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<filname="SURF-0,2-3236,1-0,0-1"> ¤ Vantant un meilleur partage des bénéfices avec les géants de l’Internet, les grands éditeurs de presse menacent la pluralité de l’information estime, dans une tribune au « Monde », Carlos Astiz, représentant de petits médias.
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Le « droit voisin » peut tuer les petits éditeurs indépendants

Vantant un meilleur partage des bénéfices avec les géants de l’Internet, les grands éditeurs de presse menacent la pluralité de l’information estime, dans une tribune au « Monde », Carlos Astiz, représentant de petits médias.



Le Monde
 |    10.01.2018 à 15h00
    |

Carlos Astiz (Président et porte-parole de European Innovative Media Publishers et directeur général de l’Asociacion Española de Editoriales de Pub...







                        



                                


                            

Tribune. Il est décevant de voir les plus grandes agences de presse d’Europe soutenir une campagne malencontreuse pour le « droit voisin » (« En matière d’information la gratuité est un mythe », Le Monde du 13 décembre). Qu’ils le fassent au détriment des petits éditeurs indépendants, des créateurs de contenu et des journalistes en Europe est particulièrement troublant.
Leur objectif déclaré est de résoudre les problèmes auxquels est confrontée l’industrie de l’édition en ciblant les grandes plates-formes en ligne comme Google et Facebook. Le « droit voisin » permettrait aux grands éditeurs européens, disent-ils, d’encaisser plus d’argent. Mais même si cela était le cas, ce serait au détriment des plus petits.
créer des liens hypertextes et partager du contenu sont une composante fondamentale d’Internet, qui permet aux petits éditeurs de générer un plus large lectorat
Car ce « droit » empêchera la création de liens et le partage de contenus. C’est une tentative des journaux traditionnels, qui n’ont pas actualisé leur modèle économique face à l’ère numérique, de ralentir le développement de modèles économiques alternatifs et innovants. En forçant les lecteurs à visiter leurs sites plutôt qu’à partager des liens, les grands journaux pensent augmenter leurs bénéfices. Or créer des liens hypertextes et partager du contenu sont une composante fondamentale d’Internet, qui permet aux petits éditeurs de générer un plus large lectorat.
Dans leur plaidoyer, les PDG de ces sociétés ont déclaré que « les quelques tentatives conduites en 2013 et 2014 par l’industrie des médias en Espagne, en Allemagne, en France, pour faire payer, au-delà de quelques miettes symboliques, les géants de l’Internet n’ont pas changé fondamentalement la donne ». En effet, le droit voisin n’a pas porté ses fruits. Pire encore, il a entraîné une diminution considérable du trafic en ligne. Les publications espagnoles ont enregistré à elles...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3236,1-0,0-2"> ¤ Figure de la presse chinoise, la fondatrice du magazine « Caijing », puis du groupe Caixin Media, a révélé des affaires de corruption, repoussant les limites de la censure officielle.
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La journaliste la plus redoutée de Chine, Hu Shuli, prend une semi-retraite

Figure de la presse chinoise, la fondatrice du magazine « Caijing », puis du groupe Caixin Media, a révélé des affaires de corruption, repoussant les limites de la censure officielle.



Le Monde
 |    10.01.2018 à 15h00
    |

            François Bougon








                        


La journaliste la plus redoutée de Chine a décidé de prendre du recul. A quelques jours de ses 65 ans, Hu Shuli abandonne son poste de rédactrice en chef. Dans un communiqué, le groupe de presse Caixin Media, qu’elle a fondé en 2009, a annoncé, mardi 9 janvier, sans plus de détails, qu’elle continuerait cependant à s’occuper du « développement stratégique et des prises de décision majeures ».
Hu Shuli est une figure du journalisme chinois. De la même génération que le numéro un chinois, Xi Jinping – comme lui, elle a été envoyée à la campagne pendant la Révolution culturelle –, elle a couvert avec entrain les débuts de la réforme économique dans son pays, à partir de la fin des années 1970. Elle interviewe des jeunes gens, pour certains revenus des universités américaines, qui formeront, des années plus tard, l’élite économique et politique du pays.

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Dévoiler la face sombre des « trente glorieuses chinoises »
Si Hu Shuli a commencé dans la presse officielle, elle se fait un nom avec le magazine Caijing (« finances et économie » en chinois), qu’elle crée en 1998. Il devient une référence et se distingue par un journalisme offensif, qui traque la corruption des grands groupes et repousse les limites de la censure officielle. La journaliste dévoile ainsi la face sombre des « trente glorieuses » chinoises. En 2003, défiant les consignes officielles, Caijing enquête sur l’épidémie du syndrome respiratoire aigu sévère (SRAS), dont le pouvoir communiste cherchait à minimiser l’ampleur.

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A la suite d’un conflit interne, Hu Shuli quitte Caijing pour créer un autre groupe de presse, Caixin. Même succès. Du président Xi Jinping, elle soutient la lutte anticorruption. C’est Caixin qui révèle ainsi les pratiques douteuses de l’assureur Anbang et de son patron, Wu Xiaohui. Mais elle n’hésite pas à critiquer le renforcement du contrôle de la presse. En 2016, la journaliste dénonce sur son site la censure d’un article plaidant pour la liberté d’expression. Aux oreilles de certains, sa semi-retraite sonne comme l’amère victoire des censeurs.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3236,1-0,0-3"> ¤ Dans une tribune au « Monde », le secrétaire général de Reporters sans frontières, Christophe Deloire, se félicite du fait qu’Emmanuel Macron souhaite laisser la place à l’autorégulation de la profession.
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« Il faut assurer la pérennité du journalisme de qualité »

Dans une tribune au « Monde », le secrétaire général de Reporters sans frontières, Christophe Deloire, se félicite du fait qu’Emmanuel Macron souhaite laisser la place à l’autorégulation de la profession.



Le Monde
 |    10.01.2018 à 11h25
 • Mis à jour le
10.01.2018 à 12h02
    |

                            Christophe Deloire (Secrétaire général de Reporters sans frontières)








                        



                                


                            
Tribune. Si l’on compare la situation de l’humanité avec un passé pas si lointain, nombre d’évolutions profondes portent à une forme d’optimisme en dépit des menaces, notamment pour l’environnement. En trente ans, l’extrême pauvreté a chuté des deux tiers, 2 milliards de personnes ont été sauvées de la sous-alimentation, la mortalité maternelle et infantile a été réduite de moitié et, même si certaines tragédies demeurent épouvantables, les conflits armés sont de moins en moins meurtriers. Après la chute du mur de Berlin, le modèle démocratique s’est largement « démocratisé ». Et pourtant un spectre hante nos sociétés : celui du despotisme moderne, des « hommes forts autoritaires », en d’autres termes, le spectre de la faiblesse démocratique.
Entre les deux guerres mondiales, l’essayiste américain Walter Lippmann écrivait que « la crise de la démocratie occidentale est au sens strict une crise du journalisme ». Cela est vrai près d’un siècle plus tard : crise de la confiance envers les institutions et les médias, crise de la représentation du réel, comme le prouvent les sondages sur les théories du complot, fragilisation économique qui fait peser des risques sur la qualité des contenus journalistiques, décomposition de la sphère publique sous l’effet des « bulles filtrantes », et domination d’acteurs technologiques qui vantent la transparence sans l’appliquer ni pour eux ni pour leurs algorithmes.
Des régimes despotiques mettent en place de vastes appareils de propagande, tentent d’exporter leurs contre-modèles pour créer « un nouvel ordre mondial de l’information ». Dans le même temps, toute une économie de l’information sponsorisée, avec des intérêts souvent non dits mais très structurés, prospère sur les ruines du monde (imparfait) d’hier. Or, sans journalisme de qualité, les démocraties seront de basse intensité et les grands problèmes du monde ne trouveront pas de solution. Pour réduire les asymétries d’information entre...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3236,1-0,0-4"> ¤ La ministre de la culture se sépare de son directeur de cabinet alors qu’elle prépare deux projets de loi.
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Audiovisuel  public : Françoise Nyssen tente de reprendre la main

La ministre de la culture se sépare de son directeur de cabinet alors qu’elle prépare deux projets de loi.



