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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-1"> ¤ Cette notion, à laquelle les gouvernement si souvent font appel, correspond-elle à une réalité ? Trois questions au démographe Cris Beauchemin.
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L’immigration réagit-elle aux « appels d’air »?

Cette notion, à laquelle les gouvernement si souvent font appel, correspond-elle à une réalité ? Trois questions au démographe Cris Beauchemin.



Le Monde
 |    11.01.2018 à 17h00
    |

            Anne Chemin








                        



                                


                            
Cris Beauchemin est directeur de recherches à l’Institut national des études démographiques (INED), il y dirige l’unité de recherche « Migrations internationales et minorités ». Il est l’auteur, avec Mathieu Ichou, ­ d’Au-delà de la crise des migrants : décentrer le regard (Karthala, « Disputatio », 2016).
Les gouvernements qui souhaitent durcir les textes sur l’immigration invoquent souvent la notion d’« appel d’air » pour justifier leur politique. Quelle vision cette notion porte-t-elle ?
La notion d’appel d’air repose sur l’idée qu’une politique d’accueil généreuse a un effet d’attraction sur les migrants – un discours généralement assorti de l’idée qu’ils sont trop nombreux. Mais qu’est-ce que ce « trop » ? Les Français ont une vision assez déformée des migrations : ils situent la part des étrangers vivant en France à 30 %, alors qu’elle est d’environ 10 %. L’image de l’appel d’air suggère en outre que les migrations sont à sens unique alors que cette représentation est fausse : selon l’OCDE, dix ans après leur arrivée, 30 % à 50 % des migrants sont déjà repartis et, selon l’Insee, le volume des départs de France a triplé entre 2006 et 2013, ce qui a entraîné une diminution significative du solde migratoire. Enfin, la notion d’appel d’air suggère que les migrants sont irrésistiblement attirés vers la France, ce qui, là encore, n’est pas vrai : l’Hexagone n’est pas une destination de premier choix en Europe, comme on l’a vu lors de la crise des migrants de 2015. Les camps qui se perpétuent aux alentours de Calais sont d’ailleurs peuplés de personnes qui veulent partir au Royaume-Uni.
La notion d’appel d’air repose sur l’idée que les migrants choisissent leur pays de destination en comparant leurs politiques migratoires. Est-ce le cas ?
Les politiques migratoires ne sont qu’un facteur d’explication parmi d’autres : il faut aussi prendre en compte le contexte économique du pays et les caractéristiques...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-2"> ¤ Alors que Donald Trump pourrait décider de nouvelles sanctions, la « troïka » juge que le texte de 2015 garantit « la préservation de la paix »
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A Bruxelles, les Européens répètent leur soutien à l’accord nucléaire avec l’Iran

Alors que Donald Trump pourrait décider de nouvelles sanctions, la « troïka » juge que le texte de 2015 garantit « la préservation de la paix »



Le Monde
 |    11.01.2018 à 15h22
 • Mis à jour le
11.01.2018 à 15h31
    |

            Jean-Pierre Stroobants (Bruxelles, bureau européen)








                        



   


A la veille d’une possible décision de Donald Trump sur le rétablissement de sanctions économiques contre l’Iran, les responsables européens ont voulu redire, jeudi 11 janvier, leur soutien très ferme à l’accord sur le nucléaire conclu en 2015 avec Téhéran, sous l’égide des Etats-Unis, de la France, de la Grande-Bretagne, de l’Allemagne, de la Chine et de la Russie.

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          Divisions transatlantiques sur l’Iran



A l’issue d’une réunion convoquée à la hâte avec les ministres français, britannique et allemand des affaires étrangères, la haute représentante Federica Mogherini a déclaré que l’accord avec Téhéran « marche ». « Il rend le monde plus sûr et empêche une course à l’armement nucléaire potentielle dans la région, a-t-elle indiqué après une rencontre de la « troïka » européenne avec le chef de la diplomatie iranienne, Mohammad Javad Zarif. Nous attendons de toutes les parties qu’elles continuent de pleinement mettre en œuvre cet accord. »
« Ce texte est essentiel et il n’a pas d’alternative », soulignait quant à lui le ministre français des affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, estimant qu’il n’existait pas, pour les Etats-Unis non plus, de « raison particulière » de le remettre en question. D’autant plus, enchaînait son homologue allemand Sigmar Gabriel, que la Corée du Nord tente d’acquérir un armement nucléaire et que la remise en question de l’accord avec l’Iran serait « un très mauvais signal » à envoyer au monde dans ce contexte.

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D’autres questions, dont celle de la répression des manifestations qui ont touché le pays fin décembre-début janvier, ont-elles été abordées ? Le sujet des droits humains aurait bien été évoqué mais « isolé » du reste de la discussion, selon une source diplomatique. Les journalistes n’ont pu poser aucune question, ni sur ce sujet ni sur d’autres.
« Une forme de préservation de la paix »
Selon M. Le Drian, la réunion avec M. Zarif ne visait cependant pas à « cacher les désaccords » avec Téhéran sur son rôle dans la région ou son programme d’armement balistique. Quant au respect des droits et des libertés, le ministre a redit la « vigilance » de la France. Ces points doivent toutefois être découplés de la question nucléaire et d’un accord qui est « une forme de préservation de la paix », estime-t-il. Pour le ministre britannique Boris Johnson, c’est bien « en parallèle » qu’il convient d’aborder avec le pouvoir iranien le débat sur son rôle en Syrie, au Yémen, ou au Liban.
Les Européens, cornaqués par Mme Mogherini qui entend sauver un « deal » auquel elle a personnellement contribué, voulaient surtout afficher leur unité alors que Donald Trump pourrait mettre à mal dix ans de négociations ardues qui ont également impliqué la Russie et la Chine. Et ils entendaient convaincre, en outre, que la population iranienne bénéficiera, à terme, d’une amélioration de ses conditions de vie grâce à l’accord.

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Le président américain doit indiquer prochainement – vendredi 12 janvier en principe – s’il renoue avec la politique de sanctions suspendue après le démantèlement d’installations d’enrichissement d’uranium notamment. Téhéran, soutenu aussi par Moscou, a promis des représailles.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-3"> ¤ Face à leur refus de donner leurs empreintes en Italie, 38 migrants ont été « maltraités, battus, victimes de chantage » et même « torturés », assurent leurs avocats.
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Pau : des migrants portent plainte pour tortures et mauvais traitements subis en Italie

Face à leur refus de donner leurs empreintes en Italie, 38 migrants ont été « maltraités, battus, victimes de chantage » et même « torturés », assurent leurs avocats.



