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<filname="SURF-env_sciences-1"> ¤ Ces images fascinantes obtenues par des équipes françaises permettent de tirer un nouvel atlas d’anatomie moléculaire de notre développement.
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Des images d’embryon d’une précision inégalée porteuses d’espoirs pour la recherche

Ces images fascinantes obtenues par des équipes françaises permettent de tirer un nouvel atlas d’anatomie moléculaire de notre développement.



Le Monde
 |    15.01.2018 à 16h47
 • Mis à jour le
15.01.2018 à 18h30
    |

                            Florence Rosier








                        



                                


                            

Une main de tanagra, ornée de sa dentelle de nerfs bleus, verts ou violets. Un pied lilliputien où court l’arborescence des vaisseaux sanguins – jaunes, pourpres, turquoise. Un tout petit bras avec les palmes de ses muscles naissants. Et ce délicat, saisissant profil où file une arabesque verte : le système nerveux périphérique.
Et puis cette face étrange qui semble nous fixer, surgit de sa nuit utérine. Pour nous confier quelles lois de son développement ? Pour nous livrer, sur nos premières semaines de vie, quelle mémoire-fantôme ? Nous avons tous vécu ces étapes de vie primordiale, nichée dans le ventre maternel, sans qu’elles inscrivent, dans nos cerveaux en ­devenir, la moindre trace consciente.
Ces images subjuguent ou dérangent, ravissent ou donnent le frisson. Toutes proviennent d’embryons ou de fœtus humains morts, âgés de 6 à 14 semaines (on parle de fœtus à partir de la 8e semaine de vie). Ces poids plume de 1,5 gramme (à 6 semaines) à 110 grammes (à 14 semaines) ­mesurent respectivement huit millimètres et neuf centimètres de long, du sommet du crâne au bas du dos – les bourgeons des jambes sont alors repliés sur l’avant.
Une finesse de cristal
Leur anatomie est ici révélée dans ses détails les plus purs, à l’échelle de la cellule dont chaque sous-type peut être identifié avec certitude. Des vidéos associées permettent d’appréhender dans l’espace le développement de cette architecture arachnéenne. Une finesse de cristal. Prenez garde : face à ces chefs-d’œuvre de la nature, vous risquez le syndrome de Stendhal, ce vertige qui saisit l’écrivain visitant l’Italie, en 1817.
Ces épures qui ourlent les lignes, retracent la construction des organes embryonnaires ou fœtaux, nous les devons à des miniaturistes français. Avant 8 semaines de développement, l’embryon est relativement bien connu car il est ­encore peu complexe. Quant au fœtus, après 15 semaines de développement, son anatomie se rapproche de celle de l’enfant...




                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-2"> ¤ La NASA vient de publier des images spectaculaires en 3D de la nébuleuse Orion, produites à partir des spectres combinés de deux téléscopes.
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<filname="SURF-env_sciences-3"> ¤ Ces polymères de synthèse pourraient fournir la base de déodorants non toxiques. Ils servent déjà pour la détection de contaminants présents dans les eaux.
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Contre les mauvaises odeurs corporelles, des anticorps en plastique

Ces polymères de synthèse pourraient fournir la base de déodorants non toxiques. Ils servent déjà pour la détection de contaminants présents dans les eaux.



Le Monde
 |    15.01.2018 à 14h42
    |

                            Florence Rosier








                        



                                


                            
Ce sont des matériaux bio-inspirés aux vertus prometteuses. Leurs applications potentielles ? La cosmétique : ils pourraient donner naissance à une nouvelle génération de déodorants corporels, plus respectueux de l’écosystème de notre peau. Mais aussi l’imagerie biomédicale, le traitement des cancers… Certains sont déjà commercialisés pour la détection de contaminants (mycotoxines, antibiotiques, pesticides et herbicides, hormones, perturbateurs endocriniens…), dans les eaux ou les denrées alimentaires.
Ces matériaux sont des anticorps artificiels, nommés « polymères à empreintes moléculaires » ou MIP (acronyme anglais). En clair, ce sont des réseaux 3D de polymères de synthèse. Ils sont dotés de cavités sur-mesure, abritant des « récepteurs chimiques », choisis pour reconnaître des molécules-cibles (un contaminant, par exemple). Comment fabrique-t-on ces pseudo-anticorps ? L’astuce consiste à ajouter la molécule-cible dans le milieu réactionnel, à base de monomères dotés de ces récepteurs: ces monomères s’organisent en se moulant autour de la molécule-cible. On laisse la réaction de polymérisation se produire, puis on ôte la molécule-cible. Résultat : le polymère apparaît creusé de cavités « complémentaires en forme, en taille et en groupes chimiques fonctionnels » de la molécule cible, explique Jeanne Tse Sum Bui, qui vient de recevoir la médaille de cristal 2017 du CNRS pour ses travaux dans ce domaine, à l’Université de technologie de Compiègne (UTC) en France.