Le Monde
 |    10.01.2018 à 11h00
    |

            Alexandre Piquard








                        



                                


                            

« Je suis à la manœuvre », a assuré plusieurs fois Françoise Nyssen, mardi 9 janvier, en marge d’un déplacement à Londres pour rencontrer, notamment, des dirigeants de la BBC, l’audiovisuel public britannique. Le matin, la ministre de la culture a annoncé la mise à l’écart de son directeur de cabinet Marc Schwartz, bon connaisseur de l’audiovisuel public, au contraire de la ministre. M. Schwartz avait alimenté la campagne du candidat Emmanuel Macron. Ancien médiateur dans les secteurs de l’édition et des médias, il se voit confier une « mission sur l’avenir de la distribution de la presse », où certains prônent une remise à plat complète, alors que le distributeur Presstalis est en grande difficulté.
« Marc Schwartz a toute ma confiance pour cette mission », prend le soin d’ajouter Mme Nyssen, qui précise toutefois : « depuis le début, je décide moi-même de la composition de mon cabinet. » Une façon de nier des pressions extérieures, de Matignon ou de l’Elysée. Contactée, la présidence de la République renvoie vers le ministère de la culture, comme elle le fait ces dernières semaines sur les questions d’audiovisuel public.
Pourquoi se séparer de son directeur de cabinet ? Avec la ministre, les relations de travail n’étaient pas fluides. Mais surtout, la mise à l’écart vise à combattre l’idée que l’action du ministère de la culture manque de lisibilité et de dynamisme. Ce changement de casting succède d’ailleurs à un autre, survenu fin novembre 2017 : le départ du conseiller chargé des relations avec la presse, Gaël Hamayon, remplacé par Marianne Zalc-Muller, ancienne collaboratrice du médiatique ministre du redressement productif Arnaud Montebourg.
Flottement au ministère
Le poste de Marc Schwartz sera désormais occupé par son ancienne adjointe, Laurence Tison-Vuillaume. Moins connue que son prédécesseur, celle-ci ne passe pas pour une spécialiste de l’audiovisuel public mais le ministère...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3236,1-0,0-5"> ¤ La version française de la chaîne d’info russe en continu est disponible depuis trois semaines. Pas de quoi se faire peur, souligne notre éditorialiste Sylvie Kauffmann dans sa chronique « L’air du Monde ».
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« Depuis le Nouvel An, j’ai regardé RT France chaque jour, et je me suis ennuyée »

La version française de la chaîne d’info russe en continu est disponible depuis trois semaines. Pas de quoi se faire peur, souligne notre éditorialiste Sylvie Kauffmann dans sa chronique « L’air du Monde ».



Le Monde
 |    10.01.2018 à 06h38
 • Mis à jour le
10.01.2018 à 08h36
    |

            Sylvie Kauffmann








                        



                                


                            

Chronique. Nous y sommes. Le Kremlin émet en France depuis trois semaines et, curieusement, la révolution ne gronde pas. La déclinaison française de la chaîne de télévision publique russe Russia Today (RT) est disponible depuis le 18 décembre 2017, en direct sur le site Internet de RT France et sur les écrans des téléspectateurs équipés de Freebox, et le PAF résiste à l’offensive du soft power russe.
Ce n’est pas faute, pourtant, d’avoir été mis en garde contre cette menée subversive du régime russe. Dès le 29 mai, devant un Vladimir Poutine impavide à Versailles, Emmanuel Macron lui-même a décerné à RT et Sputnik, autre média russe à vocation internationale, le titre d’« agents d’influence et de propagande mensongère », qu’il avait barrés de sa campagne électorale. La France étant un pays ouvert et démocratique, cela n’a pas empêché RT d’installer son siège français à Boulogne-Billancourt, d’embaucher quelque 150 personnes, dont de nombreux journalistes français, et de conclure un accord avec l’opérateur Free (son fondateur, Xavier Niel, est actionnaire du Monde à titre personnel) pour émettre à destination des téléspectateurs français. RT est ainsi devenue la première chaîne d’information en continu financée par une puissance étrangère à émettre sur notre territoire en langue française. Al-Jazira avait un moment caressé ce projet, mais ne l’a pas concrétisé.
Cette arrivée a suscité une certaine curiosité et, bien sûr, beaucoup de méfiance. RT France, comme le veut la loi, s’est dotée d’un « comité d’éthique » qu’elle a eu un peu de mal à composer, hormis la nomination dès la première heure de l’ancien député (LR) Thierry Mariani, infatigable thuriféraire de M. Poutine. S’y sont joints in extremis un ancien président de Radio France, Jean-Luc Hees, une ancienne ambassadrice de France, Anne Gazeau-Secret, un ancien grand reporter, Jacques-Marie Bourget, et le directeur du mensuel Afrique-Asie,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3236,1-0,0-6"> ¤ Dans une tribune au « Monde », le professeur en droit européen Alberto Alemanno estime que rien ne sert d’employer la loi contre les fausses informations. Sous la pression de l’opinion, des sociétés comme Facebook peuvent adopter des dispositifs qui contrebalancent l’effet de la désinformation.
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Fake news : « L’initiative doit venir des géants du Web »

Dans une tribune au « Monde », le professeur en droit européen Alberto Alemanno estime que rien ne sert d’employer la loi contre les fausses informations. Sous la pression de l’opinion, des sociétés comme Facebook peuvent adopter des dispositifs qui contrebalancent l’effet de la désinformation.



Le Monde
 |    10.01.2018 à 06h15
 • Mis à jour le
10.01.2018 à 12h02
    |

Alberto Alemanno (Professeur, titulaire de la chaire Jean-Monnet en droit européen à HEC Paris)







                        



                                


                            

Tribune. Emmanuel Macron est le dernier leader politique en date à se lancer dans le combat contre les fausses nouvelles, plus communément appelées sous les termes anglais de « fake news ». Les régulateurs semblent en effet perdre patience, et promettent d’arrêter la prolifération de la désinformation en ligne.
Le président de la République a annoncé le dépôt prochain d’un projet de loi qui inclurait, entre autres, des obligations de transparence visant à révéler l’identité des personnes ou entités qui sponsorisent la diffusion de contenus en ligne, et permettrait notamment au gouvernement de faire disparaître des « fake news » de la Toile, voire même de bloquer des sites Internet en période de campagne électorale. Ce n’est pas une bonne idée.
L’action en référé proposée donnerait la possibilité à un gouvernement en place d’agir en justice en période électorale en vue de limiter la liberté d’expression de ses opposants, qu’il s’agisse de celle des citoyens sur leurs blogs ou de journalistes accrédités dans leurs journaux. Pire, une approche coercitive manquera presque à coup sûr sa cible.
Dès leur première apparition, le mal est fait
Les groupes de travail « anti-fake news » tels que l’EU Mythbusters de l’Union européenne, et les dispositifs d’alerte aux fausses informations tels que First Draft, en partenariat avec différents médias, dont Le Monde, ont montré qu’il est possible de combattre les fausses nouvelles en faisant du fact-checking, ou de la « vérification des faits ». Toutefois, le problème avec les fausses informations n’est pas tellement leur présence continue sur la Toile, mais leur première apparence sur celle-ci. En d’autres mots, aussitôt que la fausse information est en ligne, le mal est fait.

Faire appel à un juge des référés – l’action la plus rapide possible dans notre système judiciaire – aboutira toujours à une décision trop tardive. L’expérience montre d’ailleurs...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3236,1-0,0-7"> ¤ Dans une tribune, l’avocat du « Monde » pense que la proposition d’Emmanuel Macron sur l’adoption d’outils inutiles pour lutter contre la désinformation, représente surtout une menace pour la liberté d’expression.
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Christophe Bigot : « Le président envoie un signal de méfiance envers la presse »

Dans une tribune, l’avocat du « Monde » pense que la proposition d’Emmanuel Macron sur l’adoption d’outils inutiles pour lutter contre la désinformation, représente surtout une menace pour la liberté d’expression.



