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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-1"> ¤ Emmanuel Macron s'est rendu à Calais, le 16 janvier. Il s’est exprimé devant les forces de l’ordre, leur réitérant son soutien.
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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-2"> ¤ François affronte l’hostilité d’une partie de l’opinion chilienne à l’endroit de l’Eglise catholique après de nombreuses affaires de pédophilie. Des églises ont été attaquées.
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Le pape exprime « douleur et honte » au Chili pour les enfants agressés sexuellement par des prêtres

François affronte l’hostilité d’une partie de l’opinion chilienne à l’endroit de l’Eglise catholique après de nombreuses affaires de pédophilie. Des églises ont été attaquées.



Le Monde
 |    16.01.2018 à 17h32
 • Mis à jour le
16.01.2018 à 17h34
    |

            Cécile Chambraud








                        



   


Les enfants agressés ou violés par des prêtres ont été au cœur du premier discours du pape François après son arrivé à Santiago, lundi 15 janvier, pour une visite d’une semaine au Chili et au Pérou. « Je ne peux m’empêcher de manifester la douleur et la honte que je ressens face au mal irréparable fait à des enfants par des ministres de l’Eglise », a déclaré le chef de l’institution catholique devant les autorités politiques et sociales, mardi au palais de la Moneda, le siège de la présidence chilienne. « Je voudrais m’unir à mes frères dans l’épiscopat, car s’il est juste de demander pardon et de soutenir avec force les victimes, il nous faut en même temps nous engager pour que cela ne se reproduise pas », a-t-il ajouté, interrompu par des applaudissements.
La colère et les attentes avant sa venue étaient également élevées, tant les scandales de pédophilie ébranlent depuis des années l’Eglise et la société chiliennes, et éclaboussent aussi le pontife argentin. Le plus retentissant d’entre eux a pour origine les agissements d’un prêtre chilien, Fernando Karadima. De sa paroisse de Santiago, proche des autorités politiques, celui-ci a, pendant des décennies, formé des générations de jeunes catholiques, dont beaucoup sont devenus prêtres et certains évêques, en même temps qu’il agressait sexuellement des mineurs.
Pendant des années, l’Eglise a ignoré les plaintes de victimes. Ce n’est qu’en 2010, lorsque certaines d’entre elles ont publiquement dénoncé les faits, que le scandale l’a poussée à s’en préoccuper. En 2011, au terme d’une procédure canonique, Fernando Karadima a été reconnu coupable d’actes pédophiles dans les années 1980 et 1990, et a été contraint à se retirer pour une vie de « pénitence et de prière ». L’Eglise avait aussi demandé pardon pour tous les cas d’abus sexuels sur des enfants commis par des membres du clergé et pour son manque de réactivité face aux plaintes par le passé.
« Processus de transformation »
L’affaire a connu une nouvelle impulsion quand, en janvier 2015, le pape François a nommé Mgr Juan Barros, l’un des protégés de M. Karadima, à la tête du diocèse d’Osorno, dans le sud du pays. Or, les associations de victimes d’Osorno accusent Mgr Barros d’avoir couvert les agissements de son ancien mentor. Depuis lors, elles organisent dans son diocèse des manifestations de protestation et ne cessent de demander à Rome sa destitution. Ce à quoi François s’oppose résolument, jugeant la contestation dans ce diocèse « bête », infondée et politiquement manipulée par « les gauchistes ». 
Lors d’une homélie, mardi, le pape a rejeté les « attitudes critiques » de « ceux qui croient tout savoir mais ne veulent s’engager à rien ni avec personne, et finissent ainsi par bloquer toute possibilité de créer des processus de transformation et de reconstruction dans nos communautés ».
Fait sans précédent dans un voyage du pape François, l’hostilité d’une partie de l’opinion chilienne à l’endroit de l’Eglise catholique s’est matérialisée, mardi, par l’attaque de trois nouvelles églises, portant à neuf le nombre d’édifices touchés ces derniers jours par des départs de feu. Deux des dernières attaques ont eu lieu dans l’Etat d’Araucania, la Patagonie chilienne, où François devait se rendre mercredi à la rencontre des communautés indigènes mapuches, qui réclament la restitution de territoires appartenant, selon eux, à leurs ancêtres. Dans son discours aux autorités, le pape a évoqué les « droits » des « peuples autochtones ».
« Renforcer notre voix »
Avec 5,3 points sur une échelle de 10, le Chili est le pays d’Amérique latine où le pape est le moins populaire, le Paraguay étant en tête avec 8,3 points, selon l’organisme Latinobarómetro. La confiance des Chiliens dans l’Eglise, elle, est passée de 61 % en 2010 à 38 % en 2011, après la médiatisation de l’affaire Karadima.
Lundi, jour de l’arrivée du pontife sur le sol chilien, les représentants de plusieurs associations de victimes de prêtres pédophiles s’étaient donné rendez-vous à Santiago pour échanger sur leurs expériences, et envisager la création d’une fédération internationale capable de peser face à l’Eglise. L’un des porteurs de ce projet est François Devaux, cofondateur de La Parole libérée, association fondée à Lyon par des victimes du père Bernard Preynat, mis en examen pour viols et agressions sexuelles sur de jeunes garçons avant 1991. « Aujourd’hui, l’Eglise fait face, pays par pays, à des associations morcelées, explique-t-il. Cette organisation devrait pouvoir renforcer notre voix. » Elle pourrait aussi « apporter de la crédibilité aux petites associations, souvent bien seules à leur naissance ».



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-3"> ¤ Ce premier échec ne signe toutefois pas la fin du parti vainqueur des législatives, l’ANO, le premier ministre ayant le droit de solliciter trois fois la confiance des députés.
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République tchèque : le gouvernement d’Andrej Babis n’obtient pas la confiance du Parlement

Ce premier échec ne signe toutefois pas la fin du parti vainqueur des législatives, l’ANO, le premier ministre ayant le droit de solliciter trois fois la confiance des députés.



Le Monde
 |    16.01.2018 à 16h49
 • Mis à jour le
16.01.2018 à 18h34
   





                        



   


C’est un premier échec pour le leader populiste tchèque. Le Parlement tchèque a refusé, mardi 16 janvier, de voter la confiance au gouvernement minoritaire dirigé par Andrej Babis. Sur 200 députés, 117 ont voté contre lui et cinq se sont abstenus.
Le richissime homme d’affaires de 63 ans, parfois qualifié de « Trump tchèque », a été nommé premier ministre début décembre, après la victoire de son parti, l’ANO (Akce nespokojenych obcanu, « action des citoyens mécontents » et « oui » en tchèque), mais il n’a pas réussi à former une coalition susceptible de s’appuyer sur une majorité au Parlement.

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L’ANO avait remporté les législatives en octobre après une campagne axée sur la lutte contre la corruption, contre l’accueil de migrants et contre la zone euro. Avec 29,7 % des voix, le parti avait remporté 78 sièges à la chambre basse du Parlement, qui en compte 200.
Nouvelle chance
Les accusations de fraude aux subventions qui visent Babis ont pesé sur la mise en place de l’actuel cabinet, les autres partis refusant de coopérer. La police enquête sur le versement d’une subvention européenne de deux millions d’euros il y a une dizaine d’années. Babis, qui nie toute malversation, avait annoncé mardi, quelques heures avant le vote de confiance, avoir demandé aux députés de lever son immunité parlementaire.
Ce premier échec ne signe toutefois pas la fin d’ANO, le premier ministre ayant le droit de solliciter trois fois la confiance des députés, les deux premières étant soutenues par le président et la troisième par le chef de la chambre basse, poste occupé actuellement par M. Vondracek, membre d’ANO. Le gouvernement Babis va toutefois devoir démissionner. Il continuera de gérer les affaires courantes le temps que M. Babis réussisse à trouver un accord avec une ou plusieurs autres formations qui pourraient soutenir le prochain gouvernement dominé par l’ANO.
Le président Milos Zeman, qui nomme les premiers ministres, a promis à Andrej Babis qu’il lui donnerait une autre chance de former un gouvernement. « Au moment où il me dit qu’il dispose d’au moins 101 voix garanties, je le désignerai premier ministre pour la deuxième fois », a affirmé le chef de l’Etat la semaine dernière. Plusieurs partis ont laissé entendre qu’ils pourraient envisager une coalition avec l’ANO, à condition que Babis ne dirige pas le gouvernement ; condition que l’intéressé a rejetée jusqu’à présent.
Cependant, le risque de déboucher sur de nouvelles élections, dont l’ANO pourrait sortir renforcée, pourrait bien amener les formations politiques à se montrer plus conciliantes.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-4"> ¤ L’ancien policier insurgé contre le régime de Maduro a été découvert à Caracas après six mois de cavale, et tué au cours d’une opération dans laquelle sont aussi morts deux policiers.
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Au Venezuela, la mort en direct d’Oscar Pérez

L’ancien policier insurgé contre le régime de Maduro a été découvert à Caracas après six mois de cavale, et tué au cours d’une opération dans laquelle sont aussi morts deux policiers.



