<FILE-date="2018/01/14/19">

<article-nb="2018/01/14/19-1">
<filnamedate="20180114"><AAMM="201801"><AAMMJJ="20180114"><AAMMJJHH="2018011419">
<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-1"> ¤ Photomontages injurieux, semaines de 60 heures, management pressant... plusieurs anciens salariés dénoncent les dérives du studio du français David Cage, le « Godard du pixel ».
<filname="PROF-0,2-3224,1-0,0-1"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Quantic Dream, un fleuron du jeu vidéo français aux méthodes de management contestées

Photomontages injurieux, semaines de 60 heures, management pressant... plusieurs anciens salariés dénoncent les dérives du studio du français David Cage, le « Godard du pixel ».



Le Monde
 |    14.01.2018 à 13h00
 • Mis à jour le
14.01.2018 à 16h10
    |

            William Audureau








                        



                                


                            

C’est l’un des studios de jeu vidéo français les plus connus au monde. Sa personnalité phare, David Cage, est surnommée par L’Express « le Godard du pixel ». Son plus grand succès, Heavy Rain, s’est écoulé à 5,3 millions d’exemplaires, et son prochain titre, Detroit, au budget d’une trentaine de millions d’euros, est l’un des plus attendus de 2018.
Mais derrière la réussite, la réalité au quotidien est moins reluisante. Quantic Dream, studio de création parisien spécialisé dans les aventures cinématographiques, est décrit par une quinzaine d’ex et actuels salariés interrogés par Le Monde comme une société caractérisée par une culture d’entreprise toxique, une direction aux propos et attitudes déplacés, des employés sous-considérés, des charges de travail écrasantes et des pratiques contractuelles douteuses.

Son président et fondateur David de Gruttola, dit David Cage, Légion d’honneur 2014, et son directeur général délégué, Guillaume Juppin de Fondaumière, médaille de l’ordre du mérite 2008, par ailleurs cofondateur et ancien président du Syndicat national du jeu vidéo, se disent « très surpris », « choqués » et « indignés » par ces accusations. Longuement interrogés au début de janvier dans les locaux de leur entreprise, les deux dirigeants évoquent les « élucubrations » d’anciens salariés « frustrés » qui n’ont jamais fait remonter leurs problèmes. Proches de la direction, les délégués du personnel décrivent de leur côté une entreprise bien organisée, fonctionnelle où les employés s’épanouissent.

Selon des informations du Monde, qu’ont également obtenues Mediapart et Canard PC, cinq anciens collaborateurs ont porté plainte au printemps 2017 contre Quantic Dream et l’un de ses salariés pour des photomontages dégradants. Le parquet de Paris a retenu la qualification d’« injures non publiques envers particulier »....




                        

                        


<article-nb="2018/01/14/19-2">
<filnamedate="20180114"><AAMM="201801"><AAMMJJ="20180114"><AAMMJJHH="2018011419">
<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-2"> ¤ « Ce n’est pas un péché d’avoir des doutes et des craintes. Le péché, c’est de laisser ces peurs déterminer nos réponses », a rappelé le souverain pontife.
<filname="PROF-0,2-3224,1-0,0-2"> ¤                     
                                                

Journée mondiale des migrants : le pape François lance un nouvel appel à l’hospitalité

« Ce n’est pas un péché d’avoir des doutes et des craintes. Le péché, c’est de laisser ces peurs déterminer nos réponses », a rappelé le souverain pontife.



Le Monde
 |    14.01.2018 à 11h58
 • Mis à jour le
14.01.2018 à 13h35
   





                        


Tout sauf moralisateur, le pape François a une nouvelle fois lancé, dimanche 14 janvier, un appel à l’hospitalité envers les immigrés, estimant que « le péché était de renoncer à la rencontre avec l’autre », à l’occasion de la 104e Journée mondiale des migrants et réfugiés.
« Tout immigré qui frappe à notre porte est une occasion de rencontre avec Jésus-Christ, qui s’identifie à l’étranger de toute époque accueilli ou rejeté, a déclaré le pape lors d’une messe solennelle célébrée dans la basilique Saint-Pierre de Rome. Il n’est pas facile d’entrer dans la culture des autres, de se mettre à la place de personnes si différentes de nous, de comprendre leurs pensées et leurs expériences. »
« Ce n’est pas un péché d’avoir des doutes et des craintes. Le péché, c’est de laisser ces peurs déterminer nos réponses, conditionner nos choix, compromettre le respect et la générosité, alimenter la haine et le refus », a affirmé le pontife de 81 ans.
Pour Jorge Bergoglio, lui-même issu d’une famille d’émigrés italiens venus en Argentine, « nous renonçons souvent à rencontrer l’autre et nous élevons des barrières pour nous défendre ». « Les communautés locales ont parfois peur que les nouveaux arrivés perturbent l’ordre établi, “volent” quelque chose de ce que l’on a construit péniblement », a-t-il relevé.

        Lire aussi :
         

                A la messe de minuit, le pape François exhorte à nouveau à l’accueil des migrants



Trois familles à bord de l’avion
Depuis le début de son pontificat en mars 2013, le pape a multiplié les prises de position fortes en faveur de l’accueil des réfugiés et des migrants. Ainsi, il s’était rendu quelques mois après son élection sur l’île italienne de Lampedusa, alors principale porte d’entrée des migrants.
En avril 2016, il était même rentré d’une visite sur l’île grecque de Lesbos avec trois familles de réfugiés syriens musulmans à bord de son avion. Le pape entamera lundi un voyage de huit jours sur son continent natal, en se rendant d’abord au Pérou, puis au Chili. Ce sera son 22e voyage à l’étranger.




                            


                        

                        


<article-nb="2018/01/14/19-3">
<filnamedate="20180114"><AAMM="201801"><AAMMJJ="20180114"><AAMMJJHH="2018011419">
<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-3"> ¤ Slip chauffant, injections de testostérone... plusieurs contraceptions masculines sont difficilement accessibles en France et surtout très méconnues.
<filname="PROF-0,2-3224,1-0,0-3"> ¤                     
                                                

Contraception masculine : quelles sont les méthodes disponibles en France ?

Slip chauffant, injections de testostérone... plusieurs contraceptions masculines sont difficilement accessibles en France et surtout très méconnues.



Le Monde
 |    14.01.2018 à 11h30
 • Mis à jour le
14.01.2018 à 15h12
    |

                            Florian Reynaud








                        


Cinquante ans après la loi Neuwirth, légalisant en France la fabrication et la mise à disposition de contraceptifs, en dépit d’un modèle en évolution, le poids du contrôle des naissances repose encore majoritairement sur les épaules des femmes.
Depuis le 1er janvier 2017, le Planning familial propose, à Paris, des journées de consultation groupées adressées aux hommes. Mais celles-ci n’attirent pas les foules. « Les premiers mois, il y avait une personne par consultation, ces derniers temps, on est entre trois et quatre », estime Caroline Rémy, coprésidente du Planning familial.
Lors des consultations, les hommes recherchent avant tout « une méthode un peu plus fiable que le préservatif, qui peut craquer de temps en temps », poursuit Caroline Rémy :
« Ils veulent aussi partager la contraception avec leur femme et être une forme de soutien dans les méthodes contraceptives. »

        Lire (en édition abonnés) :
         

          50 ans après l’autorisation de la pilule, trois générations de femmes livrent leur expérience



Toujours pas de pilule pour les hommes
Il faut dire que les alternatives au préservatif ne sont pas encore largement popularisées. La pilule contraceptive, qui représentait encore en 2016 le principal moyen de contraception d’une femme sur deux, selon l’Institut national d’études démographiques (INED), n’existe toujours pas pour les hommes. « Je pense qu’il n’y a pas un afflux de demandes et donc les laboratoires ne se penchent pas vraiment sur la question », juge Mme Rémy.
« On a largement les moyens scientifiques de développer la pilule pour homme », assure quant à elle Cécile Ventola, chercheuse à l’INED, qui note un intérêt au statu quo et une frilosité des laboratoires pharmaceutiques.
« Toutes les innovations en matière de contraception féminine qui ont été réalisées dans les dernières décennies n’ont pas été portées par l’industrie pharmaceutique mais par des organismes publics : anneau vaginal, stérilet hormonal, etc. »
Pour Pierre Colin, cofondateur de l’Association pour la recherche et le développement de la contraception masculine (Ardecom), il s’agit d’un faux problème : 
« Pourquoi une pilule ? On entend les femmes parler de leur contraception, elles en ont marre de leur pilule et le stérilet en cuivre a beaucoup de succès à cause de ça. »
« Depuis quarante ans, on a deux types de contraception — trois avec la vasectomie — et on est une centaine d’hommes “contraceptés” en France. »

        Lire :
         

          Apogée et déclin de la pilule, tabou de la stérilisation : 50 ans de contraception en France



L’injection d’hormones
Peu médiatisée, la contraception hormonale masculine consiste en des injections hebdomadaires de testostérone. Une méthode qui, en plus d’être méconnue, est lente à se mettre en place. « Il faut faire des spermogrammes [au cours du traitement], déjà ça va rebuter certains hommes qui ne vont pas se compliquer la tâche », dit la coprésidente du Planning familial. Il faut attendre jusqu’à trois mois pour l’arrêt de la production de spermatozoïdes :
« Le cycle masculin ne s’arrête pas aussi rapidement que le cycle féminin. Les trois premiers mois, vous n’êtes pas vraiment “contraceptés”. »
Au cours de l’utilisation, les piqûres sont autoadministrables et coûtent « dix euros par semaine en pharmacie », précise Pierre Colin. Ce traitement hormonal est réversible mais, là encore, il faut attendre trois mois pour pouvoir à nouveau procréer.
Ce traitement doit impérativement faire l’objet d’une discussion préalable avec un professionnel de santé. L’Organisation mondiale de la santé (OMS) recommande un usage limité à dix-huit mois, et réservé aux « hommes de 25 à 45 ans n’ayant pas certains antécédents (cardiovasculaires, hépatiques, de cancers, d’obésité, psychiatriques, etc.) ou ne consommant pas de tabac », rappelle l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM).
Le « slip chauffant »
Une autre méthode, nommée « contraception masculine thermique », consiste en une légère augmentation de la température des testicules, « méthode qu’on appelle également “slip chauffant” », précise Caroline Rémy. Il s’agit donc d’un sous-vêtement ajusté qui place les testicules dans une certaine position pour les réchauffer. Le prix ? « Cinq euros de plus qu’un slip normal », répond Pierre Colin. Il faut porter ce sous-vêtement sept jours sur sept, et quinze heures par jour. Là encore, la méthode est réversible mais met jusqu’à trois mois pour devenir efficace ou cesser de l’être.
Pour la contraception thermique comme hormonale, le nombre d’utilisateurs est flou : « Je pense que ça se compte sur les doigts d’une main, peut-être deux, dit Cécile Ventola. Les usagers potentiels ne savent pas que ça existe et les médecins non plus », regrette la chercheuse.
Attention, le « slip chauffant » n’est pas une méthode reconnue par l’OMS, et l’Agence nationale de santé publique (ministère de la santé) fait savoir au Monde qu’elle refuse de prendre position sur son efficacité contraceptive et d’en faire la promotion pour le moment. Santé publique France déclare cependant suivre les travaux de l’Ardecom, « interlocuteur privilégié sur la méthode en France ». Les études sur cette méthode sont, pour le moment, limitées. « On doit le porter tout le temps, et ce n’est pas fiable », disait l’urologue Didier Legeais sur Franceinfo.

