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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-1"> ¤ Le rapporteur public du Conseil d’Etat a requis l’annulation de la décision sur les delphinariums prise en mai 2017 par Ségolène Royal pour « vice de procédure ».
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La reproduction des dauphins et des orques en captivité risque de ne pas être interdite

Le rapporteur public du Conseil d’Etat a requis l’annulation de la décision sur les delphinariums prise en mai 2017 par Ségolène Royal pour « vice de procédure ».



Le Monde
 |    12.01.2018 à 18h03
 • Mis à jour le
12.01.2018 à 18h31
    |

            Audrey Garric








                        



   


La messe n’est pas encore dite pour les delphinariums. Vendredi 12 janvier, le rapporteur public du Conseil d’Etat, Louis Dutheillet de Lamothe, a requis l’annulation, pour « vice de procédure », de l’arrêté interministériel sur les « règles de fonctionnement des établissements détenant des cétacés ». Ce texte, présenté le 3 mai 2017 par la ministre de l’environnement d’alors, Ségolène Royal, prévoit notamment l’interdiction de la reproduction des dauphins et des orques en captivité. A terme, il signe la fin de l’activité des parcs marins. Les trois établissements hexagonaux, le Marineland d’Antibes (Alpes-Maritimes), le Parc Astérix (Oise) et Planète sauvage (Loire-Atlantique), avaient déposé un recours en annulation.
Lors d’une courte audience, le rapporteur public – un magistrat indépendant dont les avis sont suivis dans 80 % des cas par la plus haute juridiction administrative –, ne s’est pas prononcé sur le fond du texte mais seulement sur la forme. Il a relevé que « le projet adopté [était] substantiellement différent de celui mis à la consultation » à la fois du public dans le cadre d’une enquête, mais aussi de deux organismes, le Conseil national de protection de la nature et le Conseil supérieur de prévention des risques technologiques. Des obligations légales avant la publication d’un texte.
L’arrêté, qui abroge une législation datant de 1981, avait fait l’objet de vingt mois de discussions entre le gouvernement, les delphinariums, les ONG et le Muséum national d’histoire naturelle lorsqu’il a été soumis à consultation en février 2017. Il prévoyait la fin de la reproduction des orques – au nombre de quatre dans le Marineland d’Antibes –, mais pas celle de la trentaine de grands dauphins, l’attraction phare des établissements aquatiques. Le projet d’arrêté instituait seulement un « contrôle étroit de la reproduction des dauphins ».
« L’arrêté tire les conséquences des avis du public »
Or, au tout dernier moment, à la veille de l’élection présidentielle de 2017, Ségolène Royal a glissé dans le texte un changement majeur : l’interdiction de la captivité de dauphins et d’orques « à l’exception de ceux actuellement détenus sur le territoire ». Derrière cette formulation alambiquée se dessine la fin de la reproduction de ces cétacés, de même que la possibilité d’échanger avec d’autres bassins au niveau européen. Ni les associations ni les professionnels du secteur, qui se sont dits « stupéfaits » et « en colère », n’en avaient été informés. Sans compter que le délai donné aux parcs pour se mettre en conformité avec les travaux demandés est passé de cinq à trois ans.
Aux yeux de Me Dutheillet de Lamothe, « c’est un double durcissement du projet » qui modifie « radicalement l’équilibre de l’arrêté final » et le « dénature ». « Le premier projet pérennisait les delphinariums, en durcissant seulement les normes, tandis que le second conduisait à leur extinction, a plaidé le rapporteur public. Ce changement aurait dû conduire à poser une nouvelle question aux organismes consultés et à mener une enquête publique complémentaire. » Il a donc demandé l’annulation de l’arrêté – ce qui conduirait au retour de celui de 1981 – et le paiement par l’Etat de 4 000 euros à Marineland et à Planète sauvage.
« Je ne peux qu’inviter le Conseil d’Etat à suivre l’avis de son rapporteur public », s’est félicité Me Emmanuel Piwnica, avocat du Marineland. Ce dernier a par ailleurs dénoncé un arrêté « illégal au fond », estimant que les ministres n’ont « pas le pouvoir de prononcer une interdiction générale et absolue de toute forme de reproduction » d’un animal.

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                Delphinariums : les ONG gagnent une manche devant le Conseil d’Etat



Au contraire, pour Me Louis Boré, l’avocat de trois associations, la majorité des 4 500 réponses de la consultation publique demandaient déjà au gouvernement « d’aller plus loin » en interdisant toute détention de cétacés. « L’arrêté tire les conséquences des avis du public, assure-t-il. Même avec l’arrêt de la reproduction des dauphins et des orques, le Marineland pourra toujours continuer à fonctionner car il détient une multitude d’autres animaux. Il peut aussi choisir de remettre en liberté les cétacés », rappelant que tous les parcs ont fermé dans les années 1990 au Royaume-Uni.
Suspension de l’interdiction du chlore
Le 1er août 2017, le Conseil d’Etat avait déjà statué dans l’urgence sur le dossier de delphinariums, saisi en référé par les parcs. Il avait maintenu l’interdiction de la reproduction des cétacés en captivité, mais avait en revanche décidé de suspendre le bannissement de l’usage du chlore pour traiter l’eau. Il avait ainsi estimé que la date d’entrée en vigueur de cette obligation, dans un délai de six mois, était trop courte pour réaliser les travaux nécessaires.
Dans ses 33 articles, l’arrêté prévoit de nombreuses autres dispositions afin de moderniser des établissements de plus en plus soumis aux critiques. S’il venait à être appliqué, les parcs devront, dans un délai de trois ans, augmenter la taille des bassins et prévoir des « enrichissements » (courants, vagues, cascades, etc.) pour éviter « l’ennui et la frustration des animaux ». Ces travaux n’ont pas débuté.

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          La fronde des delphinariums, menacés de disparition



La nouvelle réglementation a également interdit les présentations nocturnes, les effets sonores et lumineux et les contacts directs entre le public et les cétacés. Des mesures censées être entrées en application depuis novembre 2017. Après les batailles d’arguments, les manifestations et les pétitions, le conflit est maintenant suspendu à l’arrêt du juge administratif, qui sera rendu fin janvier-début février.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-2"> ¤ Sylvestre Huet chronique le livre de Gérard Berry « L’hyperpuissance de l’informatique. Algorithmes, données, machines, réseaux ».
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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-3"> ¤ Parmi les sujets d’accord, figure celui de renoncer aux objectifs prévus pour 2020 de diminution des émissions de gaz à effet de serre du pays.
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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-4"> ¤ Trente à quarante escadrons de gendarmerie mobile pourraient être mobilisés pour ce qui s’annonce comme l’une des opérations les plus délicates de son histoire en métropole.
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Notre-Dame-des-Landes : la gendarmerie se prépare à une opération d’ampleur

Trente à quarante escadrons de gendarmerie mobile pourraient être mobilisés pour ce qui s’annonce comme l’une des opérations les plus délicates de son histoire en métropole.



Le Monde
 |    12.01.2018 à 14h14
 • Mis à jour le
12.01.2018 à 16h16
    |

            Julia Pascual








                        



   


A la veille d’une décision du gouvernement sur l’avenir du projet d’aéroport à Notre-Dame-des-Landes – et de la possible évacuation de la zone –, la gendarmerie nationale se prépare à l’une des opérations de maintien de l’ordre les plus délicates de son histoire sur le sol métropolitain.
Les difficultés qu’anticipent les militaires relèvent de plusieurs facteurs. D’ordre tactique, elles tiennent notamment à la configuration de la ZAD (« zone à défendre »). Ses occupants sont disséminés sur un espace rural étendu et accidenté, fait de champs, de bosquets, de bois et de sentiers boueux, et en partie aménagé. Les forces de l’ordre ne peuvent donc pas jouer sur un effet de surprise et sont contraintes à une progression lente – accentuée par la lourdeur de leurs équipements – et, par conséquent, plus exposée.
« Les opérations de maintien de l’ordre en milieu rural sont complexes parce que, à la différence d’un environnement urbain très encagé, l’adversaire est mobile, dispersé et il peut avoir préparé le terrain », ajoute le général à la retraite Bertrand Cavallier, ancien commandant du Centre national d’entraînement des forces de gendarmerie de Saint-Astier (Dordogne). L’évacuation de la zone devrait se faire par une progression à pied, mais la gendarmerie n’exclut pas de mobiliser ses véhicules blindés – d’ordinaire employés pour des opérations de maintien de l’ordre outre-mer –, et de solliciter des moyens du génie de l’armée de terre pour détruire des obstacles tels que des barricades, déloger des opposants de leurs cabanes perchées ou rétablir la viabilité de certains axes.

