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Compte rendu

Tunisie : sept ans après sa chute, qu’est devenu le clan Ben Ali ?

Malgré de multiples condamnations par contumace en Tunisie pour différents chefs d’accusation, la famille Ben Ali, majoritairement réfugiée en Arabie saoudite, n’est pas inquiétée par la justice.


LE MONDE
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        Le 14.01.2018 à 11h37

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        Mis à jour le 14.01.2018 à 14h01






    
Zine El-Abidine Ben Ali et sa seconde épouse, Leïla Trabelsi, le 21 mars 2006 à Tunis.
Crédits : HO / AFP


C’est un avion entré dans l’histoire de la Tunisie. Le 14 janvier 2011, « Oscar Oscar », un Boeing Business Jet acheté en 1999, quittait le tarmac de Tunis pour la dernière fois. A son bord, Zine El-Abidine Ben Ali, sa seconde épouse, Leïla Trabelsi, deux de leurs enfants et un de leur gendre. Une fuite en pleine nuit qui tournait la page d’une dictature de vingt-trois ans, et la mainmise d’un clan tout-puissant sur tous les secteurs politiques, économiques et sociaux du pays.
Sept ans plus tard, malgré de multiples condamnations par contumace en Tunisie pour des chefs d’accusation aussi variés que détournement de fonds, détention d’armes et de pièces archéologiques, corruption et fraudes immobilières, la famille Ben Ali, majoritairement réfugiée en Arabie saoudite, n’est pas inquiétée par la justice. Un mandat d’arrêt international et deux demandes d’extradition ont été émis par Tunis contre l’ancien couple présidentiel. Mais, au nom de l’hospitalité, l’Arabie saoudite refuse d’extrader les ressortissants musulmans.
Peu d’apparitions publiques
En contrepartie de cette bienveillance, Zine El-Abidine Ben Ali s’est engagé à rester discret. Ses apparitions publiques sont donc rares, tout comme les images le montrant dans sa vie quotidienne à Jeddah, sur les rives de la mer Rouge, où vivent également leur fille Halima et leur fils Mohamed. En 2013, une photographie montrant l’ancien général en pyjama rayé avait été publiée par son fils sur son compte Instagram personnel, avant que celui-ci ne soit fermé sans explication.
Depuis janvier 2011, la seule prise de parole officielle de l’ancien dictateur, âgé de 81 ans, a été menée par son avocat, Me Akram Azoury. Ce dernier a nié les accusations portées contre lui par la justice tunisienne, assurant notamment que l’ancien général n’avait jamais donné « l’ordre de tirer à balles réelles sur les manifestants ».

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Régulièrement, la rumeur d’une publication des mémoires de l’ancien dictateur revient dans la presse tunisienne. Selon son épouse, l’auteur du « coup d’Etat médical » contre Habib Bourguiba en 1987 est en bonne santé et en pleine possession de ses capacités mentales. Leïla Trabelsi a, quant à elle, déjà publié en 2012 un livre intitulé Ma vérité, dans lequel elle rejetait les accusations de corruption et de dérive dictatoriale du régime déchu. Souvent surnommée « la femme la plus détestée de Tunisie », elle a également donné plusieurs interviews accordées par Skype, notamment au Parisien en 2013.
Réfugiés au Canada
Certains membres du clan Ben Ali ont néanmoins connu un exil un peu plus chahuté. Après un séjour au Qatar abrégé sur ordre des autorités, la fille aînée des secondes noces du président, Nesrine Ben Ali, est partie s’installer aux Seychelles avec son mari, l’homme d’affaires Sakher El Materi. Tous deux ont été condamnés par contumace à plusieurs lourdes peines de prison notamment pour corruption, fraudes, blanchiment d’argent ou acquisition de terrains illicite.
Longtemps considéré comme le chef du clan Ben Ali, Belhassen Trabelsi, le frère de Leïla et richissime homme d’affaires, s’est réfugié au Canada. Mais sa demande d’asile ayant été refusée, l’homme s’est volatilisé. Sa femme et ses quatre enfants ont, quant à eux, obtenu le statut de réfugiés, listés comme « étrangers politiquement vulnérables ».
En revanche, ils ont été déboutés de leur demande, déposée à la Cour fédérale de Montréal, de débloquer leurs fonds bancaires pour subvenir à leurs besoins. Selon la presse canadienne, la Tunisie aurait même averti Ottawa que le déblocage des avoirs de la famille nuirait aux relations bilatérales entre les deux pays.

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Pas de restitution du passeport
Enfin, une partie du noyau dur du clan Ben Ali est restée en Tunisie. Ainsi, les trois premières filles du dictateur, Ghazoua, Dorsaf et Cyrine, vivent toujours au pays. La cadette, épouse de l’homme d’affaires Slim Chiboub, se dit atteinte d’une grave maladie, et demande régulièrement le droit de sortir du pays pour avoir accès à des soins à l’étranger. Mais les autorités tunisiennes refusent la restitution de son passeport confisqué depuis 2011.
Son mari, recherché dans un premier temps pour « trafic d’influence », n’a regagné le pays qu’à la fin 2014 après un long séjour aux Emirats. D’abord incarcéré, l’homme a été libéré au bout de quatorze mois, soit la plus longue période de prison préventive. Il reste à ce jour poursuivi dans plusieurs affaires. En mai 2017, les fonds de l’homme d’affaires gelés en Suisse ont été restitués à la faveur d’un accord d’arbitrage et de conciliation.

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Cyrine Ben Ali est, elle aussi, restée contrainte et forcée en Tunisie. Poursuivie dans une affaire de blanchiment d’argent, la fille de l’ancien dictateur était jusqu’en février 2015 sous le coup d’une interdiction de voyage. Son ancien mari, Marouane Mabrouk, codirigeant de la très puissante entreprise Mabrouk, occupe toujours le même poste.
Le retour des benalistes
Car si l’empire économique du clan Ben Ali, qui s’étendait de la grande distribution à l’immobilier en passant par la téléphonie, les médias ou l’automobile, a été en partie placé sous contrôle d’administrateurs judiciaires nommés par l’Etat, certains secteurs sont toujours dans l’escarcelle de la puissante famille ou de leurs proches.
Sur le plan politique, aucun membre de la famille Ben Ali n’a repris des fonctions de premier plan. Mais sur 43 ministres et secrétaires d’Etat du gouvernement actuel, au moins un sur cinq a occupé un poste ministériel sous Ben Ali ou assumé une fonction dirigeante au Rassemblement constitutionnel démocratique, l’ancien parti unique. Le projet de loi d’exclusion – qui aurait exclu de la vie politique les personnes considérées comme des ex-soutiens de Ben Ali – n’a, finalement, jamais été voté.

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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-2"> ¤ Préparer le travail législatif et améliorer le fonctionnement du groupe. Tels seront les objectifs du séminaire du groupe LRM à l’Assemblée les 15 et 16 janvier.
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La loi immigration au menu des journées parlementaires de LRM

Préparer le travail législatif et améliorer le fonctionnement du groupe. Tels seront les objectifs du séminaire du groupe LRM à l’Assemblée les 15 et 16 janvier.



Le Monde
 |    14.01.2018 à 07h00
    |

            Alexandre Lemarié








                        



   


Ce sera le troisième depuis le début du quinquennat. Le groupe La République en marche (LRM) à l’Assemblée nationale se rassemblera de nouveau lors d’un séminaire, qui se déroulera lundi 15 et mardi 16 janvier au Palais-Bourbon, à l’hôtel de Lassay et à la questure. Avec un double objectif : préparer le travail législatif, mais aussi tenter d’améliorer le fonctionnement et l’animation du groupe.
Après s’être retrouvés une première fois en juin et en septembre pour des séances de « team building », afin de renforcer les liens entre les 312 députés du groupe, ceux-ci vont cette fois s’atteler au travail de fond. Pas question de mettre un foulard sur la tête, en prononçant des mots-concepts en anglais, comme ce fut le cas lors du précédent séminaire, ce qui avait suscité des railleries. Cette fois, place au sérieux, alors que se profile une série de projets de loi à examiner à l’Assemblée.
Plusieurs ateliers
Lors de ces « journées parlementaires d’hiver », des ateliers législatifs se tiendront lundi matin sur les deux textes de la rentrée : celui sur le droit à l’erreur, qui sera débattu dans l’Hémicycle de l’Assemblée du 23 au 25 janvier, et surtout sur l’asile-immigration, qui suscite des débats internes intenses au sein même du groupe En marche. Avec l’idée de confronter les différents points de vue entre les tenants de la ligne de fermeté du ministre de l’intérieur, Gérard Collomb, et les partisans d’une approche plus « humaine », dans l’espoir d’apaiser les tensions. Et si possible aboutir à une position commune.
Ces ateliers seront animés par des députés du groupe particulièrement investis sur ces thématiques. Ainsi, la « whip » de la commission des lois – chargée de veiller à ce que les élus votent en fonction des consignes du parti – Naïma Moutchou devrait présenter le projet de loi asile-immigration.
Avis partagés
Le lundi après-midi sera consacré à un travail sur le fonctionnement du groupe, avec l’idée de faire un point sur la « valorisation des talents et expériences ». Autrement dit : identifier les domaines de compétence de chaque député pour mieux les orienter vers un sujet précis. Et ainsi répondre au malaise de certains élus, issus de la société civile, qui peinent encore à trouver leur place au sein de ce groupe pléthorique (Le Monde daté 15 décembre). La journée sera conclue par un « apéritif des régions », comme lors du premier séminaire en juin dernier, chacun amenant un produit de sa région. Un rendez-vous ouvert au gouvernement.

