<FILE-date="2018/01/16/19">

<article-nb="2018/01/16/19-1">
<filnamedate="20180116"><AAMM="201801"><AAMMJJ="20180116"><AAMMJJHH="2018011619">
<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-1"> ¤ Emmanuel Macron s'est rendu à Calais, le 16 janvier. Il s’est exprimé devant les forces de l’ordre, leur réitérant son soutien.
<filname="PROF-0,2-3214,1-0,0-1"> ¤ 
<article-nb="2018/01/16/19-2">
<filnamedate="20180116"><AAMM="201801"><AAMMJJ="20180116"><AAMMJJHH="2018011619">
<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-2"> ¤ Ce premier échec ne signe toutefois pas la fin du parti vainqueur des législatives, l’ANO, le premier ministre ayant le droit de solliciter trois fois la confiance des députés.
<filname="PROF-0,2-3214,1-0,0-2"> ¤                     
                                                

République tchèque : le gouvernement d’Andrej Babis n’obtient pas la confiance du Parlement

Ce premier échec ne signe toutefois pas la fin du parti vainqueur des législatives, l’ANO, le premier ministre ayant le droit de solliciter trois fois la confiance des députés.



Le Monde
 |    16.01.2018 à 16h49
 • Mis à jour le
16.01.2018 à 18h34
   





                        



   


C’est un premier échec pour le leader populiste tchèque. Le Parlement tchèque a refusé, mardi 16 janvier, de voter la confiance au gouvernement minoritaire dirigé par Andrej Babis. Sur 200 députés, 117 ont voté contre lui et cinq se sont abstenus.
Le richissime homme d’affaires de 63 ans, parfois qualifié de « Trump tchèque », a été nommé premier ministre début décembre, après la victoire de son parti, l’ANO (Akce nespokojenych obcanu, « action des citoyens mécontents » et « oui » en tchèque), mais il n’a pas réussi à former une coalition susceptible de s’appuyer sur une majorité au Parlement.

        Lire aussi :
         

                République tchèque : le milliardaire Andrej Babis nommé premier ministre



L’ANO avait remporté les législatives en octobre après une campagne axée sur la lutte contre la corruption, contre l’accueil de migrants et contre la zone euro. Avec 29,7 % des voix, le parti avait remporté 78 sièges à la chambre basse du Parlement, qui en compte 200.
Nouvelle chance
Les accusations de fraude aux subventions qui visent Babis ont pesé sur la mise en place de l’actuel cabinet, les autres partis refusant de coopérer. La police enquête sur le versement d’une subvention européenne de deux millions d’euros il y a une dizaine d’années. Babis, qui nie toute malversation, avait annoncé mardi, quelques heures avant le vote de confiance, avoir demandé aux députés de lever son immunité parlementaire.
Ce premier échec ne signe toutefois pas la fin d’ANO, le premier ministre ayant le droit de solliciter trois fois la confiance des députés, les deux premières étant soutenues par le président et la troisième par le chef de la chambre basse, poste occupé actuellement par M. Vondracek, membre d’ANO. Le gouvernement Babis va toutefois devoir démissionner. Il continuera de gérer les affaires courantes le temps que M. Babis réussisse à trouver un accord avec une ou plusieurs autres formations qui pourraient soutenir le prochain gouvernement dominé par l’ANO.
Le président Milos Zeman, qui nomme les premiers ministres, a promis à Andrej Babis qu’il lui donnerait une autre chance de former un gouvernement. « Au moment où il me dit qu’il dispose d’au moins 101 voix garanties, je le désignerai premier ministre pour la deuxième fois », a affirmé le chef de l’Etat la semaine dernière. Plusieurs partis ont laissé entendre qu’ils pourraient envisager une coalition avec l’ANO, à condition que Babis ne dirige pas le gouvernement ; condition que l’intéressé a rejetée jusqu’à présent.
Cependant, le risque de déboucher sur de nouvelles élections, dont l’ANO pourrait sortir renforcée, pourrait bien amener les formations politiques à se montrer plus conciliantes.



                            


                        

                        


<article-nb="2018/01/16/19-3">
<filnamedate="20180116"><AAMM="201801"><AAMMJJ="20180116"><AAMMJJHH="2018011619">
<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-3"> ¤ La prochaine législature de la région espagnole doit être constituée mercredi. Elle comptera 127 députés au lieu de 135, huit élus sécessionnistes se trouvant en prison préventive ou en fuite en Belgique.
<filname="PROF-0,2-3214,1-0,0-3"> ¤                     
                                                

Catalogne : les indépendantistes pourront-ils contrôler le nouveau Parlement ?

La prochaine législature de la région espagnole doit être constituée mercredi. Elle comptera 127 députés au lieu de 135, huit élus sécessionnistes se trouvant en prison préventive ou en fuite en Belgique.



Le Monde
 |    16.01.2018 à 15h24
 • Mis à jour le
16.01.2018 à 17h44
    |

            Sandrine Morel (Madrid, correspondance)








                        



   


Moins d’un mois après l’élection régionale catalanes du 21 décembre 2017, le nouveau Parlement catalan doit siéger pour la première fois mercredi 17 janvier à Barcelone, et élire à cette occasion son président et les membres de son bureau.
La formation antinationaliste Ciudadanos, arrivée en tête avec 36 députés (sur 135) et 25 % des suffrages, n’est a priori pas en mesure d’empêcher la formation d’une majorité indépendantiste. Mais Madrid, qui a placé la région sous tutelle jusqu’à l’installation d’un nouveau gouvernement, espère un renouvellement des dirigeants nationalistes afin de reprendre des relations institutionnelles « normales » avec Barcelone, enterrer la demande d’un référendum d’autodétermination et négocier un meilleur financement pour diminuer le soutien à l’indépendance en Catalogne.
Quels sont les plans des indépendantistes ?
Entre des formations divisées, les visées des partisans de l’indépendance restent floues. Ensemble pour la Catalogne (JxC), la Gauche républicaine de Catalogne (ERC) et la Candidature d’union populaire (CUP) ont obtenu, à elles trois, la majorité absolue des sièges dans la Chambre régionale : 70 des 135 députés (47,5 % des suffrages).
Ensemble pour la Catalogne
Arrivée en seconde position, derrière Ciudadanos, avec 34 députés, Ensemble pour la Catalogne (JxC) est la liste du président destitué Carles Puigdemont, lequel se définit toujours comme « le président légitime de la Catalogne en exil » depuis son départ pour la Belgique, le 27 octobre 2017. En tant que première force du bloc indépendantiste, elle entend faire pression sur la Gauche républicaine de Catalogne pour que M. Puigdemont soit investi à distance comme président de la Généralité, soit par vidéoconférence, soit par le biais d’un député à qui il aurait délégué le soin de lire son discours. Pour cela, il lui faut à tout prix obtenir le soutien de la majorité du bureau du Parlement, chargé d’interpréter le règlement pour lui permettre ou non d’être président depuis la Belgique.
Gauche républicaine de Catalogne
De son côté, ERC (32 députés) hésite. La formation plaide pour le « réalisme » lors de la prochaine législature et affirme renoncer à la « voie unilatérale », tout en promettant de construire la « République catalane ». Elle est réticente à l’idée de braver les services juridiques du Parlement, qui ont émis un rapport – non contraignant – s’opposant à l’investiture à distance du prochain président catalan. Mais elle ne veut pas apparaître comme la responsable de l’échec de l’investiture de M. Puigdemont, après avoir promis de tout faire pour « restaurer le gouvernement légitime » destitué par Madrid.
Candidature d’union populaire
Enfin, la CUP, qui a obtenu quatre députés, exige de continuer sur la voie de la désobéissance au Tribunal constitutionnel et de « l’unilatéralité » pour défendre la République catalane proclamée le 27 octobre 2017. Mais contrairement à la précédente législature, son soutien n’est plus indispensable : son abstention suffit pour que les autres formations indépendantistes gouvernent.

        Lire aussi :
         

                Madrid évalue à 1 milliard d’euros le coût de la crise catalane



Quel sera le sort des élus mis en examen ?
Dix-sept élus du nouveau Parlement sont mis en examen dans le cadre de la tentative de sécession du mois d’octobre. Tant qu’ils ne sont pas sous le coup d’une condamnation ferme, ils gardent leurs droits politiques, dont celui de siéger au Parlement, sauf les trois élus en détention préventive et les cinq autres réfugiés en Belgique pour fuir la justice espagnole qui les a mis en examen pour « rébellion, sédition et malversation de fonds publics ».
Les trois prisonniers
Les trois élus emprisonnés près de Madrid – le président d’ERC, Oriol Junqueras, l’ancien conseiller à l’intérieur Joaquim Forn et le président de l’association indépendantiste Assemblée nationale catalane (ANC), Jordi Sanchez – se sont vu refuser par le juge du Tribunal suprême, le 12 janvier, la possibilité de se rendre au Parlement catalan pour voter, au motif de risques de trouble à l’ordre public.
Cependant, le juge a estimé que la préventive « ne peut pas supposer la modification de l’arithmétique parlementaire configurée par la volonté des urnes ». Il invite donc le bureau du Parlement catalan provisoire (formé par le député le plus âgé et les deux plus jeunes, tous d’ERC) à examiner la possibilité que les prisonniers délèguent leur vote à d’autres députés, ce qu’ils feront probablement.
Les cinq fugitifs ou « exilés »
En revanche, le juge a précisé que l’arrangement proposé ne concerne « pas les autres », une référence à Carles Puigdemont et ses anciens conseillers (ministres régionaux) Clara Ponsati, Lluis Puig, Toni Comin et Meritxell Serret, qui se trouvent en Belgique et sont considérés comme fugitifs par la justice espagnole. Pour le juge, ils ne pourront donc ni voter ni se faire représenter depuis Bruxelles.
Quel est l’enjeu de la composition du bureau du Parlement ?
On ne peut pas écarter que le bureau du Parlement ignore les considérations de la justice espagnole et des juristes de la Chambre régionale. Il a le dernier mot pour interpréter le règlement, déterminer comment se déroule le vote des prisonniers voire forcer celui des fugitifs, et présenter ou pas Carles Puigdemont à la présidence de la Généralité lors de la session d’investiture, prévue entre le 29 et le 31 janvier.
Lors de la précédente législature, le bureau du Parlement – indépendantiste – a ignoré à plusieurs reprises les rapports des services juridiques du Parlement catalan et les décisions du Tribunal constitutionnel, et a joué un rôle clé dans le vote des lois indépendantistes.
Cependant, les élus connaissent les possibles conséquences pénales de leurs actes et peu sont prêts à en prendre le risque. L’ancienne présidente du Parlement Carme Forcadell, mise en examen, a d’ailleurs renoncé à se présenter de nouveau au poste…

        Lire aussi :
         

                Catalogne : le principal parti nationaliste a reçu 6,6 millions d’euros de financements illégaux



