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<filname="SURF-0,2-3236,1-0,0-1"> ¤ Lagardère, Mondadori et Marie Claire, confrontés au déclin du marché, discutent de l’avenir de leurs titres.
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Magazines en France : remue-ménage en vue

Lagardère, Mondadori et Marie Claire, confrontés au déclin du marché, discutent de l’avenir de leurs titres.



Le Monde
 |    13.01.2018 à 11h29
    |

            François Bougon et 
Alexandre Piquard








                        



                                


                            

Tout n’est que bruits et rumeurs. Début janvier, un site italien a fait état de négociations concernant le marché français menées par trois groupes de presse de magazine : Lagardère Active (Elle, Télé 7 Jours…), Marie Claire (Marie Claire, Cosmopolitan…) et l’italien Mondadori (Closer, Biba, Science & Vie)… « Ménage à trois », titrait le Milano Finanza, en évoquant un projet de rapprochement avec une société commune, qui pourrait voir le jour d’ici à fin 2018.
Une telle joint-venture viserait à réduire, en les mutualisant, les coûts de distribution, voire de gestion des abonnements, de comptabilité ou de régie publicitaire. La presse italienne imagine une possible cotation en Bourse, ce qui pourrait permettre à terme à certains des partenaires de se désengager. Si l’on prend en compte tous les titres, un tel groupe générerait un chiffre avoisinant le milliard d’euros.
Pour Jérôme Bodin, analyste média chez Natixis, « cette opération aurait beaucoup de sens d’un point de vue industriel. Elle permettrait la création d’un leader beaucoup plus solide. Le nouveau groupe serait plus fort pour faire face à la concurrence des acteurs du numérique, notamment sur certaines cibles clefs telles que les femmes. »
Pas de confirmation
Cependant, le scénario d’une telle structure commune n’est pas confirmé. Aucun des trois groupes concernés ne commente les hypothèses évoquées dans la presse. Deux sources proches du dossier les jugent même improbables. Il n’en demeure pas moins que des discussions ont lieu entre Lagardère, Mondadori et Marie Claire, dont Lagardère est actionnaire à 42 %.
Des contacts existent en fait d’assez longue date, depuis au minimum fin 2015 : à cette époque, la mise en vente de certains magazines de Lagardère Active, Télé 7 Jours, France Dimanche et Ici Paris, avait donné lieu à des semaines de négociations....




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3236,1-0,0-2"> ¤ Les fausses informations sur l’environnement ne restent pas cantonnées aux réseaux sociaux. On les débusque jusque dans un manuel scolaire, relève dans sa chronique Stéphane Foucart, journaliste au service « Planète ».
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« Les “fake news” sur l’environnement se parent bien souvent des beaux atours du débat scientifique »

Les fausses informations sur l’environnement ne restent pas cantonnées aux réseaux sociaux. On les débusque jusque dans un manuel scolaire, relève dans sa chronique Stéphane Foucart, journaliste au service « Planète ».



Le Monde
 |    13.01.2018 à 10h34
 • Mis à jour le
13.01.2018 à 10h46
    |

            Stéphane Foucart








                        



                                


                            
Chronique. Le président Emmanuel Macron l’a annoncé début janvier : une nouvelle loi destinée à lutter contre les « fausses nouvelles » (« fake news ») devrait voir le jour avant la fin de l’année. Avec, comme nouveauté attendue, la possibilité d’agir, en référé, afin de tuer le mal à la source et éviter la formation de métastases. Pour ce qui touche à l’environnement ou la santé, une telle approche est certainement inefficace et sans doute dangereuse.
Non qu’il n’existe aucune fausse information en circulation sur ces sujets : elles sont innombrables et chercher à en expurger la Toile serait comme vouloir vider le Pacifique avec un dé à coudre. Le problème est ailleurs. Le plus souvent, sur les sujets connectés à la production scientifique, les « fake news » n’en sont pas vraiment. Elles relèvent plutôt de mises en théorie complexes, d’édifices où s’épaulent les insinuations, les demi-vérités, les approximations et une habile sélection de faits sortis de leur contexte – un peu à la manière dont se construisent les thèses conspirationnistes sur le 11-Septembre ou les révisionnismes historiques. Mais, à la différence de ces derniers, les fausses informations sur l’environnement ne souffrent d’aucun opprobre. Elles se parent bien souvent des beaux atours du débat scientifique, de l’esprit critique ou du doute méthodique.
Courbe de température frauduleuse
Conséquence : ces « fake news » ne restent pas cantonnées à la blogosphère ou aux réseaux sociaux. On les débusque là où on les attend le moins. Jusque dans un manuel scolaire, par exemple. Dans celui de géographie édité par Nathan et destiné aux classes de seconde (Sociétés et développement durable, 2010), on trouve par exemple, à la page 186, une courbe de température frauduleuse – de celles qui circulent sur les blogs climatosceptiques. La courbe (très tranquillisante) exhibe des températures moyennes à l’époque médiévale supérieures de près d’un degré et demi à celles de 2010 !...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3236,1-0,0-3"> ¤ Face au tollé des journalistes, la direction a rétabli la diffusion d’une série sur Laurent Wauquiez, président du conseil régional.
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Une motion de défiance adoptée chez France 3 Auvergne-Rhône-Alpes

Face au tollé des journalistes, la direction a rétabli la diffusion d’une série sur Laurent Wauquiez, président du conseil régional.



Le Monde
 |    13.01.2018 à 03h00
 • Mis à jour le
13.01.2018 à 11h28
    |

                            Richard Schittly (Lyon, correspondant)








                        



   


Une crise aiguë secoue la rédaction de France 3 Auvergne-Rhône-Alpes, en raison de la suspension d’une série de reportages consacrés à Laurent Wauquiez, président (Les Républicains, LR) du conseil régional. Vendredi 12 janvier, 46 journalistes ont voté une motion de défiance contre leur rédacteur en chef et le directeur régional de l’antenne. Trois s’y sont opposés, sur une liste d’émargement de 61 personnes, comprenant les journalistes permanents, des journalistes en contrat à durée déterminée et des cadres intermédiaires. Une première dans l’histoire de la chaîne régionale.
France 3 voulait faire le bilan de la gestion de M. Wauquiez à la tête de la deuxième région de France. Le tournage, confié à Sylvie Cozzolino et Thierry Swiderski, s’est déroulé en novembre 2017. Il a pris la forme de cinq sujets, prévus chaque jour de la deuxième semaine de janvier, dans les journaux de midi et du soir des trois stations, Lyon, Grenoble et Clermont-Ferrand. Ce programme « grande région » précédait volontairement l’émission politique du dimanche à 11 heures, dont Laurent Wauquiez était l’invité. Le premier volet de la série, sur l’ascension politique du président LR, a été monté vendredi 5 janvier, visionné puis validé par le rédacteur en chef, Laurent Mazurier, pour diffusion le lundi 8 janvier.

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En raison de contraintes internes, chaque volet suivant a été finalisé le jour pour le lendemain. Lundi et mardi, ils ont été validés par un rédacteur en chef adjoint, en l’absence de M. Mazurier. Mais, mercredi 10 janvier, le directeur régional, André Faucon, s’inquiète du ton de la série. Un spécialiste des finances, non identifié, décrit un budget « rusé et habile ». Des élus parlent d’un président « brutal, menaçant, calculateur ». « La manière de traiter est vraiment trop à charge, l’effet de série est cumulatif, je préfère suspendre pour trouver un équilibre », explique M. Faucon au Monde.
Le troisième volet passe à l’antenne à midi, mais pas le soir. Dans l’après-midi, le rédacteur en chef annonce dans un e-mail la suspension de la série : « Je considère que l’angle retenu n’est pas conforme à la commande que j’avais passée (…). Sylvie et Thierry ont réalisé un beau travail d’enquête mais notre mission de service public nous oblige à être équilibrés et à donner la parole à toutes les parties. »
« Aux ordres »
L’entourage de Laurent Wauquiez dément toute intervention, et tout chantage à sa participation à l’émission politique hebdomadaire de la chaîne – en janvier 2016, l’élu avait annulé sa venue à une émission de France 3 prévue en présence de trois opposants. Nouvelle pression ? La direction de la chaîne reconnaît un entretien téléphonique avec le président de la région dans la journée de mercredi, mais à son initiative, pour caler l’enregistrement de l’émission de dimanche. Et pour évoquer un droit de réponse à la série. « Le deuxième épisode mettait en scène des éléments à charge, sans aucune trace de contradictoire », justifie l’entourage de M. Wauquiez. « Le déséquilibre des points de vue est un concept à géométrie variable, on ne l’applique pas quand on annonce un projet de l’exécutif régional, et, souvent, sans faire parler l’opposition », dit un journaliste de France 3.

