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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-1"> ¤ Syndicats et patronat ont commencé le 11 janvier les négociations sur la réforme de l’assurance-chômage.
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Allocation chômage : qui a droit à quoi ?

Syndicats et patronat ont commencé le 11 janvier les négociations sur la réforme de l’assurance-chômage.



Le Monde
 |    15.01.2018 à 17h38
 • Mis à jour le
15.01.2018 à 18h49
    |

                            Aurélia Abdelbost








                        


Promesse de campagne d’Emmanuel Macron, la réforme de l’assurance-chômage est sur la table des négociations. Syndicats de salariés et du patronat se sont rencontrés, jeudi 11 janvier, pour discuter des objectifs donnés par le gouvernement : ouvrir les droits aux indépendants ainsi qu’à davantage de démissionnaires et agir contre la précarité.
Le système actuel a bénéficié à 3,6 millions de personnes, selon les chiffres de l’Unédic, l’organisme qui gère l’assurance-chômage, au 31 décembre 2016. Mais comment fonctionne-t-il ? Eclaircissements avec quelques cas pratiques.

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Quelles conditions pour bénéficier de l’allocation chômage ? 
Comme 37 % des allocataires, Virginie s’est inscrite à Pôle emploi au terme d’un CDD non renouvelé. Elle a enchaîné deux contrats d’une durée de trois mois et a cumulé plus de 88 jours travaillés. Grâce à l’assurance-chômage, elle aura le droit à l’allocation d’aide au retour à l’emploi (ARE).
Car l’assurance-chômage est ouverte aux personnes qui ont perdu leur emploi de façon non volontaire, à la suite d’un licenciement, à la fin d’un CDD, d’une mission d’intérim ou d’une rupture conventionnelle. Elle est assortie de plusieurs conditions :
avoir cumulé au moins 88 jours ou 610 heures travaillés dans les 28 derniers mois (ou 36 derniers mois pour les plus de 53 ans) ;s’inscrire à Pôle emploi dans les 12 mois qui suivent la perte du travail ;ne pas bénéficier de la retraite ou retraite anticipée ;être physiquement apte à travailler ;habiter en France.
Les personnes ayant démissionné peuvent avoir droit à l’ARE en cas d’incompatibilité entre vie professionnelle et vie privée, comme pour suivre son conjoint ou encore pour des raisons professionnelles, selon des conditions très précises. Par exemple, si Claudine démissionne de son poste de cadre moins de trois mois après être arrivée alors qu’elle avait perdu son emploi précédent et ne s’était pas inscrite à Pôle emploi entre les deux, elle aura le droit à l’ARE.
Quel est le montant des indemnisations ?
L’allocation journalière s’élève à 28,86 euros brut par jour minimum et représente en moyenne 72 % nets de l’ancien salaire – une proportion qui varie selon le salaire journalier de référence. Pôle emploi propose sur son site une calculette permettant d’estimer ses indemnisations. Proportionnellement, quelqu’un qui avait un salaire faible sera mieux indemnisé qu’une personne qui avait un haut revenu.
Selon les estimations de l’Unédic pour 2016, pour un salaire mensuel de 1 100 euros net, l’allocation mensuelle représentera 79 % de l’ancien salaire, alors que pour un salaire mensuel de 3 000 euros net, l’indemnisation représentera 64 % de l’ancien salaire. La France possède tout de même le plafond le plus élevé d’Europe pour les hauts salaires, soit 6 291,90 euros net.
Quelques mois passent et Claudine va reprendre une activité professionnelle, bien moins payée que la précédente. Elle pourra cumuler une indemnisation chômage avec ce nouveau salaire. Mais ce cumul est plafonné et ne doit pas dépasser le salaire journalier de référence.
Claudine ne sera pas la seule dans ce cas : 1,7 million de bénéficiaires travaillent, soit près de la moitié des allocataires.

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Pour quelle durée ?
La durée d’indemnisation correspond au nombre de jours travaillés multiplié par 1,4. Elle est de 24 mois maximum pour les moins de 53 ans, puis augmente progressivement avec l’âge, jusqu’à 36 mois.
La durée d’indemnisation de Bernard, 55 ans, sera de trois ans, le maximum. Pour Claudine, 40 ans, ce sera deux ans. Mais ils ne seront pas immédiatement indemnisés.
Un délai de sept jours est appliqué avant de recevoir ses allocations et un différé peut entrer en compte selon les indemnités compensatrices de congés payés, les indemnités de fin de rupture conventionnelle et de fin de contrat, ainsi que les indemnités supra légales. Sans jamais dépasser 75 jours.
Dix mois de durée moyenne d’allocations
Et il est probable que Bernard et Claudine n’aillent pas jusqu’à la fin de leurs droits. En moyenne, les demandeurs d’emploi consomment 68 % des allocations auxquelles ils avaient droit, pour une durée moyenne de dix mois, selon l’Unédic.
Peut-on perdre son allocation d’aide au retour à l’emploi ?
Bernard, Claudine et Virginie devront se montrer actifs dans leur recherche, au risque d’être radiés de la liste de Pôle emploi. Car le refus de tenir un projet personnalisé d’accès à l’emploi, de suivre une formation ou encore d’accepter des offres d’emploi estimées « raisonnables » par Pôle emploi peut signifier l’arrêt des versements.
Concrètement, si Virginie refuse deux offres estimées « raisonnables » par l’organisme, elle pourrait perdre ses indemnisations ; 14 % des inscrits qui ont fait l’objet d’un contrôle ont été radiés en 2016, d’après les chiffres de Pôle emploi. Un taux à relativiser néanmoins, car ces contrôles n’étaient pas exclusivement basés sur des critères aléatoires.

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Si Virginie est mise en cause, elle disposera de dix jours pour apporter des éléments. Sinon, elle pourrait être radiée pendant deux mois puis, si elle récidive, pendant six mois. Les fausses déclarations sont soumises à 30 000 euros d’amende et une radiation d’un an.
Plus généralement, l’indemnisation s’arrête quand un demandeur d’emploi retrouve une activité professionnelle. Mais au bout de quelques mois, Virginie n’a pas retrouvé d’emploi alors elle décide de créer sa propre entreprise. Elle pourra bénéficier de l’aide à la création d’entreprise et d’une somme d’un montant égal à 45 % des allocations qui restaient à verser.
Comment font ceux qui n’ont pas le droit à l’assurance-chômage ?
3,3 millions d’indépendants n’ont pas le droit à l’assurance-chômage. Un indépendant travaille pour son propre compte et ne possède donc pas de contrat de travail, contrairement au salarié. C’est le cas des autoentrepreneurs, artisans et commerçants, par exemple.
Pour eux, il n’existe pas de système d’assurance-chômage obligatoire, il est alors conseillé de souscrire à des assurances privées. Cette situation pourrait changer car le gouvernement a exprimé, en décembre, le souhait d’ouvrir le droit à l’assurance-chômage aux indépendants avec sa réforme.

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Cela pose certaines difficultés car il y a une forte disparité de revenus, qui va presque du simple au triple entre les professions agricoles et libérales. L’arrivée de plateformes comme Uber ou Deliveroo pose également question : par exemple Eric, chauffeur Uber depuis quatre ans, a le statut d’autoentrepreneur, mais il n’est pas si indépendant, car totalement tributaire de la plateforme de transport. La réforme devrait particulièrement s’adresser à sa situation.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-2"> ¤ L’organisme public a fait cette annonce lundi en raison d’un « doute sérieux » dans la déclaration de patrimoine de fin de mandat de l’ancien député, lié à « l’omission d’une partie substantielle de patrimoine ».
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Patrimoine de David Douillet : la Haute Autorité pour la transparence saisit la justice

L’organisme public a fait cette annonce lundi en raison d’un « doute sérieux » dans la déclaration de patrimoine de fin de mandat de l’ancien député, lié à « l’omission d’une partie substantielle de patrimoine ».



Le Monde
 |    15.01.2018 à 17h07
 • Mis à jour le
15.01.2018 à 18h15
   





                        



   


La Haute Autorité pour la transparence de la vie publique (HATVP) a annoncé lundi 15 janvier avoir saisi la justice de la déclaration de patrimoine de fin de mandat de l’ancien député Les Républicains David Douillet, en raison d’un « doute sérieux » lié à « l’omission d’une partie substantielle du patrimoine ».

