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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-1"> ¤ Une série de cinq reportages était programmée sur la chaîne. Mais la diffusion s’est arrêtée après le deuxième volet consacré aux finances de la région.
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France 3 Auvergne-Rhône-Alpes déprogramme plusieurs sujets sur le bilan de Laurent Wauquiez à la tête de la région

Une série de cinq reportages était programmée sur la chaîne. Mais la diffusion s’est arrêtée après le deuxième volet consacré aux finances de la région.



Le Monde
 |    11.01.2018 à 18h16
   





                        



   


La direction de France 3 Auvergne-Rhône-Alpes a suspendu la diffusion d’une série de sujets sur le bilan de Laurent Wauquiez, président (Les Républicains) de la région, les jugeant « déséquilibrés ». Cette série en cinq volets était programmée cette semaine dans les journaux de 12 heures et de 19 heures sur les antennes de Lyon, Clermont-Ferrand et Grenoble. Les deux premiers ont été diffusés lundi 8 et mardi 9 janvier, mais la diffusion s’est arrêtée mercredi.
Des membres de la chaîne interrogés par l’AFP assurent qu’une intervention de Laurent Wauquiez est à l’origine de cette décision, ce que dément l’entourage du président de la région et du parti Les Républicains. La direction de France 3, quant à elle, justifie sa décision par le caractère « déséquilibré » des sujets, qui a suscité « beaucoup de réactions ».
C’est la diffusion, mardi, du deuxième volet — consacré aux finances de la région et qui n’a pas été visionné par le rédacteur en chef en titre avant sa diffusion — qui a mis le feu aux poudres.
« On ne s’empêche pas de faire de l’investigation, mais, dans la forme et sur le fond, on essaie d’être équilibré et plutôt mesuré. Et là, ce n’était pas le cas. On n’était pas dans les clous sur le plan du traitement politique et par rapport à notre tonalité de service public », explique André Faucon, directeur régional de la chaîne.
La suspension de la série a lieu alors que Laurent Wauquiez est l’invité de l’émission politique dominicale de la chaîne, enregistrée ce jeudi. Mais il n’y a aucun lien entre sa participation et la décision prise mercredi, assure la direction.
Droit de réponse
La région, elle, dit avoir été contactée par France 3, mercredi, et avoir alors réclamé un droit de réponse sur le sujet de mardi, « unilatéralement à charge », mais n’être « absolument pour rien » dans la décision de suspendre la diffusion.
« On a perdu toute crédibilité, la plupart des journalistes sont outrés », déplore un membre de la chaîne. « Beaucoup de gens nous ont demandé pourquoi la série n’était plus diffusée, il n’y a pas eu un mot d’explication à l’antenne. Depuis deux ans, on est amené à faire des reportages sur les annonces de Laurent Wauquiez et la question de l’équilibre ne s’est jamais posée dans l’autre sens. »
« Cette série était prévue depuis très longtemps ; elle n’a pas été faite en catimini », souligne Myriam Figureau, déléguée du Syndicat national des journalistes (SNJ), qui dénonce « un choix éditorial fait à la demande d’un responsable politique ». « Le sentiment général, c’est l’atterrement », renchérit Daniel Pajonk, délégué du SNJ-CGT.
Le droit de réponse obtenu par Laurent Wauquiez devrait être d’une durée équivalente — trois minutes — et diffusé samedi dans les mêmes conditions que le sujet mis en cause : dans les journaux de 12 heures et de 19 heures. Du jamais-vu, selon les syndicats.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-2"> ¤ L’ancien avocat charentais, membre du Parti socialiste jusqu’en 2006, fut aussi député et président du conseil départemental de Charente-Maritime. Il est décédé le 10 janvier à l’âge de 78 ans.
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Mort de l’ancien ministre de l’intérieur Philippe Marchand

L’ancien avocat charentais, membre du Parti socialiste jusqu’en 2006, fut aussi député et président du conseil départemental de Charente-Maritime. Il est décédé le 10 janvier à l’âge de 78 ans.



Le Monde
 |    11.01.2018 à 14h27
    |

                            Frédéric Zabalza (La Rochelle, correspondant)








                        



   


« J’ai un cancer, mais à part ça tout va bien. » Philippe Marchand, qui est mort le 10 janvier à l’âge de 78 ans, à Saintes (Charente-Maritime) aura gardé jusqu’au bout son sens de l’humour. De même que sa barbe impeccablement taillée, une élégance naturelle et sa fidélité à un territoire, la Haute-Saintonge, où ce grand amateur de pêche et fumeur de pipe aimait taquiner la truite.
C’est là aussi que cet ancien avocat, né le 1er septembre 1939, à Angoulême (Charente), a débuté sa carrière politique, entretenant des rapports parfois tendus avec sa famille, le Parti socialiste, qu’il avait rejoint tardivement, à près de 35 ans. Il avait pris ses distances avec le PS depuis les législatives de 2012, quand il avait soutenu la candidature du dissident Olivier Falorni contre celle de Ségolène Royal. Déjà, en 2006, il s’était mis en congé du parti à la suite des propos de Georges Frêche (1938-2010), ancien maire PS de Montpellier, sur les harkis.
L’homme n’était pas réputé pour ses coups de gueule, sinon pour ses compétences de juriste et sa capacité à arrondir les angles. Ainsi, il présida pendant dix ans la commission nationale des conflits au sein du PS, une lourde tâche. Dominique Bussereau, actuel président (LR) du conseil départemental de la Charente-Maritime, l’avait aussi nommé en 2016 parmi un collège de « sages » chargé d’élaborer la consultation sur un droit de passage à l’entrée de l’île d’Oléron, projet finalement avorté.
Mettre de côté les divergences
Très engagé à gauche, il incarnait ces élus de tout bord du « parti de la Charente-Maritime », qui savaient mettre de côté leurs divergences pour défendre les intérêts de leur territoire. « Mitterrandiste intégral », Philippe Marchand était souvent embarqué par l’ancien chef de l’Etat, un autre Charentais, lors de ses visites surprises en Charente-Maritime auxquelles participaient quelques proches, Robert Badinter, le Rochelais Michel Crépeau ou le Saintais Michel Baron, le temps d’une balade autour de l’île d’Aix ou d’un repas à Soubise.
En juillet 1990, le premier ministre Michel Rocard le nomme ministre délégué aux collectivités locales. En 1991, Mitterrand fait appel à ce serviteur de l’Etat pour prendre la place de Pierre Joxe au ministère de l’intérieur, parti à la défense en pleine guerre du Golfe après le départ de Jean-Pierre Chevènement. Il fut l’un des artisans de la mise en place du plan Vigipirate.
Elu député à quatre reprises, il fut aussi vice-président de l’Assemblée nationale en 1985. Conseiller d’Etat, juge à la Haute Cour de justice, membre de la Commission nationale de l’informatique et des libertés (CNIL), il abandonna progressivement tous ses mandats en 2006. Il sortit de sa retraite pour superviser le scrutin de la primaire socialiste en 2011, avant de retourner s’occuper de ses roses à Angoulins, près de La Rochelle, dans l’ancienne maison du radical Michel Crépeau (1930-1999), un ami proche qu’il avait d’abord côtoyé dans les prétoires, puis suivi au Palais-Bourbon, à Paris.
Emmanuel Macron a salué sur Twitter un « humaniste enraciné dans sa terre de Charente-Maritime, fidèle parmi les fidèles de François Mitterrand, grand serviteur de la République comme élu local, comme parlementaire et comme ministre en des temps difficiles ».
L’actuel ministre de l’intérieur, Gérard Collomb, a rendu hommage à Philippe Marchand, « un homme politique visionnaire, doté d’un grand sens de l’engagement au service de l’Etat », en rappelant qu’il fut l’un des pères de la loi créant les intercommunalités en 1992.
Philippe Marchand en dates
1er septembre 1939 Naissance à Angoulême
1982-1985 Président du conseil départemental de Charente-Maritime
1991-1992 Ministre de l’intérieur
10 janvier 2018 Mort à Saintes (Charente-Maritime)



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-3"> ¤ Le président de LR, Laurent Wauquiez, laisse, pour l’instant, ses lieutenants dénoncer la « politique laxiste » d’Emmanuel Macron.
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Immigration : la droite à la recherche de sa voix

Le président de LR, Laurent Wauquiez, laisse, pour l’instant, ses lieutenants dénoncer la « politique laxiste » d’Emmanuel Macron.