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Des opposants hétérogènes et déterminés
L’hétérogénéité des opposants à l’évacuation de la ZAD, mêlant écologistes, black blocs, familles, riverains ou encore agriculteurs, est une complexité supplémentaire. Actuellement, entre 200 et 300 personnes seraient présentes sur place mais, selon la décision prise par le gouvernement, des centaines voire des milliers d’opposants peuvent vouloir les rejoindre. A l’automne 2012, après l’échec de l’opération « César » – une tentative d’expulsion massive de plusieurs semaines –, des milliers de personnes s’étaient réunies sur place (40 000, selon les organisateurs) pour une manifestation de « reconquête ».
La détermination de certains à résister, y compris de façon violente, à leur délogement, est aussi un élément pris en compte par les gendarmes. « L’affrontement sera, à mon sens, inévitable », avance Frédéric Le Louette, président de l’association professionnelle GendXXI. Il se déroulera dans un contexte de « pression médiatique accrue », poursuit-il : « La gendarmerie devra être irréprochable, tout en subissant des gens qui n’ont rien à perdre. » La confrontation sur le terrain sera doublée d’une guerre des images. « La communication est un aspect très important », concède le haut gradé de la gendarmerie.
La mort de Rémi Fraisse, tué par l’explosion d’une grenade offensive sur la ZAD de Sivens (Tarn) en 2014, est présente dans les esprits. Si l’usage des grenades offensives a depuis été interdit, les militaires disposent d’un panel d’armes de force dite « intermédiaire », à l’image des grenades de désencerclement ou lacrymogènes ainsi que des lanceurs de balle de défense. « Il y aura des blessés des deux côtés, voire des morts », prévient un dirigeant de la gendarmerie. « C’est une opération compliquée, mais on n’est pas à la veille de la bataille de Verdun », tient toutefois à tempérer un autre haut gradé.

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Trente à quarante escadrons mobilisés
D’après plusieurs sources, entre trente et quarante escadrons de gendarmerie mobile pourraient être mobilisés en cas d’évacuation de la ZAD, soit environ 2 500 militaires, pendant deux à trois semaines au moins. L’hypothèse d’une évacuation de la ZAD pour construire l’aéroport requerrait en outre des effectifs dans le temps, puisqu’une partie d’entre eux devrait continuer d’occuper le terrain pour s’assurer qu’il n’est pas réinvesti et que les travaux puissent être conduits.
Pendant l’évacuation, il faudra enfin mobiliser des unités de forces mobiles, gendarmes ou compagnies républicaines de sécurité (CRS), sur les axes routiers conduisant à la ZAD, mais aussi à Nantes et à Rennes, où des manifestations pourraient avoir lieu, ainsi qu’à d’autres endroits où sont envisagées des manifestations et des actions pouvant viser, par exemple, des équipements de Vinci, l’entreprise concessionnaire de l’aéroport.
Si le projet d’aéroport est abandonné, deux scénarios sont envisagés : le gouvernement peut décider d’évacuer la ZAD, ou envisager de permettre à certains occupants de rester sur place. Cette dernière possibilité aurait l’avantage de désamorcer toute une partie de l’opposition, notamment celle des agriculteurs, qui ont déjà manifesté avec 150 tracteurs en 2016 pour protéger notamment les exploitations agricoles.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-5"> ¤ Dans sa chronique, l’économiste Pierre-Yves Gomez estime que la contradiction entre l’engagement citoyen des entreprises et des financiers et leurs pratiques d’optimisation fiscale traduit peut-être moins une duplicité de leur part qu’un rapport de force assumé.
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« L’écologie est aussi un enjeu de la recomposition de la gouvernance mondiale »

Dans sa chronique, l’économiste Pierre-Yves Gomez estime que la contradiction entre l’engagement citoyen des entreprises et des financiers et leurs pratiques d’optimisation fiscale traduit peut-être moins une duplicité de leur part qu’un rapport de force assumé.



Le Monde
 |    12.01.2018 à 14h00
    |

                            Pierre-Yves Gomez (Professeur à l'EM Lyon)








                        



                                


                            
Entreprises. Le One Planet Summit, organisé par la France, le 12 décembre 2017, a voulu clore l’année sur une note optimiste. Deux ans après la COP21, qui avait réuni 196 Etats à Paris pour tenter de définir une politique de lutte commune ­contre le réchauffement climatique, le président Macron a invité cette fois des entreprises, des financiers et de riches philanthropes à ­s’engager sur l’avenir de la planète.
Les discours ont affirmé qu’on ne pouvait se contenter de paroles et que, face à la lenteur des politiques, il fallait miser sur l’efficacité entrepreneuriale. Le salut viendrait en particulier d’une réorientation de l’épargne des ménages ou des fortunes privées vers des investissements dans les énergies ­renouvelables. Ainsi ont pu être tracées les perspectives d’une puissante « finance verte », que symbolisait la participation au sommet de Bill ­Gates.

Celui-ci a fondé, en 2015, la Breakthrough Energy Coalition pour investir dans le solaire et l’éolien les dotations d’une trentaine de ­milliardaires, dont les principaux magnats de la Silicon Valley. Trois milliards d’euros auraient été levés – dont deux apportés par M. Gates.
« Pacte mondial »
Or, quelques semaines auparavant, le Consortium international des journalistes d’investigation avait publié l’enquête dite des « Paradise Papers ». Elle révélait comment des entreprises, des financiers ou de riches particuliers pratiquent massivement l’optimisation fiscale. Celle-ci consiste à gérer les flux de trésorerie interne de manière à payer ses impôts dans les pays où la taxation est la plus faible.
Des cabinets de conseil spécialisés dans l’op­timisation fiscale ont pignon sur rue
On estime à 350 milliards d’euros le manque à gagner pour les Etats. Cette pratique ne viole pas la loi, mais joue sur la concurrence législative que se font les pays pour attirer chez eux soit les emplois, soit les profits des ­sociétés transnationales. Des cabinets de conseil...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-6"> ¤ Malgré la loi sur la fin des hydrocarbures signée par Emmanuel Macron le 30 décembre 2017, des compagnies continuent de prospecter en France.
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Hydrocarbures : des permis d’exploration discrètement prolongés

Malgré la loi sur la fin des hydrocarbures signée par Emmanuel Macron le 30 décembre 2017, des compagnies continuent de prospecter en France.



Le Monde
 |    12.01.2018 à 10h15
 • Mis à jour le
12.01.2018 à 10h41
    |

            Pierre Le Hir et 
Simon Roger








                        



   


Dans une mise en scène soignée et inspirée des présidents américains, Emmanuel Macron a paraphé, le 30 décembre 2017, le texte de loi mettant fin à la recherche ainsi qu’à l’exploitation des hydrocarbures conventionnels et non conventionnels. Face caméra depuis son bureau de l’Elysée, assis au côté du porte-parole du gouvernement, Benjamin Griveaux, le chef de l’Etat a réitéré le cérémonial déjà appliqué, quelques semaines plus tôt, pour la loi de moralisation de la vie politique, les ordonnances travail et la loi antiterroriste.
La veille de son discours de vœux aux Français, la loi sur la fin des hydrocarbures a donc bénéficié de la même exposition médiatique, tout comme celle de finances pour 2018 et celle sur le financement de la Sécurité sociale. « A partir de demain [la recherche et l’exploitation des hydrocarbures] ne sera plus possible. La France est le premier pays développé à prendre un tel engagement », s’est félicité le chef de l’Etat après cette signature très solennelle.

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                Ségolène Royal, une encombrante ambassadrice des pôles pour Nicolas Hulot



En réalité, le calendrier est plus subtil que ce clap de fin annoncé par Emmanuel Macron. Une semaine plus tôt, le Journal officiel publiait en effet dans ses colonnes six arrêtés prolongeant des permis de recherche de mines d’hydrocarbures dans plusieurs départements métropolitains. Ces deux séquences, intervenues à une semaine d’intervalle, soulignent l’ambiguïté du premier texte de loi défendu par le ministre de la transition écologique et solidaire.
Echappatoires
A l’origine, Nicolas Hulot avait souhaité fermer hermétiquement les vannes des hydrocarbures, avec un texte très coercitif. Mais, soumis au lobbying pressant des entreprises pétrolières et gazières, en même temps qu’aux contraintes du très pesant code minier qui sanctuarise le « droit de suite » dans la recherche et l’exploitation de gisements, il a dû composer. Cela, a-t-il justifié, pour « donner de la sécurité juridique au projet de loi et protéger l’Etat », en évitant que les industriels ne se retournent devant le Conseil constitutionnel pour réclamer des compensations financières, au motif que leurs droits auraient été bafoués.
C’est ainsi que les concessions d’exploitation déjà accordées – au nombre de soixante-deux – pourront être prolongées, mais pas au-delà de 2040. Quant aux titres qui seront délivrés à l’avenir en vertu du droit de suite, ils ne pourront pas non plus s’étendre au-delà de cette échéance… sauf si leurs titulaires démontrent que cette limitation ne leur permet pas de couvrir leurs dépenses et d’atteindre « l’équilibre économique ».
Le texte ménage donc quelques échappatoires pour les industriels, ce qui, reconnaît lui-même le ministre, laissera la possibilité de sortir de terre « quelques gouttes » de pétrole après 2040. M. Hulot et la majorité ont toutefois tenu bon face aux sénateurs qui, détricotant maille à maille son texte, s’étaient ingéniés à multiplier les dérogations.
La portée de cette loi reste avant tout symbolique. L’extraction de pétrole du sous-sol français (800 000 tonnes en 2016) et celle de gaz (400 millions de mètres cubes) ne couvrent qu’environ 1 % de la consommation nationale.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-7"> ¤ L’ancienne ministre de l’environnement enchaîne les sorties médiatiques. Une attitude qui semble lasser son successeur
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Article sélectionné dans La Matinale du 11/01/2018
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Ségolène Royal, une encombrante ambassadrice des pôles pour Nicolas Hulot