Le Monde
 |    10.01.2018 à 06h00
 • Mis à jour le
10.01.2018 à 13h05
    |

Christophe Bigot (Avocat au barreau de Paris)







                        



                                


                            
Tribune. Comment ne pas souscrire à la volonté de lutter contre les « fake news », ou autres « vérités alternatives », surtout lorsqu’elles tendent à perturber le jeu normal des institutions démocratiques et en particulier les élections ? Pourtant, l’annonce d’Emmanuel Macron visant à la prochaine instauration d’un texte destiné à mieux réguler ce type de contenus, notamment sur les réseaux sociaux, laisse dubitatif pour de multiples raisons.
Pour résumer, il s’agirait d’édicter une nouvelle loi sanctionnant les fausses informations ayant pour objet ou pour effet de fausser un scrutin, en donnant au juge ou au CSA de nouveaux outils. Ces derniers permettraient d’agir vite, grâce à des procédures dites de référé, et fort, en permettant la suppression d’un contenu, la désactivation d’un compte utilisateur, la suspension d’un service ou son interdiction d’accès en France. S’ajouterait à cet arsenal répressif une obligation renforcée de surveillance et de transparence des plates-formes hébergeant les réseaux sociaux : Facebook, Twitter et autres.
l’article 27 de la loi du 29 juillet 1881 réprime déjà la diffusion de fausses nouvelles susceptibles de troubler la paix publique
Notre droit contenant déjà différents instruments qui s’apparentent à celui qui est annoncé, il est possible d’en anticiper l’utilisation. En effet, et cela a été dit partout depuis l’annonce de la présidence, l’article 27 de la loi du 29 juillet 1881 réprime déjà la diffusion de fausses nouvelles susceptibles de troubler la paix publique. Et en période électorale, un texte spécial, l’article L. 97 du code électoral, sanctionne, quant à lui, ces fausses nouvelles quand elles ont eu pour effet de fausser un scrutin.
Or, ces deux textes ne sont quasiment pas utilisés pour des raisons qui tiennent en partie à leur physionomie propre, mais aussi et surtout parce que pour sanctionner une « fausse nouvelle », il est absolument indispensable de prouver...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3236,1-0,0-8"> ¤ L’ancien conseiller spécial de la Maison Blanche est acculé depuis qu’il s’est confié à l’auteur de « Fire and Fury », livre très critique sur le président.
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Article sélectionné dans La Matinale du 09/01/2018
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Etats-Unis : Steve Bannon quitte la direction de Breitbart News

L’ancien conseiller spécial de la Maison Blanche est acculé depuis qu’il s’est confié à l’auteur de « Fire and Fury », livre très critique sur le président.



Le Monde
 |    09.01.2018 à 22h30
 • Mis à jour le
10.01.2018 à 08h14
    |

            Gilles Paris (Washington, correspondant)








                        



   


Stephen Bannon s’était revendiqué un jour comme léniniste. « Lénine », avait-il expliqué à un historien américain, Ronald Radosh, « voulait détruire l’Etat, c’est aussi mon objectif ». Un procès quasi stalinien emporte aujourd’hui l’ancien conseiller de Donald Trump. Il a été contraint de renoncer, mardi 9 janvier, à la direction du site Breitbart News, transformé sous sa houlette à partir de 2012 en brûlot ultranationaliste. Un départ qui intervient six mois après avoir quitté la Maison Blanche à la suite de la nomination d’un nouveau chief of staff, l’ancien général John Kelly, tout en restant alors en bons termes avec M. Trump.
Mis en cause pour des propos ravageurs concernant le président et sa famille rapportés par Michael Wolff dans son livre Fire and Fury : Inside the Trump White House (Henry Holt ed., non traduit) qui fait tanguer la Maison Blanche depuis sa publication, le 5 janvier, M. Bannon a tout d’abord été ostracisé par Donald Trump. Il a perdu ensuite le soutien précieux de la famille Mercer, actionnaire minoritaire de Breitbart News, avant d’être accablé sur toutes les chaînes d’information continue par l’entourage du président.

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                Pleurs, trahisons, brosse à dents… ce que nous apprend « Fire and Fury », le livre sur Trump et ses proches



Une « trahison » pour Trump
« Lorsqu’il a été viré, il n’a pas seulement perdu son job, il a aussi perdu la tête », avait assuré vendredi le président, rendu furieux par l’accusation de « trahison » prêtée dans le livre à M. Bannon à l’endroit de son fils aîné, Donald Trump Jr. Il faisait allusion à une rencontre controversée de ce dernier, pendant la campagne, avec des personnalités russes. Un procureur spécial, Robert Mueller, enquête sur une éventuelle collusion avec les responsables des piratages imputés à la Russie par le renseignement américain, qui ont visé le Parti démocrate.
Affublé désormais du sobriquet « Steve le débraillé » dans les messages vengeurs publiés sur le compte Twitter du président, une allusion à un style vestimentaire non conventionnel, l’ancien Père Joseph du candidat à la présidentielle a tenté une parade. Mais les excuses publiques avancées deux jours après la rupture officialisée par un communiqué virulent du président, le 7 janvier, sont apparues comme trop tardives et trop peu convaincantes pour faire fléchir la Maison Blanche. Interrogé à ce sujet au cours d’un déplacement présidentiel dans le Tennessee, lundi, un porte-parole adjoint de M. Trump avait clairement écarté la possibilité d’un retour en arrière.

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Les « erreurs » du président
Tout en ménageant ostensiblement le président dans ses interventions publiques et en se présentant comme un fantassin loyal du trumpisme, Stephen Bannon n’avait pourtant cessé de prendre ses distances par rapport à certaines décisions présidentielles au cours des derniers mois. Hostile à un renforcement de la présence militaire américaine en Afghanistan, décidé cet été, il avait également publiquement jugé inutile l’offensive verbale du président contre la Corée du Nord. Stephen Bannon estimait en effet qu’elle détournait M. Trump de la priorité de contrer l’influence de la Chine.
En septembre, invité de la prestigieuse émission « 60 Minutes » de la chaîne CBS, il avait également estimé que le limogeage par le président, en mai, du directeur du FBI, James Comey, avait été « la pire erreur » de « l’histoire politique moderne ». Ce limogeage a précipité la nomination d’un procureur spécial pour enquêter sur l’affaire « russe ».
Querelle de paternité
M. Bannon, qui avait pris avec succès la direction de la campagne présidentielle de Donald Trump en août 2016, paie aujourd’hui une ambition qui n’a cessé d’affleurer dans un long portrait publié en décembre par le magazine Vanity Fair, déjà peu amène pour l’entourage d’un président, comparé par ailleurs à « un enfant de onze ans », puis dans l’ouvrage de Michael Wolff. Les dernières pages de ce récit sont sans ambiguïtés. Stephen Bannon y doute en privé que Donald Trump puisse être réélu en 2020, et croit au contraire à sa capacité à reprendre le flambeau et à refonder le Parti républicain sur une ligne ultranationaliste.
La défaite humiliante du candidat qu’il avait activement soutenu lors d’une élection sénatoriale dans l’Alabama, en décembre, avait déjà alerté sur les limites de son projet
Une querelle de paternité oppose en fait les deux hommes. Le président est convaincu d’avoir été, par sa candidature, l’unique catalyseur d’un « mouvement » dépassant le périmètre de l’électorat républicain traditionnel. L’ancien conseiller semble estimer qu’il a été capable, au contraire, par sa cohérence idéologique, de transformer en projet de nationalisme économique les intuitions sommairement exprimées depuis trois décennies par le magnat de l’immobilier.
La défaite humiliante du candidat qu’il avait activement soutenu lors d’une élection sénatoriale dans l’Alabama, en décembre, avait déjà alerté sur les limites de son projet. Son départ de Breitbart News le prive désormais d’un porte-voix et d’influence. « L’obscurité a du bon », avait-il confié dans un entretien au magazine Hollywood Reporter, après la victoire de Donald Trump, en mentionnant « Dick Cheney » – le vice-président de George W. Bush considéré comme le véritable patron de la Maison Blanche à l’époque – « Dark Vador » et « Satan ». C’est pourtant sur lui qu’elle risque désormais de se refermer.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3236,1-0,0-9"> ¤ Le tribunal de commerce a décidé de la poursuite de l’activité du magazine jusqu’à la fin février, dans l’attente d’un repreneur.
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Le mensuel « Causette » placé en liquidation judiciaire

Le tribunal de commerce a décidé de la poursuite de l’activité du magazine jusqu’à la fin février, dans l’attente d’un repreneur.



