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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-1"> ¤ Le professeur de sciences politiques Hatem M’rad engage ses compatriotes à la « confiance dans le progrès et la consolidation prochaine des nouvelles institutions ».
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Point de vue

« La révolution tunisienne a semé une bonne graine, il faudra patienter pour la cueillir »

Le professeur de sciences politiques Hatem M’rad engage ses compatriotes à la « confiance dans le progrès et la consolidation prochaine des nouvelles institutions ».

Par                Hatem M’rad



LE MONDE
              datetime="2018-01-14T18:00:28+01:00"

        Le 14.01.2018 à 18h00






    
Des manifestants avenue Habib-Bourguiba, dans le centre de Tunis, marchant contre la corruption, le 13 mai 2017.
Crédits : Zoubeir Souissi/REUTERS


Tribune. La révolution tunisienne était censée être une rupture radicale avec le passé. Sept ans après, en janvier 2018, on est étonné de voir que plusieurs franges de Tunisiens restent attachées au passé, à ses vestiges et pratiques. Et ils le disent tout haut. Les rappels très insistants de Dieu, de Bourguiba et de Ben Ali ont sonné fort après la révolution, et ont inauguré aussitôt le temps des regrets.
On parle liberté, et on voudrait rétablir le despotisme ancien. On parle démocratie, et on voudrait faire de la place à une providence islamiste. En 1789, l’aristocratie et le clergé français, mutilés et vidés de leur substance, pouvaient-ils rétablir tout ce que les courants ont emporté ? Nostalgiques de Dieu et nostalgiques de l’autorité se retrouvent sept ans après en Tunisie.
Les vestiges du passé
Les islamistes sont attachés à la loi immeuble de Dieu, vue et vécue à travers les mœurs et idéaux du Pieux ancêtre, un modèle particulièrement immunisé contre quatorze siècles qui lui ont succédé. L’état social et spirituel des musulmans du VIIe siècle résume ainsi toute l’histoire de l’humanité arabo-musulmane. Il est valable en tout temps et en tout lieu. Nul intérêt d’ajouter que la loi des hommes ne compte plus, elle est désacralisée. L’histoire s’arrête.
Mais les modernistes laïcs sont attachés, eux aussi, aux vestiges du passé plus qu’aux idées de progrès. On vénère une histoire ouverte, puis arrêtée par un homme, Bourguiba, qui de lucide passe par être extralucide, voire translucide et transhistorique. Il est partout et nulle part. A la limite, il habite le Tunisien de tous les temps.

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Après l’idolâtrie bourguibienne survient le culte de Ben Ali, un militaire qui affectionne les procédés brutaux, qui aimait régner par le silence. L’homme était habile dans l’art de la désislamisation. Entendons le traitement policier d’un phénomène politique et social. Ce qui n’est pas, à l’évidence, le fait des leaders d’aujourd’hui, complaisants avec des islamistes, eux-mêmes machiavéliques.
Bref, pour certains modernistes, autant l’ordre était l’apanage du passé, autant la confusion est celui d’un présent empêtré. L’attachement à l’autocratie l’emporte sur l’appréciation présente de l’état de la démocratie. Un état, il est vrai, encore chancelant. Pourtant, leur colère même contre la révolution ou à l’endroit des hommes au pouvoir de la transition est un fait de révolution, un fait de liberté, succédant à leur passivité ancestrale ou à leur humiliation par l’autorité, le parti unique et la famille régnante. Ces franges modernistes sont contrariées encore par l’afflux massif des islamistes dans la transition, comme s’ils étaient venus de nulle part.
Un régime suranné
On se réjouit ainsi après une révolution, vite honnie, d’en appeler au passé, lointain ou contemporain, de conserver des traditions d’un régime suranné, voire de regretter des privilèges. Mais alors, comment peut-on éliminer un dictateur, établir un nouvel ordre démocratique, sans la présence des islamistes, eux-mêmes victimes au premier degré de la dictature ? Des islamistes constituant le tiers de l’électorat tunisien, qu’il faudrait désormais se résoudre à combattre par la démocratie, et non par la terreur, comme sous Ben Ali, ou en tentant de couper leurs têtes, comme le voulait Bourguiba à la veille du coup d’Etat de Ben Ali. En démocratie, les contraires s’affrontent. On tente de civiliser par la liberté, par le droit. La démocratie est beaucoup plus courageuse que les méthodes expéditives. Elle ose, elle, affronter les vices en face, même dans le grabuge.
La révolution, il y a sept ans, était à la fois un hasard et un non-hasard. Les gens font des révolutions parce que l’état social et politique antérieur devient insupportable. Il ne correspond plus au mouvement des idées et des opinions. Si, en façade, ce ne sont pas les idées ou les intellectuels qui ont produit la révolution « de la dignité », ce sont des masses informes d’idées et d’opinions qui, au vu du spectacle d’un demi-siècle d’indignité quotidienne, ont mis lentement en action des forces physiques et matérielles.

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Les révolutions sont aussi des faits d’opinion qui avancent, même en silence, même lentement, s’agitent parfois, contournent les résistances au progrès. Une opinion en phase d’accumulation depuis le déclenchement du mouvement démocratique de la fin des années 1970 : date du début du naufrage bourguibien et de l’apparition d’une société civile embryonnaire représentée par le triptyque MDS-UGTT-LTDH (Mouvement des démocrates socialistes, Union générale tunisienne du travail et Ligue tunisienne des droits de l’homme).
Aujourd’hui, après la révolution, c’est l’état démocratique qui devrait faire la civilisation politique et morale. La démocratie est encore chaotique, parfois décevante. Mais on ne peut la repousser sous prétexte justement qu’elle remet en cause un passé révolu, qui ne reviendra plus, qui n’exprime plus le besoin des peuples. Peut-on faire revenir l’esclavage, le système héréditaire, le droit d’aînesse, la répudiation ou la polygamie ? Non.
« Laissons faire l’Histoire »
Même la discrimination des droits des femmes en matière d’héritage est en train d’être balayée par l’Histoire, le progrès de civilisation et l’opinion. La civilisation avance, elle ne recule pas. Lors même qu’elle donne l’impression de reculer, suite à un accident de l’Histoire (guerre, crise, famine), elle n’élimine pas les idées de progrès philosophiques, moraux, qui reprendront aussitôt leur chemin naturel aussitôt les moments d’égarement et de convulsion rectifiés par l’Histoire.
Les nostalgiques des régimes à discours unique, religieux ou laïc, disent que la liberté issue de la révolution nous fait du tort. En réalité, ce qui nous fait du tort, c’est que la révolution a suspendu la liberté, la vraie, restée incomprise, malmenée par des partis (au pouvoir ou dans l’opposition), par des agitateurs et par des mouvements qui en ignorent le sens, qui la veulent pour eux seulement, pas pour les autres. Il en va ainsi dans les transitions.

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Laissons faire l’Histoire. Préparons les réformes qui doivent améliorer les choses, acceptons les séquelles et les déformations nécessaires de la révolution et de la transition qui ont secoué tout un ordre politique et géopolitique, avec ses traditions, ses privilèges, ses discriminations. N’ayons pas la prétention de tout régenter par un coup d’épée tranchant. Suivons le chemin frayé par la liberté, il nous mènera vers toujours plus de liberté. L’islamisme est un mal, une gangrène, personne n’en disconvient. Mais ne nous trompons pas de conjoncture. La lutte est désormais politique, juridique et démocratique, pour peu qu’elle s’insère dans le jeu des institutions modernes.
Ne soyons ni passéistes, ni brutaux, ni intolérants. Ayons confiance dans le progrès, dans la consolidation prochaine des nouvelles institutions, sans nous départir de notre vigilance, qui nous donne toujours le droit de punir le mal lorsqu’il est punissable. La révolution a semé une bonne graine. Il faudra patienter pour la cueillir au bon moment. Le plus important, c’est de vivre dans son siècle, pas dans celui des autres. Ne soyons pas, selon la belle expression de Benjamin Constant, « des imitateurs modernes de l’Antiquité », soyons plutôt des créateurs progressistes de la modernité.
Hatem M’rad est professeur de sciences politiques à l’Université de Carthage et président fondateur de l’Association tunisienne d’études politiques (ATEP).


