Londres] viennent de la municipalité ou des autorités locales plutôt que de Berlin ou des autorités nationales. »
Depuis dix-huit mois, les délégations françaises se succèdent effectivement à Londres pour dérouler le tapis rouge aux entreprises. Dès octobre 2016, Paris La Défense a placardé des publicités dans la capitale britannique, insistant lourdement sur les clichés : « Tired of the fog ? Try the frogs ! » (« Vous en avez marre du brouillard ? Essayez les grenouilles », surnom des Français).
Paris à l’abordage
Valérie Pécresse, présidente de la région Ile-de-France, est venue à deux reprises. Arnaud de Bresson, le directeur d’Europlace, le lobby de la place parisienne, est présent presque chaque mois. Les ministres passent régulièrement. Martine Aubry et Xavier Bertrand ont même mis leurs différences politiques de côté le temps d’un voyage londonien promouvant les Hauts-de-France.
l’attitude française ressemble beaucoup à celles des autres pays
La stratégie française comprend aussi du concret :...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-10"> ¤ En réponse à la tribune publiée dans « Le Monde » par un collectif de 100 femmes, dont Catherine Deneuve, l’ancienne ministre des droits de la femme juge que l’affaire, « politique », doit être réglée par le gouvernement au plus vite.
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Yvette Roudy : « On trouve encore des femmes du côté de la “domination masculine” »

En réponse à la tribune publiée dans « Le Monde » par un collectif de 100 femmes, dont Catherine Deneuve, l’ancienne ministre des droits de la femme juge que l’affaire, « politique », doit être réglée par le gouvernement au plus vite.



Le Monde
 |    16.01.2018 à 08h56
    |

Yvette Roudy (Ministre aux droits de la femme de 1981 à 1986)







                        



                                


                            
Tribune. Quand j’ai entendu les premières protestations venues d’Amérique s’insurger contre le harcèlement sexuel, je me suis dit : « enfin la relève est assurée » et, aussitôt après, je me suis demandé quand la riposte se produirait-elle. Je n’ai pas eu à attendre longtemps. Le 10 janvier, elle est arrivée de… France, et elle venait de… femmes. En tête – et on ne parle que d’elle – Catherine Deneuve. Oui, vous avez bien lu : celle qui avait signé le « Manifeste des 343 » revendiquant le droit à l’avortement, un droit toujours menacé, soit dit en passant. Je souligne que ce Manifeste est daté de janvier 1971, soit il y a plus de quarante ans. Une autre époque.

J’apprends que Catherine Deneuve, dans une lettre envoyée à la presse, s’excuse auprès de celles qui ont pu se sentir agressées par la tribune parue dans Le Monde. Dont acte… Je ne pense pas que l’on attende de moi que j’entre en conflit avec Catherine Deneuve. Je ne le ferai pas.
Une « question de pouvoir »
Quoi qu’il en soit, la riposte publiée dans Le Monde est habile et ceux qui l’ont suscitée sont « très malins ». On va – se sont-ils dits – utiliser le « vieux truc » : des femmes contre d’autres femmes. Et ça marche encore. On trouve encore des femmes du côté de la « domination masculine ». Sauf que, cette fois, cela risque de ne plus fonctionner car il y a de plus en plus de féministes (avez-vous d’ailleurs remarqué que le mot n’est plus un « gros mot » ?).
Avez-vous aussi remarqué que quelques hommes (pas nombreux, mais ce n’est qu’un début) se trouvent du côté des premières protestataires ? Et que ces dernières sont rejointes par celles qui se souviennent du temps des « petits chefs » ou des « gros chefs », comme le dit si bien Laurence Rossignol. Car voyez-vous, l’affaire est une « question de pouvoir ». Oui, de pouvoir. Celui que l’on a sur celles qui, hiérarchiquement, sont à notre merci et n’osent pas dire...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-11"> ¤ Les débats sur la circulaire Collomb et la loi immigration démontrent que le « syncrétisme macronien », s’il a déstabilisé les partis, rencontre ses limites, estime l’éditorialiste au « Monde » Gérard Courtois dans sa chronique hebdomadaire.
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Article sélectionné dans La Matinale du 15/01/2018
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« Le clivage droite-gauche reste vivace sur le terrain idéologique et moral »

Les débats sur la circulaire Collomb et la loi immigration démontrent que le « syncrétisme macronien », s’il a déstabilisé les partis, rencontre ses limites, estime l’éditorialiste au « Monde » Gérard Courtois dans sa chronique hebdomadaire.



