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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-1"> ¤ Notre choix du soir. Le pianiste chéri des grands-mères et des homosexuels, vu par Steven Soderbergh. Noir et mordant (sur Arte à 20 h 55).
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TV - « Ma vie avec Liberace », star kitsch et « queer »

Notre choix du soir. Le pianiste chéri des grands-mères et des homosexuels, vu par Steven Soderbergh. Noir et mordant (sur Arte à 20 h 55).



Le Monde
 |    10.01.2018 à 17h45
    |

            Isabelle Regnier








                        


Film sur Arte à 20 h 55

Difficile de concevoir, depuis la France, ce que fut, aux Etats-Unis, le phénomène Liberace. Ce pianiste de music-hall né à Las Vegas en 1919 est devenu, avec l’avènement de la télévision dans les années 1950, une des stars du show-business les plus célèbres de son pays. Ses prestations étaient de sensationnels one-man-show, d’un mauvais goût extravagant, où sa musique (Strauss ou Chopin remaniés à la sauce boogie-woogie) comptait autant que les sketchs et les blagues dont il pimentait ses interprétations – un mash up, en quelque sorte, de Richard Clayderman et du pianiste-rappeur-comédien Chilly Gonzales.
Recrutant le gros de son public chez les grands-mères de la classe moyenne américaine, Liberace ravissait aussi les gays, qui ont fait de lui une de leurs flamboyantes icônes. L’homme n’a jamais assumé publiquement son homosexualité, mais la manière qu’il avait de s’approprier le mauvais goût américain en le portant à un degré de saturation absolu était en soi un geste de subversion.
Que Steven Soderbergh ait décidé de consacrer un biopic à cette figure de la culture pop n’est pas surprenant : le cinéaste américain a toujours envisagé ses personnages comme des stratèges aux prises avec leur existence.
Une pure machine spectaculaire
Epousant avec une jubilation communicative la passion de son héros pour le rococo, son aspiration à devenir une pure machine spectaculaire, éternellement jeune, il met en scène la première moitié de son film (la meilleure, la plus folle, la plus drôle) comme une interminable surenchère d’objets kitsch dont l’accumulation, dans sa villa californienne, forge le royaume et, partant, la personnalité de Liberace : chandeliers en cristal, statues grecques, peintures chinoises, tapis persans, jacuzzi à poignées en or, caniches, pierreries, fourrures, bagues monumentales, slips à strass…
« C’est le royaume de Louis II ! », résume un garçon à l’attention de Scott Thorson (Matt Damon), qui devient, en 1975, le protégé du pianiste, et dont les Mémoires ont inspiré ce film. « Mais c’est qui Louis II ? », demande Scott. « Louis II ? C’est le Liberace de la Bavière ! », renvoie l’autre dans une de ces volées claquantes qui font la saveur du film.

   


Le choix de Michael Douglas pour jouer Liberace s’avère parfait. L’acteur, qui a si bien incarné le mâle hétérosexuel dominant dans les années 1980 et 1990, distille un mélange d’appétit de vivre, d’humour et de provocation qui s’accordent à l’esprit du film. Face à lui, Matt Damon est plus effacé qu’à son habitude pour incarner ce jeune Adonis (comme le surnomme Liberace), orphelin de naissance, qui entre dans la vie de la star à 17 ans. Inondé de bijoux, de vêtements, de voitures, il est happé par ce vieil amant qui lui promet de l’adopter, lui impose des opérations de chirurgie esthétique destinées à accentuer leur ressemblance physique
La deuxième partie, qui voit se détériorer la relation entre les deux personnages, est plus attendue. L’humour gay, superficiel et méchant, qui irriguait le film, cède le pas aux passions tristes de la jalousie et du ressentiment. La mise en scène efficace de Soderbergh maintient le film à flot. Mais comme souvent chez ce styliste froid, ce qui devrait être émouvant ne l’est pas.
A l’image de Las Vegas, à l’image d’Hollywood, Liberace apparaît comme une créature séduisante et boursouflée, narcissique et vampirique, dont le vernis naïf dissimule mal une noirceur sans fond.
Ma vie avec Liberace, de Steven Soderbergh. Avec Michael Douglas, Matt Damon (EU, 2013, 115 min).



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-2"> ¤ A voir aussi ce soir. Un docufiction bien informé retrace les années du jeune danseur soviétique, au moment de son premier séjour à Paris, en 1961 (sur Arte à 22 h 50).
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TV - « Rudolf Noureev, le saut vers la liberté »

A voir aussi ce soir. Un docufiction bien informé retrace les années du jeune danseur soviétique, au moment de son premier séjour à Paris, en 1961 (sur Arte à 22 h 50).



Le Monde
 |    10.01.2018 à 17h30
    |

            Renaud Machart








                        


Documentaire sur Arte à 22 h 50



En 1961, alors que se dresse le mur de Berlin, l’URSS envoie Youri Gagarine dans l’espace et le Ballet du Kirov (aujourd’hui Mariinsky) à Paris. Dans les rangs de la compagnie, l’un des danseurs, encore inconnu, se nomme Rudolf Noureev.
L’un des « escorteurs » de la tournée est chargé de surveiller de près les « camarades artistes », notamment « le plus indomptable » d’entre eux. Car le jeune ­Noureev s’était déjà fait remarquer par ses frasques narcissiques et son sale caractère.
Il ne danse pas à la première représentation parisienne, mais René Sirvin, le critique de danse du Figaro qui intervient dans ce documentaire de Richard Curson Smith, le remarque au cours d’une répétition et raconte dans tout Paris qu’il a « repéré une star ». Ghislaine Thesmar, ancienne danseuse étoile de l’Opéra de Paris, porte-cigarillo à la main, renchérit : « Nous avons vu arriver une bombe sur scène. » Clara Saint, fiancée à un fils d’André Malraux, présentée à Noureev, tombe sous le charme du très beau et très talentueux jeune homme. Leur idylle sera probablement platonique (Rudolf préfère son camarade de chambre d’hôtel) mais la jeune femme jouera un rôle important dans sa vie.

   


Au moment où la troupe quitte Paris pour Londres, un message de Moscou intime l’ordre que Noureev, qui a accumulé les escapades et les insolences, rentre au pays. Défendu contre ses sbires par des gendarmes à l’aéroport du Bourget, il parvient à obtenir, avec l’aide de Clara, appelée à la rescousse, l’asile politique.
Le récit de ce docufiction bien documenté – avec des témoignages de ses camarades du Kirov, du danseur Pierre Lacotte et de Clara Saint, entre autres – s’arrête là et ne dit rien des années que Noureev passera à l’Ouest, jusqu’à sa mort, des suites du sida, en 1993. A Paris, il sera, de 1983 à 1992, directeur, maître de ballet et chorégraphe en chef du Ballet de l’Opéra.
On laissera aux spécialistes le soin de juger si l’interprète de Noureev (Artem Ovcharenko, danseur étoile du Bolchoï) incarne de manière crédible son modèle. Il en a le charme mais ne peut rivaliser avec le fauve hypersexué qu’était Noureev.
Rudolf Noureev, le saut vers la liberté, de Richard Curson Smith. Avec Artem Ovcharenko, Svetlana Smirnova, Artem Yakovlev, Yuri Utkin, Denis Aliev (Royaume-Uni, 2015, 60 min).



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-3"> ¤ L’Ecole du spectacle rend hommage au pédagogue que fut Jacques Lassalle, metteur en scène disparu le 2 janvier dernier
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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-4"> ¤ Notre sélection de spectacles de théâtre, de danse et de cirque pour ce début d’année.
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-4"> ¤                     
                                                   
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Sur les scènes, innovations et nouveaux noms

Notre sélection de spectacles de théâtre, de danse et de cirque pour ce début d’année.



Le Monde
 |    10.01.2018 à 17h00
    |

                            Rosita Boisseau et 
Brigitte Salino








                        



                                


                            

En cette nouvelle année théâtrale, on note de l’innovation dans l’approche du répertoire, et la belle présence d’une nouvelle génération féminine, Caroline Guiela Nguyen, Christiane Jatahy et Tiphaine Raffier...
La rentrée chorégraphique et circassienne, plus éclectique que jamais, met, elle, en avant des noms nouveaux venus de Norvège et d’Irlande tandis que les figures telles José Montalvo ou Phia Ménard affirment un taux de créativité persistante.
Théâtre
Tourgueniev 
Un beau doublé pour le metteur en scène Alain Françon : la création d’Un mois à la campagne, à la Comédie de Saint-Etienne, fin janvier, avant une tournée qui passera par Paris, au Théâtre Déjazet, en mars. Anouk Grinberg et Micha Lescot font partie de la distribution, de haut niveau comme toujours avec Alain Françon, qui abordera ensuite Goldoni, avec La Locandiera, à la Comédie-Française, à partir du 26 mai.