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Si certains députés LRM, déçus par les précédents séminaires, ont prévu de sécher ce nouveau rendez-vous, d’autres mettent en avant « l’utilité » de ce type de rassemblement. « C’est bénéfique d’avoir des moments où nous pouvons nous retrouver pour échanger dans une ambiance conviviale », estime la députée LRM de la Somme Barbara Pompili. A ses yeux, « cela permet de créer du collectif et parfois de dénouer des problèmes ». Vu le trouble généré par le texte asile-immigration en interne, ce rendez-vous tombe à pic.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-3"> ¤ À un mois d’affronter le PSG en huitièmes de finale de la Ligue des champions, Zinedine Zidane ne trouve pas de solution pour redresser le club madrilène.
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Football : au Real Madrid, Zidane fait face à sa première crise

À un mois d’affronter le PSG en huitièmes de finale de la Ligue des champions, Zinedine Zidane ne trouve pas de solution pour redresser le club madrilène.



Le Monde
 |    14.01.2018 à 17h06
   





                        


Par Rodolphe Ryo

   


Deux ans : c’est le temps, exceptionnellement long dans le football moderne, qu’aura duré l’état de grâce de Zinedine Zidane sur le banc du Real Madrid. Deux ans avant que « Zidane » et « crise » ne puissent être prononcés dans une même phrase par les médias espagnols, toujours pressés de déclarer que la Maison blanche brûle.
Mais la nouvelle défaite à domicile samedi 13 janvier contre Villarreal (0-1) a fini de plonger le Français dans cette vase qui aspire inexorablement tous les entraîneurs madrilènes. La fin malheureuse d’une semaine contrastée : d’un côté, sa prolongation jusqu’en 2020 a été confirmée ; de l’autre, les révélations des Football Leaks sur les revenus de Lionel Messi et la tentative, en 2013, d’attirer l’Argentin au Real Madrid ne peuvent que perturber davantage sa star égotique, Cristiano Ronaldo.

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Défaits pour la deuxième fois consécutive au Santiago Bernabéu, après leur déroute face au Barça (3-0), les champions d’Espagne en titre restent englués à la quatrième place du classement. Les hommes de Zidane n’ont remporté qu’un seul de leurs cinq derniers matches.
Un revers de fortune subit pour celui à qui, jusqu’à présent, tout souriait : au printemps, il était devenu le premier entraîneur à remporter deux Ligues des champions d’affilée depuis Arrigo Sacchi en 1990. Avec sept titres gagnés en dix-neuf mois, il avait obtenu, au bout de sa première saison complète comme entraîneur, le titre de meilleur entraîneur du monde décerné par la Fifa.
Comme il l’a dit dans un entretien à France Football début janvier, Zidane savait que ces temps difficiles allaient un jour arriver « J’ai envie de montrer que je peux être un bon entraîneur aussi dans la difficulté. Elle ne me fait pas peur. Je suis armé contre ça. Je me suis préparé à ce que ce soit compliqué », assurait-il, sûr de lui. Après la rencontre face à Villarreal, perdue malgré vingt-huit frappes tentées, il a pourtant donné l’impression d’être impuissant en conférence de presse en plaidant avant tout un « manque de chance » dans la surface adverse.
« Je n’ai pas d’explication. Le problème, c’est que le ballon n’a pas voulu entrer. C’est une question de mauvaise série, a-t-il avancé, presque fataliste. Il faut continuer à travailler et se tourner vers le prochain match. » Ce sera sur le terrain de Leganes en quart de finale aller de la Coupe du Roi, jeudi 25 janvier.
« Il doit se corriger lui-même »
Cette rencontre sera-t-elle l’occasion pour Zidane de modifier ses plans tactiques, ce qu’il se refuse à faire jusqu’à présent ? Cette semaine, la presse espagnole, notamment Marca, s’interrogeait sur le sort réservé au prodige espagnol de 21 ans, Marco Asensio. Révélation de la saison dernière au Real, l’ancien de l’Espanyol est assez peu utilisé cette année, alors que son talent pourrait faire du bien à une formation en panne d’inspiration offensive. À l’inverse, certains joueurs semblent bénéficier d’un étonnant totem d’immunité, à l’instar de Marcelo.
Malgré des prestations en demi-teinte, voire carrément catastrophiques comme face au Celta Vigo le 7 janvier (2-2), le latéral gauche brésilien continue d’avoir la confiance de Zidane.

   


S’il bénéficie encore d’un important crédit à Madrid, hérité à la fois de son passage en tant que joueur et de sa première saison et demie, Zidane a vu son étoile pâlir à l’issue du Clasico face au Barça, pendant les fêtes. Pour tenter de contrer le génie de Lionel Messi, il avait choisi d’aligner Mateo Kovacic au détriment de son meneur de jeu habituel, Isco. Le Croate avait été fautif sur deux des trois buts inscrits par les Catalans.
Ancien attaquant et directeur sportif des Merengue, Jorge Valdano lui a récemment demandé de se remettre en question dans une interview accordée à la radio espagnole Onda Cero : « À l’époque, il devait corriger Rafa Benitez [à qui il a succédé sur le banc]. Aujourd’hui, il doit se corriger lui-même. Il y a un problème qui est clairement lié à l’entraîneur », a soutenu Valdano, rejoint dans son analyse par un autre historique du Real. Dans les colonnes de L’Équipe, l’ancien gardien Santiago Cañizares a regretté de n’avoir « pas encore vu sa patte d’entraîneur » cette saison :
« Depuis septembre, on attend que Zidane soit capable d’inverser la dynamique, avec des ajustements tactiques, certaines décisions importantes. Il ne l’a pas réussi. »
Une place en C1 en danger
Cañizares, comme d’autres observateurs, réclame l’arrivée d’un attaquant lors du marché des transferts de janvier, pour suppléer Cristiano Ronaldo, Karim Benzema et Gareth Bale en total manque de réussite.
Mais ce vœu a peu de chances d’être exaucé, Zidane ayant répété à plusieurs reprises depuis le début du mercato qu’il n’avait besoin d’aucune recrue. Il avait tenu le même discours l’été dernier après le départ du buteur Alvaro Morata, parti à Chelsea pour 65 millions d’euros. Le Colombien James Rodriguez et le Portugais Pepe avaient eux aussi été mis à la porte, sans que le Real ne les remplace par des joueurs d’expérience. Seuls des jeunes talents prometteurs (Theo Hernandez, Dani Ceballos) étaient arrivés mais ils ne sont pas encore parvenus à se faire une place dans le onze de départ.
« Mécontent, mais pas abattu », selon ses mots, Zidane doit rapidement trouver la formule. Distancés par le trio Barça - Atlético - Valence, les Madrilènes semblent condamnés à lutter en Liga pour la quatrième place, dernier ticket qualificatif pour la phase de poules de la C1, et sont talonnés par Villarreal et Séville.
Surtout, dans un mois jour pour jour, le Paris Saint-Germain se présentera au Bernabéu en huitième de finale aller, avant d’accueillir la seconde manche le 6 mars.

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« On ne va pas arriver le 14 février et se dire : « Youpi, on est là ». Ça se prépare avant. Il faut remotiver les troupes », a-t-il rappelé mardi, après s’être adressé pendant près d’une heure à son effectif en marge de l’entraînement collectif. Sous une pression qu’il n’a jamais subie auparavant, l’ancien Galactique ne pourra pas se manquer face aux Parisiens.
Les prochaines semaines diront comment Zidane l’entraîneur réagit à la pression. Dans France Football, il s’interdisait de paniquer : « Jouer au football, on sait faire, donc les choses finissent toujours par s’arranger. » 



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-4"> ¤ Dans le débat public, le nom du chercheur, mort en janvier 2002, resurgit à chaque attaque contre la sociologie. C’est parce qu’il a marqué la discipline : les querelles autour de son œuvre sont à la mesure de son importance.
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Article sélectionné dans La Matinale du 13/01/2018
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Pierre Bourdieu, cible et repère

Dans le débat public, le nom du chercheur, mort en janvier 2002, resurgit à chaque attaque contre la sociologie. C’est parce qu’il a marqué la discipline : les querelles autour de son œuvre sont à la mesure de son importance.