Le Monde
 |    16.01.2018 à 06h37
 • Mis à jour le
16.01.2018 à 14h41
    |

            Gérard Courtois (éditorialiste au « Monde »)








                        



                                


                            
Chronique. Ce fut l’un des ressorts les plus puissants de la victoire présidentielle d’Emmanuel Macron et du big bang qu’elle a provoqué. Depuis un siècle, au bas mot, l’affrontement entre la droite et la gauche structurait le paysage et les cultures politiques du pays. En deux temps trois mouvements, ce clivage a volé en éclats.
Durant sa campagne, le candidat Macron n’a cessé de récuser cette opposition, à ses yeux obsolète et paralysante, et de prôner son dépassement. Le premier tour de l’élection présidentielle lui a donné raison en écartant François Fillon et Benoît Hamon. Une fois élu, le président a joint le geste à la parole, nommé un gouvernement qui associe des personnalités des deux camps et fait émerger une majorité parlementaire qui a absorbé des bataillons entiers de socialistes et de membre du parti Les Républicains. Quant à sa politique sociale ou fiscale, elle transgresse allègrement les lignes de démarcation traditionnelles.
Beaucoup ont vu dans la circulaire Collomb la volonté de faire le tri entre les demandeurs d’asile et les migrants dits « économiques »
Les Français approuvent la démarche. En juin 2017, au lendemain de ce chambardement, 71 % d’entre eux estimaient que « les notions de droite et de gauche sont dépassées », selon l’enquête « Fractures françaises » réalisée par Ipsos pour la Fondation Jean-Jaurès, Le Monde et Sciences Po. Six mois plus tard, une autre enquête réalisée par Viavoice pour la Fondation Jean-Jaurès et La Revue civique vient de la confirmer : 60 % des Français assurent que « le clivage gauche-droite doit être dépassé, car il n’est plus pertinent pour la vie politique française » (contre 21 % qui estiment qu’il ne doit pas être dépassé et 19 % qui ne se prononcent pas). Une majorité plus large encore (75 %) considère que « faire travailler ensemble élus de gauche et de droite permet de prendre de meilleures décisions pour la France ».
Enfin, tous...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-12"> ¤ Continuer à opposer le suicide assisté aux soins palliatifs n’est plus tenable, estime, dans une tribune au « Monde », la juriste Johanne Saison, qui dénonce les inégalités dans la prise en charge des patients.
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« Faire de l’accompagnement de la fin de vie une grande cause nationale »

Continuer à opposer le suicide assisté aux soins palliatifs n’est plus tenable, estime, dans une tribune au « Monde », la juriste Johanne Saison, qui dénonce les inégalités dans la prise en charge des patients.



Le Monde
 |    16.01.2018 à 06h00
 • Mis à jour le
16.01.2018 à 08h58
    |

Johanne Saison (Juriste, professeur à l'université de Lille)







                        



                                


                            

Tribune. La légalisation du suicide assisté, voire la dépénalisation de l’euthanasie, pourrait constituer avec la gestation pour autrui et l’élargissement du recours à la procréation médicalement assistée la prochaine grande avancée sociétale dans la lignée de l’IVG, de l’abolition de la peine de mort et du mariage pour tous.
Pas moins de trois propositions de loi émanant de la majorité comme de l’opposition et consacrant une telle évolution ont d’ailleurs été déposées dans les quatre derniers mois de l’année 2017 (Assemblée nationale (AN), proposition de loi n° 185, 27 sept. ; AN, n° 288, 17 oct. ; AN, n° 517, 20 déc.).
La fin de vie est aujourd’hui médiatisée (Anne Bert, Le Tout Dernier Eté, Fayard, 2017) et judiciarisée. Après avoir connu les procédures collégiales d’arrêt des traitements de Vincent et de Marwa, le Conseil d’Etat s’est une nouvelle fois prononcé, en urgence, le 5 janvier, sur le cas d’Inès, pour confirmer la décision médicale d’arrêt des traitements en se fondant sur le rapport d’expertise concluant au caractère irréversible des lésions neurologiques de l’enfant et à son état végétatif persistant.
Inégalités persistantes
Toutefois, au-delà de la médiatisation ou de la judiciarisation de la fin de vie de Vincent, de Marwa ou encore d’Inès, c’est davantage à leur accompagnement qu’il convient de s’intéresser pour espérer réduire des inégalités toujours persistantes, et ce, en dépit des interventions législatives de 2005 (loi du 22 avril 2005 relative aux droits des malades et à la fin de vie) et de 2016 (loi du 2 février 2016 créant de nouveaux droits en faveur des malades et des personnes en fin de vie). Ce dernier texte complète le corpus normatif des droits des malades et des personnes en fin de vie en leur reconnaissant la garantie « du meilleur apaisement possible de la souffrance » au regard des connaissances médicales avérées mais également le droit à une sédation profonde...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-13"> ¤ L’histoire d’un semi-vagabond du Nord, meurtrier d’une enfant, condamné à mort, douze jours après le procès de Troyes. L’histoire d’un pays qui se déchire entre partisans de la peine de mort et abolitionnistes.
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L’affaire Carrein ou la « guillotine de la misère »

L’histoire d’un semi-vagabond du Nord, meurtrier d’une enfant, condamné à mort, douze jours après le procès de Troyes. L’histoire d’un pays qui se déchire entre partisans de la peine de mort et abolitionnistes.