Le Monde
 |    11.01.2018 à 13h53
   





                        


Trente-huit migrants, essentiellement soudanais, ont déposé plainte jeudi 11 janvier auprès du procureur de Pau, pour « actes de torture et traitements humains dégradants », qu’ils auraient subis à leur arrivée en Italie, a-t-on appris auprès de l’une de leurs avocats, Isabelle Casau.
Ces 37 Soudanais et un Erythréen sont presque tous arrivés par la mer via la Libye, accostant sur l’île de Lampedusa ou directement en Sicile, où ils ont d’abord refusé de donner leurs empreintes, comme le règlement communautaire dit « Dublin » le prévoit, de manière à ce que le pays d’arrivée d’un migrant dans l’Union européenne (UE) soit aussi celui qui gère sa demande d’asile. Face à ce refus, ces 38 migrants « ont été maltraités, d’autres battus, très souvent emprisonnés arbitrairement, victimes de chantage, privés d’eau et de nourriture », assure Me Casau, selon qui deux d’entre eux relatent des faits de torture, « l’un ayant eu un bras cassé et l’autre les testicules broyés ».
La préfecture prépare leur retour en Italie
Transférés dans des camps une fois leurs empreintes finalement prises, ces migrants, tous considérés comme majeurs, se sont enfuis et, durant la mi-2017, ont gagné la France via Vintimille, voulant aujourd’hui rester dans le pays, explique l’avocate. Or la préfecture prépare aujourd’hui leur retour en Italie, pays d’arrivée. Ils sont hébergés dans un centre de la commune de Gelos (Pyrénées-Atlantique) et dans un ancien hôtel Formule 1 de Pau, dans le cadre du Prahda (programme d’accueil et d’hébergement des demandeurs d’asile).
Chaque plainte vise « les personnes physiques qui ont commis ces tortures, traitements cruels, inhumains ou dégradants, ainsi que leurs responsables administratifs et politiques italiens », selon l’un de ces documents qu’a pu consulter l’Agence France-Presse. Le tribunal de Pau est-il compétent ? « Les atteintes sont tellement graves qu’il y a compétence universelle de toutes les juridictions », assure Me Casau, qui argue que la justice peut « au moins entendre » les migrants. Les plaintes s’appuient notamment sur le code pénal français, la Convention européenne des droits de l’homme et la Convention contre la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants, adoptée dans le cadre des Nations unies.

Le règlement Dublin
Le règlement européen Dublin III du 26 juin 2013 établit que, sauf critères familiaux, le pays responsable de la demande d’asile d’un migrant est le premier pays qui l’a contrôlé. Ses empreintes sont enregistrées dans le fichier Eurodac.
La procédure. Un migrant qui veut faire une demande d’asile en France doit d’abord s’enregistrer à la préfecture, qui consulte Eurodac pour déterminer si un autre pays est responsable. Si c’est le cas, le migrant est placé en « procédure Dublin », le temps de demander à l’État responsable de le reprendre. Durant cette période, il dispose de certains droits (dont l’allocation pour demandeur d’asile) mais peut être assigné à résidence ou placé en rétention. S’il ne se rend pas à plusieurs convocations, il est déclaré « en fuite » et perd ses droits.
Le transfert peut être décidé si l’État responsable donne son accord. Si cette expulsion n’est pas réalisée dans les six mois après la réponse (dix-huit mois en cas de fuite), le migrant peut faire sa demande d’asile en France.





                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-4"> ¤ Malgré une croissance solide, l’économie du pays, qui a pris la présidence tournante de l’Union européenne le 1er janvier, reste minée par de nombreux problèmes structurels.
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La Bulgarie peine à rattraper les standards européens

Malgré une croissance solide, l’économie du pays, qui a pris la présidence tournante de l’Union européenne le 1er janvier, reste minée par de nombreux problèmes structurels.



Le Monde
 |    11.01.2018 à 12h27
    |

            Marie Charrel








                        



                                


                            

Le 1er janvier, la Bulgarie a pris la présidence de l’Union européenne (UE) pour six mois. Après la cérémonie d’inauguration, qui devait se tenir les 11 et 12 janvier, la capitale Sofia accueillera les nombreuses délégations de commissaires européens, ministres et observateurs – plus de 20 000 personnes au total.
Elle devra piloter des dossiers aussi brûlants que l’accueil des migrants et la nouvelle phase des négociations sur le Brexit avec le Royaume-Uni. Un défi pour ce petit pays de 7,1 millions d’habitants, le plus pauvre des 28 Etats membres. « Et dont l’économie est, à bien des égards, très éloignée des standards européens », souligne Ruslan Stefanov, du Centre pour l’étude de la démocratie, un institut d’études de Sofia.

Située le long de la péninsule balkanique, à la frontière extérieure de l’UE, la Bulgarie profite d’une conjoncture plutôt bonne depuis quelques mois. En 2017, elle devrait enregistrer une croissance de 3,9 %, au plus haut depuis dix ans, selon les prévisions de la Commission européenne.
« Notre pays bénéficie de la bonne santé économique retrouvée de ses partenaires européens, qui captent les deux tiers de nos exportations », résume Desislava Nikolova, économiste en chef à l’IME, un think tank de Sofia. Le pays exporte notamment des matières premières des biens d’équipement et des pièces automobiles. « Ces dix dernières années, l’industrie locale s’est en partie intégrée aux chaînes de production européennes », ajoute Mme Nikolova.
Le pays, qui a rejoint l’UE en 2007, attire de plus en plus de services informatiques, séduits par les bas salaires et le faible taux d’imposition sur les sociétés (10 %). Hewlett Packard et KPMG ont ouvert des centres de services près de Sofia. Uber y a implanté son centre de développement.
« Les efforts se sont relâchés »
La croissance est aussi portée par le dynamisme de la consommation. A 6,4 %, le taux de chômage...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-5"> ¤ Editorial. L’IG Metall, le plus grand syndicat allemand, a lancé un mouvement social pour obtenir la semaine de 28 heures et une hausse des salaires de 6%.
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En Allemagne, travailler moins pour vivre mieux

Editorial. L’IG Metall, le plus grand syndicat allemand, a lancé un mouvement social pour obtenir la semaine de 28 heures et une hausse des salaires de 6%.



Le Monde
 |    11.01.2018 à 11h42
   





                        


Editorial du « Monde ». « Gagner plus pour ne rien faire. » Rainer Dulger, le président de la fédération patronale de l’industrie allemande, n’hésite pas à ironiser sur les revendications de l’IG Metall. Le plus grand syndicat allemand vient en effet de se lancer dans une épreuve de force en réclamant la semaine de 28 heures, contre 35 actuellement. Une demande extravagante, répond le patronat, déclenchant ainsi un conflit social qui s’annonce long. Du jamais-vu depuis la réforme du marché du travail lancée en 2003 par Gerhard Schröder.
Les 3,9 millions de salariés de la métallurgie veulent toucher les fruits des efforts consentis depuis quinze ans. Mais, contrairement à 2003, ce ne sont plus les patrons qui demandent davantage de flexibilité, mais les salariés qui souhaitent que l’entreprise s’adapte à leur vie personnelle. Il s’agit de proposer à ceux qui le désirent de réduire leur temps de travail sur une période de deux ans pour s’occuper d’un enfant ou d’un parent âgé, le tout assorti d’une prime compensatrice de 200 euros. Parallèlement, le syndicat revendique une hausse de salaire de 6 % pour tous.
Les employeurs s’inquiètent surtout des conséquences d’une nouvelle réduction du temps de travail (RTT), alors que la pénurie de main-d’œuvre qualifiée se fait cruellement sentir sous le double effet du vieillissement de la population et d’une économie au bord de la surchauffe. L’économie a progressé de 2,2 % en 2017 et pourrait même accélérer en 2018, à 2,5 %. Les entreprises ont de plus en plus de mal à honorer des carnets de commandes qui ne désemplissent pas.
Un problème de riches
La marge de manœuvre du patronat est donc étroite. Son principal argument consiste à souligner qu’il serait discriminatoire d’accorder une compensation financière aux candidats aux 28 heures, pendant que ceux qui ont déjà des horaires aménagés ne toucheraient rien.
A l’heure où les patrons français cherchent à regagner la flexibilité perdue lors du passage aux 35 heures, le cas allemand a de quoi faire réfléchir. Les contempteurs de la RTT n’ont-ils pas martelé que la France faisait fausse route en voulant partager le travail pour créer de l’emploi ? Mais, qu’on ne s’y trompe pas : la métallurgie allemande fait face à un problème de riches, difficilement transposable à la France.
D’abord, la mesure concerne un secteur industriel qui est au plein-emploi. Même si, à côté des salariés défendus par l’IG Metall, 50 % des entreprises allemandes restent sans convention collective, tandis que, dans les services, la précarité est souvent la règle. L’économie allemande est à deux vitesses. Avec le risque qu’une victoire de l’IG Metall accentue plus encore les inégalités.