Le Monde
 |    11.01.2018 à 15h27
 • Mis à jour le
14.01.2018 à 17h28
    |

                            Marion Rousset








                        



                                


                            

A chaque attaque contre la sociologie, le nom de Pierre Bourdieu resurgit. En 2015, il était déjà dans la ligne de mire de l’essayiste Philippe Val, qui s’en prenait au « sociologisme » dans ­Malaise dans l’inculture (Grasset). Quand l’ancien premier ministre Manuel Valls déclare, quelques mois plus tard, qu’« aucune excuse sociale, sociologique et culturelle » ne doit être cherchée au terrorisme, c’est encore à lui qu’on pense.
Et c’est toujours lui qui est au cœur d’une charge venue, cette fois, de l’intérieur de la discipline : dans Le Danger sociologique (PUF, 2017), qui a suscité un émoi médiatique, Gérald Bronner et Etienne Géhin accusent Bourdieu d’avoir contribué à propager la « théorie du déterminisme social », sans considération pour la liberté des acteurs sociaux.
« Les progrès de la neurobiologie et des sciences cognitives ne permettent plus aux sociologues de tout ignorer des ressources d’un organe qui est le moyen de la pensée, de l’intelligence, de l’inventivité, du choix, et par là, d’un certain libre arbitre », écrivent-ils.
Gérald Bronner, professeur à l’université Paris-Diderot, persiste et signe : « Tout n’est pas prédictible. Si un chercheur n’est jamais surpris par ses résultats, c’est quand même un problème ! » Dans la foulée, la revue Le Débat consacre notamment son numéro de novembre-décembre 2017 à « la sociologie au risque d’un dévoiement » ; la sociologue Nathalie Heinich, très virulente, y reproche au « courant bourdieusien » la reprise « de grilles de perception du monde directement importées du vocabulaire militant ».
Mais pourquoi ce chercheur agite-t-il autant le débat public seize ans après sa mort ? Comment expliquer que l’évocation de son seul patronyme continue d’échauffer les esprits dans la sphère publique ? Ou autre façon de poser la question : y a-t-il un Pierre Bourdieu médiatique, qui sentirait encore le soufre, et un Pierre...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-5"> ¤ Slip chauffant, injections de testostérone... plusieurs contraceptions masculines sont difficilement accessibles en France et surtout très méconnues.
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Contraception masculine : quelles sont les méthodes disponibles en France ?

Slip chauffant, injections de testostérone... plusieurs contraceptions masculines sont difficilement accessibles en France et surtout très méconnues.



Le Monde
 |    14.01.2018 à 11h30
 • Mis à jour le
14.01.2018 à 15h12
    |

                            Florian Reynaud








                        


Cinquante ans après la loi Neuwirth, légalisant en France la fabrication et la mise à disposition de contraceptifs, en dépit d’un modèle en évolution, le poids du contrôle des naissances repose encore majoritairement sur les épaules des femmes.
Depuis le 1er janvier 2017, le Planning familial propose, à Paris, des journées de consultation groupées adressées aux hommes. Mais celles-ci n’attirent pas les foules. « Les premiers mois, il y avait une personne par consultation, ces derniers temps, on est entre trois et quatre », estime Caroline Rémy, coprésidente du Planning familial.
Lors des consultations, les hommes recherchent avant tout « une méthode un peu plus fiable que le préservatif, qui peut craquer de temps en temps », poursuit Caroline Rémy :
« Ils veulent aussi partager la contraception avec leur femme et être une forme de soutien dans les méthodes contraceptives. »

        Lire (en édition abonnés) :
         

          50 ans après l’autorisation de la pilule, trois générations de femmes livrent leur expérience



Toujours pas de pilule pour les hommes
Il faut dire que les alternatives au préservatif ne sont pas encore largement popularisées. La pilule contraceptive, qui représentait encore en 2016 le principal moyen de contraception d’une femme sur deux, selon l’Institut national d’études démographiques (INED), n’existe toujours pas pour les hommes. « Je pense qu’il n’y a pas un afflux de demandes et donc les laboratoires ne se penchent pas vraiment sur la question », juge Mme Rémy.
« On a largement les moyens scientifiques de développer la pilule pour homme », assure quant à elle Cécile Ventola, chercheuse à l’INED, qui note un intérêt au statu quo et une frilosité des laboratoires pharmaceutiques.
« Toutes les innovations en matière de contraception féminine qui ont été réalisées dans les dernières décennies n’ont pas été portées par l’industrie pharmaceutique mais par des organismes publics : anneau vaginal, stérilet hormonal, etc. »
Pour Pierre Colin, cofondateur de l’Association pour la recherche et le développement de la contraception masculine (Ardecom), il s’agit d’un faux problème : 
« Pourquoi une pilule ? On entend les femmes parler de leur contraception, elles en ont marre de leur pilule et le stérilet en cuivre a beaucoup de succès à cause de ça. »
« Depuis quarante ans, on a deux types de contraception — trois avec la vasectomie — et on est une centaine d’hommes “contraceptés” en France. »

        Lire :
         

          Apogée et déclin de la pilule, tabou de la stérilisation : 50 ans de contraception en France



L’injection d’hormones
Peu médiatisée, la contraception hormonale masculine consiste en des injections hebdomadaires de testostérone. Une méthode qui, en plus d’être méconnue, est lente à se mettre en place. « Il faut faire des spermogrammes [au cours du traitement], déjà ça va rebuter certains hommes qui ne vont pas se compliquer la tâche », dit la coprésidente du Planning familial. Il faut attendre jusqu’à trois mois pour l’arrêt de la production de spermatozoïdes :
« Le cycle masculin ne s’arrête pas aussi rapidement que le cycle féminin. Les trois premiers mois, vous n’êtes pas vraiment “contraceptés”. »
Au cours de l’utilisation, les piqûres sont autoadministrables et coûtent « dix euros par semaine en pharmacie », précise Pierre Colin. Ce traitement hormonal est réversible mais, là encore, il faut attendre trois mois pour pouvoir à nouveau procréer.
Ce traitement doit impérativement faire l’objet d’une discussion préalable avec un professionnel de santé. L’Organisation mondiale de la santé (OMS) recommande un usage limité à dix-huit mois, et réservé aux « hommes de 25 à 45 ans n’ayant pas certains antécédents (cardiovasculaires, hépatiques, de cancers, d’obésité, psychiatriques, etc.) ou ne consommant pas de tabac », rappelle l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM).
Le « slip chauffant »
Une autre méthode, nommée « contraception masculine thermique », consiste en une légère augmentation de la température des testicules, « méthode qu’on appelle également “slip chauffant” », précise Caroline Rémy. Il s’agit donc d’un sous-vêtement ajusté qui place les testicules dans une certaine position pour les réchauffer. Le prix ? « Cinq euros de plus qu’un slip normal », répond Pierre Colin. Il faut porter ce sous-vêtement sept jours sur sept, et quinze heures par jour. Là encore, la méthode est réversible mais met jusqu’à trois mois pour devenir efficace ou cesser de l’être.
Pour la contraception thermique comme hormonale, le nombre d’utilisateurs est flou : « Je pense que ça se compte sur les doigts d’une main, peut-être deux, dit Cécile Ventola. Les usagers potentiels ne savent pas que ça existe et les médecins non plus », regrette la chercheuse.
Attention, le « slip chauffant » n’est pas une méthode reconnue par l’OMS, et l’Agence nationale de santé publique (ministère de la santé) fait savoir au Monde qu’elle refuse de prendre position sur son efficacité contraceptive et d’en faire la promotion pour le moment. Santé publique France déclare cependant suivre les travaux de l’Ardecom, « interlocuteur privilégié sur la méthode en France ». Les études sur cette méthode sont, pour le moment, limitées. « On doit le porter tout le temps, et ce n’est pas fiable », disait l’urologue Didier Legeais sur Franceinfo.

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          Une enquête sur la contraception confirme la désaffection pour la pilule



La stérilisation reste taboue en France
Enfin, l’ultime moyen de contraception masculine, la vasectomie, est également très peu répandu en France, où la stérilisation est autorisée depuis 2001. Elle concerne environ mille hommes en France, selon l’Ardecom et le Planning familial. Il s’agit d’une opération des testicules qui va bloquer de façon permanente la production de spermatozoïdes.
Cette méthode n’est pas toujours réversible, aussi les hommes qui y recourent ont-ils la possibilité de congeler du sperme gratuitement avant l’opération. Selon Pierre Colin, elle est pratiquée par « une cinquantaine de médecins » en France. « L’Angleterre est beaucoup plus en avance et a beaucoup plus accès à la vasectomie, qui est proposée dans beaucoup de centres et par beaucoup plus de praticiens qu’en France », dit Caroline Rémy.
Pour développer l’accès et le recours à la stérilisation, il faudrait « un changement de mentalités large », estime la coprésidente du Planning familial, alors que la plupart des personnes interrogées évoquent les effets d’une politique nataliste française, couplée à un manque de sensibilisation parmi les professionnels de santé. Contre les préjugés, Pierre Colin rappelle que l’érection et la libido ne sont en rien affectées par cette opération.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-6"> ¤ Photomontages injurieux, semaines de 60 heures, management pressant... plusieurs anciens salariés dénoncent les dérives du studio du français David Cage, le « Godard du pixel ».
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Quantic Dream, un fleuron du jeu vidéo français aux méthodes de management contestées

Photomontages injurieux, semaines de 60 heures, management pressant... plusieurs anciens salariés dénoncent les dérives du studio du français David Cage, le « Godard du pixel ».



Le Monde
 |    14.01.2018 à 13h00
 • Mis à jour le
14.01.2018 à 16h10
    |

            William Audureau








                        



                                


                            

C’est l’un des studios de jeu vidéo français les plus connus au monde. Sa personnalité phare, David Cage, est surnommée par L’Express « le Godard du pixel ». Son plus grand succès, Heavy Rain, s’est écoulé à 5,3 millions d’exemplaires, et son prochain titre, Detroit, au budget d’une trentaine de millions d’euros, est l’un des plus attendus de 2018.
Mais derrière la réussite, la réalité au quotidien est moins reluisante. Quantic Dream, studio de création parisien spécialisé dans les aventures cinématographiques, est décrit par une quinzaine d’ex et actuels salariés interrogés par Le Monde comme une société caractérisée par une culture d’entreprise toxique, une direction aux propos et attitudes déplacés, des employés sous-considérés, des charges de travail écrasantes et des pratiques contractuelles douteuses.