Le Monde
 |    16.01.2018 à 16h29
 • Mis à jour le
16.01.2018 à 17h45
    |

                            Paulo A. Paranagua








                        



   


Les Vénézuéliens ont suivi en direct, grâce aux réseaux sociaux, le pilonnage subi par l’homme le plus recherché par le régime chaviste : Oscar Pérez, 36 ans, ancien inspecteur de la police criminelle, qui s’est insurgé contre le président Nicolas Maduro. Le jeune homme aux yeux clairs avait surpris les médias en juin 2017, lorsqu’il s’était emparé d’un hélicoptère et avait jeté des grenades contre des bâtiments officiels à Caracas, sans faire de victimes. A l’époque, les manifestations de rue se succédaient sans que l’opposition trouve un débouché politique à la protestation sociale. Cent trente personnes étaient mortes.
Aussitôt qualifié de « terroriste » par le gouvernement, sa tête mise à prix, Oscar Pérez est parvenu pendant plus de six mois à échapper aux divers services à ses trousses. En décembre, il avait refait parler de lui en revendiquant sur Twitter un assaut mené contre une unité militaire vénézuélienne et au cours duquel de nombreuses armes automatiques ont été volées.
Lundi 15 janvier, sa cavale s’est terminée. Découvert dans le quartier El Junquito, à Caracas, il est aussitôt assiégé. Sur Instagram, il alerte l’opinion publique, qu’il tient en haleine pendant plusieurs heures. « Nous négocions notre reddition », dit-il dans un premier temps, car il n’est pas seul. Plus tard, le visage en sang, son message est un cri du cœur : « On est en train de nous tirer dessus avec des lance-grenades. On a prévenu qu’on allait se rendre mais ils ne veulent pas nous laisser nous rendre, ils veulent nous tuer ! » Ensuite, il s’adresse à ses trois enfants et affirme, en guise de testament : « Je veux demander aux Vénézuéliens qu’ils ne baissent pas les bras, qu’ils luttent, qu’ils sortent dans les rues, il est temps que nous soyons libres ! »
Groupes paramilitaires
Après des heures de silence, la police, puis le gouvernement, ont fini par confirmer sa mort, ainsi que celle de « plusieurs » autres rebelles. L’Observatoire vénézuélien de conflictualité sociale, une organisation non gouvernementale, évoque à propos d’Oscar Pérez « une possible exécution extrajudiciaire ». L’ONG de défense des droits de l’homme Provea déplore que « l’Etat n’ait pas épuisé la voie d’une solution pacifique ».
M. Maduro a justifié l’action des forces de l’ordre parce que les assiégés ont utilisé des armes à feu et disposaient d’une voiture chargée d’explosifs. A l’entendre, le groupe d’Oscar Pérez était financé par la Colombie : « Ces animaux veulent remplir de violence notre pays, ils n’y arriveront pas », a déclaré le président, précisant que le groupe prévoyait « de faire exploser une voiture piégée devant une ambassade d’un pays cher et prestigieux » à Caracas.
Détail remarquable, parmi les policiers tués au cours de la fusillade se trouve le chef du « collectif » chaviste qui contrôle le quartier populaire 23 de Enero, à Caracas. Heiker Vasquez, dirigeant du « Colectivo Tres Raices », était aussi un policier, confirmant ainsi la nature de ces bandes : des groupes paramilitaires ou parapoliciers qui manipulent les aides alimentaires et s’assurent de la fidélité électorale des bénéficiaires.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-5"> ¤ A la recherche d’espace, les habitants de la métropole méditerranéenne investissent les toits de leurs maisons.
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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-6"> ¤ La prochaine législature de la région espagnole doit être constituée mercredi. Elle comptera 127 députés au lieu de 135, huit élus sécessionnistes se trouvant en prison préventive ou en fuite en Belgique.
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Catalogne : les indépendantistes pourront-ils contrôler le nouveau Parlement ?

La prochaine législature de la région espagnole doit être constituée mercredi. Elle comptera 127 députés au lieu de 135, huit élus sécessionnistes se trouvant en prison préventive ou en fuite en Belgique.



Le Monde
 |    16.01.2018 à 15h24
 • Mis à jour le
16.01.2018 à 17h44
    |

            Sandrine Morel (Madrid, correspondance)








                        



   


Moins d’un mois après l’élection régionale catalanes du 21 décembre 2017, le nouveau Parlement catalan doit siéger pour la première fois mercredi 17 janvier à Barcelone, et élire à cette occasion son président et les membres de son bureau.
La formation antinationaliste Ciudadanos, arrivée en tête avec 36 députés (sur 135) et 25 % des suffrages, n’est a priori pas en mesure d’empêcher la formation d’une majorité indépendantiste. Mais Madrid, qui a placé la région sous tutelle jusqu’à l’installation d’un nouveau gouvernement, espère un renouvellement des dirigeants nationalistes afin de reprendre des relations institutionnelles « normales » avec Barcelone, enterrer la demande d’un référendum d’autodétermination et négocier un meilleur financement pour diminuer le soutien à l’indépendance en Catalogne.
Quels sont les plans des indépendantistes ?
Entre des formations divisées, les visées des partisans de l’indépendance restent floues. Ensemble pour la Catalogne (JxC), la Gauche républicaine de Catalogne (ERC) et la Candidature d’union populaire (CUP) ont obtenu, à elles trois, la majorité absolue des sièges dans la Chambre régionale : 70 des 135 députés (47,5 % des suffrages).
Ensemble pour la Catalogne
Arrivée en seconde position, derrière Ciudadanos, avec 34 députés, Ensemble pour la Catalogne (JxC) est la liste du président destitué Carles Puigdemont, lequel se définit toujours comme « le président légitime de la Catalogne en exil » depuis son départ pour la Belgique, le 27 octobre 2017. En tant que première force du bloc indépendantiste, elle entend faire pression sur la Gauche républicaine de Catalogne pour que M. Puigdemont soit investi à distance comme président de la Généralité, soit par vidéoconférence, soit par le biais d’un député à qui il aurait délégué le soin de lire son discours. Pour cela, il lui faut à tout prix obtenir le soutien de la majorité du bureau du Parlement, chargé d’interpréter le règlement pour lui permettre ou non d’être président depuis la Belgique.
Gauche républicaine de Catalogne
De son côté, ERC (32 députés) hésite. La formation plaide pour le « réalisme » lors de la prochaine législature et affirme renoncer à la « voie unilatérale », tout en promettant de construire la « République catalane ». Elle est réticente à l’idée de braver les services juridiques du Parlement, qui ont émis un rapport – non contraignant – s’opposant à l’investiture à distance du prochain président catalan. Mais elle ne veut pas apparaître comme la responsable de l’échec de l’investiture de M. Puigdemont, après avoir promis de tout faire pour « restaurer le gouvernement légitime » destitué par Madrid.
Candidature d’union populaire
Enfin, la CUP, qui a obtenu quatre députés, exige de continuer sur la voie de la désobéissance au Tribunal constitutionnel et de « l’unilatéralité » pour défendre la République catalane proclamée le 27 octobre 2017. Mais contrairement à la précédente législature, son soutien n’est plus indispensable : son abstention suffit pour que les autres formations indépendantistes gouvernent.

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Quel sera le sort des élus mis en examen ?
Dix-sept élus du nouveau Parlement sont mis en examen dans le cadre de la tentative de sécession du mois d’octobre. Tant qu’ils ne sont pas sous le coup d’une condamnation ferme, ils gardent leurs droits politiques, dont celui de siéger au Parlement, sauf les trois élus en détention préventive et les cinq autres réfugiés en Belgique pour fuir la justice espagnole qui les a mis en examen pour « rébellion, sédition et malversation de fonds publics ».
Les trois prisonniers
Les trois élus emprisonnés près de Madrid – le président d’ERC, Oriol Junqueras, l’ancien conseiller à l’intérieur Joaquim Forn et le président de l’association indépendantiste Assemblée nationale catalane (ANC), Jordi Sanchez – se sont vu refuser par le juge du Tribunal suprême, le 12 janvier, la possibilité de se rendre au Parlement catalan pour voter, au motif de risques de trouble à l’ordre public.
Cependant, le juge a estimé que la préventive « ne peut pas supposer la modification de l’arithmétique parlementaire configurée par la volonté des urnes ». Il invite donc le bureau du Parlement catalan provisoire (formé par le député le plus âgé et les deux plus jeunes, tous d’ERC) à examiner la possibilité que les prisonniers délèguent leur vote à d’autres députés, ce qu’ils feront probablement.
Les cinq fugitifs ou « exilés »
En revanche, le juge a précisé que l’arrangement proposé ne concerne « pas les autres », une référence à Carles Puigdemont et ses anciens conseillers (ministres régionaux) Clara Ponsati, Lluis Puig, Toni Comin et Meritxell Serret, qui se trouvent en Belgique et sont considérés comme fugitifs par la justice espagnole. Pour le juge, ils ne pourront donc ni voter ni se faire représenter depuis Bruxelles.
Quel est l’enjeu de la composition du bureau du Parlement ?
On ne peut pas écarter que le bureau du Parlement ignore les considérations de la justice espagnole et des juristes de la Chambre régionale. Il a le dernier mot pour interpréter le règlement, déterminer comment se déroule le vote des prisonniers voire forcer celui des fugitifs, et présenter ou pas Carles Puigdemont à la présidence de la Généralité lors de la session d’investiture, prévue entre le 29 et le 31 janvier.
Lors de la précédente législature, le bureau du Parlement – indépendantiste – a ignoré à plusieurs reprises les rapports des services juridiques du Parlement catalan et les décisions du Tribunal constitutionnel, et a joué un rôle clé dans le vote des lois indépendantistes.
Cependant, les élus connaissent les possibles conséquences pénales de leurs actes et peu sont prêts à en prendre le risque. L’ancienne présidente du Parlement Carme Forcadell, mise en examen, a d’ailleurs renoncé à se présenter de nouveau au poste…

