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<filname="SURF-env_sciences-1"> ¤ Cour et agression, chez la souris comme chez la drosophile, utilisent des circuits de neurones en partie communs, expliquent les généticiens Benjamin Prud’homme et Nicolas Gompel.
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Entre séduction et agression, une poignée de neurones

Cour et agression, chez la souris comme chez la drosophile, utilisent des circuits de neurones en partie communs, expliquent les généticiens Benjamin Prud’homme et Nicolas Gompel.



Le Monde
 |    11.01.2018 à 17h00
 • Mis à jour le
11.01.2018 à 18h47
    |

                            Benjamin Prud'homme (Généticien,  Institut de biologie du développement de Marseille-Luminy CNRS) et 
                            Nicolas Gompel (Généticien, LMU de Munich)








                        



                                


                            
Carte blanche. C’est officiel, vu à la télé, la frontière entre séduction et agression est floue pour beaucoup d’hommes. Si la sociologie du phénomène fait les gros ­titres, la neurobiologie de ces deux comportements bien distincts a également beaucoup à dire. Chez les (autres) animaux, ils sont le plus souvent mutuellement exclusifs : les mâles courtisent les femelles par des parades sexuelles élaborées alors qu’ils attaquent et repoussent les mâles rivaux.
Cour et agression sont des modèles privilégiés pour identifier quels neurones produisent des comportements sociaux, innés et stéréotypés. Les neurobiologistes cherchent à comprendre l’organisation de ces neurones en circuits, et de quelle manière ils intègrent diverses informations (sensorielles, physiologiques) et produisent différents états internes (émotions, excitation, motivation) pour aboutir au comportement lui-même.
Les similitudes observées entre la mouche et la souris laissent à penser qu’une même logique neuronale existe dans le cerveau humain
On doit à la génétique moderne, pratiquée notamment chez la mouche drosophile et la souris, des progrès récents et spectaculaires en réponse à ces questions. Alors que les neurobiologistes imaginaient que les comportements de cour et d’agression utilisaient des circuits neuronaux bien distincts, des travaux de plusieurs laboratoires livrent une image différente.
Le neurogénéticien David Anderson, du California Institute of Technology, ­saisit l’essence de ces découvertes dans une perspective publiée fin 2016 dans la revue ­Nature Reviews Neuroscience. Il y explique ­notamment que cour et agression, chez la souris comme chez la drosophile, utilisent des circuits de neurones en partie communs.
Interrupteur commun
Chez les drosophiles, ces comportements se décomposent en actions simples : par exemple un assaut, pattes en avant, sur un mâle ­rival, ou une sérénade, version mouche, chantée à la femelle par des vibrations...




                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-2"> ¤ Une équipe lyonnaise a mis au point un modèle prometteur pour évaluer les probabilités de survenue de phénomènes rares.
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Une nouvelle façon de prédire les événements météo extrêmes

Une équipe lyonnaise a mis au point un modèle prometteur pour évaluer les probabilités de survenue de phénomènes rares.



Le Monde
 |    11.01.2018 à 14h00
    |

            David Larousserie








                        



                                


                            
Les assureurs vont être ­contents. Une méthode mathématique devrait leur permettre d’évaluer les probabilités d’occurrence d’événements météorologiques extrêmes mais, par nature, rares. Et qui coûtent très cher, comme l’ont montré les canicules de l’été 2003 en France ou les passages dévastateurs ­successifs, fin août 2017, des ouragans Harvey et Irma dans l’océan Atlantique.
Pour estimer les risques et calculer les montants des polices d’assurance, il est nécessaire d’avoir de bonnes estimations du pire à venir. Jusque-là, il n’y avait que deux méthodes, chacune avec leur défaut.
On peut utiliser les données du passé pour recenser les fortes ­chaleurs, les tempêtes, les pluies diluviennes… Mais souvent, on ne dispose pas de données précises sur plus d’un siècle, ce qui offre un recul insuffisant pour estimer une probabilité sur des cas extrêmes.

L’autre méthode est de simuler numériquement l’évolution du climat sur plusieurs années dans le futur et de compter combien de fois ces événements extrêmes ont lieu dans ces avenirs numériques. Le défaut est ici que ce genre de calculs est coûteux en temps et qu’il est donc limité pour les périodes dépassant le siècle. Ce qui peut « tromper » les estimations sur les « temps de retour ».
D’où l’intérêt de la méthode présentée dans les PNAS ,le 20 décembre 2017, par Francesco Ragone, ­Jeroen Wouters et Freddy Bouchet de l’ENS Lyon.
Ces chercheurs ont évalué les temps de retour de vagues de chaleur d’au moins 90 jours dépassant les normales saisonnières, en étant cent à mille fois plus ­efficaces que les simulations. Autrement dit en réduisant d’autant les temps de calcul. « Cette amélioration permet d’envisager des études impossibles ­jusqu’à présent », indique Freddy Bouchet, directeur de recherche au CNRS, à l’origine du projet. « C’est un progrès technique avec beaucoup de promesses », estime Pascal Yiou, du CEA, qui espère collaborer avec ses collègues...




                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-3"> ¤ Une équipe de Singapour propose un dispositif ­destiné à l’étude de l’athérosclérose.
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<filname="SURF-env_sciences-4"> ¤ Lorsque nous prenons une décision, notre cerveau est constamment victime d’un genre un peu particulier d’illusions : les biais cognitifs. Depuis trente ans, l’étude de ces biais est devenue une science : l’économie comportementale.
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<article-nb="2018/01/11/19-5">
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<filname="SURF-env_sciences-5"> ¤ Celui qui avait posé le pied sur la Lune en 1972 est mort le 5 janvier, à Houston (Texas), à l’âge de 87 ans
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La mort de l’astronaute John Young

Celui qui avait posé le pied sur la Lune en 1972 est mort le 5 janvier, à Houston (Texas), à l’âge de 87 ans



Le Monde
 |    10.01.2018 à 17h15
    |

            Pierre Barthélémy








                        



                                


                            