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« Tout cela donne l’impression d’être aux ordres, sur le terrain on se moque de nous. On veut des chefs qui nous guident, nous représentent et nous défendent, pas des gens qui ont peur de leur ombre », réagit une journaliste. « Mon erreur a été de laisser un montage à flux tendu, il était trop tard pour corriger l’équilibre, j’ai préféré suspendre, j’assume, je suis responsable du système de validation », reconnaît M. Mazurier. Le rédacteur en chef réfute tout ordre venu de l’extérieur : « Depuis neuf ans à ce poste, je n’ai jamais laissé la porte ouverte à quelque influence politique que ce soit. »
Cette crise cristallise des inquiétudes, après une réorganisation de la chaîne calquée sur les régions administratives, et avant une possible fusion avec le réseau de France Bleu. « On a le sentiment que la chaîne peut se retrouver dépendante financièrement des collectivités, les journalistes redoutent d’y perdre le sens de leur métier, ce qui s’est passé cette semaine à Lyon est important », dit Myriam Figureau, déléguée du Syndicat national des journalistes (SNJ). Face au tollé, la direction de la chaîne a rétabli la diffusion de la série dès jeudi. Assortie d’un droit de réponse d’une minute, sous forme d’interview de M. Wauquiez, dans les journaux de samedi.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3236,1-0,0-4"> ¤ Pete Hoekstra, nouvel ambassadeur américain aux Pays-Bas, a refusé de répondre à des journalistes néerlandais lui demandant de clarifier des propos faux tenus deux ans plus tôt au sujet de l’islam en Europe.
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<filname="SURF-0,2-3236,1-0,0-5"> ¤ Elles ont collectivement décidé d’être candidates à un poste de rédactrice en chef. Cette action a été annoncée jeudi sur Twitter par plusieurs journalistes du quotidien national.
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« Le Parisien » : 77 journalistes femmes protestent contre le manque de parité dans la direction

Elles ont collectivement décidé d’être candidates à un poste de rédactrice en chef. Cette action a été annoncée jeudi sur Twitter par plusieurs journalistes du quotidien national.



Le Monde
 |    12.01.2018 à 12h46
 • Mis à jour le
12.01.2018 à 20h37
   





                        



   


Pour dénoncer la composition exclusivement masculine de la direction des rédactions du Parisien, soixante-dix-sept journalistes féminines du quotidien national se sont portées candidates à un poste de rédactrice en chef. La quasi-totalité des services de la rédaction (les locales et les différents services de la rédaction nationale) est représentée dans l’appel, annoncé sur Twitter, jeudi 11 janvier, par plusieurs journalistes du journal.
L’initiative a été lancée alors que vient d’être annoncée la nomination d’un cinquième homme à un autre poste clé de la direction. Cette action symbolique vise à « protester contre l’absence de femmes à la direction du titre », peut-on ainsi lire sur les comptes Twitter de Christel Brigaudeau et de Sandrine Bajos, rédactrices au service société et culture du Parisien. « Etre une femme n’est pas une qualité, mais être un homme non plus. » 

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                En France, parmi les 1 000 personnes les plus médiatisées en 2017, seules 169 sont des femmes



Une initiative partagée
Un courriel de candidature de principe a été envoyé à la direction de la rédaction, à la direction générale et à la direction des ressources humaines du quotidien, rapporte le quotidien 20 Minutes :
« Par la présente, je vous soumets ma candidature de principe au poste de rédactrice en chef. De principe, car mon profil ne correspond peut-être pas au poste actuellement ouvert. En revanche, de nombreuses femmes en ont pleinement les qualifications. Des femmes aujourd’hui absentes, à ce niveau de la hiérarchie de notre journal, dont la charge est de donner le cap aux équipes, à travers ses choix éditoriaux. »
La directrice générale du Parisien, Sophie Gourmelen, et Stéphane Albouy, directeur des rédactions, ont répondu, vendredi après-midi, dans un courriel qu’ils « partage[aient] le constat » fait par les soixante-dix-sept journalistes féminines. « Nous continuerons à apporter une attention extrême à ce que l’évolution professionnelle des femmes soit accompagnée afin de leur permettre d’accéder à tous les postes de l’entreprise », assurent-ils dans leur message, tout en précisant que « l’ensemble des candidat·es seront rencontré·es par la direction des ressources humaines et la direction de la rédaction dans le cadre du processus classique de recrutement ».

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                « Un nombre non négligeable d’entreprises n’est pas en conformité » avec les lois sur la parité de leur gouvernance


Le Parisien doit prochainement nommer un nouveau rédacteur ou une nouvelle rédactrice en chef responsable des éditions dominicales. Voilà donc soixante-dix-sept candidatures au poste. Et peut-être davantage, les « 77 » ont en effet fait savoir que d’autres journalistes de la rédaction — hommes et femmes — comptent s’associer dans les jours à venir à leur initiative.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3236,1-0,0-6"> ¤ Pour répondre aux critiques, le réseau social de Mark Zuckerberg a dévoilé une refonte majeure de son fil d’actualité. Cette mesure inquiète les éditeurs de presse.
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Facebook, une plate-forme qui reste imprévisible pour les médias

Pour répondre aux critiques, le réseau social de Mark Zuckerberg a dévoilé une refonte majeure de son fil d’actualité. Cette mesure inquiète les éditeurs de presse.



Le Monde
 |    12.01.2018 à 11h51
 • Mis à jour le
12.01.2018 à 11h58
    |

            Alexandre Piquard








                        



                                


                            

Facebook veut désormais aider ses plus de 2 milliards d’utilisateurs à « nouer des relations sociales riches de sens », plutôt que de les « aider à trouver le contenu le plus intéressant ». Cette philosophie, mise en avant jeudi 11 janvier par le réseau social pour justifier un changement d’organisation de sa plate-forme, aura des conséquences concrètes : les liens, textes ou vidéos publiés par des médias, des institutions, des entreprises ou des ONG pourraient être défavorisés au profit des contenus partagés par la famille, les amis et les proches d’un utilisateur. Cette décision illustre la volonté de Facebook d’améliorer son image mais aussi le danger, pour des acteurs extérieurs, de dépendre d’une plate-forme aux règles aussi instables.

« Nous avons la responsabilité de nous assurer que nos services ne sont pas seulement divertissants à utiliser mais aussi bons pour le bien-être des gens », a assuré Mark Zuckerberg. Avec ce changement, le fondateur cherche à répondre aux nombreuses critiques qui ont touché Facebook depuis 2016 : le réseau social a été accusé d’avoir pesé sur les élections en favorisant les contenus les plus partisans et les plus clivants, voire d’avoir prêté le flanc à des manipulations organisées depuis la Russie. Plus récemment, la plate-forme a dû essuyer les réquisitoires d’anciens ingénieurs ou investisseurs repentis, qui regrettent d’avoir participé à façonner un outil addictif et nocif, notamment pour les enfants.