Le Monde
 |    09.01.2018 à 18h25
 • Mis à jour le
09.01.2018 à 20h28
   





                        



   


Le mensuel Causette a annoncé mardi 9 janvier sur sa page Facebook le placement en liquidation judiciaire des Editions Gynéthic, la société éditrice du magazine « plus féminin du cerveau que du capiton » depuis mars 2009. Le tribunal de commerce « a aussi décidé la poursuite de l’activité jusqu’au 28 février, le temps que les candidat·es à la reprise fassent leurs offres », précise le message.
Le tribunal a fixé au 22 janvier, soit dans deux semaines, la date limite pour le dépôt des offres de reprise, a précisé à l’Agence France-Presse le dirigeant Grégory Lassus-Debat, qui a, en outre, précisé à Libération que « cinq candidats sérieux se sont déjà manifestés auprès du tribunal ».
Le magazine, dont les ventes représentent 95 % de son chiffre d’affaires, contre 4 % seulement pour les publicités, emploie 20 personnes et de nombreux pigistes.
Conflit avec la direction
Le mensuel, qui avait déjà été placé en redressement judiciaire en 2015, avait annoncé en octobre dernier être confronté à de « sérieuses difficultés financières » et avait lancé un appel aux dons. Il a continué depuis sa parution malgré tout, son 85e numéro étant sorti début janvier.
« Malgré ses succès, notre mensuel rencontre depuis plusieurs années des difficultés de gestion liées à un problème structurel de gouvernance et à des choix de développement déraisonnables », avait critiqué en décembre la rédaction dans un communiqué.
Grégory Lassus-Debat rejette ces accusations et explique ces difficultés par une baisse « dramatique » des ventes : − 12 % entre juillet 2016 et juin 2017 par rapport à l’exercice précédent, pour les ventes en France et étranger, selon les chiffres de l’Alliance pour les chiffres de la presse et des médias (ACPM).



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3236,1-0,0-10"> ¤ Dans un entretien au « Monde », le vice-PDG de la station du groupe Lagardère présente certains ajustements. Objectif : faire de la radio celle « d’une France positive, d’une France qui a confiance en elle ».
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Frédéric Schlesinger : « Europe 1 se régénère profondément »

Dans un entretien au « Monde », le vice-PDG de la station du groupe Lagardère présente certains ajustements. Objectif : faire de la radio celle « d’une France positive, d’une France qui a confiance en elle ».



Le Monde
 |    09.01.2018 à 13h00
 • Mis à jour le
09.01.2018 à 15h01
    |

            François Bougon et 
Alexandre Piquard








                        



                                


                            

Frédéric Schlesinger, vice-PDG d’Europe 1, se prépare déjà à un moment difficile. Après la mauvaise vague d’audience précédente, qui signait la pire rentrée de sa radio, la prochaine, celle de novembre-décembre, qui sera dévoilée jeudi 18 janvier, ne devrait pas être meilleure. Mais, avec le soutien du principal actionnaire, Arnaud Lagardère, l’ancien numéro deux de Radio France reste confiant et se donne jusqu’à 2020 pour redresser Europe 1, explique-t-il au Monde.

Peut-on parler d’une rentrée ratée pour Europe 1 ?
Qui connaît la radio sait parfaitement que, quand on change 90 % de sa grille, ce n’est pas en quelques mois qu’on repart à la hausse. Quand nous sommes arrivés à Europe 1, mon équipe et moi-même avons pris le risque de renouveler complètement le concept de radio parlée. Je souris lorsque l’on évoque une rentrée ratée : il ne peut en être autrement, car il faut d’abord perdre avant de gagner. D’ailleurs, nous n’attendons toujours rien de bon des chiffres du mois de janvier.
Gardez-vous confiance malgré tout ?
J’ai toujours dit qu’il nous fallait trois ans pour atteindre nos objectifs. Je le redis et j’ai toujours confiance, car je travaille avec des équipes de grande qualité. Nous n’avons pas à rougir face à la concurrence, notamment en ce qui concerne nos trois piliers éditoriaux : information, récit et débat, divertissement. Non, notre rentrée n’est pas ratée, mais nous avons à gérer l’impatience de tous. Contrairement à ce que j’ai pu lire ici ou là, nous n’avons jamais rêvé de prendre des auditeurs à France Inter. Il faudrait être un débutant pour le penser : France Inter, c’est beaucoup de choses, mais c’est notamment la radio des publiphobes. Nous nous attendions aux difficultés dès que nous avons accepté cette mission. Mais en interne, il y a une excellente ambiance. Pour la première fois, nous avons pu signer la négociation annuelle obligatoire que les syndicats...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3236,1-0,0-11"> ¤ Altice NV, la holding de Patrick Drahi, a annoncé une réorganisation en profondeur du groupe avec la scission d’Altice USA et une nouvelle structure en Europe.
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Article sélectionné dans La Matinale du 08/01/2018
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Altice : Drahi protège ses activités américaines de ses difficultés en France

Altice NV, la holding de Patrick Drahi, a annoncé une réorganisation en profondeur du groupe avec la scission d’Altice USA et une nouvelle structure en Europe.



Le Monde
 |    09.01.2018 à 00h52
 • Mis à jour le
09.01.2018 à 09h08
    |

            Arnaud Leparmentier (New York, correspondant)








                        



   


En période de tempêtes, mieux vaut organiser la séparation de ses activités. Ainsi, en cas de malheur, on est sûr de ne pas tout perdre. C’est cette précaution qu’a prise Patrick Drahi, propriétaire du groupe de télécoms Altice NV. L’homme d’affaires franco-israélien, qui s’est bâti un empire à coup d’endettement bon marché, a annoncé lundi 8 janvier la séparation de ses activités américaines de ses activités européennes : les premières, Altice USA, sont prospères et seront ainsi protégées des secondes, qui traversent de graves difficultés. Le groupe, endetté à hauteur de 50 milliards d’euros, soit cinq fois son excédent brut d’exploitation, a ainsi décidé d’une répartition secondaire d’actions (un « spin-off ») de sa filiale à 67,2 %, Altice USA.
Techniquement, les actionnaires de la maison mère Altice NV recevront chacun des actions d’Altice USA : cette société cotée vivra sa vie outre-atlantique, tandis que Altice NV, réduite aux activités européennes, sera rebaptisée Altice Europe. Les deux entreprises n’auront plus rien en commun… si ce n’est leur actionnaire de contrôle, M. Drahi, qui sera président des deux entités. Les groupes auront un management distinct : le Néerlandais Dennis Okhuijsen, dirigera Altice Europe, tandis que l’Américain Dexter Goei restera patron des activités outre-atlantique. Chacun « rendra compte à Patrick Drahi », explique le communiqué d’Altice.
M. Drahi va siphonner la trésorerie de sa filiale américaine, qui peut se le permettre. Endettée à hauteur de 21 milliards de dollars, Altice USA connaît un désendettement assez rapide et des marges en progression. M. Drahi va opérer en deux étapes : avant le spin-off, Altice USA versera un superdividende de 1,5 milliard de dollars, ce qui permettra, avec un euro à 1,20 dollar, de renflouer à hauteur de 900 millions d’euros Altice NV.

