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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-1"> ¤ A Tunis, le gouvernement devrait annoncer des mesures en faveur des familles modestes dans l’espoir de désamorcer l’agitation sociale contre la vie chère.
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Analyse

En Tunisie, le pouvoir cherche à reprendre la main face à la grogne sociale

A Tunis, le gouvernement devrait annoncer des mesures en faveur des familles modestes dans l’espoir de désamorcer l’agitation sociale contre la vie chère.

Frédéric Bobin (Tunis, correspondant)
    



LE MONDE
              datetime="2018-01-13T17:53:50+01:00"

        Le 13.01.2018 à 17h53






    
Dimanche 14 janvier, la Tunisie marquera le 7e anniversaire de la chute de la dictature de Ben Ali.
Crédits : YASSINE GAIDI / AGENCE ANATOLIE


L’exécutif tunisien s’efforçait de reprendre la main, samedi 13 janvier, à la veille du 7e anniversaire de la chute de la dictature de Ben Ali, qui offrira l’occasion aux animateurs du mouvement social contre la vie chère de redescendre dans la rue. Depuis le 8 janvier, la Tunisie est en proie à une vigoureuse agitation ciblant l’augmentation du coût de la vie, conséquence d’une loi de finances ayant programmé une hausse de la fiscalité indirecte afin d’enrayer la dérive des déficits publics.
En fin de semaine, la violence qui avait émaillé certains attroupements nocturnes, à Tunis comme dans certaines localités de l’arrière-pays, a connu un net reflux. Mais la pression de la rue continuera néanmoins de se faire sentir, comme devraient l’illustrer dimanche les rassemblements auxquels se joindra l’Union générale tunisienne du travail (UGTT), qui était jusqu’à présent resté en marge du mouvement.

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Réunion à Carthage
Samedi, le président de la République, Béji Caïd Essebsi, a réuni à Carthage, banlieue située au nord de Tunis, les partenaires (partis politiques, syndicats…) de l’« accord de Carthage ». Ce document, signé sous son égide à l’été 2016, avait pour but d’élargir le consensus autour de l’action gouvernementale. La grande question est de savoir si le gouvernement de Youssef Chahed verra sa marge de manœuvre redéfinie au sein de ce dispositif dirigeant.
La relation entre M. Chahed et M. Essebsi est en effet malaisée, tout comme est conflictuel son lien avec Nidaa Tounès, le parti dominant la coalition gouvernementale dirigée par Hafedh Caïd Essebsi, le propre fils du chef de l’Etat. Selon plusieurs observateurs, Nidaa Tounès pourrait tenter de profiter de l’occasion pour chercher à mettre sous tutelle M. Chahed, ce dernier étant parvenu jusqu’à présent à conserver son autonomie d’action par rapport à ce parti dont il est issu.
Le président de la République, qui est cœur du jeu politique tunisien, va donc essayer de remettre en ordre de bataille son camp – il est le fondateur de Nidaa Tounès – tout en conservant une relation de travail fonctionnelle avec les autres partis membres de la coalition gouvernementale, au premier rang desquels le parti islamiste Ennahda.

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Un « socle de protection social » à l’étude
Parallèlement, il lui faudra annoncer des mesures propres à apaiser la grogne sociale. Selon certaines sources, un relèvement du salaire minimal ou des pensions des retraités les plus vulnérables pourrait être décidé. « Il faut travailler sur un socle de protection sociale », explique une source gouvernementale. Il est toutefois peu probable que le pouvoir accepte de réviser la loi de finances votée à la fin de 2017 –, comme le réclament les animateurs du mouvement social. « Il faut éviter la facilité de mesures de replâtrage qui ne font qu’aggraver notre endettement public déjà lourd », ajoute l’officiel.
M. Chahed ne dispose que d’options limitées pour sortir de la mauvaise passe actuelle. A la pression de la rue s’ajoutent les tensions internes au bloc exécutif, notamment sa relation heurtée avec Nidaa Tounès, dont certains dirigeants s’emploient ouvertement à torpiller le chef du gouvernement, coupable à leurs yeux de nourrir des ambitions personnelles. Dans ce conflit larvé, le chef de l’Etat, Béji Caïd Essebsi, prétend être neutre. Mais sa relation familiale avec le chef de Nidaa Tounès (son fils Hafedh Caïd Essebsi) rend l’équidistance assez fictive.
La force de M. Chahed tient toutefois dans sa relative popularité. De larges factions de l’opinion publique ont soutenu la campagne anticorruption lancée au printemps 2017. Certains proches du chef du gouvernement vont même jusqu’à sous-entendre que l’agitation sociale actuelle est orchestrée en coulisse par des réseaux mafieux, affaiblis par l’offensive gouvernementale. « Il est clair que le gouvernement est ciblé à cause de sa guerre contre la corruption », avance une source gouvernementale.

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« Nous tenons à l’actuelle stabilité politique »
Dans les dernières semaines, M. Chahed a dû faire montre d’une plus grande modestie dans l’affichage de ses ambitions politiques ; ce qui semble avoir détendu sa relation avec le chef de l’Etat – lequel n’a pas exclu de se présenter à sa propre succession, en 2019. Mais la tension reste vive avec Nidaa Tounès. Dans ce jeu de rivalités, Nidaa Tounès a pu compter sur le soutien passif du parti islamiste Ennahda, son principal allié au sein de la coalition au pouvoir. Ennemis irréductibles entre 2011 et 2014, les deux formations se sont spectaculairement réconciliées à partir de 2014 sur la base d’un projet de cogérance du pays.
Cette entente cordiale est toutefois sous pression, en raison notamment de l’affaiblissement continu de Nidaa Tounès, plongé dans la crise interne depuis la conquête du parti par Hafedh Caïd Essebsi, le fils du président. En outre, la réconciliation avec les islamistes a été mal comprise par la base électorale du parti. Afin de remobiliser ses troupes dans la perspective des élections municipales prévues en mai, Nidaa Tounès affiche désormais la volonté de prendre ses distances avec Ennahda. Mais la coalition gouvernementale étant maintenue entre les deux formations, il n’est pas sûr que cette nouvelle option tactique fasse la différence et permette à Nidaa Tounès de reconquérir le terrain perdu.

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Un contexte politique qui met en difficulté le chef du gouvernement, confronté à sa plus grave crise depuis sa nomination, en septembre 2016. M. Chahed doit louvoyer entre une rue en colère et les faux amis de son camp. Il a pu compter jusqu’à présent sur la compréhension de l’UGTT avec laquelle il a établi une relation de travail fructueuse. « Il a bénéficié de notre soutien silencieux », admet un cadre de l’Union générale tunisienne du travail, qui dénonce la chute du nombre de grèves ces derniers mois, indicatrice de la bonne volonté du syndicat. « Les adversaires de Chahed veulent déstabiliser le gouvernement, ajoute-t-il. Mais nous tenons à l’actuelle stabilité politique. »
L’UGTT devrait entrer en lice ces prochains jours sur le front social, mais pour mieux l’encadrer. Comme souvent dans l’histoire de la Tunisie contemporaine, le jeu de bascule de l’UGTT se révèle souvent déterminant pour conforter ou fragiliser le pouvoir.


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-2"> ¤ Déterminés, les opposants au projet de nouvel aéroport à Notre-Dame-des-Landes se préparent à affronter les forces de l’ordre.
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Dans la ZAD du bocage nantais : « Ici, c’est comme un bâton de dynamite »

Déterminés, les opposants au projet de nouvel aéroport à Notre-Dame-des-Landes se préparent à affronter les forces de l’ordre.