Le Monde
 |    16.01.2018 à 06h00
 • Mis à jour le
16.01.2018 à 07h56
    |

            Pascale Robert-Diard








                        



                                


                            

Le Livre. Jérôme Carrein, ce nom ne vous dit rien ? Il vous hantera longtemps après avoir refermé les pages de La Revanche de la guillotine. On ne lâche pas un instant l’histoire de ce semi-vagabond du Nord, meurtrier d’une gamine de huit ans, qui a été condamné à mort le 1er février 1977, douze jours tout juste après le procès de Troyes, où Robert Badinter et Robert Bocquillon avaient sauvé la tête d’un autre meurtrier d’enfant, Patrick Henry. Car il y a bien plus que l’histoire d’un homme dans ce récit, il y a celle du pays, de ses peurs et de ses contradictions en ces années 1970 où la France se déchire entre partisans de la peine de mort et abolitionnistes. D’un dossier criminel « d’une quinzaine de centimètres d’épaisseur » fermé par « une mince ficelle de corde », l’auteur, Luc Briand, qui est aussi juge, a fait un grand livre.
Le 27 octobre 1975, à Arleux près de Douai, Jérôme Carrein, 34 ans, a pris la main de Cathy, à la sortie de l’école. « Dis à ta mère qu’on va chercher des vifs au fossé d’Aubigny », a-t-il dit au frère de la petite. Cathy a suivi sans crainte, elle connaissait bien Carrein, père divorcé de cinq enfants qui venait chaque jour manger et boire, surtout boire, au bistrot que tenait sa mère. Ils ont cheminé ensemble jusqu’aux marais, la petite avait l’air tranquille diront plus tard les témoins. Jérôme Carrein est rentré seul au bistrot un peu plus tard, il a commandé une bière au comptoir. La mère de Cathy lui a demandé : « Ben la ch’tiote ? Elle est où ? – La ch’tiote ? Elle est pas revenue ? – Non ! – Moi, je l’ai laissée au petit pont. » 
Le corps de l’enfant a été retrouvé le lendemain matin, dans un étang. Carrein a tout avoué. Il avait tenté de la violer, Cathy s’était débattue, il avait eu peur qu’elle le dénonce, il l’avait tuée en maintenant sa tête dans la boue. L’enquête est vite bouclée et le premier procès de Carrein s’ouvre le 12 juillet...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-14"> ¤ Dans une lettre ouverte au président de la République, des intellectuels et des syndicalistes critiquent sévèrement la politique migratoire du gouvernement.
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Article sélectionné dans La Matinale du 15/01/2018
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Migrants : « M. Macron, votre politique contredit l’humanisme que vous prônez ! »

Dans une lettre ouverte au président de la République, des intellectuels et des syndicalistes critiquent sévèrement la politique migratoire du gouvernement.



Le Monde
 |    16.01.2018 à 04h30
 • Mis à jour le
16.01.2018 à 11h13
    |

                            Collectif








                        



                                


                            

Par Laurent Berger (secrétaire général de la CFDT), Thierry Pech (directeur général de Terra Nova), Jean Pisani-Ferry (professeur à Sciences Po), Jean-François Rial (PDG du groupe Voyageurs du monde) et Lionel Zinsou (président de Terra Nova).
Tribune. Monsieur le Président de la République, de votre projet, nous avions retenu que nous aurions une politique de l’asile stricte, mais exemplaire : que sous votre autorité la France veillerait à ce que le droit d’asile ne soit pas détourné de son objet, et que, dans le même temps, elle accorderait sa protection à celles et ceux qui sont légitimes à la demander.
Les Français pour qui la protection des persécutés ne fait qu’un avec la vocation historique de notre pays pensaient trouver là un motif de fierté. Ils accueillirent donc avec joie votre profession de foi « universaliste » à Orléans le 27 juillet 2017. Ils saluèrent votre promesse d’une France où plus personne ne dormirait « dans la rue, dans les bois » et où l’on ne chercherait plus à dissuader quiconque d’exercer son droit à la protection. Comme ils avaient salué, quelques mois plus tôt, votre coup de chapeau à l’Allemagne de Madame Merkel qui, disiez-vous alors, avait sauvé la « dignité collective » de l’Europe en accueillant plus d’un million de réfugiés. Enfin, ils approuvèrent votre souci de raccourcir les délais de procédure des demandes d’asile. Bref, à leurs yeux comme aux nôtres, et dans une assez grande diversité de sensibilités, votre présidence se plaçait sous les auspices d’un humanisme responsable et assumé.
« Mépris du principe d’accueil inconditionnel »
Nous nous sommes hélas réveillés dans un pays où l’on arrache leurs couvertures à des migrants à Calais. Où l’on lacère leurs toiles de tente à Paris. Où l’on peut se perdre, pieds et mains gelés, sur les pentes enneigées de la frontière franco-italienne....