Le Monde
 |    11.01.2018 à 14h25
    |

            Olivier Faye (Chalon-sur-Saône, envoyé spécial)








                        



                                


                            

C’est la foule des grands soirs à la salle Marcel-Sembat de Chalon-sur-Saône, mercredi 10 janvier. Des chaises ont été ajoutées dans le fond. Impossible pourtant de faire asseoir tout le monde parmi les plus de deux cents personnes présentes, des retraités en majorité. Non, ce n’est pas le duo Eric Zemmour-Michel Onfray qui draine cette affluence nombreuse – une affiche sur le parking situé devant la salle annonce que le journaliste et le philosophe sont attendus pour un « entretien sans tabou », le 25 janvier, sur le thème « Est-ce la fin de notre civilisation ? ».
Ce soir, c’est Nadine Morano qui est en ville, accompagnée de son célèbre « franc-parler », comme le rappelle le maire, Gilles Platret. L’élu, âgé de 44 ans, est un des trois nouveaux porte-parole du parti Les Républicains (LR), dirigé par Laurent Wauquiez depuis décembre 2017. Un symbole de « renouvellement », objectif affirmé pour ne pas « se faire ringardiser par Macron », comme le souligne un dirigeant du parti.
Nadine Morano, elle, appartient plutôt à la catégorie déjà vue à la télé. « Morano, elle est bien, mais elle était déjà là avec Sarkozy. Ça tourne en rond », grommelle d’ailleurs Marcel Landré, un militant, « membre fondateur » de LR. Mais la députée européenne attire les curieux, peut-être en raison du sujet dont elle est venue parler : l’immigration. Un thème au cœur de l’actualité, alors qu’Emmanuel Macron est attaqué – ou salué, c’est selon – pour sa politique en la matière, plus ferme que ce que la droite aurait jamais fait en son temps, selon le maire de Nice, Christian Estrosi.
« Il y a les toasts avec »
Le texte du prochain projet de loi sur l’asile et l’immigration, qui sera présenté le 21 février en conseil des ministres, a commencé à être dévoilé aux associations. Mais la circulaire du 12 décembre 2017 signée par le ministre de l’intérieur, Gérard Collomb, pour que les forces de l’ordre recensent...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-4"> ¤ Dans une tribune au « Monde », l’avocat Jacques Barthélémy et l’économiste Gilbert Cette estiment qu’il faut élargir les protections sociales à tous les travailleurs en situation de dépendance économique, que celle-ci corresponde ou non à un contrat de travail.
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Pour « un droit de l’activité professionnelle »

Dans une tribune au « Monde », l’avocat Jacques Barthélémy et l’économiste Gilbert Cette estiment qu’il faut élargir les protections sociales à tous les travailleurs en situation de dépendance économique, que celle-ci corresponde ou non à un contrat de travail.



Le Monde
 |    11.01.2018 à 14h00
 • Mis à jour le
11.01.2018 à 14h15
    |

                            Gilbert Cette (Professeur d’économie associé à l’université d’Aix-Marseille) et 
                            Jacques Barthélémy (Avocat conseil en droit social)








                        



                                


                            
Tribune. Les effets éventuels de la révolution numérique sur le marché du travail suscitent des appréhensions. La première concerne la disparition de nombreux emplois, en particulier dans le transport, les activités financières et le commerce. Or, les gains de productivité, et donc les destructions d’emploi, sont les plus faibles depuis près d’un siècle et demi.
Toutes les précédentes révolutions technologiques ont suscité cette même angoisse, toujours démentie ensuite : les emplois détruits ont été remplacés par d’autres, dans de nouvelles activités. Mais cela exige que notre système de formation devienne très réactif pour adapter les qualifications de nombreux travailleurs aux activités qui se développeront. C’est l’un des objectifs de la réforme envisagée de la formation professionnelle.

L’autre angoisse est celle de voir l’emploi indépendant se développer aux dépens de l’emploi salarié, avec en corollaire des droits sociaux réduits. En effet, comparé à l’emploi salarié, l’emploi indépendant bénéficie d’une couverture sociale réduite (tout spécialement face au chômage), mais aussi de moindres possibilités de recours en cas de séparation à l’initiative du donneur d’ordre.
Polarisation de l’emploi indépendant
Pour autant, sur les deux dernières décennies, la part de l’emploi indépendant dans l’emploi total est stable ou se réduit dans trente-deux des trente-cinq pays de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE). Elle n’augmente qu’en France, en raison de la création du statut d’autoentrepreneur, au Royaume-Uni et aux Pays-Bas. Ici encore, l’angoisse ne repose pas sur des faits avérés.
En revanche, dans les principaux pays développés, l’emploi indépendant se polarise entre, d’un côté, en proportion encore faible, des prestataires de services à haute valeur ajoutée, très diplômés et qualifiés qui, par le biais des outils de mobilité, connaissent une forte interpénétration entre vie familiale...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-5"> ¤ Le député LRM de Paris a démissionné mercredi 10 janvier, « avec un immense regret », prenant acte d’un risque de conflit d’intérêts à la tête de la Caisse des dépôts.
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Gilles Le Gendre quitte la commission de surveillance de la CDC

Le député LRM de Paris a démissionné mercredi 10 janvier, « avec un immense regret », prenant acte d’un risque de conflit d’intérêts à la tête de la Caisse des dépôts.



Le Monde
 |    11.01.2018 à 12h03
    |

                            Véronique Chocron








                        



                                


                            

Jusqu’au bout, le renouvellement de la gouvernance de la Caisse des dépôts (CDC) aura été un parcours semé d’embûches. Emmanuel Macron a d’abord mis de longs mois avant de choisir le nouveau directeur général de l’institution publique. Au point que l’établissement s’est retrouvé sans maître à bord entre le 23 août 2017 et la nomination effective de son nouveau patron, Eric Lombard, le 8 décembre. Dans l’intervalle, Pierre-René Lemas, le patron sortant, a dû assurer l’intérim.

C’est désormais le poste du président de la commission de surveillance de la CDC qui, à peine pourvu l’été dernier, se trouve de nouveau vacant. Gilles Le Gendre, député de La République en marche ! (LRM), avait été élu le 19 juillet 2017 à la tête de cette commission garante de l’indépendance de la CDC, chargée du contrôle de la gestion de l’établissement. Mais le député de Paris a démissionné mercredi 10 janvier, « avec un immense regret », prenant acte d’un risque de conflit d’intérêts à la tête de la Caisse.
La décision de M. Le Gendre fait suite à un avis défavorable rendu par la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique (HATVP), le mettant en garde contre un « risque d’interférence », en raison des relations professionnelles qu’il a entretenues par le passé avec M. Lombard.
M. Le Gendre a en effet exercé des activités de conseil entre 2007 et 2017 auprès de Generali France, société d’assurances dont M. Lombard a été le dirigeant entre 2013 et 2017. L’avis de la HATVP précise que, pendant cette période, le contrat conclu avec Generali « constituait une part substantielle des revenus de M. Le Gendre. A titre d’exemple, pour l’année 2016, cela représentait 40 % du chiffre d’affaires de [sa] société ».
Excès de confiance de la part de l’Elysée
Le chef de l’Etat n’ignorait pourtant rien de ce risque de conflit d’intérêts lorsqu’il a décidé de miser sur le duo Eric Lombard-Gilles Le Gendre....




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-6"> ¤ Les jours fériés qui offrent en 2018 huit ponts aux salariés ne sont pas des congés acquis. La loi El Khomri et les ordonnances Macron ont changé la donne.
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Jours fériés : les nouvelles règles s’appliquent

Les jours fériés qui offrent en 2018 huit ponts aux salariés ne sont pas des congés acquis. La loi El Khomri et les ordonnances Macron ont changé la donne.



