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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-1"> ¤ Enseignants et parents d’élèves d’un collège de Seine-Saint-Denis réclament un poste supplémentaire de conseiller principal d’éducation, pour faire face à des problèmes de discipline. Les enfants n’ont pas eu classe depuis la fin du mois de décembre.
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A Pierrefitte-sur-Seine, des parents d’élèves bloquent un collège pour obtenir plus de moyens

Enseignants et parents d’élèves d’un collège de Seine-Saint-Denis réclament un poste supplémentaire de conseiller principal d’éducation, pour faire face à des problèmes de discipline. Les enfants n’ont pas eu classe depuis la fin du mois de décembre.



Le Monde
 |    13.01.2018 à 13h21
    |

            Violaine Morin








                        



                                


                            
« On n’a pas cours ! », s’écrie une grande jeune fille, flanquée d’une camarade visiblement ravie, en longeant le collège Pablo-Neruda. Il est normalement l’heure de commencer la journée, ce vendredi 12 janvier à Pierrefitte-sur-Seine. Mais à 8 h 30 bien sonnées, la grille est fermée. A l’intérieur, les profs. Dehors, les parents, qui, avec le soutien des enseignants et de la vie scolaire, « bloquent » le collège. Un peu plus loin, des grappes d’enfants qui discutent quelques minutes avant de rentrer chez eux. Les élèves ont manqué déjà huit jours de classe.
Le collège est bloqué depuis mercredi par les parents d’élèves, après deux jours de grève des enseignants et trois jours de blocage avant les vacances de Noël. Tous réclament des moyens supplémentaires pour l’établissement, et mettent en avant plusieurs demandes : un troisième poste de conseiller principal d’éducation (CPE), le classement de l’établissement en réseau d’éducation prioritaire renforcé (REP +), mais aussi la fin du turnover de l’équipe pédagogique et la formation des nouveaux arrivants. « Quarante-deux pour cent d’enseignants » cette année sont primo-arrivants dans l’établissement, dont des vacataires, « que l’on met pour la première fois devant des classes, sans formation », explique Camille Moro, enseignante d’histoire-géographie depuis six ans à Pablo-Neruda. Reçus lundi soir par la direction d’académie, parents et enseignants n’ont pas obtenu les « promesses » attendues et ont décidé de continuer à se mobiliser. Jeudi soir, ils ont fait une occupation nocturne de l’établissement, autour de plats partagés pour le dîner.
« Il peut y avoir 30 problèmes à gérer en une heure »
Derrière la grille fermée, Camille Moro et sa collègue de mathématiques Marine Gaston-Gervais racontent leur quotidien à Pablo-Neruda, débordé par les « petits incidents » qui les « usent » et empêchent le bon déroulement des cours. « La discipline...




                        

                        


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« Je ne suis pas qu’un combat, féministe ou antisexiste », prévient la rappeuse Chilla

Cataloguée en « rappeuse féministe », la Franco-Malgache refuse de se limiter à cette seule étiquette.



Le Monde
 |    13.01.2018 à 13h06
    |

                            Charlotte Herzog








                        



   


« Je suis pas féministe, le vrai terme c’est humaniste. » A l’occasion de la Journée contre les violences faites aux femmes, le 25 novembre, la rappeuse franco-malgache Chilla sort #balancetonporc, un morceau en référence directe au hashtag qui n’en finit pas de faire réagir par tribunes interposées ou sur les réseaux sociaux.
Sur son EP Karma, les textes « Sale chienne » et « Si j’étais un homme » émanent aussi de son inclination naturelle à se battre pour la cause féminine. Cataloguée depuis en « rappeuse féministe », Maréva Rena, de son vrai nom, refuse cette unique étiquette.
Pourquoi cela vous gêne-t-il qu’on vous qualifie de « rappeuse féministe » ? 
Je ne me plains pas qu’on me rallie au féminisme, puisque j’ai toujours porté les valeurs du féminisme en moi et que j’assume mes textes engagés. Mais il ne faut pas tout refermer uniquement autour de ça, ni me forcer à me positionner ou à me politiser. En me réduisant à ma révolte face au harcèlement, on me donne le rôle de la rappeuse qui viendrait sauver les femmes. Or, je n’ai pas cette prétention. Je ne veux pas viser plus haut que ce que je peux donner. Je ne suis pas qu’un combat, féministe ou antisexiste. J’ai envie d’insister sur ce point : n’attendez pas que du féminisme de ma part. C’est un sujet lourd, et je ne voudrais pas qu’on pense que je le récupère de façon opportuniste, ni que le propos global soit desservi à cause d’une étiquette, c’est trop important.
Je n’ai pas non plus envie d’oppresser mon public. Si je sortais un album avec uniquement des titres féministes et dénonciateurs, moi-même je n’aurais pas envie de m’écouter. Il faut aussi du lâcher prise dans tout ça. De l’espoir. J’essaye de relativiser dans d’autres textes. Je veux dénoncer et distraire. Mais oui, je fais du rap, et je suis une femme, donc je parle avec ma vision et ma condition de femme, naturellement.
La case « féministe », c’est un nid de guêpe ? 
Les cases en général peuvent être des pièges. C’est un peu frustrant ces étiquettes, parce que moi qui n’ai jamais voulu être bridée dans ce que je faisais, j’ai l’impression qu’il faut maintenant que je me restreigne parce qu’au bout d’un moment, on va attendre que j’ouvre une association ou un foyer ! J’ai 23 ans, je me cherche, et je continue aussi à me chercher musicalement. J’ai envie de parler d’amour, de famille, des liens humains, c’est pour cette raison que j’ai choisi le rap. Poser mes pensées sur de la musique, c’est une libération pour moi, c’est ma manière d’agir.
Si à 18 ans j’ai commencé à faire du rap, c’est parce que j’avais besoin de m’exprimer, de recracher ce que je constatais plutôt que de somatiser. C’était égoïste et thérapeutique. C’était à Lyon. J’écrivais toute seule chez moi. Cette période a été la découverte de la ville, du harcèlement de rue auquel je n’étais pas exposée en vivant en province, au fin fond de la campagne où il y a 500 habitants. Je parlais de ce que je ressentais et en est ressorti ce ras-le-bol de me faire embrouiller dans la rue, d’avoir peur en rentrant chez moi le soir.
« Si j’étais un homme », c’était ma manière de transposer le propos. Pour que les mecs puissent se mettre dans notre peau, au moins le temps d’un morceau. Mais c’est un sujet que je traite au même titre que le racisme, la pauvreté, les injustices, mes traumatismes. Bien sûr qu’en rassemblant tout ce qui me touche et me fait vibrer, la question des femmes transpirera malgré tout toujours entre mes lignes tant qu’on ne sera pas toutes libres.
Le féminisme est-il devenu vendeur dans le rap ? 
Je pense, oui. Avec « #balancetonporc », j’ai réagi à l’actualité :
« T’as du talent, c’est sûr / Donc ferme-là et suce / T’aimerais juste une promotion ? Suce / Avoir un rôle dans un film ? Suce / Dans la misère, dans le luxe, suce / Pute, arrête de jouer la victime, suce / Y a trop d’faux culs pour capituler à la Tarantino. »
« Je ne veux pas que les gens aient peur du féminisme. »
C’était important. Je me suis dit qu’il fallait que j’ouvre ma gueule, c’était trop tous ces scandales dont on parlait un peu trop tranquillement dans les médias. Moi, je voulais faire quelque chose d’aussi violent que la violence de ce qui était dénoncé.
Mais je sais qu’il y a des hommes qui m’écoutent. Et je sais aussi qu’il y a des hommes qui sont encore effrayés par le terme « féminisme ». Je ne veux pas que les gens aient peur du féminisme. J’ai envie de l’amener de manière naturelle.
La libération de la femme peut-elle passer par la liberté des mots dans le rap ?
Le rap, c’est un espace de liberté. Mais est-ce que le rap, c’est libérateur ? Et pour qui ? Aux Etats-Unis, les chanteuses Nicki Minaj ou Cardi B n’ont aucun problème à percer, ou à battre les records de meilleures ventes de singles. On ne les a pas non plus censurées à cause de leur image. Et pourtant, Cardi B, c’est une ex-strip-teaseuse hyperlibérée. Il y a plusieurs libérations. Accepter qu’une femme s’accepte totalement, c’est une libération. Chez nous, il y a aussi des rappeuses françaises qui peuvent dire ce qu’elles veulent, comme elles l’entendent. Une Keny Arkana peut revendiquer. Une Shay peut parler de ce dont elle a envie de parler. Et elles sont rappeuses avant tout. Avant d’être « féministes ».
Peut-être que c’est les femmes qui libéreront le rap de ses clichés ? Sauf si on continue à stigmatiser le milieu et donc les femmes du milieu avec de phrases du type « elle est à moitié nue dans ses clips, donc c’est une pute » ou « elle est vulgaire, elle se prend pour un bonhomme, c’est pas une femme ». Il faut que les étiquettes arrêtent de régner. Plus il va y avoir de femmes dans le rap game – et il y en a de plus en plus, parce qu’avec le modèle américain, on sait que c’est possible –, plus on fera taire l’idée qu’il n’y a que des hommes qui font du rap et que ce n’est qu’un repère de machos.
« La vulgarité dans nos bouches, c’est le miroir de ce qu’on voit dans la société. »
#Balancetonporc a libéré la parole mais a aussi été rejeté à cause de la vulgarité qui lui été attribué. Qu’en pensez-vous ?
La vulgarité est bien moins violente que certains faits qui se produisent tous les jours sous nos yeux ou même que certains sous-entendus qui sont faits dans des publicités, des textes de chanteurs. Cracher à la tête des rappeurs parce qu’ils sont vulgaires, c’est hypocrite. La vulgarité dans nos bouches, c’est le miroir de ce qu’on voit dans la société. On a trop conscience des injustices qui existent. On répond avec la même violence que ce dont on est témoin, c’est tout.
Ce qui se passe est assez ambigu ; ce qui me fait peur, c’est l’effet de buzz qui peut nuire à ces problèmes fondamentalement ancrés dans la société depuis des siècles. On a besoin que ce soit traité sur la durée, pendant des années. Il y a plein de détails dans ces scandales, qui sont à double tranchant : ça libère et, en même temps, on en profite pour remettre en question la parole des femmes.
#Balancetonporc ne changera pas le monde, mais au moins, avec les réseaux, des femmes se sont senties moins seules et ont eu la force de parler pour se faire entendre. Si j’ai fait mon morceau, c’était pour dire qu’on parlait beaucoup de Hollywood, mais la réalité, c’est que c’est pas que Hollywood : partout il y a des femmes qui ne peuvent pas parler.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-3"> ¤ Ils ont, par ailleurs, écourté samedi une réunion organisée avec les membres du cabinet de la ministre de la justice.
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Agression djihadiste : les syndicats réclament le départ du directeur de Vendin-le-Vieil

Ils ont, par ailleurs, écourté samedi une réunion organisée avec les membres du cabinet de la ministre de la justice.