Ces fac-similés reconnaissent leur cible avec une affinité et une spécificité comparables à celle des anticorps naturels. Leur point fort ? « A température ambiante, ils sont bien plus stables que les anticorps naturels : pas besoin de les conserver à 4°C. Autre atout : leur production est rapide, simple et peu coûteuse. Et elle ne nécessite pas le sacrifice de vies animales », relève Jeanne Tse Sum Bui.
A vrai dire, le concept n’est pas neuf : il a été forgé...




                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-4"> ¤ Une équipe américaine révèle l’étrange structure des plumes du volatile, qui explique l’intensité du  « supernoir » des mâles.
<filname="PROF-env_sciences-4"> ¤                     
                                                   
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Pour l’oiseau de paradis, noir c’est noir

Une équipe américaine révèle l’étrange structure des plumes du volatile, qui explique l’intensité du  « supernoir » des mâles.



Le Monde
 |    15.01.2018 à 14h36
    |

            Nathaniel Herzberg








                        



                                


                            
Qui n’a jamais vu la parade nuptiale d’un oiseau de paradis ne devrait pas avoir le droit de mourir. « D’une beauté indicible », résumait, en 1857, le naturaliste Alfred Wallace. « Le plus extraordinaire et le plus bel habitant à plume de notre planète », poursuivait le codécouvreur, avec Charles Darwin, de la théorie de l’évolution. En 1522, déjà, les plumages colorés rapportés au Portugal par le seul navire « survivant » de l’équipage de Magellan avaient fait sensation. Près de cinq siècles plus tard, ces fameuses plumes ont livré un nouveau secret. Une équipe américaine est parvenue à expliquer la provenance du « supernoir » exhibé par les mâles lors de leur superparade. Ces étonnants résultats ont été publiés, mardi 9 janvier, dans la revue Nature Communications.

Le noir se caractérise par une absorption particulièrement importante de la lumière : environ 97 %. C’est du reste à peu près le niveau qu’a observé l’équipe américaine sur deux espèces cousines des oiseaux de paradis, utilisées comme témoins. Le supernoir, c’est bien autre chose, un taux d’absorption qui dépasse les 99 %, et même 99,95 % pour les meilleurs matériaux produits par les humains pour réduire les lumières parasites des télescopes spatiaux ou des lunettes à infrarouge des militaires. Ici, le phénomène n’est plus d’origine chimique mais physique. La lumière se trouve piégée par la structure même de la surface exposée.
C’est précisément ce que les ornithologues américains ont découvert chez les cinq espèces d’oiseaux de paradis qu’ils ont étudiées. Une chimie identique, un mélange de mélanine et de kératine, mais une structure de plumes exceptionnelle. Par microscopie électronique à balayage, ils ont observé les barbules, ces filaments portés par les barbes, elles-mêmes situées à l’extrémité des plumes. Ils y ont trouvé « presque une structure de fractale, où chaque branche cache une nouvelle structure complexe, souligne Dakota McCoy,...




                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-5"> ¤ Le piracatinga, un poisson-chat qui dévore rapidement les corps sans vie tombés au fond de l’eau, est désormais utilisé en médecine légale, explique Marc Gozlan sur son blog.
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<filname="SURF-env_sciences-6"> ¤ Slip chauffant, injections de testostérone... plusieurs contraceptions masculines sont difficilement accessibles en France et surtout très méconnues.
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Contraception masculine : quelles sont les méthodes disponibles en France ?

Slip chauffant, injections de testostérone... plusieurs contraceptions masculines sont difficilement accessibles en France et surtout très méconnues.