Les modifications annoncées jeudi concernent le newsfeed, ce flux qu’un utilisateur voit quand il se connecte à Facebook, mêlant des publications mises en ligne par ses « amis » et des pages auxquelles il s’est abonné. L’algorithme, qui sélectionne quels contenus sont visibles et dans quel ordre, va désormais favoriser ce qui suscite des interactions avec les proches : « Ce sont les posts qui inspirent des allers-retours de discussions et ceux que vous...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3236,1-0,0-7"> ¤ Une série de cinq reportages était programmée sur la chaîne. Mais la diffusion s’est arrêtée après le deuxième volet consacré aux finances de la région.
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Article sélectionné dans La Matinale du 11/01/2018
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France 3 Auvergne-Rhône-Alpes fait volte-face sur les sujets sur le bilan de Wauquiez

Une série de cinq reportages était programmée sur la chaîne. Mais la diffusion s’est arrêtée après le deuxième volet consacré aux finances de la région.



Le Monde
 |    11.01.2018 à 18h16
 • Mis à jour le
13.01.2018 à 12h53
   





                        



   


Valse hésitation à France 3 Auvergne-Rhône-Alpes. La direction de la chaîne avait initialement suspendu la diffusion d’une série de sujets sur le bilan de Laurent Wauquiez, président (Les Républicains) de la région. Mais, face à la réaction de membres de la rédaction, la chaîne a annoncé qu’elle faisait machine arrière, écrit le site Arrêt sur Images.
Cette série de reportages en cinq volets est programmée cette semaine dans les journaux de 12 heures et de 19 heures sur les antennes de Lyon, Clermont-Ferrand et Grenoble. Les deux premiers ont été diffusés lundi 8 et mardi 9 janvier, mais la diffusion s’était arrêtée mercredi.
Des membres de la chaîne, interrogés par l’Agence France-Presse (AFP), ont dit qu’une intervention de Laurent Wauquiez était à l’origine de cet arrêt, ce qu’a démenti l’entourage du président de la région et du parti Les Républicains. La direction de France 3, quant à elle, avait justifié sa décision par le caractère « déséquilibré » des sujets, qui avait suscité « beaucoup de réactions ».

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C’est la diffusion, mardi, du deuxième volet — consacré aux finances de la région et qui n’a pas été visionné par le rédacteur en chef en titre avant sa diffusion — qui a mis le feu aux poudres. « On ne s’empêche pas de faire de l’investigation, mais, dans la forme et sur le fond, on essaie d’être équilibré et plutôt mesuré. Et là, ce n’était pas le cas. On n’était pas dans les clous sur le plan du traitement politique et par rapport à notre tonalité de service public », explique André Faucon, directeur régional de la chaîne.
Droit de réponse
La région, elle, a déclaré avoir été contactée par France 3, mercredi, et avoir alors réclamé un droit de réponse sur le sujet de mardi, « unilatéralement à charge », mais n’être « absolument pour rien » dans la décision initiale de suspendre la diffusion.
« On a perdu toute crédibilité, la plupart des journalistes sont outrés », déplore un membre de la chaîne. « Beaucoup de gens nous ont demandé pourquoi la série n’était plus diffusée, il n’y a pas eu un mot d’explication à l’antenne. Depuis deux ans, on est amené à faire des reportages sur les annonces de Laurent Wauquiez et la question de l’équilibre ne s’est jamais posée dans l’autre sens. »
« Cette série était prévue depuis très longtemps ; elle n’a pas été faite en catimini », souligne Myriam Figureau, déléguée du Syndicat national des journalistes (SNJ), qui dénonce « un choix éditorial fait à la demande d’un responsable politique ». « Le sentiment général, c’est l’atterrement », renchérit Daniel Pajonk, délégué du SNJ-CGT.
Le droit de réponse obtenu par Laurent Wauquiez devrait être d’une durée équivalente – une minute – et diffusé samedi dans les mêmes conditions que le sujet mis en cause : dans les journaux de 12 heures et de 19 heures. Du jamais-vu, selon les syndicats.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3236,1-0,0-8"> ¤ Une votation va être organisée en Suisse pour remettre en cause le financement de la télévision et de la radio publiques. Une véritable attaque contre la démocratie dénoncent, dans une tribune au « Monde », d’anciens dirigeants de cet organisme.
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« La démocratie suisse est à la veille de se tirer dans le pied »

Une votation va être organisée en Suisse pour remettre en cause le financement de la télévision et de la radio publiques. Une véritable attaque contre la démocratie dénoncent, dans une tribune au « Monde », d’anciens dirigeants de cet organisme.



Le Monde
 |    11.01.2018 à 17h00
    |

Guillaume Chenevière, Philippe Mottaz, Oswald Sigg et Raymond Vouillamoz (anciens dirigeants de la Télévision suisse)







                        



                                


                            
Tribune. Après avoir déclaré que « l’audiovisuel public français est structuré comme le monde d’avant », le président Macron persiste et signe. Lors de la cérémonie des vœux de Nouvel An à la presse, mercredi 3 janvier, le chef de l’Etat a confirmé sa volonté de réformer l’audiovisuel public avant la fin de l’année et a insisté sur la nécessité pour les médias de réinventer leurs modèles économiques.
Ce débat en Suisse est d’une radicalité et d’une violence inouïes. Les critiques de la démocratie rappellent qu’Hitler est arrivé au pouvoir par les urnes, mais l’histoire ne donne pas d’exemple d’une démocratie directe qui se tire elle-même dans le pied. Patience ! Cela arrivera si les Suisses approuvent l’initiative populaire au nom barbare, No Billag, qui leur est soumise le 4 mars prochain.

De quoi s’agit-il ? De rayer de la loi le principe même d’un service public de radio-télévision, d’interdire la redevance (Billag est le nom de l’organe de perception) et toute forme de subventionnement gouvernemental de l’audiovisuel.
La Suisse (huit millions d’habitants) n’a pas une langue nationale unique. La radio et la télévision suisses produisent leurs émissions en allemand à Zurich, en français à Genève et en italien à Lugano, langues à la fois nationales et étrangères. Cette proximité linguistique avec les grands voisins européens favorise sur le territoire helvétique l’audience des télévisions étrangères.
Dégagisme
Elles captent la moitié des parts de marché en prime-time, d’où l’ouverture sur les chaînes privées françaises et allemandes de fenêtres publicitaires destinées aux téléspectateurs suisses. Autre particularité helvétique due à l’exiguïté du territoire : la SSR (Société suisse de radiodiffusion) est à la fois service public et seule radio-télévision nationale. En Suisse romande, les programmes de la RTS (Radio-Télévision suisse) ont pour objectif de satisfaire tous les segments du public répartis...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3236,1-0,0-9"> ¤ Après avoir connu la réussite avec « XXI » et « 6Mois », Laurent Beccaria et Patrick de Saint-Exupéry lancent vendredi un nouvel hebdomadaire, tiré à 200 000 exemplaires : « cent pages et sans publicité » pour 3,50 euros.
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Le nouveau journal « Ebdo » se dévoile

Après avoir connu la réussite avec « XXI » et « 6Mois », Laurent Beccaria et Patrick de Saint-Exupéry lancent vendredi un nouvel hebdomadaire, tiré à 200 000 exemplaires : « cent pages et sans publicité » pour 3,50 euros.