Le Monde
 |    13.01.2018 à 12h22
 • Mis à jour le
13.01.2018 à 13h22
   





                        


Les syndicats de gardiens de prison ont « claqué la porte » d’une réunion à la chancellerie, dans la matinée, samedi 13 janvier, et surtout, réclamé le départ du directeur de la prison de Vendin-le-Vieil, dans le Pas-de-Calais, où trois surveillants ont été attaqués, jeudi, par un détenu islamiste.
Pour apaiser la colère des personnels pénitentiaires, la ministre de la justice, Nicole Belloubet, a annoncé, vendredi, qu’elle se rendrait mardi dans cette prison où trois gardiens ont été blessés à l’arme blanche par le détenu allemand Christian Ganczarski, un des instigateurs de l’attentat contre la synagogue de Djerba (Tunisie), qui avait fait 21 morts en avril 2002.
La ministre « ne sera pas accueillie tant que le directeur de Vendin-le-Vieil sera en place », a assuré Jean-François Forget, secrétaire général de l’UFAP-UNSA, premier syndicat de l’administration pénitentiaire. « C’est notre première revendication », a-t-il ajouté à la sortie d’une réunion avec les membres du cabinet de la ministre, que les représentants des syndicats – UFAP-UNSA, CFT et FO – ont écourté en raison de l’absence de réponse à leurs réclamations, ont-ils dit.
Une prison ultra-sécurisée
Les syndicats critiquent en particulier le récent allégement des conditions de détention de l’agresseur. La garde des sceaux a diligenté une enquête pour déterminer « quels ont été les dysfonctionnements », mais a dédouané les surveillants agressés, « formés et bien formés », qui « ont fait ce qu’ils avaient à faire ». La ministre a ajouté, dans un communiqué publié samedi à l’issue de la réunion, que les investigations avaient « déjà commencé » et qu’elle « prendra[it] les décisions adaptées dès la remise des conclusions ».
« S’il y a des points sur lesquels nous devons réfléchir encore, je pense à des questions d’équipements, à des questions sur des dispositifs de sécurité renforcée pour protéger les agents, je suis évidement prête à en discuter », avait-elle déjà expliqué vendredi, sur BFM-TV.
Les syndicats avaient organisé vendredi des débrayages dans plus d’un tiers des établissements pénitentiaires français et ont appelé à un « blocage total » des prisons lundi.
Vendin-le-Vieil est une prison ultrasécurisée qui doit accueillir prochainement Salah Abdeslam, dernier survivant des commandos des attentats du 13 novembre 2015, lors de son procès en Belgique. La ministre de la justice a annoncé que, « de son point de vue », il n’y avait « pas de raison de revenir sur cette décision » à cause de l’agression.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-4"> ¤ Né dans les années 1960, le projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes doit être entériné ou enterré en janvier 2018. Pourquoi le processus a-t-il pris si longtemps ? Résumé en images.
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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-5"> ¤ Déterminés, les opposants au projet de nouvel aéroport à Notre-Dame-des-Landes se préparent à affronter les forces de l’ordre.
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Dans la ZAD du bocage nantais : « Ici, c’est comme un bâton de dynamite »

Déterminés, les opposants au projet de nouvel aéroport à Notre-Dame-des-Landes se préparent à affronter les forces de l’ordre.



Le Monde
 |    13.01.2018 à 10h37
    |

                            Intérim (Notre-Dame-des-Landes (Loire-Atlantique) - envoyé spécial)








                        



                                


                            

L’hélicoptère de la gendarmerie est de retour dans le ciel de Notre-Dame-des-Landes (Loire-Atlantique). L’aéronef surveille les mouvements des occupants de la zone du projet d’aéroport – 1 650 hectares – et inventorie les lieux de vie implantés au fil de la lutte : habitations en dur, cabanes de fortune, yourtes, caravanes. Sitôt que le bourdonnement du rotor se fait entendre, les « Camille », le prénom générique que déclinent les occupants de la ZAD (zone d’aménagement différé pour les promoteurs, devenue « zone à défendre » pour les opposants), rabattent leur capuche pour tenter d’« échapper au radar ». Pour se dissimuler, un homme déploie un parapluie tacheté de rosettes léopard. « Bah, avec les caméras thermiques, ils doivent réussir à voir ton visage », s’amuse un camarade.
Selon le dernier décompte des autorités, 350 personnes occuperaient le site. Les zadistes présentent « des profils extrêmement hétérogènes », souligne Nicole Klein, préfète de région et de Loire-Atlantique. Ils sont ainsi « militants radicaux, anticapitalistes, agriculteurs, véganes, antispécistes ». « Récemment, on a vu des renforts arriver, sans doute prêts à jouer les gros bras », rapporte Jean-Paul Naud, maire (sans étiquette) de Notre-Dame-des-Landes. Opposé à l’aéroport, l’élu redoute « des affrontements ultraviolents » si le gouvernement donne son feu vert.

Au lieu-dit La Rolandière, où s’élève un phare faisant office de vigie, un Nantais, installé à demeure depuis 2012, prévient : « On n’a pas l’intention de baisser les bras, d’autant que la médiation diligentée par le gouvernement a mis au jour l’existence d’une alternative réelle avec l’aménagement de l’aéroport actuel de Nantes-Atlantique. Ce qui se joue ici, ce n’est pas l’affaire de 150 pré-terroristes ou fous dangereux : si tel était le cas, le gouvernement serait débarrassé du sujet depuis belle lurette. On est dans une lutte collective,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-6"> ¤ Les juges ont estimé que les charges pesant sur Hassan Diab n’étaient « pas suffisamment probantes ».
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Attentat de la rue Copernic  : un non-lieu épineux

Les juges ont estimé que les charges pesant sur Hassan Diab n’étaient « pas suffisamment probantes ».



Le Monde
 |    13.01.2018 à 10h31
    |

            Elise Vincent








                        



                                


                            

L’épineux dossier judiciaire de l’attentat de la rue Copernic, qui avait causé la mort de quatre personnes le 3 octobre 1980, a connu un nouveau rebondissement vendredi 12 janvier, plus de trente-sept ans après les faits. Considérant que les charges pesant sur le principal suspect, Hassan Diab, 64 ans, n’étaient « pas suffisamment probantes », les juges d’instruction chargés de l’affaire ont rendu une ordonnance de non-lieu dans ce dossier, que Le Monde a pu consulter. Une décision dont a immédiatement interjeté appel le parquet de Paris, alors qu’il avait, à l’inverse, requis, le 29 novembre 2017, le renvoi de M. Diab devant la cour d’assises spéciale.
Cet épisode est le énième d’une bataille judiciaire dont a toujours souffert cette enquête concernant la première attaque antisémite mortelle d’après-guerre. L’attentat, causé par l’explosion d’une bombe de 10 kg de pentrite devant une synagogue du 16e arrondissement, avait suscité à l’époque une très forte émotion. Mais il n’avait jamais été revendiqué, et l’enquête s’était noyée dans des pistes farfelues – dont une liée à l’extrême droite –, avant d’être finalement attribué au Front populaire de libération de la Palestine-Opérations spéciales (FPLP-OS).
« Une injure à la mémoire des victimes »
« C’est une injure à la mémoire des victimes », a réagi le président du Conseil représentatif des institutions juives de France (CRIF), Francis Kalifat, en apprenant la décision des juges d’instruction. « La mémoire des victimes de l’attentat de la rue Copernic exige que la lumière soit enfin faite sur cet acte terroriste antisémite », a de son côté insisté la Ligue contre le racisme et l’antisémitisme (Licra). Même si le parquet de Paris a fait appel, l’ordonnance de non-lieu a en effet eu pour conséquence, vendredi, la remise en liberté immédiate de Hassan Diab, le principal suspect. L’homme, ancien professeur de sociologie à l’université d’Ottawa,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-7"> ¤ Le premier ministre a effectué, samedi 13  janvier, une visite surprise dans le bocage nantais au lendemain d’ultimes consultations à Matignon avec les élus.
<filname="PROF-0,2-3224,1-0,0-7"> ¤                     
                                                

Notre-Dame-des-Landes : le gouvernement ménage le suspense

Le premier ministre a effectué, samedi 13  janvier, une visite surprise dans le bocage nantais au lendemain d’ultimes consultations à Matignon avec les élus.



Le Monde
 |    13.01.2018 à 10h30
 • Mis à jour le
13.01.2018 à 12h08
    |

            Rémi Barroux








                        



Il a entretenu l’effet de surprise. Samedi 13 janvier au matin, Edouard Philippe a publié sur Twitter des photos le montrant à Notre-Dame-des-Landes, en compagnie du maire Jean-Paul Naud (opposé au projet de nouvel aéroport), avec ce commentaire : « Voir et écouter. » Matignon n’avait pas donné d’information sur ce déplacement. C’est vers 8 h 30 que le premier ministre est entré dans la petite mairie, située au centre de la commune qui pourrait accueillir le futur aéroport.
Une demi-heure plus tard, Edouard Philippe a discuté avec quelques riverains avant de prendre la direction de Nantes, en prenant bien soin d’éviter de passer par la zone occupée par les opposants au projet d’aéroport (ZAD). Dans la capitale des Pays de la Loire, il a rencontré la maire PS, Johanna Rolland, « une visite républicaine », précise-t-on à Matignon.
Enfin, dans un souci d’équilibre, le premier ministre s’est rendu dans la commune de Saint-Aignan-Grandlieu, qui borde l’actuel aéroport de Nantes-Atlantique, où il a aussi rencontré le maire (divers gauche), Jean-Claude Lemasson. Ce dernier est, à l’opposé du maire de Notre-Dame-des-Landes, un farouche partisan du transfert de l’actuel aéroport. Le premier ministre a aussi fait un arrêt sur la route qui mène à cette petite commune de près de 4 000 habitants, pour visiter la réserve ornithologique du lac de Grand-Lieu, deuxième en importance du pays. « L’idée était d’aller voir sur place. Il a conscience de l’importance du dossier et il lui semblait nécessaire de se rendre compte sur place, après avoir rencontré les élus et étudié le rapport des médiateurs, qui reste une vraie base de travail », avance-t-on dans son entourage.

Voir et écouter. À Notre-Dame-des-Landes. pic.twitter.com/bgPMIETKt9— Edouard Philippe (@EPhilippePM) 13 janvier 2018


La veille, à Paris, le premier ministre avait bouclé une semaine de consultations avec les élus, pour tenter de déminer ce dossier empoisonné. Ce rendez-vous était probablement la dernière offensive des partisans du transfert de l’aéroport de Nantes Atlantique à Notre-Dame-des-Landes. Vendredi 12 janvier, les responsables du Syndicat mixte aéroportuaire (SMA) – qui regroupe les vingt collectivités locales bretonnes et ligériennes investies dans le projet de nouvel aéroport du Grand Ouest – ont tenté de convaincre le premier ministre, Edouard Philippe, ainsi que le ministre de la transition écologique et solidaire, Nicolas Hulot, de la nécessité de poursuivre le projet.
Durant cet ultime rendez-vous à Matignon, après les visites des derniers jours des élus des départements des Pays de la Loire ou de Bretagne, rien n’a filtré une fois encore des intentions du gouvernement. Construire un nouvel aéroport dans le bocage au nord de Nantes ou réaménager l’infrastructure actuelle, la question serait encore à trancher lors d’un tête-à-tête entre le premier ministre et le président de la République. « L’annonce sera faite avant la fin du mois », a répété Edouard Philippe à ses visiteurs. Le rapport des trois médiateurs, remis voici un mois au premier ministre, présentait les deux scénarios, mais il a rouvert le jeu en mettant en avant une alternative à la construction de l’aéroport à Notre-Dame-des-Landes, au grand dam des porteurs du projet.

