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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-1"> ¤ A Tunis, le gouvernement devrait annoncer des mesures en faveur des familles modestes dans l’espoir de désamorcer l’agitation sociale contre la vie chère.
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Analyse

En Tunisie, le pouvoir cherche à reprendre la main face à la grogne sociale

A Tunis, le gouvernement devrait annoncer des mesures en faveur des familles modestes dans l’espoir de désamorcer l’agitation sociale contre la vie chère.

Frédéric Bobin (Tunis, correspondant)
    



LE MONDE
              datetime="2018-01-13T17:53:50+01:00"

        Le 13.01.2018 à 17h53






    
Dimanche 14 janvier, la Tunisie marquera le 7e anniversaire de la chute de la dictature de Ben Ali.
Crédits : YASSINE GAIDI / AGENCE ANATOLIE


L’exécutif tunisien s’efforçait de reprendre la main, samedi 13 janvier, à la veille du 7e anniversaire de la chute de la dictature de Ben Ali, qui offrira l’occasion aux animateurs du mouvement social contre la vie chère de redescendre dans la rue. Depuis le 8 janvier, la Tunisie est en proie à une vigoureuse agitation ciblant l’augmentation du coût de la vie, conséquence d’une loi de finances ayant programmé une hausse de la fiscalité indirecte afin d’enrayer la dérive des déficits publics.
En fin de semaine, la violence qui avait émaillé certains attroupements nocturnes, à Tunis comme dans certaines localités de l’arrière-pays, a connu un net reflux. Mais la pression de la rue continuera néanmoins de se faire sentir, comme devraient l’illustrer dimanche les rassemblements auxquels se joindra l’Union générale tunisienne du travail (UGTT), qui était jusqu’à présent resté en marge du mouvement.

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Réunion à Carthage
Samedi, le président de la République, Béji Caïd Essebsi, a réuni à Carthage, banlieue située au nord de Tunis, les partenaires (partis politiques, syndicats…) de l’« accord de Carthage ». Ce document, signé sous son égide à l’été 2016, avait pour but d’élargir le consensus autour de l’action gouvernementale. La grande question est de savoir si le gouvernement de Youssef Chahed verra sa marge de manœuvre redéfinie au sein de ce dispositif dirigeant.
La relation entre M. Chahed et M. Essebsi est en effet malaisée, tout comme est conflictuel son lien avec Nidaa Tounès, le parti dominant la coalition gouvernementale dirigée par Hafedh Caïd Essebsi, le propre fils du chef de l’Etat. Selon plusieurs observateurs, Nidaa Tounès pourrait tenter de profiter de l’occasion pour chercher à mettre sous tutelle M. Chahed, ce dernier étant parvenu jusqu’à présent à conserver son autonomie d’action par rapport à ce parti dont il est issu.
Le président de la République, qui est cœur du jeu politique tunisien, va donc essayer de remettre en ordre de bataille son camp – il est le fondateur de Nidaa Tounès – tout en conservant une relation de travail fonctionnelle avec les autres partis membres de la coalition gouvernementale, au premier rang desquels le parti islamiste Ennahda.

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Un « socle de protection social » à l’étude
Parallèlement, il lui faudra annoncer des mesures propres à apaiser la grogne sociale. Selon certaines sources, un relèvement du salaire minimal ou des pensions des retraités les plus vulnérables pourrait être décidé. « Il faut travailler sur un socle de protection sociale », explique une source gouvernementale. Il est toutefois peu probable que le pouvoir accepte de réviser la loi de finances votée à la fin de 2017 –, comme le réclament les animateurs du mouvement social. « Il faut éviter la facilité de mesures de replâtrage qui ne font qu’aggraver notre endettement public déjà lourd », ajoute l’officiel.
M. Chahed ne dispose que d’options limitées pour sortir de la mauvaise passe actuelle. A la pression de la rue s’ajoutent les tensions internes au bloc exécutif, notamment sa relation heurtée avec Nidaa Tounès, dont certains dirigeants s’emploient ouvertement à torpiller le chef du gouvernement, coupable à leurs yeux de nourrir des ambitions personnelles. Dans ce conflit larvé, le chef de l’Etat, Béji Caïd Essebsi, prétend être neutre. Mais sa relation familiale avec le chef de Nidaa Tounès (son fils Hafedh Caïd Essebsi) rend l’équidistance assez fictive.
La force de M. Chahed tient toutefois dans sa relative popularité. De larges factions de l’opinion publique ont soutenu la campagne anticorruption lancée au printemps 2017. Certains proches du chef du gouvernement vont même jusqu’à sous-entendre que l’agitation sociale actuelle est orchestrée en coulisse par des réseaux mafieux, affaiblis par l’offensive gouvernementale. « Il est clair que le gouvernement est ciblé à cause de sa guerre contre la corruption », avance une source gouvernementale.

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« Nous tenons à l’actuelle stabilité politique »
Dans les dernières semaines, M. Chahed a dû faire montre d’une plus grande modestie dans l’affichage de ses ambitions politiques ; ce qui semble avoir détendu sa relation avec le chef de l’Etat – lequel n’a pas exclu de se présenter à sa propre succession, en 2019. Mais la tension reste vive avec Nidaa Tounès. Dans ce jeu de rivalités, Nidaa Tounès a pu compter sur le soutien passif du parti islamiste Ennahda, son principal allié au sein de la coalition au pouvoir. Ennemis irréductibles entre 2011 et 2014, les deux formations se sont spectaculairement réconciliées à partir de 2014 sur la base d’un projet de cogérance du pays.
Cette entente cordiale est toutefois sous pression, en raison notamment de l’affaiblissement continu de Nidaa Tounès, plongé dans la crise interne depuis la conquête du parti par Hafedh Caïd Essebsi, le fils du président. En outre, la réconciliation avec les islamistes a été mal comprise par la base électorale du parti. Afin de remobiliser ses troupes dans la perspective des élections municipales prévues en mai, Nidaa Tounès affiche désormais la volonté de prendre ses distances avec Ennahda. Mais la coalition gouvernementale étant maintenue entre les deux formations, il n’est pas sûr que cette nouvelle option tactique fasse la différence et permette à Nidaa Tounès de reconquérir le terrain perdu.

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Un contexte politique qui met en difficulté le chef du gouvernement, confronté à sa plus grave crise depuis sa nomination, en septembre 2016. M. Chahed doit louvoyer entre une rue en colère et les faux amis de son camp. Il a pu compter jusqu’à présent sur la compréhension de l’UGTT avec laquelle il a établi une relation de travail fructueuse. « Il a bénéficié de notre soutien silencieux », admet un cadre de l’Union générale tunisienne du travail, qui dénonce la chute du nombre de grèves ces derniers mois, indicatrice de la bonne volonté du syndicat. « Les adversaires de Chahed veulent déstabiliser le gouvernement, ajoute-t-il. Mais nous tenons à l’actuelle stabilité politique. »
L’UGTT devrait entrer en lice ces prochains jours sur le front social, mais pour mieux l’encadrer. Comme souvent dans l’histoire de la Tunisie contemporaine, le jeu de bascule de l’UGTT se révèle souvent déterminant pour conforter ou fragiliser le pouvoir.


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-2"> ¤ Au second tour, il affrontera le proeuropéen Jiri Drahos, qui a réuni 26,39 % des voix.
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En République tchèque, le président sortant, Milos Zeman, en tête du premier tour de la présidentielle

Au second tour, il affrontera le proeuropéen Jiri Drahos, qui a réuni 26,39 % des voix.



Le Monde
 |    13.01.2018 à 16h56
   





                        



   


Il était le favori du premier tour de l’élection présidentielle. Le président tchèque sortant, Milos Zeman, est arrivé samedi 13 janvier nettement en tête du scrutin, avec 38,98 % des suffrages, après le dépouillement de 97,5 % des suffrages. Au second tour, il affrontera le proeuropéen Jiri Drahos, qui a réuni 26,39 % des voix.
Si la première étape est passée pour le candidat prorusse, âgé de 73 ans, sa victoire reste encore précaire. Les Tchèques ont fini par se lasser de ce vétéran de la gauche, salué pour son rôle de importance après la chute du régime autoritaire en 1989. Milos Zeman est entré dans l’histoire comme étant le premier président tchèque élu au suffrage universel avec 54,8 % des voix, dans ce pays d’Europe centrale qui compte 10,5 millions d’habitants. C’était en 2013.