Son président et fondateur David de Gruttola, dit David Cage, Légion d’honneur 2014, et son directeur général délégué, Guillaume Juppin de Fondaumière, médaille de l’ordre du mérite 2008, par ailleurs cofondateur et ancien président du Syndicat national du jeu vidéo, se disent « très surpris », « choqués » et « indignés » par ces accusations. Longuement interrogés au début de janvier dans les locaux de leur entreprise, les deux dirigeants évoquent les « élucubrations » d’anciens salariés « frustrés » qui n’ont jamais fait remonter leurs problèmes. Proches de la direction, les délégués du personnel décrivent de leur côté une entreprise bien organisée, fonctionnelle où les employés s’épanouissent.

Selon des informations du Monde, qu’ont également obtenues Mediapart et Canard PC, cinq anciens collaborateurs ont porté plainte au printemps 2017 contre Quantic Dream et l’un de ses salariés pour des photomontages dégradants. Le parquet de Paris a retenu la qualification d’« injures non publiques envers particulier »....




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-7"> ¤ Certaines zones ont été ensevelies sous plus de 4,5 mètres de boue, ce qui rend les recherches de survivants très difficiles.
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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-8"> ¤ Les cadors du tennis masculin adaptent désormais leur calendrier à leur corps souffrant, à l’image de Roger Federer. De quoi nuire à l’intérêt du sport ?
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-8"> ¤                     
                                                

Open d’Australie : blessées ou fatiguées, les stars du tennis se mettent sur courant alternatif

Les cadors du tennis masculin adaptent désormais leur calendrier à leur corps souffrant, à l’image de Roger Federer. De quoi nuire à l’intérêt du sport ?



Le Monde
 |    14.01.2018 à 13h21
 • Mis à jour le
14.01.2018 à 14h13
    |

                            Corentin Lesueur








                        



   


Hanche, cheville, poignet, genou, coude : le circuit ATP grince de partout. Premier grand rendez-vous de l’année, l’Open d’Australie (du 15 au 28 janvier) affiche un tableau masculin amputé de plusieurs têtes d’affiche (Murray, Nishikori). D’autres, encore convalescents (Djokovic, Wawrinka) ou sous la menace d’une rechute (Nadal), ont fait le voyage jusqu’à Melbourne sans certitude sur leur réel niveau, celui d’avant la blessure.
Au point que, comme en 2017, l’ancien Roger Federer, passé maître dans l’art de gérer son corps, est celui qui présente le plus de garanties physiques avant le premier Grand Chelem de la saison, dont il est le tenant du titre.
Voilà deux saisons que les blessures émiettent les corps des meilleurs joueurs du monde. Ce ne sont pas de simples bobos mais des blessures longues, qui en ont poussé beaucoup à interrompre leur saison dès cet été. La pause hivernale, rythmée par les exhibitions asiatiques grassement payées et les sessions d’entraînement au bord du golfe Persique, n’a pas suffi à remettre sur pieds les cadors, tombés au-delà du top 10 d’un classement ATP qui ne pardonne aucune faiblesse.
Nadal : « Jouer sans douleur n’arrive pas souvent »
Que le tennis soit traumatisant n’est pas nouveau. Mais le fait que les saisons morcelées concernent désormais tous les joueurs les mieux préparés l’est davantage.
« En vérité, jouer sans douleur n’arrive pas souvent, confiait Rafael Nadal au Monde en fin de saison dernière. La plupart du temps, on peut vivre avec grâce aux anti-inflammatoires. C’est une chose avec laquelle il faut apprendre à vivre. » 
De retour au plus haut niveau en 2017 – vainqueur de Roland-Garros et de l’US Open – après des mois passés loin des terrains, le numéro un mondial maîtrise le mal plus qu’il ne le domine. Refusant de s’apitoyer sur un corps au bord de la rupture.

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                Rafael Nadal : « Je joue avec la douleur »



Stanislas Wawrinka, opéré deux fois d’un genou cet été, admet dans L’Equipe avoir trop souvent fait « surchauffer » son moteur pour profiter de son meilleur tennis, et cite l’usure mentale de la vie de joueur du top 5 mondial.
« Ces blessures sont celles de l’usure et de la quantité. Mais on a la chance d’être au top, c’est une belle usure. Et puis gagner est addictif, on en veut toujours plus : pour avoir plus, il faut faire plus, pour faire plus on pousse encore plus et, à un moment, ça lâche. Quand on est en haut, tout est plus dur. »

Not the place I wanted to be 🤒but 2nd surgery went well 😓😅! That's mean I can start my preparation 🕺🏻... 2018 see y… https://t.co/qvKzR07rbY— stanwawrinka (@Stanislas Wawrinka)


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Jouer en bonne santé est-il devenu impossible dans le tennis moderne, où aucun match n’est facile et où le rythme est considérablement plus rapide qu’il y a trente ans ? « Les blessures font l’actualité car elles touchent les plus connus, mais tout le circuit est concerné, confirme le néo-retraité Paul-Henri Mathieu, ancien douzième mondial. Je jouais chaque match sous anti-inflammatoires, comme près de la moitié des joueurs. »
Des joueurs qui s’écoutent enfin
Si les « bobos » plus ou moins sérieux n’ont jamais épargné les représentants d’un sport parmi les plus traumatisants pour l’organisme, l’hécatombe actuelle frappe par le prestige de ses victimes. Des sportifs pourtant rompus à l’enchaînement des compétitions et entourés d’une pléiade de préparateurs physiques et autres kinésithérapeutes, chargés de détecter la moindre alerte.
« En termes d’exigence physique, il y a une division d’écart entre les meilleurs mondiaux et le reste du top 100, résume Maurice Joris, médecin de l’équipe belge de Coupe Davis. Murray, Djokovic ou Nadal ont atteint les limites physiologiques de leur corps. C’est presque rassurant qu’ils craquent. » La blessure ne résulterait donc plus seulement d’un manque de préparation mais poindrait inévitablement chez qui veut éprouver ses limites pour espérer soulever un trophée du Grand Chelem.
Passage obligé du joueur de tennis professionnel, la blessure est désormais mieux prise en compte par les cadors, qui actent leurs limites physiques et adaptent en conséquence leur jeu et leur calendrier, quitte à se pénaliser dans l’immédiat.
Médecin personnel de l’endurant David Goffin – 7e joueur mondial et recordman du nombre de matchs disputés en 2017 –, Maurice Joris décrit une prise de conscience salutaire par la blessure : « Les joueurs qui n’ont jamais connu la blessure vont vouloir aller au bout, jusqu’à la rupture. Depuis l’entorse subie par David à Roland-Garros, l’année dernière [le Belge est resté éloigné des courts plus de deux mois], il raisonne différemment, apprenant progressivement à se préserver. Nous contrôlons une vingtaine de variables pour déterminer son état de forme et décider de sa participation ou non à un tournoi : fuseau horaire, sieste, pollution de l’air… » 
Les saisons 2017 de Roger Federer et Rafael Nadal servent de références. Revenus l’an passé aux deux premières places mondiales après en avoir été éloignés longuement pour soigner un genou – chez l’Espagnol – et le dos – pour le Suisse –, les deux trentenaires élaborent leurs calendriers respectifs sous la dictée d’une douleur intériorisée.
Un programme à la carte
Incapable à 36 ans de s’aligner sur l’ensemble des tournois sans risquer la rupture définitive, Federer a tiré un trait sur la saison 2017 de terre battue pour se concentrer sur la conquête des principaux trophées sur dur et gazon, ses surfaces de prédilection. Epargné par les pépins physiques pendant quinze ans, « FedEx » a su réorganiser son programme et son jeu dès la première grosse alerte de sa carrière. En 2016, le Suisse a fait le choix de « donner du temps » à son corps, lassé de composer avec la douleur. Dans L’Equipe :
« A un moment donné, tu n’as juste plus envie de jouer comme ça. Parce que tu sais que tu ne peux plus gagner, tu te fais mal, tout devient de pire en pire et, là, tu penses au futur. Tu te dis : comment je ferai à quarante-cinq ans pour aller skier ? Ah, ça sera plus possible ? Alors tu sais quoi, je vais prendre une pause. Parce que, moi, j’ai encore envie de faire des choses après ma carrière. »
Opéré à la hanche au début du mois de janvier, Andy Murray a déjà reporté son retour à la saison sur gazon, en juin prochain. Dans une déclaration à la BBC, l’Ecossais et ancien numéro un mondial évoque un programme à la carte, en droite ligne avec celui élaboré par Federer : « Je vais jouer un emploi du temps réduit, puis je me concentrerai davantage sur les grands événements et les grands tournois plutôt que d’essayer d’atteindre certains objectifs de classement. »
Derrière l’hécatombe qui décime actuellement le circuit masculin, se dessine un tennis à la carte, privant certains tournois majeurs des meilleurs joueurs. Une perspective qui menace le modèle du feuilleton ininterrompu sur dix mois, qui a fait le succès économique du tennis.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-9"> ¤ Né dans les années 1960, le projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes doit être entériné ou enterré en janvier 2018. Pourquoi le processus a-t-il pris si longtemps ? Résumé en images.
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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-10"> ¤ Le nombre de morts s’élevait jusque-là vingt et une personnes : 15 manifestants, deux membres des forces de sécurité et quatre civils étrangers aux manifestations.
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Iran : le bilan officiel des manifestations monte à 25 morts

Le nombre de morts s’élevait jusque-là vingt et une personnes : 15 manifestants, deux membres des forces de sécurité et quatre civils étrangers aux manifestations.