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Les indépendantistes risquent-ils de perdre leur majorité ?
C’est peu probable. Si les cinq élus fugitifs ne peuvent pas voter et ne sont pas remplacés par les suivants sur les listes, les indépendantistes perdront certes leur majorité absolue au Parlement régional. Avec 65 députés, ils seraient alors à égalité avec les partis qui ne sont pas clairement indépendantistes.
Mais la position des huit élus du parti de la gauche radicale Catalogne en commun-Podem, opposés à l’indépendance unilatérale mais aussi à la mise sous tutelle, leur permettrait de maintenir la majorité simple. La formation de la maire de Barcelone, Ada Colau, s’est en effet déclarée opposée à l’investiture du candidat de Ciudadanos, que ce soit pour présider le bureau du Parlement ou la Généralité. Les indépendantistes espèrent l’obliger à prendre position dans l’élection de dirigeants indépendantistes, ou en tout cas à assumer une part de responsabilité.
Que ferait Madrid si M. Puigdemont était réinvesti ?
Le chef du gouvernement espagnol, Mariano Rajoy, a été clair, le 15 janvier, lors d’une réunion avec la direction du Parti populaire : « Dans le cas supposé où on prétendrait que M. Puigdemont assiste à un débat d’investiture depuis Bruxelles, le gouvernement déposerait un recours immédiat. »
Et, a-t-il ajouté, dans l’« hypothèse impossible » qu’il soit élu président de la Généralité depuis Bruxelles, il devra prendre ses fonctions « et cela doit se faire physiquement ». « S’il ne le fait pas, l’article 155 [celui de la mise sous tutelle de la région] restera en vigueur, non pas parce que je le dis moi, mais parce que le Sénat a décidé que l’article 155 resterait en vigueur jusqu’à la prise de possession de son mandat par le nouveau président après les élections en Catalogne », a rappelé M. Rajoy.
Afin d’éviter un blocage, les indépendantistes pourraient donc décider de présenter un autre candidat pour la présidence effective de la Généralité, quitte à donner un titre symbolique à M. Puigdemont. Un blocage pourrait déboucher sur la tenue de nouvelles élections, au printemps.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-7"> ¤ Dans sa chronique mensuelle, l’économiste Jean-Pierre Petit estime que, malgré des risques mondiaux et européens potentiels, la zone euro devrait continuer, comme en 2017, à surperformer en 2018 par rapport aux Etats-Unis, au Japon et au Royaume-Uni.
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édition abonné


La bonne dynamique de la zone euro

Dans sa chronique mensuelle, l’économiste Jean-Pierre Petit estime que, malgré des risques mondiaux et européens potentiels, la zone euro devrait continuer, comme en 2017, à surperformer en 2018 par rapport aux Etats-Unis, au Japon et au Royaume-Uni.



Le Monde
 |    16.01.2018 à 15h00
    |

                            Jean-Pierre Petit (Economiste et président de la société de conseil Les Cahiers verts de l'économie)








                        



                                


                            
L’éclairage. La zone euro a été la grande surprise macroéconomique de 2017. Le consensus des prévisionnistes tablait, au début de l’année dernière, sur une croissance réelle moyenne de 1,4 % pour 2017. Le résultat sera certainement de 2,4 %, soit une divergence de plus de 70 % entre la prévision et le résultat ! Actuellement, le consensus pour 2018 paraît encore trop prudent : il est de 2,2 %, alors qu’une expansion de 2,5 à 2,7 % semble plus plausible.
Sur la base d’un scénario médian à horizon de deux ans, le rattrapage macroéconomique de la zone euro devrait se poursuivre
La zone euro bénéficie toujours aujourd’hui d’une bonne dynamique et, surtout, d’une très forte diffusion géographique et sectorielle. Les derniers indices PMI (purchasing managers index, fondés sur les prévisions des directeurs d’achat du secteur manufacturier) suggèrent une croissance annualisée proche de 3 % au premier trimestre 2018.
Sur la base d’un scénario médian à horizon de deux ans (sans récession américaine ni graves accidents de crédit en Chine), le rattrapage macroéconomique de la zone euro devrait se poursuivre.
Par rapport au niveau d’avant la crise de 2008, le PIB réel de la zone euro est en effet 10 points au-dessous de celui des Etats-Unis. Cela ne s’explique pas exclusivement par les différentiels de croissance potentielle, mais par les nombreuses erreurs des gouvernements et des institutions européennes lors de la crise de la dette souveraine (2010-2012) qui ont considérablement retardé le redressement.
Un cycle économique européen encore jeune
Le rattrapage sera particulièrement marqué en matière d’investissement des entreprises. L’évolution en ­volume des dépenses des entreprises européennes en biens d’équipement accuse en effet un retard de plus de 20 points par rapport à celle des entreprises américaines. Or la plupart des voyants sont au vert en matière d’investissement productif en Europe (hausse de la profitabilité,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-8"> ¤ Le départ britannique et les nouvelles priorités, comme la défense et la sécurité, risquent de tendre les débats dans l’UE.
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Budget européen : féroce bataille en vue à Bruxelles

Le départ britannique et les nouvelles priorités, comme la défense et la sécurité, risquent de tendre les débats dans l’UE.



Le Monde
 |    16.01.2018 à 13h56
    |

            Cécile Ducourtieux (Bruxelles, bureau européen)








                        



                                


                            

La Commission européenne ne présentera qu’en mai ses propositions pour le « cadre financier pluriannuel » (CFP), ce budget commun censé financer des politiques entre 2021 et 2027. Mais la bataille a déjà commencé, et elle promet d’être féroce.
Boïko Borissov, le premier ministre bulgare, dont le pays récupère la présidence tournante de l’UE jusqu’au 1er juillet, s’est fait le porte-voix des pays ayant largement profité des fonds de cohésion et qui espèrent bien préserver ces milliards nécessaires pour rattraper leur retard sur les économies de l’Ouest. « Je ferai de mon mieux pour qu’il n’y ait pas de réduction drastique de la politique de cohésion. Sinon, nous nous sentirons sanctionnés », a prévenu, jeudi 11 janvier, le conservateur, dont le pays est le plus pauvre de l’UE.

Renégocié tous les cinq à sept ans, le CFP donne toujours lieu à d’intenses batailles : pour parvenir au CFP 2014-2020, deux années pleines furent nécessaires. Mais la discussion qui vient s’annonce plus brutale que tout ce qu’ont connu les experts bruxellois. Deux nouvelles contraintes entrent en jeu, au-delà du fait qu’un CFP s’adopte à l’unanimité des Etats membres.
Le Brexit, d’abord : avec le départ britannique, le budget de l’Union (surtout composé des contributions directes des Etats) sera amputé d’au moins 12 milliards d’euros annuels (8 %). Dans le même temps, le CFP actuel s’est révélé trop rigide pour s’adapter aux nouvelles priorités apparues avec la crise des réfugiés et la montée des risques géopolitiques. Il ne finance pas assez la défense, la sécurité, la migration, la jeunesse et le numérique.
Dilemme
Il repose encore sur deux grosses « enveloppes » : la politique agricole commune (PAC, 39 % des montants pour 2014-2020) et les fonds de cohésion (26 %). Les dirigeants européens vont devoir faire face à un dilemme : s’ils décident de préserver ces deux « piliers » tout en consacrant plus d’argent à leurs nouvelles...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-9"> ¤ Anciens dictateurs et criminels de guerre peuvent dormir tranquilles : la réconciliation passe souvent avant la justice, remarque le chercheur Christian Bouquet.
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Point de vue

« L’impunité est-elle le prix à payer pour la démocratie en Afrique ? »

Anciens dictateurs et criminels de guerre peuvent dormir tranquilles : la réconciliation passe souvent avant la justice, remarque le chercheur Christian Bouquet.


LE MONDE
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        Le 16.01.2018 à 12h16

     •
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        Mis à jour le 16.01.2018 à 12h37






    
Un portrait remisé de l’ancien président zimbabwéen Robert Mugabe, mi-décembre 2017, à Harare, au siège de son parti, la ZANU-PF.
Crédits : Jekesai Njikizana/AFP


La mise à l’écart en douceur de Robert Mugabe au Zimbabwe, en novembre 2017, a réactivé le débat sur l’impunité en Afrique et sur son rapport avec l’avancée du processus démocratique. Laver les dictateurs de tous les crimes qu’ils ont commis est-il le prix à payer pour retrouver la paix civile et pour revenir à la démocratie ?
En effet, le cas de Mugabe n’est pas isolé. Avant lui, le départ de Yahya Jammeh de Gambie (janvier 2017) avait été négocié contre la promesse de le laisser quitter son pays sans être inquiété. À cette occasion, l’autocrate déchu avait choisi avec soin son pays d’accueil : la Guinée équatoriale, dont il pouvait être presque sûr que le président – l’autre dictateur Teodoro Obiang Nguema Mbasogo – ne lui jouerait pas le mauvais tour du Nigeria à l’encontre de Charles Taylor.

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                En Gambie, « les victimes de Yahya Jammeh ont soif de justice »



On se souvient en effet que l’ancien chef d’État du Liberia avait lui aussi accepté de partir, en 2003, moyennant l’impunité et l’exil à Calabar (Nigeria). Mais, sous la pression de la communauté internationale, le président nigérian Olusegun Obasanjo avait finalement accepté, en 2006, l’extradition du criminel de guerre vers la Sierra Leone, théâtre de ses exactions les plus graves, avant qu’il ne soit transféré vers les Pays-Bas, où le Tribunal spécial pour la Sierra Leone avait été délocalisé.
Amnisties informelles
L’impunité n’est donc pas forcément éternelle. Parfois, elle est même très passagère. Ainsi l’ex-président malgache Marc Ravalomanana, « démissionnaire » en mars 2009, exilé en Afrique du Sud puis condamné (par contumace) aux travaux forcés à perpétuité en août 2010 pour la mort d’une trentaine de partisans de son rival d’alors, Andry Rajoelina, avait vu son mandat d’arrêt annulé pendant quelques heures en janvier 2012, au moment où il s’apprêtait à revenir dans la Grande Île. Le prix à payer pour la réconciliation nationale avait sans doute paru trop élevé à l’époque, mais l’homme est néanmoins de retour aujourd’hui dans son pays et semble bénéficier d’une « amnistie informelle ».