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Dans un communiqué, la HATVP annonce avoir « jugé nécessaire de porter ces faits, susceptibles de constituer des infractions pénales, à la connaissance du procureur de la République de Paris et lui a transmis l’ensemble du dossier ».
Cette autorité indépendante estime qu’« après instruction du dossier et recueil de ses observations », il existe « un doute sérieux quant à l’exhaustivité, l’exactitude et la sincérité de cette déclaration » de fin de mandat, établie fin 2016. Selon l’Agence France-Presse (AFP), de source proche du dossier, il s’agit de la sous-évaluation de différents éléments du patrimoine de l’ancien ministre des sports et actuel conseiller régional d’Ile-de-France, également à la tête d’une société.
Un organisme créé dans la foulée de l’affaire Cahuzac
La HATVP a été créée par une loi de 2013 adoptée dans la foulée de l’affaire Cahuzac. Elle recueille les déclarations d’intérêts et de patrimoine de plusieurs milliers de responsables politiques (parlementaires, ministres…). L’instance est chargée de détecter toute situation anormale (conflit d’intérêt, variation anormale de patrimoine, etc.) et peut se faire assister à cette fin de l’administration fiscale.
En cas de soupçon, la HATVP demande des explications aux députés concernés. Si ces dernières ne sont pas suffisantes, elle peut transmettre le dossier à la justice, laquelle peut mener l’enquête. Le parquet peut ensuite décider d’ouvrir une enquête judiciaire, comme il l’a fait pour d’autres cas, notamment de parlementaires, signalés par la HATVP.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-3"> ¤ La tribune cosignée par Catherine Deneuve et Catherine Millet a suscité un vif débat. Retrouvez les points de vue d’écrivains, d’auteurs, de médecins, d’historiens publiés par « Le Monde ».
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Après la « tribune Deneuve », qui a dit quoi, notamment sur le féminisme

La tribune cosignée par Catherine Deneuve et Catherine Millet a suscité un vif débat. Retrouvez les points de vue d’écrivains, d’auteurs, de médecins, d’historiens publiés par « Le Monde ».



Le Monde
 |    15.01.2018 à 16h28
 • Mis à jour le
15.01.2018 à 16h50
   





                        



   


Le 10 janvier, Le Monde publiait une tribune signée par plus de cent femmes, dont Catherine Millet et Catherine Deneuve. Les auteures s’inquiétaient de la montée d’un nouveau puritanisme se livrant à la délation, depuis l’explosion de l’affaire Weinstein. Elles défendaient un féminisme soucieux de préserver la liberté sexuelle, au prix d’une « liberté d’importuner ». Contre ce texte, plusieurs voix se sont élevées et y ont vu une banalisation du harcèlement et des violences sexuelles. Le Monde regroupe ici les différentes tribunes publiées dans le cadre de cette controverse.
– « Nous défendons une liberté d’importuner, indispensable à la liberté sexuelle », par un collectif de cent femmes, dont Catherine Millet (critique d’art, commissaire d’exposition et écrivaine) et Catherine Deneuve (actrice). Les auteures rejettent un féminisme qui conduirait à la haine des hommes. Elles dénoncent par ailleurs les effets nocifs que ce « puritanisme » peut avoir actuellement dans le monde de l’art.
– « Le jour où les femmes se sentiront autorisées à exprimer leur désir, elles ne seront plus des proies », par Belinda Cannone. L’essayiste loue la naissance de la parole libérée des femmes. Il faut maintenant arriver à une « égalité dans l’érotisme », c’est-à-dire que l’on cesse d’assigner aux femmes un rôle passif et que l’on repense en profondeur les rapports de séduction.
– Violences sexuelles : « La nature a remplacé la culture comme origine de la violence », par Olivier Roy (politologue). Pour ce spécialiste de l’islam, l’affaire Weinstein replace les violences sexuelles non dans une dynamique culturelle, comme on avait pu le croire après les attaques de Cologne, mais dans une dynamique masculine. C’est la nature du mâle qui est à l’origine des violences sexuelles.
– « A force de laisser croire qu’il est aussi grave de dire que de faire, on finit par inciter au rejet de l’autre », par Murielle Mollo (médecin), elle-même victime de harcèlement sexuel. L’auteure invite à bien distinguer le harcèlement sexuel qui comporte de véritables conséquences psychologiques, de simples approches de séduction. Cet amalgame trop fréquent aujourd’hui pousse, selon elle, à une guerre des sexes.
– « L’absence de solidarité des femmes signataires de cette tribune me sidère », par Michelle Perrot (historienne spécialiste de l’histoire des femmes, professeure émérite à l’université Paris-VII). L’historienne regrette que les cent signataires de la tribune portée par Catherine Deneuve choisissent la voie facile de la soumission. Elles auraient dû mettre leur statut à disposition de la lutte féministe.
– « Mesdames, ne confondez pas les jeux de rôle de salon avec la vie réelle », par Michèle Riot-Sarcey (historienne du politique et du féminisme, professeur d’histoire contemporaine et d’histoire du genre à l’université Paris-VIII-Saint-Denis). Elle estime les signataires de la tribune prônant une liberté d’importuner déconnectées d’avec la réalité du monde quotidien.
– La tribune signée par Mme Deneuve est « l’expression d’un antiféminisme ». Entretien avec Christine Bard (spécialiste de l’histoire du féminisme). Elle explique en quoi la tribune signée par l’actrice peut relever d’une certaine forme d’antiféminisme. Elle observe également que le mouvement #Metoo a transcendé les clivages qui traversent le féminisme.
– Une instigatrice de la tribune des cent femmes dénonce une « censure morale insidieuse », par Sarah Chiche (psychologue et psychanalyste). Signataire de la tribune portée par Catherine Deneuve, la psychologue déplore que le monde de l’art soit aujourd’hui sous le feu du débat féministe, brimant ainsi sa pleine liberté d’expression.
– « La troisième vague du féminisme est tout sauf conservatrice ou puritaine », par Léa Clermont-Dion (auteure et doctorante en sciences politiques à l’université de Laval). L’autrice se révolte de la tribune défendant la liberté d’importuner. En se reposant sur la définition d’une agression sexuelle, elle affirme que cette tribune amène à une banalisation de la violence sexuelle.
– « Continuons sur la lancée de #MoiAussi, les hommes à nos côtés », par un collectif de plus de deux cents Québécoises, dont Aurélie Lanctôt (essayiste), Cœur de Pirate (chanteuse) et Julie Snyder (productrice). Ces femmes affirment leur solidarité envers les victimes de harcèlements ou de violences sexuelles. Elles invitent toutes les parties de la société à se mettre en marche vers une authentique égalité des genres.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-4"> ¤ A la veille de la venue d’Emmanuel Macron à Calais, la tension monte dans le milieu associatif. Dépôt de plainte et refus d’assister à la réunion de demain montrent l’exaspération des humanitaires.
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Calais : des associations portent plainte contre la confiscation des biens des migrants

A la veille de la venue d’Emmanuel Macron à Calais, la tension monte dans le milieu associatif. Dépôt de plainte et refus d’assister à la réunion de demain montrent l’exaspération des humanitaires.



Le Monde
 |    15.01.2018 à 15h43
    |

            Maryline Baumard








                        



   


A la veille de la venue à Calais du chef de l’Etat, des associations déposent plainte contre X pour destruction et « destruction et dégradation » de biens leur appartenant. A 14 heures lundi 15 janvier, un courrier de dépôt de plainte a été posté en recommandé à destination du procureur du tribunal de grande instance de Boulogne. Dans l’enveloppe, une série de témoignages racontent comment les biens appartenant aux quelques centaines de migrants qui errent dans le Calaisis et tentent de franchir la frontière, sont confisqués et détruits. Le Secours catholique et L’Auberge des migrants sont les premiers à se lancer dans la démarche. Devraient suivre toute une série d’autres associations, de Help Refugees à Women Center en passant par Utopia 56 ou Care for Calais.
Pour pouvoir porter plainte, un collectif d’associations avait « tatoué » 700 sacs de couchage et autant de bâches aux logos de leurs associations. Ce matériel a été distribué le 6 décembre à des exilés, avec signature d’un contrat de prêt. « Nous avons fait signer 120 contrats de prêts », raconte un des participants à l’opération. Cette formule permet de faire valoir que le matériel appartient toujours aux associations et de dénoncer une pratique qu’ils estiment quotidienne.
Bâches et sacs de couchage sont des éléments essentiels de la survie dans cette zone au vent glacial et humide. Mais depuis la distribution, les témoignages de confiscation de ces matériaux affluent. Ces objets finissent en général à la déchetterie et sont détruits. Ce qui exaspère les associations, qui disposent d’un large stock mais refusent de cautionner ce gâchis.