Le Monde
 |    13.01.2018 à 10h37
    |

                            Intérim (Notre-Dame-des-Landes (Loire-Atlantique) - envoyé spécial)








                        



                                


                            

L’hélicoptère de la gendarmerie est de retour dans le ciel de Notre-Dame-des-Landes (Loire-Atlantique). L’aéronef surveille les mouvements des occupants de la zone du projet d’aéroport – 1 650 hectares – et inventorie les lieux de vie implantés au fil de la lutte : habitations en dur, cabanes de fortune, yourtes, caravanes. Sitôt que le bourdonnement du rotor se fait entendre, les « Camille », le prénom générique que déclinent les occupants de la ZAD (zone d’aménagement différé pour les promoteurs, devenue « zone à défendre » pour les opposants), rabattent leur capuche pour tenter d’« échapper au radar ». Pour se dissimuler, un homme déploie un parapluie tacheté de rosettes léopard. « Bah, avec les caméras thermiques, ils doivent réussir à voir ton visage », s’amuse un camarade.
Selon le dernier décompte des autorités, 350 personnes occuperaient le site. Les zadistes présentent « des profils extrêmement hétérogènes », souligne Nicole Klein, préfète de région et de Loire-Atlantique. Ils sont ainsi « militants radicaux, anticapitalistes, agriculteurs, véganes, antispécistes ». « Récemment, on a vu des renforts arriver, sans doute prêts à jouer les gros bras », rapporte Jean-Paul Naud, maire (sans étiquette) de Notre-Dame-des-Landes. Opposé à l’aéroport, l’élu redoute « des affrontements ultraviolents » si le gouvernement donne son feu vert.

Au lieu-dit La Rolandière, où s’élève un phare faisant office de vigie, un Nantais, installé à demeure depuis 2012, prévient : « On n’a pas l’intention de baisser les bras, d’autant que la médiation diligentée par le gouvernement a mis au jour l’existence d’une alternative réelle avec l’aménagement de l’aéroport actuel de Nantes-Atlantique. Ce qui se joue ici, ce n’est pas l’affaire de 150 pré-terroristes ou fous dangereux : si tel était le cas, le gouvernement serait débarrassé du sujet depuis belle lurette. On est dans une lutte collective,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-3"> ¤ Les meilleures images des télescopes spatiaux Hubble et Spitzer ont été utilisées pour réaliser cette visite en 3D de l’une des plus vastes régions de formation stellaire de notre galaxie.
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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-4"> ¤ Interdite depuis 1998, la pêche électrique profite pourtant de larges dérogations accordées par l’Union européenne en mer du Nord. Quels en sont les risques ? Pourquoi les pêcheurs français s’y opposent-ils ?
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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-5"> ¤ L’Olympique de Marseille s’est imposé 3-0 au Stade Rennais grâce à un grand Florian Thauvin et recolle au podium de Ligue 1.
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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-6"> ¤ Editorial. La contamination à la salmonelle provoquée par les produits du groupe laitier illustre les failles actuelles de la sécurité sanitaire.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-6"> ¤                     
                                                

Lactalis : « Il faut renforcer les ­contrôles et les sanction »

Editorial. La contamination à la salmonelle provoquée par les produits du groupe laitier illustre les failles actuelles de la sécurité sanitaire.



Le Monde
 |    13.01.2018 à 10h24
 • Mis à jour le
13.01.2018 à 15h05
   





                        


Editorial du « Monde ». Alors que la crise du lait infantile menace de s’étendre en Europe – un cas de salmonellose vient d’être détecté en Espagne, un autre suspecté en Grèce –, Bruno Le Maire a tapé du poing sur la table. Vendredi 12 janvier, après avoir convoqué Emmanuel Besnier, le toujours invisible président de Lactalis, le ministre de l’économie a annoncé que le leader mondial du lait devra reprendre tous les produits laitiers infantiles fabriqués sur son site de Craon (Mayenne), « quelle que soit leur date de fabrication, dans tous les lieux de commercialisation, en particulier la grande distribution et les pharmacies ». Le précédent rappel, qui courait à partir de février 2017, a été élargi. Pour autant, M. Le Maire a écarté une fermeture du site de Craon, où 250 salariés sur 327 sont déjà au chômage technique.

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Révélée début décembre 2017, la contamination à la salmonelle provoquée par les produits de Lactalis – à la date du 9 janvier, en France, 37 nourrissons, âgés de 2 semaines à 9 mois, ont été atteints de salmonellose – est à l’origine de scandales à la chaîne. Le premier responsable est évidemment Lactalis, une entreprise opaque qui ne fait pas de quartier à ses concurrents et pratique le culte du secret, au point de ne pas publier ses comptes. Face au refus du géant agro­alimentaire de retirer les produits contaminés, M. Le Maire a suspendu, le 9 décembre, la commercialisation de ses laits infantiles. Lactalis fait l’objet d’une enquête préliminaire du parquet de Paris pour « blessures involontaires », « mise en danger de la vie d’autrui », « tromperie aggravée par le danger pour la santé humaine » et « inexécution d’une procédure de retrait ou de rappel d’un produit ».
Sous-estimation de la gravité de la crise
Mais le scandale sanitaire a fait tache d’huile. Les dysfonctionnements ont aussi touché la grande distribution. Au lendemain des Etats généraux de l’alimentation, qui avaient pour but de rétablir la confiance avec les consommateurs, tous les distributeurs, de Carrefour à Auchan en passant par Leclerc et Système U, qui avaient bien géré le retrait des œufs contaminés au fipronil, ont reconnu des défaillances. Toutes les chaînes ont continué à vendre des produits contaminés après leur rappel. Certaines enseignes ont tenté de se justifier, évoquant la période des fêtes, qui n’a pas permis de se concentrer sur les laits infantiles, ou encore une inflation incompréhensible dans les procédures de retrait. Le président d’Intermarché, Thierry Cotillard, s’en est pris à l’« amateurisme » de Lactalis, qui, la main sur le cœur, multiplie les excuses…
L’Etat a pris ses responsabilités. La direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) a effectué, depuis le 26 décembre, 2 500 contrôles et en a programmé autant la semaine prochaine, pour vérifier la disparition des produits contaminés des rayons et des stocks. Mais des responsables politiques ont jugé que la DGCCRF, en raison d’une baisse de son budget et de son personnel, n’avait pas les moyens de jouer pleinement son rôle de surveillance.

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                Ce qu’il faut retenir de l’affaire du lait contaminé Lactalis



Cette chaîne de dysfonctionnements résulte aussi d’une sous-estimation de la gravité de la crise, comme si on n’avait pas mesuré les effets de contamination d’un produit aussi sensible que le lait pour nourrisson. Parce que la sécurité sanitaire n’a pas de prix, il faudra renforcer les ­contrôles et les sanctions pour que de tels scandales ne se reproduisent pas. En toute transparence.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-7"> ¤ « Racisme d’Etat », colonisation, voile islamique… la militante assume des positions tranchées et travaille au corps la société française.
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Article sélectionné dans La Matinale du 11/01/2018
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Rokhaya Diallo, l’antiraciste qui divise


                      « Racisme d’Etat », colonisation, voile islamique… la militante assume des positions tranchées et travaille au corps la société française.