Les indépendantistes risquent-ils de perdre leur majorité ?
C’est peu probable. Si les cinq élus fugitifs ne peuvent pas voter et ne sont pas remplacés par les suivants sur les listes, les indépendantistes perdront certes leur majorité absolue au Parlement régional. Avec 65 députés, ils seraient alors à égalité avec les partis qui ne sont pas clairement indépendantistes.
Mais la position des huit élus du parti de la gauche radicale Catalogne en commun-Podem, opposés à l’indépendance unilatérale mais aussi à la mise sous tutelle, leur permettrait de maintenir la majorité simple. La formation de la maire de Barcelone, Ada Colau, s’est en effet déclarée opposée à l’investiture du candidat de Ciudadanos, que ce soit pour présider le bureau du Parlement ou la Généralité. Les indépendantistes espèrent l’obliger à prendre position dans l’élection de dirigeants indépendantistes, ou en tout cas à assumer une part de responsabilité.
Que ferait Madrid si M. Puigdemont était réinvesti ?
Le chef du gouvernement espagnol, Mariano Rajoy, a été clair, le 15 janvier, lors d’une réunion avec la direction du Parti populaire : « Dans le cas supposé où on prétendrait que M. Puigdemont assiste à un débat d’investiture depuis Bruxelles, le gouvernement déposerait un recours immédiat. »
Et, a-t-il ajouté, dans l’« hypothèse impossible » qu’il soit élu président de la Généralité depuis Bruxelles, il devra prendre ses fonctions « et cela doit se faire physiquement ». « S’il ne le fait pas, l’article 155 [celui de la mise sous tutelle de la région] restera en vigueur, non pas parce que je le dis moi, mais parce que le Sénat a décidé que l’article 155 resterait en vigueur jusqu’à la prise de possession de son mandat par le nouveau président après les élections en Catalogne », a rappelé M. Rajoy.
Afin d’éviter un blocage, les indépendantistes pourraient donc décider de présenter un autre candidat pour la présidence effective de la Généralité, quitte à donner un titre symbolique à M. Puigdemont. Un blocage pourrait déboucher sur la tenue de nouvelles élections, au printemps.



                            


                        

                        


<article-nb="2018/01/16/19-4">
<filnamedate="20180116"><AAMM="201801"><AAMMJJ="20180116"><AAMMJJHH="2018011619">
<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-4"> ¤ Dans sa chronique mensuelle, l’économiste Jean-Pierre Petit estime que, malgré des risques mondiaux et européens potentiels, la zone euro devrait continuer, comme en 2017, à surperformer en 2018 par rapport aux Etats-Unis, au Japon et au Royaume-Uni.
<filname="PROF-0,2-3214,1-0,0-4"> ¤                     
                                                   
édition abonné


La bonne dynamique de la zone euro

Dans sa chronique mensuelle, l’économiste Jean-Pierre Petit estime que, malgré des risques mondiaux et européens potentiels, la zone euro devrait continuer, comme en 2017, à surperformer en 2018 par rapport aux Etats-Unis, au Japon et au Royaume-Uni.



Le Monde
 |    16.01.2018 à 15h00
    |

                            Jean-Pierre Petit (Economiste et président de la société de conseil Les Cahiers verts de l'économie)








                        



                                


                            
L’éclairage. La zone euro a été la grande surprise macroéconomique de 2017. Le consensus des prévisionnistes tablait, au début de l’année dernière, sur une croissance réelle moyenne de 1,4 % pour 2017. Le résultat sera certainement de 2,4 %, soit une divergence de plus de 70 % entre la prévision et le résultat ! Actuellement, le consensus pour 2018 paraît encore trop prudent : il est de 2,2 %, alors qu’une expansion de 2,5 à 2,7 % semble plus plausible.
Sur la base d’un scénario médian à horizon de deux ans, le rattrapage macroéconomique de la zone euro devrait se poursuivre
La zone euro bénéficie toujours aujourd’hui d’une bonne dynamique et, surtout, d’une très forte diffusion géographique et sectorielle. Les derniers indices PMI (purchasing managers index, fondés sur les prévisions des directeurs d’achat du secteur manufacturier) suggèrent une croissance annualisée proche de 3 % au premier trimestre 2018.
Sur la base d’un scénario médian à horizon de deux ans (sans récession américaine ni graves accidents de crédit en Chine), le rattrapage macroéconomique de la zone euro devrait se poursuivre.
Par rapport au niveau d’avant la crise de 2008, le PIB réel de la zone euro est en effet 10 points au-dessous de celui des Etats-Unis. Cela ne s’explique pas exclusivement par les différentiels de croissance potentielle, mais par les nombreuses erreurs des gouvernements et des institutions européennes lors de la crise de la dette souveraine (2010-2012) qui ont considérablement retardé le redressement.
Un cycle économique européen encore jeune
Le rattrapage sera particulièrement marqué en matière d’investissement des entreprises. L’évolution en ­volume des dépenses des entreprises européennes en biens d’équipement accuse en effet un retard de plus de 20 points par rapport à celle des entreprises américaines. Or la plupart des voyants sont au vert en matière d’investissement productif en Europe (hausse de la profitabilité,...




                        

                        


<article-nb="2018/01/16/19-5">
<filnamedate="20180116"><AAMM="201801"><AAMMJJ="20180116"><AAMMJJHH="2018011619">
<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-5"> ¤ Le départ britannique et les nouvelles priorités, comme la défense et la sécurité, risquent de tendre les débats dans l’UE.
<filname="PROF-0,2-3214,1-0,0-5"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Budget européen : féroce bataille en vue à Bruxelles

Le départ britannique et les nouvelles priorités, comme la défense et la sécurité, risquent de tendre les débats dans l’UE.



Le Monde
 |    16.01.2018 à 13h56
    |

            Cécile Ducourtieux (Bruxelles, bureau européen)








                        



                                


                            

La Commission européenne ne présentera qu’en mai ses propositions pour le « cadre financier pluriannuel » (CFP), ce budget commun censé financer des politiques entre 2021 et 2027. Mais la bataille a déjà commencé, et elle promet d’être féroce.
Boïko Borissov, le premier ministre bulgare, dont le pays récupère la présidence tournante de l’UE jusqu’au 1er juillet, s’est fait le porte-voix des pays ayant largement profité des fonds de cohésion et qui espèrent bien préserver ces milliards nécessaires pour rattraper leur retard sur les économies de l’Ouest. « Je ferai de mon mieux pour qu’il n’y ait pas de réduction drastique de la politique de cohésion. Sinon, nous nous sentirons sanctionnés », a prévenu, jeudi 11 janvier, le conservateur, dont le pays est le plus pauvre de l’UE.

Renégocié tous les cinq à sept ans, le CFP donne toujours lieu à d’intenses batailles : pour parvenir au CFP 2014-2020, deux années pleines furent nécessaires. Mais la discussion qui vient s’annonce plus brutale que tout ce qu’ont connu les experts bruxellois. Deux nouvelles contraintes entrent en jeu, au-delà du fait qu’un CFP s’adopte à l’unanimité des Etats membres.
Le Brexit, d’abord : avec le départ britannique, le budget de l’Union (surtout composé des contributions directes des Etats) sera amputé d’au moins 12 milliards d’euros annuels (8 %). Dans le même temps, le CFP actuel s’est révélé trop rigide pour s’adapter aux nouvelles priorités apparues avec la crise des réfugiés et la montée des risques géopolitiques. Il ne finance pas assez la défense, la sécurité, la migration, la jeunesse et le numérique.
Dilemme
Il repose encore sur deux grosses « enveloppes » : la politique agricole commune (PAC, 39 % des montants pour 2014-2020) et les fonds de cohésion (26 %). Les dirigeants européens vont devoir faire face à un dilemme : s’ils décident de préserver ces deux « piliers » tout en consacrant plus d’argent à leurs nouvelles...




                        

                        


<article-nb="2018/01/16/19-6">
<filnamedate="20180116"><AAMM="201801"><AAMMJJ="20180116"><AAMMJJHH="2018011619">
<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-6"> ¤ Le nombre d’enfants par femme est de 1,5 en Allemagne, contre 1,35 en Italie et en Espagne.
<filname="PROF-0,2-3214,1-0,0-6"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Les taux de fécondité européens à la lumière des politiques familiales

Le nombre d’enfants par femme est de 1,5 en Allemagne, contre 1,35 en Italie et en Espagne.



Le Monde
 |    16.01.2018 à 12h12
 • Mis à jour le
16.01.2018 à 12h24
    |

                            service international








                        



                                


                            
En France, le taux de fécondité des femmes s’affiche en baisse, mais reste, à 1,88 enfant par femme, l’un des plus forts d’Europe, selon les chiffres publiés par l’Insee mardi 16 janvier. Chez les pays voisins, la situation du marché de l’emploi et les politiques familiales influent sur ce taux, et le dynamisme démographique demeure un enjeu politique.

Allemagne
Dans la période récente, c’est chaque année une petite satisfaction : le taux de fécondité est en hausse. A 1,5 enfant par femme, il a renoué avec son niveau de 1982. En 2016 (dernières données disponibles), le nombre de naissances a même atteint un nouveau pic, à 792 000, confirmant une nette remontée depuis 2011, où l’Allemagne avait enregistré un minimum à 663 000 naissances.
Le pays enregistre les effets d’une politique familiale volontariste mise en place durant le premier mandat d’Angela Merkel, qui avait introduit le salaire parental et considérablement augmenté le nombre de places en crèche. Les effets sont nets : selon l’office fédéral des statistiques, le taux de fécondité des femmes allemandes a bondi de 1,34 à 1,43 entre 2011 et 2015, avec un record en Saxe, dans l’Est du pays, à 1,59. Mais les experts estiment que c’est la forte hausse de l’immigration depuis 2009 qui a permis à l’Allemagne de faire progresser le plus sa natalité. Le taux de fécondité des femmes d’origine étrangères était de 1,95 en 2015.
Royaume-Uni
Le taux de fécondité, qui avait atteint 1,94 enfant par femme en 2012 après une remontée continue depuis le début des années 2000, est retombé à 1,8 en 2016, largement au-dessous du seuil de renouvellement. Plus obsédés par l’équilibre budgétaire que par la vivacité démographique, les gouvernements conservateurs qui se sont succédé depuis 2010 cherchent à décourager la naissance d’un troisième enfant dans les familles modestes. Ainsi, les troisièmes enfants nés depuis le 6 avril 2017 ne donnent plus droit à un avantage...




                        

                        


<article-nb="2018/01/16/19-7">
<filnamedate="20180116"><AAMM="201801"><AAMMJJ="20180116"><AAMMJJHH="2018011619">
<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-7"> ¤ Fort de 43 000 employés, le groupe est l’un des principaux prestataires du gouvernement.
<filname="PROF-0,2-3214,1-0,0-7"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Faillite de Carillion, « l’entreprise qui gère le Royaume-Uni »

Fort de 43 000 employés, le groupe est l’un des principaux prestataires du gouvernement.