Le Monde
 |    11.01.2018 à 11h48
 • Mis à jour le
11.01.2018 à 12h13
    |

                            Catherine Quignon








                        



                                


                            

Les salariés de l’usine de La Hague d’Areva refusent qu’on touche à leurs jours de repos. Depuis décembre 2017, ces derniers sont en grève pour protester contre la décision de la direction de supprimer la récupération des jours fériés travaillés.
Jusqu’à présent, les salariés de l’usine de retraitement avaient le choix entre deux options : ceux qui travaillaient un jour férié pouvaient soit toucher une indemnité financière, soit récupérer ce jour sous la forme d’un congé de compensation. La direction a décidé de supprimer cette deuxième option, afin de gagner en productivité. La rencontre qui a eu lieu le 8 janvier entre la direction et les syndicats n’a pas permis de parvenir à un accord.
5,4 jours fériés chômés en moyenne
Une entreprise a parfaitement le droit d’obliger ses salariés à travailler un jour férié. Les salariés qui ne travaillent pas l’ensemble des 11 jours fériés répertoriés par le code du travail (le 1er janvier, Pâques, le 1er mai, le 8 mai, l’Ascension, la Pentecôte, le 14 juillet, le 15 août, le 1er novembre, le 11 novembre et le 25 décembre) sont d’ailleurs minoritaires : en moyenne, les salariés à temps complet ne chôment que 5,4 jours fériés par an, selon les chiffres publiés par le ministère du travail (Dares).
Aucune forme de compensation (indemnité financière, jour de repos supplémentaire…) n’est prévue par le code du travail, hormis pour le 1er mai, le jour de la Fête des travailleurs, les salariés dont l’activité ne peut être interrompue (hôpitaux, transports…) sont obligatoirement payés double.

Les accords de branche avaient compensé ce vide juridique. En pratique, « beaucoup de conventions collectives prévoient des compensations », explique Me Nicolas Léger, avocat associé du département de droit social du cabinet Proskauer. Le plus souvent sous forme financière : c’est le cas de la convention collective de la métallurgie ou de celle...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-7"> ¤ Edouard Philippe devait présenter jeudi au monde associatif un texte qui inscrit la politique française dans une dissuasion migratoire systématique.
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Que contient le projet de loi asile-immigration ?

Edouard Philippe devait présenter jeudi au monde associatif un texte qui inscrit la politique française dans une dissuasion migratoire systématique.



Le Monde
 |    11.01.2018 à 11h41
 • Mis à jour le
11.01.2018 à 12h43
    |

            Maryline Baumard








                        



   


La trame de la loi asile-immigration, telle qu’elle a été communiquée aux associations et devait être présentée par le premier ministre Edouard Philippe jeudi 11 janvier au monde associatif, inscrit la politique française dans une dissuasion migratoire systématique. Le texte définitif, qui devrait être présenté en février en conseil des ministres, ne s’inscrit pas vraiment dans l’approche « mieux accueillir les réfugiés » et « mieux renvoyer » sur lequel le gouvernement communique, préférant le tout-répressif.

        Lire aussi :
         

                Offensive des associations contre le recensement des migrants en centres d’hébergement



D’abord, le texte instaure une véritable course contre la montre pour le demandeur d’asile. Alors qu’il disposait jusqu’à présent de 120 jours pour déposer son dossier, désormais il n’aura plus que 90 jours pour le faire. De plus, un demandeur débouté par l’Office français de protection des réfugiés et apatrides (Ofpra) ne disposera ensuite que de deux semaines, au lieu d’un mois, pour déposer son recours. Deux points délicats, sachant qu’il faut aujourd’hui environ 30 jours ouvrés pour accéder à un rendez-vous en préfecture. Responsable du droit des étrangers au Secours catholique, Laurent Giovannoni regrette que rien ne soit proposé dans le texte pour réduire cette attente qui se passe sur les trottoirs. « On nous dit qu’on veut réduire les délais de la demande d’asile et on ne propose rien dans un projet de loi pour organiser mieux l’accueil dans les préfectures ! », s’insurge-t-il.
En fait, le ministère a prévu 150 postes de plus au budget 2018 pour les agents de préfectures, mais ils ont été absorbés par d’autres injonctions ministérielles et notamment la très lourde gestion des « dublinés », ces migrants qui voudraient demander l’asile en France, mais que l’on tente d’éloigner parce qu’ils ont laissé leurs empreintes ailleurs en Europe. « Un projet de loi qui se veut efficace devrait aussi aborder ce problème qui interroge tout le système. Mais le texte qu’on nous propose est un faux-semblant », ajoute M. Giovannoni, déçu.
« Une ligne plus dure que Nicolas Sarkozy »
Côté privation de liberté, les observateurs doutent aussi que la ligne choisie permette vraiment de multiplier les renvois. La durée maximale des séjours en rétention administrative va passer de 45 à 90 jours, et même à 115 jours. Depuis que ce doublement a été évoqué, les associations présentes dans les centres de rétention ont à maintes reprises rappelé que les deux tiers des expulsions ont lieu dans les douze premiers jours d’enfermement, mais cela n’a rien changé. « On voit bien qu’il s’agit de donner un signal plus que d’être efficace. Le gouvernement veut avant tout dissuader les migrants de venir en France », analyse Serge Slama, professeur de droit public à l’université Grenoble-Alpes.
Selon lui, « nous sommes dans la veine des lois de Charles Pasqua… Gérard Collomb est sur une ligne plus dure que Nicolas Sarkozy qui prétendait équilibrer ses textes. Dans sa loi de 2003, le durcissement des conditions d’entrée et d’éloignement était compensé par la prétendue abolition de la “double peine” ou l’instauration du contrat d’accueil et d’intégration. En 2006, il était question de favoriser l’immigration “choisie”, y compris en régularisant des travailleurs sans papiers. Là, nous sommes dans un durcissement général des procédures, y compris et surtout pour les demandeurs d’asile ». Le juriste ne constate que quelques petites améliorations dans l’accès à des titres pluriannuels d’une partie des réfugiés et une extension de la réunification familiale pour les frères et sœurs des réfugiés mineurs.
Pour compléter ce tableau, la chasse aux sans-papiers sera elle aussi simplifiée puisque la retenue administrative pour vérification du droit au séjour sera augmentée de 16 à 24 heures et les « pouvoirs d’investigation » des policiers seront renforcés. Les associations, auxquelles les grandes lignes de ce texte avaient été divulguées dès le mois d’octobre, n’y voient donc aucun changement. Preuve qu’elles n’ont pas été écoutées. Seul le concept de « pays tiers sûr » a été enlevé. S’il était resté, c’était la fin du droit d’asile avec la possibilité de renvoyer des demandeurs hors Europe sans même étudier leur dossier.

   Présentation des dispositions du projet de loi asile-immigration 




                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-8"> ¤ Interrogé sur le caractère très viril de cette campagne lors des vœux du parti, mercredi, le coordinateur du parti, Rachid Temal, a dû botter en touche.
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Au PS, quatre postulants, deux hésitants et zéro candidate pour le poste de premier secrétaire

Interrogé sur le caractère très viril de cette campagne lors des vœux du parti, mercredi, le coordinateur du parti, Rachid Temal, a dû botter en touche.



Le Monde
 |    11.01.2018 à 11h21
    |

            Enora Ollivier








                        


Faisons un peu les calculs. La course pour la tête du Parti socialiste compte actuellement quatre postulants déclarés (Luc Carvounas, Olivier Faure, Stéphane Le Foll et Emmanuel Maurel, qui officialise sa candidature jeudi 11 janvier) et deux qui hésitent (Julien Dray et Rachid Temal). Mais où sont donc les femmes dans ce paysage ?
La décision de Najat Vallaud-Belkacem de ne pas concourir n’a pas fait que réveiller les ambitions au sein de la majorité du parti. Elle prive aussi le PS de la candidature d’une femme, de surcroît jeune et bien connue des Français – ce qui n’est pas le cas de tous les postulants masculins.
Interrogé sur le caractère très viril de cette campagne lors des vœux du parti à la presse, mercredi, le coordinateur du parti, Rachid Temal, a dû botter en touche. « Moi je souhaite qu’il y ait des femmes partout. Il y a la parité dans nos statuts, je le rappelle », a-t-il répondu. Mais il a aussi insisté sur le fait que, comme il s’exprimait au nom du PS, ce n’était « pas son rôle » de « dire à unetelle ou unetelle d’être candidate ».
L’exercice ne devrait pas aller plus loin
Le parti n’est pas dépourvu de figures féminines estampillées « nouvelle génération ». Mais aucune ne semble intéressée par le poste. Anne Hidalgo ou Carole Delga sont, par exemple, occupées par leur fonction à la tête d’exécutifs locaux – la Ville de Paris pour la première, la région Occitanie pour la seconde.
Du côté du Parlement, la députée du Tarn-et-Garonne Valérie Rabault s’intéresse bien au congrès : elle a mis son nom au bas d’un « manifeste pour un progrès partagé », appelant à une meilleure prise en compte des territoires. L’exercice ne devrait pas aller plus loin, en tout cas pas jusqu’à se placer à la tête d’une motion.
« C’est une femme talentueuse, sa candidature aurait pu être développée, mais elle a d’autres objectifs », dit un bon connaisseur du parti. En l’occurrence, l’élue pourrait s’intéresser à la présidence du groupe à l’Assemblée, qui sera vacante si Olivier Faure l’emporte. Le PS pourrait alors au moins se targuer d’avoir la seule femme responsable de groupe au Palais-Bourbon.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-9"> ¤ Une mission d’information doit évaluer l’efficacité de ce dispositif en matière de lutte contre la fraude fiscale.
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Infractions fiscales : les députés s’attaquent au « verrou de Bercy »

Une mission d’information doit évaluer l’efficacité de ce dispositif en matière de lutte contre la fraude fiscale.



