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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-1"> ¤ Le député du Finistère est soupçonné de « prise illégale d’intérêts » alors qu’il était directeur général des Mutuelles de Bretagne.
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Affaire Ferrand : le parquet national financier ouvre une information judiciaire

Le député du Finistère est soupçonné de « prise illégale d’intérêt » alors qu’il était directeur général des Mutuelles de Bretagne.



Le Monde
 |    16.01.2018 à 18h01
 • Mis à jour le
16.01.2018 à 18h12
   





                        



   


Richard Ferrand n’en a pas fini avec l’affaire des Mutuelles de Bretagne. Le parquet national financier (PNF) a ouvert une information judiciaire le 12 janvier pour « prise illégale d’intérêts » après la plainte déposée en novembre de l’association Anticor contre l’ancien ministre, selon une information du Canard Enchaîné dont Le Monde a eu confirmation mardi 16 janvier. Le juge d’instruction désigné pour enquêter est le doyen des juges d’instruction du pôle financier de Paris, Renaud Van Ruymbeke.
Le parquet de Brest avait classé l’affaire sans suite en octobre 2017 mais l’association avait porté plainte un mois après pour relancer l’enquête. La plainte portait sur des faits présumés de « prise illégale d’intérêts », et recel et complicité de ce délit.
« Nous étions en attente de la suite de la procédure »
« Cela ne nous étonne pas. Ce n’est que la suite logique de la procédure car nous savions depuis octobre que Anticor avait porté plainte et avait l’intention d’aller jusqu’au bout. Nous étions donc en attente de la suite de la procédure. S’il y a besoin d’autres éléments, on leur fournira », a assuré l’entourage de M. Ferrand au Monde.
Dans sa décision, rendue mi-octobre, le procureur de Brest, Jean-Philippe Récappé, avait fait savoir que « les infractions d’abus de confiance et d’escroquerie ne sont pas constituées, faute d’un préjudice avéré ». Si M. Récappé avait reconnu que « le parquet de Brest aurait pu envisager l’ouverture d’une information judiciaire » au sujet de l’éventuelle « prise illégale d’intérêt », cette possibilité avait été écartée car les faits avaient été considérés comme prescrits.
Mutuelles de Bretagne
En mai 2017, Le Canard Enchaîné avait révélé que, alors que les Mutuelles de Bretagne cherchaient un endroit pour relocaliser l’un de leurs centres de soin dans le centre de Brest, Richard Ferrand, alors directeur général des Mutuelles, avait organisé l’achat de locaux rue George-Sand par sa compagne Sandrine Doucen, pour qu’elle les loue aux Mutuelles dans la foulée.

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                L’affaire Richard Ferrand en cinq points



A l’époque, le PNF avait déclaré que ces faits n’entraient pas dans son « champ de compétence » et n’avait pas ouvert d’enquête préliminaire. M. Ferrand, tout juste nommé ministre, avait démissionné avant d’être nommé président du groupe La République en Marche (LRM) à l’Assemblée nationale.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-2"> ¤ A travers ce déplacement dans le Pas-de-Calais, mardi, le chef de l’Etat voulait rappeler les grands principes de la politique migratoire qu’il entend mener.
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Emmanuel Macron a annoncé que l’Etat allait assurer la distribution de repas à Calais

A travers ce déplacement dans le Pas-de-Calais, mardi, le chef de l’Etat voulait rappeler les grands principes de la politique migratoire qu’il entend mener.



Le Monde
 |    16.01.2018 à 15h41
 • Mis à jour le
16.01.2018 à 18h32
    |

            Maryline Baumard








                        



   


A Croisilles et à Calais, entre soleil et nuages, pour sa première sortie de terrain sur le thème des migrants, Emmanuel Macron avait souhaité voir, mardi 16 janvier, deux visages du département du Pas-de-Calais, qui concentre une bonne part de la pression migratoire que connaît la France aujourd’hui. Un département qui allie « courage » et « générosité », comme a tenu à le souligner le chef de l’Etat.
A travers ce déplacement, le chef de l’Etat voulait avoir l’occasion de rappeler les grands principes de la politique migratoire qu’il entend mener. Il s’était aussi fixé un double objectif : pacifier un débat électrisé ces dernières semaines et préparer le sommet franco-britannique qui se déroulera à Sandhurst, jeudi 18 janvier, et au cours duquel seront évoqués, avec Londres, les moyens d’améliorer la gestion commune de cette frontière où se pressent encore quelque six cents migrants, dans des conditions difficiles.
Trois points, a annoncé Emmanuel Macron, seront discutés jeudi : le cas des mineurs isolés, que les Britanniques prennent trop peu souvent en charge ; la coopération politique ; et l’obtention de fonds pour un développement économique de Calais.

Soutien au projet de loi asile-immigration
L’annonce la plus importante à la mi-journée a été que l’Etat allait prendre à sa charge la nourriture des migrants présents à Calais. « Nous allons le faire de façon organisée », a dit M. Macron. Depuis l’évacuation de la « jungle », à la fin d’octobre 2016, ce sont les associations qui gèrent ce poste. Le chef de l’Etat s’en est d’ailleurs pris à ces dernières, les accusant de façon dure et insistante de dissuader les migrants d’aller vers les centres d’hébergement.
Lors de sa prise de parole, M. Macron a exprimé un soutien au projet de loi asile-immigration porté par le ministre de l’intérieur, Gérard Collomb. Il a cautionné le passage de la durée maximale de rétention de quarante-cinq à quatre-vingt-dix jours, observant qu’en Allemagne cette durée est de cent quatre-vingts jours. Sous doute pour rééquilibrer un texte jugé par certains, notamment à gauche, comme très coercitif et peu axé sur l’accueil, il a suggéré que des « propositions ambitieuses » sur l’intégration pourraient « alimenter le projet de loi », citant « le volume de cours de français », comme un « engagement en matière de formation professionnelle adapté aux filières en tension ».
Il a par ailleurs rappelé les efforts promis en matière de logement des réfugiés, soit vingt mille logements d’ici à la fin de 2018 pour les réfugiés, et a promis qu’un délégué à l’intégration des réfugiés serait nommé en conseil des ministres.

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          Que contient le projet de loi asile-immigration ?



Peu de propositions de « mise à l’abri »
Dans la matinée, le chef de l’Etat s’est intéressé à l’accueil proposé aux exilés de Calais. Entre le démantèlement de la « jungle«  et l’été 2017, peu de propositions de « mise à l’abri » ont été faites aux exilés qui étaient restés là et à ceux qui y sont revenus. La seule politique à l’œuvre a été la dissuasion, même si officiellement la préfecture a fait valoir quelques départs vers les centres d’accueil et d’orientation (CAO).
Puis, il y a eu le coup de tonnerre du 31 juillet. Ce jour-là, le Conseil d’Etat a condamné l’Etat et la ville de Calais à un peu plus d’humanité. S’en est ensuivie la réorganisation des quelques centres d’accueil avec l’idée qu’il fallait y procéder à une évaluation des statuts administratifs des exilés.
Trois centres d’accueil et d’examen des situations administratives (CAES) ont été ouverts dans les Hauts-de-France, qui ne font pas le plein et connaissent des départs nombreux avant que les migrants ne soient envoyés en préfecture.
A Croisilles, « nous avons un taux d’évaporation de 33 % », a expliqué le directeur, Guillaume Alexandre, lors de la visite du chef de l’Etat. Le taux monte à 70 % globalement pour les trois structures du département. Pourtant, M. Macron s’est félicité de ces structures, qui ont permis de réduire à un mois la demande d’asile.
La peur d’être assigné à résidence et renvoyé
Cela traduit l’inadéquation entre l’offre et les attentes des migrants. Ces derniers ont « quasiment tous laissé des empreintes ailleurs en Europe, et ne veulent donc pas être emmenés dans ces centres, puisqu’ils risquent d’être assignés à résidence, et renvoyés vers l’Italie le plus souvent », rappelle un membre d’une association. Cela n’a pas empêché Gérard Collomb, d’annoncer, dimanche 14 janvier, que l’expérience était concluante et que deux cents places par région seraient ouvertes (deux mille six cents au total, dont la moitié avant la fin de janvier).

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          Calais : des associations portent plainte contre la confiscation des biens des migrants



M. Macron déclaré, mardi, que « la mise à l’abri des migrants demeur[ait] un objectif prioritaire des services de l’Etat ». Et le chef de l’Etat a instamment répété que ceux-ci devaient aller dans les centres d’accueil.
M. Macron a profité de l’occasion pour rappeler la nécessité d’aller vers « un office européen de l’asile », « une plus grande convergence de nos législations », laissant entendre qu’en attendant, les accords de Dublin devaient continuer à être appliqués.
M. Macron a tenu également à rappeler le problème spécifique des mineurs isolés qui se trouvent à Calais et qui cherchent à rejoindre de la famille en Grande-Bretagne. Soulignant que vingt-cinq mille d’entre eux sont arrivés en France en 2017 et que deux mille deux cents sont accueillis dans le département, il a dit espérer « de la part de nos amis britanniques, une réponse sur ce sujet ». Cette phrase sous-entend qu’il veut demander, jeudi, une prise en charge beaucoup plus systématique des mineurs de cette zone.
« Prime exceptionnelle » aux forces de l’ordre
Le chef de l’Etat doit rencontrer les associations, mardi, en fin de journée, en sous-préfecture. Avant de leur parler, il avait toutefois choisi de s’adresser aux forces de l’ordre. Celles qui sont affectées en permanence à Calais auront droit, cette année, à une « prime exceptionnelle ». Ils sont onze cent soixante fonctionnaires à intervenir en permanence pour sécuriser la frontière, pour éviter les tentatives d’intrusion dans les infrastructures (Eurotunnel, port) ou dans les camions, et pour lutter contre les passeurs.
Le président de la République leur a adressé ses remerciements pour leur « mission hors normes » et les a défendus, sous-entendant que les accusations de violences n’étaient pas fondées. « Des fonctionnaires, quels qu’ils soient, ne se comportent pas comme on le dit », a-t-il dit, déplorant que « certains écrivent sans venir le vérifier eux-mêmes ».
Evoquant des « réveils la nuit », « la confiscation des biens personnels » dénoncés par des associations, M. Macron a dit qu’il ne pensait pas que ces faits étaient avérés. « Mais si cela est fait, cela sera sanctionné. Ma réaction sera sans faille », a poursuivi le chef de l’Etat, promettant des sanctions administratives et demandant que « ceux qui assistent à de telles scènes les dénoncent » . Une circulaire sera adressée aux forces de l’ordre, auxquelles il a demandé de travailler « dans le respect exemplaire de la déontologie policière ».
Les acteurs économiques locaux devaient, eux aussi, rencontrer M. Macron, soucieux de pouvoir saluer ce qu’il qualifie de « redémarrage » de l’économie locale. Un dialogue est également prévu avec l’équipe municipale. La maire de Calais, Natacha Bouchart, qui tente d’empêcher sa ville de basculer vers le Front national, devait rappeler que « le problème des migrants à Calais reste entier » à ses yeux, même si la tolérance zéro empêche la reconstitution de campements.

Une politique articulée en cinq points
La politique qu’entend suivre Emmanuel Macron en matière migratoire a été déclinée dans le plan présenté le 12 juillet 2017 par le premier ministre. Elle s’articule en cinq points. Le premier est de « mieux maîtriser les flux migratoires », comme le chef de l’Etat l’a rappelé à maintes occasions. La diminution escomptée des entrées en France devant permettre dans un second temps, selon l’exécutif, de « mieux accueillir les demandeurs d’asile ». Pour que cela soit possible, il faut toutefois, dans le même temps, « accélérer le traitement des demandes d’asile » (3e point) et « rendre plus efficaces les lois d’éloignement » (4e point). Selon le gouvernement, cela doit finalement conduire à « favoriser l’intégration des réfugiés » (5e point).





                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-3"> ¤ Arthur et Audrey Kermalvezen, nés par PMA, se battent depuis de longues années pour l’accès à leurs origines des enfants conçus grâce au don.
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Comment Arthur Kermalvezen, né d’un don de gamète anonyme, a retrouvé son géniteur

Arthur et Audrey Kermalvezen, nés par PMA, se battent depuis de longues années pour l’accès à leurs origines des enfants conçus grâce au don.