Lars Noren
Le grand écrivain suédois entre au répertoire de la Comédie-Française avec Poussière, une pièce écrite spécialement pour la troupe, dans laquelle il met en scène un groupe d’hommes et de femmes qui, chaque année, se retrouvent dans un hôtel pour la classe moyenne, au soleil, quelque part en Europe. Lars Noren lui-même dirige les comédiens, dont Dominique Blanc, Hervé Pierre, Didier Sandre, Gilles David et Danièle Lebrun (du 10 février au 24 juin).
Yasmina Reza 
Art, la pièce la plus célèbre de Yasmina Reza, revient à l’affiche à Paris, plus de trente ans après sa création. Charles Berling, Jean-Pierre Darroussin et Alain Fromager se partagent les rôles des trois amis violemment désunis à cause d’un tableau acquis par l’un deux. Patrice Kerbrat signe la mise en scène du spectacle, présenté au Théâtre Antoine, à partir du 30 janvier.
Christiane Jatahy 
Artiste brésilienne, maîtresse dans l’art d’enlacer le théâtre et le cinéma,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-5"> ¤ Nommée à Birmingham, la jeune chef d’orchestre lituanienne a déclenché une véritable « Mirgamania ».
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-5"> ¤                     
                                                   
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Mirga Grazinyté-Tyla, la musique en partage

Nommée à Birmingham, la jeune chef d’orchestre lituanienne a déclenché une véritable « Mirgamania ».



Le Monde
 |    10.01.2018 à 17h00
    |

                            Marie-Aude Roux








                        



                                


                            

Tout le monde l’appelle Mirga : la jeune femme qui dirige, ce 16 no­vembre 2017, l’Orchestre symphonique de la ville de Birmingham (CBSO) s’appelle Mirga Grazinyté-Tyla, blondeur nordique d’elfe, longs bras de danseuse cygne. Depuis qu’elle en a pris la direction artistique en février 2016, chaque concert de la ­Lituanienne remplit le Symphony Hall aussi sûrement qu’une pinte de bière la chope du mélomane à l’entracte. Quant à la presse britannique, elle a développé, selon ses propres termes, une véritable « mirgamania ». Il en est ainsi de l’hebdomadaire des nouvelles politiques et économiques européennes, Politico 28, qui vient de classer la chef d’orchestre parmi les personnalités les plus influentes en 2018, aux côtés, pour s’en tenir au rayon femmes, de la mi­nistre du travail française, Muriel Pénicaud, et de la journaliste russe dissidente, Galina Timchenko.
Pour la première fois, dans le viril jeu de quilles musicales d’un orchestre internationalement reconnu pour avoir notamment assuré la montée en puissance de grands maestros comme Simon Rattle et Andris Nelsons, une femme.
« C’est un grand honneur et un privilège d’avoir été admise dans le cercle de cet orchestre de Birmingham dont l’histoire s’écrit avec de grands chefs, reconnaît-elle. Mais le vrai défi pour moi est de travailler avec les musiciens d’aujourd’hui dans la ville de maintenant, de construire ensemble un avenir qui partage les ­mêmes désirs et les mêmes rêves. »
A 31 ans, Mirga Grazinyté-Tyla a la tête sur les épaules, et l’énergie chevillée au corps. Il n’est que d’écouter dans l’acoustique parfaite du Symphony Hall, après un Messiaen plus élégiaque qu’extatique (Un sourire), ce Concerto pour violon d’Elgar joué par Vilde Frang, que Mirga dirige très droite et légèrement cambrée, dosant avec finesse dynamique et expressivité. Une gestuelle gracieuse d’arrondis et de fouettés, osant parfois le bond souple du faon. La « Pastorale »...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-6"> ¤ La chaîne des courses hippiques a lancé, lundi 8, une nouvelle version qui vise à réaffirmer la marque dans une identité de média sportif, à l’instar de la chaîne l’Equipe
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-6"> ¤                     
                                                

Equidia change d’allure

La chaîne des courses hippiques a lancé, lundi 8, une nouvelle version qui vise à réaffirmer la marque dans une identité de média sportif, à l’instar de la chaîne l’Equipe



Le Monde
 |    10.01.2018 à 16h20
    |

                            Mathieu Ait Lachkar








                        



   


« Sortir Equidia de l’entre-soi. » C’est par ces mots que Laurent Eichinger, directeur général de la chaîne depuis janvier 2017, présente les changements opérés lundi 8 janvier par le canal courses hippiques. Il s’agit d’un travail de longue haleine débuté il y a un an, avec comme objectif de clarifier la marque. La mission a commencé par la fermeture le 31 décembre 2017 d’Equidia Life, qui perdait environ 7 millions d’euros par an, pour se consacrer pleinement au développement du média global Equidia.
Exit désormais l’appellation Equidia Live pour celle d’Equidia, le tout accompagné d’un nouvel habillage antenne et d’un nouveau décor plateau visant à moderniser la chaîne, ainsi que d’un site internet repensé. Les objectifs sont clairs : « Il faut remettre les codes du sport au centre de la chaîne », confie Laurent Eichinger.

   


Autrement dit réaffirmer Equidia comme un média de sport à l’instar de la chaîne L’Equipe et de BeIN Sports par exemple, tout en gardant son identité courses hippiques. Au quotidien ce changement se traduira notamment par une présence accrue des 70 journalistes de la rédaction sur le terrain, et l’arrivée à l’antenne de personnalités du monde sportif, susceptibles d’apporter un regard neuf sur les courses et les paris. À ce titre, Brahim Asloum, ancien champion olympique de boxe, ira régulièrement à la rencontre des professionnels de l’univers hippique. Lionel Charbonnier, champion du monde 1998 par ailleurs propriétaire de chevaux de courses, sera présent en plateau dans la nouvelle émission « Lahalle Racing Club ».
Autre changement notable, la publicité disparaît totalement de l’antenne pendant « le Grand direct » des courses. Elle subsistera seulement dans la course du Quinté + – le prime time de la chaîne qui réalise des audiences allant jusqu’à 500 000 téléspectateurs voire 1 000 000 les jours de grands prix. « On veut vraiment être plus présent pour accompagner au mieux les parieurs dans leur choix », explique le directeur général d’Equidia. En ce sens le bandeau de présentation des cotes habituellement affiché à l’écran a été rendu plus lisible, et de la data a été amenée au nouvel Equidia.
Débat et humeur
Equidia veut accompagner l’évolution que connaît l’univers des courses. Notamment à travers l’arrivée de nouveaux propriétaires (stars) de chevaux, comme le footballeur Antoine Griezmann. Cette refonte de l’antenne accompagne le repositionnement éditorial de la chaîne pour insuffler davantage de rythme et délivrer plus d’information. L’emblématique émission « L’Avant courses » accueillera des parieurs en plateau pour s’adresser à tous les profils de passionnés, du néophyte au turfiste.
Du côté des nouvelles émissions, on retrouvera « Infos & Pronos » pendant trente minutes tous les matins dès 6 heures pour évoquer la journée à venir, et le soir à partir de 22 heures pour l’analyser. Suivra à 22 h 30 le « Lahalle Racing club », une émission de débat autour de l’actualité hippique présentée par Vincent Lahalle, également animateur des courses sur LCI. « L’idée c’est d’apporter plus d’humeur sur Equidia », affirme Laurent Eichinger.
Une idée qui a probablement motivé l’arrivée, en octobre 2017, de Florent Gautreau au poste de directeur de la rédaction. L’ancien chef adjoint du service des sports de France 2, fervent passionné des courses, a notamment animé « les courses RMC » jusqu’en 2015. « Florent, en plus de bien connaître les courses hippiques, va nous permettre d’ouvrir Equidia sur le sport au sens large grâce à son expérience », corrobore Laurent Eichinger, qui a lui même officié en tant que directeur des chaînes thématiques sport chez Canal+, entre 2013 et 2016.
« Equidia Racing » et 100 % digital
Enfin, pour compenser la fin d’Equidia Life, un nouveau magazine de reportage intitulé « Off Courses » prendra le relais chaque dimanche à 23 heures, dans la continuité de ce qui se faisait déjà un peu sur Equidia Live. Un premier sujet de 26 minutes sur les courses hippiques à l’Île Maurice est d’ailleurs prévu dimanche.
Mais la plus grande nouveauté demeure le « Equidia Racing ». Une offre 100 % digitale qui permet aux parieurs de suivre les courses sur un hippodrome sans devoir subir le changement de lieu d’une course à l’autre, comme c’était le cas avant. Seul regret, cette offre n’est actuellement disponible que sur le site et les applications mobiles d’Equidia. Laurent Eichinger tient cependant à préciser, « on a déjà opéré beaucoup de changements avec cette nouvelle version d’Equidia. On se laisse jusqu’à 2019 pour tout mettre en place. Equidia Racing, comme le reste, est susceptible d’évoluer entre-temps ».