Le Monde
 |    14.01.2018 à 11h30
 • Mis à jour le
15.01.2018 à 06h36
    |

                            Florian Reynaud








                        



   


Cinquante ans après la loi Neuwirth, légalisant en France la fabrication et la mise à disposition de contraceptifs, en dépit d’un modèle en évolution, le poids du contrôle des naissances repose encore majoritairement sur les épaules des femmes.
Depuis le 1er janvier 2017, le Planning familial propose, à Paris, des journées de consultation groupées adressées aux hommes. Mais celles-ci n’attirent pas les foules. « Les premiers mois, il y avait une personne par consultation, ces derniers temps, on est entre trois et quatre », estime Caroline Rémy, coprésidente du Planning familial.
Lors des consultations, les hommes recherchent avant tout « une méthode un peu plus fiable que le préservatif, qui peut craquer de temps en temps », poursuit Caroline Rémy :
« Ils veulent aussi partager la contraception avec leur femme et être une forme de soutien dans les méthodes contraceptives. »

        Lire (en édition abonnés) :
         

          50 ans après l’autorisation de la pilule, trois générations de femmes livrent leur expérience



Toujours pas de pilule pour les hommes
Il faut dire que les alternatives au préservatif ne sont pas encore largement popularisées. La pilule contraceptive, qui représentait encore en 2016 le principal moyen de contraception d’une femme sur deux, selon l’Institut national d’études démographiques (INED), n’existe toujours pas pour les hommes. « Je pense qu’il n’y a pas un afflux de demandes et donc les laboratoires ne se penchent pas vraiment sur la question », juge Mme Rémy.
« On a largement les moyens scientifiques de développer la pilule pour homme », assure quant à elle Cécile Ventola, chercheuse à l’INED, qui note un intérêt au statu quo et une frilosité des laboratoires pharmaceutiques.
« Toutes les innovations en matière de contraception féminine qui ont été réalisées dans les dernières décennies n’ont pas été portées par l’industrie pharmaceutique mais par des organismes publics : anneau vaginal, stérilet hormonal, etc. »
Pour Pierre Colin, cofondateur de l’Association pour la recherche et le développement de la contraception masculine (Ardecom), il s’agit d’un faux problème : 
« Pourquoi une pilule ? On entend les femmes parler de leur contraception, elles en ont marre de leur pilule et le stérilet en cuivre a beaucoup de succès à cause de ça. »
« Depuis quarante ans, on a deux types de contraception — trois avec la vasectomie — et on est une centaine d’hommes “contraceptés” en France. »

        Lire :
         

          Apogée et déclin de la pilule, tabou de la stérilisation : 50 ans de contraception en France



L’injection d’hormones
Peu médiatisée, la contraception hormonale masculine consiste en des injections hebdomadaires de testostérone. Une méthode qui, en plus d’être méconnue, est lente à se mettre en place. « Il faut faire des spermogrammes [au cours du traitement], déjà ça va rebuter certains hommes qui ne vont pas se compliquer la tâche », dit la coprésidente du Planning familial. Il faut attendre jusqu’à trois mois pour l’arrêt de la production de spermatozoïdes :
« Le cycle masculin ne s’arrête pas aussi rapidement que le cycle féminin. Les trois premiers mois, vous n’êtes pas vraiment “contraceptés”. »
Au cours de l’utilisation, les piqûres sont autoadministrables et coûtent « dix euros par semaine en pharmacie », précise Pierre Colin. Ce traitement hormonal est réversible mais, là encore, il faut attendre trois mois pour pouvoir à nouveau procréer.
Ce traitement doit impérativement faire l’objet d’une discussion préalable avec un professionnel de santé. L’Organisation mondiale de la santé (OMS) recommande un usage limité à dix-huit mois, et réservé aux « hommes de 25 à 45 ans n’ayant pas certains antécédents (cardiovasculaires, hépatiques, de cancers, d’obésité, psychiatriques, etc.) ou ne consommant pas de tabac », rappelle l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM).
Le « slip chauffant »
Une autre méthode, nommée « contraception masculine thermique », consiste en une légère augmentation de la température des testicules, « méthode qu’on appelle également “slip chauffant” », précise Caroline Rémy. Il s’agit donc d’un sous-vêtement ajusté qui place les testicules dans une certaine position pour les réchauffer. Le prix ? « Cinq euros de plus qu’un slip normal », répond Pierre Colin. Il faut porter ce sous-vêtement sept jours sur sept, et quinze heures par jour. Là encore, la méthode est réversible mais met jusqu’à trois mois pour devenir efficace ou cesser de l’être.
Pour la contraception thermique comme hormonale, le nombre d’utilisateurs est flou : « Je pense que ça se compte sur les doigts d’une main, peut-être deux, dit Cécile Ventola. Les usagers potentiels ne savent pas que ça existe et les médecins non plus », regrette la chercheuse.
Attention, le « slip chauffant » n’est pas une méthode reconnue par l’OMS, et l’Agence nationale de santé publique (ministère de la santé) fait savoir au Monde qu’elle refuse de prendre position sur son efficacité contraceptive et d’en faire la promotion pour le moment. Santé publique France déclare cependant suivre les travaux de l’Ardecom, « interlocuteur privilégié sur la méthode en France ». Les études sur cette méthode sont, pour le moment, limitées. « On doit le porter tout le temps, et ce n’est pas fiable », disait l’urologue Didier Legeais sur Franceinfo.