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          La croissance s’accélère en Allemagne : 2,2 % en 2017



Ensuite, si le syndicat réclame les 28 heures, c’est avant tout pour attirer à lui de nouveaux adhérents en rajeunissant et en féminisant sa base, pas pour faire baisser le chômage, comme c’était l’idée en France.
Le principal intérêt du rapport de force qui se joue en Allemagne est qu’il ne porte pas sur des revendications purement économiques, mais sur des aspirations sociétales. Celles-ci ont été formalisées par le syndicat à la suite d’enquêtes à grande échelle. Tout le contraire de la loi française, qui avait imposé d’en haut une réduction généralisée de la RTT. L’IG Metall a compris que le bien-être social doit être précédé par la prospérité économique. La France n’a pas procédé dans cet ordre. Pas étonnant que, de ce côté du Rhin, on discute encore de la suppression des 35 heures, tandis que, de l’autre, on cherche à passer aux 28 heures.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-6"> ¤ A peine entré en application, le texte suscite les critiques de plusieurs partis politiques, de l’AfD aux Verts, au nom de la liberté d’expression.
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Polémique en Allemagne sur une loi contrôlant les réseaux sociaux

A peine entré en application, le texte suscite les critiques de plusieurs partis politiques, de l’AfD aux Verts, au nom de la liberté d’expression.



Le Monde
 |    11.01.2018 à 11h15
    |

            Thomas Wieder (Berlin, correspondant)








                        



                                


                            

L’une des premières tâches du prochain gouvernement allemand sera peut-être de remettre sur le métier la dernière loi adoptée par le gouvernement sortant. Depuis qu’elle est entrée en vigueur, le 1er janvier, la loi sur le contrôle des réseaux sociaux (« NetzDG ») suscite en effet une telle opposition que Steffen Seibert, le porte-parole de la chancellerie, a déjà annoncé qu’une « évaluation très précise » de son application serait faite rapidement, et que « des conséquences seront tirées ». « La liberté d’opinion est ancrée dans la Constitution allemande et constitue un bien extrêmement précieux aux yeux du gouvernement », a-t-il déclaré, lundi 8 janvier, lors d’un point presse.
Promu par le ministre social-démocrate de la justice, Heiko Maas, ce texte impose aux plates-formes d’échange sur Internet – comme Twitter, Facebook, YouTube ou Instagram – de supprimer les messages dont le contenu est « manifestement illégal ». Si elles ne le font pas dans les vingt-quatre heures qui suivent leur signalement par des utilisateurs, elles s’exposent à des amendes pouvant atteindre 50 millions d’euros.
Rare unanimité
Les premiers cas pratiques n’ont pas tardé. Dès le 1er janvier, Twitter a ainsi effacé un message de la députée Beatrix von Storch, membre du parti d’extrême droite Alternative pour l’Allemagne (AfD), dans lequel elle s’indignait d’un Tweet posté, la veille, par la police de Cologne dans plusieurs langues dont l’arabe. « [La police] s’adresse-t-elle aux hordes d’hommes barbares, musulmans et violeurs pour tenter de les amadouer ? », demandait l’élue, dont le compte a été bloqué pendant une douzaine d’heures. Depuis, l’AfD ne cesse de fustiger une loi qui, selon son coprésident, Alexander Gauland, rappelle les « méthodes de la Stasi », la police politique de l’ex-Allemagne de l’Est.
Si le parti d’extrême droite avait été la seule « victime » de cette...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-7"> ¤ Avant d’être cuisinés, les homards transalpins devront désormais être assommés.
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La Suisse interdit la plongée dans l’eau bouillante des homards vivants

Avant d’être cuisinés, les homards transalpins devront désormais être assommés.



Le Monde
 |    11.01.2018 à 09h54
 • Mis à jour le
11.01.2018 à 11h03
   





                        



   


Branle-bas de combat dans les cuisines helvétiques, le gouvernement suisse a interdit, mercredi 10 janvier, la pratique culinaire consistant à plonger les homards vivants dans l’eau bouillante, considérée comme cruelle. Cuisiniers et gastronomes devront désormais étourdir les crustacés au préalable. Les importateurs et les poissonniers devront également améliorer le confort du homard durant son transport et sa détention.
Dans le cadre d’une révision des lois relatives à la protection des animaux, le gouvernement fédéral annonce qu’à compter du 1er mars, « la pratique consistant à plonger les homards vivants dans l’eau bouillante, commune dans les restaurants, ne sera plus autorisée ». Les homards « devront désormais être étourdis avant d’être mis à mort », expose l’ordonnance émise par le gouvernement fédéral. Selon la télévision publique RTS, seuls les chocs électriques ou « la destruction mécanique du cerveau » seront autorisés.
« Même en couvrant la marmite et en s’en détournant, on peut entendre les cognements et claquements du homard contre la paroi. Ou encore les pinces de la créature raclant la marmite. En d’autres termes, le homard se comporte pas mal comme vous et moi si nous étions plongés dans de l’eau bouillante », notait dans les années 2000 l’écrivain et journaliste américain David Foster Wallace alors qu’il assistait au spectacle de milliers de homards cuisinés au Lobster Maine Festival, dans le Maine (Etats-Unis).
Ses systèmes nerveux complexes
Les défenseurs des droits des animaux et des scientifiques qui ont travaillé depuis sur la question estiment que les homards et les autres crustacés possèdent des systèmes nerveux complexes et qu’ils ressentent vraisemblablement de la douleur lorsqu’ils sont ébouillantés. Selon l’ordonnance adoptée en Suisse, les crustacés ne pourront également plus être transportés sur de la glace ou de l’eau glacée et devront être maintenus dans leur « environnement naturel ». Cette législation servirait de compromis entre les gastronomes et les défenseurs de la cause animale, selon Le Temps. Ces derniers souhaitant l’arrêt pur et simple de l’importation de homards vivants en Suisse.
Maya Graf, du groupe écologiste suisse et à l’origine d’une motion visant cet objectif, s’est appuyée sur une récente étude menée par l’Association suisse des vétérinaires cantonaux (ASVC) portant sur la pêche, le transport, la détention et la mise à mort de homards destinés à être consommés. Celle-ci montre que la façon dont sont traités les homards contrevient au droit en vigueur : « D’après les connaissances actuelles, ces crustacés solitaires disposent d’un système nerveux complexe et sont sensibles à la douleur. Ils sont attrapés par milliers, plusieurs mois avant d’être consommés, et sont ensuite stockés provisoirement dans des entrepôts frigorifiques, sans eau ni nourriture. Confinés dans des espaces étroits, ils sont condamnés à souffrir sans pouvoir bouger. Leur vie connaît ensuite une fin atroce dans un bain d’eau bouillante », peut-on lire dans le texte législatif. Et de conclure : « Ni le goût, ni l’hygiène ne justifient le fait que les homards soient importés vivants. »
Une interdiction pure et simple serait cependant contraire à l’accord vétérinaire bilatéral conclu entre la Suisse et l’Union européenne. Une telle interdiction est également soumise à des exigences strictes posées tant par l’Organisation mondiale du commerce que par de nombreux accords de libre-échange.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-8"> ¤ L’héritier du trône britannique, adversaire de l’architecture moderne, développe sur ses terres du duché de Cornouailles des cités conçues comme des villages d’antan.
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En Angleterre, des villes estampillées « prince Charles »

