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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-1"> ¤ Dans une tribune au « Monde », un collectif de professionnels du bâtiment et d’acteurs de la lutte pour l’efficacité énergétique, parmi lesquels Christophe Robert (Fondation Abbé Pierre) et Xavier Pintat, sénateur (LR) de Gironde, s’inquiète des fraudes qui affectent son dispositif de financement, les certificats d’économie d’énergie.
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Bâtiment : « Les abus ne doivent pas menacer la pérennité des certifications d’économie d’énergie »

Dans une tribune au « Monde », un collectif de professionnels du bâtiment et d’acteurs de la lutte pour l’efficacité énergétique, parmi lesquels Christophe Robert (Fondation Abbé Pierre) et Xavier Pintat, sénateur (LR) de Gironde, s’inquiète des fraudes qui affectent son dispositif de financement, les certificats d’économie d’énergie.



Le Monde
 |    10.01.2018 à 18h45
    |

                            Collectif








                        



                                


                            

Tribune. Alors que le gouvernement a fait de la rénovation énergétique des bâtiments une priorité nationale et que débute une nouvelle période d’obligation de réalisation d’économies d’énergie via les « Certificats d’économie d’énergie » (CEE), des systèmes frauduleux ont été récemment mises au jour.
Tracfin, la cellule de signalement de fraudes financières du ministère de l’économie, souligne dans son rapport annuel avoir constaté en 2016 une augmentation significative du nombre de dossiers en lien avec les fraudes aux CEE. Ces révélations mettent en lumière que tout dispositif vertueux peut être détourné et que l’ensemble des acteurs du secteur doivent rester vigilants et intransigeants pour préserver un mécanisme utile à ses multiples utilisateurs.
Depuis plus de dix ans, les CEE ont prouvé leur efficacité et se sont imposés comme un outil incontournable pour relever les défis de la transition écologique et de la rénovation énergétique en réduisant la consommation d’énergie finale nationale en France. Ce dispositif a d’ailleurs été dupliqué dans de nombreux pays.
1 million de chaudières
Particuliers, collectivités territoriales, bailleurs sociaux, entreprises industrielles… Plusieurs millions de Français ont pu engager des travaux d’efficacité énergétique grâce à ce financement innovant.

Les travaux effectués concernent tant des opérations complexes que des opérations simples à mettre en œuvre et particulièrement efficaces en termes d’économies d’énergie, qui entraînent des gains importants de chaleur ou à des baisses significatives de facture. Grâce aux CEE, les professionnels ont ainsi installé 1 million de chaudières performantes sur l’ensemble du territoire et isolé les combles, les murs et/ou les toitures de plus de 600 000 logements.
Depuis 2016, les CEE permettent également d’apporter un soutien renforcé aux ménages en situation de précarité énergétique. Une obligation spécifique d’économies...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-2"> ¤ Mercredi s’ouvre la période des soldes d’hiver en France métropolitaine. Une pratique commerciale qui obéit à un certain nombre de règles et de dérogations.
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Que dit la législation sur les soldes ?

Mercredi s’ouvre la période des soldes d’hiver en France métropolitaine. Une pratique commerciale qui obéit à un certain nombre de règles et de dérogations.



Le Monde
 |    10.01.2018 à 17h01
   





                        



   


Les soldes d’hiver sont lancées. Depuis mercredi 10 novembre à 8 heures et jusqu’au 20 février, les Français peuvent bénéficier de tarifs réduits dans la plupart des commerces.
Cette période, qui dure six semaines, mais que le gouvernement entend réduire à quatre semaines en 2019, est particulièrement réglementée.

        Lire :
         

          A l’heure des soldes d’hiver, les enseignes de mode restent fragiles



Ce que dit la loi sur la date du lancement des soldes
Le site officiel de l’administration française indique que « chacune des deux périodes légales de soldes doit durer six semaines », ce qui vaut également pour les sites de vente en ligne. Les soldes d’été commencent « le dernier mercredi du mois de juin à 8 heures du matin (ou l’avant-dernier si le dernier mercredi intervient après le 28) », et les soldes d’hiver « le deuxième mercredi du mois de janvier [le 10 janvier cette année] à 8 heures du matin (ou le 1ermercredi si le 2e est daté après le 12) ».
Certaines régions bénéficient de dérogations quant à la date du lancement des soldes : 
Les départements frontaliers (Alpes-Maritimes, Corse, Meurthe-et-Moselle, Meuse, Moselle, Vosges, Pyrénées-Orientales), disposent de dates dérogatoires. Ces territoires ont le droit de démarrer plus tôt que les autres du fait de la concurrence des pays voisins, comme au Luxembourg, où les soldes commencent plus tôt en hiver. Raison pour laquelle les quatre départements lorrains lancent leurs soldes dès le premier jour ouvré de janvier.
Les départements et collectivités d’outre-mer se décalent pour leur part davantage, car les saisons y sont différentes : les soldes d’été ont lieu en octobre dans les Antilles.
Quels types de produits peuvent être soldés ?
Pour éviter les fraudes et les « fausses soldes » (puisque le but initial des soldes est de liquider les produits invendus), la loi interdit de solder des produits qui n’ont pas été proposés à la vente depuis au minimum un mois avant le début des soldes.
Le site du gouvernement précise également qu’il est « interdit de procéder à un approvisionnement spécialement destiné aux soldes quelques jours avant la date de début de l’opération commerciale, sans que les produits aient été proposés à la vente au préalable. »
Distinction des produits et dénomination « solde »
L’étiquetage des produits soldés doit être « précis » et la distinction des produits soldés dans le magasin doit se faire aussi sur une « localisation séparée » du reste des articles non soldés. Si l’enseigne utilise le terme « solde » alors qu’elle ne pratique pas de baisse des prix, elle peut être sanctionnée d’une amende de « 15 000 € pour une personne physique ou de 75 000 € pour une personne morale ». De la même manière, il est interdit pour un commerce de faire augmenter ses prix à la veille des soldes
Le principe des ventes privées
En dehors de ces périodes réglementées, nombreuses sont les marques à proposer des « ventes privées » : « des opérations promotionnelles avec une réduction de prix, qualifiées de promotions de déstockage ou de ventes privées, sur les marchandises pour lesquelles ils ne reconstituent pas de stocks ». 
Ces opérations sont autorisées « dès lors que le mot “soldes” n’est pas utilisé et que la législation sur l’interdiction de revente à perte est respectée », comme le précise une réponse, en 2015, du ministère de l’économie de l’industrie et du numérique à une question posée alors par une députée (UMP) du Loiret.
Ces ventes particulières s’adressent à une clientèle restreinte et les promotions ne concernent pas la totalité de la clientèle.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-3"> ¤ Alors que les soldes débutent mercredi, Erwan Autret, ingénieur de l’Ademe, revient sur l’impact dévastateur de l’industrie de la mode sur l’environnement.
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Soldes : « On peut passer de la mode jetable à un système plus durable »

Alors que les soldes débutent mercredi, Erwan Autret, ingénieur de l’Ademe, revient sur l’impact dévastateur de l’industrie de la mode sur l’environnement.



Le Monde
 |    10.01.2018 à 15h27
 • Mis à jour le
10.01.2018 à 17h02
    |

            Faustine Vincent








                        



   


Quelque 130 milliards de pièces de vêtements sont produites chaque année dans le monde. Une production massive au coût écologique faramineux : le textile est aujourd’hui la deuxième industrie la plus polluante dans le monde, après le pétrole.
Alors que les soldes d’hiver débutent mercredi 10 janvier, Erwan Autret, ingénieur de l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe) chargé du suivi de la filière textile, constate que le système fonctionne encore sur le modèle de la mode jetable, mais observe des avancées.