Le Monde
 |    11.01.2018 à 11h14
    |

            Audrey Tonnelier








                        


Ce fut l’un des principaux sujets d’opposition à l’exécutif, jusque dans la majorité parlementaire, lors de l’examen du projet de loi pour rétablir « la confiance dans la vie politique », en juillet 2017. Faut-il faire sauter le « verrou de Bercy », ce monopole de l’administration fiscale qui, en France, est la seule à pouvoir décider d’engager des poursuites pénales en matière de fraude fiscale ?
C’est pour éclairer cette question, qui avait fédéré cet été depuis La France insoumise jusqu’aux Républicains en passant par Nouvelle Gauche et l’UDI, que vient d’être lancée une mission d’information sur les procédures de poursuite des infractions fiscales.
Composée de dix-neuf députés de tous bords politiques, elle débutera mardi 16 janvier ses auditions de représentants de l’administration judiciaire, fiscale et autres ONG. Objectif : « décider s’il faut ou non maintenir le verrou de Bercy, ou l’adapter », a indiqué Eric Diard, son président (LR).
« La mission aura pour objet d’examiner comment on déclenche la plainte pour fraude fiscale, comment le ministre chargé du budget intervient », mais aussi de pallier « un manque de transparence » sur le sujet, a expliqué Emilie Cariou (LRM), ancienne de l’administration de Bercy et de l’Autorité des marchés financiers, et rapporteuse de la mission.
Aujourd’hui, hormis certains cas comme le blanchiment de fraude fiscale, c’est la commission des infractions fiscales (CIF), composée de magistrats et de personnalités qualifiées, qui décide des dossiers fiscaux à transmettre aux tribunaux. Saisie à l’initiative du fisc, lui-même sous la responsabilité du ministre du budget, la CIF traite chaque année environ un millier de cas, et ne rejette que 5 % à 7 % des demandes de poursuites. Mais le niveau des amendes, accusé d’être plus faible que les peines judiciaires, les soupçons d’arrangements à l’amiable et le flou sur les critères de transmission de dossiers concentrent les critiques. 
Les avancées sont lentes
« A la CIF, vous n’avez jamais de gros poissons (…) parce que [Bercy] leur dit : soit vous payez, soit je vous envoie à la CIF », ce qui pose un « problème d’égalité des citoyens devant la loi pénale », avait estimé cet été Charles de Courson (Les Constructifs), membre de la mission d’information. « C’est un système d’ancien régime, qui revient à gérer les choses entre bons amis », fustige Eric Coquerel (LFI), également membre de la mission.
Les députés devraient rendre leurs conclusions autour du mois d’avril, afin d’« assurer plus de marge de manœuvre aux juges tout en sécurisant les droits [des contribuables] », a indiqué Mme Cariou. Elles pourraient ensuite être intégrées au collectif budgétaire de l’été ou à la loi de finances initiale, à l’automne. Le cabinet de Gérald Darmanin, le ministre des comptes publics, travaille en parallèle sur le plan de lutte contre la fraude annoncé mi-décembre 2017 par le premier ministre. Prévu d’ici à la fin du premier trimestre, il a notamment pour but de « muscler le renseignement fiscal ». Mme Cariou pousse pour une loi ad hoc.
Pour l’heure, les initiatives contre la fraude ou l’optimisation fiscale, comme le projet d’assiette commune consolidée pour l’impôt sur les sociétés, se font plutôt au niveau international (OCDE, G20, Union européenne), et les avancées sont lentes. La fraude (illégale) et l’évasion fiscale (montages légaux visant à réduire l’impôt) coûtent chaque année à la France entre 60 et 80 milliards d’euros, selon les estimations.
« Des milliards passent aujourd’hui à la trappe. (…) Si on arrivait à les recouvrer, on imagine bien le souffle budgétaire que cela engendrerait », a souligné Mme Cariou. Tout en précisant qu’« un passage par la case Bercy pour le calcul de l’impôt » lui semble nécessaire, car le traitement de ces cas est « très difficile pour un juge avec les moyens dont il dispose ».
« C’est plus une porte qu’un verrou »
C’est précisément pour cette raison que l’exécutif s’est jusqu’ici toujours montré circonspect sur une réforme du verrou, arguant que le traitement des dossiers par la justice est plus long que par les services fiscaux. « Il est pour le moment prématuré de modifier la loi. Lorsque le parquet national financier [créé en 2013] aura trouvé sa pleine dimension, que la coopération internationale sera entière, le moment sera sans doute venu », estime l’ancien secrétaire d’Etat au budget Christian Eckert.
« Le but du verrou de Bercy n’est pas de bloquer quoi que ce soit, mais de permettre la judiciarisation d’un certain nombre d’affaires. En cela, c’est plus une porte qu’un verrou », assure-t-on au cabinet de Gérald Darmanin. Mais « si la mission conclut que le dispositif doit être aménagé, Bercy fera preuve d’ouverture », jure-t-on.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-10"> ¤ Si les partenaires sociaux ne parviennent pas à se mettre d’accord, le gouvernement imposera son bonus-malus.
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Assurance-chômage : l’épineuse question de la taxation des contrats courts

Si les partenaires sociaux ne parviennent pas à se mettre d’accord, le gouvernement imposera son bonus-malus.



Le Monde
 |    11.01.2018 à 11h04
    |

            Sarah Belouezzane








                        



                                


                            
C’est un leitmotiv qui revient à chaque négociation ou discussion touchant de près où de loin l’assurance-chômage : la lutte contre les contrats courts. Le gouvernement actuel qui, comme les socialistes au pouvoir avant lui, souhaite réduire la précarité découlant de l’alarmante multiplication des contrats de moins d’un mois, l’a mise au menu des discussions entre les partenaires sociaux pour la réforme de l’assurance-chômage voulue par Emmanuel Macron.
Charge donc au patronat et aux syndicats de trouver une solution pour mettre fin au phénomène, ou du moins de le réduire autant que faire se peut. Car, à regarder les chiffres compilés par l’Unédic, il y a urgence : « Ces vingt dernières années, le nombre d’embauches en CDD d’un mois ou moins a triplé », écrit l’organisme gestionnaire de l’assurance-chômage. Selon lui, les CDD très courts représentent 69 % des embauches hors intérim et coûtent une fortune à l’assurance-chômage lorsqu’ils arrivent à terme. Leur indemnisation représente en effet pas moins de 6,2 milliards d’euros par an.
Si tous les partenaires sociaux sont d’accord sur la nécessité d’arranger la situation, ils ne le sont pas forcément sur les moyens d’y parvenir. En mars 2017, lors de la signature de la dernière convention d’assurance-chômage, ils ont trouvé un compromis que beaucoup jugent aujourd’hui inefficace. Ils avaient décidé de laisser aux branches l’opportunité de négocier chacune, en fonction de ses besoins, un système de bonus-malus sur les cotisations patronales. Un dispositif non contraignant, qui laisse la décision finale aux différents secteurs d’activité.
« C’est une usine à gaz »
Le principal obstacle à la signature d’un accord plus conclusif était à l’époque, et demeure aujourd’hui, l’opposition du patronat à l’esprit même de la mesure. Hostile à une hausse potentielle des cotisations, le Medef a moult fois indiqué qu’il ne souhaite pas d’un dispositif qui renchérisse le coût du travail,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-11"> ¤ Syndicats et patronat se retrouvent jeudi pour une première réunion sur ce dossier sensible.
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Article sélectionné dans La Matinale du 10/01/2018
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Assurance-chômage : la guerre de succession au Medef plane sur les négociations

Syndicats et patronat se retrouvent jeudi pour une première réunion sur ce dossier sensible.



