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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-1"> ¤ Le groupe de Patrick Drahi s’apprête à revendre ses nombreux droits de retransmission du football, assombrissant les perspectives de croissance des revenus des clubs français.
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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-2"> ¤ Le quotidien britannique connaît un succès d’audience planétaire – deux lecteurs sur trois sont hors du Royaume-Uni – mais est un gouffre financier.
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A la recherche d’un modèle économique, le « Guardian » se mue en tabloïd

Le quotidien britannique connaît un succès d’audience planétaire – deux lecteurs sur trois sont hors du Royaume-Uni – mais est un gouffre financier.



Le Monde
 |    14.01.2018 à 16h00
    |

            Eric Albert (Londres, correspondance)








                        



                                


                            

A trois ans du bicentenaire de sa création, le Guardian passe lundi 15 janvier au format tabloïd, symbole de la crise financière que traverse le quotidien britannique. Après le grand format de ses origines, puis depuis 2005 le format « berlinois » (le même que celui du Monde), le passage à cette petite taille sonne comme le glas de l’ère papier.
Le Guardian symbolise le paradoxe des journaux au XXIe siècle. En vingt ans, ce journal britannique de diffusion moyenne est devenu un succès planétaire, lu désormais par 150 millions de visiteurs uniques par mois sur Internet (moins que le Daily Mail, le journal dont le site est le plus lu au monde, à 230 millions de visiteurs uniques, mais plus que le New York Times, à 90 millions).

Mais dans le même temps, la diffusion papier du quotidien s’est effondrée de 60 % en dix ans, à 150 000 exemplaires par jour. Ses finances sont dans un état déplorable : le groupe a accusé une perte opérationnelle de 45 millions de livres (50 millions d’euros) l’an dernier (avril 2016 à mars 2017), après un gouffre de 69 millions de livres l’année précédente. Son choix de laisser l’accès au site entièrement gratuit a creusé un trou béant. « Le modèle économique [de la publicité sur Internet] est en train de s’effondrer », reconnaissait en novembre Katharine Viner, sa rédactrice en chef, dans une longue tribune sur les valeurs du journal.
Des journalistes influents mais moins riches
Pour les journalistes, cette évolution mène à un curieux paradoxe : ils sont à la fois plus influents et moins riches. « Dans les années 1990, quand j’étais correspondant à Paris, je recevais des appels de mon chef de service me demandant d’utiliser plus de notes de frais, d’inviter plus de contacts au restaurant, se rappelle Jon Henley, qui a rejoint la rédaction en 1993. Tout ça est fini depuis bien longtemps. Mais aujourd’hui, quand j’appelle...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-3"> ¤ Photomontages injurieux, semaines de 60 heures, management pressant... plusieurs anciens salariés dénoncent les dérives du studio du français David Cage, le « Godard du pixel ».
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Quantic Dream, un fleuron du jeu vidéo français aux méthodes de management contestées

Photomontages injurieux, semaines de 60 heures, management pressant... plusieurs anciens salariés dénoncent les dérives du studio du français David Cage, le « Godard du pixel ».



Le Monde
 |    14.01.2018 à 13h00
 • Mis à jour le
14.01.2018 à 16h10
    |

            William Audureau








                        



                                


                            

C’est l’un des studios de jeu vidéo français les plus connus au monde. Sa personnalité phare, David Cage, est surnommée par L’Express « le Godard du pixel ». Son plus grand succès, Heavy Rain, s’est écoulé à 5,3 millions d’exemplaires, et son prochain titre, Detroit, au budget d’une trentaine de millions d’euros, est l’un des plus attendus de 2018.
Mais derrière la réussite, la réalité au quotidien est moins reluisante. Quantic Dream, studio de création parisien spécialisé dans les aventures cinématographiques, est décrit par une quinzaine d’ex et actuels salariés interrogés par Le Monde comme une société caractérisée par une culture d’entreprise toxique, une direction aux propos et attitudes déplacés, des employés sous-considérés, des charges de travail écrasantes et des pratiques contractuelles douteuses.

Son président et fondateur David de Gruttola, dit David Cage, Légion d’honneur 2014, et son directeur général délégué, Guillaume Juppin de Fondaumière, médaille de l’ordre du mérite 2008, par ailleurs cofondateur et ancien président du Syndicat national du jeu vidéo, se disent « très surpris », « choqués » et « indignés » par ces accusations. Longuement interrogés au début de janvier dans les locaux de leur entreprise, les deux dirigeants évoquent les « élucubrations » d’anciens salariés « frustrés » qui n’ont jamais fait remonter leurs problèmes. Proches de la direction, les délégués du personnel décrivent de leur côté une entreprise bien organisée, fonctionnelle où les employés s’épanouissent.

Selon des informations du Monde, qu’ont également obtenues Mediapart et Canard PC, cinq anciens collaborateurs ont porté plainte au printemps 2017 contre Quantic Dream et l’un de ses salariés pour des photomontages dégradants. Le parquet de Paris a retenu la qualification d’« injures non publiques envers particulier »....




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-4"> ¤ Après avoir vécu à l’étranger, les soeurs Jasmine et Flavie Seren-Rosso sont rentrées et veulent « participer à la création d’emplois » dans les Hauts-de-France. Elles sont invitées à nos conférences « O21 / S’orienter au 21e siècle » à Lille, les 19 et 20 janvier.
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O21. « Après nos écoles de commerce et d’ingénieurs, on lance une start-up de pâtisserie bio »

Après avoir vécu à l’étranger, les soeurs Jasmine et Flavie Seren-Rosso sont rentrées et veulent « participer à la création d’emplois » dans les Hauts-de-France. Elles sont invitées à nos conférences « O21 / S’orienter au 21e siècle » à Lille, les 19 et 20 janvier.



Le Monde
 |    14.01.2018 à 08h00
    |

                            Léa Iribarnegaray








                        



   


Au téléphone, difficile de suivre la conversation, tant ces deux-là ont un timbre de voix similaire. Ça fuse et on ne sait jamais vraiment qui parle. Nos interviewées sont sœurs. Jasmine Seren-Rosso, 29 ans. Flavie Seren-Rosso, 26 ans. Diplômée de l’Iéseg, école de commerce à Lille, l’aînée travaille dans l’industrie avant de reprendre un cursus d’ingénieurs à Centrale Paris. La cadette intègre elle aussi une école de commerce, Skema, sur le campus de Sophia Antipolis, près de Nice. Résultat, malgré leurs trois années d’écart, elles terminent leurs études au même moment et peuvent se lancer dans un projet commun.

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« De nombreuses usines ferment ici. On voulait aussi revenir pour tenter de participer à la création d’emplois dans la région »
Ayant baigné dans un milieu d’entrepreneurs, les sœurs Seren-Rosso partagent l’envie de créer une start-up autour de leurs passions respectives – le dessin pour Jasmine, la pâtisserie pour Flavie. L’une et l’autre voyagent énormément. Jasmine a vécu quatre ans à l’étranger : en Chine, aux Etats-Unis, en Inde, en Australie. Flavie s’est installée en Norvège puis en Chine et a fini par un double diplôme en Caroline du Nord, dans le management du luxe à l’international. Jolie drôlerie, elles sont aujourd’hui de retour au bercail, chez les parents, dans la commune de Saint-Fuscien (Somme), près d’Amiens. Mille âmes au compteur. « J’ai travaillé dans une société au bord du dépôt de bilan en Picardie. Ça m’a beaucoup marquée. De nombreuses usines ferment ici. On voulait aussi revenir pour tenter de participer à la création d’emplois dans la région », raconte Jasmine.
Inspirées par l’engouement chinois pour la pâtisserie française, les sœurs inventent The Boston Club, une box de biscuits bio et bons, dont la première sera commercialisée fin janvier. Avec un positionnement haut de gamme, c’est Jasmine qui dessine chacun des étuis et Flavie qui élabore chacune des recettes. Refusant d’ajouter conservateurs ou colorants, mais souhaitant proposer des jeux de textures variées, elles font appel à des chercheurs de l’école d’ingénieurs agroalimentaires UniLaSalle, à Beauvais, pour allonger la durée de conservation de leurs biscuits. « Nous avons eu la chance de travailler avec ces experts, pendant un an, sur de la recherche et développement », se réjouit Flavie, qui n’a jamais pu passer le CAP pâtisserie après son école de commerce, déjà trop âgée pour trouver un apprentissage dans la région.
Comme dans le domaine du luxe qu’elle connaît bien, la chef a imaginé un biscuit « Signature », le produit phare de la marque. Une base moelleuse, sur laquelle elle pose un fondant au chocolat noir et bio 70 % de cacao, qu’elle coiffe d’un biscuit très fin et très croquant. Les parfums suivront le fil des voyages et des saisons. Au programme : citron et cardamome, cerise noire et amande amère, datte et noix de coco…