Le Monde
 |    11.01.2018 à 00h00
 • Mis à jour le
12.01.2018 à 06h40
    |

            François Bougon








                        



   


Ebdo, le nouvel hebdomadaire lancé vendredi 12 janvier, est un journal tissé de convictions et de contradictions assumées. Si la rédaction se trouve à Saint-Germain-des-Prés, au cœur de la capitale, elle refuse le parisianisme et veut aller dormir chez les gens, dans les régions, pour dénicher des histoires et séduire des lecteurs ; et à l’heure du numérique, ses fondateurs, Laurent Beccaria et Patrick de Saint-Exupéry, qui ont connu la réussite avec les revues XXI et 6Mois, croient toujours au papier. « Cent pages et sans publicité, c’est un espace de liberté », a résumé Constance Poniatowski, directrice de la rédaction, lors d’une conférence de presse avant la soirée de lancement.
La couverture du premier numéro, qui est tiré à 200 000 exemplaires et sera vendu à 3,50 euros (dans les kiosques, mais aussi par abonnement), est consacrée à la SNCF, « l’intouchable ». Le journal a enquêté sur l’entreprise publique et dénonce comment, selon lui, elle « échappe à la justice ». « Mais l’enquête avait commencé il y a deux mois et demi, bien avant les récents incidents », a insisté M. Beccaria. Car, contrairement aux hebdomadaires existants, Ebdo refuse de coller à l’actualité. « Elle nous a rattrapés », a-t-il ajouté. Il y aura aussi des sujets « qui parlent à tout le monde » pour un hebdo sans rubricage, a expliqué Mme Poniatowski : le loup pour commencer, puis, dans les prochains numéros, le sel ou encore les toilettes. Le journal propose aussi de la BD, une histoire du soir « à lire avec un enfant, ou avec des yeux d’enfant », des jeux et une recette de cuisine – une poêlée de palourdes au curry vert. A la fin, une page blanche est laissée au lecteur pour qu’il y inscrive ses « notes », « trouvailles », « émotions » et « gribouillages ».

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Format manga
Bref, les mots-clés se veulent accessibilité et simplicité. D’ailleurs, le format choisi est celui d’un manga, pour une prise en main aisée. « Ni pose ni posture, ce sera la force d’Ebdo », a lancé Patrick Saint-Exupéry, qui était allé chercher les premiers exemplaires au train de 19 h 14. « La ligne éditoriale, c’est de retrouver le lecteur et le journalisme simple », a-t-il expliqué. Pour Laurent Beccaria, il existe un lectorat nouveau pour une « information accessible, généreuse, ambitieuse ». Le projet, a-t-il rappelé, s’inscrit dans la continuité de leur réflexion sur un « autre journalisme » contenue dans le Manifeste XXI publié en 2013. « Il est possible de refonder une presse post-Internet conçue pour les lecteurs, et non à partir des annonceurs », y était-il proclamé.
Le Web n’est pas oublié malgré tout. « S’il n’y a pas de version numérique, cela ne veut pas dire qu’Ebdo n’a pas de stratégie numérique », a noté l’ancien secrétaire d’Etat Thierry Mandon, son directeur général. Le site du magazine servira notamment à animer la communauté des lecteurs, qui sont là, non seulement pour héberger les journalistes en vadrouille, mais aussi leur souffler des idées de papier. Séduits par cette nouvelle aventure, des reporteurs sont venus de toute la presse nationale et régionale, du Figaro à Télérama en passant par Challenges et Le JDD, mais aussi de La Montagne et du Télégramme. Des journalistes sont basés à Marseille, Lyon, Lorient, Lille et Bordeaux.

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Ebdo, qui dispose d’un budget annuel de 13 millions d’euros, se donne jusqu’à fin 2019 pour arriver à l’équilibre financier, avec l’objectif d’atteindre 70 000 abonnements et 20 000 ventes au numéro. Une levée de fonds de 2 millions d’euros est en cours. Le groupe Bayard Presse a déjà annoncé son intention d’entrer au capital autour de 5 %. Mercredi soir, à la fête de lancement d’Ebdo, l’ambiance était joyeuse, voire euphorique. Dans un secteur en pleine crise, les naissances sont rares.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3236,1-0,0-10"> ¤ Vantant un meilleur partage des bénéfices avec les géants de l’Internet, les grands éditeurs de presse menacent la pluralité de l’information estime, dans une tribune au « Monde », Carlos Astiz, représentant de petits médias.
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Le « droit voisin » peut tuer les petits éditeurs indépendants

Vantant un meilleur partage des bénéfices avec les géants de l’Internet, les grands éditeurs de presse menacent la pluralité de l’information estime, dans une tribune au « Monde », Carlos Astiz, représentant de petits médias.



Le Monde
 |    10.01.2018 à 15h00
    |

Carlos Astiz (Président et porte-parole de European Innovative Media Publishers et directeur général de l’Asociacion Española de Editoriales de Pub...







                        



                                


                            

Tribune. Il est décevant de voir les plus grandes agences de presse d’Europe soutenir une campagne malencontreuse pour le « droit voisin » (« En matière d’information la gratuité est un mythe », Le Monde du 13 décembre). Qu’ils le fassent au détriment des petits éditeurs indépendants, des créateurs de contenu et des journalistes en Europe est particulièrement troublant.
Leur objectif déclaré est de résoudre les problèmes auxquels est confrontée l’industrie de l’édition en ciblant les grandes plates-formes en ligne comme Google et Facebook. Le « droit voisin » permettrait aux grands éditeurs européens, disent-ils, d’encaisser plus d’argent. Mais même si cela était le cas, ce serait au détriment des plus petits.
créer des liens hypertextes et partager du contenu sont une composante fondamentale d’Internet, qui permet aux petits éditeurs de générer un plus large lectorat
Car ce « droit » empêchera la création de liens et le partage de contenus. C’est une tentative des journaux traditionnels, qui n’ont pas actualisé leur modèle économique face à l’ère numérique, de ralentir le développement de modèles économiques alternatifs et innovants. En forçant les lecteurs à visiter leurs sites plutôt qu’à partager des liens, les grands journaux pensent augmenter leurs bénéfices. Or créer des liens hypertextes et partager du contenu sont une composante fondamentale d’Internet, qui permet aux petits éditeurs de générer un plus large lectorat.
Dans leur plaidoyer, les PDG de ces sociétés ont déclaré que « les quelques tentatives conduites en 2013 et 2014 par l’industrie des médias en Espagne, en Allemagne, en France, pour faire payer, au-delà de quelques miettes symboliques, les géants de l’Internet n’ont pas changé fondamentalement la donne ». En effet, le droit voisin n’a pas porté ses fruits. Pire encore, il a entraîné une diminution considérable du trafic en ligne. Les publications espagnoles ont enregistré à elles...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3236,1-0,0-11"> ¤ Figure de la presse chinoise, la fondatrice du magazine « Caijing », puis du groupe Caixin Media, a révélé des affaires de corruption, repoussant les limites de la censure officielle.
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La journaliste la plus redoutée de Chine, Hu Shuli, prend une semi-retraite

Figure de la presse chinoise, la fondatrice du magazine « Caijing », puis du groupe Caixin Media, a révélé des affaires de corruption, repoussant les limites de la censure officielle.



Le Monde
 |    10.01.2018 à 15h00
    |

            François Bougon








                        


La journaliste la plus redoutée de Chine a décidé de prendre du recul. A quelques jours de ses 65 ans, Hu Shuli abandonne son poste de rédactrice en chef. Dans un communiqué, le groupe de presse Caixin Media, qu’elle a fondé en 2009, a annoncé, mardi 9 janvier, sans plus de détails, qu’elle continuerait cependant à s’occuper du « développement stratégique et des prises de décision majeures ».
Hu Shuli est une figure du journalisme chinois. De la même génération que le numéro un chinois, Xi Jinping – comme lui, elle a été envoyée à la campagne pendant la Révolution culturelle –, elle a couvert avec entrain les débuts de la réforme économique dans son pays, à partir de la fin des années 1970. Elle interviewe des jeunes gens, pour certains revenus des universités américaines, qui formeront, des années plus tard, l’élite économique et politique du pays.

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Dévoiler la face sombre des « trente glorieuses chinoises »
Si Hu Shuli a commencé dans la presse officielle, elle se fait un nom avec le magazine Caijing (« finances et économie » en chinois), qu’elle crée en 1998. Il devient une référence et se distingue par un journalisme offensif, qui traque la corruption des grands groupes et repousse les limites de la censure officielle. La journaliste dévoile ainsi la face sombre des « trente glorieuses » chinoises. En 2003, défiant les consignes officielles, Caijing enquête sur l’épidémie du syndrome respiratoire aigu sévère (SRAS), dont le pouvoir communiste cherchait à minimiser l’ampleur.