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Des confiscations non reconnues officiellement
Parmi ces témoignages, un humanitaire raconte comment le 11 décembre à 15 h 30, il est témoin d’une opération de « nettoyage ». Il demande à vérifier que des objets lui appartenant ne sont pas dans la benne. Le gendarme « me répond que je ne dois pas m’inquiéter et qu’ils ont vérifié que rien qui soit floqué avec nos logos n’est jeté ». L’humanitaire suit pourtant le camion et « à un feu rouge, la personne qui m’accompagne descend de notre voiture et prend clairement la photo du camion et de la bâche marquée avec le nom du Secours catholique et celui des autres associations », raconte-t-il, reprenant les éléments du témoignage envoyé.
Le 13 décembre déjà, une autre association, assurant une mission d’accompagnement auprès de dix exilés, arrive près d’eux alors qu’ils viennent de se faire dépouiller de leurs maigres biens. Ce groupe de migrants affirme s’être fait retirer duvets, bâches et sacs à dos. « Parmi ces duvets et ces bâches certaines appartenaient à des associations et comportaient leur logo », rappelle la personne dont le témoignage fait aussi partie de l’envoi au procureur. Là encore certaines pièces emportées avaient fait l’objet d’un contrat de prêt.
Officiellement, ces confiscations ne sont pas reconnues par les autorités. l’Etat prétend par divers canaux qu’il s’agit d’opérations de nettoyage et que les seuls objets enlevés sont des matériaux abandonnés par les migrants.

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Deux associations ne rencontreront pas Emmanuel Macron
Le 5 décembre 2017, Le Monde avait été témoin du réveil d’un groupe de migrants par la police, dans la ville de Calais. Matelas, couvertures et effets personnels avaient été mis à la benne. Les migrants, eux, étant pour certains consignés sur place sous un pont de la ville pendant que leurs biens étaient chargés dans un camion benne par des agents municipaux.
« Par respect pour les migrants, bien évidemment, mais aussi pour nos donateurs, nous ne pouvons laisser passer ces confiscations sans déposer plainte », observe Vincent de Coninck, du Secours catholique.
Deux des associations importantes sur le terrain à Calais refusent d’être présentes mardi soir à la réunion à laquelle les convie le chef de l’Etat. Il s’agit d’Utopia 56 et de L’Auberge des Migrants. Toutes deux sont des piliers de la gestion locale des 500 à 600 exilés présents sur place.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-5"> ¤ Une étude du Centre Hubertine-Auclert constate un déséquilibre numérique entre les femmes et les hommes représentés, qu’ils soient fictifs ou réels, dans les manuels.
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Egalité des sexes : les manuels d’enseignement moral et civique peuvent mieux faire

Une étude du Centre Hubertine-Auclert constate un déséquilibre numérique entre les femmes et les hommes représentés, qu’ils soient fictifs ou réels, dans les manuels.



Le Monde
 |    15.01.2018 à 14h51
 • Mis à jour le
15.01.2018 à 15h41
    |

            Violaine Morin








                        



                                


                            

Comment l’école enseigne-t-elle l’égalité des sexes ? Depuis 2011, le centre Hubertine-Auclert (centre francilien pour l’égalité femmes-hommes) a mené une série de cinq études sur les manuels scolaires, vérifiant le nombre de femmes et d’hommes représentés et traquant les préjugés sexistes susceptibles de jouer sur les représentations des élèves. Une dernière étude, qui sera présentée le 16 janvier, vient clore ce cycle avec une matière introduite dans les classes du CP à la terminale à la rentrée 2016. L’enseignement moral et civique (EMC) remplace les anciens dispositifs d’éducation civique, du primaire au lycée.
Avec pour mission de permettre la « formation de la personne et du citoyen », l’EMC comporte un volet d’éducation à l’égalité et à la lutte contre les discriminations.
« Par ailleurs, l’école a une mission assumée de mise en œuvre de l’égalité filles-garçons, rappelle Amandine Berton-Schmitt, chargée d’étude au centre Hubertine-Auclert. Et les manuels scolaires devraient en toute logique y participer. Or, vingt ans de recherches en sociologie et en sciences de l’éducation nous démontrent qu’ils ne le font pas. »
Sous-représentation des femmes, narrations et mises en scène reproduisant des schémas sexistes… Les études précédentes ont démontré que des progrès restaient à faire, notamment en histoire.
Déséquilibre numérique
Sur un corpus de vingt-cinq manuels d’EMC parus après juin 2015, le centre Hubertine-Auclert a étudié comment les problématiques liées aux droits des femmes et aux discriminations sont abordées, selon trois axes : la représentation des femmes dans le monde professionnel et dans la sphère publique, le recours à des expertises de femmes dans les manuels eux-mêmes, et le traitement des notions de sexisme, d’égalité, de discrimination et de harcèlement.
Le centre reconnaît une présentation « satisfaisante » des droits des femmes et de leur défense, avec plusieurs manuels...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-6"> ¤ Pour Martine Devries, présidente de la Plate-forme de service aux migrants, « on exclut des personnes d’un hébergement possible ».
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Calais : « On occulte l’urgence et la nécessité qui ont poussé les gens à venir jusqu’ici »

Pour Martine Devries, présidente de la Plate-forme de service aux migrants, « on exclut des personnes d’un hébergement possible ».



Le Monde
 |    15.01.2018 à 14h39
    |

            Anne Guillard








                        



   


A la veille de la venue d’Emmanuel Macron à Calais, la présidente de la Plate-forme de service aux migrants (PSM), Martine Devries, interrogé par Le Monde, fait le vœu que « la venue du président soit l’occasion d’amorcer une concertation avec les associations, qu’elles soient entendues sur l’existence de violences policières, notamment, et la nécessite absolue que ça s’arrête ». « Est-ce le travail des forces de l’ordre de s’opposer à la survie des gens ? », se questionne-t-elle, voyant « derrière cette mission le scandale du non-accueil ». 
Le chef de l’Etat doit rencontrer, en fin de journée mardi, des acteurs associatifs. Les associations L’Auberge des migrants et Utopia 56, entre autres, invitées à le rencontrer, ont décliné cette invitation, selon un communiqué commun publié lundi 15 janvier.
Si elle juge « très cohérent » le projet de loi asile et immigration qui doit être présenté en conseil des ministres en février par le ministre de l’intérieur, la présidente de la PSM déplore qu’« accueillir mieux » conduise à « laisser les autres sur le côté ».
« Calais est et demeurera à 30 kilomètres des côtes britanniques », et « la question posée est celle de l’accueil des gens qui ne sont pas dans les clous », dit-elle, jugeant « inutile la distinction entre migrants économiques et réfugiés ». C’est comme énoncer, selon elle, que « mourir de faim n’est pas un problème » alors que « mourir de la guerre le serait ». « Or, il s’agit avant tout de respecter la dignité et la survie de ces gens », rappelle-t-elle.
« Les problèmes sont complexes », mais Martine Devries estime qu’ils « ne sont pas traités de manière complexe. Cela requiert la réflexion des experts au gouvernement ainsi que celle de ceux qui sont sur le terrain, sans que cette dernière soit balayée ni méprisée. »
« On exclut des gens qui de fait sont là »
Aux propos de la maire de Calais, Natacha Bouchart, qui déclarait, lundi matin sur RMC, que « des associations se servent régulièrement des migrants pour exister », la présidente de la PSM répond fermement :
« Les associations ne sont pas là pour elles-mêmes. Les bénévoles et les militants ne veulent pas cautionner la situation indigne qui est faite aux gens arrivés ici. (…) S’il n’y avait plus de migrants, on saurait exister d’autres manières ! »

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Emmanuel Macron doit visiter mardi un centre d’accueil et d’examen de situation (CAES), à Croisilles (Pas-de-Calais). Si elle se félicite de la « mise à l’abri » de réfugiés, Mme Devries pointe cependant le fait que ces lieux de mise à l’abri « sont restrictifs » dans la circulaire du ministre de l’intérieur, Gérard Collomb, fixant « les objectifs et les priorités en matière de lutte contre l’immigration irrégulière », en date du 20 novembre 2017.

