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« Le jour où les réfugiés soudanais sont revenus à Varennes-sur-Allier, où tout a commencé »

Les Soudan Célestins Music et moi (4). Pablo Aiquel, journaliste à Vichy, se souvient de l’année 2017, riche en événements et en surprises pour les nouveaux arrivants que « Le Monde » suit.



Le Monde
 |    12.01.2018 à 18h14
    |

Pablo Aiquel







                        



   


Chronique. L’année 2017 restera, pour les membres du groupe Soudan Célestins Music, inoubliable. Elle avait commencé dans un restaurant de Clermont-Ferrand, où ils avaient assuré l’animation musicale du réveillon. Puis, petit à petit, les invitations s’étaient égrenées, dans des sites hébergeant des demandeurs d’asile venus de Calais ou de la région parisienne.
Mi-janvier, à Saint-Beauzire, petit village altiligérien situé aux environs de Brioude, les musiciens venus de Vichy découvraient une épaisse couche de neige, couvrant les champs, les toits des voitures, des maisons et des clochers, tandis que les bénévoles du centre Léo-Lagrange voyaient, eux, pour la première fois, sourire et danser les migrants qu’ils accueillaient.

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A Pessat-Villeneuve en février, à Monistrol en mars, près d’Arlenc en avril, le printemps avait permis de confirmer que les Soudan Célestins Music chantaient des tubes connus de tous leurs compatriotes.
Puis ce fut, l’été venu, le contact avec Le Monde et le projet des Nouveaux Arrivants. Le concert du 14 juillet à Vichy, retransmis sur Facebook Live, fut suivi de nombreuses invitations. A la Fête de L’Huma, à Montluçon, à Aubusson, à Paris au festival Culture au Quai.
Quel chemin parcouru pour ceux qui, à peine plus d’un an auparavant avaient dormi à même la rue ou squatté le lycée Jean-Quarré dans le XXe arrondissement ! Comment ne pas y penser, quand ils partagèrent la scène avec Abd Al-Malik ou rencontrèrent des artistes en exil, tel le flûtiste soudanais Gandi Adam.
En novembre, pour la semaine festive dédiée aux réfugiés, les Soudan Célestins Music figuraient dans les deux programmes du Festival des solidarités (Festisol) et Migrant’scène de la Cimade, à Clermont-Ferrand.
Malgré tout
Que faire alors, pour clore en beauté cette année qui a vu tous les membres du groupe de départ obtenir le sésame de l’asile politique ? « Nous voulions retourner à Varennes-sur-Allier, la ville où a commencé notre parcours de migrants, ici en France », déclare Ahmed Khamis, le chauffeur chanteur. « C’est ici que, pour la première fois, nous avions été logés, nourris, accueillis », ajoute Hassan Osmane, le jardinier musicien.
Pour le réveillon du Nouvel An, sans tambours ni trompettes, sans affiches ni médias, ils ont voulu offrir une fête dans l’ancienne base militaire qui abrite l’un des plus grands centres d’accueil d’orientation de France.

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« Cela faisait longtemps que nous pensions à animer une fête à Varennes. Dès que nous en avons eu l’occasion, nous n’avons pas hésité. Une grande tristesse règne dans ce camp de réfugiés. La musique apporte de la joie à ceux qui sont loin de leur pays. C’est un double sentiment : triste de voir ces jeunes qui ont quitté leur famille et risqué leur vie et, en même temps, heureux de les voir chanter avec nous », assure Ahmed.
« Varennes représente beaucoup de choses pour nous. Des bons souvenirs et d’autres tristes. Notre message est d’abord un remerciement, pour les assistantes sociales et ceux qui nous ont accueillis. Mais nous voulions montrer aussi que les réfugiés ne sont pas ce que certains en pensent, que les migrants ne servent à rien. Il nous tenait à cœur de montrer que nous avons aussi des choses à partager », souligne Hassan.
Fêter l’arrivée de la nouvelle année dans cette base militaire du centre de la France, partager avec ceux qui vivent ce qu’ils avaient vécu deux ans auparavant, leur souhaiter d’obtenir le statut de réfugié, de commencer une nouvelle vie, pour eux, cela voulait dire beaucoup. Cela voulait dire qu’ils étaient libres, heureux d’être là malgré tout.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-2"> ¤ L’ex-président, destitué par Madrid, sait que s’il regagne l’Espagne, il sera arrêté. Ce qui pose la question d’une éventuelle investiture à distance et de la manière dont il entendrait exercer le pouvoir.
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A Bruxelles, Puigdemont réunit ses députés mais n’évoque toujours pas son retour en Catalogne

L’ex-président, destitué par Madrid, sait que s’il regagne l’Espagne, il sera arrêté. Ce qui pose la question d’une éventuelle investiture à distance et de la manière dont il entendrait exercer le pouvoir.



Le Monde
 |    12.01.2018 à 17h59
 • Mis à jour le
12.01.2018 à 18h20
    |

            Jean-Pierre Stroobants (Bruxelles, bureau européen)








                        


Vingt-cinq élus posant devant une grande structure métallique sciemment choisie pour sa couleur jaune, la teinte fétiche des indépendantistes catalans. C’est à peu près tout ce que l’on retiendra de la « séance de travail » organisée, vendredi 12 janvier, dans un hôtel de Bruxelles, par Carles Puigdemont et une grande partie des députés de sa formation, le Parti démocrate européen catalan (PDeCAT, droite). Deux autres sont emprisonnés et certains n’avaient pu quitter Barcelone, leur passeport leur ayant été retiré.
Une fois la séance de pose achevée, l’ex-président de Catalogne, candidat à sa réélection mais toujours en exil, s’est retiré avec son groupe sans répondre à aucune question. Le but essentiel était manifestement d’éviter l’oubli médiatique et de mobiliser les nombreux correspondants espagnols présents dans la capitale belge et européenne.
Deux porte-parole, s’exprimant surtout en catalan pour cette troisième conférence de presse des indépendantistes à Bruxelles, ont, une nouvelle fois, appelé le pouvoir espagnol à « respecter la démocratie » et « la normalité », concrétisée par la mise en place d’un gouvernement que dirigerait leur leader.
Etre ou ne pas être présent physiquement
Carles Puigdemont, mis en examen pour « rébellion », ne manifeste toutefois pas l’intention de regagner Barcelone. « Il aimerait rentrer, mais… », a seulement lâché un membre de son entourage. L’ancien président, destitué par Madrid après la déclaration d’indépendance du 27 octobre 2017, sait que s’il met un pied en Espagne, il sera arrêté. Ce qui pose la question de son éventuelle investiture à distance et de la manière dont il entendrait exercer le pouvoir.

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Deux voies sont ouvertes : présider la Catalogne à distance, par vidéoconférence, ce que la presse espagnole a surnommé ironiquement la « Skype-présidence », ou rentrer à Barcelone, éventuellement accompagné de milliers de personnes, pour se livrer à la justice après avoir été réélu à la tête de la région.
La Gauche républicaine de Catalogne (ERC), dont M. Puigdemont a besoin pour être réélu, a prévenu qu’elle attendrait l’accord des services juridiques du Parlement catalan avant de se prononcer sur son investiture à distance.
Les juristes de la Chambre régionale catalane jugent apparemment que la présence physique du candidat serait indispensable.
Le PDeCAT estime, en revanche, que d’autres solutions sont possibles et dépendent de la future présidence de l’assemblée, qui fixera les règles de l’élection.
Plusieurs scénarios possibles
Les porte-parole du PDeCAT évoquent plusieurs scénarios possibles, sans les détailler outre mesure, avant l’élection du bureau du Parlement, qui doit avoir lieu mercredi.
La séance de travail à huis clos de vendredi visait probablement à trancher entre ceux-ci. L’hypothèse de voir M. Puigdemont céder finalement sa place à un autre candidat n’a, en tout cas, pas été mentionnée devant les journalistes.

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Lors de la conférence de presse soigneusement encadrée, le temps manquait aussi, semble-t-il, pour évoquer Carme Forcadell, la présidente du Parlement régional sortant, poursuivie pour avoir fait voter des lois jugées anticonstitutionnelles par Madrid. Ou pour parler du retrait récent d’Artur Mas, président du PDeCAT et mentor de M. Puigdemont. Or, avant l’annonce de son départ, M. Mas s’était prononcé en faveur d’une législature « longue » et « constructive » qui « respecte le cadre légal espagnol ».



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-3"> ¤ Une pétition contre la visite du président américain au Royaume-Uni avait recueilli 1,9 million de signatures.
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En annulant son voyage à Londres, Donald Trump snobe Theresa May

Une pétition contre la visite du président américain au Royaume-Uni avait recueilli 1,9 million de signatures.