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A la suite d’un conflit interne, Hu Shuli quitte Caijing pour créer un autre groupe de presse, Caixin. Même succès. Du président Xi Jinping, elle soutient la lutte anticorruption. C’est Caixin qui révèle ainsi les pratiques douteuses de l’assureur Anbang et de son patron, Wu Xiaohui. Mais elle n’hésite pas à critiquer le renforcement du contrôle de la presse. En 2016, la journaliste dénonce sur son site la censure d’un article plaidant pour la liberté d’expression. Aux oreilles de certains, sa semi-retraite sonne comme l’amère victoire des censeurs.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3236,1-0,0-12"> ¤ Dans une tribune au « Monde », le secrétaire général de Reporters sans frontières, Christophe Deloire, se félicite du fait qu’Emmanuel Macron souhaite laisser la place à l’autorégulation de la profession.
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« Il faut assurer la pérennité du journalisme de qualité »

Dans une tribune au « Monde », le secrétaire général de Reporters sans frontières, Christophe Deloire, se félicite du fait qu’Emmanuel Macron souhaite laisser la place à l’autorégulation de la profession.



Le Monde
 |    10.01.2018 à 11h25
 • Mis à jour le
10.01.2018 à 12h02
    |

                            Christophe Deloire (Secrétaire général de Reporters sans frontières)








                        



                                


                            
Tribune. Si l’on compare la situation de l’humanité avec un passé pas si lointain, nombre d’évolutions profondes portent à une forme d’optimisme en dépit des menaces, notamment pour l’environnement. En trente ans, l’extrême pauvreté a chuté des deux tiers, 2 milliards de personnes ont été sauvées de la sous-alimentation, la mortalité maternelle et infantile a été réduite de moitié et, même si certaines tragédies demeurent épouvantables, les conflits armés sont de moins en moins meurtriers. Après la chute du mur de Berlin, le modèle démocratique s’est largement « démocratisé ». Et pourtant un spectre hante nos sociétés : celui du despotisme moderne, des « hommes forts autoritaires », en d’autres termes, le spectre de la faiblesse démocratique.
Entre les deux guerres mondiales, l’essayiste américain Walter Lippmann écrivait que « la crise de la démocratie occidentale est au sens strict une crise du journalisme ». Cela est vrai près d’un siècle plus tard : crise de la confiance envers les institutions et les médias, crise de la représentation du réel, comme le prouvent les sondages sur les théories du complot, fragilisation économique qui fait peser des risques sur la qualité des contenus journalistiques, décomposition de la sphère publique sous l’effet des « bulles filtrantes », et domination d’acteurs technologiques qui vantent la transparence sans l’appliquer ni pour eux ni pour leurs algorithmes.
Des régimes despotiques mettent en place de vastes appareils de propagande, tentent d’exporter leurs contre-modèles pour créer « un nouvel ordre mondial de l’information ». Dans le même temps, toute une économie de l’information sponsorisée, avec des intérêts souvent non dits mais très structurés, prospère sur les ruines du monde (imparfait) d’hier. Or, sans journalisme de qualité, les démocraties seront de basse intensité et les grands problèmes du monde ne trouveront pas de solution. Pour réduire les asymétries d’information entre...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3236,1-0,0-13"> ¤ La ministre de la culture se sépare de son directeur de cabinet alors qu’elle prépare deux projets de loi.
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Audiovisuel  public : Françoise Nyssen tente de reprendre la main

La ministre de la culture se sépare de son directeur de cabinet alors qu’elle prépare deux projets de loi.



Le Monde
 |    10.01.2018 à 11h00
    |

            Alexandre Piquard








                        



                                


                            

« Je suis à la manœuvre », a assuré plusieurs fois Françoise Nyssen, mardi 9 janvier, en marge d’un déplacement à Londres pour rencontrer, notamment, des dirigeants de la BBC, l’audiovisuel public britannique. Le matin, la ministre de la culture a annoncé la mise à l’écart de son directeur de cabinet Marc Schwartz, bon connaisseur de l’audiovisuel public, au contraire de la ministre. M. Schwartz avait alimenté la campagne du candidat Emmanuel Macron. Ancien médiateur dans les secteurs de l’édition et des médias, il se voit confier une « mission sur l’avenir de la distribution de la presse », où certains prônent une remise à plat complète, alors que le distributeur Presstalis est en grande difficulté.
« Marc Schwartz a toute ma confiance pour cette mission », prend le soin d’ajouter Mme Nyssen, qui précise toutefois : « depuis le début, je décide moi-même de la composition de mon cabinet. » Une façon de nier des pressions extérieures, de Matignon ou de l’Elysée. Contactée, la présidence de la République renvoie vers le ministère de la culture, comme elle le fait ces dernières semaines sur les questions d’audiovisuel public.
Pourquoi se séparer de son directeur de cabinet ? Avec la ministre, les relations de travail n’étaient pas fluides. Mais surtout, la mise à l’écart vise à combattre l’idée que l’action du ministère de la culture manque de lisibilité et de dynamisme. Ce changement de casting succède d’ailleurs à un autre, survenu fin novembre 2017 : le départ du conseiller chargé des relations avec la presse, Gaël Hamayon, remplacé par Marianne Zalc-Muller, ancienne collaboratrice du médiatique ministre du redressement productif Arnaud Montebourg.
Flottement au ministère
Le poste de Marc Schwartz sera désormais occupé par son ancienne adjointe, Laurence Tison-Vuillaume. Moins connue que son prédécesseur, celle-ci ne passe pas pour une spécialiste de l’audiovisuel public mais le ministère...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3236,1-0,0-14"> ¤ La version française de la chaîne d’info russe en continu est disponible depuis trois semaines. Pas de quoi se faire peur, souligne notre éditorialiste Sylvie Kauffmann dans sa chronique « L’air du Monde ».
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Article sélectionné dans La Matinale du 09/01/2018
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« Depuis le Nouvel An, j’ai regardé RT France chaque jour, et je me suis ennuyée »

La version française de la chaîne d’info russe en continu est disponible depuis trois semaines. Pas de quoi se faire peur, souligne notre éditorialiste Sylvie Kauffmann dans sa chronique « L’air du Monde ».



Le Monde
 |    10.01.2018 à 06h38
 • Mis à jour le
10.01.2018 à 08h36
    |

            Sylvie Kauffmann








                        



                                


                            

Chronique. Nous y sommes. Le Kremlin émet en France depuis trois semaines et, curieusement, la révolution ne gronde pas. La déclinaison française de la chaîne de télévision publique russe Russia Today (RT) est disponible depuis le 18 décembre 2017, en direct sur le site Internet de RT France et sur les écrans des téléspectateurs équipés de Freebox, et le PAF résiste à l’offensive du soft power russe.
Ce n’est pas faute, pourtant, d’avoir été mis en garde contre cette menée subversive du régime russe. Dès le 29 mai, devant un Vladimir Poutine impavide à Versailles, Emmanuel Macron lui-même a décerné à RT et Sputnik, autre média russe à vocation internationale, le titre d’« agents d’influence et de propagande mensongère », qu’il avait barrés de sa campagne électorale. La France étant un pays ouvert et démocratique, cela n’a pas empêché RT d’installer son siège français à Boulogne-Billancourt, d’embaucher quelque 150 personnes, dont de nombreux journalistes français, et de conclure un accord avec l’opérateur Free (son fondateur, Xavier Niel, est actionnaire du Monde à titre personnel) pour émettre à destination des téléspectateurs français. RT est ainsi devenue la première chaîne d’information en continu financée par une puissance étrangère à émettre sur notre territoire en langue française. Al-Jazira avait un moment caressé ce projet, mais ne l’a pas concrétisé.
Cette arrivée a suscité une certaine curiosité et, bien sûr, beaucoup de méfiance. RT France, comme le veut la loi, s’est dotée d’un « comité d’éthique » qu’elle a eu un peu de mal à composer, hormis la nomination dès la première heure de l’ancien député (LR) Thierry Mariani, infatigable thuriféraire de M. Poutine. S’y sont joints in extremis un ancien président de Radio France, Jean-Luc Hees, une ancienne ambassadrice de France, Anne Gazeau-Secret, un ancien grand reporter, Jacques-Marie Bourget, et le directeur du mensuel Afrique-Asie,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3236,1-0,0-15"> ¤ Dans une tribune au « Monde », le professeur en droit européen Alberto Alemanno estime que rien ne sert d’employer la loi contre les fausses informations. Sous la pression de l’opinion, des sociétés comme Facebook peuvent adopter des dispositifs qui contrebalancent l’effet de la désinformation.
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Fake news : « L’initiative doit venir des géants du Web »