        Lire :
         

          Une enquête sur la contraception confirme la désaffection pour la pilule



La stérilisation reste taboue en France
Enfin, l’ultime moyen de contraception masculine, la vasectomie, est également très peu répandu en France, où la stérilisation est autorisée depuis 2001. Elle concerne environ mille hommes en France, selon l’Ardecom et le Planning familial. Il s’agit d’une opération des testicules qui va bloquer de façon permanente la production de spermatozoïdes.
Cette méthode n’est pas toujours réversible, aussi les hommes qui y recourent ont-ils la possibilité de congeler du sperme gratuitement avant l’opération. Selon Pierre Colin, elle est pratiquée par « une cinquantaine de médecins » en France. « L’Angleterre est beaucoup plus en avance et a beaucoup plus accès à la vasectomie, qui est proposée dans beaucoup de centres et par beaucoup plus de praticiens qu’en France », dit Caroline Rémy.
Pour développer l’accès et le recours à la stérilisation, il faudrait « un changement de mentalités large », estime la coprésidente du Planning familial, alors que la plupart des personnes interrogées évoquent les effets d’une politique nataliste française, couplée à un manque de sensibilisation parmi les professionnels de santé. Contre les préjugés, Pierre Colin rappelle que l’érection et la libido ne sont en rien affectées par cette opération.



                            


                        

                        


<article-nb="2018/01/14/19-4">
<filnamedate="20180114"><AAMM="201801"><AAMMJJ="20180114"><AAMMJJHH="2018011419">
<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-4"> ¤ RAPPORT D’ÉTONNEMENT. Alors que la Californie vient de rendre légale la consommation de marijuana à usage récréatif, plus que jamais, des voix s’élèvent pour dénoncer l’échec de la guerre contre les stupéfiants.
<filname="PROF-0,2-3224,1-0,0-4"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Pour la paix des drogues

RAPPORT D’ÉTONNEMENT. Alors que la Californie vient de rendre légale la consommation de marijuana à usage récréatif, plus que jamais, des voix s’élèvent pour dénoncer l’échec de la guerre contre les stupéfiants.



Le Monde
 |    14.01.2018 à 06h30
    |

            Frédéric Joignot








                        



                                


                            
Le Jour de l’an, alors que les images de milliers de Californiens achetant légalement de la marijuana faisaient le tour du monde, une tribune paraissait dans le New York Times sous le titre : « La guerre ratée contre les drogues ». Elle était cosignée par deux pointures politiques : le républicain George P. Shultz, ancien secrétaire d’Etat de Ronald Reagan, et Pedro Aspe, ex-secrétaire des finances mexicain. Elle s’ouvre sur un constat sans appel : la « guerre contre la drogue » lancée aux Etats-Unis sous Nixon et toujours en cours « a été un échec qui a dévasté des vies, rempli les prisons et coûté des sommes colossales ».
Marché noir
L’argumentation suit : il est irréaliste de vouloir éradiquer les producteurs et les trafiquants des pays pauvres – « l’offre » – quand la consommation récréative des drogues par les pays riches – « la demande » – est considérable. Ce combat génère automatiquement un marché noir aux prix faramineux, qui mobilise des mafias prêtes à tout, réinvestissant leurs « énormes profits (…) dans l’achat d’armes sophistiquées, l’embauche de gangs pour protéger leur commerce, la corruption de fonctionnaires et la fourniture de drogues à des enfants, afin de les rendre dépendants ». Résultat : au Mexique, les violences liées aux cartels ont fait plus de 100 000 morts depuis 2006. Pendant ce temps-là, dans les pays consommateurs, où la prohibition a toujours lamentablement échoué, « un maintien de l’ordre agressif a conduit des milliers de jeunes consommateurs dans des prisons trop pleines, où ils apprennent à devenir de véritables criminels ». Conclusion : un fiasco général.
Alors que faire ? Les deux signataires donnent des pistes : « Dépénaliser la possession de petites quantités de drogue à usage personnel », « avoir le droit de cultiver et de distribuer de la marijuana pour un usage personnel », « créer des centres de traitement (…) où les gens pourraient...




                        

                        


<article-nb="2018/01/14/19-5">
<filnamedate="20180114"><AAMM="201801"><AAMMJJ="20180114"><AAMMJJHH="2018011419">
<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-5"> ¤ Le ministre de l’intérieur annonce également la création de 400 places de rétention administrative pour répondre au doublement de la durée légale de celle-ci.
<filname="PROF-0,2-3224,1-0,0-5"> ¤                     
                                                

Collomb veut « accueillir les réfugiés, mais pas tous les migrants économiques »

Le ministre de l’intérieur annonce également la création de 400 places de rétention administrative pour répondre au doublement de la durée légale de celle-ci.



Le Monde
 |    14.01.2018 à 05h49
 • Mis à jour le
14.01.2018 à 11h34
   





                        



   


Le ministre de l’intérieur, Gérard Collomb, affirme que son projet de loi sur l’asile et l’immigration repose sur deux principes : accueillir les réfugiés mais pas tous les migrants économiques, dans un entretien au Parisien dimanche du 14 janvier.
« La France doit accueillir les réfugiés, mais elle ne peut accueillir tous les migrants économiques », a estimé le ministre, qui juge le projet de loi asile-immigration attendu en conseil des ministres fin février « totalement équilibré ».
400 places de rétention administrative
Une trentaine d’associations, de la Ligue des droits de l’homme jusqu’à Médecins du monde en passant par Emmaüs et le Secours catholique, avaient au contraire dénoncé un texte « déséquilibré » après une réunion jeudi à Matignon sur le sujet.
Pour répondre au doublement de la durée de rétention administrative prévue par le texte, M. Collomb annonce la création de « 200 places d’ici à la fin du mois de janvier et 200 autres en 2018 ».
Interrogé quant à la marge de manœuvre laissée aux parlementaires sur le texte, le ministre de l’intérieur admet « des possibilités d’amendement » mais insiste sur le fait qu’il « n’est pas question de changer d’orientation ».



                            


                        

                        


<article-nb="2018/01/14/19-6">
<filnamedate="20180114"><AAMM="201801"><AAMMJJ="20180114"><AAMMJJHH="2018011419">
<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-6"> ¤ « Nous collaborerons avec la justice », assure Emmanuel Besnier dans « Le Journal du dimanche », après la contamination à la salmonelle de ses produits.
<filname="PROF-0,2-3224,1-0,0-6"> ¤                     


Article sélectionné dans La Matinale du 13/01/2018
Découvrir l’application


                        

Lait contaminé : « Plus de 12 millions de boîtes » retirées de la vente, selon le PDG de Lactalis

« Nous collaborerons avec la justice », assure Emmanuel Besnier dans « Le Journal du dimanche », après la contamination à la salmonelle de ses produits.



Le Monde
 |    14.01.2018 à 01h02
 • Mis à jour le
14.01.2018 à 15h02
   





                        



   


Le PDG de Lactalis a promis d’indemniser « toutes les familles qui ont subi un préjudice » en raison d’une contamination à la salmonelle de produits du géant français du lait. Emmanuel Besnier est sorti de son silence dans un entretien au Journal du dimanche du 14 janvier.
Le dirigeant, qui ne s’était jusqu’ici pas exprimé au sujet de l’affaire qui ébranle son entreprise, a assuré avoir eu avant tout à l’esprit les conséquences de cette crise sanitaire pour les consommateurs, « des bébés de moins de 6 mois », a-t-il rappelé : « C’est pour nous, pour moi, une très grande inquiétude. »
Après la rencontre vendredi à Bercy entre M. Besnier et le ministre de l’économie, Bruno Le Maire, le groupe Lactalis a ordonné la reprise de tous les lots de lait infantile produits dans son usine de Craon (Mayenne).
Des centaines de plaintes
Le patron du groupe a affirmé avoir lui-même proposé au gouvernement cette mesure qui s’étend à 83 pays. « Il faut mesurer l’ampleur de cette opération : plus de 12 millions de boîtes sont concernées », a-t-il déclaré, assurant que les distributeurs n’auront plus à trier : « Ils savent qu’il faut tout retirer des rayons. »
Trente-sept enfants atteints de salmonellose ont été diagnostiqués en France après avoir consommé un lait ou un produit d’alimentation infantile de l’usine Lactalis incriminée, selon les derniers chiffres officiels du 12 janvier. Un cas de salmonellose avéré a en outre été découvert en Espagne concernant un bébé ayant consommé de ce lait infantile contaminé et un autre cas reste à confirmer en Grèce.
Interrogé sur les « centaines » de plaintes déposées par des parents de nourrissons dans toute la France, et alors qu’une enquête préliminaire a été ouverte fin décembre par le pôle santé publique du parquet de Paris notamment pour « blessures involontaires » et « mise en danger de la vie d’autrui », M. Besnier a assuré qu’il ne cacherait rien. « Il y a des plaintes, il y aura une enquête, nous collaborerons avec la justice en donnant tous les éléments qu’on nous demandera. Nous n’avons jamais pensé agir autrement », a-t-il par ailleurs promis.
L’Etat « prendra sa part de responsabilité »
Dimanche, le porte-parole du gouvernement, Benjamin Griveaux, a assuré que « l’enquête n’épargnera personne », y compris l’Etat, qui « prendra sa part de responsabilité », notamment en raison de la présence de boîtes de lait infantile potentiellement contaminées dans des hôpitaux. Interrogé sur la promesse de M. Besnier d’indemniser les familles, il a estimé qu’« indemniser c’est bien mais l’argent n’achète pas tout ».
De son côté, le patron des députés de La République en marche, Richard Ferrand, a demandé, dimanche, que toute la lumière soit faite, sans exclure la mise en place d’une commission d’enquête parlementaire réclamée par plusieurs groupes d’opposition.
M. Besnier, dont la discrétion est légendaire, n’était pas venu s’exprimer face aux caméras après sa visite à Bercy vendredi, entrant même par une porte dérobée au ministère. Les distributeurs, dont certains ont continué à vendre des produits potentiellement contaminés après l’annonce de leur retrait, avaient déjà été convoqués à Bercy jeudi soir. Le patron des centres E.Leclerc, Michel-Edouard Leclerc, a évoqué jeudi une « défaillance » des services de l’Etat. Les contrôles déjà effectués ont permis de retrouver des boîtes de lait potentiellement contaminées dans des supermarchés, mais aussi dans des pharmacies, des crèches et des hôpitaux.

        Lire aussi :
         

                Lactalis, un groupe habitué au secret, contraint de sortir de son silence



La contamination à la salmonelle dans l’usine de Craon a été révélée début décembre au public. La salmonelle avait toutefois été identifiée plus tôt par le groupe lors de contrôles internes en août et novembre, mais seulement dans l’environnement du site et pas dans les produits.



                            


                        

                        


<article-nb="2018/01/14/19-7">
<filnamedate="20180114"><AAMM="201801"><AAMMJJ="20180114"><AAMMJJHH="2018011419">
<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-7"> ¤ Enseignants et parents d’élèves d’un collège de Seine-Saint-Denis réclament un poste supplémentaire de conseiller principal d’éducation, pour faire face à des problèmes de discipline. Les enfants n’ont pas eu classe depuis la fin du mois de décembre.
<filname="PROF-0,2-3224,1-0,0-7"> ¤                     
                                                   
édition abonné


A Pierrefitte-sur-Seine, des parents d’élèves bloquent un collège pour obtenir plus de moyens

Enseignants et parents d’élèves d’un collège de Seine-Saint-Denis réclament un poste supplémentaire de conseiller principal d’éducation, pour faire face à des problèmes de discipline. Les enfants n’ont pas eu classe depuis la fin du mois de décembre.