        Lire :
         

          La mode se penche sur son poids environnemental



Quel est l’impact de l’industrie de la mode sur l’environnement ?
Erwan Autret : On relève trois impacts principaux : sur les émissions de gaz à effet de serre, sur la consommation d’eau, et sur son eutrophisation, c’est-à-dire le changement de composition chimique de l’eau à cause des polluants qui y sont déversés.
Concernant la consommation d’eau, on sait qu’il faut 2 700 litres pour fabriquer un tee-shirt, soit ce que consomme un individu en trois ans. Pour un jean, entre 7 000 et 11 000 litres d’eau sont nécessaires, l’équivalent de 285 douches.
L’Ademe travaille depuis deux ans avec sept entreprises volontaires, dont Decathlon et Okaïdi, pour évaluer plus précisément ces trois impacts sur l’environnement. L’analyse des données à l’échelle de chaque produit est en cours. On aura tous les résultats d’ici à mi-2018.
L’objectif de cette démarche est de permettre aux entreprises de se doter d’un affichage environnemental. Les consommateurs le verront sur les étiquettes au cours du premier semestre 2018.
On milite également pour que cette méthode d’évaluation de l’impact sur l’environnement, que seule la France expérimente de manière exhaustive, soit reconnue à l’échelle européenne.
Le secteur de la mode s’est-il emparé des enjeux environnementaux ?
Il existe des entreprises précurseuses. Quelques dizaines de petites et moyennes entreprises (PME), comme la marque de jeans 1083, ou les chaussures de sport Ector, s’engagent résolument en développant « l’écoconception », qui consiste à concevoir un vêtement en minimisant son impact environnemental – à travers le choix des matières premières, l’entretien que nécessite le vêtement, etc.
Ces entreprises montrent que l’on peut passer de la mode jetable à un système plus durable, où le vêtement peut être porté plus longtemps, et que faire du textile à 100 % recyclé est possible.
Leur nombre reste marginal…
C’est vrai que la marge de progression des entreprises dans le secteur de la mode reste immense. On est encore sur le modèle : « Je vends plus, et le consommateur jette plus. »
On constate également, à travers la filière de récupération, une baisse de qualité des textiles par rapport à ceux d’il y a quinze ou vingt ans.
L’enseigne H&M, qui incarne cette mode jetable, invite ses clients à rapporter leurs vieux vêtements pour les recycler, en échange d’un bon d’achat. Comment considérez-vous cette initiative positive ?
Je ne peux pas me prononcer sur une marque en particulier. Mais toute initiative permettant de récupérer une partie des 400 000 tonnes de vêtements non collectés chaque année (sur les 600 000 tonnes annuelles mises sur le marché) est bonne à prendre.
La question, c’est : que deviennent-ils ensuite ? Peuvent-ils atterrir sur le marché de l’occasion ? Refaire du fil ? Etre redécoupés ? Tout l’enjeu consiste à créer vraiment de l’économie circulaire, c’est-à-dire maintenir le maximum de la valeur de la matière, et faire en sorte que le vêtement soit dégradé le plus tard possible.
Quel dispositif légal permet-il de limiter l’impact de la mode sur l’environnement ?
La filière Eco TLC (textile, linge, chaussures) rassemble les marques, les associations et les opérateurs industriels. C’est ce dispositif, agréé par les pouvoirs publics en 2009, qui vise à organiser en France les activités de collecte, de tri et de recyclage des déchets textiles.
Une partie du prix de chaque vêtement, de l’ordre de quelques dizaines de centimes, finance ces activités. Un système de bonus a également été mis en place pour favoriser les matières durables.
Il existe dix labels différents pour le textile. Comment s’y retrouver ?
Pour le consommateur, c’est la jungle. Mais il n’y a qu’un seul label valable, c’est l’« écolabel européen ». C’est LA référence et le label le plus fiable de tous, car il rassemble un grand nombre de critères environnementaux, et évalue chaque phase de vie du produit, de sa création à sa fin. Les autres sont souvent des autodéclarations des entreprises elles-mêmes.
Les attentes des consommateurs ont-elles évolué ?
Oui. Aujourd’hui ils manifestent une réelle préoccupation sur l’aspect éthique des vêtements. Mais cela ne se traduit pas encore dans leurs actes d’achat. Le prix reste le critère numéro un. On reste soumis à la fast fashion (vêtements achetés à bas prix et jetés rapidement), et des achats impulsifs. Cette logique n’est toutefois pas propre à la mode, elle est aussi à l’œuvre pour tout ce qui est alimentaire et produits détergents.
Je ne sais pas quand on sera sortis du tunnel, mais je constate un vrai changement. Des entreprises précurseuses font avancer la filière, et les pouvoirs publics se sont à leur tour emparés de la question. Chacun commence à jouer son rôle. Mais il faut bien sûr que cela continue.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-4"> ¤ Le correspondant du « Monde » à Pékin a dressé, dans un tchat avec les internautes, le bilan économique et politique de la visite du président français.
<filname="PROF-0,2-3234,1-0,0-4"> ¤                     
                                                

Avec la Chine, « Macron n’a pas choisi de faire des libertés un cheval de bataille »

Le correspondant du « Monde » à Pékin a dressé, dans un tchat avec les internautes, le bilan économique et politique de la visite du président français.



Le Monde
 |    10.01.2018 à 15h20
 • Mis à jour le
10.01.2018 à 15h22
   





                        



   


Emmanuel Macron a terminé, mercredi 10 janvier, sa première visite d’Etat en Chine. Dans un tchat avec les internautes, le correspondant du Monde à Pékin, Brice Pedroletti, a fait le point sur les enjeux et le bilan de cette rencontre.
CB : A part l’usine d’Areva pour le retraitement de déchets radioactifs, les autres contrats ont-ils quoi que ce soit d’exceptionnel ? Par ailleurs, quelle est la perception d’Emmanuel Macron par l’opinion publique chinoise ?
Brice Pedroletti : Non, les contrats n’ont rien d’exceptionnel, il y a beaucoup d’accords de coopération dans de nombreux domaines. Le contrat de l’usine de recyclage n’est pas signé encore. Toutefois, il devrait l’être d’ici six mois et porte sur 10 milliards d’euros. Emmanuel Macron a revendiqué qu’il n’était pas là pour faire des annonces chiffrées, mais pour accompagner, faire avancer des dossiers – au contraire du président américain, Donald Trump. On reproche souvent aux dirigeants occidentaux la diplomatie des contrats. M. Macron veut prendre ses distances avec cette dernière.
Sur la question de la perception de M. Macron, elle est plutôt positive car les Chinois sont friands de vedettes politiques. Les leurs sont ternes. Emmanuel Macron, c’est un spectacle, un homme jeune, brillant, avec une histoire de couple peu commune qui fascine.
Momo : La Chine va-t-elle devenir un partenaire stratégique de l’Etat français et investir dans des grands projets d’infrastructures dans l’Hexagone, comme c’est le cas au Royaume-Uni dans le nucléaire ? Dans ce cas, le transfert de technologies opéré contre des investissements favorise-t-il les grandes entreprises françaises de ces secteurs ou les fragilise-t-il ?
L’un des messages exprimés par le président est qu’il fallait définir un périmètre de domaines stratégiques à protéger, au niveau de la France et de l’Europe, et qu’il fallait une stratégie européenne collective et cohérente. La logique de M. Macron a été de dire que la Chine ne respecte pas ces pays qui ouvrent trop grand leurs portes. En même temps, on se rappelle le cas de l’aéroport de Toulouse, cédé en partie à un actionnaire chinois au sujet duquel subsistent des doutes en matière de probité. Cette opération, décidée par l’ancien ministre de l’économie, Arnaud Montebourg, fut appliquée par Emmanuel Macron au moment où il a pris sa suite à Bercy. On peut se demander si c’était le bon choix.
M. Macron a rappelé que la France avait beaucoup plus investi en Chine que la Chine en France, donc les investissements chinois sont certainement bienvenus en France.