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Déclarations polémiques
Mais son image a été largement écornée par plusieurs controverses – tant sur sa vie privée, son mode de vie relativement sulfureux, que dans ses relations houleuses avec l’opposition. Ses prises de position polémiques ont également lassé une partie de l’électorat. Il est notamment connu pour son soutien inconditionnel au président états-unien, Donald Trump, mais aussi pour sa proximité avec le Kremlin, qu’il soutient notamment sur le volet ukrainien.
Enfin, M. Zeman s’est distingué ces dernières années par son positionnement farouchement antimigrants, qu’il considère comme une « invasion » organisée par les Frères musulmans. Populiste et eurosceptique, il maintient que seule une exclusion de la Grèce permettrait au pays d’adhérer à la zone euro.

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Son adversaire du second tour de la présidentielle, le centriste Jiri Drahos, est, lu, un novice en politique. Ce qui fera du scrutin, qui aura lieu les 26 et 27 janvier, un véritable référendum pour ou contre Milos Zeman.

   





                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-3"> ¤ Le bébé panda, âgé de 5 mois, a découvert, samedi matin sous l’œil de nombreux visiteurs, son enclos.
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Au zoo de Beauval, première sortie pour Yuan Meng, le bébé panda

Le bébé panda, âgé de 5 mois, a découvert, samedi matin sous l’œil de nombreux visiteurs, son enclos.



Le Monde
 |    13.01.2018 à 14h30
   





                        



   


Pour la première fois depuis sa naissance, Yuan Meng, « accomplissement d’un rêve » en chinois, a pu montrer, samedi 13 janvier, aux visiteurs du zoo de Beauval (Loir-et-Cher) la couleur de son pelage, encore gris et blanc rosé. Dans la matinée, le bébé panda, âgé de 5 mois, a découvert son enclos, en dégustant en présence de sa maman quelques branches de bambou.
Dès 8 heures du matin, avant l’ouverture du zoo, une file d’attente importante s’était constituée devant les grilles. « Nous sommes partis à 4 heures du matin, nous avions mis le réveil à 3 heures. Mon fils voulait absolument voir le bébé panda », a ainsi expliqué Delphine, venue de l’Oise, en région parisienne, avec son fils Kylian. « Nous avons le sentiment d’assister à un moment historique. C’est très émouvant », a-t-elle ajouté. A l’ouverture des portes, les visiteurs ont été accueillis par la famille Delord, propriétaire du zoo, avec des viennoiseries, du café et du chocolat chaud.
Ils ont pu admirer Yuan Meng qui déambulait dans la loge intérieure aménagée. La boule de poils de plus de 10 kg descendait une à une les roches sous les yeux d’une soigneuse prête à intervenir en cas de chute. Il a ensuite déboulé sur sa maman pour lui faire un câlin.

   


La « choupitude » des pandas
De son côté, le papa, Yuan Zi, imperturbable, mangeait du bambou dans un autre espace. « Cela fait dix jours que nous le sortons dans cet enclos pour qu’il s’habitue et que nous puissions vérifier que les aménagements réalisés sont sans danger », a expliqué Baptiste Mulot, responsable vétérinaire. « Les pandas ne sont pas gênés par le public, ils ne se rendent pas compte qu’il y a beaucoup de monde pour les voir », a-t-il précisé.
Pour Delphine Delord, directrice de la communication du zoo de Beauval, « l’engouement est extraordinaire » :
« La “choupitude” des pandas est à nouveau avérée. On ne s’attendait tout de même pas à un tel déferlement. »
En décembre, Brigitte Macron avait rendu visite au bébé panda, à l’occasion d’une grande cérémonie de baptême en présence de dignitaires chinois. Conformément à la tradition, Mme Macron est, avec l’épouse du président chinois, la marraine du petit ursidé herbivore qui ne pesait que 142 grammes à sa naissance, le 4 août.




                            


                        

                        


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Compte rendu

En Tunisie, la crise économique et sociale s’éternise

Les hausses d’impôt de 2018 ont mis le feu aux poudres dans un pays où l’inflation est élevée et où 30 % des jeunes sont sans emploi.

Charlotte Bozonnet
    



LE MONDE ECONOMIE
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        Le 13.01.2018 à 11h14

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        Mis à jour le 13.01.2018 à 14h55






    
Manifestation, à Tunis le 12 janvier, contre la hausse de la TVA et la mise en place de taxes sur des produits alimentaires de base.
Crédits : SOFIENE HAMDAOUI / AFP


Manifestations, arrestations, échauffourées : la contestation a éclaté en Tunisie en janvier, à la suite du vote de la loi de finances 2018. « Les gens se sentaient appauvris mais sans pouvoir désigner de responsable. Le budget a été un déclencheur », souligne Michaël Ayari, spécialiste de la Tunisie à l’International Crisis Group (ICG), un centre de recherche.
Adoptée le 9 décembre 2017 par l’Assemblée des représentants du peuple, la loi prévoit une augmentation de la TVA d’un point, mais aussi des hausses de taxes sur certains produits essentiels. L’alourdissement général de la fiscalité intervient dans un contexte déjà marqué par une inflation galopante (6 %), qui a érodé le pouvoir d’achat des Tunisiens, et par un taux de chômage très élevé (30 % chez les jeunes). Sept ans après la révolution, « le pays n’a pas réussi à proposer un nouveau modèle de développement », résume Michaël Ayari.
La situation économique n’a cessé de se dégrader. « L’activité est faible, l’emploi est bas, les tensions sociales persistent, la composition des dépenses s’est détériorée, et les déséquilibres extérieurs sont prononcés », listait le Fonds monétaire international (FMI) dans un de ses derniers rapports (mai 2016). L’instabilité sociale et la menace terroriste ont frappé de plein fouet les secteurs du tourisme et de l’industrie extractive, découragé les investissements tandis que l’économie parallèle – donc non soumise à l’impôt – a explosé. Le déficit budgétaire s’élève à 6 % du PIB, la dette publique à 70 % du PIB, la croissance stagne à environ 2 % tandis que le déficit commercial a atteint un niveau record.
Concurrence de l’Asie
En 2010, à la veille du soulèvement contre la dictature de Ben Ali, le pays est pourtant stable économiquement, salué même comme un « bon élève » par les institutions internationales et les partenaires étrangers. La croissance du régime est alors assurée par le tourisme, les phosphates, le textile, mais aussi les industries mécaniques et électriques. Le pays jouit d’un bon niveau d’investissements directs étrangers (IDE), et dispose aussi des transferts d’argent des Tunisiens travaillant à l’étranger. L’envers du décor est moins reluisant. « En réalité, l’économie s’était affaiblie dès 2008 [le début de la crise en Europe, son principal partenaire], rappelle l’économiste Radhi Meddeb, qui poursuit : Surtout, la croissance était de mauvaise qualité, très inégalitaire et non créatrice d’emplois. »
La politique économique développée à partir des années 1990 est celle de la main-d’œuvre bon marché destinée à rendre la Tunisie compétitive en matière d’exportations, principalement dans le textile – même si, à partir des années 2000, elle subit la concurrence d’autres pays, devenus moins chers, notamment en Asie. Le modèle fonctionne parce qu’il est porté par un pouvoir autoritaire. L’Union générale tunisienne du travail (UGTT), la centrale syndicale, assure aux travailleurs quelques augmentations et maintient le système en ordre. « Mais un tel fonctionnement n’est possible que dans le cadre d’un régime dur », souligne Michaël Ayari.
Avec la révolution, la parole se libère, y compris au sein des entreprises. Les travailleurs n’acceptent plus les conditions qui leur sont faites. Les grèves se multiplient, de même que les sit-in pour obtenir des emplois de fonctionnaires. Mais là où l’Etat bénaliste répondait aux velléités de revendications par la répression, les gouvernements post-2011 vont « acheter la paix sociale : l’Etat a embauché massivement », rappelle l’analyste d’ICG. La masse salariale de la fonction publique passe de 7 milliards de dinars (2,35 milliards d’euros) en 2010 à 15 milliards en 2018.
Lourdeurs bureaucratiques
L’Etat doit aussi faire face à la charge de son endettement croissant auprès des banques et des partenaires étrangers, et financer un coûteux système de subventions aux produits de base. La dette tunisienne grimpe et la monnaie, le dinar, perd de sa valeur depuis plusieurs années (– 20 % en 2017 par rapport à l’euro). Principale conséquence : Tunis a moins d’argent pour financer des projets de développement, notamment dans les régions de l’intérieur enclavées, historiquement marginalisées et en première ligne dans les contestations. Quant au flux d’investissements directs étrangers (IDE), il a reculé de plus de 40 % depuis 2012.
L’un des obstacles au dynamisme économique réside dans la lourdeur de la bureaucratie. La Tunisie reste une économie fermée, les autorisations administratives sont difficiles à obtenir, de même que l’accès au financement pour les PME. « Changer de modèle implique de modifier les conditions de production et de distribution de la richesse. Toute réforme a des gagnants et des perdants. Aujourd’hui, les potentiels perdants sont ceux qui profitaient du système antérieur. Ils sont puissants et très mobilisés », analyse l’économiste Radhi Meddeb.
Le chef de gouvernement, Youssef Chahed, nommé en août 2016, a été perçu plutôt positivement à ses débuts. Il a par exemple lancé une grande opération de lutte contre la corruption. Mais sa marge de manœuvre semble limitée. Le FMI, qui a octroyé en juin 2017 une nouvelle tranche d’aide de 314,4 millions de dollars (257,7 millions d’euros), exige en échange un certain nombre de réformes pour réduire les dépenses. M. Chahed fait surtout face à de fortes pressions politiques. La Tunisie est dirigée par une coalition de deux grands partis rivaux, Nidaa Tounes (dit « moderniste ») et Ennahda (islamiste). Cette stratégie du consensus a permis au pays d’avancer dans son processus de démocratisation, mais pas de répondre aux exigences économiques exprimées en 2011. « L’économie, ce n’est pas seulement de la technique, ce sont des arbitrages au service d’une vision politique. Comment deux partis aussi différents pourraient-ils se mettre d’accord sur un programme ? », interroge M. Meddeb.


