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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-1"> ¤ Sa vie a été a été vouée à un engagement sans faille au sein de la gauche, marxiste d’abord, critique ensuite, républicaine et antiraciste enfin.
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L’historien des idées Daniel Lindenberg est mort

Sa vie a été a été vouée à un engagement sans faille au sein de la gauche, marxiste d’abord, critique ensuite, républicaine et antiraciste enfin.



Le Monde
 |    12.01.2018 à 18h00
 • Mis à jour le
12.01.2018 à 18h29
    |

            Jean Birnbaum et 
Nicolas Weill








                        



                                


                            
L’historien des idées, essayiste et sociologue Daniel Lindenberg est mort des suites d’une longue maladie, vendredi 12 janvier, à Paris. Sa vie a été a été vouée à un engagement sans faille au sein de la gauche, marxiste d’abord, critique ensuite, républicaine et antiraciste enfin. Issu d’une famille liée au Bund, mouvement socialiste juif et antisioniste actif à la fin du XIXe siècle en Russie, en Lituanie et en Pologne, il a toujours revendiqué son attachement à un judaïsme laïc et progressiste. Son itinéraire se confond surtout avec celui d’une génération marquée par l’avant et l’après-Mai 68, moment auquel il sera toujours resté fidèle.
Partisan du franco-judaïsme
Daniel Lindenberg est né en 1940 à Clermont-Ferrand, alors que ses parents, juifs polonais, tentaient de passer en zone libre. Son père et sa mère s’étaient rencontrés quelques années auparavant à Strasbourg, où l’un et l’autre avaient émigré pour suivre des études de médecine (en Pologne, le numerus clausus concernant les juifs les en avait empêchés). Après des études d’histoire et de sociologie à la Sorbonne, Daniel Lindenberg adhère, dans les années 1960, à l’Union des étudiants communistes, dont la fraction gauchiste avait été « épurée » par le PCF. Puis il passe à l’Union des jeunesses communistes marxistes-léninistes, groupe maoïste où milite également Blandine Kriegel, dont il croise l’itinéraire. C’est sous l’influence de la philosophe qu’il dira avoir rompu avec le marxisme.
Il devient ensuite historien des idées, sa carrière épousant l’aventure de l’université de Vincennes (aujourd’hui Paris VIII-Saint-Denis, où Daniel Lindenberg était professeur depuis 1996). Ses premiers livres sont marqués par les options politiques de l’époque : L’Internationale communiste et l’Ecole de classe (Maspero, 1972), sous l’inspiration du philosophe althussérien Nikos Poulantzas, et Le Marxisme introuvable (Calmann-Lévy, 1975). Un autre essai, Lucien Herr,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-2"> ¤ Auteure dramatique à succès, elle a écrit une vingtaine de romans et autant de pièces de théâtre et nombre de chansons à succès, interprétées notamment par Juliette Gréco, Dalida ou Céline Dion.
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Mort de la romancière Françoise Dorin

Auteure dramatique à succès, elle a écrit une vingtaine de romans et autant de pièces de théâtre et nombre de chansons à succès, interprétées notamment par Juliette Gréco, Dalida ou Céline Dion.



Le Monde
 |    12.01.2018 à 17h47
 • Mis à jour le
12.01.2018 à 18h07
   





                        



   


La romancière Françoise Dorin est morte vendredi 12 janvier, quelques jours avant son 9Oe anniversaire, à l’hôpital de Courbevoie (Hauts-de-Seine). Née à Paris le 23 janvier 1928, Françoise Dorin fit ses débuts de comédienne en 1957 au Théâtre des Deux-Anes dans des revues de chansonniers, auprès de son père, le célèbre chansonnier René Dorin (1891-1969), puis sur diverses scènes. Elle écrivit sa première pièce (sous pseudonyme) en 1967, Comme au théâtre. En 1969, elle présenta « Paris Club », une émission de télévision où son sens de la repartie faisait merveille.
Françoise Dorin était aussi une parolière douée. On lui doit Que c’est triste Venise, mis en musique par Charles Aznavour, N’avoue jamais, qui représenta la France au concours 1965 de l’Eurovision, chantée par Guy Mardel, et beaucoup d’autres titres interprétés par Juliette Gréco, Dalida, Claude François, Michel Legrand ou Céline Dion.
Un « phénomène Dorin »
Il y eut dans les années 1970 et 1980 un véritable « phénomène Dorin ». Des pièces comme La Facture (1968), Un sale égoïste (1970) ou Le Tournant (1973) furent jouées un millier de fois chacune. En 1976, elle fit un malheur avec son roman Va voir maman, papa travaille. En 1981, sa pièce L’intoxe fit chaque soir salle comble à Paris, et son livre Les Lits à une place a dépassé le million d’exemplaires.
Françoise Dorin, blonde au sourire généreux et punch à toute épreuve, a écrit plus de vingt-cinq romans, empreints de légèreté et de bonne humeur, et une vingtaine de pièces, servies par de grands noms comme Jacqueline Maillan, Edwige Feuillère, Jeanne Moreau, Michèle Morgan, Jean-Claude Brialy, Jacques Dufilho ou Michel Serrault.
Dans ses livres ou son théâtre, elle savait à merveille créer des dialogues et des situations piquantes, vaudevillesques, sans toutefois renoncer à donner son point de vue sur la marche de la société et notamment sur les relations hommes-femmes. « On pense que je suis là pour faire sourire, pour faire des choses faciles. C’est vrai. Mais j’aimerais qu’on reconnaisse que la facilité n’est pas facile ! », assurait-elle au Monde en 2002.
« Je suis de la droite saucisson »
Des critiques ont brocardé son œuvre qu’ils qualifiaient de « bourgeoise ». Pas du genre à se laisser démonter, Françoise Dorin lança un jour à un journaliste : « Les bourgeois, ce sont des gens qui existent et dont j’espère que vous pensez qu’ils ont le droit d’exister ! ». Elle s’opposait, entre autres, au « théâtre intello », à l’obsession du paraître ou à un certain féminisme. « Je n’aime pas la gauche caviar, disons que je suis de la droite saucisson », s’amusait-elle à dire.
Mais Françoise Dorin était plus complexe qu’il n’y paraissait. Va voir maman, papa travaille est un réquisitoire contre la maternité qui lui fit dire, avec son humour coutumier : « Mais où allons-nous si les auteurs bourgeois se mettent à avoir des idées révolutionnaires ? » De même, Les Lits à une place est une critique de la vie conjugale traditionnelle…
Divorcée de l’acteur Jean Poiret, avec qui elle eut une fille, Françoise Dorin partageait depuis 1975 la vie de l’acteur Jean Piat. Elle avait reçu le Grand Prix du théâtre 1984 de la Société des auteurs et compositeurs dramatiques pour L’Etiquette, récompense qu’elle dut ironiquement partager avec son contraire artistique : Samuel Beckett, dramaturge longtemps d’avant-garde devenu un classique.

Françoise Dorin en sept dates
23 janvier 1928 : naissance à Paris.
1957 : fait ses débuts au Théâtre des Deux-Anes, auprès de son père, célèbre chansonnier, René Dorin.
1965 : paroles de « Que c’est triste Venise » (mis en musique par Charles Aznavour)
1973 : écrit la pièce Le tournant.
1981 : L’intoxe (théâtre) et Les lits à une place (presque 1 million d’exemplaires vendus)
1984 : Grand prix du théâtre de la SACD pour L’étiquette
12 janvier 2018 : mort à Courbevoie (Hauts-de-Seine)





                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-3"> ¤ Notre choix du soir. Retour sur la formidable aventure de l’opéra-rock créé en 1978 par Michel Berger et Luc Plamondon (sur France 3 à 20 h 55).
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TV - « Starmania, l’opéra-rock qui défie le temps »

Notre choix du soir. Retour sur la formidable aventure de l’opéra-rock créé en 1978 par Michel Berger et Luc Plamondon (sur France 3 à 20 h 55).



Le Monde
 |    12.01.2018 à 17h45
    |

            Christine Rousseau








                        


Documentaire sur France 3 à 20 h 55



Au sentiment de nostalgie suscité par ce type de documentaires musicaux vient s’ajouter une note de tristesse, depuis l’annonce, dimanche 7 janvier, de la disparition de France Gall. Bien qu’ayant confié un jour ne pas avoir vraiment aimé son rô­le dans Starmania, l’opéra-rock ­imaginé par Michel Berger et Luc Plamondon, Crystal et son Besoin d’amour ont cependant donné à l’interprète le goût de la scène. Ainsi que l’illustrent les innombrables archives – souvent inédites – du film de Thomas Snégaroff et Olivier Amiot, qui retrace par le menu l’aventure de cet opéra-rock phénomène, créé en 1978.
Une aventure qui semble à l’époque un peu folle. Il n’est, pour s’en persuader, qu’à observer, quatre ans plus tôt, lors d’une émission de télévision, la moue dubitative de Catherine Deneuve devant les propos d’un Michel Berger convain­cu que la France possède un public pour les comédies musicales et que celles-ci ne tarderont à rencontrer un vif succès.