    
Au Liberia, en octobre 2017, l’ex-seigneur de la guerre Prince Johnson (à droite) a soutenu le futur vainqueur de la présidentielle, George Weah (à gauche).
Crédits : Zoom Dosso/AFP


Les ex-présidents ne sont pas les seuls bénéficiaires de telles largesses. Parfois des criminels de guerre notoires sont tellement au-dessus des lois qu’ils peuvent encore être candidats à la magistrature suprême. C’est le cas du Libérien Prince Johnson, qu’une vidéo de 1990 le montrant en train de boire une bière pendant que ses hommes coupent les oreilles de l’ancien président Samuel Doe a rendu tristement célèbre.
Malgré les milliers d’autres morts dont il est probablement responsable, il a reconquis une forme de respectabilité en se faisant élire sénateur du comté du Nimba en 2005. Puis il est arrivé troisième au premier tour de la présidentielle de 2011, avec 12 % des suffrages. Toujours dans la course, il a encore recueilli 9 % des voix lors du scrutin présidentiel de 2017 et il a largement contribué à la victoire de George Weah. Au Liberia, ce n’est pas tant la réconciliation qui est recherchée que la paix civile, car l’ancien chef de guerre pourrait encore disposer dans son fief frontalier de la Côte d’Ivoire et de la Guinée de miliciens et d’armes susceptibles de faire replonger le pays dans le cauchemar des années 1990.

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                Au Liberia, l’impunité des criminels de guerre



On pourrait également citer des présidents en exercice qui échappent à la justice – nationale ou internationale – justement parce qu’ils sont présidents mais aussi parce que l’opinion publique et la communauté internationale semblent avoir peur du désordre qui pourrait s’installer si on leur appliquait la loi. Ainsi Jacob Zuma parvient-il à échapper aux lourdes charges qui pèsent contre lui grâce à l’immunité qui le protège et au soutien de ses amis politiques.
Quant au dirigeant du Soudan, Omar Al-Bachir, passible de la CPI, il continue de circuler tranquillement en dehors de son pays sans être inquiété par les mandats d’arrêt lancés contre lui en 2009 et 2010 pour « génocide », « crimes de guerre » et « crimes contre l’humanité » au Darfour.
L’impunité par contumace
Pour autant, l’impunité n’est pas forcément la règle, même si elle est largement répandue dans toutes les strates de la société dans bon nombre d’États africains. Ainsi le sanguinaire dictateur éthiopien Mengistu Hailé Mariam, réfugié en 1991 au Zimbabwe, a-t-il été condamné à mort par contumace en 2008.
De même, les autocrates chassés par les « printemps arabes » de 2011 ont été poursuivis par la justice. En Tunisie, Zine Al-Abidine Ben Ali a été sous le coup de 93 chefs d’inculpation, dont 35 relevant de tribunaux militaires. À l’issue d’une douzaine de procès, il a été condamné par contumace à plusieurs peines de réclusion à perpétuité. Il est réfugié en Arabie saoudite, qui refuse de l’extrader.
En Egypte, Hosni Moubarak a risqué la peine de mort par pendaison lors d’un long procès ouvert le 2 août 2011, mais il a finalement été acquitté et libéré le 2 mars 2017 sous réserve de ne pas quitter le territoire.

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Quelques mois plus tard, l’ex-président malien Amadou Toumani Touré, renversé le 22 mars 2012 et réfugié au Sénégal, était sous la menace d’une inculpation pour haute trahison avant qu’une commission ad hoc le blanchisse de ces charges en 2016. Il vient d’ailleurs de regagner provisoirement Bamako.
En Centrafrique, l’ex-président François Bozizé, renversé le 24 mars 2013, est toujours sous le coup d’un mandat d’arrêt international émis par la justice de son pays le 29 mai 2013. Au Burkina Faso, Blaise Compaoré, chassé du pouvoir le 31 octobre 2014 et réfugié en Côte d’Ivoire, est également visé par 18 mandats d’arrêt internationaux, dont certains ont été levés mais d’autres courent toujours, notamment pour la répression de l’insurrection populaire qui a provoqué sa chute.
Laurent Gbagbo, un cas particulier
En Côte d’Ivoire, le cas de Laurent Gbagbo est particulier : il a été arrêté en avril 2011 et transféré sept mois plus tard à la CPI. Nul doute que, lors des négociations ayant précédé son départ du palais présidentiel d’Abidjan, l’argument de l’impunité (et de l’exfiltration) a pu être avancé par l’une ou l’autre des parties. Mais le pays était en situation de guerre civile larvée, les institutions – et singulièrement les tribunaux – étaient sinistrées et le régime d’Alassane Ouattara ne disposait pas des moyens pour faire face à un éventuel procès sur place.
Ainsi donc, à l’exception de Hosni Moubarak et de Laurent Gbagbo, tous ces acteurs ont bénéficié d’une impunité de facto puisqu’ils sont en exil dans des pays qui refusent de les extrader. Ces refus sont souvent hypocritement justifiés par le manque de confiance dans les institutions judiciaires nationales concernées.
Par quelle justice passer ?
Alors pourquoi ne pas déléguer cette fonction à une instance internationale, comme ce fut le cas pour le Tchadien Hissène Habré, jugé au Sénégal à partir de juillet 2015 par les Chambres africaines extraordinaires et condamné à la réclusion à perpétuité. En effet, cette juridiction originale créée par l’Union africaine (UA) semble être la bonne réponse à la défiance généralement ressentie à l’endroit à la fois des justices nationales et de la CPI. Cette dernière est de plus en plus mal supportée par les États africains, qui l’accusent de ne s’en prendre qu’aux autocrates du continent.

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En fait, la CPI a souvent du mal à instruire correctement ses procès, comme on a pu le voir en décembre 2014 lorsqu’elle a dû abandonner les charges contre le président kényan Uhuru Kenyatta, pourtant accusé de crimes contre l’humanité, mais qui avait profité du pouvoir qu’il exerçait (à nouveau) pour purger son dossier des preuves attendues.
Cet exemple illustre bien le cœur du problème : comment faire prévaloir une justice réellement indépendante dans des pays où les libertés sont muselées ? Quels magistrats, quels tribunaux, quelles cours ont le courage d’affronter des pouvoirs qui, s’ils ne sont pas tous autocratiques, sont souvent complices des dictateurs ? On dispose de très peu d’exemples.

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En juin 2015, la justice sud-africaine avait instruit la requête d’une ONG demandant que soient exécutés les mandats d’arrêt internationaux qui visaient le président soudanais Omar Al-Bachir, de manière qu’il soit bloqué à Pretoria lors de son passage dans le pays. Mais cette audace n’avait pas duré plus de vingt-quatre heures. Plus courageuse, l’ancienne présidente du Malawi, Joyce Banda, avait préféré renoncer à accueillir le sommet de l’UA en 2012 plutôt que d’accueillir ce même Omar Al-Bachir.
Alors Robert Mugabe, Yahya Jammeh, Prince Johnson, François Bozizé, Blaise Compaoré, Mengistu Hailé Mariam, Omar Al-Bachir, Uhuru Kenyatta et quelques autres pourront sans doute encore vivre des jours tranquilles à l’abri des sanctions, au mépris des souffrances qu’ils ont infligées ou infligent encore à leurs peuples. À ceux-ci de dire si l’impunité – réelle ou de facto – dont bénéficient ces autocrates leur a procuré un mieux-vivre au quotidien. Encore faudrait-il que ce quotidien ne soit pas lui-même marqué par une impunité généralisée, à tous les échelons de la société, faisant ainsi oublier la notion même de justice.



Christian Bouquet est chercheur au LAM (Sciences-Po Bordeaux) et professeur émérite de géographie politique à l’université Bordeaux-Montaigne.
Cet article a d’abord été publié sur le site The Conversation.


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-10"> ¤ Le nombre d’enfants par femme est de 1,5 en Allemagne, contre 1,35 en Italie et en Espagne.
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Les taux de fécondité européens à la lumière des politiques familiales

Le nombre d’enfants par femme est de 1,5 en Allemagne, contre 1,35 en Italie et en Espagne.



Le Monde
 |    16.01.2018 à 12h12
 • Mis à jour le
16.01.2018 à 12h24
    |

                            service international








                        



                                


                            
En France, le taux de fécondité des femmes s’affiche en baisse, mais reste, à 1,88 enfant par femme, l’un des plus forts d’Europe, selon les chiffres publiés par l’Insee mardi 16 janvier. Chez les pays voisins, la situation du marché de l’emploi et les politiques familiales influent sur ce taux, et le dynamisme démographique demeure un enjeu politique.

Allemagne
Dans la période récente, c’est chaque année une petite satisfaction : le taux de fécondité est en hausse. A 1,5 enfant par femme, il a renoué avec son niveau de 1982. En 2016 (dernières données disponibles), le nombre de naissances a même atteint un nouveau pic, à 792 000, confirmant une nette remontée depuis 2011, où l’Allemagne avait enregistré un minimum à 663 000 naissances.
Le pays enregistre les effets d’une politique familiale volontariste mise en place durant le premier mandat d’Angela Merkel, qui avait introduit le salaire parental et considérablement augmenté le nombre de places en crèche. Les effets sont nets : selon l’office fédéral des statistiques, le taux de fécondité des femmes allemandes a bondi de 1,34 à 1,43 entre 2011 et 2015, avec un record en Saxe, dans l’Est du pays, à 1,59. Mais les experts estiment que c’est la forte hausse de l’immigration depuis 2009 qui a permis à l’Allemagne de faire progresser le plus sa natalité. Le taux de fécondité des femmes d’origine étrangères était de 1,95 en 2015.
Royaume-Uni
Le taux de fécondité, qui avait atteint 1,94 enfant par femme en 2012 après une remontée continue depuis le début des années 2000, est retombé à 1,8 en 2016, largement au-dessous du seuil de renouvellement. Plus obsédés par l’équilibre budgétaire que par la vivacité démographique, les gouvernements conservateurs qui se sont succédé depuis 2010 cherchent à décourager la naissance d’un troisième enfant dans les familles modestes. Ainsi, les troisièmes enfants nés depuis le 6 avril 2017 ne donnent plus droit à un avantage...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-11"> ¤ Ankara s’insurge contre cette présence armée à sa frontière.
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Washington veut pérenniser une force kurde en Syrie

Ankara s’insurge contre cette présence armée à sa frontière.