Le Monde
 |    16.01.2018 à 16h52
 • Mis à jour le
16.01.2018 à 18h43
    |

            Gaëlle Dupont








                        



   


Cela faisait plusieurs semaines qu’ils tenaient leurs découvertes secrètes et se demandaient quand ils allaient faire exploser cette bombe. Car c’est bien de cela qu’il s’agit. Le lancement des états généraux de la bioéthique, jeudi 18 janvier, les a décidés. Arthur et Audrey Kermalvezen, âgés de 34 et 37 ans, sont mariés et tous deux nés par procréation médicalement assistée avec don de sperme. Depuis des années, ils luttent ensemble contre l’anonymat à vie des donneurs, comme c’est la règle en France. Ils pensent qu’elle ne tiendra plus longtemps. Et en donnent la preuve.
De simples tests génétiques récréatifs, de ceux qui sont offerts en cadeau de Noël aux Etats-Unis pour connaître les origines géographiques de ses ancêtres, ont permis à Arthur de retrouver son géniteur. Audrey a, quant à elle, eu l’assurance que son frère était né du même donneur qu’elle, et s’est découvert un demi-frère et une demi-sœur.

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Ils n’ont pas fait ces tests « de gaieté de cœur », car la loi française interdit d’y recourir, mais « en dernier recours ». Elle, juriste spécialisée en droit de la bioéthique et lui, commercial dans l’immobilier, ont été auditionnés ensemble et séparément depuis une dizaine d’années par une ribambelle de ministres de la santé, de la famille, de la justice. Ils ont saisi les tribunaux pour avoir accès à tout ou partie de leurs origines personnelles. En vain. « Nous restons inaudibles et invisibles », constate Arthur.
Un besoin médical et existentiel
Si l’ouverture de la procréation médicalement assistée aux couples de femmes et aux femmes seules fait partie des principaux thèmes des états généraux de la bioéthique, l’accès à leurs origines des enfants conçus par don ne figure pas au menu des débats. « Nous ne sommes pas contre la PMA, sinon nous ne serions pas là, dit Audrey. Mais nous pensons qu’elle peut être améliorée et humanisée. » Ils souhaitent le maintien de l’anonymat lors du don, mais la possibilité pour l’enfant de connaître l’identité du donneur à sa majorité. Pour eux, cette quête relève du besoin médical (connaître ses antécédents) mais surtout existentiel.
« Nos pères [non biologiques] sont assurés de l’amour que nous leur portons, dit Audrey. Ce que nous voulons, c’est connaître un visage, savoir qui nous a permis de naître. » 
L’« aventure humaine extraordinaire » qu’ils sont en train de vivre commence le 23 septembre. Une dizaine de membres de l’association PMAnonymes (qui en compte 300) ou de proches, tous nés d’un don de gamètes, se réunissent pour procéder à des tests génétiques. Baptisés « ancestry composition », ils ont été achetés 99 dollars (81 euros) pièce sur 23andme.com et expédiés par la poste. Pour savoir si vos ancêtres étaient bretons ou africains, il suffit de placer sa salive dans un tube et d’expédier les échantillons à l’entreprise, qui se charge d’identifier les variants génétiques spécifiques à certaines origines.
Mais celle-ci propose aussi, en option, de participer au programme « DNA relatives » (parents ADN). Après décryptage, elle recherche des correspondances entre les génomes de sa base de données, des « matchs ». « A ce moment-là, l’espoir, c’est d’avoir dans dix ou quinze ans un match avec quelqu’un de la famille du donneur et de remonter le fil », explique Arthur.
« En voyant mon demi-frère et ma demi-sœur, je peux m’imaginer mon géniteur. Je me sens plus ancrée. Et en même temps, je suis inquiète. Combien ai-je de demi-frères et demi-sœurs dans la nature ? », Audrey
Tout va aller plus vite… Trois semaines après, les résultats arrivent. Stupeur : sur les 10 personnes qui ont effectué le test, quatre sont demi-frères et sœurs, donc nés du même donneur. Audrey et son frère, qui ignoraient avoir été conçus avec les gamètes du même homme, et Sophie et David, deux membres de l’association, également frères et sœurs, dont Audrey est proche.
« Je suis ravie, dit Audrey. En voyant mon demi-frère et ma demi-sœur, je peux m’imaginer mon géniteur. Je me sens plus ancrée. Et en même temps, je suis inquiète. Combien ai-je de demi-frères et demi-sœurs dans la nature ? » La loi interdit la conception de plus de 10 enfants avec les paillettes de sperme d’un même homme. Dans le cas d’Audrey, elle connaissait deux d’entre eux en ignorant leur lien de parenté. « On nous dit qu’il n’y a pas de risque de consanguinité, ce n’est pas vrai », commente-t-elle.
« Bravo de m’avoir retrouvé »
Arthur, de son côté, se découvre un « match » à 6,28 % avec un certain Larry, qui vit en Angleterre. Larry est un « first cousin », cousin germain. Magie des réseaux sociaux, Arthur le retrouve sur LinkedIn, et entre en contact avec lui sur WhatsApp. « Si je matche avec vous, c’est que le donneur est dans votre entourage familial », explique Arthur. Sans lui donner la réponse, Larry ne dément pas, l’encourage à chercher, lui indique la région française d’où une partie de sa famille est originaire. Et lui livre ce faisant la clé de l’énigme. Larry a composé son arbre généalogique, accessible sur le site Internet Ancestry. Un seul homme de la branche française a l’âge compatible avec un don, le petit frère du grand-père de Larry.

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Arthur a de la chance : son géniteur ne s’appelle pas Paul Durand ou François Martin. Avec seulement un prénom et un nom, il retrouve son adresse. « Voilà trente ans que je cherchais quelqu’un qui vit à une heure trente en voiture de chez moi », s’exclame-t-il. Contrairement à Audrey qui l’a appris à l’âge de 29 ans, Arthur a toujours connu son mode de conception, et explique avoir attendu cette rencontre depuis son plus jeune âge. Mais il ne veut pas l’importuner, ni lui faire peur. Il rédige une lettre, avec l’aide de ses parents, de sa sœur, et de sa femme. « Je m’appelle Arthur, j’ai 34 ans (…) Depuis toujours je me pose la question, à qui dois-je aussi d’être né ? (…) Cela me permettrait de raconter à mes enfants qui est mon géniteur, de leur expliquer d’où ils viennent. (…) J’ai déjà un père, je n’en cherche pas un autre. J’espère du plus profond de mon cœur que vous serez sensible à ma demande. » 
« Il m’a dit qu’on avait l’obstination comme point commun. Et qu’il trouvait très bien que ce que j’ai fait puisse servir aux autres qui cherchent », Arthur
Pour plus de discrétion, Arthur charge des voisins de remettre sa lettre en main propre au donneur, sans témoins. Le 25 décembre, son téléphone sonne. « D’abord, bravo de m’avoir retrouvé, je ne sais pas comment tu as fait, mais bravo », dit la voix. Son géniteur n’a pas choisi le jour au hasard, son appel est un cadeau. Alors Arthur a enfin su où, quand, et « surtout pourquoi » cet homme avait fait ce geste. Donneur de sang régulier, il était sensible à l’idée qu’un couple de parents aide un autre couple à le devenir. Arthur a appris au passage être issu de paillettes congelées pendant dix ans, le don ayant eu lieu dans les années 1970.
« Il m’a dit qu’on avait l’obstination comme point commun, détaille Arthur. Et qu’il trouvait très bien que ce que j’ai fait puisse servir aux autres qui cherchent. » D’autant que le géniteur du jeune homme a appris être porteur d’une maladie génétique rare qu’il pourrait avoir transmise à Arthur et ses enfants, et que ceux-ci doivent donc pratiquer des examens. Une rencontre est prévue mais pour l’instant, ils se sont seulement parlé au téléphone. Et Arthur a vu une photo.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-4"> ¤ Dans un rapport à paraître mercredi, la juridiction s’inquiète de l’augmentation du coût de construction du nouveau réseau de lignes de métro.
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La Cour des comptes dresse un constat sévère du coût du Grand Paris Express

Dans un rapport à paraître mercredi, la juridiction s’inquiète de l’augmentation du coût de construction du nouveau réseau de lignes de métro.



Le Monde
 |    16.01.2018 à 16h59
 • Mis à jour le
16.01.2018 à 17h46
   





                        



Le tunnel en direction de la Porte de Clichy. Cette partie de l'ouvrage est déjà bien avancée, le radier horizontal destiné à accueillir les voies ferrées a déjà été aménagé. Le 21/12/2017.
   Le tunnel en direction de la Porte de Clichy. Cette partie de l'ouvrage est déjà bien avancée, le radier horizontal destiné à accueillir les voies ferrées a déjà été aménagé. Le 21/12/2017.



La Cour des comptes dresse un constat alarmant sur le Grand Paris Express dans un rapport à paraître mercredi 17 janvier. Il évoque la dérive continuelle des coûts, émet de sérieux doutes sur le respect des échéances olympiques de 2024, et souligne le risque pour les finances publiques à court et à moyen terme.
Le Grand Paris Express est un nouveau réseau de lignes de métro automatiques visant à désengorger le réseau actuel et à relier entre eux les départements de la proche couronne parisienne.
« La Cour croit nécessaire d’alerter sur le dérapage considérable du coût prévisionnel du projet de Grand Paris Express », peut-on lire dans ce rapport qui évoque des dépenses totales désormais estimées à 38,5 milliards d’euros, à comparer à un coût initial de 25,5 milliards, fixé par le gouvernement en 2013.

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                Le chantier du Grand Paris Express dérape



Alors que l’ouverture partielle de ce réseau est envisagée pour l’accueil des Jeux olympiques à Paris en 2024, la Cour fait part de ses « sérieuses interrogations sur la capacité à respecter les échéances olympiques ».
Elle s’inquiète également de la soutenabilité du modèle économique, de la dérive des coûts du projet, combinée à des incertitudes quant aux recettes attendues, conduisant à « s’interroger sur le caractère amortissable de (la) dette (du projet) à long terme ».
La Cour des comptes préconise de « stabiliser » le coût du projet
Au-delà, la Cour déplore une incidence « significative » du chantier sur les comptes publics, jugeant qu’il « pèsera sur la trajectoire de dépenses, de déficit et de dette publics de la loi de programmation des finances publiques 2018-2022 ».

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                Quelle sera l’efficacité du Grand Paris Express ?



Forte de ce constat, la Cour préconise une réforme de la gouvernance de la Société du Grand Paris (SGP), structure créée en 2010 et chargée de réaliser le Grand Paris Express pour le compte de l’Etat.
« La gouvernance de la SGP est désormais trop tournée vers la dimension politique du projet et pas assez vers la maîtrise des enjeux, en particulier les objectifs de coûts. »
« Le coût du projet doit désormais être stabilisé » et « ce nouveau coût doit s’imposer à la SGP », souligne la Cour, appelant également à « revoir le calendrier » pour éviter d’« accroître l’instabilité de la maîtrise des risques et des coûts ».

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                Ces lignes déjà menacées du Grand Paris Express



Le Grand Paris Express prévoit la construction de deux cents kilomètres de lignes de métro supplémentaires (à comparer aux deux cent vingt kilomètres existants) avec la création de quatre lignes automatiques circulant dans les départements de la petite couronne et la prolongation de deux lignes existantes (les lignes 11 et 14).

   





                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-5"> ¤ Les haredims s’opposent farouchement à la possibilité d’un service militaire obligatoire. Mais ils évoluent, comme l’armée elle-même.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-5"> ¤                     


Article sélectionné dans La Matinale du 15/01/2018
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En Israël, les juifs ultra-orthodoxes au seul service de Dieu

Les haredims s’opposent farouchement à la possibilité d’un service militaire obligatoire. Mais ils évoluent, comme l’armée elle-même.