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-5"> ¤ L’apparition d’acteurs instables et l’agressivité des nouvelles doctrines renforcent le risque d’une guerre atomique.
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édition abonné


Armes nucléaires : Paris s’inquiète de « risques accrus d’escalade »

L’apparition d’acteurs instables et l’agressivité des nouvelles doctrines renforcent le risque d’une guerre atomique.



Le Monde
 |    13.01.2018 à 10h39
    |

            Nathalie Guibert








                        



                                


                            

Prolifération, escalade : dans le domaine des armes nucléaires, l’instabilité stratégique va croissant, s’inquiètent les officiels français. « De plus en plus d’acteurs ont des capacités nucléaires qui se renforcent, avec des doctrines qui produisent plus d’instabilité, tandis que le cadre juridique multilatéral s’affaiblit », résume ainsi le directeur général des relations internationales et de la stratégie du ministère des armées, Philippe Errera. Ce diplomate, parfois rangé parmi les « faucons », a dressé devant l’Institut français des relations internationales (IFRI), mardi 9 janvier, un panorama des menaces telles que Paris les perçoit, de l’Iran à la Corée du Nord.
Aujourd’hui, « pour nombre d’acteurs, l’arme nucléaire ne sert pas qu’à dissuader, elle sert même de moins en moins à ça », souligne-t-il. Il serait, selon lui, dangereux pour la France de se contenter de projeter sur les autres puissances sa propre conception défensive. Dans la doctrine française de la dissuasion nucléaire, la bombe ne sert, en effet, pas à gagner une guerre: c’est une arme de légitime défense, par représailles. Or, dans un contexte sécuritaire très incertain, les puissances élargissent la gamme de leurs options militaires, estime ce spécialiste, avec des « risques accrus d’escalade jusqu’au franchissement du seuil nucléaire, par un déclenchement accidentel ou par la recherche d’une frappe en premier ».

L’Iran n’a pas violé ses engagements, souligne la France. Critiqué par le président américain, Donald Trump, l’accord international de juillet 2015, qui empêche pour dix ans le détournement du programme nucléaire civil iranien à des fins militaires, est jugé « solide », ce sur quoi les Européens sont d’accord. Dans une conversation téléphonique, jeudi 11 janvier, Emmanuel Macron avait rappelé à son homologue américain « l’importance » de ce texte.
« Parapluie nucléaire »
Reste que, pour Paris comme pour...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-6"> ¤ Les scandales de pédophilie et le sort des indigènes vont dominer la tournée pontificale.
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Visite sous tension du pape François au Chili et au Pérou

Les scandales de pédophilie et le sort des indigènes vont dominer la tournée pontificale.



Le Monde
 |    13.01.2018 à 10h15
 • Mis à jour le
13.01.2018 à 10h15
    |

            Christine Legrand (Buenos Aires, correspondante)








                        



   


Au cours de sa visite au Chili et au Pérou, du 15 au 21 janvier, le pape François sera confronté à plusieurs dossiers polémiques, qui pourraient entraîner des manifestations hostiles, en particulier les scandales pédophiles qui ébranlent l’Eglise dans ces deux pays latino-américains.
Dans une lettre ouverte au pontife, des victimes d’abus sexuels, des intellectuels chiliens et péruviens lui ont demandé de « combattre plus durement ces crimes exécrables », alors qu’il a promis la « tolérance zéro » à l’égard des pédophiles. A Rome, avant le voyage, le porte-parole du Vatican, Greg Burke, a indiqué que si des rencontres avec des victimes d’abus sexuels par des religieux au Chili ne figurent pas au programme officiel, elles pourraient toutefois avoir lieu de manière « très privée ». L’ONG américaine Bishop Accountability a publié, le 10 janvier, une liste de 78 prêtres mis en cause, depuis 2000, dans des cas de pédophilie au Chili.
Le thème de la transsexualité sera également d’actualité à Santiago, avec le vote prévu d’une loi sur l’identité de genre, le jour même de l’arrivée du pape. Le Vatican a par ailleurs confirmé que François aura une rencontre privée avec deux victimes de la dictature militaire d’Augusto Pinochet (1973-1990) à Iquique, dans le nord du pays.
Eglises attaquées
Le sixième voyage de François dans la catholique Amérique latine se déroulera au milieu d’un dispositif de sécurité jamais vu au Chili, avec 18 000 policiers et militaires mobilisés. Quatre églises de Santiago du Chili ont été la cible d’attaques, vendredi matin, dont certaines avec des engins incendiaires. Le pape se rendra à Temuco, à 600 km au sud de Santiago et non loin d’Osorno, où la désignation par le pape, en 2015, de l’évêque Juan Barros avait causé l’indignation. Ce dernier est accusé d’avoir protégé un prêtre pédophile, Fernando Karadima, suspendu à vie et condamné pour pédophilie au cours d’un procès canonique. Le pape a toujours refusé de recevoir les victimes du prêtre. Le collectif Laicos de Osorno a annoncé des manifestations de protestation.
Au Pérou, à la veille de la visite pontificale, le Vatican a mis sous tutelle, le 10 janvier, le mouvement catholique péruvien Sodalicio de Vida Cristiana, formé exclusivement de laïcs. Son fondateur, Luis Fernando Figari, est accusé d’abus sexuels sur une vingtaine de mineurs entre 1975 et 2002. Un prélat colombien, Noel Londoño Buitrago, a été nommé pour prendre les rênes de l’organisation. Le 13 décembre 2017, la justice péruvienne a demandé la mise en détention préventive de M. Figari et de trois autres membres du mouvement. Fondé en 1971 pour transformer des adolescents en « soldats du Christ », ce mouvement s’est répandu dans d’autres pays latino-américains, ainsi qu’en Italie et aux Etats-Unis.
Restitution de terres
Le pape François a par ailleurs souhaité s’intéresser tout particulièrement aux indigènes. Il se rendra en Araucanie, la Patagonie chilienne, secouée depuis plusieurs années par des protestations, parfois violentes, des communautés indiennes Mapuche. Elles réclament la restitution de territoires appartenant, selon eux, à leurs ancêtres, dont des terres occupées par l’Eglise. A la veille de l’arrivée du pontife, une Conférence internationale des peuples indigènes devait avoir lieu, dimanche 14 janvier, focalisée exclusivement sur sa visite. Les Mapuche les plus radicalisés ont condamné la visite du chef de l’Eglise catholique. Au Pérou, le pape visitera Puerto Maldonado, dans l’Amazonie péruvienne, où vivent quelque 350 000 indigènes qui dénoncent une intense activité minière, proche de l’esclavagisme et polluante.

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Au Chili, plusieurs voix critiquent une visite pontificale jugée « chère » et « mal préparée », selon le père Mariano Puga. Surnommé « le prêtre ouvrier », chantre de la lutte pour le respect des droits humains sous la dictature de Pinochet, il a dénoncé, le 8 janvier, l’absence de consultation des organisations ecclésiastiques de base dans l’établissement du programme de la visite. Quand il n’était que Jorge Bergoglio, François a vécu un an et demi au Chili, durant son noviciat comme jésuite, il y a près de soixante ans. Plus d’un million de pèlerins, venus d’Argentine, pays natal de François, sont attendus au Chili.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-7"> ¤ Le parti Droit et justice a fait adopter une réforme lui permettant d’accroître son contrôle sur la surveillance des prochains scrutins.
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Pologne  : un code électoral sur mesure pour les ultraconservateurs

Le parti Droit et justice a fait adopter une réforme lui permettant d’accroître son contrôle sur la surveillance des prochains scrutins.