Prémonitoires, ces propos le sont tout autant que celui de Starmania, dont la dimension politique est à mettre au crédit de Luc Plamondon. Après que celui-ci a convaincu Michel Berger d’abandonner Angelina Dumas, projet inspiré d’un fait divers,ils entreprennent ensemble de se projeter dans les années 2000 à Monopolis, capitale imaginaire d’un Etat supranational sur lequel planent les ombres du terrorisme et de la dictature.
« Accueilli comme un ovni »
Reste que, au-delà de la peinture sociale d’un monde devenu « stone », avant même que le spectacle ne soit monté, le double album de Starmania, sorti en pleine vague disco, en octobre 1978, « est accueilli comme un ovni », souligne Thomas Snégaroff. Et ce d’autant plus fraîchement par les médias que la plupart des interprètes – à l’exception de Diane Dufresne et France Gall – ne sont pas connus.

Conscients que, si les ventes n’atteignent pas les 100 000 exemplaires dans les deux mois, leur spectacle ne verra pas le jour, Luc Plamondon et Michel Berger écument les studios radio – grâce à quoi Coluche, fan du titre, passera en boucle Le Monde est stone sur Europe 1 – et les plateaux télé. En décembre 1978, alors que l’album est en passe de devenir le bide de l’année, les deux compères se voient confier une émission spéciale où, dans un ultime baroud d’honneur, ils présentent avec les futurs interprètes de la comédie (France Gall, Diane Dufresne, ­Fabienne Thibeault, Daniel Balavoine) tout ou partie des chansons. Le déclic s’opère avec Les Uns contre les autres, qui devient le premier tube de Starmania.
Quatre mois plus tard, le 10 avril 1979, au Palais des congrès, à Paris, se tient la première devant un parterre de 4 000 spectateurs, auprès desquels nous convient les deux auteurs du film. En effet, par un habile jeu de montage de photos et d’archives, un large aperçu du spectacle est restitué. Même si la qualité des images de la captation est assez médiocre, on se console aisément par le fait que les interprétations sont données dans leur intégralité.

Ce qui n’est pas le moindre attrait de ce film qui fourmille d’anecdotes, dont celle qui veut que Michel Berger ait retrouvé, au fond de la corbeille à papier où l’avait jeté Luc Plamondon, le texte d’un des grands titres de Starmania :Les Uns contre les autres. Autre grand tube du spectacle que reprendra Maurane, en 1988 ; puis Céline Dion, qui accordera sa voix à celles de Cyndi Lauper, Kim Carnes ou Ronnie Spector sur Tycoon, la version anglaise de l’album sortie en juillet 1992. Soit un mois avant la disparition de Michel ­Berger, créateur visionnaire à plus d’un titre.
Starmania, l’opéra-rock qui défie le temps, de Thomas Snégaroff et Olivier Amiot (Fr., 2017, 115 min).



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-4"> ¤ A voir aussi ce soir. En suivant le groupe lors de leur dernière tournée mondiale, Dick Carruthers a recueilli les confidences de chacun sur quarante ans d’une carrière inouie (sur Arte à 23 h 00).
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TV - « Black Sabbath : The End of the End »

A voir aussi ce soir. En suivant le groupe lors de leur dernière tournée mondiale, Dick Carruthers a recueilli les confidences de chacun sur quarante ans d’une carrière inouie (sur Arte à 23 h 00).



Le Monde
 |    12.01.2018 à 17h30
    |

            Alain Constant








                        


Documentaire sur Arte à 23 h 00

Ils se sont connus adolescents à la fin des années 1960 dans les rues grises d’Aston, quartier peu avenant de Birmingham. Au cœur de l’Angleterre industrielle, la ville était la capitale de l’acier. A travers la carrière longue d’un demi-siècle de Black Sabbath et de ses membres chevelus devenus vedettes planétaires, Birmingham est devenue la capitale du heavy metal.
Dick Carruthers a suivi la dernière tournée mondiale de trois des quatre fondateurs (Ozzy ­Osbourne au chant, Tommy Iommi à la guitare, Geezer Butler à la basse), accompagnés pour l’occasion par le batteur Tommy Clufetos et le claviériste Adam Wakeman. Une tournée d’adieu dont le dernier concert, le 4 février 2017, a eu lieu là où tout a commencé, à Birmingham.
Tout au long du documentaire, les musiciens évoquent à plusieurs reprises leur attachement à cette ville. « Nos premiers concerts, on les faisait dans les pubs de Birmingham. On pensait que ça durerait trois, quatre ans, pas quarante-neuf. Mais il fallait que cela finisse à Birmingham. On a cette ville dans le sang. »
Légende du heavy metal
Sur scène, dans la loge, dans un jet, en studio, les membres de Black Sabbath laissent libre cours à leur complicité et à un humour communicatif. Ils se remémorent leurs débuts délicats et les critiques féroces de la presse londonienne. « On ne jouait pas souvent à Londres. Nos fans venaient de villes moins glamour, comme Carlisle. Durant un certain temps, nous avons ­refusé les interviews. Cela ne servait à rien, on se faisait démolir. »
Le temps a passé, des centaines de milliers d’albums ont été vendus et Black Sabbath est entré dans la légende du heavy metal. Le succès, les excès, tout est abordé : « Tout ce que j’ai fait de mal, c’est à cause de l’alcool et de la drogue. Si on avait gagné encore plus ­d’argent, on serait tous morts à cause de l’héroïne », admet Ozzy Osbourne en souriant.

   


Filmés au plus près lors de ce dernier concert, les gars de Sabbath enchaînent les tubes, pour la plus grande joie du public. D’Under the Sun à Iron Man, la salle chavire de bonheur. La rythmique est impeccable et la voix d’Ozzy tient le coup. « J’ai donné des tonnes de concerts dans ma vie. J’en emporterai quelques-uns dans ma tombe. Celui-là en fait partie. »
Black Sabbath : The End of the End,de Dick Carruthers (Royaume-Uni, 2017, 95 min).



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-5"> ¤ Anne Teresa de Keersmaeker et Salva Sanchis révisent « A Love Supreme », à l’Espace Cardin à Paris, créé en 2005.
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Un dialogue corps-instruments sur du Coltrane

Anne Teresa de Keersmaeker et Salva Sanchis révisent « A Love Supreme », à l’Espace Cardin à Paris, créé en 2005.



Le Monde
 |    12.01.2018 à 17h20
    |

                            Rosita Boisseau








                        



                                


                            

Des cris de joie comme un souffle d’air chaud. Une flambée d’émotions comme un feu qui file. A Love Supreme, chorégraphié par Anne Teresa de Keersmaeker et Salva Sanchis, sur la musique de John Coltrane, a soulevé le public, mardi 9 janvier, à l’Espace Cardin à Paris. La nouvelle année s’est élancée sous des auspices vibrants qui raccordent la danse à un art de vivre à fond avant d’être une technique.
Prendre d’assaut un monstre comme Coltrane est pire qu’un challenge. Passe ou casse ? Jeu d’égal à égal entre la danse et la musique ou évacuation de la première d’un coup de saxo ? Passe donc. La Belge Anne Teresa de Keersmaeker, dont on connaît l’expertise musicale, et l’Espagnol Salva Sanchis ont foncé sur le chef-d’œuvre qu’est l’album A Love Supreme. Ils se sont jetés au cœur des sons, ont escaladé les pics du saxo, glissé dans ses toboggans. Pied à pied, note à note, humeur contre humeur, ils ont parié sur le pur jet physique et sensuel. Revoir A Love Supreme, créé en 2005 d’après le titre de l’album enregistré en 1964 par Coltrane, se révèle passionnant.
Beaucoup de changements ont été apportés. Monochrome blanc à l’origine, des décors aux costumes, la pièce a glissé vers le noir. Le casting était d’abord mixte avec deux femmes et deux hommes : la reprise est uniquement masculine. Une vision plus écharpée s’affirme qui émulsionne le côté excessif de la gestuelle tripant sur les envolées déchirées de Coltrane et de ses complices.
Sensation de fièvre
En 2005, la pièce était aussi précédée de Raga for the Rainy Season, sur des mélodies traditionnelles indiennes. Pour dégager l’espace aujourd’hui, un tapis de silence a été déroulé qui permet à chacun, danseurs et spectateurs, de prendre la mesure du moment. Pendant quelques minutes, les interprètes s’appuient les uns sur les autres, tissent une chaîne humaine qui teste sa force avant que chacun ne se dissémine dans l’espace. Une façon d’éprouver le corps...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-6"> ¤ Le magazine d’humour et de bande-dessinée publie un hors-série spécial en coédition avec le célèbre musée.
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Sélection magazine : les Bidochon visitent le Louvre

Le magazine d’humour et de bande-dessinée publie un hors-série spécial en coédition avec le célèbre musée.