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Alors, vendredi, ces derniers ont usé de tous leurs arguments pour inverser la tendance, qu’il s’agisse de Philippe Grosvalet, président du SMA et président (PS) du conseil départemental de Loire-Atlantique ; Christelle Morançais, présidente (LR) de la région Pays de la Loire ; Johanna Rolland, maire (PS) de Nantes ; Bruno Retailleau, président du groupe Les Républicains au Sénat ; ou encore Jean-Luc Chenut, président (PS) du conseil départemental d’Ille-et-Vilaine, et Jean-Jacques Bernard, vice-président (PS) de Rennes Métropole.
« S’il y avait un plan B... »
Tous ont entendu le chef du gouvernement leur assurer que la question restait ouverte. « Le premier ministre nous a affirmé à plusieurs reprises que la décision n’était pas prise, je n’ai aucune raison de ne pas le croire », déclarait ainsi Johanna Rolland. Cependant, ces ardents partisans d’un nouvel aéroport ont insisté sur le fait que l’exécutif n’avait, selon eux, pas le choix. « Il n’y a pas d’alternative à Notre-Dame-des-Landes, et si le gouvernement propose le réaménagement de Nantes-Atlantique, ce sera un non-choix, un abandon de l’ouest de la France », affirme Philippe Grosvalet. « Ce serait une non-décision, rien ne se passera durant ce quinquennat ni non plus durant le suivant », ajoute Mme Rolland.
Même son de cloche pour la présidente de la région. « S’il y avait un plan B, vous vous doutez bien qu’on l’aurait retenu, insiste la Sarthoise Christelle Morançais. Il faudra une dizaine d’années au moins pour mener à bien le réaménagement de Nantes-Atlantique, avec tous les recours qui seront déposés par les associations d’habitants qui se sont déjà constituées. Alors qu’il en faut cinq environ pour construire l’aéroport dont nous avons besoin. » De leur côté, les trois médiateurs ont estimé qu’il faudrait deux ans pour le réaménagement de l’actuel aéroport.

        Lire le reportage dans la ZAD :
         

          « Ici, c’est comme un bâton de dynamite »



Une chose est sûre, si le scénario de l’abandon de Notre-Dame-des-Landes est retenu par le gouvernement, il faudra renégocier le contrat de concession d’aéroport du Grand Ouest avec Vinci Airports, qui court jusqu’en 2065, la concession englobant aussi bien le futur Notre-Dame-des-Landes que l’actuel Nantes-Atlantique. Les élus bretons ont aussi fait remarquer que si le projet d’un aéroport au nord de Nantes les avait séduits, le maintien sur le site actuel, dans la commune de Bouguenais, au sud de la ville et de la Loire, n’offrait pas d’intérêt pour eux. Autant dire qu’à l’issue de ces consultations, le choix reste difficile, selon les mots mêmes du premier ministre.
L’autre casse-tête
Mais le gouvernement doit trancher, « aucune solution n’étant satisfaisante », selon Nicolas Hulot. C’est bien une décision politique que va prendre Emmanuel Macron : fâcher les élus locaux et les collectivités de l’Ouest au nom de la protection du climat et de l’environnement, ou prendre le risque d’une rupture avec son ministre écologiste et d’un bras de fer long et difficile avec les occupants du bocage à Notre-Dame-des-Landes, appuyés par l’ensemble du mouvement écologiste et une partie de la gauche (Amis de la Terre, Greenpeace, France Nature Environnement, Confédération paysanne, Union syndicale Solidaires, Parti de gauche, Europe Ecologie-Les Verts, NPA, Ensemble !…). Des rendez-vous sont déjà prévus dans la France entière en cas d’annonce d’une intervention dans la « zone à défendre » pour construire l’aéroport.
C’est l’autre casse-tête du gouvernement : l’expulsion des occupants de la ZAD est à haut risque sur le plan sécuritaire et politique. Elle est jugée délicate par les gendarmes eux-mêmes. Si un drame devait survenir, le président de la République et son premier ministre se retrouveraient en première ligne.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-8"> ¤ Editorial. La contamination à la salmonelle provoquée par les produits du groupe laitier illustre les failles actuelles de la sécurité sanitaire.
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Lactalis : « Il faut renforcer les ­contrôles et les sanction »

Editorial. La contamination à la salmonelle provoquée par les produits du groupe laitier illustre les failles actuelles de la sécurité sanitaire.



Le Monde
 |    13.01.2018 à 10h24
 • Mis à jour le
13.01.2018 à 15h05
   





                        


Editorial du « Monde ». Alors que la crise du lait infantile menace de s’étendre en Europe – un cas de salmonellose vient d’être détecté en Espagne, un autre suspecté en Grèce –, Bruno Le Maire a tapé du poing sur la table. Vendredi 12 janvier, après avoir convoqué Emmanuel Besnier, le toujours invisible président de Lactalis, le ministre de l’économie a annoncé que le leader mondial du lait devra reprendre tous les produits laitiers infantiles fabriqués sur son site de Craon (Mayenne), « quelle que soit leur date de fabrication, dans tous les lieux de commercialisation, en particulier la grande distribution et les pharmacies ». Le précédent rappel, qui courait à partir de février 2017, a été élargi. Pour autant, M. Le Maire a écarté une fermeture du site de Craon, où 250 salariés sur 327 sont déjà au chômage technique.

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Révélée début décembre 2017, la contamination à la salmonelle provoquée par les produits de Lactalis – à la date du 9 janvier, en France, 37 nourrissons, âgés de 2 semaines à 9 mois, ont été atteints de salmonellose – est à l’origine de scandales à la chaîne. Le premier responsable est évidemment Lactalis, une entreprise opaque qui ne fait pas de quartier à ses concurrents et pratique le culte du secret, au point de ne pas publier ses comptes. Face au refus du géant agro­alimentaire de retirer les produits contaminés, M. Le Maire a suspendu, le 9 décembre, la commercialisation de ses laits infantiles. Lactalis fait l’objet d’une enquête préliminaire du parquet de Paris pour « blessures involontaires », « mise en danger de la vie d’autrui », « tromperie aggravée par le danger pour la santé humaine » et « inexécution d’une procédure de retrait ou de rappel d’un produit ».
Sous-estimation de la gravité de la crise
Mais le scandale sanitaire a fait tache d’huile. Les dysfonctionnements ont aussi touché la grande distribution. Au lendemain des Etats généraux de l’alimentation, qui avaient pour but de rétablir la confiance avec les consommateurs, tous les distributeurs, de Carrefour à Auchan en passant par Leclerc et Système U, qui avaient bien géré le retrait des œufs contaminés au fipronil, ont reconnu des défaillances. Toutes les chaînes ont continué à vendre des produits contaminés après leur rappel. Certaines enseignes ont tenté de se justifier, évoquant la période des fêtes, qui n’a pas permis de se concentrer sur les laits infantiles, ou encore une inflation incompréhensible dans les procédures de retrait. Le président d’Intermarché, Thierry Cotillard, s’en est pris à l’« amateurisme » de Lactalis, qui, la main sur le cœur, multiplie les excuses…
L’Etat a pris ses responsabilités. La direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) a effectué, depuis le 26 décembre, 2 500 contrôles et en a programmé autant la semaine prochaine, pour vérifier la disparition des produits contaminés des rayons et des stocks. Mais des responsables politiques ont jugé que la DGCCRF, en raison d’une baisse de son budget et de son personnel, n’avait pas les moyens de jouer pleinement son rôle de surveillance.

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Cette chaîne de dysfonctionnements résulte aussi d’une sous-estimation de la gravité de la crise, comme si on n’avait pas mesuré les effets de contamination d’un produit aussi sensible que le lait pour nourrisson. Parce que la sécurité sanitaire n’a pas de prix, il faudra renforcer les ­contrôles et les sanctions pour que de tels scandales ne se reproduisent pas. En toute transparence.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-9"> ¤ Le premier ministre a annoncé samedi être présent sur place, il a notamment rencontré le maire de la commune. Cette visite intervient après une semaine de consultation à Matignon sur le projet d’aéroport nantais.
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Edouard Philippe en déplacement à Notre-Dame-des-Landes pour « voir et écouter »

Le premier ministre a annoncé samedi être présent sur place, il a notamment rencontré le maire de la commune. Cette visite intervient après une semaine de consultation à Matignon sur le projet d’aéroport nantais.



Le Monde
 |    13.01.2018 à 10h06
 • Mis à jour le
13.01.2018 à 14h02
   





                        


C’est à travers un tweet que le premier ministre, Edouard Philippe, a fait savoir qu’il se trouvait, samedi 13 janvier à Notre-Dame-des-Landes pour « voir et écouter ». Cette visite intervient après une semaine de consultation à Matignon sur le projet d’aéroport nantais, avant une décision très sensible attendue d’ici la fin janvier.

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Parmi les trois photos publiées avec sont tweet, deux montrent le premier ministre en conversation avec le maire de Notre-Dame-des-Landes, Jean-Paul Naud.

Voir et écouter. À Notre-Dame-des-Landes. https://t.co/bgPMIETKt9— EPhilippePM (@Edouard Philippe)


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Jean-Paul Naud s’est dit « satisfait » de la visite surprise samedi matin d’Édouard Philippe. « Il m’a posé quelques questions mais c’est surtout moi qui ait déroulé les arguments en faveur d’une optimisation du site actuel [Nantes-Atlantique] », a déclaré M. Naud. Le maire de la commune a précisé que le premier ministre ne s’est pas rendu sur la ZAD (« Zone à défendre ») mais a discuté du sort des zadistes.
M. Naud est opposé au projet d’aéroport, et plaide en faveur d’une « zone d’agriculture protégée », comme il l’a notamment expliqué au Télégramme. Il était présent le 4 janvier à Matignon dans le cadre des consultations avant la décision. Samedi, il s’est dit il « prêt à discuter avec les zadistes qui sont là depuis des années pour ne pas sombrer dans la violence ».
La décision n’est pas encore prise
Matignon qui n’avait donné aucune information avant cette visite a déclaré samedi : « le premier ministre a décidé de se rendre sur les communes qui seront concernées par la décision ».
Edouard Philippe s’est ensuite rendu à Nantes « pour une visite républicaine à la maire » Johanna Rolland, membre du Syndicat mixte aéroportuaire du Grand-Ouest favorable au nouvel aéroport, avant d’aller à l’aéroport actuel de Nantes-Atlantique.
« Nous nous sommes vus en tête à tête près de 40 minutes. Je lui ai redit quelles étaient mes convictions pour l’économie, pour l’emploi, pour la métropole et pour l’avenir du grand Ouest », a déclaré à l’Agence France-Presse Mme Rolland. La maire PS a précisé que M. Philippe « a redit très clairement que sa décision n’était pas encore prise, il voulait voir concrètement sur le terrain la réalité ».
« C’est bien aussi de voir »
« J’ai rencontré près d’une centaine d’élus de tous les départements du Grand Ouest, j’ai beaucoup écouté et c’est très important de beaucoup écouter avant de prendre une décision, mais (…) c’est bien aussi de voir », a expliqué M. Philippe, interrogé par BFMTV à sa sortie de la mairie de Nantes.
Vendredi, une rencontre parisienne entre le premier ministre et le Syndicat mixte aéroportuaire du Grand Ouest regroupant les élus des vingt collectivités impliquées dans le projet de transfert de l’aéroport de Nantes dans les bocages de Notre-Dame-des-Landes avait eu lieu.
Deux options « envisageables »
Depuis le 4 janvier M. Philippe a rencontré les grands élus de Loire-Atlantique, d’Ille-et-Vilaine, du Morbihan, du Maine-et-Loire, de Mayenne et de Vendée pour entendre leurs positions une dernière fois.