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-2"> ¤ La « boîte noire » du pétrolier – qui devrait permettre d’en savoir davantage sur le contexte de l’accident – a été envoyé en Corée du Sud pour analyse.
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-2"> ¤                     
                                                

Au large de la Chine, le pétrolier iranien a coulé avec 32 personnes à son bord

La « boîte noire » du pétrolier – qui devrait permettre d’en savoir davantage sur le contexte de l’accident – a été envoyé en Corée du Sud pour analyse.



Le Monde
 |    14.01.2018 à 17h13
   





                        



   


Les flammes ont ravagé le navire durant huit jours. Le pétrolier iranien, entré en collision le 6 janvier avec un navire chinois au large de la Chine, a finalement sombré, dimanche 14 janvier. Un responsable iranien a déclaré qu’il n’y avait plus d’espoir de retrouver de survivants parmi les 32 membres d’équipage, dont une grande majorité d’Iraniens.
Le tanker Sanchi, qui transportait 136 000 tonnes d’hydrocarbures légers, avait pris feu suite à une violente collision avec un navire de fret. La « boîte noire » du pétrolier – qui devrait permettre d’en savoir davantage sur le contexte de l’accident – a été envoyé en Corée du Sud pour analyse.
« Explosions répétées »
Peu avant de sombrer, le navire « s’est subitement embrasé » et la totalité du bâtiment s’est retrouvé la proie des flammes, avec un panache de fumée s’élevant jusqu’à 1 000 mètres dans les airs, a expliqué le ministère du transport chinois. Le porte-parole de l’équipe de secours a regretté qu’une opération n’ait pas pu être menée pour tenter de récupérer l’équipage, mais « cela n’a pas été possible à cause des explosions répétées et les émanations de gaz ». 
De leur côté, les autorités chinoises ont minimisé les risques de catastrophe environnementale, après cet accident qui s’est produit à environ 300 kilomètres à l’est de la ville chinoise de Shanghai. Un journaliste de la télévision chinoise d’Etat CCTV, présent à bord d’un avion de l’administration publique océanique, a toutefois signalé des hydrocarbures répandus sur une zone de dix kilomètres carrés, évoquant une « marée noire très grave ».




                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-3"> ¤ Certaines zones ont été ensevelies sous plus de 4,5 mètres de boue, ce qui rend les recherches de survivants très difficiles.
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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-4"> ¤ Le nombre de morts s’élevait jusque-là vingt et une personnes : 15 manifestants, deux membres des forces de sécurité et quatre civils étrangers aux manifestations.
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-4"> ¤                     
                                                

Iran : le bilan officiel des manifestations monte à 25 morts

Le nombre de morts s’élevait jusque-là vingt et une personnes : 15 manifestants, deux membres des forces de sécurité et quatre civils étrangers aux manifestations.



Le Monde
 |    14.01.2018 à 14h38
 • Mis à jour le
14.01.2018 à 15h01
   





                        


Vingt-cinq personnes ont été tuées dans les récents troubles qui ont touché plusieurs dizaines de villes iraniennes, selon un nouveau bilan officiel rendu public, dimanche 14 janvier.
« Vingt-cinq personnes, des gens ordinaires et de nos propres forces, ont été tuées lors des récents troubles, mais aucun par des tirs des forces de sécurité, parce qu’elles avaient reçu l’ordre de ne pas utiliser leurs armes », a déclaré Gholamhossein Mohseini Ejeie, porte-parole du pouvoir judiciaire, cité par l’agence Mizanonline.
L’Iran a été touché du 28 décembre au 1er janvier par des troubles à l’occasion de manifestations contre la vie chère et le pouvoir dans plusieurs dizaines de villes. Le bilan officiel des heurts était jusque-là de vingt et un morts : 15 manifestants, deux membres des forces de sécurité, et quatre civils étrangers aux manifestations.

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Dans ses propos, cité par Mizanonline, agence qui dépend de l’autorité judiciaire, M. Mohseini Ejeie ne précise pas l’identité des victimes. Selon lui, « 465 personnes arrêtées dans l’ensemble du pays » en relation avec ces troubles étaient encore détenues samedi, dont 55 à Téhéran.
Le député réformateur Mahmoud Sadeghi avait, lui, avancé mardi le chiffre de 3 700 personnes arrêtées depuis le 28 décembre. Des responsables politiques et de la police avaient, pour leur part, affirmé que la plupart des détenus, à l’exception des personnes liées aux groupes « contre-révolutionnaires », avaient été libérés début janvier.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-5"> ¤ « Ce n’est pas un péché d’avoir des doutes et des craintes. Le péché, c’est de laisser ces peurs déterminer nos réponses », a rappelé le souverain pontife.
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Journée mondiale des migrants : le pape François lance un nouvel appel à l’hospitalité

« Ce n’est pas un péché d’avoir des doutes et des craintes. Le péché, c’est de laisser ces peurs déterminer nos réponses », a rappelé le souverain pontife.



Le Monde
 |    14.01.2018 à 11h58
 • Mis à jour le
14.01.2018 à 13h35
   





                        


Tout sauf moralisateur, le pape François a une nouvelle fois lancé, dimanche 14 janvier, un appel à l’hospitalité envers les immigrés, estimant que « le péché était de renoncer à la rencontre avec l’autre », à l’occasion de la 104e Journée mondiale des migrants et réfugiés.
« Tout immigré qui frappe à notre porte est une occasion de rencontre avec Jésus-Christ, qui s’identifie à l’étranger de toute époque accueilli ou rejeté, a déclaré le pape lors d’une messe solennelle célébrée dans la basilique Saint-Pierre de Rome. Il n’est pas facile d’entrer dans la culture des autres, de se mettre à la place de personnes si différentes de nous, de comprendre leurs pensées et leurs expériences. »
« Ce n’est pas un péché d’avoir des doutes et des craintes. Le péché, c’est de laisser ces peurs déterminer nos réponses, conditionner nos choix, compromettre le respect et la générosité, alimenter la haine et le refus », a affirmé le pontife de 81 ans.
Pour Jorge Bergoglio, lui-même issu d’une famille d’émigrés italiens venus en Argentine, « nous renonçons souvent à rencontrer l’autre et nous élevons des barrières pour nous défendre ». « Les communautés locales ont parfois peur que les nouveaux arrivés perturbent l’ordre établi, “volent” quelque chose de ce que l’on a construit péniblement », a-t-il relevé.

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Trois familles à bord de l’avion
Depuis le début de son pontificat en mars 2013, le pape a multiplié les prises de position fortes en faveur de l’accueil des réfugiés et des migrants. Ainsi, il s’était rendu quelques mois après son élection sur l’île italienne de Lampedusa, alors principale porte d’entrée des migrants.
En avril 2016, il était même rentré d’une visite sur l’île grecque de Lesbos avec trois familles de réfugiés syriens musulmans à bord de son avion. Le pape entamera lundi un voyage de huit jours sur son continent natal, en se rendant d’abord au Pérou, puis au Chili. Ce sera son 22e voyage à l’étranger.




                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-6"> ¤ Malgré de multiples condamnations par contumace en Tunisie pour différents chefs d’accusation, la famille Ben Ali, majoritairement réfugiée en Arabie saoudite, n’est pas inquiétée par la justice.
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Compte rendu

Tunisie : sept ans après sa chute, qu’est devenu le clan Ben Ali ?