Le Monde
 |    14.01.2018 à 14h38
 • Mis à jour le
14.01.2018 à 15h01
   





                        


Vingt-cinq personnes ont été tuées dans les récents troubles qui ont touché plusieurs dizaines de villes iraniennes, selon un nouveau bilan officiel rendu public, dimanche 14 janvier.
« Vingt-cinq personnes, des gens ordinaires et de nos propres forces, ont été tuées lors des récents troubles, mais aucun par des tirs des forces de sécurité, parce qu’elles avaient reçu l’ordre de ne pas utiliser leurs armes », a déclaré Gholamhossein Mohseini Ejeie, porte-parole du pouvoir judiciaire, cité par l’agence Mizanonline.
L’Iran a été touché du 28 décembre au 1er janvier par des troubles à l’occasion de manifestations contre la vie chère et le pouvoir dans plusieurs dizaines de villes. Le bilan officiel des heurts était jusque-là de vingt et un morts : 15 manifestants, deux membres des forces de sécurité, et quatre civils étrangers aux manifestations.

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                Iran : cette révolte est celle des « va-nu-pieds »



Dans ses propos, cité par Mizanonline, agence qui dépend de l’autorité judiciaire, M. Mohseini Ejeie ne précise pas l’identité des victimes. Selon lui, « 465 personnes arrêtées dans l’ensemble du pays » en relation avec ces troubles étaient encore détenues samedi, dont 55 à Téhéran.
Le député réformateur Mahmoud Sadeghi avait, lui, avancé mardi le chiffre de 3 700 personnes arrêtées depuis le 28 décembre. Des responsables politiques et de la police avaient, pour leur part, affirmé que la plupart des détenus, à l’exception des personnes liées aux groupes « contre-révolutionnaires », avaient été libérés début janvier.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-11"> ¤ « Nous collaborerons avec la justice », assure Emmanuel Besnier dans « Le Journal du dimanche », après la contamination à la salmonelle de ses produits.
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Lait contaminé : « Plus de 12 millions de boîtes » retirées de la vente, selon le PDG de Lactalis

« Nous collaborerons avec la justice », assure Emmanuel Besnier dans « Le Journal du dimanche », après la contamination à la salmonelle de ses produits.



Le Monde
 |    14.01.2018 à 01h02
 • Mis à jour le
14.01.2018 à 15h02
   





                        



   


Le PDG de Lactalis a promis d’indemniser « toutes les familles qui ont subi un préjudice » en raison d’une contamination à la salmonelle de produits du géant français du lait. Emmanuel Besnier est sorti de son silence dans un entretien au Journal du dimanche du 14 janvier.
Le dirigeant, qui ne s’était jusqu’ici pas exprimé au sujet de l’affaire qui ébranle son entreprise, a assuré avoir eu avant tout à l’esprit les conséquences de cette crise sanitaire pour les consommateurs, « des bébés de moins de 6 mois », a-t-il rappelé : « C’est pour nous, pour moi, une très grande inquiétude. »
Après la rencontre vendredi à Bercy entre M. Besnier et le ministre de l’économie, Bruno Le Maire, le groupe Lactalis a ordonné la reprise de tous les lots de lait infantile produits dans son usine de Craon (Mayenne).
Des centaines de plaintes
Le patron du groupe a affirmé avoir lui-même proposé au gouvernement cette mesure qui s’étend à 83 pays. « Il faut mesurer l’ampleur de cette opération : plus de 12 millions de boîtes sont concernées », a-t-il déclaré, assurant que les distributeurs n’auront plus à trier : « Ils savent qu’il faut tout retirer des rayons. »
Trente-sept enfants atteints de salmonellose ont été diagnostiqués en France après avoir consommé un lait ou un produit d’alimentation infantile de l’usine Lactalis incriminée, selon les derniers chiffres officiels du 12 janvier. Un cas de salmonellose avéré a en outre été découvert en Espagne concernant un bébé ayant consommé de ce lait infantile contaminé et un autre cas reste à confirmer en Grèce.
Interrogé sur les « centaines » de plaintes déposées par des parents de nourrissons dans toute la France, et alors qu’une enquête préliminaire a été ouverte fin décembre par le pôle santé publique du parquet de Paris notamment pour « blessures involontaires » et « mise en danger de la vie d’autrui », M. Besnier a assuré qu’il ne cacherait rien. « Il y a des plaintes, il y aura une enquête, nous collaborerons avec la justice en donnant tous les éléments qu’on nous demandera. Nous n’avons jamais pensé agir autrement », a-t-il par ailleurs promis.
L’Etat « prendra sa part de responsabilité »
Dimanche, le porte-parole du gouvernement, Benjamin Griveaux, a assuré que « l’enquête n’épargnera personne », y compris l’Etat, qui « prendra sa part de responsabilité », notamment en raison de la présence de boîtes de lait infantile potentiellement contaminées dans des hôpitaux. Interrogé sur la promesse de M. Besnier d’indemniser les familles, il a estimé qu’« indemniser c’est bien mais l’argent n’achète pas tout ».
De son côté, le patron des députés de La République en marche, Richard Ferrand, a demandé, dimanche, que toute la lumière soit faite, sans exclure la mise en place d’une commission d’enquête parlementaire réclamée par plusieurs groupes d’opposition.
M. Besnier, dont la discrétion est légendaire, n’était pas venu s’exprimer face aux caméras après sa visite à Bercy vendredi, entrant même par une porte dérobée au ministère. Les distributeurs, dont certains ont continué à vendre des produits potentiellement contaminés après l’annonce de leur retrait, avaient déjà été convoqués à Bercy jeudi soir. Le patron des centres E.Leclerc, Michel-Edouard Leclerc, a évoqué jeudi une « défaillance » des services de l’Etat. Les contrôles déjà effectués ont permis de retrouver des boîtes de lait potentiellement contaminées dans des supermarchés, mais aussi dans des pharmacies, des crèches et des hôpitaux.

        Lire aussi :
         

                Lactalis, un groupe habitué au secret, contraint de sortir de son silence



La contamination à la salmonelle dans l’usine de Craon a été révélée début décembre au public. La salmonelle avait toutefois été identifiée plus tôt par le groupe lors de contrôles internes en août et novembre, mais seulement dans l’environnement du site et pas dans les produits.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-12"> ¤ Acteur, scénariste et réalisateur plusieurs fois récompensé, Michel Blanc termine actuellement son cinquième long-métrage en tant que réalisateur.
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Michel Blanc : « Etre fils unique, c’est ma chance et ma joie »

Acteur, scénariste et réalisateur plusieurs fois récompensé, Michel Blanc termine actuellement son cinquième long-métrage en tant que réalisateur.



Le Monde
 |    14.01.2018 à 06h39
 • Mis à jour le
14.01.2018 à 11h45
    |

            Catherine Vincent








                        



                                


                            

Je ne serais pas arrivé là si…
Si je n’étais pas tombé au bon moment au bon endroit, c’est-à-dire au café-théâtre. Autrement dit, si je n’avais pas été éliminé au premier tour du concours d’art dramatique de l’école de la rue Blanche. Ma chance a été de jouer avec la troupe du Splendid à l’époque où le café-théâtre venait de naître. Et d’avoir des parents qui cherchaient à ce que je sois heureux plutôt que d’être fiers de ma réussite sociale. Je n’étais pas mauvais au lycée, ils auraient pu me pousser à faire des études. Or, quand je leur ai annoncé, mon DEUG de lettres en poche, que je voulais arrêter, ma mère a seulement souligné que le métier que je choisissais était difficile. Mais elle n’a pas cherché à me dissuader.
Quand avez-vous compris que vous vouliez devenir comédien ?
Ma première rencontre avec le théâtre est très précoce. J’ai 6-7 ans, je suis à l’école communale, et l’institutrice a choisi pour le spectacle de fin d’année de monter une fausse corrida. Il y a donc un mec qui est choisi pour faire le toréador, un autre pour être le taureau… Et moi je me retrouve avec tous les autres pour jouer le public ! J’avais été extrêmement humilié, et j’étais rentré en disant : « Je veux devenir comédien pour être toréador ! » Mais ma première vraie rencontre artistique, ce n’est pas le théâtre : c’est la musique.
Quand et comment a lieu cette rencontre ?
J’ai grandi à Puteaux (Hauts-de-Seine), dans un milieu modeste. Mon père travaillait dans les services douaniers, ma mère était employée comme dactylo, et la musique classique n’entrait pas à la maison. Pas plus que chez mes grands-parents, qui m’ont beaucoup gardé petit pendant que mes parents travaillaient – mon grand-père était horloger, et je passais la journée du jeudi dans sa boutique.
La sœur de ma mère n’était pas non plus mélomane, mais elle travaillait chez Thomson-CSF. Grâce...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-13"> ¤ Les quatre opérateurs français ont conclu un accord avec le gouvernement pour le développement du réseau mobile en France a annoncé Julien Denormandie au « Journal du Dimanche » . Un projet qui ne devrait pas coûter « un centime » du budget de l’Etat.
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Téléphonie mobile : les opérateurs débloquent 3 milliards d’euros pour supprimer les « zones blanches »

Les quatre opérateurs français ont conclu un accord avec le gouvernement pour le développement du réseau mobile en France a annoncé Julien Denormandie au « Journal du Dimanche » . Un projet qui ne devrait pas coûter « un centime » du budget de l’Etat.