L’ancienne ministre de l’environnement enchaîne les sorties médiatiques. Une attitude qui semble lasser son successeur



Le Monde
 |    12.01.2018 à 06h38
 • Mis à jour le
12.01.2018 à 16h02
    |

            Simon Roger








                        



                                


                            

Dans une vidéo postée le 8 janvier sur Twitter, Ségolène Royal enchaîne les inaugurations de « territoires à énergie positive », ces initiatives locales en faveur de la transition énergétique. Le lendemain, elle s’affiche dans les bureaux parisiens du Medef, coprésidant avec le Syndicat des énergies renouvelables une réunion sur les opportunités de la filière solaire. Mi-janvier, elle se déplacera à Abou Dhabi, aux Emirats arabes unis, pour le Sommet mondial de l’énergie, puis rejoindra Tromso, en Norvège, où sont organisées les rencontres d’Arctic Frontiers.
Mais que l’on ne s’y trompe pas : l’ex-responsable du Parti socialiste n’est plus ministre de l’environnement, c’est bien Nicolas Hulot qui a été choisi par le nouvel exécutif ! En revanche, il ne lui a pas fallu longtemps pour retrouver une certaine visibilité sur la scène politique. Lorsque le militant écologiste a été confirmé dans ses attributions ministérielles, Ségolène Royal a proposé d’être la nouvelle envoyée spéciale présidentielle pour la protection de la planète. L’Elysée l’a, plus prudemment, nommée « ambassadrice chargée des négociations internationales pour les pôles arctique et antarctique », un poste confié en 2009 à Michel Rocard, qui l’a conservé jusqu’à sa mort en 2016.
Exit les salons dorés et les parquets vernis de l’hôtel parisien de Roquelaure, boulevard Saint-Germain, l’ambassadrice reçoit aujourd’hui dans les locaux modernes du ministère de l’Europe et des affaires étrangères, rue de la Convention. Le bureau de Matthias Fekl (secrétaire d’Etat chargé du commerce extérieur sous François Hollande), qu’elle occupe désormais, a été redécoré avec des tapisseries et des tentures à dominante orange. Nicolas Hulot, lui, voit rouge. Le ministre d’Etat, qui « ne souhaite faire aucun commentaire sur Mme Royal », précise-t-on boulevard Saint-Germain, semble lassé des sorties médiatiques de cette dernière.
« Je ne suis pas à la retraite »
En octobre 2017,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-8"> ¤ Les maires de deux communes, l’une en faveur du transfert de l’aéroport nantais à Notre-Dame-des-Landes, l’autre pour le réaménagement du site actuel, livrent leurs arguments.
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Ultime face-à-face entre Notre-Dame-des-Landes et Nantes-Atlantique

Les maires de deux communes, l’une en faveur du transfert de l’aéroport nantais à Notre-Dame-des-Landes, l’autre pour le réaménagement du site actuel, livrent leurs arguments.



Le Monde
 |    11.01.2018 à 17h50
 • Mis à jour le
11.01.2018 à 18h35
    |

            Rémi Barroux








                        



   


Alors que le dossier de Notre-Dame-des-Landes doit être arbitré dans les jours prochains par le gouvernement, les maires des deux communes les plus concernées livrent au Monde leurs derniers arguments en faveur ou en défaveur d’un nouvel aéroport dans le bocage nantais. Jean-Claude Lemasson, 58 ans, élu en 2008, est maire (sans étiquette) de Saint-Aignan-Grandlieu (3 857 habitants au recensement de 2016), qui jouxte l’actuelle plateforme aéroportuaire nantaise. Jean-Paul Naud, 59 ans, est élu (sans étiquette) lui aussi depuis 2008, à la tête de la commune de Notre-Dame-des-Landes (2 138 habitants).
Le département de Loire-Atlantique a voté en faveur du déménagement de l’actuel aéroport de Nantes-Atlantique vers le bocage à Notre-Dame-des-Landes, par 55,17 % de oui, avec une participation de 51,08 %, le 26 juin 2016. Sur la commune de Notre-Dame-des-Landes, l’opposition au transfert a recueilli 73,57 % des voix (75 % de participation), tandis qu’à Saint-Aignan-Grandlieu, 71,7 % des votants se sont exprimés pour (65,96 % de participation).

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Dans le cas où l’hypothèse de la construction d’un aéroport à Notre-Dame-des-Landes serait retenue, quelle serait votre réaction ? Quelles en seraient les conséquences ?
Jean-Paul Naud : D’abord, la décision du président de la République et du gouvernement sera très difficile à prendre. Mais elle ne pourra pas être contestée. Si Emmanuel Macron venait à retenir le scénario de la construction d’un nouvel aéroport à Notre-Dame- des-Landes, je serais bien sûr extrêmement déçu mais je l’accepterais.
Cette décision serait alors un bouleversement pour notre commune et les communes voisines. Sur un plan environnemental, il s’agirait d’une aberration écologique qui verrait disparaître 1 400 hectares d’un bocage préservé formant de surcroît une double tête de bassin versant alimentant une dizaine de ruisseaux. Elle serait ensuite un formidable accélérateur d’étalement urbain au nord de l’agglomération nantaise, dans un département où disparaissent quotidiennement quatre hectares d’espaces agricoles ou naturels.
Jean-Claude Lemasson : Je saluerais une étape importante pour l’avenir du Grand Ouest de la France, un équipement qui devrait permettre d’assurer le développement économique de ce vaste territoire. Pour la commune, il s’agira, dès la levée du Plan d’exposition au bruit (PEB) dépendant de l’activité aéroportuaire de Nantes-Atlantique, d’organiser le développement de l’habitat dans les limites des périmètres d’urbanisation contraints par la loi Littoral de janvier 1982 au regard du lac de Grand Lieu ; ce qui permettra de maintenir les activités en centre-bourg et de faire vivre la commune.
Pour les riverains, cela signifiera d’être libérés des nuisances acoustiques de plus en plus conséquentes du fait de l’accroissement du trafic aérien, tant en décollage qu’en atterrissage, mais aussi des pollutions atmosphériques du fait de la très grande proximité de la piste avec les zones habitées.
Dans l’hypothèse inverse, comment réagiriez-vous ?
J.-P. N. : Je serais extrêmement satisfait de cette décision car ce choix serait l’aboutissement heureux d’un combat que nous menons depuis des années au sein de nos associations opposées à la construction d’un nouvel aéroport. Elle permettrait à l’agglomération nantaise de bénéficier d’un aéroport optimisé sur un site qui pourrait, à moindre coût, être desservi par plusieurs modes de transport, avec un tram à 800 mètres seulement et une voie ferrée existante à proximité. Et elle permettrait à la commune de Notre-Dame-des-Landes de continuer la politique de développement harmonieux et raisonné menée par l’équipe municipale.
J.-C. L. : Cela serait vécu comme une injustice au regard des décisions précédentes. Cela engendrerait la « mort » de la commune à l’horizon 2030 car il ne lui est pas possible d’organiser un plan B. En effet, Saint-Aignan-Grandlieu est situé quasiment dans l’axe de la piste au sud et à 1 200 m de son seuil. Le bourg, qui ne s’est pas développé du fait de la présence de l’aéroport et de ses contraintes, constitue la seule réserve foncière disponible pour de l’habitat au titre de la loi Littoral.
Un PEB se définit en quatre zones de A à D, du plus contraignant au moins contraignant. Actuellement en zone C, le bourg serait couvert partiellement par la zone B. En zone B, seuls les équipements aéroportuaires sont autorisés ; en zone C, aucun nouveau logement n’est autorisé afin de ne pas exposer au bruit davantage de population. Sans possibilité de construire ou de réhabiliter, cela signifie l’extinction progressive des activités du bourg et donc la mort programmée de la commune.
S’agissant de l’évacuation de la zone à défendre (ZAD), pensez-vous qu’il faille agir rapidement ?
J.-P. N. : Si le président optait pour une réhabilitation du site actuel, l’évacuation forcée de la ZAD ne me semblerait pas indispensable. Les agriculteurs expropriés retrouveraient leurs exploitations. D’autres propriétaires également expropriés, pourraient racheter leurs parcelles de terre. Enfin, pour le surplus des parcelles appartenant actuellement à l’Etat, je ne suis pas opposé à des expériences agro-environnementales qui permettraient de pratiquer une agriculture respectueuse du bocage et des espèces protégées qu’il abrite.
J.-C. L. : L’évacuation est nécessaire et sans attendre, l’accompagnement des agriculteurs est indispensable, mais pour être agriculteur l’adhésion à la Mutualité sociale agricole n’est pas suffisante, un modèle économique doit être validé par les instances consulaires. Cet accompagnement doit pouvoir s’organiser hors périmètre de la ZAD comme l’ont déjà préparé quelques exploitants avec la chambre d’agriculture. Près de 600 ha ont été défrichés en métropole nantaise et à proximité et une large partie est libre d’exploitation.