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                Macron en quête de réciprocité pour sa visite en Chine



Lulu : Les dérives autoritaires du régime chinois risquent-elles d’entraîner une modification des relations sino-françaises, M. Macron étant très attaché au respect des droits de l’homme ?
Le caractère autoritaire, dictatorial du régime chinois fait partie des données de départ avec la Chine. Depuis Xi Jinping, on assiste, il est vrai, à un autoritarisme de plus en plus abusif. Voire une tentation totalitaire. La société civile est violentée, brutalisée, dans des proportions sous-estimées. M. Macron, s’il y est attaché, n’a pas pris le parti d’en faire un cheval de bataille. On est toujours sur la même ligne : la Chine est trop importante comme partenaire, comme marché. On parle de nos différences, mais sans la provoquer ni la fâcher.
Les voyages officiels dans le pays hôte ne sont pas, pour un chef d’Etat invité, le meilleur moment pour soulever des questions sensibles, comme le sort de la veuve du dissident Liu Xiaobo, placée en résidence surveillée. On a vu Emmanuel Macron être caustique avec MM. Poutine et Erdogan lors de leur venue en France. Attendons de voir si, à la faveur d’un cas particulier ou d’un événement, il ose dire les choses plus franchement à Xi Jinping.

   


Alexia : A M. Xi, comme au président égyptien Sissi, Macron a refusé de « donner des leçons » sur les droits de l’homme. Est-ce que vous pensez qu’en Chine, la stratégie d’en parler « en tête à tête » est vraiment plus efficace que d’en parler publiquement, comme le président français l’a fait valoir ?
Pour un premier voyage en Chine, il aurait été difficile d’en parler de manière très directe. En même temps, les Chinois ont longtemps eu l’habitude que les dirigeants étrangers s’expriment sur ce dossier face à leur presse quand ils étaient chez eux, c’était un peu un mal nécessaire de leur point de vue. L’ennui, c’est que la Chine est devenue tellement agressive que même ce genre de déclarations, qui n’avaient pas grande efficacité, est devenu rare. Mais moins on ose, plus on passe sous silence ces questions.
On se dit qu’il serait mieux pour les dirigeants occidentaux d’en parler chez eux, sans aucune retenue, quand un cas se pose : comme la mort de Liu Xiaobo, la condamnation de tel ou tel avocat. Mais ça aussi, ils osent de moins en moins le faire par peur des représailles. Dans le monde occidental, c’est Angela Merkel qui a pour l’instant été la plus active, la plus franche sur ces questions. Et ça paie en partie.
Autre tactique : la libération de l’artiste Ai Weiwei avait été obtenue en 2011 par une lettre conjointe des trois dirigeants européens, le Français, l’Allemand et l’Anglais. Ces actions communes devraient être plus fréquentes, elles peuvent avoir des résultats. Sinon, comme pour le dalaï-lama, la Chine punit le pays qui s’est « mal tenu » et privilégie ses rivaux, qui croient obtenir des avantages.

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                Les droits de l’homme, épine des voyages présidentiels en Chine



Célia : Le président Macron a-t-il évoqué la situation de la Corée du Nord ?
Oui, il en a parlé avec le président Xi et dans ses déclarations publiques. Le message qu’il a fait passer est que la France et la Chine ont des responsabilités, en tant que membres du Conseil de sécurité des Nations unies, en matière de contrôle de la prolifération nucléaire. Il a aussi affiché son soutien à la Chine dans la tâche qui lui incombe d’appliquer des sanctions, puisqu’elle est le plus gros partenaire de la Corée du Nord. Il s’est aussi félicité de la désescalade entre le Nord et le Sud par le sport, avec la participation de Pyongyang aux JO d’hiver de Pyeongchang, et a jeté plusieurs piques en direction de Donald Trump, très volatil sur cette question.
Nicki : Le fait qu’Emmanuel Macron a déclaré qu’il comptait revenir tous les ans en Chine ne reflète-t-il pas le déséquilibre entre ces deux nations ? Le président chinois a-t-il pour habitude de se déplacer à l’étranger ?
M. Xi s’est beaucoup déplacé durant son premier mandat de cinq ans. On peut imaginer qu’il aille une fois par an en Europe (souvent dans plusieurs pays), mais pas une fois par an en France. Ce n’est pas forcément un déséquilibre. Sous François Hollande, le principe avait été d’alterner. Cela avait été plus ou moins tenu, grâce aux sommets (COP21, G20). Angela Merkel se rend une fois par an en Chine – l’un des meilleurs clients de l’Allemagne. Il faut voir si, pour M. Macron, le jeu en vaut la chandelle. Il va peut-être s’apercevoir qu’il lui faudrait aussi soigner d’autres relations en Asie, comme avec le Japon, le Vietnam, l’Inde.
AM : D’Emmanuel Macron ou de Xi Jinping, qui avait le plus à gagner dans cette rencontre en termes d’image ?
Xi Jinping n’avait pas beaucoup à perdre, et n’a rien gagné : il est égal à lui-même, il assume son autoritarisme, son style de dirigeant communiste qui ne sort pas du cadre – d’ailleurs, il avait fait un peu plus d’efforts face à M. Obama pour apparaître dans le coup. Emmanuel Macron a plutôt bien réussi son show, dirait-on, avec des discours très inspirés, très riches de sens. L’idée d’offrir à la Chine un cheval de la garde républicaine est aussi assez forte, elle ne laisse personne indifférent, surtout quand on pense à la diplomatie du panda que Pékin utilise pour entretenir sa proximité avec des pays amis.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-5"> ¤ Le Consumer Electronics Show (CES), traditionnel rendez-vous de l’électronique grand public, a ouvert ses portes. Petit tour d’horizon de quelques concepts et objets qui y sont présentés.
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<article-nb="2018/01/10/19-6">
<filnamedate="20180110"><AAMM="201801"><AAMMJJ="20180110"><AAMMJJHH="2018011019">
<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-6"> ¤ Vantant un meilleur partage des bénéfices avec les géants de l’Internet, les grands éditeurs de presse menacent la pluralité de l’information estime, dans une tribune au « Monde », Carlos Astiz, représentant de petits médias.
<filname="PROF-0,2-3234,1-0,0-6"> ¤                     
                                                   
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Le « droit voisin » peut tuer les petits éditeurs indépendants

Vantant un meilleur partage des bénéfices avec les géants de l’Internet, les grands éditeurs de presse menacent la pluralité de l’information estime, dans une tribune au « Monde », Carlos Astiz, représentant de petits médias.



Le Monde
 |    10.01.2018 à 15h00
    |

Carlos Astiz (Président et porte-parole de European Innovative Media Publishers et directeur général de l’Asociacion Española de Editoriales de Pub...







                        



                                


                            

Tribune. Il est décevant de voir les plus grandes agences de presse d’Europe soutenir une campagne malencontreuse pour le « droit voisin » (« En matière d’information la gratuité est un mythe », Le Monde du 13 décembre). Qu’ils le fassent au détriment des petits éditeurs indépendants, des créateurs de contenu et des journalistes en Europe est particulièrement troublant.
Leur objectif déclaré est de résoudre les problèmes auxquels est confrontée l’industrie de l’édition en ciblant les grandes plates-formes en ligne comme Google et Facebook. Le « droit voisin » permettrait aux grands éditeurs européens, disent-ils, d’encaisser plus d’argent. Mais même si cela était le cas, ce serait au détriment des plus petits.
créer des liens hypertextes et partager du contenu sont une composante fondamentale d’Internet, qui permet aux petits éditeurs de générer un plus large lectorat
Car ce « droit » empêchera la création de liens et le partage de contenus. C’est une tentative des journaux traditionnels, qui n’ont pas actualisé leur modèle économique face à l’ère numérique, de ralentir le développement de modèles économiques alternatifs et innovants. En forçant les lecteurs à visiter leurs sites plutôt qu’à partager des liens, les grands journaux pensent augmenter leurs bénéfices. Or créer des liens hypertextes et partager du contenu sont une composante fondamentale d’Internet, qui permet aux petits éditeurs de générer un plus large lectorat.
Dans leur plaidoyer, les PDG de ces sociétés ont déclaré que « les quelques tentatives conduites en 2013 et 2014 par l’industrie des médias en Espagne, en Allemagne, en France, pour faire payer, au-delà de quelques miettes symboliques, les géants de l’Internet n’ont pas changé fondamentalement la donne ». En effet, le droit voisin n’a pas porté ses fruits. Pire encore, il a entraîné une diminution considérable du trafic en ligne. Les publications espagnoles ont enregistré à elles...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-7"> ¤ Figure de la presse chinoise, la fondatrice du magazine « Caijing », puis du groupe Caixin Media, a révélé des affaires de corruption, repoussant les limites de la censure officielle.
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La journaliste la plus redoutée de Chine, Hu Shuli, prend une semi-retraite

Figure de la presse chinoise, la fondatrice du magazine « Caijing », puis du groupe Caixin Media, a révélé des affaires de corruption, repoussant les limites de la censure officielle.