Le Monde
 |    13.01.2018 à 13h21
    |

            Violaine Morin








                        



                                


                            
« On n’a pas cours ! », s’écrie une grande jeune fille, flanquée d’une camarade visiblement ravie, en longeant le collège Pablo-Neruda. Il est normalement l’heure de commencer la journée, ce vendredi 12 janvier à Pierrefitte-sur-Seine. Mais à 8 h 30 bien sonnées, la grille est fermée. A l’intérieur, les profs. Dehors, les parents, qui, avec le soutien des enseignants et de la vie scolaire, « bloquent » le collège. Un peu plus loin, des grappes d’enfants qui discutent quelques minutes avant de rentrer chez eux. Les élèves ont manqué déjà huit jours de classe.
Le collège est bloqué depuis mercredi par les parents d’élèves, après deux jours de grève des enseignants et trois jours de blocage avant les vacances de Noël. Tous réclament des moyens supplémentaires pour l’établissement, et mettent en avant plusieurs demandes : un troisième poste de conseiller principal d’éducation (CPE), le classement de l’établissement en réseau d’éducation prioritaire renforcé (REP +), mais aussi la fin du turnover de l’équipe pédagogique et la formation des nouveaux arrivants. « Quarante-deux pour cent d’enseignants » cette année sont primo-arrivants dans l’établissement, dont des vacataires, « que l’on met pour la première fois devant des classes, sans formation », explique Camille Moro, enseignante d’histoire-géographie depuis six ans à Pablo-Neruda. Reçus lundi soir par la direction d’académie, parents et enseignants n’ont pas obtenu les « promesses » attendues et ont décidé de continuer à se mobiliser. Jeudi soir, ils ont fait une occupation nocturne de l’établissement, autour de plats partagés pour le dîner.
« Il peut y avoir 30 problèmes à gérer en une heure »
Derrière la grille fermée, Camille Moro et sa collègue de mathématiques Marine Gaston-Gervais racontent leur quotidien à Pablo-Neruda, débordé par les « petits incidents » qui les « usent » et empêchent le bon déroulement des cours. « La discipline...




                        

                        


<article-nb="2018/01/14/19-8">
<filnamedate="20180114"><AAMM="201801"><AAMMJJ="20180114"><AAMMJJHH="2018011419">
<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-8"> ¤ Cataloguée en « rappeuse féministe », la Franco-Malgache refuse de se limiter à cette seule étiquette.
<filname="PROF-0,2-3224,1-0,0-8"> ¤                     
                                                

« Je ne suis pas qu’un combat, féministe ou antisexiste », prévient la rappeuse Chilla

Cataloguée en « rappeuse féministe », la Franco-Malgache refuse de se limiter à cette seule étiquette.



Le Monde
 |    13.01.2018 à 13h06
    |

                            Charlotte Herzog








                        



   


« Je suis pas féministe, le vrai terme c’est humaniste. » A l’occasion de la Journée contre les violences faites aux femmes, le 25 novembre, la rappeuse franco-malgache Chilla sort #balancetonporc, un morceau en référence directe au hashtag qui n’en finit pas de faire réagir par tribunes interposées ou sur les réseaux sociaux.
Sur son EP Karma, les textes « Sale chienne » et « Si j’étais un homme » émanent aussi de son inclination naturelle à se battre pour la cause féminine. Cataloguée depuis en « rappeuse féministe », Maréva Rena, de son vrai nom, refuse cette unique étiquette.
Pourquoi cela vous gêne-t-il qu’on vous qualifie de « rappeuse féministe » ? 
Je ne me plains pas qu’on me rallie au féminisme, puisque j’ai toujours porté les valeurs du féminisme en moi et que j’assume mes textes engagés. Mais il ne faut pas tout refermer uniquement autour de ça, ni me forcer à me positionner ou à me politiser. En me réduisant à ma révolte face au harcèlement, on me donne le rôle de la rappeuse qui viendrait sauver les femmes. Or, je n’ai pas cette prétention. Je ne veux pas viser plus haut que ce que je peux donner. Je ne suis pas qu’un combat, féministe ou antisexiste. J’ai envie d’insister sur ce point : n’attendez pas que du féminisme de ma part. C’est un sujet lourd, et je ne voudrais pas qu’on pense que je le récupère de façon opportuniste, ni que le propos global soit desservi à cause d’une étiquette, c’est trop important.
Je n’ai pas non plus envie d’oppresser mon public. Si je sortais un album avec uniquement des titres féministes et dénonciateurs, moi-même je n’aurais pas envie de m’écouter. Il faut aussi du lâcher prise dans tout ça. De l’espoir. J’essaye de relativiser dans d’autres textes. Je veux dénoncer et distraire. Mais oui, je fais du rap, et je suis une femme, donc je parle avec ma vision et ma condition de femme, naturellement.
La case « féministe », c’est un nid de guêpe ? 
Les cases en général peuvent être des pièges. C’est un peu frustrant ces étiquettes, parce que moi qui n’ai jamais voulu être bridée dans ce que je faisais, j’ai l’impression qu’il faut maintenant que je me restreigne parce qu’au bout d’un moment, on va attendre que j’ouvre une association ou un foyer ! J’ai 23 ans, je me cherche, et je continue aussi à me chercher musicalement. J’ai envie de parler d’amour, de famille, des liens humains, c’est pour cette raison que j’ai choisi le rap. Poser mes pensées sur de la musique, c’est une libération pour moi, c’est ma manière d’agir.
Si à 18 ans j’ai commencé à faire du rap, c’est parce que j’avais besoin de m’exprimer, de recracher ce que je constatais plutôt que de somatiser. C’était égoïste et thérapeutique. C’était à Lyon. J’écrivais toute seule chez moi. Cette période a été la découverte de la ville, du harcèlement de rue auquel je n’étais pas exposée en vivant en province, au fin fond de la campagne où il y a 500 habitants. Je parlais de ce que je ressentais et en est ressorti ce ras-le-bol de me faire embrouiller dans la rue, d’avoir peur en rentrant chez moi le soir.
« Si j’étais un homme », c’était ma manière de transposer le propos. Pour que les mecs puissent se mettre dans notre peau, au moins le temps d’un morceau. Mais c’est un sujet que je traite au même titre que le racisme, la pauvreté, les injustices, mes traumatismes. Bien sûr qu’en rassemblant tout ce qui me touche et me fait vibrer, la question des femmes transpirera malgré tout toujours entre mes lignes tant qu’on ne sera pas toutes libres.
Le féminisme est-il devenu vendeur dans le rap ? 
Je pense, oui. Avec « #balancetonporc », j’ai réagi à l’actualité :
« T’as du talent, c’est sûr / Donc ferme-là et suce / T’aimerais juste une promotion ? Suce / Avoir un rôle dans un film ? Suce / Dans la misère, dans le luxe, suce / Pute, arrête de jouer la victime, suce / Y a trop d’faux culs pour capituler à la Tarantino. »
« Je ne veux pas que les gens aient peur du féminisme. »
C’était important. Je me suis dit qu’il fallait que j’ouvre ma gueule, c’était trop tous ces scandales dont on parlait un peu trop tranquillement dans les médias. Moi, je voulais faire quelque chose d’aussi violent que la violence de ce qui était dénoncé.
Mais je sais qu’il y a des hommes qui m’écoutent. Et je sais aussi qu’il y a des hommes qui sont encore effrayés par le terme « féminisme ». Je ne veux pas que les gens aient peur du féminisme. J’ai envie de l’amener de manière naturelle.
La libération de la femme peut-elle passer par la liberté des mots dans le rap ?
Le rap, c’est un espace de liberté. Mais est-ce que le rap, c’est libérateur ? Et pour qui ? Aux Etats-Unis, les chanteuses Nicki Minaj ou Cardi B n’ont aucun problème à percer, ou à battre les records de meilleures ventes de singles. On ne les a pas non plus censurées à cause de leur image. Et pourtant, Cardi B, c’est une ex-strip-teaseuse hyperlibérée. Il y a plusieurs libérations. Accepter qu’une femme s’accepte totalement, c’est une libération. Chez nous, il y a aussi des rappeuses françaises qui peuvent dire ce qu’elles veulent, comme elles l’entendent. Une Keny Arkana peut revendiquer. Une Shay peut parler de ce dont elle a envie de parler. Et elles sont rappeuses avant tout. Avant d’être « féministes ».
Peut-être que c’est les femmes qui libéreront le rap de ses clichés ? Sauf si on continue à stigmatiser le milieu et donc les femmes du milieu avec de phrases du type « elle est à moitié nue dans ses clips, donc c’est une pute » ou « elle est vulgaire, elle se prend pour un bonhomme, c’est pas une femme ». Il faut que les étiquettes arrêtent de régner. Plus il va y avoir de femmes dans le rap game – et il y en a de plus en plus, parce qu’avec le modèle américain, on sait que c’est possible –, plus on fera taire l’idée qu’il n’y a que des hommes qui font du rap et que ce n’est qu’un repère de machos.
« La vulgarité dans nos bouches, c’est le miroir de ce qu’on voit dans la société. »
#Balancetonporc a libéré la parole mais a aussi été rejeté à cause de la vulgarité qui lui été attribué. Qu’en pensez-vous ?
La vulgarité est bien moins violente que certains faits qui se produisent tous les jours sous nos yeux ou même que certains sous-entendus qui sont faits dans des publicités, des textes de chanteurs. Cracher à la tête des rappeurs parce qu’ils sont vulgaires, c’est hypocrite. La vulgarité dans nos bouches, c’est le miroir de ce qu’on voit dans la société. On a trop conscience des injustices qui existent. On répond avec la même violence que ce dont on est témoin, c’est tout.
Ce qui se passe est assez ambigu ; ce qui me fait peur, c’est l’effet de buzz qui peut nuire à ces problèmes fondamentalement ancrés dans la société depuis des siècles. On a besoin que ce soit traité sur la durée, pendant des années. Il y a plein de détails dans ces scandales, qui sont à double tranchant : ça libère et, en même temps, on en profite pour remettre en question la parole des femmes.
#Balancetonporc ne changera pas le monde, mais au moins, avec les réseaux, des femmes se sont senties moins seules et ont eu la force de parler pour se faire entendre. Si j’ai fait mon morceau, c’était pour dire qu’on parlait beaucoup de Hollywood, mais la réalité, c’est que c’est pas que Hollywood : partout il y a des femmes qui ne peuvent pas parler.



                            


                        

                        


<article-nb="2018/01/14/19-9">
<filnamedate="20180114"><AAMM="201801"><AAMMJJ="20180114"><AAMMJJHH="2018011419">
<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-9"> ¤ Ils ont, par ailleurs, écourté samedi une réunion organisée avec les membres du cabinet de la ministre de la justice.
<filname="PROF-0,2-3224,1-0,0-9"> ¤                     
                                                

Agression djihadiste : les syndicats réclament le départ du directeur de Vendin-le-Vieil

Ils ont, par ailleurs, écourté samedi une réunion organisée avec les membres du cabinet de la ministre de la justice.



Le Monde
 |    13.01.2018 à 12h22
 • Mis à jour le
13.01.2018 à 13h22
   





                        


Les syndicats de gardiens de prison ont « claqué la porte » d’une réunion à la chancellerie, dans la matinée, samedi 13 janvier, et surtout, réclamé le départ du directeur de la prison de Vendin-le-Vieil, dans le Pas-de-Calais, où trois surveillants ont été attaqués, jeudi, par un détenu islamiste.
Pour apaiser la colère des personnels pénitentiaires, la ministre de la justice, Nicole Belloubet, a annoncé, vendredi, qu’elle se rendrait mardi dans cette prison où trois gardiens ont été blessés à l’arme blanche par le détenu allemand Christian Ganczarski, un des instigateurs de l’attentat contre la synagogue de Djerba (Tunisie), qui avait fait 21 morts en avril 2002.
La ministre « ne sera pas accueillie tant que le directeur de Vendin-le-Vieil sera en place », a assuré Jean-François Forget, secrétaire général de l’UFAP-UNSA, premier syndicat de l’administration pénitentiaire. « C’est notre première revendication », a-t-il ajouté à la sortie d’une réunion avec les membres du cabinet de la ministre, que les représentants des syndicats – UFAP-UNSA, CFT et FO – ont écourté en raison de l’absence de réponse à leurs réclamations, ont-ils dit.
Une prison ultra-sécurisée
Les syndicats critiquent en particulier le récent allégement des conditions de détention de l’agresseur. La garde des sceaux a diligenté une enquête pour déterminer « quels ont été les dysfonctionnements », mais a dédouané les surveillants agressés, « formés et bien formés », qui « ont fait ce qu’ils avaient à faire ». La ministre a ajouté, dans un communiqué publié samedi à l’issue de la réunion, que les investigations avaient « déjà commencé » et qu’elle « prendra[it] les décisions adaptées dès la remise des conclusions ».
« S’il y a des points sur lesquels nous devons réfléchir encore, je pense à des questions d’équipements, à des questions sur des dispositifs de sécurité renforcée pour protéger les agents, je suis évidement prête à en discuter », avait-elle déjà expliqué vendredi, sur BFM-TV.
Les syndicats avaient organisé vendredi des débrayages dans plus d’un tiers des établissements pénitentiaires français et ont appelé à un « blocage total » des prisons lundi.
Vendin-le-Vieil est une prison ultrasécurisée qui doit accueillir prochainement Salah Abdeslam, dernier survivant des commandos des attentats du 13 novembre 2015, lors de son procès en Belgique. La ministre de la justice a annoncé que, « de son point de vue », il n’y avait « pas de raison de revenir sur cette décision » à cause de l’agression.