Si jamais, à son époque « glorieuse », la conquête spatiale s’est apparentée à une épopée, alors l’astronaute américain John Young, mort le 5 janvier, à Houston (Texas), à l’âge de 87 ans, a été l’un de ses plus grands aventuriers. Un des plus discrets aussi. Il n’a pas eu la carrière politique d’un John Glenn, la dimension iconique d’un Neil Armstrong ou les faveurs médiatiques d’un Buzz Aldrin, mais il partageait avec eux cette fameuse « étoffe des héros » qu’a si bien décrite Tom Wolfe dans son roman du même nom consacré aux pionniers américains de la course à l’espace.
A l’instar de ses célèbres collègues, John Young, né le 24 septembre 1930 à San Francisco (Californie), est passé par la case « guerre » – en Corée – et par celle de pilote d’essai, pour l’US Navy. Tout en gardant son costume militaire, il entre à la NASA en 1962, dans le deuxième groupe d’astronautes que constitue alors l’agence spatiale américaine. Il y restera pendant un marathon temporel de quarante-deux années, le temps d’accumuler un nombre impressionnant de premières et de records.
Trois jours sur la Lune
Cela commence en 1965. Quatre ans auparavant, avec Youri Gagarine, l’URSS a lancé la course spatiale. Outre-Atlantique, c’est l’heure du programme Gemini. Les Etats-Unis veulent maîtriser les techniques de l’espace, ce afin d’envoyer des humains sur la Lune, comme l’a demandé feu le président John Fitzgerald Kennedy. Avec Virgil Grissom, John Young participe à Gemini-3, premier vol habité du programme, au cours duquel les deux hommes font trois fois le tour de la Terre en un peu moins de 5 heures. L’année suivante, John Young repart pour une mission plus longue – trois jours –, Gemini-10.
A Gemini succède Apollo. En mai 1969, l’astronaute est de la mission Apollo-10, répétition générale du vol historique, Apollo-11, qui aura lieu deux mois plus tard. Pendant que ses comparses, Thomas Stafford et Eugene Cernan, prennent place dans l’atterrisseur (qui...




                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-6"> ¤ Le défi que représente pour l’humanité l’effondrement de la biodiversité est à traiter avec le même niveau d’importance que le défi climatique, explique un collectif d’experts dans une tribune au « Monde ».
<filname="PROF-env_sciences-6"> ¤                     
                                                   
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« La lutte contre l’érosion de la biodiversité doit être une priorité internationale »

Le défi que représente pour l’humanité l’effondrement de la biodiversité est à traiter avec le même niveau d’importance que le défi climatique, explique un collectif d’experts dans une tribune au « Monde ».



Le Monde
 |    10.01.2018 à 14h00
 • Mis à jour le
10.01.2018 à 16h05
    |

                            Collectif








                        



                                


                            
Tribune. Les chercheurs et les acteurs qui, comme nous, travaillent sur la biodiversité saluent l’initiative prise par le président de la République de relancer, à travers la réunion One Planet Summit, la dynamique portée par l’accord de Paris. Au moment où il apparaît clairement que l’objectif de la limite des 1,5 °C ne pourra probablement pas être atteint, mobiliser les ­acteurs économiques pour réduire les pressions humaines responsables du changement climatique et contribuer aux processus d’adaptation constituait un impératif. Les engagements pris par les donateurs, les Etats ou des organismes comme la Banque mondiale vont dans un sens positif, et il est important que la France ait joué ici un rôle majeur.
A l’heure où de grands acteurs économiques commencent à se soucier fortement de l’impact de leurs activités sur la biodiversité et alors que le récent appel des 15 000 scientifiques du monde ­entier a rappelé que l’impact croissant des activités humaines compromet notre avenir, on aurait pu souhaiter que ce sommet traite à la fois de la lutte contre le réchauffement climatique et de la lutte contre l’érosion de la biodiversité.
« La dégradation des écosystèmes est notamment à l’origine de la diffusion de certaines maladies à l’homme »
A l’image d’une étude qui montre que plus de 75 % de la biomasse des insectes volants a disparu au sein d’espaces pourtant protégés en Allemagne, en vingt-sept ans, les travaux scientifiques récents soulignent tous la gravité des ­atteintes à la biodiversité. Ils montrent également qu’avec une population ­humaine en croissance la situation va empirer fortement sous les effets ­cumulés du changement d’usage des terres – au bénéfice notamment de la production agricole –, de la surexploi­tation des sols, des eaux douces et des ­poissons marins, du braconnage ­de certaines espèces remarquables, de ­l’accroissement des pollutions tant ­chimiques que physiques (plastiques et microplastiques notamment),...




                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-7"> ¤ Deux militants associatifs contre le sida analysent le caractère utopique ou non de la fin de l’un des plus grands fléaux infectieux que l’humanité ait connus
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En finira-t-on avec le sida ?

Deux militants associatifs contre le sida analysent le caractère utopique ou non de la fin de l’un des plus grands fléaux infectieux que l’humanité ait connus



Le Monde
 |    10.01.2018 à 09h00
 • Mis à jour le
11.01.2018 à 15h28
    |

            Paul Benkimoun








                        



                                


                            
Le livre. Après 35 millions de morts depuis le début de l’épidémie et 36,7 millions de personnes vivant avec le virus de l’immunodéficience humaine (VIH) dans le monde, l’épidémie de VIH/sida est toujours bien présente. Tardive, la réponse internationale a fini par produire des effets spectaculaires, mais l’épidémie est encore loin de toucher à sa fin. Peut-on espérer en finir un jour avec l’un des plus grands fléaux infectieux que l’humanité ait connus ?
François Berdougo, militant associatif ­contre le sida depuis de longues années, et ­Gabriel Girard, sociologue, discutent du caractère utopique ou non de cette perspective. Ils montrent que les outils nécessaires existent et que tout dépend de la volonté politique et de la mise en œuvre de stratégies efficaces.
L’Onusida a fixé l’objectif de mettre fin à l’épidémie de VIH/sida en 2030, ce qui ne ­signifie pas pour autant qu’à cette échéance le VIH aura disparu, puisque des dizaines de millions de personnes en seront porteuses. L’institution internationale entend par là ­tarir les nouvelles infections, traiter les personnes atteintes et protéger les droits ­humains pour faire cesser la discrimination. Pour reprendre la formule des auteurs, il s’agirait de « mettre le virus “sous cloche”, à l’échelle planétaire, et de bloquer ainsi sa circulation dans les populations. » Dépister et traiter, ­nouveau paradigme de la lutte ­contre le sida à partir de 2010, est la condition indispensable pour y parvenir, faute de perspective proche de voir arriver un vaccin.
Bouleversements importants
MM. Berdougo et Girard articulent leur analyse autour de trois domaines dans lesquels les militants se sont impliqués : l’espace du soin, la prévention et le mouvement social qui s’est créé à travers la lutte contre le sida.
Le soin, que les auteurs appellent « l’espace originel de la lutte contre le sida », est sans doute le champ qui a connu les bouleversements les plus importants,...




                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-8"> ¤ Cette spécialiste des tumeurs du sein, les cancers les plus meurtriers chez les Françaises, s’investit à fond dans une médecine « 4P » : préventive, prédictive, personnalisée et participative.
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Suzette Delaloge, cancérologue de combat au côté des femmes

Cette spécialiste des tumeurs du sein, les cancers les plus meurtriers chez les Françaises, s’investit à fond dans une médecine « 4P » : préventive, prédictive, personnalisée et participative.