Le Monde
 |    10.01.2018 à 15h00
    |

            François Bougon








                        


La journaliste la plus redoutée de Chine a décidé de prendre du recul. A quelques jours de ses 65 ans, Hu Shuli abandonne son poste de rédactrice en chef. Dans un communiqué, le groupe de presse Caixin Media, qu’elle a fondé en 2009, a annoncé, mardi 9 janvier, sans plus de détails, qu’elle continuerait cependant à s’occuper du « développement stratégique et des prises de décision majeures ».
Hu Shuli est une figure du journalisme chinois. De la même génération que le numéro un chinois, Xi Jinping – comme lui, elle a été envoyée à la campagne pendant la Révolution culturelle –, elle a couvert avec entrain les débuts de la réforme économique dans son pays, à partir de la fin des années 1970. Elle interviewe des jeunes gens, pour certains revenus des universités américaines, qui formeront, des années plus tard, l’élite économique et politique du pays.

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Dévoiler la face sombre des « trente glorieuses chinoises »
Si Hu Shuli a commencé dans la presse officielle, elle se fait un nom avec le magazine Caijing (« finances et économie » en chinois), qu’elle crée en 1998. Il devient une référence et se distingue par un journalisme offensif, qui traque la corruption des grands groupes et repousse les limites de la censure officielle. La journaliste dévoile ainsi la face sombre des « trente glorieuses » chinoises. En 2003, défiant les consignes officielles, Caijing enquête sur l’épidémie du syndrome respiratoire aigu sévère (SRAS), dont le pouvoir communiste cherchait à minimiser l’ampleur.

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A la suite d’un conflit interne, Hu Shuli quitte Caijing pour créer un autre groupe de presse, Caixin. Même succès. Du président Xi Jinping, elle soutient la lutte anticorruption. C’est Caixin qui révèle ainsi les pratiques douteuses de l’assureur Anbang et de son patron, Wu Xiaohui. Mais elle n’hésite pas à critiquer le renforcement du contrôle de la presse. En 2016, la journaliste dénonce sur son site la censure d’un article plaidant pour la liberté d’expression. Aux oreilles de certains, sa semi-retraite sonne comme l’amère victoire des censeurs.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-8"> ¤ Dans cette chronique, les économistes américains Johnson et Ruane déplorent que la politique protectionniste de l’administration Trump n’ait pas suffisamment pris en compte le dynamisme en matière de recherche et développement (R&D) de la Chine.
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« L’innovation, nouveau chapitre de la “success story” chinoise »

Dans cette chronique, les économistes américains Johnson et Ruane déplorent que la politique protectionniste de l’administration Trump n’ait pas suffisamment pris en compte le dynamisme en matière de recherche et développement (R&D) de la Chine.



Le Monde
 |    10.01.2018 à 15h00
 • Mis à jour le
10.01.2018 à 16h41
    |

Simon Johnson (Professeur à la Sloan School of Management du Massachusetts Institute of Technology (MIT)) et Jonathan Ruane (Maître de conférences ...







                        



                                


                            
Vu d’ailleurs. La Chine a immensément progressé depuis 1978, date à laquelle Deng Xiaoping a lancé la transition vers une économie de marché. Son PIB a augmenté chaque année de 10 % en moyenne, remodelant le commerce mondial et la propulsant au rang de deuxième puissance économique de la planète. Cette réussite a permis d’extraire de la pauvreté quelque 800 millions d’individus, et de diviser par deux, entre 2006 et 2015, le taux de mortalité des enfants de moins de 5 ans. La question est désormais de savoir si le pays atteindra le statut de leadeur mondial de l’innovation dès 2018, ou un peu plus tard…
En 2016, la Chine a exporté 13 % du total des exportations mondiales
Cette transformation s’est fondée sur un boom sans précédent du secteur manufacturier. En 2016, la Chine a exporté plus de 2 000 milliards de dollars (1 680 milliards d’euros) de marchandises, soit 13 % du total des exportations mondiales. Elle s’est modernisée par des investissements massifs en infrastructures. En moins de dix ans, son réseau TGV, le plus vaste au monde, a dépassé les 22 000 kilomètres. Sa consommation annuelle augmentera d’environ 2 000 milliards de dollars d’ici à 2021.
Début décembre 2017, le PDG d’Apple, Tim Cook, déclarait : « La Chine a cessé d’être un pays à faible coût de main-d’œuvre il y a de nombreuses années. Ce n’est plus la raison pour laquelle beaucoup viennent en Chine. » Les points forts du secteur manufacturier chinois sont désormais un savoir-faire de production avancé et de solides réseaux de chaîne d’approvisionnement.
« Nation innovante »
Les dirigeants chinois entendent gravir toujours plus haut la chaîne de valeur. Le 13e plan quinquennal (mai 2016) a pour objectif de faire du pays une « nation innovante » d’ici à 2020, un « leadeur international de l’innovation » d’ici à 2030, et une « grande puissance mondiale de l’innovation scientifique et technologique » d’ici à 2050....




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-9"> ¤ Un jugement de la Cour de justice européenne, confirmant l’interdiction par un fabricant de la vente de ses parfums sur les grandes plates-formes, rebat les cartes du commerce du luxe, pour le professeur Charles Cuvelliez, dans une tribune au « Monde ».
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« L’e-commerce doit renforcer l’expérience en boutique, mais pas la remplacer »

Un jugement de la Cour de justice européenne, confirmant l’interdiction par un fabricant de la vente de ses parfums sur les grandes plates-formes, rebat les cartes du commerce du luxe, pour le professeur Charles Cuvelliez, dans une tribune au « Monde ».



Le Monde
 |    10.01.2018 à 15h00
    |

Charles Cuvelliez (Professeur à l'Université libre de Bruxelles)







                        



                                


                            
Tribune. L’opposition des marques de luxe à voir leurs produits vendus en ligne sur de vulgaires plates-formes d’e-commerce n’est pas neuve. Un jugement de la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE) du 6 décembre 2017 vient de leur donner raison (affaire C 230/16, « Coty Germany GmbH vs Parfümerie Akzente GmbH »). Coty, le fabricant des parfums Burberry, Davidoff et Hugo Boss, avait interdit à ses revendeurs agréés de placer ses produits sur des plates-formes tierces comme Amazon. Coty exigeait par contrat qu’ils aient des magasins en dur, ayant un décorum cohérent avec l’image de ses produits. Alors seulement, ils pouvaient aussi vendre en ligne, mais uniquement par l’intermédiaire de leur propre site. Amazon était banni, noir sur blanc.
la CJUE estime que l’image de marque peut justifier l’exclusion de certains canaux de vente
Un revendeur allemand s’y est opposé mais la CJUE a estimé que l’image de marque peut justifier l’exclusion de certains canaux de vente. Est-ce un coup de canif à la libre concurrence au sein de l’Union, sanctuarisée par l’article 101 du traité sur le fonctionnement de l’UE ? Celui-ci interdit de subordonner la conclusion de contrats à des clauses restrictives sans lien avec l’objet du contrat.
C’est qu’il y a eu des précédents sévèrement condamnés, explique Oxera, une société de conseil en politique économique pour les gouvernements et les régulateurs (« No free rides ? Platform bans in light of the Coty case », Oxera, décembre 2017, lien en anglais). Au Royaume-Uni, un fabricant de clubs de golf a écopé d’une amende pour avoir interdit à ses revendeurs de placer ses produits sur leurs sites Web. L’Autorité de la concurrence française avait abondé dans le même sens, contre la marque de hi-fi Bang & Olufsen.
Pas de préjudice pour les clients
Mais, dans les deux cas, il s’agissait d’une interdiction ­totale de la vente en ligne. Nike, aux Pays-Bas, a gagné et a maintenu son veto car seuls...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-10"> ¤ Le repreneur, le milliardaire Sanjeev Gupta, veut ajouter une unité de pièces automobiles sur le site lancé en 1991 par Pechiney. Un projet de 2 milliards d’euros.
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Aluminium : l’usine symbole de Dunkerque passe sous contrôle anglo-indien

Le repreneur, le milliardaire Sanjeev Gupta, veut ajouter une unité de pièces automobiles sur le site lancé en 1991 par Pechiney. Un projet de 2 milliards d’euros.