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« Les “dublinés” ne peuvent pas se présenter dans ces centres », que le gouvernement souhaite multiplier sur le territoire, « car ils en seront très vite expulsés », « tout comme les réfugiés économiques ». « On exclut des gens qui de fait sont là. (…) Cela les pousse à échapper à ces mesures et à repartir dans la nature, sans papiers. »



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-7"> ¤ Le chef de l’Etat a cependant estimé qu’il était nécessaire d’« assurer plus clairement l’indépendance » du parquet et a promis une réforme de leur procédure de nomination.
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Réforme de la justice : Macron souhaite que le parquet reste « attaché à la garde des sceaux »

Le chef de l’Etat a cependant estimé qu’il était nécessaire d’« assurer plus clairement l’indépendance » du parquet et a promis une réforme de leur procédure de nomination.



Le Monde
 |    15.01.2018 à 14h34
   





                        



   


C’est une fin de non-recevoir aux plaidoyers des deux plus hauts magistrats de France. Emmanuel Macron a souhaité lundi 15 janvier le maintien d’une « chaîne hiérarchique » entre les magistrats du parquet et le garde des sceaux, qui porte la politique pénale du gouvernement. Il a cependant promis des garanties pour « assurer leur indépendance ».
« Le parquet à la française se doit d’être rattaché à la garde des sceaux », a affirmé le président lors de l’audience solennelle de rentrée de la Cour de cassation. « Qui pourrait assurer la politique pénale en autonomie complète ? A la fin tout doit procéder quelque part de la légitimité du peuple », a-t-il justifié.
En ouvrant l’audience, les deux présidents du Conseil supérieur de la magistrature (CSM), Bertrand Louvel, premier président de la Cour de cassation, et Jean-Claude Marin, son procureur général, avaient réclamé la fin de ce lien hiérarchique entre le parquet et le ministère de la justice.

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« Garanties pour les nominations »
Le chef de l’Etat a toutefois estimé qu’il fallait « assurer plus clairement l’indépendance » du parquet, qui doit être « pleine et entière », « en nous arrêtant au bon endroit ». Pour cela, M. Macron préconise « des garanties supplémentaires pour les nominations » : « Les magistrats du parquet seront nommés, après avis conforme du CSM, et bénéficieront en matière disciplinaire de la même procédure que leurs collègues juges », a-t-il précisé, ce qui impliquera de réviser la Constitution.
Jusqu’ici, le gouvernement n’était pas tenu de suivre l’avis du Conseil supérieur de la magistrature, composé de magistrats et de personnalités extérieures, pour nommer les magistrats du parquet alors qu’il doit s’y conformer pour ceux du siège. Cependant, dans les faits, depuis 2012, l’exécutif a toujours suivi l’avis du CSM pour les parquetiers. Cette disposition était aussi une des demandes des deux dirigeants du CSM.
Emmanuel Macron a également promis de maintenir le principe, posé dans une loi de 2013, de ne plus donner d’instructions individuelles aux procureurs. « Ce principe intangible sera maintenu », a-t-il dit. Ces décisions figureront dans la réforme que prépare Nicole Belloubet, la ministre de la justice, a-t-il conclu.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-9"> ¤ Un rapport des Nations unies est à l’origine d’une enquête du parquet de Paris sur des « abus sexuels sur mineurs » qu’auraient commis des soldats en 2013 et 2014.
<filname="PROF-0,2-3224,1-0,0-9"> ¤                     
                                                

Accusations de viols contre des soldats français en Centrafrique : non-lieu ordonné

Un rapport des Nations unies est à l’origine d’une enquête du parquet de Paris sur des « abus sexuels sur mineurs » qu’auraient commis des soldats en 2013 et 2014.



Le Monde
 |    15.01.2018 à 13h06
   





                        



   


Les juges d’instruction ont ordonné un non-lieu dans l’enquête sur les accusations de viols en Centrafrique, portées par des enfants contre des soldats français de l’opération « Sangaris ».
Conformément aux réquisitions du parquet de Paris, en mars 2017, les juges ont rendu jeudi 11 janvier, un non-lieu dans ce dossier clos sans aucune mise en examen, selon une source judiciaire. Dans ses réquisitions, le parquet soulignait qu’« il ne peut être affirmé à l’issue de l’information qu’aucun abus sexuel n’a été commis », mais il estimait que les incohérences matérielles et « la variation des témoignages ne [permettaient] pas d’établir des faits circonstanciés et étayés à l’encontre des militaires », selon une source proche du dossier.
Appel probable
« Il est vraisemblable que nous allons faire appel pour ne pas donner le sentiment, à celles et ceux qui se sont battus dès le départ, que l’affaire est terminée et que nous renoncerions à identifier les auteurs des infractions et à établir les responsabilités et les culpabilités », a déclaré à l’AFP Emmanuel Daoud, avocat de l’ONG Ecpat qui lutte contre l’exploitation sexuelle des enfants.
L’affaire avait été révélée en avril 2015 par le quotidien britannique The Guardian qui avait fait état d’une note interne de l’ONU relatant les auditions de six garçons de 9 à 13 ans. Ils accusaient des militaires français d’avoir abusé d’eux, entre décembre 2013 et juin 2014, dans le camp de déplacés de l’aéroport M’Poko de Bangui, en échange de rations de nourriture.
Saisi par le ministère de la défense, le parquet de Paris avait ouvert dès juillet 2014 une enquête préliminaire, distincte des enquêtes menées par les Nations unies sur des allégations d’abus sexuels concernant la mission de l’ONU (Minusca), mais cette enquête était restée secrète et ce silence avait été reproché aux autorités françaises, ainsi qu’à l’ONU. Depuis, d’autres scandales ont éclaté concernant des contingents d’autres pays et les Nations unies ont souvent été critiquées pour leur manque de réactivité face au phénomène.

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La force « Sangaris » de l’armée française a été déployée en 2013 en Centrafrique alors en proie au chaos après des violences entre rebelles musulmans, les Séléka, et miliciens chrétiens, les anti-balaka.
Les accusations visaient une dizaine de militaires, dont plusieurs désignés comme pouvant être des agresseurs et qui ont été entendus, dont un en garde à vue. Les enquêteurs se sont rendus sur place en 2015 et 2016 pour entendre de nouveau les enfants.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-10"> ¤ La photographe Laurence Geai s’est rendue au centre d’accueil et d’examen des situations de Croisilles (Pas-de-Calais) à la rencontre des migrants qui ont accepté une mise à l’abri, à 130 km de Calais. Ces lieux offrent gîte, couvert, soins et contrôle administratif.
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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-11"> ¤ Sur son blog, le prof et auteur de BD Fabrice Erre met en scène un joli lapsus relevé dans une copie de lycéen en histoire…
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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-12"> ¤ Emmanuel Macron doit visiter, mardi, un centre d’accueil et d’examen des situations dans le Pas-de-Calais. L’Etat souhaite ouvrir d’autres places de ce type partout en France.
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A Croisilles, l’attente angoissée des migrants de Calais

Emmanuel Macron doit visiter, mardi, un centre d’accueil et d’examen des situations dans le Pas-de-Calais. L’Etat souhaite ouvrir d’autres places de ce type partout en France.