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-7"> ¤ Chanter tout haut ce qu’on ressent tout bas : de « Comment lui dire » à « Evidemment », la chanteuse, disparue le 7 janvier, en avait fait son leitmotiv.
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-7"> ¤                     
                                                   
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Le cœur-révélateur de France Gall

Chanter tout haut ce qu’on ressent tout bas : de « Comment lui dire » à « Evidemment », la chanteuse, disparue le 7 janvier, en avait fait son leitmotiv.



Le Monde
 |    10.01.2018 à 16h17
 • Mis à jour le
10.01.2018 à 16h30
    |

            Aureliano Tonet (service Culture)








                        



                                


                            

Analyse. De quoi parlent les chansons de France Gall ? De la difficulté d’exprimer ses sentiments, justement. Et de la facilité avec laquelle le chant parvient, souvent, à libérer les émois les plus secrètement enfouis. Comment lui dire, La Déclaration, Evidemment… Le répertoire de la chanteuse, disparue dimanche 7 janvier, à 70 ans, est une formidable école d’éloquence, comme il existe des écoles de patience : ses morceaux nous aident à trouver notre voix – par nos contrées, vous ne trouverez pas de meilleure conseillère d’orientation sentimentale.
De fait, dans le flot d’hommages qui a suivi l’annonce de sa mort, les nouvelles cohortes de la chanson hexagonale ont insisté sur ce qui distinguait France Gall du tout-venant franco-gaulois : son « ingénuité », sa « candeur », sa « sincérité ». « Elle a une manière incroyable d’incarner les chansons, parce qu’elle semble imprégnée par la personne qui est derrière elle : que ce soit époque Gainsbourg ou époque Berger, elle est une sorte d’éponge », confiait ainsi Charles de Boisseguin, membre du groupe électro L’Impératrice, à Libération.
« Ce qui m’inspire, c’est cette façon droite, honnête, qui transparaît dans sa voix. Quand elle chante Si maman si, on s’identifie à sa mélopée. Il y a quelque chose de “sans filtre” : elle parlait directement au cœur », renchérissait Juliette Armanet, l’une des élèves les plus prometteuses de la chanteuse de Sacré Charlemagne, interviewée par le site Slate.


Frange blonde et gueule d’ange
Cela a été dit, et redit : frange blonde et gueule d’ange, France Gall est entrée en chanson adolescente, sous la férule de son papa, le parolier Robert Gall (1918-1990), dont elle commença par interpréter les textes. « Et tous les mots et les secrets/ Que je gardais pour toi/ Au plus profond de moi/ Je te les donnerai » (J’entends...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-8"> ¤ Avec « Le Ministère du bonheur suprême », l’auteure, en 1998, du « Dieu des petits riens », suit le parcours d’une « hijra », à la fois femme et homme, pour livrer sa vision incisive de l’Inde moderne.
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-8"> ¤                     
                                                   
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L’Inde entre deux sexes d’Arundhati Roy

Avec « Le Ministère du bonheur suprême », l’auteure, en 1998, du « Dieu des petits riens », suit le parcours d’une « hijra », à la fois femme et homme, pour livrer sa vision incisive de l’Inde moderne.



Le Monde
 |    10.01.2018 à 16h00
    |

                            Florence Noiville








                        



                                


                            
Le Ministère du bonheur suprême (The Ministry of Utmost Happiness), d’Arundhati Roy, traduit de l’anglais (Inde) par Irène Margit, Gallimard, « Du monde entier », 544 p., xx €.

« Quel dommage que vous n’écriviez plus ! » Pendant vingt ans, rien n’a plus ­irrité Arundhati Roy que cette petite phrase qu’on lui lançait toujours. Car pour écrire, elle écrivait. Sans relâche. Elle s’engageait contre les essais nucléaires indiens, dénonçait les dérives de la droite nationaliste hindoue, luttait contre l’exclusion des dalits (les intouchables), fustigeait « l’idiotie » qui règne au Cachemire « où se combattent neuf versions de l’islam authentique ! ». Mais justement, c’était ce qu’on lui reprochait, elle ne racontait plus. La militante avait éclipsé la romancière.
Ce grief, elle ne l’entendra plus. Vingt ans après Le Dieu des petits riens (Gallimard, 1998), qui lui a valu, en 1997, le prestigieux Booker Prize et s’est écoulé à 6 millions d’exemplaires, l’auteure ­indienne livre sa deuxième fiction, Le ­Ministère du bonheur suprême. Aucun doute que, pour ses fidèles, ce bonheur-là sera d’abord celui de s’en laisser conter. De se perdre dans les remous d’un vrai roman romanesque – entre ­Gabriel Garcia Marquez (1927-2014) et Salman Rushdie –, fruit d’une imagination intacte, bouillonnante et fiévreuse.
Formidable bâtisseuse d’histoires
Car si vingt ans ont passé, Roy – qui est architecte de formation – reste une formidable bâtisseuse d’histoires. Comme dans Le Dieu des petits riens, elle empile récits, digressions, anecdotes… et fait tenir ensemble les matériaux les plus composites : une berceuse en ourdou, des ­bribes de mantras, une publicité pour British Airways, une blague pakistanaise circulant sur le Net ou encore une actualité sur le énième lynchage de musulmans au Gujarat. Après quoi, elle réunit tous ces fils narratifs et, au fronton de son...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-9"> ¤ Le musée français espère bientôt finaliser le projet d’une annexe provisoire en Chine. La gestion de cette dernière sera assurée par un partenaire chinois.
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Un satellite du Centre Pompidou à Shanghaï

Le musée français espère bientôt finaliser le projet d’une annexe provisoire en Chine. La gestion de cette dernière sera assurée par un partenaire chinois.



Le Monde
 |    10.01.2018 à 12h11
    |

            Brice Pedroletti (Pékin, correspondant)








                        



   


Le Centre Pompidou est sur le point de finaliser le projet d’une annexe provisoire à Shanghaï, sur le modèle de celle de Malaga, en Espagne. « On a signé un protocole d’accord avant l’été 2017, qui porte sur l’ingénierie culturelle et l’aménagement du musée. Il reste à signer une convention pour structurer cette relation sur une période de cinq ans, j’espère au premier semestre 2018 », nous dit Serge Lasvignes, le président du Centre Pompidou, venu avec la délégation emmenée par le président Emmanuel Macron en Chine.
La gestion du musée sera assurée par le partenaire chinois, West Bund Group, la société de développement publique de l’arrondissement de Xuhui. « Nous n’interviendrons que pour fournir du conseil, des œuvres et des expositions », précise M. Lasvignes. S’il y a des musées privés gérés par des étrangers en Chine, l’intervention d’une institution publique, qui, de surcroît, porte le nom d’un ancien chef d’Etat, reste délicate dans l’empire du Milieu.
« Il ne s’agit pas d’installer la filiale d’un musée français, mais de mener une coopération pour mieux faire connaître l’art occidental et nos collections à Shanghaï. Et, de l’autre côté, mieux exposer les artistes chinois à Paris », explique M. Lasvignes. Le modèle économique proposé prévoit une indemnisation forfaitaire pour le Centre Pompidou pour le prêt de ses œuvres, et une redevance pour l’utilisation de sa marque.

        Lire aussi :
         

                Serge Lasvignes : « Le Centre Pompidou doit devenir un “hyper-lieu” »



Un projet au long cours
Le futur musée, en cours de construction, a été conçu par l’architecte anglais David Chipperfield. Il se trouve sur le « corridor artistique » voulu par la municipalité dans la partie ouest du Bund, la célèbre promenade le long du fleuve Huangpu, qui accueille déjà plusieurs musées privés.
C’est un projet au long cours. Sous Nicolas Sarkozy, les autorités françaises avaient proposé, en vain, aux Chinois d’installer une annexe du Centre Pompidou dans le pavillon français de l’Exposition universelle de Shanghaï. D’autres pistes avaient ensuite été explorées à Pékin. Le Centre Pompidou avait aussi guigné Séoul – mais le partenaire sud-coréen n’avait pas trouvé les financements requis. M. Lasvignes a choisi de tenter de nouveau l’aventure à Shanghaï après avoir reçu une proposition de l’arrondissement de Xuhui.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-10"> ¤ Professeur de philosophie politique à l’université Paris-Diderot, ce spécialiste de la pensée de Hannah Arendt est décédé le 7 janvier à Paris. Il avait 62 ans.
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Le philosophe Etienne Tassin est mort

Professeur de philosophie politique à l’université Paris-Diderot, ce spécialiste de la pensée de Hannah Arendt est décédé le 7 janvier à Paris. Il avait 62 ans.