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Un rapport de trois médiateurs nommés par le premier ministre avait conclu que la construction de Notre-Dame-des-Landes et l’agrandissement de l’actuel aéroport de Nantes-Atlantique étaient deux options « raisonnablement envisageables », remettant ainsi en selle la seconde possibilité, longtemps écartée sous le quinquennat Hollande.
Seule certitude pour l’heure : le gouvernement compte évacuer le site, que des militants écologistes et anticapitalistes occupent depuis 2009 sous le nom de « zone à défendre » (ZAD).




                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-10"> ¤ Les Décodeurs résument, pour les lecteurs de « La Matinale du Monde », l’essentiel de l’actualité de ces derniers jours.
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Lactalis, sécurité routière, Tunisie : les actualités à retenir cette semaine

Les Décodeurs résument, pour les lecteurs de « La Matinale du Monde », l’essentiel de l’actualité de ces derniers jours.



Le Monde
 |    13.01.2018 à 06h41
    |

                            Les Décodeurs








                        



   


Lait contaminé : Lactalis et les distributeurs sur la sellette
Lactalis s’est engagé à reprendre tous les laits infantiles produits dans l’usine de Craon (Mayenne), où s’est produite une contamination aux salmonelles. Le groupe laitier était sous pression du ministre de l’économie, qui avait dénoncé de « graves dysfonctionnements » dans cette affaire. Après Leclerc, les groupes Auchan, Carrefour et Système U ont reconnu avoir commercialisé des produits Lactalis pourtant retirés de la vente en raison d’une contamination aux salmonelles, depuis le rappel, le 21 décembre, par le géant de l’agroalimentaire, de 720 lots de lait infantile. Au début de décembre, l’industriel laitier avait déjà procédé au retrait de 625 produits.
Les lots de lait retirés de la vente sont susceptibles d’entraîner la salmonellose, une infection fréquente et plutôt bénigne, mais potentiellement dangereuse pour les nourrissons. Cette affaire, qui met en difficulté le groupe Lactalis, est le dernier en date d’une série de scandales sanitaires (Fipronil, Spanghero, poulet à la dioxine…) touchant le secteur agroalimentaire.
La vitesse réduite à 80 km/h sur les routes
Edouard Philippe a annoncé mardi l’abaissement de 90 à 80 km/h de la limitation de vitesse sur les routes secondaires à double sens, dont les deux voies ne sont pas séparées par une barrière, à l’issue d’un comité interministériel de la sécurité routière, qui a adopté un plan pour faire reculer le nombre de morts sur les routes, reparti à la hausse depuis 2014.
Plusieurs autres mesures ont été annoncées :
toute personne dont le permis aura été retiré pour la deuxième fois pour alcoolémie ne pourra le récupérer qu’en équipant son véhicule d’un éthylotest antidémarrage ;
toute personne contrôlée positivement à des stupéfiants ou à un taux d’alcool dans le sang supérieur à 0,8 gramme verra son véhicule placé en fourrière pour sept jours ;les conducteurs qui commettent une infraction en téléphonant pourront se voir retirer leur permis.
Cette mesure impopulaire (60 % des Français sont contre, selon un sondage), adoptée dans plusieurs pays d’Europe, répond au constat que la plupart des accidents mortels se déroulent sur ces voies à double sens. Elle s’inscrit dans le fil d’une politique volontariste pour lutter contre la mortalité routière.
Les explications : Pourquoi abaisser la vitesse à 80 km/h ? 

La Tunisie s’enfièvre, sept ans après la chute de Ben Ali
Dans plusieurs villes tunisiennes et dans certains quartiers de la capitale, Tunis, des heurts ont opposé manifestants et forces de l’ordre depuis lundi, provoquant des centaines d’arrestations, et un homme a été tué à Tebourba en marge d’un rassemblement contre la vie chère.
Sept ans après la « révolution du jasmin » qui avait fait chuter le dictateur Ben Ali, le pays est secoué par des troubles sociaux réguliers, liés à un fort chômage de la jeunesse et à la pression fiscale.
Lire l’entretien : « En Tunisie, la contestation actuelle est un rappel à l’ordre des engagements pris durant la révolution » 
Violences faites aux femmes : une tribune qui fait réagir
Le Monde a publié dans son édition du 10 janvier une tribune signée par une centaine de femmes, dont l’actrice Catherine Deneuve et l’écrivaine Catherine Millet, revendiquant la « liberté d’importuner, indispensable à la liberté sexuelle », et dénonçant comme du « puritanisme » et un appel à la « délation » le mouvement féministe issu de l’affaire Weinstein.
La tribune : « Nous défendons une liberté d’importuner, indispensable à la liberté sexuelle »
Le texte, provocateur, a suscité de nombreuses réactions de militantes, expertes ou femmes politiques, qui ont exprimé leur mécontentement dans les colonnes du Monde et par le biais d’autres tribunes. Cette polémique a même dépassé la France et été traduite et commentée à travers le monde.
L’analyse : La « tribune de Deneuve » fait réagir au-delà des frontières
La rupture conventionnelle collective entre en vigueur
La chaîne de prêt-à-porter féminin Pimkie, appartenant au groupe Mulliez, a renoncé lundi à recourir à la rupture conventionnelle collective (RCC) pour accompagner son plan de restructuration, qui prévoit la suppression de 208 postes. Mardi, le constructeur PSA a annoncé son intention de proposer 1 300 RCC à ses employés en 2018. Plusieurs autres entreprises, comme le groupe de presse Figaro, ont aussi montré leur intérêt pour la RCC.
Ce système instauré dans les ordonnances de septembre va remplacer les actuels plans de départ volontaire ou plans de sauvegarde de l’emploi. Plus court et moins contraignant pour les employeurs, il doit être validé par un accord majoritaire des syndicats.
Le compte rendu de chat : « La rupture conventionnelle collective prive le salarié du droit au contrat de sécurisation »
Et aussi
Corée du Nord. Pyongyang a annoncé son intention de participer aux Jeux olympiques d’hiver, en février, en Corée du Sud, en signe d’apaisement entre les deux pays.Diplomatie. Emmanuel Macron a effectué une première visite d’Etat en Chine, en se montrant discret au sujet des droits de l’homme.Royaume-Uni. La première ministre britannique, Theresa May, a remanié son gouvernement.Allemagne. Le Parti social-démocrate (SPD) et les conservateurs (CDU) ont trouvé un accord de coalition, première étape pour la formation d’un nouveau gouvernement.Affaire libyenne. L’homme d’affaires Alexandre Djouhri a été arrêté dans le cadre de l’enquête sur un possible financement du régime libyen de la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy en 2007.Intempéries. Les Alpes ont été touchées par un épisode neigeux exceptionnel. Un Britannique a été porté disparu à Tignes et 13 000 touristes ont été bloqués dans la station suisse de Zermat.Etats-Unis. Les coulées de boue en Californie ont provoqué la mort de 17 personnes.Parti socialiste. Jeudi, on comptait quatre postulants, deux hésitants et zéro candidate pour le poste de premier secrétaire.Levothyrox. Vingt-trois patients, qui réclamaient que le laboratoire Merck leur fournisse l’ancienne formule du médicament, ont été déboutés par le TGI de Toulouse mercredi.Impôts. Le ministre de l’économie a assuré qu’il n’y aurait pas de nouvel impôt pour remplacer la taxe d’habitation, contrairement à ce qu’avait affirmé Jacqueline Gourault.Droits. Depuis le 1er janvier, les séropositifs ont désormais accès aux soins funéraires.Affaire Rémi Fraisse. La justice a ordonné un non-lieu sur les circonstances de la mort du militant sur le site du barrage de Sivens en 2014.Bicyclette. Le nouveau Vélib’, qui prend la suite du contrat perdu par JCDecaux à Paris, peine à s’installer, alors que le système de vélos « flottants » montre déjà ses limites.
Disparitions
Philippe Marchand. L’ancien député et ministre de l’intérieur socialiste est mort à 78 ans.Peter Preston. Le rédacteur en chef du Guardian, qui avait relancé le quotidien britannique, est mort samedi à l’âge de 79 ans.Ray Thomas. Le chanteur et flûtiste, fondateur des Moody Blues, s’est éteint dimanche en Angleterre, à 76 ans.France Gall. La chanteuse est morte dimanche à 70 ans. Son cercueil a été présenté au grand public avant une inhumation vendredi.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-11"> ¤ En ville, à la campagne, au bureau ou en pleine nature, l’oreille trouve rarement la paix, tout comme l’esprit. L’insonorité est un luxe… ou un repoussoir, car il amène à se retrouver face à soi-même.
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Les mondes du silence


                      En ville, à la campagne, au bureau ou en pleine nature, l’oreille trouve rarement la paix, tout comme l’esprit. L’insonorité est un luxe… ou un repoussoir, car il amène à se retrouver face à soi-même.



Le Monde
 |    13.01.2018 à 06h40
    |

            Marlène Duretz








                              

                        

Tendez l’oreille. Où que vous vous trouviez, métro bondé, banc de bord de mer, open space, sous la couette ou à la fenêtre d’une maison de campagne, c’est un boucan de tous les diables ! Pas l’ombre d’un silence, l’oreille trouve rarement la paix : ici, la conversation téléphonique du voisin, le crissement de pneus sur la chaussée, des notes de musique qui s’échappent du casque d’un collègue de bureau ; là, le ronronnement du réfrigérateur, le bruissement des draps, le cliquetis des touches d’un clavier ou les stridulations de la faune rurale.
Tout est sonorisé, tout a une voix : le bois d’un meuble qui craque, le vent dans les feuilles, ses propres battements de cœur, les « glouglous » d’une canalisation… Même la plus scrupuleuse immobilité du corps humain n’annule pas le bruit de la respiration ni les bavardages intestinaux. « Le degré zéro du son, s’il peut être expérimentalement produit dans un programme de déprivation sensorielle, n’existe pas dans la nature. (…) La sonorité du monde ne s’interrompt jamais », explique l’anthropologue et sociologue David Le Breton, dans Du silence (Métailié, 1997). « Mais le bruit de la ville n’est pas plus assourdissant qu’au XIXe siècle », précise l’historien Alain Corbin. Ce qui a changé, c’est « l’hypermédiatisation, la permanente connexion et, de ce fait, l’incessant flux de paroles qui s’impose à l’individu et le conduit à redouter le silence ».
Le bruit, un facteur euphorisant pour les jeunes
Le silence, le vrai, serait donc introuvable. Même les boules Quiès, 100 ans en 2018 et 2,5 millions de boîtes vendues en 2017, ne font qu’atténuer les bruits ambiants de 35 décibels, au mieux. Faut-il s’en plaindre ? Certainement pas pour cet adolescent de 16 ans, dégageant son oreille d’un casque braillard, sur le parvis de la gare de Lyon. « Le silence ? Trop mortel, m’dame ! » Même son de cloche chez cette sexagénaire gardoise : « On en reparlera...