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Compte tenu de vos positions respectives, que pensez-vous du traitement de ce dossier, dans l’histoire et par ce gouvernement ?
J.-P. N. : Ce gouvernement s’est donné le temps de la réflexion. Rapidement après les élections, il a installé une médiation qui a mis en évidence qu’il n’existait pas un seul scénario, à savoir la construction d’un nouvel aéroport à Notre-Dame-des-Landes, mais qu’il existait une possibilité de réhabilitation et d’optimisation du site. Pour la première fois, il existait une alternative. Ce temps de réflexion sera suivi d’une prise de décision qui sera immédiatement exécutée. Il s’agit, pour ce gouvernement qui a été nommé il y a huit mois, d’une performance pour un dossier qui était resté à l’état de projet pendant un demi-siècle.
J.-C. L. : Je rejoins le point de vue des médiateurs qui ont annoncé « plus jamais cela » : l’Etat doit pouvoir mieux organiser la temporalité de ces décisions. Mais dire que le débat n’a pas eu lieu est un mensonge. Il est regrettable que certains élus, notamment au moment de la présidentielle de 2012, ont fait de ce dossier un engagement militant au profit de leur seule carrière politique en bafouant les règles de la République.
Si la question de l’aéroport s’est posée à nouveau fin 1999, et la déclaration d’utilité publique a pu voir le jour en février 2008 c’est aussi parce que nos prédécesseurs avaient anticipé en « figeant » une zone d’aménagement différée. Il nous faut aujourd’hui organiser ce vaste territoire – plus de 8 millions d’habitants – à l’échelle des enjeux du XXIe siècle avec des infrastructures assurant la mobilité de tous (aérien, ferré, routier, maritime), c’est comme cela que nous travaillons collectivement entre agglomérations, départements et régions.

Qu’espérez-vous pour l’avenir ?
J.-P. N. : Tous les élus concernés par ce projet ont toujours considéré que l’agglomération nantaise devait bénéficier d’un aéroport international. Le débat portait seulement sur son emplacement. Je ne doute pas que la réhabilitation du site puisse permettre à l’agglomération nantaise de bénéficier, à long terme, d’un tel outil.
J.-C. L. : La protection de la planète et de ses ressources est un enjeu primordial, nous devons tous y contribuer. Mais il ne faut pas tomber dans la caricature, l’humain a aussi toute sa place.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-9"> ¤ Les coulées de boue qui ont dévasté le comté de Santa Barbara, en Californie, ont fait 17 morts après la découverte de deux nouveaux corps.
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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-10"> ¤ Les « vélos flottants », que l’utilisateur peut emprunter et déposer où il le souhaite, ont rapidement été confrontés à plusieurs défis, notamment au sujet de leur qualité.
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L’aventure des vélos « flottants » tourne au fiasco

Les « vélos flottants », que l’utilisateur peut emprunter et déposer où il le souhaite, ont rapidement été confrontés à plusieurs défis, notamment au sujet de leur qualité.



Le Monde
 |    11.01.2018 à 11h17
    |

                            Olivier Razemon








                        



   


Gobee, c’est fini ! Les premiers Gobee bikes étaient arrivés en fanfare dans les rues de Lille fin octobre 2017. Deux mois plus tard, les vélos vert anis en « free-floating » sont déjà repartis. La société hongkongaise a annoncé le 9 janvier qu’elle se retirait de la capitale des Hauts-de-France, mais aussi de Reims et de Bruxelles.
Les « vélos flottants », que l’utilisateur peut emprunter et déposer où il le souhaite après avoir préalablement téléchargé une application, semblaient pourtant promis à un bel avenir. D’enthousiastes technophiles ne cessaient de vanter la praticité de ces objets, ainsi que l’inventivité du modèle économique des sociétés qui les exploitent. Selon Maddyness, « le magazine des start-up françaises », il existe pas moins de 30 entreprises de vélopartage en free-floating, ayant pour une grande majorité leur siège social en Chine.

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Ces flottes semblaient répondre à tous les dysfonctionnements des systèmes en libre-service. Avec le free-floating, la collectivité ne doit plus installer, ni financer, de coûteuses bornes ; l’utilisateur n’a plus à attendre qu’une borne se libère ; la nécessité de la régulation disparaît en même temps que les stations. Et l’ensemble est intégralement financé par une entreprise privée, qui ambitionne de se rémunérer grâce aux abonnements et aux précieuses données récoltées auprès de ses abonnés, mais qui en attendant survit surtout grâce aux levées de fonds.
Vandalismes et vols
Toutefois, les bicyclettes multicolores (jaune citron pour Ofo, cadre blanc, guidon noir et jantes orange chez Obike, cadre gris et jantes orange pour Mobike) ont rapidement été confrontées à plusieurs défis. Tout d’abord, ces vélos sont certes légers, mais aussi fragiles et de qualité médiocre, dotés d’une seule vitesse pour la plupart.
Les vandales et voleurs s’en sont rapidement aperçus, tordant les rayons, arrachant les selles ou les guidons, mettant en pièces les GPS. A Reims, où Gobee avait déposé 400 vélos début novembre 2017, il n’en restait plus que 20 en état de fonctionnement début janvier. Les 380 autres avaient été détériorés, cassés ou volés.
En l’absence de station, les bicyclettes sont déposées partout, en particulier sur les trottoirs, où elles gênent les piétons et minent la réputation des sociétés qui les possèdent. Pour éviter cet envahissement, Lille réclame depuis le mois de décembre une redevance de 11 euros par an et par vélo à chaque opérateur. Paris envisage de faire de même, ce qui ne manque toutefois pas de piquant lorsque l’on constate que l’envahissement des trottoirs de la capitale est bien davantage le fait des scooters que des vélos flottants.

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Enfin, les valeureuses start-up chinoises ne semblent pas plus solides que les vélos qu’elles déposent dans les rues. Bluegogo, troisième acteur du marché, a rendu l’âme en novembre 2017, après plusieurs de ses concurrents. Les recettes ne suffisent pas à compenser les énormes pertes dues au vandalisme. Les investisseurs ne suivent plus. En matière de vélo, décidément, la martingale n’existe pas.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-11"> ¤ Guillaume Pitron publie un livre édifiant, dont nous publions des extraits, sur ce qu’il appelle « la face cachée » de la transition énergétique et numérique.
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édition abonné


La grande bataille des métaux rares

Guillaume Pitron publie un livre édifiant, dont nous publions des extraits, sur ce qu’il appelle « la face cachée » de la transition énergétique et numérique.