                            


                        

                        


<article-nb="2018/01/14/19-10">
<filnamedate="20180114"><AAMM="201801"><AAMMJJ="20180114"><AAMMJJHH="2018011419">
<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-10"> ¤ Né dans les années 1960, le projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes doit être entériné ou enterré en janvier 2018. Pourquoi le processus a-t-il pris si longtemps ? Résumé en images.
<filname="PROF-0,2-3224,1-0,0-10"> ¤ 
<article-nb="2018/01/14/19-11">
<filnamedate="20180114"><AAMM="201801"><AAMMJJ="20180114"><AAMMJJHH="2018011419">
<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-11"> ¤ Déterminés, les opposants au projet de nouvel aéroport à Notre-Dame-des-Landes se préparent à affronter les forces de l’ordre.
<filname="PROF-0,2-3224,1-0,0-11"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Dans la ZAD du bocage nantais : « Ici, c’est comme un bâton de dynamite »

Déterminés, les opposants au projet de nouvel aéroport à Notre-Dame-des-Landes se préparent à affronter les forces de l’ordre.



Le Monde
 |    13.01.2018 à 10h37
    |

                            Intérim (Notre-Dame-des-Landes (Loire-Atlantique) - envoyé spécial)








                        



                                


                            

L’hélicoptère de la gendarmerie est de retour dans le ciel de Notre-Dame-des-Landes (Loire-Atlantique). L’aéronef surveille les mouvements des occupants de la zone du projet d’aéroport – 1 650 hectares – et inventorie les lieux de vie implantés au fil de la lutte : habitations en dur, cabanes de fortune, yourtes, caravanes. Sitôt que le bourdonnement du rotor se fait entendre, les « Camille », le prénom générique que déclinent les occupants de la ZAD (zone d’aménagement différé pour les promoteurs, devenue « zone à défendre » pour les opposants), rabattent leur capuche pour tenter d’« échapper au radar ». Pour se dissimuler, un homme déploie un parapluie tacheté de rosettes léopard. « Bah, avec les caméras thermiques, ils doivent réussir à voir ton visage », s’amuse un camarade.
Selon le dernier décompte des autorités, 350 personnes occuperaient le site. Les zadistes présentent « des profils extrêmement hétérogènes », souligne Nicole Klein, préfète de région et de Loire-Atlantique. Ils sont ainsi « militants radicaux, anticapitalistes, agriculteurs, véganes, antispécistes ». « Récemment, on a vu des renforts arriver, sans doute prêts à jouer les gros bras », rapporte Jean-Paul Naud, maire (sans étiquette) de Notre-Dame-des-Landes. Opposé à l’aéroport, l’élu redoute « des affrontements ultraviolents » si le gouvernement donne son feu vert.

Au lieu-dit La Rolandière, où s’élève un phare faisant office de vigie, un Nantais, installé à demeure depuis 2012, prévient : « On n’a pas l’intention de baisser les bras, d’autant que la médiation diligentée par le gouvernement a mis au jour l’existence d’une alternative réelle avec l’aménagement de l’aéroport actuel de Nantes-Atlantique. Ce qui se joue ici, ce n’est pas l’affaire de 150 pré-terroristes ou fous dangereux : si tel était le cas, le gouvernement serait débarrassé du sujet depuis belle lurette. On est dans une lutte collective,...




                        

                        


<article-nb="2018/01/14/19-12">
<filnamedate="20180114"><AAMM="201801"><AAMMJJ="20180114"><AAMMJJHH="2018011419">
<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-12"> ¤ Les juges ont estimé que les charges pesant sur Hassan Diab n’étaient « pas suffisamment probantes ».
<filname="PROF-0,2-3224,1-0,0-12"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Attentat de la rue Copernic  : un non-lieu épineux

Les juges ont estimé que les charges pesant sur Hassan Diab n’étaient « pas suffisamment probantes ».



Le Monde
 |    13.01.2018 à 10h31
    |

            Elise Vincent








                        



                                


                            

L’épineux dossier judiciaire de l’attentat de la rue Copernic, qui avait causé la mort de quatre personnes le 3 octobre 1980, a connu un nouveau rebondissement vendredi 12 janvier, plus de trente-sept ans après les faits. Considérant que les charges pesant sur le principal suspect, Hassan Diab, 64 ans, n’étaient « pas suffisamment probantes », les juges d’instruction chargés de l’affaire ont rendu une ordonnance de non-lieu dans ce dossier, que Le Monde a pu consulter. Une décision dont a immédiatement interjeté appel le parquet de Paris, alors qu’il avait, à l’inverse, requis, le 29 novembre 2017, le renvoi de M. Diab devant la cour d’assises spéciale.
Cet épisode est le énième d’une bataille judiciaire dont a toujours souffert cette enquête concernant la première attaque antisémite mortelle d’après-guerre. L’attentat, causé par l’explosion d’une bombe de 10 kg de pentrite devant une synagogue du 16e arrondissement, avait suscité à l’époque une très forte émotion. Mais il n’avait jamais été revendiqué, et l’enquête s’était noyée dans des pistes farfelues – dont une liée à l’extrême droite –, avant d’être finalement attribué au Front populaire de libération de la Palestine-Opérations spéciales (FPLP-OS).
« Une injure à la mémoire des victimes »
« C’est une injure à la mémoire des victimes », a réagi le président du Conseil représentatif des institutions juives de France (CRIF), Francis Kalifat, en apprenant la décision des juges d’instruction. « La mémoire des victimes de l’attentat de la rue Copernic exige que la lumière soit enfin faite sur cet acte terroriste antisémite », a de son côté insisté la Ligue contre le racisme et l’antisémitisme (Licra). Même si le parquet de Paris a fait appel, l’ordonnance de non-lieu a en effet eu pour conséquence, vendredi, la remise en liberté immédiate de Hassan Diab, le principal suspect. L’homme, ancien professeur de sociologie à l’université d’Ottawa,...




                        

                        


<article-nb="2018/01/14/19-13">
<filnamedate="20180114"><AAMM="201801"><AAMMJJ="20180114"><AAMMJJHH="2018011419">
<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-13"> ¤ Le premier ministre a effectué, samedi 13  janvier, une visite surprise dans le bocage nantais au lendemain d’ultimes consultations à Matignon avec les élus.
<filname="PROF-0,2-3224,1-0,0-13"> ¤                     
                                                

Notre-Dame-des-Landes : le gouvernement ménage le suspense

Le premier ministre a effectué, samedi 13  janvier, une visite surprise dans le bocage nantais au lendemain d’ultimes consultations à Matignon avec les élus.



Le Monde
 |    13.01.2018 à 10h30
 • Mis à jour le
13.01.2018 à 12h08
    |

            Rémi Barroux








                        



Il a entretenu l’effet de surprise. Samedi 13 janvier au matin, Edouard Philippe a publié sur Twitter des photos le montrant à Notre-Dame-des-Landes, en compagnie du maire Jean-Paul Naud (opposé au projet de nouvel aéroport), avec ce commentaire : « Voir et écouter. » Matignon n’avait pas donné d’information sur ce déplacement. C’est vers 8 h 30 que le premier ministre est entré dans la petite mairie, située au centre de la commune qui pourrait accueillir le futur aéroport.
Une demi-heure plus tard, Edouard Philippe a discuté avec quelques riverains avant de prendre la direction de Nantes, en prenant bien soin d’éviter de passer par la zone occupée par les opposants au projet d’aéroport (ZAD). Dans la capitale des Pays de la Loire, il a rencontré la maire PS, Johanna Rolland, « une visite républicaine », précise-t-on à Matignon.
Enfin, dans un souci d’équilibre, le premier ministre s’est rendu dans la commune de Saint-Aignan-Grandlieu, qui borde l’actuel aéroport de Nantes-Atlantique, où il a aussi rencontré le maire (divers gauche), Jean-Claude Lemasson. Ce dernier est, à l’opposé du maire de Notre-Dame-des-Landes, un farouche partisan du transfert de l’actuel aéroport. Le premier ministre a aussi fait un arrêt sur la route qui mène à cette petite commune de près de 4 000 habitants, pour visiter la réserve ornithologique du lac de Grand-Lieu, deuxième en importance du pays. « L’idée était d’aller voir sur place. Il a conscience de l’importance du dossier et il lui semblait nécessaire de se rendre compte sur place, après avoir rencontré les élus et étudié le rapport des médiateurs, qui reste une vraie base de travail », avance-t-on dans son entourage.

Voir et écouter. À Notre-Dame-des-Landes. pic.twitter.com/bgPMIETKt9— Edouard Philippe (@EPhilippePM) 13 janvier 2018


La veille, à Paris, le premier ministre avait bouclé une semaine de consultations avec les élus, pour tenter de déminer ce dossier empoisonné. Ce rendez-vous était probablement la dernière offensive des partisans du transfert de l’aéroport de Nantes Atlantique à Notre-Dame-des-Landes. Vendredi 12 janvier, les responsables du Syndicat mixte aéroportuaire (SMA) – qui regroupe les vingt collectivités locales bretonnes et ligériennes investies dans le projet de nouvel aéroport du Grand Ouest – ont tenté de convaincre le premier ministre, Edouard Philippe, ainsi que le ministre de la transition écologique et solidaire, Nicolas Hulot, de la nécessité de poursuivre le projet.
Durant cet ultime rendez-vous à Matignon, après les visites des derniers jours des élus des départements des Pays de la Loire ou de Bretagne, rien n’a filtré une fois encore des intentions du gouvernement. Construire un nouvel aéroport dans le bocage au nord de Nantes ou réaménager l’infrastructure actuelle, la question serait encore à trancher lors d’un tête-à-tête entre le premier ministre et le président de la République. « L’annonce sera faite avant la fin du mois », a répété Edouard Philippe à ses visiteurs. Le rapport des trois médiateurs, remis voici un mois au premier ministre, présentait les deux scénarios, mais il a rouvert le jeu en mettant en avant une alternative à la construction de l’aéroport à Notre-Dame-des-Landes, au grand dam des porteurs du projet.

        Lire aussi :
         

                Jean-Marc Ayrault : « Renoncer à Notre-Dame-des-Landes serait opportuniste et tactique »



Alors, vendredi, ces derniers ont usé de tous leurs arguments pour inverser la tendance, qu’il s’agisse de Philippe Grosvalet, président du SMA et président (PS) du conseil départemental de Loire-Atlantique ; Christelle Morançais, présidente (LR) de la région Pays de la Loire ; Johanna Rolland, maire (PS) de Nantes ; Bruno Retailleau, président du groupe Les Républicains au Sénat ; ou encore Jean-Luc Chenut, président (PS) du conseil départemental d’Ille-et-Vilaine, et Jean-Jacques Bernard, vice-président (PS) de Rennes Métropole.
« S’il y avait un plan B... »
Tous ont entendu le chef du gouvernement leur assurer que la question restait ouverte. « Le premier ministre nous a affirmé à plusieurs reprises que la décision n’était pas prise, je n’ai aucune raison de ne pas le croire », déclarait ainsi Johanna Rolland. Cependant, ces ardents partisans d’un nouvel aéroport ont insisté sur le fait que l’exécutif n’avait, selon eux, pas le choix. « Il n’y a pas d’alternative à Notre-Dame-des-Landes, et si le gouvernement propose le réaménagement de Nantes-Atlantique, ce sera un non-choix, un abandon de l’ouest de la France », affirme Philippe Grosvalet. « Ce serait une non-décision, rien ne se passera durant ce quinquennat ni non plus durant le suivant », ajoute Mme Rolland.
Même son de cloche pour la présidente de la région. « S’il y avait un plan B, vous vous doutez bien qu’on l’aurait retenu, insiste la Sarthoise Christelle Morançais. Il faudra une dizaine d’années au moins pour mener à bien le réaménagement de Nantes-Atlantique, avec tous les recours qui seront déposés par les associations d’habitants qui se sont déjà constituées. Alors qu’il en faut cinq environ pour construire l’aéroport dont nous avons besoin. » De leur côté, les trois médiateurs ont estimé qu’il faudrait deux ans pour le réaménagement de l’actuel aéroport.