Le Monde
 |    15.01.2018 à 09h39
 • Mis à jour le
16.01.2018 à 17h32
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            Piotr Smolar (Jérusalem, correspondant)








                        



                                


                            

Les canons à eau avancent, puis reculent. Leur détermination est douteuse, leurs jets manquent de puissance. On sent les policiers aussi irrités qu’embarrassés. Face à eux, des centaines de silhouettes sombres dansent et chantent. Certains se jettent sous les roues des camions avant d’être évacués. D’autres, stoïques, ont protégé leur chapeau noir avec un sac plastique puis ont offert leur dos aux jets à haute pression. Ils psalmodient. En ce dimanche de la fin novembre, les tramways ne passent pas au bout de la rue Jaffa, à Jérusalem. Une nouvelle manifestation réunit la frange la plus endurcie, très jeune, des communautés ultra-orthodoxes. Celle prête à tous les excès pour s’opposer à une perspective insupportable : le service militaire obligatoire pour tous.
Plus d’exemption permettant de consacrer sa vie à Dieu et aux textes ? On est encore loin d’une telle révolution. Mais le 12 septembre, la Haute Cour de justice a estimé que la législation en vigueur était discriminatoire envers le reste des jeunes Israéliens, ceux qui font leur service. Une loi qui prévoyait d’accélérer la participation des haredim (« les craignant Dieu ») à l’armée avait en effet été neutralisée par un amendement voté en 2015. Les hauts magistrats ont donné jusqu’à la fin de l’été 2018 au gouvernement de Benyamin Nétanyahou pour concevoir un nouveau dispositif. La coalition de droite, à laquelle participent deux formations ultra-orthodoxes choyées comme jamais, cherche une porte de sortie. En attendant, cette population religieuse est mobilisée pour pousser ses propres représentants à l’action.
Raidissement contre le service militaire
Au moment de la fondation de l’Etat d’Israël, il y a soixante-dix ans, les haredim ne se distinguaient pas du reste de la population. Mais les premiers dirigeants laïcs, à commencer par le premier ministre, David Ben Gourion, ont accordé une exemption aux jeunes ultra-orthodoxes pour étudier la Torah, notamment parce que beaucoup de yeshiva...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-6"> ¤ Selon la ministre de la culture, Françoise Nyssen, la condamnation pour favoritisme de l’ex-président de l’INA rend « inacceptable » son maintien à la tête de Radio France.
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Sous pression de l’exécutif, Mathieu Gallet « exclut de démissionner »

Selon la ministre de la culture, Françoise Nyssen, la condamnation pour favoritisme de l’ex-président de l’INA rend « inacceptable » son maintien à la tête de Radio France.



Le Monde
 |    16.01.2018 à 09h54
 • Mis à jour le
16.01.2018 à 15h47
    |

            Alexandre Piquard








                        



   


« Mathieu Gallet exclut de démissionner. » Le président de Radio France n’a pas l’intention de quitter son poste, confirme son avocat, Christophe Ingrain, mardi 16 janvier. M. Gallet réagit aux pressions de la ministre de la culture, Françoise Nyssen, qui avait déclaré plus tôt au Monde :
« Les dirigeants d’entreprises publiques ont un devoir d’exemplarité. Un dirigeant d’entreprise publique condamné pour favoritisme, ce n’est pas une situation acceptable. Il appartient à l’intéressé d’en tirer les conséquences, ainsi qu’au Conseil supérieur de l’audiovisuel, légalement compétent. » 
Selon nos informations, la position de Mme Nyssen est soutenue par Matignon et par l’Elysée, pour qui la ministre de la culture porte la parole de tout l’exécutif dans ce dossier.
« Choquant et incompréhensible »
L’ancien président de l’Institut national de l’audiovisuel (INA) a été condamné à un an de prison avec sursis et à 20 000 euros d’amende, lundi 15 janvier. Les propos tenus par Mme Nyssen mardi durcissent fortement la ligne du gouvernement, qui la veille renvoyait plutôt une non-intervention dans ce dossier. « C’est choquant et incompréhensible, dénonce Me Ingrain. Entre le communiqué de lundi dans lequel la ministre mettait en avant l’indépendance de l’audiovisuel public et son message de mardi, il y a un gouffre. »
Alors que le ministère demande indirectement son départ, Mathieu Gallet devait organiser mardi après-midi des « réunions d’information » internes, avec son conseil d’administration, les directeurs d’antenne, puis les syndicats.
« Mathieu Gallet a toujours droit à la présomption d’innocence car il a fait appel, fait valoir son avocat. Cela suspend la condamnation jusqu’à la décision de la cour d’appel, d’ici six à huit mois environ. »
L’actuel président de Radio France était jugé pour « favoritisme », soupçonné d’avoir commandé environ 400 000 euros de prestations à deux sociétés de conseil sans avoir respecté les règles des marchés publics, lorsqu’il présidait l’INA, entre 2010 et 2014. Le parquet avait requis dix-huit mois de prison avec sursis et 40 000 euros d’amende.  
Changement de ton 
Le changement de ton de Mme Nyssen est une surprise. Lundi dans la journée, le ministère de la culture avait dans un premier temps évité de prendre position sur le fond : « C’est d’abord à Mathieu Gallet qu’il revient d’apprécier les éventuelles conséquences de la décision, avait fait valoir au Monde le cabinet de la ministre, Françoise Nyssen. La loi donne actuellement au seul Conseil supérieur de l’audiovisuel [CSA] le pouvoir de nommer et de défaire les mandats. Dans ce cadre, toute intervention de l’exécutif serait critiquable. »
Dans un communiqué diffusé lundi soir, Mme Nyssen avait ensuite rappelé son attachement « au respect des règles de la commande publique et à l’exemplarité des dirigeants des établissements et des entreprises publiques ».
Jusqu’ici, dans la majorité issue de l’élection d’Emmanuel Macron, l’action de Mathieu Gallet a fait l’objet d’une certaine bienveillance. Les choix budgétaires et les prises de position de l’exécutif ont davantage ciblé le groupe France Télévisions de Delphine Ernotte que Radio France.
Le cas Gallet devant le CSA mercredi
Selon la loi de novembre 2013 sur l’indépendance de l’audiovisuel public, « le mandat des présidents […] peut leur être retiré, par décision motivée » du CSA, « à la majorité ». Mais le Conseil ne devrait pas se pencher sur le cas Gallet avant au minimum mercredi, jour de sa prochaine session plénière. Pour appuyer le maintien de M. Gallet, il pourrait être mis en avant que les faits ne concernent pas Radio France mais l’INA. Par ailleurs, le fait que Mathieu Gallet ait fait appel pourrait inciter le CSA à différer sa décision. Mais le Conseil devra désormais composer avec la pression de l’exécutif.
Dans leur plaidoirie, les avocats du président de Radio France avaient tenté d’obtenir la nullité de la procédure : selon eux, la procureure de la République de Créteil, Amélie Cladière, se serait montrée « partiale » et aurait commis des erreurs, par exemple en imposant à un personnage public une garde à vue superflue ou en n’interrogeant pas certains acteurs-clés. Les avocats ont même porté plainte contre le parquet de Créteil pour violation du secret de l’enquête. Mais jusqu’ici, ils n’ont pas été entendus. La condamnation de M. Gallet « est une vraie satisfaction », a jugé Jérôme Karsenti, avocat de l’association Anticor, qui avait porté plainte en 2015 contre la « gabegie » des ex-dirigeants de l’INA, Mathieu Gallet et Agnès Saal.
Deux contrats mis en cause
Pour sa défense, Mathieu Gallet avait plaidé la méconnaissance des « questions de marché public ». Deux contrats étaient concernés. Le premier avait été signé avec le cabinet de conseil Roland Berger en 2013, pour accompagner à l’INA la fusion des directions des archives et du dépôt légal. Un premier marché avait été passé avec appel d’offres, mais il avait été suivi d’un avenant puis d’un « marché complémentaire », pour un montant total de 290 000 euros. Selon l’accusation, M. Gallet a « saucissonné » le marché pour éviter de lancer un « appel d’offres européen » et pour le confier à Roland Berger, qui avait déjà travaillé pour l’INA en 2010.
Le second contrat n’avait, lui, pas fait l’objet d’une mise en concurrence. Il s’agissait de prestations payées mensuellement à Balises, la société du consultant Denis Pingaud, pour un total de 130 000 euros, supérieur au seuil pour les appels d’offres. M. Gallet a justifié le choix d’un conseiller qu’il connaissait et a assuré que « les équipes en place » n’avaient pas demandé la mise en concurrence de ce contrat. « Cela a été fait » à Radio France, où une société de M. Pingaud a également obtenu un contrat, a précisé M. Gallet.
La réaction des syndicats scrutée
Lundi, Philippe Ballet, président de l’UNSA, ne demandait pas le départ de M. Gallet : « Doit-il démissionner ? Non, vu qu’il a fait appel. » L’élu regrette toutefois que « la décision conteste un peu la légitimité du président à la tête de Radio France, à un moment où la relation et le rapport de force avec la tutelle sont importants » en raison de la future réforme de l’audiovisuel public. Un autre employé syndiqué estime à titre personnel que M. Gallet devrait démissionner mais juge « risqué » de demander sa tête, vu les réformes à venir.
La procédure de renouvellement du mandat de M. Gallet devrait, en principe, être enclenchée à la fin de 2018, mais l’exécutif envisage, auparavant, de changer le mode de nomination pour le confier au conseil d’administration des entreprises concernées. De plus, le gouvernement n’exclut pas de créer une structure pilotant à la fois Radio France et France Télévisions, ce qui supposerait de nommer un dirigeant unique dès le courant de 2018.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-7"> ¤ En réponse à la tribune publiée dans « Le Monde » par un collectif de 100 femmes, dont Catherine Deneuve, l’ancienne ministre des droits de la femme juge que l’affaire, « politique », doit être réglée par le gouvernement au plus vite.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-7"> ¤                     
                                                   
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Yvette Roudy : « On trouve encore des femmes du côté de la “domination masculine” »

En réponse à la tribune publiée dans « Le Monde » par un collectif de 100 femmes, dont Catherine Deneuve, l’ancienne ministre des droits de la femme juge que l’affaire, « politique », doit être réglée par le gouvernement au plus vite.



Le Monde
 |    16.01.2018 à 08h56
    |

Yvette Roudy (Ministre aux droits de la femme de 1981 à 1986)







                        



                                


                            
Tribune. Quand j’ai entendu les premières protestations venues d’Amérique s’insurger contre le harcèlement sexuel, je me suis dit : « enfin la relève est assurée » et, aussitôt après, je me suis demandé quand la riposte se produirait-elle. Je n’ai pas eu à attendre longtemps. Le 10 janvier, elle est arrivée de… France, et elle venait de… femmes. En tête – et on ne parle que d’elle – Catherine Deneuve. Oui, vous avez bien lu : celle qui avait signé le « Manifeste des 343 » revendiquant le droit à l’avortement, un droit toujours menacé, soit dit en passant. Je souligne que ce Manifeste est daté de janvier 1971, soit il y a plus de quarante ans. Une autre époque.

J’apprends que Catherine Deneuve, dans une lettre envoyée à la presse, s’excuse auprès de celles qui ont pu se sentir agressées par la tribune parue dans Le Monde. Dont acte… Je ne pense pas que l’on attende de moi que j’entre en conflit avec Catherine Deneuve. Je ne le ferai pas.
Une « question de pouvoir »
Quoi qu’il en soit, la riposte publiée dans Le Monde est habile et ceux qui l’ont suscitée sont « très malins ». On va – se sont-ils dits – utiliser le « vieux truc » : des femmes contre d’autres femmes. Et ça marche encore. On trouve encore des femmes du côté de la « domination masculine ». Sauf que, cette fois, cela risque de ne plus fonctionner car il y a de plus en plus de féministes (avez-vous d’ailleurs remarqué que le mot n’est plus un « gros mot » ?).
Avez-vous aussi remarqué que quelques hommes (pas nombreux, mais ce n’est qu’un début) se trouvent du côté des premières protestataires ? Et que ces dernières sont rejointes par celles qui se souviennent du temps des « petits chefs » ou des « gros chefs », comme le dit si bien Laurence Rossignol. Car voyez-vous, l’affaire est une « question de pouvoir ». Oui, de pouvoir. Celui que l’on a sur celles qui, hiérarchiquement, sont à notre merci et n’osent pas dire...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-8"> ¤ François affronte l’hostilité d’une partie de l’opinion chilienne à l’endroit de l’Eglise catholique après de nombreuses affaires de pédophilie. Des églises ont été attaquées.
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Le pape exprime « douleur et honte » au Chili pour les enfants agressés sexuellement par des prêtres

François affronte l’hostilité d’une partie de l’opinion chilienne à l’endroit de l’Eglise catholique après de nombreuses affaires de pédophilie. Des églises ont été attaquées.