Le Monde
 |    12.01.2018 à 06h41
 • Mis à jour le
13.01.2018 à 11h52
    |

            Raphaëlle Bacqué








                              

                        

Dans la liste, seul son nom a été retoqué. Parmi les trente personnalités pressenties avant Noël pour faire partie du Conseil national du numérique (CNNum), ni la présence d’une agricultrice spécialiste de permaculture ni celle d’un médecin ou d’une écrivaine au beau milieu d’universitaires et de « start-upeurs », n’avaient paru illégitimes. Celle de Rokhaya Diallo, si. « Pourquoi prendre quelqu’un qui défend le port du voile islamique ? », a glissé un visiteur à Marie Ekeland, l’entrepreneuse choisie par le secrétaire d’Etat chargé du numérique, Mounir Mahjoubi, pour présider le CNNum. « Vous savez qu’elle est proche des indigènes de la République ? », a fait remarquer un autre. « Diallo ? Celle qui affirme qu’il existe en France un racisme d’Etat ? », s’est insurgé un troisième.
Comment Marie Ekeland aurait-elle pu ignorer que son choix de nommer cette jeune militante noire, fondatrice des Indivisibles, au sein du petit groupe chargé – bénévolement – de penser l’impact du numérique sur la société française, ferait débat ?
Cédric O, le conseiller conjoint d’Emmanuel Macron et du premier ministre, Edouard Philippe, comme Mounir Mahjoubi, avaient déjà lu la longue notice Wikipédia consacrée à Rokhaya Diallo. Tous les tumultes de l’époque y figurent, bien classés par alinéa : « antiracisme », « racialisme », « camps d’été réservés aux personnes non blanches », « communautarisme », « afroféminisme », « islam politique », « déclaration sur Ben Laden », « attentats contre Charlie Hebdo », le tout nourri par 99 notes en bas de page !
Pour une « journaliste, réalisatrice et militante associative » française de 39 ans, habituée des radios et du plateau télé de Cyril Hanouna, c’est presque un record. « Elle n’est pas “mainstream” », préfèrent dire les trentenaires du nouveau pouvoir, avec ce goût pour les anglicismes qui...




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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-8"> ¤ Un texte, paru dans « Le Monde » et signé par une centaine de femmes rejetant le « puritanisme » apparu avec l’affaire Weinstein, a fait grand bruit. Retour sur son itinéraire et les débats qu’il suscite.
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L’instant Deneuve : retour sur une tribune polémique

Un texte, paru dans « Le Monde » et signé par une centaine de femmes rejetant le « puritanisme » apparu avec l’affaire Weinstein, a fait grand bruit. Retour sur son itinéraire et les débats qu’il suscite.



Le Monde
 |    13.01.2018 à 06h00
 • Mis à jour le
13.01.2018 à 13h01
    |

                            Franck Nouchi (Médiateur du Monde)








                        