Le Monde
 |    16.01.2018 à 11h07
 • Mis à jour le
16.01.2018 à 16h30
    |

            Eric Albert (Londres, correspondance)








                        



                                


                            

L’affaire est remontée au plus haut niveau de l’Etat. Le gouvernement britannique a tenu une réunion de crise, lundi 15 janvier au soir, à propos de Carillion, et c’est David Lidington, le numéro 2 du cabinet, qui a été chargé du dossier. L’entreprise, mise en liquidation judiciaire, revêt une importance primordiale pour le bon fonctionnement de l’Etat. Avec 43 000 employés, dont près de la moitié au Royaume-Uni, c’est l’un de ses plus gros sous-traitants.

Le gouvernement possède 450 contrats avec l’entreprise, sans compter ceux passés avec les collectivités locales. Carillion sert 32 000 repas scolaires par jour, gère des prisons, assure la maintenance et la propreté dans des hôpitaux… Elle s’occupe de 50 000 logements dans les casernes de l’armée, est le deuxième fournisseur de travaux sur le réseau ferroviaire et fait partie du consortium qui doit construire la deuxième ligne de trains à grande vitesse du pays.
L’éditorialiste du Guardian, Aditya Chakrabortty la surnomme « l’entreprise qui gère le Royaume-Uni ». L’appellation est certes exagérée, mais l’importance systémique de la société est évidente. A tel point que l’idée de la nationaliser a été brièvement évoquée, avant d’être écartée. « On ne peut pas s’attendre à ce que le contribuable sauve une entreprise privée », explique M. Lidington.
Néanmoins, l’Etat va injecter des liquidités pour que ses services ne s’arrêtent pas brusquement. Pour que les cantines, les hôpitaux et autres casernes continuent de fonctionner, les employés de Carillion qui travaillaient indirectement pour le gouvernement seront désormais payés directement par lui, du moins de manière temporaire.
Endettement excessif
Cela ne change pas fondamentalement la donne. Cet argent passait autrefois par Carillion, mais avait la même origine. Ensuite, il faudra trouver un repreneur, « soit un autre sous-traitant soit en ramenant les services au sein du gouvernement », souligne...




                        

                        


<article-nb="2018/01/16/19-8">
<filnamedate="20180116"><AAMM="201801"><AAMMJJ="20180116"><AAMMJJHH="2018011619">
<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-8"> ¤ La mise en liquidation pure et simple de l’une des plus grandes sociétés britanniques de services pose la question de la sous-traitance à des acteurs aussi indélicats que fragiles, explique Philippe Escande dans sa chronique.
<filname="PROF-0,2-3214,1-0,0-8"> ¤                     
                                                   
édition abonné


La faillite de Carillion, ou quand une société s’évapore

La mise en liquidation pure et simple de l’une des plus grandes sociétés britanniques de services pose la question de la sous-traitance à des acteurs aussi indélicats que fragiles, explique Philippe Escande dans sa chronique.



Le Monde
 |    16.01.2018 à 11h02
    |

            Philippe Escande








                        



                                


                            

Chronique. Il y avait bien une entreprise : ses contrats prestigieux, ses dizaines de milliers d’employés, son nom déployé sur des grues, des uniformes, des bâtiments. Et puis soudain, plus rien. Carillion s’est tout bonnement évaporée. L’une des plus grandes sociétés britanniques de services a disparu, passée directement de la case activité à celle de la liquidation pure et simple.
Habituellement, quand une société est en difficulté, elle commence par vendre des activités pour se renflouer, voire se vend à un concurrent pour limiter les dégâts vis-à-vis de ses employés, de ses clients, de ses fournisseurs et de ses actionnaires. Ici, ils n’ont que leurs yeux pour pleurer.
Le 3 mai 2017, le PDG de l’entreprise assurait que son entreprise affichait un début d’année encourageant. Deux mois plus tard, il démissionnait, reconnaissant des pertes massives sur des contrats. Depuis, les avertissements sur résultats se sont enchaînés, jusqu’à l’effacement total du lundi 15 janvier.
Le sort brutal de cette firme de 43 000 personnes s’explique simplement : elle n’avait rien à vendre pour se renflouer. Spécialiste de la construction et de la sous-traitance de services de gestion ou de restauration, la firme ne pouvait même pas céder ses contrats, notamment avec le gouvernement britannique. Les banques ont retiré le tapis et le gouvernement s’est refusé à intervenir.
Logique dangereuse
Le scandale politique enfle dans le pays, où l’opposition travailliste fustige la frénésie de privatisations qui a poussé le gouvernement à confier la gestion de services publics (des prisons, des cantines…) à des acteurs aussi indélicats que fragiles.
Pourtant, l’histoire pose question bien au-delà de la seule question de la délégation de services publics. Après tout, la France est probablement le pays le plus développé dans ce domaine, en tout cas celui qui a fait émerger le plus d’acteurs internationaux en matière de concession, la plupart...




                        

                        


<article-nb="2018/01/16/19-9">
<filnamedate="20180116"><AAMM="201801"><AAMMJJ="20180116"><AAMMJJHH="2018011619">
<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-9"> ¤ La maître de conférences à l’université de Caen-Normandie et spécialiste de la civilisation irlandaise revient sur l’histoire économique du « tigre celtique ».
<filname="PROF-0,2-3214,1-0,0-9"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Alexandra Slaby : « La production de richesse en Irlande repose sur une base plus large que dans le passé »

La maître de conférences à l’université de Caen-Normandie et spécialiste de la civilisation irlandaise revient sur l’histoire économique du « tigre celtique ».



Le Monde
 |    16.01.2018 à 11h01
    |

            Marie Charrel








                        



                                


                            

Maître de conférences à l’université de Caen-Normandie et spécialiste de la civilisation irlandaise, Alexandra Slaby est auteure de l’ouvrage Histoire de l’Irlande de 1912 à nos jours, (Tallandier, 2016). Alors que le Brexit inquiète une partie des exportateurs irlandais, elle revient sur l’histoire économique de l’île, dominée par la présence des multinationales.
Comment, après la seconde guerre mondiale, le pays a-t-il déployé une stratégie pour attirer les multinationales sur son territoire ?
La recherche d’investissements étrangers pour dynamiser l’industrie irlandaise, chroniquement déficiente dans une économie qui a toujours privilégié l’agriculture, remonte à la fin des années 1950, décennie la plus austère du XXe siècle irlandais. Elle est portée, en premier lieu, par un haut fonctionnaire du ministère des finances, T. K. Whitaker (1916-2017), considéré comme l’architecte de l’Irlande moderne.
Un rapport intitulé Economic Development, qu’il rédigea en 1958 pour tirer l’économie irlandaise de son ornière et réduire sa dépendance vis-à-vis de la Grande-Bretagne, inaugura une politique de planification du développement industriel, qui comportait des mesures pour attirer les entreprises étrangères sur le sol irlandais, afin de stimuler les exportations. A l’heure de la construction européenne, il fallait préparer l’industrie irlandaise aux perspectives du libre-échange.
A quoi ressemblaient la société et l’économie irlandaise auparavant ?

La situation de l’Irlande est unique dans l’Europe d’après-guerre. A la différence des autres pays européens, une hémorragie démographique endémique, remontant au milieu du XIXe siècle, contractait le marché intérieur, qui était alors incapable de soutenir le développement industriel. Les années 1950 ont été surnommées la décennie où les Irlandais ont disparu (« the vanishing Irish »). Cette situation...




                        

                        


<article-nb="2018/01/16/19-10">
<filnamedate="20180116"><AAMM="201801"><AAMMJJ="20180116"><AAMMJJHH="2018011619">
<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-10"> ¤ L’économie du pays a renoué avec une croissance solide. Mais la sortie du Royaume-Uni de l’UE inquiète les PME du « tigre celtique » et les oblige à accélérer leur diversification.
<filname="PROF-0,2-3214,1-0,0-10"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Les entreprises irlandaises face au défi du Brexit

L’économie du pays a renoué avec une croissance solide. Mais la sortie du Royaume-Uni de l’UE inquiète les PME du « tigre celtique » et les oblige à accélérer leur diversification.



Le Monde
 |    16.01.2018 à 11h00
 • Mis à jour le
16.01.2018 à 14h53
    |

            Marie Charrel








                        



                                


                            

« Je vais vous montrer comment le “tigre celtique” renvoie les coups. » Visage taillé à la serpe, silhouette athlétique, John Power a le goût de la métaphore sportive. D’un pas leste, il dévale les escaliers d’Aerogen, l’entreprise spécialiste de l’administration de médicaments par aérosols qu’il a fondée il y a vingt ans à Galway, dans l’ouest de l’Irlande. « Ici, nous testons tous nos produits », explique-t-il, dépassant une poignée de laborantins penchés sur des boîtiers gris.
Au rez-de-chaussée, le sémillant patron tombe la veste dans une petite pièce sombre. « Nous nous entraînons ici toutes les semaines, dit-il, avant d’enfiler des gants de boxe, puis d’envoyer quelques coups au punching-ball. C’est pareil en économie : nous, les exportateurs irlandais, sommes petits, mais cela ne nous empêche pas de boxer dans la catégorie des poids lourds. »
A l’heure où le Brexit menace une partie de l’économie de l’île verte, Aerogen, dont les produits sont commercialisés dans 75 pays, est le genre de « success story » que Dublin se plaît à mettre en avant pour souligner la santé de ses exports. « Notre économie s’est relevée de la crise de 2008 grâce à eux », souligne Fergal O’Brien, membre de l’Irish Business and Employers Confederation, le patronat irlandais. Le pays est au quasi-plein-emploi, les investissements sont repartis et la croissance devrait frôler les 5 % en 2017. « Mais le possible retour des barrières commerciales entre l’Union européenne [UE] et le Royaume-Uni, notre principal partenaire commercial, nous pose un sacré défi. »
Attirer les groupes étrangers
En mesurer l’ampleur exige de se plonger un instant dans le labyrinthe des statistiques irlandaises. Selon les données publiées lundi 15 janvier, les exportations de biens ont légèrement reculé en novembre (– 1 %).  Mais cela ne dit pas grand-chose de l’activité réelle du...




                        

                        


<article-nb="2018/01/16/19-11">
<filnamedate="20180116"><AAMM="201801"><AAMMJJ="20180116"><AAMMJJHH="2018011619">
<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-11"> ¤ Pour notre correspondant à Londres Eric Albert, le lobbying français très envahissant pour récupérer les banquiers de la City contraste avec l’approche plus discrète, mais efficace, du centre financier allemand.
<filname="PROF-0,2-3214,1-0,0-11"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Brexit : Paris fait du bruit, Francfort travaille

Pour notre correspondant à Londres Eric Albert, le lobbying français très envahissant pour récupérer les banquiers de la City contraste avec l’approche plus discrète, mais efficace, du centre financier allemand.