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-15"> ¤ Pour les chercheurs d’ICG, Michaël Ayari et Issandr El-Amrani, le pouvoir tunisien doit parachever la transition démocratique sept ans après la chute de Ben Ali.
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Point de vue

En Tunisie, « le risque d’une dérive autoritaire »

Pour les chercheurs d’ICG, Michaël Ayari et Issandr El-Amrani, le pouvoir tunisien doit parachever la transition démocratique sept ans après la chute de Ben Ali.


LE MONDE
              datetime="2018-01-15T18:13:43+01:00"

        Le 15.01.2018 à 18h13






    
Des forces spéciales tunisiennes montant la garde à Ettadhamen, le 14 janvier 2018.
Crédits : FETHI BELAID/AFP


Tribune. La Tunisie connaît un nouvel épisode de contestation et de violence sociale. Le dernier en date, celui de janvier 2016, avait contribué à écourter la durée de vie du gouvernement de Habib Essid, remplacé par l’actuel premier ministre, Youssef Chahed, en août 2016. Si le sentiment diffus est celui d’un bis repetita, le contexte est plus délicat et les aboutissements plus incertains.
L’euphorie révolutionnaire qui a suivi le départ de Zine El Abidine Ben Ali, le 14 janvier 2011, n’est désormais plus qu’un vague souvenir. La realpolitik, l’inertie administrative et le marasme économique ont transformé les espoirs en désillusion, voire en résignation.
Le pays semble prisonnier d’une transition sans fin qui affaiblit l’Etat et le fait dériver vers l’autoritarisme. Les fondamentaux économiques se dégradent, les pouvoirs publics rompent progressivement avec leur politique d’achat de la paix sociale – près de la moitié du budget de l’Etat est, en effet, consacré au paiement des salaires dans la fonction publique.
« Fuite en arrière »
Les décideurs politiques font face à une tâche très délicate à un moment où le doute s’installe quant à l’efficacité de la démocratie à relever les défis. Ils doivent mettre en œuvre une Constitution adoptée en janvier 2014, alors que l’élan révolutionnaire suscité par ledit « printemps arabe » s’essouffle (percée fulgurante de l’Etat islamique en Syrie et en Irak à partir de 2013, coup d’Etat en Egypte en juillet 2013, éclatement de la guerre civile en Libye en juillet-août 2014). Il leur incombe aussi de maintenir tant bien que mal une coalition qui permet de réduire la polarisation entre pro et anti-islamistes, mais dont le fonctionnement plutôt opaque cristallise l’opposition des « révolutionnaires » et des nostalgiques du régime autoritaire. En outre, ils doivent également gérer les problèmes sécuritaires, mais surtout économiques, qui menacent la stabilité du pays.

        Lire aussi :
         

                En Tunisie, sept ans après la chute de Ben Ali, un anniversaire au goût amer



La classe politique estime devoir trouver rapidement des solutions de court terme, quitte à recourir à celles déjà mises en œuvre sous l’ancien régime. Cette « fuite en arrière » est alimentée par la nostalgie d’un pouvoir exécutif solide et homogène sur le plan idéologique, capable de prendre des décisions expéditives.
Elle vise en particulier à renouer avec l’hyperprésidence, mesure justifiée par le caractère réputé artificiel (non adapté à la culture politique tunisienne) et dysfonctionnel des institutions créées dans le sillage de la révolution de 2010-2011. Selon les partisans de ce retour de l’ancien régime, la greffe démocratique ne prendrait pas, comme l’attesterait la dispersion des centres de pouvoir, la corruption des politiciens et leurs débats stériles.
La tentation de la « restauration »
Les responsables politiques n’ont pas encore cédé à cette tentation autoritaire, redoutée par plusieurs analystes internationaux et qualifiée de « restauration » par de nombreux militants de la société civile. Ce terme réapparaît en effet pour décrire la banalisation des discours qui assimilent la démocratie à la faillite de l’Etat, à la montée de la corruption et de la paupérisation ainsi qu’au retour de plusieurs figures de l’ancien régime à des postes de décision politiques et administratifs.
Revenir au régime de Ben Ali paraît peu réaliste étant donné les nombreuses divisions socio-économiques, politiques et administratives, et le retour de la liberté d’expression depuis 2011.