La chronique du médiateur. Une tribune signée par une centaine de femmes rejetant le « puritanisme » apparu avec l’affaire Weinstein a fait grand bruit. Retour sur son itinéraire et les débats qu’elle suscite.
C’est ainsi : certains papiers que l’on pensait retentissants font parfois « pschitt ». D’autres, au contraire, mettent le feu aux poudres. La tribune intitulée « Des femmes libèrent une autre parole » signée, entre autres personnalités, par Catherine Deneuve, Catherine Millet et Ingrid Caven, et publiée dans Le Monde (daté 10 janvier), est à l’évidence à classer dans la seconde catégorie.
Commençons par rappeler les faits, tels qu’ils nous ont été rapportés par le responsable des pages « Débats » du Monde, Nicolas Truong.
Dans la soirée du vendredi 5 janvier, il reçoit un coup de fil de Catherine Millet. L’auteure de La Vie sexuelle de Catherine M. (Seuil, 2001) souhaite l’informer de l’existence d’un texte collectif, signé par de nombreuses femmes, écrit « en réaction au climat idéologique qui s’est installé dans la mouvance de #MeToo ». Nicolas Truong fait part à Catherine Millet de son intérêt de principe, tout en précisant qu’il jugera « sur pièces », après l’avoir lu, de son éventuelle publication.
« J’ai immédiatement pensé qu’il aurait un impact important », se souvient Nicolas Truong
Le temps de recueillir de nouvelles signatures et sans doute aussi de peaufiner sa rédaction, le texte ne parvient dans sa version définitive au responsable des pages « Débats » que le soir du dimanche 7 janvier. « J’ai immédiatement pensé qu’il aurait un impact important, se souvient Nicolas Truong. D’autant plus qu’au même moment, deux autres textes allant dans le même sens m’étaient parvenus. Il se passait quelque chose, une sorte de moment critique post-Weinstein, toutes proportions gardées un peu comme il s’en était produit un autre dans la foulée du mouvement « Je suis Charlie ».
Lundi 8 janvier : lors de la conférence de rédaction de midi, Nicolas Truong présente la tribune, en indiquant que parmi ses auteures se trouvent Catherine Millet et Catherine Robbe-Grillet. Il précise qu’un autre texte, signé par la romancière et essayiste Belinda Canonne, sera publié dans la même page. En plus de ces deux textes, sur une autre page, il y aura un long article du politologue Olivier Roy. Son thème ? « À rebours des événements de Cologne, où la culture des agresseurs était mise en cause, l’affaire Weinstein fait de la nature même du mâle, du “cochon”, la racine de la violence masculine. » Débats et polémiques en perspective.
L’affaire change de nature
Lundi, dans la soirée, nouveau coup de fil de Catherine Millet : « Catherine Deneuve est d’accord pour signer le texte. » Par courriel, Nicolas Truong prévient immédiatement Luc Bronner, le directeur de la rédaction, ainsi que son adjoint, Benoît Hopquin. Avec cette signature connue dans le monde entier, l’affaire change de nature. Impact maximum garanti.
Mardi matin, conférence de 7 h 30 : la question est de savoir comment présenter ces deux pages à la « une » du journal. Manchette ? Grande photo de Catherine Deneuve ? Un titre plus sobre ? « Nous n’avions pas de doute sur le fait qu’il fallait publier le texte des 100 femmes, explique Luc Bronner. Deux mois plus tôt, nous avions mis en place une task force chargée d’enquêter sur les phénomènes de harcèlement sexuel, pilotée par Sylvie Kauffmann et Hélène Bekmezian et composée d’une quinzaine de journalistes chevronnés. Nous avions décidé de faire de ces questions une priorité éditoriale pour l’année à venir. Et avant même la publication de cette double page, nous avions publié plus d’une dizaine de manchettes, une quarantaine d’enquêtes, reportages et analyses portant sur ces sujets de harcèlement. Sans parler de dizaines d’interviews et de points de vue variés, en général favorables au mouvement #MeToo. Donner la parole à des personnalités défendant des points de vue différents ne posait donc aucun problème de principe. » 
Le rôle des pages « Débats »
« Dès lors que ce débat existe dans la société, il est bien qu’il soit rapatrié dans les colonnes du Monde », résume pour sa part Hélène Bekmezian. Tel est en effet le rôle des pages « Débats » au Monde : susciter des points de vue contradictoires, défendre le pluralisme des idées, animer le débat public.
Dès lors, fallait-il faire « plus gros » en « une » ? Luc Bronner et Benoît Hopquin ne le pensent pas. Rappelons que la première page du journal était ainsi composée : les ruptures conventionnelles collectives en manchette. Au dessous, une grande photo du nouveau président du Conseil scientifique de l’éducation nationale, Stanislas Dehaene, avec ce titre : « Education : le bon génie de Blanquer ». À côté, sur une colonne, un titre entre guillemets, soulignant ainsi d’emblée qu’il s’agissait d’une tribune : « Les femmes ne sont pas de pauvres petites choses ». Renvoyant aux deux pages Débats, le texte de « une » commençait ainsi : « Dans Le Monde, un collectif de plus de cent femmes, dont Catherine Deneuve, s’inquiète du “puritanisme” apparu après l’affaire Weinstein. La protection des femmes ne doit pas “les enchaîner à un statut d’éternelles victimes”. Le féminisme n’est pas “la haine des hommes et de la sexualité”. »
Le titre était plus provocateur que sur le papier
À l’intérieur du journal, en pages 20 et 21, sous le bandeau « Débats & analyses », une têtière « Violences faites aux femmes » surmontait la tribune des 100 femmes, les textes de Belinda Canonne et d’Olivier Roy et un dessin de Serguei.
En début de matinée, soit quelques heures avant que le journal commence à être distribué dans les kiosques à journaux, la fameuse tribune avait été mise en ligne sur le site du Monde.fr. Contenu intégral réservé aux abonnés. Entre guillemets, comme à chaque fois qu’il s’agit d’un point de vue, le titre était plus provocateur que sur le papier : « Nous défendons une liberté d’importuner, indispensable à la liberté sexuelle ». Le chapeau précisait : « Dans une tribune au Monde, un collectif de 100 femmes, dont Catherine Millet, Ingrid Caven et Catherine Deneuve, affirme son rejet d’un certain féminisme qui exprime une « haine des hommes ».
Repris et commenté dans le monde entier
Quelques heures plus tard, plus ou moins bien traduit, ce texte serait repris et commenté dans le monde entier. Du New York Times au Guardian en passant par tout ce que l’espace numérique compte de sites d’informations puissants ou non, l’illustration de l’article était toujours la même : Catherine Deneuve, en photo.
Tandis que l’audience de ce texte atteignait des scores faramineux, à la rédaction du Monde, un débat naissait : a-t-on eu raison de publier cet article qui va à l’encontre des « valeurs » défendues par le journal ? s’interrogeaient plusieurs jeunes rédactrices et rédacteurs. À l’inverse, d’autres, souvent plus âgés, se demandaient si nous n’étions pas passés à côté d’une manchette choc.
On en était là quand les réseaux sociaux commencèrent eux aussi à s’en mêler. Et de quelle manière ! A lire certaines réactions, Le Monde aurait pris partie pour les « porcs ». Nous aurions trahi la cause des femmes. Comme de nombreux autres journalistes du Monde, Hélène Bekmezian tweete la tribune, sans commentaire, mais en extrayant une citation : « Les accidents qui peuvent toucher le corps d’une femme n’atteignent pas nécessairement sa dignité et ne doivent pas, si durs soient-ils parfois, nécessairement faire d’elle une victime perpétuelle. » Elle est immédiatement prise à partie, comme si elle était, elle-même, l’auteure de ces quelques lignes.
Plutôt favorables à la tribune
A rebrousse-poil, les commentaires des abonnés numériques du journal tels qu’on pouvait les lire sous l’article étaient plutôt favorables à la tribune. Quant aux nombreux courriels que vous m’avez adressés, pendant les vingt-quatre premières heures qui ont suivi la mise en ligne du texte et la parution du journal, ils étaient unanimement favorables au texte. « Merci au Monde », « Merci à Mme Deneuve », nombre d’entre eux commençaient ainsi. Depuis, il est vrai, un courrier beaucoup plus critique m’est parvenu.
Par-delà les divergences d’opinion observées lors de tout débat public majeur chez nos lecteurs, cette affaire semblerait donc avoir révélé l’existence d’une césure entre les adeptes des réseaux sociaux et les abonnés du Monde. Une première tentative d’explication nous est fournie par Delphine Roucaute. Selon cette rédactrice en chef du Monde.fr, le statut même de ce texte – une tribune – a pu susciter des malentendus chez nombre d’internautes. Ecrits par des personnalités extérieures au journal, et de ce fait n’engageant pas Le Monde, ces points de vue devraient, selon elle, être édités avec un souci de plus grande clarté. De plus grande pédagogie.
En d’autres termes, nous devrions faire un effort de présentation de manière à ce que les internautes, moins au fait de la « grammaire » du Monde que nos abonnés, comprennent immédiatement qu’ils ont à faire à une tribune et non à un article écrit par un journaliste maison. « Sur nos supports numériques, les tribunes doivent être mieux différenciées des articles », résume Delphine Roucaute.
Du même avis, Luc Bronner assure que cette question fait l’objet d’un examen attentif de la part de la rédaction en chef et que des améliorations seront apportées prochainement.
Il fallait publier ce texte
Auteure de l’article renvoyant à la manchette du surlendemain – « Harcèlement sexuel : les réponses à la tribune des 100 femmes » –, Violaine Morin (service Société) ne remet pas en cause le principe de la publication de cette tribune. En désaccord avec le fond de ce texte et se faisant l’écho de protestations entendues çà et là, elle regrette cependant que cette tribune, qu’elle juge « confuse », ait été publiée en l’état. N’aurait-il pas été préférable de demander à ses rédactrices d’en clarifier le contenu avant publication ? s’interroge-t-elle.
Ancienne directrice de la rédaction du Monde, actuellement directrice éditoriale et co-animatrice de la task force, Sylvie Kauffmann connaît bien ces problèmes de publication de textes en urgence. Aucun doute selon elle : aussi imparfait soit-il, il fallait publier ce texte. D’accord sur le fait qu’un meilleur « tagage » sur les supports numériques aurait facilité les choses, elle insiste sur un autre aspect – important – de cette affaire : « En dépit des moyens importants que nous avons déployés au Monde pour traiter de ces questions, nous avons beaucoup de mal à bien travailler. Contrairement à ce qui se passe aux Etats-Unis ou au Royaume-Uni, en France les pouvoirs se protègent. Nous avons publié des enquêtes sur les ouvrières et les employées victimes de harcèlement, ou encore sur ce qui s’est passé il y a des années à l’Unef ou chez les jeunes communistes, mais dans les lieux de pouvoirs, nous nous heurtons à toutes sortes de résistances et d’opacités. »
« Ainsi que nous l’avons fait depuis trois mois, nous allons continuer à enquêter, conclut Luc Bronner. Les journalistes de la task force, mais aussi beaucoup d’autres appartenant à différents services de la rédaction, sont d’autant plus mobilisés que nous avons la conviction que beaucoup reste encore à révéler. » 



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-9"> ¤ Les trois suspects arrêtés mercredi peu après l’attaque ont également été placés, samedi, en détention provisoire.
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Braquage au Ritz : les trois personnes interpellées mises en examen

Les trois suspects arrêtés mercredi peu après l’attaque ont également été placés, samedi, en détention provisoire.



Le Monde
 |    10.01.2018 à 21h03
 • Mis à jour le
13.01.2018 à 16h07
   





                        



   


Les trois suspects arrêtés mercredi 10 janvier peu après le spectaculaire braquage du Ritz à Paris ont été mis en examen et placés en détention provisoire, samedi 13 janvier, tandis que deux autres étaient toujours recherchés, a appris l’Agence France-Presse (AFP) auprès de source judiciaire.
Ces trois hommes qui s’étaient retrouvés pris au piège dans le palace parisien au moment de prendre la fuite avec des bijoux ont, notamment, été mis en examen pour vol avec usage et sous la menace d’armes en bande organisée ; des faits de nature criminelle. Le butin, estimé à plus de 4 millions d’euros, avait été retrouvé par les enquêteurs sur place.
Mercredi, vers 19 heures, cinq hommes encagoulés et armés ont fait main basse sur des bijoux de célèbres joailliers exposés dans des présentoirs au Ritz, après avoir brisé à la hache les vitrines derrière lesquelles ils se trouvaient.
La brigade de répression du banditisme saisie
Les trois braqueurs interpellés ont été arrêtés « par les équipes locales » de police en poste place Vendôme. Après le préfet de police de Paris, Michel Delpuech, qui a félicité ces dernières dans un tweet pour leur « très grande réactivité », le ministre de l’intérieur, Gérard Collomb, a salué « leur sang-froid » et « leur professionnalisme », qui « font honneur à notre police ». La brigade de répression du banditisme de la police judiciaire parisienne a été saisie de l’enquête.