Le Monde
 |    09.01.2018 à 14h00
 • Mis à jour le
10.01.2018 à 06h37
    |

            Sandrine Cabut








                        



                                


                            

Ce jeudi matin, Suzette Delaloge est dans les starting-blocks pour une longue journée de consultation. La cancérologue, chef du service de pathologie mammaire de l’Institut Gustave-Roussy (IGR), à Villejuif (Val-de-Marne), préfère prévenir : aujourd’hui, il y aura beaucoup de patientes qui ne vont pas trop bien. En attendant la première, elle se plonge dans des « demandes d’avis » sur des dossiers de femmes suivies ailleurs. Dicte ses réponses à l’ordinateur par un système de ­reconnaissance vocale. Il lui faut profiter de la moindre occasion pour traiter le flot ininterrompu de requêtes, au moins 4 ou 5 par jour, venant de ­ partout : médecins étrangers passés dans le service et repartis dans leur pays, ­confrères, et bien souvent patientes elles-mêmes.
Les consultations s’enchaînent. Des femmes de tous âges et de tous milieux. Il y a des moments délicats, comme avec cette dame à qui la cancérologue doit annoncer qu’elle rechute, cette autre qu’elle doit convaincre d’aller dans un centre de soins palliatifs. Quelles sont mes chances de m’en sortir ? Combien de temps me reste-t-il à vivre ? Elle répond franchement à toutes les questions, même les plus difficiles. Avec les données de la science, toujours, mais aussi empathie, proximité, humour.
Après vingt-sept ans de cancérologie, dont dix-huit à l’IGR, il lui arrive encore de pleurer. Avec une malade, voire parfois à sa place. « La relation médecin-patient a beaucoup évolué, mais la neutralité, c’est un leurre. Les gens ont ­besoin d’un médecin qui les aide et les aime », dit-elle, comme une évidence. « Suzette traite chaque patiente comme si c’était sa sœur ou sa mère, confirme Céline Lis-Raoux, cofondatrice de Rose, “le magazine du cancer au féminin”, créé en 2011. Elle privilégie toujours leur intérêt, sans craindre de sortir de sa zone de confort. » Ce fut le cas en 2016 avec le docétaxel, cite ainsi ­Céline Lis-Raoux. « Face aux doutes sur...




                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-9"> ¤ Développer une pédagogie fondée sur des preuves : telle est l’ambition du nouveau Conseil scientifique de l’éducation nationale, présidé par le neuroscientifique Stanislas Dehaene, et qui se réunit pour la première fois mercredi 10 janvier.
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Article sélectionné dans La Matinale du 09/01/2018
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Un Conseil scientifique pluridisciplinaire pour l’école

Développer une pédagogie fondée sur des preuves : telle est l’ambition du nouveau Conseil scientifique de l’éducation nationale, présidé par le neuroscientifique Stanislas Dehaene, et qui se réunit pour la première fois mercredi 10 janvier.



Le Monde
 |    09.01.2018 à 11h16
 • Mis à jour le
10.01.2018 à 16h10
    |

                            Florence Rosier








                        


Peut-on apprendre aux enfants à apprendre ? Quelle grille d’évaluation des manuels scolaires proposer ? Quelles seraient les meilleures pédagogies à enseigner aux enseignants ? Comment mieux accueillir à l’école les élèves en situation de handicap ? Et sur quelles ressources de l’intelligence artificielle s’appuyer pour renforcer les apprentissages ? Voilà quelques-unes des questions dont pourrait se saisir le conseil scientifique de l’éducation nationale, qui se réunira pour la première fois le 10 janvier. Cette instance consultative a été mise en place par Jean-Michel Blanquer en novembre. Pour la présider, le ministre de l’éducation nationale a choisi Stanislas Dehaene, professeur de psychologie cognitive expérimentale au Collège de France.

        Lire aussi :
         

                Stanislas Dehaene, des neurosciences aux sciences de l’éducation



« Nous allons tenter de dégager des facteurs qui ont prouvé leur effet bénéfique sur l’apprentissage des enfants, explique ce spécialiste des neurosciences. Ensuite, ce sera aux enseignants de s’en emparer pour les transformer en pédagogies effectives. » Le ministre a déjà saisi ce conseil sur un point : comment aider les professeurs des écoles à évaluer par des tests éprouvés, tout au long du CP, le niveau de chaque élève ? « Notre propos n’est évidemment pas d’évaluer les enseignants, mais de leur donner une idée précise des progrès de chaque enfant, afin de les aider à ajuster leur pédagogie, précise Stanislas Dehaene. Toutes nos actions seront centrées sur l’enfant. »
Des craintes sur la nomination d’un scientifique
La nomination d’un neuroscientifique à la tête de ce conseil avait suscité une crainte : les neurosciences n’allaient-elles pas exercer une forme d’emprise sur les politiques éducatives ? Le principal syndicat du primaire, le Snuipp-FSU, rejoint par une cinquantaine de chercheurs – parmi lesquels le neuropsychiatre Boris Cyrulnik, l’historien de l’éducation Claude Lelièvre, le géographe et ancien président du Conseil supérieur des programmes Michel Lussault, ou encore le professeur en sciences de l’éducation Philippe Meirieu – avait signé un appel en ce sens. L’annonce de la composition de cette instance devrait rassurer ceux qui craignaient que les neurosciences deviennent l’unique boussole du gouvernement en matière scolaire.
Sur les vingt et un membres, on compte certes six chercheurs en sciences cognitives, mais aussi trois philosophes, une linguiste, des économistes, des sociologues ou encore des spécialistes en sciences de l’éducation… « Cette pluralité disciplinaire est bon signe, se réjouit Roland Goigoux, professeur en sciences de l’éducation à l’université Clermont-Auvergne. Fonder l’éducation sur un éclairage rationnel me semble légitime. » Mais peut-on transposer au contexte français des résultats obtenus en Australie, au Royaume-Uni, aux Etats-Unis ? « Cela demande énormément de prudence, dit-il. Mon vœu serait que ce conseil joue un rôle moteur pour initier une politique structurée de recherche en éducation. » Sur ce point, Stanislas Dehaene le rejoint :
« J’aimerais que l’éducation nationale développe des compétences de recherche en pédagogie. Et que ce conseil puisse recommander le lancement d’expérimentations. »

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                Recherche en éducation : M. Blanquer joue la carte des neurosciences