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Participez à « O21 / S’orienter au 21e siècle »
Pour aider les 16-25 ans, leurs familles et les enseignants à se formuler les bonnes questions lors du choix des études supérieures, Le Monde organise la seconde saison d’« O21 / S’orienter au 21e siècle », avec cinq dates : après Nancy (vendredi 1er et samedi 2 décembre 2017, au centre Prouvé), rendez-vous à Lille (vendredi 19 et samedi 20 janvier 2018, à Lilliad), à Nantes (vendredi 16 et samedi 17 février 2018, à la Cité des congrès), à Cenon, près de Bordeaux (vendredi 2 et samedi 3 mars 2018, au Rocher de Palmer) et à Paris (samedi 17 et dimanche 18 mars 2018, à la Cité des sciences et de l’industrie).
Dans chaque ville, les conférences permettront au public de bénéficier des analyses et des conseils, en vidéo, d’acteurs et d’experts, et d’écouter et d’échanger avec des acteurs locaux innovants : responsables d’établissements d’universités et de grandes écoles, chefs d’entreprises et de start-up, jeunes diplômés, etc. Des ateliers sont aussi prévus.
Il reste des places pour participer à O21 Lille ! Pour toutes les villes, les inscriptions se font gratuitement via ce lien.

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                En images : les temps forts d’O21, nos conférences pour s’orienter au 21e siècle, à Nancy



Pour inscrire un groupe de participants, merci d’envoyer un e-mail à education-O21@lemonde.fr. L’éducation nationale étant partenaire de l’événement, les lycées peuvent organiser la venue de leurs élèves durant le temps scolaire.





                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-5"> ¤ Dix ans après la crise financière, l’année 2018 sera-t-elle celle du sursaut de l’Union européenne ? Plusieurs éléments y concourent, mais rien n’est gagné, estime l’économiste Thomas Piketty dans sa chronique.
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2018, l’année de l’Europe

Dix ans après la crise financière, l’année 2018 sera-t-elle celle du sursaut de l’Union européenne ? Plusieurs éléments y concourent, mais rien n’est gagné, estime l’économiste Thomas Piketty dans sa chronique.



Le Monde
 |    14.01.2018 à 06h39
 • Mis à jour le
14.01.2018 à 08h02
   





                        



                                


                            

Chronique. La crise de 2008, qui conduisit à la plus forte récession mondiale depuis la crise de 1929, avait clairement pour origine les faiblesses de plus en plus criantes du système américain : excès de dérégulation, explosion des inégalités, endettement des plus pauvres. Portée par un modèle de développement plus égalitaire et inclusif, l’Europe aurait pu saisir cette occasion pour promouvoir un meilleur système de régulation du capitalisme global. Patatras : faute d’une confiance suffisante entre ses membres, prisonnière de règles rigides appliquées à contretemps, l’Union européenne (UE) provoqua en 2011-2013 une nouvelle récession dont on se remet à peine.
L’arrivée au pouvoir de Donald Trump en 2017 a révélé une nouvelle faille béante du modèle américain. Cela relance la demande d’Europe, d’autant plus que l’évolution des modèles alternatifs (Chine, Russie) n’est guère rassurante.
De multiples défis à surmonter
Pour répondre aux attentes, l’Europe devra toutefois surmonter de multiples défis. D’abord un défi général : la dérive inégalitaire de la mondialisation. L’Europe ne rassurera pas ses citoyens en leur expliquant que la situation y est meilleure qu’aux Etats-Unis ou au Brésil. Les inégalités progressent dans tous les pays, encouragées par une concurrence fiscale exacerbée en faveur des plus mobiles, que l’Europe continue toujours à attiser. Les risques de repli identitaire et de logiques de bouc émissaire ne seront surmontés que si l’on parvient à proposer aux classes populaires et aux jeunes générations une véritable stratégie de réduction des inégalités et d’investissement dans l’avenir.
Deuxième défi : le clivage Nord-Sud, qui s’est dramatiquement accentué au sein de la zone euro, et qui repose sur des récits contradictoires des événements. En Allemagne et en France, on continue de s’imaginer que l’on a aidé les Grecs, puisqu’on leur a prêté de l’argent à un taux d’intérêt inférieur à celui auquel ils auraient...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-6"> ¤ « Nous collaborerons avec la justice », assure Emmanuel Besnier dans « Le Journal du dimanche », après la contamination à la salmonelle de ses produits.
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Lait contaminé : « Plus de 12 millions de boîtes » retirées de la vente, selon le PDG de Lactalis

« Nous collaborerons avec la justice », assure Emmanuel Besnier dans « Le Journal du dimanche », après la contamination à la salmonelle de ses produits.



Le Monde
 |    14.01.2018 à 01h02
 • Mis à jour le
14.01.2018 à 15h02
   





                        



   


Le PDG de Lactalis a promis d’indemniser « toutes les familles qui ont subi un préjudice » en raison d’une contamination à la salmonelle de produits du géant français du lait. Emmanuel Besnier est sorti de son silence dans un entretien au Journal du dimanche du 14 janvier.
Le dirigeant, qui ne s’était jusqu’ici pas exprimé au sujet de l’affaire qui ébranle son entreprise, a assuré avoir eu avant tout à l’esprit les conséquences de cette crise sanitaire pour les consommateurs, « des bébés de moins de 6 mois », a-t-il rappelé : « C’est pour nous, pour moi, une très grande inquiétude. »
Après la rencontre vendredi à Bercy entre M. Besnier et le ministre de l’économie, Bruno Le Maire, le groupe Lactalis a ordonné la reprise de tous les lots de lait infantile produits dans son usine de Craon (Mayenne).
Des centaines de plaintes
Le patron du groupe a affirmé avoir lui-même proposé au gouvernement cette mesure qui s’étend à 83 pays. « Il faut mesurer l’ampleur de cette opération : plus de 12 millions de boîtes sont concernées », a-t-il déclaré, assurant que les distributeurs n’auront plus à trier : « Ils savent qu’il faut tout retirer des rayons. »
Trente-sept enfants atteints de salmonellose ont été diagnostiqués en France après avoir consommé un lait ou un produit d’alimentation infantile de l’usine Lactalis incriminée, selon les derniers chiffres officiels du 12 janvier. Un cas de salmonellose avéré a en outre été découvert en Espagne concernant un bébé ayant consommé de ce lait infantile contaminé et un autre cas reste à confirmer en Grèce.
Interrogé sur les « centaines » de plaintes déposées par des parents de nourrissons dans toute la France, et alors qu’une enquête préliminaire a été ouverte fin décembre par le pôle santé publique du parquet de Paris notamment pour « blessures involontaires » et « mise en danger de la vie d’autrui », M. Besnier a assuré qu’il ne cacherait rien. « Il y a des plaintes, il y aura une enquête, nous collaborerons avec la justice en donnant tous les éléments qu’on nous demandera. Nous n’avons jamais pensé agir autrement », a-t-il par ailleurs promis.
L’Etat « prendra sa part de responsabilité »
Dimanche, le porte-parole du gouvernement, Benjamin Griveaux, a assuré que « l’enquête n’épargnera personne », y compris l’Etat, qui « prendra sa part de responsabilité », notamment en raison de la présence de boîtes de lait infantile potentiellement contaminées dans des hôpitaux. Interrogé sur la promesse de M. Besnier d’indemniser les familles, il a estimé qu’« indemniser c’est bien mais l’argent n’achète pas tout ».
De son côté, le patron des députés de La République en marche, Richard Ferrand, a demandé, dimanche, que toute la lumière soit faite, sans exclure la mise en place d’une commission d’enquête parlementaire réclamée par plusieurs groupes d’opposition.
M. Besnier, dont la discrétion est légendaire, n’était pas venu s’exprimer face aux caméras après sa visite à Bercy vendredi, entrant même par une porte dérobée au ministère. Les distributeurs, dont certains ont continué à vendre des produits potentiellement contaminés après l’annonce de leur retrait, avaient déjà été convoqués à Bercy jeudi soir. Le patron des centres E.Leclerc, Michel-Edouard Leclerc, a évoqué jeudi une « défaillance » des services de l’Etat. Les contrôles déjà effectués ont permis de retrouver des boîtes de lait potentiellement contaminées dans des supermarchés, mais aussi dans des pharmacies, des crèches et des hôpitaux.