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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-12"> ¤ L’affaire des produits contaminés à la salmonelle prend de l’ampleur. Tous les lots de lait infantile produits dans l’usine de Craon vont être repris.
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Article sélectionné dans La Matinale du 12/01/2018
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Lactalis : le rappel des produits contaminés est élargi

L’affaire des produits contaminés à la salmonelle prend de l’ampleur. Tous les lots de lait infantile produits dans l’usine de Craon vont être repris.



Le Monde
 |    13.01.2018 à 06h35
 • Mis à jour le
13.01.2018 à 11h44
    |

            Laurence Girard








                        



   


Les cameramen et photographes qui ont fait le déplacement, vendredi 12 janvier à Bercy, en auront été pour leur frais. Ils n’ajouteront aucun nouveau cliché de l’ombrageux patron de Lactalis, Emmanuel Besnier, à la maigre photothèque existante. Et pourtant, M. Besnier avait été assez fermement incité à répondre à l’invitation du ministre de l’économie, Bruno Le Maire. Il a obtempéré mais est entré au ministère en toute discrétion pour discuter avec M. Le Maire de l’affaire des produits infantiles contaminés à la salmonelle sortis de son usine de Craon, en Mayenne. Une affaire qui a éclaté début décembre 2017, qui vaut à Lactalis d’être l’objet de plus d’une centaine de plaintes de parents, et qui vient de prendre une tournure politique.
A l’issue de cet entretien, M. Le Maire a annoncé que « Lactalis reprendra tous les produits de laits infantiles fabriqués sur le site de Craon, quelle que soit leur date de fabrication ». Il amplifie ainsi le rappel qui concernait, à cette date, toutes les fabrications du site depuis le 15 février 2017. Le ministre souhaite ainsi « éviter les retards, les difficultés dans le tri des lots et le risque d’erreur humaine ». Il a également demandé au patron de Lactalis, connu pour sa discrétion et son silence, de « faire preuve de davantage de transparence », affirmant qu’il communiquera lorsque les causes de la contamination seront établies. Pour l’heure, l’usine de Craon est à l’arrêt depuis le 8 décembre 2017. Un mois plus tard, Lactalis a placé en chômage technique 250 des 327 salariés.

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Jeudi 11 janvier, M. Le Maire avait estimé que Lactalis avait « gravement failli ». Il avait également demandé des comptes à la grande distribution. Quasiment toutes les enseignes ont dû admettre qu’elles avaient commercialisé des produits potentiellement contaminés à la salmonelle et qui devaient être retirés de la vente. Les acteurs de la distribution se sont expliqués jeudi soir avec le ministre. M. Le Maire avait révélé qu’à l’issue des 2 500 contrôles menés par la direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) depuis le 26 décembre dans les supermarchés, les crèches, les hôpitaux, les pharmacies, il était avéré que 91 établissements proposaient dans leurs rayons des produits Lactalis qui auraient dû être retirés. Le gouvernement a décidé d’instaurer 2 500 contrôles supplémentaires la semaine prochaine.
Manque de « transparence »
L’affaire a relancé le débat sur les moyens accordés à la DGCCRF pour remplir sa mission. Dans un communiqué, la CFDT pointe le fait qu’elle ne compte que 2 800 agents et que la loi de finances pour 2018 prévoit la suppression de 45 emplois…
L’ancien ministre de l’agriculture de François Hollande, Stéphane Le Foll, n’a pas manqué lui aussi de mettre en exergue la « responsabilité » et le manque de « transparence » de Lactalis, mais il a également reproché au gouvernement d’avoir tardé à réagir et s’est interrogé sur une prise de parole officielle – celle de M. Le Maire – plus d’un mois après le début de l’affaire.
Le syndicat agricole FNSEA, associé aux Jeunes agriculteurs et à la Fédération nationale des producteurs de lait (FNPL), a décidé pour sa part de « convoquer » M. Besnier. « Les effets dévastateurs de cette crise sur la réputation d’excellence du modèle agricole et agroalimentaire français ne doivent pas pénaliser, a posteriori, les éleveurs laitiers déjà fortement malmenés par deux années de crise », font-ils observer ensemble. Le rendez-vous entre la FNSEA et la direction de Lactalis est prévu pour le début de semaine prochaine.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-13"> ¤ Un texte, paru dans « Le Monde » et signé par une centaine de femmes rejetant le « puritanisme » apparu avec l’affaire Weinstein, a fait grand bruit. Retour sur son itinéraire et les débats qu’il suscite.
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L’instant Deneuve : retour sur une tribune polémique

Un texte, paru dans « Le Monde » et signé par une centaine de femmes rejetant le « puritanisme » apparu avec l’affaire Weinstein, a fait grand bruit. Retour sur son itinéraire et les débats qu’il suscite.



Le Monde
 |    13.01.2018 à 06h00
 • Mis à jour le
13.01.2018 à 13h01
    |

                            Franck Nouchi (Médiateur du Monde)








                        


La chronique du médiateur. Une tribune signée par une centaine de femmes rejetant le « puritanisme » apparu avec l’affaire Weinstein a fait grand bruit. Retour sur son itinéraire et les débats qu’elle suscite.
C’est ainsi : certains papiers que l’on pensait retentissants font parfois « pschitt ». D’autres, au contraire, mettent le feu aux poudres. La tribune intitulée « Des femmes libèrent une autre parole » signée, entre autres personnalités, par Catherine Deneuve, Catherine Millet et Ingrid Caven, et publiée dans Le Monde (daté 10 janvier), est à l’évidence à classer dans la seconde catégorie.
Commençons par rappeler les faits, tels qu’ils nous ont été rapportés par le responsable des pages « Débats » du Monde, Nicolas Truong.
Dans la soirée du vendredi 5 janvier, il reçoit un coup de fil de Catherine Millet. L’auteure de La Vie sexuelle de Catherine M. (Seuil, 2001) souhaite l’informer de l’existence d’un texte collectif, signé par de nombreuses femmes, écrit « en réaction au climat idéologique qui s’est installé dans la mouvance de #MeToo ». Nicolas Truong fait part à Catherine Millet de son intérêt de principe, tout en précisant qu’il jugera « sur pièces », après l’avoir lu, de son éventuelle publication.
« J’ai immédiatement pensé qu’il aurait un impact important », se souvient Nicolas Truong
Le temps de recueillir de nouvelles signatures et sans doute aussi de peaufiner sa rédaction, le texte ne parvient dans sa version définitive au responsable des pages « Débats » que le soir du dimanche 7 janvier. « J’ai immédiatement pensé qu’il aurait un impact important, se souvient Nicolas Truong. D’autant plus qu’au même moment, deux autres textes allant dans le même sens m’étaient parvenus. Il se passait quelque chose, une sorte de moment critique post-Weinstein, toutes proportions gardées un peu comme il s’en était produit un autre dans la foulée du mouvement « Je suis Charlie ».
Lundi 8 janvier : lors de la conférence de rédaction de midi, Nicolas Truong présente la tribune, en indiquant que parmi ses auteures se trouvent Catherine Millet et Catherine Robbe-Grillet. Il précise qu’un autre texte, signé par la romancière et essayiste Belinda Canonne, sera publié dans la même page. En plus de ces deux textes, sur une autre page, il y aura un long article du politologue Olivier Roy. Son thème ? « À rebours des événements de Cologne, où la culture des agresseurs était mise en cause, l’affaire Weinstein fait de la nature même du mâle, du “cochon”, la racine de la violence masculine. » Débats et polémiques en perspective.
L’affaire change de nature
Lundi, dans la soirée, nouveau coup de fil de Catherine Millet : « Catherine Deneuve est d’accord pour signer le texte. » Par courriel, Nicolas Truong prévient immédiatement Luc Bronner, le directeur de la rédaction, ainsi que son adjoint, Benoît Hopquin. Avec cette signature connue dans le monde entier, l’affaire change de nature. Impact maximum garanti.
Mardi matin, conférence de 7 h 30 : la question est de savoir comment présenter ces deux pages à la « une » du journal. Manchette ? Grande photo de Catherine Deneuve ? Un titre plus sobre ? « Nous n’avions pas de doute sur le fait qu’il fallait publier le texte des 100 femmes, explique Luc Bronner. Deux mois plus tôt, nous avions mis en place une task force chargée d’enquêter sur les phénomènes de harcèlement sexuel, pilotée par Sylvie Kauffmann et Hélène Bekmezian et composée d’une quinzaine de journalistes chevronnés. Nous avions décidé de faire de ces questions une priorité éditoriale pour l’année à venir. Et avant même la publication de cette double page, nous avions publié plus d’une dizaine de manchettes, une quarantaine d’enquêtes, reportages et analyses portant sur ces sujets de harcèlement. Sans parler de dizaines d’interviews et de points de vue variés, en général favorables au mouvement #MeToo. Donner la parole à des personnalités défendant des points de vue différents ne posait donc aucun problème de principe. » 
Le rôle des pages « Débats »
« Dès lors que ce débat existe dans la société, il est bien qu’il soit rapatrié dans les colonnes du Monde », résume pour sa part Hélène Bekmezian. Tel est en effet le rôle des pages « Débats » au Monde : susciter des points de vue contradictoires, défendre le pluralisme des idées, animer le débat public.
Dès lors, fallait-il faire « plus gros » en « une » ? Luc Bronner et Benoît Hopquin ne le pensent pas. Rappelons que la première page du journal était ainsi composée : les ruptures conventionnelles collectives en manchette. Au dessous, une grande photo du nouveau président du Conseil scientifique de l’éducation nationale, Stanislas Dehaene, avec ce titre : « Education : le bon génie de Blanquer ». À côté, sur une colonne, un titre entre guillemets, soulignant ainsi d’emblée qu’il s’agissait d’une tribune : « Les femmes ne sont pas de pauvres petites choses ». Renvoyant aux deux pages Débats, le texte de « une » commençait ainsi : « Dans Le Monde, un collectif de plus de cent femmes, dont Catherine Deneuve, s’inquiète du “puritanisme” apparu après l’affaire Weinstein. La protection des femmes ne doit pas “les enchaîner à un statut d’éternelles victimes”. Le féminisme n’est pas “la haine des hommes et de la sexualité”. »
Le titre était plus provocateur que sur le papier
À l’intérieur du journal, en pages 20 et 21, sous le bandeau « Débats & analyses », une têtière « Violences faites aux femmes » surmontait la tribune des 100 femmes, les textes de Belinda Canonne et d’Olivier Roy et un dessin de Serguei.
En début de matinée, soit quelques heures avant que le journal commence à être distribué dans les kiosques à journaux, la fameuse tribune avait été mise en ligne sur le site du Monde.fr. Contenu intégral réservé aux abonnés. Entre guillemets, comme à chaque fois qu’il s’agit d’un point de vue, le titre était plus provocateur que sur le papier : « Nous défendons une liberté d’importuner, indispensable à la liberté sexuelle ». Le chapeau précisait : « Dans une tribune au Monde, un collectif de 100 femmes, dont Catherine Millet, Ingrid Caven et Catherine Deneuve, affirme son rejet d’un certain féminisme qui exprime une « haine des hommes ».
Repris et commenté dans le monde entier
Quelques heures plus tard, plus ou moins bien traduit, ce texte serait repris et commenté dans le monde entier. Du New York Times au Guardian en passant par tout ce que l’espace numérique compte de sites d’informations puissants ou non, l’illustration de l’article était toujours la même : Catherine Deneuve, en photo.
Tandis que l’audience de ce texte atteignait des scores faramineux, à la rédaction du Monde, un débat naissait : a-t-on eu raison de publier cet article qui va à l’encontre des « valeurs » défendues par le journal ? s’interrogeaient plusieurs jeunes rédactrices et rédacteurs. À l’inverse, d’autres, souvent plus âgés, se demandaient si nous n’étions pas passés à côté d’une manchette choc.
On en était là quand les réseaux sociaux commencèrent eux aussi à s’en mêler. Et de quelle manière ! A lire certaines réactions, Le Monde aurait pris partie pour les « porcs ». Nous aurions trahi la cause des femmes. Comme de nombreux autres journalistes du Monde, Hélène Bekmezian tweete la tribune, sans commentaire, mais en extrayant une citation : « Les accidents qui peuvent toucher le corps d’une femme n’atteignent pas nécessairement sa dignité et ne doivent pas, si durs soient-ils parfois, nécessairement faire d’elle une victime perpétuelle. » Elle est immédiatement prise à partie, comme si elle était, elle-même, l’auteure de ces quelques lignes.
Plutôt favorables à la tribune
A rebrousse-poil, les commentaires des abonnés numériques du journal tels qu’on pouvait les lire sous l’article étaient plutôt favorables à la tribune. Quant aux nombreux courriels que vous m’avez adressés, pendant les vingt-quatre premières heures qui ont suivi la mise en ligne du texte et la parution du journal, ils étaient unanimement favorables au texte. « Merci au Monde », « Merci à Mme Deneuve », nombre d’entre eux commençaient ainsi. Depuis, il est vrai, un courrier beaucoup plus critique m’est parvenu.
Par-delà les divergences d’opinion observées lors de tout débat public majeur chez nos lecteurs, cette affaire semblerait donc avoir révélé l’existence d’une césure entre les adeptes des réseaux sociaux et les abonnés du Monde. Une première tentative d’explication nous est fournie par Delphine Roucaute. Selon cette rédactrice en chef du Monde.fr, le statut même de ce texte – une tribune – a pu susciter des malentendus chez nombre d’internautes. Ecrits par des personnalités extérieures au journal, et de ce fait n’engageant pas Le Monde, ces points de vue devraient, selon elle, être édités avec un souci de plus grande clarté. De plus grande pédagogie.
En d’autres termes, nous devrions faire un effort de présentation de manière à ce que les internautes, moins au fait de la « grammaire » du Monde que nos abonnés, comprennent immédiatement qu’ils ont à faire à une tribune et non à un article écrit par un journaliste maison. « Sur nos supports numériques, les tribunes doivent être mieux différenciées des articles », résume Delphine Roucaute.
Du même avis, Luc Bronner assure que cette question fait l’objet d’un examen attentif de la part de la rédaction en chef et que des améliorations seront apportées prochainement.
Il fallait publier ce texte
Auteure de l’article renvoyant à la manchette du surlendemain – « Harcèlement sexuel : les réponses à la tribune des 100 femmes » –, Violaine Morin (service Société) ne remet pas en cause le principe de la publication de cette tribune. En désaccord avec le fond de ce texte et se faisant l’écho de protestations entendues çà et là, elle regrette cependant que cette tribune, qu’elle juge « confuse », ait été publiée en l’état. N’aurait-il pas été préférable de demander à ses rédactrices d’en clarifier le contenu avant publication ? s’interroge-t-elle.
Ancienne directrice de la rédaction du Monde, actuellement directrice éditoriale et co-animatrice de la task force, Sylvie Kauffmann connaît bien ces problèmes de publication de textes en urgence. Aucun doute selon elle : aussi imparfait soit-il, il fallait publier ce texte. D’accord sur le fait qu’un meilleur « tagage » sur les supports numériques aurait facilité les choses, elle insiste sur un autre aspect – important – de cette affaire : « En dépit des moyens importants que nous avons déployés au Monde pour traiter de ces questions, nous avons beaucoup de mal à bien travailler. Contrairement à ce qui se passe aux Etats-Unis ou au Royaume-Uni, en France les pouvoirs se protègent. Nous avons publié des enquêtes sur les ouvrières et les employées victimes de harcèlement, ou encore sur ce qui s’est passé il y a des années à l’Unef ou chez les jeunes communistes, mais dans les lieux de pouvoirs, nous nous heurtons à toutes sortes de résistances et d’opacités. »
« Ainsi que nous l’avons fait depuis trois mois, nous allons continuer à enquêter, conclut Luc Bronner. Les journalistes de la task force, mais aussi beaucoup d’autres appartenant à différents services de la rédaction, sont d’autant plus mobilisés que nous avons la conviction que beaucoup reste encore à révéler. » 