Le Monde
 |    12.01.2018 à 16h54
 • Mis à jour le
12.01.2018 à 17h42
    |

            Philippe Bernard (Londres, correspondant)








                        



   


La « relation particulière » que les Britanniques se flattent d’entretenir avec les Etats-Unis a été mise à mal par l’annonce par Donald Trump sur Twitter, dans la nuit du jeudi 11 au vendredi 12 janvier, de l’annulation de la visite qu’il devait effectuer en février à Londres. « Trump laisse tomber la Grande-Bretagne », titre le Daily Mail, premier média britannique à avoir répercuté la nouvelle. Le tabloïd juxtapose une longue série de photos de dirigeants auxquels le président américain a rendu visite, dont Emmanuel Macron, insistant sur l’humiliation infligée à la première ministre, Theresa May.
« La raison pour laquelle j’annule mon voyage à Londres est que je ne suis pas un grand fan de l’administration Obama qui a vendu l’ambassade la mieux située et la plus agréable à Londres pour des cacahuètes, afin d’en construire une autre bien plus éloignée pour 1,2 milliard de dollars. Mauvaise opération. On voulait que je coupe le ruban. NON ! », a écrit M. Trump dans un Tweet nocturne.

Reason I canceled my trip to London is that I am not a big fan of the Obama Administration having sold perhaps the… https://t.co/9crSrOBXme— realDonaldTrump (@Donald J. Trump)


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Une pétition hostile à une « visite d’Etat » avait recueilli 1,9 million de signatures. Devant la menace de manifestations, le format du voyage de M. Trump avait été réduit à celui d’une « visite de travail » avec pour prétexte l’inauguration de la nouvelle ambassade américaine construite au sud de Londres, au bord de la Tamise, dans le quartier autrefois industriel de Nine Elms.
Mais dans un pays où le mouvement « anti-Trump » est autrement plus vivace qu’en France et où de gros rassemblements étaient programmés, la crainte de manifestations hostiles paraît être la véritable raison de la rebuffade. Interrogé sur l’annulation, un porte-parole de Mme May a simplement répété la version officielle : « Une invitation a été adressée et acceptée, mais aucune date n’a été fixée. »
Un renoncement salué par plusieurs élus travaillistes
« C’est tout à fait dommage. Les Etats-Unis sont l’un de nos alliés les plus proches, mais l’alliance ne repose pas sur le locataire de la Maison Blanche ou de Downing Street, mais sur des valeurs et des intérêts communs, a commenté à la BBC Tom Tugendhat, président de la commission des affaires étrangères de la Chambre des communes. En même temps, je crois que cela reflète le fait que, alors que d’autres critiquent [Donald Trump] en français, italien ou coréen, nous le critiquons en anglais, ce qui est beaucoup plus facile à comprendre pour lui. »
Le renoncement de M. Trump a été salué par plusieurs élus travaillistes, dont le leader Jeremy Corbyn, qui avait appelé à protester contre sa venue. « C’est une bonne chose qu’il ne vienne plus, a estimé Chuka Umunna, député et figure du Labour. Il va à l’encontre des valeurs britanniques. »
Pour le maire travailliste de Londres, Sadiq Khan, « il semble que le président Trump ait compris le message envoyé par de nombreux Londoniens qui aiment et admirent l’Amérique et les Américains, mais trouvent que ses politiques et ses actions sont complètement à l’opposé des valeurs d’inclusion, de diversité et de tolérance que défend notre ville. » Un porte-parole des LibDems s’est aussi félicité du renoncement de M. Trump en persiflant : « L’autorité de Theresa May est si faible qu’elle n’a pas eu le courage d’annuler elle-même la visite. » 
En janvier 2017, l y a tout juste un an, juste après l’investiture de M. Trump, la première ministre, qui a besoin du président américain pour décrocher un accord commercial post-Brexit avec les Etats-Unis, s’était précipitée à la Maison Blanche. L’image du président lui prenant la main avait fait scandale. Elle apparaît aujourd’hui comme un symbole de faiblesse et de compromission.
Boris Johnson : Trump « aboie plus qu’il ne mord »
Entre-temps, les relations entre Londres et Washington ont connu plusieurs coups de froid. Le 29 novembre, le président américain a re­tweeté à ses quelque 40 millions d’abonnés trois vidéos antimusulmanes mises en ligne par Britain First, un groupuscule britannique d’extrême droite, lui offrant une audience inespérée.
Mme May lui a donné « tort » et Donald Trump lui a rétorqué qu’elle ferait mieux de lutter contre « le terrorisme radical destructeur ». « Le fait que nous coopérons ne signifie pas que nous avons peur de nous exprimer lorsque les Etats-Unis se trompent », avait insisté la première ministre. Londres a ensuite qualifié l’installation à Jérusalem de l’ambassade américaine en Israël de « peu utile pour la paix dans la région ». 

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L’invitation à une visite d’Etat (impliquant une rencontre avec la reine) au Royaume-Uni avait été formalisée à Washington et, le 30 janvier, Mme May s’était déclarée « très heureuse » que M. Trump ait accepté la proposition d’Elizabeth II. M. Trump « aboie plus qu’il ne mord », avait déclaré au Parlement le ministre des affaires étrangères, Boris Johnson, en réponse aux protestations de députés.
Conçue par l’architecte américain Kieran Timberlake, la nouvelle ambassade remplace celle du quartier central ultrachic de Mayfair construite en 1956 par l’Américano-Finlandais Eero Saarinen. Justifiée notamment par la difficulté d’en assurer la sécurité, la décision de déménager l’ambassade de Londres avait été annoncée en octobre 2008, alors que George W. Bush était encore président, et non Barack Obama, comme M. Trump le laisse entendre aujourd’hui.
De source officielle, le coût du transfert a été intégralement couvert par l’énorme plus-value de la vente du bâtiment de Mayfair à un promoteur qatari, qui l’a transformé à la fin 2016 en hôtel de luxe. En décembre 2017, William Moser, directeur adjoint chargé des immeubles à l’étranger au département d’Etat américain, a précisé le montant de la facture de la nouvelle ambassade, qui s’annonce comme la plus chère du monde : 1 milliard de dollars. Soit 200 millions de moins que le prix annoncé par M. Trump pour justifier sa décision de snober Theresa May.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-4"> ¤ La langue anglaise sera autorisée dans les prétoires, mais dans le respect de l’ordonnance de Villers-Cotterêts de 1539.
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Brexit : Paris se bat aussi sur l’attractivité du droit

La langue anglaise sera autorisée dans les prétoires, mais dans le respect de l’ordonnance de Villers-Cotterêts de 1539.



Le Monde
 |    12.01.2018 à 11h46
 • Mis à jour le
12.01.2018 à 11h50
    |

            Isabelle Chaperon








                        



                                


                            

On a souvent tendance à l’oublier, mais il n’y a pas que des financiers à la City. Il y a aussi des milliers d’avocats, de juristes et d’autres experts qui prospèrent grâce à la prédominance de la place de Londres dans le traitement des contentieux liés au commerce international : différend autour d’un contrat de produits dérivés, litige concernant une cargaison…
Un business de taille. A lui seul, le marché des services juridiques appliqué aux affaires commerciales a représenté outre-Manche un chiffre d’affaires de 14,2 milliards de livres (16 milliards d’euros) en 2016, selon Business Wire.
En comparaison, la filière du droit en France – juristes, avocats, huissiers, notaires… – pèse 31,1 milliards d’euros, d’après l’étude menée par EY Société d’avocats et l’Université Paris-II-Panthéon-Assas, publiée en octobre.

Dès lors, il n’est pas étonnant que le monde du droit fasse partie des activités ciblées par la France dans le cadre de la bataille livrée pour récupérer une partie des activités qui vont quitter Londres après le Brexit.
« La sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne pourrait lui faire perdre son accès à l’espace judiciaire européen », a en effet rappelé la ministre de la justice, Nicole Belloubet, à l’occasion d’un colloque organisé le 13 décembre par l’association Paris Place de droit.
« Après le Brexit, les décisions rendues par les tribunaux britanniques ne seront plus applicables directement dans les juridictions des pays de l’Union européenne », précise Marie-Aimée Peyron, bâtonnière du barreau de Paris. Toute entreprise qui aura obtenu une décision de la part de juges londoniens devra ensuite faire la tournée des pays voisins pour la faire exécuter.
Obstacle improbable
Un processus long, coûteux et risqué, qui pourrait être évité si les signataires d’un ­contrat commercial y inscrivaient une clause prévoyant de faire trancher par un tribunal parisien – et non plus londonien...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-5"> ¤ Le souhait de l’ex-président d’être réélu, même à distance depuis Bruxelles, divise.
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La Catalogne suspendue aux desiderata de Carles Puigdemont

Le souhait de l’ex-président d’être réélu, même à distance depuis Bruxelles, divise.