Le Monde
 |    16.01.2018 à 09h39
    |

            Eric Albert (@IciLondres)








                        



                                


                            

Lettre de la City. Jeremy Browne est poli et plein d’humour. Mais tout de même, l’attitude de la France depuis le Brexit commence à lui taper légèrement sur les nerfs. En tant que représentant spécial de la City auprès de l’Union européenne, il est chargé de défendre les intérêts du centre financier britannique. Et si toutes les grandes capitales sont à la manœuvre pour attirer « ses » banquiers, Paris est de loin la ville la plus agressive. « Il y a un vrai effort collectif national en France, qui remonte jusqu’au président, pour tirer au maximum les bénéfices du Brexit », estime-t-il.
Depuis dix-huit mois, les délégations françaises se succèdent à Londres pour dérouler le tapis rouge aux entreprises
La comparaison est particulièrement frappante par rapport à l’approche germanique. « En Allemagne, c’est considéré comme l’affaire de Francfort. Ceux qui promeuvent le déménagement [de Londres] viennent de la municipalité ou des autorités locales plutôt que de Berlin ou des autorités nationales. »
Depuis dix-huit mois, les délégations françaises se succèdent effectivement à Londres pour dérouler le tapis rouge aux entreprises. Dès octobre 2016, Paris La Défense a placardé des publicités dans la capitale britannique, insistant lourdement sur les clichés : « Tired of the fog ? Try the frogs ! » (« Vous en avez marre du brouillard ? Essayez les grenouilles », surnom des Français).
Paris à l’abordage
Valérie Pécresse, présidente de la région Ile-de-France, est venue à deux reprises. Arnaud de Bresson, le directeur d’Europlace, le lobby de la place parisienne, est présent presque chaque mois. Les ministres passent régulièrement. Martine Aubry et Xavier Bertrand ont même mis leurs différences politiques de côté le temps d’un voyage londonien promouvant les Hauts-de-France.
l’attitude française ressemble beaucoup à celles des autres pays
La stratégie française comprend aussi du concret :...




                        

                        


<article-nb="2018/01/16/19-12">
<filnamedate="20180116"><AAMM="201801"><AAMMJJ="20180116"><AAMMJJHH="2018011619">
<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-12"> ¤ Quinze mois après l’évacuation de la « jungle », quelque 600 migrants qui veulent passer en Grande-Bretagne survivent dans des conditions difficiles, alors que les autorités continuent d’entraver le travail des associations.
<filname="PROF-0,2-3214,1-0,0-12"> ¤                     


Article sélectionné dans La Matinale du 15/01/2018
Découvrir l’application


                        

Macron en visite à Calais, où « le problème des migrants reste entier »

Quinze mois après l’évacuation de la « jungle », quelque 600 migrants qui veulent passer en Grande-Bretagne survivent dans des conditions difficiles, alors que les autorités continuent d’entraver le travail des associations.



Le Monde
 |    16.01.2018 à 06h35
 • Mis à jour le
16.01.2018 à 18h50
    |

            Maryline Baumard








                        



Emmanuel Macron joue le classicisme en choisissant Calais pour son premier déplacement sur l’immigration. De la caserne de gendarmerie à la mairie, en passant par le port et la sous-préfecture – où l’attendront les associations de soutien aux migrants –, le président de la République se met dans les pas de dizaines d’élus qui, avant lui, ont suivi le même circuit dans cette ville sinistrée.
Cette fois, la version officielle veut que la situation se soit « considérablement améliorée ». Les éléments de langage de la visite posent même qu’« on va vers une normalisation », que le chef de l’Etat souhaite « soutenir » et « consolider ».
Pas tout à fait la vision qui remonte du terrain, quinze mois après l’évacuation de la « jungle ». Pour le très modéré Jean-Claude Lenoir, président de l’association d’aide aux migrants Salam, on serait plutôt « revenu dix ans en arrière ». Quant à Natacha Bouchart, la maire (Les Républicains) de Calais, elle estime qu’« au fond, le problème des migrants à Calais reste entier ».

   


Qui sont les migrants de Calais ? 
Les 8 000 qui campaient dans la « jungle » au moment du démantèlement, en octobre 2016, seraient 600 aujourd’hui, selon le comptage effectué par l’association L’Auberge des migrants le 2 janvier, lors des distributions de nourriture – les autres organisations confirment le chiffre. Pour la préfecture, ils sont 350. Mais la tradition veut que les décomptes de la zone soient sous-estimés, et même l’Elysée préfère la fourchette « 350 à 500 ». Majoritairement très jeunes, ils sont Erythréens, Ethiopiens, Afghans et Pakistanais. Certains n’ont jamais quitté Calais depuis le démantèlement, d’autres ont des bases arrières en Belgique ou à Paris.
Comment vivent-ils ? 
« Dans les fossés », répond régulièrement Christian Salomé, le président de L’Auberge des migrants. Face à la « tolérance zéro » de l’Etat, ils fuient et se cachent pour dormir. Il a fallu une condamnation du Conseil d’Etat, le 31 juillet 2017, pour que soit installée une rampe d’eau avec des robinets à disposition en journée. « Nous avons installé vingt-cinq toilettes et emmenons ceux qui le souhaitent prendre des douches », ajoute Stéphane Duval, de La Vie active. Vendredi 12 janvier, 160 d’entre eux ont pu se laver.
Que font-ils là ? 
« 100 % de ceux qui sont là veulent aller en Grande-Bretagne », observe Gilles Debove, policier responsable SGP-FO. Les traversées réussies sont suffisamment nombreuses « pour entretenir l’espoir », ajoute François Guennoc, de L’Auberge des Migrants, qui reçoit régulièrement des appels depuis Londres. La version officielle, elle, serait plutôt qu’« ils se heurtent à une frontière fermée qui a fait de Calais une impasse pour eux ». Selon l’Elysée en effet, « la frontière est mieux maîtrisée et les tentatives d’intrusions [dans le tunnel sous la Manche] ont baissé de 52 000 entre 2017 et 2016 », restant quand même à 115 000 sur l’année.
Sont-ils aux mains des passeurs ?
« A Calais ne restent que ceux qui n’ont pas d’argent et tentent sans passeur », affirme Vincent De Coninck, du Secours Catholique. Ceux qui peuvent payer passent depuis Bruxelles, Grande-Synthe, ou sont pris en charge depuis Calais, mais redescendent plus au sud pour commencer le voyage, observent les acteurs de terrain à l’unisson. Mais côté Elysée, on préfère rappeler l’idée que « tout ce système est fortement encouragé par les filières de passeurs » et que « la priorité de l’Etat est toujours de démanteler les filières ». Au bilan 2017, vingt-quatre filières ont été démantelées sur cette zone, contre vingt l’année précédente.
Pourquoi aucun campement ne se reconstitue ?
« Ici la durée de vie d’une tente est de deux jours », note François Guennoc. « Nous sommes face à une destruction systématique et pleinement assumée des tentes et autres abris… Même en plein hiver », renchérit Jean-Claude Lenoir, outré de cette pratique. Qu’après on discute si les autorités « ramassent les biens des migrants abandonnés » comme le veut la version officielle, ou si elles leur confisquent tentes, sacs de couchage et affaires personnelles, importe peu à M. Lenoir, qui observe surtout que les exilés préfèrent fuir qu’être arrêtés et sont de ce fait contraints d’abandonner leur maigre paquetage.

        Lire aussi :
         

                Il y a un an, l’évacuation de la « jungle » de Calais



Lundi, le Secours catholique et L’Auberge des migrants ont déposé plainte pour destruction de biens. ils avaient marqué des sacs de couchages et des bâches et ont compilé les preuves que leur matériel a bien terminé à la déchetterie. Une semaine avant la visite d’Emmanuel Macron, le sous-préfet a pourtant annoncé, mardi 9 janvier, que les migrants pourraient désormais récupérer leurs sacs à dos et autres effets personnels, qui seraient stockés dans une benne spécifique et non envoyés directement à la déchetterie. Les associations attendent de voir.
Que fait la police ? 
Le climat est mauvais. Les migrants sont épuisés. Les inspections générales de l’administration (IGA), de la police nationale (IGPN) et de la gendarmerie nationale (IGGN) ont estimé « plausibles », « des manquements à la doctrine d’emploi de la force et à la déontologie policière » dans un rapport d’octobre 2017. « On n’a plus d’attaque intempestive, comme du temps de la “jungle” », résume pour sa part Gilles Debove, mais les forces de l’ordre sont, selon lui « sous une pression permanente ».
Emmanuel Macron devrait profiter de ce déplacement pour rappeler que policiers et gendarmes se doivent d’être « exemplaires dans leurs interventions ». Le chef de l’Etat souhaite que chaque mise en cause aille au bout. Et « soit les faits sont exacts et appellent des sanctions. Soit ils sont inexacts et ceux qui ont diffusé fausses information doivent faire l’objet de poursuites », rappelait hier son entourage. Il en va pour l’Elysée de « la déontologie de l’accueil et de l’accompagnement des migrants en France ».
Les migrants dorment-ils tous dehors ?
« Plusieurs dizaines de migrants sont hébergés chez les Calaisiens », observent plusieurs bénévoles. Chaque association a sa liste de familles prêtes à accueillir. Avec le plan grand froid, 270 places d’hébergement ont été ouvertes par la préfecture à Calais. Un dispositif volontairement minimal pour inciter les exilés à partir vers les Centres d’accueil et d’examen des situations (CAES).
Trois déclinaisons de ce nouveau sigle ont ouvert dans les Hauts-de-France, après que le Conseil d’Etat a obligé à la mise à disposition d’abris. Les exilés qui risquent un renvoi ailleurs en Europe ou dans le pays qu’ils ont fui refusent de s’y rendre : on y contrôle leur situation administrative et on les y assigne éventuellement à résidence pour tenter de les faire monter dans un avion.
C’est aussi dans ces lieux que ceux qui le souhaitent peuvent demander l’asile et que ceux qui veulent rentrer chez eux volontairement ont accès aux propositions de retour aidé. Mais la formule ne plaît guère au sein d’une population qui a massivement laissé des empreintes ailleurs en Europe, et, depuis le mois d’août « 37,5 % ont quitté le centre avant qu’on procède examen de situation », observe-t-on à l’Elysée.
Qui sont les bénévoles ?
Accusés d’empêcher les migrants d’aller dans les CAES par la préfecture aujourd’hui ; priés d’aller exercer leurs talents ailleurs par le ministre de l’intérieur au début de l’été 2017, qualifiés de « No Borders » par la maire de la ville, 50 à 70 bénévoles (à 60 % britanniques) œuvrent à humaniser la zone. Ils travaillent aux côtés des salariés de quelques associations devenues des quasi-institutions en vingt-cinq ans de crise migratoire. Ces derniers collectionnent les procès-verbaux de stationnement à 135 euros, version locale du délit de solidarité. « Ça s’était arrêté au cœur de l’été, après la condamnation du Conseil d’Etat, et puis ça reprend », regrette une des victimes.