Le Monde
 |    15.01.2018 à 11h16
 • Mis à jour le
15.01.2018 à 12h33
    |

            Maryline Baumard (Croisilles (Pas-de-Calais) - envoyée spéciale)








                        



   


Sur le bureau, une plaquette de paracétamol, remède aux migraines d’angoisse. Dans la penderie, une unique veste, prête à être enfilée, et, plus loin, un ordinateur stoppé en plein film. Tout semble en pause dans la chambre de Khalid. Même sa vie. « Qu’est-ce que je dois faire ? Est-ce qu’ils vont me renvoyer en Autriche si je reste ici ? » 
Dans un souffle, presque à l’arrivée du visiteur, l’Irakien lâche la question qui le taraude. Son regard fouille les yeux de son interlocuteur en quête d’une réponse, d’un conseil. Khalid ne sait pas trop s’il peut s’autoriser à se sentir bien au centre d’accueil et d’examen des situations (CAES) de Croisilles (Pas-de-Calais), au sud d’Arras.
En dépit de son engagement dans les forces spéciales irakiennes, le garçon a été débouté de l’asile en Autriche. S’il redépose une demande ici, la France saura qu’il est passé par Vienne. Et comme l’autorise le règlement européen de Dublin, elle tentera de l’y renvoyer. « Ensuite, l’Autriche me renverra en Irak où je suis un homme mort », ajoute celui qui un jour de décembre a débarqué dans le froid de Calais, sans grande envie d’aller en Grande-Bretagne, juste en quête d’une seconde chance. Là, la situation l’a choqué.
« C’est pas humain, Calais. On mange dans la boue, on dort dans les fossés, on a tellement froid. Je sais pas trop si j’ai bien fait de venir ici me reposer, mais je pouvais plus rester là-bas », témoigne le garçon.
Epée de Damoclès
Cruel dilemme… Cette peur d’être renvoyé au nom des accords de Dublin empêche le CAES de Croisilles et les deux autres des Hauts-de-France de faire le plein. Ouverts dans la foulée du jugement du Conseil d’Etat du 31 juillet 2017, ordonnant d’en finir avec l’indignité du non-accueil à Calais, ces lieux offrent gîte, couvert, soins et contrôle administratif. A titre expérimental dans les Hauts de France, ils ont ensuite essaimé à Paris avant que, ce dimanche 14 janvier, le ministre de l’intérieur, Gérard Collomb, ne déclare qu’il allait en ouvrir dans toutes les régions. 1 300 places d’ici fin janvier, 2 600 à terme.

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« Pour celui qui veut demander l’asile, c’est parfait, observe Vincent de Coninck, du Secours catholique. Mais ils ne sont guère nombreux dans ce cas… En revanche, pour les “dublinés”, il ne faut pas rester longtemps », ajoute l’humanitaire.
Il conseille aux migrants épuisés par une vie dans le froid « d’aller s’y reposer une dizaine de jours et de disparaître quand on leur parlera d’aller en préfecture. Mais les exilés se disent entre eux qu’il ne faut aller ni à Croisilles ni dans un autre CAES si on a laissé ses empreintes sur la route. »

   


A Croisilles, La Vie active, qui gère le lieu, leur laisse pourtant une bonne semaine de répit avant de passer à l’évaluation officielle de leur statut. Les « dublinés » ne restent pas là. Ils sont regroupés dans un hôtel proche de Béthune pour y être assignés à résidence. Dans la pratique, si l’on s’en tient aux moyennes nationales, moins de 10 % seront effectivement renvoyés, dont une partie revient illico.
En attendant, cette épée de Damoclès dissuade, et seuls 378 exilés ont accepté l’invitation à prendre le bus pour Croisilles depuis le 8 août, alors qu’ils sont quelque 600 à dormir dehors à Calais, selon les associations. Seules 270 places de l’hébergement d’urgence du plan grand froid ont en effet été ouvertes à Calais même et les migrants préfèrent cela sur place aux CAES.
« Pas facile d’assurer un suivi »
Sur les trois CAES des Hauts-de-France, aucun n’est plein. L’un est à 10 % de taux d’occupation et Croisilles affiche le meilleur remplissage, avec 62 lits occupés sur 70. Ce qui n’empêche pas le ministère de l’intérieur de se féliciter que « ces centres ont permis de significativement améliorer la situation là où ils sont déployés ».

   


En fait, les migrants n’y restent pas longtemps. Outre ceux qui repartent après un peu de repos (dont le nombre n’est pas public), « les locataires de Croisilles sont majoritairement des demandeurs d’asile qui n’avaient pas trouvé place dans le dispositif dédié et vont y être orientés maintenant », souligne Romain Strasser, un des éducateurs. « Dans ces conditions, pas facile d’assurer un suivi », regrette Christian Desailly, un bénévole qui enseigne le français. Ses élèves tournent beaucoup.
« J’avais prévu d’enseigner la conjugaison de quelques verbes courants ce matin, mais mes élèves de l’autre jour ont disparu et j’ai trois nouveaux venus », constate-t-il, samedi 13 janvier.
Assis côte à côte, Ahmad, Salim et Khamal aimeraient se débrouiller un peu mieux dans la langue de Molière. L’un est « dubliné » et risque le renvoi vers l’Italie, l’autre attend une réponse à sa demande d’asile, quand le troisième a pour obsession Londres.
Dureté de l’Europe
L’autre raison de ne pas venir au CAES, c’est son éloignement de 130 km de Calais, une distance voulue par les autorités pour éloigner de la frontière. « Si tu veux vraiment passer, faut y être toutes les nuits », soupire Khamal, qui repartira vite. Dawood le regarde comme un extraterrestre. Lui est sorti de ce monde. Comme une petite dizaine d’Afghans, il attend à Croisilles son billet d’avion pour rentrer en Afghanistan. L’Office français de l’immigration et de l’intégration propose un pécule assez conséquent pour rentrer la tête haute et lancer une « affaire ».
En 2017, 280 Afghans ont dit « banco », dont un tiers issus des Hauts-de-France. « Je vais ouvrir un petit commerce à Kaboul », explique cet homme de 30 ans, les traits tirés, le visage triste. Officiellement, il rentre parce que sa « mère est malade ». Mais il raconte tellement la dureté de l’Europe, l’impossible vie à Calais où il a passé six mois, qu’on pressent d’autres raisons à son renoncement. Depuis quarante jours, il se requinque là, se prépare psychologiquement, aussi.

   


Romain Strasser fera tout pour que lui et les autres retissent avant de partir le lien qui s’est brisé entre eux et l’Etat français. Les contrôles policiers, les multiples envois en rétention, la destruction de leurs cabanes et tentes, la confiscation de leurs affaires personnelles jetées dans les bennes à ordures, ont cassé la foi qu’ils avaient en la France. De l’ambiance ludique qui règne sur la salle commune de cet ancien EHPAD avant le déjeuner, ils conserveront forcément quelques beaux souvenirs. Samedi, les parties de dominos s’animent, une tablée installe, elle, un jeu de plateau, les cartes ne sont pas loin.
Comme souvent, le maire de Croisilles est passé dire bonjour. Trop tôt pour le café, ce jour-là. Ici, chacun sait que sans cet élu socialiste il n’y aurait pas de lieu de répit dans un département où le Front national enregistre ses meilleurs scores. Mais Gérard Dué a su tenir tête à une semaine complète de manifestations quotidiennes devant sa mairie avant l’ouverture du lieu. « J’ai fait ce que je devais faire », commente cet homme modeste, vieux militant PS qui finira son quatrième mandat en 2020.
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            data-slide-description="A Croisilles, le 13 janvier. Sur les trois centres d’accueil et d’examen des situations des Hauts-de-France, aucun n’est plein. Croisilles affiche le meilleur remplissage, avec 62 lits occupés sur 70. Ce qui n’empêche pas le ministère de l’intérieur de se féliciter que « ces centres ont permis de significativement améliorer la situation là où ils sont déployés »."
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            data-slide-description="Partie de ping-pong au centre d'accueil et d'examen des situations de Croisilles. Une soixantaine de migrants sont accueilis, pour une capacité de 70 places."
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            data-slide-description="A l’heure du repas. L’association La Vie active, qui gère le lieu, leur laisse une bonne semaine de répit avant de passer à l’évaluation officielle de leur statut."
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            data-slide-description="Khalid est irakien. Il était membre des forces spéciales irakiennes dans la guerre contre L’organisation Etat islamique. Dans la penderie, une unique veste, prête à être enfilée, et, plus loin, un ordinateur stoppé en plein film. Tout semble en pause dans la chambre de Khalid."
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            data-slide-description="Un médecin visite régulièrement le centre. Un jeune homme a récupéré des médicaments pour soigner ses maux de tête."
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            data-slide-description="« Qu’est-ce que je dois faire ? Est-ce qu’ils vont me renvoyer en Autriche si je reste ici ? », demande Khalid, un jeune Irakien."
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            data-slide-description="La salle à manger du centre d’accueil de Croisilles sert également de salle de jeu pour les migrants."
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            data-slide-description="Dawood Khan est afghan, et souffre de douleurs au genou. Un kinésithérapeuthe vient d'arriver pour s'occuper de lui. Après avoir passé des mois dans la jungle de Calais, Dawood souhaite rentrer en Afghanistan. Il parle quelques mots d'anglais mais communique plutôt par gestes avec le kinésithérapeute."
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            data-slide-description="Un jeune migrant soudanais lit un livre en français. Des cours de français sont dispensés quotidiennement dans le centre."
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            data-slide-description="Le repas est servi par des migrants accompagnés d'un travailleur social."
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            data-slide-description="Après le déjeuner de jeunes Afghans vont surfer sur Internet et écouter de la musique. Une salle est mise à leur disposition."
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            data-slide-description="Moment de détente entre jeunes du centre."
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A Croisilles, le 13 janvier. Sur les trois centres d’accueil et d’examen des situations des Hauts-de-France, aucun n’est plein. Croisilles affiche le meilleur remplissage, avec 62 lits occupés sur 70. Ce qui n’empêche pas le ministère de l’intérieur de se féliciter que « ces centres ont permis de significativement améliorer la situation là où ils sont déployés ».