Le Monde
 |    10.01.2018 à 14h00
 • Mis à jour le
10.01.2018 à 14h33
    |

            Denis Cosnard








                        



   


Comment mieux symboliser le déclin des empires industriels européens et la montée en puissance de champions venus d’Inde ou de Chine ? A Dunkerque (Nord), l’immense usine d’aluminium construite par Pechiney, un site modèle qui devait faire entrer la France dans une nouvelle ère industrielle, va passer sous le contrôle d’un milliardaire anglo-indien, Sanjeev Gupta. Un accord en ce sens a été dévoilé, mercredi 10 janvier, par Gupta Family Group (GFG Alliance), le groupe de M. Gupta. Un scénario aux airs de déjà-vu, douze ans après l’offre publique d’achat (OPA) lancée sur le leader européen de l’acier Arcelor par la famille Mittal, là aussi, des Indiens installés à Londres.
Mais M. Gupta ne compte pas seulement faire tourner au mieux les installations de Dunkerque, qui appartenaient jusqu’à présent au groupe minier anglo-australien Rio Tinto. Il entend ajouter sur place une deuxième usine qui transformera l’aluminium en pièces automobiles. Au total, l’achat et l’investissement consécutif sont évalués à 2 milliards d’euros. C’est le plus lourd projet jamais mené par GFG Alliance. A la clé, « des milliers de nouveaux emplois », prévoit déjà M. Gupta.
Le dossier a été récemment présenté au premier ministre Edouard Philippe. Ce dernier ne peut que se réjouir d’un tel développement dans le Nord, une confirmation que la France a retrouvé une partie de son attrait aux yeux des investisseurs étrangers. « L’entreprise, séduite par l’environnement pro-business mis en place par le président Emmanuel Macron et l’exécutif actuel, souhaite investir massivement en France », souligne d’ailleurs GFG Alliance dans son communiqué.

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                Edouard Philippe dévoile ses projets de « reconquête industrielle »



Une histoire particulière, très politique
Mise en service en 1991, l’usine de Dunkerque est la plus grande fonderie d’aluminium d’Europe. Sa capacité est de 280 000 tonnes par an. Elle emploie 570 salariés et réalise un chiffre d’affaires annuel voisin de 500 millions d’euros. « Sa taille, bien inférieure à celle d’usines en Amérique ou en Asie, pouvait néanmoins poser un problème de compétitivité à terme », a expliqué au Monde M. Gupta. L’intégration en aval, une stratégie déjà mise en place dans d’autres usines de métal de son groupe, doit permettre de régler cette question. Aujourd’hui, toute la production de Dunkerque est vendue à des clients qui l’utilisent pour fabriquer des pièces automobiles et des boîtes boisson.
C’est le début d’une nouvelle vie pour cette usine à l’histoire particulière, très politique, qui fait d’elle un symbole. Tout commence le 19 novembre 1988. Ce jour-là, le premier ministre Michel Rocard annonce que, dans les quarante-huit heures, la France connaîtra « une grande et belle nouvelle économique ». Suspense… Deux jours plus tard, c’est officiel : Pechiney, alors l’un des fleurons du secteur public, engage une double initiative. D’une part, il lance une OPA sur American National Can, une transaction de 3,5 milliards de dollars qui fait du roi français de l’alu le numéro un mondial de l’emballage. D’autre part, le groupe décide de construire une énorme usine d’aluminium à Dunkerque pour 5 milliards de francs (1,1 milliard d’euros). Une façon de montrer que Pechiney ne délaisse pas l’Hexagone. La gauche au pouvoir peut être satisfaite.
Un laboratoire social qui a connu quelques ratés
A l’époque, malgré le délit d’initié qui ternit l’OPA américaine, ce double investissement est jugé brillant et ambitieux. Car pour Pechiney, il ne s’agit pas seulement de produire des tonnes d’aluminium en plus. Le PDG Jean Gandois et Martine Aubry, la socialiste qu’il a fait entrer à son comité exécutif, ne veulent rien moins que « réinventer le travail ». Les bâtiments, dessinés par un architecte extérieur au monde de l’industrie, sont conçus pour s’intégrer au mieux dans leur environnement. Et avec l’aide de sociologues, l’équipe de Pechiney repense toute l’organisation du travail. Fini le taylorisme. Dans ce laboratoire du progrès, la structure hiérarchique des chefs, sous-chefs, etc., est comprimée au maximum. Place à l’autonomie, la polyvalence, la responsabilité des ouvriers travaillant dans des équipes restreintes.
Près de trente ans après l’annonce de cet investissement, le bilan apparaît contrasté. Le chantier, piloté par Philippe Varin – futur président de PSA et d’Areva –, a été mené à bien en temps et en heure. Mais le laboratoire social a connu des ratés, notamment une grève dure en 1994. Quand les cours de l’aluminium ont plongé, l’ultra-performante « usine du nouveau millénaire » n’a pas échappé aux pertes. Et surtout, Pechiney a disparu.
Fragilisé par l’endettement lié à son OPA américaine, le groupe a été avalé par le canadien Alcan en 2003, lui-même absorbé par Rio Tinto en 2007. La suite, c’est l’éclatement de l’ex-gloire bleu-blanc-rouge, les dizaines d’usines de Pechiney étant revendues peu à peu à divers acquéreurs. De cette aventure, Rio Tinto n’a finalement conservé en France que Dunkerque. « Ce site s’inscrit dans le cœur de notre stratégie », assurait encore l’un des dirigeants, fin 2015.

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                Le groupe minier Rio Tinto prêt à réinvestir à Dunkerque



Une fortune bâtie sur la reprise d’usines délaissées
Ces derniers mois, Rio Tinto l’a pourtant mis en vente en toute discrétion, pour continuer à se recentrer sur ses actifs miniers. Et Sanjeev Gupta a remis la meilleure offre. Inconnu en France jusqu’à présent, ce natif du Pendjab est typique des dirigeants issus de pays émergents qui ont bâti des fortunes en reprenant des usines délaissées, en particulier dans les vieux pays industriels. Pas moins de 35 sites en ce qui le concerne, notamment en Grande-Bretagne, en Australie et aux Etats-Unis. Il a connu une année 2017 particulièrement active, avec neuf acquisitions. L’année précédente, M. Gupta avait déjà acheté une fonderie d’aluminium de Rio Tinto en Ecosse.
Résultat : le groupe GFG Alliance affiche un chiffre d’affaires d’environ 10 milliards de dollars (8,4 milliards d’euros). Il est actif dans l’extraction minière, la production d’acier et d’aluminium, mais aussi la banque et l’immobilier.

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                Quatre candidats sur les rangs pour reprendre le sidérurgiste Ascometal



Dunkerque n’est pas la dernière pièce du puzzle. En France, M. Gupta fait partie des candidats les mieux placés pour acheter Ascometal. Il propose de reprendre les quatre principaux sites de ce petit groupe sidérurgique en redressement judiciaire. Prochaine audience, peut-être décisive, le 24 janvier.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-11"> ¤ L’héritier du trône britannique, adversaire de l’architecture moderne, développe sur ses terres du duché de Cornouailles des cités conçues comme des villages d’antan.
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En Angleterre, des villes estampillées « prince Charles »

L’héritier du trône britannique, adversaire de l’architecture moderne, développe sur ses terres du duché de Cornouailles des cités conçues comme des villages d’antan.