Malgré de multiples condamnations par contumace en Tunisie pour différents chefs d’accusation, la famille Ben Ali, majoritairement réfugiée en Arabie saoudite, n’est pas inquiétée par la justice.


LE MONDE
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        Le 14.01.2018 à 11h37

     •
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          datetime="2018-01-14T14:01:44+01:00"

        Mis à jour le 14.01.2018 à 14h01






    
Zine El-Abidine Ben Ali et sa seconde épouse, Leïla Trabelsi, le 21 mars 2006 à Tunis.
Crédits : HO / AFP


C’est un avion entré dans l’histoire de la Tunisie. Le 14 janvier 2011, « Oscar Oscar », un Boeing Business Jet acheté en 1999, quittait le tarmac de Tunis pour la dernière fois. A son bord, Zine El-Abidine Ben Ali, sa seconde épouse, Leïla Trabelsi, deux de leurs enfants et un de leur gendre. Une fuite en pleine nuit qui tournait la page d’une dictature de vingt-trois ans, et la mainmise d’un clan tout-puissant sur tous les secteurs politiques, économiques et sociaux du pays.
Sept ans plus tard, malgré de multiples condamnations par contumace en Tunisie pour des chefs d’accusation aussi variés que détournement de fonds, détention d’armes et de pièces archéologiques, corruption et fraudes immobilières, la famille Ben Ali, majoritairement réfugiée en Arabie saoudite, n’est pas inquiétée par la justice. Un mandat d’arrêt international et deux demandes d’extradition ont été émis par Tunis contre l’ancien couple présidentiel. Mais, au nom de l’hospitalité, l’Arabie saoudite refuse d’extrader les ressortissants musulmans.
Peu d’apparitions publiques
En contrepartie de cette bienveillance, Zine El-Abidine Ben Ali s’est engagé à rester discret. Ses apparitions publiques sont donc rares, tout comme les images le montrant dans sa vie quotidienne à Jeddah, sur les rives de la mer Rouge, où vivent également leur fille Halima et leur fils Mohamed. En 2013, une photographie montrant l’ancien général en pyjama rayé avait été publiée par son fils sur son compte Instagram personnel, avant que celui-ci ne soit fermé sans explication.
Depuis janvier 2011, la seule prise de parole officielle de l’ancien dictateur, âgé de 81 ans, a été menée par son avocat, Me Akram Azoury. Ce dernier a nié les accusations portées contre lui par la justice tunisienne, assurant notamment que l’ancien général n’avait jamais donné « l’ordre de tirer à balles réelles sur les manifestants ».

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Régulièrement, la rumeur d’une publication des mémoires de l’ancien dictateur revient dans la presse tunisienne. Selon son épouse, l’auteur du « coup d’Etat médical » contre Habib Bourguiba en 1987 est en bonne santé et en pleine possession de ses capacités mentales. Leïla Trabelsi a, quant à elle, déjà publié en 2012 un livre intitulé Ma vérité, dans lequel elle rejetait les accusations de corruption et de dérive dictatoriale du régime déchu. Souvent surnommée « la femme la plus détestée de Tunisie », elle a également donné plusieurs interviews accordées par Skype, notamment au Parisien en 2013.
Réfugiés au Canada
Certains membres du clan Ben Ali ont néanmoins connu un exil un peu plus chahuté. Après un séjour au Qatar abrégé sur ordre des autorités, la fille aînée des secondes noces du président, Nesrine Ben Ali, est partie s’installer aux Seychelles avec son mari, l’homme d’affaires Sakher El Materi. Tous deux ont été condamnés par contumace à plusieurs lourdes peines de prison notamment pour corruption, fraudes, blanchiment d’argent ou acquisition de terrains illicite.
Longtemps considéré comme le chef du clan Ben Ali, Belhassen Trabelsi, le frère de Leïla et richissime homme d’affaires, s’est réfugié au Canada. Mais sa demande d’asile ayant été refusée, l’homme s’est volatilisé. Sa femme et ses quatre enfants ont, quant à eux, obtenu le statut de réfugiés, listés comme « étrangers politiquement vulnérables ».
En revanche, ils ont été déboutés de leur demande, déposée à la Cour fédérale de Montréal, de débloquer leurs fonds bancaires pour subvenir à leurs besoins. Selon la presse canadienne, la Tunisie aurait même averti Ottawa que le déblocage des avoirs de la famille nuirait aux relations bilatérales entre les deux pays.

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Pas de restitution du passeport
Enfin, une partie du noyau dur du clan Ben Ali est restée en Tunisie. Ainsi, les trois premières filles du dictateur, Ghazoua, Dorsaf et Cyrine, vivent toujours au pays. La cadette, épouse de l’homme d’affaires Slim Chiboub, se dit atteinte d’une grave maladie, et demande régulièrement le droit de sortir du pays pour avoir accès à des soins à l’étranger. Mais les autorités tunisiennes refusent la restitution de son passeport confisqué depuis 2011.
Son mari, recherché dans un premier temps pour « trafic d’influence », n’a regagné le pays qu’à la fin 2014 après un long séjour aux Emirats. D’abord incarcéré, l’homme a été libéré au bout de quatorze mois, soit la plus longue période de prison préventive. Il reste à ce jour poursuivi dans plusieurs affaires. En mai 2017, les fonds de l’homme d’affaires gelés en Suisse ont été restitués à la faveur d’un accord d’arbitrage et de conciliation.

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Cyrine Ben Ali est, elle aussi, restée contrainte et forcée en Tunisie. Poursuivie dans une affaire de blanchiment d’argent, la fille de l’ancien dictateur était jusqu’en février 2015 sous le coup d’une interdiction de voyage. Son ancien mari, Marouane Mabrouk, codirigeant de la très puissante entreprise Mabrouk, occupe toujours le même poste.
Le retour des benalistes
Car si l’empire économique du clan Ben Ali, qui s’étendait de la grande distribution à l’immobilier en passant par la téléphonie, les médias ou l’automobile, a été en partie placé sous contrôle d’administrateurs judiciaires nommés par l’Etat, certains secteurs sont toujours dans l’escarcelle de la puissante famille ou de leurs proches.
Sur le plan politique, aucun membre de la famille Ben Ali n’a repris des fonctions de premier plan. Mais sur 43 ministres et secrétaires d’Etat du gouvernement actuel, au moins un sur cinq a occupé un poste ministériel sous Ben Ali ou assumé une fonction dirigeante au Rassemblement constitutionnel démocratique, l’ancien parti unique. Le projet de loi d’exclusion – qui aurait exclu de la vie politique les personnes considérées comme des ex-soutiens de Ben Ali – n’a, finalement, jamais été voté.

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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-7"> ¤ L’armée égyptienne a beau compter un demi-million de soldats et être puissamment équipée, elle enchaîne les revers face au millier d’insurgés jihadistes du Sinaï.
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-7"> ¤ 
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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-8"> ¤ La République islamique, touchée par d’importantes manifestations fin décembre, avait coupé l’accès à la messagerie cryptée et au réseau social Instagram.
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-8"> ¤                     
                                                

En Iran, la messagerie Telegram est de nouveau accessible

La République islamique, touchée par d’importantes manifestations fin décembre, avait coupé l’accès à la messagerie cryptée et au réseau social Instagram.