Le Monde
 |    11.01.2018 à 10h54
   





                        



                                


                            

Journaliste travaillant pour Geo, National Geographic ou Le Monde diplomatique, lauréat 2017 du prix Erik-Izraelewicz pour une enquête sur la filière bois, Guillaume Pitron publie un livre édifiant sur ce qu’il appelle « la face cachée » de la transition énergétique et numérique. « Du thé à l’or noir, de la muscade à la tulipe, du salpêtre au charbon, les matières premières ont toujours accompagné les grandes explorations, les empires et les guerres. Elles ont souvent contrarié le cours de l’histoire. Les métaux rares sont en train de changer le monde à leur tour », explique-t-il. Une enquête aux sources des prochains conflits économiques et géopolitiques.
Bonnes feuilles. Depuis le début du XXIe siècle, les hommes, inquiets des bouleversements climatiques générés par les énergies fossiles, ont mis au point de nouvelles inventions, réputées plus efficientes, plus propres, et reliées à des réseaux à haute tension ultra-performants : les éoliennes, les panneaux solaires, les batteries électriques. Après la machine à vapeur, après le moteur thermique, ces technologies dites « vertes » engagent l’humanité dans une troisième révolution énergétique, industrielle, qui est en train de transformer notre monde. Comme les deux précédentes, celle-ci s’appuie sur une ressource primordiale. Une matière tellement vitale que les énergéticiens, les technoprophètes, les chefs d’Etat et même les stratèges militaires la surnomment déjà « the next oil », le pétrole du XXIe siècle.
(…)
Longtemps, les hommes ont exploité les principaux métaux connus de tous : le fer, l’or, l’argent, le cuivre, le plomb, l’aluminium… Mais, dès les années 1970, ils ont commencé à tirer parti des fabuleuses propriétés magnétiques et chimiques d’une multitude de petits métaux rares contenus dans les roches terrestres dans des proportions bien moindres. Cette grande fratrie unit des cousins...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-12"> ¤ Avant d’être cuisinés, les homards transalpins devront désormais être assommés.
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La Suisse interdit la plongée dans l’eau bouillante des homards vivants

Avant d’être cuisinés, les homards transalpins devront désormais être assommés.



Le Monde
 |    11.01.2018 à 09h54
 • Mis à jour le
12.01.2018 à 09h33
   





                        



   


Branle-bas de combat dans les cuisines helvétiques, le gouvernement suisse a interdit, mercredi 10 janvier, la pratique culinaire consistant à plonger les homards vivants dans l’eau bouillante, considérée comme cruelle. Cuisiniers et gastronomes devront désormais étourdir les crustacés au préalable. Les importateurs et les poissonniers devront également améliorer le confort du homard durant son transport et sa détention.
Dans le cadre d’une révision des lois relatives à la protection des animaux, le gouvernement fédéral annonce qu’à compter du 1er mars, « la pratique consistant à plonger les homards vivants dans l’eau bouillante, commune dans les restaurants, ne sera plus autorisée ». Les homards « devront désormais être étourdis avant d’être mis à mort », expose l’ordonnance émise par le gouvernement fédéral. Selon la télévision publique RTS, seuls les chocs électriques ou « la destruction mécanique du cerveau » seront autorisés.
« Même en couvrant la marmite et en s’en détournant, on peut entendre les cognements et claquements du homard contre la paroi. Ou encore les pinces de la créature raclant la marmite. En d’autres termes, le homard se comporte pas mal comme vous et moi si nous étions plongés dans de l’eau bouillante », notait dans les années 2000 l’écrivain et journaliste américain David Foster Wallace alors qu’il assistait au spectacle de milliers de homards cuisinés au Lobster Maine Festival, dans le Maine (Etats-Unis).
Des systèmes nerveux complexes
Les défenseurs des droits des animaux et des scientifiques qui ont travaillé depuis sur la question estiment que les homards et les autres crustacés possèdent des systèmes nerveux complexes et qu’ils ressentent vraisemblablement de la douleur lorsqu’ils sont ébouillantés. Selon l’ordonnance adoptée en Suisse, les crustacés ne pourront également plus être transportés sur de la glace ou de l’eau glacée et devront être maintenus dans leur « environnement naturel ». Cette législation servirait de compromis entre les gastronomes et les défenseurs de la cause animale, selon Le Temps. Ces derniers souhaitant l’arrêt pur et simple de l’importation de homards vivants en Suisse.
Maya Graf, du groupe écologiste suisse et à l’origine d’une motion – rejetée en 2015 – et visant cet objectif, s’était appuyée sur une étude menée par l’Association suisse des vétérinaires cantonaux (ASVC) portant sur la pêche, le transport, la détention et la mise à mort de homards destinés à être consommés. Celle-ci montre que la façon dont sont traités les homards contrevient au droit en vigueur : « D’après les connaissances actuelles, ces crustacés solitaires disposent d’un système nerveux complexe et sont sensibles à la douleur. Ils sont attrapés par milliers, plusieurs mois avant d’être consommés, et sont ensuite stockés provisoirement dans des entrepôts frigorifiques, sans eau ni nourriture. Confinés dans des espaces étroits, ils sont condamnés à souffrir sans pouvoir bouger. Leur vie connaît ensuite une fin atroce dans un bain d’eau bouillante », peut-on lire. Et de conclure : « Ni le goût, ni l’hygiène ne justifient le fait que les homards soient importés vivants. »
Une interdiction pure et simple serait cependant contraire à l’accord vétérinaire bilatéral conclu entre la Suisse et l’Union européenne. Une telle interdiction est également soumise à des exigences strictes posées tant par l’Organisation mondiale du commerce que par de nombreux accords de libre-échange.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-13"> ¤ L’association Zero Waste France appelle à ne rien acheter de neuf, ou presque, en 2018. Objectif : défendre l’environnement et créer « activités, emplois et échanges locaux ».
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Article sélectionné dans La Matinale du 11/01/2018
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« Rien de neuf » en 2018, un défi pour consommer autrement

L’association Zero Waste France appelle à ne rien acheter de neuf, ou presque, en 2018. Objectif : défendre l’environnement et créer « activités, emplois et échanges locaux ».



Le Monde
 |    11.01.2018 à 09h50
 • Mis à jour le
12.01.2018 à 15h45
    |

            Cécile Bouanchaud








                        


Et si les meilleurs vœux que l’on pourrait souhaiter pour 2018 prenaient la forme d’un éloge du « rien » ? A l’heure des bonnes résolutions, l’association Zero Waste France appelle à ne rien acheter de neuf, ou presque, cette année. Lancé le 1er janvier, son défi baptisé « Rien de neuf », auquel 5 000 personnes ont déjà souscrit, prend une résonance particulière alors qu’ont débuté, mercredi 10 janvier, six semaines de soldes, où les promotions aguicheuses peuvent constituer autant d’appels à une consommation immodérée.
L’enjeu du défi est, à l’inverse, de tendre vers une consommation raisonnée, dans le but de réduire « son sac à dos écologique », résume Flore Berlingen, directrice de l’association, financée en partie par ses donateurs mais aussi par les subventions du ministère de la transition écologique et solidaire et de l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe).
« Les objets neufs impliquent, dans le processus de production, un coût écologique, invisible pour le consommateur », détaille Mme Berlingen, qui énumère « le fait d’extraire des matières premières et d’utiliser énormément de ressources naturelles, d’énergie et d’eau ».

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Faire circuler les produits
Cette démarche du « zéro déchet », qui implique notamment de consommer des aliments qui ne produiront pas ou peu d’emballages, étant jugée « trop contraignante » par de nombreux foyers, le défi ne concerne pas la nourriture, les cosmétiques et les produits d’hygiène. L’association entend « seulement » mettre fin aux achats d’objets et d’équipements neufs de la vie quotidienne : vêtements, meubles, électroménager, high-tech, décoration, livres, etc.
« Il y a déjà énormément de biens et d’objets de ce type en circulation, il faut en priorité les faire circuler », considère Mme Berlingen. Selon elle, ces objets sont généralement très polluants et représentent une part considérable dans le budget des ménages, bien qu’il s’agisse d’achats occasionnels.

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L’industrie du textile est considérée comme la deuxième plus néfaste pour l’environnement, après l’industrie du pétrole. La fabrication d’un jean nécessite 8 000 litres d’eau. L’industrie de l’électronique est également « énergivore » : « derrière un smartphone, qui pèse quelques centaines de grammes, il y a en réalité 70 kilos de consommation de matières diverses », informe Mme Berlingen, qui dénonce des modes de production « insoutenables d’un point de vue social et environnemental ».
Des applications, « qui fonctionnent par géolocalisation », permettent de faciliter les prêts. Les sites de dons ou d’échanges prospèrent
Comment remplacer l’aspirateur qui a rendu l’âme ? Où trouver le dernier Goncourt ailleurs qu’en librairie ? Comment gérer l’aménagement de la chambre censée accueillir un nouveau-né ? A écouter Mme Berlingen, les réponses semblent aussi simples que de se rendre dans une grande surface, listant pêle-mêle une série d’alternatives.
La plus évidente est de se tourner vers le secteur de l’occasion, en boutique ou sur Internet, entre particuliers ou auprès de professionnels. La location peut constituer une alternative, notamment pour « les objets de bricolage ou de jardinage, dont on a besoin deux à trois fois par an, comme l’appareil à raclette ou la perceuse ».
De nombreuses applications, « qui fonctionnent par géolocalisation », permettent de faciliter les prêts. Des sites de dons ou d’échanges prospèrent depuis ces dernières années. Quant aux livres, l’option « la plus répandue et la plus pratique » pour se procurer des ouvrages récents reste la bibliothèque, « où l’on peut suggérer des achats au bibliothécaire ».