Le Monde
 |    11.01.2018 à 06h36
 • Mis à jour le
11.01.2018 à 11h26
    |

            Sarah Belouezzane et 
Raphaëlle Besse Desmoulières








                        



                                


                            

L’histoire pourrait-elle se répéter ? A l’heure où les partenaires sociaux se réunissent, jeudi 11 janvier, pour parler d’assurance-chômage, certains se demandent si le Medef ne risque pas de renouer avec ses vieux démons, avec en toile de fond la succession de Pierre Gattaz. En 2016, embourbée dans des batailles internes, l’institution de l’avenue Bosquet, à Paris, avait refusé de donner un mandat à son négociateur pour signer une nouvelle convention, obligeant le gouvernement à prolonger celle qui était déjà en vigueur depuis deux ans. C’est in extremis, et après une guerre intestine qui avait vu certaines fédérations quitter le pôle social, que le syndicat patronal avait fini par donner son feu vert en mars 2017.
Jeudi, ce ne sera certes pas une nouvelle convention à définir qui sera au menu de la réunion, mais la réforme du système d’indemnisation telle que l’a pensée Emmanuel Macron dans son programme. Comme pour l’apprentissage et la formation professionnelle, le gouvernement a demandé aux organisations syndicales et patronales de travailler sur la façon de mettre en œuvre ses promesses de campagne en ce qui concerne l’assurance-chômage. Mais, à en croire certains qui ont déjà commencé les concertations sur les deux premiers thèmes, les discussions s’avèrent plus délicates que prévu. Pour eux, une seule raison à cela : les lignes de fracture qui s’expriment au sein du Medef en amont de l’élection pour la présidence qui aura lieu en juillet.
« Le contexte électoral ne facilite vraiment pas les négociations avec le patronat », affirme sans ambages Yvan Ricordeau, négociateur formation professionnelle et apprentissage de la CFDT. Il en veut pour preuve « le fait qu’ils aient mis autant de temps avant d’arriver avec une proposition de texte patronal. Cela montre qu’ils ont des soucis pour prendre des décisions ». Le syndicaliste l’admet cependant volontiers : « Ce ne sont pas vraiment des éléments objectifs, mais on sent...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-12"> ¤ La circulaire du 12 décembre est présentée par le gouvernement comme le moyen de connaître les publics hébergés et de les orienter en fonction de leur situation (réfugiés, déboutés…).
<filname="PROF-0,57-0,64-823353,0-12"> ¤                     
                                                

Plusieurs associations vont saisir le Conseil d’Etat pour obtenir la suspension d’une circulaire sur le recensement des migrants

La circulaire du 12 décembre est présentée par le gouvernement comme le moyen de connaître les publics hébergés et de les orienter en fonction de leur situation (réfugiés, déboutés…).



Le Monde
 |    10.01.2018 à 20h55
   





                        



   


Vingt-six associations, parmi lesquelles la Fédération des acteurs de la solidarité, Emmaüs, Secours catholique, Médecins sans frontières, Fondation Abbé Pierre… vont saisir, jeudi 11 janvier, le juge des référés du Conseil d’Etat. Elles veulent obtenir la suspension d’une circulaire organisant le recensement des migrants dans les centres d’hébergement d’urgence, qu’elles dénoncent comme un « tri ».
L’annonce de cette action intervient quelques heures avant une rencontre jeudi à Matignon entre les associations et le premier ministre, Edouard Philippe, qui leur présentera son projet de loi « immigration et asile ».
Dans un communiqué commun publié mercredi 10 janvier, elles estiment que cette circulaire datant du 12 décembre « autorise, sans base légale, des équipes relevant du ministère de l’intérieur à pénétrer dans des centres d’hébergement protégés pour y réaliser des contrôles ».
Les plaignants déplorent aussi le fait « que les données personnelles et confidentielles des personnes hébergées soient collectées et transmises aux autorités » et « que les centres d’hébergement soient contraints de participer à cette collecte illégale ».
Des requêtes au fond seront déposées jeudi, mais le dispositif « étant d’ores et déjà mis en œuvre », ces recours « seront assortis d’une procédure d’urgence », d’où le dépôt d’une demande de suspension en référé contre cette circulaire, ont expliqué les associations.
Lieux d’hébergement transformés en lieux de contrôle et de tri
La circulaire du 12 décembre est présentée par le gouvernement comme le moyen indispensable de connaître les publics hébergés et de les orienter en fonction de leur situation (réfugiés, déboutés…). Mais elle a suscité un vif émoi parmi les associations, qui redoutent de voir les centres d’hébergement « se muer en des lieux de contrôle et de tri des personnes sans domicile », dans lesquels risquent d’être réalisées « de véritables opérations de contrôle d’identité et des titres de séjour ».
A la fin décembre, après avoir reçu les associations, Edouard Philippe avait tenté de dissiper leurs craintes en assurant qu’il ne serait pas demandé aux associations « de se substituer aux agents » procédant au recensement ni de « donner des listes ». « La circulaire n’a pas pour objet et n’aura pas pour objet de revenir sur le principe d’inconditionnalité de l’accueil », avait-il assuré.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-13"> ¤ Les adhérents du Parti socialiste doivent désigner le premier secrétaire au terme d’un scrutin à deux tours, les 15 et 29 mars. Quatre candidats sont en lice. Aucune femme pour l’instant.
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« Le PS est mis au défi de prouver qu’il existe une place pour la pensée socialiste »

Les adhérents du Parti socialiste doivent désigner le premier secrétaire au terme d’un scrutin à deux tours, les 15 et 29 mars. Quatre candidats sont en lice. Aucune femme pour l’instant.



Le Monde
 |    10.01.2018 à 19h02
   





                        


Depuis quelques jours, le Parti socialiste connaît une recrudescence de candidats au poste de premier secrétaire. Si Najat Vallaud-Belkacem, pressentie pour postuler, a expliqué qu’elle préférait prendre du recul, l’ancien ministre Stéphane Le Foll et le chef de file des députés PS Olivier Faure ont tous deux annoncé, mardi, leur candidature. L’eurodéputé Emmanuel Maurel a fait de même mercredi. Ils rejoignent le député Luc Carvounas, qui s’est lancé dès fin novembre 2017. Dans un tchat, mercredi 10 janvier, Enora Ollivier, chargée du suivi du PS au Monde, a répondu aux questions des internautes. En voici les principaux extraits.
Bun : Combien de temps reste-t-il aux éventuels candidats supplémentaires pour présenter leur candidature ? D’autres noms circulent-ils ?
Les candidats ont jusqu’au 27 janvier pour se faire connaître. C’est ce samedi-là que les intéressés déposeront leur motion en vue du congrès au cours d’un conseil national (le parlement du parti) dédié.
D’autres noms de potentiels candidats circulent en effet : Julien Dray a dit qu’il « pensait » au poste et « pas simplement en se rasant » ; Rachid Temal a, lui, avancé que sa candidature n’était « pas impossible ». Mais iront-ils jusqu’au bout ?
Lisa : Toujours et encore que des hommes…
C’est effectivement une caractéristique de cette campagne qui commence. La décision de Najat Vallaud-Belkacem de ne pas concourir pour le poste de premier secrétaire rend bien masculine la compétition, ce qui commence à être remarqué. Et aucun nom de femme ne circule vraiment parmi les potentiels autres candidats.
Léo : Quid d’une candidature de Christiane Taubira, très populaire à gauche ?
Christiane Taubira bénéficie, en effet, d’une certaine popularité à gauche… mais elle n’est pas membre du Parti socialiste !
Michèle : Plus de candidats que d’adhérents ?
Vous êtes un peu sévère. Mais il est vrai que le PS a perdu beaucoup d’adhérents ces dernières années. Aujourd’hui, il y en a officiellement 90 000, selon les chiffres annoncés par le coordinateur du parti, Rachid Temal ce matin. Mais tous ne sont pas forcément à jour de cotisation.
A noter que le PS espère faire revenir quelques militants déçus à l’occasion du congrès d’Aubervilliers qui se tiendra en avril. Les anciens adhérents qui ont quitté le parti à partir de 2015 pourront, en effet, participer au vote pour le premier secrétaire en ne réglant que la cotisation pour 2018 et non les années précédentes non payées, comme cela devrait être la règle.
Jean Chrysostome : Pouvez-vous rappeler le mode de scrutin ?
Le premier secrétaire est élu au terme d’un scrutin à deux tours. Le premier aura lieu le 15 mars : ce jour-là, les adhérents sont appelés à voter pour une « motion » – ou texte d’orientation – portée par un candidat et plusieurs signataires.
Les premiers signataires des deux textes arrivés en tête seront ensuite départagés le 29 mars, et le vainqueur deviendra premier secrétaire. Entre les deux tours, les deux finalistes ont tout intérêt à former des alliances avec les têtes de liste qui n’ont pas réussi à se qualifier…