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                Lactalis, un groupe habitué au secret, contraint de sortir de son silence



La contamination à la salmonelle dans l’usine de Craon a été révélée début décembre au public. La salmonelle avait toutefois été identifiée plus tôt par le groupe lors de contrôles internes en août et novembre, mais seulement dans l’environnement du site et pas dans les produits.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-7"> ¤ A l’occasion de la seconde édition de « O21/S’orienter au 21e siècle » les 19 et 20 janvier à Lille, reportage à la Serre numérique, où se côtoient étudiants, chercheurs et entrepreneurs. Sans véritables liens avec  les habitants.
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O21. A Valenciennes, les corons étanches à la vague numérique ?

A l’occasion de la seconde édition de « O21/S’orienter au 21e siècle » les 19 et 20 janvier à Lille, reportage à la Serre numérique, où se côtoient étudiants, chercheurs et entrepreneurs. Sans véritables liens avec  les habitants.



Le Monde
 |    13.01.2018 à 16h03
    |

                            Caroline Pain








                        



   


Sedrat dessine de la main les hauts fourneaux et les usines qui s’élevaient ici. Aujourd’hui retraité, il a longtemps travaillé en tant que chalumiste dans l’usine de sidérurgie Vallourec. « Des milliers d’ouvriers, c’était tout le temps en activité ! » Il raconte la fumée crachée par les cheminées, le vacarme des machines. La vie. « Il y avait des magasins, des cafés, tout le long de cette rue, se souvient-il en remontant le col de son manteau. Puis ça s’est arrêté, et les magasins ont fermé. » Silence. Il regarde le bâtiment qui s’élève désormais à l’emplacement de l’usine. Cette « Serre numérique » de 17 000 mètres carrés dont la façade évoque un circuit imprimé géant. Il habite en face mais n’y est jamais entré. Sa fille, si. Une fois. « Ça lui a plu. »

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Inaugurée en avril 2015, la Serre numérique a coûté 37,25 millions d’euros. Elle rassemble des entreprises, les trois écoles de design, jeux vidéo et animation du groupe Rubika et leurs 850 élèves, ainsi que des laboratoires de recherche. Lancé à l’initiative de la Chambre de commerce et d’industrie (CCI) Grand Hainaut, le projet est de créer une « fertilisation croisée ». Autrement dit, rassembler dans un même bâtiment différents acteurs pour leur permettre d’interagir. Ces liens traversent-ils les immenses baies vitrées de la Serre ?
« C’est un beau bâtiment, oui, mais j’y vais pour le travail et ça s’arrête là »
« 160 emplois ont été créés, indique Eric-Dominique Deburge, vice-président du développement économique et du numérique à Valenciennes Métropole. L’objectif à l’horizon 2025 est de 2 000 emplois. » Les 25 entreprises de la Serre embauchent. Mais combien de Valenciennois ? Chez VSI Innovation par exemple,sur les sept employés, seul Anthony est originaire du secteur. Mais la plupart des autres salariés ont décidé de s’installer ici. Au fond d’une impasse, non loin, Abderezak nettoie sa voiture à l’aide d’un aspirateur. Ce trentenaire algérien est employé en intérim pour la sécurité incendie du lieu. « C’est un beau bâtiment, oui, mais j’y vais pour le travail et ça s’arrête là », lâche-t-il en souriant. Il admet par ailleurs qu’il se méfie de tout ce qui touche au numérique. « En Algérie, dans ma région, des jeunes se sont suicidés à cause d’un jeu vidéo. Je ne veux pas que mes enfants jouent à ça. »

   


Créer des liens localement
La Serre compte pourtant sur le jeu vidéo pour créer des liens avec les habitants du quartier. Le « Gamelab » permet de tester des jeux vidéo auprès d’utilisateurs potentiels. Les chercheurs ont ainsi travaillé avec une école basée à Ronchin, près de Lille.
Stéphane André, directeur de Rubika, voudrait renouveler cette expérience avec des écoles locales. « On aimerait vraiment que les élèves de l’école soient des passeurs, qu’ils échangent autour de leur projet, explique-t-il. Je pense qu’on peut mieux faire, on a eu une phase d’installation, maintenant on doit partager. » Stéphane André souhaite par ailleurs mettre en place un système de bourses pour aider des étudiants du cru à financer les 8 000 euros de frais de scolarité annuels à Rubika.
Aristote, élève en troisième année à Supinfocom, la filière animation, est fier d’avoir pu participer à l’organisation de différents événements. « On a déjà exposé nos œuvres à la bibliothèque et au Musée de Valenciennes, je me souviens d’un petit garçon qui était comme un fou, il voulait tout voir, » raconte-t-il en souriant. Pour des projets, les étudiants doivent par ailleurs souvent échanger avec des habitants ou des entreprises locales. Mais Odilon, de la filière design, reconnaît que le temps manque pour des projets extrascolaires. « Il y a des jours où on part le matin, il fait nuit, on rentre chez nous, il fait nuit. On s’investit beaucoup dans nos études, et c’est vrai que ça laisse peu de temps pour s’ouvrir, admet ce jeune qui a fait le choix d’habiter dans un immeuble à vocation intergénérationnelle. Pour le moment, on est surtout des étudiants, mais d’autres habitants plus âgés devraient s’installer. »
Du côté des élus et des responsables de la Serre, on l’admet volontiers, l’objectif initial de ce projet n’était pas l’ouverture au grand public. « L’intention première est la création d’emplois », affirme Eric-Dominique Deburge. « Cela s’adresse à des professionnels qui veulent concrétiser un projet, explique Mélissa Bourgeois, responsable de la Serre numérique auprès de la CCI Grand Hainaut. On se voulait complémentaire par rapport à des dispositifs déjà existants, comme la Nouvelle forge avec son fab lab, plus accessible. » La CCI voudrait par ailleurs mettre en place des créneaux fixes pour accueillir le grand public, le mercredi ou le week-end par exemple.
Mais pour l’instant, certains estiment que les liens sont quand même manquants, surtout auprès d’un public parfois peu sensibilisé au numérique. A quelques centaines de mètres de la Serre se trouve la maison de quartier Beaujardin. Son directeur, ­Jérémy Pommerolle, a pris les choses en main avec d’autres acteurs locaux. « L’agglomération a pris le parti de créer un pôle d’excellence, ils n’avaient pas besoin d’un public. » Avec son équipe, et l’aide de l’association Hors cadre, ils ont monté un projet pour tourner une vidéo au sein de la Serre.

   


Prothèses en 3D
« On a été très bien reçu, explique Ilies Mahmmed, l’animateur qui a encadré le projet. On a fait une journée de préparation avec sept jeunes, et ensuite on est allés tourner sur place. » Ayoub, 12 ans, faisait partie du projet : « On voulait être renseigné sur ce qu’ils faisaient. » Mais Adam, lui, peine un peu à se souvenir, il se concentrait surtout sur le tournage. « Mais si, l’interpelle Ayoub, rappelle-toi, ils nous ont montré des prothèses pour les dents imprimées en 3D ! » Les collégiens ont rapporté en souvenir un petit personnage de Dark Vador rouge fabriqué par une des imprimantes 3D de la Serre.
« Avez-vous entendu parler de la Serre numérique ? Pensez-vous qu’elle donne de la valeur à votre quartier ? Etes-vous intéressé pour une future collaboration ? »
Dans le même temps, ils ont fait, avec le comité d’usagers du quartier et le conseil citoyen, une enquête auprès des habitants. « Avez-vous entendu parler de la Serre numérique ? Qu’en savez-vous ? Est-ce que vous pensez que la Serre numérique donne de la valeur à votre quartier ? Etes-vous intéressé pour une future collaboration ? » Voilà les questions auxquelles les habitants du quartier ont répondu, ainsi que d’autres, sur leur usage du numérique. La maison de quartier est en train de restituer les informations collectées. « Nous allons proposer aux différents acteurs de faire une table ronde au premier trimestre 2018 pour envisager des collaborations. » Pour Jérémy Pommerolle, les habitants attendent des choses concrètes qui pourraient avoir un impact sur leur quotidien : comment s’approprier le numérique par exemple.
En attendant, une nouvelle employée responsable du numérique a été embauchée à la maison de quartier. C’est là que les habitants peuvent venir suivre une formation informatique et pourront bientôt accéder à une borne pour pouvoir imprimer des documents administratifs.