Le Monde
 |    14.01.2018 à 09h52
 • Mis à jour le
14.01.2018 à 11h32
   





                        


Les restrictions au réseau social Telegram imposées en Iran lors des récents troubles meurtriers ayant touché plusieurs dizaines de villes du pays ont été levées dans la nuit de samedi à dimanche 14 janvier, ont constaté des journalistes de l’Agence France-Presse, une information confirmée par un responsable des relations publiques du ministère des télécommunications iranien.
L’Iran a été touché du 28 décembre au 1er janvier par des troubles à l’occasion de manifestations contre la vie chère et le pouvoir dans plusieurs dizaines de villes, qui ont fait officiellement 21 morts, surtout chez les manifestants. Les autorités avaient coupé durant les troubles l’accès à la messagerie cryptée Telegram, ainsi qu’au réseau social de partage de photo Instagram.
Instagram rétabli le 6 janvier
Ces deux applications sont accessibles avec un téléphone portable. Telegram est un service d’échange de messages sécurisés à deux ou en groupe, où chacun peut aussi créer une « chaîne » de publication ouverte au public. L’appareil d’Etat avait alors accusé des groupes « contre-révolutionnaires » d’avoir lancé, depuis l’étranger et à travers ces plates-formes, des appels à manifester.

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Selon l’agence iranienne ISNA, « le filtrage provisoire de Telegram et certaines restrictions appliquées ces deux dernières semaines (…) ont été totalement levées sur ordre du président de la République », Hassan Rohani. L’accès à Instagram avait été rétabli dès le 6 janvier, mais Telegram était depuis resté seulement accessible grâce à un réseau privé virtuel, un VPN.
Le président Rohani avait promis, le 8 janvier, qu’il serait rouvert. Mais les organes de sécurité semblaient réticents à lever la censure sur ce réseau, ce qui avait donné lieu à une passe d’armes au sein du pouvoir iranien. Mardi, le président iranien avait critiqué ceux qui voulaient maintenir les restrictions sur les réseaux sociaux, trouvant que celles-ci pouvaient difficilement se justifier au-delà de « deux jours ou cinq jours ».
Divisions à la tête du régime
Quatre jours plus tôt, un des responsables de l’organe national de lutte contre la cybercriminalité, Abdolsamad Khoramabadi, adjoint du procureur général de l’Iran, avait accusé le gouvernement de ne pas avoir appliqué l’ordre donné depuis des mois de bloquer les canaux qui invitent « la population à la violence » sur Telegram.

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Avec 40 millions d’utilisateurs actifs, soit la moitié de la population iranienne, Telegram a fini par occuper, en quelques années à peine, une place non négligeable dans l’économie du pays. Les Iraniens l’utilisent pour rester en contact avec leurs proches, mais aussi pour développer leur commerce.
Depuis les grandes manifestations de 2009 contre la réélection de l’ancien président Mahmoud Ahmadinejad, Facebook, Twitter et YouTube sont bloqués en Iran, mais restent accessibles à l’aide d’un VPN.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-9"> ¤ Pour la troisième fois en trois mois, l’état-major israélien a annoncé, dimanche, la destruction d’un tunnel palestinien. Cette fois, il passait sous le point de contrôle de Kerem Shalom.
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A Gaza, Israël détruit un nouveau tunnel attribué au Hamas

Pour la troisième fois en trois mois, l’état-major israélien a annoncé, dimanche, la destruction d’un tunnel palestinien. Cette fois, il passait sous le point de contrôle de Kerem Shalom.



Le Monde
 |    14.01.2018 à 08h02
 • Mis à jour le
14.01.2018 à 09h40
    |

            Piotr Smolar (Jérusalem, correspondant)








                        



   


L’armée israélienne a-t-elle trouvé la parade technologique contre les tunnels creusés de la bande de Gaza ? Pour la troisième fois en trois mois, l’état-major a annoncé, dimanche 14 janvier, la destruction d’un tel chantier souterrain, attribué au Hamas, qui contrôle le territoire palestinien depuis 2007. Celui-ci avait une double particularité : il conduisait vers l’Egypte, mais surtout, il passait sous le point de passage de Kerem Shalom, là où transite l’essentiel des marchandises vers la bande de Gaza, sous supervision militaire israélienne. Au cours de la première semaine de janvier, plus de 1 800 camions transportant près de 55 000 tonnes de marchandises sont entrés dans le territoire palestinien par Kerem Shalom. Le point de passage a été fermé pour une durée indéterminée.
L’entrée du tunnel était située à l’est de la ville de Rafah, 900 mètres à l’intérieur de la bande de Gaza. Sa longueur est estimée à 1,5 km, même si le point de sortie exact n’est pas précisé. Il passait en dessous des pipelines de gaz et d’essence à Kerem Shalom, ce qui indique une profondeur importante. Le Hamas, lui, assure qu’il s’agissait d’un tunnel de contrebande.
« Système »
Selon le lieutenant-colonel Jonathan Conricus, porte-parole de l’armée, qui s’exprimait dimanche matin lors d’une conférence téléphonique, la nature terroriste du tunnel ne ferait pas de doute en raison de ces installations sensibles. L’officier estime que le tunnel, non achevé, aurait pu servir à deux objectifs : faire sauter les conduits de gaz et d’essence pour viser le poste militaire à Kerem Shalom ; ou envoyer des combattants en Egypte pour attaquer d’un autre front des cibles israéliennes.

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Coordonnée avec l’Egypte, l’attaque de l’armée a été conduite dans un premier temps par voie aérienne, puis grâce à l’utilisation de moyens technologiques récemment développés, sans autre précision. « Quand on fait une chose une fois, on peut parler de chance, quand c’est deux fois, de coïncidence, quand c’est trois fois, on peut parler de méthode et de système », s’est réjoui le lieutenant-colonel Conricus, qui a souligné qu’il s’agissait du troisième tunnel neutralisé ces derniers mois.
Barrière électronique
Le 10 décembre, l’armée avait annoncé la destruction d’un tunnel d’attaque dont l’origine était localisée dans la ville de Khan Younès, au centre de la bande de Gaza. Il n’était pas encore achevé mais pénétrait sur plusieurs centaines de mètres à l’intérieur du territoire israélien, en pleines terres agricoles. Le 30 octobre, un autre tunnel, creusé cette fois par les hommes du Jihad islamique, avait déjà été détruit. Au total, 14 personnes avaient péri, parmi ceux qui creusaient et les sauveteurs arrivés sur place, dont deux commandants de la banche militaire du Jihad islamique.

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Au cours de la dernière guerre conduite à Gaza à l’été 2014 – l’opération « Bordure protectrice » –, 32 tunnels avaient été détruits par les forces israéliennes, dont 14 pénétraient en Israël. Une barrière électronique dite « intelligente » est en cours de construction le long de la frontière, pour faire face à cette menace souterraine.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-10"> ¤ Dix ans après la crise financière, l’année 2018 sera-t-elle celle du sursaut de l’Union européenne ? Plusieurs éléments y concourent, mais rien n’est gagné, estime l’économiste Thomas Piketty dans sa chronique.
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2018, l’année de l’Europe

Dix ans après la crise financière, l’année 2018 sera-t-elle celle du sursaut de l’Union européenne ? Plusieurs éléments y concourent, mais rien n’est gagné, estime l’économiste Thomas Piketty dans sa chronique.