Le Monde
 |    12.01.2018 à 11h32
    |

            Sandrine Morel (Madrid, correspondance)








                        



   


Qui prendra le risque de braver une nouvelle fois la loi pour permettre l’investiture à distance de Carles Puigdemont, toujours « exilé » en Belgique, comme nouveau président de la Catalogne ?
L’ancienne présidente du Parlement catalan, Carme Forcadell, poursuivie par la justice pour son rôle dans le vote de lois inconstitutionnelles lors de la dernière législature, y a renoncé. Jeudi 11 décembre, elle a annoncé qu’elle « [cédait] la présidence du Parlement » pour que celle-ci soit occupée par une personne qui n’est pas mise en examen.
L’ancien ministre catalan de la justice, Carles Mundo, lui aussi de la Gauche républicaine de Catalogne (ERC), pressenti un temps pour la remplacer, a annoncé le 9 janvier qu’il abandonnait la politique « pour des raisons personnelles » et reprenait sa carrière d’avocat. En novembre 2017, ce dirigeant réputé modéré a passé un mois en détention préventive. Il est toujours mis en examen pour « rébellion, sédition et malversation de fonds publics », comme l’ensemble des anciens membres du gouvernement de Carles Puigdemont.

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Deux voies ouvertes
Le président catalan déchu, réfugié à Bruxelles pour fuir la justice espagnole, n’en démord cependant pas et fait pression sur ses alliés politiques en faisant fuiter des rumeurs sur de possibles accords. Le dirigeant indépendantiste n’entend pas tomber dans l’oubli, depuis la Belgique, avec ce qu’il reste de son gouvernement fantôme en « exil ».
L’ancien président, destitué par Madrid après la déclaration d’indépendance du 27 octobre 2017, sait que s’il pose un pied en Espagne, où il est mis en examen pour « rébellion », il sera arrêté. Mais il considère qu’il lui reste un rôle à jouer et deux voies ouvertes pour le faire : présider la Catalogne à distance, par vidéoconférence, ce que la presse espagnole a surnommé ironiquement la « skype-présidence », ou rentrer à Barcelone, éventuellement accompagné de milliers de personnes, pour se livrer à la justice après avoir été réélu à la tête de la région. Comme il l’avait promis à ses électeurs durant la campagne pour les élections du 21 décembre qui ont redonné la majorité aux indépendantistes.
La Gauche républicaine de Catalogne, dont M. Puigdemont a besoin pour être réélu, a prévenu qu’elle attendrait le feu vert des services juridiques du Parlement catalan avant de se prononcer sur son investiture à distance. « Il y a des aspects technico-judiciaires qu’il ne revient pas à ERC de mesurer », a tranché Roger Torrent, le porte-parole d’ERC, dont le candidat naturel reste son président, Oriol Junqueras, placé en détention préventive. Or, selon le quotidien La Vanguardia, les avocats de la Chambre régionale estimeraient, à l’unanimité, que l’investiture doit se faire en présence, physique, du candidat. Ni par voie télématique, ni par le biais d’un autre député qui lirait son texte, ni par écrit.

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Crainte d’un nouveau blocage
Pour Ines Arrimadas, dirigeante de Ciudadanos, le parti unioniste arrivé en tête aux élections du 21 décembre, un fugitif ne peut pas présider la région : « On ne peut pas avoir un président hologramme qui dirige la Catalogne par Skype de Bruxelles », a-t-elle estimé. Même le parti de la gauche radicale Catalogne en commun, dont l’abstention pourrait devenir indispensable pour l’investiture, si les exilés et prisonniers ne peuvent finalement pas voter au Parlement, a qualifié d’« inimaginable » le fait de gouverner depuis Bruxelles. « Cela conduirait à un nouveau blocage du pays », a tranché la porte-parole Elisenda Alamany.
Vendredi 12 janvier, M. Puigdemont devait tenir une réunion à Bruxelles avec des membres de sa coalition indépendantiste, Junts per Catalunya (Ensemble pour la Catalogne) sur la meilleure stratégie à suivre. « M. Puigdemont est le seul maître à bord, reconnaît un dirigeant de sa formation, le Parti démocratique européen de Catalogne (PDeCAT). Il doit décider s’il veut être le président à distance et maintenir une confrontation avec l’Etat, ou s’il accepte qu’un autre candidat brigue la présidence de la Catalogne pour permettre une législature plus apaisée… » C’est cette dernière option qui a la préférence des dirigeants du PDeCAT.

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D’ailleurs – est-ce le signe d’une rupture politique ? –, Artur Mas, l’ancien mentor de M. Puigdemont, celui qui l’avait désigné pour le remplacer à la tête de la Catalogne, a annoncé le 9 janvier qu’il quittait la présidence du PDeCAT. Officiellement, il entend se concentrer sur sa défense en justice et permettre un renouvellement au sein du parti. Cependant, ces derniers jours, il n’a cessé de se prononcer en faveur d’une législature « longue » et « constructive » qui « respecte le cadre légal espagnol ». La veille, il avait affirmé qu’il n’y avait pas de majorité suffisante pour « imposer quoi que ce soit ». Une façon de rappeler que les indépendantistes ont certes obtenu la majorité absolue en sièges, mais pas en voix (47,5 % des suffrages).
Personne n’ose faire de pronostic définitif sur ce qui peut se produire. Cela dépendra en grande partie des membres du bureau du Parlement, l’organe chargé d’interpréter le règlement et de soumettre les candidats au vote d’investiture. Lequel sera formé le 17 janvier.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-6"> ¤ La plus haute instance judiciaire du pays a ordonné jeudi la libération de Mehmet Altan et de Sahin Alpay, mais deux cours pénales d’Istanbul ont refusé de les remettre en liberté.
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Turquie : deux journalistes maintenus en détention, malgré une décision de la Cour constitutionnelle

La plus haute instance judiciaire du pays a ordonné jeudi la libération de Mehmet Altan et de Sahin Alpay, mais deux cours pénales d’Istanbul ont refusé de les remettre en liberté.



Le Monde
 |    12.01.2018 à 10h47
    |

            Marie Jégo (Istanbul, correspondante)








                        


La Cour constitutionnelle de Turquie a ordonné par 11 voix contre 6, jeudi 11 janvier, la libération de Mehmet Altan et de Sahin Alpay, deux journalistes emprisonnés juste après la tentative de coup d’Etat du 15 juillet 2016. Elle a estimé que leur détention « violait leurs droits individuels », selon les normes de la Convention européenne des droits de l’homme ratifiée par la Turquie.
Cette décision fait naître l’espoir. Les avocats des prévenus considèrent qu’elle pourrait faire jurisprudence à l’avenir pour des milliers de personnes injustement emprisonnées. « Cet arrêt, le premier du genre depuis la tentative de coup d’Etat, pourrait servir de précédent pour tous les autres procès en cours », a suggéré l’avocat Veysel Ok, qui a introduit le recours de Sahin Alpay.

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Mais la joie des familles a été de courte durée. Cinq heures à peine après la décision de la Cour constitutionnelle, deux cours pénales ordinaires d’Istanbul (la 13e et la 26e) ont refusé la remise en liberté des deux hommes. C’est « illégal », a dénoncé le député Sezgin Tanrikulu (opposition kémaliste) sur son compte Twitter. Simple contretemps en attendant la publication de la décision de la Cour constitutionnelle dans le Journal officiel ? Ou résultat d’un coup de fil du « Palais » présidentiel ? Une chose est sûre, le fait que les décisions émanant de la plus haute instance du pays soient ignorées par des juridictions subalternes confirme la perte de légitimité de l’institution judiciaire.
Des fonctionnaires réintégrés
Résultat, les journalistes sont restés derrière les barreaux. Accusés d’« appartenance à une organisation terroriste » et de « tentative de renversement » du gouvernement, les deux intellectuels, âgés respectivement de 65 et 73 ans, avaient déposé des recours auprès de la Cour constitutionnelle juste après leur arrestation à l’été 2016. Or, la plus haute juridiction turque, qui a vu deux de ses juges, Alparslan Altan et Erdal Tercan, écroués après la tentative de coup d’Etat, ne s’était pas réunie depuis 2016.
Le président Recep Tayyip Erdogan est le premier à sonner l’hallali contre les intellectuels. Lors de sa venue à Paris, vendredi 5 janvier, il avait déclaré : « La terreur ne naît pas de rien. La terreur et les terroristes ont des jardiniers, ces gens qui sont vus comme des penseurs. »

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A la faveur de l’état d’urgence imposé le 20 juillet 2016 et toujours prolongé depuis, 55 000 personnes ont été arrêtées, sans véritables enquêtes. Au total, 150 000 fonctionnaires, dont plus de 4 000 juges et procureurs, ont été limogés, tandis que 160 journalistes sont en prison. Des centaines d’universitaires ont été cités à comparaître pour avoir signé une pétition pour la paix dans les régions à majorité kurde.
Les autorités turques ont réintégré par décret-loi plus de 1 800 fonctionnaires qui avaient été limogés dans le cadre de ces purges, a rapporté vendredi l’agence de presse officielle Anadolu. Elles avaient été initialement radiées après avoir été accusées d’avoir téléchargé ByLock, une messagerie cryptée qu’Ankara considère comme l’outil de communication privilégié des putschistes. Mais les autorités ont annoncé fin décembre 2017 avoir déterminé que plusieurs milliers de personnes avaient téléchargé l’application en question à leur insu.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-7"> ¤ Angela Merkel et Martin Schulz ont ouvert la voie au maintien de leur coalition. Un accord de 28 pages a été conclu dans la nuit.
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Un accord entre CDU et SPD pour diriger l’Allemagne

Angela Merkel et Martin Schulz ont ouvert la voie au maintien de leur coalition. Un accord de 28 pages a été conclu dans la nuit.