        Lire aussi :
         

                De la « jungle » de Calais à l’université de Lille



L’Auberge des Migrants et Help Refugees, deux des principaux intervenants de l’humanitaire calaisien, ont dû consacrer 100 000 euros pour mettre aux normes une cuisine menacée de fermeture par les services d’hygiène. C’est de là que sortent chaque jour les 2 500 repas (de nombreux migrants prennent deux portions) quotidiens qui pallient le désengagement de l’Etat sur ce point. Les associations interviennent aussi sur la santé, même là l’Etat ne s’est pas totalement effacé et permet à 30 exilés chaque jour d’être soignés à l’hôpital.
Est-il normal de mourir à Calais à 18 ans ? 
Le 9 janvier, les 22 et 29 décembre 2017, trois migrants sont morts sur l’autoroute en tentant de passer la frontière. Natacha Bouchart estime qu’il faut empêcher les exilés de « mettre en péril leur vie et la vie d’autrui ». Il « faut inventer un régime beaucoup plus répressif pour les empêcher de s’introduire sur la rocade », insiste la maire de Calais, qui rêve d’un surcroît de fermeté. Mme Bouchard, qui observe la présente importante de mineurs – ils seraient une centaine, selon les associations – souhaite « que les Britanniques ouvrent un bureau pour traiter depuis ici les regroupements familiaux et développe les passages légaux ». Une demande sur laquelle elle est en phase avec le chef de l’Etat.
L’économie calaisienne redémarre-t-elle ?
L’exécutif veut aussi par ce déplacement faire passer le message que l’économie du Calaisis redémarre. Aux aides de l’Etat français, Mme Bouchart aimerait ajouter une participation britannique pour donner un coup de fouet au trafic ferroviaire, qui repart. « Je souhaiterais que dans sa renégociation des accords du Touquet, le chef de l’Etat obtienne pour Calais une compensation aux pertes économiques qu’a subies la ville à cause de sa situation », observe l’édile.
Les Britanniques, qui ont contribué à financer l’enlaidissement de cette capitale de la dentelle à coup de clôtures et de grillages, seront-ils prêts à mettre une nouvelle fois la main au porte-monnaie ? Réponse lors du sommet franco britannique de jeudi 18 janvier à Sandhurst (Royaume-Uni). En attendant, les pourparlers sur ce point vont bon train.



                            


                        

                        


<article-nb="2018/01/16/19-13">
<filnamedate="20180116"><AAMM="201801"><AAMMJJ="20180116"><AAMMJJHH="2018011619">
<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-13"> ¤ Pour des associations, la gauche et une partie de la majorité, le projet de loi immigration porte atteinte au droit d’asile.
<filname="PROF-0,2-3214,1-0,0-13"> ¤                     
                                                

Macron à Calais : « En aucun cas nous ne laisserons ici se reconstituer une “jungle” »

Pour des associations, la gauche et une partie de la majorité, le projet de loi immigration porte atteinte au droit d’asile.



Le Monde
 |    16.01.2018 à 04h29
 • Mis à jour le
16.01.2018 à 15h47
   





                        



   


Emmanuel Macron était à Calais, mardi 16 janvier, pour une visite scrutée dans la ville portuaire emblématique de la crise des migrants, car elle se déroule en plein débat sur le projet de loi destiné à réformer la politique migratoire et le droit d’asile, un texte critiqué aussi bien à droite qu’à gauche.
Le chef de l’Etat a commencé son déplacement à Croisilles (Pas-de-Calais), où a été ouvert l’un des trois centres d’accueil et d’examen de situation (CAES), une nouvelle structure pour héberger les migrants dans l’attente d’une décision administrative quant à leur droit à se rendre au Royaume-Uni, à rester en France, à être renvoyé dans le pays d’entrée dans l’Union européenne ou à être expulsé vers leur pays d’origine.
En fin de matinée, M. Macron s’est rendu à Calais pour sa première visite en tant que président de la République, accompagné de quatre ministres, dont le ministre de l’intérieur, Gérard Collomb, et la ministre de la justice, Nicole Belloubet.
Dans un discours aux forces de l’ordre, le président leur a renouvelé son soutien, disant que « dans la République, les fonctionnaires appliquent les mesures du gouvernement. Que ceux qui ont quelque chose à reprocher au gouvernement s’attaquent au gouvernement, et non pas aux fonctionnaires ». 

   


Ce qu’il faut retenir du discours de Macron : 
Pas de nouvelle « jungle »
« En aucun cas nous ne laisserons ici se développer des filières illégales, se reconstituer une “jungle” ou une occupation illégale du territoire. »
Pour le président de la République, « Calais n’est pas une porte d’entrée dérobée vers l’Angleterre, cela continuera à être le cas ».
Soutien aux forces de l’ordre
« Le travail de policier est peu reconnu, souvent caricaturé. Les critiques ne visent qu’un but : mettre à mal la politique mise en œuvre par le gouvernement. (…) Je veux remercier l’ensemble des forces de sécurité qui interviennent dans des conditions difficiles pour assurer la sécurité de nos citoyens et la circulation des marchandises. »
M. Collomb avait déjà vigoureusement contesté, mardi matin sur France 2, les accusations de violences policières envers des migrants lancées par des associations. « Je m’inscris en faux contre ces affirmations » que « personne n’a pu montrer », a-t-il dit, rappelant qu’un récent rapport de l’inspection générale de la police avait conclu « qu’il y avait pu y avoir quelques dérapages individuels mais que les forces de police, dans leur généralité, étaient dans un respect fort de la déontologie ».
Dans un rapport publié en 2017, l’ONG Human Rights Watch (HRW) avait dénoncé un usage excessif de la force contre les migrants et des « abus », notamment envers des enfants.
L’Etat va prendre en charge la distribution de nourriture
Le président de la République a annoncé que l’Etat « allait prendre en charge » la distribution de repas aux migrants de Calais ; un service assuré aujourd’hui par des associations, dont certaines ont refusé de le rencontrer en fin d’après-midi.
« Il y a un service que nous n’apportons pas encore. C’est l’accès à la nourriture et aux repas, qui est assuré aujourd’hui par les associations. Je vais vous le dire très clairement, nous allons le prendre à notre charge, de manière organisée, avec des points mobiles, sans tolérer aucune installation de campements illicites. »
M. Macron appelle « toutes les associations à la responsabilité »
« Lorsque [des associations] encouragent les femmes et les hommes à rester là, voire à passer clandestinement de l’autre côté de la frontière, elles prennent une responsabilité immense. Jamais l’Etat ne sera à leurs côtés. »
Selon le chef de l’Etat, des « mensonges sont diffusés par un trop grand nombre qui nuisent à notre efficacité collective, à l’humanité que nous devons à ces personnes ».
Un délégué ministériel aux réfugiés nommé la semaine prochaine
Le président de la République a fait savoir qu’un délégué interministériel à l’accueil et à l’intégration des réfugiés sera nommé « la semaine prochaine » en conseil des ministres.
Le premier ministre, Edouard Philippe, avait annoncé la création de ce poste en juillet. Il avait précisé qu’il serait placé sous la tutelle du ministère de l’intérieur, provoquant les critiques des associations.
Prime exceptionnelle aux forces de l’ordre
« Nous allons accorder aux policiers et aux gendarmes qui sont en permanence dans le Calaisis une prime exceptionnelle de résultats », a annoncé le chef de l’Etat.
Réponses spécifiques des Britanniques
« Il faut mettre en œuvre des réponses spécifiques, ce sera fait ces prochaines semaines. Et nous allons demander des réponses spécifiques de nos amis britanniques. »
Enigmatique, la phrase du chef de l’Etat sous-entendait qu’il allait demander jeudi une prise en charge beaucoup plus systématique des mineurs dans cette zone, rappelant au passage qu’en 2017, 25 000 d’entre eux étaient arrivés en France.

        Lire aussi :
         

          Des associations portent plainte contre la confiscation des biens des migrants




   


Situation moins critique
Le président de la République doit également s’entretenir avec les élus locaux, les acteurs économiques et les associations d’aide aux migrants, et découvrir le front de mer en partie réhabilité. Deux des principales associations locales d’aide aux migrants, L’Auberge des migrants et Utopia 56, ont décidé de boycotter la rencontre avec le président. « Alors même que le gouvernement n’a pas écouté à Paris les grandes organisations humanitaires, ni sur leurs critiques, ni sur leurs propositions, pourquoi le président tiendrait-il compte des mêmes critiques et propositions des associations locales ? », s’interrogent-elles pour justifier leur refus.
La situation dans le principal port transmanche est moins critique qu’il y a quatorze mois, avant la fermeture de la « jungle », l’immense campement sauvage où cohabitaient près de 8 000 migrants rassemblés dans l’espoir de rejoindre les rives britanniques. Elle s’est « améliorée » mais « n’est pas encore stabilisée », résume l’Elysée.
Entre 350 et 500 migrants, selon l’Etat, sont toujours présents à Calais, essentiellement venus de la corne de l’Afrique (Ethiopie, Erythrée) et d’Afghanistan. Ils survivent dans des conditions difficiles, sans abri fixe, car « les forces de l’ordre ont l’ordre de procéder systématiquement au démantèlement des campements sauvages », selon l’Elysée. Des associations leur distribuent vêtements, duvets et nourriture quotidiennement.

   


Un projet de loi attendu en février
Emmanuel Macron ne s’est pas exprimé en détail sur le projet de loi asile-migration que M. Collomb doit présenter dans le courant de février en conseil des ministres. Le ministre de l’intérieur a redit dimanche qu’il n’était « pas question » de changer l’orientation du projet de loi, qui est selon lui « totalement équilibré ».