Le Monde
 |    10.01.2018 à 11h32
    |

Justine Lacroix (philosophe, professeur à l'université libre de Bruxelles)







                        



                                


                            

Une « intelligence bienveillante », selon l’heureuse formule d’un de ses collègues, s’est éteinte. Le philosophe Etienne Tassin est mort le 7 janvier 2018, suite à un accident de la circulation. Né le 4 avril 1955, professeur de philosophie politique à l’université Paris-Diderot, il avait consacré son premier ouvrage à Hannah Arendt (Le Trésor perdu. Hannah Arendt, l’intelligence de l’action politique, Payot, 1999), une auteure sur laquelle ou plus exactement avec laquelle il ne devait plus jamais cesser d’élaborer sa réflexion.
Son travail intellectuel, nourri par la phénoménologie et la pensée de ses contemporains Claude Lefort, Miguel Abensour, Etienne Balibar ou Jacques Rancière, s’inscrit dans la mouvance d’une philosophie politique française très lue à l’étranger, où elle inspire les courants qui se réclament d’une forme de démocratie dite « radicale ». Pour saisir en quelques mots une œuvre complexe et foisonnante, on peut partir de trois concepts : ceux d’action, de monde commun et de conflit.
L’action, rappelait Etienne Tassin à la suite de Arendt, est l’expression de notre liberté car elle est imprévisible et spontanée. Parce qu’elle est menée avec d’autres, toute action politique engendre un « monde commun » qui est à la fois la condition et la fin de la politique. Cet accent mis sur l’agir démocratique permet de se tenir à distance des notions classiques de sujet, de souveraineté et de volonté. Le peuple n’est plus le « sujet souverain voulant ». Il est une « pluralité libre agissant », nom donné à un réseau d’interactions conflictuelles délié de toute inféodation à la nationalité ou de tout assujettissement à un marché global (Un monde commun. Pour une cosmopolitique des conflits, Seuil, 2003).
« Passeur » de savoir
C’est pourquoi Etienne Tassin nous invitait, contre les tentations d’une gouvernance prétendument consensuelle, à assumer le « maléfice de la vie à plusieurs » – selon...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-11"> ¤ Gallimard publie sa correspondance avec Benjamin Péret, Francis Picabia et Tristan Tzara.
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Les lettres d’André Breton en deux ouvrages

Gallimard publie sa correspondance avec Benjamin Péret, Francis Picabia et Tristan Tzara.



Le Monde
 |    10.01.2018 à 09h46
 • Mis à jour le
10.01.2018 à 09h55
    |

                            Philippe Dagen








                        



                                


                            
Suite de la publication de la correspondance d’André Breton : après les lettres à Simone Kahn, sa première épouse, et celles à Jacques Doucet, son mécène des années 1920, paraissent deux nouveaux volumes. Le premier réunit les échanges avec Tristan Tzara et Francis Picabia entre 1919 et 1924, soit un tome placé surtout sous le signe de Dada, complété par des lettres plus tardives. Le deuxième est consacré à la conversation entre Breton et Benjamin Péret de 1920 à 1959, entrelacs de réflexions politiques, de confidences amicales et de chroniques du surréalisme au quotidien.

Entre Breton et Tzara se succèdent déclarations d’entente absolue et querelles. En 1919, Breton attend Tzara comme le messie de la révolution que celui-ci a fait éclater à Zurich et Tzara n’est pas en reste d’enthousiasme. L’année suivante, ce dernier arrive à Paris et le temps de l’entente lyrique prend fin. Plus de longues déclarations, mais des billets pour se donner rendez-vous, d’autres pour s’excuser de s’être manqué, d’autres encore pour s’expliquer sur des rumeurs de critique – souvent justifiées – de l’un envers l’autre. On se donne de l’« affectueusement » mais l’adverbe ne trompe personne : la fraternité était possible à distance seulement et elle a tourné à la rivalité, avec Paul Eluard, Louis Aragon ou Robert Desnos dans les seconds rôles.

Avec Picabia, même évolution, d’une admiration proche de la déférence du poète pour le peintre à des agacements qui s’enveniment. La dernière lettre de Breton à Picabia riposte vivement à ce qu’il perçoit comme une tentative de ce dernier d’usurper la dignité de directeur de conscience du surréalisme, quelques mois avant que Breton publie son premier Manifeste. Réplique publique de Picabia : « Quand j’ai fumé des cigarettes, je n’ai pas l’habitude de garder les mégots. » Bien plus tard, ils se sont réconciliés à peu près, sur fond de souvenirs communs.
Rien...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-12"> ¤ La chanteuse américaine affirme que le groupe de rock anglais la poursuit en justice pour avoir copié leur tube « Creep ».
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Contre Lana del Rey, Radiohead reprend le refrain du plagiat

La chanteuse américaine affirme que le groupe de rock anglais la poursuit en justice pour avoir copié leur tube « Creep ».



Le Monde
 |    10.01.2018 à 09h23
    |

            Sylvain Siclier








                        



                                


                            

La chanson Get Free interprétée par Lana Del Rey est un peu trop proche de Creep de Radiohead pour que cela ne soit qu’une coïncidence. C’est ce que pense le groupe britannique qui, selon le quotidien The Sun du 7 janvier, est entré en contact avec les représentants de la chanteuse américaine pour demander une compensation financière et à être mentionné comme coauteur.

L’écoute comparative de Get Free, extraite de l’album Lust For Life, sorti en juillet 2017, et de Creep, d’abord publié en single en septembre 1992, fait effectivement entendre des similitudes : dans la mélodie, l’utilisation de certains accords et la progression couplet-refrain, au-delà du fait que Thom Yorke, le chanteur de Radiohead, et Lana Del Rey chantent tous deux avec une lassitude appuyée, marque stylistique de l’un et de l’autre.
Lana Del Rey, confirmant l’information du Sun, a indiqué sur son compte Twitter qu’elle et ses coauteurs, Kieron Menzies et Rick Nowels, avaient proposé à Radiohead « 40 % sur les droits d’édition », tout en précisant ne pas s’être inspirés de Creep. Cette démarche a été perçue par de nombreux fans du groupe comme un aveu. Le message précise que les avocats du groupe s’étant montrés « implacables », c’est au tribunal que l’affaire devrait désormais être réglée, la justice ayant alors à établir s’il y a ou non plagiat.

Creep avait déjà donné lieu à une procédure, cette fois à l’encontre de Radiohead. La maison d’édition Rondor Music avait trouvé que la composition ressemblait à The Air I Breathe, composée en 1972 par Albert Hammond et Mike Hazlewood (1941-2001), pour l’album d’Hammond It Never Rains in Southern California. Thom Yorke et ses camarades avaient admis avoir trouvé l’inspiration à partir de cette chanson, reprise par de nombreux artistes dont Phil Everly, Cilla Black, The Hollies,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-13"> ¤ Film majeur de Billy Wilder, « Le Poison » (1945) ressort en salle.
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Reprise : « Le Poison », l’alcool cette spirale infernale

Film majeur de Billy Wilder, « Le Poison » (1945) ressort en salle.



Le Monde
 |    10.01.2018 à 08h41
    |

                            Murielle Joudet








                        



   