Le Monde
 |    14.01.2018 à 12h11
 • Mis à jour le
14.01.2018 à 12h12
   





                        



   


Les quatre opérateurs téléphoniques français (Orange, SFR, Bouygues, Free) vont investir plus de trois milliards d’euros dans le but « d’éliminer les zones blanches » a affirmé dimanche 14 janvier, dans le Journal du Dimanche, le secrétaire d’Etat auprès du ministre de la cohésion des territoires, Julien Dernormandie.
Les « zones blanches », ces territoires « identifiés par des élus locaux où des Français vivent sans avoir accès à une téléphonie de qualité » n’existeront plus a assuré M. Denormandie, évoquant une échéance de trois ans.

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« Accélération massive »
Le secrétaire d’État auprès du ministre de la Cohésion des territoires a précisé que les opérateurs s’étaient engagés « à consentir plus de 3 milliards d’euros d’efforts financiers pour y arriver », chaque opérateur devant notamment fournir « 5 000 installations supplémentaires ».
Julien de Normandie a assuré que cela ne coûterait « pas un centime d’argent budgétaire », ajoutant que le gouvernement a renoncé à mettre aux enchères le renouvellement à venir de fréquences « en contrepartie d’une accélération massive [des] déploiements d’infrastructures ».
L’accord prévoit le déploiement « massif » de la 4G sur le territoire, et le passage de 10 000 communes « qui sont aujourd’hui en 2G ou 3G » en 4G en 2020. Les opérateurs se sont engagés, en outre, à « couvrir les principaux axes de transport, et notamment les 30 000 km de lignes ferroviaires, lignes de TER comprises », a ajouté M. Denormandie, qui a écarté tout financement de la part de l’État.
Dispositif contraignant
Des obligations, et des sanctions sont prévus a assuré le secrétaire d’Etat qui précise que c’est l’Autorité de régulation des télécoms (Arcep) qui en sera le garant.
En mars 2015, le Premier ministre Manuel Valls s’était engagé à supprimer avant fin 2016 « les zones blanches » privées d’accès aux réseaux 2G et 3G, quitte à contraindre les opérateurs par la loi.

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M. Denormandie a reconnu que les investissements passés des opérateurs « n’avaient pas été suffisants en montant et en rythme de déploiement dans les zones peu peuplées ». Les échéances fixées par les gouvernements précédents, lors de leurs plans successifs pour réduire les « zones blanches », n’ont pas toujours été respectées.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-14"> ¤ Commentaire sur les « pays de merde », volte-face sur le renseignement... l’occupant de la Maison Blanche maintient un climat de polémique permanent.
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Article sélectionné dans La Matinale du 13/01/2018
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Trump, semaine 50 : « Monsieur le président, êtes-vous raciste ? »

Commentaire sur les « pays de merde », volte-face sur le renseignement... l’occupant de la Maison Blanche maintient un climat de polémique permanent.



Le Monde
 |    14.01.2018 à 06h32
 • Mis à jour le
14.01.2018 à 11h34
    |

            Gilles Paris (Washington, correspondant)








                        



                                


                            

« Monsieur le président, êtes-vous raciste ? » La question posée par un journaliste a fusé à l’issue d’une cérémonie à la Maison Blanche en l’honneur de Martin Luther King, vendredi 12 janvier, avant le jour férié dédié au champion de la lutte pour les droits civiques. Donald Trump a fait mine de ne l’avoir pas entendue. Le Washington Post avait rapporté jeudi qu’il avait qualifié de « pays de merde » Haïti et des nations africaines au cours d’une réunion houleuse, le jour même, avec des élus du Congrès sur l’immigration.
La Maison Blanche n’avait pas démenti l’insulte à l’origine d’une vague d’indignation mondiale. Le président des Etats-Unis a mollement nié l’usage de ce terme sur son compte Twitter, vendredi matin, quelques minutes après avoir été gentiment gourmandé par l’un des animateurs de la matinale de Fox News, son programme télévisé préféré. Ainsi va la « West Wing » de Donald Trump, où s’égrènent des énormités devenues banales par la seule force de la répétition.
Mardi, Donald Trump invite la presse à assister pendant près d’une heure à une réunion sur l’immigration avec des élus du Congrès. Affable, le président se montre prêt à tout accepter des démocrates pour leur complaire, au point de se faire rappeler à l’ordre par des responsables de son propre parti. Il affirme qu’il signera les yeux fermés le compromis auquel ils pourront parvenir. Des paroles en l’air, comme ses éructations, deux jours plus tard, vont le prouver.
Mercredi, la Maison Blanche publie un communiqué invitant le Congrès à renouveler les autorisations nécessaires pour un programme de surveillance sur Internet visant les étrangers en dehors des Etats-Unis. Le lendemain matin, peu après sept heures, une nouvelle fois sur Fox News, un invité exprime ses doutes et interpelle Donald Trump, face caméra : « Monsieur le président, ce n’est pas une chose à faire. » Ce dernier publie illico sur son compte Twitter un message s’interrogeant...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-15"> ¤ Après avoir vécu à l’étranger, les soeurs Jasmine et Flavie Seren-Rosso sont rentrées et veulent « participer à la création d’emplois » dans les Hauts-de-France. Elles sont invitées à nos conférences « O21 / S’orienter au 21e siècle » à Lille, les 19 et 20 janvier.
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O21. « Après nos écoles de commerce et d’ingénieurs, on lance une start-up de pâtisserie bio »

Après avoir vécu à l’étranger, les soeurs Jasmine et Flavie Seren-Rosso sont rentrées et veulent « participer à la création d’emplois » dans les Hauts-de-France. Elles sont invitées à nos conférences « O21 / S’orienter au 21e siècle » à Lille, les 19 et 20 janvier.



Le Monde
 |    14.01.2018 à 08h00
    |

                            Léa Iribarnegaray








                        



   


Au téléphone, difficile de suivre la conversation, tant ces deux-là ont un timbre de voix similaire. Ça fuse et on ne sait jamais vraiment qui parle. Nos interviewées sont sœurs. Jasmine Seren-Rosso, 29 ans. Flavie Seren-Rosso, 26 ans. Diplômée de l’Iéseg, école de commerce à Lille, l’aînée travaille dans l’industrie avant de reprendre un cursus d’ingénieurs à Centrale Paris. La cadette intègre elle aussi une école de commerce, Skema, sur le campus de Sophia Antipolis, près de Nice. Résultat, malgré leurs trois années d’écart, elles terminent leurs études au même moment et peuvent se lancer dans un projet commun.

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                Choisir son orientation : nos conférences O21 de retour à Lille les 19 et 20 janvier



« De nombreuses usines ferment ici. On voulait aussi revenir pour tenter de participer à la création d’emplois dans la région »
Ayant baigné dans un milieu d’entrepreneurs, les sœurs Seren-Rosso partagent l’envie de créer une start-up autour de leurs passions respectives – le dessin pour Jasmine, la pâtisserie pour Flavie. L’une et l’autre voyagent énormément. Jasmine a vécu quatre ans à l’étranger : en Chine, aux Etats-Unis, en Inde, en Australie. Flavie s’est installée en Norvège puis en Chine et a fini par un double diplôme en Caroline du Nord, dans le management du luxe à l’international. Jolie drôlerie, elles sont aujourd’hui de retour au bercail, chez les parents, dans la commune de Saint-Fuscien (Somme), près d’Amiens. Mille âmes au compteur. « J’ai travaillé dans une société au bord du dépôt de bilan en Picardie. Ça m’a beaucoup marquée. De nombreuses usines ferment ici. On voulait aussi revenir pour tenter de participer à la création d’emplois dans la région », raconte Jasmine.
Inspirées par l’engouement chinois pour la pâtisserie française, les sœurs inventent The Boston Club, une box de biscuits bio et bons, dont la première sera commercialisée fin janvier. Avec un positionnement haut de gamme, c’est Jasmine qui dessine chacun des étuis et Flavie qui élabore chacune des recettes. Refusant d’ajouter conservateurs ou colorants, mais souhaitant proposer des jeux de textures variées, elles font appel à des chercheurs de l’école d’ingénieurs agroalimentaires UniLaSalle, à Beauvais, pour allonger la durée de conservation de leurs biscuits. « Nous avons eu la chance de travailler avec ces experts, pendant un an, sur de la recherche et développement », se réjouit Flavie, qui n’a jamais pu passer le CAP pâtisserie après son école de commerce, déjà trop âgée pour trouver un apprentissage dans la région.
Comme dans le domaine du luxe qu’elle connaît bien, la chef a imaginé un biscuit « Signature », le produit phare de la marque. Une base moelleuse, sur laquelle elle pose un fondant au chocolat noir et bio 70 % de cacao, qu’elle coiffe d’un biscuit très fin et très croquant. Les parfums suivront le fil des voyages et des saisons. Au programme : citron et cardamome, cerise noire et amande amère, datte et noix de coco…

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                O21. A Valenciennes, les corons étanches à la vague numérique ?