   


La sécurité du quartier avait été renforcée en 2014 après que plusieurs bijouteries de luxe de la place Vendôme furent victimes de braquages brutaux et risqués.



                            


                        

                        


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En République tchèque, le président sortant, Milos Zeman, en tête du premier tour de la présidentielle

Au second tour, il affrontera le proeuropéen Jiri Drahos, qui a réuni 26,39 % des voix.



Le Monde
 |    13.01.2018 à 16h56
   





                        



   


Il était le favori du premier tour de l’élection présidentielle. Le président tchèque sortant, Milos Zeman, est arrivé samedi 13 janvier nettement en tête du scrutin, avec 38,98 % des suffrages, après le dépouillement de 97,5 % des suffrages. Au second tour, il affrontera le proeuropéen Jiri Drahos, qui a réuni 26,39 % des voix.
Si la première étape est passée pour le candidat prorusse, âgé de 73 ans, sa victoire reste encore précaire. Les Tchèques ont fini par se lasser de ce vétéran de la gauche, salué pour son rôle de importance après la chute du régime autoritaire en 1989. Milos Zeman est entré dans l’histoire comme étant le premier président tchèque élu au suffrage universel avec 54,8 % des voix, dans ce pays d’Europe centrale qui compte 10,5 millions d’habitants. C’était en 2013.

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                Milos Zeman, le président tchèque populiste eurosceptique candidat à sa réélection



Déclarations polémiques
Mais son image a été largement écornée par plusieurs controverses – tant sur sa vie privée, son mode de vie relativement sulfureux, que dans ses relations houleuses avec l’opposition. Ses prises de position polémiques ont également lassé une partie de l’électorat. Il est notamment connu pour son soutien inconditionnel au président états-unien, Donald Trump, mais aussi pour sa proximité avec le Kremlin, qu’il soutient notamment sur le volet ukrainien.
Enfin, M. Zeman s’est distingué ces dernières années par son positionnement farouchement antimigrants, qu’il considère comme une « invasion » organisée par les Frères musulmans. Populiste et eurosceptique, il maintient que seule une exclusion de la Grèce permettrait au pays d’adhérer à la zone euro.

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                Large victoire des populistes en République tchèque



Son adversaire du second tour de la présidentielle, le centriste Jiri Drahos, est, lu, un novice en politique. Ce qui fera du scrutin, qui aura lieu les 26 et 27 janvier, un véritable référendum pour ou contre Milos Zeman.

   





                            


                        

                        


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« Je ne suis pas qu’un combat, féministe ou antisexiste », prévient la rappeuse Chilla

Cataloguée en « rappeuse féministe », la Franco-Malgache refuse de se limiter à cette seule étiquette.



Le Monde
 |    13.01.2018 à 13h06
    |

                            Charlotte Herzog








                        



   


« Je suis pas féministe, le vrai terme c’est humaniste. » A l’occasion de la Journée contre les violences faites aux femmes, le 25 novembre, la rappeuse franco-malgache Chilla sort #balancetonporc, un morceau en référence directe au hashtag qui n’en finit pas de faire réagir par tribunes interposées ou sur les réseaux sociaux.
Sur son EP Karma, les textes « Sale chienne » et « Si j’étais un homme » émanent aussi de son inclination naturelle à se battre pour la cause féminine. Cataloguée depuis en « rappeuse féministe », Maréva Rena, de son vrai nom, refuse cette unique étiquette.
Pourquoi cela vous gêne-t-il qu’on vous qualifie de « rappeuse féministe » ? 
Je ne me plains pas qu’on me rallie au féminisme, puisque j’ai toujours porté les valeurs du féminisme en moi et que j’assume mes textes engagés. Mais il ne faut pas tout refermer uniquement autour de ça, ni me forcer à me positionner ou à me politiser. En me réduisant à ma révolte face au harcèlement, on me donne le rôle de la rappeuse qui viendrait sauver les femmes. Or, je n’ai pas cette prétention. Je ne veux pas viser plus haut que ce que je peux donner. Je ne suis pas qu’un combat, féministe ou antisexiste. J’ai envie d’insister sur ce point : n’attendez pas que du féminisme de ma part. C’est un sujet lourd, et je ne voudrais pas qu’on pense que je le récupère de façon opportuniste, ni que le propos global soit desservi à cause d’une étiquette, c’est trop important.
Je n’ai pas non plus envie d’oppresser mon public. Si je sortais un album avec uniquement des titres féministes et dénonciateurs, moi-même je n’aurais pas envie de m’écouter. Il faut aussi du lâcher prise dans tout ça. De l’espoir. J’essaye de relativiser dans d’autres textes. Je veux dénoncer et distraire. Mais oui, je fais du rap, et je suis une femme, donc je parle avec ma vision et ma condition de femme, naturellement.
La case « féministe », c’est un nid de guêpe ? 
Les cases en général peuvent être des pièges. C’est un peu frustrant ces étiquettes, parce que moi qui n’ai jamais voulu être bridée dans ce que je faisais, j’ai l’impression qu’il faut maintenant que je me restreigne parce qu’au bout d’un moment, on va attendre que j’ouvre une association ou un foyer ! J’ai 23 ans, je me cherche, et je continue aussi à me chercher musicalement. J’ai envie de parler d’amour, de famille, des liens humains, c’est pour cette raison que j’ai choisi le rap. Poser mes pensées sur de la musique, c’est une libération pour moi, c’est ma manière d’agir.
Si à 18 ans j’ai commencé à faire du rap, c’est parce que j’avais besoin de m’exprimer, de recracher ce que je constatais plutôt que de somatiser. C’était égoïste et thérapeutique. C’était à Lyon. J’écrivais toute seule chez moi. Cette période a été la découverte de la ville, du harcèlement de rue auquel je n’étais pas exposée en vivant en province, au fin fond de la campagne où il y a 500 habitants. Je parlais de ce que je ressentais et en est ressorti ce ras-le-bol de me faire embrouiller dans la rue, d’avoir peur en rentrant chez moi le soir.
« Si j’étais un homme », c’était ma manière de transposer le propos. Pour que les mecs puissent se mettre dans notre peau, au moins le temps d’un morceau. Mais c’est un sujet que je traite au même titre que le racisme, la pauvreté, les injustices, mes traumatismes. Bien sûr qu’en rassemblant tout ce qui me touche et me fait vibrer, la question des femmes transpirera malgré tout toujours entre mes lignes tant qu’on ne sera pas toutes libres.
Le féminisme est-il devenu vendeur dans le rap ? 
Je pense, oui. Avec « #balancetonporc », j’ai réagi à l’actualité :
« T’as du talent, c’est sûr / Donc ferme-là et suce / T’aimerais juste une promotion ? Suce / Avoir un rôle dans un film ? Suce / Dans la misère, dans le luxe, suce / Pute, arrête de jouer la victime, suce / Y a trop d’faux culs pour capituler à la Tarantino. »
« Je ne veux pas que les gens aient peur du féminisme. »
C’était important. Je me suis dit qu’il fallait que j’ouvre ma gueule, c’était trop tous ces scandales dont on parlait un peu trop tranquillement dans les médias. Moi, je voulais faire quelque chose d’aussi violent que la violence de ce qui était dénoncé.
Mais je sais qu’il y a des hommes qui m’écoutent. Et je sais aussi qu’il y a des hommes qui sont encore effrayés par le terme « féminisme ». Je ne veux pas que les gens aient peur du féminisme. J’ai envie de l’amener de manière naturelle.
La libération de la femme peut-elle passer par la liberté des mots dans le rap ?
Le rap, c’est un espace de liberté. Mais est-ce que le rap, c’est libérateur ? Et pour qui ? Aux Etats-Unis, les chanteuses Nicki Minaj ou Cardi B n’ont aucun problème à percer, ou à battre les records de meilleures ventes de singles. On ne les a pas non plus censurées à cause de leur image. Et pourtant, Cardi B, c’est une ex-strip-teaseuse hyperlibérée. Il y a plusieurs libérations. Accepter qu’une femme s’accepte totalement, c’est une libération. Chez nous, il y a aussi des rappeuses françaises qui peuvent dire ce qu’elles veulent, comme elles l’entendent. Une Keny Arkana peut revendiquer. Une Shay peut parler de ce dont elle a envie de parler. Et elles sont rappeuses avant tout. Avant d’être « féministes ».
Peut-être que c’est les femmes qui libéreront le rap de ses clichés ? Sauf si on continue à stigmatiser le milieu et donc les femmes du milieu avec de phrases du type « elle est à moitié nue dans ses clips, donc c’est une pute » ou « elle est vulgaire, elle se prend pour un bonhomme, c’est pas une femme ». Il faut que les étiquettes arrêtent de régner. Plus il va y avoir de femmes dans le rap game – et il y en a de plus en plus, parce qu’avec le modèle américain, on sait que c’est possible –, plus on fera taire l’idée qu’il n’y a que des hommes qui font du rap et que ce n’est qu’un repère de machos.
« La vulgarité dans nos bouches, c’est le miroir de ce qu’on voit dans la société. »
#Balancetonporc a libéré la parole mais a aussi été rejeté à cause de la vulgarité qui lui été attribué. Qu’en pensez-vous ?
La vulgarité est bien moins violente que certains faits qui se produisent tous les jours sous nos yeux ou même que certains sous-entendus qui sont faits dans des publicités, des textes de chanteurs. Cracher à la tête des rappeurs parce qu’ils sont vulgaires, c’est hypocrite. La vulgarité dans nos bouches, c’est le miroir de ce qu’on voit dans la société. On a trop conscience des injustices qui existent. On répond avec la même violence que ce dont on est témoin, c’est tout.
Ce qui se passe est assez ambigu ; ce qui me fait peur, c’est l’effet de buzz qui peut nuire à ces problèmes fondamentalement ancrés dans la société depuis des siècles. On a besoin que ce soit traité sur la durée, pendant des années. Il y a plein de détails dans ces scandales, qui sont à double tranchant : ça libère et, en même temps, on en profite pour remettre en question la parole des femmes.
#Balancetonporc ne changera pas le monde, mais au moins, avec les réseaux, des femmes se sont senties moins seules et ont eu la force de parler pour se faire entendre. Si j’ai fait mon morceau, c’était pour dire qu’on parlait beaucoup de Hollywood, mais la réalité, c’est que c’est pas que Hollywood : partout il y a des femmes qui ne peuvent pas parler.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-12"> ¤ Enseignants et parents d’élèves d’un collège de Seine-Saint-Denis réclament un poste supplémentaire de conseiller principal d’éducation, pour faire face à des problèmes de discipline. Les enfants n’ont pas eu classe depuis la fin du mois de décembre.
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A Pierrefitte-sur-Seine, des parents d’élèves bloquent un collège pour obtenir plus de moyens