Le Monde
 |    12.01.2018 à 10h30
 • Mis à jour le
12.01.2018 à 15h12
    |

            Thomas Wieder (Berlin, correspondant)








                        



   


En arrivant au siège du Parti social-démocrate (SPD), jeudi 11 janvier, à Berlin, pour une cinquième journée consécutive de discussions, Angela Merkel avait pronostiqué que cette dernière serait « compliquée ». La chancelière allemande aurait pu ajouter que la nuit le serait tout autant. Ce n’est que vendredi, un peu avant 9 heures du matin, que les conservateurs (CDU-CSU) et les sociaux-démocrates ont trouvé un accord en vue de former une « grande coalition », après vingt-quatre heures de pourparlers à huis clos.
Au vu des premiers éléments distillés à la presse, vendredi matin, avant qu’il ne soit entièrement rendu public, l’accord de 28 pages qui a été conclu dans la nuit reprendrait plutôt les propositions des conservateurs en matière de politique migratoire. Ceux-ci auraient ainsi obtenu une très stricte limitation du regroupement familial pour les réfugiés bénéficiant d’une « protection subsidiaire » (ceux qui ont obtenu un titre de séjour d’un an renouvelable). Le principe d’un plafonnement – entre 180 000 et 220 000 – du nombre de demandeurs d’asile susceptibles d’être accueillis chaque année en Allemagne, rejeté jusque-là par le SPD, figurerait également dans l’accord.

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De son côté, le SPD - dont la direction a approuvé vendredi après-midi cet accord - n’aurait pas réussi à imposer une augmentation de la fiscalité sur les plus hauts revenus. Mais il aurait obtenu des garanties dans le domaine social, notamment sur le maintien du niveau des retraites, ainsi qu’une avancée en matière d’éducation, avec la possibilité pour l’Etat fédéral de désormais intervenir dans ce secteur resté jusque-là le domaine réservé des Länder. Les deux parties ont convenu de « renforcer de manière durable la zone euro ».
Pas de gouvernement avant mars
Avec l’accord scellé vendredi, qui intervient trois mois et demi après les élections législatives du 24 septembre 2017 et près de deux mois après l’échec d’une première tentative de coalition entre conservateurs, libéraux-démocrates et écologistes, une étape importante a été franchie dans le processus devant conduire à la constitution du nouveau gouvernement.
Mais ce n’est qu’une étape. Dimanche 21 janvier, le SPD doit décider, lors d’un congrès extraordinaire à Bonn (Rhénanie-du-Nord-Westphalie) qui pourrait s’annoncer tendu en raison de l’opposition d’une partie de la base à la reconduction d’une « grande coalition », s’il valide ou non cet accord. Le prochain gouvernement ne pourra en tout cas pas être constitué avant mars.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-8"> ¤ Le président tchèque, prorusse, un des rares soutiens continentaux de Donald Trump n’est pas sûr d’être reconduit pour un second mandat après les élections.
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Article sélectionné dans La Matinale du 11/01/2018
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Milos Zeman, le président tchèque populiste eurosceptique candidat à sa réélection

Le président tchèque, prorusse, un des rares soutiens continentaux de Donald Trump n’est pas sûr d’être reconduit pour un second mandat après les élections.



Le Monde
 |    12.01.2018 à 06h39
 • Mis à jour le
12.01.2018 à 09h16
    |

                            Blaise Gauquelin (Prague, envoyé spécial)








                        



                                


                            

Milos Zeman avait prévenu : à 73 ans passés, il ne mènerait pas campagne pour sa réélection. Afin d’inciter les électeurs à mettre un bulletin à son nom dans l’urne, vendredi 12 et samedi 13 janvier, le président tchèque sortant, qui concourt en indépendant pour un second quinquennat, mise donc tout sur sa réputation. Favori du premier tour, il pourrait pourtant être battu lors du second, les 26 et 27 janvier prochains.
Car les Tchèques ont fini par se lasser de ce vétéran de la gauche, salué pour son rôle de la première importance après la chute du régime autoritaire en 1989. Il a certes fait émerger le Parti social-démocrate, avant de présider la Chambre des députés et de diriger le gouvernement, entre 1998 et 2002.
Mais ses compatriotes connaissent aussi par cœur ce personnage controversé de gros fumeur, marié à son ancienne secrétaire, de plus de vingt ans sa cadette, et père de deux enfants. S’il n’hésite pas à insulter ses opposants, Milos Zeman est entré dans l’histoire comme étant le premier chef de l’Etat élu au suffrage universel avec 54,8 % des voix, dans ce pays d’Europe centrale qui compte 10,5 millions d’habitants. C’était en 2013.

Depuis, son évolution idéologique a suivi celle de la région, loin de l’esprit de l’icône de la transition, Vaclav Havel, président tchèque de 1993 à 2003. Certes, il a fait de nouveau hisser sur le château de Prague les drapeaux européens qu’avait interdits son prédécesseur, le très eurosceptique Vaclav Klaus, dont il partage pourtant de nombreuses vues. Désormais éloignée du champ lexical progressiste, sa parole pourrait être qualifiée de « décomplexée ». « Je suis persuadé que le concept des quotas de migration va finir dans les poubelles de l’histoire », a-t-il par exemple répété récemment pour qualifier le principe de solidarité réclamé par l’Union européenne concernant l’accueil des réfugiés : « Personne ne doit nous dire qui on laisse entrer chez nous ! »
Gaffes...



                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-9"> ¤ Selon le « Washington Post », il a tenu ces propos alors qu’il recevait plusieurs sénateurs pour évoquer un projet proposant de limiter le regroupement familial.
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Trump traite Haïti et des nations africaines de « pays de merde »

Selon le « Washington Post », il a tenu ces propos alors qu’il recevait plusieurs sénateurs pour évoquer un projet proposant de limiter le regroupement familial.



Le Monde
 |    12.01.2018 à 06h32
 • Mis à jour le
12.01.2018 à 17h39
   





                        


« Pourquoi est-ce que toutes ces personnes issues de pays de merde viennent ici ? » Evoquant plusieurs nations africaines, le Salvador et Haïti, le président des Etats-Unis s’est emporté jeudi 11 janvier lors d’une réunion sur l’immigration, rapporte le Washington Post.
Donald Trump recevait dans le bureau Ovale plusieurs sénateurs, dont le républicain Lindsey Graham et le démocrate Richard Durbin, pour évoquer un projet bipartisan proposant de limiter le regroupement familial et de restreindre l’accès à la loterie pour la carte verte. En échange, l’accord permettrait d’éviter l’expulsion de milliers de jeunes, souvent arrivés enfants aux Etats-Unis.