Le Monde
 |    14.01.2018 à 06h39
 • Mis à jour le
14.01.2018 à 08h02
   





                        



                                


                            

Chronique. La crise de 2008, qui conduisit à la plus forte récession mondiale depuis la crise de 1929, avait clairement pour origine les faiblesses de plus en plus criantes du système américain : excès de dérégulation, explosion des inégalités, endettement des plus pauvres. Portée par un modèle de développement plus égalitaire et inclusif, l’Europe aurait pu saisir cette occasion pour promouvoir un meilleur système de régulation du capitalisme global. Patatras : faute d’une confiance suffisante entre ses membres, prisonnière de règles rigides appliquées à contretemps, l’Union européenne (UE) provoqua en 2011-2013 une nouvelle récession dont on se remet à peine.
L’arrivée au pouvoir de Donald Trump en 2017 a révélé une nouvelle faille béante du modèle américain. Cela relance la demande d’Europe, d’autant plus que l’évolution des modèles alternatifs (Chine, Russie) n’est guère rassurante.
De multiples défis à surmonter
Pour répondre aux attentes, l’Europe devra toutefois surmonter de multiples défis. D’abord un défi général : la dérive inégalitaire de la mondialisation. L’Europe ne rassurera pas ses citoyens en leur expliquant que la situation y est meilleure qu’aux Etats-Unis ou au Brésil. Les inégalités progressent dans tous les pays, encouragées par une concurrence fiscale exacerbée en faveur des plus mobiles, que l’Europe continue toujours à attiser. Les risques de repli identitaire et de logiques de bouc émissaire ne seront surmontés que si l’on parvient à proposer aux classes populaires et aux jeunes générations une véritable stratégie de réduction des inégalités et d’investissement dans l’avenir.
Deuxième défi : le clivage Nord-Sud, qui s’est dramatiquement accentué au sein de la zone euro, et qui repose sur des récits contradictoires des événements. En Allemagne et en France, on continue de s’imaginer que l’on a aidé les Grecs, puisqu’on leur a prêté de l’argent à un taux d’intérêt inférieur à celui auquel ils auraient...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-11"> ¤ Commentaire sur les « pays de merde », volte-face sur le renseignement... l’occupant de la Maison Blanche maintient un climat de polémique permanent.
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Trump, semaine 50 : « Monsieur le président, êtes-vous raciste ? »

Commentaire sur les « pays de merde », volte-face sur le renseignement... l’occupant de la Maison Blanche maintient un climat de polémique permanent.



Le Monde
 |    14.01.2018 à 06h32
 • Mis à jour le
14.01.2018 à 11h34
    |

            Gilles Paris (Washington, correspondant)








                        



                                


                            

« Monsieur le président, êtes-vous raciste ? » La question posée par un journaliste a fusé à l’issue d’une cérémonie à la Maison Blanche en l’honneur de Martin Luther King, vendredi 12 janvier, avant le jour férié dédié au champion de la lutte pour les droits civiques. Donald Trump a fait mine de ne l’avoir pas entendue. Le Washington Post avait rapporté jeudi qu’il avait qualifié de « pays de merde » Haïti et des nations africaines au cours d’une réunion houleuse, le jour même, avec des élus du Congrès sur l’immigration.
La Maison Blanche n’avait pas démenti l’insulte à l’origine d’une vague d’indignation mondiale. Le président des Etats-Unis a mollement nié l’usage de ce terme sur son compte Twitter, vendredi matin, quelques minutes après avoir été gentiment gourmandé par l’un des animateurs de la matinale de Fox News, son programme télévisé préféré. Ainsi va la « West Wing » de Donald Trump, où s’égrènent des énormités devenues banales par la seule force de la répétition.
Mardi, Donald Trump invite la presse à assister pendant près d’une heure à une réunion sur l’immigration avec des élus du Congrès. Affable, le président se montre prêt à tout accepter des démocrates pour leur complaire, au point de se faire rappeler à l’ordre par des responsables de son propre parti. Il affirme qu’il signera les yeux fermés le compromis auquel ils pourront parvenir. Des paroles en l’air, comme ses éructations, deux jours plus tard, vont le prouver.
Mercredi, la Maison Blanche publie un communiqué invitant le Congrès à renouveler les autorisations nécessaires pour un programme de surveillance sur Internet visant les étrangers en dehors des Etats-Unis. Le lendemain matin, peu après sept heures, une nouvelle fois sur Fox News, un invité exprime ses doutes et interpelle Donald Trump, face caméra : « Monsieur le président, ce n’est pas une chose à faire. » Ce dernier publie illico sur son compte Twitter un message s’interrogeant...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-12"> ¤ RAPPORT D’ÉTONNEMENT. Alors que la Californie vient de rendre légale la consommation de marijuana à usage récréatif, plus que jamais, des voix s’élèvent pour dénoncer l’échec de la guerre contre les stupéfiants.
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Pour la paix des drogues

RAPPORT D’ÉTONNEMENT. Alors que la Californie vient de rendre légale la consommation de marijuana à usage récréatif, plus que jamais, des voix s’élèvent pour dénoncer l’échec de la guerre contre les stupéfiants.



Le Monde
 |    14.01.2018 à 06h30
    |

            Frédéric Joignot








                        



                                


                            
Le Jour de l’an, alors que les images de milliers de Californiens achetant légalement de la marijuana faisaient le tour du monde, une tribune paraissait dans le New York Times sous le titre : « La guerre ratée contre les drogues ». Elle était cosignée par deux pointures politiques : le républicain George P. Shultz, ancien secrétaire d’Etat de Ronald Reagan, et Pedro Aspe, ex-secrétaire des finances mexicain. Elle s’ouvre sur un constat sans appel : la « guerre contre la drogue » lancée aux Etats-Unis sous Nixon et toujours en cours « a été un échec qui a dévasté des vies, rempli les prisons et coûté des sommes colossales ».
Marché noir
L’argumentation suit : il est irréaliste de vouloir éradiquer les producteurs et les trafiquants des pays pauvres – « l’offre » – quand la consommation récréative des drogues par les pays riches – « la demande » – est considérable. Ce combat génère automatiquement un marché noir aux prix faramineux, qui mobilise des mafias prêtes à tout, réinvestissant leurs « énormes profits (…) dans l’achat d’armes sophistiquées, l’embauche de gangs pour protéger leur commerce, la corruption de fonctionnaires et la fourniture de drogues à des enfants, afin de les rendre dépendants ». Résultat : au Mexique, les violences liées aux cartels ont fait plus de 100 000 morts depuis 2006. Pendant ce temps-là, dans les pays consommateurs, où la prohibition a toujours lamentablement échoué, « un maintien de l’ordre agressif a conduit des milliers de jeunes consommateurs dans des prisons trop pleines, où ils apprennent à devenir de véritables criminels ». Conclusion : un fiasco général.
Alors que faire ? Les deux signataires donnent des pistes : « Dépénaliser la possession de petites quantités de drogue à usage personnel », « avoir le droit de cultiver et de distribuer de la marijuana pour un usage personnel », « créer des centres de traitement (…) où les gens pourraient...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-13"> ¤ Le ministre de l’intérieur annonce également la création de 400 places de rétention administrative pour répondre au doublement de la durée légale de celle-ci.
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Collomb veut « accueillir les réfugiés, mais pas tous les migrants économiques »

Le ministre de l’intérieur annonce également la création de 400 places de rétention administrative pour répondre au doublement de la durée légale de celle-ci.



Le Monde
 |    14.01.2018 à 05h49
 • Mis à jour le
14.01.2018 à 11h34
   





                        



   


Le ministre de l’intérieur, Gérard Collomb, affirme que son projet de loi sur l’asile et l’immigration repose sur deux principes : accueillir les réfugiés mais pas tous les migrants économiques, dans un entretien au Parisien dimanche du 14 janvier.
« La France doit accueillir les réfugiés, mais elle ne peut accueillir tous les migrants économiques », a estimé le ministre, qui juge le projet de loi asile-immigration attendu en conseil des ministres fin février « totalement équilibré ».
400 places de rétention administrative
Une trentaine d’associations, de la Ligue des droits de l’homme jusqu’à Médecins du monde en passant par Emmaüs et le Secours catholique, avaient au contraire dénoncé un texte « déséquilibré » après une réunion jeudi à Matignon sur le sujet.
Pour répondre au doublement de la durée de rétention administrative prévue par le texte, M. Collomb annonce la création de « 200 places d’ici à la fin du mois de janvier et 200 autres en 2018 ».
Interrogé quant à la marge de manœuvre laissée aux parlementaires sur le texte, le ministre de l’intérieur admet « des possibilités d’amendement » mais insiste sur le fait qu’il « n’est pas question de changer d’orientation ».