Enseignants et parents d’élèves d’un collège de Seine-Saint-Denis réclament un poste supplémentaire de conseiller principal d’éducation, pour faire face à des problèmes de discipline. Les enfants n’ont pas eu classe depuis la fin du mois de décembre.



Le Monde
 |    13.01.2018 à 13h21
    |

            Violaine Morin








                        



                                


                            
« On n’a pas cours ! », s’écrie une grande jeune fille, flanquée d’une camarade visiblement ravie, en longeant le collège Pablo-Neruda. Il est normalement l’heure de commencer la journée, ce vendredi 12 janvier à Pierrefitte-sur-Seine. Mais à 8 h 30 bien sonnées, la grille est fermée. A l’intérieur, les profs. Dehors, les parents, qui, avec le soutien des enseignants et de la vie scolaire, « bloquent » le collège. Un peu plus loin, des grappes d’enfants qui discutent quelques minutes avant de rentrer chez eux. Les élèves ont manqué déjà huit jours de classe.
Le collège est bloqué depuis mercredi par les parents d’élèves, après deux jours de grève des enseignants et trois jours de blocage avant les vacances de Noël. Tous réclament des moyens supplémentaires pour l’établissement, et mettent en avant plusieurs demandes : un troisième poste de conseiller principal d’éducation (CPE), le classement de l’établissement en réseau d’éducation prioritaire renforcé (REP +), mais aussi la fin du turnover de l’équipe pédagogique et la formation des nouveaux arrivants. « Quarante-deux pour cent d’enseignants » cette année sont primo-arrivants dans l’établissement, dont des vacataires, « que l’on met pour la première fois devant des classes, sans formation », explique Camille Moro, enseignante d’histoire-géographie depuis six ans à Pablo-Neruda. Reçus lundi soir par la direction d’académie, parents et enseignants n’ont pas obtenu les « promesses » attendues et ont décidé de continuer à se mobiliser. Jeudi soir, ils ont fait une occupation nocturne de l’établissement, autour de plats partagés pour le dîner.
« Il peut y avoir 30 problèmes à gérer en une heure »
Derrière la grille fermée, Camille Moro et sa collègue de mathématiques Marine Gaston-Gervais racontent leur quotidien à Pablo-Neruda, débordé par les « petits incidents » qui les « usent » et empêchent le bon déroulement des cours. « La discipline...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-13"> ¤ Au catalogue, Bernie Sanders, Thomas Piketty, les Economistes ­atterrés mais aussi des brûlots contre l’industrie de la viande ou la pilule… Les liens qui libèrent éditent la gauche tendance altermondialiste dans toutes ses variantes. Portrait de ses fondateurs.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-13"> ¤             
Les liens qui libèrent, éditeur engagé 
                  
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Le Monde
 |
                  12.01.2018 à 13h57


Au catalogue, Bernie Sanders, Thomas Piketty, les Economistes ­atterrés mais aussi des brûlots contre l’industrie de la viande ou la pilule… Les liens qui libèrent éditent la gauche tendance altermondialiste dans toutes ses variantes. Portrait de ses fondateurs.