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Selon plusieurs sources anonymes, le président américain faisait référence à des pays d’Afrique ainsi qu’à Haïti et au Salvador, expliquant que les Etats-Unis devraient plutôt accueillir des ressortissants de la Norvège, dont il avait rencontré la première ministre la veille. Toujours de même source, les sénateurs présents ont été déconcertés par ces propos.
Dans l’après-midi, vendredi, le président américain a affirmé dans un tweet n’avoir « jamais dit de mal des Haïtiens » :
« Je n’ai jamais dit quelque chose d’insultant sur les Haïtiens outre le fait que, et c’est une évidence, Haïti était un pays très pauvre et en difficulté. Je n’ai jamais dit “virez-les”. (…) J’ai une relation merveilleuse avec les Haïtiens. »
De son côté, le New York Times, qui fait état des mêmes propos du président, citant des participants non identifiés de la réunion, avait rapporté en juin que Donald Trump avait assuré lors d’une autre réunion sur l’immigration, que les Haïtiens « ont tous le sida ». La Maison Blanche avait démenti.
Des propos « racistes », « désobligeants » et « clivants »
Les réactions se succèdent vendredi pour dénoncer les propos du président des Etats-Unis. Le Botswana a notamment annoncé avoir convoqué l’ambassadeur des Etats-Unis pour lui faire part « de son mécontentement ». « Nous considérons que les propos de l’actuel président américain sont hautement irresponsables, répréhensibles et racistes », a estimé le ministère des affaires étrangères dans un communiqué.
L’Organisation des nations unies (ONU), par la voix du porte-parole du Haut-Commissariat de l’ONU aux droits de l’homme, Rupert Colville, a regretté des « commentaires choquants et honteux ». « Désolé, mais il n’y a pas d’autre mot que “raciste” », a-t-il poursuivi. De son côté, l’Union africaine a déploré vendredi des remarques « blessantes » et « dérangeantes ».
« C’est d’autant plus blessant compte tenu de la réalité historique du nombre d’Africains qui sont arrivés aux Etats-Unis comme esclaves », a regretté le porte-parole du président de la commission de l’UA, Moussa Faki.
« Racisme latent »
Membre du Congrès, le démocrate Luis Gutierrez a réagi en déclarant : « Nous pouvons dire maintenant avec 100 % de certitude que le président est un raciste qui ne partage pas les valeurs inscrites dans notre Constitution. » Le ton est le même du côté du sénateur démocrate Richard Blumenthal, qui a jugé sur MSNBC que les propos de M. Trump « transpirent le racisme latent. Le plus odieux et insidieux racisme qui se fait passer pour une politique d’immigration ».
La républicaine Mia Love, d’ascendance haïtienne, a pour sa part jugé « désobligeants » et « clivants » les propos présidentiels et a demandé des excuses. « Cette attitude est inacceptable de la part du chef de notre nation », a-t-elle déclaré dans un communiqué. Et le représentant républicain de la Floride, Carlos Curbelo, a estimé qu’il n’était « acceptable dans aucune circonstance de dégrader, dénigrer ou de déshumaniser les migrants ». 
« La Maison Blanche doit immédiatement expliquer la situation. »



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-10"> ¤ La France et l’Italie, qui doivent conclure un « traité du Quirinal » pour préciser leur coopération, ont rappelé leur identité de vues sur la crise migratoire.
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A Rome, Macron fait l’éloge de Gentiloni à moins de deux mois des élections italiennes

La France et l’Italie, qui doivent conclure un « traité du Quirinal » pour préciser leur coopération, ont rappelé leur identité de vues sur la crise migratoire.



Le Monde
 |    11.01.2018 à 19h14
 • Mis à jour le
12.01.2018 à 06h36
    |

            Jérôme Gautheret (Rome, correspondant)








                        



   


Des marques d’attention tout au long de la visite, un soutien appuyé aux positions italiennes sur les questions migratoires et même l’annonce pour 2018 de la conclusion d’un « traité du Quirinal », formalisant l’amitié entre Paris et Rome, sur le modèle du traité de l’Elysée qui avait scellé la réconciliation entre la France et l’Allemagne fédérale, en 1963. Emmanuel Macron n’a pas ménagé ses démonstrations d’amitié envers le gouvernement italien lors de sa visite officielle à Rome, mercredi 10 et jeudi 11 janvier.

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Lors de la conférence de presse qu’il a tenue conjointement avec le président du Conseil italien, Paolo Gentiloni, en clôture de la visite, le président français a ainsi théorisé une « relation particulière » entre les deux pays, indépendamment de l’entente franco-allemande, « structurante » de l’Union européenne mais « pas exclusive ». Les tensions de l’été 2017, provoquées par les désaccords sur la question libyenne, la crise migratoire et l’annonce de la renationalisation temporaire des chantiers navals de Saint-Nazaire, semblent avoir été parfaitement apaisées.
Emmanuel Macron est même allé plus loin en faisant l’éloge du chef du gouvernement italien, à l’approche du terme de son mandat – les élections législatives se tiendront le 4 mars, dans moins de deux mois, et leur résultat est très incertain. « Je veux souligner le bonheur que cela a été de travailler ces derniers mois aux côtés de Paolo Gentiloni, a-t-il lancé à la fin de sa déclaration. L’Europe a besoin d’avoir une Italie qui croit en l’Europe, et j’espère que cela continuera ainsi. »
Débats autour de la crise migratoire
Un message de soutien aussi explicite que possible, alors que l’usage, en période préélectorale, commande une certaine réserve lors de rencontres diplomatiques, et que la droite et le Mouvement 5 étoiles, donnés comme les deux forces montantes à la veille du scrutin, multiplient les déclarations eurosceptiques.
Au-delà de ces assauts d’amabilité, dont le point d’orgue aura été le lancement du chantier d’un traité du Quirinal – dont les contours restent à définir –, les débats ont surtout porté sur la crise migratoire. Le 10, cette dernière avait déjà été au cœur des discussions du « Med 7 » – un groupe composé des chefs d’Etat et de gouvernement de sept pays du sud de l’Europe, le Portugal, l’Espagne, la France, l’Italie, Malte, Chypre et la Grèce – réuni à Rome pour un dîner de travail.

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Interrogé sur les efforts à fournir pour mieux aider l’Italie, en première ligne dans l’accueil des migrants, M. Macron a réaffirmé sa volonté d’arriver à « mettre un terme aux dysfonctionnements du système de Dublin », qui donne en principe au pays d’entrée dans l’UE la responsabilité de traiter les demandes d’asile.
Puis, Emmanuel Macron a souligné les efforts de la France en la matière, notamment les plus de 100 000 demandes d’asile enregistrées par l’Ofpra en 2017, ainsi que l’importance de mettre sur pied un système plus efficace de gestion des requêtes. Avant de mettre en garde contre les « faux bons sentiments » véhiculés, selon lui, par les associations d’aide aux migrants et les intellectuels qui dénoncent, notamment dans le numéro de L’Obs du 10 janvier, l’inhumanité des politiques migratoires mises en œuvre par le gouvernement :
« Parfois, quand il y a des désaccords entre le peuple et les intellectuels, c’est parce qu’il y a de la confusion chez les intellectuels. »



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-11"> ¤ Cette notion, à laquelle les gouvernements font si souvent appel, correspond-elle à une réalité ? Trois questions au démographe Cris Beauchemin.
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L’immigration réagit-elle aux « appels d’air » ?

Cette notion, à laquelle les gouvernements font si souvent appel, correspond-elle à une réalité ? Trois questions au démographe Cris Beauchemin.



Le Monde
 |    11.01.2018 à 17h00
 • Mis à jour le
12.01.2018 à 06h51
    |

            Anne Chemin








                        



                                


                            
Cris Beauchemin est directeur de recherches à l’Institut national des études démographiques (INED), il y dirige l’unité de recherche « Migrations internationales et minorités ». Il est l’auteur, avec Mathieu Ichou, ­ d’Au-delà de la crise des migrants : décentrer le regard (Karthala, « Disputatio », 2016).
Les gouvernements qui souhaitent durcir les textes sur l’immigration invoquent souvent la notion d’« appel d’air » pour justifier leur politique. Quelle vision cette notion porte-t-elle ?
La notion d’appel d’air repose sur l’idée qu’une politique d’accueil généreuse a un effet d’attraction sur les migrants – un discours généralement assorti de l’idée qu’ils sont trop nombreux. Mais qu’est-ce que ce « trop » ? Les Français ont une vision assez déformée des migrations : ils situent la part des étrangers vivant en France à 30 %, alors qu’elle est d’environ 10 %. L’image de l’appel d’air suggère en outre que les migrations sont à sens unique alors que cette représentation est fausse : selon l’OCDE, dix ans après leur arrivée, 30 % à 50 % des migrants sont déjà repartis et, selon l’Insee, le volume des départs de France a triplé entre 2006 et 2013, ce qui a entraîné une diminution significative du solde migratoire. Enfin, la notion d’appel d’air suggère que les migrants sont irrésistiblement attirés vers la France, ce qui, là encore, n’est pas vrai : l’Hexagone n’est pas une destination de premier choix en Europe, comme on l’a vu lors de la crise des migrants de 2015. Les camps qui se perpétuent aux alentours de Calais sont d’ailleurs peuplés de personnes qui veulent partir au Royaume-Uni.
La notion d’appel d’air repose sur l’idée que les migrants choisissent leur pays de destination en comparant leurs politiques migratoires. Est-ce le cas ?
Les politiques migratoires ne sont qu’un facteur d’explication parmi d’autres : il faut aussi prendre en compte le contexte économique du pays et les caractéristiques...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-12"> ¤ Alors que Donald Trump pourrait décider de nouvelles sanctions, la « troïka » juge que le texte de 2015 garantit « la préservation de la paix »
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A Bruxelles, les Européens répètent leur soutien à l’accord nucléaire avec l’Iran

Alors que Donald Trump pourrait décider de nouvelles sanctions, la « troïka » juge que le texte de 2015 garantit « la préservation de la paix »



Le Monde
 |    11.01.2018 à 15h22
 • Mis à jour le
11.01.2018 à 15h31
    |

            Jean-Pierre Stroobants (Bruxelles, bureau européen)








                        



   


A la veille d’une possible décision de Donald Trump sur le rétablissement de sanctions économiques contre l’Iran, les responsables européens ont voulu redire, jeudi 11 janvier, leur soutien très ferme à l’accord sur le nucléaire conclu en 2015 avec Téhéran, sous l’égide des Etats-Unis, de la France, de la Grande-Bretagne, de l’Allemagne, de la Chine et de la Russie.