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-14"> ¤ Le gouverneur de l’Etat de Tamaulipas, Francisco García Cabeza de Vaca, a promis de « ne pas laisser ce meurtre impuni ». Un journaliste avait déjà été assassiné fin décembre dans un autre Etat.
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Un journaliste politique tué au Mexique

Le gouverneur de l’Etat de Tamaulipas, Francisco García Cabeza de Vaca, a promis de « ne pas laisser ce meurtre impuni ». Un journaliste avait déjà été assassiné fin décembre dans un autre Etat.



Le Monde
 |    14.01.2018 à 03h54
 • Mis à jour le
14.01.2018 à 11h50
   





                        



   


Un journaliste mexicain de la ville de Nuevo Laredo, près de la frontière avec les Etats-Unis, a été assassiné samedi, apparemment le premier de l’année, a annoncé le gouverneur de l’Etat de Tamaulipas.
« Mes condoléances vont à la famille du journaliste Carlos Domínguez Rodríguez, décédé aujourd’hui à Nuevo Laredo. Je m’engage auprès d’elle et des journalistes de Tamaulipas pour que ce crime ne reste pas impuni », a déclaré sur Twitter Francisco Cabeza de Vaca, le gouverneur de l’Etat.

Mis condolencias a la familia del periodista Carlos Domínguez Rodríguez, fallecido hoy en Nuevo Laredo. Mi compromi… https://t.co/6RCd7Zz2zN— fgcabezadevaca (@Fco. Cabeza de Vaca)


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90 % des crimes impunis
Le Mexique est considéré comme un des pays les plus dangereux au monde pour la presse, avec plus de 200 reporters tués depuis 2000, selon les associations de défense de la liberté d’expression. Elles dénoncent le fait que 90 % de ces crimes restent impunis.
L’Etat du Tamaulipas, situé au nord-est du Mexique, est avec l’Etat de Veracruz, sur le golfe du Mexique, un de plus touchés par les violences liées au trafic de drogue. Il est également considéré comme un des plus dangereux pour les journalistes.
D’après l’ONG Articulo 19, douze journalistes ont été assassinés au Mexique en 2017. Selon l’organisation Reporters sans frontières, ce chiffre s’élève à onze. Les circonstances de l’assassinat d’un journaliste dans l’Etat Veracruz sont toujours en cours.
Chroniques politiques
Apparemment premier journaliste tué de l’année 2018, Carlos Dominguez travaillait jusqu’à ces derniers mois pour le journal El Diario de Nuevo Laredo.
Depuis, il écrivait des chroniques politiques qu’il diffusait sur les réseaux sociaux, selon le quotidien mexicain Reforma. « Le journaliste était dans une voiture (…) accompagné de sa fille » dans le centre de Nuevo Laredo quand il a été assassiné, a précisé Reforma sans donner plus de précisions.
Vendredi, dans une de ses chroniques pour le site internet Horizonte de Matamoros, il dénonçait « la violence extrême régnant sur le sol mexicain en cette période préélectorale », faisant référence à l’augmentation du nombre de crimes au Mexique, où doivent se tenir des élections présidentielles le 1er juillet.

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Une enquête sera ouverte afin de déterminer si cet homicide « a un lien avec le travail journalistique » de M. Dominguez, a fait savoir le ministère public de l’Etat de Tamaulipas dans un communiqué.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-15"> ¤ L’ancienne analyste de l’armée américaine condamnée pour avoir transmis à WikiLeaks des informations classifiées souhaite obtenir l’investiture démocrate dans le Maryland.
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Chelsea Manning veut se présenter au Sénat américain

L’ancienne analyste de l’armée américaine condamnée pour avoir transmis à WikiLeaks des informations classifiées souhaite obtenir l’investiture démocrate dans le Maryland.



Le Monde
 |    14.01.2018 à 02h09
 • Mis à jour le
14.01.2018 à 03h02
   





                        



   


L’ancienne informatrice de WikiLeaks Chelsea Manning a déposé un dossier de candidature pour représenter l’Etat du Maryland au Sénat américain à Washington, selon des documents électoraux fédéraux, a-t-on appris samedi 13 janvier.
Le quotidien Washington Post, qui avait été le premier à relever l’information, a précisé que ses demandes auprès de Mme Manning, 30 ans, étaient restées vaines à ce stade.
Un document intitulé « Déclaration de candidature » était disponible sur le site de la Commission fédérale électorale (FEC), faisant état de la candidature de Chelsea Elizabeth Manning habitant à North Bethesda (Maryland). Le document précise qu’elle s’intéresse au siège de sénateur de cet Etat, défendant les couleurs du Parti démocrate.

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Commuée par Obama
Le comité de campagne est baptisé « Chelsea Manning for U.S Senate », selon le document daté du 5 janvier 2018 et remis en mains propres le 11 janvier au bureau du Sénat. Son nom ne figurait en revanche toujours pas samedi dans la liste des candidats enregistrés publiée sur le site du Maryland consacré aux élections prévues en novembre 2018, mis à jour le 12 janvier à 20 heures. Selon le quotidien, elle convoite le siège du démocrate Ben Cardin, 74 ans, qu’il occupe depuis 2007.
Condamnée en 2013 par une cour martiale à 35 ans de réclusion pour avoir transmis à WikiLeaks plus de 700 000 documents confidentiels relatifs aux guerres d’Irak et d’Afghanistan, Chelsea Manning a passé sept ans en prison (dont trois de détention provisoire) avant que sa peine ne soit commuée par l’ancien président Barack Obama.

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« METTEZ-VOUS IMMEDIATEMENT A L’ABRI » : une fausse alerte au missile balistique à Hawaï

Le sénateur démocrate de Hawaï Brian Schatz a tweeté que l’incident était dû à une « erreur humaine », sans plus de précision.



Le Monde
 |    13.01.2018 à 20h58
 • Mis à jour le
14.01.2018 à 06h39
   





                        



   


« MENACE DE MISSILE BALISTIQUE SUR HAWAI. METTEZ-VOUS IMMEDIATEMENT A L’ABRI. CE N’EST PAS UN EXERCICE ». 
Voici le contenu du message reçu, samedi 13 janvier aux alentours de 8 heures, heure locale, par tous les habitants de Hawaï sur leur smartphone. Une alerte qui s’est avérée être rapidement démentie par les autorités de l’archipel.
Dans des tweets séparés, le gouverneur de Hawaï, David Ige, et l’agence locale de gestion des événements d’urgence ont chacun assuré que cet Etat américain situé dans l’océan Pacifique n’était pas menacé. Mais l’anecdote illustre les tensions présentes sur l’île, dans un contexte géopolitique marqué par les menaces d’attaque nucléaire du régime nord-coréen contre des intérêts américains.
Selon l’antenne d’Honolulu du service de météorologie national, le message aurait été un test, envoyé par erreur. Le sénateur démocrate de Hawaï Brian Schatz a tweeté que l’incident était dû à une « erreur humaine », sans plus de précision. « Il n’y a rien de plus important que de professionnaliser et de mettre des garde-fous à ce système » d’alertes Amber, a-t-il ajouté.
Ce système d’alerte dépend du ministère de la justice américain. Utilisé régulièrement aux Etats-Unis pour des alertes enlèvement, le système Amber est souvent critiqué pour son manque de fiabilité.
Radoucissement avec Pyongyang
Cette fausse alerte intervient après deux ans de tensions sur la péninsule coréenne en raison de l’accélération du programme nucléaire de Pyongyang. La Corée du Nord a procédé ces derniers mois à plusieurs lancements de missiles et, en septembre, à un sixième test nucléaire, le plus puissant à ce jour. Elle a affirmé être en mesure d’atteindre le territoire continental américain.