        Lire l’article :
         

          « On occulte l’urgence et la nécessité qui ont poussé les gens à venir jusqu’à Calais »



En revanche, le président devrait envoyer des messages à Londres, à deux jours du sommet franco-britannique avec Theresa May qui se tiendra, jeudi, dans le sud de l’Angleterre. Paris veut obtenir de Londres « des mesures concrètes » pour une meilleure prise en charge des mineurs isolés et pour le financement de la sécurisation du terminal transmanche et du port de Calais, selon l’Elysée. A cette occasion, les accords du Touquet, qui fixent depuis 2004 la frontière à Calais, pourraient être aménagés.
         data-ui="carousel"
         data-module="portfolio"
         data-wrapper=".gallery"
         data-interval="false"
         data-is-atom
         tabindex="10"
>


                    data-slide-title=""
            data-slide-description="A Croisilles, le 13 janvier. Sur les trois centres d’accueil et d’examen des situations des Hauts-de-France, aucun n’est plein. Croisilles affiche le meilleur remplissage, avec 62 lits occupés sur 70. Ce qui n’empêche pas le ministère de l’intérieur de se féliciter que « ces centres ont permis de significativement améliorer la situation là où ils sont déployés »."
            data-slide-item-lie=""

        
                    data-slide-title=""
            data-slide-description="Partie de ping-pong au centre d'accueil et d'examen des situations de Croisilles. Une soixantaine de migrants sont accueilis, pour une capacité de 70 places."
            data-slide-item-lie=""

        
                    data-slide-title=""
            data-slide-description="A l’heure du repas. L’association La Vie active, qui gère le lieu, leur laisse une bonne semaine de répit avant de passer à l’évaluation officielle de leur statut."
            data-slide-item-lie=""

        
                    data-slide-title=""
            data-slide-description="Khalid est irakien. Il était membre des forces spéciales irakiennes dans la guerre contre L’organisation Etat islamique. Dans la penderie, une unique veste, prête à être enfilée, et, plus loin, un ordinateur stoppé en plein film. Tout semble en pause dans la chambre de Khalid."
            data-slide-item-lie=""

        
                    data-slide-title=""
            data-slide-description="Un médecin visite régulièrement le centre. Un jeune homme a récupéré des médicaments pour soigner ses maux de tête."
            data-slide-item-lie=""

        
                    data-slide-title=""
            data-slide-description="« Qu’est-ce que je dois faire ? Est-ce qu’ils vont me renvoyer en Autriche si je reste ici ? », demande Khalid, un jeune Irakien."
            data-slide-item-lie=""

        
                    data-slide-title=""
            data-slide-description="La salle à manger du centre d’accueil de Croisilles sert également de salle de jeu pour les migrants."
            data-slide-item-lie=""

        
                    data-slide-title=""
            data-slide-description="Dawood Khan est afghan, et souffre de douleurs au genou. Un kinésithérapeuthe vient d'arriver pour s'occuper de lui. Après avoir passé des mois dans la jungle de Calais, Dawood souhaite rentrer en Afghanistan. Il parle quelques mots d'anglais mais communique plutôt par gestes avec le kinésithérapeute."
            data-slide-item-lie=""

        
                    data-slide-title=""
            data-slide-description="Un jeune migrant soudanais lit un livre en français. Des cours de français sont dispensés quotidiennement dans le centre."
            data-slide-item-lie=""

        
                    data-slide-title=""
            data-slide-description="Le repas est servi par des migrants accompagnés d'un travailleur social."
            data-slide-item-lie=""

        
                    data-slide-title=""
            data-slide-description="Après le déjeuner de jeunes Afghans vont surfer sur Internet et écouter de la musique. Une salle est mise à leur disposition."
            data-slide-item-lie=""

        
                    data-slide-title=""
            data-slide-description="Moment de détente entre jeunes du centre."
            data-slide-item-lie=""

        


Précedent

1/12

Suivant







A Croisilles, le 13 janvier. Sur les trois centres d’accueil et d’examen des situations des Hauts-de-France, aucun n’est plein. Croisilles affiche le meilleur remplissage, avec 62 lits occupés sur 70. Ce qui n’empêche pas le ministère de l’intérieur de se féliciter que « ces centres ont permis de significativement améliorer la situation là où ils sont déployés ».

LAURENCE GEAI POUR "LE MONDE"
› Accéder au portfolio



require(['lmd/ui/carousel', 'lmd/module/portfolio']);





                            


                        

                        


<article-nb="2018/01/16/19-14">
<filnamedate="20180116"><AAMM="201801"><AAMMJJ="20180116"><AAMMJJHH="2018011619">
<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-14"> ¤ Le plan voté lundi doit permettre de sortir du plan de sauvetage européen, qui maintient le pays à flot depuis 2015.
<filname="PROF-0,2-3214,1-0,0-14"> ¤                     


Article sélectionné dans La Matinale du 15/01/2018
Découvrir l’application


                        

Manifestations en Grèce après le vote de nouvelles réformes

Le plan voté lundi doit permettre de sortir du plan de sauvetage européen, qui maintient le pays à flot depuis 2015.



Le Monde
 |    16.01.2018 à 01h47
 • Mis à jour le
16.01.2018 à 07h53
   





                        



   


Les députés grecs ont adopté, lundi 15 janvier, un nouveau train de réformes exigées par les créanciers du pays, touchant notamment aux domaines de l’énergie et du travail, en dépit de débrayages et manifestations qui ont provoqué d’énormes embouteillages à Athènes.
Cette loi fourre-tout ouvre certaines professions jusqu’alors verrouillées, restructure les allocations familiales et relève de 33 % à plus de 50 % le seuil de voix qu’il faudra avoir dans le personnel d’une entreprise pour appeler à la grève. Les chefs d’entreprise et les créanciers internationaux espèrent que cette mesure limitera la fréquence des grèves et améliorera la productivité, qui est en Grèce inférieure de 20 % à la moyenne de l’Union européenne.
Parmi la centaine d’autres mesures contenues dans ce texte figure également la vente aux enchères en ligne forcée de biens, notamment immobiliers, appartenant à des débiteurs dont les créances ne semblent pas recouvrables.
Le projet a été adopté en début de soirée par 154 « oui » contre 141 « non » et cinq absents, alors que plus de 6 000 personnes ont manifesté dans la capitale contre les réformes au cours de la journée, a précisé la police. Certains manifestants ont jeté de la peinture et des pavés en direction de la police antiémeute qui protégeait le Parlement. La police a répliqué avec des gaz lacrymogènes. Aucune arrestation n’a eu lieu. « Le Parlement ne devrait pas approuver de telles mesures. Le gouvernement doit revenir dessus. Ils nous ont épuisés », déclarait une manifestante de 55 ans, Georgia Koutsoukou.
« Accélérer la sortie du pays du plan de sauvetage »
Le premier ministre, Alexis Tsipras, élu en 2015 sur le programme de gauche radicale de son parti Syriza, a rejeté fermement devant les députés les critiques émanant notamment des syndicats, selon lesquelles le gouvernement était prêt à limiter les grèves. « Les grèves ne sont ni abolies ni menacées par ce gouvernement », a-t-il martelé.
Ce train de mesures est voté dans la dernière ligne droite, espère Athènes, du troisième programme d’aide reçu par le pays depuis 2010. Ce programme, lancé à l’été 2015 sous l’égide de l’Union européenne, mais pas du FMI, contrairement aux deux premiers, court jusqu’au mois d’août. Athènes espère alors être en mesure de se financer à nouveau entièrement sur les marchés. « Le vote d’aujourd’hui sera crucial pour accélérer la sortie du pays du plan de sauvetage dans sept mois », a déclaré M. Tsipras.

        Lire :
         

          La Grèce adopte son budget 2018, le dernier sous perfusion financière internationale



Transports perturbés
La grève de lundi, à laquelle appelaient de nombreux syndicats, a créé d’énormes embouteillages dans Athènes, en raison de la fermeture des transports publics. La grève des contrôleurs aériens a également perturbé les vols.
La Grèce a connu une cinquantaine de grèves de ce type depuis 2010, à la suite des mesures d’austérité imposées par les créanciers en échange des plans de sauvetage de plusieurs centaines de milliards d’euros au total, concédés par l’Union européenne, le Fonds monétaire international et la Banque centrale européenne.

        Lire aussi :
         

                En Grèce, malgré une légère reprise économique, la précarité s’installe



Après le vote de lundi, Athènes espère que les ministres des finances européens approuveront le 22 janvier le versement d’au moins 4,5 milliards d’euros d’aide.
Le vote a également marqué la fin d’une pratique vieille de plusieurs décennies : les 300 législateurs, appelés un par un dans l’ordre alphabétique, devaient dire oui ou non à l’appel de leur nom. Une procédure qui prenait au moins une heure, à chaque fois. Désormais, ils voteront simultanément par système électronique.



                            


                        

                        


<article-nb="2018/01/16/19-15">
<filnamedate="20180116"><AAMM="201801"><AAMMJJ="20180116"><AAMMJJHH="2018011619">
<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-15"> ¤ Premier ministre depuis juin 2017, Mihai Tudose a démissionné lundi à la suite d’un conflit avec le président de son Parti social-démocrate (PSD), Liviu Dragnea.
<filname="PROF-0,2-3214,1-0,0-15"> ¤                     
                                                

Roumanie : démission du premier ministre social-démocrate, Mihai Tudose

Premier ministre depuis juin 2017, Mihai Tudose a démissionné lundi à la suite d’un conflit avec le président de son Parti social-démocrate (PSD), Liviu Dragnea.



Le Monde
 |    15.01.2018 à 22h09
   





                        



   


Le premier ministre roumain, Mihai Tudose, a présenté sa démission lundi 15 janvier à la suite d’un conflit avec le président de son Parti social-démocrate (PSD), Liviu Dragnea. « Je pars la tête haute », a-t-il déclaré à l’issue d’une réunion des responsables du PSD qui lui ont retiré leur soutien. Cette démission doit toutefois encore être entérinée par le président de centre droit, Klaus Iohannis.

        Lire aussi :
         

                En Roumanie, nouvelles manifestations contre le gouvernement et la corruption



Ancien titulaire du portefeuille de l’économie dans deux précédents gouvernements, M. Tudose avait été proposé au poste de premier ministre par M. Dragnea en juin 2017, mais les relations entre les deux hommes se sont rapidement dégradées.
Affaire de pédophilie dans la police
Et ce, notamment autour du cas de la ministre de l’intérieur Carmen Dan, une proche de M. Dragnea, dont M. Tudose a demandé la démission la semaine dernière après un cas de pédophilie qui touche la police. Forte du soutien du patron du PSD, Mme Dan a ignoré cet appel à quitter ses fonctions, bien que le chef du gouvernement ait clairement indiqué qu’il ne pouvait plus travailler avec elle, l’accusant de lui avoir « menti ».
Il y a trois, M. Turdose avait déjà provoqué la colère de M. Dragnea en imposant un remaniement ministériel. M. Dragnea qui ne peut pas briguer le poste de premier ministre en raison d’une condamnation à deux ans de prison avec sursis pour fraude électorale, avait fait tomber en juin le gouvernement du prédécesseur de Mihai Tudose, le social-démocrate Sorin Grindeanu, devenu « trop indépendant » selon lui.



                            


                        

                        


<article-nb="2018/01/16/19-16">
<filnamedate="20180116"><AAMM="201801"><AAMMJJ="20180116"><AAMMJJHH="2018011619">
<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-16"> ¤ Le gouvernement a décidé d’interdire cette production d’ici à 2025, en démantelant de manière progressive ses 200 à 250 fermes, qui exploitent 610 000 visons et 150 000 renards.
<filname="PROF-0,2-3214,1-0,0-16"> ¤                     
                                                

La Norvège va interdire les élevages d’animaux à fourrure

Le gouvernement a décidé d’interdire cette production d’ici à 2025, en démantelant de manière progressive ses 200 à 250 fermes, qui exploitent 610 000 visons et 150 000 renards.