Participez à « O21 / S’orienter au 21e siècle »
Pour aider les 16-25 ans, leurs familles et les enseignants à se formuler les bonnes questions lors du choix des études supérieures, Le Monde organise la seconde saison d’« O21 / S’orienter au 21e siècle », avec cinq dates : après Nancy (vendredi 1er et samedi 2 décembre 2017, au centre Prouvé), rendez-vous à Lille (vendredi 19 et samedi 20 janvier 2018, à Lilliad), à Nantes (vendredi 16 et samedi 17 février 2018, à la Cité des congrès), à Cenon, près de Bordeaux (vendredi 2 et samedi 3 mars 2018, au Rocher de Palmer) et à Paris (samedi 17 et dimanche 18 mars 2018, à la Cité des sciences et de l’industrie).
Dans chaque ville, les conférences permettront au public de bénéficier des analyses et des conseils, en vidéo, d’acteurs et d’experts, et d’écouter et d’échanger avec des acteurs locaux innovants : responsables d’établissements d’universités et de grandes écoles, chefs d’entreprises et de start-up, jeunes diplômés, etc. Des ateliers sont aussi prévus.
Il reste des places pour participer à O21 Lille ! Pour toutes les villes, les inscriptions se font gratuitement via ce lien.

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                En images : les temps forts d’O21, nos conférences pour s’orienter au 21e siècle, à Nancy



Pour inscrire un groupe de participants, merci d’envoyer un e-mail à education-O21@lemonde.fr. L’éducation nationale étant partenaire de l’événement, les lycées peuvent organiser la venue de leurs élèves durant le temps scolaire.





                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-16"> ¤ La « boîte noire » du pétrolier – qui devrait permettre d’en savoir davantage sur le contexte de l’accident – a été envoyé en Corée du Sud pour analyse.
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Au large de la Chine, le pétrolier iranien a coulé avec 32 personnes à son bord

La « boîte noire » du pétrolier – qui devrait permettre d’en savoir davantage sur le contexte de l’accident – a été envoyé en Corée du Sud pour analyse.



Le Monde
 |    14.01.2018 à 17h13
   





                        



   


Les flammes ont ravagé le navire durant huit jours. Le pétrolier iranien, entré en collision le 6 janvier avec un navire chinois au large de la Chine, a finalement sombré, dimanche 14 janvier. Un responsable iranien a déclaré qu’il n’y avait plus d’espoir de retrouver de survivants parmi les 32 membres d’équipage, dont une grande majorité d’Iraniens.
Le tanker Sanchi, qui transportait 136 000 tonnes d’hydrocarbures légers, avait pris feu suite à une violente collision avec un navire de fret. La « boîte noire » du pétrolier – qui devrait permettre d’en savoir davantage sur le contexte de l’accident – a été envoyé en Corée du Sud pour analyse.
« Explosions répétées »
Peu avant de sombrer, le navire « s’est subitement embrasé » et la totalité du bâtiment s’est retrouvé la proie des flammes, avec un panache de fumée s’élevant jusqu’à 1 000 mètres dans les airs, a expliqué le ministère du transport chinois. Le porte-parole de l’équipe de secours a regretté qu’une opération n’ait pas pu être menée pour tenter de récupérer l’équipage, mais « cela n’a pas été possible à cause des explosions répétées et les émanations de gaz ». 
De leur côté, les autorités chinoises ont minimisé les risques de catastrophe environnementale, après cet accident qui s’est produit à environ 300 kilomètres à l’est de la ville chinoise de Shanghai. Un journaliste de la télévision chinoise d’Etat CCTV, présent à bord d’un avion de l’administration publique océanique, a toutefois signalé des hydrocarbures répandus sur une zone de dix kilomètres carrés, évoquant une « marée noire très grave ».




                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-17"> ¤ L’armée égyptienne a beau compter un demi-million de soldats et être puissamment équipée, elle enchaîne les revers face au millier d’insurgés jihadistes du Sinaï.
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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-18"> ¤ Sur la station de Radio France, les humoristes occupent deux heures trente d’antenne par jour. Ils seront lundi soir sur la scène de l’Olympia.
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France Inter, le rire de bon aloi


                      Sur la station de Radio France, les humoristes occupent deux heures trente d’antenne par jour. Ils seront lundi soir sur la scène de l’Olympia.



Le Monde
 |    08.01.2018 à 14h35
 • Mis à jour le
14.01.2018 à 17h43
    |

            Sandrine Blanchard








                              

                        

« Vous comparez Jean-Luc Mélenchon à un élément vital ? » Le 1er janvier, sur France Inter, Guillaume Meurice se prête à son jeu favori, le « taquinage » des militants de base, lors d’un rassemblement de La France insoumise. Les chroniques de l’humoriste ont cumulé, en novembre 2017, 1,8 million de podcasts. « Par Jupiter », l’émission de Charline Vanhoenacker et d’Alex Vizorek, arrive largement en tête des programmes les plus réécoutés du groupe Radio France, avec 4,3 millions de podcasts le même mois.
« Quand il est bien manié et pris au sérieux, l’humour est vraiment la chronique d’une époque. » Laurence Bloch, directrice de France Inter
Entre les chroniqueurs du 7-9, « La Bande originale » de Naguy et « Par Jupiter », l’humour occupe deux heures trente d’antenne quotidienne et est devenu « un super produit d’appel » pour la radio publique, reconnaît sa directrice, ­Laurence Bloch. 2,4 millions de personnes se sont abonnées au podcast L’Humour d’Inter. Parallèlement, la part des 25-34 ans parmi les auditeurs est passée de 6,9 % à 10,6 % en quatre ans. « C’est grâce aux humoristes, affirme Laurence Bloch. Quand il est bien manié et pris au sérieux, l’humour est vraiment la chronique d’une époque. C’est indispensable pour une grande chaîne généraliste d’avoir une bande d’yeux et d’oreilles très acérés. »

Illustration supplémentaire du succès de ces rendez-vous, dont les vidéos circulent en masse sur les réseaux sociaux, une partie de la bande des humoristes d’Inter se retrouve, lundi 15 janvier, dans le cadre du Festival d’humour de Paris (FUP), sur la scène de L’Olympia pour une soirée « France Inter, génération humour ». « Tout ce qui peut donner de la notoriété à la station est bon à prendre. L’objectif est de prolonger l’antenne de manière différente pour porter la marque à l’extérieur », martèle Laurence Bloch. Le spectacle sera d’ailleurs repris le 29 mars dans le mythique...




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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-19"> ¤ L’ancienne analyste de l’armée américaine condamnée pour avoir transmis à WikiLeaks des informations classifiées souhaite obtenir l’investiture démocrate dans le Maryland.
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Chelsea Manning veut se présenter au Sénat américain

L’ancienne analyste de l’armée américaine condamnée pour avoir transmis à WikiLeaks des informations classifiées souhaite obtenir l’investiture démocrate dans le Maryland.



Le Monde
 |    14.01.2018 à 02h09
 • Mis à jour le
14.01.2018 à 03h02
   





                        



   


L’ancienne informatrice de WikiLeaks Chelsea Manning a déposé un dossier de candidature pour représenter l’Etat du Maryland au Sénat américain à Washington, selon des documents électoraux fédéraux, a-t-on appris samedi 13 janvier.
Le quotidien Washington Post, qui avait été le premier à relever l’information, a précisé que ses demandes auprès de Mme Manning, 30 ans, étaient restées vaines à ce stade.
Un document intitulé « Déclaration de candidature » était disponible sur le site de la Commission fédérale électorale (FEC), faisant état de la candidature de Chelsea Elizabeth Manning habitant à North Bethesda (Maryland). Le document précise qu’elle s’intéresse au siège de sénateur de cet Etat, défendant les couleurs du Parti démocrate.

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                Snowden, Deltour, Manning… Que deviennent les lanceurs d’alerte ?



Commuée par Obama
Le comité de campagne est baptisé « Chelsea Manning for U.S Senate », selon le document daté du 5 janvier 2018 et remis en mains propres le 11 janvier au bureau du Sénat. Son nom ne figurait en revanche toujours pas samedi dans la liste des candidats enregistrés publiée sur le site du Maryland consacré aux élections prévues en novembre 2018, mis à jour le 12 janvier à 20 heures. Selon le quotidien, elle convoite le siège du démocrate Ben Cardin, 74 ans, qu’il occupe depuis 2007.
Condamnée en 2013 par une cour martiale à 35 ans de réclusion pour avoir transmis à WikiLeaks plus de 700 000 documents confidentiels relatifs aux guerres d’Irak et d’Afghanistan, Chelsea Manning a passé sept ans en prison (dont trois de détention provisoire) avant que sa peine ne soit commuée par l’ancien président Barack Obama.

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                Chelsea Manning, la lanceuse d’alerte de WikiLeaks, a été libérée



Elle est née garçon, avec le prénom Bradley, et a effectué sa transition pour devenir Chelsea, une fille, une fois en détention.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-20"> ¤ Le brouillage entre l’humain et l’objet ne date pas d’hier et cette peur d’une substitution de l’un par l’autre révèle, avant tout, l’angoisse des hommes d’être dispensables, estime Maïa Mazaurette, chroniqueuse de « La Matinale ».
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Le grand remplacement des humains par des sextoys est-il en cours ?


                      Le brouillage entre l’humain et l’objet ne date pas d’hier et cette peur d’une substitution de l’un par l’autre révèle, avant tout, l’angoisse des hommes d’être dispensables, estime Maïa Mazaurette, chroniqueuse de « La Matinale ».