Lire : « Consommer autrement, le remède anticrise ? »

Les participants, invités à s’inscrire sur le site Riendeneuf.org, reçoivent chaque semaine un mail proposant « des idées concrètes d’alternatives au neuf, des conseils, des témoignages ». Un espace qu’ils se sont approprié, partageant leurs difficultés et leurs astuces pour consommer autrement, à l’instar de Flavie, dont le mariage est prévu cet été, et qui se demande comment l’organiser sans rien acheter de neuf. Sur le groupe Facebook du défi, une jeune mariée lui suggère de louer et de se faire prêter des accessoires par des amis, quand une autre confie que la décoration peut être réalisée avec des objets de récup’.
Outre conseils et témoignages, le site de l’association propose les coordonnées d’organismes utiles classés par thème (électroménager, livres, vêtements, multimédia, meubles, réparation, mutualisation, etc.). Avec l’ambition de redonner une dimension locale à la consommation, en favorisant les secteurs de la réparation et du reconditionnement, et en créant de l’activité et de l’emploi.
Pression sociale
A peine deux semaines après le lancement de cette initiative, la résistance de certain(e) s participant(e) s est mise à rude épreuve avec les soldes. « Je vais avoir du mal à tenir, vivement que ce soit terminé. En attendant, ne pas sortir et ne pas prendre ma carte bancaire », lance Hélène sur le groupe Facebook, où les profils sont variés, aussi bien s’agissant de l’âge que du lieu de vie. « Ce n’est pas facile de résister, le matraquage publicitaire est efficace, et il induit une vraie pression sociétale », analyse la directrice de Zero Waste, qui a elle-même mis à l’épreuve ses envies d’achat en ne consommant rien de neuf durant l’année écoulée.
Rassurante, Mme Berlingen rappelle que l’enjeu est avant tout de « repenser ses modes de consommation », notamment dans l’espoir que ces nouvelles pratiques rayonnent auprès de l’entourage des participants, « dont les profils et les âges sont variés et répartis dans toute la France ». Et de citer l’exemple de cette jeune femme « pas prête à participer au défi », mais qui a décidé de noter tous les achats neufs qu’elle ferait dans l’année. « C’est une première étape vers une prise de conscience, qui conduira, on l’espère à un changement dans sa façon de consommer ». Et ça, ce n’est pas rien.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-14"> ¤ Le système de vélos en libre-service, qui devait se déployer à partir du 1er janvier dans Paris et 67 autres communes, rencontre de sérieux dysfonctionnements.
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Article sélectionné dans La Matinale du 10/01/2018
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Faux départ pour le nouveau Vélib’ en Ile-de-France

Le système de vélos en libre-service, qui devait se déployer à partir du 1er janvier dans Paris et 67 autres communes, rencontre de sérieux dysfonctionnements.



Le Monde
 |    11.01.2018 à 06h35
 • Mis à jour le
11.01.2018 à 10h36
    |

                            Olivier Razemon








                        



                                


                            

Enrobé noir, bandes blanches parfaitement tracées, bordures de protection, les toutes nouvelles pistes cyclables de Paris sont superbes. Mais, en ce début janvier froid et gris, elles demeurent sous-utilisées. Pas seulement à cause de la météo : les abonnés au Vélib’, qui constituent en temps normal 40 % des cyclistes, sont absents.
Le nouveau Vélib’, qui devait se déployer à partir du 1er janvier dans les rues de la capitale et de 67 autres communes d’Ile-de-France, rencontre de sérieux dysfonctionnements. Initialement, 600 stations devaient être installées dans Paris au début de l’année, un nombre ramené à 300 fin 2017 lorsque les premières difficultés ont commencé à se manifester.
Ainsi, le jour du Nouvel An, seulement 64 stations étaient identifiées sur le site velib-metropole.fr, et certaines n’étaient pas actives : on n’y trouvait aucun vélo… Dix jours plus tard, la situation s’est à peine améliorée. Soixante-huit stations étaient opérationnelles le 10 janvier au soir. L’opérateur Smovengo, qui a ravi en avril 2017 le marché à JCDecaux, concessionnaire depuis 2007, assure que la mise en place va s’accélérer, avec l’ouverture de « 60 à 80 stations chaque semaine ».
Une ambition mise en doute par le site velib.nocle.fr, qui tient un décompte rigoureux mais non officiel des stations en service. « Pour atteindre le rythme de 80 par semaine, il faudrait 11 ou 12 nouvelles stations par jour (y compris le dimanche) », observe le créateur de cette plate-forme, « JonathanMM », un « geek célibataire de 26 ans », comme il se définit sur son compte Twitter.
Compensations aux usagers
Le ratage commence à se voir. L’opposition à la maire (PS) de Paris, Anne Hidalgo, s’est engouffrée dans la brèche. Les élus Républicains au Conseil de Paris ont dénoncé « un fiasco », tandis que le groupe UDI-MoDem évoque « la chronique d’une catastrophe annoncée ». Sur Twitter, l’édile elle-même...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-15"> ¤ Les fortes pluies se sont abattues lundi sur le comté de Santa Barbara, au nord de Los Angeles. Il avait été ordonné à des milliers d’habitants d’évacuer la zone.
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Les coulées de boue en Californie provoquent la mort de 17 personnes

Les fortes pluies se sont abattues lundi sur le comté de Santa Barbara, au nord de Los Angeles. Il avait été ordonné à des milliers d’habitants d’évacuer la zone.



Le Monde
 |    11.01.2018 à 02h57
 • Mis à jour le
11.01.2018 à 12h16
   





                        


                                                                                                                         data-ui="carousel"
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        A Montecito, dans le comté de Santa Barbara, le 9 janvier"
            data-slide-description="Une centaine d’habitations ont été détruites, plusieurs centaines de bâtiments endommagés et on compte 28 blessés, a rapporté Amber Anderson, porte-parole des pompiers du comté de Santa Barbara."
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        A Montecito, dans le comté de Santa Barbara, le 9 janvier"
            data-slide-description="Les importants feux de forêt de décembre 2017, les plus importants de l’histoire de la Californie, ont rendu la zone vulnérable aux coulées de boue."
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        A Montecito, dans le comté de Santa Barbara, le 9 janvier"
            data-slide-description="Des hôtels de renom, comme le Montecito Inn, que Charlie Chaplin avait fait construire il y a quatre-vingt-dix ans, ont été endommagés."
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        A Montecito, dans le comté de Santa Barbara, le 9 janvier"
            data-slide-description="Les secouristes, à l’aide de chiens et d’hélicoptères, ont sauvé une cinquantaine de personnes coincées dans des maisons effondrées, notamment mardi une adolescente de 14 ans."
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        A Montecito, dans le comté de Santa Barbara, le 9 janvier"
            data-slide-description="La route 101 qui longe l’océan Pacifique a été fermée à la circulation dans les deux sens pour au moins une semaine."
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        A Montecito, dans le comté de Santa Barbara, le 9 janvier"
            data-slide-description="Plus de 7 000 habitants avaient reçu l’ordre d’évacuer la zone avant les pluies, mais seulement 10 % à 15 % des personnes concernées l’ont respecté, ont dit les pompiers."
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        A Burbank, comté de Santa Barbara, le 9 janvier"
            data-slide-description="Le shérif du comté, Bill Brown, a déclaré que 17 personnes étaient toujours portées disparues à la suite de la catastrophe. « Nous savons que cela va être long et difficile pour nous tous et notre communauté », a-t-il ajouté."
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        A Montecito, dans le comté de Santa Barbara, le 10 janvier"
            data-slide-description="Les communes cossues de Montecito et de Carpenteria, prisées des célébrités, telles que l’animatrice-productrice Oprah Winfrey, l’humoriste-animatrice Ellen DeGeneres, l’acteur Rob Lowe ou l’ancien tennisman Jimmy Connors, ont été les plus touchées."
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        A Montecito, dans le comté de Santa Barbara, le 10 janvier"
            data-slide-description="Une excavatrice enlève les débris d’une zone touchée, mercredi 10 janvier."
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        A Montecito, dans le comté de Santa Barbara, le 10 janvier"
            data-slide-description="Des lignes haute tension hors service."
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        A Montecito, dans le comté de Santa Barbara, le 10 janvier"
            data-slide-description="Selon le shérif du comté de Santa Barbara, le nombre de victimes pourrait augmenter à mesure que les équipes de secours – 500 personnes ont été mobilisés – fouillent les maisons détruites."
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        A Montecito, dans le comté de Santa Barbara, le 10 janvier"
            data-slide-description="Des membres de l’équipe de recherche et de sauvetage du département des incendies du comté de Los Angeles inspectent une zone."
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        A Montecito, dans le comté de Santa Barbara, le 10 janvier"
            data-slide-description="Les coulées de boue ont renversé des arbres, balayé des voitures et dévasté des zones résidentielles huppées."
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        A Montecito, dans le comté de Santa Barbara, le 10 janvier"
            data-slide-description="Dans le secteur de Romero Canyon, coupé du monde, les autorités ont dû héliporter 300 personnes prises au piège."
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A Montecito, dans le comté de Santa Barbara, le 9 janvier            
Une centaine d’habitations ont été détruites, plusieurs centaines de bâtiments endommagés et on compte 28 blessés, a rapporté Amber Anderson, porte-parole des pompiers du comté de Santa Barbara.