        Lire :
         

          Une enquête sur la contraception confirme la désaffection pour la pilule



La stérilisation reste taboue en France
Enfin, l’ultime moyen de contraception masculine, la vasectomie, est également très peu répandu en France, où la stérilisation est autorisée depuis 2001. Elle concerne environ mille hommes en France, selon l’Ardecom et le Planning familial. Il s’agit d’une opération des testicules qui va bloquer de façon permanente la production de spermatozoïdes.
Cette méthode n’est pas toujours réversible, aussi les hommes qui y recourent ont-ils la possibilité de congeler du sperme gratuitement avant l’opération. Selon Pierre Colin, elle est pratiquée par « une cinquantaine de médecins » en France. « L’Angleterre est beaucoup plus en avance et a beaucoup plus accès à la vasectomie, qui est proposée dans beaucoup de centres et par beaucoup plus de praticiens qu’en France », dit Caroline Rémy.
Pour développer l’accès et le recours à la stérilisation, il faudrait « un changement de mentalités large », estime la coprésidente du Planning familial, alors que la plupart des personnes interrogées évoquent les effets d’une politique nataliste française, couplée à un manque de sensibilisation parmi les professionnels de santé. Contre les préjugés, Pierre Colin rappelle que l’érection et la libido ne sont en rien affectées par cette opération.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-7"> ¤ En plein cœur de Paris, la chambre anéchoïque de l’Ircam promet un bruit résiduel de seulement 15 décibels. Un silence assourdissant qui peut provoquer hallucinations ou sentiment d’oppression.
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J’ai testé la « chambre sourde »


                      En plein cœur de Paris, la chambre anéchoïque de l’Ircam promet un bruit résiduel de seulement 15 décibels. Un silence assourdissant qui peut provoquer hallucinations ou sentiment d’oppression.



Le Monde
 |    13.01.2018 à 15h01
    |

            Marlène Duretz








                              

                        

Place Igor-Stravinsky, aux abords du centre Pompidou, à Paris, le vacarme citadin de ce début d’après-midi d’automne est, sur la palette sonographique, un arc-en-ciel pour mes oreilles. Mais bientôt, elles seront aux abris, emmitouflées dans le prometteur « silence absolu » de la chambre anéchoïque de l’Institut de recherche et coordination acoustique/musique (Ircam). Son bâtiment principal surplombe la fontaine des Automates, de Jean Tinguely et Niki de Saint Phalle, sous laquelle – pile sous l’éléphant – est tapie la « chambre sourde » du centre de recherches scientifiques. « Une chambre anéchoïque est une salle d’expérimentation dénuée d’effets de salle. Elle permet de recréer artificiellement des conditions de champ libre dans lesquelles le son se propage sans risque de réflexion. Ce qui permet de faire des mesures de rayonnement de source », explique ­Olivier Warusfel, qui dirige l’équipe Espaces acoustiques et cognitifs.

La salle est entièrement recouverte de dièdres de 80 cm de long, en laine minérale et mousse de mélamine, à la manière d’une ruche dont les alvéoles seraient des picots. ­Olivier Warusfel ferme la porte de cette « boîte dans une boîte », montée sur des blocs en Néoprène, et dans laquelle persisterait « un bruit résiduel de l’ordre de 15 décibels ». ­A l’intérieur, seule et immobile sur le caillebotis en métal suspendu au-dessus du sol, je savoure un silence de velours : pas un souffle, pas un frémissement, pas l’ombre du début d’une vibration… jusqu’à ce que l’oreille s’emplisse d’une tonalité aiguë ininterrompue. Tout vient me rappeler ma bruyante humanité. ­Déglutissez, et la salive devient torrent. Respirez, et le souffle semble tonitruant, presque aussi retentissant que ce gargouillis digestif ! Vingt minutes ont passé. Pas de sentiment d’oppression, aucune hallucination n’a germé dans mon esprit livré au silence, comme le laissaient entendre de précédentes expériences au sein de la chambre anéchoïque...