        Lire notre éditorial :
         

          Divisions transatlantiques sur l’Iran



A l’issue d’une réunion convoquée à la hâte avec les ministres français, britannique et allemand des affaires étrangères, la haute représentante Federica Mogherini a déclaré que l’accord avec Téhéran « marche ». « Il rend le monde plus sûr et empêche une course à l’armement nucléaire potentielle dans la région, a-t-elle indiqué après une rencontre de la « troïka » européenne avec le chef de la diplomatie iranienne, Mohammad Javad Zarif. Nous attendons de toutes les parties qu’elles continuent de pleinement mettre en œuvre cet accord. »
« Ce texte est essentiel et il n’a pas d’alternative », soulignait quant à lui le ministre français des affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, estimant qu’il n’existait pas, pour les Etats-Unis non plus, de « raison particulière » de le remettre en question. D’autant plus, enchaînait son homologue allemand Sigmar Gabriel, que la Corée du Nord tente d’acquérir un armement nucléaire et que la remise en question de l’accord avec l’Iran serait « un très mauvais signal » à envoyer au monde dans ce contexte.

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D’autres questions, dont celle de la répression des manifestations qui ont touché le pays fin décembre-début janvier, ont-elles été abordées ? Le sujet des droits humains aurait bien été évoqué mais « isolé » du reste de la discussion, selon une source diplomatique. Les journalistes n’ont pu poser aucune question, ni sur ce sujet ni sur d’autres.
« Une forme de préservation de la paix »
Selon M. Le Drian, la réunion avec M. Zarif ne visait cependant pas à « cacher les désaccords » avec Téhéran sur son rôle dans la région ou son programme d’armement balistique. Quant au respect des droits et des libertés, le ministre a redit la « vigilance » de la France. Ces points doivent toutefois être découplés de la question nucléaire et d’un accord qui est « une forme de préservation de la paix », estime-t-il. Pour le ministre britannique Boris Johnson, c’est bien « en parallèle » qu’il convient d’aborder avec le pouvoir iranien le débat sur son rôle en Syrie, au Yémen, ou au Liban.
Les Européens, cornaqués par Mme Mogherini qui entend sauver un « deal » auquel elle a personnellement contribué, voulaient surtout afficher leur unité alors que Donald Trump pourrait mettre à mal dix ans de négociations ardues qui ont également impliqué la Russie et la Chine. Et ils entendaient convaincre, en outre, que la population iranienne bénéficiera, à terme, d’une amélioration de ses conditions de vie grâce à l’accord.

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Le président américain doit indiquer prochainement – vendredi 12 janvier en principe – s’il renoue avec la politique de sanctions suspendue après le démantèlement d’installations d’enrichissement d’uranium notamment. Téhéran, soutenu aussi par Moscou, a promis des représailles.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-13"> ¤ Face à leur refus de donner leurs empreintes en Italie, 38 migrants ont été « maltraités, battus, victimes de chantage » et même « torturés », assurent leurs avocats.
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Pau : des migrants portent plainte pour tortures et mauvais traitements subis en Italie

Face à leur refus de donner leurs empreintes en Italie, 38 migrants ont été « maltraités, battus, victimes de chantage » et même « torturés », assurent leurs avocats.



Le Monde
 |    11.01.2018 à 13h53
   





                        


Trente-huit migrants, essentiellement soudanais, ont déposé plainte jeudi 11 janvier auprès du procureur de Pau, pour « actes de torture et traitements humains dégradants », qu’ils auraient subis à leur arrivée en Italie, a-t-on appris auprès de l’une de leurs avocats, Isabelle Casau.
Ces 37 Soudanais et un Erythréen sont presque tous arrivés par la mer via la Libye, accostant sur l’île de Lampedusa ou directement en Sicile, où ils ont d’abord refusé de donner leurs empreintes, comme le règlement communautaire dit « Dublin » le prévoit, de manière à ce que le pays d’arrivée d’un migrant dans l’Union européenne (UE) soit aussi celui qui gère sa demande d’asile. Face à ce refus, ces 38 migrants « ont été maltraités, d’autres battus, très souvent emprisonnés arbitrairement, victimes de chantage, privés d’eau et de nourriture », assure Me Casau, selon qui deux d’entre eux relatent des faits de torture, « l’un ayant eu un bras cassé et l’autre les testicules broyés ».
La préfecture prépare leur retour en Italie
Transférés dans des camps une fois leurs empreintes finalement prises, ces migrants, tous considérés comme majeurs, se sont enfuis et, durant la mi-2017, ont gagné la France via Vintimille, voulant aujourd’hui rester dans le pays, explique l’avocate. Or la préfecture prépare aujourd’hui leur retour en Italie, pays d’arrivée. Ils sont hébergés dans un centre de la commune de Gelos (Pyrénées-Atlantique) et dans un ancien hôtel Formule 1 de Pau, dans le cadre du Prahda (programme d’accueil et d’hébergement des demandeurs d’asile).
Chaque plainte vise « les personnes physiques qui ont commis ces tortures, traitements cruels, inhumains ou dégradants, ainsi que leurs responsables administratifs et politiques italiens », selon l’un de ces documents qu’a pu consulter l’Agence France-Presse. Le tribunal de Pau est-il compétent ? « Les atteintes sont tellement graves qu’il y a compétence universelle de toutes les juridictions », assure Me Casau, qui argue que la justice peut « au moins entendre » les migrants. Les plaintes s’appuient notamment sur le code pénal français, la Convention européenne des droits de l’homme et la Convention contre la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants, adoptée dans le cadre des Nations unies.

Le règlement Dublin
Le règlement européen Dublin III du 26 juin 2013 établit que, sauf critères familiaux, le pays responsable de la demande d’asile d’un migrant est le premier pays qui l’a contrôlé. Ses empreintes sont enregistrées dans le fichier Eurodac.
La procédure. Un migrant qui veut faire une demande d’asile en France doit d’abord s’enregistrer à la préfecture, qui consulte Eurodac pour déterminer si un autre pays est responsable. Si c’est le cas, le migrant est placé en « procédure Dublin », le temps de demander à l’État responsable de le reprendre. Durant cette période, il dispose de certains droits (dont l’allocation pour demandeur d’asile) mais peut être assigné à résidence ou placé en rétention. S’il ne se rend pas à plusieurs convocations, il est déclaré « en fuite » et perd ses droits.
Le transfert peut être décidé si l’État responsable donne son accord. Si cette expulsion n’est pas réalisée dans les six mois après la réponse (dix-huit mois en cas de fuite), le migrant peut faire sa demande d’asile en France.





                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-14"> ¤ Malgré une croissance solide, l’économie du pays, qui a pris la présidence tournante de l’Union européenne le 1er janvier, reste minée par de nombreux problèmes structurels.
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La Bulgarie peine à rattraper les standards européens

Malgré une croissance solide, l’économie du pays, qui a pris la présidence tournante de l’Union européenne le 1er janvier, reste minée par de nombreux problèmes structurels.



Le Monde
 |    11.01.2018 à 12h27
    |

            Marie Charrel








                        



                                


                            

Le 1er janvier, la Bulgarie a pris la présidence de l’Union européenne (UE) pour six mois. Après la cérémonie d’inauguration, qui devait se tenir les 11 et 12 janvier, la capitale Sofia accueillera les nombreuses délégations de commissaires européens, ministres et observateurs – plus de 20 000 personnes au total.
Elle devra piloter des dossiers aussi brûlants que l’accueil des migrants et la nouvelle phase des négociations sur le Brexit avec le Royaume-Uni. Un défi pour ce petit pays de 7,1 millions d’habitants, le plus pauvre des 28 Etats membres. « Et dont l’économie est, à bien des égards, très éloignée des standards européens », souligne Ruslan Stefanov, du Centre pour l’étude de la démocratie, un institut d’études de Sofia.