Le Monde
 |    16.01.2018 à 17h32
 • Mis à jour le
16.01.2018 à 17h34
    |

            Cécile Chambraud








                        



   


Les enfants agressés ou violés par des prêtres ont été au cœur du premier discours du pape François après son arrivé à Santiago, lundi 15 janvier, pour une visite d’une semaine au Chili et au Pérou. « Je ne peux m’empêcher de manifester la douleur et la honte que je ressens face au mal irréparable fait à des enfants par des ministres de l’Eglise », a déclaré le chef de l’institution catholique devant les autorités politiques et sociales, mardi au palais de la Moneda, le siège de la présidence chilienne. « Je voudrais m’unir à mes frères dans l’épiscopat, car s’il est juste de demander pardon et de soutenir avec force les victimes, il nous faut en même temps nous engager pour que cela ne se reproduise pas », a-t-il ajouté, interrompu par des applaudissements.
La colère et les attentes avant sa venue étaient également élevées, tant les scandales de pédophilie ébranlent depuis des années l’Eglise et la société chiliennes, et éclaboussent aussi le pontife argentin. Le plus retentissant d’entre eux a pour origine les agissements d’un prêtre chilien, Fernando Karadima. De sa paroisse de Santiago, proche des autorités politiques, celui-ci a, pendant des décennies, formé des générations de jeunes catholiques, dont beaucoup sont devenus prêtres et certains évêques, en même temps qu’il agressait sexuellement des mineurs.
Pendant des années, l’Eglise a ignoré les plaintes de victimes. Ce n’est qu’en 2010, lorsque certaines d’entre elles ont publiquement dénoncé les faits, que le scandale l’a poussée à s’en préoccuper. En 2011, au terme d’une procédure canonique, Fernando Karadima a été reconnu coupable d’actes pédophiles dans les années 1980 et 1990, et a été contraint à se retirer pour une vie de « pénitence et de prière ». L’Eglise avait aussi demandé pardon pour tous les cas d’abus sexuels sur des enfants commis par des membres du clergé et pour son manque de réactivité face aux plaintes par le passé.
« Processus de transformation »
L’affaire a connu une nouvelle impulsion quand, en janvier 2015, le pape François a nommé Mgr Juan Barros, l’un des protégés de M. Karadima, à la tête du diocèse d’Osorno, dans le sud du pays. Or, les associations de victimes d’Osorno accusent Mgr Barros d’avoir couvert les agissements de son ancien mentor. Depuis lors, elles organisent dans son diocèse des manifestations de protestation et ne cessent de demander à Rome sa destitution. Ce à quoi François s’oppose résolument, jugeant la contestation dans ce diocèse « bête », infondée et politiquement manipulée par « les gauchistes ». 
Lors d’une homélie, mardi, le pape a rejeté les « attitudes critiques » de « ceux qui croient tout savoir mais ne veulent s’engager à rien ni avec personne, et finissent ainsi par bloquer toute possibilité de créer des processus de transformation et de reconstruction dans nos communautés ».
Fait sans précédent dans un voyage du pape François, l’hostilité d’une partie de l’opinion chilienne à l’endroit de l’Eglise catholique s’est matérialisée, mardi, par l’attaque de trois nouvelles églises, portant à neuf le nombre d’édifices touchés ces derniers jours par des départs de feu. Deux des dernières attaques ont eu lieu dans l’Etat d’Araucania, la Patagonie chilienne, où François devait se rendre mercredi à la rencontre des communautés indigènes mapuches, qui réclament la restitution de territoires appartenant, selon eux, à leurs ancêtres. Dans son discours aux autorités, le pape a évoqué les « droits » des « peuples autochtones ».
« Renforcer notre voix »
Avec 5,3 points sur une échelle de 10, le Chili est le pays d’Amérique latine où le pape est le moins populaire, le Paraguay étant en tête avec 8,3 points, selon l’organisme Latinobarómetro. La confiance des Chiliens dans l’Eglise, elle, est passée de 61 % en 2010 à 38 % en 2011, après la médiatisation de l’affaire Karadima.
Lundi, jour de l’arrivée du pontife sur le sol chilien, les représentants de plusieurs associations de victimes de prêtres pédophiles s’étaient donné rendez-vous à Santiago pour échanger sur leurs expériences, et envisager la création d’une fédération internationale capable de peser face à l’Eglise. L’un des porteurs de ce projet est François Devaux, cofondateur de La Parole libérée, association fondée à Lyon par des victimes du père Bernard Preynat, mis en examen pour viols et agressions sexuelles sur de jeunes garçons avant 1991. « Aujourd’hui, l’Eglise fait face, pays par pays, à des associations morcelées, explique-t-il. Cette organisation devrait pouvoir renforcer notre voix. » Elle pourrait aussi « apporter de la crédibilité aux petites associations, souvent bien seules à leur naissance ».



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-9"> ¤ Christophe Rousseau, directeur adjoint du centre de recherche sur les pollutions accidentelles des eaux, alerte sur la possibilité de pollution atmosphérique.
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Naufrage d’un pétrolier en mer de Chine : « Pas de risque de marée noire importante »

Christophe Rousseau, directeur adjoint du centre de recherche sur les pollutions accidentelles des eaux, alerte sur la possibilité de pollution atmosphérique.



Le Monde
 |    16.01.2018 à 16h09
 • Mis à jour le
16.01.2018 à 16h37
    |

            Martine Valo








                        



   


Le Sanchi, un pétrolier iranien, est entré en collision en mer de Chine avec un cargo chinois le samedi 6 janvier, avant de sombrer huit jours plus tard avec à son bord 136 000 tonnes d’hydrocarbure léger. Les 32 membres d’équipage ont péri. Le Centre de documentation, de recherche et d’expérimentations sur les pollutions accidentelles des eaux (Cedre), installé à Brest, suit la situation. Cette associaiton, qui réunit des acteurs publics et privés, a pour mission de partager son expertise en particulier lors des marées noires. Christophe Rousseau, son directeur adjoint, donne un éclairage sur l’hydrocarbure transporté.
Quelle est la nature du « condensat » transporté par le Sanchi ?
Le condensat est un produit brut, entre huile et gaz, très proche de l’essence, extrêmement léger. Une grande quantité a déjà brûlé puisque l’incendie s’est déclaré il y a une semaine. Nous pensons que ce qui reste dans les citernes du navire, qui a coulé, va remonter et s’évaporer. Cela ne va pas durer éternellement. Des nappes sont observées à la surface de l’eau – dont une de près de 20 kilomètres de long et de 3,2 km de large – et nous ne savons pas s’il s’agit de condensat ou du fioul destiné aux machines du navire.
Y avait-il beaucoup de diesel dans ce pétrolier ? Peut-on s’attendre à une marée noire sur les côtes de Chine ?
Non, les Chinois ont d’abord parlé de 2 000 tonnes, puis de 1 000 tonnes, car le navire était près d’atteindre sa destination, ses cuves n’étaient plus pleines. Il va sans doute y avoir, comme lors des naufrages de l’Erika [dans le golfe de Gascogne en 1999] et du Prestige [au large de la Galice en 2002], des fuites erratiques de pétrole qui vont remonter et former des boulettes chargées en eau. Celles-ci pourraient dériver vers l’est et atteindre les côtes sud du Japon, la Chine ou Taïwan. Quoi qu’il en soit, on n’est pas du tout dans les mêmes proportions qu’avec l’Exxon Valdes, par exemple, qui transportait 180 000 tonnes de pétrole brut et en avait relâché 38 500 tonnes au large de l’Alaska [entraînant une marée noire majeure en 1989].
La pire conséquence de l’accident du Sanchi est sans doute la pollution atmosphérique due au condensat qui a brûlé pendant une semaine. Peut-être que l’équipage est mort à cause de ces vapeurs toxiques. Les marins ont dû en prendre une grande bouffée. Cependant, le panache de fumée résultant de la combustion est un peu moins toxique que le produit pur, et l’accident s’est produit à 300 kilomètres au large, je ne pense pas qu’un nuage toxique puisse atteindre les côtes.
Les conséquences d’accidents en mer avec du condensat à bord sont-elles bien connues ?
Nous ne pouvons formuler que des hypothèses. Cependant, au Cedre, nous avons déjà mener des tests de brûlage sur ce produit. Nous serions d’ailleurs très intéressés de recueillir des données sur ce cas réel, mais les autorités chinoises ne communiquent guère. Dans cette partie du monde, nous avons des accords avec les Japonais, les Taïwanais, les Coréens, mais pas les Chinois.




                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-10"> ¤ Les naissances baissent pour la troisième année de suite. Le taux de fécondité passe à 1,88 enfant par femme, s’éloignant du seuil de renouvellement de la population.
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Natalité  : vers la fin de l’exception française

Les naissances baissent pour la troisième année de suite. Le taux de fécondité passe à 1,88 enfant par femme, s’éloignant du seuil de renouvellement de la population.



Le Monde
 |    16.01.2018 à 12h00
 • Mis à jour le
16.01.2018 à 12h13
    |

            Gaëlle Dupont








                        


Est-ce une mauvaise passe ou la fin d’une époque ? Le dynamisme démographique exceptionnel qui a caractérisé la France jusqu’au tournant des années 2010 semble avoir vécu. Les données publiées par l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee) mardi 16 janvier dépeignent un tableau plus sombre. Si la population continue d’augmenter, pour s’établir à 67,2 millions de personnes, elle le fait à un rythme moins soutenu que les années précédentes (+ 0,3 %, contre + 0,5 % entre 2008 et 2013, + 0,4 % entre 2014 et 2016). Le solde naturel, c’est-à-dire la différence entre les naissances et les décès est « historiquement bas » à + 164 000 personnes, au niveau le plus faible constaté depuis l’après-guerre (hors Mayotte).

   


Deux facteurs expliquent cette évolution : une baisse de la natalité et une hausse de la mortalité. Si les deux sujets sont politiquement sensibles, le nombre de naissances enregistré chaque année l’est particulièrement, une forte natalité étant interprétée comme un signe de bonne santé actuelle et future pour un pays. Or, la tendance à la baisse amorcée en 2015 se confirme. Le nombre de naissances est en baisse pour la troisième année consécutive. En 2017, 767 000 bébés sont nés, soit 17 000 de moins qu’en 2016, après des baisses d’ampleur comparable en 2016 et 2015. Cette évolution s’explique en partie par la diminution du nombre de femmes en âge de procréer, mais surtout par la baisse de la fécondité. L’indicateur s’établit à 1,88 enfant par femme, contre 1,92 en 2016, et 2 en 2012. Il s’éloigne donc du seuil de renouvellement des générations (2,1 enfants par femme). Ce sont les femmes âgées de 25 à 34 ans en particulier qui ont moins d’enfants qu’auparavant.

   


Pour quelle raison ? « Il n’existe pas de modèle explicatif des variations de fécondité, observe Laurent Chalard, géographe de la population à l’université Paris-Sorbonne. Elles résultent de décisions personnelles et sont liées aux évolutions des mentalités. » Les chercheurs sont donc partagés. « La crise économique de 2008 a provoqué une baisse de la fécondité dans la plupart des pays développés, analyse Gilles Pison, professeur de démographie au Muséum national d’histoire naturelle. En France, les politiques sociales et familiales ont retardé ses conséquences. » Dans cette hypothèse, la baisse serait temporaire. « Beaucoup va dépendre de l’évolution du chômage en France », poursuit M. Pison.