Le Monde
 |    12.01.2018 à 17h08
 • Mis à jour le
12.01.2018 à 18h14
    |

            Harry Bellet








                        



   


« C’est que des vieilleries là-dedans ! » Visiter le Musée du Louvre avec les Bidochon, c’est un bonheur, mais un bonheur risqué. Entrer dans l’intimité, et pas qu’un peu, de la Grande Odalisque, d’Ingres, c’est déconseillé aux enfants. Tout comme découvrir – et pour les âmes prudes, recouvrir bien vite – Pervers Pépère version Georges de La Tour. Tout cela est possible avec le hors-série « série or » que publie le magazine Fluide glacial (en kiosque jusqu’au 20 mars, 96 pages, 6,50 €). C’est-à-dire une anthologie de dessins parfois anciens (ceux des Bidochon sont extraits des volumes d’Un jour au musée publiés à partir de 2013) mais toujours efficaces et souvent redoutables. La couverture, par exemple, signée Solé, réinterprète Le Radeau de la Méduse façon lendemain de cuite, hommage peut-être inconscient au Monument aux ivres morts du peintre Christian Zeimert, que conserve mais expose hélas peu le Centre Pompidou.
Géricault semble avoir particulièrement inspiré les auteurs de Fluide glacial. Précurseur du happening, dès 1908 (enfin, ce sont Julien/CDM, c’est-à-dire Solé et Le Gouëfflec qui l’affirment), le vicomte de la Pourfempoire plonge en maillot de bain la tête la première, faisant ainsi « une entrée fracassante dans le monde de l’art » ; Théa Rojzman et Abdel de Bruxelles racontent la genèse du Radeau de la Méduse (une histoire totalement déjantée, mais inspirée de faits réels, comme la participation en tant que modèle du peintre Eugène Delacroix) ; Isa imagine le tableau transplanté en 2028 à la campagne, dans une ferme où le radeau est en partie occulté par des bottes de paille, pour éviter que la vision des naufragés nus n’effraye les vaches pendant la traite… Le personnage dessiné par Ostermann y voit des allusions à la Méditerranée, ce qui est erroné, la Méduse ayant coulé au large du Sénégal, mais lui permet d’évoquer aussi la guerre et les migrants actuels.
Mona Lisa est remplacée par Sœur Marie-Thérèse des Batignolles et son kil de rouge
La Joconde n’est, bien entendu, pas non plus épargnée, spécialement quand Mona Lisa est remplacée par Sœur Marie-Thérèse des Batignolles et son kil de rouge, ni l’implantation récente du Louvre à Abou Dhabi, avec un très cruel roman-photo de Baumann et Lefred-Thouron où un émir amoureux des arts confond le musée avec le showroom d’un grand magasin et veut « acheter la femme », c’est-à-dire le chef-d’œuvre de Vinci. Petite précision, l’émir en question n’est pas d’Abou Dhabi, mais du Qatar, le frère ennemi. Quand on sait que le Musée du Louvre est coéditeur de ce numéro spécial de Fluide glacial, les mauvais esprits se demanderont si ce choix est vraiment dû au hasard.
Le Louvre en BD ? Ce n’est pas terminé : le musée annonce l’ouverture en septembre d’une exposition intitulée « L’archéologie en bulles », qui « invite la bande dessinée afin de montrer comment le 9e art s’approprie, entre réel et fiction, les découvertes archéologiques à l’origine des collections du Louvre ». La rencontre de Pervers Pépère et de Néfertiti promet d’être torride.

        Lire aussi la nécrologie :
         

          Gotlib, le « roi de la déconnade », laisse orphelins ses lecteurs et ses personnages



Fluide Glacial au Louvre - Série-or n°81. 96 pages. En kiosque jusqu’au 20 mars. 6,50 €



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-7"> ¤ Visé par des révélations d’agressions, le chef d’orchestre suisse, qui nie les faits, voit ses concerts annulés.
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édition abonné


Harcèlement : Charles Dutoit dans la tourmente

Visé par des révélations d’agressions, le chef d’orchestre suisse, qui nie les faits, voit ses concerts annulés.



Le Monde
 |    12.01.2018 à 16h55
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                            Marie-Aude Roux








                        



                                


                            

Le dernier des bastions symphoniques tenus par le grand chef d’orchestre suisse Charles Dutoit, accusé d’agression sexuelle, est tombé le 10 janvier : le Royal Philharmonic Orchestra de Londres a annoncé le départ immédiat de celui qui était son directeur musical depuis 2009. La fin du mandat du Suisse, 81 ans, qui appartient au gotha mondial de la direction d’orchestre, était prévue pour octobre 2019. Mais « une réunion d’urgence avec le conseil d’administration » et « un dialogue plus approfondi » ont convaincu les deux parties de mettre « conjointement » fin à leur collaboration, la position du chef d’orchestre devenant « intenable » en raison du « traitement médiatique de l’affaire ».

Depuis que celle-ci a éclaté, le 21 décembre 2017, celui qui fut directeur musical de l’Orchestre national de France de 1991 à 2001 ­récuse les accusations dont il est l’objet. Ce 21 décembre, l’agence Associated Press révélait que trois chanteuses d’opéra (dont la mezzo-soprano Paula Rasmussen et la soprano Sylvia McNair) ainsi qu’une musicienne soutenaient que Charles Dutoit les avait agressées sexuellement ­entre 1985 et 2010, dans cinq villes américaines (Chicago, Los ­Angeles, Minneapolis, Philadelphie et Saratoga Springs).
Puis ce fut au tour de la soprano française Anne-Sophie Schmidt, via sa page Facebook. Les faits dateraient de mars 1995, alors qu’elle tenait le rôle-titre de Pelléas et ­Mélisande, de Debussy, monté au Théâtre des Champs-Elysées, à ­Paris, avec Charles Dutoit et ­l’Orchestre national de France. Suivirent l’épouse du chef d’orchestre italien Fabio Luisi, la photographe et violoniste Barbara Luisi, alors que la jeune femme faisait partie de l’Orchestre symphonique de Bamberg.
Une avalanche d’annulations
Le 23 décembre, Charles Dutoit adressait à la presse, via l’adresse administrative de son bureau (au nom de sa femme, Chantal Juillet), une missive dans laquelle il...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-8"> ¤ A voir cette semaine : la Guttklein Fine Art expose six tableaux du peintre haïtien réalisés dans les années soixante.
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Galerie à Paris : Hervé Télémaque

A voir cette semaine : la Guttklein Fine Art expose six tableaux du peintre haïtien réalisés dans les années soixante.



Le Monde
 |    12.01.2018 à 16h26
 • Mis à jour le
12.01.2018 à 18h23
    |

                            Philippe Dagen








                        



   


Il peut suffire de quelques œuvres pour rappeler la force et la singularité d’un artiste. Il y a six Télémaque dans cette exposition, la plupart jamais montrés. Le plus ancien, Histoire sexuelle, date de 1960, quand le jeune peintre haïtien établi à New York s’extirpe de l’expressionnisme abstrait et glisse des figures humaines rudimentaires entre les taches et gestes colorés. L’année suivante, il part des Etats-Unis pour cause de racisme. No Title (The Ugly American) ose, en 1962, une description féroce de la société qu’il a quittée en dispersant des formes symboliques, corps et têtes grotesques, bribes de comics, croix et graffitis. La Boîte à malice, l’année suivante, est plus narquoise, avec son saucisson attaché au châssis. Ensuite, le dessin devient net et tranchant, les couleurs plus plates, les objets prolifèrent. Un plumeau, un livre et un journal éventré participent au très remarquable Portrait d’André Breton de 1966. Un torchon fait la moitié de Déjà-vu en 1967, torchon rayé comme un Buren d’avant Buren. Et pour finir une œuvre monumentale, Témoins. Le sujet en est l’Afrique, où l’aïeul de l’artiste fut capturé et vendu comme esclave au XVIIIe siècle. Aujourd’hui, les musées nord-américains s’intéressent à Télémaque, enfin.
Hervé Télémaque, New York-Villejuif. Galerie Guttklein Fine Art, 12, rue de Seine, Paris 6e. Tél. : 01-43-25-66-66. du mardi au vendredi de 10 heures à 13 heures et de 14 h 30 à 18 h 30, le samedi sur rdv. Jusqu’au 24 février. www.guttkleinfineart.com



                            


                        

                        


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Sélection albums : Michael Jarrell et Pierre de Bethmann

A écouter cette semaine : quatres œuvres d’un grand compositeur suisse, un trio jazz qui explore d’autres genres musicaux...



Le Monde
 |    12.01.2018 à 15h40
 • Mis à jour le
12.01.2018 à 17h25
   





                        


Michael Jarrell … Mais les images restent… Ernesto Molinari (clarinette), Thomas Demenga (violoncelle), Marino Formenti (piano), WDR Sinfonieorchester, Peter Rundel (direction).