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Le président américain Donald Trump s’est engagé depuis son arrivée au pouvoir dans une belliqueuse joute verbale avec le dirigeant nord-coréen. Pour autant, le climat semble s’être adouci depuis le début de l’année, avec la reprise des contacts officiels entre les deux Corées, et une main tendue de Washington. M. Trump s’est ainsi dit mercredi ouvert à des pourparlers directs avec la Corée du Nord, au cours d’une conversation téléphonique avec le président sud-coréen, Moon Jae-in.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-17"> ¤ La mobilisation est la première de cette ampleur depuis l’installation du gouvernement de Sebastian Kurz il y a un mois.
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En Autriche, 20 000 manifestants contre la coalition gouvernementale incluant l’extrême droite

La mobilisation est la première de cette ampleur depuis l’installation du gouvernement de Sebastian Kurz il y a un mois.



Le Monde
 |    13.01.2018 à 19h16
 • Mis à jour le
14.01.2018 à 06h39
   





                        



   


Dans les rues de Vienne, une manifestation d’ampleur inattendue s’est tenue, samedi 13 janvier, contre la coalition entre la droite et l’extrême droite au pouvoir depuis près d’un mois en Autriche. Les manifestants reprochent aux nouvelles autorités ses positions sur l’immigration et son programme social.
Sous le mot d’ordre « comité d’accueil de la nouvelle année », 20 000 manifestants, selon la police, ont formé un long cortège dans le centre ville à destination du quartier des ministères. Du côté des organisateurs, qui tablaient sur quelque 10 000 participants, les estimations variaient de 25 000 à plus de 50 000 personnes.
Dirigé par le jeune conservateur Sebastian Kurz, vainqueur à 31 ans des élections du 15 octobre, le nouveau gouvernement autrichien formé mi-décembre a intégré six ministres d’extrême droite à des postes clés, dont Heinz-Christian Strache, chef du Parti de la liberté d’Autriche (FPÖ) et vice-chancelier.

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« S’il vous plaît, pas encore »
Organisée à l’appel d’organisations de gauche et de la mouvance antiraciste, la mobilisation, première de cette ampleur depuis l’installation du gouvernement, a rassemblé un public de tous âges, dont beaucoup de familles. De nombreux slogans faisaient référence à l’histoire de pays, 80 ans après l’Anschluss, l’annexion de l’Autriche par l’Allemagne nazie en mars 1938 et la mise en place d’un régime autoritaire fasciste. « S’il vous plaît, pas encore », proclamait une pancarte tandis qu’une banderole avertissait : « Ceux qui tolèrent Kurz et Strache auraient applaudi 1938. »

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« Ce que je crains le plus, c’est que ce genre de gouvernement se banalise, devienne la nouvelle norme », confiait à l’Agence France-Presse Christa, une manifestante de 55 ans, tandis que Tobias Grettica, un Allemand de 47 ans, disait être « inquiet de voir le nationalisme progresser partout, pas seulement en Autriche ».
C’est la deuxième coalition formée entre conservateurs (ÖVP) et FPÖ en Autriche, après une première expérience de gouvernement au début des années 2000. L’alliance des deux partis avait à l’époque suscité la réprobation internationale et entraîné des sanctions européennes. De nombreuses manifestations avaient eu lieu en Autriche dont les plus massives avaient rassemblé jusqu’à 250 000 personnes.
La nouvelle majorité a recueilli près de 60 % des suffrages aux législatives d’octobre, après dix ans de coalition centriste entre droite et sociaux-démocrates.




                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-18"> ¤ A Tunis, le gouvernement a annoncé des mesures en faveur des familles modestes dans l’espoir de désamorcer l’agitation sociale contre la vie chère.
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Analyse

En Tunisie, le pouvoir cherche à reprendre la main face à la grogne sociale

A Tunis, le gouvernement a annoncé des mesures en faveur des familles modestes dans l’espoir de désamorcer l’agitation sociale contre la vie chère.

Frédéric Bobin (Tunis, correspondant)
    



LE MONDE
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        Le 13.01.2018 à 17h53

     •
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        Mis à jour le 14.01.2018 à 06h39






    
Les représentants des partis politiques, des syndicats et du patronat réunis par le président Béji Caïd Essebsi, à Tunis, le 13 janvier.
Crédits : FETHI BELAID / AFP


Le gouvernement tunisien a annoncé samedi 13 janvier une série de mesures, dont l’augmentation des allocations sociales, après une semaine de contestations marquées par des heurts et à la veille du septième anniversaire de la révolution. Selon ce plan d’action, l’allocation sociale en faveur des familles nécessiteuses passe de 150 dinars (50 euros) à 180 et 210 dinars (60 et 70 euros) en fonction du nombre d’enfants, soit une augmentation d’au moins 20 %, a indiqué à la presse le ministre des affaires sociales, Mohamed Trabelsi. Selon une source gouvernementale, le plan prévoit également que l’Etat puisse se porter garant pour 500 000 familles aux revenus instables afin qu’elles puissent obtenir un prêt auprès de la banque pour se loger.
Ce plan aide les familles nécessiteuses à « l’acquisition d’un logement adéquat », a assuré M. Trabelsi. Il « garantit une couverture médicale pour tous les Tunisiens sans exception », a-t-il également soutenu, sans plus de développements. La procédure « va toucher plus de 120 000 bénéficiaires [pour] un coût dépassant 70 millions de dinars (23,5 millions d’euros) », a-t-il souligné. Une source gouvernementale a précisé que ces mesures seraient appliquées dès cette année.
Reprendre la main
L’exécutif tunisien s’efforce de reprendre la main à la veille du 7e anniversaire de la chute de la dictature de Ben Ali, qui offrira l’occasion aux animateurs du mouvement social contre la vie chère de redescendre dans la rue. Depuis le 8 janvier, la Tunisie est en proie à une vigoureuse agitation ciblant l’augmentation du coût de la vie, conséquence d’une loi de finances ayant programmé une hausse de la fiscalité indirecte afin d’enrayer la dérive des déficits publics.
En fin de semaine, la violence qui avait émaillé certains attroupements nocturnes, à Tunis comme dans certaines localités de l’arrière-pays, a connu un net reflux. Mais la pression de la rue continuera néanmoins de se faire sentir, comme devraient l’illustrer dimanche les rassemblements auxquels se joindra l’Union générale tunisienne du travail (UGTT), qui était jusqu’à présent resté en marge du mouvement.

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Réunion à Carthage
Samedi, le président de la République, Béji Caïd Essebsi, a réuni à Carthage, banlieue située au nord de Tunis, les partenaires (partis politiques, syndicats…) de l’« accord de Carthage ». Ce document, signé sous son égide à l’été 2016, avait pour but d’élargir le consensus autour de l’action gouvernementale.
La relation entre le premier ministre tunisien Youssef Chahed et M. Essebsi est malaisée, tout comme est conflictuel son lien avec le parti dominant la coalition gouvernementale, Nidaa Tounès, dirigé par Hafedh Caïd Essebsi, le propre fils du chef de l’Etat. Selon plusieurs observateurs, Nidaa Tounès pourrait tenter de profiter de l’occasion pour chercher à mettre sous tutelle M. Chahed, ce dernier étant parvenu jusqu’à présent à conserver son autonomie d’action par rapport à ce parti dont il est issu.

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Le président de la République, qui est cœur du jeu politique tunisien, va donc essayer de remettre en ordre de bataille son camp – il est le fondateur de Nidaa Tounès – tout en conservant une relation de travail fonctionnelle avec les autres partis membres de la coalition gouvernementale, au premier rang desquels le parti islamiste Ennahda.
La force de M. Chahed tient toutefois dans sa relative popularité. De larges factions de l’opinion publique ont soutenu la campagne anticorruption lancée au printemps 2017. Certains proches du chef du gouvernement vont même jusqu’à sous-entendre que l’agitation sociale actuelle est orchestrée en coulisse par des réseaux mafieux, affaiblis par l’offensive gouvernementale. « Il est clair que le gouvernement est ciblé à cause de sa guerre contre la corruption », avance une source gouvernementale.