Le Monde
 |    16.01.2018 à 11h12
 • Mis à jour le
16.01.2018 à 11h16
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            Madjid Zerrouky








                        



                                


                            

Dans un discours enflammé, tenu à Ankara, lundi 15 janvier, le président turc, Recep Tayyip Erdogan, a dénoncé la création, par les Etats-Unis, d’une force frontalière en Syrie, notamment composée de combattants kurdes. « L’Amérique a avoué qu’elle était en train de constituer une armée terroriste à notre frontière. Ce qui nous revient, à nous autres, c’est de tuer dans l’œuf cette armée terroriste », a tonné M. Erdogan.
Cette force frontalière de 30 000 hommes, qui se constituera « au cours des prochaines années », selon Washington, sera composée pour moitié de membres des Forces démocratiques syriennes (FDS). Lesquelles sont dominées par des forces kurdes syriennes considérées par la Turquie comme l’extension, dans ce pays voisin, du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), en guerre avec Ankara.
Annonçant des représailles, le chef de l’Etat turc a affirmé que ses forces armées étaient « prêtes » à lancer une opération « à tout moment » contre l’enclave kurde d’Afrin, qui se trouve isolée des autres territoires contrôlés par les FDS, dans le nord de la Syrie. « Les préparatifs sont terminés, l’opération peut commencer à tout moment », promettait M. Erdogan, en précisant que les forces turques avanceraient « jusqu’à ce qu’il ne reste plus un seul terroriste ».
« Bras de fer »
Ce n’est pas la première fois qu’Ankara annonce une telle opération. Tout en sachant qu’elle ne peut se faire sans avoir reçu le feu vert de la Russie, le grand allié du régime syrien. Moscou maintient une présence militaire dans l’enclave d’Afrin, et soutient aux côtés de la Turquie et de l’Iran un processus censé garantir une désescalade militaire entre belligérants syriens.
« Nous prendrons toutes les mesures nécessaires en cas d’attaque », a prévenu Khaled Issa, le représentant à Paris de la Fédération de Syrie du Nord, une entité politique mise en place par les Kurdes syriens et leurs alliés...




                        

                        


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Faillite de Carillion, « l’entreprise qui gère le Royaume-Uni »

Fort de 43 000 employés, le groupe est l’un des principaux prestataires du gouvernement.



Le Monde
 |    16.01.2018 à 11h07
 • Mis à jour le
16.01.2018 à 16h30
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            Eric Albert (Londres, correspondance)








                        



                                


                            

L’affaire est remontée au plus haut niveau de l’Etat. Le gouvernement britannique a tenu une réunion de crise, lundi 15 janvier au soir, à propos de Carillion, et c’est David Lidington, le numéro 2 du cabinet, qui a été chargé du dossier. L’entreprise, mise en liquidation judiciaire, revêt une importance primordiale pour le bon fonctionnement de l’Etat. Avec 43 000 employés, dont près de la moitié au Royaume-Uni, c’est l’un de ses plus gros sous-traitants.

Le gouvernement possède 450 contrats avec l’entreprise, sans compter ceux passés avec les collectivités locales. Carillion sert 32 000 repas scolaires par jour, gère des prisons, assure la maintenance et la propreté dans des hôpitaux… Elle s’occupe de 50 000 logements dans les casernes de l’armée, est le deuxième fournisseur de travaux sur le réseau ferroviaire et fait partie du consortium qui doit construire la deuxième ligne de trains à grande vitesse du pays.
L’éditorialiste du Guardian, Aditya Chakrabortty la surnomme « l’entreprise qui gère le Royaume-Uni ». L’appellation est certes exagérée, mais l’importance systémique de la société est évidente. A tel point que l’idée de la nationaliser a été brièvement évoquée, avant d’être écartée. « On ne peut pas s’attendre à ce que le contribuable sauve une entreprise privée », explique M. Lidington.
Néanmoins, l’Etat va injecter des liquidités pour que ses services ne s’arrêtent pas brusquement. Pour que les cantines, les hôpitaux et autres casernes continuent de fonctionner, les employés de Carillion qui travaillaient indirectement pour le gouvernement seront désormais payés directement par lui, du moins de manière temporaire.
Endettement excessif
Cela ne change pas fondamentalement la donne. Cet argent passait autrefois par Carillion, mais avait la même origine. Ensuite, il faudra trouver un repreneur, « soit un autre sous-traitant soit en ramenant les services au sein du gouvernement », souligne...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-13"> ¤ La mise en liquidation pure et simple de l’une des plus grandes sociétés britanniques de services pose la question de la sous-traitance à des acteurs aussi indélicats que fragiles, explique Philippe Escande dans sa chronique.
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La faillite de Carillion, ou quand une société s’évapore

La mise en liquidation pure et simple de l’une des plus grandes sociétés britanniques de services pose la question de la sous-traitance à des acteurs aussi indélicats que fragiles, explique Philippe Escande dans sa chronique.



Le Monde
 |    16.01.2018 à 11h02
    |

            Philippe Escande








                        



                                


                            

Chronique. Il y avait bien une entreprise : ses contrats prestigieux, ses dizaines de milliers d’employés, son nom déployé sur des grues, des uniformes, des bâtiments. Et puis soudain, plus rien. Carillion s’est tout bonnement évaporée. L’une des plus grandes sociétés britanniques de services a disparu, passée directement de la case activité à celle de la liquidation pure et simple.
Habituellement, quand une société est en difficulté, elle commence par vendre des activités pour se renflouer, voire se vend à un concurrent pour limiter les dégâts vis-à-vis de ses employés, de ses clients, de ses fournisseurs et de ses actionnaires. Ici, ils n’ont que leurs yeux pour pleurer.
Le 3 mai 2017, le PDG de l’entreprise assurait que son entreprise affichait un début d’année encourageant. Deux mois plus tard, il démissionnait, reconnaissant des pertes massives sur des contrats. Depuis, les avertissements sur résultats se sont enchaînés, jusqu’à l’effacement total du lundi 15 janvier.
Le sort brutal de cette firme de 43 000 personnes s’explique simplement : elle n’avait rien à vendre pour se renflouer. Spécialiste de la construction et de la sous-traitance de services de gestion ou de restauration, la firme ne pouvait même pas céder ses contrats, notamment avec le gouvernement britannique. Les banques ont retiré le tapis et le gouvernement s’est refusé à intervenir.
Logique dangereuse
Le scandale politique enfle dans le pays, où l’opposition travailliste fustige la frénésie de privatisations qui a poussé le gouvernement à confier la gestion de services publics (des prisons, des cantines…) à des acteurs aussi indélicats que fragiles.
Pourtant, l’histoire pose question bien au-delà de la seule question de la délégation de services publics. Après tout, la France est probablement le pays le plus développé dans ce domaine, en tout cas celui qui a fait émerger le plus d’acteurs internationaux en matière de concession, la plupart...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-14"> ¤ Les Etats du Golfe, en conflit depuis juin 2017, s’accusent mutuellement d’avoir provoqué des incidents aériens.
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La querelle Qatar-Emirats arabes unis s’envenime

Les Etats du Golfe, en conflit depuis juin 2017, s’accusent mutuellement d’avoir provoqué des incidents aériens.



Le Monde
 |    16.01.2018 à 10h56
 • Mis à jour le
16.01.2018 à 10h57
    |

            Benjamin Barthe (Doha, envoyé spécial)








                        



   


Le ciel du golfe Arabo-Persique se couvrirait-il un peu plus que d’ordinaire ? Depuis vendredi 12 janvier, le Qatar et les Emirats arabes unis, en crise ouverte depuis juin 2017, s’accusent mutuellement d’actes d’hostilité aérienne. Le regain de tension a débuté lorsque l’ambassadrice du Qatar aux Nations unies a annoncé avoir saisi les instances onusiennes de deux cas de violation de son espace aérien par des avions de chasse émiratis, commis, selon elle, le 21 décembre et le 3 janvier. Une accusation démentie par Abou Dhabi.