Difficile d’évoquer Le Poison (1945), de Billy Wilder, sans rappeler la beauté dépressive de son titre original : The Lost Weekend. C’est d’ailleurs ce titre, initialement celui d’un best-seller de Charles R. Jackson qui, dans un kiosque à journaux, accrocha l’attention du cinéaste.
Billy Wilder raconte dans ses Mémoires (Et tout le reste est folie, avec Helmuth Karasek, Robert Laffont, 1993) une anecdote à ce propos : il apprit tardivement que cette formule qui lui avait tant plu était le fait d’une faute de frappe. 
« Jackson avait voulu écrire the last weekend [“le dernier week-end”], il s’était trompé et, bien entendu, l’éditeur avait préféré le titre tapé par erreur : The Lost Weekend [“le week-end perdu”]. Moi aussi. » 
Rien n’interdit de penser que l’ivresse (thème central de ce roman autobiographique) est à l’origine de cette miraculeuse coquille.
Ce lost accidentel éclaire d’une lumière plus désespérée la trajectoire de son héros, Don Birnam (Ray Milland), écrivain qui fut un temps prometteur jusqu’à ce que le syndrome de la page blanche vienne lui offrir un prétexte pour noyer ses journées dans l’alcool. Le film s’ouvre alors que le frère de Don veut l’embarquer loin de la grande ville pour lui changer les idées. Pour l’écrivain raté, la perspective de ces quelques jours loin de la moindre goutte d’alcool lui est insupportable : il mobilisera son dernier fond de ruse pour pouvoir y échapper.
Eternel retour
Le Poison est l’histoire d’une convalescence ratée, d’un homme tétanisé à l’idée de sortir de son circuit d’alcoolique. Car la vie de Don s’égrène au rythme de ses allers et venues entre son appartement et le bar, entre le bar et son appartement, entre son appartement et le prêteur sur gages – Don a soif mais pas d’argent. C’est l’histoire d’une maladie que Wilder traduit d’abord à travers cette topographie bégayante. Un mouvement circulaire que figurent les cercles mouillés tracés sur le bar par les verres commandés par Don ; parfaite allégorie de l’alcoolisme.
Mais si le circuit évoque un éternel retour, l’ample mise en scène de Billy Wilder lui insuffle son mouvement. Par souci de véracité, le cinéaste tourne une grande partie du film dans des décors réels, parfois même sur le vif dans les rues de New York, quitte à braver la célébrité naissante de Ray Milland qui prête au héros ses allures de James Stewart chiffonné. A cette volonté de réalisme se mêle un désir de stylisation par l’usage du gros plan, qui traduit une réalité de plus en plus carcérale. Dans cette logique, l’espace du film se réduit inexorablement : dans l’incapacité de s’échapper de New York, Don finira coincé dans sa chambre et pris en otage dans son propre cerveau lors d’une impressionnante scène de delirium tremens.
Un des films les plus lucides sur les affres de l’alcoolisme
Si les exigences de l’industrie hollywoodienne appellent inévitablement la fin heureuse, Wilder ne sacrifie pourtant jamais l’habituelle noirceur de son regard, qui s’exhibe là sans mélange. Le Poison est très fidèle à ce que le cinéaste décrit lui-même comme « l’impitoyable précision » du roman, et reste l’un des films les plus lucides sur les affres de l’alcoolisme, la logique de l’addiction et l’ambition artistique déçue.
Don sera pris en otage dans son propre cerveau lors d’une impressionnante scène de delirium tremens
On retrouvera des variations du Poison quelques décennies plus tard, notamment à travers l’itinéraire d’un musicien toxicomane incarné par Frank Sinatra dans L’Homme au bras d’or, d’Otto Preminger (1956), ou encore dans La Femme aux chimères, de Michael Curtiz (1950), avec Kirk Douglas.
Plus récemment, le cinéaste Steve McQueen se souviendra du film de Wilder lorsqu’il fera le portrait d’un homme addict au sexe dans Shame (2011). On pourrait enfin déceler dans le magnifique On the Bowery, de Lionel Rogosin (1956), le jumeau documentaire du Poison : coincés dans une avenue malfamée de Manhattan, des marginaux imbibés d’alcool reportent sans cesse au lendemain l’occasion de reprendre leur vie en main. Mais, très loin du cahier des charges hollywoodien, la réalité ne leur offrira pour toute issue qu’un interminable dernier verre.

Film américain de Billy Wilder. Avec Ray Milland, Jane Wyman (1945, 1 h 40).



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-14"> ¤ Matt Damon incarne, dans un futur surpeuplé, un Américain de la classe moyenne qui réduit sa taille pour intégrer une cité lilliputienne.
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« Downsizing » : la fin du monde vue d’en bas

Matt Damon incarne, dans un futur surpeuplé, un Américain de la classe moyenne qui réduit sa taille pour intégrer une cité lilliputienne.



Le Monde
 |    10.01.2018 à 08h39
 • Mis à jour le
10.01.2018 à 18h06
    |

                            Thomas Sotinel








                        



   


L’avis du « Monde » - A ne pas manquer
Ce n’est peut-être pas une bonne idée que de commencer cette incitation à aller voir Downsizing en s’interrogeant sur les raisons de l’échec commercial du film aux Etats-Unis. Mais on peut penser que les raisons de cette ­désaffection constituent les qualités ­mêmes de ce film hors du commun. L’auteur de Nebraska disposait cette fois d’une star – Matt Damon –, de seconds rôles de luxe – Christoph Waltz, Kristen Wiig – et d’un budget confortable qui lui a permis de spectaculaires effets spéciaux. Et ses compatriotes l’ont boudé. On peut y voir un symptôme de l’allergie du public américain à l’originalité de la forme, au pessimisme – lucide et souriant – du propos.

        Lire aussi l’entretien :
         

          Alexander Payne : « On me donne carte blanche jusqu’à un certain budget »



Les méandres imprévisibles du parcours de Paul Safranek (Matt Damon), son pauvre héros, le font passer non seulement du Nebraska à la Norvège, mais encore de la satire de la vie banlieusarde à l’anticipation apocalyptique. La forme asymétrique, sinon de guingois, de cet édifice a une raison d’être : la résurrection du conte philosophique (plutôt du côté de Swift que de Voltaire) sous forme de spectacle cinématographique.
Safranek vit dans notre monde, celui qui voit venir sa fin, combinaison de surpopulation et d’épuisement des ressources. Plus que d’apocalypse, Paul et son épouse Audrey (Kristen Wiig) se préoccupent de mener à bien un projet immobilier. Ils sont de ceux à qui il manque toujours 20 000 dollars.
Ruptures de ton
Or, comme nous l’a appris un long prologue burlesque, une équipe de chercheurs norvégiens a mis au point un processus qui permet de miniaturiser les êtres vivants – un humain passera ainsi de 1,80 m à 12 cm, afin de diminuer la pression sur les ressources naturelles. Les Safranek y voient la possibilité de vivre enfin dans une de ces demeures à colonnades en matériaux bon marché surnommées « McMansions ». Après avoir visité une maison de poupée témoin (dont la visite est conduite par le duo Laura Dern-Neil Patrick Harris qui porte le film à son apogée comique), le couple décide de sauter le pas.
Un trio parfaitement accordé : Matt Damon, Christoph Waltz et l’étonnante Hong Chau
Mais ce plan de l’homme-souris tourne à l’aigre. Paul Safranek doit plonger dans les entrailles du monde parfait et miniaturisé qu’il a choisi. Très progressivement, sans jamais renoncer à un seul des gags que la logique du récit autorise, Alexander Payne et son coscénariste, Jim Taylor, abandonnent le rythme burlesque des séquences d’ouverture pour placer leur héros devant une série de choix, l’obligeant à trancher entre la conformité à la norme et sa qualité d’être humain. Dans cette quête – que l’annonce d’une prochaine apocalypse rend à la fois urgente et absurde –, on croisera un sympathique escroc venu des Balkans (Christoph Waltz) et Ngoc Lan Tran (Hong Chau), une Vietnamienne qui a été miniaturisée de force par le gouvernement de son pays pour avoir protesté contre des projets nuisant à l’environnement.
La mise en scène de Payne colle à ces ruptures de ton, avec cette faculté à installer une familiarité immédiate avec les personnages. Le cinéaste prend aussi un plaisir manifeste à passer de temps à autre à un format plus ample, comme quand il met en scène la communauté des démunis du monde miniature, logée dans un conteneur. De cette polyphonie émerge un trio parfaitement accordé : Matt Damon, brave type un peu lâche forcé à l’héroïsme, Christoph Waltz, qui saurait jouer une canaille dans son sommeil, et l’étonnante Hong Chau, incarnation d’un principe vital humain que célèbre Alexander Payne entre élégie et lueur d’espoir.

Film américain d’Alexander Payne, avec Matt Damon, Christoph Waltz, Hong Chau, Kristen Wiig (2 h 15). Sur le web : www.paramountpictures.fr/film/downsizing, www.facebook.com/Downsizing.FR

Les sorties cinéma de la semaine (mercredi 10 janvier)
Belinda, film français de Marie Dumora (à ne pas manquer)Downsizing, film américain d’Alexander Payne (à ne pas manquer)Seule sur la plage la nuit, film sud coréen de Hong Sang-soo (à ne pas manquer)Que le diable nous emporte, film français de Jean-Claude Brisseau (à voir)Las marimbas del infierno, film français de Julio Hernandez Cordon (à voir)Normandie nue, film français de Philippe Le Guay (pourquoi pas)Vers la lumière, film japonais de Naomi Kawase (pourquoi pas)Si tu voyais son cœur, film français de Joan Chemla (pourquoi pas)
Nous n’avons pas pu voir
La Monnaie de leur pièce, film français d’Anne Le NyLes films de l’été : Rien sauf l’été et le film de l’été, film français et belge de Claude Schmitz et Emmanuel MarreUne aventure théâtrale, 30 ans de décentralisation, documentaire français de Daniel Cling





                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-15"> ¤ Hong Sang-soo poursuit son observation des tourments amoureux.
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« Seule sur la plage la nuit » : divagations mélancoliques autour d’un absent

Hong Sang-soo poursuit son observation des tourments amoureux.