        Lire aussi :
         

                Congrès du PS, mode d’emploi



Ike : A quelles « chapelles » internes au PS appartiennent les quatre personnalités candidates ?
Pour résumer en quelques lignes : Stéphane Le Foll et Olivier Faure font partie du « pôle central » du PS, le pôle social-démocrate. M. Le Foll est un « hollandais historique », il a été ministre pendant tout le quinquennat et porte-parole du gouvernement pendant trois ans, de 2014 à 2017.
Mais s’il est moins étiqueté que son camarade, M. Faure a longtemps travaillé également avec François Hollande, dont il a été le directeur adjoint de cabinet à Solférino.
Luc Carvounas a un parcours plus sinueux. Il a été longtemps proche de Manuel Valls, dont il était même réputé pour être le « porte-flingue ». Il a désormais rompu avec l’ancien premier ministre et défend une ligne de discussion avec l’ensemble de la gauche.
Enfin, Emmanuel Maurel représente l’aile gauche du PS.
Nel : Où est Martine Aubry, la seule à pouvoir faire renaître le parti ?
Martine Aubry avait averti dès septembre qu’elle ne se mêlerait pas de la vie du PS au niveau national, qu’elle « aiderai[t] à sa place » mais qu’il fallait, selon elle, « changer de génération ».
Ce matin, elle qui a été première secrétaire de 2008 à 2012 a tout de même livré quelques commentaires sur la période actuelle. Elle a dit avoir son idée sur son candidat préféré, mais elle attend de « regarder le fond » des projets des postulants avant d’annoncer son choix.
Elle a donné son avis sur les qualités que devait avoir un premier secrétaire, selon des propos rapportés par nos confrères de l’AFP : « Il faut quelqu’un qui ait de l’autorité : j’ai été bien placée pour savoir qu’on n’était pas au pays des Bisounours ! Il faut une ligne et ramener tout le monde dans cette ligne. L’unité ne se déclare pas en disant “ne nous divisons pas”, c’est très bien qu’il y ait plusieurs candidats sur des lignes à l’évidence différentes. L’unité pour l’unité, ça ne veut rien dire (…). »
Pierre Landier : Et François Hollande dans tout ça ?
François Hollande est réputé pour suivre de très près la course à la tête du parti, mais il ne s’exprime pas publiquement sur le sujet. A l’automne, il avait promu, via des proches, une candidature de Bernard Cazeneuve… qui avait fait pschitt !
En revanche, quelques-uns de ses amis parlent. François Rebsamen, maire de Dijon et ancien ministre, soutient la candidature de Stéphane Le Foll. Ce matin, l’ex-ministre Michel Sapin s’est réjoui qu’il y ait plusieurs candidatures, car cela signifie, selon lui, « qu’il y a encore un avenir pour le PS » et « de quoi se battre ».
Mais il a dit aussi craindre « une guerre des ego » de la part de personnes qui n’auraient, pour lui, pas de raison de se confronter, puisqu’ils « vont écrire la même chose » en termes de programme – il visait, sans les nommer, Olivier Faure et Stéphane Le Foll.
Kappa : Est-il prévu que le parti adopte un nouveau nom comme on avait pu l’entendre lors des derniers mois ?
Stéphane Le Foll est toujours favorable à ce que le parti change de nom pour « Les Socialistes ». La question sera peut-être soulevée pendant la campagne mais je n’ai pas le sentiment qu’elle soit considérée comme prioritaire pour les candidats.
Antoine : Quelle place pour le PS entre Mélenchon et Macron ?
C’est un des grands enjeux des mois qui viennent. Le PS est mis au défi de prouver qu’il existe une place pour la pensée socialiste dans la recomposition politique en œuvre depuis 2017. Mais pour cela, il doit déjà se reconstruire, mettre à sa tête une nouvelle direction, définir clairement sa ligne politique pour que ses messages puissent être audibles.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-14"> ¤ « Républicain, antilibéral, écologiste : j’ai ma cohérence, ma constance et des propositions pour relever le PS », proclame M. Maurel.
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Le député européen Emmanuel Maurel candidat à la direction du PS

« Républicain, antilibéral, écologiste : j’ai ma cohérence, ma constance et des propositions pour relever le PS », proclame M. Maurel.



Le Monde
 |    10.01.2018 à 18h52
 • Mis à jour le
11.01.2018 à 00h46
   





                        



   


Dans un entretien accordé au groupe de presse régionale EBRA, à paraître jeudi 11 janvier, le député européen PS Emmanuel Maurel, représentant de l’aile gauche du Parti socialiste, officialise sa candidature pour prendre la tête du PS. Olivier Faure, Stéphane Le Foll et Luc Carvounas ont déjà annoncé leur candidature à la direction du parti.
« Ma chance, c’est que je peux travailler avec tout le monde. Il y aura dans ma motion des gens qui ont un parcours très différent du mien et avec qui, parfois, je me suis affronté. C’est l’idée d’une synthèse nouvelle : on tourne la page, y compris celle du quinquennat Hollande, on en revient aux fondamentaux, qu’on n’aurait jamais dû abandonner, on se fixe des objectifs très clairs, à l’élaboration desquels les militants sont étroitement associés ».
Pour M. Maurel, le PS, qui a « longtemps privilégié la méthode de la synthèse », doit renouer « avec cette culture du compromis ». « C’est possible si on met tout sur la table, si on n’a pas renoncé à agir en socialistes », espère-t-il.
« Républicain, antilibéral, écologiste : j’ai ma cohérence, ma constance et des propositions pour relever le PS », proclame M. Maurel, qui avait obtenu 13 % des suffrages avec sa motion Maintenant la gauche lors du congrès de Toulouse en 2012.
Alors que beaucoup lient le déclin du PS à la fin d’un cycle social-démocrate, M. Maurel juge qu’il y a une « utilité historique du PS » qui « n’a pas disparu ». « Le partage des richesses au cœur de notre identité, reste d’actualité. Le PS redeviendra central à gauche s’il renoue avec les classes populaires et moyennes qui se sont détournées de lui », développe-t-il.
Lien avec Jean-Luc Mélenchon
M. Maurel, qui se targue d’avoir maintenu le lien avec Jean-Luc Mélenchon, affirme ne pas partager le point de vue du chef de file des Insoumis, selon lequel « le clivage principal n’[est] pas entre la gauche et la droite mais entre l’oligarchie et le peuple ».
« Je reste attaché à la notion de gauche. Avec Macron, on a une différence de nature et avec Mélenchon, une différence de degré. Sur certaines questions, il voudra aller plus loin, plus vite. Je suis d’une gauche de gouvernement classique, qui croit à l’utilité des corps intermédiaires. »
MM. Maurel et Mélenchon ont tous deux signé en 2008 la motion Un monde d’avance, alors emmenée par Benoît Hamon.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-15"> ¤ Le Parti socialiste connaît une recrudescence de candidats pour succéder à Jean-Christophe Cambadélis. Posez vos questions sur cette élection.
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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-16"> ¤ Pour l’essayiste Thierry Wolton, qui s’exprime dans une tribune au « Monde » à l’occasion du voyage d’Emmanuel Macron en Chine, mettre son drapeau dans sa poche est une trahison pour les peuples qui aspirent à la démocratie.
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« Les droits de l’homme sont nécessaires à la bonne gouvernance du monde »

Pour l’essayiste Thierry Wolton, qui s’exprime dans une tribune au « Monde » à l’occasion du voyage d’Emmanuel Macron en Chine, mettre son drapeau dans sa poche est une trahison pour les peuples qui aspirent à la démocratie.