L’héritier du trône britannique, adversaire de l’architecture moderne, développe sur ses terres du duché de Cornouailles des cités conçues comme des villages d’antan.



Le Monde
 |    10.01.2018 à 14h00
 • Mis à jour le
11.01.2018 à 12h11
    |

            Grégoire Allix (Newquay et Dorchester (Grande-Bretagne), envoyé spécial)








                        



                                


                            

Assis face à un feu de cheminée factice dans leur salon de Newquay, sur la côte de Cornouailles (Grande-Bretagne), Angela et Brian Keer sortent quelques photos tout en servant le thé. Sur les clichés, Brian, en bermuda sur le pas de sa porte, serre la main du prince Charles, abrité sous un grand parapluie. « Il est venu ici en visite en juillet, il pleuvait à verse, raconte le postier retraité. Je l’ai salué, il s’est approché et m’a demandé si le quartier me plaisait, si on était bien installés. »
La question n’était pas de pure politesse : ce quartier tout neuf aux allures de village d’autrefois, où Angela et Brian Keer venaient d’acheter leur petite maison de trois chambres avec jardinet, c’est le prince Charles lui-même qui l’a inspiré, lui qui a programmé sa construction sur ses terres du duché de Cornouailles, lui encore qui en contrôle les moindres détails pour y chasser toute trace visible de modernité.
L’héritier du trône, 24e duc de Cornouailles, n’a jamais manqué une occasion de dire publiquement tout le mal qu’il pensait de l’architecture contemporaine – y compris au plus éminent représentant britannique de la profession, Sir Norman Foster. Prince bâtisseur, Charles s’est donc attelé non pas à ériger des gratte-ciel ou des musées high-tech, mais à recréer de toutes pièces les bonnes vieilles villes d’antan : des rues biscornues à priorité piétonne, des quartiers denses mêlant habitat, commerces et activités, une architecture traditionnelle et à taille humaine, à l’opposé du monstre froid des métropoles modernes.
« Comme un vieux bourg »
Ces quartiers doivent exprimer « une sensation d’intemporalité, une tradition vivante », pour créer un « puissant sentiment d’identité locale et de communauté », revendique le prince Charles dans les maximes qui ponctuent le site Internet de sa fondation. Car pour mettre en œuvre sa « vision », le fils aîné d’Elizabeth II dispose...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-9"> ¤ Des centaines de femmes originaires du Nigeria sont victimes des réseaux de prostitution européens. Trois d’entre elles, qui tentent de sortir de cet enfer grâce un atelier de couture, témoignent.
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Jude, migrante nigériane : « Quand tu te prostitues, ta vie ne tient qu’à un fil »


Par                                            Emile Costard




LE MONDE
              datetime="2018-01-10T13:10:51+01:00"

        Le 10.01.2018 à 13h10

     •
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        Mis à jour le 10.01.2018 à 13h42






Durée : 06:44 | 

Originaires de Benin City, une ville située dans l’Etat d’Edo, dans le sud-ouest du Nigeria, Jude, Ellen et Blessing racontent au Monde Afrique l’histoire d’une fausse promesse : celle de l’espoir d’une vie meilleure en Europe. Comme elles, plusieurs centaines de femmes partent chaque année pour se retrouver finalement sur le trottoir en France, en Italie, en Grèce ou en Allemagne, au péril de leur vie. A Paris, l’association Aux captifs, la libération les aident à apprendre le métier de couturière pour sortir des réseaux de traite des êtres humains.


                

                     Tunisie : des manifestations anti-austérité émaillées de heurts

                

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                     Qui est Mohamed Salah, le Ballon d’or africain 2017 ?


<article-nb="2018/01/11/19-10">
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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-10"> ¤ Lors d’un remaniement, le premier ministre polonais, Mateusz Morawiecki, a écarté des ministres en conflit avec l’UE, avant de rencontrer Jean-Claude Juncker.
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Bruxelles et Varsovie baissent le ton

Lors d’un remaniement, le premier ministre polonais, Mateusz Morawiecki, a écarté des ministres en conflit avec l’UE, avant de rencontrer Jean-Claude Juncker.



Le Monde
 |    10.01.2018 à 11h05
 • Mis à jour le
11.01.2018 à 09h50
    |

                            Intérim (à Varsovie), 
Cécile Ducourtieux (Bruxelles, bureau européen) et 
Jean-Pierre Stroobants (Bruxelles, bureau européen)








                        



                                


                            

Un dîner « amical » qui, mardi 9 janvier, n’aura pas totalement rapproché les points de vue, mais qui était censé calmer le jeu après le coup de semonce tiré le 20 décembre 2017 par la Commission de Bruxelles : c’est ainsi, à en croire les deux parties, qu’il faut interpréter la rencontre entre le premier ministre polonais, Mateusz Morawiecki, et le président du collège européen, Jean-Claude Juncker. Les deux responsables sont censés se revoir avant la fin février.
Une poignée de main et une brève séance de pose pour les caméras : on ne célébrait pas vraiment des retrouvailles mardi soir, mais on insistait sur le fait que Bruxelles et Varsovie « ne sont pas en guerre », comme l’avait dit un peu plus tôt le porte-parole de M. Juncker.
Le 20 décembre 2017, le premier vice-président de la Commission, Frans Timmermans – présent au dîner –, avait annoncé, « le cœur lourd », qu’il demandait au Conseil (les Etats membres) des sanctions contre un pays accusé d’avoir adopté 13 lois litigieuses bafouant l’indépendance de la justice. Si elle va à son terme – c’est peu probable car cela suppose l’unanimité des pays membres que rendra impossible un probable veto hongrois –, la procédure pourrait priver la Pologne de ses droits de vote à Bruxelles.