Le Monde
 |    13.01.2018 à 10h10
    |

                            Intérim








                        



                                


                            

Déjà assuré du contrôle de la justice, des médias publics et des fonctionnaires, le parti conservateur Droit et justice (PiS) est sur le point de renforcer encore son emprise sur la Pologne en modifiant le code électoral. Une vaste réforme, adoptée par le Parlement dans la nuit du mercredi 10 au jeudi 11 janvier, deux mois seulement après l’introduction de la proposition de loi, prévoit en effet d’accroître les pouvoirs de l’exécutif dans l’organisation des élections.
Au motif de « renforcer la participation des citoyens dans le processus d’élection, de fonctionnement et de contrôle de certains organismes publics », le texte comporte en réalité des dispositions qui donneront au PiS la main sur les instances de contrôle du financement des partis politiques et de la régularité des élections. Cette réforme précède les scrutins locaux, qui se dérouleront dans onze mois et qui représentent pour le PiS la première occasion de vérifier sa popularité dans les urnes depuis son retour au gouvernement en 2015. En dépit d’une forte avance dans les sondages sur ses concurrents, le PiS dispose aujourd’hui de peu de pouvoir au niveau local, et reproche aux collectivités de freiner délibérément les investissements et l’exécution de certaines lois, afin de gêner le gouvernement.

La loi prévoit notamment d’étendre le scrutin proportionnel aux villes moyennes, ce qui devrait favoriser le PiS. Au nom de la lutte contre la fraude, la réforme adoptée cette semaine prévoit également l’installation de caméras dans les bureaux de vote, mais surtout le renforcement du rôle des « commissaires électoraux » qui seront chargés de l’organisation des scrutins à la place des collectivités. Tous les commissaires actuels seront révoqués dès l’entrée en vigueur de la loi au profit de candidats désignés par la Commission électorale d’Etat, sur proposition du ministre de l’intérieur. Contrairement à leurs prédécesseurs, ils ne devront pas nécessairement...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-8"> ¤ Un accord était en discussion sur la base de la reconnaissance par l’opposition de l’Assemblée nationale constituante en échange de l’ouverture d’un « canal humanitaire ».
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Venezuela  : dialogue ténu au sommet entre le pouvoir et l’opposition

Un accord était en discussion sur la base de la reconnaissance par l’opposition de l’Assemblée nationale constituante en échange de l’ouverture d’un « canal humanitaire ».



Le Monde
 |    13.01.2018 à 10h04
    |

            Jean-Michel Caroit (Saint-Domingue, correspondant)








                        



                                


                            

A l’image de la météo, pluvieuse, le dialogue entre le gouvernement et l’opposition du Venezuela a repris à Saint-Domingue dans un climat chargé. Seul l’hôte de la rencontre, le président dominicain, Danilo Medina, s’efforçait de paraître optimiste pour cette troisième réunion organisée dans son pays.
Les deux premières rencontres, en septembre puis en décembre 2017, n’avaient pas permis de mettre les deux parties d’accord. « Les représentants du gouvernement et de l’opposition vénézuélienne ont montré un grand engagement avec ce dialogue, c’est pourquoi nous espérons arriver à un accord définitif », confiait le ministre dominicain des relations extérieures, Miguel Vargas, à la veille de la reprise des pourparlers. José Luis Rodriguez Zapatero, l’ancien chef du gouvernement espagnol, qui a repris ses fonctions de médiateur, affichait un sourire un brin forcé à son arrivée.
« Mauvaise foi »
Du côté officiel vénézuélien, on a soufflé le chaud et le froid dans les jours précédant la reprise des négociations. « Notre délégation a reçu des instructions précises de ma part afin de donner des garanties totales et pleines pour la réalisation de l’élection présidentielle de cette année 2018 », a annoncé le président Nicolas Maduro à la chaîne VTV.
Le chef de la délégation chaviste, le ministre de la communication et de l’information, Jorge Rodriguez, a dit venir à Saint-Domingue « le cœur ouvert afin de parvenir à la coexistence pacifique et d’éliminer de manière définitive la violence dans la vie politique du Venezuela ». Une main tendue aussitôt suivie d’un avertissement : « Nous avons reçu des informations des services de renseignement sur le rapprochement de groupes violents et des responsables de partis comme Voluntad Popular ou Primero Justicia ont dit vouloir reprendre les actions violentes », a-t-il affirmé.

Dirigeant de Primero Justicia et ancien président du Parlement,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-9"> ¤ Critiqué face à l’ampleur de la corruption, le gouvernement s’efforce de donner des gages à ses partenaires européens.
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UE : les incertitudes de la présidence bulgare

Critiqué face à l’ampleur de la corruption, le gouvernement s’efforce de donner des gages à ses partenaires européens.



Le Monde
 |    13.01.2018 à 09h57
    |

            Cécile Ducourtieux (Sofia, envoyée spéciale)








                        



                                


                            

Faut-il s’inquiéter de voir la Bulgarie hériter durant les six prochains mois de la présidence tournante de l’Union européenne, alors que ce pays souffre d’une corruption endémique, et surtout parce qu’il est gouverné par une coalition entre les conservateurs et l’extrême droite ? Cet attelage ne risque-t-il pas d’avoir une influence néfaste sur une Union déjà fragilisée par les remises en cause de ses valeurs démocratiques, alors que la Pologne est sous le coup d’une procédure européenne pour violation de l’Etat de droit ?
L’année 2018 s’annonce risquée de ce point de vue pour Bruxelles, d’autant que c’est l’Autriche, elle aussi en partie gouvernée par l’extrême droite, qui prendra le relais de Sofia au second semestre. Inaugurant la présidence de l’UE à Sofia, jeudi 11 janvier, le premier ministre conservateur, Boïko Borissov, a multiplié les déclarations de foi pro-européennes. « L’UE est le meilleur endroit au monde où vivre, j’ai un très grand respect pour ses institutions », a affirmé cet ex-garde du corps réputé pour son pragmatisme.
Adhésion à l’euro
Fin 2017, son gouvernement s’est empressé, comme le recommandait la Commission, de présenter une nouvelle réforme de lutte contre la corruption. Elle est critiquée par l’opposition, et le président, Roumen Radev, y a mis son veto, mais il a été rejeté vendredi 12 janvier par le Parlement bulgare. A la tête de son troisième gouvernement depuis 2009, le dernier en date étant fragilisé par la présence de trois petits partis d’extrême droite très divergents, M. Borissov a par ailleurs officiellement réclamé l’adhésion à l’euro de la Bulgarie, pays le plus pauvre de l’Union. Elle serait prête, à l’en croire, avec un déficit public nul et une dette publique inférieure à 30 % du PIB. 
Présider l’UE consiste surtout à faciliter la formation de compromis entre Etats, et la Bulgarie, membre depuis seulement onze ans, dit vouloir respecter la neutralité que ce rôle implique....




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-10"> ¤ L’accord scellé vendredi prévoit de « renforcer » et de « réformer » la zone euro, ainsi que de la doter d’un « budget d’investissement ».
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Allemagne : Paris salue un accord « plus favorable au projet européen »

L’accord scellé vendredi prévoit de « renforcer » et de « réformer » la zone euro, ainsi que de la doter d’un « budget d’investissement ».



Le Monde
 |    13.01.2018 à 09h45
    |

            Thomas Wieder (Berlin, correspondant)








                        



                                


                            

La France a salué l’accord conclu, vendredi 12 janvier, entre les conservateurs (CDU-CSU) et les sociaux-démocrates (SPD) en vue de la formation d’un nouveau gouvernement en Allemagne. « Les termes de cet accord provisoire sont plus favorables au projet européen que ne l’étaient les termes actés dans les tentatives précédentes en fin d’année dernière », s’est félicité Emmanuel Macron, vendredi après-midi, à Paris, lors d’une conférence de presse conjointe avec le nouveau chancelier autrichien, Sebastian Kurz.