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Les deux monarchies sont à couteaux tirés depuis que les Emirats, de concert avec l’Arabie saoudite, le Bahreïn et l’Egypte, ont rompu, début juin 2017, toutes les relations diplomatiques et économiques avec le Qatar. Ces quatre pays arabes reprochent au petit émirat gazier d’entretenir des relations trop étroites avec l’Iran et de soutenir des groupes extrémistes dans la région, deux imputations qu’il rejette, arguant que ses adversaires cherchent à le placer « sous tutelle ».
Lundi, les Emirats ont accusé à leur tour l’armée de l’air qatarie d’avoir « intercepté » ce même jour deux avions de ligne émiratis en route vers Bahreïn, l’un après l’autre, à quelques heures d’intervalle. Une allégation rejetée par Doha et que rien, à ce stade, n’a permis de prouver. Mardi 16 janvier, les Emirats arabes unis ont annoncé leur intention de porter plainte contre le Qatar devant l’Organisation de l’aviation civile internationale.
Aucune irrégularité
Le ministre des affaires étrangères bahreïni affirme que l’un des vols concernés est le EK 837, de la compagnie émiratie Emirates. Mais le site Internet FlightRadar24, qui assure le suivi des vols commerciaux grâce aux données transmises par un émetteur équipant les appareils, n’a fait état d’aucune irrégularité dans la trajectoire de l’avion. Le quartier général de l’armée américaine au Moyen-Orient, le US Central Command, implanté dans le désert qatari, n’a pas signalé non plus d’incident particulier.
Dimanche 14 janvier, autre imbroglio, la chaîne de télévision Al-Jazira, basée à Doha, a diffusé une vidéo d’un membre de la famille royale qatarie, Abdallah Ben Ali Al-Thani, dans laquelle celui-ci affirme être retenu contre son gré aux Emirats où il réside. Ironie de l’histoire, durant l’été 2017, les médias saoudiens et émiratis s’étaient entichés de ce prince, membre d’une branche de la dynastie régnante écartée du pouvoir en 1972, qu’ils présentaient comme une possible alternative à l’émir actuel, Tamim Ben Hamad Al-Thani.
Les dirigeants d’Abou Dhabi ont démenti exercer la moindre pression sur le cheikh Abdallah, affirmant qu’il peut quitter les Emirats quand bon lui semble. Mais sa famille persiste à affirmer qu’il n’est pas libre de ses mouvements.
Fin novembre, dans une vidéo similaire, un ancien général égyptien, Ahmed Chafik, lui aussi habitant de cette fédération des Emirats arabes unis, avait déclaré être assigné à résidence. Il affirmait que les autorités émiraties lui interdisaient de se rendre en Egypte, pour l’empêcher de se présenter à la prochaine élection présidentielle contre l’actuel chef de l’Etat, le maréchal Abdel Fattah Al-Sissi, favori d’Abou Dhabi et de Riyad. Finalement expulsé des Emirats début décembre, M. Chafik a renoncé à se porter candidat, persuadé que la reconduction de M. Sissi est jouée d’avance.

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Les déboires du prince qatari rappellent également ceux de Saad Hariri. Le premier ministre libanais a été retenu près de deux semaines en Arabie saoudite, durant le mois de novembre 2017, après avoir été forcé à démissionner par le prince héritier Mohammed Ben Salman, qui le jugeait trop accommodant avec le mouvement chiite Hezbollah. Finalement exfiltré du royaume par une initiative du président français, Emmanuel Macron, M. Hariri a regagné Beyrouth début décembre, avant de revenir, deux semaines plus tard, sur sa démission.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-15"> ¤ Les délégués ont appelé le comité exécutif de l’organisation à suspendre la reconnaissance d’Israël tant qu’il n’aura pas cessé la colonisation et annulé l’annexion de Jérusalem-Est.
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L’Organisation de libération de la Palestine envisage de revenir sur la reconnaissance d’Israël

Les délégués ont appelé le comité exécutif de l’organisation à suspendre la reconnaissance d’Israël tant qu’il n’aura pas cessé la colonisation et annulé l’annexion de Jérusalem-Est.



Le Monde
 |    16.01.2018 à 10h19
    |

            Piotr Smolar (Jérusalem, correspondant)








                        



   


Au fond d’une impasse, difficile d’avancer. Réuni pendant deux jours à Ramallah, en Cisjordanie, le conseil national de l’Organisation de libération de la Palestine (OLP) devait dessiner une nouvelle stratégie nationale. Dans le communiqué final, publié lundi soir 15 janvier, la continuité est pourtant forte, malgré des annonces symboliques.

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Entérinant la fin de la période transitoire prévue dans les accords d’Oslo (1993) avant un Etat palestinien, et donc leur échec, les délégués ont appelé le comité exécutif de l’organisation à suspendre la reconnaissance d’Israël par l’OLP tant qu’il n’aura pas cessé la colonisation et annulé l’annexion de Jérusalem-Est. Le conseil a réclamé l’arrêt de la coordination sécuritaire avec Israël, qui sert pourtant les intérêts de l’Autorité palestinienne. « Ce qui aussi est notable, souligne l’analyste politique Nour Odeh, c’est le soutien nouveau apporté au mouvement BDS [Boycott, désinvestissement et sanctions contre Israël]. Le conseil retient la nécessité de faire payer un prix pour l’occupation, de la rendre insupportable. Cela répond à une demande générale de l’opinion palestinienne. » 
Amertume et colère
S’exprimant le 14 janvier devant le conseil, le président Mahmoud Abbas n’a pas réellement dévié de sa ligne directrice : la solution à deux Etats, par la voie de la non-violence et des négociations dans un cadre multilatéral, dès lors que le médiateur américain est discrédité à ses yeux. Il n’a pas demandé le sabordage de l’Autorité, ersatz d’Etat souverain, ni la fin de la coordination sécuritaire. Il n’a pas non plus clairement recommandé de revenir sur la reconnaissance d’Israël par l’OLP, ce qui laisse la porte ouverte pour la suite.
Le conseil national a réitéré un appel à l’unité entre factions, au nom de l’intérêt national. Mais ces intentions se heurtent à une réalité : celle des chaises vides laissées par deux des principales factions, le Hamas et le Jihad islamique. Un nouveau signe des difficultés rencontrées dans le processus de réconciliation nationale, engagé sous le patronage égyptien pour résoudre la crise humanitaire à Gaza.
Dans son allocution, M. Abbas a tenu des propos pleins d’amertume et de colère. Il a notamment qualifié Israël de « projet colonial n’ayant rien à voir avec le judaïsme », dans un dégagement historique outrancier tendant à nier la légitimité de l’Etat hébreu. Unanime, la droite israélienne s’est emparée de ces propos pour disqualifier le président palestinien. M. Abbas a dit « exactement les choses qui l’avaient conduit à être accusé, il y a des années, d’antisémitisme et de déni de l’Holocauste », a souligné le président israélien, Réouven Rivlin.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-16"> ¤ Le Bangladesh et la Birmanie ont convenu d’un calendrier pouvant permettre le retour des 655 000 musulmans qui ont fui les massacres.
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Accord sur un rapatriement des Rohingya en Birmanie « d’ici deux ans »

Le Bangladesh et la Birmanie ont convenu d’un calendrier pouvant permettre le retour des 655 000 musulmans qui ont fui les massacres.



Le Monde
 |    16.01.2018 à 10h12
 • Mis à jour le
16.01.2018 à 10h41
    |

            Bruno Philip (Bangkok, correspondant en Asie du Sud-Est)








                        



   


Le Bangladesh et la Birmanie se sont mis d’accord, mardi 16 janvier, pour permettre à quelque 650 000 réfugiés musulmans rohingya de revenir « sous deux ans » dans le district de l’ouest birman où ils vivaient jusqu’à l’automne 2017, avant que militaires et milices locales déclenchent contre eux une répression d’une violence inouïe.
A l’issue de discussions dans la capitale birmane de Naypyidaw entre le secrétaire général du ministère bangladais des affaires étrangères, Mohammed Shahidul Haque, et son homologue birman, Myint Thu, les deux parties se sont engagées à achever les opérations de rapatriement d’ici le début 2020. Celles-ci pourraient commencer « dans les prochains jours », a indiqué à l’AFP l’ambassadeur du Bangladesh en Birmanie. Il a cependant convenu que la complexité de la logistique à mettre en œuvre rend « impossible » de respecter la date initialement prévue aux termes d’un premier accord, qui avait été fixée au 23 janvier.
« Epuration ethnique »
La première vague de rapatriements devrait concerner une trentaine de milliers de personnes, qui seront réparties ultérieurement dans 625 résidences en cours de construction dans le district de Maungdaw, dans le nord de l’état birman de l’Arakan, d’où ont été chassés les Rohingya lors d’opérations qualifiées d’« épuration ethnique » par différentes organisations internationales.
Cinq camps de transit vont être construits côté birman afin que puissent s’effectuer les « vérifications » d’identité imposées par la Birmanie : cette dernière, qui ne reconnaît pas les musulmans rohingya comme appartenant aux 135 ethnies nationales, n’acceptera que les réfugiés pouvant prouver qu’ils étaient résidents en Birmanie avant leur départ en masse après août 2017. Une telle exigence sera difficile sinon impossible à satisfaire dans la mesure où les Rohingya, qui sont le plus souvent apatrides, soit n’ont pas de documents, soit ont perdu leurs titres provisoires de résidence dans leur fuite désespérée vers le Bangladesh voisin.

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Hors de question par ailleurs pour la Birmanie d’accepter de voir revenir au pays plusieurs centaines de milliers d’autres Rohingya qui croupissent dans les camps de réfugiés bangladais depuis vingt-cinq ans à la suite d’un précédent exode.
On estime désormais à 655 000 le nombre de Rohingya qui se sont réfugiés au Bangladesh depuis l’année dernière. Il y aurait parmi eux 379 000 enfants, affirme l’Unicef. Médecins sans frontières a estimé qu’au moins 6 700 Rohingya ont été tués en Birmanie depuis le début des troubles.
Ce futur rapatriement de grande ampleur ne va pas se heurter seulement aux difficultés logistiques et de coordination entre le Bangladesh et la Birmanie : nombre d’observateurs soulignent que beaucoup de Rohingya refuseront de rentrer dans leurs villages qui ont été brûlés par les militaires birmans ou par les villageois bouddhistes.
Charnier
De nombreux réfugiés ne seront en effet guère enclins à revenir dans des zones où ils risquent d’être accueillis par les manifestations de haine de leurs anciens voisins arakanais, qui ont participé dans certains cas aux exécutions sommaires, aux viols collectifs et aux incendies des villages rohingya, dans un processus encadré par l’armée birmane.
Pour la première fois la semaine dernière, cette même armée a reconnu que des soldats ont exécuté sommairement, en septembre 2017, dix musulmans dont les corps ont été retrouvés en décembre dans le village d’Inn Dinn. Depuis le début des « opérations de nettoyage » lancées par l’armée dans la région, à la suite d’attaques de combattants de l’Armée du salut des Rohingya de l’Arakan (ARSA), les militaires birmans ont toujours nié s’être livrés à des exécutions sommaires ou à des crimes de masse.