Le Monde
 |    10.01.2018 à 14h00
 • Mis à jour le
10.01.2018 à 18h41
    |

            Grégoire Allix (Newquay et Dorchester (Grande-Bretagne), envoyé spécial)








                        



                                


                            

Assis face à un feu de cheminée factice dans leur salon de Newquay, sur la côte de Cornouailles (Grande-Bretagne), Angela et Brian Keer sortent quelques photos tout en servant le thé. Sur les clichés, Brian, en bermuda sur le pas de sa porte, serre la main du prince Charles, abrité sous un grand parapluie. « Il est venu ici en visite en juillet, il pleuvait à verse, raconte le postier retraité. Je l’ai salué, il s’est approché et m’a demandé si le quartier me plaisait, si on était bien installés. »
La question n’était pas de pure politesse : ce quartier tout neuf aux allures de village d’autrefois, où Angela et Brian Keer venaient d’acheter leur petite maison de trois chambres avec jardinet, c’est le prince Charles lui-même qui l’a inspiré, lui qui a programmé sa construction sur ses terres du duché de Cornouailles, lui encore qui en contrôle les moindres détails pour y chasser toute trace visible de modernité.
L’héritier du trône, 24e duc de Cornouailles, n’a jamais manqué une occasion de dire publiquement tout le mal qu’il pensait de l’architecture contemporaine – y compris au plus éminent représentant britannique de la profession, Sir Norman Foster. Prince bâtisseur, Charles s’est donc attelé non pas à ériger des gratte-ciel ou des musées high-tech, mais à recréer de toutes pièces les bonnes vieilles villes d’antan : des rues biscornues à priorité piétonne, des quartiers denses mêlant habitat, commerces et activités, une architecture traditionnelle et à taille humaine, à l’opposé du monstre froid des métropoles modernes.
« Comme un vieux bourg »
Ces quartiers doivent exprimer « une sensation d’intemporalité, une tradition vivante », pour créer un « puissant sentiment d’identité locale et de communauté », revendique le prince Charles dans les maximes qui ponctuent le site Internet de sa fondation. Car pour mettre en œuvre sa « vision », le fils aîné d’Elizabeth II dispose...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-12"> ¤ AT&T qui devait passer un accord de distribution avec le fabricant chinois a renoncé. La décision du groupe texan pourrait avoir été motivée par des pressions politiques.
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Télécoms : l’offensive de Huawei aux Etats-Unis rencontre de nouveaux obstacles

AT&T qui devait passer un accord de distribution avec le fabricant chinois a renoncé. La décision du groupe texan pourrait avoir été motivée par des pressions politiques.



Le Monde
 |    10.01.2018 à 12h40
    |

                            Jérôme Marin (San Francisco, correspondance)








                        



                                


                            

Pour Huawei, la conquête des Etats-Unis attendra encore un peu. Mardi 8 janvier, le premier fabricant chinois de smartphones devait officialiser un accord de distribution avec AT&T, lui ouvrant les portes d’un gigantesque marché. Et le rapprochant un peu plus de son ambition de devenir le numéro un mondial du secteur, devant Samsung et Apple. Mais le deuxième opérateur mobile américain a fait marche arrière à la dernière minute.
Le groupe texan n’a pas souhaité commenter sa décision. Mais celle-ci pourrait bien avoir été motivée par des pressions politiques. Fin décembre 2017, les commissions du renseignement de la Chambre des représentants et du Sénat ont en effet adressé un courrier à la Federal Communications Commission, le gendarme américain des télécoms. Elles y exprimaient leurs inquiétudes, rappelant les soupçons d’espionnage au profit du gouvernement chinois pesant sur le fabricant.

Pour Huawei, cet accord devait être l’aboutissement d’un long processus. Depuis plusieurs années, le groupe tentait de convaincre les opérateurs mobiles américains, réfutant avec véhémence les accusations formulées en 2012 par le Congrès. Après un an d’enquête, les parlementaires avaient conclu que Huawei et ZTE représentaient une menace pour la sécurité des Etats-Unis, en raison de multiples tentatives de voler des secrets industriels et de leurs liens étroits avec Pékin.
Campagne de communication
Ces derniers mois, les dirigeants de Huawei affichaient leur confiance. « Nous vendrons nos smartphones chez les opérateurs américains l’année prochaine », avait même affirmé Richard Yu, le directeur général de sa branche grand public, dans un entretien accordé mi-décembre à l’agence Associated Press. Et l’entreprise chinoise avait lancé depuis quelques jours une campagne de communication pour mieux faire connaître sa marque aux consommateurs américains.

« C’est une perte importante pour nous, pour les opérateurs et encore...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-13"> ¤ Le président français a effectué sa première visite officielle en Chine du 8 au 10 janvier.
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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-14"> ¤ Richard Liu, PDG du numéro deux du e-commerce de détail chinois, a signé, mardi, à Pékin un accord de coopération avec Business France.
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JD.com veut importer davantage de produits alimentaires français

Richard Liu, PDG du numéro deux du e-commerce de détail chinois, a signé, mardi, à Pékin un accord de coopération avec Business France.



Le Monde
 |    10.01.2018 à 12h26
    |

            Brice Pedroletti (Pékin, correspondant)








                        



                                


                            

Le rééquilibrage du commerce extérieur français avec la Chine (15 milliards d’euros d’exportations pour 45 milliards d’importations) passera-t-il par le commerce en ligne ? C’est ce que laissent espérer les ambitieux projets du géant chinois de l’e-commerce, JD.com. Son PDG, Richard Liu (Liu Qiangdong), a signé mardi 9 janvier à Pékin un accord de coopération avec Business France, l’agence publique créée pour favoriser l’internationalisation de l’économie française, afin de vendre pour 2 milliards d’euros de produits français aux consommateurs chinois au cours des deux prochaines années.
Le patron chinois s’est engagé également à acquérir pour 100 millions d’euros de technologie de triage auprès du groupe d’ingénierie industrielle français Fives. JD.com est le numéro deux de l’e-commerce de détail en Chine, derrière Tmall, la filiale d’Alibaba. Après avoir installé son siège français dans de grands bureaux, avenue George-V à Paris, JD.com va prochainement annoncer l’arrivée d’un directeur général pour son activité en France et y ouvrir une centrale d’achats en 2018, a promis son président.
Ces accords ont été signés en présence du président Emmanuel Macron, en visite d’Etat en Chine, sur le site de l’incubateur Soho 3Q. Avec une base annoncée de 266 millions de consommateurs chinois actifs, JD.com vend de plus en plus de produits étrangers par le biais des nouvelles zones d’entrepôts sous douane conçues pour favoriser l’e-commerce transfrontalier dans une dizaine de villes chinoises.
Les produits concernés sont moins lourdement taxés et exemptés d’une partie des procédures d’homologation. « Nous n’avons pas besoin de faire les tests animaux pour les cosmétiques que nous importons de cette manière », précise le PDG du géant de l’e-commerce. Certains autres cosmétiques proposés par JD.com sur son site sont déjà distribués en Chine et font, eux, l’objet de contrats de distribution avec une marque...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-15"> ¤ Publié en pleine trêve des confiseurs, ce texte ne mentionne jamais Lactalis, préférant évoquer la société Celia. Entreprise acquise par Lactalis en 2006.
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Lactalis : ce que nous apprend l’arrêté préfectoral sur la contamination à la salmonelle

Publié en pleine trêve des confiseurs, ce texte ne mentionne jamais Lactalis, préférant évoquer la société Celia. Entreprise acquise par Lactalis en 2006.



Le Monde
 |    10.01.2018 à 12h13
    |

            Laurence Girard








                        



   


L’arrêté préfectoral obligeant Lactalis à stopper l’activité de production de lait et de produits infantiles de son usine de Craon (Mayenne) a été pris le 9 décembre. Une décision faisant suite à la survenue de cas de salmonellose chez des bébés ayant consommé des produits fabriqués sur ce site.