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                L’espérance de vie des femmes en léger recul



Baisse des allocations familiales
Autre explication conjoncturelle possible : les coups de rabot portés à la politique d’aides aux familles pendant le quinquennat de François Hollande. Diminution des allocations familiales et baisse du plafond du quotient familial pour les plus aisés, modulation des aides à l’accueil des jeunes enfants… Une politique poursuivie sous la présidence d’Emmanuel Macron, avec un nouvel abaissement des plafonds de ressources donnant droit au versement de l’allocation de base pour les parents de jeunes enfants, voté fin 2017, qui touche au portefeuille les classes moyennes.
Dans le même temps, moins de 50 000 nouvelles places de garde pour les jeunes enfants ont été créées depuis 2012 (contre 275 000 promises). Pour Gérard-François Dumont, professeur de démographie à Paris-Sorbonne, la corrélation ne fait pas de doute. « Les évolutions de la natalité depuis quarante ans suivent celles de la politique familiale, affirme-t-il. Les effets des mesures prises depuis 2012 ont commencé à se faire sentir en 2016 et cela s’aggrave en 2017. Il ne faut pas oublier la baisse des dotations aux collectivités locales qui sont du coup plus réticentes à développer l’accueil des jeunes enfants. Les difficultés à concilier vie familiale et vie professionnelle sont plus grandes. »
Mais d’autres spécialistes sont moins catégoriques, en particulier parce que seuls les 20 % de ménages les plus aisés ont perdu financièrement aux réformes. « Il est difficile d’établir un lien direct mais la baisse des aides pourrait entrer dans le jeu, nuance Laurent Toulemon, démographe à l’Institut national d’études démographiques (INED). Nous avions auparavant une politique familiale très inclusive, avec l’idée que l’Etat aide toutes les familles. Son érosion structurelle a pu avoir un effet sur la confiance des Français. » 

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                Les taux de fécondité européens à la lumière des politiques familiales



Précarité du marché du travail
Dernière hypothèse : un changement plus profond des comportements chez les jeunes générations. Les jeunes étudient plus longtemps, se mettent en couple plus tard et reculent l’âge d’avoir un premier enfant. Comme en témoigne l’âge moyen à la maternité des femmes, qui continue d’augmenter pour atteindre 30,6 ans (contre 29,8 dix ans plus tôt). La précarité du marché du travail et l’instabilité qu’elle induit frappent particulièrement les jeunes, ce qui ne favorise pas l’arrivée d’enfants : la norme est d’avoir une vie professionnelle stable avant de fonder une famille.
Il ne s’agit cependant pas d’un simple décalage dans le temps. « La baisse de la fécondité observée chez les femmes de 24 à 35 ans n’est pas compensée par une augmentation chez les femmes plus âgées, comme c’était le cas jusqu’en 2014 », observe Marie Reynaud, responsable des études démographiques et sociales de l’Insee. Les limites physiologiques pourraient jouer un rôle. Les chances d’être enceinte diminuent après 35 ans. Des travaux ont mis en évidence un impact de l’âge sur la fécondité à l’échelle individuelle (après 35 ans, les chances de réaliser un projet d’enfant diminuent fortement) mais pas à l’échelle nationale.
Est-ce la fin d’une exception française en matière de natalité ? La baisse est forte… mais la France reste en tête de peloton aux côtés de l’Irlande (1,9 enfant par femmes en 2016), notent les spécialistes. « Nous restons à un niveau élevé par rapport à la moyenne européenne, observe Laurent Toulemon. Je n’anticipe pas un effondrement comme on l’a vu dans d’autres pays. » Laurent Chalard est plus interrogatif : « La France reste une exception, mais va-t-elle perdurer encore longtemps ? » 
La question doit d’autant plus d’être posée qu’un autre facteur entre en jeu dans la dynamique démographique : la mortalité. En 2017, 603 000 personnes sont décédées, soit 9 000 de plus qu’en 2016. Et cela va continuer, car les générations nombreuses issues du baby-boom, qui a été particulièrement marqué en France, atteignent des âges de forte mortalité. « C’est une vague qui arrive, ce n’est que le début », observe M. Toulemon. « Même si l’espérance de vie continue à progresser, nous avons plusieurs décennies de hausse de la mortalité devant nous, renchérit Gilles Pison. Il faut se faire à cette idée. » 
De ce fait, sauf baby-boom imprévu, le rôle prépondérant du solde naturel (différence entre les naissances et les décès) dans la croissance démographique française devrait régresser au profit du solde migratoire (différence entre le nombre de personnes entrées sur le territoire et le nombre de personnes qui en sont sorties). Ce dernier était évalué à 69 000 personnes en 2017. Le chiffre ne tient pas compte des évolutions les plus récentes de l’immigration, car il est calculé en effectuant une moyenne des trois années pour lesquelles l’Insee détient des chiffres consolidés (2012, 2013 et 2014). Mais, bien que l’attention politique portée au sujet soit considérable, le solde migratoire est traditionnellement faible en France. « Il pèsera plus à l’avenir, comme c’est déjà le cas dans de nombreux pays européens », affirme Gilles Pison.

7 000 mariages de moins en 2017
Le nombre de mariage continue à décroître : 228 000 ont été célébrés en 2017, soit 7 000 de moins qu’en 2016. Parmi eux, le nombre d’unions entre personnes de même sexe reste stable à 7 000. Le pacte civil de solidarité, après avoir connu une chute au début de la décennie, est reparti à la hausse : 192 000 ont été conclus en 2016, dont 7 000 par des personnes de même sexe, soit quatre pacs conclus pour cinq mariages célébrés (les chiffres 2 017 ne sont pas connus en raison du délai de transmission des données par les notaires). L’Insee détaille les caractéristiques des couples pacsés : ils sont plus nombreux parmi les 26-35 ans, plus diplômés, vivent plus souvent dans les grandes villes, et sont rarement issus de l’immigration. Les cadres et professions intermédiaires sont davantage enclins à se pacser, contrairement aux agriculteurs qui se marient le plus.

   







                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-11"> ¤ Le Parlement s’est opposé par 402 voix contre 232 à une dérogation proposée par la Commission pour élargir la pêche électrique en Europe.
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Le Parlement européen demande l’interdiction de la pêche électrique

Le Parlement s’est opposé par 402 voix contre 232 à une dérogation proposée par la Commission pour élargir la pêche électrique en Europe.



Le Monde
 |    16.01.2018 à 13h54
 • Mis à jour le
16.01.2018 à 15h44
   





                        



   


Le Parlement européen a demandé, mardi 16 janvier, l’interdiction de la pêche électrique dans l’Union européenne (UE), s’opposant à une dérogation proposée par la Commission qui souhaite autoriser la pratique à une plus large échelle dans la mer du Nord, où elle est permise à titre expérimental. Plus précisément, l’assemblée a adopté un amendement visant à interdire totalement le recours au courant électrique impulsionnel.
Le vote est une étape sur le long parcours législatif du texte au sein de l’UE. Le Parlement va maintenant entrer en négociation avec le Conseil (les Etats membres) et la Commission pour trouver un compromis final.
« C’est une très belle victoire contre une pêche terriblement néfaste, une véritable arme de prédation massive », s’est immédiatement réjoui dans un communiqué Yannick Jadot (Verts français), qui fait partie des eurodéputés à la pointe de la contestation contre la pêche électrique.

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                L’Europe ouvre la voie à la très décriée pêche électrique



Une pratique critiquée et bannie dans d’autres pays
L’Union européenne a initialement banni la pêche électrique en 1998, au même titre que les Etats-Unis, le Brésil ou la Chine. Mais, depuis 2007, des dérogations ont été accordées par la Commission européenne à titre expérimental à hauteur de 5 % des flottes de chalutiers à perche de chaque Etat membre, et uniquement en mer du Nord.
Le projet de la Commission prévoit de conserver le seuil limite de 5 %, mais pour tous types de chalutiers, les quatre premières années, ce qui permettrait aux pêcheurs de cibler d’autres espèces de poissons au moyen de cette technique de pêche. Au bout de quatre ans, le seuil pourrait être levé si les effets délétères pour la faune aquatique n’ont pas été démontrés.
La pratique, qui consiste à envoyer de puissantes et brèves impulsions électriques dans le fond marin à l’aide de perches rigides munies d’électrodes pour y débusquer les poissons plats y vivant, est très critiquée par les associations de défense de l’environnement, ainsi que par une partie de la classe politique.
Le 10 janvier, 249 députés français (de La République en marche à La France insoumise) ont signé une tribune parue dans Le Monde pour demander au Parlement européen d’interdire la pêche électrique.




                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-12"> ¤ L’ancien policier insurgé contre le régime de Maduro a été découvert à Caracas après six mois de cavale, et tué au cours d’une opération dans laquelle sont aussi morts deux policiers.
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Au Venezuela, la mort en direct d’Oscar Pérez

L’ancien policier insurgé contre le régime de Maduro a été découvert à Caracas après six mois de cavale, et tué au cours d’une opération dans laquelle sont aussi morts deux policiers.



Le Monde
 |    16.01.2018 à 16h29
 • Mis à jour le
16.01.2018 à 17h45
    |

                            Paulo A. Paranagua








                        



   


Les Vénézuéliens ont suivi en direct, grâce aux réseaux sociaux, le pilonnage subi par l’homme le plus recherché par le régime chaviste : Oscar Pérez, 36 ans, ancien inspecteur de la police criminelle, qui s’est insurgé contre le président Nicolas Maduro. Le jeune homme aux yeux clairs avait surpris les médias en juin 2017, lorsqu’il s’était emparé d’un hélicoptère et avait jeté des grenades contre des bâtiments officiels à Caracas, sans faire de victimes. A l’époque, les manifestations de rue se succédaient sans que l’opposition trouve un débouché politique à la protestation sociale. Cent trente personnes étaient mortes.
Aussitôt qualifié de « terroriste » par le gouvernement, sa tête mise à prix, Oscar Pérez est parvenu pendant plus de six mois à échapper aux divers services à ses trousses. En décembre, il avait refait parler de lui en revendiquant sur Twitter un assaut mené contre une unité militaire vénézuélienne et au cours duquel de nombreuses armes automatiques ont été volées.
Lundi 15 janvier, sa cavale s’est terminée. Découvert dans le quartier El Junquito, à Caracas, il est aussitôt assiégé. Sur Instagram, il alerte l’opinion publique, qu’il tient en haleine pendant plusieurs heures. « Nous négocions notre reddition », dit-il dans un premier temps, car il n’est pas seul. Plus tard, le visage en sang, son message est un cri du cœur : « On est en train de nous tirer dessus avec des lance-grenades. On a prévenu qu’on allait se rendre mais ils ne veulent pas nous laisser nous rendre, ils veulent nous tuer ! » Ensuite, il s’adresse à ses trois enfants et affirme, en guise de testament : « Je veux demander aux Vénézuéliens qu’ils ne baissent pas les bras, qu’ils luttent, qu’ils sortent dans les rues, il est temps que nous soyons libres ! »
Groupes paramilitaires
Après des heures de silence, la police, puis le gouvernement, ont fini par confirmer sa mort, ainsi que celle de « plusieurs » autres rebelles. L’Observatoire vénézuélien de conflictualité sociale, une organisation non gouvernementale, évoque à propos d’Oscar Pérez « une possible exécution extrajudiciaire ». L’ONG de défense des droits de l’homme Provea déplore que « l’Etat n’ait pas épuisé la voie d’une solution pacifique ».
M. Maduro a justifié l’action des forces de l’ordre parce que les assiégés ont utilisé des armes à feu et disposaient d’une voiture chargée d’explosifs. A l’entendre, le groupe d’Oscar Pérez était financé par la Colombie : « Ces animaux veulent remplir de violence notre pays, ils n’y arriveront pas », a déclaré le président, précisant que le groupe prévoyait « de faire exploser une voiture piégée devant une ambassade d’un pays cher et prestigieux » à Caracas.
Détail remarquable, parmi les policiers tués au cours de la fusillade se trouve le chef du « collectif » chaviste qui contrôle le quartier populaire 23 de Enero, à Caracas. Heiker Vasquez, dirigeant du « Colectivo Tres Raices », était aussi un policier, confirmant ainsi la nature de ces bandes : des groupes paramilitaires ou parapoliciers qui manipulent les aides alimentaires et s’assurent de la fidélité électorale des bénéficiaires.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-13"> ¤ La société d’investissement de Matthieu Pigasse, Xavier Niel (tous deux actionnaires du Monde) et Pierre-Antoine Capton, consacrée aux médias, devient le leader de la fiction télé en France.
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Le fonds d’investissement Mediawan achète trois sociétés de production télévisée

La société d’investissement de Matthieu Pigasse, Xavier Niel (tous deux actionnaires du Monde) et Pierre-Antoine Capton, consacrée aux médias, devient le leader de la fiction télé en France.



Le Monde
 |    16.01.2018 à 18h15
    |

                            Sidahmed Chikhbled








                        



   


C’est un grand coup que vient de frapper la société d’investissement Mediawan. Le groupe de Matthieu Pigasse, Xavier Niel (tous deux actionnaires du Monde) et Pierre-Antoine Capton a annoncé, mardi 16 janvier, les acquisitions de Mon voisin productions, Makever et du pôle télévision d’EuropaCorp. Il devient ainsi le leadeur français dans l’univers de la fiction devant le groupe Lagardère (en termes d’heures de fictions produites en « prime time »).
Ces achats sont le fruit d’une stratégie d’acquisitions menée depuis la création, en 2015, du fonds consacré aux médias, avec notamment, en mars 2016, le rachat, pour 270 millions d’euros, du distributeur AB Group, qui a produit les séries « Hélène et les garçons » ou « Section de recherches ».
80 % d’EuropaCorp Télévision

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                Télévision : Mediawan rachète le Groupe AB



Mediawan va acquérir 60 % de Mon voisin productions, société créée en 2008 et productrice, entre autres, de « Dix pour cent », série à succès de France 2, ou de films comme Perfect Mothers (2013), d’Anne Fontaine. Le groupe a aussi déclaré être en négociations exclusives avec Makever en vue de racheter 77 % de son capital. La société produit de nombreuses franchises comme « Kaboul Kitchen », diffusée sur Canal +, ou « Cherif » (France 2).
Mediawan a enfin acquis 80 % d’EuropaCorp Télévision (sans les séries américaines), une filiale d’EuropaCorp, l’entreprise de Luc Besson. La vente de cette activité intervient dans une période compliquée pour la société de production, qui a annoncé, lundi 15 janvier, la suppression d’un quart de ses effectifs en France pour « mener à bien sa stratégie de recentrage sur [son] cœur de métier ».