DANIEL DREIFUSS / AP
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Dix-sept morts, des dizaines de disparus et de centaines de maisons détruites ou abîmées – dont celle de la grande prêtresse des médias américains Oprah Winfrey : les coulées de boue dévastaient la région de Santa Barbara mercredi 10 janvier, un mois après des incendies ravageurs.
Dans cette région, d’ordinaire l’une des plus bucoliques et majestueuses de Californie, les pluies torrentielles de lundi et mardi, les premières depuis dix mois, se sont transformées en calamités.
Sans végétation pour retenir la terre, celle-ci s’est affaissée sur des centaines de mètres tandis que les rivières montaient jusqu’à plusieurs mètres, charriant boue et rochers et détruisant tout sur leur passage. « Nous sommes tristes d’annoncer que le bilan des victimes est monté à 17 personnes », a déclaré Bill Brown, le shérif du comté de Santa Barbara, lors d’une conférence de presse, ajoutant que d’autres personnes étaient encore en train « d’agoniser » dans l’attente de nouvelles de leurs proches : treize personnes étaient encore portées disparues.

        Lire aussi :
         

                Coulées de boue mortelles en Californie



Ordre d’évacuation de 30 000 personnes

   


M. Brown a décrit des opérations de secours « massives » avec plus de 500 personnes mobilisées, et a qualifié de « stupéfiantes l’étendue et l’ampleur de la dévastation ». Les pompiers du comté de Santa Barbara ont dit avoir secouru une adolescente de 14 ans qui était coincée depuis des heures dans une maison effondrée de Montecito. « Nous comprenons que ce sera une route longue et difficile pour nous et notre communauté », a encore déclaré le shérif Brown. Le comté a également confirmé 28 blessés. Quelque 30 000 personnes faisaient l’objet d’évacuations obligatoires ou conseillées.

Mercredi, Montecito, bourgade cossue voisine de Santa Barbara au bord du Pacifique, à deux heures au nord de Los Angeles, était transformée en paysage de désolation. Les rues et routes étaient envahies de boue ou coupées par des rocs ou des voitures écrasées par les arbres déracinés. Ici, des maisons avaient été éventrées par des torrents de boue… quelques mètres plus loin, d’autres étaient totalement épargnées.
A travers la petite ville prisée des célébrités, des ouvriers s’affairaient pour dégager les rues et réparer les câbles électriques qui pendaient, certains pylônes gisant au sol. La maison d’Oprah Winfrey, à Montecito, a été touchée par le désastre. La présentatrice, actrice et productrice superstar a posté sur Instagram des vidéos de son jardin rempli d’une boue dans laquelle elle s’enfonçait jusqu’à mi-mollet, et jonché de débris.
« Ici il y avait la clôture du voisin, elle a été emportée », remarque-t-elle. La vedette – dont le discours aux Golden Globes dimanche a déclenché un mouvement en faveur de son hypothétique candidature à la présidentielle de 2020 – a également mis en ligne une vidéo d’un feu brûlant à côté de chez elle à cause d’une fuite de gaz, et montrant des hélicoptères survolant la zone.
Comme un train lancé à toute vitesse
Les résidents décrivaient le torrent de boue comme un train lancé à toute vitesse ou un troupeau de buffles écrasant tout. D’après Amber Anderson, porte-parole des pompiers de Santa Barbara citée dans la presse locale, environ 100 maisons ont été détruites et 300 ont été endommagées par les coulées de boue. Des portions d’autoroute étaient fermées pour encore plusieurs jours. Le trafic ferroviaire aussi était perturbé à cause de voies recouvertes de terre.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-16"> ¤ Dans une tribune au « Monde », un collectif de professionnels du bâtiment et d’acteurs de la lutte pour l’efficacité énergétique, parmi lesquels Christophe Robert (Fondation Abbé Pierre) et Xavier Pintat, sénateur (LR) de Gironde, s’inquiète des fraudes qui affectent son dispositif de financement, les certificats d’économie d’énergie.
<filname="PROF-0,2-3244,1-0,0-16"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Bâtiment : « Les abus ne doivent pas menacer la pérennité des certifications d’économie d’énergie »

Dans une tribune au « Monde », un collectif de professionnels du bâtiment et d’acteurs de la lutte pour l’efficacité énergétique, parmi lesquels Christophe Robert (Fondation Abbé Pierre) et Xavier Pintat, sénateur (LR) de Gironde, s’inquiète des fraudes qui affectent son dispositif de financement, les certificats d’économie d’énergie.



Le Monde
 |    10.01.2018 à 18h45
 • Mis à jour le
12.01.2018 à 10h54
    |

                            Collectif








                        



                                


                            

Tribune. Alors que le gouvernement a fait de la rénovation énergétique des bâtiments une priorité nationale et que débute une nouvelle période d’obligation de réalisation d’économies d’énergie via les « certificats d’économie d’énergie » (CEE), des systèmes frauduleux ont été récemment mises au jour.
Tracfin, la cellule de signalement de fraudes financières du ministère de l’économie, souligne dans son rapport annuel avoir constaté en 2016 une augmentation significative du nombre de dossiers en lien avec les fraudes aux CEE. Ces révélations mettent en lumière que tout dispositif vertueux peut être détourné et que l’ensemble des acteurs du secteur doivent rester vigilants et intransigeants pour préserver un mécanisme utile à ses multiples utilisateurs.
Depuis plus de dix ans, les CEE ont prouvé leur efficacité et se sont imposés comme un outil incontournable pour relever les défis de la transition écologique et de la rénovation énergétique en réduisant la consommation d’énergie finale nationale en France. Ce dispositif a d’ailleurs été dupliqué dans de nombreux pays.
1 million de chaudières
Particuliers, collectivités territoriales, bailleurs sociaux, entreprises industrielles… Plusieurs millions de Français ont pu engager des travaux d’efficacité énergétique grâce à ce financement innovant.

Les travaux effectués concernent tant des opérations complexes que des opérations simples à mettre en œuvre et particulièrement efficaces en termes d’économies d’énergie, qui entraînent des gains importants de chaleur ou à des baisses significatives de facture. Grâce aux CEE, les professionnels ont ainsi installé 1 million de chaudières performantes sur l’ensemble du territoire et isolé les combles, les murs et/ou les toitures de plus de 600 000 logements.
Depuis 2016, les CEE permettent également d’apporter un soutien renforcé aux ménages en situation de précarité énergétique. Une obligation spécifique d’économies...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-17"> ¤ Au moins 13 personnes sont mortes dans des crues et une coulée de boue, dans le sud de la Californie le 9 janvier.
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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-18"> ¤ La préfecture de Haute-Marne a annoncé la découverte, mercredi, du corps d’un septuagénaire disparu le 4 janvier. Une policière de la brigade fluviale de Paris est toujours portée disparue.
<filname="PROF-0,2-3244,1-0,0-18"> ¤                     
                                                

Le bilan de la tempête Eleanor porté à 7 morts

La préfecture de Haute-Marne a annoncé la découverte, mercredi, du corps d’un septuagénaire disparu le 4 janvier. Une policière de la brigade fluviale de Paris est toujours portée disparue.



Le Monde
 |    10.01.2018 à 17h03
   





                        



   


Le bilan de la tempête Eleanor qui a balayé la France les 2 et 3 janvier est porté à 7 morts. La préfecture de Haute-Marne a annoncé la découverte, mercredi 10 janvier, à Rouvres-sur-Aube, du corps sans vie d’un septuagénaire, porté disparu.
Le corps de cet Allemand, qui possédait une résidence secondaire dans ce village, a été retrouvé à 300 m de son domicile, dans la rivière Aube.
La tempête Eleanor qui a fait 7 morts et une disparue, une policière de la brigade fluviale disparue dans la Seine lors d’un exercice à Paris.
« Selon les premières estimations, les tempêtes Carmen et Eleanor auraient occasionné plus de 150 000 sinistres pour un coût estimé à ce stade d’environ 200 millions d’euros », a écrit la Fédération française de l’assurance (FFA), dans un communiqué, vendredi 5 janvier.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-19"> ¤ Alors que les soldes débutent mercredi, Erwan Autret, ingénieur de l’Ademe, revient sur l’impact dévastateur de l’industrie de la mode sur l’environnement.
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Soldes : « On peut passer de la mode jetable à un système plus durable »

Alors que les soldes débutent mercredi, Erwan Autret, ingénieur de l’Ademe, revient sur l’impact dévastateur de l’industrie de la mode sur l’environnement.