   


En écoutant les quatre œuvres de Michael Jarrell, intelligemment réunies sur ce disque (un solo, un duo, un trio et une pièce d’orchestre avec solistes), c’est d’abord l’époque qui vient à l’esprit. Les années 1990 où, à Paris, sur le « territoire » esthétique de Pierre Boulez (balisé par l’Ensemble intercontemporain et par l’Ircam), se développait une génération de compositeurs formant presque une école. Michael Jarrell, Suisse né en 1958, en fit partie, comme le rappellent des œuvres telles qu’Assonance III et Aus Bebung, qui paraissent aujourd’hui plus datées que signées. Ecrites par un musicien qui est tout à la fois orfèvre (détails précieux), peintre (perspectives soignées) et poète (climats prenants), elles ne sont pourtant pas anonymes. Le geste y prime tout simplement sur l’émotion, au contraire de ce qui se produit avec … Mais les images restent…, magnifique solo de piano, tour à tour fulgurant et extatique. Pierre Gervasoni
1 CD Aeon/Outhere.
Pierre de Bethmann Trio Essais/Volume 2

   


Formé en 2012, le trio du pianiste Pierre de Bethmann avec le contrebassiste Sylvain Romano et le batteur Tony Rabeson avait enregistré en 2015 un premier album sous le titre Essais. Voici le deuxième volume, nouvelle exploration de compositions qui viennent de la musique classique, du jazz et de la chanson. Pleines d’envies et d’idées musiciennes, écrivions-nous à propos du volume 1, formulation qui reste valable aujourd’hui. Ici et là, ce deuxième Essais prolonge le répertoire du premier : après la Sicilienne de Fauré voici Forlane, tout en swing, de Ravel, Je bois, d’Alain Goraguer, qui fut arrangeur de Gainsbourg, évoqué avec Pull marine, la mélodie du Chant des partisans, d’Anna Marly, dans une version déliée, virevoltante, en rappel du Chant des marais, créé à l’été 1933, au camp de détention des prisonniers politiques de Bögermoor. Au-delà, l’alliance des trois talents fait entendre des thèmes un peu oubliés du jazz, Miss Ann, d’Eric Dolphy, ou Conception, de George Shearing, une approche de la musique brésilienne éloignée des clichés, des îles de Voulzy. Sylvain Siclier
1 CD Aléa/Socadisc.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-10"> ¤ Lors de la soirée des Golden Globes, le 7 janvier, à Manhattan, la consigne était : dress code noir, en signe de protestation contre le harcèlement sexuel dans le cinéma. Guillemette Faure, la chroniqueuse de « M », était dans les coulisses.
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#BalanceTonGoldenGlobe en noir


                      Lors de la soirée des Golden Globes, le 7 janvier, à Manhattan, la consigne était : dress code noir, en signe de protestation contre le harcèlement sexuel dans le cinéma. Guillemette Faure, la chroniqueuse de « M », était dans les coulisses.



Le Monde
 |    12.01.2018 à 14h33
    |

                            Guillemette Faure








   


La carte spéciale du jour propose un cocktail This is Us (tequila, mezcal, pamplemousse, gingembre), une coupe de The Crown (gin, citron, camomille) du nom de la série de Netflix, ou une bière et un shot si vous commandez un I, Tonya. Ce soir, c’est « viewing party » des Golden Globes au VNYL, un bar à écran géant de Manhattan. Le menu vous est apporté avec une feuille de pronostics à remplir.
Gin ou tequila. Spielberg ou Meryl Streep. Toutes ces décisions difficiles à prendre… Avant même de venir, il fallait trancher. « Thème glamour années 1970 », disait l’invitation du bar. « Habillez-vous en noir et postez vos photos sur les réseaux sociaux », demandait le collectif Time’s Up, fondé par 300 femmes actrices et agents pour protester contre le harcèlement dans l’industrie du cinéma.
« Je suis venue en noir par solidarité, mais il se trouve aussi que je m’habille tous les jours en noir. » Une avocate new-yorkaise
C’est pas tous les jours que l’on vous demande un geste de solidarité avec Hollywood et voilà peut-être la raison pour laquelle, à part une grande liane en dos nu au bar, la deuxième consigne a été plus respectée.
« Je suis venue en noir par solidarité, m’explique ma voisine, mais il se trouve aussi que je m’habille tous les jours en noir. » Elle est avocate et elle est new-yorkaise, deux raisons de ne pas porter de couleur. Pour tenter de réconcilier les deux injonctions, deux filles sont venues en minijupes et cuissardes noires. Quelle tenue choisir pour une soirée de lutte contre le harcèlement sexuel ? On n’a pas fini de se poser de nouvelles questions. La semaine dernière, le New York Times consacrait un article à « comment s’habiller pour porter plainte pour harcèlement sexuel sans mettre en cause sa crédibilité ».

        Lire aussi :
         

                Porter du noir aux Golden Globes : un geste contre les violences sexuelles qui fait débat à Hollywood



Traditionnellement, une viewing party hollywoodienne réclame d’arriver une heure avant le début de la cérémonie pour commenter les arrivées et les robes. Voilà Sarah Jessica Parker, incarnation à l’écran du prototype de la New-Yorkaise, que l’animatrice salue comme étant à l’origine du mouvement. « Mais non, pas du tout, je suis montée dans le train en marche comme tout le monde », répond-elle. Plusieurs actrices expliquent en arrivant qu’elles sont là pour que les choses changent, parce qu’il est temps.
« On ne va parler que de ça ? », s’interroge un jeune gay au bar, qui attend de pouvoir commenter les robes. Il y a trois ans, le mouvement #AskHerMore critiquait le fait que les femmes n’étaient interrogées que sur leurs panoplies, cette année plus personne ou presque ne s’y risquerait. Sur le mur écran du lounge du VNYL, Seth Meyers, l’animateur de la soirée, déclenche des fous rires en remerciant la Hollywood Foreign Press Association (organisatrice de la cérémonie), – « les trois mots qui hérissent le plus le président Trump » – et en saluant l’année 2017, « qui a vu la marijuana enfin autorisée et le harcèlement sexuel enfin ne plus l’être ». 
On blague sur Weinstein, rires gênés…
De Harvey Weinstein à Kevin Spacey, les rires se font plus gênés quand les blagues visent des personnalités qui sont déjà des cibles à tout faire. Peut-être que la critique Daphne Merkin a raison quand elle écrit dans une tribune du New York Times que beaucoup de femmes tenues à l’indignation publique sont mal à l’aise à l’idée que balancer un nom suffise à inculper. Elle y regrette aussi que toutes les accusations s’équivalent désormais – viol, harcèlement ou comportement inapproprié – et redoute une remoralisation de la vie sexuelle. « Mais si, on pourra continuer à se rencontrer, m’assure une fille au VNYL. Ce qui change tout dans des cas comme celui de Harvey Weinstein, c’est la relation de pouvoir… » Pour montrer qu’ils sont féministes, m’assure-t-elle, les mecs indiquent sur leur « dating profile » qu’ils sont anti-Trump. Plus que Weinstein, le président incarne, selon elle, le harceleur en chef. Cela dit, vu la façon dont il se vante de ses relations avec les femmes, il se serait trouvé en phase avec le thème années 1970.
Quelqu’un récapitule sur Twitter : « Imagine si, en 1994, on t’avait dit qu’en 2018, Donald Trump serait président et Tonya Harding aux Golden Globes… »
A l’écran, Nicole Kidman ramasse son prix en rappelant que le personnage qu’elle jouait représentait « quelque chose au centre de notre conversation : la maltraitance ». Ma voisine avocate m’assure que ces femmes vont encourager celles d’autres « industries » à s’émanciper. Hollywood ouvre-t-il la voie du féminisme ou en est-il la voiture balai ? Quelques jours plus tôt dans une conférence, Lydia Polgreen du Huffington Post affirmait que bien sûr la culture était en avance sur la politique, « dans les séries, on voit toutes sortes de familles, des parents gay, des personnages transgenres sans que ce soit un souci ». Puis en hésitant : « Et, en même temps, dans les comédies romantiques, les femmes journalistes n’ont l’air de n’exercer ce métier que pour trouver des maris ». 

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                Féminisme : la « tribune de Deneuve » fait réagir au-delà des frontières



Allison Janney remplit l’écran en allant chercher son prix de meilleur second rôle féminin pour I, Tonya. Seuls les plus de 35 ans reconnaissent, assise derrière elle, Tonya Harding, la patineuse accusée en 1994 d’avoir fait péter les genoux de son adversaire Nancy Kerrigan. « Un peu bizarre le jour où on invite les femmes à s’affirmer… », dit une cliente au bar. On rit quand quelqu’un récapitule sur Twitter : « Imagine si, en 1994, on t’avait dit qu’en 2018, Donald Trump serait président et Tonya Harding aux Golden Globes… » Sur l’écran géant, la soirée s’interrompt le temps d’une pub L’Oréal. « Parce que je le vaux bien » s’affiche en grand sur le mur. En changeant un peu l’éclairage, chacun voit le féminisme à sa porte.