Le Monde
 |    14.01.2018 à 06h35
    |

                            Maïa Mazaurette








   


On l’apprenait en début de semaine, 48 % des Français croient au grand remplacement. Pendant que les cancres réviseront les statistiques de l’immigration, courons nous mettre au lit… pour constater que le même alarmisme existe dans la sphère sexuelle ! On l’entend à intervalle régulier : la « technologisation » de la sexualité va anéantir le lien social, sentimental, affectif (et puis y’a plus de saisons, ma bonne dame). Nous serons bientôt remplacés par la pornographie, les sexdolls plus ou moins robotisées, les réseaux sociaux, et bien entendu les sextoys.
A coups de muses virtuelles et de fantasmes connectés, nous écoperons après-demain de désirs découplés du rapport à l’humain. Les vrais hommes ? Pas assez performants. Les femmes en chair et en os ? Pas assez disponibles. Le retour de la peste bubonique ? On y va.
Pour commencer, rappelons que si ce grand remplacement-là était d’actualité, il arriverait bien tard : selon qu’on se réfère aux fouilles archéologiques ayant trouvé un possible premier godemiché en Allemagne, datant de 28 000 ans, ou à Aristophane qui évoque leur existence dans Lysistrata il y a 2 400 ans, on se demande pourquoi l’humanité aurait disposé d’un remède à la misère sentimentale et/ou sexuelle pendant des siècles… pour en utiliser le plein potentiel seulement maintenant (on n’est pas toujours des flèches, mais quand même). Ce dont nous déduirons que si nos outils sexuels restent périphériques, souvent relégués au lot de consolation, c’est qu’ils ne nous satisfont pas pleinement, ou qu’ils ne couvrent qu’un champ limité de notre désir.
L’idée que tout doit être « réel »
Ce n’est pas qu’une question d’absence de projection sentimentale. Comme le montre l’anthropologue Agnès Giard dans son ouvrage consacré aux sexdolls au Japon (Un désir d’humain, éditions Les Belles Lettres), rien n’empêche d’éprouver une réelle et sincère passion amoureuse envers une poupée.
Avec le développement des intelligences artificielles, nous pourrions disposer prochainement de créatures sur-mesure, paramétrables, aux formes mœlleuses et aux performances sexuelles illimitées (avec un peu de chance, on pourra même les connecter avec des bouillottes pour nous tenir les pieds au chaud en hiver). Des services existent déjà qui proposent des petites amies virtuelles s’enquérant par textos du bien-être de leurs clients, plusieurs fois par jour. Les poupées actuellement sur le marché offrent des modes « famille » et même « frigide ».
En additionnant toutes les technologies disponibles, du high-tech au low-tech, ne pourrait-on pas recréer un mariage ? Seulement pour une extrême minorité, cruellement présentée dans les médias comme des bêtes de foire. Notre attachement à l’humain s’arrête manifestement aux humains qui, eux, peuvent s’attacher ailleurs. Nous les culpabilisons. Nous maintenons fermement l’idée que tout doit être « réel ». Les rencontres nous paraissent moins légitimes quand elles émergent de Tinder. Les sextoys se rangent toujours au fond des tiroirs. Inutile d’ailleurs de limiter ce jugement social aux objets : certaines relations bien humaines restent également au fond du placard.
Un grand brouillage
Les fondements de nos belles certitudes sont pourtant fragiles. Que dire par exemple de notre corps utilisé comme un sextoy, de notre réduction de nous-mêmes à des machines, du quantified self qui nous fait chronométrer nos ébats ? Est-ce que cela change vraiment la donne de se masturber avec sa main ou avec un objet ? Au fait, quand on parle de matraque, de barreau de chaise ou d’andouillette, n’objectifie-t-on pas les membres masculins – et les hommes ne sont-ils pas les premiers à utiliser ce genre de dénominations ?
En s’alarmant d’un grand remplacement, nous oublions en outre que même si ça n’est pas très gentil, l’humanité a une fâcheuse tendance à réduire les humains à des objets (quand nous achetons des vêtements bon marché, nous leur accordons plus de valeur qu’aux Pakistanais qui les produisent à la chaîne). Que dire de l’exploitation sexuelle, de la prostitution imposée ? Et même en restant dans un cadre légal : qui peut dire qu’il ou elle n’a jamais traité un partenaire par-dessus la jambe ? Au fait, ça commence où, l’objectification ? Que deviennent nos partenaires quand on couche avec eux en pensant à quelqu’un d’autre, ou à sa liste de courses ? Puisque la plupart des sextoys sont achetés pour une utilisation en couple : la main qui tient un godemiché devient-elle une extension du godemiché… ou est-ce l’inverse ?
Dans cette optique, le grand remplacement, le grand brouillage humain/inhumain, a commencé il y a des millénaires. Et notre résistance à cette idée ? Sans doute au même moment, car pour la majorité d’entre nous, le désir le plus sincère et le plus explosif a besoin de distance. Nous avons construit notre érotisme sur l’angoisse que l’autre puisse nous échapper, sur l’impossible appartenance, sur les failles du contrôle. Les sextoys n’ayant pas encore de pattes pour s’enfuir, ni d’avocats pour divorcer, rien ne vaudra jamais la relation à l’humain. Et nous serions bien inspirés de laisser nos dystopies à la porte de la chambre à coucher.
Une certaine vision de la sexualité masculine
A ce titre, on peut se demander pour quelle raison nous jouons à nous faire peur. D’où viennent ces insécurités – et surtout, qui sont les oiseaux de mauvais augure ? Admettons-le : ce sont plutôt les hommes qui sentent pointer la menace de vibrateurs surpuissants – alors même que le marché des sexdolls leur est de manière écrasante destiné. Et c’est finalement là que se tapit le véritable enjeu : les femmes n’ont pas peur d’être remplacées. Comme le montre l’actualité, elles sont plutôt embarrassées par le trop-plein du désir masculin porté sur leur corps (un désir qui au passage, dans sa version #MeToo, fait souvent l’impasse sur leur personnalité, leur consentement ou leur humanité).
La peur du grand remplacement révèle l’angoisse masculine d’être dispensable, comme en témoignent d’autres scénarios apocalyptiques où les hommes seraient euthanasiés, réduits à des banques de sperme, ou tout simplement évacués pour laisser place au clonage.
Faut-il prendre ces inquiétudes au sérieux ? Au moins pourrions-nous dégager leurs fondements : seul quelqu’un qui se prend pour un pénis peut avoir peur d’être remplacé par un pénis artificiel, seuls ceux qui ont une sexualité machinale se comparent sérieusement aux machines, seuls les handicapés du sentiment, des petites attentions et de l’estime de soi peuvent craindre la concurrence d’une intelligence artificielle. Dans ces conditions, ce n’est pas notre technologie ou notre avenir qui manquent d’humanité : c’est une certaine vision de la sexualité masculine. Dont il est plus que temps de se dégager. Le moment est venu.



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« METTEZ-VOUS IMMEDIATEMENT A L’ABRI » : une fausse alerte au missile balistique à Hawaï

Le sénateur démocrate de Hawaï Brian Schatz a tweeté que l’incident était dû à une « erreur humaine », sans plus de précision.



Le Monde
 |    13.01.2018 à 20h58
 • Mis à jour le
14.01.2018 à 06h39
   





                        



   


« MENACE DE MISSILE BALISTIQUE SUR HAWAI. METTEZ-VOUS IMMEDIATEMENT A L’ABRI. CE N’EST PAS UN EXERCICE ». 
Voici le contenu du message reçu, samedi 13 janvier aux alentours de 8 heures, heure locale, par tous les habitants de Hawaï sur leur smartphone. Une alerte qui s’est avérée être rapidement démentie par les autorités de l’archipel.
Dans des tweets séparés, le gouverneur de Hawaï, David Ige, et l’agence locale de gestion des événements d’urgence ont chacun assuré que cet Etat américain situé dans l’océan Pacifique n’était pas menacé. Mais l’anecdote illustre les tensions présentes sur l’île, dans un contexte géopolitique marqué par les menaces d’attaque nucléaire du régime nord-coréen contre des intérêts américains.
Selon l’antenne d’Honolulu du service de météorologie national, le message aurait été un test, envoyé par erreur. Le sénateur démocrate de Hawaï Brian Schatz a tweeté que l’incident était dû à une « erreur humaine », sans plus de précision. « Il n’y a rien de plus important que de professionnaliser et de mettre des garde-fous à ce système » d’alertes Amber, a-t-il ajouté.
Ce système d’alerte dépend du ministère de la justice américain. Utilisé régulièrement aux Etats-Unis pour des alertes enlèvement, le système Amber est souvent critiqué pour son manque de fiabilité.
Radoucissement avec Pyongyang
Cette fausse alerte intervient après deux ans de tensions sur la péninsule coréenne en raison de l’accélération du programme nucléaire de Pyongyang. La Corée du Nord a procédé ces derniers mois à plusieurs lancements de missiles et, en septembre, à un sixième test nucléaire, le plus puissant à ce jour. Elle a affirmé être en mesure d’atteindre le territoire continental américain.

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Le président américain Donald Trump s’est engagé depuis son arrivée au pouvoir dans une belliqueuse joute verbale avec le dirigeant nord-coréen. Pour autant, le climat semble s’être adouci depuis le début de l’année, avec la reprise des contacts officiels entre les deux Corées, et une main tendue de Washington. M. Trump s’est ainsi dit mercredi ouvert à des pourparlers directs avec la Corée du Nord, au cours d’une conversation téléphonique avec le président sud-coréen, Moon Jae-in.



                            


                        

                        