Profils techniques
Avant sa venue dans la capitale belge, M. Morawiecki, un ancien banquier anglophone et familier des contacts avec l’étranger, a remanié son gouvernement afin de tenter de le rendre plus présentable aux yeux de l’UE et des investisseurs internationaux. L’opération a entraîné le départ de plusieurs ministres dont les déclarations à Bruxelles avaient créé la polémique.
Défenseur inconditionnel des « valeurs polonaises traditionnelles », Witold Waszczykowski est remplacé aux affaires étrangères par l’universitaire Jacek Czaputowicz. A l’environnement, Jan Szyszko avait placé sa politique sous le mot d’ordre biblique « Assujettissez...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-11"> ¤ Analyse. La Cour suprême norvégienne a condamné un éleveur sami à abattre une partie de son troupeau de rennes. Cette décision réveille le ressentiment de ce peuple autochtone face aux industriels qui grignotent leurs terres.
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La Laponie, terre de conflit

Analyse. La Cour suprême norvégienne a condamné un éleveur sami à abattre une partie de son troupeau de rennes. Cette décision réveille le ressentiment de ce peuple autochtone face aux industriels qui grignotent leurs terres.



Le Monde
 |    10.01.2018 à 08h50
 • Mis à jour le
10.01.2018 à 09h48
    |

            Olivier Truc (Stockholm, correspondance)








                        



                                


                            
Analyse. « J’ai entendu beaucoup de gens raconter que quelque part, par-là, il y a une montagne d’or, que les Lapons gardent secrète, car sa révélation ne leur apporterait que du malheur. Il faudrait alors abattre leurs forêts pour alimenter les fourneaux et ils seraient obligés de partir avec leurs rennes et ne pourraient peut-être pas revenir si facilement. » On doit ce récit à Johan Ferdinand Körningh, un missionnaire catholique qui traverse en 1659 et 1660 ces contrées presque inaccessibles que les Suédois ont commencé à coloniser pour exploiter les minerais dont regorge la Laponie. En 2018, l’exploitation des ressources de la région bat son plein, et les Sami sont confrontés au même choix qu’au XVIIe siècle.
Dernier épisode en date, venu alimenter leur ressentiment : le verdict de la Cour suprême de Norvège qui a condamné le 21 décembre 2017 un éleveur de rennes sami, Jovsset Ante Sara, à abattre une partie de son troupeau pour le faire passer de 116 à 75 rennes. Le jeune éleveur avait gagné en première instance et en appel contre l’Etat norvégien. Mais la Cour suprême a estimé que Sara devait savoir à quoi s’attendre en devenant membre du clan qu’il a rejoint, puisque celui-ci avait déjà dépassé son quota de rennes. Jovsset Ante Sara, soutenu par sa sœur artiste et par un collectif, a décidé de ne pas céder. Il va porter l’affaire devant le Conseil des droits de l’homme des Nations unies et refuse d’abattre ses rennes.

Pour les Sami, ce verdict a un arrière-goût amer quand on sait qu’en 2017 la Norvège officielle a célébré, en grande pompe, le centenaire de la première rencontre politique du peuple sami le 6 février 1917. L’un des thèmes centraux était, déjà, la protection de l’élevage de rennes contre l’Etat. Des chercheurs sami ont publié en 2017 un recueil d’études montrant que le nombre trop élevé de rennes en Laponie était un mythe entretenu par les autorités pour presser les Sami....




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-12"> ¤ Dans une tribune au « Monde », 249 députés, de La République en marche à La France insoumise, parmi lesquels Jean-Luc Mélenchon et Marielle de Sarnez, s’opposent à la réintroduction de la pêche électrique sur laquelle doit se prononcer le Parlement européen le 16 janvier.
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Pêche électrique : « Cette pratique fait honte à l’Europe et nous décrédibilise sur la scène internationale »

Dans une tribune au « Monde », 249 députés, de La République en marche à La France insoumise, parmi lesquels Jean-Luc Mélenchon et Marielle de Sarnez, s’opposent à la réintroduction de la pêche électrique sur laquelle doit se prononcer le Parlement européen le 16 janvier.



Le Monde
 |    10.01.2018 à 06h00
 • Mis à jour le
10.01.2018 à 09h06
    |

                            Collectif








                        



                                


                            
Tribune. A l’heure où les Etats européens ont souscrit aux objectifs de l’Union européenne et de l’ONU visant à mettre en œuvre une pêche durable, la pêche électrique qui consiste à capturer des poissons à l’aide d’un courant électrique (principe du taser), interdite ailleurs dans le monde, émerge en Europe à contretemps de l’histoire.
Le Parlement européen, qui aura à statuer le 16 janvier sur cette pratique doit désormais interdire définitivement l’usage de la pêche électrique dont les scientifiques, les pêcheurs et de nombreux pays dénoncent les effets.

En 1998, alors que l’Union européenne interdisait les méthodes de pêche les plus nocives comme la pêche aux explosifs, elle interdisait également la pêche électrique. Toutefois, dès 2007, des dérogations ont été accordées sans aucun fondement scientifique pour l’utilisation de la pêche électrique en Mer du Nord, permettant aux Etats membres d’en équiper jusqu’à 5 % de leur flotte de chaluts à perche soi-disant à des fins d’expérimentation. Le motif initial d’expérimentation, largement dépassé, est fallacieux car la quasi-intégralité de la flotte de chalutiers à perche ciblant la sole a été convertie à l’électricité.
Lobbying des Pays-Bas
Le lobbying intense réalisé par les pêcheurs néerlandais et par le gouvernement des Pays-Bas met en avant un plaidoyer hypocrite en arguant que la technique est moins coûteuse en carburant et moins dommageable pour les fonds marins, grâce à une comparaison avec l’un des engins de pêche les plus destructeurs qui existent : le chalut à perche. Les chaluts électriques demeurent des engins gigantesques, lourds et traînés sur les fonds, qui détruisent les habitats marins en plus de mettre en péril l’ensemble de l’écosystème et les pêcheurs qui en dépendent. 
La situation actuelle en Mer du Nord alarme scientifiques et pêcheurs responsables. Tous témoignent de lourdes conséquences de l’usage du courant électrique sur...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-13"> ¤ Des rescapés d’une embarcation qui a coulé mardi font état d’une centaine de personnes disparues et sans doute noyées au large des côtes libyennes.
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Une centaine de migrants disparus en Méditerranée

Des rescapés d’une embarcation qui a coulé mardi font état d’une centaine de personnes disparues et sans doute noyées au large des côtes libyennes.