Les « tentatives » évoquées par le président français désignent les négociations ayant échoué, le 19 novembre 2017, près de deux mois après les élections législatives allemandes, entre la CDU-CSU, les libéraux-démocrates (FDP) et les Verts. « Si cette coalition avait vu le jour, les propositions de Macron sur l’Europe, en particulier sur la réforme de la zone euro, se seraient heurtées au feu rouge de l’Allemagne. Aujourd’hui, je n’irai pas jusqu’à dire qu’on est passé au feu vert. On est plutôt au feu orange. Autrement dit, tout est possible, même si beaucoup de choses restent à préciser », analyse l’économiste allemand Henrik Enderlein, directeur de l’Institut Jacques-Delors, à Berlin.
Pas de Fonds monétaire européen
L’entrée du FDP au gouvernement, en Allemagne, aurait sans doute contrecarré l’agenda européen de M. Macron. La perspective d’une nouvelle « grande coalition » entre la CDU-CSU et le SPD rend le jeu plus ouvert. L’accord scellé vendredi prévoit ainsi de « renforcer » et de « réformer » la zone euro, ainsi que de la doter d’un « budget d’investissement », l’Allemagne se disant prête par ailleurs – point significatif – à « contribuer davantage » au budget européen. Il n’entre toutefois pas dans le détail des propositions faites par M. Macron, notamment sur la création d’un ministre des finances et d’un Parlement de la zone euro.
Une proposition, en...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-11"> ¤ Le président veut mettre la pression sur les Britanniques pour obtenir des garanties dans le cadre des accords du Touquet.
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Migrants : Macron veut faire pression sur Londres

Le président veut mettre la pression sur les Britanniques pour obtenir des garanties dans le cadre des accords du Touquet.



Le Monde
 |    13.01.2018 à 09h43
    |

            Maryline Baumard, 
Philippe Bernard (Londres, correspondant) et 
Solenn de Royer








                        



                                


                            

Battre le fer quand il est chaud. Deux jours avant de se rendre à Sandhurst, au sud de Londres, pour un sommet franco-britannique, Emmanuel Macron se déplacera mardi 16 janvier à Calais, où survivent 600 migrants, en attente de passer au Royaume-Uni. Le chef de l’Etat visitera à la fois les forces de l’ordre, la mairie, les élus et les associations, pour évoquer les « grands principes qui régissent sa politique migratoire », sans entrer dans « le détail » du projet de loi sur l’asile et l’immigration, qui suscite l’ire des associations.
En quelques heures, le chef de l’Etat devra appréhender la difficile cohabitation entre le monde policier, les associations d’aide aux migrants et le secteur économique. Quand les premiers ont ordre d’éviter toute reconstitution de campement, les seconds travaillent à rendre un minimum de dignité aux Erythréens, Ethiopiens et Afghans, pendant que les patrons de sociétés locales tentent, eux, de faire comme si Calais n’était pas, depuis vingt ans, la ville qui cristallise les tensions migratoires en France.

Ce déplacement à Calais sera aussi l’occasion pour M. Macron de préparer le terrain du sommet franco-britannique qui sera consacré, jeudi 18 janvier, à la défense et aux questions migratoires, dont l’incontournable gestion de cette frontière commune très exposée puisqu’elle délimite l’espace Schengen.
Des accords jugés déséquilibrés
Selon plusieurs sources, l’épineuse question des accords du Touquet sera au cœur des discussions. Paris et Londres sont engagés depuis plusieurs semaines dans des négociations délicates concernant ces accords signés en 2003 dans la foulée de la fermeture du centre de Sangatte et qui créent un cadre juridique afin qu’agents français et britanniques puissent effectuer des contrôles dans les deux pays.
Paris espère décrocher un nouveau « protocole additionnel » aux accords du Touquet, concernant le regroupement familial et les mineurs isolés.
Trois...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-12"> ¤ La dirigeante birmane a déclaré vendredi que la reconnaissance par l’armée de son implication dans un massacre de cette communauté était une « indication positive ».
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Rohingya : la reconnaissance de l’implication de l’armée birmane est un « pas positif » pour Aung San Suu Kyi

La dirigeante birmane a déclaré vendredi que la reconnaissance par l’armée de son implication dans un massacre de cette communauté était une « indication positive ».



Le Monde
 |    13.01.2018 à 09h27
   





                        



   


La dirigeante birmane Aung San Suu Kyi a estimé vendredi 12 janvier au soir, à l’issue d’une rencontre avec le ministre japonais des Affaires étrangères, que la reconnaissance par l’armée birmane de son implication dans le massacre de dix Rohingya était un « pas positif ».
Mercredi, l’armée birmane avait pour la première fois, également reconnu l’existence, dans l’Etat de l’Arakan (nord), d’un charnier de membres de cette minorité musulmane victime d’exactions depuis des mois. L’armée avait toujours nié les accusations émises par des Rohingya.

        Lire aussi :
         

                Birmanie : l’armée reconnaît pour la première fois l’existence d’un charnier de Rohingya



Mais Mme Suu Kyi, dont le silence sur la question des Rohingya est largement critiqué à l’étranger, notamment par les défenseurs des droits de l’Homme, a tout de même voulu y voir un début positif. « C’est un nouveau pas fait par notre pays », a-t-elle déclaré vendredi soir.
« Etre responsables »
« Au bout du compte, le respect des lois dans un pays est de la responsabilité de ce pays. Ceci est une indication positive de ce que nous prenons les mesures pour être responsables », a-t-elle ajouté, selon le journal Global New Light of Myanmar.
Les musulmans Rohingya représentent la plus importante population apatride du monde depuis que la nationalité birmane leur a été retirée en 1982, sous le régime militaire. Près de 655 000 d’entre eux ont quitté la Birmanie pour se réfugier au Bangladesh depuis fin août, fuyant ce que les Nations unies considèrent comme une épuration ethnique menée par l’armée birmane.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-13"> ¤ Le festival australien itinérant, qui tient actuellement sa huitième édition, promeut à la fois les sons et les goûts français.
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Le « French chic » musical et culinaire s’empare d’Adelaïde

Le festival australien itinérant, qui tient actuellement sa huitième édition, promeut à la fois les sons et les goûts français.



Le Monde
 |    13.01.2018 à 09h21
 • Mis à jour le
13.01.2018 à 09h25
    |

            Bruno Lesprit (Adelaide, Australie, envoyé spécial)








                        



                                


                            

La proposition paraît franchement déraisonnable : organiser un festival pour découvrir des talents émergents de la scène musicale française à plus de 16 000 kilomètres de Paris, dans un pays anglophone. En l’occurrence l’Australie, où la connaissance du « French sound » contemporain s’arrête souvent à Daft Punk. So Frenchy So Chic avait réuni 3 400 spectateurs à Melbourne pour sa première édition, en 2012, avant de s’étendre à Sydney. Treize mille personnes sont attendues pour la huitième, qui a ajouté Adelaïde au programme.
La capitale de l’Australie méridionale, Etat qui se présente comme « festival state » sur les plaques d’immatriculation, apparaît comme un choix judicieux puisqu’elle a été retenue pour la construction de douze sous-marins aux termes du contrat remporté en avril 2016 par le groupe français Naval Group – avec mise en service du premier bâtiment en 2030. La cinquième ville du pays (1,3 million d’habitants), dont la Art Gallery of Southern Australia possède déjà vingt bronzes de Rodin, est donc appelée à devenir un hub français.
Pour l’heure, et c’est la grande surprise que réserve So Frenchy So Chic, la langue d’Edith Piaf se fait rare sur la verdure de Pinky Flat, un des parcs jouxtant le fleuve Torrens, qui arrose Adelaïde. D’ordinaire, un tel rendez-vous aimante surtout les expatriés. Ici, la fréquentation est à 85 % locale, affirme Jean-François Ponthieux, créateur du festival. Ce Nordiste de 49 ans a débarqué en Australie en 1995 pour y rencontrer Chris Murphy, ancien manageur du groupe INXS. Avec lui, il s’est lancé dans l’aventure des radios numériques en créant des programmations musicales. Avec la volonté de montrer une « France moderne, riche de ses traditions et débarrassée de ses clichés », accordéon et Saint-Germain-des-Prés pour faire court. Propulsée par Ta douleur, de Camille, la première compilation So Frenchy So Chic, en 2005, s’écoulera à 15 000 exemplaires. Les branchés australiens...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-14"> ¤ Eclaboussé par le scandale de corruption qui vise l’ancienne présidente Cristina Kirchner, il avait été placé en détention préventive en novembre.
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Argentine : l’ex-vice-président Amado Boudou va être remis en liberté

Eclaboussé par le scandale de corruption qui vise l’ancienne présidente Cristina Kirchner, il avait été placé en détention préventive en novembre.



Le Monde
 |    13.01.2018 à 07h03
 • Mis à jour le
13.01.2018 à 11h54
   





                        



   


La justice argentine a ordonné vendredi 12 janvier la remise en liberté d’Amado Boudou, vice-président de Cristina Kirchner de 2011 à 2015. Il avait été placé en détention préventive au début de novembre dans une affaire d’enrichissement illicite et blanchiment. La Cour fédérale en matière criminelle et correctionnelle a ainsi ordonné « sa libération immédiate ».