Le Monde
 |    15.01.2018 à 20h51
 • Mis à jour le
16.01.2018 à 06h42
    |

            Audrey Garric








                        



   


En Norvège, les défenseurs des animaux ont repris du poil de la bête. Le gouvernement a décidé d’interdire la production de fourrure d’ici à 2025, en démantelant de manière progressive ses élevages. Le pays abrite 200 à 250 fermes, qui exploitent 610 000 visons et 150 000 renards, selon les derniers chiffres du ministère de l’agriculture, ce qui en fait un important pays producteur en Europe. La monarchie suit ainsi l’exemple du Royaume-Uni (2000), de l’Autriche (2004) et des Pays-Bas (décision votée en 2013, qui sera totalement effective en 2024). L’Allemagne et la République tchèque ont aussi décidé en 2017 de s’engager dans cette voie.
La décision a été prise alors que le gouvernement minoritaire de droite norvégien, composé des conservateurs de la première ministre, Erna Solberg, et des populistes du Parti du progrès, a ouvert ses portes, dimanche 14 janvier, à un petit parti de centre droit, le Parti libéral. Ce dernier, qui défend notamment la cause animale, a poussé la nouvelle coalition à se doter d’un programme plus « vert » – avec également la sanctuarisation d’espaces naturels convoités par l’industrie pétrolière.
Le plan doit encore être voté par le Parlement norvégien, une fois les compensations financières arrêtées pour les élevages affectés. Sept des neuf formations politiques du pays se sont déjà prononcées en faveur de l’interdiction de la production de fourrure, faisant de l’adoption de la mesure une formalité.
Population et scientifiques opposés à la fourrure
« C’est une grande victoire pour les animaux et ceux qui se battent pour les défendre, se réjouit Siri Martinsen, vétérinaire et directrice de la NOAH, la plus grande ONG de protection animale de Norvège, qui se bat pour obtenir cette mesure depuis vingt-huit ans. Le personnel politique a enfin écouté la majorité de l’opinion publique et des scientifiques, qui considèrent qu’il s’agit d’un secteur désuet et cruel. »
Selon les derniers sondages, 68 % de la population est opposée à la fourrure, dans un pays qui était pourtant autrefois le premier producteur mondial de peaux de renard. Les élevages, qui ne trouvent presque plus de débouchés sur leur territoire, exportent alors à 99 % leur production, principalement en Russie et en Chine – ce dernier pays dominant le marché mondial.
Une position de rejet partagée par l’institut vétérinaire norvégien et l’association vétérinaire norvégienne, regroupant la majorité des spécialistes, ainsi que les départements de biologie des universités d’Oslo et de Bergen.
« Nous dénonçons les très mauvaises conditions de détention des animaux, qui ne sont pas compatibles avec leurs besoins physiologiques », assure Siri Martinsen. Les visons et les renards passent ainsi toute leur vie dans de minuscules cages grillagées (d’un mètre carré au maximum), dans lesquelles ils ne voient, le plus souvent, pas la lumière du jour. Leurs excréments s’entassent souvent à même le sol pendant des semaines.



« Nous sommes choqués, ébranlés au plus profond de nous-mêmes », a déclaré, de son côté, Guri Wormdahl, de l’association norvégienne des éleveurs de fourrure, citée par Reuters. Les élevages du pays emploient environ quatre cents personnes « dans le cadre de règles strictes en matière de bien-être animal », a-t-elle plaidé, avec un chiffre d’affaires annuel compris entre 350 millions et 500 millions de couronnes norvégiennes (36 millions à 52 millions d’euros).
De plus en plus de marques, telles que récemment Gucci ou Michael Kors, se désengagent de la fourrure, à la suite des pressions des défenseurs des droits des animaux et à l’évolution des goûts des consommateurs et de l’attente de la société.



                            


                        

                        


<article-nb="2018/01/16/19-17">
<filnamedate="20180116"><AAMM="201801"><AAMMJJ="20180116"><AAMMJJHH="2018011619">
<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-17"> ¤ Le parti Convergence démocratique a reçu ces fonds d’un groupe de BTP « en échange de l’attribution garantie d’un certain montant de travaux publics ».
<filname="PROF-0,2-3214,1-0,0-17"> ¤                     
                                                

Catalogne : le principal parti nationaliste a reçu 6,6 millions d’euros de financements illégaux

Le parti Convergence démocratique a reçu ces fonds d’un groupe de BTP « en échange de l’attribution garantie d’un certain montant de travaux publics ».



Le Monde
 |    15.01.2018 à 15h08
 • Mis à jour le
15.01.2018 à 15h50
   





                        


Un tribunal de Barcelone a déterminé que le parti des ex-présidents nationalistes de la Catalogne Carles Puigdemont, Artur Mas et Jordi Pujol, Convergence démocratique de Catalogne (CDC) – devenu PDeCAT en 2016 – s’était financé illégalement, dans une décision publiée lundi 15 janvier.
Selon la décision de la cour, CDC a reçu au moins 6,6 millions d’euros du groupe espagnol de BTP et services Ferrovial « en échange de l’attribution garantie d’un certain montant de travaux publics ». Les commissions transitaient par le Palais de la musique, prestigieuse institution culturelle de Barcelone, dont les dirigeants sont condamnés à une peine de prison pour avoir détourné 23 millions d’euros entre 2000 et 2009.
Selon la cour, Ferrovial et CDC avaient négocié une commission de 4 % sur le total des marchés publics obtenus, qui se divisait entre le parti (2,5 %) et les deux principaux dirigeants du Palais de la musique.

        Lire aussi :
         

                Les nationalistes catalans cernés par un scandale de corruption



Prison pour le trésorier
Le scandale a éclaté en 2009 et a alimenté les soupçons de corruption envers le parti nationaliste, qui a gouverné la région pendant des décennies et est à l’origine de la proclamation d’indépendance de la fin du mois d’octobre 2017.
Pour réhabiliter son image, le parti s’est refondé en 2016 sous le nom PDeCAT (Parti démocrate européen catalan). La semaine dernière, Artur Mas, dirigeant de la Catalogne de 2010 à 2016, en a quitté la direction ; une décision que ses détracteurs attribuent à cette affaire judiciaire.
CDC n’était pas accusée comme personne morale mais devra rendre les 6,6 millions d’euros obtenus de manière irrégulière. Son ancien trésorier, Daniel Osacar, a été condamné à quatre ans et demi de prison.
Difficulté pour former le gouvernement
La décision tombe à deux jours de la constitution du nouveau parlement catalan, où les indépendantistes ont à nouveau obtenu la majorité absolue en sièges aux élections régionales anticipées du 21 décembre.
Ils sont néanmoins en difficulté pour former un gouvernement, leur principal candidat, l’ex-président régional Carles Puigdemont, se trouvant en Belgique. En Espagne, il est poursuivi pour rébellion, sédition et détournement de fonds, des chefs d’accusation qui entraîneraient son placement en détention provisoire s’il rentrait.
Une investiture à distance ne convainc pas son principal allié, la Gauche républicaine de Catalogne, et l’opposition comme le gouvernement central ont promis de saisir la Cour constitutionnelle si elle se produisait.



                            


                        

                        


<article-nb="2018/01/16/19-18">
<filnamedate="20180116"><AAMM="201801"><AAMMJJ="20180116"><AAMMJJHH="2018011619">
<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-18"> ¤ L’annulation de la visite à Londres du président américain est un fâcheux signal pour Theresa May, qui veut faire des Etats-Unis un partenaire de premier ordre après le Brexit.
<filname="PROF-0,2-3214,1-0,0-18"> ¤                     


Article sélectionné dans La Matinale du 15/01/2018
Découvrir l’application


                           
édition abonné


En plein divorce avec l’UE, le Royaume-Uni fragilisé par l’éloignement de l’« ami » Trump

L’annulation de la visite à Londres du président américain est un fâcheux signal pour Theresa May, qui veut faire des Etats-Unis un partenaire de premier ordre après le Brexit.



Le Monde
 |    15.01.2018 à 12h46
 • Mis à jour le
16.01.2018 à 11h08
    |

            Philippe Bernard (Londres, correspondant)








                        



                                


                            

Au rythme de ses provocations, la décision de Donald Trump, signifiée vendredi 12 janvier, de renoncer à rendre visite au Royaume-Uni, est quasiment passée inaperçue aux Etats-Unis. Elle a notamment été éclipsée par ses déclarations sur Haïti et sur plusieurs pays africains, qu’il a qualifiés de « pays de merde ». Il en va tout autrement à Londres, où le spectaculaire lâchage du « plus proche allié » sonne non seulement comme une nouvelle humiliation pour Theresa May.
Il s’agit également d’une sérieuse entorse à la « relation particulière » que Londres s’enorgueillit d’entretenir avec Washington. Un fâcheux signal, en pleine rupture avec l’Union européenne. Alors que le pays comptait sur un accord commercial avec les Etats-Unis pour compenser les conséquences du Brexit, voilà son alliance transatlantique soumise à rude épreuve.
Tout avait pourtant excellemment commencé. Dès le 15 janvier 2017, avant même son investiture, Donald Trump avait promis qu’un accord de libre-échange serait signé « très rapidement » avec le Royaume-Uni. « Le Brexit va finir par être une chose formidable », s’enthousiasmait-il, en prenant le contre-pied de son prédécesseur. Barack Obama, lui, avait menacé les Britanniques : s’ils votaient en faveur du Brexit, Londres serait reléguée « à la fin de la file d’attente » pour un accord commercial avec Washington.
« Risque pour la stabilité du monde »
En guise de cadeau d’accueil, Theresa May avait offert à M. Trump une copie du discours de Winston Churchill – l’inventeur de l’expression « relation particulière » – adressé au peuple américain après l’attaque de Pearl Harbor en 1941. La première ministre fut, dès le 27 janvier 2017, la première dirigeante à être reçue par M. Trump à la Maison Blanche.
Une visite prématurée et compromettante, estiment aujourd’hui nombre d’observateurs, au vu de la suite des événements. L’image de Donald Trump prenant la main de Mme May...




                        

                        


<article-nb="2018/01/16/19-19">
<filnamedate="20180116"><AAMM="201801"><AAMMJJ="20180116"><AAMMJJHH="2018011619">
<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-19"> ¤ L’opposition polonaise s’est discréditée à l’occasion d’un vote sur l’interruption volontaire de grossesse.
<filname="PROF-0,2-3214,1-0,0-19"> ¤                     
                                                

En Pologne, le gouvernement s’apprête à rendre l’avortement quasi impossible

L’opposition polonaise s’est discréditée à l’occasion d’un vote sur l’interruption volontaire de grossesse.