Le Monde
 |    10.01.2018 à 01h07
 • Mis à jour le
10.01.2018 à 07h35
   





                        



   


Entre quatre-vingt-dix et cent migrants sont portés disparus en Méditerranée dans le naufrage de leur embarcation de fortune au large de la Libye, a fait savoir mardi 9 janvier la marine libyenne, se fondant sur le récit de survivants.
L’embarcation, un canot pneumatique, transportait plus d’une centaine de personnes, mais seules dix-sept d’entre elles, dont des femmes et des enfants, ont pu être secourues, a déclaré le général Ayoub Kacem, porte-parole de la marine. Les survivants sont restés plusieurs heures accrochés à des bouts du canot jusqu’à l’arrivée des secours.
Le naufrage a eu lieu au large de la ville d’al-Khoms, à une centaine de kilomètres à l’est de la capitale libyenne, a précisé M. Kacem.
La marine libyenne a ajouté avoir secouru 267 autres migrants de diverses nationalités africaines qui étaient à bord de deux embarcations en détresse au large de la ville de Zawiya, à une cinquantaine de kilomètres à l’ouest de Tripoli.
Conditions météorologiques compliquées
M. Kacem déplore le manque de moyens qui a compliqué les opérations de sauvetage déjà rendues difficiles par le mauvais temps .
Durant le week-end dernier, dix migrants avaient péri et plus d’une cinquantaine d’autres, parmi lesquels de jeunes enfants, avaient disparu au large de la Libye, selon un bilan recueilli par plusieurs organismes auprès de survivants.
En 2017, au moins 3 116 migrants sont morts ou disparus en tentant de traverser la Méditerranée pour rejoindre l’Europe, dont 2 833 au large de la Libye, selon un relevé de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM).
Depuis l’été, les tentatives de traversée sont en forte baisse en raison des efforts fournis par l’Italie pour empêcher les migrants de prendre la mer à la suite d’accords avec les autorités et des milices libyennes.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-14"> ¤ Opposer les « bons » immigrés portugais et les « mauvais » Arabes à l’occasion des incidents de Champigny-sur-Marne (Val-de-Marne) est malhonnête et ne correspond pas à la réalité, témoigne un collectif de Portugais dans une tribune au « Monde ».
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Bidonville de Champigny : « Nous nous opposons à l’instrumentalisation de notre histoire et de nos mémoires »

Opposer les « bons » immigrés portugais et les « mauvais » Arabes à l’occasion des incidents de Champigny-sur-Marne (Val-de-Marne) est malhonnête et ne correspond pas à la réalité, témoigne un collectif de Portugais dans une tribune au « Monde ».



Le Monde
 |    09.01.2018 à 17h51
 • Mis à jour le
10.01.2018 à 10h21
    |

Victor Pereira (Historien) et Hugo dos Santos (Journaliste)







                        



                                


                            
Tribune. Il n’est pas rare de s’entendre dire que les immigrés portugais, en France, ne font pas d’histoires. D’une manière générale, cette immigration sert aujourd’hui d’exemple à ceux qui cherchent à mettre en avant une stratégie d’« intégration réussie », voire à mettre en avant une figure de « bon » immigré, un peu comme un professeur désignerait le chouchou de la classe.

Les incidents qui se sont déroulés à Champigny-sur-Marne à l’occasion du réveillon du Nouvel An ont été instrumentalisés en ce sens par le journaliste du Figaro Alexandre Devecchio, l’universitaire Laurent Bouvet et le journaliste Benoît Rayski. S’appuyant sur un article du Parisien, daté du 21 juin 2015, le premier déclare sur Twitter que « Champigny était le plus grand bidonville de France. Plus de 10 000 Portugais y vivaient dans la boue. Pas d’eau, pas d’électricité, etc. Et pas de violence, ni association pour crier au racisme. Qui peut dès lors nier la désintégration française ? »
Allusion prétendument historique
Cette allusion prétendument historique est reprise deux jours plus tard par Laurent Bouvet sur le plateau de « 28 minutes » d’Arte, lors d’un débat portant sur la laïcité. Voulant démontrer que, de nos jours, le « problème des banlieues » ne serait plus seulement « social », il invoque les bidonvilles portugais où il « n’y avait pas de relations de violence ». Enfin, sur le site Atlantico.fr, Benoît Rayski reprend ce même article du Parisien pour, également, opposer des populations immigrées et/ou issues de l’immigration. Selon lui, parmi les descendants de Portugais « aucun d’entre eux n’a appris à détester la France », mais « après eux, d’autres populations sont venues ».
Nous, immigrés et Français descendants d’immigrés portugais, nous ne pouvons tolérer ces affirmations pour deux raisons principales.
D’abord, s’il y a un bon élève, il y a forcément...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-15"> ¤ En Europe, la grande majorité des véhicules vendus par le premier constructeur automobile britannique sont des… diesel.
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Jaguar Land Rover s’érige contre les mesures anti-diesel

En Europe, la grande majorité des véhicules vendus par le premier constructeur automobile britannique sont des… diesel.



Le Monde
 |    09.01.2018 à 15h05
    |

            Eric Albert (Londres, correspondance)








                        



   


Jaguar Land Rover (JLR) a osé dire tout haut ce que beaucoup de dirigeants de l’industrie automobile pensent tout bas. En présentant lundi 9 janvier ses ventes annuelles pour 2017, Andrew Goss, le directeur commercial du premier groupe automobile britannique, détenu par l’indien Tata, s’est lancé dans une attaque en règle contre la politique anti-diesel.
Les hausses fiscales imposées sur le diesel dans différents pays européens sont « une mauvaise idée », estime-t-il. Son principal argument concerne paradoxalement l’environnement : si les moteurs essence émettent moins de particules fines, ils rejettent en revanche plus de CO2. C’est d’ailleurs pour cette raison que les gouvernements européens avaient poussé la technologie diesel depuis une quinzaine d’années. « Si plus de véhicules essence se retrouvent sur les routes, les émissions de CO2 vont augmenter », avertit M. Goss. En clair, les villes seront peut-être moins asphyxiées, mais le réchauffement climatique en sera accéléré. Le dirigeant de JLR reproche aux dirigeants politiques européens d’être « légèrement aveuglés » par la controverse du dieselgate.
Depuis le scandale, les gouvernements européens ont introduit dans l’urgence des mesures de rétorsion. Au Royaume-Uni, une nouvelle taxe va être mise en place en avril, ajoutant environ 400 livres (450 euros) sur un 4x4 diesel comme le Land Rover Discovery. « Il y a une prolifération de politiques fiscales [anti-diesel] à travers l’Europe qui complique la tâche des constructeurs automobiles », poursuit M. Goss.
Retard dans le passage aux véhicules électriques ou hybrides
En Europe, la grande majorité des véhicules vendus par JLR est diesel, même si le constructeur refuse de donner la proportion exacte de ses ventes. Entre les voitures de luxe de Jaguar et les 4x4 de Land Rover, le groupe s’adresse à des clients qui aiment les gros véhicules et les moteurs puissants, et il a pris du retard dans le passage aux véhicules électriques ou hybrides. Dans ce contexte, l’effondrement de la part de marché du diesel touche le constructeur de plein fouet. Au Royaume-Uni, les ventes de diesel ont baissé de 17 % en 2017. Tous les autres pays européens connaissent des chutes similaires, à l’exception notoire de l’Italie. « Nous voulons tous une baisse des émissions de [particules fines] et de CO2, mais nous ne voulons pas de surprise avec des changements soudain de politique », plaide M. Goss.
Le directeur des ventes de JLR met aussi en avant l’avantage financier du diesel, dont les moteurs consomment moins. « Les entreprises ont vraiment changé leurs achats, s’éloignant du diesel, mais pour les particuliers, la tendance est moins forte. Pour eux, les économies réalisées sur la consommation demeurent importantes. » Selon les calculs de la Society of Motors Manufacturers and Traders, l’association représentant le secteur automobile au Royaume-Uni, une 4x4 diesel économise en moyenne 350 à 450 euros en carburant chaque année.
JLR lance cette attaque frontale alors que le groupe a signé un record de ventes en 2017, avec 621 000 véhicules écoulés, en hausse de 7 %. Il s’agit de la septième année consécutive de progression, et cela correspond à un triplement des ventes par rapport à 2009.
Un marché mondial à deux vitesses
Cette croissance cache cependant un marché mondial à deux vitesses. Les ventes en Chine, le premier marché du groupe, ont bondi de 23 %, à presque 150 000 véhicules. Les luxueuses Jaguar rencontrent en particulier un fort succès, en hausse de 47 %. L’Amérique du Nord est également en forme (+ 9 %). Dans ces deux marchés, le diesel est quasiment inexistant, et la controverse européenne n’a donc aucun impact.
En revanche, au Royaume-Uni et en Europe continentale, le nombre de véhicules écoulés par le groupe a stagné par rapport à 2016, à 117 000 et 138 000 respectivement. C’est particulièrement inquiétant en Europe continentale, où le marché progresse malgré tout.
Sur le Brexit enfin, JLR se dit aujourd’hui encore dans le brouillard le plus complet. Interrogé par Le Monde pour savoir s’il y voit plus clair sur les conséquences de la sortie de l’Union européenne pour son groupe, M. Goss est catégorique : « Non. Et vous ? » Le groupe, qui exporte 80 % de sa production britannique, n’a pour l’instant pris aucune mesure pour compenser d’éventuels futurs droits de douane. Coup de chance, une nouvelle usine en Slovaquie, dont la construction a été décidée en 2015, bien avant le Brexit, sera terminée au quatrième trimestre 2018, permettant le cas échéant de contourner le problème. « De toute façon, notre marché le plus important est la Chine », tempère M. Goss.