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« Ce n’est plus qu’une question d’heures avant qu’il ne recouvre la liberté », a déclaré son avocat, Eduardo Durañona, à une télévision argentine. Selon lui, l’ancien responsable sera transféré dans une résidence située dans le quartier de Barracas, à Buenos Aires.
M. Boudou, 55 ans, était théoriquement le deuxième personnage de l’Etat pendant le second mandat de Cristina Kirchner (2011-2015), mais son rôle était essentiellement protocolaire. Les faits qui lui sont reprochés concernent la période où il était ministre de l’économie (2009-2011).
Mme Kirchner elle-même a été mise en examen dans plusieurs affaires de malversations alors qu’elle présidait l’Argentine, de 2007 à 2015, tout comme un de ses ministres-clés, Julio de Vido, également poursuivi pour corruption.



                            


                        

                        


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En Allemagne, entre Angela Merkel et Martin Schulz, une coalition par défaut

Les conservateurs et les sociaux-démocrates se sont mis d’accord vendredi sur un cadre de négociations formelles en vue de former un gouvernement de coalition. Un compromis de circonstance.



Le Monde
 |    13.01.2018 à 06h38
 • Mis à jour le
13.01.2018 à 09h40
    |

            Thomas Wieder (Berlin, correspondant)








                        



                                


                            

Il ne faut pas se tromper sur la nature de l’accord scellé, vendredi 12 janvier à Berlin, entre les conservateurs (CDU-CSU) et les sociaux-démocrates (SPD). S’il constitue l’ébauche d’un programme de gouvernement pour les quatre ans à venir, il s’agit avant tout d’un compromis de circonstance qui vise à éviter ce que les dirigeants des trois partis, à l’instar d’une majorité d’Allemands, redoutent au plus haut point : la tenue de nouvelles élections, quelques mois seulement après celles du 24 septembre 2017, qui ont vu l’extrême droite entrer au Bundestag pour la première fois depuis la seconde guerre mondiale.
Pour rendre possible un tel compromis, chacun des deux camps a dû reculer sur certains points, tout en veillant à imposer sa propre marque ici et là. Le document de vingt-huit pages publié vendredi matin en témoigne. Le fait – assez surprenant pour un tel texte – que le premier chapitre soit consacré à la politique européenne (« Un nouvel élan pour l’Europe ») est ainsi une claire concession faite à Martin Schulz, le président du SPD. « Schulz devait justifier d’avoir accepté de discuter avec les conservateurs après avoir juré, le soir des élections, qu’il n’était plus question de gouverner avec eux. En faisant en sorte que l’Europe soit mise en tête des priorités de la future “grande coalition”, il a obtenu une victoire personnelle, lui dont l’ADN politique est lié à son passé d’ex-président du Parlement européen », analyse un proche.
A l’inverse, les conservateurs ont imposé l’essentiel de leurs vues en matière de politique migratoire. Une limite, comprise entre 180 000 et 200 000, sera ainsi fixée au nombre de demandeurs d’asile susceptibles d’être accueillis chaque année en Allemagne. De même, le regroupement familial pour les réfugiés bénéficiant d’une « protection subsidiaire » (ceux qui ont obtenu un titre de séjour d’un an renouvelable) sera strictement encadré. Actuellement suspendu, il va certes pouvoir reprendre, comme...




                        

                        


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A l’Elysée, Macron et Kurz minimisent leurs différences

Le chef de l’Etat a d’autant plus ménagé le chancelier autrichien, allié à l’extrême droite, que Vienne prendra la présidence de l’UE au second semestre



Le Monde
 |    13.01.2018 à 06h36
 • Mis à jour le
13.01.2018 à 09h58
    |

            Philippe Ricard








                        



   


Tout oppose en principe Emmanuel Macron au chancelier autrichien, Sebastian Kurz. Le premier a battu Marine Le Pen pour accéder à l’Elysée. Le second vient au contraire de prendre le pouvoir à Vienne grâce à une alliance avec l’extrême droite. Lors d’une rencontre à l’Elysée, vendredi 12 janvier, les deux dirigeants ont cependant cherché à minimiser leurs différences.

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Emmanuel Macron s’est bien gardé de faire la leçon au chef du gouvernement autrichien, même s’il a d’abord remarqué que son gouvernement né d’une alliance avec le FPÖ « a suscité l’inquiétude » lors de sa constitution. Il a remercié son interlocuteur d’avoir choisi Paris, avant Berlin la semaine prochaine, pour sa première visite bilatérale depuis son entrée en fonctions. Il a salué son « volontarisme » et ses points de convergence avec lui, au nom d’une « Europe qui protège ». Très à l’aise, M. Kurz a tutoyé M. Macron. Il a surtout demandé à « être jugé sur son programme et sur ses actes », en répétant son intention de mener une politique « proeuropéenne », en dépit de l’euroscepticisme de son partenaire de coalition, allié au Front national.
Divergences
M. Macron ménage d’autant plus son interlocuteur autrichien que son pays s’apprête au second semestre, après la Bulgarie, à occuper la présidence tournante de l’UE. La mise en place d’un gouvernement allemand permettra enfin, espère-t-il, de donner du corps à la relance continentale qu’il appelle de ses vœux, tout en poursuivant de délicates négociations sur le Brexit, le budget communautaire, ou les questions migratoires. Or, si l’Autriche choisit de jouer le jeu des pays d’Europe centrale, la tâche sera encore plus compliquée pour le tandem constitué par la France et l’Allemagne.

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Au-delà des formules diplomatiques, les divergences sont pourtant perceptibles. Quand le chef de l’Etat plaide pour « davantage d’Europe », le chancelier s’en remet à la subsidiarité, chère à son parti et à son allié d’extrême droite, qui veulent limiter les transferts de pouvoirs vers Bruxelles. « C’est le meilleur moyen pour être efficace », estime le dirigeant conservateur. Quand M. Macron souhaite une politique d’asile « humaine et efficace », son invité insiste sur le « contrôle des frontières extérieures », condition sine qua non, d’après lui, pour préserver un espace sans frontières intérieures.
S’il met en avant la souveraineté de chaque pays pour ne pas commenter les affaires intérieures autrichiennes, M. Macron précise aussi qu’il « déplore l’extrême droite partout », et la combat en France. « Mais, si elle est là, c’est que nous avons échoué à répondre aux angoisses dont elle se nourrit », lance-t-il en guise d’avertissement.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-17"> ¤ Le président américain a donné 120 jours à ses partenaires européens pour durcir les conditions de l’accord de 2015 sur le nucléaire iranien.
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Donald Trump lance un ultimatum sur l’Iran

Le président américain a donné 120 jours à ses partenaires européens pour durcir les conditions de l’accord de 2015 sur le nucléaire iranien.



Le Monde
 |    13.01.2018 à 06h35
 • Mis à jour le
13.01.2018 à 10h12
    |

            Gilles Paris (Washington, correspondant)








                        



   


Un nouveau répit, mais le temps est désormais compté. Donald Trump a accepté, vendredi 12 janvier, pour la troisième fois depuis son arrivée à la Maison Blanche, de prolonger la suspension des sanctions économiques contre l’Iran, levées dans le cadre de l’accord sur le programme nucléaire iranien conclu avec Téhéran et les autres grandes puissances (Allemagne, Chine, France, Royaume-Uni et Russie) en juillet 2015. Mais le président des Etats-Unis, qui ne cesse de dénoncer « le pire accord » jamais négocié par son pays, a assorti sa décision d’un avertissement.
« C’est la dernière chance », a-t-il assuré dans un communiqué. Si de nouvelles mesures coercitives visant l’Iran ne sont pas adoptées d’ici cent vingt jours, Washington sortira de l’accord, a-t-il prévenu. Alors que de nouvelles sanctions américaines ont été annoncées vendredi – visant notamment le chef de l’autorité judiciaire Sadegh Amoli Larijani, frère du président du Parlement –, le ministre iranien des affaires étrangères, Mohammad Javad Zarif, a réagi en assurant sur son compte Twitter que « la politique de Trump et l’annonce faite ce jour représentent des tentatives désespérées de saboter un accord multilatéral solide ».
En octobre 2017, après avoir reconduit de mauvaise grâce la suspension des sanctions, le président avait fait un premier pas dans une remise en cause en refusant de certifier que le texte était dans l’intérêt de la sécurité nationale des Etats-Unis. Cette certification avait été imposée en 2015 à son prédécesseur, Barack Obama, par des élus du Congrès des deux grands partis américains hostiles au résultat des négociations avec l’Iran. A cette occasion, Donald Trump avait déjà demandé au Congrès et aux alliés des Etats-Unis de « combler les nombreuses et graves lacunes de l’accord, afin d’empêcher le régime iranien de menacer le monde avec des armes atomiques ».
Défiance raisonnée
Il est revenu à la charge sur un ton virulent vendredi, qui peut être expliqué par la conjonction de deux éléments. Le premier a été la succession de troubles qui ont parcouru l’Iran début janvier. Ils ont poussé une administration d’ordinaire peu réactive sur la question des droits de l’homme à prendre à témoin, sans grand succès, le Conseil de sécurité des Nations unies. Le second tient à l’impasse où se trouve, au Congrès comme auprès des alliés européens de Washington, son projet de durcir l’accord.