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Ensuite, Altice USA pourra racheter ses propres actions à hauteur de 2 milliards de dollars. Objectif, faire remonter le cours de Bourse de la société, introduite en grande pompe à New York au cours de 30 dollars en juin 2017, et qui avait réussi à lever 1,9 milliard de dollars. L’action a depuis perdu 30 % de sa valeur, puisqu’elle valait, à la clôture du 8 janvier, 21 dollars. Toutefois, dans les échanges après Bourse, l’action progressait de près de 2 % à New York, signe d’accueil plutôt positif de la restructuration. La part flottante du capital devra passer de 10 à 42 %.
Remporter la course contre l’endettement
M. Drahi s’était lancé dans l’aventure américaine à partir de 2015. Il y avait notamment acquis coup sur coup les câblo-opérateurs Suddenlink et Cablevision pour plus de 26 milliards de dollars. « C’est le plus gros investissement jamais fait par un groupe français aux Etats Unis. On a battu Sanofi et j’en suis fier », avait-il déclaré devant la commission des affaires économiques du Sénat en juin 2016. Il vient d’y lancer la première box permettant aux abonnés d’avoir accès à internet, au téléphone fixe et à la télévision par le biais d’un seul appareil. Cet été, M. Drahi avait envisagé une acquisition majeure, le rachat de Charter Communications, câblo-opérateur valorisé 100 milliards de dollars.
Côté européen, il va falloir redresser les activités pour remporter la course contre l’endettement, qui dépassera les 31 milliards d’euros, soit 5,4 années d’excédent brut d’exploitation (EBE). L’action Altice NV cotée à Amsterdam, qui avait culminé en juin 2015 à 44 euros, ne valait lundi que 9,45 euros.
En France, le groupe, propriétaire de SFR (racheté en 2014 via le câblo-opérateur Numéricable), a souffert de la guerre des prix. Il a augmenté ses tarifs dans le câble et imposé des contenus sportifs qui n’intéressaient qu’une minorité de ses clients, conduisant à une perte d’abonnés.

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Dans le mobile, SFR a endigué l’hémorragie des clients mais a vu son revenu par abonné baisser. Le tout dans un contexte de démobilisation des salariés, dont les effectifs sont passés de 15 000 à 10 000 en un an. D’une manière générale, les synergies contenus-contenants prédites par Jean-Marie Messier à la tête de Vivendi à la fin des années 1990, ne sont pas encore au rendez-vous financier. Ces difficultés ont conduit, à l’automne, au départ du patron de SFR, Michel Combes.
Dépendante de la France
Altice Europe se réorganisera en trois entités : Altice France, Altice International (active au Portugal, en Israël et en République dominicaine) et une nouvelle filiale de télévision payante. Le groupe va se séparer d’actifs non stratégiques, notamment en République dominicaine et en Suisse ainsi que de ses tours de téléphonie mobile, pour se désendetter. Le groupe insiste sur le fait qu’Altice France et Altice Europe n’ont pas d’échéance de remboursement majeure avant 2022 et 2023, respectivement. L’objectif est de limiter l’endettement à quatre années d’EBE.
M. Drahi espère avoir bouclé ces opérations, avec les contraintes légales afférentes, avant la fin du premier semestre 2018. En 2016, M. Drahi, partisan de la réduction de quatre à trois du nombre d’acteurs dans les télécoms, avait déclaré au Sénat que la consolidation du secteur en France était « plus indispensable pour ceux dont la France représente 100 % du chiffre dans le métier ». Il visait à l’époque Bouygues-Telecom et Free, le groupe de Xavier Niel (actionnaire du Monde à titre personnel), qui avait renoncé à acheter l’opérateur américain T-Mobile en 2014. Mais séparé d’Altice USA, revoilà Altice Europe bien dépendante de la France.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3236,1-0,0-12"> ¤ L’ancien rédacteur en chef du quotidien de centre gauche est mort samedi, à l’âge de 79 ans, après avoir transformé un journal austère et déficitaire en fleuron de la presse britannique.
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Peter Preston, rénovateur du « Guardian », est mort

L’ancien rédacteur en chef du quotidien de centre gauche est mort samedi, à l’âge de 79 ans, après avoir transformé un journal austère et déficitaire en fleuron de la presse britannique.



Le Monde
 |    08.01.2018 à 20h48
 • Mis à jour le
09.01.2018 à 14h13
    |

            Philippe Bernard (Londres, correspondant)








                        



                                


                            

Promoteur du renouveau du Guardian dans les années 1980 et infatigable défenseur de la presse papier, Peter Preston, rédacteur en chef du quotidien de centre gauche entre 1975 et 1995, est mort, samedi 6 janvier, à l’âge de 79 ans. Ses proches tendaient à relier son énergie, sa pugnacité et son caractère taciturne au drame de son enfance : la polio dont son père était mort, lorsqu’il avait 10 ans, et que lui-même avait alors contractée et qui l’avait obligé à vivre pendant des mois dans un poumon d’acier.
Né le 23 mai 1938, Peter Preston s’est passionné pour l’écriture dès sa jeunesse. Il collabora puis dirigea Cherwell, le journal des étudiants d’Oxford, ville où il fit des études d’anglais. Il entra comme journaliste au Guardian en 1963, l’année précédant le déménagement à Londres du quotidien jusque-là basé à Manchester. Spécialiste des questions d’éducation puis reporter à l’étranger, Peter Preston se fit remarquer en donnant un ton irrévérencieux et drôle à la « Lettre de Londres », une chronique faite d’échos et de commentaires rebaptisée « Miscellany » (« mélanges »).
Un journal alors peu attrayant
Il a tout juste 30 ans lorsque sa rigueur, son exigence journalistique et sa force de caractère le propulsent au poste de rédacteur en chef. Le Guardian traverse alors une mauvaise passe. Déficitaire, le journal est contraint d’augmenter de 50 % son prix et son tirage chute de 306 000 exemplaires en 1976 à 260 000 l’année suivante (157 000 aujourd’hui). Le jeune et enthousiaste chef de la rédaction transforme rapidement un journal austère, peu attrayant et qui perd de l’argent, en fleuron de la presse britannique moderne. Il multiplie les pages spécialisées sur l’éducation, les questions de société et les médias, qui attirent la publicité et les offres d’emploi.
Le journal dirigé par Peter Preston innove à la fois graphiquement (…) et rédactionnellement
Au milieu des années 1980, le Guardian...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3236,1-0,0-13"> ¤ LCP-AN l’avait suspendu le 21 novembre et ouvert une enquête interne après une plainte d’une journaliste de la chaîne, Astrid de Villaines, pour agression sexuelle.
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Motion de défiance à LCP contre la réintégration de Frédéric Haziza, accusé d’agression sexuelle

LCP-AN l’avait suspendu le 21 novembre et ouvert une enquête interne après une plainte d’une journaliste de la chaîne, Astrid de Villaines, pour agression sexuelle.