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<filname="SURF-env_sciences-8"> ¤ Au menu : la canicule australienne tue les chauves-souris, l’utilité des nombres premiers, de la glace en abondance sous la surface de Mars, etc.
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<filname="SURF-env_sciences-9"> ¤ Les meilleures images des télescopes spatiaux Hubble et Spitzer ont été utilisées pour réaliser cette visite en 3D de l’une des plus vastes régions de formation stellaire de notre galaxie.
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<filname="SURF-env_sciences-10"> ¤ Les fausses informations sur l’environnement ne restent pas cantonnées aux réseaux sociaux. On les débusque jusque dans un manuel scolaire, relève dans sa chronique Stéphane Foucart, journaliste au service « Planète ».
<filname="PROF-env_sciences-10"> ¤                     
                                                   
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« Les “fake news” sur l’environnement se parent bien souvent des beaux atours du débat scientifique »

Les fausses informations sur l’environnement ne restent pas cantonnées aux réseaux sociaux. On les débusque jusque dans un manuel scolaire, relève dans sa chronique Stéphane Foucart, journaliste au service « Planète ».



Le Monde
 |    13.01.2018 à 10h34
 • Mis à jour le
13.01.2018 à 10h46
    |

            Stéphane Foucart








                        



                                


                            
Chronique. Le président Emmanuel Macron l’a annoncé début janvier : une nouvelle loi destinée à lutter contre les « fausses nouvelles » (« fake news ») devrait voir le jour avant la fin de l’année. Avec, comme nouveauté attendue, la possibilité d’agir, en référé, afin de tuer le mal à la source et éviter la formation de métastases. Pour ce qui touche à l’environnement ou la santé, une telle approche est certainement inefficace et sans doute dangereuse.
Non qu’il n’existe aucune fausse information en circulation sur ces sujets : elles sont innombrables et chercher à en expurger la Toile serait comme vouloir vider le Pacifique avec un dé à coudre. Le problème est ailleurs. Le plus souvent, sur les sujets connectés à la production scientifique, les « fake news » n’en sont pas vraiment. Elles relèvent plutôt de mises en théorie complexes, d’édifices où s’épaulent les insinuations, les demi-vérités, les approximations et une habile sélection de faits sortis de leur contexte – un peu à la manière dont se construisent les thèses conspirationnistes sur le 11-Septembre ou les révisionnismes historiques. Mais, à la différence de ces derniers, les fausses informations sur l’environnement ne souffrent d’aucun opprobre. Elles se parent bien souvent des beaux atours du débat scientifique, de l’esprit critique ou du doute méthodique.
Courbe de température frauduleuse
Conséquence : ces « fake news » ne restent pas cantonnées à la blogosphère ou aux réseaux sociaux. On les débusque là où on les attend le moins. Jusque dans un manuel scolaire, par exemple. Dans celui de géographie édité par Nathan et destiné aux classes de seconde (Sociétés et développement durable, 2010), on trouve par exemple, à la page 186, une courbe de température frauduleuse – de celles qui circulent sur les blogs climatosceptiques. La courbe (très tranquillisante) exhibe des températures moyennes à l’époque médiévale supérieures de près d’un degré et demi à celles de 2010 !...




                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-11"> ¤ Lorsqu’un bébé rampe, il fait voler des centaines de cellules, de bactéries, et du pollen, qu’il inhale. Ce qui n’est pas forcément une mauvaise chose si l’on en croit « l’hypothèse de l’hygiène ».
<filname="PROF-env_sciences-11"> ¤ 
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<filname="SURF-env_sciences-12"> ¤ Sylvestre Huet chronique le livre de Gérard Berry « L’hyperpuissance de l’informatique. Algorithmes, données, machines, réseaux ».
<filname="PROF-env_sciences-12"> ¤ 
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<filname="SURF-env_sciences-13"> ¤ Parmi les sujets d’accord, figure celui de renoncer aux objectifs prévus pour 2020 de diminution des émissions de gaz à effet de serre du pays.
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<filname="SURF-env_sciences-14"> ¤ Des chercheurs expliquent que la mastectomie est utile à titre préventif avant le diagnostic de cancer du sein, mais pas immédiatement après le diagnostic.
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Le gène du cancer du sein serait sans effet sur la mortalité

Des chercheurs expliquent que la mastectomie est utile à titre préventif avant le diagnostic de cancer du sein, mais pas immédiatement après le diagnostic.