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Quoi qu’il en soit, hypertrophier le pouvoir exécutif et parvenir à renouer avec la gouvernance autoritaire serait loin d’être une solution aux défis économiques et sécuritaires structurels auxquels le pays fait face. Cela engendrerait, au contraire, davantage de tensions politiques et sociales. Le pays entrerait dans une spirale de répression visant à créer un climat de peur auprès de l’opposition et de la société civile. La liberté d’expression serait réduite, ce qui rendrait les décideurs politiques moins réactifs aux problèmes de larges pans de la population, dont le niveau de vie se détériore, ce qui renforce leur sentiment de discrimination sociorégional et les rend davantage susceptibles de se soulever contre l’Etat.
Incertitude électorale
La Tunisie entre dans une période d’incertitude électorale. Les élections municipales doivent se tenir en 2018 et les scrutins législatifs et présidentiel en 2019. La coalition actuelle, qui peut théoriquement céder la place à une nouvelle majorité, devrait accélérer les réformes prévues par la Constitution tout en renforçant les conditions d’une alternance politique pacifique.
Pour faire face à tout événement imprévu (attentats, vacance provisoire ou définitive de la présidence de la République) dans ce contexte de montée des tensions sociales, il est nécessaire de mettre en place la Cour constitutionnelle dans les plus brefs délais, de créer les instances constitutionnelles indépendantes sans les vider de leur contenu, d’organiser les élections municipales en 2018 et, dans l’immédiat, d’assurer le bon fonctionnement de l’Instance supérieure indépendante pour les élections (ISIE) chargée d’organiser ces scrutins, à l’instar des législatives et de la présidentielle en 2019.
Enfin, pour ne pas avoir à osciller brutalement entre austérité et achat de la paix sociale, des réformes ambitieuses devraient viser à rendre l’économie plus inclusive, ce qui favoriserait la création de richesses dans les régions déshéritées et non le partage, le plus souvent injuste, des ressources clientélistes – notamment les emplois publics – qui tendent à se raréfier.

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Moins attrayant qu’une rupture brutale que nostalgiques de la révolution du 14 janvier 2011 ou de l’ancien régime appellent de leurs vœux, ce programme est nécessaire pour maintenir le cap vers l’idéal démocratique et, surtout, éviter un dénouement violent à l’image de celui qu’ont subi d’autres pays de la région.
Par Michaël Ayari, analyste, et Issandr El-Amrani, directeur du projet Afrique du Nord du cercle de réflexion International Crisis Group (ICG).


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-16"> ¤ La tribune cosignée par Catherine Deneuve et Catherine Millet a suscité un vif débat. Ecrivains, auteurs, médecins, historiens se sont exprimés dans le journal.
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Après la « tribune Deneuve », retrouvez tous les points de vue publiés dans « Le Monde »

La tribune cosignée par Catherine Deneuve et Catherine Millet a suscité un vif débat. Ecrivains, auteurs, médecins, historiens se sont exprimés dans le journal.



Le Monde
 |    15.01.2018 à 16h28
 • Mis à jour le
15.01.2018 à 20h01
   





                        



   