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La franche hostilité de vendredi vis-à-vis de ce texte a en effet fait place, au Sénat comme à la Chambre des représentants, à une défiance raisonnée. Une bonne partie des élus, notamment démocrates, qui avaient voté en 2015 contre le compromis, sans pour autant rassembler les voix nécessaires pour le bloquer, n’entend pas rompre immédiatement avec l’accord et mettre en difficulté les relations des Etats-Unis avec leurs alliés, ainsi que la crédibilité de Washington. Or le projet de loi que Donald Trump appelle de ses vœux, parallèlement à la réécriture de l’accord lui-même, nécessite une majorité bipartisane pour l’instant introuvable au Sénat. Le Parti républicain n’y dispose que de 51 voix, alors qu’il en faut 60 pour échapper à une manœuvre d’obstruction.
Plaidoyer européen
Tout en affichant leur inquiétude face au programme balistique iranien et à une influence jugée déstabilisatrice au Proche-Orient, notamment au Yémen, en Syrie et au Liban, deux préoccupations sans cesse rappelées par Washington, les trois pays européens signataires (France, Allemagne et Royaume-Uni) campent en revanche sur une ligne de grande fermeté à propos du texte de 2015. Comme les autres signataires, russe, chinois et bien sûr iranien, ils jugent en effet impossible de le réécrire unilatéralement.
En visite à Bruxelles jeudi, M. Zarif a essuyé les critiques de la diplomate en chef de l’Union européenne, Federica Mogherini, sur les autres dossiers qui tiennent à cœur à Washington – le programme balistique de Téhéran et ses ambitions régionales. Mais l’administration américaine semble avoir été excédée par la vigueur du plaidoyer en faveur de l’accord nucléaire qui a rassemblé le responsable iranien et ses homologues allemand, britannique et français. Au cours d’une conversation téléphonique avec M. Trump, le même jour, Emmanuel Macron a lui aussi défendu « une application stricte de l’accord et l’importance de son respect par l’ensemble de ses signataires », ce qui va à l’encontre des intentions de son homologue américain.

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Impavide, ce dernier a invité « les pays européens-clés à se joindre aux Etats-Unis pour réparer les failles importantes de l’accord, contrer l’agression iranienne et soutenir le peuple iranien ». « Ceux qui, pour une raison ou une autre, choisiront de ne pas travailler avec nous, seront du côté des ambitions nucléaires du régime iranien, contre le peuple iranien et les nations pacifiques du monde », a averti Donald Trump. Ce ton comminatoire masque mal le fait que, à l’exception du dossier nord-coréen, les principales initiatives diplomatiques prises par son administration ont généralement laissé les Etats-Unis isolés.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-18"> ¤ Le groupe africain à l’ONU a condamné les propos « racistes » du président américain sur l’immigration en provenance de « pays de merde », rapportés la veille.
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Les « pays de merde » réclament des excuses à Donald Trump

Le groupe africain à l’ONU a condamné les propos « racistes » du président américain sur l’immigration en provenance de « pays de merde », rapportés la veille.



Le Monde
 |    13.01.2018 à 03h42
 • Mis à jour le
13.01.2018 à 12h32
   





                        


Une nouvelle fois, le président américain a choqué au-delà de ses frontières. Les ambassadeurs du groupe africain aux Nations unies (ONU) ont exigé, vendredi 12 janvier, dans un communiqué au langage très fort, des « rétractations » et des « excuses » à Donald Trump. Après une réunion d’urgence qui a duré quatre heures, le groupe se dit à l’unanimité « extrêmement choqué » et « condamne les remarques scandaleuses, racistes et xénophobes » de Donald Trump « telles que rapportées par les médias ».
Le groupe est « préoccupé par la tendance continue et grandissante de l’administration américaine vis-à-vis de l’Afrique et des personnes d’origine africaine à dénigrer le continent, et les gens de couleur » ; se déclarant « solidaire du peuple haïtien et des autres qui ont également été dénigrés » tout en remerciant « les Américains de toutes origines qui ont condamné ces remarques ». « Pour une fois, on est unis », a souligné un ambassadeur à l’Agence France-Presse (AFP), sous couvert d’anonymat.

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De Cuba à la francophonie, l’indignation internationale
Samedi 13 janvier, c’était au tour de la cheffe de l’organisation internationale de la francophonie (OIF), Michaëlle Jean, de réagir. Dans un tweet, la secrétaire générale de l’OIF a estimé que « le 1er représentant des Etats-Unis s’exprime en ces termes est indigne, troublant et offensant ». Mme Jean a ajouté : « Qu’il se souvienne que son pays s’est construit par la sueur et le sang, la force aussi d’hommes et de femmes arrachés à l’Afrique, sans qui les #USA ne seraient pas. »
L’ancien ministre français de la Culture Jack Lang n’a pas non plus mâché ses mots samedi en qualifiant quant à lui le président américain de « président de merde » sur son compte Twitter. « C’est un cri du cœur, un cri de révolte après ce qu’il a dit sur les Haïtiens », s’est justifié M. Lang, contacté par l’Agence France-Presse.
« J’ai envie qu’on dise dans le monde entier : “président de merde”, comme un cri de ralliement contre ce personnage humiliant et offensant », a insisté le président de l’Institut du monde arabe (Ima) en France.
Cuba a également fustigé vendredi les propos « racistes, dénigrants et grossiers ». « Ces déclarations pleines de haine et de mépris suscitent l’indignation du peuple cubain », a déclaré lors d’un journal télévisé le ministère des affaires étrangères cubain, Bruno Rodriguez, rappelant notamment l’importance du rôle joué par les Africains et les Haïtiens dans l’histoire de Cuba.
Le président vénézuélien, Nicola Maduro, a, de son côté, demandé vendredi à l’Alliance bolivarienne pour les peuples de notre Amérique (ALBA) d’exprimer sa solidarité aux pays « agressés » par le président états-unien. « Dans un premier temps vient le mot de mépris, puis les menaces et ensuite les actes », a déclaré M. Maduro, lors d’un conseil politique de l’ALBA à Caracas.
« Ce ne sont pas les mots utilisés », selon Trump
C’est lors d’une réunion sur l’immigration à la Maison Blanche avec des parlementaires que M. Trump s’est emporté jeudi sur l’immigration en provenance de « pays de merde », des mots qu’il a partiellement contestés.
Sollicitée jeudi soir sur ces propos, la Maison Blanche n’avait pas contesté ou démenti, se bornant à souligner que M. Trump se battrait « toujours pour le peuple américain ».

The language used by me at the DACA meeting was tough, but this was not the language used. What was really tough wa… https://t.co/8PvNzf41G4— realDonaldTrump (@Donald J. Trump)


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Vendredi matin, le président des Etats-Unis a réagi au tollé sur Twitter avec une formule alambiquée : « Le langage que j’ai utilisé lors de la réunion était dur, mais ce ne sont pas les mots utilisés », a-t-il affirmé. Plusieurs parlementaires ont de leur côté assuré avoir bien entendu ces mots, ou avoir eu confirmation de première main de la part de personnes présentes.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-19"> ¤ Le poids, la pression artérielle et le taux de cholestérol du président des Etats-Unis ont été examinés. Mais cela ne dissipe pas les doutes sur sa santé mentale, émis par ses détracteurs.
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Verdict de sa visite médicale : Donald Trump est « en excellente santé »

Le poids, la pression artérielle et le taux de cholestérol du président des Etats-Unis ont été examinés. Mais cela ne dissipe pas les doutes sur sa santé mentale, émis par ses détracteurs.



Le Monde
 |    13.01.2018 à 01h49
 • Mis à jour le
13.01.2018 à 10h55
   





                        



   


Donald Trump s’est finalement plié à la tradition de la visite médicale, un an après son arrivée au pouvoir. Le président américain est, à 71 ans, « en excellente santé », a informé vendredi 12 janvier la Maison Blanche en citant son médecin.
« La visite médicale du président aujourd’hui à l’hôpital national militaire de Walter Reed s’est extraordinairement bien passée », a précisé le médecin Ronny Jackson, qui était auparavant chargé du prédécesseur démocrate de M. Trump, Barack Obama. Il doit donner des détails sur le bulletin de santé mardi. Ce bilan devait se limiter au poids, à la pression artérielle et au taux de cholestérol.