Par                             Dominique Perrin





                     

Curieux nom, Les liens qui libèrent. Cette maison d’édition engagée, tendance gauche-antilibérale-écolo, se niche au fond d’une cour pavée de Saint-Germain-des-Prés, épicentre parisien des lettres. Ses fondateurs, Henri Trubert et Sophie Marinopoulos, nous reçoivent un après-midi d’hiver. Tous deux portent la même fine doudoune kaki. Il commence une phrase, elle la termine. Il lui coupe la parole, elle lui rappelle qu’ils s’étaient promis de ne plus s’interrompre. Elle rit, il rit. Henri Trubert : « On est mari et femme. » Sans blague.
« Depuis Darwin, Freud ou Einstein, nous savons que rien ne peut s’épanouir sans liens, expliquent-ils de concert à propos du nom de leur société. En biologie, les organismes vivants interagissent entre eux. En économie, tout est échange. Un enfant, quand il naît, a besoin d’être entouré affectivement, sinon il meurt. Pourtant, on vit dans une société marquée du sceau de la déliaison. On croit à l’identité fermée, à la captation financière, on imagine être maître de la nature… » Sur la crise des liens, ils sont intarissables. Nous, on sent surtout qu’entre ces deux passionnés, c’est le lien amoureux qui mène la danse. Une interaction chimique, qui leur donne envie de secouer les idées pour mieux réinventer le monde. À deux.
Transmettre des idées
Le succès de leur petite entreprise raconte une époque avide d’une lecture critique et utopique de la société. La jeune maison réussit à pêcher tous les grands noms de la contestation économique, de Joseph E. Stiglitz, Prix Nobel d’économie, à Jeremy Rifkin, en passant par l’anarchiste David Graeber, pilier du mouvement Occupy Wall Street en 2011 ou Bernie Sanders, candidat démocrate aux primaires en 2016.

Côté français, elle choisit l’économiste ­Thomas Piketty, dont elle édite les chroniques, ou l’économiste et philosophe ­Frédéric ­Lordon, figure du mouvement Nuit debout en 2016. Elle multiplie les approches, publiant aussi bien...





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Les « pays de merde » réclament des excuses à Donald Trump

Le groupe africain à l’ONU a condamné les propos « racistes » du président américain sur l’immigration en provenance de « pays de merde », rapportés la veille.



Le Monde
 |    13.01.2018 à 03h42
 • Mis à jour le
13.01.2018 à 12h32
   





                        


Une nouvelle fois, le président américain a choqué au-delà de ses frontières. Les ambassadeurs du groupe africain aux Nations unies (ONU) ont exigé, vendredi 12 janvier, dans un communiqué au langage très fort, des « rétractations » et des « excuses » à Donald Trump. Après une réunion d’urgence qui a duré quatre heures, le groupe se dit à l’unanimité « extrêmement choqué » et « condamne les remarques scandaleuses, racistes et xénophobes » de Donald Trump « telles que rapportées par les médias ».
Le groupe est « préoccupé par la tendance continue et grandissante de l’administration américaine vis-à-vis de l’Afrique et des personnes d’origine africaine à dénigrer le continent, et les gens de couleur » ; se déclarant « solidaire du peuple haïtien et des autres qui ont également été dénigrés » tout en remerciant « les Américains de toutes origines qui ont condamné ces remarques ». « Pour une fois, on est unis », a souligné un ambassadeur à l’Agence France-Presse (AFP), sous couvert d’anonymat.

        Lire aussi :
         

                Trump traite Haïti et des nations africaines de « pays de merde »



De Cuba à la francophonie, l’indignation internationale
Samedi 13 janvier, c’était au tour de la cheffe de l’organisation internationale de la francophonie (OIF), Michaëlle Jean, de réagir. Dans un tweet, la secrétaire générale de l’OIF a estimé que « le 1er représentant des Etats-Unis s’exprime en ces termes est indigne, troublant et offensant ». Mme Jean a ajouté : « Qu’il se souvienne que son pays s’est construit par la sueur et le sang, la force aussi d’hommes et de femmes arrachés à l’Afrique, sans qui les #USA ne seraient pas. »
L’ancien ministre français de la Culture Jack Lang n’a pas non plus mâché ses mots samedi en qualifiant quant à lui le président américain de « président de merde » sur son compte Twitter. « C’est un cri du cœur, un cri de révolte après ce qu’il a dit sur les Haïtiens », s’est justifié M. Lang, contacté par l’Agence France-Presse.
« J’ai envie qu’on dise dans le monde entier : “président de merde”, comme un cri de ralliement contre ce personnage humiliant et offensant », a insisté le président de l’Institut du monde arabe (Ima) en France.
Cuba a également fustigé vendredi les propos « racistes, dénigrants et grossiers ». « Ces déclarations pleines de haine et de mépris suscitent l’indignation du peuple cubain », a déclaré lors d’un journal télévisé le ministère des affaires étrangères cubain, Bruno Rodriguez, rappelant notamment l’importance du rôle joué par les Africains et les Haïtiens dans l’histoire de Cuba.
Le président vénézuélien, Nicola Maduro, a, de son côté, demandé vendredi à l’Alliance bolivarienne pour les peuples de notre Amérique (ALBA) d’exprimer sa solidarité aux pays « agressés » par le président états-unien. « Dans un premier temps vient le mot de mépris, puis les menaces et ensuite les actes », a déclaré M. Maduro, lors d’un conseil politique de l’ALBA à Caracas.
« Ce ne sont pas les mots utilisés », selon Trump
C’est lors d’une réunion sur l’immigration à la Maison Blanche avec des parlementaires que M. Trump s’est emporté jeudi sur l’immigration en provenance de « pays de merde », des mots qu’il a partiellement contestés.
Sollicitée jeudi soir sur ces propos, la Maison Blanche n’avait pas contesté ou démenti, se bornant à souligner que M. Trump se battrait « toujours pour le peuple américain ».

The language used by me at the DACA meeting was tough, but this was not the language used. What was really tough wa… https://t.co/8PvNzf41G4— realDonaldTrump (@Donald J. Trump)


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Vendredi matin, le président des Etats-Unis a réagi au tollé sur Twitter avec une formule alambiquée : « Le langage que j’ai utilisé lors de la réunion était dur, mais ce ne sont pas les mots utilisés », a-t-il affirmé. Plusieurs parlementaires ont de leur côté assuré avoir bien entendu ces mots, ou avoir eu confirmation de première main de la part de personnes présentes.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-17"> ¤ Ils ont, par ailleurs, écourté samedi une réunion organisée avec les membres du cabinet de la ministre de la justice.
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Agression djihadiste : les syndicats réclament le départ du directeur de Vendin-le-Vieil

Ils ont, par ailleurs, écourté samedi une réunion organisée avec les membres du cabinet de la ministre de la justice.



Le Monde
 |    13.01.2018 à 12h22
 • Mis à jour le
13.01.2018 à 13h22
   





                        