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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-11"> ¤ Longtemps décriée, l’architecture collective des années 1950 a de nouveau la cote. Les acquéreurs se ruent sur les appartements d’immeubles signés Le Corbusier, Fernand Pouillon ou Jean Prouvé.
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-11"> ¤                
                                    

Les « cages à lapin » d’après-guerre s’arrachent à prix d’or


                      Longtemps décriée, l’architecture collective des années 1950 a de nouveau la cote. Les acquéreurs se ruent sur les appartements d’immeubles signés Le Corbusier, Fernand Pouillon ou Jean Prouvé.



Le Monde
 |    12.01.2018 à 14h14
    |

                            Anne-Lise Carlo








   


Les immeubles des années 1950 ont longtemps eu mauvaise presse. Qu’importe le charme de leurs façades épurées, vitrées et munies pour certaines de détails comme des loggias encastrées dans le béton, on n’y voyait que des « cages à lapins » mal insonorisées et mal isolées.
Soixante ans plus tard, ces ouvrages architecturaux s’arrachent à des prix en nette hausse. Les grands appartements de la tour Croulebarbe d’Édouard Albert, premier gratte-ciel de Paris, se vendent jusqu’à 9 000 euros le mètre carré, soit 1 000 euros de plus que la moyenne du 13e arrondissement — et il faut vouloir habiter dans une tour en métal de vingt-trois étages… A Marseille, les appartements de Fernand Pouillon, sur le Vieux-Port, peuvent partir à 13 000 euros le mètre carré. La cote de certains architectes moins célèbres monte également. « Les logements de standing de Jean Ginsberg, par exemple, prennent de la valeur, indique Simon Texier, auteur de Paris 1950. Un âge d’or de l’immeuble (Éd. du Pavillon de l’Arsenal). Il faut dire qu’il incarne réellement le versant moderniste des années 1950 ». Pour cet historien de l’art, la longue décennie allant de 1947 au début des années 1960 est une « époque de maturité pour l’architecture que l’on ignore souvent ».
« Ces appartements sont en général d’une grande fonctionnalité car ils ont remis l’homme au centre. » Jérôme Louis, directeur de l’agence Espaces atypiques de Marseille
Après la guerre, les grandes villes françaises connaissent une crise du logement sans précédent. Il faut construire, des immeubles sains et fonctionnels. Quelques architectes profitent de cet élan pour définir les bases du logement collectif moderne, faisant naître des pépites. « Certains immeubles ont été très bien pensés, explique Corinne Bélier, directrice au département des collections à la Cité de l’architecture, à Paris. Pour la première fois, les plans d’habitation faisaient la part belle aux pièces de vie centrales comme le séjour. C’est aussi l’arrivée des salles de bains et des cuisines intégrées. » Les propriétaires évoquent la lumière naturelle, omniprésente grâce aux larges baies vitrées. Façades ou plafonds sont ornés d’ouvrages d’arts appliqués, parfois réalisés par des Prouvé ou des Lagrange. « Ces appartements sont en général d’une grande fonctionnalité car ils ont remis l’homme au centre. Le Corbusier a pensé ses constructions en se fondant sur la stature humaine, explique Jérôme Louis, directeur de l’agence Espaces atypiques de Marseille, installée au sein même de la Cité radieuse. Mais il faut quand même être passionné pour y vivre. Dans les cellules d’habitation de la Cité, les plafonds sont à 2,40 mètres. On est loin du style haussmannien ou de la maison d’architecte. »

   


Ce renouveau immobilier est une conséquence de l’attraction que connaît, depuis une dizaine d’années, le design de la même période. « Je suis venu à cette architecture en achetant du mobilier de Charlotte Perriand [collaboratrice de Le Corbusier], que j’avais découverte, adolescent, à la station des Arcs », confie Pierre Guimard, qui s’est acheté cet été un 63 mètres carrés avec double vue sur la mer dans la Cité radieuse de Marseille. « Souvent, les gens commencent par s’acheter des pièces de design, puis ils songent à une maison ou à un appartement pour les mettre en valeur dans un univers cohérent », analyse Delphine Aboulker, fondatrice d’Architecture de collection, une agence immobilière qui valorise les biens des années 1950.

   


Avec 2 500 immeubles années 1950 à Paris, pas besoin d’être acquéreur pour profiter de ce patrimoine. Il suffit de se promener. Consciente de la demande, l’agence Architecture de collection salue la période dans le cadre du parcours architectural qu’elle propose dans le 16e arrondissement. La reproduction à l’échelle 1 d’une unité d’habitation de Le Corbusier est visible dans les collections de la Cité de l’architecture. Classée et rénovée, la tour Croulebarbe, qui fait l’objet de travaux de réhabilitation, devrait ouvrir au public dans un an. En province, il est possible de visiter l’appartement-témoin de l’architecte Auguste Perret, au Havre. Et dans les habitations « radieuses », à Marseille comme à Rezé, les parties communes sont accessibles au public qui, étrangement, ne parle plus de « cages à lapins ».
Les parcours d’Architecture de collection www.architecturedecollection.fr/les-parcours/Le Corbusier à Marseille www.marseille-citeradieuse.org
Le Corbusier à Rezé www.maisonradieuse.org/
Appartement-type Le Corbusier à la Cité de l’architecture www.citedelarchitecture.fr/fr/collection/parcours-thematiques/la-reconstitution-de-lappartement-type-e2-de-la-cite-radieuse-de
Appartement-témoin Perret au Havre unesco.lehavre.fr/fr/decouvrir/lappartement-temoin-perret



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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-12"> ¤ Au catalogue, Bernie Sanders, Thomas Piketty, les Economistes ­atterrés mais aussi des brûlots contre l’industrie de la viande ou la pilule… Les liens qui libèrent éditent la gauche tendance altermondialiste dans toutes ses variantes. Portrait de ses fondateurs.
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-12"> ¤             
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Le Monde
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                  12.01.2018 à 13h57


Au catalogue, Bernie Sanders, Thomas Piketty, les Economistes ­atterrés mais aussi des brûlots contre l’industrie de la viande ou la pilule… Les liens qui libèrent éditent la gauche tendance altermondialiste dans toutes ses variantes. Portrait de ses fondateurs.

Par                             Dominique Perrin





                     

Curieux nom, Les liens qui libèrent. Cette maison d’édition engagée, tendance gauche-antilibérale-écolo, se niche au fond d’une cour pavée de Saint-Germain-des-Prés, épicentre parisien des lettres. Ses fondateurs, Henri Trubert et Sophie Marinopoulos, nous reçoivent un après-midi d’hiver. Tous deux portent la même fine doudoune kaki. Il commence une phrase, elle la termine. Il lui coupe la parole, elle lui rappelle qu’ils s’étaient promis de ne plus s’interrompre. Elle rit, il rit. Henri Trubert : « On est mari et femme. » Sans blague.
« Depuis Darwin, Freud ou Einstein, nous savons que rien ne peut s’épanouir sans liens, expliquent-ils de concert à propos du nom de leur société. En biologie, les organismes vivants interagissent entre eux. En économie, tout est échange. Un enfant, quand il naît, a besoin d’être entouré affectivement, sinon il meurt. Pourtant, on vit dans une société marquée du sceau de la déliaison. On croit à l’identité fermée, à la captation financière, on imagine être maître de la nature… » Sur la crise des liens, ils sont intarissables. Nous, on sent surtout qu’entre ces deux passionnés, c’est le lien amoureux qui mène la danse. Une interaction chimique, qui leur donne envie de secouer les idées pour mieux réinventer le monde. À deux.
Transmettre des idées
Le succès de leur petite entreprise raconte une époque avide d’une lecture critique et utopique de la société. La jeune maison réussit à pêcher tous les grands noms de la contestation économique, de Joseph E. Stiglitz, Prix Nobel d’économie, à Jeremy Rifkin, en passant par l’anarchiste David Graeber, pilier du mouvement Occupy Wall Street en 2011 ou Bernie Sanders, candidat démocrate aux primaires en 2016.

Côté français, elle choisit l’économiste ­Thomas Piketty, dont elle édite les chroniques, ou l’économiste et philosophe ­Frédéric ­Lordon, figure du mouvement Nuit debout en 2016. Elle multiplie les approches, publiant aussi bien...