Le Monde
 |    10.01.2018 à 15h27
 • Mis à jour le
11.01.2018 à 16h19
    |

            Faustine Vincent








                        



   


Quelque 130 milliards de pièces de vêtements sont produites chaque année dans le monde. Une production massive au coût écologique faramineux : le textile est aujourd’hui la deuxième industrie la plus polluante dans le monde, après le pétrole.
Alors que les soldes d’hiver débutent mercredi 10 janvier, Erwan Autret, ingénieur de l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe) chargé du suivi de la filière textile, constate que le système fonctionne encore sur le modèle de la mode jetable, mais observe des avancées.

        Lire :
         

          La mode se penche sur son poids environnemental



Quel est l’impact de l’industrie de la mode sur l’environnement ?
Erwan Autret : On relève trois impacts principaux : sur les émissions de gaz à effet de serre, sur la consommation d’eau, et sur son eutrophisation, c’est-à-dire le changement de composition chimique de l’eau à cause des polluants qui y sont déversés.
Concernant la consommation d’eau, on sait qu’il faut 2 700 litres pour fabriquer un tee-shirt, soit ce que consomme un individu en trois ans. Pour un jean, entre 7 000 et 11 000 litres d’eau sont nécessaires, l’équivalent de 285 douches.
L’Ademe travaille depuis deux ans avec sept entreprises volontaires, dont Decathlon et Okaïdi, pour évaluer plus précisément ces trois impacts sur l’environnement. L’analyse des données à l’échelle de chaque produit est en cours. On aura tous les résultats d’ici à mi-2018.
L’objectif de cette démarche est de permettre aux entreprises de se doter d’un affichage environnemental. Les consommateurs le verront sur les étiquettes au cours du premier semestre 2018.
On milite également pour que cette méthode d’évaluation de l’impact sur l’environnement, que seule la France expérimente de manière exhaustive, soit reconnue à l’échelle européenne.
Le secteur de la mode s’est-il emparé des enjeux environnementaux ?
Il existe des entreprises précurseuses. Quelques dizaines de petites et moyennes entreprises (PME), comme la marque de jeans 1083, ou les chaussures de sport Ector, s’engagent résolument en développant « l’écoconception », qui consiste à concevoir un vêtement en minimisant son impact environnemental – à travers le choix des matières premières, l’entretien que nécessite le vêtement, etc.
Ces entreprises montrent que l’on peut passer de la mode jetable à un système plus durable, où le vêtement peut être porté plus longtemps, et que faire du textile à 100 % recyclé est possible.
Leur nombre reste marginal…
C’est vrai que la marge de progression des entreprises dans le secteur de la mode reste immense. On est encore sur le modèle : « Je vends plus, et le consommateur jette plus. »
On constate également, à travers la filière de récupération, une baisse de qualité des textiles par rapport à ceux d’il y a quinze ou vingt ans.
L’enseigne H&M, qui incarne cette mode jetable, invite ses clients à rapporter leurs vieux vêtements pour les recycler, en échange d’un bon d’achat. Comment considérez-vous cette initiative ?
Je ne peux pas me prononcer sur une marque en particulier. Mais toute initiative permettant de récupérer une partie des 400 000 tonnes de vêtements non collectés chaque année (sur les 600 000 tonnes annuelles mises sur le marché) est bonne à prendre.
La question, c’est : que deviennent-ils ensuite ? Peuvent-ils atterrir sur le marché de l’occasion ? Refaire du fil ? Etre redécoupés ? Tout l’enjeu consiste à créer vraiment de l’économie circulaire, c’est-à-dire maintenir le maximum de la valeur de la matière, et faire en sorte que le vêtement soit dégradé le plus tard possible.
Quel dispositif légal permet-il de limiter l’impact de la mode sur l’environnement ?
La filière Eco TLC (textile, linge, chaussures) rassemble les marques, les associations et les opérateurs industriels. C’est ce dispositif, agréé par les pouvoirs publics en 2009, qui vise à organiser en France les activités de collecte, de tri et de recyclage des déchets textiles.
Une partie du prix de chaque vêtement, de l’ordre de quelques dizaines de centimes, finance ces activités. Un système de bonus a également été mis en place pour favoriser les matières durables.
Il existe dix labels différents pour le textile. Comment s’y retrouver ?
Pour le consommateur, c’est la jungle. Mais il n’y a qu’un seul label valable, c’est l’« écolabel européen ». C’est LA référence et le label le plus fiable de tous, car il rassemble un grand nombre de critères environnementaux, et évalue chaque phase de vie du produit, de sa création à sa fin. Les autres sont souvent des autodéclarations des entreprises elles-mêmes.
Les attentes des consommateurs ont-elles évolué ?
Oui. Aujourd’hui ils manifestent une réelle préoccupation sur l’aspect éthique des vêtements. Mais cela ne se traduit pas encore dans leurs actes d’achat. Le prix reste le critère numéro un. On reste soumis à la fast fashion (vêtements achetés à bas prix et jetés rapidement), et des achats impulsifs. Cette logique n’est toutefois pas propre à la mode, elle est aussi à l’œuvre pour tout ce qui est alimentaire et produits détergents.
Je ne sais pas quand on sera sortis du tunnel, mais je constate un vrai changement. Des entreprises précurseuses font avancer la filière, et les pouvoirs publics se sont à leur tour emparés de la question. Chacun commence à jouer son rôle. Mais il faut bien sûr que cela continue.

Comment les consommateurs peuvent agir
A leur échelle, les consommateurs peuvent agir pour réduire l’impact de la mode sur l’environnement. D’abord, « en s’informant », souligne Erwan Autret, ingénieur à l’Ademe, qui conseille de consulter le site officiel La Fibre du tri. « A chacun ensuite d’effectuer ses actes d’achat en toute conscience. Le consommateur a une forte responsabilité », souligne-t-il.
L’entretien des vêtements a, lui aussi, un impact important. « La phase de lavage, le séchage, le repassage et la réparation ont des conséquences réelles », à la fois sur la consommation d’énergie et d’eau, mais aussi sur la composition de l’eau, où sont larguées des particules avec les produits détergents. « Il ne faut laver les vêtements que quand c’est nécessaire », rappelle-t-il.





                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-20"> ¤ Le défi que représente pour l’humanité l’effondrement de la biodiversité est à traiter avec le même niveau d’importance que le défi climatique, explique un collectif d’experts dans une tribune au « Monde ».
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« La lutte contre l’érosion de la biodiversité doit être une priorité internationale »

Le défi que représente pour l’humanité l’effondrement de la biodiversité est à traiter avec le même niveau d’importance que le défi climatique, explique un collectif d’experts dans une tribune au « Monde ».



Le Monde
 |    10.01.2018 à 14h00
 • Mis à jour le
10.01.2018 à 16h05
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                            Collectif








                        



                                


                            
Tribune. Les chercheurs et les acteurs qui, comme nous, travaillent sur la biodiversité saluent l’initiative prise par le président de la République de relancer, à travers la réunion One Planet Summit, la dynamique portée par l’accord de Paris. Au moment où il apparaît clairement que l’objectif de la limite des 1,5 °C ne pourra probablement pas être atteint, mobiliser les ­acteurs économiques pour réduire les pressions humaines responsables du changement climatique et contribuer aux processus d’adaptation constituait un impératif. Les engagements pris par les donateurs, les Etats ou des organismes comme la Banque mondiale vont dans un sens positif, et il est important que la France ait joué ici un rôle majeur.
A l’heure où de grands acteurs économiques commencent à se soucier fortement de l’impact de leurs activités sur la biodiversité et alors que le récent appel des 15 000 scientifiques du monde ­entier a rappelé que l’impact croissant des activités humaines compromet notre avenir, on aurait pu souhaiter que ce sommet traite à la fois de la lutte contre le réchauffement climatique et de la lutte contre l’érosion de la biodiversité.
« La dégradation des écosystèmes est notamment à l’origine de la diffusion de certaines maladies à l’homme »
A l’image d’une étude qui montre que plus de 75 % de la biomasse des insectes volants a disparu au sein d’espaces pourtant protégés en Allemagne, en vingt-sept ans, les travaux scientifiques récents soulignent tous la gravité des ­atteintes à la biodiversité. Ils montrent également qu’avec une population ­humaine en croissance la situation va empirer fortement sous les effets ­cumulés du changement d’usage des terres – au bénéfice notamment de la production agricole –, de la surexploi­tation des sols, des eaux douces et des ­poissons marins, du braconnage ­de certaines espèces remarquables, de ­l’accroissement des pollutions tant ­chimiques que physiques (plastiques et microplastiques notamment),...




                        

                        