        Lire le reportage dans la ZAD :
         

          « Ici, c’est comme un bâton de dynamite »



Une chose est sûre, si le scénario de l’abandon de Notre-Dame-des-Landes est retenu par le gouvernement, il faudra renégocier le contrat de concession d’aéroport du Grand Ouest avec Vinci Airports, qui court jusqu’en 2065, la concession englobant aussi bien le futur Notre-Dame-des-Landes que l’actuel Nantes-Atlantique. Les élus bretons ont aussi fait remarquer que si le projet d’un aéroport au nord de Nantes les avait séduits, le maintien sur le site actuel, dans la commune de Bouguenais, au sud de la ville et de la Loire, n’offrait pas d’intérêt pour eux. Autant dire qu’à l’issue de ces consultations, le choix reste difficile, selon les mots mêmes du premier ministre.
L’autre casse-tête
Mais le gouvernement doit trancher, « aucune solution n’étant satisfaisante », selon Nicolas Hulot. C’est bien une décision politique que va prendre Emmanuel Macron : fâcher les élus locaux et les collectivités de l’Ouest au nom de la protection du climat et de l’environnement, ou prendre le risque d’une rupture avec son ministre écologiste et d’un bras de fer long et difficile avec les occupants du bocage à Notre-Dame-des-Landes, appuyés par l’ensemble du mouvement écologiste et une partie de la gauche (Amis de la Terre, Greenpeace, France Nature Environnement, Confédération paysanne, Union syndicale Solidaires, Parti de gauche, Europe Ecologie-Les Verts, NPA, Ensemble !…). Des rendez-vous sont déjà prévus dans la France entière en cas d’annonce d’une intervention dans la « zone à défendre » pour construire l’aéroport.
C’est l’autre casse-tête du gouvernement : l’expulsion des occupants de la ZAD est à haut risque sur le plan sécuritaire et politique. Elle est jugée délicate par les gendarmes eux-mêmes. Si un drame devait survenir, le président de la République et son premier ministre se retrouveraient en première ligne.



                            


                        

                        


<article-nb="2018/01/14/19-14">
<filnamedate="20180114"><AAMM="201801"><AAMMJJ="20180114"><AAMMJJHH="2018011419">
<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-14"> ¤ Editorial. La contamination à la salmonelle provoquée par les produits du groupe laitier illustre les failles actuelles de la sécurité sanitaire.
<filname="PROF-0,2-3224,1-0,0-14"> ¤                     
                                                

Lactalis : « Il faut renforcer les ­contrôles et les sanctions »

Editorial. La contamination à la salmonelle provoquée par les produits du groupe laitier illustre les failles actuelles de la sécurité sanitaire.



Le Monde
 |    13.01.2018 à 10h24
 • Mis à jour le
14.01.2018 à 16h13
   





                        


Editorial du « Monde ». Alors que la crise du lait infantile menace de s’étendre en Europe – un cas de salmonellose vient d’être détecté en Espagne, un autre suspecté en Grèce –, Bruno Le Maire a tapé du poing sur la table. Vendredi 12 janvier, après avoir convoqué Emmanuel Besnier, le toujours invisible président de Lactalis, le ministre de l’économie a annoncé que le leader mondial du lait devra reprendre tous les produits laitiers infantiles fabriqués sur son site de Craon (Mayenne), « quelle que soit leur date de fabrication, dans tous les lieux de commercialisation, en particulier la grande distribution et les pharmacies ». Le précédent rappel, qui courait à partir de février 2017, a été élargi. Pour autant, M. Le Maire a écarté une fermeture du site de Craon, où 250 salariés sur 327 sont déjà au chômage technique.

        Lire aussi :
         

                Emmanuel Besnier, le PDG invisible de Lactalis aux méthodes musclées



Révélée début décembre 2017, la contamination à la salmonelle provoquée par les produits de Lactalis – à la date du 9 janvier, en France, 37 nourrissons, âgés de 2 semaines à 9 mois, ont été atteints de salmonellose – est à l’origine de scandales à la chaîne. Le premier responsable est évidemment Lactalis, une entreprise opaque qui ne fait pas de quartier à ses concurrents et pratique le culte du secret, au point de ne pas publier ses comptes. Face au refus du géant agro­alimentaire de retirer les produits contaminés, M. Le Maire a suspendu, le 9 décembre, la commercialisation de ses laits infantiles. Lactalis fait l’objet d’une enquête préliminaire du parquet de Paris pour « blessures involontaires », « mise en danger de la vie d’autrui », « tromperie aggravée par le danger pour la santé humaine » et « inexécution d’une procédure de retrait ou de rappel d’un produit ».
Sous-estimation de la gravité de la crise
Mais le scandale sanitaire a fait tache d’huile. Les dysfonctionnements ont aussi touché la grande distribution. Au lendemain des Etats généraux de l’alimentation, qui avaient pour but de rétablir la confiance avec les consommateurs, tous les distributeurs, de Carrefour à Auchan en passant par Leclerc et Système U, qui avaient bien géré le retrait des œufs contaminés au fipronil, ont reconnu des défaillances. Toutes les chaînes ont continué à vendre des produits contaminés après leur rappel. Certaines enseignes ont tenté de se justifier, évoquant la période des fêtes, qui n’a pas permis de se concentrer sur les laits infantiles, ou encore une inflation incompréhensible dans les procédures de retrait. Le président d’Intermarché, Thierry Cotillard, s’en est pris à l’« amateurisme » de Lactalis, qui, la main sur le cœur, multiplie les excuses…
L’Etat a pris ses responsabilités. La direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) a effectué, depuis le 26 décembre, 2 500 contrôles et en a programmé autant la semaine prochaine, pour vérifier la disparition des produits contaminés des rayons et des stocks. Mais des responsables politiques ont jugé que la DGCCRF, en raison d’une baisse de son budget et de son personnel, n’avait pas les moyens de jouer pleinement son rôle de surveillance.

        Lire aussi :
         

                Ce qu’il faut retenir de l’affaire du lait contaminé Lactalis



Cette chaîne de dysfonctionnements résulte aussi d’une sous-estimation de la gravité de la crise, comme si on n’avait pas mesuré les effets de contamination d’un produit aussi sensible que le lait pour nourrisson. Parce que la sécurité sanitaire n’a pas de prix, il faudra renforcer les ­contrôles et les sanctions pour que de tels scandales ne se reproduisent pas. En toute transparence.



                            


                        

                        


<article-nb="2018/01/14/19-15">
<filnamedate="20180114"><AAMM="201801"><AAMMJJ="20180114"><AAMMJJHH="2018011419">
<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-15"> ¤ Le premier ministre a annoncé samedi être présent sur place, il a notamment rencontré le maire de la commune. Cette visite intervient après une semaine de consultation à Matignon sur le projet d’aéroport nantais.
<filname="PROF-0,2-3224,1-0,0-15"> ¤                     
                                                

Edouard Philippe en déplacement à Notre-Dame-des-Landes pour « voir et écouter »

Le premier ministre a annoncé samedi être présent sur place, il a notamment rencontré le maire de la commune. Cette visite intervient après une semaine de consultation à Matignon sur le projet d’aéroport nantais.



Le Monde
 |    13.01.2018 à 10h06
 • Mis à jour le
13.01.2018 à 14h02
   





                        


C’est à travers un tweet que le premier ministre, Edouard Philippe, a fait savoir qu’il se trouvait, samedi 13 janvier à Notre-Dame-des-Landes pour « voir et écouter ». Cette visite intervient après une semaine de consultation à Matignon sur le projet d’aéroport nantais, avant une décision très sensible attendue d’ici la fin janvier.

        Lire aussi :
         

                NDDL : Edouard Philippe reçoit une dernière fois les élus locaux avant de trancher



Parmi les trois photos publiées avec sont tweet, deux montrent le premier ministre en conversation avec le maire de Notre-Dame-des-Landes, Jean-Paul Naud.

Voir et écouter. À Notre-Dame-des-Landes. https://t.co/bgPMIETKt9— EPhilippePM (@Edouard Philippe)


require(["twitter/widgets"]);

Jean-Paul Naud s’est dit « satisfait » de la visite surprise samedi matin d’Édouard Philippe. « Il m’a posé quelques questions mais c’est surtout moi qui ait déroulé les arguments en faveur d’une optimisation du site actuel [Nantes-Atlantique] », a déclaré M. Naud. Le maire de la commune a précisé que le premier ministre ne s’est pas rendu sur la ZAD (« Zone à défendre ») mais a discuté du sort des zadistes.
M. Naud est opposé au projet d’aéroport, et plaide en faveur d’une « zone d’agriculture protégée », comme il l’a notamment expliqué au Télégramme. Il était présent le 4 janvier à Matignon dans le cadre des consultations avant la décision. Samedi, il s’est dit il « prêt à discuter avec les zadistes qui sont là depuis des années pour ne pas sombrer dans la violence ».
La décision n’est pas encore prise
Matignon qui n’avait donné aucune information avant cette visite a déclaré samedi : « le premier ministre a décidé de se rendre sur les communes qui seront concernées par la décision ».
Edouard Philippe s’est ensuite rendu à Nantes « pour une visite républicaine à la maire » Johanna Rolland, membre du Syndicat mixte aéroportuaire du Grand-Ouest favorable au nouvel aéroport, avant d’aller à l’aéroport actuel de Nantes-Atlantique.
« Nous nous sommes vus en tête à tête près de 40 minutes. Je lui ai redit quelles étaient mes convictions pour l’économie, pour l’emploi, pour la métropole et pour l’avenir du grand Ouest », a déclaré à l’Agence France-Presse Mme Rolland. La maire PS a précisé que M. Philippe « a redit très clairement que sa décision n’était pas encore prise, il voulait voir concrètement sur le terrain la réalité ».
« C’est bien aussi de voir »
« J’ai rencontré près d’une centaine d’élus de tous les départements du Grand Ouest, j’ai beaucoup écouté et c’est très important de beaucoup écouter avant de prendre une décision, mais (…) c’est bien aussi de voir », a expliqué M. Philippe, interrogé par BFMTV à sa sortie de la mairie de Nantes.
Vendredi, une rencontre parisienne entre le premier ministre et le Syndicat mixte aéroportuaire du Grand Ouest regroupant les élus des vingt collectivités impliquées dans le projet de transfert de l’aéroport de Nantes dans les bocages de Notre-Dame-des-Landes avait eu lieu.
Deux options « envisageables »
Depuis le 4 janvier M. Philippe a rencontré les grands élus de Loire-Atlantique, d’Ille-et-Vilaine, du Morbihan, du Maine-et-Loire, de Mayenne et de Vendée pour entendre leurs positions une dernière fois.

        Lire aussi :
         

                Ce qu’il faut retenir du rapport remis au gouvernement sur Notre-Dame-des-Landes



Un rapport de trois médiateurs nommés par le premier ministre avait conclu que la construction de Notre-Dame-des-Landes et l’agrandissement de l’actuel aéroport de Nantes-Atlantique étaient deux options « raisonnablement envisageables », remettant ainsi en selle la seconde possibilité, longtemps écartée sous le quinquennat Hollande.
Seule certitude pour l’heure : le gouvernement compte évacuer le site, que des militants écologistes et anticapitalistes occupent depuis 2009 sous le nom de « zone à défendre » (ZAD).