Le Monde
 |    10.01.2018 à 16h01
    |

Thierry Wolton (Essayiste)







                        



                                


                            

Tribune. Ainsi, Emmanuel Macron n’a pas voulu donner de leçon sur les droits de l’homme à la Chine. Un courage qui fait de la morale en politique un principe à géométrie variable selon qu’un pays est riche et puissant ou pauvre et faible. Le président de la République avait pourtant bien commencé face à Poutine en début de quinquennat, ou plus récemment devant Erdogan. Le ton n’a pas été le même à Pékin, au point d’être inaudible. Lui-même semble objecter que s’il est en droit de faire des rappels à l’ordre sur ses terres, il n’a pas à se faire donneur de leçon à l’étranger.
Le silence assourdissant de l’Elysée lors de la réception de l’Egyptien Sissi, il y a quelques semaines, infirme le propos. Comme tous ses prédécesseurs, Macron s’abrite derrière les « intérêts supérieurs » de l’Etat pour oublier les plus élémentaires des principes démocratiques. La priorité donnée à la lutte contre l’islamisme, lorsqu’il reçoit Sissi, ou le rééquilibrage des échanges Paris-Pékin, lorsqu’il visite la Chine, justifient leur mise sous le boisseau. Depuis Henri de Navarre on sait que l’exercice du pouvoir vaut bien des renoncements.
Une forme de racisme
Pourtant, dans un monde fondé sur des rapports de forces, tel que le pratiquent justement les dirigeants chinois, n’est-ce pas en affichant ses valeurs et en s’y tenant qu’un pays existe et peut se faire respecter ? La France qui s’autoproclame volontiers « patrie des droits de l’homme » n’est-elle pas dans son rôle en s’en faisant la porte-parole ?

Ici, les contempteurs du « droit-de-l’hommisme », expression si méprisante, qui se féliciteront du réalisme macronien, oublient qu’ils jouissent de ces libertés qu’ils refusent à d’autres, ce qui est une forme de racisme, à bien y réfléchir. La vague de moralisation politique qui a suivi la chute du communisme à la fin du siècle dernier semble donc achevée, et les peuples encore sous le joug sont de nouveau laissés à leur sort comme...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-17"> ¤ Le correspondant du « Monde » à Pékin a dressé, dans un tchat avec les internautes, le bilan économique et politique de la visite du président français.
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Avec la Chine, « Macron n’a pas choisi de faire des libertés un cheval de bataille »

Le correspondant du « Monde » à Pékin a dressé, dans un tchat avec les internautes, le bilan économique et politique de la visite du président français.



Le Monde
 |    10.01.2018 à 15h20
 • Mis à jour le
10.01.2018 à 15h22
   





                        



   


Emmanuel Macron a terminé, mercredi 10 janvier, sa première visite d’Etat en Chine. Dans un tchat avec les internautes, le correspondant du Monde à Pékin, Brice Pedroletti, a fait le point sur les enjeux et le bilan de cette rencontre.
CB : A part l’usine d’Areva pour le retraitement de déchets radioactifs, les autres contrats ont-ils quoi que ce soit d’exceptionnel ? Par ailleurs, quelle est la perception d’Emmanuel Macron par l’opinion publique chinoise ?
Brice Pedroletti : Non, les contrats n’ont rien d’exceptionnel, il y a beaucoup d’accords de coopération dans de nombreux domaines. Le contrat de l’usine de recyclage n’est pas signé encore. Toutefois, il devrait l’être d’ici six mois et porte sur 10 milliards d’euros. Emmanuel Macron a revendiqué qu’il n’était pas là pour faire des annonces chiffrées, mais pour accompagner, faire avancer des dossiers – au contraire du président américain, Donald Trump. On reproche souvent aux dirigeants occidentaux la diplomatie des contrats. M. Macron veut prendre ses distances avec cette dernière.
Sur la question de la perception de M. Macron, elle est plutôt positive car les Chinois sont friands de vedettes politiques. Les leurs sont ternes. Emmanuel Macron, c’est un spectacle, un homme jeune, brillant, avec une histoire de couple peu commune qui fascine.
Momo : La Chine va-t-elle devenir un partenaire stratégique de l’Etat français et investir dans des grands projets d’infrastructures dans l’Hexagone, comme c’est le cas au Royaume-Uni dans le nucléaire ? Dans ce cas, le transfert de technologies opéré contre des investissements favorise-t-il les grandes entreprises françaises de ces secteurs ou les fragilise-t-il ?
L’un des messages exprimés par le président est qu’il fallait définir un périmètre de domaines stratégiques à protéger, au niveau de la France et de l’Europe, et qu’il fallait une stratégie européenne collective et cohérente. La logique de M. Macron a été de dire que la Chine ne respecte pas ces pays qui ouvrent trop grand leurs portes. En même temps, on se rappelle le cas de l’aéroport de Toulouse, cédé en partie à un actionnaire chinois au sujet duquel subsistent des doutes en matière de probité. Cette opération, décidée par l’ancien ministre de l’économie, Arnaud Montebourg, fut appliquée par Emmanuel Macron au moment où il a pris sa suite à Bercy. On peut se demander si c’était le bon choix.
M. Macron a rappelé que la France avait beaucoup plus investi en Chine que la Chine en France, donc les investissements chinois sont certainement bienvenus en France.

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                Macron en quête de réciprocité pour sa visite en Chine



Lulu : Les dérives autoritaires du régime chinois risquent-elles d’entraîner une modification des relations sino-françaises, M. Macron étant très attaché au respect des droits de l’homme ?
Le caractère autoritaire, dictatorial du régime chinois fait partie des données de départ avec la Chine. Depuis Xi Jinping, on assiste, il est vrai, à un autoritarisme de plus en plus abusif. Voire une tentation totalitaire. La société civile est violentée, brutalisée, dans des proportions sous-estimées. M. Macron, s’il y est attaché, n’a pas pris le parti d’en faire un cheval de bataille. On est toujours sur la même ligne : la Chine est trop importante comme partenaire, comme marché. On parle de nos différences, mais sans la provoquer ni la fâcher.
Les voyages officiels dans le pays hôte ne sont pas, pour un chef d’Etat invité, le meilleur moment pour soulever des questions sensibles, comme le sort de la veuve du dissident Liu Xiaobo, placée en résidence surveillée. On a vu Emmanuel Macron être caustique avec MM. Poutine et Erdogan lors de leur venue en France. Attendons de voir si, à la faveur d’un cas particulier ou d’un événement, il ose dire les choses plus franchement à Xi Jinping.

   


Alexia : A M. Xi, comme au président égyptien Sissi, Macron a refusé de « donner des leçons » sur les droits de l’homme. Est-ce que vous pensez qu’en Chine, la stratégie d’en parler « en tête à tête » est vraiment plus efficace que d’en parler publiquement, comme le président français l’a fait valoir ?
Pour un premier voyage en Chine, il aurait été difficile d’en parler de manière très directe. En même temps, les Chinois ont longtemps eu l’habitude que les dirigeants étrangers s’expriment sur ce dossier face à leur presse quand ils étaient chez eux, c’était un peu un mal nécessaire de leur point de vue. L’ennui, c’est que la Chine est devenue tellement agressive que même ce genre de déclarations, qui n’avaient pas grande efficacité, est devenu rare. Mais moins on ose, plus on passe sous silence ces questions.
On se dit qu’il serait mieux pour les dirigeants occidentaux d’en parler chez eux, sans aucune retenue, quand un cas se pose : comme la mort de Liu Xiaobo, la condamnation de tel ou tel avocat. Mais ça aussi, ils osent de moins en moins le faire par peur des représailles. Dans le monde occidental, c’est Angela Merkel qui a pour l’instant été la plus active, la plus franche sur ces questions. Et ça paie en partie.
Autre tactique : la libération de l’artiste Ai Weiwei avait été obtenue en 2011 par une lettre conjointe des trois dirigeants européens, le Français, l’Allemand et l’Anglais. Ces actions communes devraient être plus fréquentes, elles peuvent avoir des résultats. Sinon, comme pour le dalaï-lama, la Chine punit le pays qui s’est « mal tenu » et privilégie ses rivaux, qui croient obtenir des avantages.