Participez à « O21 / S’orienter au 21e siècle »
Pour aider les 16-25 ans, leurs familles et les enseignants à se formuler les bonnes questions lors du choix des études supérieures, Le Monde organise la seconde saison d’« O21 / S’orienter au 21e siècle », avec cinq dates : après Nancy (vendredi 1er et samedi 2 décembre 2017, au centre Prouvé), rendez-vous à Lille (vendredi 19 et samedi 20 janvier 2018, à Lilliad), à Nantes (vendredi 16 et samedi 17 février 2018, à la Cité des congrès), à Cenon, près de Bordeaux (vendredi 2 et samedi 3 mars 2018, au Rocher de Palmer) et à Paris (samedi 17 et dimanche 18 mars 2018, à la Cité des sciences et de l’industrie).
Dans chaque ville, les conférences permettront au public de bénéficier des analyses et des conseils, en vidéo, d’acteurs et d’experts, et d’écouter et d’échanger avec des acteurs locaux innovants : responsables d’établissements d’universités et de grandes écoles, chefs d’entreprises et de start-up, jeunes diplômés, etc. Des ateliers sont aussi prévus.
Il reste des places pour participer à O21 Lille ! Pour toutes les villes, les inscriptions se font gratuitement via ce lien.

        Lire aussi :
         

                En images : les temps forts d’O21, nos conférences pour s’orienter au 21e siècle, à Nancy



Pour inscrire un groupe de participants, merci d’envoyer un e-mail à education-O21@lemonde.fr. L’éducation nationale étant partenaire de l’événement, les lycées peuvent organiser la venue de leurs élèves durant le temps scolaire.





                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-8"> ¤ Sur l’immense espace dédié aux startups du CES à Las Vegas, deux jeunes sociétés françaises ont développé des systèmes d’observations de l’espace très prometteurs.
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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-9"> ¤ Située au centre du pays, Nagpur entend devenir un modèle de « smart city » pour, à terme, rivaliser avec les grands centres industriels et commerciaux que sont Bombay et Hyderabad.
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En Inde, la ville de Nagpur rêve de revanche

Située au centre du pays, Nagpur entend devenir un modèle de « smart city » pour, à terme, rivaliser avec les grands centres industriels et commerciaux que sont Bombay et Hyderabad.



Le Monde
 |    13.01.2018 à 15h00
 • Mis à jour le
14.01.2018 à 06h38
   





                        



                                


                            

Elle incarnait jusqu’ici le rêve du retraité indien, avec son climat tempéré, ses jardins luxuriants et sa circulation automobile perpétuellement fluide. Avec son image romantique de capitale des oranges, aussi. Mais Nagpur a d’autres ambitions. Avec ses 2,7 millions d’habitants, cette ville tranquille, située au fin fond de l’Etat du Maharashtra mais au centre géographique exact de l’Inde, s’est mis en tête de devenir une nouvelle Bombay, la capitale commerciale de l’Inde qu’elle jalouse depuis des générations.

Des pelleteuses sont en train d’éventrer ses deux artères principales pour laisser place à des piles de pont qui se dressent peu à peu vers le ciel, sous l’œil des ingénieurs français de Systra et d’Egis, chargés de la maîtrise d’œuvre. Ces immenses colonnes de béton armé porteront, fin 2019, deux lignes de métro aérien alimentées à l’énergie solaire.
L’infrastructure semble démesurée. Elle ne marque pourtant que le coup d’envoi d’un projet encore plus fou porté par la municipalité de droite, celui de rendre la ville « intelligente ». « Nous avons adopté une nouvelle politique urbaine, qui va nous permettre de construire des logements, des écoles, des hôpitaux et une offre de mobilité multimodale unique en Inde, le tout avec des technologies de pointe et un respect absolu de l’environnement », explique Ramnath Sonawane, responsable de ce dossier à la mairie.
Damer le pion aux deux « Silicon Valley » du pays
Ce dernier n’hésite pas à évoquer le roi Bakht Buland Shah, fondateur de Nagpur en 1703, qui buvait, paraît-il, l’eau de la rivière Nag. Trois siècles plus tard, le cours d’eau qui traverse la ville est un cloaque bordé de bidonvilles qui y déversent leurs eaux usées. « Nous allons le dépolluer, l’approfondir et nous réapproprier ses berges, avec des jardins sur 17 kilomètres », assure Ramnath Sonawane.
L’ancienne capitale des Provinces centrales du Raj britannique a été retenue comme l’une des...



                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-10"> ¤ Chronique. Deux millions de Brésiliens ont créé leur petite entreprise sans l’aide de personne. Selon l’Institut brésilien de la statistique, entre juin et août 2017, 70 % des offres d’emploi émanaient du marché informel.
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Sao Paulo : des gâteaux à la lavande contre la crise

Chronique. Deux millions de Brésiliens ont créé leur petite entreprise sans l’aide de personne. Selon l’Institut brésilien de la statistique, entre juin et août 2017, 70 % des offres d’emploi émanaient du marché informel.



Le Monde
 |    13.01.2018 à 12h13
    |

            Claire Gatinois (Sao Paulo, correspondante)








                        



                                


                            

Le jour de son licenciement, Vera Gouveia, 45 ans, est rentrée dans son petit appartement du quartier branché Vila Madalena, à Sao Paulo, au Brésil, le cœur serré. Nous sommes à la fin de l’année 2015, la quadragénaire vient, malgré un diplôme universitaire en administration financière, grossir les chiffres d’un chômage hors norme (plus de 13 %) provoqué par l’une des pires récessions du pays.
Mais elle ne se laisse pas envahir par la « saudade » – la nostalgie – d’une prospérité évanouie. Poussée par son entourage, l’élégante Pauliste se met aux fourneaux quatre mois après sa déconvenue, pour vendre d’étonnants gâteaux à la lavande qui font le bonheur de ses proches. « Tout le monde me poussait à le faire, même avant que je ne sois au chômage ! », raconte l’entrepreneuse, jointe par téléphone. Aujourd’hui, Vera Gouveia parvient à se verser un salaire convenable de 2 000 à 3 000 reais (de 515 à 775 euros), soit deux fois le smic brésilien, et compte ouvrir une boutique.
« Ça stimule la solidarité »
Deux millions de Brésiliens ont, comme elle, décidé de faire mentir la crise, rapportait le 5 janvier le quotidien économique Valor. Métallos devenus coiffeurs, ingénieurs reconvertis en chauffeurs Uber, experts en marketing désormais cuistots… Tous ont créé leur petite entreprise sans l’aide de personne. Selon l’Institut brésilien de la géographie et de la statistique (IBGE), entre juin et août 2017, 70 % des offres d’emploi émanaient du marché informel. Un chiffre illustre cette tendance : en octobre 2017, souligne Valor, 500 000 personnes travaillaient pour Uber contre 50 000 un an plus tôt. Une débrouillardise à la brésilienne qui aurait contribué à faire reculer le chômage de 13,7 %, à son apogée au premier trimestre de 2017, à 12 % en novembre de la même année.
Mais la capacité des ex-chômeurs à se réinventer, quitte à oublier leur diplôme, trahit aussi la brutalité d’un marché du travail peu protecteur. « La...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-11"> ¤ Cinq présidents de région et plusieurs élus ont accompagné leurs start-up au CES. La délégation française s’affiche comme la deuxième plus importante du salon.
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Les régions françaises investissent le Consumer Electronics Show de Las Vegas

Cinq présidents de région et plusieurs élus ont accompagné leurs start-up au CES. La délégation française s’affiche comme la deuxième plus importante du salon.



Le Monde
 |    13.01.2018 à 12h10
    |

            Vincent Fagot (Las Vegas (Nevada)








                        



                                


                            

Arrivé mercredi 10 janvier en fin de journée à Las Vegas, Hervé Morin, président de la région Normandie, en est reparti vendredi après-midi. Il n’aura passé qu’un peu plus d’une journée pleine sur place. L’élu a pourtant éprouvé cette année, pour la première fois, le besoin de se rendre au Consumer Electronics Show (CES), grand-messe mondiale de l’électronique grand public, pour soutenir les start-up normandes qui y exposent. Il est loin d’être une exception.
Valérie Pécresse pour l’Ile-de-France, Renaud Muselier pour la région Provence-Alpes-Côte d’Azur, Alain Rousset pour la Nouvelle-Aquitaine, et Jean Rottner pour le Grand Est ont également fait le déplacement, sans compter les régions qui ont envoyé des membres de premier plan de leur exécutif. Jamais l’échelon régional n’a semblé aussi fortement représenté dans ce salon, où l’on voyait surtout jusque-là défiler les membres du gouvernement ou les candidats à la présidentielle en quête d’une crédibilité « geek », comme François Fillon en 2017.