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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-13"> ¤ Dans un communiqué paru le 10 janvier, l’association de réalisateurs Groupe 25 Images déplore la décision de France 2 d’avoir « ajourné » son projet de téléfilm sur l’attentat du Bataclan. Une pierre de plus sur l’édifice d’une polémique qui dure depuis plusieurs mois.
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Téléfilm sur le Bataclan : fausse polémique, vrai débat

Dans un communiqué paru le 10 janvier, l’association de réalisateurs Groupe 25 Images déplore la décision de France 2 d’avoir « ajourné » son projet de téléfilm sur l’attentat du Bataclan. Une pierre de plus sur l’édifice d’une polémique qui dure depuis plusieurs mois.



Le Monde
 |    12.01.2018 à 13h41
 • Mis à jour le
12.01.2018 à 17h02
    |

                            Camille Langlade








                        



   


« Chacun a le droit de critiquer une œuvre, d’être choqué et même scandalisé. En revanche, le rôle d’une télévision publique devrait être de préserver la liberté de créer, de dire, d’exprimer. » Le collectif de réalisateurs de films de télévision Groupe 25 Images déplore, dans un communiqué daté du 10 janvier, la décision de France 2 de retarder le projet de son téléfilm Ce soir-là. Ce dernier, produit par la chaîne et réalisé par Marion Laine (A cœur ouvert), devrait relater une histoire d’amour née le soir de l’attaque du Bataclan, le 13 novembre 2015, avec au casting Sandrine Bonnaire dans le rôle principal, Simon Abkarian (Kaboul Kitchen) et Naidra Ayadi (Paris etc.).
Cette fiction, dont le tournage s’est achevé le 22 décembre 2017 à Paris, avait provoqué une vague de contestation et d’indignation, notamment sur Twitter. Dans leur communiqué, les réalisateurs fustigent le supposé pouvoir des réseaux sociaux, et plus particulièrement la pétition mise en ligne il y a plus d’un mois par Claire Peltier, la femme de David Perchirin, tué lors de l’attaque. « Ne pouvez-vous donc pas trouver d’autres sujets de fiction pour attirer vos téléspectateurs, sans raviver nos douleurs et notre deuil ? », interroge Claire Peltier sur la plateforme Change.org. Adressé à la direction de France 2 et à Delphine Ernotte, le texte appelle au retrait du projet et a recueilli plus de 46 000 signatures.

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                France 2 « ajourne » un téléfilm sur l’attentat du Bataclan, ciblé par une pétition



« Il ne faut pas se taire, il faut en parler »
Le 28 décembre, dans un communiqué, la chaîne publique annonçait devoir « ajourné » le projet, le temps que la production puisse « consulter largement l’ensemble des associations des victimes ». Une décision qui semble donner raison à Claire Peltier. C’est en tout cas le lien qu’établit le Groupe 25 Images. Le collectif pointe du doigt l’influence que « la toile » aurait eu sur la direction de la chaîne, contrainte à l’autocensure. « Depuis ces attentats, tout le monde vit avec ça. Cela fait parti de notre quotidien à tous. Il ne faut pas se taire, il faut en parler », nous a déclaré Arnaud Sélignac, coprésident du Groupe 25 Images. Le réalisateur rappelle le rôle cathartique que peuvent avoir de telles œuvres de fiction, qui permettent, selon lui, de parler de ces drames pour mieux s’en libérer, quitte à heurter les consciences : « On est là pour faire réfléchir, pas pour mettre des œillères », assène-t-il.
Pour France 2, ce débat découle d’une fausse polémique. Le film est toujours en cours de montage et n’a pas encore été visionné par la direction. La chaîne rappelle également qu’aucune date de diffusion n’a jamais été planifiée, contrairement aux rumeurs persistantes sur internet qui évoquaient la date du 13 novembre 2018, soit trois ans après la tragédie. L’équipe du film, quant à elle, n’a pas souhaité s’exprimer sur le sujet.
Des associations ouvertes au dialogue
Si la pétition appelle à l’abandon pur et simple du projet, les associations, elles, se montrent plus nuancées. Pour Alexis Lebrun, porte-parole de Life for Paris, une association de victimes qui compte plus de 700 membres, les réseaux sociaux ne sont pas la cause de l’ajournement du projet. « Ce ne sont pas des juges, ce sont des canaux de diffusion », affirme-t-il. Il note aussi que le principe des pétitions existait bel et bien avant la création de Facebook ou de Twitter.

   


Même si la majorité des membres de Life for Paris se disent défavorables au projet du téléfilm, l’association se détache de l’initiative de Claire Peltier. « Nous ne sommes pas là pour censurer ou commenter une œuvre, estime Alexis Lebrun. Ce n’est pas notre rôle, même si l’on doit faire entendre la voix de nos membres. » Une position d’équilibriste délicate à assumer. Sur le principe, l’association ne s’opposera pas à la diffusion du téléfilm, sauf si ce dernier va à l’encontre de la dignité des victimes et de leurs familles. La réalisatrice du téléfilm, Marion Laine, a par ailleurs pris contact en novembre avec l’association et une rencontre devrait avoir lieu prochainement.
Une exception française
Olivier Legrand, président de l’association Génération Bataclan, regrette le fait que des familles de victimes demandent l’arrêt d’un programme qu’elles n’ont pas vu, alimentant une « énième polémique post-attentats ». Des familles qui selon lui n’ont sans doute pas discuté avec la production, et encore moins avec la réalisatrice. « Je pense que ce type de programme, s’il est bien monté et s’il respecte la réalité, est nécessaire », poursuit-il, prenant l’exemple du téléfilm Ne m’abandonne pas, diffusé en 2016 sur France 2, dans le cadre d’une soirée-débat sur la radicalisation islamiste.
Alors que le débat autour de la diffusion de Ce soir-là cristallise les tensions en France, un film sur les attentats du 13 novembre 2015 est déjà en préparation outre-Atlantique, baptisé Violent Delights et réalisé par Rachel Palumbo. Une spécificité hexagonale pour Arnaud Sélignac, qui regrette que la France reste bloquée sur le sujet, alors que dans d’autres pays, les artistes n’hésitent pas à s’emparer de ces événements tragiques qui marquent l’actualité, à l’instar des États-Unis, prolifiques en la matière. Dernier exemple en date : The 15:17 to Paris, un film de Clint Eastwood sur l’attaque déjouée du Thalys qui sortira le 7 février prochain en France.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-14"> ¤ L’inoxydable trio pop amstellodamois partage ses coups de coeur vidéos, en attendant leur passage parisien en avril prochain.
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La YouTubothèque des Nits

L’inoxydable trio pop amstellodamois partage ses coups de coeur vidéos, en attendant leur passage parisien en avril prochain.



Le Monde
 |    12.01.2018 à 12h01
 • Mis à jour le
12.01.2018 à 14h39
    |

            Franck Colombani (propos recueillis par)








                        



   


La série « YouTubothèque » invite des artistes à choisir leurs oeuvres favorites sur la plateforme de vidéos en ligne YouTube. Une carte blanche permettant de s’ouvrir à leurs différentes influences, qu’elles soient musicales, cinématographiques, littéraires, voire au-delà de la sphère culturelle.

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Choyé par la critique, méconnu du grand public, les Nits demeure un des secrets les mieux gardés de la pop. Une pop poétique et affranchie, qui n’a de cesse de se remettre en question au fil de chacun de ses albums. Trois ans après une tournée célébrant leurs 40 ans de carrière, le trio néerlandais constitué de Henk Hofstede (chanteur, guitariste et principal compositeur), Rob Kloet (batterie) et Robert Jan Stips (claviers) sortait en septembre 2017 leur 19e album studio, Angst. Le dernier pavé d’une imposante discographie, régulièrement jalonnée de splendeurs tels que Ting (1992), In the dutch mountains (1987), ou encore Malpensa (2012). Autant d’oeuvres qui leur ont forgé un cercle d’admirateurs, humble mais solide, à travers le monde. Un cercle dont on compte notamment Leonard Cohen, qui souhaita les engager en tant que groupe accompagnateur à la fin des années 80 en vue de sa prochaine tournée mondiale. Le projet, hélas avorté, continuer de susciter bien des fantasmes...   Angst est encore une fois la preuve qu’il est possible dans la pop, à l’instar d’un Bowie, de se bonifier avec l’âge, tout en gagnant en profondeur. L’album se présente comme une ambitieuse fresque historique consacrée à leur patrie, le plat pays, pendant et après la seconde guerre mondiale. Une fresque imprégnée de rêveries et de souvenirs familiaux, à l’instrumentation contemplative étonnamment légère, poétique et intimiste. Henk Hofstede, le leader du groupe, nous commente ses coups de coeurs vidéos.