LAURENCE GEAI POUR "LE MONDE"
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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-13"> ¤ Laïcité, intelligence artificielle, programmes... sur tous ces sujets, le ministre de l’éducation fait travailler des experts, souvent issus de la société civile.
<filname="PROF-0,2-3224,1-0,0-13"> ¤                     
                                                   
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Laïcité, intelligence artificielle, programmes... sur tous ces sujets, le ministre de l’éducation fait travailler des experts, souvent issus de la société civile.



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15.01.2018 à 16h04
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                            Mattea Battaglia








                        



                                


                            

Il l’a développée dans ses écrits – dont le dernier, L’Ecole de demain (Odile Jacob, 2016), peut se lire comme un programme éducatif. L’a soulignée sur le parvis du ministère de l’éducation avant d’y poser ses cartons, le 17 mai 2017 : la politique des trois « piliers » de Jean-Michel Blanquer pour remettre l’école sur des rails sont la science, la comparaison internationale, l’expérience.
Depuis, les lettres de mission ont afflué en direction de scientifiques de renom : un médaillé Fields – équivalent du Nobel en mathématiques –, Cédric Villani (député LRM de l’Essonne), mandaté par Matignon pour définir la « stratégie nationale » en matière d’intelligence artificielle. Un politologue, Pierre Mathiot, faisant référence en matière d’égalité des chances, convoqué pour dépoussiérer cet examen bicentenaire, réputé intouchable, qu’est le baccalauréat. Un neuropsychiatre, Boris Cyrulnik, invité à coordonner des « assises » pour donner un nouvel élan à l’école maternelle.

La mission est parfois collective : ce sont treize « sages » (la liste n’a pas encore été officialisée) qui siégeront autour de Dominique Schnapper pour préciser la position de l’institution scolaire en matière de laïcité et de fait religieux. Douze chercheurs, universitaires et élus qui, avec une philosophe, Souad Ayada, poursuivront la refonte des programmes scolaires engagée sous la gauche. Et une vingtaine d’experts – dont près d’un tiers issu des sciences cognitives – qui, au sein d’un Conseil scientifique, présidée par un spécialiste du fonctionnement du cerveau, Stanislas Dehaene et inauguré le 10 janvier, auront à se pencher sur la pédagogie, la formation, les manuels ou encore la métacognition. Derrière ce terme savant, l’idée qu’il faut « apprendre aux enfants à apprendre ». Un slogan qu’on a plus coutume de voir invoqué à gauche qu’à droite de l’échiquier politique.
Une « inspiration macronienne »
Faut-il...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-14"> ¤ Cette infographie détaille aux lycéens et étudiants en réorientation les étapes à suivre, mois par mois, pour postuler sur le site Parcoursup, qui succède à Admission post bac lundi 15 janvier.
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Parcoursup : la nouvelle procédure pour s’inscrire en première année d’études supérieures

Cette infographie détaille aux lycéens et étudiants en réorientation les étapes à suivre, mois par mois, pour postuler sur le site Parcoursup, qui succède à Admission post bac lundi 15 janvier.



Le Monde
 |    15.01.2018 à 10h55
   





                        


La plate-forme Parcoursup, qui succède à Admission post bac pour s’inscrire dans le supérieur, ouvre lundi 15 janvier. Les élèves de terminale, ainsi que les étudiants qui souhaitent se réorienter en première année d’études supérieures, pourront s’y inscrire et y formuler leurs vœux d’orientation à partir de lundi 22 janvier. Le point sur les principales étapes de la procédure, et le calendrier des dates à retenir jusqu’en septembre, avec cette infographie :

        Lire aussi :
         

                Parcoursup, la plate-forme qui succède à Admission post-bac, a ouvert




   



« Le Monde » aide les jeunes à s’orienter vers les études supérieures
Pour aider les 16-25 ans, leurs familles et les enseignants à se formuler les bonnes questions au moment d’effectuer les voeux d’orientation, Le Monde organise les conférences O21/s’orienter au 21e siècle, à Nancy (1er et 2 décembre 2017), Lille (19 et 20 janvier 2018), Nantes (16 et 17 février 2018), Bordeaux (2 et 3 mars 2018) et Paris (17 et 18 mars 2018).

        Lire aussi :
         

                « Le Monde » organise O21 / s’orienter au 21e siècle à Lille, Nantes, Bordeaux et Paris en 2018



S’y ajoutent des salons étudiants : après le salon des grandes écoles (SAGE) et celui des  formations artistiques START, organisés chaque année en novembre et décembre, le Salon des masters et mastères spécialisés (SAMS) est prévu le 27 janvier. A consulter également, notre rubrique Le Monde Campus, et tout particulièrement ses sous-rubriques APB / Parcoursup, O21 et Etudes supérieures.





                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-15"> ¤ Depuis décembre 2010, Christophe L. réclame la restitution de son dépôt de garantie. La Cour de cassation qu’il a saisie deux fois, a, deux fois, censuré les jugements des tribunaux de proximité qui le déboutaient.
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<filnamedate="20180115"><AAMM="201801"><AAMMJJ="20180115"><AAMMJJHH="2018011519">
<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-16"> ¤ Comme pour tous les discounters, l’économie de la société repose sur le volume. Dans son magasin parisien, l’opticien écoule trois cents paires de lunette par jour, soit dix fois plus qu’une grande enseigne.
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Une start-up expérimente avec succès un modèle discount

Comme pour tous les discounters, l’économie de la société repose sur le volume. Dans son magasin parisien, l’opticien écoule trois cents paires de lunette par jour, soit dix fois plus qu’une grande enseigne.



Le Monde
 |    15.01.2018 à 08h57
    |

                            Valérie Segond








                        



                                


                            

A 13 heures ou 19 heures, il y a toujours la queue au 3, rue de Turbigo, à Paris, où siège le premier magasin Lunettes pour tous. Son argument ? « Des lunettes à votre vue, à 10 euros, prêtes en 10 minutes. » Comme tous les discounters, qui débarquent notamment sur le Web à l’instar de Happyview ou Sensee, son modèle repose sur le volume : « Quand un opticien traditionnel vend très peu de paires de lunettes avec des marges très élevées, chaque jour, des milliers de clients nous permettent de réduire les marges sur chaque paire », explique Paul Morlet, le fondateur, âgé de 27 ans, de Lunettes pour tous.