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                Après Lactalis, Leclerc touché par l’affaire de la contamination à la salmonelle



Le 20 décembre, les autorités de santé en avaient dénombré 35. Mais cet arrêté préfectoral, pris par le préfet de la Mayenne, n’a été publié que le 29 décembre et a eu peu de retentissement.
Lecture instructive
Pourtant, sa lecture est instructive. D’abord, à aucun moment, le nom du groupe Lactalis, propriétaire de l’usine incriminée, n’est cité. Il n’est question que de l’entreprise Celia. C’est le nom de la société acquise par Lactalis en 2006. Soit un an après une première alerte à la salmonelle qui avait contraint l’entreprise Celia de retirer ses produits du marché.
Autre élément clé de l’arrêté préfectoral, les raisons qui motivent la « fermeture urgente partielle » de Craon. Une mesure qui « s’applique sur les tours de séchage N°1 et N°2 ainsi que les ateliers de conditionnement ». Il explique que « 20 prélèvements sur surfaces ont été réalisés dans les locaux de l’entreprise Celia sise à Craon en date du 4 décembre 2017 par les services vétérinaires de la Mayenne assistés du laboratoire vétérinaire départemental ».
« Présence de Salmonella Agona »
Dans ses rapports du 8 décembre, ce laboratoire « confirme la présence de Salmonella Agona dans les prélèvements identifiés numéro 6 et numéro 7 correspondant respectivement aux matériels de nettoyage vert (dont pelle, balai, raclette…) et roues du Fenwick/aspirateur en rez-de-chaussée, zone sèche de la Tour n°1 ».
De plus, nous dit, l’arrêté, « l’entreprise Celia a procédé depuis le 4 décembre a des auto-contrôles renforcés sur différents lots de produits prélevés dans les tours de séchage 1 et 2 et en conditionnement (…) et fait état par courriel en date du 8 décembre 2017 de la suspicion de présence de salmonelle sur 5 lots ». Ces contrôles ont été confiés au laboratoire Eurofins.
Il conclut, « dès lors ; il est établi que des salmonelles sont présentes dans les locaux de l’entreprise Celia sise à Craon et sont source de contamination des produits ».



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-16"> ¤ Le musée français espère bientôt finaliser le projet d’une annexe provisoire en Chine. La gestion de cette dernière sera assurée par un partenaire chinois.
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Un satellite du Centre Pompidou à Shanghaï

Le musée français espère bientôt finaliser le projet d’une annexe provisoire en Chine. La gestion de cette dernière sera assurée par un partenaire chinois.



Le Monde
 |    10.01.2018 à 12h11
    |

            Brice Pedroletti (Pékin, correspondant)








                        



   


Le Centre Pompidou est sur le point de finaliser le projet d’une annexe provisoire à Shanghaï, sur le modèle de celle de Malaga, en Espagne. « On a signé un protocole d’accord avant l’été 2017, qui porte sur l’ingénierie culturelle et l’aménagement du musée. Il reste à signer une convention pour structurer cette relation sur une période de cinq ans, j’espère au premier semestre 2018 », nous dit Serge Lasvignes, le président du Centre Pompidou, venu avec la délégation emmenée par le président Emmanuel Macron en Chine.
La gestion du musée sera assurée par le partenaire chinois, West Bund Group, la société de développement publique de l’arrondissement de Xuhui. « Nous n’interviendrons que pour fournir du conseil, des œuvres et des expositions », précise M. Lasvignes. S’il y a des musées privés gérés par des étrangers en Chine, l’intervention d’une institution publique, qui, de surcroît, porte le nom d’un ancien chef d’Etat, reste délicate dans l’empire du Milieu.
« Il ne s’agit pas d’installer la filiale d’un musée français, mais de mener une coopération pour mieux faire connaître l’art occidental et nos collections à Shanghaï. Et, de l’autre côté, mieux exposer les artistes chinois à Paris », explique M. Lasvignes. Le modèle économique proposé prévoit une indemnisation forfaitaire pour le Centre Pompidou pour le prêt de ses œuvres, et une redevance pour l’utilisation de sa marque.

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                Serge Lasvignes : « Le Centre Pompidou doit devenir un “hyper-lieu” »



Un projet au long cours
Le futur musée, en cours de construction, a été conçu par l’architecte anglais David Chipperfield. Il se trouve sur le « corridor artistique » voulu par la municipalité dans la partie ouest du Bund, la célèbre promenade le long du fleuve Huangpu, qui accueille déjà plusieurs musées privés.
C’est un projet au long cours. Sous Nicolas Sarkozy, les autorités françaises avaient proposé, en vain, aux Chinois d’installer une annexe du Centre Pompidou dans le pavillon français de l’Exposition universelle de Shanghaï. D’autres pistes avaient ensuite été explorées à Pékin. Le Centre Pompidou avait aussi guigné Séoul – mais le partenaire sud-coréen n’avait pas trouvé les financements requis. M. Lasvignes a choisi de tenter de nouveau l’aventure à Shanghaï après avoir reçu une proposition de l’arrondissement de Xuhui.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-17"> ¤ Le patron de l’alliance Renault-Nissan-Mitsubishi a annoncé, mardi 9 janvier au CES de Las Vegas, la création du fonds d’investissement Alliance Ventures.
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Carlos Ghosn prêt à investir 1 milliard de dollars dans des start-up

Le patron de l’alliance Renault-Nissan-Mitsubishi a annoncé, mardi 9 janvier au CES de Las Vegas, la création du fonds d’investissement Alliance Ventures.



Le Monde
 |    10.01.2018 à 12h00
    |

                            Éric Béziat








                        



                                


                            

Las Vegas
Mesdames et Messieurs les entrepreneurs, préparez vos dossiers ! Carlos Ghosn, le patron de l’alliance Renault-Nissan-Mitsubishi, a annoncé, mardi 9 janvier, au CES de Las Vegas, la création de l’un des plus importants fonds d’investissement dans des start-up de la mobilité. L’Alliance Ventures – c’est son nom – sera dotée d’une force de frappe de 1 milliard de dollars (près de 840 millions d’euros) sur cinq ans, soit 200 millions par an en moyenne.
C’est précisément cette somme qui sera consacrée dès cette année « à des projets innovants et à des partenariats avec des entreprises de technologies tournées vers la nouvelle mobilité, dont l’électrification des véhicules, les systèmes pour la conduite autonome, la connectivité et l’intelligence artificielle », précise le communiqué rendu public par le groupe franco-japonais.
Le fonds sera abondé à 40 % par Renault, à 40 % par Nissan et à 20 % par Mitsubishi. Ces investissements s’ajoutent aux 8,5 milliards de dollars dépensés dans la recherche et le développement par l’Alliance, a tenu à préciser le groupe automobile.
Cette annonce entre dans le cadre des objectifs à l’horizon 2022 de l’Alliance Renault-Nissan, récemment rejointe par Mitsubishi, qui espère doubler à cette date ses économies d’échelle à 10 milliards d’euros, pour des ventes annuelles de 14 millions de véhicules. Les trois entreprises de l’Alliance et leurs dix marques distinctes ont vendu plus de 10 millions de véhicules en 2017.
« Les petits entrepreneurs innovants ont parfois du mal à travailler avec des grandes entreprises. Et vous pouvez imaginer quand il s’agit de trois grandes entreprises, a expliqué M. Ghosn lors de la conférence de presse qui a suivi l’annonce. C’est pourquoi nous avons mis en place cette organisation. Elle nous permet d’investir dans les bonnes technologies au bon moment, d’attirer les start-up les plus prometteuses. Et les entrepreneurs...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-18"> ¤ Des anciens de BMW, Audi, Apple et Google lancent une nouvelle marque basée en Chine de voitures électriques ultraconnectées.
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Byton ou la nouvelle incarnation du futur automobile

Des anciens de BMW, Audi, Apple et Google lancent une nouvelle marque basée en Chine de voitures électriques ultraconnectées.