Le Monde
 |    12.01.2018 à 02h07
 • Mis à jour le
12.01.2018 à 09h03
   





                        


La mutation génétique BRCA, qui avait poussé l’actrice américaine Angelina Jolie à subir une ablation des seins, n’entraîne pas une mortalité plus élevée après un diagnostic du cancer, rapporte une étude publiée vendredi 12 janvier dans The Lancet Oncology. D’après les chercheurs, l’opération est donc utile à titre préventif avant le diagnostic, mais pas immédiatement après.

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Les femmes porteuses de cette mutation pourraient même avoir un « avantage » leur permettant de mieux survivre dans le cas d’un cancer du sein « triple négatif », forme particulièrement difficile à traiter de la maladie.
« Les femmes auxquelles est diagnostiqué un cancer du sein précoce et qui portent une mutation BRCA se voient souvent proposer des doubles mastectomies peu après le diagnostic, a rappelé l’une des auteurs, Diana Eccles (université de Southampton, Royaume-Uni). Nos conclusions laissent penser que cette opération chirurgicale ne doit pas nécessairement être faite immédiatement, en plus des autres traitements. »
Selon l’American Cancer Society, les femmes porteuses de cette mutation (BRCA-1 ou BRCA-2) ont sept chances sur dix de développer un cancer du sein avant leurs 80 ans. Elles risquent par ailleurs d’être malades plus jeunes que les autres.
Le choix d’Angelina Jolie sensé
L’étude a porté sur 2 733 Britanniques de 18 à 40 ans ayant été diagnostiquées du cancer du sein entre 2000 et 2008, dont 12 % porteuses de la mutation. Le suivi de leur dossier pendant en moyenne huit ans a montré que sur les 678 personnes ayant succombé à la maladie, le cancer du sein était en cause dans 651 cas (96 %).
Mais « il n’y avait pas de différence dans la survie globale que ce soit deux, cinq ou dix ans après le diagnostic pour les femmes avec ou sans mutation BRCA », ont souligné les auteurs dans un communiqué.
Une différence n’apparaît que dans un sous-groupe, les femmes atteintes du cancer du sein triple négatif. Elles ont de meilleures chances de survie, deux ans après le diagnostic, si elles sont porteuses de la mutation. Celles « qui choisissent de reporter une nouvelle opération pendant un ou deux ans pour mieux se remettre du traitement initial doivent être rassurées : cela n’aura probablement pas d’influence sur leurs chances de survie à long terme », rassurent les médecins.

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                Les contraceptifs hormonaux augmentent le risque de cancer du sein



Faire le même choix qu’Angelina Jolie reste cependant sensé. « L’opération de réduction du risque sera toujours probablement bénéfique aux porteuses de la mutation BRCA pour empêcher un autre cancer du sein ou des ovaires de se développer à plus long terme », ont-ils expliqué.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-15"> ¤ Cour et agression, chez la souris comme chez la drosophile, utilisent des circuits de neurones en partie communs, expliquent les généticiens Benjamin Prud’homme et Nicolas Gompel.
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Entre séduction et agression, une poignée de neurones

Cour et agression, chez la souris comme chez la drosophile, utilisent des circuits de neurones en partie communs, expliquent les généticiens Benjamin Prud’homme et Nicolas Gompel.



Le Monde
 |    11.01.2018 à 17h00
 • Mis à jour le
11.01.2018 à 18h47
    |

                            Benjamin Prud'homme (Généticien,  Institut de biologie du développement de Marseille-Luminy CNRS) et 
                            Nicolas Gompel (Généticien, LMU de Munich)








                        



                                