A l’instar de ses concurrents, Lunettes pour tous a supprimé les intermédiaires et achète directement aux fabricants – des verres simples à moins de 3 euros pièce en Chine, et des montures pas beaucoup plus chères. Mais ce n’est pas sur le prix qu’il entend durer : lui aussi propose tous les traitements de surface de dernière génération, sur des verres achetés directement au sous-traitant tchèque d’un grand verrier français. « C’est sur le service que va se jouer l’avenir de l’optique », estime Paul Morlet.
Un reste à charge égal à zéro
Fondée en 2014 avec 1 million d’euros apportés par Xavier Niel (actionnaire du Monde à titre individuel), la société compte déjà six boutiques en France, toutes profitables, à Paris, Lyon, Marseille, Bordeaux, Lille et Toulouse. Et s’apprête à en ouvrir sept autres, dans les prochains mois, notamment à Nantes, Rennes, Montpellier, Nice et Strasbourg. « Notre objectif est d’être présents dans les quinze villes françaises les plus peuplées d’ici à la fin de l’année », ambitionne le patron de l’opticien discount.
Le succès de la formule est tel que, chaque jour, l’opticien procède dans son magasin parisien à entre 80 à 100 bilans visuels
Lunettes pour tous propose d’obtenir en magasin un bilan visuel complet par un opticien diplômé, gratuitement et sans rendez-vous....




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-17"> ¤ Six plate-formes de gestion de réseaux de soins ont été crées par les assurances complémentaires, au début des années 2000, pour permettre à leurs adhérents de bénéficier de meilleurs prix. Un effet très net sur la dépense et le reste à charge.
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Des tarifs préférentiels assurent le règne des réseaux de soins

Six plate-formes de gestion de réseaux de soins ont été crées par les assurances complémentaires, au début des années 2000, pour permettre à leurs adhérents de bénéficier de meilleurs prix. Un effet très net sur la dépense et le reste à charge.



Le Monde
 |    15.01.2018 à 08h57
    |

                            Valérie Segond








                        



                                


                            

C’est la bête noire des opticiens, qui les accusent de tous les maux : elles détourneraient leur clientèle, organiseraient leur dépendance et leur précarité, pousseraient à la baisse de la qualité, complexifieraient leur gestion… « Elles », ce sont ces six plates-formes de gestion de réseaux de soins, créées par les assurances complémentaires au début des années 2000 pour permettre à leurs assurés d’accéder à des tarifs préférentiels, en particulier en matière d’optique.
Beaucoup d’assurés l’ignorent, bien que près de 50 millions de Français aient aujourd’hui accès à ces structures, dont le nom apparaît en tout petit sur leur carte de mutuelle : elles s’appellent Carte Blanche, Istya, Itelis, Kalivia, Santéclair et Sévéane. Or, c’est sur elles que compte le gouvernement pour assainir durablement la filière optique, condition de la baisse du reste à charge.

Sans être prescripteurs, elles guident le marché. Le contrat entre le réseau et l’opticien consiste à échanger des baisses de prix contre une hausse des volumes vendus. Ces plates-formes se divisent en deux catégories, selon qu’elles sont « ouvertes » ou « fermées ». Les premières acceptent les opticiens conventionnés et privilégient la proximité et l’accessibilité géographique, regroupant jusqu’à 8 000 opticiens chez Carte Blanche et Istya.
Méthode hypersélective
Les secondes, à savoir Santéclair et Itelis, procèdent à une sélection beaucoup plus stricte des revendeurs sur la base d’un cahier des charges très détaillé. Elles ne regroupent pas plus de 3 000 opticiens sur le territoire et privilégient la baisse des prix par la hausse des volumes vendus, avec un numerus clausus par zone de chalandise.
La rentabilité des opticiens est très sensible aux volumes
Elles autorisent une offre restreinte de montures et de verres référencés (trois verriers sont référencés chez Santéclair), en fixent les tarifs et orientent résolument leur clientèle en différenciant les remboursements...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-18"> ¤ Historien de l’automobile, Jean-Louis Loubet revient sur l’évolution des politiques de sécurité routière françaises et explique pourquoi la limitation à 80 km/h a provoqué une telle polémique en France.
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« La voiture est le dernier bastion des libertés individuelles »


                      Historien de l’automobile, Jean-Louis Loubet revient sur l’évolution des politiques de sécurité routière françaises et explique pourquoi la limitation à 80 km/h a provoqué une telle polémique en France.



Le Monde
 |    15.01.2018 à 08h45
    |

            Jean-Michel Normand








                              

                        

Entretien avec Jean-Louis Loubet, auteur d’Une autre histoire de l’automobile (Presses universitaires de Rennes, 2017).
Au début des années 1970, les premières limitations de vitesse interviennent dans un contexte particulier…
Le premier ministre, Pierre Messmer, a fait preuve d’un vrai courage politique. En 1972, le nombre de victimes de la route avait atteint un sommet inédit : 18 000 morts, soit cinquante décès par jour. Deux fois plus qu’en 1960. En juin 1973, il impose à son gouvernement les premières limitations préconisées par le tout nouveau comité interministériel de sécurité routière, rattaché à Matignon : 110 km/h sur route et 140 km/h sur autoroute. Non sans mal car, à l’époque, la maladie de Georges Pompidou laisse augurer une élection présidentielle anticipée, et les réticences sont fortes parmi ses ministres. En fait, ces dispositions ne sont pas vraiment respectées et c’est la crise du pétrole qui va permettre d’imposer effectivement une baisse des vitesses. Les mesures contenues dans le décret du ­6 novembre 1974 fixent de nouvelles limites qui vont perdurer jusqu’à aujourd’hui : 90 km/h sur route, 110 km/h sur les doubles voies et 130 km/h sur autoroute. Dans ce contexte, la crise du pétrole aura joué comme une aubaine : c’est elle qui fait accepter ces dispositions, au nom des économies d’énergie imposées à l’ensemble du pays.

En France, l’accident de la route n’a-t-il pas longtemps été banalisé ?
Mourir dans des draps de tôle froissée a longtemps été considéré comme faisant partie du destin. La mort de James Dean au volant de sa Porsche ou la sortie de route de Françoise Sagan, fonçant avec son Aston Martin, ont même quelque chose d’héroïque. Lorsque Albert Camus se tue lors dans un accident de la route, ­en janvier 1960, la presse, plus sobre, évoque « un banal accident de la route ». En France, on tolère plus qu’ailleurs la dangerosité de la conduite...




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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-19"> ¤ Après l’agression de trois gardiens par un détenu islamiste dans le Pas-de-Calais, les syndicats de surveillants ont appelé à un « blocage reconductible » des prisons.
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Surveillants agressés : le directeur de la prison de Vendin-le-Vieil démissionne

Après l’agression de trois gardiens par un détenu islamiste dans le Pas-de-Calais, les syndicats de surveillants ont appelé à un « blocage reconductible » des prisons.



Le Monde
 |    15.01.2018 à 08h05
 • Mis à jour le
15.01.2018 à 18h43
   





                        


La colère est montée chez les surveillants des prisons françaises depuis l’agression de trois gardiens par un détenu islamiste dans le Pas-de-Calais. L’UFAP-UNSA Justice, syndicat majoritaire, la CGT-Pénitentiaire et FO-Pénitentiaire réclament plus de sécurité et ont appelé à « un blocage total » des prisons françaises à compter de lundi, 6 heures du matin.
« Les deux tiers » des 188 établissements français ont été « impactés » par des blocages ou des débrayages, selon un bilan dressé à la mi-journée par la direction de l’administration pénitentiaire. Plusieurs blocages ont été levés après l’annonce de la démission du directeur de la prison de Vendin-le-Vieil, Richard Bauer, réclamée par les organisations syndicales.
Cette « opération prison morte » est « reconductible », mettent en garde les syndicats. « Tant qu’on ne trouvera pas un chemin d’entente avec le gouvernement, on ne lâchera rien », a affirmé Jean-François Forget de l’UFAP-UNSA, qui dénonce « l’impunité totale » dans les prisons et le « laxisme » des gouvernements successifs face au traitement des détenus radicalisés les plus violents.
Selon Jean-François Forget, le personnel pénitentiaire subit entre 4 000 et 5 000 agressions physiques et une quinzaine de prises d’otage par an. Sur BFM-TV, il a déploré que des chefs d’établissement « gèrent les structures comme des garderies pour jeunes enfants plutôt que pour des détenus patentés ».