Peu formés aux sciences cognitives
Quel est, par exemple, l’intérêt de certains outils d’aide aux mathématiques ? Certains objets, comme des puzzles en forme de cubes, peuvent aider les enfants à acquérir des notions de maths, par exemple. « Cette dimension concrète des sciences dures est une des faiblesses du système éducatif français, que pointent les comparaisons internationales. » Des pédagogies alternatives comme la méthode Montessori, à laquelle Jean-Michel Blanquer s’est dit favorable, utilisent déjà ce type d’outils, combinés à des modes d’organisation de la classe qui développent l’autonomie des enfants. « Une étude publiée dans Science en 2006 a montré les bénéfices de cette pédagogie sur la lecture, le langage, les fonctions exécutives et la compréhension des autres », indique Stanislas Dehaene.
« Nous avons besoin de jeunes formés à des raisonnements complexes, capables d’apprendre par eux-mêmes dans un monde changeant » Laelia Benoit, psychiatre
Il pointe une autre faiblesse du système éducatif français : beaucoup d’enseignants n’ont jamais reçu de formation en sciences cognitives. L’enjeu est pourtant de comprendre ce qui pose parfois des difficultés à l’enfant, lors d’un apprentissage, pour y parer au mieux. « Des erreurs sont à éviter, des progressions à respecter », résume Dehaene.
Par ailleurs, le marché du travail est de plus en plus instable, complexe et technologique. « Nous devons donner à nos élèves des outils pour bien vivre dans ce monde », déclare Jean-Michel Blanquer, le ministre de l’éducation nationale. Dehaene insiste sur cet enjeu crucial : « apprendre à apprendre » aux élèves, pour qu’ils développent leur autonomie et leur confiance en eux. « Qu’est-ce qu’un enfant devrait savoir sur sa manière d’apprendre ? Cette “méta-cognition” est un domaine extrêmement intéressant. » « Nous avons besoin de jeunes formés à des raisonnements complexes, capables d’apprendre par eux-mêmes dans un monde changeant », renchérit Laelia Benoit, psychiatre pour adolescents à la Maison de Solenn (hôpital Cochin, Paris). 
Une portée limitée
Comment mieux apprendre ? Quelques pistes se dessinent. Par exemple, une série d’études a comparé la réussite à des tests de mémoire de deux groupes d’enfants ou d’adultes. Le premier passait tout son temps à étudier. Durant ce même temps, le second groupe alternait des périodes d’étude et des périodes de test des connaissances acquises. Résultats : ce groupe mémorisait bien mieux. « Les tests jouent un rôle actif dans l’apprentissage. Ce type de résultats pourrait mener à des recommandations explicites sur la manière de conduire un cours, estime le neuroscientifique, même si certains enseignants en ont déjà l’intuition. » Laelia Benoit pointe néanmoins les limites potentielles à la portée du travail de ce conseil. 

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« Quels seront, à terme, les moyens donnés aux enseignants pour qu’ils disposent des outils pédagogiques qui auront été validés ? Et les résultats des études de neurosciences expérimentales seront-ils transposables à la réalité du terrain ? » Ces études, en effet, sont toujours réalisées dans des conditions idéales : l’enfant n’est jamais distrait par un environnement bruyant, par exemple. Mais qu’en sera-t-il dans des classes de grands effectifs ou dans des contextes de climat scolaire tendus ?
« Ces études vont dans le bon sens. Mais dans la vie réelle, leur application devra s’efforcer de réduire les inégalités sociales à l’école. Ce sera plus compliqué. »

Composition du Conseil scientifique de l’éducation nationale
Mercredi 10 janvier, Jean-Michel Blanquer, le ministre de l’éducation nationale, installe une nouvelle instance baptisée Conseil scientifique de l’éducation.
A sa tête, Stanislas Dehaene, spécialiste du cerveau et des sciences cognitives. Sur les 21 membres, on compte six chercheurs en sciences cognitives, trois philosophes, une linguiste, trois spécialistes du développement de l’enfant, deux économistes, deux sociologues, deux spécialistes des sciences de l’éducation, un mathématicien et un informaticien.
BERRY Gérard, Professeur au Collège de France, Chaire Informatique et Sciences numériques BIANCO Maryse, Laboratoire des Sciences de l’Education, Université de Grenoble BRESSOUX Pascal, Laboratoire des Sciences de l’Education, Université de Grenoble DEHAENE Stanislas, Professeur au Collège de France, Chaire de Psychologie cognitive expérimentale DEAUVIEAU Jérôme, Professeur en sociologie de l’éducation, ENS Paris DEMEUSE Marc, Psychologue et statisticien, professeur à l’Université de Mons (Belgique) DUFLO Esther, Professeur au MIT - Chaire sur la réduction de la pauvreté et l’économie du développement FAYOL Michel, Professeur de Psychologie cognitive et du Développement, Université de Clermont GHYS Étienne, Mathématicien, CNRS-ENS Lyon GURGAND Marc, Professeur en Politiques publiques et Développement, Ecole d’économie de Paris, ENS Paris HURON Caroline, Psychiatre, chercheuse en sciences cognitives, Inserm KOUIDER Sid, Laboratoire de Sciences Cognitives et Psycholinguistique, CNRS-ENS Paris PASQUINELLI Eléna, Philosophe, spécialiste de Sciences Cognitives appliquées à l’Education, Institut Jean Nicod (ENS, EHESS, CNRS) PROUST Joëlle, Philosophe, CNRS-ENS Paris RAMUS Franck, Laboratoire de Sciences Cognitives et Psycholinguistique, CNRS-ENS Paris SAVIDAN Patrick, Professeur de philosophie morale et politique, Université Paris-Est SEBASTIAN-GALLES Nuria, Professeur de sciences cognitives, Université de Barcelone SPELKE Élizabeth, Professeur de psychologie comportementale, Harvard Universiy SPRENGER-CHAROLLES Liliane, Linguiste et psycholinguiste, CNRS-Université d’Aix-Marseille SUCHAUT Bruno, Professeur en sciences sociales et politiques, Université de Lausanne ZIEGLER Johannes, Directeur du Laboratoire de Psychologie Cognitive, CNRS-Université Aix-Marseille





                            


                        

                        


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Un nanosatellite à l’affût d’une exoplanète

« PicSat » va scruter la luminosité de l’étoile Beta-Pictoris pour alerter les astronomes du passage devant son disque d’une planète qu’ils souhaitent étudier.



Le Monde
 |    09.01.2018 à 09h00
 • Mis à jour le
10.01.2018 à 17h24
    |

                            Vahé Ter Minassian








                        



                                


                            
Elle a de petits moyens mais de grandes ambitions. La mission « PicSat », qui devait être lancée dans les tout prochains jours, à bord d’un lanceur Polar Satellite Launch Vehicle (PSLV) de l’agence spatiale indienne, ISRO. Durant un an, depuis une orbite héliosynchrone qui le fera passer toutes les 90 minutes à 600 km au-dessus de chaque pôle, ce nanosatellite de 3,5 kg construit par le Laboratoire d’études spatiales et d’instrumentation en astrophysique (Lesia) de l’Observatoire de Paris-PSL, du CNRS et des universités Paris-VI et Paris-VII va surveiller Beta-Pictoris, une étoile brillante du ciel austral. Avec un espoir : ­détecter une baisse apparente de sa luminosité causée par le passage devant elle d’une exoplanète, de ses anneaux et de ses satellites !
La mission PicSat fait appel à un satellite modulaire de la famille des « Cubesats ». Ces engins spatiaux lilliputiens constitués de l’assemblage d’une ou de plusieurs unités cubiques de dix centimètres de côté chacune – PicSat en compte trois – ont été imaginés en 1999 outre-Atlantique afin de permettre à des universités d’envoyer, à coûts réduits, des instruments dans l’espace. Légers, d’un format adapté à leur embarquement à bord des lanceurs, ils sont, du fait des risques importants d’échec, le plus souvent employés à des fins pédagogiques et industrielles. « Mais ils commencent à séduire les scientifiques en raison de leur temps de développement court comparé aux dizaines d’années requises par les gros satellites », explique Pierre Drossart, le directeur du Lesia.
Planète en formation
Imaginé en 2014, PicSat a été construit dans un délai record afin d’honorer un rendez-vous avec le système de Beta-Pictoris. Cette étoile brillante, jeune et proche – âgée de 23 millions d’années, elle est située à 63,4 années-lumière de la Terre – intéresse les ­astronomes depuis qu’en 1981, un vaste disque de débris d’astéroïdes, de poussières et de gaz a été repéré autour d’elle. Cette structure, visible...