Le Monde
 |    10.01.2018 à 08h38
 • Mis à jour le
10.01.2018 à 09h29
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                            Mathieu Macheret








                        



   


L’avis du «  Monde » - A ne pas manquer
Il en va désormais des films d’Hong Sang-soo comme des saisons : ils se succèdent, déposant dans nos cœurs des qualités particulières qui s’éteignent et renaissent avec eux. Seule sur la plage la nuit se laisse ranger parmi ses contes d’hiver (comme, par exemple, Matins calmes à Séoul, 2011), transi par le froid et l’humidité, baignant dans des demi-jours et des pénombres fuligineuses, moucheté par ces phylactères de vapeur fugaces qui s’échappent des conversations en extérieur.

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Présenté à la Berlinale, en février 2017, dont il est revenu avec un prix d’interprétation, il s’inscrit dans une veine récente des films tournés avec Kim Min-hee (Le Jour d’après, La Caméra de Claire), comédienne récurrente et nouvelle muse du réalisateur, venue à ce cinéma de la valse-hésitation amoureuse comme pour y instaurer un nouveau point de vue. Celui d’une jeune femme bafouée et rejetée pour l’occasion dans une parenthèse de son existence, mais soutenue par sa lucidité et son intelligence sensible.
Une absence qui s’étend autour d’elle comme un trou noir
Elle joue ici le rôle de Yeong-hui, une actrice en vacances, d’abord à Hambourg, aux côtés d’une amie, puis de retour en Corée du Sud, à Gangneung, la petite ville côtière de son enfance. Cette goguette, rythmée par les promenades, les rencontres, les discussions, les repas, les retrouvailles, cache en vérité une douleur enfouie. Yeong-hui attend quelqu’un, un amant, qui s’obstine à ne pas la rejoindre et dont l’absence s’étend autour d’elle comme un trou noir.
Dans les détours et les trébuchements des échanges se laisse deviner un arrière-plan plus grave : un vent de scandale et d’adultère qui entoure la jeune femme esseulée et jette le discrédit sur sa relation agonisante. Son congé se révèle peu à peu pour ce qu’il est : une fuite, un exil, une relégation dont sourdent la solitude et l’opprobre. Seule sur la plage la nuit s’avance ainsi comme un film de coulisses et d’à-côtés, déserté par un drame qui semble avoir eu lieu en un autre temps et en un autre endroit, laissant place à la douleur et surtout à son lent cheminement pour se faire jour.
Deux facettes réversibles
Tout, dans l’errance de Yeong-hui, se présente alors selon deux facettes infiniment réversibles : la surface simple, excessivement banale, des choses et, derrière elles, les gouffres de mélancolie, d’attente, d’amertume, d’incertitude, qu’elles recouvrent. Suprême indétermination du cinéma d’Hong Sang-soo, qui fait de l’anodin le trajet le plus sûr vers les plus profonds, parfois les plus rugueux, sentiments humains.

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Le plus surprenant étant la façon dont le rêve (l’inconscient ?) s’invite ici, sous la forme d’un « homme en noir » surgissant plusieurs fois au-devant de Yeong-hui, pour commettre des actes incongrus (laver les carreaux, enlever l’héroïne comme un baluchon) ; silhouette venue trouer le récit comme un retour halluciné de l’homme qui manque. C’est ainsi que l’émotion se loge dans les recoins les plus inattendus des films d’Hong Sang-soo. Notamment dans ces quelques scènes gratuites, où Yeong-hui s’abandonne tout entière à des « actes de grâce » : prier avant de traverser un pont ou fredonner une ritournelle in extenso lors d’une pause cigarette, toutes choses qui ne servent à rien (au regard de la dramaturgie), mais qui tiennent, ne serait-ce qu’un instant, la douleur en respect.
Reste une chose : cette phrase merveilleuse du Quintette en ut majeur, de Schubert, qui revient ponctuellement souligner les mouvements d’âme de l’héroïne. Et si Seule sur la plage la nuit était le Winterreise d’Hong Sang-soo ?

Film sud-coréen d’Hong Sang-soo. Avec Kim Min-hee, Seo Young-hwa, Kwon Hae-hyo (1 h 41). Sur le web : www.capricci.fr, www.facebook.com/capricci

Les sorties cinéma de la semaine (mercredi 10 janvier)
Belinda, film français de Marie Dumora (à ne pas manquer)Downsizing, film américain d’Alexander Payne (à ne pas manquer)Seule sur la plage la nuit, film sud coréen de Hong Sang-soo (à ne pas manquer)Que le diable nous emporte, film français de Jean-Claude Brisseau (à voir)Las marimbas del infierno, film français de Julio Hernandez Cordon (à voir)Normandie nue, film français de Philippe Le Guay (pourquoi pas)Vers la lumière, film japonais de Naomi Kawase (pourquoi pas)Si tu voyais son cœur, film français de Joan Chemla (pourquoi pas)
Nous n’avons pas pu voir
La Monnaie de leur pièce, film français d’Anne Le NyLes films de l’été : Rien sauf l’été et le film de l’été, film français et belge de Claude Schmitz et Emmanuel MarreUne aventure théâtrale, 30 ans de décentralisation, documentaire français de Daniel Cling





                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-16"> ¤ Jean-Claude Brisseau invoque les puissances libératrices du sexe, de la parole et de la méditation.
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« Que le diable nous emporte » : érotique cosmique pour âmes blessées

Jean-Claude Brisseau invoque les puissances libératrices du sexe, de la parole et de la méditation.



Le Monde
 |    10.01.2018 à 08h35
    |

            Isabelle Regnier








                        



   


L’avis du « Monde » - A voir
« Ce sont les plus grands pécheurs qui sont les plus proches de Dieu. » Vieux sage passé maître dans l’art de la méditation, capable de léviter, de disparaître et réapparaître en un clin d’œil, Jean-Claude Bouvet, alias « Tonton », profère cette phrase à l’attention de la jeune Suzie. Interprétée par l’actrice et cinéaste Isabelle Prim, elle a atterri chez lui à la faveur d’un drôle d’acte manqué : la perte d’un téléphone où était consignée une collection de vidéos érotiques la mettant en scène dans des rencontres sexuelles furtives dans des lieux publics, avec des inconnus.
Héroïne bataillenne, Suzie trouve son plaisir dans la transgression. L’incident du portable égaré la conduit d’abord chez Camille, qui l’a récupéré. Interprétée par Fabienne Babe, dont le film scelle les retrouvailles avec le cinéaste Jean-Claude Brisseau, trente ans après De bruit et de fureur, Camille vit recluse dans un appartement voisin de celui de Tonton – appartement que les amateurs du réalisateur connaissent bien puisque c’est le sien, qu’il y a souvent tourné –, où rien ne peut l’atteindre. Ni sa famille, qui l’a brisée quand elle était enfant, ni la perversion des hommes, dont elle porte les stigmates dans sa chair et dans son âme, ni les exigences aliénantes de la vie économique… Elle-même recueillie par Clara (Anna Sigalevitch), la propriétaire des lieux, Camille se reconstruit à la chaleur de cet antre cossu.