Dans une tribune au « Monde », le professeur en droit européen Alberto Alemanno estime que rien ne sert d’employer la loi contre les fausses informations. Sous la pression de l’opinion, des sociétés comme Facebook peuvent adopter des dispositifs qui contrebalancent l’effet de la désinformation.



Le Monde
 |    10.01.2018 à 06h15
 • Mis à jour le
10.01.2018 à 12h02
    |

Alberto Alemanno (Professeur, titulaire de la chaire Jean-Monnet en droit européen à HEC Paris)







                        



                                


                            

Tribune. Emmanuel Macron est le dernier leader politique en date à se lancer dans le combat contre les fausses nouvelles, plus communément appelées sous les termes anglais de « fake news ». Les régulateurs semblent en effet perdre patience, et promettent d’arrêter la prolifération de la désinformation en ligne.
Le président de la République a annoncé le dépôt prochain d’un projet de loi qui inclurait, entre autres, des obligations de transparence visant à révéler l’identité des personnes ou entités qui sponsorisent la diffusion de contenus en ligne, et permettrait notamment au gouvernement de faire disparaître des « fake news » de la Toile, voire même de bloquer des sites Internet en période de campagne électorale. Ce n’est pas une bonne idée.
L’action en référé proposée donnerait la possibilité à un gouvernement en place d’agir en justice en période électorale en vue de limiter la liberté d’expression de ses opposants, qu’il s’agisse de celle des citoyens sur leurs blogs ou de journalistes accrédités dans leurs journaux. Pire, une approche coercitive manquera presque à coup sûr sa cible.
Dès leur première apparition, le mal est fait
Les groupes de travail « anti-fake news » tels que l’EU Mythbusters de l’Union européenne, et les dispositifs d’alerte aux fausses informations tels que First Draft, en partenariat avec différents médias, dont Le Monde, ont montré qu’il est possible de combattre les fausses nouvelles en faisant du fact-checking, ou de la « vérification des faits ». Toutefois, le problème avec les fausses informations n’est pas tellement leur présence continue sur la Toile, mais leur première apparence sur celle-ci. En d’autres mots, aussitôt que la fausse information est en ligne, le mal est fait.

Faire appel à un juge des référés – l’action la plus rapide possible dans notre système judiciaire – aboutira toujours à une décision trop tardive. L’expérience montre d’ailleurs...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3236,1-0,0-16"> ¤ Dans une tribune, l’avocat du « Monde » pense que la proposition d’Emmanuel Macron sur l’adoption d’outils inutiles pour lutter contre la désinformation, représente surtout une menace pour la liberté d’expression.
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Christophe Bigot : « Le président envoie un signal de méfiance envers la presse »

Dans une tribune, l’avocat du « Monde » pense que la proposition d’Emmanuel Macron sur l’adoption d’outils inutiles pour lutter contre la désinformation, représente surtout une menace pour la liberté d’expression.



Le Monde
 |    10.01.2018 à 06h00
 • Mis à jour le
10.01.2018 à 13h05
    |

Christophe Bigot (Avocat au barreau de Paris)







                        



                                


                            
Tribune. Comment ne pas souscrire à la volonté de lutter contre les « fake news », ou autres « vérités alternatives », surtout lorsqu’elles tendent à perturber le jeu normal des institutions démocratiques et en particulier les élections ? Pourtant, l’annonce d’Emmanuel Macron visant à la prochaine instauration d’un texte destiné à mieux réguler ce type de contenus, notamment sur les réseaux sociaux, laisse dubitatif pour de multiples raisons.
Pour résumer, il s’agirait d’édicter une nouvelle loi sanctionnant les fausses informations ayant pour objet ou pour effet de fausser un scrutin, en donnant au juge ou au CSA de nouveaux outils. Ces derniers permettraient d’agir vite, grâce à des procédures dites de référé, et fort, en permettant la suppression d’un contenu, la désactivation d’un compte utilisateur, la suspension d’un service ou son interdiction d’accès en France. S’ajouterait à cet arsenal répressif une obligation renforcée de surveillance et de transparence des plates-formes hébergeant les réseaux sociaux : Facebook, Twitter et autres.
l’article 27 de la loi du 29 juillet 1881 réprime déjà la diffusion de fausses nouvelles susceptibles de troubler la paix publique
Notre droit contenant déjà différents instruments qui s’apparentent à celui qui est annoncé, il est possible d’en anticiper l’utilisation. En effet, et cela a été dit partout depuis l’annonce de la présidence, l’article 27 de la loi du 29 juillet 1881 réprime déjà la diffusion de fausses nouvelles susceptibles de troubler la paix publique. Et en période électorale, un texte spécial, l’article L. 97 du code électoral, sanctionne, quant à lui, ces fausses nouvelles quand elles ont eu pour effet de fausser un scrutin.
Or, ces deux textes ne sont quasiment pas utilisés pour des raisons qui tiennent en partie à leur physionomie propre, mais aussi et surtout parce que pour sanctionner une « fausse nouvelle », il est absolument indispensable de prouver...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3236,1-0,0-17"> ¤ L’ancien conseiller spécial de la Maison Blanche est acculé depuis qu’il s’est confié à l’auteur de « Fire and Fury », livre très critique sur le président.
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Article sélectionné dans La Matinale du 09/01/2018
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Etats-Unis : Steve Bannon quitte la direction de Breitbart News

L’ancien conseiller spécial de la Maison Blanche est acculé depuis qu’il s’est confié à l’auteur de « Fire and Fury », livre très critique sur le président.



Le Monde
 |    09.01.2018 à 22h30
 • Mis à jour le
10.01.2018 à 08h14
    |

            Gilles Paris (Washington, correspondant)








                        



   


Stephen Bannon s’était revendiqué un jour comme léniniste. « Lénine », avait-il expliqué à un historien américain, Ronald Radosh, « voulait détruire l’Etat, c’est aussi mon objectif ». Un procès quasi stalinien emporte aujourd’hui l’ancien conseiller de Donald Trump. Il a été contraint de renoncer, mardi 9 janvier, à la direction du site Breitbart News, transformé sous sa houlette à partir de 2012 en brûlot ultranationaliste. Un départ qui intervient six mois après avoir quitté la Maison Blanche à la suite de la nomination d’un nouveau chief of staff, l’ancien général John Kelly, tout en restant alors en bons termes avec M. Trump.
Mis en cause pour des propos ravageurs concernant le président et sa famille rapportés par Michael Wolff dans son livre Fire and Fury : Inside the Trump White House (Henry Holt ed., non traduit) qui fait tanguer la Maison Blanche depuis sa publication, le 5 janvier, M. Bannon a tout d’abord été ostracisé par Donald Trump. Il a perdu ensuite le soutien précieux de la famille Mercer, actionnaire minoritaire de Breitbart News, avant d’être accablé sur toutes les chaînes d’information continue par l’entourage du président.