Le Monde
 |    08.01.2018 à 19h04
   





                        



   


Les journalistes de LCP-AN ont voté, lundi 8 janvier, une motion de défiance à l’encontre des dirigeants de la chaîne, Marie-Eve Malouines et Eric Moniot. La rédaction entend protester contre la réintégration, jeudi 11 janvier, du présentateur vedette Frédéric Haziza, suspendu en novembre après la plainte d’une consœur pour agression sexuelle.
Selon la Société des journalistes (SDJ) de la chaîne, Frédéric Haziza doit revenir à l’antenne ce jeudi pour son émission « Questions d’info » (en partenariat avec Le Monde, Franceinfo et l’AFP). LCP-AN l’avait suspendu le 21 novembre et ouvert une enquête interne après une plainte d’une journaliste de la chaîne, Astrid de Villaines, pour agression sexuelle.
A la question « faites-vous encore confiance à Marie-Eve Malouines et Éric Moniot pour gérer La Chaîne parlementaire ? », les votants ont répondu non à l’unanimité moins un vote blanc, sur 26 votants, précise la Société des journalistes de la chaîne dans un communiqué. La rédaction de LCP compte 39 journalistes, dont 32 sont membres de la SDJ.
« La décision de la direction de LCP, Marie-Eve Malouines et Éric Moniot, de réintégrer Frédéric Haziza au sein de la rédaction, malgré l’ouverture d’une enquête préliminaire après la plainte déposée par une de nos collègues pour agression sexuelle, nous choque », dit la Société des journalistes.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3236,1-0,0-14"> ¤ Des collaborateurs de l’hebdomadaire satirique, notamment Philippe Lançon et Fabrice Nicolino, prennent la parole avant les hommages aux victimes du 7 janvier 2015.
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Article sélectionné dans La Matinale du 06/01/2018
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« Charlie Hebdo » : trois ans après l’attentat, les journalistes témoignent

Des collaborateurs de l’hebdomadaire satirique, notamment Philippe Lançon et Fabrice Nicolino, prennent la parole avant les hommages aux victimes du 7 janvier 2015.



Le Monde
 |    06.01.2018 à 16h14
 • Mis à jour le
07.01.2018 à 06h53
   





                        



   


Trois ans après l’attentat contre Charlie Hebdo par les frères Kouachi, qui ont tué douze personnes dans les locaux de l’hebdomadaire, plusieurs collaborateurs du titre prennent la parole pour expliquer à quoi ressemblent leurs vies depuis le 7 janvier 2015, décrire leurs rapports au journal et au slogan « Je suis Charlie ».

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Sur le site de Libération, le journaliste Philippe Lançon livre un témoignage poignant à propos du slogan « Je suis Charlie ». Lui-même victime de l’attentat, gravement blessé à la mâchoire, il explique dans sa tribune que « ce slogan a vite cessé de [le] convaincre ».
Le journaliste de Libé et de Charlie Hebdo juge qu’« au départ (…), “Je suis Charlie” était un cri humaniste, d’effroi et de mélancolie. (…) On se levait pour un principe, pour la vie, pour un principe de vie ». Il déplore que ce slogan a ensuite été détourné en même temps que « l’idéologie s’est installée ».
« Très vite, l’individualisme publicitaire du slogan s’est dilué dans les diverses et inévitables traductions politiques dont il fut l’objet. (…) “Je suis Charlie” est devenu l’étiquette magique qu’on faisait valser au gré de ses intérêts, de ses combats et de ses préjugés ; en clair, une injonction. »
« Je veux me sentir libre d’écrire et de lire ce qui me chante »
Philippe Lançon critique cette injonction qui « visait à regrouper autant qu’à exclure, à regrouper en excluant (…) Dès qu’un slogan apparaît comme l’arme d’un pouvoir, tous ceux qui se sentent à tort ou à raison désignés par ce slogan, par ce pouvoir, ont un plaisir nerveux à s’y opposer. Résister à l’ordre et au consensus est souvent un point d’orgueil, mais aussi une manière d’exister », explique celui qui écrit pour Libération depuis vingt-quatre ans.
Il martèle qu’il n’a « jamais attendu de qui que ce soit qu’il me dise : “Je suis Charlie”, avant d’évoquer ce que veulent dire ces trois mots pour lui : « “Je suis Charlie” continue donc simplement de signifier pour moi : je veux me sentir libre d’écrire et de lire ce qui me chante, et que les autres bénéficient de cette liberté. »

   


Cette tribune est parue alors que l’événement « Toujours Charlie, de la mémoire au combat » se déroulait samedi 6 janvier aux Folies-Bergère, à Paris. Organisé notamment par le Printemps républicain, l’événement en faveur de la liberté d’expression est vu par ses détracteurs comme une tentative de récupération.

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« On ne s’appartient plus totalement »
Gravement touché aux jambes et à l’abdomen, le journaliste Fabrice Nicolino raconte, lui, combien « c’est flippant de travailler à Charlie ». Il a confié à France Info « presque rire » de menaces que ses collègues et lui-même jugent « totalement délirantes », mais que « d’autres [leur] font penser qu’il y a derrière des gens très sérieux et qui sont capables de passer aux actes. (…) On peut encore se faire plomber par ces crétins ».
« De terribles mesures de protection », « des voitures lourdement blindées », « beaucoup de flics »… Fabrice Nicolino énumère les moyens utilisés pour protéger les journalistes et collaborateurs de Charlie Hebdo. L’hebdomadaire est « en état de siège en plein Paris en 2018 », ce qui provoque une ambiance « fatalement anxiogène », mais « l’ambiance n’est pas sinistre », selon lui. Une « panic room » a été créée, « un endroit ultra-sécurisé où on est censé se précipiter en cas d’alerte », ajoute-t-il.
« Il y a une responsabilité morale et politique à continuer ce journal. On ne s’appartient plus totalement, on appartient à cette lutte séculaire pour la liberté et la démocratie. On ne peut pas se débiner. »
Des déclarations qui recoupent ce qu’a publié Charlie Hebdo mercredi 3 janvier, dans un numéro spécial racontant l’impact d’un traumatisme qui continue de bouleverser profondément son fonctionnement. Le dessinateur et caricaturiste Riss, directeur de la rédaction, y déplore notamment le coût très lourd de la protection des locaux — « entre 1 et 1,5 million d’euros par an, entièrement à la charge du journal », soit l’équivalent de près de 800 000 exemplaires par an.



                            


                        

                        


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Amazon souhaiterait acquérir les droits de la Premier League

Le géant du commerce en ligne prévoit de faire une offre lors de la prochaine vente aux enchères des droits de diffusion du championnat de football le plus suivi d’Europe.



Le Monde
 |    05.01.2018 à 16h19
 • Mis à jour le
05.01.2018 à 17h19
    |

                            Yassine El Azzaz








                        



   


Amazon aurait des vues sur le football européen. Après avoir obtenu le droit de retransmission audio des rencontres du championnat allemand, la firme de Seattle (Etats-Unis) souhaiterait se tourner vers le football anglais, a rapporté Bloomberg, vendredi 5 janvier. Dans le cadre d’une stratégie plus large, destinée à apporter plus de contenus attrayants à ses clients, Amazon prévoit de faire une offre lors de la prochaine vente aux enchères de la Premier League anglaise, en mai. Le géant du commerce en ligne s’intéresserait au plus petit des sept packs de la compétition, qui regroupe chacun entre 20 et 32 matchs.
Malgré des montants records et difficiles à rentabiliser – BT et Sky ont dépensé près de 7 milliards d’euros en 2015 pour diffuser l’intégralité de la Premier League –, le géant du numérique serait prêt à mettre la main à la poche pour fidéliser ses clients. « Amazon n’est pas dans une logique de profit, mais de recherche de parts de marché. Dans cette optique, le championnat anglais est un excellent produit d’appel, la plus belle vitrine du football mondial », analyse l’économiste français Pascal Perri.

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Amazon n’a pas commenté cette information. « Nous allons continuer à ajouter du contenu que les membres de Prime [Video d’Amazon] recherchent », s’était contenté de déclarer le groupe, en novembre. Alors que ses offres pour le sport en direct ont jusqu’ici porté sur le tennis et le football américain, Amazon avait mis un premier pied dans le football anglais en s’associant à Manchester City, il y a deux mois. Sa plate-forme vidéo proposera à ses abonnés une série documentaire sur les coulisses du club, lors de la saison 2017-2018.
Nouvelle surenchère
Pour la boutique en ligne, les contenus permettent d’attirer de nouveaux clients. Une fois abonnés à Prime, le service de fidélisation proposant une livraison gratuite et d’autres services, comme la diffusion de musiques et de films, les utilisateurs d’Amazon commandent deux fois plus sur la plate-forme, selon une étude du cabinet Consumer Intelligence Research Partners.