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Cette fois-ci, le chef de la tatmadaw (armée), le général Min Aung Hlaing, a reconnu que les dix personnes retrouvées dans le charnier ont été tuées « par des villageois et des membres de la sécurité ». Mais s’ils ont été tués, a ajouté le général sur sa page Facebook, c’est qu’ils étaient des « terroristes ».



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-17"> ¤ Le président américain aurait qualifié de pays de merde Haïti et les pays d’Afrique. Dans une tribune, l’écrivain haïtien souligne que ce discours est le reflet d’un mépris pour l’autre et d’une volonté affichée de moquer les plus faibles.
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Lyonel Trouillot : « Trump réduit l’autre à un présent sans passé »

Le président américain aurait qualifié de pays de merde Haïti et les pays d’Afrique. Dans une tribune, l’écrivain haïtien souligne que ce discours est le reflet d’un mépris pour l’autre et d’une volonté affichée de moquer les plus faibles.



Le Monde
 |    16.01.2018 à 10h02
 • Mis à jour le
16.01.2018 à 16h44
    |

Lyonel Trouillot (poète et romancier haïtien)







                        



                                


                            

Tribune. Le président américain affirme ne pas avoir dit qu’Haïti et tels autres pays étaient des shithole countries [« pays de merde »]. Qu’est-ce qui parle dans ces mots ? Deux choses. La première : un mépris de l’Histoire entretenu depuis plusieurs siècles par des procédés et procédures d’occultation. Faire l’économie du processus tout en canonisant le cliché. L’autre se trouve réduit à une sorte de présent sans passé.
Si l’on cherche les causes des « malheurs » d’Haïti, il faut compter les effets désastreux de l’occupation par les forces américaines de 1915 à 1934 : l’appauvrissement de la paysannerie ; la centralisation et la création de la république de Port-au-Prince ; la mise en place d’une armée répressive qui ne livra la guerre qu’en interne contre les forces progressistes ; l’accentuation des préjugés de race et de couleur ; l’appauvrissement de l’Etat car la trésorerie haïtienne a supporté le coût financier de l’occupation.

Silence offensant
Comment devient-on Haïti ? Comment, noire, solitaire, frappée d’ostracisme, Haïti a-t-elle pu survivre dans la première moitié du XIXe siècle ? Comment doit-on se battre pour exister quand on est Haïti ? Oui, ce qu’il y a d’offensant, c’est d’abord le silence qui a rendu possibles toutes les caricatures. Et sur le silence, aucune société occidentale ne peut prétendre à l’innocence.
, n’a pas à convaincre le monde qu’elle mérite mieux que cette épithète »
Mais tout pays ayant sa part d’héroïsme et de ridicule, de bêtise et d’intelligence, de réactionnaires et de progressistes, Haïti, comme les autres pays que le président américain dit n’avoir pas traité de shithole countries, n’a pas à convaincre le monde qu’elle mérite mieux que cette épithète. Aucun pays, même pas les Etats-Unis, que d’aucuns jugent arrogants,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-18"> ¤ Alors que le président palestinien refuse toute médiation américaine dans le conflit israélo-palestinien, Washington agite la menace de rétorsions financières.
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édition abonné


Mahmoud Abbas acte la rupture avec les Etats-Unis

Alors que le président palestinien refuse toute médiation américaine dans le conflit israélo-palestinien, Washington agite la menace de rétorsions financières.



Le Monde
 |    16.01.2018 à 09h55
 • Mis à jour le
16.01.2018 à 10h41
    |

            Piotr Smolar (Jérusalem, correspondant)








                        



                                


                            

La rupture entre les Palestiniens et les Etats-Unis est consommée. Il s’agit d’une réplique sismique après la reconnaissance unilatérale de Jérusalem par l’administration Trump comme capitale d’Israël, le 6 décembre. La direction palestinienne a décidé de ne plus accepter la médiation américaine dans le conflit, alors que Washington prétend toujours présenter un plan de paix dans les prochains mois. Le président de l’Autorité palestinienne (AP), Mahmoud Abbas, qui a refusé de rencontrer le vice-président américain, Mike Pence, en tournée dans la région à compter du 20 janvier, n’emploie plus de précautions oratoires pour dénoncer la partialité des Etats-Unis.
Frustré, isolé, se sentant trahi par les pays arabes, le « raïs » s’est exprimé en ouverture du conseil national de l’Organisation de libération de la Palestine (OLP), le 14 janvier. Il a dénoncé la « claque du siècle » que représenterait le plan de paix fomenté en secret par l’administration américaine. « Nous avions accepté que les Etats-Unis opèrent une médiation entre nous et Israël, explique le conseiller diplomatique de M. Abbas, Majdi Al-Khaldi. Soudain, cet effort a été stoppé net avec la reconnaissance de Jérusalem, mais aussi la baisse de l’aide financière par le Congrès et la menace de fermeture du bureau de l’Organisation de libération de la Palestine à Washington. On n’a jamais vu de plan et on ne veut plus en voir. »
1,3 milliard de dépenses annuelles
En retour, les Etats-Unis ont décidé de mettre la pression financière sur la direction palestinienne pour la contraindre à de futures négociations. Le 2 janvier, le président Donald Trump s’est montré menaçant sur Twitter : « Nous versons aux Palestiniens des CENTAINES DE MILLIONS DE DOLLARS sans recevoir ni remerciements ni respect (…). Avec des Palestiniens qui ne veulent plus parler de paix, pourquoi devrions-nous leur verser ces sommes énormes ? » Depuis 1994, selon...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-19"> ¤ Pour des associations, la gauche et une partie de la majorité, le projet de loi immigration porte atteinte au droit d’asile.
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Macron à Calais : « En aucun cas nous ne laisserons ici se reconstituer une “jungle” »

Pour des associations, la gauche et une partie de la majorité, le projet de loi immigration porte atteinte au droit d’asile.



Le Monde
 |    16.01.2018 à 04h29
 • Mis à jour le
16.01.2018 à 15h47
   





                        



   


Emmanuel Macron était à Calais, mardi 16 janvier, pour une visite scrutée dans la ville portuaire emblématique de la crise des migrants, car elle se déroule en plein débat sur le projet de loi destiné à réformer la politique migratoire et le droit d’asile, un texte critiqué aussi bien à droite qu’à gauche.
Le chef de l’Etat a commencé son déplacement à Croisilles (Pas-de-Calais), où a été ouvert l’un des trois centres d’accueil et d’examen de situation (CAES), une nouvelle structure pour héberger les migrants dans l’attente d’une décision administrative quant à leur droit à se rendre au Royaume-Uni, à rester en France, à être renvoyé dans le pays d’entrée dans l’Union européenne ou à être expulsé vers leur pays d’origine.
En fin de matinée, M. Macron s’est rendu à Calais pour sa première visite en tant que président de la République, accompagné de quatre ministres, dont le ministre de l’intérieur, Gérard Collomb, et la ministre de la justice, Nicole Belloubet.
Dans un discours aux forces de l’ordre, le président leur a renouvelé son soutien, disant que « dans la République, les fonctionnaires appliquent les mesures du gouvernement. Que ceux qui ont quelque chose à reprocher au gouvernement s’attaquent au gouvernement, et non pas aux fonctionnaires ». 

   


Ce qu’il faut retenir du discours de Macron : 
Pas de nouvelle « jungle »
« En aucun cas nous ne laisserons ici se développer des filières illégales, se reconstituer une “jungle” ou une occupation illégale du territoire. »
Pour le président de la République, « Calais n’est pas une porte d’entrée dérobée vers l’Angleterre, cela continuera à être le cas ».
Soutien aux forces de l’ordre
« Le travail de policier est peu reconnu, souvent caricaturé. Les critiques ne visent qu’un but : mettre à mal la politique mise en œuvre par le gouvernement. (…) Je veux remercier l’ensemble des forces de sécurité qui interviennent dans des conditions difficiles pour assurer la sécurité de nos citoyens et la circulation des marchandises. »
M. Collomb avait déjà vigoureusement contesté, mardi matin sur France 2, les accusations de violences policières envers des migrants lancées par des associations. « Je m’inscris en faux contre ces affirmations » que « personne n’a pu montrer », a-t-il dit, rappelant qu’un récent rapport de l’inspection générale de la police avait conclu « qu’il y avait pu y avoir quelques dérapages individuels mais que les forces de police, dans leur généralité, étaient dans un respect fort de la déontologie ».
Dans un rapport publié en 2017, l’ONG Human Rights Watch (HRW) avait dénoncé un usage excessif de la force contre les migrants et des « abus », notamment envers des enfants.
L’Etat va prendre en charge la distribution de nourriture
Le président de la République a annoncé que l’Etat « allait prendre en charge » la distribution de repas aux migrants de Calais ; un service assuré aujourd’hui par des associations, dont certaines ont refusé de le rencontrer en fin d’après-midi.
« Il y a un service que nous n’apportons pas encore. C’est l’accès à la nourriture et aux repas, qui est assuré aujourd’hui par les associations. Je vais vous le dire très clairement, nous allons le prendre à notre charge, de manière organisée, avec des points mobiles, sans tolérer aucune installation de campements illicites. »
M. Macron appelle « toutes les associations à la responsabilité »
« Lorsque [des associations] encouragent les femmes et les hommes à rester là, voire à passer clandestinement de l’autre côté de la frontière, elles prennent une responsabilité immense. Jamais l’Etat ne sera à leurs côtés. »
Selon le chef de l’Etat, des « mensonges sont diffusés par un trop grand nombre qui nuisent à notre efficacité collective, à l’humanité que nous devons à ces personnes ».
Un délégué ministériel aux réfugiés nommé la semaine prochaine
Le président de la République a fait savoir qu’un délégué interministériel à l’accueil et à l’intégration des réfugiés sera nommé « la semaine prochaine » en conseil des ministres.
Le premier ministre, Edouard Philippe, avait annoncé la création de ce poste en juillet. Il avait précisé qu’il serait placé sous la tutelle du ministère de l’intérieur, provoquant les critiques des associations.
Prime exceptionnelle aux forces de l’ordre
« Nous allons accorder aux policiers et aux gendarmes qui sont en permanence dans le Calaisis une prime exceptionnelle de résultats », a annoncé le chef de l’Etat.
Réponses spécifiques des Britanniques
« Il faut mettre en œuvre des réponses spécifiques, ce sera fait ces prochaines semaines. Et nous allons demander des réponses spécifiques de nos amis britanniques. »
Enigmatique, la phrase du chef de l’Etat sous-entendait qu’il allait demander jeudi une prise en charge beaucoup plus systématique des mineurs dans cette zone, rappelant au passage qu’en 2017, 25 000 d’entre eux étaient arrivés en France.