                        

                        


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Stanislas Dehaene, des neurosciences aux sciences de l’éducation

Nommé à la tête du nouveau Conseil scientifique de l’éducation nationale, ce grand spécialiste des sciences cognitives et professeur au Collège de France a un credo : « enseigner est une science ».



Le Monde
 |    09.01.2018 à 06h41
 • Mis à jour le
09.01.2018 à 07h54
    |

                            Florence  Rosier








                        



                                


                            
Tout de noir vêtu, coiffé d’un feutre sombre, Stanislas Dehaene nous mène à son bureau d’un pas vif. La pièce est exiguë, mais le lieu prestigieux. Ce 2 janvier, nous sommes au Collège de France, où le professeur tient la chaire de « psychologie cognitive expérimentale ». Comment notre cerveau encode-t-il nos capacités de lecture, de syntaxe, de calcul, de raisonnement, de prise de conscience… ? Pour répondre, il pointe ses « télescopes » (des instruments d’imagerie) sur une galaxie miniature, notre encéphale, peuplée de myriades d’étoiles, les cellules nerveuses.
Ce neuroscientifique de 52 ans, expert des bases cérébrales des opérations les plus pointues du cerveau humain, a un credo : « enseigner est une science ». Un principe qui animera aussi le Conseil scientifique de l’éducation nationale, dont Stanislas Dehaene a été nommé président et qui sera présenté mercredi 10 janvier par le ministre de l’éducation nationale Jean-Michel Blanquer.
« Ce qui me motive, c’est l’idée d’agir pour l’éducation des jeunes, indépendamment de toute idéologie, assure-t-il. Beaucoup d’enfants de milieux défavorisés pourraient avoir un avenir brillant, mais ils en sont privés parce qu’ils n’ont pas bénéficié des enseignements adaptés. » « Stanislas Dehaene est dans une quête permanente de l’intérêt général fondé sur la science. Avec ses travaux sur l’origine du langage, il fait l’articulation entre sciences dures et sciences humaines », nous confie à son propos de lui Jean-Michel Blanquer, qui a découvert ses travaux dans les années 2000, en lisant son ouvrage La Bosse des maths (éd. Odile Jacob, 1997).
En 2010-2011, du temps où l’actuel ministre était directeur général de l’enseignement scolaire, il avait invité Stanislas Dehaene à siéger au sein d’un conseil scientifique de l’enseignement scolaire, une ébauche du nouveau Conseil.

En décembre 2013, c’est encore son credo, « Enseigner est une science », qui donne son titre...




                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-12"> ¤ Selon une analyse de 61 études sur 3,9 millions de personnes et plus de 100 000 patients, les infirmières de nuit sont particulièrement touchées, avec davantage de cancers de la peau, du sein et du système gastro-intestinal.
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Le travail de nuit favorise le cancer chez les femmes

Selon une analyse de 61 études sur 3,9 millions de personnes et plus de 100 000 patients, les infirmières de nuit sont particulièrement touchées, avec davantage de cancers de la peau, du sein et du système gastro-intestinal.



Le Monde
 |    09.01.2018 à 00h08
 • Mis à jour le
09.01.2018 à 11h10
   





                        



   


Le travail de nuit est lié à un risque accru de cancers du sein, gastro-intestinal et de la peau chez les femmes, selon l’analyse de plusieurs études publiée lundi 8 décembre dans Cancer Epidemiology, Biomarkers and Prevention, la revue de l’American Association for Cancer Research. Cette étude consiste en une analyse de 61 études couvrant 114 628 cas de cancer et 3,9 millions de participants en Amérique du Nord, en Europe, en Australie et en Asie.
Ces chercheurs, dont le cancérologue Xuelei Ma, de l’Université chinoise Sichuan à Chengdu, ont cherché à déterminer si le fait de travailler de nuit pendant de longues années pouvait accroître le risque de onze types de cancer chez les femmes. Une autre analyse a été effectuée sur les effets du travail de nuit pour six types de cancer parmi des infirmières.
Les conclusions de cette étude montrent une augmentation de 19 % du risque de cancer pour les femmes travaillant de nuit pendant plusieurs années. Ce risque est le plus grand pour le cancer de la peau (41 %), suivi par le cancer du sein (32 %) et le cancer gastro-intestinal (18 %) comparativement aux femmes n’ayant pas effectué de travail de nuit de façon durable.
Niveau d’hormones sexuelles trop élevées
Les chercheurs ont également indiqué que l’accroissement du cancer du sein n’a été constaté que chez les femmes travaillant de nuit en Amérique du Nord et en Europe. Selon eux, cela pourrait indiquer que ces femmes avaient des niveaux d’hormones sexuelles plus élevés, ce qui accroît le risque de cancer mammaire.

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                Les contraceptifs hormonaux augmentent le risque de cancer du sein



Dans le groupe des infirmières, celles qui travaillaient de nuit avaient un risque nettement plus grand de cancer du sein (58 %) ainsi que de cancer gastro-intestinal (35 %) et du poumon (28 %).
De tous les métiers, les infirmières sont le groupe de femmes avec le risque le plus élevé de cancer du sein, en travaillant la nuit pendant plusieurs années. Mais cette fréquence accrue pourrait aussi s’expliquer par les connaissances médicales des infirmières et le fait qu’elles se soumettent plus fréquemment à des examens médicaux, relèvent les auteurs. Une autre explication réside dans les contraintes du travail d’infirmière, qui peut souvent être plus intense la nuit.

        Lire l’entretien :
         

          « Le manque de sommeil nous tue »



Les chercheurs ont déterminé que le travail nocturne augmente le risque de cancer du sein de 3,3 % par tranche de cinq ans dans une équipe de nuit. « Les résultats de cette étude suggèrent la nécessité de programmes de protection de la santé des femmes travaillant de nuit, avec des examens médicaux réguliers », estiment les chercheurs.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-13"> ¤ Une étude franco-danoise confirme chez l’adulte des phénomènes de perturbation endocrinienne de certains antalgiques délivrés sans ordonnance.
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L’ibuprofène perturbe la production de testostérone

Une étude franco-danoise confirme chez l’adulte des phénomènes de perturbation endocrinienne de certains antalgiques délivrés sans ordonnance.