Le 10 janvier, Le Monde publiait une tribune signée par plus de cent femmes, dont Catherine Millet et Catherine Deneuve. Les auteures s’inquiétaient de la montée d’un nouveau puritanisme se livrant à la délation, depuis l’explosion de l’affaire Weinstein. Elles défendaient un féminisme soucieux de préserver la liberté sexuelle, au prix d’une « liberté d’importuner ». Contre ce texte, plusieurs voix se sont élevées et y ont vu une banalisation du harcèlement et des violences sexuelles. Le Monde regroupe ici les différentes tribunes publiées dans le cadre de cette controverse.
– « Nous défendons une liberté d’importuner, indispensable à la liberté sexuelle », par un collectif de cent femmes, dont Catherine Millet (critique d’art, commissaire d’exposition et écrivaine) et Catherine Deneuve (actrice). Les auteures rejettent un féminisme qui conduirait à la haine des hommes. Elles dénoncent par ailleurs les effets nocifs que ce « puritanisme » peut avoir actuellement dans le monde de l’art.
– « Le jour où les femmes se sentiront autorisées à exprimer leur désir, elles ne seront plus des proies », par Belinda Cannone. L’essayiste loue la naissance de la parole libérée des femmes. Il faut maintenant arriver à une « égalité dans l’érotisme », c’est-à-dire que l’on cesse d’assigner aux femmes un rôle passif et que l’on repense en profondeur les rapports de séduction.
– Violences sexuelles : « La nature a remplacé la culture comme origine de la violence », par Olivier Roy (politologue). Pour ce spécialiste de l’islam, l’affaire Weinstein replace les violences sexuelles non dans une dynamique culturelle, comme on avait pu le croire après les attaques de Cologne, mais dans une dynamique masculine. C’est la nature du mâle qui est à l’origine des violences sexuelles.
– « A force de laisser croire qu’il est aussi grave de dire que de faire, on finit par inciter au rejet de l’autre », par Murielle Mollo (médecin), elle-même victime de harcèlement sexuel. L’auteure invite à bien distinguer le harcèlement sexuel qui comporte de véritables conséquences psychologiques, de simples approches de séduction. Cet amalgame trop fréquent aujourd’hui pousse, selon elle, à une guerre des sexes.
– « L’absence de solidarité des femmes signataires de cette tribune me sidère », par Michelle Perrot (historienne spécialiste de l’histoire des femmes, professeure émérite à l’université Paris-VII). L’historienne regrette que les cent signataires de la tribune portée par Catherine Deneuve choisissent la voie facile de la soumission. Elles auraient dû mettre leur statut à disposition de la lutte féministe.
– « Mesdames, ne confondez pas les jeux de rôle de salon avec la vie réelle », par Michèle Riot-Sarcey (historienne du politique et du féminisme, professeur d’histoire contemporaine et d’histoire du genre à l’université Paris-VIII-Saint-Denis). Elle estime les signataires de la tribune prônant une liberté d’importuner déconnectées d’avec la réalité du monde quotidien.
– La tribune signée par Mme Deneuve est « l’expression d’un antiféminisme ». Entretien avec Christine Bard (spécialiste de l’histoire du féminisme). Elle explique en quoi la tribune signée par l’actrice peut relever d’une certaine forme d’antiféminisme. Elle observe également que le mouvement #Metoo a transcendé les clivages qui traversent le féminisme.
– Une instigatrice de la tribune des cent femmes dénonce une « censure morale insidieuse », par Sarah Chiche (psychologue et psychanalyste). Signataire de la tribune portée par Catherine Deneuve, la psychologue déplore que le monde de l’art soit aujourd’hui sous le feu du débat féministe, brimant ainsi sa pleine liberté d’expression.
– « La troisième vague du féminisme est tout sauf conservatrice ou puritaine », par Léa Clermont-Dion (auteure et doctorante en sciences politiques à l’université de Laval). L’autrice se révolte de la tribune défendant la liberté d’importuner. En se reposant sur la définition d’une agression sexuelle, elle affirme que cette tribune amène à une banalisation de la violence sexuelle.
– « Continuons sur la lancée de #MoiAussi, les hommes à nos côtés », par un collectif de plus de deux cents Québécoises, dont Aurélie Lanctôt (essayiste), Cœur de Pirate (chanteuse) et Julie Snyder (productrice). Ces femmes affirment leur solidarité envers les victimes de harcèlements ou de violences sexuelles. Elles invitent toutes les parties de la société à se mettre en marche vers une authentique égalité des genres.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-17"> ¤ Plus qu’un changement d’objet juridique, c’est la valorisation financière des activités d’entreprises concourant au bien commun qu’il faut encourager, estime dans une tribune au « Monde » l’industriel Pierre-Etienne Franc.
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« Les entreprises doivent faire du bien commun le centre de leur stratégie »

Plus qu’un changement d’objet juridique, c’est la valorisation financière des activités d’entreprises concourant au bien commun qu’il faut encourager, estime dans une tribune au « Monde » l’industriel Pierre-Etienne Franc.



Le Monde
 |    15.01.2018 à 16h00
    |

Pierre-Etienne Franc (Vice-président en charge des nouveaux marchés de la transition énergétique dans un groupe industriel français)







                        



                                


                            
Tribune. Le débat engagé en France autour de l’objet social de l’entreprise est une forme intéressante de mobilisation face au bouleversement de notre environnement économique et social. La contrainte climatique, ajoutée à la prise de conscience par nos sociétés de la finitude de nos ressources, transforme en effet radicalement le rapport des entreprises au monde. Elles ne peuvent plus se contenter d’un horizon productif efficace comme seul engagement de performance durable. L’analyse des externalités de leurs activités est désormais quotidienne, sous la pression médiatique et des réseaux sociaux. Au point que l’opinion en finit par, parfois, oublier les services multiples que les entreprises rendent quotidiennement à la société.
les marges de manœuvres nationales sont limitées et soumises à la concurrence fiscale, sociale et monétaire
De leur côté, les Etats constatent plus que jamais leur difficulté à réguler le monde pour imposer des modèles de développement économiques vertueux. Les enjeux sont mondiaux et les marges de manœuvres nationales sont limitées et soumises à la concurrence fiscale, sociale et monétaire. Ainsi les entreprises, les plus grandes notamment, compte tenu de leur poids dans la structuration du système économique mondial, sont convoquées instamment au débat pour prendre correctement en compte l’impact de leurs activités sur le bien commun.
Mais la notion de « responsabilité sociale de l’entreprise » ne suffit pas à répondre à cette problématique puisque, dans plusieurs secteurs, il ne s’agit plus seulement de développer une activité « conforme » à un corpus de normes sociales et environnementales, mais de développer une offre qui permette aussi de servir le bien commun et d’aligner les activités et les intérêts de l’entreprise avec ceux de la cité. Non point que cela n’ait jamais été le cas, mais les tensions qui pouvaient parfois exister dans le passé entre la performance industrielle et les questions environnementales...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-18"> ¤ Editorial. Dimanche 14 janvier, à l’occasion de la 104e Journée mondiale des migrants, le pontife romain a réitéré son appel à l’égard des réfugiés, avant d’entamer une tournée au Chili et au Pérou, lundi.
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Réfugiés : le nouvel appel à l’hospitalité du pape François

Editorial. Dimanche 14 janvier, à l’occasion de la 104e Journée mondiale des migrants, le pontife romain a réitéré son appel à l’égard des réfugiés, avant d’entamer une tournée au Chili et au Pérou, lundi.