        Lire :
         

          Les syndicats réclament le départ du directeur de Vendin-le-Vieil



A Vendin-le-Vieil, où trois gardiens ont été blessés jeudi à l’arme blanche par le vétéran du djihad allemand, Christian Ganczarski, un des instigateurs de l’attentat contre la synagogue de Djerba (Tunisie) qui avait fait 21 morts en avril 2002, des débrayages ont déjà eu lieu vendredi.
Lundi, une centaine de surveillants bloquaient « quasiment totalement » la prison avant l’annonce de la démission de M. Bauer.
« Il [Richard Bauer] m’a indiqué que, compte tenu de la situation, les conditions ne lui paraissaient plus réunies pour qu’il puisse diriger l’établissement avec sérénité. En conséquence, il demandait à être relevé de son commandement sur Vendin-le-Vieil », a déclaré Alain Jégo, directeur interrégional des services pénitentiaires. Son directeur adjoint assurera l’intérim. La ministre de la justice, Nicole Belloubet, a prévu de se rendre sur place mardi.
Dans les Hauts-de-France, « l’intégralité » des prisons, soit 17 établissements, étaient bloquées, selon l’UFAP-UNSA. Dans le Grand Est, dix centres pénitentiaires sont bloqués, selon deux sources syndicales. En Ile-de-France, les prisons de Bois-d’Arcy (Yvelines) et de Nanterre (Hauts-de-Seine) étaient totalement bloquées dans l’après-midi, selon des sources syndicales à l’AFP. Un rassemblement est prévu à Fleury-Mérogis (Essonne) à 18 heures, en vue d’un « blocage total », ont annoncé des sources syndicales.
En Auvergne-Rhône-Alpes, des surveillants ont bloqué les maisons d’arrêt de Lyon-Corbas, de Villefranche-sur-Saône (Rhône), de Saint-Quentin-Fallavier (Isère), de La Talaudière (Loire) et les centres pénitentiaires de Bourg-en-Bresse (Ain), de Riom (Puy-de-Dôme) et de Moulins-Izeure (Allier).
Dans l’Ouest, des opérations de débrayage ou de blocages ont concerné une dizaine d’établissements (dont Nantes, Rennes, Caen et Angers), et cinq en Centre-Val de Loire (Saran, Saint-Maur, Bourges, Châteauroux, Châteaudun).
En Nouvelle-Aquitane, 15 sites sur 20 étaient bloqués, selon FO-Pénitentiaire, avec de fortes mobilisations à Poitiers, Saint-Martin-de-Ré (Charente-Maritime), Gradignan (Gironde), Mont-de-Marsan. Enfin, des surveillants tenaient des piquets de grève dans « la quinzaine d’établissements sauf un » de la région Occitanie, selon l’UFAP-UNSA.
Dans certains grands établissements français, les blocages ont en revanche été levés tôt ce matin.
A Fresnes (Val-de-Marne), environ 150 agents se sont réunis à partir de 6 heures autour de barricades dressées le long de l’allée bordant le mur d’enceinte du centre pénitentiaire, puis ont levé leur blocage vers 9 heures 30 après avoir été délogés par les CRS.
« On veut montrer notre soutien aux collègues de Vendin. Pour nous, ça reste un attentat et pas une agression lambda », soutenait Frédéric Godet, délégué syndical UFAP-UNSA. « On a pas mal de détenus radicalisés en sous-marin dans la détention. (…) Avec la surpopulation et le manque d’effectifs, c’est dur de s’en rendre compte », a ajouté Christian, surveillant dans cette prison remplie à 200 % de sa capacité.
A Fresnes, les grévistes ont reçu le soutien du député souverainiste Nicolas Dupont-Aignan. « Les personnels pénitentiaires sont traités comme des chiens par l’Etat alors qu’ils font fonctionner les prisons. Ils sont agressés. Il n’y a pas de réaction, quels que soient les gouvernements », a déclaré l’ancien candidat de Debout la France à l’élection présidentielle au micro de BFM-TV.
A Marseille, une cinquantaine d’agents, postés à 6 h 30 devant les deux entrées de la prison des Baumettes, entendaient bloquer « pendant quelque temps » l’entrée des agents venant prendre leur service, a constaté une photographe de l’AFP, mais ont levé le blocage peu avant 10 heures ; tout comme à la maison d’arrêt de Nice.
« C’est une première mobilisation pour montrer au gouvernement qu’il doit nous prendre au sérieux. Il faut arrêter les belles paroles, on veut des actes concrets pour l’amélioration de nos conditions de travail et notre sécurité », a expliqué David Cucchetti, de la CGT-Pénitentiaire
Dans les maisons d’arrêts de Villepinte (Seine-Saint-Denis), Réau et Meaux-Chauconin (Seine-et-Marne), les surveillants avaient également levé leurs blocages à la mi-journée.

En réponse aux blocages des prisons, Macron annonce un « plan pénitentiaire global »
Emmanuel Macron a annoncé lundi avoir demandé « un plan pénitentiaire global » d’ici à la fin du mois de février portant notamment sur l’immobilier des prisons, le renseignement pénitentiaire et les personnels, en réponse au blocage de certaines prisons débuté lundi matin à l’initiative de trois syndicats, qui alertent les pouvoirs publics sur les conditions de travail des surveillants.
Le président de la République a qualifié d’« indignes le taux d’occupation dans les prisons, les matelas au sol, les conditions de travail des personnels pénitentiaires », et a fait savoir que la prison doit être « profondément modernisée, transformée », au-delà des 15 000 places supplémentaires promises dans son programme.
La prison ne doit pas être « la réponse quasi-systématique pour les peines à un certain niveau », a-t-il préconisé, plaidant pour la mise en place « massive » d’autres peines comme les travaux d’intérêt général ou le bracelet électronique.
Le président a toutefois souhaité « qu’une peine prononcée soit effectuée ». « Il n’est plus possible que le juge prononce des peines d’emprisonnement qui non seulement ne seront pas exécutées dans des délais décents mais transmuées en une autre peine. Les citoyens ne le comprennent pas ».






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-20"> ¤ Leur « candidature collective » à un poste de direction pour protester contre l’absence de féminisation à la tête du journal a inspiré leurs consœurs de « L’Obs »
<filname="PROF-0,2-3224,1-0,0-20"> ¤                     


Article sélectionné dans La Matinale du 14/01/2018
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Le mouvement des femmes journalistes du « Parisien » fait tache d’huile

Leur « candidature collective » à un poste de direction pour protester contre l’absence de féminisation à la tête du journal a inspiré leurs consœurs de « L’Obs »



Le Monde
 |    15.01.2018 à 06h39
 • Mis à jour le
15.01.2018 à 09h50
    |

            François Bougon et 
Alexandre Piquard








                        



                                


                            
Une boutade entre collègues au Parisien est en train de se transformer en un mot d’ordre contagieux. Lors d’un déjeuner à la cantine, mardi 9 janvier, des journalistes femmes du quotidien détenu par le groupe LVMH se sont mises à discuter de l’appel à candidatures ouvert pour un nouveau poste au sein de la direction de la rédaction afin de s’occuper des éditions du dimanche. « On va encore avoir un mec », a lancé l’une. « Pourquoi ne pas déposer une candidature collective ? », a répondu une autre.
Le mouvement était enclenché. Alors qu’elles comptaient rassembler seulement une trentaine de noms, leur initiative a fait tache d’huile. Finalement, elles ont été 77 à signer ce texte pour déposer, jeudi, une « candidature de principe ». « De principe, car mon profil ne correspond peut-être pas au poste actuellement ouvert. En revanche, de nombreuses femmes en ont pleinement les qualifications. Des femmes aujourd’hui absentes, à ce niveau de la hiérarchie de notre journal, dont la charge est de donner le cap aux équipes, à travers ses choix éditoriaux », ont-elles écrit dans leur e-mail.
La veille, elles avaient appris la nomination d’un homme comme quatrième adjoint de Stéphane Albouy, le directeur des rédactions : Jean-Baptiste Isaac, un journaliste venu du Figaro. L’annonce a renforcé leur détermination à faire bouger les choses. « Il y a des femmes à l’avant-dernier étage de la fusée, mais pas au dernier. Il y a un plafond de verre », déplore l’une des instigatrices du texte. Actuellement, cinq hommes se trouvent à la tête de la rédaction en chef nationale, cinq aussi dirigent celle des éditions départementales et deux le magazine du week-end. Le seul poste de responsabilité éditoriale au plus haut niveau occupé par une femme se trouve à La Parisienne, le magazine féminin… Nettement insuffisant, jugent les « 77 », alors que l’affaire Weinstein – du nom du producteur américain Harvey...




                        

                        