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                Pleurs, trahisons, brosse à dents… ce que nous apprend « Fire and Fury », le livre sur Trump et ses proches



Une « trahison » pour Trump
« Lorsqu’il a été viré, il n’a pas seulement perdu son job, il a aussi perdu la tête », avait assuré vendredi le président, rendu furieux par l’accusation de « trahison » prêtée dans le livre à M. Bannon à l’endroit de son fils aîné, Donald Trump Jr. Il faisait allusion à une rencontre controversée de ce dernier, pendant la campagne, avec des personnalités russes. Un procureur spécial, Robert Mueller, enquête sur une éventuelle collusion avec les responsables des piratages imputés à la Russie par le renseignement américain, qui ont visé le Parti démocrate.
Affublé désormais du sobriquet « Steve le débraillé » dans les messages vengeurs publiés sur le compte Twitter du président, une allusion à un style vestimentaire non conventionnel, l’ancien Père Joseph du candidat à la présidentielle a tenté une parade. Mais les excuses publiques avancées deux jours après la rupture officialisée par un communiqué virulent du président, le 7 janvier, sont apparues comme trop tardives et trop peu convaincantes pour faire fléchir la Maison Blanche. Interrogé à ce sujet au cours d’un déplacement présidentiel dans le Tennessee, lundi, un porte-parole adjoint de M. Trump avait clairement écarté la possibilité d’un retour en arrière.

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                Lumière fatale pour le conseiller de l’ombre Stephen Bannon



Les « erreurs » du président
Tout en ménageant ostensiblement le président dans ses interventions publiques et en se présentant comme un fantassin loyal du trumpisme, Stephen Bannon n’avait pourtant cessé de prendre ses distances par rapport à certaines décisions présidentielles au cours des derniers mois. Hostile à un renforcement de la présence militaire américaine en Afghanistan, décidé cet été, il avait également publiquement jugé inutile l’offensive verbale du président contre la Corée du Nord. Stephen Bannon estimait en effet qu’elle détournait M. Trump de la priorité de contrer l’influence de la Chine.
En septembre, invité de la prestigieuse émission « 60 Minutes » de la chaîne CBS, il avait également estimé que le limogeage par le président, en mai, du directeur du FBI, James Comey, avait été « la pire erreur » de « l’histoire politique moderne ». Ce limogeage a précipité la nomination d’un procureur spécial pour enquêter sur l’affaire « russe ».
Querelle de paternité
M. Bannon, qui avait pris avec succès la direction de la campagne présidentielle de Donald Trump en août 2016, paie aujourd’hui une ambition qui n’a cessé d’affleurer dans un long portrait publié en décembre par le magazine Vanity Fair, déjà peu amène pour l’entourage d’un président, comparé par ailleurs à « un enfant de onze ans », puis dans l’ouvrage de Michael Wolff. Les dernières pages de ce récit sont sans ambiguïtés. Stephen Bannon y doute en privé que Donald Trump puisse être réélu en 2020, et croit au contraire à sa capacité à reprendre le flambeau et à refonder le Parti républicain sur une ligne ultranationaliste.
La défaite humiliante du candidat qu’il avait activement soutenu lors d’une élection sénatoriale dans l’Alabama, en décembre, avait déjà alerté sur les limites de son projet
Une querelle de paternité oppose en fait les deux hommes. Le président est convaincu d’avoir été, par sa candidature, l’unique catalyseur d’un « mouvement » dépassant le périmètre de l’électorat républicain traditionnel. L’ancien conseiller semble estimer qu’il a été capable, au contraire, par sa cohérence idéologique, de transformer en projet de nationalisme économique les intuitions sommairement exprimées depuis trois décennies par le magnat de l’immobilier.
La défaite humiliante du candidat qu’il avait activement soutenu lors d’une élection sénatoriale dans l’Alabama, en décembre, avait déjà alerté sur les limites de son projet. Son départ de Breitbart News le prive désormais d’un porte-voix et d’influence. « L’obscurité a du bon », avait-il confié dans un entretien au magazine Hollywood Reporter, après la victoire de Donald Trump, en mentionnant « Dick Cheney » – le vice-président de George W. Bush considéré comme le véritable patron de la Maison Blanche à l’époque – « Dark Vador » et « Satan ». C’est pourtant sur lui qu’elle risque désormais de se refermer.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3236,1-0,0-18"> ¤ Le tribunal de commerce a décidé de la poursuite de l’activité du magazine jusqu’à la fin février, dans l’attente d’un repreneur.
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Le mensuel « Causette » placé en liquidation judiciaire

Le tribunal de commerce a décidé de la poursuite de l’activité du magazine jusqu’à la fin février, dans l’attente d’un repreneur.



Le Monde
 |    09.01.2018 à 18h25
 • Mis à jour le
09.01.2018 à 20h28
   





                        



   


Le mensuel Causette a annoncé mardi 9 janvier sur sa page Facebook le placement en liquidation judiciaire des Editions Gynéthic, la société éditrice du magazine « plus féminin du cerveau que du capiton » depuis mars 2009. Le tribunal de commerce « a aussi décidé la poursuite de l’activité jusqu’au 28 février, le temps que les candidat·es à la reprise fassent leurs offres », précise le message.
Le tribunal a fixé au 22 janvier, soit dans deux semaines, la date limite pour le dépôt des offres de reprise, a précisé à l’Agence France-Presse le dirigeant Grégory Lassus-Debat, qui a, en outre, précisé à Libération que « cinq candidats sérieux se sont déjà manifestés auprès du tribunal ».
Le magazine, dont les ventes représentent 95 % de son chiffre d’affaires, contre 4 % seulement pour les publicités, emploie 20 personnes et de nombreux pigistes.
Conflit avec la direction
Le mensuel, qui avait déjà été placé en redressement judiciaire en 2015, avait annoncé en octobre dernier être confronté à de « sérieuses difficultés financières » et avait lancé un appel aux dons. Il a continué depuis sa parution malgré tout, son 85e numéro étant sorti début janvier.
« Malgré ses succès, notre mensuel rencontre depuis plusieurs années des difficultés de gestion liées à un problème structurel de gouvernance et à des choix de développement déraisonnables », avait critiqué en décembre la rédaction dans un communiqué.
Grégory Lassus-Debat rejette ces accusations et explique ces difficultés par une baisse « dramatique » des ventes : − 12 % entre juillet 2016 et juin 2017 par rapport à l’exercice précédent, pour les ventes en France et étranger, selon les chiffres de l’Alliance pour les chiffres de la presse et des médias (ACPM).



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3236,1-0,0-19"> ¤ Dans un entretien au « Monde », le vice-PDG de la station du groupe Lagardère présente certains ajustements. Objectif : faire de la radio celle « d’une France positive, d’une France qui a confiance en elle ».
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Frédéric Schlesinger : « Europe 1 se régénère profondément »

Dans un entretien au « Monde », le vice-PDG de la station du groupe Lagardère présente certains ajustements. Objectif : faire de la radio celle « d’une France positive, d’une France qui a confiance en elle ».



Le Monde
 |    09.01.2018 à 13h00
 • Mis à jour le
09.01.2018 à 15h01
    |

            François Bougon et 
Alexandre Piquard








                        



                                


                            

Frédéric Schlesinger, vice-PDG d’Europe 1, se prépare déjà à un moment difficile. Après la mauvaise vague d’audience précédente, qui signait la pire rentrée de sa radio, la prochaine, celle de novembre-décembre, qui sera dévoilée jeudi 18 janvier, ne devrait pas être meilleure. Mais, avec le soutien du principal actionnaire, Arnaud Lagardère, l’ancien numéro deux de Radio France reste confiant et se donne jusqu’à 2020 pour redresser Europe 1, explique-t-il au Monde.