                            


                        

                        


<article-nb="2018/01/14/19-16">
<filnamedate="20180114"><AAMM="201801"><AAMMJJ="20180114"><AAMMJJHH="2018011419">
<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-16"> ¤ Les Décodeurs résument, pour les lecteurs de « La Matinale du Monde », l’essentiel de l’actualité de ces derniers jours.
<filname="PROF-0,2-3224,1-0,0-16"> ¤                     
                                                

Lactalis, sécurité routière, Tunisie : les actualités à retenir cette semaine

Les Décodeurs résument, pour les lecteurs de « La Matinale du Monde », l’essentiel de l’actualité de ces derniers jours.



Le Monde
 |    13.01.2018 à 06h41
    |

                            Les Décodeurs








                        



   


Lait contaminé : Lactalis et les distributeurs sur la sellette
Lactalis s’est engagé à reprendre tous les laits infantiles produits dans l’usine de Craon (Mayenne), où s’est produite une contamination aux salmonelles. Le groupe laitier était sous pression du ministre de l’économie, qui avait dénoncé de « graves dysfonctionnements » dans cette affaire. Après Leclerc, les groupes Auchan, Carrefour et Système U ont reconnu avoir commercialisé des produits Lactalis pourtant retirés de la vente en raison d’une contamination aux salmonelles, depuis le rappel, le 21 décembre, par le géant de l’agroalimentaire, de 720 lots de lait infantile. Au début de décembre, l’industriel laitier avait déjà procédé au retrait de 625 produits.
Les lots de lait retirés de la vente sont susceptibles d’entraîner la salmonellose, une infection fréquente et plutôt bénigne, mais potentiellement dangereuse pour les nourrissons. Cette affaire, qui met en difficulté le groupe Lactalis, est le dernier en date d’une série de scandales sanitaires (Fipronil, Spanghero, poulet à la dioxine…) touchant le secteur agroalimentaire.
La vitesse réduite à 80 km/h sur les routes
Edouard Philippe a annoncé mardi l’abaissement de 90 à 80 km/h de la limitation de vitesse sur les routes secondaires à double sens, dont les deux voies ne sont pas séparées par une barrière, à l’issue d’un comité interministériel de la sécurité routière, qui a adopté un plan pour faire reculer le nombre de morts sur les routes, reparti à la hausse depuis 2014.
Plusieurs autres mesures ont été annoncées :
toute personne dont le permis aura été retiré pour la deuxième fois pour alcoolémie ne pourra le récupérer qu’en équipant son véhicule d’un éthylotest antidémarrage ;
toute personne contrôlée positivement à des stupéfiants ou à un taux d’alcool dans le sang supérieur à 0,8 gramme verra son véhicule placé en fourrière pour sept jours ;les conducteurs qui commettent une infraction en téléphonant pourront se voir retirer leur permis.
Cette mesure impopulaire (60 % des Français sont contre, selon un sondage), adoptée dans plusieurs pays d’Europe, répond au constat que la plupart des accidents mortels se déroulent sur ces voies à double sens. Elle s’inscrit dans le fil d’une politique volontariste pour lutter contre la mortalité routière.
Les explications : Pourquoi abaisser la vitesse à 80 km/h ? 

La Tunisie s’enfièvre, sept ans après la chute de Ben Ali
Dans plusieurs villes tunisiennes et dans certains quartiers de la capitale, Tunis, des heurts ont opposé manifestants et forces de l’ordre depuis lundi, provoquant des centaines d’arrestations, et un homme a été tué à Tebourba en marge d’un rassemblement contre la vie chère.
Sept ans après la « révolution du jasmin » qui avait fait chuter le dictateur Ben Ali, le pays est secoué par des troubles sociaux réguliers, liés à un fort chômage de la jeunesse et à la pression fiscale.
Lire l’entretien : « En Tunisie, la contestation actuelle est un rappel à l’ordre des engagements pris durant la révolution » 
Violences faites aux femmes : une tribune qui fait réagir
Le Monde a publié dans son édition du 10 janvier une tribune signée par une centaine de femmes, dont l’actrice Catherine Deneuve et l’écrivaine Catherine Millet, revendiquant la « liberté d’importuner, indispensable à la liberté sexuelle », et dénonçant comme du « puritanisme » et un appel à la « délation » le mouvement féministe issu de l’affaire Weinstein.
La tribune : « Nous défendons une liberté d’importuner, indispensable à la liberté sexuelle »
Le texte, provocateur, a suscité de nombreuses réactions de militantes, expertes ou femmes politiques, qui ont exprimé leur mécontentement dans les colonnes du Monde et par le biais d’autres tribunes. Cette polémique a même dépassé la France et été traduite et commentée à travers le monde.
L’analyse : La « tribune de Deneuve » fait réagir au-delà des frontières
La rupture conventionnelle collective entre en vigueur
La chaîne de prêt-à-porter féminin Pimkie, appartenant au groupe Mulliez, a renoncé lundi à recourir à la rupture conventionnelle collective (RCC) pour accompagner son plan de restructuration, qui prévoit la suppression de 208 postes. Mardi, le constructeur PSA a annoncé son intention de proposer 1 300 RCC à ses employés en 2018. Plusieurs autres entreprises, comme le groupe de presse Figaro, ont aussi montré leur intérêt pour la RCC.
Ce système instauré dans les ordonnances de septembre va remplacer les actuels plans de départ volontaire ou plans de sauvegarde de l’emploi. Plus court et moins contraignant pour les employeurs, il doit être validé par un accord majoritaire des syndicats.
Le compte rendu de chat : « La rupture conventionnelle collective prive le salarié du droit au contrat de sécurisation »
Et aussi
Corée du Nord. Pyongyang a annoncé son intention de participer aux Jeux olympiques d’hiver, en février, en Corée du Sud, en signe d’apaisement entre les deux pays.Diplomatie. Emmanuel Macron a effectué une première visite d’Etat en Chine, en se montrant discret au sujet des droits de l’homme.Royaume-Uni. La première ministre britannique, Theresa May, a remanié son gouvernement.Allemagne. Le Parti social-démocrate (SPD) et les conservateurs (CDU) ont trouvé un accord de coalition, première étape pour la formation d’un nouveau gouvernement.Affaire libyenne. L’homme d’affaires Alexandre Djouhri a été arrêté dans le cadre de l’enquête sur un possible financement du régime libyen de la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy en 2007.Intempéries. Les Alpes ont été touchées par un épisode neigeux exceptionnel. Un Britannique a été porté disparu à Tignes et 13 000 touristes ont été bloqués dans la station suisse de Zermat.Etats-Unis. Les coulées de boue en Californie ont provoqué la mort de 17 personnes.Parti socialiste. Jeudi, on comptait quatre postulants, deux hésitants et zéro candidate pour le poste de premier secrétaire.Levothyrox. Vingt-trois patients, qui réclamaient que le laboratoire Merck leur fournisse l’ancienne formule du médicament, ont été déboutés par le TGI de Toulouse mercredi.Impôts. Le ministre de l’économie a assuré qu’il n’y aurait pas de nouvel impôt pour remplacer la taxe d’habitation, contrairement à ce qu’avait affirmé Jacqueline Gourault.Droits. Depuis le 1er janvier, les séropositifs ont désormais accès aux soins funéraires.Affaire Rémi Fraisse. La justice a ordonné un non-lieu sur les circonstances de la mort du militant sur le site du barrage de Sivens en 2014.Bicyclette. Le nouveau Vélib’, qui prend la suite du contrat perdu par JCDecaux à Paris, peine à s’installer, alors que le système de vélos « flottants » montre déjà ses limites.
Disparitions
Philippe Marchand. L’ancien député et ministre de l’intérieur socialiste est mort à 78 ans.Peter Preston. Le rédacteur en chef du Guardian, qui avait relancé le quotidien britannique, est mort samedi à l’âge de 79 ans.Ray Thomas. Le chanteur et flûtiste, fondateur des Moody Blues, s’est éteint dimanche en Angleterre, à 76 ans.France Gall. La chanteuse est morte dimanche à 70 ans. Son cercueil a été présenté au grand public avant une inhumation vendredi.



                            


                        

                        


<article-nb="2018/01/14/19-17">
<filnamedate="20180114"><AAMM="201801"><AAMMJJ="20180114"><AAMMJJHH="2018011419">
<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-17"> ¤ En ville, à la campagne, au bureau ou en pleine nature, l’oreille trouve rarement la paix, tout comme l’esprit. L’insonorité est un luxe… ou un repoussoir, car il amène à se retrouver face à soi-même.
<filname="PROF-0,2-3224,1-0,0-17"> ¤                
                                       
édition abonné


Les mondes du silence


                      En ville, à la campagne, au bureau ou en pleine nature, l’oreille trouve rarement la paix, tout comme l’esprit. L’insonorité est un luxe… ou un repoussoir, car il amène à se retrouver face à soi-même.



Le Monde
 |    13.01.2018 à 06h40
    |

            Marlène Duretz








                              

                        

Tendez l’oreille. Où que vous vous trouviez, métro bondé, banc de bord de mer, open space, sous la couette ou à la fenêtre d’une maison de campagne, c’est un boucan de tous les diables ! Pas l’ombre d’un silence, l’oreille trouve rarement la paix : ici, la conversation téléphonique du voisin, le crissement de pneus sur la chaussée, des notes de musique qui s’échappent du casque d’un collègue de bureau ; là, le ronronnement du réfrigérateur, le bruissement des draps, le cliquetis des touches d’un clavier ou les stridulations de la faune rurale.
Tout est sonorisé, tout a une voix : le bois d’un meuble qui craque, le vent dans les feuilles, ses propres battements de cœur, les « glouglous » d’une canalisation… Même la plus scrupuleuse immobilité du corps humain n’annule pas le bruit de la respiration ni les bavardages intestinaux. « Le degré zéro du son, s’il peut être expérimentalement produit dans un programme de déprivation sensorielle, n’existe pas dans la nature. (…) La sonorité du monde ne s’interrompt jamais », explique l’anthropologue et sociologue David Le Breton, dans Du silence (Métailié, 1997). « Mais le bruit de la ville n’est pas plus assourdissant qu’au XIXe siècle », précise l’historien Alain Corbin. Ce qui a changé, c’est « l’hypermédiatisation, la permanente connexion et, de ce fait, l’incessant flux de paroles qui s’impose à l’individu et le conduit à redouter le silence ».
Le bruit, un facteur euphorisant pour les jeunes
Le silence, le vrai, serait donc introuvable. Même les boules Quiès, 100 ans en 2018 et 2,5 millions de boîtes vendues en 2017, ne font qu’atténuer les bruits ambiants de 35 décibels, au mieux. Faut-il s’en plaindre ? Certainement pas pour cet adolescent de 16 ans, dégageant son oreille d’un casque braillard, sur le parvis de la gare de Lyon. « Le silence ? Trop mortel, m’dame ! » Même son de cloche chez cette sexagénaire gardoise : « On en reparlera...




<article-nb="2018/01/14/19-18">
<filnamedate="20180114"><AAMM="201801"><AAMMJJ="20180114"><AAMMJJHH="2018011419">
<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-18"> ¤ L’affaire des produits contaminés à la salmonelle prend de l’ampleur. Tous les lots de lait infantile produits dans l’usine de Craon vont être repris.
<filname="PROF-0,2-3224,1-0,0-18"> ¤                     


Article sélectionné dans La Matinale du 12/01/2018
Découvrir l’application


                        

Lactalis : le rappel des produits contaminés est élargi

L’affaire des produits contaminés à la salmonelle prend de l’ampleur. Tous les lots de lait infantile produits dans l’usine de Craon vont être repris.