Le Monde
 |    15.01.2018 à 12h08
 • Mis à jour le
15.01.2018 à 12h12
   





                        


Editorial du « Monde ». Depuis le début de son pontificat, en mars 2013, le pape François a une parole qui bouscule son Eglise quitte à déranger ses fidèles. Il l’a encore montré, à la fin de l’année 2017, en admonestant sévèrement la curie romaine. Mais il ne dévie pas de sa route, en premier lieu dans son combat pour l’accueil des migrants. Dimanche 14 janvier, à l’occasion de la 104e Journée mondiale des migrants et des réfugiés, Jorge Bergoglio, issu lui-même d’une famille d’émigrés italiens venus en Argentine, a employé des mots forts.
« Tout immigré qui frappe à notre porte, a-t-il souligné, est une occasion de rencontre avec Jésus-Christ, qui s’identifie à l’étranger de toute époque, accueilli ou rejeté. »
Le pontife romain, qui entame lundi 15 janvier un voyage au Pérou et au Chili, a fait écho aux réticences, voire au refus, de l’accueil qui s’expriment dans l’Eglise catholique :
« Les communautés locales ont parfois peur que les nouveaux arrivés perturbent l’ordre établi, “volent” quelque chose de ce que l’on a construit péniblement. Les nouveaux arrivés aussi ont des peurs, ils craignent la confrontation, le jugement, la discrimination, l’échec. Ces peurs sont légitimes, elles se fondent sur des doutes parfaitement compréhensibles d’un point de vue humain. »

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                Visite sous tension du pape François au Chili et au Pérou



Certaine frilosité exprimée
En avril 2016, François était rentré d’une visite sur l’île grecque de Lesbos en embarquant dans son avion trois familles de réfugiés syriens musulmans. Ce geste symbolique avait été diversement apprécié au sein de la communauté catholique. Le 14 janvier, il a réitéré avec force son appel à l’hospitalité : « Ce n’est pas un péché d’avoir des doutes et des craintes, a-t-il affirmé. Le péché, c’est de laisser ces peurs déterminer nos réponses, conditionner nos choix, compromettre le respect et la générosité, alimenter la haine et le refus. Le péché, c’est de renoncer à la rencontre avec l’autre. » Un langage qui sonne comme une mise en garde aux gouvernements européens et un rappel à l’ordre de la communauté catholique.

        L’éclairage:
         

          Journée mondiale des migrants : le pape François lance un nouvel appel à l’hospitalité



Depuis l’appel du pape en septembre 2015, plus de 3 000 réfugiés ont été accueillis dans les diocèses de France. De nombreux signes montrent cependant que, à la base, les catholiques manifestent une certaine frilosité. Un sondage de l’IFOP indiquait, en novembre 2016, que, si 44 % des Français se déclaraient favorables à l’accueil des migrants, les catholiques pratiquants n’étaient que 46 % à partager cet avis. C’est la crainte de voir s’incruster un islam jugé conquérant ou communautariste qui est agitée. Pour Mgr Georges Pontier, président de la Conférence des évêques de France, « suivant les quartiers, des personnes ont pu se sentir en insécurité culturelle ». L’archevêque de Marseille plaide pour qu’« une plus grande place soit donnée à la raison, non pas simplement aux slogans et aux peurs ». 
Le souverain pontife se veut aussi pragmatique – en Birmanie, en novembre 2017, il avait défendu la cause des Rohingya sans prononcer leur nom – et reconnaît qu’« un gouvernement doit gérer le problème avec la vertu propre au gouvernant, c’est-à-dire la prudence ». Il invite les migrants à « connaître et respecter les lois, la culture et les traditions des pays qui les accueillent ». Au moment où le projet de loi « asile et immigration » fait l’objet de nombreuses critiques, jusqu’au sein de la majorité, Gérard Collomb devrait s’inspirer de l’humanisme du pape. Dans le strict respect de la laïcité.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-19"> ¤ Analyse. Pour présider à la refondation d’un PS inaudible qui doit se réinventer une identité, au moins cinq candidats vont briguer les suffrages des adhérents appelés à élire, fin mars, leur nouveau premier secrétaire.
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Le Parti socialiste à la dérive

Analyse. Pour présider à la refondation d’un PS inaudible qui doit se réinventer une identité, au moins cinq candidats vont briguer les suffrages des adhérents appelés à élire, fin mars, leur nouveau premier secrétaire.