Le Monde
 |    15.01.2018 à 12h08
 • Mis à jour le
15.01.2018 à 12h12
    |

                            Intérim (Varsovie)








                        


En Pologne, le parti ultraconservateur Droit et justice (PiS), au pouvoir depuis 2015, vient de faire coup double en se rapprochant d’une interdiction quasi-totale de l’avortement, tout en semant la discorde dans l’opposition.
La semaine du 8 janvier, les députés polonais devaient se prononcer sur deux initiatives citoyennes visant à réformer, dans des directions opposées, le droit de l’avortement. Le projet de durcissement a été envoyé en commission pour examen, mais pas la proposition de libéralisation, rejetée à neuf voix près en première lecture, alors que 39 élus des partis libéraux étaient tout bonnement absents de la salle au moment du vote. Furieux, des défenseurs des droits des femmes ont manifesté le week-end du 13 et du 14 janvier dans plusieurs grandes villes pour dénoncer une « honte ».
Comptant parmi les plus restrictives en Europe, la réglementation polonaise actuelle interdit l’avortement sauf dans trois cas de figure : si la grossesse met en danger la vie de la femme enceinte, si elle résulte d’un acte criminel, ou si le fœtus est atteint d’une grave malformation.
Fruit d’un « compromis » passé il y a vingt-cinq ans entre conservateurs et libéraux, cette loi continue de satisfaire une majorité relative de Polonais. En revanche, pour les catholiques radicaux soutenus par l’épiscopat, le millier d’avortements pratiqués légalement chaque année en Pologne représente toujours autant de « meurtres » de trop.
A l’inverse, l’association de planning familial Federa relève que « la loi de 1993 est violée de façon chronique » car, même dans les situations où elle autorise le recours à l’avortement, il existe des régions entières où aucun médecin n’accepte de le pratiquer, soit par peur d’être poursuivi en justice, soit en raison d’une « utilisation abusive de la clause de conscience ».
La tactique a fonctionné
Pour lutter contre les effets négatifs de cette législation, en particulier l’exécution clandestine d’avortements dans des conditions souvent dangereuses, le collectif Sauvons les femmes avait réuni fin 2017 près de 500 000 signatures en soutien à une initiative législative qui aurait établi un droit effectif à l’interruption volontaire de grossesse (IVG) pendant les douze premières semaines. C’est ce texte qui a été rejeté en première lecture mercredi 10 janvier, par 202 voix contre 194 en faveur de la poursuite des travaux.
Alors que des députés libéraux avaient manqué à l’appel, voire s’étaient prononcés pour l’abandon pur et simple du projet, 58 élus du PiS pourtant hostiles à l’avortement avaient voté pour l’examen du texte en commission. Le parti au pouvoir peut ainsi se vanter de respecter sa promesse de campagne de ne repousser aucune initiative citoyenne d’ampleur tout en renvoyant sur l’opposition la responsabilité de l’échec de la proposition.
La tactique a fonctionné : depuis le vote, les deux partis libéraux se déchirent en interne à coups de sanctions, d’exclusions, de suspensions d’adhésion et de menaces de démission. Côté PiS, le président du Sénat, Stanisław Karczewski, a d’ores et déjà indiqué que la majorité gouvernementale était « ouverte à des discussions » pour accueillir les élus mis au ban de leur formation d’origine.
Les manifestants de ces derniers jours s’en sont également davantage pris à l’opposition qu’au PiS. Samedi soir, malgré le gel, plus d’un millier de personnes étaient présentes devant le Parlement à Varsovie. A l’invitation d’organisations de gauche, ils ont déclamé les noms des députés absents lors du vote sur le texte du collectif Sauvons les femmes en les accusant de « lâcheté ».
Nouvelle journée de mobilisation
Toutefois, au-delà de ces cris de colère, les revendications des participants n’étaient pas unanimes. Pat et Michał (qui n’ont pas communiqué leur patronyme), un jeune couple, continuaient de demander la « libéralisation d’une loi qui ne fonctionne pas » quand d’autres ne veulent que le maintien du statu quo. « Je suis venu réclamer l’abandon du projet de durcissement de la législation sur l’avortement », explique Adam, retraité.
Plus d’un an après l’échec d’une première tentative d’interdiction totale de l’avortement, la nouvelle proposition de durcissement, soutenue par 830 000 citoyens, abandonne l’idée de punir les femmes qui recourent illégalement à l’avortement et maintient la possibilité d’interrompre une grossesse mettant en danger la vie de la femme enceinte ou résultant d’un viol. Toutefois, la suppression de l’exception en cas de malformation grave du fœtus reviendrait de fait à interdire 95 % des avortements légaux aujourd’hui pratiqués en Pologne.

        Lire aussi :
         

                Bruxelles et Varsovie baissent le ton



Les organisateurs de la « grève des femmes », à l’origine des « marches noires » qui avaient rassemblé fin 2016 près de 250 000 personnes dans 150 villes et obtenu le retrait du projet d’interdiction totale, appellent à une nouvelle journée de mobilisation mercredi 17 janvier.
Toutefois, face à ce nouveau texte moins sévère, il est possible que la participation soit moindre. Le PiS n’aurait alors plus de raison de pas adopter cette nouvelle restriction du droit à l’avortement, promesse de longue date faite au clergé en échange de son soutien électoral.
         data-ui="carousel"
         data-module="portfolio"
         data-wrapper=".gallery"
         data-interval="false"
         data-is-atom
         tabindex="10"
>


                    data-slide-title=""
            data-slide-description="La proposition de libéralisation de l’avortement a été rejetée à neuf voix près en première lecture, alors que 39 élus des partis libéraux étaient absents lors du vote. Furieux, des défenseurs des droits des femmes ont manifesté le week-end du 13  janvier à Varsovie pour dénoncer une « honte »."
            data-slide-item-lie=""

        
                    data-slide-title=""
            data-slide-description="Loris et son mari Marek : « Nous sommes originaires du Pérou et vivons en Pologne depuis 37 ans, nous sommes solidaires des femmes polonaises.  Le problème concerne directement nos petits-enfants. »"
            data-slide-item-lie=""

        
                    data-slide-title=""
            data-slide-description="Gosia (au centre) : « Je ne veux pas que mes petites-filles deviennent des esclaves. J’ai milité contre la loi martiale dans les années 1980. Aujourd’hui, nous devons rester vigilants pour que la situation n’empire pas. »"
            data-slide-item-lie=""

        
                    data-slide-title=""
            data-slide-description="Krystyna Kacpura, présidente de Federa, association de planning familial, relève que « la loi de 1993 est violée de façon chronique » car, même dans les situations où elle autorise le recours à l’avortement, il existe des régions entières où aucun médecin n’accepte de le pratiquer, soit par peur d’être poursuivi en justice, soit en raison d’une « utilisation abusive de la clause de conscience »."
            data-slide-item-lie=""

        
                    data-slide-title=""
            data-slide-description="Zofia, 20 ans : « Je ne veux pas qu’on restreigne mes droits. Décider de ce que l’on fait de son corps et de sa santé est un droit essentiel. La femme doit être la seule à décider de sa grossesse. Je veux que notre loi soit moderne, comme dans la plupart des pays européens. Je ne veux pas que la Pologne devienne un second Salvador où les femmes son condamnées même pour une fausse couche. »"
            data-slide-item-lie=""

        
                    data-slide-title=""
            data-slide-description="Anna Karczewska, vice-présidente de « Sauvons les femmes » : « Nous devons rester mobilisés malgré la fatigue et les doutes. Je rève d’une Pologne où la seule divison sera la sépartion entre l’Eglise et l’Etat. »"
            data-slide-item-lie=""

        
                    data-slide-title=""
            data-slide-description="Alan, 16 ans : « Je suis là parce que je ne suis pas d’accord pour qu’un évêque, un prêtre ou un homme politique décide de ce qu’une femme doive faire de son corps. C’est mon devoir d’être aux côtés des femmes qui luttent pour leurs droits. »"
            data-slide-item-lie=""

        
                    data-slide-title=""
            data-slide-description="Julia et Marta, 18 ans : « Les médecins devraient faire leur métier sans à priori, selon leurs capacités médicales et non un choix moral. »"
            data-slide-item-lie=""

        
                    data-slide-title=""
            data-slide-description="Les restrictions concernant l’avortement font de la Pologne l’un des pays les plus conservateurs d’Europe."
            data-slide-item-lie=""

        
                    data-slide-title=""
            data-slide-description="Agnieszka et Anna : « Nous avons participé à toutes les manifestations organisées pour le droit à l’avortement depuis que le débat existe en Pologne. Les femmes doivent être traitées comme des citoyennes à part entière, avec le même respect que les hommes. »"
            data-slide-item-lie=""

        
                    data-slide-title=""
            data-slide-description="Grazyna, 67 ans : « L’Eglise et le parti au pouvoir veulent faire de nous des esclaves de leurs volontés. Aujourd’hui, les Polonaises qui s’occupent de leur famille sont traitées comme des citoyennes de seconde zone. Ils ne veulent pas que nous ayons une vie sexuelle, que nous ayons du plaisir, ils veulent juste qu’on fasse des enfants. »"
            data-slide-item-lie=""

        
                    data-slide-title=""
            data-slide-description="Agnieszka, 33 ans, et Zosia, 7 ans. « Je suis pour la libéralisation de l’avortement, comme la loi le permet dans de nombreux pays où l’on peut avorter jusqu’à 12 semaines de grosesse. »"
            data-slide-item-lie=""

        
                    data-slide-title=""
            data-slide-description="Agnieszka, 42 ans, est venue avec son fils Adrian qui a 21 ans : « C’est très important que les femmes puissent décider ce qu’elles font de leur corps et de leur vie. Dans certaines situations, avorter est la meilleure solution. »"
            data-slide-item-lie=""

        
                    data-slide-title=""
            data-slide-description="Lucyna, 60 ans : « Je suis furieuse de devoir me battre pour la même cause qu’il y a trente ans. Je ne peux pas accepter que le monde pour lequel nous avons combattu, la participation à l’UE, disparaissent d’une année à l’autre. Je ne veux pas que ce pays devienne comme un enfer pour les femmes. »"
            data-slide-item-lie=""

        
                    data-slide-title=""
            data-slide-description="Janina, 79 ans : « Nous sommes là car personne ne peut décider de la conscience des femmes.  » Romuald, 88 ans : « Je suis gynécologue, et je ne peux comprendre ceux qui ne viennent pas en aide à leurs patientes. »"
            data-slide-item-lie=""

        
                    data-slide-title=""
            data-slide-description="Joanna, 35 ans, artiste : « J’avais organisé la première manifestation il y a quinze ans et nous pensions alors que la situation changerait rapidement. Quelle ironie que de manifester de nouveau avec les mêmes slogans et combattre pour des droits essentiels ! »"
            data-slide-item-lie=""

        


Précedent

1/16

Suivant







La proposition de libéralisation de l’avortement a été rejetée à neuf voix près en première lecture, alors que 39 élus des partis libéraux étaient absents lors du vote. Furieux, des défenseurs des droits des femmes ont manifesté le week-end du 13  janvier à Varsovie pour dénoncer une « honte ».

KASIA STREK POUR LE MONDE
› Accéder au portfolio



require(['lmd/ui/carousel', 'lmd/module/portfolio']);





                            


                        

                        


<article-nb="2018/01/16/19-20">
<filnamedate="20180116"><AAMM="201801"><AAMMJJ="20180116"><AAMMJJHH="2018011619">
<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-20"> ¤ Près de deux mille personnes ont manifesté le 13 janvier devant le Parlement, à Varsovie, alors que le pays se rapproche d’une interdiction quasi totale de l’IVG.
<filname="PROF-0,2-3214,1-0,0-20"> ¤ 