Peut-on parler d’une rentrée ratée pour Europe 1 ?
Qui connaît la radio sait parfaitement que, quand on change 90 % de sa grille, ce n’est pas en quelques mois qu’on repart à la hausse. Quand nous sommes arrivés à Europe 1, mon équipe et moi-même avons pris le risque de renouveler complètement le concept de radio parlée. Je souris lorsque l’on évoque une rentrée ratée : il ne peut en être autrement, car il faut d’abord perdre avant de gagner. D’ailleurs, nous n’attendons toujours rien de bon des chiffres du mois de janvier.
Gardez-vous confiance malgré tout ?
J’ai toujours dit qu’il nous fallait trois ans pour atteindre nos objectifs. Je le redis et j’ai toujours confiance, car je travaille avec des équipes de grande qualité. Nous n’avons pas à rougir face à la concurrence, notamment en ce qui concerne nos trois piliers éditoriaux : information, récit et débat, divertissement. Non, notre rentrée n’est pas ratée, mais nous avons à gérer l’impatience de tous. Contrairement à ce que j’ai pu lire ici ou là, nous n’avons jamais rêvé de prendre des auditeurs à France Inter. Il faudrait être un débutant pour le penser : France Inter, c’est beaucoup de choses, mais c’est notamment la radio des publiphobes. Nous nous attendions aux difficultés dès que nous avons accepté cette mission. Mais en interne, il y a une excellente ambiance. Pour la première fois, nous avons pu signer la négociation annuelle obligatoire que les syndicats...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3236,1-0,0-20"> ¤ Altice NV, la holding de Patrick Drahi, a annoncé une réorganisation en profondeur du groupe avec la scission d’Altice USA et une nouvelle structure en Europe.
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Article sélectionné dans La Matinale du 08/01/2018
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Altice : Drahi protège ses activités américaines de ses difficultés en France

Altice NV, la holding de Patrick Drahi, a annoncé une réorganisation en profondeur du groupe avec la scission d’Altice USA et une nouvelle structure en Europe.



Le Monde
 |    09.01.2018 à 00h52
 • Mis à jour le
09.01.2018 à 09h08
    |

            Arnaud Leparmentier (New York, correspondant)








                        



   


En période de tempêtes, mieux vaut organiser la séparation de ses activités. Ainsi, en cas de malheur, on est sûr de ne pas tout perdre. C’est cette précaution qu’a prise Patrick Drahi, propriétaire du groupe de télécoms Altice NV. L’homme d’affaires franco-israélien, qui s’est bâti un empire à coup d’endettement bon marché, a annoncé lundi 8 janvier la séparation de ses activités américaines de ses activités européennes : les premières, Altice USA, sont prospères et seront ainsi protégées des secondes, qui traversent de graves difficultés. Le groupe, endetté à hauteur de 50 milliards d’euros, soit cinq fois son excédent brut d’exploitation, a ainsi décidé d’une répartition secondaire d’actions (un « spin-off ») de sa filiale à 67,2 %, Altice USA.
Techniquement, les actionnaires de la maison mère Altice NV recevront chacun des actions d’Altice USA : cette société cotée vivra sa vie outre-atlantique, tandis que Altice NV, réduite aux activités européennes, sera rebaptisée Altice Europe. Les deux entreprises n’auront plus rien en commun… si ce n’est leur actionnaire de contrôle, M. Drahi, qui sera président des deux entités. Les groupes auront un management distinct : le Néerlandais Dennis Okhuijsen, dirigera Altice Europe, tandis que l’Américain Dexter Goei restera patron des activités outre-atlantique. Chacun « rendra compte à Patrick Drahi », explique le communiqué d’Altice.
M. Drahi va siphonner la trésorerie de sa filiale américaine, qui peut se le permettre. Endettée à hauteur de 21 milliards de dollars, Altice USA connaît un désendettement assez rapide et des marges en progression. M. Drahi va opérer en deux étapes : avant le spin-off, Altice USA versera un superdividende de 1,5 milliard de dollars, ce qui permettra, avec un euro à 1,20 dollar, de renflouer à hauteur de 900 millions d’euros Altice NV.

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                Altice : une note potentiellement très salée pour Patrick Drahi



Ensuite, Altice USA pourra racheter ses propres actions à hauteur de 2 milliards de dollars. Objectif, faire remonter le cours de Bourse de la société, introduite en grande pompe à New York au cours de 30 dollars en juin 2017, et qui avait réussi à lever 1,9 milliard de dollars. L’action a depuis perdu 30 % de sa valeur, puisqu’elle valait, à la clôture du 8 janvier, 21 dollars. Toutefois, dans les échanges après Bourse, l’action progressait de près de 2 % à New York, signe d’accueil plutôt positif de la restructuration. La part flottante du capital devra passer de 10 à 42 %.
Remporter la course contre l’endettement
M. Drahi s’était lancé dans l’aventure américaine à partir de 2015. Il y avait notamment acquis coup sur coup les câblo-opérateurs Suddenlink et Cablevision pour plus de 26 milliards de dollars. « C’est le plus gros investissement jamais fait par un groupe français aux Etats Unis. On a battu Sanofi et j’en suis fier », avait-il déclaré devant la commission des affaires économiques du Sénat en juin 2016. Il vient d’y lancer la première box permettant aux abonnés d’avoir accès à internet, au téléphone fixe et à la télévision par le biais d’un seul appareil. Cet été, M. Drahi avait envisagé une acquisition majeure, le rachat de Charter Communications, câblo-opérateur valorisé 100 milliards de dollars.
Côté européen, il va falloir redresser les activités pour remporter la course contre l’endettement, qui dépassera les 31 milliards d’euros, soit 5,4 années d’excédent brut d’exploitation (EBE). L’action Altice NV cotée à Amsterdam, qui avait culminé en juin 2015 à 44 euros, ne valait lundi que 9,45 euros.
En France, le groupe, propriétaire de SFR (racheté en 2014 via le câblo-opérateur Numéricable), a souffert de la guerre des prix. Il a augmenté ses tarifs dans le câble et imposé des contenus sportifs qui n’intéressaient qu’une minorité de ses clients, conduisant à une perte d’abonnés.

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Dans le mobile, SFR a endigué l’hémorragie des clients mais a vu son revenu par abonné baisser. Le tout dans un contexte de démobilisation des salariés, dont les effectifs sont passés de 15 000 à 10 000 en un an. D’une manière générale, les synergies contenus-contenants prédites par Jean-Marie Messier à la tête de Vivendi à la fin des années 1990, ne sont pas encore au rendez-vous financier. Ces difficultés ont conduit, à l’automne, au départ du patron de SFR, Michel Combes.
Dépendante de la France
Altice Europe se réorganisera en trois entités : Altice France, Altice International (active au Portugal, en Israël et en République dominicaine) et une nouvelle filiale de télévision payante. Le groupe va se séparer d’actifs non stratégiques, notamment en République dominicaine et en Suisse ainsi que de ses tours de téléphonie mobile, pour se désendetter. Le groupe insiste sur le fait qu’Altice France et Altice Europe n’ont pas d’échéance de remboursement majeure avant 2022 et 2023, respectivement. L’objectif est de limiter l’endettement à quatre années d’EBE.
M. Drahi espère avoir bouclé ces opérations, avec les contraintes légales afférentes, avant la fin du premier semestre 2018. En 2016, M. Drahi, partisan de la réduction de quatre à trois du nombre d’acteurs dans les télécoms, avait déclaré au Sénat que la consolidation du secteur en France était « plus indispensable pour ceux dont la France représente 100 % du chiffre dans le métier ». Il visait à l’époque Bouygues-Telecom et Free, le groupe de Xavier Niel (actionnaire du Monde à titre personnel), qui avait renoncé à acheter l’opérateur américain T-Mobile en 2014. Mais séparé d’Altice USA, revoilà Altice Europe bien dépendante de la France.



                            


                        

                        