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-14"> ¤ Lycéens, parents et professeurs sont venus nombreux au Salon Postbac de Paris pour s’informer des nouvelles règles d’accès à l’enseignement supérieur. Reportage.
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Parcoursup : « On nous dit qu’il n’y a pas de sélection à la fac, mais que les dossiers seront vérifiés… »

Lycéens, parents et professeurs sont venus nombreux au Salon Postbac de Paris pour s’informer des nouvelles règles d’accès à l’enseignement supérieur. Reportage.



Le Monde
 |    13.01.2018 à 05h42
 • Mis à jour le
13.01.2018 à 11h18
    |

            Séverin Graveleau








                        



   


Seuls, avec leurs parents, ou en groupe avec leurs enseignants, les lycéens arrivent par dizaines au Salon Postbac 2018, vendredi 12 janvier à la Grande Halle de la Villette, à Paris. Alors que Parcoursup, qui va remplacer la plate-forme d’inscription dans le supérieur Admission post-bac (APB), ouvre lundi 15 janvier, ils sont venus trouver des réponses à leurs questions d’orientation.
« La réforme s’est faite au pas de charge, il y a un vrai besoin de pédagogie », explique Mendel, lycéen de 16 ans scolarisé dans le 7e arrondissement de Paris, venu tracter avec une dizaine d’autres Jeunes avec Macron (JAM). Mais ses dépliants vantant le plan « Etudiant » du gouvernement qui modifie, entre autres, l’accès à l’université, n’entrent pas dans le détail du fonctionnement de Parcoursup.

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Comprendre la procédure
Or, c’est justement pour s’informer sur le successeur d’APB, et pas seulement pour visiter les dizaines de stands d’écoles ou d’universités, que de nombreux lycéens ont fait le déplacement. On s’en persuade dès l’entrée du Salon, au vu du public amassé dans le stand de la nouvelle plate-forme. « A trois jours de l’ouverture d’APB… enfin de Parcoursup, je ne comprends toujours pas très bien comment, et par qui, mes vœux vont être traités », confirme Juliette, 17 ans, en terminale économique et sociale dans l’ouest de Paris, en se dirigeant vers l’amphithéâtre où a lieu la conférence qui l’intéresse : « Comprendre la procédure Parcoursup ». 
Normalement destinée aux parents, celle-ci est spontanément prise d’assaut par de nombreux lycéens. « Ce sont nos profs qui nous ont conseillé de venir, pour avoir les dernières informations connues sur Parcoursup », explique à voix basse Damien, 17 ans, en terminale S au lycée privé La Salle de Saint-Denis (Seine-Saint-Denis). « Je pensais qu’on ne pouvait faire que 10 vœux, mais il a été annoncé récemment qu’on aurait le droit à 20 “sous-vœux” dans certaines filières. Je veux comprendre ce qu’il en est », commente son camarade Florian.

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Tous deux ne sont « pas trop stressés » par la communication tardive du ministère sur ce type de « détails ».
« Il y a une réforme donc il faut être au courant de ce qui change, on ne peut pas se fier à ce qu’ont connu nos grands frères et sœurs. »
« Moi, ce sont plutôt mes parents qui se posent un peu trop de questions sur Parcoursup, alors que ce n’est qu’une procédure informatique », dédramatise de son côté Adrien. Et puis, « on a jusqu’au 13 mars pour inscrire les vœux ». Les trois garçons n’ont pas d’avis tranché sur la réforme en cours ; ils visent des écoles d’ingénieurs, des filières sélectives. « Excepté la nouvelle plate-forme, ça ne change pas trop au niveau de la sélection », analysent-ils avec justesse.
Nouvelles règles d’accès à l’université
De fait, au moment de l’échange avec l’intervenante, responsable du service académique d’information et d’orientation de l’université de Créteil, il y a ceux qui se posent des questions techniques ou procédurales : nombre de vœux possibles, dates des réponses, spécificité des études de santé à Paris, impact de l’avis du conseil de classe, traitement des étudiants en réorientation, priorité accordée aux candidats de l’académie, etc. Et puis ceux qui s’interrogent sur les nouvelles règles d’accès à l’université, quelque peu perturbées par le discours ministériel sur le maintien de la « non-sélection » à l’université, le « dernier mot au lycéen » assuré, etc.
Il y a parmi eux des enseignants. « Je n’ai pas bien compris, on nous dit qu’il n’y a pas de sélection, mais que les dossiers seront vérifiés… », confie, au fond de la salle, Marine G., prof de sciences de la vie et de la Terre (SVT) à Trappes (Yvelines). « Certains élèves nous disent que leur dossier scolaire n’est pas important parce que la fac, c’est ouvert à tous. Il faut qu’on soit capable de leur répondre. » 

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                Pas de sélection à l’université, vraiment ?



L’incompréhension de certains élèves est confirmée lorsqu’on discute avec Hugo, lycéen en terminale S à Saint-Denis. Il désire intégrer une licence de psychologie, filière universitaire parmi les plus demandées, et il est sûr que « non, non : la sélection ne se fera pas à partir de mes notes, mais en fonction de là où j’habite, c’est tout. C’est comme ça l’université ! ». Mais avec la réforme, si le nombre de candidatures dépasse le nombre de places disponibles dans la licence qu’il convoite, ses notes pourraient pourtant bien lui ouvrir, ou lui fermer, les portes.
A la sortie de la conférence, un parent d’élève s’énerve sur ces nouveaux critères d’accès à l’université, « peu transparents » selon lui. « Je n’en suis pas un défenseur, mais au moins le tirage au sort avait l’avantage d’être parfaitement égalitaire, et le critère utilisé était connu : le hasard. Là, on ne sait pas si ce sont les notes, l’avis du conseil de classe, ou encore le curriculum vitae qui va être utilisé pour classer les lycéens. » 
Croisées dans le Salon, Mathilda et Siaham, scolarisées au lycée Apollinaire de Thiais (Val-de-Marne) ne partagent pas ce constat. « Avec le hasard, il y avait des candidats pas très bons qui pouvaient prendre la place de gens meilleurs. Là au moins, c’est le mérite qui va jouer », affirme Siaham. Ce n’est de toute façon pas tant l’accès à l’université ni le fonctionnement de Parcoursup qui les stressent, elles, mais « ce qu’on va y faire comme vœux. De savoir ce qu’on veut faire dans l’avenir », renchérit Mathilda. Elle s’interrompt pour laisser passer « deux personnes [qu’elle] ne connaît pas », entourée d’une nuée de photographes : la ministre de l’enseignement supérieur, Frédérique Vidal, et le ministre de l’éducation, Jean-Michel Blanquer, venus visiter le Salon.