1. Bob Dylan. « Subterranean Homesick Blues »

Henk Hofstede : J’ai vu le film Don’t Look Back de Donn Alan Pennebaker quand il est sorti en Hollande dans les années soixante. Le début du film est le premier vidéoclip jamais réalisé. C’est toujours une œuvre d’art : juste une prise, pas d’édition, seulement des fragments de paroles de chansons écrites sur des cartons, jetés par terre par Bob Dylan ... pas de chant non plus. Et le présence d’Allen Ginsberg (le poète) dans le fond de la ruelle. Je pensais que cela avait été filmé à New York, mais j’ai découvert que c’était dans une petite allée derrière le Savoy Hotel à Londres. L’année dernière, je suis allé là-bas pour faire un court métrage. Le voici.
2. Love Theme from « Les Parapluies de Cherbourg »

Le film entier est un vidéoclip, le plus long de tous les temps. Je l’ai vu à l’époque quand il est sorti, dans un cinéma d’Amsterdam, et j’ai été submergé par la beauté visuelle et le simple fait que tout était chanté. Sans parler de la beauté de la musique et celle de Catherine Deneuve.
3. David Bowie. « Lazarus »

Il faut beaucoup de courage pour se filmer sur son lit de mort, après une vie de glamour et de beauté. Les images et la chanson forment ici une rencontre parfaite. Même dans ses dernières heures, David Bowie était à son meilleur. Il y a dans ce clip et cette chanson un goût et un courage beaucoup plus extrême que n’importe quelle vidéo hip hop la plus extrême. Et prouve qu’il était un artiste et non un homme d’affaires, comme nombre de ses collègues.
4. David Claerbout. « The Shadow Piece »

Ce vidéaste belge m’a beaucoup influencé. J’ai vu plusieurs de ses expositions à De Pont, un musée d’art moderne à Tilburg, en Hollande, le meilleur du pays. En tant que vidéaste moi-même, je regarde toujours des vidéos d’art où que je sois et voyage. Et si il y a l’opportunité de voir le travail de David Claerbout, je fais toujours en sorte de ne pas rater ça. Cette vidéo, que j’ai vu il y a plusieurs années, m’a frappé par sa simplicité et sa beauté. La lumière est incroyable, et même si on dirait qu’il s’agit d’images prises par une caméra de surveillance, l’intégralité du film été minutieusement construit et réalisé. Une réalisation formidable, j’aurais aimé que certains vidéastes commerciaux s’en inspirent.
5. Peter Gabriel. « Sledgehammer »

Bien sûr, il y avait déjà des vidéos d’animation, mais cette fois, le chanteur faisait partie intégrante de l’animation. Autour de sa tête circulait tout un monde d’objets et de drôles de jouets. Et c’est d’autant plus étonnant de la part de quelqu’un qui portait parfois un masque ou se cachait derrière des costumes lors de ses concerts avec Genesis... Une étape courageuse vers l’humour et l’humanité pour Peter Gabriel.
Nits, Angst (Werf/Bertus France)
En concert le 20 avril au Petit Bain, Paris
www.nits.nl



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-15"> ¤ Signataire de la tribune des « cent femmes » dénonçant le « puritanisme » de #metoo, la star planétaire est une personne qui a toujours choisi ses combats, explique dans sa chronique, Michel Guerrin, rédacteur en chef au « Monde ».
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-15"> ¤                     
                                                   
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« Catherine Deneuve est une actrice libre et imprévisible qui goûte peu les vagues dominantes »

Signataire de la tribune des « cent femmes » dénonçant le « puritanisme » de #metoo, la star planétaire est une personne qui a toujours choisi ses combats, explique dans sa chronique, Michel Guerrin, rédacteur en chef au « Monde ».



Le Monde
 |    12.01.2018 à 11h40
 • Mis à jour le
12.01.2018 à 12h18
    |

            Michel Guerrin








                        



                                


                            

On l’appelle le « texte des cent femmes » mais son retentissement mondial doit tout à la signature de Catherine Deneuve. Ce n’est pas elle qui en est à l’origine, ni qui l’a écrit. Bien sûr, le contenu, publié dans Le Monde du 10 janvier, vaut bombe. Mais les réactions folles dans les médias étrangers et sur les réseaux sociaux montrent que la star planétaire incarne la polémique.
L’actrice est attendue le 15 janvier au festival Premiers plans d’Angers, et elle sera dans le tourbillon. Disons déjà que son engagement n’est pas une surprise. En octobre 2017, sur le site du Huffington Post, elle émettait de fortes réserves quant au mouvement #metoo aux Etats-Unis et #balancetonporc en France : « Est-ce que c’est intéressant d’en parler comme ça ? Est-ce que ça va régler le problème ? » Sous-entendu, non.

Catherine Deneuve, qui fut l’égérie du couturier Yves Saint Laurent, qui a posé en femme fatale, dominatrice et séductrice devant l’objectif d’Helmut Newton (ses images porno-chic seraient-elles possibles aujourd’hui ?), qui portait de la fourrure à l’époque où c’était jugé choquant, goûtait peu le féminisme post-1968, qui voyait souvent l’homme comme une cible, et qui refusait les attributs du désir véhiculés dans les arts visuels.
Elle l’a dit à notre consœur Annick Cojean (« M Le magazine du Monde » du 1er septembre 2012), qui lui demandait si elle se sentait concernée par les luttes féministes. « Pas spécialement. A cause de certaines positions extrémistes englobées autrefois dans ce mouvement trop vaste pour que j’y sois à l’aise. Des attitudes anti-hommes regrettables alors que le but est d’arriver à plus d’harmonie entre les sexes. Mais je soutiens ardemment la cause des femmes ! Je les aime bien, les femmes. En ce sens, je pourrais me dire féministe. » Elle l’est. Mais elle en choisit les termes et les combats. Elle fut par exemple signataire du « Manifeste des 343 salopes », en 1971,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-16"> ¤ Après un mois de polémique, l’éditeur suspend la réédition des trois textes antisémites et pronazis.
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Gallimard renonce à publier les pamphlets de Céline

Après un mois de polémique, l’éditeur suspend la réédition des trois textes antisémites et pronazis.



Le Monde
 |    12.01.2018 à 10h23
 • Mis à jour le
12.01.2018 à 10h51
    |

                            Florent Georgesco et 
Nicole Vulser








                        



                                


                            

Au nom de ma liberté d’éditeur et de ma sensibilité à mon époque, je suspends ce projet. » C’est sur un ton très personnel qu’Antoine Gallimard, PDG de la maison d’édition qui porte son nom, a sifflé la fin de partie, jeudi 11 janvier, dans un communiqué adressé à l’AFP. Après des semaines de polémique, les pamphlets antisémites et pronazis de Louis-Ferdinand Céline (1894-1961), Bagatelles pour un massacre (1937), L’Ecole des cadavres (1938) et Les Beaux Draps (1941), ne reparaîtront pas.

En tout cas, pas tout de suite. Et certainement pas de la manière initialement prévue : une reprise, simplement augmentée d’une préface de l’écrivain Pierre Assouline, de l’édition parue au Québec en 2012 sous le titre Ecrits polémiques – étonnant euphémisme –, publiée par la petite maison Editions 8, qui avait profité de la loi canadienne sur l’entrée des textes dans le domaine public cinquante ans après la mort de leur auteur (contre soixante-dix ans en France). Cette édition, dirigée par Régis Tettamanzi, professeur de littérature française du XXe siècle à l’université de Nantes, était en effet, aux yeux de beaucoup de spécialistes, nettement insuffisante sur le plan historique, multipliant les lacunes, les à-peu-près, parfois les erreurs factuelles (Le Monde des livres du 5 janvier).
« Que signifie “suspendre” ? »
L’affaire a commencé le 1er décembre 2017 sur le site du mensuel L’Incorrect, fondé par des proches de Marion Maréchal-Le Pen, qui révélait, par l’entremise de l’avocat François Gibault, que Lucette Destouches, sa cliente, venait de changer d’avis – la veuve de l’écrivain, 105 ans, avait jusque-là bloqué tout projet de ce genre, conformément à la décision prise après guerre par son mari.

Alors que beaucoup de voix se sont rapidement élevées, et d’abord celle de Serge Klarsfeld, président de l’association Fils et filles de déportés juifs de...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-17"> ¤ Le trio atypique qui mêle l’oud, la kora et la valiha présente son nouvel album en tournée.
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3MA unit les cordes de toute l’Afrique

Le trio atypique qui mêle l’oud, la kora et la valiha présente son nouvel album en tournée.