                            


                        

                        


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Transport aérien militaire : les défaillances du contrôle interne

Après la Cour des comptes, en 2016, c’est au tour du contrôle général des armées de se pencher sur ce dossier qui fait l’objet d’une enquête pénale.



Le Monde
 |    09.01.2018 à 14h00
 • Mis à jour le
10.01.2018 à 07h27
    |

            Nathalie Guibert








                        



                                


                            

Daté du 1er décembre 2017, le document n’est qu’un « rapport intermédiaire », mais il comporte déjà de nombreuses critiques à l’encontre des responsables militaires. Saisi par le directeur du cabinet de la ministre des armées, Florence Parly, le 18 octobre 2017, le contrôle général des armées – le gendarme interne – dénonce à son tour, bien que tardivement, la mauvaise gestion du transport aérien des armées.
Sur ce dossier sensible, l’alerte avait été lancée dès l’automne 2016 par la Cour des comptes. Celle-ci relevait des « anomalies » dans les marchés du fret aérien des opérations militaires extérieures, sous-traité par des sociétés privées. Une enquête pénale, confiée par le parquet national financier à la section de recherche de la gendarmerie, est ouverte depuis l’été 2017. Elle porte sur d’éventuels délits de favoritisme, de faux en écriture, ou encore de non-respect du code des marchés.
Le contrôle général des armées dénonce les défaillances du contrôle interne à l’état-major. Les marchés d’affrètement aérien, passés notamment au profit des opérations au Sahel, concernent les vols logistiques de gros-porteurs de type Antonov 124 entre la France et l’étranger (40 millions d’euros en 2017) ou les liaisons par moyens-courriers et hélicoptères entre les bases françaises extérieures elles-mêmes (25 millions d’euros en 2017).
« Pour différentes raisons (déficiences de certains processus, manque d’effectif, jeunesse de certains services résultant des restructurations récentes, formation insuffisante du personnel), les procédures de passation et d’exécution de ces marchés » posent problème, écrivent les contrôleurs généraux. Soit, « pour (…) les avions-cargos des doutes sérieux qui justifient la transmission de documentation à la direction des affaires juridiques qui assure le lien avec l’autorité judiciaire ». Et pour les marchés du théâtre sahélien, des problèmes d’égalité de traitement...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-17"> ¤ Le Service national de santé britannique souffre de l’austérité et d’une pénurie de main-d’œuvre accentuée par le Brexit.
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En crise, les hôpitaux britanniques annulent toutes les opérations non urgentes en janvier

Le Service national de santé britannique souffre de l’austérité et d’une pénurie de main-d’œuvre accentuée par le Brexit.



Le Monde
 |    09.01.2018 à 11h49
 • Mis à jour le
09.01.2018 à 19h05
    |

            Philippe Bernard (Londres, correspondant)








                        



                                


                            

Des malades entassés dans les couloirs, des équipes soignantes au bord de la crise de nerfs, une vieille dame morte après avoir attendu quatre heures une ambulance… Chaque hiver sonne le retour de la crise pour le Service national de santé (NHS) britannique. Mais la saison 2018 balaie toutes les prévisions pessimistes, au point que la direction de cette administration d’Etat a dû prendre, le 3 janvier, une décision sans précédent : reporter toutes les interventions chirurgicales non urgentes programmées en janvier. Theresa May elle-même a dû faire acte de contrition : « Je sais que c’est difficile et irritant. Je sais que c’est décevant pour les gens, et je présente mes excuses. »
Le chaos dans les hôpitaux publics tombe mal pour la première ministre, au moment où elle s’efforce de convaincre l’opinion que le Brexit n’absorbe pas toute l’énergie du gouvernement et qu’elle va s’attaquer aux véritables problèmes. Système bureaucratique, le NHS raffole des statistiques, et celles-ci ne sont pas bonnes : 16 900 personnes ont attendu plus d’une demi-heure dans une ambulance avant d’être admis aux urgences entre Noël et jour de l’An, et l’objectif national consistant à réaliser « 92 % des opérations non urgentes avec moins de dix-huit semaines d’attente » a dû être abandonné.

Des facteurs conjoncturels – la vague de froid, l’épidémie de grippe – expliquent évidemment la mauvaise passe actuelle. Mais ils ne suffisent pas à la justifier totalement. Depuis 2010, les dépenses de santé ont augmenté chaque année de 1,2 point de plus que l’inflation au Royaume-Uni, contre 4 % en moyenne depuis la fondation du NHS, en 1948. Entièrement gratuit, le Service national de santé est financé non par des cotisations sur les salaires, comme en France, mais par l’impôt. Une rallonge a été accordée récemment par le ministre des finances Philip Hammond, mais elle est « insuffisante pour couvrir l’augmentation de la demande » selon le...




                        

                        


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L’expulsion contestée de Soudanais fait tanguer le gouvernement belge

Les nationalistes flamands menacent de quitter la coalition au pouvoir.