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                Les droits de l’homme, épine des voyages présidentiels en Chine



Célia : Le président Macron a-t-il évoqué la situation de la Corée du Nord ?
Oui, il en a parlé avec le président Xi et dans ses déclarations publiques. Le message qu’il a fait passer est que la France et la Chine ont des responsabilités, en tant que membres du Conseil de sécurité des Nations unies, en matière de contrôle de la prolifération nucléaire. Il a aussi affiché son soutien à la Chine dans la tâche qui lui incombe d’appliquer des sanctions, puisqu’elle est le plus gros partenaire de la Corée du Nord. Il s’est aussi félicité de la désescalade entre le Nord et le Sud par le sport, avec la participation de Pyongyang aux JO d’hiver de Pyeongchang, et a jeté plusieurs piques en direction de Donald Trump, très volatil sur cette question.
Nicki : Le fait qu’Emmanuel Macron a déclaré qu’il comptait revenir tous les ans en Chine ne reflète-t-il pas le déséquilibre entre ces deux nations ? Le président chinois a-t-il pour habitude de se déplacer à l’étranger ?
M. Xi s’est beaucoup déplacé durant son premier mandat de cinq ans. On peut imaginer qu’il aille une fois par an en Europe (souvent dans plusieurs pays), mais pas une fois par an en France. Ce n’est pas forcément un déséquilibre. Sous François Hollande, le principe avait été d’alterner. Cela avait été plus ou moins tenu, grâce aux sommets (COP21, G20). Angela Merkel se rend une fois par an en Chine – l’un des meilleurs clients de l’Allemagne. Il faut voir si, pour M. Macron, le jeu en vaut la chandelle. Il va peut-être s’apercevoir qu’il lui faudrait aussi soigner d’autres relations en Asie, comme avec le Japon, le Vietnam, l’Inde.
AM : D’Emmanuel Macron ou de Xi Jinping, qui avait le plus à gagner dans cette rencontre en termes d’image ?
Xi Jinping n’avait pas beaucoup à perdre, et n’a rien gagné : il est égal à lui-même, il assume son autoritarisme, son style de dirigeant communiste qui ne sort pas du cadre – d’ailleurs, il avait fait un peu plus d’efforts face à M. Obama pour apparaître dans le coup. Emmanuel Macron a plutôt bien réussi son show, dirait-on, avec des discours très inspirés, très riches de sens. L’idée d’offrir à la Chine un cheval de la garde républicaine est aussi assez forte, elle ne laisse personne indifférent, surtout quand on pense à la diplomatie du panda que Pékin utilise pour entretenir sa proximité avec des pays amis.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-18"> ¤ L’universitaire Anne-Laure Amilhat-Szary juge, dans une tribune au « Monde », que la politique du gouvernement à l’égard des étrangers sans-papiers est à la fois coûteuse et inefficace.
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Immigration : « Il est impératif d’ouvrir un débat politique de fond »

L’universitaire Anne-Laure Amilhat-Szary juge, dans une tribune au « Monde », que la politique du gouvernement à l’égard des étrangers sans-papiers est à la fois coûteuse et inefficace.



Le Monde
 |    10.01.2018 à 13h47
    |

Anne-Laure Amilhat-Szary (Professeure à l'université Grenoble Alpes, spécialiste de géographie politique)







                        



                                


                            
Tribune. Convoquer les députés La République en marche (LRM) « presque frondeurs » à Matignon, mercredi 10 janvier, pour leur répéter le bien-fondé de la mobilisation policière sur le front migratoire a-t-il un réel intérêt pour le gouvernement d’Edouard Philippe si personne ne fait l’effort de reposer ce débat désormais éculé ? Déminer les débats sur l’immigration imposerait de se demander ce que l’on va faire des 40 000 étrangers appréhendés en situation irrégulière en 2017 et du coût de cette politique.
Est-ce vraiment le rôle d’une police républicaine d’interpeller des personnes vulnérables dans les lieux établis pour leur porter urgence comme ce fut le cas à Calais, le 2 janvier, lors de contrôle d’identités au lieu défini pour l’accueil dans le cadre du Plan Grand Froid ? Pourquoi demander aux institutions d’hébergement d’urgence d’ouvrir des bureaux pour les policiers ? Les Français savent-ils ce qu’il advient des personnes ainsi arrêtées ? Du coût effectif de leur prise en charge policière ?

La dernière fois que la Cour des comptes a travaillé sur le sujet, en 2009, elle a évalué à 5 500 euros le coût moyen de rétention d’un migrant dans l’un des centres spécialisés à cet effet, ce qui représentait quelques années plus tard, à l’échelle européenne, un budget annuel de près d’un milliard d’euros. Ces chiffres concernent la prise en charge quotidienne et n’incluent pas le travail des policiers mobilisés sur ces dossiers. Il faut y ajouter des sommes non négligeables s’il y a reconduite effective à la frontière. Mais celle-ci n’intervient que dans 40 % des cas environ. Rien ne sert de s’exciter et de promettre une meilleure exécution des mesures d’expulsion…
Discours lénifiants
La reconduite aux frontières n’est en effet pas garantie par l’arrestation, car la situation migratoire irrégulière est bien plus complexe qu’il n’y paraît du point de vue du droit – lequel continue, pour quelque temps encore, on peut l’espérer,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-19"> ¤ Le président français a effectué sa première visite officielle en Chine du 8 au 10 janvier.
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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-20"> ¤ Les vingt-neuf communes ont lancé une étude pour la création d’une intercommunalité unique qui pourrait revendiquer les compétences du département.
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Le pays d’Arles s’organise face au mastodonte de la métropole Aix-Marseille Provence

Les vingt-neuf communes ont lancé une étude pour la création d’une intercommunalité unique qui pourrait revendiquer les compétences du département.



Le Monde
 |    10.01.2018 à 11h27
    |

                            Gilles Rof (Marseille, correspondance)








                        



                                


                            
Tout, sauf être absorbés par la métropole Aix-Marseille Provence (AMP). Depuis que le président de la République et le premier ministre ont ouvert le chantier des rapports entre grandes métropoles et conseils départementaux, les élus des vingt-neuf communes de l’ouest des Bouches-du-Rhône font cause commune.
Qu’ils soient communistes comme le maire d’Arles, Hervé Schiavetti, Les Républicains comme le député Bernard Reynès ou La République en marche (LRM), à l’image de la néoparlementaire Monica Michel, aucun ne veut voir leur territoire rejoindre « l’usine à gaz institutionnelle » présidée par le maire de Marseille, Jean-Claude Gaudin. Si l’hypothèse d’une fusion, totale ou partielle, de la métropole avec le conseil départemental venait à se réaliser.
Revendiquer les compétences du département
Ces communes représentent moins de 10 % de la population pour près de la moitié de la superficie des Bouches-du-Rhône. En 2016, elles ont été les seules à ne pas être enrôlées dans la nouvelle collectivité de 1,8 million d’habitants, autour d’Aix et Marseille. « Et aujourd’hui, l’évolution de celle-ci ne donne à personne l’envie d’y entrer. Nos communes seraient aspirées dans un grand trou noir, loin des sphères de gouvernance », s’inquiète M. Reynès, pourtant du même bord que M. Gaudin.
Essentiellement rural, incluant les larges espaces naturels de la Crau et de la Camargue, le pays d’Arles met en avant ses spécificités économiques, patrimoniales et culturelles, réelles. « Ce territoire se tourne plutôt vers le couloir rhodanien, le Vaucluse, le Gard… Il n’a pas le même bassin de vie qu’Aix-Marseille », abonde Monica Michel.

Le 18 décembre 2017, les élus réunis au sein du Pôle d’équilibre territorial et rural du pays d’Arles (PETR) créé en septembre 2017, ont validé le lancement d’une étude de faisabilité d’une intercommunalité unique, qui pourrait revendiquer les compétences du département. Une étape capitale dans...




                        

                        