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                Lancement du projet « Mediawan » par MM. Capton, Niel et Pigasse



Entreprise de diversification
Le catalogue acquis comprend des fictions comme « Taxi Brooklyn » ou « XIII », ainsi qu’une douzaine de projets en cours comme « Arthur et les Minimoys » et « Les Rivières pourpres », projets provenant essentiellement de l’univers de Luc Besson.
L’ensemble de ces acquisitions, d’un montant qui avoisinerait les 40 millions d’euros, devrait se finaliser au premier trimestre. Mediawan devient ainsi « le premier producteur de fiction en volume en France », a déclaré Pierre Antoine Capton, avec, potentiellement, 69 heures de fictions diffusées en prime. Le groupe devance le géant Lagardère Studios, qui produit 66 heures de fiction en prime, et à qui l’on doit « Joséphine, ange gardien » et « Nos chers voisins ».
Mediawan continue donc son entreprise de diversification, après avoir acheté CC & C en juillet 2017, spécialiste de films documentaires comme Apocalypse, et acquis, en décembre 2017, le studio d’animation On kids & family.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-14"> ¤ La commune qui héberge l’aéroport Nantes-Atlantique a voté à 50,6 % en faveur de Notre-Dame-des-Landes.
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Article sélectionné dans La Matinale du 15/01/2018
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Notre-Dame-des-Landes : à Bouguenais, une vie sous les avions nantais

La commune qui héberge l’aéroport Nantes-Atlantique a voté à 50,6 % en faveur de Notre-Dame-des-Landes.



Le Monde
 |    16.01.2018 à 06h39
 • Mis à jour le
16.01.2018 à 10h57
    |

            Rémi Barroux et 
                                Yan Gauchard (Nantes, correspondant)








                        



                                


                            

« Si Notre-Dame-des-Landes ne se fait pas, il y aura une mobilisation importante, on ne laissera pas faire », promet Lionel Biton, président du Collectif citoyen engagé pour le transfert de l’aéroport, une association notamment implantée sur la commune de Saint-Aignan-Grandlieu (Loire-Atlantique), riveraine de la piste d’atterrissage de l’aéroport Nantes-Atlantique. Le 26 juin 2016, les habitants ont dit oui à 71,7 % au transfert de l’actuelle infrastructure aéroportuaire à Notre-Dame-des-Landes, au nord de l’agglomération nantaise.
Dans la commune voisine, plus touchée encore par le survol des avions et qui héberge l’actuelle aérogare, Bouguenais, ville de 18 800 habitants située au sud-ouest de Nantes, les votes étaient plus partagés avec seulement 50,6 % des voix pour le transfert. « C’est vrai que ce résultat a été une sacrée surprise, lâche Didier Ruaud, barman à la retraite, qui vit ici depuis 1958. En fait, il y a un paquet de gens qui bossent chez Airbus ou dans le secteur aéronautique. Et ils ne veulent pas le départ de l’aéroport. » 
« Il fait bon vivre à Bouguenais »
Le sexagénaire ne prête plus attention aux nuisances. Mais il ne croit guère non plus au scénario privilégiant « l’agrandissement de l’aéroport actuel, sauf à rejeter les nuisances sur d’autres habitants ». Le survol de l’agglomération pose « des questions de sécurité. Je ne souhaite pas qu’un avion atterrisse en catastrophe, mais si cela devait arriver, il y aurait moins de souci à Notre-Dame-des-Landes. Il y a beaucoup moins d’habitants concernés ».
Vincent Egron, 49 ans, chef d’une petite entreprise spécialisée dans les étiquettes adhésives, avoue, lui, se plaire à Bouguenais. Il a investi en 2003 cette commune survolée par des milliers de mouvements d’aéronefs chaque année. Sa maison, implantée dans le périmètre d’exposition au bruit, a bénéficié d’un programme d’insonorisation de 17 000 euros, subventionné à 80 %....




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-15"> ¤ La ministre de la justice, Nicole Belloubet, s’est rendue mardi dans la prison de Vendin-le-Vieil, où un détenu radicalisé a agressé trois surveillants jeudi.
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Le mouvement de blocage des prisons se poursuit après deux nouvelles agressions

La ministre de la justice, Nicole Belloubet, s’est rendue mardi dans la prison de Vendin-le-Vieil, où un détenu radicalisé a agressé trois surveillants jeudi.



Le Monde
 |    16.01.2018 à 08h09
 • Mis à jour le
16.01.2018 à 16h04
   





                        



   


Après une journée de mobilisation très suivie lundi, les principaux syndicats de personnel pénitentiaire ont reconduit, mardi 16 janvier, le mouvement national de blocage de prisons lancé à la suite de l’agression de trois surveillants dans l’établissement de Vendin-le-Vieil (Pas-de-Calais), épicentre de la contestation.
La ministre de la justice, Nicole Belloubet, s’est rendue dans cette prison du Pas-de-Calais, mardi matin. « Je suis venue voir l’établissement pour dialoguer avec les personnels, je vais les entendre et voir dans quelle mesure on pouvait améliorer les conditions de sécurité », a-t-elle déclaré à son arrivée, la voix couverte par une Marseillaise entonnée par des surveillants.
La démission du directeur de la prison de Vendin-le-Vieil, que les syndicats réclamaient depuis plusieurs jours, et le « plan pénitentiaire global » promis par Emmanuel Macron pour la fin de février n’ont pas suffi à calmer le mécontentement.
En effet, deux nouvelles agressions ont attisé leur colère. Un détenu de la prison de Mont-de-Marsan (Landes), surveillé pour risque de « radicalisation », a frappé sept agents lundi après-midi, selon la chancellerie. Mardi matin, c’est une surveillante de Tarascon (Bouches-du-Rhône) qui a reçu un coup de poing au visage asséné par un prisonnier suivi lui aussi pour radicalisation.
« Dix propositions » pour Vendin-le-Vieil
A l’issue de sa visite, la ministre de la justice a fait « dix propositions » pour aider la prison de Vendin-le-Vieil. Elle s’est notamment engagée « à ce que nous puissions aller vers un accroissement des effectifs des personnels d’encadrement ». Nicole Belloubet a également promis d’étudier le transfèrement « d’un certain nombre de détenus », de proposer des formations pour les surveillants, et de fournir du nouveau matériel de sécurité. Elle a assuré qu’elle reviendrait sur place le 16 mars pour évaluer la mise en œuvre de ces promesses.
« On a obtenu la montée en grade des quatre collègues, et pas seulement en échelon », s’est félicité Grégory Strzempek, secrétaire local de l’UFAP-UNSA (Union fédérale autonome pénitentiaire-Union nationale des syndicats autonomes), globalement satisfait des propositions de la ministre. « On ne lâche pas le mouvement, qui est national. On pense à tous les autres collègues de France », a-t-il toutefois ajouté.
« On joue notre vie pour 1 500 euros »
« [Les] agressions peuvent arriver dans n’importe quel établissement, avec des détenus radicalisés ou non. Chaque personnel peut se retrouver sur un événement tragique car on travaille aujourd’hui avec un niveau de sécurité au plus bas », a commenté Christopher Dorangeville, secrétaire général de la CGT pénitentiaire.
« La moitié des établissements sont touchés » par le mouvement, a fait savoir la direction de l’administration pénitentiaire (DAP) mardi en milieu de journée. Les opérations de lundi ont « globalement » été reconduites, « mais dans une dimension moindre et avec une grande disparité entre les établissements ». Des négociations ont commencé avec les directions dans certains d’entre eux.
Mardi, des dizaines de centres pénitentiaires ont été touchés partout dans le pays : à Laon, Annœullin, Sequedin, Beauvais, Nice, Salon-de-Provence, Tarascon, Toulon, Villepinte, Osny, Nanterre, Bonneville, Lyon-Corbas, Roanne, Aurillac, Châteauroux, Saran, Roanne, etc.

        Lire :
         

          Prisons : les surveillants inquiets face au nombre grandissant de détenus radicalisés



« Ce qui revient tout le temps [dans les doléances], c’est : “On joue notre vie pour 1 500 euros” », explique Martial Delabroye, représentant FO au centre pénitentiaire de Réau (Seine-et-Marne).
Le porte-parole du gouvernement, Benjamin Griveaux, a appelé sur CNews à « rester dans le dialogue », disant comprendre « la colère qui s’est exprimée ». « Le sujet, c’est d’abord d’avoir une baisse de la pression dans les prisons, qui est liée en grande partie au fait que vous avez un nombre de détenus trop important dans certaines cellules », a-t-il ajouté, évoquant « un ensemble de mesures ».
La gestion des détenus radicalisés
Après des actions éparses vendredi, la mobilisation nationale avait déjà été une « réussite » lundi, a déclaré Laurent Maffre, secrétaire régional Occitanie UFAP-UNSA Justice. Selon l’administration pénitentiaire, 139 des 188 centres pénitentiaires du pays ont ainsi été touchés « à des degrés divers » (blocages totaux, partiels, piquets de grève, débrayages ou retards).
Tout est parti de la prison de Vendin-le-Vieil, où trois gardiens ont été blessés jeudi à l’arme blanche par l’islamiste allemand, Christian Ganczarski, un des instigateurs de l’attentat contre la synagogue de Djerba (Tunisie) en avril 2002. Ce dernier a été mis examen, lundi soir, par un juge antiterroriste à Paris pour tentative d’assassinat.
Il a été transféré en milieu de nuit à la maison d’arrêt de Sequedin (Nord), selon Guillaume Pottier, secrétaire UFAP-UNSA pour les Hauts-de-France. « Nous n’avons pas les moyens humains et matériels pour le prendre en charge. Nous ne sommes pas formés à la gestion des détenus radicalisés. Les collègues sont donc très remontés », a-t-il dit. Car derrière la question des moyens de la prison se pose aussi celle de la prise en charge des détenus radicalisés.

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La prison de Vendin-le-Vieil doit également accueillir prochainement Salah Abdeslam, actuellement détenu à Fleury-Mérogis, dernier survivant des commandos des attentats du 13 novembre 2015 en France (130 morts et près de 400 blessés), durant son procès en Belgique. Pour Mme Belloubet : « Il n’y a pas de raison de revenir sur cette décision. »



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-16"> ¤ Le Bangladesh et la Birmanie ont convenu d’un calendrier pouvant permettre le retour des 655 000 musulmans qui ont fui les massacres.
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Accord sur un rapatriement des Rohingya en Birmanie « d’ici deux ans »

Le Bangladesh et la Birmanie ont convenu d’un calendrier pouvant permettre le retour des 655 000 musulmans qui ont fui les massacres.



Le Monde
 |    16.01.2018 à 10h12
 • Mis à jour le
16.01.2018 à 10h41
    |

            Bruno Philip (Bangkok, correspondant en Asie du Sud-Est)








                        



   


Le Bangladesh et la Birmanie se sont mis d’accord, mardi 16 janvier, pour permettre à quelque 650 000 réfugiés musulmans rohingya de revenir « sous deux ans » dans le district de l’ouest birman où ils vivaient jusqu’à l’automne 2017, avant que militaires et milices locales déclenchent contre eux une répression d’une violence inouïe.
A l’issue de discussions dans la capitale birmane de Naypyidaw entre le secrétaire général du ministère bangladais des affaires étrangères, Mohammed Shahidul Haque, et son homologue birman, Myint Thu, les deux parties se sont engagées à achever les opérations de rapatriement d’ici le début 2020. Celles-ci pourraient commencer « dans les prochains jours », a indiqué à l’AFP l’ambassadeur du Bangladesh en Birmanie. Il a cependant convenu que la complexité de la logistique à mettre en œuvre rend « impossible » de respecter la date initialement prévue aux termes d’un premier accord, qui avait été fixée au 23 janvier.
« Epuration ethnique »
La première vague de rapatriements devrait concerner une trentaine de milliers de personnes, qui seront réparties ultérieurement dans 625 résidences en cours de construction dans le district de Maungdaw, dans le nord de l’état birman de l’Arakan, d’où ont été chassés les Rohingya lors d’opérations qualifiées d’« épuration ethnique » par différentes organisations internationales.
Cinq camps de transit vont être construits côté birman afin que puissent s’effectuer les « vérifications » d’identité imposées par la Birmanie : cette dernière, qui ne reconnaît pas les musulmans rohingya comme appartenant aux 135 ethnies nationales, n’acceptera que les réfugiés pouvant prouver qu’ils étaient résidents en Birmanie avant leur départ en masse après août 2017. Une telle exigence sera difficile sinon impossible à satisfaire dans la mesure où les Rohingya, qui sont le plus souvent apatrides, soit n’ont pas de documents, soit ont perdu leurs titres provisoires de résidence dans leur fuite désespérée vers le Bangladesh voisin.