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Une bouteille de champagne pour rompre la glace et la voilà qui entreprend Suzie sur ses vidéos. Pourquoi ? Comment ? Pour qui ? Sûre de ses effets, la jeune femme se raconte en amazone du sexe, faisant naître dans l’esprit de celles et ceux qui l’écoutent des images excitantes. En moins de temps qu’il n’en faut, les deux femmes se retrouvent dans la chambre voisine, où les murs sont tapissés d’étonnants photomontages : emboîtés l’un dans l’autre dans diverses positions, les corps nus de Camille et Clara s’y détachent sur fond d’éther étoilé.
Ange laïque
Gonflant le principe en 3D, Brisseau filme l’étreinte de ses actrices de la même manière, inventant une érotique cosmique de facture artisanale à la fois ahurissante et sublime, version numérique des trucages de Méliès où le kitsch des décors est comme transsubstantialisé par la légèreté et la grâce des corps en lévitation. En ouvrant ainsi une brèche fantastique dans la peau du réel, l’extase de Camille et Suzie, bientôt rejointes par Clara, traduit la dialectique à l’œuvre dans le film entre les contingences matérielles et la dimension spirituelle de l’existence. Devenue riche à la faveur d’un héritage, Clara se consacre, telle une sorte d’ange laïque, à réparer les âmes blessées. Voyant Camille et Suzie bien affairées l’une avec l’autre, elle se penche sur le sort de Fabrice, amoureux éperdu de la jeune pécheresse, livré, depuis qu’elle l’a éconduit, aux démons de la violence et de l’autodestruction. Elle entreprend, en l’installant dans un autre appartement, de lui redonner goût à la vie.
Brisseau invente une érotique cosmique de facture artisanale à la fois ahurissante et sublime
Les appartements de Clara sont des espaces de liberté où les relations se reconfigurent à volonté, dans une construction sensuelle d’expérimentations, relayée par les récits cathartiques que fait, tour à tour, chacun des personnages. « Nous ne savons pas où nous allons, alors laissons le diable nous emporter. » Inscrite à l’image au début du film, cette phrase de Pouchkine donne le programme : s’abandonner aux puissances du sexe, de la parole, de la méditation, se libérer des barreaux de nos prisons mentales, de la souffrance qu’ils recèlent, accéder à une dimension spirituelle supérieure. Distillant, avec la complicité du pacha pince-sans-rire Jean-Christophe Bouvet, un humour qu’on ne lui connaissait pas, Brisseau semble lui-même avoir atteint une forme de légèreté qui, s’accordant avec ce sérieux presque enfantin qui le caractérise, rend son film particulièrement attachant.
« Ce sont les plus grands pécheurs qui sont les plus proches de Dieu. » Jean-Claude Brisseau en sait quelque chose. Cinéaste mystique, obsédé par l’idée de révéler les puissances invisibles (les effets de la méditation dans Céline, le mystère de l’orgasme féminin dans Choses secrètes, la présence des morts dans La Fille de nulle part), il n’en finit pas de purger sa peine. Condamné, en 2005, à un an de prison avec sursis et 15000 euros d’amende pour harcèlement sexuel sur deux actrices (condamnation renforcée en appel l’année suivante pour agression sexuelle sur une troisième jeune femme), il a vu en novembre dernier, dans le sillage de l’affaire Weinstein, la rétrospective de ses films prévue à la Cinémathèque française annulée. S’il faut lui reconnaître une qualité, c’est bien de rester contre vents et marées fidèle à ses obsessions, affirmant le primat de sa vision d’artiste sur son existence sociale.



Film français de Jean-Claude Brisseau. Avec Fabienne Babe, Isabelle Prim, Anna Sigalevitch (1 h 37). Sur le web : www.acaciasfilms.com/film/que-le-diable-nous-emporte, www.facebook.com/AcaciasDistribution/



                            


                        

                        


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« Normandie nue » : striptease confus dans le bocage

Philippe Le Guay imbrique avec plus ou moins de succès comédie, romance et film social.



Le Monde
 |    10.01.2018 à 08h32
 • Mis à jour le
10.01.2018 à 09h34
    |

                            Thomas Sotinel








                        



   


L’avis du « Monde » - Pourquoi pas
C’est trop d’histoires pour une petite commune comme Le Mêle-sur-Sarthe (Orne). Philippe Le Guay, qui y a situé Normandie nue, voudrait y faire entrer une comédie de manière, un tableau du déclin de l’élevage français, un mélodrame paysan à la Maupassant et une romance. Si bien que le film se voit comme l’on chine, il faut fouiller dans le bric-à-brac pour y trouver un élément à sa convenance. On peut y arriver.
Le film doit son titre au passage, un jour de manifestation d’agriculteurs, d’un photographe américain. Le personnage que joue le Britannique Toby Jones est de toute évidence inspiré de Spencer Tunick, l’homme qui déshabille les foules pour en faire des kaléidoscopes de chair. A la vue d’un champ situé sur le territoire du Mêle-sur-Sarthe, l’artiste décide d’y photographier toute la population de la commune dans le plus simple appareil. Le maire (François Cluzet), qui vient de bloquer la voie rapide voisine avec ses administrés pour faire valoir les revendications des éleveurs, voit dans cette proposition l’occasion de faire valoir sa cause aux yeux de la planète. Il fait affaire avec le photographe et entreprend de convaincre la population.
Le film se voit comme l’on chine, il faut fouiller dans le bric-à-brac pour y trouver un élément à sa convenance
La séquence de la manifestation montre le meilleur côté du film : Philippe Le Guay a mêlé acteurs professionnels (François Cluzet, Philippe Rebbot, Patrick d’Assumçao) et éleveurs du Perche. Le mélange est presque homogène, la situation prend une vérité qu’on ne lui connaît pas toujours dans un reportage formaté.
Plaisirs fugaces
Quand l’embouteillage créé par les protestataires avale la voiture du photographe et de son équipe, on entrevoit la promesse d’une comédie différente. Mais la collision entre la détresse des éleveurs et les élaborations plastiques d’un photographe n’a pas suffi. Philippe Le Guay et ses collaborateurs au scénario, Olivier Dazat et Victoria Bedos, y ont ajouté : les difficultés familiales d’une famille de riches rurbains emmenés par un directeur d’agence (agence de quoi, on ne le saura jamais) qui se conduit comme Marie-Antoinette au Trianon ; l’idylle naissante entre un jeune homme (Arthur Dupont) revenu au pays pour liquider le petit commerce de photographe de son père et une ouvrière de la laiterie du coin ; une sombre histoire de spoliation cadastrale qui oppose deux fermiers du coin (d’Assumçao et Rebbot) ; sans parler de la jalousie maladive du boucher (Grégory Gadebois), mais au moins celle-ci est-elle liée à l’argument principal puisque le commerçant glisse vers la folie à l’idée de voir sa femme se déshabiller.

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Il arrive que ces éléments disparates s’emboîtent, comme dans cette jolie séquence qui réunit le fils du photographe du village et le grand artiste américain. On perçoit aussi le plaisir que Philippe Le Guay et le chef opérateur, Jean-Claude Larrieu, ont eu à filmer les paysages du bocage. Ces plaisirs fugaces font oublier un instant les fausses notes et les lieux communs dont Normandie nue est trop souvent revêtu.

Film français de Philippe Le Guay. Avec François Cluzet, François-Xavier Demaison, Toby Jones (1 h 45). Sur le web : normandienue-lefilm.fr



                            


                        

                        


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« Si tu voyais son cœur » : un huis clos en manque de palpitation

Ce premier film de la Franco-argentine Joan Chemla se perd dans les méandres d’une intrigue trop impressionniste.



Le Monde
 |    10.01.2018 à 08h30
    |

                            Murielle Joudet








                        



   


L’avis du « Monde » - Pourquoi pas
Adapté de Mon ange, roman de l’écrivain cubain Guillermo Rosales, Si tu voyais son cœur transpose son intrigue initialement située à Miami en France, au sein de la communauté des gitans. Après la mort accidentelle de Costel, son meilleur ami (Nahuel Pérez Biscayart, révélation de 120 battements par minute), Daniel (Gael Garcia Bernal) échoue au Métropole, un hôtel miteux tenu par un marchand de sommeil. Hanté par le souvenir de son ami, Daniel vit de braquages et de rencontres impromptues avec des êtres aussi paumés que lui. Jusqu’au jour où il fait la rencontre de Francine (Marine Vacth), subite éclaircie au milieu de cette vie d’errance. Premier long-métrage de la réalisatrice Joan Chemla, Si tu voyais son coeur se perd dans les méandres d’une intrigue beaucoup trop impressionniste qui manque de colonne vertébrale. Exempt d’une solide base sur laquelle déployer sa poésie, le film s’égare à force de mystères. Ce défaut de structure condamne progressivement la narration à un surplace dans lequel évolue toute une galerie de personnages trop vite ébauchés pour être consistants. C’est par exemple le cas de la jeune femme égarée qu’incarne la magnétique Marine Vacth: apparition excessivement taiseuse et éthérée, elle peine à véritablement exister à l’écran. Projet a priori séduisant et ambitieux, Si tu voyais son coeur ne dépasse pourtant pas l’étape du scénario filmé.

« Si tu voyais son coeur » de Joan Chemla avec Gael García Bernal, Marine Vacth, Nahel Pérez Biscayart 1h26. Drame français. Sortie le 10 janvier 2018. Sur le web : www.nord-ouest.com/films/si-tu-voyais-son-coeur



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-19"> ¤ La réalisatrice Naomi Kawase déçoit dans cette fiction existentielle et romanesque.
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« Vers la lumière » : un symbolisme laborieux

La réalisatrice Naomi Kawase déçoit dans cette fiction existentielle et romanesque.