                            
Carte blanche. C’est officiel, vu à la télé, la frontière entre séduction et agression est floue pour beaucoup d’hommes. Si la sociologie du phénomène fait les gros ­titres, la neurobiologie de ces deux comportements bien distincts a également beaucoup à dire. Chez les (autres) animaux, ils sont le plus souvent mutuellement exclusifs : les mâles courtisent les femelles par des parades sexuelles élaborées alors qu’ils attaquent et repoussent les mâles rivaux.
Cour et agression sont des modèles privilégiés pour identifier quels neurones produisent des comportements sociaux, innés et stéréotypés. Les neurobiologistes cherchent à comprendre l’organisation de ces neurones en circuits, et de quelle manière ils intègrent diverses informations (sensorielles, physiologiques) et produisent différents états internes (émotions, excitation, motivation) pour aboutir au comportement lui-même.
Les similitudes observées entre la mouche et la souris laissent à penser qu’une même logique neuronale existe dans le cerveau humain
On doit à la génétique moderne, pratiquée notamment chez la mouche drosophile et la souris, des progrès récents et spectaculaires en réponse à ces questions. Alors que les neurobiologistes imaginaient que les comportements de cour et d’agression utilisaient des circuits neuronaux bien distincts, des travaux de plusieurs laboratoires livrent une image différente.
Le neurogénéticien David Anderson, du California Institute of Technology, ­saisit l’essence de ces découvertes dans une perspective publiée fin 2016 dans la revue ­Nature Reviews Neuroscience. Il y explique ­notamment que cour et agression, chez la souris comme chez la drosophile, utilisent des circuits de neurones en partie communs.
Interrupteur commun
Chez les drosophiles, ces comportements se décomposent en actions simples : par exemple un assaut, pattes en avant, sur un mâle ­rival, ou une sérénade, version mouche, chantée à la femelle par des vibrations...




                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-16"> ¤ Une équipe lyonnaise a mis au point un modèle prometteur pour évaluer les probabilités de survenue de phénomènes rares.
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Une nouvelle façon de prédire les événements météo extrêmes

Une équipe lyonnaise a mis au point un modèle prometteur pour évaluer les probabilités de survenue de phénomènes rares.



Le Monde
 |    11.01.2018 à 14h00
    |

            David Larousserie








                        



                                


                            
Les assureurs vont être ­contents. Une méthode mathématique devrait leur permettre d’évaluer les probabilités d’occurrence d’événements météorologiques extrêmes mais, par nature, rares. Et qui coûtent très cher, comme l’ont montré les canicules de l’été 2003 en France ou les passages dévastateurs ­successifs, fin août 2017, des ouragans Harvey et Irma dans l’océan Atlantique.
Pour estimer les risques et calculer les montants des polices d’assurance, il est nécessaire d’avoir de bonnes estimations du pire à venir. Jusque-là, il n’y avait que deux méthodes, chacune avec leur défaut.
On peut utiliser les données du passé pour recenser les fortes ­chaleurs, les tempêtes, les pluies diluviennes… Mais souvent, on ne dispose pas de données précises sur plus d’un siècle, ce qui offre un recul insuffisant pour estimer une probabilité sur des cas extrêmes.

L’autre méthode est de simuler numériquement l’évolution du climat sur plusieurs années dans le futur et de compter combien de fois ces événements extrêmes ont lieu dans ces avenirs numériques. Le défaut est ici que ce genre de calculs est coûteux en temps et qu’il est donc limité pour les périodes dépassant le siècle. Ce qui peut « tromper » les estimations sur les « temps de retour ».
D’où l’intérêt de la méthode présentée dans les PNAS ,le 20 décembre 2017, par Francesco Ragone, ­Jeroen Wouters et Freddy Bouchet de l’ENS Lyon.
Ces chercheurs ont évalué les temps de retour de vagues de chaleur d’au moins 90 jours dépassant les normales saisonnières, en étant cent à mille fois plus ­efficaces que les simulations. Autrement dit en réduisant d’autant les temps de calcul. « Cette amélioration permet d’envisager des études impossibles ­jusqu’à présent », indique Freddy Bouchet, directeur de recherche au CNRS, à l’origine du projet. « C’est un progrès technique avec beaucoup de promesses », estime Pascal Yiou, du CEA, qui espère collaborer avec ses collègues...




                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-17"> ¤ Une équipe de Singapour propose un dispositif ­destiné à l’étude de l’athérosclérose.
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<filname="SURF-env_sciences-18"> ¤ Lorsque nous prenons une décision, notre cerveau est constamment victime d’un genre un peu particulier d’illusions : les biais cognitifs. Depuis trente ans, l’étude de ces biais est devenue une science : l’économie comportementale.
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<filname="SURF-env_sciences-19"> ¤ Celui qui avait posé le pied sur la Lune en 1972 est mort le 5 janvier, à Houston (Texas), à l’âge de 87 ans
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La mort de l’astronaute John Young

Celui qui avait posé le pied sur la Lune en 1972 est mort le 5 janvier, à Houston (Texas), à l’âge de 87 ans



Le Monde
 |    10.01.2018 à 17h15
    |

            Pierre Barthélémy








                        



                                


                            