Cette présence massive se réduit-elle à une simple volonté d’affichage politique ? Même si certains exposants évoquent la propension des élus à multiplier les selfies sur les stands, ce serait réducteur de la résumer à cela. En amont du CES, les régions se sont largement mobilisées pour préparer ce rendez-vous et aider leurs pépites à y arriver dans les meilleures dispositions.
Engagées financièrement avec elles, en prenant en charge tout ou partie des frais de déplacement, de logement, et de location des stands, les régions, ont opéré la sélection des entreprises qu’elles souhaitaient accompagner. Le plus souvent, elles les ont également préparées, pour s’assurer notamment qu’elles sauraient « pitcher » en anglais ou répondre aux sollicitations des médias internationaux…
Représentation en force
Des voyages préparatoires ont même été organisés. La région Grand Est qui avait fait venir en 2017 une délégation d’entreprises visiteuses...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-12"> ¤ L’inflation a dépassé 2 610 % en 2017. Et la hausse des prix devrait être tout aussi vertigineuse en 2018.
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Au Venezuela, l’hyperinflation pose la question de confiance

L’inflation a dépassé 2 610 % en 2017. Et la hausse des prix devrait être tout aussi vertigineuse en 2018.



Le Monde
 |    13.01.2018 à 11h55
    |

            Marie Charrel








                        



                                


                            

Chronique. L’ampleur d’une telle flambée est difficilement concevable de ce côté-ci de l’Atlantique. Selon les chiffres publiés mardi 8 janvier par l’Assemblée nationale du Venezuela, où domine l’opposition au gouvernement de Nicolas Maduro, l’inflation dans le pays a dépassé les 2 610 % en 2017. Une estimation en ligne avec celle des économistes, dont ceux du Fonds monétaire international (FMI), qui tablent sur une hausse toute aussi vertigineuse en 2018. Toujours selon l’opposition, les prix ont flambé de plus de 85 % sur le seul mois de décembre.

L’économie vénézuélienne, frappée par la baisse passée des cours du pétrole, la corruption, le dysfonctionnement des institutions, est en pleine déroute. Le contrôle des changes et les pénuries font flamber les étiquettes. L’épargne des ménages est laminée. Les salariés ignorent ce que leur paie leur permettra d’acheter le mois suivant. Désespérés, certains Vénézuéliens achètent des bitcoins pour se débarrasser de leurs bolivars et tenter de préserver la valeur de leurs économies.
Planche à billets
Dans les années 1950, l’économiste américain Phillip Cagan a donné une définition du cauchemar de l’hyperinflation. Selon lui, celle-ci se produit lorsque l’indice des prix grimpe de plus de 50 % par mois, pendant au moins un an. La plupart du temps, le phénomène démarre lorsqu’un gouvernement finance ses déficits en utilisant la création monétaire de façon abusive, en imprimant massivement des billets.

L’offre de billets devient alors excessive au regard des besoins de l’économie, ce qui fait baisser la valeur de la monnaie et fait grimper les prix – surtout si cela se conjugue avec des pénuries. Lorsque les citoyens réalisent que le gouvernement, accro, ne dépend plus que de cette technique pour remplir ses caisses, la confiance dans la monnaie s’effondre un peu plus encore. C’est ce que l’on a observé dans les années 1920, lorsque l’Allemagne a massivement fait...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-13"> ¤ Le 11 janvier, le baril de brent a brièvement dépassé le seuil des 70 dollars. Un niveau plus atteint depuis décembre 2014.
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Les investisseurs ont retrouvé le goût pour le pétrole

Le 11 janvier, le baril de brent a brièvement dépassé le seuil des 70 dollars. Un niveau plus atteint depuis décembre 2014.



Le Monde
 |    13.01.2018 à 11h53
    |

            Jean-Michel Bezat








                        



                                


                            

Chronique. Intercontinental Exchange, Londres, jeudi 11 janvier, 16 heures : le baril de brent de la mer du Nord passe brièvement le seuil des 70 dollars (57,70 euros). Les investisseurs ont retrouvé le goût de l’or noir. Il y a six mois, quel tradeur aurait imaginé un redressement aussi rapide des cours ? Il faut remonter à décembre 2014 pour retrouver le baril à ce niveau.
En six mois, le brent a gagné 25 dollars (+ 50 %). Oubliées les affres de janvier 2016, quand le pétrole avait plongé sous les 30 dollars…

Pour l’heure, les prix restent soutenus par des tensions géopolitiques, notamment au Moyen-Orient. Qu’il s’agisse de l’incertitude sur les sanctions américaines contre l’Iran, des troubles sociaux au sein de la République islamique, de la guerre au Yémen, des tensions entre l’Arabie saoudite et le Qatar.
Correction imminente
Les analystes mettent également en avant une demande robuste soutenue par la vague de grand froid qui s’est abattue sur l’Amérique du Nord, dans un contexte de rééquilibrage entre la production et la consommation. Et la poursuite de la baisse des stocks de brut aux Etats-Unis.
Etonnés par la flambée des prix, jusqu’à 70 dollars, certains analystes préviennent que la correction à la baisse est imminente. Elle a commencé vendredi. Leur argumentaire ? Les cours ont été boostés en novembre et décembre par des facteurs conjoncturels : arrêt de la production en mer du Nord et en Libye, tensions liées à l’arrestation de membres de la famille royale en Arabie saoudite, premier exportateur mondial.
Traditionnellement, la demande de pétrole recule à la fin de l’hiver. Les surplus de production reviendront au premier semestre (avant de se réduire au second) et les stocks américains, en baisse, vont à nouveau gonfler, prévoient l’Agence internationale de l’énergie (AIE) et l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP).
Le marché est « bullish »
Il reste que le sentiment...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-14"> ¤ Les investisseurs continuent de se tourner vers les actions, en raison de la faible rentabilité des autres classes d’actifs.
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Les marchés commencent l’année sur les chapeaux de roue

Les investisseurs continuent de se tourner vers les actions, en raison de la faible rentabilité des autres classes d’actifs.



Le Monde
 |    13.01.2018 à 11h51
    |

                            Emmanuel Schafroth








                        



                                


                            

Confiance ! Voici le mot-clé qui définit sans doute le mieux ce début d’année boursière 2018. Grâce au raffermissement de la croissance mondiale, l’optimisme qui semble solidement installé, tant chez les consommateurs que chez les entreprises, se propage aux investisseurs, du moins sur le Vieux Continent : l’indice de confiance des investisseurs européens, calculé tous les mois par State Street, a ainsi grimpé de 16 points en décembre 2017, à 96,9 points.
Après avoir bouclé un bon millésime 2017, les actions ont abordé d’un bon pas la nouvelle année, à l’exemple de notre CAC 40 national. L’indice de la Bourse parisienne, après un léger repli (– 0,45 %) le 2 janvier, a ainsi enchaîné cinq séances consécutives de hausse, avant de refluer légèrement mercredi 10 janvier. Depuis le début de l’année, le CAC 40 gagne déjà 3,85 % et il est revenu toucher le niveau symbolique des 5 500 points.
Le CAC 40, créé en 1987 sur une valorisation de départ de 1 000 points, avait dépassé ce seuil pour la première fois le 6 décembre 1999, en pleine effervescence autour des valeurs Internet, avant de le refranchir à la baisse en juin 2001, alors que la bulle se dégonflait rapidement. Il l’avait ensuite retrouvé le 14 décembre 2006, avant de retomber sous les 5 500 points, et pour longtemps.
Les actions des pétrolières ont légèrement reflué en 2017
Depuis lors, le CAC 40 n’est venu toucher ce niveau qu’à l’occasion de 12 séances boursières : huit en 2017 et quatre en ce début janvier 2018. Le fait qu’il retrouve des plus hauts décennaux ne manquera pas d’alimenter les craintes de ceux qui prévoient un krach boursier en 2018.
Mais cette poursuite de la hausse des actions est-elle vraiment si « folle » qu’elle en a l’air ? Pas si sûr. Bien que très imparfait, le PER (Price Earning Ratio) ou ratio cours/bénéfices est un indicateur souvent utilisé pour mesurer la valorisation des actions, car il est simple à comprendre. Un PER de 15 signifie...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-15"> ¤ Lagardère, Mondadori et Marie Claire, confrontés au déclin du marché, discutent de l’avenir de leurs titres.
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Magazines en France : remue-ménage en vue

Lagardère, Mondadori et Marie Claire, confrontés au déclin du marché, discutent de l’avenir de leurs titres.