Le Monde
 |    08.01.2018 à 21h00
 • Mis à jour le
09.01.2018 à 00h51
    |

            Paul Benkimoun








                        


Les antalgiques d’utilisation courante à base d’ibuprofène perturbent la production de l’hormone masculine, la testostérone, et pourraient être à l’origine de troubles de la reproduction. Cet effet perturbateur endocrinien a déjà été décrit chez des garçons exposés in utero lors de la prise de ces médicaments pendant la grossesse. Dans une étude publiée lundi 8 janvier dans les comptes rendus de l’Académie des sciences américaine (PNAS), un consortium franco-danois montre que l’ibuprofène altère aussi la physiologie du testicule chez l’adulte lors d’une prise prolongée.
L’hormone mâle, la testostérone, est principalement produite dans le testicule, grâce à sa stimulation par l’hormone lutéinisante (LH) sécrétée par l’hypophyse. Elle est indispensable au bon développement, au bon fonctionnement sexuel et à la santé en général chez le sujet masculin. L’altération de sa production pendant la vie fœtale peut se manifester par la cryptorchidie (non-descente du testicule dans les bourses), par l’hypospadias (position anormale de l’ouverture de l’urètre) et, chez l’adulte, par une baisse de la libido, des problèmes psychiques et musculo-squelettiques et une altération de la fertilité.
Médicaments surconsommés
La publication franco-danoise prolonge des travaux sur les effets des antalgiques à « prescription médicale facultative » : paracétamol, aspirine et ibuprofène, qui sont les médicaments les plus utilisés dans le monde. L’étude a été coordonnée par Bernard Jégou (Inserm, Ecole des hautes études en santé publique et de l’Institut de recherche en santé, environnement et travail, à Rennes) et associe plusieurs équipes danoises, une équipe nantaise (Laboratoire d’étude des résidus et conta­minants dans les aliments) et le CHU de Rennes.
« Avec nos collègues danois, nous avions précédemment montré que, consommés par 70 % des femmes enceintes de l’étude, ces antalgiques multipliaient le risque de cryptorchidie par un facteur allant de 2 pour le paracétamol à près de 5 pour l’ibuprofène, décrit Bernard Jégou. Associés, les antalgiques multipliaient le risque par plus de 16 en raison d’un effet cocktail. »

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                L’aspirine prévient aussi des cancers



Chez l’adulte, l’équipe franco-danoise a combiné trois types d’étude : un essai clinique (volontaires sains répartis au hasard ­entre un groupe prenant de l’ibuprofène et un autre recevant un placebo) ; une culture de fragments de testicules humains ; une culture d’une lignée cellulaire humaine produisant des stéroïdes.
Dans l’essai clinique, incluant trente et un hommes de 18 à 35 ans, quatorze sujets recevaient deux comprimés de 600 mg d’ibuprofène par jour, et les dix-sept autres le placebo. Contrairement à ceux absorbant le placebo, les individus recevant de l’ibuprofène présentaient une forte élévation de la LH et des taux de tes­tostérone normaux. « C’est un tableau connu chez des sujets âgés : l’hypogonadisme compensé, explique Bernard Jégou. Comme le testicule est à la peine pour produire de la testostérone, l’hypophyse pompe pour compenser. »
Action sur le testicule
Cette hypothèse est établie par le fait que l’exposition directe des fragments de testicule en culture à des doses d’ibuprofène équivalentes à celles de l’essai clinique abaisse fortement la production de testostérone tout en affectant d’autres hormones testiculaires. Ces cultures autant que celles de la lignée cellulaire montrent que l’ibuprofène agit comme perturbateur endocrinien en inhibant plusieurs gènes-clés des cellules endocrines du testicule. A ce stade, les chercheurs ne savent pas encore si ces effets peuvent être observés pour des doses plus faibles et ne connaissent pas les conditions de leur réversibilité.
Est-ce à dire qu’il ne faudrait plus prendre d’ibuprofène ou d’antalgiques ? Certainement pas, mais une réflexion s’impose sur les conditions de délivrance et de suivi de ces produits vendus sans ordonnance. Deux populations sont très exposées de façon chronique : les sportifs de haut niveau, notamment les footballeurs et les coureurs de fond, qui souvent surconsomment des analgésiques, et les personnes souffrant de maladies rhumatismales. Les premiers pren­nent des risques inutiles, la perturbation endocrinienne s’ajou­tant à d’autres risques (rénaux, cardio-vasculaires…). Ils auraient intérêt à limiter leur consommation en dose et en durée. Quant aux seconds, qui en ont vraiment besoin, il faut réfléchir à un suivi hormonal approprié et évaluer le rapport bénéfice/risque pour déterminer ce qui leur sera le plus profitable.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-14"> ¤ Cette technique d’inspiration bouddhiste, qui séduit l’Occident, peut-elle se fondre dans les pratiques médicales classiques ?
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Les médecins face aux sirènes de la méditation

Cette technique d’inspiration bouddhiste, qui séduit l’Occident, peut-elle se fondre dans les pratiques médicales classiques ?



Le Monde
 |    08.01.2018 à 17h39
 • Mis à jour le
09.01.2018 à 15h56
    |

                            Catherine Mary








                        



                                


                            
Au début de la séance, il faut rajouter des chaises. On les agence en cercle afin que les participants puissent discuter de leurs expériences. Une bonne vingtaine en tout pour cette séance de thérapie cognitive fondée sur la méditation de pleine conscience, à l’hôpital Sainte-Anne, à Paris.
Cette technique inspirée de la méditation boud­dhiste consiste à porter son attention, sans jugement, sur ses sensations, ses pensées et ses émotions de manière à en devenir pleinement conscient et à se libérer de leur emprise. L’intérêt en psychiatrie ? Il s’agit d’un complément de la psychothérapie que suivent ces patients pour traiter leur dépression, afin de prévenir les ruminations, un symptôme qui précède les rechutes.
« J’ai essayé “Le scanner du corps”, avec la voix de Christophe André. Cela m’a fait du bien », raconte Martin (les prénoms ont été changés), curieux d’explorer de nouvelles méthodes. « Moi, j’aimerais savoir comment lutter contre les insomnies. Je me réveille à 2 heures du matin et je médite. Je me sens parfaitement relâchée, mais je n’arrive toujours pas à me rendormir, et le lendemain ça me gâche la journée », s’inquiète Hélène, le visage labouré par la fatigue.
Certains participants écoutent attentivement, d’autres, distraitement. Martin témoigne encore de l’expérience qu’il vient de faire d’une autre technique, inspirée du yoga : le bourdonnement de l’abeille. Florent Dulong, l’infirmier psychiatrique qui, en 2013, a succédé au psychiatre Christophe André pour l’animation de ces groupes, explique : « C’est un exercice de respiration très utile pour lutter contre la colère et pour se concentrer. »
« La pratique de la méditation nécessite un ego solide. S’il est altéré par un trauma ou par une psychose, alors la méditation est contre-indiquée » Nicholas Van Dam, psychologue
« Cela ne vous empêchera pas forcément de vous mettre en colère, mais cela peut vous aider », poursuit Florent...