Le Monde
 |    13.01.2018 à 06h35
 • Mis à jour le
13.01.2018 à 11h44
    |

            Laurence Girard








                        



   


Les cameramen et photographes qui ont fait le déplacement, vendredi 12 janvier à Bercy, en auront été pour leur frais. Ils n’ajouteront aucun nouveau cliché de l’ombrageux patron de Lactalis, Emmanuel Besnier, à la maigre photothèque existante. Et pourtant, M. Besnier avait été assez fermement incité à répondre à l’invitation du ministre de l’économie, Bruno Le Maire. Il a obtempéré mais est entré au ministère en toute discrétion pour discuter avec M. Le Maire de l’affaire des produits infantiles contaminés à la salmonelle sortis de son usine de Craon, en Mayenne. Une affaire qui a éclaté début décembre 2017, qui vaut à Lactalis d’être l’objet de plus d’une centaine de plaintes de parents, et qui vient de prendre une tournure politique.
A l’issue de cet entretien, M. Le Maire a annoncé que « Lactalis reprendra tous les produits de laits infantiles fabriqués sur le site de Craon, quelle que soit leur date de fabrication ». Il amplifie ainsi le rappel qui concernait, à cette date, toutes les fabrications du site depuis le 15 février 2017. Le ministre souhaite ainsi « éviter les retards, les difficultés dans le tri des lots et le risque d’erreur humaine ». Il a également demandé au patron de Lactalis, connu pour sa discrétion et son silence, de « faire preuve de davantage de transparence », affirmant qu’il communiquera lorsque les causes de la contamination seront établies. Pour l’heure, l’usine de Craon est à l’arrêt depuis le 8 décembre 2017. Un mois plus tard, Lactalis a placé en chômage technique 250 des 327 salariés.

        Lire aussi :
         

                Lactalis, un groupe habitué au secret, contraint de sortir de son silence



Jeudi 11 janvier, M. Le Maire avait estimé que Lactalis avait « gravement failli ». Il avait également demandé des comptes à la grande distribution. Quasiment toutes les enseignes ont dû admettre qu’elles avaient commercialisé des produits potentiellement contaminés à la salmonelle et qui devaient être retirés de la vente. Les acteurs de la distribution se sont expliqués jeudi soir avec le ministre. M. Le Maire avait révélé qu’à l’issue des 2 500 contrôles menés par la direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) depuis le 26 décembre dans les supermarchés, les crèches, les hôpitaux, les pharmacies, il était avéré que 91 établissements proposaient dans leurs rayons des produits Lactalis qui auraient dû être retirés. Le gouvernement a décidé d’instaurer 2 500 contrôles supplémentaires la semaine prochaine.
Manque de « transparence »
L’affaire a relancé le débat sur les moyens accordés à la DGCCRF pour remplir sa mission. Dans un communiqué, la CFDT pointe le fait qu’elle ne compte que 2 800 agents et que la loi de finances pour 2018 prévoit la suppression de 45 emplois…
L’ancien ministre de l’agriculture de François Hollande, Stéphane Le Foll, n’a pas manqué lui aussi de mettre en exergue la « responsabilité » et le manque de « transparence » de Lactalis, mais il a également reproché au gouvernement d’avoir tardé à réagir et s’est interrogé sur une prise de parole officielle – celle de M. Le Maire – plus d’un mois après le début de l’affaire.
Le syndicat agricole FNSEA, associé aux Jeunes agriculteurs et à la Fédération nationale des producteurs de lait (FNPL), a décidé pour sa part de « convoquer » M. Besnier. « Les effets dévastateurs de cette crise sur la réputation d’excellence du modèle agricole et agroalimentaire français ne doivent pas pénaliser, a posteriori, les éleveurs laitiers déjà fortement malmenés par deux années de crise », font-ils observer ensemble. Le rendez-vous entre la FNSEA et la direction de Lactalis est prévu pour le début de semaine prochaine.



                            


                        

                        


<article-nb="2018/01/14/19-19">
<filnamedate="20180114"><AAMM="201801"><AAMMJJ="20180114"><AAMMJJHH="2018011419">
<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-19"> ¤ Un texte, paru dans « Le Monde » et signé par une centaine de femmes rejetant le « puritanisme » apparu avec l’affaire Weinstein, a fait grand bruit. Retour sur son itinéraire et les débats qu’il suscite.
<filname="PROF-0,2-3224,1-0,0-19"> ¤                     
                                                

L’instant Deneuve : retour sur une tribune polémique

Un texte, paru dans « Le Monde » et signé par une centaine de femmes rejetant le « puritanisme » apparu avec l’affaire Weinstein, a fait grand bruit. Retour sur son itinéraire et les débats qu’il suscite.



Le Monde
 |    13.01.2018 à 06h00
 • Mis à jour le
14.01.2018 à 07h47
    |

                            Franck Nouchi (Médiateur du Monde)








                        


La chronique du médiateur. Une tribune signée par une centaine de femmes rejetant le « puritanisme » apparu avec l’affaire Weinstein a fait grand bruit. Retour sur son itinéraire et les débats qu’elle suscite.
C’est ainsi : certains papiers que l’on pensait retentissants font parfois « pschitt ». D’autres, au contraire, mettent le feu aux poudres. La tribune intitulée « Des femmes libèrent une autre parole » signée, entre autres personnalités, par Catherine Deneuve, Catherine Millet et Ingrid Caven, et publiée dans Le Monde (daté 10 janvier), est à l’évidence à classer dans la seconde catégorie.
Commençons par rappeler les faits, tels qu’ils nous ont été rapportés par le responsable des pages « Débats » du Monde, Nicolas Truong.
Dans la soirée du vendredi 5 janvier, il reçoit un coup de fil de Catherine Millet. L’auteure de La Vie sexuelle de Catherine M. (Seuil, 2001) souhaite l’informer de l’existence d’un texte collectif, signé par de nombreuses femmes, écrit « en réaction au climat idéologique qui s’est installé dans la mouvance de #MeToo ». Nicolas Truong fait part à Catherine Millet de son intérêt de principe, tout en précisant qu’il jugera « sur pièces », après l’avoir lu, de son éventuelle publication.
« J’ai immédiatement pensé qu’il aurait un impact important », se souvient Nicolas Truong
Le temps de recueillir de nouvelles signatures et sans doute aussi de peaufiner sa rédaction, le texte ne parvient dans sa version définitive au responsable des pages « Débats » que le soir du dimanche 7 janvier. « J’ai immédiatement pensé qu’il aurait un impact important, se souvient Nicolas Truong. D’autant plus qu’au même moment, deux autres textes allant dans le même sens m’étaient parvenus. Il se passait quelque chose, une sorte de moment critique post-Weinstein, toutes proportions gardées un peu comme il s’en était produit un autre dans la foulée du mouvement « Je suis Charlie ».
Lundi 8 janvier : lors de la conférence de rédaction de midi, Nicolas Truong présente la tribune, en indiquant que parmi ses auteures se trouvent Catherine Millet et Catherine Robbe-Grillet. Il précise qu’un autre texte, signé par la romancière et essayiste Belinda Canonne, sera publié dans la même page. En plus de ces deux textes, sur une autre page, il y aura un long article du politologue Olivier Roy. Son thème ? « À rebours des événements de Cologne, où la culture des agresseurs était mise en cause, l’affaire Weinstein fait de la nature même du mâle, du “cochon”, la racine de la violence masculine. » Débats et polémiques en perspective.
L’affaire change de nature
Lundi, dans la soirée, nouveau coup de fil de Catherine Millet : « Catherine Deneuve est d’accord pour signer le texte. » Par courriel, Nicolas Truong prévient immédiatement Luc Bronner, le directeur de la rédaction, ainsi que son adjoint, Benoît Hopquin. Avec cette signature connue dans le monde entier, l’affaire change de nature. Impact maximum garanti.
Mardi matin, conférence de 7 h 30 : la question est de savoir comment présenter ces deux pages à la « une » du journal. Manchette ? Grande photo de Catherine Deneuve ? Un titre plus sobre ? « Nous n’avions pas de doute sur le fait qu’il fallait publier le texte des 100 femmes, explique Luc Bronner. Deux mois plus tôt, nous avions mis en place une task force chargée d’enquêter sur les phénomènes de harcèlement sexuel, pilotée par Sylvie Kauffmann et Hélène Bekmezian et composée d’une quinzaine de journalistes chevronnés. Nous avions décidé de faire de ces questions une priorité éditoriale pour l’année à venir. Et avant même la publication de cette double page, nous avions publié plus d’une dizaine de manchettes, une quarantaine d’enquêtes, reportages et analyses portant sur ces sujets de harcèlement. Sans parler de dizaines d’interviews et de points de vue variés, en général favorables au mouvement #MeToo. Donner la parole à des personnalités défendant des points de vue différents ne posait donc aucun problème de principe. » 
Le rôle des pages « Débats »
« Dès lors que ce débat existe dans la société, il est bien qu’il soit rapatrié dans les colonnes du Monde », résume pour sa part Hélène Bekmezian. Tel est en effet le rôle des pages « Débats » au Monde : susciter des points de vue contradictoires, défendre le pluralisme des idées, animer le débat public.
Dès lors, fallait-il faire « plus gros » en « une » ? Luc Bronner et Benoît Hopquin ne le pensent pas. Rappelons que la première page du journal était ainsi composée : les ruptures conventionnelles collectives en manchette. Au dessous, une grande photo du nouveau président du Conseil scientifique de l’éducation nationale, Stanislas Dehaene, avec ce titre : « Education : le bon génie de Blanquer ». À côté, sur une colonne, un titre entre guillemets, soulignant ainsi d’emblée qu’il s’agissait d’une tribune : « Les femmes ne sont pas de pauvres petites choses ». Renvoyant aux deux pages Débats, le texte de « une » commençait ainsi : « Dans Le Monde, un collectif de plus de cent femmes, dont Catherine Deneuve, s’inquiète du “puritanisme” apparu après l’affaire Weinstein. La protection des femmes ne doit pas “les enchaîner à un statut d’éternelles victimes”. Le féminisme n’est pas “la haine des hommes et de la sexualité”. »
Le titre était plus provocateur que sur le papier
À l’intérieur du journal, en pages 20 et 21, sous le bandeau « Débats & analyses », une têtière « Violences faites aux femmes » surmontait la tribune des 100 femmes, les textes de Belinda Canonne et d’Olivier Roy et un dessin de Serguei.
En début de matinée, soit quelques heures avant que le journal commence à être distribué dans les kiosques à journaux, la fameuse tribune avait été mise en ligne sur le site du Monde.fr. Contenu intégral réservé aux abonnés. Entre guillemets, comme à chaque fois qu’il s’agit d’un point de vue, le titre était plus provocateur que sur le papier : « Nous défendons une liberté d’importuner, indispensable à la liberté sexuelle ». Le chapeau précisait : « Dans une tribune au Monde, un collectif de 100 femmes, dont Catherine Millet, Ingrid Caven et Catherine Deneuve, affirme son rejet d’un certain féminisme qui exprime une « haine des hommes ».
Repris et commenté dans le monde entier
Quelques heures plus tard, plus ou moins bien traduit, ce texte serait repris et commenté dans le monde entier. Du New York Times au Guardian en passant par tout ce que l’espace numérique compte de sites d’informations puissants ou non, l’illustration de l’article était toujours la même : Catherine Deneuve, en photo.
Tandis que l’audience de ce texte atteignait des scores faramineux, à la rédaction du Monde, un débat naissait : a-t-on eu raison de publier cet article qui va à l’encontre des « valeurs » défendues par le journal ? s’interrogeaient plusieurs jeunes rédactrices et rédacteurs. À l’inverse, d’autres, souvent plus âgés, se demandaient si nous n’étions pas passés à côté d’une manchette choc.
On en était là quand les réseaux sociaux commencèrent eux aussi à s’en mêler. Et de quelle manière ! A lire certaines réactions, Le Monde aurait pris partie pour les « porcs ». Nous aurions trahi la cause des femmes. Comme de nombreux autres journalistes du Monde, Hélène Bekmezian tweete la tribune, sans commentaire, mais en extrayant une citation : « Les accidents qui peuvent toucher le corps d’une femme n’atteignent pas nécessairement sa dignité et ne doivent pas, si durs soient-ils parfois, nécessairement faire d’elle une victime perpétuelle. » Elle est immédiatement prise à partie, comme si elle était, elle-même, l’auteure de ces quelques lignes.
Plutôt favorables à la tribune
A rebrousse-poil, les commentaires des abonnés numériques du journal tels qu’on pouvait les lire sous l’article étaient plutôt favorables à la tribune. Quant aux nombreux courriels que vous m’avez adressés, pendant les vingt-quatre premières heures qui ont suivi la mise en ligne du texte et la parution du journal, ils étaient unanimement favorables au texte. « Merci au Monde », « Merci à Mme Deneuve », nombre d’entre eux commençaient ainsi. Depuis, il est vrai, un courrier beaucoup plus critique m’est parvenu.
Par-delà les divergences d’opinion observées lors de tout débat public majeur chez nos lecteurs, cette affaire semblerait donc avoir révélé l’existence d’une césure entre les adeptes des réseaux sociaux et les abonnés du Monde. Une première tentative d’explication nous est fournie par Delphine Roucaute. Selon cette rédactrice en chef du Monde.fr, le statut même de ce texte – une tribune – a pu susciter des malentendus chez nombre d’internautes. Ecrits par des personnalités extérieures au journal, et de ce fait n’engageant pas Le Monde, ces points de vue devraient, selon elle, être édités avec un souci de plus grande clarté. De plus grande pédagogie.
En d’autres termes, nous devrions faire un effort de présentation de manière à ce que les internautes, moins au fait de la « grammaire » du Monde que nos abonnés, comprennent immédiatement qu’ils ont à faire à une tribune et non à un article écrit par un journaliste maison. « Sur nos supports numériques, les tribunes doivent être mieux différenciées des articles », résume Delphine Roucaute.
Du même avis, Luc Bronner assure que cette question fait l’objet d’un examen attentif de la part de la rédaction en chef et que des améliorations seront apportées prochainement.
Il fallait publier ce texte
Auteure de l’article renvoyant à la manchette du surlendemain – « Harcèlement sexuel : les réponses à la tribune des 100 femmes » –, Violaine Morin (service Société) ne remet pas en cause le principe de la publication de cette tribune. En désaccord avec le fond de ce texte et se faisant l’écho de protestations entendues çà et là, elle regrette cependant que cette tribune, qu’elle juge « confuse », ait été publiée en l’état. N’aurait-il pas été préférable de demander à ses rédactrices d’en clarifier le contenu avant publication ? s’interroge-t-elle.
Ancienne directrice de la rédaction du Monde, actuellement directrice éditoriale et co-animatrice de la task force, Sylvie Kauffmann connaît bien ces problèmes de publication de textes en urgence. Aucun doute selon elle : aussi imparfait soit-il, il fallait publier ce texte. D’accord sur le fait qu’un meilleur « tagage » sur les supports numériques aurait facilité les choses, elle insiste sur un autre aspect – important – de cette affaire : « En dépit des moyens importants que nous avons déployés au Monde pour traiter de ces questions, nous avons beaucoup de mal à bien travailler. Contrairement à ce qui se passe aux Etats-Unis ou au Royaume-Uni, en France les pouvoirs se protègent. Nous avons publié des enquêtes sur les ouvrières et les employées victimes de harcèlement, ou encore sur ce qui s’est passé il y a des années à l’Unef ou chez les jeunes communistes, mais dans les lieux de pouvoirs, nous nous heurtons à toutes sortes de résistances et d’opacités. »
« Ainsi que nous l’avons fait depuis trois mois, nous allons continuer à enquêter, conclut Luc Bronner. Les journalistes de la task force, mais aussi beaucoup d’autres appartenant à différents services de la rédaction, sont d’autant plus mobilisés que nous avons la conviction que beaucoup reste encore à révéler. » 