Le Monde
 |    13.01.2018 à 11h29
 • Mis à jour le
14.01.2018 à 06h37
    |

            François Bougon et 
Alexandre Piquard








                        



                                


                            

Tout n’est que bruits et rumeurs. Début janvier, un site italien a fait état de négociations concernant le marché français menées par trois groupes de presse de magazine : Lagardère Active (Elle, Télé 7 Jours…), Marie Claire (Marie Claire, Cosmopolitan…) et l’italien Mondadori (Closer, Biba, Grazia, Science & Vie…). « Ménage à trois », titrait le Milano Finanza, en évoquant un projet de rapprochement avec une société commune, qui pourrait voir le jour d’ici à fin 2018.
Une telle joint-venture viserait à réduire, en les mutualisant, les coûts de distribution, voire de gestion des abonnements, de comptabilité ou de régie publicitaire. La presse italienne imagine une possible cotation en Bourse, ce qui pourrait permettre à terme à certains des partenaires de se désengager. Si l’on prend en compte tous les titres, un tel groupe générerait un chiffre avoisinant le milliard d’euros.
Pour Jérôme Bodin, analyste média chez Natixis, « cette opération aurait beaucoup de sens d’un point de vue industriel. Elle permettrait la création d’un leader beaucoup plus solide. Le nouveau groupe serait plus fort pour faire face à la concurrence des acteurs du numérique, notamment sur certaines cibles clefs telles que les femmes. »
Pas de confirmation
Cependant, le scénario d’une telle structure commune n’est pas confirmé. Aucun des trois groupes concernés ne commente les hypothèses évoquées dans la presse. Deux sources proches du dossier les jugent même improbables. Il n’en demeure pas moins que des discussions ont lieu entre Lagardère, Mondadori et Marie Claire, dont Lagardère est actionnaire à 42 %.
Des contacts existent en fait d’assez longue date, depuis au minimum fin 2015 : à cette époque, la mise en vente de certains magazines de Lagardère Active, Télé 7 Jours, France Dimanche et Ici Paris, avait donné lieu à des...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-16"> ¤ Une nouvelle ligne électrique souterraine, qui relie Lorient à Saint-Brieuc, inaugurée samedi, devrait contribuer à stabiliser le réseau breton.
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En Bretagne, le courant passe mieux

Une nouvelle ligne électrique souterraine, qui relie Lorient à Saint-Brieuc, inaugurée samedi, devrait contribuer à stabiliser le réseau breton.



Le Monde
 |    13.01.2018 à 11h22
    |

                            Nabil Wakim








                        



   


La Bretagne ne sera bientôt plus une péninsule, au moins sur le plan énergétique. Samedi 13 janvier doit être inaugurée une ligne électrique souterraine de 76 kilomètres, qui relie Lorient à Saint-Brieuc, en présence de l’ancien président de la région Jean-Yves Le Drian et de la secrétaire d’Etat à la transition écologique et solidaire, Brune Poirson.
Ce « filet sécurité Bretagne » devrait permettre de limiter la fragilité électrique de la région, en la traversant du nord au sud. Le Bretagne est dans une situation paradoxale : alors qu’elle connaît une hausse continue de sa consommation – quatre fois plus que le reste du pays – la région importe 86 % de son électricité d’autres régions. Ce sont notamment la centrale nucléaire de Flamanville (Manche), en Normandie, et la centrale au charbon de Cordemais, en Loire-Atlantique, qui apportent la fée électricité aux Bretons.
Alertes par mail ou par SMS lors des pics de consommation
Une situation qui inquiète depuis longtemps les élus locaux et RTE, le gestionnaire du réseau de transport d’électricité. C’est notamment en Bretagne que RTE a mis en place depuis 2008 le système EcoWatt. Cette application envoie des alertes par mail ou par SMS lors des pics de consommation, le matin ou en début de soirée, sur le modèle des journées rouges de Bison futé, afin d’inviter les Bretons à faire attention. Par exemple en décalant l’utilisation du lave-linge ou du sèche-linge de quelques heures, pour permettre au réseau de tenir la charge. « Cela a un impact sur 1,5 % à 2 % de la consommation, ce qui n’est pas négligeable », se félicite-t-on chez RTE.
Après six ans d’études et de travaux et 120 millions d’euros d’investissement, cette nouvelle ligne devrait contribuer à stabiliser le réseau breton. Surtout, elle pourra aussi accueillir plus facilement l’électricité produite par les énergies renouvelables, qui assurent une écrasante majorité de la maigre production électrique de Bretagne, et plusieurs projets sont en cours de développement, en particulier dans l’éolien en mer, où le potentiel est très important.
Mais plusieurs des parcs éoliens prévus depuis plus de six ans au large de Saint-Nazaire ou de Saint-Brieuc accusent des retards conséquents. Au mieux, des éoliennes offshore commenceront à y produire de l’électricité en 2021. Et même ainsi, la production électrique bretonne restera très largement insuffisante pour couvrir les besoins régionaux.



                            


                        

                        


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Compte rendu

En Tunisie, la crise économique et sociale s’éternise

Les hausses d’impôt de 2018 ont mis le feu aux poudres dans un pays où l’inflation est élevée et où 30 % des jeunes sont sans emploi.

Charlotte Bozonnet
    



LE MONDE ECONOMIE
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        Le 13.01.2018 à 11h14

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        Mis à jour le 13.01.2018 à 14h55






    
Manifestation, à Tunis le 12 janvier, contre la hausse de la TVA et la mise en place de taxes sur des produits alimentaires de base.
Crédits : SOFIENE HAMDAOUI / AFP


Manifestations, arrestations, échauffourées : la contestation a éclaté en Tunisie en janvier, à la suite du vote de la loi de finances 2018. « Les gens se sentaient appauvris mais sans pouvoir désigner de responsable. Le budget a été un déclencheur », souligne Michaël Ayari, spécialiste de la Tunisie à l’International Crisis Group (ICG), un centre de recherche.
Adoptée le 9 décembre 2017 par l’Assemblée des représentants du peuple, la loi prévoit une augmentation de la TVA d’un point, mais aussi des hausses de taxes sur certains produits essentiels. L’alourdissement général de la fiscalité intervient dans un contexte déjà marqué par une inflation galopante (6 %), qui a érodé le pouvoir d’achat des Tunisiens, et par un taux de chômage très élevé (30 % chez les jeunes). Sept ans après la révolution, « le pays n’a pas réussi à proposer un nouveau modèle de développement », résume Michaël Ayari.
La situation économique n’a cessé de se dégrader. « L’activité est faible, l’emploi est bas, les tensions sociales persistent, la composition des dépenses s’est détériorée, et les déséquilibres extérieurs sont prononcés », listait le Fonds monétaire international (FMI) dans un de ses derniers rapports (mai 2016). L’instabilité sociale et la menace terroriste ont frappé de plein fouet les secteurs du tourisme et de l’industrie extractive, découragé les investissements tandis que l’économie parallèle – donc non soumise à l’impôt – a explosé. Le déficit budgétaire s’élève à 6 % du PIB, la dette publique à 70 % du PIB, la croissance stagne à environ 2 % tandis que le déficit commercial a atteint un niveau record.
Concurrence de l’Asie
En 2010, à la veille du soulèvement contre la dictature de Ben Ali, le pays est pourtant stable économiquement, salué même comme un « bon élève » par les institutions internationales et les partenaires étrangers. La croissance du régime est alors assurée par le tourisme, les phosphates, le textile, mais aussi les industries mécaniques et électriques. Le pays jouit d’un bon niveau d’investissements directs étrangers (IDE), et dispose aussi des transferts d’argent des Tunisiens travaillant à l’étranger. L’envers du décor est moins reluisant. « En réalité, l’économie s’était affaiblie dès 2008 [le début de la crise en Europe, son principal partenaire], rappelle l’économiste Radhi Meddeb, qui poursuit : Surtout, la croissance était de mauvaise qualité, très inégalitaire et non créatrice d’emplois. »
La politique économique développée à partir des années 1990 est celle de la main-d’œuvre bon marché destinée à rendre la Tunisie compétitive en matière d’exportations, principalement dans le textile – même si, à partir des années 2000, elle subit la concurrence d’autres pays, devenus moins chers, notamment en Asie. Le modèle fonctionne parce qu’il est porté par un pouvoir autoritaire. L’Union générale tunisienne du travail (UGTT), la centrale syndicale, assure aux travailleurs quelques augmentations et maintient le système en ordre. « Mais un tel fonctionnement n’est possible que dans le cadre d’un régime dur », souligne Michaël Ayari.
Avec la révolution, la parole se libère, y compris au sein des entreprises. Les travailleurs n’acceptent plus les conditions qui leur sont faites. Les grèves se multiplient, de même que les sit-in pour obtenir des emplois de fonctionnaires. Mais là où l’Etat bénaliste répondait aux velléités de revendications par la répression, les gouvernements post-2011 vont « acheter la paix sociale : l’Etat a embauché massivement », rappelle l’analyste d’ICG. La masse salariale de la fonction publique passe de 7 milliards de dinars (2,35 milliards d’euros) en 2010 à 15 milliards en 2018.
Lourdeurs bureaucratiques
L’Etat doit aussi faire face à la charge de son endettement croissant auprès des banques et des partenaires étrangers, et financer un coûteux système de subventions aux produits de base. La dette tunisienne grimpe et la monnaie, le dinar, perd de sa valeur depuis plusieurs années (– 20 % en 2017 par rapport à l’euro). Principale conséquence : Tunis a moins d’argent pour financer des projets de développement, notamment dans les régions de l’intérieur enclavées, historiquement marginalisées et en première ligne dans les contestations. Quant au flux d’investissements directs étrangers (IDE), il a reculé de plus de 40 % depuis 2012.
L’un des obstacles au dynamisme économique réside dans la lourdeur de la bureaucratie. La Tunisie reste une économie fermée, les autorisations administratives sont difficiles à obtenir, de même que l’accès au financement pour les PME. « Changer de modèle implique de modifier les conditions de production et de distribution de la richesse. Toute réforme a des gagnants et des perdants. Aujourd’hui, les potentiels perdants sont ceux qui profitaient du système antérieur. Ils sont puissants et très mobilisés », analyse l’économiste Radhi Meddeb.
Le chef de gouvernement, Youssef Chahed, nommé en août 2016, a été perçu plutôt positivement à ses débuts. Il a par exemple lancé une grande opération de lutte contre la corruption. Mais sa marge de manœuvre semble limitée. Le FMI, qui a octroyé en juin 2017 une nouvelle tranche d’aide de 314,4 millions de dollars (257,7 millions d’euros), exige en échange un certain nombre de réformes pour réduire les dépenses. M. Chahed fait surtout face à de fortes pressions politiques. La Tunisie est dirigée par une coalition de deux grands partis rivaux, Nidaa Tounes (dit « moderniste ») et Ennahda (islamiste). Cette stratégie du consensus a permis au pays d’avancer dans son processus de démocratisation, mais pas de répondre aux exigences économiques exprimées en 2011. « L’économie, ce n’est pas seulement de la technique, ce sont des arbitrages au service d’une vision politique. Comment deux partis aussi différents pourraient-ils se mettre d’accord sur un programme ? », interroge M. Meddeb.