   



« Le Monde » aide les jeunes à s’orienter vers les études supérieures
Pour aider les 16-25 ans, leurs familles et les enseignants à se formuler les bonnes questions au moment d’effectuer les voeux d’orientation, Le Monde organise les conférences O21/s’orienter au 21e siècle, à Nancy (1er et 2 décembre 2017), Lille (19 et 20 janvier 2018), Nantes (16 et 17 février 2018), Bordeaux (2 et 3 mars 2018) et Paris (17 et 18 mars 2018).

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                « Le Monde » organise O21 / s’orienter au 21e siècle à Lille, Nantes, Bordeaux et Paris en 2018



S’y ajoutent des salons étudiants : après le salon des grandes écoles (SAGE) et celui des  formations artistiques START, organisés chaque année en novembre et décembre, le Salon des masters et mastères spécialisés (SAMS) est prévu le 27 janvier. A consulter également, notre rubrique Le Monde Campus, et tout particulièrement ses sous-rubriques APB / Parcoursup, O21 et Etudes supérieures.





                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-15"> ¤ Dans une tribune au « Monde », Valérie Robert, maître de conférences en Etudes germaniques à l’université Sorbonne Nouvelle - Paris 3, regrette la sélection à l’entrée à l’université. Elle voit cette réforme comme une machine à broyer les adolescents.
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Universités : « Une réforme profondément injuste »

Dans une tribune au « Monde », Valérie Robert, maître de conférences en Etudes germaniques à l’université Sorbonne Nouvelle - Paris 3, regrette la sélection à l’entrée à l’université. Elle voit cette réforme comme une machine à broyer les adolescents.



Le Monde
 |    13.01.2018 à 04h30
    |

Valérie Robert (Maître de conférences en Etudes germaniques à l’Université Sorbonne Nouvelle - Paris 3)







                        



                                


                            

Tribune. Parcoursup, le nouveau système pour lequel on évite prudemment de parler de sélection, est pourtant bien sélectif : les candidats refusés sur leurs dix vœux se verront certes proposer une place, mais pas là où ils l’auraient souhaité. C’est donc la fin de l’accès de tous à des études dans la filière de leur choix, et la sélection va être opérée sur la base d’« attendus » et des résultats scolaires des lycéens.
Ces « attendus » semblent de bon sens, pourtant ils sont excluants. Ainsi, il faut « savoir mobiliser des compétences en matière d’expression orale et écrite afin de pouvoir argumenter un raisonnement ». Mais n’est-ce pas ce que le bac devrait garantir ? Il faudrait donc sélectionner de futurs étudiants sur une compétence dont l’acquisition n’est même pas garantie par le lycée ? Pour certaines filières, il faut « disposer d’une culture générale », une qualité dépendant largement du milieu social. Il faut « faire preuve de curiosité intellectuelle », être « ouvert au monde » : comment cela se mesure-t-il ? Pour les filières les plus « en tension » comme la psychologie (pour lesquelles il faudrait en réalité créer des places), on demande des « compétences dans les disciplines scientifiques ». Traduisons : être issu d’une filière S, donc faire partie des « meilleurs » élèves – ou comment rester dans l’entre-soi des profils correspondant à la norme.

Le critère qui va déterminer le futur de millions d’ados, c’est la capacité, très souvent liée à l’origine sociale, à entrer dans un moule. Et l’idée sous-jacente à ces « attendus », c’est qu’un individu est figé dans son évolution. A 17 ans, on leur demande de savoir ce qui les intéresse, de connaître leurs forces et leurs faiblesses. C’est pourtant loin d’être le cas pour tous. A 17 ans, j’étais mauvaise élève, mal dans ma peau, et vu les attendus et par manque de confiance en moi, je n’aurais pas candidaté...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-16"> ¤ Depuis la semaine dernière, le premier ministre a successivement rencontré les grands élus des départements concernés par le projet.
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Fin des consultations sur le projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes

Depuis la semaine dernière, le premier ministre a successivement rencontré les grands élus des départements concernés par le projet.



Le Monde
 |    12.01.2018 à 21h49
 • Mis à jour le
13.01.2018 à 07h03
   





                        



   


Le premier ministre, Edouard Philippe, a achevé, vendredi 12 janvier, une semaine d’ultime consultation avec les élus de l’Ouest sur le projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes. C’était la dernière étape avant l’annonce de l’exécutif qui doit dire d’ici à la fin du mois si l’aéroport au cœur de débats enflammés depuis des dizaines d’années sortira ou non de terre.
Il a reçu le Syndicat mixte aéroportuaire du Grand Ouest, qui regroupe les élus des 20 collectivités impliquées dans le projet de transfert de l’aéroport de Nantes dans les bocages de Notre-Dame-des-Landes. Partisan de « NDDL », le groupement présidé par le socialiste Philippe Grosvalet comprend notamment la maire PS de Nantes, Johanna Rolland, et l’ancien président des Pays de la Loire, le patron des sénateurs LR Bruno Retailleau. Ils ont présenté leurs arguments dans une ultime tentative pour faire pencher la balance en leur faveur.
« Discussion riche et apaisée », a-t-il écrit sur Twitter, après cette réunion en compagnie de son ministre de la transition écologique, Nicolas Hulot.

Suite des consultations #NotreDamedesLandes : J'ai reçu aujourd'hui, avec @N_Hulot, le bureau du syndicat mixte aér… https://t.co/ucw9ehr0jU— EPhilippePM (@Edouard Philippe)


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Depuis la semaine dernière, le premier ministre a successivement rencontré les grands élus (parlementaires, maires, présidents de conseils départementaux…) de Loire-Atlantique, puis ceux d’Ille-et-Vilaine, du Morbihan, du Maine-et-Loire et enfin ceux de Mayenne et de Vendée mardi.
Seule certitude : l’évacuation de la ZAD
Pro ou anti, chacun a pu exprimer sa position une dernière fois, dans le contexte nouveau des conclusions du rapport des trois médiateurs nommés par Edouard Philippe. Devant ses interlocuteurs successifs, le chef du gouvernement s’est pour l’essentiel contenté de dire à quel point il avait « conscience de la complexité du dossier », sans donner d’indices sur le sens de la décision finale.
Désormais, il « ne s’interdit pas » d’aborder la question avec des responsables qu’il n’a pas encore vus, mais les consultations formelles sont closes. Matignon ne donne aucune précision sur la date exacte de l’annonce finale.
Seule certitude pour l’heure : le gouvernement compte évacuer le site, que des militants écologistes et anticapitalistes occupent depuis 2009 sous le nom de « zone à défendre » (ZAD).
Le gouvernement a, par ailleurs, qualifié de « fausse information » un article de Franceinfo, citant un ministre anonyme, selon lequel l’exécutif envisagerait de dénoncer le contrat passé avec Vinci en raison de clauses trop favorables au groupe de BTP.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-17"> ¤ Selon le ministère de la justice américain, les femmes souffrant d’un handicap mental sont douze fois plus susceptibles d’avoir subi un viol ou une agression sexuelle.
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Aux Etats-Unis, les personnes handicapées mentales sont plus fortement exposées aux violences sexuelles

Selon le ministère de la justice américain, les femmes souffrant d’un handicap mental sont douze fois plus susceptibles d’avoir subi un viol ou une agression sexuelle.



Le Monde
 |    12.01.2018 à 20h22
 • Mis à jour le
12.01.2018 à 20h52
    |

                            Le Monde.fr








                        


C’est une enquête glaçante que la radio publique américaine NPR a publiée, lundi 8 janvier. Selon des statistiques inédites du ministère de la justice des Etats-Unis, les personnes souffrant d’un handicap mental sont proportionnellement plus souvent victimes de violences sexuelles que le reste de la population américaine.
Des données institutionnelles non publiées et obtenues par NPR, établies entre 2011 et 2015, montrent que les personnes, hommes comme femmes, souffrant d’un handicap mental sont sept fois plus susceptibles d’avoir subi un viol ou une agression sexuelle (4,4 personnes sur 1 000) que le reste de la population (0,6 personne sur 1 000).
L’écart est encore plus grand quand on prend en compte le facteur du sexe : les femmes souffrant d’un tel handicap sont douze fois plus susceptibles d’avoir subi des violences sexuelles (7,3 personnes sur 1 000).
Ces statistiques portent, cependant, sur la population américaine âgée de 12 ans et plus, excluant donc une partie des crimes pédophiles.
Par ailleurs, les individus hospitalisés dans des centres psychiatriques, ou vivant dans des établissements spécialisés privés, ne sont pas inclus dans les données du ministère de la justice. Dans ces établissements, les patientes risquent pourtant être agressées sexuellement par le personnel soignant, rapporte une autre enquête de NPR.

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« On a tendance à ne pas les croire »
Les circonstances de ces agressions sont très similaires à celles des violences sexuelles subies par les femmes sans handicap mental, mais certaines tendances sont accrues. Selon les données obtenues par la radio publique américaine, qui a enquêté pendant un an, les auteurs de ces violences sont, dans la majeure partie des cas, déjà connus de leur victime. Seuls 14 % des agresseurs sont des inconnus, contre 24 % pour les femmes sans handicap victimes de viol. Une agression sur deux a lieu en journée.
« Ce sont souvent des gens qui ne peuvent parler, ou dont la parole est moins développée », explique Nancy Thaler, coresponsable des services sociaux pour l’Etat de Pennsylvanie. « Ils apprennent généralement depuis l’enfance à être obéissants. En raison de leur handicap, on a tendance à ne pas les croire, ou à penser qu’ils inventent ou imaginent ce qu’ils disent. Pour toutes ces raisons, un agresseur voit une opportunité de faire une victime », poursuit-elle.

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Ces paramètres expliquent aussi une difficulté encore plus grande à porter ces agressions devant un tribunal, explique NPR. « De nombreuses personnes souffrant de ce genre de handicap sont malléables. Si on leur répète qu’une chose est arrivée et pas une autre, ils peuvent l’intégrer », explique Syzane Arifaj, ancien avocat.
C’est ainsi que la radio publique détaille le cas de Pauline, une femme violée par deux jeunes adolescents, et qu’une proche a tenté de manipuler en lui faisant dire qu’elle n’avait jamais été agressée. Pauline a, finalement, obtenu gain de cause devant la justice.
En France, il n’existe pas de mesure précise et institutionnelle des violences sexuelles contre les personnes en situation de handicap mental. Une étude de l’Observatoire national de la délinquance et des réponses pénales portant sur la période 2008-2014 a relevé que plus de 39 femmes en situation de handicap – ou de gêne dans la vie quotidienne – sur 1 000 avaient été victimes de violences sexuelles par leur conjoint.
Selon l’association Femmes pour le dire, femmes pour agir, une femme handicapée sur trois (ce qui ne concerne donc pas que les handicaps mentaux) est victime d’agression sexuelle ou de maltraitance au sein de sa famille. « Ces victimes sont totalement invisibilisées, encore plus que les femmes valides qui le sont pourtant déjà », expliquait dans une enquête du magazine Les Inrockuptibles Muriel Salmona, psychiatre et spécialiste des violences sexuelles.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-18"> ¤ Plus d’un mois après le début de la crise, le ministre de l’économie a annoncé que la firme française devra reprendre tous les lots de lait infantile produits dans son usine de Craon.
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Ce qu’il faut retenir de l’affaire du lait contaminé Lactalis

Plus d’un mois après le début de la crise, le ministre de l’économie a annoncé que la firme française devra reprendre tous les lots de lait infantile produits dans son usine de Craon.