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L’arrivée sur le marché des acteurs du numérique risque aussi d’entraîner une nouvelle surenchère sur les droits sportifs. « Face à des acteurs télévisuels cloisonnés dans les frontières d’un territoire national, seuls les [Google, Apple, Facebook et autres Amazon] peuvent renchérir. S’il y a une bataille finale, elle sera très difficile à gagner pour les acteurs traditionnels avec leurs moyens limités », avertit Pascal Perri. Mais, pour le moment, aucun géant du numérique ne s’est réellement lancé dans la bataille des droits sportifs, en concurrence directe avec les chaînes de télévision traditionnelles.

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Avant de conquérir un public passionné et habitué à certains codes propres au journalisme et au commentaire sportifs, la tâche ne sera cependant pas aisée pour Amazon. Pour l’économiste, « le divertissement sportif est une aventure quotidienne qui suppose une connaissance de l’histoire et un lien enraciné avec le territoire où sont installés les spectateurs ». En 2012, BeIN Sports était pourtant parti de zéro. En très peu de temps, la chaîne qatarie avait réussi à gagner du terrain face à Canal+.



                            


                        

                        


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« Fake news » : les risques d’une loi

Editorial. Emmanuel Macron a annoncé le 3 janvier une prochaine loi contre les fausses nouvelles en période électorale. Un objectif louable qui risque de se heurter à une réalité complexe.



Le Monde
 |    04.01.2018 à 11h30
 • Mis à jour le
04.01.2018 à 13h46
   





                        



   


Editorial du « Monde ». Ce président qui ne dort jamais ne veut pas que la France s’endorme. Ne souhaitant pas non plus que les journalistes s’assoupissent, il leur a réservé, lors de la cérémonie des vœux de Nouvel An à la presse, mercredi 3 janvier, l’une de ces annonces dont il ponctue chacune de ses apparitions publiques : le chef de l’Etat veut offrir à la démocratie française une loi sur les « fake news ».
Quel beau sujet en effet ! Quoi de plus légitime que de s’attaquer à ce phénomène qui, décuplé par la puissance du Net, pourrit la vie démocratique en sapant la crédibilité de l’information et abuse de la crédulité des esprits non avertis ? Emmanuel Macron avait déjà réussi un très joli coup en mai dernier lorsque, recevant Vladimir Poutine à Versailles, il avait expliqué à une journaliste russe la différence entre information et propagande : à ses yeux, Russia Today (RT) et Sputnik étaient des organes de « propagande mensongère », diffuseurs de « contre-vérités », et donc indignes d’être accrédités pour couvrir sa campagne électorale.
Grâce à ce pilier des démocraties libérales qu’est la liberté d’expression, la chaîne de télévision RT en français a, depuis, été autorisée à émettre en France. Est-ce à dire qu’elle pourra en toute impunité déverser sa « propagande mensongère » dans le cadre de nos prochaines campagnes électorales ? En bonne logique, non. Il faut, a dit le président, en finir avec les « bobards inventés pour salir », traduction élyséenne des « fake news ».
Un domaine mouvant
La création délibérée de fausses nouvelles, ou la déformation de nouvelles réelles, et leur diffusion massive à travers les réseaux sociaux sont un fléau qui sape l’exercice électoral. Comme le montrent les travaux d’enquête réalisés depuis un an sur la campagne électorale américaine de 2016, la stratégie des « fake news » vise non seulement à salir mais à exploiter les divisions de nos sociétés ouvertes. C’est devenu l’une des armes de cette guerre technologique de l’information que livrent aujourd’hui aux démocraties occidentales certains régimes autocratiques, au premier rang desquels, sans la nommer, le président Macron place évidemment la Russie. La claire mise en garde du chef de l’Etat contre la « tentation illibérale », où, comme en Europe centrale, la liberté de la presse est menacée, est également opportune. 

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Mais une loi pour « protéger la vie démocratique de ces fausses nouvelles » est-elle la solution ? M. Macron a promis un texte sur le sujet dans les semaines à venir et nous l’examinerons avec intérêt. Une chose est, comme l’a fait sentencieusement Emmanuel Macron mercredi soir, de donner une leçon de journalisme sur « les propos d’antichambre » – que lui-même et son équipe ne dédaignent pas de dispenser par ailleurs –, qui ne sauraient rivaliser avec « l’expression publique ». Une autre est de fixer un cadre juridique contraignant pour « imposer des obligations de transparence » aux plates-formes du Net, « afin de rendre publique l’identité des annonceurs et de ceux qui les contrôlent ». Ce type d’ambition législative, dans un domaine aussi mouvant et complexe que les technologies numériques et sur un sujet aussi crucial que la liberté de la presse, est par nature périlleux. La sauvegarde de la qualité et de la crédibilité de l’information est un combat de fond, dans lequel Le Monde est engagé. Il commence par l’éducation et passe par la défense des modèles économiques des médias d’information. Modifier les lois qui existent déjà apparaît pour le moins risqué.




                            


                        

                        


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Après avoir été la cible de rumeurs pendant la présidentielle, Macron veut une loi contre les « fake news »

La loi sur la liberté de presse n’est plus suffisante, selon le président qui a annoncé mercredi vouloir une loi contre les fausses nouvelles en période électorale.



Le Monde
 |    04.01.2018 à 10h43
 • Mis à jour le
04.01.2018 à 11h51
    |

            François Bougon








                        



                                


                            

« Fake news » : l’expression popularisée par le président américain Donald Trump a été désignée mot de l’année 2017 par le dictionnaire britannique Collins. Et, en 2018, elle devrait rapidement être dans toutes les bouches à l’Assemblée nationale et au Sénat. Emmanuel Macron a en effet annoncé, mercredi 3 janvier, lors de ses vœux à la presse, sa volonté de voir adopter prochainement - « probablement avant la fin de l’année », selon le porte-parole gu gouvernement, Benjamin Griveaux - une loi pour lutter contre les fausses nouvelles en période électorale, avec des sanctions extrêmement lourdes comme le blocage de sites Internet.
Face à un public de journalistes et de responsables des médias réunis dans la salle des fêtes de l’Elysée, le président a jugé indispensable de « faire évoluer notre dispositif juridique ». Actuellement, la loi de 1881 sur la liberté de la presse punit d’une amende de 45 000 euros « la publication, la diffusion ou la reproduction, par quelque moyen que ce soit, de nouvelles fausses, de pièces fabriquées, falsifiées ou mensongèrement attribuées à des tiers lorsque, faite de mauvaise foi, elle aura troublé la paix publique, ou aura été susceptible de la troubler ».
Ingérences russes
Mais, pour le président de la République, elle n’est plus suffisante. « Les plates-formes se verront imposer des obligations de transparence accrue sur tous les contenus sponsorisés afin de rendre publique l’identité des annonceurs et de ceux qui les contrôlent, mais aussi de limiter les montants consacrés à ces contenus », a-t-il précisé. Les ingérences russes via les réseaux sociaux lors de la campagne présidentielle de 2016 aux Etats-Unis ont marqué les esprits. En novembre 2017, Facebook, Google et Twitter avaient dû s’expliquer devant des commissions du Congrès américain, dans le cadre d’une enquête pour déterminer si Moscou avait favorisé une victoire de Donald Trump en diffusant massivement des messages...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3236,1-0,0-18"> ¤ Emmanuel Macron a annoncé mercredi qu’un « texte de loi » destiné à lutter contre les « fake news » sur Internet en « période électorale » allait être déposé « prochainement ».
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<filname="SURF-0,2-3236,1-0,0-19"> ¤ Le projet de loi sera présenté « probablement avant la fin de l’année », a précisé, jeudi, le porte-parole du gouvernement, Benjamin Griveaux.
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Macron veut une loi contre les fausses informations en période électorale

Le projet de loi sera présenté « probablement avant la fin de l’année », a précisé, jeudi, le porte-parole du gouvernement, Benjamin Griveaux.