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-18"> ¤ Le salon international de l’auto, qui commence lundi, va être le théâtre d’une bataille des gros 4 × 4 urbains, dont les Etats-Unis raffolent toujours autant.
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Automobile : au salon de Detroit, les constructeurs américains roulent des mécaniques

Le salon international de l’auto, qui commence lundi, va être le théâtre d’une bataille des gros 4 × 4 urbains, dont les Etats-Unis raffolent toujours autant.



Le Monde
 |    13.01.2018 à 11h00
 • Mis à jour le
14.01.2018 à 17h39
    |

                            Éric Béziat (Detroit, envoyé spécial)








                        



                                


                            

F-150 contre Silverado, Ram contre Ranger, Cherokee contre Frontier… Le grand salon automobile nord-américain, qui ouvre ses portes dimanche 14 janvier à Détroit (Michigan), devrait être plus que jamais cette année le théâtre d’une bataille de gros véhicules. Camionnettes à plateau – les pick-up emblématiques de l’Amérique –, minivans superspacieux, 4 × 4 de ville surdimensionnés seront les vedettes du Naias (North American International Auto Show), bien plus que les petites électriques ou les concepts de navettes partagées zéro émission.

Retour aux bases en quelque sorte pour les constructeurs qui jouent des coudes sur le marché nord-américain, à commencer par les géants locaux : General Motors, premier vendeur de voitures aux Etats-Unis avec ses six marques américaines (dont Chevrolet, Buick, Cadillac…), Ford, le numéro deux, et Fiat Chrysler Automobiles (FCA) qui se contente depuis plusieurs années de la quatrième place, la troisième marche du podium étant occupée durablement par Toyota.
Cette propension des marchands de voiture à aligner les gros cubes au catalogue de leurs nouveautés a des raisons avant tout économiques. Ce sont ces segments-là qui ont sauvé les constructeurs d’une chute sévère du marché en 2017. Ce dernier a reculé de 1,8 % par rapport à 2016 – une première depuis la crise de 2009 – mais il est parvenu à se maintenir à un niveau historiquement haut : 17,2 millions de voitures vendues l’an dernier.
« L’engouement mondial »
Si le marché automobile nord-américain fait globalement grise mine, c’est d’abord à cause de la bérézina des berlines. Ce que l’on appelle outre-Atlantique les « cars » – qui ne sont donc ni des « trucks », ni des « minivans » ni des « sport utility vehicles (SUV) » – n’ont plus la cote chez l’Américain moyen. Qu’on en juge : 50 % de baisse des ventes pour les berlines tricorps Buick, – 23 % pour les Lexus, – 16 % pour les Chevrolet, – 10 % pour les Toyota.
« Nous assistons en...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-19"> ¤ Editorial. La contamination à la salmonelle provoquée par les produits du groupe laitier illustre les failles actuelles de la sécurité sanitaire.
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Lactalis : « Il faut renforcer les ­contrôles et les sanctions »

Editorial. La contamination à la salmonelle provoquée par les produits du groupe laitier illustre les failles actuelles de la sécurité sanitaire.



Le Monde
 |    13.01.2018 à 10h24
 • Mis à jour le
14.01.2018 à 16h13
   





                        


Editorial du « Monde ». Alors que la crise du lait infantile menace de s’étendre en Europe – un cas de salmonellose vient d’être détecté en Espagne, un autre suspecté en Grèce –, Bruno Le Maire a tapé du poing sur la table. Vendredi 12 janvier, après avoir convoqué Emmanuel Besnier, le toujours invisible président de Lactalis, le ministre de l’économie a annoncé que le leader mondial du lait devra reprendre tous les produits laitiers infantiles fabriqués sur son site de Craon (Mayenne), « quelle que soit leur date de fabrication, dans tous les lieux de commercialisation, en particulier la grande distribution et les pharmacies ». Le précédent rappel, qui courait à partir de février 2017, a été élargi. Pour autant, M. Le Maire a écarté une fermeture du site de Craon, où 250 salariés sur 327 sont déjà au chômage technique.

        Lire aussi :
         

                Emmanuel Besnier, le PDG invisible de Lactalis aux méthodes musclées



Révélée début décembre 2017, la contamination à la salmonelle provoquée par les produits de Lactalis – à la date du 9 janvier, en France, 37 nourrissons, âgés de 2 semaines à 9 mois, ont été atteints de salmonellose – est à l’origine de scandales à la chaîne. Le premier responsable est évidemment Lactalis, une entreprise opaque qui ne fait pas de quartier à ses concurrents et pratique le culte du secret, au point de ne pas publier ses comptes. Face au refus du géant agro­alimentaire de retirer les produits contaminés, M. Le Maire a suspendu, le 9 décembre, la commercialisation de ses laits infantiles. Lactalis fait l’objet d’une enquête préliminaire du parquet de Paris pour « blessures involontaires », « mise en danger de la vie d’autrui », « tromperie aggravée par le danger pour la santé humaine » et « inexécution d’une procédure de retrait ou de rappel d’un produit ».
Sous-estimation de la gravité de la crise
Mais le scandale sanitaire a fait tache d’huile. Les dysfonctionnements ont aussi touché la grande distribution. Au lendemain des Etats généraux de l’alimentation, qui avaient pour but de rétablir la confiance avec les consommateurs, tous les distributeurs, de Carrefour à Auchan en passant par Leclerc et Système U, qui avaient bien géré le retrait des œufs contaminés au fipronil, ont reconnu des défaillances. Toutes les chaînes ont continué à vendre des produits contaminés après leur rappel. Certaines enseignes ont tenté de se justifier, évoquant la période des fêtes, qui n’a pas permis de se concentrer sur les laits infantiles, ou encore une inflation incompréhensible dans les procédures de retrait. Le président d’Intermarché, Thierry Cotillard, s’en est pris à l’« amateurisme » de Lactalis, qui, la main sur le cœur, multiplie les excuses…
L’Etat a pris ses responsabilités. La direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) a effectué, depuis le 26 décembre, 2 500 contrôles et en a programmé autant la semaine prochaine, pour vérifier la disparition des produits contaminés des rayons et des stocks. Mais des responsables politiques ont jugé que la DGCCRF, en raison d’une baisse de son budget et de son personnel, n’avait pas les moyens de jouer pleinement son rôle de surveillance.