                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-15"> ¤ Des études devraient permettre d’évaluer l’impact de la médiation sur l’évolution de la taille des aires cérébrales connues pour régresser au cours du vieillissement, les aptitudes cognitives ou encore la mémoire.
<filname="PROF-env_sciences-15"> ¤                     
                                                   
      

Méditation : quels bénéfices face au vieillissement ?

Des études devraient permettre d’évaluer l’impact de la médiation sur l’évolution de la taille des aires cérébrales connues pour régresser au cours du vieillissement, les aptitudes cognitives ou encore la mémoire.



Le Monde
 |    08.01.2018 à 17h39
 • Mis à jour le
10.01.2018 à 13h16
   





                        


La méditation de pleine conscience intéresse les spécialistes du vieillissement. Le stress, l’anxiété et la dépression sont en ­effet des facteurs favorisant la survenue et l’évolution de la maladie d’Alzheimer et les chercheurs entrevoient dans la méditation une des activités qui pourraient limiter son impact sur la société. Ils cherchent aussi les moyens de favoriser le vieillissement en bonne santé. Le consortium international Silver Santé Study, ­rassemblant des équipes de recherche françaises, britanniques, belges, ­allemandes, suisses et espagnoles, et financé à hauteur de 7 millions d’euros par l’Union européenne, vise ainsi à étudier l’effet de la méditation ou de l’apprentissage d’une langue sur le vieillissement.

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                Les médecins face aux sirènes de la méditation



En février 2018, 150 personnes âgées de plus de 65 ans et en bonne santé auront été recrutées pour une étude menée sous l’égide de l’Inserm au sein de la plate-forme d’imagerie médicale Cyceron à Caen. Elles seront réparties en trois groupes d’individus s’engageant ou non à pratiquer une activité durant dix-huit mois.
Evolution des aires cérébrales
Celles du premier groupe pratiqueront la méditation à partir d’un ­enseignement hebdomadaire renforcé par des exercices journaliers. Celles du deuxième groupe apprendront l’anglais tandis que celles du troisième groupe ne s’engageront dans aucune activité.

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                Méditation : « Il y a un risque d’intrumentalisation »



L’étude prévoit notamment d’évaluer l’évolution de la taille des aires cérébrales connues pour régresser au cours du vieillissement, les aptitudes cognitives et la santé psychologique. Les examens d’imagerie médicale (IRM et PET scan) et biologiques ­seront complétés par un questionnaire sur la qualité du sommeil et l’état cognitif et émotionnel des participants. Une autre étude du projet Silver Santé Study menée dans quatre pays européens consiste à étudier l’effet de la méditation sur 160 personnes se plaignant de troubles de la mémoire, sans cause identifiée.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-16"> ¤ Pour Jon Kabat-Zinn, professeur de médecine émérite à l’université du Massachusetts et fondateur d’une méthode destinée à la ­réduc­tion du stress, « la rapidité avec laquelle la pleine conscience s’implante en Occident fait courir le risque qu’elle perde son sens ».
<filname="PROF-env_sciences-16"> ¤                     
                                                   
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Méditation : « Il y a un risque d’intrumentalisation »

Pour Jon Kabat-Zinn, professeur de médecine émérite à l’université du Massachusetts et fondateur d’une méthode destinée à la ­réduc­tion du stress, « la rapidité avec laquelle la pleine conscience s’implante en Occident fait courir le risque qu’elle perde son sens ».



Le Monde
 |    08.01.2018 à 17h39
 • Mis à jour le
09.01.2018 à 15h57
    |

                            Catherine Mary








                        



                                


                            
Formé initialement au Massachusetts Technological Institute (MIT) en biologie moléculaire, Jon Kabat-Zinn est professeur de médecine émérite à l’université du Massachusetts. Il a créé en 1979 la Mindfulness Based Stress Reduction (MBSR), une méthode de méditation de pleine conscience destinée à la ­réduc­tion du stress. Fondée sur un ­programme de huit séances hebdomadaires de deux heures et ­demie chacune et encadrées par un instructeur, cette méthode a connu un succès rapide. Elle s’inspire à la fois des pratiques boud­dhistes, du yoga et des connaissances de la médecine occidentale.
Quelle est l’origine de votre ­intérêt pour la méditation ?
Je me suis très tôt questionné sur la manière dont l’esprit pouvait être présent à ce qu’il vit, habité. Mon père était un biologiste reconnu de l’Ecole de médecine de l’université de Columbia, à New York. Ma mère, elle, était peintre. Elle n’était pas reconnue comme mon père, mais ses peintures étaient très belles. Tous deux comprenaient mal leurs travaux réciproques et je cherchais un moyen de réconcilier en moi les humanités, l’approche du monde par l’expérience sensible de ma mère et la science de mon père.
Mon intérêt pour la méditation vient de là et, lorsque j’étais au MIT, j’ai eu l’occasion de rencontrer un maître qui enseignait le bouddhisme zen au Rochester Zen Center. Par la suite, j’ai suivi l’enseignement de différents maîtres. La méditation s’appuie sur une connaissance du fonctionnement de l’esprit, des émotions et de la souffrance, et c’est cela qui m’a intéressé.
Comment vous est venue l’idée de la MBSR ?
C’est une intuition que j’ai eue au cours d’un stage de méditation, en retraite en 1979. A l’époque, la médecine peinait à traiter certaines pathologies comme la douleur, et la MBSR a immédiatement apporté des réponses aux patients. L’intention du programme MBSR était de leur fournir les moyens d’explorer leur souffrance et de s’en libérer....




                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-17"> ¤ L’Assurance-maladie vient de lancer une campagne invitant à lutter contre les lombalgies et autres tours de rein en choisissant le mouvement plutôt que l’immobilité.
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Contre le mal de dos, bouger plus, mais pas n’importe comment

L’Assurance-maladie vient de lancer une campagne invitant à lutter contre les lombalgies et autres tours de rein en choisissant le mouvement plutôt que l’immobilité.