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Hors de question par ailleurs pour la Birmanie d’accepter de voir revenir au pays plusieurs centaines de milliers d’autres Rohingya qui croupissent dans les camps de réfugiés bangladais depuis vingt-cinq ans à la suite d’un précédent exode.
On estime désormais à 655 000 le nombre de Rohingya qui se sont réfugiés au Bangladesh depuis l’année dernière. Il y aurait parmi eux 379 000 enfants, affirme l’Unicef. Médecins sans frontières a estimé qu’au moins 6 700 Rohingya ont été tués en Birmanie depuis le début des troubles.
Ce futur rapatriement de grande ampleur ne va pas se heurter seulement aux difficultés logistiques et de coordination entre le Bangladesh et la Birmanie : nombre d’observateurs soulignent que beaucoup de Rohingya refuseront de rentrer dans leurs villages qui ont été brûlés par les militaires birmans ou par les villageois bouddhistes.
Charnier
De nombreux réfugiés ne seront en effet guère enclins à revenir dans des zones où ils risquent d’être accueillis par les manifestations de haine de leurs anciens voisins arakanais, qui ont participé dans certains cas aux exécutions sommaires, aux viols collectifs et aux incendies des villages rohingya, dans un processus encadré par l’armée birmane.
Pour la première fois la semaine dernière, cette même armée a reconnu que des soldats ont exécuté sommairement, en septembre 2017, dix musulmans dont les corps ont été retrouvés en décembre dans le village d’Inn Dinn. Depuis le début des « opérations de nettoyage » lancées par l’armée dans la région, à la suite d’attaques de combattants de l’Armée du salut des Rohingya de l’Arakan (ARSA), les militaires birmans ont toujours nié s’être livrés à des exécutions sommaires ou à des crimes de masse.

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Cette fois-ci, le chef de la tatmadaw (armée), le général Min Aung Hlaing, a reconnu que les dix personnes retrouvées dans le charnier ont été tuées « par des villageois et des membres de la sécurité ». Mais s’ils ont été tués, a ajouté le général sur sa page Facebook, c’est qu’ils étaient des « terroristes ».



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-17"> ¤ Notre choix du soir. Le magazine animé par Elise Lucet fait sa rentrée avec une enquête consacrée aux géants Lactalis et Sodiaal (sur France 2 à 20 h 55).
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Scandale Lactalis : l’enquête de « Cash Investigation » sur les produits laitiers

Notre choix du soir. Le magazine animé par Elise Lucet fait sa rentrée avec une enquête consacrée aux géants Lactalis et Sodiaal (sur France 2 à 20 h 55).



Le Monde
 |    16.01.2018 à 11h31
 • Mis à jour le
16.01.2018 à 11h47
    |

                            Mathieu Ait Lachkar








                        


Magazine sur France 2 à 20 h 55

C’est l’histoire d’un paradoxe. Celui d’un secteur d’activité évalué à 27 milliards d’euros de chiffre d’affaires en France, qui pourtant ne rapporte rien à ceux qui en sont la source. En octobre 2016 déjà, France 2 avait consacré un numéro d’« Envoyé spécial » à l’industrie laitière qui se concentrait principalement sur la mobilisation des éleveurs laitiers contre Lactalis. En cause, les cours intenables imposés par le numéro un mondial aux producteurs dont certains travaillent parfois plus de soixante-dix heures par semaine, à perte. Cette année-là, ils étaient d’ailleurs 10 000 à mettre la clef sous la porte.
Mais alors, où passe l’argent de la production ? C’est à cette question qu’a tenté de répondre Jean-Baptiste Renaud pour « Cash Investigation ». Le journaliste a enquêté pendant un an sur le secteur laitier, notamment sur Lactalis – au cœur de l’actualité dans le scandale des laits infantiles contaminés par des salmonelles –, réputé faire partie des groupes qui paient le moins bien les agriculteurs. Afin d’en comprendre les raisons, il s’est penché de plus près sur cette entreprise familiale opaque, dirigée par Emmanuel Besnier, onzième fortune de France, selon le classement 2017 de l’hebdomadaire économiques Challenges. Une enquête pour le moins édifiante.
Conflit d’intérêts
On découvre que Lactalis ne publie pas ses comptes, alors que la loi le lui impose. Celle-ci prévoit même, dans certains cas, une amende de 2 % du chiffre d’affaires par jour de retard dans la publication des comptes d’une entreprise. A condition toujours que celle-ci les ait publiés au préalable. Ce qui n’est pas le cas de Lactalis. Une situation kafkaïenne, puisque le magazine de France 2 révèle également un conflit d’intérêts au sein du tribunal de commerce de Laval (ville où siège Lactalis), chargé de faire publier ses comptes à l’entreprise. Son vice-président n’est autre qu’un cadre dirigeant du groupe mayennais.

   


Alors, après mûre réflexion, certains fermiers, comme Pierre, se sont dit qu’il était préférable de travailler pour la coopérative Sodiaal. Tenue par des fermiers pour des fermiers, elle est censée être plus vertueuse. De prime abord seulement. Car, en 2016, Sodiaal, maison mère de Yoplait et Candia, figurait aussi sur la liste des mauvais payeurs. Si la coopérative reverse bien tous ses bénéfices déclarés à ses agriculteurs, il semblerait qu’elle en dissimule une partie dans plusieurs de ses filiales, afin de faire grimper sa valeur.
Ainsi, en 2015, les exploitants de chez Sodiaal se seraient contentés de 3,5 millions d’euros sur les 51 millions de bénéfices enregistrés par la coopérative. Pourtant, cet argent, ils en auraient bien besoin depuis que le groupe les a poussés vers une agriculture productiviste dès la fin des quotas laitiers en 2015, dans l’espoir d’éponger leurs dettes. Mais c’était loin d’être une bonne idée. En témoigne, dans le documentaire, la frénésie hyperproductive du secteur laitier en Nouvelle-Zélande, pays où la dette des éleveurs se chiffre en millions d’euros. Loin des reportages cousus de fil blanc sur la énième manifestation d’agriculteurs mécontents, « Cash Investigation » s’attache à comprendre pourquoi, dans un secteur où tout va bien pour les industriels, les agriculteurs survivent. Si la réputation de Lactalis n’est plus à faire, la partie sur Sodiaal, elle, est plus surprenante.
Produits laitiers : où va l’argent du beurre ?, de Jean-Baptiste Renaud (Fr., 2017, 140 min).



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-18"> ¤ Après les best-sellers « Rien ne s’oppose à la nuit » et « D’après une histoire vraie », la romancière revient à la veine sociale de ses débuts. « Les Loyautés », autour de la maltraitance enfantine, le prouve.
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Delphine de Vigan : « J’aime cette idée que mes romans soient vraiment le reflet d’une époque »

Après les best-sellers « Rien ne s’oppose à la nuit » et « D’après une histoire vraie », la romancière revient à la veine sociale de ses débuts. « Les Loyautés », autour de la maltraitance enfantine, le prouve.



Le Monde
 |    14.01.2018 à 09h00
 • Mis à jour le
16.01.2018 à 18h15
    |

            Raphaëlle Leyris








                        



                                


                            
Elle répond aux questions que l’on lui pose avec une affabilité réfléchie. Visage mobile dont les traits rappellent celui de Sandrine Bonnaire, Delphine de Vigan s’exprime à grand renfort de gestes, nourrit la discussion de souvenirs d’un échange précédent, parle vite mais prend le temps de formuler précisément ce qu’elle va dire, sans recourir au pilote automatique des phrases mille fois répétées. Il y a chez la romancière à la douceur énergique une véritable attention à l’autre, on s’en rend rapidement compte en la rencontrant. Ses lecteurs le savent. Tant d’entre eux ont fait la queue en librairie, lors de foires et autres salons, après la sortie de Rien ne s’oppose à la nuit (JC Lattès, 2011, prix du roman Fnac, prix Renaudot des lycéens, prix France Télévisions, prix des lectrices de Elle – entre autres), où elle évoquait sa mère, qui s’était suicidée en 2008, livre devenu phénomène de librairie, qui a propulsé cette timide, inquiète de sa légitimité, au rang des incontournables de la scène littéraire française. Tant d’entre eux, après avoir entendu dans ce livre des échos à leur propre vie familiale, ont longuement confié celle-ci à l’écrivaine.
Manifeste pour la liberté de l’auteur
Cette ferveur un peu accaparante du public, et sa manière de l’absorber comme une éponge, ont d’ailleurs nourri son roman suivant, D’après une histoire vraie (JC Lattès, 2015). Il s’ouvrait sur l’état exsangue dans lequel sa narratrice, une certaine Delphine de Vigan, sortait après la promotion de Rien ne s’oppose à la nuit ; fragilisée au point de devenir la proie d’une femme qui finissait par prendre le contrôle de son écriture. Enorme succès de nouveau. Plébiscité par le public et la critique, prix ­Renaudot et Goncourt des lycéens, ce roman au dispositif roué, avançant dans les eaux du thriller tendance Stephen King sous le faux pavillon de l’autofiction, en a enthousiasmé beaucoup, ravis de s’être laissé manipuler. Il en a rendu « furax »,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-19"> ¤ Bien utilisé, le logiciel de Microsoft est un véritable dispositif de pyrotechnie visuelle qui rend les démonstrations plus convaincantes. Dans le cas contraire, l’effet soporifique est garanti.
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PowerPoint m’a tuer


                      Bien utilisé, le logiciel de Microsoft est un véritable dispositif de pyrotechnie visuelle qui rend les démonstrations plus convaincantes. Dans le cas contraire, l’effet soporifique est garanti.



Le Monde
 |    16.01.2018 à 08h15
 • Mis à jour le
16.01.2018 à 10h21
    |

                            Nicolas Santolaria








   


Si de nombreux salariés transpirent tant au moment d’effectuer leur première présentation PowerPoint, c’est qu’ils sont parfaitement conscients des risques inhérents à l’exercice. Censé magnifier les interventions orales en y adjoignant un dispositif de pyrotechnie visuelle, le logiciel édité par Microsoft est aussi à l’origine d’un syndrome de bureau fatal : la mort par PowerPoint.
L’expression proviendrait d’un manifeste diffusé en 2007 sur Slide­Share par le consultant Alexei Kapterev et intitulé « Death by PowerPoint (and how to fight it) ». Cette mort, qui est bien entendu symbolique, peut néanmoins avoir des répercussions dommageables sur la suite de votre carrière. Anéanti par le défilement hypnotique de vos ­slides surchargées, agressé par la récurrence de vos camemberts aux couleurs criardes, votre auditoire subit alors un processus de zombification massive, comme s’il venait d’être mordu par un figurant de la série The Walking Dead. L’auditoire oubliera alors totalement ce que vous étiez en train de dire – dommage, il s’agissait d’un discours censé être galvanisant sur la nécessité d’installer une salle de sieste dans les locaux – et ne retiendra qu’une chose : votre incapacité congénitale à transmettre un message clair et inspirant.
Une mort lente et subite
Classée en tête de la longue liste des tortures de bureau, la « mort par PowerPoint » a pour particularité notable d’être aussi lente que subite. Lente car, à cause d’un support visuel inadéquat, l’engluement du propos semblera durer des heures. Les nuques s’inclineront progressivement vers l’avant en un mouvement de démission vertébrale. Les mâchoires succomberont à l’apesanteur. Signes comateux d’autant plus outrageants pour le locuteur que PowerPoint offre justement tous les outils permettant de faire basculer la moindre de vos bafouilles dans le grand spectacle. Mais le fait que le salarié a entre les mains l’équivalent du département effets spéciaux de Lucas Films (et parfois même un pointeur laser lui donnant des airs de Jedi d’open space) l’amène souvent à oublier l’essentiel, à savoir cette connexion émotionnelle qu’il est indispensable de créer avec l’auditoire.