Le Monde
 |    12.01.2018 à 20h08
 • Mis à jour le
13.01.2018 à 07h06
   





                        


La chronologie
La contamination à la salmonelle dans l’usine de Craon (Mayenne) du groupe agroalimentaire français Lactalis a été révélée au public au début de décembre ;Face au refus du géant agroalimentaire de retirer les produits contaminés, Bruno Le Maire, ministre de l’économie, a signé le 9 décembre un arrêté demandant la suspension de la commercialisation des laits infantiles de cette marque et le rappel de quelque 600 lots ;A la fin de décembre, le parquet de Paris a ouvert une enquête préliminaire pour « blessures involontaires », « mise en danger de la vie d’autrui », « tromperie aggravée par le danger pour la santé humaine » et « inexécution d’une procédure de retrait ou de rappel d’un produit » préjudiciable à la santé ;En janvier, la crise s’est étendue à la grande distribution, dont les principales enseignes (Leclerc, Auchan, Carrefour, Système U) ont admis avoir écoulé des produits concernés par les rappels successifs ;Dernier volet en date, selon une étude publiée le 11 janvier, les produits en question ont été vendus dans soixante-six pays, dont douze de l’Union européenne ;Pour mettre un terme à la crise sanitaire, Bruno Le Maire a annoncé le 12 janvier que Lactalis devra reprendre, sans distinction, tous les lots de lait infantile produits dans son usine de Craon.
Le chiffre
37 + 2
Au 9 janvier, les autorités de santé avaient recensé en France trente-sept nourrissons atteints de salmonellose et ayant consommé un lait ou un produit d’alimentation infantile de l’usine incriminée. Dix-huit nourrissons ont été hospitalisés, mais tous auraient quitté l’hôpital.
Un cas de salmonellose avéré a été découvert en Espagne, et un autre cas reste à confirmer en Grèce.
La citation
« Lactalis communiquera publiquement sur les causes de la contamination dès qu’elles seront établies ».
Afin de mettre fin à l’inquiétude des familles et d’éviter que ce scandale ne vienne éprouver la « réputation » d’une filière laitière française déjà en crise, le ministre a « demandé à M. (Emmanuel) Besnier, le président de Lactalis, de faire preuve de davantage de transparence ».
Recherche de responsables
Les distributeurs, dont certains ont continué à vendre des produits potentiellement contaminés après l’annonce de leur retrait, refusent d’endosser toute la responsabilité. Le président-directeur général des centres E. Leclerc, Michel-Edouard Leclerc, a estimé jeudi 11 janvier qu’il y avait eu une « défaillance systémique et pas seulement sectorielle », épinglant au passage « des services de l’Etat ».
Plusieurs responsables politiques et syndicaux ont également critiqué l’attitude de l’Etat, dénonçant notamment une baisse du budget et du personnel de la direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF), un service du ministère de l’économie.
Selon le gouvernement, la DGCCRF a effectué deux mille cinq cents contrôles depuis le 26 décembre, et en prévoit autant dès la semaine prochaine pour vérifier que tous les produits potentiellement contaminés ont bien disparu des rayons et des stocks.
Un P-DG invisible
A la tête de Lactalis depuis 2000, Emmanuel Besnier suit la même ligne directrice depuis ses débuts, celle d’un P-DG invisible, hermétique à toute forme de dialogue. Pas une interview, pas une photo. Les résultats du groupe, numéro un mondial du secteur, son endettement, tout est confidentiel. Même lorsque la situation est alarmante. A l’image du scandale sanitaire actuel.

Pour aller plus loin
Milumel, Lactel, Président, Bridel... de quoi est constitué l’empire Lactalis ?Lactalis : quels sont les lots de lait infantile concernés par le rappel ?Emmanuel Besnier, le PDG invisible de Lactalis aux méthodes commandoDe Lactalis aux distributeurs, une gestion défaillante sur toute la chaîne


Les salmonelles en question
Les salmonelles, bactéries relativement répandues dans notre environnement et qui proviennent du tube digestif des animaux, sont à l’origine d’infections alimentaires souvent bénignes, mais aux conséquences potentiellement graves chez les nourrissons, comme l’illustre cette crise ;Souvent, c’est un manquement aux règles d’hygiène qui déclenche une contamination à l’alimentation humaine. Les salmonelles survivent aux basses températures, y compris à la congélation, mais meurent à la cuisson ;Dans le cas de l’usine Lactalis de Craon, le groupe disait le 10 décembre avoir trouvé une « cause probable » qui situerait la contamination au début de mai.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-19"> ¤ Visé par des révélations d’agressions, le chef d’orchestre suisse, qui nie les faits, voit ses concerts annulés.
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Harcèlement : Charles Dutoit dans la tourmente

Visé par des révélations d’agressions, le chef d’orchestre suisse, qui nie les faits, voit ses concerts annulés.



Le Monde
 |    12.01.2018 à 16h55
    |

                            Marie-Aude Roux








                        



                                


                            

Le dernier des bastions symphoniques tenus par le grand chef d’orchestre suisse Charles Dutoit, accusé d’agression sexuelle, est tombé le 10 janvier : le Royal Philharmonic Orchestra de Londres a annoncé le départ immédiat de celui qui était son directeur musical depuis 2009. La fin du mandat du Suisse, 81 ans, qui appartient au gotha mondial de la direction d’orchestre, était prévue pour octobre 2019. Mais « une réunion d’urgence avec le conseil d’administration » et « un dialogue plus approfondi » ont convaincu les deux parties de mettre « conjointement » fin à leur collaboration, la position du chef d’orchestre devenant « intenable » en raison du « traitement médiatique de l’affaire ».

Depuis que celle-ci a éclaté, le 21 décembre 2017, celui qui fut directeur musical de l’Orchestre national de France de 1991 à 2001 ­récuse les accusations dont il est l’objet. Ce 21 décembre, l’agence Associated Press révélait que trois chanteuses d’opéra (dont la mezzo-soprano Paula Rasmussen et la soprano Sylvia McNair) ainsi qu’une musicienne soutenaient que Charles Dutoit les avait agressées sexuellement ­entre 1985 et 2010, dans cinq villes américaines (Chicago, Los ­Angeles, Minneapolis, Philadelphie et Saratoga Springs).
Puis ce fut au tour de la soprano française Anne-Sophie Schmidt, via sa page Facebook. Les faits dateraient de mars 1995, alors qu’elle tenait le rôle-titre de Pelléas et ­Mélisande, de Debussy, monté au Théâtre des Champs-Elysées, à ­Paris, avec Charles Dutoit et ­l’Orchestre national de France. Suivirent l’épouse du chef d’orchestre italien Fabio Luisi, la photographe et violoniste Barbara Luisi, alors que la jeune femme faisait partie de l’Orchestre symphonique de Bamberg.
Une avalanche d’annulations
Le 23 décembre, Charles Dutoit adressait à la presse, via l’adresse administrative de son bureau (au nom de sa femme, Chantal Juillet), une missive dans laquelle il...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-20"> ¤ Près de quarante ans après les faits, les magistrats ont prononcé un non-lieu en faveur d’Hassan Diab, qui a passé plus de trois ans en détention provisoire. Le parquet annonce qu’il fera appel.
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Attentat de la rue Copernic : les juges d’instruction ordonnent la remise en liberté de l’unique suspect

Près de quarante ans après les faits, les magistrats ont prononcé un non-lieu en faveur d’Hassan Diab, qui a passé plus de trois ans en détention provisoire. Le parquet annonce qu’il fera appel.



Le Monde
 |    12.01.2018 à 16h25
 • Mis à jour le
13.01.2018 à 06h38
   





                        



   


Près de quarante ans après l’attentat à la bombe de la rue Copernic à Paris, le 3 octobre 1980, qui fit quatre morts devant une synagogue, les juges d’instruction ont rendu un non-lieu, vendredi 12 janvier, en faveur de l’unique suspect, Hassan Diab.
Dans la foulée, le parquet, qui avait requis le renvoi de ce dernier devant les assises, a annoncé qu’il faisait appel de l’ordonnance des juges. Des parties civiles ont déclaré qu’elles allaient faire de même. « Vu les nombreuses divergences qui existent dans ce dossier, ce sera une bonne chose que la cour d’appel tranche », a relevé l’un de leurs avocats, Eric Morain.
Les magistrats ont estimé que les charges pouvant être retenues contre Hassan Diab, un Libano-Canadien de 64 ans, « ne sont pas suffisamment probantes » et « se heurtent à trop d’éléments à décharge », selon une source proche du dossier. Par conséquent, les juges ont ordonné la « mise en liberté immédiate » de l’ancien professeur de sociologie à l’université d’Ottawa, qui a passé plus de trois ans en détention provisoire depuis son extradition du Canada, en novembre 2014. Conformément à la décision des juges, Hassan Diab est sorti de prison vendredi.

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          37 ans après l’attentat, les juges ont terminé leurs investigations



« Cette décision dans une affaire de terrorisme d’une extrême gravité est exceptionnelle. Elle consacre la rigueur et l’indépendance des juges d’instruction face à toutes les pressions », ont souligné ses avocats, William Bourdon, Apolline Cagnat et Amélie Lefebvre.
« Absence d’empreintes digitales »
Dans leur ordonnance signée vendredi, les magistrats mettent en lumière « un certain nombre d’éléments […] qui permettent d’estimer qu’Hassan Diab se trouvait vraisemblablement au Liban pendant cette période » et ne pouvait donc ni avoir confectionné ni posé l’engin explosif, caché sur une moto.
La découverte d’un passeport à son nom avec des tampons d’entrée et de sortie d’Espagne, d’où serait parti le commando, était l’un des principaux éléments à charge à son encontre. Mais depuis, un certain nombre de faits, notamment le témoignage de son ex-épouse, ont montré le contraire.
Hassan Diab a d’ailleurs toujours assuré qu’il était à Beyrouth pour passer ses examens à la faculté au moment des faits. « Les documents de l’université libanaise » et « les témoignages de plusieurs étudiants » ont corroboré sa version, soulignent les juges.
Autre élément à décharge pour les magistrats, « l’absence d’empreintes digitales » d’Hassan Diab parmi toutes celles retrouvées sur différentes pièces qui ont pu être manipulées par le ou les auteurs de l’attentat.
Bataille judiciaire
Depuis plusieurs mois, le cas d’Hassan Diab est au cœur d’une bataille judiciaire entre le parquet et les juges. Ces derniers ont demandé à plusieurs reprises sa remise en liberté, avec assignation à résidence et port d’un bracelet électronique. Mais à chaque fois, le ministère public a fait appel, et la cour d’appel a décidé de prolonger sa détention.
Le 29 novembre, le parquet de Paris avait requis son renvoi devant la cour d’assises spéciale de Paris, seule habilitée à juger les crimes terroristes. Il s’appuyait notamment sur des notes du renseignement, des expertises graphologiques et la ressemblance d’Hassan Diab avec des portraits-robots réalisés à l’époque, estimant que les « éléments à charge et à décharge » devaient être débattus lors d’un procès.



                            


                        

                        