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Situation moins critique
Le président de la République doit également s’entretenir avec les élus locaux, les acteurs économiques et les associations d’aide aux migrants, et découvrir le front de mer en partie réhabilité. Deux des principales associations locales d’aide aux migrants, L’Auberge des migrants et Utopia 56, ont décidé de boycotter la rencontre avec le président. « Alors même que le gouvernement n’a pas écouté à Paris les grandes organisations humanitaires, ni sur leurs critiques, ni sur leurs propositions, pourquoi le président tiendrait-il compte des mêmes critiques et propositions des associations locales ? », s’interrogent-elles pour justifier leur refus.
La situation dans le principal port transmanche est moins critique qu’il y a quatorze mois, avant la fermeture de la « jungle », l’immense campement sauvage où cohabitaient près de 8 000 migrants rassemblés dans l’espoir de rejoindre les rives britanniques. Elle s’est « améliorée » mais « n’est pas encore stabilisée », résume l’Elysée.
Entre 350 et 500 migrants, selon l’Etat, sont toujours présents à Calais, essentiellement venus de la corne de l’Afrique (Ethiopie, Erythrée) et d’Afghanistan. Ils survivent dans des conditions difficiles, sans abri fixe, car « les forces de l’ordre ont l’ordre de procéder systématiquement au démantèlement des campements sauvages », selon l’Elysée. Des associations leur distribuent vêtements, duvets et nourriture quotidiennement.

   


Un projet de loi attendu en février
Emmanuel Macron ne s’est pas exprimé en détail sur le projet de loi asile-migration que M. Collomb doit présenter dans le courant de février en conseil des ministres. Le ministre de l’intérieur a redit dimanche qu’il n’était « pas question » de changer l’orientation du projet de loi, qui est selon lui « totalement équilibré ».

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          « On occulte l’urgence et la nécessité qui ont poussé les gens à venir jusqu’à Calais »



En revanche, le président devrait envoyer des messages à Londres, à deux jours du sommet franco-britannique avec Theresa May qui se tiendra, jeudi, dans le sud de l’Angleterre. Paris veut obtenir de Londres « des mesures concrètes » pour une meilleure prise en charge des mineurs isolés et pour le financement de la sécurisation du terminal transmanche et du port de Calais, selon l’Elysée. A cette occasion, les accords du Touquet, qui fixent depuis 2004 la frontière à Calais, pourraient être aménagés.
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            data-slide-description="A Croisilles, le 13 janvier. Sur les trois centres d’accueil et d’examen des situations des Hauts-de-France, aucun n’est plein. Croisilles affiche le meilleur remplissage, avec 62 lits occupés sur 70. Ce qui n’empêche pas le ministère de l’intérieur de se féliciter que « ces centres ont permis de significativement améliorer la situation là où ils sont déployés »."
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            data-slide-description="Partie de ping-pong au centre d'accueil et d'examen des situations de Croisilles. Une soixantaine de migrants sont accueilis, pour une capacité de 70 places."
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            data-slide-description="A l’heure du repas. L’association La Vie active, qui gère le lieu, leur laisse une bonne semaine de répit avant de passer à l’évaluation officielle de leur statut."
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            data-slide-description="Khalid est irakien. Il était membre des forces spéciales irakiennes dans la guerre contre L’organisation Etat islamique. Dans la penderie, une unique veste, prête à être enfilée, et, plus loin, un ordinateur stoppé en plein film. Tout semble en pause dans la chambre de Khalid."
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            data-slide-description="Un médecin visite régulièrement le centre. Un jeune homme a récupéré des médicaments pour soigner ses maux de tête."
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            data-slide-description="« Qu’est-ce que je dois faire ? Est-ce qu’ils vont me renvoyer en Autriche si je reste ici ? », demande Khalid, un jeune Irakien."
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            data-slide-description="La salle à manger du centre d’accueil de Croisilles sert également de salle de jeu pour les migrants."
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            data-slide-description="Dawood Khan est afghan, et souffre de douleurs au genou. Un kinésithérapeuthe vient d'arriver pour s'occuper de lui. Après avoir passé des mois dans la jungle de Calais, Dawood souhaite rentrer en Afghanistan. Il parle quelques mots d'anglais mais communique plutôt par gestes avec le kinésithérapeute."
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            data-slide-description="Un jeune migrant soudanais lit un livre en français. Des cours de français sont dispensés quotidiennement dans le centre."
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            data-slide-description="Le repas est servi par des migrants accompagnés d'un travailleur social."
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            data-slide-description="Après le déjeuner de jeunes Afghans vont surfer sur Internet et écouter de la musique. Une salle est mise à leur disposition."
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            data-slide-description="Moment de détente entre jeunes du centre."
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A Croisilles, le 13 janvier. Sur les trois centres d’accueil et d’examen des situations des Hauts-de-France, aucun n’est plein. Croisilles affiche le meilleur remplissage, avec 62 lits occupés sur 70. Ce qui n’empêche pas le ministère de l’intérieur de se féliciter que « ces centres ont permis de significativement améliorer la situation là où ils sont déployés ».

LAURENCE GEAI POUR "LE MONDE"
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Treize frères et sœurs découverts séquestrés et affamés en Californie

L’alerte a été donnée par une sœur qui a réussi à s’échapper et à contacter la police. Ils sont âgés de 2 à 29 ans. Leurs parents sont poursuivis pour actes de torture.



Le Monde
 |    16.01.2018 à 02h25
 • Mis à jour le
16.01.2018 à 09h10
   





                        



   


Douze frères et sœurs, dont des enfants, ont été découverts attachés, certains avec des chaînes, affamés et sales dans une petite ville de Californie et leurs parents ont été incarcérés pour torture, a annoncé lundi 15 janvier la police.
L’alerte a été donnée par une treizième victime, leur sœur âgée de 17 ans, qui est parvenue à s’échapper du logement situé à Perris, à deux heures au sud-est de Los Angeles. Elle a appelé dimanche matin le numéro d’urgence 911 depuis un appareil portable trouvé dans la maison. L’adolescente, qui était « un peu maigre » et semblait n’avoir que 10 ans selon le communiqué de presse de la police, « affirmait que ses douze frères et sœurs étaient retenus à l’intérieur de la résidence par leurs parents, précisant que certains d’entre eux étaient attachés avec des chaînes et cadenas ».
Les agents ont ensuite contacté à leur résidence David Turpin et son épouse Louise, âgés de 57 et 49 ans respectivement, qui n’ont pu expliquer pourquoi plusieurs enfants ont été retrouvés enchaînés à leur lit dans le noir et dans une odeur pestilentielle.
La police a initialement cru que les douze personnes retrouvées, « mal nourries et très sales », étaient toutes des mineures mais a ensuite réalisé que sept d’entre elles étaient adultes, âgées de 18 à 29 ans. Les six autres victimes (y compris l’adolescente qui a donné l’alerte) étaient des enfants, dont une de 2 ans.
« Maman m’aime »
Les services de protection de l’enfance ont ouvert une enquête. Les enfants ont reçu à manger et à boire après s’être dits « affamés ». Une caution de neuf millions de dollars a été fixée pour une éventuelle sortie du couple. D’après la chaîne de télévision locale KTLA, David Turpin est le directeur d’une école privée à Perris, ce que confirme le site Internet de l’établissement, qui a ouvert en 2011. Sur une page Facebook au nom David-Louise Turpin on voit le couple, dont la police a publié des photos prises au moment de leur incarcération, lors d’une cérémonie qui semble être un mariage.
Louise Turpin est en robe longue blanche, son époux en costume et ils sont entourés de treize personnes qui semblent toutes des enfants ou jeunes adultes, les filles aux cheveux longs et châtains portant toutes la même robe mauve à imprimé quadrillé sauf le bébé en robe fushia. Les garçons arborent la même coupe au bol que David Turpin.
Un cliché montre le couple devant un homme habillé en Elvis Presley et tenant un micro, évoquant les mariages « kitsch » de Las Vegas. Une autre photo datant d’avril 2016 montre le couple entouré des treize jeunes gens, tous souriants, en jean et tee-shirt rouge. Sur l’un des clichés, le bébé est vêtu d’un tee-shirt où on lit : « maman m’aime. »



                            


                        

                        