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                Doit-on forcément rire aux blagues de son patron ?



Plutôt que de susciter l’empathie, le naufragé de la « prez » (pour présentation) tentera alors d’objectiver son propos en abusant des bullet points, ces petits points qui permettent de lister les idées. La démultiplication de ces puces donnera à l’auditoire le sentiment irritant non pas de voir se dessiner sur l’écran l’ossature d’une réflexion stratégique de portée quasi scientifique, mais plutôt de participer à un interminable test d’ophtalmologie. Dans son ouvrage Slide : Ologie, Nancy Duarte (Diateino, 2017) souligne d’ailleurs qu’un document comptant plus de 75 mots devrait être imprimé et non diffusé à l’écran, car il entre en compétition avec les propos de l’intervenant.
Fin subite aussi car, terrassés d’ennui, vos collègues cataleptiques laisseront soudain s’abattre sur votre allocution, en même temps que leurs lourdes paupières, l’implacable couperet de la mort par PowerPoint.



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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-20"> ¤ Une semaine à pied sur les traces des esclaves du Dahomey (3/9). Sur la route de Ouidah, les habitants nous ouvrent leur porte et évoquent l’histoire de leurs « grands-grands-papas ».
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Reportage

« Cette histoire d’esclavage au Bénin, je l’ai apprise à l’école, mais elle ne me rend pas triste »

Une semaine à pied sur les traces des esclaves du Dahomey (3/9). Sur la route de Ouidah, les habitants nous ouvrent leur porte et évoquent l’histoire de leurs « grands-grands-papas ».

Pierre Lepidi (envoyé spécial au Bénin)
    



LE MONDE
              datetime="2018-01-16T12:52:40+01:00"

        Le 16.01.2018 à 12h52






    
La buvette de Barthélemy Guitoï et son sable fin, à Denou-Lissezin, au Bénin.
Crédits : Pierre Lepidi


La nuit est douce, silencieuse et moite. Après une première étape à Ouassougon sur l’ancienne route des esclaves au Bénin, mon guide Hubert et moi avançons sur une piste de sable quasiment rectiligne. Nous croisons des dizaines d’élèves sur le chemin de l’école, dont Carole, 16 ans, qui marche 12 km par jour pour assister aux cours. Son rêve ? Devenir infirmière.
A Dénou-Lissezin, après un baobab esseulé au milieu d’un champ, nous faisons une première pause. Dans sa buvette, dont le sable est d’une finesse soyeuse, Barthélemy Guitoï prépare une omelette baveuse copieusement garnie d’oignons. « Bien sûr que je connais l’histoire de cette route !, s’exclame-t-il. Je l’ai apprise à l’école et on m’en a parlé dans ma famille. J’en ai moi-même discuté avec mes enfants récemment. Cette tragédie ne me rend pas triste, car elle s’est déroulée il y a très, très longtemps. Cette histoire concernait nos grands-grands… papas. » Barthélemy est étonné par notre projet de rallier Ouidah à pied. La discussion s’engage sur le devoir de mémoire. « Il faut que le tourisme se développe au Bénin, notre économie en a besoin. » 

        Présentation de notre série
         

          Une semaine à pied sur les traces des esclaves du Bénin



Les indicateurs économiques, calculés loin des champs de maïs et de sorgho que nous traversons au lever du jour, ne disent pas autre chose. Au regard de son indice de développement humain, le Bénin se classe aujourd’hui au 173e rang mondial sur 194 pays recensés. Essentiellement tournée vers l’agriculture, son économie est en grande partie alimentée par le commerce informel avec le Nigeria, au point d’atteindre 20 % du PIB.
Dans les campagnes de l’ancien Dahomey, l’argent ne coule pas à flots, mais il irrigue largement les cultes et les mouvements religieux. En reprenant la piste sablonneuse, sur moins de 500 mètres, nous passons devant l’Eglise du christianisme céleste, l’Eglise d’évangélisation du Christ au monde et l’église évangélique Union renaissance d’hommes en Christ.

    
Le long de la route de Ouidah, de nombreux cultes et mouvements religieux.
Crédits : Pierre Lepidi


Plus loin, trois villageois nous interpellent : « Nous avons débroussaillé le chemin, mais les pluies ont inondé la zone marécageuse. Si vous continuez, vous allez patauger dans la boue jusqu’au nombril… Et il y a des serpents ! A Tchito, mieux vaut suivre la voie de chemin de fer jusqu’à Toffo. »
Nom tatoué sur l’avant-bras
La ligne Cotonou-Parakou (438 km) a été créée au début du XXe siècle, à l’époque coloniale. Depuis une dizaine d’années, elle ne transporte plus de voyageurs mais uniquement du fret (coton, minerais…). Avec une vingtaine de trains par mois, la ligne s’est trouvée au centre d’un long bras de fer juridique entre l’industriel français Vincent Bolloré et l’homme d’affaires béninois Samuel Dossou, PDG du groupe Pétrolin. Le contentieux, qui concerne le projet de boucle ferroviaire de l’Ouest africain entre la Cote d’Ivoire et le Bénin, en passant par le Niger et le Burkina Faso, a été réglé fin septembre 2017 par la Cour suprême du Bénin, qui a tranché en faveur de Pétrolin.

        Lire aussi :
         

                La justice béninoise déboute Bolloré et bloque son grand projet ferroviaire



Malgré les zemidjans, les motos-taxis, qui nous obligent à monter sur les rails pour les laisser passer, nous avançons d’un bon pas le long du ballast où aucun train ne circule. Un peu après le village de Kodji, nous croisons une femme et une adolescente qui portent des bassines d’eau sur la tête. Après quelques échanges, elles nous invitent chez elles. Nous traversons les rails, quelques champs de sorgho, et arrivons chez Brigitte Dossa et sa nièce Marthe, une cabane au toit de paille et aux planches ajourées. A l’intérieur, quelques vêtements, des sacs, une marmite et des fruits. « Reposez-vous, dit Brigitte Dossa en nous proposant des bananes. Il fait chaud aujourd’hui. »
Cette femme d’une cinquantaine d’années vend elle-même sa production d’ananas à Parakou (à environ 350 km vers le nord) et même jusqu’au Niger. Comme elle ne sait ni lire ni écrire, Brigitte a fait tatouer son nom sur son avant-bras : « S’il m’arrive quelque chose, on pourra ainsi retrouver mon village. » Comme son mari est zem à Cotonou, elle vit seule dans cette cabane isolée au milieu des plantations. « Je n’ai pas peur, maintenant j’ai l’habitude, fait-elle en haussant les épaules. Les serpents ? J’en vois passer sur la natte. On dit qu’ils ne mordent que les personnes mauvaises, celles qui n’ont pas un cœur pur. »

    
Brigitte Dossa (au centre) et sa famille habitent le long de la voie de chemin de fer Cotonou-Parakou.
Crédits : Pierre Lepidi


Torse nu, un homme se présente soudain à l’entrée de la cabane, machette à la main. C’est Gilbert, le frère de Brigitte. Il vit à quelques kilomètres et est venu rendre visite à sa sœur. Aucun des deux ne connaît l’histoire de cette route des esclaves qui passe à côté de la maison. « Mais on raconte que le roi Agadja a envoyé ici des soldats pour capturer des gens et les réduire en esclavage, raconte Gilbert. Le vaudou Dan [dieu des airs et du firmament] se serait transformé en humain. Il est allé au-devant des gardes et leur a préparé des amiwo [une pâte rouge à base de farine de maïs]. Les hommes du roi ont fait demi-tour et ils sont morts à Abomey la nuit suivante. Dan avait empoisonné leur repas pour sauver nos ancêtres. »

        Episode 1
         

          « Marche doucement sur cette route des esclaves, elle est sacrée »



Brigitte et Marthe, qui retournent chercher de l’eau au ruisseau qui coule à 500 mètres de la cabane, repartent avec nous. Et alors que nous rejoignons la voie de chemin de fer, Marthe hurle derrière moi : « Un serpent ! Un serpent ! Juste là ! » En passant, je n’ai rien vu. « Ne t’inquiète pas, lui dit Brigitte en descendant dans les fourrés. Comme tu n’as rien de fait de mal, il te laissera tranquille. »
« Vous faites un sacré voyage »
Au bout d’une heure, nous arrivons à la gare désertée de Toffo, où un homme dort allongé sur un banc. Nous remontons une piste cabossée qui débouche sur une route goudronnée. « Les esclaves dormaient à Toffo, me dit Hubert. C’était dans le champ bordé par des arbres, juste là. Ils étaient soignés par des médecins traditionnels et ceux qui ne pouvaient pas marcher étaient amenés lors d’un convoi suivant. » Certains auraient profité de leur convalescence pour s’échapper et se réfugier sur les rives du lac Nokoué, près de Cotonou. On raconte que les cités lacustres de Ganvié et de Sô-Ava, que l’on atteint en pirogue après avoir traversé d’inextricables marécages, ont été créées par des esclaves en fuite.
A la buvette « Jlo Mawu Ton » (« à la grâce de Dieu »), je descends quasiment d’une traite une bouteille de kuwabo (« bonne arrivée »), une eau légèrement citronnée. Catherine Yavon, la cinquantaine, a ouvert son établissement il y a un an. « Je suis veuve depuis un mois, confie-t-elle. J’ai rouvert la buvette il y a seulement trois jours. La vie est si injuste, parfois. » Hubert propose à Catherine que nous dormions ici contre un dédommagement. « Avec plaisir !, répond-elle. Je vais vous montrer la maison familiale qui est à côté et où il y a déjà mon frère. »

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Le salon où nous allons passer la nuit est une pièce à tout faire. Il y a un bureau, une télévision, des fauteuils, deux Mobylette et, surtout, deux canapés. « On accrochera les moustiquaires entre le coin du bureau et le rétroviseur de la moto », propose Hubert.
Après une douche, nous retournons au restaurant. « Mon père m’avait dit que cette route était celle des esclaves, raconte Catherine, qui trouve un peu de temps pour s’asseoir avec nous. Je suis triste de savoir que les gens qui sont passés devant chez moi ont souffert. Mais c’était il y a tellement longtemps… Vous faites un sacré voyage et je marcherais bien avec vous jusqu’à Ouidah, mais je dois m’occuper du restaurant. Au menu du dîner, j’ai de l’agou avec de la viande de bœuf et de la sauce d’arachide : ça vous va ? »
L’agou, une pâte d’igname pilé, se mange avec les doigts en la trempant dans une sauce pimentée. A la fin du repas, Hubert extrait de son sac une petite bouteille de Coca remplie de vin de palme. « Nestor [l’ancien maire du village où nous avons dormi la veille] me l’a donnée discrètement », sourit le guide.
Un signe de l’au-delà
Une amitié est en train de naître avec Hubert, dont j’apprécie la culture, l’humour et l’insatiable envie de savoir, de comprendre. Au cours de la soirée, Hubert me confie qu’il a perdu son père en 1991. Moi c’était ma mère, la même année. En comparant les dates de ces événements qui ont marqué nos vies, on réalise que c’était tous les deux un dimanche, à seulement une semaine d’intervalle.

        Episode 2
         

          A Ouassougon, « nous avons des cousins partout où ont été envoyés des esclaves »



Ce qui pourrait être considéré ailleurs comme une coïncidence peut être interprété au pays du vaudou comme un signe de l’au-delà, un clin d’œil des « forces de l’esprit », comme disait François Mitterrand. Ici, on ne considère pas la mort comme la fin de la vie mais comme un voyage. « Il faut interroger la divinité Fâ, assure Hubert. Je te tiendrai au courant. » Au loin, des orages déchirent la nuit. Je m’allonge sur le canapé du salon et sombre dans un sommeil de plomb.

Sommaire de notre série Une semaine à pied sur les traces des esclaves du Dahomey

        Episode 2
         

          Au Bénin, « nous avons des cousins partout où ont été envoyés les esclaves »



        Premier épisode
         

          « Marche doucement sur cette route des esclaves, elle est sacrée »



        Présentation de notre série
         

          Une semaine à pied sur les traces des esclaves du Bénin


D’Abomey à Ouidah, notre reporter a emprunté la route suivie en 1860 par Cudjo Lewis, le dernier esclave de la traite négrière vers les Etats-Unis.







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