Le Monde
 |    10.01.2018 à 08h28
    |

            Jacques Mandelbaum








                        



   


L’avis du « Monde » - Pourquoi pas
Caméra d’or en 1997 à Cannes avec son premier long métrage de fiction Suzaku, Naomi Kawase a d’emblée frappé le public par la grâce et le lyrisme qui se dégage de ses films, où la chronique intimiste rencontre la célébration panthéiste du monde. Enfant abandonnée, la cinéaste, que ce soit dans ses fictions ou dans ses essais documentaires, a toujours marqué sa prédilection pour la part manquante qui travaille toute chose en ce monde, les êtres vivants comme les images, et qui explique la troublante beauté à laquelle ils accèdent dans son œuvre. Son nouveau film, Vers la lumière, témoigne une fois encore de cette préoccupation mais la dévalue, pour la première fois sans doute, par une volonté de signifier l’ineffable et un symbolisme qui s’avère assez laborieux.
La disparition de deux univers
L’histoire réunit une audi-descriptrice de films pour non voyants et un photographe qui devient inexorablement aveugle. Les deux personnages sont en proie chacun à la disparition de leurs univers. Misako a perdu son père et ne peut s’occuper comme elle le voudrait de sa mère, atteinte d’une maladie dégénérative. Quant à Nakamori, il doit accepter le lourd fardeau d’une infirmité qui le frappe à l’endroit-même de ce qui le reliait à la vie : son regard. Il s’en faut de beaucoup que les personnages, tels des ombres destinées à animer une idée, nous convainquent ici de leur propre existence, ni que la trame romanesque qui est censée les rapprocher nous emporte. Rien ne semble pouvoir se nouer dans cette fiction qui prolonge pourtant à quinze ans de distance un magnifique documentaire de la cinéaste réalisé en 2002, La danses des souvenirs. Naomi Kawase y assistait à l’agonie d’un ami photographe, Kazuo Nishii, conférant à cette rencontre ultime, dédiée à une réflexion sensible sur la nature de ce monde que l’homme abandonnait, une forte charge émotionnelle.

Film japonais de Naomi Kawase. Avec Masatoshi Nagase, Ayame Misaki. (1h41) Sur le web : www.hautetcourt.com, www.facebook.com/hautetcourt



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-20"> ¤ Ce film inclassable et admirable de Marie Dumora sur une famille miraculée recèle de grands moments de cinéma.
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Article sélectionné dans La Matinale du 09/01/2018
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« Belinda » : la vie comme dans un grand huit

Ce film inclassable et admirable de Marie Dumora sur une famille miraculée recèle de grands moments de cinéma.



Le Monde
 |    10.01.2018 à 06h39
 • Mis à jour le
10.01.2018 à 09h29
    |

            Jacques Mandelbaum








                        



   


L’avis du « Monde » - A ne pas manquer
Voici vingt ans que Marie Dumora tourne à l’Est, entre Alsace et Lorraine. Colmar, Mulhouse, Forbach, par là. Elle filme des enfants, des Manouches, des Yéniches, des ferrailleurs, des êtres en déshérence, marginalisés, mais ô combien vivants. D’un film à l’autre, des personnages reviennent et se croisent, entraînent souvent le désir du tournage suivant, tout un système d’échos se construit, y compris à des années de distance. On ne connaît pas très bien cette œuvre, qui tourne plus souvent dans les festivals qu’elle n’est distribuée en salles. C’est dommage, se dit-on, en découvrant Belinda.

        Lire aussi l’entretien :
         

          Les ricochets de Marie Dumora



Sacré morceau que ce brin de fille, d’une famille yéniche sédentarisée, qui se jette tête la première dans le mur de la vie pour y trouver quelque chose qui s’apparenterait, denrée plutôt rare pour elle, au bonheur. Déjà filmée à plusieurs reprises par la réalisatrice, qui avait consacré un film à sa sœur Sabrina (Je voudrais aimer personne, sorti en salles en 2008), Belinda apparaît ici à trois âges. 9, 15 et 23 ans.
A 9 ans, dans le foyer où elles sont placées, on la sépare de sa sœur, et c’est atroce. Image cristallisée des deux fillettes main dans la main, yeux dans les yeux, collées serrées, qui ne peuvent compter que sur elles-mêmes face à un abandon qui n’est qu’à peine décrit mais qu’on ressent violemment. A 15 ans, c’est une autre paire de manches. Fumette dans la cage d’escalier, corps massif et grande gueule, abordant à pas comptés le monde du travail. Une gueule, un accent, une prestance formidable. La situation familiale, qu’on pressentait compliquée, se détache avec plus de clarté. Mère et père séparés, la première au chômage, le second ex-taulard, environnés d’une famille nombreuse cultivant la débrouille et l’expression hautes en couleur.
Belina se jette tête la première dans le mur de la vie pour y trouver quelque chose qui s’apparenterait au bonheur
A 23 berges, Belinda, sourire lumineux et front renfrogné, entre soleil et tempête, intense comme la braise, prend son destin en main. Elle vise le mariage avec son gars Thierry, qui voit venir sans un mot de trop, tandis qu’elle s’occupe de sa robe, navigue entre sa mère et son père, compte les sous pour la noce. Avec Thierry, elle lit le contrat de mariage, insiste sur le chapitre « respect, fidélité, amour », sans quoi ce n’est même pas la peine d’y aller, tandis que lui, grand pudique, se marre doucement. C’est assez plaisant de les voir baguenauder à la fête foraine, où ils s’offrent royalement quelques séances de tir. Elle pomponnée en tee-shirt Guess USA noir, le chignon fait, lui tranquille en blouson, ils rêvent pour pas cher, emportés dans la nuit multicolore zébrée de rose, de vert et de bleu, striée par les harangues, les wizz et les shows de breakdance.
Formidable marée d’amour
Et puis, patatrac, l’ellipse cruelle avec un drame dedans, Frantz, le père de Belinda, qui nous apprend qu’elle « a fait une bêtise », qu’elle en a pris pour quatre mois, et son Julot trois ans, pour un larcin destiné à renchérir la dot. Il en faudrait plus pour ­contenir la formidable marée d’amour que Belinda porte en elle. Il en faudrait plus pour ­l’empêcher d’écrire des folies lumineuses, dantesques, à son Thierry. Il en faudrait plus pour ôter le goût de la vie à la petite-fille d’un couple qui s’est connu, adolescent, au camp nazi alsacien du Struthof, « comme des juifs », et qui en est sorti pour donner naissance, parmi une tripotée, à son père. Si le moment où Frantz, le paternel, lui montre avec une dignité magnifique les photos de cette famille miraculée n’est pas un grand moment de cinéma, on veut bien se pendre. Si la séquence où Belinda, séparée de son mari, va se baigner sur Tombe la neige de Salvatore Adamo, si solitaire et si opiniâtre, n’est pas du grand cinéma, on veut bien se rependre.

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          Cannes 2017 : « Belinda », les trois âges d’une icône combative et cabossée



Admirable est ce film de Marie Dumora, ainsi fait que les informations y sont dispendieuses, les commentaires absents, la narration erratique, écartelée entre l’attente filandreuse du quotidien et les méchants coups de Trafalgar du destin. On ne sait pas très bien, au demeurant, comment qualifier ce film, dans quel cadre le ranger. Documentaire si l’on veut, mais plus sûrement essai climatique, geste d’accompagnement et d’amour. Belinda se rattache à ce titre à une famille de films épidermiques, tournés à l’arraché autour d’enfants et d’adolescents forcés à conquérir seuls leur place dans le monde. Nous, les enfants du XXe siècle (1994) de Vitali Kanevski, ­Demi-tarif (2003), d’Isild Le Besco, ­Tarnation (2003), de Jonathan Caouette, Pauline s’arrache (2015), d’Emilie Brisavoine. Autant d’approches affectées par une tendre brutalité, autant de personnages et de films inoubliables.

Film français de Marie Dumora. (1 h 47). Sur le web : www.new-story.eu/films/belinda, www.facebook.com/newstoryfilms

Les sorties cinéma de la semaine (mercredi 10 janvier)
Belinda, film français de Marie Dumora (à ne pas manquer)Downsizing, film américain d’Alexander Payne (à ne pas manquer)Seule sur la plage la nuit, film sud coréen de Hong Sang-soo (à ne pas manquer)Que le diable nous emporte, film français de Jean-Claude Brisseau (à voir)Las marimbas del infierno, film français de Julio Hernandez Cordon (à voir)Normandie nue, film français de Philippe Le Guay (pourquoi pas)Vers la lumière, film japonais de Naomi Kawase (pourquoi pas)Si tu voyais son cœur, film français de Joan Chemla (pourquoi pas)
Nous n’avons pas pu voir
La Monnaie de leur pièce, film français d’Anne Le NyLes films de l’été : Rien sauf l’été et le film de l’été, film français et belge de Claude Schmitz et Emmanuel MarreUne aventure théâtrale, 30 ans de décentralisation, documentaire français de Daniel Cling





                            


                        

                        