Située le long de la péninsule balkanique, à la frontière extérieure de l’UE, la Bulgarie profite d’une conjoncture plutôt bonne depuis quelques mois. En 2017, elle devrait enregistrer une croissance de 3,9 %, au plus haut depuis dix ans, selon les prévisions de la Commission européenne.
« Notre pays bénéficie de la bonne santé économique retrouvée de ses partenaires européens, qui captent les deux tiers de nos exportations », résume Desislava Nikolova, économiste en chef à l’IME, un think tank de Sofia. Le pays exporte notamment des matières premières des biens d’équipement et des pièces automobiles. « Ces dix dernières années, l’industrie locale s’est en partie intégrée aux chaînes de production européennes », ajoute Mme Nikolova.
Le pays, qui a rejoint l’UE en 2007, attire de plus en plus de services informatiques, séduits par les bas salaires et le faible taux d’imposition sur les sociétés (10 %). Hewlett Packard et KPMG ont ouvert des centres de services près de Sofia. Uber y a implanté son centre de développement.
« Les efforts se sont relâchés »
La croissance est aussi portée par le dynamisme de la consommation. A 6,4 %, le taux de chômage...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-15"> ¤ Editorial. L’IG Metall, le plus grand syndicat allemand, a lancé un mouvement social pour obtenir la semaine de 28 heures et une hausse des salaires de 6%.
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En Allemagne, travailler moins pour vivre mieux

Editorial. L’IG Metall, le plus grand syndicat allemand, a lancé un mouvement social pour obtenir la semaine de 28 heures et une hausse des salaires de 6%.



Le Monde
 |    11.01.2018 à 11h42
   





                        


Editorial du « Monde ». « Gagner plus pour ne rien faire. » Rainer Dulger, le président de la fédération patronale de l’industrie allemande, n’hésite pas à ironiser sur les revendications de l’IG Metall. Le plus grand syndicat allemand vient en effet de se lancer dans une épreuve de force en réclamant la semaine de 28 heures, contre 35 actuellement. Une demande extravagante, répond le patronat, déclenchant ainsi un conflit social qui s’annonce long. Du jamais-vu depuis la réforme du marché du travail lancée en 2003 par Gerhard Schröder.
Les 3,9 millions de salariés de la métallurgie veulent toucher les fruits des efforts consentis depuis quinze ans. Mais, contrairement à 2003, ce ne sont plus les patrons qui demandent davantage de flexibilité, mais les salariés qui souhaitent que l’entreprise s’adapte à leur vie personnelle. Il s’agit de proposer à ceux qui le désirent de réduire leur temps de travail sur une période de deux ans pour s’occuper d’un enfant ou d’un parent âgé, le tout assorti d’une prime compensatrice de 200 euros. Parallèlement, le syndicat revendique une hausse de salaire de 6 % pour tous.
Les employeurs s’inquiètent surtout des conséquences d’une nouvelle réduction du temps de travail (RTT), alors que la pénurie de main-d’œuvre qualifiée se fait cruellement sentir sous le double effet du vieillissement de la population et d’une économie au bord de la surchauffe. L’économie a progressé de 2,2 % en 2017 et pourrait même accélérer en 2018, à 2,5 %. Les entreprises ont de plus en plus de mal à honorer des carnets de commandes qui ne désemplissent pas.
Un problème de riches
La marge de manœuvre du patronat est donc étroite. Son principal argument consiste à souligner qu’il serait discriminatoire d’accorder une compensation financière aux candidats aux 28 heures, pendant que ceux qui ont déjà des horaires aménagés ne toucheraient rien.
A l’heure où les patrons français cherchent à regagner la flexibilité perdue lors du passage aux 35 heures, le cas allemand a de quoi faire réfléchir. Les contempteurs de la RTT n’ont-ils pas martelé que la France faisait fausse route en voulant partager le travail pour créer de l’emploi ? Mais, qu’on ne s’y trompe pas : la métallurgie allemande fait face à un problème de riches, difficilement transposable à la France.
D’abord, la mesure concerne un secteur industriel qui est au plein-emploi. Même si, à côté des salariés défendus par l’IG Metall, 50 % des entreprises allemandes restent sans convention collective, tandis que, dans les services, la précarité est souvent la règle. L’économie allemande est à deux vitesses. Avec le risque qu’une victoire de l’IG Metall accentue plus encore les inégalités.

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Ensuite, si le syndicat réclame les 28 heures, c’est avant tout pour attirer à lui de nouveaux adhérents en rajeunissant et en féminisant sa base, pas pour faire baisser le chômage, comme c’était l’idée en France.
Le principal intérêt du rapport de force qui se joue en Allemagne est qu’il ne porte pas sur des revendications purement économiques, mais sur des aspirations sociétales. Celles-ci ont été formalisées par le syndicat à la suite d’enquêtes à grande échelle. Tout le contraire de la loi française, qui avait imposé d’en haut une réduction généralisée de la RTT. L’IG Metall a compris que le bien-être social doit être précédé par la prospérité économique. La France n’a pas procédé dans cet ordre. Pas étonnant que, de ce côté du Rhin, on discute encore de la suppression des 35 heures, tandis que, de l’autre, on cherche à passer aux 28 heures.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-16"> ¤ A peine entré en application, le texte suscite les critiques de plusieurs partis politiques, de l’AfD aux Verts, au nom de la liberté d’expression.
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Polémique en Allemagne sur une loi contrôlant les réseaux sociaux

A peine entré en application, le texte suscite les critiques de plusieurs partis politiques, de l’AfD aux Verts, au nom de la liberté d’expression.



Le Monde
 |    11.01.2018 à 11h15
    |

            Thomas Wieder (Berlin, correspondant)








                        



                                


                            

L’une des premières tâches du prochain gouvernement allemand sera peut-être de remettre sur le métier la dernière loi adoptée par le gouvernement sortant. Depuis qu’elle est entrée en vigueur, le 1er janvier, la loi sur le contrôle des réseaux sociaux (« NetzDG ») suscite en effet une telle opposition que Steffen Seibert, le porte-parole de la chancellerie, a déjà annoncé qu’une « évaluation très précise » de son application serait faite rapidement, et que « des conséquences seront tirées ». « La liberté d’opinion est ancrée dans la Constitution allemande et constitue un bien extrêmement précieux aux yeux du gouvernement », a-t-il déclaré, lundi 8 janvier, lors d’un point presse.
Promu par le ministre social-démocrate de la justice, Heiko Maas, ce texte impose aux plates-formes d’échange sur Internet – comme Twitter, Facebook, YouTube ou Instagram – de supprimer les messages dont le contenu est « manifestement illégal ». Si elles ne le font pas dans les vingt-quatre heures qui suivent leur signalement par des utilisateurs, elles s’exposent à des amendes pouvant atteindre 50 millions d’euros.
Rare unanimité
Les premiers cas pratiques n’ont pas tardé. Dès le 1er janvier, Twitter a ainsi effacé un message de la députée Beatrix von Storch, membre du parti d’extrême droite Alternative pour l’Allemagne (AfD), dans lequel elle s’indignait d’un Tweet posté, la veille, par la police de Cologne dans plusieurs langues dont l’arabe. « [La police] s’adresse-t-elle aux hordes d’hommes barbares, musulmans et violeurs pour tenter de les amadouer ? », demandait l’élue, dont le compte a été bloqué pendant une douzaine d’heures. Depuis, l’AfD ne cesse de fustiger une loi qui, selon son coprésident, Alexander Gauland, rappelle les « méthodes de la Stasi », la police politique de l’ex-Allemagne de l’Est.
Si le parti d’extrême droite avait été la seule « victime » de cette...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-17"> ¤ Avant d’être cuisinés, les homards transalpins devront désormais être assommés.
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La Suisse interdit la plongée dans l’eau bouillante des homards vivants

Avant d’être cuisinés, les homards transalpins devront désormais être assommés.