Le Monde
 |    03.01.2018 à 18h37
 • Mis à jour le
04.01.2018 à 11h10
   





                        



Emmanuel Macron a annoncé mercredi 3 janvier qu’un « texte de loi » allait être déposé « prochainement » pour lutter contre la diffusion des fake news (« fausses informations ») sur Internet en « période électorale ». Le chef de l’Etat a annoncé ce futur texte lors de ses vœux à la presse, essentiellement consacrés à l’économie des médias, et prononcés à l’Elysée face à des journalistes et acteurs des médias. Le projet de loi sera présenté « probablement avant la fin de l’année », a précisé jeudi le porte-parole du gouvernement, Benjamin Griveaux.
« Nous allons faire évoluer notre dispositif juridique pour protéger la vie démocratique de ces fausses nouvelles », a déclaré Emmanuel Macron lors de son discours. « Les plates-formes se verront imposer des obligations de transparence accrue sur tous les contenus sponsorisés afin de rendre publique l’identité des annonceurs et de ceux qui les contrôlent, mais aussi de limiter les montants consacrés à ces contenus », a-t-il précisé.
Le chef de l’Etat, lui-même victime de nombreuses fausses informations amplement relayées sur les réseaux sociaux durant la campagne présidentielle, a fustigé « cette propagande articulée avec des milliers de comptes sur les réseaux sociaux », qui « en un instant répandent partout dans le monde, dans toutes les langues, des bobards inventés pour salir un responsable politique, une personnalité, une figure publique, un journaliste ».

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« En cas de propagation d’une fausse nouvelle, il sera possible de saisir le juge à travers une nouvelle action en référé permettant le cas échéant de supprimer le contenu mis en cause, de déréférencer le site, de fermer le compte utilisateur concerné, voire de bloquer l’accès au site Internet. »
Pouvoirs du CSA étendus
M. Macron a également annoncé que les pouvoirs du Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA) « seraient accrus pour lutter contre toute tentative de déstabilisation par des services de télévision contrôlés ou influencés par des Etats étrangers ».
« Cela permettra (…) de refuser de conclure des conventions avec de tels services », ou de « suspendre ou annuler » ces conventions « en prenant en compte tous les contenus édités par ces services, y compris sur Internet », a ajouté M. Macron. Récemment, M. Macron avait notamment critiqué deux médias russes, RT et Sputnik, accusés de s’être comportés durant la campagne présidentielle « comme des organes d’influence (…) et de propagande mensongère ».
Le chef de l’Etat a par ailleurs appelé « à responsabiliser les plates-formes et les diffuseurs sur Internet », tout en demandant à la profession journalistique d’entamer « une réflexion » déontologique. En ce sens, « la démarche de Reporters sans frontières d’inventer une sorte de certification des organes de presse respectant la déontologie du métier me paraît intéressante et souhaitable », a-t-il salué.
Loi sur l’audiovisuel public
Le président en a également profité pour confirmer un projet de loi sur l’audiovisuel public « avant la fin de l’année » 2018. Il a précisé :
« A la fin du premier trimestre 2018, des propositions partagées, chiffrées et structurées, construisant un scénario de transformation à mettre en œuvre seront rendues par la mission sur laquelle s’appuie la ministre de la culture. »
Ces propositions « seront la matière d’un débat que nous voulons large avec l’ensemble des professionnels », a ajouté le chef de l’Etat, qui a expliqué que les réflexions s’inspireraient de « différents modèles européens et internationaux ».



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3236,1-0,0-20"> ¤ Le journal satirique revient sur le traumatisme de l’attentat du 7 janvier 2015, décrivant les escortes, les menaces et le deuil « qui ne finira jamais ».
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Trois ans après la tuerie, « Charlie Hebdo » sort un numéro anniversaire

Le journal satirique revient sur le traumatisme de l’attentat du 7 janvier 2015, décrivant les escortes, les menaces et le deuil « qui ne finira jamais ».



Le Monde
 |    03.01.2018 à 12h39
 • Mis à jour le
03.01.2018 à 15h06
   





                        



   


« Le 7 janvier 2015 est la date rouge sang qui sépare deux vies. » Trois ans après l’attentat qui a décimé sa rédaction, Charlie Hebdo revient dans un numéro anniversaire sur ce traumatisme qui continue de bouleverser profondément son fonctionnement. Escorte policière permanente, avalanche de menaces sur les réseaux sociaux, coût très élevé pour le journal de la sécurisation permanente…, le numéro qui paraît mercredi 3 janvier dévoile les conséquences de l’attentat sur les conditions de travail au jour le jour.
Le dessinateur et caricaturiste Riss, directeur de la rédaction, déplore notamment le coût très lourd de la protection des locaux — « entre 1 et 1,5 million d’euros par an, entièrement à la charge du journal » soit l’équivalent de près de 800 000 exemplaires par an.

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« Est-il normal pour un journal d’un pays démocratique que plus d’un exemplaire sur deux vendus en kiosque finance la sécurité des locaux et des journalistes qui y travaillent ? », regrette Riss dans son éditorial, estimant que la liberté d’expression « est en train de devenir un produit de luxe ».
Le chiffre d’affaires du journal est tombé à 19,4 millions d’euros en 2016, après un record en 2015 avec plus de 60 millions d’euros, selon des chiffres de BFM Business, confirmés à l’AFP.
« La date rouge sang qui sépare deux vies »
Tout a changé il y a trois ans, quand deux hommes armés, Saïd et Chérif Kouachi, ont assassiné onze personnes dans les locaux parisiens de l’hebdomadaire satirique. C’était le début d’une série d’attaques djihadiste sans précédent en France qui a fait, depuis, deux cent quarante et un morts.
Parmi les victimes, des figures emblématiques du journal comme Cabu, Wolinksi, Honoré, Tignous, l’ex-directeur de la rédaction Charb ou l’économiste Bernard Maris.

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« Le 7 janvier 2015 nous a propulsés dans un monde nouveau, fait de policiers en armes, de sas et de portes blindées, de trouille, de mort. Et cela en plein Paris, et cela dans des conditions qui n’honorent pas la République française. Est-ce qu’on se marre quand même ? Oui », raconte le journaliste Fabrice Nicolino dans un long récit intitulé « Ce que ces trois années ont vraiment changé ».
« Le 7 janvier 2015 est la date rouge sang qui sépare deux vies. Avant, il y a les blagues de Charb qui nous faisaient pleurer de rire, les petits gâteaux de Cabu, déposés avec grâce sur la table, les mots coquins de Wolin, l’arrivée tonitruante de Tignous, le rire pleines dents de Bernard, les cris d’Elsa. Et depuis, un deuil que nous portons tous, et qui ne finira jamais », écrit-il.
Menaces
D’autres articles reviennent sur les menaces dont Charlie fait régulièrement l’objet, notamment sur les réseaux sociaux, qui « continuent à relayer les appels à des attaques physiques contre le journal, le forçant parfois à porter plainte ».
Très scrutées, les « unes » de Charlie, devenu un symbole bien au-delà des frontières françaises, font souvent grincer des dents. Dernièrement, le journal a reçu des menaces pour une couverture sur la maladie de Johnny Hallyday, et s’est empoigné avec Mediapart au sujet de l’islamologue controversé Tariq Ramadan.

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Samedi 6 janvier, une journée intitulée « Toujours Charlie », organisée par la Licra, le comité Laïcité République et le Printemps républicain, proposera débats, tables-rondes et concerts aux Folies Bergère, à Paris, en présence de membres de l’équipe de Charlie et de l’ancien premier ministre Manuel Valls.
Dimanche, le ministre de l’intérieur devrait participer à une commémoration à Paris, porte de Vincennes, et un rassemblement est organisé place de la République à l’appel du Mouvement pour la paix et contre le terrorisme.
Le Conseil représentatif des institutions juives de France (CRIF) a pour sa part appelé à un rassemblement mardi porte de Vincennes en hommage aux victimes de l’Hyper Cacher.



                            


                        

                        