Le Monde
 |    12.01.2018 à 10h02
 • Mis à jour le
12.01.2018 à 14h29
    |

                            Patrick Labesse








                        



                                


                            

Un hall d’hôtel ? Pas vraiment le genre d’endroit qui fait rêver. Et pourtant. Dans ces lieux de passage, d’arrivées et de départs, se tissent parfois de sacrées belles histoires. Preuve en est celle d’un groupe atypique, le trio de cordes panafricain 3MA. Elle a démarré par une rencontre fortuite entre ­Rajery, musicien malgache spécialiste de la valiha, harpe tubulaire, et Driss El Maloumi, compositeur et joueur d’oud marocain, dans un hall d’hôtel d’Agadir, en 2006, en marge du festival ­Timitar. « Nous avons échangé quelques notes. Et on s’est dit qu’il fallait aller plus loin », se souvient Driss El Maloumi.
Il est minuit quand celui-ci ­raconte cette histoire. Nous nous trouvons également dans un hall d’hôtel, à Rabat. Le groupe 3MA y a ouvert, au Théâtre Mohammed V, la série de concerts de la quatrième édition de Visa For Music, plate-forme et marché ­annuel des musiques d’Afrique et du Moyen-Orient, qui s’est ­déroulée du 22 au 25 novembre 2017 dans la capitale marocaine. Dans quelques heures, les musiciens du trio prendront le chemin de l’aéroport, poursuivant un périple qui a commencé au Brésil et qui passera par Paris, le 14 janvier, à l’Espace Cardin. 3MA présente son deuxième album, ­Anarouz, un tissage de cordes pincées réunissant l’oud (luth oriental), la valiha et la kora (la harpe-luth des djelis, griots d’Afrique de l’Ouest).
Langage musical inédit
Après la rencontre à l’hôtel, les deux musiciens se sont retrouvés pour jouer ensemble à Madagascar, au Festival Angaredona (« effort collectif ») qu’organise Rajery, parmi ses nombreuses activités et parallèlement à sa carrière musicale. Le musicien malgache a travaillé pendant des années avec des enfants des rues, créé une école de valiha, participé à des séances de musicothérapie en hôpital psychiatrique, s’est engagé dans des actions de reforestation et, récemment, de collecte « des trésors musicaux de Madagascar, au moyen de studios installés en brousse ».

L’expérience...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-18"> ¤ Fille du graphiste Kiki Picasso, sœur du réalisateur Kim Chapiron, la chanteuse revient avec un second album réussi, « Autopilote ».
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-18"> ¤                     
                                                   
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Mai Lan, sacrée fille de bonne famille

Fille du graphiste Kiki Picasso, sœur du réalisateur Kim Chapiron, la chanteuse revient avec un second album réussi, « Autopilote ».



Le Monde
 |    12.01.2018 à 09h53
 • Mis à jour le
12.01.2018 à 18h21
    |

            Laurent Carpentier








                        



                                


                            

Dans la famille ­Chapiron, je demande la fille. Chapiron ? ­­Mai Lan de son prénom – qui est aussi le nom de scène de cette chanteuse « hip-pop » jonglant avec les codes. Un premier tube, en 2006, Gentiment je t’immole, où elle reprend d’une voix suave les paroles ­volontairement trash du groupe de rap ­La Caution (« Je déterre ta grand-mère et la viole comme une chienne… »). En 2012, un album ­remarqué (avec notamment un morceau écrit avec Orelsan, ­Les Huîtres). Enfin, aujourd’hui, retour sur scène avec un nouveau disque : Autopilote.

Dans la famille, il y a aussi le fils, Kim Chapiron, réalisateur. Gen­timent je t’immole, c’était pour lui. Le titre figurait sur la bande originale de son film d’horreur Sheitan, avec lequel le cinéaste, ­cofondateur d’une association-culte – Kourtrajmé (« court-métrage » en verlan) –, ­entendait au début du millénaire imposer son souffle générationnel dans le cinéma français.
Le père, lui, c’est Christian ­Chapiron, plus connu sous le nom de « Kiki Picasso ». Autre époque, autre bande, tout aussi corrosive : Bazooka, créée en 1974 aux Beaux-Arts – avec Olivia ­Clavel, Loulou Picasso, feu Lulu Larsen… –, qui s’acharnait dans les années 1980 à investir de leur tempête gra­phique les médias (Libération, ­Canal+) et la publicité.
Ebullition tous azimuts
Il y a aussi la petite sœur, Mai Thu, qui danse, et puis la mère, en pivot, Minh Truong.
« Ma mère nous a toujours poussés à chercher qui on est. Elle prônait le singulier, raconte Mai Lan. Les copains de mon père, c’était tous des gens un peu fous, géniaux. Pour nous, c’était ça, la norme. Quand on rencontrait quelqu’un d’original, ­on ne se disait pas “il est bizarre”, ­on composait avec son univers. Quand on était enfants, qu’on avait des idées saugrenues, ma mère était toujours émerveillée. Encore aujourd’hui, dans les ­concerts, elle est au premier rang. Quant...




                        

                        


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                  12.01.2018 à 06h43
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12.01.2018 à 11h58


Corps démembrés, organes sanguinolents… A Burbank, en Californie, Dapper Cadaver est spécialisée dans la fabrication de cadavres pour l’écran. « Jurassic World » et « Stranger Things » ont fait appel à lui.

Par                             Maroussia Dubreuil





                     
Dans un hangar de Burbank, une banlieue tranquille de Los Angeles, au nord de Hollywood, Melissa Krimsky prépare le cadavre d’un homme d’une quarantaine d’années. Il est rose comme un bébé, les muscles encore saillants et le visage apaisé. La jeune femme découpe soigneusement la peau du gisant qui craquelle aux extrémités. Bientôt, l’homme ira rejoindre sur une étagère la dépouille d’une jeune femme dont la bouche hurlante indique qu’elle est morte dans d’atroces circonstances.
Melissa Krimsky n’est ni salariée d’une société de pompes funèbres, ni médecin légiste. Elle est employée chez Dapper Cadaver (comprendre : « cadavre élégant »), une entreprise qui, depuis 2006, loue et vend de faux cadavres d’humains et d’animaux pour les plateaux de cinéma et de télévision ainsi que les parcs d’attractions, les fêtes foraines ou les soirées privées…
Le leader du secteur
« Ceux-là sont apparus dans The Revenant d’Alejandro González Iñárritu, indique Eileen Winslow, co-fondatrice avec son époux B. J. de Dapper Cadaver, l’index tendu vers deux corps brûlés vêtus de haillons. On nous les a renvoyés avec les costumes. On les a gardés. » Il y a aussi Snoopy, le fox-terrier à poil dur tué d’une fléchette en plein cœur dans Moonrise Kingdom de Wes Anderson. Désormais placé en rang d’oignons entre chats et chiens tendus comme des bas de porte. « Et là, une table d’autopsie sur laquelle les employés du Dr. Robert Ford (Anthony Hopkins) mettent à jour les androïdes dans la série Westworld », indique B. J.
Avec ses onze salariés, Dapper Cadaver produit en moyenne trois corps par jour. La plupart sont voués à figurer dans des scènes de champ de bataille, doubler des victimes d’un accident de voiture ou être découverts par un détective. Les tournages font appel à de faux corps pour leur malléabilité bien supérieure à celle d’acteurs qui auraient été maquillés pendant des heures, comme c’était...





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Article sélectionné dans La Matinale du 11/01/2018
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Restitutions du patrimoine africain : « Il faut y aller dans la joie  »

Emmanuel Macron s’est engagé à rendre des œuvres issues des pillages coloniaux. Allons au bout de ce pari fou, propose dans une tribune au « Monde » l’historienne Bénédicte Savoy.



Le Monde
 |    12.01.2018 à 06h40
 • Mis à jour le
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Tribune. On dit que la jeunesse est la saison du courage. En deux minutes et trente-trois secondes, le 28 novembre 2017, Emmanuel Macron a balayé d’un revers de manche plusieurs décennies de pratiques et de discours officiels français en matière de patrimoine et de musées. Il l’a fait dans un « lieu où on ne peut pas tricher », comme il l’a déclaré : l’amphithéâtre bondé d’une université africaine, devant plusieurs centaines d’étudiantes et d’étudiants, sous l’œil du président burkinabé Roch Kaboré et l’objectif des caméras de France 24.
Il l’a fait au nom de la jeunesse, de sa jeunesse, génie tutélaire sept fois invoqué au seuil du discours : « Je suis d’une génération de Français pour qui les crimes de la colonisation européenne sont incontestables et font partie de notre histoire. » « Je veux que d’ici cinq ans les conditions soient réunies pour des restitutions temporaires ou définitives du patrimoine africain en Afrique. » Applaudissements et sifflets. Sur Twitter, l’Elysée enfonce le clou :
« Le patrimoine africain ne peut pas être prisonnier de musées européens. »
Violente polémique
C’est la révolution. Du New York Times à la Süddeutsche Zeitung, la presse occidentale enregistre avec stupéfaction cet événement tectonique. En Afrique et hors d’Afrique, ceux qui depuis longtemps militent pour la restitution des patrimoines déplacés voient l’avènement d’une ère nouvelle : « The post Ouagadougou period has begun », écrit Kwame Opoku, spécialiste de la question, sur le site d’actualité Modern Ghana.
Dans une lettre ouverte à Angela Merkel, quarante organisations de la diaspora africaine d’Allemagne enjoignent à la chancelière de réagir à « l’initiative historique du président français »
A Berlin, le discours d’Emmanuel Macron vient alimenter une violente polémique sur l’amnésie coloniale dont semblent frappés les concepteurs du futur Humboldt Forum, censé...




                        

                        