        Lire aussi :
         

                Ce qu’il faut retenir de l’affaire du lait contaminé Lactalis



Cette chaîne de dysfonctionnements résulte aussi d’une sous-estimation de la gravité de la crise, comme si on n’avait pas mesuré les effets de contamination d’un produit aussi sensible que le lait pour nourrisson. Parce que la sécurité sanitaire n’a pas de prix, il faudra renforcer les ­contrôles et les sanctions pour que de tels scandales ne se reproduisent pas. En toute transparence.



                            


                        

                        


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Lactalis, sécurité routière, Tunisie : les actualités à retenir cette semaine

Les Décodeurs résument, pour les lecteurs de « La Matinale du Monde », l’essentiel de l’actualité de ces derniers jours.



Le Monde
 |    13.01.2018 à 06h41
    |

                            Les Décodeurs








                        



   


Lait contaminé : Lactalis et les distributeurs sur la sellette
Lactalis s’est engagé à reprendre tous les laits infantiles produits dans l’usine de Craon (Mayenne), où s’est produite une contamination aux salmonelles. Le groupe laitier était sous pression du ministre de l’économie, qui avait dénoncé de « graves dysfonctionnements » dans cette affaire. Après Leclerc, les groupes Auchan, Carrefour et Système U ont reconnu avoir commercialisé des produits Lactalis pourtant retirés de la vente en raison d’une contamination aux salmonelles, depuis le rappel, le 21 décembre, par le géant de l’agroalimentaire, de 720 lots de lait infantile. Au début de décembre, l’industriel laitier avait déjà procédé au retrait de 625 produits.
Les lots de lait retirés de la vente sont susceptibles d’entraîner la salmonellose, une infection fréquente et plutôt bénigne, mais potentiellement dangereuse pour les nourrissons. Cette affaire, qui met en difficulté le groupe Lactalis, est le dernier en date d’une série de scandales sanitaires (Fipronil, Spanghero, poulet à la dioxine…) touchant le secteur agroalimentaire.
La vitesse réduite à 80 km/h sur les routes
Edouard Philippe a annoncé mardi l’abaissement de 90 à 80 km/h de la limitation de vitesse sur les routes secondaires à double sens, dont les deux voies ne sont pas séparées par une barrière, à l’issue d’un comité interministériel de la sécurité routière, qui a adopté un plan pour faire reculer le nombre de morts sur les routes, reparti à la hausse depuis 2014.
Plusieurs autres mesures ont été annoncées :
toute personne dont le permis aura été retiré pour la deuxième fois pour alcoolémie ne pourra le récupérer qu’en équipant son véhicule d’un éthylotest antidémarrage ;
toute personne contrôlée positivement à des stupéfiants ou à un taux d’alcool dans le sang supérieur à 0,8 gramme verra son véhicule placé en fourrière pour sept jours ;les conducteurs qui commettent une infraction en téléphonant pourront se voir retirer leur permis.
Cette mesure impopulaire (60 % des Français sont contre, selon un sondage), adoptée dans plusieurs pays d’Europe, répond au constat que la plupart des accidents mortels se déroulent sur ces voies à double sens. Elle s’inscrit dans le fil d’une politique volontariste pour lutter contre la mortalité routière.
Les explications : Pourquoi abaisser la vitesse à 80 km/h ? 

La Tunisie s’enfièvre, sept ans après la chute de Ben Ali
Dans plusieurs villes tunisiennes et dans certains quartiers de la capitale, Tunis, des heurts ont opposé manifestants et forces de l’ordre depuis lundi, provoquant des centaines d’arrestations, et un homme a été tué à Tebourba en marge d’un rassemblement contre la vie chère.
Sept ans après la « révolution du jasmin » qui avait fait chuter le dictateur Ben Ali, le pays est secoué par des troubles sociaux réguliers, liés à un fort chômage de la jeunesse et à la pression fiscale.
Lire l’entretien : « En Tunisie, la contestation actuelle est un rappel à l’ordre des engagements pris durant la révolution » 
Violences faites aux femmes : une tribune qui fait réagir
Le Monde a publié dans son édition du 10 janvier une tribune signée par une centaine de femmes, dont l’actrice Catherine Deneuve et l’écrivaine Catherine Millet, revendiquant la « liberté d’importuner, indispensable à la liberté sexuelle », et dénonçant comme du « puritanisme » et un appel à la « délation » le mouvement féministe issu de l’affaire Weinstein.
La tribune : « Nous défendons une liberté d’importuner, indispensable à la liberté sexuelle »
Le texte, provocateur, a suscité de nombreuses réactions de militantes, expertes ou femmes politiques, qui ont exprimé leur mécontentement dans les colonnes du Monde et par le biais d’autres tribunes. Cette polémique a même dépassé la France et été traduite et commentée à travers le monde.
L’analyse : La « tribune de Deneuve » fait réagir au-delà des frontières
La rupture conventionnelle collective entre en vigueur
La chaîne de prêt-à-porter féminin Pimkie, appartenant au groupe Mulliez, a renoncé lundi à recourir à la rupture conventionnelle collective (RCC) pour accompagner son plan de restructuration, qui prévoit la suppression de 208 postes. Mardi, le constructeur PSA a annoncé son intention de proposer 1 300 RCC à ses employés en 2018. Plusieurs autres entreprises, comme le groupe de presse Figaro, ont aussi montré leur intérêt pour la RCC.
Ce système instauré dans les ordonnances de septembre va remplacer les actuels plans de départ volontaire ou plans de sauvegarde de l’emploi. Plus court et moins contraignant pour les employeurs, il doit être validé par un accord majoritaire des syndicats.
Le compte rendu de chat : « La rupture conventionnelle collective prive le salarié du droit au contrat de sécurisation »
Et aussi
Corée du Nord. Pyongyang a annoncé son intention de participer aux Jeux olympiques d’hiver, en février, en Corée du Sud, en signe d’apaisement entre les deux pays.Diplomatie. Emmanuel Macron a effectué une première visite d’Etat en Chine, en se montrant discret au sujet des droits de l’homme.Royaume-Uni. La première ministre britannique, Theresa May, a remanié son gouvernement.Allemagne. Le Parti social-démocrate (SPD) et les conservateurs (CDU) ont trouvé un accord de coalition, première étape pour la formation d’un nouveau gouvernement.Affaire libyenne. L’homme d’affaires Alexandre Djouhri a été arrêté dans le cadre de l’enquête sur un possible financement du régime libyen de la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy en 2007.Intempéries. Les Alpes ont été touchées par un épisode neigeux exceptionnel. Un Britannique a été porté disparu à Tignes et 13 000 touristes ont été bloqués dans la station suisse de Zermat.Etats-Unis. Les coulées de boue en Californie ont provoqué la mort de 17 personnes.Parti socialiste. Jeudi, on comptait quatre postulants, deux hésitants et zéro candidate pour le poste de premier secrétaire.Levothyrox. Vingt-trois patients, qui réclamaient que le laboratoire Merck leur fournisse l’ancienne formule du médicament, ont été déboutés par le TGI de Toulouse mercredi.Impôts. Le ministre de l’économie a assuré qu’il n’y aurait pas de nouvel impôt pour remplacer la taxe d’habitation, contrairement à ce qu’avait affirmé Jacqueline Gourault.Droits. Depuis le 1er janvier, les séropositifs ont désormais accès aux soins funéraires.Affaire Rémi Fraisse. La justice a ordonné un non-lieu sur les circonstances de la mort du militant sur le site du barrage de Sivens en 2014.Bicyclette. Le nouveau Vélib’, qui prend la suite du contrat perdu par JCDecaux à Paris, peine à s’installer, alors que le système de vélos « flottants » montre déjà ses limites.
Disparitions
Philippe Marchand. L’ancien député et ministre de l’intérieur socialiste est mort à 78 ans.Peter Preston. Le rédacteur en chef du Guardian, qui avait relancé le quotidien britannique, est mort samedi à l’âge de 79 ans.Ray Thomas. Le chanteur et flûtiste, fondateur des Moody Blues, s’est éteint dimanche en Angleterre, à 76 ans.France Gall. La chanteuse est morte dimanche à 70 ans. Son cercueil a été présenté au grand public avant une inhumation vendredi.



                            


                        

                        