Le Monde
 |    09.01.2018 à 10h25
    |

            Jean-Pierre Stroobants (Bruxelles, correspondant)








                        



                                


                            

Pas question de lâcher Theo Francken, le secrétaire d’Etat à la migration. Et, si l’un des partis de la coalition fédérale belge réclame la démission de ce responsable de plus en plus contesté, c’est l’Alliance néoflamande (N-VA, nationaliste) tout entière qui quittera l’équipe de Charles Michel, provoquant ainsi sa chute. Dimanche 7 janvier, Bart De Wever, maire d’Anvers et président de la N-VA, le premier parti du royaume, a très clairement menacé de déclencher une crise politique si M. Francken, l’homme politique le plus populaire de Flandre et son successeur probable à la tête de la formation indépendantiste, continue à être la cible des critiques pour la politique sans concession qu’il mène. Et pour un épisode en particulier : le renvoi vers Khartoum, il y a quelques semaines, de migrants qui auraient, depuis, été arrêtés et maltraités, voire torturés.
Le dossier, révélé par l’Institut Tahrir, une ONG qui œuvre pour la démocratie au Moyen-Orient, est d’autant plus embarrassant pour le gouvernement que ces expulsions ont été précédées de la venue en Belgique, en septembre 2017, d’une délégation soudanaise, invitée par M. Francken dans le cadre d’une « coopération technique ». Ces agents issus d’un Etat connu pour bafouer les droits de l’homme étaient chargés, en réalité, d’identifier des migrants soudanais désireux pour la plupart de gagner la Grande-Bretagne, et l’Office belge des étrangers, qui statue à la fois sur les demandes d’asile et les expulsions, a validé le renvoi des clandestins. Son directeur, Freddy Roosemont, conteste aujourd’hui la validité des témoignages recueillis par Tahrir.

Des informations dissimulées
Theo Francken, qui exerce la tutelle sur l’Office des étrangers, a défendu les décisions de celui-ci mais il a, surtout, dissimulé une partie des informations dont il disposait au premier ministre, Charles Michel, le libéral francophone qui dirige la coalition avec la N-VA, ainsi que les chrétiens-démocrates et...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-19"> ¤ Selon l’association Bloom et des artisans-pêcheurs, la Commission européenne aurait travesti une expertise afin d’autoriser une pratique destructrice.
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Les ONG dénoncent la position de Bruxelles sur la pêche électrique

Selon l’association Bloom et des artisans-pêcheurs, la Commission européenne aurait travesti une expertise afin d’autoriser une pratique destructrice.



Le Monde
 |    09.01.2018 à 10h14
 • Mis à jour le
09.01.2018 à 12h42
    |

            Stéphane Foucart








                        



                                


                            
Sur la pêche comme sur d’autres sujets, le problème des expertises scientifiques est, semble-t-il, qu’elles ne sont pas toujours lues. En décembre 2006, la Commission européenne s’était prévalue d’un rapport d’experts pour réautoriser partiellement la pêche électrique, interdite depuis 1998 en Europe. Mais le rapport en question, rendu par le Comité scientifique, technique et économique de la pêche (CSTEP) européen, disait en réalité l’inverse de ce que l’exécutif européen lui faisait dire : loin de préconiser la remise en selle de cette technique controversée – qui consiste à envoyer des décharges électriques dans les fonds marins pour en déloger les poissons benthiques –, il mettait en garde contre ses effets potentiellement délétères sur les écosystèmes.
Mis au jour par l’association Bloom, spécialisée dans la lutte pour la préservation des océans, ce hiatus entre décision politique et expertise scientifique suscite la colère des ONG environnementales et de plusieurs associations d’artisans-pêcheurs. Lundi 8 janvier, une quinzaine de ces organisations ont adressé à Karmenu Vella, le commissaire européen à l’environnement, aux affaires maritimes et à la pêche, une lettre demandant à ce que l’Union renonce à toute nouvelle concession aux flottes industrielles utilisant cette technique.
Celle-ci, activement soutenue par les Pays-Bas, est en effet revenue au centre de l’attention ces derniers mois, car un projet de règlement doit être voté par le Parlement européen en séance plénière le 16 janvier. Selon ses opposants, ce nouveau texte ouvre la porte, s’il est adopté, à une extension massive de cette technique de pêche, accusée de « transformer l’océan en désert », selon Frédéric Le Manach, directeur scientifique de Bloom.

« Scandale politique »
Découvert tardivement par Bloom, le rapport de 2006 du CSTEP a été, selon les associations, galvaudé par la Commission. « A la lumière de l’avis du CSTEP, il convient d’autoriser [en...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-20"> ¤ La Chine, qui a longtemps privilégié les relations bilatérales, prend conscience de l’intérêt d’investir le cœur de la machine communautaire. Un moyen de contrer les initiatives antidumping européennes.
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Article sélectionné dans La Matinale du 08/01/2018
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Pékin tisse discrètement sa toile à Bruxelles

La Chine, qui a longtemps privilégié les relations bilatérales, prend conscience de l’intérêt d’investir le cœur de la machine communautaire. Un moyen de contrer les initiatives antidumping européennes.



Le Monde
 |    09.01.2018 à 06h39
 • Mis à jour le
09.01.2018 à 15h00
    |

            Harold Thibault et 
Cécile Ducourtieux (Bruxelles, bureau européen)








                        



                                


                            

Rares sont les fonctionnaires européens à avoir franchi le seuil de ce superbe hôtel particulier rénové de frais, à quelques centaines de mètres seulement du Berlaymont, le siège de la Commission européenne à Bruxelles. Inauguré en 2015, le centre culturel chinois de la capitale belge affiche pourtant une programmation alléchante : séminaires sur la « culture chinoise ancienne », soirées cinéma avec sous-titres en anglais les lundis soir…
A l’image de ce lieu peu fréquenté malgré sa gratuité, la présence des Chinois à Bruxelles se fait discrète, mais croissante. Car Pékin – qui privilégie d’abord les relations bilatérales avec les capitales européennes – a aussi pris conscience de la nécessité d’investir le cœur de la machine communautaire. Surtout depuis que l’Union, sortant progressivement de sa naïveté à l’égard de son deuxième partenaire commercial, multiplie les dispositions réglementaires pour se protéger de ses visées expansionnistes.
Lundi 8 janvier, pour sa première visite officielle en Chine, Emmanuel Macron a salué les nouvelles routes de la soie, le projet colossal d’infrastructures cher au président Xi Jinping, tout en le mettant en garde contre une « nouvelle hégémonie » de la deuxième économie mondiale.
Trompeuses apparences
Fin décembre, au risque d’irriter Pékin, sont entrées en vigueur une série de dispositions pour renforcer les armes antidumping de l’Union et mieux préserver ses industriels d’une économie chinoise encore largement subventionnée. Anticipant ces changements, la Chine a porté plainte, fin 2016, auprès de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) contre la nouvelle méthodologie européenne de mise en évidence des cas de dumping.

On croise très rarement les médias officiels chinois au « midday », la conférence de presse quotidienne de la Commission. Les 27 journalistes chinois enregistrés officiellement à Bruxelles (à fin 2017), dont une bonne part travaillent...




                        

                        