                            


                        

                        


<article-nb="2018/01/14/19-20">
<filnamedate="20180114"><AAMM="201801"><AAMMJJ="20180114"><AAMMJJHH="2018011419">
<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-20"> ¤ Lycéens, parents et professeurs sont venus nombreux au Salon Postbac de Paris pour s’informer des nouvelles règles d’accès à l’enseignement supérieur. Reportage.
<filname="PROF-0,2-3224,1-0,0-20"> ¤                     
                                                

Parcoursup : « On nous dit qu’il n’y a pas de sélection à la fac, mais que les dossiers seront vérifiés… »

Lycéens, parents et professeurs sont venus nombreux au Salon Postbac de Paris pour s’informer des nouvelles règles d’accès à l’enseignement supérieur. Reportage.



Le Monde
 |    13.01.2018 à 05h42
 • Mis à jour le
13.01.2018 à 11h18
    |

            Séverin Graveleau








                        



   


Seuls, avec leurs parents, ou en groupe avec leurs enseignants, les lycéens arrivent par dizaines au Salon Postbac 2018, vendredi 12 janvier à la Grande Halle de la Villette, à Paris. Alors que Parcoursup, qui va remplacer la plate-forme d’inscription dans le supérieur Admission post-bac (APB), ouvre lundi 15 janvier, ils sont venus trouver des réponses à leurs questions d’orientation.
« La réforme s’est faite au pas de charge, il y a un vrai besoin de pédagogie », explique Mendel, lycéen de 16 ans scolarisé dans le 7e arrondissement de Paris, venu tracter avec une dizaine d’autres Jeunes avec Macron (JAM). Mais ses dépliants vantant le plan « Etudiant » du gouvernement qui modifie, entre autres, l’accès à l’université, n’entrent pas dans le détail du fonctionnement de Parcoursup.

        Lire aussi :
         

                Parcoursup : ce que l’on sait du fonctionnement de la nouvelle plate-forme d’admission post-bac



Comprendre la procédure
Or, c’est justement pour s’informer sur le successeur d’APB, et pas seulement pour visiter les dizaines de stands d’écoles ou d’universités, que de nombreux lycéens ont fait le déplacement. On s’en persuade dès l’entrée du Salon, au vu du public amassé dans le stand de la nouvelle plate-forme. « A trois jours de l’ouverture d’APB… enfin de Parcoursup, je ne comprends toujours pas très bien comment, et par qui, mes vœux vont être traités », confirme Juliette, 17 ans, en terminale économique et sociale dans l’ouest de Paris, en se dirigeant vers l’amphithéâtre où a lieu la conférence qui l’intéresse : « Comprendre la procédure Parcoursup ». 
Normalement destinée aux parents, celle-ci est spontanément prise d’assaut par de nombreux lycéens. « Ce sont nos profs qui nous ont conseillé de venir, pour avoir les dernières informations connues sur Parcoursup », explique à voix basse Damien, 17 ans, en terminale S au lycée privé La Salle de Saint-Denis (Seine-Saint-Denis). « Je pensais qu’on ne pouvait faire que 10 vœux, mais il a été annoncé récemment qu’on aurait le droit à 20 “sous-vœux” dans certaines filières. Je veux comprendre ce qu’il en est », commente son camarade Florian.

        Lire aussi :
         

                Crispations autour de la réforme de l’université



Tous deux ne sont « pas trop stressés » par la communication tardive du ministère sur ce type de « détails ».
« Il y a une réforme donc il faut être au courant de ce qui change, on ne peut pas se fier à ce qu’ont connu nos grands frères et sœurs. »
« Moi, ce sont plutôt mes parents qui se posent un peu trop de questions sur Parcoursup, alors que ce n’est qu’une procédure informatique », dédramatise de son côté Adrien. Et puis, « on a jusqu’au 13 mars pour inscrire les vœux ». Les trois garçons n’ont pas d’avis tranché sur la réforme en cours ; ils visent des écoles d’ingénieurs, des filières sélectives. « Excepté la nouvelle plate-forme, ça ne change pas trop au niveau de la sélection », analysent-ils avec justesse.
Nouvelles règles d’accès à l’université
De fait, au moment de l’échange avec l’intervenante, responsable du service académique d’information et d’orientation de l’université de Créteil, il y a ceux qui se posent des questions techniques ou procédurales : nombre de vœux possibles, dates des réponses, spécificité des études de santé à Paris, impact de l’avis du conseil de classe, traitement des étudiants en réorientation, priorité accordée aux candidats de l’académie, etc. Et puis ceux qui s’interrogent sur les nouvelles règles d’accès à l’université, quelque peu perturbées par le discours ministériel sur le maintien de la « non-sélection » à l’université, le « dernier mot au lycéen » assuré, etc.
Il y a parmi eux des enseignants. « Je n’ai pas bien compris, on nous dit qu’il n’y a pas de sélection, mais que les dossiers seront vérifiés… », confie, au fond de la salle, Marine G., prof de sciences de la vie et de la Terre (SVT) à Trappes (Yvelines). « Certains élèves nous disent que leur dossier scolaire n’est pas important parce que la fac, c’est ouvert à tous. Il faut qu’on soit capable de leur répondre. » 

        Lire aussi :
         

                Pas de sélection à l’université, vraiment ?



L’incompréhension de certains élèves est confirmée lorsqu’on discute avec Hugo, lycéen en terminale S à Saint-Denis. Il désire intégrer une licence de psychologie, filière universitaire parmi les plus demandées, et il est sûr que « non, non : la sélection ne se fera pas à partir de mes notes, mais en fonction de là où j’habite, c’est tout. C’est comme ça l’université ! ». Mais avec la réforme, si le nombre de candidatures dépasse le nombre de places disponibles dans la licence qu’il convoite, ses notes pourraient pourtant bien lui ouvrir, ou lui fermer, les portes.
A la sortie de la conférence, un parent d’élève s’énerve sur ces nouveaux critères d’accès à l’université, « peu transparents » selon lui. « Je n’en suis pas un défenseur, mais au moins le tirage au sort avait l’avantage d’être parfaitement égalitaire, et le critère utilisé était connu : le hasard. Là, on ne sait pas si ce sont les notes, l’avis du conseil de classe, ou encore le curriculum vitae qui va être utilisé pour classer les lycéens. » 
Croisées dans le Salon, Mathilda et Siaham, scolarisées au lycée Apollinaire de Thiais (Val-de-Marne) ne partagent pas ce constat. « Avec le hasard, il y avait des candidats pas très bons qui pouvaient prendre la place de gens meilleurs. Là au moins, c’est le mérite qui va jouer », affirme Siaham. Ce n’est de toute façon pas tant l’accès à l’université ni le fonctionnement de Parcoursup qui les stressent, elles, mais « ce qu’on va y faire comme vœux. De savoir ce qu’on veut faire dans l’avenir », renchérit Mathilda. Elle s’interrompt pour laisser passer « deux personnes [qu’elle] ne connaît pas », entourée d’une nuée de photographes : la ministre de l’enseignement supérieur, Frédérique Vidal, et le ministre de l’éducation, Jean-Michel Blanquer, venus visiter le Salon.

   



« Le Monde » aide les jeunes à s’orienter vers les études supérieures
Pour aider les 16-25 ans, leurs familles et les enseignants à se formuler les bonnes questions au moment d’effectuer les voeux d’orientation, Le Monde organise les conférences O21/s’orienter au 21e siècle, à Nancy (1er et 2 décembre 2017), Lille (19 et 20 janvier 2018), Nantes (16 et 17 février 2018), Bordeaux (2 et 3 mars 2018) et Paris (17 et 18 mars 2018).

        Lire aussi :
         

                « Le Monde » organise O21 / s’orienter au 21e siècle à Lille, Nantes, Bordeaux et Paris en 2018



S’y ajoutent des salons étudiants : après le salon des grandes écoles (SAGE) et celui des  formations artistiques START, organisés chaque année en novembre et décembre, le Salon des masters et mastères spécialisés (SAMS) est prévu le 27 janvier. A consulter également, notre rubrique Le Monde Campus, et tout particulièrement ses sous-rubriques APB / Parcoursup, O21 et Etudes supérieures.





                            


                        

                        