Le Monde
 |    15.01.2018 à 10h27
    |

            Michel Noblecourt








                        



                                


                            

Analyse. Mercredi 10 janvier, pour la dernière fois à son siège parisien de la rue de Solférino – qu’il a vendu et doit quitter fin septembre –, le Parti socialiste présentait ses vœux à la presse. Un rituel qui attire d’habitude une foule de journalistes. Cette année, ils n’étaient qu’une petite quarantaine, entassés dans une salle étriquée pour écouter le discours de Rachid Temal. Ni flonflons ni bulles de champagne.
Le coordinateur de la direction collégiale de vingt-huit membres du PS a réussi, maniant en virtuose la langue de bois, à ne pas commenter les candidatures au poste de premier secrétaire. Un climat crépusculaire qui reflète l’état d’un parti exsangue, inaudible, à la dérive, à trois mois du congrès qui va se tenir, les 7 et 8 avril, dans la commune communiste d’Aubervilliers.

En vue de cette échéance, destinée à donner le coup d’envoi à la refondation d’un PS en ruine, il y a pour l’heure cinq candidats décidés à briguer les suffrages, le 29 mars, des 90 000 adhérents revendiqués – le corps électoral risquant d’être réduit à moins de 40 000 : les députés Luc Carvounas, 46 ans, Stéphane Le Foll, 57 ans, ainsi qu’Olivier Faure, 49 ans, le député européen Emmanuel Maurel, 44 ans, et la députée Delphine Batho, 44 ans, qui s’est déclarée lundi 15 janvier.
Ecuries présidentielles
Les trois premiers sont issus de la même motion, arrivée largement en tête au congrès de Poitiers, en juin 2015, avec 60,04 % des voix. Le benjamin, disciple de Jean Poperen, incarne l’aile gauche, qui, en 2015, avec le renfort des « frondeurs », laminés depuis aux élections législatives, avait obtenu 28,46 %. La majorité a volé en éclats et M. Maurel prétend aller pêcher au-delà de son pré carré, en prônant une « synthèse nouvelle » rassemblant des socialistes avec lesquels il s’est « parfois affronté ». Les courants, en voie d’extinction depuis le début des années 2000, appartiennent à l’histoire du monde d’hier.

Pendant...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-20"> ¤ Déréglementation financière, affaiblissement des administrations publiques ou des syndicats... Donald Trump ne fait que donner un coup d’accélérateur à un mouvement initié par Ronald Reagan dans les années 1980, relève notre éditorialiste Stéphane Lauer.
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Article sélectionné dans La Matinale du 14/01/2018
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« Si Trump s’est fait élire en populiste, il gouverne désormais en ploutocrate »

Déréglementation financière, affaiblissement des administrations publiques ou des syndicats... Donald Trump ne fait que donner un coup d’accélérateur à un mouvement initié par Ronald Reagan dans les années 1980, relève notre éditorialiste Stéphane Lauer.



Le Monde
 |    15.01.2018 à 06h38
 • Mis à jour le
15.01.2018 à 07h11
    |

            Stéphane Lauer








                        



                                


                            

Chronique. Un an après son investiture, Donald Trump est toujours en campagne. Même s’il vient de faire adopter sa première grande réforme en baissant massivement la fiscalité, le président américain a besoin de se rassurer. Au lendemain de ce vote, il a envoyé à ses partisans un message sous la forme d’un sondage. « Comment qualifieriez-vous ce que fait le Président Trump pour le peuple américain ? », demande l’enquête. Quatre réponses sont possibles : « Génial », « Bon », « Okay » ou « Autres ». Le but consiste à clouer le bec à ses détracteurs, qui persistent à véhiculer des « fake news », comme ces enquêtes d’opinion qui prétendent que cette réforme fiscale est désapprouvée par les deux tiers des Américains. La question était sans doute mal posée.
Pourtant, il suffit de regarder qui va bénéficier de « la plus grande baisse d’impôts de l’histoire », pour avoir une idée de la popularité potentielle de cette réforme. Selon le Tax Policy Center et le Joint Committee on Taxation, deux organismes non-partisans, ce sont les grandes entreprises et les 1 % les plus riches. Si M. Trump s’est fait élire en populiste, il gouverne désormais en ploutocrate. Sa victoire s’est construite grâce aux messages destinés aux « oubliés » de l’Amérique, ces « petits Blancs » de l’intérieur du pays, qui se sentent marginalisés par la marche du monde. Un an plus tard, sa réforme fiscale risque de creuser les inégalités et de saper un peu plus les fondements de la démocratie américaine.

Les bénéfices des entreprises sont à un plus haut historique ? Qu’à cela ne tienne, l’impôt sur leurs profits va baisser d’un tiers ! Le taux marginal pour les hauts revenus était à 39 % contre 70 % quand Ronald Reagan est arrivé au pouvoir en 1980 ? Baissons-le encore un peu plus à 37 % ! Les droits de succession ne concernaient que 0,2 % des foyers fiscaux ? C’était encore trop : la nouvelle loi double le plancher d’exonération à 11 millions...




                        

                        