Si jamais, à son époque « glorieuse », la conquête spatiale s’est apparentée à une épopée, alors l’astronaute américain John Young, mort le 5 janvier, à Houston (Texas), à l’âge de 87 ans, a été l’un de ses plus grands aventuriers. Un des plus discrets aussi. Il n’a pas eu la carrière politique d’un John Glenn, la dimension iconique d’un Neil Armstrong ou les faveurs médiatiques d’un Buzz Aldrin, mais il partageait avec eux cette fameuse « étoffe des héros » qu’a si bien décrite Tom Wolfe dans son roman du même nom consacré aux pionniers américains de la course à l’espace.
A l’instar de ses célèbres collègues, John Young, né le 24 septembre 1930 à San Francisco (Californie), est passé par la case « guerre » – en Corée – et par celle de pilote d’essai, pour l’US Navy. Tout en gardant son costume militaire, il entre à la NASA en 1962, dans le deuxième groupe d’astronautes que constitue alors l’agence spatiale américaine. Il y restera pendant un marathon temporel de quarante-deux années, le temps d’accumuler un nombre impressionnant de premières et de records.
Trois jours sur la Lune
Cela commence en 1965. Quatre ans auparavant, avec Youri Gagarine, l’URSS a lancé la course spatiale. Outre-Atlantique, c’est l’heure du programme Gemini. Les Etats-Unis veulent maîtriser les techniques de l’espace, ce afin d’envoyer des humains sur la Lune, comme l’a demandé feu le président John Fitzgerald Kennedy. Avec Virgil Grissom, John Young participe à Gemini-3, premier vol habité du programme, au cours duquel les deux hommes font trois fois le tour de la Terre en un peu moins de 5 heures. L’année suivante, John Young repart pour une mission plus longue – trois jours –, Gemini-10.
A Gemini succède Apollo. En mai 1969, l’astronaute est de la mission Apollo-10, répétition générale du vol historique, Apollo-11, qui aura lieu deux mois plus tard. Pendant que ses comparses, Thomas Stafford et Eugene Cernan, prennent place dans l’atterrisseur (qui...




                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-20"> ¤ Le défi que représente pour l’humanité l’effondrement de la biodiversité est à traiter avec le même niveau d’importance que le défi climatique, explique un collectif d’experts dans une tribune au « Monde ».
<filname="PROF-env_sciences-20"> ¤                     
                                                   
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« La lutte contre l’érosion de la biodiversité doit être une priorité internationale »

Le défi que représente pour l’humanité l’effondrement de la biodiversité est à traiter avec le même niveau d’importance que le défi climatique, explique un collectif d’experts dans une tribune au « Monde ».



Le Monde
 |    10.01.2018 à 14h00
 • Mis à jour le
10.01.2018 à 16h05
    |

                            Collectif








                        



                                


                            
Tribune. Les chercheurs et les acteurs qui, comme nous, travaillent sur la biodiversité saluent l’initiative prise par le président de la République de relancer, à travers la réunion One Planet Summit, la dynamique portée par l’accord de Paris. Au moment où il apparaît clairement que l’objectif de la limite des 1,5 °C ne pourra probablement pas être atteint, mobiliser les ­acteurs économiques pour réduire les pressions humaines responsables du changement climatique et contribuer aux processus d’adaptation constituait un impératif. Les engagements pris par les donateurs, les Etats ou des organismes comme la Banque mondiale vont dans un sens positif, et il est important que la France ait joué ici un rôle majeur.
A l’heure où de grands acteurs économiques commencent à se soucier fortement de l’impact de leurs activités sur la biodiversité et alors que le récent appel des 15 000 scientifiques du monde ­entier a rappelé que l’impact croissant des activités humaines compromet notre avenir, on aurait pu souhaiter que ce sommet traite à la fois de la lutte contre le réchauffement climatique et de la lutte contre l’érosion de la biodiversité.
« La dégradation des écosystèmes est notamment à l’origine de la diffusion de certaines maladies à l’homme »
A l’image d’une étude qui montre que plus de 75 % de la biomasse des insectes volants a disparu au sein d’espaces pourtant protégés en Allemagne, en vingt-sept ans, les travaux scientifiques récents soulignent tous la gravité des ­atteintes à la biodiversité. Ils montrent également qu’avec une population ­humaine en croissance la situation va empirer fortement sous les effets ­cumulés du changement d’usage des terres – au bénéfice notamment de la production agricole –, de la surexploi­tation des sols, des eaux douces et des ­poissons marins, du braconnage ­de certaines espèces remarquables, de ­l’accroissement des pollutions tant ­chimiques que physiques (plastiques et microplastiques notamment),...




                        

                        