Les syndicats de gardiens de prison ont « claqué la porte » d’une réunion à la chancellerie, dans la matinée, samedi 13 janvier, et surtout, réclamé le départ du directeur de la prison de Vendin-le-Vieil, dans le Pas-de-Calais, où trois surveillants ont été attaqués, jeudi, par un détenu islamiste.
Pour apaiser la colère des personnels pénitentiaires, la ministre de la justice, Nicole Belloubet, a annoncé, vendredi, qu’elle se rendrait mardi dans cette prison où trois gardiens ont été blessés à l’arme blanche par le détenu allemand Christian Ganczarski, un des instigateurs de l’attentat contre la synagogue de Djerba (Tunisie), qui avait fait 21 morts en avril 2002.
La ministre « ne sera pas accueillie tant que le directeur de Vendin-le-Vieil sera en place », a assuré Jean-François Forget, secrétaire général de l’UFAP-UNSA, premier syndicat de l’administration pénitentiaire. « C’est notre première revendication », a-t-il ajouté à la sortie d’une réunion avec les membres du cabinet de la ministre, que les représentants des syndicats – UFAP-UNSA, CFT et FO – ont écourté en raison de l’absence de réponse à leurs réclamations, ont-ils dit.
Une prison ultra-sécurisée
Les syndicats critiquent en particulier le récent allégement des conditions de détention de l’agresseur. La garde des sceaux a diligenté une enquête pour déterminer « quels ont été les dysfonctionnements », mais a dédouané les surveillants agressés, « formés et bien formés », qui « ont fait ce qu’ils avaient à faire ». La ministre a ajouté, dans un communiqué publié samedi à l’issue de la réunion, que les investigations avaient « déjà commencé » et qu’elle « prendra[it] les décisions adaptées dès la remise des conclusions ».
« S’il y a des points sur lesquels nous devons réfléchir encore, je pense à des questions d’équipements, à des questions sur des dispositifs de sécurité renforcée pour protéger les agents, je suis évidement prête à en discuter », avait-elle déjà expliqué vendredi, sur BFM-TV.
Les syndicats avaient organisé vendredi des débrayages dans plus d’un tiers des établissements pénitentiaires français et ont appelé à un « blocage total » des prisons lundi.
Vendin-le-Vieil est une prison ultrasécurisée qui doit accueillir prochainement Salah Abdeslam, dernier survivant des commandos des attentats du 13 novembre 2015, lors de son procès en Belgique. La ministre de la justice a annoncé que, « de son point de vue », il n’y avait « pas de raison de revenir sur cette décision » à cause de l’agression.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-18"> ¤ Au menu : la canicule australienne tue les chauves-souris, l’utilité des nombres premiers, de la glace en abondance sous la surface de Mars, etc.
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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-19"> ¤ Eclaboussé par le scandale de corruption qui vise l’ancienne présidente Cristina Kirchner, il avait été placé en détention préventive en novembre.
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Argentine : l’ex-vice-président Amado Boudou va être remis en liberté

Eclaboussé par le scandale de corruption qui vise l’ancienne présidente Cristina Kirchner, il avait été placé en détention préventive en novembre.



Le Monde
 |    13.01.2018 à 07h03
 • Mis à jour le
13.01.2018 à 11h54
   





                        



   


La justice argentine a ordonné vendredi 12 janvier la remise en liberté d’Amado Boudou, vice-président de Cristina Kirchner de 2011 à 2015. Il avait été placé en détention préventive au début de novembre dans une affaire d’enrichissement illicite et blanchiment. La Cour fédérale en matière criminelle et correctionnelle a ainsi ordonné « sa libération immédiate ».

        Lire aussi :
         

                Argentine : l’ex-vice-président Amado Boudou arrêté pour corruption



« Ce n’est plus qu’une question d’heures avant qu’il ne recouvre la liberté », a déclaré son avocat, Eduardo Durañona, à une télévision argentine. Selon lui, l’ancien responsable sera transféré dans une résidence située dans le quartier de Barracas, à Buenos Aires.
M. Boudou, 55 ans, était théoriquement le deuxième personnage de l’Etat pendant le second mandat de Cristina Kirchner (2011-2015), mais son rôle était essentiellement protocolaire. Les faits qui lui sont reprochés concernent la période où il était ministre de l’économie (2009-2011).
Mme Kirchner elle-même a été mise en examen dans plusieurs affaires de malversations alors qu’elle présidait l’Argentine, de 2007 à 2015, tout comme un de ses ministres-clés, Julio de Vido, également poursuivi pour corruption.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-20"> ¤ La dirigeante birmane a déclaré vendredi que la reconnaissance par l’armée de son implication dans un massacre de cette communauté était une « indication positive ».
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Rohingya : la reconnaissance de l’implication de l’armée birmane est un « pas positif » pour Aung San Suu Kyi

La dirigeante birmane a déclaré vendredi que la reconnaissance par l’armée de son implication dans un massacre de cette communauté était une « indication positive ».



Le Monde
 |    13.01.2018 à 09h27
   





                        



   


La dirigeante birmane Aung San Suu Kyi a estimé vendredi 12 janvier au soir, à l’issue d’une rencontre avec le ministre japonais des Affaires étrangères, que la reconnaissance par l’armée birmane de son implication dans le massacre de dix Rohingya était un « pas positif ».
Mercredi, l’armée birmane avait pour la première fois, également reconnu l’existence, dans l’Etat de l’Arakan (nord), d’un charnier de membres de cette minorité musulmane victime d’exactions depuis des mois. L’armée avait toujours nié les accusations émises par des Rohingya.

        Lire aussi :
         

                Birmanie : l’armée reconnaît pour la première fois l’existence d’un charnier de Rohingya



Mais Mme Suu Kyi, dont le silence sur la question des Rohingya est largement critiqué à l’étranger, notamment par les défenseurs des droits de l’Homme, a tout de même voulu y voir un début positif. « C’est un nouveau pas fait par notre pays », a-t-elle déclaré vendredi soir.
« Etre responsables »
« Au bout du compte, le respect des lois dans un pays est de la responsabilité de ce pays. Ceci est une indication positive de ce que nous prenons les mesures pour être responsables », a-t-elle ajouté, selon le journal Global New Light of Myanmar.
Les musulmans Rohingya représentent la plus importante population apatride du monde depuis que la nationalité birmane leur a été retirée en 1982, sous le régime militaire. Près de 655 000 d’entre eux ont quitté la Birmanie pour se réfugier au Bangladesh depuis fin août, fuyant ce que les Nations unies considèrent comme une épuration ethnique menée par l’armée birmane.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-21"> ¤ Une équipe lyonnaise a mis au point un modèle prometteur pour évaluer les probabilités de survenue de phénomènes rares.
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Une nouvelle façon de prédire les événements météo extrêmes

Une équipe lyonnaise a mis au point un modèle prometteur pour évaluer les probabilités de survenue de phénomènes rares.



Le Monde
 |    11.01.2018 à 14h00
    |

            David Larousserie








                        



                                


                            
Les assureurs vont être ­contents. Une méthode mathématique devrait leur permettre d’évaluer les probabilités d’occurrence d’événements météorologiques extrêmes mais, par nature, rares. Et qui coûtent très cher, comme l’ont montré les canicules de l’été 2003 en France ou les passages dévastateurs ­successifs, fin août 2017, des ouragans Harvey et Irma dans l’océan Atlantique.
Pour estimer les risques et calculer les montants des polices d’assurance, il est nécessaire d’avoir de bonnes estimations du pire à venir. Jusque-là, il n’y avait que deux méthodes, chacune avec leur défaut.
On peut utiliser les données du passé pour recenser les fortes ­chaleurs, les tempêtes, les pluies diluviennes… Mais souvent, on ne dispose pas de données précises sur plus d’un siècle, ce qui offre un recul insuffisant pour estimer une probabilité sur des cas extrêmes.

L’autre méthode est de simuler numériquement l’évolution du climat sur plusieurs années dans le futur et de compter combien de fois ces événements extrêmes ont lieu dans ces avenirs numériques. Le défaut est ici que ce genre de calculs est coûteux en temps et qu’il est donc limité pour les périodes dépassant le siècle. Ce qui peut « tromper » les estimations sur les « temps de retour ».
D’où l’intérêt de la méthode présentée dans les PNAS ,le 20 décembre 2017, par Francesco Ragone, ­Jeroen Wouters et Freddy Bouchet de l’ENS Lyon.
Ces chercheurs ont évalué les temps de retour de vagues de chaleur d’au moins 90 jours dépassant les normales saisonnières, en étant cent à mille fois plus ­efficaces que les simulations. Autrement dit en réduisant d’autant les temps de calcul. « Cette amélioration permet d’envisager des études impossibles ­jusqu’à présent », indique Freddy Bouchet, directeur de recherche au CNRS, à l’origine du projet. « C’est un progrès technique avec beaucoup de promesses », estime Pascal Yiou, du CEA, qui espère collaborer avec ses collègues...




                        

                        