Le Monde
 |    11.01.2018 à 09h54
 • Mis à jour le
12.01.2018 à 09h33
   





                        



   


Branle-bas de combat dans les cuisines helvétiques, le gouvernement suisse a interdit, mercredi 10 janvier, la pratique culinaire consistant à plonger les homards vivants dans l’eau bouillante, considérée comme cruelle. Cuisiniers et gastronomes devront désormais étourdir les crustacés au préalable. Les importateurs et les poissonniers devront également améliorer le confort du homard durant son transport et sa détention.
Dans le cadre d’une révision des lois relatives à la protection des animaux, le gouvernement fédéral annonce qu’à compter du 1er mars, « la pratique consistant à plonger les homards vivants dans l’eau bouillante, commune dans les restaurants, ne sera plus autorisée ». Les homards « devront désormais être étourdis avant d’être mis à mort », expose l’ordonnance émise par le gouvernement fédéral. Selon la télévision publique RTS, seuls les chocs électriques ou « la destruction mécanique du cerveau » seront autorisés.
« Même en couvrant la marmite et en s’en détournant, on peut entendre les cognements et claquements du homard contre la paroi. Ou encore les pinces de la créature raclant la marmite. En d’autres termes, le homard se comporte pas mal comme vous et moi si nous étions plongés dans de l’eau bouillante », notait dans les années 2000 l’écrivain et journaliste américain David Foster Wallace alors qu’il assistait au spectacle de milliers de homards cuisinés au Lobster Maine Festival, dans le Maine (Etats-Unis).
Des systèmes nerveux complexes
Les défenseurs des droits des animaux et des scientifiques qui ont travaillé depuis sur la question estiment que les homards et les autres crustacés possèdent des systèmes nerveux complexes et qu’ils ressentent vraisemblablement de la douleur lorsqu’ils sont ébouillantés. Selon l’ordonnance adoptée en Suisse, les crustacés ne pourront également plus être transportés sur de la glace ou de l’eau glacée et devront être maintenus dans leur « environnement naturel ». Cette législation servirait de compromis entre les gastronomes et les défenseurs de la cause animale, selon Le Temps. Ces derniers souhaitant l’arrêt pur et simple de l’importation de homards vivants en Suisse.
Maya Graf, du groupe écologiste suisse et à l’origine d’une motion – rejetée en 2015 – et visant cet objectif, s’était appuyée sur une étude menée par l’Association suisse des vétérinaires cantonaux (ASVC) portant sur la pêche, le transport, la détention et la mise à mort de homards destinés à être consommés. Celle-ci montre que la façon dont sont traités les homards contrevient au droit en vigueur : « D’après les connaissances actuelles, ces crustacés solitaires disposent d’un système nerveux complexe et sont sensibles à la douleur. Ils sont attrapés par milliers, plusieurs mois avant d’être consommés, et sont ensuite stockés provisoirement dans des entrepôts frigorifiques, sans eau ni nourriture. Confinés dans des espaces étroits, ils sont condamnés à souffrir sans pouvoir bouger. Leur vie connaît ensuite une fin atroce dans un bain d’eau bouillante », peut-on lire. Et de conclure : « Ni le goût, ni l’hygiène ne justifient le fait que les homards soient importés vivants. »
Une interdiction pure et simple serait cependant contraire à l’accord vétérinaire bilatéral conclu entre la Suisse et l’Union européenne. Une telle interdiction est également soumise à des exigences strictes posées tant par l’Organisation mondiale du commerce que par de nombreux accords de libre-échange.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-18"> ¤ L’héritier du trône britannique, adversaire de l’architecture moderne, développe sur ses terres du duché de Cornouailles des cités conçues comme des villages d’antan.
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En Angleterre, des villes estampillées « prince Charles »

L’héritier du trône britannique, adversaire de l’architecture moderne, développe sur ses terres du duché de Cornouailles des cités conçues comme des villages d’antan.



Le Monde
 |    10.01.2018 à 14h00
 • Mis à jour le
11.01.2018 à 12h11
    |

            Grégoire Allix (Newquay et Dorchester (Grande-Bretagne), envoyé spécial)








                        



                                


                            

Assis face à un feu de cheminée factice dans leur salon de Newquay, sur la côte de Cornouailles (Grande-Bretagne), Angela et Brian Keer sortent quelques photos tout en servant le thé. Sur les clichés, Brian, en bermuda sur le pas de sa porte, serre la main du prince Charles, abrité sous un grand parapluie. « Il est venu ici en visite en juillet, il pleuvait à verse, raconte le postier retraité. Je l’ai salué, il s’est approché et m’a demandé si le quartier me plaisait, si on était bien installés. »
La question n’était pas de pure politesse : ce quartier tout neuf aux allures de village d’autrefois, où Angela et Brian Keer venaient d’acheter leur petite maison de trois chambres avec jardinet, c’est le prince Charles lui-même qui l’a inspiré, lui qui a programmé sa construction sur ses terres du duché de Cornouailles, lui encore qui en contrôle les moindres détails pour y chasser toute trace visible de modernité.
L’héritier du trône, 24e duc de Cornouailles, n’a jamais manqué une occasion de dire publiquement tout le mal qu’il pensait de l’architecture contemporaine – y compris au plus éminent représentant britannique de la profession, Sir Norman Foster. Prince bâtisseur, Charles s’est donc attelé non pas à ériger des gratte-ciel ou des musées high-tech, mais à recréer de toutes pièces les bonnes vieilles villes d’antan : des rues biscornues à priorité piétonne, des quartiers denses mêlant habitat, commerces et activités, une architecture traditionnelle et à taille humaine, à l’opposé du monstre froid des métropoles modernes.
« Comme un vieux bourg »
Ces quartiers doivent exprimer « une sensation d’intemporalité, une tradition vivante », pour créer un « puissant sentiment d’identité locale et de communauté », revendique le prince Charles dans les maximes qui ponctuent le site Internet de sa fondation. Car pour mettre en œuvre sa « vision », le fils aîné d’Elizabeth II dispose...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-19"> ¤ Des centaines de femmes originaires du Nigeria sont victimes des réseaux de prostitution européens. Trois d’entre elles, qui tentent de sortir de cet enfer grâce un atelier de couture, témoignent.
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Jude, migrante nigériane : « Quand tu te prostitues, ta vie ne tient qu’à un fil »


Par                                            Emile Costard




LE MONDE
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        Le 10.01.2018 à 13h10

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        Mis à jour le 10.01.2018 à 13h42






Durée : 06:44 | 

Originaires de Benin City, une ville située dans l’Etat d’Edo, dans le sud-ouest du Nigeria, Jude, Ellen et Blessing racontent au Monde Afrique l’histoire d’une fausse promesse : celle de l’espoir d’une vie meilleure en Europe. Comme elles, plusieurs centaines de femmes partent chaque année pour se retrouver finalement sur le trottoir en France, en Italie, en Grèce ou en Allemagne, au péril de leur vie. A Paris, l’association Aux captifs, la libération les aident à apprendre le métier de couturière pour sortir des réseaux de traite des êtres humains.


                

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Bruxelles et Varsovie baissent le ton

Lors d’un remaniement, le premier ministre polonais, Mateusz Morawiecki, a écarté des ministres en conflit avec l’UE, avant de rencontrer Jean-Claude Juncker.



Le Monde
 |    10.01.2018 à 11h05
 • Mis à jour le
11.01.2018 à 09h50
    |

                            Intérim (à Varsovie), 
Cécile Ducourtieux (Bruxelles, bureau européen) et 
Jean-Pierre Stroobants (Bruxelles, bureau européen)








                        



                                


                            

Un dîner « amical » qui, mardi 9 janvier, n’aura pas totalement rapproché les points de vue, mais qui était censé calmer le jeu après le coup de semonce tiré le 20 décembre 2017 par la Commission de Bruxelles : c’est ainsi, à en croire les deux parties, qu’il faut interpréter la rencontre entre le premier ministre polonais, Mateusz Morawiecki, et le président du collège européen, Jean-Claude Juncker. Les deux responsables sont censés se revoir avant la fin février.
Une poignée de main et une brève séance de pose pour les caméras : on ne célébrait pas vraiment des retrouvailles mardi soir, mais on insistait sur le fait que Bruxelles et Varsovie « ne sont pas en guerre », comme l’avait dit un peu plus tôt le porte-parole de M. Juncker.
Le 20 décembre 2017, le premier vice-président de la Commission, Frans Timmermans – présent au dîner –, avait annoncé, « le cœur lourd », qu’il demandait au Conseil (les Etats membres) des sanctions contre un pays accusé d’avoir adopté 13 lois litigieuses bafouant l’indépendance de la justice. Si elle va à son terme – c’est peu probable car cela suppose l’unanimité des pays membres que rendra impossible un probable veto hongrois –, la procédure pourrait priver la Pologne de ses droits de vote à Bruxelles.

Profils techniques
Avant sa venue dans la capitale belge, M. Morawiecki, un ancien banquier anglophone et familier des contacts avec l’étranger, a remanié son gouvernement afin de tenter de le rendre plus présentable aux yeux de l’UE et des investisseurs internationaux. L’opération a entraîné le départ de plusieurs ministres dont les déclarations à Bruxelles avaient créé la polémique.
Défenseur inconditionnel des « valeurs polonaises traditionnelles », Witold Waszczykowski est remplacé aux affaires étrangères par l’universitaire Jacek Czaputowicz. A l’environnement, Jan Szyszko avait placé sa politique sous le mot d’ordre biblique « Assujettissez...




                        

                        