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Alors que ses détracteurs s’interrogent ouvertement sur la santé mentale de M. Trump, aucun examen psychiatrique n’était prévu pour celui qui s’est lui-même qualifié de « génie stable ».
Sa santé mentale questionnée
Le président états-unien n’a aucune obligation de se soumettre à un bilan de santé ni d’en rendre publics les résultats. Mais c’est devenu une tradition. Donald Trump, homme le plus âgé de l’histoire américaine à accéder à la présidence, suit ainsi ses prédécesseurs.
Pendant la campagne, son médecin personnel, Harold Bornstein, avait assuré qu’il serait « l’individu en meilleure santé jamais élu à la présidence ».

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Mais les questions sur sa stabilité mentale demeurent et viennent d’être relancées par le livre polémique du journaliste Michael Wolff qui dresse un portrait au vitriol de l’ancien magnat de l’immobilier, assurant que son entourage doute de sa capacité à gouverner.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-20"> ¤ La messagerie sécurisée, très populaire en Iran, a permis de coordonner les récentes manifestations, mais participe aussi de l’activité professionnelle de près d’un million d’Iraniens.
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En Iran, le blocage de Telegram touche l’économie du pays

La messagerie sécurisée, très populaire en Iran, a permis de coordonner les récentes manifestations, mais participe aussi de l’activité professionnelle de près d’un million d’Iraniens.



Le Monde
 |    12.01.2018 à 21h17
 • Mis à jour le
12.01.2018 à 22h02
    |

            Ghazal Golshiri (Téhéran, correspondance)








                        


Depuis la fin de la vague de manifestations qui a touché, jusqu’au 5 janvier, 80 villes en Iran, Telegram, un service d’échange de messages sécurisés à deux ou en groupe, où chacun peut aussi créer une « chaîne » de publication ouverte au public, demeure bloqué. Le président Rohani a promis, le 8 janvier, qu’il serait rouvert. Mais les organes de sécurité semblent réticents à lever la censure sur ce réseau, qui a largement répandu une information non filtrée durant les troubles et qui a servi à coordonner des manifestations éparses.

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                L’application Telegram bloquée en Iran pour « maintenir l’ordre »



Hassan Rohani ne fait pourtant pas de la levée de la censure un enjeu de liberté d’expression. Cohérent avec sa défense de la liberté des échanges sur Internet depuis son arrivée au pouvoir, en 2013, il s’appuie sur des arguments purement économiques, qui trouvent un large écho dans le pays. Avec 40 millions d’utilisateurs actifs, soit la moitié de la population iranienne, Telegram a, en effet, fini par occuper, en quelques années à peine, une place non négligeable dans l’économie du pays.
Les Iraniens l’utilisent pour rester en contact avec leurs proches, mais aussi pour développer leur commerce. Pour certains, cette application représente une unique source de revenus. Selon l’analyste économique Iman Behboudi, spécialiste des questions numériques, le blocage de Telegram coûte à l’Iran, depuis le 31 décembre, 500 milliards de tomans par mois, soit 9 millions d’euros. Il gênerait l’activité professionnelle de près d’un million d’Iraniens, à des degrés divers.
« Les gens sont descendus dans la rue parce qu’ils ont faim »
« Avant les manifestations, tous les mois, je vendais entre 170 et 200 kg de miel bio, essentiellement via ma chaîne Telegram. Mais, depuis le blocage, je n’en ai vendu que 20 kg, explique Hadi, 28 ans, qui détient une société de distribution de miel et un magasin à Machhad, la grande ville de l’Est iranien. Je travaille avec cinq apiculteurs, dispersés un peu partout dans le pays. Ils sont tous inquiets de la situation. En plus de ça, il y a un mois, j’ai employé un vendeur pour ma boutique à qui je paie un salaire d’un million de tomans par mois [soit 190 euros]. Si le blocage de Telegram continue, je serai obligé de le virer. »
Marié et père de deux enfants, Hadi a été témoin de la première manifestation dans le pays, intitulée « Contre la vie chère », qui a eu lieu dans sa ville, Machhad, le 28 décembre. « Les gens sont descendus dans la rue parce qu’ils ont faim », explique Hadi, qui rejette les accusations de l’entourage du président modéré contre ses adversaires ultraconservateurs, soupçonnés d’avoir déclenché le rassemblement à Machhad pour affaiblir le gouvernement. La contestation s’était très rapidement propagée dans 80 villes iraniennes, hors de tout contrôle avant de s’essouffler une semaine plus tard. Les slogans des manifestants avaient fini par dénoncer toutes les branches du pouvoir.

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Les autorités iraniennes, cherchant à « maintenir l’ordre », ont demandé dans un premier temps à Telegram de bloquer la chaîne Amadnews, suivie par plus d’un million d’abonnés, qui publiait des vidéos et des informations sur les manifestations, et qui n’hésitait pas à inciter à l’insurrection contre le pouvoir. Telegram – dont les statuts rejettent les appels à la violence – avait accepté cette fermeture, mais d’autres chaînes ont aussitôt vu le jour, partageant les mêmes contenus, que Telegram a refusé de fermer. Téhéran a fini par suspendre l’accès à la messagerie, aujourd’hui exclusivement accessible à l’aide de logiciels « antifiltrage ».
Parsa, un habitant de Téhéran qui gagne sa vie en publiant des messages publicitaires sur ses quatre chaînes de divertissement sur Telegram, n’est pas allé manifester. « Parce que ma vie allait bien. Avant le blocage de Telegram, je gagnais 3 millions de tomans par jour [560 euros] », explique ce jeune homme de 18 ans. Un revenu très élevé en Iran, à peu près équivalent au salaire mensuel d’un ingénieur. Mais, depuis le blocage, Parsa a été contraint de licencier sept de ses huit employés, car le nombre de « vues » sur les postes de ses chaînes a drastiquement chuté, diminuant ses recettes publicitaires. « Les contenus de ma chaîne “Blagues”, qui compte 500 000 abonnés, ont perdu 60 % de leur audience par rapport au mois de décembre 2017, c’est-à-dire avant le blocage de Telegram », explique-t-il.
Le chômage, l’une des causes des manifestations
Hossein, 26 ans, lui aussi à la tête d’une chaîne de divertissement, suivie par 600 000 abonnés, constate la même chute. « Avant le blocage, nous publiions les messages publicitaires de grandes compagnies iraniennes comme Digikala [équivalent local d’Amazon], Samsung et Snapp [un Uber à l’iranienne]. Mais depuis le 31 décembre 2017, ils ont considérablement diminué la quantité de leurs publicités chez nous, ou bien ils ne nous en envoient simplement plus. » Résultat : Hossein a déjà licencié quatre de ses cinq employés. « J’ai investi pendant trente mois sur ma chaîne Telegram pour arriver à ce niveau de popularité. J’ai compté sur les paroles du président Rohani qui avait promis de ne jamais bloquer Internet. Je suis vraiment en colère. Après ça, comment veulent-ils nous faire croire que les officiels veulent créer de l’emploi pour les jeunes ? », s’indigne Hossein. Le chômage, élevé en Iran, touche 28 % des moins de 30 ans, selon des chiffres officiels sous-évalués : c’est l’une des causes de la récente vague de manifestations.
Pour le moment, le plaidoyer du président Rohani en faveur de la réouverture de Telegram n’a pas eu de conséquences concrètes. M. Rohani préside pourtant le Conseil suprême de la sécurité nationale, qui rassemble certains ministres, des représentants des forces de sécurité, de la justice et de l’armée : c’est cet organe qui avait décidé du blocage de Telegram durant les manifestations.

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Depuis le début du mois de janvier, beaucoup d’Iraniens se sont précipités sur le marché noir pour acheter des logiciels « antifiltrage ». Le téléchargement en Iran de l’une de ces applications, Psiphon, a connu une hausse de 1 650 %. Certaines autorités évoquent dans le même temps la possibilité de développer une application iranienne, locale, afin de remplacer Telegram. Une telle perspective est, pour l’heure, peu crédible. Fondé par un entrepreneur russe, Telegram tire une large part de sa popularité, en Iran, de la garantie de confidentialité qu’il apporte à ses utilisateurs – une sécurité relative, cependant, affirment plusieurs experts. Les utilisateurs iraniens craignent que les données qu’ils échangeraient sur une nouvelle messagerie, dont les serveurs seraient basés en Iran, ne finissent sous l’œil des autorités.



                            


                        

                        