Le Monde
 |    08.01.2018 à 15h09
    |

            Pascale Santi








                        



                                


                            
Dix mille pas et plus. Alors que pendant des années, le maître mot pour lutter contre le mal de dos a été de ­rester au lit, surtout pour les lumbagos aigus, désormais, il a changé : il faut bouger. Tel est le message de l’Assurance-maladie, qui a lancé une campagne fin 2017 sur le thème : « Mal de dos : le bon traitement, c’est le mouvement ! »
Lumbago, tour de reins, mal de dos… presque tout le monde (84 %) a eu ou aura une lombalgie au cours de sa vie. Deuxième motif de consultation chez le médecin généraliste, une lombalgie sur cinq entraîne un arrêt de travail. Son coût atteint un milliard d’euros pour l’assurance maladie et les entreprises. Le plus souvent sans gravité, elle n’en a pas moins de lourdes conséquences, notamment sur la qualité de vie, le sommeil, etc. Le risque est que la douleur devienne chronique.
Or, « pour les douleurs chroniques, il est maintenant démontré que l’activité physique a des effets non seulement sur la douleur, mais aussi sur votre sommeil, votre humeur… Il s’agit donc d’un véritable traitement à part entière dont l’efficacité est au moins égale à celle des médicaments », explique le professeur ­Didier Bouhassira dans son livre L’Anti-Douleur, à ­paraître fin janvier (Cherche Midi, 255 p., 19 €).
D’abord pour rompre le cercle vicieux lié à la peur du mouvement (la kinésiophobie), par crainte d’aggraver la douleur. Le repos peut même être plus néfaste qu’utile. En effet, « la réduction d’activité physique, qui entraîne des positions anormales, une faiblesse, voire une fonte musculaire, contribue elle-même à accroître votre douleur », explique ce spécialiste. Cela peut être une baisse de la pratique sportive mais aussi, petit à petit, des activités physiques comme le jardinage, le bricolage, ou faire les courses.
Pratique encadrée
Il est donc fondamental de réintroduire une activité physique, progressivement, même de façon minime. Un constat partagé par...




                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-18"> ¤ Il y a plus de 200 millions d’années, un énorme rocher s’écrasait dans ce coin du Limousin. Pour la première fois, les géologues creusent à l’endroit même de l’impact afin d’étudier ce trésor géologique.
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Astéroïde : l’astroblème de Rochechouart sort de l’ombre

Il y a plus de 200 millions d’années, un énorme rocher s’écrasait dans ce coin du Limousin. Pour la première fois, les géologues creusent à l’endroit même de l’impact afin d’étudier ce trésor géologique.



Le Monde
 |    08.01.2018 à 13h06
 • Mis à jour le
09.01.2018 à 12h08
    |

                            Ludivine Loncle (Rochechouart (Haute-Vienne), envoyée spéciale)








                        



                                


                            

Des millénaires et des millénaires qu’il est enfoui là, à l’abri des ­regards, enraciné dans les profondeurs de Rochechouart (Haute-Vienne). Qu’il garde ses secrets bien au chaud dans cette terre paisible du ­Limousin quand pourtant, ici, tout dans l’air respire le cataclysme venu du fond des âges. Le Camping de la météorite, Météore Moto, l’hôtel La Météorite… La petite commune de Rochechouart, son économie et son tourisme, surtout, savent se rappeler quand il le faut l’incroyable collision cosmique qui s’est produite en ces lieux il y a un peu plus de 200 millions d’années. Non pas une météorite d’ailleurs, mais plutôt un gros astéroïde de 1,5 kilomètre de diamètre qui s’est écrasé ici dans un fracas immense, pulvérisant tout sur son passage et laissant derrière lui un ­gigantesque cratère d’impact d’une vingtaine de kilomètres de diamètre.
A dire vrai, l’unique astroblème de France est un trésor géologique, enseveli comme les mystères de Pompéi dans ce sous-sol situé à la limite de la Haute-Vienne et de la Charente. Mais une campagne de forage exceptionnelle le sort enfin de l’ombre. Une première. Depuis quatre mois, géologues, planétologues, biologistes fouillent en effet les entrailles de Rochechouart, aidés dans leur tâche par un chenillard de 11 tonnes, une ­foreuse géante et sa grosse colonne cylindrique qui creusent la terre à des profondeurs variées.
Une quinzaine de prélèvements s’enfonçant de 1 mètre à 120 mètres, sur huit sites différents de la Réserve naturelle nationale de l’astroblème de Rochechouart-Chassenon. Des carottes en sont extraites : 500 mètres au total de roches à nulles autres pareilles en France. « Ce sont elles que nous allons étudier. Elles vont nous permettre d’approfondir nos connaissances sur ce site et, d’une manière générale, sur les cratères d’impact qui restent encore une science méconnue », explique Philippe Lambert, l’astrogéologue à la tête de cette opération inédite, directeur d’une ­structure...




                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-19"> ¤ Le neuromanagement s’intéresse à la motivation, au bien-être ou encore à l’innovation.
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Les manageurs découvrent les neurosciences

Le neuromanagement s’intéresse à la motivation, au bien-être ou encore à l’innovation.



Le Monde
 |    08.01.2018 à 11h43
    |

                            Gaëlle Picut








                        



                                


                            

Les recherches en neurosciences apportent de nouvelles connaissances sur le fonctionnement cérébral. On a ainsi découvert des concepts tels que la plasticité cérébrale (capacité du cerveau à remodeler ses connexions en fonction de l’environnement et des expériences), les neurones miroirs (qui jouent un rôle dans l’apprentissage par imitation ou dans l’empathie), le cerveau social (les relations aux autres), les biais cognitifs, la force des stéréotypes…
Les neurosciences se sont par ailleurs rapprochées de différents univers : la santé, l’éducation, la psychologie… et le management. Le neuromanagement explore différentes notions relatives au monde du travail : la motivation, l’engagement, la coopération, le bien-être, la prise de décision, l’innovation, etc. Les connaissances issues des neurosciences peuvent-elles aider les dirigeants et manageurs dans leur vie professionnelle et leurs pratiques ?

Pour Pierre-Marie Lledo, directeur de recherche à l’institut Pasteur et au CNRS, on peut devenir un manageur « neuro-amical » – comprendre, capable d’organiser son travail et celui de son équipe pour réduire le stress, d’encourager et de féliciter, de stimuler la créativité et de se préoccuper de l’épanouissement professionnel de ses collaborateurs.
« Cerveau social »
Selon David Destoc, président d’Oasys mobilisation, un cabinet de conseil, il est intéressant d’établir des passerelles entre le management et les neurosciences pour « porter un regard neuf sur des problématiques récurrentes, notamment en termes de gestion d’équipes, de stress et de motivation. Elles offrent des clés d’analyse et d’action intéressantes ».
Depuis deux ans, Oasys s’appuie sur les neurosciences pour ses activités de conseil et de formation. « Nous accompagnons des comités de direction à envisager de nouvelles façons de faire pour être plus agiles et améliorer la prise de décisions. Au départ, lorsqu’on parle de neurosciences, les manageurs...




                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-20"> ¤ Des neuropsychologues américains rapportent le cas d’un homme doté d’hyperthymésie, et qui possède une mémoire phénoménale et un savoir encyclopédique.
<filname="PROF-env_sciences-20"> ¤ 