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« Nous tenons à l’actuelle stabilité politique »
Dans les dernières semaines, M. Chahed a dû faire montre d’une plus grande modestie dans l’affichage de ses ambitions politiques ; ce qui semble avoir détendu sa relation avec le chef de l’Etat – lequel n’a pas exclu de se présenter à sa propre succession, en 2019. Mais la tension reste vive avec Nidaa Tounès. Dans ce jeu de rivalités, Nidaa Tounès a pu compter sur le soutien passif du parti islamiste Ennahda, son principal allié au sein de la coalition au pouvoir. Ennemis irréductibles entre 2011 et 2014, les deux formations se sont spectaculairement réconciliées à partir de 2014 sur la base d’un projet de cogérance du pays.

    
Dimanche 14 janvier, la Tunisie marquera le 7e anniversaire de la chute de la dictature de Ben Ali.
Crédits : YASSINE GAIDI / ANADOLU AGENCY


Cette entente cordiale est toutefois sous pression, en raison notamment de l’affaiblissement continu de Nidaa Tounès, plongé dans la crise interne depuis la conquête du parti par Hafedh Caïd Essebsi, le fils du président. En outre, la réconciliation avec les islamistes a été mal comprise par la base électorale du parti. Afin de remobiliser ses troupes dans la perspective des élections municipales prévues en mai, Nidaa Tounès affiche désormais la volonté de prendre ses distances avec Ennahda. Mais la coalition gouvernementale étant maintenue entre les deux formations, il n’est pas sûr que cette nouvelle option tactique fasse la différence et permette à Nidaa Tounès de reconquérir le terrain perdu.

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Un contexte politique qui met en difficulté le chef du gouvernement, confronté à sa plus grave crise depuis sa nomination, en septembre 2016. M. Chahed doit louvoyer entre une rue en colère et les faux amis de son camp. Il a pu compter jusqu’à présent sur la compréhension de l’UGTT avec laquelle il a établi une relation de travail fructueuse. « Il a bénéficié de notre soutien silencieux », admet un cadre de l’Union générale tunisienne du travail, qui souligne la chute du nombre de grèves ces derniers mois, indicatrice de la bonne volonté du syndicat. « Les adversaires de Chahed veulent déstabiliser le gouvernement, ajoute-t-il. Mais nous tenons à l’actuelle stabilité politique. »
L’UGTT devrait entrer en lice ces prochains jours sur le front social, mais pour mieux l’encadrer. Comme souvent dans l’histoire de la Tunisie contemporaine, le jeu de bascule de l’UGTT se révèle souvent déterminant pour conforter ou fragiliser le pouvoir.


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-19"> ¤ Au second tour, il affrontera le proeuropéen Jiri Drahos, qui a réuni 26,39 % des voix.
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En République tchèque, le président sortant, Milos Zeman, en tête du premier tour de la présidentielle

Au second tour, il affrontera le proeuropéen Jiri Drahos, qui a réuni 26,39 % des voix.



Le Monde
 |    13.01.2018 à 16h56
   





                        



   


Il était le favori du premier tour de l’élection présidentielle. Le président tchèque sortant, Milos Zeman, est arrivé samedi 13 janvier nettement en tête du scrutin, avec 38,98 % des suffrages, après le dépouillement de 97,5 % des suffrages. Au second tour, il affrontera le proeuropéen Jiri Drahos, qui a réuni 26,39 % des voix.
Si la première étape est passée pour le candidat prorusse, âgé de 73 ans, sa victoire reste encore précaire. Les Tchèques ont fini par se lasser de ce vétéran de la gauche, salué pour son rôle de importance après la chute du régime autoritaire en 1989. Milos Zeman est entré dans l’histoire comme étant le premier président tchèque élu au suffrage universel avec 54,8 % des voix, dans ce pays d’Europe centrale qui compte 10,5 millions d’habitants. C’était en 2013.

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Déclarations polémiques
Mais son image a été largement écornée par plusieurs controverses – tant sur sa vie privée, son mode de vie relativement sulfureux, que dans ses relations houleuses avec l’opposition. Ses prises de position polémiques ont également lassé une partie de l’électorat. Il est notamment connu pour son soutien inconditionnel au président états-unien, Donald Trump, mais aussi pour sa proximité avec le Kremlin, qu’il soutient notamment sur le volet ukrainien.
Enfin, M. Zeman s’est distingué ces dernières années par son positionnement farouchement antimigrants, qu’il considère comme une « invasion » organisée par les Frères musulmans. Populiste et eurosceptique, il maintient que seule une exclusion de la Grèce permettrait au pays d’adhérer à la zone euro.

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Son adversaire du second tour de la présidentielle, le centriste Jiri Drahos, est, lu, un novice en politique. Ce qui fera du scrutin, qui aura lieu les 26 et 27 janvier, un véritable référendum pour ou contre Milos Zeman.

   





                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-20"> ¤ Le bébé panda, âgé de 5 mois, a découvert, samedi matin sous l’œil de nombreux visiteurs, son enclos.
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Au zoo de Beauval, première sortie pour Yuan Meng, le bébé panda

Le bébé panda, âgé de 5 mois, a découvert, samedi matin sous l’œil de nombreux visiteurs, son enclos.



Le Monde
 |    13.01.2018 à 14h30
   





                        



   


Pour la première fois depuis sa naissance, Yuan Meng, « accomplissement d’un rêve » en chinois, a pu montrer, samedi 13 janvier, aux visiteurs du zoo de Beauval (Loir-et-Cher) la couleur de son pelage, encore gris et blanc rosé. Dans la matinée, le bébé panda, âgé de 5 mois, a découvert son enclos, en dégustant en présence de sa maman quelques branches de bambou.
Dès 8 heures du matin, avant l’ouverture du zoo, une file d’attente importante s’était constituée devant les grilles. « Nous sommes partis à 4 heures du matin, nous avions mis le réveil à 3 heures. Mon fils voulait absolument voir le bébé panda », a ainsi expliqué Delphine, venue de l’Oise, en région parisienne, avec son fils Kylian. « Nous avons le sentiment d’assister à un moment historique. C’est très émouvant », a-t-elle ajouté. A l’ouverture des portes, les visiteurs ont été accueillis par la famille Delord, propriétaire du zoo, avec des viennoiseries, du café et du chocolat chaud.
Ils ont pu admirer Yuan Meng qui déambulait dans la loge intérieure aménagée. La boule de poils de plus de 10 kg descendait une à une les roches sous les yeux d’une soigneuse prête à intervenir en cas de chute. Il a ensuite déboulé sur sa maman pour lui faire un câlin.

   


La « choupitude » des pandas
De son côté, le papa, Yuan Zi, imperturbable, mangeait du bambou dans un autre espace. « Cela fait dix jours que nous le sortons dans cet enclos pour qu’il s’habitue et que nous puissions vérifier que les aménagements réalisés sont sans danger », a expliqué Baptiste Mulot, responsable vétérinaire. « Les pandas ne sont pas gênés par le public, ils ne se rendent pas compte qu’il y a beaucoup de monde pour les voir », a-t-il précisé.
Pour Delphine Delord, directrice de la communication du zoo de Beauval, « l’engouement est extraordinaire » :
« La “choupitude” des pandas est à nouveau avérée. On ne s’attendait tout de même pas à un tel déferlement. »
En décembre, Brigitte Macron avait rendu visite au bébé panda, à l’occasion d’une grande cérémonie de baptême en présence de dignitaires chinois. Conformément à la tradition, Mme Macron est, avec l’épouse du président chinois, la marraine du petit ursidé herbivore qui ne pesait que 142 grammes à sa naissance, le 4 août.




                            


                        

                        