Le Monde
 |    10.01.2018 à 12h00
    |

                            Éric Béziat








                        



                                


                            

Las Vegas, reportage
Dans le hall nord bondé de visiteurs du Centre de convention de Las Vegas, c’est un peu la star du moment au Salon de l’électronique grand public (CES) qui a ouvert ses portes mardi 9 janvier. La Byton, première automobile du nom, trône dans sa livrée blanche, sur un piédestal tournant, admirée par une petite foule essentiellement asiatique qui l’immortalise avec leur smartphone. L’apparence est sobre et finalement familière. Le concept Byton rappelle ces SUV (Sport Utility Vehicles ou 4 x 4 urbains), qui de Lexus à Audi, de Nissan à Hyundai, de Ford à Peugeot, plaisent tant aux acheteurs de voitures du monde entier.
Sous des dehors un peu banals, l’engin crée pourtant la curiosité, voire l’engouement. Des capitaux chinois, un siège social à Nanjing, près de Shanghaï, un top management essentiellement issu de BMW et des talents venus des plus grands noms industriels à la fois automobiles (Audi, Infinity) et high-tech (Apple, Google). Byton est, après Tesla, la nouvelle marque créée ex-nihilo, c’est-à-dire en dehors de l’industrie auto classique, incarnant la révolution de la voiture de demain : connectée, autonome et même 100 % électrique avec une autonomie allant jusqu’à 520 kilomètres.
Il faut ouvrir la portière pour se rendre compte du saut dans un nouveau monde. L’écran principal d’abord. Immense – sur toute la largeur du pare-brise et sur un bon quart de sa hauteur. Et puis ce volant doté d’une tablette tactile qui va permettre au conducteur de pianoter pour dialoguer avec la voiture. Evidemment, les passagers arrière ont chacun leur écran.
Smartphone roulant et home-cinéma
Et il y a aussi ce qu’on ne voit pas, comme ces caméras à reconnaissance faciale, à l’extérieur pour déverrouiller la voiture et à l’intérieur pour reconnaître l’occupant et charger son profil sur l’écran. Cette batterie de capteurs permet, affirme la start-up, d’accéder à la conduite autonome de niveau 4, c’est-à-dire...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-19"> ¤ Le rachat d’André à Vivarte par Spartoo, spécialiste français de la vente en ligne de chaussures, est le symbole du nouveau cycle qui s’ouvre pour le commerce. Sous le signe du numérique.
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D’André à Spartoo, du commerce d’avant à celui de demain

Le rachat d’André à Vivarte par Spartoo, spécialiste français de la vente en ligne de chaussures, est le symbole du nouveau cycle qui s’ouvre pour le commerce. Sous le signe du numérique.



Le Monde
 |    10.01.2018 à 11h53
    |

            Philippe Escande








                        



                                


                            

Au départ André s’appelait Mathieu. C’est sous ce nom que se sont ouvertes, en 1903, les premières boutiques de la Manufacture nancéienne de chaussures. Puis, le rachat de deux magasins parisiens l’a fait changer de prénom. A l’arrivée, André s’appellera désormais Spartoo, l’un des deux spécialistes français de la vente de chaussures sur Internet, qui va reprendre le réseau plus que centenaire à la chaîne Vivarte, en grande difficulté.

Etrange raccourci, qui raconte l’histoire du commerce moderne et de la société de consommation. André a tout inventé, la production de masse à petit prix, dès 1896, la distribution directe dans ses propres commerces, en 1903, la publicité avec le fameux « chausseur sachant chausser », inventé en 1932 par Marcel Bleustein-Blanchet.
Alibaba, 500 millions de clients 
L’après-guerre sera placée sous le signe de l’internationalisation du leader français de la chaussure. En 1983, André possède 500 magasins et, fier de sa puissance, adopte le slogan « André, tout va bien ». C’est à partir de ce moment que tout est allé de plus en plus mal. La mondialisation, les acrobaties financières et la concurrence d’Internet ont affaibli à l’extrême un groupe rebaptisé Vivarte.
Un nouveau cycle s’ouvre pour le commerce sous le signe du numérique. Tout est à réinventer, et certains s’y emploient activement.

A l’autre bout du monde, le président Emmanuel Macron, en visite officielle en Chine, serre la main du nouveau seigneur du domaine, Jack Ma, le patron fondateur d’Alibaba : 550 millions de clients, plus de 400 milliards de dollars (335 milliards d’euros) de valorisation boursière. Il va implanter un centre logistique en France, car l’Europe est sa nouvelle priorité. L’américain Amazon, champion mondial, est déjà largement installé sur le Vieux Continent.
Chine et Etats-Unis sont sans rival. Sur les 20 premières capitalisations boursières du secteur Internet, 18 sont américaines ou chinoises....




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-20"> ¤ Editorial. Pour son premier voyage en Chine, du 8 au 10 janvier, le président français a souhaité insister sur la réciprocité souhaitable entre les deux pays.
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Test chinois pour Macron et « l’Europe qui protège »

Editorial. Pour son premier voyage en Chine, du 8 au 10 janvier, le président français a souhaité insister sur la réciprocité souhaitable entre les deux pays.



Le Monde
 |    10.01.2018 à 11h51
 • Mis à jour le
10.01.2018 à 12h39
   





                        



   


Editorial du « Monde ». Réciprocité : ce devait être le maître mot du premier voyage du président Emmanuel Macron en Chine, du 8 au 10 janvier. Un coup d’œil à la balance commerciale franco-chinoise permet en effet de comprendre l’urgence d’un rééquilibrage.
Le déficit commercial a coûté à la France un demi-point de croissance en 2017 ; une bonne part du déséquilibre provient de la Chine. Non seulement la France n’exporte pas assez, mais les Chinois investissent dix fois moins en France que les Français en Chine. Entre la Chine et la France, la puissance de feu est inégale. Raison de plus pour poser quelques règles.
Il a donc bien été question de réciprocité pendant cette visite, dont la conduite, en réalité, a davantage rappelé la méthode de la chancelière Merkel que celle des précédents présidents français : un séjour de trois jours, y compris hors de Pékin, plutôt que des sauts de puce, la promesse de retour chaque année, la priorité donnée aux relations économiques.
Compte tenu de la paralysie diplomatique actuelle d’Angela Merkel, enlisée dans ses négociations de coalition, M. Macron n’a pas hésité à se poser en porte-parole de l’Europe ; ce n’était pas inutile, tant Pékin sait mettre à profit les divisions au sein de l’UE.

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                Macron en quête de réciprocité pour sa visite en Chine



La tâche du « parler vrai » et la défense de « l’Europe qui protège » sont, cette fois, revenues au ministre de l’économie, Bruno Le Maire. « On accepte des investissements sur le long terme, pas des investissements de pillage », a-t-il averti. Le mot de « pillage » est fort, mais il a le mérite de la clarté : dans leur soif d’investissements en Europe, les Chinois visent volontiers les secteurs sensibles, surtout s’ils sont prometteurs de transferts de technologies.
Ouverte à tous vents, l’Europe a trop longtemps toléré ce « pillage ». Elle s’est « réveillée il y a quelques mois », a reconnu M. Macron. Bruxelles cherche en effet à protéger les intérêts stratégiques européens face aux investisseurs étrangers.
Sourire convenu
Si Emmanuel Macron a répété que le but de ce voyage n’était pas de « venir chercher un maximum de contrats avec des montants affichés très élevés », qui ne correspondent pas toujours à la réalité, il a tout de même cédé à la tentation d’annoncer une traditionnelle moisson de coopérations. Parmi les plus visibles figurent la commande de 184 Airbus A320 et l’accélération de la production de cet appareil dans l’usine de Tianjin.
L’énergie est aussi en bonne place, avec la promesse de la construction d’une usine de traitement et de recyclage des combustibles nucléaires usagés. Ce contrat, d’un montant estimé de 10 milliards d’euros, représente une formidable bouée de sauvetage pour Areva, en grande difficulté.

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                Ce qu’il faut retenir des accords signés en Chine par Emmanuel Macron



La France s’est également trouvé une vitrine en signant un accord de coopération avec le géant chinois du commerce électronique JD.com, qui s’est engagé à vendre pour 2 milliards d’euros de produits français aux consommateurs chinois au cours des deux prochaines années. Une occasion de doper les exportations françaises, notamment dans l’agroalimentaire et la cosmétique. C’est bien.
Mais, derrière son sourire convenu, le président Xi Jinping s’est gardé de donner des gages de réciprocité : l’avenir dira si la poussée diplomatique de M. Macron produit des effets sur ce plan. Si la Chine sait parfaitement protéger ses marchés et se montrer sélective sur les investissements étrangers, les Européens, eux, ont encore du chemin à faire pour maîtriser cet art.



                            


                        

                        

